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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La Syrie ou la r&#233;volution que le monde veut arr&#234;ter</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Syrie-ou-la-revolution-que-le-monde-veut-arreter</link>
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		<dc:date>2012-05-15T08:34:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khalil Habash</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re fois que nous avons appris que nos amis ont &#233;t&#233; massacr&#233;s, il y avait un cri d'horreur. Puis une centaine d'autres ont &#233;t&#233; massacr&#233;s. Mais quand un millier ont &#233;t&#233; massacr&#233;s et qu'il n'y avait pas de fin &#224; la boucherie, un voile de silence s'est propag&#233;. Quand la terreur vient comme la pluie qui tombe, personne ne crie &#8220;stop !&#8221; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Lorsque des crimes commencent &#224; s'accumuler, ils deviennent invisibles. Lorsque les souffrances deviennent insupportables les cris ne sont plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton10294-941ae.jpg?1781628590' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La premi&#232;re fois que nous avons appris que nos amis ont &#233;t&#233; massacr&#233;s, il y avait un cri d'horreur. Puis une centaine d'autres ont &#233;t&#233; massacr&#233;s. Mais quand un millier ont &#233;t&#233; massacr&#233;s et qu'il n'y avait pas de fin &#224; la boucherie, un voile de silence s'est propag&#233;. Quand la terreur vient comme la pluie qui tombe, personne ne crie &#8220;stop !&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque des crimes commencent &#224; s'accumuler, ils deviennent invisibles. Lorsque les souffrances deviennent insupportables les cris ne sont plus entendus. Les cris, aussi, tombent&lt;br class='autobr' /&gt; comme la pluie en &#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertolt Brecht (Po&#232;mes, 1913-1958)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 6 - avril - 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces paroles r&#233;sonnent aujourd'hui dans le quotidien des Syriens et Syriennes. Le massacre des manifestants par les forces des services de s&#233;curit&#233; continue malgr&#233; l'acceptation formelle du plan de Kofi Annan [1] par le r&#233;gime et une partie de l'opposition repr&#233;sent&#233;e par le CNS [Conseil national syrien, &#171; pr&#233;sid&#233; &#187; par Burhan Ghalioun]. Ce dernier a &#233;t&#233; reconnu par la &#171; Communaut&#233; internationale &#187; comme le repr&#233;sentant l&#233;gitime du peuple syrien lors de la deuxi&#232;me conf&#233;rence des &#171; Amis de la Syrie &#187; &#224; Istanbul, le 31 mars 2012. Cette reconnaissance de la &#171; Communaut&#233; internationale &#187; n'est pas sans poser probl&#232;me, car une grande partie de la population et de l'opposition &#224; l'int&#233;rieur du pays ne se retrouve pas et n'est pas repr&#233;sent&#233;e au sein du CNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie, loin des grandes d&#233;clarations et conf&#233;rences internationales, la lutte courageuse des Syriens et des Syriennes se poursuit tous les jours face &#224; la dictature criminelle du r&#233;gime. A travers le pays, les manifestations et la r&#233;sistance continuent. Quant &#224; elle, la r&#233;pression se poursuit et s'accentue [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conf&#233;rence d'Istanbul et le CNS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence d'Istanbul n'a rien apport&#233; de nouveau au peuple syrien, d'ailleurs de nombreux citoyens et citoyennes syriens ont raill&#233; la conf&#233;rence comme &#233;tant sans cons&#233;quences positives pour le peuple. Dans une manifestation &#224; Dael, dans la province de Deraa, &#233;tait brandie une grande pancarte sur laquelle &#233;tait &#233;crite &#171; Amis de la conf&#233;rence de la Syrie. Cela sera-t-il le premier Avril des imb&#233;ciles ? &#187;. Un grand nombre de Syriens ont t&#233;moign&#233; de leur d&#233;ception suite &#224; cette conf&#233;rence ; ce qui transparaissait d&#233;j&#224; &#224; l'occasion des pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident am&#233;ricain Barack Obama et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan se sont prononc&#233;s pour une aide &#171; non-militaire &#187; aux r&#233;volutionnaires syriens, soit des &#233;quipements de communication et du mat&#233;riel m&#233;dical, d&#233;montrant de la sorte la ti&#233;deur des repr&#233;sentants &#233;tatsuniens. Eux qui ont &#233;t&#233; si prompts, par le pass&#233;, &#224; envoyer des armes &#224; travers le monde. Face &#224; la r&#233;volution syrienne et aux cons&#233;quences non ma&#238;tris&#233;es et non ma&#238;trisables par l'administration d&#233;mocrate et ses diverses forces &#8211; que ce soit &#224; l'&#233;chelle de la Syrie et de toute la fragile mosa&#239;que r&#233;gionale &#8211; de la fin du r&#233;gime Assad, la plus grande r&#233;serve est de mise &#224; la Maison-Blanche, au-del&#224; de la rh&#233;torique d'Obama ou de Hillary Clinton. Il est n&#233;cessaire de redire et r&#233;p&#233;ter la r&#233;alit&#233; suivante : aucun Etat n'a int&#233;r&#234;t &#224; la chute du r&#233;gime Assad, ou plus exactement &#224; l'&#233;croulement des piliers de l'Etat syrien. Le pouvoir du clan Assad a permis d'&#233;viter des affrontements avec Isra&#235;l pendant pr&#232;s de quatre d&#233;cennies, tout en matant des forces progressistes et r&#233;sistantes qui tentaient d'&#233;merger sur la sc&#232;ne r&#233;gionale. De son c&#244;t&#233;, Isra&#235;l, par l'interm&#233;diaire d'Ehoud Barak, a demand&#233; &#224; Obama et aux Etats-Unis d'all&#233;ger la pression sur le r&#233;gime syrien. En outre, il ne faut pas d&#233;tacher la r&#233;volution syrienne des bouleversements qui ont abouti au renversement ou &#224; la contestation des pouvoirs en place depuis fort longtemps dans le Proche et Moyen-Orient. L'expression de ces basculements, avec leurs sp&#233;cificit&#233;s, est trop vite r&#233;duite, par les m&#233;dias, aux r&#233;sultats &#233;lectoraux, alors que le cycle des conflits socio-politiques est loin d'&#234;tre clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec du CNS est patent. Il n'a pas su aider le peuple syrien dans sa lutte r&#233;volutionnaire contre le r&#233;gime dictatorial d'Assad. Le CNS n'a jamais propos&#233; des moyens et/ou une strat&#233;gie effective pour renforcer le mouvement populaire &#224; l'int&#233;rieur du pays. La d&#233;pendance du CNS envers les pays occidentaux imp&#233;rialistes et leurs alli&#233;s de la r&#233;gion en sont la raison principale. D&#232;s lors, les dirigeants du CNS ont accept&#233; sans difficult&#233; le plan Annan, impos&#233; par leurs pr&#233;tendus alli&#233;s de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, les Etats-Unis en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le CNS a &#233;t&#233; utilis&#233; par la Confr&#233;rie des Fr&#232;res Musulmans &#8211; qui contr&#244;le le CNS avec les lib&#233;raux proches des Etats-Unis &#8211; pour se reconstruire en tant que structure, laquelle est absente aujourd'hui en Syrie. Ils ont &#233;t&#233; accus&#233;s d'utiliser les fonds du CNS, dont ils contr&#244;lent la distribution en Syrie gr&#226;ce &#224; leur mainmise sur la commission d'aide humanitaire, pour reconstituer une base populaire et milicienne &#224; l'int&#233;rieur du pays, apr&#232;s trois d&#233;cennies d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CNS n'a pas su &#234;tre inclusif et int&#233;grer les autres composantes de l'opposition syrienne, tout en ayant une attitude autoritaire dans sa gestion des &#233;v&#233;nements. A la conf&#233;rence d'Istanbul, le Comit&#233; de coordination national pour le changement national et d&#233;mocratique (CCNCD) &#8211; qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes et socialistes, ainsi qu'un petit groupe constitu&#233; autour de l'intellectuel Michel Kilo &#8211; &#233;tait absent, ainsi que la coalition Watan regroupant 17 partis de gauche. Un opposant connu, l'avocat Haitham al Maleh, s'est retir&#233; de la conf&#233;rence du 31 mars d&#232;s le d&#233;but. Il reprochait au CNS de ne pas respecter les autres composantes de l'opposition en imposant, sans &#233;changes pr&#233;alables, son ordre du jour et ses propres proc&#233;dures. Il avait d'ailleurs d&#233;missionn&#233; du CNS le 14 mars, en compagnie de deux activistes de longue date : Kamal al-Labwani et Catherine al-Telli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ensuite les Kurdes du Conseil national kurde (CNK) qui ont claqu&#233; la porte de la conf&#233;rence d'Istanbul, en d&#233;non&#231;ant l'absence de la question kurde dans les sessions et programmes propos&#233;s par le CNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolongation de Burhan Ghalioun &#224; la t&#234;te du CNS sur aucune base d&#233;mocratique a &#233;galement fait l'objet de d&#233;bats et de discussions dans le pass&#233;. Le mandat du professeur Ghalioun a en effet &#233;t&#233; impos&#233; par le mouvement des Fr&#232;res musulmans, lequel est satisfait de la mani&#232;re dont Ghalioun s'est rapproch&#233; des gouvernements occidentaux et des pays du Golfe et donc des int&#233;r&#234;ts politiques du mouvement islamiste. Il constitue &#233;galement un &#171; visage acceptable &#187; aux yeux de l'Occident et des Syriens la&#239;cs selon l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Fr&#232;res musulmans syriens : Ali Sadr al-Din al-Bayanouni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce manque de d&#233;mocratie, il a &#233;t&#233; demand&#233; par certaines composantes l'&#233;tablissement, au sein du CNS, d'un coll&#232;ge &#233;lectoral qui d&#233;signerait le pr&#233;sident sur la base d'un vote d&#233;mocratique. Cette opinion est notamment d&#233;fendue par l'islamiste Imad al-Din al-Rachid, ancien vice-doyen de la facult&#233; de Charia de l'Universit&#233; de Damas. Il a fond&#233; son propre groupe, rival des Fr&#232;res musulmans : le Courant national syrien. Il en va de m&#234;me pour le groupe de la D&#233;claration de Damas, dirig&#233; par le la&#239;c Samir Nachar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il faut rappeler qu'il existe beaucoup de dissensions et de divisions au sein du CNS. Ce n'est pas un groupe homog&#232;ne. Il comprend des &#233;l&#233;ments de droite comme les Fr&#232;res musulmans et des personnalit&#233;s li&#233;es aux pays occidentaux comme Radwan Ziade et Basma Kodmani, jusqu'&#224; la gauche avec le Parti d&#233;mocratique du peuple. Un des meilleurs exemples fut l'accord mort n&#233; le 31 d&#233;cembre 2011 entre Burhan Ghalioun et le CCNCD ; accord qui fut finalement refus&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du CNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plan Annan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Annan constitue une victoire pour le r&#233;gime sous bien des aspects. Le plan de sortie de crise de l'&#233;missaire, approuv&#233; par l'ONU et ent&#233;rin&#233; par la Ligue arabe, pr&#233;voit bien un cessez-le-feu imm&#233;diat, un acc&#232;s &#224; l'aide humanitaire pour les populations civiles, la lib&#233;ration des personnes d&#233;tenues arbitrairement, la libert&#233; de circulation pour les journalistes dans le pays et l'ouverture d'un &#171; dialogue &#187; entre le pouvoir et l'opposition, mais le texte ne demande pas &#8211; on pouvait s'y attendre &#8211; la d&#233;mission du pr&#233;sident Assad [3]. De plus, il place sur le m&#234;me plan le r&#233;gime syrien et les r&#233;volutionnaires en demandant la cessation de la violence, alors qu'il s'agit de la r&#233;pression du r&#233;gime qui pousse des Syriens &#224; se d&#233;fendre par les armes. Ces points, en particulier, ont &#233;t&#233; critiqu&#233;s par une grande partie de l'opposition qui d&#233;sire le d&#233;part du clan Assad, un gouvernement de transition et l'&#233;lection d'une Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Annan demande sp&#233;cifiquement au gouvernement de retirer ses troupes et de ne plus recourir aux armes lourdes dans les zones habit&#233;es. Ce qui veut dire tr&#232;s clairement que le gouvernement doit le premier s'arr&#234;ter, puis d&#233;battre d'une cessation des hostilit&#233;s avec &#171; l'autre camp &#187; et le m&#233;diateur. En attendant, le 10 avril 2012, le r&#233;gime continue ses massacres contre la population civile, de mani&#232;re quotidienne [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le r&#233;gime syrien, le plan Annan a reconnu au gouvernement le droit de &#171; r&#233;agir aux violences &#187; pour reprendre la formule de Jihad Maqdisi, porte-parole du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res. Ce dernier a ajout&#233; que &#171; la bataille pour le renversement de l'Etat est termin&#233;e. Notre objectif est d'assurer la stabilit&#233; et de cr&#233;er les conditions n&#233;cessaires aux r&#233;formes et au d&#233;veloppement de la Syrie, tout en emp&#234;chant certains de saboter la voie des r&#233;formes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de Bachar el-Assad a &#233;galement accept&#233; une demande de l'ONU d'accueillir une &#233;quipe d'experts pour &#233;tudier les conditions de d&#233;ploiement d'une &#233;ventuelle mission d'observateurs dans le pays &#171; d&#233;chir&#233; par les violences &#187;. Une &#233;quipe du D&#233;partement de maintien de la paix des Nations Unies devrait se rendre &#224; Damas aux alentours du vendredi 6 avril pour discuter du d&#233;ploiement d'observateurs afin de surveiller un cessez-le-feu en Syrie, a d&#233;clar&#233; Ahmad Fawzi, porte-parole du m&#233;diateur international Kofi Annan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident am&#233;ricain Barack Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev ont d'ailleurs d&#233;clar&#233; leur accord pour soutenir le plan de Kofi Annan et l'installation &#224; Damas d'un gouvernement &#171; l&#233;gitime &#187;, dont chacun a sa propre vision, mais qui n'est pas celle du peuple syrien luttant pour la dignit&#233; et la libert&#233;. De son c&#244;t&#233;, l'Arabie saoudite, le Qatar et d'autres pays du Golfe ont annonc&#233; &#224; Istanbul qu'&#224; d&#233;faut d'armer l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL), ils financeraient ses combattants et les structures administratives du Conseil national syrien (CNS), sans pr&#233;ciser comment, de quelle mani&#232;re et sous quelles conditions. Un nombre important de th&#233;ories et de propagandes infond&#233;es ont relay&#233; des informations indiquant que l'Arabe saoudite et le Qatar armaient l'ASL. Cela n'est pas le cas et cette derni&#232;re &#8211; ou plus exactement ses diverses composantes peu coordonn&#233;es &#8211; reste sous-arm&#233;e et mal &#233;quip&#233;e face &#224; l'arm&#233;e du r&#233;gime fort bien &#233;quip&#233;e pour ce genre de guerre contre la population, sans mentionner sa sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle approche face au plan Annan ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; existe-t-elle pour l'opposition (dans ses divers courants) et au peuple syrien insurg&#233; d'accepter ou de refuser ce plan ? Quelle serait l'alternative ? Le refus du plan Annan par l'opposition serait exploit&#233; par le r&#233;gime pour rejeter sur les opposants ladite continuation des violences et l'actuel massacre bien r&#233;el inflig&#233; par les sbires du r&#233;gime. L'acceptation du plan Annan est li&#233;e &#224; son application par le r&#233;gime, lequel n'est vraiment pas digne de confiance. Il a d&#233;montr&#233; par le pass&#233; son m&#233;pris de toutes les initiatives visant &#224; mettre un terme &#224; la r&#233;pression sanglante contre le peuple syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s de coordination locaux (CCL) et une grande partie de l'opposition ont d'ailleurs accueilli avec scepticisme le plan Annan en d&#233;clarant que ce dernier conna&#238;tra un destin similaire &#224; celui de l'initiative &#233;labor&#233;e par le Protocole de la Ligue arabe et de l'inf&#226;me Mission d'observation pr&#233;sente en d&#233;cembre 2011. Les CCL ajoutent &#233;galement que le r&#233;gime a &#233;mis des r&#233;serves sur plusieurs dispositions du plan, le rendant d&#233;pourvu de toute signification. Le plan Annan, finalement, accorde au r&#233;gime encore du temps pour assassiner plus de militants, selon les CCL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acceptation du plan Annan ne signifie pas la fin de la r&#233;volution ou la fin de la mobilisation. Les CCL ont d'ailleurs d&#233;clar&#233; que les jeunes militants doivent chercher &#224; garder l'initiative dans leurs propres mains ; &#224; continuer de d&#233;velopper de nouvelles m&#233;thodes de r&#233;sistance et &#224; mettre en &#339;uvre leurs forces pour maintenir &#171; l'unit&#233; de notre soci&#233;t&#233;, de notre terre, et notre souverainet&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres groupes de l'opposition comme la gauche r&#233;volutionnaire syrienne insistent &#233;galement sur la continuation de la mobilisation populaire, tout en acceptant le plan Annan, car la garantie de son application par le r&#233;gime, &#224; partir du 10 avril, est loin d'&#234;tre assur&#233;e, comme nous pouvons le constater aujourd'hui. Les tanks et l'arm&#233;e sont en effet toujours pr&#233;sents dans les villes et ne se sont pas encore retir&#233;s. Il est n&#233;cessaire de continuer la pression sur le r&#233;gime Assad afin de ne pas lui laisser prendre l'initiative sur la sc&#232;ne offerte par le plan Annan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du soutien &#224; la r&#233;volution syrienne et la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique de la r&#233;volution syrienne est encore mal comprise par un grand nombre de personnes et notamment au sein de composantes de la gauche radicale en Europe, sans mentionner de l'Am&#233;rique latine. La focalisation de ces derni&#232;res sur le CNS et son alliance avec les gouvernements occidentaux tels que la France et les Etats-Unis et les r&#233;gimes r&#233;actionnaires de la r&#233;gion comme l'Arabie saoudite les emp&#234;chent de prendre en compte la lutte du peuple syrien pour la d&#233;mocratie, la justice sociale et pour une v&#233;ritable ind&#233;pendance, ce qui implique une lutte contre un r&#233;gime autoritaire et criminel. Ce r&#233;gime n'est ni &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187;, ni &#171; socialiste &#187;, ni &#171; la&#239;c &#187; comme le pr&#233;tendent certains. De plus, le CNS est devenu, dans les faits, plus un centre &#171; d'information m&#233;diatique &#187; et m&#233;diatis&#233; qu'un groupe op&#233;rant &#224; l'int&#233;rieur du pays et jouant un r&#244;le primordial dans la mobilisation populaire. Au contraire, c'est plut&#244;t son absence qui est remarqu&#233;e. Est assourdissante d&#232;s lors l'absence d'informations sur les r&#233;elles forces agissant sur le terrain : les comit&#233;s de coordinations dont certains sont tr&#232;s clairement marqu&#233;s &#224; gauche comme les comit&#233;s de coordinations communistes, les rassemblements de jeunes comme Helem et Hashad, et bien d'autres encore. Les forces politiques progressistes se retrouvent en partie dans la coalition Watan, regroupant 17 partis de gauche. Il existe en Syrie une longue tradition de forces et courants de gauche. Il ne faut pas les n&#233;gliger. Elles vont des communistes &#224; des marxistes de diff&#233;rentes options politiques, jusqu'&#224; des nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les condamnations des ing&#233;rences des gouvernements occidentaux imp&#233;rialistes, de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ou des r&#233;gimes r&#233;actionnaires du Golfe &#8211; qui veulent placer leurs pions, contenir le processus de r&#233;volution anti-dictatoriale et coopter une partie des forces politiques et non pas instaurer une d&#233;mocratie, ce que nous savons &#8211; n'ont aucun sens si elles ne sont pas accompagn&#233;es d'une condamnation, sans condition, des interventions des r&#233;gimes iranien et russe qui soutiennent le clan Assad. Ces derniers participent en effet, de mani&#232;re directe, &#224; la r&#233;pression par l'envoi de mat&#233;riels militaires et de &#171; moyens humains &#187; pour assister les forces de s&#233;curit&#233; syriennes dans leurs &#339;uvres criminelles. De plus, il ne faut pas oublier la nature de ces r&#233;gimes et la fa&#231;on dont ils traitent et oppriment &#171; leurs &#187; populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain qu'il n'existe pas en Syrie un parti de masse avec des dizaines de milliers de membres ayant des conceptions socialistes r&#233;volutionnaires. C'est une donn&#233;e qui n'est pas propre &#224; la Syrie ! De m&#234;me, il n'existe aucun parti de masse exprimant d'autres tendances politiques. L'interdiction de toute activit&#233; politique et la r&#233;pression violente et perp&#233;tuelle ces derni&#232;res 40 ann&#233;es ont emp&#234;ch&#233; des d&#233;veloppements de ce type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas constituer un obstacle au soutien de cette r&#233;volution. Il en va de m&#234;me pour ce qui est de la participation &#224; une lutte r&#233;volutionnaire &#8211; d'autant plus resitu&#233;e dans le cadre de la conjoncture politique r&#233;gionale qui s'est ouverte en 2011 &#8211; dont les objectifs prioritaires sont : la d&#233;mocratie, la justice sociale et une v&#233;ritable ind&#233;pendance ! Nous ne choisissons pas dans quelles conditions se d&#233;roule une r&#233;volution, comme Karl Marx l'&#233;crivait dans son livre Le Dix-Huit Brumaire : &#171; Les hommes font leur histoire eux-m&#234;mes ; mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux : ils la font dans des conditions donn&#233;es, directement h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, nous choisissons si nous voulons &#234;tre des sujets actifs ou des spectateurs d&#233;sabus&#233;s de l'histoire. Nous pouvons aussi choisir de soutenir un mouvement populaire dans sa lutte courageuse face &#224; une dictature criminelle et autoritaire ou prendre l'option de rester silencieux face &#224; un massacre. Notre volont&#233; de changement ne peut s'accomplir si nous ne nous joignons pas au mouvement populaire syrien et ne jetons pas nos forces dans sa lutte h&#233;ro&#239;que. Et cela malgr&#233; les appr&#233;hensions et les peurs de chacun face &#224; l'avenir et nos r&#233;serves politiques, id&#233;ologiques face &#224; des acteurs de l'opposition. Par notre participation, nous pouvons viser &#224; garantir l'ind&#233;pendance du mouvement populaire et les objectifs d'une r&#233;volution dont personne ne veut, si ce n'est le peuple syrien qui a soif de libert&#233; et de dignit&#233;. Bertolt Brecht avait bien raison d'affirmer : &#171; Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a d&#233;j&#224; perdu. &#187; A nous de faire le choix. Victoire &#224; la r&#233;volution syrienne et paix &#224; nos martyrs !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Selon RFI, en date du 5 avril 2012 : &#171; Des combats tr&#232;s violents se sont produits en Syrie ce jeudi 5 avril alors qu'une mission de cinq &#224; six personnes de l'ONU dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral norv&#233;gien Robert Mood arrivait dans la journ&#233;e &#224; Damas, pour examiner les modalit&#233;s de la mise en &#339;uvre du plan en six points de Kofi Annan, l'&#233;missaire des Nations unies et de la Ligue arabe. Or, les autorit&#233;s syriennes disent avoir commenc&#233; &#224; retirer leurs troupes de certaines zones. C'est justement ce que souhaite v&#233;rifier Kofi Annan, qui veut que la date butoir du 10 avril soit respect&#233;e pour le retrait des forces arm&#233;es des centres urbains. Ce jeudi 5 avril, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a adopt&#233; une d&#233;claration sur la Syrie, ent&#233;rinant cette date du 10 avril. &#187; Pour rappel, le plan en six points pr&#233;sent&#233; par Kofi Annan est le suivant : &#171; 1. Un processus politique ouvert, dirig&#233; par les Syriens eux-m&#234;mes, pour r&#233;pondre aux pr&#233;occupations et aux aspirations du peuple syrien. 2. L'arr&#234;t des violences sous toutes ses formes, sous la supervision de l'ONU, pour prot&#233;ger les populations civiles. 3. Toutes les parties devront assurer l'acheminement de l'aide humanitaire dans toutes les zones touch&#233;es par les combats, et mettre en &#339;uvre une tr&#234;ve humanitaire de deux heures par jour. 4. Les autorit&#233;s doivent acc&#233;l&#233;rer la lib&#233;ration des personnes d&#233;tenues arbitrairement et donner l'acc&#232;s aux lieux de d&#233;tention. 5. Les autorit&#233;s doivent assurer la libert&#233; de circulation aux journalistes dans le pays. 6. Les autorit&#233;s doivent respecter la libert&#233; d'association et le droit de manifester librement. &#187; Kofi Annan a &#233;t&#233; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies de janvier 1996 &#224; d&#233;cembre 2006. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En date du 31 mars 2012, Jihad Maqdisi, le porte-parole du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, dans un entretien &#224; la t&#233;l&#233;vision syrienne, souligne que l'arm&#233;e syrienne se retirera des villes uniquement lorsque le calme sera revenu, afin de ne pas laisser, dit-il, les citoyens &#234;tre pris en otage ou tu&#233;s dans la rue, par les &#171; terroristes &#187; ! Jihad Miqtasi affirme aussi que &#171; la bataille pour mettre l'Etat syrien &#224; terre a &#233;chou&#233; &#187; et que &#171; la bataille pour reconstruire une nouvelle Syrie est en marche &#187;. Un message adress&#233;, simultan&#233;ment au CNS, &#224; la &#171; Communaut&#233; internationale &#187; et aux &#171; Amis de la Syrie &#187;, r&#233;unis &#224; Istanbul le dimanche 31 mars. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le Woodrow Wilson International Center (WWIC) se prononce pour un plan qui doit assurer le d&#233;part de Bachar el-Assad ainsi que son immunit&#233; internationale, ceci parall&#232;lement &#224; la constitution d'un &#171; gouvernement d'unit&#233; nationale &#187; incluant des &#233;l&#233;ments importants de l'appareil d'Etat et, y compris, du r&#233;gime. Ce sc&#233;nario impliquerait de laisser &#224; la Russie de Poutine des cartes en Syrie (entre autres, l'acc&#232;s au port de Tartous). L'ancienne repr&#233;sente r&#233;publicaine de Californie Jane Harman (dans le cadre du WWIC) indique que le &#171; mod&#232;le y&#233;m&#233;nite &#187; est celui qui devrait &#234;tre appliqu&#233;. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] J&#233;r&#244;me Bastion, correspondant de RFI, &#233;crit, le 6 avril 2012, depuis Reyhanli, sur la fronti&#232;re turco-syrienne : &#171; Une indescriptible confusion, dans ce camp du Croissant-Rouge &#224; Reyhanli qui sert juste de centre de triage, o&#249; sont arriv&#233;s dans la seule journ&#233;e de ce jeudi 5 avril, plus de 2000 r&#233;fugi&#233;s syriens passant en Turquie. Des dizaines de bus et de camionnettes se pr&#233;parent &#224; r&#233;partir les nouveaux arrivants dans les villages de toiles ouverts r&#233;cemment plus loin de la zone frontali&#232;re. Dans la lumi&#232;re des phares et les cris, les gens se cherchent, s'interpellent, retrouvent parfois avec &#233;motion quelqu'un de leur village. Parmi eux, cet ing&#233;nieur agronome qui a pu amener la famille de sa s&#339;ur, mais a d&#251; laisser sa femme et ses propres enfants sur place ; il n'a pas de mots assez forts contre Bachar el-Assad : &#171; Il tire sur son peuple avec des bombes, avec tout ce que l'arm&#233;e syrienne compte comme armement. Il tue les gens les animaux. J'ai du mal &#224; raconter ce qui se passe en ce moment en Syrie. &#187; Le gouvernement turc arrive tant bien que mal &#224; g&#233;rer ce flot continu de r&#233;fugi&#233;s, mais, apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; 100 millions de dollars dans cette crise humanitaire, il fait d&#233;sormais appel &#224; la solidarit&#233; internationale pour la suite, car il craint des arriv&#233;es encore plus massives de Syriens fuyant la r&#233;pression. Les offensives des forces du r&#233;gime ont une fois encore &#233;t&#233; tr&#232;s violentes ce jeudi 5 avril. Des militants des droits de l'homme racontent les tirs d'artillerie, les tirs &#224; l'arme lourde ou encore les snipers qui tirent sur les civils dans plusieurs fiefs rebelles. Face &#224; cette situation humanitaire alarmante, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a vot&#233; une nouvelle d&#233;claration afin de faire appliquer au r&#233;gime syrien le plan de paix de Kofi Annan. Il demande donc un retrait des chars des forces de s&#233;curit&#233; syriennes des fiefs rebelles le 10 avril et un cessez-le-feu total deux jours plus tard, soit le 12 avril. &#187; (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Khalil Habash est un militant syrien socialiste-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : la lutte ne s'arr&#234;tera pas !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syrie-la-lutte-ne-s-arretera-pas</link>
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		<dc:date>2012-01-17T08:14:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khalil Habash</dc:creator>


		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement populaire syrien contre la dictature a connu pendant ces semaines pass&#233;es une mobilisation extraordinaire et croissante, la plus importante depuis l'&#233;t&#233; 2011, malgr&#233; la r&#233;pression violente et brutale. Dans le m&#234;me temps, les d&#233;fections dans l'arm&#233;e se poursuivent et augmentent graduellement. Dix mois apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution en Syrie, et malgr&#233; les 6 000 martyrs, le mouvement populaire poursuit sa mobilisation, son affrontement avec les forces. &lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sident syrien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-01-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton9095-a89f8.png?1781628590' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement populaire syrien contre la dictature a connu pendant ces semaines pass&#233;es une mobilisation extraordinaire et croissante, la plus importante depuis l'&#233;t&#233; 2011, malgr&#233; la r&#233;pression violente et brutale. Dans le m&#234;me temps, les d&#233;fections dans l'arm&#233;e se poursuivent et augmentent graduellement. Dix mois apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution en Syrie, et malgr&#233; les 6 000 martyrs, le mouvement populaire poursuit sa mobilisation, son affrontement avec les forces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident syrien Bachar el-Assad a &#233;galement promulgu&#233; une nouvelle &#171; amnistie g&#233;n&#233;rale pour les crimes commis pendant les &#233;v&#233;nements &#187; qui secouent le pays depuis le 15 mars 2011. C'est ce qu'a annonc&#233; dimanche 15 janvier 2011 l'agence officielle Sana. Cette nouvelle amnistie &#8211; la troisi&#232;me depuis le 15 mars 2011 [1] &#8212; n'aura que peu d'effets et surtout n'est pas prise au s&#233;rieux par les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Gilles Jacquier, grand reporter fran&#231;ais a &#233;t&#233; le premier journaliste occidental tu&#233; en Syrie depuis le d&#233;but de la r&#233;volte populaire contre le r&#233;gime de Bachar el-Assad, il y a dix mois. Il a p&#233;ri &#224; Homs, &#233;picentre de la contestation dans le centre de la Syrie, lors de la &#171; chute &#187; d'un obus sur un groupe de reporters, en voyage autoris&#233; et surveill&#233; par les autorit&#233;s qui, par ailleurs, restreignent drastiquement les mouvements des journalistes dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La campagne pour la &#171; Gr&#232;ve de la dignit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour la &#171; Gr&#232;ve de la dignit&#233; &#187; et pour la d&#233;sob&#233;issance civile &#8211; qui a &#233;t&#233; lanc&#233;e le 11 d&#233;cembre 2011 &#8211; a eu un grand succ&#232;s, avec des manifestations massives dans tout le pays. Pour la premi&#232;re fois au moins quatre quartiers de Damas et deux de Alep ont &#233;t&#233; occup&#233;s par d'importants groupes de manifestants. Les Comit&#233;s de coordination locaux (CCL) ont &#233;valu&#233; &#224; 150 000 le nombre de personnes qui scandaient des mots d'ordre devant lesdits observateurs de la Ligue arabe dans la capitale, cela sous les yeux des forces de s&#233;curit&#233;. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; dans des villes, partout dans le pays. Le nombre de manifestations a &#233;galement augment&#233; dans les universit&#233;s. Au cours des premiers jours du mois de janvier 2012, les manifestations avaient lieu presque quotidiennement dans nombre de villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 janvier 2012, les CCL ont enregistr&#233; 461 &#171; points forts &#187; de manifestations en Syrie. A Idlib, ils ont compt&#233; 125 &#171; points forts &#187; de rassemblements, &#224; Deraa 59, &#224; Hama 56, &#224; Homs 54 et dans les banlieues de Damas 53. A Alep ils en ont compt&#233; 26 dans la ville et dans les banlieues, et 21 respectivement &#224; Deir ez-Zor et &#224; Hazakeh. Les CCL ont confirm&#233; que le 30 d&#233;cembre 2011 le nombre de &#171; points forts &#187; avait augment&#233; de 79 par rapport &#224; la semaine pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation du peuple syrien montre son engagement et sa volont&#233; de renverser le r&#233;gime. Les CCL ont donc appel&#233; au d&#233;but de la deuxi&#232;me phase de la campagne &#171; Gr&#232;ve de la dignit&#233; &#187; et appellent tous les Syriens &#224; participer &#224; ces gr&#232;ves car, disent-ils : &#171; Nous croyons que chacun a un r&#244;le pour parvenir &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile totale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Font &#233;galement partie de la campagne &#171; Gr&#232;ve de la Dignit&#233; &#187; les d&#233;fections croissantes de fonctionnaires de l'Etat, surtout dans les alentours des deux grandes villes de Damas et d'Alep. La d&#233;mission la plus importante a &#233;t&#233; celle de Mahmoud Souleiman Hajj Hamad, l'inspecteur-chef du Minist&#232;re de la d&#233;fense ; de m&#234;me qu'un inspecteur du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur qui a d&#233;missionn&#233; pour protester contre la r&#233;pression du r&#233;gime. Hamad a d&#233;clar&#233; que le gouvernement avait d&#233;pens&#233; environ 40 millions de dollars, depuis mars 2011, pour recruter des miliciens au service du r&#233;gime (shabihas) afin d'&#233;craser les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de plus de 100 observateurs envoy&#233;s par la Ligue arabe depuis le 23 d&#233;cembre 2011 n'a pas mis un terme &#224; la r&#233;pression violente des protestataires. Les passages principaux des rapports des observateurs indiquent que : &#171; La violence se poursuit, la mission d'observation a pu constater des cadavres dans les rues et les troupes syriennes ne se sont pas retir&#233;es des villes. &#187; En outre, le gouvernement syrien n'a respect&#233; que tr&#232;s partiellement son engagement le lib&#233;rer des prisonniers politiques ; ce que la toute r&#233;cente &#171; amnistie &#187; cherche &#224; &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue arabe a d&#233;clar&#233; qu'elle ne retirerait pas les observateurs, qu'elle renforcerait la mission et tenterait de faire en sorte que les observateurs puissent travailler de mani&#232;re plus ind&#233;pendante par rapport aux autorit&#233;s syriennes. Elle se penche &#233;galement sur la question de demander de l'aide aux Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CCL et les autres groupes d'opposition ont cependant d&#233;crit la mission des observateurs de la Ligue arabe comme &#233;tant un &#233;chec total puisque la r&#233;pression se poursuit. Ils accusent le r&#233;gime de tromper les observateurs en les conduisant dans des zones &#171; loyales &#187; au gouvernement, en changeant les noms des rues pour les tromper et en envoyant des partisans encadr&#233;s dans des quartiers hostiles pour fournir de faux t&#233;moignages. Mais surtout, beaucoup de Syriens estiment que cette mission, inefficace, donne du temps au pr&#233;sident Bachar el-Assad pour continuer &#224; r&#233;primer ses opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comp&#233;tences et l'ind&#233;pendance de certains observateurs ont suscit&#233; l'inqui&#233;tude de l'opposition, notamment celles de leur chef, le g&#233;n&#233;ral soudanais Mohamed Ahmed Moustafa al-Dabi. En effet, il a &#233;t&#233; chef des services de renseignements militaires sous Omar al-Bashir, le pr&#233;sident soudanais. Ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arr&#234;t par les juges de la Cour p&#233;nale internationale pour crimes contre l'humanit&#233; commis au Darfour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un observateur alg&#233;rien de la Ligue arabe &#8211; Anwar Malek &#8211; d&#233;p&#234;ch&#233; en Syrie pour v&#233;rifier l'application du plan de sortie de crise a quitt&#233; la mission, estimant qu'il n'&#233;tait pas en mesure d'emp&#234;cher &#171; les sc&#232;nes d'horreur &#187;, que cette mission &#171; &#233;tait une farce &#187; et accusant le r&#233;gime syrien de rendre les observateurs complices de la r&#233;pression des manifestations hostiles au pr&#233;sident Bachar el-Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le r&#233;gime syrien a utilis&#233; plusieurs man&#339;uvres pour tenter de diviser le mouvement populaire. Le moyen habituel est l'incitation aux r&#233;actions &#171; communautaristes &#187; au moyen de l'assassinat de personnes appartenant &#224; diff&#233;rentes &#171; composantes ethnico-religieuses &#187; dans une tentative &#233;vidente de susciter des repr&#233;sailles, entra&#238;nant une esp&#232;ce de guerre civile. Mais les Syriens ne sont pas tomb&#233;s dans ce pi&#232;ge et ont au contraire r&#233;p&#233;t&#233; leur appel &#224; l'unit&#233; du peuple syrien. &#192; Qamishli, par exemple, les manifestants arborent des drapeaux de l'ind&#233;pendance syrienne &#224; c&#244;t&#233; de drapeaux d'Etat kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en Syrie les gens scandent des mots d'ordre pour l'unit&#233; entre Musulmans, Druzes, Chr&#233;tiens et Alaouites, et beaucoup de banderoles revendiquent un Etat civil et d&#233;mocratique. De m&#234;me, le r&#233;gime isra&#233;lien s'est joint aux tentatives du r&#233;gime dans ses tentatives de d&#233;stabiliser le mouvement populaire et instaurer des peurs confessionnelles en d&#233;clarant qu'il serait pr&#234;t &#224; recevoir la communaut&#233; alaouite en cas de chute du r&#233;gime de Assad. Les Syriens et Syriennes de toutes les confessions et de l'ensemble du pays ont condamn&#233; les propos du r&#233;gime isra&#233;lien et ont r&#233;it&#233;r&#233; leur solidarit&#233; avec la communaut&#233; alaouite, laquelle est partie int&#233;grante du peuple syrien. Le mouvement populaire syrien a r&#233;p&#233;t&#233; que son combat n'&#233;tait pas contre une communaut&#233; mais contre un r&#233;gime criminel et mafieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me type de man&#339;uvre utilis&#233; par le r&#233;gime consiste &#224; bombarder et provoquer des explosions dans des quartiers peupl&#233;s pour, ensuite, accuser les groupes fondamentalistes et salafistes de ces crimes. Une m&#233;thode mise en &#339;uvre dans les ann&#233;es 1980, au cours du soul&#232;vement contre ce m&#234;me r&#233;gime. Les diff&#233;rents groupes d'opposition ont contest&#233; les accusations du gouvernement et ont d&#233;clar&#233; que ces incidents &#233;taient l'&#339;uvre du r&#233;gime, tout comme ils l'ont &#233;t&#233; dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le de l'Arm&#233;e libre syrienne (ALS)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arm&#233;e libre syrienne (ALS) est compos&#233;e de militaires qui ont refus&#233; de tirer sur les manifestants et qui ont d&#233;sert&#233; l'arm&#233;e du r&#233;gime. Leur nombre augmente presque de jour en jour. Il est tr&#232;s difficile d'en &#233;valuer le nombre exact. Selon certaines sources, ils pourraient &#234;tre entre 10 000 et 40 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les derni&#232;res d&#233;fections importantes il y a celle d'un officier sup&#233;rieur de l'arm&#233;e dans la ville de Hama. Il a d&#233;missionn&#233; avec 50 de ses soldats. Ils ont rejoint les rangs de l'ALS, dont le principal r&#244;le est de prot&#233;ger les opposants pendant qu'ils manifestent. Il y a quelques mois, l'ALS a attaqu&#233; des centres des forces de s&#233;curit&#233;, mais ils ont mis fin &#224; ces attaques et se consacrent d&#233;sormais &#224; la protection des protestataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un &#171; Conseil sup&#233;rieur militaire &#187; sera bient&#244;t annonc&#233; afin d'organiser les op&#233;rations contre le r&#233;gime de Damas et les d&#233;fections. Le &#171; Conseil sup&#233;rieur militaire syrien &#187; sera pr&#233;sid&#233; par le g&#233;n&#233;ral Moustapha al-Cheikh, en coop&#233;ration avec l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL). Le Conseil militaire sera &#233;galement en charge aussi de contacter les hauts officiers au sein de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re pour les encourager &#224; faire d&#233;fection en groupe, et non seulement en tant qu'individus, en vue de renverser le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux groupes d'opposition syriens ont refus&#233; d'appeler &#224; une militarisation g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution, &#224; laquelle ils ne sont pas favorables, comme en t&#233;moigne la campagne pour la &#171; Gr&#232;ve de la dignit&#233; &#187; et d'autres actions de d&#233;sob&#233;issance civile. N&#233;anmoins, ils ont accueilli favorablement le r&#244;le que joue l'ALS en prot&#233;geant les manifestations pacifiques contre les attaques par les forces militaris&#233;es du r&#233;gime. L'ALS est en train de coordonner des actions avec diff&#233;rents groupes d'opposition civils. Elle ne constitue pas un obstacle pour la lutte pacifique contre le r&#233;gime que m&#232;nent les forces d'opposition dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, le r&#244;le de l'ALS et sa coordination avec les diff&#233;rents groupes d'opposition aident la r&#233;volution syrienne et le mouvement populaire dans leur lutte pour renverser le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout de m&#234;me n&#233;cessaire de r&#233;p&#233;ter le r&#244;le exclusivement d&#233;fensif &#8211; clairement non offensif &#8211; que doit jouer l'ASL. De m&#234;me ses actions doivent &#234;tre coordonn&#233;es par les groupes d'oppositions et coordinations locales et r&#233;pondre &#224; leurs besoins dans le but de prot&#233;ger les manifestants et non de transformer la lutte du peuple syrien dans un combat militaris&#233; avec le r&#233;gime, lequel souhaite ce retournement. Un tel tournant serait dangereux et n&#233;gatif pour la r&#233;volution, car cela marquerait alors le d&#233;but d'une guerre civile qui serait incontr&#244;l&#233;e et tournerait aussit&#244;t au d&#233;savantage du mouvement populaire syrien face aux moyens beaucoup plus important de l'arm&#233;e du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est en effet d'encourager davantage de d&#233;fections dans l'arm&#233;e et dans d'autres institutions &#224; tous les niveaux, ainsi que de prot&#233;ger les manifestants, et non de planifier des attaques contre une arm&#233;e ou des institutions du r&#233;gime dont les membres de l'ASL et d'autres &#171; d&#233;missionnaires &#187; &#233;taient membres il y a encore quelques mois. La conscience r&#233;volutionnaire de chaque personne s'&#233;veille &#224; diff&#233;rents moments et selon des exp&#233;riences personnelles diverses, mais l'objectif est de la r&#233;veiller et non de l'&#233;teindre &#224; jamais. La peur de repr&#233;sailles du r&#233;gime pousse beaucoup de personnes int&#233;gr&#233;es &#224; l'administration &#224; ne pas faire le pas vers l'opposition, mais cela ne signifie pas qu'ils ou elles sont des ennemis de la r&#233;volution, c'est de plus en plus le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ASL doit &#233;galement &#234;tre uniquement compos&#233; de Syriens faisant d&#233;fections de l'arm&#233;e du r&#233;gime et non d'&#233;trangers de pays avoisinants, notamment de salafistes, avec des objectifs diff&#233;rents &#224; la r&#233;volution syrienne et au mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des divisions dans l'opposition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des CCL et des comit&#233;s locaux, les deux formations d'opposition les plus connues et les plus importantes sur le plan politique sont le Conseil national syrien (CNS) et le Comit&#233; de Coordination nationale pour le changement d&#233;mocratique (CCNCD). Mais n'oublions pas qu'il existe beaucoup d'autres groupes politiques dans le pays qui ne sont pas encore repr&#233;sent&#233;s dans ces deux grands p&#244;les de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative d'unifier l'opposition a &#233;chou&#233; apr&#232;s que le CNS se soit r&#233;tract&#233; quelques jours apr&#232;s avoir sign&#233; un accord avec le CCNCD. Cet accord portait sur un programme politique commun qui s'opposait &#224; une intervention militaire occidentale en Syrie. De nombreuses voix dans le CNS &#8211; en particulier les lib&#233;raux et les Fr&#232;res musulmans li&#233;s aux puissances occidentales &#8211; ont rejet&#233; cet accord &#224; cause de ce refus d'une intervention militaire &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les deux coalitions politiques ont &#233;t&#233; de plus en plus critiqu&#233;es par des Syriens, aussi bien dans le pays qu'&#224; l'ext&#233;rieur, parce qu'elles ne cessent de s'attaquer entre elles et se montrent plus int&#233;ress&#233;es &#224; conqu&#233;rir le pouvoir qu'&#224; agir concr&#232;tement pour soutenir le mouvement populaire dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les deux forces posent toute une s&#233;rie de probl&#232;mes. Le CNS est un bloc d'opposition qui regroupe des opposants en exil. Il est domin&#233; par des partis politiques et des personnalit&#233;s li&#233;es, &#224; divers degr&#233;s, &#224; l'imp&#233;rialisme occidental et &#224; leurs clients dans le Golfe, notamment les Fr&#232;res musulmans et les lib&#233;raux. Ils ont appel&#233; &#224; plusieurs reprises &#224; une intervention militaire &#233;trang&#232;re en Syrie, malgr&#233; les cons&#233;quences d&#233;sastreuses qu'entra&#238;nerait une telle intervention, comme nous l'avons constat&#233; r&#233;cemment en Libye et par le pass&#233; en Irak et en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont &#233;galement r&#233;pondu favorablement aux demandes imp&#233;rialistes concernant les orientations politiques que devrait prendre la Syrie apr&#232;s la chute de Assad. Ces exigences concernent notamment une &#171; r&#233;duction &#187; des liens avec l'Iran et l'&#233;tablissement de rapports plus &#233;troits avec les pays du Golfe, proches des pays occidentaux. En fait, au lieu d'essayer de renforcer le mouvement populaire en Syrie m&#234;me, le CNS s'est born&#233; &#224; assurer les puissances occidentales de sa volont&#233; de suivre et de partager leurs int&#233;r&#234;ts politiques, alors qu'ils sont en contradiction avec les int&#233;r&#234;ts du peuple syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au CCNCD, il regroupe des opposants nationalistes, de gauche et des Kurdes &#224; l'int&#233;rieur du pays. Il refuse toute intervention militaire &#233;trang&#232;re susceptible de manipuler la r&#233;volution. Ils ne veulent pas que la Syrie &#171; devienne la victime d'une guerre par procuration &#187;, r&#233;f&#233;rence &#224; la rivalit&#233; r&#233;gionale entre les &#201;tats arabes du Golfe et l'Iran. N&#233;anmoins, sa popularit&#233; parmi les Syriens a diminu&#233; parce que jusqu'&#224; r&#233;cemment le CCNCD ne revendiquait pas le renversement du r&#233;gime, malgr&#233; la r&#233;pression violente qu'il m&#232;ne, tout en ne refusant pas le dialogue avec ses fractions &#171; mod&#233;r&#233;es &#187; (on voit mal ce que signifie ce terme dans ce contexte !). Il n'a pas non plus appel&#233; &#224; une chute imm&#233;diate du r&#233;gime, mais plut&#244;t &#224; un transfert de pouvoir graduel et planifi&#233;. Cette position conciliatrice a entra&#238;n&#233; une perte de sa cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s de nombreux Syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention &#233;trang&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les appels r&#233;p&#233;t&#233;s du SNC pour une intervention militaire &#233;trang&#232;re en Syrie, les puissances occidentales et r&#233;gionales n'ont pas jusqu'&#224; maintenant pris de dispositions pour entreprendre une telle action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des raisons est que l'op&#233;ration libyenne, m&#234;me si elle a abouti finalement &#224; la victoire de l'OTAN, a &#233;t&#233; plus longue et plus risqu&#233;e que ce qu'ils avaient pens&#233; et a d&#233;bouch&#233; sur un r&#233;sultat plus instable que ce que les forces imp&#233;rialistes avaient pr&#233;dit. Les risques en Syrie seraient encore plus importants parce que m&#234;me si les puissances imp&#233;rialistes appr&#233;cient peu le r&#233;gime Assad, il constitue au moins un ennemi stable, connu. Une intervention pourrait produire un &#171; opposant plus instable &#187; et qu'ils ne connaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les forces imp&#233;rialistes, &#224; diff&#233;rents niveaux, le r&#233;gime syrien a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment assez docile et collaborateur &#224; plusieurs reprises dans la r&#233;gion. Elles craignent qu'un changement de r&#233;gime en Syrie puisse modifier le statu quo actuel entre la Syrie et Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette situation pourrait changer rapidement si les puissances imp&#233;rialistes et leurs clients r&#233;gionaux pensaient que l'&#233;quilibre des risques &#224; renverser le r&#233;gime syrien se modifiait en leur faveur. Un appel &#224; l'aide de l'opposition &#224; l'OTAN ou aux puissances r&#233;gionales du Golfe est justement le genre de revirement qui pourrait inciter ces puissances &#224; penser qu'elles pourraient gagner le pari de renverser le r&#233;gime. C'est dans cet esprit que la proposition de l'&#233;mir du Qatar d'envoyer de troupes arabes en Syrie doit &#234;tre comprise et vue comme fort dangereuse. La seule puissance arabe &#224; pouvoir envoyer une arm&#233;e sur place est l'Arabie Saoudite dont les forces &#233;crasent le mouvement populaire dans son propre pays et qui est intervenu &#224; Bahre&#239;n pour mater la r&#233;volution du peuple bahre&#239;ni. Sans oublier sa fonction de relais de la puissance am&#233;ricaine dans la r&#233;gion, les perspectives ne sont donc pas positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions inviter ceux qui croient encore qu'une intervention &#233;trang&#232;re pourrait avoir des effets positifs pour la Syrie &#224; observer les situations irakienne et afghane : apr&#232;s dix ans ces deux pays n'ont ni d&#233;mocratie, ni justice sociale, ni stabilit&#233;. La catastrophe humaine &#8211; qui se poursuit encore actuellement &#8211; dans ces deux pays est indescriptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience libyenne a &#233;galement montr&#233; &#224; quel point une intervention militaire peut &#234;tre destructrice. Le bilan des morts en Libye au moment de l'intervention de l'OTAN &#233;tait d'entre 1'000 et 2'000 (selon des estimations de l'ONU), alors que huit mois plus tard il est probablement de dix fois ce chiffre. Des estimations du nombre des morts durant les huit derniers mois &#8211; alors que l'OTAN interdisait les cessez-le-feu et les n&#233;gociations &#8211; varient entre 10 000 et 50 000. Le Conseil National de Transition estime le nombre de pertes &#224; 30 000 morts et 50 000 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de comprendre qu'une possible intervention de l'OTAN en Syrie ne prot&#233;gera pas des civils, mais multipliera au contraire le nombre de civils tu&#233;s et n'apportera que le chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, une intervention militaire &#233;trang&#232;re soumettrait le pays &#224; une occupation pendant des ann&#233;es. L&#224; encore nous pouvons voir les exemples irakien et afghan, o&#249; les forces de l'OTAN sont encore install&#233;es, et en Libye, o&#249; les nouvelles autorit&#233;s ont demand&#233; aux forces de l'OTAN de rester dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple syrien ne veut pas remplacer un r&#233;gime autoritaire par une occupation &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;anmoins important de rappeler que le premier responsable d'une possible intervention militaire &#233;trang&#232;re serait sans h&#233;siter le r&#233;gime syrien &#224; cause de la r&#233;pression violente et criminelle contre le mouvement populaire syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sanctions touchent le peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple syrien souffre &#233;galement des sanctions &#233;conomiques appliqu&#233;es par les puissances occidentales et par la Ligue arabe ainsi que par le rationnement impos&#233; par le r&#233;gime. Beaucoup d'usines ont d&#251; fermer suite &#224; la baisse de consommation et &#224; l'impossibilit&#233; d'exporter &#224; cause des sanctions, alors que la p&#233;nurie d'&#233;lectricit&#233; et de p&#233;trole devient courante dans la plupart des villes. Cette situation affecte surtout les pauvres et les &#171; classes moyennes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appuis donn&#233;s ou conc&#233;d&#233;s au r&#233;gime diminuent de jour en jour ; m&#234;me les villes fortement contr&#244;l&#233;es d'Alep et de Damas ont connu un nombre croissant de manifestations et de gr&#232;ves dans plusieurs quartiers. Les partisans du r&#233;gime sont de plus en plus r&#233;duits aux services de s&#233;curit&#233; et &#224; une section de la bourgeoisie de Damas et &#224; Alep qui ont profit&#233; de cette dictature. Le mouvement populaire a unifi&#233; les diff&#233;rents secteurs de la soci&#233;t&#233; syrienne et en particulier les opprim&#233;s de toutes les factions qui ont souffert des politiques autoritaires et n&#233;o-lib&#233;rales de ce r&#233;gime client&#233;liste et criminel. Le peuple syrien ne reculera pas et il ne s'arr&#234;tera pas avant le renversement du r&#233;gime.Victoire pour la R&#233;volution et sympathie pour nos martyrs. (15 janvier 2011 &#8211; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Des &#171; amnisties &#187; ont &#233;t&#233; &#171; accord&#233;es &#187; en mai, juin et novembre 2011. Le mouvement contre le r&#233;gime dictatorial indique que le jour m&#234;me de la d&#233;claration de Bachar el-Assad 20 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es, y compris un policier et un militaire qui refusaient de tirer sur les manifestants. Quant &#224; lui, le dirigeant du Hezbollah, Nasrallah, a appel&#233; &#224; l'occasion d'une conf&#233;rence donn&#233;e par vid&#233;o dans la ville de Baalbek au Liban &#171; l'opposition syrienne, &#224; l'int&#233;rieur du pays et &#224; l'ext&#233;rieur, de r&#233;pondre positivement aux appels au dialogue lanc&#233;s par le Pr&#233;sident Assad et de coop&#233;rer avec lui pour mettre en &#339;uvre les r&#233;formes qu'il a annonc&#233; &#187;. Cela fera-t-il r&#233;fl&#233;chir les supporters &#171; critiques &#187; du Hezbollah en Europe ? Le doute est plus que possible &#224; ce sujet. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : &#171; Nous ne nous agenouillerons pas ! &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syrie-Nous-ne-nous-agenouillerons-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syrie-Nous-ne-nous-agenouillerons-pas</guid>
		<dc:date>2011-08-30T08:14:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khalil Habash</dc:creator>


		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-08-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volte syrienne dure depuis plus de cinq mois. Malgr&#233; une terrible r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et va en augmentant. Depuis le 15 mars, plus de 2 200 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, 3 000 personnes ont disparu et environ 12 000 ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, selon des associations syriennes des droits de l'homme. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un entretien &#171; accord&#233; &#187; &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat le dimanche 21 ao&#251;t, le pr&#233;sident Bachar El-Assad a mis en garde contre une intervention militaire &#233;trang&#232;re dans &#171; son &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-08-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-08-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton7953-c4ae5.png?1781628590' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volte syrienne dure depuis plus de cinq mois. Malgr&#233; une terrible r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et va en augmentant. Depuis le 15 mars, plus de 2 200 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, 3 000 personnes ont disparu et environ 12 000 ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, selon des associations syriennes des droits de l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un entretien &#171; accord&#233; &#187; &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat le dimanche 21 ao&#251;t, le pr&#233;sident Bachar El-Assad a mis en garde contre une intervention militaire &#233;trang&#232;re dans &#171; son &#187; pays. Il a aussi parl&#233; des r&#233;formes politiques, en disant que des &#233;lections locales devraient se tenir dans quelques mois, puis elles seraient suivies par des &#233;lections parlementaires. Une fois de plus, il fit appel &#224; sa rh&#233;torique de terreur en affirmant : &#171; nous devons &#234;tre durs &#187; ; et il jura que toute personne qui serait coupable de &#171; crime &#187; devra &#234;tre punie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet entretien t&#233;l&#233;vis&#233;, des manifestants sont descendus dans les rues de diverses villes dans toute la Syrie afin de mettre en question la l&#233;gitimit&#233; de Bachar El-Assad, une l&#233;gitimit&#233; qu'il n'a jamais eue et qu'il n'a jamais obtenue du peuple de Syrie, bien qu'il la proclame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, l'offensive de l'arm&#233;e et la r&#233;pression continuent dans plusieurs villes, malgr&#233; l'annonce de Bachar El-Assad, faite le jeudi 18 ao&#251;t, d'une cessation de toutes les op&#233;rations militaires et de police contre les protestataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les forces de s&#233;curit&#233; continuaient leurs assauts contre Deir ez-Zor, une ville &#224; l'est du pays, et dans des quartiers de la ville c&#244;ti&#232;re de Lattaqui&#233;, alors que les m&#233;dias d'Etat parlaient du retrait de troupes. Egalement &#224; Damas, les forces de s&#233;curit&#233; ont lanc&#233; des raids contre diff&#233;rents quartiers et ont arr&#234;t&#233; de nombreux activistes durant toute la m&#234;me semaine. De plus, neuf manifestants ont &#233;t&#233; tu&#233;s et des douzaines bless&#233;s le mercredi 17 ao&#251;t &#224; Homs, et les forces de s&#233;curit&#233; ont aussi ouvert le feu contre des manifestants &#224; Alep et &#224; Hama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant pr&#232;s d'une semaine, la ville de Lattaqui&#233; a subi de lourdes pertes suite &#224; l'offensive men&#233;e par l'arm&#233;e contre la ville. Le samedi 14 ao&#251;t, toujours &#224; Lattaqui&#233;, au moins 26 personnes, dont deux Palestiniens du camp de r&#233;fugi&#233;s d'al-Ramel, ont &#233;t&#233; tu&#233;es et beaucoup d'autres bless&#233;es apr&#232;s que des navires de guerre et des tanks ont ouvert le feu. Trois canonni&#232;res ont &#233;galement pris part &#224; l'offensive contre Idlib le dimanche 15 ao&#251;t. Une campagne massive d'arrestations a &#233;t&#233; men&#233;e contre des protestataires &#224; Lattaqui&#233; et autour de la capitale, &#224; Saqba et Hamriya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive contre Lattaqui&#233; a commenc&#233; dimanche 15 ao&#251;t, lorsque des tanks et des transports de troupe blind&#233;s ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans le camp d'al-Ramel en ouvrant le feu massivement. Cinq personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es. Le camp de r&#233;fugi&#233;s palestiniens d'al-Ramel &#224; Lattaqui&#233; &#233;tait la cible de l'arm&#233;e syrienne et des services de s&#233;curit&#233;. Des r&#233;fugi&#233;s &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme responsables d'avoir particip&#233; &#224; des manifestations contre le r&#233;gime. Des Palestiniens de Syrie ont, en effet. peu &#224; peu rejoint la r&#233;volution &#224; travers tout le pays dans diff&#233;rents camps de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le groupe des Jeunes Palestiniens libres a publi&#233; une d&#233;claration condamnant la participation d'Ahmed Jibril, le leader du Front Populaire de Lib&#233;ration de la Palestine-Commandement G&#233;n&#233;ral et ami tr&#232;s proche du r&#233;gime syrien et de ses gangs dans l'assaut militaire men&#233; contre les civils syriens. Quelque 400 familles palestiniennes du camp de r&#233;fugi&#233;s d'al-Ramel, sur un total de 2 000, ont d&#251; prendre la fuite en raison du pilonnage de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 12 ao&#251;t, au moins 17 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233; au cours des manifestations organis&#233;es dans tout le pays. Elles &#233;tait plac&#233;es sous le slogan : &#171; Nous ne nous agenouillerons pas, sauf devant Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la premi&#232;re semaine du mois sacr&#233; du Ramadan, l'arm&#233;e a lanc&#233; une attaque contre la ville de Hama causant la mort de plus de 300 civils en cinq jours, rappelant ainsi &#224; chaque Syrien le terrible massacre de 1982 lorsque, dans cette m&#234;me ville, entre 20 000 et 40 000 personnes ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;es par les forces du r&#233;gime. Durant la m&#234;me p&#233;riode, l'arm&#233;e a &#233;galement &#233;t&#233; envoy&#233;e &#224; Deir ez-Zor, &#224; Homs et d'autres villes encore afin d'&#233;craser le mouvement de protestation. Parall&#232;lement, le r&#233;gime annon&#231;ait des &#171; &#233;lections libres et honn&#234;tes &#187; pour la fin de l'ann&#233;e ; th&#232;me repris, comme indiqu&#233;, dans l'intervention de Bachar El-Assad, le 21 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les manifestations soient de plus en plus nombreuses et m&#234;me quotidiennes en ce mois du Ramadan a pouss&#233; le r&#233;gime &#224; envoyer l'arm&#233;e dans diff&#233;rentes villes pour &#233;craser le mouvement de protestation. Diverses villes telles que Homs, Hama et Deir ez-Zor ont &#233;t&#233; bombard&#233;es par les forces arm&#233;es. Malgr&#233; les attaques men&#233;es contre diff&#233;rentes villes et quartiers et le si&#232;ge impos&#233;, les protestataires continuent &#224; manifester en demandant le renversement du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois de juillet a vu une mobilisation d'ampleur sans pr&#233;c&#233;dent contre le r&#233;gime. Les manifestations ont r&#233;uni des millions de personnes dans tout le pays. Dans les villes de Deir ez-Zor et Hama, plus d'un million de manifestants au total ont cri&#233; que le peuple voulait renverser le r&#233;gime. En m&#234;me temps, dans certains quartiers des deux grandes villes de Damas et d'Alep, les manifestations ont commenc&#233; &#224; se faire plus fr&#233;quentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du mois de juin, des rumeurs de conflits communautaires entre sunnites et alaouites &#224; Homs ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es par l'opposition et les manifestants comme &#233;tant une tentative de la part du r&#233;gime de diviser le mouvement populaire de protestation et de cr&#233;er le chaos dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vocation de certains gouverneurs et de chefs de police, remplac&#233;s tr&#232;s souvent par des agents des services secrets comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Deir ez-Zor, Hama et Homs n'a pas &#171; calm&#233; &#187; le mouvement de protestation. Au contraire, ces mutations l'ont rendu plus d&#233;termin&#233; tant donn&#233; le passif de violence r&#233;pressive des nouveaux nomm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, des intellectuels syriens tels que Michel Kilo, Anouar Al Bounni et Aref Dalila, qui tous ont souffert de la r&#233;pression, ainsi que des opposants ind&#233;pendants ont d&#233;cid&#233; de discuter de la crise dans le pays, ce qui a &#233;t&#233; fait &#224; la fin de mois de juin &#224; l'H&#244;tel Samiramis de Damas. Les participants ont insist&#233; sur le fait que la conf&#233;rence ne constituait pas un dialogue avec le r&#233;gime, mais plut&#244;t un d&#233;bat interne visant &#224; &#171; caract&#233;riser la crise et &#224; explorer des chemins permettant de participer &#224; sa r&#233;solution &#187; sous la forme d'un &#171; pas vers la d&#233;mocratie syrienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration finale de la conf&#233;rence a exprim&#233; son soutien &#224; &#171; l'intifada populaire non-violente&#8230; pour une transition vers un Etat la&#239;c, d&#233;mocratique et pluraliste&#8230; &#187;. C'&#233;tait la premi&#232;re fois en de nombreuses ann&#233;es qu'une telle conf&#233;rence avait lieu en Syrie, &#224; la connaissance du r&#233;gime et avec l'approbation non officielle de celui-ci. De plus, elle s'est tenue au plus fort des manifestations, ce qui constituait un v&#233;ritable d&#233;fi lanc&#233; &#224; la l&#233;gitimit&#233; du r&#233;gime dans le pays et &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat Anouar al Bounni, l'un des principaux acteurs de la conf&#233;rence et opposant de longue date au r&#233;gime, a d'ailleurs &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; avec son fils au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, de m&#234;me que beaucoup d'autres activistes &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident syrien de la Ligue des droits de l'homme, Abdel-Karim Rihaoui, a &#233;galement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le jeudi 11 ao&#251;t &#224; Damas par les forces de s&#233;curit&#233;. Ce militant et son organisation ont &#233;t&#233; tr&#232;s actifs et gr&#226;ce &#224; l'aide du r&#233;seau de militants de la Ligue ils ont &#233;t&#233; pour les m&#233;dias une source essentielle d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'opposition active &#224; l'ext&#233;rieur du pays a organis&#233; le 17 juillet 2011 une conf&#233;rence &#224; Istanbul r&#233;unissant 450 personnalit&#233;s de l'opposition. Elles ont appel&#233; &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile partout dans le pays. Diverses forces d'opposition &#224; l'ext&#233;rieur du pays ont aussi envisag&#233; le lancement d'un &#171; conseil national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants &#224; une r&#233;cente r&#233;union &#224; Istanbul &#8211; venus de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur &#8211; envisagent la mise sur pied de groupes de travail et d'&#233;laborer des mesures visant &#224; renverser Assad. Un &#171; Conseil national &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 23 ao&#251;t. Des personnalit&#233;s de ce Conseil ont affirm&#233; : &#171; les sacrifices ont permis d'aboutir &#224; une unit&#233; &#187;, tout en reconnaissant que les &#171; fondateurs de ce conseil appartiennent &#224; des tendances politiques oppos&#233;es &#187;. Toutefois y participent un nombre important de groupes (44) et de comit&#233;s qui ont impuls&#233; le vaste mouvement de protestation en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les accusations port&#233;es par le r&#233;gime contre les protestataires qu'il qualifie de &#171; terroristes &#187; et de groupes &#171; salafistes &#187;, le pr&#233;sident Assad a tout de m&#234;me appel&#233; &#224; diff&#233;rentes discussions nationales avec l'opposition et le mouvement de protestation. Les deux ont refus&#233; d'accepter cette proposition tant que leurs revendications ne seraient pas satisfaites et tant que la r&#233;pression continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de conf&#233;rences ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; organis&#233;es dans une tentative du r&#233;gime syrien de cr&#233;er l'impression qu'il est pr&#234;t &#224; accepter les critiques de l'opposition. Le 3 juillet, une conf&#233;rence du nom d'&#171; Initiative nationale pour la Syrie &#187; a &#233;t&#233; tenue. Son promoteur, le d&#233;put&#233; syrien Muhammad Habbash, qui auparavant avait d&#233;fendu le r&#233;gime syrien, a affirm&#233; que la raison d'une telle conf&#233;rence r&#233;sidait dans la volont&#233; de trouver une &#171; troisi&#232;me voie &#187; entre le r&#233;gime et l'opposition, tout en insistant sur le fait que le processus de changement en Syrie ne pouvait se faire sans le pr&#233;sident Assad. Habbash a ajout&#233; que des opposants ind&#233;pendants tels que Michel Kilo et Aref Dalila avaient &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; la conf&#233;rence, mais qu'ils avaient refus&#233; d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juillet, une r&#233;union consultative a &#233;t&#233; tenue sous le nom de &#171; Parlementaires ind&#233;pendants pour la Syrie &#187;, r&#233;union &#224; laquelle ont assist&#233; environ 70 actuels et anciens parlementaires dans le but de &#171; discuter les termes du dialogue national et le plan de r&#233;forme &#187;. Muhammad Habbash a &#233;galement particip&#233; &#224; cette conf&#233;rence. Aucune de ces conf&#233;rences n'a produit de d&#233;clarations finales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 10 et 11 juillet, le r&#233;gime syrien a tenu une &#171; Conf&#233;rence de Consultation &#187; de pr&#233;paration au dialogue national, suivie par environ 200 politiciens et intellectuels choisis par le r&#233;gime. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;sid&#233;e par le vice-pr&#233;sident Farouk Al-Shar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a boycott&#233; toutes ces conf&#233;rences, arguant du fait qu'il n'y avait rien &#224; discuter avec un r&#233;gime continuant &#224; emp&#234;cher par la violence les manifestations. Le pr&#233;tendu dialogue appel&#233; par Bachar El-Assad ne peut &#234;tre pris au s&#233;rieux tant que des manifestants continuent d'&#234;tre tu&#233;s, bless&#233;s, r&#233;prim&#233;s, arr&#234;t&#233;s. C'est avec raison que le mouvement populaire a refus&#233; de participer &#224; un soi-disant dialogue avant que ses exigences soient satisfaites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, 41 anciens ministres du gouvernement et des anciens du parti Baath ont appel&#233; le r&#233;gime &#224; cesser la violence contre les manifestants et &#224; mettre rapidement en place des r&#233;formes politiques de grande envergure. Leur plan appelait &#224; la formation d'un gouvernement int&#233;rimaire, incluant des repr&#233;sentants du r&#233;gime et des protestataires. Ce gouvernement int&#233;rimaire pourrait &#233;laborer le projet d'une nouvelle constitution d&#233;mocratique, de nouvelles lois &#233;lectorales et des lois sur les partis politiques. L'opposition a rejet&#233; l'initiative de ces personnalit&#233;s en raison de leurs liens existant encore actuellement avec le r&#233;gime et de leur proposition selon laquelle Bachar El-Assad devrait superviser la transition vers la d&#233;mocratie en &#233;tant &#224; la t&#234;te du gouvernement int&#233;rimaire propos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sc&#232;ne r&#233;gionale et internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada a &#233;largi ses sanctions contre la Syrie pour protester contre les mesures r&#233;pressives brutales prises par le gouvernement. Les nouvelles sanctions incluent des interdictions de voyage pour quatre personnalit&#233;s officielles et le gel des avoirs de la Banque d'&#201;tat Commercial Bank of Syria ainsi que de la plus grande compagnie de t&#233;l&#233;phone mobile du pays, Syriatel, dirig&#233;e par Rami Makhlouf, un cousin de Bachar El-Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont &#233;galement impos&#233; des sanctions contre deux compagnies rejoignant ainsi leurs alli&#233;s europ&#233;ens, en sanctionnant des personnalit&#233;s officielles importantes proches du pr&#233;sident Bachar El-Assad. L'Union europ&#233;enne (UE) a adopt&#233; le 23 ao&#251;t une nouvelle s&#233;rie de sanctions. Les pays membres ont annonc&#233; le gel des avoirs et une interdiction de visas contre 15 nouvelles personnes proches du clan El-Assad (au total 50 le 23 ao&#251;t) et pris des mesures &#224; l'encontre de 9 firmes syriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe ach&#232;te 95% du p&#233;trole export&#233; par la Syrie, ce qui repr&#233;sente un tiers des revenus d'exportation du pays. Pour l'heure l'UE examine la possibilit&#233; d'un embargo p&#233;trolier, mais ne veut pas porter atteinte aux int&#233;r&#234;ts de diverses firmes. Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a vot&#233; une condamnation de la politique du r&#233;gime. Une mission est envoy&#233;e pour &#233;valuer les &#171; abus commis contre les droits humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sanctions du Canada sont venues apr&#232;s que le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis Barack Obama a parl&#233; avec les dirigeants de l'Arabie saoudite et de la Grande-Bretagne et que tous trois ont appel&#233; &#224; une fin imm&#233;diate de la r&#233;pression men&#233;e par le gouvernement syrien contre les protestataires. Les &#201;tats-Unis et l'UE ont demand&#233; &#224; Bachar El-Assad de renoncer &#224; son poste de pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la Russie continue d'envoyer des armes au r&#233;gime syrien. La Russie essaie de maintenir l'approvisionnement d'&#233;quipement militaire au Moyen-Orient, malgr&#233; les r&#233;volutions et les soul&#232;vements sociaux qui ont secou&#233; la r&#233;gion. Moscou a d&#233;j&#224; perdu plusieurs milliards de dollars apr&#232;s avoir cess&#233; de vendre des armes &#224; la Libye, en accord avec la r&#233;solution du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays du Golfe ont retir&#233; leurs ambassadeurs de Syrie, et m&#234;me le Kowe&#239;t, Bahre&#239;n, le Qatar et l'Arabie saoudite ont protest&#233; contre les violentes mesures de r&#233;pression visant .es manifestants. Ils ont demand&#233; la mise en &#339;uvre de r&#233;formes. Ils ont tous condamn&#233; l'option militaire utilis&#233;e par le r&#233;gime syrien et ont d&#233;clar&#233; que cela devait cesser. Ces r&#233;gimes n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; voir un jour la d&#233;mocratie en Syrie. Leur appel aux r&#233;formes ne peut pas &#234;tre pris au s&#233;rieux lorsque cinq mois auparavant, ces m&#234;mes pays, sp&#233;cialement l'Arabie saoudite, sont intervenus au Bahre&#239;n pour arr&#234;ter et briser la mont&#233;e populaire contre le r&#233;gime bahre&#239;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays du Golfe, conduits par le r&#233;gime saoudien, ne veulent que fortifier la position des forces politiques islamistes en Syrie et briser la relation de la Syrie avec l'Iran. L'Arabie saoudite et d'autres se fichent des revendications des protestataires en Syrie. Les pays du Golfe ne voudraient en aucun cas voir un exemple de d&#233;mocratie &#224; leurs fronti&#232;res, parce qu'ils consid&#233;reraient cela comme une r&#233;elle menace contre leurs propres r&#233;gimes. Rien qu'&#224; Riyad, il y a plus de 9 000 prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les protestataires et certaines personnes de l'opposition, mis &#224; part les Fr&#232;res musulmans, ont de plus en plus critiqu&#233; le r&#244;le du gouvernement turc face au soul&#232;vement syrien, malgr&#233; les appels lanc&#233;s au gouvernement syrien afin qu'il cesse la sanglante r&#233;pression et qu'il entreprenne un processus de r&#233;forme. Premi&#232;rement, le gouvernement truc a &#233;t&#233; critiqu&#233; pour avoir jou&#233; un r&#244;le de complice en confirmant le retrait des tanks et de l'arm&#233;e de Hama, le 8 ao&#251;t. Or, ce n'&#233;tait pas le cas puisque la ville &#233;tait encore en &#233;tat de si&#232;ge et que l'arm&#233;e menait des offensives contre d'autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un nombre croissant de protestataires et de personnes parmi l'opposition ont accus&#233; le gouvernement turc de favoriser une fraction de l'opposition syrienne, &#224; savoir les Fr&#232;res musulmans, contre le reste. Dans les camps de r&#233;fugi&#233;s du sud de la Turquie par exemple, pr&#232;s de la fronti&#232;re syrienne, des gens d'origine la&#239;que, situ&#233;s plut&#244;t &#224; gauche et &#233;lus par les r&#233;fugi&#233;s syriens pour les repr&#233;senter, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et remplac&#233;s par des islamistes. La Turquie n'est pas int&#233;ress&#233;e, elle non plus, par les revendications fortes des protestataires syriens, comme l'ont d&#233;montr&#233; les rapports tr&#232;s &#233;troits entretenus avec le r&#233;gime Assad avant le soul&#232;vement. Elle ne veut que prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts politiques et &#233;conomiques en Syrie et dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, les tentatives de diviser le mouvement populaire ou ladite &#171; solidarit&#233; &#187; de r&#233;gimes autoritaires et imp&#233;rialistes n'aboutiront &#224; rien. Le mouvement populaire syrien continue &#224; lutter pour poursuivre la r&#233;volution et refuse une intervention militaire &#233;trang&#232;re, ayant une parfaite conscience du danger qui r&#232;gne sur le pays et son propre mouvement. Mais les actions violentes et la r&#233;pression men&#233;e par le r&#233;gime contre les protestataires rendent, de fait, une intervention &#233;trang&#232;re plus probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les protestataires syriens qui sont les vrais r&#233;volutionnaires et les vrais anti-imp&#233;rialistes, malgr&#233; ce qu'en disent Chavez et Ahmadinejad quand ils pr&#233;tendent que le r&#233;gime syrien est en train de faire face &#224; une attaque imp&#233;rialiste men&#233;e par l'Occident. Le comit&#233; local du Golan occup&#233; a d&#233;clar&#233;, avec justesse, que le Golan comme la Palestine d'ailleurs ne seront pas libres tant que Lattaqui&#233;, Homs, Hama, Damas et toute la Syrie ne seront pas lib&#233;r&#233;s du tra&#238;tre Al-Assad. Le peuple syrien veut renverser le r&#233;gime et il ne s'agenouillera pas devant la volont&#233; du r&#233;gime !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Syrie : la lutte continue</title>
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		<dc:date>2011-08-02T08:15:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khalil Habash</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-08-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de 1500 civils &#8211; au moins &#8211; ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont environ 70 enfants, et environ 10'000 personnes arr&#234;t&#233;es, selon les groupes syriens de d&#233;fense des droits humains. &lt;br class='autobr' /&gt; Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton7769-dd34f.png?1781628591' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de 1500 civils &#8211; au moins &#8211; ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont environ 70 enfants, et environ 10'000 personnes arr&#234;t&#233;es, selon les groupes syriens de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de 1500 civils &#8211; au moins &#8211; ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont environ 70 enfants, et environ 10'000 personnes arr&#234;t&#233;es, selon les groupes syriens de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux Syriens ont fui vers les pays voisins. Plus de 11'700 sont h&#233;berg&#233;s dans des camps de r&#233;fugi&#233;s en Turquie, tandis que quelques milliers sont au Liban. Les manifestations continuent d'&#234;tre r&#233;prim&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;, les casseurs du r&#233;gime et un secteur de l'arm&#233;e, bien que le r&#233;gime ait d&#233;clar&#233; plusieurs fois qu'il ne tirerait pas sur les manifestants s'ils restent pacifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Jisr al-Shughour et dans d'autres villes comme Homs, les forces militaires ont utilis&#233; des h&#233;licopt&#232;res et des tanks pour tirer sur les manifestants. Quelque 15'000 soldats et 40 tanks auraient &#233;t&#233; envoy&#233;s vers la ville et sa r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, le mouvement de protestation augmente encore, avec des manifestations presque quotidiennes dans plusieurs villes du pays. Le 10 juin, jour du &#171; Vendredi des tribus &#187;, on rapporte des manifestations dans plus de 138 villes et agglom&#233;rations &#224; travers le pays. Des manifestations similaires ont d&#232;s lors eu lieu chaque vendredi avec un nombre total de protestataires d&#233;passant le million. Les villes de Hama et de Deir Zor, lesquelles ont vu &#224; plusieurs reprises plus de 500'000 personnes manifester dans leurs rues, sont consid&#233;r&#233;es comme libres et des exemples &#224; suivre par les manifestants malgr&#233; la poursuite de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 23 juin, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie a marqu&#233; le passage des cent jours de la r&#233;volution et s'est tenue dans les d&#233;partements de Homs, Hama, Deraa, les march&#233;s de Deir Zor, la ville de Lattaqui&#233;, &#224; Banyas, Douma et la plus grande partie du Rif de Damas. Les appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ont &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; plusieurs reprises par les manifestants dans plusieurs villes. Les universit&#233;s, particuli&#232;rement &#224; Damas et &#224; Alep, ont vu des manifestations des &#233;tudiants contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident Assad essaie de contenir la r&#233;volte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours du lundi 20 juin, le pr&#233;sident Bachar El-Assad n'a rien dit ni conc&#233;d&#233; de nouveau pour apaiser les protestataires. Il a maintenu une attitude d&#233;fiante. Il a reconnu qu'une certaine partie du mouvement de protestation pourrait avoir quelques revendications l&#233;gitimes et d&#233;sirait participer &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Mais apr&#232;s cette courte d&#233;claration, il a imm&#233;diatement pr&#233;tendu que jusqu'&#224; 64'000 &#171; hors la loi &#187; organisaient le chaos en Syrie et qu'aux c&#244;t&#233;s de cette arm&#233;e &#187; de criminels, le soul&#232;vement en Syrie est &#233;galement foment&#233; par des intellectuels radicaux et blasph&#233;mateurs, qui essaient de s'infiltrer en Syrie en semant le d&#233;sordre au nom de la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias syriens, tous contr&#244;l&#233;s directement ou indirectement par l'Etat, ont d&#233;crit tous les protestataires comme des terroristes contr&#244;l&#233;s par les puissances &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assad ajoute que l'image de la Syrie a &#233;t&#233; &#171; salie &#187; internationalement et que certains protestataires sont pay&#233;s pour filmer les manifestations et n&#233;gocier avec les m&#233;dias. Il a pr&#233;tendu que la Syrie est victime de &#171; conspirations politiques &#187; qu'il a assimil&#233;es &#224; des &#171; microbes &#187;. Cette th&#233;orie de la conspiration contre la Syrie est utilis&#233;e par le r&#233;gime syrien dans chaque discours officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accusations contre les protestataires ne l'ont pas emp&#234;ch&#233; d'appeler &#224; un dialogue national avec l'opposition et le mouvement de protestation. Il a aussi d&#233;clar&#233; que le plus grand danger pour le pays aujourd'hui, c'est la faiblesse ou l'effondrement de l'&#233;conomie syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment ce discours s'accorde-t-il avec la r&#233;alit&#233; de la situation en Syrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, la r&#233;alit&#233; du mouvement est tr&#232;s diff&#233;rente de la description qu'en fait Assad comme un mouvement de protestation domin&#233; par des terroristes, des salafistes et des opportunistes li&#233;s &#224; des conspirateurs &#233;trangers. Nous assistons aujourd'hui en Syrie &#224; un mouvement national populaire qui lutte pour la d&#233;mocratie et la justice sociale. Les manifestants regroupent les diff&#233;rentes composantes ethniques et religieuses du pays, de toutes les r&#233;gions du pays. Au-del&#224; de l'appel d'un grand nombre de personnes de toutes communaut&#233;s demandant la fin de ce r&#233;gime, nous avons vu appara&#238;tre des d&#233;clarations, par exemple, de groupes chr&#233;tiens et alaouites condamnant ce r&#233;gime et sa r&#233;pression, montrant la diversit&#233; du mouvement de protestation en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importantes manifestations ont eu lieu dans les deux grandes villes d'Alep et de Damas. En plus des manifestations &#224; l'universit&#233; d'Alep, des manifestations ont lieu dans diff&#233;rents faubourgs comme Salahedin, Bab el-Hadid et Seif el-Dawali ou certaines mosqu&#233;es. Dans les villages au nord d'Alep, plusieurs milliers de manifestants sont sortis de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e dans les rues &#224; Tal Rifaat, Hreitan, Mareaa et Aazaz. A Damas aussi des manifestations immenses comme &#224; Douma et Harasta rassemblant des dizaines de milliers de personnes ont eu lieu dans les faubourgs et &#224; plus petite &#233;chelle dans la ville m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors du pays, l'opposition a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser. Elle s'est r&#233;unie en plusieurs conf&#233;rences &#224; travers l'Europe. Il s'est form&#233; un comit&#233; consultatif de la Conf&#233;rence d'Antalya [ville touristique au sud de la Turquie], la principale coalition de l'opposition d&#233;mocratique syrienne, qui s'est tenue du 31 mai au 3 juin, ainsi que lors de la Conf&#233;rence d'Istanbul, dite &#171; Conf&#233;rence de salut national &#187; qui s'est tenue le 16 juillet 2011. Les principaux organisateurs de cette conf&#233;rence &#233;taient les Fr&#232;res musulmans, les forces de gauche, kurdes et lib&#233;rales regroup&#233;es dans la D&#233;claration de Damas (DD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des 31 membres du comit&#233; consultatif, quatre &#233;manent de la DD, quatre des Fr&#232;res musulmans (FM), quatre des Kurdes (qui sont majoritairement de gauche) et quatre des tribus. Les 15 autres sont des personnalit&#233;s ind&#233;pendantes. Ces forces organis&#233;es &#224; l'&#233;tranger sont n&#233;anmoins tr&#232;s faibles sur le terrain. Les Fr&#232;res musulmans comme la gauche ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s par des d&#233;cennies de dure pers&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principaux points de la d&#233;claration d'Antalya et d'Istanbul a &#233;t&#233; de s'opposer &#224; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re. Le mouvement de protestation dans le pays a &#233;galement refus&#233; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re qui ferait le jeu du r&#233;gime et conduirait probablement le pays &#224; la guerre civile. De la m&#234;me mani&#232;re les opposants de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur se sont engag&#233;s pour une Syrie d&#233;mocratique, civique et pluraliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire en Syrie d&#233;fend l'unit&#233; du peuple syrien et s'oppose &#224; la division. Un sentiment de solidarit&#233; nationale et de solidarit&#233; sociale se d&#233;veloppe qui d&#233;passe les divisions religieuses et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements &#224; Homs vers le 17 juin, o&#249; des conflits confessionnels auraient explos&#233; entre sunnites et chiites, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s par l'opposition de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur comme des tentatives du r&#233;gime de diviser le mouvement populaire de protestation et cr&#233;er le chaos dans la ville. L'opposition syrienne a depuis le d&#233;but pr&#233;sent&#233; un front uni et national contre la menace sectaire d'une guerre civile fabriqu&#233;e par le r&#233;gime afin d'effrayer les gens et de pr&#233;senter cette fausse option du r&#233;gime : moi ou le chaos. Les slogans des manifestants tels que &#171; Nous sommes tous des Syriens, nous sommes unis &#187; sont r&#233;p&#233;t&#233;s en permanence lors des manifestations et sur les diff&#233;rents r&#233;seaux tels que Facebook ou Twitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Deraa, foyer de l'insurrection, une pancarte avait &#233;t&#233; mise &#224; l'entr&#233;e de la mosqu&#233;e o&#249; &#233;tait &#233;crit &#171; Non au sectarisme, nous sommes tous des Syriens &#187;. Dans les manifestations dans la ville de Qamishli, les jeunes Kurdes scandaient : &#171; Pas Kurde, pas Arabe, le peuple syrien est un, nous saluons les martyrs de Deraa &#187;. En outre, le chant le plus important chant&#233; par les manifestants sans aucun doute est &#171; Un, un, un, le peuple syrien est un ! &#187;. Les manifestations ont &#233;t&#233; d&#233;di&#233;es aux diff&#233;rents groupes repr&#233;sentant la Syrie comme le Vendredi de l'&#171; Azime &#187;, en l'honneur de la f&#234;te de P&#226;ques pour les chr&#233;tiens, ou le Vendredi nomm&#233; &#171; Azadi &#187;, qui signifie libert&#233; en kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime exploite les questions religieuses pour susciter des conflits entre communaut&#233;s et diviser le peuple. Il a construit l'arm&#233;e selon des crit&#232;res communautaires pour maintenir la loyaut&#233;. Alors que la majorit&#233; des conscrits sont sunnites, en correspondance avec leur majorit&#233; dans la population, les alaouites et les fid&#232;les de la famille Assad pr&#233;dominent dans le corps des officiers. Les si&#232;ges et les interventions militaires contre les villes rebelles ont &#233;t&#233; presque tous le fait de la 4e brigade command&#233;e par Maher El-Assad et d'unit&#233;s sp&#233;ciales dont la plupart des soldats sont alaouites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Assad n'ose pas employer les soldats normaux par peur de mutineries. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'y a eu que des d&#233;fections individuelles, mais on compte tout de m&#234;me un nombre grandissant de d&#233;fections dans les rangs des officiers et des soldats, et les chiffres de plus en plus importants de fusill&#233;s militaires, difficilement v&#233;rifiables il est vrai, refusant de tirer sur les manifestants pacifiques, d&#233;montrent des dissensions internes au sein de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le soi-disant dialogue appel&#233; par Bachar El-Assad ne peut pas &#234;tre pris au s&#233;rieux tant que continuent les morts, les bless&#233;s, les arrestations et la r&#233;pression contre les manifestants. Aucun dialogue n'est possible quand des tanks et des h&#233;licopt&#232;res sont engag&#233;s contre le peuple. Le mouvement populaire a refus&#233; tout soi-disant dialogue tant que des revendications des manifestants ne sont pas r&#233;alis&#233;es. La pr&#233;tendue &#171; amnistie g&#233;n&#233;rale &#187; accord&#233;e par le pr&#233;sident pour les &#171; crimes &#187; commis avant le 20 juin n'a pas vu la lib&#233;ration des 10'000 manifestants d&#233;tenus depuis le 15 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications d&#233;mocratiques du mouvement populaire pour une Syrie d&#233;mocratique, civique et libre ne sont pas satisfaites par le r&#233;gime. Celui-ci a &#233;labor&#233; une nouvelle loi sur les partis politiques qui pr&#233;voit un &#171; comit&#233; des affaires de partis &#187; pr&#233;sid&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur. Ses membres comprendront un juge de la Cour de cassation et trois personnalit&#233;s ind&#233;pendantes nomm&#233;es par le pr&#233;sident de la r&#233;publique. Toute personne souhaitant cr&#233;er un parti politique devra d&#233;poser une demande d'autorisation sign&#233;e par 50 membres fondateurs &#171; de plus de 25 ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devront &#234;tre r&#233;sidents en Syrie et &#233;maner de pas moins de 50% des gouvernorats du pays. En outre, ils devront avoir un casier judiciaire vierge et ne pourront pas &#234;tre membres d'un autre parti simultan&#233;ment. Au moment du d&#233;p&#244;t de la demande d'autorisation, le nouveau parti devra avoir 2000 membres ainsi que des locaux pour son quartier g&#233;n&#233;ral. Les partis politiques ne pourront pas utiliser des services du gouvernement pour leur propagande, ni agir &#224; partir d'organisations de bienfaisance, d'institutions d'enseignement, ou de structures religieuses (&#233;glises ou mosqu&#233;es). Tout cela est con&#231;u pour pr&#233;server le monopole du parti Baas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les probl&#232;mes &#233;conomiques de la &lt;strong&gt;Syrie}&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de la diffamation du mouvement de protestation par Assad et de son refus d'ouvrir un v&#233;ritable dialogue, le troisi&#232;me probl&#232;me r&#233;side dans ses d&#233;clarations ayant trait &#224; l'&#233;conomie. A propos de la possibilit&#233; d'un effondrement de l'&#233;conomie syrienne, le pr&#233;sident Assad n'a pas compris que son mod&#232;le &#233;conomique s'est d&#233;j&#224; effondr&#233; pour beaucoup de gens. C'est en partie pour cela qu'ils manifestent contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie a doubl&#233; son PIB entre 2003 et 2008, mais la croissance &#233;conomique n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; au peuple syrien. Les politiques de lib&#233;ralisation &#233;conomique ont commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 et ont &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;es et renforc&#233;es avec l'arriv&#233;e au pouvoir en 2000 de Bachar El-Assad. Ces politiques ont b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une petite oligarchie et &#224; un petit nombre de ses clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie a vu l'&#233;mergence de banques priv&#233;es et la multiplication des investissements &#233;trangers, en m&#234;me temps que la privatisation et la lib&#233;ralisation des &#233;changes ext&#233;rieurs. Le tourisme est devenu un secteur florissant qui constitue aujourd'hui 12% du PIB syrien en rapportant des revenus d'environ 6,5 milliards dollars et en employant quelque 11% de la force de travail. La Syrie &#8211; qui dans le pass&#233; &#233;tait autosuffisante et poss&#233;dait un fort secteur industriel &#8211; importe d&#233;sormais des biens alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique &#233;conomique a eu des cons&#233;quences s&#233;v&#232;res pour le peuple. Les revenus par habitant restent bien en dessous de la moyenne du Proche-Orient. L'&#233;conomie est toujours encore &#171; en d&#233;veloppement &#187;, la s&#233;curit&#233; sociale a disparu, dans certains cas, le contr&#244;le des prix des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; a &#233;t&#233; abandonn&#233; et la pauvret&#233; touche un tiers de la population. Extr&#234;mement d&#233;pendante des services, l'&#233;conomie ne cr&#233;e pas assez d'emplois, en particulier pour les jeunes dipl&#244;m&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime a progressivement abandonn&#233; le secteur agricole qui repr&#233;sente 20% de l'&#233;conomie syrienne. Les campagnes ont souffert de dures conditions en cons&#233;quence de quatre ann&#233;es de s&#233;cheresse. Le gouvernement n'a pas r&#233;pondu aux difficult&#233;s de la population paysanne dont une grande partie a d&#251; abandonner les r&#233;gions rurales pour aller chercher du travail en ville. Aujourd'hui les paysans pauvres fournissent l'infanterie du soul&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce que Rami Makhlouf &#8211; le cousin du pr&#233;sident Bachar El-Assad et la cible principale des protestations contre la corruption &#8211; abandonne les affaires pour se consacrer aux &#339;uvres de bienfaisance ne va pas r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'&#233;conomie syrienne ni assur&#233;ment apaiser les manifestations. Rami Makhlouf contr&#244;le plusieurs affaires dont Syriatel, le plus grand op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phones mobiles du pays, des magasins hors taxes, une concession p&#233;troli&#232;re, une compagnie a&#233;rienne, ainsi que des h&#244;tels et des entreprises de construction. Il a des participations dans au moins une banque. Rami Makhloufa est pr&#233;sent partout et les estimations indiquent qu'il d&#233;tiendrait 60% de l'&#233;conomie syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le soul&#232;vement continue, les fabricants et commer&#231;ants de Damas et d'Alep, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ont soutenu le r&#233;gime, ont commenc&#233; &#224; remettre en question leur loyaut&#233; politique &#224; son &#233;gard. Ils font face &#224; une situation difficile en fermant des entreprises et en licenciant. La bourgeoisie et sa fraction marchande pourraient donc remettre en question leur loyaut&#233; politique envers le r&#233;gime si le mouvement populaire continue ainsi sans que des alternatives viables soient trouv&#233;es. Il y a m&#234;me aujourd'hui des signes que certains &#233;l&#233;ments du monde des affaires pensent &#224; changer de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire a refus&#233; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re en Syrie et a exclu des personnalit&#233;s li&#233;es aux int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes &#233;trangers tels que Abdel Hakim Khadam [ex-vice-pr&#233;sident de Syrie entre 2000-2005, auparavant proche de Hafez El-Assad, tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude, il est maintenant li&#233; aux &#201;tats-Unis et &#224; l'Union europ&#233;enne et ayant d&#233;clar&#233; ces liens sur divers m&#233;dias], Rifaat El-Assad [le jeune fr&#232;re de Hafez El-Assad, oncle de Bachar, boucher en 1982 de la population de Hama ; il entre en opposition avec Hafez au cours des ann&#233;es 1980, mais sera d&#233;finitivement &#233;cart&#233; au cours des ann&#233;es 1990, tout en gardant des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques en Syrie au travers de son fils Sumer] et Mahmoun Homsi [ex-parlementaire, r&#233;prim&#233; et qui vivait en exil au Liban, o&#249; il &#233;tait proche du mouvement du 14 mars, jusqu'&#224; son expulsion du pays, en juillet 2010].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, comme le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah (Liban) et d'autres &#233;galement comme le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Chavez, trouvent des excuses au r&#233;gime Assad et reprochent au mouvement d'&#234;tre &#171; pro-imp&#233;rialiste &#187; en s'opposant au dictateur et &#224; son r&#233;gime. Il faudrait leur rappeler que c'est le peuple syrien qui a pouss&#233; le r&#233;gime syrien &#224; soutenir la r&#233;sistance au pouvoir sioniste aujourd'hui, comme dans le pass&#233;. C'est la population syrienne qui a offert l'hospitalit&#233; aux r&#233;fugi&#233;s palestiniens, libanais et irakiens quand ils &#233;taient attaqu&#233;s et occup&#233;s par les pouvoirs imp&#233;rialistes comme Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce r&#233;gime syrien qui, ces trente derni&#232;res ann&#233;es, a arr&#234;t&#233; les Syriens qui luttent pour la lib&#233;ration du Golan et de la Palestine. C'est ce m&#234;me r&#233;gime qui a &#233;cras&#233; en 1976, au Liban, les Palestiniens et les mouvements progressistes, tout en participant &#224; la guerre imp&#233;rialiste contre l'Irak en 1991, dans la coalition dirig&#233;e par les &#201;tats-Unis. Le peuple syrien compose les rangs des vrais r&#233;volutionnaires et anti-imp&#233;rialistes et non pas le r&#233;gime de Bachar El-Assad. La victoire de la R&#233;volution syrienne ouvrira un nouveau front de r&#233;sistance contre les puissances imp&#233;rialistes, alors que sa d&#233;faite les renforcerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, le mouvement populaire syrien lutte pour la d&#233;mocratie, la justice sociale et l'anti-imp&#233;rialisme. Le peuple syrien ne va pas rentrer &#224; la maison malgr&#233; la r&#233;pression et les tueries ; il va continuer de manifester jusqu'&#224; ce que ses revendications soient satisfaites. Le peuple syrien ne va pas reculer et les tentatives pour le diviser ne vont pas r&#233;ussir &#8211; la R&#233;volution va &#234;tre permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction A l'Encontre. Mis en ligne en fran&#231;ais le 24 juillet 2011 par A l'encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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