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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Gr&#232;ce : naissance d'une dictature &#233;conomique</title>
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		<dc:date>2011-07-19T08:27:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charalampos Orfanos , Chryssanthi Avlami , Ioannis Andreadis</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-07-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mercredi 29 juin 2011, il &#233;tait environ 12h30 quand les gaz lacrymog&#232;nes des forces sp&#233;ciales ont envahi la place de la Constitution, &#224; Ath&#232;nes, provoquant ainsi des spasmes de suffocation dans une foule qui &#233;tait majoritairement pacifique. Quelques minutes plus tard, le sinistre nuage couvrait tout le centre de la capitale. A ce moment pr&#233;cis, les d&#233;clarations faites deux jours plus t&#244;t par le ministre d'&#201;tat, Theodoros Pangalos, ont pris un sens plus concret et plus noir. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/arton7701-a8df5.png?1781124919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi 29 juin 2011, il &#233;tait environ 12h30 quand les gaz lacrymog&#232;nes des forces sp&#233;ciales ont envahi la place de la Constitution, &#224; Ath&#232;nes, provoquant ainsi des spasmes de suffocation dans une foule qui &#233;tait majoritairement pacifique. Quelques minutes plus tard, le sinistre nuage couvrait tout le centre de la capitale. A ce moment pr&#233;cis, les d&#233;clarations faites deux jours plus t&#244;t par le ministre d'&#201;tat, Theodoros Pangalos, ont pris un sens plus concret et plus noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, le chef adjoint du gouvernement avait d&#233;clar&#233; que si le nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; n'&#233;tait pas adopt&#233; par le Parlement grec et que, par voie de cons&#233;quence, le pays &#233;tait alors consid&#233;r&#233; en d&#233;faut de paiement, il faudrait faire intervenir les blind&#233;s pour prot&#233;ger les banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le mot &#171; blind&#233;s &#187; r&#233;veille toujours dans la m&#233;moire collective grecque le cauchemar de la torture et des bagnes du temps des colonels, la dictature militaire de 1967, plusieurs de ses camarades d&#233;put&#233;s du Pasok [Mouvement socialiste panh&#233;ll&#233;nique, au gouvernement] ont protest&#233; &#8211; plut&#244;t timidement, il est vrai &#8211; contre la faute de go&#251;t que constituerait cette formule choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les &#233;v&#233;nements qu'Ath&#232;nes a connus ce mercredi ne peuvent &#234;tre envisag&#233;s en termes de go&#251;t ou de style. En marge de la manifestation, il y a eu, incontestablement, quelques individus excit&#233;s et violents, mais aussi de nombreux provocateurs qui, d'apr&#232;s le directeur du tr&#232;s s&#233;rieux magazine Epikaira, ont &#233;t&#233; film&#233;s en train de descendre de cars de la police. Les forces de r&#233;pression plac&#233;es sous l'autorit&#233; d'un minist&#232;re cyniquement charg&#233; de la &#171; Protection du Citoyen &#187; ont envahi des caf&#233;s et des halls d'immeubles et ont copieusement tabass&#233; tous ceux qui s'y trouvaient. Les substances r&#233;pandues par la police ont transform&#233; la station de m&#233;tro en chambre &#224; gaz, malgr&#233; la pr&#233;sence, dans le hall, d'un centre de secours improvis&#233; accueillant des centaines de manifestants bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, les gaz lacrymog&#232;nes se sont propag&#233;s dans les tunnels du m&#233;tro sur plusieurs kilom&#232;tres, jusqu'&#224; des endroits qui ne m&#233;ritaient nullement d'&#234;tre gaz&#233;s au nom de la protection du b&#226;timent de l'Assembl&#233;e nationale, sis place de la Constitution. Apr&#232;s la dissolution de la manifestation, le lieu ressemblait &#224; un d&#233;cor de film catastrophe hollywoodien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tout cela arriva-t-il ? La r&#233;ponse est qu'il &#233;tait absolument n&#233;cessaire d'imposer &#224; la Gr&#232;ce des conditions de remboursement de sa dette moralement et techniquement intenables et, pour ce faire, il fallait que le pays perde une partie substantielle de son ind&#233;pendance. Comme le &#171; m&#233;morandum &#187; du 8 mai 2010, qui a d&#233;j&#224; abouti &#224; un fiasco, les mesures pr&#233;vues par le nouveau plan d'aust&#233;rit&#233;, vot&#233; le 29 juin par le Parlement, sont non seulement inhumaines mais aussi, comme le constatent des analystes s&#233;rieux et une partie de la presse internationale, inapplicables et inefficaces, puisqu'elles ne font que retarder une faillite qui aura &#233;t&#233; rendue encore plus douloureuse par ces man&#339;uvres dilatoires. Pour imposer ces mesures &#224; une soci&#233;t&#233; qui r&#233;siste fermement, il fallait sans doute ce glissement continu vers une sorte de &#171; dictature &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de r&#233;gime est visible non seulement dans l'action des forces de l'ordre, mais aussi dans la marginalisation syst&#233;matique de l'Assembl&#233;e nationale, transform&#233;e en chambre d'enregistrement, et dans le contr&#244;le total de la quasi-totalit&#233; des m&#233;dias, transform&#233;s en moyens de diffusion d'une propagande abjecte. Ce qui est arriv&#233; mercredi 29 juin n'est rien de moins que l'abrogation du droit constitutionnel de se r&#233;unir &#8211; tous les totalitarismes en font leur premi&#232;re cible &#8211; et &#233;tait absolument n&#233;cessaire pour faire passer ce plan d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, m&#234;me si ce n'est pas le cas, m&#234;me si le gouvernement est pouss&#233; au d&#233;sastre contre son gr&#233; par des agents locaux ou &#233;trangers qui, de plus en plus clairement, gouvernent &#224; sa place, le r&#233;sultat est le m&#234;me : il s'agit de la naissance de la premi&#232;re dictature &#233;conomique en Europe, un r&#233;gime qui, &#233;tant donn&#233; l'&#233;volution socio-&#233;conomique du continent, risque d'y &#234;tre souvent copi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi cette rage contre les citoyens rassembl&#233;s place de la Constitution ? Ces groupes de manifestants affirmant haut et fort leur d&#233;termination, mais aussi leur attachement &#224; la non-violence, ainsi que leur conviction qu'une assembl&#233;e du peuple, une ecclesia, est possible au XXIe si&#232;cle, &#233;taient-ils si dangereux ? La r&#233;ponse est que le gouvernement comme une grande partie de l'opposition fonctionnent en circuit ferm&#233; et sont porteurs d'id&#233;es, de valeurs et de pratiques du pass&#233;, incapables de r&#233;pondre aux besoins r&#233;els des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques d&#233;lib&#233;ratives en cours sur la place de la Constitution depuis une quarantaine de jours font &#233;cho &#224; des exp&#233;riences europ&#233;ennes de d&#233;mocratie directe et &#224; des pratiques de solidarit&#233; connues en Am&#233;rique latine et constituent, malgr&#233; tous leurs d&#233;fauts, un exemple pour tous ceux qui, avec ou sans &#233;tiquette, essaient de r&#233;pondre r&#233;ellement au d&#233;sastre qui frappe la Gr&#232;ce. Pour beaucoup &#8211; &#224; commencer par les gouvernants &#8211; la place de la Constitution et l'&#233;tat d'esprit que celle-ci repr&#233;sente risquent de prendre l'ampleur d'une &#233;pid&#233;mie mena&#231;ant l'ensemble du syst&#232;me politique actuel. Et cette &#233;pid&#233;mie faite d'insoumission, de responsabilit&#233; et d'autonomie fait peur parce qu'elle suscite l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ioannis Andreadis (historien, Ath&#232;nes), Chryssanthi Avlami (historienne, Ath&#232;nes), Charalampos Orfanos (professeur de lettres classiques, Toulouse). Tribune publi&#233;e dans le quotidien fran&#231;ais Lib&#233;ration, le 11 juillet 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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