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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Similitudes et diff&#233;rences</title>
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		<dc:date>2011-01-18T13:40:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yassin Temlali</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-01-18</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les r&#233;voltes sociales actuelles en Tunisie et en Alg&#233;rie ont &#233;t&#233; provoqu&#233;es par des malaises socio&#233;conomiques similaires, qui ont particuli&#232;rement affect&#233; des couches juv&#233;niles, peu int&#233;gr&#233;es dans le syst&#232;me &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt; Elles prennent les m&#234;mes formes, celles d'affrontements violents avec les forces de s&#233;curit&#233; et d'attaques contre les symboles de l'Etat. Elles n'en pr&#233;sentent pas moins des diff&#233;rences qu'il est int&#233;ressant de relever.La r&#233;volte de la jeunesse alg&#233;rienne a commenc&#233; &#224; Oran (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton6303-f75ef.png?1679047236' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;voltes sociales actuelles en Tunisie et en Alg&#233;rie ont &#233;t&#233; provoqu&#233;es par des malaises socio&#233;conomiques similaires, qui ont particuli&#232;rement affect&#233; des couches juv&#233;niles, peu int&#233;gr&#233;es dans le syst&#232;me &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elles prennent les m&#234;mes formes, celles d'affrontements violents avec les forces de s&#233;curit&#233; et d'attaques contre les symboles de l'Etat. Elles n'en pr&#233;sentent pas moins des diff&#233;rences qu'il est int&#233;ressant de relever.La r&#233;volte de la jeunesse alg&#233;rienne a commenc&#233; &#224; Oran et Alger, avant d'embraser l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud, les r&#233;gions montagneuses et les Hauts-Plateaux. En &#233;bullition pendant de longues ann&#233;es, si l'on en juge par la fr&#233;quence des protestations sociales depuis le &#171; printemps noir &#187; (avril 2001), l'arri&#232;re-pays a pass&#233; le t&#233;moin aux quartiers traditionnellement contestataires des deux plus grandes villes alg&#233;riennes, notamment ceux de la capitale, d'o&#249;, il y a plus de 22 ans, &#233;tait partie l'intifadha d'octobre 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, en d&#233;pit de l'extension g&#233;ographique des protestations, leurs foyers demeurent les r&#233;gions d&#233;sh&#233;rit&#233;es du Centre (Sidi Bouzid) et de l'Ouest (Kasrine, Gafsa, etc.), o&#249; le r&#233;gime de Zine El Abidine Ben Ali est per&#231;u comme une coterie r&#233;gionaliste, qui favorise la capitale et le Sahel au d&#233;triment de l'int&#233;rieur. Il n'y a pas eu d'&#171; &#233;meutes &#187; &#224; proprement parler dans les quatre gouvernorats du Grand-Tunis (Tunis, Menouba, Ariana, Ben Arous), ni dans le touristique Cap-Bon (Nabeul, etc.), et l'intensit&#233; de l'agitation sociale est r&#233;duite dans les gouvernorats du Sahel (Sousse, Sfax, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes ces r&#233;gions, la contestation prend plut&#244;t la forme de manifestations de lyc&#233;ens et d'actions de soutien &#224; la jeunesse insurg&#233;e &#224; Sidi Bouzid, Gafsa... men&#233;es par les militants syndicaux et politiques. Les protestations sociales dans l'arri&#232;re-pays, moins impliqu&#233; que Tunis dans les luttes d&#233;mocratiques de ces derni&#232;res ann&#233;es (avec une exception notable pour une ville comme Gafsa), rappellent la gravit&#233; du d&#233;s&#233;quilibre r&#233;gional entre deux Tunisie : l'une accaparant les investissements et les opportunit&#233;s d'emploi et l'autre, principalement agraire, peu atteinte par les bienfaits du &#171; miracle tunisien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, les contrastes de d&#233;veloppement ne sont pas n&#233;gligeables entre les villes et les campagnes, le Nord et le Sud, etc., mais ils semblent avoir &#233;t&#233; &#233;clips&#233;s dans les consciences par des contrastes encore plus choquants, entre la richesse de l'Etat et la stagnation des revenus des salari&#233;s, entre les &#233;normes besoins en termes d'emplois et la dilapidation des deniers publics par des responsables corrompus ou dans des grands projets confi&#233;s aux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res pour des raisons &#233;lectoralistes (leur inauguration rapide par le pr&#233;sident Bouteflika).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de conscience de l'approfondissement des in&#233;galit&#233;s a &#233;t&#233; aiguis&#233;e par les forfanteries des ministres d'Ahmed Ouyahia, qui ne manquent pas une occasion d'aligner les chiffres mirobolants des r&#233;serves de change, des revenus des exportations d'hydrocarbures et des recettes du &#171; Fonds de r&#233;gulation &#187;, g&#233;r&#233; depuis une d&#233;cennie comme une caisse noire &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le parlementaire. Elle explique la violence du ressentiment envers les autorit&#233;s (les attaques contre les administrations publiques, etc.) aussi bien que le caract&#232;re national du soul&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Alg&#233;rie : un contre-exemple pour les uns, un exemple pour les autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intifadha de Sidi Bouzid n'a pas &#233;t&#233; un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e, en janvier 2008, par une autre tr&#232;s longue (5 mois), dans les localit&#233;s du bassin minier de Gafsa, et en ao&#251;t 2010, par de violentes manifestations &#224; Ben Guerdane (pr&#232;s de la fronti&#232;re libyenne) contre des mesures gouvernementales restreignant le commerce transfrontalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, avant janvier 2008, le r&#233;gime de Ben Ali avait r&#233;ussi &#224; r&#233;duire les contestations sociales &#224; leur dimension syndicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conjugu&#233;e aux satisfecit que lui adressaient le FMI et l'UE, si r&#233;p&#233;titifs qu'ils en devenaient ennuyeux, cette paix civile relative lui avait fait croire que son &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187; b&#233;n&#233;ficiait de l'adh&#233;sion de toute la population et que de tous leurs droits, les Tunisiens n'&#233;taient plus int&#233;ress&#233;s que par le &#171; premier &#187; d'entre eux, selon une d&#233;claration de Jacques Chirac &#224; Tunis (d&#233;cembre 2003), le &#171; droit de manger &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir tunisien a consacr&#233; cette longue p&#233;riode plus ou moins &#171; paisible &#187; au niveau social (1987-2008) au d&#233;mant&#232;lement des organisations du courant islamiste (les ann&#233;es 1990) et &#224; la lutte contre le mouvement d&#233;mocratique (les ann&#233;es 2000), d'autant plus revigor&#233; que le parti El Nahda s'&#233;tait sensiblement affaibli sous les coups d'une r&#233;pression d'une rare f&#233;rocit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse officielle et semi-officielle n'h&#233;sitait pas &#224; agiter l'&#233;pouvantail de l'ins&#233;curit&#233; pour justifier la chape de plomb impos&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233;. La baisse de l'intensit&#233; de la r&#233;bellion islamiste chez le voisin occidental a priv&#233; Ben Ali de son &#233;difiant &#171; contre-exemple &#187;. Les soul&#232;vements populaires qu'a v&#233;cus l'Alg&#233;rie d&#232;s 2001 ont achev&#233; de d&#233;montrer que si dans ce pays fortement agit&#233;, les &#171; imp&#233;ratifs du combat antiterroriste &#187; ne servaient plus &#224; &#233;touffer le front social, il pourrait en aller de m&#234;me dans un Etat aussi &#171; stable &#187; que la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les batailles d&#233;mocratiques men&#233;es en Tunisie (notamment depuis 2001, avec les actions de soutien au journaliste Tewfik Ben Brik) ont maintenu dans ce pays un niveau de mobilisation politique appr&#233;ciable en des circonstances de r&#233;pression aussi dures. Elles ont uni des centaines de militants dans un large front contre la &#171; dictature polici&#232;re &#187; qui a accueilli de nouveaux acteurs (bloggers oppos&#233;s &#224; la censure, artistes, etc.). Un tel front n'existe pas en Alg&#233;rie, o&#249; les &#171; d&#233;mocrates &#187; restent profond&#233;ment divis&#233;s par leurs anciennes divergences sur l'attitude &#224; prendre envers l'islamisme arm&#233; et le r&#233;gime qui le combattait au nom de la &#171; sauvegarde de la R&#233;publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constance de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), des comit&#233;s de d&#233;fense des d&#233;tenus d'opinion a maintenu en &#233;veil l'int&#233;r&#234;t international pour la situation des libert&#233;s en Tunisie. Connues gr&#226;ce aux t&#233;l&#233;visions satellitaires et &#224; Internet, les luttes de ces collectifs ont servi d'antidote au fatalisme que les autorit&#233;s &#339;uvraient &#224; propager parmi la population. Ce sont des militants politiques, syndicaux et associatifs qui, aujourd'hui, organisent la solidarit&#233; avec les habitants de Sidi Bouzid, de Gafsa et de Kasserine. Ce sont eux &#233;galement qui portent leur voix dans les m&#233;dias internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le relais efficace du syndicat en Tunisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le r&#233;gime de Ben Ali a &#233;limin&#233; d'importantes m&#233;diations possibles entre lui et la population (partis cr&#233;dibles, associations...), il n'a pas r&#233;ussi &#224; concr&#233;tiser le r&#234;ve caress&#233; par Habib Bourguiba de transformer l'Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail (UGTT) en un syndicat-maison. Contrepoids au pouvoir politique depuis l'ind&#233;pendance et terrain d'action privil&#233;gi&#233; pour la gauche radicale, l'UGTT n'a pas soutenu la jeunesse de la Tunisie profonde seulement par des sit-in, dont deux devant son si&#232;ge central, le 25 d&#233;cembre 2010 et le 7 janvier 2011. Elle l'a aussi soutenue en portant sa voix dans la presse mondiale, qui continue &#224; recueillir ses informations aupr&#232;s de &#171; sources syndicales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de l'UGTT a, certes, appuy&#233; la candidature de Ben Ali &#224; la pr&#233;sidence en 2004 et 2009 (au prix d'une crise int&#233;rieure) et la majorit&#233; de ses membres, rassembl&#233;s autour du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Abdesselam Jerad, sont loin d'&#234;tre ind&#233;pendants. Toutefois, cette organisation n'en compte pas moins &#224; ses &#233;chelons interm&#233;diaires (directions des syndicats de la Fonction publique : sant&#233;, &#233;ducation nationale, etc.), des dirigeants suffisamment radicaux pour saluer l'intifadha de Sidi Bouzid en des mots plus francs que ceux du bureau ex&#233;cutif. L'implication de dizaines de syndicalistes dans les luttes d&#233;mocratiques de ces derni&#232;res ann&#233;es est &#233;galement un fait notoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur radicalisme explique que la direction de la centrale ne c&#232;de pas compl&#232;tement aux pressions des autorit&#233;s, qu'elle appuie les populations r&#233;volt&#233;es et appelle m&#234;me &#224; &#233;largir le champ des libert&#233;s (d&#233;claration du 4 janvier 2011). Ce n'est pas le cas pour l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs alg&#233;riens (UGTA), de plus en plus inf&#233;od&#233;e au r&#233;gime depuis l'arriv&#233;e de Bouteflika au pouvoir, en 1999, et dont la majorit&#233; des secr&#233;taires nationaux sont membres des deux &#171; partis officiels &#187;, le FLN et le RND. Cette soumission au gouvernement a achev&#233; de d&#233;tacher d'elle des pans entiers de syndicalistes, qui l'ont quitt&#233;e pour des syndicats autonomes plus combatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle explique sa quasi-indiff&#233;rence aux contestations en cours dans le pays. Celles-ci n'ont fait l'objet que d'une seule d&#233;claration (rendue publique le 7 janvier 2011), dans laquelle elle d&#233;fend le point de vue du gouvernement qui accuse les &#171; sp&#233;culateurs &#187; d'&#234;tre &#224; l'origine de la crise actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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