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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>R&#233;plique &#224; la proposition de l'Association p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re du Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Replique-a-la-proposition-de-l-Association-petroliere-et-gaziere-du-Quebec</link>
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		<dc:date>2018-08-07T08:41:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-08-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je r&#233;plique ici au r&#233;cent communiqu&#233; de presse de l'Association p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re du Qu&#233;bec (APGQ) qui, par la voix de son pr&#233;sident, tente de faire fl&#233;chir le gouvernement dans sa d&#233;cision de rejeter la fracturation dans le schiste en alignant d'&#233;normes fausset&#233;s qu'on se doit de d&#233;noncer. &lt;br class='autobr' /&gt; - La fausse carotte financi&#232;re : on promet aux municipalit&#233;s 500 000$/an par puits en postulant que la moyenne des puits peut g&#233;n&#233;rer 15M$/an en profits nets ! Cela est totalement irr&#233;aliste et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-08-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-08-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton35493-97b52.jpg?1782048019' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je r&#233;plique ici au r&#233;cent communiqu&#233; de presse de l'Association p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re du Qu&#233;bec (APGQ) qui, par la voix de son pr&#233;sident, tente de faire fl&#233;chir le gouvernement dans sa d&#233;cision de rejeter la fracturation dans le schiste en alignant d'&#233;normes fausset&#233;s qu'on se doit de d&#233;noncer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La fausse carotte financi&#232;re : on promet aux municipalit&#233;s 500 000$/an par puits en postulant que la moyenne des puits peut g&#233;n&#233;rer 15M$/an en profits nets ! Cela est totalement irr&#233;aliste et incompatible avec les r&#233;sultats obtenus pour les 18 puits fractur&#233;s au Qu&#233;bec. Le puits qui aurait donn&#233; les meilleurs r&#233;sultats (A-275-St-Edouard-HZ) ne pourrait rapporter, pour l'ensemble de sa production EUR (Estimated Ultimate Recovery), que moins de 4M$, ce qui ne couvre m&#234;me pas 50% de son co&#251;t de construction ; on trouvera l'analyse &#224; ce lien : Un projet-pilote dans les Basses-Terres du St-Laurent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La pr&#233;tention d'une r&#233;utilisation de l'eau de fracturation &#224; 100% : des eaux de fracking inject&#233;es dans le roc, il ne remonte en tout que 30 &#224; 50% (eaux de reflux). Cela s'explique par divers facteurs techniquement incontournables : de nouveaux vides sont cr&#233;&#233;s dans la roche, une partie des eaux p&#233;n&#232;tre la fine porosit&#233; du schiste, des compos&#233;s chimiques du fluide de fracturation se lient en partie avec les min&#233;raux naturels pr&#233;sents. On conna&#238;t par ailleurs tr&#232;s mal la chimie de ce qui se passe dans le roc fractur&#233;, de m&#234;me que les composants des fluides de fracturation ; cela a lieu loin de toute observation directe, sous haute pression, &#224; 1000 m de profondeur, &#224; des temp&#233;ratures plus &#233;lev&#233;es qu'en laboratoire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aucun additif chimique ? L&#224; encore de la poudre aux yeux. C'est pour endormir les enfants qu'on raconte habituellement des histoires &#224; l'eau de rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;tudes des commissions d'enqu&#234;tes n'ont jamais d&#233;montr&#233; que les puits de gaz de schiste ne contaminent pas les nappes. C'est plut&#244;t le contraire qu'elles soulignent dans leurs rapports. C'est justement l'absence de preuve de l'innocuit&#233; des techniques de fracturation sur les milieux naturels qui a incit&#233; bien des administrations &#224; interdire ou &#224; suspendre la fracturation hydraulique sur leur territoire. Les risques &#224; moyen et &#224; long termes de lentes migrations sont encore totalement inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; M. Binnion invoque la science, mais semble ignorer un de ses principes fondamentaux : on ne doit pas faire dire &#224; un rapport ce que son contenu r&#233;el contredit explicitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Appliquer l'expression &#171; gaz propre &#187; au gaz produit par fracturation hydraulique est un non-sens. Le bio-m&#233;thane peut &#224; la rigueur pr&#233;tendre au titre de gaz compatible avec les pr&#233;occupations environnementales ; mais les hydrocarbures des gisements marginaux et ceux tir&#233;s du schiste qu'on extrait par la fracturation compl&#232;te de la strate emprisonnant ces hydrocarbures t&#233;nus et tr&#232;s diss&#233;min&#233;s n'auront jamais droit &#224; cette appellation. La fracturation, c'est une coupe &#224; blanc dans une couche g&#233;ologique ; de cette coupe &#224; blanc, on ne retire 2% des hydrocarbures en place dans le cas du p&#233;trole, et 15 &#224; 20% dans le cas du gaz de schiste. Il s'agit donc d'&#233;normes d&#233;vastations permanentes et irr&#233;versibles du domaine public (l'espace souterrain) pour une ressource bien temporaire au profit d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Durand, Doct-ing en g&#233;ologie appliqu&#233;e et g&#233;otechnique&lt;br class='autobr' /&gt;
31 juillet 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dossier des hydrocarbures au Qu&#233;bec - Revue de l'ann&#233;e 2016</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dossier-des-hydrocarbures-au-Quebec-Revue-de-l-annee-2016</link>
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		<dc:date>2017-01-17T08:37:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce 1er janvier 2017, je fais un bref bilan personnel des douze derniers mois dans le dossier des hydrocarbures au Qu&#233;bec. Comme on a beaucoup parl&#233; d'Anticosti en 2016, mon billet sera surtout centr&#233; sur l'hypoth&#233;tique gisement de p&#233;trole de cette &#238;le. &lt;br class='autobr' /&gt; En d&#233;but d'ann&#233;e 2015, je me r&#233;jouissais de la victoire de la raison dans le dossier du gaz de schiste de l'Utica dans les Basses-Terres du St-Laurent. En cette fin d'ann&#233;e 2016, je me d&#233;sole de devoir faire le constat suivant : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton29280-cbf85.jpg?1782048019' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce 1er janvier 2017, je fais un bref bilan personnel des douze derniers mois dans le dossier des hydrocarbures au Qu&#233;bec. Comme on a beaucoup parl&#233; d'Anticosti en 2016, mon billet sera surtout centr&#233; sur l'hypoth&#233;tique gisement de p&#233;trole de cette &#238;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;but d'ann&#233;e 2015, je me r&#233;jouissais de la &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2014/12/la-realite-et-les-faits-sont-tetus-cest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;victoire de la raison&lt;/a&gt; dans le dossier du gaz de schiste de l'Utica dans les Basses-Terres du St-Laurent. En cette fin d'ann&#233;e 2016, je me d&#233;sole de devoir faire le constat suivant : la pression pour le d&#233;veloppement des hydrocarbures au Qu&#233;bec s'est concentr&#233;e depuis sur Anticosti et le gouvernement n'a essentiellement retenu que le point de vue des promoteurs. L'ann&#233;e se termine avec l'adoption d'une loi qui autorise toutes les formes d'exploitation d'hydrocarbures, y compris les gisements non conventionnels pour lesquels l'exploration et l'exploitation impliquent l'usage de la fracturation hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2016 d&#233;bute avec la suite des d&#233;clarations ang&#233;liques de Philippe Couillard, qui depuis son retour de la conf&#233;rence sur le climat COP 21 de Paris, jure que le saccage d'Anticosti par la fracturation hydraulique et par les puits de p&#233;trole ne porteront jamais sa signature. H&#233;las les &#233;v&#233;nements de l'ann&#233;e 2016 montrent que d'autres ministres (MERN, MDDELCC) sont autoris&#233;s &#224; signer pour toutes les &#233;tapes interm&#233;diaires &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;trolia attendra un peu la r&#233;ponse &#224; ses demandes d'autorisation pour trois puits avec fracturation : elle ne viendra qu'en juin 2016. Mais cette r&#233;ponse est un feu vert tous azimuts pour trois forages, c'est-&#224;-dire &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2016/06/anticosti-oui-la-fracturation.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatre autorisations (permis)&lt;/a&gt; pour chacun des trois puits pr&#233;vus. Le gouvernement a d&#233;cern&#233; non pas seulement un permis pour chaque puits pour les op&#233;rations de forage (1), mais il a autoris&#233; aussi, avant m&#234;me que les puits ne soient commenc&#233;s, trois permis compl&#233;mentaires &#224; chacun des trois sites pour les fins des op&#233;rations de fracturation : autorisation de pr&#233;l&#232;vement des grands volumes d'eau requis pour la fracturation dans les rivi&#232;res adjacentes aux trois sites (2), le traitement des eaux de reflux de la fracturation (3), et finalement le torchage des gaz &#233;mis (4) pompeusement nomm&#233; &#171; Syst&#232;me de traitement des &#233;missions atmosph&#233;riques &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30 mai 2016, le gouvernement publie les deux rapports finaux des &#201;valuations Environnementales Strat&#233;giques : &lt;a href=&#034;http://hydrocarbures.gouv.qc.ca/documents/filiere_hydrocarbures.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ES-Hydrocarbures&lt;/a&gt; et l'&#233;tude sp&#233;cifique &#224; Anticosti &lt;a href=&#034;http://hydrocarbures.gouv.qc.ca/documents/EES-Anticosti.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ES-Anticosti&lt;/a&gt;. Ces derniers rapports s'ajoutent &#224; la suite des pr&#233;c&#233;dentes &#233;tudes gouvernementales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape273.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BAPE f&#233;vrier 2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/evaluations/Gaz-de-schiste/rapport-synthese.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ES-Gaz de schiste janvier 2014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Commission sur les Enjeux &#201;nerg&#233;tiques f&#233;vrier 2014,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; BAPE novembre 2014.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour chacune de ces commissions, nous avons d&#233;pos&#233;s des commentaires et des m&#233;moires. Tout ce processus semble bien n'avoir &#233;t&#233; qu'une vaste &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2hkvAoH&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;op&#233;ration de fa&#231;ade car le 7 juin 2016&lt;/a&gt;, le gouvernement d&#233;pose la loi sur les hydrocarbures enrob&#233;e dans un &lt;a href=&#034;http://bit.ly/29aYdWK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autre texte&lt;/a&gt;. Il refusera tout le reste de l'ann&#233;e de s&#233;parer ce projet de loi controvers&#233; de l'autre partie qui fait plus consensus.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 juin, c'est l'octroi des &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2016/06/anticosti-oui-la-fracturation.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autorisations&lt;/a&gt; pour les trois puits avec fracturation &#224; Anticosti.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude en commission parlementaire de la loi 106 est &lt;a href=&#034;http://www.tvanouvelles.ca/2016/12/07/quebec-aura-recours-au-baillon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interrompue le 7 d&#233;cembre par le b&#226;illon&lt;/a&gt; ; la commission n'aura discut&#233; que des articles 1 &#224; 25, sans m&#234;me arriver &#224; aborder les vrais articles qui se rapportent plus ou moins directement &#224; la fracturation hydraulique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 d&#233;cembre, le gouvernement accorde une &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2016/10/demande-de-relocalisation-du-puits.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouvelle autorisation&lt;/a&gt; pour rapprocher le puits No3 de la faille Jupiter ; une d&#233;cision aberrante mais qui cadre bien avec toutes celles aussi illogiques qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment r&#233;sumer cette triste ann&#233;e 2016 ? D'une part, il y a eu, pour la fa&#231;ade, des consultations et des bien belles d&#233;clarations &#233;motives de M. Philippe Couillard. D'autre part, il y a l'action l&#233;gislative (&lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2016/07/le-reglement-modifie-pour-la-loi-sur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;loi et r&#232;glements&lt;/a&gt;) et les autorisations toutes orchestr&#233;es pour rendre possible la fracturation hydraulique. Au final les consultations n'ont donc eu aucun impact sur les d&#233;cisions rendues dans les officines qui s'occupent des vraies affaires. Un bilan bien triste pour cette ann&#233;e 2016. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'arrivera-t-il en 2017 ? Personne n'est v&#233;ritablement devin ; c'est donc seulement des souhaits qu'on peut exprimer. Je souhaite que toute cette action gouvernementale o&#249; nos dirigeants persistent &#224; s'enfoncer avec nos fonds publics, arrive au plus vite &#224; son cul-de-sac pr&#233;visible. Ce n'est pas des lois et des r&#232;glements qui vont changer la r&#233;alit&#233; des faits : &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/2016/05/anticosti-une-evaluation-des-ressources.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le p&#233;trole et encore plus le gaz d'Anticosti ne seront jamais rentables&lt;/a&gt;. Les d&#233;penses d'exploration sont faites en pure perte*.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je souhaite que le partenaire Morel&amp;Prom en soit convaincu d&#232;s que possible et retire ses billes du partenariat Hydrocarbures Anticosti S.E.C. (HA S.E.C.). Je souhaite que les innus d'Ekuanitshit gagnent leur &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2htBuJq&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;action en justice&lt;/a&gt;. Je souhaite que la mobilisation citoyenne fasse bloc autour de la prise de position des &#233;lus locaux de Port-Menier. Je souhaite que le gouvernement cesse de croire na&#239;vement tout ce que le lobby p&#233;trolier lui dit ; qu'il cesse surtout de ne pr&#234;ter cr&#233;dit dans ces d&#233;cisions qu'&#224; ce seul et &#233;troit point de vue. Le m&#233;pris des autres opinions ne peut durer qu'un temps car il aura un impact politique ; je souhaite que le gouvernement en prenne conscience le plus t&#244;t possible.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences pour les autorisations &#233;mises le 15 juin 2016&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Industriel/autorisations/hydrocarbures-anticostiSEC/ca-3forages.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;alisation de trois forages avec fracturation hydraulique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Industriel/autorisations/hydrocarbures-anticostiSEC/ca-prelevement-eau-surface.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;l&#232;vement d'eau de surface pour la r&#233;alisation de trois forages avec fracturation hydraulique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Industriel/autorisations/hydrocarbures-anticostiSEC/ca-traitement-eaux-usees.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syst&#232;me de traitement des eaux us&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/Industriel/autorisations/hydrocarbures-anticostiSEC/ca-traitement-emissions-atmospheriques.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syst&#232;me de traitement des &#233;missions atmosph&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En ce qui a trait aux aspects &#233;conomiques de l'hypoth&#233;tique gisement d'Anticosti, il y a un paradoxe en 2016. L'&#201;ES Anticosti a &#233;t&#233; lanc&#233;e en 2014 en m&#234;me temps qu'Hydrocarbure Anticosti, plus pr&#233;cis&#233;ment P&#233;trolia son mandataire sur le terrain, amor&#231;ait des forages d'exploration. Des dix-huit pr&#233;vus, douze ont &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;s : cinq en 2014 et sept autres en 2015. Or les r&#233;sultats de cette derni&#232;re campagne de forage n'ont jamais &#233;t&#233; publi&#233;s ; le rapport final de l'&#201;ES n'a pas du tout int&#233;gr&#233; les plus r&#233;centes donn&#233;es de forages. Toutes les &#233;tudes &#233;conomiques qui ont aliment&#233; l'&#201;ES et son rapport final sorti le 30 mai 2016 utilisent plut&#244;t la valeur de 43 Gbbl publi&#233;e dans le rapport Sproule datant de 2011. Pourquoi avoir &#233;cart&#233; les donn&#233;es des douze forages plus r&#233;cents ? Parce que ces donn&#233;es r&#233;centes ne sont pas favorables aux promoteurs ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas dans le rapport final de l'&#201;ES-Anticosti du 30 mai qu'il faut aller chercher ces donn&#233;es, elles n'y sont pas. C'est plut&#244;t dans une publication f&#233;d&#233;rale publi&#233;e un peu avant (&lt;a href=&#034;http://bit.ly/25rp8QQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport#8019 de Chen et al.&lt;/a&gt;) qu'on a les donn&#233;es les plus &#224; jour pour Anticosti. L'&#233;valuation de la quantit&#233; d'hydrocarbures en place pour toute la zone sous permis &#224; Anticosti est ramen&#233;e &#224; une valeur 15% plus faible : 37Gbbl. Aucun journaliste n'a rapport&#233; cette baisse dans l'&#233;valuation des ressources. Durant toute l'ann&#233;e 2016, Anticosti a d&#233;fray&#233; la manchette &#224; de tr&#232;s nombreuses reprises, mais aucun m&#233;dia n'a comment&#233; la nouvelle &#233;valuation plus basses des ressources. Les m&#233;dias se sont durant toute l'ann&#233;e r&#233;f&#233;r&#233;s aux &#034;quarante trois milliards de barils de p&#233;trole d'Anticosti&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport #8019 donne de plus une r&#233;partition des densit&#233;s en place, tant pour le p&#233;trole (huile) que pour le gaz. Avec ces donn&#233;es, il est possible de conclure sans l'ombre d'un doute que ces hypoth&#233;tiques ressources ne seront jamais &#233;conomiquement exploitables. C'est l&#224; une nouvelle importante qui est h&#233;las pass&#233;e inaper&#231;ue ; je crois donc utile de pr&#233;senter ci-dessous une figure qui r&#233;sume les donn&#233;es de l'&lt;a href=&#034;http://bit.ly/25rp8QQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;valuation compl&#232;te&lt;/a&gt; qui a &#233;t&#233; faite en juin dernier &#224; partir des donn&#233;es contenues dans l'&lt;a href=&#034;http://bit.ly/29IBemU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tude #8019&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Marc Durand s'implique dans le dossier des hydrocarbures et de la fracturation depuis le d&#233;but de la &#171; crise &#187; vers 2010. Il a r&#233;alis&#233; plusieurs &#233;tudes et donn&#233; un nombre incalculable de conf&#233;rences sur le sujet. Nous tenons &#224; le remercier pour sa contribution inestimable et sa disponibilit&#233; sans limite. On peut suivre ses judicieuses et pertinentes interventions &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;https://rochemere.blogspot.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rochemere.blogspot.ca/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le R&#232;glement sur le pr&#233;l&#232;vement des eaux et leur protection o&#249; comment sacrifier l'eau potable pour quelques gouttes de p&#233;trole ! </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Reglement-sur-le-prelevement-des-eaux-et-leur-protection-ou-comment</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Reglement-sur-le-prelevement-des-eaux-et-leur-protection-ou-comment</guid>
		<dc:date>2014-08-26T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;line Marier, Chantal Savaria, Marc Brullemans, Marc Durand, Richard E. Langelier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-08-19</dc:subject>
		<dc:subject>R&#232;glement sur l'eau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les auteurEs sont respectivement biophysicien, ing&#233;nieur et g&#233;ologue, juriste et sociologue, biologiste et enfin ing&#233;nieure et hydrog&#233;ologie. &lt;br class='autobr' /&gt; I. Ouverture &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 21 juillet 2014, lors d'une conf&#233;rence de presse tenue en grande pompe &#224; Gasp&#233;, le ministre du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, M. David Heurtel, annon&#231;ait la promulgation du d&#233;cret &#233;dictant le R&#232;glement sur le pr&#233;l&#232;vement des eaux et leur protection. Ce d&#233;cret sera d'ailleurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-08-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-08-19&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Reglement-sur-l-eau-+" rel="tag"&gt;R&#232;glement sur l'eau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton18572-6d24c.jpg?1781442657' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les auteurEs sont respectivement biophysicien, ing&#233;nieur et g&#233;ologue, juriste et sociologue, biologiste et enfin ing&#233;nieure et hydrog&#233;ologie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Ouverture &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 juillet 2014, lors d'une conf&#233;rence de presse tenue en grande pompe &#224; Gasp&#233;, le ministre du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, M. David Heurtel, annon&#231;ait la promulgation du d&#233;cret &#233;dictant le R&#232;glement sur le pr&#233;l&#232;vement des eaux et leur protection. Ce d&#233;cret sera d'ailleurs publi&#233;, comme la loi l'impose, dans la Gazette officielle du Qu&#233;bec, le 30 juillet 2014, avec l'entr&#233;e en vigueur de la majorit&#233; de ses dispositions, le 14 ao&#251;t 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#232;glement est d'ailleurs la troisi&#232;me mouture d'un texte qui a passablement &#233;volu&#233; depuis sa premi&#232;re publication, le 28 d&#233;cembre 20112. Le gouvernement lib&#233;ral de l'&#233;poque n'avait alors jamais donn&#233; suite &#224; son projet, eu &#233;gard aux nombreuses critiques dont il avait fait l'objet et &#224; la tenue prochaine de l'&#233;lection de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Parti Qu&#233;b&#233;cois, &#233;lu en septembre 2012, a donc repris, en le modifiant, le projet du gouvernement lib&#233;ral et un nouveau texte fut publi&#233; dans la Gazette officielle du Qu&#233;bec, le 29 mai 20133. Une fois encore, ce projet controvers&#233; fit l'objet de nombreuses critiques, particuli&#232;rement en regard de son chapitre qui autorisait la fracturation sur l'ensemble du territoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, l'actuel gouvernement ne semble pas avoir pris en compte les nombreuses critiques adress&#233;es &#224; ce projet. Bien qu'en apparence certaines am&#233;liorations semblent avoir &#233;t&#233; apport&#233;es (prolongation des distances s&#233;paratrices entre les sources d'eau potable et les forages gaziers ou p&#233;troliers), dans les faits, ce r&#232;glement n'offre aucune protection s&#233;rieuse et efficace pour les sources d'eau potable. Pire, sur certains points, il constitue m&#234;me un recul important par rapport au pr&#233;c&#233;dent projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2013 &#233;tait form&#233; un petit collectif scientifique ad hoc afin de rencontrer les experts du minist&#232;re pour discuter des standards devant &#234;tre impos&#233;s afin d'assurer une r&#233;elle protection aux sources d'eau potable. Ce collectif &#233;tait constitu&#233; de Marc Brullemans, biophysicien, de Marc Durand, ing&#233;nieur-g&#233;ologue, Richard E. Langelier, juriste et sociologue, C&#233;line Marier, biologiste et Chantal Savaria, ing&#233;nieure et hydrog&#233;ologue, sp&#233;cialiste des contaminations par hydrocarbure. Le 18 mars 2013, cette rencontre s'est tenue mais sans apporter de r&#233;sultats concrets. &#192; la publication du deuxi&#232;me projet du r&#232;glement, en mai 2013, ce collectif a donc proc&#233;d&#233; &#224; une analyse critique de ce projet o&#249; &#233;taient mises en lumi&#232;re les principales lacunes des normes r&#233;glementaires propos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mise en vigueur du nouveau r&#232;glement, il convenait donc de reprendre cette analyse en regard des nouvelles normes impos&#233;es. Les r&#233;sultats de cet examen se trouvent expos&#233;s dans le pr&#233;sent texte. Rappelons que notre collectif oeuvre b&#233;n&#233;volement et que ses membres agissent sans parti pris politique, strictement pro bono, et dans le seul but de d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminant cette br&#232;ve introduction nous voulons insister sur le caract&#232;re pour le moins restrictif de la conception de la n&#233;cessaire transparence des institutions d&#233;mocratiques qui conduit &#224; cette promulgation en pleine p&#233;riode de vacances de la construction, alors qu'un grand nombre de citoyens et citoyennes sont moins disponibles ou moins dispos&#233;s &#224; participer aux d&#233;bats entourant cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promulgation du d&#233;cret &#233;dictant ce r&#232;glement dans le contexte des vacances estivales, et alors que le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) charg&#233; d'examiner les forages gaziers dans la vall&#233;e du Saint-Laurent devait faire des recommandations sur le cadre juridique devant r&#233;gir l'usage de la fracturation et qu'il n'a pas encore rendu son rapport suites aux &#233;tudes qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es et aux audiences qu'il a tenues, et alors qu'un autre d&#233;cret avait d&#233;j&#224; fix&#233; les conditions devant &#234;tre rencontr&#233;es pour effectuer les sondages stratigraphiques sur l'&#238;le d'Anticosti, nous semble une bien curieuse fa&#231;on d'assurer la transparence dans la gestion des affaires publiques, promesse pourtant faite aux Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises lors du discours inaugural de l'actuel gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la tenue de cette annonce &#224; Gasp&#233;, alors que la compagnie P&#233;trolia m&#232;ne campagne depuis plusieurs mois pour reprendre ses forages sur le territoire de cette municipalit&#233;, nous semble un signal clair lanc&#233; aux soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res &#224; l'effet que le gouvernement allait les soutenir en imposant des normes peu contraignantes m&#234;me si, ce faisant, il accepte de sacrifier l'eau potable de cette communaut&#233;. Le pr&#233;jug&#233; favorable de ce gouvernement pour l'exploitation des hydrocarbures fossiles non conventionnels y trouve une illustration saisissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re directe, et convaincante d&#233;j&#224;, il faut lire les communiqu&#233;s de P&#233;trolia, du Conseil du patronat du Qu&#233;bec et de la F&#233;d&#233;ration des Chambres de commerce du Qu&#233;bec pour constater la pr&#233;sence et la direction de ce biais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les standards impos&#233;s par le R&#232;glement d&#233;montrent ce m&#234;me biais en faveur des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res, comme nous allons maintenant le d&#233;montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Les standards impos&#233;s et la comparaison avec les projets ant&#233;rieurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau r&#232;glement compte 108 articles et 5 annexes. Comme le deuxi&#232;me projet, il comporte un chapitre entier consacr&#233; a la recherche de p&#233;trole ou de gaz et &#224; l'usage de la fracturation &#224; cette fin (le chapitre V, articles 31-49) et un chapitre sur la protection des sources d'eau potable (chapitre VI, articles 50-75) et d&#233;limitant les diverses zones de protection desdites sources d'eau. Nous allons consacrer &#224; ces chapitres l'essentiel de notre actuelle critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.1 La port&#233;e du r&#232;glement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord la port&#233;e limit&#233;e du r&#232;glement en regard de l'eau potable, dans la mesure o&#249; ses normes ne visent que l'eau servant &#224; la consommation humaine ou &#224; la transformation alimentaire. Ainsi, l'eau qui sert &#224; abreuver les animaux ou qui est utilis&#233;e pour les cultures dans les fermes qu&#233;b&#233;coises n'est donc pas prot&#233;g&#233;e, contrairement &#224; ce qui &#233;tait pr&#233;vu dans le premier projet de r&#232;glement de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'article premier du r&#232;glement pr&#233;voit clairement que ce r&#232;glement &#171; vise particuli&#232;rement &#224; assurer la protection des eaux pr&#233;lev&#233;es &#224; des fins de consommation humaine ou &#224; des fins de transformation alimentaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette formulation apparaissait aussi dans le second projet, le premier pr&#233;sentait une formulation plus large. En effet, le premier projet pr&#233;voyait que ce r&#232;glement &#171; vise particuli&#232;rement &#224; assurer la protection des eaux pr&#233;lev&#233;es &#224; des fins de distribution d'eau potable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diff&#233;rence de formulation est importante car le r&#232;glement actuel n&#233;glige une grande partie de la probl&#233;matique de nos campagnes o&#249; l'eau potable constitue non seulement un bien essentiel &#224; la vie, mais aussi une ressource importante pour les agriculteurs et plus particuli&#232;rement pour les &#233;leveurs de b&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.2 Les comp&#233;tences des municipalit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;glement actuel a non seulement des incidences importantes pour les agriculteurs, mais aussi pour les municipalit&#233;s. En effet, le R&#232;glement retire aux municipalit&#233;s toute comp&#233;tence en regard des puisements d'eau r&#233;alis&#233;s sur leur territoire, si ces puisements sont faits dans le cadre d'une exploitation gazi&#232;re ou p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le paragraphe onzi&#232;me du premier alin&#233;a de l'article 7 du R&#232;glement pr&#233;voit l'obligation pour une soci&#233;t&#233; qui puise de l'eau potable sur le territoire d'une municipalit&#233; d'obtenir &#171; un certificat du greffier ou du secr&#233;taire-tr&#233;sorier de la municipalit&#233; locale ou de la municipalit&#233; r&#233;gionale de comt&#233; concern&#233;e, selon le cas, attestant de la conformit&#233; du pr&#233;l&#232;vement avec la r&#233;glementation municipale applicable &#187;, mais le dernier paragraphe de l'article 7 pr&#233;voit nomm&#233;ment que &#171; [l]e paragraphe 11 du premier alin&#233;a ne s'applique pas &#224; celui qui, en vertu de la Loi sur les mines (chapitre M-13.1), est autoris&#233; &#224; effectuer des travaux d'exploration, de recherche, de mise en valeur ou d'exploitation de substances min&#233;rales ou de r&#233;servoirs souterrains, sauf s'il s'agit de travaux d'extraction de sable, de gravier ou de pierre &#224; construire sur les terres priv&#233;es o&#249;, en vertu de l'article 5 de cette loi, le droit &#224; ces substances min&#233;rales est abandonn&#233; au propri&#233;taire du sol. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici que le p&#233;trole et le gaz constitue des min&#233;raux, au sens de la Loi sur les mines dont nous parle cette disposition du R&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.3 Le professionnel comp&#233;tent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie des responsabilit&#233;s relatives &#224; l'application du r&#232;glement repose sur les &#233;paules de professionnels charg&#233;s d'&#233;mettre des opinions professionnelles &#224; diverses &#233;tapes des forages p&#233;troliers ou gaziers. L'article 2 du R&#232;glement pr&#233;voit que ce professionnel doit &#234;tre membre d'un ordre professionnel r&#233;gi par le Code des professions ou une personne autoris&#233;e par un ordre professionnel &#224; exercer des fonctions relevant normalement de l'ordre professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, deux remarques peuvent &#234;tre formul&#233;es. La premi&#232;re est d'exposer les limites en termes de protection qu'offre cette garantie. Comme des exemples r&#233;cents l'ont bien montr&#233;, le professionnel ins&#233;r&#233; dans une structure industrielle ou commerciale ne dispose g&#233;n&#233;ralement pas de l'autorit&#233; morale n&#233;cessaire pour imposer des normes strictes. Pris entre l'arbre et l'&#233;corce, entre les directives de l'entreprise et les normes d&#233;ontologiques, formul&#233;es de fa&#231;on large et sujettes &#224; des interpr&#233;tations restrictives, qui r&#233;gissent la plupart du temps les ordres professionnels, le professionnel concern&#233; peut &#234;tre amen&#233; &#224; des compromis discutables et dangereux pour la s&#233;curit&#233; du public ou la pr&#233;servation de l'environnement, d'autant, comme nous le verrons, que les normes impos&#233;es par le R&#232;glement exigent des jugements de valeurs o&#249; les consid&#233;rations scientifiques ne constituent qu'un aspect, souvent mineur, de la d&#233;cision &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde remarque concerne les dispositions de l'article 7 qui &#233;tablit qu'un biologiste doit &#233;tablir, pour le compte de la soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re ou gazi&#232;re, une &#233;tude montrant les impacts potentiels de l'exploitation gazi&#232;re ou p&#233;troli&#232;re envisag&#233;e sur certains milieux naturels et sugg&#233;rant, le cas &#233;ch&#233;ant, des &#171; mesures d'att&#233;nuation des impacts envisag&#233;s &#187;. Certes, les biologistes disposent g&#233;n&#233;ralement d'une formation ad&#233;quate pour exercer cette fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les biologistes ne disposent pas de la protection d'un ordre professionnel, protection bien relative, mais permettant tout de m&#234;me au public d'exercer certains recours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, un R&#232;glement qui ne prot&#232;ge pas ad&#233;quatement l'agriculture, qui enl&#232;ve aux municipalit&#233;s toute comp&#233;tence sur les puisements d'eau et qui met dans les mains de personnes d&#233;chir&#233;es entre leurs obligations d&#233;ontologiques et leurs obligations de loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard de l'entreprise, eu &#233;gard &#224; la subordination juridique qu'impose leur statut de salari&#233;, voil&#224; d&#233;j&#224; une situation inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inqui&#233;tude croit encore, lorsque nous examinons attentivement les normes pr&#233;vues au R&#232;glement, dont celles relatives &#224; la transparence et &#224; la publicit&#233; des actes des soci&#233;t&#233;s en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.4 La transparence et l'acc&#232;s aux renseignements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alit&#233; actuelle, il est assez difficile d'obtenir des autorit&#233;s gouvernementales des renseignements relatifs aux travaux de forage r&#233;alis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res. G&#233;n&#233;ralement, sont &#233;voqu&#233;s le droit &#224; la protection des secrets industriels voire le droit &#224; la vie priv&#233;e des soci&#233;t&#233;s en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, des rapports d&#233;pos&#233;s au MRN seuls les rapports de forages sont publics, mais ce, trois ans seulement apr&#232;s leur d&#233;p&#244;t. Dans le cas de tous les autres travaux annexes, comme la fracturation du puits, ces rapports dits de compl&#233;tion sont seulement d&#233;pos&#233;es au MRN. Le minist&#232;re ne les divulgue pas et les garde confidentiels tant que l'entreprise le d&#233;sire. C'est ainsi que le public n'a toujours pas acc&#232;s aux informations relatives aux 18 puits fractur&#233;s dans l'Utica entre 2006 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#232;glement semble mettre fin &#224; cette pratique puisque diverses dispositions pr&#233;voient le libre-acc&#232;s &#224; ces renseignements. Ainsi, le dernier alin&#233;a de l'article 31 du R&#232;glement est ainsi formul&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. Les renseignements consign&#233;s dans un avis, une &#233;tude, un programme ou un rapport &lt;br class='autobr' /&gt;
exig&#233; en vertu du pr&#233;sent chapitre ont un caract&#232;re public. Il en est de m&#234;me des r&#233;sultats d'analyse transmis au ministre en vertu du pr&#233;sent chapitre. Dans tous les cas, une copie de ces avis, &#233;tudes, programmes, rapports ou r&#233;sultats d'analyse doit &#234;tre transmise au ministre de l'&#201;nergie et des Ressources naturelles dans le m&#234;me d&#233;lai que celui exig&#233; pour leur transmission au ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, pour &#233;valuer la port&#233;e r&#233;elle de cette disposition, il faut aussi r&#233;f&#233;rer &#224; la Loi sur l'acc&#232;s aux documents des organismes publics et la protection des renseignements personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les dispositions de l'article 168 de cette loi sont ainsi formul&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;168. Les dispositions de la pr&#233;sente loi pr&#233;valent sur celles d'une loi g&#233;n&#233;rale ou sp&#233;ciale &lt;br class='autobr' /&gt;
post&#233;rieure qui leur seraient contraires, &#224; moins que cette derni&#232;re loi n'&#233;nonce express&#233;ment s'appliquer malgr&#233; la pr&#233;sente loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ni la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, ni le pr&#233;sent R&#232;glement qui en d&#233;coule, ne pr&#233;voient s'appliquer &#171; nonobstant la Loi sur l'acc&#232;s &#187;. En cons&#233;quence, ce sont les dispositions de cette loi et l'arbitrage &#233;ventuel de la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information (il faut &#234;tre repr&#233;sent&#233; par avocat devant cette Commission, sauf s'il s'agit d'une demande qui concerne ses propres renseignements personnels) qui pr&#233;vaudront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res peuvent invoquer de nombreux motifs pour s'objecter &#224; la divulgation de renseignements et le minist&#232;re ou l'organisme public doit en tenir compte avant de divulguer le renseignement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. Un organisme public ne peut communiquer le secret industriel d'un tiers ou un &lt;br class='autobr' /&gt;
renseignement industriel, financier, commercial, scientifique, technique ou syndical de &lt;br class='autobr' /&gt;
nature confidentielle fourni par un tiers et habituellement trait&#233; par un tiers de fa&#231;on &lt;br class='autobr' /&gt;
confidentielle, sans son consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Un organisme public ne peut communiquer un renseignement fourni par un tiers &lt;br class='autobr' /&gt;
lorsque sa divulgation risquerait vraisemblablement d'entraver une n&#233;gociation en vue de la conclusion d'un contrat, de causer une perte &#224; ce tiers, de procurer un avantage &lt;br class='autobr' /&gt;
appr&#233;ciable &#224; une autre personne ou de nuire de fa&#231;on substantielle &#224; la comp&#233;titivit&#233; de &lt;br class='autobr' /&gt;
ce tiers, sans son consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, certaines dispositions plus g&#233;n&#233;reuses de cette loi permettent de contrebalancer les dispositions pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es, mais il n'en demeure pas moins qu'en cas de refus de divulguer, c'est la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information qui devra trancher et les d&#233;lais normaux pour &#234;tre entendu par cette Commission sont fort longs (plus ou moins 2 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.5 Le volume de pr&#233;l&#232;vement d'eau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les dispositions de l'article 3 du R&#232;glement pr&#233;voient une m&#233;thode de calcul des pr&#233;l&#232;vements d'eau r&#233;alis&#233;s, cette m&#233;thode est peu appropri&#233;e pour les pr&#233;l&#232;vements d'eau r&#233;alis&#233;s &#224; des fins de fracturation hydraulique. En effet, le volume moyen est calcul&#233; sur la base du d&#233;bit obtenu sur une p&#233;riode de 90 jours, p&#233;riode jamais atteinte dans un tel cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pour &#233;tablir le calcul quotidien, on doit prendre en compte les pr&#233;l&#232;vements d'eau &#171; effectu&#233;s &#224; chacun des sites de pr&#233;l&#232;vements qui sont reli&#233;s &#224; un m&#234;me &#233;tablissement, &#224; une m&#234;me installation ou &#224; un m&#234;me syst&#232;me d'aqueduc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interpr&#233;tation bas&#233;e sur le bon sens, voire une interpr&#233;tation litt&#233;rale des termes utilis&#233;s, voudraient sans aucun doute que soit calcul&#233; tout pr&#233;l&#232;vement d'eau servant &#224; un m&#234;me puits de forage p&#233;trolier ou gazier. Cependant, les r&#232;gles l&#233;gales d'interpr&#233;tation permettent peut-&#234;tre une autre interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les termes &#171; &#233;tablissement &#187;, &#171; installation &#187; et &#171; syst&#232;me d'aqueduc &#187; ne sont pas d&#233;finis dans le R&#232;glement. On retrouve &#224; l'article 2 du R&#232;glement une d&#233;finition du terme &#171; installation &#187;, mais il s'agit alors d'une installation d'&#233;levage d'animaux. Ainsi, n'appara&#238;t pas ici le &#171; site de forage &#187; d&#233;finit &#224; l'article 31 du R&#232;glement. Cette omission, qu'elle soit volontaire ou non, pourrait avoir comme cons&#233;quence d'exclure les sites de forage des soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res qui pourraient donc scinder leurs pr&#233;l&#232;vement d'eau en autant de parties qu'elles le souhaitent. Or, comme les dispositions de l'article 6(3)f) du R&#232;glement excluent la n&#233;cessit&#233; d'obtenir une autorisation minist&#233;rielle tout pr&#233;l&#232;vement d'eau inf&#233;rieur &#224; 379 000 litres par jour (l'&#233;quivalent de plus d'une douzaine de camions-citernes), cela ouvrirait la porte &#224; une possible libert&#233; compl&#232;te de pr&#233;l&#232;vement pour, entre autres, les soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les tribunaux, qui sont les institutions qui devront, in fine, d&#233;cider de la chose, devaient conclure que cette interpr&#233;tation est trop restrictive et que doivent &#234;tre pris en compte les pr&#233;l&#232;vements d'eau effectu&#233;s &#224; divers sites pour alimenter un puits de forage gazier ou p&#233;trolier, il n'en demeure pas moins que plusieurs bassins versants ne sont pas en mesure de fournir l'eau n&#233;cessaire au besoins de l'industrie et que les m&#233;canismes de contr&#244;le de ces pr&#233;l&#232;vements sont inexistants ou peu performants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.6 L'autorisation minist&#233;rielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si un pr&#233;l&#232;vement sup&#233;rieur &#224; la limite des 379 000 litres d'eau exige normalement une autorisation minist&#233;rielle pr&#233;vue &#224; l'article 31.75 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, il faut remarquer que la disposition en cause n'est pas en vigueur et que le R&#232;glement &#233;dict&#233; ne pr&#233;voit pas la mise en vigueur de cette disposition, contrairement &#224; ce qui &#233;tait pr&#233;vu dans le second projet de r&#232;glement de mai 2013 (voir les articles 106 et 107 du projet de mai 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en l'absence d'un autre d&#233;cret mettant en vigueur les dispositions de l'article 31.75 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, les soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res pourraient librement puiser tout l'eau dont elles ont besoin, m&#234;me si, comme nous l'avons vu pr&#233;c&#233;demment, les &#233;tudes produites dans le cadre de l'&#201;tude environnementale strat&#233;gique (&#201;ES) sur le gaz de schiste ont montr&#233; que les cours d'eau de certains bassins versants ne peuvent permettre de tels puisements sans compromettre les usages normaux de l'eau. De surcroit, l'examen d'un contrat civil liant une soci&#233;t&#233; gazi&#232;re et un agriculteur qui a consenti aux travaux de la soci&#233;t&#233; sur sa propri&#233;t&#233; montre que la soci&#233;t&#233; en cause peut creuser les puits art&#233;siens n&#233;cessaires &#224; ses travaux, sans &#233;gard &#224; la disponibilit&#233; de l'eau dans l'aquif&#232;re ainsi sollicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons encore &#224; ce tableau peu reluisant le fait que l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par le &lt;br class='autobr' /&gt;
professionnel engag&#233; par la soci&#233;t&#233; gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re et permettant d'&#233;tablir les volumes d'eau pr&#233;lev&#233;s et de d&#233;crire &#171; les modifications anticip&#233;es &#224; la qualit&#233; de l'eau lors de son utilisation et de son rejet dans le milieu, notamment au niveau des substances ajout&#233;es &#224; l'eau &#224; cet &#233;gard &#187; (tel que pr&#233;vu au paragraphe d) de l'alin&#233;a dixi&#232;me de l'article 7 du R&#232;glement) ne sont pas des documents publics, comme le pr&#233;voient les dispositions du dernier alin&#233;a de l'article 7 : &#171; Les renseignements fournis relativement au pr&#233;sent article ont un caract&#232;re public, sauf les renseignements pr&#233;vus au paragraphe 10 du premier alin&#233;a lorsqu'ils ne concernent pas une demande de pr&#233;l&#232;vement d'eau vis&#233; par l'article 31.97 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons finalement que les autorisations de puisement d'eau octroy&#233;es par le ministre (lorsqu'elles seront en vigueur) ont une dur&#233;e fort longue, soit 10 ans (article 31.81 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, mais cet article n'est pas en vigueur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.7 La fracturation et les distances s&#233;paratrices par rapport &#224; une source d'eau potable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositions de l'article 31 du R&#232;glement d&#233;finissent ce qu'il faut entendre &lt;br class='autobr' /&gt;
par fracturation. Ces dispositions sont ainsi formul&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; &#171; fracturation &#187; : op&#233;ration qui consiste &#224; cr&#233;er des fractures dans une formation &lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;ologique en y injectant un fluide, sous pression, par l'entremise d'un puits, &#224; l'exception &lt;br class='autobr' /&gt;
de celle utilisant un volume de fluides inf&#233;rieur &#224; 50 000 litres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; cette d&#233;finition, remarquons que l'injection de 50 000 litres de fluide de fracturation contenant de nombreux produits chimiques est amplement suffisante pour contaminer une source d'eau potable. Nous voyons mal la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir une distinction en fonction des volumes de fluide inject&#233; dans le sous-sol dans la d&#233;finition d'une technique d'exploration p&#233;troli&#232;re ou gazi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si nous comparons cette d&#233;finition avec celle apparaissant au projet de r&#232;glement de mai 2013, nous remarquons des diff&#233;rences significatives. En effet, la d&#233;finition qui apparaissait dans le projet de mai 2013 &#233;tait ainsi formul&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. Pour l'application de la pr&#233;sente sous-section, on entend par &#171; fracturation &#187;, une &lt;br class='autobr' /&gt;
op&#233;ration qui consiste &#224; cr&#233;er des fissures dans une formation g&#233;ologique ou &#224; &#233;largir des fissures d&#233;j&#224; existantes &#224; l'aide de fluides inject&#233;s dans un puits &#224; une pression suffisante. N'est toutefois pas vis&#233; une op&#233;ration utilisant un volume de fluides inf&#233;rieur &#224; 50 000 litres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re englobant de cette d&#233;finition permettait de contrer les tentatives de l'industrie de pr&#233;senter sous des vocables diff&#233;rents et moins connot&#233;s n&#233;gativement les divers &#233;l&#233;ments associ&#233;s &#224; l'usage de la fracturation, tel les tests dits d'injectivit&#233;. La formulation actuelle est beaucoup plus restrictive, dans la mesure o&#249; la fracturation consiste aussi sinon tout autant &#224; &#171; &#233;largir des fissures d&#233;j&#224; existantes &#187; qu'&#224; en cr&#233;er de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'article 32 du R&#232;glement &#233;tablit les distances s&#233;paratrices devant &#234;tre respect&#233;es entre un forage gazier ou p&#233;trolier et une source d'eau potable. Cette disposition est ainsi formul&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. Il est interdit d'am&#233;nager un site de forage ou de r&#233;aliser un sondage stratigraphique &lt;br class='autobr' /&gt;
dans une plaine inondable dont la r&#233;currence de d&#233;bordement est de 20 ans, dans une &lt;br class='autobr' /&gt;
plaine inondable d'un lac ou d'un cours d'eau identifi&#233;e sans que ne soient distingu&#233;es les r&#233;currences de d&#233;bordement de 20 ans et de 100 ans ou &#224; moins de 500 m&#232;tres d'un site de pr&#233;l&#232;vement d'eau effectu&#233; &#224; des fins de consommation humaine ou de transformation alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distance de 500 m&#232;tres pr&#233;vue au premier alin&#233;a concernant l'am&#233;nagement d'un site &lt;br class='autobr' /&gt;
de forage peut &#234;tre augment&#233;e &#224; la distance fix&#233;e dans l'&#233;tude hydrog&#233;ologique pr&#233;vue &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'article 38 lorsque cette &#233;tude d&#233;montre que la distance de 500 m&#232;tres ne permet pas de &lt;br class='autobr' /&gt;
minimiser les risques de contamination des eaux des sites de pr&#233;l&#232;vement d'eau effectu&#233; &#224; des fins de consommation humaine ou de transformation alimentaire situ&#233;s sur le territoire couvert par l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De prime abord, cette disposition semble pr&#233;senter une avanc&#233;e par rapport au second projet de mai 2013, dans la mesure o&#249; la distance s&#233;paratrice minimale passe de 300 &#224; 500 m&#232;tres. Par ailleurs, cette nouvelle distance s&#233;paratrice peut encore &#234;tre augment&#233;e, si une &#233;tude hydrog&#233;ologique conclut &#224; cette n&#233;cessit&#233; pour prot&#233;ger les sources d'eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux remarques s'imposent toutefois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la zone de protection &#233;tablie dans le second projet de r&#232;glement de mai 2013 &#233;tait ainsi &#233;tablie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Il est interdit d'am&#233;nager une installation ou de r&#233;aliser un sondage stratigraphique &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
moins de 300 m&#232;tres d'un site de pr&#233;l&#232;vement d'eau effectu&#233; &#224; des fins de consommation humaine ou de transformation alimentaire.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme &#171; installation &#187; &#233;tait cependant d&#233;fini au deuxi&#232;me alin&#233;a de l'article 29. Cette &lt;br class='autobr' /&gt;
disposition &#233;tait ainsi formul&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; &#171; installation &#187; : la zone regroupant l'ensemble des infrastructures n&#233;cessaires &#224; la &lt;br class='autobr' /&gt;
recherche ou &#224; l'exploitation du p&#233;trole, du gaz naturel, de la saumure ou un r&#233;servoir &lt;br class='autobr' /&gt;
souterrain..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant la disposition apparaissant au R&#232;glement avec celle formul&#233;e dans le second projet de mai 2013, on se rend compte que l'extension horizontale du puits de forage gazier ou p&#233;trolier n'est peut-&#234;tre pas prise en compte dans l'&#233;tablissement de la distance s&#233;paratrice devant &#234;tre respect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le texte ne fait pas r&#233;f&#233;rence aux &#171; segments d'un puits &#187; soit, selon la d&#233;finition apparaissant &#224; l'article 31 du R&#232;glement, &#171; la portion du puits permettant de soumettre une zone g&#233;ologique &#224; la fracturation &#187;, mais &#224; la notion de &#171; site de forage &#187; d&#233;finie comme une &#171; zone regroupant le ou les puits de forage &#187; et le terrain situ&#233; dans les environs imm&#233;diats de ce ou de ces puits de forage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne trouve donc aucune indication de la direction des segments horizontaux du puits ni r&#233;f&#233;rence directe aux segments horizontaux du puits. Certes, le segment d'un puits peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une partie int&#233;grante du puits de forage et donc pris en compte dans l'&#233;tablissement de la zone de protection, mais l'effort exig&#233; pour la compr&#233;hension du texte favorise des interpr&#233;tations contradictoires, d'autant que le reste de la d&#233;finition parle des &#171; environs imm&#233;diats &#187; de ce qui constitue seulement la t&#234;te de puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incertitudes en regard de l'interpr&#233;tation devant &#234;tre donn&#233;e &#224; ces dispositions grandissent encore quand nous examinons les dispositions du deuxi&#232;me paragraphe de l'article 37 qui traitent de la n&#233;cessit&#233; d'une caract&#233;risation initiale du site de forage, alors que cette cat&#233;gorisation initiale doit couvrir un territoire &#171; d'un rayon minimal de 2 kilom&#232;tres en dehors des limites du site de forage ou un territoire correspondant &#224; la longueur horizontale du puits envisag&#233; &#187;, comme si ces notions de &#171; limite du site &#187; et &#171; d'extension horizontale &#187; ne sont pas n&#233;cessairement ou toujours &#233;quivalentes. De plus, la formulation fait correspondre une superficie &#224; une longueur rendant l'article par le fait m&#234;me inappropri&#233; et d'une interpr&#233;tation quasi impossible, sans compter qu'il occulte compl&#232;tement l'aspect tridimensionnel du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me remarque concerne les &#233;tudes hydrog&#233;ologiques devant permettre, dans certains cas, de prolonger ou d'agrandir la zone de protection de 500 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes hydrog&#233;ologiques dignes de ce nom s'&#233;tablissent sur de longues p&#233;riodes de temps (g&#233;n&#233;ralement de 3 &#224; 5 ans) et elles ne visent que la pollution pouvant r&#233;sulter des activit&#233;s men&#233;es en surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, la grande majorit&#233; des &#233;tudes hydrog&#233;ologiques ne traitent pas des eaux souterraines &#224; de grandes profondeurs telles que celles o&#249; s'effectuent les forages destin&#233;s &#224; la recherche ou &#224; l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures. Le premier BAPE sur le gaz de schiste avait en effet remarqu&#233; qu'il n'existe actuellement aucun protocole scientifique permettant de comprendre les relations ou les &#233;changes entre les eaux souterraines situ&#233;es en grande profondeur et les eaux des aquif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les capacit&#233;s du professionnel en question d'augmenter la zone de protection des sources d'eau potable sont limit&#233;es dans la mesure o&#249; il lui revient d'&#233;tablir la preuve que la distance de 500 m&#232;tres &#171; ne permet pas de minimiser les risques de contamination des eaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il lui suffit de montrer que la zone de 500 m&#232;tres permet de minimiser les risques, ce qui rel&#232;ve d'une simple inf&#233;rence logique, mais il a le fardeau de d&#233;montrer que cette zone ne permet pas de les minimiser, ce qui est beaucoup plus difficile et exigeant, si l'on veut d&#233;passer la simple application du principe de pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.8 Les sondages stratigraphiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me section du chapitre V du R&#232;glement traite des sondages stratigraphiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'examen de cette question, il convient d'abord de rejeter le mythe r&#233;pandu par les partisans de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-m&#232;re comme quoi de tels sondages sont sans danger pour l'environnement. Rappelons d'abord que de tels &#171; sondages &#187; constituent un forage minier, un &#171; puits &#187; dans l'actuelle Loi sur les mines, susceptible d'ouvrir des voies de passage du m&#233;thane et autres contaminants vers les sources d'eau potable, d'autant que des additifs chimiques pouvant &#234;tre toxiques sont utilis&#233;s dans de tels forages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la pr&#233;sence du professionnel charg&#233;, selon les dispositions du premier alin&#233;a de l'article 34, de superviser le forage minier est-elle obligatoire durant les op&#233;rations de forage, dans la mesure o&#249; le dernier alin&#233;a du m&#234;me article 34 pr&#233;voit simplement qu'il doit &#234;tre &#171; avis&#233; des probl&#232;mes qui se sont pos&#233;s lors de la r&#233;alisation du sondage et des mesures prises pour rem&#233;dier &#224; la situation &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pourrait &#234;tre une fa&#231;on assez &#233;l&#233;gante de pr&#233;server le professionnel engag&#233; par la soci&#233;t&#233; gazi&#232;re ou p&#233;troli&#232;re de ses obligations d&#233;ontologiques et qui n'aurait pas &#233;t&#233; &#171; avis&#233; &#187; des probl&#232;mes rencontr&#233;s lors du sondage stratigraphique&#8230; Ce professionnel absent du site se verrait cependant ensuite imposer l'obligation de rendre compte des probl&#232;mes rencontr&#233;s lors du sondage (art. 36 (5e)), voil&#224; qui est assez surprenant. Il est donc permis de penser que sa pr&#233;sence doit &#234;tre assur&#233;e tout au long des op&#233;rations. Remarquons toutefois, une fois encore, la formulation boiteuse permettant des interpr&#233;tations diverses, voire contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on peut s'interroger sur la possibilit&#233; concr&#232;te de mettre en place des mesures pour &#171; rem&#233;dier &#224; la situation &#187; lorsque des failles sont dans l'emprise du forage et permettent le passage, &#224; plus ou moins long terme, du m&#233;thane et autres hydrocarbures vers les aquif&#232;res. Les retours en arri&#232;re s'av&#232;rent malais&#233;s sinon impossibles dans un tel contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que le rapport &#224; pr&#233;senter au ministre suite &#224; la r&#233;alisation de sondages doit &#234;tre r&#233;alis&#233; dans les 30 jours de la fin des travaux. Que se passera-t-il si les d&#233;g&#226;ts ne sont constat&#233;s que plus tard ? Qui sera responsable ? Aucune disposition du R&#232;glement ne permet de r&#233;pondre &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.9 La caract&#233;risation initiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositions des articles 37-39 du R&#232;glement imposent une caract&#233;risation initiale du site de forage. Cette caract&#233;risation se r&#233;alise par une &#233;tude hydrog&#233;ologique, la prise d'&#233;chantillons d'eau pr&#233;lev&#233;s sur les sources d'eau potable situ&#233;s en p&#233;riph&#233;rie du site gazier ou p&#233;trolier et dans les puits d'observation qui doivent &#234;tre mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; abord&#233; les limites inh&#233;rentes aux &#233;tudes hydrog&#233;ologiques en regard des contaminations pouvant survenir sous la base de l'aquif&#232;re. Il ne convient pas d'y revenir ici. Remarquons toutefois qu'est exig&#233; dans cette &#233;tude l'&#233;tablissement du profil stratigraphique du site, ce qui implique forc&#233;ment des sondages de ce type. Par ailleurs, cette &#233;tude n'oblige pas &#224; &#233;tablir les cons&#233;quences d'une contamination provenant du sous-sol, c'est-&#224;-dire la pollution la plus probable dans le cas de forages non conventionnels d'hydrocarbures fossiles, car, comme le pr&#233;voit le sixi&#232;me paragraphe du premier alin&#233;a de l'article 38 du R&#232;glement, la seule vuln&#233;rabilit&#233; devant &#234;tre examin&#233;e est celle d&#233;coulant d'une contamination survenant en surface du site p&#233;trolier ou gazier. Or, c'est la connaissance de la g&#233;ologie profonde qui est n&#233;cessaire pour identifier les v&#233;ritables dangers pour l'eau potable lors de forages p&#233;troliers ou gaziers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment une telle &#233;tude pourrait-elle faire &#171; l'&#233;valuation des impacts d'une contamination des eaux &#187; reli&#233;e &#224; &#171; une d&#233;faillance du puits provoquant une migration de fluides vers le ou les aquif&#232;res ou vers la surface &#187; (art. 38(8)a)) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;valuation ne serait que pure sp&#233;culation et ne correspondrait s&#251;rement pas aux obligations d&#233;ontologiques impos&#233;es aux professionnels r&#233;gis par le Code des professions. On peut m&#234;me consid&#233;rer qu'une telle prise de position, si elle s'av&#233;rait erron&#233;e, constituerait une faute d&#233;ontologique susceptible de sanction par le syndic de l'ordre concern&#233;. Chose certaine, le professionnel qui &#233;met une telle opinion s'expose &#224; des poursuites civiles en dommages et int&#233;r&#234;ts advenant une contamination des sources d'eau, car une telle opinion engage la responsabilit&#233; civile du professionnel opinant &lt;br class='autobr' /&gt;
favorablement dans un tel contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons toutefois que la disposition apparaissant &#224; l'article 38(8)a) et b) du R&#232;glement est la seule ayant une dimension de prospectivit&#233;, soit exigeant un jugement pr&#233;visionnel. En effet, toutes les autres parties de l'article 38 et qui concernent les points constituant le rapport de la caract&#233;risation initiale ne touchent que des &#233;l&#233;ments factuels ou descriptifs. Constatons encore que ce jugement pr&#233;visionnel ne concerne que les cons&#233;quences d'une contamination de l'eau potable et qu'il laisse dans l'ombre de nombreux &#233;l&#233;ments devant &#234;tre normalement examin&#233;s en regard des cons&#233;quences d'une contamination de l'environnement par des hydrocarbures, comme les limites &#224; l'usage ult&#233;rieur du territoire pollu&#233;, les cons&#233;quences sur l'air, sur la sant&#233; publique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons encore que les d&#233;lais de transmission de la caract&#233;risation initiale, soit 30 jours avant le d&#233;but des forages, nous semblent bien courts, puisque les d&#233;lais actuels de r&#233;ponse du minist&#232;re avoisinent bien davantage les six mois que les 30 jours&#8230;Et les politiques d'aust&#233;rit&#233; qui nous sont annonc&#233;es actuellement, avec le gel des embauches qui en d&#233;coule, risquent fort d'empirer la situation dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, si le panache de pollution ne devrait jamais d&#233;passer, selon l'opinion du gouvernement, 500 m&#232;tres, puisque c'est cette seule distance s&#233;paratrice qui est impos&#233;e par l'article 32 du R&#232;glement, pourquoi exige-t-on une caract&#233;risation sur un minimum de 2 km ? N'aurait-il pas &#233;t&#233; plus logique d'imposer, en l'absence d'une &#233;tude hydrog&#233;ologique, une norme dite de protection de 2 km et sp&#233;cifier que cette distance pouvait &#234;tre r&#233;duite &#224; l'occasion d'une telle &#233;tude, sans jamais aller en-de&#231;&#224; d'une zone de 500 m&#232;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons encore les incongruit&#233;s dans la formulation de cette exigence. En effet, le deuxi&#232;me alin&#233;a de l'article 37 est ainsi formul&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette caract&#233;risation doit couvrir, selon la plus exigeante des superficies, un territoire d'un rayon minimal de 2 kilom&#232;tres en dehors des limites du site de forage ou un territoire &lt;br class='autobr' /&gt;
correspondant &#224; la longueur horizontale du puits envisag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons deux exemples, soit un puits conventionnel et un puits non conventionnel s'&#233;tendant sur 2 km par son segment horizontal. Dans le premier cas, une caract&#233;risation s'&#233;tendant sur 2 km devra &#234;tre r&#233;alis&#233;e. Elle couvrira cependant une large zone situ&#233;e au-del&#224; des installations de la soci&#233;t&#233; en cause. Dans le second cas, la soci&#233;t&#233; concern&#233;e n'aura aucune zone &#224; caract&#233;riser s'&#233;tendant au-del&#224; des limites de son extension horizontale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, si l'extension horizontale maximale du puits de forage gazier ou p&#233;trolier est de 2 kilom&#232;tres, l'&#233;tude ne couvrira pas les sites de pr&#233;l&#232;vement d'eau situ&#233; imm&#233;diatement en dehors de cette zone, malgr&#233; le fait que toute la litt&#233;rature scientifique montre une pollution probable des sites de pr&#233;l&#232;vement d'eau situ&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la zone touch&#233;e par l'exploration p&#233;troli&#232;re ou gazi&#232;re surtout si la fracturation est utilis&#233;e. Mais aucune caract&#233;risation des zones s'&#233;tendant au-del&#224; de l'extension horizontale n'aura &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e, rendant plus difficile l'&#233;tablissement de tout lien causal entre le puits d'exploration et une source d'eau potable potentiellement contamin&#233;e. Ici, sont donc favoris&#233;es les exploitations non conventionnelles d'hydrocarbures, soit justement celles qui devront &#234;tre utilis&#233;es au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la publication r&#233;cente par le minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques des Lignes directrices provisoires sur l'exploration gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re permet de penser que la caract&#233;risation initiale doit toujours correspondre &#224; l'extension horizontale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le statut juridique de ce document fait en sorte que l'interpr&#233;tation qu'il sugg&#232;re n'est pas d&#233;terminante pour les tribunaux, d'une part, et que, d'autre part, n'aurait-il pas &#233;t&#233; plus simple, si tel &#233;tait l'intention gouvernementale, de pr&#233;ciser dans le R&#232;glement que le territoire &#224; couvrir doit comprendre, au minimum, une distance de 2 kilom&#232;tres de toutes les installations de surface et de la projection en surface des portions souterraines des forages horizontaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, en d&#233;finitive, l'&#233;claircissement apport&#233; est sans cons&#233;quence pratique, puisqu'&#224; l'extr&#233;mit&#233; du forage horizontal, &#224; la verticale en surface, il n'y a plus de caract&#233;risation et donc aucune marge de s&#233;curit&#233;, alors que la norme impos&#233;e est de 2 000 m&#232;tres pour la t&#234;te de puits. Si le gouvernement avait plut&#244;t suivi notre suggestion, la caract&#233;risation se serait &#233;tendue sur un minimum de 2 km &#224; l'ext&#233;rieur de la zone fractur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re sommaire de cette caract&#233;risation initiale ressort aussi du fait que ne sont pas &#233;num&#233;r&#233;s comme devant &#234;tre identifi&#233;s les produits utilis&#233;s par l'industrie lors de l'usage de la fracturation. En effet, l'examen de la pr&#233;sence ou de l'absence dans les puits d'eau potable de ces produits ant&#233;rieurement et post&#233;rieurement &#224; la fracturation permettrait sans doute d'&#233;tablir trop facilement la responsabilit&#233; de la pollution &#233;ventuelle de l'eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e ne sera pas transmise aux r&#233;sidents concern&#233;s, mais seulement les r&#233;sultats des &#233;chantillons d'eau recueillis dans cette zone, comme le pr&#233;voient les dispositions du dernier paragraphe de l'article 38. Toutefois, cette &#233;tude est publique, comme le veulent les dispositions g&#233;n&#233;rales apparaissant au dernier paragraphe de l'article 31 du R&#232;glement. Advenant des risques de poursuites judiciaires, le minist&#232;re pourrait refuser de communiquer le renseignement en cause, comme le pr&#233;voit l'article 32 de la Loi sur l'acc&#232;s aux documents d'un organisme public et la protection des renseignements personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de contamination, il reviendra donc &#224; chaque r&#233;sident concern&#233; d'&#233;tablir le lien de causalit&#233; entre la contamination constat&#233;e et le puits de forage gazier ou p&#233;trolier. De nombreux obstacles techniques et juridiques seront rencontr&#233;s et des investissements importants en argent et en temps seront donc n&#233;cessaires et enti&#232;rement &#224; la charge des r&#233;sidents dont l'eau aura &#233;t&#233; contamin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas des &#233;tudes hydrog&#233;ologiques r&#233;alis&#233;es &#224; Gasp&#233; &#224; la demande de la premi&#232;re ministre de l'&#233;poque, madame Pauline Marois, ces &#233;tudes constatent la remont&#233;e du m&#233;thane thermog&#233;nique dans la p&#233;riph&#233;rie du puits Haldimand 1 mais ne se prononcent pas sur l'origine de cette contamination. Le minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, quant &#224; lui, refuse d'intervenir pour &#233;tablir l'origine de cette contamination, laissant aux seuls citoyens et citoyennes le soin d'&#233;tablir, &#224; leurs frais, de telles &#233;tudes et d'entreprendre, si leur bourse le leur permet, des recours judiciaires co&#251;teux et interminables. Dans un tel contexte, n'est-il pas permis de conclure que le minist&#232;re ne remplit pas ses obligations de pr&#233;server l'environnement et la sant&#233; des personnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le professionnel mandat&#233; par la soci&#233;t&#233; gazi&#232;re ou p&#233;troli&#232;re n'a nullement l'obligation d'&#233;tablir le lien entre la contamination constat&#233;e, le cas &#233;ch&#233;ant, et ses causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au puits d'observation, le R&#232;glement accorde une latitude absolue &#224; la soci&#233;t&#233; gazi&#232;re ou p&#233;troli&#232;re, dans la mesure o&#249; ne sont pas pr&#233;cis&#233;s les crit&#232;res obligeant la soci&#233;t&#233; en cause d'en r&#233;aliser un ou trois. Par ailleurs, comment &#233;tablit-on la repr&#233;sentativit&#233; des &#233;chantillons d'eau pr&#233;lev&#233;s, comme l'imposent les dispositions de l'article 39 du R&#232;glement ? En fait, la caract&#233;risation doit &#234;tre r&#233;alis&#233;e pour l'ensemble du massif et non simplement par le biais de trois puits d'observation, ceux-ci &#233;tant d'ailleurs g&#233;n&#233;ralement r&#233;alis&#233;s &#224; des faibles profondeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des hydrog&#233;ologues reconnaissent qu'un seul puits d'observation est insuffisant, d'autant qu'un puits &#224; niveaux multiples est difficile &#224; r&#233;aliser particuli&#232;rement au niveau de ses scellements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.10 La fracturation et la base de l'aquif&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 40 du R&#232;glement pr&#233;voit qu'une op&#233;ration de fracturation ne peut avoir lieu &#171; &#224; moins de 400 m&#232;tres sous la base d'un aquif&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regard de cette norme, de nombreuses questions se posent : d'o&#249; vient cette norme ? Correspond-t-elle aux normes suivies par l'industrie ? Prot&#232;ge-t-elle ad&#233;quatement les aquif&#232;res ? Est-ce la position d'une section du forage lui-m&#234;me ou la limite de la zone fractur&#233;e qui sera prise en compte pour &#233;tablir cette distance ? La base de l'aquif&#232;re pourrait-elle &#234;tre ramen&#233;e par le d&#233;tenteur du permis de 200 &#224; 50 m&#232;tres, s'il y trouve de l'eau un peu saline (4 000 ppm) &#224; une faible profondeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une r&#233;ponse tr&#232;s apparente &#224; notre premi&#232;re question dans la comparaison de l'impact de cette distance dans le cas de l'exploitation p&#233;troli&#232;re &#224; Anticosti : avec une distance de 400 m&#232;tres seulement, une tr&#232;s faible partie des permis de forage est exclue ; si cette distance &#233;tait port&#233;e &#224; 1 000 m&#232;tres, une grande partie des permis de forage serait exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre cent m&#232;tres est une distance deux fois et demi plus courte que ce que l'industrie s'est donn&#233;e g&#233;n&#233;ralement comme norme sous la base des aquif&#232;res, soit 1 000 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons toutefois pr&#233;ciser qu'&#224; notre connaissance aucun &#201;tat ou province n'a formellement &#233;tabli une telle norme. C'est plut&#244;t la distance que l'industrie pr&#233;sente comme preuve que la contamination ne peut rejoindre les nappes car, leurs repr&#233;sentants affirment : &#034;il y a toujours une succession de couches imperm&#233;ables sur une &#233;paisseur de 1 000 m&#232;tres entre l&#224; o&#249; l'on fracture et le bas des nappes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature des couches, la pr&#233;sence de failles et d'autres donn&#233;es, seraient tout autant sinon davantage des param&#232;tres &#224; prendre en consid&#233;ration pour &#233;tablir une norme. Comme c'est tr&#232;s complexe de r&#232;glementer en tenant compte de l'ensemble de ces divers aspects, les &#201;tats n'ont g&#233;n&#233;ralement pas tent&#233; d'&#233;tablir de norme. Le MDDELCC le fait et il est bien le seul. Mais il le fait de fa&#231;on irr&#233;fl&#233;chie, juste pour &#034;ouvrir&#034; tout Anticosti l'an prochain &#224; des futures demandes de permis de fracturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension verticale, la p&#233;n&#233;tration de la fracturation, constitue une donn&#233;e encore largement m&#233;connue, mais des compilations montrant des extensions verticales de 550 m&#232;tres ont &#233;t&#233; publi&#233;es (et parfois plus longues encore s'il existe des failles naturelles servant de voie de passage aux contaminants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce choix des r&#233;dacteurs pour introduire par le biais d'un simple r&#232;glement une norme arbitraire dont les impacts sont si consid&#233;rables ? La migration des fluides vers les nappes se fera sur des ann&#233;es, et cela ne se mesure pas vraiment pendant les op&#233;rations de fracturation qui se font en quelques jours. De plus, avoir comme r&#232;gle d'interdire la fracturation &#171; &#224; moins de 400 m&#232;tres sous la base d'un aquif&#232;re &#187; est tr&#232;s diff&#233;rent de dire qu'une marge de 400 m&#232;tres ou 1 000 m&#232;tres doit exister entre l'&#233;l&#233;vation la plus haute des fractures ainsi cr&#233;&#233;es et l'aquif&#232;re. Une op&#233;ration de fracturation r&#233;alis&#233;e &#224; 401 m&#232;tres sous la base de l'aquif&#232;re et qui provoquerait des fractures s'&#233;levant &#224; plus de 400 m&#232;tres de cette op&#233;ration de fracturation pourrait-elle &#234;tre consid&#233;r&#233;e respecter le r&#232;glement ? Il est permis de le penser, car c'est la profondeur d'une section de forage horizontal qui est soumise au crit&#232;re et non pas l'extension verticale des fractures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, nulle part dans ce r&#232;glement sur la protection des eaux souterraines, il n'est question de l'impact qu'aura la pr&#233;sence m&#234;me des puits, qui demeurent en place m&#234;me abandonn&#233;s, ni de l'impact hydrog&#233;ologique r&#233;sultant de la transformation radicale de la perm&#233;abilit&#233; du shale et des roches encaissantes. Elles auront &#233;t&#233; fractur&#233;es de fa&#231;on irr&#233;versible, formant une couche perm&#233;able continue sous toute la surface du territoire dont le sous-sol aura &#233;t&#233; fractur&#233;. Les puits et leur cimentation imparfaite vont &#233;videmment se d&#233;grader dans le temps. &#192; moyen termes, les hydrocarbures encore en place dans le shale fractur&#233; vont remonter et contaminer &#224; coup s&#251;r les nappes. Des milliers de puits abandonn&#233;s signifient des milliers de conduits potentiels pour faire passer de virtuelle &#224; r&#233;elle cette contamination g&#233;n&#233;ralis&#233;e (de l'&#206;le d'Anticosti et des autres territoires dont le sous-sol aura &#233;t&#233; fractur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est donc pens&#233; qu'en termes de l'impact &#224; tr&#232;s court terme des op&#233;rations d'une exploitation p&#233;troli&#232;re que le gouvernement choisit aujourd'hui de r&#233;glementer. Le gouvernement a totalement oubli&#233; une chose fondamentale : nous aurons besoin de nos aquif&#232;res non seulement pendant les activit&#233;s de forage et de fracturation, mais &#233;galement apr&#232;s et bien longtemps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement improvis&#233; pour une application urgente &#224; Anticosti et Gasp&#233;, ce r&#232;glement aura des effets pernicieux hors du cadre de ces seuls gisements de p&#233;trole de roche-m&#232;re. Partout au Qu&#233;bec, y compris &#233;videmment en Gasp&#233;sie, des forages passant &#224; l'horizontale &#224; tout juste un peu plus de 400 m&#232;tres sous une nappe, pourront obtenir des permis de fracturation. L'op&#233;rateur n'a comme seule restriction que de veiller &#224; respecter une distance minimale de 400 m&#232;tres lors de son op&#233;ration de fracturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont rapport&#233; qu'au Qu&#233;bec on allait avoir une protection de 400 m&#232;tres alors qu'aux &#201;tats-Unis l'industrie garde une distance de 1 000 m&#232;tres entre la fracturation et les nappes. C'est cependant inexact de pr&#233;tendre cette chose ; la marge de s&#233;curit&#233; au Qu&#233;bec sera z&#233;ro m&#232;tre et non pas 400 m&#232;tres, parce qu'au Qu&#233;bec le gouvernement fixe une r&#232;gle pour fracturer dans ce 400 m&#232;tres &#224; cause des possibles extensions verticales du forage horizontal. C'est toute une nuance ! Et que dire de l'Allemagne qui fixe &#224; 3 000 m&#232;tres de profondeur la limite sous laquelle la fracturation hydraulique sera interdite d'ici la fin des &#233;tudes, en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un &#034;heureux hasard&#034; le r&#232;glement conviendra parfaitement au tr&#232;s controvers&#233; puits Haldimand 4 dans le territoire de la municipalit&#233; de Gasp&#233;, comme on peut le constater en examinant une vue en coupe du puits que compte r&#233;aliser la soci&#233;t&#233; P&#233;trolia. Celle-ci n'a pas indiqu&#233;, &#224; ce jour, vouloir demander de permis de fracturation pour ce puits, comme elle a toujours refus&#233; de confirmer qu'elle n'utiliserait pas cette technique, mais la distance verticale de 400 m&#232;tres sous le bas de la nappe dans le r&#232;glement lui conviendrait tout-&#224;-fait, si jamais le puits horizontal ne se r&#233;v&#233;lait pas assez productif sans fracturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de r&#233;daction fantaisiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. Toute op&#233;ration de fracturation doit &#234;tre planifi&#233;e et r&#233;alis&#233;e de mani&#232;re &#224; pr&#233;venir la &lt;br class='autobr' /&gt;
propagation de fractures vers une voie pr&#233;f&#233;rentielle naturelle d'&#233;coulement des fluides ou &lt;br class='autobr' /&gt;
un puits existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout &#224; fait irr&#233;aliste et sans signification, car il est reconnu par les experts qu'il est impossible (sans recueillir des donn&#233;es et donc sans investissements consid&#233;rables rendant toute l'op&#233;ration &#233;conomiquement non rentable) de mod&#233;liser la propagation des fractures. Seule les mesures microsismiques r&#233;alis&#233;es pendant les op&#233;rations de fracturation peuvent APR&#200;S COUP donner des indications sommaires et indirectes sur la propagation des fractures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces mesures microsismiques sont-elles toujours obligatoires ? Il est permis d'en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les dispositions de l'article 43 (qui traite du programme envisag&#233; de fracturation devant &#234;tre soumis pr&#233;alablement au ministre) pr&#233;voient que ce programme doit contenir &#171; une &#233;valuation de la propagation des fractures, en trois dimensions, et la description de la m&#233;thode utilis&#233;e pour r&#233;aliser cette &#233;valuation &#187; (alin&#233;a 6 de l'article 43), le dernier alin&#233;a de l'article 43 est ainsi formul&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description du suivi pr&#233;vue au paragraphe 8 du premier alin&#233;a doit comprendre la &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alisation d'un suivi microsismique ou, lorsque de tels suivis ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au sein &lt;br class='autobr' /&gt;
de la m&#234;me formation g&#233;ologique lors d'une op&#233;ration de fracturation dans des puits &lt;br class='autobr' /&gt;
similaires, une analyse des donn&#233;es recueillies dans le cadre de ces suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'article 46 (qui traite du rapport qui succ&#232;de &#224; la fracturation) il est ainsi formul&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46. Le responsable d'un puits doit transmettre au ministre, dans les 30 jours suivant la fin &lt;br class='autobr' /&gt;
de la mise en oeuvre d'un programme de fracturation, un rapport sign&#233; par un professionnel sur le suivi effectu&#233; quant aux op&#233;rations de fracturation concern&#233;es par le programme. Un tel rapport contient, notamment, les donn&#233;es recueillies pendant l'op&#233;ration, leur interpr&#233;tation et, le cas &#233;ch&#233;ant, la cartographie des &#233;v&#233;nements microsismiques enregistr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;glement ne fait donc aucune obligation d'utiliser la microsismique pour vraiment voir jusqu'o&#249; remontent les fractures, sauf pour le premier puits for&#233; et cela ne sera pas exig&#233; pour les autres puits &#034;lorsque de tels suivis ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au sein de la m&#234;me formation g&#233;ologique&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces op&#233;rations de microsismique co&#251;tent cher. Bien que l'industrie pr&#233;sente constamment cette technique comme une garantie du bon contr&#244;le de leurs op&#233;rations, la microsismique n'a &#233;t&#233; utilis&#233;e aux &#201;tats-Unis que dans 3% des op&#233;rations de fracturation. Au Qu&#233;bec, on permettra donc encore moins ! Une seule op&#233;ration pour le shale d'Utica et une seule op&#233;ration pour la formation Macasty sur toute l'&#238;le d'Anticosti, voil&#224; ce que semble exiger le r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.11 Le suivi des eaux souterraines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositions relatives au suivi des eaux souterraines sont marqu&#233;es par la m&#234;me incoh&#233;rence, la m&#234;me improvisation et le m&#234;me biais favorable aux soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si, lors de la caract&#233;risation initiale, l'analyse de l'eau souterraine doit porter sur un grand nombre d'&#233;l&#233;ments, &#233;l&#233;ments pr&#233;vus &#224; l'annexe II du R&#232;glement, le suivi, lui, ne doit couvrir que la recherche de quelques &#233;l&#233;ments, &#233;l&#233;ments pr&#233;vus &#224; l'annexe III du R&#232;glement. De ce fait, le suivi ne peut donner qu'un aper&#231;u sommaire des contaminants maintenant pr&#233;sents dans l'eau des r&#233;sidents touch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction traduit un biais &#233;vident visant &#224; prot&#233;ger les soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res plut&#244;t qu'a d&#233;fendre la qualit&#233; de l'eau potable, puisqu'elle favorise une responsabilit&#233; att&#233;nu&#233;e des pollueurs &#233;ventuels. Nous sommes bien loin ici du principe du pollueur/payeur, principe pourtant pr&#233;vu &#224; la Loi sur le d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un refus de prendre en compte les co&#251;ts r&#233;els de l'exploitation gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re en externalisant les co&#251;ts, c'est-&#224;-dire en faisant payer les victimes et non les auteurs du dommage produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me biais corporatif se v&#233;rifie avec les dispositions qui r&#232;glent la dur&#233;e du suivi. En effet, l'article 47 du R&#232;glement pr&#233;voit que ce suivi s'&#233;tend seulement sur une p&#233;riode de 10 ann&#233;es. Pourquoi une telle limite, quand on songe que la remont&#233;e des contaminants peut prendre un temps ind&#233;termin&#233;, mais pouvant s'&#233;tendre sur des dizaines d'ann&#233;es, sinon davantage ? Pourquoi les soci&#233;t&#233;s industrielles engag&#233;es dans la recherche de gaz et de p&#233;trole ne seraient-elles responsables que pour un temps d&#233;termin&#233; d'une contamination qui peut prendre un temps ind&#233;termin&#233; &#224; se manifester ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule cons&#233;quence d&#233;coule de cette disposition : la population du Qu&#233;bec devra assumer les cons&#233;quences et les frais r&#233;sultant de toute pollution associ&#233;e aux activit&#233;s des soci&#233;t&#233;s gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res, si cette pollution se manifeste plus de 10 ans apr&#232;s la fermeture des puits de forage. Bien d'autres Lac-M&#233;gantic en perspective !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il faut rappeler que, malgr&#233; l'obligation faite au professionnel qui constate la pr&#233;sence d'une contamination de rendre compte des &#171; mesures qu'il a prises ou qu'il entend prendre pour d&#233;terminer la cause du probl&#232;me et rem&#233;dier &#224; la situation &#187;, comme le pr&#233;voient les dispositions du dernier alin&#233;a de l'article 48 du R&#232;glement, la possibilit&#233; de rem&#233;dier &#224; une contamination d'un aquif&#232;re par des hydrocarbures n'existe tout simplement pas, comme le montre la contamination de la lagune de Mercier pollu&#233;e il y a plus de 40 ans et toujours contamin&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.12 Le registre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conservation, limit&#233;e dans le temps, des renseignements relatifs &#224; un puits de forage, renseignements collig&#233;s dans le registre pr&#233;vu &#224; l'article 49 du R&#232;glement, souffre des m&#234;mes lacunes. Comme nous l'avons vu, la p&#233;riode de dix ann&#233;es est bien trop courte pour permettre l'&#233;tablissement de la responsabilit&#233; en cas de contamination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.13 Les zones de protection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones de protection d&#233;pendent d'abord du nombre de r&#233;sidents aliment&#233;s par la source d'eau. Le tableau suivant r&#233;capitule les crit&#232;res servant &#224; d&#233;terminer les diverses cat&#233;gories de puisements d'eau potable : (voir le document lui-m&#234;me sous format de pdf).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons donc que la premi&#232;re cat&#233;gorie touche des puisements d'eau qui alimentent plus de 500 personnes, la cat&#233;gorie 2 vise les puisements qui alimentent de 21 &#224; 500 r&#233;sidents et la cat&#233;gorie 3 vise les puisements qui alimentent 20 personnes ou moins. Cette derni&#232;re cat&#233;gorie est donc g&#233;n&#233;ralement celle repr&#233;sent&#233;e par les petites municipalit&#233;s rurales o&#249; les seules sources d'eau sont les puits art&#233;siens ou de surface des r&#233;sidents. La cat&#233;gorie 1 est plut&#244;t repr&#233;sent&#233;e par les plus grandes agglom&#233;rations o&#249; l'eau consomm&#233;e provient g&#233;n&#233;ralement des cours d'eau (eau de surface). La cat&#233;gorie 2 vise plus sp&#233;cifiquement les municipalit&#233;s disposant d'un aqueduc approvisionn&#233; &#224; partir de puits collectifs. Il existe cependant de nombreuses variantes &#224; ces r&#233;alit&#233;s. Plusieurs municipalit&#233;s qu&#233;b&#233;coises disposent de sources hybrides d'approvisionnement en eau potable (puisement d'eau de surface se combinant avec des puits collectifs et/ou des puits individuels, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue des aires de protection pr&#233;vues par le R&#232;glement va donc varier en fonction des cat&#233;gories de puisement d'eau, mais aussi en fonction de la nature du lieu de puisement (eau souterraine ou eau de surface). Pour chaque cat&#233;gorie seront &#233;tablies des zones dites imm&#233;diates, interm&#233;diaires et &#233;loign&#233;es ou certains types d'activit&#233;s seront soit autoris&#233;es, soit interdites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.14 Les zones de protection pour un puisement d'eau souterraine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau suivant r&#233;capitule l'&#233;tendue des aires de protection pour chaque cat&#233;gorie de puisement d'eau potable dans le cas d'un puisement d'eau souterraine : (voir le document lui-m&#234;me sous format de pdf)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour les petites municipalit&#233;s rurales, l&#224; o&#249;, g&#233;n&#233;ralement, se fera l'exploration et l'exploitation gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re, il n'y qu'une zone de protection imm&#233;diate de 3 m&#232;tres autour des puits d'eau potable, une zone interm&#233;diaire de 30 m&#232;tres, pour la protection bact&#233;riologique, et de 100 m&#232;tres, pour la protection virale, et une aucune zone &#233;loign&#233;e de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.15 Les zones de protection pour un puisement d'eau de surface&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un puisement d'eau de surface, le tableau suivant r&#233;capitule les &lt;br class='autobr' /&gt;
zones de protection pr&#233;vues par le R&#232;glement : (voir le document lui-m&#234;me en format pdf)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.15 Les interdictions de mener des forages gaziers ou p&#233;troliers dans les zones de protection des lieux de puisement d'eau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons ici les aires dans lesquelles un puits de forage gazier ou p&#233;trolier serait interdit en fonction des normes fix&#233;es par le R&#232;glement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Interdiction dans la zone imm&#233;diate de 500 m&#232;tres autour d'une source d'eau potable. Cette zone peut &#234;tre prolong&#233;e sur la base d'une &#233;tude hydrog&#233;ologique : &#171; Art. 32. Il est interdit d'am&#233;nager un site de forage ou de r&#233;aliser un sondage stratigraphique dans une plaine inondable dont la r&#233;currence de d&#233;bordement est de 20 ans, dans une plaine inondable d'un lac ou d'un cours d'eau identifi&#233;e sans que ne soient distingu&#233;es les r&#233;currences de d&#233;bordement de 20 ans et de 100 ans ou &#224; moins de 500 m&#232;tres d'un site de pr&#233;l&#232;vement d'eau effectu&#233; &#224; des fins de consommation humaine ou de transformation alimentaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Interdiction dans la zone de protection &#233;loign&#233;e d'un pr&#233;l&#232;vement d'eau souterraine de cat&#233;gorie 1 et 2 : &#171; Art. 66. En plus de l'interdiction pr&#233;vue &#224; l'article 32, l'am&#233;nagement d'un site de forage destin&#233; &#224; rechercher ou &#224; exploiter du p&#233;trole, du gaz naturel, de la saumure ou un r&#233;servoir souterrain ainsi que l'ex&#233;cution d'un sondage stratigraphique sont interdits dans l'aire de protection &#233;loign&#233;e d'un pr&#233;l&#232;vement d'eau souterraine de cat&#233;gorie 1 ou 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Interdiction dans l'aire de protection interm&#233;diaire d'un pr&#233;l&#232;vement d'eau de surface de cat&#233;gorie 1 et 2 : &#171; Art. 73. En plus de l'interdiction pr&#233;vue &#224; l'article 32, l'am&#233;nagement d'un site de forage destin&#233; &#224; rechercher ou &#224; exploiter du p&#233;trole, du gaz naturel, de la saumure ou un r&#233;servoir souterrain ainsi que l'ex&#233;cution d'un sondage stratigraphique sont interdits dans l'aire de protection interm&#233;diaire d'un pr&#233;l&#232;vement d'eau de surface de cat&#233;gories 1 et 2. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans les municipalit&#233;s rurales, c'est-&#224;-dire dans les zones o&#249; les forages p&#233;troliers et gaziers sont les plus susceptibles d'&#234;tre r&#233;alis&#233;s, la seule zone de protection offerte est celle du 500 m&#232;tres, sous r&#233;serve qu'une &#233;ventuelle &#233;tude hydrog&#233;ologique permettrait d'&#233;tendre cette zone. De fait, sont donc prot&#233;g&#233;es des zones peu susceptibles de faire l'objet de recherche d'hydrocarbures fossiles non conventionnels, alors que sont laiss&#233;es sans protection efficace, les zones les plus susceptibles de subir l'exploration et l'exploitation des combustibles fossiles. Voil&#224; qui illustre clairement la hi&#233;rarchie des valeurs sous-jacentes &#224; cette r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive se pose la n&#233;cessit&#233; d'identifier l'objet v&#233;ritable de cette r&#233;glementation : vise-t-elle v&#233;ritablement &#224; prot&#233;ger l'eau ou ne privil&#233;gie-t-elle pas plut&#244;t la recherche, l'exploration et l'exploitation p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re en imposant des normes qui correspondent d'abord aux besoins et d&#233;sid&#233;ratas des soci&#233;t&#233;s qui s'y activent d&#233;j&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question se trouve dans les d&#233;veloppements ant&#233;rieurs de ce texte. Il nous semble cependant &#233;vident que le gouvernement a tellement h&#226;te d'encadrer officiellement l'exploitation des hydrocarbures de roche-m&#232;re, ce qui ne se fait qu'avec une technique de fracturation, qu'il choisi de commencer &#224; le faire ici par le biais d'un r&#232;glement qui n'a pas fait l'objet d'un examen parlementaire, sans m&#234;me un r&#233;el et &#233;tendu d&#233;bat public, sans attendre la future loi sur les hydrocarbures, ni m&#234;me les recommandations du BAPE qui porteront sur l'emploi de la fracturation hydraulique dans l'Utica, ainsi que sur la pertinence d'exploiter par cette technique le shale dans l'&#238;le d'Anticosti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette introduction de normes devant &#234;tre rencontr&#233;es pour permettre la fracturation est faite de fa&#231;on assez arbitraire, voire hautement fantaisiste &#224; l'occasion, et donc incapable d'assurer une protection ad&#233;quate des sources d'eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, les communaut&#233;s locales se voient d&#233;pouill&#233;es de leur comp&#233;tence sur tout puisement d'eau r&#233;alis&#233; sur leur territoire en vue de l'exploitation des hydrocarbures fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux citoyens et citoyennes directement touch&#233;s par l'exploitation p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re, la r&#233;glementation actuelle les laisse en plan, condamn&#233;s &#224; se d&#233;fendre par leurs seuls moyens et ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose certaine, le gouvernement a fait la sourde oreille et a refus&#233; de donner suite aux demandes pressantes et aux critiques adress&#233;es par les municipalit&#233;s, les groupes de citoyens et citoyennes, les scientifiques ind&#233;pendants et les organisations &#233;cologistes. Il n'a pas rectifi&#233; le tir ni amend&#233; son projet de r&#232;glement pour qu'il assure une v&#233;ritable protection des sources d'eau potable. Au contraire, il a lib&#233;ralis&#233; les r&#232;gles, comme le sugg&#233;raient les soci&#233;t&#233;s engag&#233;es dans cette industrie et les t&#233;nors du monde des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le triste bilan que nous pouvons tirer de cet examen du R&#232;glement. Dans ce cadre, nous appelons les municipalit&#233;s et les citoyens et citoyennes &#224; se mobiliser &#224; nouveau pour obtenir la bonification de ces normes plus qu'insatisfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien : &lt;a href=&#034;http://enjeuxenergies.files.wordpress.com/2014/08/texte-5-experts.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://enjeuxenergies.files.wordpress.com/2014/08/texte-5-experts.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les risques et enjeux de l'exploitation du p&#233;trole de roche-m&#232;re d'Anticosti</title>
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		<dc:date>2014-02-18T08:58:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-18</dc:subject>

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-02-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-02-18&lt;/a&gt;

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		<title>R&#233;sum&#233; des questions techniques gaz et p&#233;trole de roche-m&#232;re</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Resume-des-questions-techniques-gaz-et-petrole-de-roche-mere</link>
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		<dc:date>2013-04-16T11:01:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-04-16</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;J'&#233;crit beaucoup de textes pour expliquer mes questionnements et mon argumentation en opposition au d&#233;veloppement des hydrocarbures de roche-m&#232;re. J'ai aussi expos&#233; ces questions dans mes vid&#233;os, tant sur l'Utica que sur Anticosti. Je crois utile de les r&#233;sumer en trois paragraphes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site des AmiEs du Richelieu. &lt;br class='autobr' /&gt; 1- Je dirais que ma pr&#233;occupation se r&#233;sume au constat suivant, tr&#232;s terre-&#224;-terre : l'industrie des hydrocarbures de roche-m&#232;re (gaz et p&#233;trole de &#034;schiste&#034; dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton13794-fb70a.jpg?1782048020' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;J'&#233;crit beaucoup de textes pour expliquer mes questionnements et mon argumentation en opposition au d&#233;veloppement des hydrocarbures de roche-m&#232;re. J'ai aussi expos&#233; ces questions dans mes vid&#233;os, tant sur l'Utica que sur Anticosti. Je crois utile de les r&#233;sumer en trois paragraphes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site des AmiEs du Richelieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1- Je dirais que ma pr&#233;occupation se r&#233;sume au constat suivant, tr&#232;s terre-&#224;-terre : l'industrie des hydrocarbures de roche-m&#232;re (gaz et p&#233;trole de &#034;schiste&#034; dans le langage courant) n'existe par le seul fait d'une opportunit&#233; d&#233;coulant de l'absence compl&#232;te de r&#232;gles adapt&#233;es &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle technologie. Les r&#232;gles existantes ont &#233;t&#233; con&#231;ues pour des gisements conventionnels ; elles sont d&#233;j&#224; jug&#233;es tr&#232;s laxistes quant &#224; la gratuit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'eau, l'atmosph&#232;re et aussi la mer pour les rejets polluants non comptabilis&#233;s dans les plans d'affaires. Ce qui s'ajoute dans le cas des gisements non conventionnels est la notion d'&#233;cr&#233;mage : 10 &#224; 20% dans le cas du gaz de schiste, 1 &#224; 3 % dans le cas du p&#233;trole dans les shales. Et les nouvelles (et encore inconnues) cons&#233;quences environnementales de cet &#233;cr&#233;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- La fracturation met en branle un processus dont la dur&#233;e est d'ordre g&#233;ologique : un d&#233;bit &#233;lev&#233; au d&#233;but qui diminue initialement tr&#232;s rapidement apr&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es. La coupure qui marque la fin de la rentabilit&#233; dans ces courbes de production se situe &#224; un niveau qui laisse encore en place dans le r&#233;seau des nouvelles fractures, plus de 80% du gaz et plus de 97% du p&#233;trole. Les puits sont bouch&#233;s et l'industrie l&#232;gue le tout &#224; l'&#201;tat en fin d'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Les &#201;tats ont tous des r&#232;gles similaires pour g&#233;rer cette transition, des r&#232;gles hyper-laxistes &#233;tablies &#224; une autre &#233;poque : le plan d'affaire des exploitants s'arr&#234;te l&#224; o&#249; arrive la fin du permis d'exploitation. Cette &#034;rentabilit&#233;&#034; pour les exploitants am&#232;ne bien s&#251;r des redevances aux gouvernements ; tous semblent donc y trouver leur compte. C'est ainsi que cela fonctionne et ce serait de l'ang&#233;lisme que de croire qu'avec nos deux seuls petits gisements d'ici (Utica pour le gaz et Anticosti pour le p&#233;trole) qu'on va inverser ce mode traditionnel de fonctionnement. Il n'y a qu'&#224; voir le plan de travail de l'&#201;ES* qui suit fid&#232;lement le mod&#232;le en vigueur et a m&#234;me refus&#233; d'analyser les questionnements que j'ai soulev&#233;s quant &#224; la dur&#233;e de vie des puits. Oui, les puits bouch&#233;s et abandonn&#233;s en fin de permis selon le plan d'affaire &#224; Anticosti comme ailleurs, qu'arrivera-t-il ? En tant qu'ing&#233;nieur, je ne pose que cette seule question tr&#232;s terre-&#224;-terre : d'un c&#244;t&#233; un shale totalement modifi&#233; par la fracturation nouvelle, &#233;cr&#233;m&#233; des hydrocarbures qui se sont &#233;coul&#233;s en quelques ann&#233;es, mais o&#249; 97% des hydrocarbures vont n&#233;anmoins continuer leur migration vers ces fractures. Pour les gisements conventionnels ce m&#234;me processus a mis 10 000 ans ou 10 millions d'ann&#233;es. Les bouchons en b&#233;ton tiennent combien de temps ? La moiti&#233; de la dur&#233;e de vie d'un viaduc selon les donn&#233;es qu'on a pour 15000 puits conventionnels. Il y a ce &#034;bug&#034; &#233;norme dans l'industrie des gisements non-conventionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 -Je n'aime pas trop, tant qu'on y aura pas r&#233;pondu, &#034;noyer&#034; cette question dans toutes les autres consid&#233;rations de politique &#233;nerg&#233;tique, d'acceptabilit&#233;, sociale, d'&#233;cologie, questions pertinences certes, mais o&#249; des tonnes d'encre peuvent s'&#233;couler avant qu'on arrive &#224; une conclusion bien d&#233;finitive. La discussion sur la coh&#233;rence, souhaitable certes dans les politiques &#233;nerg&#233;tiques, ne peut servir &#224; masquer ce gros &#034;bug&#034; de l'industrie des gisements non-conventionnels.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1604 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/frac_graph.png?1604/5edb92d14e86b6f83280de68e767172d71616679dbff898e8ad25681d7b221aa&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 147.2 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH132/frac_graph-c7d1d-7d8e6.png?1781035007' width='150' height='132' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marc Durand, lien : &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/notes/marc-durand-doct-ing-en-g%C3%A9ologie-appliqu%C3%A9e/r%C3%A9sum%C3%A9-des-questions-techniques-gaz-et-p%C3%A9trole-de-roche-m%C3%A8re/565755236789395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.facebook.com/notes/marc-durand-doct-ing-en-g%C3%A9ologie-appliqu%C3%A9e/r%C3%A9sum%C3%A9-des-questions-techniques-gaz-et-p%C3%A9trole-de-roche-m%C3%A8re/565755236789395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;valuation Environnementale Strat&#233;gique - Analyse du plan d'action de l'&#201;ES</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Evaluation-Environnementale-Strategique-Analyse-du-plan-d-action-de-l-EES</link>
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		<dc:date>2011-11-15T08:49:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche publie la vaste r&#233;plique de Marc Durand, membre du Collectif scientifique sur les gaz de schiste au document publi&#233; par les responsables de l'&#201;valuation environnementale scientifique sur les gaz de schiste et portant sur le mandat de l'&#201;ES. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Comit&#233; de l'&#201;valuation Environnementale Strat&#233;gique sur les Gaz de Schiste a mis en ligne une version pour commentaires, de son plan d'action pour la dur&#233;e de son mandat : Plan de Travail de l'&#201;ES. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le Plan d'Action (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Gaz-de-schiste-+" rel="tag"&gt;Gaz de schiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Gaz-de-schiste-399-+" rel="tag"&gt;Gaz de schiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-11-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-11-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton8654-65ab1.jpg?1781437322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche publie la vaste r&#233;plique de Marc Durand, membre du Collectif scientifique sur les gaz de schiste au document publi&#233; par les responsables de l'&#201;valuation environnementale scientifique sur les gaz de schiste et portant sur le mandat de l'&#201;ES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; de l'&#201;valuation Environnementale Strat&#233;gique sur les Gaz de Schiste a mis en ligne une version pour commentaires, de son plan d'action pour la dur&#233;e de son mandat : Plan de Travail de l'&#201;ES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le Plan d'Action contient en fait tout ce que l'&#201;ES fera et donc toutes les retomb&#233;es qui en r&#233;sulteront, il est important de l'examiner avec soin et avec toute la rigueur scientifique requise, ce qui est fait dans ce document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte seront analys&#233;s et comment&#233;s plus sp&#233;cifiquement les aspects g&#233;o-techniques, hydrog&#233;ologiques et certains co&#251;ts qui en d&#233;coulent. L'analyse se fait en r&#233;f&#233;rence aux pages du Plan d'Action de l'&#201;ES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p. 10 : Le Plan de l'&#201;ES annonce de tr&#232;s belles intentions : &#034;l'acquisition de connaissances scientifiques et techniques permettant de soutenir la r&#233;alisation de l'&#233;valuation environnementale strat&#233;gique&#034; mais le contenu de cette &#233;bauche de plan d'action ne contient pas que cela. &#192; la page suivante un des points du mandat &#034;&#8226; L'&#233;valuation des impacts et des risques environnementaux et la d&#233;finition des seuils d'acceptabilit&#233; et des m&#233;thodes de mitigation appropri&#233;es.&#034; contient deux expressions qui ne rel&#232;vent pas de l'acquisition de connaissances scientifiques ou techniques, et qui h&#233;las prennent une place pr&#233;pond&#233;rante ensuite dans toute l'articulation du plan de travail qui suit. On se penche beaucoup trop sur la probl&#233;matique d'acceptabilit&#233; et les m&#233;thodes de mitigation pour favoriser l'acceptabilit&#233; &#224; chacune des &#233;tapes d'une mise en exploitation du shale d'Utica. L'&#201;ES doit utiliser ses fonds pour l'acquisition de connaissances scientifiques, celles requises pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts de la population et laisser aux industriels le travail de trouver comment op&#233;rer et comment contourner l'opposition populaire ; ils ont d&#233;j&#224; beaucoup de personnes qui travaillent sur cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.14 : Les principes directeurs sont excellents, notamment,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8230; transparence et &#8230; diffusion des r&#233;sultats de toutes les &#233;tudes r&#233;alis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8230; contributions d'intervenants de tous types et de tous secteurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8230; enjeux environnementaux, &#233;conomiques et sociaux majeurs en s'inscrivant dans une perspective de d&#233;veloppement durable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Analyser plusieurs sc&#233;narios de d&#233;veloppement de la fili&#232;re, incluant un sc&#233;nario &#171; aucun d&#233;veloppement &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant qu'il suffirait d&#233;j&#224; de se r&#233;f&#233;rer aux principes de d&#233;veloppement durable pour arriver &#224; l'option &#034;aucun d&#233;veloppement&#034;. En effet, exploiter un combustible fossile non renouvelable ne pourra jamais, m&#234;me en tordant les principes au maximum, &#234;tre du d&#233;veloppement durable. Ces principes se retrouvent aussi &#233;nonc&#233;s dans les objectifs (2.1.1 en page 18) et l'option de refus complet de l'exploitation est &#224; nouveau &#233;nonc&#233;e comme une possibilit&#233;. C'est &#224; noter. Mais pour les autres options, celles o&#249; l'industrie serait &#233;ventuellement autoris&#233;e &#224; aller de l'avant, cela ne pourra se faire qu'en suspendant sp&#233;cifiquement l'application de la loi sur le D&#233;veloppement durable, adopt&#233;e en 2006. L'&#201;ES pourra se pencher sur les motifs d'exception qui permettraient de justifier une telle d&#233;rogation extraordinaire. Aux USA, l'industrie a pu d&#233;marrer apr&#232;s avoir obtenu des dispenses exceptionnelles aux lois sur la protection de l'eau et de l'air, pour des motifs invoqu&#233;s d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique et de s&#233;curit&#233; nationale ; ce furent l&#224;-bas des concepts consid&#233;r&#233;s importants, mais pas n&#233;cessairement transposables ici. L'&#201;ES devra avoir analys&#233; et trouv&#233; des motifs exceptionnels pour recommander, le cas &#233;ch&#233;ant, la poursuite de l'activit&#233; d'exploitation de l'Utica. &#201;videmment pour justifier une telle recommandation, l'&#201;ES devra aussi analyser tr&#232;s s&#233;rieusement les alternatives &#233;nerg&#233;tiques (bio-m&#233;thane, &#233;nergies renouvelables, etc), ou encore d&#233;montrer pourquoi l'approvisionnement actuel en gaz naturel de gisements conventionnels devrait &#234;tre imp&#233;rativement remplac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.21 : Il est extr&#234;mement important de garder en m&#233;moire les 16 principes du d&#233;veloppement durable, notamment ceux de pr&#233;vention et pr&#233;caution, lorsqu'on analyse une technologie aussi nouvelle et incertaine quant &#224; ses effets &#224; moyen et &#224; long termes. Autoriser l'implantation d'une technologie nouvelle, &#224; risques encore largement inconnus, contrevient directement au principe de pr&#233;caution. Envisager d'arriver en fin d'exploitation &#224; avoir 20000 conduits reliant la couche de shale d'environ 2000 milliard de m&#232;tres cubes nouvellement fractur&#233;s, et les nappes en surface, heurte de plein fouet le principe de pr&#233;vention du risque, car on cr&#233;erait alors de toutes pi&#232;ces un tout nouveau risque &#233;norme pour l'alimentation en eau des villes, villages et zones agricoles sur 10 000 Km2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.23 : Dans les techniques de recherche on lit : &#034;le Comit&#233; examinera l'ensemble des demandes de certificat d'autorisation pour du forage dans le schiste ou pour des travaux de fracturation soumises au minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs dans le cadre de l'application de l'article 22 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement afin d'&#233;valuer si elles contribueront &#224; l'acquisition de donn&#233;es scientifiques et techniques utiles &#224; la r&#233;alisation de l'&#233;valuation environnementale strat&#233;gique&#034;. ATTENTION Ce sera ici un v&#233;ritable test pour la cr&#233;dibilit&#233; de ce comit&#233; &#201;ES. L'industrie, par la voix d'un de ses plus volubiles repr&#233;sentants, a d&#233;j&#224; exprim&#233; publiquement que l'&#201;ES au Qu&#233;bec est une op&#233;ration destin&#233;e &#224; informer et &#224; rassurer la population ; il a ajout&#233; que'&#034; nous n'avons aucune attente qu'en &#233;tudiant six puits au Qu&#233;bec dans les prochains deux ans nous obtenions rien que nous ne connaissons pas d&#233;j&#224; avec les 40000 puits d&#233;j&#224; for&#233;s&#8230;&#034;(r&#233;f. 1). M. Binnion a parfaitement raison sur ce point. Par contre le gouvernement a laiss&#233; cette porte ouverte, d&#232;s la cr&#233;ation de l'&#201;ES. Tout forage et/ou la fracturation de nouveaux puits aurait des effets imm&#233;diats sur la valeur des permis d&#233;tenus. En g&#233;nie minier, quant un forage &#034;prouve&#034; les r&#233;serves mini&#232;res sur une propri&#233;t&#233;, la cie qui d&#233;tient les droits miniers voit imm&#233;diatement la valeur de ses actions monter. Les cies gazi&#232;res qui n'ont pas encore valoris&#233; leurs titres miniers de cette fa&#231;on vont possiblement tenter de le faire dans les prochaines mois ou ann&#233;es. Le pr&#233;texte de recherche scientifique constituera le cas &#233;ch&#233;ant une couleuvre difficile &#224; avaler. On verra comment l'&#201;ES jouera sa cr&#233;dibilit&#233; sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.24 : La crainte exprim&#233;e au paragraphe pr&#233;c&#233;dent n'est pas futile, car le plan de l'&#201;ES &#233;nonce ceci, d&#232;s la page suivante : &#034; les entreprises n'ont pas actuellement en main suffisamment de donn&#233;es d'exploration pour d&#233;limiter le gisement gazier et &#233;tablir son potentiel, deux &#233;l&#233;ments indispensables&#034; &#8230; &#034;il est imp&#233;ratif de d&#233;terminer : &#8226; les zones d'exploitation et le potentiel gazier de ces zones&#034; Sans m&#234;me avoir encore entrepris la pertinence de d&#233;velopper la ressource, l'&#201;ES annonce qu'elle reprendra &#224; son compte ce type d'&#233;tude au profit des entreprises. Or les zones d'exploitation du shale d'Utica sont identifi&#233;es et cartographi&#233;es depuis des ann&#233;es par le MRNF. Les entreprises font &#224; l'&#233;tape actuelle, essentiellement du d&#233;veloppement : le forage de puits et la fracturation sont du d&#233;veloppement, pas de la recherche, ce que reconna&#238;t pour la premi&#232;re fois, et &#224; juste titre, ce document gouvernemental :&lt;br class='autobr' /&gt;
Les analyses de l'&#201;valuation environnementale strat&#233;gique (&#201;ES) requi&#232;rent de s'entendre sur la nature exacte des activit&#233;s pr&#233;vues. Pour ce faire, le comit&#233; r&#233;digera une description d&#233;taill&#233;e d'un projet type qui proposera une compr&#233;hension commune des ouvreages requis pour chacune des quatre phases de r&#233;alisation d'un projet des gaz de schiste (exploration, d&#233;veloppement, exploitation, fermeture).&lt;br class='autobr' /&gt;
Plan &#201;ES, dernier paragraphe de la page 23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de d&#233;limiter plus en d&#233;tails le potentiel de chaque zone, on semble vouloir satisfaire les entreprises en leur permettant du d&#233;veloppement (forage et fracturation &#233;ventuellement). On peut estimer le potentiel gazier sans faire des nouveaux forages et de nouvelles fracturations qui, comme le dit M. Binnion, ne nous apprendraient rien en termes de connaissances scientifiques. Encore l&#224;, l'&#201;ES jouera sa cr&#233;dibilit&#233; selon les choix qui seront faits. Ils ne sont pas d&#233;crits ici plus en d&#233;tails dans le plan de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.26-27 : L'&#201;ES traite ici des eaux souterraines ; le BAPE a soulign&#233; la grande d&#233;ficience en cartographie hydrog&#233;ologique. Les cartes isopi&#232;zes fournissent une information cruciale pour suivre les directions de l'&#233;coulement de l'eau souterraine, son d&#233;bit, les temps de parcours, les zones de grande vuln&#233;rabilit&#233;, etc. En cas de fuites et de contamination accidentelle, ces informations sont cruciales. Or ces cartes sont soient inexistantes dans les Basses-Terres, soit inad&#233;quates (sans courbes isopi&#232;zes) et datent de plusieurs d&#233;cennies. La question la plus pr&#233;occupante dans l'&#233;ventualit&#233; de l'exploitation du shale d'Utica est la question du risque que cela faire courir aux nappes phr&#233;atiques et aux puits art&#233;siens. La majeure partie des moyens propos&#233;s traite dans ce chapitre des eaux sous d'autres aspects, beaucoup plus en rapport avec les besoins de l'industrie : &#233;valuation des quantit&#233;s requises par l'industrie, questions relatives &#224; la disposition des eaux us&#233;es de fracturation, etc. On passe tout &#224; fait &#224; c&#244;t&#233; de l'acquisition de connaissances scientifiques hydrog&#233;ologiques sur les nappes elles-m&#234;mes dans les moyens &#224; mettre en &#339;uvre ; notamment, on ne pense m&#234;me pas combler les graves lacunes identifi&#233;es par le BAPE quant &#224; la connaissance de ces nappes, leur cartographie, les directions, gradients et vitesses d'&#233;coulement, les carte de vuln&#233;rabilit&#233;, les aires de captages &#224; prot&#233;ger, etc. Le m&#233;moire des hydrog&#233;ologues du GRIES d&#233;pos&#233; au BAPE (DM103) mentionne aussi qu'il est imp&#233;ratif de conna&#238;tre les nappes entre la zone superficielle ayant fait l'objet des programmes habituels d'&#233;tude et les zones profondes o&#249; auront lieu la fracturation. L'&#201;ES dans ce plan de travail ne pr&#233;voit aucune &#233;tude pour combler ces lacunes en cartographie hydrog&#233;ologie. Pourtant le BAPE a explicitement indiqu&#233; qu'aucun puits d'exploitation ne devrait se faire dans les zones o&#249; ces donn&#233;es n'ont pas encore &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;es. L'&#201;ES doit se recentrer sur cela, plut&#244;t que de se lancer pr&#233;matur&#233;ment, et presqu'exclusivement, sur les besoins en eau de l'industrie pour fracturer le shale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.28 : Envisager la possibilit&#233; d'exploiter l'eau souterraine pour les besoins de l'industrie du gaz de schiste ? Quelle id&#233;e saugrenue au Qu&#233;bec. Faire des forages pour alimenter d'autres forages entra&#238;nera une multiplication des voies de communications des profondeurs vers la surface. Une autre lacune importante dans les connaissances actuelles vient du fait que les projets PACES ne permettent l'acquisition de connaissances que sur une portion superficielle des terrains. Le plus souvent, les &#233;tudes hydrog&#233;ologiques se limitent &#224; moins de 100 m sous la surface, soit la zone g&#233;n&#233;ralement exploit&#233;e pour l'eau souterraine. On sait que l'exploitation des gaz de shale doit se faire &#224; des profondeurs de 1000 m ou plus. La tranche de terrain allant de 100 &#224; 1000 m contient certes de l'eau et d'autres fluides, mais elle n'est pr&#233;sentement pas soumise &#224; des &#233;tudes hydrog&#233;ologiques r&#233;gionales. Ainsi, les &#233;changes dans le socle rocheux entre les eaux souterraines superficielles et les eaux plus profondes, soit dans la zone d'exploitation des gaz de shale, sont des &#233;l&#233;ments pour lesquels tr&#232;s peu de donn&#233;es sont disponibles. Les donn&#233;es recueillies par l'industrie dans ses travaux d'exploration seraient fort utiles pour mieux comprendre la dynamique hydrique des formations entre 100 et 1000 m. Il s'agit ici de trouver un juste milieu entre la protection des donn&#233;es de l'industrie et une gestion collective responsable de la ressource. D'autres initiatives d'acquisition de connaissances pourraient viser &#224; &#233;tudier la dynamique de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.28 : Mention aussi de &#034;recours &#224; des technologies alternatives de fracturation n'employant pas d'eau&#034;. Laissons les industriels faire la recherche et la d&#233;monstration que ces alternatives sont s&#233;curitaires. Cette recherche se fait &#224; grands frais dans le monde ; c'est encore &#224; titre exp&#233;rimental (fracturation au propane, arc &#233;lectrique, par exemple) et cela mettra des ann&#233;es avant de s'implanter &#224; plus grande &#233;chelle. C'est de la poudre aux yeux que de citer cela dans le plan de travail : il est illusoire de penser trouver une alternative technique sp&#233;cifique pour le gisement Utica du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.29 : Pour l'importante question de la protection des nappes, le texte d&#233;bute en citant une &#233;tude &#034; r&#233;alis&#233;e par l'&#233;tat de New York conclut que les techniques de mise en place des tubages et de cimentation constituent la meilleure protection pour l'environnement. &#034; Rien n'est plus controvers&#233; que cette affirmation, tir&#233;e d'une seule r&#233;f&#233;rence. Au contraire : &#034;Gas intrusion into cemented wellbores and the resultant leakage to either the surface or porous formation below the wellhead have been persistent problems in the gas industry for many years&#034; (r&#233;f. 2) . Les cas de probl&#232;mes de fuites de gaz dans les espaces annulaires des puits ciment&#233;s constituent en fait la majorit&#233; des causes des fuites et cela est reconnu par de nombreux auteurs dans l'industrie (ex r&#233;f. : 2, 3, 4, 5 et 6). Et ces probl&#232;mes de cimentation des puits sont loin d'&#234;tre des cas isol&#233;s : entre 20 et 60% des puits selon l'age (r&#233;f. 3 et la figure plus loin dans le dernier tiers de ce texte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#8230; absence presque totale de d&#233;tection des additifs de fracturation dans les milliers de puits domestiques situ&#233;s &#224; proximit&#233; des puits ayant fait l'objet de fracturation hydraulique.&#034; Une autre th&#232;se de l'industrie, adopt&#233;e ici sans aucune analyse critique. Les eaux de fracturation migreront lentement, vu la grande profondeur de leur injection initiale, mais par contre le m&#233;thane, qui suit les m&#234;mes chemins fractur&#233;s se manifeste d&#233;j&#224; actuellement de fa&#231;on syst&#233;matique sur le terrain. Les contaminations hydriques arriveront plus tardivement. M&#234;me ici au Qu&#233;bec, notamment au puits Canbriam &#224; La Pr&#233;sentation, le m&#233;thane a d&#233;j&#224; travers&#233; la nappe pour arriver en surface, bien loin hors de l'emprise du puits. Les affirmations p.29 sont des th&#232;ses contestables pr&#244;n&#233;es par l'industrie ; il est inqui&#233;tant de voir l'&#201;ES en faire son pr&#233;ambule, sans aucune analyse critique, et sans m&#234;me avoir commenc&#233; ses propres &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#233;l&#233;ment dans les tableaux des connaissances &#224; acqu&#233;rir ne se penche sur l'analyse des nappes qui servent de source d'eau potable pour les communaut&#233;s. L'&#201;ES passe tout de suite aux questions touchant l'eau pour les besoins de l'industrie dans l'application de la technologie de fracturation. Avant cette &#233;tape, dans la section L'enjeu de la protection de la ressource eau (p.29), on doit minimalement ajouter comme t&#226;ches primordiales ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; E3-0 : Cartographie hydrog&#233;ologique des nappes phr&#233;atiques impliqu&#233;es avec lignes isopi&#232;zes permettant d'&#233;valuer les gradients, les directions de l'&#233;coulement dans les nappes, les zones de vuln&#233;rabilit&#233;, etc. Ces cartographies seront prioritairement &#233;tablies dans les territoires o&#249; se situent les 31 premiers puits par la mise en place de r&#233;seau de pi&#233;zom&#232;tres et puits d'observation dans un territoire assez vaste pour couvrir tout la zone affect&#233;e par la fracturation plus cinq kilom&#232;tres en p&#233;riph&#233;rie de cette zone. Cette cartographie devrait inclure une analyse physicochimique suffisamment compl&#232;te des nappes dont le volume exc&#232;de une certaine valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; E3-00 : Mise en place d'un programme d'&#233;chantillonnage p&#233;riodique de l'eau de la nappe dans ces zones, incluant &#233;videmment la d&#233;tection des traces de m&#233;thane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Advenant le cas o&#249; l'&#201;ES envisagerait de recommander le d&#233;marrage de l'exploitation du shale dans les Basses-Terres, il deviendra imp&#233;ratif d'ajouter aussi la d&#233;marche suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; E3-000 :Mise en place d'un programme pour &#233;tendre la cartographie hydrog&#233;ologique &#224; tout nouveau territoire o&#249; des permis de forage seraient autoris&#233;s ; la compl&#233;tion de ce programme serait un pr&#233;alable &#224; toute autorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.29 L'&#201;ES pr&#233;cise que &#034;l'Association de l'industrie p&#233;troli&#232;re (API) publie aussi plusieurs normes et m&#233;thodologies pour favoriser un d&#233;veloppement s&#233;curitaire de l'industrie&#034;. Les normes viennent de l'industrie ; propos&#233;es par eux, con&#231;ues &#224; l'origine pour des puits classiques, rien de bien contraignant. C'est pens&#233; avant tout comme bonnes pratiques pour l'op&#233;ration &#224; court terme, la s&#233;curit&#233; des travailleurs certes, r&#233;duite ainsi &#224; la dur&#233;e limit&#233;e dans le temps de leur pr&#233;sence sur le site. Les r&#232;gles de bonnes pratiques visent avant tout la rentabilit&#233; pendant la dur&#233;e de vie de l'exploitation. Ces normes ne sont pas du tout adapt&#233;es pour la durabilit&#233; accrue &#224; tr&#232;s long terme qui serait normalement requise sp&#233;cifiquement pour ce nouveau contexte d'exploitation dans le shale. Ajoutons aussi que rien n'indique qu'elles soient sp&#233;cifiques &#224; la situation qu&#233;b&#233;coise ; il serait &#233;tonnant qu'elles le soient vu le caract&#232;re r&#233;cent de la fracturation rocheuse au Qu&#233;bec (2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#8230;peu d'information est actuellement disponible sur les processus de fermeture temporaire ou de fermeture d&#233;finitive des puits et la permanence des mesures d'obturation. En effet, bien que la r&#233;glementation en vigueur au Qu&#233;bec exige l'obtention d'un permis de fermeture de puits, qui est conditionnelle &#224; son obturation d&#233;finitive, peu de suivis ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s sur les puits abandonn&#233;s sur le territoire des Basses-Terres du Saint-Laurent&#034; Les puits de gaz de schiste ne sont aucunement comparables aux anciens puits ; de plus la plupart &#233;taient des puits secs, ou d'exploration . Il n'y a aucune commune mesure entre un forage uniquement vertical de 20 cm de diam&#232;tre fait pour exploration et qui perturbe donc le roc sur une emprise de cet ordre, versus un puits de gaz de schiste qui lui combine les techniques de forage horizontal et de fracturation de dizaine de millions de m&#232;tres cubes pour chaque branche horizontale en vue de modifier consid&#233;rablement la perm&#233;abilit&#233; d'un massif de shale. C'est comme &#233;tudier les stations services abandonn&#233;es pour nous &#233;clairer sur les impacts d'implantation d'une raffinerie... &#201;tudier les puits anciens, d'accord, mais ATTENTION, on ne pourra absolument pas en tirer des conclusions pour les nouveaux puits. L'industrie a besoin des donn&#233;es sur les puits anciens, car ils constituent pour elle une nuisance et un probl&#232;me purement technique, quand ils se retrouvent dans l'emprise d'une fracturation ; cette partie de l'&#233;tude semble &#234;tre une commande pour l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.30 : &#8226; E3-1 : Analyse des normes existantes dans certains &#201;tats et certaines provinces pour les forages, de la conception &#224; la construction, en passant par la v&#233;rification, la fracturation, la compl&#233;tion et la fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; E3-2 : D&#233;termination des probl&#232;mes de d&#233;versements et de fuites rencontr&#233;s au Qu&#233;bec par l'industrie des gaz de schiste au cours des derni&#232;res ann&#233;es et documenter les causes et les impacts de ces incidents et les mesures prises pour les corriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; E3-3 : Recensement et inspection des puits orphelins au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'encadr&#233; des connaissances &#224; acqu&#233;rir (E3-1, 2 et 3), aucune mention de l'obtention d'information cruciale sur le devenir des puits apr&#232;s leur abandon. C'est une information pourtant signal&#233;e comme inexistante, m&#234;me pour les puits classiques d&#233;j&#224; pr&#233;sents. Recenser les normes appliqu&#233;es ailleurs n'apportera pas de solution sp&#233;cifique pour les nouveaux puits, car en raison de l'&#233;tat de fait et du poids de cette industrie, les normes propos&#233;es par l'industrie et ent&#233;rin&#233;es par les &#201;tats n'ont jamais &#233;t&#233; con&#231;ues autrement que pour des puits dans des gisements classiques. C'est cet &#233;tat de fait qui a permis l'&#233;closion de cette industrie nouvelle. En l'absence de normes ad&#233;quates, l'exploitation de gisements non conventionnels est apparue rentable. De plus, l'industrie gr&#226;ce &#224; son pressant lobby a pu obtenir d'&#234;tre affranchie de plusieurs r&#233;glementations environnementales. &#201;tudier ce qui se fait ailleurs viendra peut-&#234;tre renforcer ici la position de ceux qui r&#233;clament les m&#234;mes privil&#232;ges indus, mais ce ne sera certainement pas de l'acquisition de connaissances scientifiques. D&#233;terminer les probl&#232;mes de d&#233;versements et de fuites me semble une entreprise irr&#233;alisable en raison du peu d'encadrement de cette industrie jusqu'ici au Qu&#233;bec. Rappelons que les visites des inspecteurs du MDDEP n'a v&#233;ritablement commenc&#233; que lors du BAPE et qu'encore aujourd'hui, certains puits n'ont toujours pas &#233;t&#233; visit&#233;s. Certes, l'industrie est tenue de divulguer les incidents mais le fait-elle ? syst&#233;matiquement ? L'&#233;tude E3-2 devrait imp&#233;rativement inclure les incidents r&#233;pertori&#233;s &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.31 : &#034;Par ailleurs, bien que la migration vers la surface &#224; partir des shales de l'Utica soit consid&#233;r&#233;e peu probable &#224; court et moyen terme en raison des conditions g&#233;ologiques du bassin des Basses-Terres du Saint-Laurent&#034; : Une affirmation tout &#224; fait contestable, un cr&#233;do de l'industrie, en d&#233;saccord avec l'opinion de chercheurs ind&#233;pendants. Avant m&#234;me qu'on ait pu contredire ces th&#232;ses simplistes d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es par l'industrie au BAPE, on les retrouve reprises ici, sans nuances, par l'&#201;ES. Sans cet &#233;nonc&#233;, le reste du paragraphe est bon, mais l'encadr&#233; des connaissances &#224; acqu&#233;rir ne contient rien sur les profondes m&#233;connaissances des discontinuit&#233;s (fractures et failles inconnues) dans la g&#233;ologie du roc de couverture de l'Utica. Aucune connaissance &#224; acqu&#233;rir vraiment ? On se contente de pr&#233;voir une mod&#233;lisation de la migration des eaux &#034;en utilisant les intrants propres au bassin des Basses Terres&#034;. Euph&#233;misme pour dire qu'on va se contenter des tr&#232;s grandes impr&#233;cisions de la carte g&#233;ologique des Basses-Terres, comme input d'une mod&#233;lisation. Une mod&#233;lisation de cette envergure est hautement irr&#233;aliste et fantaisiste ; selon un expert bien reconnu en la mati&#232;re, dans le cas d'un seul puits &#034; discretization of an entire representative continuum into discrete blocks is simply impossible because of the number of degrees of freedom involved&#034;(7). Futile ou encore plus inexacte serait la tentative de simulation de l'effet combin&#233; d'une multitude de puits, m&#234;me dans une g&#233;ologie hyper simplifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.32 : On mentionne ici trois mesures, mais elles ne se retrouvent pas ensuite dans l'encadr&#233; (p.34) de ce qui est &#224; acqu&#233;rir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#8226; Des &#233;tudes de microsismique lors des fracturations hydrauliques effectu&#233;es dans le cadre de l'&#201;ES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(on devrait &#233;crire &#034;lors des fracturations ant&#233;rieures&#034; - pourquoi requ&#233;rir &#224; de nouvelles fracturations pendant L'&#201;ES, pour cela, quand il y a d&#233;j&#224; ces donn&#233;es dans les dossiers des compagnies ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le suivi g&#233;ochimique lors d'un certain nombre de fracturations, qui inclut les compos&#233;s gazeux &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. (m&#234;me commentaire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La mesure des concentrations naturelles en m&#233;thane dans les puits/aquif&#232;res situ&#233;s dans un rayon d&#233;termin&#233; autour des forages&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#034;rayon d&#233;termin&#233;&#034; n'est pas pr&#233;cis&#233; ; or cela devrait &#234;tre sur toute l'emprise de la zone fractur&#233;e plus minimalement un autre 2000 m ; si on se limite &#224; 100 m autour de la t&#234;te de forage, cela ne serait d'aucun s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissances &#224; acqu&#233;rir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E4-1 : &#201;laboration de diff&#233;rents sc&#233;narios de gestion des eaux de reflux et &#233;valuation de leurs co&#251;ts selon : &lt;br class='autobr' /&gt; -Le niveau de production des eaux de reflux et leur qualit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt; -Leur r&#233;utilisation possible ;&lt;br class='autobr' /&gt; -Leur acheminement (bassins de r&#233;tention sur place, usines d'&#233;puration municipales, autres types d'usines)&lt;br class='autobr' /&gt; -Leur disposition finale.&lt;br class='autobr' /&gt;
E4-2 : Revue des technologies de traitement des eaux us&#233;es disponibles ainsi que de leur efficacit&#233; en regard des substances &#224; risque.&lt;br class='autobr' /&gt;
E4-3 : Analyse des possibilit&#233;s de mettre en place la technologie de stockage des eaux de reflux dans des formations g&#233;ologiques profondes au Qu&#233;bec et &#233;valuation des co&#251;ts d'une telle pratique. Le cas &#233;ch&#233;ant, d&#233;termination des ovligations r&#233;glementaires en mati&#232;re d'&#233;tudes, m&#233;thodes et suivis pour l'autorisation de tels projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dans ce cadre est avant tout du travail pour l'industrie ; pourquoi l'&#201;ES par exemple ferait l'analyse des co&#251;ts (E4-1) de gestion des eaux de reflux, des possibilit&#233;s de l'injection ? Un gros silence dans ce texte sur le fait que moins de 50% du fluide inject&#233; pour fracturer le roc revient &#224; la surface pendant les quelques semaines qu'on identifie comme p&#233;riode pour leur r&#233;cup&#233;ration ; plus de 50% de ces &#034;slickwater&#034; sont encore dans le substratum &#224; la fin de cette p&#233;riode. Elles vont remonter, mais sur une plus longue p&#233;riode, pendant laquelle rien n'est pr&#233;vu pour le suivi. Minimalement, il faut ajouter ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; E4-4 Analyse des donn&#233;es relatives &#224; la portion des fluides de fracturation qui ne sont pas remont&#233;s et mod&#233;lisation &#224; moyen et long terme de leur mobilit&#233; par les m&#234;mes chemins o&#249; on a d&#233;j&#224; des &#233;vidences de migration de m&#233;thane, ou encore par d'autres r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.35 et p. 36 : Est-ce que l'&#201;ES tient compte du fait que les &#233;missions peuvent survenir ailleurs que pr&#232;s des puits et installations ? par migration le long de failles notamment dans toute l'&#233;tendue lat&#233;rale fractur&#233;s (longues de 1 km ?), des fuites peuvent se retrouver &#224; voyager ensuite dans les nappes &#224; grande distance. Comment &#233;valuer ce risque ? Rien ci-dessous n'indique qu'on a pens&#233; &#224; cet aspect des &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissances &#224; acqu&#233;rir&lt;br class='autobr' /&gt;
A1-1 : &#201;valuation des tauxd'&#233;missions de contaminants atmosph&#233;riques provenant de sites fixes, mobiles et fugitives d'un projet type de gaz de sciste&lt;br class='autobr' /&gt;
A1-2 : Mod&#233;lisation de la dispersion atmosph&#233;rique des contaminants &#233;mis par les sources fixes et mobiles et d'un projet type et de l'impact de ces contaminants sur la qualit&#233; de l'air ambiant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera tr&#232;s important aussi dans cette analyse de ne pas se limiter &#224; un instantan&#233; dans le temps. Les puits sont l&#224; pour &#034;l'&#233;ternit&#233;&#034;, m&#234;me apr&#232;s abandon. Il est impossible d'enlever un puits, encore moins de remettre le shale fractur&#233; dans son &#233;tat initial. Les donn&#233;es sur les puits classiques (r&#233;f. 3), actifs ou abandonn&#233;es montrent que les &#233;missions de gaz sont d&#233;tect&#233;es dans des proportions de 20% dans le cas des puits datant de quelques ann&#233;es, mais que ce pourcentage augmente &#224; 40% pour des puits datant de dix ans et jusqu'&#224; 60% des puits pour la tranche datant de 25 ans et plus (figure ci-dessous, r&#233;f. 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir graphique en illustration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On note de plus dans cette r&#233;f&#233;rence (3) que &#034;Most of the pressure buildup is due to gas, although, in fewer than 1% of all wells, oil and sometimes salt water also flow to surface&#034;.Il n'y a pas de statistiques pour les puits de gaz de schiste qui sont encore bien trop r&#233;cents et pas encore int&#233;gr&#233;s &#224; ces statistiques ; mais ils sont construits avec les m&#234;mes aciers et les m&#234;mes coulis. Par contre il faut ajouter dans leur cas qu'il y a, comme facteur aggravant, un tr&#232;s grand volume de roc fractur&#233; artificiellement. De plus, la proportion de m&#233;thane laiss&#233; en place est incommensurablement plus &#233;lev&#233;e. Ils sont donc susceptibles de produire des fuites nettement plus importantes lors du vieillissement des puits abandonn&#233;s et enfouis ; des fuites de m&#233;thane et autres gaz &#233;videmment, mais aussi des remont&#233;es d'eau sursal&#233;e comme mentionn&#233; pour les puits classiques, et &#233;ventuellement du reste des eaux de fracturation. L'&#201;ES devra donc ajouter ceci au cadre de la page 36 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; GES1-3 Analyse des quantit&#233;s de m&#233;thane qui possiblement pourra &#234;tre rel&#226;ch&#233; dans l'atmosph&#232;re dans la p&#233;riode de temps qui suit l'abandon des puits, en postulant divers sc&#233;narios de durabilit&#233; des structures apr&#232;s abandon en regard de la quantit&#233; de m&#233;thane encore pr&#233;sent dans le gisement au moment de l'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;p.37 : Les risques de s&#233;ismes induits sont identifi&#233;s ailleurs dans le monde, surtout avec des cas de disposition de d&#233;chets liquides (ex. eau de fracturation) par injection profonde. Si l'&#201;ES &#233;tudie ce risque par rapport &#224; un projet-type (de puits d'exploitation ?) et ensuite plus loin propose comme solution de disposition des eaux, la solution de l'injection en forage profond, alors on serait dans une aberration totale. Le risque de s&#233;ismicit&#233; induite doit &#234;tre fait en rapport avec le point E4-3 page 34 (stockage des eaux de reflux par injection) ; le risque de s&#233;ismes et de glissements de terrain dus &#224; un puits de gaz, sont bien significatifs dans le contexte g&#233;ologique du Qu&#233;bec. On peut mettre &#231;a dans l'&#233;tude, mais on peut d&#233;j&#224; se demander si c'est mis l&#224;, un peu beaucoup, pour avoir &#224; la fin une conclusion rassurante ; peut-&#234;tre donc ici du temps perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les risques technologiques : Par ailleurs, tout projet industriel comporte un risque d'accident en fonction de ses caract&#233;ristiques. Il importe de bien d&#233;terminer les sources potentielles d'accident &#224; chacune des &#233;tapes d'un projet type de gaz de schiste, d'en &#233;valuer les cons&#233;quences selon divers sc&#233;narios. Selon l'importance et l'&#233;tendue des cons&#233;quences, des mesures doivent &#234;tre envisag&#233;es pour g&#233;rer ou r&#233;duire le risque &#224; la source ou pour pr&#233;parer la r&#233;ponse &#224; un accident potentiel par un plan de mesure d'urgence.&#034;Connaissances &#224; acqu&#233;rir : R2-1 : Analyse des risques technologiques associ&#233;s aux activit&#233;s d'un projet type de gaz de schiste.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;ES &#233;tudie les risques technologiques uniquement en termes d'intervention par des &#233;quipes d'urgence en cas d'accident pendant les activit&#233;s, ce n'est qu'une faible partie des risques technologiques. C'est le r&#244;le des cies gazi&#232;res d'&#233;tudier et de g&#233;rer ce risque pendant leurs op&#233;rations, pas l'&#201;ES. Par contre apr&#232;s l'abandon, tout retombe dans le domaine public, y compris les risques de ces technologies de puits qui se d&#233;graderont forc&#233;ment dans le temps. Ces risques, ceux assum&#233;s par le domaine public doivent &#234;tre ceux analys&#233;s en priorit&#233; par l'&#201;ES. Ces risques sont &#233;normes, car la combinaison des nouvelles technologies qui permet l'extraction du gaz dans le shale est nouvelle, et par d&#233;finition inconnue et selon toute vraisemblance tr&#232;s &#224; risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.3 L'&#233;valuation des enjeux sociaux pp. 38 &#224; 50 Ce chapitre est bien &#233;labor&#233; et bien louable dans les intentions noblement exprim&#233;es. On analysera m&#234;me les besoins sociaux, en logement, la luminosit&#233;, populations autochtones, etc. Partout on cite des nuisances et on dit qu'on &#233;tudiera comment les att&#233;nuer. Sans vouloir trop nous avancer dans ce domaine d'expertise bien loin de la g&#233;otechnique, notons seulement ici qu'une grosse part de &#034;la commande&#034; faite &#224; l'&#201;ES, vient de ceux (gouvernement et industrie) qui r&#233;sument le probl&#232;me &#224; comment convaincre la population, le probl&#232;me central en &#233;tant un de perception, et de nuisances &#224; att&#233;nuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'acceptabilit&#233; sociale est fortement tributaire des m&#233;canismes d'information et de consultation mis en place par les diff&#233;rents acteurs du secteur, notamment les minist&#232;res et organismes gouvernementaux et les repr&#233;sentants de l'industrie. &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8230; opposition nourrie par des exp&#233;riences probl&#233;matiques dont certaines ont &#233;t&#233; fortement m&#233;diatis&#233;es. Il importe de mieux comprendre de quelle fa&#231;on et sur quelles bases s'est construite cette opposition ainsi que l'image de l'industrie &#8230;&#034; p.48&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; il est devient difficile de croire &#224; l'objectivit&#233; scientifique de l&#8216;&#201;ES quand on constate la proportion d&#233;mesur&#233;e de l'attention port&#233; sur cela, face aux si &#233;normes lacunes signal&#233;es pr&#233;c&#233;demment dans la compr&#233;hension du fond des probl&#232;mes technologiques et de leurs impacts sur les milieux naturels. C'est ma crainte de voir que l'&#201;ES servent surtout &#224; cela : corriger et orienter diff&#233;remment les &#034;perceptions&#034; (et &#231;a c'est manifestement une commande pour l'industrie) et si peu aux &#233;tudes scientifiques les plus cruciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.4 L'&#233;valuation de la pertinence socio&#233;conomique de l'exploitation du gaz de schiste pp. 51 &#224; 60&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, c'est loin de la g&#233;otechnique, mais notons seulement cette intention : Le Qu&#233;bec entend devenir un leader du d&#233;veloppement durable (point 5, p 52) ; l'exploitation de combustible fossile est reconnue comme une pratique &#224; laquelle on doit progressivement trouver des alternatives. L'exploitation du shale gaz&#233;if&#232;re n'est pas et ne sera jamais une avenue qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme du d&#233;veloppement durable ; rien n'est moins durable que l'exploitation d'une ressource non-renouvelable,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissances &#224; acqu&#233;rir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; EC2-1 : D&#233;tail des co&#251;ts priv&#233;s et publics par phase de r&#233;alisation et totaux estim&#233;s &#224; partir du projet type de gaz de schiste d&#233;velopp&#233; au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; EC2-2 : Projections financi&#232;res pro forma d'un projet type de gaz de schiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; EC2-3 : Analyse environnementale du cycle de vie d'un projet type de gaz de schiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces &#233;valuations &#233;conomiques si on se limite aux &#233;tapes usuelles : exploration, d&#233;veloppement des puits, exploitation et abandon sommaire, on passera &#224; c&#244;t&#233; du co&#251;t le plus important : la gestion du risque des fuites de m&#233;thane dans les d&#233;cennies qui vont suivre. Les gazi&#232;res ont d&#233;j&#224; fait ces &#034;prospectus biais&#233;s&#034; limit&#233; aux &#233;tapes o&#249; elles sont sur le terrain ; inutile de les refaire si on n'inclut pas une analyse &#224; long terme. Par exemple au niveau de l'estimation des co&#251;ts, juste une question &#224; explorer parmi d'autres : si &#224; Ville Mercier le gouvernement du Qu&#233;bec a en 40 ans d&#251; d&#233;penser des dizaines de millions pour g&#233;rer un seul site o&#249; la pollution d'une nappe par l'industrie p&#233;troli&#232;re (la cause est localis&#233;e &#224; 20 m de profondeur - non encore r&#233;solue apr&#232;s 4 d&#233;cennies, et un BAPE en 1994, r&#233;f. 8), combien en co&#251;tera-t-il dix ou vingt ans apr&#232;s l'abandon des puits pour faire revenir d'Alberta, ou d'ailleurs, une &#233;quipe sp&#233;cialis&#233;e pour identifier (&#224; 2000 m de profondeur) et r&#233;parer par exemple un seul puits de gaz de schiste ayant atteint un niveau de corrosion menant &#224; la r&#233;surgences de fuites de m&#233;thane mettant en danger la s&#233;curit&#233; des environs ? Question corollaire : une fois qu'un seul cas de ce genre aura fait les manchettes, combien de millions seront perdus en termes de d&#233;valuation des propri&#233;t&#233;s avoisinantes ? Question qui tue : quelle proportion des 20 000 puits requis pour extraire toute la ressource, conna&#238;tront des fuites &#224; moyen et long terme et quel en sera le co&#251;t pour les fonds publics &#224; ce moment l&#224; ? (voir la figure tir&#233;e de la r&#233;f&#233;rence 3 pour un estim&#233; possible). Finalement &#224; estimer aussi, combien de temps tiendraient alors ces nouvelles r&#233;parations ? Voil&#224; des questions tr&#232;s pertinentes &#224; mettre dans le mandat de l'&#201;ES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.5 La l&#233;gislation encadrant les projets d'exploration et d'exploitation gazi&#232;re pp. 60 &#224; 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s bref, mais bon chapitre. La mise en place d'observatoires scientifiques ind&#233;pendants est une excellente id&#233;e &#233;mise par le BAPE qui doivent pouvoir agir avec les fonds requis, en toute transparence (publication des donn&#233;es recueillies) et ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux r&#232;glements, nous soulignons particuli&#232;rement la n&#233;cessit&#233; de r&#233;vision totale des r&#232;gles d'abandon des puits. On doit &#224; tout prix &#233;liminer le transfert &#224; l'&#201;tat (r&#232;gle actuelle partout) en fin de production de la propri&#233;t&#233; et du risque. Ce n'est qu'en raison de cet &#233;tat de fait g&#233;n&#233;ralis&#233;, aux USA, comme au Canada, que l'id&#233;e m&#234;me d'exploiter le shale gaz&#233;if&#232;re a pu d&#233;marrer. Avec l'obligation d'assumer la propri&#233;t&#233; des puits abandonn&#233;s, les risques &#224; long terme associ&#233;s, n&#233;cessitant une inspection et un entretien des puits &#224; perp&#233;tuit&#233; (disons un bail de 99 ans &#224; renouvellement obligatoire en cas de persistance de pression de m&#233;thane dans le fond du puits), l'industrie, qui est comp&#233;tente &#224; calculer ses co&#251;ts, n'aurait jamais d&#233;marr&#233; la construction d'un seul puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre conclusion sur cette version pr&#233;sent&#233;e du plan de travail de l'&#201;ES est globalement que de beaux principes sont &#233;nonc&#233;s sur l'environnement, la transparence, la consultation populaire, mais que dans les actions concr&#232;tes qui sont list&#233;es ensuite, on retrouve beaucoup trop celles qui seront utiles &#224; l'industrie dans son cadre op&#233;rationnel pour exploiter &#233;ventuellement le shale, y compris l'&#233;tude des meilleures strat&#233;gies de communication pour favoriser l'acceptabilit&#233; sociale et l'apaisement des craintes de la population. Il est particuli&#232;rement renversant de constater la fa&#231;on dont on envisage d'&#233;tudier les nappes et l'hydrog&#233;ologie. Il n'y a rien de pr&#233;vu pour combler les manques flagrants en cartographie hydrog&#233;ologique des nappes dans toute les zones vis&#233;es par l'exploitation &#233;ventuelle de l'Utica, mais il y a beaucoup d'emphase sur les besoins en eau de l'industrie de fracturation, des m&#233;thodes de disposition ensuite de l'eau contamin&#233;e, pour la partie qui remonte (rien sur le 50% qui reste dans le substratum), rien de pr&#233;cis comme investigation syst&#233;matique des fuites hors de la zone des puits, rien sur la m&#233;connaissance des discontinuit&#233;s dans le substratum qui seront des chemins &#233;ventuels pour des circulations &#224; moyen et long terme dans tout ce grand volume de shale, i.e. 2x10exposant12 m&#232;tres cubes (ou 2000 milliards) environ d'Utica modifi&#233; de fa&#231;on irr&#233;versible en termes de perm&#233;abilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'ajouterai un dernier commentaire d'ing&#233;nieur : il n'y a rien dans le plan de travail de l'&#201;ES qui permettra une &#233;valuation ind&#233;pendante et critique des technologies nouvelles et tr&#232;s &#224; risques de cette industrie ; rien quant &#224; l'examen de la durabilit&#233; de ces structures (les puits et les massifs fractur&#233;s contenant encore une quantit&#233; estim&#233;e &#224; 80% du volume de gaz initialement pr&#233;sent (r&#233;f. 9) une fois l'exploitation termin&#233;e et les puits recouverts de terre. Ces ouvrages que l'industrie laissera en place en fin d'exploitation, ne seront plus alors des puits d'exploitation mais bien des structures permanentes d'ing&#233;nierie faites d'acier et de ciment. C'est sous cet aspect que la question doit &#234;tre analys&#233;e par d'autres ; il est imp&#233;ratif que ces ouvrages soient examin&#233;s sous cet angle, par des experts hors du champ et des normes internes de l'industrie p&#233;troli&#232;re. L'&#201;ES a le devoir d'obtenir des avis techniques par des ing&#233;nieurs civils comp&#233;tents sur ces milliers de structures qui, apr&#232;s le d&#233;part des compagnies gazi&#232;res, demeureront &#224; jamais implant&#233;es dans le substratum dans un territoire de haute valeur historique, agricole et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- M. Binnion 2011, conf&#233;rence aux actionnaires de Questerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Marlow 1989, Cement Bonding Characteristics in Gas Wells. Journal of Petroleum Technology, Vol 41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Brufatto et al 2003, From Mud to Cement&#8212;Building Gas Wells Oilfield Review, Sept 2003, pp 62-76&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Wojtanowicz et al, 2001, DIAGNOSIS AND REMEDIATION OF SUSTAINED CASING PRESSURE IN WELL 93p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Huerta 2009, Studying fluid leakage along a cemented wellbore Thesis University of Texas at Austin. 81p&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Dusseault, 2000, Why oilwells leaks : Cement behavior and long-term consequences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Dusseault, 2011, Massive Multi-Stage Hydraulic Fracturing : Where are We. ARMA (American Rock Mechanics Association) e-Newsletter, Winter 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- BAPE 1994. Restauration du lieu contamin&#233; de Mercier. 222p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- Office National de l'&#201;nergie, Nov. 2009, L'ABC du gaz de schistes au Canada, 23p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/note.php?saved&amp;&amp;note_id=284040998294155&amp;id=188600667838189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/note.php?saved&amp;&amp;note_id=284040998294155&amp;id=188600667838189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaire sur le reportage du 18 septembre 2011 &#224; l'&#233;mission scientifique D&#233;couverte &#224; Radio-Canada</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Commentaire-sur-le-reportage-du-18-septembre-2011-a-l-emission-scientifique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Commentaire-sur-le-reportage-du-18-septembre-2011-a-l-emission-scientifique</guid>
		<dc:date>2011-09-27T08:58:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-09-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;mission D&#233;couverte de la SRC a diffus&#233; un reportage sur les enjeux environnementaux relatifs &#224; l'industrie des gaz de schiste. Marc Durand, Doct-ing en g&#233;ologie appliqu&#233;e, professeur retrait&#233; du d&#233;partement des sciences de la Terre de l'UQAM et membre du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste y intervient bri&#232;vement. Dans l'article qui suit, il tient &#224; &#034;livrer quelques commentaires sur le reportage&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Les probl&#232;mes tr&#232;s s&#233;rieux associ&#233;s &#224; la fracturation hydraulique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-09-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-09-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton8192-fada4.jpg?1782048020' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mission D&#233;couverte de la SRC a diffus&#233; un reportage sur les enjeux environnementaux relatifs &#224; l'industrie des gaz de schiste. Marc Durand, Doct-ing en g&#233;ologie appliqu&#233;e, professeur retrait&#233; du d&#233;partement des sciences de la Terre de l'UQAM et membre du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste y intervient bri&#232;vement. Dans l'article qui suit, il tient &#224; &#034;livrer quelques commentaires sur le reportage&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les probl&#232;mes tr&#232;s s&#233;rieux associ&#233;s &#224; la fracturation hydraulique et aux rejets massifs d'eau ainsi contamin&#233;e ont monopolis&#233; l'attention des m&#233;dias dans le dossier des gaz de schiste. C'est une question importante et ce sera toujours un aspect central du dossier, mais on ne doit pas oublier un autre probl&#232;me tout aussi pr&#233;occupant : les fuites de m&#233;thane. L'&#233;mission D&#233;couverte a diffus&#233; un reportage dimanche le 18 septembre sur ce sujet sp&#233;cifique. D&#233;couverte a sollicit&#233; de moi une entrevue en f&#233;vrier dernier ; je crois donc utile de livrer quelques commentaires sur ce reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reportage peut &#234;tre visionn&#233; &#224; ce lien : D&#233;couverte 18 septembre 2011 (&lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=%20http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/2011-09-18_18_30_00_dec_2899_01_800.xml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=%20http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/2011-09-18_18_30_00_dec_2899_01_800.xml&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un reportage qui traite de fa&#231;on correcte du sujet des fuites de m&#233;thane dans les puits gazier de l'Utica ? Il y a le fond et la forme : pour le fond, en restreignant la question &#224; l'&#233;tat actuel des fuites, je pourrais dire oui, le reportage pr&#233;sente un bon portrait* de la question des fuites actuelles. Mais il traite aussi en toute fin, et de fa&#231;on vraiment tr&#232;s sommaire, la question des fuites possibles dans le long terme, apr&#232;s l'abandon des puits. L&#224; le fond du sujet est h&#233;las mal pr&#233;sent&#233;, car c'est beaucoup trop bref et vraiment incomplet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de ces fuites se r&#233;sumerait, selon les propos du reporter Jean-Hugues Roy, &#224; la question de la remont&#233;e en pression dans les puits ; c'est une toute petite partie de la question, car elle est combin&#233;e &#224; la d&#233;gradation in&#233;vitable des coulis et des aciers des puits abandonn&#233;s (non mentionn&#233; dans le reportage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne dit pas non plus que l'abandon survient quand le d&#233;bit devient non rentable et qu'&#224; ce moment l&#224;, il reste 80% du m&#233;thane qui poursuit sa migration vers les fractures et que c'est cela qui explique pourquoi la pression remontera dans les puits. La migration du m&#233;thane vers les nouvelles fractures cr&#233;&#233;es est un lent processus g&#233;ologique qui en est encore &#224; ses tout d&#233;buts quand les forages sont bouch&#233;s et abandonn&#233;s. On ne peut pas parler des fuites sans traiter de cela aussi. Tout ceci faisait partie de l'essentiel de l'entrevue que j'ai donn&#233; en f&#233;vrier et qui est omis du reportage ; cela aurait pris une minute de plus pour dire cela avec quelques mots, comme par exemple ceux mis en soulign&#233; ci- dessus dans deux phrases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai un gros b&#233;mol quant &#224; la forme du reportage ; l&#224; on sait bien que sur un sujet aussi nouveau et controvers&#233;, diverses th&#232;ses scientifiques et techniques s'affrontent. On peut parler d'arguments scientifiques pro et anti. Il y a aussi dans le reportage, du temps des entrevues, et des commentaires, disons ni pour, ni contre ; dans ceux-l&#224;, je range les propos des employ&#233;s du gouvernement, les propos du narrateur Jean-Hugues Roy, les animations de l'&#233;quipe d'infographie 3D de D&#233;couverte, toujours de haute qualit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; pro-gaz, on a donn&#233; tout le temps requis &#224; la g&#233;ologue de Talisman pour temporiser et minimiser toutes les questions trait&#233;es sur le sujet : avec six interventions pour une dur&#233;e cumulative de 1 minute 40 sec, Mme Molgat d&#233;fend bien le point de vue des cies gazi&#232;res, comme quoi, les fuites, il n'y a rien l&#224;, pas de quoi s'inqui&#233;ter, on fera mieux la prochaine fois, etc. On sent que cette fois-ci Radio-Canada a peut-&#234;tre pris de grandes pr&#233;cautions pour ne pas avoir de protestation de la part de Talisman, comme cela s'est produit apr&#232;s la diffusion de l'&#233;mission du 14 novembre sur les gaz de schiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me range du c&#244;t&#233; de ceux qui dans le d&#233;bat apportent des arguments scientifiques contre cette industrie. Je ne ferais pas l'affront &#224; mon coll&#232;gue Maurice Dusseault de le ranger dans un camp ou l'autre, sans avoir son avis. J'ai appr&#233;ci&#233; dans le reportage qu'on lui ait donn&#233; du temps de bien expliquer ce qu'est un coulis ; c'&#233;tait visuel et bien fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On omet simplement de pr&#233;ciser que les coulis comportent aussi en plus de l'eau et du ciment, des additifs pour le rendre plus fluide, et pour bien d'autres choses. Il l'a s&#251;rement pr&#233;cis&#233;, mais cela n'a pas &#233;t&#233; retenu dans les extraits de son entrevue. Monsieur Dusseault a beaucoup travaill&#233; pour l'industrie des hydrocarbures de l'Alberta et je me dois de lui rendre hommage pour sa pr&#233;sentation tr&#232;s objective dans l'extrait diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme temps de reportage du c&#244;t&#233; des antis, on montre des s&#233;quences d'une manif et on interroge, comme c'est oblig&#233;, Dominic Champagne. Je n'ai rien contre M. Champagne, au contraire je l'appr&#233;cie hautement, mais encore une fois, ceux qui verront ce reportage pourront dire que d'une part, l'industrie pr&#233;sente l'opinion d'experts et d'autre part, les contres pr&#233;sentent celles d'artistes et de gens ordinaires &#233;motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; D&#233;couverte, j'aurais aim&#233; qu'on pr&#233;sente plut&#244;t des entrevues de scientifiques ou d'experts qui ont des arguments contre : il y en a plus de 150 au collectif scientifique mis sur pied &#224; l'Universit&#233; (http://collectif- scientifique-gaz-de-schiste.com/), ce n'est pas le choix qui manque. Je suis donc d&#233;sol&#233; de constater que cette contre-partie repose que sur les deux tr&#232;s courts extraits o&#249; je m'exprime dans ce reportage. Je dois avouer que je suis d&#233;&#231;u ; pas parce qu'on n'a retenu que 25 secondes (11s + 14s) d'une entrevue de 45 minutes. C'est court, beaucoup plus court que le temps donn&#233; &#224; l'experte de Talisman, mais je ne retiens pas cela en termes de dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non je suis d&#233;&#231;u du choix de n&#700;avoir retenu pour moi que deux extraits, o&#249; je fais deux &#233;nonc&#233;s qui parlent du co&#251;t, ce qui n'est pas mon domaine de recherche. J'avais longuement expos&#233; des &#233;l&#233;ments g&#233;otechniques pour exposer l'origine et l'&#233;volution des fuites actuelles et pour les fuites futures, la d&#233;gradation des coulis et des aciers dans le temps, dans l'Utica qui continuera &#224; lib&#233;rer du m&#233;thane pour des si&#232;cles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a retenu pour le reportage que deux bouts d'entrevue, o&#249; les opposants auront le loisir de dire que je fais des affirmations non &#233;tay&#233;es et que parle d'impacts (co&#251;ts) hors de mon champ de comp&#233;tence, qui est avant tout l'ing&#233;nierie g&#233;otechnique. Elle &#233;taient pourtant bien &#233;tay&#233;es ces deux conclusions, mais comme je l'ai expliqu&#233; dans le premier paragraphe, la pr&#233;sentation scientifique du volet fuites &#224; long terme est tr&#232;s tronqu&#233;e dans le reportage, ce qui fait appara&#238;tre mes deux extraits bien peu scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'auditoire retiendra, c'est que les fuites existent, mais le gouvernement les surveille, sans trop s'inqui&#233;ter ; les repr&#233;sentants des cies ajoutent que ce n'est pas grave du tout, qu'ils vont les r&#233;parer et que ce sera mieux la prochaine fois. Monsieur Paquin du MENVIQ ajoute que finalement, il n'y en a que deux fuites significatives sur les 19 cas du d&#233;but du reportage. Pour le long terme, mes d&#233;clarations paraissent alarmistes, car priv&#233;es de leurs explications pr&#233;alables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles arrivent isol&#233;es, en porte-&#224;-faux par rapport aux donn&#233;es scientifiques pr&#233;sent&#233;es dans le reportage. Des d&#233;clarations sensationnelles isol&#233;es ainsi, &#231;a peut convenir pour faire du sensationnalisme, mais cela ne cadre pas selon moi avec la rigueur scientifique qu'on a toujours &#224; D&#233;couverte. Le reportage pr&#233;sente ensuite apr&#232;s moi, &#224; nouveau, la g&#233;ologue de Talisman, une sixi&#232;me fois dans ce reportage, laquelle vient conclure que les fuites c'est pas grave du tout, un peu comme celles &#224; la station d'essence pour la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reporter termine en ramenant la probl&#233;matique de tout cela &#224; une question de culture (sic !) et une question de perception diff&#233;rente au Qu&#233;bec ; sous-entendu, c'est normal cette premi&#232;re perception, car c'est nouveau, mais quand on aura l'industrie bien implant&#233;e, alors l&#224; on rejoindra peut-&#234;tre la m&#234;me culture universelle (celle du Texas et de l'Alberta ?) dans la perception de cette industrie. Ce n'est pas tr&#232;s loin comme conclusion des th&#232;ses de Micha&#235;l Binnion de Questerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de culture diff&#233;rente au Qu&#233;bec, certes &#231;a existe si on souhaite analyser cela au point de vue sociologique, mais pourrait-on dans un reportage traitant d'ing&#233;nierie de forage et de donn&#233;es scientifiques, laisser cela de c&#244;t&#233; pour une autre &#233;mission et ne pas noyer encore une fois le poisson avec la m&#234;me sauce ? La bulle de m&#233;thane qui du fond du puits remonte vers la surface, ne sait pas et elle s'en fout qu'en haut en surface il y ait une culture diff&#233;rente. Elle va remonter selon les lois de la physique tout simplement. Peut-on garder la discussion sur ce terrain dans une &#233;mission scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e du temps qu'on m'a accord&#233; n'est pas la cause de ma d&#233;ception ; c'est le choix, dans ce reportage, d'avoir mis uniquement en opposition &#224; ceux de l'industrie deux tr&#232;s courts extraits choc, en les coupant de l'argumentaire scientifique et technique indispensable, comme unique pr&#233;sentation des opinions des scientifiques qui s'opposent, comme moi, &#224; l'industrie des gaz de schiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que ces commentaires soient per&#231;us comme constructifs, car je crois toujours que D&#233;couverte joue un tr&#232;s grand r&#244;le dans l'indispensable vulgarisation scientifique au Qu&#233;bec, y compris l'&#233;mission du 18 septembre dernier, qui malgr&#233; toutes mes critiques, &#233;tait fort int&#233;ressante. Elle apportait notamment une bonne quantit&#233; de donn&#233;es que l'&#233;quipe a recueillies, le tout rendu dans une tr&#232;s belle pr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tail certes, il y a deux petites erreurs dans le commentaire du journaliste : J-H Roy explique les fissures annulaire de retrait quand le coulis durcit ; il dit que &#034;l'eau s'&#233;vapore&#034;. &#192; 1000 ou 2000m sous la nappe, l'eau est partout et ne s'&#233;vapore certainement pas. Le coulis durcit dans une r&#233;action chimique o&#249; il y a r&#233;tr&#233;cissement du volume solide, mais tout cela se passe dans l'eau, omnipr&#233;sente dans ces vides et fractures. Pr&#233;c&#233;demment il dit aussi &#034;quand le ciment s&#232;che, il r&#233;tr&#233;cit &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici aussi la m&#234;me erreur, que fait souvent le commun des mortels, de percevoir le durcissement du b&#233;ton ou du coulis de ciment comme un &#034;s&#233;chage&#034;. Rien n'est plus faux : ce sont des r&#233;actions chimiques qui demandent de l'eau qui m&#232;nent &#224; la prise et au durcissement du b&#233;ton, comme du coulis. En fait si le m&#233;lange s&#232;che avant de faire prise, on se retrouve avec de la poudre de ciment sans aucune r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les entrevues donn&#233;es par la g&#233;ologue M. Molgat, il y a par contre beaucoup d'autres faits que j'ai relev&#233;s et qui m&#233;ritont une r&#233;ponse et des commentaires. Juste un exemple : l'experte de Talisman Energy Inc explique ainsi textuellement dans le reportage les fuites au puits de Leclercville : &#034;c'est entre deux coffrages en acier inoxydable, le ciment qui est l&#224;, localement peut-&#234;tre une colmatation qui n'est pas &#224; 100%, et les gaz peuvent , euh bon, cr&#233;er un chemin jusqu'&#224; la surface...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colmatation (pour dire colmatage), coffrages (pour dire tubage), parler d'inoy alors que c'est faux, c'est de l'acier ordinaire, qui rouille en surface que les gazi&#232;res utilisent partout et de tout temps. Cette experte a &#233;t&#233; nomm&#233;e par le Gouvernement pour si&#232;ger &#224; l'&#201;ES, cette commission d'experts &#034;ind&#233;pendants&#034; qui en principe doit rendre un rapport qui va &#234;tre d&#233;terminant pour les g&#233;n&#233;rations futures. &#199;a promet !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gaz de schiste &#8211; un plan d'affaires fortement dans le rouge</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Gaz-de-schiste-un-plan-d-affaires-fortement-dans-le-rouge</link>
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		<dc:date>2011-02-22T08:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-02-22</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie et ressources naturelles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;J'aimerais que Monsieur Durand &#233;claircisse deux points. Je sais qu'il a des connaissances sur le b&#233;ton. - Quelle est selon lui la dur&#233;e de vie d'un puits tel que construit par l'industrie. Si des failles apparaissent dans ces puits, peuvent-elles devenir des conduits pour les liquides et les gaz. - Les eaux salines et les eaux de fracturation enfouies dans le sous-sol peuvent-elles affaiblir le b&#233;ton.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Suite &#224; la publication sur La TOILE de mon texte &#171; Gaz de schiste &#8211; quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Energie-et-ressources-naturelles-+" rel="tag"&gt;&#201;nergie et ressources naturelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH143/arton6628-844fe.jpg?1781913651' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;J'aimerais que Monsieur Durand &#233;claircisse deux points. Je sais qu'il a des connaissances sur le b&#233;ton. - Quelle est selon lui la dur&#233;e de vie d'un puits tel que construit par l'industrie. Si des failles apparaissent dans ces puits, peuvent-elles devenir des conduits pour les liquides et les gaz. - Les eaux salines et les eaux de fracturation enfouies dans le sous-sol peuvent-elles affaiblir le b&#233;ton.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Suite &#224; la publication sur La TOILE de mon texte &#171; Gaz de schiste &#8211; quelques r&#233;flexions d'un g&#233;ologue &#187; j'ai re&#231;u de nombreux commentaires, dont cette question de Claude Par&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;J'aimerais que Monsieur Durand &#233;claircisse deux points. Je sais qu'il a des connaissances sur le b&#233;ton. - Quelle est selon lui la dur&#233;e de vie d'un puits tel que construit par l'industrie. Si des failles apparaissent dans ces puits, peuvent-elles devenir des conduits pour les liquides et les gaz. - Les eaux salines et les eaux de fracturation enfouies dans le sous-sol peuvent-elles affaiblir le b&#233;ton.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas lu tous les m&#233;moires pr&#233;sent&#233;s au BAPE, mais dans ceux que j'ai lus il n'y en a pas un seul qui pose ou qui traite de votre question, que je reformulerais ainsi : &#034;Quelle est la dur&#233;e de vie d'un puits - y compris son efficacit&#233; dans le temps &#224; servir de &#034;bouchon&#034; sur le forage jusqu'&#224; la fin des temps... et qu'advient-il quand la partie souterraine du puits perd son efficacit&#233; suite &#224; la corrosion et autres d&#233;gradations ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a forc&#233;ment une &#233;ch&#233;ance ; celle-ci est plus longue pour des ouvrages inspect&#233;s et entretenus et plus courte pour des ouvrages temporaires ; tous les ing&#233;nieurs connaissent cette donn&#233;e fondamentale ; par exemple le devis pour stabiliser et recouvrir la vo&#251;te d'un tunnel de m&#233;tro n'est pas le m&#234;me que pour une galerie temporaire dans une mine. Dans le cas du m&#233;tro, on n'a pas le choix de construire tr&#232;s solide et durable, en plus d'ajouter un programme d'inspection et d'entretien pour toute la dur&#233;e d'utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a vu r&#233;cemment avec les viaducs et les ponts ; arriv&#233;s en fin de vie et avant de pr&#233;f&#233;rence, on doit les d&#233;molir et les reconstruire &#224; neuf. On ne doit pas prendre de chances de voir un ouvrage d&#233;passer la fin de vie de sa structure. Certains ponts avec un bon entretien durent des si&#232;cles ; d'autres mal adapt&#233;s &#224; l'usage et aux conditions d'exposition ont une fin de vie apr&#232;s un demi-si&#232;cle seulement. Pour un b&#226;timent temporaire ou encore un ouvrage o&#249; l'homme n'a pas acc&#232;s, la s&#233;curit&#233; et la dur&#233;e de vie sont con&#231;ues avec des crit&#232;res de construction bien moindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que l'on conna&#238;t sur les puits de gaz de schiste, c'est que ce sont des ouvrages dont le design est optimis&#233; pour une dur&#233;e de vie tr&#232;s courte : les ann&#233;es d'exploitation du puits. Apr&#232;s on bouche (le terme anglais est plus descriptif : cementing), on enterre le sommet de la structure et on rev&#233;g&#233;talise le site (m&#233;moire de l'APGQ). Il n'y a pratiquement rien de publi&#233; pour r&#233;pondre &#224; l'interrogation de M. Par&#233;, sur la dur&#233;e de vie de la structure souterraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la question est primordiale, car pour 20 000 puits qui arriveront un jour en fin de vie, et qui seront juste &#034;masqu&#233;s&#034; avant d'&#234;tre l&#233;gu&#233;s &#224; la g&#233;ographie locale, il en co&#251;tera combien par ann&#233;e dans 20 ou 30 ans ? C'est le silence total sur cette question, car de tout temps dans le domaine minier et p&#233;trolier, ce qui advient des forages n'a jamais &#233;t&#233; une pr&#233;occupation. L'industrie n'a jamais pr&#233;vu d&#233;penser un dollar pour &#231;a ; les l&#233;gislations les plus r&#233;centes dans le monde ne cr&#233;ent des obligations que pour la r&#233;habilitation des sites &#224; la fin de l'exploitation. On oblige les compagnies &#224; pr&#233;voir la remise en &#233;tat de la surface des sites, mais &#224; peu pr&#232;s rien pour ce qui est enfoui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des forages qui sont arriv&#233;s en fin de vie, qui sont devenus dangereux, d'autant plus qu'on avait oubli&#233; leur emplacement, ayant &#233;t&#233; juste masqu&#233;s dans le paysage de surface, il y en a des milliers. Aux USA on rapporte de plus en plus de victimes d'explosion en raison des gaz qui remontent par ces vieux forages. Dans la majorit&#233; des cas, il s'agit d'anciens forages d'exploration (Appalaches, Colorado) datant du d&#233;but du si&#232;cle dernier. Le probl&#232;me va prendre une tout autre ampleur d'ici peu, avec la fin de vie des puits de gaz dans des strates ayant subi une intense modification par la technique de la fracturation hydraulique. La technique nouvellement appliqu&#233;e &#224; grande &#233;chelle va laisser &#224; l'abandon des milliers de &lt;br class='autobr' /&gt;
forages sous les zones habit&#233;es, sans que rien ne soit pr&#233;vu quant aux impacts qui vont surgir en fin de vie des ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons ce que nous entendons par fin de vie d'un puits de gaz de schiste. L'ouvrage comme puits d'extraction a une vie de 3 &#224; 5 ans. C'est un dispositif optimis&#233; pour extraire du gaz le plus rapidement et au meilleur co&#251;t. Le d&#233;bit que livre le shale nouvellement fractur&#233; est tr&#232;s &#233;lev&#233; au d&#233;but, puis il diminue de fa&#231;on logarithmique ou exponentielle. On abandonne le puits sous un d&#233;bit jug&#233; non rentable ; &#224; cette &#233;tape environ 20% du gaz en place est capt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;servoirs de gaz classique, jusqu'&#224; 95 % du gaz naturel peut &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; &#171; Dans le cas des schistes, on s'attend &#224; un taux de r&#233;cup&#233;ration de 20 % en raison de la faible perm&#233;abilit&#233; et en d&#233;pit du forage horizontal haute densit&#233; et du recours intensif &#224; la fracturation hydraulique &#187; Office National de l'&#201;nergie, L'ABC du gaz de schiste (&lt;a href=&#034;http://www.neb.gc.ca/clf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.neb.gc.ca/clf&lt;/a&gt; nsi/rnrgynfmtn/nrgyrprt/ntrlgs/prmrndrstndngshlgs2009/prmrndrstndngshlgs2009-fra.pdf )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de cette p&#233;riode on transforme sommairement le puits d'extraction en un autre type d'ouvrage, qui a pour unique fonction de stopper le d&#233;bit du gaz dans le puits. Par des obturateurs, des ciments bouchant le tubage, etc. on doit transformer un ouvrage temporaire d'extraction en ouvrage permanent visant une fonction bien diff&#233;rente. Dans la r&#233;alit&#233;, pratiquement rien ne change dans la structure et la composition du puits, sauf le rajout d'un bouchon permanent. Quel que soit le design du bouchon, le nouvel ouvrage, appelons le puits-bouchant, ne peut avoir une dur&#233;e de vie drastiquement modifi&#233;e. Pourtant ces bouchons devront r&#233;sister &#224; perp&#233;tuit&#233; &#224; la pression du m&#233;thane qui va continuer &#224; se lib&#233;rer du shale fractur&#233;. N'oublions pas que 80% du gaz demeure dans le shale &#224; la fin de l'extraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la plaine habit&#233;e, l'Utica sera devenu un r&#233;servoir extr&#234;mement perm&#233;able, contenant toujours ce qui reste de m&#233;thane apr&#232;s l'&#233;cr&#233;mage (20%). Cet &#233;norme volume, 100 m d'&#233;paisseur x 10000 Km2 sera reli&#233; directement &#224; la surface par 20 000 puits en lente corrosion ; les tubages d'acier et les coulis d'obturation en pr&#233;sence d'un milieu tr&#232;s salin vont se d&#233;grader. Cela pourra se faire &#224; des vitesses variables d'un puits &#224; l'autre, selon la qualit&#233; de la mise en place des forages,tubage et coulis, etc. La dur&#233;e de vie de chacun de ces puits, c'est le temps avant que la d&#233;gradation soit telle que des fuites majeures obligent les autorit&#233;s &#224; intervenir. Forc&#233;ment &#224; partir de l&#224; il y aura un co&#251;t. Ce co&#251;t peut appara&#238;tre tr&#232;s t&#244;t dans le processus pour certains puits, comme on le constate au Qu&#233;bec sur des puits pour lesquels l'exploitation n'est m&#234;me pas commenc&#233;e ; mais en ce moment, c'est &#224; la charge de l'industrie qui est propri&#233;taire du puits. &#199;a montre que des fuites &#231;a existe, m&#234;me sur un puits tout neuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure 1 rassemble les divers chemins que le gaz peut suivre pour atteindre les nappes en surface et les puits d'eau potable (p). Les lettres en bleu clair (A,B,C) montrent les circulations dans un cas o&#249; le forage recoupe une faille ou une fracture de grande extension. Cette occurrence pourra arriver dans une proportion des puits qui reste difficile &#224; estimer, car la cartographie g&#233;ologique d&#233;taill&#233;e n'est pas vraiment disponible sous les d&#233;p&#244;ts meubles dans les Basses-Terres du St-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figure 1 : Les diverses fuites possibles pour un puits d'extraction - puits-bouchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il y a pr&#233;sence d'une telle discontinuit&#233;, le liquide inject&#233; ouvre cette voie et p&#233;n&#232;tre tr&#232;s loin (A) dans les strates du Lorraine. La circulation est ouverte d&#232;s lors en permanence pour continuer dans les lentilles de gr&#232;s et les autres couches plus perm&#233;ables. Des fuites de gaz se manifesteront dans les puits art&#233;siens et les habitations qui se situent &#224; proximit&#233; de la faille. &#192; noter que le fluide de fracturation ouvre aussi beaucoup plus loin que pr&#233;vu la discontinuit&#233; dans les strates calcaires sous-jacentes (A'). Le Trenton est plus perm&#233;able que le shale et il contient des eaux de tr&#232;s grande salinit&#233;. Une voie est donc aussi ouverte pour des contaminations salines. Certaines analyses d'eaux de forage indiquent que ce type de probl&#232;me a probablement d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rencontr&#233; dans les premiers puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le tubage et le roc for&#233;, et entre le tubage de production et le tubage de protection, la qualit&#233; de mise en place du coulis peut avoir laiss&#233; des vides ; des fractures annulaires peuvent aussi se former pendant l'utilisation intensive du puits. C'est l&#224; une origine possible des fuites de gaz qui surviennent dans le puits m&#234;me (E et K).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces possibilit&#233;s de fuites, il y aura en fin de vie des puits, probablement entre deux et cinq d&#233;cennies apr&#232;s la fin des op&#233;rations, des fuites plus g&#233;n&#233;ralis&#233;es qui vont survenir progressivement, dans une proportion grandissante des puits abandonn&#233;s. Les causes premi&#232;res seront :1- la d&#233;gradation des aciers et ciments de colmatage 2- la pression du gaz qui va lentement certes, mais s&#251;rement faire de plus en plus pression sur ces ouvrages-bouchons 3- le r&#233;&#233;quilibrage des pressions (plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tat des contraintes) dans le roc fractur&#233; va lentement se r&#233;ajuster, cisaillant ou d&#233;formant localement des sections de tubage. Des strates dans l'Utica tendent &#224; gonfler &#224; l'air libre ; la m&#234;me propri&#233;t&#233; en profondeur va tendre &#224; fluer et &#224; refermer un peu avec le temps les fractures ouvertes. Le massif va donc ainsi &#233;voluer vers une diminution de sa perm&#233;abilit&#233; ; mais &#231;a ne sera pas suffisant pour le ramener &#224; son imperm&#233;abilit&#233; initiale. Ces micro-ruptures vont au contraire contribuer &#224; lib&#233;rer encore plus de m&#233;thane dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a affaire ici &#224; des structures qui se d&#233;graderont en milieu de salinit&#233; extr&#234;me, loin dans le substratum de toute possibilit&#233; d'inspection et d'entretien, dans un milieu transform&#233; par les op&#233;rations de fracturation hydraulique. Les circulations de fluides, eaux salines et m&#233;thane vont s'en trouver modifi&#233;es. Toutes les structures reliant la surface &#224; l'Utica transform&#233; vont t&#244;t ou tard atteindre un degr&#233; de d&#233;composition avanc&#233;. Les puits atteindront un &#233;tat o&#249; leur fonction comme puitsbouchants ne sera plus op&#233;rationnelle. &#199;a veut dire quoi en clair : des m&#233;ga probl&#232;mes &#224; chacun de ces puits, des moyens de mitigation &#224; mettre en place, des &#233;tudes complexes &#224; entreprendre pour tenter de trouver une solution, des &lt;br class='autobr' /&gt;
commission du BAPE pour chaque site ? voir mon analyse du cas de Mercier dans mon texte pr&#233;c&#233;dent. Il y en aura beaucoup sur les 20 000 ; peut-&#234;tre entre 250 et 500 nouveaux cas par d&#233;cennie dans une g&#233;n&#233;ration. Des milliards &#224; pr&#233;voir dans le budget du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on gardait &#224; perp&#233;tuit&#233; les t&#234;tes de puits accessibles plut&#244;t que de restaurer les sites on aurait d&#233;j&#224; une t&#226;che moins complexe, car on pourrait ausculter et voir venir la catastrophe, mais personne ne propose &#231;a nulle part. On indique qu'on devra &#171; restaurer le site &#187; &#224; la fin de l'extraction. En fait &#231;a veut juste dire enterrer le probl&#232;me et l'oublier jusqu'&#224; ce qu'il nous &#233;clate en plein visage. Trouver une solution &#224; ce probl&#232;me &#224; ce moment l&#224; sera une t&#226;che impossible &#224; r&#233;aliser, tout comme il est impossible d'effacer un puits. Le trou reste l&#224;, m&#234;me si on essaie de le boucher avec autre chose ; cet autre chose n'aura jamais les propri&#233;t&#233;s du shale intact qu'on a for&#233; et fractur&#233;. Le shale d'Utica a conserv&#233; le gaz pendant plus de 400 000 000 ans. Toutes nos techniques pr&#233;sentes et futures n'arriveront jamais &#224; faire aussi bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figure 2 : Plan d'affaire incluant un sch&#233;ma de la dur&#233;e de vie des puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure 2 ci-dessus montre les revenus et d&#233;penses pour le Qu&#233;bec dans son entit&#233; globale, c'est-&#224;-dire toute la collectivit&#233;. Le plan d'affaire de l'industrie gazi&#232;re s'arr&#234;te avec les &#233;tapes 1 et 2 ; il prend fin avec l'arr&#234;t de l'exploitation et le temps requis pour restaurer les terrains en surface. Pendant la premi&#232;re &#233;tape (EXPLORATION), la collectivit&#233; re&#231;oit chaque ann&#233;e des revenus modestes par le paiement des permis d'exploration, par ex : 10&#162;/hectare + $100/puits for&#233;. Le Qu&#233;bec a par contre des co&#251;ts d'analyse, de surveillance, de d&#233;placement d'inspecteurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tr&#232;s certainement un bilan n&#233;gatif &#224; cette &#233;tape pour la collectivit&#233;. Pendant l'exploitation, les d&#233;penses de surveillance et autres continuent, mais elles sont largement compens&#233;es par le paiement de redevances sur le gaz extrait. &#192; la fin de l'exploitation, les compagnies gazi&#232;res, cessent de payer les redevances. Elles peuvent cesser &#233;galement de payer le co&#251;t des droits miniers, ce qu'elles auront int&#233;r&#234;t &#224; faire ; la pleine propri&#233;t&#233; du gisement de gaz retourne au gouvernement. Le diagramme indique que la dur&#233;e de vie des structures-bouchantes reste une inconnue, mais &#224; la question de savoir si il y a une dur&#233;e de vie : c'est oui sans h&#233;siter. Dans le plan d'affaire actuel, si on se fie aux enseignements du pass&#233;, c'est la collectivit&#233; qui va assumer les co&#251;ts qui vont appara&#238;tre fatalement un jour ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puits-bouchants ne vont pas avoir tous le m&#234;me dur&#233;e de vie. Pour un petit nombre, la d&#233;t&#233;rioration va se manifester assez t&#244;t, le gros du peloton plus tardivement et un dernier lot ne pourrait miraculeusement ne pr&#233;senter aucun signe pendant des g&#233;n&#233;rations. Globalement les co&#251;ts pourront appara&#238;tre t&#244;t, avec une courbe s'amplifiant sans cesse, surtout vers le temps qui correspondra &#224; la dur&#233;e de vie moyenne des ouvrages (figure 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels qu'en soient les param&#232;tres, le plan d'affaire de Gaz-Qu&#233;bec Inc, c'est-&#224;-dire nous, la collectivit&#233;, dans ce dossier, sera une op&#233;ration fortement d&#233;ficitaire. Un seul gagnant : les compagnies gazi&#232;res qui nous auront pass&#233; un beau sapin ; c'est le nom officiel des t&#234;tes de puits (Christmas tree) et ce n'est pas par hasard ; c'est un signe du destin qui nous dit d'allumer les lumi&#232;res pendant qui est encore temps&#8230;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est doct-ing g&#233;ologue , Professeur retrait&#233; du d&#233;pt. Sciences de la terre, UQAM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est tir&#233; du site web des AmiEs du Richelieu : &lt;a href=&#034;http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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