<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=2944&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;gion arabe : Un printemps r&#233;volutionnaire et f&#233;mininiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Region-arabe-Un-printemps-revolutionnaire-et-femininiste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Region-arabe-Un-printemps-revolutionnaire-et-femininiste</guid>
		<dc:date>2011-07-26T08:25:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angelique Chrisafis, Harriet Sherwood, Katherine Marsh, Robert Booth, Tom Finn, Xan Rice</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-07-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De la Tunisie au Y&#233;men, les femmes ont eu un r&#244;le d&#233;cisif dans la vague de soul&#232;vements qui a touch&#233; la r&#233;gion. Toutefois, le combat pour leurs droits est encore loin d'&#234;tre termin&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une petite chambre de Benghazi, de jeunes hommes et femmes travaillent &#224; l'&#233;laboration d'un journal d'opposition. &#8220;Le r&#244;le de la femme en Libye&#8221;, annonce l'un des titres. Et l'on peut lire : &#8220;Elle est musulmane, m&#232;re de famille, soldat, manifestante, journaliste, b&#233;n&#233;vole, citoyenne.&#8221; Les femmes arabes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-07-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-07-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton7748-b1678.jpg?1781106953' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la Tunisie au Y&#233;men, les femmes ont eu un r&#244;le d&#233;cisif dans la vague de soul&#232;vements qui a touch&#233; la r&#233;gion. Toutefois, le combat pour leurs droits est encore loin d'&#234;tre termin&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une petite chambre de Benghazi, de jeunes hommes et femmes travaillent &#224; l'&#233;laboration d'un journal d'opposition. &#8220;Le r&#244;le de la femme en Libye&#8221;, annonce l'un des titres. Et l'on peut lire : &#8220;Elle est musulmane, m&#232;re de famille, soldat, manifestante, journaliste, b&#233;n&#233;vole, citoyenne.&#8221; Les femmes arabes peuvent se vanter d'avoir &#233;t&#233; tout cela &#224; la fois, et bien plus, durant ces mois d'agitation qui ont secou&#233; les pays arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les images les plus frappantes de cette p&#233;riode de r&#233;volte, il y a celles montrant des femmes v&#234;tues de noir et en col&#232;re, des mers de visages f&#233;minins dans les capitales des pays du Maghreb, de la p&#233;ninsule Arabique et de l'arri&#232;re-pays syrien. Elles ont manifest&#233; pour un changement de r&#233;gime, pour en finir avec la r&#233;pression, pour qu'on rel&#226;che leurs proches. On les a &#233;galement vues prononcer des discours lors de rassemblements, s'occuper des bless&#233;s, nourrir les manifestants qui occupaient Le Caire et Manama, ainsi que l'arm&#233;e qui s'est improvis&#233;e dans l'est de la Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Y&#233;men &#224; la Tunisie, en Egypte, en Libye, &#224; Bahre&#239;n et en Syrie, une chose est claire : apr&#232;s s'&#234;tre organis&#233;es, apr&#232;s avoir manifest&#233;, incit&#233; &#224; la lutte, &#233;crit des blogs, fait des gr&#232;ves de la faim et parfois &#233;t&#233; tu&#233;es, les femmes arabes ont &#224; peine progress&#233; vers une plus grande &#233;galit&#233; des sexes. Les femmes ont beau avoir soutenu le printemps arabe, reste toujours &#224; voir si le printemps arabe soutiendra les femmes. D&#232;s les premi&#232;res grognes, en Tunisie, au tournant de cette ann&#233;e, il est devenu &#233;vident que l'image d&#233;sormais d&#233;su&#232;te de la femme arabe servile, soumise et souvent clo&#238;tr&#233;e &#224; la maison allait devoir &#234;tre corrig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#233;lite des femmes tunisiennes instruites devenues docteures, avocates et professeures d'universit&#233; &#224; l'immense multitude de femmes dipl&#244;m&#233;es mais sans emploi, toutes ont jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans le soul&#232;vement d&#233;clencheur du printemps arabe. Au Caire, elles n'ont pas seulement grossi les rangs des manifestants, elles ont aussi contribu&#233; &#224; transformer un moment sur la place Tahrir en v&#233;ritable mouvement. Elles ont particip&#233; &#224; la distribution d'aliments, de couvertures, elles ont apport&#233; de l'aide m&#233;dicale et contribu&#233; &#224; l'organisation des tribunes. Au Y&#233;men, c'est une jeune femme, Tawakul Karman, qui a men&#233; les premi&#232;res protestations, sur le campus d'une universit&#233;, contre le long r&#232;gne d'Ali Abdullah Saleh. Karman s'est fait conna&#238;tre comme une des leaders de la r&#233;volution qui bat toujours son plein dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bahre&#239;n, des femmes ont fait partie de la premi&#232;re vague des opposants qui ont occup&#233; &#8211; certaines avec leurs enfants &#8211; la place de la Perle, dans la capitale du royaume, pour r&#233;clamer le changement. Plus tard, le mouvement bahre&#239;ni a trouv&#233; un leader de prestige en la personne de Zainab Al-Khawaja, la femme qui a entam&#233; une gr&#232;ve de la faim apr&#232;s les violences subies par son p&#232;re, son mari et son beau-fr&#232;re et leur arrestation. &#8220;Les femmes ont jou&#233; un r&#244;le extr&#234;mement d&#233;cisif cette fois-ci et ont risqu&#233; leur vie&#8221;, souligne Nabeel Rajab, pr&#233;sident du Centre pour les droits de l'homme de Bahre&#239;n. &#8220;Elles se sont occup&#233;es des bless&#233;s dans la rue et les ont soign&#233;s chez elles, car elles avaient peur de les emmener &#224; l'h&#244;pital.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Libye, des m&#232;res, des s&#339;urs et des veuves &#233;taient &#233;galement en premi&#232;re ligne : apr&#232;s le massacre de prisonniers dans une prison en 1996, elles ont manifest&#233; [les 15 et 16 f&#233;vrier, donnant l'&#233;lan &#224; la r&#233;volte du 17 f&#233;vrier] devant le palais de justice de Benghazi pour protester contre l'arrestation de leur avocat. Mouna Sahli, enseignante de litt&#233;rature &#224; l'universit&#233; Garyounis de Benghazi, dont le beau-fr&#232;re est mort dans la tuerie qui a eu lieu dans la prison, t&#233;moigne : &#8220;Quelqu'un m'a donn&#233; une pancarte. Je n'&#233;tais m&#234;me pas s&#251;re de ce que je devais en faire, car je n'avais jamais rien fait de tel auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai m&#234;me oubli&#233; de cacher mon visage pour ne pas &#234;tre reconnue.&#8221; En Syrie, des centaines de femmes sont sorties dans les rues de Baniyas pour d&#233;noncer les d&#233;tentions arbitraires de beaucoup d'hommes. Au Y&#233;men, lorsque le pr&#233;sident Saleh a critiqu&#233; la mixit&#233; des manifestations en affirmant que &#231;a allait &#224; l'encontre de l'islam, des milliers de femmes sont sorties dans la rue pour lui montrer qu'il avait tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la r&#233;volution tunisienne, les femmes ont &#233;galement &#233;t&#233; victimes de la r&#233;pression polici&#232;re. Dans les zones rurales autour de Kasserine, certaines ont m&#234;me &#233;t&#233; viol&#233;es par la police apr&#232;s les manifestations. De nombreux viols ont &#233;galement &#233;t&#233; enregistr&#233;s en Egypte en plein tumulte, dont notamment celui d'une journaliste sud-africaine de la cha&#238;ne am&#233;ricaine CBS. Une autre affaire a provoqu&#233; des remous &#224; Tripoli, o&#249; une femme, Iman Al-Obeidi, a r&#233;v&#233;l&#233; s'&#234;tre fait violer par une quinzaine de militants pro-Kadhafi. A Bahre&#239;n, de nombreuses femmes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, dont au moins neuf m&#233;decins et quatre infirmi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Y&#233;men, Tawakul Karman a &#233;t&#233; d&#233;tenue durant quarante-huit heures pour avoir commis l'outrage de conduire seule la nuit, ce qui &#233;tait une &#8220;humiliation&#8221; pour les soldats qui l'ont arr&#234;t&#233;e. Cependant, dans certains cas, les femmes ont pu protester avec une certaine impunit&#233;, voire tirer un avantage de leur statut. &#8220;Depuis le d&#233;but, la police anti&#233;meute s'est montr&#233;e extr&#234;mement brutale, mais les femmes ont tenu bon et continu&#233; d'agiter leurs drapeaux devant eux&#8221;, a comment&#233; Maryam Al-Khawaja, militante des droits de l'homme &#224; Bahre&#239;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agress&#233;es physiquement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie, le contraire s'est produit : les femmes ont battu en retraite face aux violences. Le 16 mars, une manifestation non violente dirig&#233;e contre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et organis&#233;e par les familles des prisonniers de Damas a abouti &#224; des arrestations et &#224; des agressions physiques, n'&#233;pargnant ni les femmes ni les enfants. &#8220;J'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e plusieurs fois, mais j'ai r&#233;ussi &#224; m'en sortir&#8221;, a t&#233;moign&#233; la fille d'un &#233;minent prisonnier politique qui a tenu &#224; ne pas d&#233;voiler son identit&#233;. A Damas, une autre jeune femme, sous couvert d'anonymat, a confi&#233; : &#8220;Depuis le d&#233;but il y a eu des tirs, et les hommes avaient peur que leurs m&#232;res et leurs s&#339;urs ne soient bless&#233;es. Certaines femmes craignaient aussi pour leur propre vie.&#8221; Elle a ajout&#233; que la plupart des mouvements de protestation sont partis des mosqu&#233;es, lieux encore majoritairement masculins. &#8220;De nombreuses femmes plus jeunes sortent dans les rues, notamment lors des mouvements de contestation universitaires, mais je pense que certaines d'entre elles n'ont pas conscience du r&#244;le crucial de leur participation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes les femmes ne sont pas en faveur d'un changement de r&#233;gime. Des femmes y&#233;m&#233;nites ont bruyamment manifest&#233; pour apporter leur soutien au pr&#233;sident Saleh. Dans l'ouest de la Libye, des femmes ont d&#233;clar&#233; leur loyaut&#233; envers Muammar Kadhafi, le &#8220;guide de la r&#233;volution&#8221;. Lors des rassemblements, elles le saluent par des slogans, des chants et des youyous, et sont g&#233;n&#233;ralement s&#233;par&#233;es des sympathisants masculins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril, on a pu voir des centaines de ses sympathisantes r&#233;unies devant le palais du colonel Kadhafi, tard le soir, pour s'&#233;riger en boucliers humains. Bien maquill&#233;es sous leur foulard, on aurait dit qu'elles &#233;taient de sortie en ville &#8211; ce qui, d'une certaine mani&#232;re, n'&#233;tait pas tout &#224; fait faux. Lors de l'apparition de la fille de Kadhafi, A&#239;cha, 34 ans, sur le balcon d'un immeuble cribl&#233; de balles, venue s'adresser &#224; la foule, elles se sont d&#233;cha&#238;n&#233;es. A&#239;cha est une ic&#244;ne aux yeux de beaucoup de jeunes femmes libyennes : elle est chic, elle a le sens des affaires, elle est blonde et elle a un penchant pour les v&#234;tements de cr&#233;ateurs. On la surnomme la Claudia Schiffer de la Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#239;cha, seule fille sur les sept enfants de Muammar Kadhafi, est la femme la plus en vue du pays. Le gouvernement libyen compte &#233;galement une femme &#224; la t&#234;te du minist&#232;re charg&#233; de la femme, de la famille et de l'enfance, mais c'est l'exception qui confirme la r&#232;gle. Une seule femme fait partie du bataillon de fonctionnaires charg&#233;s de s'occuper des m&#233;dias &#233;trangers. Certaines femmes se sont engag&#233;es dans l'arm&#233;e, mais n'ont pas le droit de combattre. Le &#8220;guide&#8221; Kadhafi est lui-m&#234;me connu pour entretenir une garde personnelle constitu&#233;e de plusieurs femmes. Comme c'est le cas dans de nombreux pays arabes, les femmes libyennes de la classe moyenne ont g&#233;n&#233;ralement fait des &#233;tudes sup&#233;rieures et sont tr&#232;s pr&#233;sentes dans les professions de la m&#233;decine et du droit. N&#233;anmoins, leurs s&#339;urs plus pauvres sont r&#233;duites &#224; &#234;tre clo&#238;tr&#233;es chez elles et soumises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas &#233;t&#233; question d'&#233;galit&#233; des sexes pendant le printemps arabe. Toutes les femmes des pays impliqu&#233;s vous le diront, m&#234;me si bon nombre d'entre elles craignent que tous les risques qu'elles ont pris ne soient pas r&#233;compens&#233;s et que les hommes, bien contents de voir les femmes manifester pour la libert&#233;, ne le soient plus autant lorsqu'il s'agira de voir celles-ci si&#233;ger au Parlement ou participer au gou ver nement et aux conseils d'administration des entreprises. Une manifestante &#233;gyptienne a m&#234;me dit &#224; Catherine Ashton, la haute repr&#233;sentante de l'UE pour les Affaires &#233;trang&#232;res, qui s'est rendue r&#233;cemment sur la place Tahrir, au Caire : &#8220;Les hommes &#233;taient bien contents que je sois l&#224; pour r&#233;clamer le d&#233;part d'Hosni Moubarak. Mais, maintenant qu'il est parti, ils veulent juste que je rentre chez moi.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la nouvelle Constitution a &#233;t&#233; adopt&#233;e, en mars, rien n'a &#233;t&#233; mentionn&#233; concernant l'&#233;galit&#233; des sexes. Rebecca Chiao, fondatrice de l'association pour les droits des femmes Harassmap, estime qu'il existe d&#233;j&#224; une r&#233;action violente contre l'&#233;galit&#233; hommes-femmes. &#8220;Une campagne de propagande est actuellement men&#233;e contre nous. Ils affirment que ce n'est pas le moment de d&#233;fendre les droits de la femme, et c'est ce qui m'inqui&#232;te.&#8221; D'apr&#232;s le lobby f&#233;ministe tunisien, le v&#233;ritable combat commence maintenant, avec l'apaisement de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les jeunes dipl&#244;m&#233;s et sans emploi &#8211; dont les revendications ont servi d'&#233;tincelle pour embraser le pays &#8211;, les deux tiers sont des femmes. L'in&#233;galit&#233; des salaires et des lois sur l'h&#233;ritage, qui favorisent les fils, est toujours aussi scandaleuse. Toutefois, la premi&#232;re bataille portera sur les femmes au sein de la politique. Au d&#233;but du mois d'avril, la commission charg&#233;e de r&#233;former le paysage &#233;lectoral de la Tunisie pour les prochaines &#233;lections a vot&#233; en faveur d'une parit&#233; hommes-femmes de 50 % sur les listes &#233;lectorales. L'un des principaux partis d'opposition, le Parti d&#233;mocrate progressiste (PDP), de gauche, compte d&#233;j&#224; une femme &#224; sa t&#234;te, la biologiste f&#233;ministe Maya Jribi. Ses militants esp&#232;rent que d'autres suivront le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propagande strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leila Hamrouni, professeure dans un lyc&#233;e d'une banlieue pauvre de Tunis, sera probablement candidate pour le parti Ettajdid. &#8220;Nous devons absolument nous battre pour obtenir la parit&#233; aux prochaines &#233;lections, car je crains qu'elle ne soit pas appliqu&#233;e correctement. Les plus petits partis affirment qu'en principe l'id&#233;e est excellente, mais que dans la pratique il n'y a pas assez de femmes &#8216;com p&#233;tentes'. C'est n'importe quoi ! M&#234;me dans les zones rurales, on peut trouver des femmes qui sont avocates, professeures ou docteures. Sous Ben Ali, le r&#233;gime comptait beaucoup trop d'hommes qui &#233;taient loin d'&#234;tre brillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&#232;s qu'on aborde le sujet des femmes dans la politique, tout le monde parle de comp&#233;tences. Ben Ali s'est servi de la question des droits des femmes pour &#234;tre bien vu du monde occidental, alors qu'il ne cessait de porter atteinte aux libert&#233;s et tournait le dos &#224; la d&#233;mocratie. Certains hommes pourraient d&#233;sormais nous dire : &#8216;Regardez ce que vous avez. Qu'est-ce que vous voulez de plus ?' Et il est difficile d'expliquer que, derri&#232;re toute cette propagande strat&#233;gique, nous avons encore beaucoup de raisons de nous battre.&#8221; Khadija Cherif, sociologue et professeure d'universit&#233;, est membre de l'influente Association tunisienne des femmes d&#233;mocrates et si&#232;ge &#224; la commission qui r&#233;dige actuellement la loi &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 20 % des membres de la commission sont des femmes. &#8220;Les femmes ont jou&#233; un r&#244;le crucial, pas seulement au moment de la r&#233;volution, mais d&#233;j&#224; des ann&#233;es auparavant, en soutenant les mineurs en gr&#232;ve ou en organisant l'occupation d'usines de textile. La reconnaissance de leur r&#244;le doit d&#233;sormais se faire par l'&#233;galit&#233; des sexes dans le monde de la politique.&#8221; L'une des inqui&#233;tudes de la gauche la&#239;que, c'est que le retour au pou voir des partis islamistes risquerait d'entraver de nouveau les droits des femmes en Tunisie. Le parti islamiste Ennahda, qui avait &#233;t&#233; interdit [dans les ann&#233;es 1990], assure de son c&#244;t&#233; qu'il n'a pas l'intention de restreindre les droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, pourtant, les femmes sont cat&#233;goriques : dans cette r&#233;volution, il &#233;tait question de changements de r&#233;gime, pas de revendications f&#233;ministes. &#8220;Durant ce soul&#232;vement, hommes et femmes r&#233;clamaient les m&#234;mes choses&#8221;, estime Mervet El-Zouki, une habitante de Benghazi. &#8220;Nous voulons pouvoir dire ce que nous pensons, &#234;tre nous-m&#234;mes, &#234;tre des Libyens. Nous demandons la libert&#233; sur tous les points : psychologique, social, &#233;conomique. Nous voulons une histoire qui finit bien, en nous d&#233;barrassant de cette famille de fous qui contr&#244;lait tout ce que nous faisions.&#8221; Bahraini Noor Jilal ajoute : &#8220;Les femmes ne protestent pas pour leurs propres droits, mais pour ceux de tous.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, Faizah Soulimani, 29 ans, leader durant les soul&#232;vements au Y&#233;men, laisse entendre que, bien que les femmes n'en appellent pas &#224; l'&#233;galit&#233; des sexes dans le pays, elles ont toutefois &#233;t&#233; prises beaucoup plus au s&#233;rieux par les hommes gr&#226;ce &#224; leur participation impressionnante dans les mouvements de contestation. &#8220;Nos revendications sont &#224; peu pr&#232;s les m&#234;mes que celles des hommes, souligne-t-elle. A commencer par la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; dans la citoyen net&#233; et un r&#244;le plus important des femmes dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont pu toucher un brin de libert&#233; sur la place du Changement, o&#249; elles ont &#233;t&#233; accueillies mieux que jamais auparavant. Leurs compagnons masculins dans cette lutte pour la libert&#233; ont &#233;tonnamment bien re&#231;u leur contribution au mouvement. Et pour la premi&#232;re fois ils les ont laiss&#233;es libres d'&#234;tre et de dire ce qu'elles voulaient.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xan Rice in Benghazi, Katherine Marsh in Damascus, Tom Finn in Sana'a, Harriet Sherwood in Tripoli, Angelique Chrisafis and Robert Booth&lt;br class='autobr' /&gt;
Correspondant(es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Publi&#233; par The Guardian et, en fran&#231;ais, par le Courrier international N&#176; 1079 : &lt;a href=&#034;http://www.courrierinternational.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.courrierinternational.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
