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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le f&#233;minicide, acte viril par excellence ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-feminicide-acte-viril-par-excellence</link>
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		<dc:date>2020-09-29T08:33:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milie Beauchesne , Francine Sporenda</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment expliquer qu'environ 90% des victimes d'agression sexuelle sont des femmes ? Comment se fait-il que des filles et des femmes autochtones disparaissent et meurent en toute impunit&#233; au Canada ? Comment se fait-il que seulement 3 agressions sur 1000 se soldent par une condamnation ? Quotidiennement, l'&#201;tat faillit &#224; sa t&#226;che. Le syst&#232;me juridique, les d&#233;cideurs, les institutions ont chacun un r&#244;le &#224; jouer. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;40 - 26 septembre : Notes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Droits-des-femmes-" rel="directory"&gt;Droits des femmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L95xH150/arton44855-3b53c.png?1781755608' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment expliquer qu'environ 90% des victimes d'agression sexuelle sont des femmes ? Comment se fait-il que des filles et des femmes autochtones disparaissent et meurent en toute impunit&#233; au Canada ? Comment se fait-il que seulement 3 agressions sur 1000 se soldent par une condamnation ? Quotidiennement, l'&#201;tat faillit &#224; sa t&#226;che. Le syst&#232;me juridique, les d&#233;cideurs, les institutions ont chacun un r&#244;le &#224; jouer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/09/25/le-feminicide-acte-viril-par-excellence/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; Lettre n&#176;40 - 26 septembre : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 25 septembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous basez votre analyse sur le cas d'un colonel de l'Arm&#233;e de l'air canadienne et commandant d'une base a&#233;rienne (Trenton en Ontario), la plus importante du pays. Ce haut grad&#233;, multi-d&#233;cor&#233;, David Russell Williams, &#233;tait aussi un serial killer qui a longtemps &#233;chapp&#233; &#224; la police, &#224; cause de l'importance de sa position et de son apparente respectabilit&#233;. Vous soulignez que Williams avait son &#171; kit de viol &#187; (cordes, ruban adh&#233;sif, couteaux). Cela indique planification et strat&#233;gie dans la commission des agressions. Pourtant les m&#233;dias d&#233;peignent g&#233;n&#233;ralement ces meurtriers comme agissant sous l'emprise d'une pulsion incontr&#244;lable. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Lorsque les m&#233;dias d&#233;peignent un meurtrier comme &#171; fou &#187; ou comme &#171; incontr&#244;lable &#187;, non seulement on assiste &#224; des raccourcis (l'&#233;valuation psychiatrique de Williams &#233;tait tout &#224; fait normale) mais on d&#233;tourne le regard des causes politiques, &#233;conomiques et sociales qui engendrent les violences faites aux femmes. En effet, l'utilisation de la psychologisation de la violence est une tactique d'individualisation et de d&#233;politisation. Ainsi, en d&#233;tournant le d&#233;bat, collectivement, nous ne discutons pas des causes profondes de la violence genr&#233;e et de la culture d'agression, et cons&#233;quemment les m&#233;dias participent &#224; cette culture. Dans le cas de Williams, les m&#233;dias ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi d'aborder certains aspects spectaculaires des agressions. En effet, l'ex-colonel se travestissait avec les v&#234;tements de ses victimes f&#233;minines, se mettait en sc&#232;ne et se prenait en photo. Ces c&#233;r&#233;monies sont venues marquer l'imaginaire collectif et ont davantage choqu&#233; la population canadienne que les meurtres, les agressions sexuelles et les cambriolages qu'il a commis. &#192; un point tel, qu'en 2010, La Presse canadienne lui a attribu&#233; le titre de personnalit&#233; de l'ann&#233;e avec 29% des suffrages, le pla&#231;ant loin devant le c&#233;l&#232;bre joueur de hockey Sidney Crosby, qui lui avait r&#233;colt&#233; 15%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous dites que les meurtriers &#224; caract&#232;re sexuel sont rarement des psychotiques, pourtant les m&#233;dias mettent fr&#233;quemment cette explication de la folie en avant. Pourquoi selon vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
EB : Les meurtres sont une manifestation d'une violence exacerb&#233;e contre les femmes. Les &#233;tudes sur les meurtriers s&#233;riels vont &#233;galement en ce sens. Je d&#233;cris dans mon livre le ph&#233;nom&#232;ne de dissociation &#171; Docteur Jekyll et M. Hyde &#187;. Ce dernier permet de s&#233;parer les identit&#233;s du tueur pour n'en traiter qu'une : celle de la folie. Il faut distinguer l'acte incompr&#233;hensible &#8211; voire fou &#8211; qu'est de tuer autrui et un r&#233;el probl&#232;me de sant&#233; mentale. Conclure d'embl&#233;e la folie comme &#233;tant le moteur des meurtres et la motivation des meurtriers s'av&#232;re &#234;tre une r&#233;flexion tautologique qui maintient le statu quo permettant les violences contre les femmes. Par ailleurs, l'utilisation de &#171; kits de viol &#187; est tr&#232;s fr&#233;quente chez les meurtriers sexuels sadiques. Cela fait partie de leur modus operandi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Le taux de violences sur les femmes est plus &#233;lev&#233; (+23% aux Etats-Unis) dans l'arm&#233;e que dans la population civile ; des enqu&#234;tes mettent en &#233;vidence que c'est aussi vrai en France pour la police. L'agressivit&#233; est cultiv&#233;e chez les militaires car n&#233;cessaire &#224; l'institution, selon vous. Consid&#233;rez-vous que l'arm&#233;e forme d&#233;lib&#233;r&#233;ment des &#171; trained killers &#187;, et que cet entra&#238;nement peut produire des personnalit&#233;s sociopathiques comme celles de Davis Russell Williams, qui les rendent dangereux pour leur entourage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Bien que les &#233;tudes statistiques ne soient pas nombreuses, cette tendance s'observe dans plusieurs pays et le Canada ne fait pas bande &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat est la mission fondamentale des Forces arm&#233;es. Pour parvenir &#224; maintenir cet empressement au combat, les Forces canadiennes participent d&#232;s la formation des soldats &#224; la construction sociale de l'homme militaire. Quotidiennement, les Forces arm&#233;es l&#233;gitiment la violence, la r&#233;solution des conflits par la force, le contr&#244;le, la domination, le port d'armes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'homme militaire se construit autour d'un mod&#232;le unique. Ce dernier se fait au d&#233;triment des femmes, des homosexuels ou des hommes racis&#233;s, par exemple ; ils sont consid&#233;r&#233;s comme &#171; ennemis &#187;. Cette notion d'ennemi commun vient souder le sentiment de camaraderie n&#233;cessaire &#224; l'unit&#233; et au maintien de la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, l'arm&#233;e repose sur la division sexuelle du travail. Cette division sociale pose les femmes en position d'inf&#233;riorit&#233;. En ce sens, des facteurs aggravants de l'abus &#224; l'&#233;gard des femmes comme la d&#233;pendance &#233;conomique des conjointes de militaires, l'isolement et les nombreux d&#233;m&#233;nagements, l'environnement &#233;tranger, et les quartiers permanents r&#233;serv&#233;s aux couples sont des facteurs qui ont &#233;t&#233; identifi&#233;s par un certain nombre de recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes ses forces, l'Arm&#233;e canadienne tend &#224; r&#233;duire au silence les &#233;tudes des 20 derni&#232;res ann&#233;es au sujet de la violence end&#233;mique au sein de l'institution. Les Forces arm&#233;es jouent un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la perp&#233;tuation de la violence, notamment en raison de l'entra&#238;nement qui enseigne le pouvoir et le contr&#244;le sur l'Autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, sans n&#233;cessairement &#234;tre des personnalit&#233;s sociopathiques, la construction sociale du soldat et l'environnement dans lequel il &#233;volue permet, renforce et maintient un niveau de violence et cela a certainement des r&#233;percussions chez des membres (par exemple, comme mentionn&#233; dans mon livre, des &#233;tudes r&#233;centes d&#233;montrent un taux d'agression &#233;lev&#233; au sein des FC) et non-membres des Forces. Il est &#233;galement possible qu'un tel environnement puisse attirer les personnalit&#233;s sociopathiques mentionn&#233;es dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : L'arm&#233;e, &#233;crivez-vous, repose sur &#171; le contr&#244;le des hommes entre eux, &#8230; et des hommes sur les femmes &#187;. Vous notez aussi que le langage militaire est riche en images sexuelles tr&#232;s misogynes. La misogynie est-elle le ciment de la solidarit&#233; masculine essentielle &#224; la coh&#233;sion de l'arm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
EB : Oui, en partie. L'arm&#233;e est une institution totale et androcentrique qui repose sur le contr&#244;le des hommes entre eux, des hommes sur eux-m&#234;mes, et des hommes sur les femmes et les Autres. La misogynie fait partie d'un tout. On y retrouve &#233;galement le racisme et l'homophobie. L'homog&#233;n&#233;it&#233; et l'unicit&#233; sont centrales afin d'assurer l'empressement au combat qui repose notamment sur la coh&#233;sion entre les membres. Avoir un ennemi commun participe au maintien de la camaraderie et des liens virils entre les soldats. Tout comportement ou fa&#231;on d'&#234;tre qui ne r&#233;pond pas au mod&#232;le de la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique pourrait &#234;tre per&#231;u comme &#171; ennemi &#187; et &#234;tre r&#233;prim&#233;. Ainsi, l'utilisation de la violence contribue &#224; affirmer et &#224; renforcer la masculinit&#233; des hommes militaires, ce qui a pu &#234;tre observ&#233; &#224; de nombreuses reprises (l'un des cas les plus connus au Canada &#233;tant la d&#233;b&#226;cle somalienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage de la domination passe &#233;galement par une militarisation/f&#233;minisation du langage. L'utilisation du langage permet de d&#233;finir ce que le soldat ne doit pas &#234;tre, par exemple &#171; a pussy &#187;, &#171; un fif/pd &#187; ou encore l'utilisation de m&#233;taphore sexu&#233;e comme &#171; losing her virginity &#187; (perdre sa virginit&#233;) pour parler d'une attaque nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, cette solidarit&#233; masculine se manifeste &#233;galement lorsqu'il est question de violence conjugale. En effet, pour les familles qui habitent les quartiers permanents (environ 30%), on observe &#171; la loi du silence &#187;. Cette derni&#232;re, sous le couvert de la camaraderie, se transpose dans un silence absolu lors d'actes de violence commis par un fr&#232;re d'armes sur un membre de sa famille. Par ailleurs, le mode de fonctionnement interne vient renforcer la &#171; loi du silence &#187;, car des actes de violence pourraient nuire &#224; un avancement, une promotion voire un d&#233;ploiement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous rappelez l'analyse d'Andrea Dworkin &#8211; que de tels meurtriers en s&#233;rie ne sont pas des aberrations individuelles mais ont un r&#244;le essentiel dans le maintien de la domination masculine : ils servent &#224; &#171; inculquer la peur &#224; l'ensemble d'une classe sociale &#187;, assurant ainsi la docilit&#233; des femmes et restreignant leur place dans la sph&#232;re publique. On peut rapprocher &#231;a du &#171; dressage &#187; des femmes par les malfrats du crime organis&#233; pour qu'elles soient livr&#233;es aux hommes dociles et d&#233;j&#224; &#171; form&#233;es &#187; &#224; les servir sexuellement. Vos commentaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Oui, tout &#224; fait. Dans le syst&#232;me patriarcal, toutes les violences masculines sont un rappel &#224; l'ordre sexu&#233;. Certaines formes de violences sont publiques, d'autres priv&#233;es, mais elles ont en commun l'objectif de contraindre les femmes dans l'espace, de les maintenir dans un &#233;tat de faiblesse et de poser l'homme en protecteur. Ainsi, les femmes sont contraintes par le syst&#232;me de sexage et par l'environnement de terreur. Par contre, il est important de rappeler que la peur n'est pas li&#233;e &#224; un espace, mais plut&#244;t &#224; l'identit&#233; sexu&#233;e elle-m&#234;me. Cette peur est recherch&#233;e, car elle permet de maintenir les rapports sociaux de sexe et, par le fait m&#234;me, le r&#244;le de protecteur de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous dites que l'homme patriarcal est &#224; la fois protecteur et agresseur. L'image de l'homme protecteur n'est-elle pas largement un mythe inversif servant &#224; occulter la r&#233;alit&#233;, qui est celle de l'homme agresseur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Effectivement, cela renvoie au sexage pr&#233;c&#233;demment discut&#233;. L'image de l'homme protecteur est bien ancr&#233;e dans l'imaginaire collectif, et ce, m&#234;me si le taux d'agression sexuelle est en constante croissance. Il est donc possible d'affirmer qu'il s'agit d'une construction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme montr&#233; dans mon livre, les m&#233;dias ont &#233;t&#233; incapables de mettre en doute l'institution militaire. En ne remettant pas en question le statut de protecteur de Williams que lui conf&#232;re sa position de haut grad&#233; militaire, ils ont mis les d&#233;viances psychologiques du &#171; meurtrier s&#233;riel &#187; en avant (sugg&#233;rant ainsi que le travestisme en &#233;tait une) pour expliquer les violences. D&#233;sormais, on retient que son plus grand crime est qu'il ait transgress&#233; certaines r&#232;gles propres &#224; son genre et &#224; son statut (en se photographiant v&#234;tu des v&#234;tements et sous-v&#234;tements de ses victimes NDLR). Ce faisant, on retire ainsi le contexte des Forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous dites que les m&#233;dias s'int&#233;ressent beaucoup plus &#224; ces tueurs qu'&#224; leurs victimes, et qu'ils deviennent ainsi des sortes de h&#233;ros porte-&#233;tendards de la virilit&#233;. Autrement dit, si la virilit&#233; s'affirme par des &#171; actes de virilit&#233; &#187; (manhood acts), l'acte viril par excellence serait-il le f&#233;minicide ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Les manhood acts ou les actes virils d&#233;finis par Schrock et Schwalbe appartiennent &#224; un vaste r&#233;pertoire et ont pour base commune le corps masculin. Construits et perceptibles par rapport aux perceptions des autres, il y a par exemple la duret&#233;, le sto&#239;cisme &#233;motionnel, l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233;, le contr&#244;le, la force, etc. L'agression au sens large et plus sp&#233;cifiquement le f&#233;minicide se retrouve au sommet des caract&#233;ristiques de la masculinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Williams incarnait effectivement ces actes de virilit&#233; et r&#233;pondait &#224; tous les crit&#232;res de la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique. Certains traits ont &#233;t&#233; glorifi&#233;s par les m&#233;dias canadiens qui rapportaient son leadership, sa feuille de route impressionnante, son assurance sans pour autant questionner le r&#244;le de l'institution dans la pr&#233;dation et les actes criminels commis par l'ex-colonel. Son statut l'a prot&#233;g&#233; jusqu'en prison d'ailleurs o&#249; il jouit d'une protection particuli&#232;re. M&#234;me, l'&#201;tat n'a jamais voulu lui retirer sa pension de militaire, agissant ainsi &#224; titre de &#171; masculinit&#233; complice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est quand m&#234;me int&#233;ressant de noter dans le cas de Williams que ses meurtres ne lui ont pas retir&#233; de standing d'un point de vue m&#233;diatique. C'est en lien avec le travestisme, et non &#224; cause des meurtres eux-m&#234;mes que les m&#233;dias ont pu lui accoler l'id&#233;e qu'il &#233;tait un individu d&#233;sax&#233;, une pomme pourrie. Ainsi, on pourrait dire que la notion de f&#233;minicide n'&#233;tait pas &#233;trang&#232;re &#224; son statut de soldat dans l'imaginaire collectif, mais que celle de brouiller les limites de son genre par le travestisme, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FS : Vous dites que &#171; L'Etat permet le contr&#244;le de la classe des femmes par la classe des hommes &#187; et est non seulement incapable de pr&#233;venir les f&#233;minicides mais qu'il participe en quelque sorte &#224; ces crimes en forgeant des masculinit&#233;s qui sont &#224; l'origine de ces violences. Pouvez-vous expliquer comment les f&#233;minicides sont des &#171; crimes d'Etat &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EB : Dans sa d&#233;finition, l'&#201;tat a un r&#244;le de protection, de s&#233;curit&#233; et de bien-&#234;tre. Or, l'&#201;tat participe passivement et activement au continuum des violences faites aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer qu'environ 90% des victimes d'agression sexuelle sont des femmes ? Comment se fait-il que des filles et des femmes autochtones disparaissent et meurent en toute impunit&#233; au Canada ? Comment se fait-il que seulement 3 agressions sur 1000 se soldent par une condamnation ? Quotidiennement, l'&#201;tat faillit &#224; sa t&#226;che. Le syst&#232;me juridique, les d&#233;cideurs, les institutions ont chacun un r&#244;le &#224; jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Williams, ce dernier est devenu le violeur en s&#233;rie et le tueur qu'il &#233;tait puisque l'institution qu'il repr&#233;sentait lui a permis de d&#233;velopper sa masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique et de cultiver sa haine de l'Autre ainsi que son sentiment de pouvoir et de possession sur les femmes. Il a par ailleurs b&#233;n&#233;fici&#233; de son h&#233;g&#233;monie et de la masculinit&#233; complice pour commettre ses crimes, loin de tout doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les fondements m&#234;mes des forces arm&#233;es doivent &#234;tre revus. De plus, le syst&#232;me d'&#233;ducation doit jouer un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant en termes de d&#233;construction des rapports sociaux, de la notion de consentement, d'antiracisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://revolutionfeministe.wordpress.com/2020/09/13/le-feminicide-acte-viril-par-excellence/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://revolutionfeministe.wordpress.com/2020/09/13/le-feminicide-acte-viril-par-excellence/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autrice :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emilie Beauchesne : Permis de tuer ? Masculinit&#233;, culture d'agression et arm&#233;e. Le cas du colonel Russel Williams, violeur en s&#233;rie et tueur, le-silence-de-mort-sur-les-violences-est-maintenu-par-la-masculinite-complice/&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction d'Emilie Beauchesne &#224; son ouvrage : Permis de tuer ? Masculinit&#233;, culture d'agression et arm&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Introduction-d-Emilie-Beauchesne-a-son-ouvrage-Permis-de-tuer-Masculinite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Introduction-d-Emilie-Beauchesne-a-son-ouvrage-Permis-de-tuer-Masculinite</guid>
		<dc:date>2018-03-20T08:48:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milie Beauchesne </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, 35% des femmes dans le monde indiquent avoir subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie1. Une femme sur trois. Les Qu&#233;b&#233;coises adultes comptent pour 92,8 % des victimes d'agression sexuelle, selon le Conseil du statut de la femme2. En mati&#232;re de violences contre les femmes, les statistiques parlent d'elles-m&#234;mes : nous vivons dans une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment in&#233;gale caract&#233;ris&#233;e par une vaste succession de violences &#224; l'&#233;gard des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L95xH150/arton34075-a7d1a.jpg?1781755608' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, 35% des femmes dans le monde indiquent avoir subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie1. Une femme sur trois. Les Qu&#233;b&#233;coises adultes comptent pour 92,8 % des victimes d'agression sexuelle, selon le Conseil du statut de la femme2. En mati&#232;re de violences contre les femmes, les statistiques parlent d'elles-m&#234;mes : nous vivons dans une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment in&#233;gale caract&#233;ris&#233;e par une vaste succession de violences &#224; l'&#233;gard des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/03/19/introduction-demilie-beauchesne-a-son-ouvrage-permis-de-tuer-masculinite-culture-dagression-et-armee/#more-33466&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes, entre les mots&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps &#224; autre, un cas de violence extr&#234;me fait la une des m&#233;dias, tel un cas d'exception occultant tous les autres, lesquels sont d&#233;sormais banals, raval&#233;s au rang de faits divers. Ces &#233;v&#233;nements retiennent momentan&#233;ment l'attention du public puis s'estompent, pour finalement dispara&#238;tre. Pendant ce temps sont n&#233;glig&#233;es les violences syst&#233;miques &#224; l'encontre des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'actualit&#233; am&#232;ne son lot d'&#233;v&#233;nements pour nous les rappeler. Pensons &#224; certains &#233;lus provinciaux (tels que Gerry Sklavounos, d&#233;put&#233; de Laurier-Dorion, ou Pierre Paradis, ex-ministre de l'Agriculture) qui se voient publiquement accus&#233;s de harc&#232;lement ou de viol et sont aussit&#244;t blanchis, faute de preuve ou en l'absence d'une &#171; victime parfaite &#187;. Ou &#224; ce juge qui innocente un chauffeur de taxi d'Halifax ayant viol&#233; une cliente ivre et inconsciente, sous pr&#233;texte que la femme &#233;tait peut-&#234;tre consentante. Ou bien au maire de l'arrondissement de Montr&#233;al-Nord &#8211; et ancien policier du Service de police de la Ville de Montr&#233;al &#8211;, reconnu coupable d'attouchements sexuels sur une mineure. Ou encore au meurtre de Daphn&#233; Boudreault par son ex-conjoint, quelques heures &#224; peine apr&#232;s qu'elle a alert&#233; la police de Richelieu-Saint- Laurent, car elle se sentait menac&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des analyses de ces cas dits d'exception associent la violence &#224; un individu seul ou encore mettent en cause la victime et, par le fait m&#234;me, d&#233;responsabilisent l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Or, il existe une trame commune &#224; toutes ces violences. L'&#201;tat est non seule- ment incapable de les pr&#233;venir, mais de plus il participe en quelque sorte &#224; ces crimes, &#224; ce silencieux f&#233;minicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut saisir le ph&#233;nom&#232;ne social et politique que sont les violences faites aux femmes, il est primordial d'&#233;tudier l'&#201;tat ainsi que ses institutions, lesquelles forgent des masculinit&#233;s &#8211; et plus particuli&#232;rement la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique1 &#8211; qui participent &#224; ces violences. Nos institutions patriarcales banalisent, occultent et perp&#233;tuent un &#233;ventail de violences contre les femmes, faisant ainsi de la culture du viol une norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet essai se penchera principalement sur un cas pr&#233;cis de violence contre les femmes : celui du &#171; Tweed Creeper &#187;, c'est-&#224;-dire l'ex-colonel des Forces arm&#233;es canadiennes David Russell Williams, tueur et violeur en s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 octobre 2010, Williams est condamn&#233; &#224; deux sentences de prison &#224; vie pour meurtres au premier degr&#233;, deux sentences de 10 ans de prison pour agressions sexuelles et 82 sentences d'unan de prison pour cambriolage. Au moment de commettre ses crimes, il &#233;tait colonel au sein de la force a&#233;rienne des Forces canadiennes et commandant de la base a&#233;rienne de Trenton en Ontario, la plus importante au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen d'une analyse f&#233;ministe, je tenterai de saisir la complexit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne social et politique de la violence contre les femmes perp&#233;tr&#233;e par des agents de l'&#201;tat. L'&#233;tude de l'affaire du &#171; Tweed Creeper &#187; permet de nous questionner sur la construction des repr&#233;sentants de l'&#201;tat, dans ce cas-ci l'arm&#233;e, en tant qu'agresseurs : Russell Williams est-il un cas d'exception ? Les m&#233;dias, porte-voix des institutions, minimisent-ils ces cas de violence ? Je soutiendrai la th&#232;se selon laquelle Russell Williams n'est pas en contradiction avec les valeurs militaires canadiennes, mais est plut&#244;t l'effet programm&#233; et brutal d'une construction sociale de la domination &#224; travers sa formation de militaire, laquelle refl&#232;te la socialisation &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233; patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, je ferai d'abord, dans le premier chapitre, un retour historique sur la mission canadienne en Somalie en 1994. Cette mission fut le th&#233;&#226;tre de violences commises par des soldats canadiens contre des civils sans pr&#233;c&#233;dent depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce d&#233;tour historique permettra de d&#233;montrer que Williams n'est pas un cas isol&#233;, mais bien le produit d'un syst&#232;me. Dans le second chapitre, je dresserai un portrait de la culture des Forces arm&#233;es canadiennes en tant que pratique institutionnelle, et de la propension que cela prend en mati&#232;re de violences contre les femmes ici au Canada &#8211; les crimes misogynes commis par Williams n'&#233;tant pas marginaux. J'analyserai ensuite, au chapitre trois, le cas Williams au sein de l'institution militaire et j'observerai comment ces crimes sexistes ont &#233;branl&#233; l'imaginaire collectif et le sentiment nationaliste attribu&#233; aux Forces canadiennes. Finalement, j'effectuerai, dans le quatri&#232;me et dernier chapitre, une analyse de la couverture m&#233;diatique afin de mettre en &#233;vidence les proc&#233;d&#233;s de dissociation entre &#171; Williams le h&#233;ros &#187; et &#171; Williams le bourreau &#187;, les m&#233;dias &#233;tant un bon barom&#232;tre pour jauger le regard offert &#224; la soci&#233;t&#233; &#224; propos des masculinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emilie Beauchesne : Permis de tuer ? Masculinit&#233;, culture d'agression et arm&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du colonel Russel Williams, violeur en s&#233;rie et tueur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M Editeur, Saint-Joseph-du-Lac (Qu&#233;bec) 2018, 112 pages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://m-editeur.info/permis-de-tuer%E2%80%89-masculinite-culture-dagression-et-armee-le-cas-du-colonel-russell-williams-violeur-en-serie-et-tueur/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://m-editeur.info/permis-de-tuer%E2%80%89-masculinite-culture-dagression-et-armee-le-cas-du-colonel-russell-williams-violeur-en-serie-et-tueur/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Organisation mondiale de la sant&#233;, La violence &#224; l'encontre des femmes, 2017, &lt; &lt;a href=&#034;http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs239/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.who.int/mediacentre/factsheets/fs239/fr/&lt;/a&gt; &gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Conseil du statut de la femme, Portrait statistique &#233;galit&#233; femmes hommes, 2016, &lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/portrait_national_egalite_2016.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploa...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Inspir&#233;e par R. W. Connell (&#171; Hegemonic masculinity : Rethin- king the concept &#187;, Gender &amp; Society, vol. 19, no 6, 2005), p. 29-859 et la typologie de Sacha Genest Dufault et Gilles Tremblay (&#171; Cinq paradigmes compr&#233;hensifs des hommes et des masculinit&#233;s : proposition d'une classification originale &#187;, Regards sur les hommes et les masculinit&#233;s : comprendre et intervenir, Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; Laval, 2010, p. 73, la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique est une notion dynamique constamment en construction qui s'acquiert notamment par des attributs physiques et, plus particuli&#232;rement, par la violence et le contr&#244;le sur son environnement. La masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique se reproduit &#224; l'int&#233;rieur de deux principaux syst&#232;mes d'oppression et de domination : l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; et l'homophobie. Il existe une pluralit&#233; de masculinit&#233;s et celles-ci sont hi&#233;rarchiquement constitu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jour du Souvenir - L'envers de la m&#233;daille</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Jour-du-Souvenir-L-envers-de-la-medaille</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Jour-du-Souvenir-L-envers-de-la-medaille</guid>
		<dc:date>2011-11-15T08:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milie Beauchesne </dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme ici &#224; Londres, partout en Occident, &#224; l'occasion du jour du Souvenir, nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui le courage des hommes morts au combat. Il serait aussi pertinent, affirme l'auteure, de se souvenir des civils victimes des guerres pass&#233;es et actuelles, principalement des femmes et des enfants. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis les ann&#233;es 1920, partout en Occident, nous c&#233;l&#233;brons le courage des hommes morts au combat, sur le champ de bataille. Ces comm&#233;morations militaires font tr&#232;s peu r&#233;f&#233;rence aux victimes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L131xH150/arton8674-9486a.png?1781755608' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme ici &#224; Londres, partout en Occident, &#224; l'occasion du jour du Souvenir, nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui le courage des hommes morts au combat. Il serait aussi pertinent, affirme l'auteure, de se souvenir des civils victimes des guerres pass&#233;es et actuelles, principalement des femmes et des enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1920, partout en Occident, nous c&#233;l&#233;brons le courage des hommes morts au combat, sur le champ de bataille. Ces comm&#233;morations militaires font tr&#232;s peu r&#233;f&#233;rence aux victimes civiles, majoritairement des femmes et des enfants qui pourtant sont d&#233;nombr&#233;es &#224; plus de 230 millions au cours du XXe si&#232;cle. En fait, ce devoir de m&#233;moire occulte l'envers troublant de la m&#233;daille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour du Souvenir, nous sommes des milliers &#224; porter le coquelicot blanc et &#224; se souvenir des civils victimes des guerres pass&#233;es et actuelles, principalement des femmes et des enfants. La premi&#232;re campagne du coquelicot blanc a &#233;t&#233; lanc&#233;e en Grande-Bretagne par la Women's Cooperative Guild. Ayant perdu un &#234;tre cher durant la Premi&#232;re Guerre mondiale, ces femmes s'opposaient fermement &#224; la guerre et au militarisme. Le coquelicot, symbole de la paix, a pour but de comm&#233;morer les victimes des conflits arm&#233;s, mais aussi de marquer une ferme opposition &#224; la guerre et &#224; toutes entreprises guerri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re les statistiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour particuli&#232;rement sombre, il est important de r&#233;fl&#233;chir sur l'id&#233;e m&#234;me de &#171; champs de bataille &#187;. Amnistie internationale estimait &#224; 5 % le nombre de femmes victimes durant la Premi&#232;re Guerre mondiale. Durant la d&#233;cennie 1990, l'organisme estimait &#224; 80 % le nombre de femmes et d'enfants victimes d'une guerre. L'on constate une forte augmentation des &#171; dommages collat&#233;raux &#187;, et ce, peu importe la nature des conflits et les &#201;tats concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ces statistiques ne r&#233;v&#232;lent aucunement les blessures psychologiques, physiques engendr&#233;es par les conflits arm&#233;s et les faiseurs de guerres. Bien que les femmes aient &#233;t&#233; exclues de la vie militaire jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, elles connaissent les dures r&#233;alit&#233;s de la guerre, elles sont un champ de bataille. La guerre, fondamentalement coloniale, imp&#233;rialiste et patriarcale exacerbe les rapports sociaux entre les &#201;tats et entre les groupes ethniques, les genres. La chasse aux femmes est une v&#233;ritable guerre dans la guerre. Le viol fait la guerre et la guerre fait le viol. Les crimes sexuels &#8212; crime contre l'humanit&#233; &#8212; sont syst&#233;matiques, g&#233;n&#233;ralis&#233;s et planifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant en consid&#233;ration la complexit&#233; des conflits et la pluralit&#233; des femmes, il existe n&#233;anmoins des constantes en temps de guerre : l'augmentation de la violence, particuli&#232;rement &#224; l'&#233;gard des femmes et des groupes vuln&#233;rables. Les statistiques sont difficiles &#224; compiler consid&#233;rant qu'environ 60 % des victimes ne porteront jamais plainte. Les guerres et les conflits arm&#233;s sont des moments historiques dans lesquels s'orchestrent toutes sortes d'atrocit&#233;s commises &#224; l'encontre des femmes et des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce qu'elles sont des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la guerre permet les bombardements, les famines, les ex&#233;cutions de masse, la torture, l'emprisonnement arbitraire, la migration forc&#233;e, l'&#233;puration ethnique, les menaces et l'intimidation. Outre ces violences, on retrouve &#233;galement les violences psychologiques et sexuelles. Celles-ci se traduisent par le viol, la mutilation sexuelle, le harc&#232;lement sexuel, la prostitution forc&#233;e, la violence domestique, le mariage forc&#233;, la contraction du VIH/SIDA, les grossesses forc&#233;es, l'avortement forc&#233;, et j'en passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces crimes sont commis &#224; l'&#233;gard des femmes parce qu'elles sont des femmes. La probl&#233;matique du viol en temps de guerre s'inscrit dans un contexte de domination masculine. D'ailleurs, 10 % des marines am&#233;ricains interrog&#233;s lors d'une enqu&#234;te indiquaient avoir commis un viol, que ce soit ou non en contexte de guerre (Koss et Oros, 1982 ; Merrill et col., 2001). Les cibles des agresseurs ne sont pas uniquement des femmes du camp ennemi. Derni&#232;rement, en 2007, une bombe est tomb&#233;e dans l'actualit&#233; en r&#233;v&#233;lant des pratiques sexuelles des soldats am&#233;ricains. En fait, les femmes soldates post&#233;es en Irak (une soldate sur sept soldats) se battent sur deux fronts simultan&#233;ment : celui de la guerre &#224; proprement dit et celui des agressions sexuelles commises par leurs fr&#232;res d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des structures, elles ne b&#233;n&#233;ficient d'aucune protection, et elles sont donc toujours per&#231;ues comme des &#234;tres de plaisir. Alors, l'id&#233;e que les hommes m&#232;nent la guerre pour prot&#233;ger les femmes est d'autant plus curieuse que des soldats profitent toujours de la guerre pour s'approprier le corps des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valeurs militaires&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, les c&#233;l&#233;brations militaires entourant l'Armistice seront largement c&#233;l&#233;br&#233;es par le gouvernement conservateur. Dor&#233;navant majoritaire, il met de l'avant des valeurs militaires dans la soci&#233;t&#233;, notamment en faisant la promotion d'une hi&#233;rarchie sociale sexu&#233;e, de l'id&#233;ologie du dominant et de la r&#233;solution de conflits par la violence. De plus, en augmentant le budget des d&#233;penses militaires, notre gouvernement participe &#224; l'ins&#233;curit&#233; des femmes d'ici et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement, dans un contexte de conflit arm&#233;, le militarisme a comme objectif de prendre la possession des ressources de l'ennemi, y compris ses femmes. Donc, le militarisme ne lib&#232;re certainement pas les femmes, tant dans les pays en guerre que dans les pays affect&#233;s par la guerre (et m&#234;me dans ceux qui ne le sont pas). De plus, le militarisme fait la promotion d'une certaine masculinit&#233; fondamentalement violente. Le cas du colonel Russell Williams parle de lui-m&#234;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des femmes a toujours eu des revendications pacifistes dans une perspective de d&#233;militarisation des soci&#233;t&#233;s. D'ailleurs, en d&#233;pit de la diversit&#233; du mouvement des femmes, la Charte mondiale des femmes est explicite &#224; ce sujet et d&#233;montre l'unanimit&#233; quant &#224; ce d&#233;sir de vivre dans un monde de paix libre de toutes agressions. La Charte appelle &#224; &#171; la tol&#233;rance, au dialogue, au respect de la diversit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de toutes ces femmes et ces enfants victimes de la guerre, appelons &#224; la solidarit&#233; et au retrait imm&#233;diat et complet des troupes canadiennes en Afghanistan et en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article tir&#233; du site web du Comit&#233; de solidarit&#233; de Trois-Rivi&#232;res. L'auteure est candidate &#224; la ma&#238;trise en science politique et en &#233;tudes f&#233;ministes &#224; l'UQAM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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