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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La Syrie, la g&#233;opolitique et la gauche</title>
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		<dc:date>2025-01-21T12:31:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-01-21</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; pour la premi&#232;re fois en espagnol sur publico.es le 12 d&#233;cembre. Traduit par Art Young pour LINKS International Journal of Socialist Renewal. Les sous-titres et les notes de bas de page ont &#233;t&#233; ajout&#233;s par le traducteur. (De l'espagnol &#224; l'anglais) &lt;br class='autobr' /&gt; 5 janvier 2025 | Traduction en fran&#231;ais Andr&#233; Frappier &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais &#234;tre tr&#232;s dur : il y a quelque chose de moralement naus&#233;abond dans l'hypocrisie occidentale, qui a toujours tu&#233; ou laiss&#233; tuer des civils partout au nom de la d&#233;mocratie et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/syrie-2-24e36.png?1782036875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; pour la premi&#232;re fois en espagnol sur &lt;a href=&#034;https://www.publico.es/opinion/columnas/siria-geopolitica-izquierda.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publico.es&lt;/a&gt; le 12 d&#233;cembre. Traduit par Art Young pour &lt;a href=&#034;https://links.org.au/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LINKS International Journal of Socialist Renewal&lt;/a&gt;. Les sous-titres et les notes de bas de page ont &#233;t&#233; ajout&#233;s par le traducteur. (De l'espagnol &#224; l'anglais)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;5 janvier 2025 | Traduction en fran&#231;ais Andr&#233; Frappier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais &#234;tre tr&#232;s dur : il y a quelque chose de moralement naus&#233;abond dans l'hypocrisie occidentale, qui a toujours tu&#233; ou laiss&#233; tuer des civils partout au nom de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme. Mais il y a quelque chose de non moins r&#233;pugnant dans l'hypocrisie de la gauche autoproclam&#233;e &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187;, qui parvient effectivement &#224; &#233;touffer les r&#234;ves de lib&#233;ration de beaucoup de gens ordinaires sous une montagne d'&#233;tudes pontificales sur &#171; l'&#233;quilibre des forces &#187;, &#171; les int&#233;r&#234;ts capitalistes &#187; et les &#171; manipulations &#233;trang&#232;res &#187;. Curieusement, ces &#233;tudes pr&#233;sentent toujours les &#201;tats-Unis ou l'un des &#171; pions &#187; qu'ils ont fabriqu&#233;s dans les laboratoires de la CIA comme l'acteur central. Ces analystes de gauche savent toujours tout, peu importe o&#249; cela se produit et quoi qu'il arrive. Ils appliquent leurs sch&#233;mas du 20e si&#232;cle &#224; une r&#233;alit&#233; de plus en plus complexe et insaisissable, et m&#233;prisent tous ceux et celles qui sont tromp&#233;s &#187; en luttant et en mourant par le Mal, qui n'a jamais eu qu'un seul nom et qu'un seul but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel Johnson a dit que &#171; le patriotisme est le dernier refuge des canailles &#187;. On pourrait en dire autant de la &#171; g&#233;opolitique &#187; : c'est aussi est le refuge des paresseux, des fanatiques et, en g&#233;n&#233;ral, des conspirationnistes. Certes, il est malheureux de constater que personne ne peut &#233;viter la g&#233;opolitique ; il est impossible de comprendre quoi que ce soit &#224; ce qui se passe dans le monde d'aujourd'hui sans analyser minutieusement la situation sur le terrain. Mais le caract&#232;re hypocrite et sectaire de l'obsession g&#233;opolitique de certains gauchistes est r&#233;v&#233;l&#233; par le fait que plus ils concentrent leur attention sur le Grand Jeu ou le Jeu d'&#233;chec mondial, plus ils ignorent de facteurs. L'un apr&#232;s l'autre, ils proc&#232;dent &#224; ignorer tout ce qui ne correspond pas &#224; leur version monoth&#233;iste de l'histoire ; au premier rang desquels se trouvent les peuples au nom desquels ils pr&#233;tendent agir. Lorsqu'il se passe quelque chose quelque part dans le monde qui ne rentre pas dans leurs sch&#233;mas (que ce soit le Ma&#239;dan en Ukraine ou les &#171; r&#233;volutions arabes &#187;), la premi&#232;re chose qu'ils font est d'abandonner l'acteur le plus g&#234;nant : le peuple. Ils le font avec un m&#233;pris d&#233;shumanisant dont le nihilisme rivalise avec celui de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne. Implicitement ou explicitement, ce m&#233;pris s'est traduit par un soutien &#224; Poutine en Ukraine et &#224; Bachar al-Assad en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le et le parti pris de cette obsession g&#233;opolitique deviennent tr&#232;s clairs d&#232;s que l'on compare, par exemple, leurs attitudes diff&#233;rentes &#224; l'&#233;gard de la Palestine et de la Syrie. En ce qui concerne la Palestine, les Palestiniens ont le droit de combattre l'occupation par tous les moyens n&#233;cessaires ; mais il n'en va pas de m&#234;me pour les Syriens qui luttent contre la tyrannie. Lorsqu'il s'agit de la Palestine, la gauche invoque les droits de l'homme, le droit international et m&#234;me les Nations Unies avec ses tribunaux internationaux ; le reste du temps, elle d&#233;nonce avec d&#233;dain ces m&#234;mes normes et institutions. En revanche, en ce qui concerne la Syrie, la gauche a justifi&#233; les bombardements et les massacres au nom de la m&#234;me &#171; guerre contre le terrorisme &#187; qu'elle rejette ailleurs, et ce &#224; juste titre. En ce qui concerne la Palestine, ces personnes de gauche ne soul&#232;vent pas la question de l'islamisme du Hamas ou de l'intervention de la th&#233;ocratie iranienne, mais ils parlent des crimes d'Isra&#235;l et du droit des Palestiniens &#224; la souverainet&#233;. En ce qui concerne la Syrie, en revanche, tous le discours a &#233;t&#233; et demeure centr&#233; sur l'islamisme de HTS, la main tendue de la Turquie ou les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, et jamais sur les crimes du r&#233;gime ou ceux de ses alli&#233;s internationaux (Russie, Iran, Hezbollah). Bien s&#251;r, ils ignorent aussi le droit du peuple syrien &#224; un peu de cette libert&#233; que nous sentons menac&#233;e ici en Espagne. On n'emp&#234;che jamais les Palestiniens de se d&#233;fendre contre leur bourreau en pr&#233;textant qu'une Palestine libre pourrait devenir une autre dictature arabe ou tomber aux mains des djihadistes. Pourtant, on dit aux Syriens qu'ils n'ont pas le droit de renverser leur propre bourreau sous pr&#233;texte que le remplacement d'Assad pourrait &#234;tre pire (pire pour qui ?). Les Palestiniens sont des victimes et nous exigeons fermement et &#224; juste titre qu'ils soient reconnus comme des sujets. Les Syriens ne sont que des pions des &#201;tats-Unis ou des sous-pions des pions islamistes des &#201;tats-Unis (tout comme les Ukrainiens qui d&#233;fendent leur terre contre la Russie sont des &#171; nazis &#187;). En bref, en Palestine, l'accent est toujours mis sur l'humanit&#233; ; en Syrie (et en Ukraine), l'accent est toujours mis sur le contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hypocrisie &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; &#224; l'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai d&#233;j&#224; soulign&#233; dans un article pr&#233;c&#233;dent : l'hypocrisie occidentale a concentr&#233; son attention sur l'Ukraine, l'hypocrisie &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; s'est concentr&#233;e sur la Palestine. Personne ne s'est int&#233;ress&#233; &#224; la Syrie. En fin de compte, les trois peuples ont &#233;t&#233; perdants. Au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, il a souvent &#233;t&#233; soulign&#233;, &#224; juste titre, que le calvaire palestinien n'a pas commenc&#233; le 7 octobre avec les crimes de guerre commis par la r&#233;sistance islamiste, que tout avait commenc&#233; en 1947, voire avant, et qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es, Isra&#235;l avait continu&#233; &#224; d&#233;raciner des arbres, &#224; d&#233;molir des maisons, &#224; torturer des enfants, &#224; piller des territoires et &#224; bombarder r&#233;guli&#232;rement Gaza, tandis que les m&#233;dias de masse d&#233;tournaient le regard. Mais on peut dire la m&#234;me chose de la Syrie : tout n'a pas commenc&#233; le 1er d&#233;cembre, lorsqu'une organisation islamiste dont tr&#232;s peu de gens connaissaient l'existence a pris le contr&#244;le de la ville d'Alep. Si nous ne voulons pas remonter jusqu'au coup d'&#201;tat de Hafez el-Assad en 1971, nous pouvons commencer par mars 2011, lorsqu'une r&#233;volution populaire pacifique a d'abord exig&#233; des r&#233;formes, puis, en r&#233;ponse &#224; une r&#233;pression brutale, le renversement de son fils et successeur, Bachar. Depuis lors, 320 000 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, principalement par le r&#233;gime et ses alli&#233;s, et jusqu'&#224; cette semaine, on comptait 100 000 prisonniers et personnes disparues. Eux aussi ont &#233;t&#233; victimes de ce r&#233;gime atroce dont beaucoup d'entre nous c&#233;l&#232;brent la chute aujourd'hui. De plus, depuis 2016, apr&#232;s que l'intervention de la Russie et de l'Iran ait invers&#233; le rapport de forces au profit de la dictature, les bombes ont continu&#233; &#224; tomber dans des zones que Damas ne contr&#244;lait pas, comme Idlib. Les bombardements russes ont d&#233;truit boulangeries, h&#244;pitaux et &#233;coles, comme &#224; Gaza (et en Ukraine). Mais cela n'a jamais d&#233;rang&#233; les &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; autoproclam&#233;s qui, au contraire, se m&#233;fiaient de la r&#233;volution tant qu'elle &#233;tait pacifique et se r&#233;jouissaient de sa militarisation, de sa radicalisation et de son islamisation. Cela leur a permis, ainsi qu'&#224; Assad, de traiter tous les opposants comme des &#171; terroristes &#187;. Ils n'ont jamais soutenu, m&#234;me pas de mani&#232;re rh&#233;torique, tous ces militants syriens qui, s'ils avaient &#233;t&#233; espagnols, auraient manifest&#233; sur les places pendant le mouvement du 15M&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un mouvement anti-aust&#233;rit&#233; qui a d&#233;but&#233; en Espagne le 15 mai 2011.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais qui ont fini dans des fosses communes &#224; Hama ou &#224; Homs. Ils n'ont jamais trouv&#233; quoi que ce soit &#224; admirer dans les centaines de conseils d&#233;mocratiques qui, pendant une certaine p&#233;riode, ont g&#233;r&#233; les villes lib&#233;r&#233;es, y compris Alep elle-m&#234;me. Aujourd'hui encore, j'entends certains amis (oui, des amis !) parler de la destruction de la Syrie&#8230; par les &#201;tats-Unis, alors m&#234;me que le pr&#233;sident Obama &#8212; je ne l'oublie pas &#8212; a permis au r&#233;gime d'Assad d'utiliser des armes chimiques contre des civils en 2013, et que sa seule intervention en Syrie a &#233;t&#233; contre l'EI et en soutien aux communistes kurdes (ce qui, je l'avoue ouvertement, m'a fait plaisir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s le renversement d'Assad, non seulement ces m&#234;mes &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; ne se r&#233;jouissent pas de voir les prisonniers lib&#233;r&#233;s des prisons &#8211; les abattoirs de la dictature &#8211; mais ils ne se joignent pas non plus &#224; la joie des familles qui se retrouvent apr&#232;s des ann&#233;es de s&#233;paration, ni au soulagement et &#224; l'enthousiasme de la majorit&#233; des Syriens sans l'aide desquels le triomphe inattendu de cette offensive militaire ultra-rapide aurait &#233;t&#233; impossible. Au contraire : comme le montrent certains des messages que j'ai re&#231;us, ces personnes esp&#232;rent que les m&#233;chants djihadistes, selon eux, qui ont lib&#233;r&#233; Damas commenceront imm&#233;diatement &#224; couper des t&#234;tes et &#224; imposer la charia. Ils n'appr&#233;cient pas le fait que les nouvelles autorit&#233;s, qu'elles soient hypocrites ou non, aient &#233;vit&#233; les repr&#233;sailles, tiennent des discours inclusifs et n&#233;gocient avec toutes les forces sur le terrain, y compris les secteurs du r&#233;gime qui n'ont pas fui le pays et sans lesquels une transition serait impossible. Ce n'est pas que ces activistes de gauche attendent que les choses tournent mal (cela pourrait certainement arriver) ; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'ils veulent qu'il se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syrie : le premier massacre de masse retransmis en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en Palestine aujourd'hui, tout le monde a pu voir tout ce qui s'est pass&#233; en Syrie entre 2011 et 2016. Il n'est pas vrai que le massacre auquel nous assistons aujourd'hui en Palestine soit le premier de l'histoire &#224; &#234;tre diffus&#233; en temps r&#233;el. La m&#234;me chose s'est produite en Syrie au d&#233;but de la derni&#232;re d&#233;cennie. En fait, de nombreux Syriens, comme mon amie Leila Nachawati, pensaient na&#239;vement que la visibilit&#233; des crimes d'Assad, qu'une l&#233;gion d'activistes et de journalistes diffusaient en direct, aurait servi &#224; les arr&#234;ter ou, au moins, &#224; en r&#233;duire le nombre et l'intensit&#233;. &#171; Aujourd'hui &#187;, pensait-elle alors, &#171; ce qui s'est pass&#233; &#224; Hama en 1982 ne peut pas se reproduire &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;poque o&#249; la famille Assad a pris le contr&#244;le du pays pendant trois d&#233;cennies en tuant dans l'ombre entre 10 000 et 30 000 Syriens. H&#233;las, elle se trompait et l'a admis dans son excellent roman Cuando La Revoluci&#243;n Termine. Les personnages de ce roman expriment douloureusement &#224; quel point l'indiff&#233;rence internationale a accru la souffrance et le d&#233;sespoir que les Syriens &#233;prouvaient d&#233;j&#224;. En effet, nous avons tous &#233;t&#233; les t&#233;moins vivants des massacres perp&#233;tr&#233;s par le r&#233;gime, tout comme aujourd'hui en Palestine, et nous n'avons rien fait &#224; l'&#233;poque. En fait, certains ont fait quelque chose : ils ont soutenu Assad au nom de l'anti-imp&#233;rialisme (tout comme ils soutiennent Poutine en Ukraine aujourd'hui), de la m&#234;me mani&#232;re que l'extr&#234;me droite mondiale soutient Isra&#235;l contre les aspirations l&#233;gitimes du peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une autre g&#233;opolitique est possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre g&#233;opolitique est possible. On l'a d&#233;montr&#233; il y a quelques jours, alors que personne ne pouvait imaginer l'effondrement imminent de la tyrannie syrienne. Nachawati a publi&#233; un excellent article qui expose toutes les complexit&#233;s, endog&#232;nes et exog&#232;nes, qui ont &#233;merg&#233; dans la r&#233;gion et qui excluent donc toute solution r&#233;volutionnaire magique pour la Syrie, tout comme il n'y en pas pour la Palestine. Mais cette complexit&#233; ne doit pas nous emp&#234;cher de nous associer aujourd'hui &#224; l'espoir de millions de Syriens qui ont des raisons d'envisager l'avenir avec r&#233;serve, mais aussi de se r&#233;jouir du renversement d'Assad, de sa famille mafieuse et de ses alli&#233;s autocrates. Ils savent que cette d&#233;marche est une condition minimale et n&#233;cessaire, m&#234;me si elle n'est peut-&#234;tre pas suffisante, pour la construction d'un avenir plus juste et d&#233;mocratique dans leur pays et dans le monde. N'est-ce pas ce que nous voulons pour la Palestine ? L&#224;, les crimes du Hamas le 7 octobre ne nous ont pas emp&#234;ch&#233;s d'&#234;tre solidaires du peuple palestinien, ni d'&#234;tre conscients de la complexit&#233; de sa juste lutte contre le sionisme isra&#233;lien ; une complexit&#233; qui, dans leur cas, ne nous emp&#234;cherait pas de nous r&#233;jouir si, m&#234;me dans un nouvel ordre mondial non d&#233;mocratique (ou avec le soutien inimaginable des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne), ils parvenaient &#224; obtenir leur lib&#233;ration. Car nous savons aussi qu'il n'y a pas d'avenir pour la Palestine et pour le monde sans la d&#233;faite du sionisme isra&#233;lien g&#233;nocidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une version ant&#233;rieure de cet article, r&#233;dig&#233;e il y a cinq jours [7 d&#233;cembre], alors que la chute rapide de Damas n'&#233;tait pas encore pr&#233;visible, je recommandais un tr&#232;s beau texte d'Ayham Al Sati , r&#233;fugi&#233; syrien en Espagne, dans lequel l'auteur exposait, dans un espagnol remarquable, un m&#233;lange d&#233;chirant de peur et d'espoir que l'un des peuples les plus afflig&#233;s de la plan&#232;te a endur&#233; pendant des d&#233;cennies. Je conserve cette recommandation dans cette version en hommage aux Syriens qui ont souffert autant que lui et qui partagent son point de vue ; et qui, comme lui, ressentent un peu moins de peur et un peu plus d'espoir aujourd'hui. S'il vous pla&#238;t, laissez les Syriens de profiter de ce dimanche historique sans g&#226;cher leur f&#234;te en remettant en question la l&#233;gitimit&#233; de leur joie depuis notre distance olympique, agissant comme des joueurs de poker qui d&#233;placent des pi&#232;ces sur un &#233;chiquier g&#233;opolitique du si&#232;cle dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre g&#233;opolitique est possible : analyse complexe, principes simples, contexte et humanit&#233;. C'est le contraire de ce que les soi-disant &#034;anti-imp&#233;rialistes&#034; ont fait au cours de ces ann&#233;es en ce qui concerne la Syrie et continuent &#224; faire avec l'Ukraine, en appliquant le raisonnement d'Occam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Principe de r&#233;solution de probl&#232;me selon lequel l'explication la plus simple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au gr&#233; de leurs &#339;ill&#232;res id&#233;ologiques nihilistes, abandonnant ainsi les peuples sur le terrain qui se soul&#232;vent contre les dictatures s'ils ne sont pas &#171; de notre c&#244;t&#233; &#187;, ou ceux qui d&#233;fendent leur terre contre les envahisseurs, &#224; moins qu'ils ne soient palestiniens. Tout est beaucoup plus complexe que ce que pr&#233;tendent ces fanatiques des &#233;checs g&#233;opolitiques &#8211; qui jouent en fait aux dames &#8211; ; tout est aussi beaucoup plus simple. Il faut lire davantage, &#233;tudier davantage. Il faut aussi poser davantage de questions aux gens, directement ou indirectement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Syriens eux-m&#234;mes nous ont montr&#233; la voie : nous pouvons &#8211; oui, nous pouvons &#8211; soutenir &#224; la fois les Palestiniens, les Ukrainiens et les Syriens. Nous ne savons pas ce qui se passera apr&#232;s-demain. Les Syriens sont tr&#232;s divers et de nombreux int&#233;r&#234;ts internationaux sont m&#234;l&#233;s dans la r&#233;gion, mais l'effondrement extr&#234;mement rapide d'un r&#233;gime sanguinaire qui, avec la collaboration de la Russie et de l'Iran, semblait avoir consolid&#233; son pouvoir (et qui &#233;tait sur le point de normaliser ses relations avec l'Europe) montre que la chute de Damas n'&#233;tait &#224; l'ordre du jour de personne. Pour cette raison, elle devrait nous obliger &#224; r&#233;duire l'arrogance de tous nos sch&#233;mas. Comme ce fut le cas lors des r&#233;volutions arabes, de nombreux acteurs seront contraints d'ajuster leurs strat&#233;gies. Ils devront commencer par reconna&#238;tre l'autonomie relative des forces locales (islamistes, Kurdes, SNA (Arm&#233;e nationale syrienne)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; son nom le SNA n'est pas l'arm&#233;e de l'&#201;tat syrien. Elle fait partie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , opposition d&#233;mocratique et restes du r&#233;gime). Ils devront surtout tenir compte de l'existence inattendue (apr&#232;s tant d'ann&#233;es cauchemardesques) des gens du peuple, de leurs aspirations et de leurs capacit&#233;s de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Syriens ont gagn&#233; et tous les Syriens ont perdu. Quiconque voudra gouverner la Syrie devra s'appuyer sur toutes les forces que l'offensive du HTS a elle-m&#234;me mis en lumi&#232;re, r&#233;duisant ainsi son h&#233;g&#233;monie. Dans une situation o&#249; personne ne peut revendiquer la victoire et o&#249; chacun a le sentiment d'avoir perdu quelque chose &#8211; ou beaucoup ou tout &#8211; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, un accord pourrait peut-&#234;tre &#234;tre plus envisageable. Soudain, il existe une possibilit&#233; (inimaginable il y a encore une semaine) que les Syriens soient ceux qui d&#233;cident eux-m&#234;mes de leur propre destin. Nous devons donc les laisser explorer. Aujourd'hui, en tout cas, laissons-les enterrer leurs morts, rendre hommage &#224; leurs h&#233;ros, accueillir leurs amis lib&#233;r&#233;s des cachots, retrouver leurs m&#232;res, revenir d'exil et danser sur les places lib&#233;r&#233;es, caressant dans la t&#234;te et des mains la Syrie que ces ann&#233;es leur avaient vol&#233;e. Quoi qu'il arrive d&#233;sormais, personne ne peut nier que la Syrie est aujourd'hui un pays meilleur. Nous pourrions aller plus loin et dire : en contraste aux souffrances des derni&#232;res d&#233;cennies, pour quelques heures, la Syrie est et sera le pays le plus libre du monde.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un mouvement anti-aust&#233;rit&#233; qui a d&#233;but&#233; en Espagne le 15 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Principe de r&#233;solution de probl&#232;me selon lequel l'explication la plus simple est souvent la meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Malgr&#233; son nom le SNA n'est pas l'arm&#233;e de l'&#201;tat syrien. Elle fait partie d'un certain nombre de coalitions arm&#233;es qui se sont oppos&#233;es au r&#233;gime d'Assad, principalement bas&#233; dans le nord de la Syrie et soutenu par la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie. Des &#233;lections kafka&#239;ennes : &#171; &#233;lections oui, d&#233;mocratie non &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Des-elections-kafkaiennes-elections-oui-democratie-non</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tunisie-Des-elections-kafkaiennes-elections-oui-democratie-non</guid>
		<dc:date>2022-12-20T06:51:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives du 17 d&#233;cembre sont boycott&#233;es par presque tous les partis politiques, avec lesquels le pr&#233;sident Ka&#239;s Sa&#239;ed refuse de dialoguer [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Tunisie a fait en tr&#232;s peu d'ann&#233;es &#171; le tour &#187; de l'histoire europ&#233;enne. En 2011, elle a connu une r&#233;volution fran&#231;aise, suivie d'une transition &#224; l'espagnole, et en 2015 un bipartisme entre un parti de l'ancien r&#233;gime et les post-islamistes. En 2019, le populisme et l'anti-politique l'ont emport&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton55371-f1947.png?1782036875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives du 17 d&#233;cembre sont boycott&#233;es par presque tous les partis politiques, avec lesquels le pr&#233;sident Ka&#239;s Sa&#239;ed refuse de dialoguer [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/afrique/tunisie/tunisie-des-elections-kafkaiennes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie a fait en tr&#232;s peu d'ann&#233;es &#171; le tour &#187; de l'histoire europ&#233;enne. En 2011, elle a connu une r&#233;volution fran&#231;aise, suivie d'une transition &#224; l'espagnole, et en 2015 un bipartisme entre un parti de l'ancien r&#233;gime et les post-islamistes. En 2019, le populisme et l'anti-politique l'ont emport&#233;. Jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi prochain, 17 d&#233;cembre, se tiendront les &#233;lections l&#233;gislatives en Tunisie, les premi&#232;res apr&#232;s le coup d'Etat sans effusion de sang du pr&#233;sident Ka&#239;s Sa&#239;ed, qui, le 25 juillet 2021, on s'en souvient, a ferm&#233; manu militari (puis dissous) le parlement pour s'arroger ensuite tous les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, son travail de d&#233;molition des acquis d&#233;mocratiques chancelants de la r&#233;volution de 2011 a &#233;t&#233; aussi m&#233;ticuleux qu'implacable. Au nom de la r&#233;volution &#171; trahie &#187;, et avec le soutien d'une partie non n&#233;gligeable de la population, notamment les plus jeunes, il a s&#233;questr&#233; toutes les institutions (du Haut Conseil de la Justice &#224; la Haute Autorit&#233; Electorale, sans oublier la HAICA, l'agence responsable des m&#233;dias). Il a suspendu (puis liquid&#233;) la constitution la plus progressiste du monde arabe, adopt&#233;e en 2014 par un gouvernement de coalition dirig&#233; par des islamistes. Il a lanc&#233; une pers&#233;cution judiciaire incluant l'ancien pr&#233;sident Moncef Marzouki [du 13 d&#233;cembre 2011 au 31 d&#233;cembre 2014], accus&#233; de &#171; trahison &#187;, ainsi qu'une grande partie de l'opposition, notamment des membres du parti Ennahda [parti islamiste cr&#233;&#233; officiellement en 1981], accus&#233;s de terrorisme et/ou de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ka&#239;s Sa&#239;ed a &#233;galement r&#233;voqu&#233; des juges, des fonctionnaires et m&#234;me des maires librement &#233;lus. Selon Amnesty International, au cours des 18 derniers mois, il a poursuivi au moins 29 personnes, dont certaines devant des tribunaux militaires, pour des infractions li&#233;es &#224; la &#171; libert&#233; d'expression &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet dernier, &#224; l'occasion du premier anniversaire de son putsch et apr&#232;s une parodie de consultation populaire en ligne, Ka&#239;s Sa&#239;ed a organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum au cours duquel, avec une participation d'&#224; peine 30%, a &#233;t&#233; approuv&#233;e une nouvelle Constitution qui consacre le vieux pr&#233;sidentialisme du r&#233;gime de Zine el-Abidine Ben Ali [au pouvoir de 1987 &#224; 2011], affaiblit la division des pouvoirs et laisse de c&#244;t&#233; tous les droits fondamentaux, y compris ceux relatifs &#224; l'&#233;galit&#233; des sexes, confi&#233;s &#224; de futures lois sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie, berceau des r&#233;volutions arabes de 2011, symbole d'une &#171; transition d&#233;mocratique &#187; pr&#233;caire mais porteuse d'espoir, est d&#233;sormais d&#233;j&#224; le dernier tombeau de ce bouleversement qui a renvers&#233; les dictatures et r&#233;veill&#233; les peuples de la r&#233;gion. L'Union europ&#233;enne et les Etats-Unis &#8211; qui ont investi des millions de dollars pour soutenir la transition et qui, apr&#232;s le coup d'Etat de 2021, &#233;taient ouvertement m&#233;contents &#8211; ont finalement accept&#233; la situation et commencent &#224; se r&#233;signer &#224; nouveau &#224; un r&#233;gime autoritaire qu'ils jugent pr&#233;f&#233;rable &#224; l'instabilit&#233; locale et r&#233;gionale. R&#233;gime qui, en tout cas, semble dispos&#233; &#224; garantir, malgr&#233; sa d&#233;magogie souverainiste, les int&#233;r&#234;ts occidentaux dans la r&#233;gion. C'est ce qu'indique le soutien d'Emmanuel Macron &#224; Ka&#239;s Sa&#239;ed en novembre 2022, lors du sommet de la Francophonie qui s'est tenu sur l'&#238;le de Jerba, et la visite pr&#233;vue du pr&#233;sident tunisien aux Etats-Unis cette semaine, en r&#233;ponse &#224; une invitation de Joe Biden. Non moins &#233;loquente est la r&#233;cente signature d'un accord avec le FMI (d'une valeur de 1,2 milliard de dollars), un accord qui sauvera le pays de la faillite imm&#233;diate, mais qui le condamnera &#224; moyen terme, comme l'a d&#233;nonc&#233; le syndicat UGTT (Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail), &#224; une nouvelle d&#233;t&#233;rioration des conditions de vie de la majorit&#233; sociale, d&#233;j&#224; au bord de l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de crise &#233;conomique aigu&#235;, avec des p&#233;nuries de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, une inflation officielle de 10% et des salaires tr&#232;s bas, les &#233;lections de samedi 17 d&#233;cembre consommeront l'involution du processus d&#233;mocratique initi&#233;e en Tunisie avec la r&#233;volte populaire et l'Assembl&#233;e constituante de 2011. Boycott&#233;e par presque tous les partis politiques, avec lesquels Sa&#239;ed refuse de dialoguer, la nouvelle loi &#233;lectorale impose des listes uninominales qui seront disput&#233;es dans de tr&#232;s petites circonscriptions (quartiers ou villages). Certaines donn&#233;es sont r&#233;v&#233;latrices en elles-m&#234;mes : par rapport aux 15 737 candidats de 2019, il n'y en a plus que 1055, dont seulement 121 femmes ; dans de nombreux districts, un seul candidat se pr&#233;sente, il n'y aura donc pas d'&#233;lection du tout. Et &#171; dans sept d'entre eux, il n'y a pas de candidat, de sorte que, comme le dit Raja Jabri, pr&#233;sidente de l'association Murakibun [d&#233;di&#233;e au suivi du processus &#233;lectoral], pour la premi&#232;re fois, il y aura des si&#232;ges vides le jour de l'ouverture du Parlement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la visibilit&#233; m&#233;diatique, le &#171; d&#233;mocratisme radical &#187; de Ka&#239;s Sa&#239;ed impose une pr&#233;sence paradoxalement &#233;gale de tous les candidats dans la presse et &#224; la t&#233;l&#233;vision, ce qui rend mat&#233;riellement impossible la couverture de la campagne, comme l'a d&#233;nonc&#233; l'Association des correspondants &#233;trangers en Afrique du Nord. Par exemple, il n'est pas permis d'interviewer un seul candidat ; 1058 interviews doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es, soit autant que le nombre de candidats, soit les r&#233;sultats d'une loterie institutionnelle qui choisit (et impose aux m&#233;dias concern&#233;s) les noms des personnes &#224; interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, cela ne fait gu&#232;re de diff&#233;rence car, d&#232;s le d&#233;part, la campagne a &#233;t&#233; vid&#233;e de tout contenu politique. Les candidats ne peuvent parler que de leurs projets locaux. S'ils appartiennent &#224; l'un des rares partis qui ne se sont pas joints au boycott, il leur est interdit de mentionner leur affiliation et leur programme. En outre, les participants, qui se voient refuser tout soutien institutionnel, sont autoris&#233;s &#224; recevoir des contributions priv&#233;es pour leurs campagnes. Toutes ces conditions signifient, comme l'a d&#233;clar&#233; l'analyste Bousalem Boulbaba &#224; Al Jazeera, que les nouveaux candidats jouent leurs cartes &#224; fond et limitent leur repr&#233;sentation au niveau familial, tribal ou &#171; clanique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut imaginer la composition et la capacit&#233; de d&#233;cision d'une Assembl&#233;e sans partis et sans exp&#233;rience politique nationale dont les projets de loi peuvent &#233;galement &#234;tre r&#233;vis&#233;s par le pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai expliqu&#233; &#224; d'autres occasions, la Tunisie a fait en tr&#232;s peu d'ann&#233;es, comme au micro-ondes, ce que l'Europe a fait en 200 ans : elle a connu en 2011 la R&#233;volution fran&#231;aise, puis une transition &#224; l'espagnole ou &#224; la polonaise, avec menaces de coup d'Etat, et depuis 2015 un pacte bipartisan entre un parti li&#233; &#224; l'ancien r&#233;gime [Nidaa Toun&#232;s] et les post-islamistes d'Ennahda [2], force majoritaire au parlement depuis pr&#232;s d'une d&#233;cennie. Puis, en 2019, le populisme et l'antipolitique ont pr&#233;valu &#224; travers la figure d'un juriste marginal (Ka&#239;s Sa&#239;ed) qui, au nom de la r&#233;volution et dans un climat de discr&#233;dit institutionnel, sans parti ni financement, a remport&#233; une large majorit&#233; aux &#233;lections pr&#233;sidentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le palais de Carthage, en juillet 2021, Ka&#239;s Sa&#239;ed, sorte de Kadhafi triste et solennel, convaincu de sa mission salvatrice, s'empare de tous les pouvoirs, impliquant pour la premi&#232;re fois l'arm&#233;e dans un changement de r&#233;gime. Son discours r&#233;volutionnaire a s&#233;duit beaucoup de ces jeunes &#224; qui les &#233;lites avaient vol&#233; &#171; la r&#233;volution &#187; ; ses mesures contre Ennahda lui ont &#233;galement valu le soutien initial ou le silence de certains partis et m&#234;me du syndicat UGTT. Dans cette partie du monde &#8211; comme nous l'avons vu en Egypte &#8211; l'anti-islamisme a toujours r&#233;uni les &#233;lites &#233;conomiques, les nationalistes arabes et la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, la situation &#233;tait mauvaise et trois ans plus tard, elle est encore bien pire. Les jeunes, &#224; nouveau plong&#233;s dans le ch&#244;mage et la pauvret&#233;, commencent &#224; se d&#233;tourner d'un homme qui n'a tenu aucune de ses promesses et sous la gestion autocratique duquel la situation &#233;conomique, d&#233;j&#224; marqu&#233;e par la crise, n'a fait qu'empirer. Quant aux &#233;lites la&#239;ques du pays, elles se retrouvent, certes, avec un pr&#233;sident en d&#233;saccord avec Ennahda, comme l'&#233;tait le Ben Ali d&#233;chu, mais qui est en r&#233;alit&#233; encore plus conservateur et religieux que le parti qu'il combat et qui, contrairement aux post-islamistes, est plus proche de l'Arabie saoudite que de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est de savoir qui soutient Ka&#239;s Sa&#239;ed. Beaucoup pensaient que, isol&#233; comme il l'&#233;tait, d&#233;connect&#233; &#224; la fois de l'&#171; Etat profond &#187; (c'est-&#224;-dire le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur) et des vieilles &#233;lites benalistes, et sans le soutien de l'UE et des Etats-Unis, l'aventure de Sa&#239;ed serait de courte dur&#233;e. Nous constatons aujourd'hui que ce n'est pas le cas. Bien qu'elle ne puisse &#234;tre totalement exclue, la possibilit&#233; d'un coup d'Etat est plus &#233;loign&#233;e qu'il y a un an. La seule chose que l'on puisse exclure pour l'instant, quoi qu'il arrive, est un retour &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant les &#233;lections kafka&#239;ennes du samedi 17, la plupart des Tunisiens, d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou d&#233;senchant&#233;s, pensent avant tout &#224; quitter le pays. Nous parlons bien s&#251;r de ces secteurs socialement d&#233;favoris&#233;s qui nourrissent l'&#233;migration clandestine, qui a augment&#233; de 18% l'ann&#233;e derni&#232;re (13 000 Tunisiens sont arriv&#233;s par bateau sur les c&#244;tes italiennes) et qui constitue d&#233;j&#224;, comme l'expliquait France24 dans un r&#233;cent reportage, un &#171; projet familial &#187; diffus&#233; ouvertement sur les r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les plus pauvres ne sont pas les seuls &#224; vouloir fuir. Aujourd'hui, ce projet est aussi celui des classes moyennes, qui mobilisent leurs derni&#232;res ressources pour tenter de partir en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada, o&#249; peut-&#234;tre un membre de leur famille les attend d&#233;j&#224;. En pleine crise &#233;conomique, c'est ce projet de fuite des classes moyennes qui explique l'augmentation des inscriptions dans les &#233;coles de langues officielles &#8211; dont l'Institut Cervant&#232;s pour l'espagnol &#8211; et le climat de &#171; d&#233;sengagement &#233;motionnel &#187; d'un pays qu'elles pensaient pouvoir transformer il y a dix ans et dont elles n'attendent rien aujourd'hui. Pas m&#234;me une victoire en football. (Publi&#233; &#224; l'origine dans Naiz, repris sur Viento Sur, le 15 d&#233;cembre 2022 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] A 21 heures, heure fran&#231;aise, selon des cha&#238;nes internationales, le taux de participation atteignait un peu moins de 9% ! (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir sur cette qualification l'article de Th&#233;o Blanc, &#171; Ennahdha et les salafistes : la construction relationnelle de la &#8220;mod&#233;ration&#8221; &#187;, in L'Ann&#233;e du Maghreb, 22, 2020. (R&#233;d. )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Islamophobie et djihadisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Islamophobie-et-djihadisme</link>
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		<dc:date>2014-09-16T07:57:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-09-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 4 septembre dernier, l'&#233;dition &#233;lectronique du journal &#171; El Mundo &#187; mettait en ligne une couverture terrifiante. En haut &#224; droite, en grande taille, sous la l&#233;gende &#171; La menace islamiste &#187;, on reproduisait une carte avec les fronti&#232;res de l'expansion musulmane maximale dans la p&#233;ninsule ib&#233;rique au cours du VIIIe si&#232;cle. En dessous, un titre criard proclamait : &#171; L'&#201;tat islamique r&#234;ve de conqu&#233;rir Al-Andalous &#187;. Si l'on tient compte du fait que la nouvelle la plus diffus&#233;e ces derniers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH128/arton18877-7ce73.png?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='128' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 4 septembre dernier, l'&#233;dition &#233;lectronique du journal &#171; El Mundo &#187; mettait en ligne une couverture terrifiante. En haut &#224; droite, en grande taille, sous la l&#233;gende &#171; La menace islamiste &#187;, on reproduisait une carte avec les fronti&#232;res de l'expansion musulmane maximale dans la p&#233;ninsule ib&#233;rique au cours du VIIIe si&#232;cle. En dessous, un titre criard proclamait : &#171; L'&#201;tat islamique r&#234;ve de conqu&#233;rir Al-Andalous &#187;. Si l'on tient compte du fait que la nouvelle la plus diffus&#233;e ces derniers jours dans tous les m&#233;dias, y compris &#171; El Mundo &#187;, est celle faisant &#233;tat du faible enthousiasme des Espagnols &#224; d&#233;fendre leur patrie les armes &#224; la main (&#171; &#224; peine 16% sont pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre leur pays &#187;), la couverture &#233;voqu&#233;e ici semble contenir, en m&#234;me temps, un appel au recrutement et &#224; la mobilisation et un acte de reddition. En tous les cas, elle alimente chez les lecteurs l'illusion d'une menace imminente et justifie bien entendu &#224; l'avance les mesures qui seront prises &#224; l'&#233;chelle nationale et internationales pour d&#233;fendre notre territoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette couverture &#8211; un exemple parmi d'autres r&#233;p&#233;t&#233;s de mani&#232;re monotone dans les journaux et &#224; la t&#233;l&#233;vision &#8211; me rappelle de mauvais souvenirs. Il y a 11 ans, &#224; la veille de l'invasion anglo-hispano-&#233;tasunienne de l'Irak, nos m&#233;dias ne l&#233;sin&#232;rent pas sur les manipulations islamophobes les plus grossi&#232;res pour justifier le renversement depuis l'ext&#233;rieur d'un dictateur la&#239;c. Je n'oublierai jamais, par exemple, une couverture de mars 2003 du journal &#171; ABC &#187; dans laquelle, en utilisant pour une fois la projection de Peters qui reproduit fid&#232;lement les proportions g&#233;ographiques des continents (contrairement &#224; celle, tr&#232;s eurocentrique, de Mercator, habituellement utilis&#233;e), on offrait l'image d'une petite Europe coinc&#233;e au centre d'une gigantesque pince rouge &#8211; de la Mauritanie au Pakistan &#8211; form&#233;e par 1,3 milliards de musulmans pr&#234;ts &#224; se jeter sur nos foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette islamophobie routini&#232;re, co&#239;ncidant en outre avec la plus forte affluence de migrants d'origine musulmane sur nos c&#244;tes, a &#233;t&#233; aliment&#233;e pendant des ann&#233;es par des m&#233;dias h&#233;g&#233;moniques, mais aussi par nos politiciens. Tout aussi inoubliable est par exemple l'intervention de l'ex-pr&#233;sident Aznar, l'un des h&#233;ros des A&#231;ores, le 21 septembre 2004 &#224; l'Universit&#233; de Georgetown : &#171; Le probl&#232;me de l'Espagne avec Al-Qaida commence au VIIe si&#232;cle &#187;, paroles qu'il couronna avec une inqui&#233;tante d&#233;claration &#224; la Ponce Pilate : &#171; Les attentats du 11 mars (&#224; Madrid, NdT) ne sont pas li&#233;s au soutien du gouvernement &#224; la guerre en Irak, ils remontent &#224; bien plus loin : l'Espagne a refus&#233;e d'&#234;tre un morceau de plus du monde islamique quand elle fut conquise par les Maures, elle a refus&#233;e de perdre son identit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque connait l'histoire de l'Islam sait que dans les courants minoritaires djihadistes se niche un &#171; imaginaire de conqu&#234;te &#187; (comme le rappelle &#224; juste titre le Syrien Yassin Al-Haj Saleh) qui, en tous les cas, ne semble nullement sp&#233;cifique &#224; la religion musulmane : pensons &#224; la conqu&#234;te brutale des Am&#233;riques et aux si&#232;cles de colonialisme militaro-missionnaire occidental. Et dans les propos d'Aznar lui-m&#234;me, qui n'&#233;tait pas un fou isol&#233; dans un cellule capitonn&#233;e, se niche &#8211; et c'est pire &#8211; un &#171; imaginaire de reconqu&#234;te &#187; aliment&#233; par un historicisme essentialiste en rien distinct de celui qui s'exprime dans les discours du nouveau Califat de l'&#201;tat islamique Abu Bakr Al-Baghdadi. Rappelons cependant que les &#171; Maures &#187; n'ont jamais conquis une Espagne qui n'existait pas encore et qu'ils n'ont pas encore conquis l'Espagne r&#233;ellement existante depuis 1492. Alors que l'Espagne, l'Europe et les &#201;tats-Unis &#8211; et les fous qui nous gouvernent &#8211; on bel et bien envahi et continuent &#224; bombarder l'Irak o&#249; est n&#233; le fou assassin Al-Baghdadi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des m&#233;rites de l'&#201;tat islamique aura &#233;t&#233; de mettre d'accord contre lui presque toutes les forces r&#233;gionales et internationales : les Kurdes et leur lutte de lib&#233;ration l&#233;gitime dans quatre pays ; le gouvernement pro-iranien de Bagdad, responsable en bonne part de la pr&#233;sence djihadiste en Irak ; le gouvernement de T&#233;h&#233;ran, qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser Al-Qaida pour affaiblir la r&#233;sistance irakienne ; Bachar Al-Assad, qui a &#233;galement exploit&#233; la carte islamiste contre la r&#233;volution syrienne : les Europ&#233;ens, qui n'h&#233;sitent pas aujourd'hui &#224; donner aux Kurdes les armes qu'ils ont refus&#233; aux rebelles syriens ; et les &#201;tats-Unis, responsables en derni&#232;re instance de la violence, du chaos et de la mis&#232;re qui ont ouvert la voie au f&#233;roce &#171; internationalisme &#187; djihadiste qui d&#233;vaste aujourd'hui le Proche Orient. Mais aussi un secteur de la gauche &#8211; que j'appelle &#171; Staliban &#187; &#8211; qui r&#233;agit de mani&#232;re fort ti&#232;de, ou ne r&#233;agit pas du tout, face &#224; l'intervention &#233;tasunienne en Irak. Cet entente extravagante &#8211; entre les &#201;tats-Unis, leurs ennemis pr&#233;sum&#233;s dans la r&#233;gion et une partie de la gauche mondiale &#8211; devrait au moins servir &#224; mesurer toute la complexit&#233; non-id&#233;ologique du nouveau cadre g&#233;ostrat&#233;gique et aussi &#224; &#233;clairer toutes les contradictions, les calculs et les hypocrisies qui colorent (de sang) le terrain des interventions arm&#233;es et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tous les cas, tout comme le r&#233;gime syrien, les dictatures &#233;gyptienne et iranienne, les th&#233;ocraties sunnites du Golfe, le sionisme isra&#233;lien ou l'imp&#233;rialisme europ&#233;en et &#233;tasunien, les assassins de l'&#201;tat islamique ne m&#233;ritent pas non plus la moindre complaisance ou justification. Et ils ne la m&#233;ritent pas, au-del&#224; de leurs crimes atroces, parce que &#8211; ensemble avec les dictatures ou les imp&#233;rialismes &#8211; ils font reculer le monde arabe et musulman dix ans en arri&#232;re &#224; l'encontre de la volont&#233; l&#233;gitime et majoritaire de d&#233;mocratie et de dignit&#233; exprim&#233;e pendant le dit &#171; Printemps arabe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat islamique ne m&#233;rite pas la moindre compr&#233;hension, mais il faut faire attention parce que de la m&#234;me mani&#232;re que les crimes tr&#232;s r&#233;els des tr&#232;s r&#233;elles dictatures de Kadhafi ou de Bachar Al-Assad ont pu alimenter une propagande b&#226;tarde et int&#233;ress&#233;e, les tr&#232;s r&#233;els crimes de l'&#201;tat islamique et sa tr&#232;s r&#233;elle dictature religieuse peuvent &#234;tre utilis&#233;s pour alimenter une islamophobie tout aussi b&#226;tarde et int&#233;ress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat islamique n'est pas un spectre cr&#233;&#233; par nos services de propagande, mais &#8211; j'insiste &#8211; il faut &#233;viter de tomber dans le pi&#232;ge. Il faut rappeler d'embl&#233;e que ce sont &#233;galement des musulmans sunnites &#8211; par exemple les Kurdes, bien qu'ils ne soient pas les seuls &#8211; ceux qui luttent sur le terrain contre l'&#201;tat islamique et que les interventions &#233;trang&#232;res, d'o&#249; qu'elles viennent, ne sont pas seulement condamnables du point de vue du droit international mais aussi parce qu'elles offrent une l&#233;gitimit&#233; anti-imp&#233;rialiste et anti-coloniale &#8211; et un soutien suppl&#233;mentaire &#8211; &#224; un mouvement qui, avant les invasions et les contre-r&#233;volutions, &#233;tait clairement en recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut &#233;galement rappeler que l'Islam, tout comme les autres religions ou syst&#232;mes communautaires de croyances, ne parle pas et ne tue pas. Il ne s'agit pas &#8211; clarifions-le tout de suite &#8211; de se d&#233;barrasser du probl&#232;me avec un relativisme culturel politiquement correct : &#171; les croyances sont bonnes, le probl&#232;me c'est le croyants &#187;. Il y a des croyances (la supr&#233;matie aryenne, par exemple) qui sont mauvaises en soi et qui n'ont rien de respectable, et aucun nazi individuel ne peut les rendre respectables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Islam, comme le Christianisme, n'est pas seulement une id&#233;ologie : c'est un ensemble de discours (tr&#232;s contradictoires), de pratiques et de coutumes constamment r&#233;&#233;labor&#233;s et red&#233;finis par une histoire vivante que Al-Baghdadi &#8211; comme Aznar &#8211; veulent vainement nier. L'Islam ne parle pas : ce sont des musulmans qui parlent &#224; partir de rapports sociaux, &#233;conomiques et politiques qui fixent, comme dans le cas de tout autre &#234;tre humain, les limites de sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un musulman croit en la libert&#233; et dans la dignit&#233;, dans la justice, dans la bont&#233;, il a les deux m&#234;mes alternatives qu'un chr&#233;tien : celle de consid&#233;rer sa religion comme un obstacle et de rompre avec elle, ou celle de chercher ces valeurs dans la culture dans laquelle il est n&#233;. Quand un musulman veut tuer sa femme ou refuser le sel &#224; son voisin, il peut trouver, comme un chr&#233;tien, une justification dans une fatwa. Mais ce sont des millions et des millions de musulmans qui pensent observer les pr&#233;ceptes de l'Islam quand ils respectent quotidiennement les autres, d&#233;fendent l'&#233;thique commune ou revendiquent la justice et la d&#233;mocratie. L'islamophobie nie l'existence de ces millions de musulmans ce qui &#8211; comme on le sait &#8211; pr&#233;c&#232;de, accompagne ou justifie les interventions militaires &#233;trang&#232;res et les dictatures locales. L'OTAN, les &#201;tats-Unis, l'UE, la Russie, Al-Assad, Al-Sissi (et paradoxalement un secteur de la gauche arabe et mondiale) partagent tous, avec des agendas diff&#233;rents, cette islamophobie int&#233;ress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prudence donc : l'islamophobie est l'&#233;quivalent, le miroir invers&#233; de l'islamisme djihadiste. Ses discours essentialistes fonctionnent de la m&#234;me mani&#232;re, ils s'alimentent r&#233;ciproquement et conduisent aux m&#234;mes crimes. Si nous voulons vaincre le second, nous devons lutter aussi contre le premier. D&#233;fendre l'Espagne n'implique pas de s'engager dans l'arm&#233;e. Il faut la d&#233;fendre de ses propres oligarques &#233;conomiques, de ses politiciens et de ses m&#233;dias, et cela afin de r&#233;cup&#233;rer la d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur et un peu de bon sens, de justice et de tol&#233;rance &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.cuartopoder.es/tribuna/islamofobia-y-yihadismo/6253&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuartopoder.es/tribuna/islamofobia-y-yihadismo/6253&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Isra&#235;l et la prochaine r&#233;volution arabe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Israel-et-la-prochaine-revolution-arabe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Israel-et-la-prochaine-revolution-arabe</guid>
		<dc:date>2014-08-19T08:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

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&lt;p&gt;Imaginons un Syrien qui r&#234;ve d'un peu de d&#233;mocratie, de libert&#233; et de justice sociale : en d&#233;finitive, d'un peu de dignit&#233; humaine. Contre quelles &#8211; et combien - de forces devra-t-il lutter ? &lt;br class='autobr' /&gt; En premier lieu, contre une dictature dynastique qui, depuis plus de 40 ans, a r&#233;prim&#233;, appauvri et assassin&#233; son peuple et qui, depuis trois ans, n'h&#233;site pas &#224; utiliser contre lui la torture, les ex&#233;cutions extrajudiciaires, les bombardements a&#233;riens et jusqu'aux armes chimiques, sans oublier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton18557-7d0a2.png?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Imaginons un Syrien qui r&#234;ve d'un peu de d&#233;mocratie, de libert&#233; et de justice sociale : en d&#233;finitive, d'un peu de dignit&#233; humaine. Contre quelles &#8211; et combien - de forces devra-t-il lutter ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En premier lieu, contre une dictature dynastique qui, depuis plus de 40 ans, a r&#233;prim&#233;, appauvri et assassin&#233; son peuple et qui, depuis trois ans, n'h&#233;site pas &#224; utiliser contre lui la torture, les ex&#233;cutions extrajudiciaires, les bombardements a&#233;riens et jusqu'aux armes chimiques, sans oublier l'empoisonnement sectaire et la propagande la plus abjecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, ce Syrien r&#234;veur devrait lutter contre les groupes djihadistes qui, en profitant du chaos et de la relative tol&#233;rance du r&#233;gime lui-m&#234;me, tentent d'imposer, comme alternative &#224; la dictature, leur propre et non moins atroce dictature fond&#233;e sur une conception primitive et fanatique de la religion. Une conception p&#233;rim&#233;e et r&#233;pugnante qui ne les emp&#234;che cependant pas d'utiliser les armes les plus modernes, ni les moyens de communication et de propagande les plus sophistiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, ce Syrien r&#234;veur devrait lutter contre les barreaux d'une cage g&#233;opolitique aux innombrables cadenas : les alli&#233;s proto-imp&#233;rialistes de la dictature (Iran, Russie ou Hezbollah) et les alli&#233;s proto-imp&#233;rialistes des djihadistes (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie) qui d&#233;fendent tous leurs propres int&#233;r&#234;ts dans la r&#233;gion en alimentant la confrontation et en d&#233;tournant la r&#233;volte de son impulsion d&#233;mocratique initiale. Ce Syrien r&#234;veur est, pour ainsi dire, enseveli sous une masse colossale de strates g&#233;ologiques multinationales qui &#233;crasent ses r&#234;ves et sa respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quatri&#232;me lieu, et pour alourdir encore la montagne de d&#233;bris (mat&#233;riels et politiques) sous lequel se trouve notre Syrien r&#234;veur, se trouve le tandem dont d&#233;pendent, en derni&#232;re instance, toutes les modifications dans le rapport de forces de la r&#233;gion : l'alliance entre les Etats-Unis et Isra&#235;l, qui, dans le cas de la Syrie &#8211; comme le rappelle &#224; juste titre Yassine Al-Haj Saleh &#8211; a clairement choisi de soutenir passivement la dictature et/ou la prolongation de son agonie, avec la destruction cons&#233;cutive du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce Syrien r&#234;veur &#233;tait en outre Kurde, il aurait &#233;galement &#224; lutter contre un cinqui&#232;me &#233;l&#233;ment : la m&#233;fiance, pour ne pas dire l'hostilit&#233;, des autres Syriens r&#234;veurs qui consid&#232;rent que la &#171; nation arabe &#187; et la &#171; langue arabe &#187; sont des &#233;vidences non n&#233;gociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abandon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, ce Syrien r&#234;veur n'&#233;tait pas unique, ils &#233;taient des centaines et des centaines de milliers en 2011 et si, aujourd'hui, ils sont moins nombreux, ou ont moins de poids et de visibilit&#233;, c'est parce que certaines de ces forces g&#233;ologiques les ont tu&#233;s et que d'autres les ont abandonn&#233;s, y compris les m&#233;dias et la majeure partie des partis et des intellectuels de gauche qui, par omission ou activement &#8211; ont fini par accepter ou par justifier les barils de dynamite du dictateur avec un pragmatisme arrogant face aux atrocit&#233;s des djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation du Syrien r&#234;veur r&#233;ellement existant. Mais avec des variations en degr&#233; et en intensit&#233; dans la trag&#233;die et dans la combinaison des &#233;l&#233;ments, cela peut s'appliquer &#224; n'importe quel citoyen r&#234;veur du monde arabe. La m&#234;me chose se passe pour un Irakien r&#234;veur, soudainement oblig&#233; de choisir entre l'Etat Islamique, soutenu et consenti par les restes du parti Baath de Saddam Hussein, et le gouvernement sectaire et autoritaire de Maliki, soutenu par les Etats-Unis et l'Iran. Et la m&#234;me chose se passe pour un Libyen r&#234;veur, coinc&#233; entre un coup d'Etat &#171; saoudien &#187; et des milices sans projet national. Ou pour un Egyptien r&#234;veur, soumis &#224; la botte d'une nouvelle dictature militaire, pro-saoudienne et pro-isra&#233;lienne, qui alimente la violence djihadiste qui justifie la dictature. Ou m&#234;me pour un Tunisien r&#234;veur, qui voit le recul de toutes ses conqu&#234;tes sous les coups de l'opposition binaire entre un consensus des &#233;lites et le terrorisme djihadiste (qui a provoqu&#233; 14 victimes mortelles la semaine derni&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tous les cas, clarifions le fait que ces Syriens, Irakiens, Libyens (etc.) r&#234;veurs ne sont pas seulement des r&#234;veurs mais aussi des combattants qui payent le prix fort de leur vie ou de leur libert&#233; et qui m&#233;ritent au moins autant de solidarit&#233; et de soutien (si pas plus, vu le nombre des ennemis et des risques auxquels ils sont expos&#233;s) qu'un Hondurien r&#234;veur ou qu'un Grec r&#234;veur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Palestine et le printemps arabe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est bien la situation dans le monde arabe, avec au moins dix guerres froides ou chaudes ouvertes sur son territoire. Bachar Al-Assad avait-il donc raison quand il a dit, dans son r&#233;cent discours d'investiture, que &#171; les r&#233;volutions arabes n'ont apport&#233; que le chaos et la violence dans la r&#233;gion &#187; ? Pour &#233;valuer jusqu'&#224; quel point ces paroles du dictateur syrien sont raisonnables, il suffit de rappeler qu'en r&#233;alit&#233; il s'agit d'un plagiat d'une d&#233;claration faite dans le m&#234;me sens par Netanyahu il y a un peu plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachar Al-Assad pointe du doigt les ruines de son pays et dit &#171; regardez la destruction qu'a apport&#233;e votre soif de d&#233;mocratie &#187;. Netanyahu pointe aujourd'hui du doigt Gaza et dit aux Palestiniens : &#171; regardez la destruction qu'a apport&#233; votre soutien au Hamas &#187;. En r&#233;alit&#233;, ce qui a apport&#233; le chaos et la destruction dans le monde arabe, c'est la contre-r&#233;volution, dont les bombardements d'Assad sont la source la plus active et ancienne ; et ce qui a apport&#233; le chaos et la destruction en Palestine, c'est l'occupation isra&#233;lienne, dont les bombardements de Netanyahu ne sont qu'un simple prolongement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il faut dire &#233;galement quelque chose des Palestiniens r&#234;veurs, ensevelis plus ou moins sous la m&#234;me &#233;paisseur g&#233;ologique de pierres et de d&#233;combres que tous leurs fr&#232;res, mais dans un autre ordre, ou dans une autre combinaison. Dans le cas de la Palestine, le tandem Isra&#235;l-Etats-Unis, qui couronne la montagne en Syrie, au Y&#233;men ou en Jordanie, p&#232;se ici de mani&#232;re directe, sans m&#233;diations ou strates interpos&#233;es, sur le territoire et ses habitants. Cela justifie sans doute l'unanimit&#233; solidaire &#8211; ou l'attention privil&#233;gi&#233;e &#8211; que ne re&#231;oivent pas les Syriens, les Egyptiens, les Irakiens ou les Tunisiens. Isra&#235;l, prot&#233;g&#233; par les Etats-Unis, d&#233;cide de la vie et de la mort de millions d'&#234;tres humains sur des territoires qui ne lui appartiennent pas. Son importance particuli&#232;re est li&#233;e au fait qu'il s'agit, comme le rappelle Alain Gresh, du &#171; dernier conflit colonial &#187; (ou l'un des derniers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isra&#235;l est une autre &#034;dictature arabe&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, je rappelais dans ces m&#234;mes colonnes que le sionisme fut un &#171; projet europ&#233;en &#187;, colonialiste et raciste, qui a fait r&#233;alit&#233;, de mani&#232;re paradoxale et perverse, l' &#171; assimilationnisme &#187; que la combinaison de l'antis&#233;mitisme et du sionisme firent avorter en Europe au si&#232;cle pass&#233; : Isra&#235;l a &#171; europ&#233;anis&#233; &#187; les Juifs en dehors de l'Europe et contre d'autres peuples. Mais il n'est pas moins vrai qu'Isra&#235;l, comme le dit avec justesse l'&#233;ditorialiste du journal &#171; Al-Quds &#187;, s'est d&#233;j&#224; transform&#233; en &#171; un autre r&#233;gime arabe &#187;. Il l'est en premier lieu parce qu'il a surgi, comme tous les autres r&#233;gimes arabes, de mani&#232;re directe ou indirecte, &#224; la suite du partage colonial cristallis&#233; dans les accords Sykes-Picot (1916) qui ont politiquement et territorialement configur&#233;s le monde arabe apr&#232;s la disparition de l'empire ottoman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il l'est aussi parce qu'en termes de comportement politique et militaire, il ne diff&#232;re en rien des autres r&#233;gimes arabes. Ce n'est pas un hasard qu'aujourd'hui, alors que les avions isra&#233;liens, comme les avions syriens, pulv&#233;risent des maisons et des enfants, Netanyahu trouve son plus solide et ferme soutien dans le &#171; r&#233;gime arabe &#187; par excellence , l'Egypte du dictateur militaire Sissi (ou dans les Emirats, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, ou dans la passivit&#233; de la Syrie et de la Ligue Arabe). Isra&#235;l est une autre dictature arabe qui, comme toutes les autres, ne pourra &#234;tre renvers&#233;e que par un nouveau &#171; printemps arabe &#187; qui, cette fois ci, atteindra ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y-a-t-il aucune diff&#233;rence entre Isra&#235;l et, par exemple, la Syrie ou l'Egypte ? Oui, il y en a. La premi&#232;re, c'est que le nombre de &#171; djihadistes &#187; isra&#233;liens est bien plus important que dans les pays voisins, comme le d&#233;montre la r&#233;action complaisante et m&#234;me orgasmique de la majorit&#233; sociale isra&#233;lienne face aux atrocit&#233;s de son arm&#233;e &#224; Gaza (le nihilisme de bon nombre d'Isra&#233;liens, qui applaudissent &#224; la mort d'enfants et r&#233;clament l'usage du napalm ou de bombes atomiques contre &#171; cette vermine &#187; n'est comparable qu'aux bourreaux d&#233;capiteurs de l'Etat Islamique d'Irak).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est que le nombre d'Isra&#233;liens r&#234;veurs est quant &#224; lui bien moindre que celui des Syriens, ou des Egyptiens, ou des Tunisiens r&#234;veurs. Ils sont moins nombreux, mais il ne faut pas pour autant les oublier (Amira Hass, Gid&#233;on Levy, Uri Avnery, Micha&#235;l Warschawski, Ilan Papp&#233; et tant d'autres) parce que sans eux &#8211; et sans tous les Juifs antisionistes qui risquent leur peau dans le monde en adoptant la position la plus difficile, celle des justes parmi les injustes &#8211; la prochaine &#171; r&#233;volution arabe &#187; ne pourra pas triompher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.cuartopoder.es/tribuna/israel-y-la-proxima-revolucion-arabe/6121&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuartopoder.es/tribuna/israel-y-la-proxima-revolucion-arabe/6121&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise et intertitres pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Irak-Syrie : Chaos et intervention au Proche Orient</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Irak-Syrie-Chaos-et-intervention-au-Proche-Orient</link>
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		<dc:date>2014-08-19T07:56:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-08-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Je crois qu'il convient de rappeler d'embl&#233;e quel est le v&#233;ritable plan &#233;tasunien pour le Proche Orient et le reste de la plan&#232;te : imposer sa domination mondiale &#224; travers des gouvernements locaux &#171; d&#233;mocratiques &#187;, et cela avec les applaudissements et l'admiration, non seulement des classes dirigeantes, mais aussi des populations soumises. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour leur malheur, comme le soulignait P&#233;ricl&#232;s dans son fameux discours aux Ath&#233;niens pendant la Guerre du P&#233;loponn&#232;se ; on ne peut &#234;tre bon, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-08-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-08-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton18556-02a1c.png?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je crois qu'il convient de rappeler d'embl&#233;e quel est le v&#233;ritable plan &#233;tasunien pour le Proche Orient et le reste de la plan&#232;te : imposer sa domination mondiale &#224; travers des gouvernements locaux &#171; d&#233;mocratiques &#187;, et cela avec les applaudissements et l'admiration, non seulement des classes dirigeantes, mais aussi des populations soumises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour leur malheur, comme le soulignait P&#233;ricl&#232;s dans son fameux discours aux Ath&#233;niens pendant la Guerre du P&#233;loponn&#232;se ; on ne peut &#234;tre bon, d&#233;mocratique et h&#233;g&#233;monique en m&#234;me temps. Un empire est comme une &#171; tyrannie &#187; et s'il est injuste de la d&#233;fendre, il est encore plus dangereux de l'abandonner. Il faut, disait le grand strat&#232;ge grec, renoncer &#224; tout &#171; d&#233;sir de bont&#233; et de tranquillit&#233; &#187;, &#224; partir du moment o&#249; notre domination devient d&#233;j&#224; ins&#233;parable du &#171; risque de souffrir des haines que nous avons suscit&#233; dans l'exercice du pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable plan &#233;tasunien &#8211; celui d'articuler h&#233;g&#233;monie, d&#233;mocratie, stabilit&#233; et admiration &#8211; est donc impossible et il a c&#233;d&#233; la place au douloureux &#171; petit plan &#187;, celui destin&#233; &#224; conserver l'h&#233;g&#233;monie en contr&#244;lant sur le terrain les effets introduits (les &#171; haines &#187; suscit&#233;es) pendant son &#171; exercice &#187;. L'empire est une tyrannie qui tyrannise aussi le tyran, qui est oblig&#233; de commettre des &#171; injustices &#187; - alors qu'il voulait &#234;tre admir&#233; &#8211; et &#224; accentuer, &#224; chaque intervention concr&#232;te, les marges d'erreur. Ainsi ont bascul&#233; les &#171; empires classiques &#187;, et ainsi bascule &#233;galement l'empire &#233;tasunien. Et cela parce que les plans utopiques de domination sans r&#233;sistance se heurtent maintes et maintes fois aux multiples r&#233;sistances r&#233;elles, celles des classes dirigeantes et des classes populaires, qu'il faut alors d&#233;sactiver ou exploiter dans chaque cadre concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans compter &#233;galement &#8211; facteur qu'on oublie bien souvent &#8211; les propres divisions dans les rangs &#171; imp&#233;riaux &#187;, la pression des opinions publiques m&#233;tropolitaines et le poids de l'Histoire &#8211; avec majuscule &#8211; dans les &#171; seconds mandats &#187; des pr&#233;sidents &#233;tasuniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Erreurs criminelles et crimes erron&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je veux simplement dire ici, c'est que l'intention des Etats-Unis n'est pas de commettre des crimes mais de conserver sa domination. S'ils commettent des crimes, c'est parce que, l&#224; o&#249; il y a des r&#233;sistances, ces crimes semblent &#224; leurs dirigeants la forme &#171; ad&#233;quate &#187; de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. Et parce qu'il y a des r&#233;sistances et que le but de la domination est auto-conservateur, les Etats-Unis commettent aussi des erreurs, en plus de leurs crimes. Pour paraphraser Fouch&#233;, ils commettent ainsi des crimes qui sont parfois des erreurs (du point de vue &#171; imp&#233;rial &#187; de la conservation de la domination) - il serait presque rassurant que les plus puissants commettent des crimes mais ne se trompent jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des Etats-Unis au Proche Orient prouve que ses erreurs sont presque plus dangereuses que ses crimes. Qu'il soit bien clair que je parle ici de crimes du point de vue de l'&#233;thique et du droit, et d'erreurs &#224; partir de la perspective de la pure conservation de l'h&#233;g&#233;monie. Par cons&#233;quent, la consid&#233;ration des &#171; actions morales &#187; en tant qu'&#233;l&#233;ments d'une bo&#238;te &#224; outils plus ou moins fonctionnelle n'est pas la mienne. Mais si nous jugeons la politique &#233;tasunienne en termes de pure fonctionnalit&#233;, on peut dire que dans la derni&#232;re d&#233;cennie les gouvernements des Etats-Unis ont commis certains crimes erron&#233;s et certaines erreurs non directement criminelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion de l'Irak par l'administration Bush en 2003 fut l'un de ces crimes malavis&#233;s. A la destruction de vies et de biens mat&#233;riels suivirent ensuite d'autres &#171; erreurs &#187; des occupants : le d&#233;mant&#232;lement de l'arm&#233;e et des institutions, l'&#233;tablissement d'une &#171; d&#233;mocratie &#187; sectaire, l'encouragement &#224; la cupidit&#233; et &#224; la corruption et, &#224; partir de 2006, avec la victoire &#233;lectorale de Al-Maliki, la paradoxale et croissante cession d'influence &#224; l'Iran. Les cons&#233;quences de ces erreurs sont largement connues et sont en bonne mesure responsables de l'actuelle &#171; r&#233;volte sunnite &#187; et de l'alliance contre nature entre Daesh (EIIL en anglais) et les anciens membres ou sympathisants du parti Baas (que l'&#233;crivain libanais Elias Khoury appelle &#171; Baesh &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tous ces crimes-erreurs s'est ajout&#233; un autre qui pr&#233;tendait pr&#233;cis&#233;ment les corriger. Il para&#238;t clair aujourd'hui que, du point de vue &#233;tasunien, la &#171; bonne action &#187; d'Obama en 2010, avec le retrait de ses troupes et la cession de ses bases en Irak, ajoute des difficult&#233;s &#224; son r&#244;le dans la r&#233;gion. L'accord tacite avec l'Iran pour combattre l'EIIL sans qu'il y ait une action commune publiquement concert&#233;e, ni une nouvelle occupation - &#233;cart&#233;e comme trop d&#233;sastreuse par les deux parties -, doit &#234;tre concili&#233; avec les pressions de l'Arabie Saoudite destin&#233;es &#224; obtenir des concessions pour la &#171; r&#233;bellion sunite &#187; ; &#224; l'int&#233;r&#234;t isra&#233;lien d'augmenter et d'administrer le chaos, au protagonisme croissant des Kurdes irakiens et aux craintes de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il fasse, qu'il intervienne ou qu'il n'intervienne pas - et m&#234;me si les Etats-Unis sont engloutis dans les entrailles de la terre - il sera toujours facile pour celui qui le veut de prouver que tout &#233;tait un &#171; plan pr&#233;con&#231;u par Washington &#187; (le plan de faire le plus de d&#233;g&#226;ts possibles). Mais il suffit d'un minimum de rigueur et de bon sens dans l'analyse pour comprendre que l'administration Obama a peu d'options et qu'elles sont toutes mauvaises. Elle est oblig&#233;e de d&#233;cider depuis le sommet d'une montagne d'erreurs si &#233;lev&#233;e que, m&#234;me si elle commet de nouveaux crimes, ou m&#234;me si elle n'en commet pas de nouveaux, elle ne peut de toute fa&#231;on que commettre de nouvelles erreurs &#8211; que les peuples de la r&#233;gion vont, &#224; l'&#233;vidence, devoir payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chaos irakien dans le miroir syrien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe en Irak est ins&#233;parable de ce qui se passe en Syrie depuis le mois de mars 2011. Et dans ce cas-ci, il faut dire (toujours du point de vue de la domination des Etats-Unis) que, si en Irak les Etasuniens ont commis un crime qui fut une erreur, en Syrie ils ont commis l'erreur de ne pas commettre un crime. En 2003, il n'y avait de r&#233;volution populaire en Irak, le dictateur Saddam Hussein n'&#233;tait pas en train de massacrer son peuple - du moins pas &#224; ce moment l&#224; - et il n'avait pas d'armes de destruction massive. En 2011, une r&#233;volution populaire a &#233;clat&#233; en Syrie, le dictateur Bachar Al-Assad n'a pas cess&#233; un instant de massacrer son peuple et, outre qu'il poss&#232;de des armes chimiques, il est quasiment certain qu'il les a utilis&#233;es contre sa propre population. Si dans un cas il n'y avait aucun pr&#233;texte valide pour une intervention militaire, dans l'autre il y en a presque trop. Si dans un cas on a invent&#233; les pr&#233;textes et que dans l'autre on les a ignor&#233;, c'est parce que &#8211; &#224; l'&#233;vidence &#8211; l'administration Bush voulait intervenir &#224; tout prix en Irak tandis que l'administration Obama voulait &#233;viter &#224; tout prix l'intervention en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama a ignor&#233; P&#233;ricl&#232;s et a cru qu'il pouvait corriger les erreurs de Bush et passer dans l'Histoire comme un homme de paix, sans comprendre que &#171; l'empire &#187; est une &#171; tyrannie &#187; &#224; laquelle on ne peut pas &#233;chapper. En Irak et en Syrie, le r&#233;sultat est au final le m&#234;me. L'occupation &#233;tasunienne en Irak a provoqu&#233; le chaos qui, depuis 2003, a &#171; parasit&#233; &#187; (une bonne expression de Tino Burgos) le djihadisme d'Al-Quaeda et de sa scission EIIL, tandis que la non-intervention des Etats-Unis en Syrie, qui a permis &#171; l'occupation &#187; du pays par Bachar Al-Assad, le Hezbollah et l'Iran, a &#233;galement provoqu&#233; le chaos que est en train de &#171; parasiter &#187; aujourd'hui &#8211; en su&#231;ant le sang d'une r&#233;volution d&#233;mocratique qu'ils ont contribu&#233; &#224; tuer &#8211; les sinistres miliciens de Daesh, tol&#233;r&#233;s (si pas encourag&#233;s) par le r&#233;gime de Damas lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut faire porter toute les fautes aux Etats-Unis, sachons qu'en Irak ceux-ci sont coupables parce que Bush a envahi militairement le pays ; mais qu'en Syrie, la faute est d'Obama (&#233;chaud&#233; par l'exp&#233;rience irakienne et craignant pas moins, ainsi qu'Isra&#235;l, l'instauration une d&#233;mocratie en Syrie qu'une avanc&#233;e de l'islamisme radicale) parce qu'il a &#224; peine arm&#233; les seuls qui pouvaient &#224; un moment vaincre Bachar et les djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons vraiment ne pas &#234;tre aveugl&#233;s par l'anti-imp&#233;rialisme primaire et r&#233;partir les responsabilit&#233;s pour la situation de guerre et de violence sectaire qui r&#232;gnent aujourd'hui dans la r&#233;gion, il faut alors ajouter &#224; la responsabilit&#233; des Etasuniens - qui ont envahis l'Irak - celle de Bachar Al-Assad - qui a &#171; envahi &#187; son propre pays. Mais aussi celle de ses alli&#233;s &#8211; Russie, Iran, Hezbollah, Al-Maliki -, qui jettent de l'huile sur le feu du sectarisme pour prot&#233;ger des r&#233;gimes immondes ; celle de l'immonde Arabie Saoudite, qui finance sous le manteau des groupes criminels contre l'Iran - tandis qu'elle soutien des coups d'Etats contre les Fr&#232;res Musulmans en Egypte et en Libye - ; celle de la Turquie - qui, &#224; l'encontre des droits l&#233;gitimes des Kurdes, encourage les alliances contre nature et les divisions entre les Kurdes eux-m&#234;mes - ; celle d'Isra&#235;l - sans cesse plus isol&#233;e et donc potentiellement plus dangereuse. Et, enfin, celle de toutes ces puissances et sous-puissances (y compris l'impotente Union europ&#233;enne) qui ont fait tout leur possible, de fa&#231;on plus ou moins consciente, pour conduire la r&#233;gion &#224; un chaos &#171; que personne ne contr&#244;le &#187; (Elias Khoury) et qui, d'une certaine mani&#232;re, satisfait tout le monde car il &#171; fait taire la voix des r&#233;volutions populaires arabes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chaos dans lequel &#8211; j'insiste sur cela avec Khoury - &#171; les vides que laissent les Etasuniens &#187; sont occup&#233;s par des acteurs qui n'am&#232;nent avec eux que des &#171; projets d'ordre sectaire et religieux &#187; ou &#171; des r&#234;ves imp&#233;rialistes &#187;. Contre la d&#233;mocratie et la dignit&#233;, contre les droits des peuples, le &#171; chaos &#187; impose un nouvel ordre g&#233;ostrat&#233;gique r&#233;gional d'&#233;quilibre sauvage dans lequel l'Arabie Saoudite, l'Iran, le Qatar, la Turquie, la Russie et m&#234;me la Syrie assadienne, et bien entendu les Etats-Unis, vont se r&#233;signer &#224; &#171; s'entendre &#187; pour &#233;viter toute d&#233;mocratisation de la r&#233;gion. Malheureusement, cette entente ne va pas seulement sacrifier les principes et les droits ; elle va sacrifier aussi de nombreuses vies. Quant &#224; Isra&#235;l, qui tourne en roue libre, elle continuera &#224; &#234;tre, ensemble avec Daesh, la force anti-d&#233;mocratique la plus fanatique et irrationnelle de la r&#233;gion, ainsi que la plus dangereuse, comme elle le d&#233;montre ces derniers jours en Cisjordanie et &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les principes, les droits et les vies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu une &#233;poque o&#249; les Etats-Unis semblaient pouvoir imposer leur puissance incontestable &#224; leurs alli&#233;s et &#224; leurs ennemis. Apr&#232;s trois d&#233;cennies de crimes et d'erreurs, souvent indiscernables entre eux, on peut dire que les Etasuniens n'auront jamais &#233;t&#233; autant &#224; la remorque de toutes ces forces r&#233;gionales, alli&#233;es ou rivales, qui combattent les peuples avec non moins d'efficacit&#233; que Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire d'un point de vue de gauche ? Ne pas nous laisser aveugler par le militantisme sch&#233;matique et opter, cela va de soi, pour les principes, les droits et les vies. Et pour tous ceux qui l'ont perdue et la mettent en jeu &#8211; la vie &#8211; pour d&#233;fendre les principes et les droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fr&#233;quent que les r&#233;volutions soient vaincues, et il est normal qu'&#224; gauche, face &#224; une d&#233;faite, on exprime notre sympathie aux vaincus et notre solidarit&#233; aux victimes. Ne faisons pas une exception avec le monde arabe, o&#249;, les uns et les autres &#8211; presque tous &#8211; nous finissons par oublier, comme nous le reproche avec raison Leila Nachawati, les luttes h&#233;ro&#239;ques quotidiennes de la soci&#233;t&#233; civile en Syrie et en Irak, mais aussi en Egypte et en Libye, et partout ailleurs contre l'&#233;ventail vari&#233; de monstres qui veulent nous voler la vie et la dignit&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.cuartopoder.es/tribuna/caos-e-intervencion-en-oriente-proximo/6029#postcomment&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuartopoder.es/tribuna/caos-e-intervencion-en-oriente-proximo/6029#postcomment&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise et intertitres pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;shumanisation des Palestiniens par Isra&#235;l est un imp&#233;ratif politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-deshumanisation-des-Palestiniens-par-Israel-est-un-imperatif-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-deshumanisation-des-Palestiniens-par-Israel-est-un-imperatif-politique</guid>
		<dc:date>2014-07-08T07:57:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'enl&#232;vement et l'assassinat de Mohamed Abu Khdeir, jeune palestinien de 16 ans, la police isra&#233;lienne &#8211; nous disent les m&#233;dias - &#171; m&#232;ne une enqu&#234;te pour savoir s'il s'agit d'une vengeance d'extr&#233;mistes pour l'assassinat de trois adolescents isra&#233;liens &#187; quelques jours auparavant. Il semble raisonnable d'enqu&#234;ter sur les motivations d'un assassinat et d'arr&#234;ter ses auteurs, mais cette m&#234;me &#171; enqu&#234;te &#187; r&#233;v&#232;le l'anomalie structurelle sur laquelle reposent les pratiques polici&#232;res en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-07-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-07-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton18291-4cd92.jpg?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'enl&#232;vement et l'assassinat de Mohamed Abu Khdeir, jeune palestinien de 16 ans, la police isra&#233;lienne &#8211; nous disent les m&#233;dias - &#171; m&#232;ne une enqu&#234;te pour savoir s'il s'agit d'une vengeance d'extr&#233;mistes pour l'assassinat de trois adolescents isra&#233;liens &#187; quelques jours auparavant. Il semble raisonnable d'enqu&#234;ter sur les motivations d'un assassinat et d'arr&#234;ter ses auteurs, mais cette m&#234;me &#171; enqu&#234;te &#187; r&#233;v&#232;le l'anomalie structurelle sur laquelle reposent les pratiques polici&#232;res en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand, il y a trois semaines, trois adolescents isra&#233;liens ont &#233;t&#233; enlev&#233;s puis assassin&#233;s, ni la police, ni le gouvernement isra&#233;liens n'ont pris la peine d'enqu&#234;ter pour savoir s'il ne s'agissait peut &#234;tre pas d'un acte de vengeance pour l'occupation, les d&#233;molitions de maisons, les humiliations, les tortures, les arrestations massives et les bombardements. Le gouvernement isra&#233;lien a par contre imm&#233;diatement accus&#233; le Hamas, en d&#233;pit de sa n&#233;gation de toute responsabilit&#233;, et d&#233;clench&#233; une op&#233;ration polici&#232;re, disons, routini&#232;re, dans laquelle l'arm&#233;e d'occupation a emprisonn&#233; 420 Palestiniens, fouill&#233; plus de 2000 maisons et tu&#233; 5 personnes, dont 3 &#233;taient &#233;galement des adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni le gouvernement isra&#233;lien, ni les gouvernements europ&#233;ens, ni la majeure partie de nos m&#233;dias ne consid&#233;reront que cette &#171; op&#233;ration militaire &#187; puisse justifier une riposte &#171; l&#233;gitime &#187;. Pire encore, ils ne consid&#233;reront m&#234;me pas que cette &#171; op&#233;ration &#187; puisse provoquer &#224; son tour une &#171; vengeance barbare &#187;. L'id&#233;e de vengeance &#8211; comme celle commise par ces &#171; extr&#233;mistes &#187; isra&#233;liens contre Mohamed Abu Khdeir - implique en effet d'assumer qu'il y a une victime d'un pr&#233;judice ou d'une injustice ant&#233;rieures ; et si la r&#233;action peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme irrationnelle, et m&#234;me criminelle, elle pr&#233;suppose en tous les cas une douleur immense et une soif de justice inassouvie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ni d'humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas ci, par cons&#233;quent, m&#234;me la &#171; vengeance barbare &#187; est exclusivement r&#233;serv&#233;e aux Isra&#233;liens, sensibles &#224; la douleur et capables de distinguer entre le bien et le mal et pour cela m&#234;me capables de commettre de temps en temps un petit mal lorsqu'ils sont aveugl&#233;s par la haine, la souffrance et, pour le dire ainsi, &#171; l'exc&#232;s de bien &#187;. Les Palestiniens quant &#224; eux ne peuvent pas se d&#233;fendre l&#233;gitimement d'une occupation ill&#233;gale ; ils ne sont m&#234;me pas assez humains pour se venger. Se venger de quoi d'abord ? Cela supposerait d'admettre des actes ant&#233;rieurs et des responsabilit&#233;s premi&#232;res, et l' &#171; enqu&#234;te polici&#232;re &#187; deviendrait ainsi une enqu&#234;te historique tr&#232;s dangereuse pour l'existence m&#234;me d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, les Palestiniens ne se d&#233;fendent pas et ne se vengent pas. Chaque attaque palestinienne est toujours la premi&#232;re, celle qui inaugure toutes les ripostes, et elles ne se fondent que dans le mal radical de leurs auteurs &#8211; antis&#233;mitisme ou simple nihilisme tautologique. Reconna&#238;tre chez les Palestiniens un &#171; d&#233;sir de vengeance &#187; reviendrait &#224; introduire l'histoire en Isra&#235;l, qui est par d&#233;finition autog&#232;ne et &#233;ternelle. Mais nier aux Palestiniens y compris le plus irrationnel et criminel &#171; d&#233;sir de vengeance &#187; implique ainsi de leur nier la plus &#233;l&#233;mentaire humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'on pr&#233;tend souvent, la n&#233;gation de l'humanit&#233; des Palestiniens n'est pas du racisme, ou plut&#244;t ce n'est pas seulement du racisme. C'est un imp&#233;ratif technico-politique : reconna&#238;tre leur humanit&#233; obligerait les Isra&#233;liens &#224; remettre en question leur propre humanit&#233; elle-m&#234;me ainsi que la fondation et l'histoire de leur Etat lui-m&#234;me. Les Palestiniens ne peuvent donc pas &#234;tre &#171; vindicatifs &#187;. Ils sont simplement le mal m&#233;taphysique et animal incarn&#233;s ; une n&#233;gation radicale, comme les cellules canc&#233;reuses (m&#233;taphore fr&#233;quemment utilis&#233;e par les sionistes). L'inhumanit&#233; palestinienne est inscrite, tout comme le caract&#232;re &#171; juif &#187; de l'Etat, dans la d&#233;claration d'ind&#233;pendance d'Isra&#235;l. On ne peut pas renoncer &#224; une chose sans renoncer &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on appelle parfois avec euph&#233;misme comme une &#171; disproportion &#187; de la riposte isra&#233;lienne fait &#233;galement partie de cette routine constitutive. Cette &#171; disproportion &#187; sert, bien entendu, &#224; occulter l'occupation. L'id&#233;e m&#234;me de &#171; disproportion &#187;, comme celle de &#171; vengeance &#187;, pr&#233;suppose une action agressive ant&#233;rieure, toujours premi&#232;re, celle de l'ennemi auquel on r&#233;pond. Mais en m&#234;me temps, la &#171; disproportion &#187;, comme je l'ai &#233;crit &#224; d'autres reprises, se justifie par elle-m&#234;me, se &#171; charge de raison &#187; et semble d'autant plus l&#233;gitime quand elle utilise le plus de moyens et laisse le plus de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; disproportion &#187; militaire est telle qu'elle indique par elle-m&#234;me, avec ses bombes au phosphore et ses nuages de fum&#233;e, une disproportion morale et ontologique : celle qui s&#233;pare la juste soif de justice ou, du moins, de vengeance, qui est propre aux Isra&#233;liens, dont le mal est ainsi circonscrit dans les fronti&#232;res de l'humain ; et l'inhumanit&#233; inexplicable, gratuite et capricieuse des Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli&#233;e la &#171; disproportion &#187; originelle de l'occupation, accept&#233;e par tous la &#171; disproportion &#187; militaire en tant que signe d'humanit&#233;, sans doute excessive, des Isra&#233;liens, et de l'inhumanit&#233; des Palestiniens - &#224; qui on ne reconna&#238;t m&#234;me pas la douleur humaine suffisante que pour d&#233;sirer se venger - il n'est donc nullement anormal que nous ayons tous pu voir et lire dans tous les m&#233;dias les photographies et les noms des adolescents isra&#233;liens assassin&#233;s, alors qu'il faut rechercher laborieusement l'image et le nom de Mohamed Abu Khdeir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Redonner un nom et un visage aux Palestiniens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis certain qu'il y a encore quelques ann&#233;es, cette &#171; disproportion &#187; &#233;tait le r&#233;sultat de consignes expresses et de manipulations conscientes. Aujourd'hui, il est probable que cela n'est m&#234;me plus n&#233;cessaire et cela prouve la victoire symbolique d'Isra&#235;l. Aujourd'hui, la majeure partie des Occidentaux, journalistes, analystes et citoyens lambda, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils comprennent le concept de justice et le d&#233;fendent, consid&#232;rent tout simplement comme normal que les Isra&#233;liens aient un nom, un visage et des sentiments &#8211; car ils sont &#171; des n&#244;tres &#187;, c'est &#224; dire humains &#8211; tandis que les Palestiniens ne peuvent en avoir, pas m&#234;me &#224; 16 ans, parce que la d&#233;claration d'ind&#233;pendance de l'Etat juif d'Isra&#235;l &#8211; et les &#171; disproportions &#187; avec laquelle elle s'affirme tous les jours &#8211; exclut cette possibilit&#233;. La m&#232;re, le p&#232;re, les oncles, les fr&#232;res de Mohamed ne se vengeront pas : ils s'excluront, et avec eux tous leurs compatriotes, de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition m&#234;me de la lib&#233;ration de la Palestine &#8211; dans une version ou un autre, et y compris en faisant des concessions en termes de justice historique &#8211; est la r&#233;-humanisation m&#233;diatique des Palestiniens. Parce qu'ils sont responsables de leur d&#233;shumanisation, il faut exiger des m&#233;dias occidentaux qu'ils collaborent &#224; leur r&#233;-humanisation. Ce ne sera que lorsque les Palestiniens auront un nom et un visage et que la mort de l'un de leurs enfants nous sera aussi insupportable que celle d'un enfant isra&#233;lien (que dis-je, il suffirait que la mort de dix, de cent Palestiniens nous semble aussi inacceptable que celle d'un seul isra&#233;lien !), ce n'est que lorsque nous serons mal &#224; l'aise dans notre fauteuils en regardant le beau visage lisse de Mohamed, identique &#224; celui de tout Espagnol du m&#234;me &#226;ge, que nous aurons avanc&#233;s vers une solution de la &#171; question palestinienne &#187;. Parce que nous commencerons alors &#224; comprendre que la v&#233;ritable question qu'il faut r&#233;soudre est en r&#233;alit&#233; la &#171; question isra&#233;lienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela que craint le plus Isra&#235;l : l'humanit&#233; des Palestiniens. Et c'est cela que nous devons tous - motiv&#233;s par le sens le plus &#233;l&#233;mentaire de la d&#233;cence et de l'empathie humaine ainsi que par le plus responsable des pragmatismes politiques - faire briller sous le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=186810&amp;titular=inhumanos-palestinos-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=186810&amp;titular=inhumanos-palestinos-&lt;/a&gt; Titre original : &#034;Inhumanos palestinos&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise et intertitres pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Egypte : Dictature et pl&#233;biscite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Egypte-Dictature-et-plebiscite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Egypte-Dictature-et-plebiscite</guid>
		<dc:date>2014-06-10T08:52:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a quelques jours, Al-Jazeera diffusait une br&#232;ve vid&#233;o, obtenue et sortie de prison de mani&#232;re clandestine, avec des images de Abdallah Ashami, le correspondant de la cha&#238;ne qatarie d&#233;tenu depuis 9 mois, arr&#234;te alors qu'il couvrait l'expulsion criminelle de la place Rabia Al-Adouia o&#249;, le 14 ao&#251;t 2013, furent assassin&#233;s plus de 700 partisans du pr&#233;sident renvers&#233; Morsi. &lt;br class='autobr' /&gt; En gr&#232;ve de la faim et dans l'attente de son proc&#232;s pour &#171; soutien au terrorisme &#187;, son cas r&#233;sume tr&#232;s bien la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH66/arton18006-ea384.png?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='66' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques jours, Al-Jazeera diffusait une br&#232;ve vid&#233;o, obtenue et sortie de prison de mani&#232;re clandestine, avec des images de Abdallah Ashami, le correspondant de la cha&#238;ne qatarie d&#233;tenu depuis 9 mois, arr&#234;te alors qu'il couvrait l'expulsion criminelle de la place Rabia Al-Adouia o&#249;, le 14 ao&#251;t 2013, furent assassin&#233;s plus de 700 partisans du pr&#233;sident renvers&#233; Morsi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En gr&#232;ve de la faim et dans l'attente de son proc&#232;s pour &#171; soutien au terrorisme &#187;, son cas r&#233;sume tr&#232;s bien la situation de la libert&#233; d'expression en Egypte apr&#232;s le coup d'Etat du 3 juillet. Selon l'Observatoire des Droits de l'Homme &#233;gyptien, depuis cette date 8 journalistes seraient morts, 53 auraient subi des mauvais traitements et 36 auraient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et jug&#233;s avec des accusations pr&#233;fabriqu&#233;es. A ce bilan, il faudrait ajouter la fermeture de 8 cha&#238;nes priv&#233;es et la soumission quasi inconditionnelle au pouvoir des autres m&#233;dias et du syndicat des journalistes lui-m&#234;me, qui garde la silence face au abus et aux violations commises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait difficile d'exag&#233;rer &#8211; alors que l'Egypte plonge &#224; nouveau dans l'oubli &#8211; les horreurs de la dictature impos&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Sissi il y a maintenant onze mois. Le froid r&#233;sum&#233; des chiffres est d&#233;j&#224; terrifiant : environ 3.000 tu&#233;s par la police ou par l'arm&#233;e, des milliers de bless&#233;s par balle, 20.000 personnes emprisonn&#233;es, 21 prisonniers morts sous la torture, 1212 sentences de mort dans des proc&#232;s collectifs exp&#233;ditifs qui &#8211; en plus de tourner en d&#233;rision l'id&#233;e m&#234;me de justice &#8211; r&#233;v&#232;lent la volont&#233; du &#171; nouveau-vieux &#187; r&#233;gime d'&#233;craser toute forme de r&#233;sistance (ou de la pressurer jusqu'&#224; la limite en vue de futures n&#233;gociations avec les Fr&#232;res musulmans, dont les dirigeants sont tous aujourd'hui en prison ou en exil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pensaient que la junte militaire allait se contenter de pers&#233;cuter les seuls islamistes exp&#233;rimentent aujourd'hui dans leur propre chair &#224; quel point ils &#233;taient dans l'erreur : avocats et activistes de gauche, membres du parti marxiste des Socialistes R&#233;volutionnaires, les jeunes du Mouvement du 6 Avril &#8211; protagoniste de la r&#233;volution du 25 Janvier et aujourd'hui interdit &#8211; sont d&#233;tenus, r&#233;prim&#233;s et harcel&#233;s par les &#171; nouvelles-vieilles &#187; autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pensaient que, en tous les cas, il s'agissait d'un coup d'Etat &#171; nationaliste &#187; et &#171; la&#239;c &#187; (d'inspiration &#171; nass&#233;riste &#187;) savent aujourd'hui qui sont les parrains et les garants du &#171; nouveau-vieux &#187; r&#233;gime : l'Arabie saoudite, les Emirats, Isra&#235;l, la dictature syrienne, la Russie, les Etats-Unis eux-m&#234;mes, dont les h&#233;sitations th&#233;&#226;trales initiales ont tr&#232;s vite c&#233;d&#233; le pas &#224; un &#171; r&#233;tablissement de la normalit&#233; &#187;, soulign&#233; par la livraison r&#233;cente d'h&#233;licopt&#232;res Apache &#224; l'arm&#233;e &#233;gyptienne. Si, en termes g&#233;ostrat&#233;giques, les puissances perdantes sont la Turquie et le Qatar, le coup d'&#201;tat contre les Fr&#232;res Musulmans r&#233;uni dans une m&#234;me tranch&#233;e toutes les forces &#8211; aussi disparates soient-elles &#8211; int&#233;ress&#233;es &#224; enterrer &#224; toute vitesse la moindre possibilit&#233; d'un changement d&#233;mocratique dans le monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte de r&#233;pression et de dictature que se tiendront les dites &#171; &#233;lections pr&#233;sidentielles &#187; le 26 mai prochain &#8211; 10 jours &#224; peine avant celles en Syrie - ; en r&#233;alit&#233; un pl&#233;biscite romain destin&#233; &#224; b&#233;tonner le pouvoir du nouveau-vieux caudillo. Un soi-disant sondage indiquait il y a quelques jours un 87% de soutien &#224; Sissi (face &#224; 4% en faveur de l'unique candidat d'opposition, le nass&#233;riste de gauche Hamdin Sabahi). Le m&#233;pris envers toute l&#233;gitimit&#233; &#171; r&#233;volutionnaire &#187; ou &#171; d&#233;mocratique &#187; s'exprime dans la campagne en faveur du pharaonique Pinochet de la nouvelle-vieille Egypte. En effet, il faut rappeler que l'ex-pr&#233;sident Hosni Moubarak, sorti de prison par la junte militaire, est &#233;galement pass&#233; il y a quelques jours &#224; la t&#233;l&#233;vision pour exprimer son soutien au g&#233;n&#233;ral putschiste et, la semaine derni&#232;re, l'ultra-droite islamiste du parti Nur &#8211; financ&#233; par l'Arabie Saoudite &#8211; a fait de m&#234;me dans un communiqu&#233; officiel dans lequel elle appelait &#224; voter pour le chef de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rares voix discordantes (comme celle de Abu-l-Futuh, dirigeant du parti Masr Qouia, ex-candidat aux pr&#233;sidentielles de 2012 et critique, &#224; la fois, de la junte militaire et des Fr&#232;res Musulmans) sont &#224; peine pr&#233;sentes dans les m&#233;dias et elles ne seront pas repr&#233;sent&#233;es dans les urnes le 26 mai, o&#249; il y aura sans doute un taux &#233;lev&#233; d'abstention &#8211; qu'il faudra deviner sous la manipulation des taux de participation &#171; officiels &#187;. Dans un entretien r&#233;cent, Abul-l-Futuh se plaignait que la junte militaire &#233;tait en train de r&#233;imposer la terreur que les citoyens &#233;gyptiens avaient secou&#233;e en janvier 2011 et il d&#233;non&#231;ait, par exemple, le refus des employ&#233;s de banque d'accepter les versements destin&#233;s au compte de son parti qui &#8211; rappelait-il &#8211; est toujours l&#233;gal en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la candidate de Hamndin Sabahi, l'unique rival de Sissi, il n'a aucune chance de vaincre et ne veut, en r&#233;alit&#233;, utiliser la campagne &#233;lectorale que pour donner de la voix &#224; cette autre voix minoritaire, mise au silence ou r&#233;prim&#233;e qui tente de trouver un espace entre les islamistes de la Fraternit&#233; et la junte militaire. Comme on s'en souviendra, Sabahi avait cr&#233;&#233; la surprise aux pr&#233;sidentielles de mai 2012 en obtenant 21% des votes et occupant le 3e place apr&#232;s Morsi, le candidat des Fr&#232;res Musulmans, et d'Ahmed Shafiq, celui de l'ancien r&#233;gime. Homme charismatique et de formation nationaliste et marxiste, son alliance avec la droite la&#239;que dans le Front Nation du Salut durant la pr&#233;sidence de Morsi et son soutien d&#233;clar&#233; au coup d'Etat du 3 juillet discr&#233;ditent cependant sa candidature aux yeux des victimes de la dictature, mais aussi de la gauche minoritaire et des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, il n'y a peut &#234;tre aucune force de l'arc politique &#171; r&#233;volutionnaire &#187; (parmi celles qui ont particip&#233; &#224; la r&#233;volution du 25 Janvier) qui n'ai commis d'erreur. Celle de la gauche traditionnelle &#8211; au sein de laquelle se trouve le parti de Sabahi &#8211; a &#233;t&#233; la m&#234;me que celle des Fr&#232;res Musulmans : croire que la d&#233;mocratie est n&#233;gociable dans le cadre de la conqu&#234;te du pouvoir. Ce m&#233;pris pour la d&#233;mocratie est ce qui a finalement ramen&#233; au pouvoir l'arm&#233;e, en tant que colonne vert&#233;brale et dictatoriale de l'Egypte. Cette arm&#233;e a su tirer profit de l'opportunisme des islamistes et de l'islamophobie de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence, en termes de l&#233;gitimit&#233; &#171; formelle &#187;, est que les Fr&#232;res Musulmans ont remport&#233; des &#233;lections d&#233;mocratiques tandis que la gauche traditionnelle a &#171; gagn&#233; &#187; un coup d'Etat militaire contre la d&#233;mocratie. Sabahi &#8211; disons-le &#8211; n'a pas accept&#233; les r&#232;gles du jeu quand Morsi &#233;tait le pr&#233;sident &#233;lu du pays et, par contre, il accepte aujourd'hui les r&#232;gles du jeu impos&#233;es par la junte militaire putschiste. R&#233;trospectivement, on peut sans doute penser que les uns et les autres auraient pu mieux faire les choses s'il s'agissait pour eux de &#171; rompre &#187; avec le pouvoir de l'arm&#233;e &#8211; qui incarne l'ancien et le nouveau r&#233;gime &#8211; et pas seulement de gouverner sans pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il donc pas d'espoir pour l'Egypte ? Le recul brutal ne peut faire oublier que les protestations contre la dictature militaire se poursuivent et sont en train de se &#171; d&#233;sislamiser &#187;. Et que l'argent saoudien ne suffira pas &#224; sortir du bourbier &#233;conomique un pays en ruine qui &#8211; comme avant le renversement de Moubarak &#8211; se remobilise pour paralyser, par exemple, l'industrie textile dans la zone de Mahallah Kubra &#224; travers des gr&#232;ves spontan&#233;es qui anticipent de nouvelles mobilisations et de nouvelles organisations. La main du Pinochet du Nil, encens&#233; et triomphant apr&#232;s le 26 mai, ne tremblera pas. Mais la lutte pour la d&#233;mocratie et la justice sociale vit encore comme m&#233;moire sous les cendres et elle se r&#233;activera, comme toutes les m&#233;moires, quand le vent soufflera &#224; nouveau. Le temps perdu et ceux qui sont tomb&#233;s sont, quand &#224; eux, irr&#233;cup&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip.php?article9056&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/spip.php?article9056&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Moyen-Orient : Un imp&#233;rialisme en perte de vitesse ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Moyen-Orient-Un-imperialisme-en-perte-de-vitesse</link>
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		<dc:date>2013-09-17T08:22:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2013-09-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comme le rappelait la journaliste Olga Rodr&#237;guez dans un article r&#233;cent, la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient repose depuis quarante ans sur trois piliers : l'Arabie Saoudite, Isra&#235;l et l'arm&#233;e &#233;gyptienne. &lt;br class='autobr' /&gt; A partir des accords du Quincey en 1945 (*), la th&#233;ocratie saoudienne est devenue une cl&#233; de vo&#251;te de la domination &#233;nerg&#233;tiques &#233;tasunienne et un mur de contention contre les forces de gauche et les nationalismes panarabistes. Apr&#232;s la guerre de 1967, pour des raisons &#224; la fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-09-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-09-17&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L123xH150/arton15119-eb97e.jpg?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='123' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme le rappelait la journaliste Olga Rodr&#237;guez dans un article r&#233;cent, la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient repose depuis quarante ans sur trois piliers : l'Arabie Saoudite, Isra&#235;l et l'arm&#233;e &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A partir des accords du Quincey en 1945 (*), la th&#233;ocratie saoudienne est devenue une cl&#233; de vo&#251;te de la domination &#233;nerg&#233;tiques &#233;tasunienne et un mur de contention contre les forces de gauche et les nationalismes panarabistes. Apr&#232;s la guerre de 1967, pour des raisons &#224; la fois de politique interne et de g&#233;ostrat&#233;gie, Isra&#235;l a occup&#233; de mani&#232;re obsessionnelle, et parfois de mani&#232;re incongrue, toutes les pr&#233;occupations de Washington dans la r&#233;gion. Avec Sadat et les accords de Camp David en 1978, l'arm&#233;e &#233;gyptienne est devenue la principale arm&#233;e b&#233;n&#233;ficiaire de l'aide &#233;tasunienne (&#224; l'exception, pr&#233;cis&#233;ment, d'Isra&#235;l) et s'est transform&#233;e en v&#233;ritable garant d'un &#233;quilibre r&#233;gional toujours pr&#233;caire, plus fragile et menac&#233; que jamais apr&#232;s la &#171; perte &#187; de l'Iran en 1980. Politique d'Etat permanente, ind&#233;pendamment des diff&#233;rences entre les administrations successive, ce triple axe a toujours &#233;t&#233; le pivot sur lequel a repos&#233; l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis dans cette zone, la plus &#171; g&#233;ostrat&#233;gique &#187; de la plan&#232;te (pour le plus grand malheur de ses habitants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment de leurs origines distinctes et aussi incompatibles qu'elles puissent para&#238;tre, ces trois forces &#8211; Arabie Saoudite, Isra&#235;l et l'arm&#233;e &#233;gyptienne &#8211; ont toujours maintenues d'&#233;troites relations d'alliance int&#233;ress&#233;es. C'est ce que d&#233;montre aujourd'hui la r&#233;action des Saoudiens et des Isra&#233;liens face au coup d'Etat d'Al-Sissi : soutien &#233;conomique explicite des premiers, applaudissements publics des seconds et intervention diplomatique commune afin que l'UE et les Etats-Unis &#171; offrent une chance &#224; la feuille de route &#187; des militaires &#233;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'Etat sanglant en Egypte &#233;claire &#233;galement un aspect paradoxal de cette domination &#233;tasunienne. Sa d&#233;pendance envers l'Arabie Saoudite, Isra&#235;l et l'Egypte accorde &#224; ces trois r&#233;gimes une autonomie que n'ont pas les pays moins n&#233;cessaires, ou m&#234;me plus hostiles, &#224; l'ordre r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de simples marionnettes de Washington, comme le prouve le coup de force militaire &#233;gyptien lui-m&#234;me ; tout comme l'attitude d'Isra&#235;l avec l'extension des colonies et les bombardements de Gaza ou le fait que l'Arabie Saoudite finance des groupes ouvertement terroristes (autant de d&#233;cisions contraires aux int&#233;r&#234;ts &#233;tasuniens). Al-Sissi &#233;tait parfaitement conscient de mener le jeu : Obama &#233;tait forc&#233; &#171; d'avaler &#187; le coup d'Etat et de n&#233;gocier avec l'arm&#233;e. Confiant dans son pouvoir, une fois que le putsch a &#233;t&#233; consomm&#233; apr&#232;s les manifestations populaires du 30 juin, il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; rompre les n&#233;gociations avec les Fr&#232;res Musulmans (qui avaient accept&#233; une proposition de l'UE) et &#224; d&#233;clencher une r&#233;pression encore plus violente que celle de Moubarak (et qu'on ne peut comparer qu'&#224; celle de Bachar Al-Assad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affaiblissement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il est tr&#232;s important de souligner cette r&#233;v&#233;lation inattendue de l'impuissance &#233;tasunienne. Tant les r&#233;volutions d'il y a deux ans que les contre-r&#233;volutions d'aujourd'hui indiquent en r&#233;alit&#233; l'affaiblissement d'une domination qui dure depuis 70 ans. Ce n'est pas Washington qui a fait ces r&#233;volutions, et ce n'est pas Washington qui dirige maintenant ces contre-r&#233;volutions. C'est une puissance qui s'use, qui a &#233;chou&#233;e en Irak et en Afghanistan et qui tente aujourd'hui de ne pas se voir entra&#238;ner dans les &#233;pines br&#251;lantes de la Syrie. M&#234;me une intervention militaire limit&#233;e contre le r&#233;gime criminel de Damas &#233;roderait encore plus son h&#233;g&#233;monie r&#233;gionale et mondiale. Jamais auparavant les Etats-Unis n'avaient &#233;t&#233; autant oblig&#233;s de n&#233;gocier, que ce soit avec des amis (avec lesquels il suffisait avant d'un simple communiqu&#233; d'ambassade pour embrigader) qu'avec des ennemis (qu'ils pouvaient simplement envahir et bombarder avant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup, y compris &#224; gauche, se r&#233;jouissent sans doute de cette faiblesse des Etats-Unis et de la croissante autonomie de ses alli&#233;s et de ses adversaires. Personnellement, je m'en r&#233;jouis quand ce sont les peuples qui tirent profit de cette faiblesse pour faire des r&#233;volutions. Mais je suis bien plus inquiet quand cette faiblesse est mise &#224; profit par les veilles et les nouvelles dictatures afin d'imposer la contre-r&#233;volution &#224; leurs peuples. Si le d&#233;clin de l'imp&#233;rialisme &#233;tasunien contribuera &#224; ce que les peuples conqui&#232;rent finalement la d&#233;mocratie et la souverainet&#233;, alors f&#234;tons-le avec conviction. Si ce d&#233;clin, par contre, &#171; lib&#232;re &#187; et renforce les r&#233;gimes les plus criminels sur la sc&#232;ne internationale (Isra&#235;l, Arabie Saoudite, arm&#233;e &#233;gyptienne, Syrie, Iran et Russie, ces derniers en outre &#233;troitement li&#233;s entre eux), je crois qu'il y aura moins de raisons de faire la f&#234;te que de s'inqui&#233;ter. Le fait que Washington n'a pas dirig&#233; la r&#233;volution &#233;tait une nouvelle charg&#233;e d'espoirs pour tous. Mais le fait que Washington ne dirige pas aujourd'hui la contre-r&#233;volution donne toute la mesure d'un principe que nous oublions trop souvent : aussi mal que vont les choses, elles peuvent toujours empirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Egyptiens &#8211; et avec eux tout le monde arabe &#8211; perdent &#224; nouveau du terrain en ce moment. Esp&#233;rons que l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire de ces derni&#232;res ann&#233;es, ainsi que les braises de la conscience et de l'organisation, survivent aux spadassins et aux imp&#233;rialistes (ainsi qu'&#224; certains anti-imp&#233;rialistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(*) Le 14 f&#233;vrier 1945, le pr&#233;sident des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt, et le roi Abdel-Aziz Ibn Saoud, fondateur de l'Etat actuel d'Arabie Saoudite, sign&#232;rent le &#171; Pacte du Quincey &#187; - du nom du croiseur de guerre o&#249; se d&#233;roul&#232;rent leurs conversations. Ce pacte ratifiait un accord &#233;nerg&#233;tique - encore en vigueur aujourd'hui - en vertu duquel les Etats-Unis se voyaient garantir un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; au combustible fossile du Golfe Persique. En &#233;change, la puissance &#233;tatsunienne permettait &#224; l'Arabie Saoudite d'utiliser cette formidable source de richesse afin de diffuser dans toute la r&#233;gion, non pas le bien &#234;tre social et le d&#233;veloppement &#233;conomique, mais la version la plus r&#233;actionnaire, violente et puritaine de l'Islam sunnite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.diagonalperiodico.net/global/19557-golpe-egipcio-y-contrarrevolucion-anti-ee-uu.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diagonalperiodico.net/global/19557-golpe-egipcio-y-contrarrevolucion-anti-ee-uu.html&lt;/a&gt; Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie et Irak : deux anniversaires entrelac&#233;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syrie-et-Irak-deux-anniversaires-entrelaces</link>
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		<dc:date>2013-03-19T10:38:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cela fait deux ans en ce mois de mars qu'&#224; d&#233;but&#233;e la r&#233;volution syrienne et il y a tr&#232;s peu de choses &#224; f&#234;ter. &lt;br class='autobr' /&gt; La f&#233;rocit&#233; criminelle du r&#233;gime, qui combine dans la meilleure tradition imp&#233;rialiste les bombardements a&#233;riens et les escadrons de la mort ; l'ignominieux soutien de la Russie et de l'Iran ; la moins ignominieuse strat&#233;gie de &#171; r&#233;gulation de la douleur &#187; de la part des Etats-Unis et de l'UE en faveur d'Isra&#235;l ; l'incapacit&#233; de l'opposition &#224; repr&#233;senter quelque chose de plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton13472-ded35.jpg?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait deux ans en ce mois de mars qu'&#224; d&#233;but&#233;e la r&#233;volution syrienne et il y a tr&#232;s peu de choses &#224; f&#234;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La f&#233;rocit&#233; criminelle du r&#233;gime, qui combine dans la meilleure tradition imp&#233;rialiste les bombardements a&#233;riens et les escadrons de la mort ; l'ignominieux soutien de la Russie et de l'Iran ; la moins ignominieuse strat&#233;gie de &#171; r&#233;gulation de la douleur &#187; de la part des Etats-Unis et de l'UE en faveur d'Isra&#235;l ; l'incapacit&#233; de l'opposition &#224; repr&#233;senter quelque chose de plus que les int&#233;r&#234;ts partisans ou personnels ; la &#171; sectarisation &#187; de l'affrontement militaire aliment&#233;e par l'Arabie Saoudite et le Qatar ; l'influence croissance du djihadisme sur le terrain et le fait, enfin, que l'ASL (Arm&#233;e syrienne libre), comme le dit mon ami Tariq Al-Ghourani, soit une &#171; arm&#233;e de victimes &#187;, tous ces facteurs ont transform&#233; la demande initiale pacifique, massive et on ne peut plus juste de d&#233;mocratie en une catastrophe r&#233;gionale. 70.000 morts, plus de deux millions de d&#233;plac&#233;s ou r&#233;fugi&#233;s, des quartiers entiers ras&#233;s, tout une g&#233;n&#233;ration d'enfants que l'Unicef consid&#232;re d&#233;j&#224; &#171; perdus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore de l'&#233;crivain Yassin Al-Hajj Saleh sur la &#171; soci&#233;t&#233;-bombe &#187; ne pouvait &#234;tre appropri&#233;e : une soci&#233;t&#233; configur&#233;e d'une telle mani&#232;re par la dictature du clan Assad qu'elle ne peut aspirer &#224; un minimum de justice sans faire sauter le pays et le monde entier. Au-del&#224; des responsabilit&#233;s concomitantes ou accidentelles et de l'urgente n&#233;cessit&#233; d'&#233;viter des maux encore pires, toute tentative d'att&#233;nuer ou d'occulter la responsabilit&#233; du r&#233;gime &#233;quivaut &#224; le consid&#233;rer comme juste celui qui attache une bombe sur la poitrine de son prisonniers et injuste, ou &#171; frivole &#187; et &#171; irresponsable &#187; le prisonnier qui tente de la d&#233;sactiver et de s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en ce mois de mars, on comm&#233;more &#233;galement le contraire d'une r&#233;volution : une invasion. Cela fait maintenant dix ans qu'avec la complicit&#233; directe de l'Angleterre et de l'Espagne les Etats-Unis ont pris l'Irak d'assaut, par la terre et dans les airs, afin de &#171; renvoyer le pays &#224; l'Age de la Pierre &#187;. Saddam Hussein &#233;tait &#233;galement un dictateur et il avait &#171; notre &#187; ami mais, en tout les cas, il ne fut pas renvers&#233; par une r&#233;volte populaire mais bien par une occupation militaire &#233;trang&#232;re qui provoqua, directement ou indirectement, la mort de plus d'un million de personnes selon l'&#233;valuation r&#233;alis&#233;e par la prestigieuse revue &#171; The Lancet &#187;. Avant cela &#8211; et il ne faut jamais l'oublier &#8211; le f&#233;roce blocus &#233;conomique impos&#233; en 1992, &#224; peine temp&#233;r&#233; par le programme &#171; p&#233;trole contre nourriture &#187;, avait tu&#233; 500.000 enfants en une d&#233;cennie. Un prix que Margaret Albright, la secr&#233;taire d'Etat du gouvernement Clinton, consid&#233;rait comme raisonnable de payer afin d'importer la &#171; d&#233;mocratie &#187; dans le pays et s'approprier ses ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dix ans apr&#232;s, il y a 4,5 millions d'orphelins en Irak et 800.000 veuves ; 600.000 enfants vivent dans la rue. L'augmentation de la prostitution, de la consommation de drogues, de d&#233;nutrition est &#233;videment associ&#233;e &#224; la difficult&#233; d'acc&#233;der aux services les plus &#233;l&#233;mentaires : &#233;lectricit&#233;, eau, attention sanitaire. Et tout cela s'inscrit, en outre, dans un contexte dans lequel la r&#233;pression, la politique sectaire et la corruption sont indissolublement unies dans l'administration d'un gouvernement qu'un ex-ministre d&#233;crit comme une &#171; cleptocratie institutionnalis&#233;e &#187;. Avec au moins 15.000 prisonniers politiques accus&#233;s de &#171; terrorisme &#187;, avec une police entra&#238;n&#233;e par les Etats-Unis et qui pratique r&#233;guli&#232;rement la torture sur les prisonniers, avec l'un des taux les plus &#233;lev&#233;s d'app&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de ces crimes, et comme pour d&#233;mentir ceux qui croient en l'omnipotente intelligence de l'imp&#233;rialisme &#233;tatsunien, il faut rappeler ce paradoxe &#8211; qui serait comique si toute les destructions et douleurs nous permettraient encore de rire &#8211; : l'invasion de l'Irak, qui a tu&#233;, bless&#233;, d&#233;plac&#233;, appauvri, marginalis&#233; et rendu malade des millions de personnes, n'a servie qu'&#224; jeter le pays dans les bras de l'ennemi n&#176;1 des Etats-Unis et d'Isra&#235;l dans la r&#233;gion : l'Iran. C'est comme si, 30 ans apr&#232;s la guerre irano-irakienne (1980-1988), c'est T&#233;h&#233;ran qui l'aurait gagn&#233;e gr&#226;ce &#224; l'arm&#233;e &#171; mercenaire &#187; des Etats-Unis. Aujourd'hui, en effet, le gouvernement irakien d'Al-Maliki d&#233;pend bien plus de la dictature iranienne que de la d&#233;mocratie &#233;tatsunienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s l'invasion de l'Irak, deux ans apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution en Syrie, nous pouvons dire que l'Irak et la Syrie, dont les partis Baath respectifs furent de farouches ennemis, se ressemblent plus que jamais. Nous pouvons dire que l'occupation &#233;tatsunienne a produit en Irak les m&#234;mes effets que la dictature de Bachar Al-Assad est en train de produire en Syrie : morts, r&#233;fugi&#233;s, destruction mat&#233;rielle, sectarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils se ressemblent aussi dans le meilleur. En mars 2011, une bonne partie du peuple syrien s'est pacifiquement r&#233;volt&#233; contre la dictature du Dictateur Unique et, aujourd'hui, une bonne partie du peuple irakien se rebelle pacifiquement contre la dictature des Cent Dictateurs. D&#233;truit et isol&#233;, coup&#233; en apparence du destin commun du reste du monde arabe, l'Irak semblait trop fatigu&#233; et endolori pour s'unir au &#171; Printemps arabe &#187;. Mais cela n'&#233;tait pas vrai. Nos m&#233;dias, focalis&#233;s sur l'Egypte et la Tunisie et, pour d'autres raisons, sur la Libye et la Syrie, ont pr&#233;f&#233;r&#233; oublier l'Irak parce qu'il s'agit l&#224; directement de &#171; notre &#187; &#339;uvre. Mais la v&#233;rit&#233; c'est que les Irakiens ont eux aussi tent&#233; de se soulever en juin 2011 et ils le font &#224; nouveau aujourd'hui, depuis trois mois, et cela pour les m&#234;mes raisons que les Tunisiens, les Egyptiens ou les Syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 25 d&#233;cembre dernier, des manifestations de masse mobilisent sans cesse plus de monde dans ce qu'on appelle le &#171; triangle sunnite &#187; : Samara, Baquba, Tikrit, Kirkouk, Mossoul, des quartiers de Baghdad et, surtout, Anbar et Faloujah, o&#249; la r&#233;pression brutale a d&#233;j&#224; provoqu&#233; des dizaines de morts. Ses acteurs consid&#232;rent ce mouvement de protestation comme une prolongation de la r&#233;sistance contre l'occupation et n'h&#233;sitent pas &#224; le qualifier de &#171; r&#233;volution pacifique &#187;. Que demandent-ils ? La fin de la domination &#171; sectaire &#187; et de la Constitution actuelle, r&#233;dig&#233;e &#224; deux mains par les Etats-Unis et l'Iran ; la fin des assassinats et des d&#233;tentions arbitraires, des tortures et de la pers&#233;cution politique ; la fin des politiques &#233;conomiques discriminatoires et de la corruption. En r&#233;sum&#233;, et tout comme en Syrie : dignit&#233;, travail, libert&#233;, transparence, justice sociale, une nation commune sans exclusions politiques, &#233;conomiques ou religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est sans doute pas un hasard que, co&#239;ncidant avec l'augmentation des protestations et tout comme dans la Syrie de Bachar Al-Assad, dans l'Irak de son alli&#233; Al-Maliki r&#233;apparaisse aujourd'hui Al Qaeda et se r&#233;active la destructive violence sectaire. La guerre en Syrie peut sans doute entra&#238;ner l'Irak et bouleverser ce puissant mouvement civil, mais le fait que ce dernier existe rel&#232;ve d&#233;j&#224; du miracle : celui de la dignit&#233; d'un peuple qui, apr&#232;s trois d&#233;cennies de guerres, de dictatures, d'invasions et de ch&#226;timents collectifs, est encore capable de r&#233;clamer la d&#233;volution de son pays et de son humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cuartopoder.es/tribuna/siria-e-iraq-el-abrazo-de-dos-aniversarios/4158&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuartopoder.es/tribuna/siria-e-iraq-el-abrazo-de-dos-aniversarios/4158&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mali : La nostalgie de la stabilit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mali-La-nostalgie-de-la-stabilite</link>
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		<dc:date>2013-02-19T08:52:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est difficile de savoir qui peut sortir vainqueur &#224; moyen terme au Mali, mais personne ne doute quant &#224; savoir quelle est la force qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vaincue par l'intervention fran&#231;aise. &lt;br class='autobr' /&gt; A la veille m&#234;me des premiers bombardements, l'analyste touareg Akli Chaka l'expliquait sur la page web en arabe du Mouvement de Lib&#233;ration Nationale de l'Azawad (MNLA) dans un article au titre &#233;loquent : &#171; Le commencement de la fin &#187;. Il y d&#233;crivait le peuple de l'Azawad et son projet d'ind&#233;pendance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton13163-64dda.jpg?1782036876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est difficile de savoir qui peut sortir vainqueur &#224; moyen terme au Mali, mais personne ne doute quant &#224; savoir quelle est la force qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vaincue par l'intervention fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la veille m&#234;me des premiers bombardements, l'analyste touareg Akli Chaka l'expliquait sur la page web en arabe du Mouvement de Lib&#233;ration Nationale de l'Azawad (MNLA) dans un article au titre &#233;loquent : &#171; Le commencement de la fin &#187;. Il y d&#233;crivait le peuple de l'Azawad et son projet d'ind&#233;pendance comme fatalement &#233;cras&#233;s entre &#171; l'enclume du terrorisme et le marteau des accords et des interventions &#233;trang&#232;res &#187;. Apr&#232;s avoir accus&#233; l'Alg&#233;rie d'avoir manipul&#233; les islamistes radicaux pour faciliter &#171; l'intervention coloniale fran&#231;aise &#187;, Akli Chaka avertissait que &#171; l'unique, le v&#233;ritable perdant &#187; ne sera pas l'AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) mais bien &#171; le r&#234;ve d'ind&#233;pendance de l'Azawad, qui sera enterr&#233; &#224; jamais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure que l'offensive fran&#231;aise avance sur le terrain, on peut mesurer toute v&#233;rit&#233; tragique de ces paroles. Ce n'est pas seulement le projet d'un Etat ind&#233;pendant, mais la population elle-m&#234;me &#8211; touar&#232;gue et arabe &#8211; qui semble aujourd'hui menac&#233;e par le d&#233;sir de vengeance d'une arm&#233;e malienne humili&#233;e, accus&#233;e de massacres et d'ex&#233;cutions sommaires dans les territoires reconquis par la France, surtout &#224; Tombouctou et Gao. Les Touaregs du MNLA, qui refusent d'&#234;tre &#233;cart&#233;s et qui craignent un &#171; g&#233;nocide &#187; de la part des soldats maliens, se sont retranch&#233;s &#224; Kidal apr&#232;s le retrait des islamistes, tentant de forcer des n&#233;gociations. Leur proposition d'un Etat f&#233;d&#233;ral a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rejet&#233;e par les autorit&#233;s maliennes, dont la sup&#233;riorit&#233; militaire fran&#231;aise leur garantit une victoire totale. L'accord tacite alg&#233;ro-fran&#231;ais pr&#233;serve l'unit&#233; du Mali comme garantie des int&#233;r&#234;ts &#233;nerg&#233;tiques communs et exclu, par cons&#233;quent, toute solution durable &#224; l'un des conflits historiques qui a pr&#233;cipit&#233; la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une douleur rageuse, Aghilas Sagrou, un autre jeune collaborateur touareg du MNLA, d&#233;non&#231;ait dans ce sens &#171; la vision erron&#233;e que les Arabes, les musulmans et les occidentaux ont de l'Azawad et de son peuple &#187;. D&#233;termin&#233;s &#224; interpr&#233;ter la crise actuelle comme un conflit entre deux parties &#8211; l'Etat du Mali et les &#171; terroristes &#187; - ils oublient, dit-il, le peuple touareg et, par cons&#233;quent, le caract&#232;re colonial et violemment artificiel de l'Etat malien lui-m&#234;me. L'intervention militaire fran&#231;aise, en effet, n'est rien d'autre que le &#171; r&#233;ajustement &#187; conjoncturel d'une intervention ininterrompue qui a non seulement marqu&#233; l'histoire du Mali depuis l'ind&#233;pendance mais qui a contamin&#233; sa naissance elle-m&#234;me. Les armes libyennes et le coup d'Etat de Bamako, facteurs circonstanciels qui ont permis au mouvement touareg de radicaliser ses revendications historiques, ne doivent pas nous emp&#234;cher de rappeler les nombreuses r&#233;voltes qui, depuis 1963, viennent r&#233;v&#233;ler et aggraver la fracture g&#233;ographique, ethnique et sociale d'un pays n&#233; de l'atelier de bricolage colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas que des Touaregs. Il y a quelque chose de forc&#233; &#8211; quand ce n'est pas profond&#233;ment &#171; id&#233;ologique &#187; - &#224; attribuer toute l'instabilit&#233; de la zone, et surtout celle li&#233;e &#224; l'AQMI, &#224; la disparition de Kadhafi. La droite a toujours soutenue, ou du moins tol&#233;r&#233;, les dictatures comme source de &#171; stabilit&#233; &#187;, mais il est encore plus choquant que ce crit&#232;re soit utilis&#233; &#224; gauche pour alimenter la nostalgie du kadhafisme et, en g&#233;n&#233;ral, pour condamner les &#171; r&#233;volutions arabes &#187;. De fait, l'imp&#233;rialisme a &#233;galement une forte vocation &#171; stabilisatrice &#187; et il ne faut pas oublier que si Kadhafi a combattu de mani&#232;re s&#233;lective l'islamisme, il l'a fait en collaboration avec l'Europe et les Etats-Unis et avec les m&#234;mes m&#233;thodes que nous n'avons cess&#233;, &#224; juste titre, de d&#233;noncer &#224; Guantanamo et dans la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, il n'est pas n&#233;cessaire d'avoir de grandes connaissances sp&#233;cialis&#233;es ; il suffit de lire r&#233;guli&#232;rement les journaux et d'avoir une m&#233;moire normale pour savoir que l'industrie du kidnapping et des trafics d'armes, des &#234;tres humains, du tabac et des drogues, ainsi que le recrutement concomitant d'adolescents par l'AQMI est end&#233;mique dans le nord du Mali et cela depuis bien avant la r&#233;volte libyenne et l'intervention criminelle de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; stabilit&#233; &#187; faite de pauvret&#233;, de marginalisation, de radicalisme islamiste et de crime organis&#233; est la cons&#233;quence directe d'une intervention n&#233;gative dans laquelle le FMI et la France ont jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Mais les grands investissements de Kadhafi dans la derni&#232;re d&#233;cennie, qui permettaient d'arrondir les fins de mois des &#233;lites corrompues au Mali, faisaient partie du m&#234;me lot. L'achat de 100.000 hectares des meilleures terres de culture du riz pr&#232;s du Niger, la construction de la pharaonique &#171; cit&#233; administrative &#187; de Bamako ou d'h&#244;tels de luxe et de grandes mosqu&#233;es sont loin d'avoir b&#233;n&#233;fici&#233; aux diff&#233;rents peuples diss&#233;min&#233;s dans la g&#233;ographie in&#233;gale du pays. Ni les programmes d'ajustement du FMI, ni la balance commerciale d&#233;favorable avec la France, ni la munificence int&#233;ress&#233;e de Kadhafi n'ont permit au Mali de quitter le peloton de queue des indices de d&#233;veloppement humain des Nations Unies : ce sont plut&#244;t la cause d'une situation d'abandon et de pauvret&#233; qui, dans le nord, prend des dimensions dantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte touar&#232;gue et l'offensive islamiste, fr&#232;res siamois ennemis, sont en tous les cas la cons&#233;quence de ces conditions d'instabilit&#233; chronique induite. Comme le d&#233;montre dans son dernier livre le journaliste Serge Daniel, sp&#233;cialiste du Sahel, l'une et l'autre ont &#224; voir &#171; avec l'absence d'Etat &#187; et &#171; d'un v&#233;ritable programme de d&#233;veloppement pour la r&#233;gion &#187;. La cause touar&#232;gue, plus fragile et plus juste, pourrait &#234;tre vaincue. Les islamistes labellis&#233;s &#171; Al Qaeda &#187;, pour leur part, ont compt&#233; et comptent avec l'aide inappr&#233;ciable de dictatures locales et d'interventions militaires &#233;trang&#232;res qui, tout en invoquant la guerre contre le &#171; terrorisme islamique &#187;, ont non seulement aliment&#233; et alimentent son ferment social mais aur&#233;olent aussi son fanatisme d'un prestige h&#233;ro&#239;que et &#233;mancipateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique issue r&#233;aliste &#224; ce cercle vicieux destructeur est une combinaison d'anticolonialisme et de d&#233;mocratie sociale : anticolonialisme qui garantit la souverainet&#233; des peuples sur les ressources et sur leur distribution ; d&#233;mocratie qui garantit la reconnaissance des sujets individuels et collectifs comme source de d&#233;finition des cadres politiques et territoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.cuartopoder.es/tribuna/mali-la-nostalgia-de-la-estabilidad/3880&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cuartopoder.es/tribuna/mali-la-nostalgia-de-la-estabilidad/3880&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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