<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=3528&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Ce futur productiviste &#224; l'heure du d&#233;sastre climatique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ce-futur-productiviste-a-l-heure-du-desastre-climatique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ce-futur-productiviste-a-l-heure-du-desastre-climatique</guid>
		<dc:date>2023-01-24T06:59:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-01-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travailler plus pour cotiser plus, produire plus, consommer plus&#8230; et polluer plus. Une fa&#231;on de r&#233;duire nos &#233;missions de gaz &#224; effet de serre serait pourtant de r&#233;duire le temps de travail. &lt;br class='autobr' /&gt; 18 janvier 2023 | tir&#233; de Mediapart.fr |Photo : Marche pour le climat &#224; Paris, le 12 mars 2022. &#169; Photo Delphine Lefebvre / Hans Lucas via AFP &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sans plan&#232;te, pas de retraite &#187;, lisait-on, il y a trois ans, dans les cort&#232;ges contre la r&#233;forme des retraites tent&#233;e lors du premier quinquennat Macron. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-01-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-01-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton55584-aefa4.png?1781482329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Travailler plus pour cotiser plus, produire plus, consommer plus&#8230; et polluer plus. Une fa&#231;on de r&#233;duire nos &#233;missions de gaz &#224; effet de serre serait pourtant de r&#233;duire le temps de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 janvier 2023 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/180123/ce-futur-productiviste-l-heure-du-desastre-climatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart.fr&lt;/a&gt; |Photo : &lt;i&gt;Marche pour le climat &#224; Paris, le 12 mars 2022. &#169; Photo Delphine Lefebvre / Hans Lucas via AFP &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Sans plan&#232;te, pas de retraite &#187;&lt;/i&gt;, lisait-on, il y a trois ans, dans les cort&#232;ges contre la r&#233;forme des retraites tent&#233;e lors du premier quinquennat Macron. Jeudi 19 janvier, une grande partie de la galaxie du combat climatique sera &#224; nouveau dans la rue : Extinction Rebellion (XR), Youth for Climate, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Alternatiba et Reclaim Finance ont appel&#233; &#224; manifester. Et c'est aussi le message qu'a fait passer la nouvelle secr&#233;taire nationale d'Europe &#201;cologie-Les Verts, Marine Tondelier d&#233;but janvier &lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-08-janvier-2023-8451508&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur France Inter&lt;/a&gt; :&lt;i&gt; &#171; Dans un monde &#224; + 4 degr&#233;s dans trente ans, on ne se posera plus la question r&#233;partition ou capitalisation, 62 ou 64 ans... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lier la question des retraites &#224; celle du climat n'est pas un sujet abstrait : dans les m&#233;tiers &#224; forte p&#233;nibilit&#233;, l'allongement de la dur&#233;e de cotisation se fera ressentir beaucoup plus qu'ailleurs. Quand on a 60 ans et que l'on est employ&#233; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/160622/les-travailleurs-du-btp-premieres-victimes-de-la-canicule&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans le b&#226;timent&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/130822/pres-de-montelimar-des-agriculteurs-extenues-face-la-canicule-beaucoup-de-travail-et-de-questions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'agriculture&lt;/a&gt;, avec la hausse des temp&#233;ratures actuelle et la multiplication des s&#233;cheresses, on conna&#238;t d&#233;j&#224; des conditions de travail extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en sera-t-il dans les ann&#233;es &#224; venir ? Les in&#233;galit&#233;s, qui p&#232;sent d&#233;j&#224; sur ces m&#233;tiers souvent pr&#233;caires, ne feront que s'accro&#238;tre avec ceux qui s'exercent dans des bureaux climatis&#233;s. Aveugle sur ce point, la nouvelle &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/politique/100123/reforme-des-retraites-travailler-plus-longtemps-au-nom-du-progres-social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;forme des retraites&lt;/a&gt; du gouvernement Macron s'assied sur les carri&#232;res professionnelles de celles et ceux directement touch&#233;s par le changement climatique sur leur lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi une r&#233;forme qui va pousser celles et ceux qui en ont les moyens &#224; se tourner vers les dispositifs priv&#233;s d'&#233;pargne retraite et d'&#233;pargne salariale, encourag&#233;s depuis la loi &#171; pacte &#187; de 2019. Or ce sont principalement des produits financiers qui reposent sur des investissements dans les &#233;nergies fossiles. Et comme le montre une toute r&#233;cente &lt;a href=&#034;https://reclaimfinance.org/site/2023/01/13/reforme-des-retraites-quel-impact-sur-le-climat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tude&lt;/a&gt; de l'ONG Reclaim Finance, les soci&#233;t&#233;s qui g&#232;rent ces fonds n'ont pas l'intention, &#224; ce stade, de retirer leurs billes de ces placements climaticides juteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les acteurs financiers point&#233;s par l'ONG, les pires sont Generali, le Cr&#233;dit agricole, et BNP Paribas : ils ne pr&#233;sentent aucun engagement ni sur le financement des industries gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res, ni sur celui du charbon &#8211; alors que pour ce dernier, la Bourse de Paris s'est engag&#233;e &lt;a href=&#034;https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-la-finance-francaise-se-fixe-une-strategie-charbon-869195.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en 2019&lt;/a&gt; sur une strat&#233;gie de d&#233;sinvestissement. Seuls Axa France et AG2R La Mondiale se sont effectivement tourn&#233;s vers une sortie progressive du charbon, et le Cr&#233;dit mutuel et Axa Investment Managers en sont sortis. En revanche, aucune des douze soci&#233;t&#233;s scrut&#233;es par Reclaim Finance n'a pris un quelconque engagement vis-&#224;-vis du p&#233;trole ou du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec le recul de l'&#226;ge de d&#233;part et l'acc&#233;l&#233;ration de l'augmentation de la dur&#233;e de cotisation, la r&#233;forme fait peser le risque d'une diminution des pensions, note l'ONG. Elle incite alors &#224; la constitution d'une &#233;pargne suppl&#233;mentaire permettant de compl&#233;ter les pensions et/ou d'envisager un d&#233;part anticip&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Cette &#233;pargne par capitalisation, actuellement g&#233;r&#233;e par des acteurs financiers bien install&#233;s sur le march&#233; fran&#231;ais, pourrait aussi b&#233;n&#233;ficier &#224; des soci&#233;t&#233;s encore moins regardantes sur l'impact de leur business, tel le g&#233;ant BlackRock, plus grand gestionnaire d'actifs au monde et &lt;a href=&#034;https://reclaimfinance.org/site/wp-content/uploads/2021/06/Exposing-BlackRock-grip-on-EU-climate-finance-plans.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;peu favorable&lt;/a&gt; &#224; une r&#233;gulation financi&#232;re en mati&#232;re climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette r&#233;forme des retraites &#8211; venant d'un gouvernement qui pr&#233;tend placer l'&#233;cologie au c&#339;ur de ses priorit&#233;s &#8211; repose sur un &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/130123/reforme-des-retraites-ce-bien-triste-avenir-economique-que-nous-promet-le-gouvernement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;logiciel productiviste&lt;/a&gt;. Travailler plus pour cotiser plus, produire plus, consommer plus&#8230; alors que de nombreuses &#233;tudes montrent qu'une fa&#231;on de r&#233;duire nos &#233;missions de gaz &#224; effet de serre serait de r&#233;duire le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois ans, les membres de la Convention citoyenne pour le climat avaient d'ailleurs imagin&#233; une semaine de travail &#224; 28 heures, avant de la retirer de leurs propositions finales. Ailleurs en Europe, l'id&#233;e de la semaine de quatre jours fait son chemin. Dans un&lt;a href=&#034;https://6a142ff6-85bd-4a7b-bb3b-476b07b8f08d.usrfiles.com/ugd/6a142f_5061c06b240e4776bf31dfac2543746b.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport intitul&#233; &#171; Stop the Clock &#187;&lt;/a&gt; (&#171; Arr&#234;tez l'horloge &#187;) publi&#233; &#224; l'&#233;t&#233; 2021, l'association britannique Platform avait ainsi estim&#233; que la g&#233;n&#233;ralisation de la semaine de quatre jours permettrait de r&#233;duire l'empreinte carbone du pays de 21,3 %, soit l'&#233;quivalent des &#233;missions du parc automobile du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme une semaine de travail plus courte, une retraite t&#244;t, c'est plus de temps pour des mobilit&#233;s lentes, une consommation moins compress&#233;e, de l'engagement associatif. C'est la possibilit&#233; d'un mode de vie plus d&#233;tach&#233; de cette &#233;conomie extractiviste qui permet la livraison &#224; domicile au bout du clic. C'est la possibilit&#233; d'une soci&#233;t&#233; plus solidaire et attentive &#224; l'autre, plus patiente, dans un rapport plus &#233;quilibr&#233; &#224; la plan&#232;te. Un futur tellement plus d&#233;sirable que ce que nous propose l'ex&#233;cutif macroniste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;lie Poinssot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire coloniale : &#171; Le but de cette guerre, d&#233;truire la nation ukrainienne &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Histoire-coloniale-Le-but-de-cette-guerre-detruire-la-nation-ukrainienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Histoire-coloniale-Le-but-de-cette-guerre-detruire-la-nation-ukrainienne</guid>
		<dc:date>2022-06-14T06:37:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot, Timothy Snyder</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-06-14</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre en Ukraine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Historien de l'Europe centrale et orientale reconnu mondialement pour ses travaux sur l'Ukraine, Timothy Snyder replace l'invasion russe dans l'histoire coloniale du continent europ&#233;en. Il voit dans cette guerre un g&#233;nocide, tel que d&#233;fini dans la convention de 1948. Entretien. &lt;br class='autobr' /&gt; 4 juin 2022 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Les atrocit&#233;s que traverse l'Ukraine depuis le 24 f&#233;vrier ne sont pas nouvelles. Elles s'inscrivent dans une longue histoire de crimes et d'oppressions dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-1716-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-06-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-06-14&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Guerre-en-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Guerre en Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton53297-b97a3.png?1781482329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Historien de l'Europe centrale et orientale reconnu mondialement pour ses travaux sur l'Ukraine, Timothy Snyder replace l'invasion russe dans l'histoire coloniale du continent europ&#233;en. Il voit dans cette guerre un g&#233;nocide, tel que d&#233;fini dans la convention de 1948. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;4 juin 2022 | tir&#233; d'&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62792&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les atrocit&#233;s que traverse l'Ukraine depuis le 24 f&#233;vrier ne sont pas nouvelles. Elles s'inscrivent dans une longue histoire de crimes et d'oppressions dans un pays ballott&#233; entre les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Terres de Sang. L'Europe entre Hitler et Staline, son ouvrage le plus connu qui raconte les meurtres de masse des ann&#233;es 1930 &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe centrale et orientale, l'historien &#233;tats-unien Timothy Snyder &#233;crit : &#171; Les staliniens colonis&#232;rent leur pays, et les nazis colonis&#232;rent l'Ukraine sovi&#233;tique occup&#233;e : les Ukrainiens n'en finirent pas de souffrir. Pendant les ann&#233;es o&#249; Staline et Hitler &#233;taient tous les deux au pouvoir, plus de gens furent tu&#233;s en Ukraine que partout ailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans la guerre men&#233;e aujourd'hui par la Russie, les nombres n'ont rien de comparable avec ceux des massacres du XXe si&#232;cle, il reste que certains parall&#232;les sont troublants. Meurtres de masse, viols, d&#233;placements de population&#8230; et &#171; une intention sans cesse r&#233;p&#233;t&#233;e d'emp&#234;cher la nation ukrainienne d'exister dans le futur &#187;, ainsi que l'explique Timothy Snyder &#224; Mediapart. Que nous apprend le pass&#233; de l'Ukraine et de la Russie sur le conflit actuel et sur les divergences profondes entre ces deux soci&#233;t&#233;s ? Entretien avec l'un des grands sp&#233;cialistes de ces pays, auteur d'une dizaine d'ouvrages sur l'histoire de cette r&#233;gion du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cette guerre vous bouscule-t-elle en tant qu'historien sp&#233;cialiste de l'Ukraine et des pays alentour ? Y a-t-il quelque chose qui vient confirmer ce que vous avez observ&#233; sur ce pays au cours de vos recherches ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Timothy Snyder : De nombreuses choses. Tout d'abord, cette guerre nous rappelle combien il est important de conna&#238;tre l'histoire et de ne pas l'effacer. Cette invasion russe peut &#234;tre vue comme une cons&#233;quence de la suppression par la Russie de sa propre histoire, du remplacement de la m&#233;moire par le mythe de l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre nous rappelle aussi combien l'Ukraine a &#233;t&#233; essentielle pour l'ordre &#8211; ou le d&#233;sordre &#8211; europ&#233;en ces 100 derni&#232;res ann&#233;es. L'Ukraine a &#233;t&#233; centrale dans le projet de Staline, dans celui d'Hitler&#8230; Et elle est centrale dans l'id&#233;e d'empire de Poutine. Je ne pense pas que nous aurons une Europe pacifique et stable tant que l'Ukraine ne sera pas compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e dans cette Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en tant qu'historien, je suis profond&#233;ment troubl&#233; par la fa&#231;on dont Poutine parle de l'Ukraine, comme s'il n'y avait pas d'&#201;tat, pas de nation. Or nous le savons tr&#232;s bien depuis 1939 : il y a eu un g&#233;nocide de la langue ukrainienne, qui a &#233;t&#233; rendu possible par des pratiques g&#233;nocidaires. Mais le peuple ukrainien n'a pas disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons sur la notion de g&#233;nocide. Mais restons tout d'abord sur les ann&#233;es 1930. Est-ce la bonne focale pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui ? Assiste-t-on en quelque sorte &#224; une r&#233;p&#233;tition, la r&#233;sistance d'un peuple face &#224; une oppression coloniale criminelle ? Les ann&#233;es 1930 ont &#233;t&#233; domin&#233;es par l'Holodomor, la famine organis&#233;e par le pouvoir sovi&#233;tique qui a fait environ 3,3 millions de morts. Mais des paysans ukrainiens ont aussi r&#233;sist&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre colonial est tr&#232;s utile non seulement pour comprendre la Russie, mais aussi l'histoire de l'Europe. Poutine applique en r&#233;alit&#233; la langue coloniale que les Europ&#233;ens ont utilis&#233;e pendant 500 ans. Mais il est en train d'inventer une nouvelle forme de colonialisme russe. Certes, il existe une tradition d'empire russe. Cependant, l'id&#233;e qu'une chose comme l'Ukraine n'existe pas et que les Ukrainiens sont en fait des Russes est tr&#232;s extr&#234;me. Y compris pour les standards du nationalisme russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'on regarde du c&#244;t&#233; de Staline ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Staline savait tr&#232;s bien, du fait de son exp&#233;rience personnelle, que l'Ukraine &#233;tait r&#233;elle. Il avait d'ailleurs beaucoup plus d'exp&#233;rience avec l'Ukraine que Poutine. Il s'est tourn&#233; contre elle quand il a commenc&#233; &#224; avoir des probl&#232;mes avec la collectivisation, il n'a jamais proclam&#233; qu'elle n'existait pas. Pour lui, l'Ukraine &#233;tait une menace, elle n'&#233;tait pas loyale, elle devait &#234;tre punie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir aux ann&#233;es 1930, il faut souligner que la m&#233;moire ukrainienne de cette p&#233;riode est tr&#232;s diff&#233;rente de la m&#233;moire russe. Les Ukrainiens savent, par les r&#233;cits familiaux, qu'une famine organis&#233;e a tu&#233; des millions de personnes, tandis que les Russes ont &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s &#224; croire que tout le monde a souffert de mani&#232;re &#233;gale, et que lorsque les Ukrainiens parlent de l'Holodomor, ils se plaignent pour rien, ou alors ce sont des nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la soci&#233;t&#233; russe et la soci&#233;t&#233; ukrainienne sont-elles si diff&#233;rentes aujourd'hui ? D'un c&#244;t&#233;, une r&#233;sistance unanime, une combativit&#233;, une volont&#233; de s'arrimer &#224; l'Europe ; de l'autre, une passivit&#233;, une absence de distance critique vis-&#224;-vis du pouvoir, une opposition minuscule. Comment l'historien que vous &#234;tes explique-t-il cette diff&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question int&#233;ressante, car ces deux soci&#233;t&#233;s sont en effet tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'Ukraine est pass&#233;e par toutes les &#233;tapes majeures de l'histoire europ&#233;enne, ce qui n'est pas le cas de la Russie. Si l'on prend les r&#233;f&#233;rences historiques fran&#231;aises ou ouest-europ&#233;ennes comme l'&#201;tat m&#233;di&#233;val, la Renaissance, la R&#233;forme, le Baroque : toutes ces choses &#233;taient pr&#233;sentes en Ukraine, &#224; la diff&#233;rence de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'histoire politique de l'Ukraine a commenc&#233; au XVIIe si&#232;cle avec l'id&#233;e de la r&#233;bellion. La r&#233;bellion cosaque du XVIIe si&#232;cle &#233;tait en effet un mouvement protonational ; il impliquait des &#233;l&#233;ments &#224; la fois linguistiques, religieux et &#233;conomiques. Il n'y a rien de tel dans l'histoire russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quand le mouvement national ukrainien a &#233;merg&#233; au XIXe si&#232;cle au sein de l'empire russe, il s'est express&#233;ment tourn&#233; vers le peuple plut&#244;t que vers l'&#201;tat. L'historien ukrainien Mykha&#239;lo Hrouchevsky a &#233;crit cette histoire sous l'angle d'un ensemble de nouvelles id&#233;es, de faits sociaux, d'une langue et d'une culture, plut&#244;t que sous l'angle d'un &#201;tat. En Russie, quand l'histoire a &#233;t&#233; invent&#233;e, tous les &#233;crits portaient sur l'Empire et sur le pouvoir de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on arrive &#224; aujourd'hui, il y a un autre &#233;l&#233;ment, peu remarqu&#233; : c'est la question linguistique. Il est important, bien s&#251;r, que les Ukrainiens aient leur propre langue. Mais ce qui est mal compris, c'est que les Ukrainiens ont deux langues. Et ils passent sans cesse de l'une &#224; l'autre, ce qui leur conf&#232;re une certaine flexibilit&#233; mentale. C'est une des choses qui les diff&#233;rencie des Russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bilinguisme est-il toujours pratiqu&#233; aujourd'hui, malgr&#233; la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, bien s&#251;r. Il existe des Ukrainiens qui parlent seulement le russe, d'autres qui mettent un point d'honneur &#224; ne parler qu'ukrainien&#8230;, mais beaucoup vont et viennent entre les deux, suivant leurs besoins. Les soldats ukrainiens, par exemple, parlent russe la plupart du temps. La langue de commandement est l'ukrainien, ils utilisent l'ukrainien pour pi&#233;ger le renseignement russe, mais tr&#232;s souvent ils parlent russe entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, du fait de la guerre, la tendance g&#233;n&#233;rale est de promouvoir l'ukrainien plut&#244;t que le russe. Mais je pense que lorsque le conflit sera termin&#233;, l'Ukraine ressemblera plut&#244;t &#224; la Suisse, o&#249; les gens utilisent le fran&#231;ais ou l'allemand sans que cela signifie que ce sont des Fran&#231;ais ou des Allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore une chose qui diff&#233;rencie les deux pays. L'Ukraine est un pays tr&#232;s d&#233;centralis&#233;, sur le plan institutionnel comme sur le plan des mentalit&#233;s. Les Ukrainiens pensent que la politique est locale : si vous voulez voir quelque chose aboutir, il faut le faire avec les gens localement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'observe d'ailleurs dans la mani&#232;re dont est conduite la guerre : pour les Russes, c'est une d&#233;cision idiote prise par une personne, &#224; Moscou, et les gens ne font que suivre des ordres ; en Ukraine, un pr&#233;sident populaire donne des orientations qui sont remplies en grande partie par des officiers de rang inf&#233;rieur, dans tout le pays, avec l'aide des communaut&#233;s locales. C'est une compr&#233;hension compl&#232;tement diff&#233;rente de la fa&#231;on dont la guerre doit fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas &#233;galement entre ces deux soci&#233;t&#233;s un rapport diff&#233;rent &#224; l'histoire, au pass&#233;, &#224; la Seconde Guerre mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de la Seconde Guerre mondiale, la diff&#233;rence est importante. La v&#233;rit&#233; est que les Ukrainiens ont consid&#233;rablement plus souffert que les Russes. Mais ces derniers tentent de monopoliser cette souffrance, ce qui h&#233;risse les Ukrainiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment un autre d&#233;saccord, sur l'Union sovi&#233;tique. Dans le discours russe, Staline est largement pr&#233;sent&#233; comme un chef efficace, tandis qu'en Ukraine, il est vu comme celui qui a men&#233; les atrocit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, le XXIe si&#232;cle est aussi crucial pour comprendre les diff&#233;rences entre les deux pays. Malgr&#233; les difficult&#233;s, les Ukrainiens ont r&#233;ussi &#224; conserver des &#233;lections d&#233;mocratiques, &#224; changer leurs dirigeants... Ce n'est pas le cas des Russes, qui n'ont jamais remplac&#233; un dirigeant par un autre gr&#226;ce &#224; des &#233;lections d&#233;mocratiques : Poutine avait &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; par l'&#233;quipe d'Eltsine ; il n'y a pas eu de r&#233;elle &#233;lection depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de 30 ans, cela a des effets sur la fa&#231;on dont les Ukrainiens se voient eux m&#234;mes. Dans leur m&#233;moire, il y a maintenant la m&#233;moire du Ma&#239;dan [soul&#232;vement de l'hiver 2013-2014 &#8211; ndlr], la m&#233;moire du premier soul&#232;vement de 2004-2005 [la &#171; r&#233;volution orange &#187; &#8211; ndlr], la m&#233;moire d'un pays capable de d&#233;cider pour lui-m&#234;me avec quels alli&#233;s il veut &#234;tre. C'est une m&#233;moire que les Russes n'ont pas, car ils n'ont jamais fait tout &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre livre le plus fameux s'intitule Terres de sang. Mais l'Ukraine, c'est aussi le pays des &#171; terres noires &#187;, ce &#171; tchernoziom &#187; si fertile pour l'agriculture&#8230; Ce qui a fait d'elle un territoire souvent convoit&#233; par le pass&#233;. On le lit dans votre livre, ce fut une des raisons de l'invasion par les nazis &#224; partir de 1941. Hitler &#171; r&#234;vait de la terre ukrainienne infiniment fertile &#187;, &#233;crivez-vous. Cette ressource &#233;conomique fait-elle partie des motivations de Vladimir Poutine aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Staline comme pour Hitler, les terres noires de l'Ukraine &#233;taient une ressource tr&#232;s importante. Comme elles l'&#233;taient d&#233;j&#224; pour la Pologne au XVIIe si&#232;cle, pour Ath&#232;nes dans l'Antiquit&#233;&#8230; Cela fait 2 500 ans qu'elles le sont ! C'est l'une des raisons pour laquelle l'Ukraine a si souvent &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, je ne pense pas que pour Poutine ce soit une motivation premi&#232;re. En menant cette guerre, l'arm&#233;e russe va essayer de tirer tout ce qu'elle peut de ces ressources et causer le maximum de dommages possible, mais d'un point de vue &#233;conomique, Poutine n'avait pas int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;marrer cette guerre. Il s'agit surtout d'une guerre id&#233;ologique qui repose sur l'id&#233;e que l'Ukraine n'existe pas, et sur la croyance que lui, en tant que chef de la Russie, a un destin &#224; accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas tout de m&#234;me chez le pr&#233;sident russe l'intention de bloquer l'Ukraine dans son d&#233;veloppement ? De l'emp&#234;cher pr&#233;cis&#233;ment d'exploiter ses ressources naturelles, qui comptent &#233;galement des r&#233;serves de gaz et de minerais non n&#233;gligeables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, cela entre dans le projet g&#233;n&#233;ral de destruction de l'&#201;tat ukrainien et de la soci&#233;t&#233; ukrainienne. C'est le but de cette guerre : d&#233;truire la nation ukrainienne. Toucher l'&#233;conomie ukrainienne, tout comme d&#233;porter des femmes et des enfants, tuer des hommes, br&#251;ler des biblioth&#232;ques et des archives&#8230; rel&#232;ve du m&#234;me projet : &#233;liminer la nation ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun int&#233;r&#234;t pour Poutine de bloquer l'exportation de 22 millions de tonnes de c&#233;r&#233;ales dans les ports de la mer Noire, selon les chiffres annonc&#233;s il y a quelques jours par le pr&#233;sident ukrainien Volodymyr Zelensky ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne dirais pas cela, mais en tout cas ce n'est pas la raison pour laquelle il a d&#233;marr&#233; cette guerre. Maintenant qu'on est en plein conflit, le pr&#233;sident russe est content d'utiliser la nourriture comme arme, de voir des millions de gens affam&#233;s &#224; travers le monde, de voler des c&#233;r&#233;ales, d'en donner &#224; la Syrie ou d'essayer d'en vendre. C'est une arme de guerre et une fa&#231;on de plus de tuer la nation ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un entretien &#224; l'hebdomadaire polonais Polityka, vous disiez d&#232;s le mois de mars qu'un g&#233;nocide est en cours. Parlez-vous en termes juridiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de g&#233;nocide pr&#233;cis&#233;ment dans un sens juridique. Dans la Convention pour la pr&#233;vention et la r&#233;pression du crime de g&#233;nocide de 1948, la d&#233;finition du g&#233;nocide s'appuie sur deux &#233;l&#233;ments : l'intention et l'action. Habituellement, c'est l'intention qui est la plus difficile &#224; prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas difficile du tout. &#192; la diff&#233;rence de la plupart des g&#233;nocides pass&#233;s, la Russie n'arr&#234;te pas de parler de ses intentions g&#233;nocidaires. Elle le fait sans cesse, comme s'il s'agissait d'une sorte de d&#233;fi lanc&#233; &#224; l'Ouest. Quand Poutine dit qu'il n'y a pas de nation ukrainienne ou d'&#201;tat ukrainien, pour les sp&#233;cialistes de g&#233;nocide, c'est du langage g&#233;nocidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations d'intention viennent du sommet de l'&#201;tat russe, et elles sont r&#233;p&#233;t&#233;es en continu &#224; la t&#233;l&#233;vision, qui est propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat. Il y a rarement un plateau de t&#233;l&#233;vision sans que quelqu'un parle de l'extermination de la nation ukrainienne. L'une des plus gros agences officielles russes, Ria Novosti, a publi&#233; deux textes tr&#232;s importants - l'un deux jours apr&#232;s l'invasion, l'autre quelques semaines plus tard &#8211; qui montrent tr&#232;s clairement que le but de la guerre est l'&#233;limination de la nation ukrainienne en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;limination d'une nation ne veut pas dire extermination d'un peuple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes. Mais tuer tous les membres de la population d'un pays n'est pas le seul moyen de commettre un g&#233;nocide. Si c'&#233;tait le cas, m&#234;me l'Holocauste ne serait pas un g&#233;nocide, car tous les juifs n'ont pas &#233;t&#233; tu&#233;s. Vous commettez un g&#233;nocide quand vous avez l'intention de d&#233;truire une nation tout enti&#232;re, et que vous menez certaines actions en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l&#224;, nous avons un r&#233;gime russe qui ne cesse de confesser ses intentions. C'est inhabituel : cela fait une grande diff&#233;rence avec l'Holocauste et de nombreux crimes pass&#233;s. Le pouvoir russe continue de dire ce qu'il fait. Les pratiques sont assez claires &#233;galement. La d&#233;portation de femmes et d'enfants en Russie dans le but de les assimiler est une violation de l'article II section e de la Convention pour la pr&#233;vention et la r&#233;pression du crime de g&#233;nocide, qui dit sp&#233;cifiquement que le &#171; transfert forc&#233; d'enfants du groupe [national, ethnique, racial ou religieux] &#224; un autre groupe &#187; est un g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique russe de rechercher les maires, les activistes locaux, en un mot les personnes importantes pour la nation, de les kidnapper et les assassiner, c'est un g&#233;nocide aussi. Le viol aussi a une dimension g&#233;nocidaire. Quand on entend les soldats raconter ce qu'ils font quand ils violent les femmes ukrainiennes, ils les punissent, mais ils veulent aussi les emp&#234;cher d'avoir des enfants ukrainiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a donc des meurtres de masse, des viols de masse, des d&#233;portations de masse&#8230; et une intention sans cesse r&#233;p&#233;t&#233;e d'emp&#234;cher la nation ukrainienne d'exister dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourrait &#234;tre, justement, le futur de l'Ukraine ? Des territoires semblent d&#233;finitivement perdus pour l'Ukraine ou en passe de l'&#234;tre (la Crim&#233;e et les R&#233;publiques autoproclam&#233;es de Louhansk et de Donetsk depuis 2014 ; Kherson, Marioupol et peut-&#234;tre l'ensemble du Donbass &#224; l'issue du conflit actuel). Faut-il acter la perte de ces territoires ? Faut-il imaginer un avenir neutre pour l'Ukraine, une forme d'&#201;tat tampon du type Liban ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la Crim&#233;e et le Donbass sont occup&#233;s ill&#233;galement. Aucun pays dans le monde ne les reconna&#238;t comme parties de la Russie. Si l'on accepte que des pays peuvent prendre des territoires, alors on laisse tomber tout l'ordre international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'est ni &#224; vous ni &#224; moi, ni &#224; Washington ni &#224; Paris, de d&#233;cider &#224; quoi pourrait ressembler l'Ukraine &#224; la fin de la guerre. Cette r&#233;flexion peut para&#238;tre triviale, mais elle est fondamentale. Car il ne faut pas que nous prenions part &#224; une discussion coloniale sur l'Ukraine, &#224; une distribution des territoires ukrainiens. Ces d&#233;cisions doivent &#234;tre prises par les Ukrainiennes et les Ukrainiens eux-m&#234;mes. On ne peut pas arriver &#224; la victoire par la diplomatie. Mais seulement en gagnant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certainement dans notre int&#233;r&#234;t que l'Ukraine gagne la guerre le plus vite possible. Un autre r&#233;sultat affaiblirait nos d&#233;mocraties et encouragerait les agressions, le recours &#224; l'arme nucl&#233;aire&#8230; Une victoire russe serait un cauchemar en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. Cependant, la diplomatie est inappropri&#233;e pour le moment. Elle sera appropri&#233;e plus tard, pour discuter d'un accord, des fronti&#232;res, d'&#233;ventuelles concessions... mais seulement quand l'Ukraine aura gagn&#233; la guerre. Cette confusion o&#249; l'on pense que la diplomatie peut se substituer &#224; la victoire m'inqui&#232;te. On ne peut pas arriver &#224; la victoire par la diplomatie. Mais seulement en gagnant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il, en fin de compte, d'une guerre d'ind&#233;pendance sur le point de mettre fin &#224; l'imp&#233;rialisme russe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. J'ajouterais qu'une autre raison pour laquelle l'Ukraine doit gagner, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'avenir de la Russie. Tous les pays europ&#233;ens, y compris la France, ont pu, quand leur p&#233;riode imp&#233;riale s'est termin&#233;e, consolider leur r&#233;publique, leur prosp&#233;rit&#233;, leur &#201;tat de droit. Si l'Ukraine gagne la guerre, la Russie a une chance de devenir un pays normal plut&#244;t que de continuer &#224; se voir comme un empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la p&#233;riode moderne, la question g&#233;n&#233;rale qui se posait pour l'Europe &#233;tait : int&#233;gration ou empire ? Il y avait soit des &#201;tats qui s'int&#233;graient sur la base de l'&#233;galit&#233;, soit des empires. La r&#233;ponse du r&#233;gime de Poutine est tr&#232;s claire : il veut l'empire. Un empire qui s'oppose &#224; l'Union europ&#233;enne et veut l'&#233;clater en plusieurs parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc face &#224; une guerre pour l'ind&#233;pendance de l'Ukraine, mais aussi pour le devenir post-imp&#233;rial de la Russie et l'avenir de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Il n'y aura pas de paix sur le continent sans l'Ukraine ; je pense que le co&#251;t de ne pas l'int&#233;grer sera bien sup&#233;rieur &#224; celui de l'int&#233;grer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Timothy Snyder&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;lie Poinssot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; MEDIAPART. 4 juin 2022 &#224; 10h34 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/040622/timothy-snyder-le-de-cette-guerre-detruire-la-nation-ukrainienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/040622/timothy-snyder-le-de-cette-guerre-detruire-la-nation-ukrainienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la s&#233;cheresse, organiser collectivement la solidarit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-a-la-secheresse-organiser-collectivement-la-solidarite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Face-a-la-secheresse-organiser-collectivement-la-solidarite</guid>
		<dc:date>2022-05-31T07:09:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot, Micka&#235;l Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Pakistan</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La s&#233;cheresse est en train de d&#233;vaster l'Inde et le Pakistan. Ce type d'&#233;pisode, de plus en plus fr&#233;quent, ne se limite plus aux pays en voie de d&#233;veloppement. En France, une vingtaine de d&#233;partements font d&#233;j&#224; l'objet de mesures de restriction d'eau. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une fournaise infernale touche en ce moment m&#234;me pr&#232;s d'un cinqui&#232;me de l'humanit&#233;. Depuis deux mois, l'Inde et le Pakistan font face &#224; des temp&#233;ratures hors normes. Au Pakistan, on parlait d&#232;s le mois de mars de &#171; June (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Pakistan-251-+" rel="tag"&gt;Pakistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-05-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-05-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton53066-32b78.png?1781408127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La s&#233;cheresse est en train de d&#233;vaster l'Inde et le Pakistan. Ce type d'&#233;pisode, de plus en plus fr&#233;quent, ne se limite plus aux pays en voie de d&#233;veloppement. En France, une vingtaine de d&#233;partements font d&#233;j&#224; l'objet de mesures de restriction d'eau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/270522/face-la-secheresse-organiser-collectivement-la-solidarite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fournaise infernale touche en ce moment m&#234;me pr&#232;s d'un cinqui&#232;me de l'humanit&#233;. Depuis deux mois, l'Inde et le Pakistan font face &#224; des temp&#233;ratures hors normes. Au Pakistan, on parlait d&#232;s le mois de mars de &#171; June Hot &#187;, soit une chaleur similaire &#224; celle du mois de juin, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/240522/au-pakistan-la-temperature-frole-les-50-c-et-accable-les-plus-pauvres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;raconte&lt;/a&gt; le correspondant de Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, mars a &#233;t&#233; le mois le plus chaud que le pays ait connu depuis le d&#233;but des relev&#233;s, il y a 122 ans. Le 15 mai dernier, le mercure est mont&#233; &#224; 49 &#176;C &#224; New Delhi. Dans un pays o&#249; moins d'un&#11825;e habitant&#11825;e sur cinq a acc&#232;s &#224; la climatisation, des pics &#224; 51 &#176;C ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s &#224; la fronti&#232;re avec le Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence de cette canicule l&#233;tale &#8211; quatre-vingt-dix d&#233;c&#232;s ont pour l'instant &#233;t&#233; d&#233;nombr&#233;s dans les deux pays &#8211;, la s&#233;cheresse s'est consid&#233;rablement aggrav&#233;e. L'Inde et le Pakistan ont respectivement des d&#233;ficits pluviom&#233;triques de 71 % et 62 %. Dans certains &#201;tats agricoles de l'Inde, les paysan&#11825;nes ont perdu jusqu'&#224; 35 % de rendement de leurs cultures alors que le pays est consid&#233;r&#233; comme le grenier &#224; bl&#233; de l'Asie, et dans un contexte o&#249; le prix des c&#233;r&#233;ales s'est envol&#233; &#224; la suite de l'agression russe en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une r&#233;cente &lt;a href=&#034;https://www.worldweatherattribution.org/climate-change-made-devastating-early-heat-in-india-and-pakistan-30-times-more-likely/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tude&lt;/a&gt; du World Weather Attribution, le changement climatique aurait rendu cette funeste vague de chaleur trente fois plus probable. &#171; Des milliers de personnes dans cette r&#233;gion, qui ont tr&#232;s peu contribu&#233; au changement climatique, en subissent maintenant les cons&#233;quences et continueront de le faire si les &#233;missions ne sont pas r&#233;duites de fa&#231;on significative &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187;, a rappel&#233; la chercheuse Arpita Mondal, hydroclimatologue &#224; l'Institut indien de technologie de Bombay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les 1 % les plus riches de la plan&#232;te &#233;mettent plus de deux fois plus que les 50 % les plus pauvres. Et un Fran&#231;ais ou un Am&#233;ricain poss&#232;de une empreinte carbone environ dix &#224; quinze fois plus &#233;lev&#233;e qu'un Indien ou un Pakistanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les populations les plus pauvres et les plus vuln&#233;rables courent un plus grand risque lors d'&#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes. Entre 1970 et 2019, plus de &lt;a href=&#034;https://public.wmo.int/en/media/press-release/weather-related-disasters-increase-over-past-50-years-causing-more-damage-fewer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;91 %&lt;/a&gt; des d&#233;c&#232;s dus aux conditions m&#233;t&#233;orologiques, climatiques et hydriques dans le monde se sont produits dans les pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du x&#233;nophobe et supr&#233;maciste hindou Narendra Modi, qui vient de d&#233;cider d'augmenter sa production de charbon alors que 70 % de l'&#233;lectricit&#233; du pays est d&#233;j&#224; produite &#224; partir de la houille, ou la France, un des plus grands &#233;metteurs historiques de CO2, sont tout autant responsables de ces impacts climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cons&#233;quences mortif&#232;res li&#233;es au r&#233;chauffement plan&#233;taire qui font fi des fronti&#232;res : l'accumulation de gaz &#224; effet de serre exerce une violence indirecte, &#224; travers notre atmosph&#232;re, qui peut affecter aussi bien le monde agricole indien que fran&#231;ais. Autrefois cantonn&#233;e aux seuls pays du Sud, une s&#233;cheresse extr&#234;me est en passe de devenir une condition commune, qu'importe que l'on vive dans le Nord industrialis&#233; ou en Asie m&#233;ridionale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2022-05-29_a_16.17_46.png?6729/79233371e21989f309d0b167d68e257b2299b999f9875cdf3e0078d998cef8be&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH364/79233371e21989f3-2efc59c4-f99a4.png?1781408127' width='500' height='364' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode travers&#233; par la France en ce moment en est un exemple flagrant. Et ce ne sont pas les pluies arrivant apr&#232;s un &#233;pisode de chaleur particuli&#232;rement long et pr&#233;coce qui permettront de remplir les nappes phr&#233;atiques : celles-ci sont en d&#233;ficit depuis le d&#233;but de l'hiver sur une majeure partie de l'Hexagone. Les mois de f&#233;vrier, mars et avril ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement cruels : le d&#233;ficit de pr&#233;cipitations y a d&#233;pass&#233; les 35 %. R&#233;sultat, localement, il a fallu limiter l'usage de ressource hydrique avant m&#234;me que l'&#233;t&#233; d&#233;marre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 24 mai, &lt;a href=&#034;http://propluvia.developpement-durable.gouv.fr/propluvia/faces/.jsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dix-neuf d&#233;partements&lt;/a&gt; &#233;taient ainsi concern&#233;s par des arr&#234;t&#233;s pr&#233;fectoraux de restriction &#8211; principalement dans le centre-ouest et sur la C&#244;te d'Azur. Entra&#238;nant une limitation des pr&#233;l&#232;vements &#224; usage agricole, alors que l'on se trouve en pleine saison de cultures. C'est la premi&#232;re fois que de telles alertes arrivent aussi t&#244;t dans l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque d'eau et de pr&#233;cipitations en cette p&#233;riode cl&#233; ne sera pas rattrapable. Ce sont des &#233;pis de bl&#233; qui seront moins fournis, des graines de betterave qui ne germeront pas, une herbe qui ne poussera pas bien haut dans les prairies&#8230; et in fine des rendements moindres un peu partout. Sur le long terme, ce seront des sols appauvris, disposant de moins en moins de ressources souterraines, de plus en plus gagn&#233;s par l'&#233;rosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La carte publi&#233;e par le minist&#232;re de la transition &#233;cologique montre que le risque de s&#233;cheresse ne concerne plus seulement l'arc m&#233;diterran&#233;en, traditionnellement touch&#233; par les &#233;pisodes extr&#234;mes. C'est m&#234;me plut&#244;t l'inverse : le ph&#233;nom&#232;ne monte vers le nord et l'est de la France. Au total, vingt-deux d&#233;partements se trouvent d&#233;j&#224; en risque &#171; tr&#232;s probable &#187; de s&#233;cheresse d'ici &#224; la fin de l'&#233;t&#233; 2022, et quarante-sept en risque &#171; probable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/1-88.jpg?6727/6c1417fd5cb4ead4530e985a4cf82a40e4d4ec7f3535599c42a3641cb52d7fa0&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH707/6c1417fd5cb4ead4-b387fe66-8b554.jpg?1781408128' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2022-05-29_a_16.16_13.png?6728/8c4612745f908af9e5cca1ef0e37546a2731a45164c9a63b9cdc858676a0809b&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH34/8c4612745f908af9-f6ff3084-79317.png?1781408128' width='500' height='34' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel ou isol&#233;. Avant l'&#233;t&#233; 2022, il y a eu l'&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/060820/la-secheresse-place-le-secteur-agricole-devant-l-urgence-de-faire-evoluer-ses-pratiques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;. Et les &#233;t&#233;s 2019, 2018&#8230; &#171; La norme de demain, c'est les records d'aujourd'hui, dit l'agroclimatologue Serge Zaka dans un r&#233;cent &lt;a href=&#034;https://www.agriculture-strategies.eu/2022/05/serge-zaka-anticiper-proteger-et-former-pour-lagriculture-de-demain/?utm_source=mailpoet&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=NS38&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; au think tank Agricultures Strat&#233;gies. Il faut s'attendre &#224; une augmentation de la r&#233;currence des ph&#233;nom&#232;nes extr&#234;mes : les pluies vont &#234;tre plus intenses en hiver, plus rares en &#233;t&#233;, en parall&#232;le d'&#233;pisodes caniculaires plus fr&#233;quents. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on est pass&#233;, explique-t-il, d'une moyenne de 5 % de surfaces en s&#233;cheresse en France en 1959 &#224; 12 % en 2020. Selon ses estimations, en 2050, c'est un cinqui&#232;me du territoire qui sera concern&#233;. Or le secteur agricole avale d&#233;j&#224; pr&#232;s de la moiti&#233; de la consommation d'eau du pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps que l'agriculture, &#224; la fois victime et partie prenante des d&#233;r&#232;glements climatiques &#8211; elle repr&#233;sente 19 % des &#233;missions fran&#231;aises de gaz &#224; effet de serre &#8211;, accepte un partage plus &#233;quitable de la ressource en eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps d'arr&#234;ter l'aggravation de nos d&#233;ficits hydriques, comme le pr&#244;ne une partie de l'agriculture productiviste qui continue d'&#233;tendre ses surfaces. Ces grands irrigants, cultivateurs de ma&#239;s en t&#234;te, pompent artificiellement de l'eau au profit d'une vari&#233;t&#233; qui n'est pas adapt&#233;e &#224; leur territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a trois ans, le &#171; Varenne de l'eau &#187;, r&#233;unissant usagers de l'eau et acteurs de la protection des milieux aquatiques, &#233;tait parvenu &#224; un objectif de r&#233;duction des pr&#233;l&#232;vements d'eau de 10 % en cinq ans et de 25 % en quinze ans. Des ambitions laiss&#233;es lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier avatar de cette fuite en avant : les &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230921/dans-les-deux-sevres-militants-et-monde-paysan-rassembles-contre-les-mega-bassines-agricoles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;gabassines agricoles&lt;/a&gt;, contre lesquelles monde paysan et luttes &#233;cologiques convergent aujourd'hui pour arr&#234;ter l'accaparement de l'or bleu au profit d'int&#233;r&#234;ts particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/190522/climat-militer-dans-l-urgence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Invit&#233;&lt;/a&gt; la semaine derni&#232;re dans l'&#233;mission quotidienne de Mediapart &#171; &#192; l'air libre &#187;, Julien Le Guet, du collectif Bassines non merci, en faisait le constat : ces bassines, &#171; ce n'est nullement une solution, c'est m&#234;me une mal-adaptation. Ces bassines viennent ancrer un mod&#232;le agricole qui s'est construit quand on pensait que l'eau &#233;tait abondante et une ressource illimit&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe que ces infrastructures sont probl&#233;matiques, la cour d'appel de Bordeaux a jug&#233; le 17 mai que cinq d'entre elles, en Charente-Maritime et dans les Deux-S&#232;vres, &#233;taient ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cesser de g&#233;rer les crises par le versement, apr&#232;s coup, d'une assurance r&#233;colte in&#233;quitablement r&#233;partie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres pistes sont possibles que tirer l'eau des nappes phr&#233;atiques. Cultiver des vari&#233;t&#233;s moins demandeuses d'eau, dont les racines vont chercher davantage en profondeur, planter des arbres et couvrir les sols, afin de retenir l'humidit&#233; dans la terre&#8230; Les m&#233;thodes agro&#233;cologiques permettent, pr&#233;cis&#233;ment, de s'adapter aux nouvelles conditions climatiques sans aggraver les d&#233;g&#226;ts. Remplacer, par exemple, &#171; le ma&#239;s par le sorgho, le bl&#233; par le mil, utiliser du chanvre &#187;, pour reprendre les propos de Serge Zaka. Et cesser de g&#233;rer les crises par le versement, apr&#232;s coup, d'une assurance r&#233;colte in&#233;quitablement r&#233;partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel virage, cependant, ne peut se faire ni en laissant agriculteurs et agricultrices livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, ni en laissant les int&#233;r&#234;ts particuliers, c&#233;r&#233;aliers de la FNSEA en t&#234;te, dicter la politique agricole de la France. Il ne peut se faire non plus en maintenant, comme c'est le cas dans l'organigramme du &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230522/planification-ecologique-le-gouvernement-trous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouvel ex&#233;cutif&lt;/a&gt;, l'agriculture &#224; l'&#233;cart de la &#171; planification &#233;cologique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une transition d'ampleur, coh&#233;rente et pilot&#233;e, permettra de contenir et, dans le meilleur des cas, d'att&#233;nuer les d&#233;g&#226;ts des s&#233;cheresses. C'est-&#224;-dire une v&#233;ritable politique publique, avec formations ad&#233;quates et r&#233;orientation des subventions de la PAC (politique agricole commune), afin que les fermes soient accompagn&#233;es, techniquement et financi&#232;rement, dans l'adoption de ces nouvelles m&#233;thodes moins gourmandes en ressource hydrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usages de l'eau &#224; l'&#233;chelon national, politique climatique &#224; l'&#233;chelon international : face &#224; ces s&#233;cheresses &#233;troitement li&#233;es aux bouleversements du climat, les &#201;tats riches, comme la France, ne peuvent plus faire l'autruche.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour les pays du Sud, le co&#251;t des destructions li&#233;es au chaos climatique est estim&#233; &#224; 500 milliards d'euros par an d'ici &#224; 2030.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant ce qui s'est encore produit lors de la derni&#232;re conf&#233;rence internationale sur le climat, la COP 26 de Glasgow en novembre dernier. Les &#201;tats les plus vuln&#233;rables avaient propos&#233; un m&#233;canisme de financement pour les pertes et dommages irr&#233;versibles caus&#233;s par les &#233;v&#233;nements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays du Sud, le co&#251;t des destructions li&#233;es au chaos climatique est estim&#233; &#224; 500 milliards d'euros par an d'ici &#224; 2030. Mais lors des n&#233;gociations, ce dispositif de solidarit&#233; financi&#232;re a &#233;t&#233; torpill&#233; par les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne, France en t&#234;te, qui redoutent des actions en justice susceptibles d'entra&#238;ner d'importantes compensations financi&#232;res du fait de leur responsabilit&#233; historique dans les &#233;missions carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays riches ont par ailleurs &#233;chou&#233; durant cette COP &#224; tenir leur promesse de mobiliser, d&#232;s 2020, 100 milliards de dollars par an &#224; destination des pays du Sud pour les aider &#224; r&#233;aliser leur transition &#233;cologique. Ils assurent d&#233;sormais qu'ils y arriveront &#224; partir de 2023, alors que cet engagement avait &#233;t&#233; act&#233; il y a d&#233;j&#224; douze ans lors de la COP 15 &#224; Copenhague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidarit&#233; climatique Nord-Sud plut&#244;t qu'abandon des plus vuln&#233;rables, anticipation plut&#244;t que gestion de crise, planification plut&#244;t qu'arrangement entre int&#233;r&#234;ts particuliers, att&#233;nuation et adaptation plut&#244;t qu'aggravation : face aux s&#233;cheresses d&#233;sormais r&#233;currentes, en France comme &#224; l'&#233;tranger, les populations directement touch&#233;es ont droit &#224; une politique &#224; la hauteur de l'enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Micka&#235;l Correia et Am&#233;lie Poinssot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'agression russe sur l'Ukraine, un cauchemar pour l'&#233;cologie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-agression-russe-sur-l-Ukraine-un-cauchemar-pour-l-ecologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-agression-russe-sur-l-Ukraine-un-cauchemar-pour-l-ecologie</guid>
		<dc:date>2022-03-08T07:02:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait partie des sc&#233;narios d&#233;j&#224; annonc&#233;s par le Giec cet &#233;t&#233; : la mont&#233;e des conflits pourrait entra&#238;ner une hausse moyenne des temp&#233;ratures mondiales de 3 &#224; 3,5 degr&#233;s d'ici &#224; la fin du si&#232;cle, quand l'objectif est, actuellement, de les limiter &#224; 1,5 degr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Si un autocrate se met &#224; massacrer un peuple sans raison, comment esp&#233;rer de lui qu'il mette son pays sur la voie d'une transition &#233;cologique ? La Russie, premier producteur de gaz fossile avec Gazprom &#8211; l'une des trois (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton51747-f4c32.png?1781482330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait partie des sc&#233;narios d&#233;j&#224; annonc&#233;s par le Giec cet &#233;t&#233; : la mont&#233;e des conflits pourrait entra&#238;ner une hausse moyenne des temp&#233;ratures mondiales de 3 &#224; 3,5 degr&#233;s d'ici &#224; la fin du si&#232;cle, quand l'objectif est, actuellement, de les limiter &#224; 1,5 degr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si un autocrate se met &#224; massacrer un peuple sans raison, comment esp&#233;rer de lui qu'il mette son pays sur la voie d'une transition &#233;cologique ? La Russie, premier producteur de gaz fossile avec Gazprom &#8211; l'une des trois entreprises au monde les plus &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre &#8211; avait d&#233;j&#224; tard&#233; &#224; adopter l'accord de Paris de 2015. Elle ne l'a ratifi&#233; que quatre ans plus tard. Entre-temps, la production du g&#233;ant gazier a augment&#233; de 15 %...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Odessa, Mykola&#239;v, Marioupol, les ports ukrainiens de la mer Noire et de la mer d'Azov, des cargos de c&#233;r&#233;ales &#224; destination des march&#233;s mondiaux sont bloqu&#233;s. Les prix flambent ; mardi soir, la tonne de bl&#233; a atteint un nouveau record de 351 euros. Dans les all&#233;es du Salon de l'agriculture, qui se tient cette semaine porte de Versailles &#224; Paris, la r&#233;ponse apport&#233;e par les organisations dominantes du monde agricole &#233;tait d'en appeler &#224; la souverainet&#233; nationale afin que l'Hexagone soit moins d&#233;pendant des importations en provenance du grenier &#224; bl&#233; ukrainien. Elles en profitaient pour exiger, une nouvelle fois, un assouplissement des mesures environnementales que tente de mettre en place, laborieusement, la politique agricole europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, tant pour l'alimentation humaine que pour l'alimentation animale, pourraient venir &#224; manquer dans quelques mois, l'argument &#233;cologique d'une agriculture plus respectueuse des &#233;cosyst&#232;mes aura certes peu de poids. Pourtant, les urgences sont l&#224; aussi, moins spectaculaires, moins marqu&#233;es sous le sceau de l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une enqu&#234;te publi&#233;e dimanche, Mediapart raconte comment le n&#176; 2 de la volaille fran&#231;ais, Duc, a abandonn&#233; la production bio et d'autres labels pour ne produire que du poulet bas de gamme &#224; travers un vaste plan de construction de m&#233;gapoulaillers dans lesquels sont entass&#233;s 22 poulets au m&#232;tre carr&#233;. Depuis longtemps, l'&#233;levage porcin, notamment en Bretagne, est &#233;galement engag&#233; dans cette voie de l'industrialisation hors-sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces modes d'&#233;levage recourent au soja br&#233;silien&#8230; comme aux ma&#239;s et tournesols ukrainiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Ceta, cheval de Troie d'une agriculture toxique aux effets d&#233;vastateurs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Ceta-cheval-de-Troie-d-une-agriculture-toxique-aux-effets-devastateurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Ceta-cheval-de-Troie-d-une-agriculture-toxique-aux-effets-devastateurs</guid>
		<dc:date>2019-08-27T05:56:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;21 ao&#251;t 2019 | tir&#233; de medipart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Il va &#234;tre au c&#339;ur des discussions du contre-G7 qui s'ouvre ce mercredi &#224; Hendaye. L'accord de libre-&#233;change entre l'Union europ&#233;enne et le Canada, ratifi&#233; par l'Assembl&#233;e nationale le 23 juillet, fera venir dans nos assiettes un b&#339;uf nourri avec des substances interdites en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; Il a suscit&#233; la col&#232;re des agriculteurs au moment de sa ratification en plein c&#339;ur de l'&#233;t&#233; : en Sa&#244;ne-et-Loire, dans le Cantal, en Corr&#232;ze et dans la Creuse, des d&#233;put&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton39968-40ab1.png?1781482330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;21 ao&#251;t 2019 | tir&#233; de medipart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va &#234;tre au c&#339;ur des discussions du contre-G7 qui s'ouvre ce mercredi &#224; Hendaye. L'accord de libre-&#233;change entre l'Union europ&#233;enne et le Canada, ratifi&#233; par l'Assembl&#233;e nationale le 23 juillet, fera venir dans nos assiettes un b&#339;uf nourri avec des substances interdites en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il a suscit&#233; la col&#232;re des agriculteurs au moment de sa ratification en plein c&#339;ur de l'&#233;t&#233; : en Sa&#244;ne-et-Loire, dans le Cantal, en Corr&#232;ze et dans la Creuse, des d&#233;put&#233;s ont &#233;t&#233; pris &#224; partie, l'un d'eux a vu sa permanence mur&#233;e, des &#233;leveurs se sont rassembl&#233;s pour protester ici et l&#224;. Le Ceta, l'accord de libre-&#233;change entre l'Union europ&#233;enne et le Canada, d&#233;j&#224; en vigueur depuis dix-huit mois (il a &#233;t&#233; vot&#233; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/150217/libre-echange-le-parlement-europeen-adopte-le-ceta-une-large-majorite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par le Parlement europ&#233;en en f&#233;vrier 2017&lt;/a&gt;) et approuv&#233; c&#244;t&#233; fran&#231;ais &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230719/le-ceta-est-adopte-par-l-assemblee-nationale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l'Assembl&#233;e nationale le 23 juillet&lt;/a&gt;, a suscit&#233; une vive opposition du c&#244;t&#233; des deux principaux syndicats agricoles. FNSEA et Conf&#233;d&#233;ration paysanne ont d&#233;nonc&#233; tous deux, malgr&#233; leurs divergences de fond, un accord dangereux pour notre alimentation et notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le contre-sommet du G7 s'ouvre &#224; Hendaye pour faire &#233;merger des alternatives et des solutions face &#224; l'urgence climatique et aux trait&#233;s de libre-&#233;change en amont du rassemblement des sept puissances les plus riches de la plan&#232;te ce week-end, Mediapart a d&#233;cid&#233; de d&#233;crypter le volet alimentaire de &lt;a href=&#034;https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52016PC0443&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet accord canado-europ&#233;en&lt;/a&gt;, tant l'impact va &#234;tre lourd dans nos assiettes et sur notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois fili&#232;res, en particulier, sont concern&#233;es : la fili&#232;re bovine &#8211; avec l'ouverture, pour les Canadiens, d'un quota de 64 750 tonnes de viande exempt&#233;es de droits de douane &#8211;, la fili&#232;re porcine &#8211; 75 000 tonnes de viande exempt&#233;es de droits de douane &#8211;, et la fili&#232;re du froment &#8211; 100 000 tonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fili&#232;res de production europ&#233;enne ne sont pourtant pas en manque, et le d&#233;veloppement du commerce international est en contradiction totale avec l'urgence de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Mais la port&#233;e du Ceta va encore plus loin. Les standards de la production bovine outre-Atlantique n'ont en effet rien &#224; voir avec ceux du continent europ&#233;en. Les cons&#233;quences ne sont pas anodines : en termes de bien-&#234;tre animal, d'impact sanitaire, de biodiversit&#233; et de lutte contre le changement climatique, l'importation de viande de b&#339;uf canadienne va bousculer les &#233;quilibres agroalimentaires europ&#233;ens, pourtant d&#233;j&#224; largement perfectibles en mati&#232;re de pr&#233;servation de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la production canadienne repose sur un mod&#232;le intensif pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me : deux tiers des exploitations bovines comptent plus de 10 000 b&#234;tes. Une &#233;chelle incomparable avec la taille des fermes en France o&#249; l'on trouve, en moyenne, 60 &#224; 70 vaches. Ces exploitations, que l'on appelle outre-Atlantique les feedlots, parquent les b&#234;tes les unes sur les autres dans des zones d'engraissement &#224; ciel ouvert, hiver comme &#233;t&#233;. Nul p&#226;turage dans ces fermes industrielles, mais de la boue et du ma&#239;s OGM qui constitue 80 % de l'alimentation (on peut s'en faire une id&#233;e dans cette &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/jeunes.agriculteurs.71/videos/671994992917610/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vid&#233;o r&#233;alis&#233;e en 2014 par Interbev&lt;/a&gt;, association interprofessionnelle qui repr&#233;sente et d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts de l'ensemble de la cha&#238;ne agroalimentaire de la fili&#232;re bovine). Le transport du b&#233;tail pose aussi question : en Europe, l'acheminement &#224; l'abattoir est limit&#233; &#224; quatre heures de trajet. Au Canada, o&#249; il n'existe aucun texte l&#233;gislatif sur la question du bien-&#234;tre animal, la limite est de huit heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me majeur de la production bovine canadienne : les substances ingurgit&#233;es par l'animal. Si le mod&#232;le agricole europ&#233;en, d&#233;velopp&#233; depuis des d&#233;cennies par les pouvoirs publics et encourag&#233; par la PAC (Politique agricole commune), reste adoss&#233; &#224; un sch&#233;ma productiviste qui a d&#233;j&#224; fait d'innombrables d&#233;g&#226;ts, il faut reconna&#238;tre que prises de conscience, &#233;pid&#233;mies et scandales agroalimentaires ont, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, fait &#233;voluer la l&#233;gislation. Rien de tel au Canada, o&#249; un total de quarante-six substances actives interdites en Europe sont utilis&#233;es comme pesticides dans la cha&#238;ne de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une de ces substances, c'est l'atrazine, un herbicide interdit dans l'UE depuis 2003. Diagnostiqu&#233; comme ayant des effets n&#233;fastes dans le d&#233;veloppement de l'embryon humain par l'Inserm (Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale) et quelques ann&#233;es plus tard par l'universit&#233; de Berkeley en Californie, il est massivement utilis&#233; dans la fili&#232;re bovine canadienne pour sa fonction d'&lt;i&gt;&#171; activateur &#187;&lt;/i&gt; qui permet aux b&#234;tes de prendre plus de poids plus rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres substances interdites dans l'&#233;levage europ&#233;en : les farines animales. Contrairement &#224; ce qu'assurent le gouvernement et les d&#233;fenseurs de l'accord, rien n'est dit, dans le Ceta, sur le respect de l'interdit europ&#233;en concernant le b&#339;uf import&#233;. Perspective d'autant plus inqui&#233;tante que l'Agence canadienne d'inspection des aliments a confirm&#233; le 19 juillet &lt;a href=&#034;http://www.agra.fr/le-canada-autorise-bien-certaines-prot-ines-de-ruminants-pour-nourrir-des-ruminants-art455781-39.html?Itemid=350&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; l'agence de presse Agra Presse&lt;/a&gt; que la l&#233;gislation canadienne autorisait l'utilisation de certaines prot&#233;ines de ruminant dans l'alimentation de ces m&#234;mes ruminants, comme les farines de sang et la g&#233;latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela va &#224; l'inverse du principe de non-cannibalisme de la production europ&#233;enne, impos&#233; en France et en Europe apr&#232;s le scandale de la vache folle &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Le r&#232;glement sur l'alimentation du b&#233;tail au Canada, lui, n'a pas chang&#233; depuis 1983 et les farines animales y sont bel et bien autoris&#233;es, comme on peut le constater&lt;a href=&#034;https://laws-lois.justice.gc.ca/Recherche/Recherche.aspx?txtS3archA11=farine+animale&amp;txtT1tl3=%22R%C3%A8glement+de+1983+sur+les+aliments+du+b%C3%A9tail%22&amp;h1ts0n1y=0&amp;ddC0nt3ntTyp3=R%C3%A8glements&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de la l&#233;gislation canadienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antibiotiques s'ajoutent &#224; cette longue liste de substances probl&#233;matiques. Non pas que ceux-ci soient interdits dans les &#233;levages fran&#231;ais, mais ils y sont limit&#233;s &#224; un usage th&#233;rapeutique, alors qu'au Canada ils sont &#233;galement utilis&#233;s comme activateurs de croissance, ce qui ne se fait plus en Europe depuis 1996. En outre, les b&#234;tes ne peuvent &#234;tre conduites &#224; l'abattoir moins de quatre mois apr&#232;s leur derni&#232;re absorption d'antibiotiques. Il n'existe pas de telle r&#232;gle au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incoh&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le b&#339;uf qui arrive dans nos supermarch&#233;s gr&#226;ce au Ceta n'est pas du tout produit dans les m&#234;mes conditions que sur le continent europ&#233;en, et l'UE ne pourra pas imposer ses normes de production &#224; son partenaire d'outre-Atlantique. D'ailleurs, Ottawa et Washington n'ont jamais cach&#233; leur ambition de contester les r&#232;gles europ&#233;ennes, qui, &#224; leurs yeux, entravent le commerce international. Apr&#232;s l'interdiction europ&#233;enne du b&#339;uf aux hormones am&#233;ricain, les deux pays avaient ainsi obtenu de l'organe de r&#232;glement des diff&#233;rends de l'OMC, en 2008, qu'il autorise des sanctions commerciales contre l'UE. Sanctions par la suite suspendues en l'&#233;change de l'octroi aux &#201;tats-Unis de quotas exempt&#233;s de droits de douane&#8230; Les deux pays, avec d'autres, formulent aussi r&#233;guli&#232;rement des critiques vis-&#224;-vis de la r&#233;glementation europ&#233;enne sur les perturbateurs endocriniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a finalement qu'un point dans le Ceta sur lequel le Canada s'engage, il s'agit l'utilisation d'hormones. B&#339;ufs et porcs &#224; destination de l'UE ne pourront pas avoir &#233;t&#233; nourris aux hormones et aux anabolisants. Cela implique le d&#233;veloppement d'une fili&#232;re sp&#233;cifique pour l'exportation, tant la production en Am&#233;rique du Nord repose massivement sur ces substances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment v&#233;rifier que ce mince engagement est respect&#233; ? Le Ceta, comme l'accord commercial &#224; venir avec le Mercosur (ent&#233;rin&#233; en juillet &#224; Bruxelles par la Commission sortante), pr&#233;voit la possibilit&#233; de contr&#244;le de la cha&#238;ne de production canadienne par les autorit&#233;s europ&#233;ennes. Mais ces contr&#244;les seront organis&#233;s en collaboration avec les autorit&#233;s locales, donc ils n'auront rien d'inopin&#233; ni d'ind&#233;pendant. Pour la FNB, l'Institut fran&#231;ais de l'&#233;levage bovin, ce n'est donc pas une garantie suffisante. L'organisme pointe en outre le manque de moyens du c&#244;t&#233; des services sanitaires europ&#233;ens pour contr&#244;ler la viande &#224; l'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'il est difficile de d&#233;terminer les substances ingurgit&#233;es par l'animal quand on est face &#224; des conteneurs de viande transform&#233;e&#8230; Et dans l'Hexagone comme en Europe, il y a d&#233;j&#224; bien des abus qui &#233;chappent aux contr&#244;les. &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas v&#233;rifier sur de la viande d&#233;coup&#233;e si elle a &#233;t&#233; trait&#233;e aux hormones. C'est quelque chose qu'on ne peut voir que sur des animaux vivants &#187;&lt;/i&gt;, assure Patrick B&#233;n&#233;zit, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de la FNSEA, joint par Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Thibaut.G&lt;br class='autobr' /&gt;
@ThibautGiraud1&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s le #super vote du #ceta je me demande toujours comment on fera demain ... j'ai un peu de mal &#224; imaginer l'avenir ! Heureusement que je suis motiv&#233; !!!! @JA_Manche @JA_Normandie @devenireleveur @Agridemain @JeunesAgri&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/pdIGlPyvT7s&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o int&#233;gr&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation de ce jeune agriculteur de la Manche a fait le buzz sur Internet &#169; Thibaut Giraud&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourtant diff&#233;rents rapports avaient alert&#233; &#224; temps sur les cons&#233;quences n&#233;fastes du Ceta et sur ses aberrations vis-&#224;-vis des r&#232;glements europ&#233;ens. L'un d'eux, que l'on peut difficilement attribuer &#224; un lobby ou &#224; une prise de position radicale, &lt;a href=&#034;https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2017/09/rapport_de_la_commission_devaluation_du_ceta_-_08.09.2017.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le rapport Schubert&lt;/a&gt;, command&#233; il y a deux ans par le gouvernement et r&#233;dig&#233; par une commission d'universitaires, relevait : &lt;i&gt;&#171; Rien n'est pr&#233;vu dans l'accord Ceta en ce qui concerne l'alimentation des animaux (utilisation de farines animales et de ma&#239;s et soja OGM, r&#233;sidus de pesticides&#8230;), l'utilisation des m&#233;dicaments v&#233;t&#233;rinaires (notamment des antibiotiques) en &#233;levage, le bien-&#234;tre des animaux (&#233;levage, transport et abattage). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue &#233;tude concluait, entre autres, sur le risque d'influence grandissante des lobbies dans la d&#233;cision publique avec le m&#233;canisme de coop&#233;ration r&#233;glementaire entre l'UE et le Canada, au caract&#232;re illusoire des contr&#244;les sanitaires, et &#224; la nocivit&#233; du trait&#233; pour le climat. On y lisait : &lt;i&gt;&#171; On peut regretter que cet accord de nouvelle g&#233;n&#233;ration ne prenne pas mieux en compte les objectifs de lutte contre le r&#233;chauffement climatique et de d&#233;veloppement durable en promouvant de mani&#232;re ambitieuse la mise en place de syst&#232;mes agroalimentaires locaux et territorialis&#233;s, reliant consommateurs et producteurs en limitant les besoins de transformation et de transport des denr&#233;es alimentaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on regarde d'un peu plus pr&#232;s les engagements de Paris et de Bruxelles en mati&#232;re climatique, sanitaire ou alimentaire, les incoh&#233;rences du trait&#233; sont &#224; vrai dire innombrables. Accord de Paris, &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'alimentation, d&#233;clarations politiques&#8230; Le Ceta va &#224; l'encontre de tous les affichages de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi selon &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037547946&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la loi vot&#233;e &#224; l'issue des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'alimentation&lt;/a&gt; &#224; la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re : il est interdit, dit l'article 44, &#171; de proposer &#224; la vente [&#8230;] en vue de la consommation humaine ou animale des denr&#233;es alimentaires ou produits agricoles pour lesquels il a &#233;t&#233; fait usage de produits phytopharmaceutiques ou v&#233;t&#233;rinaires ou d'aliments pour animaux non autoris&#233;s par la r&#233;glementation europ&#233;enne ou ne respectant pas les exigences d'identification et de tra&#231;abilit&#233; impos&#233;es par cette m&#234;me r&#233;glementation &#187;. Et que dire de l'objectif affich&#233; par l'article 24 qui instaure un seuil de 50 % de production locale dans la restauration collective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Emmanuel Macron, il d&#233;clarait, un mois avant la ratification du Ceta, &#224; l'occasion du centenaire de l'Organisation internationale du travail :&lt;i&gt; &#171; Je ne veux plus d'accords commerciaux internationaux qui alimentent le dumping social et environnemental, et en tant que dirigeant europ&#233;en, je le refuserai partout o&#249; je n'aurai pas les garanties sur ce point. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le Ceta, ce sont en r&#233;alit&#233; deux philosophies radicalement diff&#233;rentes de la production animale qui s'affrontent : en Europe, on privil&#233;gie le principe de pr&#233;caution et la tra&#231;abilit&#233; tout au long de la cha&#238;ne, tandis qu'au Canada et aux &#201;tats-Unis, c'est l'&#233;tape finale qui est privil&#233;gi&#233;e : la d&#233;contamination et le contr&#244;le du produit. Autrement dit, si la b&#234;te r&#233;pond aux crit&#232;res sanitaires au moment de l'abattage, quel que soit ce qu'elle a v&#233;cu ou ingurgit&#233; au cours de son cycle de vie, elle pourra arriver sur les &#233;tals de supermarch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer de logiciel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On n'imaginait pas le Canada avec des m&#233;thodes &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re de ce qui se fait en Europe, l&#226;che Patrick B&#233;n&#233;zit. Si un exploitant fran&#231;ais se mettait &#224; pratiquer les m&#233;thodes d'&#233;levage canadiennes, il irait en prison. D'un c&#244;t&#233;, nos agriculteurs sont sous pression pour faire de la production de qualit&#233; et respectueuse de l'environnement, et de l'autre on fait rentrer, avec cet accord, de la merde sur nos march&#233;s&#8230; &#199;a ne passe pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;fense d'un type de production &#224; la fran&#231;aise, la FNSEA fait surtout valoir un argument &#233;conomique : la fili&#232;re bovine, d&#233;j&#224; en difficult&#233;, va souffrir encore davantage de l'importation de viande d'un autre continent. Surtout, celle-ci, bien meilleur march&#233; que le b&#339;uf europ&#233;en en raison de co&#251;ts de production deux fois moins &#233;lev&#233;s, va tirer les prix &#224; la baisse. La vente d'aloyau, pi&#232;ce noble du b&#339;uf qui fournit les entrec&#244;tes, filets et autres faux-filets, risque d'&#234;tre touch&#233;e en premier lieu, car le march&#233; nord-am&#233;ricain, tr&#232;s tourn&#233; vers le steak hach&#233;, est moins friand que nous de cette partie la plus r&#233;mun&#233;ratrice de la b&#234;te (elle repr&#233;sente le tiers de la valeur d'une carcasse). D'apr&#232;s Interbev, le prix de revient de l'aloyau en Europe est de 13,70 euros le kilo tandis qu'il est de 8,60 euros au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Arvis, secr&#233;taire de la FDSEA (section d&#233;partementale de la FNSEA) de la Creuse, d&#233;partement agricole o&#249; 80 % des exploitants sont des &#233;leveurs bovins, pointe les contradictions de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle, pour laquelle il avait pourtant vot&#233; en 2017, esp&#233;rant &#171; que cela allait faire bouger un peu les choses &#187;. Le d&#233;put&#233; qui a port&#233; le Ceta &#224; l'Assembl&#233;e nationale, Jean-Baptiste Moreau, est pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;lu de sa circonscription : un ancien &#233;leveur bovin qui fut le pr&#233;sident de sa coop&#233;rative. &lt;i&gt;&#171; C'est pourtant quelqu'un qui conna&#238;t le terrain ! Il a perdu ses racines. C'est devenu un politicard. Est-ce qu'il vise une place au gouvernement ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques de la FNSEA sont toutefois &#224; prendre avec des pincettes, tant le syndicat majoritaire a d&#233;fendu pendant des d&#233;cennies une agriculture fran&#231;aise d'exportation. Or qui dit exportation dit trait&#233;s commerciaux et dit importations. Difficile d'avoir l'un sans l'autre&#8230; La conf&#233;d&#233;ration &#224; laquelle appartient la FNSEA au niveau europ&#233;en, la Copa Cogeca, est d'ailleurs toujours favorable au trait&#233; de libre-&#233;change avec le Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que l'impact &#233;conomique du Ceta n'est pas n&#233;gligeable. &lt;a href=&#034;http://www.interbev.fr/ressource/ttip-accord-de-libre-echange-ue-etats-unis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une &#233;tude d'Interbev&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;e en 2015 fournit &#224; ce titre une base int&#233;ressante. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;tude portait sur l'impact conjugu&#233; des deux trait&#233;s alors en cours de n&#233;gociation, le Ceta et le TTIP &#8211; l'accord de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis, abandonn&#233; depuis. Mais les volumes pris en compte, 200 000 tonnes de viande bovine, correspondent aujourd'hui &#224; peu de choses pr&#232;s au cumul entre Ceta, accord UE-Mercosur en cours de ratification (99 000 tonnes), et accord UE-Mexique (20 000 tonnes). L'association de la fili&#232;re bovine fran&#231;aise concluait sur un total de 30 000 exploitations menac&#233;es, soit 1/5e des &#233;leveurs bovins de l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que les quantit&#233;s proprement dites, c'est l'effondrement des prix cons&#233;cutif &#224; l'importation d'aloyau qui fera dispara&#238;tre les exploitations. Or dans ce secteur, les &#233;leveurs peinent d&#233;j&#224; &#224; d&#233;gager un revenu annuel entre 10 000 et 20 000 euros, et le manque de fourrage entra&#238;n&#233; par trois ann&#233;es de s&#233;cheresse dans certains d&#233;partements rend la situation particuli&#232;rement tendue. Cerise sur le g&#226;teau : les quotas du Ceta peuvent &#234;tre r&#233;&#233;valu&#233;s par l'UE &#224; tout moment sans n&#233;gociation avec les &#201;tats membres, et d'autres trait&#233;s commerciaux &#224; venir prenant mod&#232;le sur cet accord vont continuer &#224; augmenter les volumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne tient un discours bien plus g&#233;n&#233;ral que la seule opposition au Ceta. Selon elle, c'est le principe m&#234;me des accords de libre-&#233;change et notre mod&#232;le de production qui sont &#224; revoir. &lt;i&gt;&#171; Chacun regarde les accords de libre-&#233;change en fonction de son propre int&#233;r&#234;t, d&#233;nonce ainsi Olivier Thouret, &#233;leveur bovin et caprin et co-porte-parole de la Conf' dans la Creuse. Selon nos dirigeants, m&#234;me si le secteur bovin en p&#226;tit, le Ceta serait globalement favorable &#224; la France, donc il faut &#234;tre pour. Comme si la France &#233;tait au centre du monde ! C'est un raisonnement purement &#233;conomique. Mais si on est tous d'accord aujourd'hui sur le diagnostic du changement climatique, il faut changer de logiciel. Il ne s'agit pas juste de mieux travailler pour mieux respecter l'environnement. Il faut se mettre dans la logique de la transition &#233;cologique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Girod, porte-parole du syndicat au niveau national, rench&#233;rit : &lt;i&gt;&#171; Le Ceta reste dans ce mod&#232;le d'agriculture industrielle bas&#233;e sur les &#233;changes et le produire plus et moins cher. Pourtant, on est actuellement dans un moment de convergence : d'un c&#244;t&#233; les altermondialistes et ce que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne d&#233;fend depuis trente ans, et de l'autre, les jeunes mobilis&#233;s sur le climat. Le G7 pourrait marquer ce moment de basculement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout juste vingt ans, en ao&#251;t 1999, le McDonald's de Millau &#233;tait d&#233;mont&#233;. Avec ce geste, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne voulait d&#233;noncer les d&#233;cisions de l'OMC, la malbouffe et les effets de la mondialisation sur le monde agricole. Depuis, les d&#233;r&#232;glements climatiques se sont dangereusement acc&#233;l&#233;r&#233;s. Le Ceta, accord qui se pr&#233;tend d'un nouveau type, fait l'effet d'un douloureux surplace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un Parlement europ&#233;en &#233;clat&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-Parlement-europeen-eclate</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-Parlement-europeen-eclate</guid>
		<dc:date>2019-05-28T08:55:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-05-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, la famille de droite (PPE) et les sociaux-d&#233;mocrates sont en net recul et ne disposeront pas d'une majorit&#233; de coalition. Les partis lib&#233;raux et les &#233;cologistes connaissent une progression in&#233;dite. En France, en Italie, en Pologne et en Hongrie, les droites extr&#234;mes sont en t&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
27 mai 2019 | mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; C'est du jamais vu depuis 1979, ann&#233;e de la premi&#232;re &#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en. Selon des r&#233;sultats quasi d&#233;finitifs, le Parti (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-05-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-05-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton39321-2da38.jpg?1781181148' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, la famille de droite (PPE) et les sociaux-d&#233;mocrates sont en net recul et ne disposeront pas d'une majorit&#233; de coalition. Les partis lib&#233;raux et les &#233;cologistes connaissent une progression in&#233;dite. En France, en Italie, en Pologne et en Hongrie, les droites extr&#234;mes sont en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 mai 2019 | mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est du jamais vu depuis 1979, ann&#233;e de la premi&#232;re &#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en. Selon des r&#233;sultats quasi d&#233;finitifs, le Parti populaire europ&#233;en (PPE &#8211; 179 si&#232;ges), qui rassemble les formations de droite du continent, et la famille des sociaux-d&#233;mocrates (S&amp;D &#8211; 150 si&#232;ges), ne sont pas en mesure d'avoir la majorit&#233; absolue (376 si&#232;ges) au Parlement. Les scores additionn&#233;s de l'un et de l'autre (329) sont tr&#232;s au-dessous de la moiti&#233; des 751 si&#232;ges d'eurod&#233;put&#233;s. La coalition qui permettait traditionnellement &#224; ces deux formations de gouverner ensemble le Parlement ne pourra pas &#234;tre reconduite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L441xH572/c36033a8d94fea33-bbf98a72-4e6b9.png?1781091207' width='441' height='572' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce verdict des europ&#233;ennes confirme une tendance d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre depuis des ann&#233;es dans les &#233;lections nationales des 28 &#201;tats membres : les partis gouvernementaux sont g&#233;n&#233;ralement d&#233;savou&#233;s par les &#233;lecteurs, tandis que des forces nouvelles font leur apparition et que les partis d'extr&#234;me droite poursuivent une dynamique ascendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au-del&#224; de la victoire, en France, du RN, la Ligue de l'Italien Matteo Salvini arrive elle aussi en t&#234;te (entre 27 et 30 % selon les premiers chiffres de dimanche soir), envoyant au moins une vingtaine d'&#233;lus &#224; Strasbourg. De son c&#244;t&#233;, le Vlaams Belang belge, avec plus de 18 % des voix, triple son score par rapport &#224; 2014, et l'extr&#234;me droite autrichienne (FP&#214;) se maintient, malgr&#233; le scandale qui l'a &#233;clabouss&#233;e la semaine derni&#232;re &#224; Vienne, mettant en &#233;vidence ses liens avec la Russie de Poutine : selon les premi&#232;res estimations, elle serait &#224; 17,5 % des voix &#8211; &#224; peine moins que son score de 2014 (19,7 %, quatre eurod&#233;put&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe &#171; Europe des nations et des libert&#233;s &#187;, que Marine Le Pen avait eu du mal &#224; construire faute d'alli&#233;s pendant la pr&#233;c&#233;dente mandature et qui avait fini par rassembler 36 &#233;lus, devrait donc se voir confortablement renforc&#233; en gagnant plus de 20 si&#232;ges (58 au total).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres ultra-droites, non membres de ce groupe, explosent par ailleurs les compteurs. Au Royaume-Uni, le parti du Brexit de Nigel Farage (fondateur de l'ancien UKIP, qui avait tout fait pour provoquer le r&#233;f&#233;rendum sur le Brexit en 2016) fait le plein avec pr&#232;s de 32 % des voix : un r&#233;sultat qui confirme l'existence d'un noyau dur d'&#233;lecteurs britanniques souhaitant d&#233;finitivement quitter l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Hongrie, le Fidesz de l'autoritaire Viktor Orb&#225;n remporte quant &#224; lui le meilleur score de tout le continent, avec environ 52 % des voix. Il gagne un si&#232;ge &#224; Strasbourg (13 &#233;lus) et p&#232;sera de tout son poids dans les prochaines tractations au sein du PPE &#8211; dont il fait encore formellement partie, m&#234;me s'il en a &#233;t&#233; suspendu en mars dernier. En Pologne, le parti Droit et justice (PiS) aux manettes de l'ex&#233;cutif arrive lui aussi en t&#234;te du scrutin, avec pr&#232;s de 46 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH315/9ea3e57ad87153c2-28ddcc4d-3a20a.png?1781181148' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement cependant, les partis verts connaissent une progression &#233;vidente dans plusieurs &#201;tats membres. C'est particuli&#232;rement marqu&#233; en Allemagne, o&#249; les Gr&#252;nen se hissent, pour la premi&#232;re fois, &#224; la deuxi&#232;me place du pays, avec plus de 20 % des voix, rel&#233;guant les sociaux-d&#233;mocrates du SPD &#224; la troisi&#232;me place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les partis &#233;cologistes reculent l&#233;g&#232;rement dans leurs bases historiques, &#224; savoir les pays du nord europ&#233;en. Ils progressent en Belgique, gagnant deux si&#232;ges, mais moins qu'esp&#233;r&#233;. Au total, ils deviennent avec 70 eurod&#233;put&#233;s la quatri&#232;me formation du Parlement, l&#224; o&#249; ils &#233;taient &#224; la 6e place depuis 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre progression : le camp des lib&#233;raux, auquel La R&#233;publique en marche d'Emmanuel Macron voudrait se raccrocher. La plupart des partis membres de l'ALDE (&#171; Alliance des d&#233;mocrates et des lib&#233;raux pour l'Europe &#187;, 4e place dans le Parlement sortant) engrangent des points (107 si&#232;ges au total) et seront au c&#339;ur des futures n&#233;gociations de la prochaine coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, d'autres formations qui s'en r&#233;clament, qui n'existaient pas ou &#224; peine en 2014, font leur apparition. C'est particuli&#232;rement le cas en Europe centrale, o&#249; de nouvelles dynamiques ont &#233;merg&#233; ces deux derni&#232;res ann&#233;es, &#224; rebours des tendances nationalistes ou ultraconservatrices au pouvoir dans plusieurs &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pays est r&#233;v&#233;lateur de ce basculement : la Roumanie (32 eurod&#233;put&#233;s), qui votait &#233;galement ce dimanche dans un r&#233;f&#233;rendum pour ou contre une r&#233;forme de la justice vivement contest&#233;e par les &#233;lecteurs. R&#233;sultat, les Roumains ne se sont jamais autant d&#233;plac&#233;s pour un scrutin europ&#233;en (50 % de participation contre 32 % il y a cinq ans), et ils ont plac&#233; en 2e position un parti n&#233; l'an dernier des mouvements sociaux anticorruption qui secouent le pays depuis 2015 : l'Alliance lib&#233;rale. Avec 25 % des voix, ce nouveau parti devrait constituer un apport non n&#233;gligeable au futur groupe parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En R&#233;publique tch&#232;que &#233;galement les &#233;lecteurs sont en demande d'une nouvelle offre politique qui se distingue de leur gouvernement li&#233; &#224; des scandales &#224; grande &#233;chelle : le Parti pirate, qui entend lutter contre la corruption et avait d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir la mairie de Prague &#224; l'automne dernier, r&#233;colte 14 % des voix. C'est un score in&#233;dit pour ce parti entr&#233; pour la premi&#232;re fois dans le Parlement tch&#232;que il y a deux ans. Enfin, en Slovaquie, le jeune parti de la nouvelle pr&#233;sidente &#233;lue le mois dernier, Slovaquie progressiste, arrive largement en t&#234;te avec plus de 20 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici et l&#224;, les &#233;lecteurs se sont bien davantage d&#233;plac&#233;s qu'il y a cinq ans : avec 51 %, la participation est en hausse de pr&#232;s de 10 points par rapport &#224; 2014. Certes, cela reste &#224; un niveau inf&#233;rieur de la participation que l'on observe habituellement dans d'autres types de scrutin, comme les l&#233;gislatives ou les municipales. Mais cela montre aussi que le d&#233;sint&#233;r&#234;t qui accompagne traditionnellement les &#233;lections europ&#233;ennes peut bouger. Les nombreuses crises europ&#233;ennes qui ont accompagn&#233; le mandat qui s'ach&#232;ve (crise grecque, crise de l'accueil des r&#233;fugi&#233;s, Brexit, d&#233;rives autoritaires&#8230;) ne sont certainement pas pour rien dans ce sursaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau Parlement europ&#233;en s'annonce en cons&#233;quence plus &#233;clat&#233; que le pr&#233;c&#233;dent, et de nombreuses nouvelles t&#234;tes vont arriver dans l'h&#233;micycle. Cette nouvelle configuration, loin du traditionnel bipartisme, va ouvrir le jeu &#224; de multiples n&#233;gociations : le prochain mandat sera sans doute marqu&#233; par davantage de constructions d'alliances en fonction des textes &#224; voter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un ex&#233;cutif italien consternant&#8230; tout comme le syst&#232;me qui l'a produit</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-executif-italien-consternant-tout-comme-le-systeme-qui-l-a-produit</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-executif-italien-consternant-tout-comme-le-systeme-qui-l-a-produit</guid>
		<dc:date>2018-06-05T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s des rebondissements, une coalition Ligue-M5S s'est form&#233;e en Italie. Les partis traditionnels, italiens comme europ&#233;ens, ne sont pas &#233;trangers &#224; ce r&#233;sultat. Leur indignation ne portait pas sur la coloration x&#233;nophobe du nouvel ex&#233;cutif, mais uniquement sur son programme &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt;
1 juin 2018 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Sur le site de La Repubblica ce matin, le premier titre indique : &#171; March&#233;s rassur&#233;s : le spread se r&#233;duit, Piazza Affari en hausse de 2,7 % &#187;. Que l'on se rassure, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-06-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-06-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton35104-b0da5.png?1781482331' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s des rebondissements, une coalition Ligue-M5S s'est form&#233;e en Italie. Les partis traditionnels, italiens comme europ&#233;ens, ne sont pas &#233;trangers &#224; ce r&#233;sultat. Leur indignation ne portait pas sur la coloration x&#233;nophobe du nouvel ex&#233;cutif, mais uniquement sur son programme &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 juin 2018 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur le site de &lt;i&gt;La Repubblica&lt;/i&gt; ce matin, le premier titre indique : &lt;i&gt;&#171; March&#233;s rassur&#233;s : le spread se r&#233;duit, Piazza Affari en hausse de 2,7 % &#187;&lt;/i&gt;. Que l'on se rassure, donc, la place financi&#232;re milanaise se reprend et l'&#233;cart de taux de rendement &#224; 10 ans entre les obligations italiennes et allemandes, qui s'&#233;tait envol&#233; ces derniers jours, revient &#224; des niveaux raisonnables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un symbole. L'extr&#234;me droite italienne arrive en position de force &#224; la t&#234;te du pays, le Mouvement Cinq &#201;toiles qui se disait antisyst&#232;me d&#233;boule au c&#339;ur de la machine politique, mais, ouf ! Les march&#233;s financiers se portent bien. L'information est &#224; la hauteur du feuilleton politique qui agite Rome depuis trois semaines : &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/300518/avec-l-italie-la-crise-de-l-euro-se-rappelle-au-souvenir-des-dirigeants-europeens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; Bruxelles comme sur les march&#233;s&lt;/a&gt;, on se pr&#233;occupait bien peu de politique ces derniers temps. Il fallait juste que ce nouveau gouvernement n'entrave en rien le lib&#233;ralisme &#233;conomique europ&#233;en et la sacro-sainte monnaie unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la premi&#232;re proposition de nommer&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/240518/italie-un-novice-en-politique-pour-former-le-gouvernement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Giuseppe Conte pr&#233;sident du conseil&lt;/a&gt;&#8211; un juriste inconnu du grand public &#8211; et l'&#233;conomiste Paolo Savona ministre des finances &#8211; un homme critique de l'euro &#8211; a &#233;t&#233; retoqu&#233;e dimanche soir. Les march&#233;s se sont affol&#233;s et les dirigeants europ&#233;ens ont redoubl&#233; de d&#233;clarations alarmantes, jusqu'&#224; la tr&#232;s explicite phrase du commissaire europ&#233;en au budget : &lt;i&gt;&#171; Les march&#233;s apprendront aux &#233;lecteurs italiens de ne pas voter pour les partis populistes &#187;&lt;/i&gt;, a d&#233;clar&#233; il y a quelques jours l'Allemand G&#252;nther Oettinger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle proposition a ensuite &#233;t&#233; avanc&#233;e par le pr&#233;sident de la R&#233;publique italien : un ancien du FMI &#224; la pr&#233;sidence du conseil (Carlo Cottarelli), un gouvernement technique qui n'avait aucune chance de recueillir l'approbation du parlement, et des &#233;lections anticip&#233;es &#224; tr&#232;s br&#232;ve &#233;ch&#233;ance. Le sc&#233;nario n'a pas calm&#233; les march&#233;s. Bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, ceux qui faisaient figure d'&#233;pouvantail sont revenus dans la course : Giuseppe Conte &#224; la pr&#233;sidence du Conseil, Paolo Savona cette fois aux affaires europ&#233;ennes, et un ex&#233;cutif politique tr&#232;s marqu&#233; Ligue et Cinq &#201;toiles. L'accord a &#233;t&#233; trouv&#233; jeudi soir, et le gouvernement, dont on conna&#238;t maintenant la composition compl&#232;te, doit pr&#234;ter serment ce vendredi apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux leaders, Luigi di Maio pour le Mouvement Cinq &#201;toiles et Matteo Salvini pour la Ligue, y sont donc les ma&#238;tres du jeu, avec chacun un poste de vice-pr&#233;sident du Conseil. Le premier obtient en outre un portefeuille &#233;largi &#171; d&#233;veloppement &#233;conomique, industrie et travail &#187;, tandis que le second obtient le minist&#232;re de l'int&#233;rieur, un poste strat&#233;gique pour mettre en &#339;uvre sa feuille de route anti-migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel ex&#233;cutif est r&#233;parti de mani&#232;re &#233;quitable entre les deux formations, qui recueillent cinq postes chacune. Un minist&#232;re est en outre attribu&#233; &#224; une ancienne du parti postfasciste Fratelli d'Italia, tandis que six professeurs ou figures issus de l'administration, sans &#233;tiquette, entrent aussi au gouvernement. C'est le cas notamment du ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Enzo Moavero Milanesi, qui a d&#233;j&#224; gouvern&#233; avec Mario Monti puis Enrico Letta. C'est le cas, &#233;galement, du portefeuille clef des finances, confi&#233; &#224; un &#233;conomiste peu connu, Giovanni Tria, pr&#233;sident de l'&#201;cole nationale d'administration italienne et professeur &#224; l'universit&#233; romaine de Tor Vergata. C'est un homme critique de la gouvernance &#233;conomique de l'UE, favorable aux investissements publics pour soutenir la croissance, mais non oppos&#233; &#224; l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau gouvernement, r&#233;sultat d'un attelage improbable entre un parti d'extr&#234;me droite et un mouvement se voulant antisyst&#232;me et &#171; ni de droite ni de gauche &#187;, brouille les rep&#232;res politiques, italiens comme europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une &#233;vidence : en proposant une combinaison de mesures sociales et de politique anti-migrants, son programme, arr&#234;t&#233; dans l'accord de gouvernement conclu il y a deux semaines, a quelque chose d'in&#233;dit sur le continent. Mais il en est une autre, r&#233;v&#233;l&#233;e &#224; la faveur de ce feuilleton rocambolesque : ce qui crispe les Europ&#233;ens aujourd'hui est uniquement le risque d'un d&#233;rapage mon&#233;taire et d'une &#233;ventuelle d&#233;stabilisation de la monnaie unique. Faut-il s'en &#233;tonner ? Leur indignation ne porte en rien sur la coloration x&#233;nophobe d'une Ligue en position de force &#224; Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les r&#233;actions venant de Bruxelles ces trois derni&#232;res semaines mettaient en effet en avant un aspect irr&#233;aliste ou dangereux des mesures &#233;conomiques voulues par les deux partis. Certes, la mise en place de la flat tax (taux d'imposition unique &#224; 15 et 20 %) r&#233;duira consid&#233;rablement les recettes budg&#233;taires de l'&#201;tat, tandis que le revenu de citoyennet&#233; et l'annulation de la r&#233;forme des retraites pass&#233;e en 2011 p&#232;seront sur les d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid en revanche de l'opposition de la Ligue &#224; une gestion europ&#233;enne de la question des r&#233;fugi&#233;s ? Quid de sa volont&#233; d'expulser &#171; 500 000 &#187; migrants r&#233;sidant aujourd'hui en Italie ? Sur ce sujet, les dirigeants europ&#233;ens se sont bien gard&#233;s d'intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re les coulisses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Bruxelles, qui n'a d&#233;j&#224; pas emp&#234;ch&#233; la d&#233;rive x&#233;nophobe d'Orb&#225;n en Hongrie, trouve aussi un int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;l&#233;guer le &#171; sale boulot &#187; &#224; l'Italie, aujourd'hui premi&#232;re porte d'entr&#233;e pour les exil&#233;s en Europe &#8211; apr&#232;s la Gr&#232;ce en 2015. Qu'un discours d'&#201;tat hostile aux migrants s'installe &#224; Rome serait bien arrangeant pour ces dirigeants europ&#233;ens, non seulement incapables de faire front contre une Europe centrale quasi unanime &#224; refuser, depuis bient&#244;t trois ans, l'accueil de r&#233;fugi&#233;s sur leurs territoires, mais aussi eux-m&#234;mes de plus en plus perm&#233;ables aux discours hostiles aux &#233;trangers. En t&#233;moigne&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/090418/la-droite-allemande-se-fracture-sur-la-question-de-l-islam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la curieuse &#233;volution de la CDU/CSU allemande&lt;/a&gt;, pays qui s'est pourtant le plus ouvert aux r&#233;fugi&#233;s en 2015, ou encore le rapprochement, en Autriche, entre la droite et l'extr&#234;me droite &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/181217/en-autriche-l-extreme-droite-revient-au-pouvoir-dans-l-indifference&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;sormais au pouvoir&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'ailleurs l'Italie qui, la premi&#232;re, a sign&#233; un accord bilat&#233;ral avec la Libye afin de favoriser les &#171; r&#233;admissions &#187; dans cet &#201;tat failli, o&#249; trafic d'&#234;tres humains et conditions atroces de d&#233;tention ont &#233;t&#233; maintes fois document&#233;s. Depuis, la Commission europ&#233;enne a cautionn&#233; cette politique en signant, l'ann&#233;e derni&#232;re, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/060717/ue-libye-le-partenariat-de-la-honte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un partenariat&lt;/a&gt; avec ce pays afin d'endiguer les d&#233;parts depuis les c&#244;tes libyennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Italie qui ne cesse, depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, d'en appeler &#224; la solidarit&#233; europ&#233;enne. En vain. La politique migratoire europ&#233;enne tient de plus en plus d'une approche s&#233;curitaire et d'une gestion &#233;triqu&#233;e des fronti&#232;res. La France ne fait pas exception, avec la fa&#231;on dont est cadenass&#233;e aujourd'hui la fronti&#232;re avec l'Italie, &#224; Vintimille et maintenant dans les Hautes-Alpes, et les d&#233;g&#226;ts humains que cela entra&#238;ne (deux morts connus &#224; ce jour), comme le racontait r&#233;cemment Mathilde Mathieu dans ce reportagedans le Brian&#231;onnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action du ministre slovaque des finances la semaine derni&#232;re &#233;tait &#224; cet &#233;gard r&#233;v&#233;latrice : Peter Kazimir &#233;crivait, sur Tweeter : &lt;i&gt;&#171; La zone euro a besoin de coop&#233;ration mutuelle, une coop&#233;ration d&#233;di&#233;e aux r&#233;formes&#8230; aussi t&#244;t que possible. #Italie &#187;&lt;/i&gt;Eurozone, r&#233;formes&#8230; : le vocabulaire des dirigeants europ&#233;ens semble pour le moinslimit&#233; sur le cas italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation de cette majorit&#233; in&#233;dite ne consiste donc pas seulement en l'arriv&#233;e des&lt;i&gt; &#171; affreux &#187;&lt;/i&gt; au pouvoir comme nous l'&#233;crivions au lendemain du scrutin, le 5 mars dernier, dans Mediapart. Elle est aussi le r&#233;sultat des positionnements erratiques des partis traditionnels de l'&#233;chiquier europ&#233;en, et de l'&#233;tat de d&#233;liquescence avanc&#233; du syst&#232;me politique italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faut bien le dire, malgr&#233; les contradictions internes au M5S et son &#233;volution contestable, ce qu'il apportait au syst&#232;me politique italien &#233;tait rafra&#238;chissant, de par les remises en cause du syst&#232;me en place qu'il proposait : lutte antimafia et anticorruption, tentatives de d&#233;mocratie directe, rajeunissement et f&#233;minisation du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tif &#224; la classification gauche/droite, ce mouvement iconoclaste &#8211; du moins &#224; ses d&#233;buts &#8211; aurait pu ouvrir, avec des partenaires plus sens&#233;s que la Ligue x&#233;nophobe de Matteo Salvini, une nouvelle page dans l'histoire politique italienne. Son succ&#232;s aux &#233;lections du 4 mars tient d'ailleurs en grande partie aux mesures sociales et &#224; la lutte antimafia qu'il proposait &#224; une population fragilis&#233;e par des ann&#233;es de crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, Forza Italia et le Parti d&#233;mocrate ont refus&#233; de s'asseoir avec lui &#224; la table des n&#233;gociations. Avant cela, ils avaient tent&#233; par tous les moyens de lui faire barrage, allant jusqu'&#224; bricoler une loi &#233;lectorale en amont du scrutin pour favoriser les coalitions de &#171; centre gauche &#187; ou de &#171; centre droit &#187;, et couper ainsi l'herbe sous le pied du solitaire M5S. La tentative, &#224; l'&#233;vidence, a &#233;chou&#233;, puisque les Cinq &#201;toiles sont arriv&#233;es en t&#234;te des l&#233;gislatives, mais cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les forces traditionnelles de continuer &#224; faire bloc, stigmatisant et d&#233;nigrant sans cesse la formation de Di Maio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de ces blocages, c'est donc cette alliance Ligue-Cinq &#201;toiles : une compromission pour le M5S, une d&#233;rive inacceptable pour un pays fondateur de l'UE&#8230; mais aussi un retour &#224; la vieille politique, celle de &lt;i&gt;dietro le quinte &lt;/i&gt;&#8211; ce &#171; derri&#232;re les coulisses &#187; o&#249; se faisaient et se d&#233;faisaient, de l'apr&#232;s-guerre jusqu'aux ann&#233;es 1990, les gouvernements italiens, avant que n'advienne la Seconde R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait parler, pour le PD, d'une occasion manqu&#233;e. Il &#233;tait le parti naturellement le plus &#224; m&#234;me de se rapprocher du M5S. Mais l'on parlera davantage d'une c&#233;cit&#233;, et d'une ultime chute. Celle que l'on retrouve ailleurs sur le continent &#8211; en Gr&#232;ce, en France, en Espagne, en Allemagne&#8230; Le d&#233;clin in&#233;luctable des forces sociales-d&#233;mocrates frappe l'Italie comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme les autres, les sociaux-d&#233;mocrates italiens s'accrochent aux branches, rejetant la faute sur les &#171; populistes &#187; &#8211; mani&#232;re paresseuse et indiff&#233;renci&#233;e d'envelopper diff&#233;rents partis dans le m&#234;me sac, celui des anti-europ&#233;ens infr&#233;quentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que l'alliance Ligue-Cinq &#201;toiles est annonc&#233;e, les dirigeants europ&#233;ens et les grands m&#233;dias ont abondamment utilis&#233; cette &#233;tiquette. Or comme l'expliquait r&#233;cemment Fr&#233;d&#233;ric Zalewski dans un entretien &#224; Mediapart, le terme de populisme est impr&#233;cis et cache des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes qu'il convient d'analyser plus justement. Il est surtout utile pour les adversaires : &lt;i&gt;&#171; C'est un raccourci qui permet de se raconter une histoire qui fait peur, c'est une structure narrative&lt;/i&gt;, expliquait le chercheur dans cet entretien. &lt;i&gt;On parle de mont&#233;e du populisme pour se rassurer ensuite : finalement, les grands partis de gouvernement restent le plus souvent qualifi&#233;s pour gouverner, et tout est bien qui finit bien&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, PD, Forza Italia et tous leurs &#233;quivalents sur l'&#233;chiquier europ&#233;en n'ont pas r&#233;ussi le happy end. Que faudra-t-il encore comme s&#233;isme politique pour qu'ils prennent conscience de la n&#233;cessit&#233; de renouveler leurs rangs, de revenir vers les classes populaires, et d'adapter leurs programmes &#224; la marche ultralib&#233;rale de nos &#233;conomies et au rejet qu'elle suscite ? &#192; un an des &#233;lections europ&#233;ennes, ce statu quo et leurs attaches au vieux syst&#232;me sont consternants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie : un parlement sans majorit&#233;, domin&#233; par des partis antimigrants</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-un-parlement-sans-majorite-domine-par-des-partis-antimigrants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Italie-un-parlement-sans-majorite-domine-par-des-partis-antimigrants</guid>
		<dc:date>2018-03-06T07:46:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;5 mars 2018 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les r&#233;sultats partiels diffus&#233;s par les m&#233;dias italiens, le Mouvement Cinq &#201;toiles est le parti vainqueur des &#233;lections l&#233;gislatives, et l'extr&#234;me droite de la Ligue du Nord d&#233;passe son partenaire de coalition, Forza Italia. Mais aucune majorit&#233; claire ne se dessine. &lt;br class='autobr' /&gt; Un parlement sans majorit&#233;. Et une bascule &#224; droite toute de l'&#233;chiquier politique. C'est l'enseignement que l'on peut tirer ce lundi matin des &#233;lections l&#233;gislatives italiennes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton33901-aa166.png?1781482331' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;5 mars 2018 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les r&#233;sultats partiels diffus&#233;s par les m&#233;dias italiens, le Mouvement Cinq &#201;toiles est le parti vainqueur des &#233;lections l&#233;gislatives, et l'extr&#234;me droite de la Ligue du Nord d&#233;passe son partenaire de coalition, Forza Italia. Mais aucune majorit&#233; claire ne se dessine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un parlement sans majorit&#233;. Et une bascule &#224; droite toute de l'&#233;chiquier politique. C'est l'enseignement que l'on peut tirer ce lundi matin des &#233;lections l&#233;gislatives italiennes, alors que le d&#233;pouillement et le calcul extr&#234;mement complexe de ce scrutin sont toujours en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement Cinq &#201;toiles (M5S), qui se consid&#232;re comme apolitique mais dont le programme, hostile aux migrants et favorable &#224; des baisses d'imp&#244;ts, le situe clairement &#224; droite, est en effet le premier vainqueur de ce scrutin, avec plus de 30 % des voix. Il fait quasiment carton plein dans les r&#233;gions d'Italie du Sud et dans les &#238;les, o&#249; il caracole en t&#234;te. La coalition des droites, quant &#224; elle, totaliserait plus de 36 % des suffrages et, en son sein, la Ligue du Nord d&#233;passerait de cinq points la formation berlusconienne de Forza Italia. Avec plus de 18 % des suffrages, le parti d'extr&#234;me droite emmen&#233; par Matteo Salvini fait la culbute par rapport aux derni&#232;res l&#233;gislatives : il multiplie par quatre son r&#233;sultat de 2013 (4,3 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces deux formations, M5S et Ligue du Nord (rebaptis&#233;e Lega), c'est la r&#233;ussite d'une strat&#233;gie savamment &#233;labor&#233;e. Comme nous le racontions dans nos colonnes, l'un et l'autre ont op&#233;r&#233; une mue importante ces derniers temps. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/170218/de-grillo-di-maio-la-mue-du-mouvement-5-etoiles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le premier&lt;/a&gt; s'est trouv&#233; un jeune leader, Luigi di Maio, pour prendre la suite de son fondateur Beppe Grillo, il s'est normalis&#233; en interne, et il a mis entre parenth&#232;ses son discours anti-europ&#233;en. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/010318/caserte-la-ligue-du-nord-part-la-conquete-du-sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le second&lt;/a&gt; s'est transform&#233; de parti r&#233;gionaliste en parti national et a men&#233; activement campagne en Italie du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Parti d&#233;mocrate (PD) au pouvoir, en revanche, c'est un &#233;chec cuisant. Avec moins de 20 % des voix, ce parti n&#233; en 2007 recueille le plus mauvais score de son histoire, faisant tomber aux oubliettes les 40 % obtenus aux europ&#233;ennes de 2014. L'euphorie Renzi aura &#233;t&#233; de courte dur&#233;e : le parti ne se sera pas relev&#233; de sa politique de lib&#233;ralisation du march&#233; du travail (le &#171; Jobs Act &#187;), de l'&#233;chec, en d&#233;cembre 2016, du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel voulu par le pr&#233;sident du Conseil, et de ses divisions internes dues &#224; la personnalit&#233; tr&#232;s controvers&#233;e du Florentin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH239/7024a43855f887af-100abbcc-58147.png?1781482332' width='500' height='239' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;sultats partiels, lundi 5 mars 2018 &#224; 8 heures du matin &#169; La Repubblica&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate ne semble se maintenir que dans deux bastions historiques, la Toscane et l'Emilie-Romagne o&#249; il arrive en t&#234;te. Partout ailleurs, il est en net recul. Mais il n'est pas le seul : avec moins de 14 % des voix, Forza Italia perd plus de la moiti&#233; de son &#233;lectorat par rapport &#224; 2013. Le retour de Berlusconi dans le jeu politique, tant comment&#233; pendant la campagne, ne lui aura donc pas port&#233; b&#233;n&#233;fice. Au fond, l'Italie suit la m&#234;me voie que de nombreux pays europ&#233;ens : celle du d&#233;clin des anciens &#171; grands &#187; partis. C'&#233;tait le cas, en septembre, aux &#233;lections l&#233;gislatives allemandes. C'&#233;tait le cas, avant elles, aux &#233;lections fran&#231;aises, autrichiennes, n&#233;erlandaises, espagnoles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre enseignement de ce scrutin : les &#233;lecteurs ne se laissent pas berner par les man&#339;uvres &#233;lectoralistes. La coalition Liberi e Uguali (&#171; Libres et &#201;gaux &#187;), mont&#233;e juste avant le scrutin par des transfuges du PD, franchit &#224; peine le seuil des 3 % pour entrer au Parlement. Malgr&#233; un discours de justice sociale critique vis-&#224;-vis du gouvernement sortant, les anciens d&#233;put&#233;s du PD qui ont vot&#233; la plupart des r&#233;formes Renzi ont eu du mal &#224; convaincre qu'ils pouvaient incarner autre chose aujourd'hui. Un &#233;chec qui n'est gu&#232;re &#233;tonnant, quand on voit combien leur liste de candidats &#233;tait &#224; l'image du syst&#232;me et manquait de figures nouvelles : leur t&#234;te de liste n'&#233;tait autre que Pietro Grasso, pr&#233;sident du S&#233;nat sortant, &#226;g&#233; de 73 ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de ce dimanche montrent finalement combien il est difficile, pour la gauche de la gauche italienne, de se reconstruire. Cela fait des ann&#233;es qu'elle est divis&#233;e &#224; travers d'innombrables ramifications, et les deux strat&#233;gies diff&#233;rentes qu'ont men&#233; Liberi e Uguali d'un c&#244;t&#233;, et Potere al Popolo de l'autre (formation n&#233;e dans un centre social de Naples et &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/030318/melenchon-mise-sur-la-gauche-radicale-italienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;soutenue en France par Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/a&gt;), n'ont pas rencontr&#233; leur public. Cette seconde ne passe m&#234;me pas le seuil des 3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italie est maintenant plong&#233;e dans une p&#233;riode d'incertitude. Aucune majorit&#233; claire ne se dessine, ni &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s, ni au S&#233;nat. Avec cette inconnue magistrale : qui est pr&#234;t &#224; gouverner avec qui ? Triomphaliste, le M5S a, dans la nuit, proclam&#233; qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; s'allier avec un autre parti, prenant le contre-pied de ce qu'il avait jusque-l&#224; combattu. &#171; Personne ne sera capable de gouverner sans le Mouvement Cinq &#201;toiles, a d&#233;clar&#233; le d&#233;put&#233; Riccardo Fraccaro. Dans les tout prochains jours, nous serons pr&#234;ts &#224; discuter avec toutes les forces politiques qui le souhaitent de ce dont l'Italie a besoin. &#187; Le leader du parti Luigi di Maio a attendu lundi midi pour confirmer, devant les cam&#233;ras, que le parti allait tout faire pour trouver une majorit&#233;. &#171; Nous ressentons la responsabilit&#233; de former un gouvernement (...), a d&#233;clar&#233; le jeune leader de 31 ans. Nous sommes pr&#234;ts &#224; nous confronter &#224; toutes les forces politiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais du c&#244;t&#233; des partis traditionnels, ni le PD ni Forza Italia, pendant la campagne, ne voulaient s'allier avec le M5S. La nouvelle loi &#233;lectorale, vot&#233;e en octobre, avait pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; concoct&#233;e pour favoriser les coalitions et de ce fait, maintenir le M5S &#224; distance du pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD, de son c&#244;t&#233;, a act&#233; la d&#233;faite dimanche soir. &lt;i&gt;&#171; Les sondages de sortie des urnes se sont r&#233;v&#233;l&#233;s tr&#232;s &#233;lastiques par le pass&#233;, mais si cela se confirme dans le r&#233;sultat final, c'est clairement un score n&#233;gatif pour le Parti d&#233;mocrate et nous allons rentrer dans l'opposition &#187;&lt;/i&gt;, a constat&#233; Ettore Rosato, le chef du groupe parlementaire de la Camera sortante. Une d&#233;claration du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti Matteo Renzi est attendue lundi en fin de journ&#233;e ; les m&#233;dias italiens s'attendent &#224; ce qu'il annonce sa d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une coalition entre les forces de droite et le PD, comme cela semblait se dessiner pendant la campagne, n'est d&#233;sormais plus d'actualit&#233;. De fait, selon les projections faites par les m&#233;dias italiens &#224; partir des r&#233;sultats provisoires, la somme des si&#232;ges Forza Italia et Parti D&#233;mocrate serait tr&#232;s en-de&#231;a de la majorit&#233;, &#224; la chambre des D&#233;put&#233;s comme au S&#233;nat. Reste le sc&#233;nario des affreux : une alliance entre la Lega et le M5S. &#192; eux deux, ils d&#233;tiendraient la majorit&#233; dans les deux chambres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vague r&#233;actionnaire emporte l'Autriche </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-vague-reactionnaire-emporte-l-Autriche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-vague-reactionnaire-emporte-l-Autriche</guid>
		<dc:date>2017-10-16T19:10:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;16 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sebastian Kurz a remport&#233; son pari. &#192; 31 ans, le conservateur est en passe de devenir le plus jeune dirigeant europ&#233;en, en prenant la t&#234;te d'une coalition avec l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s les l&#233;gislatives en Allemagne, c'est une nouvelle victoire des forces de droite en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un raz-de-mar&#233;e r&#233;actionnaire. Apr&#232;s une campagne tout enti&#232;re tourn&#233;e contre la pr&#233;sence migratoire en Autriche, le parti conservateur &#214;VP emmen&#233; par le jeune Sebastian (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-10-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-10-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton32274-8f52e.png?1781482332' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;16 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sebastian Kurz a remport&#233; son pari. &#192; 31 ans, le conservateur est en passe de devenir le plus jeune dirigeant europ&#233;en, en prenant la t&#234;te d'une coalition avec l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s les l&#233;gislatives en Allemagne, c'est une nouvelle victoire des forces de droite en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un raz-de-mar&#233;e r&#233;actionnaire. Apr&#232;s une campagne tout enti&#232;re tourn&#233;e contre la pr&#233;sence migratoire en Autriche, le parti conservateur &#214;VP emmen&#233; par le jeune Sebastian Kurz a remport&#233; la mise ce dimanche 15 octobre : il caracole en t&#234;te du scrutin, avec 31,4 % des voix. Derri&#232;re lui arrive un parti d&#233;fendant des th&#232;ses similaires sur l'immigration. Plus d'un &#233;lecteur sur quatre a en effet vot&#233; pour l'extr&#234;me droite du FP&#214; (27,4 %). Le parti social-d&#233;mocrate, formation historique et fondatrice du bipartisme autrichien, est rel&#233;gu&#233; quant &#224; lui &#224; la troisi&#232;me place, avec 26,7 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats sont toutefois &#224; prendre encore avec des pincettes ce lundi, en l'absence du d&#233;compte des bulletins de vote par correspondance (900 000 voix au total), dont le d&#233;pouillement est encore en cours. Certes, l'&#233;cart creus&#233; par l'&#214;VP ne devrait pas beaucoup &#233;voluer, mais les deuxi&#232;me et troisi&#232;me places, relativement serr&#233;es, pourraient encore s'inverser. Quoi qu'il en soit, les sc&#233;narios possibles pour le futur ex&#233;cutif ne sont pas l&#233;gion : l'&#214;VP n'a de choix pour gouverner que de s'allier qu'avec le SP&#214; ou le FP&#214;. La premi&#232;re configuration est improbable, tant la &#171; grande coalition &#187; est us&#233;e par plus d'une d&#233;cennie au pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette alliance qui a vol&#233; en &#233;clat, au printemps dernier, sous l'impulsion de Sebastien Kurz, provoquant ces &#233;lections anticip&#233;es. Reste la formation d'un ex&#233;cutif avec le FP&#214; &#8211; option &#224; laquelle le jeune leader du camp conservateur s'est toujours montr&#233; ouvert. Ensemble, ces deux partis pourraient s'appuyer sur 113 si&#232;ges au Nationalrat, l'assembl&#233;e nationale autrichienne qui compte au total 183 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH268/38a1a66f62486423-fa8a7262-262d2.png?1781482332' width='500' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; La carte des r&#233;sultats &#169; Minist&#232;re de l'int&#233;rieur autrichien &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance annonc&#233;e par l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de l'an dernier, qui avait vu, pour la premi&#232;re fois, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/250416/autriche-lextreme-droite-ramasse-la-mise-au-premier-tour-de-la-presidentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'extr&#234;me droite acc&#233;der au second tour&lt;/a&gt;, se confirme donc : le FP&#214; est devenu un parti clef de l'&#233;chiquier politique autrichien et les portes du pouvoir lui sont d&#233;sormais ouvertes. Mais la comparaison avec la pr&#233;sidentielle s'arr&#234;te l&#224;, car elle montre aussi paradoxalement la volatilit&#233; d'une partie de l'&#233;lectorat autrichien et le brouillage des pistes au niveau de l'offre politique. Car ce m&#234;me peuple qui a &#233;lu en 2016 un pr&#233;sident &#233;cologiste est capable, un an plus tard, d'&#233;liminer les Verts du parlement : les &#171; Gr&#252;nen &#187; n'obtiennent aucun si&#232;ge cette fois-ci, pour la premi&#232;re fois depuis 31 ans &#8211; m&#234;me si une liste dissidente, emmen&#233;e par un certain Peter Pilz, fait son entr&#233;e &#224; l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tail des r&#233;sultats montre que la Carinthie, r&#233;gion d'origine de J&#246;rg Haider, dans le sud du pays, est d&#233;finitivement le fief du FP&#214; : le parti d'extr&#234;me droite y arrive en t&#234;te, faisant un bond de plus de quinze points par rapport aux l&#233;gislatives de 2013. Le SP&#214; quant &#224; lui sauve les meubles &#224; Vienne &#8211; traditionnel bastion social-d&#233;mocrate &#8211; et dans le Burgenland (est du pays, o&#249; il gouverne en coalition avec le FP&#214;). Dans tous les autres l&#228;nder, c'est le camp conservateur qui d&#233;croche la premi&#232;re place. Et c'est dans le Tyrol, r&#233;gion frontali&#232;re de la Carinthie, qu'il fait son meilleur score, avec 38,6 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH311/a6adf240e3468874-e170f3c4-fad33.png?1781482333' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Sebastian Kurz au soir de la victoire de l'&#214;VP, dimanche 15 octobre 2017 &#169; Reuters &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, conservateurs et extr&#234;me droite cumulent &#8211; en l'attente du vote par correspondance &#8211; pr&#232;s de 60 % des voix. Pour le camp d'en face, c'est la d&#233;route. Comme le souligne dans un tweet le politologue Laurenz Ennser-Jedenastik de l'universit&#233; de Vienne, l'ensemble des forces de gauche autrichiennes fait son plus mauvais score depuis l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le SP&#214; parvient toutefois &#224; limiter la casse en se maintenant &#224; peu pr&#232;s au niveau de son score de 2013 &#8211; il avait alors recueilli 26,82 % des suffrages. Mais l'&#214;VP et le FP&#214; engrangent chacun de leur c&#244;t&#233; une progression spectaculaire de sept points par rapport aux derni&#232;res l&#233;gislatives. D'apr&#232;s l'analyse sortie des urnes de l'institut SORA/ISA publi&#233;e par le quotidien Der Standard, le vote d'extr&#234;me droite aurait b&#233;n&#233;fici&#233; du report de voix d'anciens &#233;lecteurs socialistes, mais aussi d'anciens abstentionnistes. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la participation, plus forte cette ann&#233;e qu'en 2013, a profit&#233; &#224; la fois au camp social-d&#233;mocrate, aux conservateurs et &#224; l'extr&#234;me droite. Mais des trois partis, c'est le FP&#214; qui &#233;largit le plus sa base &#233;lectorale. &lt;i&gt;&#171; Dor&#233;navant, le FP&#214; est presque aussi fort qu'&#224; l'&#233;poque de J&#246;rg Haider, lorsqu'en 1999 il a presque atteint les 27 %. Si l'on ajoute &#224; cela le score de l'&#214;VP, le pays a &#233;t&#233; emport&#233; par un gigantesque tourbillon &#224; droite &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://derstandard.at/2000066023137/Start-Ziel-Sieg-fuer-Kurz-und-Strache-auf-Haiders-Spuren&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;peut-on lire&lt;/a&gt; ce lundi dans &lt;i&gt;Der Standard&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH322/5b4f80bd5f0067f0-6b3951dc-aebee.png?1781482333' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois depuis quinze ans, l'&#214;VP est arriv&#233; en t&#234;te d'une &#233;lection nationale. Pour le jeune chef du Parti populaire d'Autriche, c'est sans conteste une victoire personnelle. Il a non seulement enray&#233; la chute dans laquelle &#233;tait plong&#233;e sa formation et d&#233;menti ceux qui pr&#233;disaient sa fin, mais il a &#233;galement r&#233;ussi &#224; faire de son jeune &#226;ge (31 ans) un atout pour d&#233;crocher la chancellerie et devenir, de ce fait, le plus jeune dirigeant europ&#233;en. Toute la strat&#233;gie &#233;lectorale de Sebastian Kurz &#233;tait en effet bas&#233;e sur l'id&#233;e du renouveau. M&#234;me si lui-m&#234;me n'a rien d'un novice en politique &#8211; cela fait seize ans qu'il est engag&#233; du c&#244;t&#233; des conservateurs autrichiens et sept ans qu'il est membre de l'ex&#233;cutif &#8211;, il n'a eu de cesse, pendant la campagne, de chercher &#224; incarner le renouvellement. &#192; l'instar d'un Emmanuel Macron, il a promu des candidats issus de la soci&#233;t&#233; civile, personnifi&#233; le parti, et parl&#233; d'un &#171; mouvement &#187; plus que d'un &#171; parti &#187;. Relook&#233; (couleur turquoise au lieu du noir traditionnel) et renomm&#233; (&lt;i&gt;&#171; liste Sebastian Kurz &#187;&lt;/i&gt;), l'&#214;VP &#233;tait omnipr&#233;sent sur les r&#233;seaux sociaux avec un discours vague et attrape-tout, &#224; l'exception d'une th&#233;matique bien tranch&#233;e qu'il a r&#233;ussi &#224; imposer &#224; tous : l'hostilit&#233; envers les migrants et la fermeture des fronti&#232;res autrichiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lections marquent donc la triste victoire des th&#232;ses les plus hostiles &#224; l'immigration. &lt;i&gt;&#171; Il est cependant n&#233;cessaire d'expliquer pourquoi l'aspiration &#224; des paroles dures envers les &#233;trangers &#233;tait si forte&lt;/i&gt;,&lt;a href=&#034;http://derstandard.at/2000066043209/Das-Auslaenderthema-als-Einfallstor-der-Rechten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crit&lt;/a&gt;ce lundi matin l'&#233;ditorialiste Irene Brickner dans &lt;i&gt;Der Standard. Le SP&#214; s'est rapidement d&#233;chir&#233; sur ce sujet. Et les propos diff&#233;rents des Verts ont souvent agi comme des paroles de r&#233;sistance dans un syst&#232;me tenu par une droite presque h&#233;g&#233;monique. Le probl&#232;me g&#238;t dans un manque de culture de la discussion dans notre pays. Une culture de la discussion qui aurait des exigences de pr&#233;cision et de concentration sur les faits. &#187; &lt;/i&gt;Et l'&#233;ditorialiste de citer les propos de Sebastian Kurz ainsi que du leader du FP&#214; Heinz-Christian Strache, tous deux faisant abstraction des chiffres, des lois et des conventions internationales lorsqu'ils &#233;voquent le soi-disant trop plein de r&#233;fugi&#233;s en Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH413/a65c02f8c1ee7675-52071f98-d83c6.png?1781482333' width='500' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Estimation du reports des voix entre les &#233;lections de 2013 et 2017 &#169; Institut SORA/ISA / Der Standard &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu peu de r&#233;actions apr&#232;s les premiers r&#233;sultats de dimanche soir. Un modeste rassemblement spontan&#233; s'est fait dans la soir&#233;e devant le parlement &#224; Vienne et un collectif baptis&#233; &#171; Tag X &#187; (&#171; Jour X &#187;), regroupant antifas et gauche radicale autrichienne, &lt;a href=&#034;http://tag-x.mobi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appelle &#224; une manifestation d'opposition&lt;/a&gt; le jour o&#249; la coalition avec l'extr&#234;me droite sera annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau europ&#233;en, pour l'instant c'est silence radio. Seul le Congr&#232;s juif europ&#233;en (EJC) a f&#233;licit&#233; Kurz tout en lui demandant dans le m&#234;me temps de ne pas former un gouvernement de coalition &lt;i&gt;&#171; avec un parti d'extr&#234;me droite &#187;. &#171; Un parti qui a gagn&#233; sur un programme d'intol&#233;rance x&#233;nophobe qui cible les immigr&#233;s ne peut se voir attribuer un si&#232;ge &#224; la table du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident de l'organisation, Viatcheslav Moshe Kantor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la droitisation de la Pologne et de la Hongrie, apr&#232;s les r&#233;centes &#233;lections en Allemagne et en France, le scrutin autrichien vient donc renforcer, &#224; son tour, les camps conservateurs et x&#233;nophobes en Europe. Il montre, s'il en &#233;tait besoin, combien la fa&#231;on dont les diff&#233;rents dirigeants du continent traitent la question migratoire depuis la vague d'arriv&#233;e de 2015 ne fait qu'encourager les &#233;lecteurs &#224; se replier &#224; leur tour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Allemagne, une campagne &#233;lectorale &#171; sans programme politique &#187; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Allemagne-une-campagne-electorale-sans-programme-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/En-Allemagne-une-campagne-electorale-sans-programme-politique</guid>
		<dc:date>2017-09-04T20:42:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 2017 | Mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun th&#232;me majeur n'est vraiment apparu dans la campagne &#233;lectorale allemande. Angela Merkel semble assur&#233;e de sa r&#233;&#233;lection. Pourquoi si peu de surprise dans ce scrutin d&#233;terminant pour l'Union europ&#233;enne ? &lt;br class='autobr' /&gt; C'est une bien morne campagne &#233;lectorale qui se d&#233;roule outre-Rhin. Alors que les Allemands se rendent aux urnes fin septembre, tr&#232;s peu de propositions concr&#232;tes &#233;mergent des programmes des candidats et les m&#233;dias eux-m&#234;mes semblent s'en d&#233;sint&#233;resser. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton31759-22950.jpg?1781482333' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;29 ao&#251;t 2017 | Mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun th&#232;me majeur n'est vraiment apparu dans la campagne &#233;lectorale allemande. Angela Merkel semble assur&#233;e de sa r&#233;&#233;lection. Pourquoi si peu de surprise dans ce scrutin d&#233;terminant pour l'Union europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une bien morne campagne &#233;lectorale qui se d&#233;roule outre-Rhin. Alors que les Allemands se rendent aux urnes fin septembre, tr&#232;s peu de propositions concr&#232;tes &#233;mergent des programmes des candidats et les m&#233;dias eux-m&#234;mes semblent s'en d&#233;sint&#233;resser. Il n'y a qu'&#224; jeter un coup d'&#339;il sur les sites des principaux journaux allemands pour saisir le manque d'enthousiasme que provoque cette campagne. Les gros titres parlent de tout sauf de politique allemande&#8230; &#201;l&#233;ments d'explication avec le chercheur Martin Emmer, professeur en sciences de la communication &#224; la Freie Universit&#228;t &#224; Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La campagne &#233;lectorale allemande n'a toujours pas d&#233;coll&#233;, &#224; quatre semaines du scrutin. Comment expliquez-vous l'impression d'ennui qui s'en d&#233;gage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin Emmer :&lt;/strong&gt; Il y a deux raisons principales &#224; mon avis. La premi&#232;re est que les &#233;lecteurs d&#233;cident de plus en plus tard pour qui ils vont voter. Les partis le savent et ont donc tendance &#224; se focaliser sur les derniers moments de la campagne. Dans les ann&#233;es 1970, 1980 et jusque dans les ann&#233;es 1990, en Allemagne de l'Ouest, les &#233;lecteurs &#233;taient davantage attach&#233;s &#224; des partis tr&#232;s institutionnalis&#233;s, leur vote &#233;tait d&#233;cid&#233; bien en amont. Aujourd'hui, l'on observe une grande volatilit&#233;, en particulier dans l'ex-Allemagne de l'Est, qui n'a pas connu ce cadre des partis politiques. On l'observe &#233;galement chez le jeune &#233;lectorat, qui a tendance, plus encore que le reste de la population, &#224; se d&#233;cider au dernier moment, en fonction d'une question particuli&#232;re et non sur l'ensemble d'un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre raison est qu'il n'y a pas, dans les programmes des candidats, de sujet concret qui leur permette de prendre position et de mener une campagne forte, offensive. Les th&#232;mes sont tr&#232;s g&#233;n&#233;raux, li&#233;s &#224; du long terme. Ils n'entrent pas en r&#233;sonance avec les pr&#233;occupations des &#233;lecteurs. Dans ce contexte, le SPD&lt;i&gt; [les sociaux-d&#233;mocrates &#8211; ndlr] &lt;/i&gt;a une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : il sort de quatre ann&#233;es de coalition avec la CDU&lt;i&gt; [conservateurs]&lt;/i&gt;. Il n'a aucune cr&#233;dibilit&#233; pour mener une campagne forte contre Merkel, puisqu'il a fait partie de son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, quels sont les sujets qui dominent cette campagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la question ! Les sujets sont difficiles &#224; identifier, m&#234;me si cela va peut-&#234;tre &#233;voluer au fur et &#224; mesure que l'on va s'approcher du scrutin. Trois th&#232;mes &#233;mergent pour l'instant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a celui de la justice sociale et des &#233;carts salariaux entre les hommes et les femmes, mis en avant par le SPD. Mais il ne peut pas pousser ce pion trop loin car s'il pr&#233;sente l'Allemagne comme un pays domin&#233; par l'injustice, on va lui demander des comptes sur ce qu'il a fait ces 15 derni&#232;res ann&#233;es&lt;i&gt;le SPD a &#233;galement &#233;t&#233; membre de la coalition gouvernementale en 2005-2009, et avant cela il fut &#224; la t&#234;te du gouvernement qui a mis en place les r&#233;formes contest&#233;es du syst&#232;me d'assurance-ch&#244;mage &#8211; ndlr&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me sujet, c'est le changement climatique et les questions environnementales. Mais c'est un dossier qui se traite avec des objectifs &#224; atteindre sur le long terme et les candidats, focalis&#233;s sur le moyen terme, ne voient pas d'&#233;v&#233;nement auquel se raccrocher. Seuls les Verts placent ce sujet en haut de leur agenda, mais eux-m&#234;mes ne parviennent pas &#224; mettre en &#233;vidence de cas concret pour persuader les &#233;lecteurs. Li&#233; &#224; cela, il y a bien s&#251;r &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/250915/scandale-du-diesel-les-constructeurs-francais-sont-concernes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le scandale du Diesel,&lt;/a&gt; qui a r&#233;v&#233;l&#233; les manipulations de l'industrie automobile&#8230; Mais ce dossier est tellement connect&#233; au succ&#232;s de l'&#233;conomie allemande que personne n'ose en faire un th&#232;me important de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le troisi&#232;me sujet, c'est l'id&#233;e qu'il fait bon vivre en Allemagne, qu'il faut continuer la politique men&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent, qu'il ne faut surtout pas introduire de changement. C'est l&#224;-dessus que la CDU axe sa campagne, avec ce slogan sur les affiches : &lt;i&gt;&#171; Pour une Allemagne dans laquelle nous aimons vivre et nous vivons bien. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question des r&#233;fugi&#233;s qui sont arriv&#233;s en 2015 n'appara&#238;t-elle pas dans cette campagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;l&#233;phant dans la pi&#232;ce. Personne n'en parle, &#224; l'exception du parti x&#233;nophobe AfD (Alternative f&#252;r Deutschland) qui s'en est saisi pour susciter une peur &#233;motionnelle et la panique chez les &#233;lecteurs. Les principaux partis n'en parlent pas, car ils ne trouvent rien de positif &#224; en dire. Il y a chez les politiciens allemands un manque d'id&#233;es, mais aussi un manque de courage politique &#8211; que l'on retrouve par ailleurs sur les sujets europ&#233;ens. Faut-il r&#233;former l'UE, comment la r&#233;former&#8230; ? Dans les partis de gouvernement, personne ne se prononce car personne ne veut prendre de risque. Angela Merkel elle-m&#234;me a tout int&#233;r&#234;t &#224; ne prendre aucun risque. C'est ce qui profite g&#233;n&#233;ralement au chef de l'ex&#233;cutif en poste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Le sujet europ&#233;en pouvait pourtant sembler porteur dans un pays comme l'Allemagne, o&#249; les &#233;lecteurs restent tr&#232;s attach&#233;s &#224; l'UE&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, m&#234;me si Schulz en parle un peu, le sujet europ&#233;en est largement &#233;vit&#233; par les candidats. Certes, les Allemands sont majoritairement europhiles, mais l'UE est plomb&#233;e par toute une s&#233;rie de probl&#232;mes : l'attitude de la Pologne et de la Hongrie [voir &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/dossier/notre-dossier-leurope-centrale-droite-toute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre dossier&lt;/a&gt; &#8211; ndlr], les rat&#233;s de l'&#233;largissement, la peur que l'euro ne fonctionne plus, la relation &#224; la Gr&#232;ce et aux politiques d'aust&#233;rit&#233;&#8230; Autant de dossiers connot&#233;s n&#233;gativement, autour desquels il est difficile de mobiliser les &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette absence de sujets pr&#233;cis dans la campagne et le manque de divergences entre les partis ne risquent-ils pas de favoriser l'abstention aux &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, c'est m&#234;me une strat&#233;gie de d&#233;mobilisation que met en place la CDU. On a d&#233;j&#224; observ&#233; cela sous l'&#232;re Kohl : des campagnes &#233;lectorales centr&#233;es sur sa personne, sans programme politique. Gommer les diff&#233;rences entre les partis, ne pas pousser au changement : cela nourrit l'abstention et le sentiment que voter ne sert &#224; rien. C'est une fa&#231;on de faire r&#233;&#233;lire le chancelier en poste. Et jusqu'&#224; pr&#233;sent, les partis d'opposition n'ont pas r&#233;ussi &#224; contrer cette strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui fait aussi de l'Allemagne une exception par rapport &#224; ses voisins, o&#249; les dirigeants sont rarement reconduits ces derni&#232;res ann&#233;es&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que les Allemands votent encore de mani&#232;re plus stable que leurs voisins. Cela dit, le lien entre les &#233;lecteurs et les formations politiques traditionnelles se d&#233;lite progressivement ici aussi. Le SPD s'est consid&#233;rablement affaibli ces 15 derni&#232;res ann&#233;es, et la CDU &#233;galement, m&#234;me si la popularit&#233; d'Angela Merkel le camoufle pour l'instant. C'est elle qui garantit aujourd'hui le succ&#232;s de la CDU, ce n'est plus la puissance du parti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
