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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Lutter contre la dette, contre l'offensive patriarcale</title>
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		<dc:date>2021-03-16T07:13:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blanca Bayas , Camille Bruneau, Chiara Filoni, Ecologistas en acci&#243;n , Nicola Scherer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Janvier 2020 est paru le &#171; Cahier de revendication communes sur la dette et la n&#233;cessit&#233; d'un r&#233;el contr&#244;le citoyen sur la finance au niveau europ&#233;en &#187;, coordonn&#233; par le CADTM. Ce document a &#233;t&#233; &#233;crit de mani&#232;re collective par les militant&#183;e&#183;s de pr&#232;s d'une quinzaine de collectifs et organisations &#224; travers l'Europe. Il a &#233;t&#233; sign&#233;, en tout ou en partie, par 39 associations de 10 pays europ&#233;ens. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : CADTM infolettre , le 2021-03-09 8 mars par Ecologistas en acci&#243;n , Chiara (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton47231-b7a73.png?1781239672' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Janvier 2020 est paru le &#171; Cahier de revendication communes sur la dette et la n&#233;cessit&#233; d'un r&#233;el contr&#244;le citoyen sur la finance au niveau europ&#233;en &#187;, coordonn&#233; par le CADTM. Ce document a &#233;t&#233; &#233;crit de mani&#232;re collective par les militant&#183;e&#183;s de pr&#232;s d'une quinzaine de collectifs et organisations &#224; travers l'Europe. Il a &#233;t&#233; sign&#233;, en tout ou en partie, par 39 associations de 10 pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Lutter-contre-la-dette-contre-l-offensive-patriarcale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2021-03-09&lt;br class='autobr' /&gt;
8 mars par Ecologistas en acci&#243;n , Chiara Filoni , Blanca Bayas , Camille Bruneau , Nicola Scherer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de ce cahier de revendication europ&#233;en a &#233;t&#233; &#233;clips&#233;e par la crise sanitaire du coronavirus. En revanche, son contenu est plus que jamais d'actualit&#233;. En effet, vu les niveaux d'endettement public qui ont atteint de nouveaux sommets et vu les promesses faites par les gouvernements de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233;s ; Vu l'opportunit&#233; saisie par le monde de la finance pour organiser en douce son sauvetage par les &#201;tats et pour leur refiler les milliards d'euros de dettes sur lesquels il a sp&#233;cul&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es ; Et vu l'ampleur grandissante de la crise &#233;conomique et sociale en cours. Il est plus que jamais urgent de r&#233;pondre au chantage de la dette et de se saisir collectivement de tous les secteurs qui rel&#232;vent du bien commun et de leurs moyens de financement. Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'objet des revendications faites dans ce Cahier de revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous republions, dans le d&#233;sordre et en fonction de l'actualit&#233;, chacun des chapitres de ce document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette journ&#233;e de lutte internationale pour les droits des femmes* et de gr&#232;ve f&#233;ministe dans plusieurs pays, nous publions de nouveau le chapitre &#171; Lutter contre la dette, au-del&#224; des cons&#233;quences strictement &#233;conomiques et financi&#232;res &#8211; Contre l'offensive patriarcale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons par ailleurs &#224; soutenir et &#224; rejoindre les diff&#233;rentes mobilisations organis&#233;es ce 8 mars 2020. (Pour la Belgique, la plupart des infos sont disponibles ici).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contributrices : Ecologistas en acci&#243;n (&#201;tat espagnol), Camille Bruneau et Chiara Filoni (CADTM Belgique), Nicola Scherer et Blanca Bayas (Observatori del deute en la globalitzaci&#243; - &#201;tat espagnol)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendications et alternatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#233;conomique capitaliste repose sur des m&#233;canismes et des enjeux qu'il occulte, tels que la nature et les d&#233;g&#226;ts &#224; l'environnement ou encore l'exploitation du travail r&#233;mun&#233;r&#233;. Le capitalisme b&#233;n&#233;ficie en particulier de la sous-estimation et de l'invisibilisation du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, notamment le travail de soin, qui est principalement pris en charge par les femmes [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte capitaliste et patriarcal que s'inscrit le syst&#232;me de la dette : la dette a un impact tr&#232;s lourd sur les femmes et ne saurait &#234;tre &#233;tudi&#233;e ou discut&#233;e sans tenir compte de la question du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences directes de la dette, par le biais des plans d'ajustement et des mesures d'aust&#233;rit&#233;, est la poursuite de la flexibilisation du travail, qui suppose des salaires pr&#233;caires pour un temps de travail croissant, une absence de protection des personnes qui travaillent et une extension du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, qui vient compenser les coupes op&#233;r&#233;es dans les services publics. Les &#233;tudes critiques du genre montrent que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les femmes qui subissent le plus la d&#233;t&#233;rioration impos&#233;e au nom du service de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est un pilier essentiel et syst&#233;mique du mod&#232;le capitaliste h&#233;t&#233;ropatriarcal blanc actuel, qui perp&#233;tue les privil&#232;ges d'une petite minorit&#233;. La dette permet de b&#226;tir un monde o&#249; le travail et les activit&#233;s des hommes sont plus valoris&#233;s que ceux des femmes, souvent r&#233;duits &#224; l'invisibilit&#233;, alors qu'ils supportent le bien-&#234;tre et la reproduction de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays endett&#233;s subissent des coupes et des ajustements structurels l&#233;gitim&#233;s par le devoir moral et l&#233;gal de payer son d&#251;. Or, ces ajustements supposent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La destruction du droit du travail pour permettre une exploitation accrue de la main d'&#339;uvre, une flexibilisation in&#233;quitable des salaires, la pr&#233;carisation des conditions de travail et l'approfondissement de l'&#233;cart salarial entre les hommes et les femmes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des diminutions drastiques des d&#233;penses sociales, notamment dans les services publics de soin (sant&#233;, vieillesse, &#233;ducation, enfance). Les femmes subissent ces politiques &#224; la fois en tant que travailleuses (elles constituent la majeure partie des employ&#233;s de ces secteurs et doivent faire face &#224; des journ&#233;es de travail plus longues, des conditions toujours plus pr&#233;caires, une ins&#233;curit&#233; accrue du travail) et en tant que b&#233;n&#233;ficiaires (les coupes dans les services de soin privent les femmes d'un acc&#232;s aux services de base, pour elles-m&#234;mes comme pour leur famille et conduisent &#224; une augmentation du travail non r&#233;mun&#233;r&#233; pour compenser). La dette conduit &#224; la discrimination des femmes sur le march&#233; du travail. L'aust&#233;rit&#233; a &#233;galement des cons&#233;quences sanitaires, comme la hausse du nombre de cancers du sein non d&#233;tect&#233;s, de la mortalit&#233; infantile. Elle impacte &#233;galement le droit des femmes &#224; g&#233;rer leur propre corps ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique capitaliste et n&#233;olib&#233;rale d'exploitation des corps comme des marchandises, combin&#233;e avec la pauvret&#233; induite par la dette, tend &#224; empirer l'exploitation des corps des femmes &#224; travers, par exemple, le trafic sexuel subit ou la location de leur ut&#233;rus. La m&#234;me logique de marchandisation s'applique &#224; la nature, accentuant par l&#224; la sur-exploitation des ressources.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre les enjeux li&#233;s &#224; la classe sociale et au genre, la pauvret&#233; et la pr&#233;carit&#233; caus&#233;es par la dette et l'aust&#233;rit&#233; frappent particuli&#232;rement les personnes appartenant &#224; des groupes d&#233;j&#224; discrimin&#233;s : les personnes LGBTQI+ et celles subissant des discriminations li&#233;es &#224; leur religion et/ou leur groupe ethnique r&#233;el ou suppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que les femmes sont les principales cr&#233;anci&#232;res de la dette publique ! Par leur travail invisible, elles remplacent l'&#201;tat qui se d&#233;sengage des services fondamentaux comme le soin aux plus &#226;g&#233;s et aux plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En r&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les ann&#233;es 1970 et la deuxi&#232;me vague du mouvement f&#233;ministe, depuis 2018 et le nouveau souffle des mouvements f&#233;ministes (en Espagne, en Am&#233;rique du Sud, en Italie, etc.), les organisations autonomes de femmes ont montr&#233; que la d&#233;fense de leurs droits mettait en lumi&#232;re leur ind&#233;pendance et leur place dans la soci&#233;t&#233;. Elles ont montr&#233; que la domination masculine dans la sph&#232;re priv&#233;e &#233;tait &#233;troitement li&#233;e aux relations de pouvoir patriarcales &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233; et les influen&#231;ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soins individuels et collectifs, ainsi que le travail reproductif doivent devenir visibles en tant que piliers de l'&#233;conomie capitaliste et &#224; ce titre doivent &#234;tre estim&#233;s et redistribu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes compensent par leur travail non r&#233;mun&#233;r&#233; les coupes dans les d&#233;penses publiques : elles sont donc les v&#233;ritables cr&#233;anci&#232;res de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons exposer au grand jour le contr&#244;le du corps des femmes par le patriarcat (limitation du droit &#224; l'avortement dans certains pays, st&#233;rilisation forc&#233;e dans d'autres, maternit&#233; de substitution...) et la n&#233;cessit&#233; concomitante de faire appliquer les droits sexuels et reproductifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendications et alternatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de reconna&#238;tre les effets cumulatifs de la dette et des mesures d'aust&#233;rit&#233;, dont les cons&#233;quences sont plus difficiles pour les minorit&#233;s et les groupes discrimin&#233;s, notamment lorsque les facteurs de marginalisation s'ajoutent. L'intersection des oppressions fond&#233;es sur l'appartenance ethnique, le genre et la classe sociale rendent indispensable d'accorder une attention particuli&#232;re &#224; certaines populations comme les femmes migrantes ou les m&#232;res c&#233;libataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de permettre l'acc&#232;s aux donn&#233;es n&#233;cessaires pour permettre un audit sectoriel des effets de la dette et des mesures d'aust&#233;rit&#233; sur les droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques antisociales qui placent les femmes dans des situations toujours plus pr&#233;caires, instables et de d&#233;pendance doivent cesser et &#234;tre remplac&#233;es par des politiques qui permettent aux &#201;tats de remplir leurs obligations sociales de base (scolarit&#233; publique gratuite, soins de sant&#233; abordables, salaires et pensions d&#233;cents). La prestation de ces services de base est un pr&#233;requis &#224; l'&#233;galit&#233; de genre, notamment pour ce qui concerne les m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de reconna&#238;tre les apports du f&#233;minisme et de l'&#233;cof&#233;minisme, notamment &#224; l'&#233;conomie, en ce qu'ils mettent la vie au c&#339;ur des r&#233;flexions, plut&#244;t que le capital ou la dette. La reconnaissance de l'importance du travail reproductif et des liens entre l'exploitation de l'environnement et celle des femmes peut contribuer &#224; garantir l'&#233;galit&#233; entre les diff&#233;rents segments de la population et des conditions de vie d&#233;centes, souhait&#233;es et compatibles avec la pr&#233;servation de l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le remplacement d'une culture de la domination par un mod&#232;le fond&#233; sur une &#233;conomie f&#233;ministe et solidaire, sur un sens de la communaut&#233; et de la d&#233;mocratie sociale sans discrimination bas&#233;e sur l'origine ethnique ou le genre, un monde qui repose sur l'aide mutuelle, le respect de l'ind&#233;pendance et une vision &#233;cologique globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire d'instaurer une &#233;ducation non sexiste et de sensibiliser d&#232;s l'&#233;cole quant aux discriminations et aux violences &#224; l'&#233;gard des femmes &#8211; et plus particuli&#232;rement &#224; l'&#233;gard de certaines d'entre elles &#8211; ainsi qu'aux droits sexuels et reproductifs (tels que le droit &#224; l'avortement) et aux droits des femmes en g&#233;n&#233;ral dans toutes les sph&#232;res de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons mettre fin &#224; l'orientation professionnelle et &#224; la r&#233;partition du travail reproductif en fonction du sexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les odieux accords de l'UE en mati&#232;re de migration : le cas de la Turquie et de la Libye</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-odieux-accords-de-l-UE-en-matiere-de-migration-le-cas-de-la-Turquie-et-de</link>
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		<dc:date>2020-02-11T07:26:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le pic de la soi-disant &#8220;crise migratoire&#8221; de 2015, l'UE est incapable de mener une politique digne de ce nom sur ce sujet. Ainsi, elle a n&#233;goci&#233; plusieurs accords avec des pays tiers dans le but de r&#233;duire le nombre de r&#233;fugi&#233;-e-s sur son sol. Un premier accord, que nous avons comment&#233; dans cet article, a &#233;t&#233; sign&#233; en 2016 avec la Turquie, dans l'intention de bloquer l'arriv&#233;e des migrant-e-s sur la route de la M&#233;diterran&#233;e orientale. &lt;br class='autobr' /&gt; 29 janvier | tir&#233; du site du CADTM (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton42031-fe056.png?1782811938' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le pic de la soi-disant &#8220;crise migratoire&#8221; de 2015, l'UE est incapable de mener une politique digne de ce nom sur ce sujet. Ainsi, elle a n&#233;goci&#233; plusieurs accords avec des pays tiers dans le but de r&#233;duire le nombre de r&#233;fugi&#233;-e-s sur son sol. Un premier accord, que nous avons comment&#233; dans cet article, a &#233;t&#233; sign&#233; en 2016 avec la Turquie, dans l'intention de bloquer l'arriv&#233;e des migrant-e-s sur la route de la M&#233;diterran&#233;e orientale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;29 janvier | tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents accords sont conclus &#233;galement avec la Libye, pays qui m&#232;ne &#224; ce qu'on appelle la route de la M&#233;diterran&#233;e centrale, emprunt&#233;e essentiellement par des migrant-e-s en provenance de l'Afrique subsaharienne et du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres accords, notamment avec le Niger, l'&#201;gypte, la Mauritanie, le Soudan, le Mali (voir l'analyse du TNI &#8220;Expanding the fortress&#8221;) et le Maroc, font &#233;galement partie de cette politique d'externalisation des fronti&#232;res de l'UE. L'objectif principal de cette politique et de ces accords est de transformer des pays tiers en gardes-fronti&#232;res pour emp&#234;cher les migrant-e-s d'atteindre les fronti&#232;res ext&#233;rieures de l'UE, sans avoir &#224; se pr&#233;occuper de leur sort ou d'un &#233;l&#233;mentaire respect de la dignit&#233; humaine. En effet, les pactes conclus le sont avec des pays dirig&#233;s par des autocrates peu concern&#233;s par le respect des droits humains, sans que cela ne semble poser probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'entrer dans le d&#233;tail de ces accords, notons que si cette politique vise &#224; limiter les migrations, elle rate compl&#232;tement son objectif puisque d'apr&#232;s le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s, bas&#233; &#224; Gen&#232;ve, jamais autant d'&#234;tres humains - 60&#8239;millions en 2019 - n'ont quitt&#233; leur lieu d'origine qu'aujourd'hui [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'accord avec la Turquie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connu sous le nom de Dispositif europ&#233;en pour les r&#233;fugi&#233;s en Turquie (en anglais, EU Facility for Refugees in Turkey (FRiT)), cet accord, qui est entr&#233; en vigueur le 20 mars 2016 [2], pr&#233;voit que la Turquie, qui &#224; l'&#233;poque abritait pr&#232;s de 2,5 millions de r&#233;fugi&#233;-e-s syrien-ne-s, mette en place une politique plus stricte pour emp&#234;cher l'entr&#233;e des r&#233;fugi&#233;s en Europe. Avec cet accord, la Turquie accepte le retour de tout futur demandeur d'asile qui se rendrait sur les c&#244;tes europ&#233;ennes. En retour, l'UE promet [3] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; d'accueillir un-e r&#233;fugi&#233;-e syrien-ne s&#233;lectionn&#233; selon des crit&#232;res &#8216;humanitaires' pour chaque r&#233;fugi&#233;-e refoul&#233;-e en Turquie ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; de relancer les n&#233;gociations d'adh&#233;sion de la Turquie &#224; l'Union europ&#233;enne et de d&#233;livrer des visas aux citoyen-ne-s turcs-ques d&#233;sirant voyager ou s'installer en Europe (&#224; condition d'une r&#233;forme de la justice, du respect de droits humains et du changement de la loi sur le terrorisme dans l'&#201;tat turc) ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; de renforcer les capacit&#233;s de patrouille et de surveillance des garde-c&#244;tes turcs et des autres autorit&#233;s turques comp&#233;tentes ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; deux tranches de 3 milliards d'euros (la premi&#232;re &#233;chue en mars 2018) doivent &#234;tre vers&#233;es par l'UE pour des op&#233;rations telles que la fourniture de nourriture et v&#234;tements pour les migrant-e-s, mais aussi pour que la Turquie mette en place des solutions &#224; plus long terme (comme la construction d'h&#244;pitaux, d'&#233;coles et l'impl&#233;mentation de programmes d'emploi pour les migrant-e-s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs aspects de cet accord s'av&#232;rent tr&#232;s probl&#233;matiques, sinon odieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier temps en effet l'accord &#171; a bien fonctionn&#233; &#187; pour les deux parties. Du c&#244;t&#233; turc, 911 kilom&#232;tres de mur (de 2,5 m&#232;tres d'&#233;paisseur et surmont&#233; de fil de rasoir) ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s tout le long de la fronti&#232;re entre la Turquie et la Syrie. L'UE a fourni &#224; la Turquie 83 millions d'euros en v&#233;hicules militaires blind&#233;s et en &#233;quipements de surveillance qui patrouillent les fronti&#232;res : selon Rami Abdurrahman, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 42 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s en essayant de passer en Turquie depuis la Syrie [4]. Ce mur (allong&#233; en 2018) et ces mat&#233;riels ont engendr&#233; une diminution du nombre des r&#233;fugi&#233;-e-s aux portes de la Turquie en enfermant de malheureux-ses syrien-ne-s dans un pays de guerre et d'effroi. Suite &#224; l'accord, concernant les r&#233;fugi&#233;-e-s ayant d&#233;j&#224; quitt&#233; la Syrie, seulement 1.546 personnes ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es d'Europe vers la Turquie, tandis que les r&#233;fugi&#233;-e-s syrien-ne-s qui ont &#233;t&#233; install&#233;-e-s en Europe (depuis la Turquie) sont au nombre de 12.489 [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la baisse d'entr&#233;es sur territoire, la population syrienne en Turquie continue de grossir (aujourd'hui on compte plus de 3,5 millions de r&#233;fugi&#233;-e-s dans le pays) du fait d'un taux de natalit&#233; &#233;lev&#233; et coupl&#233; aux arriv&#233;es en cours et aux retours venus d'Europe. Les conditions de d&#233;tention de ces migrant-e-s s&#233;journant en Turquie sont effrayantes. Les r&#233;cits d'actes de violences se sont multipli&#233;s : r&#233;fugi&#233;-e-s horriblement tu&#233;-e-s par des gardes-fronti&#232;res, ou frapp&#233;e-e-s ou abus&#233;-e-s, maintenu-e-s en d&#233;tention et oblig&#233;-e-s de travailler ill&#233;galement dans des conditions d'exploitation, leur droit de demande d'asile ni&#233; [6]. Une enqu&#234;te conduite par les m&#233;dia ind&#233;pendants Politiken et Danwatch, ainsi que par l'hebdomadaire italien L'espresso et le consortium d'investigation EIC, a montr&#233; les infractions aux droits humains dans le traitement r&#233;serv&#233; aux ONG en charge des aides humanitaires : retrait des permis d'exercer dans le pays, ralentissement du processus d'enregistrement, harc&#232;lement, choix de n'accorder des permis que pour de courtes p&#233;riodes de quelques mois et obstruction totale &#224; la d&#233;livrance de permis de travail pour le personnel des ONG [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, certaines d&#233;portations de Gr&#232;ce en Turquie ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es par la Cour d'appel, en raison de la dangerosit&#233; de la situation en Turquie. Beaucoup de migrant-e-s ont demand&#233; &#224; &#234;tre rapatri&#233;-e-s dans leur pays d'origine (7000 entre 2016 et 2017), ce qui en dit long sur le traitement offert par les garde-c&#244;tes et la police turque vis-&#224;-vis des migrant-e-s [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, peu de personnes semblent &#234;tre concern&#233;es par les conditions de vie de ces r&#233;fugi&#233;-e-s : Erdo&#287;an a &#224; plusieurs reprises d&#233;clar&#233; vouloir renvoyer &#8220;leurs fr&#232;res et s&#339;urs syriens&#8221; dans leur pays au plus t&#244;t possible. Plusieurs repr&#233;sentant-e-s de l'UE ont d&#233;clar&#233; de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces camps o&#249; vivent des millions de personnes dans des conditions de vie ignobles permettent pourtant &#224; la Turquie d'exercer une pression toujours plus forte vis &#224; vis de l'UE (en vue de nouveaux financements) sous menace d'ouvrir les fronti&#232;res avec la Gr&#232;ce et la Bulgarie. En effet, Ankara n'est plus satisfaite du r&#233;sultat obtenu et veut ren&#233;gocier l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, sans consid&#233;rations pour les r&#233;fugi&#233;-e-s, l'Europe ne semble pas changer de position. L'absence d'accord sur la r&#233;partition des arriv&#233;es &#224; cause des gouvernements d'extr&#234;me droite en Hongrie et en Italie et l'hypocrisie des autres pays est notamment en cause [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Entre temps, les camps de r&#233;fugi&#233;-e-s en Gr&#232;ce explosent. Selon l'UNHCR 41 500 personnes vivent dans les camps des cinq &#238;les grecques (Samos, Chios, Leros, Lesbos, Kos)&lt;/i&gt; alors que la limite &#233;tait fix&#233;e &#224; 6 200 [10]. En attente d'&#234;tre identifi&#233;es, ces personnes vivent dans des conditions inhumaines : barbel&#233;s, nourriture avari&#233;e, absence d'eau chaude, habitations et toilettes insalubres, conditions d'hygi&#232;ne affreuses (poubelles, rats et serpents partout) ; elles sont dans une situation d'urgence sanitaire et psychologique (suicides, automutilations) et les listes d'attente pour examiner leur dossier peuvent aller jusqu'&#224; deux ans. Sans compter les milliers d'autres dans le reste de la Gr&#232;ce. De &#171; v&#233;ritables camps de concentration &#187; cr&#233;&#233;s au niveau europ&#233;en affirme Jean Ziegler dans l'interview mentionn&#233;e plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des petites &#238;les pour installer ces camps n'est pas un hasard (comme &#224; Lampedusa). Ce choix en dit beaucoup sur la volont&#233; de confiner ces populations loin des centres (politiques, urbains etc.), de les mettre au ban, les exclure, pour que leurs probl&#232;mes soient plus facilement oubli&#233;s. Notons enfin, le manque total de transparence sur la gestion financi&#232;re et le manque d'impl&#233;mentation des projets &#224; long terme caract&#233;risant cet accord (aucun h&#244;pital, aucun programme d'insertion n'a vu le jour). Pour toutes ces raisons, la l&#233;galit&#233; de cet accord a &#233;galement &#233;t&#233; mise en cause &#224; plusieurs reprises par l'Assembl&#233;e parlementaire du Conseil de l'Europe, sans succ&#232;s. D'ailleurs, l'UE a contourn&#233; le contr&#244;le d&#233;mocratique par le Parlement europ&#233;en pour pouvoir conclure cet accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les relations odieuses avec la Libye&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de la dangerosit&#233; de la route orientale, d&#232;s 2015, la route migratoire de la M&#233;diterran&#233;e centrale, qui am&#232;ne &#224; l'Europe via la Libye puis l'Italie, devient la plus emprunt&#233;e. Malheureusement, celle-ci se r&#233;v&#233;lera encore plus dangereuse que la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour la Turquie, l'UE et les &#201;tats membres injectent des millions d'euros dans des projets b&#233;n&#233;ficiant &#224; la Libye et visant &#224; pr&#233;venir la migration vers le territoire europ&#233;en. Ces projets, coordonn&#233;s par la Commission europ&#233;enne, mais aussi par des accords bilat&#233;raux avec un certain nombre d'&#201;tats membres, tels que l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, incluent des formations des forces de police et des garde-fronti&#232;res ou le d&#233;veloppement de syst&#232;mes de contr&#244;le complexes (&#233;quipement de contr&#244;le biom&#233;triques, h&#233;licopt&#232;res, bateaux et v&#233;hicules) [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier projet de l'UE date de 2013 (EUBAM Libya) et a pour but de former une expertise militaire libyenne sur les c&#244;tes (formation donn&#233;e par l'arm&#233;e italienne, allemande et fran&#231;aise) tandis qu'en 2015, l'op&#233;ration Sophia est la premi&#232;re op&#233;ration militaire contre les r&#233;fugi&#233;-e-s au niveau europ&#233;en dont l'objectif est d'intercepter et de d&#233;truire les vaisseaux utilis&#233;s pour la traite de migrant-e-s. Toutes ces op&#233;rations, et celles qui suivront, d&#233;montrent que les int&#233;r&#234;ts de l'Europe (et de ses pays membres) sont dirig&#233;s vers la protection de ses fronti&#232;res et ne portent pas sur les droits des migrant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la coope&#769;ration avec la Libye remplit ses objectifs. Entre 2017 et 2018, on enregistre une chute drastique des passages dans le canal de Sicile : 21 000 passages en 2017 contre environ 100 000 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente [12]. Voyons de plus pr&#232;s les raisons de cette chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les accords entre Italie et Libye&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on analyse le cas de la Libye, il est fondamental de prendre en consid&#233;ration les relations entre ce pays et l'Italie, dont les histoires restent connect&#233;es, le deuxi&#232;me ayant colonis&#233; le premier. En 2004, l'Italie convainc l'UE de lever l'embargo international en mati&#232;re &#233;conomique et d'installation militaire sur la Libye dans l'objectif de vendre l'&#233;quipement high-tech n&#233;cessaire pour le contr&#244;le de fronti&#232;res. Cela fonctionne et &#224; partir de ce moment, l'Italie soutient les politiques anti-migration de la Libye notamment en finan&#231;ant les d&#233;portations par avion de la Libye vers les pays d'origine des migrant-e-s, la construction de centres de d&#233;tention pour migrant-e-s et fournissant &#224; la Libye des &#233;quipements militaires ainsi que des formations pour le contr&#244;le des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, sous &lt;i&gt;Berlusconi&lt;/i&gt;, autre tournant d&#233;cisif, est sign&#233; l'accord de Benghazi par lequel l'Italie promet une r&#233;duction de la dette libyenne pour un montant de 5 milliards de $ en d&#233;dommagement de l'occupation coloniale entre 1911 et 1943. Ce trait&#233; se r&#233;v&#232;le en r&#233;alit&#233; une occasion de profit pour les entreprises italiennes, puisque les 5 milliards de r&#233;paration de dommages dus &#224; la colonisation sont en r&#233;alit&#233; utilis&#233;s pour la construction d'infrastructures sur le territoire libyen. Cette fausse r&#233;paration vient en &#233;change d'une collaboration &#233;troite entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme, la criminalit&#233; organis&#233;e, l'immigration &#171; clandestine &#187; dans lesquels la Libye devait s'engager : c'est par ce biais notamment que l'Italie intensifie le contr&#244;le de ses fronti&#232;res et arr&#234;te l'immigration en provenance du continent africain [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en suivent des ann&#233;es de memoranda et accords pour la r&#233;novation de centres de d&#233;tention, de collaboration avec les militaires libyens pour intercepter et renvoyer les r&#233;fugi&#233;-e-s en route pour l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons qu'en f&#233;vrier 2012, la pratique consistant &#224; renvoyer en Libye les r&#233;fugi&#233;-e-s sauv&#233;-e-s en haute mer par des bateaux italiens a &#233;t&#233; condamn&#233;e par un arr&#234;t historique de la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme (Hirsi et al. contre Italie), car les personnes d&#233;plac&#233;es de force &#233;taient &#171; expos&#233;es au risque de mauvais traitements en Libye et de rapatriement en Somalie ou en &#201;rythr&#233;e &#187; [14]. Pourtant, ces pratiques ne se sont pas arr&#234;t&#233;es apr&#232;s la sentence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les r&#233;centes politiques italiennes en mati&#232;re d'immigration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement int&#233;ressant de jeter un &#339;il aux accords plus r&#233;cents au vu des derniers changements politiques et notamment de l'arriv&#233;e au pouvoir de l'extr&#234;me droite en Italie.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avril 2017, le ministre italien de l'Int&#233;rieur &lt;i&gt;Minniti &lt;/i&gt;(gouvernement de centre-gauche ayant pr&#233;c&#233;d&#233; l'extr&#234;me-droite au pouvoir) sous le faux pr&#233;texte de cr&#233;er des couloirs humanitaires et de prot&#233;ger les migrant-e-s pr&#233;voyait la construction de 20 nouveaux centres de rapatriement en Libye, la suppression de la deuxi&#232;me instance de jugement pour les demandeurs d'asile qui ont fait recours (pas de droit de s'adresser &#224; la Cour d'appel si leur demand&#233; est ni&#233;e), l'abolition de l'audience devant le juge (ce qui signifie pas de droit pour le/a migrant-e &#224; un juste proc&#232;s) et l'introduction du travail volontaire pour les migrant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent les accords secrets sign&#233;s entre le gouvernement italien de l'&#233;poque et Bjia Abdul Rhaman Milad, chef de gardes c&#244;tes libyens de &lt;i&gt;Zawya&lt;/i&gt; (zone Ouest de la Libye). Bjia, avec qui le gouvernement italien a entretenu des relations, a &#233;t&#233; sanctionn&#233; par le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU : il est accus&#233; de g&#233;rer le trafic d'&#234;tres humains pour le compte de la Libye et secr&#232;tement de l'Italie [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il existe des preuves que le m&#234;me gouvernement a aussi financ&#233; les milices de &lt;i&gt;Dabbashi &#224; Sabratha&lt;/i&gt; pour arr&#234;ter des embarcations de migrant-e-s : on parle d'un pot de vin de 5 millions de dollars pay&#233; par l'intelligence italienne (qui serait &#233;galement et en partie responsable d'une guerre intra-clan pour l'accaparement de la gestion des migrant-e-s) [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en 2017, un autre acte de criminalisation des ONG op&#233;rant en M&#233;diterran&#233;e avait &#233;t&#233; impl&#233;ment&#233; : le code de conduite qui interdit aux embarcations des ONG de rentrer dans les eaux libyennes (m&#234;me si les migrant-e-s sont abandonn&#233;-e-s par les gardes c&#244;tes libyens ou d'autres embarcations) et pr&#233;voit &#8211; entre autres &#8211; la pr&#233;sence de la police italienne &#224; bord des embarcations pour des op&#233;rations de surveillance. Plusieurs ONG (&lt;i&gt;Jegend Rettet, Sea watch, Sea eye, l'Association europ&#233;enne de sauvetage en mer, Sos m&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt;) ont eu le courage de dire &#171; Non &#187; &#224; ce d&#233;cret qui criminalise leurs activit&#233;s de sauvetage. Le lynchage public par les votant-e-s de droite ne s'est pas fait attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, le leader parti politique de la Ligue, &lt;i&gt;Matteo Salvini&lt;/i&gt;, ministre de l'Int&#233;rieur sous le gouvernement Conte I (mai 2018-ao&#251;t 2019), est connu pour sa politique tr&#232;s dure face &#224; la migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son d&#233;cret s&#233;curit&#233;-bis assimile tou-te-s les migrant-e-s &#224; des malfaiteurs-euses, des criminel-le-s quand ce n'est pas des terroristes. Le d&#233;cret pr&#233;voit entre autres- les mesures suivantes [17] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; un fonds pour le rapatriement de migrant-e-s &#171; irr&#233;gulier-e-s &#187; de 2 millions d'euros ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; la fermeture des ports aux bateaux ne sera plus de la comp&#233;tence du minist&#232;re des infrastructures mais du ministre de l'Int&#233;rieur (Salvini lui-m&#234;me !) qui peut limiter ou interdire le transit en mer italienne pour raisons de s&#233;curit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; des amendes entre 3.500 et 5.500 euros par migrant-e (d'un minimum de 150.000 euros &#224; un maximum 1 million d'euros) pour les bateaux qui d&#233;barquent dans un port malgr&#233; l'ordre du ministre ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; la confiscation du navire et l'arrestation du/de la capitaine pour violation de la m&#234;me interdiction ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; 3 millions d'euros pour la lutte contre l'aide et la complicit&#233; &#224; l'immigration clandestine et pour les op&#233;rations polici&#232;res d'infiltration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait suite &#224; un premier d&#233;cret s&#233;curit&#233; (10/2018) qui a pr&#233;vu une baisse du financement pour l'accueil des migrant-e-s de 35 euros &#224; 21 euros (par personne), l'abolition de la protection humanitaire (en limitant fortement les possibilit&#233;s d'obtention du statut de r&#233;fugi&#233;) et rend plus difficile l'acquisition de la citoyennet&#233; (qui passe de 24 &#224; 48 mois), avec comme seul r&#233;sultat l'augmentation des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il nous semble qu'il nous faut tirer deux conclusions. En premier lieu, le succ&#232;s politique de Salvini &lt;/i&gt; est le r&#233;sultat escompt&#233; et pr&#233;visible, de l'utilisation de migrant-e-s comme des objets sur lesquels les politiques essayent de nous faire d&#233;charger nos peurs (dans certains cas avec succ&#232;s). Ces peurs trouvent leur origine dans l'application du n&#233;olib&#233;ralisme le plus f&#233;roce et dans des mesures d'aust&#233;rit&#233; introduites dans les ann&#233;es post-crise financi&#232;re et &#233;conomique. On souligne &#233;galement que la r&#233;duction consid&#233;rable des arriv&#233;es (de 181.436 personnes en 2016 &#224; 23.371 en 2018) est due principalement en 2016 aux politiques migratoires de Minniti, en fonction jusqu'&#224; fin mai 2018 [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, derri&#232;re ces politiques migratoires se cachent des politiques meurtri&#232;res, n&#233;ocoloniales [19] et l'horreur des violations des droits humains qui viennent du fait de ne pas consid&#233;rer une partie de la population mondiale comme des &#234;tres humains &#224; part enti&#232;re. Nos gouvernements du Nord sont complices des violations des droits humains dont se rendent coupables les gardes c&#244;tes et les milices libyennes ainsi que les soldats turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; D&#233;penses militaires et APD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses de l'UE dans son ensemble en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; des fronti&#232;res dans les pays tiers ont consid&#233;rablement augment&#233; depuis le d&#233;but de ces accords. En effet, l'UE, multiplie ces derni&#232;res ann&#233;es les projets li&#233;s aux migrations, dont les principales priorit&#233;s sont la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; et la lutte contre &#171; les migrations irr&#233;guli&#232;res &#187;. Comme d&#233;j&#224; expliqu&#233; dans l'article de J&#233;r&#244;me Duval, ces fonds proviennent aussi de l'aide au d&#233;veloppement. Par exemple, nous dit un rapport d'Oxfam, plus de 80 % du budget de Fonds Fiduciaire d'Urgence de l'UE pour l'Afrique (FFU), dont l'objectif est de r&#233;pondre &#224; des situations de crise sur le continent africain, vient du Fonds europ&#233;en de d&#233;veloppement et d'autres fonds d'aide au d&#233;veloppement et d'aide humanitaire [20]. Or, le rapport d'Oxfam montre que 22 % de ce fonds est allou&#233; &#224; la gestion de migrations, 13,5 % &#224; la s&#233;curit&#233;, 63 % &#224; la coop&#233;ration au d&#233;veloppement et 1,5 % &#224; la recherche. Si c'est vrai, d'une part le Fonds europ&#233;en de d&#233;veloppement pour l'Afrique cens&#233; cr&#233;er des opportunit&#233;s de d&#233;veloppement &#233;conomique et apporter un soutien aux personnes d&#233;plac&#233;es est en fait de mani&#232;re significative utilis&#233; &#224; mettre fin &#224; l'immigration vers l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs rapports d&#233;montrent que les acteurs qui b&#233;n&#233;ficient le plus de ces politiques de militarisation des fronti&#232;res sont les compagnies d'armement, de technologie et de s&#233;curit&#233;, pas directement via l'Union europ&#233;enne, qui ne peut pas financer d'&#233;quipement militaire (l&#233;tal) vendu &#224; des &#201;tats tiers avec ses propres fonds, mais via les &#201;tats membres (en premier lieu l'Italie et l'Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le revers de la m&#233;daille de cette politique est d'une part l'augmentation du nombre de morts parmi les personnes d&#233;plac&#233;es , de l'autre la recherche de nouvelles routes toujours plus dangereuses au fur et &#224; mesure que les premi&#232;res sont bloqu&#233;es par l'UE et ses &#201;tats membres [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Conclusions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne consid&#232;re la migration comme un probl&#232;me de s&#233;curit&#233; &#224; traiter en urgence et par le d&#233;ploiement d'un nombre toujours plus grand de technologies, outils et ressources militaris&#233;s. Ces politiques ne r&#233;pondent pas &#224; une vision rationnelle, ne visent pas une solution qui pourrait se retrouver par exemple dans la r&#233;gularisation de ces migrant-e-s mais sont souvent anim&#233;es par le court-terme &#233;lectoraliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe et ses &#201;tats membres font le choix d'investir des millions d'euros dans la s&#233;curisation, l'externalisation des fronti&#232;res et dans la coope&#769;ration avec les pays tiers conditionn&#233;e au contr&#244;le de l'immigration. La mise &#224; l'arr&#234;t de &#171; l'Op&#233;ration Mare Nostrum &#187; en Italie par l'UE (visant &#224; secourir en mer les immigr&#233;-e-s) et son remplacement en novembre 2014 par l'Op&#233;ration Triton (pour le contr&#244;le de fronti&#232;res) sous l'&#233;gide de Frontex ainsi que les accords avec la Libye, la Turquie et d'autres pays tiers en sont un exemple. M&#234;me l'aide publique au d&#233;veloppement (cens&#233;e financer des projets de d&#233;veloppement dans le Sud) est d&#233;tourn&#233;e &#224; ces fins. Cela se fait &#224; cause du manque de volont&#233; des &#201;tats europ&#233;ens de trouver des solutions aux migrations &#224; l'&#233;chelle europe&#769;enne (comme le syst&#232;me de quota auquel plusieurs &#201;tats s'opposent), et sans pr&#234;ter grande attention au r&#233;gime en place dans les pays tiers (alors qu'il s'agit de collaborer avec des r&#233;gimes qui violent ouvertement les droits humains, comme la Turquie, la Libye et d'autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un choix politique de ne pas investir l'argent des politiques migratoires autrement (par exemple pour des initiatives d'accueil et d'insertion) et de ne pas prendre en compte les avertissements des organisations des droits humains et les documents internes &#224; l'UE qui t&#233;moignent de la grave violation de droits humains (mauvais traitements, viols, centres de d&#233;tention contr&#244;l&#233;s par les milices) perp&#233;tr&#233;s en Libye et en Turquie. Cela vaut particuli&#232;rement pour l'Italie (tant pour les gouvernements de droite comme de centre gauche) comme nous l'avons vu, mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un choix de criminaliser toute forme de solidarit&#233; comme celles des ONG qui op&#232;rent dans la M&#233;diterran&#233;e pour sauver des vies humaines. Le seul but des accords de la honte que nous avons d&#233;crits est d'arr&#234;ter la migration, un ph&#233;nom&#232;ne en soi impossible &#224; arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici que le droit de d&#233;poser une demande d'asile est garanti par la D&#233;claration universelle des droits humains, qui &#233;nonce, en son article 14 : &#171; Devant la pers&#233;cution, toute personne a le droit de chercher asile et de b&#233;n&#233;ficier de l'asile en d'autres pays &#187; et par la Convention de Gen&#232;ve de 1951.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons enfin que l'argent des contribuables europ&#233;en-ne-s est utilis&#233; - entre autres - pour construire les camps de concentration en Turquie et en Libye, pour des accords secrets et ces politiques meurtri&#232;res. Si le nombre de passages a chut&#233; que cela soit &#224; travers la Turquie ou la Libye, la part des mort-e-s sur l'ensemble des passages a en revanche drastiquement augment&#233;. Nous en sommes &#224; plus de 30 000 morts sur les vingt derni&#232;res ann&#233;es en M&#233;diterran&#233;e. C'est inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'autrice remercie Adrien Peroches, Christine Pagnoulle et Mats Lucia Bayer pour leurs relectures&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pagella C., Nous avons cr&#233;e des camps de concentration, interview de Jean Ziegler, 20 janvier 2020, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.illustre.ch/magazine/jean-ziegler-avons-recree-camps-concentration&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.illustre.ch/magazine/jean-ziegler-avons-recree-camps-concentration&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Pour un meilleur traitement de l'accord voir Duval J., Coumont B, Faniel L., A qui profite la gestion des migrations ?, 27 octobre 2017, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/A-qui-profite-la-gestion-des-migrations&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/A-qui-profite-la-gestion-des-migrations&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Shaw C., &#350;entek Z., Raw Deal, What happened to the billions that Brussels pledged to Turkey to keep refugees out of the EU ?, 30 mars 2018, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://theblacksea.eu/stories/billions-for-borders/secret-eu-docs-show-conflict-over-cash-for-eu-turkey-refugee-deal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theblacksea.eu/stories/billions-for-borders/secret-eu-docs-show-conflict-over-cash-for-eu-turkey-refugee-deal/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Zeynep &#350;., &#350;ebnem A., Way Out, The European Union is funding military equipment used by Turkey to stop refugees from fleeing the Syrian Civil War and entering the EU, 23 March 2018, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://theblacksea.eu/stories/billions-for-borders/raw-deal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theblacksea.eu/stories/billions-for-borders/raw-deal/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Didonna G., L'accordo sui migranti che la Turchia di Erdogan vuole rinegoziare, septembre 2019, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.agi.it/estero/accordo_migranti_turchia_ue_corridoio_orientale-6164155/news/2019-09-11/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agi.it/estero/accordo_migranti_turchia_ue_corridoio_orientale-6164155/news/2019-09-11/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Akkerman M., Expanding the fortress, rapport publi&#233; par TNI et Stopwapenhandel, mai 2018, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.tni.org/files/publication-downloads/expanding_the_fortress_-_1.6_may_11.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tni.org/files/publication-downloads/expanding_the_fortress_-_1.6_may_11.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Ibidem 3&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Cammilli A., A un anno dall'accordo sui migranti con la Turchia il bilancio &#232; disastroso, 18 mars 2017, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.internazionale.it/notizie/annalisa-camilli/2017/03/17/europa-turchia-migranti-accordo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.internazionale.it/notizie/annalisa-camilli/2017/03/17/europa-turchia-migranti-accordo&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Berthelier A., Apr&#232;s l'&#233;chec des quotas de migrants, les limites d'une solidarit&#233; &#224; la carte, 27 septembre 2018, disponible sur &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/entry/apres-lechec-des-quotas-de-migrants-les-limites-dune-solidarite-a-la-carte_fr_5c92de71e4b02a7e2d54288b&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.huffingtonpost.fr/entry/apres-lechec-des-quotas-de-migrants-les-limites-dune-solidarite-a-la-carte_fr_5c92de71e4b02a7e2d54288b&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Le Monde, La commission des droits de l'homme alerte sur le &#171; confinement &#187; des demandeurs d'asile en Gr&#232;ce, 25 janvier 2020, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/24/la-commission-des-droits-de-l-homme-alerte-sur-le-confinement-des-demandeurs-d-asile-en-grece_6027136_3210.html et&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/24/la-commission-des-droits-de-l-homme-alerte-sur-le-confinement-des-demandeurs-d-asile-en-grece_6027136_3210.html&#160;et&lt;/a&gt; UNHCR, Aegean Islands Weekly Snapshot, 20-26 January 2020, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://data2.unhcr.org/en/documents/download/73657&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://data2.unhcr.org/en/documents/download/73657&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Ibidem 6&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Knaebel R. Les politiques migratoires actuelles ne sont pas rationnelles, elles sont juste &#233;lectoralistes, 24 octobre 2018, &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Les-politiques-migratoires-actuelles-ne-sont-pas-rationnelles-elles-sont-juste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bastamag.net/Les-politiques-migratoires-actuelles-ne-sont-pas-rationnelles-elles-sont-juste&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Pour une analyse plus exhaustive du Trait&#233; de Benghazi, voir Filoni C., Fausses r&#233;parations et nouvelle colonisation italienne en Libye, 9 octobre 2019, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Fausses-reparations-et-nouvelle-colonisation-italienne-en-Libye&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Fausses-reparations-et-nouvelle-colonisation-italienne-en-Libye&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Ibidem 6&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Voir l'interview de la journaliste Francesca Mannocchi &#224; Bjia, publi&#233;e le 25 octobre 2019 : &lt;a href=&#034;https://www.la7.it/propagandalive/video/esclusivo-lintervista-di-francesca-mannocchi-a-bija-25-10-2019-289737&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.la7.it/propagandalive/video/esclusivo-lintervista-di-francesca-mannocchi-a-bija-25-10-2019-289737&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Semprini F., Cosi le milizie di Sabatha combattono per i soldi italiani, 27 octobre 2017, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.lastampa.it/esteri/2017/10/27/news/cosi-le-milizie-di-sabratha-combattono-per-i-soldi-italiani-1.34409864&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lastampa.it/esteri/2017/10/27/news/cosi-le-milizie-di-sabratha-combattono-per-i-soldi-italiani-1.34409864&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Parodi A., Il decreto sicurezza bis : cosa prevede e cosa &#232; cambiato, 5 ao&#251;t 2019, &lt;a href=&#034;https://www.open.online/2019/08/05/decreto-sicurezza-bis-cosa-prevede-e-come-e-cambiato/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.open.online/2019/08/05/decreto-sicurezza-bis-cosa-prevede-e-come-e-cambiato/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] Traino A., Trapelicino L., Tra minniti e Salvini un confronto improprio ?, 18 janvier 2019, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.lavoce.info/archives/57073/tra-minniti-e-salvini-un-confronto-improprio/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lavoce.info/archives/57073/tra-minniti-e-salvini-un-confronto-improprio/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Les moyens de pression de l'UE sur les pays africains pour garder ses postes de fronti&#232;re et d'accepter les retours d&#233;port&#233;-e-s fait revivre une longue histoire de colonialisme et n&#233;o-colonialisme et solidifie une relation in&#233;gale entre les continents.&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] Oxfam, An emergency for whom ?, November 2017, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://oi-files-d8-prod.s3.eu-west-2.amazonaws.com/s3fs-public/file_attachments/bp-emergency-for-whom-eutf-africa-migration-151117-en_1.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://oi-files-d8-prod.s3.eu-west-2.amazonaws.com/s3fs-public/file_attachments/bp-emergency-for-whom-eutf-africa-migration-151117-en_1.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Ibidem 6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiara Filoni Permanente au CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique de pr&#234;ts chinoise en Afrique subsaharienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-politique-de-prets-chinoise-en-Afrique-subsaharienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-politique-de-prets-chinoise-en-Afrique-subsaharienne</guid>
		<dc:date>2020-01-28T07:21:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-01-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du troisi&#232;me Forum de la Coop&#233;ration Chine-Afrique fin 2018, le pr&#233;sident chinois Xi Jinping a annonc&#233; que la Chine d&#233;bloquerait dans les prochaines ann&#233;es un total de 60 milliards de dollars pour le continent africain sous forme de pr&#234;ts, fonds sp&#233;ciaux, niches fiscales et projets d'infrastructures [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela va se rajouter aux 60 milliards d&#233;j&#224; investis dans le projet des Nouvelles routes de la soie (en anglais Belt and Road Initiative (BRI), anciennement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-01-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-01-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH148/arton41661-ac69f.png?1781428202' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du troisi&#232;me Forum de la Coop&#233;ration Chine-Afrique fin 2018, le pr&#233;sident chinois Xi Jinping a annonc&#233; que la Chine d&#233;bloquerait dans les prochaines ann&#233;es un total de 60 milliards de dollars pour le continent africain sous forme de pr&#234;ts, fonds sp&#233;ciaux, niches fiscales et projets d'infrastructures [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela va se rajouter aux 60 milliards d&#233;j&#224; investis dans le projet des Nouvelles routes de la soie (en anglais Belt and Road Initiative (BRI), anciennement One Belt one Road), un projet pharaonique, commenc&#233; en 2013 par le nouveau dirigeant chinois, repr&#233;sentant la principale matrice de la politique &#233;trang&#232;re et qui comprend un plan de transports et services terrestres (&#171; ceinture &#187;) et maritimes (&#171; route &#187;), accompagn&#233;s par une myriade de projets d'infrastructures s'&#233;tendant du Sud-Est asiatique &#224; l'Europe et &#224; l'Afrique en passant par l'Asie centrale et du Sud. On parle d&#233;j&#224; de 1 674 projets qui incluent la construction de nouvelles voies ferr&#233;es, routes, autoroutes, centrales nucl&#233;aires et centrales au charbon, la modernisation des ports de Djibouti, Tripoli (Liban), Port Sa&#239;d (&#201;gypte), Lagos (Nigeria), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion &#233;conomique de la Chine sur les march&#233;s &#233;trangers ne se limite donc pas aux pays de l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me complexe d'accords, memoranda, projets, cr&#233;dits, garanties d'exportations et n&#233;gociations entre Chine et Afrique s'est &#233;tabli depuis des d&#233;cennies. La Chine a des relations diplomatiques avec les pays africains depuis leurs ind&#233;pendances. Cette premi&#232;re phase &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment bas&#233;e sur le soutien de la Chine aux luttes pour les ind&#233;pendances nationales des peuples africains. Puis, en m&#234;me temps que le r&#233;gime chinois s'int&#233;grait au syst&#232;me capitaliste et que le monde bipolaire de la guerre froide disparaissait, les relations commerciales prirent le pas sur les consid&#233;rations id&#233;ologiques : aujourd'hui la Chine est en effet le premier partenaire commercial de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un rapport d'Eurodad et de Diakonia, ces relations &#233;conomiques ont des cons&#233;quences contradictoires : &#171; D'une part, la hausse des prix des produits de base a profit&#233; aux pays exportateurs africains mais, inversement, elle a des effets n&#233;gatifs sur les pays qui d&#233;pendent des importations de ces m&#234;mes produits, comme le p&#233;trole. De m&#234;me, les importations de produits manufactur&#233;s chinois ont, d'une part, fourni aux consommateurs &#224; faible revenu en Afrique des alternatives beaucoup moins ch&#232;res aux produits plus chers en provenance d'Europe par exemple. D'autre part, les donn&#233;es montrent que les importations en provenance de Chine ont d&#233;plac&#233; les producteurs africains, ce qui a entra&#238;n&#233; des pertes d'emplois. La Chine est &#233;galement, dans une certaine mesure, en concurrence avec les pays africains sur les march&#233;s des pays tiers avec des produits manufactur&#233;s bon march&#233;. Cela a &#233;t&#233; le cas, par exemple, dans le secteur textile, o&#249; les quotas sur les exportations chinoises ont &#233;t&#233; lev&#233;s en 2005, ce qui a touch&#233;, entre autres, l'Afrique du Sud et le Lesotho &#187; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue technique, la politique de coop&#233;ration entre Chine et Afrique est formellement repr&#233;sent&#233;e au FOCAC (Forum on China-Africa Cooperation) et se d&#233;ploie sous trois formes : les dons (non mon&#233;taires), destin&#233;s au financement des projets de d&#233;veloppement (h&#244;pitaux, &#233;coles, etc.) ou d'assistance technique (formations, etc.) ; les pr&#234;ts sans int&#233;r&#234;t ; et les pr&#234;ts concessionnels (il s'agit de pr&#234;ts &#224; moyen et long terme introduits en 1995 et avec des taux d'int&#233;r&#234;t bas). Ces deux derniers servent g&#233;n&#233;ralement &#224; financer de gros projets d'infrastructures. Dans tous les cas, la politique d'assistance chinoise vis-&#224;-vis du continent africain est exclusivement bas&#233;e sur des projets de grande ampleur et semble se diff&#233;rencier de la politique traditionnelle de l'aide mise en place par les institutions de Bretton Woods et les autres cr&#233;anciers occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, tous les pays africains b&#233;n&#233;ficient des pr&#234;ts et de l'assistance chinoise sans condition pr&#233;alable : l'aide chinoise est &#171; with no political string attached &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle n'est accompagn&#233;e d'aucune conditionnalit&#233; visant &#224; mettre en &#339;uvre des politiques &#233;conomiques fix&#233;es par le cr&#233;ancier. Pas de recette miraculeuse, pas de plans &#233;conomiques ou de restructuration de l'&#233;conomie &#224; appliquer en &#233;change des pr&#234;ts. Pas non plus d'interf&#233;rence dans les affaires politiques du pays b&#233;n&#233;ficiaire. La seule exception (de taille) est l'obligation pour ces pays de ne pas reconna&#238;tre l'&#238;le de Ta&#239;wan et sa politique [3]. Dans les discours officiels on parle de coop&#233;ration &#171; Sud-Sud &#187; : le langage utilis&#233; par la Chine est diff&#233;rent de celui des institutions financi&#232;res internationales et des autres pays cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la r&#233;alit&#233; est loin de l'image construite dans les discours officiels puisque le fait d'&#234;tre cr&#233;anci&#232;re met la Chine de facto dans une position de force par rapport &#224; ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert du principe de non-interf&#233;rence dans les affaires int&#233;rieures des pays africains, la politique &#233;trang&#232;re chinoise se rend complice de destructions sociales et environnementales dans les pays &#171; partenaires &#187;. En premier lieu, le gouvernement chinois &#8211; lui-m&#234;me exer&#231;ant un pouvoir autoritaire sur sa population &#8211; ne se soucie jamais de l'autoritarisme d&#233;ploy&#233; par les dirigeants africains avec lesquels il fait affaire. Il n'a ainsi eu aucun mal &#224; financer des dictateurs au Soudan, en Angola, au Zimbabwe, renfor&#231;ant ainsi ces r&#233;gimes r&#233;pressifs. Les investissements chinois et les importations chinoises au Soudan ont aid&#233; le r&#233;gime d'Omar Al-Bachir &#224; se maintenir durant un certain temps dans le Sud du pays riche en ressources fossiles (ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le Soudan du Sud d'acc&#233;der finalement &#224; l'ind&#233;pendance en 2011), et ont contribu&#233; au financement d'un g&#233;nocide au Darfour. En deuxi&#232;me lieu, le respect des standards environnementaux et sociaux de certains projets ne figure nullement parmi les crit&#232;res de &#171; partenariat &#187;. On l'a vu au Mozambique avec la d&#233;forestation massive de la for&#234;t tropicale du Zamb&#232;ze, au Nigeria avec la violente r&#233;pression de la manifestation contre la pollution des eaux par l'entreprise chinoise Wempco en collusion avec les bureaucrates locaux et dans les soul&#232;vements survenus en Zambie contre les mauvaises conditions de travail, les explosions mini&#232;res et les accidents sur les sites de projets chinois [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces investissements se r&#233;v&#232;lent tragiques : au Cameroun, les compagnies chinoises d'extraction mini&#232;re utilisent des machines qui forent jusqu'&#224; 30 m&#232;tres de profondeur, for&#231;ant les habitants &#224; abandonner leurs terres cultiv&#233;es. Entre 2012 et 2015, selon l'association FODER (Forests and Rural Development Association), plus de 250 excavations ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es. De surcro&#238;t, entre 2015 et 2018 plus de 100 personnes sont mortes dans ces trous infernaux, &#224; cause des glissements de terrain [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les donn&#233;es sur l'assistance chinoise manquent de transparence. Le gouvernement chinois ne divulgue pas de rapport annuel relatif &#224; l'aide au d&#233;veloppement [6] au pr&#233;texte que, s'agissant de dons ou de pr&#234;ts concessionnels, cette information est sensible pour les pays destinataires (&#224; qui l'on devrait justifier pourquoi on a donn&#233; plus &#224; un pays plut&#244;t qu'&#224; un autre) [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la masse de nouveaux cr&#233;dits qui partent de la Chine pour arriver en Afrique g&#233;n&#232;re des affaires juteuses pour les entreprises chinoises, en particulier pour les entreprises de construction qui ont transform&#233; l'Afrique en un chantier de voies ferr&#233;es, digues, stades, centres commerciaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contrepartie de tout cela est une contraction consid&#233;rable de nouvelles dettes par les gouvernements africains : ces derniers ont emprunt&#233; 143 milliards de dollars &#224; la Chine depuis 2000, selon les chiffres du CARI (China Africa Research Initiative). Une autre cons&#233;quence est la cession de biens publics et la perte de souverainet&#233; au b&#233;n&#233;fice de la Chine : si un pays n'arrive pas &#224; rembourser ses emprunts, il doit c&#233;der une partie de ses infrastructures et/ou de ses ressources publiques &#224; la Chine. C'est le cas du port en eau profonde de Hambantota : suite &#224; l'incapacit&#233; de l'&#201;tat du Sri Lanka de rembourser une dette contract&#233;e aupr&#232;s de la Chine pour construire ce port (construction effectu&#233;e... par une entreprise chinoise), en d&#233;cembre 2017, un accord a &#233;t&#233; sign&#233; entre les deux pays, conc&#233;dant &#224; une entreprise d'&#201;tat chinoise 70 % des parts du port pour une dur&#233;e de 99 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les cas ne pr&#233;sentent pas les m&#234;mes caract&#233;ristiques : la Chine a d&#233;j&#224; proc&#233;d&#233; &#224; des annulations de dettes des pays africains (en 2000, 2005, 2006, 2007), parmi lesquelles figurent derni&#232;rement celle du Cameroun- fin 2018 - pour un montant de 78,4 millions de dollars (la dette publique totale s'&#233;l&#232;ve &#224; 10 milliards de dollars), ce qui &#233;quivalait aux cr&#233;dits sans int&#233;r&#234;t que le Cameroun n'avait pas pu rembourser &#224; la fin de 2018 [8]. En revanche, ces annulations ne sont pas non plus une panac&#233;e absolue pour ces pays : elles ne repr&#233;sentent qu'une petite partie par rapport &#224; la dette totale et elles sont guid&#233;es &#224; la fois par des motivations politiques et &#233;conomiques. &#201;tablir de bonnes relations diplomatiques avec ces pays et leur permettre de souffler de temps en temps (m&#234;me si pour des sommes d&#233;risoires) sert surtout les int&#233;r&#234;ts chinois. Cela permet &#224; la Chine d'&#233;tendre son influence &#233;conomique et politique sur le continent et d'avoir acc&#232;s plus facilement aux &#233;normes ressources naturelles du continent noir, essentielles pour son industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, tout comme les pays europ&#233;ens, la Chine utilise l'aide (ou une partie de cette derni&#232;re) pour l'annulation des dettes, ce qui veut dire qu'une partie des nouveaux pr&#234;ts sert &#224; rembourser (les discours officiels parlent d'annuler) des dettes pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques des cr&#233;anciers &#171; traditionnels &#187; (institutions financi&#232;res internationales et &#201;tats &#171; du Nord &#187;) vis-&#224;-vis de la politique de pr&#234;ts de la Chine en Afrique sont hypocrites : sont point&#233;s du doigt les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de la Chine en Afrique, le n&#233;o-colonialisme, l'incitation &#224; la corruption, la vente de l'Afrique &#224; la Chine... alors que les pratiques coloniales et n&#233;ocoloniales des puissances &#171; du Nord &#187; sur le continent africain sont pass&#233;es sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, beaucoup d'accords de pr&#234;ts entre la Chine et les pays africains sont examin&#233;s par le bureau local du FMI dans le pays b&#233;n&#233;ficiaire [9]. Par ailleurs, la raison sous-jacente &#224; la distribution abondante de cr&#233;dits de la part de la nouvelle puissance cr&#233;anci&#232;re qu'est la Chine ne diverge pas fondamentalement de la raison poussant les IFI ou le Club de Paris &#224; multiplier les pr&#234;ts : le capital a toujours besoin de s'&#233;tendre afin de p&#233;n&#233;trer des march&#233;s &#233;trangers pour trouver de nouveaux d&#233;bouch&#233;s lorsque le march&#233; domestique ne permet plus d'expansion. Et la dette a &#233;t&#233; et reste un outil fondamental pour cette expansion. De surcro&#238;t, elle cr&#233;e des rapports de domination du cr&#233;ancier sur le d&#233;biteur, hier comme aujourd'hui, que le cr&#233;ancier soit la France, le FMI ou la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble plut&#244;t que les cr&#233;anciers traditionnels souffrent d'une &#226;pre comp&#233;tition avec la Chine qui pourrait &#234;tre l'un des facteurs de leur relative perte d'influence en Afrique. Compar&#233;s &#224; des pr&#234;ts d'institutions en partie d&#233;l&#233;gitim&#233;es au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es comme le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris, les pr&#234;ts chinois semblent &#224; premi&#232;re vue moins contraignants, moins chers et donc plus accessibles. De nombreux dirigeants d'&#201;tats africains se tournent ainsi plus volontiers vers les pr&#234;ts chinois plut&#244;t que vers les pr&#234;ts occidentaux ou des IFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que nous devons d&#233;noncer les cons&#233;quences n&#233;gatives de la politique chinoise de pr&#234;ts et &#233;tablir des liens avec les mouvements sociaux qui les contestent dans les pays d&#233;biteurs. Selon les estimations de Jubilee Debt Campaign [10], aujourd'hui environ 20 % de la dette ext&#233;rieure africaine est due &#224; la Chine, ce qui veut dire que Beijing porte une responsabilit&#233; dans la nouvelle crise de la dette qui menace le continent africain d&#233;j&#224; engouffr&#233; dans une spirale infernale d'endettement et avec peu de r&#233;serves en devises &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique de la Chine est un enjeu majeur &#224; la fois pour les puissances du vieux continent et pour les pays d&#233;biteurs. Ses &#171; Nouvelles routes de la soie &#187; et ses politiques de pr&#234;ts s'inscrivent dans sa strat&#233;gie visant le r&#244;le de premi&#232;re puissance mondiale (car non limit&#233;e au continent africain), que cela soit au niveau &#233;conomique, politique ou militaire au d&#233;triment du r&#244;le historique jou&#233; par les &#201;tats-Unis, les puissances europ&#233;ennes ou le Japon. Au milieu de cette comp&#233;tition que se livrent les &#171; vieilles &#187; puissances imp&#233;rialistes et la Chine, il ne s'agit pas de choisir un camp, si ce n'est celui des peuples victimes des politiques agressives de l'endettement et du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est tir&#233; du n&#176; 77 de l'AVP (Les autres voix de la plan&#232;te), &#171; Dettes aux Suds &#187; disponible &#224; : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Dettes-aux-Suds&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Dettes-aux-Suds&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Paolo Bosso, I nuovi enormi investimenti della Cina in Africa, settembre 2018, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.ilpost.it/2018/09/04/i-nuovi-enormi-investimenti-della-cina-in-africa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilpost.it/2018/09/04/i-nuovi-enormi-investimenti-della-cina-in-africa/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] (traduit de l'anglais) Swedish development aid organisation Diakonia, Eurodad, China and the end of poverty in Africa- towards mutual benefit ?, 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La r&#233;publique de Chine (Ta&#239;wan) et la r&#233;publique populaire de Chine revendiquent chacune la pleine et l&#233;gitime souverainet&#233; sur la totalit&#233; du territoire chinois (Chine continentale et &#238;le de Ta&#239;wan). Ta&#239;wan a une ind&#233;pendance administrative et politique par rapport au continent, mais son ind&#233;pendance n'a jamais &#233;t&#233; proclam&#233;e ni par le gouvernement de l'&#238;le, ni par celui du continent. Elle est donc consid&#233;r&#233;e par l'ONU comme une province de la r&#233;publique populaire de Chine, et par le gouvernement de Ta&#239;wan comme une province de la r&#233;publique de Chine, selon les dispositions de sa Constitution d'avant 1949.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour un traitement plus complet du sujet lire : &lt;a href=&#034;https://www.ftq.qc.ca/wp-content/uploads/ftqimport/5025.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ftq.qc.ca/wp-content/uploads/ftqimport/5025.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Jenni Marsh, China just quietly wrote off a chunk of Cameroon's debt. Why the secrecy ?, february 2019, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://edition.cnn.com/2019/02/04/china/cameroon-china-debt-relief-intl/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://edition.cnn.com/2019/02/04/china/cameroon-china-debt-relief-intl/index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] En l'absence de rapports officiels sur les flux d'aide annuels, diverses estimations ont &#233;t&#233; faites sur la base de rapports de presse et d'informations tir&#233;es de discours officiels du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Jubilee Debt Campaign, African governments' debt payments double in just two years, octobre 2018, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://jubileedebt.org.uk/press-release/african-governments-debt-payments-double-in-just-two-years&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jubileedebt.org.uk/press-release/african-governments-debt-payments-double-in-just-two-years&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>ONU : Contribution du CADTM sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41387</link>
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		<dc:date>2019-12-03T07:28:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-12-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ici notre contribution &#224; l'appel de l'Expert ind&#233;pendant de l'ONU charg&#233; d'examiner les effets de la dette ext&#233;rieure et des obligations financi&#232;res internationales connexes des &#201;tats sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky -dans la pr&#233;paration de son prochain rapport th&#233;matique au Conseil des droits de l'homme portant sur l'endettement priv&#233; et les droits humains - a fait appel au CADTM ainsi qu'&#224; d'autres organisations de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-12-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-12-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton41387-32f02.jpg?1781604583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici notre contribution &#224; l'appel de l'Expert ind&#233;pendant de l'ONU charg&#233; d'examiner les effets de la dette ext&#233;rieure et des obligations financi&#232;res internationales connexes des &#201;tats sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky -dans la pr&#233;paration de son prochain rapport th&#233;matique au Conseil des droits de l'homme portant sur l'endettement priv&#233; et les droits humains - a fait appel au CADTM ainsi qu'&#224; d'autres organisations de solidarit&#233; internationale. Ce rapport sera pr&#233;sent&#233; au Conseil des droits de l'homme, &#224; l'occasion de sa 43e session, en f&#233;vrier/mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 novembre par Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Br&#233;sil, f&#233;minismes, Gr&#232;ce, fonds vautours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Microcr&#233;dits : quand les pauvres financent les riches&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analysons de plus pr&#232;s certaines de ces dettes priv&#233;es. Chaque cas de figure sera suivi par des consid&#233;rations relatives &#224; l'impact sur les droits humains et sur la dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les dettes &#233;tudiantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des banques ou autres &#233;tablissements de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, cette situation concerne environ 45 millions de personnes [1]. Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US [2]. Deux tiers des &#233;tudiants &#233;tats-uniens vivent aujourd'hui avec un fardeau moyen de 27 000 $US, et le nombre de d&#233;fauts de paiement augmente au rythme d'un million suppl&#233;mentaire par an. Au Chili, les int&#233;r&#234;ts des pr&#234;ts &#233;tudiants sont mont&#233;s jusqu'&#224; 6% &#224; certains moments, assujettissant ainsi des milliers d'&#233;tudiants &#224; des d&#233;cennies de remboursement et d'endettement. En 2018, 40 % des personnes ayant souscrit un cr&#233;dit &#233;tudiant &#233;taient en retard dans leurs paiements [3]. Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui, quatre emprunteurs sur dix sont en risque de d&#233;faut de paiement [4], 63 % ne font que payer les int&#233;r&#234;ts et les frais qui s'accumulent. La possibilit&#233; de faillite personnelle pour les d&#233;biteurs de pr&#234;ts f&#233;d&#233;raux (dont les pr&#234;ts &#233;tudiants) accorde des pouvoirs in&#233;dits aux cr&#233;anciers : saisies sur les salaires, sur les prestations de s&#233;curit&#233; sociale ou encore sur les pensions d'invalidit&#233;. L'exclusion &#233;conomique et sociale qui s'en suit, sont donc des risques r&#233;els pour les &#233;tudiants aux &#201;tats-Unis. Bien que les pr&#234;ts les plus importants soient contract&#233;s par les familles &#224; revenus moyens, les familles &#224; bas revenus restent les plus impact&#233;es. Natifs, Noirs et Latinos Am&#233;ricains sont les plus impact&#233;s, avec 81 % des Noirs qui continuent de payer apr&#232;s l'obtention de leur dipl&#244;me, et 67 % des Latinos, contre 64 % des Blancs [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'article 26 de la D&#233;claration des Droits Humains du 10 d&#233;cembre 1948 garantie &#224; toute personne le droit &#224; l'&#233;ducation et la pleine &#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures pour tous en fonction du m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que le d&#233;sengagement des pouvoirs publics dans le financement de l'&#233;ducation entra&#238;ne une situation d'in&#233;galit&#233; et d'asym&#233;trie entre les personnes, qui va &#224; l'encontre de la D&#233;claration universelle des Droits Humains. Ainsi, loin d'&#234;tre un probl&#232;me individuel, il s'agit d'un probl&#232;me d'ampleur sociale qui touche presque 15 % de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et qui sera d&#233;terminant dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s dans ce pays ces prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le montant de ces dettes &#233;tudiantes pose aussi des probl&#232;mes pour l'ensemble des &#233;conomies puisque, dans un contexte de forte financiarisation, cette dette est la cible de logiques sp&#233;culatives, qui aggravent les risques d'une nouvelle crise financi&#232;re [6] et constituent des facteurs d&#233;stabilisateurs pour l'&#233;conomie dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les dettes hypoth&#233;caires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier trimestre 2019, la valeur des cr&#233;dits hypoth&#233;caires en cours au niveau mondial est estim&#233;e &#224; 1,8 trillions de dollars US, soit 3,4% de plus qu'un an plus t&#244;t [7]. La baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts explique en partie cette augmentation. La crise financi&#232;re mondiale n'a donc pas frein&#233; l'endettement priv&#233; [8]. Les banques centrales des &#201;tats-Unis, de Chine, d'Australie ont d'ailleurs r&#233;cemment exprim&#233;es leurs inqui&#233;tudes par rapport aux fortes augmentations des prix des logements. Plus de deux tiers des crises financi&#232;res des derni&#232;res d&#233;cennies ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es d'un cycle d'expansion et d'effondrement des prix de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'augmentation du volume des dettes hypoth&#233;caires risquerait de provoquer une bulle immobili&#232;re qui pourrait bien avoir les effets d&#233;vastateurs que l'on a connu en 2007 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'augmentation du volume des dettes hypoth&#233;caires risquerait de provoquer une bulle immobili&#232;re qui pourrait bien avoir les effets d&#233;vastateurs que l'on a connu en 2007 [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'octroi de cr&#233;dits immobiliers est &#233;galement facilit&#233; par la d&#233;gradation du march&#233; locatif : la d&#233;r&#233;gulation des loyers et la hausse des prix qui en r&#233;sulte, la d&#233;gradation des contrats de location qui laisse la place &#224; des contrats de plus courte dur&#233;e, et l'apparition de structures de location &#224; court termes, tel que Airbnb, qui accaparent une partie importante du stock de logements des villes, notamment des plus affect&#233;es par le tourisme de masse (Barcelone, Florence, Lisbonne, Ath&#232;nes pour ne donner que quelques exemples). En l'absence de mesures efficaces prises par les gouvernements pour y rem&#233;dier, les m&#233;nages tentent de s'assurer de leur condition d'habitat sur le long terme &#224; travers l'acquisition et pour ce faire ont recourt &#224; l'endettement par l'hypoth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats, eux-m&#234;mes, incitent &#233;galement &#224; l'acquisition de logement : mesures fiscales favorables, d&#233;veloppement de parcs de logements publics acquisitifs pour les classes moyennes, vente de logements sociaux &#224; des acteurs priv&#233;s (fonds vautours&lt;br class='autobr' /&gt; notamment), la baisse ou l'absence d'investissement public pour le logement (ce qui a pour effet une offre trop faible de logements accessibles et r&#233;gul&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que de nombreuses &#233;tudes lancent un signal d'alerte face &#224; la &#171; financiarisation du logement &#187; [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; un logement d&#233;cent, c'est-&#224;-dire le droit &#224; un lieu o&#249; les personnes peuvent vivre en toute s&#233;curit&#233; et dans le respect de la dignit&#233; humaine est interd&#233;pendant avec les autres droits humains. Il est donc essentiel de le pr&#233;server. Ainsi, les millions de saisies, expulsions et d&#233;placements effectu&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, la privation ou l'inadaptation des logements partout dans le monde sont des constats extr&#234;mement pr&#233;occupants. Les &#201;tats et la communaut&#233; internationale n'agissent pas ad&#233;quatement pour offrir un cadre suffisant pour pr&#233;server ce droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re mondiale de 2008 a eu des r&#233;percussions d&#233;sastreuses sur les m&#233;nages et leur droit &#224; un logement digne. Aux &#201;tats-Unis, 10 000 saisies par jour &#233;taient organis&#233;es en 2008, 35 millions de personnes ont fait l'objet d'une expulsion en cinq ans &#224; partir de cette ann&#233;e-l&#224;. En Espagne, au moins 500 000 personnes ont &#233;t&#233; victimes d'expulsions depuis le d&#233;but de la crise et les m&#233;nages surendett&#233;s, bien que priv&#233;s de leurs logements, &#233;taient contraints par la loi de continuer &#224; payer leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires. Ces quelques exemples illustrent les cons&#233;quences dangereuses de la titrisation des cr&#233;ances hypoth&#233;caires et des autres pratiques des march&#233;s du logement financiaris&#233;s, ainsi que les effets de r&#233;gulations inappropri&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sud n'est pas &#233;pargn&#233;. Les communaut&#233;s &#224; faible revenu et autochtones font face aux soci&#233;t&#233;s financi&#232;res qui s'approprient des terrains et biens immobiliers creusant les in&#233;galit&#233;s de patrimoine (comme en Honduras). Des implantations sauvages sont r&#233;guli&#232;rement d&#233;truites pour &#234;tre remplac&#233;es par des logements de luxe (tel est le cas au Lagos). La Banque mondiale et d'autres institutions financi&#232;res promeuvent la financiarisation comme strat&#233;gie pour r&#233;pondre aux besoins de logements, m&#234;me si en r&#233;alit&#233; elle tend &#224; accro&#238;tre les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Les microcr&#233;dits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclues du syst&#232;me bancaire. Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes dans le monde pour un montant moyen de 718 dollars. 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes [11]. &lt;br class='autobr' /&gt; Or, force est de constater que les microcr&#233;dits sont loin de booster l'entrepreneuriat local, mais permettent dans la plupart des cas de r&#233;soudre des probl&#232;mes de la survie quotidienne : loyers ou garantie locative &#224; payer, frais li&#233;s &#224; la scolarit&#233; des enfants, frais li&#233;s &#224; des soins de sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui accentue en r&#233;alit&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; et la pauvret&#233; des personnes qui les contractent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas du Maroc, o&#249; le mod&#232;le de microcr&#233;dit a &#233;t&#233; encourag&#233; par l'&#201;tat, via des financements publics, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Ce type de cr&#233;dits vont de 500 dirhams &#224; 50000 dirhams (entre 52 et 5200 dollars environ) &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 35 % mais qui peut aller largement au del&#224; en fonction du montant emprunt&#233; [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF envoient leurs rabatteurs dans les villes, les villages, les souks pour faire du porte &#224; porte dans les quartiers les plus pauvres o&#249; la majorit&#233; des personnes n'a pas de revenu r&#233;gulier, est souvent analphab&#232;te et pas du tout familiaris&#233;e avec le monde de la finance. Ils proposent des contrats particuli&#232;rement difficiles &#224; comprendre pour de non-sp&#233;cialistes, r&#233;dig&#233;s en petit caract&#232;re, sans explication pour les diff&#233;rentes rubriques. De plus, les taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuels &#8211; s'&#233;levant entre 30 et 35 % &#8211; sont souvent occult&#233;s (au profit du taux mensuel entre 1,5 et 3,5 %). Or, les taux annuels sont particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s surtout pour des personnes d&#233;munies n'ayant pas acc&#232;s &#224; des pr&#234;ts bancaires courants (qui au Maroc fluctuent entre 6 et 7 %) [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % et des taux variables avec indexation tous les 3 mois sont &#233;galement admis par le gouvernement [14]. Dans le pays latino-am&#233;ricain, le volume total des microcr&#233;dits est pass&#233; de 136 millions de dollars en 2002 &#224; 3 800 millions en 2016, soit une croissance annuelle de 28,1 %. En 2015, le rendement sur fonds propres (ROE) &#233;tait ph&#233;nom&#233;nal : Bancamia atteignait 11,7 %, la Banque mondiale des Femmes (WWB) 9,1 % et la banque Monde f&#233;minin (Mundo Mujer) 21 % (ce qui largement sup&#233;rieur aux r&#233;sultats de grands banques comme Goldman Sachs) [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces profits croissants s'oppose une paup&#233;risation des populations : en Colombie 32 % des clients sont surendett&#233;s et ont d&#251; demander une restructuration de leurs micro-dettes. En Afrique du Sud, les clients de microcr&#233;dit consacrent jusqu'&#224; 40 % de leur revenu &#224; rembourser des emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bangladesh est un autre pays o&#249; le microcr&#233;dit est tr&#232;s d&#233;velopp&#233; : sur une population de 160 millions d'habitants, en 2015, des microcr&#233;dits &#233;taient octroy&#233;s &#224; 29 millions de personnes pour un montant moyen de 200 euros. Le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el varie entre 35 % et 50 % (si on prend en compte les commissions officielles pr&#233;lev&#233;es) [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces exemples nous d&#233;montrent que si les sommes pr&#234;t&#233;es sont dans la plus part des cas modestes, il y a une logique sp&#233;culative derri&#232;re ces pr&#234;ts (illustr&#233;e par les taux d'int&#233;r&#234;t usuraires qui les accompagnent) qui devrait &#234;tre interdite si on veut assurer l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour les personnes &#224; faibles revenus. Cette n&#233;gation du droit &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit s'accompagne d'une culpabilisation des personnes surendett&#233;es. L'enqu&#234;te men&#233;e par CADTM ATTAC Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de remboursement des micro-cr&#233;dits de plus de 75% dans le pays [17]. Comme en t&#233;moigne l'association : &#171; c'est alors que commence la spirale du non-paiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, comme une grande partie des d&#233;biteurs n'a pas de propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, la d&#233;possession ne porte pas sur la terre ou le domicile, mais sur la garantie de 30 % que la d&#233;bitrice a d&#251; d&#233;poser aupr&#232;s de l'agence de microcr&#233;dit.&lt;br class='autobr' /&gt; A cela se rajoute la probl&#233;matique de genre. Via les microcr&#233;dits, les IMF ont pouss&#233; les femmes &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; de l'emploi, notamment dans les secteurs tourn&#233;s vers l'exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) et peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, profitant de leur inexp&#233;rience du march&#233; et du monde du travail, du manque d'acquis concernant leurs droits, de leur analphab&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se traduit alors par un allongement de leur journ&#233;e de travail, une surcharge de stress, de fatigue, une exacerbation de la violence conjugale, et dans bien des cas la d&#233;scolarisation des enfants, la prostitution et des suicides ou tentatives de suicide [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de Banque mondiale et de son Groupe Consultatif pour l'Assistance au Plus Pauvres (CGAP), &#224; l'origine des projets de micro finance, &#233;tait celle d'inclure les couches le plus pauvres dans le march&#233;. Des &#233;tudes nous d&#233;montrent que ces projets au lieu de combattre la pauvret&#233; et le surendettement des m&#233;nages du Sud ne font que l'augmenter.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; L'impact de dettes priv&#233;es sur la dette publique et l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement des dettes priv&#233;es a des graves r&#233;percussions sur les &#233;conomies des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bulle sp&#233;culative dans le secteur du logement en 2008 nous a montr&#233; que les banques priv&#233;es sont fortement expos&#233;es aux cr&#233;dits non-performants. A partir de 2009 ces banques ont d&#251; &#234;tre recapitalis&#233;es par les &#201;tats augmentant ainsi les niveaux des dettes publiques. L'augmentation de celles-ci a amen&#233; les &#201;tats &#224; appliquer des mesures d'aust&#233;rit&#233; qui ont eu un impact direct sur les populations et leurs droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est loin d'&#234;tre r&#233;solue, puisque les banques continuent d'octroyer toujours des nouveaux cr&#233;dits et d'&#234;tre expos&#233;es &#224; des cr&#233;dits non performants. Le comportement des grandes entreprises priv&#233;es, qui cumulent aussi une quantit&#233; importante de dettes, n'est pas non plus rassurant et pourrait mener l'&#233;conomie vers une nouvelle crise internationale. D'un c&#244;t&#233;, aucune mesure n'a s&#233;rieusement oblig&#233; les grandes banques et entreprises non financi&#232;res &#224; mettre un frein &#224; la prise de risque, &#224; r&#233;duire la sp&#233;culation&lt;br class='autobr' /&gt;
. De l'autre, les entreprises continuent d'emprunter pour racheter leurs propres actions en bourse (pour en faire augmenter la valeur et produire encore plus de b&#233;n&#233;fices pour les actionnaires) ainsi que pour acheter des cr&#233;ances (des produits structur&#233;s d'autres entreprises ou des particuliers ou des obligations &#233;mises par d'autres entreprises priv&#233;es ainsi que des titres publics). Dans la mesure o&#249; les entreprises continuent de chercher &#224; maximiser les rendements qu'elles tirent de ces cr&#233;ances, elles sont pouss&#233;es &#224; acheter des dettes &#233;mises par des entreprises les moins solides dispos&#233;es &#224; r&#233;mun&#233;rer les pr&#234;teurs plus fortement que d'autres. Ainsi, le march&#233; des dettes priv&#233;es &#224; risque s'amplifie et une nouvelle crise se pr&#233;pare [19].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus en g&#233;n&#233;ral, aujourd'hui, les m&#233;nages et les individus doivent faire face &#224; un &#233;cart croissant entre l'augmentation du co&#251;t de la vie et leurs revenus, provoqu&#233; par les mesures d'aust&#233;rit&#233; qui leur sont impos&#233;es du fait de l'augmentation des dettes publiques. On assiste aussi &#224; une financiarisation et privatisation des secteurs importants de la vie et de droits fondamentaux comme la sant&#233;, l'&#233;ducation, le logement, entre autres. Dans ce contexte, les m&#233;nages, n'ayant pas d'autre issue, sont contraints au recours &#224; l'endettement priv&#233; aux b&#233;n&#233;fices des banques et autres instituions de pr&#234;ts. Nous estimons que ces types de dettes, si elles sont la seule issue, sont ill&#233;gitimes. Les &#201;tats, conform&#233;ment &#224; leurs obligations de droit international, doivent mettre en place des dispositifs qui assurent le respect de la dignit&#233; humaine pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Merci &#224; Anouk Renaud pour sa relecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.ohchr.org/EN/Issues/Development/IEDebt/Pages/ReportPrivateDebt.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ohchr.org/EN/Issues/Development/IEDebt/Pages/ReportPrivateDebt.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/06/13/student-loan-debt-statistics-2018/#4f2384db7310&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/06/13/student-loan-debt-statistics-2018/#4f2384db7310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Idem 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2018/05/28/las-cifras-negras-del-cae-40-de-los-estudiantes-desertores-o-egresados-se-encuentran-morosos/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2018/05/28/las-cifras-negras-del-cae-40-de-los-estudiantes-desertores-o-egresados-se-encuentran-morosos/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/10/01/student-loans-default/#7cbe8090a066&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/10/01/student-loans-default/#7cbe8090a066&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Strike debt, The Debt Resistor's Operations Manual, Occupy Wall Street, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Eric Toussaint, La montagne de dettes priv&#233;es des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financi&#232;re, avril 2019, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://www.fca.org.uk/data/mortgage-lending-statistics&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fca.org.uk/data/mortgage-lending-statistics&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Cette tendance est apparue dans les ann&#233;es 1990, poursuivie jusqu'en 2007 et continue de s'imposer dans certains pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ce fut le cas en Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et au Royaume-Uni notamment. Aux Etats-Unis, Blackstone est devenu le plus grand propri&#233;taire de logements locatifs du pays en 2008 en d&#233;pensant 10 milliards de dollars en logements saisis, par des ench&#232;res en ligne, suite &#224; l'incapacit&#233; des m&#233;nages &#224; rembourser leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir : Manuel Albeers, The financialization of Home and the Mortgage Market Crises, 2008, ou encore le rapport des Nations Unis sur le logement convenable publi&#233; en 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &lt;a href=&#034;https://www.banquesenligne.org/evolution-tendance-microfinance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.banquesenligne.org/evolution-tendance-microfinance/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Attac CADTM Maroc, Le microcr&#233;dit au Maroc : quand les pauvres financent les riches, avril 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ibidem 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Guti&#233;rrez, M. L., Microfinanzas dentro del contexto del sistema financiero colombiano, 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Toussaint E., Sortir du cercle vicieux de la dette priv&#233;e ill&#233;gitime au Sud de la plan&#232;te, avril 2017, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Sortir-du-cercle-vicieux-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Sortir-du-cercle-vicieux-de-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Ibidem 14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Ibidem 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Daumas L., Pourquoi la microfinance s'int&#233;resse-t-elle autant aux femmes ?, avril 2017, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Pourquoi-la-microfinance-s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Pourquoi-la-microfinance-s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Ibidem 6&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ONU : Contribution du CADTM sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains</link>
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		<dc:date>2019-11-26T08:21:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclu.e.s du syst&#232;me bancaire. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH141/arton41204-a4147.jpg?1781506414' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclu.e.s du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes dans le monde pour un montant moyen de 718 dollars. 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, force est de constater que les microcr&#233;dits sont loin de booster l'entrepreneuriat local, mais permettent dans la plupart des cas de r&#233;soudre des probl&#232;mes de la survie quotidienne : loyers ou garantie locative &#224; payer, frais li&#233;s &#224; la scolarit&#233; des enfants, frais li&#233;s &#224; des soins de sant&#233;, etc. Ce qui accentue en r&#233;alit&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; et la pauvret&#233; des personnes qui les contractent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas du Maroc, o&#249; le mod&#232;le de microcr&#233;dit a &#233;t&#233; encourag&#233; par l'&#201;tat, via des finance-ments publics, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Ce type de cr&#233;dits vont de 500 dirhams &#224; 50 000 dirhams (entre 52 et 5 200 dollars environ) &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 35 % mais qui peut aller largement au del&#224; en fonction du montant emprunt&#233; [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF envoient leurs rabatteurs dans les villes, les villages, les souks pour faire du porte &#224; porte dans les quartiers les plus pauvres o&#249; la majorit&#233; des personnes n'a pas de revenu r&#233;gu-lier, est souvent analphab&#232;te et pas du tout familiaris&#233;e avec le monde de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils proposent des contrats particuli&#232;rement difficiles &#224; comprendre pour de non-sp&#233;cialistes, r&#233;dig&#233;s en petit caract&#232;re, sans explication pour les diff&#233;rentes rubriques. De plus, les taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuels &#8211; s'&#233;levant entre 30 et 35 % &#8211; sont souvent occult&#233;s (au profit du taux mensuel entre 1,5 et 3,5 %). Or, les taux annuels sont particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s surtout pour des personnes d&#233;munies n'ayant pas acc&#232;s &#224; des pr&#234;ts bancaires courants (qui au Maroc fluctuent entre 6 et 7 %) [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 %&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % et des taux variables avec indexation tous les 3 mois sont &#233;galement admis par le gouvernement [14]. Dans le pays latino-am&#233;ricain, le volume total des microcr&#233;dits est pass&#233; de 136 millions de dollars en 2002 &#224; 3 800 millions en 2016, soit une croissance annuelle de 28,1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, le rendement sur fonds propres (ROE) &#233;tait ph&#233;nom&#233;nal : Bancamia atteignait 11,7 %, la Banque mondiale des Femmes (WWB) 9,1 % et la banque Monde f&#233;minin (Mundo Mujer) 21 % (ce qui largement sup&#233;rieur aux r&#233;sultats de grands banques comme Goldman Sachs) [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces profits croissants s'oppose une paup&#233;risation des populations : en Colombie 32 % des clients sont surendett&#233;s et ont d&#251; demander une restructuration de leurs micro-dettes. En Afrique du Sud, les clients de microcr&#233;dit consacrent jusqu'&#224; 40 % de leur revenu &#224; rembourser des emprunts.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Bangladesh est un autre pays o&#249; le microcr&#233;dit est tr&#232;s d&#233;velopp&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une population de 160 millions d'habitants, en 2015, des microcr&#233;dits &#233;taient octroy&#233;s &#224; 29 millions de personnes pour un montant moyen de 200 euros. Le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el varie entre 35 % et 50 % (si on prend en compte les commissions officielles pr&#233;lev&#233;es) [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces exemples nous d&#233;montrent que si les sommes pr&#234;t&#233;es sont dans la plus part des cas modestes, il y a une logique sp&#233;culative derri&#232;re ces pr&#234;ts (illustr&#233;e par les taux d'int&#233;r&#234;t usu-raires qui les accompagnent) qui devrait &#234;tre interdite si on veut assurer l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour les personnes &#224; faibles revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette n&#233;gation du droit &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit s'accompagne d'une culpabilisation des personnes surendett&#233;es. L'enqu&#234;te men&#233;e par CADTM ATTAC Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de remboursement des micro-cr&#233;dits de plus de 75% dans le pays [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en t&#233;moigne l'association : &#171; C'est alors que commence la spirale du non-paiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;. Les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, comme une grande partie des d&#233;biteurs n'a pas de propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, la d&#233;possession ne porte pas sur la terre ou le domicile, mais sur la garantie de 30 % que la d&#233;bitrice a d&#251; d&#233;poser aupr&#232;s de l'agence de microcr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela se rajoute la probl&#233;matique de genre. Via les microcr&#233;dits, les IMF ont pouss&#233; les femmes &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; de l'emploi, notamment dans les secteurs tourn&#233;s vers l'exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) et peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, profitant de leur inexp&#233;rience du march&#233; et du monde du travail, du manque d'acquis concernant leurs droits, de leur analphab&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se traduit alors par un allongement de leur journ&#233;e de travail, une surcharge de stress, de fatigue, une exacerbation de la violence conjugale, et dans bien des cas la d&#233;scolarisation des enfants, la prostitution et des suicides ou tentatives de suicide [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de Banque mondiale et de son Groupe Consultatif pour l'Assistance au Plus Pauvres (CGAP), &#224; l'origine des projets de micro finance, &#233;tait celle d'inclure les couches le plus pauvres dans le march&#233;. Des &#233;tudes nous d&#233;montrent que ces projets au lieu de combattre la pauvret&#233; et le surendettement des m&#233;nages du Sud ne font que l'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre par Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>ONU : Contribution du CADTM Sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-Sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41206</link>
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		<dc:date>2019-11-26T08:20:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et articles tir&#233;es de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dettes &#233;tudiantes &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L130xH150/arton41206-b81c8.jpg?1781506414' class='spip_logo spip_logo_right' width='130' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et articles tir&#233;es de NPA 29&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dettes &#233;tudiantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des banques ou autres &#233;tablissements de cr&#233;dit. Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US [2]. Deux tiers des &#233;tudiants &#233;tats-uniens vivent aujourd'hui avec un fardeau moyen de 27 000 $US, et le nombre de d&#233;fauts de paiement augmente au rythme d'un million suppl&#233;mentaire par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, les int&#233;r&#234;ts des pr&#234;ts &#233;tudiants sont mont&#233;s jusqu'&#224; 6% &#224; certains moments, assujettis-sant ainsi des milliers d'&#233;tudiants &#224; des d&#233;cennies de remboursement et d'endettement. En 2018, 40 % des personnes ayant souscrit un cr&#233;dit &#233;tudiant &#233;taient en retard dans leurs paiements [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui, quatre emprunteurs sur dix sont en risque de d&#233;faut de paiement [4], 63 % ne font que payer les int&#233;r&#234;ts et les frais qui s'accumulent. La possibilit&#233; de faillite person-nelle pour les d&#233;biteurs de pr&#234;ts f&#233;d&#233;raux (dont les pr&#234;ts &#233;tudiants) accorde des pouvoirs in&#233;dits aux cr&#233;anciers : saisies sur les salaires, sur les prestations de s&#233;curit&#233; sociale ou encore sur les pensions d'invalidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusion &#233;conomique et sociale qui s'en suit, sont donc des risques r&#233;els pour les &#233;tudiants aux &#201;tats-Unis. Bien que les pr&#234;ts les plus importants soient contract&#233;s par les familles &#224; reve-nus moyens, les familles &#224; bas revenus restent les plus impact&#233;es. Natifs, Noirs et Latinos Am&#233;-ricains sont les plus impact&#233;s, avec 81 % des Noirs qui continuent de payer apr&#232;s l'obtention de leur dipl&#244;me, et 67 % des Latinos, contre 64 % des Blancs [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'article 26 de la D&#233;claration des Droits Humains du 10 d&#233;cembre 1948 garantit &#224; toute personne le droit &#224; l'&#233;ducation et la pleine &#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures pour tous en fonction du m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que le d&#233;sengagement des pouvoirs publics dans le financement de l'&#233;duca-tion entra&#238;ne une situation d'in&#233;galit&#233; et d'asym&#233;trie entre les personnes, qui va &#224; l'encontre de la D&#233;claration universelle des Droits Humains. Ainsi, loin d'&#234;tre un probl&#232;me individuel, il s'agit d'un probl&#232;me d'ampleur sociale qui touche presque 15 % de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et qui sera d&#233;terminant dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s dans ce pays ces prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le montant de ces dettes &#233;tudiantes pose aussi des probl&#232;mes pour l'ensemble des &#233;co-nomies puisque, dans un contexte de forte financiarisation, cette dette est la cible de logiques sp&#233;culatives, qui aggravent les risques d'une nouvelle crise financi&#232;re [6] et constituent des facteurs d&#233;stabilisateurs pour l'&#233;conomie dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une lecture f&#233;ministe de la dette</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-lecture-feministe-de-la-dette</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-lecture-feministe-de-la-dette</guid>
		<dc:date>2019-08-20T08:15:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le petit livre Une lecture f&#233;ministe de la dette. Nous nous voulons vivantes, libres et d&#233;sendett&#233;es (en langue originale Una Lectura feminista de la deuda. Vivas, libres y desendeudadas nos queremos) par Luci Cavallero et Ver&#243;nica Gago est un outil pr&#233;cieux qui nous d&#233;montre &#224; quel point l'analyse f&#233;ministe est devenue fondamentale pour comprendre les probl&#233;matiques financi&#232;res, en premier lieu celle de l'endettement des femmes et des couches les plus pauvres de la soci&#233;t&#233;, et ainsi pouvoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton39835-7d161.png?1782811943' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le petit livre Une lecture f&#233;ministe de la dette. Nous nous voulons vivantes, libres et d&#233;sendett&#233;es (en langue originale Una Lectura feminista de la deuda. Vivas, libres y desendeudadas nos queremos) par Luci Cavallero et Ver&#243;nica Gago est un outil pr&#233;cieux qui nous d&#233;montre &#224; quel point l'analyse f&#233;ministe est devenue fondamentale pour comprendre les probl&#233;matiques financi&#232;res, en premier lieu celle de l'endettement des femmes et des couches les plus pauvres de la soci&#233;t&#233;, et ainsi pouvoir agir contre ces m&#233;canismes. Nous sommes heureux-ses d'accueillir les deux autrices &#224; notre prochaine universit&#233; d'&#233;t&#233; du CADTM Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2019 - 32 - 10 ao&#251;t : Notes de lecture et textes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/06/une-lecture-feministe-de-la-dette&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/06/une-lecture-feministe-de-la-dette&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous nous voulons vivantes, libres et d&#233;sendett&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre nous offre une lecture f&#233;ministe de la question financi&#232;re &#224; partir de l'exp&#233;rience du mouvement f&#233;ministe argentin, dont les autrices font partie. L'analyse f&#233;ministe, d'apr&#232;s Luci et Ver&#243;nica, nous permet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.de pouvoir lire et examiner la question de la dette en termes de conflictualit&#233;. La radicalit&#233; intrins&#232;que du mouvement f&#233;ministe nous permet d'enqu&#234;ter et de rendre visible la dette priv&#233;e en lui retirant la caract&#233;ristique trompeuse d'&#171; affaire personnelle &#187;. Le discours sur la dette en devient beaucoup plus clair et concret ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.de mettre en lumi&#232;re le diff&#233;rentiel d'exploitation de la dette selon le genre afin de lui &#244;ter tout semblant d'abstraction. La dette fonctionne de mani&#232;re diff&#233;rente pour les femmes, les lesbiennes, les trans, les travestis, les travailleuses de l'&#233;conomie informelle, les travailleuses sexuelles, les migrantes, les noires, les indig&#232;nes, les paysannes etc. par rapport &#224; son impact sur les hommes. Ces personnes, opprim&#233;es par le syst&#232;me patriarcal, sont les cibles parfaites pour subir en plus l'exploitation par la dette ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.d'associer la probl&#233;matique de la dette &#224; d'autres formes d'exploitation, en premier lieu celle des corps f&#233;minis&#233;s et celle dont sont victimes les travailleurs et travailleuses de l'&#233;conomie formelle comme informelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette priv&#233;e (ici nous analysons exclusivement la dette des individus et des m&#233;nages, pas la dette des entreprises priv&#233;es ou des institutions) est trop souvent quelque chose de cach&#233;, qu'il ne faut pas montrer, dont on a honte. Le fait de la rendre visible, soutiennent les autrices, en fait un &#171; probl&#232;me commun &#187;, d&#233;fie le pouvoir occultant de la honte et permet de d&#233;passer sa perception comme une affaire priv&#233;e face &#224; laquelle nous sommes isol&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui l'endettement priv&#233; est massif et une analyse compl&#232;te de l'impact de la dette sur les populations ne peut pas se limiter &#224; la seule dette publique. S'occuper de l'endettement de la vie quotidienne des personnes nous permet de percevoir toutes les formes de dettes modernes et de leur fournir un cadre complet. La lecture f&#233;ministe du syst&#232;me dette ach&#232;ve le cadre nous permettant (1) de compl&#233;ter la carte de l'exploitation des &#234;tres humains sur laquelle repose le capitalisme financiaris&#233; et qui se base sur le croisement multiplicateur entre un monde financiaris&#233;, l'exploitation de travailleurs et de travailleuses et la violence vis-&#224;-vis de corps f&#233;minis&#233;s ; (2) de d&#233;velopper des r&#233;sistances &#224; ces trois formes d'oppression et de donner une direction politique et strat&#233;gique pr&#233;cise &#224; notre lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette extrait de la valeur des &#233;conomies domestiques, non salari&#233;-e-s, ou des &#233;conomies consid&#233;r&#233;es historiquement comme peu productives et permet aux dispositifs financiers de &#171; coloniser la production de la vie &#187;. De fait, l'endettement et les dispositifs financiers compl&#232;tent l'exploitation des travailleurs/euses accomplie par le march&#233; du travail et la violence sp&#233;cifique faite aux femmes et aux personnes LGTBQI+ par le syst&#232;me capitaliste et patriarcal. Pensons &#224; tous les plans de bancarisation compulsive et individualisante des couches les plus pauvres qui n'ont normalement pas acc&#232;s au cr&#233;dit : les programmes de microcr&#233;dit, les cartes de cr&#233;dit pour les mineur-e-s, le cr&#233;dit &#224; la consommation&#8230; tout est fait pour qu'on ne puisse pas y &#233;chapper ! Le syst&#232;me nous pousse par exemple &#224; nous endetter pour des biens de consommation, m&#234;me petits, comme des t&#233;l&#233;phones, des &#233;lectrom&#233;nagers etc. Mais il y a des personnes qui s'endettent pour payer la cr&#232;che &#224; leurs enfants, pour pouvoir payer des factures etc. Aujourd'hui l'endettement priv&#233; est une pratique qui se r&#233;pand aussi chez les non salari&#233;-e-s, les &#233;tudiant-e-s, les mineur-e-s et qui les oblige &#224; accepter n'importe quel type de travail pour payer des obligations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le n&#233;olib&#233;ralisme a trouv&#233; une autre issue &#224; la crise, affirment Gago et Cavallero : il continue de la gouverner &#224; travers l'endettement public et priv&#233;. D'une part, les pouvoirs publics sauvent les banques et les assurances, puis appliquent des politiques d'aust&#233;rit&#233; ; de l'autre, les privatisations et les coupes dans les services poussant les m&#233;nages &#224; acheter &#224; cr&#233;dit. Le glissement entre augmentation de la dette publique et dette priv&#233;e est simple et rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle &#233;tape qui se profile donc est celle de la terreur financi&#232;re. La monnaie comme la finance sont violentes et ont pris le contr&#244;le de notre vie quotidienne &#224; travers l'endettement des &#233;conomies domestiques familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son tour la dette est une mani&#232;re de g&#233;rer la crise qui ne &#171; fait rien exploser mais tout imploser &#187;. Pour le dire avec les mots de Caffentizis : &#171; l'endettement g&#232;re la patience des travailleurs &#187;. Mais combien de temps cette patience va-t-elle durer ? Les autrices d&#233;clarent : &#171; C'est au mouvement f&#233;ministe de le d&#233;cider &#187; : c'est &#224; nous de d&#233;cider du moment et de la forme de notre d&#233;sob&#233;issance. Les gr&#232;ves internationales f&#233;ministes ont, par exemple, d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; faire ce travail : rendre visibles et connecter les formes de travail non reconnues (domestiques, informelles, etc.), inverser la hi&#233;rarchie entre travail reproductif et productif, construire un horizon de luttes qui soit partag&#233; et qui puisse reformuler les notions de corps, conflits, territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut changer les choses, affirment les autrices, &#171; il est n&#233;cessaire de d&#233;-confiner, de de-privatiser cette probl&#233;matique, de lui donner un corps, une voix, un territoire &#187;. Pratiquer un &#171; geste f&#233;ministe &#187; sur la dette ! Autrement dit, expliciter et collectiviser la violence de la dette pour en finir avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse f&#233;ministe de la dette priv&#233;e trac&#233;e par les deux autrices co&#239;ncide et compl&#232;te magistralement celle du CADTM concernant l'impact de la dette publique et de l'aust&#233;rit&#233; sur les femmes et les personnes LGBTQI+ : la dette, &#224; la fois publique et priv&#233;e affecte davantage les couches les plus pr&#233;carises et pauvres de la soci&#233;t&#233; dont les femmes. D'un c&#244;t&#233;, les coupes dans les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation etc. impactent plus fortement les femmes &#224; la fois b&#233;n&#233;ficiaires de ces services et majoritairement employ&#233;es dans la fonction publique (ce qui implique qu'elles sont les principales victimes des licenciements, des baisses de salaires, pensions etc.). De l'autre, comme nous l'avons dit plus haut, la financiarisation de ces services publics, les coupes et les privatisations ne font qu'aggraver la condition &#233;conomique et sociale des plus d&#233;muni-e-s qui sont oblig&#233;-e-s &#224; s'endetter pour pouvoir subvenir &#224; leurs besoins de base. Et il s'agit souvent de femmes. Pour citer les autrices : &#171; La dette est ce qui ne nous permet pas de dire non ! quand nous voulons dire non ! [..] et qui bloque notre autonomie financi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se termine avec par des interviews tr&#232;s touchantes des personnes vivant des exp&#233;riences d'endettement priv&#233; important : migrantes travaillant dans le secteur m&#233;nager, de la logistique, du graphisme, des femmes incarc&#233;r&#233;es, des agriculteurs et agricultrices, des jeunes, de collectifs de femmes protestant contre la privatisation de l'&#233;nergie et l'augmentation des tarifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples &#8211; le mouvement f&#233;ministe argentin, les luttes contre l'endettement priv&#233; partout dans le monde &#8211; d&#233;montrent que seules l'autod&#233;fense, la collectivisation de cette probl&#233;matique et l'organisation nous permettent de passer &#224; la d&#233;sob&#233;issance et ainsi d'enfin gagner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut apprendre &#224; oser d&#233;sob&#233;ir aux cr&#233;anciers pour r&#233;ussir &#224; briser l'association entre violences domestique, du monde du travail et de la finance par lesquelles le capitalisme financiaris&#233; prosp&#232;re depuis trop longtemps. Nous nous voulons vivantes, libres et d&#233;sendett&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiara Filoni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Christine Pagnoulle pour sa relecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Une-lecture-feministe-de-la-dette&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Une-lecture-feministe-de-la-dette&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les colonies italiennes dans la Corne de l'Afrique et l'absence de r&#233;parations</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-colonies-italiennes-dans-la-Corne-de-l-Afrique-et-l-absence-de-reparations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-colonies-italiennes-dans-la-Corne-de-l-Afrique-et-l-absence-de-reparations</guid>
		<dc:date>2019-04-30T07:10:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Giulia Heredia</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Ethiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Somalie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-04-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] UE, Afrique du Sud, dettes coloniales, priv&#233;es... &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Royaume d'Italie a d&#233;velopp&#233; son empire colonial de la fin du XIXe si&#232;cle au milieu du XXe si&#232;cle. L'apog&#233;e de cet empire se situe au d&#233;but de la deuxi&#232;me guerre mondiale, sous Mussolini : l'Italie poss&#232;de &#224; cette &#233;poque des territoires en M&#233;diterran&#233;e (des &#238;les du Dod&#233;can&#232;se, une enclave en France), dans les Balkans (Dalmatie, Mont&#233;n&#233;gro, Albanie, Gr&#232;ce), en Asie (il s'agit des petites concessions chinoises de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L111xH150/arton38883-aa585.jpg?1781374429' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] UE, Afrique du Sud, dettes coloniales, priv&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Royaume d'Italie a d&#233;velopp&#233; son empire colonial de la fin du XIXe si&#232;cle au milieu du XXe si&#232;cle. L'apog&#233;e de cet empire se situe au d&#233;but de la deuxi&#232;me guerre mondiale, sous Mussolini : l'Italie poss&#232;de &#224; cette &#233;poque des territoires en M&#233;diterran&#233;e (des &#238;les du Dod&#233;can&#232;se, une enclave en France), dans les Balkans (Dalmatie, Mont&#233;n&#233;gro, Albanie, Gr&#232;ce), en Asie (il s'agit des petites concessions chinoises de Tientsi, Shangai et Amoy) et en Afrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 avril par Chiara Filoni , Giulia Heredia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire coloniale italienne s'est majoritairement traduite par l'occupation de certains territoires d'Afrique entre 1913 et 1943 : la Libye qui sera l'objet d'un autre article, l'&#201;rythr&#233;e, l'&#201;thiopie et la Somalie. Ces trois pays font partie du Corne de l'Afrique, qui d&#233;signe une p&#233;ninsule de l'Afrique de l'Est s'&#233;tendant de la c&#244;te sud de la mer Rouge &#224; la c&#244;te ouest de la mer d'Arabie, dont la forme, sur une carte, &#233;voque une corne de rhinoc&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; l'utilisation des armes chimiques en &#201;thiopie entre 1935 et 1940 et la construction de camps de concentration en Libye et en &#201;thiopie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'imaginaire commun, le colonialisme italien a un visage moins inhumain que d'autres colonialismes (fran&#231;ais, anglais, portugais, belge..) de la m&#234;me &#233;poque. Le mythe des &#8220;italiani brava gente&#8221; (&#8220;Italiens gens bien&#8221;) est toujours pr&#233;sent dans les esprits. Cela est d&#251; au fait que jusqu'aux ann&#233;es 1970, la classe dirigeante italienne a refus&#233; tout d&#233;bat s&#233;rieux sur les crimes de guerres et les atrocit&#233;s commises pendant cette p&#233;riode [1]. Comme si l'improvisation de certaines aventures, les retards et le manque de strat&#233;gies pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s une circonstance att&#233;nuante pour les horreurs du colonialisme. &#171; Il n'y a rien de plus faux dans cette affirmation &#187;- dit Angelo del Boca- si on pense &#224; l'utilisation des armes chimiques en &#201;thiopie entre 1935 et 1940 et la construction de camps de concentration en Libye et en &#201;thiopie. Ce n'est qu'&#224; partir des ann&#233;es 1970 donc que des historien-ne-s commencent &#224; produire des &#233;tudes sur l'histoire coloniale italienne [2] Toutefois, beaucoup de choses restent &#224; faire afin que justice soit rendue aux populations occup&#233;es et pour que la v&#233;rit&#233; sur p&#233;riode noire de l'histoire &#233;merge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un peu d'histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la colonisation italienne commen&#231;a en 1869 avec le d&#233;barquement des troupes italiennes dans la ville portuaire d'Assab en &#201;rythr&#233;e et y forma le premier noyau italien dans la r&#233;gion. Les Italiens profit&#232;rent du retrait des Anglais dans le Corne de l'Afrique (ces derniers appuyaient les op&#233;rations italiennes contre les ambitions expansionnistes fran&#231;aises en Afrique et l'insurrection des ind&#233;pendantistes soudanais). Assab d&#233;vient officiellement italienne en 1882. En 1885, les Italiens occup&#232;rent la ville de Massaua (sur la c&#244;te nord de l'&#201;rythr&#233;e) et le littoral entre Assab et Massaua et donn&#232;rent naissance &#224; la premi&#232;re colonie italienne. Cela suscita la r&#233;action militaire du Negus Menlik II et des affrontements eurent lieu. L'Italie et l'&#201;thiopie sign&#232;rent le Trait&#233; de Uccialli en 1889, donnant la Somalie et l'&#201;rythr&#233;e &#224; la famille de Savoie. Ce trait&#233; sera utilis&#233; par l'Italie comme base pour sa strat&#233;gie imp&#233;rialiste en &#201;thiopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des controverses sur l'interpr&#233;tation du trait&#233; (selon l'interpr&#233;tation italienne, l'&#201;thiopie &#233;tait sous protectorat de l'Italie et cette derni&#232;re &#233;tait en charge de la politique &#233;trang&#232;re de l'&#201;thiopie) d&#233;bouch&#232;rent sur la bataille d'Adoua (1896), qui repr&#233;senta un vrai &#233;chec pour l'Italie. Le trait&#233; d'Addis Abeba obligea ensuite l'Italie &#224; reconna&#238;tre la souverainet&#233; de l'&#201;thiopie, du moins pour quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la Somalie, &#224; la diff&#233;rence de l'exp&#233;rience &#233;rythr&#233;enne, l'Italie d&#233;cida de confier &#224; l'entreprise priv&#233;e Filonardi la domination directe de celle-ci : d'autres pays, comme l'Angleterre, avaient d&#233;j&#224; adopt&#233; cette m&#234;me m&#233;thode. Les motivations de ce choix furent li&#233;s &#224; l'&#233;chec de la bataille d'Adoua : l'Italie avait recours &#224; ces types de soci&#233;t&#233;s parce que moins compromettantes sur le plan international, et plus rassurantes pour la partie de l'opinion publique oppos&#233;e aux missions coloniales [3]. Seulement en 1905, la colonie passa sous contr&#244;le de l'&#201;tat puisque la nouvelle compagnie, la &#8220;Societ&#224; anonima commerciale italiana del Benadir&#8221; fut accus&#233;e de causer des pertes &#233;conomiques. En 1905, apr&#232;s avoir r&#233;troc&#233;d&#233; la soci&#233;t&#233; du Benadir en simple personne de droit priv&#233;, le gouvernement italien cr&#233;a un Commissariat de la Somalie du Nord afin d'administrer la r&#233;gion autour de la c&#244;te qui d&#233;vient officiellement la deuxi&#232;me colonie d'Italie [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite d'Adoua n'incita pas l'Italie &#224; abandonner sa politique coloniale : en 1906, l'Italie conclut un accord secret avec la France et la Grande-Bretagne pour se r&#233;partir les zones d'influence respectives dans l'hypoth&#232;se de l'effondrement soudain de l'empire &#233;thiopien &#224; la mort du N&#233;gus M&#233;n&#233;lik [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'imp&#233;rialisme italien s'intensifia avec la premi&#232;re guerre mondiale et le d&#233;veloppement du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 3 octobre 1935 le Royaume d'Italie attaqua l'&#201;thiopie sans m&#234;me d&#233;clarer la guerre. L'agression fut condamn&#233;e par la Soci&#233;t&#233; des Nations qui imposa des sanctions &#233;conomiques &#224; l'Italie fasciste. A partir de leurs bases en Somalie et en &#201;rythr&#233;e, les Italiens r&#233;ussirent &#224; vaincre la r&#233;sistance des &#201;thiopiens en utilisant des armes chimiques comme pour l'yp&#233;rite et repouss&#232;rent les &#201;thiopiens jusqu'&#224; Addis Abeba en 1936.&lt;br class='autobr' /&gt;
Afrique Orientale Italienne (AOI)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la m&#234;me ann&#233;e, toutes les colonies italiennes de la Corne de l'Afrique furent unifi&#233;es dans l'Afrique Orientale Italienne (AOI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire italien fond&#233; en 1936 dura 5 ans. En ao&#251;t 1940, apr&#232;s l'entr&#233;e en guerre de l'Italie, le r&#233;gime fasciste commanda l'invasion de Djibouti et de la Somalie britannique. L'arm&#233;e anglaise vainquit les Italiens en 1941 apr&#232;s la bataille de Keren et occupa toute l'&#201;rythr&#233;e italienne, qui passa sous administration militaire en 1947. En 1941 l'arm&#233;e anglaise pris le contr&#244;le total de la Corne de l'Afrique et favorisera la restauration du vieil empire &#233;thiopien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, l'&#201;thiopie fut le premier pays africain &#224; obtenir l'ind&#233;pendance en 1941 mais tout en prenant le contr&#244;le de l'&#201;rythr&#233;e, la premi&#232;re colonie italienne, gr&#226;ce &#224; la r&#233;solution 390 du 2 d&#233;cembre 1950 qui fait de l'&#201;rythr&#233;e &#8220;une unit&#233; autonome, f&#233;d&#233;r&#233;e avec l'&#201;thiopie sous la souverainet&#233; de la couronne &#233;thiopienne&#8221;. En 1962, l'empereur Hail&#233; Selassie, encourag&#233; par l'indiff&#233;rence de la communaut&#233; internationale et avec l'appui des &#201;tats-Unis, aboli la f&#233;d&#233;ration, en d&#233;clarant l'&#201;rythr&#233;e province de son empire et en interdisant les partis politiques &#233;rythr&#233;ens, ainsi que la presse ind&#233;pendante. Quelques ann&#233;es plus tard, l'arabe et le tigrinia, les langues les plus couramment utilis&#233;es sur le territoire &#233;rythr&#233;en, sont remplac&#233;es par l'amharique et le drapeau &#233;rythr&#233;en est interdit [6]. Depuis les conflits entre les deux pays n'ont pas cess&#233; jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Somalie en revanche resta sous protectorat italien jusqu'en 1960. Ce processus fut appel&#233; trusteeship system 52 : les Italiens &#233;taient charg&#233;s d'&#8221;accompagner&#8221; les Somaliens sur le chemin de l'ind&#233;pendance, de former une classe politique, une bureaucratie &#233;tatique digne de ce nom, une arm&#233;e ad&#233;quate, de s'occuper de l'assainissement &#233;conomique, de construire les infrastructures pour tout type de besoin, des transports &#224; l'&#233;ducation en passant par la sant&#233;. On ne voit pas bien pourquoi la population somalienne avait besoin de l'ing&#233;rence italienne pour construire tout cela ! La Somalie resta administr&#233;e sous le r&#233;gime de tutelle de l'Italie de 1950 &#224; juillet 1960, quand l'ancienne Somalie italienne et la Somalie britannique devinrent la nouvelle R&#233;publique de Somalie [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Somalie reste aujourd'hui un des pays les plus appauvris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quelles r&#233;parations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Trait&#233; de Paris de 1947, qui met fin &#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale, l'Italie non seulement se voit retirer toutes ses colonies, mais s'engageait &#224; payer le prix en termes de r&#233;parations et de restitution d'&#339;uvres d'art, d'archives vol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'agressivit&#233; impitoyable du colonialisme italien, se refl&#232;te une indiff&#233;rence pour les dommages caus&#233;s &#224; la population autochtone et le manque de respect pour les engagements pris dans ce trait. En effet, le manque de prise de responsabilit&#233; pour ce qui avait &#233;t&#233; fait, la mystification de ce qui s'&#233;tait pass&#233;, l'interf&#233;rence dans la politique des anciennes colonies et l'exploitation de ces territoires encore aujourd'hui sont des signaux qui nous apprennent que les le&#231;ons du colonialisme sont loin d'&#234;tre apprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'&#201;thiopie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 74 du Trait&#233; de Paris pr&#233;voyait une somme de 25 millions de dollars pour les r&#233;parations &#224; restituer en sept ans &#224; partir de l'entr&#233;e en vigueur du Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;thiopie d&#233;clara que cette somme &#233;tait d&#233;risoire et avan&#231;a une proposition de 326 milliards de lires (ce qui &#233;quivaudrait &#224; peu pr&#232;s &#224; 522 millions de dollars de l'&#233;poque [8]). En 1956 (donc apr&#232;s 11 ans de n&#233;gociations), un accord fut trouv&#233; pour un montant de 10,5 milliards de lires (&#224; peu pr&#232;s 17 millions de dollars de l'&#233;poque) en consid&#233;ration d'&#171; importants investissements italiens en &#201;thiopie &#187;, c'est-&#224;-dire une somme inf&#233;rieure &#224; trente fois &#224; celle demand&#233;e. A l'article 78 du m&#234;me trait&#233;, il est inscrit que &#171; Le Gouvernement italien accordera aux ressortissants des Nations Unies (en 1945, de tous les pays pris en consid&#233;ration, seulement l'&#201;thiopie en faisait partie, NDA) une indemnit&#233; en lires [..] pour compenser la perte ou les dommages qui r&#233;sultent de mesures sp&#233;ciales prises pendant la guerre &#224; l'encontre de leurs biens et qui ne visaient pas les biens italiens &#187;. On se demande comment la somme n&#233;goci&#233;e in fine a bien pu d&#233;dommager tou-te-s les citoyen-ne-s &#233;thiopien-ne-s endommag&#233;-e-s. Par ailleurs, &#224; aucun moment dans le trait&#233; on ne parle d'indemnit&#233; pour les familles de victimes de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'article 37 de ce Trait&#233; pr&#233;voyait que l'&#201;tat italien avait pour obligation de restituer tous les objets d'art et religieux dans le d&#233;lai prescrit de un an et demi. L'article 75 sp&#233;cifie &#233;galement que les demandes de restitution des biens devaient &#234;tre pr&#233;sent&#233;es par les gouvernements des pays colonis&#233;s (et ceci dans un d&#233;lai de 6 mois &#224; compter de l'entr&#233;e en vigueur du Trait&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'&#201;thiopie, ces objets n'ont &#233;t&#233; que partiellement restitu&#233;s lorsqu'il s'agissait des objets confisqu&#233;s par l'&#201;tat italien. Pas un seul objet vol&#233; par les g&#233;n&#233;raux italiens (dont Badoglio, Graziani et Teruzzi) ou par des gouverneurs ne fut restitu&#233;. Parmi les biens non restitu&#233;s par l'&#201;tat italien, il y a la biblioth&#232;que du N&#233;gus, l'avion d'une des filles de Hail&#233; Selassie. L'ob&#233;lisque d'Axum n'a &#233;t&#233; restitu&#233; que tr&#232;s r&#233;cemment [9]. &lt;br class='autobr' /&gt; L'histoire de cet ob&#233;lisque, un monument historique &#233;rig&#233; 1600 ans plus t&#244;t et vol&#233; en 1937, est unique. L'&#201;thiopie en exig&#233;a imm&#233;diatement la restitution, qui fut accept&#233;e avec la signature du Trait&#233; de paix avec les Alli&#233;es en 1947. De nombreuses demandes ont &#233;t&#233; formul&#233;es non seulement par les diff&#233;rents gouvernements &#233;thiopiens, mais &#233;galement par des intellectuels et des &#233;tudiants de l'Universit&#233; d'Addis-Abeba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ob&#233;lisque d'Axum ne fut restitu&#233; qu'en 2005 apr&#232;s quasi 60 ans d'attente (et des demandes r&#233;p&#233;t&#233;es) et 68 ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; vol&#233; [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#201;rythr&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#201;rythr&#233;e, l'Italie appliqua une politique d'indiff&#233;rence, alors m&#234;me qu'elle aurait d&#251; veiller au succ&#232;s de la f&#233;d&#233;ration &#233;rythr&#233;enne-&#233;thiopienne fond&#233;e sur la r&#233;solution 390/A/5 d&#233;crite plus haut [11]. L'appropriation de l'&#201;rythr&#233;e par Hail&#233; Selassie avait d&#233;clench&#233; un guerre qui dura trente ans dans l'indiff&#233;rence &#224; la fois de l'Italie, des Nations Unies et des autres gouvernements, qui jamais n'exerc&#232;rent de pressions sur le gouvernement d'Addis Abeba. Contre toutes pr&#233;visions, l'&#201;rythr&#233;e sortit de la guerre gagnante mais meurtrie avec un bilan de 80.000 mort-e-s, 50.000 orpheline-ne-s et 500.000 r&#233;fugi&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Somalie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dit pr&#233;c&#233;demment, en 1950 le pays fut confi&#233; &#224; l'Italie pour un mandat de 10 ans, afin de &#171; l'accompagner sur le chemin de la d&#233;mocratisation &#187;. Les Italiens purent &#233;valuer l'&#233;chec de leur politique lorsqu'en 1960, les militaires (form&#233;s par les Italiens) renvers&#232;rent les institutions pour instaurer la dictature de Siad Barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonisation italienne en Somalie s'&#233;tait distingu&#233;e par le manque d'investissements (les quelques-uns qui furent r&#233;alis&#233;s avaient b&#233;n&#233;fici&#233; uniquement &#224; des entreprises italiennes). En 1950, la Somalie disposait d'un taux d'analphab&#233;tisme de 99,4% et manquait d'infrastructures et d'h&#244;pitaux (on comptait 1 m&#233;decin pour 60.000 habitant-e-s et environ 1,6% de la population vivait dans des maisons en brique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de milliards en aide publique furent d&#233;bours&#233;s sans que cela ne profite &#224; la population. Des projets inutiles et nuisibles furent construits dans le but de renforcer le r&#233;gime oppressif de Siad Barre. Quand ce dernier abandonna la Somalie, le pays tomba dans le chaos et dans une guerre civile sans pr&#233;c&#233;dents. Le monde s'aper&#231;ut de cette trag&#233;die quand les mort-e-s d&#251; &#224; la famine d&#233;pass&#232;rent les 300.000. C'est &#224; ce moment que l'Italie intervint &#224; la t&#234;te d'une &#171; op&#233;ration humanitaire &#187; de l'ONU qui se r&#233;v&#233;lera un &#233;chec. De plus, on d&#233;couvrit bient&#244;t que 5 milliards de lires (2,5 millions d'euros) vers&#233;s par l'ONU avaient servi &#224; financer les seigneurs de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, une commission d'enqu&#234;te parlementaire en Italie donna des preuves du trafic d'armes, du d&#233;versement de d&#233;chets toxiques et de tortures perp&#233;tr&#233;es par l'arm&#233;e italienne durant la mission humanitaire [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Des criminels de guerre jamais jug&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; aucun proc&#232;s n'a jamais &#233;t&#233; engag&#233; contre les coupables de crimes perp&#233;tr&#233;s contre les populations d'Afrique, des Balkans ou de Gr&#232;ce &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italie n'a jamais fait les comptes de son pass&#233; colonial : aucun proc&#232;s n'a jamais &#233;t&#233; engag&#233; contre les coupables de crimes perp&#233;tr&#233;s contre les populations d'Afrique, des Balkans ou de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; de Paris, &#224; l'article 45, pr&#233;voyait que l'Italie devait assurer l'arrestation de toutes les personnes accus&#233;es d'avoir commis ou command&#233; de crimes de guerre, afin d'&#234;tre soumises &#224; jugement. Par la suite, l'Italie r&#233;ussit &#224; obtenir l'annulation de cet article, tout en s'engageant &#224; s'occuper personnellement du jugement des criminels nationaux identifi&#233;s par la Division des crimes de guerre des Nations Unies cr&#233;&#233;e en 1943 (et dans laquelle figurent bien des g&#233;n&#233;raux italiens comme Badoglio, Graziani, Roatta, Ambrosi..) [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : les travaux de la Commission d'enqu&#234;te italienne (1947-48) se cl&#244;turent en classant l'affaire sans suite (c'est-&#224;-dire sans proc&#232;s), malgr&#233; les centaines de noms qui figuraient dans la liste des criminels de guerre. Et ce gr&#226;ce &#224; la diplomatie du gouvernement anglais et &#233;tats-unien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune des demandes formul&#233;es par la Yougoslavie et l'&#201;thiopie, au fil des ann&#233;es, afin d'extrader ces criminels n'a jamais &#233;t&#233; entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Graziani, dont les m&#233;thodes lui avait valu le surnom de &#171; boucher de Fezzan &#187; (du nom d'une r&#233;gion de la Libye) ne passa que quelques mois en prison (malgr&#233; une peine de prison de 19 ans) pour collaboration avec les Nazis de la RSI apr&#232;s le 8 septembre 1943. Il n'a jamais &#233;t&#233; jug&#233; pour les crimes commis envers les populations de la Corne de l'Afrique et de la Libye. Le g&#233;n&#233;ral Badoglio (&#224; la t&#234;te de la guerre contre l'&#201;thiopie) fut l'objet d'une s&#233;ance de la Commission de l'ONU pour les crimes de guerre (qui n'examina que 10 cas) sous l'impulsion du gouvernement &#233;thiopien. Badoglio, accus&#233; d'avoir utilis&#233; des gazs toxiques et bombard&#233; la Croix Rouge durant la campagne d'&#201;thiopie (et &#233;tiquet&#233; comme criminel de &#171; degr&#233; A &#187;) fut rel&#226;ch&#233; sans h&#233;sitation gr&#226;ce (&#224; nouveau) &#224; l'appui du gouvernement anglais [14]. Il mourut dans son lit en 1956 et b&#233;n&#233;ficia de fun&#233;railles d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ces personnages n'ont pas &#233;t&#233; jug&#233;s responsables pour leurs crimes et n'ont jamais d&#251; affronter un proc&#232;s. Au contraire, ils ont retrouv&#233; une place dans l'appareil administratif de la Premi&#232;re R&#233;publique (1948-1994), dans des pr&#233;fectures de police ou dans la direction de partis de droite ou n&#233;o-fasciste (c'est le cas de Graziani) [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Conclusions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Trait&#233; de Paris ne pr&#233;voyait des r&#233;parations que pour l'Albanie, l'&#201;thiopie, la Gr&#232;ce et la Yougoslavie. Nul part, on ne fait mention des terribles cons&#233;quences de l'invasion italienne en &#201;rythr&#233;e et en Somalie, en leur niant le droit &#224; des r&#233;parations pour les dommages caus&#233;s par celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque &#233;galement une discrimination vis-&#224;-vis de ces pays -en tant que non membres des Nations unies- en ce qui concerne les indemnit&#233;s li&#233;es aux dommages par rapport aux biens poss&#233;d&#233;s par leurs populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d&#233;j&#224; vu, seule l'&#201;thiopie eut droit &#224; une r&#233;paration m&#234;me si en mesure bien inf&#233;rieure &#224; celle qui avait &#233;t&#233; calcul&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, l'&#201;tat italien n'a pas fait face &#224; ses responsabilit&#233;s pour les crimes commis pendant la p&#233;riode coloniale. Au contraire, il a blanchi ces pages noires de l'histoire pendant des ann&#233;es et n'a pas pris en consid&#233;ration l'histoire coloniale italienne dans le cursus scolaire. Quel avenir pour une population qui ne conna&#238;t pas son histoire ? Comment peut-on combattre l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite aujourd'hui si nous n'avons pas fait face &#224; notre pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Merci &#224; Christine Pagnoulle et Dounia Dorkenoo pour leurs relectures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le minist&#232;re des Affaires &#233;trangers italien diffusait jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1970 un ouvrage (en 50 volumes) au nom &#8220;L'Italie en Afrique&#8221;, une op&#233;ration de mystification du colonialisme italien, o&#249; on exalte les m&#233;rites de la colonisation italienne et sa diversit&#233; par rapport &#224; d'autres colonialismes et o&#249; on efface la r&#233;alit&#233; de camps de concentration et l'utilisation des armes chimiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Del Boca A., &#8220;Il colonialismo italiano tra miti, rimozioni, negazioni e inadempienze. In &#8220;Italia contemporanea&#8221;, settembre 1998, n&#176;212, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.italia-resistenza.it/wp-content/uploads/ic/RAV0053532_1998_211-213_12.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.italia-resistenza.it/wp-content/uploads/ic/RAV0053532_1998_211-213_12.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Pandolfo M., La Somalia coloniale : una storia ai margini della memoria italiana, f&#233;vrier 2013, disponible sur : &lt;a href=&#034;http://www.studistorici.com/wp-content/uploads/2013/08/12_PANDOLFO.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.studistorici.com/wp-content/uploads/2013/08/12_PANDOLFO.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ibidem 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Podesta G., L'&#233;migration italienne en Afrique orientale, dans Annales de d&#233;mographie historique, 2007/1 (n&#176;113), &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-59.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-59.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Osservatorio Internazionale, Il caso dell'Eritrea all'attenzione delle Nazioni Unite, dans Pace, diritti dell'uomo, diritti dei popoli, anno III, numero 1, 1989, disponible sur :&lt;a href=&#034;http://unipd-centrodirittiumani.it/public/docs/89_01_079.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unipd-centrodirittiumani.it/public/docs/89_01_079.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Ibidem 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] En 1965, 1 dollar &#233;quivalait en moyenne &#224; 625 lires italiennes (source : &lt;a href=&#034;https://cronologia.leonardo.it/potere.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cronologia.leonardo.it/potere.htm&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ibidem 3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Alberizzi M., Torna a casa l'obelisco di Axum Un'operazione da sei milioni di euro, 4 septembre 2008, disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.corriere.it/esteri/08_settembre_04/axum_etiopia_rinnovata_amicizia_tensioni_eritrea_9223bf46-7abd-11dd-a3dd-00144f02aabc.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.corriere.it/esteri/08_settembre_04/axum_etiopia_rinnovata_amicizia_tensioni_eritrea_9223bf46-7abd-11dd-a3dd-00144f02aabc.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ibidem 3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Ibidem 3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Crimini di guerra, La mancata estradizione e l'impunit&#224; dei presunti criminali di guerra italiani accusati per stragi in Africa e in Europa, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.criminidiguerra.it/EstradizBBC.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.criminidiguerra.it/EstradizBBC.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ibidem 13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] A ce propos on vous conseille la vision du docum&#233;ntaire de la BBC &#8220;Fascist legacy&#8221;, disponible sur &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2IlB7IP4hys&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=2IlB7IP4hys&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve du 8 mars en Belgique : une premi&#232;re &#233;dition pleine de promesses </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-greve-du-8-mars-en-Belgique-une-premiere-edition-pleine-de-promesses</link>
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		<dc:date>2019-03-12T07:39:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni</dc:creator>


		<dc:subject>Belgique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-12</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] &#8212; Merci de prendre quelques minutes pour nous donner votre avis sur le bulletin &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'excitation des derniers jours pr&#233;c&#233;dents le 8 mars, les r&#233;unions sont anim&#233;es. &#171; Reste le programme &#224; finaliser pour le jour J &#187; : coups de fil en urgence, prises de notes, mais aussi papotes et rires complices, puis s&#233;rieux &#224; nouveau. &#171; Il y a encore &#224; trouver les slogans pour les banderoles et les pancartes de la manifestation, et la logistique pour les concerts ?! &#187;. Mais on ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] &#8212; Merci de prendre quelques minutes pour nous donner votre avis sur le bulletin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'excitation des derniers jours pr&#233;c&#233;dents le 8 mars, les r&#233;unions sont anim&#233;es. &#171; Reste le programme &#224; finaliser pour le jour J &#187; : coups de fil en urgence, prises de notes, mais aussi papotes et rires complices, puis s&#233;rieux &#224; nouveau. &#171; Il y a encore &#224; trouver les slogans pour les banderoles et les pancartes de la manifestation, et la logistique pour les concerts ?! &#187;. Mais on ne s'emp&#234;che pas pour autant de s'accorder de temps en temps deux ou trois minutes pour chanter en ch&#339;ur des chants f&#233;ministes argentins, fran&#231;ais&#8230; On a besoin de se donner de la force, de l'espoir, de l'enthousiasme ! Voil&#224; un bref aper&#231;u de comment se d&#233;roulent les r&#233;unions du collectif 8 mars !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1er mars par Chiara Filoni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collecti.e.f 8 maars est le nom bilingue d'un collectif belge de femmes, de personnes trans, inter et non-binaires qui lutte contre le syst&#232;me patriarcal h&#233;t&#233;ronorm&#233; et pour la construction d'une journ&#233;e de gr&#232;ve le 8 mars 2019. Pour se faire, ce collectif a organis&#233; depuis octobre plusieurs AG, qui ont &#224; chaque fois rassembl&#233; plus d'une centaine de personnes (des collectifs f&#233;ministes, queer, femmes migrantes, femmes noires, d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales, membres de partis de gauche de Belgique&#8230;) toutes r&#233;unies pour construire la premi&#232;re gr&#232;ve des femmes* et f&#233;ministe de Belgique ! Un appel &#224; la gr&#232;ve inspir&#233; par les mouvements et exp&#233;riences en Am&#233;rique Latine (Argentine, notamment) ou dans le Sud de l'Europe (&#201;tat espagnol, Italie) et leurs puissantes d&#233;monstrations de force le 8 mars de ces derni&#232;res ann&#233;es [1].&lt;br class='autobr' /&gt; S'organiser ensemble contre ce syst&#232;me patriarcal et capitaliste qui nous humilie, nous blesse, nous viole, nous exploite et contre lequel nous allons lever enfin nos t&#234;tes, nos voix, nos corps et &#224; qui nous allons d&#233;clarer guerre en commen&#231;ant par se mettre en gr&#232;ve le jour de la journ&#233;e internationale des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une gr&#232;ve f&#233;ministe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; le capitalisme prosp&#232;re sur le travail (gratuit comme r&#233;mun&#233;r&#233;) des femmes. La gr&#232;ve du travail reproductif des femmes est donc une arme puissante contre le syst&#232;me capitaliste et patriarcarcal &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre gr&#232;ve sera globale. Sur les lieux de travail, &#224; la maison, dans la rue, gr&#232;ve de la consommation&#8230; Le slogan &#8220; si les femmes* s'arr&#234;tent, le monde s'arr&#234;te&#8221; utilis&#233; dans de nombreuses luttes f&#233;ministes, ne veut pas dire autre chose que : le capitalisme prosp&#232;re sur le travail (gratuit comme r&#233;mun&#233;r&#233;) des femmes. Si les luttes ouvri&#232;res nous apprennent que l'arr&#234;t du travail productif, via la gr&#232;ve, est une arme puissante dans la lutte contre l'ali&#233;nation capitaliste, pourquoi l'arr&#234;t du travail reproductif, pris en charge par les femmes, ne le serait-il pas &#233;galement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand on dit femmes &#171; c'est toujours avec un ast&#233;risque &#187;, pr&#233;cise le collectif 8 maars dans chacune de ses r&#233;unions, affiches et prises de positions. &#171; On entend par femmes* : toute personne identifi&#233;e comme femme et/ou se reconnaissant dans cette identit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve propos&#233;e par le collectif 8 mars est plurielle et pr&#233;voit plusieurs types d'interruption du travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La gr&#232;ve du travail r&#233;mun&#233;r&#233; pour ne plus produire pour le syst&#232;me capitaliste qui nous exploite en tant que femmes* travailleuses. Cela peut aussi passer par une r&#233;union de sensibilisation avec les coll&#232;gues, un piquet de gr&#232;ve, le port d'un signe distinctif pour signaler qu'on est en gr&#232;ve (un foulard ou un autre objet symbolique comme un tablier mauve accroch&#233; aux balcons), en se coordonnant avec les syndicats o&#249; cela est possible.&lt;br class='autobr' /&gt; Alors que ce 8 mars 2019 se pensait comme une premi&#232;re &#233;tape dans la construction d'un mouvement de gr&#232;ve massif, force est de constater que, d&#233;j&#224;, d'importants pas ont &#233;t&#233; franchis bien que cela reste encore insuffisant. Au d&#233;part, les syndicats &#233;taient retissant &#224; d&#233;clarer une gr&#232;ve qui sortait du terrain classique des gr&#232;ves intersectorielles ou des gr&#232;ve par secteurs. &#192; ce jour, la CSC reconna&#238;t la gr&#232;ve (l'ensemble des affili&#233;-e-s CSC peuvent ainsi demander une indemnit&#233;) et parmi les centrales qui mobilisent il y a la CNE et la CSC services publics, tandis que la FGTB soutient en invitant ses centrales &#224; d&#233;cider elles-m&#234;mes de d&#233;poser ou non un pr&#233;avis et d'octroyer ou non des indemnit&#233;s. Les centrales FGTB qui mobilisent sont &#224; ce jour plusieurs secteurs de la Centrale G&#233;n&#233;rale (nettoyage, titre service, maison de repos), d'Orval et de la CGSP Bruxelles (services publics, enseignement, h&#244;pitaux publics, transports, cr&#232;ches) [2]/.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La gr&#232;ve des soins aux autres, puisque ce sont les femmes qui portent pour la plupart cette charge et puisque qu'il est indispensable de montrer ce travail invisible, pourtant essentiel, que nous effectuons au quotidien dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; (dans les espaces priv&#233;s comme publics) : s'occuper des enfants et des personnes &#226;g&#233;es, faire le m&#233;nage, pr&#233;parer les repas, la logistique, prendre en charge les relations sociales et affectives&#8230; C'est justement en arr&#234;tant ce travail gratuit et invisible que nous allons prouver que &#171; si les femmes* s'arr&#234;tent, le monde s'arr&#234;te &#187; et que nous prendrons conscience de cette force !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La gr&#232;ve de la consommation. Le 8 mars, on peut arr&#234;ter d'acheter ou consommer des produits ou des services non indispensables, notamment dans des commerces o&#249; les conditions de travail des femmes sont mauvaises ou d&#233;gradantes. On peut &#233;galement d&#233;noncer les produits qui appliquent une &#8220;taxe rose&#8221; [3] et ne pas consommer de produits sur-emball&#233;s ou fabriqu&#233;s &#224; l'autre bout du monde ou encore provenant de fili&#232;res qui se basent sur l'exploitation d'autres personnes. On peut se d&#233;placer &#224; pied, &#224; bicyclette ou en transports en commun et r&#233;duire notre utilisation d'appareils &#233;lectroniques. On peut enfin d&#233;noncer les lieux ou m&#233;dias qui nous inondent de publicit&#233;s sexistes et racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La gr&#232;ve &#233;tudiante. Les &#233;tudiantes ont bien s&#251;r le droit de faire gr&#232;ve, par exemple en n'assistant pas aux cours et profitant de ce temps lib&#233;r&#233; pour envahir des classes et auditoires afin d'expliquer la gr&#232;ve et ses motivations aux autres &#233;tudiant-e-s mais aussi au corps enseignant et administratif ou alors en affichant des banderoles dans l'&#233;cole, l'universit&#233;, le lieu de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les hommes peuvent &#234;tre impliqu&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s utile pour nous d'avoir des alli&#233;s hommes dans ce combat et durant ce jour de gr&#232;ve. Les hommes peuvent nous soutenir en nous permettant de participer pleinement &#224; la gr&#232;ve du 8 mars, par exemple en nous rempla&#231;ant au travail ; en s'occupant des enfants, de la nourriture et du m&#233;nage ; en prenant des notes pour nous &#224; l'&#233;cole, en expliquant autour d'eux le sens de cette gr&#232;ve pour gagner du soutien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles revendications ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreuses sont les revendications du collectif 8 maars et cela n'est pas facile de toutes les r&#233;sumer. &lt;br class='autobr' /&gt; De la lutte contre la pr&#233;carit&#233; &#224; la fin de l'in&#233;galit&#233; salariale, des pensions trop tardives et/ou trop faibles faute de cotisations suffisantes, des temps partiels impos&#233;s, en passant par la r&#233;duction du temps de travail sont certaines des revendications cit&#233;es dans le chapitre sur le travail et les mesures d'aust&#233;rit&#233; (qui s'abattent sur les femmes de mani&#232;re plus importante que sur les hommes) [4].&lt;br class='autobr' /&gt; Un autre chapitre concernant le travail domestique et du care mentionne que : nous avons besoin d'une soci&#233;t&#233; qui prenne en charge collectivement le travail reproductif, la s&#233;curit&#233; sociale et les services publics (sant&#233;, transport, &#233;ducation, administration, communication, logements, infrastructures sportives et culturelles) pour que ces derniers soient accessibles &#224; toutes. En un mot : &#171; Nous en avons assez d'assumer seules et gratuitement ou presque les soins aux autres et la charge mentale qui va avec ! &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chapitre sur les fronti&#232;res revendique une v&#233;ritable libre circulation pour les personnes sans ou avec papiers, d&#233;nonce le nouveau colonialisme de la Belgique et exige la fin des discriminations et des violences bas&#233;es sur notre couleur de peau, notre origine, nos croyances&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le chapitre sur les corps et les sexualit&#233;s d&#233;nonce l'ing&#233;rence de l'&#201;tat sur nos corps, nos vies et revendique une vraie libert&#233; sexuelle, un avortement libre et gratuit, la mise en place d'un mod&#232;le &#233;ducatif non-genr&#233; et anti-sexiste. Et enfin la fin des violences m&#233;dicales, gyn&#233;cologiques, psychologiques au sein des structures d&#233;di&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; Un chapitre sur l'&#233;cologie met en avant le fait que les d&#233;g&#226;ts environnementaux affectent principalement et plus fortement les femmes et un dernier sur les violences de tout type (sexuelles, physiques, racistes, sexistes, classistes et li&#233;es &#224; d'autres types de domination) qui exposent particuli&#232;rement certaines femmes : une vraie pr&#233;vention et la fin d'une impunit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e est plus que jamais urgente [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, ne vous attendez &#224; rien de nous ce jour-l&#224; : nous prendrons le temps pour nous rencontrer, nous parler afin de retisser les liens que la soci&#233;t&#233; patriarcale et capitaliste essaie de briser ; nous quitterons la place que ce syst&#232;me nous a assign&#233;e ; nous arr&#234;terons de &#171; fermer nos gueules &#187; et d&#233;nonceront les discriminations, les violences et l'exploitation que nous subissons.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce jour-l&#224; nous ferons gr&#232;ve pour montrer la place indispensable que nous occupons dans la soci&#233;t&#233;, exiger une juste reconnaissance de notre travail, tisser des solidarit&#233;s, pour ne plus se sentir seules, pour organiser notre col&#232;re l&#233;gitime et parce que, ensemble, nous sommes plus fortes que ce syst&#232;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM appelle &#224; la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous invitons donc toutes &#224; faire la gr&#232;ve avec nous, femmes du CADTM, du collectifs 8 maars et avec toutes les femmes qui se battent en Belgique et dans le monde entier pour que cette journ&#233;e internationale de la femme soit une vraie journ&#233;e de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site du collectif vous trouverez &#233;galement plus d'informations sur les actions&lt;br class='autobr' /&gt; qui se passent dans plusieurs villes en Belgique (&#224; Li&#232;ge, &#224; Gand, &#224; Bruxelles, &#224; Mons, &#224; Tournai, &#224; Anvers) : &lt;a href=&#034;https://8maars.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://8maars.wordpress.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'h&#233;sitez pas &#224; partager l'&#233;v&#233;nement facebook et d'en parler autour de vous, &#224; vos amies, vos m&#232;res, vos s&#339;urs, vos coll&#232;gues, vos voisines&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/events/737960343253760/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/events/737960343253760/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'auteure remercie Anouk Renaud pour sa relecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Filoni Chiara, &#171; Les gr&#232;ves f&#233;ministes racont&#233;es &#224; nos Rencontres d'&#233;t&#233; &#187;, CADTM, septembre 2018. &lt;br class='autobr' /&gt; Accessible en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-greves-feministes-racontees-a-nos-Rencontres-d-ete&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Les-greves-feministes-racontees-a-nos-Rencontres-d-ete&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir le site du collectif 8 maars : &lt;a href=&#034;https://8maars.wordpress.com/strike&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://8maars.wordpress.com/strike&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La &#8220;taxe rose&#8221; est un concept qui met en avant le fait qu'un m&#234;me produit (parfois de la m&#234;me marque et de la m&#234;me gamme) co&#251;te plus cher s'il se veut destin&#233; aux femmes, qu'aux hommes. Parmi les exemples, les plus parlant, il y a les rasoirs, les gels douches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour plus d'informations lire, Vanden Daelen Christine, &#8220;Les femmes d'Europe face &#224; l'aust&#233;rit&#233; et &#224; la dette publique&#8221;, CADTM, mars 2017. Disponible en ligne &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-femmes-d-Europe-face-a-l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Les-femmes-d-Europe-face-a-l&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Pour plus d'informations sur les revendications, voir le site du collectif 8 maars : &lt;a href=&#034;https://8maars.wordpress.com/strike/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://8maars.wordpress.com/strike/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontres d'&#233;t&#233; du CADTM (8 et 9 septembre 2018) Les gr&#232;ves f&#233;ministes racont&#233;es &#224; nos Rencontres d'&#233;t&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rencontres-d-ete-du-CADTM-8-et-9-septembre-2018-Les-greves-feministes-racontees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rencontres-d-ete-du-CADTM-8-et-9-septembre-2018-Les-greves-feministes-racontees</guid>
		<dc:date>2018-10-09T08:08:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni</dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pl&#233;ni&#232;re de cl&#244;ture de nos rencontres d'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;di&#233;e aux r&#233;centes mobilisations f&#233;ministes qui ont travers&#233; la plan&#232;te, de l'Argentine &#224; la Pologne en passant par l'Espagne et l'Italie et qui ont chang&#233; le visage des mouvements sociaux. La force de ces femmes, leurs revendications muscl&#233;es et la volont&#233; de mettre fin aux injustices sexistes marqueront les discours politiques &#224; diff&#233;rents niveaux, bien que beaucoup reste encore &#224; faire pour atteindre les r&#233;sultats esp&#233;r&#233;s. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton36297-3b865.jpg?1782811946' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pl&#233;ni&#232;re de cl&#244;ture de nos rencontres d'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;di&#233;e aux r&#233;centes mobilisations f&#233;ministes qui ont travers&#233; la plan&#232;te, de l'Argentine &#224; la Pologne en passant par l'Espagne et l'Italie et qui ont chang&#233; le visage des mouvements sociaux. La force de ces femmes, leurs revendications muscl&#233;es et la volont&#233; de mettre fin aux injustices sexistes marqueront les discours politiques &#224; diff&#233;rents niveaux, bien que beaucoup reste encore &#224; faire pour atteindre les r&#233;sultats esp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Mexique, Argentine- Maroc - Acide - CAC&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le f&#233;minisme aujourd'hui est dans certains cas devenu mainstream, d&#233;natur&#233; de sa radicalit&#233; naturelle et utilis&#233; pour l&#233;gitimer des discours racistes (si on pense par exemple &#224; la manipulation m&#233;diatique des cas de violences commis par des personnes &#233;trang&#232;res ou sans papiers) alors que ,comme nous l'ont montr&#233; les intervenantes, sexisme et racisme sont bien imbriqu&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;minisme que le CADTM et les femmes qui sont intervenues dans la pl&#233;ni&#232;re d&#233;fendent est au contraire un f&#233;minisme anticapitaliste, antiraciste, populaire et intersectionnel. Comme le rappelle Georgina Monge du collectif Justa Revolta de l'&#201;tat espagnol, le capitalisme sert le patriarcat et le patriarcat sert le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le capitalisme a accentu&#233; l'exploitation et la subordination des femmes dans les soci&#233;t&#233;s structur&#233;es par le patriarcat qui &#224; son tour se sert du capitalisme pour s'ancrer encore plus dans la soci&#233;t&#233;. No&#235;mie Cravatte &#233;voque bien tous ces liens dans son introduction mentionnant par exemple le travail pionnier de Silvia Federici ancr&#233; sur le r&#244;le des femmes des classes populaires dans les r&#233;voltes de tous les temps et de la r&#233;pression inflig&#233;e contre celles-ci par l'av&#232;nement du capitalisme. Dans ce sens, le r&#244;le des sorci&#232;res, d&#233;monis&#233;es par l'histoire, est &#224; r&#233;&#233;valuer ainsi que leur chasse, consid&#233;r&#233;e par Federici et beaucoup d'autres f&#233;ministes d'aujourd'hui, comme une des principales formes de sanction de la r&#233;sistance f&#233;ministe au capitalisme naissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le travail de soin, pendant les &#233;tudes, dans la consommation, dans le secteur associatif : le patriarcat s'exprime &#224; tous les niveaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir &#224; nos jours, la premi&#232;re gr&#232;ve f&#233;ministe dans l'&#201;tat espagnol a eu lieu en 2017 pour ensuite se r&#233;pandre en 2018 dans tout le territoire avec 5,3 millions de femmes d&#233;filant dans plus de 130 villes [1]. Les objectifs de cette gr&#232;ve &#233;taient clairs : d&#233;noncer les in&#233;galit&#233;s vis-&#224;-vis des femmes, transcender la sph&#232;re productive afin de consid&#233;rer dans la gr&#232;ve toutes les sph&#232;res de la vie des femmes au del&#224; des in&#233;galit&#233;s sur le lieu du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le travail de soin, pendant les &#233;tudes, dans la consommation, dans le secteur associatif : le patriarcat s'exprime &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience que, lorsque les femmes font gr&#232;ve, tout s'arr&#234;te &#233;tait bien pr&#233;sente et c'est cette conscience qui constitue un des plus importants points forts du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement f&#233;ministe espagnol est un mouvement politiquement h&#233;t&#233;rog&#232;ne, d&#233;centralis&#233;, intersectionnel, transversal et interg&#233;n&#233;rationnel. Il a &#233;t&#233; soutenu par les partis de la gauche radicale espagnole (Podemos, Isquierda Unida) et par les syndicats de base mais pas par le PSOE ou les syndicats majoritaires effray&#233;s par les mots d'ordre anticapitalistes pr&#233;sents dans le manifeste pour la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de la gr&#232;ve du 8 mars, le mouvement Ni una menos (Pas une de moins) de l'&#201;tat espagnol a &#233;t&#233; porteur de mobilisations massives contre les violences de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de cas exemplaires mis en lumi&#232;re par le mouvement est le cas Manada, un des trop fr&#233;quents &#233;pisodes d'abus sexuel envers les femmes, qui malgr&#233; les &#233;vidences, n'avait &#233;t&#233; jug&#233; tel par la justice espagnole par manque de deux &#233;l&#233;ments essentiels pour la qualification de viol selon la jurisprudence de l'&#201;tat espagnol, soit la violence et l'intimidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Maria Elena Saludas, membre d'ATTAC-CADTM Argentine, qu'est revenue la difficile t&#226;che de r&#233;sumer les avancements du mouvement f&#233;ministe latino-am&#233;ricain des derni&#232;res ann&#233;es. Elle a tenu &#224; pr&#233;ciser qu'en Am&#233;rique Latine, le continent le plus in&#233;galitaire au monde, le mod&#232;le le d&#233;veloppement envisag&#233; par les Institutions internationales et les gouvernements est un mod&#232;le li&#233; &#224; l'extractivisme et &#224; l' &#171; endettement perp&#233;tuel &#187;. Ces caract&#233;ristiques impactent en premier lieu les femmes, premi&#232;res victimes des politiques d'aust&#233;rit&#233; et du n&#233;oliberalisme [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Lorsque les femmes font gr&#232;ve tout s'arr&#234;te &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, le mouvement Ni Una Menos tire son nom de la po&#233;tesse mexicaine Susana Ch&#225;vez, qui a fait de l'art l'instrument principal de la d&#233;nonciation des violences faites aux femmes dans les ann&#233;es 1990. Aujourd'hui le mouvement fait l'&#233;tendard de ses vers : &#171; Ni una muera mas, ni una menos &#187; (&#171; pas une morte de plus, pas une de moins &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Argentine, qu'a eu lieu la premi&#232;re gr&#232;ve des femmes de l'Am&#233;rique Latine, organis&#233;e de mani&#232;re tout &#224; fait spontan&#233;e suite &#224; la 31e &#171; Rencontre Nationale des femmes &#187; en octobre 2016 &#224; Rosario &#224; laquelle ont particip&#233; 70000 femmes. De la m&#234;me mani&#232;re que dans l'&#201;tat espagnol, la premi&#232;re gr&#232;ve en Argentine, comme celles qui suivront, avait des caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques et coh&#233;rentes avec les principes du mouvement f&#233;ministe : auto-convoqu&#233;e, horizontale, f&#233;d&#233;rale, autofinanc&#233;e, plurielle et profond&#233;ment d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant que nous sommes ensemble / Et maintenant qu'ils nous voient/ &#224; bas le patriarcat, qui tombera, tombera.../ Et vive le f&#233;minisme qui vaincra ! [slogan argentin]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH313/af88045d7f3166b5-12b80c4b-daa34.png?1781333693' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'avril de cette ann&#233;e, le Chili est touch&#233; par une grande mobilisation que beaucoup consid&#232;rent comme la plus importante depuis les ann&#233;es 1970. Suite &#224; des d&#233;nonciations d'abus sexuels dans diff&#233;rentes universit&#233;s du pays, les &#233;tudiantes ont suspendu les activit&#233;s et commenc&#233; les occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement f&#233;ministe, appel&#233; la Ola feminista, existait sous une forme embryonnaire depuis 2011 alors que les &#233;tudiantes avaient commenc&#233; &#224; revendiquer l'importance d'une &#233;ducation f&#233;ministe et anti-sexiste. Aujourd'hui le f&#233;minisme chilien nous offre une r&#233;flexion nouvelle contre le patriarcat et le capitalisme : pour ces femmes un changement fondamental est n&#233;cessaire dans les sph&#232;res de la reproduction, des soins de sant&#233;, de la mercantilisation de la nature et de la vie, de la privatisation de biens publics et de l'endettement priv&#233; impos&#233;s par le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ola feminista est compos&#233;e par diff&#233;rentes organisations de gauche radicale et de forces sociales pour le changement et revendique la fin de toute violence de genre. Et cela ne peut advenir que gr&#226;ce &#224; une &#233;ducation non sexiste et f&#233;ministe ! Ce qui a tout son sens puisque la formation et l'&#233;ducation sont les &#233;l&#233;ments essentiels pour construire des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques et critiques qui ne se plient pas aux jeux de pouvoir, &#224; l'autoritarisme et aux injustices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lucia Amorosi, les r&#233;centes mobilisations f&#233;ministes et le mouvement Non una di Meno (Pas une de moins) en Italie prennent inspiration des grandes agitations f&#233;ministes en Am&#233;rique Latine et particuli&#232;rement en Argentine. L'Italie a une tradition importante de f&#233;minismes : la loi sur le divorce en 1975 et celle sur l'avortement en 1978 sont le fruit de ces combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le mouvement a &#233;t&#233; affaibli et l'av&#232;nement de Non una di Meno a redonn&#233; de l'&#233;nergie et des nouveaux espoirs pour contrer l'offensive patriarcale et capitaliste qui aujourd'hui remet en question tous les acquis f&#233;ministes du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier rendez-vous de Non una di Meno &#233;tait le 25 novembre 2016 lorsque des milliers de personnes ont envahi les rues de Rome pour revendiquer la fin des violences de genre. Depuis, plusieurs assembl&#233;es se sont succ&#233;d&#233; afin d'&#233;laborer un &#171; Plan anti-violence par le bas &#187; en r&#233;ponse &#224; l'incapacit&#233; du gouvernement de faire face aux f&#233;minicides et &#224; la violence de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme en Espagne, le deuxi&#232;me rendez-vous, la gr&#232;ve du 8 mars 2017, a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une gr&#232;ve du travail productif (de tout type), mais aussi reproductif et de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au 8 mars dernier, le plan anti-violence ne s'est pas arr&#234;t&#233;, au contraire : diff&#233;rents groupes th&#233;matiques (sant&#233;, immigration, langage, communication) ont &#233;t&#233; cr&#233;es afin d'analyser la situation au niveau national et local et proposer des activit&#233;s dans ces domaines. Il existe &#233;galement des groupes territoriaux (tr&#232;s actifs dans leur r&#233;gions respectives) qui se r&#233;unissent r&#233;guli&#232;rement au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non Una di Meno Italie (comme pour les autres pays) est un mouvement tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne : cela constitue un point fort puisque diff&#233;rentes subjectivit&#233;s de genre ont pu se r&#233;unir pour atteindre des objectifs communs mais aussi un potentiel point de faiblesse si les diff&#233;rentes opinions et pratiques politiques ne sont pas reconnues comme l&#233;gitimes. C'est un point auquel les militantes pr&#233;sentes &#224; la pl&#233;ni&#232;re sont tr&#232;s attentives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc conclure qu'au niveau mondial les nouvelles mobilisations f&#233;ministes qui surgissent au quatre coins de la plan&#232;te et qui, tr&#232;s souvent, sont port&#233;es par le mouvement Pas une de moins ont des caract&#233;ristiques tr&#232;s enthousiasmantes : le premier est l'inclusivit&#233;, leur structure et leur organisation par le bas, autrement dit leur horizontalit&#233; et leur caract&#232;re d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, la force politique des propositions mises en avant : les gr&#232;ves f&#233;ministes et les manifestations massives de femmes ont eu le m&#233;rite de faire entrer dans le d&#233;bat politique (national comme international) des propositions alternatives concr&#232;tes aux violences et &#224; la soumission subies par les femmes sous le syst&#232;me capitaliste et patriarcal. Les femmes font parler d'elles, &#224; nouveau, et elles ne l&#226;cheront pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les femmes font parler d'elles, &#224; nouveau, et elles ne l&#226;cheront pas ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;fis se pr&#233;sentent devant nous &#233;galement : comment maintenir l'enthousiasme qui caract&#233;risait la premi&#232;re p&#233;riode de ces mouvements pour continuer &#224; mettre en avant ces revendications radicales ? Comment faire face au racisme de l'extr&#234;me droite qui monte ? Comment maintenir cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; qui les caract&#233;rise sans qu'aucun groupe marche sur un autre (blanche comme noire, &#233;tudiante comme travailleuse, acad&#233;mique comme femme de m&#233;nage) tout en essayant d'inclure toujours plus les femmes de milieux populaires ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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