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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Allemagne. La Bundeswehr, les traditions d'un pass&#233;&#8230; qui ne tr&#233;passent pas</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-La-Bundeswehr-les-traditions-d-un-passe-qui-ne-trepassent-pas</link>
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		<dc:date>2017-05-24T07:50:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques jours, les soup&#231;ons d'existence d'une cellule terroriste d'extr&#234;me droite au sein de l'arm&#233;e allemande s'accumulent. De sorte que l'annonce de la mise en d&#233;tention, cette semaine, d'un troisi&#232;me militaire suspect&#233; d'avoir projet&#233; des attentats &#224; caract&#232;re raciste est tomb&#233;e comme un v&#233;ritable coup de massue, peut-on lire sur le site de la Deutsche Welle. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire que 15 jours plus t&#244;t, d&#233;j&#224;, deux autres soldats avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Or d'apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton30982-e337f.jpg?1781948498' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques jours, les soup&#231;ons d'existence d'une cellule terroriste d'extr&#234;me droite au sein de l'arm&#233;e allemande s'accumulent. De sorte que l'annonce de la mise en d&#233;tention, cette semaine, d'un troisi&#232;me militaire suspect&#233; d'avoir projet&#233; des attentats &#224; caract&#232;re raciste est tomb&#233;e comme un v&#233;ritable coup de massue, peut-on lire sur le site de la Deutsche Welle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/allemagne/allemagne-la-bundeswehr-les-traditions-dun-passe-qui-ne-trepassent-pas.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que 15 jours plus t&#244;t, d&#233;j&#224;, deux autres soldats avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Or d'apr&#232;s les premiers &#233;l&#233;ments de l'enqu&#234;te, ces trois hommes projetaient ensemble d'assassiner une personnalit&#233; politique, impliqu&#233;e dans le programme d'accueil des r&#233;fugi&#233;s d&#233;cid&#233; par la chanceli&#232;re Angela Merkel (en septembre 2015). Un v&#233;ritable &#171; sc&#233;nario de l'horreur &#187;, a notamment comment&#233;, dans une interview accord&#233;e &#224; la t&#233;l&#233;vision, la ministre allemande de la D&#233;fense [Ursula von der Leyen, nomm&#233;e &#224; ce poste en d&#233;cembre 2013 ; elle fut ministre du Travail et des Affaire sociales de novembre 2009 &#224; d&#233;cembre 2013 ; elle occupe des positions minist&#233;rielles depuis mars 2003].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la traque de ces militaires suppos&#233;s appartenir &#224; un r&#233;seau de soldats nazis fait couler beaucoup d'encre chez les &#233;ditorialistes, c'est surtout parce qu'elle r&#233;v&#232;le de tr&#232;s nombreuses failles. Le cas de l'un de ces soldats, en particulier, reste pour l'heure une &#233;nigme. Son nom : Franco Albrecht. Sur les photos, avec sa raie de c&#244;t&#233; et ses lunettes sur le nez, ce lieutenant de 28 ans n'est pas franchement le genre de gars que l'on remarque, note le Spiegel Online. Et pourtant, l'homme aurait pour la premi&#232;re fois attir&#233; l'attention il y a trois mois. C'&#233;tait fin janvier 2017, rapporte notamment Die Welt [un quotidien situ&#233; &#224; droite].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre rendu au bal des officiers &#224; Vienne, Franco A (comme on l'appelle dans la presse) aurait cach&#233; un pistolet charg&#233; dans les toilettes de l'a&#233;roport. Quelques jours plus tard, lorsqu'il vient r&#233;cup&#233;rer son arme, la police qui avait plac&#233; un mouchard sur le revolver, l'arr&#234;te. Et en analysant ses empreintes digitales, les policiers autrichiens constatent avec &#233;tonnement qu'elles correspondent &#224; celles d'un r&#233;fugi&#233; syrien, reconnu comme tel par les autorit&#233;s allemandes. Or l'homme qu'ils viennent d'arr&#234;ter n'a aucunement l'air d'un r&#233;fugi&#233; en provenance d'un pays en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice allemande va alors d&#233;couvrir que Franco Albrecht avait, en r&#233;alit&#233;, r&#233;ussi &#224; se faire inscrire (en janvier 2016) comme r&#233;fugi&#233; en Bavi&#232;re, en se pr&#233;sentant comme le fils d'un marchand de fruits de Damas. D'o&#249; cette premi&#232;re question reprise dans toute la presse : comment un homme ne parlant pas arabe et n'ayant pas d'origine &#233;trang&#232;re a-t-il pu obtenir le statut de r&#233;fugi&#233; dans son propre pays ? Et par ailleurs, comment a-t-il pu mener sa vie de soldat stationn&#233; en France (dans une brigade franco-allemande bas&#233;e en Alsace) et dans le m&#234;me temps faire croire &#224; sa vie de r&#233;fugi&#233; en Bavi&#232;re ? Quoi qu'il en soit, &#224; quelques mois seulement des &#233;lections l&#233;gislatives, voil&#224; d'ores et d&#233;j&#224; une manipulation &#224; m&#234;me de relancer le d&#233;bat sur les liens suppos&#233;s entre immigration et ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a n'est pas tout. D'autres &#233;l&#233;ments troublants sont apparus depuis, mettant en lumi&#232;re le laxisme dont a b&#233;n&#233;fici&#233; cet homme. Le jeune soldat exempt de tout soup&#231;on jusque l&#224; serait, en r&#233;alit&#233;, un fervent partisan des id&#233;es d'extr&#234;me droite. En janvier 2014, alors qu'il suit une formation &#224; l'&#233;cole militaire de Saint-Cyr (en France), il pr&#233;sente une th&#232;se de master, dans laquelle il avance que &#171; la culture des droits de l'homme risque de conduire au g&#233;nocide des races occidentales &#187;. Aussit&#244;t, pr&#233;cise la correspondante du quotidien suisse Le Temps, les autorit&#233;s fran&#231;aises rejettent son travail et en informent leurs homologues allemands. Sauf que ses sup&#233;rieurs se contenteront d'un avertissement oral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune enqu&#234;te ne sera men&#233;e. En d'autres termes, on pr&#233;f&#233;rera passer l'affaire sous silence, pour ne pas mettre en danger la carri&#232;re d'une recrue jug&#233;e prometteuse. Et pourtant, les r&#232;gles en vigueur dans l'arm&#233;e allemande sont tr&#232;s claires : elles obligent &#224; signaler aux services de renseignements militaires tout signe d'extr&#233;misme parmi les soldats de la Bundeswehr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franco Albrecht a-t-il &#233;t&#233; couvert par l'encadrement ? N'y a-t-il pas de contr&#244;le ? Ou bien faut-il en d&#233;duire, s'interroge la S&#252;ddeutsche Zeitung (Munich), que les id&#233;es d'extr&#234;me-droite sont jug&#233;es normales au sein de l'arm&#233;e allemande. Seule certitude, depuis que le scandale a &#233;clat&#233;, la hi&#233;rarchie de l'arm&#233;e ainsi que le minist&#232;re de la D&#233;fense font, &#224; pr&#233;sent, l'objet de vives critiques. Certes, &#233;crit toujours le quotidien de Munich, les autorit&#233;s affirment que l'arm&#233;e n'est pas un vivier de nazis. Sauf qu'en menant leur enqu&#234;te, ils ont d&#233;couvert que cela pouvait, tout aussi bien, en &#234;tre un. Plusieurs reliques et symboles de la Wehrmacht ont, en effet, &#233;t&#233; d&#233;couverts dans des casernes et notamment dans celle des trois suspects arr&#234;t&#233;s. Par ailleurs, plusieurs m&#233;dias allemands s'&#233;tonnent, par exemple, que des casernes portent encore le nom du g&#233;n&#233;ral Rommel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, rapporte Zeit Online [hebdomadaire liberal], il est peu probable que l'on vienne juste de s'apercevoir de la pr&#233;sence de casques d'acier et de croix gamm&#233;es dans les casernes de la Bundeswehr. Toujours est-il que la ministre de la D&#233;fense, d&#233;sormais sous pression, a annonc&#233; hier un changement de ses consignes internes, pour interdire clairement que des soldats puissent v&#233;n&#233;rer des symboles de l'arm&#233;e du Troisi&#232;me Reich. Selon elle, &#171; l'arr&#234;t&#233; sur les traditions &#187; au sein de l'arm&#233;e allemande, qui autorise formellement la collection d'armes anciennes dans l'int&#233;r&#234;t de l'histoire, laisserait &#171; des portes ouvertes &#187; pour de possibles d&#233;rives. Dans sa version actuelle cet arr&#234;t&#233; r&#232;gle, notamment, la mani&#232;re dont les objets militaires du pass&#233; doivent &#234;tre conserv&#233;s et montr&#233;s. Sauf qu'ils ne doivent l'&#234;tre, en principe, que dans un contexte historique. Par ailleurs, la ministre a &#233;galement laiss&#233; entendre, hier, qu'elle souhaitait am&#233;liorer &#171; l'instruction politique &#187; des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre d'arm&#233;es, la pr&#233;sence de sympathisants d'extr&#234;me droite est, &#233;videmment, un sujet de pr&#233;occupation. Mais pour la Bundeswehr, cr&#233;&#233;e en 1955 sur la promesse d'une arm&#233;e de soldats-citoyens &#224; jamais immunis&#233;e contre une r&#233;surgence du nazisme, la question est particuli&#232;rement sensible. Au point que certains journaux, &#224; l'instar de la Frankfurter Allgemeine, s'inqui&#232;tent d&#233;j&#224; de ce que cet &#233;pisode regrettable n'entra&#238;ne une diffamation des troupes. Toujours selon le quotidien, cette op&#233;ration d'exorcisme vise surtout &#224; innocenter la ministre de la D&#233;fense, au risque de tra&#238;ner tous les soldats dans la boue. Sur les 250,000 militaires qui forment les effectifs des forces allemandes, 18 ont &#233;t&#233; d&#233;mis, au moins temporairement, de leurs fonctions entre 2012 et 2016, en raison d'opinions n&#233;onazies. (T. Cluzel)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un article de Deutsche Welle, les services de contre-intelligence de l'arm&#233;e f&#233;d&#233;rale ont enregistr&#233; 143 d&#233;lits commis par l'extr&#234;me droite dans les rangs de l'arm&#233;e allemande en 2016 et 53, d&#233;j&#224;, lors du premier trimestre de 2017 (communiqu&#233; du 9 avril 2017). Un rapport du d&#233;put&#233; Hans-Peter Bartels (SPD), responsable de la commission parlementaire de surveillance des forces arm&#233;es, soulignait que 63 d&#233;lits ont &#233;t&#233; relev&#233;s officiellement. Ils concernaient des actes x&#233;nophobes, antis&#233;mites et d'extr&#234;me droite. Parmi ces d&#233;lits, sont relev&#233;s : une propagande pro-hitl&#233;rienne sur Internet, le salut nazi, des menaces contre des r&#233;fugi&#233;s contraints de r&#233;pondre &#224; la question : &#234;tes-vous chr&#233;tiens ou musulmans ? Parmi les cas relev&#233;s, un soldat, de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e et devant d'autres soldats, sans r&#233;action, lan&#231;ait des &#171; Heil Hitler &#187;, &#171; Hitler notre chef &#187;, &#171; Sieg Heil (victoire) &#187;. Selon le New York Times du 12 mai 2017, l'essor de ce type d'incidents est manifeste depuis 18 mois. Une &#233;lue (Parlement f&#233;d&#233;ral), membre de Die Linke, a insist&#233; sur une donn&#233;e d'importance : &#171; Par le pass&#233;, ces cas ont toujours &#233;t&#233; examin&#233;s sous l'angle individuel, alors qu'il y a un v&#233;ritable r&#233;seau. Avec des connexions externes &#224; l'arm&#233;e. &#187; Selon l'historien Michael Wolffsohn : &#171; Cela [professionnalisation de la Bundeswehr] a ouvert les portes aux extr&#233;mistes de tout poil, int&#233;ress&#233;s par une formation militaire. Depuis, il manque au sein de l'arm&#233;e les citoyens &#8220;normaux&#8249; &#187;, qui pourraient exercer un r&#244;le de lanceur d'alerte en cas de d&#233;rive. (Lib&#233;ration, 10 mai 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre de la D&#233;fense a affirm&#233;e que &#171; outre la r&#233;vision de la &#171; directive sur les traditions &#187;&#8230; elle souhaitait que la formation civique des militaires soit am&#233;lior&#233;e, et que les sanctions contre ceux qui manifesteraient des opinions d'extr&#234;me droite ou tol&#233;reraient sous leur commandement des soldats ayant de telles opinions soient renforc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit d'un processus tr&#232;s large que nous allons tous devoir mener, des recrues jusqu'aux g&#233;n&#233;raux &#187;, a-t-elle affirm&#233;. Tout en pr&#233;cisant qu'il ne s'agissait pas dans son esprit de &#171; tout remettre en cause &#187; dans ce qui est actuellement en vigueur. &#187; (Le Monde du 11 mai 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de son article, Thomas Wieder du Monde note : &#171; Par ailleurs, selon un sondage YouGov cit&#233; par l'agence DPA, 52 % des Allemands estimeraient que la ministre, qui d&#233;tient le portefeuille de la D&#233;fense depuis 2013, n'a pas agi jusque-l&#224; avec assez de s&#233;v&#233;rit&#233; pour immuniser l'arm&#233;e allemande contre ses d&#233;mons du pass&#233;. &#187; (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pr&#233;sident ha&#239;tien Michel Martelly a quitt&#233; ses fonctions dimanche, laissant un pays profond&#233;ment divis&#233; aux mains d'un gouvernement de transition</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-president-haitien-Michel-Martelly-a-quitte-ses-fonctions-dimanche-laissant</link>
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		<dc:date>2016-02-09T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-02-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les rues de Jacmel, la quatri&#232;me ville d'Ha&#239;ti, dont m&#234;me les l&#233;zardes sont belles, deux petits gar&#231;ons en tenue d'infirmier transportent sur un brancard un cadavre de papier m&#226;ch&#233;. Autour de lui s'agitent de gros d&#233;mons masqu&#233;s. Le long de la rue principale, des jeunes filles balaient la rue. Et sur la carriole-poubelle du leader masqu&#233;, l'injonction &#224; nettoyer le pays est applaudie par des spectateurs &#233;cras&#233;s de chaleur. En Ha&#239;ti, le carnaval n'est pas l'envers du quotidien mais sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-02-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-02-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton25141-2fc2e.jpg?1781948498' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les rues de Jacmel, la quatri&#232;me ville d'Ha&#239;ti, dont m&#234;me les l&#233;zardes sont belles, deux petits gar&#231;ons en tenue d'infirmier transportent sur un brancard un cadavre de papier m&#226;ch&#233;. Autour de lui s'agitent de gros d&#233;mons masqu&#233;s. Le long de la rue principale, des jeunes filles balaient la rue. Et sur la carriole-poubelle du leader masqu&#233;, l'injonction &#224; nettoyer le pays est applaudie par des spectateurs &#233;cras&#233;s de chaleur. En Ha&#239;ti, le carnaval n'est pas l'envers du quotidien mais sa confirmation burlesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue de presse de France culture du 9 f&#233;vrier 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche dernier, les cort&#232;ges en rappelaient d'autres : les foules qui depuis plusieurs semaines conqui&#232;rent presque chaque jour les rues de la capitale, les manifestants qui courent, les groupes et les anti-groupes, les rimes riches des slogans, les pneus qu'on br&#251;le et ceux qu'on &#233;teint. Comme si la politique ne prenait plus ici que la forme de la th&#233;&#226;tralit&#233;, celle de la procession et de la mascarade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En marge du carnaval, la d&#233;b&#226;cle des &#233;lections sur l'&#238;le r&#233;v&#232;le aujourd'hui une incapacit&#233; de la classe politique locale et de la communaut&#233; internationale &#224; r&#233;pondre aux espoirs d'un peuple entier. D'o&#249; le titre de cet article &#224; lire dans les colonnes du quotidien de Lausanne LE TEMPS : Ha&#239;ti, la R&#233;publique des masques. Dimanche, le pr&#233;sident ha&#239;tien Michel Martelly a quitt&#233; ses fonctions, sans remettre le pouvoir &#224; un successeur, plongeant ainsi le pays dans une crise profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus &#233;lectoral a &#233;t&#233; stopp&#233; suite aux contestations de l'opposition qui d&#233;non&#231;ait &#034;un coup d'&#201;tat &#233;lectoral&#034;, foment&#233; par le pouvoir ex&#233;cutif. Au premier tour du scrutin pr&#233;sidentiel, le 25 octobre dernier, le candidat du pouvoir, Jovenel Mo&#239;se, avait recueilli 32,76% des voix. Face &#224; lui, Jude C&#233;lestin, cr&#233;dit&#233; de 25,29% des suffrages avait aussit&#244;t qualifi&#233; ces scores de farce ridicule. Et c'est ainsi que le second tour de la pr&#233;sidentielle et des l&#233;gislatives partielles, initialement pr&#233;vu le 27 d&#233;cembre, avait &#233;t&#233; report&#233; dans un premier temps au 24 janvier, puis &#224; nouveau report&#233; sine die, cette fois-ci, emp&#234;chant ainsi le pr&#233;sident sortant Michel Martelly de passer le pouvoir dimanche dernier &#224; un successeur, comme le veut la constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord de derni&#232;re minute a finalement &#233;t&#233; trouv&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parlement doit d&#233;sormais d&#233;signer un pr&#233;sident par int&#233;rim dont le mandat ne pourra d&#233;passer cent vingt jours. Avec un premier ministre de consensus &#233;galement choisi par le parlement, il aura pour mission d'organiser le second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle le 24 avril, afin que le nouveau chef de l'&#201;tat &#233;lu puisse pr&#234;ter serment le 14 mai. Sauf que cette proc&#233;dure n'est pas d&#233;pourvue d'emb&#251;ches. Plus exactement, pr&#233;cise le portail d'information HAITI EN MARCHE, cet accord a de positif qu'il permet de franchir le d&#233;lai constitutionnel mettant fin au mandat du pr&#233;sident sortant, sans tomber dans le vide total. En clair, le vide gouvernemental est &#233;vit&#233; et Ha&#239;ti peut continuer de fonctionner. Mais pour le reste, non seulement cet accord n'apporte aucune r&#233;elle solution mais il semble cr&#233;er davantage encore de complications. Un monument m&#234;me de complications, &#233;crit l'&#233;ditorialiste, &#224; l'image de la crise politique ha&#239;tienne qui continue &#224; &#234;tre un dialogue de sourds. Et pourquoi ? Parce que les signataires de cet accord se sont sentis, envers et contre tout, oblig&#233;s de prendre en consid&#233;ration tous les acteurs de la crise, y compris ceux qui disent ne pas en &#234;tre les acteurs mais plut&#244;t les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cet &#233;ditorial, &#224; lire dans les colonnes du WASHINGTON POST, sugg&#233;rant d&#233;sormais qu'il faudra une force sup&#233;rieure pour aider, sinon contraindre, les Ha&#239;tiens &#224; faire un choix. Une force sup&#233;rieure, c'est-&#224;-dire une in&#233;vitable intervention &#233;trang&#232;re. Seulement voil&#224;, si certains parlent de vertige du vide, c'est pourtant le trop plein qui s'impose ici, r&#233;torque &#224; nouveau l'envoy&#233; sp&#233;cial du TEMPS : trop d'acteurs &#233;trangers (&#201;tats-Unis en t&#234;te), trop d'int&#233;r&#234;ts particuliers et trop d'argent distribu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Histoire se r&#233;p&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie de l'histoire, dimanche dernier, apr&#232;s le d&#233;part du chef de l'&#201;tat sortant Michel Martelly, Ha&#239;ti s'est une nouvelle fois r&#233;veill&#233;e sans pr&#233;sident et ce 30 ans, jour pour jour, apr&#232;s la fuite du dictateur Jean-Claude Duvalier. C'&#233;tait le 7 f&#233;vrier 1986, peut on lire sur le site du NOUVELLISTE de Port-au-Prince. Ceux qui attendaient, militaient, se battaient depuis 29 ans pour vivre la fin de la longue nuit de la dictature se r&#233;veillaient enfin avec au-dessus de leur t&#234;te un nouveau soleil, une nouvelle esp&#233;rance. Or 30 ans plus tard, les combats se suivent et se ressemblent avant de sombrer, avec combattants et esp&#233;rance, dans la nuit de l'incertitude et des inqui&#233;tudes. Autrement dit, un mandat s'ach&#232;ve dans le chaos et aucun mandat clair ne commence, exactement comme il y a 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les id&#233;es, la pens&#233;e, la r&#233;flexion, l'ing&#233;nierie sociale &#233;conomique politique de notre avenir ne reviennent &#224; personne, se d&#233;sole encore l'&#233;ditorialiste de Port-au-Prince. Il n'y a ni responsabilit&#233;, ni responsable, dit-il, pour chercher &#224; mieux faire. Ceux qui n'ont pas organis&#233; d'&#233;lections en 5 ans, ceux qui ont emp&#234;ch&#233; le processus d'avancer, ceux qui ont foir&#233; les &#233;lections de 2015 et ceux qui sont incapables de gagner une &#233;lection en Ha&#239;ti quel que soit le jour ou l'ann&#233;e o&#249; elle se tiendra, tous se donnent d&#233;sormais la main pour continuer &#224; nous faire tourner en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'envoy&#233; sp&#233;cial du TEMPS d'en conclure : l'&#233;trange calendrier o&#249; se chevauchaient des &#233;lections et un carnaval n'a fait que mettre au jour une com&#233;die que tout un peuple subit depuis des d&#233;cennies. Les masques aujourd'hui sont tomb&#233;s. Les Ha&#239;tiens n'attendent plus ni un messie, ni un roi de carnaval. Mais ils aimeraient ne plus se contenter du placebo des d&#233;fil&#233;s. Ni des promesses de papier m&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Burkina-Faso. De Sankara &#224; Compaor&#233; et la rivalit&#233; entre Daech et l'Aqmi</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Burkina-Faso-De-Sankara-a-Compaore-et-la-rivalite-entre-Daech-et-l-Aqmi-24932</link>
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		<dc:date>2016-01-26T07:47:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Burkina Faso</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-26</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plus que jamais le Burkina Faso, jusque-l&#224; un &#238;lot de relative stabilit&#233; dans une r&#233;gion en proie depuis des lustres au terrorisme ; est &#224; pr&#233;sent dans l'&#339;il du cyclone ou plut&#244;t dans l'&#339;il Borgne, peut-on lire en Une de L'OBSERVATEUR PAALGA. L'&#339;il du Borgne, comprenez Mokhtar Belmokhtar, &#171; le barbare du d&#233;sert &#187;, celui qu'on affuble aussi du sobriquet de &#171; mister marlboro &#187; pour ses trafics de cigarettes, r&#233;guli&#232;rement donn&#233; pour mort mais toujours ressuscit&#233; derri&#232;re les dunes de sable. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton24932-79100.jpg?1781948498' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus que jamais le Burkina Faso, jusque-l&#224; un &#238;lot de relative stabilit&#233; dans une r&#233;gion en proie depuis des lustres au terrorisme ; est &#224; pr&#233;sent dans l'&#339;il du cyclone ou plut&#244;t dans l'&#339;il Borgne, peut-on lire en Une de L'OBSERVATEUR PAALGA. L'&#339;il du Borgne, comprenez Mokhtar Belmokhtar, &#171; le barbare du d&#233;sert &#187;, celui qu'on affuble aussi du sobriquet de &#171; mister marlboro &#187; pour ses trafics de cigarettes, r&#233;guli&#232;rement donn&#233; pour mort mais toujours ressuscit&#233; derri&#232;re les dunes de sable. La boucherie de Ouagadougou, comme l'&#233;crit son confr&#232;re du journal LE PAYS, boucherie qui a fait au moins 28 morts et 50 bless&#233;s vendredi dernier dans la capitale a &#233;t&#233;, en effet, revendiqu&#233;e depuis par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune, dirig&#233; par Mokhtar Belmokhtar et r&#233;cemment ralli&#233; &#224; AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de &#192; l'encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A dire vrai, ce qui est arriv&#233; ce week-end n'est pas particuli&#232;rement surprenant, reconna&#238;t l'&#233;ditorialiste. Depuis le temps que &#231;a craque de partout, on se doutait bien, dit-il, que le diable finirait par frapper la capitale. Depuis de longs mois, d&#233;j&#224;, il frappait avec insistance &#224; nos portes et comme toujours, la question &#233;tait de savoir quand et o&#249;. Mais &#224; pr&#233;sent que l'image d'un Burkina, longtemps pr&#233;sent&#233; comme un &#238;lot de paix, &#224; l'abri de la furie djihadiste, n'est plus d'actualit&#233;, les deux grandes questions que l'on doit se poser aujourd'hui sont de savoir pourquoi le Burkina a-t-il &#233;t&#233;, &#224; son tour, si durement frapp&#233; et pourquoi maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la premi&#232;re question, le journal de Ouagadougou r&#233;pond en rappelant que le Burkina abrite sur son sol des dispositifs occidentaux, entrant dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans l'espace sah&#233;lo-saharien. Les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises, on le sait, sont stationn&#233;es sur le territoire burkinab&#232; &#224; partir duquel des op&#233;rations antiterroristes partent en direction des autres pays. Ce fut le cas, par exemple, de l'attaque du Radisson blu de Bamako [capitale du Mali ; cette attaque a fait 22 morts, alors qu'environ 170 otages avaient &#233;t&#233; bloqu&#233;s dans l'h&#244;tel] o&#249; des m&#233;dias avaient eu l'imprudence, &#233;crit le journal, de r&#233;pandre l'information selon laquelle le commando fran&#231;ais &#233;tait parti du Burkina, pour aider les Maliens &#224; mener l'assaut contre l'h&#244;tel. Or cette r&#233;v&#233;lation pourrait avoir contribu&#233; &#224; remonter les djihadistes contre le pays des Hommes int&#232;gres [1]. De ce point de vue, on peut dire que les attaques de vendredi 15 janvier 2016 peuvent &#234;tre per&#231;ues comme des repr&#233;sailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis le deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse que l'on peut avancer par rapport &#224; la m&#234;me question &#8211; pourquoi nous &#8211; est li&#233; au fait que les Burkinab&#232; ont pris la r&#233;solution, depuis la chute de Blaise Compaor&#233;, d'arrimer leur pays &#224; la d&#233;mocratie &#233;lectorale. Et cela est en passe d'&#234;tre une r&#233;alit&#233; avec les &#233;lections que le pays vient de conna&#238;tre en novembre 2015 [voir plus bas]. Or de toute &#233;vidence, les djihadistes ne peuvent pas faire bon m&#233;nage avec la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire non seulement la tol&#233;rance, mais aussi par essence, la fin des certitudes, des v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es et &#233;ternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis l'autre question qui se pose est de savoir pourquoi les jihadistes ont-ils d&#233;cid&#233; de s'attaquer au Burkina Faso, aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut croire que les assaillants n'ont pas choisi leur p&#233;riode au hasard, pr&#233;cise &#224; nouveau L'OBSERVATEUR PAALGA. Difficile de ne pas voir dans ces actes terroristes, les cons&#233;quences de la chute de Blaise Compaor&#233; en octobre 2014. Le r&#233;gime d&#233;chu, qui excellait dans la lib&#233;ration d'otages pris dans le septentrion malien avait, en effet, tiss&#233; des liens &#233;troits sur fond de connexions mafieuses, avec les seigneurs du salafisme dans le Sahelistan : une sorte d' accord de non-agression et de d&#233;fense mutuelle &#187;, certes, probl&#233;matique mais qui nous mettait &#224; l'abri de leurs exactions. Ouagadougou &#233;tait m&#234;me devenue un peu leur arri&#232;re-cour o&#249; ils prenaient leurs quartiers. Ce n'est donc pas un hasard si le harc&#232;lement djihadiste a commenc&#233; sous la &#171; Transition &#187; [le 31 octobre 2014, Blaise Compaor&#233; est exfiltr&#233; vers la C&#244;te d'Ivoire, apr&#232;s la tentative du coup d'Etat de son fid&#232;le bras droit Gilbert Diend&#233;r&#233;, chef de la garde pr&#233;sidentielle, la RSP] ne pouvait naturellement pas poursuivre les liaisons dangereuses qu'entretenait le syst&#232;me Compaor&#233; avec cette engeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[La RSP, arm&#233;e dans l'arm&#233;e, en fait la seule arm&#233;e form&#233;e par les Fran&#231;ais, devait &#234;tre dissoute. Michel Kafando, chef d'Etat de la &#171; transition &#187;, a subi un coup d'Etat, mais a pu survivre jusqu'au 29 d&#233;cembre 2015, depuis le 21 novembre 2014. Lui a succ&#233;d&#233;, le 29 d&#233;cembre 2015, Roch Marc Christian Kabor&#233;, &#233;lu le 29 novembre 2015, ancien premier ministre de 1994 &#224; 1996 sous la pr&#233;sidence de Compaor&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me analyse pour son confr&#232;re LE PAYS. Le r&#233;gime de Compaor&#233; avait, pendant tout le temps o&#249; il &#233;tait aux affaires, offert g&#238;te et couvert &#224; bien des terroristes, dit-il. Ces derniers roulaient m&#234;me carrosse et se la coulaient douce dans les h&#244;tels les plus hupp&#233;s de la capitale. A cela, il faut encore ajouter le fait que les n&#233;gociations, en vue de la lib&#233;ration des otages aux mains des terroristes, &#233;taient devenues un v&#233;ritable business qui faisait l'affaire de bien des barons de l'ancien r&#233;gime et certains de ces terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la chute de leur tuteur, comprenez Blaise Compaor&#233; en personne, ne pouvait signifier pour eux que la mort de la poule aux &#339;ufs d'or. D'o&#249; leur haine d&#233;sormais affich&#233;e pour le pays et pour ses nouveaux dirigeants. De ce point de vue, on peut dire que le pays [le Burkina Faso] paie la ran&#231;on de la compromission du r&#233;gime de Compaor&#233; avec la galaxie djihadiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la fragilisation de l'Etat post-insurrection a fait le reste. Le pays ne s'est pas encore remis des flottements li&#233;s &#224; la p&#233;riode de Transition, si fait que tous les rouages de l'Etat ne sont pas en &#233;tat de fonctionner &#224; plein r&#233;gime. Or, un tel contexte augmente le taux de vuln&#233;rabilit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'attaque de vendredi 15 janvier pose &#233;galement la question de la rivalit&#233; entre Aqmi et Daech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise nouvelle pour l'Afrique, &#233;crit le magazine SLATE. Les attentats de vendredi sont une preuve de la surench&#232;re &#224; laquelle se livrent les deux groupes. Depuis l'&#233;mergence de l'&#201;tat islamique et ses actions spectaculaires, Al-Qaida &#233;tait jug&#233; en perte de vitesse et voyait son influence se r&#233;duire aupr&#232;s des jeunes recrues. Une concurrence qui exacerbe la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet attentat, rench&#233;rit, s'inscrit dans la rivalit&#233; entre AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) et l'EI (Etat islamique). Si le premier est implant&#233; depuis des ann&#233;es en Afrique du nord, surtout au Mali, au Niger et en Alg&#233;rie, le deuxi&#232;me tente de s'y implanter. En Libye, l'EI a conquis ces derniers mois des territoires de plus en plus vastes sur la c&#244;te et est en passe de supplanter AQMI. Mais l'assaut &#224; Ouagadougou montre que la capacit&#233; de nuisance de Mokhtar Belmokhtar n'est pas entam&#233;e. En frappant le Burkina Faso, AQMI porte un coup en dehors de sa zone d'action habituelle. En r&#233;alit&#233;, le domaine terroriste est hautement concurrentiel. Car &#233;videmment, celui des groupes djihadistes qui prendra la main, s'assurera du m&#234;me coup le ralliement d'autres factions qui voudront faire all&#233;geance au plus puissant des deux. (18 janvier 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Pays des Hommes int&#232;gres &#187;. C'est le 4 ao&#251;t 1984, un an apr&#232;s le coup d'Etat qui avait port&#233; le capitaine Thomas Sankara &#224; la t&#234;te de la Haute-Volta &#8211; plus exactement &#224; la pr&#233;sidence du Conseil national r&#233;volutionnaire &#8211; que cette derni&#232;re a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e Burkina Faso. Il s'agissait non seulement de bannir une appellation h&#233;rit&#233;e de la colonisation, mais aussi de trouver un nom susceptible de renforcer la coh&#233;sion nationale. C'est pourquoi celui-ci a &#233;t&#233; constitu&#233; d'emprunts &#224; plusieurs langues. Burkina signifie &#171; homme ind&#233;pendant &#187; ou &#171; int&#232;gre &#187; en moor&#233; (parl&#233; par les Mossis) alors que faso est la &#171; maison du p&#232;re &#187;, donc la patrie, en dioula. Pour d&#233;signer la nationalit&#233; des habitants du pays, on a fait appel &#224; une troisi&#232;me langue en ajoutant au radical burkina le suffixe b&#232;, qui veut dire &#171; les enfants de &#187;, en fulfulde (parl&#233; par les Peuls). Un nouveau narratif a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; pour qualifier les rivi&#232;res, par exemple (les trois Voltas) et un chant national s'est inscrit dans ce nouveau bapt&#234;me. Thomas Sankara sera assassin&#233;, en octobre 1987, par celui consid&#233;r&#233; comme l'un de ses tr&#232;s proches : Blaise Compaor&#233;&#8230; Le r&#244;le des services fran&#231;ais &#8211; &#173; &#224; l'&#233;poque de la cohabitation Chirac-Mitterrand &#8211; dans ce coup d'Etat a &#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises assez bien document&#233;. Mais, jamais l'enqu&#234;te sur ce crime n'a &#233;t&#233; men&#233;e &#224; son terme ! Un m&#233;decin militaire l'avait d&#233;clar&#233; &#171; d&#233;c&#233;d&#233; de mort naturelle &#187; quelques jours apr&#232;s le 15 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Burkina-Faso. De Sankara &#224; Compaor&#233; et la rivalit&#233; entre Daech et l'Aqmi</title>
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		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2016-01-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 18 - janvier - 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais le Burkina Faso, jusque-l&#224; un &#238;lot de relative stabilit&#233; dans une r&#233;gion en proie depuis des lustres au terrorisme ; est &#224; pr&#233;sent dans l'&#339;il du cyclone ou plut&#244;t dans l'&#339;il Borgne, peut-on lire en Une de L'OBSERVATEUR PAALGA. L'&#339;il du Borgne, comprenez Mokhtar Belmokhtar, &#171; le barbare du d&#233;sert &#187;, celui qu'on affuble aussi du sobriquet de &#171; mister marlboro &#187; pour ses trafics de cigarettes, r&#233;guli&#232;rement donn&#233; pour mort mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-01-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-01-19&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton24885-e4527.png?1781948498' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 18 - janvier - 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais le Burkina Faso, jusque-l&#224; un &#238;lot de relative stabilit&#233; dans une r&#233;gion en proie depuis des lustres au terrorisme ; est &#224; pr&#233;sent dans l'&#339;il du cyclone ou plut&#244;t dans l'&#339;il Borgne, peut-on lire en Une de L'OBSERVATEUR PAALGA. L'&#339;il du Borgne, comprenez Mokhtar Belmokhtar, &#171; le barbare du d&#233;sert &#187;, celui qu'on affuble aussi du sobriquet de &#171; mister marlboro &#187; pour ses trafics de cigarettes, r&#233;guli&#232;rement donn&#233; pour mort mais toujours ressuscit&#233; derri&#232;re les dunes de sable. La boucherie de Ouagadougou, comme l'&#233;crit son confr&#232;re du journal LE PAYS, boucherie qui a fait au moins 28 morts et 50 bless&#233;s vendredi dernier dans la capitale a &#233;t&#233;, en effet, revendiqu&#233;e depuis par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune, dirig&#233; par Mokhtar Belmokhtar et r&#233;cemment ralli&#233; &#224; AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A dire vrai, ce qui est arriv&#233; ce week-end n'est pas particuli&#232;rement surprenant, reconna&#238;t l'&#233;ditorialiste. Depuis le temps que &#231;a craque de partout, on se doutait bien, dit-il, que le diable finirait par frapper la capitale. Depuis de longs mois, d&#233;j&#224;, il frappait avec insistance &#224; nos portes et comme toujours, la question &#233;tait de savoir quand et o&#249;. Mais &#224; pr&#233;sent que l'image d'un Burkina, longtemps pr&#233;sent&#233; comme un &#238;lot de paix, &#224; l'abri de la furie djihadiste, n'est plus d'actualit&#233;, les deux grandes questions que l'on doit se poser aujourd'hui sont de savoir pourquoi le Burkina a-t-il &#233;t&#233;, &#224; son tour, si durement frapp&#233; et pourquoi maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la premi&#232;re question, le journal de Ouagadougou r&#233;pond en rappelant que le Burkina abrite sur son sol des dispositifs occidentaux, entrant dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans l'espace sah&#233;lo-saharien. Les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises, on le sait, sont stationn&#233;es sur le territoire burkinab&#232; &#224; partir duquel des op&#233;rations antiterroristes partent en direction des autres pays. Ce fut le cas, par exemple, de l'attaque du Radisson blu de Bamako [capitale du Mali ; cette attaque a fait 22 morts, alors qu'environ 170 otages avaient &#233;t&#233; bloqu&#233;s dans l'h&#244;tel] o&#249; des m&#233;dias avaient eu l'imprudence, &#233;crit le journal, de r&#233;pandre l'information selon laquelle le commando fran&#231;ais &#233;tait parti du Burkina, pour aider les Maliens &#224; mener l'assaut contre l'h&#244;tel. Or cette r&#233;v&#233;lation pourrait avoir contribu&#233; &#224; remonter les djihadistes contre le pays des Hommes int&#232;gres [1]. De ce point de vue, on peut dire que les attaques de vendredi 15 janvier 2016 peuvent &#234;tre per&#231;ues comme des repr&#233;sailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis le deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse que l'on peut avancer par rapport &#224; la m&#234;me question &#8211; pourquoi nous &#8211; est li&#233; au fait que les Burkinab&#232; ont pris la r&#233;solution, depuis la chute de Blaise Compaor&#233;, d'arrimer leur pays &#224; la d&#233;mocratie &#233;lectorale. Et cela est en passe d'&#234;tre une r&#233;alit&#233; avec les &#233;lections que le pays vient de conna&#238;tre en novembre 2015 [voir plus bas]. Or de toute &#233;vidence, les djihadistes ne peuvent pas faire bon m&#233;nage avec la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire non seulement la tol&#233;rance, mais aussi par essence, la fin des certitudes, des v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es et &#233;ternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis l'autre question qui se pose est de savoir pourquoi les jihadistes ont-ils d&#233;cid&#233; de s'attaquer au Burkina Faso, aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut croire que les assaillants n'ont pas choisi leur p&#233;riode au hasard, pr&#233;cise &#224; nouveau L'OBSERVATEUR PAALGA. Difficile de ne pas voir dans ces actes terroristes, les cons&#233;quences de la chute de Blaise Compaor&#233; en octobre 2014. Le r&#233;gime d&#233;chu, qui excellait dans la lib&#233;ration d'otages pris dans le septentrion malien avait, en effet, tiss&#233; des liens &#233;troits sur fond de connexions mafieuses, avec les seigneurs du salafisme dans le Sahelistan : une sorte d' accord de non-agression et de d&#233;fense mutuelle &#187;, certes, probl&#233;matique mais qui nous mettait &#224; l'abri de leurs exactions. Ouagadougou &#233;tait m&#234;me devenue un peu leur arri&#232;re-cour o&#249; ils prenaient leurs quartiers. Ce n'est donc pas un hasard si le harc&#232;lement djihadiste a commenc&#233; sous la &#171; Transition &#187; [le 31 octobre 2014, Blaise Compaor&#233; est exfiltr&#233; vers la C&#244;te d'Ivoire, apr&#232;s la tentative du coup d'Etat de son fid&#232;le bras droit Gilbert Diend&#233;r&#233;, chef de la garde pr&#233;sidentielle, la RSP] ne pouvait naturellement pas poursuivre les liaisons dangereuses qu'entretenait le syst&#232;me Compaor&#233; avec cette engeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[La RSP, arm&#233;e dans l'arm&#233;e, en fait la seule arm&#233;e form&#233;e par les Fran&#231;ais, devait &#234;tre dissoute. Michel Kafando, chef d'Etat de la &#171; transition &#187;, a subi un coup d'Etat, mais a pu survivre jusqu'au 29 d&#233;cembre 2015, depuis le 21 novembre 2014. Lui a succ&#233;d&#233;, le 29 d&#233;cembre 2015, Roch Marc Christian Kabor&#233;, &#233;lu le 29 novembre 2015, ancien premier ministre de 1994 &#224; 1996 sous la pr&#233;sidence de Compaor&#233;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me analyse pour son confr&#232;re LE PAYS. Le r&#233;gime de Compaor&#233; avait, pendant tout le temps o&#249; il &#233;tait aux affaires, offert g&#238;te et couvert &#224; bien des terroristes, dit-il. Ces derniers roulaient m&#234;me carrosse et se la coulaient douce dans les h&#244;tels les plus hupp&#233;s de la capitale. A cela, il faut encore ajouter le fait que les n&#233;gociations, en vue de la lib&#233;ration des otages aux mains des terroristes, &#233;taient devenues un v&#233;ritable business qui faisait l'affaire de bien des barons de l'ancien r&#233;gime et certains de ces terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la chute de leur tuteur, comprenez Blaise Compaor&#233; en personne, ne pouvait signifier pour eux que la mort de la poule aux &#339;ufs d'or. D'o&#249; leur haine d&#233;sormais affich&#233;e pour le pays et pour ses nouveaux dirigeants. De ce point de vue, on peut dire que le pays [le Burkina Faso] paie la ran&#231;on de la compromission du r&#233;gime de Compaor&#233; avec la galaxie djihadiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la fragilisation de l'Etat post-insurrection a fait le reste. Le pays ne s'est pas encore remis des flottements li&#233;s &#224; la p&#233;riode de Transition, si fait que tous les rouages de l'Etat ne sont pas en &#233;tat de fonctionner &#224; plein r&#233;gime. Or, un tel contexte augmente le taux de vuln&#233;rabilit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'attaque de vendredi 15 janvier pose &#233;galement la question de la rivalit&#233; entre Aqmi et Daech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise nouvelle pour l'Afrique, &#233;crit le magazine SLATE. Les attentats de vendredi sont une preuve de la surench&#232;re &#224; laquelle se livrent les deux groupes. Depuis l'&#233;mergence de l'&#201;tat islamique et ses actions spectaculaires, Al-Qaida &#233;tait jug&#233; en perte de vitesse et voyait son influence se r&#233;duire aupr&#232;s des jeunes recrues. Une concurrence qui exacerbe la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet attentat, rench&#233;rit, s'inscrit dans la rivalit&#233; entre AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) et l'EI (Etat islamique). Si le premier est implant&#233; depuis des ann&#233;es en Afrique du nord, surtout au Mali, au Niger et en Alg&#233;rie, le deuxi&#232;me tente de s'y implanter. En Libye, l'EI a conquis ces derniers mois des territoires de plus en plus vastes sur la c&#244;te et est en passe de supplanter AQMI. Mais l'assaut &#224; Ouagadougou montre que la capacit&#233; de nuisance de Mokhtar Belmokhtar n'est pas entam&#233;e. En frappant le Burkina Faso, AQMI porte un coup en dehors de sa zone d'action habituelle. En r&#233;alit&#233;, le domaine terroriste est hautement concurrentiel. Car &#233;videmment, celui des groupes djihadistes qui prendra la main, s'assurera du m&#234;me coup le ralliement d'autres factions qui voudront faire all&#233;geance au plus puissant des deux. (18 janvier 2016)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Pays des Hommes int&#232;gres &#187;. C'est le 4 ao&#251;t 1984, un an apr&#232;s le coup d'Etat qui avait port&#233; le capitaine Thomas Sankara &#224; la t&#234;te de la Haute-Volta &#8211; plus exactement &#224; la pr&#233;sidence du Conseil national r&#233;volutionnaire &#8211; que cette derni&#232;re a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e Burkina Faso. Il s'agissait non seulement de bannir une appellation h&#233;rit&#233;e de la colonisation, mais aussi de trouver un nom susceptible de renforcer la coh&#233;sion nationale. C'est pourquoi celui-ci a &#233;t&#233; constitu&#233; d'emprunts &#224; plusieurs langues. Burkina signifie &#171; homme ind&#233;pendant &#187; ou &#171; int&#232;gre &#187; en moor&#233; (parl&#233; par les Mossis) alors que faso est la &#171; maison du p&#232;re &#187;, donc la patrie, en dioula. Pour d&#233;signer la nationalit&#233; des habitants du pays, on a fait appel &#224; une troisi&#232;me langue en ajoutant au radical burkina le suffixe b&#232;, qui veut dire &#171; les enfants de &#187;, en fulfulde (parl&#233; par les Peuls). Un nouveau narratif a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; pour qualifier les rivi&#232;res, par exemple (les trois Voltas) et un chant national s'est inscrit dans ce nouveau bapt&#234;me. Thomas Sankara sera assassin&#233;, en octobre 1987, par celui consid&#233;r&#233; comme l'un de ses tr&#232;s proches : Blaise Compaor&#233;&#8230; Le r&#244;le des services fran&#231;ais &#8211; &#173; &#224; l'&#233;poque de la cohabitation Chirac-Mitterrand &#8211; dans ce coup d'Etat a &#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises assez bien document&#233;. Mais, jamais l'enqu&#234;te sur ce crime n'a &#233;t&#233; men&#233;e &#224; son terme ! Un m&#233;decin militaire l'avait d&#233;clar&#233; &#171; d&#233;c&#233;d&#233; de mort naturelle &#187; quelques jours apr&#232;s le 15 octobre. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Attentats. La stigmatisation fait flor&#232;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Attentats-La-stigmatisation-fait-flores</link>
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		<dc:date>2015-11-24T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#192; l'encontre, Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Attentats de Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-11-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;D&#232;s les attentats meurtriers du 13 novembre &#224; Paris, la campagne politique visant &#171; la communaut&#233; musulmane &#187; s'est d&#233;velopp&#233;e. Le Front national a matraqu&#233; ses trois th&#232;mes anti-immigr&#233;&#183;e&#183;s et anti-musulmans. Le premier est formul&#233; de la sorte : &#171; Nous devons retrouver des fronti&#232;res nationales. Nous devons arr&#234;ter les flux de migrants qui arrivent. &#187; Autrement dit, migrants=r&#233;fugi&#233;s=terroristes potentiels. &lt;br class='autobr' /&gt; Le second : &#171; Il y a 11'000 fich&#233;s S qui auraient d&#251; faire l'objet d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton24265-af211.jpg?1781122851' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s les attentats meurtriers du 13 novembre &#224; Paris, la campagne politique visant &#171; la communaut&#233; musulmane &#187; s'est d&#233;velopp&#233;e. Le Front national a matraqu&#233; ses trois th&#232;mes anti-immigr&#233;&#183;e&#183;s et anti-musulmans. Le premier est formul&#233; de la sorte : &#171; Nous devons retrouver des fronti&#232;res nationales. Nous devons arr&#234;ter les flux de migrants qui arrivent. &#187; Autrement dit, migrants=r&#233;fugi&#233;s=terroristes potentiels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le second : &#171; Il y a 11'000 fich&#233;s S qui auraient d&#251; faire l'objet d'une perquisition. &#187; Selon la pratique et le droit fran&#231;ais la fiche S est un &#233;l&#233;ment de surveillance, pas de culpabilit&#233;. D'apr&#232;s les experts du droit constitutionnel fran&#231;ais, une personne ne peut pas &#234;tre arr&#234;t&#233;e au motif qu'une fiche S a &#233;t&#233; &#233;tablie sur elle. Laurent Wauquiez, d&#233;put&#233; des R&#233;publicains (ex-UMP) et coutumier de la surench&#232;re, &#171; a propos&#233; la cr&#233;ation de camps pour toutes les personnes cibl&#233;es par une fiche S, soit plus de 11 000 personnes &#187;, comme l'expliquent entre autres sur Mediapart (18 novembre 2015) L&#233;na&#239;g Bredoux et Mathieu Magnaudeix. Ils ajoutent : &#171; Fran&#231;ois Hollande a indiqu&#233; lundi que le gouvernement allait saisir le Conseil d'Etat pour examiner la faisabilit&#233; juridique d'une telle disposition. &#187; M&#234;me si Hollande estime que le Conseil d'Etat jugera qu'une telle disposition est anticonstitutionnelle, &#171; il ne veut surtout pas laisser un millim&#232;tre &#224; la droite sur le terrain s&#233;curitaire &#187;, comme le soulignent les deux journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me leitmotiv du FN : &#171; Le code de la nationalit&#233; doit &#234;tre int&#233;gralement refond&#233;. &#187; Autrement dit, le FN demande la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; de &#171; ceux qui participent de la mouvance islamiste &#187;. Le quotidien Le Monde, dans sa rubrique en ligne sign&#233;e &#171; Les D&#233;codeurs &#187;, le 17 novembre, &#233;crit &#224; ce propos : &#171; Le Conseil constitutionnel rappelait dans une &#233;tude de 2008 qu'en vertu de la Convention europ&#233;enne de sauvegarde des droits de l'homme, elle-m&#234;me bas&#233;e sur la d&#233;claration universelle des Droits de l'homme, &#8220;les nationaux ont un droit g&#233;n&#233;ral et absolu &#224; entrer, s&#233;journer et demeurer en France&#8221; &#187;. Le droit international reconna&#238;t en effet &#224; chacun &#8220;le droit d'entrer sur le territoire de l'Etat dont il est le ressortissant&#8221;. Dans son allocution au Congr&#232;s r&#233;uni &#224; Versailles, le pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande a lui affirm&#233; souhaiter une modification de la loi afin qu'elle permette de retirer la nationalit&#233; fran&#231;aise aux binationaux n&#233;s Fran&#231;ais, en plus des binationaux naturalis&#233;s. &#187; L'escalade s&#233;curitaire, qui peut servir d'humus &#224; la stigmatisation des musulmans, est sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, dans un billet envoy&#233; &#224; la r&#233;daction d'A l'Encontre, le 16 novembre, Jacques Chastaing indiquait &#224; juste titre un &#233;l&#233;ment concret pour fonder une riposte politique : &#171; Les gens qui sont dans la rue pour se recueillir en silence sont aussi les m&#234;mes, comme &#224; Metz ou Lille, qui ont cri&#233; &#171; Dehors les Fascho &#187;, &#171; A bas les racistes &#187; et qui les ont repouss&#233;s. Malgr&#233; la confusion, nous pouvons nous appuyer sur ce sentiment d'un mouvement anti-raciste et anti-fasciste et lui offrir une possible repr&#233;sentation, surtout si l'extr&#234;me droite identitaire ou le FN continuent leurs provocations et attaques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un compte rendu de la presse internationale qui met en lumi&#232;re, de mani&#232;re crue, une propagande islamophobe dont des m&#233;dias, significatifs, sont les vecteurs. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle a vu sa photo dans la presse, sa m&#232;re s'est mise &#224; vomir. C'&#233;tait lundi soir, un Fran&#231;ais d'origine maghr&#233;bine de 28 ans, habitant Bruxelles, d&#233;couvrait avec stupeur son visage &#224; la Une de deux journaux, DH (Belgique &lt;a href=&#034;http://www.dhnet.be/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dhnet.be/&lt;/a&gt;) et LAATSTE NIEUWS (&lt;a href=&#034;http://www.hln.be/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.hln.be/&lt;/a&gt;). Sous sa photo, la l&#233;gende le pr&#233;sente comme Brahim Abdeslam, l'un des terroristes responsables des attentats de Paris. Sauf qu'il n'est pas, &#233;videmment, Brahim Abdeslam, lequel s'est fait exploser trois jours plus t&#244;t sur le boulevard Voltaire. En revanche, il a effectivement &#171; le tort &#187; de porter le m&#234;me pr&#233;nom : Brahim. Mais lui s'appelle Brahim Ouanda. Aussit&#244;t, le jeune homme a port&#233; plainte. &#171; J'ai &#233;t&#233; choqu&#233;, dit-il, apr&#232;s les attentats et notamment par le fait que cela venait de Molenbeek, la commune de mon enfance. Mais l&#224;, je suis encore plus sous le choc, apr&#232;s l'association qu'on a faite entre ces attaques et moi. &#187; Une tragique m&#233;saventure, donc, longuement racont&#233;e sur le site de la RTBF (Radio T&#233;l&#233;vision Belge Francophone &lt;a href=&#034;http://www.rtbf.be/info/societe/detail_brahim-presente-par-erreur-comme-un-des-terroristes-en-une-de-deux-journaux-je-suis-sous-le-choc?id=9139011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rtbf.be/info/societe/detail_brahim-presente-par-erreur-comme-un-des-terroristes-en-une-de-deux-journaux-je-suis-sous-le-choc?id=9139011&lt;/a&gt;) et qui t&#233;moigne du risque facile qui existe aujourd'hui de stigmatisation &#224; l'encontre de la communaut&#233; musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire, encore, de l'attitude de ces deux journalistes de CNN (cha&#238;ne d'information des Etats-Unis). Dimanche dernier, les deux pr&#233;sentateurs en plateau interrogent Yasser Louati, le porte-parole du Collectif contre l'islamophobie en France, qui se trouve lui sur la place de la R&#233;publique, &#224; Paris. Les journalistes s'inqui&#232;tent notamment du fait que la communaut&#233; musulmane ne d&#233;nonce pas davantage les massacres de masse perp&#233;tr&#233;s par des individus &#171; de ses rangs &#187; (sic). Aussit&#244;t, Yasser Louati les reprend : &#171; Ils ne sont pas de nos rangs. Notre camp est le camp fran&#231;ais, dit-il. Ne faites pas d'erreur &#224; ce propos. &#187; R&#233;ponse du journaliste : &#171; Si votre camp, c'est la France, comment se fait-il que personne au sein de la communaut&#233; musulmane en France n'ait su ce que ces personnes &#233;taient sur le point de faire ? Parce qu'il me semble que c'&#233;tait un plan d'envergure, et il y avait forc&#233;ment des gens au-del&#224; des sept terroristes tu&#233;s qui savaient quelque chose, et si quelqu'un savait c'&#233;tait probablement au sein de votre communaut&#233;. Et pourtant personne n'a rien dit. &#187; Interrog&#233; sur le site Big Browser (blog du Monde &lt;a href=&#034;http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/&lt;/a&gt;), Louati n'en revient toujours pas et s'insurge de telles questions : &#171; C'est de la folie. L'Etat n'a pas fait son travail mais nous, nous aurions d&#251; savoir et pr&#233;venir ces &#233;v&#233;nements ! Je suis extr&#234;mement d&#233;&#231;u par CNN, comment peuvent-ils avoir une approche aussi simpliste ? &#187; Toujours est-il que les deux journalistes, eux, n'en d&#233;mordent pas. Et voici comment se conclue l'entretien, avec les deux pr&#233;sentateurs en plateau : &#171; M&#234;me si ce n'est pas leur faute, &#231;a vient quand m&#234;me de la communaut&#233; musulmane. Ils ne peuvent pas se d&#233;rober &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, depuis les attentats de vendredi, les amalgames font flor&#232;s. Deux jours seulement apr&#232;s les tragiques &#233;v&#232;nements, le candidat aux primaires r&#233;publicaines, Jeb Bush, expliquait, notamment sur CNN (&lt;a href=&#034;http://cnnpressroom.blogs.cnn.com/2015/11/15/bush-hillary-clinton-last-night-said-that-its-not-its-not-our-fight-it-is-our-fight/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cnnpressroom.blogs.cnn.com/2015/11/15/bush-hillary-clinton-last-night-said-that-its-not-its-not-our-fight-it-is-our-fight/&lt;/a&gt;), que le gouvernement am&#233;ricain devrait concentrer ses efforts pour aider les r&#233;fugi&#233;s syriens chr&#233;tiens, mais pas les musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prestigieux magazine am&#233;ricain TIME (&lt;a href=&#034;http://time.com/4117119/paris-attacks-marine-le-pen/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://time.com/4117119/paris-attacks-marine-le-pen/&lt;/a&gt;) a, lui, ouvert ses colonnes &#224; Marine Le Pen. Une tribune dans laquelle la pr&#233;sidente du Front National &#233;crit notamment : &#171; Trop souvent, nous avons confondu hospitalit&#233; et aveuglement. Tous ceux que nous avons accueillis ne sont pas venus avec un amour de la France et de son mode de vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand les attentats de Paris conduisent &#224; un spectaculaire virage &#224; droite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme qui a frapp&#233; aveugl&#233;ment la capitale fran&#231;aise joue en faveur de l'extr&#234;me droite, s'inqui&#232;te notamment le journal d'Alger EL-WATAN (&lt;a href=&#034;http://www.elwatan.com/edito/emotion-partagee-15-11-2015-307625_171.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.elwatan.com/edito/emotion-partagee-15-11-2015-307625_171.php&lt;/a&gt;), avant de pr&#233;ciser qu'Arabes et musulmans qui vivent en France risquent d'en faire les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis au sein de l'Union europ&#233;enne, cette fois-ci, les amalgames entre r&#233;fugi&#233;s et terroristes refont surface. R&#233;cemment, le tablo&#239;d anglais DAILY MAIL (&lt;a href=&#034;http://www.dailymail.co.uk/news/article-3321431/MAC-Europe-s-open-borders.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dailymail.co.uk/news/article-3321431/MAC-Europe-s-open-borders.html&lt;/a&gt;), le deuxi&#232;me journal en nombre de ventes quotidiennes, a publi&#233; un dessin qui lie tr&#232;s clairement r&#233;fugi&#233;s syriens et terroristes. Intitul&#233; &#171; Les fronti&#232;res ouvertes de l'Europe &#187;, on y voit des r&#233;fugi&#233;s, &#224; l'&#233;vidence musulmans. Parmi eux, l'un porte une kalachnikov, un autre une tenue de camouflage et une derni&#232;re un voile int&#233;gral. Et tous traversent les fronti&#232;res avec une nu&#233;e de rats &#224; leurs pieds. Une association, entre rats et r&#233;fugi&#233;s, qui n'est pas sans rappeler la propagande nazie antis&#233;mite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, le journal de Berlin DIE WELT (&lt;a href=&#034;http://www.welt.de/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.welt.de/&lt;/a&gt;), l'un des trois plus grands quotidiens du pays, ne laisse l&#224; encore que peu de doute quant au message qu'il entend v&#233;hiculer : nombre d'immigrants et leurs enfants ne ch&#233;rissent pas vraiment l'id&#233;e de s'int&#233;grer dans une soci&#233;t&#233; dont ils n'appr&#233;cient pas les traditions culturelles et dont le mode de vie les choque. C'est dans leurs rangs, dit-il, que sont recrut&#233;s les terroristes. Et d'en conclure : &#171; il ne s'agit pas de les montrer du doigt, il s'agit d'une &#233;vidence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, son confr&#232;re de Munich S&#220;DDEUTSCHE ZEITUNG (&lt;a href=&#034;http://www.sueddeutsche.de/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sueddeutsche.de/&lt;/a&gt;) est l&#224; tout de m&#234;me pour rappeler une &#233;vidence et expliquer que faire des parall&#232;les entre migration, islam et terrorisme m&#232;ne &#224; des amalgames dangereux. Oui, conc&#232;de le journal, une communaut&#233; a une responsabilit&#233;, un r&#244;le &#224; jouer dans la soci&#233;t&#233;. Mais elle ne peut pas &#234;tre rendue responsable, surtout lorsqu'il s'agit d'une communaut&#233; d&#233;finie aussi sommairement que &#171; les musulmans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, dans ce contexte, on peut d'ores et d&#233;j&#224; pr&#233;dire que la politique d'asile commune et d'immigration de l'Union europ&#233;enne risque d'&#234;tre fortement mise &#224; mal. Et cette tentation du repli sur soi qui &#233;treint l'Europe tout enti&#232;re inqui&#232;te notamment THE NEW YORK TIMES (&lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2015/11/17/opinion/after-paris-attacks-vilifying-refugees.html?_r=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nytimes.com/2015/11/17/opinion/after-paris-attacks-vilifying-refugees.html?_r=1&lt;/a&gt;). Verrouiller herm&#233;tiquement les vannes est souvent, dit-il, la solution de facilit&#233; politiquement opportune brandie apr&#232;s des attaques terroristes. Or ces r&#233;ponses sont fausses. Freiner l'exode des r&#233;fugi&#233;s de Syrie doit faire partie du plan global pour mettre un terme &#224; la guerre en Syrie. En revanche, construire de nouvelles barri&#232;res pour les laisser dehors, sous le pr&#233;texte absurde que les musulmans sont intrins&#232;quement dangereux offrira une propagande de choix &#224; l'organisation Etat islamique. (Intervention de Thomas Cluzel sur France Culture &#224; 7h24, le 19 novembre 2015)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Encore combien de drames de l'immigration clandestine ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Encore-combien-de-drames-de-l-immigration-clandestine</link>
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		<dc:date>2015-04-21T08:17:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-21</dc:subject>

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&lt;p&gt;Combien de drames encore de l'immigration avant un changement de politique ? 400 migrants auraient disparu dimanche dans le naufrage de leur embarcation, au large des c&#244;tes italiennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
(France Culture) &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a quelques temps, le portail de gauche espagnol EL DIARIO &#233;crivait : la M&#233;diterran&#233;e est devenue le plus grand charnier de ce si&#232;cle. Un immense cimeti&#232;re, renfermant des milliers de cadavres. Et lorsque la mer recrache quelques corps anonymes qui peinent, d'ailleurs, &#224; monopoliser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton21813-daa18.png?1781948499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Combien de drames encore de l'immigration avant un changement de politique ? 400 migrants auraient disparu dimanche dans le naufrage de leur embarcation, au large des c&#244;tes italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France Culture)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques temps, le portail de gauche espagnol EL DIARIO &#233;crivait : la M&#233;diterran&#233;e est devenue le plus grand charnier de ce si&#232;cle. Un immense cimeti&#232;re, renfermant des milliers de cadavres. Et lorsque la mer recrache quelques corps anonymes qui peinent, d'ailleurs, &#224; monopoliser les bulletins d'information, les politiques rev&#234;tent le masque de l'affliction, sans que rien ou presque ne change pour autant dans la politique migratoire europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a parl&#233; de tant de naufrages, de tant de disparitions et de noyades que tout cela nous semble presque normal, se d&#233;sole &#224; son tour son confr&#232;re de LA VANGUARDIA. C'est comme si, dit-il, &#224; force d'avoir vu tant d'images de migrants serr&#233;s sur des embarcations de fortune, transis de froid, le regard fig&#233; par la peur, nous &#233;tions devenus insensibles &#224; leurs souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assis bien au chaud dans nos salons, nous avons m&#234;me du mal &#224; nous repr&#233;senter le d&#233;sespoir de ces migrants, rench&#233;rit THE INDEPENDENT. Et pourtant, devenir un r&#233;fugi&#233; est sans doute l'une des pires exp&#233;riences qui soit, dit-il. Sans compter qu'assimil&#233;s &#224; la masse, les r&#233;fugi&#233;s perdent leur statut d'individu capable de susciter la compassion, pour devenir, in fine, le symbole d'un probl&#232;me que nous ne voulons pas traiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors cette fois-ci, en sera-t-il autrement ? Dans l'&#233;chelle de l'horreur, le drame qui s'est produit ce week-end au large des c&#244;tes italiennes se situerait au-dessus des 366 noy&#233;s de Lampedusa, qui constituait jusqu'&#224; pr&#233;sent la plus grande trag&#233;die de la M&#233;diterran&#233;e en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle. Dimanche, pr&#233;cise THE WALL STREET JOURNAL, quelques 400 migrants auraient en effet disparu dans le naufrage de leur embarcation. C'est du moins ce que laissent entendre les t&#233;moignages recueillis hier, parmi les 150 survivants d&#233;barqu&#233;s sur la pointe sud de la p&#233;ninsule. Selon ces t&#233;moignages, il y avait entre 500 et 550 personnes &#224; bord du bateau qui s'est retourn&#233;, apr&#232;s &#234;tre parti 24 heures plus t&#244;t des c&#244;tes libyennes. Et parmi les victimes se trouveraient, notamment, de nombreux jeunes gar&#231;ons probablement mineurs, selon l'organisation Save the children.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre dimanche et lundi, les garde-c&#244;tes italiens disent avoir port&#233; secours &#224; pas moins de 42 bateaux, charg&#233;s au total de plus de 6500 migrants. Un chiffre qui, si l'on remonte cette fois-ci &#224; vendredi, atteindrait m&#234;me les 8 000 migrants. D'o&#249; cet article du NEW YORK TIMES : avec l'arriv&#233;e du printemps et des conditions m&#233;t&#233;orologiques plus cl&#233;mentes, l'afflux de r&#233;fugi&#233;s atteint aujourd'hui des records. Apr&#232;s une ann&#233;e 2014 o&#249; plus de 3200 personnes sont mortes et plus de 130 000 ont &#233;t&#233; secourus, les chiffres sugg&#232;rent que les fonctionnaires europ&#233;ens sont susceptibles d'&#234;tre confront&#233;s &#224; nouveau &#224; une v&#233;ritable crise humanitaire en M&#233;diterran&#233;e. Les ONG estiment que pr&#232;s de 500 personnes ont d&#233;j&#224; p&#233;ri en mer cette ann&#233;e, contre 50 durant la m&#234;me p&#233;riode l'an dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or avec la multiplication des troubles au Moyen-Orient, mais aussi la guerre et la pauvret&#233; dans certains pays d'Afrique, cumul&#233;s &#224; l'annulation de l'op&#233;ration de secours &#034;Mare Nostrum&#034;, laquelle a c&#233;d&#233; la place &#224; l'automne dernier &#224; un dispositif de surveillance europ&#233;en, &#034;Triton&#034;, nettement moins ambitieux, l'inqui&#233;tude est grande &#224; pr&#233;sent de voir les drames se multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Il n'y a pas de formule magique &#224; cet immense d&#233;fi. Mais l'on devrait au moins montrer un minimum de volont&#233; politique pour r&#233;duire le flux de r&#233;fugi&#233;s, avance LA VANGUARDIA, par exemple, en donnant la possibilit&#233; aux demandeurs d'asile d'en faire la demande dans leur pays d'origine. En clair, les Europ&#233;ens devraient coordonner une strat&#233;gie commune, pour mettre fin au drame qui endeuille quotidiennement les portes du Vieux Continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son confr&#232;re d'EL PAIS ne dit pas autre chose : l'ensemble de l'Europe doit se rendre &#224; l'&#233;vidence. Elle est aujourd'hui prise comme dans un &#233;tau entre d'un c&#244;t&#233; les droits de l'homme et de l'autre les sentiments anti-immigration croissants au sein de la population, attis&#233;s par des partis extr&#233;mistes qui intimident les politiques mod&#233;r&#233;s. Voil&#224; pourquoi il ne faut pas abandonner les diff&#233;rents gouvernements &#224; ce dossier. Le probl&#232;me rel&#232;ve, dit-il, de la responsabilit&#233; de l'ensemble de l'Union Europ&#233;enne, laquelle doit trouver une position commune, afin de surmonter l'opposition entre ceux qui veulent initier de grandes op&#233;rations de sauvetage et ceux qui les refusent pour ne pas attirer encore plus de migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans quoi, les bandes de passeurs organis&#233;es en r&#233;seaux internationaux et hautement professionnalis&#233;s sauront tr&#232;s bien en tirer profit, pr&#233;vient le site de la radio publique allemande DEUTSCH LAND FUNK. Ils sont un maillon de cette industrie de l'isolement, un maillon d'un syst&#232;me sur lequel l'Europe n'h&#233;site pas &#224; fermer les yeux. On consid&#232;re que le fait que des personnes meurent en M&#233;diterran&#233;e est devenu une partie normale de la r&#233;alit&#233;, qu'on regrette, mais qu'on ne peut pas changer. Et c'est cela le v&#233;ritable scandale, rench&#233;rit DIE TAGESZEITUNG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et son confr&#232;re de la radio publique allemande, &#224; nouveau, de poser cette question : le droit d'asile est-il un droit humain ? Les personnes qui fuient les guerres en Syrie, en Irak et en Afrique pour &#233;chapper &#224; la mort doivent-elles pouvoir trouver un havre de s&#233;curit&#233; ? Si c'est le cas, alors il faut mettre en place des voies qui m&#232;nent &#224; l'Europe, sans que les migrants ne mettent leur vie en p&#233;ril &#224; la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Thomas CLUZEL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nouvelle mont&#233;e de l'ind&#233;pendantisme en Europe. A qui le tour ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nouvelle-montee-de-l-independantisme-en-Europe-A-qui-le-tour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Nouvelle-montee-de-l-independantisme-en-Europe-A-qui-le-tour</guid>
		<dc:date>2014-03-31T19:51:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A qui le tour ? Apr&#232;s les Serbes de Bosnie, lesquels ont per&#231;u le rattachement de la Crim&#233;e &#224; la Russie comme un exemple &#224; suivre, d&#233;sormais c'est au tour de la Transnistrie, province &#224; majorit&#233; russophone et dissidente de la R&#233;publique de Moldavie, de solliciter son rattachement &#224; la Russie. Cette semaine, le chef du Parlement de la r&#233;gion s&#233;cessionniste a en effet envoy&#233; une demande en ce sens &#224; la Douma russe, une requ&#234;te d'ailleurs totalement pr&#233;visible, estime le portail d'information (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/arton17151-57929.jpg?1781948499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A qui le tour ? Apr&#232;s les Serbes de Bosnie, lesquels ont per&#231;u le rattachement de la Crim&#233;e &#224; la Russie comme un exemple &#224; suivre, d&#233;sormais c'est au tour de la Transnistrie, province &#224; majorit&#233; russophone et dissidente de la R&#233;publique de Moldavie, de solliciter son rattachement &#224; la Russie. Cette semaine, le chef du Parlement de la r&#233;gion s&#233;cessionniste a en effet envoy&#233; une demande en ce sens &#224; la Douma russe, une requ&#234;te d'ailleurs totalement pr&#233;visible, estime le portail d'information roumain ZIARE, &#233;tant entendu qu'en 2006 d&#233;j&#224;, lors d'un r&#233;f&#233;rendum non reconnu par l'Union Europ&#233;enne, 97% de la population avait demand&#233; son rattachement &#224; la F&#233;d&#233;ration de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de l'&#233;mission Emission Revue de presse internationale de France culture&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est peu de dire que la nouvelle a eu aussit&#244;t l'effet d'une bombe, d'autant que le vice-premier ministre russe a d'ores et d&#233;j&#224; indiqu&#233; que son gouvernement allait montrer sa solidarit&#233; avec les autorit&#233;s de Transnistrie. D'o&#249; l'avertissement lanc&#233; toujours par le portail d'information roumain, pour qui il est primordial aujourd'hui d'acc&#233;l&#233;rer le processus d'int&#233;gration de la Moldavie &#224; l'UE et notamment de signer le plus vite possible l'accord d'association avec l'Union Europ&#233;enne, de sorte que la r&#233;publique entre sous la protection de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis d&#233;cid&#233;ment, &#224; croire que l'internationale de l'ind&#233;pendantisme arrange d&#233;sormais tout le monde, la contagion, aussi absurde soit-elle, semble m&#234;me aujourd'hui creuser un peu plus encore le sillon des pouss&#233;es ind&#233;pendantistes en Europe. Ainsi par exemple, depuis la semaine derni&#232;re, les habitants de la V&#233;n&#233;tie qui le souhaitent et qui poss&#232;dent un ordinateur ou un smartphone peuvent participer &#224; un r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance de leur r&#233;gion. &#034;Veux-tu que la V&#233;n&#233;tie devienne une R&#233;publique f&#233;d&#233;rale souveraine&#034;, telle est en effet l'objet de cette consultation qui doit s'achever aujourd'hui. Et de fait, dans une interview au quotidien LIBERO, cit&#233; par le Courrier International, le pr&#233;sident de la r&#233;gion, lequel a fait notamment de la survivance du dialecte v&#233;nitien un combat personnel, estime que de nombreux habitants souhaitent aujourd'hui l'ind&#233;pendance, ce qui semble d'ailleurs plut&#244;t r&#233;jouir la t&#233;l&#233;vision russe, qui dans un reportage pour la cha&#238;ne VESTI raconte comment les habitants de la V&#233;n&#233;tie ont, eux aussi, pr&#233;sent&#233; un r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin hasard de l'actualit&#233;, ou pas, c'est &#233;galement cette semaine que l'on a appris que 60% des Catalans d&#233;fendent l'ind&#233;pendance de leur communaut&#233; autonome, selon une enqu&#234;te de la G&#233;n&#233;ralit&#233; r&#233;alis&#233;e en d&#233;cembre dernier. Et 87% cette fois-ci des Catalans interrog&#233;s d&#233;clarent qu'ils accepteront le r&#233;sultat de cette consultation qu'il soit positif ou n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, la condamnation internationale du r&#233;f&#233;rendum en Crim&#233;e devrait, au contraire, servir d'avertissement &#224; la Catalogne &#233;crit le quotidien ABC. Car face &#224; la crise en Crim&#233;e, dit-il, la communaut&#233; internationale a formul&#233; une doctrine sans &#233;quivoque : en clair, elle nie toute l&#233;gitimit&#233; &#224; une s&#233;cession qui enfreint des principes constitutionnels. Un pr&#233;c&#233;dent, poursuit le journal conservateur qui a une grande importance pour le d&#233;bat interne en Espagne, puisqu'il montre clairement quelle serait la r&#233;ponse politique &#224; un r&#233;f&#233;rendum dans la r&#233;gion de Catalogne. Et d'ailleurs, rench&#233;rit son confr&#232;re madril&#232;ne d'EL PAIS, l'Union Europ&#233;enne dispose aujourd'hui de suffisamment d'instruments, dit-il, pour d&#233;samorcer pr&#233;ventivement les &#233;ventuelles s&#233;cessions contraires &#224; ses objectifs. Concr&#232;tement, on pourrait en d&#233;duire que l'Union, tout comme les Etats membres, de par les principes de coop&#233;ration et d'int&#233;grit&#233; territoriale, sont tenus d'&#233;viter toute action susceptible de favoriser une s&#233;cession au sein d'un Etat membre. Et l'on pourrait, par exemple, se mettre d'accord pour que l'Union n'accepte &#224; l'avenir aucun nouvel Etat issu de la partition d'un pays membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'aujourd'hui, remarque IL CORRIERE, toute l'Europe semble en effet se demander quelle forme de gouvernement, entre centralisme et r&#233;gionalisme, est la plus efficace. Alors que faire face &#224; cette nouvelle mode ind&#233;pendantiste, qui si elle s'imposait verrait sans doute suivre aux aspirations s&#233;paratistes de la Catalogne et de l'Ecosse, la Flandre, le Pays basque, la Padanie ou bien encore la Bavi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'IRISH TIMES de Dublin, la r&#233;ponse pourrait &#234;tre &#224; trouver dans la recherche d'une identit&#233; europ&#233;enne, m&#234;me si, dans une Europe compos&#233;e d'Etats nations, le d&#233;fi est &#233;videmment de taille. Mais pour y faire, l'UE poss&#232;de des atouts et notamment les ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la mythification d'un pass&#233; qu'elle peut faire remonter &#224; l'Empire romain. Elle pr&#233;sente &#233;galement d'autres particularit&#233;s, qui servent en g&#233;n&#233;ral &#224; forger l'id&#233;ologie nationaliste : des symboles, comme l'hymne et le drapeau ; une mission collective autoproclam&#233;e, la poursuite de la paix ; et peut-&#234;tre le plus essentiel de tous ces ingr&#233;dients pour la formation d'une identit&#233; collective, l'existence d'un &#8220;autre&#8221;, un r&#244;le autrefois d&#233;volu &#224; l'Union sovi&#233;tique et que d'autres candidats sont susceptibles de remplir aujourd'hui. Alors bien s&#251;r, int&#233;grer les diff&#233;rents Etats de l'Union dans cette vision est forc&#233;ment ardu, et notamment car pour beaucoup d'entre eux, l'&#8220;autre&#8221; tel qu'il fut d&#233;fini pendant le processus d'&#233;dification de la nation, se trouve &#234;tre aujourd'hui un membre ami de la m&#234;me structure politique supranationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans compter, poursuit le journal de Dublin, qu'il manque toujours &#224; l'UE nombre des caract&#233;ristiques essentielles d'une f&#233;d&#233;ration, en particulier, elle ne contr&#244;le &#224; ce jour ni l'arm&#233;e, ni les forces de l'ordre, capables de s'assurer que la r&#233;gion reste sous son autorit&#233;. Font &#233;galement d&#233;faut bon nombre de sp&#233;cificit&#233;s, en l'absence de langue commune, notamment, elle est aujourd'hui un kal&#233;idoscope linguistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, malgr&#233; l'histoire diff&#233;rente, c'est vrai, de ses Etats membres et la baisse du soutien au projet europ&#233;en, l'Union dispose de tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires pour former une communaut&#233; insiste encore le journal avant de conclure : plut&#244;t que d'explorer l'euroscepticisme, dont les racines n'ont rien de surprenant dans une union compos&#233;e d'Etats nations, ne devrions-nous pas explorer plut&#244;t l'euronationalisme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#034;Fuck the E.U&#034;, dit la Suisse... </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fuck-the-E-U-dit-la-Suisse</link>
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		<dc:date>2014-02-11T08:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Fuck EU, que l'Europe aille se faire foutre... &#187; c'est ainsi que le quotidien Allemand Die Zeit r&#233;sume le referendum suisse de ce week end. &#171; Fuck EU, que l'Europe aille se faire foutre &#187;, une phrase d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre, vol&#233;e &#224; la diplomate am&#233;ricaine Victoria Nuland qui, en ces termes &#233;l&#233;gants fustigeait ainsi l'action de l'Union europ&#233;enne dans la crise ukrainienne la semaine derni&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
(France Culture)|11.02.2014 &lt;br class='autobr' /&gt; On ne fait pas assez attention &#224; la Suisse, ce dr&#244;le de voisin. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton16595-2aa13.jpg?1781948499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Fuck EU, que l'Europe aille se faire foutre... &#187; c'est ainsi que le quotidien Allemand Die Zeit r&#233;sume le referendum suisse de ce week end. &#171; Fuck EU, que l'Europe aille se faire foutre &#187;, une phrase d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre, vol&#233;e &#224; la diplomate am&#233;ricaine Victoria Nuland qui, en ces termes &#233;l&#233;gants fustigeait ainsi l'action de l'Union europ&#233;enne dans la crise ukrainienne la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(France Culture)|11.02.2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne fait pas assez attention &#224; la Suisse, ce dr&#244;le de voisin. La Suisse, explique le Wall Street Journal, c'est ce pays plein de banquiers internationaux et de stations de ski &#224; la mode. C'est aussi un pays montagneux, farouchement ind&#233;pendant, et limite insulaire, qui vivait il n'y a pas si longtemps encore largement coup&#233; de ses voisins. Dans cet &#233;ditorial intitul&#233; la Forteresse Suisse, le Wall Street Journal revient donc sur cette dualit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par le vote de dimanche, et sur cette volont&#233; de millions de suisse qu'on les laisse vivre entre eux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Suisse isol&#233;e d'il y a quelques g&#233;n&#233;rations &#233;tait aussi un pays bien plus pauvre, reprend le journal et la prosp&#233;rit&#233; actuelle de ce pays est le produit de son ouverture au march&#233; avec l'Europe et le reste du monde. Les multinationales qui se sentent en Suisse comme &#224; la maison pourraient bien d&#233;camper si elles ne peuvent pas employer les gens dont elles ont besoin pour rester comp&#233;titives et la r&#233;putation d'une Suisse business friendly pourraient en prendre un coup si les employ&#233;s n'obtiennent pas de visa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se pronon&#231;ant ce week end pour l'&#233;tablissement de quotas d'immigr&#233;s, la suisse a s'est donc oppos&#233;e &#224; la libert&#233; de circulation, l'un des principes de l'Union europ&#233;enne accept&#233; par la Suisse dans le cadre d'un pacte conclu entre Berne et Bruxelles et par lequel elle a pu avoir un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; au march&#233; unique europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;s d'un quart des huit millions de personnes qui r&#233;sident en suisse sont &#233;trang&#232;res. Presque la m&#234;me proportion que Chypre, et beaucoup moins que le Luxembourg qui explose les records, avec 40 pour cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne, est, avec l'Italie, suivie du Portugal et de la Serbie le pays qui immigre le plus massivement en Suisse. Et ce matin, la presse allemande accuse encore le coup. Quand les allemands pensent &#224; la Suisse, ils pensent &#233;videmment &#224; Heidi, aux montagnes, et au secret bancaire mais aussi aux salaires, meilleurs que chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela, les suisses n'en veulent plus explique la Suddeutsche Zeitung . &#034;il ne faut pas y voir n&#233;cessairement de la x&#233;nophobie&#034;, &#233;crit le journal, mais pour les citoyens suisses qui ont vot&#233; oui ce week end, l'afflux d'immigr&#233;s, c'est une perte de qualit&#233; de vie, le manque de logement, les trains bond&#233;s, rues et routes embouteill&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, sauf que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans les r&#233;gions les plus rurales, les moins urbanis&#233;es, et o&#249; les &#233;trangers sont le moins nombreux que le oui l'a emport&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que la Suisse est pr&#234;te &#224; aller loin, tr&#232;s loin, &#224; d&#233;fier Bruxelles et &#224; perdre tous les b&#233;n&#233;fices qu'elle tirait &#224; b&#233;n&#233;ficier de presque tous les avantages de l'Union europ&#233;enne sans y &#234;tre, pour garder son contr&#244;le migratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;videmment envoie un signal sans appel, &#224; quelques mois des &#233;lections europ&#233;ennes, a tous ces partis nationalistes dont le Washington post dresse la liste effrayante, le Jobbik hongrois, anti immigrants, anti roms, anti s&#233;mite, les grecs d'aube dor&#233;e, avec leur recours &#224; la violence,. Quant aux flots de r&#233;fugi&#233;s syriens qui se dirigent vers l'Europe, explique le New York times cela ne fait qu'augmenter la popularit&#233; des nationalistes en Bulgarie. Le front National, en France, et tous les autres, en Grande Bretagne, en Belgique en Espagne, tous surfent sur les temps difficiles qui p&#232;sent &#233;conomiquement sur l'Europe, ces ann&#233;es de crise de la dette qui ont fait des migrants la cible facile de toutes les col&#232;res de la Grande Bretagne &#224; la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe est coinc&#233;e, s'inqui&#232;te le New York Times, &#224; quelques mois donc de ce test populaire au cours duquel les partis nationalistes et eurosceptiques pourraient triompher. Le quotidien new yorkais explique comment pour tous ces partis, l'Europe est devenue trop grande, trop puissante, trop distante, comment elle a diminu&#233; les identit&#233;s et les valeurs nationales comment elle a cr&#233;&#233; de la d&#233;tresse &#233;conomique, une furieuse course intra europ&#233;enne &#224; l'emploi, et trop de pression sur les services sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'Europe doit d&#233;fendre ses principes fondateurs, cingle le New York Times. Ou elle va r&#233;duire &#224; n&#233;ant tout le projet qui la porte et cela d'une fa&#231;on bien pire que la crise de l'euro ne l'a atteinte. Aujourd'hui elle doit &#234;tre prudente et r&#233;fl&#233;chie en n&#233;gociant avec la Suisse le moindre compromis. Pour ne surtout pas envoyer le mauvais message &#224; ceux qui &#224; l'int&#233;rieur de l'Europe seraient tent&#233; d'en n&#233;gocier &#224; leur tour les valeurs, et d'y voir un menu sur mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A force de virages, le risque est parfois de ne plus savoir o&#249; donner de la t&#234;te.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-force-de-virages-le-risque-est-parfois-de-ne-plus-savoir-ou-donner-de-la-tete</link>
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		<dc:date>2014-02-04T08:30:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; plusieurs jours maintenant qu'un mot hante Paris, &#233;crit la S&#220;DDEUTSCHE ZEITUNG, le mot &#171; tournant &#187;. Moins d'Etat-providence, plus de march&#233;, plus de concurrence et de responsabilit&#233; de chacun. Apr&#232;s 20 mois de turbulences &#224; l'Elys&#233;e, le pr&#233;sident, dit-il, s'est enfin d&#233;cid&#233; &#224; prendre un cap que d'autres sociaux-d&#233;mocrates ont emprunt&#233; bien avant lui, qu'il s'agisse de ses coreligionnaires aux Pays-Bas et en Scandinavie, mais aussi le Britannique Tony Blair sans oublier, bien s&#251;r, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton16476-184ac.jpg?1781948499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; plusieurs jours maintenant qu'un mot hante Paris, &#233;crit la S&#220;DDEUTSCHE ZEITUNG, le mot &#171; tournant &#187;. Moins d'Etat-providence, plus de march&#233;, plus de concurrence et de responsabilit&#233; de chacun. Apr&#232;s 20 mois de turbulences &#224; l'Elys&#233;e, le pr&#233;sident, dit-il, s'est enfin d&#233;cid&#233; &#224; prendre un cap que d'autres sociaux-d&#233;mocrates ont emprunt&#233; bien avant lui, qu'il s'agisse de ses coreligionnaires aux Pays-Bas et en Scandinavie, mais aussi le Britannique Tony Blair sans oublier, bien s&#251;r, Gerhard Schr&#246;der. Et c'est ainsi, rappelle &#224; son tour son confr&#232;re de la FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG, que le pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande a notamment annonc&#233; qu'il voulait mettre la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise en mouvement, exactement comme le chancelier social-d&#233;mocrate Gerhard Schr&#246;der l'avait fait 10 ans plus t&#244;t en d&#233;voilant son programme de r&#233;forme au Bundestag. En clair, l'Europe pourrait donc &#234;tre le t&#233;moin d'une nouvelle m&#233;tamorphose : la &#171; schr&#246;derisation &#187; de Fran&#231;ois Hollande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Reste que ce virage m&#233;rite n&#233;anmoins un petit rappel historique, pr&#233;cise &#224; nouveau la S&#220;DDEUTSCHE ZEITUNG, cit&#233; par le Courrier International. Durant les derniers mois de son mandat, Nicolas Sarkozy ne tarissait pas d'&#233;loges au sujet du mod&#232;le allemand. Il l'a d&#233;fendu aupr&#232;s de ses compatriotes &#224; sa fa&#231;on, c'est-&#224;-dire obsessive. Et pourtant, s'ils &#233;taient effectivement nombreux &#224; reconna&#238;tre la r&#233;ussite &#233;conomique de leur voisin, ils avaient du mal &#224; accepter de devoir en permanence se reporter &#224; l'exemple allemand. A l'&#233;poque, Fran&#231;ois Hollande, lui, mettait au contraire l'accent sur les failles de ce mod&#232;le, promettant aux Fran&#231;ais qu'ils pouvaient trouver leur solution &#224; eux, avec de bonnes garanties sociales et &#224; l'abri des exc&#232;s de la mondialisation. C'est m&#234;me ainsi qu'il a &#233;t&#233; &#233;lu. Sauf qu'un an et demi et une succession de mauvais r&#233;sultats &#233;conomiques plus tard, le pr&#233;sident a chang&#233; brutalement de cap pour faire comme l'Allemagne et plaide d&#233;sormais pour un Etat plus &#233;conome, une r&#233;duction des d&#233;penses et une meilleure comp&#233;titivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or &#224; Berlin, nombre de journaux dont la TAGESZEITUNG conseille vivement &#224; Fran&#231;ois Hollande de ne pas adopter, justement, le mod&#232;le allemand. Aujourd'hui, &#233;crit le journal, beaucoup d'Allemands se sentent vainqueurs : tandis que l'Europe s'enlise dans la r&#233;cession, les citoyens de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale voient les exportations exploser et les chiffres officiels du ch&#244;mage baisser. En clair, regarder la France, dit-il, nous remplit de joie, car chaque ch&#244;meur de plus corrobore notre opinion que l'Agenda 2010 men&#233; sous Gerhard Schr&#246;der et inspir&#233; par Peter Hartz &#233;tait la bonne chose &#224; faire. Et pourtant, l'adoption par la France de la ligne allemande serait catastrophique pour l'Europe enti&#232;re, poursuit le journal. Et la TAZ toujours de pr&#233;ciser : car ce n'est pas la France qui a &#233;chou&#233;, dit-il, c'est l'Allemagne. Dans la splendeur de son autosatisfaction, l'Allemagne agresse avec son id&#233;e sempiternelle de nous sommes les meilleurs. C'est elle l'agresseur et notamment parce qu'elle fait du dumping salarial. Autrement dit, pour pouvoir exister face aux Allemands, les Fran&#231;ais qui avaient adopt&#233;, dit-il, la bonne attitude en augmentant les salaires en fonction de la productivit&#233; n'auraient plus d'autres choix pour &#234;tre comp&#233;titifs que de r&#233;duire &#224; pr&#233;sent leurs salaires. Avec des cons&#233;quences f&#226;cheuses puisque la baisse des dits salaires entra&#238;nera une baisse de la demande, provoquant une nouvelle r&#233;cession. Les prix baisseront et l'Europe sombrera d&#233;finitivement dans la d&#233;flation. Et le journal d'en conclure, que la France adopte aujourd'hui l'agenda allemand n'est pas une bonne nouvelle et c'est m&#234;me un tr&#232;s mauvais pr&#233;sage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que l'autre virage annonc&#233; cette fois-ci Outre Rhin a de quoi laisser perplexe, puisqu'en pronon&#231;ant hier son premier discours de politique g&#233;n&#233;rale depuis sa r&#233;&#233;lection, Angela Merkel a elle annonc&#233;, au contraire, un virage social en corrigeant les exc&#232;s des r&#233;formes lib&#233;rales et en repla&#231;ant la justice sociale au c&#339;ur de sa politique. Dans un discours d'une heure devant les d&#233;put&#233;s, pr&#233;cise LE TEMPS de Gen&#232;ve, la chanceli&#232;re a dit vouloir mettre les gens au c&#339;ur de son action en &#233;num&#233;rant ses projets, au premier rang desquels l'instauration d'un salaire minimum, mais aussi une r&#233;forme des retraites permettant aux ouvriers ayant cotis&#233; durant quarante-cinq ann&#233;es de partir &#224; la retraite &#224; 63 ans au lieu de 67 actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t d'ailleurs, l'ancien chancelier Gerhard Schr&#246;der, justement, qui avait envisag&#233; en son temps la retraite &#224; 67 ans mais n'avait pu la mettre en &#339;uvre &#224; cause des r&#233;ticences de sa base, s'est m&#234;l&#233; au d&#233;bat. Interview&#233; par le BILD ZEITUNG, il d&#233;nonce une r&#233;forme qui envoie compl&#232;tement le mauvais signal, dit-il, aux partenaires europ&#233;ens &#224; qui l'Allemagne r&#233;clame depuis le d&#233;but de la crise des r&#233;formes structurelles. Pas de quoi &#233;mouvoir en revanche la ministre SPD du Travail, laquelle entend &#224; pr&#233;sent mettre rapidement sur pied sa r&#233;forme, qui devrait entrer en vigueur vers le milieu de l'ann&#233;e et co&#251;ter quelque 2 milliards d'euros par an au contribuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la conclusion du journal, avec une Angela Merkel au programme toujours all&#233;g&#233; par les cons&#233;quences de sa chute en ski de fond et malgr&#233; la faiblesse d'une opposition r&#233;duite aux seuls groupes des Verts et des n&#233;o-communistes de Die Linke, le camp chr&#233;tien-d&#233;mocrate semble d&#233;sormais bien p&#226;le en ce d&#233;but de mandat. Du moins, pour tous les As des coups de volant &#224; droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chinaleaks</title>
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		<dc:date>2014-02-04T07:58:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cluzel </dc:creator>


		<dc:subject>Chine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-04</dc:subject>

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&lt;p&gt;Manifestement, il est plus facile aujourd'hui pour le pouvoir chinois de contr&#244;ler l'Internet que de r&#233;former son syst&#232;me de gouvernance. Hier, quelques heures avant la mise en ligne du dossier &#034;ChinaLeaks&#034;, le r&#233;seau Internet a connu en effet des perturbations majeures en Chine. L'acc&#232;s notamment au site de l'ICIJ, le Consortium international des journalistes d'investigation &#224; l'origine de ces r&#233;v&#233;lations s'est retrouv&#233; bloqu&#233;, tandis que ceux de plusieurs grands quotidiens internationaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton16496-52fce.jpg?1781948499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Manifestement, il est plus facile aujourd'hui pour le pouvoir chinois de contr&#244;ler l'Internet que de r&#233;former son syst&#232;me de gouvernance. Hier, quelques heures avant la mise en ligne du dossier &#034;ChinaLeaks&#034;, le r&#233;seau Internet a connu en effet des perturbations majeures en Chine. L'acc&#232;s notamment au site de l'ICIJ, le Consortium international des journalistes d'investigation &#224; l'origine de ces r&#233;v&#233;lations s'est retrouv&#233; bloqu&#233;, tandis que ceux de plusieurs grands quotidiens internationaux associ&#233;s &#224; la publication du dossier, LE MONDE, THE GUARDIAN et EL PAIS, &#233;taient plus subtilement caviard&#233;s, l'acc&#232;s aux seules pages &#233;voquant le fameux rapport &#233;tant tout simplement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de France Culture)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rapport, diffus&#233; dans la nuit de mardi &#224; mercredi, heure fran&#231;aise, rapport r&#233;v&#233;lant que les familles de dirigeants chinois sont impliqu&#233;es dans des affaires d'argent cach&#233;, n'&#233;taient d'ailleurs toujours pas paru ce matin &#224; la Une du site du CHINA DAILY. Quant au fait de savoir pourquoi une coupure a subitement affect&#233; pendant plusieurs heures hier l'Internet en Chine, le journal se contente de donner l'explication fournie jusqu'&#224; pr&#233;sent par les autorit&#233;s elles-m&#234;mes, lesquelles soup&#231;onnent des pirates informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que d&#232;s la publication de ce rapport &#224; l'ext&#233;rieur de la Chine, non seulement le Bureau national d'information sur Internet a aussit&#244;t fustig&#233; le battage m&#233;diatique de la presse &#233;trang&#232;re, mais exig&#233; &#233;galement le silence sur cette affaire de la part de tous les m&#233;dias chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que sur la toile chinoise cette affaire n'existe tout simplement pas. Sur la plateforme de microblogging Sina Weibo, notamment, une page blanche s'affiche actuellement en r&#233;ponse aux recherches du mot &#034;offshore&#034; ou &#034;princeling&#034; (les princes rouges). Quant au quotidien de Hong Kong MING PAO, cit&#233; ce matin par le Courrier International, il affirme de son c&#244;t&#233; qu'un m&#233;dia chinois qui avait particip&#233; au d&#233;part &#224; l'investigation s'est retir&#233; au bout de quelque mois, faisant &#233;tat de menaces de la part du gouvernement. En revanche, on ignore de quel journal il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril dernier, &#171; Offshore Leaks &#187; avait analys&#233; les documents contenus dans un disque dur re&#231;u par un journaliste d'investigation australien et issus de deux soci&#233;t&#233;s offshore, l'une &#224; Singapour et l'autre dans les &#206;les Vierges britanniques. Le nom de plusieurs personnalit&#233;s li&#233;es &#224; des soci&#233;t&#233;s bas&#233;es dans ces deux paradis fiscaux avait ainsi d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; et notamment, on s'en souvient, le tr&#233;sorier de la campagne de Fran&#231;ois Hollande. Et puis plus rien. Jusqu'&#224; ce qu'avant hier donc, l'op&#233;ration ne d&#233;voile les conclusions de son enqu&#234;te sur la Chine. Et qu'y d&#233;couvre-t-on ? Que les familles des plus hauts dirigeants chinois dissimulent gr&#226;ce &#224; des soci&#233;t&#233;s &#171; offshore &#187;, une partie de leurs immenses fortunes dans les &#238;les Vierges britanniques. Des soci&#233;t&#233;s &#233;tablies au nom de nombreux &#171; princes rouges &#187; : le beau-fr&#232;re du pr&#233;sident et chef du Parti communiste Xi Jinping, le fils et le gendre de l'ex-premier ministre Wen Jiabao, le cousin de l'ex-pr&#233;sident Hu Jintao, la fille de l'ex-premier ministre Li Peng et le gendre de l'ancien num&#233;ro un Deng Xiaoping.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'enqu&#234;te montre qu'il y a bel et bien collusion entre pouvoir et argent au plus haut niveau en Chine, en revanche &#233;crit LE TEMPS de Gen&#232;ve, elle parle un peu vite de corruption, dit-il, alors que le simple fait de poss&#233;der une soci&#233;t&#233; dans un paradis fiscal n'est pas, en soi, r&#233;pr&#233;hensible. Et le journal d'ajouter que les investigations publi&#233;es l'an dernier par le NEW YORK TIMES sur les immenses fortunes des familles de Wen Jiabao et Xi Jinping &#233;taient, elles, beaucoup plus probantes. Bas&#233;es sur des documents officiels chinois irr&#233;futables, elles ont &#233;tabli que la famille du pr&#233;sident Xi Jinping disposait d'un patrimoine d'au moins 291 millions d'euros et que celle de l'ex-premier ministre Wen Jiabao &#233;tait &#224; la t&#234;te d'une fortune de plus de 2 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi cette nuance ? Sans doute parce que l'enqu&#234;te r&#233;v&#232;le notamment les liens secrets entre l'&#233;lite chinoise et plusieurs banques occidentales et en particulier des &#233;tablissements helv&#232;tes. D'o&#249; d'ailleurs cette pr&#233;cision apport&#233;e encore par son confr&#232;re de LA TRIBUNE DE GENEVE, qui rappelle lui que la France aurait falsifi&#233; les listes de ses propres &#233;vad&#233;s fiscaux, en &#233;liminant environ 3300 noms, citant l&#224; des informations parues hier sur le site financier AGEFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, cette enqu&#234;te est bien de nature, a priori, &#224; cristalliser un peu plus encore aujourd'hui le m&#233;contentement de la population chinoise contre ces cadres communistes, lesquels affichent leurs id&#233;aux populaires tout en fermant les yeux quand leurs proches utilisent leur pouvoir et leur influence pour s'enrichir. Et c'est d'ailleurs pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle certains Chinois bravent &#224; pr&#233;sent la col&#232;re des autorit&#233;s, en les interpellant sur la corruption. S'appuyant sur Internet, le Mouvement des nouveaux citoyens, notamment, qui r&#233;unit des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, milite ainsi pour une plus grande transparence. Sauf que l&#224; encore, le gouvernement n'a pas tard&#233; &#224; r&#233;agir. Le fondateur du mouvement a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; ainsi que plus d'une vingtaine de membres. Et co&#239;ncidence ou pas, le proc&#232;s de ce militant s'est tenu hier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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