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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Soutien aux syndicalistes tunisiennes menac&#233;es de mort ! Sea LATELEC Fouchana &#224; nouveau en gr&#232;ve !</title>
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		<dc:date>2013-03-05T09:02:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monika Karbowska</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 21 et 22 f&#233;vrier le syndicat de base de cette usine fran&#231;aise de c&#226;blage a&#233;ronautique, filiale de Lat&#233;co&#232;re et sous-traitant d'Airbus situ&#233;e dans la banlieue de Tunis, a d&#233;cid&#233; d'un important d&#233;brayage. Les 450 salari&#233;es du site, presque toutes des femmes, exigent que l'entreprise fran&#231;aise respecte le droit du travail tunisien et int&#232;gre en CDI les salari&#233;es pr&#233;caires qui y travaillent depuis plus de 4 ans. &lt;br class='autobr' /&gt; Les conflits sociaux sont permanents dans cette usine pr&#233;sent&#233;e par sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton13306-1a63f.png?1782209735' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 21 et 22 f&#233;vrier le syndicat de base de cette usine fran&#231;aise de c&#226;blage a&#233;ronautique, filiale de Lat&#233;co&#232;re et sous-traitant d'Airbus situ&#233;e dans la banlieue de Tunis, a d&#233;cid&#233; d'un important d&#233;brayage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les 450 salari&#233;es du site, presque toutes des femmes, exigent que l'entreprise fran&#231;aise respecte le droit du travail tunisien et int&#232;gre en CDI les salari&#233;es pr&#233;caires qui y travaillent depuis plus de 4 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les conflits sociaux sont permanents dans cette usine pr&#233;sent&#233;e par sa direction comme &#171; un mod&#232;le &#187; de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et des d&#233;localisations r&#233;ussies. Sauf que les salaires sont des salaires de mis&#232;re, les conditions d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; ainsi que le droit du travail ne sont pas respect&#233;s et la libert&#233; syndicale n'existait pas avant que Sonia Jebali et Monia Dridi, deux syndicalistes courageuses et d&#233;termin&#233;es, cr&#233;ent ce syndicat de base et l'affilient &#224; l'UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales Sonia Jebali et Monia Dridi sont aussi &#224; l'origine d'un accord sur la classification des m&#233;tiers dans l'entreprise, portant sur l'organisation des promotions et des augmentations de salaires, sign&#233; entre l'UGTT et l'entreprise. Mais en octobre dernier la direction fran&#231;aise a r&#233;pondu par un lock out d'un mois, la fermeture du site, la menace de d&#233;localisation et des violences &#171; incontrol&#233;es &#187; &#224; l'encontre des syndicalistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un manager fran&#231;ais a m&#234;me prof&#233;r&#233; des menaces de mort &#224; l'encontre de Sonia Jebali (&#171; si j'avais un flingue, je te tuerais !) ce qui dans le contexte actuel d'assassinat et de tentative d'assassinat de leaders de la gauche tunisienne par des milices &#224; la solde du pouvoir politico-&#233;conomique, prend une tournure bien r&#233;aliste et inqui&#233;tante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les salari&#233;es de Sea Latelec exigent l'int&#233;gration en CDI de deux coll&#232;gues int&#233;rimaires sans salaire depuis 3 mois, l'application de l'accord sur les classifications et surtout, l'arr&#234;t des menaces de d&#233;localisation au Mexique ou&#8230; en France - une partie de la production de Latelec a en effet &#233;t&#233; relocalis&#233;e en France pour punir les Tunisiennes dans un site &#233;loign&#233; o&#249;&#8230; il n'y a aucun syndicat et uniquement des salari&#233;es int&#233;rimaires pr&#233;caires !&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT FTM fran&#231;aise a bien soutenu ces luttes &#224; Fouchana, mais il semblerait que cette lutte ne peut pas r&#233;ussir sans un soutien plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes tunisiennes sont en lutte pour la justice sociale, pour le respect des droits humains et pour l'&#233;galit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit un slogan de leur manif devant l'ambassade de France : &#171; Oui aux investissements, non au colonialisme &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, militant/es europ&#233;en/es, ne pouvons pas rester spectatrices de cette lutte, mais devons la soutenir activement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monika Karbowska&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le comit&#233; de soutien tuniso-europ&#233;en du syndicat UGTT de Sea Latelec Fouchana&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Echos du Forum des luttes f&#233;ministes africaines</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Echos-du-Forum-des-luttes-feministes-africaines</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Echos-du-Forum-des-luttes-feministes-africaines</guid>
		<dc:date>2011-02-15T08:32:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Audrey Dye, Christine Vanden Daelen , Monika Karbowska, Solange Kon&#233;, Yvonne Ngoyi</dc:creator>


		<dc:subject>Forum Social de Dakar</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-02-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 4 f&#233;vrier 2011, pas moins de 600 personnes ont pris le chemin de Kaolack pour participer au Forum des luttes f&#233;ministes africaines organis&#233; par le CADTM Afrique, l'APROFES (Association pour la promotion de la femme s&#233;n&#233;galaise) et le Forum Social de Kaolack. Voici un survol des travaux de ce forum. &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;uni-e-s sous une grande b&#226;che occupant toute une rue de Kaolack, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, immigr&#233;-e-s, migrant-e-s et &#034;locaux&#034;, citadin-e-s et ruraux/ales venant des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Forum-Social-de-Dakar-+" rel="tag"&gt;Forum Social de Dakar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-02-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-02-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton6554-41b0d.png?1781965086' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 4 f&#233;vrier 2011, pas moins de 600 personnes ont pris le chemin de Kaolack pour participer au Forum des luttes f&#233;ministes africaines organis&#233; par le CADTM Afrique, l'APROFES (Association pour la promotion de la femme s&#233;n&#233;galaise) et le Forum Social de Kaolack. Voici un survol des travaux de ce forum.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;uni-e-s sous une grande b&#226;che occupant toute une rue de Kaolack, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, immigr&#233;-e-s, migrant-e-s et &#034;locaux&#034;, citadin-e-s et ruraux/ales venant des quatre coins de l'Afrique et d'autres continents, des Caravanes des Mouvements sociaux en route pour le FSM de Dakar, de villes et villages situ&#233;s parfois &#224; l'autre bout du S&#233;n&#233;gal, |1| ont toutes et tous affirm&#233; d'une m&#234;me voix : &#034; Nous sommes l&#224;, pr&#233;sent-e-s et mobilis&#233;-e-s pour ensemble lutter contre les multiples cha&#238;nes d'oppression qui entravent l'&#233;mancipation des femmes africaines et d'ailleurs &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Binta Sarr, coorganisatrice de l'&#233;v&#232;nement, a ancr&#233; la rencontre dans la tradition d'accueil de la ville et dans l'h&#233;ritage des luttes f&#233;ministes s&#233;n&#233;galaises. Elle a salu&#233; les femmes dans leurs luttes pour un monde plus juste, d&#233;non&#231;ant la syst&#233;matisation des violences contre elles, la f&#233;minisation de la pauvret&#233;, l'exclusion des femmes des sph&#232;res de d&#233;cisions alors que &#034; l'avenir de l'homme, c'est la femme ! &#034;, que &#034; le monde ne pourra &#233;voluer sans leur participation effective &#034;. Binta a soulign&#233; l'importance de r&#233;inventer le f&#233;minisme dans le contexte actuel de la mondialisation et la n&#233;cessit&#233; pour les communaut&#233;s rurales et les banlieues de se le r&#233;approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a appel&#233; les femmes &#224; la rejoindre dans son combat contre la dette ill&#233;gitime et odieuse qui &#034; marginalise l'Afrique et la met sous tutelle du commerce mondial &#034;. Elle a conclut son propos en rendant hommage &#224; deux h&#233;ro&#239;nes des luttes des femmes s&#233;n&#233;galaises pour leur droits et libert&#233;s : Aline Sit&#246; Diatta et Djemete Mbodj. Cette s&#233;ance d'ouverture du Forum fut parachev&#233;e par quelques mots de bienvenue de quelques officiel-le-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, Solange Kon&#233;, de la C&#244;te d'Ivoire (Forum national sur la Dette et la Pauvret&#233; /FNDP et membre de la Coordination Afrique du CADTM) lan&#231;a un appel fort &#224; abolir la dette. Lorsqu'au micro, Solange d&#233;buta son intervention par un tonitruant : &#034; Annulez Annulez Annulez la dette ! Elle tue, elle pille, elle assassine ! &#034;, toute la salle, convaincue et enthousiaste, repris spontan&#233;ment ces mots. Ensuite, elle encha&#238;na en affirmant haut et fort : &#034; Nous ne devons RIEN, nous ne payerons RIEN ! &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solange illustra ses propos en parlant des effets d&#233;vastateurs du &#034; Syst&#232;me dette &#034; qui, par les privatisations, et donc la marchandisation des services publics qu'il impose, emp&#234;che aux femmes, filles et enfants d'avoir acc&#232;s &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation. Des pratiques, comme la retenue en otages des mamans au sein des maternit&#233;s jusqu'&#224; ce qu'elles parviennent &#224; payer les soins gyn&#233;cologiques qui leur ont permis d'avoir un accouchement dans de &#034; bonnes conditions &#034; sanitaires, se g&#233;n&#233;ralisent. Sans assistance m&#233;dicale, beaucoup de femmes africaines perdent la vie en voulant la donner&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Coumba Tour&#233; (Forum f&#233;ministe africain, ASHOKA/ Mali) attirera l'attention de la pl&#233;ni&#232;re sur l'extr&#234;me p&#233;nibilit&#233; des conditions de vie des femmes rurales africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles n'ont acc&#232;s &#224; aucune sorte de source de revenu : la terre ne peut leur appartenir, elles sont exclues de l'h&#233;ritage et des moyens de production. Alors que ce sont principalement ces femmes qui, par leur travail, assurent la s&#233;curit&#233; alimentaire de leur famille. Elles ne sont ni reconnues, ni encore moins r&#233;tribu&#233;es pour leur dur labeur. Afin qu'elles b&#233;n&#233;ficient enfin des fruits de leurs efforts, Coumba appela les participant-e-s du Forum &#224; rejoindre le combat du CADTM pour l'abolition de la dette, combat qui permettra, entre autre, d'assurer l'autonomie financi&#232;re et &#233;conomique des femmes rurales africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette pl&#233;ni&#232;re intense et emplie d'&#233;motions, les participant-e-s se r&#233;partirent au sein de cinq ateliers qui, en raison de l'&#233;norme retard pr&#233;valant &#224; l'ouverture des travaux du Forum, furent les seuls, sur les neuf initialement pr&#233;vus, &#224; avoir effectivement lieu. Nous vous invitons &#224; parcourir quelques &#233;l&#233;ments cl&#233;s de leurs interventions et d&#233;bats |2| :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier 1&lt;/strong&gt; : Situations et luttes des femmes au Nord et au Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervenantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Penda Ndiaye (CERPAC &#8211; Centre de recherches populaires &#224; l'action citoyenne &#8211; CADTM S&#233;n&#233;gal) Pauline Imbach (CADTM Belgique)&lt;br class='autobr' /&gt;
Penda attira l'attention des participant-e-s sur le fait que les luttes f&#233;ministes en Afrique ne datent pas d'hier. Les f&#233;ministes africaines se sont fortement investies dans les combats pour les ind&#233;pendances de leurs pays. Leurs mouvements en sont ressortis renforc&#233;s, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de leaders f&#233;ministes en a &#233;merg&#233;. Progressivement, d'un niveau national, les f&#233;ministes s&#233;n&#233;galaises ont int&#233;gr&#233; les mouvements internationaux de lutte des femmes. Au S&#233;n&#233;gal, arrach&#233;e de hautes luttes, l'application effective de la loi sur la parit&#233; est un des enjeux actuels majeurs des mouvements f&#233;ministes. Un autre d&#233;fi pour les femmes s&#233;n&#233;galaises sera la vulgarisation du Protocole Maputo de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes (2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; pour les mouvements f&#233;ministes, comme pour TOUS les autres mouvements sociaux d'articuler leurs luttes contre les trois syst&#232;mes d'oppressions majeurs du patriarcat, du capitalisme et du racisme, fut explicitement pos&#233;e par les intervenantes. Elles accord&#232;rent &#233;galement une attention particuli&#232;re &#224; la d&#233;r&#233;gulation du march&#233; du travail impos&#233;e par les IFI (Institutions Financi&#232;res Internationales &#8211; Banque mondiale et FMI), mesure n&#233;olib&#233;rale &#224; l'origine d'une d&#233;t&#233;rioration drastique des conditions de travail des hommes mais surtout des femmes et ce partout sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de contrer le &#034;syst&#232;me dette&#034; et de stopper le cercle vicieux de l'endettement, les intervenantes on appel&#233; &#224; la r&#233;alisation d'audits citoyens : ces audits, en permettant aux citoyen-ne-s de contr&#244;ler activement la masse et surtout l'utilisation des &#034;pr&#234;ts&#034; &#034;octroy&#233;s&#034;, emp&#234;chent l'enrichissement illicite sur le dos des populations des corrupteurs, des dirigeant-e-s corrompu-e-s et des int&#233;r&#234;ts du capital. Cette pratique de l'audit citoyen est tous b&#233;n&#233;fices pour les populations qui se r&#233;approprient ainsi la gestion de leurs propres finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Pauline et Penda soulign&#232;rent que ce sont bien les femmes les v&#233;ritables cr&#233;anci&#232;res. De fait, sans leur travail gratuit de production et de reproduction, nos soci&#233;t&#233;s p&#233;ricliteraient tout simplement. Les femmes n'ont, d&#232;s lors, &#224; payer aucune dette de quelque nature soit-elle ! Lors des d&#233;bats, les participent-e-s ont partag&#233; quelques unes de leurs pr&#233;occupations : trop souvent subsiste une absence ou, pour le moins, une insuffisance d'&#233;changes entre les diff&#233;rentes organisations populaires et citoyennes qui freine toute dynamique d'action commune ; l'in&#233;galit&#233; quant &#224; la libert&#233; de circulation ENTRE toutes les femmes fut d&#233;nonc&#233;e : &#034;pourquoi les femmes d'Afrique qui assurent le travail domestique de certaines femmes du Nord n'ont-elles pas la possibilit&#233; de voyager aussi librement qu'elles ?&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Sont-elles &#224; ce point des citoyennes de seconde zone ?&#034; ; les textes religieux et les coutumes ne sont pas vues par les participant-e-s comme &#233;tant syst&#233;matiquement n&#233;fastes pour les femmes ; ce n'est pas parce qu'on est femme qu'on sera n&#233;cessairement en faveur de l'&#233;mancipation des femmes (cf. beaucoup de discriminations sexistes sont reproduites par les femmes elles-m&#234;mes, exemple : certaines belles-m&#232;res n'acceptent pas de confier leurs petits-enfants &#224; leurs gendres, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques propositions furent &#233;mises pour soutenir les luttes des femmes du Sud comme du Nord : &#224; l'instar de la Marche mondiale des femmes, il faut renforcer les mises en r&#233;seaux des groupements de femmes et des associations f&#233;ministes aux niveaux r&#233;gionaux, nationaux et internationaux afin, entre autre, d'am&#233;liorer la communication entre ces organisations ; en combattant les st&#233;r&#233;otypes sexistes, on permettra aux femmes de prendre conscience qu'elles aussi elles peuvent acc&#233;der &#224; des postes de travail qui ne sont pas n&#233;cessairement la continuation de leur r&#244;les domestiques, qu'elles aussi peuvent s'orienter vers des fili&#232;res scientifiques, techniques, &#233;conomiques, d&#233;cisionnelles, etc. Il n'existe pas que la solidarit&#233; entre les femmes comme facteur de pression. D'autres types d'actions comme les gr&#232;ves sont efficaces (cf. gr&#232;ves du travail m&#233;nager, gr&#232;ves du sexe, gr&#232;ves de&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier 2&lt;/strong&gt; : Impact de la dette sur la vie des femmes africaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervenantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Yvonne Ngoyi (Union des femmes pour la dignit&#233; humaine/UFDH RDC &#8211; CADTM Afrique) _ Audrey Dye (CADTM Belgique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir bien camp&#233; le th&#232;me de la dette ill&#233;gitime et odieuse, Yvonne rappela que sans le pillage syst&#233;matique des ressources de la RDC orchestr&#233; par la colonisation et perp&#233;tu&#233; par le m&#233;canisme de la dette, les jeunes africains et africaines n'auraient pas &#224; prendre le chemin de l'exil &#233;conomique pour assurer leur propre survie ainsi que celle de leur famille et parfois celle de tout leur village. L'une des premi&#232;res mesures impos&#233;es par les Plans d'ajustements structurels (PAS), par les Institutions financi&#232;res internationales aux pays endett&#233;s pour s'assurer le recouvrement de leurs cr&#233;ances, fut la privatisation des entreprises publiques et l'application de coupes budg&#233;taires des plus s&#233;v&#232;res dans les domaines sociaux (&#233;ducation, sant&#233;, infrastructures, transports publics, &#233;lectricit&#233;, etc.). Pour les femmes, les effets de ces politiques furent imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant gratuits, ou tr&#232;s largement subventionn&#233;s par l'Etat, les soins de sant&#233; devinrent inaccessibles pour les femmes qui repr&#233;sentent 70% des personnes pauvres. Au point o&#249; en RDC souvent on dit : &#034;Mieux vaut acheter le linceul que d'aller &#224; l'h&#244;pital, cela co&#251;te moins cher !&#034;. &#034;L'Etat pr&#233;f&#232;re voir mourir ses enfants que de les prendre en charge dans un syst&#232;me social et sanitaire digne de ce nom&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La RDC occupe la sinistre troisi&#232;me place des pays les plus touch&#233;s par la mortalit&#233; infantile et maternelle de par le monde. &#034;Parce qu'on cherche &#224; satisfaire le FMI et la Banque mondiale, si une future m&#232;re n'est pas en mesure de payer les soins pour l'accouchement, on la laissera mourir avec son enfant aux portes de l'h&#244;pital !&#034; Aucun programme r&#233;el pour le &#034;d&#233;veloppement&#034; des femmes n'a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;. Non seulement les femmes congolaises continuent &#224; passer l'essentiel de leur temps &#224; assurer le travail domestique (non pay&#233;) mais, de plus, lorsqu'elles ont l'occasion d'avoir une activit&#233; g&#233;n&#233;ratrice de revenu, elles sont de plus en plus rel&#233;gu&#233;es au secteur informel o&#249; r&#232;gne l'exploitation &#224; outrance dans le d&#233;ni le plus total de toute protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste n'a jamais voulu transformer les t&#226;ches domestiques en professions r&#233;mun&#233;r&#233;es par un salaire et/ou en services &#224; vendre sur le march&#233;. Cette division sexuelle du travail, qui confine les femmes au secteur reproductif (travail gratuit et invisible) et permet aux hommes d'occuper la sph&#232;re productive qui elle, permet la formation d'un revenu, d'un capital, est un v&#233;ritable tour de force du syst&#232;me patriarcal. Sous son influence, les soci&#233;t&#233;s ont int&#233;rioris&#233; et d&#233;velopp&#233; la conviction selon laquelle les femmes auraient de par leur &#034;nature&#034; une pr&#233;disposition &#224; l'accomplissement des t&#226;ches domestiques, t&#226;ches qui, en les emp&#234;chant d'acc&#233;der &#224; un revenu, leur interdit de sortir du cercle vicieux et d&#233;gradant de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre des secteurs cl&#233;s attaqu&#233;s par les PAS est celui de l'&#233;ducation. Les gouvernements prennent de moins en moins en charge les frais li&#233;s &#224; la scolarisation des jeunes (frais d'inscription, de fournitures scolaires, cantines scolaires, logements pour les &#233;tudiant-e-s, etc.). Les filles sont les premi&#232;res &#224; faire les frais de cette privatisation forc&#233;e : souvent elles sont oblig&#233;es de quitter l'&#233;cole fort t&#244;t pour aider leurs parents dans les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et agricoles ou garder leurs fr&#232;res, s&#339;urs, a&#238;n&#233;-e-s, personnes malades de la famille, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque d'instruction att&#233;nue fortement les possibilit&#233;s futures des jeunes filles &#224; pouvoir acc&#233;der &#224; l'autonomie &#233;conomique et aux informations relatives &#224; leurs droits ainsi qu'aux proc&#233;dures &#224; suivre pour se battre pour leur application effective. Notons qu'en RDC, comme dans de trop nombreux pays, les femmes, parce qu'elles sont les plus pauvres, ont un acc&#232;s tr&#232;s limit&#233; &#224; la justice. L'analphab&#233;tisme des jeunes filles (80% des filles sont analphab&#232;tes en RDC et 52% au S&#233;n&#233;gal) rend tout le travail de sensibilisation sur la th&#233;matique de la dette plus ardu et les &#233;loigne des alternatives et des luttes qu'elles pourraient porter contre l'oppression sp&#233;cifique de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La totalit&#233; des pays endett&#233;s accordent une part g&#233;n&#233;ralement trois fois plus &#233;lev&#233;es au remboursement de leur dette ill&#233;gitime et odieuse qu'au financement de leurs services sociaux. Les femmes, pour contrer la disparition des services publics, sont oblig&#233;es de les prendre elles-m&#234;mes en charge en augmentant la part de leur travail gratuit et invisible. C'est pourquoi, en RDC (et malheureusement &#224; bien d'autres endroits au Sud&#8230;), pour assurer l'approvisionnement en eau potable de leur famille, les congolaises doivent de plus en plus aller chercher l'eau sur leur t&#234;te et parcourir de longues distances pour acc&#233;der aux puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;ralisation de ce ph&#233;nom&#232;ne am&#232;ne les f&#233;ministes congolaises &#224; d&#233;noncer le fait que &#034;la t&#234;te des femmes soit d&#233;sormais devenu le tuyau de raccordement de la famille&#034;. Ce travail de puisage inf&#233;riorise les femmes et les jeunes filles, les emp&#234;che de s'instruire tout en accentuant leur exposition &#224; de multiples violences et viols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvonne rappelle que, non seulement le poids de la dette repose sur les &#233;paules des femmes, accentue les in&#233;galit&#233;s entre les hommes et les femmes, mais renforce &#233;galement la division sexuelle du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fin d'expos&#233;, elle invite les participant-e-s &#224; s'int&#233;resser &#224; la question des emprunts publics, &#224; contr&#244;ler la mani&#232;re dont ils sont contract&#233;s, &#224; &#234;tre vigilant-e-s quant &#224; la mani&#232;re dont l'argent de ces pr&#234;ts est utilis&#233; et &#224; exercer une pression sur les gouvernement afin de lutter contre les pots-de-vin et la corruption qui entourent g&#233;n&#233;ralement la gestion de la dette. Elle invite toutes et tous &#224; adh&#233;rer au CADTM et cl&#244;ture son expos&#233; en reprenant une citation de Thomas Sankara : &#034;Si nous payons la dette nous mourons, si nous ne payons pas la dette, les cr&#233;anciers ne mourront pas !&#034; &#034;L'Afrique sans dette c'est possible, le Congo Kinshasa sans dette c'est possible, le S&#233;n&#233;gal sans dette c'est aussi possible !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audrey d&#233;cortiqua plus sp&#233;cifiquement les effets des principales mesures macro&#233;conomiques au menu des programmes d'ajustement structurel sur les femmes avec un focus sur les femmes africaines. Elle expliqua pourquoi les femmes sont les premi&#232;res &#224; porter le fardeau de la dette. Comme &#224; cause de la culture patriarcale, les femmes sont responsables du bien-&#234;tre de la famille, lorsque les PAS imposeront des coupures dans les budgets de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, ce seront bien elles qui assureront d&#233;sormais ces services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe ainsi du concept de l' &#034;Etat social&#034; &#224; celui de la &#034;m&#232;re sociale&#034;. Ensuite, elle expliqua les cons&#233;quences de la d&#233;r&#232;glementation du march&#233; du travail sur les femmes. De plus en plus, les femmes sont rel&#233;gu&#233;es au secteur informel, secteur de la survie pour ne pas dire de la sous-vie. Enfin, elle analysa les liens entre la lib&#233;ralisation du commerce mondial, toujours impos&#233;e par les PAS, la disparition de revenus pour les femmes et la destruction de l'&#233;conomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est fort difficile de synth&#233;tiser les d&#233;bats cons&#233;cutifs &#224; ces expos&#233;s tant ils &#233;taient diversifi&#233;s, riches et t&#233;moignant d'un int&#233;r&#234;t fort pour la dette, ses m&#233;canismes et cons&#233;quences sp&#233;cifiquement pour les femmes, nous pouvons toutefois pr&#233;ciser qu'&#224; plusieurs reprises furent discut&#233;es les relations entre la dette et les conflits, la dette et la corruption, la dette et toutes les r&#233;gressions socio-&#233;conomique qu'elle impose aux femmes africaines. Le microcr&#233;dit - tel que celui soutenu par la Banque mondiale - fut &#233;nergiquement d&#233;nonc&#233;. Il asservit et appauvrit les femmes qui, &#224; cause des cr&#233;dits dont elles doivent seules assurer le remboursement, ne dorment plus, ne mangent plus et parfois m&#234;me se suicident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier 3&lt;/strong&gt; : Diversit&#233; des f&#233;minismes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois militantes ont pr&#233;sent&#233; ce qu'est le f&#233;minisme dans leur r&#233;gion d'origine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Codou Bop (Forum f&#233;ministe S&#233;n&#233;galais, Groupe de Recherche sur Femme et droit musulman, Charte des F&#233;ministes Africaines) a pr&#233;sent&#233; les analyses du f&#233;minisme africain, un f&#233;minisme radical d&#233;fini comme &#034; f&#233;minisme sans mais ni si &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#233;minisme est une lutte des femmes et des hommes contre le patriarcat, syst&#232;me social et politique qui emp&#234;che l'&#233;galit&#233; entre les sexes, les g&#233;n&#233;rations et les classes sociales. Le patriarcat est bien un syst&#232;me de domination fond&#233; sur le contr&#244;le du corps des femmes (mariages d'enfants, mutilations g&#233;nitales, grossesses nombreuses et forc&#233;es), la violence contre les femmes et la privation d'acc&#232;s aux ressources, l&#233;gitim&#233;e par les traditions et les religions. Codou Bop pr&#233;cise que le f&#233;minisme est autant une lutte pour l'&#233;mancipation individuelle qu'une lutte politique puisqu'elle vise une transformation radicale des structures de soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, selon l'intervenante, la lutte f&#233;ministe se diff&#233;rencie des mouvements f&#233;minins qui se limitent &#224; l'am&#233;lioration des conditions de vie des femmes dans leurs aspects mat&#233;riels sans remettre en question les structures sociales. Le f&#233;minisme africain a comme objectif actuel de d&#233;masquer l'utilisation des traditions et des religions pour justifier l'oppression des femmes, de lutter pour l'acc&#232;s des femmes aux sph&#232;res de d&#233;cisions (empowerment) ainsi que pour leur acc&#232;s aux richesses et ressources (terre, moyens de production, pouvoir politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monika Karbowska (CADTM Coordination Europe, R&#233;seau Femmes de l'Est et des Balkans) et Maria Elena Saludas (ATTAC Argentine et CADTM Abya Yala Nuestra Am&#233;rica) ont ensuite retrac&#233; l'histoire des luttes f&#233;ministes et de leurs acquis dans deux r&#233;gions diff&#233;rentes : l'Europe de l'Est, en particulier la Pologne, et l'Argentine. Monika Karbowska a soulign&#233; combien en Europe de l'Est, partie pauvre et domin&#233;e de l'Europe, les mouvements f&#233;ministes furent partie prenante des luttes sociales et politiques qui permirent d'aboutir &#224; des transformations am&#233;liorant radicalement la vie des femmes. Ainsi, le syst&#232;me communiste a instaur&#233; un code de la famille &#233;galitaire en 1960. Les femmes ont pu b&#233;n&#233;ficier massivement de l'&#233;ducation, du plein emploi et de services publics mat&#233;riels et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont &#233;galement lutt&#233; et obtenu le droit &#224; l'avortement et &#224; la contraception. Tous ces acquis sont menac&#233;s de destruction depuis le retour du capitalisme cons&#233;cutif &#224; la crise de la dette des ann&#233;es 80 et au retour en force des nationalismes et des fondamentalismes religieux. Ainsi, les femmes ont subi des violences terribles dans les guerres en Yougoslavie, les polonaises ont perdu le droit &#224; l'IVG et toutes les femmes de la r&#233;gion ont &#233;t&#233; appauvries par les strat&#233;gies politiques et &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales supprimant les emplois et les services publics. Selon Monika, l'enjeu actuel en Europe de l'Est est la construction d'un f&#233;minisme populaire capable d'inverser ces tendances et de reconqu&#233;rir les acquis perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria Elena nous r&#233;v&#233;la qu'en Am&#233;rique latine, le mod&#232;le capitaliste patriarcal d'accumulation et de production prive les &#234;tres humains des biens naturels, cultures et symboliques et ne cesse de se renforcer. Le mouvement f&#233;ministe en Argentine se structure autour de plusieurs activit&#233;s annuelles phares (cf. les Rencontres nationales des femmes) et organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il comprend des th&#233;matiques vari&#233;es : droits sexuels et reproductifs, violences faites aux femmes, traite des personnes &#224; des fins d'exploitation sexuelle, campagne nationale pour le droit &#224; un avortement l&#233;gal, s&#251;r et gratuit, &#034;budgets sensibles au genre&#034;, etc. En Argentine, les combats f&#233;ministes bien souvent s'articulent avec les militances contre le libre-&#233;change, la dette, la militarisation et le soutien aux alternatives (ALBA, Sucre, Banque du Sud, etc.). Parce qu'il est n&#233;cessaire de s'acheminer vers un autre monde, et vite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat a r&#233;v&#233;l&#233; une forte exigence des femmes jeunes d'aller de l'avant : certaines ont r&#233;clam&#233; des propositions innovantes et un agenda d'actions internationales &#224; l'issu de l'atelier. Cependant la question de la tradition est revenue sur le devant de la sc&#232;ne : d'autres femmes de cette g&#233;n&#233;ration ont assur&#233; que les pratiques traditionnelles et religieuses telles que le port du voile, la polygamie ou la dot, pouvaient &#234;tre v&#233;cues positivement en tant que choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de nombreux-es militant-e-s ont rappel&#233; que les traditions &#233;taient des constructions sociales qui pouvaient d&#232;s lors &#234;tre modifi&#233;es et que chaque jour, nos pratiques cr&#233;ent des traditions ! Codou Bop, en particulier, a insist&#233; sur la libert&#233; d'interpr&#233;ter les textes religieux et de faire du respect des droits des femmes de nouvelles traditions en Afrique. Elle a exhort&#233; de fa&#231;on &#233;mouvante les jeunes militantes &#224; faire preuve d'audace et de libert&#233;. La question du rapport Nord-Sud entre femmes a &#233;galement &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e notamment par l'injustice ressentie par les femmes sans-papiers du Sud qui, par leur travail en tant que travailleuses domestiques, permettent aux femmes du Nord de &#034;faire carri&#232;re&#034; et &#233;ventuellement d'&#234;tre actives sur la sc&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;mancipation individuelle exploitant les in&#233;galit&#233;s Nord-Sud est pr&#233;judiciable &#224; la solidarit&#233; internationale des femmes et au mouvement f&#233;ministe dans son ensemble. Enfin, des exp&#233;riences de lutte ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es : la lutte des femmes du Sud sans-papiers en France, la lutte des polonaises pour le droit &#224; l'IVG et la lutte actuelle des tunisiennes contre la dictature et l'oligarchie n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clairement, un f&#233;minisme politique mondial est n&#233;cessaire contre les politiques n&#233;olib&#233;rales qui ravagent tous les continents. Cette vision exige la cr&#233;ation d'un calendrier politique commun et le d&#233;veloppement des &#233;changes d'exp&#233;riences Nord /Sud et Sud/Sud afin de construire ensemble nos savoirs et nos pratiques, parce que, comme l'a dit Codou Bop, en ce qui concerne l'effectivit&#233; de nos droits : &#034;nous voulons tout !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier 4&lt;/strong&gt; : Atelier Droits des femmes et leurs acc&#232;s &#224; la justice&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervenantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rokaya GAYE (RADI &#8211; R&#233;seau africain pour le d&#233;veloppement int&#233;gr&#233;) GF2D (Groupe de r&#233;flexion et d'action Femmes, D&#233;mocratie et D&#233;veloppement - Togo)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe au S&#233;n&#233;gal, comme encore partout ailleurs, une justice de classe : les plus pauvres (et donc pour l'essentiel, les femmes) n'ont pas acc&#232;s &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ce constat, les intervenantes partag&#232;rent leurs exp&#233;riences en termes d'initiatives mises en place pour assurer un r&#233;el acc&#232;s des femmes (et tout particuli&#232;rement des femmes rurales) aux Cours et Tribunaux. Trop souvent d&#233;munies et n'&#034;osant&#034; ou ne trouvant pas d'interlocuteurs/trices vers lesquel-le-s se tourner lorsqu'elles sont victimes de faits que la loi condamne, les femmes se taisent, gardent en elles leurs souffrances et traumatismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; remarqu&#233; et d&#233;nonc&#233; que souvent les femmes ne font pas spontan&#233;ment appel &#224; la justice suite &#224; des violences, abus et maltraitances, car elles ignorent tout simplement que des lois les &#034;prot&#233;geant&#034; contre ces fl&#233;aux existent. On voit &#224; ce niveau combien il est important de permettre aux femmes d'avoir acc&#232;s aux informations relatives &#224; leurs droits. Tout un travail de vulgarisation des textes de loi favorables aux droits et libert&#233;s des femmes surtout aupr&#232;s des femmes analphab&#232;tes et/ou vivant dans des zones excentr&#233;es est essentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand bien m&#234;me les femmes connaissent leurs droits, il reste tout un combat &#224; mener pour assurer leur effectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres th&#232;mes furent abord&#233;s, tels que la discrimination au niveau des traitements salariaux, les difficult&#233;s &#224; trouver des preuves pour les violences morales ou encore le silence quasi-permanent observ&#233; au niveau des familles des victimes de violences (sexuelles et autres). Bref, un moment de partage d'exp&#233;riences, et surtout un appel &#224; ne pas baisser les bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier 5&lt;/strong&gt; : Acc&#232;s des femmes aux ressources productives, fonci&#232;res, financi&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non acc&#232;s au cr&#233;dit, &#224; la terre, aux moyens de production et, tr&#232;s difficilement, &#224; l'h&#233;ritage, furent identifi&#233;s comme &#233;tant parmi les principaux obstacles &#224; l'autonomie &#233;conomique et financi&#232;re des femmes africaines. Lorsqu'elles peuvent poss&#233;der quelques terres ce sont, pour la plupart, les terres les moins fertiles qu'on leur &#034;conc&#232;de&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un renforcement de la solidarit&#233; entre les femmes ainsi que du leadership f&#233;minin en Afrique permettra d'accro&#238;tre les possibilit&#233;s pour les femmes africaines d'avoir enfin acc&#232;s &#224; des ressources leur permettant de gagner un revenu susceptible de contribuer &#224; leur &#233;mancipation. Si cet atelier fut riche d'autres contributions et apports, n'ayant pas, jusqu'&#224; pr&#233;sent, pu recevoir de synth&#232;ses &#233;crites, nous ne vous pr&#233;sentons qu'un r&#233;sum&#233; des travaux qui y furent r&#233;alis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture en pl&#233;ni&#232;re de la &#034; D&#233;claration du Forum des luttes f&#233;ministes africaines de Kaolack &#034; cl&#244;tura cette intense journ&#233;e d'&#233;changes, de mobilisations, de propositions et d'espoirs port&#233;s par des femmes et des hommes d'horizons tr&#232;s divers mais uni-e-s dans la m&#234;me volont&#233; de combattre toute forme d'oppression avec une attention particuli&#232;re pour celle qui contraint plus de la moiti&#233; de notre humanit&#233; : le patriarcat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soyons bien certain-e-s qu'en diff&#233;rents lieux et activit&#233;s du FSM de Dakar, r&#233;sonneront les &#233;chos des travaux de ce &#034; Forum des luttes f&#233;ministes africaines &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Ont afflu&#233; vers Kaolack des associations de Louga, de Saint-Louis, de la Casamance, de Dakar, de Mbour, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Un tout grand merci &#224; Aur&#233;lie Dumortier et Pierre Edouart pour leurs contributions &#224; la centralisation des synth&#232;ses de ces ateliers&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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