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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Trump : l'&#233;conomie au service de la politique imp&#233;riale</title>
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		<dc:date>2025-05-13T10:28:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-05-13</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
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&lt;p&gt;R&#233;vision en baisse des pr&#233;visions de croissance, inflation, soubresauts de Wall Street, incertitudes sur le commerce ext&#233;rieur&#8230; Cela n'&#233;branle pas les certitudes de Trump qui affirme que ce n'est qu'un mauvais moment &#224; passer avant que ne chantent les lendemains de la grande Am&#233;rique. La r&#233;daction de cet article a &#233;t&#233; termin&#233;e le 28 mars ; il n'int&#232;gre donc ni les plus r&#233;centes d&#233;cisions douani&#232;res de Donald Trump, ni les r&#233;actions des march&#233;s financiers et des &#171; partenaires commerciaux &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/trump_signe_un_decret-5eb10.png?1747132293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;vision en baisse des pr&#233;visions de croissance, inflation, soubresauts de Wall Street, incertitudes sur le commerce ext&#233;rieur&#8230; Cela n'&#233;branle pas les certitudes de Trump qui affirme que ce n'est qu'un mauvais moment &#224; passer avant que ne chantent les lendemains de la grande Am&#233;rique. La r&#233;daction de cet article a &#233;t&#233; termin&#233;e le 28 mars ; il n'int&#232;gre donc ni les plus r&#233;centes d&#233;cisions douani&#232;res de Donald Trump, ni les r&#233;actions des march&#233;s financiers et des &#171; partenaires commerciaux &#187; des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176; 165 (mars 2025) | Photo : Donald Trump signe des d&#233;crets ex&#233;cutifs le jour de son investiture, le 20 janvier 2025 &#169; The Trump White House&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/trump-leconomie-au-service-de-la-politique-imperiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/trump-leconomie-au-service-de-la-politique-imperiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la vague d'optimisme qui l'avait submerg&#233;e en d&#233;but d'ann&#233;e, la Bourse a d&#233;viss&#233; le 10 mars sans que cela paraisse inqui&#233;ter Trump et son administration : &#171; les corrections sont saines et normales &#187; a d&#233;clar&#233; le secr&#233;taire au Tr&#233;sor, Scott Bessent, qui vient pourtant de la sph&#232;re financi&#232;re. Elle s'est un peu reprise depuis mais l'incertitude demeure. Quant &#224; la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale (banque centrale), mercredi 19 mars, elle a revu sa pr&#233;vision de croissance &#224; la baisse pour 2025, &#224; 1,7&#8239;% (contre 2,1&#8239;% lors de ses pr&#233;visions de d&#233;cembre 2024) et table d&#233;sormais sur une hausse de l'inflation de 2,7&#8239;% cette ann&#233;e. Les allers-retours de Trump sur la mise en place des droits de douane cr&#233;ent de l'incertitude car les entreprises am&#233;ricaines, notamment les plus grandes, d&#233;pendent souvent d'importations de composants ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la consommation des m&#233;nages ralentit : elle d&#233;pend, pour les moins ais&#233;s, de l'inflation et des craintes pour leurs emplois et, pour les revenus plus &#233;lev&#233;s, du cours de la Bourse. En fait, il existe un foss&#233; &#233;norme parmi les Am&#233;ricains : les 10&#8239;% des plus ais&#233;s, plus souvent possesseurs de titres boursiers, repr&#233;sentent aujourd'hui 49,7&#8239;% des d&#233;penses de consommation contre 36&#8239;% il y a dix ans. &#171; De septembre 2023 &#224; septembre 2024, ces foyers ont augment&#233; leurs d&#233;penses de 12&#8239;% tandis que celles des m&#233;nages des classes ouvri&#232;re et moyenne ont diminu&#233;. &#187;1 Les al&#233;as de la Bourse am&#233;ricaine largement comment&#233;s par la presse, touchent moins les bas revenus, nombreux parmi les &#233;lecteurs r&#233;publicains. Selon certains commentateurs, &#171; cela peut contribuer &#224; expliquer la d&#233;contraction de l'administration Trump &#224; l'&#233;gard des sautes d'humeur de Wall Street &#187;.2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique au poste de commande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump, pour sa part, met la politique au poste de commande. Pour reprendre une formule de De Gaulle en 1966, pour lui aussi &#171; la politique ne se fait pas &#224; la corbeille &#187;3 ou, du moins, semble pour le moment ne pas se faire car il peut &#234;tre amen&#233; &#224; transiger et il est plus directement connect&#233; &#224; la finance que ne l'&#233;tait De Gaulle en son temps. Le lundi 9 mars, sur la chaine de t&#233;l&#233;vision Fox News, Donald Trump a refus&#233; d'exclure la possibilit&#233; d'une r&#233;cession aux &#201;tats-Unis. &#171; Je d&#233;teste pr&#233;dire ce genre de choses [&#8230;] Il y a une p&#233;riode de transition, car ce que nous faisons est tr&#232;s important. Nous ramenons la richesse en Am&#233;rique. C'est une grande chose. Et il y a toujours des p&#233;riodes o&#249; cela prend un peu de temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re douani&#232;re, la politique de Trump, tout aussi d&#233;sordonn&#233;e qu'elle soit, &#171; s'inscrit dans une logique mercantiliste, o&#249; la puissance d'un &#201;tat est d&#233;finie par sa capacit&#233; &#224; accro&#238;tre ses exportations et &#224; imposer ses r&#232;gles aux autres pays [&#8230;] La puissance &#233;conomique ne doit pas &#233;maner des principes du libre-&#233;change mais de la capacit&#233; des &#201;tats-Unis &#224; imposer leurs normes au reste du monde, par une utilisation constante des rapports de force et une symbiose entre l'appareil d'&#201;tat et la strat&#233;gie des grandes entreprises &#187;.4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercantilisme de Trump comporte aussi un volet mon&#233;taire qui se compose de deux &#233;l&#233;ments : maintenir et m&#234;me renforcer le dollar en tant que monnaie de r&#233;serve mondiale, et, de fa&#231;on plus n&#233;buleuse, d&#233;velopper le r&#244;le des cryptomonnaies, notamment d'une variante qui pourrait &#234;tre adoss&#233;e au dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump cherche en effet &#224; d&#233;pr&#233;cier le dollar par rapport aux autres devises pour stimuler les exportations des &#201;tats-unis. Il continue pour cela &#224; exercer des pressions sur la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale pour des taux d'int&#233;r&#234;t bas, car une hausse des taux tendrait &#224; renforcer la valeur du dollar. Cependant, un dollar affaibli est moins attractif pour les banques centrales &#233;trang&#232;res, ce qui pourrait menacer son statut de monnaie de r&#233;serve. L'administration Trump a ainsi envisag&#233; une riposte &#224; cette possible contradiction en mena&#231;ant les pays qui r&#233;duiraient leurs r&#233;serves en dollars de droit de douane jusqu'&#224; 100&#8239;%, en premier lieu les BRICS5. C'est donc dans une logique de guerre commerciale et &#233;conomique que s'engage Trump, une guerre dont il reconnait qu'elle peut poser quelques probl&#232;mes imm&#233;diats mais qui est destin&#233;e &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re fiscale, l'imp&#244;t minimum mondial de 15&#8239;% sur les profits des multinationales qui avait n&#233;cessit&#233; des ann&#233;es de n&#233;gociations est d'ores et d&#233;j&#224; torpill&#233;. C'&#233;tait pourtant une faible r&#233;forme fiscale que Joe Biden avait train&#233; des pieds avant d'accepter. La premi&#232;re pr&#233;sidence de Trump avait &#233;t&#233; marqu&#233;e par des dispositions importantes en faveur des grandes entreprises et des hauts revenus. Gageons que cela va se poursuivre en d&#233;pit d'un d&#233;ficit budg&#233;taire qui a atteint 6,3&#8239;% du PIB pour l'ann&#233;e fiscale 2023 et que Trump affirme compenser par les recettes issues du rehaussement des droits de douane. Ces d&#233;ductions fiscales (et celles instaur&#233;es auparavant) avaient permis de rehausser le taux de profit apr&#232;s imp&#244;t ainsi que le montre la figure 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Trump et le capital am&#233;ricain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re pr&#233;sidence de Donald Trump, certain&#183;es observateurs sp&#233;culaient r&#233;guli&#232;rement sur la volont&#233; du &#171; grand capital &#187; de se d&#233;barrasser de Trump par le biais par exemple d'un impeachment parlementaire. D'importants dirigeants &#233;conomiques se sont effectivement h&#233;riss&#233;s de divers &#233;pisodes. Mais rien n'a jamais abouti. En 2018, Daniel Tanuro soulignait la vacuit&#233; de ces raisonnements et &#233;crivait &#224; propos l'attitude des divers secteurs de la bourgeoisie am&#233;ricaine face &#224; Trump : &#171; certains secteurs soutiennent sa politique avec enthousiasme, d'autres misent sur elle &#8212; ou la contestent pour une raison d&#233;termin&#233;e &#187;. Il ajoutait que les grands groupes transnationaux peuvent exprimer des r&#233;serves sur tel ou tel aspect mais &#171; ces Messieurs-Dames sont unanimes &#224; se r&#233;jouir de l'action trumpiste en mati&#232;re de d&#233;r&#233;gulation de l'&#233;conomie &#187;6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de d&#233;r&#233;gulation, Trump est reparti sur les m&#234;mes bases. Le DOGE (Department of Government Efficiency &#8212; d&#233;partement de l'efficacit&#233; gouvernementale) d'Elon Musk est charg&#233; de sabrer dans les d&#233;penses publiques et l'administration f&#233;d&#233;rale (objectif affirm&#233; : r&#233;duction annuelle des effectifs de 5&#8239;%, soit 150&#8239;000 personnes). Il y a ainsi eu, dans les services charg&#233;s de la r&#233;ponse aux &#233;pid&#233;mies, 25&#8239;000 suppressions d'emplois pour 82&#8239;000 salari&#233;&#183;es. Certains organismes &#233;taient depuis longtemps dans le collimateur du patronat. C'est le cas du National Labor Relations Board (NLRB &#8212; Bureau national des relations du travail), cr&#233;&#233; en 1935 et charg&#233; de veiller (avec plus ou moins d'&#233;nergie) au respect d'un droit syndical limit&#233;. Il est d&#233;sormais paralys&#233;. Le DOGE a aussi d&#233;mantel&#233; le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB), l'organisme de protection bancaire et financi&#232;re des particuliers, &#233;tabli en 2011 &#224; la suite de la crise financi&#232;re de 2008. Le CFPB s'occupe aussi bien des petits remboursements de consommateurs arnaqu&#233;s que de fraude &#224; grande &#233;chelle. Ces deux organismes s'&#233;taient notamment int&#233;ress&#233;s aux pratiques d'entreprises de la Silicon Valley, en particulier contr&#244;l&#233;es par Elon Musk. Quant au responsable de la supervision du secteur bancaire, il a choisi de d&#233;missionner face aux pressions des banques qui pensent obtenir de Donald Trump un assouplissement des r&#232;gles (dites B&#226;le III) devant entrer en vigueur pour encadrer leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, plus de secteurs patronaux ont soutenu de fa&#231;on plus ou moins visible Trump en 2024 que lors de ses pr&#233;c&#233;dentes campagnes &#233;lectorales. Les dons r&#233;colt&#233;s en t&#233;moignent. Les secteurs extractivistes, minier et p&#233;trolier, figurent au premier rang des soutiens de Trump. Lors de son investiture, le nouveau pr&#233;sident des &#201;tats-Unis Donald Trump a annonc&#233; un &#171; &#233;tat d'urgence &#233;nerg&#233;tique &#187;. Il a imm&#233;diatement sign&#233; des d&#233;crets abrogeant le blocage de nouveaux forages, notamment dans les oc&#233;ans Atlantique et Pacifique. Il a aussi lev&#233; l'interdiction des forages p&#233;troliers sur quelque 6,5 millions d'hectares dans l'Arctique, et le projet d'accro&#238;tre l'exploitation du p&#233;trole et du gaz en Alaska a &#233;t&#233; annonc&#233; par le ministre de l'int&#233;rieur charg&#233; de la gestion des terres f&#233;d&#233;rales, jeudi 20 mars, incluant un programme qui menacerait l'Arctic National Wildlife Refuge, une aire prot&#233;g&#233;e de plus de 630 000 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les plus gros contributeurs &#224; la campagne du candidat r&#233;publicain, on retrouve aussi l'a&#233;ronautique, l'automobile et l'industrie du tabac. D'importants dirigeants du secteur financier ont manifest&#233; un soutien ou au moins une non-hostilit&#233; &#224; Trump comme, d&#232;s janvier 2024, le PDG de JP Morgan Jamie Dimon. Plusieurs entreprises qui avaient annonc&#233; suspendre leurs financements au parti R&#233;publicain apr&#232;s les attaques du Capitole en janvier 2021, dont le constructeur automobile Ford ou le g&#233;ant des t&#233;l&#233;coms AT&amp;T, ont chang&#233; leur fusil d'&#233;paule, en versant plusieurs centaines de milliers de dollars pour financer l'investiture de Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du secteur de la tech qui &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme une grande oasis de lib&#233;ralisme (c'est-&#224;-dire plus ou moins de gauche dans le contexte am&#233;ricain), le retournement semble manifeste, du moins pour un certain nombre de dirigeants importants du secteur. Mais, comme le souligne le sociologue Olivier Alexandre, &#171; les passerelles entre la Silicon Valley et le pouvoir politique f&#233;d&#233;ral sont anciennes. [&#8230;] Depuis plus de cent ans, la Silicon Valley est au c&#339;ur de ce que l'on a longtemps appel&#233; le &#171; complexe militaro-industriel &#187;.7 Selon les &#233;poques et les entreprises, le penchant a &#233;t&#233; plut&#244;t r&#233;publicain et d&#233;mocrate et a correspondu &#224; des soutiens financiers &#224; chacun des deux partis. Depuis les ann&#233;es 1990 et l'&#233;lection de Bill Clinton, il y avait eu un basculement du c&#244;t&#233; d&#233;mocrate avec une vision commune de la &#171; modernit&#233; &#187; correspondant aux int&#233;r&#234;ts de d&#233;veloppement des entreprises. Mais, sous Biden, des projets de r&#233;glementation de l'intelligence artificielle et des cryptomonnaies ont &#233;t&#233; initi&#233;s, la taxation des plus-values latentes a aussi &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e, si bien qu'un basculement a &#233;t&#233; amorc&#233; dans ce secteur du capital vers des r&#233;publicains &#171; trumpis&#233;s &#187; et, explique Olivier Alexandre, a renforc&#233; un petit groupe de r&#233;actionnaires constitu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1990 autour de Peter Thiel (un milliardaire cofondateur de Paypal et de la soci&#233;t&#233; Palantir, sp&#233;cialis&#233;e dans l'analyse de donn&#233;es et tr&#232;s active dans le domaine de la d&#233;fense et du renseignement). S'y sont agr&#233;g&#233;s des investisseurs dans le secteur des cryptomonnaies. Le cercle s'est ensuite &#233;largi. S'interrogeant sur le ralliement &#224; Trump de personnalit&#233;s plus connues de la Silicon Valley, un co-fondateur de Facebook aujourd'hui retir&#233; du secteur a &#233;crit que ce n'est pas seulement une question de profit car ces entreprises ont &#233;t&#233; toujours mues par le profit mais que s'y ajoute d&#233;sormais une autre dimension : ils veulent pouvoir agir &#224; leur guise en &#233;chappant &#224; toute r&#232;glementation : &#171; en pratique, il est aussi le bouclier dont ils ont besoin pour &#233;chapper &#224; leurs responsabilit&#233;s. M. Trump peut menacer les normes d&#233;mocratiques et diffuser de la d&#233;sinformation. Il pourrait m&#234;me d&#233;clencher une r&#233;cession, mais il ne remettra pas en question leur capacit&#233; &#224; construire la technologie qu'ils aiment, quel qu'en soit le co&#251;t social. Ces dirigeants parient qu'ils peuvent influencer M. Trump vers leurs id&#233;es gr&#226;ce &#224; leur soutien public et financier, et ils ont peut-&#234;tre raison. Autrefois critique de la cryptomonnaie, il s'est oppos&#233; &#224; la r&#233;glementation apr&#232;s que les dirigeants de la crypto ont fait un don &#224; sa campagne&#8230; &#187;.8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Elon Musk, qui n'a pas toujours &#233;t&#233; un farouche r&#233;publicain, se dit aujourd'hui proche du courant libertarien. Certes, il dit d&#233;fendre la &#171; libert&#233; &#187;, condamne l'inefficacit&#233; de l'&#201;tat, mais cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de b&#233;n&#233;ficier &#224; de nombreuses reprises d'argent public et de collaborer avec des agences gouvernementales. Entre convaincus et opportunistes le basculement de stars du secteur s'est op&#233;r&#233; &#8212; y compris certains dirigeants qui ont &#233;t&#233; dans le pass&#233; en conflit ouvert avec Donald Trump et l'avaient exclu de leurs r&#233;seaux sociaux, &#224; commencer par Mark Zuckerberg, le patron de Meta, qui poss&#232;de Facebook, Instagram, Whats App, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;ants du Net comptent aussi sur une politique qui leur sera favorable pour faire face aux al&#233;as du d&#233;veloppement et du d&#233;ploiement de l'intelligence artificielle, pour bloquer les r&#232;glementations plus ou moins contraignantes (notamment dans l'Union europ&#233;enne) et pour freiner l'expansion de leurs concurrents chinois. Sur le plan interne, ils ne veulent pas laisser Elon Musk profiter de sa proximit&#233; avec Trump pour valoriser ses propres entreprises et affaiblir ses concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la Chine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des ressorts du d&#233;veloppement du trumpisme chez les entrepreneurs et les politiques am&#233;ricains est sans nul doute la mont&#233;e de la Chine qui est la seule puissance en &#233;tat de contester le leadership am&#233;ricain sur les plans &#224; la fois technologique, &#233;conomique et, &#224; terme, militaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Benjamin B&#252;rbaumer, dans son ouvrage paru en 2024 &#224; la D&#233;couverte, Chine/&#201;tats-Unis, le capitalisme contre la mondialisation, dans un premier temps de l'int&#233;gration de la Chine au march&#233; mondial, &#224; la fin du si&#232;cle dernier, l'interd&#233;pendance entre Chine et &#201;tats-Unis apparaissait relativement solide pour le plus grand bien du capitalisme, les revenus des exportations de la Chine contribuant &#224; financer la dette am&#233;ricaine. Or ce temps est r&#233;volu et la Chine appara&#238;t comme une concurrente. Dans un discours d'avril 2023, la secr&#233;taire am&#233;ricaine au Tr&#233;sor avait &#233;t&#233; claire : face &#224; la Chine, il est essentiel de pr&#233;server &#171; le leadership &#233;conomique des &#201;tats-Unis &#187;. D'apr&#232;s un document &#233;mis par la pr&#233;sidence &#233;tatsunienne, que cite Benjamin B&#252;rbaumer, le d&#233;fi pos&#233; par la Chine diff&#232;re de celui que pose la Russie, et &#171; [la r&#233;publique populaire de Chine] est le seul concurrent qui a &#224; la fois l'intention de remodeler l'ordre international et, de plus en plus, la puissance &#233;conomique, diplomatique, militaire et technologique pour le faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis sous Trump comme sous Biden se sont efforc&#233;s de pr&#233;server leurs atouts g&#233;opolitiques et technologiques qui restent tr&#232;s importants. Joe Biden n'a pas remis en cause les mesures douani&#232;res protectionnistes instaur&#233;es par son pr&#233;d&#233;cesseur (et d&#233;sormais successeur). Sa politique industrielle impuls&#233;e &#224; coup d'aides &#233;tatiques massives traduisait aussi cette volont&#233;. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines ont souhait&#233; aussi restreindre certains investissements ou exportations &#233;tatsuniennes en Chine susceptibles d'aider au progr&#232;s technologique de ce pays, notamment dans les semi-conducteurs. Tout cela, avec des modalit&#233;s peut-&#234;tre en partie diff&#233;rentes, va &#234;tre un des fils directeurs du deuxi&#232;me mandat de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les failles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#171; bloc trumpiste &#187; n'est pas sans failles, et elles sont de plusieurs ordres. D'abord, les d&#233;fenseurs d'une politique migratoire &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187; ne cessent de rappeler l'un des principaux engagements de Donald Trump : bloquer l'immigration. Par contre, les milliardaires de la tech, Elon Musk en t&#234;te, d&#233;fendent l'immigration des &#171; qualifi&#233;&#183;es &#187; (85&#8239;000 visas H-1B par an) auxquels leurs entreprises ont largement recours. Une controverse violente a &#233;clat&#233; sur ce sujet fin 2024 et Trump, qui a chang&#233; plusieurs fois de position sur ce sujet, a tranch&#233; en faveur de Musk et de ses coll&#232;gues. Mais ces PDG n'appellent pas &#224; pratiquer une politique d'accueil g&#233;n&#233;reuse : leur &#171; ouverture &#187; ne concerne que les tr&#232;s qualifi&#233;&#183;e&#183;s ou les fortun&#233;&#183;e&#183;s. Fin f&#233;vrier, Trump a d'ailleurs propos&#233; la mise en place d'un nouveau visa, une &#171; golden card &#187; : pour l'obtenir, il faudra d&#233;bourser 5 millions de dollars. &#192; cette occasion, Trump a pr&#233;cis&#233; que les oligarques russes pourront &#234;tre &#233;ligibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre faille : celle qui s&#233;pare les perspectives radieuses de Trump et la r&#233;alit&#233; des affaires aujourd'hui. Sous des pr&#233;textes divers et avec des atermoiements qui cr&#233;ent des incertitudes pour les entreprises, le nouveau pr&#233;sident a d&#233;j&#224; impos&#233; des droits suppl&#233;mentaires sur tous les produits chinois entrant aux &#201;tats-Unis et 25 points additionnels sur les importations d'acier et l'aluminium depuis le monde entier. Les produits canadiens et mexicains (sauf l'acier et l'aluminium) b&#233;n&#233;ficient pour leur part d'un sursis jusqu'au 2 avril. Mais fin mars Trump a annonc&#233;, pour le 2 avril, une taxe additionnelle de 25&#8239;% sur toutes les importations d'automobiles avec des am&#233;nagements pour les importations en provenance du Canada et du Mexique. Les patrons de l'industrie avaient en effet ren&#226;cl&#233; et annonc&#233; des risques &#233;conomiques et sociaux majeurs : les trois pays sont en effet li&#233;s par un accord de libre-&#233;change et les processus de fabrication se sont adapt&#233;s en cons&#233;quence afin de maximiser les profits. M&#234;me Tesla (contr&#244;l&#233;e par Musk) a exprim&#233; des craintes sur les droits de douane. Apr&#232;s ces annonces de Trump, les actions des grands constructeurs ont d&#233;gringol&#233; en Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les attaques effr&#233;n&#233;es contre les dispositifs sociaux peuvent &#233;branler une partie de la base populaire trumpiste ou remobiliser les abstentionnistes des pr&#233;sidentielles si une r&#233;cession se d&#233;clenche et surtout si ne se concr&#233;tisent pas les promesses de r&#233;duction de l'inflation et de &#171; bons &#187; emplois. On sait que le protectionnisme peut parfaitement coexister avec le lib&#233;ralisme le plus effr&#233;n&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'un pays. C'est justement la politique de Trump et Musk de destruction de ce qui pouvait exister d' &#171; &#201;tat social &#187; aux &#201;tats-Unis. L'avenir du bloc trumpiste n'est donc pas totalement jou&#233; et les &#233;lections &#224; mi-mandat peuvent rebattre un peu les cartes en &#233;br&#233;chant la majorit&#233; r&#233;publicaine au S&#233;nat et &#224; la Chambre des repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les couches populaires, celleux qui ont pu croire que Trump allait leur redonner espoir n'auront gu&#232;re de raisons de faire confiance aux n&#233;olib&#233;raux d&#233;mocrates dont le passif est tr&#232;s lourd9. Le communiqu&#233; du 26 mars dernier de l'UAW (le syndicat am&#233;ricain de l'automobile qui avait men&#233; la gr&#232;ve victorieuse de 2024) saluant les d&#233;cisions de Trump sur l'automobile comme une &#171; victoire des travailleurs &#8230; sur les d&#233;sastres du libre-&#233;change &#187; (tout en r&#233;affirmant ses revendications sociales) est sans doute une illustration des probl&#232;mes &#224; venir pour construire un bloc d'opposition.10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Courrier international, L'&#233;conomie am&#233;ricaine n'a jamais autant repos&#233; sur les d&#233;penses des plus riches. Site : courrierinternational.com, 24 f&#233;vrier 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. R&#233;daction l'&#233;cho, Pourquoi Trump pr&#233;f&#232;re son mur tarifaire &#224; Wall Street. Site : lecho.be, 25 mars 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. La corbeille &#233;tait un espace d&#233;limit&#233; par une balustrade &#224; la Bourse de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Eric Monnet, Cryptomercantilisme : la doctrine &#233;conomique de Donald Trump. Site : legrandcontinent.eu, 18 mars 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Ismail Shakil, Trump repeats tariffs threat to dissuade BRICS nations from replacing US dollar. Reuters, 31 janvier 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Daniel Tanuro, Le moment Trump - Une nouvelle phase du capitalisme mondial. &#201;d. Demopolis, 2018. Pages 121-122.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Olivier Alexandre : &#171; Elon Musk et le monde de la tech veulent r&#233;duire la sph&#232;re politique au profit de l'entreprise priv&#233;e &#187;. Alternative &#233;conomiques, 11 janvier 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. Chris Hughes, Why Do People Like Elon Musk Love Donald Trump ? It's Not Just About Money. The New York Times, 25 septembre 2024.&lt;br class='autobr' /&gt;
9. Lire le dossier Trump au pouvoir. Inprecor n&#176; 729, f&#233;vrier 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
10. United Automobile, Aerospace and agricultural implement Workers of America, In a Victory for Autoworkers, Auto Tariffs Mark the Beginning of the End of NAFTA and the &#8220;Free Trade&#8221; Disaster. Site : uaw.org, 25 mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>David Harvey, &#171; Br&#232;ve histoire du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/David-Harvey-Breve-histoire-du-neoliberalisme</link>
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		<dc:date>2024-10-15T12:21:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-10-15</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il faut f&#233;liciter les &#233;ditions Amsterdam pour leur r&#233;&#233;dition de cet ouvrage de David Harvey, initialement paru en 2005. L'auteur est un g&#233;ographe et &#233;conomiste marxiste de renomm&#233;e internationale dont la revue L'Anticapitalistea d&#233;j&#224; traite des travaux, en juin 2023 [1]. Harvey r&#233;sume ainsi l'objet de ce livre : fournir une &#171; histoire politico-&#233;conomique des origines du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa prolif&#233;ration g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur la sc&#232;ne mondiale &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 9 octobre 2024 | tir&#233; du alencontre.org (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-10-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-10-15&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L146xH150/breve_histoire_du_neoliberalisme_harvey-a77a4.png?1728994886' class='spip_logo spip_logo_right' width='146' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il faut f&#233;liciter les &#233;ditions Amsterdam pour leur r&#233;&#233;dition de cet ouvrage de David Harvey, initialement paru en 2005. L'auteur est un g&#233;ographe et &#233;conomiste marxiste de renomm&#233;e internationale dont la revue L'Anticapitalistea d&#233;j&#224; traite des travaux, en juin 2023 [1]. Harvey r&#233;sume ainsi l'objet de ce livre : fournir une &#171; histoire politico-&#233;conomique des origines du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa prolif&#233;ration g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur la sc&#232;ne mondiale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 octobre 2024 | tir&#233; du alencontre.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/economie/david-harvey-breve-histoire-du-neoliberalisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/economie/david-harvey-breve-histoire-du-neoliberalisme.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la d&#233;ferlante n&#233;olib&#233;rale fonctionnait ce que l'auteur qualifie de &#171; lib&#233;ralisme int&#233;gr&#233; &#187; bas&#233; sur un &#171; compromis de classe &#187; entre le capital et le travail. Il est &#224; regretter que Harvey ne dise pratiquement rien sur les raisons et facteurs de d&#233;veloppement de ces politiques. Toutefois, il signale &#224; juste titre que les b&#233;n&#233;fices du lib&#233;ralisme int&#233;gr&#233; furent en fait limit&#233;s aux pays capitalistes les plus d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 60, le mod&#232;le commen&#231;a &#224; s'effondrer tant au niveau national qu'&#224; l'&#233;chelle internationale : suraccumulation du capital, croissance en berne, &#171; stagflation &#187; (ch&#244;mage et inflation simultan&#233;s), d&#233;ficits budg&#233;taires, impuissance des politiques keyn&#233;siennes, crise du syst&#232;me mon&#233;taire international issu de Bretton Woods. A partir de l&#224;, se pr&#233;sentaient deux possibilit&#233;s. La premi&#232;re, exprim&#233;e confus&#233;ment par Harvey, &#233;tait la radicalisation des politiques ant&#233;rieures. L'auteur explique que cela a &#233;t&#233; plus ou moins tent&#233; dans divers pays mais que cela s'est av&#233;r&#233; incompatible avec l'accumulation du capital et que la gauche s'est montr&#233;e incapable d'aller au-del&#224; des solutions sociales-d&#233;mocrates (il faut regretter que cette question essentielle soir trait&#233;e de mani&#232;re allusive et peu claire, sans aucune allusion au principal &#233;l&#233;ment socio-politique de la question : l'affrontement avec la classe dominante). Ce fut donc l'heure du n&#233;olib&#233;ralisme dont les p&#232;res fondateurs avaient brandi l'id&#233;al de la libert&#233; individuelle (ce qui a un attrait quasiment irr&#233;sistible aux yeux de larges secteurs des populations) et ont affirm&#233; que les libert&#233;s individuelles supposaient la libert&#233; du march&#233; et des &#233;changes. Sous cet habillage, le projet politique du n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait en fait le r&#233;tablissement des conditions d'accumulation du capital et la restauration du pouvoir des &#233;lites &#233;conomiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exp&#233;rimentation cons&#233;cutive au coup d'Etat au Chili, le tournant majeur intervient en 1979-1980 avec l'arriv&#233;e au pouvoir de Margaret Thatcher et la hausse drastique des taux d'int&#233;r&#234;t par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine dirig&#233;e par Paul Volcker qui vise &#224; r&#233;duire l'inflation quel qu'en soit le co&#251;t pour l'emploi. En 1980, Reagan est &#233;lu pr&#233;sident des Etats-Unis. Ensuite, le n&#233;olib&#233;ralisme s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; et impos&#233; mais de mani&#232;re diff&#233;renci&#233;e en fonction des caract&#233;ristiques des diff&#233;rents Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es qui suivent sont marqu&#233;es par le d&#233;veloppement de l'endettement international. Sous pr&#233;texte de faire face aux crises de la dette, FMI et Banque mondiale se font les relais internationaux des politiques n&#233;olib&#233;rales. Avec le &#171; consensus de Washington &#187;, dans les ann&#233;es 90, les Etats-Unis &#233;paul&#233;s par le FMI et la Banque mondiale ont fait de leur mod&#232;le la r&#233;ponse aux probl&#232;mes du monde. Il s'agissait en fait d'ouvrir la majeure partie des Etats &#224; la libre circulation des capitaux. Des dynamiques internes et des forces externes ont jou&#233; en ce sens mais Harvey souligne &#224; juste titre que &#171; parfois tout se passe m&#234;me comme si le FMI ne faisait que prendre la responsabilit&#233; des r&#233;formes voulues de toute fa&#231;on par la classe dirigeante de tel ou tel pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a renforc&#233; le pouvoir de la classe dominante tout en favorisant sa reconfiguration : aux dirigeants des grandes entreprises et entit&#233;s financi&#232;res se sont ajout&#233;s les d&#233;tenteurs des fortunes rapides r&#233;alis&#233;es dans les nouveaux secteurs-phares, notamment les NTIC. Pratiquement partout, on a assist&#233; &#224; une &#233;norme concentration des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foss&#233; entre le capital industriel ou marchand et le capital financier a disparu, le pouvoir du monde de la finance s'est accru tandis que la stabilit&#233; du syst&#232;me financier est devenue le principal souci des Etats n&#233;olib&#233;raux. Cette classe dirigeante est internationalis&#233;e tout en restant li&#233;e &#224; des appareils d'Etat nationaux pour les avantages et la protection qu'elle en retire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette description de la mont&#233;e et des diff&#233;rentes facettes du n&#233;olib&#233;ralisme, Harvey cherche &#224; montrer comment, hors le cas du Chili o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme s'est impos&#233; par la r&#233;pression militaire, il a su cr&#233;er un consensus qui a permis &#224; des politiciens de gagner des &#233;lections et de mettre en &#339;uvre leurs orientations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harvey d&#233;veloppe en premier lieu les cas des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne (les brefs &#233;l&#233;ments concernant la France sont approximatifs et discutables). Aux Etats-Unis, on a assist&#233; &#224; la combinaison d'une offensive id&#233;ologique multiforme grassement financ&#233;e par les milliardaires, d'une agression antisyndicale men&#233;e avec acharnement par Reagan, d'une capacit&#233; &#224; accentuer les divisions entre salari&#233;s et du ralliement des deux grands partis, r&#233;publicain (avec dans ce cas une alliance entre big business et chr&#233;tiens conservateurs) et d&#233;mocrate, aux logiques n&#233;olib&#233;rales. Un chapitre entier est consacr&#233; &#224; la Chine : Harvey y voit une marche particuli&#232;re vers la lib&#233;ralisation et la reconstitution d'un pouvoir de classe, &#171; un n&#233;olib&#233;ralisme &#224; caract&#233;ristiques chinoises &#187; qui a permis la croissance &#233;conomique et panache autoritarisme, nationalisme et certaines formes d'imp&#233;rialisme rejoignant, selon lui, la vague n&#233;o-conservatrice am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'Etat dans la th&#233;orie n&#233;olib&#233;rale est relativement simple : garantir le fonctionnement du march&#233;. Le libre jeu de la concurrence est la meilleure solution, quitte &#224; inventer des m&#233;canismes de march&#233; face &#224; des probl&#232;mes nouveaux : comme le march&#233; des droits &#224; polluer. Pour se prot&#233;ger des menaces que les processus &#233;lectoraux pourraient faire peser sur la stabilit&#233; du march&#233;, les gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux donnent des pouvoirs &#224; des institutions &#171; ind&#233;pendantes &#187;, comme les banques centrales, les cours de justice (on pourrait y ajouter l'&#233;difice des trait&#233;s europ&#233;ens : &#171; Il ne peut pas y avoir de choix d&#233;mocratique contre les trait&#233;s europ&#233;ens &#187; avait d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident de la Commission en janvier 2015 apr&#232;s la victoire &#233;lectorale de Syriza en Gr&#232;ce). En fait, malgr&#233; son discours, l'Etat n&#233;olib&#233;ral se m&#233;fie de la d&#233;mocratie et ses r&#233;sultats &#233;conomiques et sociaux sont en d&#233;calage par rapport &#224; ses proclamations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, on constate des pratiques souvent disparates entre les Etats n&#233;olib&#233;raux, certaines renvoient &#224; des consid&#233;rations pragmatiques ou opportunistes, d'autres aux contextes socio-politiques. Tandis que, aussi bien les Etats nationaux que les institutions internationales comme le FMI, font des entorses aux principes pour sauver des institutions financi&#232;res qui se sont mises elles-m&#234;mes en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harvey souligne que l'Etat n&#233;olib&#233;ral est instable. Il est de plus en plus paradoxal de vanter les vertus de la concurrence quand la monopolisation de l'&#233;conomie se renforce, que les scandales financiers se multiplient, que les travailleurs font les frais de la flexibilit&#233;, que les in&#233;galit&#233;s explosent et que les solidarit&#233;s se d&#233;sagr&#232;gent. Pour faire face aux m&#233;contentements, l'autoritarisme et les m&#233;thodes polici&#232;res se renforcent tandis que l'Etat n&#233;olib&#233;ral en appelle de plus en plus au nationalisme face aux d&#233;sordres internes et &#224; la comp&#233;tition internationale. Harvey souligne que les contradictions du n&#233;olib&#233;ralisme peuvent &#234;tre porteuses de d&#233;rives encore plus dangereuses, centr&#233;es sur les valeurs morales, le racisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un chapitre intitul&#233; &#171; le n&#233;olib&#233;ralisme en proc&#232;s &#187;, Harvey revient sur les r&#233;sultats de la n&#233;olib&#233;ralisation. Il souligne leurs limites : les politiques n&#233;olib&#233;rales n'ont pas r&#233;ussi &#224; impulser une nouvelle phase de croissance mondiale. L'Asie de l'Est (avec la Chine) et l'Inde semblent infirmer ce diagnostic mais il s'agit d'Etats poursuivant des politiques sp&#233;cifiques et non align&#233;es sur le &#171; consensus de Washington &#187;. Le seul succ&#232;s du n&#233;olib&#233;ralisme est en fait le contr&#244;le de l'inflation. L'auteur relativise l'impact du d&#233;veloppement des technologies de l'information (ce qui pourrait d&#233;boucher sur des d&#233;bats essentiels qu'il n'aborde pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Harvey, ce qui marque en fait la phase actuelle du capitalisme c'est ce qu'il qualifie d'&#171; accumulation par d&#233;possession &#187; : une extension g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la sph&#232;re marchande qui transforme en marchandises tout une s&#233;rie de biens et d'activit&#233;s qui b&#233;n&#233;ficiaient ant&#233;rieurement &#224; la masse des populations. C'est un point essentiel dont il souligne la continuit&#233; avec l'accumulation primitive d&#233;crite par Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harvey conclut son livre en &#233;voquant les crises dont est porteur le n&#233;olib&#233;ralisme. Des crises financi&#232;res violentes sont in&#233;vitables. La classe dominante en est consciente mais ne fait pratiquement rien pour les pr&#233;venir. Un des fondements de cette attitude est sa confiance &#224; pouvoir s'en tirer sans trop de mal. Mais ce scenario pourrait s'av&#233;rer fallacieux : une crise financi&#232;re majeure pourrait accentuer un basculement accentu&#233; de l'&#233;tat du monde au profit de l'Asie ou bien rogner malgr&#233; tout les capacit&#233;s de contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; par les dominants. Par ailleurs, la n&#233;olib&#233;ralisation g&#233;n&#232;re de nombreux mouvements contestataires dont une grande partie se distingue des mouvements &#224; base ouvri&#232;re autrefois dominants. Ce qui ne signifie pas, souligne Harvey, la mort des mouvements ouvriers, ni dans les vieux pays industriels, ni dans les nouveaux. Les luttes contre l'accumulation par d&#233;possession font na&#238;tre de nouveaux mouvements enracin&#233;s dans le quotidien et le local. Ils ont certes produit ou favoris&#233; la production d'une pl&#233;thore d'id&#233;es alternatives mais ont, souligne justement l'auteur, souvent du mal &#224; aller au-del&#224; de la question sur laquelle chacun d'entre eux s'est constitu&#233; pour appr&#233;hender la nature de classe des politiques auxquelles ils se heurtent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a signal&#233; plus haut, certains d&#233;veloppements de Harvey apparaissent parfois confus, voire discutables. Par ailleurs, il semble inutile d'essayer de comprendre les graphiques joints au texte &#233;tant donn&#233; leur faible lisibilit&#233; mais cela est de la responsabilit&#233; de l'&#233;diteur. Mais cela ne r&#233;duit pas l'int&#233;r&#234;t d'un livre extr&#234;mement utile pour comprendre le n&#233;olib&#233;ralisme dans sa globalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] VoirThierry Labica, &#171; Petite invitation au marxisme de David Harvey &#187;, Revue L'anticapitaliste, Num&#233;ro 146, mai 2023 | L'Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)&lt;/p&gt;
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		<title>USA : des banques &#233;tatsuniennes &#224; nouveau en faillite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/USA-des-banques-etatsuniennes-a-nouveau-en-faillite</link>
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		<dc:date>2023-03-28T11:20:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dan La Botz, Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-03-28</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du Nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la Silicon Valley Bank (SVB) en Californie, le 10 mars, ont d&#233;clench&#233; une r&#233;action en cha&#238;ne : les d&#233;posants ont retir&#233; leurs fonds, ce qui a entra&#238;n&#233; la faillite de cette banque et d'autres petites banques ou leur a caus&#233; de graves probl&#232;mes, notamment la Signature Bank &#224; New York et la First Republic Bank &#224; San Francisco. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 654 (23/03/2023) &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Dan La Botz Henri Wilno &lt;br class='autobr' /&gt;
Les march&#233;s boursiers du monde entier ont recul&#233;. La quasi-faillite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-Nord-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la Silicon Valley Bank (SVB) en Californie, le 10 mars, ont d&#233;clench&#233; une r&#233;action en cha&#238;ne : les d&#233;posants ont retir&#233; leurs fonds, ce qui a entra&#238;n&#233; la faillite de cette banque et d'autres petites banques ou leur a caus&#233; de graves probl&#232;mes, notamment la Signature Bank &#224; New York et la First Republic Bank &#224; San Francisco.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 654 (23/03/2023)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Dan La Botz&lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Wilno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s boursiers du monde entier ont recul&#233;. La quasi-faillite simultan&#233;e de la probl&#233;matique Cr&#233;dit suisse, une grande banque suisse connue pour ses pratiques ill&#233;gales et douteuses, a pu donner l'impression, pendant un moment, qu'il s'agissait d'une nouvelle crise financi&#232;re mondiale comme celle qui a provoqu&#233; la grande r&#233;cession d&#233;vastatrice de 2008. Mais dans ce cas, ni les d&#233;veloppements ni les causes de la crise ne sont les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise imputable &#224; la Fed&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire de 2008 a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par des financiers qui ont accord&#233; des pr&#234;ts immobiliers risqu&#233;s, les ont regroup&#233;s et n&#233;goci&#233;s et se sont livr&#233;s &#224; diverses autres pratiques hasardeuses. Les banquiers avaient construit un ch&#226;teau de cartes qui s'est effondr&#233; lorsque les prix de l'immobilier ont baiss&#233; &#224; la fin de 2007. Cette fois, cependant, la crise n'est pas directement imputable aux banquiers, mais &#224; la Federal Reserve Bank (la Fed), la Banque centrale am&#233;ricaine, qui a relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t &#8212; actuellement &#224; 4,5 % &#8212; &#224; huit reprises cette ann&#233;e. Par cons&#233;quent, les anciennes obligations du Tr&#233;sor am&#233;ricain &#224; taux faible et les autres obligations &#224; long terme, dans lesquelles SVB avait investi plus de 90 milliards de dollars, ont perdu de leur valeur &#224; mesure que de nouvelles obligations &#224; taux plus &#233;lev&#233; sont apparues sur le march&#233;. SVB &#233;tait particuli&#232;rement li&#233;e aux entreprises technologiques, qui par ailleurs enregistrent actuellement un ralentissement de leurs activit&#233;s ; lorsque celles-ci ont commenc&#233; &#224; paniquer et retir&#233; leurs fonds, la banque est devenue insolvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Fed a-t-elle relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t ? Elle a fait valoir que ce rel&#232;vement permettrait de lutter contre l'inflation. Celle-ci serait caus&#233;e en grande partie par les milliards d&#233;pens&#233;s par le gouvernement pour faire face &#224; la pand&#233;mie ainsi que par la vaste expansion de l'embauche &#224; la fin de la pand&#233;mie. Cette r&#233;cente expansion &#233;conomique a profit&#233; d'abord aux actionnaires des banques et grandes entreprises mais aussi aux travailleurEs pauvres, aux travailleurEs &#224; bas salaires qui ont eu plus de facilit&#233; &#224; obtenir et &#224; conserver un emploi et qui, dans un march&#233; du travail tendu, ont re&#231;u des salaires plus &#233;lev&#233;s. Elle a &#233;galement profit&#233; aux d&#233;biteurs, qui ont pu rembourser leurs emprunts avec de l'argent de moindre valeur. Toutefois, &#224; terme, l'inflation peut avoir des effets n&#233;gatifs. La Fed a donc relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t afin de ralentir l'expansion, d'augmenter le ch&#244;mage, de freiner les gains salariaux et d'avantager les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Irrationalit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Federal Deposit Insurance Corporation, cr&#233;&#233;e apr&#232;s le krach de 1929, assure tous les d&#233;posants dont les comptes ne d&#233;passent pas 250 000 dollars, mais de nombreuses entreprises technologiques poss&#233;daient des millions de dollars dans la SVB. Le pr&#233;sident Biden, la secr&#233;taire au Tr&#233;sor Janet Yellen, la Fed et la Federal Insurance Deposit Corporation ont donc annonc&#233; que, dans le cas de la SVB, tous les d&#233;p&#244;ts seraient assur&#233;s afin de prot&#233;ger les nombreuses entreprises de haute technologie qui ont investi dans la SVB et les quelque 100 000 emplois qu'elles fournissent. M. Biden a &#233;galement demand&#233; des comptes et promis que le gouvernement ne sauverait pas les dirigeants et les actionnaires des banques. Cependant, personne ne sera vraisemblablement tenu de rendre des comptes. En 2008, alors que 46 banquiers ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s dans d'autres pays (Islande, 25 ; Espagne, 11 ; Irlande, 7 ; Chypre, 1 ; Allemagne, 1 ; et Italie, 1), aux &#201;tats-Unis, un seul banquier a &#233;t&#233; condamn&#233; et il travaillait pour une banque &#233;trang&#232;re, le Cr&#233;dit suisse. Aucun banquier am&#233;ricain n'a &#233;t&#233; emprisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables de la crise sont &#224; chercher du c&#244;t&#233; du syst&#232;me de la Federal Reserve Bank et de ses dirigeants qui devraient r&#233;guler les banques comme la SVB. L'ancien pr&#233;sident Donald Trump a &#233;galement sa part de responsabilit&#233; dans cet &#233;chec. Apr&#232;s la crise de 2008, le Congr&#232;s avait adopt&#233; la loi Dodd-Frank afin de mieux r&#233;glementer les banques. Les banquiers, y compris ceux de la SVB, ont fait pression pour affaiblir la loi, et Trump s'y est conform&#233;. Les banquiers ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; s'autor&#233;guler davantage, ce qu'ils n'ont pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire de 2008 et la crise actuelle r&#233;v&#232;lent l'irrationalit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique capitaliste fond&#233; sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de la finance. Les actionnaires et les dirigeants des banques, pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; de r&#233;aliser des profits sup&#233;rieurs &#224; ceux de leurs concurrents, ne se contentent pas de rivaliser, ils trichent, et tant leur concurrence que leurs malversations entra&#238;nent le syst&#232;me dans une crise dont nous payons toujours le prix. Ce qui est rarement le cas pour eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>USA : des banques &#233;tatsuniennes &#224; nouveau en faillite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/USA-des-banques-etatsuniennes-a-nouveau-en-faillite-56480</link>
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		<dc:creator>Dan La Botz, Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-03-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la Silicon Valley Bank (SVB) en Californie, le 10 mars, ont d&#233;clench&#233; une r&#233;action en cha&#238;ne : les d&#233;posants ont retir&#233; leurs fonds, ce qui a entra&#238;n&#233; la faillite de cette banque et d'autres petites banques ou leur a caus&#233; de graves probl&#232;mes, notamment la Signature Bank &#224; New York et la First Republic Bank &#224; San Francisco. &lt;br class='autobr' /&gt; 23 mars 2023 | tir&#233; de l'Hebdo L'Anticapitaliste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/faillite_des_banques_americaines-67ac8.png?1680000529' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la Silicon Valley Bank (SVB) en Californie, le 10 mars, ont d&#233;clench&#233; une r&#233;action en cha&#238;ne : les d&#233;posants ont retir&#233; leurs fonds, ce qui a entra&#238;n&#233; la faillite de cette banque et d'autres petites banques ou leur a caus&#233; de graves probl&#232;mes, notamment la Signature Bank &#224; New York et la First Republic Bank &#224; San Francisco.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;23 mars 2023 | tir&#233; de l'Hebdo L'Anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/usa-des-banques-etatsuniennes-nouveau-en-faillite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/usa-des-banques-etatsuniennes-nouveau-en-faillite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s boursiers du monde entier ont recul&#233;. La quasi-faillite simultan&#233;e de la probl&#233;matique Cr&#233;dit suisse, une grande banque suisse connue pour ses pratiques ill&#233;gales et douteuses, a pu donner l'impression, pendant un moment, qu'il s'agissait d'une nouvelle crise financi&#232;re mondiale comme celle qui a provoqu&#233; la grande r&#233;cession d&#233;vastatrice de 2008. Mais dans ce cas, ni les d&#233;veloppements ni les causes de la crise ne sont les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise imputable &#224; la Fed&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire de 2008 a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par des financiers qui ont accord&#233; des pr&#234;ts immobiliers risqu&#233;s, les ont regroup&#233;s et n&#233;goci&#233;s et se sont livr&#233;s &#224; diverses autres pratiques hasardeuses. Les banquiers avaient construit un ch&#226;teau de cartes qui s'est effondr&#233; lorsque les prix de l'immobilier ont baiss&#233; &#224; la fin de 2007. Cette fois, cependant, la crise n'est pas directement imputable aux banquiers, mais &#224; la Federal Reserve Bank (la Fed), la Banque centrale am&#233;ricaine, qui a relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t &#8212; actuellement &#224; 4,5 % &#8212; &#224; huit reprises cette ann&#233;e. Par cons&#233;quent, les anciennes obligations du Tr&#233;sor am&#233;ricain &#224; taux faible et les autres obligations &#224; long terme, dans lesquelles SVB avait investi plus de 90 milliards de dollars, ont perdu de leur valeur &#224; mesure que de nouvelles obligations &#224; taux plus &#233;lev&#233; sont apparues sur le march&#233;. SVB &#233;tait particuli&#232;rement li&#233;e aux entreprises technologiques, qui par ailleurs enregistrent actuellement un ralentissement de leurs activit&#233;s ; lorsque celles-ci ont commenc&#233; &#224; paniquer et retir&#233; leurs fonds, la banque est devenue insolvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Fed a-t-elle relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t ? Elle a fait valoir que ce rel&#232;vement permettrait de lutter contre l'inflation. Celle-ci serait caus&#233;e en grande partie par les milliards d&#233;pens&#233;s par le gouvernement pour faire face &#224; la pand&#233;mie ainsi que par la vaste expansion de l'embauche &#224; la fin de la pand&#233;mie. Cette r&#233;cente expansion &#233;conomique a profit&#233; d'abord aux actionnaires des banques et grandes entreprises mais aussi aux travailleurEs pauvres, aux travailleurEs &#224; bas salaires qui ont eu plus de facilit&#233; &#224; obtenir et &#224; conserver un emploi et qui, dans un march&#233; du travail tendu, ont re&#231;u des salaires plus &#233;lev&#233;s. Elle a &#233;galement profit&#233; aux d&#233;biteurs, qui ont pu rembourser leurs emprunts avec de l'argent de moindre valeur. Toutefois, &#224; terme, l'inflation peut avoir des effets n&#233;gatifs. La Fed a donc relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t afin de ralentir l'expansion, d'augmenter le ch&#244;mage, de freiner les gains salariaux et d'avantager les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Irrationalit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Federal Deposit Insurance Corporation, cr&#233;&#233;e apr&#232;s le krach de 1929, assure tous les d&#233;posants dont les comptes ne d&#233;passent pas 250 000 dollars, mais de nombreuses entreprises technologiques poss&#233;daient des millions de dollars dans la SVB. Le pr&#233;sident Biden, la secr&#233;taire au Tr&#233;sor Janet Yellen, la Fed et la Federal Insurance Deposit Corporation ont donc annonc&#233; que, dans le cas de la SVB, tous les d&#233;p&#244;ts seraient assur&#233;s afin de prot&#233;ger les nombreuses entreprises de haute technologie qui ont investi dans la SVB et les quelque 100 000 emplois qu'elles fournissent. M. Biden a &#233;galement demand&#233; des comptes et promis que le gouvernement ne sauverait pas les dirigeants et les actionnaires des banques. Cependant, personne ne sera vraisemblablement tenu de rendre des comptes. En 2008, alors que 46 banquiers ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s dans d'autres pays (Islande, 25 ; Espagne, 11 ; Irlande, 7 ; Chypre, 1 ; Allemagne, 1 ; et Italie, 1), aux &#201;tats-Unis, un seul banquier a &#233;t&#233; condamn&#233; et il travaillait pour une banque &#233;trang&#232;re, le Cr&#233;dit suisse. Aucun banquier am&#233;ricain n'a &#233;t&#233; emprisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables de la crise sont &#224; chercher du c&#244;t&#233; du syst&#232;me de la Federal Reserve Bank et de ses dirigeants qui devraient r&#233;guler les banques comme la SVB. L'ancien pr&#233;sident Donald Trump a &#233;galement sa part de responsabilit&#233; dans cet &#233;chec. Apr&#232;s la crise de 2008, le Congr&#232;s avait adopt&#233; la loi Dodd-Frank afin de mieux r&#233;glementer les banques. Les banquiers, y compris ceux de la SVB, ont fait pression pour affaiblir la loi, et Trump s'y est conform&#233;. Les banquiers ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; s'autor&#233;guler davantage, ce qu'ils n'ont pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire de 2008 et la crise actuelle r&#233;v&#232;lent l'irrationalit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique capitaliste fond&#233; sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de la finance. Les actionnaires et les dirigeants des banques, pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; de r&#233;aliser des profits sup&#233;rieurs &#224; ceux de leurs concurrents, ne se contentent pas de rivaliser, ils trichent, et tant leur concurrence que leurs malversations entra&#238;nent le syst&#232;me dans une crise dont nous payons toujours le prix. Ce qui est rarement le cas pour eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>USA : &#224; l'approche des &#233;lections de mi-mandat, les questions &#233;conomiques sont essentielles</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/USA-a-l-approche-des-elections-de-mi-mandat-les-questions-economiques-sont-54787</link>
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		<dc:date>2022-11-08T11:38:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dan La Botz, Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections de mi-mandat, qui d&#233;cideront de qui contr&#244;lera le Congr&#232;s, auront lieu le 8 novembre, et de nombreux &#233;lecteurs ont d&#233;j&#224; vot&#233; par anticipation ou par correspondance. Selon les derni&#232;res enqu&#234;tes, les questions &#233;conomiques sont essentielles dans les choix des &#233;lectrices et &#233;lecteurs ind&#233;cis. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 634 (27/10/2022) https://lanticapitaliste.org/actualite/international/usa-lapproche-des-elections-de-mi-mandat-les-questions-economiques-sont &lt;br class='autobr' /&gt;
Les D&#233;mocrates (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton54787-fead5.png?1678984508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections de mi-mandat, qui d&#233;cideront de qui contr&#244;lera le Congr&#232;s, auront lieu le 8 novembre, et de nombreux &#233;lecteurs ont d&#233;j&#224; vot&#233; par anticipation ou par correspondance. Selon les derni&#232;res enqu&#234;tes, les questions &#233;conomiques sont essentielles dans les choix des &#233;lectrices et &#233;lecteurs ind&#233;cis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 634 (27/10/2022)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/usa-lapproche-des-elections-de-mi-mandat-les-questions-economiques-sont&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/usa-lapproche-des-elections-de-mi-mandat-les-questions-economiques-sont&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;mocrates font valoir que l'administration du pr&#233;sident Joe Biden a adopt&#233; des projets de loi et d&#233;pens&#233; des milliards pour all&#233;ger la dette des &#233;tudiantEs, prot&#233;ger le climat et am&#233;liorer les transports, les services publics et soutenir l'industrie et la construction. Les R&#233;publicains d&#233;pensent des millions en publicit&#233;, accusant Biden d'&#234;tre responsable de la hausse des prix et de la criminalit&#233;. Et jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils gagnent du terrain. Selon le dernier sondage New York Times/Siena College, 49 % des &#233;lecteurEs pr&#233;voient de voter r&#233;publicain et 45 % d&#233;mocrate ; les R&#233;publicains gagnant du terrain chez les femmes et les Latinos. Le principal probl&#232;me des D&#233;mocrates est l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soutien aux syndicats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; certains &#233;gards, m&#234;me si les principaux gagnants sont les milliardaires, l'&#233;conomie &#233;tatsunienne est pour l'instant forte, avec un taux de ch&#244;mage de 3,5 % proche de son plus bas niveau historique et des employeurs qui continuent &#224; embaucher. Bien qu'il soit &#233;galement vrai que plusieurs millions de travailleurEs, principalement des hommes, n'ont pas r&#233;int&#233;gr&#233; la population active depuis le d&#233;clin du covid. Si l'emploi est fort, le taux d'inflation de 8,2 % mine le pouvoir d'achat des travailleurEs. La hausse des prix des denr&#233;es alimentaires, du carburant et du logement affecte &#224; la fois les classes moyennes et les classes populaires. En r&#233;action, les travailleurEs s'organisent plus dans certains secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le dernier sondage Gallup, 68 % de la population approuve aujourd'hui les syndicats, le chiffre le plus &#233;lev&#233; depuis 1965, ce qui donne aux syndicats un nouvel &#233;lan. Les syndicats ont r&#233;cemment remport&#233; plus d'&#233;lections de repr&#233;sentation qu'&#224; aucun autre moment au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, amenant plus de 40 000 travailleurEs &#224; se syndiquer, bien qu'en 2021 le nombre total de syndiqu&#233;Es ait continu&#233; &#224; baisser. Les deux campagnes de syndicalisation les plus visibles &#8212; Starbucks et Amazon &#8212; se poursuivent. Plus de 6 500 travailleurEs de 250 magasins Starbucks appartenant &#224; l'entreprise ont vot&#233; en faveur de la syndicalisation, un r&#233;sultat impressionnant, bien qu'il y ait au total 15 444 magasins Starbucks avec environ 350 000 travailleurEs. La campagne d'Amazon a toutefois subi une d&#233;faite cuisante ce mois-ci dans un &#233;tablissement d'Albany, dans l'&#201;tat de New York, qui emploie 950 travailleurEs, par 406 voix contre 206.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;veloppement des gr&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La syndicalisation s'est accompagn&#233;e d'une recrudescence des gr&#232;ves parmi les travailleurEs de la restauration rapide, les employ&#233;Es de Starbucks, les infirmi&#232;res et autres travailleurEs de la sant&#233;, les enseignantEs, les assistantEs d'enseignement universitaire et bien d'autres. Parmi les employ&#233;Es de bureau des secteurs priv&#233; et public, s'il n'y a pas beaucoup de gr&#232;ves, on assiste &#224; des conflits entre patrons et travailleurEs autour du retour au travail dans les bureaux. Apr&#232;s plus de deux ans de travail &#224; domicile via Zoom, de nombreux et nombreuses travailleurEs r&#233;sistent au retour sur le lieu de travail, exigeant des arrangements hybrides &#8212; quelques jours au bureau et quelques jours &#224; la maison chaque semaine &#8212; ou simplement le travail &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le covid a eu des effets durables sur la classe ouvri&#232;re. Seize millions de personnes en &#226;ge de travailler aux &#201;tats-Unis souffrent de covid long, et entre deux et quatre millions d'entre elles sont au ch&#244;mage. &#192; l'&#233;chelle nationale, les cas de covid n'augmentent pas pour le moment, bien que 350 personnes meurent encore chaque jour, mais les responsables de la sant&#233; publique s'inqui&#232;tent du fait que seuls 14,8 millions de personnes ont re&#231;u le dernier rappel, ce qui laisse les autres vuln&#233;rables. Par ailleurs, de nouveaux variants suscitent des inqui&#233;tudes quant &#224; une &#233;ventuelle pouss&#233;e du covid cet hiver. De nombreux programmes f&#233;d&#233;raux d'aide aux personnes atteintes du covid ont pris fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le pays s'est remis des derni&#232;res vagues de covid, les mouvements sociaux n'ont pas &#233;t&#233; tr&#232;s actifs, &#224; l'exception du mouvement des femmes. Ainsi, au cours du printemps et de l'&#233;t&#233; derniers, les mouvements tant noirs que latinos n'ont pas &#233;t&#233; tr&#232;s actifs, en raison peut-&#234;tre de la d&#233;t&#233;rioration de la situation des personnes aux revenus les plus faibles. La d&#233;cision de la Cour supr&#234;me dans l'affaire Dobbs, qui a annul&#233; l'arr&#234;t Roe et mis fin au droit &#224; l'avortement prot&#233;g&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, a entra&#238;n&#233; une nouvelle g&#233;n&#233;ration de femmes dans l'activisme pour prot&#233;ger les droits reproductifs. Une grande partie de cette &#233;nergie a &#233;t&#233; dirig&#233;e vers les &#233;lections de mi-mandat au Congr&#232;s pour emp&#234;cher le Parti r&#233;publicain d'interdire l'avortement dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la recrudescence du militantisme syndical et le nouveau combat pour l'avortement ne sont pas encore assez importants pour influer vraiment sur la sc&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction Henri Wilno&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise qui continue &#8212; Tous les ingr&#233;dients d'un fort ralentissement de l'&#233;conomie mondiale sont r&#233;unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-crise-qui-continue-Tous-les-ingredients-d-un-fort-ralentissement-de-l</link>
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		<dc:date>2022-11-01T11:03:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il apparait &#233;vident que l'&#233;conomie mondiale traverse une phase particuli&#232;re, successivement marqu&#233;e par une pand&#233;mie puis une guerre. Tandis qu'&#224; un arri&#232;re-plan de plus imm&#233;diat s'impose la crise &#233;cologique. Peu &#224; peu s'&#233;vanouit l'assurance des dirigeants qui pariaient sur un &#171; rebond &#187; &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt; 27 octobre 2022 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64498 &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, l'agression contre l'Ukraine et ses cons&#233;quences ont accru les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton54658-0ba3a.png?1674677883' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il apparait &#233;vident que l'&#233;conomie mondiale traverse une phase particuli&#232;re, successivement marqu&#233;e par une pand&#233;mie puis une guerre. Tandis qu'&#224; un arri&#232;re-plan de plus imm&#233;diat s'impose la crise &#233;cologique. Peu &#224; peu s'&#233;vanouit l'assurance des dirigeants qui pariaient sur un &#171; rebond &#187; &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;27 octobre 2022 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64498&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64498&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'agression contre l'Ukraine et ses cons&#233;quences ont accru les tensions &#233;conomiques pr&#233;existantes. Tout d'abord, les pressions inflationnistes : p&#233;trole, gaz, c&#233;r&#233;ales, etc. Dans la foul&#233;e, les prix &#224; la consommation qui augmentaient d&#233;j&#224; ont commenc&#233; &#224; franchement d&#233;raper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La r&#233;cession qui guette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les tendances r&#233;cessives : depuis le d&#233;but de 2022 le FMI ne cesse de r&#233;viser &#224; la baisse ses pr&#233;visions de croissance. Au fil des pr&#233;visions, l'inflation est plus &#233;lev&#233;e et la croissance plus faible. Selon les pr&#233;visions les plus r&#233;centes du mois d'octobre 2022, le PIB mondial devrait &#224; peine progresser de 3,2&#8197;% cette ann&#233;e et de 2,7&#8197;% en 2023. Le ralentissement serait encore plus net en Europe avec en 2023 une quasi-stagnation (+0,6&#8197;%). La r&#233;cession n'est pas le sc&#233;nario privil&#233;gi&#233; par le FMI. Mais son chef &#233;conomiste est quand m&#234;me assez clair : elle n'est pas loin. &#171; Il se peut tr&#232;s bien que nous soyons &#224; la veille d'une r&#233;cession mondiale &#187;, a-t-il pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de l'Europe est la plus fragile du fait des menaces pesant sur l'approvisionnement en gaz. La situation des &#201;tats-Unis (qui cherchent &#224; tirer un parti maximum de la guerre en Ukraine tant sur le plan militaire qu'&#233;conomique) est incertaine, mais certains signes sont n&#233;gatifs : la croissance a &#233;t&#233; n&#233;gative lors des deux premiers trimestres 2022. Plusieurs secteurs ont annonc&#233; des licenciements, y compris dans la tech : Tesla a ainsi annonc&#233; qu'il allait se s&#233;parer de 10&#8197;% de ses salari&#233;Es dans les trois prochains mois, tout en augmentant le nombre d'int&#233;rimaires. Mark Zuckerberg, patron de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), a annonc&#233; en septembre des &#173;licenciements et l'arr&#234;t des embauches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les pays du Sud (au moins les non-producteurs d'hydrocarbures) sont les plus touch&#233;s. En seulement trois mois (&#224; partir de mars 2022), environ 71 millions de personnes suppl&#233;mentaires dans le monde ont bascul&#233; dans la pauvret&#233;, selon un rapport r&#233;cent du Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (Pnud). La crise du Covid a augment&#233; les dettes publiques des pays dits &#233;mergents de 52&#8197;% en moyenne entre 2015 et 2019 &#224; 67&#8197;% du PIB en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les banques centrales haussent le ton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Chine, les rebonds de la pand&#233;mie et les strictes mesures de confinements locaux p&#232;sent sur la croissance. Il faut y ajouter la crise de l'immobilier : le g&#233;ant du secteur Evergrande est plomb&#233; par un dette d'environ 300 milliards de dollars. D'autres promoteurs pourraient vaciller. Ils sont de plus en plus nombreux &#224; avoir des difficult&#233;s &#224; terminer leurs chantiers et &#224; remettre, en temps voulu, des logements vendus avant leur construction. En repr&#233;sailles, des propri&#233;taires, exasp&#233;r&#233;s, refusent de payer leurs pr&#234;ts immobiliers, contribuant &#224; aggraver la crise du secteur et mena&#231;ant de l'&#233;tendre aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux tensions inflationnistes, d&#232;s avant l'invasion de l'Ukraine, les banques centrales avaient d&#233;cid&#233; de de sortir des politiques d'&#171; argent facile &#187; et d'augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t pour calmer l'inflation. Pour l'instant, elles se tiennent &#224; cette orientation et, aux &#201;tats-Unis comme en Europe, elles augmentent leurs taux (la Chine fait exception). Mais cela ne peut que renforcer les tendances r&#233;cessives et accroitre les difficult&#233;s des pays du Sud que les capitaux vont quitter pour les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la zone Euro s'ajoute un embarras suppl&#233;mentaire : le risque que s'accroissent &#224; nouveau les &#233;carts entre les taux que les march&#233;s exigent pour souscrire aux emprunts des diff&#233;rents pays. La Gr&#232;ce et l'Italie seraient les premiers pays fragilis&#233;s par une augmentation de l'&#233;cart de taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme (le &#171; spread &#187;) avec l'Allemagne, consid&#233;r&#233;e comme le pays le plus solide. La BCE a donc annonc&#233;, en plus des hausse des taux, la mise au point d'un instrument (achat de titres) visant &#224; limiter les &#233;carts &#171; injustifi&#233;s &#187; des taux d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ingr&#233;dients d'un fort ralentissement de l'&#233;conomie mondiale sont r&#233;unis : durcissement des banques centrales, fragilit&#233; de la sph&#232;re financi&#232;re (certains fonds de pension britanniques sont d&#233;j&#224; en difficult&#233;), poids des dettes publiques, hausse des taux des pr&#234;ts immobiliers, d&#233;sordres dans l'approvisionnement, &#173;&#233;conomies vacillantes et climat &#173;g&#233;n&#233;ral d'incertitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il est de plus en plus clair qu'il ne suffit pas de s'en tenir &#224; une d&#233;nonciation du n&#233;olib&#233;ralisme : la crise qui perdure ne tient pas &#224; un mode de gestion &#233;conomique mais bien &#224; la logique absurde et mortif&#232;re du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Wilno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Hebdo L'Anticapitaliste - 634 (27/10/2022). Publi&#233; le Jeudi 27 octobre 2022 &#224; 12h00 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/economie/la-crise-qui-continue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/actualite/economie/la-crise-qui-continue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le grand d&#233;sordre du monde capitaliste</title>
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		<dc:subject>Edition du 2022-08-23</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'inflation ronge les ressources des pauvres et des salari&#233;&#183;es. Le FMI pr&#233;vient les gouvernements qu'elle pourrait &#171; enflammer les tensions sociales &#187; mais ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir n'ont d'autre politique que de servir le capital et, pour les grandes puissances, de tirer le meilleur parti du d&#233;sordre mondial. &lt;br class='autobr' /&gt; 20 ao&#251;t 2022 | tir&#233; de contretemps.eu &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la crise de 2008-2009, les banques centrales, au nom de la lutte contre un risque suppos&#233; de d&#233;flation (baisse des prix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton53685-55910.png?1678984508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'inflation ronge les ressources des pauvres et des salari&#233;&#183;es. Le FMI pr&#233;vient les gouvernements qu'elle pourrait &#171; enflammer les tensions sociales &#187; mais ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir n'ont d'autre politique que de servir le capital et, pour les grandes puissances, de tirer le meilleur parti du d&#233;sordre mondial.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 ao&#251;t 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/desordre-capitalisme-crise-economie-inflation/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contretemps.eu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de 2008-2009, les banques centrales, au nom de la lutte contre un risque suppos&#233; de d&#233;flation (baisse des prix alimentant une spirale r&#233;cessive de l'&#233;conomie) ont combattu les tendances r&#233;cessives de l'&#233;conomie par des taux d'int&#233;r&#234;t bas et des rachats massifs de titres apportant ainsi une aide d&#233;cisive aux banques tandis que les profits des entreprises se redressaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les &#233;conomistes d&#233;couvraient un peu effar&#233;s que les nouvelles technologies de l'information persistaient &#224; ne pas g&#233;n&#233;rer d'acc&#233;l&#233;ration des gains de productivit&#233; ; le paradoxe de Solow &#233;nonc&#233; en 1987 (&#171; On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivit&#233; &#187;) n'&#233;tait pas d&#233;menti et une nouvelle expression apparaissait pour caract&#233;riser la situation : la &#171; stagnation s&#233;culaire &#187;. Dans le m&#234;me temps, le renforcement de l'&#233;conomie chinoise et la volont&#233; am&#233;ricaine de conserver sa pr&#233;dominance sur le reste du monde faisaient na&#238;tre de nouvelles tensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite vint le coronavirus qui mis quelque temps en panne certains secteurs &#233;conomiques et, surtout, d&#233;sorganisa les &#233;changes internationaux. Les largesses mon&#233;taires persist&#232;rent tandis que les &#201;tats distribuaient des centaines de milliards d'aides et de cr&#233;dits aux entreprises mettant en quelque sorte le capitalisme sous perfusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'acc&#233;l&#233;ration des difficult&#233;s &#233;conomiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2021, les dirigeants politiques et &#233;conomiques nageaient presque dans le bonheur : la pand&#233;mie semblait en voie de r&#233;sorption et les principales &#233;conomies paraissaient en passe de rattraper les pertes de croissance qu'elle avait provoqu&#233;es tandis que les grandes entreprises affichaient des r&#233;sultats records. Certes, il y avait quelques &#233;l&#233;ments d'incertitude : la hausse des prix entretenue par la sp&#233;culation sur les produits primaires (&#233;nergie, mati&#232;res premi&#232;res, c&#233;r&#233;ales&#8230;) et les difficult&#233;s de certains secteurs &#224; s'approvisionner en composants n&#233;cessaires &#224; la production. Tout cela &#233;tait consid&#233;r&#233; comme transitoire et largement attribu&#233; &#224; la rapidit&#233; de la reprise de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il s'av&#232;re maintenant que les probl&#232;mes n'ont fait que s'approfondir. L'invasion russe de l'Ukraine s'y est surajout&#233;e mais est loin d'&#234;tre le seul facteur explicatif de la situation. En avril dernier, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) sonnait l'alarme en annon&#231;ant un &#171; cocktail explosif &#187; m&#233;langeant faible croissance et inflation ce qui ressuscite le terme &#171; stagflation &#187; utilis&#233; pour caract&#233;riser la situation des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI a alors ramen&#233; &#224; 3,6 % la hausse du produit int&#233;rieur brut (PIB) mondial cette ann&#233;e (contre 4,4 % lors de ses pr&#233;visions du d&#233;but d'ann&#233;e et 4,9 % &#224; l'automne dernier). Mais depuis, la situation s'est d&#233;grad&#233;e : &#224; la mi-juillet le Fonds vient d'annoncer qu'il allait r&#233;viser cette pr&#233;vision, &#224; la baisse pour la croissance et &#224; la hausse pour l'inflation. Il en est de m&#234;me dans l'Union europ&#233;enne o&#249; la Commission de Bruxelles ne pr&#233;voit plus d&#233;sormais qu'une croissance de 2,7 % en 2022 et de seulement 1,5 % de croissance, contre 2,3 % anticip&#233;s en mai &#8211; et d&#233;j&#224;, alors, revue &#224; la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies de l'Ukraine (dont la production plongerait d'au moins 35 % et o&#249; la pauvret&#233; explose) et, dans une nettement moindre mesure de la Russie (en raison des sanctions), vont le plus souffrir de la guerre mais, en fait des r&#233;percussions vont, &#224; des degr&#233;s divers, se faire sentir sur l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale et d'abord sur de nombreux pays pauvres. Quant &#224; la Chine, ce sont le rebond de la pand&#233;mie et les strictes mesures de confinements locaux qui p&#232;sent sur la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des &#201;tats-Unis (qui cherchent &#224; tirer un parti maximum de la guerre en Ukraine tant sur le plan militaire qu'&#233;conomique) est incertaine mais certains signes sont n&#233;gatifs. Plusieurs secteurs ont ainsi annonc&#233; des licenciements ces derni&#232;res semaines y compris dans la tech : Tesla va ainsi se s&#233;parer de 10 % de ses salari&#233;Es dans les trois prochains mois, tout en augmentant le nombre d'int&#233;rimaires. Plusieurs analystes annoncent une r&#233;cession aux USA pour cette ann&#233;e ou l'ann&#233;e prochaine. Cependant les risques de r&#233;cession sont jug&#233;s plus &#233;lev&#233;s en Europe du fait des menaces pesant sur l'approvisionnement en gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bascule dans la crise et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques centrales sont donc prises dans une contradiction : elles ont d&#233;cid&#233; de sortir des politiques d'&#171; argent facile &#187; (pour les banques) et d'augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t pour calmer l'inflation. Pour l'instant, elles se tiennent &#224; cette orientation, tant aux &#201;tats-Unis qu'en Europe. Mais cela ne peut que renforcer les tendances r&#233;cessives et accro&#238;tre les difficult&#233;s des pays pauvres que les capitaux vont quitter pour les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la zone euro s'ajoute un embarras suppl&#233;mentaire : le risque que s'accroissent &#224; nouveau les &#233;carts entre les taux que les march&#233;s exigent pour souscrire aux emprunts des diff&#233;rents pays. La Gr&#232;ce et l'Italie seraient les premiers pays fragilis&#233;s par une augmentation de l'&#233;cart de taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme avec l'Allemagne, consid&#233;r&#233;e comme le pays le plus solide. Cette situation est un des facteurs de la baisse actuelle de l'euro face au dollar qui, &#224; la fois, augmente le prix des produits import&#233;s (et donc alimente l'inflation) et favorise les exportations dans la zone euro (leur prix en dollars baisse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande incertitude r&#232;gne donc, elle se r&#233;percute sur des march&#233;s financiers qui font du yo-yo au jour le jour mais surtout, le d&#233;sordre capitaliste risque, outre la guerre, de pr&#233;cipiter le monde dans une nouvelle crise &#233;conomique qui, comme d'habitude, p&#232;sera avant tout sur &#171; ceux d'en bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En seulement trois mois, quelque 71 millions de personnes suppl&#233;mentaires dans le monde ont bascul&#233; dans la pauvret&#233;, selon un rapport r&#233;cent du Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (Pnud). Les perturbations &#233;conomiques renforc&#233;es par la guerre en Ukraine ont pour cons&#233;quence une nouvelle augmentation des prix de l'&#233;nergie et des denr&#233;es alimentaires, d&#233;j&#224; en hausse apr&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e de la pand&#233;mie. Sur les douze derniers mois, le prix du bl&#233; a grimp&#233; de 64 %. La crise du Covid a augment&#233; les dettes publiques des pays dits &#233;mergents de 52 % en moyenne entre 2015 et 2019 &#224; 67 % du PIB en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une note remise au G20, le FMI pr&#233;vient que cette inflation pourrait, comme on l'a d&#233;j&#224; cit&#233; ci-dessus, &#171; enflammer les tensions sociales &#187; au sein des pays touch&#233;s. Le Sri Lanka (o&#249; le pr&#233;sident vient d'&#234;tre renvers&#233; par un mouvement populaire) et l'&#201;quateur (qui a connu dix jours d'&#233;meutes, la population exigeant une baisse du prix du carburant) peuvent en &#234;tre des signes annonciateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se d&#233;fendre contre l'inflation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vague d'inflation parcourt l'ensemble du monde capitaliste. Il existe, parmi les &#233;conomistes, diverses explications de l'inflation : par la demande, par les co&#251;ts, etc. Certains mettant en cause l'&#233;mission trop importante de monnaie par la banque centrale ou les banques. Il y aurait certainement une analyse &#224; faire des d&#233;sordres du capitalisme depuis la crise de 2008-2009 auxquels se sont ajout&#233;s ceux caus&#233;s par la pand&#233;mie de coronavirus, la volont&#233; de certains producteurs de p&#233;trole et de gaz de faire monter les cours, la situation de l'&#233;conomie chinoise et l'impact de l'agression russe contre l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela sans parler de la sp&#233;culation sur les march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res qui amplifie l'impact des variations de prix li&#233;es aux variations de la production et aux probl&#232;mes d'approvisionnement. Mais, en d&#233;finitive, pour les patrons d'un c&#244;t&#233; et les salari&#233;s de l'autre, la question est : qui va supporter la hausse des prix, les revenus du capital ou les revenus du travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'INSEE, les prix du mois de juin se sont &#233;tablis &#224; 5,8 % au-dessus du niveau de l'ann&#233;e derni&#232;re. Tous les prix progressent : l'&#233;nergie (+33 %), l'alimentation (+5,7 %, avec de fortes diff&#233;rences selon les produits), les services (3,2 %). Pour les prix alimentaires, pour 21 cat&#233;gories de produits de grande consommation, l'inflation d&#233;passe en juin 10 % par rapport &#224; juin 2021 selon le cabinet IRI qui travaille &#224; partir des ventes des grandes et moyennes surfaces : la d&#233;rive atteint 17 % pour les p&#226;tes alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des salaires, d'apr&#232;s le service statistique du minist&#232;re du Travail, le salaire mensuel de base (SMB) de l'ensemble des salari&#233;s du secteur priv&#233; a progress&#233; de 2,3 % entre le 1er trimestre 2021 et le 1er trimestre 2022, soit moiti&#233; moins que l'inflation : les prix &#224; la consommation ont augment&#233; de 4,6 % entre fin mars 2021 et fin mars 2022. Sur un an, le pouvoir d'achat du SMB a donc baiss&#233; de 2,3 %. On pourrait faire &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me constat pour les salaires des fonctionnaires (la valeur du point d'indice est gel&#233;e depuis 2017), les retraites, les prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaires ou profits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les profits, les dividendes et les salaires des grands patrons se portent bien. Les soci&#233;t&#233;s du CAC 40 ont r&#233;alis&#233; en 2021 des profits record : elles ont d&#233;gag&#233; un r&#233;sultat net de pr&#232;s de 160 milliards d'euros, soit deux fois plus qu'en 2019, ann&#233;e d'avant la pand&#233;mie. Leur endettement net fin 2021 est &#224; son plus bas niveau depuis 15 ans. Les dividendes ont &#233;galement d&#233;pass&#233; leur niveau record de 2019. &#192; ces versements de dividendes s'ajoutent de nombreux programmes de rachat d'actions (qui repr&#233;sentent &#233;galement des transferts vers les actionnaires), dont pr&#232;s d'un milliard d'euros chez Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, 750 millions d'euros chez Carrefour et 2 milliards de dollars pour TotalEnergies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes dominants parlent de la boucle prix-salaires ; pour eux le risque est que la hausse des prix r&#233;veille le &#171; monstre qui dort &#187; : les revendications salariales. Mais en fait, ce qui est en cause aujourd'hui, c'est (comme l'&#233;crit le journaliste &#233;conomique de Mediapart, Romaric Godin), c'est une boucle profits-salaires : certains co&#251;ts (&#233;nergie, mati&#232;res premi&#232;res, composants) des entreprises s'accroissent et, pour pr&#233;server leurs profits, voire les &#233;lever, les entreprises qui le peuvent augmentent leurs prix. Et refusent d'accorder des augmentations de salaires qui couvriraient au moins l'inflation : elles continuent de jouer l'individualisation, les primes non reconductibles d'une ann&#233;e sur l'autre (et qui n'apportent pas de droits sociaux). Derri&#232;re l'inflation, il y a en fait la vieille lutte des classes men&#233;e par les capitalistes pour exploiter un maximum les salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela le gouvernement Macron-Borne joue son r&#244;le de rebouteux incomp&#233;tent : il triture et caresse un peu l&#224; o&#249; &#231;a fait mal sans rien faire pour am&#233;liorer vraiment la situation de ceux qui souffrent. Le projet de loi &#171; pouvoir d'achat &#187; est surtout une suite d'aum&#244;nes temporaires qui de fait ent&#233;rinent la perte de pouvoir d'achat : face &#224; une hausse des prix de 5,8 %, augmenter de 3,5 % la valeur du point d'indice des fonctionnaires, c'est &#224; ce jour (sans tenir compte de la hausse des prix pr&#233;vue pour le reste de l'ann&#233;e et de la perte de pouvoir d'achat du 1er semestre) presque 2,5 % de recul (ceci sans parler des ann&#233;es ant&#233;rieures), et de 4 % pour les retraites de base, c'est 1,8 %. Pas de coup de pouce au SMIC, bien s&#251;r. Quant aux ch&#244;meurs, &#224; l'UNEDIC patronat et CFDT se sont mis d'accord pour une revalorisation de 2,9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les grands patrons de l'&#233;nergie appellent les particuliers &#224; limiter la consommation, c'est tellement ridicule que le journal &#233;conomique les &#201;chos (pas pr&#233;cis&#233;ment un br&#251;lot gauchiste) publie une enqu&#234;te qui montre que, pour des raisons financi&#232;res, environ un Fran&#231;ais sur deux a d&#233;j&#224; renonc&#233; au cours des derniers mois &#224; des d&#233;placements en voiture ou a d&#251; baisser le chauffage. Pr&#232;s d'un sur trois estime qu'il consomme d&#233;j&#224; le minimum de ce dont il a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut indexer salaires, retraites et allocations sur l'inflation comme c'&#233;tait le cas jusqu'en en 1982 (avant que Mitterrand et la gauche au pouvoir ne commencent &#224; faire une politique favorable aux profits). Il faut augmenter le SMIC et tous les salaires. Si les patrons soutiennent que ce n'est pas possible, il faut qu'ils donnent acc&#232;s &#224; leur comptabilit&#233; et justifient leurs choix, par exemple verser des dividendes au lieu d'augmenter les salaires. Ceux qui produisent doivent contr&#244;ler l'&#233;conomie : c'est le seul moyen d'imposer plus de justice (et aussi de lutter vraiment contre le r&#233;chauffement climatique). Le syst&#232;me capitaliste est &#224; bout de souffle, sa survie co&#251;te de plus en cher &#224; la grande majorit&#233; mais ceux qui en profitent ne l&#226;cheront rien sans rapport de force dans les entreprises et dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; d'abord par L'Anticapitaliste (mensuel) &#8211; ao&#251;t 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : photo Tobias Deml / Wikimedia Commons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe &#8211; L'&#233;chelle mobile des salaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me d'&#233;chelle mobile consiste &#224; indexer (augmenter) salaires, retraites et allocations sociales au m&#234;me rythme que les prix &#224; la consommation. Si les prix augmentent de 3 %, ces revenus doivent augmenter de 3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conditions sont n&#233;cessaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'indice des prix utilis&#233; doit effectivement refl&#233;ter la consommation de la majorit&#233; de la population concern&#233;e et ne pas &#234;tre manipul&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les revalorisations doivent &#234;tre fr&#233;quentes : si elles ne le sont pas, entre deux revalorisations, salaires, pensions et revenus sociaux prennent du retard par rapport aux prix ce qui signifie une perte de pouvoir d'achat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l'&#233;chelle mobile des salaires a exist&#233; pour les salaires du priv&#233; dans les conventions collectives de certaines entreprises ainsi que pour le salaire minimum. En 1982, la gauche au pouvoir a interdit toute r&#233;f&#233;rence aux prix dans les conventions collectives. Le SMIC reste le seul salaire index&#233; sur les prix. Les salaires de base du secteur public d&#233;pendant de la valeur du point arbitrairement fix&#233; par l'&#201;tat (et qui a accumul&#233; un &#233;norme retard par rapport &#224; l'inflation).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie mondiale &#224; nouveau dans le brouillard</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-economie-mondiale-a-nouveau-dans-le-brouillard</link>
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		<dc:date>2022-05-10T11:10:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2021, les dirigeants politiques et &#233;conomiques nageaient presque dans le bonheur : la pand&#233;mie semblait en voie de r&#233;sorption et les principales &#233;conomies semblaient en passe de rattraper les pertes de croissance qu'elle avait provoqu&#233;e tandis que les grandes entreprises affichaient des r&#233;sultats records. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 613 (28/04/2022) &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Henri Wilno &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, il y avait quelques &#233;l&#233;ments d'incertitude : la hausse des prix et les difficult&#233;s de certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton52729-a772c.jpg?1678984508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2021, les dirigeants politiques et &#233;conomiques nageaient presque dans le bonheur : la pand&#233;mie semblait en voie de r&#233;sorption et les principales &#233;conomies semblaient en passe de rattraper les pertes de croissance qu'elle avait provoqu&#233;e tandis que les grandes entreprises affichaient des r&#233;sultats records.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 613 (28/04/2022)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Henri Wilno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y avait quelques &#233;l&#233;ments d'incertitude : la hausse des prix et les difficult&#233;s de certains secteurs &#224; s'approvisionner en composants n&#233;cessaires &#224; la production. Tout cela &#233;tait consid&#233;r&#233; comme transitoire et largement attribu&#233; &#224; la rapidit&#233; de la reprise de l'&#233;conomie. M&#234;me si la production automobile &#233;tait fortement touch&#233;e par les difficult&#233;s d'approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il s'av&#232;re maintenant que les probl&#232;mes n'ont fait que s'approfondir. L'invasion russe de l'Ukraine s'y est surajout&#233;e. Le Fonds mon&#233;taire international (FMI) vient de sonner l'alarme : comme le titre le journal les &#201;chos, il pr&#233;voit un &#171; cocktail explosif &#187; m&#233;langeant faible croissance et inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faible croissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI a ramen&#233; &#224; 3,6 % la hausse du produit int&#233;rieur brut (PIB) mondial cette ann&#233;e (contre 4,4 % lors de ses pr&#233;visions du d&#233;but d'ann&#233;e et 4,9 % &#224; l'automne dernier). Les &#233;conomies de l'Ukraine (dont la production plongerait d'au moins 35 % et o&#249; la pauvret&#233; explose) et, dans une nettement moindre mesure, de la Russie (en raison des sanctions) vont le plus souffrir de la guerre, mais des r&#233;percussions vont, &#224; des degr&#233;s divers, se faire sentir sur l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale et d'abord sur de nombreux pays pauvres. Pour ce qui est de l'Ukraine, il faut noter que les m&#234;mes pays de l'Otan qui, aujourd'hui lui livrent des armes et annoncent des aides financi&#232;res importantes (sous forme essentiellement de pr&#234;ts), refusent d'envisager toute annulation de la dette, ce qui conduira l'Ukraine en 2022 &#224; payer environ 6,2 milliards d'int&#233;r&#234;ts en 2022. Le 8 mars dernier des organisations de gauche ukrainiennes et europ&#233;ennes d&#233;non&#231;aient dans une d&#233;claration commune la &#171; pression n&#233;olib&#233;rale destructrice &#187; que le FMI et autres cr&#233;anciers exercent sur l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisins de la zone du conflit et d&#233;pendants des produits &#233;nerg&#233;tiques russes, les pays de l'Union europ&#233;enne devraient voir leur croissance se ralentir fortement : la hausse du PIB de la zone euro ne sera plus que de 2,8 % en 2022, et non de 3,9 % comme encore attendu en janvier. Le ralentissement est moins sensible aux &#201;tats-Unis. Quant &#224; la Chine, ce sont le rebond de la pand&#233;mie et les strictes mesures de confinements locaux qui p&#232;sent sur la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rapage des prix alimentaires et mis&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croissance plus faible mais prix qui d&#233;rapent : selon le FMI, la hausse des prix va quasiment doubler pour s'&#233;tablir &#224; 5,7 % en moyenne dans les pays riches, apr&#232;s 3,1 % l'an dernier. Si dans ces pays, c'est l'explosion des prix &#233;nerg&#233;tiques qui est la plus visible (mais d'autres prix augmentent aussi), dans les pays pauvres ce sont surtout les prix alimentaires qui inqui&#232;tent. Le FMI projette un taux d'inflation moyen de 8,7 % dans les pays en d&#233;veloppement, apr&#232;s 5,9 % en 2021. Russie et Ukraine sont des gros producteurs et exportateurs de c&#233;r&#233;ales. Une partie de la production de l'Ukraine est impossible &#224; r&#233;colter et les exportations ukrainiennes par les ports de la mer Noire sont bloqu&#233;es : depuis deux mois, une centaine de navires ne peuvent prendre la mer, ils contiendraient 1,2 million de tonnes de c&#233;r&#233;ales et d'ol&#233;agineux. Ce sont surtout les pays africains qui sont d&#233;pendants d'importations de c&#233;r&#233;ales : &#201;gypte, Alg&#233;rie, Afrique de l'Ouest et du Sahel o&#249; l'ins&#233;curit&#233; alimentaire est particuli&#232;rement forte. Dans ces pays, la hausse des prix alimentaires est une catastrophe. Les organisations internationales signalent le risque d'&#171; &#233;meutes de la faim &#187;. D'autant que la charge de la dette ext&#233;rieure est de plus en plus insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une anarchie capitaliste grandissante&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle risque d'&#234;tre accrue par la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t. En effet, les banques centrales des pays riches (R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, Banque centrale europ&#233;enne, etc.) se sont engag&#233;es dans une r&#233;duction de leur politique de soutien des march&#233;s financiers et de hausse progressive de leurs taux d'int&#233;r&#234;t et pr&#233;voient de poursuivre dans cette direction. L'objectif affirm&#233; est de r&#233;duire l'inflation mais, ce faisant, les banques centrales risquent d'asphyxier un peu plus la croissance et de provoquer des remous sur les march&#233;s financiers, dop&#233;s depuis des ann&#233;es par des politiques de taux tr&#232;s faibles. Il est encore trop t&#244;t pour voir si les sanctions &#233;conomiques auront un impact durable sur la mondialisation (qui r&#233;pond &#224; une logique profonde du capitalisme) mais le FMI s'alarme aussi d'un risque de fragmentation de l'&#233;conomie mondiale en blocs g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie internationale est donc dans le brouillard, si les pr&#233;visions restent tr&#232;s incertaines deux choses sont claires. En premier lieu, les classes dominantes partout dans le monde vont reporter la charge sur les classes populaires sous forme de pertes de pouvoir d'achat et d'&#233;conomies sur les prestations sociales et les services publics. Ensuite, au-del&#224; de la guerre en Ukraine, ce qui est en cause c'est l'anarchie grandissante de l'&#233;conomie capitaliste mondiale dont l'affrontement entre puissances n'est qu'un aspect.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Banque mondiale : une histoire critique, d'&#201;ric Toussaint</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Banque-mondiale-une-histoire-critique-d-Eric-Toussaint</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Banque-mondiale-une-histoire-critique-d-Eric-Toussaint</guid>
		<dc:date>2022-05-05T00:46:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le livre d'&#201;ric Toussaint constitue une analyse fortement &#233;tay&#233;e et d&#233;taill&#233;e de l'histoire de la Banque mondiale et de son action. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Gauche anticapitaliste 5 mai 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Henri Wilno &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur rappelle le contexte dans lequel ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es la Banque et son &#171; jumeau &#187;, le FMI : les &#201;tats-Unis sont sortis consid&#233;rablement renforc&#233;s de la guerre, politiquement et &#233;conomiquement mais leur industrie a besoin de d&#233;bouch&#233;s et les dirigeants am&#233;ricains veulent &#233;viter que l'&#233;conomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-05-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH120/arton52668-98103.jpg?1678984509' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le livre d'&#201;ric Toussaint constitue une analyse fortement &#233;tay&#233;e et d&#233;taill&#233;e de l'histoire de la Banque mondiale et de son action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Gauche anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
5 mai 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Henri Wilno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur rappelle le contexte dans lequel ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es la Banque et son &#171; jumeau &#187;, le FMI : les &#201;tats-Unis sont sortis consid&#233;rablement renforc&#233;s de la guerre, politiquement et &#233;conomiquement mais leur industrie a besoin de d&#233;bouch&#233;s et les dirigeants am&#233;ricains veulent &#233;viter que l'&#233;conomie mondiale ne plonge dans une d&#233;pression comme celle des ann&#233;es 30 (ce qui pourrait &#233;branler le nouvel ordre mondial que l'imp&#233;rialisme veut &#233;riger face &#224; l'URSS). Pour cela, il faut fournir aux autres pays les moyens d'acheter des produits am&#233;ricains en leur pr&#234;tant les fonds n&#233;cessaires. Ce sera le r&#244;le, outre de cr&#233;dits directement consentis par les &#201;tats-Unis, de la nouvelle Banque internationale pour la reconstruction et le d&#233;veloppement (d&#233;nomination officielle de la Banque mondiale) cr&#233;&#233;e en d&#233;cembre 1945. Le FMI, pour sa part, ayant pour mission la stabilisation des taux de change. Contrairement &#224; ce qui est le cas pour l'ONU, les droits de vote &#224; la Banque mondiale et au FMI ne sont pas &#233;galement r&#233;partis mais assurent l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine : en 1947, &#224; eux seuls, les &#201;tats-Unis ont 34,23&#8197;% des voix &#224; la Banque mondiale ; aujourd'hui, leurs droits ont &#233;t&#233; r&#233;duits &#224; 15,44&#8197;% ce qui leur donne encore une possibilit&#233; de veto (car la majorit&#233; n&#233;cessaire pour diverses d&#233;cisions est de 85&#8197;%). Par ailleurs, il est convenu que le pr&#233;sident de la Banque soit toujours un Am&#233;ricain. &#192; travers plusieurs exemples, &#201;ric Toussaint montre comment les d&#233;cisions de pr&#234;ts de la Banque mondiale sont largement d&#233;termin&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain qui utilise en fait la Banque pour soutenir ceux qu'ils consid&#232;rent comme &#233;tant de bons partenaires des USA (l'Indon&#233;sie, le Za&#239;re de Mobutu) ou pour punir les &#171; mauvais &#187; (cf. l'&#201;gypte de Nasser ou le Chili de l'Unit&#233; populaire). Ceci bien que la charte de la Banque lui interdise de prendre en compte des consid&#233;rations &#171; non &#233;conomiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, l'action de la Banque (qui se finance en empruntant sur les march&#233;s financiers ou aupr&#232;s des banques) &#233;tait essentiellement tourn&#233;e vers la reconstruction de l'Europe ravag&#233;e par la guerre, centre des pr&#233;occupations am&#233;ricaines (les &#201;tats-Unis lan&#231;ant par ailleurs le plan Marshall). C'est la r&#233;volution chinoise en 1949 qui am&#232;nera les &#201;tats-Unis et donc la Banque &#224; se pr&#233;occuper des pays &#171; en d&#233;veloppement &#187; (PED). Les &#201;tats-Unis accordent alors une aide massive sous forme de dons &#224; deux pays consid&#233;r&#233;s comme strat&#233;giques : la Cor&#233;e du Sud et Taiwan qui s'industrialisent, pour une large part gr&#226;ce &#224; une intervention massive de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce seront d'une certaine fa&#231;on des exceptions : les pr&#234;ts accord&#233;s par la Banque aux PED ont eu pour objectif fondamental le renforcement de leur capacit&#233; &#224; exporter mati&#232;res premi&#232;res, combustibles et produits tropicaux. Par ailleurs, l'essentiel de l'argent pr&#234;t&#233; repart vers les pays industrialis&#233;s en achat de biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;conomique que la Banque mondiale promeut aupr&#232;s des &#171; pays en d&#233;veloppement &#187; depuis les ann&#233;es 60 met l'accent sur la n&#233;cessit&#233; pour eux de recevoir des capitaux &#233;trangers ce qui correspond &#224; l'objectif essentiel de la Banque et des &#201;tats-Unis : les confiner &#224; un mode de d&#233;veloppement conforme aux normes capitalistes. Et les enferme &#224; la longue dans un &#171; pi&#232;ge de l'endettement &#187; tr&#232;s rentable pour les cr&#233;anciers mais facteur d'instabilit&#233; pour le syst&#232;me financier international : les grands pays endett&#233;s passent par des crises financi&#232;res (notamment le Mexique et l'Argentine) et connaissent des &#233;branlements majeurs tandis que les annulations partielles de dettes consenties &#224; certains des pays les plus pauvres n'apportent aucune solution durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but des ann&#233;es 2000 voit &#233;merger une s&#233;rie des d&#233;bats attis&#233;s par des mouvements populaires dans les pays en d&#233;veloppement contre les &#171; plans d'ajustement structurel &#187; et leurs cons&#233;quences pour les couches populaires. Il en r&#233;sulte un ravalement de fa&#231;ade du discours de la Banque qui insiste d&#233;sormais sur la r&#233;duction de la pauvret&#233;. &#201;ric Toussaint insiste sur le fait que les principes ultralib&#233;raux continuent en fait de gouverner la politique de la Banque. Plus r&#233;cemment, tout en pr&#233;tendant contribuer &#224; la lutte contre le changement climatique, la Banque continue de subventionner des projets de d&#233;veloppement d'&#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, &#201;ric Toussaint plaide, outre l'abolition des &#171; dettes odieuses &#187;, pour une nouvelle architecture internationale, d&#233;mocratique et favorable &#224; un d&#233;veloppement socialement juste et respectueux de la nature mais cela ne se fera pas sans que des luttes majeures mettent fin &#224; l'ordre &#233;conomique mondial actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Syllepse, 536 pages, 25 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseignant et &#233;conomiste, &#201;ric Toussaint est connu pour son action militante au sein du CADTM &#8211; Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les exigences de nouvelles coupes dans les d&#233;penses publiques et sociales vont &#234;tre tr&#232;s fortes &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-exigences-de-nouvelles-coupes-dans-les-depenses-publiques-et-sociales-vont-49678</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-exigences-de-nouvelles-coupes-dans-les-depenses-publiques-et-sociales-vont-49678</guid>
		<dc:date>2021-09-28T12:37:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint, Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien. &#201;ric Toussaint est porte-parole du CADTM international (Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes) et membre du Conseil scientifique d'ATTAC France. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 576 (08/07/2021) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les marxistes ont souvent h&#233;sit&#233; lors du d&#233;but de la crise &#233;conomique actuelle : crise capitaliste classique dont les prodromes &#233;taient d&#233;j&#224; &#233;vidents ou bien crise sp&#233;cifique r&#233;sultant de la pand&#233;mie ? &#192; la lumi&#232;re des &#233;v&#232;nements, qu'en penses-tu aujourd'hui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton49678-9ece6.png?1678984509' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien. &#201;ric Toussaint est porte-parole du CADTM international (Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes) et membre du Conseil scientifique d'ATTAC France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 576 (08/07/2021)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les marxistes ont souvent h&#233;sit&#233; lors du d&#233;but de la crise &#233;conomique actuelle : crise capitaliste classique dont les prodromes &#233;taient d&#233;j&#224; &#233;vidents ou bien crise sp&#233;cifique r&#233;sultant de la pand&#233;mie ? &#192; la lumi&#232;re des &#233;v&#232;nements, qu'en penses-tu aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est claire et simple : les deux explications ne sont pas contradictoires, leur combinaison permet de comprendre ce qui se d&#233;roule sous nos yeux. Avant la pand&#233;mie de covid, une crise capitaliste classique avait d&#233;marr&#233; : en 2019, r&#233;duction importante de la production industrielle en Allemagne et dans plusieurs secteurs de l'industrie des &#201;tats-Unis et ralentissement &#233;conomique en Chine en 2019, d&#233;but de crise financi&#232;re aux &#201;tats-Unis &#224; partir de septembre 2019, productivit&#233; en baisse dans les principales &#233;conomies, stagnation ou baisse du taux de profit&#8230; Cette crise classique en cours d'aggravation a &#233;t&#233; suivie &#224; partir de d&#233;cembre 2019 en Chine, puis de mars 2020 en Europe occidentale et en Am&#233;rique du Nord, puis dans le reste du monde, d'une &#233;norme crise sanitaire provoquant un arr&#234;t des cha&#238;nes de production, d'approvisionnement et de distribution. Les &#233;conomistes qui nient la sp&#233;cificit&#233; des effets de la pand&#233;mie sur l'&#233;conomie se trompent, tout comme se trompent ceux et celles qui affirment que la crise est due &#224; un choc externe, c'est-&#224;-dire aux effets de la pand&#233;mie sur l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement aux illusions de certains sur le rel&#226;chement des contraintes institutionnelles (UE, FMI...) et la baisse des taux, les contraintes li&#233;es &#224; la dette publique n'ont pas disparu. Comment vois-tu la situation &#171; post-covid &#187;, au Nord et au Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, comme tu le dis, certains &#224; gauche tendent nettement &#224; pr&#233;senter comme un tournant fondamentalement positif la nouvelle politique des banques centrales et des gouvernements qui consiste depuis mars 2020 &#224; augmenter le d&#233;ficit budg&#233;taire et la dette publique. C'est dangereux car cela pousse &#224; baisser la garde et &#224; r&#233;duire la critique des politiques &#233;conomiques qui sont appliqu&#233;es et des institutions comme la BCE, la Commission europ&#233;enne et les gouvernements nationaux. Or l'augmentation du d&#233;ficit public sert &#224; mettre en place des amortisseurs sociaux (indemnit&#233;s de ch&#244;mage, aides financi&#232;res ponctuelles aux m&#233;nages et &#224; certains secteurs &#233;conomiques fortement impact&#233;s&#8230;) sans taxer les capitalistes et leurs entreprises. Il n'y a pas non plus de v&#233;ritable refinancement du secteur public de la sant&#233;. Les contraintes li&#233;es &#224; la dette publique ont &#233;t&#233; provisoirement fortement assouplies en attendant le retour du b&#226;ton et de nouvelles mesures structurelles d'aust&#233;rit&#233; dans un an ou deux. Lorsque la discipline sera de nouveau exig&#233;e par les instances europ&#233;ennes en application des trait&#233;s, la dette publique aura &#224; ce point augment&#233; que seront tr&#232;s fortes les exigences de nouvelles coupes dans les d&#233;penses publiques et sociales, combin&#233;e &#224; l'exigence de nouvelles contre-r&#233;formes sur le terrain des droits des salari&#233;Es et des allocataires sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait augmenter le d&#233;ficit public pour financer un vaste plan de d&#233;penses tout en appliquant de mani&#232;re compl&#233;mentaire des pr&#233;l&#232;vements sur le 1 % le plus riche de la soci&#233;t&#233; tant au niveau du patrimoine que des revenus. Le plan de relance des d&#233;penses publiques est finalement tr&#232;s limit&#233; et enti&#232;rement financ&#233; par le recours &#224; la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est tr&#232;s clair que la pand&#233;mie du coronavirus a augment&#233; encore un peu plus les in&#233;galit&#233;s de r&#233;partition des revenus et des patrimoines. L'in&#233;galit&#233; devant la maladie et devant la mort a cr&#251; &#233;galement de mani&#232;re dramatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements et le Grand Capital n'abandonneront la poursuite de cette offensive contre les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;crasante majorit&#233; de la population que si de tr&#232;s puissantes mobilisations les contraignent &#224; faire des concessions ou si une r&#233;volution sociale triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut contribuer autant que possible &#224; ce qu'un nouveau puissant mouvement social et politique soit capable d'aider &#224; la convergence des luttes sociales et de contribuer &#224; l'&#233;laboration d'un programme de rupture avec le capitalisme en mettant en avant des solutions anticapitalistes, antiracistes, &#233;cologistes, f&#233;ministes et socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la crise multidimensionnelle du capitalisme et &#224; sa course vers l'ab&#238;me due &#224; la crise &#233;cologique, am&#233;nager le capitalisme n'est pas une v&#233;ritable option, ce ne serait qu'un moindre mal qui n'apporterait pas les solutions radicales qu'exige la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un article r&#233;cent, tu cites Lissa&#173;garay, historien et militant de la Commune, qui a &#233;crit &#224; propos de la Banque de France : &#171; La Commune s'est arr&#234;t&#233;e devant le coffre-fort de la bourgeoisie &#187;. Question toujours d'actualit&#233; : comment se pose-t-elle aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque de France &#233;tait au c&#339;ur de la Commune de Paris. Suite aux &#233;v&#233;nements de mars 1871, les CommunardEs ne prennent pas la banque, qui reste dans les mains du gouvernement de Thiers et qui continue &#224; le financer (il recevra plus de 350 millions de francs or, 20 fois plus que ce que la Commune a obtenu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Charles Beslay, proudhonien, d&#233;l&#233;gu&#233; de la Commune aupr&#232;s de la Banque de France, qui convainc la Commune de ne pas &#171; violer &#187; (sic !) ni prendre le contr&#244;le de la Banque. Beslay a donc permis &#224; la Banque de France de continuer &#224; financer Thiers, qui a pu ainsi r&#233;organiser l'arm&#233;e et r&#233;primer la Commune. Pour Beslay, la Banque &#233;tait la fortune de la France et la prendre aurait signifi&#233; le chaos. D'ailleurs, Beslay a &#233;t&#233; le seul dirigeant communard qui n'a pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;, emprisonn&#233; ou exil&#233;. Il s'est r&#233;fugi&#233; en Suisse avec l'autorisation de Thiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait prendre physiquement la Banque de France. Cela &#233;tait tout &#224; fait possible, sans effusion de sang. Il fallait la mettre au service de la Commune et emp&#234;cher Thiers de s'en servir pour pr&#233;parer la r&#233;pression de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument du chaos&#8230; c'est le m&#234;me argument depuis des si&#232;cles. Nous avons entendu la m&#234;me chose en Gr&#232;ce, avec Varoufakis qui, avec Tsipras, d&#233;cide de laisser en place le gouverneur de la Banque de Gr&#232;ce &#8211; fid&#232;le alli&#233; de la Tro&#239;ka et des banquiers priv&#233;s grecs. Au contraire, les r&#233;volutionnaires cubains prennent d&#232;s la victoire de la r&#233;volution en 1959 le contr&#244;le de la Banque de Cuba et Che Guevara devient son directeur. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement des soviets avait expropri&#233; toutes les banques russes en d&#233;cembre 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la question de la Banque centrale, des banques priv&#233;es et du secteur de la finance en g&#233;n&#233;ral, on constate un appauvrissement tr&#232;s grave des programmes des organisations qui revendiquent une orientation de gauche. En 2019, le Manifeste du parti travailliste, sous la pr&#233;sidence de Jeremy Corbyn, bien que radical sur une s&#233;rie de questions comme les renationalisations et l'annulation de la dette des &#233;tudiants, est muet sur la City de Londres et sur la Banque d'Angleterre ; le programme de Bernie Sanders en 2019-2020, radical sur la question fiscale et sur les dettes &#233;tudiantes, &#233;tait &#233;galement silencieux sur la Banque centrale (la FED) et sur les grandes banques priv&#233;es. Les programmes d'autres organisations politiques comme Podemos, Diem25, Die Linke, sont soit muets, soit tr&#232;s mod&#233;r&#233;s et donc tout &#224; fait inappropri&#233;s quand il s'agit d'aborder la question de la banque centrale, des grandes banques priv&#233;es, de la monnaie et de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, en mati&#232;re de finance, la solution est claire : il faut proc&#233;der &#224; des suspensions de paiement en excluant le versement d'indemnit&#233;s de retard. Au-del&#224; d'une suspension de paiement, il faut proc&#233;der dans chaque pays &#224; des audits de la dette avec une participation active des citoyenEs afin de d&#233;terminer la partie ill&#233;gitime, odieuse, ill&#233;gale et/ou insoutenable qu'il faut annuler. Au niveau du CADTM, qui est un r&#233;seau mondial actif principalement au Sud de la plan&#232;te mais aussi au Nord, nous consid&#233;rons que la n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; des suspensions de paiement et &#224; des annulations de dettes ne concerne pas que les pays en d&#233;veloppement qu'ils soient &#233;mergents ou non. Cela concerne &#233;galement les pays du Nord. Et il faut aussi oser parler d'annulation des dettes abusives r&#233;clam&#233;es aux classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Henri Wilno&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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