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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Extrait de la pr&#233;face de Mouloud Idir au livre d'Andreas Malm, Comment saboter un pipeline.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Extrait-de-la-preface-de-Mouloud-Idir-au-livre-d-Andreas-Malm-Comment-saboter</link>
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		<dc:date>2021-01-19T09:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions un extrait de la pr&#233;face &#233;crite par Mouloud Idir au livre d'Andreas Malm, Comment saboter un pipeline publi&#233; aux &#201;ditions de la rue Dorion, 2020 pour cette &#233;dition en Am&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt; Comment saboter un pipeline ? Le titre est clair et va droit au but. C'est en effet la question centrale de l'&#233;tude de Malm. En somme, quelles sont les options strat&#233;giques qui se pr&#233;sentent devant les mouvements pour le climat dans un pays comme le Canada, qui se classent bon an mal an parmi les dix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L118xH150/arton46173-c45d1.jpg?1781037621' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions un extrait de la pr&#233;face &#233;crite par Mouloud Idir au livre d'Andreas Malm, &lt;i&gt;Comment saboter un pipeline&lt;/i&gt; publi&#233; aux &#201;ditions de la rue Dorion, 2020 pour cette &#233;dition en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment saboter un pipeline ? Le titre est clair et va droit au but. C'est en effet la question centrale de l'&#233;tude de Malm. En somme, quelles sont les options strat&#233;giques qui se pr&#233;sentent devant les mouvements pour le climat dans un pays comme le Canada, qui se classent bon an mal an parmi les dix plus grands pays producteurs de p&#233;trole au monde, avec la pollution massive qui l'accompagne ? Le Canada est, rappelons-le, l'un des pays o&#249; on aura vu et compris la n&#233;cessit&#233; de l'option radicale, notamment contre le projet Keystone XL. Une option n&#233;e du constat, fait par des militant-e-s, que la voie de la n&#233;gociation et de l'environnementalisme diplomatique de type COP (Conf&#233;rence des parties &#224; la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques) est sans effet r&#233;el et ne fait que remettre &#224; plus tard l'adoption de solutions concr&#232;tes dans un rapport au temps d&#233;sormais marqu&#233; par l'urgence. Ce qui passait jadis pour un v&#339;u pieux risque de se poser &#224; nous dans les termes les plus urgents de la n&#233;cessit&#233; pratique. On aura d'ailleurs remarqu&#233; dans le contexte pand&#233;mique actuel que c'est justement l'imposition drastique de mesures de confinement prises &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire qui aura momentan&#233;ment fait baisser les &#233;missions de CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cri d'Andreas Malm est clair : quand allons-nous commencer &#224; nous en prendre physiquement &#224; ceux qui consomment la plan&#232;te ? Celle-ci est en effet, pour le moment, la seule connue sur laquelle les humains et des millions d'autres esp&#232;ces peuvent encore vivre. Nous devons la penser dans les termes de la mutualisation des d&#233;fis, du partage et non de l'emmurement. Malm refuse le fatalisme auquel peut conduire le sentiment de frustration qui tenaille nombre de militant-e-s sans toutefois les alimenter en illusion. Il pourfend, sans infantilisme ou romantisme, le refus de l'action radicale drap&#233; &#8211; le plus souvent &#8211; sous les oripeaux de la &#171; non-violence &#187;. Que les choses soient claires : le sabotage dont il est ici question vise des biens (surtout de luxe et de faible valeur d'usage au demeurant), jamais les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les atermoiements et la faiblesse des r&#233;ponses gouvernementales en mati&#232;re climatique, Malm affirme sans d&#233;tour que les militant-e-s du climat vont devoir viser, par l'action radicale incluant le sabotage, les biens de consommation les plus n&#233;fastes en mati&#232;re d'&#233;mission de gaz carbonique. Il fait &#224; cet &#233;gard des parall&#232;les instructifs puis&#233;s, entre autres, dans l'histoire du mouvement des suffragettes au Royaume-Uni, dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, dans la r&#233;sistance anticoloniale palestinienne et les mobilisations tactiques anti esclavagistes aux &#201;tats-Unis. Ces rappels historiques font toute la force de son argumentaire : le sabotage des infrastructures mortif&#232;res est aussi vieux que le capitalisme lui-m&#234;me, remontant aux luddites, aux &lt;i&gt;plug plot rioters&lt;/i&gt; et autres mouvements ouvriers qui s'en sont pris aux machines, notamment &#224; vapeur, en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat de Malm est d'une limpidit&#233; cristalline. Les mobilisations contre le capitalisme &#233;cocide, pour pacifistes et importantes qu'elles soient, demeurent sans grands effets sur les classes dominantes en compl&#232;te s&#233;cession de la majorit&#233; sociale qu'elles dirigent. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de poser la question essentielle des moyens d'une r&#233;ponse tangible et puissante pour r&#233;pondre &#224; l'&#233;normit&#233; de l'injustice commise &#224; la nature par le mod&#232;le &#233;conomique du capitalisme fossile. Il en restitue la complexit&#233; en discutant sans concession maintes perspectives aux implications th&#233;oriques majeures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bon strat&#232;ge, Malm s'&#233;vertue &#224; pointer les priorit&#233;s susceptibles de rallier le grand nombre ; celles qui font &#233;cho &#224; l'intelligence du sens commun. Prenons ce passage que l'auteur souligne lui-m&#234;me dans le texte : &lt;i&gt;&#171; Si on n'arrive m&#234;me pas &#224; se d&#233;barrasser des &#233;missions de carbone les plus ridiculement superflues, comment va-t-on commencer &#224; tendre vers z&#233;ro ? &#187;&lt;/i&gt; Une mobilisation &#233;cologique forte doit s'attaquer &#224; ce qu'il appelle &#171; le statut strat&#233;gique tr&#232;s particulier des &#233;missions de luxe &#187;, &#224; m&#234;me de d&#233;moraliser et d'accabler l'&lt;i&gt;over class&lt;/i&gt; et les ultras riches. Les &#233;missions de luxe d&#233;coulent de biens de consommation &#233;cocides et &#233;nergivores, elles sont le fer de lance id&#233;ologique du &lt;i&gt; business as usual&lt;/i&gt; d'un capitalisme tardif (notion marxiste th&#233;oris&#233;e notamment par Frederic Jamieson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frederic Jamieson, Le postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) qui, loin de se contenter de perp&#233;tuer les formes de consommation les moins viables, les &lt;i&gt;promeut activement&lt;/i&gt;. La justice th&#233;matique telle que la r&#233;fl&#233;chit Malm permet de tenir compte de la responsabilit&#233; diff&#233;renci&#233;e des diff&#233;rentes classes et nations du monde. L'Apartheid &#224; la fois &#233;conomique et environnemental (les mots sont de nous), trouve sa quintessence dans la consommation de luxe irresponsable, voire criminelle, ostentatoire et vexatoire, des riches et des ultra riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui devrait &#234;tre appr&#233;hend&#233; &#224; l'aune du &lt;i&gt;crime &#233;cologique&lt;/i&gt; (notion reprise par Malm &#224; des chercheur-e-s britanniques et datant de 2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael J. Lynch, Michael A. Long, Kimberley L. Barrett &amp; Paul B. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) est vendu comme un id&#233;al de vie. C'est sur lui que se r&#232;gle la consommation des couches interm&#233;diaires, les nouveaux riches de tous les pays se bousculant pour rejoindre les 0,0027 pour cent de la proportion de l'humanit&#233; qui est capable de se payer un super yacht ou autres biens &#233;cocides. Mais voil&#224; que dans le rapport de force existant sur ces questions, Malm ne perd pas le Nord (!). Il tient &#233;videmment compte du conflit de classes qui se dresse devant nous : il sait que tout &#201;tat capitaliste caresse les plus mollassonnes des ambitions en mati&#232;re climatique et visera plut&#244;t la r&#233;duction des &#233;missions polluantes des gens du commun, celles que Malm qualifie de &lt;i&gt;subsistance&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis de la consommation, de sa part de fascination productiviste et le son effet de d&#233;sirs, Malm appelle &#224; b&#226;tir une r&#233;sistance qui int&#232;gre la dimension subjective et la port&#233;e symbolique d'une intifada, &#233;voquant ainsi la figure du fedayin, le combattant palestinien. Premier clin d'&#339;il non euro centriste du livre pour qui sait d&#233;crypter. Donnons-lui la parole :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il faudra peut-&#234;tre s'en prendre aux sources des &#233;missions de luxe pour briser le charme dans la sph&#232;re de la consommation. Tout comme la campagne pour le d&#233;sinvestissement a &#339;uvr&#233; &#224; la stigmatisation des dividendes des combustibles fossiles, l'objectif serait ici de faire entendre une autre &#233;thique : on ne peut pas laisser br&#251;ler vives d'autres personnes impun&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Peu importe par o&#249; l'on prend la question, on reviendra toujours au point central d'une r&#233;sistance capable d'en d&#233;coudre avec l'enivrement de la culture des riches, fr&#233;n&#233;sie qui travaille nos soci&#233;t&#233;s sur le plan des affects : rien de ce qui concerne la question &#233;cologique ne nous s&#233;pare d'un mode de vie &#233;nergivore et anomique dont les SUV, les yachts, les jets priv&#233;s, les bateaux de croisi&#232;re, sont les figures abhorr&#233;es. Elles sont les symboles d'une richesse et le statut social abondamment v&#233;hicul&#233;s par l'&lt;i&gt;american way of life&lt;/i&gt;. C'est dans cet horizon de r&#234;ves et d'ali&#233;nation qu'il faut penser la notion de sabotage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les pipelines d'aujourd'hui, autant que le p&#233;trole qu'ils charrient, ce sont les repr&#233;sentations du monde qui transitent. Comme le rappelle &#201;ric Pineault dans son ouvrage sur les sables bitumineux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Pineault, Le pi&#232;ge &#201;nergie Est. Sortir de l'impasse des sables (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la fuite en avant est totale. Les grandes entreprises extractives n'entendent pas jeter l'&#233;ponge aussi facilement. Les enjeux sont tout simplement trop importants pour elles, et les investissements d&#233;j&#224; consentis trop grands. Il faut donc garder cela en t&#234;te et prendre la mesure des moyens colossaux que le capitalisme fossile peut d&#233;ployer pour orienter le d&#233;bat public et anath&#233;miser le point de vue d&#233;fendu par Malm.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Frederic Jamieson, &lt;i&gt;Le postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif&lt;/i&gt;, Paris, &#201;cole nationale sup&#233;rieure des Beaux-Arts, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael J. Lynch, Michael A. Long, Kimberley L. Barrett &amp; Paul B. Stretesky, &#171; Is it a Crime to Produce Ecological Disorganization ? Why Green Criminology and Political Economy Matter in the Analysis of Global Ecological Harms &#187;, &lt;i&gt;British Journal of Criminology&lt;/i&gt;, vol. 53, 2013, p. 997-1016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Pineault, &lt;i&gt;Le pi&#232;ge &#201;nergie Est. Sortir de l'impasse des sables bitumineux&lt;/i&gt;, Montr&#233;al &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mon point de vue est, sans nul doute, fa&#231;onn&#233;...</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mon-point-de-vue-est-sans-nul-doute-faconne</link>
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		<dc:date>2020-06-09T07:33:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lisabeth Garant , &#201;lodie Ekobena, Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mon point de vue est, sans nul doute, fa&#231;onn&#233; par mon histoire, et il est probable que seul un individu m&#233;pris&#233; par l'Histoire en vienne &#224; la remettre en question. D'un autre c&#244;t&#233;, ceux qui imaginent que l'Histoire les flatte (ce qu'elle fait effectivement, ayant &#233;t&#233; &#233;crite par eux) sont prisonniers de leur histoire, tels des papillons &#233;pingl&#233;s, et deviennent incapables de se voir tels qu'ils sont ou de changer quoi que ce soit &#224; eux-m&#234;mes ou au monde. James Baldwin &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Infolettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton43911-dd8ce.png?1781037624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mon point de vue est, sans nul doute, fa&#231;onn&#233; par mon histoire, et il est probable que seul un individu m&#233;pris&#233; par l'Histoire en vienne &#224; la remettre en question. D'un autre c&#244;t&#233;, ceux qui imaginent que l'Histoire les flatte (ce qu'elle fait effectivement, ayant &#233;t&#233; &#233;crite par eux) sont prisonniers de leur histoire, tels des papillons &#233;pingl&#233;s, et deviennent incapables de se voir tels qu'ils sont ou de changer quoi que ce soit &#224; eux-m&#234;mes ou au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; James Baldwin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Infolettre sp&#233;ciale sur le racisme | 4 juin 2020 &#62304; &lt;br class='autobr' /&gt;
De Centre justice et foi (Vivre ensemble), le 2020-06-04 16:39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat en direct de George Floyd nous a boulevers&#233;s. Nous avons &#233;t&#233; touch&#233;s, m&#234;me physiquement, au plus profond de nous-m&#234;mes par son cri &#171; je ne peux plus respirer &#187;. Sa suffocation a trouv&#233; &#233;cho dans notre propre difficult&#233; &#224; regarder l'insupportable. Mais nous voulons retrouver notre souffle en partageant collectivement notre indignation et en appelant &#224; ce que quelque chose change vite d&#232;s maintenant. Cela a trop dur&#233;, aux &#201;tats-Unis, mais aussi ailleurs sous d'autres formes, comme au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elles soient issues ou non de l'immigration, les personnes afro-descendantes vivent au quotidien le fait d'&#234;tre constamment interpell&#233;es, poursuivies, suspect&#233;es ou somm&#233;es de se justifier. Elles doivent r&#233;guli&#232;rement faire face &#224; la discrimination, au travail, dans l'acc&#232;s au logement ou m&#234;me &#224; une garderie. Les r&#233;cents meurtres de George Floyd, Breonna Taylor, Amaud Arbery aux &#201;tats-Unis, comme ceux qui ont eu lieu au Qu&#233;bec et au Canada, notamment ceux de Regis Korchinsky-Paquet, Pierre Coriolan ou de Nicholas Gibbs ne sont pas anecdotiques. Ils rel&#232;vent d'une histoire d'indignit&#233; et d'un racisme &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233;, surtout syst&#233;mique et institutionnel, trop souvent d&#233;ni&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al, les personnes noires, autochtones et arabes sont de 4 &#224; 6 fois plus susceptibles d'&#234;tre interpell&#233;es par la police, en plus d'&#234;tre surrepr&#233;sent&#233;es dans les prisons. C'est ce que rappelle et souligne notamment le rapport Les interpellations polici&#232;res &#224; la lumi&#232;re des identit&#233;s racis&#233;es des personnes interpell&#233;es, produit en ao&#251;t 2019 par Victor Armony, Mariam Hassaoui et Massimiliano Mulone ou encore celui d'Andr&#233; Jacob, &#171; &lt;i&gt;Le Service de police de la Communaut&#233; urbaine de Montr&#233;al et la gestion de la diversit&#233; en milieu pluriethnique &lt;/i&gt; &#187;, datant de 1993, qui appelait &#224; une s&#233;rieuse &#233;valuation des op&#233;rations polici&#232;res envers les personnes noires, &#224; la suite de &#171; la mort &#187; d'Anthony Griffin et de Marcellus Fran&#231;ois. Il y a l&#224; ind&#233;niablement une fracture raciale au regard de cette disproportion alarmante. Cela n'est qu'un exemple parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces personnes interpell&#233;es ou qui sont tu&#233;es impun&#233;ment font partie de groupes sociaux qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s essentiels lors de cette pand&#233;mie, autant dans le milieu de la sant&#233;, que dans les commerces et de nombreux autres secteurs. La crise sanitaire r&#233;v&#232;le la vuln&#233;rabilit&#233; de ces populations, et les capacit&#233;s in&#233;gales de notre soci&#233;t&#233; &#224; leur de porter secours. Elle expose au grand jour les m&#233;faits des logiques d'exploitation, du d&#233;ni de droits et de sous-citoyennet&#233; caract&#233;risant le rapport au monde du travail contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons &#224; exprimer notre soutien &#224; ceux et celles qui exigent l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie et qui demandent que justice soit faite ; &#224; ceux et celles qui se tiennent debout et s'engagent contre la domination. Dans le contexte de d&#233;responsabilisation politique, de silence g&#234;nant (comme celui du premier ministre Justin Trudeau) et de d&#233;clarations vertueuses, mais non suivies d'engagements clairs et cibl&#233;s (Service de police de la Ville de Montr&#233;al (SPVM), premier ministre Fran&#231;ois Legault), nous souhaitons apporter notre soutien aux personnes dont la lutte contre le racisme et l'indiff&#233;rence est un enjeu de dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des rapports qu'entretiennent les &#201;tats avec certaines minorit&#233;s et de leur refus de s'attaquer politiquement aux dimensions institutionnelles, syst&#233;miques et postcoloniales de ces maux, il y a lieu de prendre la mesure de ces ph&#233;nom&#232;nes de violences polici&#232;res qui accompagnent trop souvent le racisme, comme ce fut le cas aux &#201;tats-Unis et qui ne sont pas toujours destin&#233;s &#224; &#234;tre honteusement cach&#233;s, &#224; l'instar de ce policier de Minneapolis, Derek Chauvin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne faut pas perdre de vue que le d&#233;veloppement du racisme va de pair avec le recul de la citoyennet&#233;. Tout cela doit nous interpeler profond&#233;ment et nous faire prendre conscience de la n&#233;cessit&#233; d'un processus de refondation de la d&#233;mocratie &#224; partir du v&#233;ritable sens de l'&#233;galit&#233; qui en constitue son fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de sortir des discours victimaires et doloristes. Il ne s'agit pas ici de corps malheureux, ballott&#233;s et sans d&#233;fense, sacrifi&#233;s ou qui servent de proie aux violences multiples. Loin de l&#224;, les personnes qui vivent au quotidien le racisme &#233;laborent des strat&#233;gies, construisent des solidarit&#233;s et inventent des formes de sociabilit&#233; collective qui sont indispensables au renouvellement dynamique de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Elles sont dot&#233;es d'une puissance d'agir qu'il faut aujourd'hui soutenir totalement par notre solidarit&#233; et notre engagement &#224; leurs c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons aussi rappeler les &#201;tats &#224; leurs responsabilit&#233;s. Nous attendons des actions qui traduisent une profonde volont&#233; de reconfigurer la matrice soci&#233;tale des rapports de pouvoir selon des modalit&#233;s et des param&#232;tres qui r&#233;cusent clairement et sans &#233;quivoque les hi&#233;rarchies socio&#233;conomiques, symboliques et r&#233;elles qui tiennent la majorit&#233; et certaines minorit&#233;s non euro-descendantes &#224; une grande distance sociale. Un enjeu soulev&#233; sans d&#233;tour par Daniel Sal&#233;e dans sa critique du mod&#232;le interculturaliste il y a d&#233;j&#224; 10 ans de cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous croyons aussi &#224; des pratiques quotidiennes de r&#233;sistance, de solidarit&#233; et de voisinage, par le bas, qui sont en d&#233;finitive la substance d'une reconstruction active de la citoyennet&#233;. La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise regorge d'initiatives de ce type. Il faut les faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se profile &#224; l'horizon des mobilisations insoup&#231;onn&#233;es des derniers jours, ce sont aussi des pratiques locales posant la question de la justice spatiale dans les milieux de vie, puisque &#171; le monde entier &#187; est aujourd'hui pr&#233;sent dans chaque voisinage et vient en quelque sorte nous chercher &#224; domicile. Nous pouvons observer ce d&#233;sir de lutter contre ce d&#233;ni de justice dans nos quartiers &#224; la faveur de banderoles mises sur nombre de balcons en solidarit&#233; avec ce qui se passe &#224; Minneapolis. L'&#233;cho &#224; la mobilisation &#233;tasunienne est aussi une volont&#233; de se rattacher &#224; une communaut&#233; d'exp&#233;rience et de sort. La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise s'ins&#232;re &#224; sa fa&#231;on dans ce qu'Achille Mbembe, dans son livre Critique de la raison n&#232;gre, appelle une tentative de &#171; &lt;i&gt; remont&#233;e en humanit&#233; &lt;/i&gt; &#187; face au &#171; &lt;i&gt; devenir n&#232;gre du monde&lt;/i&gt; &#187; et au d&#233;sir d'apartheid qui taraudent surtout les dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce temps de pand&#233;mie, notre sort est commun&#233;ment partag&#233;. Il y a un foisonnement social qui ne se rattache nullement aux discours creux des &#233;lites m&#233;diatiques et politiques. C'est &#224; cette cosmopolitique pluraliste que nous voulons contribuer en continuant &#224; jeter les bases d'une soci&#233;t&#233; ayant l'hospitalit&#233; et l'&#233;gale dignit&#233; comme principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes et le panel de discussion que vous propose le secteur Vivre ensemble ici vont dans ce sens. Ils &#233;manent des r&#233;flexions de partenaires qui permettent de mieux comprendre ce qu'est le racisme et son d&#233;ploiement autant ici au Qu&#233;bec qu'ailleurs dans le monde, notamment aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le secteur Vivre ensemble, &#224; Montr&#233;al le 4 juin 2020,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lodie Ekobena, Mouloud Idir et &#201;lisabeth Garant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUELQUES PISTES DE LECTURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;La dignit&#233; et l'honneur en politique : qu'est-ce &#224; dire au regard du racisme et des personnes noires ? Entretien avec le philosophe Norman Ajari.&lt;br class='autobr' /&gt; Norman Ajari, 10 octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;Aux racines du racisme anti-noir | Recension du livre &#171; NoirEs sous surveillance &#187; de Robyn Maynard &lt;br class='autobr' /&gt; Alexandra Pierre, 27 mars 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;Apprendre aussi &#224; compter sur ses propres forces | &#192; propos de N&#232;gres noirs, n&#232;gres blancs de David Austin &lt;br class='autobr' /&gt; Christian Brouillard, 5 novembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;Pour une pleine participation des communaut&#233;s noires &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise&lt;br class='autobr' /&gt; Jean-Claude Icart, 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;M&#233;moire : Pr&#233;sentation du m&#233;moire du Centre justice et foi sur le racisme et la discrimination syst&#233;miques &#224; l'Office de consultation publique de Montr&#233;al &lt;br class='autobr' /&gt; 13 novembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9642;&#65039;Panel avec Delphine Abadie et Frantz Voltaire : Racisme, exclusion et pluralisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;mocratie &#224; l'&#233;preuve des migrations </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-democratie-a-l-epreuve-des-migrations</link>
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		<dc:date>2019-01-29T07:38:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-29</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors qu'on soulignait la Journ&#233;e internationale des migrants le 18 d&#233;cembre dernier et dans un contexte o&#249; la signature du Pacte mondial des migrations cr&#233;e bien des remous, il convient de rappeler qu'&#224; cette m&#234;me date, en 1990, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU adoptait la Convention internationale de protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille. Bien qu'aucun des &#201;tats riches de destination des personnes migrantes ne l'ait encore sign&#233;e ou ratifi&#233;e, cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-29&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton37561-b6062.jpg?1781037625' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'on soulignait la Journ&#233;e internationale des migrants le 18 d&#233;cembre dernier et dans un contexte o&#249; la signature du Pacte mondial des migrations cr&#233;e bien des remous, il convient de rappeler qu'&#224; cette m&#234;me date, en 1990, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU adoptait la Convention internationale de protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille. Bien qu'aucun des &#201;tats riches de destination des personnes migrantes ne l'ait encore sign&#233;e ou ratifi&#233;e, cette convention &#233;nonce des principes essentiels auxquels on pourrait r&#233;f&#233;rer pour l'&#233;laboration d'instruments juridiques &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Infolettre du CJF | Janvier 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malheureusement, le r&#233;cent Pacte mondial des migrations, dites et voulues &#171; s&#251;res, ordonn&#233;es et r&#233;guli&#232;res &#187;, sign&#233; &#224; Marrakech le 10 d&#233;cembre dernier, n'en tient pas v&#233;ritablement compte. En effet, ce dernier n'&#233;nonce pas de recommandations fermes en termes de droits humains, contrairement &#224; celles qu'on retrouve dans les autres grandes conventions internationales en la mati&#232;re. Ce pacte induit m&#234;me une logique technocratique de n&#233;gociation multilat&#233;rale tr&#232;s largement impr&#233;gn&#233;e par le langage de la bonne gouvernance en mati&#232;re migratoire. Tout cela tend &#224; d&#233;politiser les enjeux. Nous esp&#233;rons que les recommandations issues de ce Pacte ne seront pas de nature &#224; filtrer la mobilit&#233; humaine sur des bases essentiellement utilitaristes et &#233;litistes[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ces tractations surviennent alors que les migrantes et les migrants, victimes par milliers d'exodes, de d&#233;racinement, de rejet et de racisme de toutes formes, paient de leur vie les bouleversements g&#233;opolitiques et climatiques. Car, faut-il le rappeler, le migrant ou le r&#233;fugi&#233; sans droits est une r&#233;alit&#233; consubstantielle au capitalisme n&#233;olib&#233;ral militaris&#233; qui domine le monde. C'est pourquoi il est le spectre qui nous hante, nous rappelant la trahison des valeurs dans laquelle nous sommes tomb&#233;s et l'illusion de d&#233;mocratie dans laquelle nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure du migrant et le cort&#232;ge de malheurs qui l'accompagne ne forment pas un &#233;l&#233;ment ext&#233;rieur qui viendrait cogner &#224; notre porte en intrus. Le sort de ces personnes ne nous est pas &#233;tranger et notre r&#233;ponse ne saurait se limiter &#224; un imp&#233;ratif moral d'hospitalit&#233; ou de g&#233;n&#233;rosit&#233;. Les flux d'humains en d&#233;tresse qui d&#233;clenchent la peur parmi les populations de certains pays r&#233;sultent de situations que nous avons grandement contribu&#233; &#224; cr&#233;er, enjoignant une responsabilit&#233; de notre part. Car l'histoire de notre confort participe en quelque sorte de l'histoire de l'exploitation du monde. Que faire, d&#232;s lors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner corps au &#171; droit d'avoir des droits &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour convaincre d'agir sur la question migratoire, il ne reste, le plus souvent, du moins dans les m&#233;dias, que le discours humanitaire. Les possibilit&#233;s de faire valoir ou de rendre audible le langage des droits fondamentaux sont infimes. Pourtant, il vaudrait mieux rappeler les &#201;tats &#224; leurs responsabilit&#233;s sur cet enjeu. Et plaider pour un accueil qui int&#232;gre &#224; leur syst&#232;me et leurs principes le devoir hospitalier, voire pour qu'ils fassent inscrire ce devoir dans le droit international. Sur ce plan, le principe &#224; faire valoir devrait se fonder sur le rappel que les migrants en situation de grande pr&#233;carit&#233; ou de non-droit devraient pouvoir jouir de droits qui ont pr&#233;s&#233;ancesur les lois et r&#232;glements &#233;tatiques. Cela ouvre la porte &#224; une sorte de &#171; droit d'avoir des droits &#187; qui pourrait offrir aux personnes migrantes des instruments juridiques pour se d&#233;fendre ou &#234;tre repr&#233;sent&#233;es devant des juridictions ex&#233;cutoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a bien rappel&#233; le philosophe &#201;tienne Balibar, il ne s'agit pas de mettre fin par d&#233;cret &#224; l'errance des migrants et des demandeurs d'asile, non plus que de faire dispara&#238;tre d'un trait de plume les causes qui ont d&#233;termin&#233; leur exode. Il s'agit plut&#244;t &#171; d'emp&#234;cher que, sous couvert de hi&#233;rarchiser ces causes, la politique des &#201;tats transforme l'exode en un processus d'&#233;limination. Les migrants en proie &#224; l'errance et ceux et celles qui leur viennent en aide &#187; doivent avoir le droit de leur c&#244;t&#233; dans leurs efforts pour r&#233;sister &#224; ce processus. Il s'agit de savoir si les &#201;tats expulsent de leur sein cette partie de l'humanit&#233;, ou s'ils l'int&#232;grent &#224; leur ordre politique et &#224; leur syst&#232;me de valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, tout cela pose la question de la souverainet&#233; des &#201;tats, car la logique inter&#233;tatique actuelle refuse de prendre en compte, sur le plan juridique, la dimension universaliste de l'humanit&#233; ainsi que l'imp&#233;ratif de mondialiser certains droits et certains domaines du droit. Cela montre bien que la r&#233;flexion sur les fondements des droits humains a &#233;t&#233; fig&#233;e dans le moule de l'&#201;tat-nation. Or, il est imp&#233;rieux de ne pas &#233;luder la question des fondements du droit. Car c'est elle qui permet de ne pas perdre de vue un principe fondamental, &#224; savoir que l'&#234;tre humain existe avant l'&#201;tat. Lorsqu'on dit &#171; avant &#187;, on ne renvoie pas &#224; une ant&#233;riorit&#233; historique, mais &#224; une approche ontologique. L'humain est l&#224; d'abord. La question de ses droits se pose donc en soi. Celle de sa libert&#233; individuelle, toujours en rapport avec la libert&#233; collective, doit &#234;tre pens&#233;e et r&#233;gl&#233;e politiquement. L'enjeu est donc politique et tr&#232;s largement citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attention port&#233;e &#224; une analyse plus politique et d&#233;mocratique du fait migratoire s'inscrit dans une vision active et non seulement statutaire des droits et de la citoyennet&#233;. La remise en question des limites de la souverainet&#233; &#233;tatique par la pratique de la citoyennet&#233; active est fondamentale pour penser l'enjeu migratoire dans une optique plus d&#233;mocratique et &#233;galitaire. En ce sens, comme le rappelle le politologue Martin Deleixhe, &#171; la citoyennet&#233; n'appartient en droit &#224; personne puisqu'elle n'est que le fruit d'une volont&#233; et d'une participation cr&#233;atrice &#187; &#224; une communaut&#233; politique. Deleixhe nous dit en somme &#171; que la citoyennet&#233; ne peut faire abstraction de cette r&#233;f&#233;rence &#224; la cr&#233;ation collective et &#233;galitaire, car c'est depuis celle-ci que la citoyennet&#233; comme activit&#233; redessine perp&#233;tuellement les contours de la citoyennet&#233; comme statut. [&#8230;] elle n'est rien d'autre que la capacit&#233; collective de constituer l'&#201;tat ou l'espace public[2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision permet de tenir compte de l'enjeu de l'exclusion et de la pr&#233;carit&#233; dans l'analyse politique du fait migratoire, c'est-&#224;-dire de porter attention &#224; ceux et celles que le d&#233;ni de citoyennet&#233; ou de droits prive carr&#233;ment des conditions mat&#233;rielles d'existence et des formes de reconnaissance qui font la dignit&#233; de l'&#234;tre humain.Cela n'est pas seulement un crit&#232;re th&#233;orique servant &#224; mesurer le degr&#233; de proximit&#233; des mod&#232;les historiques de citoyennet&#233; et de d&#233;mocratie par rapport &#224; leur forme id&#233;ale : c'est une fa&#231;on de se confronter &#224; la r&#233;alit&#233; de l'extr&#234;me violence au c&#339;ur de la vie quotidienne dans l'histoire des soci&#233;t&#233;s contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nous aborderons ces questions plus en d&#233;tail dans un num&#233;ro &#224; para&#238;tre de la revue Relations (no 801, mars-avril 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Martin Deleixhe, &#171; L'hospitalit&#233;, &#233;galitaire et politique ? &#187;, Revue Asylon(s), n&#176;13, novembre 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cho &#224; l'appel pour une commission d'enqu&#234;te sur le racisme syst&#233;mique </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Echo-a-l-appel-pour-une-commission-d-enquete-sur-le-racisme-systemique</link>
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		<dc:date>2016-09-06T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-08-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte de l'appel a un grand m&#233;rite : il fait parler les chiffres. Ceux-ci dressent un portrait succinct des obstacles rencontr&#233;s par beaucoup de nos concitoyens : tant&#244;t d&#233;crits comme communaut&#233;s racis&#233;es, tant&#244;t comme Autochtones, tant&#244;t comme minorit&#233;s. Ils permettent de prendre la mesure du racisme dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, mais aussi de la r&#233;alit&#233; des personnes qui le subissent. &lt;br class='autobr' /&gt; Trois &#233;l&#233;ments de cet appel sont fondamentaux : l'importance de mieux comprendre ce qu'est le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Debats-" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-08-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-08-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton27470-c8c76.jpg?1781037627' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte de l'appel a un grand m&#233;rite : il fait parler les chiffres. Ceux-ci dressent un portrait succinct des obstacles rencontr&#233;s par beaucoup de nos concitoyens : tant&#244;t d&#233;crits comme communaut&#233;s racis&#233;es, tant&#244;t comme Autochtones, tant&#244;t comme minorit&#233;s. Ils permettent de prendre la mesure du racisme dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, mais aussi de la r&#233;alit&#233; des personnes qui le subissent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois &#233;l&#233;ments de cet appel sont fondamentaux : l'importance de mieux comprendre ce qu'est le racisme, de le documenter et enfin l'imp&#233;ratif de d&#233;crier le manque d'outils politiques et l&#233;gaux pour rendre compte de l'intersectionnalit&#233; des oppressions. &#192; cet &#233;gard, les politiques publiques sont largement en d&#233;calage avec ce que nous enseigne la sociologie du racisme. Cet appel nous place encore une fois devant l'importance de d&#233;voiler ce qui sous-tend, souvent de mani&#232;re inconsciente, les nouvelles formes de racisme. Dans une soci&#233;t&#233; et une nation comme le Qu&#233;bec, historiquement la cible de repr&#233;sentations x&#233;nophobes dans l'ensemble canadien, il serait ind&#233;cent de ne pas lutter contre ce fl&#233;au quand son visage perfide appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme cette demande de commission d'enqu&#234;te a une vertu politique importante. Elle repose sur la place que doivent consentir les majorit&#233;s des d&#233;mocraties lib&#233;rales &#224; l'&#233;gard des groupes minor&#233;s qui font face &#224; l'exclusion. Cela met les d&#233;mocraties lib&#233;rales au d&#233;fi d'imaginer des arrangements institutionnels qui, pour reprendre les mots du philosophe &#201;tienne Balibar, &#171; d&#233;mocratisent la d&#233;mocratie &#187; et &#171; excluent l'exclusion &#187;2. Dans cette optique, les groupes qui se mobilisent collectivement ne manifestent pas les traits d'une identit&#233;. Ils mettent plut&#244;t en sc&#232;ne des rapports entre identit&#233;s : mieux encore, ils mettent en sc&#232;ne un rapport entre inclusion et exclusion. Au fond, il s'agit de lutter contre les logiques de d&#233;-d&#233;mocratisation. Et le gouvernement qu&#233;b&#233;cois actuel en induit beaucoup par ses politiques aust&#233;ritaires et &#233;conomiques. Car le d&#233;veloppement des pr&#233;jug&#233;s sous leurs diverses formes est inversement proportionnel &#224; la vitalit&#233; de notre citoyennet&#233; d&#233;mocratique. Il importe de ne pas perdre de vue que la citoyennet&#233; n'est pas automatiquement d&#233;mocratique ou &#233;galitaire. L'&#233;galit&#233; n'est pas naturelle, il faut souvent la faire advenir en bousculant les logiques de fonctionnement &#171; naturelles &#187; de nos institutions. C'est le grand m&#233;rite de cet appel. Il exige de penser une communaut&#233; politique fond&#233;e sur des conceptions de l'&#233;galit&#233; et de la d&#233;mocratie aux antipodes des mod&#232;les en vogue. Les questions identitaires et le rapport &#224; l'alt&#233;rit&#233; sont au c&#339;ur des d&#233;bats actuels. D'abord parce qu'ils mettent en sc&#232;ne ce qui soustend le vivre-ensemble : c'est-&#224;-dire le souci pour un monde commun. De donn&#233; et naturel, il devient politique ; il rel&#232;ve de notre responlisabilit&#233;. Une telle perspective exige que l'&#233;galit&#233; qui pr&#233;side aux fondements de nos institutions puisse se v&#233;rifier en actes effectifs. Certes, les notions d'exclusion et d'inclusion en cause dans ces d&#233;bats ne d&#233;crivent pas tant des r&#232;gles ou des situations fixes que des conflits sociaux et des rapports de pouvoir au travers desquels la citoyennet&#233; &#171; r&#233;fl&#233;chit &#187; ses propres conditions de possibilit&#233;. La notion d'exclusion est r&#233;v&#233;latrice des contradictions actuelles qui traversent la citoyennet&#233; &#224; cause de diff&#233;rents m&#233;canismes qui tiennent &#224; distance de l'&#233;galit&#233; effective des cat&#233;gories importantes de nos populations. Cela n&#233;cessite donc de d&#233;fendre des droits fondamentaux, mais aussi de penser leur combinaison avec des repr&#233;sentations et des pratiques. ce qui demande notamment que l'on s'attarde aux repr&#233;sentations et aux dynamiques d'exclusion s'appliquant quotidiennement &#224; l'exp&#233;rience des personnes. La mise sur pied d'une telle commission peut aider &#224; en situer les causes ou les non-dits (savamment dissimul&#233;s dans les comportements), voire des biais implicites. Ce rappel est fondamental car les personnes ici victimes ou sujettes au racisme disposent dans la majorit&#233; des cas des m&#234;mes droits que le grand nombre. C'est ce constat qui implicitement pose l'importance de la mise sur pied d'une telle commission sur le racisme pour les personnes ayant initi&#233; l'appel ici discut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;canique raciste3 et stigmatisante - &#224; l'&#232;re de la radicalisation n&#233;olib&#233;rale et de l'extr&#234;me extension des domaines de la droite4 - agit sur nos mani&#232;res de penser, de ressentir et de percevoir les parties qui composent nos soci&#233;t&#233;s. Elle fait en sorte que notre compassion se distribue in&#233;galement et que notre mansu&#233;tude soit moins grande &#224; l'&#233;gard de certains groupes humains pr&#233;sent&#233;s comme porteurs de traits antith&#233;tiques avec les exigences de la vie &#171; moderne &#187;, &#171; civilis&#233;e &#187; ou simplement &#171; normale &#187;. La m&#233;canique raciste induit ainsi une &#171; empreinte &#187; sociale et humaine trop importante &#224; nos yeux pour ne pas mobiliser quelques-uns de nos efforts afin de tenter de l'arr&#234;ter, de la d&#233;monter et de la d&#233;manteler. Ce sont des dignit&#233;s foul&#233;es et des conditions d'&#233;panouissement individuel et collectif affect&#233;es, voire d&#233;truites ; ce sont trop souvent des vies bris&#233;es, pr&#233;caris&#233;es. Ce sont autant de violences d&#233;shumanisantes, symboliques et r&#233;elles, ici et ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Sous ce lien : &lt;a href=&#034;http://plus.lapresse.ca/screens/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://plus.lapresse.ca/screens/&lt;/a&gt; e9020f7c-0021-4659-a972-e2908ac6db6b%7C_0. html &lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#201;tienne Balibar, &#171; De quoi les exclus sont-ils exclus ? &#187;, dans La proposition de l'&#233;galibert&#233;, Paris, PUF, 2010, pp.241-251. &lt;br class='autobr' /&gt; 3 Voir notamment : http:// lmsi.net/La-mecanique-raciste &lt;br class='autobr' /&gt;
4 Pour en savoir plus : http://www.lesinrocks. com/2014/06/03/actualite/contre-lideologie-dominante-11508024/&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;opolitique de l'islamophobie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Geopolitique-de-l-islamophobie</link>
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		<dc:date>2016-04-05T07:35:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-04-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La vision dominante qui pr&#233;vaut dans notre soci&#233;t&#233; au sujet de l'islam et de l'espace g&#233;oculturel musulman remonte aux croisades et au discours orientaliste qui en d&#233;coule. L'islamophobie occidentale n'a donc pas attendu le fondamentalisme islamique contemporain pour exister. Elle existe depuis longtemps et elle lui survivra sans doute. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site du Journal des alternatives. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le sens commun, elle tient cependant pour beaucoup au mantra de la guerre contre le terrorisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-04-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-04-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton25839-dcf7e.jpg?1781037628' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vision dominante qui pr&#233;vaut dans notre soci&#233;t&#233; au sujet de l'islam et de l'espace g&#233;oculturel musulman remonte aux croisades et au discours orientaliste qui en d&#233;coule. L'islamophobie occidentale n'a donc pas attendu le fondamentalisme islamique contemporain pour exister. Elle existe depuis longtemps et elle lui survivra sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du Journal des alternatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le sens commun, elle tient cependant pour beaucoup au mantra de la guerre contre le terrorisme popularis&#233;e par l'administration n&#233;oconservatrice Bush, Rumsfeld, Cheney et Wolfowitz. Un discours qui s'arcboute &#224; la strat&#233;gie imp&#233;riale et expansionniste du Pentagone mieux connue le nom de Project for a New American Century (Projet pour le Nouveau Si&#232;cle Am&#233;ricain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette strat&#233;gie vise notamment &#224; ceinturer le vaste monde musulman sur le plan militaire en vue notamment de barrer la route &#224; l'ascension de p&#244;les concurrents d&#233;sormais incarn&#233;s par les &#201;tats du BRICS (Russie, Chine, Inde, Br&#233;sil, Afrique du Sud, Iran) qui entament la mainmise sur la r&#233;gion des &#201;tats de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du si&#232;cle dernier et au sortir de la Conf&#233;rence afro-asiatique de Bandung de 1955, p&#233;riode qui co&#239;ncidait avec les mouvements de d&#233;colonisation, c'&#233;tait les projets souverainistes de construction nationale bourgeois et s&#233;culiers qui &#233;taient pris &#224; partie par l'axe de l'OTAN en favorisant des tendances plus conservatrices et beaucoup moins antisyt&#233;miques . Les travaux de l'historien Mahmood Mamdani ont &#233;t&#233; plus loin : ils ont m&#234;me magistralement d&#233;montr&#233; l'historicit&#233; des liens objectifs, bien qu'inavou&#233;s, entre l'administration &#233;tasunienne et de nombreuses franges arm&#233;es se r&#233;clamant de l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces groupes djihadistes, les courants politiques de type wahhabite et plus fondamentaliste auraient &#233;prouv&#233; beaucoup plus d'obstacles pour s'&#233;tendre au-del&#224; de l'Arabie Saoudite et d'un pays comme le Pakistan - qui servit de base-arri&#232;re &#224; l'endiguement sovi&#233;tique et plus largement des mouvements moins align&#233;s sur l'axe anglo-saxon - sans le grand appui permanent et puissant des &#201;tats-Unis. De leur c&#244;t&#233;, les Britanniques &#233;taient parvenus &#224; briser l'unit&#233; indienne en convaincant les leaders musulmans de former un &#201;tat s&#233;par&#233; qui deviendra le Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, on saisit un peu mieux l'initiative prise alors par les &#201;tats-Unis pour casser le front uni des &#201;tats d'Afrique et d'Asie n&#233; et consolid&#233; lors de la Conf&#233;rence de Bandung. Cette strat&#233;gie se fera surtout en &#339;uvrant &#224; casser ce front tiers-mondiste en optant pour une conf&#233;rence islamique concurrente, qui fut fortement promue (depuis la fin des ann&#233;es 1950) par l'Arabie Saoudite et le Pakistan, et qui donna lieu &#224; la mise sur pied de l'Organisation de la coop&#233;ration islamique en 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islam politique, en d&#233;pit des nuances et de la prudence auxquelles cette notion doit faire appel, a pour donc beaucoup rayonn&#233; et essaim&#233; par ce type de moyen. Ce qui donne &#224; croire, au gr&#233; des &#233;l&#233;ments rappel&#233;s ici, que l'islamisation de la r&#233;volte politique que l'on observe actuellement n'est pas tant le fait d'une affirmation spontan&#233;e de peuples en qu&#234;te de sens &#8211; telle une sorte de suppl&#233;ment d'&#226;me - que la mobilisation politique des r&#233;f&#233;rents religieux &#224; des fins de p&#233;rennisation d'un ordre historique de domination. Le d&#233;fi est donc d'en rendre compte rigoureusement sur le plan sociologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au moment o&#249; nos &#233;lites m&#233;diatiques font &#233;cho aux discours officiels de nos dirigeants arguant lutter contre la menace terroriste, l'analyse plus complexe nous donne plut&#244;t &#224; voir que la strat&#233;gie de nos &#201;tats tend surtout &#224; conforter la position r&#233;gionale des monarchies et p&#233;tro-&#233;mirats du Golfe adoub&#233;s par l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en ressassant des querelles de l'&#232;re m&#233;di&#233;vale, en r&#233;activant des haines th&#233;ologiques mill&#233;naires et en jouant sur les schismes de l'islam, ces monarchies et p&#233;tro-&#233;mirats op&#232;rent souvent comme argentiers finan&#231;ant des groupes djihadistes qui se d&#233;ploient objectivement comme sous-traitants des puissances de l'OTAN dans beaucoup de zones sur la plan&#232;te. Ils fournissent aussi et surtout les pr&#233;textes aux interventions militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que les monarchies et &#201;mirats du Conseil de coop&#233;ration du Golfe (CCG) accueillent de nombreuses bases militaires de l'OTAN quadrillant le pourtour de la Mer M&#233;diterran&#233;e, de la Mer Rouge et de l'Oc&#233;an indien. Ces entit&#233;s d&#233;pendent pour beaucoup du soutien sans &#233;quivoque de l'OTAN (comme on a pu le voir avec la r&#233;action saoudienne au soul&#232;vement populaire au Bahre&#239;n et r&#233;cemment au Y&#233;men).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons que cette r&#233;gion du Golfe tient &#224; son importance vitale et majeure comme d&#233;bouch&#233;s pour les &#201;tats de l'OTAN, en particulier pour des ventes d'armements et divers contrats juteux et mirobolants dans le domaine de la construction et de l'ing&#233;nierie. Le tout sous un fond de totale logique n&#233;olib&#233;rale et de recyclage des p&#233;trodollars dans des m&#233;canismes financiers occultes et &#233;chappant au contr&#244;le &#233;tatique. Ces raisons &#233;conomiques demeurent la cause majeure du soutien ind&#233;fectible que leur apportent les puissances de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; aussi l'importance des ressources que ces &#201;tats mobilisent pour contenir les demandes d&#233;mocratiques latentes dans les pays de la sous-r&#233;gion et qui pourraient prendre des formes de politisation plus en phase avec les cat&#233;gories marginalis&#233;es et appauvries. Mais surtout contre toute vell&#233;it&#233; remettant en cause l'&#233;quilibre r&#233;gional et la position des dirigeants locaux qui usent de fa&#231;on ostentatoire de leur mirobolante richesse pour maintenir leur domination sur les peuples de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on esp&#232;re sortir des regards qui alimentent l'islamophobie, le d&#233;fi devra consister - notamment - &#224; opter pour une analyse profane des raisons politiques qui ont le plus souvent une apparence religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe &#201;tienne Balibar disait r&#233;cemment qu'aucune guerre n'a ses causes dans la religion elle-m&#234;me : toujours il y a &#171; par en dessous &#187; des oppressions, des conflits de pouvoir, des strat&#233;gies &#233;conomiques. La trop grande richesse, la trop grande mis&#232;re. Mais quand le &#171; code &#187; de la religion (ou de la &#171; contre-religion &#187;) s'en empare, la cruaut&#233; peut exc&#233;der toute limite, car l'ennemi devient anath&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du droit de boycotter le colonialisme et l'apartheid de l'&#201;tat isra&#233;lien </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Du-droit-de-boycotter-le-colonialisme-et-l-apartheid-de-l-Etat-israelien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Du-droit-de-boycotter-le-colonialisme-et-l-apartheid-de-l-Etat-israelien</guid>
		<dc:date>2016-03-22T08:19:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mouloud Idir le 15 mars 2016 | tir&#233; du blogue de la Revue Relations &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 22 f&#233;vrier dernier, le Parlement du Canada a adopt&#233; une motion d&#233;pos&#233;e par le Parti conservateur qui condamne le mouvement international de Boycott, d&#233;sinvestissement et sanctions (BDS), visant &#224; faire pression sur Isra&#235;l pour qu'il respecte les droits des Palestiniens. La motion, qui s'inscrit dans le cadre d'une strat&#233;gie plus large observ&#233;e dans d'autres pays occidentaux, a &#233;t&#233; adopt&#233;e avec le soutien d'une grande (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L132xH150/arton25659-077ce.png?1781037630' class='spip_logo spip_logo_right' width='132' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mouloud Idir le 15 mars 2016 | tir&#233; du blogue de la Revue Relations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 f&#233;vrier dernier, le Parlement du Canada a adopt&#233; une motion d&#233;pos&#233;e par le Parti conservateur qui condamne le mouvement international de Boycott, d&#233;sinvestissement et sanctions (BDS), visant &#224; faire pression sur Isra&#235;l pour qu'il respecte les droits des Palestiniens. La motion, qui s'inscrit dans le cadre d'une strat&#233;gie plus large observ&#233;e dans d'autres pays occidentaux, a &#233;t&#233; adopt&#233;e avec le soutien d'une grande majorit&#233; des &#233;lus du Parti lib&#233;ral. Elle pourfend et condamne &#171; toute tentative de la part d'organismes, de groupes ou de particuliers du Canada de promouvoir le mouvement Boycott, d&#233;sinvestissement et sanctions (BDS) ici et &#224; l'&#233;tranger &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Force est de constater que le Canada s'est ainsi laiss&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment entra&#238;ner dans un v&#233;ritable traquenard. En prenant tout simplement au mot la politique &#233;trang&#232;re officielle du Canada &#8211; qui reconna&#238;t notamment l'ill&#233;galit&#233; du contr&#244;le permanent exerc&#233; par Isra&#235;l en Cisjordanie &#8211;, il serait pertinent de demander au ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, St&#233;phane Dion, de nous dire comment il peut justifier son appui &#224; une motion qui vise &#224; b&#226;illonner, d&#233;cr&#233;dibiliser et museler des groupes qui veulent contrer la logique punitive d'un &#201;tat dont le Canada reconna&#238;t lui-m&#234;me qu'il bafoue le droit international. Il serait &#233;galement pertinent de lui demander pourquoi, depuis son arriv&#233;e au pouvoir, son gouvernement a &#233;pous&#233; l'attitude du gouvernement de Stephen Harper en votant syst&#233;matiquement et inconditionnellement en faveur d'Isra&#235;l &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra que ce parti pris inconditionnel du Canada &#224; l'&#233;gard d'Isra&#235;l avait &#233;t&#233; d&#233;voil&#233; quand, en novembre 2012, Ottawa s'&#233;tait ligu&#233; au c&#244;t&#233; de l'axe anglo-saxon de l'OTAN pour voter contre l'entr&#233;e de la Palestine &#224; l'ONU comme &#201;tat observateur non-membre et quand il s'est oppos&#233; &#224; son entr&#233;e comme &#201;tat membre au sein de l'Unesco, en octobre 2011. Le gouvernement lib&#233;ral de Justin Trudeau n'a encore rien chang&#233; &#224; cette position. En novembre dernier, lors de la 70e Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies, il s'est alli&#233; &#224; Isra&#235;l, aux &#201;tats-Unis, et &#224; cinq &#201;tats d'Oc&#233;anie pour voter contre des r&#233;solutions appelant Isra&#235;l &#224; respecter le droit international, r&#233;solutions par ailleurs approuv&#233;es par une tr&#232;s large majorit&#233; d'&#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la campagne internationale BDS, il faut mentionner qu'elle a &#233;t&#233; lanc&#233;e le 9 juillet 2005 par 171 organisations palestiniennes de la soci&#233;t&#233; civile, soit un an exactement apr&#232;s que la Cour internationale de justice eut &#233;mis son avis sur la Barri&#232;re de s&#233;paration isra&#233;lienne de 700 km &#233;rig&#233;e &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2002 par Isra&#235;l. En octobre 2003, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU a adopt&#233; une r&#233;solution condamnant la construction de ce &#171; mur &#187; qui empi&#232;te sur le &#171; territoire palestinien occup&#233; &#187;, une r&#233;solution soutenue par 144 voix contre 4 (&#201;tats-Unis, Isra&#235;l, &#238;les Marshall et Micron&#233;sie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de faire un autre rappel historique : les 12 et 13 juillet 2005 &#8211; moins d'une semaine apr&#232;s le lancement de la campagne BDS &#8211; se tenait au si&#232;ge de l'Unesco &#224; Paris la Conf&#233;rence de la soci&#233;t&#233; civile pour la paix au Moyen-Orient. Cette rencontre internationale, tenue sous l'&#233;gide de l'ONU, a adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; l'appel palestinien pour le boycott, le retrait des investissements et les sanctions. La r&#233;solution finale soutient clairement la &#171; campagne g&#233;n&#233;rale de boycotts, de d&#233;sinvestissements et de sanctions pour forcer Isra&#235;l &#224; terminer l'occupation et &#224; se conformer au droit international et &#224; respecter toutes les r&#233;solutions des Nations unies concern&#233;es[1] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument qui donne du poids &#224; la campagne BDS vient du grand juriste belge Fran&#231;ois Dubuisson, professeur de droit international &#224; l'Universit&#233; libre de Bruxelles, &lt;a href=&#034;http://www.rtbf.be/info/monde/detail_boycotter-les-colonies-israeliennes-un-delit-un-droit-ou-un-devoir?id=8212318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui a d&#233;clar&#233;&lt;/a&gt; : &#171; On peut penser ce qu'on veut du mouvement BDS, mais sur le plan du principe, cela rel&#232;ve de la libert&#233; d'expression. Cela ne devrait pas &#234;tre condamn&#233; sur le plan p&#233;nal. Sur le plan moral et &#233;thique, chacun peut en penser ce qu'il veut &#187;. Le professeur Dubuisson a r&#233;dig&#233; un rapport document&#233; de 75 pages sur les obligations de l'Union europ&#233;enne (UE) &#224; l'&#233;gard des colonies isra&#233;liennes. Selon lui, l'UE (et donc chacun des 28 &#201;tats membres) &#171; ne peut entretenir de relations &#233;conomiques et commerciales avec des colonies install&#233;es dans un pays occup&#233; &#187;. Pour lui, &#171; ce n'est pas une question de choix politique, mais plus simplement de droit &#187;[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quoi qu'en disent ses d&#233;tracteurs, BDS demeure un des moyens de r&#233;sister &#224; la campagne de relations publiques hautement sophistiqu&#233;e d'Isra&#235;l et d'organismes sionistes et pro-isra&#233;liens visant &#224; contrer les images n&#233;gatives de la guerre et &#224; rendre ainsi l&lt;a href=&#034;http://www.info-palestine.net/spip.php?article1105&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;'occupation, la colonisation et le racisme&lt;/a&gt; plus acceptables. Ce mouvement nous aide aussi &#224; lutter contre la propagande anti-arabe et l'islamophobie occidentales, les deux piliers id&#233;ologiques soutenant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et g&#233;opolitiques des pays de l'OTAN au Moyen-Orient et pour lesquels Isra&#235;l est le poste militaire avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le membre fondateur du mouvement, Omar Barghouti, la campagne BDS s'inscrit solidement dans la r&#233;sistance courageuse et l&#233;gendaire du peuple palestinien refusant la r&#233;signation face &#224; la toute puissance militaire d'Isra&#235;l, b&#233;b&#233; g&#226;t&#233; d'un axe de l'OTAN qui lui apporte impun&#233;ment un soutien &#233;hont&#233;. &lt;a href=&#034;http://www.luxediteur.com/catalogue/boycott-desinvestissement-sanctions/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans le livre qu'il a consacr&#233; &#224; BDS&lt;/a&gt;, on trouve des arguments solides pour r&#233;pondre &#224; ceux et celles qui sugg&#232;rent que le mouvement non violent qu'est BDS serait contreproductif du fait qu'il encouragerait l'antis&#233;mitisme[3] et affaiblirait le &lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/spip.php?article1299&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mouvement isra&#233;lien pour la paix.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, la campagne BDS est encore jeune. Un nombre grandissant d'organisations syndicales et communautaires, de groupes de femmes, d'associations de d&#233;fense des droits, religieuses, &#233;tudiantes, mais aussi d'artistes ou encore d'enseignants s'y engagent toutefois. L'appel au boycott des produits isra&#233;liens se fait de plus en plus insistant et des r&#233;solutions de soutien sont adopt&#233;es progressivement.&lt;a href=&#034;http://www.iawmontreal.org/?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En cette Semaine contre l'apartheid isra&#233;lien&lt;/a&gt;, qui se tient du 14 au 23 mars, d&#233;non&#231;ons la motion adopt&#233;e par le Parlement canadien et appelons la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; se solidariser du peuple Palestinien &#224; travers le mouvement BDS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir : &lt;a href=&#034;http://www.plateforme-palestine.org/Actualite-de-l-Union-Juive,98&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.plateforme-palestine.org/Actualite-de-l-Union-Juive,98&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/planete/2014/04/17/la-france-contre-les-defenseurs-du-droit-international_999652&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/planete/2014/04/17/la-france-contre-les-defenseurs-du-droit-international_999652&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Il faut sans doute redire ici que cette campagne n'a rien d'antis&#233;mite : elle ne critique pas les Juifs en tant que Juifs mais les politiques de l'&#201;tat isra&#233;lien. Il faut donc r&#233;cuser d'avance les accusations d'antis&#233;mitisme qui ne manquent jamais de pleuvoir chaque fois que des groupes et des individus, parmi lesquels de nombreux juifs et organisations juives, osent d&#233;noncer les politiques isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel r&#233;gime de droit pour infl&#233;chir la domination &#224; l'&#233;gard des migrants et pour r&#233;pondre aux besoins de protections des personnes r&#233;fugi&#233;es ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quel-regime-de-droit-pour-inflechir-la-domination-a-l-egard-des-migrants-et</link>
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		<dc:date>2015-11-10T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-11-10</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qui n'a pas encore en t&#234;te la catastrophe survenue en M&#233;diterran&#233;e en avril dernier ? Celle-ci a &#233;t&#233; qualifi&#233;e de &#171; pire h&#233;catombe jamais vue en M&#233;diterran&#233;e &#187; par des repr&#233;sentants du Haut-Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s de l'ONU (HCR). Ce naufrage ayant eu lieu au large des c&#244;tes libyennes s'est sold&#233; par la mort de centaines (850-900) de personnes. Un nombre qui surpassait celui d'octobre 2013 alors que 366 migrants s'&#233;taient noy&#233;s pr&#232;s de Lampedusa, en Italie. Comment d&#232;s lors ne pas se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton24052-20938.png?1781037631' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui n'a pas encore en t&#234;te la catastrophe survenue en M&#233;diterran&#233;e en avril dernier ? Celle-ci a &#233;t&#233; qualifi&#233;e de &#171; pire h&#233;catombe jamais vue en M&#233;diterran&#233;e &#187; par des repr&#233;sentants du Haut-Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s de l'ONU (HCR). Ce naufrage ayant eu lieu au large des c&#244;tes libyennes s'est sold&#233; par la mort de centaines (850-900) de personnes. Un nombre qui surpassait celui d'octobre 2013 alors que 366 migrants s'&#233;taient noy&#233;s pr&#232;s de Lampedusa, en Italie. Comment d&#232;s lors ne pas se laisser interpeller par la trag&#233;die des r&#233;fugi&#233;s syriens en d&#233;tresse totale ? Sans parler de ceux d'Irak, d'&#201;rythr&#233;e ou d'Afghanistan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'on notera que ce texte emploi arbitrairement les notions de migrants et de r&#233;fugi&#233;s. Long et fastidieux d&#233;bat qu'on laissera de c&#244;t&#233;, faute d'espace. On rappellera toutefois ici qu'il n'y a pas de &#171; statut du migrant &#187; dans le monde d'aujourd'hui, seulement un traitement &#171; biopolitique &#187;, pour reprendre une formule de Michel Foucault. Cependant, on voit bien dans la situation actuelle que la diff&#233;rence est sociologiquement arbitraire, puisque la globalisation dans sa phase actuelle de supra imp&#233;rialisme tend &#224; transformer les zones de paup&#233;risation en zones de guerre et r&#233;ciproquement. Ce sont des zones de mort surd&#233;termin&#233;es, que leurs habitants fuient trop souvent en masse, au risque de tout perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout on se demande par quels moyens, sinon des violences &#224; grande &#233;chelle, les &#201;tats de destination des migrants et r&#233;fugi&#233;s vont mettre &#224; ex&#233;cution une politique de &#171; renvoi &#187; des arrivants ind&#233;sirables, exclus de &#171; l'accueil &#187;. L'on est forc&#233; de reconnaitre que ce qui n'a pas fonctionn&#233; &#224; l'&#233;chelle individuelle, depuis des d&#233;cennies, n'a aucune chance de fonctionner &#224; l'&#233;chelle de masse. Ou alors ceux et celles qu'on renverra comme migrants &#171; &#233;conomiques &#187; tomberont dans des r&#233;seaux de camps de concentration qui en feront des &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187;. Autre m&#233;canique perverse qui banalise les logiques biopolitiques apparent&#233;s &#224; l'&#233;tat d'exception. &#192; l'oppos&#233; des conditions de r&#233;fugi&#233; ou de migrant &#171; ind&#233;sirables &#187;, ballott&#233;s de fronti&#232;re en fronti&#232;re ou de camps en camps, quelle perspective s'ouvre donc &#224; ceux que la guerre ou la mis&#232;re chasse aujourd'hui de leur pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte tentera de proposer deux modestes &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse : d'une part, &#224; partir d'une perspective tentant de donner une port&#233;e effective et plus contraignante au r&#233;gime de droit international et, dans un deuxi&#232;me temps, &#224; partir d'une perspective d'invention d&#233;mocratique et de mobilisation collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de proc&#233;der, un court rappel des mutations ayant cours dans le mod&#232;le migratoire canadien est de mise. Ce rappel est important pour prendre la mesure des reculs inflig&#233;s au syst&#232;me canadien de protection des r&#233;fugi&#233;s et pour mieux saisir les logiques de sous-citoyennet&#233; qu'induit plus globalement notre syst&#232;me migratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conjoncture : rappel succinct et liminaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1990, les gouvernements occidentaux opposent la notion d'une immigration utile, voire indispensable &#224; l'&#233;conomie, &#224; celle d'une immigration inutile et nuisible &#224; la coh&#233;sion sociale et &#224; l'identit&#233; nationale. Ils militarisent la surveillance des fronti&#232;res, multiplient les modes de tri des migrants et criminalisent l'immigration en l'associant &#224; la s&#233;curit&#233; publique et nationale, au terrorisme et aux trafics mafieux. Tout cela conforte tr&#232;s souvent la x&#233;nophobie et le racisme. Survol de la dynamique globale sous-jacente.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le triomphe du paradigme de la mobilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#232;re de la migration, nous sommes pass&#233;s &#224; celle de la mobilit&#233;, au point o&#249; certains sp&#233;cialistes affirment que les politiques actuelles ne rel&#232;vent plus de la logique de l'immigration. Le Canada, dont les politiques ont souvent servi de mod&#232;le, participe activement &#224; cette mutation. Sa tradition voulant que tout immigr&#233; soit reconnu comme &#233;tant un futur citoyen n'est plus un principe de base. Longtemps d&#233;crit comme un pays d'accueil, le Canada modifie progressivement sa politique d'immigration. Depuis 2008, le pays a re&#231;u plus de travailleurs temporaires que d'immigrants permanents. De plus, le nombre de demandes d'asile au Canada a chut&#233; de moiti&#233; depuis le resserrement des r&#232;gles d&#233;coulant du Projet de loi C-31 : il a atteint le niveau le plus bas observ&#233; depuis 25 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, les besoins en mati&#232;re de protection ne cessent d'augmenter &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Et les diff&#233;rentes causes qui pr&#233;sident aux d&#233;placements forc&#233;s ne vont pas en s'att&#233;nuant. Cette baisse dans les nombres s'explique par les r&#233;centes mesures restreignant les possibilit&#233;s d'acc&#232;s &#224; notre syst&#232;me de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance r&#233;sulte d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de pr&#233;f&#233;rence pour la migration temporaire. Elle s'inscrit dans une conception &#171; utilitariste &#187; de la main-d'&#339;uvre qui fait l'impasse sur les dimensions sociales et culturelles de l'immigration, qui comprennent les droits sociaux des travailleurs, l'int&#233;gration linguistique, la vie personnelle, la r&#233;unification familiale, etc. Cela rev&#234;t les traits d'un recours syst&#233;matique au statut migratoire temporaire et &#224; la gestion contractuelle de la force de travail migrante. La pr&#233;carit&#233; et l'exploitation en sont souvent le lot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une grande vari&#233;t&#233; de mod&#232;les et de programmes de migration, mais tous d&#233;mentent l'argument stipulant qu'il y a une correspondance entre les emplois temporaires et les migrations temporaires. Comme le notent plusieurs analystes, la majeure partie des migrants temporaires au Canada occupent des emplois qui sont permanents. La pr&#233;carit&#233; dans laquelle ils se trouvent est grandement li&#233;e &#224; leur statut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Pellerin, &#171; L'immigration au Canada : un mod&#232;le de gestion &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette n&#233;gation des droits des migrants s'inscrit dans cette grande mutation ax&#233;e sur la mobilit&#233;. Ce concept s'est graduellement impos&#233; pour d&#233;crire de nouvelles formes de migration dans le contexte de la globalisation capitaliste. En 2006, le &lt;i&gt;Dialogue de haut niveau sur la migration et le d&#233;veloppement&lt;/i&gt;, publi&#233; par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies, a fait de la mobilit&#233; de la main-d'&#339;uvre une strat&#233;gie centrale de croissance &#233;conomique. Dans son rapport sur l'&#233;tat de la migration dans le monde, en 2008, l'Organisation internationale pour la migration indique que &#171; la mobilit&#233; humaine s'est impos&#233;e comme choix de vie dict&#233; par les disparit&#233;s en termes de d&#233;mographie, de revenus et d'opportunit&#233;s d'emploi entre les r&#233;gions et en leur sein &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sociologues des migrations ont analys&#233; dans quel contexte et en fonction de quels int&#233;r&#234;ts s'&#233;laborent les nouveaux concepts et orientations globales en mati&#232;re de recrutement des travailleurs : dans le paradigme de la mobilit&#233; &#233;mergeant, on retrouve, aux c&#244;t&#233;s des acteurs plus traditionnels que sont les &#201;tats, les employeurs et les organisations syndicales, des associations d'entreprises ax&#233;es sur les strat&#233;gies commerciales et qui utilisent la mobilit&#233; des &#233;trangers pour restructurer l'offre de travail plut&#244;t que pour r&#233;pondre &#224; une demande existante. La mobilit&#233; fait alors partie des strat&#233;gies d'expansion &#233;conomique. Les entreprises priv&#233;es consolident ce paradigme en produisant des rapports d'experts et en multipliant les services de consultation aupr&#232;s des gouvernements. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a clairement indiqu&#233; dans sa strat&#233;gie &#233;conomique intitul&#233;e &lt;i&gt;Avantage Canada. B&#226;tir une &#233;conomie forte pour les Canadiens&lt;/i&gt; (2006), dans laquelle il donne ses prescriptions pour accro&#238;tre la mobilit&#233;. Ces collaborations donnent une plus grande place au secteur priv&#233; dans la gestion de la migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique des droits humains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons d&#233;sormais ce qu'exige l'acte de penser un tel enjeu migratoire sur le respect des droits humains. Nous savons depuis les travaux d'Abdelmalek Sayad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La double absence. Des illusions de l'&#233;migr&#233;, aux souffrances de l'immigr&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la migration a une vertu politique et analytique particuli&#232;re. Les migrants, de par leur marginalisation et pr&#233;carisation, sont souvent confin&#233;s aux fronti&#232;res du droit, du fait notamment qu'ils contribuent &#224; d&#233;voiler le fonctionnement central de certains rapports de pouvoir et de domination dans nos soci&#233;t&#233;s. Mais aussi &#224; l'&#233;chelle transnationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je propose ici de situer ma r&#233;flexion dans un cadre plus global nous permettant d'ouvrir des perspectives de rupture avec l'ordre social, &#233;conomique et politique actuel &#8211; incompatible avec la r&#233;alisation des droits. En ce sens, comme ne cesse de le plaider la juriste Monique Chemillier-Gendreau, tant que les humains d&#233;tiendront leurs droits du fait qu'ils participent &#224; une nationalit&#233; et non de leur appartenance &#224; l'humanit&#233;, il y aura des &#201;tats pour les refuser &#224; certains, et ceux-ci viendront grossir le lot des &#171; sans-&#201;tat &#187; donc &#171; sans-droits &#187;. &#192; ce stade, le grand d&#233;fi - &#224; la fois pour donner une port&#233;e effective et contraignante aux droits existants, mais aussi en vue d'en &#233;largir l'horizon - consiste notamment &#224; repenser le rapport entre communaut&#233; politique et droits citoyens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#201;tienne Balibar, &#171; une citoyennet&#233; sans communaut&#233; &#187;, dans, &#201;tienne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En vue notamment de relocaliser les fronti&#232;res de la citoyennet&#233; au moment de son &#171; d&#233;sassemblage du national &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'excellent travail de la sociologue &#233;tasunienne Saskia Sassen, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, le champ du droit international consacre la division du monde en &#201;tats - &#233;gaux pour certains d'entre eux essentiellement sur le plan formel - et accepte qu'ils se dressent les uns contre les autres. Le point majeur s'agissant des migrants est certainement, de dire Monique Chemillier-Gendreau, le fait qu'&#224; ce jour - et dans une grande mesure - le droit international n'a offert qu'un seul cadre au r&#232;glement des probl&#232;mes pos&#233;s par les migrants, celui de l'&#201;tat nation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Chemillier-Gendreau, Droit international et d&#233;mocratie mondiale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ce cadre ne permet pas d'infl&#233;chir substantiellement les rapports de force latents dans le corps social, car le droit international demeure un droit contractuel, o&#249; les &#201;tats sont libres de contracter ou non des engagements, par exemple d'adh&#233;rer &#224; tel ou tel pacte ou convention. Il se r&#233;v&#232;le impuissant &#224; garantir les droits et libert&#233;s des individus et des groupes opprim&#233;s, sans passer par le canal de l'&#201;tat et de son bon vouloir &#224; int&#233;grer en droit interne des r&#233;solutions d&#233;nu&#233;es de caract&#232;re obligatoire. Tout cela exige donc de repenser la d&#233;mocratie &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, un effort d'imagination politique se pose devant nous. Car, il n'y a aucune rationalit&#233; qui pr&#233;side &#224; la division du monde entre &#201;tats et &#224; l'attribution du pouvoir souverain &#224; tel groupe plut&#244;t qu'&#224; tel autre. Un autre cadre peut et doit &#234;tre envisag&#233;. Et cela impose l'exigence de repenser le politique, de d&#233;finir universellement la notion de bien commun, ainsi que les moyens de le garantir autrement que dans ses aspects formels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi de l'imagination politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La port&#233;e heuristique d'une perspective plaidant l'invention d'un r&#233;gime de droit in&#233;dit tient au fait qu'elle oblige &#224; penser la communaut&#233; humaine en termes universels, c'est-&#224;-dire avec des droits dont aucun sujet humain ne serait exclu. La logique inter&#233;tatique actuelle en serait bouscul&#233;e, notamment du fait qu'elle ne permet pas de prendre en compte sur le plan juridique la dimension universaliste de l'esp&#232;ce humaine ainsi que l'imp&#233;ratif de mondialiser certains droits et certains domaines du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une r&#233;&#64258;exion certes in&#233;dite qu'ouvre une telle perspective. Elle exige notamment de r&#233;pondre &#224; la question consistant &#224; savoir ce qu'est &#171; le droit d'avoir des droits &#187;, pour ceux qui sont notamment sans &#201;tat, c'est-&#224;-dire quand on est sans place, sans statut. &#192; cet &#233;gard, bien des r&#233;fugi&#233;s, des sans-papiers et des clandestins sont concern&#233;s. Mais prenons garde de ne pas g&#233;n&#233;raliser toutes ces cat&#233;gories de personnes migrantes. Malgr&#233; l'&#233;tat de grande fragilit&#233; et de pr&#233;carit&#233; qui les af&#64258;ige, ces populations sont diff&#233;rentes et participent d'origine, de position sociale et de trajectoire migratoire diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, tout cela nous invite &#224; un effort de r&#233;&#64258;exion en vue de nous faire prendre conscience, entre autres choses, des grands reculs que connaissent nos soci&#233;t&#233;s en mati&#232;re d'accueil et d'hospitalit&#233;. Car d&#232;s lors que l'&#201;tat s'autorise &#224; d&#233;&#64257;nir &#171; en toute souverainet&#233; &#187; les r&#232;gles de l'hospitalit&#233;, il y a fort &#224; craindre que le r&#233;sultat en soit la production d'ill&#233;galit&#233; et d'incitation &#171; au d&#233;lit &#187;. H&#233;las, ce sont des vies humaines qui sont ainsi sacri&#64257;&#233;es et laiss&#233;es en lambeaux par l'indiff&#233;rence et l'&#233;go&#239;sme manifestes dont font preuve nos d&#233;cideurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, la question des droits humains, comme celle des droits des migrants ou le droit d'asile ne sont pas r&#233;ductibles &#224; une simple question juridique ou &#224; des discours philosophiques abstraits. Tout le d&#233;fi est ici d'avoir la lucidit&#233; de voir le prix d'une telle recherche d'alternative en mati&#232;re de droit international. Il ne faut pas ici donner l'impression d'avaliser ou de d&#233;douaner des actes de violations des droits humains en cours au pr&#233;texte que ce qui nous int&#233;resse est un cadre nouveau &#224; faire surgir. Cette exigence r&#233;flexive est somme toute &#224; inscrire dans le long sillage de la r&#233;volution d&#233;mocratique. Elle est &#224; la dimension de notre libert&#233; et de notre puissance d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, lutter pour des droits fondamentaux exige aussi d'en penser les modalit&#233;s d'application de fa&#231;on r&#233;aliste. Il est ind&#233;niable que tout droit suppose une r&#233;gulation, le droit &#224; la libre circulation comme les autres. Il faut bien le contr&#244;ler et en organiser la mise en &#339;uvre. Cela dit, il importe que cette r&#233;gulation se fasse de fa&#231;on contractuelle et n&#233;goci&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En ce qui concerne la r&#233;gulation des flux migratoires, il revient &#224; l'&#201;tat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ne rel&#232;ve pas de la seule discr&#233;tion des &#201;tats. Dans le monde d'aujourd'hui, le privil&#232;ge est de contr&#244;ler les entr&#233;es et les sorties sur leur territoire et de ceux que les &#201;tats veulent conserver jalousement. Au mieux, ils acceptent de se mettre en commun, comme dans l'espace Schengen europ&#233;en, pour exercer une surveillance commune aux fronti&#232;res. Mais ils refusent l'id&#233;e de n&#233;gocier, de discuter de la circulation, des modalit&#233;s de passage des fronti&#232;res. C'est pourquoi il faut admettre l'id&#233;e de r&#233;gulation, mais en m&#234;me temps en d&#233;mocratiser s&#233;rieusement les modalit&#233;s &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, &#171; la repr&#233;sentation de l'immigr&#233; (ou de celui qui veut &#171; entrer &#187;) et, plus largement et plus politiquement, la gestion des entrants, des sortants et des &#171; install&#233;s dedans &#187; peut pertinemment s'appr&#233;cier au travers de la m&#233;taphore du &#171; club &#187; ou du &#171; club-nation &#187;, selon la formule du sociologue Abdelmalek Sayad. Les lois et tous les r&#232;glements sur l'immigration et les r&#233;fugi&#233;s sont &#224; leur mani&#232;re une s&#233;rie de fronti&#232;res visibles et invisibles qui d&#233;limitent l'espace du &#171; club &#187; et les conditions pour y entrer, et en d&#233;finitive pour y demander son adh&#233;sion &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouloud Idir, &#171; Un regard sociologique sur la r&#233;volte des banlieues (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, la lutte en faveur des droits des travailleurs migrants pr&#233;caris&#233;s et des r&#233;fugi&#233;s redessine les fronti&#232;res de la politique en remettant en cause les cat&#233;gories classiques (ressortissants, travailleurs &#233;trangers, r&#233;fugi&#233;s) et en pr&#233;conisant un usage &#233;largi des droits. Lutter pour l'obtention de la citoyennet&#233; ou pour enrayer les m&#233;canismes de l'exploitation et de la domination n'est donc pas d&#233;fendre des droits sectoriels mais, au contraire, lutter pour la visibilit&#233; sociale des &#171; sans voix &#187; en combattant la cha&#238;ne de l'exclusion. Celle-ci commence avec la d&#233;signation du statut et se poursuit par la pr&#233;carisation des conditions de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en savoir plus : &lt;a href=&#034;http://www.lapresse.ca/actualites/national/201307/30/01-4675584-refugies-au-canada-les-demandes-dasile-plongent.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lapresse.ca/actualites/national/201307/30/01-4675584-refugies-au-canada-les-demandes-dasile-plongent.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Pellerin, &#171; L'immigration au Canada : un mod&#232;le de gestion &#224; d&#233;mystifier &#187;, &lt;i&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme, &lt;/i&gt;no 5, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La double absence. Des illusions de l'&#233;migr&#233;, aux souffrances de l'immigr&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1999, coll. Liber.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#201;tienne Balibar, &#171; une citoyennet&#233; sans communaut&#233; &#187;, dans, &#201;tienne Balibar, &lt;i&gt;Nous, citoyens d'Europe ? Les fronti&#232;res, l'&#201;tat, le peuple&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2001, pp.93-126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'excellent travail de la sociologue &#233;tasunienne Saskia Sassen, &lt;i&gt;Critique de l'&#201;tat : territoire, autorit&#233; et droits. De l'&#233;poque f&#233;odale &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Paris, Demopolis, 2009. Notamment pour voir comment la pr&#233;dominance grandissante du r&#233;gime international des droits humains intervient sur le renforcement des conceptions postnationales de la citoyennet&#233;, tout en soulignant les diff&#233;rences entre droits de la citoyennet&#233; et droits de l'homme. Sa r&#233;flexion met en parall&#232;le ces conceptions postnationales et les cadres d&#233;nationalis&#233;s de ces transformations&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Chemillier-Gendreau, &lt;i&gt;Droit international et d&#233;mocratie mondiale, Paris, Textuel, 2002, p.151.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En ce qui concerne la r&#233;gulation des flux migratoires, il revient &#224; l'&#201;tat ou &#224; des communaut&#233;s d'&#201;tats de fixer les modalit&#233;s de franchissement des fronti&#232;res, mais il faudrait que les int&#233;ress&#233;s, de part et d'autre de la ligne de d&#233;marcation, aient voix au chapitre. Or les autorit&#233;s de beaucoup de pays, surtout occidentaux, qui ne pourraient pas vivre sans main-d'&#339;uvre migrante refusent absolument de discuter avec les &#201;tats d'origine des migrants ou les associations de migrants des modalit&#233;s d'obtention des visas ou des politiques d'immigration. Cela suppose que tous les &#201;tats du monde et leurs opinions publiques prennent conscience de l'int&#233;r&#234;t qu'il y aurait &#224; cette coop&#233;ration, plut&#244;t que d'aller dans le mur des situations et des r&#233;gimes d'exception. Avec les zones de non droits que cela induit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mouloud Idir, &#171; Un regard sociologique sur la r&#233;volte des banlieues fran&#231;aises : un entretien avec le sociologue Sma&#239;n Laacher &#187;, Revue &#192; b&#226;bord !, No 14, avril-mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De d&#233;faite en d&#233;faite jusqu'&#224; la victoire finale&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-defaite-en-defaite-jusqu-a-la-victoire-finale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/De-defaite-en-defaite-jusqu-a-la-victoire-finale</guid>
		<dc:date>2014-07-02T07:59:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tel semble &#234;tre le leitmotiv lancinant de la nation qu&#233;b&#233;coise. Jamais au pouvoir, toujours en r&#233;sistance : tous les soul&#232;vements et projets d'ind&#233;pendance de ce peuple semblent vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Et pourtant, ils ne sont tels qu'en fonction d'une id&#233;e pr&#233;cise de la prise du pouvoir ou de l'accession &#224; un &#201;tat-nation. Par rapport &#224; la cr&#233;ation puis &#224; la perp&#233;tuation d'un sentiment national et d'une souverainet&#233; populaire, tous ces &#171; &#233;checs &#187; sont autant de jalons &#224; partir desquels nous pouvons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Question-nationale-80-+" rel="tag"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-07-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-07-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH122/arton18236-c60fa.jpg?1781037632' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tel semble &#234;tre le leitmotiv lancinant de la nation qu&#233;b&#233;coise. Jamais au pouvoir, toujours en r&#233;sistance : tous les soul&#232;vements et projets d'ind&#233;pendance de ce peuple semblent vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Et pourtant, ils ne sont tels qu'en fonction d'une id&#233;e pr&#233;cise de la prise du pouvoir ou de l'accession &#224; un &#201;tat-nation. Par rapport &#224; la cr&#233;ation puis &#224; la perp&#233;tuation d'un sentiment national et d'une souverainet&#233; populaire, tous ces &#171; &#233;checs &#187; sont autant de jalons &#224; partir desquels nous pouvons encore nous projeter vers un avenir o&#249; le &#171; peuple &#187; qu&#233;b&#233;cois d&#233;cidera de son devenir de mani&#232;re autonome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le soul&#232;vement des Patriotes jusqu'au r&#233;f&#233;rendum de 1995, en passant par le Refus global, la R&#233;volution tranquille, le RIN, le FLQ et la fondation du PQ, le peuple qu&#233;b&#233;cois a cherch&#233; par divers moyens &#224; conqu&#233;rir son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du joug britannique, puis canadien. Aujourd'hui, &#171; on &#187; semble estimer que les termes de colonisation, d'imp&#233;rialisme ou de domination s'appliqueraient mal pour d&#233;crire la situation du Qu&#233;bec au sein du Canada. La souverainet&#233; du Qu&#233;bec ne serait plus qu'une question de points d'imp&#244;ts, d'efficacit&#233; (par rapport aux d&#233;doublements gouvernementaux) ou alors de vell&#233;it&#233;s de nostalgiques &#171; nationaleux &#187;. En apparence, il n'existe aucun projet national coh&#233;rent en fonction duquel la nation qu&#233;b&#233;coise pourrait se reconna&#238;tre et se battre de mani&#232;re unitaire pour son av&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On pourrait m&#234;me dire qu'il en a toujours &#233;t&#233; ainsi. Autrement, comment expliquer cette litanie de d&#233;faites du projet d'ind&#233;pendance, accompagn&#233;e paradoxalement d'une constante progression des libert&#233;s collectives et individuelles au sein m&#234;me de l'Empire britannique ou de la F&#233;d&#233;ration canadienne ? L'&#233;treinte semble &#234;tre assez rel&#226;ch&#233;e pour pouvoir leur arracher des concessions et assez douce pour nous faire accepter de ne jamais &#234;tre ma&#238;tres chez nous en &#233;change du confort et de l'indiff&#233;rence. Pourtant, ces concessions n'ont jamais &#233;t&#233; gratuites ou attribu&#233;es de gaiet&#233; de c&#339;ur. Elles ont toujours &#233;t&#233; le fruit de luttes acharn&#233;es qui ont rendu possible l'impossible, qui ont montr&#233; le caract&#232;re inacceptable de ce qui se pr&#233;sentait comme in&#233;luctable (voire m&#234;me souhaitable) et qui ont permis de nouvelles formes d'organisation sociale au sein desquelles se sont affirm&#233;s le sentiment national, la communaut&#233; politique qu&#233;b&#233;coise et la mat&#233;rialit&#233; d'un peuple, constructeur de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'il existe aujourd'hui une communaut&#233; sociale et politique &#171; qu&#233;b&#233;coise &#187;, ce n'est pas parce qu'une telle communaut&#233; a &#233;t&#233; pr&#233;vue et souhait&#233;e par l'Empire britannique, pas plus que par le f&#233;d&#233;ralisme canadien (qui n'a eu de cesse de nier le caract&#232;re distinct de la nation qu&#233;b&#233;coise), voire m&#234;me par le nationalisme catholique (du duplessisme, par exemple) ou par le nationalisme f&#233;d&#233;raliste. La nation qu&#233;b&#233;coise s'est forg&#233;e dans ses luttes historiques et quotidiennes qui ont d'abord permis de pr&#233;server la langue, la religion et l'organisation sociale (jusqu'au code civil) des &#171; Canadiens &#187; (fran&#231;ais) ; elle s'est ensuite affirm&#233;e dans la remise en question de ces m&#234;mes institutions qui avaient pr&#233;serv&#233; l'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise en la p&#233;trifiant, cependant, dans des institutions plus oppressantes encore que le lib&#233;ralisme anglo-saxon ; elle s'est encore &#233;lev&#233;e d'un cran dans des luttes sociales et politiques, qui visent moins l'accession &#224; un &#201;tat-nation qu&#233;b&#233;cois que l'affirmation des crit&#232;res d'une soci&#233;t&#233; juste, &#233;galitaire, solidaire et souveraine.&lt;br class='autobr' /&gt; Autant l'&#233;glise catholique a permis la pr&#233;servation de la soci&#233;t&#233; canadienne fran&#231;aise en l'enfermant dans un oppressant carcan, autant le quasi monopole exerc&#233; par le PQ sur le projet national et l'obsession engendr&#233;e par l'horizon d'un &#233;ventuel &#201;tat-nation (paradoxalement int&#233;gr&#233; &#224; l'internationale capitaliste que l'on appelle mondialisation) sont aujourd'hui des freins &#224; l'&#233;laboration d'un projet de souverainet&#233; populaire au sein duquel le peuple qu&#233;b&#233;cois exercerait lui-m&#234;me le contr&#244;le sur son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, en parlant d'un &#171; projet &#187; de souverainet&#233; populaire, je ne propose pas de r&#234;ver mais de voir, les yeux et la conscience grands ouverts. De constater que cette souverainet&#233; s'est exerc&#233;e et s'exerce encore dans toute une s&#233;rie de luttes et de prises de position collectives d&#233;bordant largement le cadre d'une souverainet&#233; &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le peuple sera en lutte ou ne sera pas !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour que le peuple soit souverain, il doit d'abord se constituer en peuple. Aucun peuple n'existe par d&#233;cret (pas plus qu'il ne pr&#233;existe dans les g&#232;nes ou l'Esprit national). Le peuple n'est pas non plus une r&#233;alit&#233; sociologique objectivement identifiable ou attribuable une fois pour toutes &#224; un territoire. Le peuple est une entit&#233; politique qui se constitue elle-m&#234;me en exer&#231;ant sa souverainet&#233;. C'est ainsi que la r&#233;volte des patriotes se pr&#233;sente comme une manifestation patente de l'autoconstitution, dans et par la lutte, du peuple qu&#233;b&#233;cois (ou, pour reprendre les termes de l'&#233;poque, des &#171; Canadiens &#187;). De la m&#234;me mani&#232;re, le refus de la conscription (1917-1918) d&#233;voile non seulement l'ab&#238;me s&#233;parant les &#171; Canadiens-fran&#231;ais &#187; du gouvernement f&#233;d&#233;ral, mais montre surtout la capacit&#233; d'une collectivit&#233; &#224; s'opposer, &#224; &#171; faire s&#233;cession &#187; de l'ensemble qui pr&#233;tend la gouverner.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais on peut dire la m&#234;me chose des luttes pour la reconnaissance du droit de gr&#232;ve (Asbestos, 1949, Louiseville, 1952 ou Murdochville, 1957, par exemple, de l'organisation communautaire autour des Cliniques populaires et des Bureaux d'aide juridique, de la d&#233;fense du droit au logement, des coop&#233;ratives de production, de consommation ou de logement, etc. Et il en va de m&#234;me pour les gr&#232;ves syndicales ou &#233;tudiantes, les manifestations &#233;cologiques ou pacifistes, f&#233;ministes, antimondialistes, ou encore les luttes pour l'acquisition ou la pr&#233;servation d'un droit (voire m&#234;me d'un service). Dans tous les cas, il s'agit d'une communaut&#233; de pens&#233;e qui se reconna&#238;t elle-m&#234;me comme souveraine et pose une fronti&#232;re antagonique par rapport &#224; un autre groupe pr&#233;tendant la dominer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La souverainet&#233; populaire s'exerce imm&#233;diatement, aussit&#244;t qu'un &#171; peuple &#187; se constitue autour d'une lutte pour et par son autonomie. En ce sens, l'existence d'un peuple qu&#233;b&#233;cois n'exclut en rien celle d'un nombre infini de &#171; peuples &#187; existant parall&#232;lement au sein du m&#234;me territoire qu&#233;b&#233;cois ou ailleurs, avec lesquels la solidarit&#233; est d'autant plus naturelle que ce qui les constitue tous est une opposition commune &#224; la domination, qu'elle soit imp&#233;rialiste, capitaliste, patriarcale, nationale, religieuse, id&#233;ologique ou autre. Les luttes autochtones (comme celle des Cris contre Hydro-Qu&#233;bec, celle des Innus contre les vols &#224; basse altitude au Nitassinan ou celle des Algonquins pour l'autonomie linguistique, culturelle, scolaire, politique et &#233;conomique) viennent donc enrichir l'exp&#233;rience de la souverainet&#233; populaire du Qu&#233;bec ; tout comme les manifestations culturelless ou politiques des groupes de diverses origines ethniques qui peuplent notre territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, ces derniers cas de souverainet&#233; populaire ne sont pas n&#233;cessairement &#171; qu&#233;b&#233;cois &#187;. C'est-&#224;-dire que le symbole regroupant un ensemble de luttes partielles derri&#232;re une banni&#232;re populaire plus large n'est pas n&#233;cessairement celui de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Au contraire, dans plusieurs cas, ces luttes peuvent se faire en opposition au gouvernement qu&#233;b&#233;cois ou se buter au m&#233;pris d'une population souffrant de &#171; x&#233;nophobisme rampant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, si le projet d'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec s'&#233;loignait des objectifs mesquinement nationalistes (ethniques), &#233;tatistes (centralisateurs) et capitalistes (Qu&#233;bec Inc.) &#8211; qui l'ont trop souvent caract&#233;ris&#233; &#8211; pour renouer avec les id&#233;aux et les pratiques de libert&#233;, d'autonomie et de souverainet&#233; populaire &#8211; qu'il a &#233;galement port&#233;s en son sein &#8211;, il serait possible d'unifier l'ensemble des luttes populaires derri&#232;re un projet de soci&#233;t&#233; commun o&#249; la souverainet&#233; serait exerc&#233;e directement au niveau des populations concern&#233;es. L'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec serait alors celle des groupes communautaires, des Autochtones, des travailleurs, des paysans, des femmes, des &#233;tudiantes, et des citoyennes en g&#233;n&#233;ral qui se donneraient les espaces d'application de leur propre souverainet&#233;, f&#233;d&#233;r&#233;s sur le plan national, r&#233;gional ou local en fonction de leurs d&#233;sirs, volont&#233;s et int&#233;r&#234;ts transversaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'avenir du continent se joue chez ce g&#233;ant africain</title>
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		<dc:date>2012-01-10T08:01:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-01-10</dc:subject>
		<dc:subject>Congo (RDC)</dc:subject>

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&lt;p&gt;La population congolaise lutte depuis longtemps pour la fin de la corruption et le pillage des ressourcesLes derni&#232;res &#233;lections ne r&#233;pondront pas aux attentes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 28 novembre dernier ont eu lieu les &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Ce rendez-vous &#233;lectoral est le deuxi&#232;me dans l'histoire de ce g&#233;ant africain, ind&#233;pendant depuis 1960. Pr&#232;s de 32 millions d'&#233;lecteurs &#233;taient attendus pour ce scrutin dans quelque 64 000 bureaux de vote. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-01-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-01-10&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton9020-db3b9.png?1781037634' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La population congolaise lutte depuis longtemps pour la fin de la corruption et le pillage des ressourcesLes derni&#232;res &#233;lections ne r&#233;pondront pas aux attentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 28 novembre dernier ont eu lieu les &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Ce rendez-vous &#233;lectoral est le deuxi&#232;me dans l'histoire de ce g&#233;ant africain, ind&#233;pendant depuis 1960. Pr&#232;s de 32 millions d'&#233;lecteurs &#233;taient attendus pour ce scrutin dans quelque 64 000 bureaux de vote. Pour les l&#233;gislatives, pr&#233;vues le jour m&#234;me, 500 si&#232;ges &#233;taient disput&#233;s par 18 334 candidats en lice. Des chiffres &#233;normes. Lors de ces &#233;lections, l'Eglise catholique a jou&#233; un r&#244;le important : la conf&#233;rence &#233;piscopale nationale du Congo s'y est engag&#233;e &#224; d&#233;ployer, de concert avec les autres confessions religieuses et le Centre Carter (ONG &#233;tasunienne), une mission d'observation de 30 000 observateurs. La conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques catholiques du Canada a, de ce fait, r&#233;pondu &#224; l'appel de sa cons&#339;ur congolaise en envoyant une d&#233;l&#233;gation compos&#233;e de 5 personnes, organis&#233;e par l'organisme D&#233;veloppement et paix et au sein de laquelle a fait partie le secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi que j'ai repr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Finalement, apr&#232;s plusieurs jours de retard, la Commission &#233;lectorale nationale ind&#233;pendante (CENI) a annonc&#233; la victoire de Joseph Kabila avec 48,95% des voix contre 32,33% &#224; l'opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejet&#233; ce verdict et s'est autoproclam&#233; pr&#233;sident &#233;lu de la RDC. Une telle &#233;lection est possible, car la majorit&#233; pr&#233;sidentielle au pouvoir &#224; Kinshasa a vot&#233; au d&#233;but de 2011 une modification de la Constitution et de la loi &#233;lectorale permettant d'&#234;tre &#233;lu &#224; la majorit&#233; simple &#224; un tour. Ce tripatouillage constitutionnel a soulev&#233; le courroux de l'opposition et d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile, cela n'y changera rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;mergence de deux opposants, capables d'une alliance au second tour pouvant inqui&#233;ter le pr&#233;sident Kabila en exercice, a pes&#233; aux yeux des Congolais dans cette r&#233;vision : d'une part, Etienne Tshisekedi de l'UDPS qui concourt cette ann&#233;e apr&#232;s avoir boycott&#233; l'&#233;lection de 2006 ; de l'autre, le bouillant Vital Kamerhe, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti pr&#233;sidentiel, le PPRD, et ex-pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale, aujourd'hui &#224; la t&#234;te d'un parti d'opposition, l'Union pour la nation congolaise (UNC) et de la coalition Alternance et qui brigue les voix sur le fief du nord et du sud Kivu o&#249; Joseph Kabila, dont il aura &#233;t&#233; le propagandiste, avait &#233;t&#233; pl&#233;biscit&#233;e en 2006, mais, au final, l'opposition sera partie affronter le clan Kabila en rang dispers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les &#233;lections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le centre Carter et la mission d'observation de l'Union europ&#233;enne (MOE-UE), s'ils rel&#232;vent des anomalies et de nombreuses irr&#233;gularit&#233;s entourant l'op&#233;ration &#233;lectorale, se refusent &#224; se prononcer sur le fait de savoir s'il y avait eu fraudes &#224; grande &#233;chelle ou dysfonctionnements. La MOE-UE a soulign&#233; qu'en d&#233;pit des recommandations faites en 2006 par la majorit&#233; des missions d'observation, pr&#232;s de 3,2 millions d'&#233;lecteurs ont vot&#233; sur des listes de d&#233;rogation ou d'omis, soit plus de 17% du total des votants. Une autre interrogation existe au niveau des listes de d&#233;livrance des cartes. Les diff&#233;rences entre les nombres d'inscrits sur le fichier &#233;lectoral selon les provinces suscitent la m&#233;fiance. La CENI a recens&#233; 32,02 millions de votants, contre 25,70 millions cinq ans plus t&#244;t, une hausse de 25%, sup&#233;rieure &#224; la croissance d&#233;mographique. La r&#233;action la plus vive de l'Eglise catholique, acteur majeur de la soci&#233;t&#233; civile congolaise, est venue de Laurent Monsengwo, archev&#234;que de Kinshasa qui a d&#233;clar&#233; le 12 d&#233;cembre que &#171; les r&#233;sultats annonc&#233;s par la CENI ne sont pas conformes &#224; la v&#233;rit&#233; ni &#224; la justice &#187;. A vrai dire, qu'il s'agisse de la CENI, que dirige le pasteur Daniel Nguy Mulunda, cousin de l'actuel pr&#233;sident, ou de la Cour supr&#234;me congolaise, qui vient de valider ce scrutin, il n'y a gu&#232;re de raison de se surprendre d'une telle complaisance : dans les deux cas, il s'agit de chambres d'enregistrement inf&#233;od&#233;es aux caciques de l'&#233;lite politico-&#233;conomique interne. Dans ce contexte, les grandes puissances semblent largement embarrass&#233;es : les communiqu&#233;s officiels des diff&#233;rentes chancelleries rechignent &#224; donner un satisfecit au pr&#233;sident Joseph Kabila.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pillage &#233;hont&#233; au profit des multinationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toujours est-il que ce nous avons observ&#233; sur place t&#233;moigne largement de la volont&#233; de la population congolaise de prendre en main de fa&#231;on souveraine l'avenir du pays pour en finir avec la corruption et le bradage des ressources. La longue lutte de la soci&#233;t&#233; congolaise pour la d&#233;mocratie et une plus grande justice ne date pas d'aujourd'hui, elle remonte au d&#233;but des ann&#233;es 1990 avec notamment l'&#233;pisode des conf&#233;rences nationales souveraines qui &#233;mergent en Afrique. Mais les grandes puissances avaient d'autres plans pour ce pays : il fallait trouver un rempla&#231;ant durable &#224; Mobutu pour continuer de piller la RDC en toute qui&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part de la responsabilit&#233; de ce pillage silencieux et &#233;hont&#233; incombe en partie &#224; l'Etat congolais lui-m&#234;me, faible et corrompu. Mais cela ne suffit pas. Cet Etat est mis en tutelle au milieu des ann&#233;es 1990 par les arm&#233;es du Rwanda et de l'Ouganda qui agissaient pour leurs int&#233;r&#234;ts et pour le compte de leurs parrains anglo-saxons, soucieux d'installer l'apr&#232;s-Mobutu. On apprendra plus tard que des ambassades occidentales ont encourag&#233; la marche de ces arm&#233;es sur Kinshasa, cach&#233;es derri&#232;re l'Alliance des forces d&#233;mocratiques de lib&#233;ration (AFDL) de Laurent-D&#233;sir&#233; Kabila (p&#232;re de l'actuel pr&#233;sident), en ordonnant aux militaires de Mobutu de ne pas offrir de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que Kabila p&#232;re consentira des contrats l&#233;onins &#224; des firmes mini&#232;res &#233;trang&#232;res alors qu'il marchait encore sur Kinshasa et n'&#233;tait m&#234;me pas install&#233; au pouvoir. Or, Laurent-D&#233;sir&#233; Kabila tente plus tard de s'affranchir de la tutelle rwando-ougandaise en prenant l'aide de l'Angola, du Zimbabwe et de la Namibie. Le Zimbabwe et la Namibie &#233;taient deux pays qui se lib&#233;r&#232;rent quelques ann&#233;es plus t&#244;t du r&#233;gime d'apartheid qui s'effondre en 1994 par la prise du pouvoir en Afrique du Sud par le Congr&#232;s national africain (ANC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ensuit la guerre, durant laquelle Am&#233;ricains et Britanniques et dans une moindre mesure le Canada, grands alli&#233;s de l'Ouganda et du Rwanda, man&#339;uvr&#232;rent au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU pour mettre le Congo sous une autre tutelle, celle de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), aujourd'hui appel&#233;e Monusco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re dispose de 20 000 hommes et d'un milliard de dollars par an. Elle est domin&#233;e par des Sud-Asiatiques, tous des anglophones coup&#233;s des Congolais et aptes &#224; transiger avec les Ougandais et la nouvelle &#233;lite anglophone du Rwanda. L'installation de la Monuc donnera lieu, en 2003, &#224; un accord de paix qui obligea le Congo &#224; int&#233;grer toutes les milices &#224; la solde du Rwanda et de l'Ouganda dans son arm&#233;e et tous les chefs rebelles dans son &#171; gouvernement de transition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mod&#232;le de l'American Mineral Fields International (AMFI), une soci&#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1995 et enregistr&#233;e &#224; la fois dans l'Arkansas, &#224; Londres, &#224; Vancouver et &#224; Toronto, ces firmes ont fait main basse sur d'importants gisements miniers et ont utilis&#233; une petite partie de leurs gains en bourse pour financer la guerre elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;coule une logique de privatisation de guerres de pillage, avec des arm&#233;es dot&#233;es de mercenaires comme Executive Outcomes (EO) et Defense Systems Limited (DSL). Face &#224; cela, la Commission Lutundula, charg&#233;e par le Parlement de transition congolais d'examiner les accords &#233;conomiques et financiers conclus depuis 1996 a relev&#233;, en 2004, que &#171; les diff&#233;rents codes miniers, forestiers et des investissements p&#234;chent par l'absence de structures de contr&#244;le &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'absence d'un Etat exer&#231;ant une autorit&#233; r&#233;elle partout, la situation de guerre et l'instabilit&#233; politique cr&#233;ent une opportunit&#233; de pr&#233;dation &#224; grande &#233;chelle qui transforme le Congo en un espace &#233;conomique de libre-service o&#249; se croisent les r&#233;seaux les plus divers et les hommes d'affaires de tous horizons pour l'exploiter &#187;, ajoute la m&#234;me commission. Aujourd'hui, les forces les plus critiques du Congo sont anim&#233;es par une r&#233;elle volont&#233; de prendre en main leur destin en infl&#233;chissant la domination &#233;trang&#232;re. M&#234;me la d&#233;licate question rwandaise est abord&#233;e de plein fouet : le tabou arguant que le Rwanda de Paul Kagam&#233; soit &#171; inattaquable &#187; et &#171; sans reproche &#187; &#224; cause du g&#233;nocide des Tutsis (et des Hutus mod&#233;r&#233;s) ne tient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le pouvoir a &#171; revisit&#233; &#187; en 2007 de nombreux contrats miniers : au nombre des contrats r&#233;sili&#233;s et ren&#233;goci&#233;s figurent des compagnies mini&#232;res canadiennes comme First Quantum et Banro, les sud-africaines AngloGold Ashanti et Gold Fields, l'am&#233;ricaine Freeport-MacMoRan, et la britannique Mwana Africa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Eric Joyce( ), pr&#233;sident du groupe parlementaire multipartite du Parlement britannique, a r&#233;v&#233;l&#233; que des march&#233;s importants sont remport&#233;s dans des conditions peu transparentes par des soci&#233;t&#233;s immatricul&#233;es aux Iles Vierges britanniques proches de l'homme d'affaires isra&#233;lo-am&#233;ricain, Dan Gertler. On estime &#224; 5,5 milliards de dollars le manque &#224; gagner pour le Congo dans le bradage de ces contrats. Tout cela se fait dans un contexte mondial de mutation g&#233;opolitique faisant en sorte que les pays occidentaux se trouvent bouscul&#233;s dans leurs pr&#233;-carr&#233;s traditionnels. L'arriv&#233;e de la Chine avec laquelle la RDC a sign&#233; des contrats de pr&#232;s de 10 milliards de dollars sur plusieurs d&#233;cennies en retour de projets d'infrastructure en est un exemple. En 2011, les entreprises chinoises, comme la China Railway Engineering Company ont notamment entam&#233; la construction de grands axes &#224; Kinshasa. M&#234;me si le peuple congolais est dans une posture pr&#233;r&#233;volutionnaire, le pouvoir local semble loin des aspirations populaires, mais il est clair que ce peuple ne tol&#233;rera pas ind&#233;finiment le n&#233;o-mobutisme actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats occidentaux devront se r&#233;signer &#224; terme &#224; des rapports plus &#233;galitaires avec cette r&#233;gion du monde. Les puissances occidentales qui feignent de d&#233;noncer &#171; les irr&#233;gularit&#233;s de Kabila &#187; &#233;taient pourtant plus entreprenantes en C&#244;te-d'Ivoire face au r&#233;gime de Laurent Gbagbo ! Au-del&#224; de ces &#233;lections, en RDC se dessine surtout l'avenir de l'Afrique. Des analyses rel&#232;vent &#171; qu'au moment o&#249; l'Empire d&#233;ploie l'Africom ( ), pousse le Kenya &#224; guerroyer en Somalie et s'emploie &#224; d&#233;tourner le printemps arabe en sa faveur en jouant la carte islamiste, les Congolais renouent avec la ferveur d&#233;mocratique de la Conf&#233;rence nationale souveraine d'il y a 20 ans. Ce pays dispose d'importantes ressources mini&#232;res &#187;. Il a aussi un potentiel agricole et hydraulique &#233;norme qui le rendrait capable de nourrir et d'&#233;lectrifier tout le continent. D'o&#249; son surnom de &#171; Br&#233;sil africain &#187;, mais il faut d'abord que les Congolaises et Congolais reprennent contr&#244;le de leur pays et installent un Etat fort qui mette les ressources nationales au service du d&#233;veloppement &#187; ( ).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; * L'auteur, politologue, est responsable du secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi : un centre d'analyse sociale bas&#233; au Qu&#233;bec : (&lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cjf.qc.ca&lt;/a&gt;). Il a fait partie d'une mission d'observation durant les &#233;lections congolaises).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -1- Des hommes proches de Bill Clinton et de l'ancienne secr&#233;taire d'Etat Madeleine Albright comptent parmi les fondateurs de l'AMFI. Pour en savoir plus : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Le-Canada-en-Republique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Le-Canada-en-Republique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -2- Communiqu&#233; de presse du bureau d'Eric Joyce en date du 18 novembre 2011 sous ce lien :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://ericjoycemp.files.wordpress.com/2011/11/summary-5-5m-loss-french-version.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ericjoycemp.files.wordpress.com/2011/11/summary-5-5m-loss-french-version.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -3-Voir Mouloud Idir, &#171; l'Afrique dans la mire des Etats-Unis &#187; sous ce lien :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -4- Mauritius Times, 2 d&#233;cembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de El Watan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mouloud Idir : &#171; Je crains un sc&#233;nario pr&#233;sageant un Irak bis ou une polarisation &#224; l'ivoirienne &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mouloud-Idir-Je-crains-un-scenario-presageant-un-Irak-bis-ou-une-polarisation-a</link>
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		<dc:date>2011-09-06T08:23:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir</dc:creator>


		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-09-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mouloud Idir est un politologue canadien d'origine alg&#233;rienne, membre de l'&#233;quipe du Centre Justice et foi et du Collectif &#201;chec &#224; la guerre, coalition qu&#233;b&#233;coise oppos&#233;e &#224; la guerre et au militarisme. Il nous livre dans cet entretien son analyse sur la situation qui pr&#233;vaut en Libye et dans la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt; - Le r&#233;gime d'El Gueddafi s'est effondr&#233;. Quel regard portez-vous sur cette Libye de l'apr&#232;s-El Gueddafi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que d&#233;mocrate et personne &#233;prise de justice sociale et d'&#233;galit&#233;, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Libye-+" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-09-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-09-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH138/arton8008-7a05b.png?1781037635' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mouloud Idir est un politologue canadien d'origine alg&#233;rienne, membre de l'&#233;quipe du Centre Justice et foi et du Collectif &#201;chec &#224; la guerre, coalition qu&#233;b&#233;coise oppos&#233;e &#224; la guerre et au militarisme. Il nous livre dans cet entretien son analyse sur la situation qui pr&#233;vaut en Libye et dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Le r&#233;gime d'El Gueddafi s'est effondr&#233;. Quel regard portez-vous sur cette Libye de l'apr&#232;s-El Gueddafi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que d&#233;mocrate et personne &#233;prise de justice sociale et d'&#233;galit&#233;, il est clair que si j'&#233;tais Libyen, je serais dans le camp de l'opposition au r&#233;gime de Tripoli. Les avatars du r&#233;gime libyen sont connus depuis longtemps, et les d&#233;tracteurs de ce r&#233;gime ne viennent pas soudainement de d&#233;couvrir b&#233;atement les contours de cet autoritarisme, pas plus qu'ils ne d&#233;couvrent la m&#233;galomanie de cet oligarque. Ce que je crains d&#233;sormais est que la population libyenne, qui a pay&#233; un si lourd tribut humain face &#224; cette dictature, d'une part, et qui a enregistr&#233; d'&#233;normes pertes civiles lors de l'exp&#233;dition guerri&#232;re des grandes puissances, d'autre part - sous la houlette de l'OTAN - ne p&#226;tisse dans la course au pouvoir entre les diff&#233;rentes fractions qui composent la r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien des grandes puissances occidentales &#224; l'insurrection du Conseil national de transition libyen (CNT), li&#233; aux services de renseignements &#233;trangers ayant longtemps soutenu des r&#233;gimes r&#233;pressifs africains et arabes, risque d'hypoth&#233;quer les l&#233;gitimes demandes populaires de d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233; libyenne. Les insurg&#233;s resteront redevables de leurs parrains imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux convoitises des lobbies p&#233;troliers qui lorgnent les riches r&#233;serves libyennes, la vigilance impose d'alerter l'opinion maghr&#233;bine et africaine quant au risque d'implosion de ce pays. Je crains un sc&#233;nario pr&#233;sageant un Irak-bis ou une polarisation &#224; l'ivoirienne. En Libye, il est urgent de demander un cessez-le-feu, le retrait de l'OTAN et autres mercenaires de la Libye et la formation d'un gouvernement de salut national, pour assurer une transition vers la reconstruction et la d&#233;mocratisation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe d'exiger la transparence et le respect de la souverainet&#233; nationale dans la gestion et l'exploitation des ressources p&#233;troli&#232;res du pays. Le peuple libyen gagnerait &#224; exiger qu'aucune base &#233;trang&#232;re ne s'installe dans ce pays &#224; l'issue de ce conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- L'Otan a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la destitution du clan El Gueddafi, c'est d'ailleurs la singularit&#233; de la r&#233;volte libyenne par rapport aux r&#233;voltes tunisiennes et &#233;gyptiennes. Que pensez-vous de cette intervention justifi&#233;e par les massacres perp&#233;tr&#233;s par l'ancien r&#233;gime contre les populations civiles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maghreb et ailleurs en Afrique, des bouleversements politiques et sociaux ont partout occasionn&#233; un regain d'espoir pour les droits et libert&#233;s politiques, notamment en Alg&#233;rie, au Maroc, en Tunisie et ailleurs. Pays atypique de la sous-r&#233;gion, la Jamahiriya libyenne a longtemps r&#233;sist&#233; &#224; l'ordre dominant sur les enjeux de souverainet&#233; et proc&#233;d&#233;, malgr&#233; son autocratie r&#233;pressive et souvent sanguinaire, &#224; une redistribution sociale de la manne p&#233;troli&#232;re. Mais l'ouverture et la lib&#233;ralisation forcen&#233;e de la derni&#232;re d&#233;cennie, au nom de l'enjeu s&#233;curitaire anti-terroriste, et le contr&#244;le migratoire vers l'Union europ&#233;enne, en servant de gendarmes r&#233;pressifs pour l'UE au m&#233;pris des droits humains, ont frein&#233; l'exp&#233;rience populiste et provoqu&#233; une d&#233;rive affairiste et oligarchique dans le s&#233;rail dirigeant. Alors qu'El Gueddafi finan&#231;ait de fa&#231;on louable &#224; mes yeux, mais int&#233;ress&#233;e, un projet panafricain volontariste, il d&#233;laissait certaines de ses r&#233;gions nationales, toujours r&#233;tives, qui ont profit&#233; du printemps r&#233;volutionnaire r&#233;gional pour se rebeller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme a instrumentalis&#233; ces demandes l&#233;gitimes de libert&#233;s politiques et provoqu&#233; la partition du pays et une v&#233;ritable guerre civile. La France qui proposait son expertise pour mater la r&#233;volution tunisienne choisissait de mener l'exp&#233;dition punitive contre le r&#233;gime libyen. La r&#233;solution 1973, qui a argu&#233; d&#233;fendre des populations civiles, dont nous attendons des enqu&#234;tes s&#233;rieuses pour prendre toute la mesure et l'ampleur des exactions, s'est aussi av&#233;r&#233;e &#234;tre un subterfuge de l'OTAN pour renverser le r&#233;gime local.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tueries du r&#233;gime libyen sont ind&#233;niables et je ne lui trouverai pas ici de circonstances att&#233;nuantes. Je dis toutefois qu'un effet de propagande est ici &#224; l'&#339;uvre. On fera ici &#339;uvre utile en r&#233;p&#233;tant que le conflit libyen n'a rien d'exceptionnel. Il y en a beaucoup d'autres dans le monde, que ce soit &#224; Ghaza, &#224; Bahre&#239;n (envahie par l'Arabie Saoudite) ou en RD du Congo. Dans ce dernier cas, nous &#233;tions dans le cadre d'une agression ext&#233;rieure de la part du Rwanda et du Burundi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ONU qui, depuis le Congo de Patrice Lumumba, n'en est pas &#224; sa premi&#232;re ambigu&#239;t&#233; en Afrique, contrevient &#224; l'article 2(7) de sa charte qui proscrit l'intervention dans les affaires internes d'un pays, sauf si la paix et la s&#233;curit&#233; internationales sont menac&#233;es. Il y a toujours deux poids, deux mesures ; il n'y a jamais eu de zone d'exclusion a&#233;rienne pour aller &#224; la rescousse des millions de civils morts de la derni&#232;re d&#233;cennie de pillage et de guerre en RD du Congo. La rapacit&#233; de l'ordre dominant s'&#233;chine &#224; faire main basse sur le p&#233;trole libyen, mais aussi &#224; s&#233;questrer des dizaines de milliards de dollars de fonds souverains &#8211; Fonds d'investissement libyen et non seulement la fortune des El Gueddafi &#8211; dispers&#233;s dans plusieurs multinationales europ&#233;ennes et am&#233;ricaines et quelques projets d'investissement et d'int&#233;gration (dont ceux en Afrique autour de 6 milliards). La caution apport&#233;e par la r&#233;solution 1973 du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies ou celle de la Ligue arabe ne pouvait servir &#224; justifier l'intervention militaire contre la Libye. L'appui de la Ligue arabe &#224; l'instauration d'une zone d'interdiction a&#233;rienne &#233;tait ambigu d&#232;s le d&#233;part et l'organisation a tout de suite apr&#232;s rejet&#233; les frappes militaires effectu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;cision du Conseil de s&#233;curit&#233;, elle s'inscrivait dans la lign&#233;e du d&#233;tournement des Nations unies observ&#233; depuis plusieurs ann&#233;es, alors que cette instance s'&#233;loigne de plus en plus ouvertement de son r&#244;le officiel de gardienne de la paix et de la s&#233;curit&#233; pour plut&#244;t l&#233;gitimer les agressions des puissances occidentales &#8211; Etats-Unis en t&#234;te au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie centrale. Apr&#232;s nous avoir servi les arguments humanitaires et d&#233;mocratiques pour l'intervention en Irak et en Afghanistan, nos dirigeants politiques, le gouvernement canadien actuel en t&#234;te, nous ont brandi cette fois l'argument que nous devions &#171; venir en aide au peuple libyen &#187;. Une &#171; aide &#187; qui, en Irak, a entrain&#233; des centaines de milliers de victimes innocentes et qui, en Afghanistan, ne cesse de faire de nombreuses victimes &#171; collat&#233;rales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Comment se profile &#224; vos yeux la nouvelle carte du Maghreb ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Maghreb sera le th&#233;&#226;tre d'une lutte dialectique entre les forces qui aspirent &#224; plus de d&#233;mocratie et les forces du statut quo, voire de la contre-r&#233;volution. Les grandes puissances s'ajusteront en fonction des rapports de force internes. Depuis la Tunisie, on a assist&#233; &#224; une sorte d'effet domino imm&#233;diat au sein de l'espace maghr&#233;bin et proche-oriental, en raison des fortes demandes d&#233;mocratiques et du rejet des r&#233;gimes impopulaires et ill&#233;gitimes inf&#233;od&#233;s &#224; l'ordre dominant. La Tunisie a ainsi r&#233;habilit&#233; &#224; l'&#233;chelle maghr&#233;bine et aussi africaine l'imp&#233;ratif r&#233;volutionnaire initi&#233; par les luttes de d&#233;colonisation et entrav&#233; depuis par diff&#233;rentes forces internes et externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que la carte, le sc&#233;nario qui se profile consistera pour les peuples maghr&#233;bins &#224; &#233;viter que les forces de la r&#233;action et du statut quo, en jonction avec des forces de l'ext&#233;rieur, n'entravent ou n'infl&#233;chissent le processus d&#233;mocratique en raison de la question de la dette, de la reprise de la croissance, des investissements &#233;trangers, des difficult&#233;s de tenue des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ou de l'enjeu s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan g&#233;ostrat&#233;gique, il importe d'alerter l'opinion publique maghr&#233;bine et africaine en g&#233;n&#233;ral en vue de d&#233;noncer les tentatives des Etats-Unis d'ancrer un commandement militaire, l'Africom, &#224; l'&#233;chelle du continent. Il faut aussi &#234;tre vigilant face aux entreprises priv&#233;es de mercenariat qui activent en sous-main sur le continent africain. A mes yeux, cela se profile comme une sorte de mise sous tutelle des arm&#233;es de ces pays par les grandes puissances, sous le fallacieux pr&#233;texte de logistique et d'encadrement. Il importe aussi dans une optique oppos&#233;e au militarisme d'&#339;uvrer au d&#233;mant&#232;lement des bases militaires &#233;trang&#232;res &#224; l'&#233;chelle du continent africain. Pour le moment, c'est le secret qui entoure cet enjeu. Suivons de pr&#232;s cette question en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;pondrai maintenant du point de vue des aspirations populaires. A ce niveau, ce qui se profile est une r&#233;elle prise de conscience quant au fait que les r&#233;gimes politiques locaux sont largement n&#233;potiques et ill&#233;gitimes. Tout au plus, ces r&#233;gimes ne peuvent que gagner du temps en vue de diff&#233;rer leur chute, in&#233;luctable dans sa forme actuelle. Le Maghreb des peuples est une id&#233;e qui chemine largement au sein des populations. Je crois que c'est de fa&#231;on f&#233;d&#233;r&#233;e et solidaire que ces pays pourront affronter les d&#233;fis de la phase actuelle de la mondialisation et peser vis-&#224;-vis de l'Europe et mieux r&#233;sister face aux grands de ce monde. Pour cela, il faut que ces r&#233;gimes &#8212; qu'il importe de construire - aient un r&#233;el ancrage populaire et ils doivent cesser d'acheter leur l&#233;gitimit&#233; &#224; Paris et Washington. Une telle l&#233;gitimit&#233;, que je qualifie de n&#233;ocolonialiste, ne leur octroie qu'un r&#244;le d'alli&#233; subalterne dans le syst&#232;me mondial actuel. Elle ne consolide h&#233;las que les circuits affairistes et quelques notabilit&#233;s locales adoss&#233;s &#224; l'oligarchie militaire et aux services de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Maghreb a pourtant la possibilit&#233; de multiplier par 10 le niveau de ses &#233;changes &#233;conomiques &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale &#224; moyen terme. En ce sens, le potentiel du Maghreb est &#233;quivalent &#224; celui des pays de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Mais l'int&#233;gration &#224; laquelle je crois doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e en termes d'alliance, de r&#233;sistance et de solidarit&#233; entre peuples maghr&#233;bins et africains trop souvent spoli&#233;s et humili&#233;s. H&#233;las, les &#233;lites locales ne pensent g&#233;n&#233;ralement qu'en termes d'ajustement et d'alignement dans la course en faveur d'une modernit&#233; qui asservit. Les &#233;lites sont, dans l'ensemble, fascin&#233;es par le mod&#232;le productiviste et consum&#233;riste et soucieuses de rassurer et de s&#233;duire les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Comment analysez-vous la position alg&#233;rienne qui tarde &#224; reconna&#238;tre le CNT ? Et quelle place lui sera r&#233;serv&#233;e dans ces bouleversements qui touchent la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous rappelle qu'au sein de l'Union africaine (UA) et ce, jusqu'&#224; ces deniers jours, seuls le S&#233;n&#233;gal et le Botswana ont reconnu le CNT. Dans le cas du S&#233;n&#233;gal, le pr&#233;sident Abdoulaye Wade lorgnait le soutien de Sarkozy pour tripatouiller la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il lui a donc montr&#233; patte-blanche. Je vous rappelle que m&#234;me l'Afrique du Sud, qui a pourtant appuy&#233; la r&#233;solution 1973 du Conseil de s&#233;curit&#233; &#8212; suite &#224; de grandes pressions de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis &#8212; n'a cess&#233; de d&#233;noncer les emb&#251;ches dress&#233;es par l'OTAN devant les diff&#233;rentes formes de m&#233;diation politique initi&#233;es par l'UA. Pour tenir t&#234;te aux grandes puissances, il faut &#234;tre cr&#233;dible et irr&#233;prochable sur le plan interne. L'Alg&#233;rie entrera dans les rangs, c'est une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime a trop &#224; perdre, il a besoin du satisfecit de Paris. Le plus important est toutefois le sentiment de la population alg&#233;rienne. Celle-ci a condamn&#233; la position d'El Gueddafi et d&#233;plor&#233; le comportement officiel alg&#233;rien. Elle a tout autant condamn&#233; l'agression militaire contre la Libye. C'est cette lucidit&#233; devant la complexit&#233; qu'il me semble important de souligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadjia Bouaricha&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; El Watan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOURCE :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elwatan.com/entretien/mouloud-idir-politologue-je-crains-un-scenario-presageant-un-irak-bis-ou-une-polarisation-a-l-ivoirienne-27-08-2011-137729_121.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.elwatan.com/entretien/mouloud-idir-politologue-je-crains-un-scenario-presageant-un-irak-bis-ou-une-polarisation-a-l-ivoirienne-27-08-2011-137729_121.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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