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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>11 mars 2011-2016 : Cinq ans apr&#232;s Fukushima les villes fant&#244;mes du Japon</title>
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		<dc:date>2016-03-15T09:36:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Mesmer</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le nord-est ravag&#233; par le s&#233;isme, le tsunami et la catastrophe nucl&#233;aire du 11 mars 2011 se reconstruit difficilement et compte encore 174 000 personnes h&#233;berg&#233;es dans des logements provisoires. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; J'ai couru 40 minutes ce matin. J'ai long&#233; l'oc&#233;an. Il y avait du vent. Le ciel changeait vite. C'&#233;tait beau. &#187; Marathonien par passion, Katsunobu Sakurai est aussi maire de Minamisoma, ville du d&#233;partement de Fukushima dans le nord-est du Japon. Cet homme &#224; la voix douce m&#232;ne sa ville par amour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH63/arton25571-ce77a.jpg?1783088324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='63' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le nord-est ravag&#233; par le s&#233;isme, le tsunami et la catastrophe nucl&#233;aire du 11 mars 2011 se reconstruit difficilement et compte encore 174 000 personnes h&#233;berg&#233;es dans des logements provisoires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'ai couru 40 minutes ce matin. J'ai long&#233; l'oc&#233;an. Il y avait du vent. Le ciel changeait vite. C'&#233;tait beau. &#187; Marathonien par passion, Katsunobu Sakurai est aussi maire de Minamisoma, ville du d&#233;partement de Fukushima dans le nord-est du Japon. Cet homme &#224; la voix douce m&#232;ne sa ville par amour d'une terre qui l'a vu na&#238;tre en 1956, comme ses parents &#233;leveurs de bovins et cultivateurs de riz, et comme tous les Sakurai du lieu depuis &#171; 15 &#224; 20 g&#233;n&#233;rations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'ouest, Minamisoma est domin&#233; par le mont Kunimi. A l'est, c'est l'immensit&#233; du Pacifique. Le 11 mars 2011, la bonhomie de cette ville rurale, vivant de l'agriculture et de la production de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es d'automobile, s'est perdue dans le s&#233;isme, le tsunami et la catastrophe nucl&#233;aire qui ont ravag&#233; le Tohoku, le nord-est du Japon, faisant 15 893 morts et 2 565 disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minamisoma a perdu 650 de ses habitants. Sa c&#244;te a &#233;t&#233; ravag&#233;e par le tsunami. La fusion des trois c&#339;urs de la centrale install&#233;e au sud de la ville et les rejets massifs de substances radioactives ont contraint les autorit&#233;s &#224; &#233;vacuer les habitants dans un rayon de 20 kilom&#232;tres autour du site. Le sud de Minamisoma en faisait partie. A l'&#233;poque, la peur avait pr&#233;cipit&#233; des milliers d'habitants sur les routes. La population de la ville avait plong&#233; de 71 000 &#224; 10 000 &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq ans apr&#232;s, elle s'&#233;tablit &#224; 55 000, dont 4 000, souvent &#226;g&#233;es et d&#233;s&#339;uvr&#233;es, habitent dans des &#171; kasetsu jutaku &#187;, des logements provisoires install&#233;s &#224; la h&#226;te &#224; l'&#233;t&#233; 2011, trop petits et mal isol&#233;s. Et pourtant, M. Sakurai r&#234;ve de faire de sa ville &#171; un nouveau paradis &#187;. Louable ambition, mais aujourd'hui, malgr&#233; les efforts, Minamisoma concentre les probl&#232;mes, psychologiques et mat&#233;riels, des zones sinistr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut arpenter les rues d&#233;sertes d'Odaka pour mesurer l'ampleur du d&#233;fi. Ce bourg occupe le sud de Minamisoma, dans la zone des 20 kilom&#232;tres. Ses 13 000 habitants ont d&#251; partir. Comme une centaine d'autres villes, dont la moiti&#233; dans le d&#233;partement de Fukushima, Odaka fait l'objet d'une importante op&#233;ration de d&#233;contamination. Les arbres ont &#233;t&#233; &#233;lagu&#233;s, 5 centim&#232;tres d'&#233;paisseur de sol ont &#233;t&#233; retir&#233;s et les b&#226;timents ont &#233;t&#233; pass&#233;s au K&#228;rcher, avec pour objectif de r&#233;duire l'exposition externe annuelle des lieux trait&#233;s &#224; 1 millisievert (1 msv) &#8211; la limite maximale autoris&#233;e sur un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; &#224; Minamisoma 400 milliards de yens (3,2 milliards d'euros). Elle devrait se terminer d'ici deux ans, malgr&#233; les retards dus &#224; la difficult&#233; &#224; trouver des sites de stockage des sacs plein des d&#233;tritus qui, au total, devraient atteindre 29 millions de tonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;contamination a permis d'assouplir l'acc&#232;s &#224; Odaka. Les gens ont le droit d'y passer la nuit s'ils veulent r&#233;cup&#233;rer des affaires ou ranger leur maison. Dans les faits, une certaine tol&#233;rance pr&#233;vaut, et un peu plus de 1 000 personnes, essentiellement &#226;g&#233;es, sont revenues y vivre. &#171; Tous les services publics sont restaur&#233;s et sont gratuits &#224; Odaka &#187;, souligne le maire. Mais les magasins restent ferm&#233;s et, le soir tombant, les rues d&#233;sertes donnent l'impression d'une ville fant&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sacs des d&#233;chets contamin&#233;s sont entrepos&#233;s dans des sites de stockage provisoire en attendant la cr&#233;ation d'un site d'enfouissement d&#233;finitif que le gouvernement n'a pas encore choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;fi passionnant &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natif du lieu, Tomoyuki Wada veut croire &#224; la r&#233;surrection de sa ville. Cet ing&#233;nieur informatique dans la trentaine a cr&#233;&#233; une &#171; Odaka Worker's Base &#187; pour &#171; aider tous ceux qui veulent d&#233;velopper une activit&#233; ici &#187;. Son centre aux allures de boutique se dresse face &#224; la gare refaite &#224; neuf mais vide, le trafic ferroviaire n'ayant pas &#233;t&#233; relanc&#233;. Il offre un acc&#232;s gratuit &#224; Internet et abrite un atelier de fabrication d'accessoires de mode en verre, parrain&#233; par le joaillier tokyo&#239;te Hario LWF. Sa soci&#233;t&#233; g&#232;re &#233;galement une sup&#233;rette, aujourd'hui seul magasin actif d'Odaka. &#171; Ce point de vente attire 200 clients par jour, majoritairement des ouvriers de la d&#233;contamination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karin Taira, &#226;g&#233;e &#233;galement d'une trentaine d'ann&#233;es, a quitt&#233; son emploi &#224; Japan Platform, une agence semi-publique d'aide aux ONG, pour aider M. Wada. &#171; J'ai trouv&#233; le d&#233;fi passionnant &#187;, avoue-t-elle. Sa pr&#233;sence intrigue. La plupart des jeunes femmes fuient Fukushima par crainte des radiations, ce qui &#171; nuit &#224; l'&#233;quilibre de la population, d&#233;plore le m&#233;decin Tomoyoshi Oikawa, de l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Minamisoma. Cela perturbe m&#234;me le fonctionnement de l'h&#244;pital, car beaucoup d'infirmi&#232;res refusent de venir travailler ici &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karin Taira ne s'inqui&#232;te pas. &#171; Cela aurait &#233;t&#233; &#224; Namie ou Futaba [villes plus proches de la centrale, totalement interdites d'acc&#232;s], je ne l'aurais pas fait &#187;, nuance-t-elle. Tomoyuki Wada non plus ne se fait gu&#232;re de souci. &#171; Ma femme et mes enfants reviendront quand l'&#233;cole rouvrira &#187;, pr&#233;cise-t-il. Ils vivent aujourd'hui &#224; Aizuwakamatsu, 150 kilom&#232;tres plus &#224; l'ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les progr&#232;s restent conditionn&#233;s &#224; la lev&#233;e d&#233;finitive de l'interdiction d'acc&#232;s &#224; Odaka.Le gouvernement devait le d&#233;cider en avril, comme il l'a fait depuis 2014 pour d'autres villes de la zone des 20kilom&#232;tres. Mais les habitants craignent de perdre les aides vers&#233;es et ils s'inqui&#232;tent aussi de la radioactivit&#233; dans ces zones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doutes alimentent le d&#233;sarroi persistant des populations. Le docteur Oikawa a constat&#233; une multiplication des cas de troubles de stress post-traumatique. En cause, selon lui, &#171; le tsunami, mais surtout l'&#233;vacuation &#187;. Il d&#233;plore &#233;galement une hausse des d&#233;pressions et des probl&#232;mes d'ob&#233;sit&#233; dans une population d'agriculteurs&#171; aujourd'hui prisonni&#232;re de logements provisoires o&#249; elle se morfond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a des tensions entre les gens, regrette-t-il par ailleurs, notamment sur les diff&#233;rences de d&#233;dommagement. &#187; Les habitants de la zone des 20 kilom&#232;tres re&#231;oivent toujours 100 000 yens (800 euros) par personne et par mois de Tepco, la compagnie d'&#233;lectricit&#233; de Tokyo responsable de Fukushima. Ceux de la zone entre 20 et 30 kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; d&#233;dommag&#233;s pendant six mois. Les autres n'ont rien. La pr&#233;sence &#224; Minamisoma de 8 000 travailleurs de la d&#233;contamination est &#233;galement source de conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situation d&#233;sesp&#233;rante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'amertume est trop pesante &#187;, regrette Tokuun Tanaka, pr&#234;tre du temple bouddhiste Doukeiji perch&#233; sur une hauteur, au milieu de cryptom&#233;rias centenaires et des tombes de samoura&#239;s qui ont fait la renomm&#233;e de la r&#233;gion, mais qui se situent dans la zone des 20 kilom&#232;tres. Le probl&#232;me vient de &#171; la destruction des communaut&#233;s. Ici, beaucoup de petits festivals ne sont plus f&#234;t&#233;s. Je ressens profond&#233;ment ce qui a &#233;t&#233; perdu &#187;, confie M. Tanaka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;te Tokuun Tanaka dirige le temple bouddhiste Doukeiji &#224; Odaka. &#171; Le probl&#232;me est la destruction des communaut&#233;s. Ici, beaucoup de festivals ne sont plus fet&#233;s. Je ressens profondement ce qui a &#233;t&#233; perdu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'agence de la reconstruction, 3 407 rescap&#233;s de la triple catastrophe sont d&#233;c&#233;d&#233;s des cons&#233;quences psychologiques du drame, dans l'ensemble du Tohoku, entre mars 2011 et la fin septembre 2015 ; 58 % de ces victimes proviennent du d&#233;partement de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des zones sinistr&#233;es comptent encore 174 000 personnes toujours dans des logements provisoires. A Ishinomaki, &#224; une centaine de kilom&#232;tres au nord de Minamisoma, le tsunami a fait 4 600 morts et disparus, et d&#233;truit 46 % de la ville. Les b&#226;timents toujours debout se dressent esseul&#233;s au milieu des silhouettes de ceux que la vague a emport&#233;s. Des statues bigarr&#233;es de personnages de manga colorent timidement la ville, rappelant qu'Ishinomaki abrite un mus&#233;e d&#233;di&#233; &#224; cet art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi interdit d&#233;sormais d'habiter dans les zones d&#233;truites par le tsunami. Elle y autorise uniquement les activit&#233;s commerciales, les usines ou les magasins. Les habitants sont en passe d'&#234;tre relog&#233;s dans une vaste zone r&#233;sidentielle &#224; l'int&#233;rieur des terres, autour d'un immense centre commercial Aeon. De quoi inqui&#233;ter les commer&#231;ants de l'ancien centre-ville, aujourd'hui install&#233;s dans des pr&#233;fabriqu&#233;s &#224; deux pas de la mairie, derri&#232;re une palissade orn&#233;e de quelques fresques na&#239;ves d&#233;j&#224; d&#233;fra&#238;chies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hidehiro Sato dirige la communaut&#233;. Install&#233; dans un bric-&#224;-brac m&#234;lant platine 33 tours, disques de jazz ou encore dessins de la fameuse Jeep Willys am&#233;ricaine, r&#233;alis&#233;s par son p&#232;re, ce propri&#233;taire du magasin d'&#233;lectronique Panacc d&#233;truit par le tsunami juge la situation d&#233;sesp&#233;rante. Il ne sait pas s'il doit r&#233;int&#233;grer son ancien magasin ou s'il doit se rapprocher des nouvelles zones r&#233;sidentielles. Dans les deux cas, les perspectives ne sont pas bonnes. Il a jusqu'&#224; la fin octobre, date de sa r&#233;installation, pour se d&#233;cider. &#171; Enfin ! &#187;, estime-t-il toutefois, le d&#233;m&#233;nagement ayant &#233;t&#233; plusieurs fois report&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'explosion des co&#251;ts des mati&#232;res premi&#232;res pour la construction et la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre retardent les travaux. Les prix de l'immobilier explosent. &#171; Le prix du tsubo [3,3 m2, mesure de base de l'immobilier au Japon] a quasiment tripl&#233; &#224; 130 000 yens [1 043 euros] &#187;, s'indigne Shinichiro Raku, agriculteur d'un logement provisoire de Minamisoma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'agence de la reconstruction, la moiti&#233; environ des nouveaux logements &#233;taient b&#226;tis en mars 2016, et l'objectif reste de finir la r&#233;installation des &#233;vacu&#233;s en mars 2019. Or beaucoup de logements neufs ne trouvent pas preneurs pour des raisons financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ententes ill&#233;gales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir &#233;conomique pour la r&#233;gion ? &#171; Les progr&#232;s sont r&#233;els et se poursuivent sans rel&#226;che &#187;, affirme le ministre de la reconstruction, Tsuyoshi Takagi. D'apr&#232;s les chiffres officiels, les infrastructures sont quasiment termin&#233;es, de m&#234;me que 90 % des &#233;coles et des &#233;tablissements m&#233;dicaux. L'essentiel des travaux devrait &#234;tre fini d'ici &#224; 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, le Tohoku reste un vaste chantier, m&#234;me si la bulle n'exclut pas des d&#233;rives. En janvier, les si&#232;ges des g&#233;ants de la construction Maeda Road, Nippon Road ou encore Taisei Rotec ont &#233;t&#233; perquisitionn&#233;s pour des soup&#231;ons d'ententes ill&#233;gales sur les travaux routiers du Tohoku. &#171; Les g&#233;ants de la construction touchent l'argent de la reconstruction, qui finit dans leurs coffres &#224; Tokyo &#187;, regrette M. Sakurai, le maire de Minamisoma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la reconstruction termin&#233;e, les milliers d'ouvriers et de techniciens partiront pour de nouveaux grands projets, sans doute les Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Quelle activit&#233; prendra le relais ? Le gouvernement accorde des aides pour faciliter l'installation des entreprises. Mais le co&#251;t devenu exorbitant des terrains et des travaux reste dissuasif. En outre, les jeunes d&#233;sertent une r&#233;gion qui connaissait d&#233;j&#224; un vieillissement acc&#233;l&#233;r&#233; avant la catastrophe. &#171; A Ishinomaki, note Hiroyuki Takeuchi, r&#233;dacteur en chef du quotidien local Ishinomaki Hibi, 25 % de la population avait plus de 65 ans avant 2011. Aujourd'hui, la part est de 30 %. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s traditionnelles, li&#233;es &#224; la p&#234;che ou l'agriculture, peinent &#224; red&#233;marrer. Certaines municipalit&#233;s tablent sur de grands projets. Kamaishi, dans le d&#233;partement d'Iwate, plus au nord, fait partie des villes h&#244;tes de la Coupe du monde de rugby de 2019. Un stade doit y &#234;tre construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les villes n'ont pas les m&#234;mes possibilit&#233;s. &#171; Le probl&#232;me est tr&#232;s li&#233; &#224; l'image, souligne Satoru Iioka, dirigeant d'entreprise de Sendai, la capitale &#233;conomique du Tohoku. Pour les d&#233;partements de Miyagi et Iwate, il y a de l'espoir, mais Fukushima reste assimil&#233; &#224; la centrale et &#224; la catastrophe nucl&#233;aire. La relance &#233;conomique s'annonce encore plus difficile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2016/03/11/cinq-ans-apres-fukushima-les-villes-fantomes-du-japon_4880967_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2016/03/11/cinq-ans-apres-fukushima-les-villes-fantomes-du-japon_4880967_3244.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fukushima : Tepco, de la dissimulation &#224; l'&#171; incomp&#233;tence &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fukushima-Tepco-de-la-dissimulation-a-l-incompetence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Fukushima-Tepco-de-la-dissimulation-a-l-incompetence</guid>
		<dc:date>2013-09-03T08:07:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Mesmer</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; va Tepco ? Difficile de r&#233;pondre &#224; cette question, tant la compagnie d'&#233;lectricit&#233; de Tokyo para&#238;t de moins en moins cr&#233;dible et de plus en plus d&#233;pass&#233;e par les &#233;v&#233;nements &#224; la centrale de Fukushima. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tokyo, correspondance. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis l'aveu le 22 juillet &#8211; au lendemain des &#233;lections s&#233;natoriales et apr&#232;s plus de deux ann&#233;es de d&#233;n&#233;gation &#8211; de fuites quotidiennes de 300 tonnes d'eau contamin&#233;e dans l'oc&#233;an, pas un jour ne passe sans l'annonce de nouveaux probl&#232;mes &#224; la centrale ravag&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-09-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-09-03&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton14979-dc963.jpg?1783088324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; va Tepco ? Difficile de r&#233;pondre &#224; cette question, tant la compagnie d'&#233;lectricit&#233; de Tokyo para&#238;t de moins en moins cr&#233;dible et de plus en plus d&#233;pass&#233;e par les &#233;v&#233;nements &#224; la centrale de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo, correspondance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'aveu le 22 juillet &#8211; au lendemain des &#233;lections s&#233;natoriales et apr&#232;s plus de deux ann&#233;es de d&#233;n&#233;gation &#8211; de fuites quotidiennes de 300 tonnes d'eau contamin&#233;e dans l'oc&#233;an, pas un jour ne passe sans l'annonce de nouveaux probl&#232;mes &#224; la centrale ravag&#233;e par le s&#233;isme et le tsunami de mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 31 ao&#251;t, l'entreprise admettait que des niveaux de radiation &#233;lev&#233;s avaient &#233;t&#233; enregistr&#233;s &#224; proximit&#233; de r&#233;servoirs de stockage d'eau contamin&#233;e, sans pouvoir en expliquer la cause. Le niveau de radioactivit&#233; d'un r&#233;servoir &#8211; suffisant pour tuer en quatre heures toute personne qui y serait expos&#233;e &#8211; s'est av&#233;r&#233; dix-huit fois sup&#233;rieur &#224; celui mesur&#233; il y a dix jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res r&#233;v&#233;lations illustrent une nouvelle fois les difficult&#233;s de Tepco &#224; g&#233;rer la pire catastrophe nucl&#233;aire depuis Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nos craintes deviennent r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 2 septembre, Shunichi Tanaka, le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; de r&#233;gulation du nucl&#233;aire (ARN), a qualifi&#233; la situation &#224; la centrale de &#171; particuli&#232;rement grave &#187;. &#171; Nos craintes deviennent r&#233;alit&#233; &#187;, a-t-il ajout&#233; en &#233;voquant les derniers chiffres de la radioactivit&#233; et appelant Tepco &#224; travailler pour &#171; identifier les risques &#224; venir &#187; afin de ne plus &#234;tre pris au d&#233;pourvu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses remarques suivent les critiques formul&#233;es par le gouvernement, qui a nationalis&#233; l'entreprise en juillet 2012 en y injectant 1 000 milliards de yens (7,7 milliards d'euros), et par les p&#234;cheurs, inquiets pour leur activit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 juillet, Dale Klein, invit&#233; par le Japon &#224; diriger la commission cr&#233;&#233;e en 2012 pour la r&#233;forme du nucl&#233;aire, avait critiqu&#233; la gestion de la catastrophe. &#171; Vous ne savez pas ce que vous faites &#187;, avait lanc&#233; l'ancien dirigeant de la commission am&#233;ricaine de r&#233;gulation du nucl&#233;aire au directeur g&#233;n&#233;ral de Tepco, Naomi Hirose. Avant de donner son verdict : &#171; C'est plus de l'incomp&#233;tence que de la dissimulation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 91 % des Japonais souhaitent que le gouvernement g&#232;re directement la reprise en main de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Doutes s&#233;rieux sur la capacit&#233; de Tepco &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le 28 ao&#251;t, Hirohiko Izumida, le gouverneur du d&#233;partement de Niigata (nord), a appel&#233; &#224; &#171; la liquidation &#187; de l'entreprise. Ancien expert de l'&#233;nergie au minist&#232;re de l'&#233;conomie, du commerce et de l'industrie (METI), M. Izumida a des &#171; doutes s&#233;rieux sur la capacit&#233; de Tepco &#224; g&#233;rer des centrales nucl&#233;aires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se prononce contre le red&#233;marrage de la centrale nucl&#233;aire de Kashiwazaki-Kariwa, install&#233;e &#224; Niigata, sur lequel Tepco compte pour am&#233;liorer une situation financi&#232;re d&#233;licate. Ses ventes ont atteint 5 976 milliards de yens (46 milliards d'euros) &#224; l'exercice 2012-2013 clos fin mars, et ses pertes nettes 685 milliards de yens (5,3 milliards d'euros). L'arr&#234;t des r&#233;acteurs nucl&#233;aires l'a oblig&#233;e &#224; augmenter la production d'&#233;lectricit&#233; de ses centrales thermiques, ce qui a fait bondir la facture des combustibles fossiles. Si Kashiwazaki-Kariwa ne red&#233;marre pas, la compagnie pourrait devoir augmenter ses tarifs de 8,5 % &#224; 10 % d&#232;s janvier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle de Tepco contraste avec l'avant-Fukushima. L'entreprise, cr&#233;&#233;e en 1951 apr&#232;s la privatisation du secteur de l'&#233;lectricit&#233;, occupait alors une place enviable au Japon et faisait partie des premi&#232;res compagnies mondiales d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre un monopole r&#233;gional et d'importants budgets publicitaires &#8211; notamment pour le nucl&#233;aire, l'une de ses priorit&#233;s &#8211;, elle &#233;tait l'un des gros contributeurs du Keidanren, la puissante f&#233;d&#233;ration patronale japonaise. Depuis 1990, elle y disposait d'un poste de vice-pr&#233;sident. L'actuel dirigeant de l'organisation, Hiromasa Yonekura, &#233;tait d'ailleurs un proche de Tsunehisa Katsumata, pr&#233;sident de Tepco jusqu'en juin 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise au c&#339;ur du &#171; village nucl&#233;aire &#187; nippon &#8211; tr&#232;s critiqu&#233; apr&#232;s Fukushima pour sa culture opaque et la collusion entre industriels, universitaires et hauts fonctionnaires &#8211; n'a jamais su se d&#233;partir d'une certaine arrogance. La mani&#232;re d'appr&#233;hender les incidents de Fukushima en est la triste illustration. Et, depuis le d&#233;but de la catastrophe, dont la r&#233;solution prendra au minimum quarante ans et pourrait co&#251;ter 44 milliards d'euros, son attitude n'a gu&#232;re chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mythe de la s&#251;ret&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juin 2012, l'entreprise a remis son propre rapport d'enqu&#234;te sur la catastrophe. Conclusion : elle n'avait quasiment rien &#224; se reprocher. Tout &#233;tait de la faute du gouvernement qui s'&#233;tait m&#234;l&#233; de ce qui ne le regardait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants de l'entreprise niaient avoir dissimul&#233; la moindre information, expliquaient que personne n'avait imagin&#233; la possibilit&#233; d'un tel tsunami et affirmaient n'avoir jamais voulu &#233;vacuer le site au moment du drame.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils pr&#233;tendaient &#233;galement avoir envoy&#233; d&#232;s le 13 mars (deux jours apr&#232;s le d&#233;but de la crise) du personnel &#224; Namie, ville proche de la centrale, pour expliquer la situation. Une affirmation contest&#233;e par le maire de la municipalit&#233;, Tamotsu Baba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres rapports sur la catastrophe de mars 2011 sont venus d&#233;monter son argumentaire. Le 23 juillet 2012, une &#233;tude gouvernementale d&#233;plorait une &#171; trop grande confiance &#187; dans le &#171; mythe de la s&#251;ret&#233; &#187; des installations nucl&#233;aires. Quelques jours auparavant, la commission parlementaire (Naiic) avait critiqu&#233; Tepco pour avoir &#171; &#233;vit&#233; de jouer la transparence &#187; et avait not&#233; que le milieu du nucl&#233;aire connaissait, d&#232;s 2006, le risque de rupture d'alimentation &#233;lectrique &#8211; principale cause de la catastrophe &#8211; en cas de tsunami &#224; Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces critiques rappellent qu'avant mars 2011 Tepco avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; cibl&#233;e pour ses dissimulations. En 2007, la d&#233;funte NISA, l'Agence de s&#251;ret&#233; industrielle et nucl&#233;aire, aujourd'hui remplac&#233;e par l'ARN, signalait qu'entre 1978 et 2002 97 incidents, dont 19 jug&#233;s &#171; critiques &#187;, avaient &#233;t&#233; cach&#233;s aux autorit&#233;s. Ces affaires concernaient les dix compagnies d'&#233;lectricit&#233; japonaise, mais Tepco &#233;tait la plus critiqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1987, la compagnie &#233;tait de nouveau point&#233;e du doigt pour des retards d'information sur un incendie et une fuite radioactive &#224; la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, apr&#232;s un s&#233;isme de magnitude 6,8.&lt;br class='autobr' /&gt;
De quoi douter de l'engagement pris par l'entreprise en mai 2012 de cr&#233;er une &#171; nouvelle Tepco &#187;, &#171; assumant ses responsabilit&#233;s &#187; et &#171; d&#233;veloppant une culture de la transparence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* LE MONDE | 02.09.2013 &#224; 12h26 &#8226; Mis &#224; jour le 02.09.2013 &#224; 17h40.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Japonaises unies contre les mensonges d'&#201;tat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-Japonaises-unies-contre-les-mensonges-d-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-Japonaises-unies-contre-les-mensonges-d-Etat</guid>
		<dc:date>2011-11-29T09:02:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Mesmer, Philippe Pons</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elles sont en premi&#232;re ligne. Actives au sein d'associations et d'ONG oeuvrant pour la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es, pour l'&#233;ducation, pour la d&#233;fense de l'environnement ou pour la s&#233;curit&#233; alimentaire, les Japonaises animent une solidarit&#233; locale exprim&#233;e lors de la plus grande manifestation antinucl&#233;aire, le 19 septembre &#224; Tokyo. &lt;br class='autobr' /&gt; La majorit&#233; des participants &#233;tait des femmes. Un millier d'entre elles, venues de Fukushima, manifestaient &#224; nouveau le 29 octobre dans les rues de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton8781-489a2.jpg?1782095154' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles sont en premi&#232;re ligne. Actives au sein d'associations et d'ONG oeuvrant pour la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es, pour l'&#233;ducation, pour la d&#233;fense de l'environnement ou pour la s&#233;curit&#233; alimentaire, les Japonaises animent une solidarit&#233; locale exprim&#233;e lors de la plus grande manifestation antinucl&#233;aire, le 19 septembre &#224; Tokyo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La majorit&#233; des participants &#233;tait des femmes. Un millier d'entre elles, venues de Fukushima, manifestaient &#224; nouveau le 29 octobre dans les rues de Tokyo pour demander des mesures de protection de leurs enfants, protester contre la collusion de l'administration et des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s pour minimiser un danger mal &#233;valu&#233;, et rappeler les valeurs que l'Etat est cens&#233; d&#233;fendre, &#224; commencer par la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion de cartes des d&#233;p&#244;ts de mati&#232;res radioactives, d'inqui&#233;tantes mesures de radiation r&#233;alis&#233;es plus ou moins officiellement, des informations comme la leuc&#233;mie aigu&#235; contract&#233;e par Norikazu Otsuka, pr&#233;sentateur de la t&#233;l&#233; qui consommait en direct des produits de la pr&#233;fecture de Fukushima, alimentent la m&#233;fiance des m&#232;res japonaises qui n'ont souvent qu'un seul d&#233;sir : d&#233;m&#233;nager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai aucune confiance dans ce que dit le gouvernement, confie Kozue Nogami, dont la petite fille est &#224; l'&#233;cole primaire &#224; Tokyo. Ni dans les m&#233;dias qui ne font que reprendre le discours officiel. &#187; Ce qui les retient : l'emploi du mari, le pr&#234;t pour la maison familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contraintes de se d&#233;brouiller, ces m&#232;res cr&#233;ent des blogs pour &#233;changer les informations ou font leurs courses sur Internet, o&#249; elles trouvent des produits venant de l'ouest du Japon, pr&#233;sum&#233;s plus s&#251;rs. Mme Nogami, dont le budget alimentaire a augment&#233; de 15 000 yens (145 euros) par mois, oblige sa fille &#224; apporter une gourde d'eau &#224; l'&#233;cole. Elle aimerait que cette derni&#232;re puisse aussi apporter son bento (plateau-repas) pour ne pas avoir &#224; manger &#224; la cantine, mais le proviseur n'y est pas favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gestes simples se heurtent souvent au mur des conventions sociales japonaises, tr&#232;s normatives. Le minist&#232;re de l'&#233;ducation v&#233;hicule l'id&#233;e que rien ne prouve l'impact direct des radiations sur la sant&#233;. &#171; Tout va bien, ne vous inqui&#233;tez pas &#187; est le discours martel&#233; par les autorit&#233;s et les m&#233;dias, que les m&#232;res ne veulent pas entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur mobilisation leur a permis d'obtenir des concessions, comme l'indication de l'origine des aliments - dont la plupart viennent de l'Est et du Nord - et des mesures de radiation dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez celles, majoritaires, qui suivent le discours officiel, il suffit de peu pour faire surgir la crainte. &#171; Nous n'avons aucune info, dit une r&#233;sidente de l'arrondissement de Nakano, proche de celui de Setagaya o&#249; de hauts niveaux de radiation ont &#233;t&#233; relev&#233;s. Mes fils mangent &#224; l'&#233;cole mais je suis inqui&#232;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives des m&#232;res tokyo&#239;tes prennent une autre dimension chez celles de la pr&#233;fecture de Fukushima. L&#224;, plusieurs font &#233;tat de sympt&#244;mes inqui&#233;tants chez les enfants : saignements de nez, diarrh&#233;es, inflammation de la thyro&#239;de. Ecologiste pratiquant l'agriculture biologique &#224; Kawamata, &#224; 35 km de la centrale accident&#233;e, Sachiko Sato, m&#232;re de quatre enfants et activiste du R&#233;seau pour sauver les enfants des radiations, souligne le &#171; foss&#233; entre ceux qui ont quitt&#233; la r&#233;gion et ceux qui sont rest&#233;s &#187;. Ce qui est son cas : elle a envoy&#233; ses enfants dans une autre ville, mais n'a pas quitt&#233; sa maison. &#171; La r&#233;gion de Fukushima est un champ de bataille entre ceux qui ont la folie de penser qu'ils peuvent dominer la nature et ceux qui la ch&#233;rissent &#187;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Sato juge insuffisantes les mesures de surveillance p&#233;riodique des enfants par une &#233;chographie de la thyro&#239;de. Comme beaucoup de Japonais, elle accuse l'Etat d'utiliser les 2 millions d'habitants du d&#233;partement de Fukushima comme cobayes pour collecter des donn&#233;es, tout en affirmant qu'il n'y a pas de danger. Les dosim&#232;tres donn&#233;s aux enfants ne sont pas nominatifs. Les donn&#233;es rassembl&#233;es servent &#224; &#233;tablir des taux moyens pour la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes de la catastrophe nucl&#233;aire se sentent dans la position de celles des victimes des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945, avance Mme Mari Takenouchi, membre de l'Association des atomis&#233;s, qui rassemble des victimes du nucl&#233;aire depuis Hiroshima jusqu'&#224; Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au trait&#233; de San Francisco de 1952 qui rendit sa souverainet&#233; au Japon et &#171; conform&#233;ment aux ordres du g&#233;n&#233;ral MacArthur, commandant des forces d'occupation &#187;, le sort des atomis&#233;s &#171; est rest&#233; un secret militaire &#187; et &#171; il &#233;tait interdit aux m&#233;decins japonais de les examiner &#187;, rappelle le docteur Shuntaro Hida, 94 ans, qui &#233;tait m&#233;decin &#224; l'h&#244;pital militaire d'Hiroshima et a miraculeusement surv&#233;cu. &#171; A la suite de l'accident de Fukushima, ajoute-t-il, des centaines de parents sont venus me consulter, alarm&#233;s par les saignements de nez ou les gonflements de la thyro&#239;de de leurs enfants. Je ne savais quoi leur dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du politique, les demandes des Japonaises portent le d&#233;bat sur le terrain &#233;motionnel plus fondamental du droit &#224; la vie, analyse l'anthropologue David Slater de l'universit&#233; Sophia &#224; Tokyo. C'est sur ce terrain que se pla&#231;ait d&#233;j&#224; Michiko Ishimure, institutrice &#224; Minamata, victime dans les ann&#233;es 1950-1960 d'une intoxication au mercure d&#233;vers&#233; dans la mer, qui fit des milliers de morts et d'enfants handicap&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses livres m&#234;lant romanesque, po&#233;sie et journal intime, elle contribua &#224; une lente prise de conscience de cette dramatique pollution industrielle. &#171; A Minamata se sont heurt&#233;s deux mondes : celui de p&#234;cheurs qui vivaient en symbiose avec la nature et un autre pour lequel la nature n'&#233;tait qu'un objet &#224; asservir &#187;, disait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un demi-si&#232;cle plus tard, avec l'image du &#171; champ de bataille &#187; qu'est devenue la belle r&#233;gion de Fukushima (probablement ray&#233;e de la carte pour des d&#233;cennies), Sachiko Sato fait le m&#234;me triste constat. Aucune le&#231;on n'a &#233;t&#233; tir&#233;e d'un drame r&#233;v&#233;lateur des risques que la course &#224; la rentabilit&#233; faisait courir &#224; une population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Japon, timide transparence sur les cons&#233;quences de l'accident de Fukushima</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Japon-timide-transparence-sur-les-consequences-de-l-accident-de-Fukushima</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Japon-timide-transparence-sur-les-consequences-de-l-accident-de-Fukushima</guid>
		<dc:date>2011-05-24T08:11:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Mesmer</dc:creator>


		<dc:subject>Nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-05-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelque chose a chang&#233; dans l'information donn&#233;e aux Japonais sur la crise nucl&#233;aire de Fukushima. Apr&#232;s deux mois pass&#233;s &#224; minimiser les dangers encourus, &#224; &#233;luder les questions sur la gravit&#233; r&#233;elle de l'accident survenu apr&#232;s le s&#233;isme et le tsunami du 11 mars dans quatre des six r&#233;acteurs de la centrale, le gouvernement, la Compagnie d'&#233;lectricit&#233; de Tokyo (Tepco), mais &#233;galement les chercheurs auparavant parties prenantes du puissant lobby nucl&#233;aire nippon, commencent &#224; faire preuve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-05-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-05-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/arton7334-f3e78.png?1783088324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelque chose a chang&#233; dans l'information donn&#233;e aux Japonais sur la crise nucl&#233;aire de Fukushima. Apr&#232;s deux mois pass&#233;s &#224; minimiser les dangers encourus, &#224; &#233;luder les questions sur la gravit&#233; r&#233;elle de l'accident survenu apr&#232;s le s&#233;isme et le tsunami du 11 mars dans quatre des six r&#233;acteurs de la centrale, le gouvernement, la Compagnie d'&#233;lectricit&#233; de Tokyo (Tepco), mais &#233;galement les chercheurs auparavant parties prenantes du puissant lobby nucl&#233;aire nippon, commencent &#224; faire preuve d'un peu plus de transparence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Preuve de cette &#233;volution, sensible mais timide, le porte-parole du gouvernement Yukio Edano s'est engag&#233; &#224; faire &#171; tout son possible pour garantir la transparence de l'information &#187; lors de la visite du 24 mai au 2 juin d'une &#233;quipe d'enqu&#234;teurs de l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique (AIEA). Un aveu qui en dit long sur la politique suivie jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les documents rendus publics le 16 mai par Tepco t&#233;moignent du chaos &#224; la centrale imm&#233;diatement apr&#232;s le tremblement de terre de magnitude 9 qui a frapp&#233; le Tohoku, le nord-est du Japon. Il ressort de ces compte-rendu que, contrairement &#224; ce qu'affirmaient l'entreprise et la plupart des experts &#171; officiels &#187; repris par les grands m&#233;dias japonais, l'accident nucl&#233;aire a commenc&#233; avant l'arriv&#233;e du tsunami, preuve que l'installation, pourtant construite selon des normes consid&#233;r&#233;es comme les plus strictes du monde, a mal r&#233;sist&#233; au tremblement de terre. Le tsunami n'a fait qu'aggraver la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dangerosit&#233; persistante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les annonces de Tepco, selon lesquelles les cuves des r&#233;acteurs &#233;taient intactes et le combustible avait partiellement fondu, &#233;taient erron&#233;es et surtout bien loin d'une r&#233;alit&#233; qui confirme la dangerosit&#233; persistante d'une situation d'autant plus pr&#233;caire que la r&#233;gion reste soumise &#224; de violentes r&#233;pliques sismiques comme celles de magnitudes 5,8 et 4,6, qui ont touch&#233; l'est du Japon vendredi 20 mai. Les nouvelles donn&#233;es hypoth&#232;quent &#233;galement l'engagement de Tepco, pris le 17 avril et r&#233;affirm&#233; le 17 mai, de reprendre le contr&#244;le de l'installation d'ici six &#224; neuf mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui inqui&#232;te le plus les Japonais aujourd'hui est l'information sur les niveaux de contamination. Le minist&#232;re des sciences tient &#224; jour des mesures r&#233;alis&#233;es dans toutes les pr&#233;fectures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs chercheurs, comme le professeur Kunihiko Takeda, expert en enrichissement de l'uranium, contestent la mani&#232;re dont elles sont r&#233;alis&#233;es. Il regrette notamment qu'elles soient effectu&#233;es &#224; 18 m de hauteur. A ses yeux, il vaut mieux effectuer des mesures au niveau du sol, pour conna&#238;tre l'exposition r&#233;elle de la population. Mais, &#224; ce niveau elles devraient &#234;tre plus &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une parte des zones contamin&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre critique porte sur la gestion de la contamination des aliments. Malgr&#233; la d&#233;couverte de hauts niveaux de radiations dans du lait ou des l&#233;gumes &#224; feuilles (&#233;pinards, persil...), les ventes ne sont pas syst&#233;matiquement interdites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement, le gouvernement a rendu publique &#224; deux reprises, une fois en avril, puis le 17 mai, une carte des zones contamin&#233;es. Pour les zones les plus touch&#233;es, qui s'&#233;tendent jusqu'&#224; une quarantaine de km en direction du nord-ouest de la centrale et dont les populations, environ 80 000 personnes, doivent &#234;tre &#233;vacu&#233;es avant la fin mai, il a fix&#233; des niveaux acceptables de radiation &#224; 20 milliSieverts (mSv) par an, une d&#233;cision qui a incit&#233; l'expert en radioprotection, et professeur &#224; l'universit&#233; de Tokyo Toshiso Kosako &#224; d&#233;missionner le 29 avril de son poste de conseiller du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est rare que des travailleurs du nucl&#233;aire soient expos&#233;s &#224; 20 mSv de radiation en un an. D'un point de vue acad&#233;mique et humain, je ne peux pas accepter que des enfants le soient &#187;, avait-il d&#233;clar&#233;, en larmes, lors de la conf&#233;rence de presse donn&#233;e apr&#232;s avoir quitt&#233; son poste. Il avait &#233;galement critiqu&#233; le gouvernement pour la lenteur des autorit&#233;s &#224; activer le syst&#232;me de pr&#233;vision de diffusion des radiations Speedi et &#224; d&#233;voiler les informations collect&#233;es par la suite. &#171; Le gouvernement a ignor&#233; la loi, avait-il ajout&#233;. Il a pris des mesures au coup par coup, &#233;chouant &#224; reprendre rapidement le contr&#244;le de la situation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;volution des discours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement de M. Kosako est r&#233;v&#233;lateur d'un malaise. Lui-m&#234;me a toujours &#233;t&#233; un fervent d&#233;fenseur du nucl&#233;aire. Il faisait notamment partie des critiques du sismologue Katsuhiko Ishibashi, l'un des rares &#224; avoir d&#233;nonc&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; des centrales nucl&#233;aires japonaises aux tremblements de terre. Inventeur en 1997 du concept de &#171; Genpatsu-Shinsai &#187; &#8211; un puissant s&#233;isme suivi d'un accident nucl&#233;aire &#8211; le Pr Ishibashi a toujours critiqu&#233; l'aveuglement des d&#233;cideurs dans leur volont&#233; de construire des centrales &#224; tout pris dans des zones extr&#234;mement dangereuses sur le plan sismique, c'est &#224; dire, &#224; ses yeux, dans tout le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toshiso Kosako n'est pas le seul &#224; avoir fait &#233;voluer son discours. M&#234;me le pr&#233;sident de la Commission de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire Haruki Madarame, lui aussi grand promoteur de l'atome et tr&#232;s critique des positions du Pr Ishibashi, a reconnu le 1er avril, au c&#244;t&#233; de 15 experts pro-nucl&#233;aires, le danger de l'accident de la centrale de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le 20 mai, l'organisme qu'il dirige a organis&#233; une conf&#233;rence de presse sur le &#171; malentendu &#187; suscit&#233; par la fixation de la limite des 20 mSv par an, pour pr&#233;ciser qu'il &#171; &#233;tait mieux de limiter l'exposition au maximum &#187;, tout en regretant que &#171; certains aient pris l'information du gouvernement comme le signal qu'&#234;tre soumis &#224; 20 mSv par an &#233;tait acceptable &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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