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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'Italie au c&#339;ur d'une phase de transition incertaine et dangereuse</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Italie-au-coeur-d-une-phase-de-transition-incertaine-et-dangereuse</link>
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		<dc:date>2026-04-28T06:27:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous sommes entr&#233;s dans une phase de transition difficile et dramatique, aux cons&#233;quences impr&#233;visibles sur le plan international, avec les guerres du Moyen-Orient. Il en va de m&#234;me en Italie, vu l'impact de ces &#233;v&#233;nements, ainsi que l'&#233;volution de la situation sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 avril 2026 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78590 &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes entr&#233;s dans une phase de transition difficile et dramatique, aux cons&#233;quences impr&#233;visibles sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/italie_conjoncture_difficile-cea07.png?1781077276' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes entr&#233;s dans une phase de transition difficile et dramatique, aux cons&#233;quences impr&#233;visibles sur le plan international, avec les guerres du Moyen-Orient. Il en va de m&#234;me en Italie, vu l'impact de ces &#233;v&#233;nements, ainsi que l'&#233;volution de la situation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 avril 2026 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78590&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78590&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes entr&#233;s dans une phase de transition difficile et dramatique, aux cons&#233;quences impr&#233;visibles sur le plan international, marqu&#233;e plus que jamais par les interventions imp&#233;rialistes des &#201;tats-Unis au Moyen-Orient et par l'action coloniale du gouvernement sioniste d'Isra&#235;l &#224; Gaza, en Cisjordanie et d&#233;sormais aussi au Liban, dans une alternance de fausses tr&#234;ves et de reprise violente des bombardements, tandis que la guerre en Ukraine, d&#233;clench&#233;e par l'agression russe de 2022, se poursuit sans rel&#226;che et qu'aucune lueur d'espoir ne laisse entrevoir ne serait-ce qu'une tr&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi une phase de transition tr&#232;s d&#233;licate dans notre pays, marqu&#233;e par ces &#233;v&#233;nements internationaux, mais aussi par l'&#233;volution de la situation sociale, avec les grandes mobilisations pour la Palestine et contre la guerre, et par la d&#233;faite du gouvernement lors du r&#233;f&#233;rendum. Cette phase de transition s'exprime &#233;galement sur le plan politique &#224; travers les difficult&#233;s &#233;videntes du gouvernement Meloni et des forces d'extr&#234;me droite, &#224; travers certaines potentialit&#233;s positives mais aussi &#224; travers les faiblesses structurelles des partis de l'opposition institutionnelle, sans parler de la faiblesse profonde des forces de la gauche alternative ; ces derni&#232;res sont faibles sur le plan organisationnel, mais aussi dans leurs orientations politiques strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arri&#232;re-plan, d&#233;cisif mais quelque peu voil&#233;, un mouvement social latent, qui s'est manifest&#233; avec force &#224; l'automne, afait sentir sa pr&#233;sence le 28 mars et a fait entendre son &#233;tat d'esprit lors du vote r&#233;f&#233;rendaire, mais qui a beaucoup de mal &#224; se traduire en une pr&#233;sence organis&#233;e permanente et surtout &#224; se mobiliser et &#224; combattre au niveau de la masse sur les diff&#233;rents th&#232;mes sociaux et &#233;conomiques pour r&#233;sister aux orientations lib&#233;rales du gouvernement. La revue Jacobin propose une interpr&#233;tation int&#233;ressante du mouvement actuel :&#171; &#8230; par mouvement, nous n'entendons pas l'organisation traditionnelle avec ses cort&#232;ges, ses comit&#233;s, ses dirigeants et ses porte-parole, mais une r&#233;action en profondeur capable de se cristalliser en moments catalyseurs&#8230; un soul&#232;vement qui exprime une demande politique de changement m&#234;me s'il ne semble pas pouvoir se transposer automatiquement dans les formes classiques de la politique, les partis, les &#233;lections, la repr&#233;sentation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les difficult&#233;s que rencontre le gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d'extr&#234;me droite et le discours politique de Meloni ont commenc&#233; &#224; se fissurer face &#224; une crise internationale de plus en plus aigu&#235;, face aux interventions imp&#233;rialistes, face &#224; la complicit&#233; manifeste dans le g&#233;nocide palestinien, face &#224; la relation &#233;troite et revendiqu&#233;e avec les &#201;tats-Unis, mais aussi face aux d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les politiques &#233;conomiques qui n'ont cess&#233; d'aggraver les conditions de vie de la majorit&#233; de la population, et notamment des femmes, enfin &#224; l'aversion particuli&#232;re des partis de la majorit&#233; envers les jeunes et les migrant&#183;e&#183;s et &#224; leur responsabilit&#233; directe dans les d&#233;c&#232;s en mer. Apr&#232;s la d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire, Meloni, sortie mal en point de la rupture de son amiti&#233; avec Trump, cherche &#224; changer de cap, ou de masque, ce qui s'exprime par une prise de distance vis-&#224;-vis du pr&#233;sident am&#233;ricain, de plus en plus impr&#233;visible dans ses &#171; gestes &#187; quotidiens, et par un rapprochement avec les autres gouvernements europ&#233;ens, qui ne sont d'ailleurs pas moins responsables des politiques n&#233;ocoloniales de l'Occident &#224; l'&#233;gard des peuples du Moyen-Orient ; ces derniers s'emploient aujourd'hui &#224; planifier leur propre intervention dans le Golfe pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des bourgeoisies europ&#233;ennes, mises sous pression par leur concurrent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me fondamental pour Meloni et ses acolytes reste celui de la politique &#233;conomique &#8211; avec les d&#233;sastres provoqu&#233;s par la crise &#233;nerg&#233;tique &#8211;, qui p&#232;se comme un fardeau sur les perspectives &#233;conomiques futures et sur la vie des citoyens, et par le carcan du pacte de stabilit&#233; dont Meloni demande l'assouplissement pour &#233;viter un budget de rigueur, dans lequel elle pourra de moins en moins d&#233;fendre les privil&#232;ges de la petite et moyenne bourgeoisie, base &#233;lectorale essentielle de la droite. Il ne sera pas facile pour cette &#233;quipe gouvernementale discr&#233;dit&#233;e de maintenir le cap et de regagner le terrain perdu, mais un r&#233;f&#233;rendum et la d&#233;faite de son alli&#233; Orban en Hongrie ne suffiront pas &#224; inverser le vent n&#233;gatif qui souffle sur toute l'Europe : l&#224; o&#249; elles sont dans l'opposition, les forces de droite connaissent une forte croissance et les choix de l'UE sont de plus en plus influenc&#233;s par leur pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, Fratelli d'Italia(FdI), la Ligue du Nord et Forza Italia ont d&#251; faire marche arri&#232;re (pour l'instant ?) face &#224; la &#233;ni&#232;me tentative honteuse visant &#224; faire adopter une r&#233;forme des salaires et de la n&#233;gociation salariale propos&#233;e par le d&#233;put&#233; de la Ligue Durigon (pr&#233;vue comme un &#171; cadeau &#187; aux travailleurs pour le 1er mai), qui a suscit&#233; les critiques de la Confindustria elle-m&#234;me et pouss&#233; les trois conf&#233;d&#233;rations syndicales, pourtant tr&#232;s divis&#233;es, &#224; s'unir pour la d&#233;noncer. Mais ils ont continu&#233; comme un train lanc&#233; &#224; toute vitesse avec l'adoption de nouvelles mesures r&#233;pressives, illib&#233;rales et anticonstitutionnelles visant &#224; &#233;touffer et r&#233;primer la contestation et les mobilisations, aggravant m&#234;me le texte unique sur la s&#233;curit&#233; fasciste de 1931 et la tristement c&#233;l&#232;bre loi Reale de 1975. Un d&#233;cret sur la s&#233;curit&#233; qui ouvre la voie &#224; la tristement c&#233;l&#232;bre remigration, mais qui doit &#234;tre converti en loi avant la date fatidique et symbolique du 25 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc une grave erreur de parier sur la d&#233;faite in&#233;vitable des forces de centre-droit aux prochaines &#233;lections, d'autant plus que les forces de l'opposition institutionnelle ne font que tr&#232;s peu pour &#233;tablir les conditions sociales et la cr&#233;dibilit&#233; d'une alternative politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faible mobilisation sociale, nature et limites de l'opposition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de continuit&#233; dans la mobilisation sociale, &#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour saper le terrain sous les pieds de la droite et sa cr&#233;dibilit&#233;. Il y a les tirades verbales de Landini dans les m&#233;dias et les d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s, qui semblent renvoyer &#224; la pratique bien connue du maximalisme italien, car la direction de la CGIL est davantage occup&#233;e en interne &#224; s'affronter sur la nomination de son futur successeur au poste de secr&#233;taire qu'&#224; construire un mouvement &#224; la hauteur du d&#233;fi social : il n'y a aucune continuit&#233; s&#233;rieuse et coordonn&#233;e dans les luttes, qui sont pourtant nombreuses sur les crises industrielles, les salaires et l'emploi, mais totalement dispers&#233;es ; sur les lieux de travail, la capacit&#233; globale &#224; faire gr&#232;ve reste faible et les niveaux de conscience tr&#232;s confus, sans exclure le risque que certains secteurs de travailleurs puissent voir la solution &#224; leurs probl&#232;mes d'emploi dans le d&#233;veloppement du seul secteur industriel qui tourne &#224; plein r&#233;gime, celui de l'armement. Comme si cela ne suffisait pas, la FLC-CGIL a elle aussi sign&#233; un tr&#232;s mauvais accord sectoriel aux c&#244;t&#233;s des autres syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate et le Mouvement 5 &#233;toiles ont salu&#233; la victoire du r&#233;f&#233;rendum en se ber&#231;ant presque de l'illusion d'avoir d&#233;j&#224; une future victoire &#233;lectorale en poche, incapables de comprendre les raisons profondes et complexes de ce r&#233;sultat, relan&#231;ant de mani&#232;re stupide et effront&#233;e la proposition des primaires, une horreur politique sur la question de savoir qui devrait diriger le char d'assaut branlant du &#171; camp large &#187;, montrant ainsi la qualit&#233; politique de leurs projets et suscitant la m&#234;me r&#233;action que leurs p&#232;res historiques, leurs anciens dirigeants en fin de carri&#232;re et les journalistes qui les soutiennent. Ainsi, Schlein et Conte ont d&#233;sormais &#233;t&#233; contraints de parler de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale et vague d'un programme comme condition fondamentale pour construire le front alternatif &#224; la droite, m&#234;me si la dispute sur qui doit tenir la barre de l'op&#233;ration se poursuit comme avant, habilement orchestr&#233;e par les journaux de la grande bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous dit &#171; programme &#187; et &#171; projet &#187; ? C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side la grande difficult&#233; du PD et du M5S, conjugu&#233;e &#224; leur incapacit&#233; cong&#233;nitale &#224; imaginer une mobilisation sociale forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD et le M5S sont redevables &#224; deux ma&#238;tres : d'une part, ils devraient r&#233;pondre aux demandes populaires d'une alternative sociale et &#233;conomique en termes d'emploi s&#251;r, de travail, de salaire, de lutte contre le r&#233;armement imp&#233;rialiste europ&#233;en et la guerre ; d'autre part, &#224; la classe bourgeoise &#224; laquelle ils se r&#233;f&#232;rent et qui leur impose de rester dans les limites des r&#232;gles capitalistes lib&#233;rales, c'est-&#224;-dire une simple alternance de gouvernement au sein d'un syst&#232;me &#233;conomique immuable. Par ailleurs, un programme un tant soit peu radical, dans son contenu et non dans des formules g&#233;n&#233;rales, entrerait imm&#233;diatement en contradiction avec les r&#232;gles du pacte de stabilit&#233;, c'est-&#224;-dire avec les &#233;lites europ&#233;ennes plus ou moins lib&#233;rales auxquelles ils sont subordonn&#233;s et dont ils d&#233;pendent. Ils sont incapables et dans l'impossibilit&#233; de produire un programme ne serait-ce qu'un tant soit peu comparable &#224; celui du Labour de Corbyn il y a quelques ann&#233;es ou &#224; celui de la coalition de gauche en France lors des &#233;lections d'il y a un an, qui a emp&#234;ch&#233; Le Pen de remporter les &#233;lections. De plus, le &#171; large front &#187; signifie embarquer les politiciens ind&#233;sirables de ce que l'on appelle d'extr&#234;me centre, Renzi et ses acolytes, gage certain de choix d&#233;sastreux et destructeurs. L'alternance, d&#233;j&#224; vue trop souvent par le pass&#233;, a une dur&#233;e de vie et un souffle limit&#233;s et conduit &#224; de nouvelles d&#233;ceptions et d&#233;moralisations ; l'extr&#234;me droite en profiterait encore davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative politique et sociale n&#233;cessaire devrait en effet proposer un programme qui remette en cause les dogmes capitalistes du profit et du r&#233;armement, et qui contribue &#224; la construction d'un mouvement de masse capable d'apporter des r&#233;ponsesaux diff&#233;rentes sensibilit&#233;s et attentes pr&#233;sentes au sein des classes populaires, et en particulier chez les jeunes et les femmes : l'&#233;l&#233;ment &#233;thique et moral de rejet des g&#233;nocides et de la guerre, la peur et la n&#233;cessit&#233; de combattre le fascisme rampant et de chasser le gouvernement Meloni, la d&#233;fense des conditions de vie sur le plan &#233;conomique, sociale, et dans sa dimension environnementale, la construction d'un nouvel espoir dans une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente que nous r&#233;sumons sous le vocable d'&#233;cosocialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire qu'il faudrait un parti &#8211; qui n'existe pas &#8211; qui, avec humilit&#233; et par sa r&#233;sence dans les mouvements sociaux, saurait tisser les flls de ces connexions et de ces convergences et qui pourrait donner une expession cr&#233;dible &#224; ce projet lors des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Lois &#233;lectorales antid&#233;mocratiques et non repr&#233;sentatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; qu'il y a un autre n&#339;ud presque insurmontable. Il n'y a pas, comme dans un pass&#233; d&#233;sormais lointain, de loi &#233;lectorale d&#233;mocratique qui permette &#224; chaque force politique de pr&#233;senter son programme, et aux &#233;lectrices et &#233;lecteurs de choisir librement qui soutenir, sans seuils &#233;lectoraux absurdes et discriminatoires. La loi &#233;lectorale actuelle, jug&#233;e d'ailleurs inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle, tout comme les pr&#233;c&#233;dentes, bas&#233;e sur la combinaison d'un scrutin majoritaire dominant et d'un scrutin proportionnel d&#233;risoire (avec un seuil d'acc&#232;s tr&#232;s &#233;lev&#233;), a permis &#224; la coalition de droite, avec &#224; peine 30 % des voix des &#233;lecteurs, d'obtenir une majorit&#233; parlementaire aberrante fr&#244;lant les 60 %, gr&#226;ce aussi &#224; la &#171; g&#233;niale &#187; division entre le PD de Letta et le M5S qui a laiss&#233; le champ libre &#224; la droite dans les circonscriptions uninominales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela entra&#238;ne une repr&#233;sentation fauss&#233;e, non seulement parce que cela d&#233;nature le vote exprim&#233; par les &#233;lu.es au Parlement, mais aussi parce que cela pousse ou oblige les &#233;lectrices et les &#233;lecteurs non pas &#224; voter pour celui qui exprime et repr&#233;sente le mieux leurs positions, mais pour le soi-disant &#171; moins pire &#187;. Le vote n'est pas vraiment libre, mais fortement conditionn&#233;. C'est l&#224; le fondement m&#234;me de l'alternance : le syst&#232;me bourgeois est pos&#233; comme une &#233;vidence et seul.es doivent entrer au Parlement ceux et celles qui veulent le maintenir tel qu'il est et laisser agir le fameux pilote automatique de la bourgeoisie. Le projet de loi &#233;lectorale que les forces d'extr&#234;me droite metttent en avant, dans la crainte que l'unit&#233; des oppositions parlementaires ne conduise &#224; leur d&#233;faite, n'est pas en reste. Il s'agit d'un syst&#232;me proportionnel frauduleux assorti d'un seuil d'&#233;ligibilit&#233; &#233;lev&#233;, qui permettrait &#224; la coalition atteignant au moins 40 % des voix d'obtenir pr&#232;s de 60 % des &#233;lu.s au Parlement. Une alt&#233;ration totale, l&#224; encore, de la repr&#233;sentation populaire qui renvoie directement &#224; la loi Acerbo de 1923 pour les &#233;lections de 1924, lesquelles ont permis au fascisme de s'imposer pleinement, ce fascisme qui, ce n'est pas un hasard, constitue le terreau politique et id&#233;ologique des forces aujourd'hui au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le Parlement est devenu de plus en plus insignifiant, une simple chambre d'enregistrement des d&#233;cisions du pouvoir ex&#233;cutif, qui a pris le dessus total sur le pouvoir l&#233;gislatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il faut donc mener un combat pour la d&#233;mocratie, pour une loi &#233;lectorale proportionnelle qui repr&#233;sente v&#233;ritablement la volont&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Grande incertitude dans la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que le risque, voire la certitude, est qu'une discussdon tr&#232;s difficile et contradictoire va s'engager au sein des forces de la gauche radicale &#224; l'approche des &#233;lections ; celle-ci divise d&#233;j&#224; en deux le PRC, la principale force &#224; gauche du centre-gauche, avec une majorit&#233; qui propose en fait, au-del&#224; des formules, de r&#233;int&#233;grer le centre-gauche, &#224; quoi s'oppose le choix de Potere al Popolo de se pr&#233;senter de mani&#232;re autonome, avec une approche fortement sectaire et de simple affirmation de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour en arri&#232;re et/ou sectarisme, auxquels s'ajoute dans toutes les composantes une tendance plus ou moins marqu&#233;e au &#171; campisme &#187;, plus ou moins explicite ou latent, non seulement profond&#233;ment erron&#233;, mais aussi insupportable car il utilise la m&#233;thode des &#171; deux poids, deux mesures &#187;, celle que l'on reproche &#224; juste titre aux forces et aux journaux bourgeois lorsqu'ils appr&#233;cient les &#233;v&#233;nements internationaux. On d&#233;nonce &#224; juste titre les crimes de l'imp&#233;rialisme principal, les &#201;tats-Unis, commis de concert avec Isra&#235;l, tous deux d&#233;cha&#238;n&#233;s, mais d'un autre c&#244;t&#233;, on ne veut pas voir les crimes des autres imp&#233;rialismes, &#224; commencer par celui de la Russie, avec la guerre qu'elle a d&#233;clench&#233;e en Europe et qui a d&#233;j&#224; fait plus d'un million de morts et de bless&#233;s. Lisez les textes des principales forces de la gauche radicale et vous verrez qu'il n'est souventep s fait mention de l'Ukraine, m&#234;me par hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vers le 25 avril et le 1er mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; nouveau confront&#233;.es &#224; un choix difficile pour toutes et tous, entre la n&#233;cessit&#233; d'emp&#234;cher Meloni et ses acolytes d'avoir une nouvelle occasion de se relancer, ce qui serait d&#233;sastreux, la n&#233;cessit&#233; de construire une force politique coh&#233;rente, alternative et &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous aurons l'occasion de revenir tr&#232;s bient&#244;t sur tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, deux &#233;ch&#233;ances fondamentales pour le mouvement ouvrier sur les plans politique et symbolique nous attendent dans les prochains jours : le 25 avril et le 1er mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons vivre ces jours-ci, sur chaque place, dans chaque ville et chaque village, la mobilisation contre les mouvements fascistes qui ont relev&#233; la t&#234;te partout dans le monde, contre tous les imp&#233;rialismes, contre le gouvernement d'extr&#234;me droite. La lutte antifasciste est aussi indispensable aujourd'hui qu'il y a 81 ans et c'est une bataille en pleine convergence avec la lutte des classes, la lutte internationaliste des classes laborieuses telle qu'elle s'exprime lors de la journ&#233;e du 1er mai pour leurs droits et pour une alternative de justice sociale et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier contre le r&#233;armement et la guerre, pour les droits des peuples et leur autod&#233;termination, &#224; commencer par celle du peuple palestinien, pour l'indis pensable unit&#233; des travailleuses et des travailleurs par-del&#224; les fronti&#232;res contre les fascistes, les capitalistes et les imp&#233;rialistes !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Turigliatto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de DeepLpro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source &#8211; , Anticapitalista, 21 avril 2026 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2026/04/21/dentro-una-fase-di-transizione-incerta-e-pericolosa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://anticapitalista.org/2026/04/21/dentro-una-fase-di-transizione-incerta-e-pericolosa/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>Ce n'est pas notre Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ce-n-est-pas-notre-Europe-65592</link>
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		<dc:date>2025-04-15T06:32:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-04-15</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; la semaine derni&#232;re sur et entre les deux rives de l'Atlantique exprime plastiquement une acc&#233;l&#233;ration politique et historique ; des images et des d&#233;clarations vues et entendues par des centaines de millions de personnes photographient un nouveau monde et ouvrent une nouvelle phase historique. En r&#233;alit&#233;, ce nouveau monde &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sent depuis quelques ann&#233;es ; aujourd'hui, certaines hypocrisies qui le rendaient moins perceptible et le dissimulaient aux masses sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-04-15&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/25244-aa196.jpg?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; la semaine derni&#232;re sur et entre les deux rives de l'Atlantique exprime plastiquement une acc&#233;l&#233;ration politique et historique ; des images et des d&#233;clarations vues et entendues par des centaines de millions de personnes photographient un nouveau monde et ouvrent une nouvelle phase historique. En r&#233;alit&#233;, ce nouveau monde &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sent depuis quelques ann&#233;es ; aujourd'hui, certaines hypocrisies qui le rendaient moins perceptible et le dissimulaient aux masses sont tomb&#233;es ; il s'agit du choc entre les diff&#233;rents imp&#233;rialismes, entre les puissances capitalistes dominantes et leurs conflits pour se partager le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor&lt;br class='autobr' /&gt;
9 avril 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Franco Turigliatto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phototh&#232;que Rouge / JMB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle phase historique et la loi du plus fort&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle phase historique se caract&#233;rise par de nombreux &#233;l&#233;ments : les crises multiples du syst&#232;me capitaliste, l'acc&#233;l&#233;ration de la crise environnementale, la course de plus en plus effr&#233;n&#233;e au profit, l'accaparement des ressources de la plan&#232;te et des terres rares, une comp&#233;tition &#233;conomique encore plus forte qui &#233;branle les structures ant&#233;rieures de la mondialisation, des guerres commerciales qui s'intensifient, et enfin la course effr&#233;n&#233;e au r&#233;armement et &#224; la multiplication des guerres. Sur le plan politique, les nationalismes et les id&#233;ologies r&#233;actionnaires et fascistes prolif&#232;rent avec la croissance quasi exponentielle des forces politiques qui les repr&#233;sentent. Les droits de la plan&#232;te &#224; pr&#233;server un &#233;quilibre &#233;cologique, les droits des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, les droits sociaux et d&#233;mocratiques conquis par les classes populaires sont remis en cause ; l'&#233;tat de droit international r&#233;sultant des &#233;quilibres ant&#233;rieurs entre les grandes puissances, n&#233;s apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, et ceux, encore plus pr&#233;caires, n&#233;s de la disparition de l'Union sovi&#233;tique, sont remis en cause. Il y a tant d'ennemis aujourd'hui ! Des puissants de la terre qui ne font que soutenir et pratiquer ouvertement la loi du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a un m&#233;rite &#224; reconna&#238;tre &#224; Trump, c'est d'avoir ouvertement expos&#233; les choix de domination de toutes les grandes forces capitalistes. Trump massacre et massacrera des couches sociales de plus en plus larges de la population am&#233;ricaine au profit de ses amis et acolytes super-riches ; Trump vise ouvertement un accord avec la Russie pour partager le monde, ce que souhaite en retour l'autocrate de Moscou ; il tente de mettre fin &#224; la guerre en Ukraine parce qu'il pense qu'il devra en mener une plus importante dans l'Indo-Pacifique afin de maintenir l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine ; entre-temps, il ram&#232;ne chez lui (l'accord avec Zelensky est sur le point d'&#234;tre sign&#233;) l'accaparement d'une grande partie des ressources de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alli&#233;s, petits et grands, ne sont que des vassaux qui doivent s'adapter par la ruse (chantage) &#224; ses int&#233;r&#234;ts et &#224; ses choix, y compris l'Union europ&#233;enne, qui a &#233;t&#233; mise sur la touche et sur laquelle une partie des co&#251;ts &#233;conomiques et militaires doit &#234;tre rejet&#233;e afin de pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts du capitalisme am&#233;ricain. En r&#233;alit&#233;, apr&#232;s l'affrontement dans le bureau ovale et les positions de propagande des dirigeants de l'UE, la situation &#233;volue. Le Premier ministre britannique tisse la toile qui tient ensemble les n&#233;gociations &#233;conomiques et la recherche d'un accord entre les &#201;tats-Unis et l'Europe dans lequel il y a aussi la question ukrainienne, &#224; tel point qu'il a incit&#233; Zelensky &#224; d&#233;clarer : &#171; &lt;i&gt; Pr&#234;t &#224; travailler pour la paix sous la direction du pr&#233;sident des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les puissances imp&#233;riales en difficult&#233; ou en d&#233;clin qui montrent le plus ouvertement leur visage agressif. Lorsque Trump d&#233;clare &#171; We will make America Great Again &#187;, il prend acte du d&#233;clin am&#233;ricain (notamment de l'&#233;norme dette qui p&#232;se sur les &#201;tats-Unis) en proposant de r&#233;affirmer l'h&#233;g&#233;monie mondiale par de multiples moyens, comme l'a &#233;galement montr&#233; le troublant discours de l'Union dans lequel a &#233;t&#233; r&#233;affirm&#233;e la volont&#233; d'annexer le Groenland et de reprendre le Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie, elle-m&#234;me en grande difficult&#233; apr&#232;s la disparition de l'URSS, s'est reconstruite en tant que puissance capitaliste sous le r&#233;gime autocratique et r&#233;actionnaire de Poutine et a rapidement repris le contr&#244;le par la force des zones qui configuraient l'empire tsariste &#224; l'est ; puis elle s'est tourn&#233;e vers l'ouest pour &#171; garantir sa propre s&#233;curit&#233; &#187;, cherchant une nouvelle partition avec les puissances occidentales et passant rapidement aux faits avec l'invasion brutale de l'Ukraine, niant le droit &#224; l'existence et &#224; l'autod&#233;termination d'une nation et d'un peuple entiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fait un mauvais calcul parce qu'il pensait arriver rapidement &#224; Kiev avec l'effondrement de l'&#201;tat ukrainien et qu'il s'est retrouv&#233; face &#224; une r&#233;sistance populaire massive avec l'aide des armes occidentales. L'op&#233;ration sp&#233;ciale de Poutine s'est transform&#233;e en une guerre terrible et prolong&#233;e. Mais l'Europe capitaliste et les &#201;tats-Unis de Biden ont &#233;galement fait un mauvais calcul, ils pensaient que la guerre pouvait &#234;tre gagn&#233;e et/ou qu'il &#233;tait dans leur int&#233;r&#234;t qu'elle se poursuive longtemps, afin d'&#233;puiser la Russie et peut-&#234;tre m&#234;me que le r&#233;gime de Poutine entre en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe n'a jamais envisag&#233; de rechercher une solution politique, si tant est qu'elle soit possible. La r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; bien diff&#233;rente des projets de Poutine et de ce qu'imaginent les gouvernements europ&#233;ens et nos talk-shows t&#233;l&#233;vis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois ans de guerre, on compte aujourd'hui un million de morts et de bless&#233;s de part et d'autre, des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de jeunes des deux pays sont tomb&#233;es au combat, des dizaines de milliers de civils ukrainiens sont morts sous les bombes russes, d'immenses territoires ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Et la guerre ne peut qu'alimenter les pires nationalismes r&#233;actionnaires. C'est pourquoi il faut un cessez-le-feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, les dirigeants europ&#233;ens et am&#233;ricains, s'ils disent vouloir d&#233;fendre les droits &#224; la libert&#233; du peuple ukrainien, utilisent en m&#234;me temps le &#171; deux poids, deux mesures &#187; : ils soutiennent politiquement et aussi militairement les actions du gouvernement isra&#233;lien, totalement complice du massacre du peuple palestinien et de la n&#233;gation de tous ses droits. Encore une fois, Trump est celui qui expose le plus ouvertement les int&#233;r&#234;ts de toutes les puissances occidentales et du gouvernement sioniste, l'expulsion des Palestiniens de leurs terres, le renforcement du pouvoir n&#233;ocolonial sioniste, fer de lance au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire une UE grande et arm&#233;e jusqu'aux dents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE montre aujourd'hui toutes ses limites, politiques, sociales et d&#233;mocratiques. Les bourgeoisies europ&#233;ennes n'ont pas r&#233;ussi &#224; construire un &#201;tat f&#233;d&#233;ral et une gouvernance politique centralis&#233;e correspondant &#224; leur puissance &#233;conomique (voir les reproches de Draghi), elles ont donc &#233;t&#233; conditionn&#233;es et prisonni&#232;res des choix des &#201;tats-Unis, en payant tr&#232;s cher : Trump les menace maintenant de tarifs douaniers et a d&#233;j&#224; obtenu que l'UE prenne en charge des d&#233;penses militaires massives, en achetant encore plus d'armes aux fabricants am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de 20 ans, les &#233;lites europ&#233;ennes pratiquent des politiques d'aust&#233;rit&#233; brutales qui ont progressivement d&#233;mantel&#233; l'&#201;tat-providence, drastiquement d&#233;grad&#233; les conditions de vie des classes populaires, et donc aussi favoris&#233; le d&#233;veloppement de forces r&#233;actionnaires et fascistes ; elles ont de plus en plus repris les politiques des partis de droite contre les migrants ; les forces d'extr&#234;me droite sont d&#233;sormais int&#233;gr&#233;es dans la gouvernance politique europ&#233;enne ; et sur le plan institutionnel, elles glissent vers des organes autoritaires et antid&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont &#233;galement pu le faire parce qu'ils ont vaincu les forces sociales et politiques qui, tout au long du XXe si&#232;cle, ont &#171; forc&#233; &#187; les pays d'Europe &#224; &#234;tre un peu meilleurs que les autres pays du monde en termes de droits sociaux, civils et d&#233;mocratiques : il s'agit des classes ouvri&#232;res. Ils ont d&#233;chir&#233; le mouvement syndical qui &#233;tait la colonne vert&#233;brale de ce &#171; compromis social &#187;. Et ils ont pu le faire aussi parce que les directions sociales-d&#233;mocrates et les bureaucraties syndicales se sont adapt&#233;es aux choix lib&#233;raux des bourgeoisies. Sans le r&#244;le moteur et actif des classes laborieuses, il n'y a pas de v&#233;ritable d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rh&#233;torique d'une Europe d&#233;mocratique et progressiste est donc compl&#232;tement fausse face &#224; la r&#233;alit&#233; des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drapeau de l'UE qu'aujourd'hui le courant lib&#233;raliste de la bourgeoisie exprim&#233; par La Repubblica propose pour une manifestation nationale est un faux drapeau &#224; l'ombre duquel les pires choix ont &#233;t&#233; faits ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est le drapeau du capitalisme qui a produit la crise actuelle. Lire &lt;a href=&#034;https://ilmanifesto.it/leuropa-non-e-solo-una-bandiera&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;ditorial d'Il Manifesto&lt;/a&gt; &#224; ce sujet ainsi que &lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2025/03/05/michele-serra-e-la-corsa-sul-cavallo-morto/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article de Marco Bersani&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe communautaire n&#233;e apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale pour mettre fin aux contrastes entre les capitalismes fran&#231;ais et allemand, au nom d'une politique de paix et orient&#233;e vers une politique sociale-d&#233;mocrate pendant l'&#226;ge d'or du capitalisme, a commenc&#233; &#224; s'&#233;roder d&#232;s les ann&#233;es 1980 avec les premiers choix lib&#233;raux, puis s'est renforc&#233;e au fil des ans jusqu'&#224; la domination totale de l'aust&#233;rit&#233;. Nous vous renvoyons &#224; &lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2025/03/05/appunti-sulleuropa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article de fond&lt;/a&gt; sur le chemin de l'unit&#233; europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous assistons &#224; une nouvelle &#233;tape avec le pr&#233;sident de la Commission, mais c'est aussi l'option de Draghi, qui con&#231;oit l'avenir de l'Europe &#224; travers un gigantesque plan de rappel militaire. Non pas l'Europe de la justice sociale, des droits et des choix respectueux de l'environnement comme outils pour affronter l'avenir et les d&#233;fis de la multi-crise mondiale, mais l'Europe de l'augmentation exponentielle des d&#233;penses militaires qui seront charg&#233;es sur les &#233;paules des classes laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en train de faire revivre le slogan us&#233; de l'empire romain : &#171; Si tu veux la paix, pr&#233;pare la guerre &#187;, avec une r&#233;f&#233;rence au fascisme italien lorsqu'il est dit qu'il faut renoncer au &#171; beurre &#187; pour obtenir des &#171; canons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne participerons donc en aucun cas &#224; la manifestation ambigu&#235; et bidon promue par &lt;i&gt;La Repubblica&lt;/i&gt;, sous une banni&#232;re qui a &#233;t&#233; souill&#233;e par les pires choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une autre Europe est possible et n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes cependant plus que jamais pour l'unit&#233; de l'Europe, mais d'une autre Europe, diff&#233;rente de l'Europe capitaliste et imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est possible que par l'activit&#233; et l'unit&#233; des classes populaires du continent, la relance et la r&#233;organisation du mouvement ouvrier pour d&#233;fendre leurs droits et leurs conditions sociales, la r&#233;partition du travail existant, des salaires d&#233;cents, une scolarisation et une sant&#233; financ&#233;es de mani&#232;re ad&#233;quate pour toutes et tous, l'imposition des riches et des nantis ; au centre des choix &#233;conomiques et politiques, la vie des peuples et non les profits et les int&#233;r&#234;ts des entreprises et plus encore des conglom&#233;rats de guerre. C'est aussi la seule fa&#231;on de vaincre les tendances r&#233;actionnaires et fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore : des d&#233;penses publiques pour garantir r&#233;ellement une transition verte rapide, pour sauver l'environnement et lutter contre le r&#233;chauffement climatique, une politique de paix, au sens d'une action visant &#224; garantir le droit &#224; l'autod&#233;termination de toutes les populations et aussi des diff&#233;rentes minorit&#233;s, une forte offensive de masse en faveur d'une politique de d&#233;sarmement. C'est peut-&#234;tre pr&#233;cis&#233;ment cela qui peut rendre plus difficile l'action des diff&#233;rents dirigeants imp&#233;riaux, pour ouvrir des br&#232;ches sociales dans d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de construire une f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats europ&#233;ens, c'est-&#224;-dire les &#201;tats unis d'Europe qui ont travers&#233; le XXe si&#232;cle, doit &#234;tre raviv&#233;e, elle doit constituer un projet alternatif, un objectif de classe, dans une perspective de soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste pour faire face aux terribles d&#233;fis &#233;conomiques, sociaux et environnementaux que pose cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pensons pas que la solution et le contraste &#224; l'imp&#233;rialisme h&#233;g&#233;monique am&#233;ricain peuvent venir des autres puissances capitalistes et imp&#233;rialistes qui ne sont pas moins oppressives envers leurs peuples et &#224; la recherche de nouveaux espaces &#233;conomiques et g&#233;opolitiques que certains identifient faussement aux BRICS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais nous pensons pouvoir partir des classes exploit&#233;es et opprim&#233;es, de leur organisation, du renforcement de leur conscience de classe, de leur unit&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res en combattant tous les nationalismes r&#233;actionnaires et les doubles standards pratiqu&#233;s par tous les puissants de la terre au gr&#233; de leurs alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons ainsi r&#233;sumer le cadre politique strat&#233;gique qui caract&#233;rise notre organisation, tr&#232;s diff&#233;rent de celui des autres forces de gauche, mais qui ne nous emp&#234;che certainement pas d'&#234;tre pr&#233;sents dans toutes les manifestations sociales et politiques contre les politiques capitalistes, les forces fascistes et les politiques de guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la barbarie capitaliste qui d&#233;truit les personnes, les peuples et l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre tous les imp&#233;rialismes et toutes les formes d'oppression et d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la fin de la guerre, de la course folle aux armements et de la spirale suicidaire du militarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le droit des peuples &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s des classes laborieuses et des opprim&#233;s de tous les pays, pour soutenir leurs droits et leurs revendications &#233;conomiques, sociales, environnementales et d&#233;mocratiques,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'unit&#233; et la solidarit&#233; internationalistes des classes opprim&#233;es et exploit&#233;es afin de construire une alternative &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 5 mars 2025 par &lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2025/03/05/questa-non-e-la-nostra-europa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sinistra Anticapitalista.&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Ce n'est pas notre Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ce-n-est-pas-notre-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ce-n-est-pas-notre-Europe</guid>
		<dc:date>2025-03-25T06:58:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-25</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>La gauche et la politique militaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; ces derni&#232;res semaines des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique illustre graphiquement une acc&#233;l&#233;ration politique et historique. Des images et des d&#233;clarations vues et entendues par des centaines de millions de personnes r&#233;v&#232;lent un monde nouveau et ouvrent une nouvelle phase historique. En r&#233;alit&#233;, ce monde nouveau est apparu il y a d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es ; aujourd'hui, certaines illusions qui le rendaient moins perceptible sont tomb&#233;es, le rendant ainsi plus visible aux yeux des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-gauche-et-la-politique-militaire-+" rel="tag"&gt;La gauche et la politique militaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/lepen_abascal-0504f.png?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; ces derni&#232;res semaines des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique illustre graphiquement une acc&#233;l&#233;ration politique et historique. Des images et des d&#233;clarations vues et entendues par des centaines de millions de personnes r&#233;v&#232;lent un monde nouveau et ouvrent une nouvelle phase historique. En r&#233;alit&#233;, ce monde nouveau est apparu il y a d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es ; aujourd'hui, certaines illusions qui le rendaient moins perceptible sont tomb&#233;es, le rendant ainsi plus visible aux yeux des masses. Il s'agit du choc entre les diff&#233;rents imp&#233;rialismes, entre les puissances capitalistes dominantes et leurs conflits dans diverses r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 mars 2025 | tir&#233; de vientosur.info&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/esta-no-es-nuestra-europa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/esta-no-es-nuestra-europa/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle phase historique et la loi du plus fort&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle phase historique se caract&#233;rise par de nombreux &#233;l&#233;ments : la crise du syst&#232;me capitaliste, l'acc&#233;l&#233;ration de la crise environnementale, la qu&#234;te effr&#233;n&#233;e du profit, l'accaparement des ressources et des terres rares de la plan&#232;te, une concurrence &#233;conomique encore plus agressive qui remet en question les avanc&#233;es pr&#233;c&#233;dentes de la mondialisation, l'intensification des guerres commerciales et, enfin, une course au r&#233;armement incontr&#244;l&#233;e ainsi que la prolif&#233;ration des guerres. Sur le plan politique, on observe une mont&#233;e en puissance des nationalismes et des id&#233;ologies r&#233;actionnaires et fascistes, accompagn&#233;e d'une croissance quasi exponentielle des forces politiques qui les repr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de la plan&#232;te &#224; pr&#233;server un &#233;quilibre &#233;cologique, les droits des peuples &#224; l'autod&#233;termination, les droits sociaux et d&#233;mocratiques conquis par les classes ouvri&#232;res sont &#224; nouveau menac&#233;s. Le cadre du droit international, fruit des anciens &#233;quilibres entre les grandes puissances issues de la Seconde Guerre mondiale et les pays pr&#233;caires &#233;merg&#233;s de l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique, est remis en cause. Aujourd'hui, de nombreux puissants de ce monde pr&#244;nent et appliquent ouvertement la loi du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut reconna&#238;tre un m&#233;rite &#224; Trump, c'est d'avoir mis en lumi&#232;re ces formes de domination exerc&#233;es par toutes les grandes puissances capitalistes. Trump d&#233;truit et continuera de d&#233;truire de vastes secteurs sociaux de la population am&#233;ricaine au profit de ses amis et coll&#232;gues ultra-riches. Il mise ouvertement sur un accord avec la Russie pour se partager le monde, une perspective &#233;galement convoit&#233;e par l'autocrate de Moscou. Il souhaite mettre fin &#224; la guerre en Ukraine, car il estime devoir se pr&#233;parer &#224; un conflit plus large dans l'espace indo-pacifique afin de pr&#233;server l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Dans le m&#234;me temps, il n&#233;gocie avec Zelensky (un accord dont il ne manque plus que la signature) pour s'approprier une grande partie des ressources ukrainiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alli&#233;s, grands et petits, ne sont que des vassaux contraints de s'adapter, de gr&#233; ou de force (par le biais de chantages), aux int&#233;r&#234;ts et d&#233;cisions des &#201;tats-Unis, y compris l'Union europ&#233;enne, qui doit assumer une partie des co&#251;ts &#233;conomiques et militaires pour pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts du capitalisme am&#233;ricain. En r&#233;alit&#233;, apr&#232;s la rencontre dans le bureau ovale et les prises de position propagandistes des dirigeants europ&#233;ens, la situation &#233;volue. Le Premier ministre britannique tisse les liens entre les n&#233;gociations &#233;conomiques et la recherche d'un accord entre les &#201;tats-Unis et l'Europe incluant la question ukrainienne, au point que Zelensky a pu d&#233;clarer : &#171; Je suis pr&#234;t &#224; &#339;uvrer pour la paix sous la direction du pr&#233;sident am&#233;ricain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les puissances imp&#233;riales en difficult&#233; ou en d&#233;clin qui exhibent le plus ouvertement leur visage agressif. Quand Trump clame Make America Great Again, il ne fait que certifier le d&#233;clin des &#201;tats-Unis (avec l'&#233;norme dette qui p&#232;se sur le pays) et propose de r&#233;affirmer l'h&#233;g&#233;monie mondiale par divers moyens, comme l'a illustr&#233; son inqui&#233;tant discours sur l'&#233;tat de l'Union, o&#249; il a insist&#233; sur sa volont&#233; d'annexer le Groenland et de r&#233;cup&#233;rer Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie, qui a connu de grandes difficult&#233;s apr&#232;s la disparition de l'Union sovi&#233;tique, s'est reconstruite en tant que puissance capitaliste sous le r&#233;gime autocratique et r&#233;actionnaire de Poutine. Elle a rapidement et brutalement repris le contr&#244;le des territoires de l'ancien empire tsariste &#224; l'est, avant de se tourner vers l'ouest pour &#171; garantir sa s&#233;curit&#233; &#187;, cherchant un nouveau partage des sph&#232;res d'influence avec les puissances occidentales. Elle est ensuite pass&#233;e &#224; l'acte avec l'invasion brutale de l'Ukraine, niant ainsi le droit &#224; l'existence et &#224; l'autod&#233;termination d'une nation tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le calcul &#233;tait erron&#233; : Poutine pensait prendre Kiev rapidement gr&#226;ce &#224; l'effondrement de l'&#201;tat ukrainien. Au lieu de cela, il a rencontr&#233; une forte r&#233;sistance populaire, soutenue par les arm&#233;es occidentales. L'&#171; op&#233;ration militaire sp&#233;ciale &#187; de Poutine s'est transform&#233;e en une guerre terrible et prolong&#233;e. Mais l'Europe capitaliste et les &#201;tats-Unis de Biden se sont &#233;galement tromp&#233;s en pensant qu'ils pouvaient gagner cette guerre ou qu'il &#233;tait dans leur int&#233;r&#234;t de la prolonger pour affaiblir la Russie et peut-&#234;tre m&#234;me provoquer une crise du r&#233;gime de Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe n'a jamais propos&#233; de solution politique, supposant qu'elle &#233;tait impossible. La r&#233;alit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e bien diff&#233;rente de ce qu'imaginaient Poutine, les gouvernements europ&#233;ens et nos analystes de t&#233;l&#233;vision. Apr&#232;s trois ans de guerre, on compte un million de morts et de bless&#233;s des deux c&#244;t&#233;s, des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de jeunes sacrifi&#233;es sur le champ de bataille, des dizaines de milliers de civils ukrainiens tu&#233;s sous les bombes russes, et des territoires immenses d&#233;vast&#233;s. Et cette guerre ne fait qu'alimenter les pires nationalismes r&#233;actionnaires. C'est pourquoi un cessez-le-feu est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les dirigeants europ&#233;ens et am&#233;ricains, tout en pr&#233;tendant d&#233;fendre les droits et libert&#233;s du peuple ukrainien, appliquent un deux poids, deux mesures et soutiennent politiquement et militairement le gouvernement isra&#233;lien, devenant ainsi complices du massacre du peuple palestinien et de la n&#233;gation de tous ses droits. L&#224; encore, c'est Trump qui exprime le plus ouvertement les int&#233;r&#234;ts des puissances occidentales et du gouvernement sioniste : l'expulsion du peuple palestinien de ses terres et le renforcement de la puissance n&#233;ocoloniale sioniste comme fer de lance au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une Europe grande et arm&#233;e jusqu'aux dents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE montre actuellement toutes ses limites, qu'elles soient politiques, sociales ou d&#233;mocratiques. Les bourgeoisies europ&#233;ennes n'ont pas r&#233;ussi &#224; construire un &#201;tat f&#233;d&#233;ral et une gouvernance politique centralis&#233;e &#224; la hauteur de leur puissance &#233;conomique (voir les critiques de Draghi). Elles ont &#233;t&#233; tellement conditionn&#233;es et prisonni&#232;res des d&#233;cisions des &#201;tats-Unis qu'elles en paient aujourd'hui un prix tr&#232;s &#233;lev&#233; : Trump menace d&#233;sormais d'imposer des droits de douane et a d&#233;j&#224; obtenu que l'UE accepte d'augmenter ses d&#233;penses militaires, achetant encore plus d'armes aux fabricants am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de vingt ans, les &#233;lites europ&#233;ennes appliquent des politiques d'aust&#233;rit&#233; brutales qui ont progressivement d&#233;mantel&#233; l'&#201;tat-providence, d&#233;t&#233;riorant drastiquement les conditions de vie des classes populaires et favorisant ainsi la mont&#233;e des forces r&#233;actionnaires et fascistes. Elles ont de plus en plus adopt&#233; les politiques des partis de droite contre les immigr&#233;&#183;es ; les forces d'extr&#234;me droite font d&#233;sormais partie de la gouvernance politique europ&#233;enne ; et sur le plan institutionnel, l'UE glisse vers un r&#233;gime autoritaire et antid&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont pu agir ainsi parce qu'elles ont vaincu les forces sociales et politiques qui, tout au long du XXe si&#232;cle, ont impos&#233;, par leurs luttes, que les pays europ&#233;ens soient un peu meilleurs que d'autres en mati&#232;re de droits sociaux, civils et d&#233;mocratiques : les classes populaires. Elles ont d&#233;truit le mouvement ouvrier, qui constituait l'ossature de cet &#233;quilibre social. Elles y sont &#233;galement parvenues gr&#226;ce &#224; la soumission des directions sociales-d&#233;mocrates et des bureaucraties syndicales aux politiques n&#233;olib&#233;rales des bourgeoisies. Sans le r&#244;le central des classes populaires, il ne peut y avoir de d&#233;mocratie v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rh&#233;torique d'une Europe d&#233;mocratique et progressiste est donc totalement fausse face &#224; la r&#233;alit&#233; des faits. Le drapeau de l'UE, que le courant n&#233;olib&#233;ral de la bourgeoisie brandit aujourd'hui lors d'une manifestation nationale dans La Repubblica, est un leurre sous lequel ont &#233;t&#233; prises les pires d&#233;cisions de ces derni&#232;res ann&#233;es. C'est le drapeau du capitalisme qui a engendr&#233; la crise actuelle. &#192; ce sujet, on peut &lt;a href=&#034;https://ilmanifesto.it/leuropa-non-e-solo-una-bandiera&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire l'&#233;ditorial de &lt;i&gt;il manifesto&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ainsi que &lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2025/03/05/michele-serra-e-la-corsa-sul-cavallo-morto/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article de Marco Bersani.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe communautaire, n&#233;e apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale pour surmonter l'hostilit&#233; entre le capitalisme fran&#231;ais et allemand au nom d'une politique de paix d'inspiration sociale-d&#233;mocrate, &#224; une &#233;poque de prosp&#233;rit&#233; du capitalisme, a commenc&#233; &#224; s'&#233;roder dans les ann&#233;es 1980 avec les premi&#232;res mesures n&#233;olib&#233;rales, continuellement renforc&#233;es au fil des ans jusqu'&#224; l'imposition totale de l'aust&#233;rit&#233;. Je renvoie &#224;&lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2025/03/05/appunti-sulleuropa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article d'approfondissement&lt;/a&gt; sur l'&#233;volution de l'unit&#233; europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons aujourd'hui &#224; une nouvelle &#233;tape avec la pr&#233;sidente de la Commission et le choix de Draghi, qui con&#231;oit l'avenir de l'Europe &#224; travers un gigantesque plan de r&#233;armement militaire. Ce n'est pas l'Europe de la justice sociale, des droits et des mesures &#233;cocompatibles comme outils pour affronter l'avenir et les d&#233;fis de la polycrise mondiale, mais une Europe o&#249; la hausse exponentielle des d&#233;penses militaires p&#232;sera sur les &#233;paules des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en pleine r&#233;surgence de l'ancien adage de l'Empire romain : &#171; Si tu veux la paix, pr&#233;pare la guerre &#187;, avec une r&#233;f&#233;rence au fascisme italien lorsqu'on affirme qu'il faut renoncer au beurre pour avoir des canons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une autre Europe est possible et n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes cependant plus que jamais en faveur de l'unit&#233; de l'Europe, mais d'une Europe diff&#233;rente de celle du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme. Une telle Europe ne pourra exister qu'&#224; travers l'action et l'unit&#233; des classes populaires du continent, le renouveau et la r&#233;organisation du mouvement ouvrier pour d&#233;fendre ses droits et ses conditions sociales : partage du travail existant, salaires dignes, &#233;ducation et sant&#233; correctement financ&#233;es pour toutes et tous, imposition des grandes fortunes et des ultra-riches. Les mesures &#233;conomiques et politiques doivent &#234;tre guid&#233;es par la vie des personnes et non par les profits et les int&#233;r&#234;ts des grandes entreprises, en particulier dans le complexe militaro-industriel. C'est le seul moyen d'arr&#234;ter la mont&#233;e des forces r&#233;actionnaires et fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il faut investir dans les services publics pour garantir une v&#233;ritable transition &#233;cologique, sauver l'environnement et lutter contre le r&#233;chauffement climatique ; mener une politique de paix, qui garantisse le droit &#224; l'autod&#233;termination de tous les peuples et minorit&#233;s ; et engager une large mobilisation populaire pour une politique de d&#233;sarmement. Toute initiative entravant l'action des gouvernements imp&#233;rialistes, qui cherchent &#224; aggraver les fractures sociales ailleurs, est b&#233;n&#233;fique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut renouer avec l'objectif de construire une f&#233;d&#233;ration des &#201;tats europ&#233;ens &#8211; les &#201;tats-Unis d'Europe &#8211; un projet vivant au XXe si&#232;cle, dans une perspective de transformation sociale et &#233;cologiste pour r&#233;pondre aux d&#233;fis &#233;conomiques, sociaux et environnementaux actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous allions pas avec les bourgeoisies europ&#233;ennes hypocrites, qui ne sont pas moins imp&#233;rialistes que leurs partenaires am&#233;ricains et russes. Nous ne pensons pas que la confrontation avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain h&#233;g&#233;monique puisse &#234;tre r&#233;solue par d'autres puissances capitalistes et imp&#233;rialistes, qui ne sont pas moins oppressives envers leurs peuples et qui cherchent de nouveaux espaces &#233;conomiques et g&#233;opolitiques, que certains identifient faussement aux pays des BRICS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons plus que jamais qu'il faut partir des classes exploit&#233;es et opprim&#233;es, de leur organisation, du renforcement de leur conscience de classe, de leur unit&#233; par-del&#224; les fronti&#232;res, pour combattre tous les nationalismes r&#233;actionnaires et le double standard appliqu&#233; par les puissants en fonction de leurs alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, nous pouvons r&#233;affirmer l'approche politique et strat&#233;gique qui caract&#233;rise notre organisation, distincte de celle des autres forces de gauche, mais qui ne nous emp&#234;che pas d'&#234;tre pleinement engag&#233;s dans toutes les mobilisations sociales et politiques contre les politiques capitalistes, les forces fascistes et le militarisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Contre la barbarie capitaliste qui d&#233;truit les personnes, les peuples et l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Contre tous les imp&#233;rialismes et toute forme d'oppression et d'exploitation.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Pour mettre fin &#224; la guerre, &#224; la course folle aux armements et &#224; la spirale suicidaire du militarisme.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Pour le droit des peuples &#224; l'autod&#233;termination.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Aux c&#244;t&#233;s des classes populaires et opprim&#233;es de tous les pays, en d&#233;fense de leurs droits et revendications &#233;conomiques, sociales et d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Pour l'unit&#233; et la solidarit&#233; internationaliste des classes exploit&#233;es et opprim&#233;es, afin de construire une alternative &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;05/03/2025&lt;br class='autobr' /&gt;
Franco Turigliatto&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie : un an et demi de r&#232;gne de la droite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-un-an-et-demi-de-regne-de-la-droite</link>
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		<dc:date>2024-04-30T06:50:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-04-30</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La ligne politique de Meloni et de ses alli&#233;s pr&#244;ne une continuit&#233; totale avec les politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales de Bruxelles et soutient le nouveau pacte de stabilit&#233; europ&#233;en, qui annonce, d&#232;s l'automne, une loi financi&#232;re tr&#232;s punitive pour les classes populaires. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Inprecor 719 - avril 2024 18 avril 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Franco Turigliatto &lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre &#233;l&#233;ment crucial est la centralit&#233; des entreprises qui ne doivent &#234;tre soumises &#224; aucune contrainte (laisser les mains libres aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/giorgia_meloni_23.03_23_0-76258.jpg?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ligne politique de Meloni et de ses alli&#233;s pr&#244;ne une continuit&#233; totale avec les politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales de Bruxelles et soutient le nouveau pacte de stabilit&#233; europ&#233;en, qui annonce, d&#232;s l'automne, une loi financi&#232;re tr&#232;s punitive pour les classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor 719 - avril 2024&lt;br class='autobr' /&gt;
18 avril 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Franco Turigliatto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment crucial est la centralit&#233; des entreprises qui ne doivent &#234;tre soumises &#224; aucune contrainte (laisser les mains libres aux capitalistes !) et qui, au contraire, doivent &#234;tre soutenues par de nouvelles baisses d'imp&#244;ts. Les douze amnisties fiscales en un an pour la petite et la moyenne bourgeoisie, principale base &#233;lectorale du gouvernement, ont &#233;t&#233; une invitation flagrante &#224; l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;pression, course aux armement et offensive id&#233;ologique r&#233;actionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute la p&#233;nalisation s&#233;v&#232;re de toutes les couches les plus faibles de la soci&#233;t&#233; (les pauvres, les migrantEs et aussi les personnes en situation de handicap), &#224; la fois sur le plan &#233;conomique et normatif. Ces mesures se r&#233;alisent &#224; travers l'introduction de 22 nouvelles infractions p&#233;nales allant de la r&#233;pression des rave-partys &#224; la criminalisation des actions collective des jeunes activistes pour la d&#233;fense de l'environnement tandis que des mesures plus &#171; s&#233;rieuses &#187; sont en pr&#233;paration pour &#233;craser le mouvement de solidarit&#233; avec le peuple palestinien dans les universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, Meloni appuie pleinement la coalition imp&#233;rialiste de l'Otan, la course aux armements et l'envoi de la flotte italienne dans le golfe Persique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son action s'accompagne aussi d'une poursuite du processus de privatisation des &#233;coles, d'accentuation des divisions de classe en leur sein et d'une offensive id&#233;ologique visant &#224; r&#233;&#233;crire l'histoire du pays dans un sens r&#233;actionnaire et r&#233;visionniste. Les repr&#233;sentants des forces arm&#233;es sont de plus en plus pr&#233;sents dans la vie et l'&#233;ducation de nombreuses &#233;coles et on assiste &#224; l'activation de toutes les impulsions r&#233;actionnaires de la soci&#233;t&#233;, y compris le racisme, le patriotisme nationaliste et le vieux colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une occupation syst&#233;matique &#224; tous les niveaux des institutions et du pouvoir, avec le contr&#244;le total de la t&#233;l&#233;vision et des m&#233;dias publics et la tentative de museler et m&#234;me de criminaliser les journalistes critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le culte de la pr&#233;tendue d&#233;mocratie du dirigeant &#233;lu par le peuple s'exprime dans une contre-r&#233;forme institutionnelle qui donnera d'&#233;normes pouvoirs au Premier ministre, modifiant compl&#232;tement l'&#233;quilibre des pouvoirs de l'&#201;tat, et qui est combin&#233;e &#224; la contre-r&#233;forme de la pr&#233;tendue autonomie diff&#233;renci&#233;e, qui rendra les r&#233;gions riches encore plus riches et qui d&#233;truira encore plus les soins de sant&#233; publics au profit du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Morts au travail et destruction des acquis de la R&#233;sistance &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils veulent mettre fin &#224; cette &#171; religion civile r&#233;formiste &#187; (porteuse de droits, de libert&#233; et de recherche de la justice sociale) qui a caract&#233;ris&#233; le pays pendant des ann&#233;es apr&#232;s la victoire de la R&#233;sistance, exprim&#233;e par le mouvement ouvrier et les forces sociales, syndicales et politiques de la gauche. Les d&#233;faites de la classe ouvri&#232;re, sa fragmentation et les politiques d'aust&#233;rit&#233; men&#233;es par les gouvernements de centre-droit et de centre-gauche ont ouvert une autoroute &#224; l'extr&#234;me droite pour tenter d'instaurer ce que Gramsci appelait une &#171; &lt;i&gt; r&#233;volution passive&lt;/i&gt; &#187; r&#233;actionnaire des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cha&#238;ne interminable et inacceptable de morts au travail, de v&#233;ritables massacres de travailleurEs, marque d&#233;sormais la condition de la classe ouvri&#232;re, et il est clair que ce gouvernement, qui ne veut mettre aucun obstacle &#224; la libre exploitation des entreprises et &#224; la pr&#233;carit&#233;, ne peut pas et veut encore moins mettre en place une l&#233;gislation efficace et des contr&#244;les ad&#233;quats pour lutter contre ces meurtres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une nouvelle saison de luttes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement sait bien que pour consolider son pouvoir, il doit en venir &#224; une confrontation avec le mouvement ouvrier (et il s'y pr&#233;pare). Ce dernier conserve sa force syndicale et organisationnelle, bien qu'affaiblie. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, cette confrontation directe a &#233;t&#233; report&#233;e en raison de la passivit&#233; des directions syndicales, y compris la subordination totale de la CISL (deuxi&#232;me syndicat italien), et de l'espoir du gouvernement que l'inaction syndicale accentue encore la d&#233;moralisation et les divisions de la classe ouvri&#232;re, mais les tensions sur les salaires et l'emploi sont bien pr&#233;sentes et (avec l'arriv&#233;e de la loi budg&#233;taire d'aust&#233;rit&#233;) pourraient pr&#233;cipiter la confrontation. Les syndicats de base, mais aussi les directions des deux autres grands syndicats, la CGIL et l'UIL, tentent de r&#233;agir d'une mani&#232;re ou d'une autre, en commen&#231;ant par le renouvellement des contrats de travail de nombreuses cat&#233;gories dans les secteurs public et priv&#233;, dont les salaires ont &#233;t&#233; massacr&#233;s par l'inflation. Le 11 avril, des gr&#232;ves et des mobilisations ont eu lieu dans tout le pays contre les morts au travail. Le 12 avril, 10 000 travailleurEs de Stellantis et de l'industrie automobile sont descenduEs dans les rues de Turin pour d&#233;fendre leurs emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, deux dates symboliques de lutte pour le mouvement ouvrier, le 25 avril, anniversaire de la d&#233;faite du fascisme, et le 1er mai, sont tr&#232;s proches. La perspective doit &#234;tre celle d'une nouvelle saison de lutte, d'un regain du mouvement ouvrier, capable de r&#233;sister au dur affrontement social contre le gouvernement fasciste qui g&#232;re les int&#233;r&#234;ts de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Publi&#233; par &lt;i&gt;L'Anticapitaliste&lt;/i&gt; n&#176;704.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie : un printemps social pour reconstruire les rapports de force</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-un-printemps-social-pour-reconstruire-les-rapports-de-force</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Italie-un-printemps-social-pour-reconstruire-les-rapports-de-force</guid>
		<dc:date>2024-03-12T06:55:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-03-12</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne peut que se r&#233;jouir que le gouvernement de droite se soit [&#233;lectoralement] fracass&#233; sur les rochers de Sardaigne, mais le n&#233;olib&#233;ralisme a aussi pris la d&#233;mocratie dans son &#233;tau et seul un mouvement de masse pourra &#224; nouveau lib&#233;rer l'&#233;nergie &#233;mancipatrice des classes populaires. &lt;br class='autobr' /&gt; 28 f&#233;vrier 2024 | tir&#233; d'Europe solidaires sant fronti&#232;res, par TURIGLIATTO Franco Turigliatto Europe solidaire sans fronti&#232;res https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article69999 &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut que se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/mobilisations_ouvrieres_en_italie-03994.png?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On ne peut que se r&#233;jouir que le gouvernement de droite se soit [&#233;lectoralement] fracass&#233; sur les rochers de Sardaigne, mais le n&#233;olib&#233;ralisme a aussi pris la d&#233;mocratie dans son &#233;tau et seul un mouvement de masse pourra &#224; nouveau lib&#233;rer l'&#233;nergie &#233;mancipatrice des classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2024 | tir&#233; d'Europe solidaires sant fronti&#232;res, par TURIGLIATTO Franco Turigliatto&lt;br class='autobr' /&gt;
Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article69999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article69999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que se r&#233;jouir que Meloni l'arrogante et le pi&#232;tre navire du gouvernement de droite se soient fracass&#233;s sur les rochers de la Sardaigne. Chaque &#233;v&#233;nement et chaque erreur de la coalition r&#233;actionnaire au pouvoir qui affaiblit sa cr&#233;dibilit&#233; et sa force est une bonne chose, surtout s'il favorise une r&#233;organisation des forces qui s'opposent &#224; lui et suscite un peu plus d'espoir de pouvoir construire dans le pays une opposition sociale et politique aux choix du gouvernement et du capital qu'il repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les consid&#233;rations positives, y compris bien s&#251;r la satisfaction l&#233;gitime de la majorit&#233; des citoyen.ne.s sardes de ne pas voir une personne comme Truzzu &#224; la pr&#233;sidence de la r&#233;gion, s'arr&#234;tent cependant ici ; non seulement parce qu'une hirondelle (et une toute petite) ne fait pas le printemps, mais parce que ce qu'il faut, ce n'est pas seulement et pas tant l'unit&#233; institutionnelle et &#233;lectorale des forces d'opposition, par ailleurs tr&#232;s mod&#233;r&#233;es et dont les programmes politiques sont bien insuffisants, tout en portant une grande responsabilit&#233;, en raison de leur action pass&#233;e et de leur politique au gouvernement, dans la d&#233;gradation politique du pays et dans la cr&#233;dibilit&#233; acquise par la droite (m&#234;me si elle est minoritaire), mais bien un mouvement social, politique et revendicatif d'ensemble des classes laborieuses, sans lequel nous n'irons nulle part, et encore moins vers un renouveau printanier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le vote sarde lui-m&#234;me met en &#233;vidence et confirme un certain nombre de consid&#233;rations politiques et d&#233;mocratiques essentielles. La premi&#232;re est que la moiti&#233; de l'&#233;lectorat est tellement d&#233;sabus&#233;e, &#233;loign&#233;e et d&#233;sint&#233;ress&#233;e de la comp&#233;tition &#233;lectorale qu'elle ne va m&#234;me pas voter, un &#233;tat de faiblesse de la d&#233;mocratie qui non seulement ne peut &#234;tre ignor&#233; comme l'ont fait les m&#233;dias, mais doit au contraire &#234;tre soulign&#233;.(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance PD-M5S a gagn&#233; gr&#226;ce aux erreurs de la droite, gr&#226;ce &#224; la capacit&#233; d'Alessandra Todde de pr&#233;senter une liste avec un visage neuf et renouvel&#233;, attentive aux probl&#232;mes d'une r&#233;gion historiquement malmen&#233;e, mais elle a gagn&#233; avec un &#233;cart de moins de 2 000 voix et un pourcentage &#224; peine sup&#233;rieur &#224; 45 % : 330 000 &#233;lecteurs par rapport aux 1 447 753 citoyens ayant le droit de vote, c'est-&#224;-dire avec environ 22 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fait n'est pas nouveau, il caract&#233;rise les &#171; victoires &#187; de tous les vainqueurs, quels qu'ils soient, tant aux &#233;lections politiques qu'aux &#233;lections r&#233;gionales et municipales, car il est le r&#233;sultat des syst&#232;mes &#233;lectoraux mis en place par la droite et le centre-gauche au fil des ans, des m&#233;canismes profond&#233;ment antid&#233;mocratiques con&#231;us pour assurer la capacit&#233; de gouverner de la classe dirigeante au d&#233;triment de la repr&#233;sentation politique l&#233;gitime des citoyen.ne.s. Un syst&#232;me qui vise &#224; exclure les partis politiques de la sc&#232;ne politique et &#224; les emp&#234;cher de participer aux &#233;lections. Un syst&#232;me qui vise &#224; exclure des institutions les minorit&#233;s politiques, m&#234;me les plus visibles, et surtout une gauche de classe et de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons face &#224; une d&#233;mocratie &#171; repr&#233;sentative &#187; qui n'est qu'un simulacre. Les extr&#234;mes droites, pourtant minoritaires dans le pays, ont pu profiter de ce syst&#232;me &#233;lectoral (profitant aussi de la nullit&#233; du PD et du M5S), pour conqu&#233;rir une h&#233;g&#233;monie num&#233;rique absolue au parlement et exercer un pouvoir qui vise aussi &#224; construire une h&#233;g&#233;monie politique id&#233;ologique dans de larges couches de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en rester au syst&#232;me &#233;lectoral sp&#233;cifique de la Sardaigne, celui qui obtient plus de 40 %, m&#234;me avec une seule voix d'&#233;cart, obtient une majorit&#233; de 60 % au conseil r&#233;gional ; cela va jusqu'&#224; exclure de la repr&#233;sentation de fa&#231;on absurde m&#234;me une coalition qui n'atteint pas 10 % ou une liste qui fait moins de 5 %. Il n'est pas &#233;tonnant que la moiti&#233; de l'&#233;lectorat trouve tout &#224; fait inutile de se rendre dans les bureaux de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces remarques sur les lois &#233;lectorales antid&#233;mocratiques, voire anticonstitutionnelles, ne font que mettre en &#233;vidence le processus de r&#233;gression de la d&#233;mocratie bourgeoise et de ses institutions telles que nous les avons connues depuis la Seconde Guerre mondiale. Face aux contradictions capitalistes et au lib&#233;ralisme dominant, on assiste depuis des ann&#233;es &#224; une restriction des m&#233;canismes d&#233;mocratiques, et pas seulement des droits sociaux. Les ex&#233;cutifs, de plus en plus incontr&#244;l&#233;s et dominants, prennent le pouvoir ; la d&#233;mocratie r&#233;elle s'&#233;tiole et m&#234;me la d&#233;mocratie repr&#233;sentative devient de plus en plus formelle, voire autoritaire. Suite &#224; la d&#233;gradation des pouvoirs parlementaires et &#224; la mise en place de syst&#232;mes &#233;lectoraux fauss&#233;s, l'autonomie diff&#233;renci&#233;e et le pr&#233;sidentialisme/premierministrisme sont l'aboutissement pernicieux de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela nous am&#232;ne &#224; une seule conclusion, &#224; savoir que la v&#233;ritable partie, celle qui se rapporte aux rapports de forces entre les classes, tant politiques que sociales, se joue et se jouera sur le terrain de la lutte sociale, de la lutte des classes, d'autant plus que les droites extr&#234;mes ont pour objectif de conserver le gouvernement et de renforcer leur h&#233;g&#233;monie sur la soci&#233;t&#233;, non seulement par leur propagande tous azimuts et la division des diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re, mais aussi gr&#226;ce &#224; leur marque de fabrique, la politique de la matraque et l'utilisation d'instruments r&#233;pressifs, ceux h&#233;rit&#233;s des gouvernements pr&#233;c&#233;dents et les nouveaux dont elles se sont abondamment dot&#233;es au cours des 15 derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi voulons-nous concentrer notre attention sur la construction des mouvements sociaux et en particulier sur l'absolue n&#233;cessit&#233; d'un mouvement social et syndical qui reparte r&#233;solument de l'essentiel, la d&#233;fense des salaires, de l'emploi, de la sant&#233;, de l'&#233;cole et de la protection sociale pour tous, contre la logique du profit et, bien s&#251;r, contre le r&#233;armement et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales du printemps prochain seront certes importantes, mais telle est la boussole qui permettra de les appr&#233;cier et d'y faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Turigliatto Sinistra Anticapitalista (Gauche anticapitaliste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de DeepLpro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Anticapitalista. 28 f&#233;vrier 2024&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2024/02/28/una-primavera-sociale-per-riscrivere-i-rapporti-di-forza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://anticapitalista.org/2024/02/28/una-primavera-sociale-per-riscrivere-i-rapporti-di-forza/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre le &#171; diviser pour r&#233;gner &#187; fascisto-salvino-meloniste ; unifier les luttes des classes laborieuses !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Contre-le-diviser-pour-regner-fascisto-salvino-meloniste-unifier-les-luttes-des</link>
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		<dc:date>2024-02-12T16:55:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-02-13</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur toutes les questions sociales et politiques, ce gouvernement r&#233;actionnaire avance comme un rouleau compresseur contre les conditions de vie et les droits des classes populaires pour les fragmenter et les diviser, assurant ainsi l'exploitation capitaliste et renfor&#231;ant son pouvoir politique au service de la classe dominante. Nous sommes face au pire ennemi de la classe ouvri&#232;re, comme l'ont toujours &#233;t&#233; les fascistes et l'extr&#234;me droite dans les diff&#233;rentes configurations o&#249; ils se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/mobilisation_en_italie-d6b0f.png?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur toutes les questions sociales et politiques, ce gouvernement r&#233;actionnaire avance comme un rouleau compresseur contre les conditions de vie et les droits des classes populaires pour les fragmenter et les diviser, assurant ainsi l'exploitation capitaliste et renfor&#231;ant son pouvoir politique au service de la classe dominante. Nous sommes face au pire ennemi de la classe ouvri&#232;re, comme l'ont toujours &#233;t&#233; les fascistes et l'extr&#234;me droite dans les diff&#233;rentes configurations o&#249; ils se sont manifest&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;29 janvier 202 | tir&#233; du site europe solidaires sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article69711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article69711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore dans ce sens que vont les derni&#232;res mesures du gouvernement en faveur des entrepreneurs, petits et grands, et les d&#233;clarations de Meloni, qui a r&#233;affirm&#233; sa &#171; conception du monde &#187; par une phrase lapidaire : &#171; Si vous ne voulez pas travailler, vous ne pouvez pas esp&#233;rer &#234;tre entretenus avec l'argent de ceux qui travaillent tous les jours &#187;. Dans notre pays, il y a 5 &#224; 6 millions de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, &#171; si vous &#234;tes pauvre, c'est de votre faute &#187;. Il se trouve que c'est ainsi que les patrons ont pr&#233;sent&#233; la pauvret&#233;, produite par leur syst&#232;me &#233;conomique, depuis la naissance du capitalisme jusqu'&#224; aujourd'hui, afin de se d&#233;charger de toute responsabilit&#233; et de bl&#226;mer ceux qui se trouvent exploit&#233;s et opprim&#233;s en marge de la soci&#233;t&#233; et de mettre en opposition ceux qui n'ont pas de travail et ceux qui en ont un, mais avec des salaires de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ne plus perdre de temps&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre ce gouvernement, contre les forces politiques fascisantes qui le composent, le seul antidote pour le contrer efficacement est de mettre en &#339;uvre une mobilisation sociale de masse pour d&#233;fendre les salaires, les pensions, les emplois et tous les droits sociaux et politiques, pour unir cette classe sociale que les capitalistes et les gouvernants veulent diviser et fragmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une t&#226;che qui incombe &#224; toutes les forces politiques et sociales de gauche, mais pour des raisons &#233;videntes de force organisationnelle et de repr&#233;sentation des travailleurs, elle concerne, en premier lieu, les grandes organisations syndicales. Soyons clairs : les syndicats de base font, avec leurs initiatives, un travail important, m&#234;me s'ils sont parfois affaiblis par leurs divisions, et en organisant des militants combatifs et de classe, mais leur taille ne leur permet pas de peser suffisamment sur l'&#233;volution des rapports de force globaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi un accent particulier doit &#234;tre mis sur la responsabilit&#233; de la CGIL, parce qu'elle est la principale organisation de masse du pays et parce qu'elle se pr&#233;tend encore un syndicat de classe, capable de porter l'ensemble des revendications de toutes les cat&#233;gories de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, ce n'est pas ainsi que les choses se sont pass&#233;es l'ann&#233;e derni&#232;re ; pendant des mois, les directions des grandes organisations ont adopt&#233; une attitude attentiste, d'&#171; observation &#187; de la politique du gouvernement, alors que son caract&#232;re anti-ouvrier &#233;tait parfaitement clair ; ce n'est qu'&#224; la fin de l'automne que la CGIL et l'UIL ont appel&#233; &#224; une mobilisation h&#233;sitante et &#224; une gr&#232;ve, qui &#224; ce moment-l&#224; n'&#233;tait pas facile &#224; mettre en &#339;uvre. En fait, il s'agit d'un immobilisme coupable, masqu&#233; par des d&#233;nonciations propagandistes, dans le but d'arriver &#224; une table de n&#233;gociation que le gouvernement n'h&#233;site pas &#224; d&#233;daigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il continue dans la m&#234;me voie. Encore ces derniers jours, les &#171; cris &#187; contre la loi sur l'autonomie diff&#233;renci&#233;e ont &#233;t&#233; forts, Landini en t&#234;te : &#171; Plus de disparit&#233;s et d'in&#233;galit&#233;s, moins de droits pour les travailleurs et les retrait&#233;s.... nous nous y opposerons avec tous les instruments que la d&#233;mocratie met &#224; notre disposition, pour emp&#234;cher le gouvernement de diviser le pays et d'en compromettre l'avenir &#187;. Le secr&#233;taire de la CGIL, dans une interview &#224; La Repubblica, &#233;num&#232;re tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment tous les m&#233;faits du gouvernement, sur le &#171; salaire &#233;quitable &#187; et les cages salariales, sur les contrats, l'inflation, l'emploi et la pauvret&#233;, les politiques industrielles et les privatisations, en invitant p&#233;remptoirement le gouvernement &#224; &#171; s'arr&#234;ter &#187; (......)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de rappeler le vieil adage : &#171; Ils m'en ont beaucoup donn&#233;, mais je leur en ai dit tellement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette situation de d&#233;nonciation des politiques gouvernementales sans avoir la force mat&#233;rielle de construire une r&#233;sistance efficace affecte l'ensemble des forces politiques et sociales de la gauche et la classe ouvri&#232;re dans son ensemble. Mais une responsabilit&#233; particuli&#232;re incombe &#224; la CGIL qui assure encore la repr&#233;sentation et l'organisation de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;bat &#224; l'Assembl&#233;e de la CGIL&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;cente Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la CGIL a connu une discussion difficile avec le report de d&#233;cisions tant politiques que pratiques. D'une certaine mani&#232;re, elle a d&#251; reconna&#238;tre que les mobilisations et les gr&#232;ves de novembre n'ont pas &#233;t&#233; d'une grande utilit&#233;, notamment parce qu'elles ont &#233;t&#233; lanc&#233;es tardivement, mal pr&#233;par&#233;es et dans une perspective politique qui visait davantage la simple d&#233;monstration de l'existence du syndicat et de ses structures qu'une v&#233;ritable continuit&#233; dans la lutte. De plus, m&#234;me ces jours-ci, ce qui ressort le plus est la demande rebattue adress&#233;e au gouvernement de r&#233;pondre aux revendications des syndicats et non une voie coh&#233;rente de reconstruction de la force du mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'assembl&#233;e, on a surtout discut&#233; de tous les choix de r&#233;f&#233;rendum envisageables pour l'abrogation d'une s&#233;rie de lois antisociales et lib&#233;rales, notamment celles sur le travail pr&#233;caire. Les th&#232;mes et les formulations propos&#233;s &#233;taient nombreux, bien trop nombreux, pour pouvoir concentrer la bataille sur des objectifs qui pourraient &#234;tre compris &#224; un niveau de masse et donc ma&#238;tris&#233;s de mani&#232;re efficace. De plus, les r&#233;f&#233;rendums qui ne sont pas li&#233;s &#224; une plate-forme de revendications et de luttes plus imm&#233;diates risquent d'avoir lieu en l'absence d'un contexte social stimulant. C'est pourquoi il est n&#233;cessaire de d&#233;finir imm&#233;diatement le contenu de la bataille pour les salaires et l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit cadeau ponctuel accord&#233; par le gouvernement &#224; la fin de l'ann&#233;e avec le projet de loi de finances n'a certainement pas r&#233;solu les probl&#232;mes de millions de travailleurs aux prises avec une inflation qui, au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, a fr&#244;l&#233; les 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les probl&#232;mes d'emploi caus&#233;s par les restructurations et les d&#233;localisations d'entreprises sont bien pr&#233;sents, et le gouvernement &#171; souverainiste &#187;, tout autant que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, refuse d'utiliser les instruments de l'intervention publique pour les r&#233;soudre, pr&#233;f&#233;rant &#224; chaque fois se contenter d'attendre qu'une nouvelle entit&#233; priv&#233;e se mette en place. En revanche, il relance le bradage des actifs publics, &#224; commencer par la poste, pour faire rentrer de l'argent. Dans les caisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les grandes crises industrielles. Emploi et salaires&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes crises industrielles ont atteignent leur paroxysme dans le secteur sid&#233;rurgique et dans celui de l'automobile, plus pr&#233;cis&#233;ment chez Stellantis et dans les grandes entreprises qui lui sont li&#233;es, mais elles touchent &#233;galement des centaines d'autres usines. Quelque 300 000 travailleurs et 300 000 familles sont concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation combative, militante et engag&#233;e de CKN contre les d&#233;localisations et pour l'ouverture d'une nouvelle forme d'intervention publique par la planification de la r&#233;orientation de la production vers la transition &#233;cologique, aurait pu &#234;tre l'occasion pour les directions syndicales de mettre en relation toutes les entreprises impliqu&#233;es dans les restructurations, en d&#233;passant la gestion perdante de la crise au cas par cas, avec l'objectif explicite de relancer l'action publique en lien avec la participation et le contr&#244;le des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair pour tout le monde que les directions syndicales n'ont pas voulu s'engager dans cette voie. Ce n'est pas leur horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que si l'on veut sortir du bourbier dans lequel le mouvement syndical et la classe ouvri&#232;re se sont fourvoy&#233;s, il faut organiser une bataille sur le renouvellement des contrats de travail arriv&#233;s &#224; &#233;ch&#233;ance coordonn&#233;e avec la d&#233;fense de l'emploi, ce qui ne peut que remettre sur la table la question des nationalisations, et m&#234;me celle de l'&#233;chelle mobile des salaires. Personne ne pense que ce sera facile : il faut des discussions importantes dans les assembl&#233;es, mais il faut aussi que soit per&#231;ue la volont&#233; des directions syndicales, et en particulier de la CGIL, de prendre les choses au s&#233;rieux et d'en finir avec la soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Contre toutes les formes d'autonomie diff&#233;renci&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Telle est la seule voie qui puisse nous conduire, avec une force et une cr&#233;dibilit&#233; suffisantes dans l'opinion publique, &#224; la bataille essentielle, celle contre la loi sur l'autonomie diff&#233;renci&#233;e, une loi qui vise &#224; diviser sous toutes ses formes les classes laborieuses, sur les salaires, sur l'emploi, sur l'acc&#232;s &#224; l'aide sociale, sur les droits. A ce stade, il semble incontournable de devoir passer par un r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire pour l'arr&#234;ter et &#233;viter le d&#233;sastre. Mais pour r&#233;ussir &#224; gagner, ce qui est absolument n&#233;cessaire, il faut d&#232;s maintenant une formidable mobilisation sociale sur des questions bien d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meloni et consorts ne le disent pas ouvertement, mais ils savent que la classe ouvri&#232;re est leur seul v&#233;ritable ennemi, le spectre qu'ils craignent, la force qui peut briser leur trajectoire. Travaillons &#224; la relance de la lutte de masse de la classe ouvri&#232;re pour chasser ce gouvernement fascisto-salvino-meloniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Turigliatto, Sinistra anticapitalista&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de DeepLpro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source Sinistra anticapitalista 2024/01/29 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://anticapitalista.org/2024/01/29/contro-il-dividi-ed-impera-fascio-leghista-riunire-le-lotte-delle-classi-lavoratrici/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://anticapitalista.org/2024/01/29/contro-il-dividi-ed-impera-fascio-leghista-riunire-le-lotte-delle-classi-lavoratrici/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Italie fonce t&#234;te baiss&#233;e vers une catastrophe sanitaire et sociale</title>
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		<dc:date>2022-01-18T06:51:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-01-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Italie se pr&#233;cipite vers une nouvelle catastrophe sanitaire et sociale dont le gouvernement Draghi (pr&#233;sent&#233; par les m&#233;dias comme le gouvernement des &#171; meilleurs &#187;) est enti&#232;rement responsable. &lt;br class='autobr' /&gt; 13 janvier 2022 | tir&#233; de Europe socialiste sans fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
La pand&#233;mie, qui a d&#233;j&#224; fait environ 140 000 victimes (et qui sait combien d'autres milliers de personnes ont perdu la vie &#224; cause d'autres pathologies que la crise de la sant&#233; n'a pas permis de soigner), connait une reprise des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-01-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-01-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH117/arton51046-269d1.png?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Italie se pr&#233;cipite vers une nouvelle catastrophe sanitaire et sociale dont le gouvernement Draghi (pr&#233;sent&#233; par les m&#233;dias comme le gouvernement des &#171; meilleurs &#187;) est enti&#232;rement responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 janvier 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article60696&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe socialiste sans fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie, qui a d&#233;j&#224; fait environ 140 000 victimes (et qui sait combien d'autres milliers de personnes ont perdu la vie &#224; cause d'autres pathologies que la crise de la sant&#233; n'a pas permis de soigner), connait une reprise des contaminations sans pr&#233;c&#233;dent (plus de 200 000 contaminations par jour) qui frappe aussi les plus jeunes et qui porte &#224; environ 2 millions le nombre des personnes positives au covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout pour la &#171; reprise &#187; &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une croissance exponentielle, contre laquelle le gouvernement n'a voulu prendre &#224; temps aucune initiative radicale, se limitant &#224; des mesures partielles, inefficaces et contradictoires. Les structures sanitaires sont confront&#233;es &#224; une crise catastrophique, comme c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas en 2020, alors que le gouvernement se refuse &#224; prolonger la fermeture des &#233;coles apr&#232;s les vacances comme le demandent non seulement les syndicats et les responsables scolaires, mais aussi les experts sanitaires et les gouvernements de r&#233;gion, sous pr&#233;texte que cela emp&#234;cherait beaucoup de parents d'aller au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du gouvernement, pendant tous les mois de forte reprise &#233;conomique (avec une croissance annuelle sup&#233;rieure &#224; 6%), a &#233;t&#233; de faire en sorte que les productions et les affaires du commerce, de la restauration, du sport, etc., ne rencontrent aucun obstacle. Non seulement les secteurs productifs ont toujours &#233;t&#233; en activit&#233;, mais on a rouvert les &#233;coles avec 100% d'&#233;l&#232;ves en pr&#233;sence, en surchargeant les classes sans respecter les r&#232;gles de distanciation ; on s'est d&#233;barrass&#233; de fait de toutes les r&#232;gles qui fixent la jauge des transports et des manifestations sportives et enfin, vu que les mises en quarantaine des travailleurEs risquent de perturber la marche des affaires ; on s'est d&#233;barrass&#233; aussi de la mise en quarantaine des vaccin&#233;Es, ce qui permet de continuer &#224; travailler m&#234;me apr&#232;s avoir eu des contacts &#233;troits avec des sujets diagnostiqu&#233;s positifs. Voil&#224; le contexte dans lequel la pand&#233;mie a pu manifester toute sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'enjeu de la vaccination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique sanitaire du gouvernement Draghi s'est limit&#233;e &#224; la vaccination &#8212; qui, certes, est fondamentale &#8212; en pensant que cela suffirait &#224; limiter les contaminations et &#224; garantir &#171; le retour &#224; la normalit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire au business as usual. Toutes les forces de la gauche de classe et les syndicats ont fait campagne pour une vaccination de masse, outil indispensable pour avoir une certaine s&#233;curit&#233; sanitaire collective, sur les lieux de travail, dans les r&#233;unions et les manifestations ; elles se sont aussi battues pour que les vaccins soient disponibles pour toutes et tous, non seulement en Italie mais dans tous les pays du monde, en revendiquant un moratoire sur les brevets. Les syndicats ont demand&#233; des interventions sanitaires et structurelles globales et la vaccination obligatoire, mesure que la Constitution rend possible lors d'&#233;v&#233;nements extraordinaires. La valeur des vaccins n'a pas &#233;t&#233; remise en question, mais il &#233;tait &#233;vident qu'il s'agissait d'une efficacit&#233; partielle : leur utilisation devait &#234;tre accompagn&#233;e d'importants investissements dans les structures sanitaires, l'&#233;cole, les transports et le suivi des contaminations. Mesures que le gouvernement n'a pas prises alors qu'il disposait d'importants fonds europ&#233;ens (plan Next Generation UI), d&#233;pens&#233;s au contraire pour subventionner les entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Draghi et ses ministres ont aussi instrumentalis&#233; le mouvement No Vax, tr&#232;s minoritaire dans le pays mais que l'importante publicit&#233; faite par les m&#233;dias a relanc&#233;, pour se fabriquer une opposition sociale commode qui leur permette de cacher leurs choix sanitaires mais aussi &#233;conomiques et sociaux contenus dans la loi de bilan contre laquelle deux des trois principales centrales syndicales (la CGIL et l'UIL [1]) ont appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale nationale le 16 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Des mesures partielles, d'une efficacit&#233; douteuse &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son dernier d&#233;cret, le gouvernement a impos&#233; l'obligation vaccinale pour toutEs les plus de 50 ans ; cela deviendra d'ici quelques jours une condition pour pouvoir aller au travail mais aussi pour pouvoir fr&#233;quenter les transports publics, les restaurants, etc. Comme l'a dit un m&#233;decin-chef connu : &#171; Ce sont des mesures partielles d'une efficacit&#233; douteuse, qui dans tous les cas arrivent tard et ne pourront avoir quelque effet qu'aux calendes grecques &#187;. Pendant ce temps, la propagation des contaminations met hors-jeu pour raison de maladie ou de quarantaine des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans tous les secteurs des services, en premier lieu dans la sant&#233;, mais aussi l'&#233;cole, les transports, les postes, etc. Le lockdown, tant redout&#233; par le gouvernement et les patrons, risque de se concr&#233;tiser dans le plus grand chaos sanitaire, gestionnaire et social, faisant d'autres milliers de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Draghi, apr&#232;s avoir rempli la fonction qui justifie son existence &#8212; distribuer plus de 100 milliards aux entreprises capitalistes gr&#226;ce au Plan National de Relance et de R&#233;silience et la loi de finance &#8212; mais apr&#232;s avoir &#233;t&#233; incapable d'affronter la pand&#233;mie, semble maintenant en crise car les partis qui le composent sont divis&#233;s et en conflit entre eux. Et le 24 janvier, s&#233;nateurs (315), d&#233;put&#233;s (630) et d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;gionaux (58) sont appel&#233;s &#224; Rome pour &#233;lire le nouveau Pr&#233;sident de la R&#233;publique et ces votes pourraient s'&#233;terniser. Et alors, pour la s&#233;curit&#233; sanitaire, quelle politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Hebdo L'Anticapitaliste - 598 (13/01/2022). Publi&#233; le Jeudi 13 janvier 2022 &#224; 13h00 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/litalie-fonce-tete-baissee-vers-une-catastrophe-sanitaire-et-sociale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/litalie-fonce-tete-baissee-vers-une-catastrophe-sanitaire-et-sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Traduction Bernard Chamayou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il n'y a rien de myst&#233;rieux dans le d&#233;sastre de la gauche italienne &#187;. </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Il-n-y-a-rien-de-mysterieux-dans-le-desastre-de-la-gauche-italienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Il-n-y-a-rien-de-mysterieux-dans-le-desastre-de-la-gauche-italienne</guid>
		<dc:date>2020-08-25T07:17:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-08-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment expliquer le &#171; d&#233;sastre &#187; de la gauche italienne ? La question a pris une ampleur tout &#224; fait particuli&#232;re au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, alors que le pays a connu le gouvernement &#171; le plus &#224; droite de toute son histoire r&#233;publicaine &#187;, une situation d'urgence sanitaire et l'aggravation sans pr&#233;c&#233;dent d'une crise &#233;conomique larv&#233;e qui dure depuis pr&#232;s de trente ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien ne semble vouloir surgir de ce champ de ruine. Et pourtant, les derniers soubresauts politiques, fruits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-08-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-08-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton44433-18991.jpg?1781077277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment expliquer le &#171; d&#233;sastre &#187; de la gauche italienne ? La question a pris une ampleur tout &#224; fait particuli&#232;re au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, alors que le pays a connu le gouvernement &#171; le plus &#224; droite de toute son histoire r&#233;publicaine &#187;, une situation d'urgence sanitaire et l'aggravation sans pr&#233;c&#233;dent d'une crise &#233;conomique larv&#233;e qui dure depuis pr&#232;s de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne semble vouloir surgir de ce champ de ruine. Et pourtant, les derniers soubresauts politiques, fruits d'une longue incubation dans les entrailles de la P&#233;ninsule, forcent &#224; prendre une respiration, un temps d'arr&#234;t, une pause, dans le flux incessant des nouvelles, afin de rechercher les causes de l'effondrement sans appel de l'une des gauches les plus puissantes d'Europe apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant de longue date de la gauche radicale, ancien s&#233;nateur de Rifondazione comunista exclu en 2007 de ce parti pour avoir vot&#233; au S&#233;nat contre l'intervention militaire italienne en Afghanistan, Franco Turigliatto a v&#233;cu de pr&#232;s, durant un demi si&#232;cle, les luttes, les victoires et les d&#233;faites du mouvement ouvrier ; il est aujourd'hui membre de Sinistra anticapitalista.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 ao&#251;t 2020 | tir&#233; de la revue Contretemps.eu&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/desastre-gauche-italie-turigliatto/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/desastre-gauche-italie-turigliatto/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 2 juin 2020, la R&#233;publique italienne f&#234;tait ses 74 ans. Nous reviendrons plus tard sur la p&#233;riode actuelle, mais je voudrais commencer par te faire r&#233;agir sur la p&#233;riode qui suit la Seconde Guerre mondiale et sa signification&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 juin 1946, un r&#233;f&#233;rendum valide le choix du peuple italien de mettre fin &#224; la monarchie et de se doter d'une structure constitutionnelle r&#233;publicaine. C'est une victoire en demi-teinte, contest&#233;e, marqu&#233;e par un vote diff&#233;renci&#233; entre le Nord et le Sud, qui a toutefois ratifi&#233; une profonde rupture institutionnelle et politique avec le pass&#233;. L'expulsion de la monarchie savoyarde, directement responsable de la mont&#233;e du fascisme, d'une dictature qui a dur&#233; plus de 20 ans et de l'immense trag&#233;die de la guerre, r&#233;ceptacle et point de r&#233;f&#233;rence de tout mouvement r&#233;actionnaire, &#233;tait indispensable &#224; la reconstruction d&#233;mocratique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 2 juin a pris &#233;galement une autre signification, celle de l'affirmation de l'Italie comme puissance imp&#233;rialiste qui s'exprime notamment par le d&#233;fil&#233; militaire massif des Forces arm&#233;es, d&#233;nonc&#233; constamment et avec vigueur par les organisations pacifistes et anticapitalistes. Ce n'est pas un hasard si, m&#234;me pendant les jours terribles de la pand&#233;mie et du confinement, les industries d'armement ont &#233;t&#233; soustraites &#224; toute interruption de production, continuant &#224; fabriquer des chars et des avions de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, pour des raisons &#233;videntes, le d&#233;fil&#233; militaire n'a pas eu lieu. Mais ce m&#234;me jour, qui reste le symbole de la victoire de la r&#233;publique antifasciste, les forces de droite, d'extr&#234;me droite et fascistes sont descendues dans la rue, dans l'espoir de susciter un dangereux chaos politique et id&#233;ologique r&#233;actionnaire qui permettrait de capitaliser et polariser le d&#233;sespoir de vastes secteurs sociaux, en particulier la petite-bourgeoisie appauvrie par la crise &#233;conomique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est grave, c'est que les syndicats, et en particulier la CGIL, n'ont pas m&#234;me envisag&#233; la n&#233;cessit&#233; de promouvoir des actions, m&#234;me symboliques, pour s'y opposer ; ils sont rest&#233;s passifs, totalement subordonn&#233;s et align&#233;s derri&#232;re le gouvernement actuel[1]. Les manifestations dispers&#233;es de la gauche radicale et des syndicats de base ne pouvaient pas faire contrepoids &#224; l'action de Matteo Salvini (Lega) et de Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia &#8211; formation d'extr&#234;me-droite) qui ont occup&#233; la Piazza del Popolo &#224; Rome, une place symbolique pour la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une situation tragique au vu des espoirs qu'avait suscit&#233;s la fin de la Seconde Guerre mondiale&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands espoirs du mouvement partisan et populaire pour un changement social et &#233;conomique radical apr&#232;s la d&#233;faite du fascisme, l'effondrement des anciennes structures de l'&#201;tat, la dissolution de l'arm&#233;e et la pr&#233;sence des structures organis&#233;es, ont &#233;merg&#233; de la r&#233;sistance arm&#233;e, mais le peuple a rapidement &#233;t&#233; d&#233;&#231;u. Les partis de gauche, au nom de la reconstruction nationale et du compromis unitaire avec les forces d&#233;mocratiques bourgeoises, ont particip&#233; activement &#224; la reconstruction de l'&#201;tat capitaliste : appareil judiciaire, de d&#233;fense, politique et administratif &#224; diff&#233;rents niveaux. Leur choix n'a pas &#233;t&#233; de transformer la lutte partisane en une r&#233;volution socialiste comme dans la Yougoslavie voisine. La purge des hauts fonctionnaires complices du fascisme est rest&#233;e enti&#232;rement limit&#233;e aux cas les plus flagrants. La classe bourgeoise, responsable d'avoir choisi le fascisme dans les ann&#233;es 1920, avec lequel elle n'a commenc&#233; &#224; prendre ses distances que lorsque les destin&#233;es de la guerre semblaient scell&#233;es, parvint ainsi &#224; garder le contr&#244;le des structures &#233;conomiques. Les usines occup&#233;es par les ouvriers qui les avaient d&#233;fendues du d&#233;mant&#232;lement et des raids nazis furent rendues &#224; leurs &#171; propri&#233;taires l&#233;gitimes &#187; et les luttes des ouvriers, sans parler des actions d&#233;sesp&#233;r&#233;es des groupes de partisans, durement r&#233;prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sc&#233;nario, l'Assembl&#233;e constituante, apr&#232;s deux ans de travail, a approuv&#233; le 22 d&#233;cembre 1947 la nouvelle Charte constitutionnelle (qui est entr&#233;e en vigueur le 1er janvier 1948), une constitution tr&#232;s novatrice, consid&#233;r&#233;e par beaucoup comme la plus d&#233;mocratique du monde. Ce n'est pas un hasard si, m&#234;me aujourd'hui, malgr&#233; les nombreuses manipulations pernicieuses dont elle a fait l'objet, il est encore juste de d&#233;fendre ses contenus d&#233;mocratiques, m&#234;me si les forces de gauche ont tendance &#224; la mythifier en ne comprenant pas pleinement sa nature et ses limites. Il existe certes une constitution formelle mais aussi une constitution mat&#233;rielle, expression de rapports de force toujours plus favorables au capital qu'&#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai &#233;crit dans de nombreux articles, en 2016, &#224; l'occasion du r&#233;f&#233;rendum sur la contre-r&#233;forme constitutionnelle voulue par Matteo Renzi et dont il est sorti d&#233;fait, la Constitution de 1948 n'&#233;tait pas la constitution des conseils d'usines, de l'autogestion et de la d&#233;mocratie directe. C'&#233;tait une constitution ind&#233;niablement fortement d&#233;mocratique, mais bourgeoise, qui garantissait la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et le syst&#232;me capitaliste en tant que tel. Elle se fondait sur d'importants instruments d&#233;mocratiques et des dispositifs caract&#233;ris&#233;s par une importante division des pouvoirs de l'&#201;tat et par leur &#233;quilibre, par des m&#233;canismes &#233;lectifs proportionnels qui assuraient une large repr&#233;sentation des classes subordonn&#233;es ainsi que par un strict bicam&#233;risme visant &#224; &#233;viter les coups de force l&#233;gislatifs et &#224; rechercher l'&#233;change entre les diff&#233;rents secteurs de la classe bourgeoise et des compromis partiels avec les forces de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis de gauche, qui avaient renonc&#233; &#224; la r&#233;volution sociale, ont r&#233;ussi &#224; faire inscrire dans la Constitution, non seulement les r&#232;gles de protection de la libert&#233; et des droits, mais aussi certains principes, bien que g&#233;n&#233;riques, d'&#233;galit&#233; et de justice sociale. Mais ces principes n'&#233;taient inscrits que sur le papier et comme l'avait d&#233;clar&#233; le juriste Piero Calamandrei : &#171; Pour d&#233;dommager les forces de gauche de la r&#233;volution manqu&#233;e, les forces de droite ne se sont pas oppos&#233;es &#224; accueillir au sein de la Constitution les &#233;l&#233;ments d'une r&#233;volution promise. Seul l'avenir nous dira laquelle de ces deux forces a vu le plus juste dans cette escarmouche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait, la &#171; R&#233;publique fond&#233;e sur le travail &#187; n'a pas emp&#234;ch&#233; les choix agressifs de la bourgeoisie, la dure exploitation de la classe ouvri&#232;re dans les ann&#233;es 1950 et 1960, les licenciements massifs, les repr&#233;sailles politiques sur les lieux de travail et les violences polici&#232;res contre les manifestations d'ouvriers et de paysans qui, en vingt ans, ont fait plus de 150 morts. Dans une phase ascendante de l'&#233;conomie mondiale, le capitalisme italien a connu un d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent et une large industrialisation du pays a eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes d&#233;mocratiques et sociaux inscrits dans la Constitution italienne n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s pendant de nombreuses ann&#233;es. La Cour constitutionnelle elle-m&#234;me, institution cl&#233; de tout le syst&#232;me constitutionnel, n'a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e qu'en 1954.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces ann&#233;es-l&#224;, le Parti communiste italien (PCI), pour justifier ses choix et aussi la d&#233;faite politique subie apr&#232;s son expulsion du gouvernement en 1947, et pour maintenir en m&#234;me temps la perspective, bien que lointaine, du socialisme, a th&#233;oris&#233; la n&#233;cessit&#233; d'une phase historique de &#171; d&#233;mocratie progressive &#187;, entre le capitalisme et le socialisme ; une formule fumeuse et tr&#232;s irr&#233;aliste &#233;tant donn&#233; les conditions politiques et sociales des ann&#233;es 50. Il faut cependant reconna&#238;tre que le PCI a r&#233;alis&#233; un vaste travail de politisation &#233;l&#233;mentaire, m&#234;me si elle fut r&#233;formiste, de tr&#232;s larges secteurs de la classe ouvri&#232;re, augmentant sa force &#233;lectorale et affirmant une capacit&#233; d'h&#233;g&#233;monie politique et id&#233;ologique (au sens large) sur d'importantes couches intellectuelles et culturelles du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette histoire des gauches italiennes dans l'apr&#232;s-guerre, quelles autres &#233;tapes mentionnerais-tu ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier tournant est intervenu dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1960 en raison de faits objectifs (le puissant d&#233;veloppement num&#233;rique de la classe ouvri&#232;re et les profondes contradictions du syst&#232;me) et de changements subjectifs :la radicalisation politique dans la jeunesse et parmi les &#233;tudiants, la reprise de la mobilisation de la classe ouvri&#232;re, renouvel&#233;e et rajeunie. D&#232;s 1967, une p&#233;riode de lutte sans pr&#233;c&#233;dent se d&#233;veloppe, changeant profond&#233;ment la soci&#233;t&#233;, ouvrant la voie &#224; une extraordinaire mont&#233;e des organisations syndicales, &#224; la naissance et au d&#233;veloppement des conseils d'usine et, sur le plan politique, &#224; un nouveau renforcement &#233;lectoral du PCI, mais aussi &#224; la formation d'une extr&#234;me gauche puissante. Les mobilisationspresque quotidiennes au sein des entreprises ont d&#233;termin&#233; un changement profond dans les rapports de pouvoir entre les classes, au profit du mouvement ouvrier, qui a r&#233;ussi &#224; imposer une concr&#233;tisation et une inscription partielle dans la loi de certains principes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1968 et 1978, toutes les grandes r&#233;formes de la soci&#233;t&#233; capitaliste italienne ont &#233;t&#233; arrach&#233;es par de tr&#232;s dures luttes. Il est impressionnant aujourd'hui de les &#233;num&#233;rer, en les mettant en relation avec les principes constitutionnels qui jusqu'alors &#233;taient rest&#233;s lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution des r&#233;gions (articles 114 et 115 du texte original) n'a eu lieu qu'en 1970. La grande r&#233;forme des retraites visant &#224; garantir une vieillesse d&#233;cente et ind&#233;pendante aux femmes et aux travailleurs remonte &#224; 1968/69 (art. 38) ; de m&#234;me que l'abolition des sept zones (gabbie salariali) dans lesquels le pays &#233;tait divis&#233; et o&#249; s'appliquaient des niveaux salariaux tr&#232;s diff&#233;rents, ainsi que la conqu&#234;te de contrats de travail nationaux efficaces (art. 36). Un solide syst&#232;me d'&#233;chelle mobile des salaires pour les prot&#233;ger de l'inflation (art. 36) est arrach&#233; en 1975. La loi sur le divorce et la loi d'application du r&#233;f&#233;rendum (art. 75) datent &#233;galement de 1970 ; la r&#233;forme fiscale (art. 53) et la r&#233;forme de la sant&#233; (art. 32) remontent &#224; 1978 ; le droit de vote pour les jeunes de dix-huit ans est accord&#233; en 1975 et la m&#234;me ann&#233;e est adopt&#233;e la r&#233;forme de la famille, qui &#233;tablit enfin l'&#233;galit&#233; des droits entre les hommes et les femmes (art. 29) ; la loi 194 sur l'interruption de grossesse, ainsi que l'abolition des asiles, date de 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Statut des travailleurs de 1970, approuv&#233; au lendemain de l'automne chaud (qui donne un certain sens aux articles 1, 4 et 39), constitue un jalon important. Il garantit les droits collectifs et individuels des salari&#233;s ainsi que la pleine &#233;galit&#233; salariale et r&#233;glementaire entre les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&#233;cole (art. 34), un premier pas avait &#233;t&#233; accompli au d&#233;but des ann&#233;es 60 avec la mise en place d'une &#233;cole secondaire unifi&#233;e ; mais ce n'est qu'avec les grandes luttes de 1968 que l'&#233;cole est devenue v&#233;ritablement une institution de masse, potentiellement accessible &#224; tout un chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 4 (&#171; La R&#233;publique reconna&#238;t &#224; tous les citoyens le droit au travail et promeut les conditions qui rendent ce droit effectif &#187;) n'a jamais &#233;t&#233; concr&#233;tis&#233; pour la simple raison qu'il n'est pas compatible avec le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es 1970, lorsque la grande ascension ouvri&#232;re et sociale a commenc&#233; &#224; s'estomper face &#224; une s&#233;rie d'&#233;cueils politiques et strat&#233;giques, la bourgeoisie et ses gouvernements ont commenc&#233; &#224; remettre en question ces acquis sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observateurs &#233;trangers n'ont vu que la puissance et l'ampleur des forces syndicales et politiques de la classe ouvri&#232;re en Italie et leurs succ&#232;s &#233;lectoraux, puis leur effondrement ult&#233;rieur, ce que Perry Anderson appelle le d&#233;sastre de la gauche, presque comme une manifestation du destin, cynique et infid&#232;le, sans comprendre pleinement ni les caract&#233;ristiques de son ascension ni les raisons profondes de la catastrophe qui a suivi. Pour tenter de les saisir, il faut avoir pr&#233;sents &#224; l'esprit deux &#233;l&#233;ments : la dialectique entre le mouvement des masses et le cadre &#233;conomique capitaliste et celle entre ce mouvement et les choix strat&#233;giques et politiques des syndicats et du PCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#233;dons par ordre : comme tous les grands mouvements de masse, celui de 1968-1969 trouve ses racines dans les contradictions du capitalisme qui prend un caract&#232;re largement spontan&#233; sur lequel peuvent agir les avant-gardes politiques et syndicales radicales. La force, la dur&#233;e et l'ampleur ont conditionn&#233; pendant une certaine p&#233;riode les orientations bureaucratiques qui ont vu pourtant avec inqui&#233;tude la dynamique de ces mouvements, mais qui ont su s'y ins&#233;rer, les chevaucher, se renouveler et assumer un r&#244;le social et politique sans pr&#233;c&#233;dent (les syndicats). Elles se sont ainsi renforc&#233; organiquement et &#233;lectoralement ; au milieu des ann&#233;es 1970, le PCI est apparu comme un exutoire &#233;lectoral cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment : la force des luttes et le contr&#244;le des travailleurs sur les usines et les lieux de travail, mais aussi leur dimension polarisante dans la soci&#233;t&#233;, ne pouvaient &#234;tre &#171; tol&#233;r&#233;es &#187; par le capitalisme italien que pendant une p&#233;riode limit&#233;e, le temps de se r&#233;organiser et de pr&#233;parer sa &#171; revanche &#187;. Pour la classe ouvri&#232;re, le n&#339;ud strat&#233;gique consistait &#224; aller plus loin, afin de remettre en cause la structure du capitalisme, d'approfondir son contr&#244;le en d&#233;veloppant des formes d'auto-organisation et d'autogestion. Or cela ne faisait pas partie de la conscience des d&#233;l&#233;gu&#233;s combatifs, qui ont exprim&#233; leur force dans les affaires internes de leur entreprise, mais qui ont d&#233;l&#233;gu&#233; la strat&#233;gie politique &#224; la direction majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de la gauche r&#233;volutionnaire n'ont jamais non plus r&#233;ussi, &#224; cause de leurs limites intrins&#232;ques et des erreurs qu'elles ont commises, &#224; gagner une cr&#233;dibilit&#233; en vue d'une direction syndicale et politique alternative. La discussion de 1977-1978 pour savoir si le salaire &#233;tait ou non une variable d&#233;pendante de la productivit&#233; exprimait toutes ces contradictions. Il n'est que trop clair que, dans le syst&#232;me capitaliste, le salaire est une variable d&#233;pendante ; remettre cela en question signifie entamer un processus de d&#233;passement des lois du capitalisme, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Affirmer sa d&#233;pendance comme le firent les dirigeants syndicaux et plus encore le PCI signifie entamer un processus de normalisation mod&#233;r&#233;e et de repli, m&#234;me s'il est cach&#233; par mille sophismes id&#233;ologiques. Cela signifiait rendre aux capitalistes la totalit&#233; du pouvoir dans les usines. C'est &#224; partir de cette p&#233;riode (1977 &#224; Bologne) qu'appara&#238;t &#233;galement un dangereux foss&#233; entre la classe ouvri&#232;re traditionnelle et les zones de pr&#233;carit&#233; de la jeunesse, foss&#233; nourri par les choix du secr&#233;taire de la CGIL Luciano Lama et du PCI, mais aussi favoris&#233; par l'extr&#233;misme politique des organisations de la soi-disant &#171; autonomie ouvri&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1978, lors de la grande assembl&#233;e interconf&#233;d&#233;rale des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui a eu lieu dans le quartier de l'EUR &#224; Rome, le tournant mod&#233;r&#233; de la ligne syndicale a &#233;t&#233; formellement affirm&#233;, mais sur le lieu de travail, l'action des d&#233;l&#233;gu&#233;s de base a continu&#233; &#224; aller dans la direction oppos&#233;e, bien qu'elle soit rest&#233;e faible en raison de son caract&#232;re fragment&#233; et pragmatique. Les &#233;v&#233;nements de la lutte contractuelle de 1979 avec les mobilisations extraordinaires de juillet (les ouvriers et les ouvri&#232;res de la FIAT &#224; Turin sortent en cort&#232;ge durant 15 jours, r&#233;quisitionnent les bus et bloquent le centre-ville),lorsque la contre-plateforme contractuelle des patrons a &#233;t&#233; rejet&#233;e et les m&#233;tallurgistes ont r&#233;ussi &#224; d&#233;fendre leurs positions ant&#233;rieures, ont confirm&#233; que le jeu restait ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, les patrons ont compris que les simples divisions d&#233;j&#224; introduites entre les travailleurs stables et les travailleurs pr&#233;caires d&#233;sormais pr&#233;sents ne suffisaient pas &#224; d&#233;terminer la d&#233;faite de la classe. La classe ouvri&#232;re devait &#234;tre vaincue dans sa t&#234;te dirigeante, celle du grand complexe industriel de la FIAT avec ses centaines de milliers d'ouvriers. L'attaque a commenc&#233; &#224; l'automne 1979 avec le licenciement de 61 ouvriers et d&#233;l&#233;gu&#233;s, mais elle ne s'est r&#233;alis&#233;e pleinement qu'en septembre 1980, avec l'annonce de plusieurs milliers de renvois. La lutte a dur&#233; plus d'un mois (37 jours), avec le blocage des portes de toutes les usines en Italie, avec des mobilisations et une solidarit&#233; extraordinaire, mais &#224; la fin, les dirigeants syndicaux ont sign&#233; un accord qui a chass&#233; 22.000 travailleurs de l'usine. C'&#233;tait la victoire de la r&#233;action, le d&#233;but de la d&#233;faite et de la retraite. Les congr&#232;s syndicaux de 1982 ont &#233;t&#233; ceux de la normalisation, du nouveau cours qui s'exprimera de plus en plus dans la subordination aux besoins du capital[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 1990 et la d&#233;cennie suivante que l'offensive capitaliste lib&#233;rale se d&#233;veloppera dans toute l'Europe, avec un r&#244;le actif de gouvernement sociaux-d&#233;mocrates de plus en plus sociaux-lib&#233;raux et avec des syndicats subordonn&#233;s &#224; ce processus de r&#233;gression, mais le tournant italien de la fin des ann&#233;es 1970 montrait le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quelles sont les phases de cette offensive ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai un souvenir tr&#232;s clair des &#233;tapes du d&#233;mant&#232;lement progressif des conqu&#234;tes en Italie, des luttes non men&#233;es ou mal men&#233;es, des divisions qui se sont produites dans la classe, des d&#233;faites qui ont g&#233;n&#233;r&#233; la d&#233;moralisation, des r&#233;bellions de secteurs de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui ne parvenaient pas &#224; se consolider et &#224; se traduire en une force syndicale nationale alternative. Chacune de ces &#233;tapes a permis &#224; l'offensive politique id&#233;ologique de la classe dominante et de ses m&#233;dias d'avancer, et &#224; leurs id&#233;es d'acqu&#233;rir plus de cr&#233;dibilit&#233; dans les secteurs interm&#233;diaires et dans les zones populaires, priv&#233;s d&#233;sormais d'une v&#233;ritable orientation de classe et de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les groupes de direction bureaucratiques, pas &#224; pas et sous mille formes, ont avili et d&#233;mantel&#233; les concepts de classe les plus &#233;l&#233;mentaires. Le changement de nom du PCI a &#233;t&#233; dans le m&#234;me sens ; la tentative de relancer un projet alternatif avec la construction de Rifondazione comunista a &#233;t&#233; difficile ; elle a obtenu des succ&#232;s partiels au d&#233;but du si&#232;cle, mais s'est effondr&#233;e ensuite de fa&#231;on spectaculaire avec la participation au gouvernement de Romano Prodi, en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre encore plus pr&#233;cis : l'&#233;chelle mobile des salaires, outil de d&#233;fense essentiel, d&#233;j&#224; alt&#233;r&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1980, a &#233;t&#233; d&#233;finitivement abolie en 1992 par un accord entre le gouvernement, les syndicats et la Confindustria (conf&#233;d&#233;ration patronale), le 31 juillet 1992, au moment o&#249; les travailleurs partaient en vacances ; en 1993, l'accord de &#171; concertation &#187; a &#233;t&#233; sign&#233;, liant les revendications salariales des travailleurs &#224; la seule inflation pr&#233;vue par le gouvernement et &#224; la productivit&#233; des entreprises ; la subordination des bureaucraties syndicales aux entreprises a &#233;t&#233; de plus en plus marqu&#233;e ; les contrats de travail devenaient de plus en plus faibles et les salaires de plus en plus l&#233;gers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande r&#233;forme de 1978 de la fiscalit&#233; a perdu son caract&#232;re particuli&#232;rement progressif ; l'imposition sur le capital a &#233;t&#233; toujours plus r&#233;duite ; la dette publique a continu&#233; &#224; augmenter en cons&#233;quence et va &#234;tre l'instrument d'un chantage permanent &#224; la r&#233;duction des d&#233;penses publiques et du bien-&#234;tre. Le droit &#224; une pension d&#233;cente apr&#232;s une vie de travail a subi une terrible alt&#233;ration avec la loi [Lamberto] Dini de 1995, vot&#233;e par le centre gauche et accept&#233;e par les syndicats ; la destruction du bien-&#234;tre public s'est poursuivie au cours du nouveau si&#232;cle avec l'&#233;l&#233;vation de l'&#226;ge de la retraite, jusqu'&#224; la super contre-r&#233;forme Fornero de 2011 sous le gouvernement de Mario Monti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res lois pr&#233;carisant le travail dataient d&#233;j&#224; des ann&#233;es 1980, elles se poursuivent dans les ann&#233;es 1990 et culminent en 2003 avec la loi 30 de Berlusconi (d&#233;cret l&#233;gislatif 276), qui pr&#233;voit une cinquantaine de formes de contrats pr&#233;caires. Le gouvernement Prodi, qui lui succ&#233;de en 2007, confirmera le contenu de cette loi avec des amendements d&#233;risoires[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, la modification du titre V de la Constitution, &#224; l'initiative du gouvernement de centre gauche (sous la pression du f&#233;d&#233;ralisme dit fiscal) a red&#233;fini les pouvoirs l&#233;gislatifs entre l'&#201;tat et les r&#233;gions, entra&#238;nant une profonde alt&#233;ration de la Constitution. Un coup encore plus dur a &#233;t&#233; port&#233; en 2012 avec l'introduction de l'article 81, qui constitutionnalise l'&#233;quilibre budg&#233;taire et emp&#234;che de fait toute action sociale large de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement ouvrier a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans les luttes pour les droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques, son affaiblissement a &#233;galement signifi&#233; l'&#233;mergence de processus r&#233;gressifs sur le terrain des institutions, &#224; commencer par l'affirmation du r&#244;le pr&#233;dominant des organes ex&#233;cutifs sur les organes l&#233;gislatifs et une s&#233;rie de lois &#233;lectorales qui ont de plus en plus r&#233;duit une v&#233;ritable repr&#233;sentation proportionnelle du vote populaire au nom de la stabilit&#233; et de la &#171; gouvernance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; &#233;galement caract&#233;ris&#233;es par la privatisation d'un grand nombre de propri&#233;t&#233;s publiques. En 2014, le gouvernement de Matteo Renzi a aboli l'article 18 du Code du travail, qui obligeait les patrons &#224; r&#233;int&#233;grer les travailleurs injustement licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; d&#233;sastre &#187; de la gauche n'a rien de myst&#233;rieux. Il y avait quelque chose de pourri, non seulement au Danemark, mais aussi dans la gauche italienne. Cette voie lib&#233;rale r&#233;gressive a produit un appauvrissement politique et culturel de la soci&#233;t&#233;, un effondrement de la conscience de classe, qui s'est acc&#233;l&#233;r&#233; &#224; chaque fois que la classe ouvri&#232;re subissait une nouvelle d&#233;faite sous les coups des forces dominantes, g&#233;r&#233;s avec la collaboration de classe de ses directions historiques. En ce nouveau si&#232;cle, le mouvement altermondialiste et la lutte acharn&#233;e pour la d&#233;fense de l'article 18, combin&#233;s &#224; d'autres mobilisations pour la d&#233;fense de l'emploi, ne sont pas parvenues &#224; modifier la dynamique g&#233;n&#233;rale, parce qu'ils restaient partiels et que les directions syndicales ne montraient aucune intention de s'opposer efficacement aux choix lib&#233;raux des gouvernements successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ruptures g&#233;n&#233;rationnelles se multiplient, tout comme le foss&#233; entre les travailleurs et les travailleuses qui ont encore un contrat traditionnel (avec de moins en moins de garanties) et la vaste zone du travail pr&#233;caire et informel ; la transmission entre militants du savoir-faire de la lutte des classes a &#233;t&#233; &#233;galement interrompue. Les syndicats officiels ont &#233;t&#233; de moins en moins des &#233;coles de critique du syst&#232;me capitaliste et de formation de la conscience de classe ; on en est donc arriv&#233; au paradoxe que de nombreux membres de la CGIL votent sans probl&#232;me pour le Mouvement 5 &#233;toiles (M5S), mais aussi pour la Lega.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de cette dialectique sociale permet &#233;galement de comprendre les raisons du d&#233;veloppement de Forza Italia d'abord et du M5S ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a beaucoup parl&#233; du r&#244;le du berlusconisme, non seulement en tant qu'instrument de gestion du pouvoir, mais aussi comme culture politique dans la tourmente de la gauche. Qu'est-ce que cette p&#233;riode de l'histoire italienne, au cours des presque trente derni&#232;res ann&#233;es, a entra&#238;n&#233; en termes sociaux, politiques, culturels et &#233;conomiques, &#233;galement en termes de transformation du monde du travail ? Pourquoi faut-il comprendre cette phase pour essayer de saisir la situation actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, les difficult&#233;s des partis traditionnels (D&#233;mocratie Chr&#233;tienne, Parti communiste italien, Parti socialiste italien) ont commenc&#233;. Ces partis ont connu une crise abyssale au d&#233;but des ann&#233;es 1990 avec la r&#233;v&#233;lation du scandale des pots-de-vin (tangentopoli) ; le r&#244;le polarisant de la classe ouvri&#232;re s'est estomp&#233; ; les restructurations capitalistes ont produit des divisions croissantes entre les diff&#233;rents secteurs du travail ; la pr&#233;carit&#233; s'est accrue ; la cr&#233;dibilit&#233; des solutions collectives a diminu&#233;, parce que chaque conflit syndical a abandonn&#233; quelque chose en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualisme et la recherche de solutions individuelles faisaient partie de la propagande id&#233;ologique et de ses mod&#232;les, mais ils sont apparus de plus en plus souvent comme la seule solution gagnante, ou du moins la seule voie possible. Les m&#233;dias priv&#233;s, mais aussi les cha&#238;nes publiques et tous les partis, dans une certaine mesure, ont accompli un &#233;norme travail pour promouvoir de nouveaux &#171; r&#233;cits &#187;, c'est-&#224;-dire de nouvelles interpr&#233;tations mystifi&#233;es de la r&#233;alit&#233;, y compris le mythe du self-made man.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau politique, tout le monde s'est mis &#224; chercher le leader, celui qui sortirait victorieux de la promotion des m&#233;dias. Le probl&#232;me de la corruption a explos&#233; comme un mal end&#233;mique ; et le combat contre l'injustice et les corruptions du capitalisme a laiss&#233; place &#224; la lutte contre la corruption tout court, sans autre qualificatif. Certes, les transformations productives ont modifi&#233; certaines caract&#233;ristiques du monde du travail ; en r&#233;alit&#233;, la classe ouvri&#232;re n'a pas du tout disparu (c'est une invention id&#233;ologique), mais ses composantes se sont disloqu&#233;es[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlusconi a trouv&#233;, durant ces ann&#233;es-l&#224;, un terrain &#171; liquide &#187; et fertile pour polariser &#224; son avantage de vastes secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie, obtenir le soutien de secteurs capitalistes plus importants et le vote de franges populaires toujours plus larges, surtout dans le Sud. Berlusconi &#233;tait, &#224; bien des &#233;gards, impr&#233;sentable ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment sur cela que ses adversaires d&#233;mocrates ont construit leur opposition politique, centr&#233;e enti&#232;rement sur le berlusconisme et l'anti-berlusconisme, mettant de c&#244;t&#233; les grands choix &#233;conomiques et sociaux qui semblaient aller de soi, car ils &#233;taient ceux que pr&#233;conisait l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier corollaire de cette approche politique a &#233;t&#233; de d&#233;l&#233;guer au pouvoir judiciaire la lutte contre le berlusconisme, en n&#233;gligeant la lutte sociale. Le deuxi&#232;me corollaire a &#233;t&#233; qu'en Italie aussi, on a assist&#233; au mouvement paralysant du pendule : le gouvernement de centre gauche d&#233;cevait, le centre droit lui succ&#233;dait et ne faisait gu&#232;re mieux ; suivait une nouvelle oscillation en faveur des sociaux-lib&#233;raux, etc., dans un jeu d&#233;form&#233; d'alternance bourgeoise, o&#249; les masses devenaient simplement spectatrices. En Italie, tant l'action politique, &#233;conomique et id&#233;ologique de Berlusconi que la mani&#232;re dont la bataille contre lui a &#233;t&#233; men&#233;e ont fait beaucoup de d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le a jou&#233; le M5S (Mouvement 5 Etoiles) ? Son apparition sur la sc&#232;ne politique italienne a-t-elle, selon toi, bloqu&#233; l'apparition de mouvements sociaux et politiques de grande envergure ? Si oui, de quelle mani&#232;re ? Sinon, pourquoi les diff&#233;rents mouvements sociaux qui ont marqu&#233; la sc&#232;ne politique italienne depuis 2011 n'ont-ils pas trouv&#233; un d&#233;bouch&#233; politique comme dans l'&#201;tat espagnol ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du M5S a eu lieu dans les ann&#233;es qui ont suivi l'&#233;chec du deuxi&#232;me gouvernement Prodi (2008). Il est utile de rappeler que ce gouvernement de centre gauche, n&#233; en 2006, apr&#232;s 5 ans de gouvernement berlusconien mis en difficult&#233; par les luttes des travailleurs pour la d&#233;fense de l'article 18 avait suscit&#233; des espoirs de changement particuli&#232;rement importants avec (?). Il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme le gouvernement de l'alternative et de la &#171; r&#233;paration &#187; et Rifondazione est apparue et s'est pr&#233;sent&#233;e comme la garante &#224; gauche d'un virage r&#233;formiste. C'&#233;tait la derni&#232;re chance pour le centre gauche de r&#233;pondre aux attentes des travailleurs. Ces attentes ont pourtant i rapidement &#233;t&#233; d&#233;&#231;ues, ce qui a conduit &#224; l'&#233;puisement de l'exp&#233;rience et &#224; la nouvelle affirmation &#233;lectorale du centre droit, en avril 2008. S'en sont suivies la disparition de la gauche du Parlement, la profonde crise politique et organisationnelle de Rifondazione comunista et la fragmentation des forces de la gauche alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui suivirent, un profond malaise traversa de vastes secteurs de la population, combinant la col&#232;re face &#224; la poursuite des politiques lib&#233;rales mais aussi une certaine d&#233;moralisation, la perte de cr&#233;dibilit&#233; de la gauche et la grande difficult&#233; &#224; reconstruire des mouvements de masse radicaux, tel qu'ils s'&#233;taient manifest&#233;s apr&#232;s le Forum social de G&#234;nes (2001). La col&#232;re et le rejet des politiques dominantes sont rest&#233;s confus, individuels, et sur ce terreau, le M5S a trouv&#233; le moyen de s'affirmer avec des id&#233;es certes g&#233;n&#233;rales, mais scand&#233;es avec beaucoup de force. Des secteurs de la petite bourgeoisie (professions lib&#233;rales, ind&#233;pendants), mais aussi des travalleurs, employ&#233;s de bureau, priv&#233;s et publics, ont trouv&#233; dans cette formation un exutoire politique pour exprimer une aversion pour la soi-disant caste, l'ancienne classe politique et la vieille politique, mais aussi un &#233;cho &#224; des th&#232;mes non &#233;trangers &#224; la gauche radicale (&#233;cologie et service public de l'eau), et des id&#233;es li&#233;es aux nouvelles technologies de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une formation &#171; ambigu&#235; &#187;, une petite bourgeoisie qui a ainsi r&#233;ussi &#224; f&#233;d&#233;rer la r&#233;bellion issue de larges secteurs de la droite, mais aussi de la gauche, dont de nombreux ouvriers. La question des migrants a &#233;t&#233; cependant le test d&#233;cisif pour indiquer son caract&#232;re de droite et qualunquista[5]. De par sa nature, le M5S ne pouvait pas construire de mouvements collectifs, il ne pouvait que g&#233;rer la r&#233;bellion individuelle et la canaliser vers le vote. Son grand succ&#232;s &#233;lectoral a eu lieu en 2018, apr&#232;s 5 ans de gouvernement de &#171; centre gauche &#187;, largement dirig&#233; par Matteo Renzi. Si, pendant un certain temps, l'ambigu&#239;t&#233; politique du M5S a permis de d&#233;gager un consensus &#224; droite, emp&#234;chant de rechercher une r&#233;f&#233;rence plus extr&#234;me, &#224; moyen terme, elle n'a pas pu emp&#234;cher l'&#233;mergence de positions politiques de plus en plus r&#233;actionnaires, voire fascistes. Le M5S n'a eu aucun probl&#232;me &#224; gouverner avec la Lega, mais cela a conduit &#224; ce qu'une partie de son &#233;lectorat aboutisse directement chez Salvini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux se sont &#233;galement manifest&#233;s au cours de cette derni&#232;re d&#233;cennie, sur des objectifs pr&#233;cis et concrets, mais ils n'ont pas connu une dynamique de recomposition et d'&#233;largissement. La mobilisation des travailleurs a &#233;t&#233; rigoureusement contenue par les syndicats et leur force spontan&#233;e n'est pas de nature &#224; d&#233;bloquer cette situation. Le seul v&#233;ritable grand mouvement politique g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; celui des enseignants (2015) mais, au plus fort d'une mobilisation qui a dur&#233; plusieurs mois, il a &#233;t&#233; stopp&#233; par la direction du syndicat, avec des effets profond&#233;ment d&#233;moralisants. Les enseignants ont d&#232;s lors form&#233; une partie des &#233;lecteurs du M5S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines mobilisations antiracistes et celles de et pour les migrants ont &#233;t&#233; &#233;galement importantes, mais toutes plac&#233;es dans l'impossibilit&#233; de mettre en &#339;uvre &#224; elles seules un projet politique global. Les plus grandes mobilisations ont &#233;t&#233; celles des femmes, &#224; partir d'un mouvement f&#233;ministe qui, &#224; partir de Non una di meno (Pas une de moins), contre la violence faite aux femmes, a trouv&#233; une nouvelle grande impulsion, un protagonisme central qui continue &#224; marquer la conscience du pays. Il est cependant difficile de penser qu'une recomposition politique puisse en r&#233;sulter en tant que telle. Je crois que dans l'&#201;tat espagnol, elle a eu une grande importance dans la naissance de Podemos, mais de concert avec bien d'autres facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup se sont pos&#233; la question : pourquoi n'y a-t-il pas eu en Italie une forte recomposition politique &#224; gauche ? Je pose un probl&#232;me qui est aussi un d&#233;but d'explication. Outre la faiblesse structurelle des mouvements de ces derni&#232;res ann&#233;es, l'insignifiance politique et organisationnelle d'une gauche radicale divis&#233;e et m&#234;me oscillante, un processus de recomposition avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; en Italie, celui que repr&#233;sentait Rifondazione, la seule force politique pr&#233;sente dans le mouvement altermondialiste, une exp&#233;rience que sa direction politique a g&#226;ch&#233;e avec les choix gouvernementaux de 2006. Depuis lors, nous marchons sur des d&#233;combres et il faudra peut-&#234;tre attendre qu'un autre train passe. M&#234;me si les forces alternatives de gauche peuvent et doivent faire des choses utiles pour se pr&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours de cette derni&#232;re p&#233;riode, on a beaucoup parl&#233; en Italie, mais pas seulement, d'un retour du fascisme. Selon toi est-ce que cela fait sens de parler de retours du fascisme ? La th&#233;matique se rattache &#233;videmment aux victoires dans les urnes du parti de Salvini, m&#234;me s'il semble aujourd'hui en d&#233;clin dans les sondages, et aussi aux r&#233;sultats importants du mouvement de Giorgia Meloni. Comment l'expliques-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne historique tel que le fascisme, qui a dur&#233; vingt ans, laisse des traces permanentes sur le plan id&#233;ologique et politique ; des formations politiques qui, de diverses mani&#232;res et &#224; des degr&#233;s divers, se sont reconnues dans l'id&#233;ologie et l'histoire du fascisme ont &#233;t&#233; pr&#233;sentes en continuit&#233; dans notre pays, obtenant &#233;galement des r&#233;sultats &#233;lectoraux significatifs (par exemple le Mouvement social italien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier le r&#244;le n&#233;faste que certaines formations &#171; brunes &#187; ont jou&#233; dans les ann&#233;es 1970, avec dans leur sillage des attentats terroristes et sanguinaires, en lien avec des secteurs de l'appareil d'&#201;tat, de Piazza Fontana au massacre de Bologne. Elles ont propag&#233; des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques mais aussi des pratiques de violence aveugle et de grande envergure pour bloquer la mont&#233;e du mouvement ouvrier, avec la couverture des services secrets dits &#171; d&#233;vi&#233;s &#187; de l'&#201;tat. Nous ne parlons pas d'une histoire qui se serait pass&#233; il y un si&#232;cle mais de faits qui remontent &#224; 40 ou 50 ans. La soci&#233;t&#233; capitaliste est marqu&#233;e par des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;actionnaires ou plus directement attribuables au fascisme. C'est pourquoi les forces de gauche et les forces ouvri&#232;res ont toujours essay&#233; de mener des activit&#233;s antifascistes pour tuer dans l'&#339;uf la pr&#233;sence des formations fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'int&#233;resse gu&#232;re &#224; l'analyse de la correspondance entre le fascisme des ann&#233;es 1920 et les formations r&#233;actionnaires d'extr&#234;me droite pr&#233;sentes en Italie aujourd'hui. Tout ph&#233;nom&#232;ne peut se pr&#233;senter de mani&#232;re diff&#233;rente du pass&#233;, en s'adaptant au pr&#233;sent, mais aussi, et surtout, en ayant des traits communs ind&#233;niables : le nationalisme, le racisme, l'homophobie, etc. Aujourd'hui, on peut &#234;tre particuli&#232;rement violent avec les migrants, utilis&#233;s comme boucs &#233;missaires, comme l'&#233;taient les Juifs hier ; c'est une violence qui peut &#234;tre rapidement dirig&#233;e contre d'autres secteurs de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;crets Salvini sont dirig&#233;s contre les migrants et contre les mobilisations ouvri&#232;res et sociales tout court. La Lega a des traits qui font r&#233;f&#233;rence au fascisme et qui, demain, dans la crise, pourraient se manifester encore plus. Fratelli d'Italia comporte des r&#233;f&#233;rences encore plus explicites &#224; la p&#233;riode fasciste, m&#234;me si sa cheffe aimerait para&#238;tre plus s&#233;rieuse et responsable que Salvini, pr&#234;te &#224; assumer des fonctions minist&#233;rielles. Tous utilisent les formations fascistes d&#233;clar&#233;es comme une masse de man&#339;uvre. Certes, la bourgeoisie d'aujourd'hui ne pense pas &#224; rompre avec la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, qu'elle d&#233;cline cependant dans un sens autoritaire. Mais personne ne peut &#234;tre s&#251;r de ses choix futurs face &#224; une crise sociale et &#233;conomique profonde. Seule la lutte des classes concr&#232;te peut le dire. En tout cas, les dominants n'ont aucun probl&#232;me &#224; envisager un gouvernement form&#233; par Salvini et Meloni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; croissante de la situation s'exprime dans le fait que des secteurs importants de la petite et de la moyenne bourgeoisie, des commer&#231;ants, des artisans, point d'ancrage depuis des ann&#233;es de la Lega, risquent aujourd'hui de faire faillite, de plonger dans la pauvret&#233;. Ils sont emplis de col&#232;re, tourn&#233;s vers la d&#233;fense des conditions du pass&#233; et forment une poudri&#232;re sociale, &#224; laquelle s'adressent les forces de droite afin d'affirmer un projet politique dont les caract&#233;ristiques ne seront d&#233;finies que par le cours concret des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pour la gauche est de d&#233;velopper la lutte contre les formations de droite et d'extr&#234;me droite, et de construire un mouvement de masse qui unisse les classes travailleuses en polarisant ou en neutralisant au moins en partie ces petits secteurs sociaux bourgeois en crise. C'est ce qui est r&#233;ellement en jeu, la lutte pour bloquer la dynamique potentielle d'un nouveau fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'a r&#233;v&#233;l&#233; la crise sanitaire en Italie, &#224; la fois en termes de gestion politique et au niveau &#233;conomique et social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons assist&#233; &#224; l'effondrement du syst&#232;me national de sant&#233;, une catastrophe qui est le r&#233;sultat des politiques lib&#233;rales (37 milliards d'euros de moins en 10 ans, ce qui a conduit au massacre de la sant&#233; publique) et de la privatisation de grands secteurs de la sant&#233;, en particulier en Lombardie (mais pas seulement), la r&#233;gion o&#249; l'&#233;pid&#233;mie a &#233;t&#233; la plus violente. La pand&#233;mie a &#233;t&#233; abord&#233;e sans les outils n&#233;cessaires pour r&#233;sister &#224; son impact : les installations hospitali&#232;res (dont beaucoup avaient &#233;t&#233; abandonn&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es), le personnel m&#233;dical et infirmier, les &#233;quipements n&#233;cessaires, m&#234;me les plus basiques, tels que les blouses et les masques pour les travailleurs de la sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement national a pris une s&#233;rie de mesures tardives et/ou partielles (le confinement n'a jamais &#233;t&#233; vraiment total), c&#233;dant &#224; plusieurs reprises au chantage des forces capitalistes qui voulaient maintenir les activit&#233;s productives. Le r&#244;le jou&#233; par les gouvernements r&#233;gionaux, qui se sont montr&#233;s compl&#232;tement pris au d&#233;pourvu et d&#233;pendants des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, a &#233;t&#233; particuli&#232;rement n&#233;faste. La Confindustria (la conf&#233;d&#233;ration patronale) a &#233;t&#233; gravement coupable, emp&#234;chant la fermeture &#224; temps d'un certain nombre de zones, d'o&#249; le virus s'&#233;tait propag&#233;, afin de maintenir les usines ouvertes et de garantir les profits. Les effets sur le d&#233;veloppement de l'&#233;pid&#233;mie ont &#233;t&#233; d&#233;vastateurs. Les patrons et leurs sous-fifres politiques ont des milliers de victimes sur la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits, d&#233;nonc&#233;s d&#232;s le d&#233;part par les militants syndicaux, puis confirm&#233;s par des enqu&#234;tes journalistiques, font aujourd'hui l'objet d'une enqu&#234;te judiciaire. Seule la gr&#232;ve spontan&#233;e des travailleurs pour la d&#233;fense de la sant&#233; a impos&#233; &#224; un certain moment une fermeture plus g&#233;n&#233;rale des activit&#233;s de production, bien que partielle, car un d&#233;cret gouvernemental a laiss&#233; aux entreprises une grande marge de man&#339;uvre pour poursuivre leurs activit&#233;s en d&#233;clarant qu'il s'agissait de productions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les personnes isol&#233;es qui se promenaient &#233;taient criminalis&#233;es par les m&#233;dias, alors que la r&#233;action des citoyens et des habitants &#233;tait g&#233;n&#233;ralement louable. En tout cas, nous avons &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; une terrible trag&#233;die ; &#224; ce jour, on compte plus de 34 000 victimes. En outre, depuis des mois, presque tous les autres secteurs de la sant&#233; sont au point mort et les r&#233;percussions &#224; moyen terme seront tr&#232;s graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique est &#233;norme : une chute de 10 % du PIB, une dette publique qui atteint 160 % du PIB, plus d'un million de personnes qui risquent le licenciement. Depuis des mois d&#233;j&#224;, les vastes zones de travail pr&#233;caire et informel qui, dans le Sud, nourrissent 10 millions de personnes, sont &#224; genou et les millions de travailleurs mis au ch&#244;mage technique sont &#233;galement en grande difficult&#233;, parce que leurs revenus sont r&#233;duits, parce que beaucoup n'ont pas encore re&#231;u d'allocation, et enfin parce que cette couverture &#233;conomique n'est pr&#233;vue que pour quelques mois, au maximum jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e. La peur et le d&#233;sespoir commencent &#224; s'installer. De vastes secteurs de la petite/moyenne bourgeoisie, de l'industrie, du commerce, du tourisme h&#244;telier, risquent la faillite et sont pouss&#233;s vers des positions r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement s'est attaqu&#233; &#224; cette situation en distribuant quelques dizaines de milliards aux classes populaires et ouvri&#232;res (mesures limit&#233;es dans le temps) pour &#233;viter l'effondrement des revenus et d'&#233;ventuels soul&#232;vements populaires, tout en accordant des ressources non remboursables beaucoup plus importantes aux petites et moyennes entreprises, mais surtout en finan&#231;ant les grandes entreprises/Les entreprises priv&#233;es sont consid&#233;r&#233;es comme le c&#339;ur du syst&#232;me &#233;conomique et social. Leurs propri&#233;taires veulent de l'argent public, mais ils ne veulent aucun contr&#244;le sur son utilisation ; ils veulent que la gouvernance reste fermement entre leurs mains. Le r&#233;sultat n'est que trop clair les ressources allou&#233;es &#224; la relance de la sant&#233; publique et de l'&#233;ducation, deux secteurs fondamentaux de la soci&#233;t&#233;, sont totalement insuffisantes, voire d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises veulent recevoir tout l'argent qui arrive de l'Union Europ&#233;enne. Le fait est que toutes ces liquidit&#233;s appara&#238;tront bient&#244;t comme une dette publique et nous savons d&#233;j&#224; &#224; qui ils voudront la faire payer. Le projet de la bourgeoisie, des m&#233;dias, du gouvernement et des partis d'opposition peut se r&#233;sumer ainsi : dire que tout doit changer, alors que nous nous effor&#231;ons de faire en sorte que tout reste comme avant, voire pire qu'avant, dans le cadre du capitalisme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a diff&#233;rentes hypoth&#232;ses en cours de discussion au niveau mondial concernant la prise de conscience politico-sociale apr&#232;s la crise par de larges couches de la population. Vois-tu une possibilit&#233; d'organiser ces larges secteurs en Italie aujourd'hui ? Ou, pour le dire autrement, &#224; qui penses-tu que les diff&#233;rentes crises (politique, &#233;conomique, sociale, sanitaire et &#233;cologique) pourraient profiter et pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que la crise sanitaire a mis en &#233;vidence toutes les contradictions et les d&#233;sastres de ce syst&#232;me &#233;conomique, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, des r&#233;ductions des d&#233;penses sociales publiques dans des secteurs fondamentaux de la soci&#233;t&#233;. Soudain, l'&#201;tat est redevenu bon et tout le monde a demand&#233; son intervention pour &#233;viter la catastrophe &#233;conomique et sanitaire totale. De nombreux sujets et personnes ont d&#251; dire (au moins pendant un court moment) que les choses devaient changer. De larges secteurs populaires ont repris et accueilli favorablement les propositions alternatives aux propositions lib&#233;rales dominantes, sur la d&#233;fense des biens publics et l'intervention de l'&#201;tat, etc. Ce processus alternatif &#224; la logique lib&#233;rale n'est cependant l&#224; qu'en puissance. La contre-offensive bourgeoise a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; tuer dans l'&#339;uf ces dynamiques et &#224; r&#233;affirmer les valeurs sacr&#233;es du capital et du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux ont d&#233;montr&#233; leur totale subordination au gouvernement : ils demandent un pacte social aux entreprises, alors que les patrons ont clairement fait savoir qu'ils veulent tout et qu'ils veulent commander, et la droite et l'extr&#234;me droite descendent d&#233;j&#224; dans la rue pour polariser le m&#233;contentement social. Les secteurs populaires d&#233;j&#224; pauvres et encore plus appauvris sont affam&#233;s et demandent des revenus et du travail. Il serait d&#233;cisif que la classe ouvri&#232;re puisse se mobiliser en exprimant un programme de d&#233;fense des salaires, de l'emploi, de la r&#233;partition de l'emploi pour garantir un travail et un revenu pour tous, d'interventions publiques fortes pour relancer la sant&#233; et le bien-&#234;tre. Cela permettrait &#233;galement d'orienter et de polariser au moins une partie des secteurs de la petite bourgeoisie en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les syndicats ne vont pas faire. Il y a certes un potentiel positif d&#233;j&#224; exprim&#233; dans les gr&#232;ves pour forcer la fermeture d'entreprises pour des raisons de s&#233;curit&#233; ; il y a aussi des mobilisations antiracistes, et la relance de certaines mobilisations environnementales. Demeurent toutefois beaucoup de points d'interrogation. Dans les semaines qui ont suivi la fin du confinement, une s&#233;rie de mobilisations se sont d&#233;velopp&#233;es sur les questions les plus diverses dans le pays, dans le cadre des mesures de s&#233;curit&#233; n&#233;cessaires : certaines concernaient le domaine scolaire, o&#249; l'on ne sait toujours pas dans quelles conditions les &#233;coles pourront rouvrir en septembre ; d'autres d&#233;non&#231;aient une s&#233;rie d'institutions et d'associations patronales, point&#233;es du doigt pour la propagation de la pand&#233;mie. D'autres encore visaient le racisme, dans la foul&#233;e du mouvement &#233;tatsunien Black Lives Matter, mais aussi la r&#233;gularisation des migrants. Certaines exprimaient une solidarit&#233; envers la Palestine ou le Kurdistan, d'autres &#233;taient, de nature plus syndicale, concernaient des usines en crise et la d&#233;fense du lieu de travail, la d&#233;fense des salaires et le paiement du ch&#244;mage technique&#8230; Sans oublier les nombreux petits conflits syndicaux locaux et les mobilisations port&#233;es par l'antifascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques-unes d'entre elles (y compris celles consacr&#233;es &#224; l'antiracisme), la participation de personnes tr&#232;s jeunes a &#233;t&#233; importante. La crise &#233;conomique, sociale et de l'emploi va exploser durant l'automne. L'avenir sera difficile,riche de contradictions, conflictuel, avec des mouvements tr&#232;s divers sur le plan social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les t&#226;ches de l'anticapitalisme selon toi aujourd'hui ? Ou pour le dire autrement, vois-tu une possibilit&#233; dans la crise &#224; venir de construire un anticapitalisme plus large et plus implant&#233; dans les classes travailleuses et quel pourrait &#234;tre son r&#244;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il ne fait aucun doute que les forces de la gauche anticapitaliste devraient jouer un r&#244;le central, &#224; condition bien entendu d'agir de mani&#232;re convergente et efficace pour &#234;tre cr&#233;dibles aupr&#232;s des classes ouvri&#232;res et populaires. L'avenir d&#233;pend &#233;galement de cette capacit&#233; ou possibilit&#233; qui leur est propre : rendre cr&#233;dible l'existence d'une proposition politique alternative, totalement diff&#233;rente de celles que les m&#233;dias indiquent comme &#233;tant les seules possibles, port&#233;e par une subjectivit&#233; politique oppos&#233;e &#224; toutes les orientations qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces du syndicalisme de classe sont tr&#232;s divis&#233;es et dispers&#233;es. La gauche alternative existe et compte toujours un nombre important de militant.e.s, bien que moins nombreux que par le pass&#233;. Elle est &#233;galement pr&#233;sente dans de multiples secteurs sociaux. Mais apr&#232;s la crise de Rifondazione, elle est plomb&#233;e par une insignifiance politique grave et persistante. Cela tient non seulement &#224; son ext&#233;riorit&#233; vis-&#224;-vis des institutions et &#224; l'occultation par les m&#233;dias de ses activit&#233;s et de ses propositions, mais aussi &#224; la division et &#224; la comp&#233;titivit&#233; de ses sigles et aux erreurs commises &#224; certains moments cruciaux de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'une unit&#233; d'action, de moments communs de campagne politique, la recherche constante de convergences possibles sont des outils indispensables pour tenter de sortir de cette insignifiance et de devenir protagoniste, m&#234;me minoritaire, de la confrontation politique et sociale. Au cours des derniers mois, diverses initiatives ont &#233;t&#233; et sont en cours dans ce sens. Les organisations de la gauche radicale, bien qu'avec retard et incertitude, lancent la campagne unifi&#233;e &#171; Reconqu&#233;rir le droit &#224; la sant&#233; &#187; pour la d&#233;fense et la relance de la sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions donn&#233;es, l'hypoth&#232;se possible et la plus efficace devrait &#234;tre, &#224; notre avis, celle d'un forum politique et social (comparable &#224; ce qui s'est pass&#233; au d&#233;but du si&#232;cle avec les forums sociaux altermondialistes) des organisations de classe de gauche, ouverts aux travailleurs.euses, aux &#233;tudiant.e.s et aux &#233;l&#232;ves, un mouvement pluriel dans lequel nous pourrions avancer ensemble sur des points communs et poursuivre la discussion sur ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord, sans forcer le pas et en garantissant une &#233;gale dignit&#233; aux diff&#233;rentes options politiques qui compose aujourd'hui l'image fragment&#233;e de la gauche. La capacit&#233; de ces forces &#224; favoriser le d&#233;veloppement de mouvements de lutte plus larges et &#224; &#233;tablir des liens avec de nouveaux secteurs sociaux et avec les jeunes qui descendent dans la rue pour la premi&#232;re fois sera d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vaste espace, en effet, des convergences seraient possibles sur certains th&#232;mes favorisant la construction d'initiatives communes avec des secteurs diff&#233;rents, aptes &#224; d&#233;velopper des alliances stables qui pourraient conduire &#224; la formation d'organisations politiques avec une plus grande masse critique, capable d'intervenir plus efficacement dans le cadre politique et social, en construisant une alternative aux forces de la droite, mais aussi au PD [6]et au M5S, c'est-&#224;-dire aux diff&#233;rentes variantes politiques de la bourgeoisie italienne. Une course contre la montre a commenc&#233; pour &#233;viter que le m&#233;contentement social ne soit polaris&#233; par les forces de la droite la plus r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis et traduits de l'italien par St&#233;fanie Prezioso.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Depuis ao&#251;t dernier, le Mouvement 5 &#233;toiles (M5S) et le Parti d&#233;mocrate italien (PD) ont scell&#233; une nouvelle alliance de gouvernement pour faire front &#224; la Lega de Matteo Salvini, forte de sa victoire aux &#233;lections europ&#233;ennes de mai 2019 avait rompu l'alliance gouvernementale avec le M5S et poussait sans succ&#232;s &#224; des &#233;lections anticip&#233;es [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le PCI d&#233;veloppe une s&#233;rie de conf&#233;rence dans les fabriques pour ses inscrits dans lesquelles il fait passer l'id&#233;e qu'il faut accepter les restructurations industrielles pour rendre plus comp&#233;titives les industries capitalistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Dans un S&#233;nat de la R&#233;publique semi-d&#233;sert &#8211; les forces d'opposition de la droite &#233;taient sorties de l'enceinte car elles ne pouvaient pas voter en faveur d'une mesure du gouvernement pas plus qu'elles ne pouvaient s'opposer &#224; des normes qu'elles avaient accept&#233;es quatre ans auparavant &#8211; , je fus le seul s&#233;nateur &#224; m'&#234;tre oppos&#233; &#224; cette escroquerie &#8211; Note de Franco Turigliatto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Dans les ann&#233;es 1970, on comptait 1'800'000 travailleurs et travailleuses de la m&#233;tallurgie, aujourd'hui ils sont &#224; peine moins nombreux mais moins concentr&#233;s au niveau de leur distribution dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Franco Turigliatto fait r&#233;f&#233;rence ici &#224; l'Uomo qualunque, le mouvement de Guglielmo Giannini fond&#233; en 1944, menant une campagne f&#233;roce contre les partis antifascistes et la politique en g&#233;n&#233;ral, r&#233;ceptacle d'un m&#233;contentement qui convergera en partie dans les rangs du Mouvement social italien [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Partito Democratico (Parti D&#233;mocratique), formation de centre-gauche actuellement au pouvoir, lointaine descendante du Parti communiste italien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Italie. Les fruits amers des vicissitudes de la gauche (I)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-Les-fruits-amers-des-vicissitudes-de</link>
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		<dc:date>2020-02-18T07:23:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-18</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me gouvernement Giuseppe Conte, annonc&#233; par le Pr&#233;sident Sergio Mattarella le 4 septembre 2019, s'est institu&#233; apr&#232;s la crise du mois d'ao&#251;t dernier[1], compos&#233; du Parti d&#233;mocrate (PD)[2] et du Mouvement 5 &#233;toiles (M5S)[3], a surv&#233;cu tous ces derniers mois malgr&#233; ses constantes dissensions internes et instabilit&#233; permanente. On peut consid&#233;rer ici comme quantit&#233; n&#233;gligeable la faible composante r&#233;formiste subalterne du gouvernement constitu&#233;e par Liberi e Uguali [LeU, Libres et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton42127-b0cb3.png?1781077278' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me gouvernement Giuseppe Conte, annonc&#233; par le Pr&#233;sident Sergio Mattarella le 4 septembre 2019, s'est institu&#233; apr&#232;s la crise du mois d'ao&#251;t dernier[1], compos&#233; du Parti d&#233;mocrate (PD)[2] et du Mouvement 5 &#233;toiles (M5S)[3], a surv&#233;cu tous ces derniers mois malgr&#233; ses constantes dissensions internes et instabilit&#233; permanente. On peut consid&#233;rer ici comme quantit&#233; n&#233;gligeable la faible composante r&#233;formiste subalterne du gouvernement constitu&#233;e par Liberi e Uguali [LeU, Libres et &#233;gaux, un amalgame de groupes analogues : Movimento democratico e progressista, issu du PD, Sinistra italiana, issue des cendres de la banqueroute social-d&#233;mocrate et du PD, et Possibile, issu du PD]. Le gouvernement a &#233;galement d&#251; faire face aux assauts politiques des partis de la droite, qui orientent et mobilisent d'importants secteurs de la soci&#233;t&#233;, sur les th&#233;matiques racistes, x&#233;nophobes et s&#233;curitaires. Il a enfin affront&#233; deux dangereux &#233;cueils politiques, la promulgation de la loi sur le budget, en d&#233;cembre 2019, et les &#233;lections dans deux importantes r&#233;gions, l'&#201;milie-Romagne et la Calabre, fin janvier 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 13 - f&#233;vrier - 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Franco Turigliatto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre &#233;l&#233;ments ont permis au gouvernement de se maintenir. Tout d'abord, la volont&#233; des deux partis qui le composent d'&#233;viter &#224; tout prix de nouvelles et trop risqu&#233;es &#233;lections politiques, alors que les sondages donnent la droite dure &#224; plus de 50% des voix. Ensuite, l'attitude favorable des bourgeoisies italienne et plus g&#233;n&#233;ralement europ&#233;ennes, par le biais des institutions de Bruxelles. En outre, le soutien ouvert des trois grandes centrales syndicales, y compris la CGIL[4]. Et enfin, la v&#233;ritable crainte d'importants secteurs de la soci&#233;t&#233; de voir arriver au gouvernement la Lega de Matteo Salvini[5] et son fr&#232;re ennemi Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que la pouss&#233;e r&#233;actionnaire des partis de cette droite n'a pas faibli et que la soci&#233;t&#233; reste empoisonn&#233;e par les venins x&#233;nophobes, racistes et antis&#233;mites, du fait de l'absence d'un fort mouvement social des classes laborieuses. Les actes antis&#233;mites se sont d&#233;multipli&#233;s ces derni&#232;res semaines. Le Rapport Italie, de l'institut priv&#233; de recherche Eurispes, fournit des donn&#233;es gla&#231;antes sur le nombre de personnes croyant que la Shoah n'a pas exist&#233;, celles-ci ayant pass&#233; de 2.7% en 2004 &#224; 15.6% aujourd'hui[7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi sur les finances publiques (budget) et l'impossible discontinuit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cueil de la loi budg&#233;taire a &#233;t&#233; surmont&#233; gr&#226;ce &#224; des mesures significatives, d'un montant de 30 milliards d'euros, un &#171; d&#233;bordement &#187; rendu possible par ladite flexibilit&#233; dont a bien voulu faire preuve la Commission europ&#233;enne. Cela repr&#233;sente un d&#233;ficit budg&#233;taire sup&#233;rieur &#224; 2%, ce qui a permis de geler les augmentations de la taxe sur la valeur ajout&#233;e (TVA), qui auraient d&#251; &#234;tre enclench&#233;es en 2020, par automatismes d&#233;coulant de lois et r&#232;glements d&#233;j&#224; adopt&#233;s au cours des ann&#233;es pass&#233;es. Ce montage a &#233;galement &#233;t&#233; rendu possible gr&#226;ce &#224; un assemblage de modestes interventions sociales tr&#232;s cibl&#233;es et de toutes aussi modestes augmentations fiscales savamment distribu&#233;es. Soulignons d'embl&#233;e que le gouvernement jaune-rose (M5S et PD) s'est abstenu de toucher aux &#233;ni&#232;mes et &#233;normes cadeaux pour le capital et les entreprises octroy&#233;s au moyen des d&#233;gr&#232;vements fiscaux adopt&#233;s par les gouvernements pr&#233;c&#233;dents. Il n'a pas non plus remis en question les normes r&#233;pressives visant les migrant&#183;e&#183;s et les ONG qui leur portent secours en mer. Pas plus que celles qui criminalisent les luttes ouvri&#232;res et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD voudrait pr&#233;senter l'actuel gouvernement comme marquant une forte discontinuit&#233; par rapport au pr&#233;c&#233;dent, domin&#233; par la figure de Matteo Salvini. Mais c'est l&#224; mission impossible, vu les positions &#233;conomiques et politiques exprim&#233;es par ses deux principales composantes, le M5S et le PD, ainsi que par la nouvelle n&#233;e Italia Viva (IV) de Matteo Renzi[8]. Bref, les lois anti-populaires adopt&#233;es par le pass&#233; dans les domaines sociaux, &#233;conomiques, civil, sont rest&#233;es en vigueur, tout comme les l&#233;gislations &#233;tayant l'offensive des employeurs contre les conditions de vie des classes laborieuses, celles-l&#224; m&#234;me qui ont provoqu&#233; d&#233;moralisation, d&#233;sesp&#233;rance et rage parmi les salari&#233;&#183;e&#183;s et qui ont servi de rampe de lancement pour les tristes figures de Salvini et Meloni et leurs partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose &#224; faire pour un gouvernement qui affirmerait une discontinuit&#233; effective aurait &#233;t&#233; d'abroger les lois de la contre-r&#233;volution lib&#233;rale et patronale, que ce soit les plus inf&#226;mes de Salvini, vot&#233;es par la Lega comme par le M5S, ou celles adopt&#233;es auparavant par les gouvernements de centre-gauche, inscrites dans le marbre de l'aust&#233;rit&#233;. Ici un exercice de m&#233;moire s'impose [voir l'encadr&#233; ci-apr&#232;s] pour saisir l'ampleur de ces attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la politique internationale, l'Italie d&#233;fend ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes &#224; partir de son ex-colonie, la Libye, o&#249; elle est solidement repr&#233;sent&#233;e par la multinationale de l'&#233;nergie et de l'extraction, L'Ente nazionale idrocarburi (ENI, Agence national des hydrocarbures). Par ailleurs quelque 8000 militaires italiens sont r&#233;partis dans plus de 40 pays, pour des missions co&#251;tant pr&#232;s de 1.5 milliards d'euros annuels &#224; l'&#201;tat. Pire encore, le 2 f&#233;vrier 2020 l'accord conclu avec la Libye a &#233;t&#233; renouvel&#233; automatiquement et pour trois ans, sans que le gouvernement ne fasse quoi que ce soit pour le bloquer ou ne serait-ce que pour le modifier, mis &#224; part quelques d&#233;clarations dans le vide, pro forma. Il assurait ainsi le financement des garde-c&#244;tes et des camps de concentration o&#249; sont enferm&#233;s ceux et celles qui tentent d'atteindre les rives de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections r&#233;gionales de Calabre et &#201;milie-Romagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte se sont d&#233;roul&#233;es, le 26 janvier 2020, les &#233;lections des Conseils r&#233;gionaux et des Pr&#233;sidences de Calabre et &#201;milie-Romagne, consultations ayant valeur de test d'envergure nationale. Matteo Salvini en avait fait son cheval de bataille, dans le but non seulement de conqu&#233;rir les deux gouvernements r&#233;gionaux, mais aussi de provoquer, par l&#224; m&#234;me, la chute du gouvernement en place et de susciter ainsi des &#233;lections politiques nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En Calabre, la coalition de droite a remport&#233; un succ&#232;s, avec 55% des voix, lui permettant de conqu&#233;rir une r&#233;gion de plus. [Le M5S s'y pr&#233;sentait s&#233;par&#233;ment du PD, recueillant 6,27% des suffrages (7,35% avec Calabria Civica), le PD a atteint presque 14%, la Lega et Forza Italia ont eu un score respectif de pr&#232;s de 12%,]. La coalition de centre-gauche passe de 61% des voix en 2014 &#224; 30% en 2020, payant ainsi le prix de sa gestion politique calamiteuse. [Les partis de la coalition de centre-droite totalisaient 33% des voix en 2014 et 67% en 2020 et le M5S a l&#233;g&#232;rement augment&#233;, de 4,96% &#224; 6,27%. Il faut toutefois relativiser ces scores, ou du moins les resituer dans une continuit&#233; en dents de scie, si l'on sait qu'en 2010 la droite atteignait 58%, le PD 32%, et qu'en 2005 le centre-gauche totalisait 59%, la droite 41%]. Avec 14% des voix, le PD est le parti le plus &#233;lu de la r&#233;gion, mais cela ne devrait pas amener Nicola Zingaretti, pr&#233;sident de la r&#233;gion Latium et secr&#233;taire du PD, &#224; crier victoire : l'abstention a atteint des sommets [56% selon les sondages], exprimant une d&#233;fiance et un repli de secteurs entiers de la population. Ce qui a laiss&#233; la voie libre aux traditionnelles confr&#233;ries de pouvoir li&#233;es &#224; la vieille Forza Italia[9], parvenue &#224; rester en t&#234;te notamment gr&#226;ce &#224; deux listes satellites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Quant &#224; l'affrontement &#233;lectoral en &#201;milie-Romagne[10], il a focalis&#233; toute l'attention. Depuis le lendemain de la seconde Guerre mondiale, c'est le territoire d'un enracinement profond du Parti communiste italien (PCI). Ce dernier l'administre de 1970 (ann&#233;e de mise en place des conseils r&#233;gionaux) jusqu'en 1995 et, de 1995 &#224; 2020, &#224; travers les successives mutations du PCI, d'abord le Partito democratico della sinistra (PDS), puis les Democratici di sinistra (DS) et enfin le Partito democratico (PD). Les anciennes administrations r&#233;gionales du PCI avaient d&#233;ploy&#233; d'efficaces politiques social-d&#233;mocrates, garantissant des services efficients &#224; travers un pacte politique et social qui tenait ensemble les administrations locales, les salari&#233;&#183;e&#183;s, les commer&#231;ants, les artisans, les coop&#233;ratives, certaines &#233;tant devenues de v&#233;ritables transnationales, ainsi que nombre de grandes et petites entreprises. La crise &#233;conomique larv&#233;e, les politiques d'aust&#233;rit&#233; et les privatisations (notamment dans la sant&#233;, les transports, sans mentionner le b&#233;tonnage du territoire), g&#233;r&#233;es par l'administration r&#233;gionale, ont exacerb&#233; les contradictions sociales, fragilis&#233; d'importants secteurs sociaux et ont fini par avoir raison de ce pacte social[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, durant de longues ann&#233;es, la Lega &#8211; et ses pr&#233;d&#233;cesseurs &#8211; n'ont pas pu traverser le fleuve P&#244;, qui s&#233;pare la Lombardie et la V&#233;n&#233;tie de l'Emilie, les choses ont chang&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections nationales de 2018, puis des europ&#233;ennes de 2019, le M5S mais aussi la Lega de Matteo Salvini ont atteint des scores sup&#233;rieurs &#224; 30%. Le scrutin r&#233;gional de 2014 avait donn&#233; la victoire au candidat du PD, Stefano Bonaccini [49% des voix], avec une faible participation [38%], mettant en &#233;vidence la d&#233;saffection croissante de larges secteurs populaires &#224; l'&#233;gard du centre-gauche. Par contre, les &#233;lections de janvier 2020 ont connu une participation nettement sup&#233;rieure [68%].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matteo Salvini pensait pouvoir donner l'estocade au PD, conqu&#233;rir le fortin historique de la gauche, en obtenant une victoire &#224; la fois politique et historique. Il y a mis les moyens, avec une campagne m&#233;diatique forte, martelant propos x&#233;nophobes et racistes. Sa machinerie &#233;lectorale &#233;tait dirig&#233;e par son conseiller en communication Luca Morisi, &#224; la t&#234;te d'un staff de 35 personnes qui couvrait les faits et gestes du leader 24 heures sur 24 heures, activant un vaste r&#233;seau permanent d'interventions et contacts de tout type, des plus classiques aux r&#233;seaux sociaux que la Lega a nomm&#233; &#171; La B&#234;te &#187; [reprenant le nom de la machinerie &#233;lectorale de Barack Obama, certes diff&#233;rente].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement son &#233;chec a soulag&#233; nombre d'Italiens, le PD et m&#234;me le gouvernement. Mais les chiffres sont inqui&#233;tants et d&#233;montrent combien la menace de la Lega est loin d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e. Ses r&#233;sultats, dans l'ancien bastion &#171; rouge &#187;, en valeurs absolues comme en pourcentages, sont impressionnants, de m&#234;me que sa capacit&#233; &#224; orienter, d&#233;sorienter et mobiliser d'importants secteurs de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat &#224; la pr&#233;sidence r&#233;gionale, Stefano Bonaccini (PD), a obtenu 51.4% des voix contre 43.6% pour la candidate des droites [Lucia Borgonzoni]. Le regroupement des partis, dit de centre-gauche, d&#233;passe de peu le 48% tandis que les forces de droite obtiennent un inqui&#233;tant 46%, dont 31.9% pour la Lega et 8.6% pour l'extr&#234;me-droite de Fratelli d'Italia, qui a doubl&#233; ses voix, tandis que Forza Italia, de Silvio Berlusconi, obtient un score n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat Bonaccini est parvenu &#224; ses fins en captant le 65% des &#233;lecteurs qui lui avaient donn&#233; leurs suffrages lors de la pr&#233;c&#233;dente consultation, le 17.7% des &#233;lecteurs qui s'&#233;taient abstenus, le 9% des &#233;lecteurs du M5S et le 6.1% des &#233;lecteurs du centre-droite[12]. Il a &#233;galement appuy&#233; sa campagne sur un r&#233;seau dense d'administrateurs locaux, de coop&#233;ratives, de syndicats, mais aussi du monde entrepreneurial et, last but not least, il a re&#231;u un coup de main essentiel du &#171; mouvement des sardines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sardines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sardines sont un mouvement n&#233;, et ce n'est point un hasard, dans le chef-lieu de l'&#201;milie-Romagne, Bologne, en novembre 2019. Son but explicite visait &#224; contrer la campagne de haine et de racisme du chef de la Lega. En un mois les sardines ont multipli&#233; les rencontres dans toutes les villes de la r&#233;gion, organisant de grands rassemblements comptant des dizaines de milliers de personnes, avec une forte pr&#233;sence de jeunes, mais aussi un public plus &#226;g&#233;. Il exprime l'inqui&#233;tude, pr&#233;sente dans de larges secteurs, de voir s'affirmer un sens commun raciste et violent contre les plus vuln&#233;rables, aliment&#233; par les droites les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sardines sont parvenues &#224; interpr&#233;ter mais aussi &#224; r&#233;veiller les sensibilit&#233;s antifascistes, antiracistes et d&#233;mocratiques, en construisant un type de mobilisation correspondant &#224; leur niveau de politisation. C'est un mouvement d'opinion publique, point encore abouti et n'ayant pas encore fait l'exp&#233;rience de larges d&#233;bats sur les th&#233;matiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses dirigeants se pr&#233;sentent comme voulant effacer de la politique le langage de la haine et du racisme, ramenant le d&#233;bat &#224; des normes de correction politique, voire &#224; de l'ang&#233;lisme. Mais au-del&#224; de cette orientation politique, il ne fait pas de doute qu'ils ont &#233;t&#233; capables d'inciter nombre de jeunes et moins jeunes &#224; aller voter, construisant une contre-tendance visible et de masse aux positions de Salvini et de la Lega.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes dirigeants de ce mouvement ont des relations avec les milieux habituellement touch&#233;s par le PD, mais aussi avec des secteurs catholiques, qui se sont engag&#233;s afin de faire obstacle &#224; la mont&#233;e des droites &#171; dures &#187; et qui ont, comme r&#233;f&#233;rence, le cardinal de Bologne Matteo Zuppi. Des quotidiens comme La Repubblica, li&#233; au PD, ont soutenu inconditionnellement cette initiative en lui offrant une tribune avec, en ligne de mire, la relance et le renouveau du PD. &#192; l'heure actuelle, de nombreuses initiatives se d&#233;roulent, destin&#233;es &#224; orienter une partie de ses dirigeants vers la reconstruction d'un nouveau centre-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du M5S&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le M5S traverse une grave crise politique et organisationnelle qui se solde par une chute de ses appuis &#233;lectoraux. Aux &#233;lections nationales de 2018, il avait obtenu 32% des voix, avec 10 millions de votes, et la constitution de larges fractions parlementaires &#224; la Chambre et au S&#233;nat. Aux europ&#233;ennes de 2019, il &#233;tait tomb&#233; &#224; 17.1% des voix, surclass&#233; par la Lega (34.3%) et m&#234;me par le PD (22.7%). Dans les deux derni&#232;res consultations &#233;lectorales de Calabre et d'&#201;milie-Romagne, il a connu une vraie catastrophe. Dans le premier cas, il est pass&#233; de 43.4% &#224; 7.3%, dans le second de 27.5% &#224; 3.5%. Le chef politique du M5S, Luigi Di Maio, a anticip&#233; cette situation en d&#233;missionnant la veille du vote. Aujourd'hui le parti se cherche une nouvelle direction, dans une grande confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient ainsi &#224; une in&#233;vitable parabole politique. Nous avons toujours affirm&#233; que son succ&#232;s &#233;tait le fruit des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de la crise profonde et concomitante du mouvement des salari&#233;&#183;e&#183;s, dans un contexte de persistance d'une opposition g&#233;n&#233;rique &#224; la soci&#233;t&#233; en place, que le M5S avait su drainer &#233;lectoralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation, de nature politique petite bourgeoise, n'a pas r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve du gouvernement, ayant gouvern&#233; une ann&#233;e avec la Lega, puis ayant tent&#233; d'&#233;chapper au baiser mortel de Salvini en donnant vie &#224; un nouveau gouvernement et &#224; une nouvelle majorit&#233; parlementaire avec le PD. &#192; travers ces vicissitudes les faiblesses politiques de ses dirigeants ont &#233;merg&#233;, de m&#234;me que celles du parti dans son ensemble. Il a commenc&#233; &#224; voler en &#233;clats face &#224; la r&#233;alit&#233; des contradictions de classe. Nous avons qualifi&#233; le M5S de force petite bourgeoise dont les succ&#232;s politiques et &#233;lectoraux reposent sur la d&#233;moralisation des travailleurs et sur l'absence de r&#233;ponses cr&#233;dibles alternatives de la gauche. Ainsi le parti &#171; ni de droite ni de gauche &#187;, d&#233;muni d'un programme socio-&#233;conomique un tant soit peu coh&#233;rent, priv&#233; de r&#233;els rapports sociaux structurants (les r&#233;seaux sociaux ne suffisent pas&#8230;), confront&#233; aux dynamiques et aux contradictions de classe, ne pouvait que fondre comme neige au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la droite r&#233;colte les fruits du d&#233;sespoir et de l'aquabonisme [dont l'&#233;tymologie renvoie &#224; la question : &#171; &#224; quoi bon ? &#187; donc &#224; une sorte d'attentisme] politique de vastes secteurs populaires qui s'&#233;taient adress&#233;s auparavant au M5S. En &#201;milie-Romagne, une partie de son &#233;lectorat s'est tourn&#233;e vers le vote utile en faveur du PD. Les 5 &#233;toiles sont alors d&#233;chir&#233;es entre leurs diverses composantes, l'une qui regrette l'alliance avec la Lega, l'autre qui d&#233;sire retrouver son autonomie originelle, une autre encore qui vise une alliance consolid&#233;e et durable avec le PD. Le Mouvement a d&#233;j&#224; perdu un grand nombre de d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs, mais il reste le groupe parlementaire le plus nombreux sans que cela ne corresponde plus &#224; un consensus &#233;lectoral &#233;quivalent dans le pays r&#233;el. Ce qui ne peut que susciter davantage de contradictions au sein du parti et du gouvernement[13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cadre &#233;conomique et social incertain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie italienne a connu, en 2018, une croissance tr&#232;s modeste : un 0.8% qui, en d'autres temps, aurait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme relevant d'une r&#233;cession. Les estimations pour le dernier trimestre 2019 sont n&#233;gatives (-0.3%), et vraisemblablement une stagnation g&#233;n&#233;rale pour 2019. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233;, lors du dividend day [la distribution des dividendes aux actionnaires dans les majeures entreprises], habituellement au mois de mai en Italie, qu'une pluie de dividendes se produise (26 milliards d'euros au bas mot). Et tout laisse &#224; penser que cette ann&#233;e encore les actionnaires pourront f&#234;ter, comme le feront les membres de la famille Agnelli qui, l'an dernier, se sont r&#233;parti des milliards d'euros et qui cette ann&#233;e recueilleront la pluie d'or de la fusion Fiat-Chrysler Automobile (FCA) avec Peugeot SA (PSA)[14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e pass&#233;e les exportations ont encore tir&#233; le Produit int&#233;rieur brut (PIB) de l'Italie. Mais le ralentissement de l'&#233;conomie mondiale et, en particulier, de celle allemande, dont l'Italie est fortement d&#233;pendante, laisse entrevoir d'importantes difficult&#233;s sur les plans productifs comme de l'emploi, notamment pour l'industrie automobile et les activit&#233;s qui lui sont li&#233;es. Ainsi, selon les derni&#232;res donn&#233;es de l'Istat (Institut de statistique), la production industrielle a connu une contraction de -1,3% en 2019, la plus marqu&#233;e depuis 2013, avec une chute tr&#232;s prononc&#233;e dans le secteur de l'automobile : &#8211; 13,9%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les emplois fixes ont recul&#233; de mani&#232;re sensible (-75'000), et ne sont pas compens&#233;s par &#171; l'augmentation &#187; des emplois &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e (+17'000). Les chiffres officiels indiquent 3'123'000 ch&#244;meurs/ch&#244;meuses et une diminution des travailleurs ind&#233;pendants actifs qui ont atteint leur plus bas niveau depuis 1977. Le ch&#244;mage se situe &#224; 9.8%, celui des jeunes &#224; 28.9%, scores fort m&#233;diocres comparativement aux moyennes europ&#233;ennes, respectivement 7.4% et 15.3%. Au ch&#244;mage officiel, il convient d'ajouter quelque 3 millions de salari&#233;&#183;e&#183;s qui, ayant renonc&#233; &#224; chercher du travail, n'&#233;margent pas aux statistiques de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail se fait rare et de plus en plus pr&#233;caire. La combinaison du blocage des salaires dans le secteur public, des augmentations d&#233;risoires dans le secteur priv&#233;, des restructurations et des changements de main des entreprises qui g&#233;n&#232;rent ainsi la pr&#233;carit&#233; professionnelle et les bas salaires, tout cela induit une r&#233;partition de la richesse nationale qui favorise les rentes et les profits au d&#233;triment du travail. Ce qui n'emp&#234;che pas la grande presse bourgeoise de d&#233;noncer en premi&#232;re page les m&#233;faits dus aux insupportables in&#233;galit&#233;s sociales, tout en d&#233;fendant sans nuance les mesures conservatrices qui les g&#233;n&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cent rapport de l'ONG Oxfam indique qu'en 2019 le 1% des Italiens les plus nantis d&#233;tenait, en termes de fortune, plus que le 70% des Italiens les plus pauvres. Au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies de ralentissement ou de crise, la fortune d&#233;tenue par ce 1% a m&#234;me cr&#251; de 7.6%, tandis que celle des 50% les plus d&#233;munis a diminu&#233; de 36.6%. Les choses sont similaires si l'on consid&#232;re les revenus, comme l'explique l'Institut italien de statistique (Istat) : pour 7.4 millions de familles italiennes, plus de &#190; du revenu familial total provient de la retraite &#8211; inf&#233;rieure &#224; 1000 &#8364; mensuels &#8211; de l'un de ses membres[15]. De quoi survivre en &#233;chappant de justesse &#224; la mis&#232;re noire. Et, comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle offensive patronale se pr&#233;pare contre le niveau des retraites. Cela dans un pays o&#249; la population, selon les donn&#233;es de 2018 publi&#233;es ces derniers jours par l'Istat, diminue et o&#249; l'&#233;cart entre d&#233;c&#232;s et naissance a atteint un record historique : pour 100 personnes d&#233;c&#233;d&#233;es, les nouveau-n&#233;s sont au nombre de 67, alors qu'ils &#233;taient 96 il y a 10 ans,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes crises industrielles ouvertes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de cette crise &#233;conomique latente, quelque 300'000 postes de travail sont actuellement menac&#233;s. Sur la table du Minist&#232;re de l'&#233;conomie et du d&#233;veloppement (MISE) se trouvent &#171; 160 situations conflictuelles &#187; (licenciements, restructurations, fermetures ou d&#233;localisations), certaines relativement r&#233;centes, d'autres tra&#238;nant depuis quelques ann&#233;es d&#233;j&#224;. Des dizaines de milliers de salari&#233;&#183;e&#183;s sont au ch&#244;mage partiel. Pour certains leur revenu est des plus bas, d'autres se retrouvent sans revenu, et tous voient l'&#233;ch&#233;ance du ch&#244;mage complet approcher. Ce sont des crises qui touchent pratiquement tous les secteurs, l'industrie, le commerce, les transports, des services, y compris l'informatique. On trouve les noms de Whirpool, Ilva, Embraco, Bekaert, Mercatone Uno, Conad, Unicredit, Alitalia et, en arri&#232;re-fond, un grand nombre de petites entreprises sous-traitantes ou li&#233;es &#224; ces groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'Alitalia, la compagnie d'aviation nationale, est interminable, allant de processus de privatisation en interventions publiques dont les travailleurs font &#224; chaque fois les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ilva (autrefois Italsider) la grande industrie sid&#233;rurgique publique, l'un des piliers de l'industrie et du capitalisme italien d'apr&#232;s-guerre, a &#233;t&#233; mise en mains priv&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Ses vicissitudes l'ont rendue embl&#233;matique du fonctionnement chaotique du syst&#232;me capitaliste et des d&#233;sastres de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. A Taranto, dans les Pouilles, o&#249; se trouve le si&#232;ge du complexe industriel, seul l'Etat serait &#224; m&#234;me d'intervenir en urgence : r&#233;orienter totalement la production, assainir un environnement d&#233;vast&#233; par les pollutions, garantir les revenus, voire la reconversion-formation, des salari&#233;s, bref requalifier l'enti&#232;ret&#233; d'un territoire &#224; travers une lourde et indispensable transition[16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des consid&#233;rations similaires valent pour Whirpool, la transnationale &#233;tasunienne qui, l'an dernier, a annonc&#233; la fermeture de l'usine de Naples et donc la perte de centaines d'emplois dans une province d&#233;j&#224; martyris&#233;e par les suppressions d'emplois. Le sc&#233;nario de Whirpool est similaire &#224; tant d'autres. La transnationale d&#233;barque, se sert des infrastructures publiques et b&#233;n&#233;ficie de diverses formes de soutiens institutionnels locaux et nationaux. Elle exploite tranquillement les salari&#233;&#183;e&#183;s pendant quelques ann&#233;es, engrangeant des profits consistants, pour enfin d&#233;gotter un lieu encore plus profitable vers lequel se d&#233;localiser. Au printemps dernier, la lutte des travailleurs de cette fabrique et la rage populaire qui a gagn&#233; la ville ont &#233;t&#233; si virulentes, qu'on a pu croire le gouvernement serait accul&#233; &#224; devoir racheter l'entreprise. La direction a aussit&#244;t annonc&#233; la suspension des licenciements, la tension a baiss&#233; et, six mois plus tard, l'entreprise a reconfirm&#233; la fermeture &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance ! Les syndicats ont compos&#233; avec la direction, &#224; la sortie des n&#233;gociations les travailleurs/travailleuses ont agress&#233; les syndicalistes, les accusant de les avoir tromp&#233;s et trahis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cerise sur le g&#226;teau de ces malversations revient &#224; la grande banque Unicredit, une banque dite italienne avec un actionnariat mondialis&#233;, un chiffre d'affaires de pr&#232;s de 19 milliards d'euros en 2019. Elle a fait la d&#233;monstration de combien elle se trouve hors de tout contr&#244;le social et politique, en annon&#231;ant qu'elle distribuera 8 milliards d'euros, sous forme de dividendes et de rachats d'actions, tout en annon&#231;ant le licenciement de 8000 salari&#233;&#183;e&#183;s d'ici 2023. On attend toujours la r&#233;ponse des bureaucraties syndicales, ainsi que celle du gouvernement du &#171; changement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons enfin la crise de ce qui fut autrefois le grand domaine de l'industrie automobile &#224; Turin, ou 10'000 emplois sont menac&#233;s outre les 10'000 perdus ces 10 derni&#232;res ann&#233;es. Mais le pire est &#224; venir, avec les cons&#233;quences de la fusion Fiat Chrysler Automobile (FCA) et Peugeot SA (PSA)[17]. (Article envoy&#233; par son auteur ; traduction de Dario Lopreno ; &#233;dition par r&#233;daction de A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Inventaire presque &#224; la Pr&#233;vert sur les lois d'aust&#233;rit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la liste des principales mesures d'attaque aux salaires direct et indirect, afin de mieux comprendre combien la situation s'est d&#233;t&#233;rior&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Premi&#232;rement, il y a les lois de pr&#233;carisation des conditions de travail, depuis les ann&#233;es 1990 jusqu'aux tant d&#233;cri&#233;es &#8211; mais aujourd'hui tomb&#233;es dans l'oubli &#8211; lois de 2003 (d&#233;cret-loi n&#176; 30 et d&#233;cret l&#233;gislatif n&#176; 276) de Silvio Berlusconi, &#224; la t&#234;te du mouvement n&#233;oconservateur Forza Italia et alors pr&#233;sident du Conseil des ministres. Le gouvernement successif de Romano Prodi, dit ind&#233;pendant de centre-gauche, ayant int&#233;gr&#233; dans son gouvernement le Parti de la refondation communiste et le Parti des communistes italiens, a conserv&#233; &#224; 99.99% ces lois. Puis, en 2014, est promulgu&#233; l'inf&#226;me Jobs Act de Matteo Renzi, alors secr&#233;taire du Parti d&#233;mocratique, dit du centre gauche, et pr&#233;sident du conseil des ministres,, qui efface d&#233;finitivement l'article 18 de la loi sur le travail [Statuto dei lavoratori, article qui prot&#233;geait les travailleurs contre le licenciement abusif dans les entreprises de 15 personnes ou plus] et la l&#233;gislation sur le ch&#244;mage partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une v&#233;ritable jungle capitaliste de la d&#233;r&#233;glementation qui est ainsi promulgu&#233;e, laissant les mains libres &#224; toutes les entreprises, des plus petites aux plus grandes, pour restructurer, d&#233;localiser, fermer, sans devoir rendre le moindre compte aux salari&#233;&#183;e&#183;s d&#233;sormais sans protection &#171; sur le march&#233; libre &#187;. Ils ne se voient accorder que la tr&#232;s l&#233;g&#232;re couverture de la Naspi &#8211; la Nouvelle assurance sociale pour l'emploi, qui ne couvre que 75% d'un revenu maximal fix&#233; &#224; 1226 &#8364; &#8211;, une indemnit&#233; ch&#244;mage qui s'&#233;teint apr&#232;s deux ans, pour autant que le salari&#233; ait dispos&#233; d'un ou de plusieurs emplois de mani&#232;re continue dans les quatre ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Deuxi&#232;mement, il y a les mesures instituant des d&#233;gr&#232;vements fiscaux et des diminutions de contributions sociales pour les entreprises, des cadeaux de dizaines de milliards d'euros au patronat, en particulier avec les baisses de l'imp&#244;t sur le revenu des soci&#233;t&#233;s (imposta sul reddito delle societ&#224;, IRES), qui est pass&#233; de 33% en 2006 &#224; 24% en 2015. Ces mesures ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre par des gouvernements de centre-droite comme de centre-gauche, au motif qu'il &#233;tait juste de faire gagner de l'argent aux capitalistes (tant le leader de droite Silvio Berlusconi que le leader de centre-gauche Matteo Renzi se sont distingu&#233;s sur ce terrain). Et ceci dans le but proclam&#233;, bien qu'illusoire, d'encourager la cr&#233;ation de postes de travail et, par l&#224; m&#234;me, de combattre le ch&#244;mage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un enfant serait capable de comprendre que l'on creuse ainsi le trou de la dette publique. Faisant d'une pierre deux coups, ce cadeau aux entreprises a port&#233; un coup &#224; la d&#233;pense publique et &#224; la politique sociale, frappant lourdement l'aide sociale, l'&#233;cole et le syst&#232;me de sant&#233;, accroissant la pression pour les privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Troisi&#232;mement, sur le plan des n&#233;gociations salariales, l'&#233;chelle mobile des salaires, qui avait introduit une augmentation automatique des salaires adapt&#233;e &#224; l'inflation, suite &#224; une s&#233;rie de pactes sociaux tripartites &#8211; gouvernement-patronat-bureaucraties syndicales &#8211; a &#233;t&#233; &#233;rod&#233;e graduellement avec les effets escompt&#233;s sur les salaires, transf&#233;rant de plus en plus de richesses &#171; vers le haut &#187;. Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#233;chelle mobile avait effectu&#233;, de mani&#232;re progressive, entre 1982 et 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#192; travers ces diverses contre-r&#233;formes, la distribution de la richesse produite s'est profond&#233;ment modifi&#233;e en faveur des capitalistes, les salaires et les retraites passant de 70% &#224; 58% du total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques ont frapp&#233; non seulement le salaire direct, mais &#233;galement celui dit indirect. &#192; ce titre mentionnons les assauts constants visant les retraites du secteur public qui, &#233;tant garanties depuis la r&#233;forme de la fin des ann&#233;es 1960, fond&#233;e sur le syst&#232;me r&#233;tributif [voir note au bas de cet encadr&#233;], pr&#233;servaient le pacte entre g&#233;n&#233;rations. Il y a eu d'abord la Loi Dini de 1995, pr&#233;sident du Conseil des ministres de janvier 1995 &#224; mai 1996, d'abord ind&#233;pendant, puis de centre-gauche, puis de droite, qui initie la marche du syst&#232;me de retraites r&#233;tributif vers le syst&#232;me contributif (cf note ci dessous)].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les mesures de Roberto Maroni en 2004, membre de la Lega, ministre du Travail et des Affaires sociales de 2001 &#224; 2006, qui augmente l'&#226;ge de la retraite de 3 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin la contre-r&#233;forme Fornero de 2012, du nom d'Elsa Fornero, ministre du Travail et des affaires sociales de 2011 &#224; 2013. Elle a d&#233;finitivement assis le syst&#232;me contributif (cf note ci-dessous), adopt&#233;e sous le gouvernement dit ind&#233;pendant de Mario Monti, soutenu par le centre-gauche, r&#233;forme pass&#233;e notamment gr&#226;ce &#224; la passivit&#233; des syndicats sauf de la CGIL qui a d&#233;cr&#233;t&#233; une gr&#232;ve symbolique de 3 heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Ajoutons &#224; ce palmar&#232;s, les lois anti-immigr&#233;&#183;e&#183;s destin&#233;es &#224; contrer &#8220;l'invasion africaine&#8221; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La loi Martelli de 1990, du &#171; socialiste &#187; Claudio Martelli, vice-pr&#233;sident du Conseil des ministres de 1989 &#224; 1992 ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La loi Turco-Napolitano de 1998 promulgu&#233;e par Livia Turco, ministre de la Solidarit&#233; sociale de 1996 &#224; 2001, et de Giorgio Napolitano, ministre de l'int&#233;rieur de 1996 &#224; 1998, tous deux issus de l'ancien Parti communiste ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La loi Bossi-Fini de 2002, impuls&#233;e par Umberto Bossi et Gianfranco Fini. Le premier &#233;tait ministre des R&#233;formes institutionnelles &amp; de la D&#233;centralisation de 2001 &#224; 2004 et vice-pr&#233;sident du Conseil des ministres de 2001 &#224; 2006, il fut de fondateur de la Lega lombarda, de la Lega Nord et, plus tard, de la Lega. Le second &#233;tait &#224; l'&#233;poque dirigeant d'Alleanza nazionale issue du parti n&#233;o-fasciste Movimento sociale italiano, alors vice-pr&#233;sident du Conseil des ministres ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Le d&#233;cret Minniti datant de 2017. Marco Minniti est alors ministre de l'Int&#233;rieur de 2016 &#224; 2018. Il est membre du Parti d&#233;mocratique (PD) et ancien membre du Parti communiste ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Les d&#233;crets 1 et 2 de Matteo Salvini, qui s'inscrivent dans un crescendo d'injustice, d'hypocrisie et de violence, un vrai calvaire pour ceux et celles qui tentent de fuir la faim, l'asservissement et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre seul &#171; espoir &#187; est qu'un jour les responsables, italiens et europ&#233;ens, de ce massacre et de cette barbarie qui se d&#233;roulent dans le &#171; Mare Nostrum &#187;, compara&#238;tront devant le tribunal de l'histoire mais aussi devant la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons &#233;galement que les d&#233;crets Salvini, en particulier le second, constituent une attaque directe non seulement contre les migrant&#183;e&#183;s, mais aussi contre tous les salari&#233;&#183;e&#183;s du pays et contre tous les mouvements sociaux. En effet, ils instituent des mesures r&#233;pressives et des sanctions, y compris carc&#233;rales, tr&#232;s lourdes, &#224; l'encontre de ceux qui r&#233;sistent aux injustices ou qui d&#233;fendent des droits fondamentaux. C'est aussi un vrai cadeau pour le patronat qui les met &#224; l'abri des gr&#232;ves, des manifestations, des blocus d'entreprises, sans mentionner les occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note. La Loi Fornero, entr&#233;e en vigueur en janvier 2012, a fait passer le versement des retraites du syst&#232;me r&#233;tributif au syst&#232;me contributif. Syst&#232;me r&#233;tributif, nomm&#233; aussi primaut&#233; des prestations en Suisse : les rentes sont octroy&#233;es en fonction du dernier salaire ou de la moyenne des &#171; x &#187; derniers salaires, tout en tenant compte du nombre d'ann&#233;es de cotisations ; l'institution de pr&#233;voyance veille &#224; ce que les cotisations des employeurs et des employ&#233;s, auxquelles s'ajoutent les revenus des placements, financent les prestations vers&#233;es aux assur&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syst&#232;me contributif, nomm&#233; aussi primaut&#233; des cotisations en Suisse : les prestations vers&#233;es aux assur&#233;&#183;e&#183;s sont calcul&#233;es sur la base du capital &#233;pargn&#233; &#8211; cotisations plus int&#233;r&#234;ts &#8211; aupr&#232;s de l'institution de pr&#233;voyance ; lors de la retraite, le capital-&#233;pargne accumul&#233; est converti en rente de vieillesse au moyen d'un taux de conversion. Le syst&#232;me contributif italien calcule la rente selon le total des cotisations vers&#233;es au cours de la vie professionnelle, index&#233; selon les variations quinquennales du Produit int&#233;rieur brut multipli&#233; par un taux de conversion (en %) red&#233;fini tous les 2 ou 3 ans en fonction de l'&#226;ge du salari&#233; au moment de l'arriv&#233;e &#224; la retraite. Les personnes d&#233;j&#224; &#224; la retraite avant 2012 restent toutefois dans l'ancien syst&#232;me (primaut&#233; des prestations). Celles qui sont arriv&#233;es &#224; la retraite apr&#232;s 2012 sont &#224; cheval sur les deux syst&#232;mes, au prorata des ann&#233;es de cotisations avant ou apr&#232;s 2012.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Cf Italie-D&#233;bat. &#171; Pour une gauche d'opposition &#187;, d&#233;claration de Sinistra anticapitalista, 24 septembre 2019, sur ce m&#234;me site, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/italie/italie-debat-pour-une-gauche-dopposition.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/italie/italie-debat-pour-une-gauche-dopposition.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le Parti d&#233;mocratique (Partito democratico, PD) est un parti bourgeois &#8211; souvent qualifi&#233; de gauche par les m&#233;dias &#8211; issu de morceaux des gauches stalinienne et social-d&#233;mocrate ainsi que des droites d&#233;mocrate chr&#233;tienne et lib&#233;rale. Plusieurs pr&#233;sidents du Conseil des ministres (1er ministre) en sont issus, entre avril 2013 et juin 2018. Il participe, depuis septembre, &#224; la nouvelle coalition gouvernementale avec le M5S (cf. note suivante). [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le Mouvement 5 &#233;toiles (Movimento 5 Stelle, M5S) est n&#233; en 2009, centr&#233; au d&#233;part sur l'humoriste Beppe Grillo et sur l'entrepreneur Gianroberto Casaleggio, d&#233;pourvu de tout programme &#233;conomique et social coh&#233;rent, tr&#232;s centralis&#233; par ses fondateurs. Sa principale caract&#233;ristique est d'&#234;tre h&#233;t&#233;roclite. Il se veut web-parti mais il est tr&#232;s attach&#233; aux traditions nationales, il se positionne sur le modernisme mais il compte une forte tendance x&#233;nophobe et anti-immigr&#233;e, il s'affiche anti-mafieux et anti-client&#233;liste mais il pratique le client&#233;lisme l&#224; o&#249; il remporte les &#233;lections, il a d&#233;velopp&#233; une rh&#233;torique anti-pouvoir mais il l'a oubli&#233;e d&#232;s lors qu'il a acc&#233;d&#233; au gouvernement, il se d&#233;clare anti-institutionnel mais il a adh&#233;r&#233; aux institutions politiques gouvernementales, r&#233;gionales et municipales, il se proclame anti-Union europ&#233;enne, avec ses premiers alli&#233;s gouvernementaux de la Lega (qui sont anti-UE en tout cas verbalement), mais il se plie &#224; l'Union europ&#233;enne, avec ses deuxi&#232;mes alli&#233;s gouvernementaux du PD. Le M5S a fait partie d'une coalition gouvernementale avec le parti national-souverainiste la Lega (juin 2018 &#224; septembre 2019, gouvernement M5S-Lega dit jaune-vert). Il a tourn&#233; sa veste (qui a tellement de c&#244;t&#233;s que m&#234;me Jacques Dutronc s'y perdrait), depuis septembre 2019, en faisant partie d'un gouvernement dit du centre, avec le Parti d&#233;mocratique (gouvernement M5S-PD dit jaune-rouge ou jaune-rose). Aux derni&#232;res &#233;lections nationales (2018), le M5S obtenu 33% des voix aux deux Chambres, au &#233;lections europ&#233;ennes (2019) il en a obtenu 17%, aujourd'hui il obtiendrait probablement nettement moins. [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Les trois grandes centrales syndicales italiennes sont la La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale italienne du travail (CGIL), le plus grand syndicat de salari&#233;s d'Italie, dont des scissions au lendemain de la seconde guerre mondiale ont donn&#233; naissance &#224; la Conf&#233;d&#233;ration italienne des syndicats de travailleurs (Confederazione italiana sindacati lavoratori, CISL) et &#224; l'Union italienne du travail (Unione italiana del lavoro, UIL). [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] La Lega est fond&#233;e en 1991, sous le nom de Lega Nord, sur la base de mouvements r&#233;gionalistes lombards et des r&#233;gions de l'Italie du Nord. Avec le M5S, elle a form&#233; le gouvernement, de juin 2018 &#224; septembre 2019. Maintenant ce sont deux fr&#232;res ennemis. Son dirigeant, le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral Matteo Salvini, &#233;tait &#224; la fois ministre de l'Int&#233;rieur et dirigeant du gouvernement de facto. Le pr&#233;sident officiel du Conseil des ministres &#233;tait toutefois Giuseppe Conte, le m&#234;me qui dirige le gouvernement actuel, mais avec le PD, grand rival de la Lega. Avant les &#233;lection nationales de mars 2018, la Lega Nord a abandonn&#233; l'attribut &#171; Nord &#187; et son attachement &#224; la nation padanienne (la Plaine du P&#244;, &#233;rig&#233;e en nation, devenue rh&#233;toriquement la Padanie), pour se nommer Lega tout court. Tour de magie qui a fait du parti nordiste anti-m&#233;ridional un parti italien national-souverainiste. C'est une transformation qui se heurte encore &#224; bien des r&#233;sistances internes. La Lega est un parti de la droite parlementaire dite dure avec une orientation qui ne d&#233;ment pas ses traits d'extr&#234;me droite. Elle a atteint 17% des voix aux &#233;lections nationales de 2018, 34% aux europ&#233;ennes de 2019. [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Fratelli d'Italia (FdI) est une organisation politique d'extr&#234;me droite, n&#233;e en 2012. Sa pr&#233;sidente et leader incontest&#233;e est Giorgia Meloni. Elle s'inscrit dans la continuit&#233; d'Alleanza nazionale (AN), elle-m&#234;me issue du Movimento sociale italiano (MSI), dans lequel avaient conflu&#233; les forces fascistes de l'apr&#232;s-guerre. Ces r&#233;f&#233;rences et son id&#233;ologie fasciste s'expriment notamment par le symbole de FdI, la flamme tricolore, aux couleurs du drapeau italien, qui &#233;tait d&#233;j&#224; le symbole du MSI. C'est une organisation en forte croissance &#233;lectorale, approchant 10% dans les sondages, et sa dirigeante, Giorgia Meloni, tente de ravir le leadership des forces de droite au dirigeant de la Lega, Matteo Salvini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Le rapport de synth&#232;se du Rapporto Italia est disponible &#224; cette adresse : &lt;a href=&#034;https://eurispes.eu/wp-content/uploads/2020/01/eurispes-sintesi-ri2020.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eurispes.eu/wp-content/uploads/2020/01/eurispes-sintesi-ri2020.pdf&lt;/a&gt; [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Matteo Renzi, dont le point de r&#233;f&#233;rence est le leader anglais Tony Blair, a &#233;t&#233; secr&#233;taire du Parti d&#233;mocratique (PD) de d&#233;cembre 2013 &#224; mars 2018 et pr&#233;sident du Conseil des ministres de f&#233;vrier 2014 &#224; d&#233;cembre 2016. C'est sous son gouvernement que le Job Acts a &#233;t&#233; adopt&#233;, une loi de lib&#233;ralisation totale du march&#233; du travail qui a effac&#233; les normes protectrices fondamentales de la loi sur le travail (Statuto des lavoratori) de 1970. Au cours de la crise gouvernementale de l'&#233;t&#233; dernier, apr&#232;s avoir impuls&#233; l'alliance entre le M5S et le PD, il a fait scission, cr&#233;ant son propre groupe parlementaire, Italia Viva, noyau d'un nouveau parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Forza Italia (FI, Forza Italia jusqu'en 2009, Popolo della Libert&#224; de 2009 &#224; 2013, &#224; nouveau Forza Italia d&#232;s 2013) est la troisi&#232;me formation politique du Parlement italien, dirig&#233;e d&#232;s ses d&#233;but par Silvio Berlusconi (pr&#233;sident du Conseil des ministres en 1994-1995, de 2001 &#224; 2006 et de 2008 &#224; 2011), la 7&#232;me fortune d'Italie avec environ 7 milliards d'euros. D&#232;s la fondation de FI &#171; les ressources financi&#232;res, humaines, organisationnelles, toutes choses n&#233;cessaires &#224; la construction d'un mouvement politique, &#233;taient fournies par le holding Fininvest [de Berlusconi], &#224; commencer par son groupe dirigeant &#187; directement transf&#233;r&#233; dans le champ politique, &#233;crit Diego Giachetti (Les vingt ann&#233;es de Silvio Berlusconi, 30 janvier 2014, &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/europe/italie/italie-les-vingt-annees-de-silvio-berlusconi.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/europe/italie/italie-les-vingt-annees-de-silvio-berlusconi.html&lt;/a&gt;). Berlusconi a &#233;rig&#233; sa richesse notamment avec l'aide du Parti socialiste qui fit faillite, financi&#232;rement et politiquement, en 1994. [ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Ayant 4.5 millions d'habitants dont 3.5 millions d'&#233;lecteurs, l'&#201;milie-Romagne est l'une des r&#233;gions les plus riches d'Italie. Elle repr&#233;sente le 7.3% de la population italienne, le 9% du Produit int&#233;rieur brut (PIB), le 13.6% des exportations] La crise &#233;conomique latente, qui frappe plusieurs parties du pays, y a eu moins d'impact .[ndt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Le pr&#233;sident de l'&#201;milie-Romagne, Stefano Bonaccini, a m&#234;me demand&#233; au gouvernement central, de concert avec les pr&#233;sidents de Lombardie et de V&#233;n&#233;tie, l'autonomie diff&#233;renci&#233;e, autrement dit des normes l&#233;gales permettant de concentrer davantage encore de richesses du pays dans les r&#233;gions le plus prosp&#232;res, au d&#233;triment des r&#233;gions m&#233;ridionales. Cf. &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/italie-ue-lautonomie-differenciee-comme-instrument-du-developpement-inegal-et-de-la-deregulation.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/italie-ue-lautonomie-differenciee-comme-instrument-du-developpement-inegal-et-de-la-deregulation.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Cf. Il Fatto Quotidiano, 27/01/2020, Elezioni regionali 2020. Flussi di voto Swg, Bonaccini fa il pieno tra ex astenuti e M5S. [ndt]&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Dire qu'il y a peu de temps encore, nombreux &#233;taient ceux qui, &#224; gauche, pensaient avoir trouv&#233;, dans le M5S, une alternative valable dans laquelle engager leurs propres forces&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Cf. Franco Turigliatto, PSA/FCA, un mariage qu'il fallait conclure&#8230; pour les capitalistes, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/economie/psa-fca-un-mariage-quil-fallait-conclure-pour-les-capitalistes.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/economie/psa-fca-un-mariage-quil-fallait-conclure-pour-les-capitalistes.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Cf. Raffaele Ricciardi, Pensionati, pi&#249; di uno su tre vive con meno di mille euro lordi al mese, quotidien La Repubblica, Milan, 15/01/2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Cf. Eliana Como, Italie. Vingt-cinq ans d'Ilva. Le prix de la privatisation pour l'emploi et l'environnement &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/italie/italie-vingt-cinq-ans-dilva-le-prix-de-la-privatisation-pour-lemploi-et-lenvironnement.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/italie/italie-vingt-cinq-ans-dilva-le-prix-de-la-privatisation-pour-lemploi-et-lenvironnement.html&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Cf. Franco Turigliatto, PSA/FCA, un mariage qu'il fallait conclure&#8230; pour les capitalistes, sur &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/economie/psa-fca-un-mariage-quil-fallait-conclure-pour-les-capitalistes.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/economie/psa-fca-un-mariage-quil-fallait-conclure-pour-les-capitalistes.html&lt;/a&gt;. [ndt]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Italie : Dans la crise, mener conjointement les batailles d&#233;mocratiques et sociales</title>
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		<dc:date>2019-08-20T07:38:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les fortes tensions et divergences qui opposaient ces derniers mois les deux composantes du gouvernement jaune-vert italien, le M5S de Di Maio et la Ligue de Salvini, ont finalement explos&#233; et ont conduit &#224; la crise du gouvernement pr&#233;sid&#233; par Giuseppe Conte. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; du journal du NPA | https://npa2009.org/actualite/international/italie-dans-la-crise-mener-conjointement-les-batailles-democratiques-et &lt;br class='autobr' /&gt; La chute du gouvernement jaune-vert marque la fin d'un ex&#233;cutif qui, jusqu'au dernier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-20&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton39865-6c930.jpg?1781077278' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les fortes tensions et divergences qui opposaient ces derniers mois les deux composantes du gouvernement jaune-vert italien, le M5S de Di Maio et la Ligue de Salvini, ont finalement explos&#233; et ont conduit &#224; la crise du gouvernement pr&#233;sid&#233; par Giuseppe Conte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du journal du NPA | &lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/italie-dans-la-crise-mener-conjointement-les-batailles-democratiques-et&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/international/italie-dans-la-crise-mener-conjointement-les-batailles-democratiques-et&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chute du gouvernement jaune-vert marque la fin d'un ex&#233;cutif qui, jusqu'au dernier jour, produisit des lois inf&#226;mes, telles que les deux d&#233;crets sur la s&#233;curit&#233;, qui fermaient les ports, criminalisait la solidarit&#233;, brandissait comme drapeau l'&#233;go&#239;sme et l'inhumanit&#233;, qui a cr&#233;&#233; un climat r&#233;actionnaire et non d&#233;mocratique dans le pays, a renforc&#233; l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Salvini a d&#233;cid&#233; de rompre l'alliance en consid&#233;rant qu'il avait fait tout ce qui &#233;tait possible du cadre de gouvernement avec le Mouvement 5 &#233;toiles, et fort de certains sondages qui lui donnent maintenant 36% des voix. D&#233;but ao&#251;t, il avait obtenu aussi bien le d&#233;cret &#171; s&#233;curit&#233; bis &#187; que celui sur la TVA, qui avaient mis en lumi&#232;re la subordination, l'inconsistance politique et les contradictions toujours plus vive du Mouvement 5 &#233;toiles aussi bien que la d&#233;risoire qualit&#233; de l'opposition du Parti D&#233;mocrate et de ses divisions internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de la Ligue a donc demand&#233; la capitulation totale et inconditionnelle du Mouvement 5 &#233;toiles, un suicide politique total que cette formation politique, bien que craignant le n&#339;ud coulant des &#233;lections, ne pouvait pas accepter. D'o&#249; la fuite en avant de Salvini vers des &#233;lections dont il esp&#232;re qu'il s'agisse d'un pl&#233;biscite autour de sa figure afin de lui donner &#171; pleins pouvoirs &#187; qu'il a demand&#233; en s&#233;ance publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me Salvini rencontre des difficult&#233;s sur son chemin, car il reste, dans le parlement actuel, une force minoritaire puisque le M5S est le parti qui compte environ 36% des parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jours-ci, de nombreuses man&#339;uvres d'op&#233;rations diff&#233;rentes sont en cours de r&#233;alisation. L'utilisation des &#233;lections reste l'hypoth&#232;se la plus plausible, mais on parle &#233;galement d'un gouvernement transitoire et limit&#233; qui peut appliquer la loi de finance &#224; l'automne et m&#234;me des tentatives sont en cours pour composer un gouvernement M5S-PD qui aurait th&#233;oriquement une majorit&#233; au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, nous sommes face non seulement &#224; une crise de gouvernance, mais aussi &#224; une crise institutionnelle latente qui ne pourra que s'envenimer en mettant en &#233;vidence la crise de direction de la classe dominante. Le gouvernement jaune-vert lui-m&#234;me &#233;tait d&#233;j&#224; une expression des difficult&#233;s de la bourgeoisie &#224; disposer de forces politiques et de gouvernements pleinement coh&#233;rents avec ses desseins. Le gouvernement de &#171; contrats &#187; (l'accord entre le Mouvement 5 &#233;toiles et la Ligue) portait en soi un certain nombre de contradictions de fond que la r&#233;sistible mais rapide ascension de Salvini ne pouvait que faire &#233;clater rapidement, en un moment de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'&#339;uvre de Salvini et de la Ligue, se caract&#233;rise par des passages en force syst&#233;matiques, des actions en dehors du cadre formel des r&#232;gles de la d&#233;mocratie parlementaire bourgeoise (d&#233;j&#224; pr&#233;sente chez les gouvernements pr&#233;c&#233;dents), la mise en place brutale de lois comme celle sur la s&#233;curit&#233;, compl&#232;tement &#233;trang&#232;res aux r&#232;gles constitutionnelles. Pour devenir le &#171; chef politique national &#187;, pour construire et maintenir un consensus populaire, Salvini fera d'autres incursions antidemocratiques dans un syst&#232;me politique d&#233;j&#224; fortement secou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre politique et social assez difficile pour les forces du mouvement ouvrier, il est plus que jamais n&#233;cessaire de lier fortement bataille d&#233;mocratique et bataille sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne m&#232;ne pas simultan&#233;ment tant la bataille d&#233;mocratique pour contrer les forces politiques r&#233;actionnaires et emp&#234;cher leur affirmation, que la bataille sociale ; si on ne construit pas un mouvement de lutte et revendicatif qui fait valoir les objectifs et les int&#233;r&#234;ts de celle qu'on appelle &#171; majorit&#233; sociale &#187; alors il sera impossible de faire face &#224; l'onde de choc du populisme r&#233;gressif des droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette position strat&#233;gique doit aussi d&#233;terminer le type d'alliances possibles et faisables sans faire le jeu de ceux qui, avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; ant&#233;rieures, ont cr&#233;&#233; les conditions pour l'ascension des droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD pense pouvoir devenir un protagoniste essentiel, simplement en s'autoproclamant le &#171; rempart &#187; d&#233;mocratique face &#224; la Ligue, en exploitant les sentiments d&#233;mocratiques et solidaires qui heureusement encore impr&#232;gnent une large partie de la soci&#233;t&#233; mais, en orientant tout ceci dans le cadre de l'Europe lib&#233;rale et bourgeoise. Cela ne fonctionnera pas face au d&#233;ferlement populiste de Salvini et consorts. Il est possible que cela leur permette de maintenir sur pied le PD mais certainement pas les conditions de vie des larges masses et leur conscience d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation empirerait encore si certains &#224; gauche d&#233;cidaient d'une nouvelle alliance avec le PD.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose &#224; faire, pour les forces du mouvement ouvrier, est donc de maintenir sur pied et de d&#233;velopper cette possibilit&#233; de retour des luttes sociales, de ne pas se laisser absorber par la seule bataille &#233;lectorale, de maintenir de fa&#231;on conjointe la bataille d&#233;mocratique et politique avec la bataille sociale revendicative, comme instruments fondamentaux pour reconstruire une perspective d'alternative &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, aucune solution politique qui sera affirm&#233;e, dans le cadre des relations de pouvoir et de la nature sociale des principales forces politiques, ne correspondra aux besoins et int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re ; dans le m&#234;me temps, le d&#233;veloppement des r&#233;sistances sociales, leur convergence et leur capacit&#233; d'action sur le terrain national sont des &#233;l&#233;ments indispensables pour conditionner les processus en cours, pour d&#233;fendre les espaces et les &#233;l&#233;ments de la d&#233;mocratie et pour ouvrir un nouveau potentiel de mobilisation et de luttes ; nous ne devons pas rester les bras crois&#233;s et devons &#339;uvrer pour le retour de la classe ouvri&#232;re sur la sc&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous invitons toutes les forces sociales et politiques d&#233;mocratiques et du mouvement ouvrier &#224; se rencontrer pour r&#233;fl&#233;chir &#224; une unit&#233; d'action afin de renforcer, soutenir et d&#233;velopper toutes les initiatives de mobilisations d&#233;j&#224; planifi&#233;es pour l'automne contre le changement climatique, contre l'attaque contre les droits des femmes, contre la division du pays qui serait introduite par le soi-disant r&#233;gionalisme diff&#233;renci&#233;, les campagnes de d&#233;fense des droits des migrants et contre la r&#233;pression des conflits sociaux, les luttes pour des hausses de salaires &#233;lev&#233;es et pour l'emploi par le biais la r&#233;duction de temps de travail sans perte de salaire et pour la d&#233;fense des territoires contre les travaux destructeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on essaie d'agir ainsi, il sera peut-&#234;tre aussi plus facile de construire une n&#233;cessaire unit&#233;, massive et plurielle, sur le terrain difficile, des &#233;lections, d'une &#171; gauche de classe &#187;. Une unit&#233; qui doit &#234;tre ind&#233;pendante, sur le terrain de la lutte des classes, et alternative aux sir&#232;nes mensong&#232;res aussi bien populistes et fascisantes que du PD, autrement dit aux diverses expressions politiques des diff&#233;rentes fractions de la classe dominante. Les batailles sociales et politiques sont des batailles difficiles mais indispensables. Nous devons essayer de les mener de la meilleure des mani&#232;res avec une pr&#233;occupation unitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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