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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Comment Goldman Sachs a provoqu&#233; la crise alimentaire</title>
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		<dc:date>2011-08-16T08:43:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Frederick Kaufman</dc:creator>


		<dc:subject>Crise alimentaire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-08-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'offre et la demande y sont &#233;videmment pour quelque chose, mais la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires constat&#233;e &#224; travers le monde a une raison plus profonde : la gourmandise de Wall Street. &lt;br class='autobr' /&gt;
le 22 juin 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Le Goldman Sachs Commodity Index &lt;br class='autobr' /&gt;
Il aura fallu les grands cerveaux de Goldman Sachs pour r&#233;aliser une chose toute simple : rien n'a plus de valeur que notre pain quotidien. Et l&#224; o&#249; il y a de la valeur, il y a de l'argent &#224; se faire. En 1991, les banquiers de Goldman, avec &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-08-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-08-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L101xH150/arton7849-c5375.png?1781491650' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'offre et la demande y sont &#233;videmment pour quelque chose, mais la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires constat&#233;e &#224; travers le monde a une raison plus profonde : la gourmandise de Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 22 juin 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Goldman Sachs Commodity Index&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu les grands cerveaux de Goldman Sachs pour r&#233;aliser une chose toute simple : rien n'a plus de valeur que notre pain quotidien. Et l&#224; o&#249; il y a de la valeur, il y a de l'argent &#224; se faire. En 1991, les banquiers de Goldman, avec &#224; leur t&#234;te le pr&#233;sident visionnaire Gary Cohn, ont con&#231;u un nouveau produit d&#233;riv&#233; financier compos&#233; de 24 mati&#232;res premi&#232;res, des m&#233;taux pr&#233;cieux &#224; l'&#233;nergie, en passant par le caf&#233;, le b&#233;tail, le ma&#239;s, les porcs, le soja et le bl&#233;. Ils ont pond&#233;r&#233; la valeur d'investissement de chacune d'elles, ont m&#233;lang&#233; et transform&#233; les parties en montants, puis ont r&#233;duit ce qui constituait un ensemble compliqu&#233; d'&#233;l&#233;ments tangibles en une simple formule math&#233;matique, baptis&#233;e d&#232;s lors &#171; Goldman Sachs Commodity Index &#187; (indice de mati&#232;res premi&#232;res GSCI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de dix ans, l'indice GSCI a &#233;t&#233; un produit de placement relativement statique, les banques &#233;tant davantage int&#233;ress&#233;es par les placements risqu&#233;s et les obligations structur&#233;es que par tout ce qui peut &#234;tre sem&#233; ou r&#233;colt&#233;. Puis, en 1999, la CFTC, organisme ind&#233;pendant charg&#233; de r&#233;glementer les march&#233;s &#224; terme aux Etats-Unis, a ouvert les march&#233;s &#224; terme aux investisseurs ext&#233;rieurs. Alors que l'intervention sur les march&#233;s agricoles &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent limit&#233;e aux op&#233;rateurs physiques, et ce depuis la crise de 1929, les banques ont pu d&#233;sormais prendre la position qu'elles souhaitaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#171; contrats &#224; terme &#187; pour garantir une stabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements ont alors touch&#233; les grandes bourses de Chicago, Minneapolis et Kansas City, qui avaient contribu&#233;, pendant 150 ans, &#224; la stabilit&#233; relative du prix des denr&#233;es alimentaires au niveau international. Le secteur agricole peut para&#238;tre bucolique, mais il est volatil par nature et soumis aux vicissitudes de la m&#233;t&#233;o, des maladies et des catastrophes. Cr&#233;&#233; apr&#232;s la Guerre de S&#233;cession par les fondateurs d'Archer Daniels Midland, de General Mills et de Pillsbury, le syst&#232;me de trading des contrats &#224; terme de c&#233;r&#233;ales a contribu&#233; &#224; faire des Etats-Unis un poids lourd de la finance, capable de rivaliser avec l'Europe, voire de la surpasser. Les march&#233;s agricoles ont &#233;galement prot&#233;g&#233; les agriculteurs et les meuniers am&#233;ricains contre les risques inh&#233;rents &#224; leur profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de base &#233;tait le &#171; contrat &#224; terme &#187;, un accord entre vendeur et acheteur de bl&#233; sur un prix du boisseau raisonnable (et ce avant m&#234;me qu'il n'ait pouss&#233;). Ces contrats &#224; terme ont non seulement permis de garantir le prix stable du pain &#224; la boulangerie (ou plus tard au supermarch&#233;), mais ils ont &#233;galement aid&#233; les agriculteurs &#224; se pr&#233;munir contre les p&#233;riodes de vaches maigres et &#224; investir dans leurs fermes et leurs affaires. R&#233;sultat : au cours du XX&#232;me si&#232;cle, le prix r&#233;el du bl&#233; a baiss&#233; (malgr&#233; une ou deux hausses, notamment lors de la spirale inflationniste des ann&#233;es 1970), ce qui a stimul&#233; le d&#233;veloppement du secteur am&#233;ricain de l'agrobusiness. Apr&#232;s la 2nde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont syst&#233;matiquement enregistr&#233; des exc&#233;dents agricoles, ce qui a constitu&#233; un &#233;l&#233;ment fondamental de leur strat&#233;gie politique, &#233;conomique et humanitaire durant la Guerre Froide (sans compter que les c&#233;r&#233;ales am&#233;ricaines ont nourri des millions de personnes affam&#233;es dans le monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les acteurs vs les sp&#233;culateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s &#224; terme comprenaient au d&#233;part deux types d'acteurs : les fermiers, les meuniers et les grossistes, les acteurs du march&#233; qui sont v&#233;ritablement int&#233;ress&#233;s par les fondamentaux du march&#233; agricole. Il ne s'agit pas seulement des producteurs de ma&#239;s de l'Iowa ou des producteurs de bl&#233; du Nebraska, mais de grandes multinationales comme Pizza Hut, Kraft, Nestl&#233;, Sara Lee, Tyson Foods et McDonald's, dont les actions &#224; la bourse de New York varient selon leur capacit&#233; &#224; approvisionner les gens en voiture, &#224; leur domicile et dans les supermarch&#233;s &#224; des prix comp&#233;titifs. Ces acteurs du march&#233; sont appel&#233;s bona fide hedgers, car ils ont r&#233;ellement besoin d'acheter et de vendre des c&#233;r&#233;ales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; se trouve le sp&#233;culateur. Le sp&#233;culateur ne produit et ne consomme pas de ma&#239;s, de soja ou de bl&#233; ; il ne saurait pas o&#249; stocker les 20 tonnes de c&#233;r&#233;ales qu'il est susceptible d'acheter &#224; tout moment si jamais elles lui &#233;taient livr&#233;es. Les sp&#233;culateurs ont recours &#224; une m&#233;thode classique, celle qui consiste &#224; acheter &#224; bas prix dans l'espoir de revendre plus cher. Les op&#233;rateurs physiques ont vu d'un bon &#339;il l'arriv&#233;e des sp&#233;culateurs traditionnels sur leur march&#233; ; leurs ordres de vente et d'achat permanents donnent sa liquidit&#233; au march&#233; et permettent aux bona fide hedgers de g&#233;rer les risques en vendant et en achetant quand ils le souhaitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Goldman Sachs &#224; l'origine du boulversement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'indice de Goldman Sachs a d&#233;stabilis&#233; ce syst&#232;me. La structure de l'indice GSCI a occult&#233; la pratique vieille de plusieurs si&#232;cles consistant &#224; acheter et vendre dans le m&#234;me temps. Ce nouveau produit d&#233;riv&#233; est long-only, ce qui signifie qu'il a &#233;t&#233; con&#231;u uniquement pour acheter des mati&#232;res premi&#232;res. Cette strat&#233;gie long-only est motiv&#233;e par l'intention de transformer un investissement sur les mati&#232;res premi&#232;res (jusqu'alors r&#233;serv&#233; aux sp&#233;cialistes) en ce qui ressemble fortement &#224; un placement dans un actif (une cat&#233;gorie d'actifs dans laquelle n'importe qui peut placer son argent et le laisser fructifier pendant des dizaines d'ann&#233;es, sur le mod&#232;le de General Electric ou d'Apple). Quand le march&#233; des mati&#232;res premi&#232;res commence &#224; ressembler davantage &#224; un march&#233; financier, les banques peuvent esp&#233;rer de nouveaux afflux de liquidit&#233;s. Mais cette strat&#233;gie long-only comporte une faille : l'indice GSCI ne comprend pas de m&#233;canisme pour vendre une mati&#232;re premi&#232;re (vente &#224; d&#233;couvert ou position courte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;s&#233;quilibre a eu des r&#233;percussions sur la nature m&#234;me du march&#233; des mati&#232;res premi&#232;res, les banques se retrouvant contraintes d'acheter encore et encore (et ce, peu importe &#224; quel prix). Quand l'&#233;ch&#233;ance des contrats &#224; terme sur les indices de mati&#232;res premi&#232;res approchait, les investisseurs long-only devaient reconduire leurs positions d'achat de plusieurs milliards de dollars dans le cadre des prochains contrats &#224; terme, deux ou trois mois plus tard. Et l'effet &#224; la baisse sur les prix des positions courtes n'&#233;tant pas pris en compte dans l'indice GSCI, les traders professionnels pouvaient faire d'&#233;normes b&#233;n&#233;fices en anticipant les fluctuations du march&#233; que ces &#171; roulements &#187; finiraient par causer. &#171; Je gagne ma vie avec de l'argent stupide &#187;, a d&#233;clar&#233; Emil Van Essen, trader sur les mati&#232;res premi&#232;res, &#224; Businessweek l'ann&#233;e derni&#232;re. Employ&#233;s par les banques qui avaient justement cr&#233;e les fonds indiciels sur mati&#232;res premi&#232;res, les traders sur mati&#232;res premi&#232;res ont surf&#233; sur la vague du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques sachant reconna&#238;tre un syst&#232;me lucratif, des dizaines de sp&#233;culateurs n'intervenant jamais sur le march&#233; physique (non-physical hedgers) ont rapidement suivi l'exemple de Goldman Sachs et son indice de mati&#232;res premi&#232;res, notamment Barclays, Deutsche Bank, Pimco, JP Morgan Chase, AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers, pour n'en citer que quelques-uns. Les conditions &#233;taient propices &#224; une inflation des prix alimentaires, qui, au final, a pris de court certaines des plus grandes entreprises am&#233;ricaines dans l'industrie meuni&#232;re, l'industrie agroalimentaire et le secteur de la grande distribution, et a cr&#233;&#233; une onde de choc dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la crise de 2008, les investisseurs se sont tourn&#233;s vers les mati&#232;res premi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se raconte avec des chiffres. Depuis l'&#233;clatement de la bulle Internet en 2000, la quantit&#233; de dollars investis dans les fonds indiciels sur mati&#232;res premi&#232;res a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 50. Concr&#232;tement, en 2003, le march&#233; &#224; terme des mati&#232;res premi&#232;res ronronnait encore &#224; 13 milliards de dollars (8,98 milliards d'euros). Mais d&#233;but 2008, quand les investisseurs ont commenc&#233; &#224; s'affoler &#224; cause de la crise financi&#232;re mondiale et &#224; perdre confiance dans le dollar, la livre sterling et l'euro, ils ont vu dans les mati&#232;res premi&#232;res (et notamment les denr&#233;es alimentaires) le dernier endroit s&#251;r pour placer l'argent de leurs fonds sp&#233;culatifs, fonds de pension et fonds souverains. &#171; Des gens qui n'avaient aucune id&#233;e de ce qu'&#233;tait une mati&#232;re premi&#232;re se sont soudain mis &#224; en acheter &#187;, raconte un analyste du minist&#232;re am&#233;ricain de l'Agriculture. Au cours des 55 premiers jours de 2008, les sp&#233;culateurs ont investi 55 milliards de dollars dans les march&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res et en juillet, c'est 318 milliards de dollars (219 milliards de dollars) qui &#233;branlaient les march&#233;s. Depuis, l'inflation des prix agricoles s'est stabilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent circulait et les banques avaient sous la main tout un ensemble de nouveaux produits d&#233;riv&#233;s pour les march&#233;s de denr&#233;es alimentaires. R&#233;gis par les prix du p&#233;trole et du gaz (les principales mati&#232;res premi&#232;res des fonds indiciels), ces nouveaux produits de placement ont mis le feu aux march&#233;s de toutes les autres mati&#232;res premi&#232;res index&#233;es, donnant lieu &#224; une bulle alimentaire qui rappelle l'histoire de la tulipe, de l'Internet et de l'immobilier bon march&#233;. Le prix du bl&#233; dur roux de printemps, g&#233;n&#233;ralement compris entre 4 et 6 dollars (entre 2,70 et 4 euros) le boisseau de 60 livres (environ 27 kgs), a battu tous les records et le contrat &#224; terme sur le bl&#233; a atteint jusqu'&#224; 25 dollars. Ainsi, le prix des denr&#233;es alimentaires dans le monde a enregistr&#233; une hausse de 80 pourcent entre 2005 et 2008 et ne cesse d'augmenter depuis. &#171; La hauteur des investissements dans les march&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res a &#233;t&#233; sans pr&#233;c&#233;dent &#187;, souligne Kendell Keith, pr&#233;sident de la National Grain and Feed Association (Association nationale des c&#233;r&#233;ales et des aliments). &#171; Il ne fait aucun doute qu'il y a eu sp&#233;culation &#187;. Dans une r&#233;cente note d'information, le rapporteur sp&#233;cial de l'ONU sur le droit &#224; l'alimentation, Olivier De Schutter, a indiqu&#233; qu'en 2008, &#171; une part significative de la hausse des prix s'explique par l'&#233;mergence d'une bulle sp&#233;culative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un effet &#171; boule de neige &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est produit sur les march&#233;s agricoles n'est pas le r&#233;sultat de la &#171; sp&#233;culation &#187; traditionnelle, qui consiste &#224; acheter &#224; bas prix dans l'espoir de revendre plus cher. Aujourd'hui, avec l'indice cumulatif, l'indice Standard &amp; Poors GSCI donne 219 index tickers pour que les investisseurs, par le biais de leur syst&#232;me informatique Bloomberg, puissent miser sur n'importe quel produit, du palladium &#224; l'huile de soja, en passant par les biocarburants et le b&#233;tail. Mais l'explosion de ces nouvelles opportunit&#233;s de sp&#233;culation sur les march&#233;s mondiaux agricole, alimentaire et de b&#233;tail cr&#233;e un cercle vicieux. Plus le prix des denr&#233;es alimentaires augmente, plus l'argent abonde dans le secteur et plus les prix augmentent. Ainsi, entre 2003 et 2008, la sp&#233;culation sur les fonds indiciels a augment&#233; de 1900 pour cent. &#171; Nous assistons &#224; un choc de la demande due &#224; l'entr&#233;e d'une nouvelle cat&#233;gorie d'acteurs sur les march&#233;s &#224; terme de mati&#232;res premi&#232;res &#187;, a d&#233;clar&#233; le gestionnaire de fonds d'investissement Michael Masters devant le Congr&#232;s am&#233;ricain, pendant la crise alimentaire de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques et les traders sont les &#171; carnivores &#187; du syst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de Wall Street sur les march&#233;s agricole, alimentaire et de b&#233;tail a donc &#233;t&#233; un choc pour le syst&#232;me mondial d'approvisionnement et de production alimentaires. Les r&#233;serves mondiales sont non seulement touch&#233;es par un approvisionnement restreint et une demande accrue de c&#233;r&#233;ales, mais les banques d'investissement ont entra&#238;n&#233; une hausse artificielle du prix des march&#233;s &#224; terme de c&#233;r&#233;ales. Le bl&#233; fictif d&#233;termine d&#233;sormais le prix du vrai bl&#233;, les sp&#233;culateurs (qui repr&#233;sentaient jusqu'&#224; pr&#233;sent un cinqui&#232;me du march&#233;) &#233;tant plus nombreux que les bona-fide hedgers (de l'ordre de quatre pour un).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les banques et les traders dominent la cha&#238;ne alimentaire ; ils sont les carnivores du syst&#232;me et d&#233;vorent tout sur leur passage. Presque tout en bas, le fermier s'efforce de survivre. Pour ce dernier, la hausse du prix des c&#233;r&#233;ales aurait du &#234;tre une aubaine, mais la sp&#233;culation a &#233;galement entra&#238;n&#233; la hausse du prix de tout ce qu'il doit acheter pour cultiver ses c&#233;r&#233;ales (des graines aux engrais, en passant par le carburant diesel). Tout en bas de la cha&#238;ne se trouve le consommateur. L'Am&#233;ricain moyen, qui consacre entre 8 et 12 pourcent de son budget hebdomadaire &#224; l'alimentation, n'a pas &#233;t&#233; touch&#233; tout de suite par la hausse des prix. Mais pour les pr&#232;s de 2 milliards de personnes dans le monde qui d&#233;pensent plus de 50 pourcent de leurs revenus pour s'alimenter, les effets ont &#233;t&#233; d&#233;vastateurs : le nombre de personnes affam&#233;es a augment&#233; de 250 millions en 2008, portant le nombre total de personnes souffrant d'ins&#233;curit&#233; alimentaire dans le monde &#224; un milliard (un chiffre sans pr&#233;c&#233;dent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faudrait-il faire ? Lors de ma derni&#232;re visite &#224; la Bourse de Minneapolis, j'ai demand&#233; &#224; des traders ce qui se passerait si le gouvernement f&#233;d&#233;ral interdisait aux banques d'investissement de miser sur les march&#233;s agricoles. Ils ont &#233;clat&#233; de rire. Un coup de fil &#224; un bona-fide hedger comme Cargill ou Archer Daniels Midland et un &#233;change d'actifs plus tard et il devient impossible de distinguer sur le march&#233; &#224; terme la position d'une banque de celle d'un acheteur international de bl&#233;. Je leur ai alors demand&#233; : &#171; Et si le gouvernement interdisait les produits d&#233;riv&#233;s long-only ? &#187;. Ils se sont de nouveau esclaff&#233;s. Il leur suffit cette fois de donner leurs ordres &#224; la bourse de Londres ou de Hong Kong. Les nouveaux produits d&#233;riv&#233;s ont atteint des proportions supranationales et sont hors de port&#233;e de la l&#233;gislation des Etats souverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volatilit&#233; des prix des denr&#233;es alimentaires a &#233;galement g&#226;ch&#233; une occasion en or d'instaurer une coop&#233;ration au niveau international. Plus le prix du ma&#239;s, du soja, du riz et du bl&#233; est &#233;lev&#233;, plus les pays producteurs de c&#233;r&#233;ales dans le monde doivent coop&#233;rer afin d'&#233;viter que les pays importateurs de c&#233;r&#233;ales (g&#233;n&#233;ralement pauvres) paniquent et que la flamb&#233;e des prix agricoles et l'instabilit&#233; politique se propagent davantage. Au lieu de cela, les pays ont r&#233;agi avec nervosit&#233; et adopt&#233; des mesures de repli, des interdictions d'exporter &#224; la mise en r&#233;serve des c&#233;r&#233;ales, en passant par des confiscations de terre en Afrique pour des raisons n&#233;o-mercantiles. Et les efforts d'activistes et d'organismes internationaux soucieux de freiner cette sp&#233;culation n'ont rien donn&#233;. Pendant ce temps, les fonds indiciels continuent de prosp&#233;rer, les banques encaissent les b&#233;n&#233;fices et les pauvres dans le monde sont au bord de la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frederick Kaufman&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Charlotte Laigle&lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de par Foreign Policy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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