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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le free mining au Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2022-08-30T11:52:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Elections du Qu&#233;bec 2022</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-08-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On est tous coupables de &#231;a. On est tous coupables du comportement de la compagnie mini&#232;re Osisko &#224; Malartic, car nous avons tol&#233;r&#233; trop longtemps les abus de la Loi sur les mines. Nicole Kirouac, Comit&#233; de vigilance de Malartic &lt;br class='autobr' /&gt;
La Loi sur les mines du Qu&#233;bec repose sur le principe du free mining &#8211; exploitation mini&#232;re libre - import&#233; directement du Far West am&#233;ricain au XIXe si&#232;cle. Ce principe colonial donne &#224; l'entreprise priv&#233;e un acc&#232;s libre au patrimoine minier du Qu&#233;bec. Libre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-du-Quebec-2022-+" rel="tag"&gt;Elections du Qu&#233;bec 2022&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-08-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-08-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton53794-15cef.png?1674678763' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;On est tous coupables de &#231;a. On est tous coupables&lt;br class='autobr' /&gt;
du comportement de la compagnie mini&#232;re Osisko &#224; Malartic,&lt;br class='autobr' /&gt;
car nous avons tol&#233;r&#233; trop longtemps&lt;br class='autobr' /&gt;
les abus de la Loi sur les mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nicole Kirouac, Comit&#233; de vigilance de Malartic&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi sur les mines du Qu&#233;bec repose sur le principe du free mining &#8211; exploitation mini&#232;re libre - import&#233; directement du Far West am&#233;ricain au XIXe si&#232;cle. Ce principe colonial donne &#224; l'entreprise priv&#233;e un acc&#232;s libre au patrimoine minier du Qu&#233;bec. Libre de toutes contraintes sociales et environnementales et pratiquement libre de tout contr&#244;le gouvernemental.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 ao&#251;t 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://lautjournal.info/20220819/le-free-mining-au-quebec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'aut'journal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;https://www.jacquesbgelinas.com/lhistoire-du-free-mining#:~:text=La%20Loi%20sur%20les%20mines%20du%20Qu%C3%A9bec%20repose,un%20acc%C3%A8s%20libre%20au%20patrimoine%20minier%20du%20Qu%C3%A9bec&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jacquesbgelinas.com/lhistoire-du-free-mining#:~:text=La%20Loi%20sur%20les%20mines%20du%20Qu%C3%A9bec%20repose,un%20acc%C3%A8s%20libre%20au%20patrimoine%20minier%20du%20Qu%C3%A9bec&lt;/a&gt;. - 31 septembre 20/0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi sur les mines pr&#233;vaut sur un grand nombre d'autres lois qu'elle contredit et d&#233;savoue de moult fa&#231;ons. Elle entre en conflit avec la Loi sur le d&#233;veloppement durable, avec la Loi sur les comp&#233;tences municipales, avec la Loi sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme, avec les droits constitutionnels des peuples autochtones, etc. Elle permet aussi d'&#233;chapper, dans la grande majorit&#233; des cas, &#224; l'examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). &#192; cela s'ajoute un abus tout aussi incroyable : la Loi sur les mines, que l'on peut qualifier de loi sc&#233;l&#233;rate, bloque explicitement l'acc&#232;s du public &#224; toute information concernant les droits d'exploitation conc&#233;d&#233;s &#224; l'industrie mini&#232;re (art. 215 et 228).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la Loi sur les mines endosse de facto le postulat &#8211; jamais d&#233;montr&#233; &#8211; que l'appropriation et l'exploitation &#171; libres &#187; de la ressource min&#233;rale par l'entreprise priv&#233;e constituent ce qu'il y a de meilleur pour l'int&#233;r&#234;t public. C'est en vertu de cette prise de position biais&#233;e que le free mining a pr&#233;s&#233;ance absolue sur toutes les autres activit&#233;s et utilisations du territoire. Voil&#224; la vraie cause des abus d&#233;nonc&#233;s par Madame Kirouac et le Comit&#233; de vigilance de Malartic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi venue du Far West am&#233;ricain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il s'est agit de r&#233;glementer l'exploitation mini&#232;re au Canada et au Qu&#233;bec, les gouvernements se sont inspir&#233;s d'une l&#233;gislation californienne du milieu du XIXe si&#232;cle. En 1848, d'importants gisements d'or sont d&#233;couverts en Californie, jusque-l&#224; territoire mexicain. Cette m&#234;me ann&#233;e, les &#201;tats-Unis ach&#232;vent la conqu&#234;te de tout le Nord du Mexique, dont la Californie. C'est la continuation de la Conqu&#234;te de l'Ouest, ce processus d'appropriation par la force d'un immense et riche territoire. Avant que la Californie ne devienne officiellement le 31e &#201;tat des &#201;tats-Unis, en 1850, ce lointain territoire se trouve pratiquement sans gouvernement et sans cadre l&#233;gislatif. C'est dans ce vide juridique d'un &#201;tat en structuration que les 40 000 prospecteurs et aventuriers de cette premi&#232;re ru&#233;e vers l'or &#233;tablissent leurs propres r&#232;gles d'acc&#232;s au pr&#233;cieux m&#233;tal. C'est le principe du premier d&#233;couvreur qui s'impose. Le premier occupant place un claim sur le territoire qu'il r&#233;clame, en plantant des piquets qui en d&#233;limitent les fronti&#232;res. Quand au d&#233;but des ann&#233;es 1860, les autorit&#233;s gouvernementales seront en mesure de l&#233;gif&#233;rer, la pression sera si forte qu'elles se croiront dans l'obligation de fonder la loi des mines sur les normes et coutumes en vigueur, soit le free mining ou libre acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada-Uni (issu de la fusion du Bas-Canada et du Haut-Canada en 1840), lorsque les autorit&#233;s coloniales d&#233;cident de l&#233;gif&#233;rer, en 1864, le syst&#232;me de l'acquisition par claim, import&#233; de la Californie, s'est d&#233;j&#224; impos&#233; dans toute la colonie. La Loi concernant les mines d'or, consacre tout simplement le principe du libre acc&#232;s, nomm&#233; free entry par les l&#233;gislateurs. C'&#233;tait avant la Conf&#233;d&#233;ration. L'Acte de l'Am&#233;rique du Nord britannique, promulgu&#233;e en 1867, donne au Qu&#233;bec, devenue une province du nouveau Canada, pleine juridiction sur ses ressources mini&#232;res. En 1880, alors que l'industrie mini&#232;re a d&#233;j&#224; pris une certaine ampleur, le gouvernement du Qu&#233;bec juge le moment venu d'instaurer une l&#233;gislation plus englobante. Les politiciens d'alors, dont certains ont des int&#233;r&#234;ts dans les mines, ne voient rien de mieux que de copier &#224; la fois l'ancienne l&#233;gislation du Canada-Uni et celle en vigueur en Californie. C'est ainsi que la Loi g&#233;n&#233;rale des mines de Qu&#233;bec de 1880 consacre et l&#233;galise le principe du free mining.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, tous les gouvernements du Qu&#233;bec, de Taschereau &#224; Charest, en passant par Duplessis et Bouchard-Landry, pr&#233;f&#233;reront se plier aux exigences et int&#233;r&#234;ts du puissant lobby minier plut&#244;t que de d&#233;clarer ce riche patrimoine bien public inali&#233;nable et d'en faire profiter l'ensemble de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une incroyable facilit&#233; d'accaparement d'un bien public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, pour acqu&#233;rir un droit de propri&#233;t&#233; sur la ressource mini&#232;re, une compagnie n'a qu'&#224; placer un claim &#8211; r&#233;clamation - sur un territoire d&#233;termin&#233; o&#249; elle croit pouvoir trouver de l'or, de l'argent, du fer, du zinc, du titane, du cuivre, des diamants ou autres m&#233;taux dont regorge le sous-sol qu&#233;b&#233;cois. Le claim &#233;quivaut &#224; dire : &#171; Je r&#233;clame le droit exclusif d'exploiter et de m'approprier la substance min&#233;rale que rec&#232;le ce terrain &#187;. Cette r&#233;clamation s'adresse au gouvernement, propri&#233;taire en titre, au nom de la collectivit&#233;, de tout le sous-sol qu&#233;b&#233;cois. Automatiquement, le minist&#232;re des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) acquiesce. La compagnie se trouve ainsi en possession d'un droit minier. Par la suite, elle obtient facilement du MRNF un bail minier ou une concession mini&#232;re. Il s'agit d'un droit minier d&#233;fini par la loi comme un droit de propri&#233;t&#233; &#171; r&#233;el et immobilier &#187; (article 9) sur tout le minerai qui se trouve dans le gisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une compagnie peut placer un claim aussi bien sur les terres publics que sur un terrain priv&#233;. Un propri&#233;taire ne peut s'opposer &#224; l'intrusion sur son terrain d'un individu ou d'une entreprise en possession d'un droit minier. L'article 26 de la Loi stipule que &#171; nul ne peut interdire ou rendre difficile l'acc&#232;s &#224; un terrain contenant des substances min&#233;rales &#187;. La compagnie n'a pas besoin d'informer le propri&#233;taire ni d'obtenir son consentement pour y installer les infrastructures n&#233;cessaires &#224; l'exploration et &#224; l'exploitation. Si elle ne peut s'entendre &#224; l'amiable avec celui-ci, elle peut l'exproprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura not&#233; que la loi op&#232;re une distinction entre les droits de surface (droits fonciers) et les droits de sous-sol (droits tr&#233;fonciers). Comme le stipulaient les lois coloniales : le fonds est au seigneur, le tr&#233;fonds est au roi. Cette vieille tradition fait de toutes les ressources tr&#233;fonci&#232;res un bien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'obtient un claim ? Par jalonnement ou plus simplement par &#171; d&#233;signation sur carte &#187;. Le jalonnement consiste &#224; jalonner le territoire r&#233;clam&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; planter aux quatre coins du terrain &#171; claim&#233; &#187; des piquets munis d'une plaque bleue. Ces plaques s'acqui&#232;rent aupr&#232;s du minist&#232;re au co&#251;t modique d'une piastre chacune. La d&#233;signation sur carte, devenue le principal mode d'acquisition, est beaucoup plus simple. C'est la m&#233;thode du click and claim facilit&#233;e par GESTIM, un site internet mis &#224; disposition de l'industrie mini&#232;re, en 2001, par le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois. L'attribution des claims se fait sur la base du premier arriv&#233;, premier servi. Le co&#251;t est minime : 26$ pour moins de 25 hectares ; 52$ pour un claim de 25 &#224; 100 ha ; 78$ pour plus de 100 ha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Qu&#233;bec, un paradis pour les mini&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est le m&#234;me syst&#232;me ci-haut d&#233;crit qui s'est impos&#233; partout en Am&#233;rique du Nord. Toutefois, &#233;tant donn&#233; la connivence l&#233;gendaire qui s'est install&#233;e entre nos gouvernants et les barons de l'industrie mini&#232;re, la loi qu&#233;b&#233;coise sur les mines s'av&#232;re plus permissive que partout ailleurs. Les gouvernements des deux derni&#232;res d&#233;cennies, tous imbus de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale libre-&#233;changiste, redoublent de z&#232;le dans l'abandon de nos ressources au secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Institut Fraser, un think tank tr&#232;s conservateur, r&#233;alise chaque ann&#233;e un sondage aupr&#232;s des compagnies mini&#232;res pour conna&#238;tre leurs opinions concernant les l&#233;gislations les plus favorables &#224; l'exploration et &#224; l'exploitation dans les provinces et &#201;tats de diff&#233;rents pays du monde. Dans ce palmar&#232;s, le Qu&#233;bec se classe r&#233;guli&#232;rement au premier rang. Petite exception en 2010 : le Qu&#233;bec n'arrive qu'au troisi&#232;me rang. Il s'agit d'un simple coup de semonce : l'industrie n'aime pas qu'&#224; l'Assembl&#233;e nationale on discute de relever un brin les redevances... d&#233;j&#224; minimes ou nulles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2009, un rapport choc du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral r&#233;v&#232;le des chiffres qui s'av&#233;reraient incroyables, si nous n'&#233;tions habitu&#233;s &#224; nous laisser d&#233;poss&#233;der sans mot dire. De 2002 &#224; 2008, les compagnies mini&#232;res ont extrait du sol qu&#233;b&#233;cois des m&#233;taux pour une valeur de 17 milliards de dollars. Quatorze d'entre elles n'ont vers&#233; aucune redevance, et les autres n'ont remis au tr&#233;sor public que 259 millions de dollars. Soit deux fois moins que ce qu'il en a co&#251;t&#233; au gouvernement en infra-structures, en cr&#233;dits d'imp&#244;t et en all&#233;gements fiscaux de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trag&#233;die de Malartic, o&#249; des centaines de r&#233;sidants ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s de gr&#233; ou de force pour faire place &#224; une mine d'or &#224; ciel ouvert, est un cas embl&#233;matique des abus que permet la loi du Far West qui s&#233;vit au Qu&#233;bec. Incroyable mais vrai : avec l'approbation du gouvernement et la b&#233;n&#233;diction du BAPE, la multinationale Osisko a &#171; claim&#233; &#187; tout un quartier d'une ville...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le gaz de schiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole et le gaz naturel tombe &#233;galement sous la juridiction de la Loi sur les mines, que celle-ci consid&#232;re comme des &#171; substances min&#233;rales &#187;. Or, par substances min&#233;rales on entend non seulement les substances m&#233;talliques, mais aussi les substances organiques fossilis&#233;es, c'est-&#224;-dire le p&#233;trole et le gaz naturel (article 1). Cela explique pourquoi des compagnies, comme Talisman, fortes de la permissivit&#233; de la Loi sur les mines, peuvent se permettre d'explorer tout bonnement sur des terrains particuliers, sans la permission des propri&#233;taires et sans m&#234;me les en aviser. La loi leur permet aussi d'utiliser l'eau des alentours et m&#234;me, au besoin, de d&#233;vier des cours d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation du gaz de schiste comporte de nombreux probl&#232;mes et risques majeurs : utilisation et contamination de grandes quantit&#233;s d'eau ; injection de divers produits chimiques toxiques ; &#233;manation de gaz nocifs comme le radon et le m&#233;thane ; usage industriel des meilleures terres agricoles, etc. Malgr&#233; ces risques, un gouvernement irresponsable a d&#233;j&#224; octroy&#233;, &#224; l'insu du grand public, quelque 600 permis d'exploration &#224; des multinationales. Il avait m&#234;me soustrait cette industrie &#224; tout &#233;valuation d'impact environnemental. Mais durement sonn&#233; par les contestations que suscite l'effronterie des entrepreneurs, il vient de reculer... de toute &#233;vidence pour mieux avancer. En ce dimanche 29 ao&#251;t 2010, les deux ministres responsables des m&#233;faits de la loi annoncent que le BAPE proc&#233;dera &#224; des audiences publiques sur l'exploitation du gaz de schiste. Pendant ce temps, l'exploration pourra continuer. Car pas question de moratoire ! Dans le plus pur style r&#233;publique banani&#232;re, la ministre Normandeau d&#233;clare : &#171; Nous ne voulons pas d'un moratoire qui ferait fuir l'industrie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tr&#233;fonds du probl&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fin fond du probl&#232;me, c'est la philosophie du free mining qui sous-tend la Loi sur les mines. Une loi qui permet &#224; nos gouvernants de livrer une richesse collective &#224; des entreprises priv&#233;es pour un plat de lentilles. Les lentilles, ce sont ces &#171; jobs de porteurs d'eau et de scieurs de bois &#187; consid&#233;r&#233;s par des gouvernants paresseux comme un moyen facile de combattre le ch&#244;mage r&#233;gional. Et pourtant : ces &#233;normes richesses que rec&#232;le le sous-sol qu&#233;b&#233;cois sont un bien collectif, tout comme la ressource hydro-&#233;lectrique d&#233;mocratiquement rapatri&#233;e en 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nationalisation de l'&#233;lectricit&#233;, est-ce que c'est possible ? &#187; C'est la question que Ren&#233; L&#233;vesque a pos&#233;e alors &#224; des &#233;conomistes qu&#233;b&#233;cois, dont Jacques Parizeau. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; tous les aspects de la question, ils ont eu la comp&#233;tence et le courage de dire oui. Tous les gouvernements du Qu&#233;bec ant&#233;rieurs &#224; celui de Jean Lesage - exception faite de l'intervention initiale d'Ad&#233;lard Godbout en 1944 - avaient laiss&#233; les compagnies priv&#233;es s'emparer de la ressource hydraulique &#224; leur guise et profit. En 1961, quand L&#233;vesque prend en charge le nouveau minist&#232;re des Richesses naturelles, il fait deux constats. Premi&#232;rement, que le secteur minier est &#171; litt&#233;ralement sous occupation &#233;trang&#232;re &#187; et qu'il &#171; allait t&#226;cher de le rapatrier peu &#224; peu &#187;, ce qu'il commencera &#224; faire en 1965 par la cr&#233;ation de la Soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise d'exploration mini&#232;re (SOQUEM). Deuxi&#232;mement, il constate que le secteur hydraulique exploit&#233; par 46 entreprises, dont une demi-douzaine de potentats de l'&#233;lectricit&#233;, constitue &#171; un fouillis invraisemblable et co&#251;teux &#187;, anarchique et socialement injuste, qui laisse les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques mal desservies ou pas desservies du tout. Il en conclut qu'en toute dignit&#233;, seul l'&#201;tat peut et doit g&#233;rer cette ressource efficacement pour le bien-&#234;tre de toute la population et la promotion du d&#233;veloppement industriel et technologique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son autobiographie cit&#233;e ci-haut, Ren&#233; L&#233;vesque &#233;crit : &#171; J'entrepris donc de m'attaquer d'abord &#224; ce pan-l&#224; de notre d&#233;pendance &#187;. Il s'agissait de &#171; concevoir un plan de d&#233;colonisation pour le secteur hydro-&#233;lectrique &#187;. Il a r&#233;ussi gr&#226;ce &#224; une volont&#233; politique irr&#233;ductible, et cela &#224; l'encontre des &#233;lites &#233;conomiques et politiques qui s'y opposaient. Gr&#226;ce aussi &#224; l'appui de la population enfin inform&#233;e de ses droits. On conna&#238;t la suite : abondants b&#233;n&#233;fices en dignit&#233;, en d&#233;veloppement &#233;conomique et technologique et en contribution au Tr&#233;sor public. Selon le dernier budget gouvernemental, en 2009, Hydro-Qu&#233;bec a vers&#233; plus d'argent au Tr&#233;sor public (4,7 milliards de $) que l'ensemble des entreprises priv&#233;es (3,2 milliards), soit moins qu'elles en ont re&#231;u en subventions et all&#233;gements fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En finir avec une &#171; complicit&#233; criminelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, quelqu'un peut-il r&#233;pondre &#224; la question suivante : qu'est-ce qui nous emp&#234;che, &#224; nous tous qui &#171; avons tol&#233;r&#233; trop longtemps les abus de la Loi sur les mines &#187;, de r&#233;clamer la r&#233;appropriation de ce bien collectif que sont nos ressources mini&#232;res ? Qu'est-ce qui emp&#234;che notre &#201;tat - &#171; l'&#201;tat, c'est nous ! &#187;, clamait Jean Lesage au temps du Ma&#238;tres chez nous - de reprendre le contr&#244;le de ce bien collectif, dont le Qu&#233;bec a besoin pour financer ses acquis sociaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;ditorialiste du Devoir, non connu comme journaliste de gauche, affirme, apr&#232;s avoir rappeler que ces ressources appartiennent &#224; tous, que &#171; laisser des compagnies les exploiter sans attendre autre chose en retour que des jobs temporaires, c'est faire preuve d'une complicit&#233; criminelle dans le pillage de la rente due aux g&#233;n&#233;rations futures &#187; (Jean-Robert Sansfa&#231;on, Le Devoir, le 19 mai 2010). Une rente due &#224; la pr&#233;sente g&#233;n&#233;ration &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel parti incarnera le courage politique d'un Ren&#233; L&#233;vesque pour rompre avec cette &#171; complicit&#233; criminelle &#187; et achever la t&#226;che par lui entreprise de rapatrier le secteur minier, comme il l'a &#233;t&#233; fait pour le secteur hydraulique ? Qui reprendra le flambeau du Ma&#238;tres chez nous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronique d'une sale guerre imp&#233;riale contre le Venezuela</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-sale-guerre-imperiale-contre-le-Venezuela</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-sale-guerre-imperiale-contre-le-Venezuela</guid>
		<dc:date>2019-04-16T11:57:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-04-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2019/04/12 | tir&#233; de l'Aut'journal &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette histoire &#233;pique commence avec l'&#233;lection d'Hugo Chavez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela, en d&#233;cembre 1998. Elle se transforme en une sale guerre de d&#233;stabilisation avec l'arriv&#233;e de Donald Trump &#224; la Maison-Blanche, en janvier 2017. Elle prend des allures de guerre froide avec le d&#233;barquement des Russes &#224; Caracas, en mars 2019. &lt;br class='autobr' /&gt; Chavez a mis sa pr&#233;sidence sous l'&#233;gide de Simon Bolivar, le Libertador, celui qui a lib&#233;r&#233; le Venezuela du joug de l'empire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton38761-ea1cc.png?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2019/04/12 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire &#233;pique commence avec l'&#233;lection d'Hugo Chavez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela, en d&#233;cembre 1998. Elle se transforme en une sale guerre de d&#233;stabilisation avec l'arriv&#233;e de Donald Trump &#224; la Maison-Blanche, en janvier 2017. Elle prend des allures de guerre froide avec le d&#233;barquement des Russes &#224; Caracas, en mars 2019.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chavez a mis sa pr&#233;sidence sous l'&#233;gide de Simon Bolivar, le Libertador, celui qui a lib&#233;r&#233; le Venezuela du joug de l'empire espagnol. Il promet de r&#233;aliser la seconde ind&#233;pendance du pays. Cette fois, contre l'empire &#233;tats-unien. Et il annonce son intention de renverser l'ordre n&#233;olib&#233;ral. On comprend qu'&#224; une telle enseigne, Chavez devient aussit&#244;t la b&#234;te noire des &#201;tats-Unis, qui vont lui livrer une guerre sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cet acharnement contre un pays, somme toute, inoffensif ? Pour deux raisons : le p&#233;trole dont le Venezuela d&#233;tient les plus grandes r&#233;serves au monde, et l'exemple d'une r&#233;volution politique, &#233;conomique et sociale dont il faut &#233;viter la propagation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien analyser et comprendre cette situation, il faut d'abord conna&#238;tre les faits, leur encha&#238;nement et leurs cons&#233;quences. Les m&#233;dias conventionnels ne vont pas dans ce sens. Trop souvent, journalistes et chroniqueurs se contentent de r&#233;percuter le discours des politiciens et des grandes agences de presse : Maduro est un dictateur, sa mauvaise gestion de l'&#233;conomie a produit une inflation d&#233;sastreuse de 11 000 000 %, un manque de nourriture et de m&#233;dicaments. Et le reste. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; l'importance d'un aut' journal qui rapporte patiemment les faits, leur d&#233;roulement et leurs cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sous le gouvernement d'Hugo Chavez (1998-2013) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Le 6 d&#233;cembre 1998 : Hugo Chavez est &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique avec 56 % des voix. D&#232;s le premier jour, il promet un gouvernement r&#233;volutionnaire et annonce que le peuple aura &#224; se prononcer par r&#233;f&#233;rendum sur la convocation d'une Assembl&#233;e constituante pour l'&#233;laboration d'une Constitution novatrice. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Novembre 1999 : l'Assembl&#233;e constituante accouche d'une Constitution progressiste ; elle reconna&#238;t le r&#244;le de l'entreprise priv&#233;e, des investissements publics et des coop&#233;ratives ; dans cette &#233;conomie plurielle, l'&#201;tat exercera une fonction r&#233;gulatrice ; elle pr&#233;voit une nouvelle r&#233;forme agraire et pr&#233;conise l'autosuffisance alimentaire ; enfin, elle modifie le nom officiel du Venezuela qui devient la R&#233;publique bolivarienne du Venezuela. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Avril 2001 : au Sommet des Am&#233;riques tenu &#224; Qu&#233;bec, Chavez est le seul des 34 chefs d'&#201;tat et de gouvernement &#224; s'opposer ouvertement au projet de la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA) con&#231;u et promu par les &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Avril 2002 : coup d'&#201;tat concoct&#233; par l'oligarchie locale avec le concours de l'Agence &#233;tats-unienne de renseignement, la CIA ; Chavez est enlev&#233; manu militari et fait prisonnier ; deux jours plus tard, une gigantesque mobilisation populaire chasse les putschistes du Palais pr&#233;sidentiel et r&#233;tablit Chavez dans ses fonctions. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Ao&#251;t 2004 : r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire &#8211; comme le permet la Constitution &#8211; demand&#233; par les parties de droite ; Chavez l'emporte haut la main. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Mars 2013 : d&#233;c&#232;s d'Hugo Chavez &#224; l'&#226;ge de 59 ans. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sous le gouvernement de Nicolas Maduro (2013- ) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Avril 2013 : Nicolas Maduro est &#233;lu pr&#233;sident. Les &#201;tats-Unis n'ont pu d&#233;loger le charismatique Hugo Chavez, mais ils ont d&#233;cid&#233; d'en finir avec son successeur. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; D&#233;cembre 2014 : le Congr&#232;s &#233;tats-unien vote la loi 113-287 intitul&#233;e &#171; Loi publique de d&#233;fense des droits de l'Homme et de la soci&#233;t&#233; civile au Venezuela &#187;. Cette loi invite &#224; prendre des mesures coercitives unilat&#233;rales contre le Venezuela dans les domaines &#233;conomiques, financiers et commerciaux. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; D&#233;but 2015 : les trois principales agences de notation des &#201;tats-Unis abaissent &#224; r&#233;p&#233;tition la cote de solvabilit&#233; du Venezuela ; ces mesures et autres blocus financiers entravent l'acc&#232;s du Venezuela aux financements internationaux. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Mars 2015 : le pr&#233;sident d&#233;mocrate Barack Obama sort de son chapeau un d&#233;cret pr&#233;sidentiel d&#233;clarant le Venezuela &#171; une menace inhabituelle et extraordinaire pour la s&#233;curit&#233; nationale et la politique ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Juillet 2017 : Trump d&#233;clare : &#171; C'est le pays [le Venezuela] contre lequel nous devrions &#234;tre en guerre, ils ont tout ce p&#233;trole et ils sont juste &#224; c&#244;t&#233; de nous &#187;. Et il multiplie les tweets belliqueux : &#171; Je ne vais pas exclure une action militaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Ao&#251;t 2017 : cr&#233;ation du Groupe de Lima qui rassemble 13 pays latino-am&#233;ricains auquel se joint, par un exc&#232;s de suivisme, le Canada de Justin Trudeau ; le but du Groupe est de d&#233;l&#233;gitimer le gouvernement Maduro. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Ao&#251;t 2017 : Donald Trump signe le d&#233;cret pr&#233;sidentiel 13808 intitul&#233; : &#171; Imposition de sanctions additionnelles &#224; propos de la situation au Venezuela &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Ao&#251;t 2018 : tentative d'assassinat du pr&#233;sident Maduro au moyen de drones bourr&#233;s d'explosifs. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 23 Janvier 2019 : Juan Guaido, chef d'un petit parti d'extr&#234;me droite et pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale, s'autoproclame pr&#233;sident de la R&#233;publique. &#192; l'appel des &#201;tats-Unis, 50 gouvernements, dont celui de Justin Trudeau, reconnaissent la l&#233;gitimit&#233; de l'usurpateur. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 24 Janvier 2019 : la majorit&#233; des membres de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) se prononce contre la destitution du pr&#233;sident Maduro. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 26 janvier 2019 : le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies se prononce contre la reconnaissance de Juan Guaido comme pr&#233;sident par int&#233;rim du Venezuela. &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 19 mars : lors d'une r&#233;union extraordinaire, &#224; Rome, le sous-ministre des Relations internationales de Russie avertit Elliott Abrams, responsable &#233;tats-unien du renversement de Maduro, que Moscou ne tol&#233;rera pas une intervention militaire des &#201;tats-Unis au Venezuela : &#224; bon entendeur, salut ! &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 26 mars 2019 : le commandant en chef adjoint des forces terrestres de Russie d&#233;barque &#224; Caracas accompagn&#233; de 99 militaires ; deux avions-cargo suivent charg&#233;s d'&#233;quipements militaires. (On a cru remarquer qu'&#224; partir de cette date Trump a mod&#233;r&#233; ses &#233;lans belliqueux.) &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 2 avril 2019 : l'Assembl&#233;e constituante vote en faveur de poursuites p&#233;nales contre Juan Guaido pour avoir usurp&#233; la fonction de pr&#233;sident de la R&#233;publique. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Fragilit&#233; de la r&#233;volution chaviste &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a &#233;t&#233; lanc&#233;e par un leader charismatique. C'est sa fragilit&#233;. Car, malheureusement, le charisme ne se transmet pas. Comment reprocher au successeur de Chavez de n'en point avoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse principale de la r&#233;volution chaviste, c'est la d&#233;pendance alimentaire, qui est rest&#233;e la m&#234;me qu'avant l'&#233;lection de Chavez, en 1998. Le Venezuela importe 70 % de sa nourriture. Cette grave d&#233;pendance s'av&#232;re d'autant plus aberrante que le Venezuela est une terre agricole. L'irruption de la manne p&#233;troli&#232;re, dans les ann&#233;es 1920, a rel&#233;gu&#233; la production agroalimentaire au dernier rang de l'&#233;conomie. D'ailleurs, l'aristocratie terrienne a toujours prioris&#233; une agriculture d'exportation, plut&#244;t qu'une agriculture vivri&#232;re destin&#233;e au march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En n&#233;gligeant cette disposition de la nouvelle Constitution, les dirigeants de la r&#233;volution chaviste ont oubli&#233; que la souverainet&#233; alimentaire est la premi&#232;re des souverainet&#233;s. Une faille qui ne justifie en rien l'agression imp&#233;rialiste, mais la facilite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression s'inscrit dans une politique &#233;trang&#232;re plus large, appel&#233;e la Doctrine Monroe, qui se r&#233;sume en trois mots : &#171; L'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains &#187;. &#201;nonc&#233;e, en 1823, par James Monroe, cinqui&#232;me pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, cette Doctrine constitue une d&#233;claration unilat&#233;rale d'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne sur les trois Am&#233;riques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sale guerre de d&#233;stabilisation que les &#201;tats-Unis m&#232;nent aujourd'hui contre le Venezuela n'est pas sans raviver la m&#233;moire de la quarantaine d'interventions perp&#233;tr&#233;e par l'Oncle Sam contre divers gouvernements d'Am&#233;rique latine. La plus connue et la plus sanglante demeure le renversement du pr&#233;sident du Chili, Salvador Allende, en 1973. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
jacquesbgelinas.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Legault loin d'&#234;tre &#224; la hauteur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Legault-loin-d-etre-a-la-hauteur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Legault-loin-d-etre-a-la-hauteur</guid>
		<dc:date>2019-01-22T13:26:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre, Qui brillait au soleil comme un fruit d&#233;fendu&#8230; Georges Moustaki &lt;br class='autobr' /&gt;
2019/01/18 | tir&#233; de l'Aut'Journal &lt;br class='autobr' /&gt; Sur la page de calendrier que nous venons de tourner, il est &#233;crit que l'humanit&#233; fait face aujourd'hui au plus grand d&#233;fi de son histoire. La priorit&#233; absolue est d'&#233;viter l'effondrement des &#233;cosyst&#232;mes qui ont permis l'&#233;panouissement de la vie dans ce merveilleux jardin appel&#233; la Terre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne conna&#238;t l'ampleur, ni la forme, ni le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton37513-5d4c4.png?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui brillait au soleil comme un fruit d&#233;fendu&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Moustaki&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2019/01/18 | tir&#233; de l'Aut'Journal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur la page de calendrier que nous venons de tourner, il est &#233;crit que l'humanit&#233; fait face aujourd'hui au plus grand d&#233;fi de son histoire. La priorit&#233; absolue est d'&#233;viter l'effondrement des &#233;cosyst&#232;mes qui ont permis l'&#233;panouissement de la vie dans ce merveilleux jardin appel&#233; la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne conna&#238;t l'ampleur, ni la forme, ni le moment du cataclysme annonc&#233;. Mais nous savons avec certitude que cela se produira quand la temp&#233;rature du globe aura franchi le cap fatidique de 1,5 degr&#233; par rapport &#224; ce qui existait avant l'&#232;re industrielle. De multiples &#233;tudes scientifiques et les ruades de plus en plus imp&#233;tueuses de la nature nous avisent que le point de bascule est proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies a, pour sa part, lanc&#233; un avertissement s&#233;v&#232;re : &#171; Nous avons deux ans pour r&#233;agir sous peine de cons&#233;quences d&#233;sastreuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la classe politique persiste dans la voie de l'aveuglement volontaire ou de l'ignorance crasse face &#224; cette &#233;vidence, la catastrophe se produira inexorablement. Si ce n'est de notre vivant &#224; nous, les babies boomers et les a&#238;n&#233;s, ce sera du vivant de nos enfants et de nos petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une omission impardonnable&#8230; mais r&#233;parable &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Legault, comment avez-vous pu ignorer tous ces avertissements ? Comment avez-vous pu commette l'erreur, ou plut&#244;t la faute, d'omettre l'enjeu climatique et, plus largement, l'enjeu &#233;cologique, dans la plateforme de votre parti... et dans le programme de votre gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but novembre, 500 artistes, scientifiques et personnalit&#233;s connues, suivis de 250 000 autres indign&#233;s, ont sign&#233; le Pacte pour la transition &#233;cologique. Les signataires s'engagent, chacun selon ses moyens et sa situation, &#224; poser des gestes concrets pour contrer le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gestes individuels ne suffiront pas. Rien ne remplacera une politique nationale coh&#233;rente, embrassant tous les aspects de l'enjeu environnemental. Le Pacte appelle donc Fran&#231;ois Legault, maintenant chef du gouvernement &#8211; et non pas seulement d'un parti &#8211; &#224; r&#233;parer cette impardonnable omission. Comment ? En pla&#231;ant l'enjeu &#233;cologique en t&#234;te des priorit&#233;s de son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvais augures &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Premier ministre, &#233;coutez ce pressant appel de la population. Arr&#234;tez l'&#233;largissement et la construction d'autoroutes. Rayez de vos politiques la construction d'un troisi&#232;me lien entre L&#233;vis et la Vieille Capitale, qui ne fera qu'augmenter la congestion routi&#232;re. Mettez un frein &#224; l'agrandissement continu du parc automobile, quand il faudrait le diminuer de fa&#231;on drastique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Devoir du 4 janvier 2019 nous apprend qu'au lieu de verdir sa politique, votre gouvernement vient d'ouvrir la porte &#224; un premier projet d'exploitation p&#233;troli&#232;re en sol qu&#233;b&#233;cois. Autre mauvais augure : votre gouvernement vient d'autoriser la circulation des motoneiges sur le sentier Caribou, dans le Parc national du Mont-Tremblant. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Quand les jeunes interpellent la classe politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greta Thunderg, jeune Su&#233;doise de 15 ans, a apostroph&#233; les repr&#233;sentants de 196 pays &#224; la 24e Conf&#233;rence de l'ONU sur le climat, en Pologne, le 14 d&#233;cembre dernier. Elle reproche aux dirigeants actuels de laisser un h&#233;ritage d&#233;sastreux aux jeunes de sa g&#233;n&#233;ration et aux g&#233;n&#233;rations &#224; venir : &lt;i&gt;&#171; En 2078, je c&#233;l&#233;brerai mon 75e anniversaire et, si j'ai des enfants [&#8230;], peut-&#234;tre me parleront-ils de vous et me demanderont pourquoi vous n'avez rien fait quand il &#233;tait encore possible d'agir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e de l'automne dernier, Greta a organis&#233; une gr&#232;ve scolaire pour le climat, &#224; la suite de l'&#233;t&#233; le plus chaud jamais enregistr&#233; en Su&#232;de. Elle a pass&#233; un mois assise devant le Parlement su&#233;dois pendant les heures de cours. Elle voulait envoyer un message percutant aux candidats &#224; l'&#233;lection l&#233;gislative, dont aucun parti ne proposait des strat&#233;gies propres &#224; sauver la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, qui vient de faire son entr&#233;e au Congr&#232;s des &#201;tats-Unis, a d&#233;nonc&#233; la timidit&#233; de sa formation politique, le Parti d&#233;mocrate, en mati&#232;re de lutte contre les changements climatiques. La cheffe de la majorit&#233; d&#233;mocrate &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, Nancy Pelosi, a rappel&#233; &#224; l'ordre la jeune d&#233;put&#233;e, expliquant qu'une telle position s'av&#233;rait trop radicale et controvers&#233;e. Alexandria a r&#233;torqu&#233; du tic au tac : &lt;i&gt;&#171; S'il est radical de proposer une solution proportionnelle &#224; l'ampleur du probl&#232;me, qu'il en soit ainsi &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes du Qu&#233;bec &#8211; 35 ans et moins &#8211; ne sont pas en reste. Ils demandent aux tribunaux, par l'entremise du r&#233;seau Environnement Jeunesse, l'autorisation d'intenter une action collective contre le gouvernement canadien pour violation de leurs droits fondamentaux, en particulier leur droit &#224; la sant&#233;, &#224; la vie et &#224; la s&#233;curit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Monsieur le premier ministre, soyez &#224; la hauteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Premier ministre, depuis votre &#233;lection, vous avez su vous montrer compatissants, &#224; l'&#233;coute de vos concitoyennes et concitoyens. Montrez maintenant que vous &#234;tes un homme d'&#201;tat &#224; la hauteur de la crise existentielle de notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Investissez quelques milliards de dollars dans la cr&#233;ation d'un vaste r&#233;seau de transport collectif &#233;lectrifi&#233; pour desservir ad&#233;quatement toutes les r&#233;gions et les villes du Qu&#233;bec. Joignez-y un plan d'urbanisme et d'am&#233;nagement du territoire, car des villes &#233;tal&#233;es et mal con&#231;ues entra&#238;nent in&#233;vitablement une congestion des transports et une augmentation de la pollution de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites de Recyc-Qu&#233;bec une importante soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Objectif : la mise en valeur du gigantesque tas de mati&#232;res r&#233;siduelles, faussement appel&#233;es d&#233;chets. Au Qu&#233;bec, on r&#233;cup&#232;re un peu et on recycle encore moins. Au lieu de creuser toujours plus dans la cro&#251;te terrestre pour en extirper les ressources, pigeons dans ce tas de ressources exploitables, mais inexploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encouragez la souverainet&#233; alimentaire, l'agriculture biologique, les circuits courts, le commerce de proximit&#233;, plut&#244;t que le d&#233;mentiel libre-&#233;change plan&#233;taire des produits agroalimentaires. Incroyable : 50 % de notre nourriture vient de l'ext&#233;rieur, parcourant inutilement des milliers de kilom&#232;tres avant de se trouver dans nos assiettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Legault, l'occasion vous est offerte de laisser votre marque dans l'histoire en relevant le d&#233;fi de la transition &#233;cologique. Comme Jean Lesage a marqu&#233; l'histoire, en cr&#233;ant l'&#201;tat social, rendez-vous c&#233;l&#232;bre en cr&#233;ant l'&#201;tat &#233;cologique. Sinon, on retiendra de vous que vous n'aurez &#233;t&#233; qu'un simple valet au service de la croissance des profits des grandes entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Des gouvernements poursuivis en justice pour inaction climatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la source de ce d&#233;sordre &#233;cologique plan&#233;taire, il y a l'avidit&#233; des multinationales et de leurs actionnaires, qui font passer les profits avant le climat. Mais, en derni&#232;re analyse, la cause se trouve dans l'inaction des gouvernements qui se d&#233;sint&#233;ressent de l'int&#233;r&#234;t public pour s'int&#233;resser prioritairement &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gare &#224; vous, MM. Legault et Trudeau ! Dans plusieurs pays, des jeunes &#233;veill&#233;s entreprennent des poursuites en justice contre leurs gouvernements pour inaction climatique. On observe de telles initiatives en Belgique, aux &#201;tats-Unis, en France, en Irlande, en Norv&#232;ge, au Royaume-Uni, en Suisse et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Pays-Bas, un tribunal a fait jurisprudence dans une premi&#232;re d&#233;cision juridico-climatique. Le 9 octobre dernier, la justice n&#233;erlandaise &#171; a condamn&#233; en appel le gouvernement &#224; rehausser tr&#232;s rapidement son ambition climatique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce jugement constitue une mise en garde pour les gouvernements du monde entier &#187;, a conclu Teresa Khan, codirectrice du R&#233;seau sur les litiges climatiques &#8211;&lt;i&gt; Climate Litigation Network &lt;/i&gt;&#8211; qui soutient des causes sur le climat et l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jacquesbgelinas.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des pilules empoisonn&#233;es dans le nouvel ALENA rebaptis&#233; AEUMC</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-pilules-empoisonnees-dans-le-nouvel-ALENA-rebaptise-AEUMC</link>
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		<dc:date>2018-10-30T12:33:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Libre-&#233;change</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous avons plac&#233; une pilule empoisonn&#233;e dans l'accord sign&#233; avec le Canada et le Mexique. Et nous pourrons faire de m&#234;me dans d'autres accords. &#187; (Agence Reuters, le 6 octobre 2018) &lt;br class='autobr' /&gt;
2018/10/23 |tir&#233; de l'Aut'journal &lt;br class='autobr' /&gt; C'est le secr&#233;taire au Commerce des &#201;tats-Unis, Wilbur Ross, qui &#233;met cette candide, mais brutale remarque &#224; propos de l'accord paraph&#233; le 30 septembre dernier. Et il se f&#233;licite d'avoir cr&#233;&#233; un pr&#233;c&#233;dent&#8230; avec la collaboration du Canada et du Mexique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le langage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Canada-" rel="directory"&gt;Canada&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Libre-echange-+" rel="tag"&gt;Libre-&#233;change&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH44/arton36623-02efc.jpg?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='44' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous avons plac&#233; une pilule empoisonn&#233;e dans l'accord sign&#233; avec le Canada et le Mexique. Et nous pourrons faire de m&#234;me dans d'autres accords. &#187; (&lt;i&gt;Agence Reuters&lt;/i&gt;, le 6 octobre 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2018/10/23 |tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le secr&#233;taire au Commerce des &#201;tats-Unis, Wilbur Ross, qui &#233;met cette candide, mais brutale remarque &#224; propos de l'accord paraph&#233; le 30 septembre dernier. Et il se f&#233;licite d'avoir cr&#233;&#233; un pr&#233;c&#233;dent&#8230; avec la collaboration du Canada et du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le langage financier anglo-saxon, une pilule empoisonn&#233;e &#8211;&lt;i&gt; poison pill &lt;/i&gt;&#8211; est une mesure de blocage qu'une compagnie applique pour &#233;viter d'&#234;tre aval&#233;e par une rivale en mal d'expansion. Dans le cas qui nous occupe, les &#201;tats-Unis veulent se prot&#233;ger contre le dragon chinois qui menace leur h&#233;g&#233;monie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pilule aurait &#233;t&#233; gliss&#233;e dans l'accord par les &#201;tats-Unis, &#224; la toute fin des n&#233;gociations. Depuis que le texte a &#233;t&#233; rendu public, les analystes y d&#233;couvrent d'autres granules empoisonn&#233;s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En acceptant d'avaler ces drag&#233;es toxiques, le gouvernement Trudeau a c&#233;d&#233; un pan important de la souverainet&#233; du Canada. &#171; Nous avons sacrifi&#233; notre ind&#233;pendance commerciale &#8211; et peut-&#234;tre diplomatique &#8211; sur l'autel de l'AEUMC &#187;, s'indigne le chroniqueur du &lt;i&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt;, Hugh Stephens (le 3 octobre 2018). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Une pilule empoisonn&#233;e pour contrer la mont&#233;e en puissance de la Chine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 32.10 du nouvel accord vise &#224; encadrer les &#233;ventuels accords commerciaux du Canada et du Mexique avec &#171; un pays qui n'est pas une &#233;conomie de march&#233; &#187;. &#192; cet &#233;gard, ledit article, qui vise &#233;videmment la Chine, impose deux obligations aux pays membres de l'AEUMC : &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Trois mois avant le d&#233;but des n&#233;gociations, en aviser les deux autres pays ;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 30 jours avant la signature de l'accord, permettre aux deux autres pays d'en r&#233;viser le texte int&#233;gral (&#171; to review the ful text of the agreement &#187;), y compris ses clauses les plus confidentielles.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pays qui ne remplira pas ces deux conditions sera bout&#233; hors de l'AEUMC et les deux autres pays, apr&#232;s un avis de six mois, se retireront de l'AEUMC pour conclure entre eux un accord bilat&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est de freiner la mont&#233;e en puissance de la Chine contre laquelle Donald Trump a engag&#233; une guerre commerciale. Il veut emp&#234;cher que le Canada et le Mexique ne penchent de l'autre c&#244;t&#233; de la Grande Muraille. Le Canada court donc le risque de se voir entra&#238;n&#233; par les &#201;tats-Unis dans un conflit majeur avec la Chine en passe de devenir &#8211; faut-il le rappeler ? &#8211; la premi&#232;re puissance &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;tats-Unis refusent de reconna&#238;tre la Chine comme une &#233;conomie de march&#233;. Et pourtant&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Press&#233; par les lobbies d'affaires, le pr&#233;sident Clinton signe, en octobre 2000, la Loi accordant &#224; la Chine le statut de Relations commerciales normales permanentes (&lt;i&gt;Permanent Normal Trade Relations&lt;/i&gt;). Le but est d'ouvrir la porte de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) &#224; la Chine. Les compagnies transnationales tr&#233;pignaient d'envie de d&#233;localiser leurs activit&#233;s dans ce pays pour profiter de sa main-d'&#339;uvre bon march&#233; et partir &#224; la conqu&#234;te d'un immense march&#233;. On ignorait ou on feignait d'ignorer que la Chine est une &#171; &#233;conomie &lt;strong&gt;socialiste&lt;/strong&gt; de march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 d&#233;cembre 2001, la Chine fait son entr&#233;e solennelle &#224; l'OMC. On avait fait miroiter l'id&#233;e que la Chine, une fois admise dans l'organisation, se plierait &#224; ses r&#232;gles. C'est le contraire qui s'est produit. Le dragon chinois a pli&#233; les r&#232;gles de l'OMC &#224; ses int&#233;r&#234;ts, en les contournant de toutes les fa&#231;ons possibles. L'&#201;tat chinois contr&#244;le, par exemple, toutes les banques et les grandes entreprises du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Une p'tite granule empoisonn&#233;e contre le syst&#232;me de gestion de l'offre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AEUMC comporte une pi&#232;ce jointe intitul&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Annexe bilat&#233;rale Canada-USA sur l'Agriculture &#187;&lt;/i&gt;. Cette annexe s'attaque &#224; la question du lait diafiltr&#233;, un hyperconcentr&#233; liquide de prot&#233;ine laiti&#232;re. Ce produit remplace de plus en plus le lait frais dans la fabrication des fromages industriels et des yogourts. Le processus d'ultrafiltration du lait a &#233;t&#233; invent&#233; par l'industrie laiti&#232;re &#233;tats-unienne pour contrer le syst&#232;me canadien de gestion de l'offre, profitant du fait que l'Agence canadienne des services frontaliers ne consid&#232;re pas ce produit comme du lait, mais comme un simple concentr&#233; de prot&#233;ines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, les producteurs laitiers canadiens contre-attaquent en fabriquant, eux aussi, du lait diafiltr&#233;. Ils le font reconna&#238;tre comme une nouvelle classe de lait : la classe 7. Ils s'entendent avec les grands transformateurs, comme Saputo et Parmalat, pour que ceux-ci accordent une pr&#233;f&#233;rence au lait diafiltr&#233; canadien moyennant un prix pr&#233;&#233;tabli, comp&#233;titif avec celui des &#201;tats-Unis. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annexe sur l'Agriculture impose au Canada trois obligations : 1) &#233;liminer la classe 7 de lait ; 2) &#233;liminer le prix pr&#233;&#233;tabli du lait diafiltr&#233; canadien, lequel devra &#234;tre fix&#233; par le march&#233; ; 3) comptabiliser ses exportations internationales globales de lait diafiltr&#233; et transmettre la totalit&#233; des donn&#233;es recueillies aux autorit&#233;s &#233;tats-uniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exigences font en sorte que le lait diafiltr&#233; n'est plus consid&#233;r&#233; comme du lait, et ne tombe plus, par cons&#233;quent, sous la gestion de l'offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En obligeant le Canada &#224; informer les &#201;tats-Unis du volume total de ses exportations de lait diafiltr&#233; &#224; l'&#233;tranger, les &#201;tats-Unis se donnent un droit de riposte : ils vont augmenter leurs exportations au Canada de lait frais en proportion des ventes internationales du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appert que les m&#234;mes r&#232;gles s'appliqueront pour le dindon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter, par ailleurs, que l'AEUMC oblige le Canada &#224; consentir aux &#201;tats-Unis une augmentation de 3,6% de ses exportations dans toutes les denr&#233;es agroalimentaires sous la gestion de l'offre : les produits laitiers, les &#339;ufs et la volaille. C'est une br&#232;che de plus qui s'ajoute &#224; celles ouvertes par l'Accord de libre-&#233;change global Canada-Union europ&#233;enne et par l'Accord de partenariat transpacifique. Une ouverture totale de 9%. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Une p'tite granule empoisonn&#233;e contre la souverainet&#233; mon&#233;taire du Canada &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 33 de l'AEUMC porte sur &lt;i&gt;&#171; Les politiques macro&#233;conomiques et les taux de change &#187;&lt;/i&gt;. Un autre pr&#233;c&#233;dent : c'est la premi&#232;re fois qu'un accord de n&#233;olibre-&#233;change s'immisce dans la question des devises et des taux de change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de ce chapitre, chacun des trois signataires s'engage &#224; : 1) laisser le march&#233; libre fixer les taux de change ; 2) ne pas manipuler les taux de change de sa devise en vue de rendre le pays plus comp&#233;titif dans ses exportations ; 3) transmettre aux deux autres parties un rapport trimestriel sur sa balance des paiements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un comit&#233; tripartite de surveillance mutuelle veillera &#224; la bonne ex&#233;cution de ces nouvelles r&#232;gles. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les le&#231;ons de cette acrimonieuse n&#233;gociation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre dernier, Justin Trudeau, devant un parterre de gens d'affaires &#224; Toronto, explique avoir appris quelque chose de cette p&#233;rilleuse aventure : &#171; La le&#231;on qu'il faut tirer de cette longue et acrimonieuse n&#233;gociation pour sauver l'accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain, c'est que le Canada est trop d&#233;pendant des &#201;tats-Unis pour ses exportations. &#187; (Le &lt;i&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt;, le 16 octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, tiens ! C'est exactement ce que les organisations de la soci&#233;t&#233; civile du Qu&#233;bec et du Canada tentent de faire comprendre &#224; nos d&#233;cideurs &#233;conomiques et politiques, depuis 30 ans : Il n'est pas bon pour le Canada de mettre trop de ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps n'est-il pas venu de d&#233;sacraliser ces accords de n&#233;olibre-&#233;change aujourd'hui mis en cause par les peuples, non seulement en Am&#233;rique du Nord, mais partout en Europe ? Non seulement par la soci&#233;t&#233; civile, mais par le gouvernement du pays qui en a &#233;t&#233; le principal protagoniste : les &#201;tats-Unis de Ronald Reagan devenu le pays de Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la place, les organisations de la soci&#233;t&#233; civile appellent &#224; construire un nouveau mod&#232;le socio-&#233;conomique, sur le socle de la coop&#233;ration internationale et de la souverainet&#233; de chaque nation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise existentielle dans le syst&#232;me du n&#233;olibre-&#233;change</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-existentielle-dans-le-systeme-du-neolibre-echange</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Crise-existentielle-dans-le-systeme-du-neolibre-echange</guid>
		<dc:date>2018-09-04T11:20:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-09-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2018/08/30 | tir&#233; de l'Aut'journal &lt;br class='autobr' /&gt;
Stup&#233;fiant renversement de situation : le pr&#233;sident du pays qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, a con&#231;u, promu et sign&#233; l'ALENA - l'accord type de n&#233;olibre-&#233;change &#8211; d&#233;clare aujourd'hui qu'il n'y croit plus. C'est &#171; le pire accord jamais conclu &#187;, clame Trump. Le libre-&#233;change, oui, mais transform&#233; &#224; l'avantage des &#201;tats-Unis : America first ! &lt;br class='autobr' /&gt; L'ordre n&#233;olibre-&#233;changiste, qui s'est impos&#233; &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, traverse une grave crise existentielle. Crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton35847-53d6b.png?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2018/08/30 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stup&#233;fiant renversement de situation : le pr&#233;sident du pays qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, a con&#231;u, promu et sign&#233; l'ALENA - l'accord type de n&#233;olibre-&#233;change &#8211; d&#233;clare aujourd'hui qu'il n'y croit plus. C'est &#171; le pire accord jamais conclu &#187;, clame Trump. Le libre-&#233;change, oui, mais transform&#233; &#224; l'avantage des &#201;tats-Unis : America first !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ordre n&#233;olibre-&#233;changiste, qui s'est impos&#233; &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, traverse une grave crise existentielle. Crise aliment&#233;e par les d&#233;r&#232;glements climatiques, la d&#233;gradation de notre habitat terrestre, la mont&#233;e scandaleuse des in&#233;galit&#233;s et la crise migratoire qui s'ensuit. Sa raison m&#234;me d'exister semble remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un objectif d&#233;mentiel pr&#233;sidait &#224; la mise en place de ce syst&#232;me. Domestiqu&#233;es par les lobbies des compagnies transnationales, les &#233;lites politiques d'Occident ont form&#233; le dessein d'organiser le monde comme un march&#233; unique, global et d&#233;r&#232;glement&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel syst&#232;me, aux dimensions plan&#233;taires, ne peut fonctionner que si les dirigeants des grandes puissances lui apportent un soutien sans failles. Ce n'est plus le cas. Les dirigeants actuels des &#201;tats-Unis, du Royaume-Uni, et de nombreux de pays de l'Union europ&#233;enne, dont l'Italie, n'y croient plus. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un s&#233;isme r&#233;v&#233;lateur &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tentant de consid&#233;rer l'opposition de Donald Trump &#224; l'ALENA, au trait&#233; de Partenariat trans-pacifique (PTP) et au n&#233;olibre-&#233;change en g&#233;n&#233;ral, comme une aberration. La lubie d'un homme d'affaires arriv&#233; par accident &#224; la pr&#233;sidence de la premi&#232;re puissance mondiale. Le ph&#233;nom&#232;ne Trump, c'est plut&#244;t l'aboutissement logique de 30 ans d'une guerre commerciale larv&#233;e, qui a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en une guerre commerciale mondiale, ouverte et fracassante. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#339;ud de tous les accords de n&#233;olibre-&#233;change, c'est la d&#233;r&#233;gulation financi&#232;re. Une man&#339;uvre qui laisse le champ &#224; la libre circulation transfrontali&#232;re des capitaux et des investissements. C'est la voie ouverte au d&#233;m&#233;nagement des entreprises d'un pays &#224; l'autre. Le but est de tirer les salaires vers le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex-pr&#233;sident de General Electric, Jack Welch, estimait que toutes grandes compagnies devaient se consid&#233;rer comme campant sur une grande barge, pr&#234;te &#224; voguer, &#224; tout moment, vers le pays o&#249; les salaires sont les plus bas, les imp&#244;ts minimes et les r&#232;glementations sociales et environnementales quasi absentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;conomie de la &#171; grande barge &#187; expose les salari&#233;s des pays riches &#224; une concurrence impossible avec la main-d'&#339;uvre bon march&#233; des pays sous-d&#233;velopp&#233;s ou &#233;mergents. Il en r&#233;sulte un syst&#232;me d'empoisonnement mutuel, comme c'est le cas entre les &#201;tats-Unis et le Mexique li&#233;s par l'ALENA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;ologues constatent que les tremblements de terre contribuent &#224; une meilleure connaissance de la cro&#251;te terrestre et des forces tectoniques qui la secouent. Ainsi, le s&#233;isme politico-&#233;conomique enclench&#233; par Trump fournit l'occasion de mieux comprendre la v&#233;ritable nature du capitalisme n&#233;olibre-&#233;changiste pr&#233;dateur, aujourd'hui &#233;branl&#233; par les alliances g&#233;opolitiques qui se nouent de l'autre c&#244;t&#233; du globe. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Pendant ce temps, en Asie&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre bout du monde, &#233;merge un autre type d'&#233;changes internationaux, capitalistes certes, mais plus coop&#233;ratif et respectueux de la souverainet&#233; des &#201;tats : le Partenariat &#233;conomique r&#233;gional global (PERG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PERG est une initiative de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ANASE), qui regroupe 10 pays de cette r&#233;gion : le Brunei, le Cambodge, l'Indon&#233;sie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Tha&#239;lande et le Vietnam. Fond&#233;e en 1967, l'ANASE a &#233;volu&#233; dans le sens d'une communaut&#233; politique, &#233;conomique et culturelle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des 10 &#201;tats susnomm&#233;s, le PERG rassemble six autres grands pays de la r&#233;gion : l'Australie, la Chine, la Cor&#233;e du Sud, l'Inde, le Japon et la Nouvelle-Z&#233;lande. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lanc&#233;es en 2012, les n&#233;gociations entre les 16 pays du groupe progressent lentement mais s&#251;rement. Beaucoup de difficult&#233;s &#224; aplanir entre des pays au pass&#233; colonial et au d&#233;veloppement si divers. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les deux projets, le PTP originel et le PERG, diff&#232;rent fondamentalement. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initiative des &#201;tats-Unis, le PTP visait &#224; imposer &#224; la r&#233;gion Asie-Pacifque l'ordre n&#233;o-libre-&#233;changiste. Le principal protagoniste de cet accord, le pr&#233;sident Obama, en avait candidement r&#233;v&#233;l&#233; l'objectif dans une d&#233;claration publi&#233;e par le Washington Post, le 22 janvier 2015 : &#171; Si nous n'imposons pas les r&#232;gles, la Chine les &#233;crira &#224; notre place dans la r&#233;gion. Nous serons alors exclus &#187;. Cons&#233;quent, Barack Obama avait fait du PTP le &#171; pivot &#187; de sa politique asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PERG vise le d&#233;veloppement &#233;conomique de ses membres par la libre coop&#233;ration, plut&#244;t que par la libre comp&#233;tition. Les n&#233;gociateurs partagent un souci manifeste de pr&#233;server les souverainet&#233;s nationales. La non-ing&#233;rence dans les affaires int&#233;rieures des &#201;tats membres est &#233;rig&#233;e en principe absolu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les diff&#233;rences entre le n&#233;olibre-&#233;change occidental et le partenariat asiatique en n&#233;gociation s'av&#232;rent significatives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; les conflits entre les investisseurs &#233;trangers et l'&#201;tat national se r&#232;gleront devant les tribunaux nationaux et non devant un tribunal supra-&#233;tatique ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; le PERG ne touche pas aux normes et l&#233;gislations nationales, contrairement au n&#233;olibre-&#233;change qui s'attaque aux barri&#232;res non tarifaires, c'est-&#224;-dire aux l&#233;gislation nationales ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; la lib&#233;ralisation des services publics se limite &#224; cinq secteurs : le transport a&#233;rien, les technologies de l'information et des communications, la sant&#233;, le tourisme et la logistique ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; la surprotection des brevets des multinationales est per&#231;ue comme une violation de souverainet&#233; et du droit d'acc&#232;s au patrimoine technologique de l'humanit&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; l'ouverture des march&#233;s publics aux investisseurs &#233;trangers demeure limit&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Le charme discret de la Chine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme not&#233; plus haut, le PERG est une initiative de l'ANASE, qui voulait r&#233;soudre les rivalit&#233;s entre la Chine et le Japon, d'une part, et la Chine et l'Inde, d'autre part. La Chine a rapidement &#233;merg&#233; comme leader naturel du groupe, mais suivant sa bonne vieille tradition diplomatique, elle reste discr&#232;te. Beijing n'a pas besoin d'imposer ses r&#232;gles ; sa masse &#233;conomique et d&#233;mographique lui conf&#232;re une capacit&#233; d'attraction qui la dispense de toute attitude autoritaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dispose par ailleurs de nombreux autres atouts pour &#233;tendre son influence et contrer celle des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, elle lance le gigantesque projet d'une nouvelle Route de la soie, renomm&#233;e Belt &amp; Road Initiative. L'objectif est de cr&#233;er un r&#233;seau de voies ferroviaires et de liaisons maritimes, destin&#233; &#224; relier la Chine &#224; l'Europe en passant par la Russie, l'Afrique, le Moyen-Orient et des dizaines de pays. &#192; ce jour, 68 &#201;tats ont confirm&#233; leur participation active, dont de proches alli&#233;s des &#201;tats-Unis, comme le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Au grand d&#233;plaisir de l'Oncle Sam. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2015, la Chine fait un pied de nez &#224; la Banque mondiale et au Fonds mon&#233;taire international, en cr&#233;ant la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures. La BAII compte 80 membres, avec une petite caisse 250 milliards de dollars. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'influence des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion n'est pas pr&#234;te de dispara&#238;tre. Cependant, la nouvelle dynamique impuls&#233;e par la Chine leur fait perdre progressivement de l'influence et du terrain, non seulement en Asie, mais dans le monde. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ren&#233; L&#233;vesque, le qu&#233;b&#233;cois visionnaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses m&#233;moires publi&#233;es en 1987, Ren&#233; L&#233;vesque &#233;crit : &#171; C'est Tokyo et bient&#244;t tout l'Orient qui vont succ&#233;der &#224; New York et Chicago. Apr&#232;s une greffe qui le transf&#233;ra nagu&#232;re de l'Europe en Am&#233;rique, le c&#339;ur du monde s'appr&#234;te &#224; r&#233;int&#233;grer son organisme originel. &#187; (Attendez que je me rappelle&#8230;, p. 168) &lt;br class='autobr' /&gt;
La Chine ne veut plus d&#233;pendre d'un Occident pr&#233;dateur qui l'a longtemps maltrait&#233;e. Pour cela, elle s'est mise en frais de cr&#233;er un autre mod&#232;le d'&#233;change et de communication entre les nations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce une bonne nouvelle pour l'humanit&#233; ? Et pour la Terre en d&#233;tresse ? Est-ce que les peuples auront leur mot &#224; dire dans ce grand basculement du monde ? Attendez que j'y r&#233;fl&#233;chisse&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
jacquesbgelinas.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un maquignonnage qui d&#233;bouche sur une guerre commerciale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-maquignonnage-qui-debouche-sur-une-guerre-commerciale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-maquignonnage-qui-debouche-sur-une-guerre-commerciale</guid>
		<dc:date>2018-06-12T12:01:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout &#231;a pour &#231;a ! Neuf longs mois de maquignonnage pour renipper l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA) au go&#251;t de Donald Trump. Mission impossible qui a mobilis&#233;, c&#244;t&#233; canadien, une arm&#233;e de hauts fonctionnaires, d'experts et de ministres, dirig&#233;e par l'intr&#233;pide ministre des relations internationales, Chrystia Freeland. Mais le commandant en chef de cette troupe d'&#233;lite, c'est Justin Trudeau anim&#233; d'une foi na&#239;ve et in&#233;branlable dans le n&#233;olibre-&#233;change. &lt;br class='autobr' /&gt;
2018/06/08 | tir&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-06-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-06-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton35179-d2204.jpg?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout &#231;a pour &#231;a ! Neuf longs mois de maquignonnage pour renipper l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA) au go&#251;t de Donald Trump. Mission impossible qui a mobilis&#233;, c&#244;t&#233; canadien, une arm&#233;e de hauts fonctionnaires, d'experts et de ministres, dirig&#233;e par l'intr&#233;pide ministre des relations internationales, Chrystia Freeland. Mais le commandant en chef de cette troupe d'&#233;lite, c'est Justin Trudeau anim&#233; d'une foi na&#239;ve et in&#233;branlable dans le n&#233;olibre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2018/06/08 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout &#231;a pour aboutir &#224; un affrontement qui a finalement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en une guerre commerciale qui s'annonce d&#233;vastatrice. Tout le monde va y perdre, surtout les travailleuses et les travailleurs et la classe moyenne, contrairement &#224; ce que pr&#234;chait et pr&#234;che encore le premier ministre canadien. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernie Sanders, un politicien qui ose rejeter le credo libre-&#233;changiste &lt;br class='autobr' /&gt;
En de telles circonstances, il est rafra&#238;chissant d'&#233;couter Bernie Sanders : ce qu'il pense des politiques commerciales de son pays et particuli&#232;rement de l'ALENA et du n&#233;olibre-&#233;change en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre Notre r&#233;volution, il raconte sa course &#224; la chefferie du Parti d&#233;mocrate, en vue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de novembre 2016. Une v&#233;ritable &#233;pop&#233;e. Comme il le souligne en introduction, &#171; l'enjeu, n'&#233;tait pas seulement l'&#233;lection d'un pr&#233;sident des &#201;tats-Unis&#8230; mais la transformation de l'Am&#233;rique &#187;. Lib&#233;rer les &#201;tats-Unis de l'emprise du conservatisme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernie Sanders n'a pas gagn&#233; l'investiture, mais il a &#233;branl&#233; les colonnes du temple de l'establishment du Parti d&#233;mocrate. Et il a enclench&#233; un mouvement progressiste in&#233;dit, qui a toutes les chances de se r&#233;percuter aux &#233;lections de mi-mandat, en novembre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de cette campagne historique, il a fait porter &#171; le d&#233;bat sur des questions que l'establishment cachait sous le tapis depuis trop longtemps &#187; : l'in&#233;galit&#233; de revenus et de richesses, les changements climatiques, l'appauvrissement de la classe moyenne, le d&#233;ni des soins de sant&#233; pour les pauvres et, surtout, &#171; les politiques commerciales d&#233;sastreuses &#187; pour le monde ouvrier, la classe moyenne&#8230; et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; nous invite &#224; relever et commenter cette question des politiques commerciales d&#233;sastreuses, alors que la ren&#233;gociation rocambolesque de l'ALENA d&#233;bouche sur une guerre commerciale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;nonciation des politiques commerciales, promues et sign&#233;es par les &#201;tats-Unis depuis les ann&#233;es 1980, Sanders &#233;trille particuli&#232;rement l'ALENA et le PTP, l'Accord de partenariat transPacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cite le pr&#233;sident Clinton qui, en 1993, &#171; promettait que l'accord commercial avec le Mexique et le Canada cr&#233;erait un million d'emplois dans les cinq premi&#232;res ann&#233;es &#187; (p. 333).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, en 24 ans, l'accord a contribu&#233; &#224; la perte &#171; de 4,8 millions d'emplois industriels correctement pay&#233;s &#187;. Pr&#232;s de 60 000 compagnies &#233;tats-uniennes ont d&#233;m&#233;nag&#233; au Mexique, en Chine, au Bangladesh ou dans d'autres pays &#171; o&#249; le travail co&#251;te le moins cher, o&#249; les imp&#244;ts sont les plus bas, et les protections de l'environnement les plus faibles &#187; (p.326).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle &#231;a la d&#233;localisation. C'est le n&#339;ud du probl&#232;me. Qu'est-ce qui permet et facilite la d&#233;localisation des entreprises ? La d&#233;r&#232;glementation &#8211; ou non-r&#233;glementation &#8211; consid&#233;r&#233;e comme la premi&#232;re r&#232;gle disciplinaire du n&#233;olibre-&#233;change. L'objectif : un march&#233; mondial libre de toute r&#233;glementation. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Donald Trump, le libre-&#233;changiste schismatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donald Trump croit dans le libre-&#233;change, mais un libre-&#233;change appr&#234;t&#233; &#224; la sauce USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit de ce pr&#233;sident qu'il est impr&#233;visible, versatile, erratique, inconstant&#8230; Mais il est un point sur lequel il n'a jamais vari&#233; : America first ! Les &#201;tats-Unis premiers envers et contre tous. Qu'il s'agisse de voisins, d'alli&#233;s ou d'ennemis, Trump veut des relations commerciales toujours &#224; l'avantage des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la campagne pr&#233;sidentielle, il a d&#233;nonc&#233; lui aussi les effets n&#233;fastes de l'AL&#201;NA et du PTP pour la classe ouvri&#232;re et la classe moyenne de son pays. On comprend cependant que Trump n'est pas contre le n&#233;olibre-&#233;change, ni contre le n&#233;olib&#233;ralisme. S'il a exig&#233; la ren&#233;gociation de l'ALENA, c'&#233;tait pour signer un autre accord du m&#234;me acabit, mais &#224; l'avantage des &#201;tats-Unis. En clair, il veut un accord pr&#233;dateur, qui prend aux pauvres et &#224; la petite classe moyenne du Mexique et du Canada, pour donner aux riches et aux compagnies transnationales des &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, ce qui int&#233;resse Trump, c'est la multiplication d'accords commerciaux bilat&#233;raux, avec un seul pays &#224; la fois, afin de profiter de plus faibles que les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, les n&#233;gociations commerciales qu'il poursuit avec la Chine le contrarient et l'&#233;tourdissent. Il a rencontr&#233; plus fort et plus malin que lui dans l'instrumentalisation des accords de n&#233;olibre-&#233;change. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La perversion des consciences &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, les coups port&#233;s contre le n&#233;olibre-&#233;change viennent aussi bien de la droite que de la gauche, quoique pour des raisons diff&#233;rentes. Peu &#224; peu la croyance dans le n&#233;olibre-&#233;change s'effrite. Mais comme toutes les croyances, celle-ci peut r&#233;sister &#224; l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets pervers du n&#233;olibre-&#233;change sont aujourd'hui bien connus et reconnus : d&#233;gradation de l'environnement, creusement des in&#233;galit&#233;s, d&#233;molition insidieuse de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas &#234;tre accabl&#233; par l'irresponsabilit&#233; de nos dirigeants politiques qui endossent et d&#233;fendent ce syst&#232;me d&#233;l&#233;t&#232;re, fond&#233; sur la comp&#233;tition, l'affrontement et la destruction de l'environnement, plut&#244;t que sur la coop&#233;ration, la solidarit&#233; et la protection de notre habitat terrestre ? Comment l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale a-t-elle pu pervertir &#224; ce point la conscience des &#233;lites &#233;conomiques et politiques qui pr&#233;sident aujourd'hui aux destins des peuples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre r&#233;cent intitul&#233; Le totalitarisme pervers, Alain Deneault montre comment s'est op&#233;r&#233;e de fa&#231;on voulue et syst&#233;matique la corruption des consciences permettant &#224; la p&#233;troli&#232;re Total de poursuivre ses pratiques totalitaires. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Vivement, remettre le monde &#224; l'endroit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il une alternative r&#233;aliste et r&#233;alisable &#224; ces politiques commerciales d&#233;sastreuses ? Sanders a indiqu&#233; la voie : la r&#233;ponse ne peut venir que de la base. &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce sens, les principes &#233;nonc&#233;s par les organisations de la soci&#233;t&#233; civile du Qu&#233;bec, regroup&#233;es sous le R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois d'int&#233;gration continentale (RQIC), visent &#224; remettre le monde &#224; l'endroit. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Premier principe : extirper des accords commerciaux internationaux les r&#232;gles disciplinaires du n&#233;olib&#233;ralisme : d&#233;r&#232;glementation, privatisation, ouverture d&#233;brid&#233;es des fronti&#232;res, flexibilit&#233; du travail, primaut&#233; du march&#233; sur le politique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Deuxi&#232;me principe : consid&#233;rer tout accord &#233;conomique comme un outil de compl&#233;mentarit&#233; et de coop&#233;ration, plut&#244;t qu'une vaste entreprise de mise en comp&#233;tition de tous contre tous, ce qui, on le voit, m&#232;ne infailliblement &#224; la guerre &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Troisi&#232;me principe : porter secours aux nations en voie de d&#233;veloppement ou sous-d&#233;velopp&#233;es, toutes anciennes colonies pendant longtemps pill&#233;es et d&#233;poss&#233;d&#233;es de leurs ressources mat&#233;rielles et humaines, comme ce fut le cas particuli&#232;rement en Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Quatri&#232;me principe : promouvoir et favoriser la souverainet&#233; alimentaire dans tous les pays ; cons&#233;quemment, interdire que les pays en surproduction agroalimentaire ne d&#233;versent leurs surplus dans les pays pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Cinqui&#232;me principe : favoriser la production locale, l'achat chez nous et les circuits commerciaux courts, seule fa&#231;on de prot&#233;ger l'environnement, les ressources et la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de ce que signalent ces cinq balises ne se situe hors du faisable. Il n'y manque que la volont&#233; politique qui ne pourra &#234;tre infl&#233;chie dans le sens indiqu&#233; que par une forte et persistante mobilisation de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. L'ALENA entr&#233; en vigueur le 1er janvier 1994 a &#233;t&#233; sign&#233; en d&#233;cembre 1992 par Bush p&#232;re, Mulroney et de Gortari. - Le PTP, qui r&#233;unissait 12 pays du Bassin du Pacifique, dont les &#201;tats-Unis et le Canada, a &#233;t&#233; sign&#233; le 4 f&#233;vrier 2016. D&#233;chir&#233; par le pr&#233;sident Trump, d&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, il a &#233;t&#233; ren&#233;goci&#233; par les 11 autres pays membres, puis re-sign&#233; le 8 mars 2018, sous un nouveau nom tape-&#224;-l'&#339;il : Accord de partenariat transpacifique, global et progressiste (PTPGP). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>Un ordre commercial mondial en d&#233;sordre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-ordre-commercial-mondial-en-desordre</link>
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		<dc:date>2018-05-15T01:00:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2018/05/11 | tir&#233; de l'Aut'journal &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous vivons le moment le plus dangereux depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. [&#8230;] L'ordre commercial mondial que le Canada a contribu&#233; &#224; mettre en place est en p&#233;ril. &#187; (La Presse canadienne, le 4 avril 2018) La ministre des Relations internationales, Chrystia Freeland, lance un cri d'alarme. Elle se d&#233;m&#232;ne depuis six mois pour rafistoler l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA) au go&#251;t de l'erratique pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. Mais comment faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton34804-4812c.png?1674678764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2018/05/11 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous vivons le moment le plus dangereux depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. [&#8230;] L'ordre commercial mondial que le Canada a contribu&#233; &#224; mettre en place est en p&#233;ril. &#187; (La Presse canadienne, le 4 avril 2018) La ministre des Relations internationales, Chrystia Freeland, lance un cri d'alarme. Elle se d&#233;m&#232;ne depuis six mois pour rafistoler l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA) au go&#251;t de l'erratique pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. Mais comment faire pour plaire &#224; Trump sans trop d&#233;plaire aux travailleurs et agriculteurs canadiens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux origines d'un ordre commercial mondial aujourd'hui d&#233;sordonn&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre commercial mondial, que d&#233;fend d&#233;sesp&#233;r&#233;ment la ministre canadienne, est un ordre fond&#233; sur le libre commerce et la libre concurrence entre toutes les nations grandes ou petites, riches ou pauvres, dominantes ou domin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontons &#224; la source de cette fondation effectu&#233;e au plus creux de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale (1939-1945). Une initiative des &#201;tats-Unis devenus, &#224; la faveur de cette catastrophe, la premi&#232;re puissance &#233;conomique et commerciale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1941. Alors que les cannons crachent le feu en Europe et que Londres flambe sous les bombes nazies, les deux leaders du &#171; monde libre &#187; encore debout, Roosevelt et Churchill, se rencontrent sur un cuirass&#233; anglais, au large de Terre-Neuve. &#192; l'ordre du jour, la r&#233;organisation de la g&#233;opolitique mondiale et la restructuration des &#233;changes &#233;conomiques internationaux. Roosevelt arrive sur le navire avec son plan en t&#234;te. Il doit arracher &#224; son vieil ami un renoncement d&#233;chirant : la fin des relations privil&#233;gi&#233;es que l'Angleterre entretient avec ses colonies. En clair, la fin du British Empire. Churchill se rebiffe. Dans cet &#233;change historique entre deux titans, Roosevelt dicte les nouvelles r&#232;gles du jeu avec l'assurance de celui qui d&#233;tient le gros bout du b&#226;ton. &#171; Naturellement, dit-il, une fois la guerre termin&#233;e, une des conditions premi&#232;res d'une paix durable doit &#234;tre une plus grande libert&#233; de commerce. La structure de la paix r&#233;clame l'&#233;galit&#233; des peuples. L'&#233;galit&#233; des peuples implique la libert&#233; de commerce. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angleterre est &#224; bout de souffle et de ressources. Pour continuer de r&#233;sister &#224; l'envahisseur nazi, elle a un besoin pressant de l'aide des &#201;tats-Unis. Churchill n'a d'autre choix que d'obtemp&#233;rer aux r&#232;gles &#233;dict&#233;es par le nouveau ma&#238;tre du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 ao&#251;t 1941, la Charte de l'Atlantique est sign&#233;e et rendue publique. Le point IV stipule que les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni se sont mis d'accord pour que dans le monde &#224; reconstruire &#171; tous les pays, grands ou petits, vainqueurs ou vaincus, aient acc&#232;s, sur un pied d'&#233;galit&#233;, aux march&#233;s et aux mati&#232;res premi&#232;res du monde n&#233;cessaires &#224; leur prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier principe : libre acc&#232;s aux march&#233;s et aux mati&#232;res premi&#232;res de tous les pays de la plan&#232;te. Deuxi&#232;me principe : la non-discrimination entre pays pauvres et pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter que ce principe de non-discrimination repose sur un &#233;norme sophisme. Il s'agit en fait d'un principe discriminatoire contre les pays pauvres ; on devrait plut&#244;t leur reconna&#238;tre le droit de prot&#233;ger leur agriculture &#8211; leur garde-manger &#8211; et leurs industries naissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&lt;strong&gt;a mise en application du lib&#233;ralisme commercial : les accords du GATT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, il fallait traduire en politique concr&#232;te les principes &#233;nonc&#233;s dans la Charte de l'Atlantique. De leur c&#244;t&#233;, les Nations Unies convoquent, d&#232;s 1946, une grande &#171; Conf&#233;rence sur le commerce et l'emploi &#187;, qui r&#233;unira 53 pays &#224; La Havane. Objectif : &#233;tablir un lien entre l'&#233;conomique et le social dans les &#233;changes internationaux afin de prot&#233;ger le bien commun et les travailleurs et pr&#233;venir le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#201;tats-Unis court-circuitent ce processus et prennent l'initiative de r&#233;unir &#224; Gen&#232;ve 23 pays choisis sur le volet, dont le Canada. L'Accord g&#233;n&#233;ral sur les tarifs douaniers et le commerce, mieux connu sous son acronyme anglais, le GATT (General Agreement on Tarifs and Trade) r&#233;sultera de cette rencontre inopin&#233;e. Sign&#233; le 30 octobre 1947, l'accord entre en vigueur le 1er janvier 1948. On le pr&#233;sente comme un protocole provisoire qui, soit dit en passant, n'a jamais &#233;t&#233; sanctionn&#233; par un parlement, en raison de son caract&#232;re provisoire&#8230; qui a dur&#233; pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique mission du GATT &#233;tait de r&#233;duire progressivement les tarifs douaniers sur les marchandises. On peut conclure que l'institution s'&#233;tait assez bien acquitt&#233;e de cette mission puisque les tarifs douaniers entre les 133 membres du GATT se trouvaient r&#233;duits en 1993 &#224; moins de 5 %. Contre 47 % en 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance d'un nouveau type de libre-&#233;change fond&#233; sur le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1980, un nouvel et puissant acteur fait irruption sur la sc&#232;ne &#233;conomique mondiale : le lobby des compagnies transnationales. &#192; cette &#233;poque, l'&#233;norme pouvoir &#233;conomique de ces compagnies transcende les nations et met &#224; genoux le pouvoir politique. Elles exigent l'extension du champ du libre-&#233;change aux services, aux investissements, &#224; la protection des brevets et aux produits agroalimentaires. Elles se drapent dans les plis d'une puissante id&#233;ologie, le n&#233;olib&#233;ralisme, qui pr&#244;ne la primaut&#233; du march&#233; sur le politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &#224; sa t&#234;te la Business Roundtable des &#201;tats-Unis, le lobby des transnationales cognent &#224; la porte de la Maison-Blanche. Ronald Reagan r&#233;pond. On lui demande de n&#233;gocier un premier accord de ce n&#233;olibre-&#233;change avec un pays facile : le Canada. Pragmatique, Brian Mulroney acquiesce. Apr&#232;s des n&#233;gociations rocambolesques, les deux comp&#232;res signeront l'Accord de libre-&#233;change Canada-USA (ALECUS), qui entrera en vigueur le 1er janvier 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, L'ALECUS va s'&#233;tendre au Mexique pour devenir l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain. L'ALENA avale et renforce l'ALECUS. C'est l'accord pionnier qui va servir de mod&#232;le &#224; tous les autres accords de libre-&#233;change sign&#233;s, par la suite, &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1995, le n&#233;olibre-&#233;change va s'&#233;tendre au monde entier avec la cr&#233;ation de l'Organisation mondiale du commerce. L'OMC compte aujourd'hui 164 pays membres. Une vingtaine d'autres pays frappent &#224; la porte. Elle chapeaute une trentaine d'accords qui couvrent tous les aspects de l'activit&#233; humaine : l'agriculture, les services, les investissements, la protection des brevets des multinationales, les march&#233;s publics, les obstacles au commerce. Et le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partag&#233; par la quasi-totalit&#233; des gouvernements et la majorit&#233; des &#233;conomistes, le n&#233;olibre-&#233;change devient ainsi le principe d'organisation des relations &#233;conomiques, politiques et sociales &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le credo chambranlant du n&#233;olibre-&#233;change&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais voil&#224; qu'en 2016 le pays &#224; l'origine du libre-&#233;change et du n&#233;olibre-&#233;change vire capot. Une grande partie de la classe politique &#233;tats-unienne, &#224; gauche comme &#224; droite, s'inscrit en faux contre ce syst&#232;me qui met en concurrence les salari&#233;s du monde entier et facilite la d&#233;localisation de dizaines de milliers d'usines. Le n&#233;olibre-&#233;change n'a pas tenu ses promesses de cr&#233;er des emplois, la prosp&#233;rit&#233; pour tous, l'&#233;galit&#233; entre les nations et entre les individus. Il a au contraire engendr&#233; un monde d'in&#233;galit&#233;s&#8230; et la crise migratoire mondiale qui s'ensuit aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernie Sanders et Donald Trump ont mis&#233; sur le m&#233;contentement d'une grande partie de l'&#233;lectorat, mais pas dans la m&#234;me optique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La directrice g&#233;n&#233;rale du Fonds mon&#233;taire international (FMI), Christine Lagarde, confesse que Trump n'a pas tort sur toute la ligne : &#171; D'une certaine mani&#232;re, Monsieur Trump a quelques bonnes raisons de protester contre la situation actuelle. Il y a des pays dans le monde qui ne respectent pas les accords de l'Organisation mondiale du commerce. On pense naturellement &#224; la Chine, mais la Chine n'est pas le seul pays &#224; avoir ce genre de pratique &#187;. (Agence France-Presse, le 10 mars 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce disant, madame Lagarde reconna&#238;t implicitement que les grandes organisations multilat&#233;rales, charg&#233;es d'organiser et de r&#233;guler les &#233;changes &#233;conomiques et commerciaux entre les nations, sont d&#233;pass&#233;es. L'OMC n'a pas su contr&#244;ler les ambitions d&#233;mesur&#233;es des puissances dominantes comme les &#201;tats-Unis et l'Allemagne et, aujourd'hui, la Chine. Le FMI charg&#233; d'assurer la stabilit&#233; financi&#232;re internationale s'est vu d&#233;mis de sa fonction essentielle par Nixon, en 1971. La Banque mondiale n'a pas aid&#233; les pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#224; se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son point de vue, Chrystia Freeland a donc raison de s'inqui&#233;ter : l'ordre &#233;conomique et commercial mis en place depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale chambranle. Mais ses efforts pour le remettre d'aplomb risquent de ne rien donner. Elle aura beau pleurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si l'on &#233;coutait Keynes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Maynard Keynes, l'&#233;conomiste le plus influent et le plus clairvoyant du XXe si&#232;cle, a particip&#233; activement aux pourparlers &#233;conomiques et commerciaux de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter les d&#233;s&#233;quilibres commerciaux entre les pays et assurer des &#233;changes internationaux harmonieux, il souhaitait la mise sur pied d'une banque supranationale en mesure d'octroyer des cr&#233;dits aux nations d&#233;ficitaires et de pr&#233;venir une accumulation insolite de surplus par quelques autres. Il propose &#224; cet effet la cr&#233;ation d'une monnaie internationale : le bancor. Les &#201;tats-Unis ont dit non, exigeant plut&#244;t l'instauration du dollar US comme monnaie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les &#233;changes commerciaux, Keynes proposait de &#171; r&#233;duire au minimum l'interd&#233;pendance &#233;conomique et commerciale entre les nations, plut&#244;t que de la porter &#224; son maximum &#187;. Il pr&#233;conisait le commerce de proximit&#233;, les circuits courts, l'achat local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutons-le : &#171; Les id&#233;es, la connaissance, l'art, l'hospitalit&#233;, les voyages : ce sont l&#224; des choses qui par nature doivent &#234;tre internationales. Mais produisons chez nous les marchandises chaque fois que c'est raisonnablement et pratiquement possible ; et, surtout, faisons en sorte que la finance soit en priorit&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il revenait, Keynes serait certainement favorable &#224; la gestion de l'offre et &#8211; pourquoi pas ? &#8211; au contr&#244;le de la production et des fronti&#232;res pour tout ce que l'on peut raisonnablement et pratiquement produire chez nous.&lt;/p&gt;
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		<title>Les &#233;tranges m&#233;tamorphoses du Dr Couillard</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-etranges-metamorphoses-du-Dr-Couillard</link>
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		<dc:date>2018-04-17T12:17:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-04-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'abord un coup d'&#339;il sur L'&#233;trange cas du docteur JeKyll et de monsieur Hyde ? Cette hallucinante histoire est rapport&#233;e par l'&#233;crivain &#233;cossais Robert Louis Stevenson : The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde. Dans ce court roman publi&#233; en 1886, il raconte le cas du docteur Jekyll habit&#233; par deux pulsions oppos&#233;es : l'une qui l'incite &#224; faire le bien et l'autre qui le pousse &#224; faire le mal. Troubl&#233; par cette double personnalit&#233;, il cherche le moyen de s'en gu&#233;rir. Il concocte une drogue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-04-17-1427-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-04-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton34420-e5707.png?1674678765' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'abord un coup d'&#339;il sur &lt;i&gt;L'&#233;trange cas du docteur JeKyll et de monsieur Hyde ?&lt;/i&gt; Cette hallucinante histoire est rapport&#233;e par l'&#233;crivain &#233;cossais Robert Louis Stevenson : &lt;i&gt;The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde&lt;/i&gt;. Dans ce court roman publi&#233; en 1886, il raconte le cas du docteur Jekyll habit&#233; par deux pulsions oppos&#233;es : l'une qui l'incite &#224; faire le bien et l'autre qui le pousse &#224; faire le mal. Troubl&#233; par cette double personnalit&#233;, il cherche le moyen de s'en gu&#233;rir. Il concocte une drogue devant s&#233;parer son c&#244;t&#233; bienfaisant de son c&#244;t&#233; malfaisant. Mais voil&#224; qu'une fois la potion mise au point, c'est le c&#244;t&#233; malfaisant qui prend le dessus. Le bon Dr Jekyll se transforme en le m&#233;chant Mr Hyde qui fera beaucoup de mal dans son voisinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de l'Aut'journal | 13 avril 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette all&#233;gorie est devenue la r&#233;f&#233;rence classique pour d&#233;crire, sinon expliquer cette psychose qu'on appelle le d&#233;doublement de personnalit&#233;. L'histoire se passe dans l'aristocratique et puritaine Angleterre, &#224; l'&#233;poque victorienne o&#249; pr&#233;valait une tendance &#224; l'hypocrisie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre &#233;poque de n&#233;olib&#233;ralisme et de n&#233;olibre-&#233;change, qui d&#233;sencastre le social de l'&#233;conomique et fait pr&#233;valoir le march&#233; sur le politique, ne faut-il pas ajouter une tendance &#224; l'hypocrisie politique ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tartufferie, schizophr&#233;nie ou d&#233;doublement de personnalit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une chronique intitul&#233;e &lt;i&gt;Dr Couillard and Mr Hyde&lt;/i&gt;, Michel David, &#233;voque l'all&#233;gorie de Stevenson pour expliquer les &#233;tranges m&#233;tamorphoses du Dr Couillard (Le Devoir, le 16 d&#233;cembre 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chroniqueur &#224; la m&#233;moire longue, Michel David rappelle le temps o&#249; le docteur Couillard, alors directeur du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, se faisait l'ardent d&#233;fenseur de notre syst&#232;me public de sant&#233;. Dans une lettre publi&#233;e dans La Presse, le 3 octobre 2002, le bon docteur &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Ne commettons pas l'erreur d'affaiblir notre syst&#232;me de sant&#233; gratuit et universel au profit de l'entreprise priv&#233;e, qui s'est av&#233;r&#233;e incapable, partout o&#249; on lui en a donn&#233; l'occasion, d'offrir des services aussi accessibles et peu co&#251;teux qu'un r&#233;gime bas&#233; sur la taxation universelle &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an plus tard, en 2003, Philippe Couillard fait le saut en politique pour devenir ministre de la Sant&#233; et donc d&#233;fenseur &lt;i&gt;ex officio&lt;/i&gt; du syst&#232;me public de sant&#233;. Ce qui ne l'emp&#234;che pas de favoriser de facto le glissement du r&#233;seau vers le priv&#233; en r&#233;duisant drastiquement les effectifs, en centralisant la prise de d&#233;cisions et en autorisant la r&#233;alisation par le secteur priv&#233; d'une cinquantaine d'interventions chirurgicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 2008, stup&#233;fiante volte-face : il d&#233;missionne de ses fonctions de d&#233;put&#233; et ministre de la Sant&#233; pour grossir les rangs d'une compagnie sp&#233;cialis&#233;e dans le financement de la m&#233;decine priv&#233;e. Il devient partenaire &#224; part enti&#232;re et conseiller strat&#233;gique du fonds Pertinence Capital Partnership. Et le voil&#224; m&#233;tamorphos&#233; en champion de la privatisation de notre syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel David se demande s'il s'agit-l&#224; de tartufferie, comme l'avance le pr&#233;sident de la FTQ, ou de schizophr&#233;nie. Quoi qu'il en soit, force est de diagnostiquer un &#233;trange cas de d&#233;doublement de personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons, pour mettre la chose dans son contexte, que Philippe Couillard n'est pas le seul politicien &#224; souffrir de ce mal. Le n&#233;olib&#233;ralisme et les multiples accords de n&#233;olibre-&#233;change qui encerclent la plan&#232;te ont rendu l'overclass politique schizophr&#232;ne. Le mal est plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En approuvant ces accords, les gouvernants s'astreignent &#224; un double jeu. Face &#224; leur &#233;lectorat, ils se pr&#233;sentent comme les d&#233;fenseurs des services sociaux, de l'environnement, du climat et du bien commun. Face aux exigences du n&#233;olibre-&#233;change, ils mettent en &#339;uvre des politiques destructrices de l'environnement, du climat, de l'&#233;galit&#233; sociale et du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple le plus flagrant de cette schizophr&#233;nie politique : les Accords de Paris sur le climat sign&#233;s, en d&#233;cembre 2015, par les dirigeants politiques du monde entier. La main sur le c&#339;ur, ils ont pris l'engagement de r&#233;duire, de fa&#231;on significative, les &#233;missions de gaz &#224; effets de serre destructeurs du climat. Et qu'ont-ils fait depuis plus de deux ans ? Ils ont laiss&#233; faire. La plupart font le contraire de ce qu'ils ont dit et sign&#233;. Le gouvernement Trudeau continue de s'enliser dans les sables bitumineux. Le gouvernement Couillard, dans les hydrocarbures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la r&#233;ing&#233;nierie de Jean Charest &#224; la r&#233;invention de l'&#201;tat par Philippe Couillard &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'assermentation de son cabinet dans l'enceinte du Salon rouge, le 29 avril 2003, le nouveau premier ministre Jean Charest d&#233;clare solennellement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En se donnant le premier gouvernement &#233;lu du XXIe si&#232;cle, les Qu&#233;b&#233;cois ont tourn&#233; la page sur un mod&#232;le d'&#201;tat. Au cours de ce mandat, nous allons revoir de fond en comble l'organisation de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Ce sera la premi&#232;re r&#233;ing&#233;nierie du gouvernement du Qu&#233;bec depuis la R&#233;volution tranquille. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ing&#233;nierie de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois va consister &#224; d&#233;sactiver les l&#233;gislations sociales mises en &#339;uvre pendant les deux d&#233;cennies qu'a dur&#233; l'&#233;poque de la R&#233;volution tranquille. Philippe Couillard, sacr&#233; ministre de la Sant&#233; &#224; cette occasion, adh&#232;re sans r&#233;serve &#224; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu &#224; son tour premier ministre, il prend le relais de Jean Charest. Mais il veut faire mieux et plus vite. Ce dernier avait finalement recul&#233; devant le toll&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233; de la soci&#233;t&#233; civile, d&#233;cid&#233;e &#224; freiner ce processus de la destruction de l'&#201;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui, Philippe Couillard ne reculera pas. Il a d&#233;couvert un livre qui le conforte sans ses convictions : &lt;i&gt;The Forth Revolution &#8211; The Global Race to Reinvent the State&lt;/i&gt;. L'heure de la quatri&#232;me r&#233;volution a sonn&#233; : il faut r&#233;inventer l'&#201;tat. Margaret Thatcher, Ronald Reagan et leurs successeurs ont &#233;t&#233; trop mous. Ils nous ont laiss&#233; un &#201;tat ob&#232;se, d&#233;pensier et socialisant. Il faut r&#233;inventer l'&#201;tat dans le sens d'un ratatinement. L'amaigrir sans m&#233;nagement, pour laisser place au secteur priv&#233;, soi-disant plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, cela veut dire l'aust&#233;rit&#233; tous azimuts. Aucune institution ni aucun service public ne seront &#233;pargn&#233;s. Cette politique impitoyable n'&#233;pargnera pas non plus les plus vuln&#233;rables de la soci&#233;t&#233; : les assist&#233;s sociaux, les malades, les vieux, les enfants, les proches-aidants &#8211; surtout les proches aidantes &#8211; les personnes handicap&#233;es. Des mesures que d'aucuns ont qualifi&#233;es de cruelles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Ex&#233;cuter d'un coup toutes les cruaut&#233;s &#187; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraisemblablement, le docteur Couillard a un autre livre sur sa table de chevet : &lt;i&gt;Le Prince&lt;/i&gt; de Nicolas Machiavel. Le c&#233;l&#232;bre conseiller de l'aristocratie florentine recommande &#224; tout roitelet qui vient de s'emparer du pouvoir de &lt;i&gt;&#171; d&#233;terminer et ex&#233;cuter tout d'un coup toutes les cruaut&#233;s qu'il doit commettre pour, ensuite, rassurer les esprits et les gagner par ses bienfaits &#187;&lt;/i&gt;. (&lt;i&gt;Le Prince&lt;/i&gt;, chapitre VIII)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ministre Couillard va suivre &#224; la lettre ce conseil machiav&#233;lique. D&#232;s son accession au pouvoir, il annonce son intention de r&#233;tablir l'&#233;quilibre budg&#233;taire, au prix de douloureux, mais n&#233;cessaires sacrifices. Le plan de redressement propos&#233; exige une r&#233;duction de 7,3 milliards de dollars des d&#233;penses publiques. Une exigence manifestement exag&#233;r&#233;e, car les surplus g&#233;n&#233;r&#233;s se sont av&#233;r&#233;s &#233;normes : 3,6 milliards en 2015 ; 4,3 milliards en 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette rigueur excessive des trois premi&#232;res ann&#233;es du gouvernement Couillard a d&#233;t&#233;rior&#233; inexorablement les services publics, entra&#238;nant des cons&#233;quences n&#233;fastes pour l'avenir. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lections en vue : la drogue qui r&#233;veille le c&#244;t&#233; bienveillant du Dr Couillard &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre syst&#232;me d&#233;mocratique, marqu&#233; au coin du marketing &#233;lectoral, les &#233;lections agissent comme une v&#233;ritable drogue. La perspective d'&#233;lections &#224; l'automne &#8211; et surtout la possibilit&#233; de les perdre &#8211; a eu l'heur de r&#233;veiller le c&#244;t&#233; bienfaisant du docteur Couillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le conseil de Nicolas Machiavel, il a commenc&#233;, d&#232;s novembre 2017, &#224; r&#233;pandre ses bienfaits financiers sur le syst&#232;me d'&#233;ducation, le r&#233;seau de la sant&#233;, les garderies et un peu partout. Le budget Leitao du 27 mars dernier poursuit sur cette lanc&#233;e. On multiplie m&#234;me les mesures &#224; visage progressiste, comme la nouvelle politique bioalimentaire d&#233;voil&#233;e en grande pompe d&#233;but d'avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mal est fait. Les calmants administr&#233;s ne serviront qu'&#224; stabiliser le patient&#8230; jusqu'au retour annonc&#233; de l'aust&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vraie nature du docteur Couillard</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-vraie-nature-du-docteur-Couillard</link>
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		<dc:date>2018-03-20T12:56:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la crise que traverse le syst&#232;me de sant&#233; &#8211; crise exacerb&#233;e par l'avarice d'une majorit&#233; de m&#233;decins &#8211;, on s'en prend non sans raison au ministre de la Sant&#233;, le docteur Ga&#233;tan Barrette. Mais pour comprendre le fin fond de l'affaire, il faut remonter au sommet : le Premier ministre. C'est lui le patron. &#192; cet &#233;gard, il importe de se rappeler le mot de Jean Cournoyer, ancien ministre de Robert Bourassa : dans notre syst&#232;me de gouvernement britannique, il n'y a qu'un seul ministre, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton34077-1a74d.jpg?1674678765' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la crise que traverse le syst&#232;me de sant&#233; &#8211; crise exacerb&#233;e par l'avarice d'une majorit&#233; de m&#233;decins &#8211;, on s'en prend non sans raison au ministre de la Sant&#233;, le docteur Ga&#233;tan Barrette. Mais pour comprendre le fin fond de l'affaire, il faut remonter au sommet : le Premier ministre. C'est lui le patron. &#192; cet &#233;gard, il importe de se rappeler le mot de Jean Cournoyer, ancien ministre de Robert Bourassa : dans notre syst&#232;me de gouvernement britannique, il n'y a qu'un seul ministre, c'est le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2018/03/14 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre les orientations politiques de Philippe Couillard, regardons ce qu'il a fait et ce qu'il fait et non pas ce qu'il dit. Vue d'ensemble sur son parcours : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt; Surdou&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Couillard na&#238;t en 1957, dans un milieu favoris&#233;. Son &#233;ducation suivra la voie r&#233;serv&#233;e aux fils de bonne famille : &#233;tudes dans un &#233;tablissement priv&#233;, prestigieux et catholique. Gar&#231;on surdou&#233;, il s'inscrit &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de l'Universit&#233; de Montr&#233;al &#224; l'&#226;ge de 16 ans. Docteur en m&#233;decine &#224; 22 ans. Dipl&#244;m&#233; en neurochirurgie en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1985 &#224; 1992, il exerce sa profession &#224; l'h&#244;pital Sant-Luc. En 1989, il devient chef du Service de neurochirurgie de cet &#233;tablissement, en m&#234;me temps qu'il enseigne &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de l'Universit&#233; de Montr&#233;al. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Philippe d'Arabie (1992-1996) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, le Dr Couillard bifurque. &#192; 35 ans, au sommet de son art, il part pour l'Arabie Saoudite. Il y fonde et dirige le Service de neurochirurgie au Centre m&#233;dical de la p&#233;troli&#232;re Saudi Aramco, une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Combien gagne-t-il ? Impossible de le savoir, pr&#233;cis&#233;ment parce que c'est consid&#233;rable. S&#251;rement plus d'un demi million annuellement. Sans compter les avantages sociaux : frais de repr&#233;sentation, chauffeurs et serviteurs mis &#224; la disposition du docteur et de sa famille. Il avoue y avoir &#233;pargn&#233; un petit 600 000 dollars. Des journalistes fouineurs ont d&#233;couvert qu'il avait plac&#233; ce magot dans l'&#238;le de Jersey, un paradis fiscal. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Neurochirurgien et professeur (1996-2002) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, il revient au pays. On le retrouve chef du d&#233;partement de neurochirurgie du Centre hospitalier universitaire de l'Universit&#233; de Sherbrooke et professeur &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de la m&#234;me universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, il se d&#233;clare haut et fort en faveur d'un syst&#232;me de sant&#233; public. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ministre de la Sant&#233; et des Services sociaux (2003-2008) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, &#224; l'invitation du premier ministre Jean Charest, il se lance en politique, avec l'assurance de se voir attribuer le poste de ministre de la Sant&#233;. Les soins de sant&#233; constituent l'enjeu principal de la campagne &#233;lectorale. Le docteur promet des r&#233;formes en profondeur dans tout le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t nomm&#233; ministre de la Sant&#233; et des Services sociaux, il engage une profonde r&#233;organisation du syst&#232;me de sant&#233;. Fusions et regroupements r&#233;duisent de 43% le nombre d'&#233;tablissements publics et de 39% le nombre de postes de directeur g&#233;n&#233;ral. Objectif d&#233;clar&#233; : diminuer les co&#251;ts et la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donne le coup d'envoi pour la construction de deux m&#233;ga-h&#244;pitaux en mode partenariat public-priv&#233; : le Centre hospitalier de l'Universit&#233; de Montr&#233;al (CHUM) et le Centre universitaire de l'Universit&#233; McGill (CUSM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n&#233;gocie avec le Dr Barrette, alors pr&#233;sident de l'Association des m&#233;decins sp&#233;cialistes, une augmentation faramineuse de la r&#233;mun&#233;ration des m&#233;decins sp&#233;cialistes. Il fallait rattraper le niveau de r&#233;mun&#233;ration ailleurs au pays, particuli&#232;rement en Ontario. Or, malgr&#233; les sommes investies en salaires et bonus, on ne constate aucune am&#233;lioration dans le fonctionnement du r&#233;seau &#224; la fin du premier mandat du Dr Couillard comme ministre de la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mars 2007, il est r&#233;&#233;lu d&#233;put&#233;, mais le gouvernement du PLQ, sort minoritaire de cette &#233;lection. On sp&#233;cule sur la d&#233;mission possible de Jean Charest. Couillard avoue avoir pens&#233; secr&#232;tement &#224; le remplacer. Mais Charest s'accroche. C'est alors que le docteur, qui vient d'&#234;tre reconduit comme ministre de la Sant&#233;, va commencer &#224; loucher vers autre chose. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Partenaire d'un fonds d'investissements en m&#233;decine priv&#233;e (2008-2013) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juin 2008, le ministre remet abruptement sa d&#233;mission. Motif : un pressant besoin de relever de nouveaux d&#233;fis. Il d&#233;clare ne pas avoir de nouvel emploi. Mensonge ! Il a d&#233;j&#224; en poche un contrat n&#233;goci&#233; et sign&#233; avec une compagnie sp&#233;cialis&#233;e dans les services priv&#233;s en soins de sant&#233; : Persistence Capital Partners (PCP). De fait, il avait commenc&#233;, d&#232;s le mois de mai 2008, &#224; se chercher un emploi dans ce domaine. Il entre au service de PCP le 18 ao&#251;t, comme partenaire et conseiller strat&#233;gique de la compagnie. Il ne voit aucun probl&#232;me &lt;i&gt;&#171; &#224; mettre ses connaissances au service de ses partenaires du fonds &#187;&lt;/i&gt;. (Le Devoir, le 19 ao&#251;t 2008)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;pre au gain, il empoche sans vergogne &#171; l'indemnisation de transition &#187; destin&#233;e &#224; aider un d&#233;put&#233; qui quitte la vie politique &#224; se trouver un emploi&#8230; que lui a d&#233;j&#224; trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne reculant devant aucun conflit d'int&#233;r&#234;ts, il modifie, une semaine avant sa d&#233;mission, soit le 18 juin, un r&#232;glement autorisant la r&#233;alisation par le secteur priv&#233; d'une cinquantaine de chirurgies, en plus des trois &#8211; genoux, hanches, cataractes &#8211; d&#233;j&#224; autoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2008, &#224; sa premi&#232;re sortie publique depuis son d&#233;part du minist&#232;re, le docteur Couillard livre, devant une assembl&#233;e d'assureurs r&#233;unis &#224; Montr&#233;al, un vibrant plaidoyer en faveur du priv&#233; en sant&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a rien de scandaleux &#224; ce qu'on fasse des profits dans le secteur de la sant&#233; &#187;&lt;/i&gt;, mart&#232;le-t-il. (La Presse, le 10 d&#233;cembre 2008) &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un incroyable cumul de postes tr&#232;s lucratifs &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son emploi comme conseiller strat&#233;gique de PCP, lui laisse apparemment beaucoup de temps libre pour vaquer &#224; d'autres occupations non moins lucratives :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; - en janvier 2009, l'Universit&#233; McGill l'embauche, &#224; raison de deux jours/semaine, comme chercheur principal en droit de la sant&#233; et professeur en gouvernance des syst&#232;mes de sant&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; en 2009, le ministre de la Sant&#233; d'Arabie saoudite le nomme membre du Conseil consultatif international qu'il a cr&#233;&#233; ; en cette qualit&#233;, l'ancien ministre qu&#233;b&#233;cois se rend en Arabie quelques fois par ann&#233;e pour y prodiguer ses conseils et percevoir ses &#233;moluments ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; en 2010, il cr&#233;e une entreprise de consultants avec le Dr Arthur Porter, ancien pdg du CUSM qui, dans l'octroi d'un contrat de 1,3 milliard de dollars en a d&#233;tourn&#233; quelque 500 000 &#224; son profit ; l'escroc sera accus&#233; de fraude et d&#233;tournement de fonds publics.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le 24 juin 2010, lorsque le Dr Porter est nomm&#233; pr&#233;sident du Comit&#233; de surveillance des activit&#233;s de renseignements de s&#233;curit&#233; (CSARS) du Canada, il am&#232;ne avec lui le Dr Couillard qui si&#233;gera &#224; ses c&#244;t&#233;s au sein du m&#234;me comit&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de 2011 &#224; 2012, il est conseiller strat&#233;gique en sant&#233; et sciences de la vie chez Secor, une firme sp&#233;cialis&#233;e en gestion d'entreprises ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; autres fonctions : membre du CA de deux soci&#233;t&#233;s canadiennes de biotechnologie, Amorfix Life Sciences et Thallion Pharmaceuticals ; pr&#233;sident du CA de la Fondation de recherche en sant&#233; des compagnies de recherche pharmaceutique du Canada ; membre du CA du Comit&#233; des affaires publiques et politiques de la sant&#233; du Coll&#232;ge royal des m&#233;decins et chirurgiens du Canada.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Tout cela lui rapporte beaucoup d'argent, d'informations, de prestige et de pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un premier ministre qui s'occupe des vraies affaires (2014-2018) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 septembre 2012, d&#233;faite du gouvernement de Jean Charest. Celui-ci d&#233;missionne sur-le-champ. Attir&#233; par l'odeur du pouvoir, Couillard revient en politique. Cette fois, c'est pour le poste de Premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la campagne &#233;lectorale, le candidat Couillard r&#233;ussit &#224; faire oublier son pass&#233; tortueux : placements dans un paradis fiscal, affaire Porter, conflits d'int&#233;r&#234;t, &#233;loge du priv&#233; en soins de sant&#233; et le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il remporte l'&#233;lection du 7 avril 2014 en brandissant le slogan : ENSEMBLE ON S'OCCUPE DES VRAIES AFFAIRES. Un slogan ax&#233; sur l'&#233;conomie, mais paravent d'un agenda cach&#233;. Bon nombre d'&#233;lectrices et &#233;lecteurs ont cru que les vraies affaires, c'&#233;tait bien s&#251;r l'&#233;conomie, mais aussi l'environnement, le climat, les droits des femmes, la sant&#233; publique, l'&#233;ducation, le d&#233;veloppement des r&#233;gions et autre questions br&#251;lantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;trompez-vous. Quelques mois apr&#232;s son accession au pouvoir, Philippe Couillard r&#233;unit les hauts fonctionnaires de son gouvernement et les patrons des grandes soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat pour leur indiquer quelles sont les vraies affaires. Le nouveau Premier ministre vient de lire un livre inspirant qui r&#233;sume sa pens&#233;e sur ce point : &lt;i&gt;The Forth Revolution &#8211; The Global Race to reinvent the State&lt;/i&gt;. Un livre &lt;i&gt;&#171; que vous devriez tous lire &#187;&lt;/i&gt;, insiste-t-il. Que dit ce bouquin ? Il reprend la vieille rengaine n&#233;olib&#233;rale, &#224; savoir que l'&#201;tat moderne est trop gros, trop d&#233;pensier, trop socialisant. Il faut le r&#233;inventer, c'est-&#224;-dire le rapetisser, pour laisser place au secteur priv&#233;, plus efficace et plus rationnel. Bref, les vraies affaires, c'est la cr&#233;ation de conditions optimales permettant aux entreprises priv&#233;es de g&#233;n&#233;rer un maximum de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me r&#233;volution, c'est en fait la r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale lanc&#233;e par le tandem Thatcher-Reagan, au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Une r&#233;volution jug&#233;e inachev&#233;e. Philippe Couillard propose de la pousser &#224; ses extr&#234;mes limites. Concr&#232;tement, il faudra amputer le budget de plus de 4 milliards de dollars, en effectuant des coupes dans tous les domaines. Donc l'aust&#233;rit&#233; tous azimuts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le gouvernement Couillard fonce droit vers son vrai but : la d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social. La r&#233;volution Couillard se r&#233;v&#232;le en fait une contre-r&#233;volution qui consiste &#224; renverser une fois pour toutes l'esprit et les institutions de la R&#233;volution tranquille. Au c&#339;ur de cet h&#233;ritage : un r&#233;seau de sant&#233; public, un syst&#232;me d'&#233;ducation pour tous, le d&#233;veloppement des r&#233;gions, la d&#233;mocratisation des institutions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Barrette, ministre de la Sant&#233; et des Services sociaux, va se charger de la privatisation en douce du syst&#232;me de sant&#233;. &#171; Le concept initial des CLSC, n'a pas r&#233;ussi, &#231;a &#233;t&#233; un &#233;chec &#187;, d&#233;cr&#232;te le ministre (&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, le 4 mars 2016). Il va donc les supplanter subrepticement en cr&#233;ant un r&#233;seau de super-cliniques priv&#233;es. Il instaure l'hospitalo-centrisme, au d&#233;triment de la premi&#232;re ligne. L'autocrate ministre abolit le poste de Commissaire &#224; la sant&#233; et au bien-&#234;tre. Les r&#233;mun&#233;rations obsc&#232;nes consenties aux m&#233;decins &#171; malades de l'argent &#187; vont gruger le budget du minist&#232;re. Il ne reste que les miettes pour les infirmi&#232;res &#224; bout de souffle, mal pay&#233;es et surcharg&#233;es. Des miettes aussi pour les autres intervenants dans le r&#233;seau de la sant&#233;. Les cadres qui n'ont pas &#233;t&#233; cong&#233;di&#233;s d&#233;priment, d&#233;motiv&#233;s par la d&#233;sorganisation du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;ducation, c'est la famine. Les &#233;coles publiques tombent en ruine. Le r&#233;seau des garderies se privatise au d&#233;triment des Centres de la petite enfance (CPE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me gouvernement n&#233;olib&#233;ral s'attaque aux institutions qui permettent un certain d&#233;veloppement r&#233;gional : disparition des Conf&#233;rences r&#233;gionales des &#233;lus (CR&#201;) ; fin du financement de Solidarit&#233; rurale ; coupes dans le programme Acc&#233;s-Logis ; financement &#224; la baisse des Centre locaux de d&#233;veloppement (CLD), des corporations de d&#233;veloppement &#233;conomique communautaire (CDEC) et des tables r&#233;gionales de d&#233;veloppement social. Les Carrefours jeunesse-emploi se voient r&#233;duits &#224; la sous-traitance. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Tu penses que je m'en aper&#231;ois pas &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2018 : &#233;lection &#224; l'horizon. Aujourd'hui, croyant faire oublier les d&#233;g&#226;ts qu'il a caus&#233;s en trois ans d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale, le gouvernement Couillard se reprend et fait pleuvoir des sous sur le r&#233;seau de la sant&#233;, sur les &#233;coles, sur les centres pour femmes victimes de violences, sur les Centres de la petite enfance et un peu partout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, comme le &lt;i&gt;Ti-cul Lachance&lt;/i&gt; de Gilles Vigneault, on d&#233;couvre dans le parcours sinueux de notre Premier ministre les deux faces de Philippe Couillard. L'une r&#233;v&#232;le &#171; un homme calme et id&#233;aliste[1] &#187;, le bon p&#232;re de famille placide et compatissant. L'autre laisse voir le docteur &#226;pre au gain, doubl&#233; d'un fervent id&#233;ologue n&#233;olib&#233;ral et d'un politicien implacablement vou&#233; &#224; la destruction de l'&#201;tat social et des institutions de la R&#233;volution tranquille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre qu'&#224; l'automne, les &lt;i&gt;Ti-cul Lachance&lt;/i&gt; et autres d&#233;favoris&#233;s du syst&#232;me Couillard n'auront pas oubli&#233; les fourberies de Philippe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans tes menteries t&#233;l&#233;vis&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
Des fois tu oublies de te d&#233;guiser&lt;br class='autobr' /&gt;
Pis on voit tes deux faces&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vends mon chemin, tu vends mon pas&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vends mon temps pis mon espace&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu penses que je m'en aper&#231;ois pas. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacquesbgelinas.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vraie nature du n&#233;olibre-&#233;change</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-vraie-nature-du-neolibre-echange</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-vraie-nature-du-neolibre-echange</guid>
		<dc:date>2018-02-20T13:39:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Libre-&#233;change</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2018/02/14 | tir&#233; de l'Aut'journal &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Depuis 1994, on assiste &#224; une prolif&#233;ration d'emplois mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, temporaires et pr&#233;caires, ainsi qu'&#224; une stagnation des salaires. Ce mod&#232;le [l'ALENA] a &#233;chou&#233; &#224; am&#233;liorer les conditions de travail et de vie des populations des trois pays. &#187; (M&#233;moire de la FTQ sur la ren&#233;gociation de l'ALENA, pr&#233;sent&#233; au gouvernement canadien, le 18 juillet 2017). &lt;br class='autobr' /&gt; 1994, c'est l'ann&#233;e de l'entr&#233;e en vigueur de l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA). Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Canada-" rel="directory"&gt;Canada&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Libre-echange-+" rel="tag"&gt;Libre-&#233;change&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-02-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-02-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton33719-62515.png?1674678765' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2018/02/14 | tir&#233; de l'Aut'journal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Depuis 1994, on assiste &#224; une prolif&#233;ration d'emplois mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, temporaires et pr&#233;caires, ainsi qu'&#224; une stagnation des salaires. Ce mod&#232;le [l'ALENA] a &#233;chou&#233; &#224; am&#233;liorer les conditions de travail et de vie des populations des trois pays. &#187;&lt;/i&gt; (M&#233;moire de la FTQ sur la ren&#233;gociation de l'ALENA, pr&#233;sent&#233; au gouvernement canadien, le 18 juillet 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1994, c'est l'ann&#233;e de l'entr&#233;e en vigueur de l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (ALENA). Un accord pionnier, sign&#233; par &lt;i&gt;los tres amigos &lt;/i&gt; : Ronald Reagan, Brian Mulroney et Carlos Salinas de Gortari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le d&#233;nonc&#233; par la FTQ, c'est celui de l'ALENA, aujourd'hui soumis &#224; un nouveau maquignonnage &#224; la demande de Donald Trump, le maquignon le plus retors des trois. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chronique veut mettre en lumi&#232;re la vraie nature du libre-&#233;change d'aujourd'hui et expliquer pourquoi cette disjonction entre la soci&#233;t&#233; civile qui le d&#233;nonce et les &#233;lites politico-&#233;conomiques qui le ch&#233;rissent. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ce qui est nouveau dans le n&#233;olibre-&#233;change &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olibre-&#233;change &#8211; rejeton du n&#233;olib&#233;ralisme &#8211; diff&#232;re essentiellement du libre-&#233;change connu jusque-l&#224;. Dans la r&#233;organisation des &#233;changes &#233;conomiques internationaux, survenue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux types de libre-&#233;change, aux diff&#233;rences bien marqu&#233;es, se sont succ&#233;d&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le libre-&#233;change de premi&#232;re g&#233;n&#233;ration, celui du GATT &#8211; &lt;i&gt;General Agreement on Tariffs and Trade&lt;/i&gt; &#8211; instaur&#233; en 1948, visait essentiellement l'abolition des barri&#232;res tarifaires et ne couvrait que les marchandises, produits agroalimentaires exclus. (On comprenait alors que les aliments n'&#233;tant pas une marchandise comme les autres, leurs co&#251;ts ne pouvaient &#234;tre soumis &#224; la concurrence internationale.)&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le libre-&#233;change de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, celui de l'ALENA, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et du Partenariat transpacifique sign&#233; r&#233;cemment, vise d'abord et avant tout la suppression des barri&#232;res non tarifaires. Cela veut dire qu'il ne se limite pas aux tarifs douaniers, mais va fouiller jusque dans les l&#233;gislations des &#201;tats pour y supprimer ou emp&#234;cher toutes normes et lois consid&#233;r&#233;es comme des entraves &#224; la libre circulation transfrontali&#232;re des marchandises, des services et des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce n&#233;olibre-&#233;change est global dans les deux sens du terme : plan&#233;taire et total. Plan&#233;taire, car il vise &#224; encercler tous les pays du globe. Global, car il englobe tout : non seulement les marchandises, mais les services, les investissements, les achats publics, les produits agricoles et, paradoxalement, la protection des brevets des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 11 de l'ALENA cr&#233;e un tribunal priv&#233;, supranational, qui conf&#232;re aux investisseurs &#233;trangers le pouvoir de poursuivre les gouvernements pour &#171; abus de r&#233;glementation &#187; causant des pertes de profits r&#233;elles ou potentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olibre-&#233;change s'attaque donc &#224; un aspect fondamental de la d&#233;mocratie : le pouvoir des &#233;lus du peuple de l&#233;gif&#233;rer. Paradoxalement, la classe politique approuve ce syst&#232;me qui la d&#233;bilite. La racine de cette impuissance consentie se trouve dans l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale qui am&#232;ne nos &#233;lites politiques &#224; croire dans la supr&#233;matie du march&#233; sur le politique. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;D&#232;s le d&#233;but, syndicats et mouvements sociaux se mobilisent contre le n&#233;olibre-&#233;change &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but, c'est le sommet Reagan-Mulroney, tenu &#224; Qu&#233;bec, en mars 1985. Les deux comparses annoncent alors, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, qu'ils se sont mis d'accord pour n&#233;gocier un accord de libre-&#233;change Canada-&#201;tats-Unis. Surprise d'autant plus grande que Brian Mulroney et tous les partis politiques f&#233;d&#233;raux s'&#233;taient jusque-l&#224; d&#233;clar&#233;s contre un tel accord. Au Qu&#233;bec, les deux pr&#233;cepteurs &#233;conomiques du Parti qu&#233;b&#233;cois, Parizeau et Landry, embrassent pr&#233;cipitamment la proposition Reagan-Mulroney, sans en conna&#238;tre la teneur concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus sagaces, les dirigeants syndicaux du Qu&#233;bec pressentent les effets n&#233;gatifs de cet accord. Ils mobilisent leurs troupes et cr&#233;ent, f&#233;vrier 1986, la Coalition qu&#233;b&#233;coise d'opposition au libre-&#233;change. La CQOL regroupe la F&#233;d&#233;ration des travailleuses et travailleurs du Qu&#233;bec (FTQ), la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN), la Centrale de l'enseignement du Qu&#233;bec (CEQ) et l'Union des producteurs agricoles (UPA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA, en 1994, cette coalition &#233;largit ses alliances pour devenir le R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois sur l'int&#233;gration continentale (RQIC). Aujourd'hui, le RQIC regroupe, en plus des sept grandes centrales syndicales du Qu&#233;bec, une quinzaine d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile, parmi les plus importantes comme l'Association qu&#233;b&#233;coise des organismes de coop&#233;ration internationale (AQOCI), le Centre international de solidarit&#233; ouvri&#232;re (CISO) et ATTAC-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UPA s'est dissoci&#233;e de ce r&#233;seau, ses dirigeants ayant inopin&#233;ment vir&#233; capot en 1992. Ils se d&#233;clarent favorables &#224; l'ALENA alors en n&#233;gociation, au risque de mettre en p&#233;ril la gestion de l'offre et le mod&#232;le agricole qu&#233;b&#233;cois. T&#233;m&#233;raires, ils ont jet&#233; leur d&#233;volu sur la conqu&#234;te des march&#233;s ext&#233;rieurs. Aujourd'hui, vous les voyez aux abois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#171; vendre &#187; l'ALENA &#224; la population canadienne, Brian Mulroney promet la cr&#233;ation d'emplois bien r&#233;mun&#233;r&#233;s et une augmentation des revenus pour les travailleuses et les travailleurs. Et finalement, une meilleure qualit&#233; de vie pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fausse promesse. Dans son m&#233;moire cit&#233; plus haut, la FTQ constate les effets n&#233;gatifs de l'ALENA sur les salaires qui stagnent et sur les emplois de plus en plus pr&#233;caires et mal r&#233;mun&#233;r&#233;s. Pourquoi cette d&#233;gringolade ? Parce que la flexibilit&#233; du travail fait partie des r&#232;gles disciplinaires du n&#233;olibre-&#233;change. Les travailleurs plient et c&#232;dent partout, sous la menace des entreprises de se relocaliser au Mexique ou en d'autres pays sp&#233;cialis&#233;s dans le cheap labor. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal est plan&#233;taire. Le mod&#232;le de l'ALENA s'est r&#233;pandu sur toute la plan&#232;te. Les gouvernements des 164 pays membres de l'OMC ont tous sign&#233; une panoplie d'accords concoct&#233;s sur ce prototype du n&#233;olibre-&#233;change. Le Fonds mon&#233;taire international (FMI) note, dans son bulletin de septembre 2017, que depuis 1994 &#171; les travailleurs rapportent &#224; la maison une pointe de plus en plus petite de la tarte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Pourquoi nos gouvernants renoncent-ils &#224; leur pouvoir de gouverner ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la question de fond : pourquoi nos gouvernants &#233;lus pour gouverner, acceptent-ils d'&#234;tre eux-m&#234;mes gouvern&#233;s et domin&#233;s par les lois du march&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond des choses : &#224; l'origine des accords de n&#233;olibre-&#233;change, se cachent de puissants int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, qui ont su s&#233;duire la classe politique et la rallier &#224; leur cause de l'enrichissement rapide. Pour les &#233;lites politiques, les retomb&#233;es sont appr&#233;ciables, soit en nature, soit en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes, soit en termes de &#171; consid&#233;rations futures &#187;, comme on dit dans le monde du hockey professionnel. De l&#224;, la grande connivence entre les politiciens signataires de ces accords et les gens d'affaires. De l&#224; aussi, beaucoup de mensonges et beaucoup de fausses promesses. Beaucoup de suivisme aussi, car intervient la ligne de parti qui emporte la majorit&#233; des &#233;lus dans le vortex du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olibre-&#233;change vient sceller l'hyper-collusion business-politique. Certes, la collusion a toujours exist&#233;. Ce qui est nouveau, c'est qu'elle se trouve aujourd'hui institutionnalis&#233;e dans des trait&#233;s qui la rendent transmissible d'un gouvernement &#224; l'autre, tous partis politiques confondus. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Catastrophes annonc&#233;es : laisser faire ou faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce capitalisme n&#233;olibre-&#233;changiste engage l'humanit&#233; dans un cul-de-sac &#224; la fois &#233;cologique, &#233;conomique et social, au risque de d&#233;clencher des catastrophes environnementales et des conflagrations sociales d'une ampleur insoup&#231;onn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui am&#232;ne le journaliste Herv&#233; Kempf &#224; conclure que &lt;i&gt;&#171; le monde du d&#233;but du XXIe si&#232;cle subit la classe dirigeante la plus stupide de l'histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herv&#233; Kempf, Tout est pr&#234;t pour que tout empire. 12 le&#231;ons pour &#233;viter la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe en effet comme si aveugl&#233;e par la cupidit&#233; et la course aux profits imm&#233;diats, cette overclass globale avait d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi de laisser faire ; laisser arriver les catastrophes annonc&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
jacquesbgelinas.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herv&#233; Kempf, Tout est pr&#234;t pour que tout empire. 12 le&#231;ons pour &#233;viter la catastrophe, Seuil, 2017, p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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