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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Tunisie : Chasser la dictature ne suffit pas</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Chasser-la-dictature-ne-suffit-pas</link>
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		<dc:date>2020-11-24T07:09:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pointer du doigt les Institutions financi&#232;res internationales ne suffit pas aujourd'hui. Une grande part de responsabilit&#233; dans la persistance de la crise et de tout ce qui s'en suit, incombe &#224; la classe politique tunisienne et &#224; tous les hommes d'affaires, trafiquants en tout genre et grands commis de l'&#201;tat qui se cachent derri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fathi Chamkhi, d&#233;put&#233; du Front Populaire, animateur de RAID (ATTAC et CADTM en Tunisie), est militant de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re, une des organisations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45797-0b289.png?1781182241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pointer du doigt les Institutions financi&#232;res internationales ne suffit pas aujourd'hui. Une grande part de responsabilit&#233; dans la persistance de la crise et de tout ce qui s'en suit, incombe &#224; la classe politique tunisienne et &#224; tous les hommes d'affaires, trafiquants en tout genre et grands commis de l'&#201;tat qui se cachent derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi, d&#233;put&#233; du Front Populaire, animateur de RAID (ATTAC et CADTM en Tunisie), est militant de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re, une des organisations fondatrices du Front populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Tunisie-Chasser-la-dictature-ne-suffit-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Tunisie vivait d&#233;j&#224; une crise &#233;conomique depuis des mois (voire des ann&#233;es) avant l'explosion de la crise sanitaire et les mesures de confinement. Peux-tu expliquer quelles en sont les causes et comment cette crise s'est amplifi&#233;e depuis mars ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'&#233;conomie tunisienne se porte de plus en plus mal depuis plusieurs ann&#233;es. Le d&#233;but de la crise actuelle remonte &#224; 2008, puis elle s'est aggrav&#233;e apr&#232;s la r&#233;volution en 2011. On peut m&#234;me affirmer qu'elle plonge ses racines jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es &#8216;80. Il s'agit donc d'une grave crise &#233;conomique dont les r&#233;percussions touchent toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreux plans et r&#233;formes structurelles n&#233;olib&#233;rales, qui ont &#233;t&#233; apport&#233;es tout au long de cette p&#233;riode, n'ont eu pour effet &#233;vident que de prolonger la vie du syst&#232;me &#233;conomique en place, au profit d'une petite minorit&#233; locale et des int&#233;r&#234;ts capitalistes mondiaux, notamment europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution a chang&#233; la donne politique ; en permettant l'&#233;mancipation des forces sociales, elle a rendu difficile la poursuite, voire m&#234;me l'approfondissement, des r&#233;formes capitalistes n&#233;olib&#233;rales exig&#233;es par les institutions financi&#232;res internationales et l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'absence de forces politiques porteuses d'un projet de changement &#233;conomique et social, qui b&#233;n&#233;ficie d'un large soutien populaire, ne permet pas &#224; la Tunisie d'avancer dans la direction voulue par la r&#233;volution. La Tunisie fait donc du surplace depuis une dizaine d'ann&#233;es ! Cette situation n'est profitable &#224; personne, notamment &#224; la jeunesse, aux classes laborieuses et aux masses d&#233;sh&#233;rit&#233;es et marginalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, les retomb&#233;es &#233;conomiques et financi&#232;re ext&#233;rieures de la pand&#233;mie mondiale de covid-19, la fermeture de toutes les fronti&#232;res de la Tunisie, l'arr&#234;t brutal d'un pan important de l'&#233;conomie locale et le confinement sanitaire de la population pour faire face &#224; cette pand&#233;mie, font peser de nouvelles menaces sur la Tunisie, dont on mesure mal, &#224; l'heure actuelle, l'ampleur et la gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour faire face &#224; cette situation, le gouvernement n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; recourir &#224; l'endettement, plus particuli&#232;rement l'emprunt ext&#233;rieur, plongeant davantage la Tunisie dans le maelstr&#246;m de la dette. Le taux d'endettement de l'&#201;tat qui &#233;tait de 40 % par rapport au PIB en 2010, approche actuellement les 90 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un projet d'audit de la dette &#233;tait en cours et il semblait &#234;tre en bonne voie pour &#234;tre vot&#233;, que s'est-il pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2016, en ma qualit&#233; de d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e des repr&#233;sentants du peuple (ARP) et membre du groupe parlementaire du Front Populaire (FP), j'avais d&#233;pos&#233; &#224; l'ARP un projet de loi portant sur la cr&#233;ation d'une commission d'audit de la dette publique de la Tunisie. Ce projet de loi &#233;tait le couronnement d'un long combat contre l'endettement odieux du r&#233;gime tunisien, men&#233; par l'association Raid-cadtm Tunisie, depuis bien avant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une commission d'audit de la dette publique avait &#233;t&#233; tr&#232;s bien accueillie par l'ensemble des d&#233;put&#233;s, &#224; l'exception notoire de ceux du parti islamiste Ennahdha, auxquels le projet avait &#233;t&#233; soumis, via le pr&#233;sident de leur groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi de l'audit de la dette publique n'a pas eu de mal &#224; r&#233;colter un nombre de signatures tr&#232;s largement au-dessus du nombre minimal pr&#233;vu par le r&#232;glement int&#233;rieur de l'ARP. En une seule matin&#233;e, pas moins de soixante-treize d&#233;put&#233;s, soit le tiers des parlementaires, ont joint leur signature &#224; ce projet. Tous les espoirs &#233;taient donc permis de voir enfin se mettre en place une commission d'audit ind&#233;pendante qui se pencherait sur la dette de l'&#201;tat tunisien, laquelle s'est d&#233;velopp&#233;e au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es, surtout sous le r&#233;gime de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce projet de loi est rest&#233;e lettre morte dans les tiroirs du pr&#233;sident de la Commission des finances jusqu'&#224; la fin de la l&#233;gislature en novembre 2019. Un projet ayant le m&#234;me objet, d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e constituante en 2013, avait connu le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aucun effort n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par l'association Raid-Cadtm Tunisie, aussi bien avant qu'apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de ce projet de loi, pour faire aboutir l'audit afin de conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur la nature de la dette de l'&#201;tat tunisien. Une campagne de grande envergure avait &#233;t&#233; organis&#233;e par Raid-Cadtm Tunisie, dans le but de mobiliser le maximum de soutien politique &#224; la question de l'audit de la dette publique, mais aussi &#224; la suspension de son remboursement et &#224; l'annulation de sa part odieuse. Cette campagne s'est prolong&#233;e durant toute l'ann&#233;e qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le d&#233;p&#244;t du projet de loi. Il s'agissait notamment de conf&#233;rences et rencontres d&#233;bats &#224; travers le pays, d'une campagne d'affichage publicitaire dans les grandes villes, de l'organisation de manifestations de rue, de la production d'outils p&#233;dagogiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne d'information et de sensibilisation, riche en activit&#233;s et en outils p&#233;dagogiques, avait &#233;t&#233; organis&#233;e par notre association, durant l'ann&#233;e qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le d&#233;p&#244;t du projet de loi, dans le but de mobiliser le maximum de soutien politique &#224; la revendication de l'audit de la dette publique. Une partie importante de ce travail a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sous la banni&#232;re du Front populaire (FP) auquel &#233;tait associ&#233; Raid-Cadtm Tunisie. Malgr&#233; cela, bon nombre de dirigeants et de structures du FP ont tout mis en &#339;uvre pour emp&#234;cher l'audit de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le boycott par la majorit&#233; de la direction du front de la quasi-totalit&#233; des activit&#233;s organis&#233;es avant le d&#233;p&#244;t du projet de loi de l'audit &#224; l'ARP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'embargo impos&#233; au projet de l'audit au sein du groupe parlementaire durant six mois, suite au veto de certains membres de ce groupe qui s'acharnait &#224; emp&#234;cher le d&#233;p&#244;t du projet au bureau de l'ARP. Cet embargo ne fut finalement bris&#233; qu'&#224; la suite de la d&#233;cision de passer outre le feu vert du groupe parlementaire du FP, en allant recueillir le nombre de signatures minimal exig&#233; par le r&#232;glement int&#233;rieur de l'ARP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s sa r&#233;ception par la commission des finances en juin 2016, le projet de l'audit fut enterr&#233; d&#233;finitivement. Pourtant, cette commission &#233;tait pr&#233;sid&#233;e par un d&#233;put&#233; FP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cet &#233;chec patent, force est de constater que Raid-Cadtm Tunisie a tr&#232;s largement contribu&#233; &#224; faire sortir la question de la dette du cercle restreint de certains grands commis de l'&#201;tat tunisien. Aujourd'hui, on peut affirmer que cette question est connue par toutes et tous en Tunisie. Elle est point&#233;e du doigt &#224; tous les d&#233;bats. Beaucoup de voix s'&#233;l&#232;vent pour qu'une solution juste et &#233;quitable soit trouv&#233;e &#224; ce gros boulet qui plombe les finances publiques et hypoth&#232;que l'avenir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ao&#251;t 2019 l'Instance V&#233;rit&#233; et Dignit&#233; publiait un Memorandum &#224; l'attention de la Banque mondiale et du FMI. L'Instance V&#233;rit&#233; &amp; Dignit&#233; (IVD) a &#233;tabli la responsabilit&#233; de la Banque mondiale et du FMI dans les violations des droits humains fondamentaux et demande &#224; ces deux institutions de prendre les dispositions appropri&#233;es en vue de r&#233;parer les pr&#233;judices subis. Peux-tu nous dire quelles ont &#233;t&#233; les r&#233;actions &#224; cette initiative ? Des mouvements sociaux d'autres pays s'en sont-ils empar&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que les memoranda auxquels tu fais allusion rev&#234;tent une grande importance politique. L'IVD qui a produit ces memoranda, notamment celui qui s'adresse &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais, est une institution de l'&#201;tat tunisien. En ce sens, ces documents, au-del&#224; du scepticisme de ses nombreux d&#233;tracteurs, rev&#234;tent une importance toute &#224; fait particuli&#232;re. Ils constituent incontestablement un pas suppl&#233;mentaire dans le long et difficile processus de transformation d&#233;mocratique de la Tunisie. Ces documents officiels sont incontestablement de nouveaux pav&#233;s jet&#233;s dans la marre aux canards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, ces memoranda auxquels tu fais allusion n'ont pas &#233;chapp&#233; aux coups bas et aux manigances politiques et &#8216;tirs amis' dans le but d'en &#233;touffer le contenu pour qu'ils ne fassent aucun remous &#224; la surface. L'IVD a &#233;t&#233;, dans le meilleur des cas, accept&#233;e du bout des l&#232;vres par la plupart des acteurs politiques. Les questions qu'elle soulevait sont tr&#232;s d&#233;rangeantes pour les tenants du pouvoir &#233;conomique et politique d'hier et d'aujourd'hui en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#232;s de dix ans apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution tunisienne, quelles observations tires-tu des &#233;volutions ? La Tunisie est souvent cit&#233;e comme le seul pays &#224; avoir r&#233;ussi sa transition... Tu nous as pourtant expliqu&#233; de nombreuses fois le r&#244;le n&#233;faste des IFI d&#232;s le lendemain du d&#233;part de Ben Ali et sa clique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question difficile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je me contente de formuler ma r&#233;ponse en me basant sur le sentiment g&#233;n&#233;ral qui r&#232;gne dans le pays, je dirais que tout va mal ! Les Tunisiennes et les Tunisiens ont tout &#224; fait raison d'exprimer leur m&#233;contentement et leur insatisfaction face &#224; la d&#233;gradation rapide de leurs conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pointer du doigt les Institutions financi&#232;res internationales ne suffit pas aujourd'hui. Une grande part de responsabilit&#233; dans la persistance de la crise et de tout ce qui s'en suit, incombe &#224; la classe politique tunisienne et &#224; tous les hommes d'affaires, trafiquants en tout genre et grands commis de l'&#201;tat qui se cachent derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, si je me place au-del&#224; de l'oppressant court terme, je dirais que le peuple tunisien a r&#233;alis&#233; l'impossible en chassant la dictature. Mais, cela ne suffit pas, loin s'en faut, car maintenant il s'agit de construire quelque chose de nouveau. Les bases de cette transformation historique de la soci&#233;t&#233; tunisienne sont d'ores et d&#233;j&#224; jet&#233;es. L'avenir me semble assez prometteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lection pr&#233;sidentielle en Tunisie : le rejet d'un syst&#232;me politique corrompu</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Election-presidentielle-en-Tunisie-le-rejet-d-un-systeme-politique-corrompu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Election-presidentielle-en-Tunisie-le-rejet-d-un-systeme-politique-corrompu</guid>
		<dc:date>2019-09-24T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Tunisie a vot&#233;, dimanche 15 septembre, pour &#233;lire un nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique. Selon les sondages sortis des urnes, Sa&#239;ed et Karoui seraient pr&#233;sents au deuxi&#232;me tour, le 13 octobre. Le point de vue de notre camarade Fathi Chamkhi. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce surprenant r&#233;sultat signifie : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Une sanction claire du pouvoir en place constitu&#233; par la coalition des droites islamiste et la&#239;que ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Une confirmation du rejet du syst&#232;me politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-09-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-09-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton40359-096b0.jpg?1781182241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a vot&#233;, dimanche 15 septembre, pour &#233;lire un nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique. Selon les sondages sortis des urnes, Sa&#239;ed et Karoui seraient pr&#233;sents au deuxi&#232;me tour, le 13 octobre. Le point de vue de notre camarade Fathi Chamkhi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article50490&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce surprenant r&#233;sultat signifie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Une sanction claire du pouvoir en place constitu&#233; par la coalition des droites islamiste et la&#239;que ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Une confirmation du rejet du syst&#232;me politique post-r&#233;volutionnaire dans son ensemble, d&#233;j&#224; exprim&#233; lors des &#233;lections municipales de 2018 qui avaient consacr&#233; la victoire des listes ind&#233;pendantes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'aspiration d'une majorit&#233;, de plus en plus consciente, &#224; vivre d&#233;cemment dans un &#201;tat de droit garantissant &#224; ses citoyenEs leurs droits fondamentaux ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La marginalisation du courant politique qui se d&#233;finit en tant que &#171; gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'ils d&#233;gagent !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une majorit&#233; des &#233;lecteurs et des &#233;lectrices ont d&#233;cid&#233; que Sa&#239;ed et Karoui seraient les porte-drapeaux de leur rejet d'un syst&#232;me politique corrompu, incomp&#233;tent et sans ambition sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un comme l'autre sont des candidats &#171; atypiques &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Sa&#239;ed, parfait inconnu en politique, n'appartient &#224; aucun parti et a men&#233; sa campagne &#233;lectorale avec relativement peu de moyens financiers ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Karoui, homme d'affaires de la publicit&#233; et de l'audiovisuel, a fond&#233; en 2012 une association caritative dont l'activit&#233; a &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;e via sa propre chaine de t&#233;l&#233;vision. Tout r&#233;cemment, il s'est d&#233;clar&#233; candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et a form&#233; un parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, il a fait l'objet d'une inculpation pour blanchiment d'argent et fraude fiscale, avant d'&#234;tre jet&#233; en prison, trois semaines avant le scrutin. Beaucoup d'&#233;lecteurs et d'&#233;lectrices voient l&#224; une man&#339;uvre m&#233;prisable des partis au pouvoir afin de se d&#233;barrasser d'un candidat g&#234;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devan&#231;ant Karoui, 15,5 % des voix exprim&#233;es, Sa&#239;ed serait le vainqueur du premier tour avec environ 19 %, score proche du total des deux candidats de la coalition au pouvoir : Mourou (13 %), vice-pr&#233;sident du parti islamiste et Chahed (7 %), actuel chef du gouvernement et pr&#233;sident du parti Tahya Toun&#232;s. Un v&#233;ritable tremblement de terre politique. Les deux candidats du syst&#232;me, Essebsi et Marzouki, avaient obtenu &#224; eux deux pr&#232;s de 73 % des voix exprim&#233;es lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2014. L'ensemble des candidats du syst&#232;me n'obtiendraient cette fois que 36 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands perdants seraient le parti islamiste Ennahdha et le parti Tahya Toun&#232;s actuellement ensemble au pouvoir. Le parti islamiste poursuit sa descente aux enfers : 1,5 million de voix en 2011, 950 000 en 2014, 550 000 en 2018 et environ 350 000 aujourd'hui. Quant &#224; la droite la&#239;que, tiraill&#233;e par les d&#233;chirements internes, elle ne sait plus &#224; quel saint se vouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire &#224; gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;lection marginalise davantage les partis se r&#233;clamant de gauche et coalis&#233;s au sein du Front populaire, r&#233;cemment scind&#233; en deux. H. Hammami, autoproclam&#233; leader de la gauche, n'obtiendrait que 0,7 % des voix exprim&#233;es, loin des 7,82 % des &#233;lections de 2014. Le score total des trois candidats apparent&#233;s &#224; la gauche atteindrait &#224; peine 1,8 %. Un score ultra faible, mais largement m&#233;rit&#233; par une gauche qui pr&#233;f&#232;re souvent donner des le&#231;ons, plut&#244;t que de garder les pieds sur terre afin de comprendre et apprendre des opprim&#233;Es et des exploit&#233;Es eux-m&#234;mes. Pour que ces hommes et ces femmes se reconnaissent dans des partis de gauche, il faudrait que leurs aspirations soient reprises dans le programme et l'action de ces organisations. Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront les aider &#224; devenir les acteurs de leur propre lib&#233;ration sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que nous assistons l&#224; &#224; l'&#233;mergence d'une conscience sociale des masses d&#233;sh&#233;rit&#233;es sous l'aiguillon de la mis&#232;re sociale et de la faillite des partis politiques de toute nature. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes ont du mal &#224; trouver un travail, &#224; se nourrir, &#224; se soigner, &#224; aller &#224; l'&#233;cole, &#224; se loger, &#224; se d&#233;placer, etc. &#192; cela s'ajoute une extension inqui&#233;tante de la criminalit&#233;, de la corruption et des violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important pour nous, celles et ceux qui pr&#233;tendons parler au nom des opprim&#233;Es et des exploit&#233;Es, d'analyser et de comprendre la signification des choix politiques exprim&#233;s &#224; travers ce suffrage. De m&#234;me, il nous faut cesser de transposer de mani&#232;re dogmatique des concepts, des sch&#233;mas et des grilles de lecture emprunt&#233;es &#224; d'autres r&#233;alit&#233;s ou exp&#233;riences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir dans quelle mesure ces r&#233;sultats &#233;lectoraux vont impacter les &#233;lections l&#233;gislatives du 6 octobre prochain. Beaucoup plus que les &#233;lections pr&#233;sidentielles, les &#233;lections l&#233;gislatives rev&#234;tent une importance politique et sociale primordiale pour l'avenir de la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un premier bilan des &#233;lections municipales en Tunisie &#8211; Un paysage politique instable</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-premier-bilan-des-elections-municipales-en-Tunisie-Un-paysage-politique</link>
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		<dc:date>2018-05-15T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lecteurEs tunisiens qui ont &#233;t&#233; appel&#233;s aux urnes, dimanche dernier, afin d'&#233;lire les 7 280 membres des 350 conseils municipaux du pays, ont boud&#233; en masse les &#233;lections ! &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le taux d'abstention a, aux municipales, atteint 66,3 %. Cela s'explique notamment par le d&#233;calage croissant entre le discours politique et la r&#233;alit&#233; des conditions de vie du plus grand nombre, l'aggravation de la corruption dans la sph&#232;re politique et l'absence d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton34779-9b148.jpg?1781182241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lecteurEs tunisiens qui ont &#233;t&#233; appel&#233;s aux urnes, dimanche dernier, afin d'&#233;lire les 7 280 membres des 350 conseils municipaux du pays, ont boud&#233; en masse les &#233;lections !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article44352&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'abstention a, aux municipales, atteint 66,3 %. Cela s'explique notamment par le d&#233;calage croissant entre le discours politique et la r&#233;alit&#233; des conditions de vie du plus grand nombre, l'aggravation de la corruption dans la sph&#232;re politique et l'absence d'une alternative politique cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers r&#233;sultats globaux font ressortir les faits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'ensemble des listes &#171; ind&#233;pendantes &#187; obtiendraient environ 32 % des voix exprim&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le parti islamiste Ennahdha obtiendrait 28 %, tandis que Nida Tounes n'obtiendrait que 21 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'ensemble des autres partis r&#233;uniraient 19 % des voix, avec un Front populaire qui n'obtiendrait que 5,9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victoire des listes &#171; ind&#233;pendantes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande surprise des &#233;lections est la victoire des listes &#171; ind&#233;pendantes &#187; [1]. Un ph&#233;nom&#232;ne &#224; nuancer, car certaines de ces listes ne sont pas r&#233;ellement ind&#233;pendantes des partis politiques ; environ une cinquantaine sont conduites par des membres du Front populaire, et beaucoup d'autres seraient assez proches du parti Ennahdha. Toutefois, le plus grand nombre de ces listes est l'expression de r&#233;alit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre enseignement de ces &#233;lections est le retour du parti Ennahdha &#224; la premi&#232;re place, qu'il avait perdue lors des &#233;lections de 2014 au profit du parti de Nida Tounes qui accuse, quant &#224; lui, un tr&#232;s net recul par rapport &#224; 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; part ces deux partis, aucun autre n'arrive &#224; &#233;merger du lot, notamment le Front populaire (FP) qui n'arrive pas &#224; &#171; accrocher &#187; les &#233;lecteurEs et peine &#224; percer malgr&#233; des conditions politiques qui lui sont assez favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'analyse des r&#233;sultats des &#233;lections municipales, &#224; la lumi&#232;re des r&#233;sultats des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes de 2011 et 2014, fait appara&#238;tre les &#173;indications suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le parti Ennahdha n'arrive pas &#224; freiner son recul entam&#233; apr&#232;s les &#233;lections de 2011. &#192; cette &#233;poque il avait obtenu 1,4 million de voix, puis 0,9 million en 2014. Dimanche dernier, il n'a obtenu que 400 000 voix. Nida Tounes conna&#238;t lui aussi le m&#234;me sort : de 1,2 million de voix obtenues lors des &#233;lections de 2014, il n'en conserve que 350 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le FP conserve quant &#224; lui le m&#234;me nombre de voix que lors des &#233;lections l&#233;gislatives de 2014 : environ 150 000 voix, sachant qu'il n'a pr&#233;sent&#233; que 120 listes aux &#233;lections municipales, sur un total de 350 municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paysage politique instable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage politique post-r&#233;volutionnaire demeure assez instable, tout en souffrant cruellement de l'absence d'une alternative politique capable de redonner espoir aux classes populaires pour les mobiliser autour d'un programme de sauvetage &#233;conomique et social pour freiner l'enlisement de la Tunisie dans la crise, et d'entamer un d&#233;but de sortie de l'impasse actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP peut jouer un r&#244;le d&#233;terminant dans ce processus de redressement &#233;conomique et social de la Tunisie, &#224; condition de corriger, bien avant les prochaines &#233;lections l&#233;gislatives pr&#233;vues en 2019, ses multiples dysfonctionnements organisationnels, clarifier sa vision politique, &#233;laborer un plan d'action ax&#233; sur les t&#226;ches urgentes et agir de mani&#232;re constante et coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi (d&#233;put&#233; et membre dirigeant du Front populaire et de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cr&#233;&#233; le Mercredi 9 mai 2018, mise &#224; jour Mercredi 9 mai 2018, 10:00 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/premiers-bilans-des-elections-municipales-en-tunisie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/international/premiers-bilans-des-elections-municipales-en-tunisie&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 897 listes &#171; ind&#233;pendantes &#187; sur un ensemble de 2 173 listes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie : Aux origines de l'embrasement social de janvier 2018</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Aux-origines-de-l-embrasement-social-de-janvier-2018-34033</link>
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		<dc:date>2018-03-20T08:27:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Tunisie a connu, durant la semaine du 8 janvier, un nouvel embrasement en r&#233;ponse aux mesures antisociales contenues dans la loi de finances 2018. Apr&#232;s une semaine de contestation, et parfois de heurts tr&#232;s violents avec la police [1], un calme pr&#233;caire r&#232;gne de nouveau sur l'ensemble du pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 16 mars 2018 &lt;br class='autobr' /&gt; La crise sociale, qui se poursuit en s'aggravant, continue de nourrir les frustrations et le m&#233;contentement parmi de larges (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton34033-51f92.jpg?1781182241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a connu, durant la semaine du 8 janvier, un nouvel embrasement en r&#233;ponse aux mesures antisociales contenues dans la loi de finances 2018. Apr&#232;s une semaine de contestation, et parfois de heurts tr&#232;s violents avec la police [1], un calme pr&#233;caire r&#232;gne de nouveau sur l'ensemble du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 16 mars 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise sociale, qui se poursuit en s'aggravant, continue de nourrir les frustrations et le m&#233;contentement parmi de larges couches de la population. A tout moment, la col&#232;re peut resurgir &#224; la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise &#233;conomique qui n'en finit plus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie continue de vivre la plus longue crise &#233;conomique de son histoire contemporaine. Les mauvais r&#233;sultats, qui continuent de s'accumuler ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, sont la cons&#233;quence d'un syst&#232;me &#233;conomique d&#233;structur&#233; par trente ann&#233;es de politique capitaliste n&#233;olib&#233;rale dans le cadre d'un red&#233;ploiement &#224; caract&#232;re n&#233;ocolonial assez agressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les classes laborieuses sont forc&#233;es de payer au prix fort le maintien en fonction d'une &#233;conomie dont l'objectif essentiel est de procurer un maximum de profits au capital &#233;tranger op&#233;rant en Tunisie. Celui-ci contr&#244;le le tiers des entreprises des secteurs de l'industrie et des services : totalement en ce qui concerne 1 538 entreprises, en partenariat avec le capital local pour 950 autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 62% de ces 2 488 entreprises b&#233;n&#233;ficient du statut offshore, lequel offre des avantages et des faveurs qui n'ont rien &#224; envier au traitement propos&#233; dans les paradis fiscaux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital &#233;tranger r&#233;alise plus de la moiti&#233; des exportations tunisiennes. Bien entendu, le pays ne re&#231;oit que des miettes des activit&#233;s tr&#232;s profitables du capital &#233;tranger, alors qu'il en subit les charges &#233;conomiques, sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; ce syst&#232;me capitaliste de domination et d'exploitation de se reproduire, depuis la fin des ann&#233;es 1980, l'&#233;conomie locale est prise en tenaille entre les politiques de restructuration et le libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir en place a fait appel aux services du FMI &#224; trois reprises : en 1986 puis, apr&#232;s la r&#233;volution, en 2013 et 2016. En parall&#232;le, l'Union europ&#233;enne, avec le soutien du dictateur Ben Ali, avait inclus la Tunisie dans sa zone m&#233;diterran&#233;enne de libre-&#233;change. A l'heure actuelle, l'Union europ&#233;eene est en train de la forcer &#224; acc&#233;l&#233;rer le pas pour &#171; &#233;largir et approfondir &#187; le libre-&#233;change [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le pouvoir en place a fait appel aux services du FMI &#224; trois reprises : en 1986 puis, apr&#232;s la r&#233;volution, en 2013 et 2016 &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reproduction de ce rapport capitaliste n&#233;ocolonial exige que l'Etat tunisien continue de mobiliser les fonds n&#233;cessaires en devises pour permettre au capital &#233;tranger de continuer d'op&#233;rer et de faire de gros profits en Tunisie. Obtenir toujours plus d'euros et de dollars est devenue l'obsession de cet Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour y parvenir, tout est bon &#224; prendre : exporter toujours plus de produits primaires, brader des entreprises publiques au profit d'int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs, sous-traiter un tourisme bon march&#233; aux tour-op&#233;rateurs europ&#233;ens, et inciter les tunisiennes et les tunisiens, notamment les plus qualifi&#233;Es professionnellement &#224; s'expatrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien, &#224; l'heure actuelle, ne permet de voir le moindre signe d'un renversement de tendance. Bien au contraire, les principaux indicateurs &#233;conomiques continuent de glisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des finances publiques [3] est actuellement l'un des aspects le plus grave de la crise. Le gouvernement a de plus en plus de mal, malgr&#233; une baisse significative des d&#233;penses sociales, &#224; mobiliser les fonds n&#233;cessaires pour financer son budget. Un recours massif &#224; l'endettement [4] a permis jusqu'ici de renflouer les caisses de l'Etat et de camoufler la gravit&#233; de la crise. En 2010, la part des ressources d'emprunts dans le budget de l'Etat &#233;tait de 17%. Elle est pass&#233;e &#224; 30% en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des finances publiques nourrit &#224; son tour la crise de la dette qui devient un fait av&#233;r&#233; aujourd'hui. Mais le recours &#224; l'emprunt ext&#233;rieur a aussi ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, l'Etat a de plus en plus de mal &#224; mobiliser dans ses propres ressources, les fonds n&#233;cessaires au comblement du d&#233;ficit croissant de son budget. Il est en train de faire les frais de ses choix erron&#233;s en mati&#232;re de politique fiscale, d'endettement ext&#233;rieur, de remboursement de la dette contract&#233;e par la dictature, d'investissement public, de lutte contre la corruption, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue la gravit&#233; de la crise et les r&#233;cents d&#233;veloppements [5], les quelques 10 milliards de dinars d'emprunts nouveaux, pr&#233;vus dans la loi de finances 2018, soit 30% du budget, deviennent assez hypoth&#233;tiques. Ceci n'est pas de nature &#224; aider, un tant soit peu, &#224; maitriser une situation assez chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Etat Tunisien fait les frais de ses choix erron&#233;s en mati&#232;re de politique fiscale, d'endettement ext&#233;rieur, de remboursement de la dette contract&#233;e par la dictature, d'investissement public, de lutte contre la corruption, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est attendu que, sous la pression de la crise des finances publiques qui va en s'aggravant, le gouvernement actuel, ou celui qui le remplacera, soit de plus en plus tent&#233;, notamment sous la pression du FMI, par davantage de mesures antisociales qui risquent, une nouvelle fois, de mettre le feu aux poudres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revue g&#233;n&#233;rale de la situation &#233;conomique, &#224; l'aune des indicateurs macro&#233;conomiques, ne peut que confirmer la gravit&#233; de la situation. &lt;br class='autobr' /&gt; En plus du budget de l'Etat qui accuse un d&#233;ficit record de pr&#232;s de 7%, le d&#233;ficit commercial est &#224; son plus haut niveau historique : 15 592 millions de dinars (MD) en 2017, contre 8 297 MD en 2010. Il est &#224; noter aussi que ce d&#233;ficit est &#233;gal &#224; l'ensemble des engagements ext&#233;rieurs &#224; court terme de l'Etat. Ces cr&#233;dits &#224; court terme ont connu, &#224; leur tour, un doublement de leur volume depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le solde courant des paiements ext&#233;rieurs se situe &#224; 10% du PIB&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 2017. Le niveau des r&#233;serves en devises est actuellement &#224; hauteur de 84 jours &#233;quivalent importation. L'inflation est &#224; 6,9%, mais ce taux est jug&#233; par la centrale syndicale UGTT, bien en-dessous de la r&#233;alit&#233;. Enfin, le taux de croissance r&#233;alis&#233; en 2017 a &#233;t&#233; de 2,1%. Ce r&#233;sultat, &#224; premi&#232;re vue positif, doit &#234;tre temp&#233;r&#233; par le fait que l'ann&#233;e 2017 a connu un bond spectaculaire de l'endettement ext&#233;rieur aussi bien &#224; moyen et long terme qu'&#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise sociale consid&#233;rable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sociales, en Tunisie, de ce red&#233;ploiement capitaliste n&#233;ocolonial sont dramatiques. Le taux de ch&#244;mage global officiel [6] se situe actuellement &#224; 15,3%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne sur le front de la crise sociale se trouvent les titulaires d'un dipl&#244;me universitaire primo-demandeurs d'emploi. Un tiers seulement d'entre eux r&#233;ussit &#224; trouver un travail stable, tandis que les deux tiers restant se voient condamn&#233;s &#224; un perp&#233;tuel va-et-vient entre le ch&#244;mage et les emplois pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les femmes qui trinquent le plus en mati&#232;re de ch&#244;mage et de sous-emploi ! Dans le cas des dipl&#244;m&#233;Es de l'enseignement sup&#233;rieur, le taux de ch&#244;mage est par exemple de 19%, pour les hommes et de 41 % pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce sont les femmes qui trinquent le plus en mati&#232;re de ch&#244;mage et de sous-emploi ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition de ces r&#233;sultats, au niveau r&#233;gional, laisse appara&#238;tre un d&#233;s&#233;quilibre important entre les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur du pays. Ces derni&#232;res connaissent des niveaux insupportables de ch&#244;mage et de sous-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; classe moyenne &#187;, qui tirait auparavant son &#233;pingle du jeu, est prise &#224; son tour dans le maelstrom de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;Es ne sont pas en reste. En plus de la d&#233;t&#233;rioration continue de leurs conditions de travail, ils/elles voient leur pouvoir d'achat fondre comme neige au soleil, du fait notamment d'une inflation galopante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles et ceux ayant un emploi stable, aussi bien du secteur public que priv&#233;, ont &#233;t&#233; en mesure de limiter en partie les effets n&#233;gatifs de l'inflation. Gr&#226;ce &#224; leur forte syndicalisation et, surtout, &#224; la solidit&#233; et la combativit&#233; d'une s&#233;rie de structures syndicales, ils/elles ont en g&#233;n&#233;ral r&#233;ussi &#224; imposer une r&#233;vision &#224; la hausse de leurs salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en va pas de m&#234;me pour les travailleurs/euses pr&#233;caires et les ch&#244;meurs qui ont vu leurs conditions de vie se d&#233;grader de mani&#232;re consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de crise globale, le nombre des laiss&#233;Es pour compte est en rapide progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pourrissement de la situation &#233;conomique et sociale pousse de plus en plus de travailleurs/euses et d'entreprises, vers des activit&#233;s informelles, voire souterraines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de celles-ci varie selon les sources. Mais toutes situent son poids bien au-dessus de 50% de l'activit&#233; &#233;conomiques totale. Il s'agit l&#224; d'une des manifestations fondamentales de l'impasse dans laquelle se trouve le pays depuis la fin des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#224; ce sujet distinguer le &#171; secteur informel &#187; et le &#034;secteur parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le &#171; secteur informel &#187; a connu une extension consid&#233;rable avec la crise &#233;conomique, qui a commenc&#233; en 2009. Il s'agit avant tout d'un secteur refuge pour les travailleurs/euses excluEs du secteur dit formel, ou moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie des activit&#233;s &#233;conomiques qu'il renferme ne sont en effet rien d'autre que des &#8216;strat&#233;gies de survie' auxquelles recourent les plus d&#233;muniEs, auxquel-le-s le syst&#232;me capitaliste ne laisse aucune autre possibilit&#233; [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le &#171; secteur parall&#232;le &#187;, de connotation plus p&#233;jorative, signifie la sph&#232;re o&#249; apparaissent et se d&#233;veloppent toutes les formes et pratiques ill&#233;gales, voire criminelles. Ce secteur prend de plus en plus des proportions de fl&#233;au social. C'est un pan entier des activit&#233;s &#233;conomiques locales qui se situent hors la loi. Celles-ci &#233;chappent &#224; la fiscalit&#233; et portent pr&#233;judice aux finances publiques. Elles mettent &#224; mal le secteur dit structur&#233;, notamment en le concurren&#231;ant avec des produits import&#233;s la plupart du temps ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;r&#233;e par cette &#233;conomie parall&#232;le se r&#233;pand dans les moindres interstices de l'appareil de l'Etat, de la sph&#232;re &#233;conomique et de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, qui a toujours exist&#233; en Tunisie, prend en effet de plus en plus des proportions ph&#233;nom&#233;nales. Le pouvoir de Ben Ali et des familles associ&#233;es, avait bien profit&#233; de la corruption, non seulement pour se remplir les poches, mais surtout comme moyen politique pour asseoir sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cancer, qu'est la corruption a atteint, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la phase de m&#233;tastase ! Cela pose des probl&#232;mes &#233;conomiques et politiques qui p&#232;sent lourdement sur toute tentative de changement social de caract&#232;re progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise politique &#224; rebondissements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pourrissement, puis la chute du r&#233;gime bourguibien [8] avait apport&#233; la preuve de l'incapacit&#233; de la bourgeoisie locale &#224; mener jusqu'au bout les t&#226;ches historiques d'un programme &#233;conomique et social national. Pire encore, cette m&#234;me bourgeoisie avait capitul&#233;, sous le r&#233;gime de Ben Ali [9], devant les puissances imp&#233;rialistes, se contentant de jouer le r&#244;le de relais des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques n&#233;ocoloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection r&#233;volutionnaire de la fin de 2010 et du d&#233;but de 2011 a mis fin au r&#233;gime antid&#233;mocratique de Ben Ali. Elle &#233;tait l'expression d'un sentiment national et social profond de rejet de cette soumission politique et &#233;conomiques aux puissances &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques et les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s au pouvoir, au cours des sept derni&#232;res ann&#233;es, se sont content&#233;s, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, de poursuivre l&#224; o&#249; s'&#233;tait arr&#234;t&#233; le dernier gouvernement de l'ancien r&#233;gime. Cette orientation, en porte-&#224;-faux par rapport aux aspirations populaires exprim&#233;es par la r&#233;volution, est la cause principale de l'aggravation de la crise et du pourrissement g&#233;n&#233;ral de la situation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel gouvernement pr&#233;sid&#233; par Y. Chahed [10] (YC), en place depuis le mois d'aout 2016, &#233;tait une &#233;ni&#232;me tentative pour stopper la d&#233;cente aux enfers de la Tunisie. YC avait inaugur&#233; son mandat en reconnaissant la gravit&#233; de la crise, tout en affirmant que le seul rem&#232;de &#233;tait de poursuivre la m&#234;me politique tout en acc&#233;l&#233;rant la cadences des r&#233;formes structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose promise, chose due ! Apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e chaotique, YC a d&#233;cid&#233; de prendre le taureau par les cornes et a programm&#233; une batterie de mesures antisociales par le biais de la loi de finances 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit notamment de mesures fiscales, telle que l'augmentation du taux de la TVA, de taxes ou de droits de douanes sur divers produits et services. S'en suit une nouvelle flamb&#233;e des prix touchant entre autres les carburants. Le taux de l'inflation a grimp&#233; de 3.8% en ao&#251;t 2016, &#224; 6.9% actuellement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nouvelles mesures figure l'instauration d'un nouvel imp&#244;t de 1% sur le revenu, dit &#171; participation sociale de solidarit&#233; &#187;. Dans le m&#234;me temps, d'autres nouvelles mesures ont vis&#233; la baisse des subventions qu'accorde l'Etat pour certains produits alimentaires de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces mesures, YC sait qu'il avance dans un terrain min&#233; ! Non seulement &#224; cause de leur impopularit&#233;, mais aussi de l'ampleur des critiques qui fusent de toute part contre ce gouvernement et son bilan tr&#232;s d&#233;cevant. Les critiques ne viennent pas seulement de l'opposition, mais aussi de l'int&#233;rieur de la coalition au pouvoir, voire de Nida Toun&#232;s, le propre parti de YC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La contestation sociale de la semaine du 8 janvier a fortement &#233;prouv&#233; le gouvernement, [...] l&#226;ch&#233; par ses alli&#233;s politiques, et rattrap&#233; par son &#233;chec face &#224; la situation dramatique du pays. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, le gouvernement de YC a pris soin de r&#233;partir l'application de ses mesures tout au long de l'ann&#233;e en cours, afin de r&#233;duire les risques d'une nouvelle explosion sociale. Il a aussi fourni beaucoup d'efforts de communication pour tenter de les justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YC et ses ministres font souvent r&#233;f&#233;rence au bilan n&#233;gatif qu'il ont h&#233;rit&#233; des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, ils invoquent aussi les sacrifices qu'ils faudrait consentir pour sortir de la crise et r&#233;ussir une relance &#233;conomique qui tarde &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, YC et ses ministres, ne trouvant rien d'autre pour rassurer les TunisienEs face &#224; la d&#233;gradation spectaculaire de leurs conditions de vie, pr&#233;dit la fin prochaine de leurs sacrifices. Il pr&#233;tend en effet que 2018 sera la derni&#232;re ann&#233;e de la crise, et que 2019 sera celle qui verra la Tunisie sortir du long tunnel de la crise, et renouer avec la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais, c'est peine perdue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; et la persistance de la crise &#233;conomique, l'ampleur du d&#233;sastre social et, surtout, la longue liste des promesses non tenues de &#8216;lendemains qui chantent', ont eu raison de la patience des TunisienEs, pour ne laisser place qu'aux sentiments d'amertume et de col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation sociale de la semaine du 8 janvier a fortement &#233;prouv&#233; un gouvernement en perte de vitesse, de plus en plus l&#226;ch&#233; par ses alli&#233;s politiques, et rattrap&#233; par son &#233;chec face &#224; la situation dramatique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement YC semble bel et bien en sursis et ses jours sont compt&#233;s. Les rares soutiens qui restent fid&#232;les &#224; YC sont le parti islamiste Ennahdha et, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, la direction de la toute puissante centrale syndicale UGTT, dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ne trouve rien de mieux &#224; dire que la Tunisie en assez des changements &#224; r&#233;p&#233;titions de gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;conomique et sociale de la Tunisie est grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux agressions sociales multiples et continues de la part d'un r&#233;gime capitaliste d&#233;cadent, les classes laborieuses tunisiennes ont tout connu, ou presque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de la r&#233;signation &#224; l'oppression politique, &#224; l'insurrection r&#233;volutionnaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des &#233;lections d&#233;mocratiques, &#224; la manipulation par les forces r&#233;trogrades et contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, loin d'affaiblir la d&#233;termination et la combativit&#233; des classes laborieuses, ces exp&#233;riences lui ont &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fiques sur le plan de l'&#233;ducation politique et de la prise de conscience de ses int&#233;r&#234;ts de classes domin&#233;es et exploit&#233;es. Rien ne semble indiquer aujourd'hui que ces classes vont s'arr&#234;ter en milieu de chemin. Les semaines et les mois &#224; venir sont riches de promesses positives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article43467 Article paru dans la revue Inprecor
&lt;p&gt;{{Notes}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ESSF&lt;/p&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;p&gt; Un mort parmi les manifestantEs, un millier d'arrestations et plus d'une centaine de bless&#233;s des deux c&#244;t&#233;s (manifestants et police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Accord de libre-&#233;change complet et approfondi (ALECA), toujours en discussion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le budget de l'Etat, celui des collectivit&#233;s locales, les caisses sociales et bon nombre d'entreprises publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le taux d'endettement est pass&#233; de 40.5% en 2010 &#224; 71.4% actuellement. Dans le m&#234;me temps, l'encours de la dette publique s'est accru de 25.6 &#224; 76.2 milliards de dinars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] La confirmation de la classification de la Tunisie, par l'Union europ&#233;enne, sur la liste noire, du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme et, depuis la mi-janvier dernier, le blocage par des sans-emplois de presque toute la production de phosphate, qui est une source importante de devises pour les caisses de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Selon la d&#233;finition du BIT. Ce taux ne prend pas en compte la population active en situation de sous-emploi. D'apr&#232;s les calculs les plus s&#233;rieux, cette proportion d&#233;passerait les 50% de l'ensemble de la population active occup&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Il n'existe pas en Tunisie d'indemnit&#233;-ch&#244;mage. Mais, l'Etat donne &#224; 250 000 familles, vivant en dessous du seuil de pauvret&#233;, une aide mensuelle de 150 dinars (environ 50 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] En r&#233;f&#233;rence &#224; Habib Bourguiba, leader de la lutte de lib&#233;ration nationale et pr&#233;sident de la r&#233;publique tunisienne de 1957 &#224; 1987. Il fut d&#233;mis de ses fonction &#224; la suite d'un coup d'Etat dirig&#233; par son premier ministre, le g&#233;n&#233;ral Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Le g&#233;n&#233;ral Ben Ali, dictateur de 1987 &#224; 2011. Il a fui le pays le 14 janvier 2011, &#224; la suite d'une insurrection r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] C'est un gouvernement de coalition &#171; d'unit&#233; nationale &#187; dirig&#233; par les deux partis vainqueurs des derni&#232;res &#233;lections de 2014 : le parti Nida Tounes et le parti islamiste Ennahdha.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie : Aux origines de l'embrasement social de janvier 2018</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Aux-origines-de-l-embrasement-social-de-janvier-2018</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tunisie-Aux-origines-de-l-embrasement-social-de-janvier-2018</guid>
		<dc:date>2018-03-13T07:49:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Tunisie a connu, durant la semaine du 8 janvier, un nouvel embrasement en r&#233;ponse aux mesures antisociales contenues dans la loi de finances 2018. Apr&#232;s une semaine de contestation, et parfois de heurts tr&#232;s violents avec la police, (1) un calme pr&#233;caire r&#232;gne de nouveau sur l'ensemble du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise sociale, qui se poursuit en s'aggravant, continue de nourrir les frustrations et le m&#233;contentement parmi de larges couches de la population. A (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton33988-22e4d.jpg?1781182241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a connu, durant la semaine du 8 janvier, un nouvel embrasement en r&#233;ponse aux mesures antisociales contenues dans la loi de finances 2018. Apr&#232;s une semaine de contestation, et parfois de heurts tr&#232;s violents avec la police, (1) un calme pr&#233;caire r&#232;gne de nouveau sur l'ensemble du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article43467&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale, qui se poursuit en s'aggravant, continue de nourrir les frustrations et le m&#233;contentement parmi de larges couches de la population. A tout moment, la col&#232;re peut resurgir &#224; la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise &#233;conomique qui n'en finit plus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie continue de vivre la plus longue crise &#233;conomique de son histoire contemporaine. Les mauvais r&#233;sultats, qui continuent de s'accumuler ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, sont la cons&#233;quence d'un syst&#232;me &#233;conomique d&#233;structur&#233; par trente ann&#233;es de politique capitaliste n&#233;olib&#233;rale dans le cadre d'un red&#233;ploiement &#224; caract&#232;re n&#233;ocolonial assez agressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les classes laborieuses sont forc&#233;es de payer au prix fort le maintien en fonction d'une &#233;conomie dont l'objectif essentiel est de procurer un maximum de profits au capital &#233;tranger op&#233;rant en Tunisie. Celui-ci contr&#244;le le tiers des entreprises des secteurs de l'industrie et des services : totalement en ce qui concerne 1 538 entreprises, en partenariat avec le capital local pour 950 autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 62% de ces 2 488 entreprises b&#233;n&#233;ficient du statut offshore, lequel offre des avantages et des faveurs qui n'ont rien &#224; envier au traitement propos&#233; dans les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital &#233;tranger r&#233;alise plus de la moiti&#233; des exportations tunisiennes. Bien entendu, le pays ne re&#231;oit que des miettes des activit&#233;s tr&#232;s profitables du capital &#233;tranger, alors qu'il en subit les charges &#233;conomiques, sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; ce syst&#232;me capitaliste de domination et d'exploitation de se reproduire, depuis la fin des ann&#233;es 1980, l'&#233;conomie locale est prise en tenaille entre les politiques de restructuration et le libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir en place a fait appel aux services du FMI &#224; trois reprises : en 1986 puis, apr&#232;s la r&#233;volution, en 2013 et 2016. En parall&#232;le, l'Union europ&#233;enne, avec le soutien du dictateur Ben Ali, avait inclus la Tunisie dans sa zone m&#233;diterran&#233;enne de libre-&#233;change. A l'heure actuelle, l'Union europ&#233;eene est en train de la forcer &#224; acc&#233;l&#233;rer le pas pour &#171; &#233;largir et approfondir &#187; le libre-&#233;change. (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reproduction de ce rapport capitaliste n&#233;ocolonial exige que l'Etat tunisien continue de mobiliser les fonds n&#233;cessaires en devises pour permettre au capital &#233;tranger de continuer d'op&#233;rer et de faire de gros profits en Tunisie. Obtenir toujours plus d'euros et de dollars est devenue l'obsession de cet Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour y parvenir, tout est bon &#224; prendre : exporter toujours plus de produits primaires, brader des entreprises publiques au profit d'int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs, sous-traiter un tourisme bon march&#233; aux tour-op&#233;rateurs europ&#233;ens, et inciter les tunisiennes et les tunisiens, notamment les plus qualifi&#233;Es professionnellement &#224; s'expatrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien, &#224; l'heure actuelle, ne permet de voir le moindre signe d'un renversement de tendance. Bien au contraire, les principaux indicateurs &#233;conomiques continuent de glisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des finances publiques (3) est actuellement l'un des aspects le plus grave de la crise. Le gouvernement a de plus en plus de mal, malgr&#233; une baisse significative des d&#233;penses sociales, &#224; mobiliser les fonds n&#233;cessaires pour financer son budget. Un recours massif &#224; l'endettement (4) a permis jusqu'ici de renflouer les caisses de l'Etat et de camoufler la gravit&#233; de la crise. En 2010, la part des ressources d'emprunts dans le budget de l'Etat &#233;tait de 17%. Elle est pass&#233;e &#224; 30% en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des finances publiques nourrit &#224; son tour la crise de la dette qui devient un fait av&#233;r&#233; aujourd'hui. Mais le recours &#224; l'emprunt ext&#233;rieur a aussi ses limites. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, l'Etat a de plus en plus de mal &#224; mobiliser dans ses propres ressources, les fonds n&#233;cessaires au comblement du d&#233;ficit croissant de son budget. Il est en train de faire les frais de ses choix erron&#233;s en mati&#232;re de politique fiscale, d'endettement ext&#233;rieur, de remboursement de la dette contract&#233;e par la dictature, d'investissement public, de lutte contre la corruption, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue la gravit&#233; de la crise et les r&#233;cents d&#233;veloppements (5), les quelques 10 milliards de dinars d'emprunts nouveaux, pr&#233;vus dans la loi de finances 2018, soit 30% du budget, deviennent assez hypoth&#233;tiques. Ceci n'est pas de nature &#224; aider, un tant soit peu, &#224; maitriser une situation assez chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est attendu que, sous la pression de la crise des finances publiques qui va en s'aggravant, le gouvernement actuel, ou celui qui le remplacera, soit de plus en plus tent&#233;, notamment sous la pression du FMI, par davantage de mesures antisociales qui risquent, une nouvelle fois, de mettre le feu aux poudres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revue g&#233;n&#233;rale de la situation &#233;conomique, &#224; l'aune des indicateurs macro&#233;conomiques, ne peut que confirmer la gravit&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus du budget de l'Etat qui accuse un d&#233;ficit record de pr&#232;s de 7%, le d&#233;ficit commercial est &#224; son plus haut niveau historique : 15 592 millions de dinars (MD) en 2017, contre 8 297 MD en 2010. Il est &#224; noter aussi que ce d&#233;ficit est &#233;gal &#224; l'ensemble des engagements ext&#233;rieurs &#224; court terme de l'Etat. Ces cr&#233;dits &#224; court terme ont connu, &#224; leur tour, un doublement de leur volume depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le solde courant des paiements ext&#233;rieurs se situe &#224; 10% du PIB en 2017. Le niveau des r&#233;serves en devises est actuellement &#224; hauteur de 84 jours &#233;quivalent importation. L'inflation est &#224; 6,9%, mais ce taux est jug&#233; par la centrale syndicale UGTT, bien en-dessous de la r&#233;alit&#233;. Enfin, le taux de croissance r&#233;alis&#233; en 2017 a &#233;t&#233; de 2,1%. Ce r&#233;sultat, &#224; premi&#232;re vue positif, doit &#234;tre temp&#233;r&#233; par le fait que l'ann&#233;e 2017 a connu un bond spectaculaire de l'endettement ext&#233;rieur aussi bien &#224; moyen et long terme qu'&#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise sociale consid&#233;rable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sociales, en Tunisie, de ce red&#233;ploiement capitaliste n&#233;ocolonial sont dramatiques. Le taux de ch&#244;mage global officiel (6) se situe actuellement &#224; 15,3%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne sur le front de la crise sociale se trouvent les titulaires d'un dipl&#244;me universitaire primo-demandeurs d'emploi. Un tiers seulement d'entre eux r&#233;ussit &#224; trouver un travail stable, tandis que les deux tiers restant se voient condamn&#233;s &#224; un perp&#233;tuel va-et-vient entre le ch&#244;mage et les emplois pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les femmes qui trinquent le plus en mati&#232;re de ch&#244;mage et de sous-emploi ! Dans le cas des dipl&#244;m&#233;Es de l'enseignement sup&#233;rieur, le taux de ch&#244;mage est par exemple de 19%, pour les hommes et de 41 % pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition de ces r&#233;sultats, au niveau r&#233;gional, laisse appara&#238;tre un d&#233;s&#233;quilibre important entre les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur du pays. Ces derni&#232;res connaissent des niveaux insupportables de ch&#244;mage et de sous-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; classe moyenne &#187;, qui tirait auparavant son &#233;pingle du jeu, est prise &#224; son tour dans le maelstrom de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;Es ne sont pas en reste. En plus de la d&#233;t&#233;rioration continue de leurs conditions de travail, ils/elles voient leur pouvoir d'achat fondre comme neige au soleil, du fait notamment d'une inflation galopante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles et ceux ayant un emploi stable, aussi bien du secteur public que priv&#233;, ont &#233;t&#233; en mesure de limiter en partie les effets n&#233;gatifs de l'inflation. Gr&#226;ce &#224; leur forte syndicalisation et, surtout, &#224; la solidit&#233; et la combativit&#233; d'une s&#233;rie de structures syndicales, ils/elles ont en g&#233;n&#233;ral r&#233;ussi &#224; imposer une r&#233;vision &#224; la hausse de leurs salaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en va pas de m&#234;me pour les travailleurs/euses pr&#233;caires et les ch&#244;meurs qui ont vu leurs conditions de vie se d&#233;grader de mani&#232;re consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de crise globale, le nombre des laiss&#233;Es pour compte est en rapide progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pourrissement de la situation &#233;conomique et sociale pousse de plus en plus de travailleurs/euses et d'entreprises, vers des activit&#233;s informelles, voire souterraines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de celles-ci varie selon les sources. Mais toutes situent son poids bien au-dessus de 50% de l'activit&#233; &#233;conomiques totale. Il s'agit l&#224; d'une des manifestations fondamentales de l'impasse dans laquelle se trouve le pays depuis la fin des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#224; ce sujet distinguer le &#171; secteur informel &#187; et le &#034;secteur parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le &#171; secteur informel &#187; a connu une extension consid&#233;rable avec la crise &#233;conomique, qui a commenc&#233; en 2009. Il s'agit avant tout d'un secteur refuge pour les travailleurs/euses excluEs du secteur dit formel, ou moderne. Une grande partie des activit&#233;s &#233;conomiques qu'il renferme ne sont en effet rien d'autre que des &#8216;strat&#233;gies de survie' auxquelles recourent les plus d&#233;muniEs, auxquel-le-s le syst&#232;me capitaliste ne laisse aucune autre possibilit&#233; (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le &#171; secteur parall&#232;le &#187;, de connotation plus p&#233;jorative, signifie la sph&#232;re o&#249; apparaissent et se d&#233;veloppent toutes les formes et pratiques ill&#233;gales, voire criminelles. Ce secteur prend de plus en plus des proportions de fl&#233;au social. C'est un pan entier des activit&#233;s &#233;conomiques locales qui se situent hors la loi. Celles-ci &#233;chappent &#224; la fiscalit&#233; et portent pr&#233;judice aux finances publiques. Elles mettent &#224; mal le secteur dit structur&#233;, notamment en le concurren&#231;ant avec des produits import&#233;s la plupart du temps ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;r&#233;e par cette &#233;conomie parall&#232;le se r&#233;pand dans les moindres interstices de l'appareil de l'Etat, de la sph&#232;re &#233;conomique et de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, qui a toujours exist&#233; en Tunisie, prend en effet de plus en plus des proportions ph&#233;nom&#233;nales. Le pouvoir de Ben Ali et des familles associ&#233;es, avait bien profit&#233; de la corruption, non seulement pour se remplir les poches, mais surtout comme moyen politique pour asseoir sa domination. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cancer, qu'est la corruption a atteint, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la phase de m&#233;tastase ! Cela pose des probl&#232;mes &#233;conomiques et politiques qui p&#232;sent lourdement sur toute tentative de changement social de caract&#232;re progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise politique &#224; rebondissements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pourrissement, puis la chute du r&#233;gime bourguibien (8) avait apport&#233; la preuve de l'incapacit&#233; de la bourgeoisie locale &#224; mener jusqu'au bout les t&#226;ches historiques d'un programme &#233;conomique et social national. Pire encore, cette m&#234;me bourgeoisie avait capitul&#233;, sous le r&#233;gime de Ben Ali (9), devant les puissances imp&#233;rialistes, se contentant de jouer le r&#244;le de relais des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques n&#233;ocoloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection r&#233;volutionnaire de la fin de 2010 et du d&#233;but de 2011 a mis fin au r&#233;gime antid&#233;mocratique de Ben Ali. Elle &#233;tait l'expression d'un sentiment national et social profond de rejet de cette soumission politique et &#233;conomiques aux puissances &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques et les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s au pouvoir, au cours des sept derni&#232;res ann&#233;es, se sont content&#233;s, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, de poursuivre l&#224; o&#249; s'&#233;tait arr&#234;t&#233; le dernier gouvernement de l'ancien r&#233;gime. Cette orientation, en porte-&#224;-faux par rapport aux aspirations populaires exprim&#233;es par la r&#233;volution, est la cause principale de l'aggravation de la crise et du pourrissement g&#233;n&#233;ral de la situation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel gouvernement pr&#233;sid&#233; par Y. Chahed (10) (YC), en place depuis le mois d'aout 2016, &#233;tait une &#233;ni&#232;me tentative pour stopper la d&#233;cente aux enfers de la Tunisie. YC avait inaugur&#233; son mandat en reconnaissant la gravit&#233; de la crise, tout en affirmant que le seul rem&#232;de &#233;tait de poursuivre la m&#234;me politique tout en acc&#233;l&#233;rant la cadences des r&#233;formes structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose promise, chose due ! Apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e chaotique, YC a d&#233;cid&#233; de prendre le taureau par les cornes et a programm&#233; une batterie de mesures antisociales par le biais de la loi de finances 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit notamment de mesures fiscales, telle que l'augmentation du taux de la TVA, de taxes ou de droits de douanes sur divers produits et services. S'en suit une nouvelle flamb&#233;e des prix touchant entre autres les carburants. Le taux de l'inflation a grimp&#233; de 3.8% en ao&#251;t 2016, &#224; 6.9% actuellement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nouvelles mesures figure l'instauration d'un nouvel imp&#244;t de 1% sur le revenu, dit &#171; participation sociale de solidarit&#233; &#187;. Dans le m&#234;me temps, d'autres nouvelles mesures ont vis&#233; la baisse des subventions qu'accorde l'Etat pour certains produits alimentaires de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces mesures, YC sait qu'il avance dans un terrain min&#233; ! Non seulement &#224; cause de leur impopularit&#233;, mais aussi de l'ampleur des critiques qui fusent de toute part contre ce gouvernement et son bilan tr&#232;s d&#233;cevant. Les critiques ne viennent pas seulement de l'opposition, mais aussi de l'int&#233;rieur de la coalition au pouvoir, voire de Nida Toun&#232;s, le propre parti de YC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, le gouvernement de YC a pris soin de r&#233;partir l'application de ses mesures tout au long de l'ann&#233;e en cours, afin de r&#233;duire les risques d'une nouvelle explosion sociale. Il a aussi fourni beaucoup d'efforts de communication pour tenter de les justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YC et ses ministres font souvent r&#233;f&#233;rence au bilan n&#233;gatif qu'il ont h&#233;rit&#233; des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, ils invoquent aussi les sacrifices qu'ils faudrait consentir pour sortir de la crise et r&#233;ussir une relance &#233;conomique qui tarde &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, YC et ses ministres, ne trouvant rien d'autre pour rassurer les TunisienEs face &#224; la d&#233;gradation spectaculaire de leurs conditions de vie, pr&#233;dit la fin prochaine de leurs sacrifices. Il pr&#233;tend en effet que 2018 sera la derni&#232;re ann&#233;e de la crise, et que 2019 sera celle qui verra la Tunisie sortir du long tunnel de la crise, et renouer avec la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, c'est peine perdue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; et la persistance de la crise &#233;conomique, l'ampleur du d&#233;sastre social et, surtout, la longue liste des promesses non tenues de &#8216;lendemains qui chantent', ont eu raison de la patience des TunisienEs, pour ne laisser place qu'aux sentiments d'amertume et de col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation sociale de la semaine du 8 janvier a fortement &#233;prouv&#233; un gouvernement en perte de vitesse, de plus en plus l&#226;ch&#233; par ses alli&#233;s politiques, et rattrap&#233; par son &#233;chec face &#224; la situation dramatique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement YC semble bel et bien en sursis et ses jours sont compt&#233;s. Les rares soutiens qui restent fid&#232;les &#224; YC sont le parti islamiste Ennahdha et, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, la direction de la toute puissante centrale syndicale UGTT, dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ne trouve rien de mieux &#224; dire que la Tunisie en assez des changements &#224; r&#233;p&#233;titions de gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;conomique et sociale de la Tunisie est grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux agressions sociales multiples et continues de la part d'un r&#233;gime capitaliste d&#233;cadent, les classes laborieuses tunisiennes ont tout connu, ou presque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de la r&#233;signation &#224; l'oppression politique, &#224; l'insurrection r&#233;volutionnaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des &#233;lections d&#233;mocratiques, &#224; la manipulation par les forces r&#233;trogrades et contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, loin d'affaiblir la d&#233;termination et la combativit&#233; des classes laborieuses, ces exp&#233;riences lui ont &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fiques sur le plan de l'&#233;ducation politique et de la prise de conscience de ses int&#233;r&#234;ts de classes domin&#233;es et exploit&#233;es. Rien ne semble indiquer aujourd'hui que ces classes vont s'arr&#234;ter en milieu de chemin. Les semaines et les mois &#224; venir sont riches de promesses positives&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
12 f&#233;vrier 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Un mort parmi les manifestantEs, un millier d'arrestations et plus d'une centaine de bless&#233;s des deux c&#244;t&#233;s (manifestants et police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Accord de libre-&#233;change complet et approfondi (ALECA), toujours en discussion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le budget de l'Etat, celui des collectivit&#233;s locales, les caisses sociales et bon nombre d'entreprises publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le taux d'endettement est pass&#233; de 40.5% en 2010 &#224; 71.4% actuellement. Dans le m&#234;me temps, l'encours de la dette publique s'est accru de 25.6 &#224; 76.2 milliards de dinars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La confirmation de la classification de la Tunisie, par l'Union europ&#233;enne, sur la liste noire, du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme et, depuis la mi-janvier dernier, le blocage par des sans-emplois de presque toute la production de phosphate, qui est une source importante de devises pour les caisses de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Selon la d&#233;finition du BIT. Ce taux ne prend pas en compte la population active en situation de sous-emploi. D'apr&#232;s les calculs les plus s&#233;rieux, cette proportion d&#233;passerait les 50% de l'ensemble de la population active occup&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Il n'existe pas en Tunisie d'indemnit&#233;-ch&#244;mage. Mais, l'Etat donne &#224; 250 000 familles, vivant en dessous du seuil de pauvret&#233;, une aide mensuelle de 150 dinars (environ 50 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. En r&#233;f&#233;rence &#224; Habib Bourguiba, leader de la lutte de lib&#233;ration nationale et pr&#233;sident de la r&#233;publique tunisienne de 1957 &#224; 1987. Il fut d&#233;mis de ses fonction &#224; la suite d'un coup d'Etat dirig&#233; par son premier ministre, le g&#233;n&#233;ral Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le g&#233;n&#233;ral Ben Ali, dictateur de 1987 &#224; 2011. Il a fui le pays le 14 janvier 2011, &#224; la suite d'une insurrection r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. C'est un gouvernement de coalition &#171; d'unit&#233; nationale &#187; dirig&#233; par les deux partis vainqueurs des derni&#232;res &#233;lections de 2014 : le parti Nida Tounes et le parti islamiste Ennahdha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi, dirigeant du Front populaire et d&#233;put&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sud tunisien en &#233;bullition</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sud-tunisien-en-ebullition-31134</link>
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		<dc:date>2017-06-06T08:25:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Lerouge, Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis 2011, les revendications sociales ne cessent d'alimenter la grogne un peu partout dans le pays, emp&#234;chant la stabilisation du r&#233;gime. C'est en ce moment le cas de la r&#233;gion de Tataouine d'o&#249; est issue une grande partie de la production d'hydrocarbures. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Jeudi 1er juin 2017 29 mai par Fathi Chamkhi , Dominique Lerouge &lt;br class='autobr' /&gt;
Petite chronologie 16 mars Face &#224; cette pression, particuli&#232;rement intense dans la r&#233;gion, L'UGTT de Tataouine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton31134-f4d1a.jpg?1781182242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2011, les revendications sociales ne cessent d'alimenter la grogne un peu partout dans le pays, emp&#234;chant la stabilisation du r&#233;gime. C'est en ce moment le cas de la r&#233;gion de Tataouine d'o&#249; est issue une grande partie de la production d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Jeudi 1er juin 2017 29 mai par Fathi Chamkhi , Dominique Lerouge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite chronologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 16 mars &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette pression, particuli&#232;rement intense dans la r&#233;gion, L'UGTT de Tataouine appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du secteur p&#233;trolier o&#249; de nombreux conflits ont eu lieu ces derni&#232;res ann&#233;es. Cette gr&#232;ve fait notamment suite au licenciement de 24 salari&#233;s par la soci&#233;t&#233; canadienne Winstar qui refuse par ailleurs de participer au d&#233;veloppement &#233;conomique et social de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 8 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Des jeunes ch&#244;meurs exigeant notamment des cr&#233;ations massives d'emplois occupent les routes emprunt&#233;es par les camions de p&#233;trole. Ils appellent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de toute la population pour le 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 11 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les activit&#233;s sont bloqu&#233;es &#224; Tataouine, &#224; l'exception de quelques boulangeries, des pharmacies et de l'H&#244;pital r&#233;gional. Les manifestants permettent &#224; nouveau la circulation, sauf pour les camions des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 23 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Des milliers de jeunes organisent un sit-in illimit&#233; &#224; proximit&#233; de la zone p&#233;troli&#232;re prot&#233;g&#233;e par les forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 27 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Premier ministre lors de sa venue &#224; Tataouine propose la cr&#233;ation 2 500 emplois pr&#233;caires et mal pay&#233;s, dont 500 imm&#233;diatement. Il est vivement contest&#233; aux cris de &#171; travail, libert&#233; et dignit&#233; &#187; et doit &#234;tre &#233;vacu&#233; en catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 7 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
La population manifeste massivement pour soutenir les sit-ins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 16 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle proposition du gouvernement inclue notamment l'embauche de 1 500 personnes par les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;re et 2 000 emplois pr&#233;caires dans d'autres activit&#233;s. Une partie des jeunes mobilis&#233;s juge ce compromis acceptable. Une partie le juge insuffisant et continue &#224; bloquer l'exploitation p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 20 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; des tirs de sommation de l'arm&#233;e, les manifestants r&#233;ussissent &#224; mettre &#224; l'arr&#234;t la principale station de pompage de gaz du Sud tunisien ! Du jamais vu depuis le d&#233;but de l'exploitation des hydrocarbures dans la r&#233;gion il y a plus d'un demi-si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 21 mai&lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces s&#233;curitaires re&#231;oivent l'ordre d'emp&#234;cher par tous les moyens le blocage des sites d'extraction d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 22 mai&lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces s&#233;curitaires interviennent contre des jeunes voulant bloquer un site de production : l'un d'entre eux meurt et une cinquantaine d'autres sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville voisine de Tataouine, o&#249; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a lieu ce jour-l&#224;, de violents affrontements ont lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mobilisations ont &#233;galement lieu dans de nombreuses villes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principales revendications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la cr&#233;ation imm&#233;diate d'emplois, les manifestants veulent obliger les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res &#224; verser 20 % de leur profits &#224; une caisse charg&#233;e du d&#233;veloppement &#233;conomique de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mesure est cat&#233;goriquement refus&#233;e par le gouvernement n&#233;olib&#233;ral de coalition constitu&#233; essentiellement d'islamistes d'Ennahdha et de certains notables de l'ancien r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une volont&#233; d'auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, le gouvernement fait des promesses ou signe des accords qu'il ne respecte pas. Cette fois-ci, les jeunes ch&#244;meurs sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; ne pas se faire avoir une nouvelle fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'entre eux explique : &#171; En 2013, apr&#232;s des mois d'occupation de la place centrale de la ville, on nous a baratin&#233; avec une dizaine de postes dans un chantier appartenant &#224; la pr&#233;sidente du syndicat patronal. Les contrats, sans couverture sociale, ont pris fin au bout de six mois &#187;, explique l'un des jeunes mobilis&#233;s. Il assure que cette fois-ci &#171; ni la soci&#233;t&#233; civile, ni les partis politiques, ni l'UGTT ne n&#233;gocieront &#224; notre place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, chaque d&#233;cision est prise apr&#232;s un vote effectu&#233; au niveau de chaque sit-in, puis au niveau de leur coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses membres explique : &#171; Nous essayons de rester transparents et de respecter la volont&#233; de chaque sit-inneur. Cela est possible &#224; travers les votes et les concertations entre nous. Nous passons tout notre temps &#224; discuter de tous les d&#233;tails de nos demandes et des solutions que nous proposons au pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nationalisation des ressources naturelles &#224; l'ordre du jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elle ne fait pas partie de la plate-forme revendicative, cette question est pos&#233;e par de nombreux manifestants : &#171; Sur des milliers de postes cr&#233;es pour exploiter les hydrocarbures, seules quelques centaines sont attribu&#233;s aux jeunes de Tataouine &#187;. &#171; Les soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res agissent comme si la Tunisie &#233;tait encore colonis&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa radicalit&#233;, le mouvement b&#233;n&#233;ficie d'un soutien populaire assez large dans tout le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sud tunisien en &#233;bullition</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sud-tunisien-en-ebullition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-sud-tunisien-en-ebullition</guid>
		<dc:date>2017-05-30T08:12:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Lerouge, Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; du site d'Europe solidaire sans fronti&#232;res | http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41131 |Vendredi 26 mai 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2011, les revendications sociales ne cessent d'alimenter la grogne un peu partout dans le pays, emp&#234;chant la stabilisation du r&#233;gime. C'est en ce moment le cas de la r&#233;gion de Tataouine d'o&#249; est issue une grande partie de la production d'hydrocarbures. &lt;br class='autobr' /&gt; Petite chronologie &lt;br class='autobr' /&gt;
16 mars Face &#224; cette pression, particuli&#232;rement intense dans la r&#233;gion, L'UGTT de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton31040-69a4f.png?1781182242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du site d'Europe solidaire sans fronti&#232;res | &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41131&lt;/a&gt; |Vendredi 26 mai 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, les revendications sociales ne cessent d'alimenter la grogne un peu partout dans le pays, emp&#234;chant la stabilisation du r&#233;gime. C'est en ce moment le cas de la r&#233;gion de Tataouine d'o&#249; est issue une grande partie de la production d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite chronologie &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mars &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette pression, particuli&#232;rement intense dans la r&#233;gion, L'UGTT de Tataouine appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du secteur p&#233;trolier o&#249; de nombreux conflits ont eu lieu ces derni&#232;res ann&#233;es. Cette gr&#232;ve fait notamment suite au licenciement de 24 salari&#233;s par la soci&#233;t&#233; canadienne Winstar qui refuse par ailleurs de participer au d&#233;veloppement &#233;conomique et social de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Des jeunes ch&#244;meurs exigeant notamment des cr&#233;ations massives d'emplois occupent les routes emprunt&#233;es par les camions de p&#233;trole. Ils appellent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de toute la population pour le 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les activit&#233;s sont bloqu&#233;es &#224; Tataouine, &#224; l'exception de quelques boulangeries, des pharmacies et de l'H&#244;pital r&#233;gional. Les manifestants permettent &#224; nouveau la circulation, sauf pour les camions des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Des milliers de jeunes organisent un sit-in illimit&#233; &#224; proximit&#233; de la zone p&#233;troli&#232;re prot&#233;g&#233;e par les forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Premier ministre lors de sa venue &#224; Tataouine propose la cr&#233;ation 2 500 emplois pr&#233;caires et mal pay&#233;s, dont 500 imm&#233;diatement. Il est vivement contest&#233; aux cris de &#171; travail, libert&#233; et dignit&#233; &#187; et doit &#234;tre &#233;vacu&#233; en catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
La population manifeste massivement pour soutenir les sit-ins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle proposition du gouvernement inclue notamment l'embauche de 1 500 personnes par les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;re et 2 000 emplois pr&#233;caires dans d'autres activit&#233;s. Une partie des jeunes mobilis&#233;s juge ce compromis acceptable. Une partie le juge insuffisant et continue &#224; bloquer l'exploitation p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; des tirs de sommation de l'arm&#233;e, les manifestants r&#233;ussissent &#224; mettre &#224; l'arr&#234;t la principale station de pompage de gaz du Sud tunisien ! Du jamais vu depuis le d&#233;but de l'exploitation des hydrocarbures dans la r&#233;gion il y a plus d'un demi-si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces s&#233;curitaires re&#231;oivent l'ordre d'emp&#234;cher par tous les moyens le blocage des sites d'extraction d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces s&#233;curitaires interviennent contre des jeunes voulant bloquer un site de production : l'un d'entre eux meurt et une cinquantaine d'autres sont bless&#233;s. Dans la ville voisine de Tataouine, o&#249; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a lieu ce jour-l&#224;, de violents affrontements ont lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mobilisations ont &#233;galement lieu dans de nombreuses villes du pays. Les principales revendications En plus de la cr&#233;ation imm&#233;diate d'emplois, les manifestants veulent obliger les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res &#224; verser 20 % de leur profits &#224; une caisse charg&#233;e du d&#233;veloppement &#233;conomique de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mesure est cat&#233;goriquement refus&#233;e par le gouvernement n&#233;olib&#233;ral de coalition constitu&#233; essentiellement d'islamistes d'Ennahdha et de certains notables de l'ancien r&#233;gime. Une volont&#233; d'auto-organisation Depuis des ann&#233;es, le gouvernement fait des promesses ou signe des accords qu'il ne respecte pas. Cette fois-ci, les jeunes ch&#244;meurs sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; ne pas se faire avoir une nouvelle fois. L'un d'entre eux explique : &#171; En 2013, apr&#232;s des mois d'occupation de la place centrale de la ville, on nous a baratin&#233; avec une dizaine de postes dans un chantier appartenant &#224; la pr&#233;sidente du syndicat patronal. Les contrats, sans couverture sociale, ont pris fin au bout de six mois &#187;, explique l'un des jeunes mobilis&#233;s. Il assure que cette fois-ci &#171; ni la soci&#233;t&#233; civile, ni les partis politiques, ni l'UGTT ne n&#233;gocieront &#224; notre place. &#187; Pour cette raison, chaque d&#233;cision est prise apr&#232;s un vote effectu&#233; au niveau de chaque sit-in, puis au niveau de leur coordination. L'un de ses membres explique : &#171; Nous essayons de rester transparents et de respecter la volont&#233; de chaque sit-inneur. Cela est possible &#224; travers les votes et les concertations entre nous. Nous passons tout notre temps &#224; discuter de tous les d&#233;tails de nos demandes et des solutions que nous proposons au pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nationalisation des ressources naturelles &#224; l'ordre du jour &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elle ne fait pas partie de la plate-forme revendicative, cette question est pos&#233;e par de nombreux manifestants : &#171; Sur des milliers de postes cr&#233;es pour exploiter les hydrocarbures, seules quelques centaines sont attribu&#233;s aux jeunes de Tataouine &#187;. &#171; Les soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res agissent comme si la Tunisie &#233;tait encore colonis&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa radicalit&#233;, le mouvement b&#233;n&#233;ficie d'un soutien populaire assez large dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Fathi Chamkhi est dirigeant et d&#233;put&#233; du Front populaire de Tunisie qui regroupe la plupart des organisations politiques de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Dominique Lerouge est militant du NPA (France)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S. Cet article initialement &#233;crit le 20 mai pour l'Anticapitaliste hebdo, a &#233;t&#233; copl&#233;t&#233; par les &#233;v&#233;nements intervenus les 21 et 22 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des documents sur cette lutte sont disponibles sur le site Europe solidaire sans fronti&#232;res, et notamment :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les d&#233;buts du mouvement de Tataouine&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41116&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41116&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La surdit&#233; du pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41115&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41115&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La mobilisation convergente de la r&#233;gion de Kebili&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41114&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le pouvoir agite le b&#226;ton et la carotte, flottements dans le mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41113&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41113&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le mouvement repart de plus belle &#224; Tataouine&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Red&#233;marrage du mouvement dans la r&#233;gion de Kebili&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41111&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41111&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Un mort et des dizaines de bless&#233;s &#224; El Kamour (Tataouine)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jeunes et ch&#244;meurs, les Tunisiens se mobilisent pour une &#171; Deuxi&#232;me R&#233;volution &#187; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;par Carlota Gall, New York Times, 27 mai 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camp de protestation &#224; El Kamour, en Tunisie, lundi, apr&#232;s l'intervention de la garde nationale. EL KAMOUR, Tunisie - Il se peut qu'elle est l'apparence d'une poign&#233;e de tentes mont&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur d'une station de pompage de p&#233;trole au bord du Sahara. Mais pour les gens de cette r&#233;gion du Sud, c'est la deuxi&#232;me r&#233;volution tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatigu&#233;s d'attendre que le gouvernement soulage leur pauvret&#233; et cr&#233;e des emplois, des milliers de jeunes ont camp&#233; ici et manifest&#233; dans la ville principale, Tataouine, depuis des semaines. La semaine derni&#232;re, les manifestants ont ferm&#233; le principal gazoduc &#224; El Kamour et ont affront&#233; des unit&#233;s de la Garde nationale qui ont essay&#233; de br&#251;ler le camp lundi. Un poste de police et un poste de la garde nationale ont tour &#224; tour &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s. Un manifestant a &#233;t&#233; tu&#233; et au moins deux autres ont &#233;t&#233; gravement bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six ans apr&#232;s la r&#233;volution qui a abattu le dictateur tunisien au pouvoir depuis 23 ans, Zine el- Abidine Ben Ali, les protestations refl&#232;tent une frustration croissante concernant les promesses non tenues des nouveaux leaders d&#233;mocratiques du pays pour apporter des am&#233;liorations tangibles aux r&#233;gions les plus pauvres comme celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les manifestants sont eux-m&#234;mes un signe de changement dans le pays, tout comme les d&#233;fis auxquels le gouvernement est confront&#233;. Les manifestants sont repr&#233;sentatifs d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration qui a grandi dans un contexte de relative libert&#233;, seulement pour faire face &#224; la perspective d'un ch&#244;mage de longue dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre de dipl&#244;m&#233;s universitaires, organis&#233;s et articul&#233;s. Tous sans travail, ils ont forg&#233; un mouvement uni de manifestants venant d'une foule de villes et de villages de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas eu d'&#233;tincelle particuli&#232;re qui a commenc&#233; les manifestations, dont la premi&#232;re a d&#233;but&#233; &#224; Ksar Ouled Debbeb, une petite ville juste &#224; l'ext&#233;rieur de Tataouine, le 14 mars. La demande de base des manifestants est simplement plus d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous en avions assez &#187;, a d&#233;clar&#233; Ali Ghaffari, 24 ans, un &#233;tudiant en anglais. &#171; Nous &#233;tions jeunes, dans la vingtaine. Nous avons fait une liste de 260 personnes sans emploi. &#187; D'autres manifestations ont suivi dans les villes environnantes. En avril, les manifestants ont commenc&#233; &#224; camper devant le bureau du gouverneur et, il y a un mois, ils ont install&#233; le camp dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a r&#233;cemment distribu&#233; de nouvelles concessions p&#233;troli&#232;res dans la r&#233;gion, une &#233;tape qui a permis de rappeler combien peu la r&#233;gion b&#233;n&#233;ficie de la ressource. Les compagnies p&#233;troli&#232;res embauchent g&#233;n&#233;ralement des gens de l'ext&#233;rieur, et peu est r&#233;investi. Les demandes des manifestants se sont r&#233;guli&#232;rement solidifi&#233;es : un quota d'emplois pour les populations locales dans les forages p&#233;troliers dans la r&#233;gion, la cr&#233;ation d'emplois dans une agence environnementale et un fonds d'investissement pour les programmes de cr&#233;ation d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a d&#233;nonc&#233; les dirigeants de l'agitation comme ayant des liens avec des terroristes ou &#233;tant les outils des chefs de la mafia. Mais il a toujours am&#233;lior&#233; sa r&#233;ponse &#224; leurs demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants tiennent le coup pour obtenir davantage et une tr&#234;ve inconfortable est descendue apr&#232;s que des milliers aient assist&#233; aux fun&#233;railles de l'homme qui a &#233;t&#233; tu&#233; - Muhammad Anouar Sakrafi, &#226;g&#233; de 23 ans et sans emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp du d&#233;sert, &#224; environ 125 milles au sud de Tataouine, 200 manifestants surveillaient, jeudi, le pipeline qui est restait ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se reposant du s&#233;v&#232;re soleil saharien &#224; l'ombre de leurs tentes, ils ont dit qu'ils resteraient jusqu'&#224; ce que le gouvernement accepte les 17 demandes qu'ils ont transmises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde est venu pour nos droits et pour les emplois &#187;, a d&#233;clar&#233; un des manifestants, Walid Abdelmollah, 27 ans. &#171; Nous sommes ici jusqu'&#224; la fin. Pas de retour en arri&#232;re ! &#187;, a-t-il ajout&#233;, en utilisant une phrase qui est devenue leur chant de signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Tataouine, les manifestants contr&#244;lent la vie dans les rues. Ils sont camp&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur du bureau du gouverneur et aux intersections principales, dans des sc&#232;nes rappelant le soul&#232;vement populaire de 2010 et 2011. Les restes de pneus br&#251;l&#233;s bloquent encore certaines des routes. Le gouverneur a d&#233;missionn&#233; mardi et a quitt&#233; la ville, et la police et l'arm&#233;e &#233;taient absentes de la vue. Une poign&#233;e d'agents de police en civil ont &#233;merg&#233; de la coquille carbonis&#233;e du poste de police principal pour parler aux journalistes. La situation &#233;tait encore ambivalente, disaient-ils, et ils ne portaient pas d'uniformes, afin de garder un profil bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la deuxi&#232;me r&#233;volution &#187;, a d&#233;clar&#233; Ahmed Wafi, un fonctionnaire &#224; la retraite dont la fille, Sabrine Wafi, est une activiste f&#233;minine de premier plan dans la ville. &#171; Et cette fois-ci, c'est plus s&#233;rieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants se sont organis&#233;s presque enti&#232;rement sur Facebook et ont partag&#233; des &#233;v&#233;nements en direct sur leurs comptes sociaux. Ils ont largement contourn&#233; les m&#233;dias tunisiens et restent m&#233;fiants envers les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a un probl&#232;me de confiance avec les m&#233;dias traditionnels, donc tout le monde utilise les m&#233;dias sociaux &#187;, a d&#233;clar&#233; Youssef Zorgui, qui a dirig&#233; une page Facebook dans sa ville natale, Bir Lahmar, et a couvert les manifestations dans le camp. &#171; Nous pouvons tout partager sur Facebook, alors que les m&#233;dias censurent ou ne montrent qu'une ou deux minutes des &#233;v&#233;nements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants ont clairement choisi de ne pas &#233;lire de dirigeants pour le mouvement. &#171; C'est un mouvement d&#233;mocratique. Nous d&#233;cidons tous ensemble &#187; comme l'a dit un d'entre eux. Il a demand&#233; que seul son pr&#233;nom, Naim, soit utilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a rejet&#233; toute implication des partis politiques &#8212; dans le camp, les manifestants ne sont pas autoris&#233;s &#224; discuter de politique &#8212; et ils ont gard&#233; &#224; distance, les bannissant du camp du d&#233;sert, les groupes de la soci&#233;t&#233; civile et une grande partie des m&#233;dias tunisiens qu'ils accusent de partialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a fait des efforts pour r&#233;pondre &#224; leurs demandes &#8212; de fa&#231;on in&#233;gale. Le Premier ministre, Youssef Chahed, s'est rendu dans la r&#233;gion pour parler aux manifestants en avril et a y envoy&#233; son ministre de l'emploi pour n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas clair qui a ordonn&#233; &#224; la garde nationale d'intervenir en force lundi. Le gouverneur avait insist&#233; publiquement sur le fait qu'il n'y aurait plus de recours &#224; la force quelques minutes avant que la garde nationale n'envahisse le camp. Ses aides ont sugg&#233;r&#233; que sa d&#233;mission &#233;tait due, en partie, &#224; son d&#233;saveu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des emplois et des investissements, les manifestants r&#233;clament maintenant des excuses pour la violence polici&#232;re. Ils accusent la garde nationale d'avoir d&#233;lib&#233;r&#233;ment d&#233;moli le camp. Des t&#233;moins ont d&#233;clar&#233; que Sakrafi avait &#233;t&#233; renvers&#233; par derri&#232;re par un v&#233;hicule de police. Il a subi de multiples fractures &#224; ses jambes, &#224; sa t&#234;te et &#224; son torse et est mort sur le coup, a d&#233;clar&#233; son cousin Mustafa Sakrafi. Les manifestants ont d&#233;clar&#233; avoir transmis des vid&#233;os de l'&#233;v&#233;nement &#224; l'enqu&#234;teur militaire le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est toujours pas clair qui a incendi&#233; le poste de police et le poste de la garde nationale &#224; Tataouine. Beaucoup de manifestants pr&#233;tendent que ce sont des &#233;trangers dont le but &#233;tait le pillage. Le mouvement a promis d'organiser une action b&#233;n&#233;vole pour nettoyer et r&#233;parer les b&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre objectif est l&#233;gitime &#187;, a d&#233;clar&#233; Tarek Haddad, 33 ans, un travailleur sans emploi de Tataouine et un porte-parole du mouvement. La nouvelle Constitution a reconnu le droit au travail, a-t-il dit, ajoutant : &#171; Que nous ayons fait des &#233;tudes ou non, nous ne travaillons toujours pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la contribution de Lilia Blaise&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Tunisie est dans la crise jusqu'au cou</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Tunisie-est-dans-la-crise-jusqu-au-cou</link>
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		<dc:date>2016-09-13T06:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il a fallu 6 ans, 7 gouvernements et un pays en ruine, pour que les assassins &#233;conomiques finissent par cracher le morceau : la Tunisie est dans la crise jusqu'au cou ! &lt;br class='autobr' /&gt; 6 septembre par Fathi Chamkhi &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; d&#233;faut d'arguments, un tant soit peu rassurants pour des Tunisiens lamin&#233;s et d&#233;prim&#233;s, Youssef Echahed (YE), le nouveau chef du gouvernement, a arbor&#233; son &#226;ge et s'est targu&#233; d'&#234;tre franc ! Tout est dans le style !
&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; programme il a affirm&#233; vouloir : soutenir les investissements et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton27561-cceef.jpg?1781182242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a fallu 6 ans, 7 gouvernements et un pays en ruine, pour que les assassins &#233;conomiques finissent par cracher le morceau : la Tunisie est dans la crise jusqu'au cou !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;6 septembre par Fathi Chamkhi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'arguments, un tant soit peu rassurants pour des Tunisiens lamin&#233;s et d&#233;prim&#233;s, Youssef Echahed (YE), le nouveau chef du gouvernement, a arbor&#233; son &#226;ge et s'est targu&#233; d'&#234;tre franc ! Tout est dans le style !&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; programme il a affirm&#233; vouloir : soutenir les investissements et les exportations pour doper la croissance &#233;conomique, ma&#238;triser les &#233;quilibres macro-&#233;conomiques et blablas... La m&#234;me rengaine depuis trente ans ! Mais, cela n'a pas emp&#234;ch&#233; YE d'affirmer que &#171; les choix ont conduit au recul de tous les indicateurs &#233;conomiques et sociaux &#187; |1|. Cela en dit long sur la franchise du nouveau r&#233;sident de La Casbah !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre du gouvernement pr&#233;c&#233;dent, YE passe donc aux aveux |2|. Il a insist&#233;, notamment, sur l'&#233;tat des finances publiques |3| : l'&#201;tat serait en situation de quasi-cessation de paiement ! La situation serait pire qu'en 1986 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan est lourd, voire tr&#232;s lourd :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le d&#233;ficit budg&#233;taire serait de 7,1% au lieu des 3,9% pr&#233;vus dans la loi de finance de 2016 ; soit 2 900 millions de dinars (MD) de d&#233;ficit en plus ! Autrement dit, 5 semaines de caisses vides ! Les r&#233;sultats enregistr&#233;s au cours des six premiers mois de l'ann&#233;e en cours |4|, laissent appara&#238;tre un manque &#224; gagner, par rapport aux r&#233;sultats de la m&#234;me p&#233;riode en 2015, au niveau de la collecte des imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, de 739 MD. L'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s qui a &#233;t&#233; r&#233;colt&#233; atteint &#224; peine 910 MD, au 30 juin 2016 ; soit 26,8% des ressources pr&#233;vues pour l'ann&#233;e 2016 (3 380 MD), contre 52,8% en 2015 !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; publique a explos&#233; ! L'encours est pass&#233; de 25 600 MD en 2010 &#224; 56 600 MD en 2016, et le taux d'endettement de 40,7% &#224; 62,1%, alors que loi de finance a pr&#233;vu un taux de 53,4% pour 2016 ! Au cours des six derni&#232;res ann&#233;es, les gouvernements successifs ont emprunt&#233; 34 000 MD, mais ont rembours&#233; 28 000 MD ; soit un solde net, au titre de la dette publique &#224; moyen et long terme, de 6 000 MD. Ce qui voudrait dire que le co&#251;t des nouveaux emprunts serait &#233;gal &#224; la somme invraisemblable de 25 000 MD |5| ; soit l'&#233;quivalent de l'encours de 2010 ! Seul un audit de la dette publique peut nous renseigner sur les comptes de la dette et permettre de mettre fin au truandage actuel. Jusqu'ici, seul le recours intensif &#224; l'endettement a rendu possible la poursuite criminelle de la m&#234;me politique &#233;conomique et sociale, qui a pouss&#233; le pays &#224; la r&#233;volte, dont la seule r&#233;ussite est d'avoir maintenu un syst&#232;me hautement toxique en place. Mais, comme toute chose a une fin, ce palliatif est &#224; bout de souffle. L'une apr&#232;s l'autre, les portes de l'emprunt deviennent hors d'atteinte, voire se referment. L'&#201;tat japonais a bien voulu, &#224; deux reprises, garantir un emprunt obligataire. L'administration US en a fait de m&#234;me, &#224; trois reprises. La dictature du syst&#232;me de la dette se manifeste actuellement par l'emprise totale des Institutions financi&#232;res internationales sur l'&#201;tat tunisien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; YE &#233;voque aussi la crise des finances des caisse sociales |6|. Rien qu'en 2016 leur d&#233;ficit s'&#233;l&#232;verait &#224; pr&#232;s 1 650 MD et la CNAM a un d&#233;ficit de l'ordre de 1 400 MD. Le syst&#232;me de la s&#233;curit&#233; sociale est en faillite, et ne se maintient que gr&#226;ce aux subsides de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; YE a aussi mentionn&#233; la situation financi&#232;re des entreprises publiques, qui n'est pas r&#233;jouissante non plus. Actuellement, parmi les 10 plus grandes entreprises op&#233;rant en Tunisie, 9 sont publiques et r&#233;alisent 10% du PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. Peu ou tr&#232;s peu de donn&#233;es statistiques sont publi&#233;es &#224; ce sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les finances des collectivit&#233;s locales, notamment les municipalit&#233;s, sont l&#224; aussi en piteux &#233;tat. Non seulement ces derni&#232;res manquent terriblement de moyens, mais en plus leurs finances sont gangr&#233;n&#233;es par la mauvaise gestion et la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le constat est accablant ; les finances publiques sont dans le rouge. L'&#201;tat est plus que jamais menac&#233; par un d&#233;faut de paiement g&#233;n&#233;ralis&#233; ! Un signe qui ne trompe pas : le gouvernement a obtenu le report d'un remboursement d'une cr&#233;ance de l'ordre d'un milliard de dollars, au profit du Qatar, dont l'&#233;ch&#233;ance arrive &#224; terme en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YE est pareil &#224; un tueur qui, apr&#232;s avoir avou&#233; ses crimes, ne cherche point &#224; se repentir, mais plut&#244;t &#224; justifier ses crimes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originellement publi&#233; sur Tunisia in Red&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| R&#233;publique tunisienne : 'R&#233;sum&#233; du programme d'action du gouvernement d'unit&#233; nationale&#034;, Tunis 26 ao&#251;t 2016. Page 3. Document distribu&#233; aux d&#233;put&#233;s de l'ARP lors de la s&#233;ance du vote de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Nous n'aborderons pas ici les raisons de ce faux mea-culpa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| C'est-&#224;-dire : le budget de l'Etat, les entreprises publiques, les caisses sociales et les collectivit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Fay&#231;al Derbel, pr&#233;sident honoraire de l'ordre des experts comptables, lors des journ&#233;es d'&#233;tudes parlementaires, organis&#233;es par l'ARP les 28 et 29 ao&#251;t 2016. Comparaison au 30 juin des r&#233;sultats du budget 2016 et 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| 25 600 MD (encours de 2010) + 6 000 MD (solde net) + 25 000 MD (co&#251;t des nouveaux emprunts) = 56 600 MD (encours 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| CNSS et CNRPS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi Fathi Chamkhi, d&#233;put&#233; du Front Populaire, animateur de RAID (ATTAC et CADTM en Tunisie), est militant de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re, une des organisations fondatrices du Front populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Fathi Chamkhi : &#171; Il y a une tension sociale extr&#234;me aujourd'hui en Tunisie qui rappelle la tension r&#233;volutionnaire d'il y a cinq ans &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fathi-Chamkhi-Il-y-a-une-tension-sociale-extreme-aujourd-hui-en-Tunisie-qui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Fathi-Chamkhi-Il-y-a-une-tension-sociale-extreme-aujourd-hui-en-Tunisie-qui</guid>
		<dc:date>2016-02-16T07:49:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-02-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nathan Legrand : Peux-tu revenir sur la situation actuelle en Tunisie, l'urgence sociale face au ch&#244;mage et &#224; la pauvret&#233;, les manifestations qui ont eu lieu depuis la mort d'un jeune ch&#244;meur &#224; Kasserine le 16 janvier, et la r&#233;ponse s&#233;curitaire &#224; ces manifestations ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Fathi Chamkhi : Effectivement, depuis quelques jours, la Tunisie conna&#238;t un embrasement social. On parle d&#233;j&#224; d'une &#171; r&#233;volte des sans-emploi &#187;. Cet embrasement a commenc&#233; apr&#232;s la mort accidentelle d'un dipl&#244;m&#233; ch&#244;meur le 16 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-02-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-02-16&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton25199-06c11.jpg?1781182242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nathan Legrand : Peux-tu revenir sur la situation actuelle en Tunisie, l'urgence sociale face au ch&#244;mage et &#224; la pauvret&#233;, les manifestations qui ont eu lieu depuis la mort d'un jeune ch&#244;meur &#224; Kasserine le 16 janvier, et la r&#233;ponse s&#233;curitaire &#224; ces manifestations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fathi Chamkhi&lt;/strong&gt; : Effectivement, depuis quelques jours, la Tunisie conna&#238;t un embrasement social. On parle d&#233;j&#224; d'une &#171; r&#233;volte des sans-emploi &#187;. Cet embrasement a commenc&#233; apr&#232;s la mort accidentelle d'un dipl&#244;m&#233; ch&#244;meur le 16 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain, le 17 janvier, le mouvement de protestation et de col&#232;re a commenc&#233; &#224; Kasserine. Puis il s'est &#233;tendu &#224; pratiquement tout le reste du pays. Pendant six jours, il y a eu des manifestations, des sit-in, des blocages de route, des affrontements avec les forces de l'ordre, ce qui a amen&#233; le pouvoir &#224; d&#233;cr&#233;ter le couvre-feu. Il faut rappeler que la Tunisie vit d&#233;j&#224; sous l'&#233;tat d'urgence suite aux attentats de 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;volte des sans-emploi, de la jeunesse, a &#233;t&#233; l'occasion pour des bandes et des r&#233;seaux de contrebande de profiter de la situation et de piller des magasins, des d&#233;p&#244;ts de la douane. Est-ce que ces pillages ont &#233;t&#233; command&#233;s ? On n'a pas de preuve pour affirmer quoi que ce soit. Mais &#231;a tombe tr&#232;s bien pour une presse, des partis politiques et un gouvernement qui voulaient &#224; tout prix isoler le mouvement de jeunes et jeter le discr&#233;dit dessus en accusant cette contestation d'&#234;tre en fait un mouvement de casseurs, de pilleurs et de contrebandiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il y ait eu de la casse et des pillages, c'est un fait. Mais &#231;a ne cache pas une v&#233;rit&#233; qui est en train de faire surface : celle de la tr&#232;s grave crise de l'emploi touchant surtout la jeunesse, qui est sinistr&#233;e. Il y a un &#233;tat d'extr&#234;me urgence dans lequel vit la jeunesse en g&#233;n&#233;ral et les dipl&#244;m&#233;s de l'universit&#233; en particulier. Aujourd'hui, on compte quelques centaines de milliers de dipl&#244;m&#233;s de l'universit&#233; qui sont au ch&#244;mage, parfois pour plusieurs ann&#233;es. Leur nombre, entre 2010 et 2015, a augment&#233; de plus de 70% : ils &#233;taient 139 000 et sont aujourd'hui 242 000. Un autre chiffre para&#238;t impressionnant : parmi ces ch&#244;meurs, on compte 34 000 m&#233;decins, pharmaciens et ing&#233;nieurs. Ainsi, la situation s'est aggrav&#233;e encore davantage apr&#232;s la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie a connu une explosion de col&#232;re, cette r&#233;volte des sans-emploi, qui vient rappeler que les choses ne se sont pas am&#233;lior&#233;es apr&#232;s la r&#233;volution. Il y a une tension sociale extr&#234;me aujourd'hui en Tunisie qui rappelle la tension r&#233;volutionnaire d'il y a cinq ans. Le mouvement n'est pas termin&#233; : il y a un calme tr&#232;s relatif depuis quelques jours, mais les sit-in se poursuivent dans plusieurs endroits, les manifestations aussi. Il y a aussi des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales dans certaines localit&#233;s. Disons que le mouvement a baiss&#233; d'intensit&#233;, surtout au niveau des affrontements avec les forces de l'ordre. Mais la tension risque de monter de nouveau, parce que les gr&#233;vistes et les dipl&#244;m&#233;s au ch&#244;mage attendent des r&#233;ponses claires du gouvernement, et ces r&#233;ponses ne viennent pas. En fait, le gouvernement n'a pas de solution. Il maintient le m&#234;me cap, or la politique &#233;conomique et sociale qu'il applique n'a pas comme priorit&#233; de cr&#233;er de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la position du Front populaire dans cette situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Front populaire a &#233;t&#233; tr&#232;s claire. D'abord, nous avons affirm&#233; un soutien inconditionnel au mouvement de contestation. Ensuite, le Front populaire a propos&#233; des mesures d'urgence au gouvernement, mesures capables de mobiliser les fonds n&#233;cessaires pour commencer &#224; apporter des solutions, ou un apaisement. Parmi ces mesures, les deux plus importantes sont le moratoire sur la dette pour trois ans et l'imp&#244;t sur les grandes fortunes (et il y en a en Tunisie !) qui se sont engraiss&#233;es sous la dictature. En m&#234;me temps, les militantes et les militants du Front populaire sont pr&#233;sents sur le terrain, ils sont parmi les jeunes. Le mouvement n'est pas sous la direction du Front populaire, loin de l&#224;, mais le Front populaire est pr&#233;sent dans ces actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de mentionner la campagne de d&#233;sinformation et de diffamation men&#233;e par les partis de gouvernement et les m&#233;dias dominants. Cette campagne essaie de d&#233;signer le mouvement comme &#233;tant une man&#339;uvre politique de d&#233;stabilisation organis&#233;e par le Front populaire. Selon cette campagne qui prend de l'ampleur, le Front populaire soudoie les ch&#244;meurs pour les encourager &#224; la r&#233;bellion. C'est une campagne qui assimile les dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs &#224; des gens irresponsables qui se laisseraient facilement manipuler. Cette campagne essaie d'isoler le mouvement des jeunes dipl&#244;m&#233;s au ch&#244;mage, et de d&#233;noncer le Front populaire en tant qu'organisation qui chercherait &#224; d&#233;stabiliser le pays. Rappelons qu'en Tunisie, il y a un autre ennemi qui est r&#233;el : ce sont les groupes djihadistes et terroristes. Ainsi selon les acteurs de cette campagne d'intox, le Front populaire affaiblirait le gouvernement, l'emp&#234;chant d'apporter des solutions, mais affaiblirait aussi le pays, le rendant vuln&#233;rable face au djihadisme et au terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il s'agit de mensonges. Le Front populaire ne cache pas son soutien au mouvement mais, bien entendu, il n'a pas des centaines de milliers d'euros &#224; d&#233;penser pour soudoyer les jeunes dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs !! (rires) La situation sinistr&#233;e dans laquelle ils vivent est suffisante pour qu'ils se r&#233;voltent. Ce n'est pas nouveau : partout o&#249; il y a un mouvement social, on essaie de le d&#233;nigrer, de l'isoler par rapport &#224; l'opinion publique en l'entourant d'un cordon sanitaire, et dans le m&#234;me temps on pointe du doigt un coupable qui serait ici le Front populaire, qui voudrait mettre le pays &#224; feu et &#224; sang. Cette campagne de d&#233;sinformation et de diffamation se propage rapidement &#224; l'aide d'Internet et des r&#233;seaux sociaux. Comme il y a eu trois attentats l'ann&#233;e derni&#232;re en Tunisie, les gens sont r&#233;ceptifs, m&#234;me si les mensonges sont tr&#232;s grossiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il d'autres soutiens que celui du Front populaire ? On peut penser notamment aux organisations syndicales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande centrale syndicale, l'UGTT, a soutenu le mouvement de mani&#232;re assez nette. L'UGTT et le Front populaire sont vraiment les deux soutiens de taille, m&#234;me si tous les partis d'opposition ont soutenu le mouvement. Au sein de l'opinion publique, il est &#233;vident qu'il y a un soutien aux revendications puisqu'il n'y a pas de famille en Tunisie qui ne soit accabl&#233;e par ce probl&#232;me tr&#232;s particulier qui est celui du ch&#244;mage des dipl&#244;m&#233;s du sup&#233;rieur. Tout le monde est touch&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a eu au m&#234;me moment ces actions de pillage et de violence, qui ont un peu nui au mouvement de soutien. Les affrontements ont &#233;t&#233; tr&#232;s violents : plusieurs centaines de manifestants ont &#233;t&#233; bless&#233;es, un policier est mort et une centaine de policiers a &#233;t&#233; bless&#233;e. Ainsi dans le soutien affich&#233;, il y avait un soutien aux protestations pacifiques et dans le m&#234;me temps une d&#233;nonciation de toute action de pillage. Le gouvernement et le pr&#233;sident de la r&#233;publique, comme les commentateurs, commencent leurs allocutions par dire : &#171; Nous comprenons la col&#232;re et les revendications des gr&#233;vistes &#187; &#8230; Et puis ils encha&#238;nent sur une condamnation de la violence. Ils finissent par mettre tout &#231;a dans le m&#234;me sac pour appeler au calme et &#224; ne pas mettre en danger la stabilit&#233; de la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la campagne pour l'audit de la dette lanc&#233;e en d&#233;cembre par le Front populaire ? O&#249; en est la proposition de loi, et quand pourra-t-elle &#234;tre d&#233;pos&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, une campagne a &#233;t&#233; lanc&#233;e par le Front populaire, et plus pr&#233;cis&#233;ment par le groupe parlementaire du Front populaire. C'est une campagne tr&#232;s importante qui porte sur un audit de la dette tunisienne depuis juillet 1986 jusqu'&#224; aujourd'hui. Beaucoup de choses ont &#233;t&#233; faites depuis la mi-d&#233;cembre. Il y a une proposition de loi en pr&#233;paration, qui a pris un peu de retard parce qu'il y a fort &#224; faire sur d'autres questions tr&#232;s importantes au sein du groupe parlementaire. Et il faut rappeler que les parlementaires en Tunisie ne disposent pas d'assistant et travaillent dans des conditions difficiles. Sur le principe, tout le monde au sein du groupe parlementaire est d'accord et estime que c'est une proposition tr&#232;s importante. Mais il a fallu prendre le temps afin d'&#234;tre bien capables de d&#233;fendre l'initiative, car tout le monde au sein du groupe n'avait pas forc&#233;ment l'habitude de traiter de la question de la dette. La proposition avance, on a fait beaucoup de r&#233;unions et un comit&#233; de travail a rassembl&#233; les amendements. Le 1er f&#233;vrier, nous avons un rendez-vous lors duquel ce comit&#233; proposera un texte modifi&#233; et &#233;labor&#233;. &#192; partir de l&#224;, ce sera une question de jours : la proposition de loi devrait &#234;tre d&#233;pos&#233;e dans les dix premiers jours de f&#233;vrier. Ce sera une date historique pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition de loi s'accompagne d'une campagne de terrain. On a r&#233;alis&#233; 20 portraits de femmes et d'hommes, de jeunes et de moins jeunes Tunisiens, de situations sociales diff&#233;rentes. Chaque portrait est accompagn&#233; d'un slogan central sur la dette et d'une citation r&#233;pondant aux probl&#232;mes pos&#233;s par la dette, comme &#171; Notre argent doit servir nos int&#233;r&#234;ts &#187;. Ces portraits ont &#233;t&#233; expos&#233;s dans 14 villes, sur 80 grands panneaux de 12 m2, pendant deux semaines &#224; un mois, compl&#233;t&#233;s par 40 &#171; sucettes &#187; de taille plus petite. Nous avons tenu une conf&#233;rence internationale le 19 d&#233;cembre. J'ai moi-m&#234;me r&#233;dig&#233; un livre sur la dette tunisienne, et j'ai &#233;t&#233; invit&#233; &#224; plusieurs &#233;missions de t&#233;l&#233; et de radio pour pr&#233;senter cette campagne. Nous pr&#233;voyons de nous d&#233;placer dans sept villes une fois que la proposition de loi aura &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e, et de nous installer dans le centre de ces villes avec une tente et du mat&#233;riel pour aller &#224; la rencontre des citoyens et leur pr&#233;senter la campagne et la proposition de loi sur l'audit de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des plans d'ajustement structurel et des pr&#234;ts en pr&#233;vision par les cr&#233;anciers internationaux, et notamment le FMI ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute de Ben Ali, il y a un emballement de l'endettement de l'&#201;tat tunisien, une acc&#233;l&#233;ration infernale du rythme des emprunts. Au sein de la commission financi&#232;re de l'Assembl&#233;e dont je suis membre, on a eu six projets de loi depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2016, et cinq d'entre eux concernent les emprunts. La Tunisie est d&#233;j&#224; sous traitement du FMI depuis 1986. Apr&#232;s la r&#233;volution, il y a eu un nouveau plan d'ajustement structurel suite &#224; l'accord sign&#233; en avril 2013, qui pr&#233;voit un financement d'environ 1,7 milliard de dollars. Ce plan d'ajustement est achev&#233;, mais aucune am&#233;lioration de la situation &#233;conomique n'a eu lieu. Au contraire, la crise est plus grave aujourd'hui. Le projet d'un nouveau plan d'ajustement structurel est d&#233;sormais lanc&#233;, et la d&#233;l&#233;gation du FMI va bient&#244;t arriver en Tunisie pour n&#233;gocier ce nouveau plan avec le gouvernement, qui va bien entendu amener d'autres mesures draconiennes sur le plan &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la Tunisie est terriblement plus endett&#233;e qu'elle ne l'&#233;tait sous Ben Ali. Ce qui est grave, c'est que ce surendettement n'a pas am&#233;lior&#233; la situation, qui s'est m&#234;me d&#233;grad&#233;e tandis que les capacit&#233;s de remboursement de la Tunisie sont presque nulles aujourd'hui. 4/5 environ des nouveaux emprunts ont &#233;t&#233; consacr&#233;s au remboursement de la dette. Il n'y a pas de croissance, les rentr&#233;es de l'&#201;tat ne cessent de baisser, et la question qui se pose maintenant est celle de la viabilit&#233; des finances publiques. Il y a quelques jours, le ministre des Finances a annonc&#233; que le gouvernement avait du mal &#224; mobiliser l'argent n&#233;cessaire pour payer les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures pr&#233;vues par les plans d'ajustement touchent quasiment tous les domaines, et elles sont tr&#232;s douloureuses, comme le gouvernement le dit lui-m&#234;me. Mais la r&#233;sistance est toujours tr&#232;s vivante au sein de la soci&#233;t&#233; contre ces mesures de restructuration, comme on vient de le constater avec la r&#233;volte des sans-emploi. Ce qui marche le mieux pour le gouvernement, ce sont les mesures qui n'ont pas d'impact direct sur la vie des gens, c'est-&#224;-dire les nouvelles lois qui lib&#233;ralisent les march&#233;s publics, comme la loi sur les partenariats public-priv&#233;, le nouveau code de l'investissement, le d&#233;mant&#232;lement des protections douani&#232;res. Pour la quatri&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive, il y a un gel des embauches dans la fonction publique, ce qui, bien s&#251;r, aggrave la situation de l'emploi. Le gouvernement voudrait bien geler les salaires, comme le d&#233;sirent le FMI et la Banque mondiale. Mais le mouvement ouvrier est tr&#232;s puissant et ne cesse d'imposer des reculs au gouvernement. Derni&#232;rement, il y a eu un accord dans le secteur priv&#233; : une augmentation salariale de 6% arrach&#233;e apr&#232;s un important cycle de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la n&#233;gociation de l'Accord de libre &#233;change complet et approfondi (ALECA) entre l'UE et la Tunisie ? Que peux-tu nous dire sur cet accord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALECA fait partie d'un cadre plus large qui est le partenariat euro-m&#233;diterran&#233;en. On parle ici de la politique de l'Union europ&#233;enne (UE). Personnellement, je consid&#232;re l'UE comme une nouvelle entit&#233; imp&#233;rialiste. C'est une superpuissance &#233;conomique et politique qui est en train d'&#234;tre forg&#233;e depuis 1957, qui a une constitution, un parlement, un budget, un drapeau, un march&#233;. Cette superpuissance a sa propre politique vis-&#224;-vis des pays du Sud de la M&#233;diterran&#233;e, comme la Tunisie. Cette politique, depuis 1995, est repr&#233;sent&#233;e par le partenariat euro-m&#233;diterran&#233;en. C'est le cadre dans lequel s'inscrivent toutes les relations (&#233;conomiques, politiques, culturelles, etc.) entre l'UE et la Tunisie. Cette politique est aussi responsable de la crise sociale et &#233;conomique qui a pouss&#233; la Tunisie &#224; la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de ce cadre, le libre-&#233;change concernant la libert&#233; de circulation des marchandises et des capitaux occupe une place importante. L'ALECA est le nouveau nom que l'UE a donn&#233; &#224; sa politique de libre-&#233;change avec la Tunisie et d'autres pays. L'UE n'a pas trouv&#233; mieux apr&#232;s la r&#233;volution en Tunisie que de proposer l'&#233;largissement et l'approfondissement d'une politique qui &#233;tait en grande partie responsable de la ruine sociale et &#233;conomique qui a pouss&#233; le pays &#224; la r&#233;volution. Ce qui est propos&#233;, c'est de doubler la dose pour &#234;tre s&#251;r de tuer le malade. Tel est le g&#233;nie de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations ont officiellement commenc&#233; il y a quelques mois. Le d&#233;but des n&#233;gociations a &#233;t&#233; annonc&#233; en Tunisie m&#234;me. Mais bien s&#251;r, les n&#233;gociations se d&#233;roulent &#224; Bruxelles. L'ALECA est donc en train d'avancer. Dans l'ALECA, il existe plusieurs sous-dossiers. L'accord concernera surtout l'agriculture, les services, les march&#233;s publics, le transport a&#233;rien. Au menu, une lib&#233;ralisation totale de la Tunisie face aux capitaux et aux produits de l'UE, qui se traduira par une exclusion de l'&#201;tat et donc de la souverainet&#233; nationale tunisienne. L'id&#233;e est de r&#233;duire l'&#201;tat &#224; sa plus simple manifestation, celle du maintien de l'ordre. Voil&#224; la nouvelle forme du n&#233;o-colonialisme europ&#233;en en Tunisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le FMI et la Banque mondiale ne sont donc pas les seuls responsables de la situation de d&#233;pendance de la Tunisie. Il y a aussi et surtout ce r&#244;le jou&#233; par la Commission europ&#233;enne, avec ses instruments comme la Banque europ&#233;enne d'investissement et la Banque europ&#233;enne de reconstruction et de d&#233;veloppement, qui d'ailleurs ne reconstruit rien &#8211; c'est un bulldozer. Ceux qui sont responsables de la ruine de la Tunisie durant la p&#233;riode de la dictature, FMI, Banque mondiale et Commission europ&#233;enne, poursuivent aujourd'hui leur &#339;uvre destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que n'arrivent pas &#224; comprendre les technocrates de la Commission europ&#233;enne, de m&#234;me que ceux des institutions financi&#232;res internationales, ou ce qu'ils feignent d'ignorer, c'est que la Tunisie a fait sa r&#233;volution ! C'est vrai que la revendication centrale de celle-ci, &#224; savoir le changement du r&#233;gime, n'a pas encore abouti, mais une chose est s&#251;re : les Tunisiens ont bien chang&#233;. D&#233;sormais, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; d&#233;fendre leurs libert&#233;s et &#224; imposer leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi, est d&#233;put&#233; du Front Populaire, animateur de RAID (ATTAC et CADTM en Tunisie), et militant de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re, une des organisations fondatrices du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Nathan Legrand et publi&#233;s sur le site du CADTM &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Il-y-a-une-tension-sociale-extreme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Il-y-a-une-tension-sociale-extreme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux documents sur la Tunisie sont disponibles sur le site ESSF, et notamment aux adresses suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique130&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique130&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1029&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1029&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1337&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1337&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Femmes &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique985&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique985&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1027&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1027&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economie &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Islamisme &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1088&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1088&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>14 janvier 2011 &#8211; La Tunisie, cinq ans apr&#232;s : &#171; M&#234;me si des reculs ont lieu, il n'y a pas de restauration de l'ordre ancien &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/14-janvier-2011-La-Tunisie-cinq-ans-apres-Meme-si-des-reculs-ont-lieu-il-n-y-a</link>
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		<dc:date>2016-01-19T07:39:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Lerouge, Fathi Chamkhi</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Janvier 2011 avait vu se lever un immense espoir dans la r&#233;gion arabe. Cinq ans plus tard, la contre-r&#233;volution y a incontestablement marqu&#233; des points dans nombre de pays. C'est dans ce cadre que se situe l'interview de Fathi Chamkhi &#224; para&#238;tre dans la revue Inprecor, et dont des extraits sont pr&#233;sent&#233;s ci-dessous. &lt;br class='autobr' /&gt; Militant de la LGO, Fathi, est un des dirigeants et d&#233;put&#233;s du Front populaire qui regroupe l'essentiel des partis de gauche, d'extr&#234;me-gauche et nationalistes arabes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton24848-90afa.jpg?1781182242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Janvier 2011 avait vu se lever un immense espoir dans la r&#233;gion arabe. Cinq ans plus tard, la contre-r&#233;volution y a incontestablement marqu&#233; des points dans nombre de pays. C'est dans ce cadre que se situe l'interview de Fathi Chamkhi &#224; para&#238;tre dans la revue Inprecor, et dont des extraits sont pr&#233;sent&#233;s ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Militant de la LGO, Fathi, est un des dirigeants et d&#233;put&#233;s du Front populaire qui regroupe l'essentiel des partis de gauche, d'extr&#234;me-gauche et nationalistes arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dominique Lerouge &#8211; Quel est &#224; ton avis le changement le plus important depuis 2011 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fathi Chamkhi&lt;/strong&gt; &#8211; Le changement le plus important, ce sont les Tunisiens eux-m&#234;mes. Aujourd'hui, la peur existant pendant plus de 50 ans de pouvoir despotique a en grande partie disparue. Les Tunisiens ont cess&#233; de se taire. Ils n'h&#233;sitent pas &#224; faire gr&#232;ve et &#224; descendre dans la rue. Pas un jour ne se passe sans qu'on enregistre une mobilisation sociale ou politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si des reculs ont lieu, il n'y a pas de restauration de &#171; l'ordre &#187; ancien. La situation politique demeure instable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a chang&#233; dans les conditions de l'action politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir n'arrive toujours pas &#224; dominer la soci&#233;t&#233;. Il n'arrive pas &#224; mettre en application les diktats du FMI, de la Banque mondiale et de la Commission europ&#233;enne, parce qu'une r&#233;sistance diffuse existe partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il a beaucoup r&#233;gress&#233; depuis son &#233;chec au pouvoir en 2012-2013, Ennahdha demeure le deuxi&#232;me parti. Il participe &#224; nouveau au gouvernement depuis d&#233;but 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour d'Ennahdha gravite une n&#233;buleuse salafiste souvent li&#233;e au terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de gauche, d'extr&#234;me-gauche, ainsi que les nationalistes arabes, ont maintenant une existence l&#233;gale. L'essentiel d'entre elles sont organis&#233;es dans un front et sont pr&#233;sentes au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et dans la structuration du champ politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est d&#233;barrass&#233; d'un syst&#232;me o&#249; un parti peut gouverner seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux t&#233;nors importants ont &#233;merg&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rached Ghannoucchi, leader du parti islamiste Ennahdha,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; B&#233;ji Ca&#239;d Essebsi (BCE), fondateur de Nidaa Tounes, et pr&#233;sident de la R&#233;publique depuis fin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en s'&#233;tant unis, ces ceux partis ne parviennent pas &#224; gouverner alors que la coalition gouvernementale dispose de plus de 80 % des d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les forces &#171; progressistes &#187; ne sont pas parvenues &#224; gagner la confiance des classes populaires, comme on l'a vu au niveau &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a chang&#233; au c&#339;ur de l'appareil d'Etat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e reste toujours en dehors du jeu politique. Son r&#244;le principal est de combattre les groupes terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le r&#244;le de la police a globalement diminu&#233;, elle reste un outil central pour tenter d'imposer &#171; l'ordre &#187; &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus les islamistes, dont nombre d'anciens du parti de Ben Ali, profitent de leur pr&#233;sence au pouvoir pour s'y implanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la police ne peut plus agir impun&#233;ment comme avant. Un simple citoyen a par exemple fait circuler une vid&#233;o montrant un policier lui demandant un bakchich. Le policier a &#233;t&#233; suspendu et une enqu&#234;te a &#233;t&#233; ouverte contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil judiciaire, n'a &#233;t&#233; &#233;pur&#233; que superficiellement, mais il n'a plus de centre de commandement unifi&#233; : chacun des deux principaux partis au pouvoir marche avec un secteur donn&#233; de l'appareil judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une rupture a-t-elle eu lieu avec la politique n&#233;olib&#233;rale de Ben Ali ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cap dict&#233; par le FMI, la Banque mondiale et la Commission europ&#233;enne a &#233;t&#233; conserv&#233;. Il a m&#234;me &#233;t&#233; aggrav&#233; avec &#171; l'Accord de libre-&#233;change complet et &#233;largi &#187; (ALECA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI dit et redit qu'il faut geler les salaires, mais la combativit&#233; syndicale impose de fa&#231;on continuelle des r&#233;ajustements salariaux &#224; la hausse, &#224; la grande fureur de Christine Lagarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que sont devenus les corrompus de l'&#232;re Ben Ali ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux du clan Ben Ali-Trabelsi sont toujours en exil. Le nombre &#171; d'hommes d'affaires &#187; en prison ou &#233;tant interdits de quitter le territoire est r&#233;duit aujourd'hui &#224; presque rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique voulait parvenir &#224; une amnistie g&#233;n&#233;rale. Mais les mobilisations l'ont contraint &#224; faire marche arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a &#233;volu&#233; la situation &#233;conomique et sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les indicateurs &#233;conomiques sont au rouge. De plus, la contrebande et le trafic de marchandises, d'armes et de drogue ne cessent de se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;conomique et sociale de la grande majorit&#233; des classes populaires s'est consid&#233;rablement d&#233;grad&#233;e. Dans ces conditions, il n'est pas &#233;tonnant que le m&#233;contentement social soit important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui emp&#234;che le changement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re raison est que la gauche n'a pas r&#233;agi comme il aurait fallu, notamment en adoptant une feuille de route permettant une rupture avec l'ordre dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est li&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es de dictature, avec un manque &#233;vident d'exp&#233;rience politique au niveau des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment les islamistes ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'atouts tr&#232;s importants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 2012, la Tunisie n'avait jamais connu de gouvernement islamiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamisme, pers&#233;cut&#233; sous Ben Ali, a &#233;t&#233; per&#231;u par beaucoup comme une id&#233;ologie de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, le potentiel de lutte et la combativit&#233; sont l&#224;, mais les forces accumul&#233;es ne savent pas dans quelle direction agir. La vapeur existe, mais le Front populaire n'est pas pour l'instant un piston &#224; la hauteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du temps suppl&#233;mentaire est-il n&#233;cessaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, mais vue la d&#233;gradation rapide de la situation, il y a urgence face &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'un c&#244;t&#233;, la pression de plus en plus importante du FMI, de la Banque mondiale et de la Commission europ&#233;enne pour tout restructurer en profondeur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de l'autre, l'aggravation d'une situation de plus en plus p&#233;nible qui alimente le m&#233;contentement et la col&#232;re, mais fait &#233;galement le jeu de l'extr&#233;misme religieux, du terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les revendications sont claires et pr&#233;cises on voit de tr&#232;s fortes mobilisations, au-del&#224; des clivages id&#233;ologiques, avec par exemple des gr&#232;ves &#224; pr&#232;s de 100 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des probl&#232;mes est de savoir comment engager la rupture avec l'ordre dominant. Le mouvement progressiste en reste &#224; la contestation et &#224; la d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la campagne contre la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci a pris un nouveau d&#233;part le 17 d&#233;cembre, avec notamment une campagne d'affichage et de diffusion d'un livre. Une tourn&#233;e dans l'int&#233;rieur du pays a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fait d'avoir 15 d&#233;put&#233;-e-s aide-t-'il le Front &#224; mener des campagnes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ses d&#233;put&#233;-e-s ont notamment agi dans la rue et &#224; l'Assembl&#233;e contre le projet de loi de blanchiment des corrompus. A leur initiative, une tentative de passage en force &#224; l'Assembl&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e contraire &#224; la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une proposition de loi d'audit de la dette est en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une bataille a lieu &#224; l'Assembl&#233;e contre la normalisation des relations avec l'entit&#233; sioniste,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il en va de m&#234;me au sujet de la lutte contre la r&#233;pression de la consommation de cannabis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Dominique Lerouge le 10 janvier 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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