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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pour conjurer l'oubli de la Kanaky</title>
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		<dc:date>2024-12-17T07:07:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Salvi</dc:creator>


		<dc:subject>Oc&#233;anie</dc:subject>
		<dc:subject>Kanaky-Nouvelle-Cal&#233;donie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Six mois apr&#232;s les r&#233;voltes en Nouvelle-Cal&#233;donie, Mediapart est parti &#224; la rencontre des ind&#233;pendantistes kanak, en tribu, dans les quartiers populaires de Noum&#233;a, mais aussi dans la &#171; brousse &#187;, au nord de la capitale. Avec pour objectif de donner la parole &#224; celles et ceux qui en sont d'ordinaire priv&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'autrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La colonisation fait partie de l'histoire fran&#231;aise. C'est un crime, un crime contre l'humanit&#233;. C'est une vraie barbarie et &#231;a fait partie de ce pass&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Oceanie-" rel="directory"&gt;Oc&#233;anie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/capture_d_e_cran_le_2024-12-16_a_16.31_50-9d31f.png?1781051413' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Six mois apr&#232;s les r&#233;voltes en Nouvelle-Cal&#233;donie, Mediapart est parti &#224; la rencontre des ind&#233;pendantistes kanak, en tribu, dans les quartiers populaires de Noum&#233;a, mais aussi dans la &#171; brousse &#187;, au nord de la capitale. Avec pour objectif de donner la parole &#224; celles et ceux qui en sont d'ordinaire priv&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/ellen-salvi/blog/101224/pour-conjurer-l-oubli-de-la-kanaky&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'autrice&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La colonisation fait partie de l'histoire fran&#231;aise. C'est un crime, un crime contre l'humanit&#233;. C'est une vraie barbarie et &#231;a fait partie de ce pass&#233; que nous devons regarder en face. &#187; La colonisation fait aussi partie de ce pr&#233;sent fran&#231;ais sur lequel Emmanuel Macron refuse aujourd'hui de poser des mots aussi forts que ceux qu'il avait prononc&#233;s durant sa premi&#232;re campagne pr&#233;sidentielle au sujet de l'Alg&#233;rie. Un pr&#233;sent que subissent au quotidien des dizaines de milliers de Kanak dans un archipel perdu au milieu de l'oc&#233;an Pacifique, &#224; 17 000 kilom&#232;tres de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les r&#233;voltes ont &#233;clat&#233; en Nouvelle-Cal&#233;donie au mois de mai, Mediapart a continu&#233; de documenter cette crise au c&#339;ur de ses engagements &#233;ditoriaux depuis sa cr&#233;ation. Par le biais d'enqu&#234;tes, d'analyses, d'entretiens, mais aussi de reportages r&#233;alis&#233;s sur place par notre correspondant, le journaliste Gilles Caprais. Six mois plus tard, une fois le calme revenu et l'effervescence m&#233;diatique retomb&#233;e, un imp&#233;ratif s'est impos&#233; : il fallait retourner dans l'archipel, donner &#224; voir et &#224; entendre celles et ceux pour qui rien n'est r&#233;gl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant deux semaines, du 9 au 24 novembre, nous sommes donc partis &#224; la rencontre des ind&#233;pendantistes kanak, en tribu, dans les quartiers populaires de Noum&#233;a, mais aussi dans la &#171; brousse &#187;, au nord de la capitale. Sur notre route, nous avons aussi crois&#233; celle de militant&#183;es loyalistes et d'habitant&#183;es issu&#183;es de toutes les communaut&#233;s qui composent la mosa&#239;que cal&#233;donienne. Autant de personnes qui ont pris le temps, beaucoup de temps, pour se confier sur leurs histoires, leurs inqui&#233;tudes et leurs aspirations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_49179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L496xH371/95cd8932ddff749c-c74eb918-84077.png?1781051413' width='496' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce reportage a aussi &#233;t&#233; l'occasion de mesurer physiquement les effets de la r&#233;pression qui s'est abattue sur l'archipel au cours des derniers mois. La pr&#233;sence massive des gendarmes, sur les routes, dans les h&#244;tels et dans les bars des quartiers chics de Noum&#233;a ; le vrombissement r&#233;gulier de leurs drones planant au-dessus de nos t&#234;tes ; ce sentiment diffus d'&#234;tre observ&#233;s dans chacun de nos mouvements. Mais aussi la duret&#233; d'une capitale scind&#233;e en deux, o&#249; personne ne marche dans le centre-ville et o&#249; les destins se croisent rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aller en Kanaky-Nouvelle-Cal&#233;donie, c'est aussi se d&#233;partir de nos r&#233;flexes occidentaux pour d&#233;couvrir un rapport au monde et aux mots diff&#233;rent du n&#244;tre. Les m&#232;res y sont appel&#233;es &#171; mamans &#187; et les Europ&#233;ens qualifi&#233;s de &#171; Blancs &#187;, sans que cela rev&#234;te une quelconque connotation paternaliste ou raciste. La coutume, qui r&#233;git la soci&#233;t&#233; kanak et place l'humain au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations, impr&#232;gne chaque &#233;change. Il n'y a pas de petites phrases, de fausses confidences ou d'&#233;cume politique, telles qu'on peut en conna&#238;tre en m&#233;tropole. La parole y est aussi directe que pr&#233;cieuse. Et le temps n'a plus besoin de montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant notre reportage, nous avons aussi pu constater que beaucoup de peurs traversent aujourd'hui l'archipel. Et qu'il en est une qui ronge par-dessus tout les esprits : la peur de l'oubli. L'oubli de celles et ceux qui vivent loin et ne savent rien de ce qui se trame dans ce bout du bout du monde. L'oubli du pass&#233; que certain&#183;es voudraient balayer. L'oubli de la culture kanak, de ses langues, et de son lien ind&#233;fectible &#224; la terre. L'oubli du monde de l'invisible et de la parole des &#171; vieux &#187;. L'oubli du respect et de l'humilit&#233; que chacun&#183;e leur doit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois apr&#232;s les r&#233;voltes qui ont embras&#233; la Nouvelle-Cal&#233;donie, Mediapart est donc revenu dans les lieux de la mobilisation dans l'espoir de conjurer cet oubli. Et vous propose le r&#233;cit, en &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/dossier/france/kanaky-l-independance-deniee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;six &#233;pisodes&lt;/a&gt;, d'une ind&#233;pendance d&#233;ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
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&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nouvelle-Cal&#233;donie : apr&#232;s avoir tout cass&#233;, Macron demande aux autres de r&#233;parer</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nouvelle-Caledonie-apres-avoir-tout-casse-Macron-demande-aux-autres-de-reparer</link>
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		<dc:date>2024-06-04T06:28:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ellen Salvi</dc:creator>


		<dc:subject>Oc&#233;anie</dc:subject>
		<dc:subject>Kanaky-Nouvelle-Cal&#233;donie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-06-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au terme d'une visite &#233;clair dans l'archipel, le pr&#233;sident de la R&#233;publique n'a rien annonc&#233; de concret, si ce n'est qu'il donnait &#171; quelques semaines &#187; aux ind&#233;pendantistes pour ramener le calme et reprendre le dialogue. Fuyant ses propres responsabilit&#233;s, il a surtout d&#233;montr&#233; son ent&#234;tement &#224; nier la racine coloniale du probl&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Macron aura donc pass&#233; 18 heures en Nouvelle-Cal&#233;donie pour finir par annoncer qu'il pourrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Oceanie-" rel="directory"&gt;Oc&#233;anie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-06-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-06-04&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH78/capture_d_e_cran_le_2024-06-03_a_19.36_25-298b5.png?1781158725' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au terme d'une visite &#233;clair dans l'archipel, le pr&#233;sident de la R&#233;publique n'a rien annonc&#233; de concret, si ce n'est qu'il donnait &#171; quelques semaines &#187; aux ind&#233;pendantistes pour ramener le calme et reprendre le dialogue. Fuyant ses propres responsabilit&#233;s, il a surtout d&#233;montr&#233; son ent&#234;tement &#224; nier la racine coloniale du probl&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article70859&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron aura donc pass&#233; 18 heures en Nouvelle-Cal&#233;donie pour finir par annoncer qu'il pourrait &#233;ventuellement d&#233;faire ce qu'il a fait et que beaucoup lui conseillaient de ne pas faire. Le tout sans jamais reconna&#238;tre sa part de responsabilit&#233; dans la crise politique que traverse l'archipel depuis bient&#244;t deux semaines. Elle est pourtant immense, comme s'accordent &#224; le dire la plupart des personnes qui ont eu &#224; traiter ce dossier au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies. Et qui en ont mesur&#233; la complexit&#233;, tout autant que la fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit de jeudi &#224; vendredi, juste avant de red&#233;coller pour la m&#233;tropole, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a donn&#233; une conf&#233;rence de presse dans laquelle il a dress&#233; ses &#171; objectifs &#187; &#224; court terme : le retour au calme et la reprise du dialogue entre les loyalistes et les ind&#233;pendantistes. &#171; Nous allons reprendre pas &#224; pas chaque quartier, chaque rond-point, chaque barrage &#187;, a-t-il indiqu&#233;, &#233;voquant les 3 000 forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et les 130 membres du GIGN et du Raid d&#233;ploy&#233;s dans l'archipel pour faire face &#224; &#171; des &#233;meutiers [aux] techniques quasi insurrectionnelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; de sa &#171; priorit&#233; &#187;, a-t-il ensuite insist&#233; dans un &lt;a href=&#034;https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/province-sud/emeutes-en-nouvelle-caledonie-ce-n-est-pas-le-far-west-la-republique-doit-apporter-la-securite-a-chacun-declare-emmanuel-macron-dans-un-entretien-a-nc-la-1ere-et-a-la-presse-locale-1490747.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; accord&#233; &#224; plusieurs m&#233;dias locaux. &#171; C'est pas le Far West, la R&#233;publique doit reprendre l'autorit&#233; sur tous les points. [...] En France, c'est pas chacun qui se d&#233;fend, il y a un ordre r&#233;publicain, ce sont les forces de s&#233;curit&#233; qui l'assurent &#187;, a martel&#233; le chef de l'&#201;tat, en d&#233;signant explicitement les militants des quartiers populaires de Noum&#233;a, mais sans jamais &#233;voquer clairement les milices qui se sont constitu&#233;es du c&#244;t&#233; des loyalistes. Et dont le haut-commissaire de la R&#233;publique, Louis Le Franc, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170524/dans-les-milices-noumea-entre-voisins-vigilants-et-snipers-sur-les-toits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avait soutenu&lt;/a&gt; l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la presse, et apr&#232;s avoir abord&#233; la question de la reconstruction, Emmanuel Macron s'est attard&#233; sur celle du &#171; chemin politique &#187;, reconnaissant que ce sujet &#233;tait &#171; derri&#232;re une grande partie des violences &#187;. &#171; Nous ne partons pas d'une page blanche &#187;, a-t-il affirm&#233;, en se r&#233;f&#233;rant au pr&#233;ambule de l'&lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000555817&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;accord de Noum&#233;a&lt;/a&gt; sign&#233; en 1998. &#171; La reconnaissance du peuple kanak, cette histoire commune, les ombres et les lumi&#232;res... &#187;, a &#233;gren&#233; le pr&#233;sident de la R&#233;publique, sans jamais employer le mot &#171; colonisation &#187;, pourtant &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/160524/nouvelle-caledonie-le-dramatique-retour-du-refoule-colonial&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au c&#339;ur&lt;/a&gt; de ce texte fondateur et des r&#233;voltes actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'&#201;tat est rest&#233; volontairement flou sur la suite des &#233;v&#232;nements, se contentant d'expliquer qu'il ferait &#171; un point d'&#233;tape d'ici un mois au maximum &#187;. Mais en omettant sciemment de nommer les choses et de poser ainsi les v&#233;ritables bases du probl&#232;me, il a finalement donn&#233; un aper&#231;u assez clair de ses intentions. Et exprim&#233; entre les lignes sa volont&#233; de poursuivre la m&#233;thode initi&#233;e fin 2021, au moment o&#249; il avait impos&#233; le &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/271121/nouvelle-caledonie-la-faute-d-emmanuel-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt; dans l'espoir de conclure le processus de d&#233;colonisation en l'absence du peuple colonis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une m&#233;thode grossi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; sur ses &#233;changes avec la d&#233;l&#233;gation d'ind&#233;pendantistes, Emmanuel Macron a d'ailleurs indiqu&#233; qu'il &#171; ne reviendrai[t] pas sur le troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum &#187;. &#171; C'est un point de d&#233;saccord, mais il est assum&#233; &#187;, a-t-il dit, balayant une nouvelle fois les raisons pour lesquelles le Front de lib&#233;ration nationale kanak et socialiste (FLNKS) avait &#224; l'&#233;poque appel&#233; &#224; la non-participation. Les Kanak, premi&#232;res victimes de la pand&#233;mie, &#233;taient alors dans le temps des &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/23/respectons-le-deuil-kanak-reportons-le-referendum-en-nouvelle-caledonie_6103237_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;coutumes du deuil&lt;/a&gt;, qui sont intrins&#232;quement li&#233;es &#224; leur identit&#233;, elle-m&#234;me au c&#339;ur du contrat social cal&#233;donien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de nier le fondement m&#234;me de l'accord de Noum&#233;a, le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'est aussi employ&#233; &#224; parler &#224; la place des ind&#233;pendantistes, avant m&#234;me que ces derniers ne se soient exprim&#233;s. &#171; Je crois qu'ils sont conscients de leurs responsabilit&#233;s &#187;, a-t-il affirm&#233;, &#224; la fa&#231;on d'un ma&#238;tre d'&#233;cole faisant &#233;tat de ses remontrances aupr&#232;s de garnements. Une fa&#231;on de proc&#233;der pour le moins grossi&#232;re lorsqu'on conna&#238;t l'importance de la parole pour le peuple kanak. &#171; Maintenant, je veux leur faire confiance &#187;, a ajout&#233; le chef de l'&#201;tat sur le ton de la magnanimit&#233;, comme s'il n'avait pas lui-m&#234;me rompu ce contrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contrat qui reposait depuis pr&#232;s de quarante ans sur une exigence : l'impartialit&#233; de l'&#201;tat. Plus qu'une exigence m&#234;me, un principe cardinal qu'Emmanuel Macron n'a cess&#233; de bafouer depuis 2018 et sa &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/050518/macron-defend-la-france-en-nouvelle-caledonie-tout-en-pronant-l-apaisement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re visite officielle&lt;/a&gt; dans l'archipel. D'abord en r&#233;p&#233;tant que &#171; la France serait moins grande et moins belle sans la Nouvelle-Cal&#233;donie &#187;. Puis en prenant fait et cause pour le camp loyaliste, jusqu'&#224; nommer l'une de ses figures de proue au gouvernement &#8211; Sonia Back&#232;s, pr&#233;sidente de l'assembl&#233;e de la province Sud depuis 2019, devenue secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e de la citoyennet&#233; entre 2022 et 2023. Enfin en tentant de mettre la pression sur les ind&#233;pendantistes en imposant le d&#233;gel du corps &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron consid&#232;re avoir fait &#171; le maximum d'efforts possibles &#187; pour un retour au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signaux d'alarme clignotaient pourtant dans tous les sens. Il y a quelques jours encore, m&#234;me &#201;douard Philippe, dernier premier ministre &#224; s'&#234;tre occup&#233; de ce dossier &#224; Matignon, a publiquement affirm&#233; que &#171; nous [&#233;tions] sortis du cadre politique &#187; dans lequel vivait la Nouvelle-Cal&#233;donie depuis les accords de Matignon en 1988. Ce cadre reposait &#171; sur une forme d'impartialit&#233; de l'&#201;tat, sur l'id&#233;e que toutes les &#233;volutions devr[aient] &#234;tre le produit d'un compromis, c'[&#233;tait] &#231;a la promesse &#187;, a pr&#233;cis&#233; le maire du Havre (Seine-Maritime).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents coups de boutoir ont fini par faire &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/140524/emmanuel-macron-et-sa-majorite-ont-remis-le-feu-la-nouvelle-caledonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exploser l'archipel&lt;/a&gt;. &#192; pr&#233;sent qu'il a tout bien cass&#233;, le chef de l'&#201;tat exige des ind&#233;pendantistes qu'ils r&#233;parent, selon une variante de la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/politique/300124/gabriel-attal-fixe-un-cap-sans-vision-mais-pas-sans-violence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;formule&lt;/a&gt; d&#233;sormais consacr&#233;e de Gabriel Attal. Lui &#171; consid&#232;re avoir fait le maximum d'efforts possibles pour un retour au calme &#187;. C'est du moins ce qu'il a expliqu&#233; lors de sa conf&#233;rence de presse, lorsqu'une journaliste l'a interrog&#233; sur la pr&#233;sence d'un repr&#233;sentant de la cellule de coordination des actions de terrain (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/160524/designes-coupables-des-violences-en-nouvelle-caledonie-les-independantistes-de-la-ccat-se-defendent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CCAT&lt;/a&gt;) dans la d&#233;l&#233;gation des ind&#233;pendantistes qu'il a rencontr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;sence d'autant plus remarqu&#233;e que le militant en question, Christian Tein, fait partie des nombreux membres de la CCAT actuellement assign&#233;s &#224; r&#233;sidence. &#171; Les responsables politiques ind&#233;pendantistes m'ont demand&#233; de l'associer, a justifi&#233; Emmanuel Macron face aux m&#233;dias locaux. J'ai acc&#233;d&#233; &#224; cette demande par souci d'efficacit&#233;. C'est un geste de ma part de confiance et m&#234;me de responsabilit&#233;. J'esp&#232;re qu'ils seront &#224; la hauteur de cette confiance et qu'ils tiendront leur parole [...]. S'ils ne sont pas au rendez-vous aux r&#233;sultats, j'aurai eu tort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mission et toujours autant de questions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement questionn&#233; sur la fa&#231;on dont son gouvernement, et en particulier son ministre de l'int&#233;rieur et des outre-mer, avait tent&#233; de rendre cette organisation politique infr&#233;quentable, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a balay&#233; le sujet. &#171; Les ministres font attention &#224; ce qu'ils disent &#187;, a-t-il affirm&#233;, oubliant un peu vite que G&#233;rald Darmanin, post&#233; juste derri&#232;re, avait parl&#233; de &#171; groupe mafieux &#187; et qualifi&#233; Christian Tein de &#171; voyou &#187;, tandis que l'ex-secr&#233;taire d'&#201;tat Sonia Back&#232;s employait le mot &#171; terroristes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En signe d'&#171; apaisement &#187; &#8211; les guillemets sont de rigueur &#8211;, Emmanuel Macron s'est &#171; engag&#233; &#187; &#224; ce que la r&#233;vision constitutionnelle visant &#224; d&#233;geler le corps &#233;lectoral &#171; ne passe pas en force dans le contexte actuel &#187; et que &#171; nous nous donnions quelques semaines afin de permettre la reprise du dialogue en vue d'un accord global &#187;. Une solution qui a sa &#171; pr&#233;f&#233;rence &#187; depuis toujours, a-t-il assur&#233;, comme s'il n'&#233;tait en rien responsable de la fa&#231;on dont l'ex&#233;cutif a conduit toute cette affaire, au m&#233;pris de la prudence et des alertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours en pareilles circonstances, le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'est exprim&#233; de telle fa&#231;on que chacun&#183;e puisse interpr&#233;ter les sous-textes &#224; sa mani&#232;re. Ce qui n'a pas manqu&#233;, notamment dans le camp loyaliste, o&#249; le d&#233;put&#233; Renaissance &lt;a href=&#034;https://x.com/NicolasMetzdorf/status/1793645170736726388&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Metzdorf&lt;/a&gt;, rapporteur du projet de loi constitutionnelle &#224; l'Assembl&#233;e nationale, s'est r&#233;joui du maintien du &#171; calendrier initial &#187;, tandis que l'&#233;lu Cal&#233;donie ensemble (parti non ind&#233;pendantiste), Philippe Gom&#232;s, a jug&#233; que le chef de l'&#201;tat avait dit &#171; diplomatiquement que cette r&#233;forme &#8220;unilat&#233;rale et partielle&#8221; [&#233;tait] abandonn&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;engager le travail, le chef de l'&#201;tat a choisi une mission de discussion administrative et confi&#233; &#224; trois hauts fonctionnaires, sp&#233;cialistes de la Nouvelle-Cal&#233;donie ou des sujets constitutionnels, le soin de poursuivre les &#233;changes avec les forces politiques. Cet accord global, a-t-il pr&#233;cis&#233; en conf&#233;rence de presse, devra comporter la question du d&#233;gel du corps &#233;lectoral, mais aussi l'organisation du pouvoir, la citoyennet&#233;, le &#171; nouveau contrat social &#187; cens&#233; r&#233;gler les in&#233;galit&#233;s qui se sont accrues dans l'archipel, et son avenir &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il concernera &#233;galement &#171; la question du vote d'autod&#233;termination &#187;, a conclu le pr&#233;sident de la R&#233;publique, sans trop s'attarder sur ce point. Il est pourtant crucial, car il d&#233;ment toutes celles et ceux qui, au sein du gouvernement et de la majorit&#233;, font mine de penser que le processus de d&#233;colonisation s'est achev&#233; avec le troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum et que la Nouvelle-Cal&#233;donie restera &#233;ternellement fran&#231;aise. C'est renier, l&#224; encore, l'engagement que la France avait pris en signant l'accord de Noum&#233;a : conduire l'archipel &#171; sur la voie de la pleine souverainet&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ellen Salvi&lt;/p&gt;
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		<title>Le jour o&#249; le post-fascisme a pris le pouvoir en Italie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-jour-ou-le-post-fascisme-a-pris-le-pouvoir-en-Italie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-jour-ou-le-post-fascisme-a-pris-le-pouvoir-en-Italie</guid>
		<dc:date>2022-09-27T08:10:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Salvi</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-09-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le parti de Giorgia Meloni a largement domin&#233; les &#233;lections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorit&#233; absolue au Parlement. Le r&#233;sultat de d&#233;cennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoy&#233;s tous les mouvements politiques de la p&#233;ninsule. &lt;br class='autobr' /&gt; 26 septembre 2022 | tir&#233; de m&#233;diapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Rome (Italie).&#8211; Les premi&#232;res estimations &#224; la &#171; sortie des urnes &#187; sont tomb&#233;es &#224; 23 heures, d&#232;s la fermeture des bureaux de vote. &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-09-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-09-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton54169-9791a.png?1781158725' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le parti de Giorgia Meloni a largement domin&#233; les &#233;lections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorit&#233; absolue au Parlement. Le r&#233;sultat de d&#233;cennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoy&#233;s tous les mouvements politiques de la p&#233;ninsule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;26 septembre 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/260922/le-jour-ou-le-post-fascisme-pris-le-pouvoir-en-italie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;diapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rome&lt;/strong&gt; (Italie).&#8211; Les premi&#232;res estimations &#224; la &#171; sortie des urnes &#187; sont tomb&#233;es &#224; 23 heures, d&#232;s la fermeture des bureaux de vote. &#192; cette heure-ci, dimanche soir, les rues de Rome &#233;taient quasi d&#233;sertes. Pour trouver un peu d'effervescence, il fallait rejoindre le sous-sol d'un grand h&#244;tel de la capitale italienne o&#249; Fratelli d'Italia (FdI), le parti post-fasciste men&#233; par Giorgia Meloni, avait convi&#233; la presse. C'est ici, dans une salle moquett&#233;e du sol aux murs, que les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision ont annonc&#233; la couleur dans une ambiance pour le moins studieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans grande surprise, FdI est arriv&#233; en t&#234;te des suffrages exprim&#233;s (26,21 %) aux &#233;lections l&#233;gislatives du 25 septembre, devant le Parti d&#233;mocrate (PD) conduit par Enrico Letta (19,19 %), le Mouvement Cinq &#201;toiles (M5S) de Giuseppe Conte (15,15 %), la Ligue de Matteo Salvini (8,87 %) et Italia Viva de Matteo Renzi (7,74 %). En ajoutant les voix obtenues par Forza Italia (FI) de Silvio Berlusconi (8,08 %), la coalition de droite obtiendrait ainsi 44,08 %. Et devrait s'assurer la majorit&#233; absolue des si&#232;ges aussi bien &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s qu'au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'effondrement de la Ligue, en net recul par rapport aux 17 % obtenus en 2018, Matteo Salvini est l'un des premiers &#224; se f&#233;liciter &lt;a href=&#034;https://twitter.com/matteosalvinimi/status/1574145464114778112&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publiquement&lt;/a&gt; du succ&#232;s de la coalition. &lt;i&gt;&#171; Avec ces r&#233;sultats, nous pouvons gouverner &#187;&lt;/i&gt;, confie aussi tr&#232;s t&#244;t le vice-pr&#233;sident FdI de la Chambre des d&#233;put&#233;s, Fabio Rampelli. Les autres patientent. Aucun cri de joie, &#224; peine quelques sourires : les rares partisans de Giorgia Meloni pr&#233;sents dans la salle se font encore discrets. Dans un coin, le coordinateur du parti, Guido Crosetto, jette des regards r&#233;guliers sur les &#233;crans g&#233;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minuit pass&#233;, la leader post-fasciste ne s'est toujours pas exprim&#233;e. Ses alli&#233;s europ&#233;ens, en &lt;a href=&#034;https://twitter.com/BalazsOrban_HU/status/1574148949606248449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie&lt;/a&gt; comme en &lt;a href=&#034;https://twitter.com/MorawieckiM/status/1574157783594946560&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pologne&lt;/a&gt;, affichent d&#233;j&#224; leur enthousiasme sur Twitter. En France, c'est &#201;ric Zemmour qui s'empresse de publier un &lt;a href=&#034;https://twitter.com/ZemmourEric&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233;&lt;/a&gt; de f&#233;licitations, dans lequel il se prend &#224; r&#234;ver. &lt;i&gt;&#171; Comment ne pas regarder cette victoire comme la preuve que oui, arriver au pouvoir est possible ? &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit le pr&#233;sident de Reconqu&#234;te. Marine Le Pen, dont les relations avec la cheffe de file de FdI sont au point mort, semble avoir coup&#233; les r&#233;seaux sociaux pour la soir&#233;e &#8211; elle postera finalement un message &lt;a href=&#034;https://twitter.com/MLP_officiel/status/1574262650611146754&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lundi matin&lt;/a&gt;, applaudissant aussi bien Meloni que Salvini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne atone, une abstention en hausse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstention, autre grande gagnante des &#233;lections du 25 septembre, est en revanche imm&#233;diatement tr&#232;s bavarde. Selon les premi&#232;res estimations, elle atteint des niveaux records dans certaines r&#233;gions de la p&#233;ninsule, creusant un &#233;cart de 9 points au niveau national par rapport &#224; 2018 &#8211; la participation s'&#233;l&#232;verait &#224; 64,6 % contre 73,68 % il y a quatre ans. &lt;i&gt;&#171; Il faudra &#233;tudier ces donn&#233;es de plus pr&#232;s dans les prochains jours pour comprendre pourquoi une partie du pays a renonc&#233; &#224; voter &#187;&lt;/i&gt;, indique Guido Crosetto, &#233;voquant &lt;i&gt;&#171; une blessure pour la d&#233;mocratie &#187;&lt;/i&gt;. Non loin de l&#224;, une poign&#233;e de militant&#183;es d&#233;bouchent quand m&#234;me une bouteille de p&#233;tillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces taux d'abstention, in&#233;dits dans un pays o&#249; l'on vote traditionnellement beaucoup, viennent conclure une &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/220922/sesto-san-giovanni-l-ex-stalingrad-d-italie-face-au-defi-de-la-montee-de-l-extreme-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;campagne atone&lt;/a&gt;, o&#249; l'indiff&#233;rence a &#233;cras&#233; la crainte d'une victoire du post-fascisme. D'ailleurs, ici, personne n'utilise ce terme ni celui d'extr&#234;me droite, leur pr&#233;f&#233;rant l'expression trompeuse de &#171; centre-droit &#187;, forg&#233;e par Silvio Berlusconi et ses alli&#233;s dans les ann&#233;es 1990 pour dissimuler l'int&#233;gration dans la coalition de droite des post-fascistes &#8211; &#224; l'&#233;poque l'Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini &#8211; et de la Ligue &#8211; anciennement Ligue du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les racines id&#233;ologiques et la culture politique de Giorgia Meloni sont pourtant connues. &lt;i&gt;&#171; Ces derniers temps, elle a &#233;volu&#233; vers une sorte de conservatisme pour des raisons strat&#233;giques, mais c'est un maquillage &#187;&lt;/i&gt;, estime le politiste italien Piero Ignazi.&lt;i&gt; &#171; De toute fa&#231;on, les trois partis de la coalition sont les m&#234;mes qui ont collabor&#233; au gouvernement depuis 1994 &lt;/i&gt;[Meloni a elle-m&#234;me &#233;t&#233; ministre de Berlusconi, de 2008 &#224; 2011 &#8211; ndlr]. &lt;i&gt;Rien n'a chang&#233; si ce n'est les rapports de force, ajoute-t-il. Pour les &#233;lecteurs de droite, un parti ou l'autre, c'est la m&#234;me chose. En ce moment, Meloni est plus populaire que Salvini, mais &#231;a pourrait tout aussi bien &#234;tre l'inverse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, les diff&#233;rentes coalitions, construites selon les &#233;quations et les &#233;poques, ont fini par lasser les &#233;lecteurs et &#233;lectrices. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me le Mouvement Cinq &#201;toiles, qui avait obtenu plus de 30 % en 2018, a imm&#233;diatement fait un gouvernement de coalition avec la droite,&lt;/i&gt; rappelle l'historien italien Enzo Traverso.&lt;i&gt; Ils ont d&#233;&#231;u tout le monde. Giorgia Meloni est la seule qui n'a pas particip&#233; &#224; la coalition qui soutenait le gouvernement Draghi. Elle a cherch&#233; &#224; capitaliser ce malaise, ce vote protestataire contre l'&#233;tat des choses, contre l'ordre dominant, contre la politique&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de quelques semaines, le M5S a tout de m&#234;me r&#233;ussi &#224; reprendre de la vigueur. Il s'offre une troisi&#232;me place, gr&#226;ce &#224; la popularit&#233; de son chef de file, Giuseppe Conte, et un positionnement de campagne &#224; gauche. Pour une partie de l'&#233;lectorat concern&#233;, le mouvement fond&#233; par le comique Beppe Grillo a fait figure de vote utile. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup se disent qu'avec une forte pr&#233;sence au Parlement, ils pourront se battre pour d&#233;fendre certains acquis qui risquent d'&#234;tre remis en cause &#187;&lt;/i&gt;, souligne Enzo Traverso. &lt;i&gt;&#171; Nous d&#233;fendrons tous nos combats et nous les m&#232;nerons jusqu'au bout &#187;&lt;/i&gt;, a d'ailleurs promis Giuseppe Conte, au milieu de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette remont&#233;e, le confusionnisme ambiant a suscit&#233; un mouvement de rejet qui a largement favoris&#233; Giorgia Meloni. Ce sentiment revient dans toutes les discussions que nous engageons dimanche matin, dans le quartier de la Garbatella. C'est ici, au sud de Rome, dans ce fief historique de l'antifascisme et du communisme italien, que la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/210522/en-italie-la-post-fasciste-giorgia-meloni-cherche-faire-oublier-ses-racines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cheffe de file&lt;/a&gt; de FdI a grandi et commenc&#233; &#224; militer activement au sein du parti post-fasciste Alliance nationale, n&#233; des cendres du Mouvement social italien (MSI). &#192; l'&#233;poque, elle revendiquait encore &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=XuoXr-zjqas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;clairement&lt;/a&gt; l'h&#233;ritage de Mussolini, qu'elle consid&#233;rait comme &#171; un bon politicien &#187;. Elle avait 19 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ann&#233;es de d&#233;sillusions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria, une retrait&#233;e habitante du quartier, ne se souvient pas de ces propos &#8211; la vid&#233;o, tir&#233;e d'un reportage de France 3, a surtout circul&#233; sur les r&#233;seaux fran&#231;ais. Mais qu'importe ce qui a pu &#234;tre dit il y a plus de 20 ans, ajoute-t-elle, &lt;i&gt;&#171; aujourd'hui, il faut que les choses changent &#187;. C'est pour cette raison, mais surtout &#171; parce que rien ne va &#187;&lt;/i&gt;, qu'elle s'appr&#234;te &#224; voter pour &lt;i&gt;&#171; la nouveaut&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Jadis populaire, aujourd'hui embourgeois&#233;, le quartier de la Garbatella reste r&#233;solument ancr&#233; &#224; gauche, comme en t&#233;moigne Giorgia, une autre de ses habitantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie de l'&#233;cole primaire Aurelio-Alonzi o&#249; elle vient de voter, cette quadrag&#233;naire se d&#233;sole de celles et ceux qui ne cherchent pas &#224; &lt;i&gt;&#171; aller au fond des discours de Giorgia Meloni &#187;. &#171; Les gens veulent &#233;couter des choses simples et elle, elle leur parle tr&#232;s simplement&lt;/i&gt;, affirme-t-elle. &lt;i&gt;Mais je pense qu'il ne faut pas s'arr&#234;ter &#224; ce qu'elle dit. Quand on va un peu plus loin, on comprend son projet. Moi, elle me fait peur. &#187;&lt;/i&gt; Malgr&#233; des ann&#233;es de &#171; d&#233;sillusions &#187; politiques, Giorgia consid&#232;re encore que son bulletin de vote est &lt;i&gt;&#171; le seul moyen de nous faire entendre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ilario, qui travaille dans un caf&#233; du quartier, ira voter exactement pour la m&#234;me raison, mais un peu plus tard et sans grande conviction. &lt;i&gt;&#171; Je suis comme tout le monde, je me fous de la politique&lt;/i&gt;, lance-t-il. &lt;i&gt;Tout ce que je veux, c'est avoir de quoi manger. &#187;&lt;/i&gt; Campagne &#233;clair, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/160922/italie-comprendre-les-mecanismes-d-une-election-hauts-risques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;syst&#232;me &#233;lectoral complexe&lt;/a&gt;, actions sur le terrain quasi inexistantes&#8230; Les raisons conjoncturelles permettant d'expliquer l'absence d'enthousiasme autour des &#233;lections du 25 septembre &#8211; et a fortiori de mobilisation contre l'arriv&#233;e de Giorgia Meloni au pouvoir &#8211; sont nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise politique que traverse la p&#233;ninsule est bien plus profonde. Elle remonte &#224; la fin du si&#232;cle dernier et n'a cess&#233;, depuis, de s'aggraver. Pour Enzo Traverso, la victoire de la coalition de droite est &lt;i&gt;&#171; le r&#233;sultat d'un long processus de banalisation du fascisme, de criminalisation de l'antifascime et de perte de rep&#232;res identitaires, au sens politique du terme &#187;&lt;/i&gt;, triptyque d&#233;vastateur dans lequel Silvio Berlusconi a jou&#233; un r&#244;le central, quand le Parti d&#233;mocrate, lointain h&#233;ritier du Parti communiste italien (PCI), a tenu, lui, un r&#244;le majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PD a &lt;i&gt;&#171; utilis&#233; la campagne &#8220;anti-antifascistes&#8221; pour se l&#233;gitimer comme une force politique moderne et lib&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;, souligne l'historien, &#233;voquant notamment les propos tenus en 1996 par l'ancien pr&#233;sident PD de la chambre des d&#233;put&#233;s Luciano Violante au sujet des &lt;i&gt;&#171; ragazzi di Sal&#242; &#187; &lt;/i&gt;&#8211; &#171; les gar&#231;ons de Sal&#242; &#187;, du nom de l'&#201;tat fantoche fasciste &#233;tabli par Mussolini en 1943, dans les zones contr&#244;l&#233;es par la Wehrmacht. &lt;i&gt;&#171; C'est un parti qui, depuis 30 ans, dit que l'Italie est devenue un pays d'immigration&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute-t-il, &#224; titre d'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La gauche n'existe plus. Il y a une th&#233;orie critique italienne qui est tr&#232;s vivante, tr&#232;s int&#233;ressante, mais qui est absolument impuissante sur le plan politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enzo Traverso, historien italien&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Impossible, selon Enzo Traverso, de reconstruire quoi que ce soit de cr&#233;dible sur un tel h&#233;ritage. &lt;i&gt;&#171; Il y a eu, en Italie, une rupture radicale de continuit&#233; dans l'histoire de la gauche, explique-t-il. La gauche n'existe plus. Il y a une th&#233;orie critique italienne qui est tr&#232;s vivante, tr&#232;s int&#233;ressante, mais qui est absolument impuissante sur le plan politique. Il y a aussi une culture d'opposition, des mouvements &#233;cologistes, antiracistes, antifascistes, qui m&#232;nent de vraies batailles. Tout cela existe, mais compl&#232;tement en dehors de la sph&#232;re politique, si on entend la politique comme institution. La droite est aujourd'hui h&#233;g&#233;monique sur le plan culturel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un constat dont se f&#233;licite Giorgia Meloni. La cheffe de file de FdI fait enfin son entr&#233;e sur sc&#232;ne &#224; 2 heures 30. Ses soutiens, qui contenaient jusqu'alors leur joie, se d&#233;cha&#238;nent litt&#233;ralement quand elle prend la parole pour les remercier et se r&#233;jouir du &lt;i&gt;&#171; grand moment &#187;&lt;/i&gt; qu'ils partagent ici. Encore prudente dans l'attente des r&#233;sultats d&#233;finitifs, celle qui devrait prochainement devenir la premi&#232;re pr&#233;sidente du Conseil italien parle d'&#171; une nuit de fiert&#233;, de r&#233;demption, de larmes, d'embrassades, de r&#234;ves &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est le temps de la responsabilit&#233;, conclut-elle en dix petites minutes. Lorsque tout sera termin&#233;&lt;/i&gt; [le d&#233;pouillement des bulletins de vote &#8211; ndlr], &lt;i&gt;nous devrons nous rappeler que nous ne sommes pas &#224; un point d'arriv&#233;e mais de d&#233;part, et que, d&#232;s demain, nous devrons prouver notre valeur. &#187;&lt;/i&gt; La leader post-fasciste sait qu'elle devra commencer par consolider l'accord scell&#233; avec Matteo Salvini et Silvio Berlsuconi. Une t&#226;che d'autant moins ais&#233;e que cet accord a &#233;t&#233; largement entam&#233; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/170922/favorite-des-elections-la-droite-italienne-commence-se-dechirer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;durant la campagne&lt;/a&gt;, sur fond de divergences politiques et de guerres intestines pour prendre le pouvoir dans la future majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle, certaines personnes sont en larmes, d'autres n'en finissent plus de se serrer dans les bras. Apr&#232;s avoir d&#233;di&#233; &lt;i&gt;&#171; cette victoire &#224; toutes les personnes qui ne sont plus l&#224; et qui m&#233;ritaient de vivre cette nuit &#187;&lt;/i&gt;, Giorgia Meloni prend quelques secondes de pause devant les photographes, le &#171; V &#187; de la victoire fi&#232;rement brandi, puis quelques secondes suppl&#233;mentaires, une pancarte &lt;i&gt;&#171; Grazie Italia &#187;&lt;/i&gt; (&#171; Merci l'Italie &#187;) &#224; la main. Une citation de saint Fran&#231;ois d'Assise, des baisers l&#226;ch&#233;s &#224; la vol&#233;e, et elle dispara&#238;t sous les applaudissements nourris de ses partisan&#183;es. La nuit italienne ne fait que commencer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ellen Salvi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Emmanuel Macron domine un champ de ruines</title>
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		<dc:creator>Ellen Salvi</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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&lt;p&gt;Emmanuel Macron a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu face &#224; Marine Le Pen avec 58,54 % des suffrages exprim&#233;s. La strat&#233;gie qu'il a mise en place pendant cinq ans a donc &#233;t&#233; gagnante &#233;lectoralement. Mais elle ne peut qu'&#234;tre perdante d&#233;mocratiquement, les fractures n'ayant jamais &#233;t&#233; aussi b&#233;antes. &lt;br class='autobr' /&gt; 24 avril 2022 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Emmanuel Macron est arriv&#233; au Champ-de-Mars au son de L'Hymne &#224; la joie de Beethoven, qui avait d&#233;j&#224; r&#233;sonn&#233; dans la cour du Louvre, au soir de sa victoire de 2017. Mais cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton52550-655df.png?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Macron a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu face &#224; Marine Le Pen avec 58,54 % des suffrages exprim&#233;s. La strat&#233;gie qu'il a mise en place pendant cinq ans a donc &#233;t&#233; gagnante &#233;lectoralement. Mais elle ne peut qu'&#234;tre perdante d&#233;mocratiquement, les fractures n'ayant jamais &#233;t&#233; aussi b&#233;antes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;24 avril 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/240422/emmanuel-macron-domine-un-champ-de-ruines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron est arriv&#233; au Champ-de-Mars au son de &lt;i&gt;L'Hymne &#224; la joie &lt;/i&gt; de Beethoven, qui avait d&#233;j&#224; r&#233;sonn&#233; dans la cour du Louvre, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/070517/l-opa-d-emmanuel-macron-sur-l-elysee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au soir de sa victoire de 2017.&lt;/a&gt; Mais cette fois-ci, le pr&#233;sident de la R&#233;publique, fra&#238;chement r&#233;&#233;lu face &#224; Marine Le Pen avec 58,54 % des suffrages exprim&#233;s, n'a pas fait son entr&#233;e seul, mais aux c&#244;t&#233;s de sa femme et entour&#233; de jeunes. Une mise en sc&#232;ne soigneusement orchestr&#233;e pour coller &#224; sa promesse de &lt;i&gt;&#171; m&#233;thode refond&#233;e [&#8230;] au service de notre pays et de notre jeunesse &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'&#201;tat a d'abord remerci&#233; &lt;i&gt;&#171; l'ensemble des Fran&#231;aises et des Fran&#231;ais qui au premier puis au deuxi&#232;me tour [lui] ont accord&#233; leur confiance pour faire avenir &#187; son projet. &#171; Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont vot&#233; ce jour pour moi non pour soutenir les id&#233;es que je porte, mais pour faire barrage &#224; celles de l'extr&#234;me droite, a-t-il ajout&#233;. Et je veux ici les remercier et leur dire que ce vote m'oblige pour les ann&#233;es &#224; venir. Je suis d&#233;positaire de leur sens du devoir, de leur attachement &#224; la R&#233;publique et du respect des diff&#233;rences qui se sont exprim&#233;es ces derni&#232;res semaines. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une promesse qui ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; celle que le m&#234;me homme avait formul&#233;e&lt;a href=&#034;https://en-marche.fr/articles/discours/emmanuel-macron-president-louvre-carrousel-discours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il y a cinq ans,&lt;/a&gt; avant de l'oublier sit&#244;t intronis&#233;.&lt;i&gt; &#171; Je veux aussi ce soir avoir un mot pour les Fran&#231;ais qui ont vot&#233; pour moi sans avoir nos id&#233;es, avait-il dit le 7 mai 2017. Vous vous &#234;tes engag&#233;s et je sais qu'il ne s'agit pas l&#224; d'un blanc-seing. Je veux avoir un mot pour les Fran&#231;ais qui ont vot&#233; simplement pour d&#233;fendre la R&#233;publique face &#224; l'extr&#233;misme. Je sais nos d&#233;saccords, je les respecterai, mais je serai fid&#232;le &#224; cet engagement pris : je prot&#233;gerai la R&#233;publique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche soir, Emmanuel Macron s'est &#233;galement adress&#233; aux abstentionnistes &#8211; &lt;i&gt;&#171; Leur silence a signifi&#233; un refus de choisir auquel nous nous devons aussi de r&#233;pondre &#187;&lt;/i&gt; &#8211; ainsi qu'aux &#233;lecteurs et &#233;lectrices de Marine Le Pen.&lt;i&gt; &#171; Je sais que pour nombre de nos compatriotes qui ont choisi aujourd'hui l'extr&#234;me droite, la col&#232;re et les d&#233;saccords qui les ont conduits &#224; voter pour ce projet doivent aussi trouver une r&#233;ponse, ce sera ma responsabilit&#233; et celle de ceux qui m'entourent &#187;, a-t-il dit, affirmant vouloir &#171; consid&#233;rer toutes les difficult&#233;s des vies v&#233;cues et r&#233;pondre avec efficacit&#233; aux col&#232;res qui se sont exprim&#233;es &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vantant un projet qu'il d&#233;crit comme &lt;i&gt;&#171; humaniste &#187;, &#171; r&#233;publicain dans ses valeurs &#187;, &#171; social et &#233;cologique &#187;, &#171; fond&#233; sur le travail et la cr&#233;ation &#187;, &#171; la lib&#233;ration de nos forces acad&#233;miques, culturelles et entrepreneuriales &#187;&lt;/i&gt;, celui qui va donc diriger la France cinq ans de plus a assur&#233; qu'il le porterait &lt;i&gt;&#171; en &#233;tant d&#233;positaire aussi des divisions qui se sont exprim&#233;es et des diff&#233;rences &#187;. &#171; En veillant chaque jour au respect de chacun. Et en continuant &#224; veiller chaque jour &#224; une soci&#233;t&#233; plus juste et &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes &#187;,&lt;/i&gt; a-t-il pr&#233;cis&#233;, en parlant d'&#171; ambition &#187; et de &#171; bienveillance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;&#233;lection, mais &#224; quel prix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette modestie affich&#233;e par Emmanuel Macron tranchait avec la mise en sc&#232;ne pr&#233;par&#233;e par ses &#233;quipes, mais aussi avec certaines d&#233;clarations de ces soutiens. Sit&#244;t les r&#233;sultats connus, plusieurs d'entre eux se sont en effet f&#233;licit&#233;s d'un score qualifi&#233; d'&#171; &lt;i&gt;in&#233;dit par son ampleur &lt;/i&gt; &#187; par Richard Ferrand. &lt;i&gt;&#171; Si l'on excepte Chirac face &#224; Le Pen en 2002, jamais un pr&#233;sident n'avait &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu avec un tel score &#187;&lt;/i&gt;, s'est r&#233;joui le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale, oubliant de pr&#233;ciser qu'Emmanuel Macron a &#233;t&#233; &#233;lu les deux fois face &#224; l'extr&#234;me droite. Le ministre de l'&#233;conomie Bruno Le Maire a quant &#224; lui parl&#233; de &lt;i&gt;&#171; mandat clair &#187;. &#171; Le pr&#233;sident a d&#233;sormais la l&#233;gitimit&#233; pour poursuivre la transformation du pays &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il insist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rares sont celles et ceux, dans les rangs de La R&#233;publique en marche (LREM), &#224; avoir eu un mot pour les millions d'&#233;lecteurs qui se sont d&#233;plac&#233;s dans le seul but de barrer la route &#224; l'extr&#234;me droite. Le chef de l'&#201;tat avait ouvert la voie &#224; cet aveuglement au lendemain du premier tour. &lt;i&gt;&#171; Comme il n'y a plus de front r&#233;publicain, je ne peux pas faire comme si cela existait &#187;&lt;/i&gt;, avait-il indiqu&#233;, pour pr&#233;empter l'id&#233;e d'un vote d'adh&#233;sion et esp&#233;rer ainsi poursuivre ses politiques comme si de rien n'&#233;tait au cours des cinq prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier pr&#233;sident de la Ve R&#233;publique &#224; &#234;tre r&#233;&#233;lu hors p&#233;riode de cohabitation &#8211; et toujours face &#224; l'extr&#234;me droite &#8211;, Emmanuel Macron a donc r&#233;ussi le pari qu'il s'&#233;tait fix&#233; depuis 2017. Mais &#224; quel prix ? Pendant cinq ans, celui qui avait assur&#233;, &lt;a href=&#034;https://en-marche.fr/articles/discours/emmanuel-macron-president-louvre-carrousel-discours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au soir de sa premi&#232;re &#233;lection&lt;/a&gt;, vouloir tout faire pour que plus personne n'ait &lt;i&gt;&#171; aucune raison de voter pour les extr&#234;mes &#187; &lt;/i&gt; a en r&#233;alit&#233; largement contribu&#233; &#224; installer &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/060422/extreme-droite-macron-appelle-eteindre-les-braises-sur-lesquelles-il-souffle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un nouveau face-&#224;-face avec Marine Le Pen&lt;/a&gt;. Avec l'objectif de rester dix ans &#224; l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; normalisation &#187; de l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'&#201;tat avait pr&#233;venu ses troupes &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170919/immigration-macron-sombre-dans-les-memes-travers-que-sarkozy&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#232;s septembre 2019&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Vous n'avez qu'un opposant sur le terrain : c'est le Front national. Il faut confirmer cette opposition, car ce sont les Fran&#231;ais qui l'ont choisie. &#187; &lt;/i&gt; Mais plut&#244;t que de combattre l'extr&#234;me droite en corrigeant les in&#233;galit&#233;s sociales qui la nourrissent, lui et ses soutiens se sont empar&#233;s de ses marottes. Avec un art ma&#238;tris&#233; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/310520/emmanuel-macron-soigne-sa-demagogie?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de la d&#233;magogie&lt;/a&gt; et une pratique assez m&#233;diocre de la triangulation, ils ont particip&#233; &#224; la l&#233;gitimation de ses figures et de ses id&#233;es &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/071221/l-extreme-droite-et-ses-complicites-tacites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans le d&#233;bat public.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autoproclam&#233; progressiste, son gouvernement et sa majorit&#233; ont donc reni&#233; leurs promesses d'&#171; &lt;i&gt;ouverture&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt; libert&#233; &lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;fraternit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et d'&#171; &lt;i&gt;inclusion&lt;/i&gt; &#187;, initialement inscrites &lt;a href=&#034;https://en-marche.fr/charte.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans la Charte des valeurs du part&lt;/a&gt;i. &#192; l'image de la droite la plus b&#234;te du monde, ils ont aliment&#233; des d&#233;bats sans fin autour des &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/221019/listes-communautaires-le-pouvoir-s-empetre-dans-un-nouveau-debat-insense?page_article=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;listes communautaires&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, de l'immigration, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/141019/voile-et-ecole-cette-obsession-francaise?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des m&#232;res voil&#233;es accompagnatrice&lt;/a&gt;s, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/180521/la-politique-reduite-la-police&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de la s&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, des &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/061020/certificats-de-virginite-une-obsession-mal-placee?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;certificats de virginit&#233;&lt;/a&gt; &#187; ou d'&#171; &lt;i&gt; allergie au chlore&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170221/islamo-gauchisme-vidal-provoque-la-consternation-chez-les-chercheurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'islamo-gauchisme&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; &#187; et du &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/151021/woke-la-diversion-reactionnaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wokisme&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jamais se d&#233;partir de leur sourire, ils ont jug&#233; Marine Le Pen &#171; &lt;i&gt; trop molle&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/120221/darmanin-le-pen-un-debat-front-renverse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;rald Darmanin&lt;/a&gt;), expliqu&#233; &#234;tre davantage &#171; &lt;i&gt;effray&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par &#171; &lt;i&gt; les discours intersectionnels du moment &lt;/i&gt; &#187; que par &#201;ric Zemmour (&lt;a href=&#034;https://twitter.com/caissesdegreve/status/1437840931697446918?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sarah El Ha&#239;ry&lt;/a&gt;), cr&#233;&#233; la pol&#233;mique autour des allocations de rentr&#233;e et des &#233;crans plats (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/150921/ecrans-plats-ou-impayes-de-cantine-le-fantasme-des-pauvres-irresponsables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Michel Blanquer)&lt;/a&gt;, dit vouloir &#171; &lt;i&gt;sortir de la tenaille entre, d'un c&#244;t&#233;, les identitaires d'extr&#234;me droite et, de l'autre, les indig&#233;nistes et Europe &#201;cologie-Les Verts &lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/180421/laicite-marlene-schiappa-fache-les-uns-et-inquiete-les-autres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marl&#232;ne Schiappa&lt;/a&gt;), regrett&#233; que &#171; &lt;i&gt; l'islamo-gauchisme gangr&#232;ne la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170221/islamo-gauchisme-vidal-provoque-la-consternation-chez-les-chercheurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fr&#233;d&#233;rique Vidal).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, Marine Le Pen est appr&#233;hend&#233;e comme une opposante politique ordinaire. Pendant toute la campagne d'entre-deux-tours, et singuli&#232;rement au moment du &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/210422/debat-d-entre-deux-tours-le-pen-la-peine-macron-en-surplomb&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233;&lt;/a&gt; qui opposait les deux candidats, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a pris soin d'attaquer son adversaire &#171; &lt;i&gt;projet contre projet &lt;/i&gt; &#187;, afin de rassembler &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/120422/face-l-extreme-droite-macron-s-entete-jouer-avec-le-feu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autour de lui&lt;/a&gt;plut&#244;t que contre elle. Il a ainsi parfait l'entreprise de &#171; normalisation &#187; engag&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es par le Rassemblement national (RN).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'inqui&#232;te surtout, au-del&#224; des r&#233;sultats de dimanche, ce sont les cinq ann&#233;es qui viennent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ministre&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce choix a &#233;t&#233; gagnant &#233;lectoralement, mais il ne peut &#234;tre que perdant d&#233;mocratiquement. Car personne ne peut se r&#233;jouir de voir l'extr&#234;me droite acc&#233;der, pour la deuxi&#232;me fois cons&#233;cutive, au second tour de la pr&#233;sidentielle. Tout comme personne ne peut s'enthousiasmer d'une victoire &#224; la Pyrrhus. &lt;i&gt;&#171; Ce qui m'inqui&#232;te surtout, au-del&#224; des r&#233;sultats de dimanche, c&lt;i&gt;e sont les cinq ann&#233;es qui viennent &lt;/i&gt; &#187;, confiait un ministre, il y a quelques jours. &#171; En cas de victoire, on se dirige vers un bordel sans nom &#187;&lt;/i&gt;, redoutait un &#233;lu de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les soutiens les plus lucides d'Emmanuel Macron, chacun sait que ce dernier a &#233;t&#233; reconduit &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/300322/macron-derriere-l-atonie-le-spectre-d-une-campagne-ratee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sans enthousiasme&lt;/a&gt;. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/2017-2022-le-bilan-macron-au-scanner-de-mediapart&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur un bilan contest&#233;&lt;/a&gt; et u&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170322/le-projet-de-macron-marche-sur-ses-deux-jambes-de-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n programme qui d&#233;pla&#238;t&lt;/a&gt;, notamment sur la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/100322/macron-veut-repousser-l-age-de-depart-la-retraite-65-ans&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;forme des retraites&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#171; Je pense que nous allons affronter une temp&#234;te, une temp&#234;te &#233;conomique, une temp&#234;te sanitaire, une temp&#234;te &#224; tous &#233;gards, peut-&#234;tre une temp&#234;te sociale, peut-&#234;tre une temp&#234;te politique, mais je pense que les temps qui viennent sont des temps difficiles &#187;&lt;/i&gt;, avait pr&#233;sag&#233; l'ancien premier ministre &#201;douard Philippe en septembre 2020, peu apr&#232;s son d&#233;part de Matignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils ont d&#233;nonc&#233; &#224; voix haute les propos tenus par le pr&#233;sident du S&#233;nat&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/gerard-larcher-macron-tente-d-enjamber-la-presidentielle-20220314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;rard Larcher&lt;/a&gt; sur la &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187; du pr&#233;sident de la R&#233;publique en cas de r&#233;&#233;lection sans campagne ni confrontations d'id&#233;es, certains ont expliqu&#233; sous cape que la question m&#233;ritait d'&#234;tre pos&#233;e. Pendant cinq ans, les m&#234;mes ont observ&#233; avec inqui&#233;tude la fa&#231;on dont le chef de l'&#201;tat a cliv&#233; la soci&#233;t&#233;, en distinguant les &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/250322/droits-et-devoirs-la-rupture-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bons et les mauvais citoyens&lt;/a&gt;. Les &#171; irresponsables &#187; qu'il assumait de vouloir &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/050122/face-aux-non-vaccines-emmanuel-macron-invente-la-decheance-de-citoyennete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;emmerder &#187; et les autres.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron l'avait reconnu d&#232;s novembre 2018, au balbutiement du mouvement &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/notre-dossier-gilets-jaunes-six-mois-de-revolte-des-oublies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des &#171; &lt;i&gt;gilets jaunes&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt; Je n'ai pas r&#233;ussi &#224; r&#233;concilier le peuple fran&#231;ais avec ses dirigeants &lt;/i&gt; &#187;, avait-il dit, ajoutant que le pouvoir n'avait &#171; &lt;i&gt; sans doute &lt;/i&gt; &#187; pas assez apport&#233; de &#171; &lt;i&gt;consid&#233;ration &lt;/i&gt; &#187;. Un premier mea culpa qui sera suivi de nombreux autres, sans que rien ne change, tant sur le fond que sur la forme. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230919/macron-rattrape-par-macron?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre petites phrases&lt;/a&gt;, renoncements et &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/290418/emmanuel-macron-ou-la-verticale-du-pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exercice vertical du pouvoir,&lt;/a&gt; le chef de l'&#201;tat n'a fait qu'aggraver la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'&#233;couter celles et ceux qui, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/060321/proportionnelle-bayrou-presse-macron-d-honorer-sa-promesse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;parmi ses proches&lt;/a&gt;, le pressaient d'honorer sa promesse de proportionnelle, afin d'&#233;viter &#171; une crise d&#233;mocratique &#187;, Emmanuel Macron a continu&#233; comme si de rien n'&#233;tait. Malgr&#233; sa victoire, la crise est bien l&#224;. Le &#171; front r&#233;publicain &#187; n'a pas disparu, contrairement &#224; ce qu'il pr&#233;tendait, mais il s'est &#233;tiol&#233; sous ses coups de boutoir. Le niveau d'abstention et les quelques points qui le s&#233;parent de Marine Le Pen prouvent que &#171; rien n'est jou&#233; &#187;, selon l'une de ses expressions favorites. Pour les cinq ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron va devoir s'atteler, dans un premier temps, &#224; former un nouveau gouvernement. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a d&#233;j&#224; annonc&#233; que Jean Castex resterait &#224; Matignon au moins jusqu'au 1er mai. &#171; Il est important que dans ce contexte de guerre et de tension tr&#232;s forte sur l&lt;i&gt;e pouvoir d'achat, il puisse y avoir une gestion des affaires courantes tr&#232;s r&#233;active, car il pourrait y avoir des mesures d'urgence qu'il faudra prendre dans les prochains jours. Il faut de la continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il pr&#233;cis&#233; sur BFMTV, vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une majorit&#233; d&#233;j&#224; divis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, dans l'&#233;quipe actuelle, chacun&#183;e avait pr&#233;vu de faire ses cartons, m&#234;me si beaucoup esp&#233;raient rester. Le ministre de l'&#233;ducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est dit &#171; &lt;i&gt;pr&#234;t &#224; continuer &lt;/i&gt; &#187; au poste qu'il a occup&#233; pendant 5 ans. Plusieurs autres ont fait remonter des notes pendant toute la campagne. &lt;i&gt;&#171; Je pense qu'&#224; la fin, il n'en restera qu'une petite poign&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, soufflait r&#233;cemment un ministre, en citant notamment le nom de son coll&#232;gue &#224; l'agriculture, Julien Denormandie, que beaucoup imaginent promu dans le nouveau dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des &#233;quilibres &#224; trouver pour constituer un nouveau gouvernement, le chef de l'&#201;tat va surtout devoir composer avec les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s de sa majorit&#233; dans la perspective des l&#233;gislatives. C'est le sujet qui occupait tous les esprits ces derniers jours, et surtout ceux du pr&#233;sident du MoDem Fran&#231;ois Bayrou et de l'ancien premier ministre &#201;douard Philippe, &#224; la t&#234;te du parti Horizons. Les deux hommes ont longuement phosphor&#233; sur les propos tenus par Emmanuel Macron&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/110422/en-tete-au-premier-tour-emmanuel-macron-vise-desormais-l-hegemonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au soir du premier tour.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans ce moment d&#233;cisif pour l'avenir de la Nation, plus rien ne doit &#234;tre comme avant. C'est pourquoi je souhaite tendre la main &#224; tous ceux qui veulent travailler pour la France. Je suis pr&#234;t &#224; inventer quelque chose de nouveau afin de b&#226;tir avec eux une action commune &lt;/i&gt; &#187;, avait-il affirm&#233; le 10 avril, esquissant les contours d'un futur parti unique, au sein duquel il aimerait fusionner l'ensemble des composantes de la majorit&#233; &#8211; dont LREM, le MoDem et Horizons. Et qui pourrait aussi accueillir des d&#233;put&#233;&#183;es Les R&#233;publicains (LR) ou socialistes sur quelques accords ponctuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; plusieurs jours d&#233;j&#224; que d'anciens &#233;lus LR frappent &#224; la porte de la majorit&#233; dans l'espoir de la rejoindre. &#171; &lt;i&gt;Des sarkozystes surtout &lt;/i&gt; &#187;, selon un ministre. L'ex-pr&#233;sident de la R&#233;publique, qui n'a jamais cess&#233; de man&#339;uvrer en coulisses pour la r&#233;&#233;lection d'Emmanuel Macron,&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/080422/nicolas-sarkozy-le-marionnettiste-de-la-campagne-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;souhaite en effet peser&lt;/a&gt; sur le futur quinquennat. Son soutien &#171; m'honore et m'oblige &#187;, avait affirm&#233; le chef de l'&#201;tat, le 12 avril. D&#232;s dimanche soir, certains &#233;lus LR, comme le patron des d&#233;put&#233;&#183;es, &lt;a href=&#034;https://twitter.com/damienabad/status/1518292893500325893&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Damien Abad,&lt;/a&gt; n'ont pas cach&#233; leur enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comprenant la nature du projet macroniste, Fran&#231;ois Bayrou, qui avait d&#233;j&#224; refus&#233; de participer &#224; la cr&#233;ation de l'UMP en 2002, a quant &#224; lui logiquement bondi. &#171; &lt;i&gt; Nous consid&#233;rons qu'il faut de la biodiversit&#233; politique, explique l'un de ses proches. On peut &#233;ventuellement r&#233;fl&#233;chir &#224; des convergences, mais certainement pas &#224; une fusion. &#187;&lt;/i&gt; &#201;douard Philippe n'appr&#233;cie gu&#232;re plus cette initiative. &lt;i&gt;&#171; Fran&#231;ois Bayrou disait : &#8220;Si nous pensons tous la m&#234;me chose, c'est que nous ne pensons rien.&#8221; Il est toujours important d'avoir en t&#234;te les grands auteurs &#187;, &lt;/i&gt; a-t-il rappel&#233; &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/politique/edouard-philippe-renvoyer-dos-a-dos-le-pen-et-macron-c-est-irresponsable-20220418&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans Le Figaro.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant l'arriv&#233;e de chef de l'&#201;tat sur le Champ-de-Mars, le patron du MoDem, pr&#233;sent sur place, insistait face cam&#233;ra sur le fait que les cinq prochaines ann&#233;es devraient &#234;tre &#171; &lt;i&gt; cinq ans de reconnaissance pour les Fran&#231;ais, quelles que soient leur situation et leur opinion&lt;/i&gt; &#187;. Une fa&#231;on de souligner que le deuxi&#232;me quinquennat ne pourrait se faire sur le mod&#232;le du premier : de fa&#231;on verticale, autoritaire et solitaire. Au m&#233;pris de toutes celles et ceux qui ne pensent pas comme Emmanuel Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ellen Salvi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Droits et devoirs : la rupture Macron</title>
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		<dc:date>2022-03-29T07:12:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Salvi, Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-29</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour le pr&#233;sident-candidat, &#171; les devoirs valent avant les droits &#187;. Cette logique, qui va &#224; l'encontre des principes fondamentaux de l'&#201;tat social et l'&#201;tat de droit, irrigue l'ensemble de son projet de r&#233;&#233;lection. En distinguant les bons et les mauvais citoyens. &lt;br class='autobr' /&gt; 25 mars 2022 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Macron a rarement parl&#233; de &#171; droits &#187; sans y accoler le mot &#171; devoirs &#187;. En 2017 d&#233;j&#224;, il pr&#233;sentait les contours de sa future r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, en expliquant vouloir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton52112-463fa.png?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le pr&#233;sident-candidat, &#171; les devoirs valent avant les droits &#187;. Cette logique, qui va &#224; l'encontre des principes fondamentaux de l'&#201;tat social et l'&#201;tat de droit, irrigue l'ensemble de son projet de r&#233;&#233;lection. En distinguant les bons et les mauvais citoyens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;25 mars 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/250322/droits-et-devoirs-la-rupture-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron a rarement parl&#233; de &#171; &lt;i&gt; droits &lt;/i&gt; &#187; sans y accoler le mot &#171; &lt;i&gt;devoirs&lt;/i&gt; &#187;. En 2017 d&#233;j&#224;, il pr&#233;sentait les contours de sa future r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, en expliquant vouloir &#171; &lt;i&gt; un syst&#232;me exigeant de droits et de devoirs&lt;/i&gt; &#187;. Deux ans plus tard, au d&#233;marrage du &#171; &lt;i&gt;grand d&#233;bat national &lt;/i&gt; &#187;, pens&#233; comme une campagne de mi-mandat pour endiguer la crise des &#171; &lt;i&gt; gilets jaune&lt;/i&gt;s &#187;, il d&#233;plorait l'usage de l'expression &#171; cahier de dol&#233;ances &#187;, lui pr&#233;f&#233;rant celle de &#171; cahiers de droits et de devoirs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, le chef de l'&#201;tat prenait encore soin, au moins dans son expression, de maintenir un semblant d'&#233;quilibre. Mais celui-ci a vol&#233; en &#233;clats au printemps 2021, en marge d'un d&#233;placement &#224; Nevers (Ni&#232;vre). Interpell&#233; par un homme sans papiers, le pr&#233;sident de la R&#233;publique avait d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Vous avez des devoirs, avant d'avoir des droits. On n'arrive pas en disant : &#8220;On doit &#234;tre consid&#233;r&#233;, on a des droits.&#8221; &lt;/i&gt; &#187; Avant d'ajouter, sans l'ombre d'une ambigu&#239;t&#233; : &#171; Les choses ne sont pas donn&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/170322/le-projet-de-macron-marche-sur-ses-deux-jambes-de-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeudi 17 mars&lt;/a&gt;, le pr&#233;sident-candidat a de nouveau invoqu&#233; la question des devoirs en abordant le volet r&#233;galien de son projet. Rappelant son engagement &#224; accueillir des familles ukrainiennes fuyant la guerre, il a imm&#233;diatement pr&#233;venu vouloir &#171; changer les modes d'acc&#232;s aux titres de s&#233;jour &#187; et notamment les titres de s&#233;jour longs, qui seront d&#233;sormais accord&#233;s &#171; dans des conditions beaucoup plus restrictives &#187;. Parce que non, d&#233;finitivement, &#171; les choses ne sont pas donn&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rh&#233;torique du donnant-donnant irrigue aujourd'hui l'ensemble du programme d'Emmanuel Macron. Elle s'impose ainsi dans le volet &#233;conomique de celui-ci. La mesure la plus repr&#233;sentative en la mati&#232;re &#233;tant sans doute la mise sous condition de travail ou de formation &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230322/conditionner-le-rsa-une-activite-il-faudrait-que-macron-vive-la-pauvrete-pour-savoir-ce-que-c-est&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;du revenu de solidarit&#233; active&lt;/a&gt; (RSA). Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a d'ailleurs explicitement indiqu&#233; que cette proposition s'inscrivait dans cette &#171; logique de droits et devoirs &#187; propos&#233;e par le candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une logique, ou plus exactement une pr&#233;c&#233;dence, que le chef de l'&#201;tat a lentement install&#233;e, l'&#233;tendant des sans-papiers &#224; tous les citoyens et citoyennes. &#171; &#202;tre citoyen, ce n'est pas demander toujours des droits suppl&#233;mentaires, c'est veiller d'abord &#224; tenir ses devoirs &#224; l'&#233;gard de la nation &#187;, avait-il lanc&#233; en ao&#251;t 2021. &#171; &#202;tre un citoyen libre et toujours &#234;tre un citoyen responsable pour soi et pour autrui ; les devoirs valent avant les droits &#187;, insistait-il &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/311221/les-voeux-hors-sol-du-candidat-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en d&#233;cembre&lt;/a&gt;, &#224; destination des personnes non vaccin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision digne de l'Ancien R&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron a balay&#233;, en l'espace de quelques mois, l'h&#233;ritage &#233;mancipateur de la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Pour les r&#233;dacteurs de cette derni&#232;re, rappelait l'avocat Henri Leclerc &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/020122/vanite-et-dangers-des-devoirs-de-l-homme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans ce texte,&lt;/a&gt; &#171; les droits qu'ils &#233;noncent sont affaire de principe, ils d&#233;coulent de la nature de l'homme, et c'est pourquoi ils sont imprescriptibles ; les devoirs eux sont les cons&#233;quences du contrat social qui d&#233;termine les bornes de la libert&#233;, par la loi, expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont les soci&#233;t&#233;s totalitaires qui reposent d'abord sur l'ob&#233;issance &#224; des imp&#233;ratifs non n&#233;gociables qui, en fait, ne sont pas des devoirs auxquels chacun devrait subordonner librement ses actes, &#233;crivait-il en guise de conclusion. Les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques reposent sur l'existence de droits &#233;gaux de citoyens libres qui constituent le peuple d'o&#249; &#233;mane la souverainet&#233;. Chacun y a des devoirs qui, sans qu'il soit n&#233;cessaire de les pr&#233;ciser autrement, r&#233;pondent &#224; ses droits universels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2022, face aux critiques &#8211; Jean-Luc M&#233;lenchon avait notamment &lt;a href=&#034;https://twitter.com/jlmelenchon/status/1479424091673317376?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tweet&#233;&lt;/a&gt; : &#171; Les devoirs avant les droits, c'est la monarchie f&#233;odale et ses sujets. Le respect des droits cr&#233;ant le devoir, c'est la R&#233;publique et la citoyennet&#233; &#187; &#8211;, Gabriel Attal avait assur&#233; un nouveau service apr&#232;s-vente. &lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/gabriel-attal-les-candidats-declares-installent-une-campagne-de-morts-vivants-29-01-2022-W7VIYPPMHVGBFCYCMZX4XHPQDI.php?ts=1643651265768&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans Le Parisie&lt;/a&gt;n, le porte-parole du gouvernement avait expliqu&#233; vouloir &#171; poursuivre la red&#233;finition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits, du respect de l'autorit&#233; aux prestations sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conception conservatrice du &#171; bon sens &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; red&#233;finition de notre contrat social &#187; se traduit par plusieurs mesures du projet pr&#233;sidentiel : le RSA donc, mais aussi l'augmentation des salaires du corps enseignant contre de nouvelles t&#226;ches &#8211; &#171; C'est difficile de dire : on va mieux payer tout le monde, y compris celles et ceux qui ne sont pas pr&#234;ts &#224; davantage s'engager ou &#224; faire plus d'efforts &#187;, a justifi&#233; Emmanuel Macron &#8211;, ou m&#234;me la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/100322/macron-veut-repousser-l-age-de-depart-la-retraite-65-ans&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;forme des retraites&lt;/a&gt; qui soumet ce droit devenu fondamental &#224; des exigences &#233;conomiques et financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision s'appuie sur une conception conservatrice du &#171; bon sens &#187;, qui conditionne l'acc&#232;s aux droits li&#233;s aux prestations sociales &#224; certains comportements m&#233;ritants. Elle va &#224; l'encontre total des principes qui fondent l'&#201;tat social. Ce dernier, tel qu'il a &#233;t&#233; con&#231;u en France par le Conseil national de la R&#233;sistance, repose en effet sur l'id&#233;e que le capitalisme fait porter sur les travailleurs et travailleuses un certain nombre de risques contre lesquels il faut se pr&#233;munir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas alors d'hypoth&#233;tiques &#171; devoirs &#187; qui fondent les droits, c'est le statut m&#234;me du salari&#233;, qui est en premi&#232;re ligne de la production de valeur et qui en essuie les modalit&#233;s par les conditions de travail, le ch&#244;mage, la p&#233;nibilit&#233;, la faiblesse de la r&#233;mun&#233;ration. Des conditions &#224; l'acc&#232;s aux droits furent toutefois pos&#233;es d'embl&#233;e, l'&#201;tat social relevant d'un compromis avec les forces &#233;conomiques qui ne pouvaient accepter que le risque du ch&#244;mage, et sa force disciplinaire centrale, ne disparaisse totalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces conditions ne peuvent prendre la forme de devoirs &#233;conomiques, qui rel&#232;vent, eux, d'une logique diff&#233;rente. Cette logique pr&#233;voit des contreparties concr&#232;tes aux aides sociales ou &#224; la r&#233;mun&#233;ration d&#233;cente de certains fonctionnaires. Et ce, alors m&#234;me que chacun, y compris Emmanuel Macron, convient de la d&#233;valorisation du m&#233;tier d'enseignant. Elle conduit &#224; modifier profond&#233;ment la conception de l'aide sociale et du traitement des fonctionnaires. &#192; trois niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est celui de la d&#233;finition m&#234;me des &#171; devoirs &#187;. Devoirs envers qui ou envers quoi ? R&#233;pondre &#224; cette question, c'est r&#233;v&#233;ler les fondements philosophiques conservateurs du macronisme. Un b&#233;n&#233;ficiaire du RSA aurait des devoirs envers un &#201;tat et une soci&#233;t&#233; qui lui demandent de vivre avec un peu plus de 500 euros par mois ? Il aurait en quelque sorte des &#171; contreparties &#187; &#224; payer &#224; sa propre survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces contreparties prenaient la forme d'un travail pour le secteur priv&#233;, celui-ci deviendrait la source du paiement de l'allocation. C'est alors tout le centre de gravit&#233; de l'&#201;tat social qui &#233;voluerait, passant du travail au capital. En cr&#233;ant la richesse et en payant l'allocation, les entreprises seraient en droit de demander, en contrepartie, du travail aux allocataires au RSA, lesquels deviendraient forc&#233;ment des &#171; ch&#244;meurs volontaires &#187; puisque le travail serait disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les allocataires du RSA devront choisir leur camp&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ch&#244;mage volontaire serait une forme de comportement antisocial qui ferait perdre &#224; la soci&#233;t&#233; sa seule v&#233;ritable richesse : celle de produire du profit. On per&#231;oit, d&#232;s lors, le retournement. La notion de &#171; devoirs &#187; place l'allocataire du RSA dans le r&#244;le de coupable, l&#224; o&#249; le RMI, certes imagin&#233; par Michel Rocard dans une logique d'insertion assez ambigu&#235;, avait &#233;t&#233; pens&#233; pour compl&#233;ter l'assurance-ch&#244;mage, qui laissait de c&#244;t&#233; de plus en plus de personnes touch&#233;es par le ch&#244;mage de longue dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retournement a une fonction simple : discipliner le monde du travail par trois mouvements. Le premier, c'est celui qui veut lui faire croire qu'il doit tout au capital et qu'il doit donc accepter ses r&#232;gles. Le second conduit &#224; une forme de criminalisation de la pauvret&#233; qui renforce la peur de cette derni&#232;re au sein du salariat &#8211; un usage central au XIXe si&#232;cle. Le dernier divise le monde du travail entre les &#171; bons &#187; citoyens qui seraient ins&#233;r&#233;s et les &#171; mauvais &#187; qui seraient parasitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le retour, d&#233;j&#224; visible &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/notre-dossier-gilets-jaunes-six-mois-de-revolte-des-oublies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avec les &#171; gilets jaunes &#187;&lt;/a&gt;, &#224; l'id&#233;e que d&#233;ployait Adolphe Thiers dans son discours du 24 mai 1850, en distinguant la &#171; vile multitude &#187; et le &#171; vrai peuple &#187;, &#171; le pauvre qui travaille &#187; et le &#171; vagabond &#187;. Bient&#244;t, les allocataires du RSA devront choisir leur camp. Ce qui m&#232;ne &#224; la deuxi&#232;me rupture de cette logique de &#171; devoirs &#187;. Le devoir supr&#234;me, selon le projet d'Emmanuel Macron, est de travailler. Autrement dit de produire de la valeur pour le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Individualisation croissante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le non-dit de ces discours o&#249; se retrouvent la &#171; valeur travail &#187;, les &#171; devoirs g&#233;n&#233;rateurs de droits &#187; et le &#171; m&#233;rite &#187;. D&#233;sormais, ce qui produit des droits, c'est une capacit&#233; concr&#232;te &#224; produire cette valeur. Il y a, dans cette d&#233;marche, une logique marchande, l&#224; o&#249; l'&#201;tat social traditionnel voyait dans la protection sociale une fen&#234;tre de d&#233;marchandisation &#8211; c'est parce qu'on devenait improductif qu'on devait &#234;tre prot&#233;g&#233;. &#192; pr&#233;sent, chacun, y compris les plus fragiles, doit faire preuve de sa capacit&#233; constante de production pour justifier son droit &#224; survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette marchandisation va de pair avec une individualisation croissante. Dans le mod&#232;le traditionnel, la pens&#233;e est syst&#233;mique : le capitalisme produit des risques sociaux globaux dont il faut prot&#233;ger tous les travailleurs et travailleuses. Dans le mod&#232;le des contreparties, chacun est mis face &#224; l'injonction de devoir justifier individuellement ses droits par une mise &#224; l'&#233;preuve du march&#233; qui est le juge de paix final. On comprend d&#232;s lors pourquoi &lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x898fmx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Christophe Castane&lt;/a&gt;r pr&#233;tend que l'allocation sans contrepartie est &#171; la r&#233;ponse des l&#226;ches &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce choix laisserait les individus sans obligations devant le march&#233;. Or, pour les partisans d'Emmanuel Macron, comme pour Friedrich Hayek, la seule fa&#231;on de reconna&#238;tre un m&#233;rite, c'est de se confronter au march&#233; qui donne &#224; chacun ce &#224; quoi il a droit. La vraie justice est donc celle qui permet d'&#234;tre comp&#233;titif. C'est la vision qu'a d'ailleurs d&#233;fendue le pr&#233;sident-candidat le 22 mars,&lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/politique/presidentielle-emmanuel-macron-repond-aux-12-priorites-de-l-agenda-citoyen-de-ma-france-2022-1647943539&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur France Bleu&lt;/a&gt;, en expliquant que la &#171; vraie in&#233;galit&#233; &#187; r&#233;sidait dans &#171; les in&#233;galit&#233;s de d&#233;part &#187;. L'in&#233;galit&#233; de r&#233;sultat, elle, n'est pas remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier point d'inflexion concerne l'&#201;tat. Dans la logique initiale de la S&#233;curit&#233; sociale, la protection contre les risques induits par le capitalisme excluait l'&#201;tat. De 1946 &#224; 1967, seuls les salari&#233;s g&#233;raient la S&#233;cu. Pour une raison simple : toutes et tous &#233;taient les victimes du syst&#232;me &#233;conomique et les b&#233;n&#233;ficiaires de l'assurance contre ces risques. Le patronat cotisait en tant qu'origine des risques, mais ne pouvait d&#233;cider des protections contre ceux qu'il causait. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; progressivement d&#233;truit, notamment en s'&#233;tatisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne fut loin d'&#234;tre anecdotique puisqu'il a modifi&#233; le mod&#232;le initial et chang&#233; la nature profonde de l'&#201;tat : d&#233;sormais, le monde du travail est redevable &#224; celui-ci et au patronat de ses allocations. Ces deux entit&#233;s &#8211; qui en r&#233;alit&#233; n'en forment qu'une &#8211; exigent des contreparties aux allocataires pour compenser le prix de leur prise en charge. L'&#201;tat &#233;tant lui-m&#234;me soumis &#224; des choix de rentabilit&#233;, l'allocataire doit devenir davantage rentable. Dans cet &#233;tat d'esprit, cette &#171; rentabilit&#233; &#187; est synonyme &#171; d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions sur le RSA et le corps enseignant entrent dans la m&#234;me logique. Emmanuel Macron agit en capitaliste pur. Derri&#232;re sa rh&#233;torique des droits et des devoirs se profilent les vieilles lunes n&#233;olib&#233;rales : marchandisation avanc&#233;e de la soci&#233;t&#233;, discipline du monde du travail et, enfin, id&#233;e selon laquelle l'&#201;tat serait une entreprise comme les autres. Le rideau de fum&#233;e de la morale, tir&#233; par un candidat qui ose parler de &#171; dignit&#233; &#187;, cache mal le conservatisme social de son syst&#232;me de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romaric Godin et Ellen Salvi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Face &#224; la presse, Macron promet qu'il ne changera rien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-a-la-presse-Macron-promet-qu-il-ne-changera-rien</link>
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		<dc:date>2019-04-30T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Salvi, Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-04-30</dc:subject>

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&lt;p&gt;26 AVRIL 2019 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse &#224; l'&#201;lys&#233;e ce jeudi 25 avril, Emmanuel Macron a assur&#233; que les cinq mois de crise sociale l'avaient &#171; chang&#233; &#187;. Mais dans le fond, il a confirm&#233; l'essentiel de sa politique pass&#233;e, refusant toute avanc&#233;e institutionnelle majeure et annon&#231;ant des baisses d'imp&#244;ts dans le seul but de poursuivre tranquillement sa &#171; transformation &#187; du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; Emmanuel Macron est assis derri&#232;re un bureau, pos&#233; sur une estrade. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-04-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-04-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton38903-7bd90.png?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;26 AVRIL 2019 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse &#224; l'&#201;lys&#233;e ce jeudi 25 avril, Emmanuel Macron a assur&#233; que les cinq mois de crise sociale l'avaient &#171; chang&#233; &#187;. Mais dans le fond, il a confirm&#233; l'essentiel de sa politique pass&#233;e, refusant toute avanc&#233;e institutionnelle majeure et annon&#231;ant des baisses d'imp&#244;ts dans le seul but de poursuivre tranquillement sa &lt;i&gt;&#171; transformation &#187;&lt;/i&gt; du pays. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Macron est assis derri&#232;re un bureau, pos&#233; sur une estrade. Devant lui, des centaines de journalistes et le gouvernement au grand complet. Chaque ministre a son petit carnet de notes sur les genoux et un stylo &#224; la main. Il ne s'agit pas de rater une miette de ce que le pr&#233;sident de la R&#233;publique va dire. Quelques minutes avant qu'il ne fasse son entr&#233;e dans la salle des f&#234;tes de l'&#201;lys&#233;e, certains &#233;voquaient une mise en sc&#232;ne &#224; l'image des conf&#233;rences de presse donn&#233;es par le g&#233;n&#233;ral de Gaulle en son temps. Mais sur place, l'impression est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant le chef de l'&#201;tat d&#233;rouler son discours et ses politiques, on a surtout le sentiment de se retrouver au lyc&#233;e, face &#224; un professeur qui fait la le&#231;on &#224; des &#233;l&#232;ves qui n'auraient pas bien compris ce qu'il tente pourtant de leur expliquer depuis deux ans. Abordant d'embl&#233;e le sujet des gilets jaunes, qui r&#233;unissait tout le monde ce jeudi 25 avril, Emmanuel Macron a donn&#233; sa vision des cinq derniers mois de crise sociale et de l'&#233;volution de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut d'abord, selon lui, l'expression d'&lt;i&gt;&#171; une impatience que les choses changent plus vite, plus radicalement &#187;, puis tr&#232;s vite apparurent des &#171; injonctions contradictoires &#187;&lt;/i&gt;, elles-m&#234;mes remplac&#233;es par un mouvement &lt;i&gt;&#171; r&#233;cup&#233;r&#233; par les violences de la soci&#233;t&#233;, l'antis&#233;mitisme, l'homophobie, les attaques contre les institutions, les journalistes parfois, les forces de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;, comme si toutes les personnes qui continuaient &#224; se mobiliser ne portaient plus aucune revendication l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a promis, comme il le fait depuis plusieurs semaines d&#233;j&#224;, avoir entendu le &lt;i&gt;&#171; profond sentiment d'injustice fiscale, territoriale, sociale &#187;&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;&#171; manque de consid&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; exprim&#233;s dans la rue, mais aussi dans le cadre du &#171; grand d&#233;bat &#187;. Pourtant, il s'est de nouveau adress&#233; un satisfecit d&#232;s les premi&#232;res minutes de son intervention : &lt;i&gt;&#171; Est-ce qu'on a fait fausse route ? Je crois tout le contraire. Je crois que les transformations en cours [...] ne doivent pas &#234;tre arr&#234;t&#233;es parce qu'elles r&#233;pondent profond&#233;ment aux aspirations de nos concitoyens &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il affirm&#233;, expliquant que le sujet n'&#233;tait pas tant le fond de son projet &#8211; dont il reste persuad&#233; qu'il est le bon &#8211; mais plut&#244;t la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;&#171; projet national &#187;&lt;/i&gt; doit donc &#234;tre &lt;i&gt;&#171; plus juste, plus humain &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il poursuivi, sans que cela ne se traduise par des mesures formelles en ce sens. Pour retrouver de la &lt;i&gt;&#171; concorde &#187;&lt;/i&gt;, le chef de l'&#201;tat pr&#233;f&#232;re insister sur la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;&#171; redonner une esp&#233;rance de progr&#232;s &#224; chacun en demandant &#224; chacun de donner le meilleur de lui-m&#234;me &#187;. &#171; C'est ainsi que nous pourrons reconstruire ensemble tr&#232;s profond&#233;ment ce que j'appellerais l'art d'&#234;tre fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il ajout&#233;, multipliant les grandes formules sans grand int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois son discours pass&#233;, le jeu des questions-r&#233;ponses avec la salle a pris le relais. Il s'agissait d'un exercice in&#233;dit sous ce quinquennat puisque Emmanuel Macron, qui a toujours voulu prendre le contre-pied de son pr&#233;d&#233;cesseur Fran&#231;ois Hollande en mati&#232;re de communication et de relation avec la presse, s'y &#233;tait jusqu'alors refus&#233;. Depuis une semaine, ses &#233;quipes promettaient une confrontation directe avec des journalistes pr&#234;ts &#224; poser toutes les questions qui f&#226;chent. Ce fut finalement, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, une s&#233;rie d'interrogations psychologisantes sur les &#233;tats d'&#226;me ou les petites phrases du pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ce dernier a-t-il pu expliquer, avec le ton et les silences appuy&#233;s qui conviennent &#224; ce genre de confessions, &#224; quel point &lt;i&gt;&#171; ce moment &#187;&lt;/i&gt; &#8211; la crise sociale donc &#8211; l'avait &lt;i&gt;&#171; chang&#233; &#187;. &#171; Je n'ai pas d&#233;couvert notre pays avec ce grand d&#233;bat, mais j'ai pris conscience de l'&#233;paisseur des vies &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il assur&#233;. Emmanuel Macron aura aussi eu tout le loisir de r&#233;p&#233;ter encore et encore que ses petites phrases ne sont pas le reflet de son arrogance, mais qu'elles sont per&#231;ues comme telles uniquement parce qu'elles sont sorties de leur contexte. &lt;i&gt;&#171; Vous ne m'aidez pas &#187;,&lt;/i&gt; a-t-il lanc&#233; aux journalistes, en guise de remontrance, oubliant un peu vite que dans &lt;i&gt;&#171; contre-pouvoir &#187;&lt;/i&gt;, il y a &lt;i&gt;&#171; contre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de la conf&#233;rence de presse qui se tient sous nos yeux, on pourrait presque le comprendre. Dans la salle, des rires fusent. Tout est extr&#234;mement feutr&#233; et polic&#233;. Il y a l&#224; des centaines de journalistes et pourtant, pas une seule question sur la libert&#233; de la presse ne sera pos&#233;e. De m&#234;me que rien ne sera dit des violences polici&#232;res, malgr&#233; les centaines de bless&#233;s, de mutil&#233;s recens&#233;s depuis cinq mois. En revanche, on aura voulu savoir comment le pr&#233;sident de la R&#233;publique se sentait, s'il avait chang&#233;, s'il pensait d&#233;j&#224; &#224; se pr&#233;senter pour un deuxi&#232;me mandat. Que du tr&#232;s passionnant, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait donc se pencher sur les mesures concr&#232;tes pour essayer de tirer quelque chose de cette conf&#233;rence de presse. Mais in fine, elles furent peu nombreuses. Sur le plan institutionnel, Emmanuel Macron a fait le catalogue des possibilit&#233;s &#233;voqu&#233;es dans le grand d&#233;bat et en a &#233;vacu&#233; la plupart. Le vote obligatoire (une option pourtant peu entendue) ? Trop contraignant et inefficace, donc refus&#233;. Le d&#233;compte du vote blanc ? Pas question, parce que c'est une &lt;i&gt;&#171; solution de facilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On a toutes les voies dans la p&#233;riode que nous vivons mais &#8220;blanc&#8221; ne r&#233;soudra aucun probl&#232;me. Monsieur X, Mme Y, oui ! Qu'on soit d'accord ou pas &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il r&#233;sum&#233;. Option rejet&#233;e. Le r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne ? &#201;vacu&#233;, m&#234;me au niveau local, alors que cette possibilit&#233; &#233;tait dans le discours qui devait &#234;tre prononc&#233; le 15 avril prochain. Il faudra se contenter d'un simple droit &lt;i&gt;&#171; d'interpellation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, ce sera donc principalement la r&#233;forme constitutionnelle qui &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;vue : introduction d'une part &#224; d&#233;finir de proportionnelle (Emmanuel Macron se dit favorable &#224; &#171; 20 % &#187;) aux l&#233;gislatives, r&#233;duction du nombre d'&#233;lus, renforcement de la proc&#233;dure de r&#233;f&#233;rendum d'initiative partag&#233;e avec possibilit&#233; de l'activer pour un million de citoyens et r&#233;forme du Conseil &#233;conomique, social et environnemental (CESE), avec une nouveaut&#233; bien peu d&#233;terminante : la pr&#233;sence de 150 citoyens tir&#233;s au sort dans la troisi&#232;me et fort peu &#233;cout&#233;e assembl&#233;e de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc une r&#233;ponse &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; que le chef de l'&#201;tat a faite aux aspirations d&#233;mocratiques qui se sont exprim&#233;es depuis cinq mois. Il a affirm&#233; vouloir parall&#232;lement redonner du pouvoir aux maires avec un &lt;i&gt;&#171; nouvel acte de la d&#233;centralisation &#187;&lt;/i&gt; qui devra clarifier les comp&#233;tences et redonner de la responsabilit&#233; et des financements aux &#233;lus de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de l'administration publique d'&#201;tat devra aussi passer par plus d'emplois sur le terrain et &lt;i&gt;&#171; moins &#224; Paris &#187;&lt;/i&gt;. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a confirm&#233; la g&#233;n&#233;ralisation des maisons de services publics baptis&#233;es &#171; Maisons France Services &#187; et qui assureront un contact minimum &#224; moins de trente minutes de chaque Fran&#231;ais. Mais rien n'est dit sur les &#233;l&#233;ments concrets de ce red&#233;ploiement qui, comme on le verra, pourrait bien servir de caution &#224; de larges coupes dans les services rendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le climat, on en est rest&#233; &#224; des effets d'annonces, notamment la cr&#233;ation d'un &lt;i&gt;&#171; conseil de d&#233;fense &#233;cologique &#187;&lt;/i&gt; que le chef de l'&#201;tat pr&#233;sidera. Mais pour le concret, il faudra encore attendre&#8230; En revanche, Emmanuel Macron a profit&#233; de l'occasion qui lui &#233;tait donn&#233;e pour d&#233;velopper sa volont&#233; de &lt;i&gt;&#171; r&#233;affirmer les permanences du projet franc&#807;ais &#187;&lt;/i&gt;, &#224; savoir &lt;i&gt;&#171; la famille &#187;, &#171; l'engagement &#187; &lt;/i&gt;ou encore &lt;i&gt;&#171; la la&#239;cit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Convoquant l'&lt;i&gt;&#171; islam politique &#187;&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;&#171; les limites et les fronti&#232;res &#187;&lt;/i&gt;, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a rapidement pris des accents vallsistes et sarkozystes, qui ont d&#233;finitivement enterr&#233; son &lt;i&gt;&#171; et de droite et de gauche &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il faudra travailler plus &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique et sociale, le &lt;i&gt;&#171; nouvel acte &#187;&lt;/i&gt; promis ressemble &#224; s'y m&#233;prendre au pr&#233;c&#233;dent. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a pr&#233;venu d'embl&#233;e : il est persuad&#233; que sa politique de &lt;i&gt;&#171; transformation &#187;&lt;/i&gt;, nom choisi par l'ex&#233;cutif pour les r&#233;formes structurelles n&#233;olib&#233;rales du pays, porte ses fruits. Il en a donn&#233; des preuves, bien peu convaincantes au reste : les cr&#233;ations d'emplois, la &#171; reprise &#187; de l'investissement et la croissance plus forte en France qu'en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, il ne s'agit que d'attendre. &lt;i&gt;&#171; On a fait des choses qui ne se voient pas tout de suite &#187;&lt;/i&gt;, a indiqu&#233; le chef de l'&#201;tat. Argument classique qui accompagne toujours ces r&#233;formes et qui permettent de faire patienter ceux qui en subissent directement les cons&#233;quences. De ce fait, affirme-t-il, &lt;i&gt;&#171; les transformations ne doivent pas &#234;tre arr&#234;t&#233;es [&#8230;] parce qu'elles sont justes &#187;&lt;/i&gt;. La messe a &#233;t&#233; dite d&#232;s son propos liminaire : le c&#339;ur du projet ne sera pas modifi&#233;. Pas question donc de revenir sur les r&#233;formes engag&#233;es : fonction publique, march&#233; du travail, retraite, d&#233;fiscalisation du capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quitte &#224; prendre des distances avec la r&#233;alit&#233; car, depuis deux ans, les emplois cr&#233;&#233;s et l'investissement ralentissent, tandis que &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/200617/croissance-francaise-sous-une-solidite-apparente-les-faiblesses-demeurent?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la croissance sup&#233;rieure de la France en 2019 &lt;/a&gt; ne sera due qu'&#224; sa capacit&#233; de mieux r&#233;sister en p&#233;riode de basse conjoncture gr&#226;ce &#224; ses &#171; stabilisateurs automatiques &#187;, auxquels s'ajoutent les d&#233;cisions arrach&#233;es par les gilets jaunes. C'est donc une croissance sup&#233;rieure parce que les autres baissent plus vite que la France. Bref, rien &#224; voir avec les &lt;i&gt;&#171; transformations &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce raccourci permet de justifier le refus de bouger sur le salaire et notamment sur le Smic. Emmanuel Macron a refus&#233; de bouger de ce point de vue, au nom de la sacro-sainte comp&#233;titivit&#233;, estimant qu'il &lt;i&gt;&#171; d&#233;truirait des emplois &#187;&lt;/i&gt; en relevant le salaire minimum. Une vision tr&#232;s contest&#233;e aujourd'hui par les &#233;conomistes, alors qu'une &#233;tude r&#233;cente vient de montrer combien la comp&#233;titivit&#233; ne d&#233;pendait pas du niveau absolu des salaires fran&#231;ais. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a alors ouvert un contre-feu en indiquant que le &lt;i&gt;&#171; probl&#232;me du pouvoir d'achat n'est pas un probl&#232;me de salaire, mais un probl&#232;me de d&#233;penses contraintes &#187;&lt;/i&gt;. Mais le gouvernement ne fait rien de concret pour r&#233;duire ces d&#233;penses, notamment en mati&#232;re de logement et de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la r&#233;forme de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF), il a ainsi renvoy&#233; &#224; une &lt;i&gt;&#171; &#233;valuation l'an prochain &#187;&lt;/i&gt; dont on peut d'ores et d&#233;j&#224; savoir qu'elle sera soit sans objet, soit positive. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/091018/cice-une-evaluation-biaisee?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;valuation du CICE&lt;/a&gt; a montr&#233; combien ces exercices &#233;taient biais&#233;s : malgr&#233; des r&#233;sultats extr&#234;mement d&#233;cevants (pas d'impact sur l'investissement et sur la comp&#233;titivit&#233; et, au mieux, un tr&#232;s faible impact sur l'emploi), personne n'a remis en cause ce dispositif, au pr&#233;texte qu'il faudrait attendre encore&#8230; C'est sans doute un m&#233;canisme de ce type qui viendra justifier le maintien de la r&#233;forme de l'ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, rien ne changera donc r&#233;ellement. &#192; deux nuances pr&#232;s. La premi&#232;re, c'est qu'Emmanuel Macron cherche l'apaisement avec les retrait&#233;s. Il a confirm&#233; la r&#233;indexation des retraites de moins de 2 000 euros sur l'inflation d&#232;s 2020 et de l'ensemble des pensions &#224; partir de 2021. Une correction d'une mesure prise pour des raisons budg&#233;taires cette ann&#233;e. Ensuite, le gouvernement assume d&#233;sormais plus pleinement sa volont&#233; d'acheter l'adh&#233;sion aux r&#233;formes par des baisses massives d'imp&#244;ts. Une strat&#233;gie &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; relativement logique : ces baisses d'imp&#244;ts affaiblissent les recettes fiscales et donc justifient des baisses massives de d&#233;penses publiques et de r&#233;formes structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse d'Emmanuel Macron est que le pays est &lt;i&gt;&#171; en col&#232;re &#187;&lt;/i&gt; en raison de cette transformation : il faut donc les&lt;i&gt; &#171; accompagner &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi, la grande annonce de cette conf&#233;rence de presse sera la baisse &lt;i&gt;&#171; significative &#187;&lt;/i&gt;, estim&#233;e &#224; 5 milliards d'euros par Emmanuel Macron, de l'imp&#244;t sur le revenu. Ce dernier a laiss&#233; au gouvernement le soin d'annoncer le d&#233;tail de ces mesures alors qu'&#233;tait &#224; l'&#233;tude l'introduction de nouvelles tranches dans cet imp&#244;t. Une chose seule est s&#251;re : cette baisse sera concentr&#233;e sur les classes moyennes qui, par ailleurs, ont d&#233;j&#224; largement b&#233;n&#233;fici&#233; de la r&#233;duction des cotisations salariales et de la baisse compl&#232;te annonc&#233;e de la taxe d'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitablement, il faudra financer ces immenses baisses d'imp&#244;ts. Et Emmanuel Macron a esquiss&#233; les moyens de le faire. D'abord, une r&#233;duction des niches fiscales pour les entreprises (qui, rappelons-le, b&#233;n&#233;ficient parall&#232;lement de fortes baisses de cotisations et de la baisse de l'imp&#244;t sur le revenu) dont il faudra conna&#238;tre le montant. Puisque le pr&#233;sident de la R&#233;publique pr&#233;tend d&#233;fendre la comp&#233;titivit&#233; et a affirm&#233; encore en faire un point central de sa politique, elles devraient sans doute &#234;tre limit&#233;es. Et les entreprises ne seront d'ailleurs pas les seules &#224; financer ces baisses d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron a pr&#233;venu qu'il faudra aussi &lt;i&gt;&#171; travailler plus &#187;&lt;/i&gt;. S'il a &#233;cart&#233; une remise en cause des 35 heures (d&#233;j&#224; largement remises en cause par sa r&#233;forme du march&#233; du travail), la suppression d'un jour f&#233;ri&#233; ainsi que l'allongement de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite, il a indiqu&#233; que la r&#233;forme future des retraites devra &lt;i&gt;&#171; inciter &#187;&lt;/i&gt; &#224; partir &#224; la retraite plus tard. L&#224; encore, on voit combien les baisses d'imp&#244;ts conduisent aux r&#233;formes, et inversement. Mais la cl&#233; de ce financement sera ailleurs : ce sera la baisse des d&#233;penses publiques. Elle sera l&#224; aussi sans doute d&#233;taill&#233;e plus tard. Mais elle devrait &#234;tre particuli&#232;rement douloureuse car la marge de man&#339;uvre de ce point de vue sera extr&#234;mement r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le chef de l'&#201;tat s'est engag&#233; &#224; ne plus fermer d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux, il a pr&#233;venu que cela ne signifiera pas qu'il n'y aura plus de&lt;i&gt; &#171; r&#233;am&#233;nagement &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, sur le nombre de fonctionnaires, le chef de l'&#201;tat est rest&#233; tr&#232;s flou sur l'objectif. Certes, il a admis qu'il pourrait abaisser son objectif de 120 000 fonctionnaires de moins sur le quinquennat, mais il a renvoy&#233; la d&#233;cision &#224; l'&#233;t&#233;, autrement dit lorsque l'on aura &#233;valu&#233; le montant des niches fiscales supprim&#233;es. Au bout du compte, il a promis d'en finir avec les &lt;i&gt;&#171; entit&#233;s inutiles &#187;&lt;/i&gt;, laissant supposer que ces coupes pourraient &#234;tre indolores. Mais rien n'est &#233;videmment moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les Fran&#231;ais paieront donc la baisse de l'imp&#244;t sur le revenu, une baisse dont il faudra examiner si elle profitera aussi aux plus riches, ceux qui paient le plus un imp&#244;t qui est le plus (et sans doute authentiquement le seul) redistributif du syst&#232;me fiscal fran&#231;ais. Ce nouvel affaiblissement renforcera encore le caract&#232;re proportionnel de ce syst&#232;me fiscal. Car la lutte contre les in&#233;galit&#233;s est rest&#233;e tr&#232;s en retrait, si l'on exclut la mesure (gratuite pour l'&#201;tat) de garantir le paiement des pensions alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, aucun engagement n'a &#233;t&#233; pris sur l'indexation des prestations sociales, d&#233;sindex&#233;e cette ann&#233;e et sans doute aussi l'an prochain. C'est que pour le pr&#233;sident, les vraies in&#233;galit&#233;s sont &lt;i&gt;&#171; des in&#233;galit&#233;s de destin &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il &#224; nouveau d&#233;clar&#233;. Et pour les corriger, il a annonc&#233; une limite de 24 &#233;l&#232;ves par classes de la maternelle au CE1. Ainsi, bien entendu que la tr&#232;s contest&#233;e r&#233;forme Blanquer. Rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'est montr&#233; encore tr&#232;s s&#251;r de son fait. Il n'a cess&#233; de marteler que son gouvernement avait d&#233;j&#224; &lt;i&gt;&#171; beaucoup fait &#187; &lt;/i&gt;et continuerait comme avant : sur le climat, sur la lutte contre la pauvret&#233;, sur l'&#233;cole, le propos d'Emmanuel Macron s'est souvent limit&#233; &#224; une redite des politiques engag&#233;es et &#224; de nombreux satisfecit. Moins qu'un &#171; nouvel acte &#187;, c'est bien plut&#244;t une correction de m&#233;thode. Le chef de l'&#201;tat entend r&#233;tablir la logique, qu'il avait un peu perdue, de sa campagne pr&#233;sidentielle : mener tambour battant la transformation n&#233;olib&#233;rale du pays en esp&#233;rant que les baisses d'imp&#244;ts permettent de ramener le calme avant que ne se r&#233;alise son espoir de plein emploi qu'il a r&#233;affirm&#233; pour 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redorer son blason &#171; social-lib&#233;ral &#187;, en quelque sorte en &#233;coutant l'aile gauche de ses conseillers &#233;conomiques (Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion) sans d&#233;sesp&#233;rer son aile droite par des promesses de r&#233;duction des d&#233;penses publiques. Avec le risque de d&#233;cevoir tout le monde, une nouvelle fois. Finalement, le grand d&#233;bat n'aura accouch&#233; que d'une souris : celle de confirmer que Macron est dans Macron.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A Paris, Marine Le Pen &#233;lectrise ses partisans contre les &#171; bien-pensants &#187; </title>
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		<dc:date>2017-04-18T09:28:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Gueugneau, Ellen Salvi</dc:creator>


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		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-04-18</dc:subject>

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&lt;p&gt;18 avril 2017 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 17 avril au soir, la candidate du Front national a rassembl&#233; des milliers de convaincus au Z&#233;nith de Paris autour des fondamentaux de l'extr&#234;me droite. &#192; l'ext&#233;rieur de la salle, quelque 150 militants antifascistes ont tent&#233; de perturber son rendez-vous, sans succ&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Le rendez-vous avait &#233;t&#233; fix&#233; depuis plusieurs semaines. Le meeting de Marine Le Pen au Z&#233;nith de Paris, ce lundi 17 avril au soir, ne devait pas se passer comme les autres. Dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton30547-c68f0.jpg?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;18 avril 2017 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 17 avril au soir, la candidate du Front national a rassembl&#233; des milliers de convaincus au Z&#233;nith de Paris autour des fondamentaux de l'extr&#234;me droite. &#192; l'ext&#233;rieur de la salle, quelque 150 militants antifascistes ont tent&#233; de perturber son rendez-vous, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rendez-vous avait &#233;t&#233; fix&#233; depuis plusieurs semaines. Le meeting de Marine Le Pen au Z&#233;nith de Paris, ce lundi 17 avril au soir, ne devait pas se passer comme les autres. Dans les milieux antifascistes, l'appel &#224; manifester avait largement circul&#233;. Mais au dernier moment ou presque, la manifestation s'est finalement organis&#233;e dimanche. Un petit millier de personnes y a pris part. Une journ&#233;e d'actions avait donc &#233;t&#233; pr&#233;vue pour le lundi. En fait d'action, c'est un simple rassemblement qui s'est tenu &#224; 17 heures, porte de Pantin, &#224; proximit&#233; de la salle o&#249; la candidate du Front national intervenait trois heures plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure dite, une cinquantaine de personnes &#233;taient au rendez-vous. Il aura fallu pr&#232;s de deux heures pour atteindre le nombre de 200 manifestants. En face, des cordons de CRS barraient l'acc&#232;s au Z&#233;nith. Le seul moment un peu pittoresque fut l'arriv&#233;e du d&#233;put&#233; frontiste Gilbert Collard, dont la voiture a &#233;t&#233; prise pour cible. Le groupe anti-FN s'est ensuite livr&#233; &#224; un jeu du chat et de la souris dans le parc de la Villette. Vers 19 h 30, il s'est &#233;branl&#233; sur la foi de rumeurs de pr&#233;sence de membres du GUD de l'autre c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le long du canal de l'Ourcq, seuls les CRS faisaient barrage. La foule a l&#233;g&#232;rement harangu&#233; les forces de police, &#224; coup de slogans antifascistes et de jets de canette. Les policiers ont r&#233;pliqu&#233; avec des grenades lacrymog&#232;nes. Le sc&#233;nario s'est r&#233;p&#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises jusqu'&#224; la dispersion compl&#232;te de la manifestation sauvage, vers 22 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant 20 heures, &#224; l'int&#233;rieur du Z&#233;nith, les &#233;chauffour&#233;es aper&#231;ues &#224; l'ext&#233;rieur font d&#233;j&#224; jaser. &lt;i&gt;&#171; Il y a une centaine de jeunes dehors, s'inqui&#232;te un homme, drapeau &#171; Marine pr&#233;sidente &#187; &#224; la main. Ils ont peur de rien, ils chargent les CRS. On leur fait rien, alors c'est facile. &#187;&lt;/i&gt; Non loin de l&#224;, dans les gradins, une jeune femme s'installe aupr&#232;s d'un groupe de jeunes frontistes. Elle leur raconte avoir pris du &lt;i&gt;&#171; gaz lacrimo &#187;&lt;/i&gt; &#224; la sortie du m&#233;tro. &lt;i&gt;&#171; Qu'ils br&#251;lent des poubelles !&lt;/i&gt; s'&#233;nerve un jeune homme en l'&#233;coutant. &lt;i&gt;Je te les foutrais dedans moi putain, ils ont que &#231;a &#224; foutre, de faire chier ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure approche et pourtant, la salle peine &#224; se remplir. Drapeaux tricolores &#224; main et pin's clignotant au collet, certains s'impatientent. Dans les trav&#233;es, des personnalit&#233;s m&#233;connues du grand public errent. Il y a l&#224; le conseiller r&#233;gional FN d'&#206;le-de-France Axel Loustau, tr&#233;sorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen au centre d'une enqu&#234;te judiciaire. On aper&#231;oit &#233;galement Fr&#233;d&#233;ric Chatillon, multi-mis en examen dans les affaires du parti d'extr&#234;me droite, ainsi que l'expert-comptable Nicolas Crochet, un proche de la &#171; GUD connection &#187;, qui joue un r&#244;le central pour les finances du FN au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sc&#232;ne, c'est Franck de Lapersonne, candidat aux l&#233;gislatives dans la Somme, qui prend le premier la parole. Lanc&#233; dans un sketch animalier qui fait sourire la salle, le com&#233;dien moque ces &lt;i&gt;&#171; politiciens sans honneur qui pr&#233;tendent colmater leurs barrages [anti-FN &#8211; ndlr] avec les cadavres de leurs amis &#187;&lt;/i&gt;. Tout le monde y passe, &#224; commencer par Fran&#231;ois Fillon, qualifi&#233; de &lt;i&gt;&#171; grenouille de b&#233;nitier &#187; : &#171; Tu piques l'argent des Fran&#231;ais, tu le planques dans le sac de ta femme&lt;/i&gt;, ironise Lapersonne, en changeant de voix. &lt;i&gt;Oui, mais attention, toi, tu as un cabinet noooiir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;nateur et maire FN de Fr&#233;jus David Rachline, &#233;galement directeur de campagne de Marine Le Pen, embo&#238;te le pas au com&#233;dien, condamnant d'embl&#233;e &lt;i&gt;&#171; les racailles d'extr&#234;me gauche &#187; &lt;/i&gt;pr&#233;sentes &#224; l'ext&#233;rieur du Z&#233;nith. &lt;i&gt;&#171; &#192; d&#233;faut de faire des voix dans les urnes, ils pr&#233;f&#232;rent agresser nos militants &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il, avant de saluer Gilbert Collard, &lt;i&gt;&#171; l&#226;chement agress&#233; avec son &#233;pouse &#224; l'entr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, puis d'attaquer Christian Estrosi &#8211; qui venait de se faire de nouveau huer au meeting de Fran&#231;ois Fillon &#224; Nice &#8211; et, plus largement, tous ceux qui &lt;i&gt;&#171; retournent leur veste, offerte par des amis richissimes, sinon ce n'est pas du jeu &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Rendez-nous la France ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle que tout le public attend entre bient&#244;t sur sc&#232;ne, sous les hourras et les applaudissements. Pendant pr&#232;s d'une heure, Marine Le Pen articule son discours autour de ce qu'elle qualifie de &#171; cri de bon sens &#187; : &#171; Rendez-nous la France ! &#187; Sans une seule r&#233;f&#233;rence aux affaires qui les visent, elle et son parti, la pr&#233;sidente du Front national fustige les &#171; bureaucrates de Bruxelles &#187; et les &#171; technocrates qui &#339;uvrent chaque jour contre les nations &#187;. Quand elle ne s'en prend pas &#224; l'Europe, ce sont les &#171; bien-pensants &#187;, les &#171; bobos &#187; et les &#171; m&#233;dias du syst&#232;me &#187; qui ont ses faveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard, son discours est bri&#232;vement interrompu &#224; deux reprises par l'irruption de militantes Femen, la premi&#232;re fois sur sc&#232;ne, la seconde dans la fosse, sans que le public ne comprenne vraiment ce qui est en train de se passer. &lt;i&gt;&#171; On voit l&#224; l'inversion totale des valeurs. Ils viennent perturber un meeting de la seule femme qui d&#233;fend les femmes &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;agit la candidate frontiste &#224; la tribune. Ovation de ses partisans qui n'attendent pas grand-chose pour applaudir et hurler des &lt;i&gt;&#171; On va gagner ! On va gagner ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi rapidement que brutalement &#233;vacu&#233;es par le service de s&#233;curit&#233; du Front national, les deux femmes auront tout de m&#234;me r&#233;ussi &#224; susciter l'hyst&#233;rie du public, des &lt;i&gt;&#171; salope ! &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; esp&#232;ce de pute ! &#187;&lt;/i&gt; fusant &#231;&#224; et l&#224;. De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'assistance n'a pas choisi de faire dans la dentelle ce lundi 17 avril au soir. &#192; chaque fois que la candidate frontiste prononce le nom de ses adversaires &#224; la pr&#233;sidentielle, en particulier ceux d'Emmanuel Macron et de Fran&#231;ois Fillon, des &lt;i&gt;&#171; raclures &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; encul&#233;s &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; enfoir&#233;s &#187;&lt;/i&gt; sont lanc&#233;s par ses soutiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sc&#232;ne, Marine Le Pen concentre l'essentiel de son discours sur les fondamentaux de l'extr&#234;me droite. &lt;i&gt;&#171; Nous avons le sentiment de ne plus &#234;tre tout &#224; fait chez nous en France &#187;, affirme-t-elle tr&#232;s vite, accueillie par des &#171; On est chez nous ! On est chez nous ! &#187;. &#171; En France, on respecte les femmes. On ne leur demande pas de se cacher sous des voiles ! &#187; &#171; La France aux Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, scande alors le public, renouant avec un slogan pourtant peu entendu lors des derni&#232;res r&#233;unions publiques de la candidate.&lt;i&gt; &#171; En France, on boit du vin si on en a envie ! &#187;&lt;/i&gt;, indique encore cette derni&#232;re. &#171; &lt;i&gt; Et on mange du cochon ! &#187; &lt;/i&gt;crie un homme dans l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; six jours du premier tour, la pr&#233;sidente du FN entend bien satisfaire sa base. Aussi s'attarde-t-elle sur les questions migratoire et s&#233;curitaire. &lt;i&gt;&#171; Regardez ce que vivent tant de Fran&#231;ais modestes dans des quartiers, dans des cit&#233;s, qui se sentent &#233;trangers dans leur propre pays, dit-elle. Ici, &#224; Paris, ces familles qui se pressent aux fen&#234;tres des voitures pour mendier. Notre pays se tiers-mondise sous nos yeux. &#187;&lt;/i&gt; Le public est en transe. De plus en plus &#233;lectris&#233;, il ovationne les paroles de la candidate lorsque celle-ci promet &lt;i&gt;&#171; un moratoire sur toute l'immigration l&#233;gale pour arr&#234;ter ce d&#233;lire, cette situation incontr&#244;l&#233;e qui nous entra&#238;ne vers le fond &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; elle pr&#233;voyait jusqu'alors un solde de 10 000 entr&#233;es par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marine Le Pen conna&#238;t un nouveau succ&#232;s lorsqu'elle &#233;gr&#232;ne la liste des attentats survenus en France depuis 2012. &lt;i&gt;&#171; Avec moi, il n'y aurait pas eu Mohamed Merah ! &#187;&lt;/i&gt; assure-t-elle, avant de m&#233;langer tous les profils des terroristes, indiquant par exemple &#224; tort que le tueur de Nice &#233;tait &lt;i&gt;&#171; fich&#233; S &#187;&lt;/i&gt;. Elle &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sidente &#187;&lt;/i&gt;, elle&lt;i&gt; &#171; r&#233;former[a] le code de la nationalit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-elle ensuite. &lt;i&gt;&#171; Il faut arr&#234;ter la carte d'identit&#233; fabriqu&#233;e &#224; la photocopieuse ! &#187;&lt;/i&gt; Qu'importent les arrangements avec la v&#233;rit&#233;, ses partisans ont clairement des envies de &#171; vengeance &#187;, un mot entendu &#224; plusieurs reprises dans la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 22 h 30, &#224; la sortie du meeting, il ne reste plus gu&#232;re que les journalistes, porte de Pantin, pour regarder les spectateurs se diriger vers le m&#233;tro. Au fur et &#224; mesure, les CRS regagnent leur v&#233;hicule. Un homme quitte le Z&#233;nith, bras dessus, bras dessous avec sa femme. &lt;i&gt;&#171; Je suis encore plus convaincu,&lt;/i&gt; lui glisse-t-il.&lt;i&gt; Faut arr&#234;ter de la diaboliser. Les racistes, les antis&#233;mites&#8230; Peut-&#234;tre. Mais au FN, il y a des gens de toutes positions. &#187;&lt;/i&gt; Le couple passe devant l'immense drapeau tricolore d&#233;ploy&#233; par le DPS (d&#233;partement protection s&#233;curit&#233;) qui g&#232;re la s&#233;curit&#233; des meetings de Marine Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour les DPS, militants et b&#233;n&#233;voles du Front national ! N'oubliez pas le drapeau merci ! On assure votre s&#233;curit&#233; dans tous les meetings en France ! On n'a pas l'argent des banques ! &#187;&lt;/i&gt; crie l'un des hommes qui tiennent le drapeau. Un militant frontiste lance un billet de 5 euros : &lt;i&gt;&#171; C'est pas pour Rothschild au moins ? &#187;&lt;/i&gt; lui dit-il. Rires des passants. &lt;i&gt;&#171; Vous avez vu les Femen ?&lt;/i&gt; poursuit l'agent de s&#233;curit&#233;. &lt;i&gt;On en a fait des olives ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le fan club de Sarkozy s'en prend aux t&#233;nors de l'UMP</title>
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		<dc:creator>Ellen Salvi</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2014-07-08</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Tous ceux qui ne sont pas loyaux &#224; Nicolas Sarkozy, on ne les aime pas. &#187; Cach&#233;e derri&#232;re ses lunettes de soleil, Chahrazad, militante UMP de 58 ans, r&#233;sume en une phrase les conversations qu'elle partage r&#233;guli&#232;rement avec ses &#171; copains sarkozystes &#187; de Neuilly et de Rueil-Malmaison. Encart&#233;e depuis trois ans, elle n'a &#171; jamais vibr&#233; pour quelqu'un d'autre &#187; que l'ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique. Et c'est pour &#171; vibrer de nouveau &#187; qu'elle a fait, samedi 5 juillet, le trajet jusque dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton18306-12ffb.jpg?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Tous ceux qui ne sont pas loyaux &#224; Nicolas Sarkozy, on ne les aime pas. &#187; Cach&#233;e derri&#232;re ses lunettes de soleil, Chahrazad, militante UMP de 58 ans, r&#233;sume en une phrase les conversations qu'elle partage r&#233;guli&#232;rement avec ses &#171; copains sarkozystes &#187; de Neuilly et de Rueil-Malmaison. Encart&#233;e depuis trois ans, elle n'a &#171; jamais vibr&#233; pour quelqu'un d'autre &#187; que l'ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique. Et c'est pour &#171; vibrer de nouveau &#187; qu'elle a fait, samedi 5 juillet, le trajet jusque dans le Loir-et-Cher, o&#249; se tenait la deuxi&#232;me &#233;dition de la f&#234;te de la Violette organis&#233;e par la Droite forte, mouvement droitier de l'UMP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;06 JUILLET 2014 | mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rassemblement n'a rien &#224; envier &#224; ceux de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy. Et m&#234;me si Geoffroy Didier, l'un des cofondateurs de la Droite forte, pr&#233;cise sur sc&#232;ne &#171; nous ne sommes pas des groupies &#187;, c'est pourtant bien des fans inconditionnels de l'ex-pr&#233;sident de la R&#233;publique &#8211; 2 500 selon les organisateurs &#8211; qui pi&#233;tinent le gazon du parc du domaine de la Sauldre, situ&#233; &#224; La Fert&#233;-Imbault. Sur les poitrines, les badges &#8220;La Droite Forte&#8221; ont bien du mal &#224; r&#233;sister aux autocollants &#171; Mon pr&#233;sident ! &#187; &#224; l'effigie de l'ancien locataire de l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au stand de goodies, les tee-shirts &#171; Nicolas reviens ! &#187; et &#171; Nicolas, c'est maintenant &#187; se vendent comme des petits pains. Quant au &#8220;mur de soutien&#8221; mis &#224; disposition de tous ceux qui voudraient laisser un petit mot &#224; leur champion, il est tr&#232;s vite recouvert de graffitis. Ici, les affaires sont &#171; du pipeau &#187;, Nicolas Sarkozy &#171; n'est jamais vraiment parti &#187; et la d&#233;faite de 2012 n'&#233;tait qu'&#171; une manipulation de la gauche ayant entra&#238;n&#233; un quiproquo avec les &#233;lecteurs &#187;. Les militants sarkozystes poussent l'entre-soi &#224; son paroxysme, prot&#233;g&#233;s du reste du monde par la bulle qu'ils ont cr&#233;&#233;e pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la table des &#8220;invit&#233;s&#8221;, les deux fondateurs de la Droite forte, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, trinquent aux c&#244;t&#233;s du nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UMP Luc Chatel, de l'ancienne secr&#233;taire d'&#201;tat Norra Berra, du dissident de Nathalie Kosciusko-Morizet &#224; Paris, Charles Beigbeder, de l'ancien ministre Alain Carignon, du pr&#233;sident de Chasse, p&#234;che, nature et traditions, Fr&#233;d&#233;ric Nihous, et d'une poign&#233;e de fid&#232;les jeunes sarkozystes tels que Nathalie Fanfan ou Jonas Haddad. Au cours du d&#233;jeuner, la tribune voit d&#233;filer quelques-uns des plus ardents soutiens de l'ex-chef d'&#201;tat, &#224; commencer par Brice Hortefeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir adress&#233;, sous couvert d'humour, quelques petites piques aux deux fondateurs de la Droite forte (compar&#233;s, entre autres choses, au duo de la bande dessin&#233;e Boule et Bill), l'ancien ministre de l'int&#233;rieur se livre &#224; un v&#233;ritable plaidoyer en faveur de celui &#224; propos duquel il aime &#224; rappeler qu'ils sont &#171; amis depuis 1976 &#187;. &#201;grenant les affaires qui visent ce dernier (&#171; Bettencourt, Karachi, le pr&#233;tendu financement libyen&#8230; &#187;), l'eurod&#233;put&#233; met en garde les militants mass&#233;s sous la tente : &#171; Ne vous laissez pas abuser : il n'y a pas d'affaires, il n'y a que des &#233;pisodes que le pouvoir voudrait faire durer comme Les Feux de l'amour, au moins jusqu'en 2017. &#187; Un conseil bien peu utile tant l'assistance est d&#233;j&#224; acquise &#224; Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discours s'encha&#238;nent entre le fromage et le dessert, &#233;lectrisant les militants qui huent sans distinction Fran&#231;ois Hollande, Manuel Valls, Christiane Taubira et les socialistes dans leur ensemble, mais aussi le syndicat de la magistrature, &#171; une certaine justice &#187; et les journalistes qui sont pourtant largement repr&#233;sent&#233;s ce samedi (lire notre bo&#238;te noire). Les ennemis ordinaires de la droite sarkozyste, en somme. Mais de nouveaux adversaires apparaissent bient&#244;t en filigrane. Ils s'appellent Fran&#231;ois Fillon, Alain Jupp&#233;, Bruno Le Maire ou encore Xavier Bertrand. Leurs noms ne sont jamais cit&#233;s dans le micro, mais ils circulent &#224; travers les tables des militants aussi rapidement que les plats de choux &#224; la cr&#232;me sucr&#233;s aux couleurs du drapeau fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite &#171; depuis tellement longtemps qu'(il) ne compte plus &#187;, Michel, 70 ans, ne cache pas sa d&#233;testation vis-&#224;-vis des t&#233;nors de l'UMP qui ont pris leurs distances avec Nicolas Sarkozy. Fillon ? &#171; Il crache dans la soupe qui l'a nourri pendant cinq ans. &#187; Jupp&#233; ? &#171; Il s'est affal&#233; comme une chaussette devant les syndicats en 1995 et il veut encore repr&#233;senter quelque chose ? &#187; Xavier Bertrand ? &#171; C'est un arriviste. &#187; Bruno Le Maire ? &#171; Il est tellement pr&#233;tentieux qu'il en arrive &#224; essayer de concurrencer Sarko pour prendre la t&#234;te de l'UMP. Comme s'il &#233;tait son &#233;gal&#8230; &#187;, tranche l'homme, avant d'ajouter que l'ancien chef d'&#201;tat devrait faire sienne cette maxime de Voltaire : &#171; Gardez-moi de mes amis, quant &#224; mes ennemis, je m'en charge ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les militants, les avis concernant le triumvirat Jupp&#233;-Fillon-Raffarin mis en place apr&#232;s la d&#233;mission forc&#233;e de Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; divergent. Si certains reconnaissent d'un air indiff&#233;rent que &#171; c'&#233;tait peut-&#234;tre la solution la moins pire en attendant le retour de Sarko &#187;, d'autres n'h&#233;sitent pas &#224; parler de &#171; putsch &#187;. C'est notamment le cas de Karin Schoubye, d&#233;l&#233;gu&#233;e &#206;le-de-France de l'Union pour la France forte, qui s'agace contre les trois anciens premiers ministres qui &#171; pensent tenir le parti, alors que ce sont les militants qui le tiennent &#187;. Les critiques contre Jean-Pierre Raffarin sont molles, pour ne pas dire inexistantes. Celles visant Alain Jupp&#233; sont mitig&#233;es. En revanche, celui qui attire toutes les foudres des sarkozystes est bel et bien Fran&#231;ois Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants r&#233;unis &#224; la f&#234;te de la Violette n'ont pas de mots assez durs pour d&#233;crire l'ancien premier ministre. Les qualificatifs &#171; tra&#238;tre &#187;, &#171; ingrat &#187; et &#171; mauvais joueur &#187; reviennent sur toutes les l&#232;vres. Pas une des personnes crois&#233;es samedi n'avait vot&#233; pour lui en novembre 2012, lors de l'&#233;lection pour la pr&#233;sidence du parti qui l'opposait &#224; Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'affaire Bygmalion, ce dernier conserve d'ailleurs une tr&#232;s bonne image aupr&#232;s des sarkozystes. En t&#233;moignent les applaudissements nourris qui ont suivi l'hommage que lui a rendu Geoffroy Didier &#224; la tribune et qui a inspir&#233; au d&#233;put&#233; UMP de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, le tweet suivant : &#171; Bient&#244;t la #FeteDeLaViolette va aussi applaudir #Bygmalion ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diatribe contre ces &#171; t&#233;nors UMP aux &#233;gos boursoufl&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Fillon, c'est le top de la palme en mati&#232;re d'attaques, glisse la cop&#233;iste Camille Bedin, ancienne secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale adjointe de l'UMP. Il est compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. Son manque de respect dessert notre famille politique. Ce petit jeu devient vraiment limite, mais tout cela s'arr&#234;tera d&#232;s que Nicolas Sarkozy reviendra. &#187; Candidat &#224; la pr&#233;sidence du parti pour &#171; porter une voix nouvelle et d&#233;fendre la jeunesse &#187;, J&#233;r&#244;me Youssef, 28 ans, ne tient pas un autre discours. &#171; Nicolas Sarkozy a la confiance des militants, assure-t-il. Le probl&#232;me de ses adversaires en interne, c'est qu'ils veulent effacer l'esprit du sarkozysme. C'est le cas de Bruno Le Maire par exemple. Il a de bonnes id&#233;es, mais faire sans Sarkozy est une grosse erreur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Youssef, 28 ans, est candidat &#224; la pr&#233;sidence de l'UMP.J&#233;r&#244;me Youssef, 28 ans, est candidat &#224; la pr&#233;sidence de l'UMP. est l'un des premiers &#224; s'&#234;tre d&#233;clar&#233; candidat &#224; la future &#233;lection pour la pr&#233;sidence de l'UMP. Son travail sur les id&#233;es et les multiples rencontres qu'il r&#233;alise &#224; travers la France semblent faire mouche aupr&#232;s de plusieurs des militants crois&#233;s &#224; la f&#234;te de la Violette. Pour autant, aucun d'entre eux ne le voit aller tr&#232;s loin en cas de retour de Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le jeune Le Maire, c'est surtout &#8220;moi je&#8221;, &#8220;moi je&#8221;, moque Jean-Pierre, 67 ans. Les petits p&#232;res la morale, &#231;a va un temps. &#187; Ce militant des Hauts-de-Seine, qui a renouvel&#233; son adh&#233;sion &#224; l'UMP il y a un an, &#171; lorsqu'(il a) compris que Sarko allait revenir &#187;, s'amuse &#233;galement des vell&#233;it&#233;s de pouvoir de la jeune g&#233;n&#233;ration, &#224; commencer par &#171; Guillaume Peltier et Geoffroy Didier (qui) font des trucs sympas &#187;, mais qu'&#171; on a du mal &#224; prendre au s&#233;rieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme pointe du doigt la tribune et dodeline de la t&#234;te en souriant. Guillaume Peltier vient de prendre la parole. Digressant sur les violettes sauvages et les beaux paysages de la Sologne, l'ancien vice-pr&#233;sident de l'UMP, lui-m&#234;me mis en cause en marge de l'affaire Bygmalion, se r&#233;f&#232;re au panache de Cyrano de Bergerac et fait valoir son attachement &#224; Nicolas Sarkozy, &#171; un homme violemment attaqu&#233; et pers&#233;cut&#233; &#187;. Luc Chatel lui succ&#232;de sur sc&#232;ne, sous les applaudissements et les &#171; Nicolas ! Nicolas ! &#187; &#8211; pratiquement le seul pr&#233;nom scand&#233; par l'assistance durant la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plaidant &#224; son tour pour le rassemblement de sa &#171; famille politique &#187;, malgr&#233; &#171; les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s &#187; qui la traversent, le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UMP s'adresse &#224; &#171; tous ceux qui s'interrogent (sur sa pr&#233;sence) et qui n'ont toujours rien compris &#187; : &#171; Mais qu'est-ce que Chatel, lui, l'humaniste, le lib&#233;ral, peut-il bien faire &#224; la f&#234;te de la Droite forte ? &#192; ceux-l&#224;, mes amis, je veux leur dire mon bonheur d'&#234;tre ici et de les faire parler ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chatel n'a qu'un mot en bouche : l'union. &#171; Dans une famille politique (&#8230;) on se serre les coudes dans les &#233;preuves &#187;, clame-t-il. C'est pourtant vers les rangs de l'UMP que sont tir&#233;es quelques-unes de ses fl&#232;ches. Adressant lui aussi &#171; un message d'amiti&#233; &#224; Nicolas Sarkozy &#187;, il en profite pour ajouter un post-scriptum &#224; l'endroit de tous ceux, &#224; l'UMP, qui ont pris leur distance avec l'ex-chef d'&#201;tat : &#171; Nicolas Sarkozy m'a fait l'honneur d'&#234;tre son ministre pendant cinq ans : comment pourrais-je aujourd'hui me contenter de garder un silence poli ? Pendant cinq ans, j'ai d&#233;fendu son action sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision : comment pourrais-je aujourd'hui jeter une ombre sur ce que j'ai d&#233;fendu hier ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun pense &#233;videmment &#224; Fran&#231;ois Fillon qui a &#233;mis un soutien du bout des l&#232;vres &#224; Nicolas Sarkozy, trois jours plus t&#244;t, apr&#232;s la mise en examen de ce dernier pour &#171; corruption active &#187;, &#171; trafic d'influence &#187; et &#171; recel de violation du secret professionnel &#187; (lire ici notre article). Chacun conna&#238;t &#233;galement la ligne de Xavier Bertrand pour qui &#171; ceux qui sont de pr&#232;s ou de moins pr&#232;s li&#233;s &#224; ces affaires doivent se mettre en r&#233;serve &#187;. Chacun enfin garde en t&#234;te la position de Bruno Le Maire qui a indiqu&#233; qu'il ne renoncerait pas &#224; &#234;tre candidat &#224; la pr&#233;sidence de l'UMP, quand bien m&#234;me Nicolas Sarkozy le serait aussi. &#171; Toutes les personnes pr&#233;sentes ici sauront se souvenir de tels comportements &#187;, souffle un &#233;lu sous couvert de &#8220;off&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques ad hominem restent circonscrites aux tables des militants. &#192; la tribune, on pr&#233;f&#232;re parler, &#224; l'instar de Geoffroy Didier, de ces &#171; barons de l'UMP (qui) depuis de trop nombreux mois ont c&#233;d&#233; &#224; des divisions mortif&#232;res &#187;. &#171; Ils se sont autoflagell&#233;s, autoproclam&#233;s, ils ont d&#233;cid&#233; d'inventer leurs propres inventaires et de s'adonner &#224; de soudaines amertumes. Ces t&#233;nors aux &#233;gos boursoufl&#233;s ne vous regardent m&#234;me plus, tant ils sont occup&#233;s &#224; pr&#233;server leur pr&#233; carr&#233; &#187;, lance le cofondateur de la Droite forte &#224; l'adresse des militants qui, une fois encore, l'acclament du seul gimmick de la journ&#233;e : &#171; Nicolas ! Nicolas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; barons &#187; et les &#171; sages autoproclam&#233;s &#187; en reprennent pour leur grade quelques minutes plus tard lorsque Rachida Dati prend &#224; son tour la parole. Arguant que &#171; les hommes et les femmes d'&#201;tat &#187; ne sont pas &#171; les &#233;lites &#187; de l'UMP, mais &#171; les sympathisants et les militants &#187;, l'ancienne garde des Sceaux s'emploie &#224; creuser davantage encore le gouffre qui s&#233;pare les dirigeants de l'opposition de leur base. Insistant sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; refonder une droite s&#251;re de ses valeurs &#187;, elle fustige violemment l'id&#233;e d'un &#171; rapprochement de la droite avec le centre &#187;, sans jamais citer Alain Jupp&#233; qui avait d&#233;fendu cette ligne au lendemain des &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachida Dati, qui vient de cosigner avec Henri Guaino, Laurent Wauquiez et Guillaume Peltier un appel pour &#171; sauver la droite &#187;, ne veut pas &#171; s'excuser d'&#234;tre de droite, comme le font certains &#187;. &#171; Beaucoup veulent emp&#234;cher le retour de Nicolas Sarkozy, mais ne vous inqui&#233;tez pas, on ne les laissera pas faire &#187;, conclut-elle, comme un dernier message adress&#233; &#224; la gauche, &#224; la justice et au reste de l'UMP. L'ancienne garde des Sceaux est ovationn&#233;e. Les sarkozystes sont ravis. Coup&#233;s du reste du monde, ils ont pu, l'espace d'une journ&#233;e, entendre uniquement ce qu'ils souhaitaient entendre. Et oublier, pour quelques heures, que le retour de leur champion para&#238;t de plus en plus compromis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#233;lenchon r&#233;ussit sa &#171; prise de la Bastille &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Melenchon-reussit-sa-prise-de-la-Bastille</link>
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		<dc:date>2012-03-20T08:39:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Salvi, L&#233;na&#239;g Bredoux, St&#233;phane Alli&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-03-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'&#171; op&#233;ration d&#233;monstration de force &#187; voulue par le Front de gauche et son candidat Jean-Luc M&#233;lenchon est un succ&#232;s. Plus de 80 000 personnes ont d&#233;fil&#233; entre la place de la Nation et celle de la Bastille, et c'est depuis le perron de l'op&#233;ra que le h&#233;raut de &#171; l'autre gauche &#187; a prononc&#233; son discours sur la VIe R&#233;publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; de M&#233;dipart.fr, 18 mars 2012) &lt;br class='autobr' /&gt; Un discours, de seulement 22 minutes, que M&#233;lenchon a solennis&#233;, comme ses deux pr&#233;c&#233;dentes interventions en plein air et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton9705-e4629.png?1781158726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#171; op&#233;ration d&#233;monstration de force &#187; voulue par le Front de gauche et son candidat Jean-Luc M&#233;lenchon est un succ&#232;s. Plus de 80 000 personnes ont d&#233;fil&#233; entre la place de la Nation et celle de la Bastille, et c'est depuis le perron de l'op&#233;ra que le h&#233;raut de &#171; l'autre gauche &#187; a prononc&#233; son discours sur la VIe R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de M&#233;dipart.fr, 18 mars 2012)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un discours, de seulement 22 minutes, que M&#233;lenchon a solennis&#233;, comme ses deux pr&#233;c&#233;dentes interventions en plein air et devant un auditoire massif (devant la place Stalingrad en juin 2011, puis &#224; la f&#234;te de l'Humanit&#233; en septembre dernier). Un discours s'inscrivant dans la lign&#233;e de ce &#171; socialisme historique &#187; qu'il revendique face &#224; la social-d&#233;mocratie de Fran&#231;ois Hollande, il s'est mis dans les pas de 1789, du devoir d'insurrection inscrit dans la Constitution de 1793, de Louise Michel et de la Commune de Paris, Jules Vall&#232;s et son Cri du peuple, ou la manifestation f&#233;ministe du 14 juillet 1935, pr&#233;lude au Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien s&#233;nateur et ministre socialiste a donn&#233; le cadre de sa VIe R&#233;publique, en inscrivant son socle sur l'&#233;galit&#233; des droits, afin de &#171; refonder la France en refondant la R&#233;publique &#187;, via &#171; une assembl&#233;e constituante strictement paritaire &#187;. Droit &#224; l'avortement, &#224; la &#171; fin de vie &#187;, &#171; droit du sol int&#233;gral &#187;, &#171; r&#232;gle verte pour annuler la dette &#233;cologique, plut&#244;t que r&#232;gle d'or &#187;&#8230; Voici les exemples d'une constitution M&#233;lenchon, entrevue au cours de son intervention. Le tout conclu d'un &#171; Vive la Sociale ! &#187; aux accents si d&#233;sir&#233;s de Jean Jaur&#232;s. Longtemps mena&#231;ant, l'orage a finalement r&#233;serv&#233; ses foudres. &#171; &#199;a aide d'avoir un mitterrandien comme candidat, se marre un membre du service d'ordre, les forces de l'esprit sont avec nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En coulisses, le conseiller de Paris, Alexis Corbi&#232;re, l'un des lieutenants du candidat, se r&#233;jouit d'apporter la preuve &#171; que la gauche est une langue qui se reparle &#187;, voyant en M&#233;lenchon &#171; le grand instituteur de l'histoire de la gauche &#187;. &#171; C'est par l'&#233;l&#233;vation du d&#233;bat politique qu'on reconscientise le peuple ! &#187; dit-il, convaincu de la pertinence du mod&#232;le latino-am&#233;ricain, &#171; o&#249; au second tour on a souvent retrouv&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es un social-d&#233;mocrate face &#224; un homme de gauche, qui gagne &#224; la fin &#187;. Pour le secr&#233;taire national du PCF, Pierre Laurent, &#171; cet apr&#232;s-midi va marquer la suite de la campagne en g&#233;n&#233;ral, pas seulement la n&#244;tre ! Le Front de gauche n'est plus un appoint, mais le moteur de la victoire de la gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte-parole de M&#233;lenchon, Cl&#233;mentine Autain estime qu'&#171; une journ&#233;e aussi r&#233;ussie cr&#233;dibilise notre &#233;lan et nous sort de notre petit carr&#233; de l'extr&#234;me gauche, dans lequel on voudrait nous enfermer &#187;. Toutefois, elle est consciente de l'effet de curiosit&#233; de cette &#171; marche pour la VIe R&#233;publique &#187;, ayant fait venir dans le cort&#232;ge beaucoup de sympathisants, mais pas forc&#233;ment des &#233;lecteurs : &#171; L'enjeu des cinq semaines &#224; venir est de transformer cette sympathie en votes sonnants et tr&#233;buchants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On retrouve le peuple de gauche &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le discours, le d&#233;fil&#233; entre Nation et Bastille s'est fait en rangs serr&#233;s, derri&#232;re un carr&#233; de t&#234;te uniquement politique, avec toutes les figures du rassemblement &#224; gauche du PS. Outre M&#233;lenchon et Laurent, on retrouve Marie-George Buffet et les animateurs de l'ensemble des menues formations ayant rejoint ce qui ressemble de moins en moins &#224; un simple cartel &#233;lectoral (lire notre article Le Front de gauche r&#233;fl&#233;chit d&#233;j&#224; &#224; l'apr&#232;s-pr&#233;sidentielle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De rares slogans ont parcouru sans discontinuer le long du cort&#232;ge, s'essaimant au gr&#233; des ou&#239;es et de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. &#171; R&#233;sistance ! &#187;, le refrain de l'Internationale, &#171; Vite, vite, vite ! une 6e R&#233;publique ! &#187;. En t&#234;te de cort&#232;ge, beaucoup de gens se pressent autour d'un carr&#233; s&#233;v&#232;rement encord&#233; par deux rang&#233;es de membres du service d'ordre. De part et d'autre de la premi&#232;re rang&#233;e, les deux gardes du corps allou&#233;s par le Service de police des hautes personnalit&#233;s (SPHP) scrutent les fans, souvent &#226;g&#233;s, qui viennent apostropher et f&#233;liciter &#171; Jean-Luc &#187;. Celui-ci s'arr&#234;te souvent pour se tourner vers eux et les saluer, d'un sourire et d'un poing lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les dizaines de milliers de personnes ayant d&#233;fil&#233; entre Nation et Bastille, vaguement organis&#233;es par r&#233;gions, beaucoup brandissent des panneaux souvent fabriqu&#233;s &#224; l'Usine, le si&#232;ge de campagne du Front de gauche, et massivement distribu&#233;s. Pancartes appelant &#224; la VIe R&#233;publique, drapeaux du Front de gauche, du PCF ou du Parti de gauche, couleur rouge ultra dominante, ou cartons bricol&#233;s &#224; la maison&#8230; &#171; Regardez, voici le peuple des lumi&#232;res &#187;, &#171; Je suis un indign&#233;, tendance r&#233;volt&#233; &#187;, &#171; Communards de tous les pays, M&#233;lenchons nous ! &#187; ou encore &#171; Pour pr&#233;server le peuple, recyclons 1789 &#187;. D'autres, plus farfelus, avaient amen&#233; des branches de bambous avec &#233;crit : &#171; On tient le bambou &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On retrouve le peuple de gauche &#187;, commente un militant, rue du Faubourg-Saint-Antoine, sourire aux l&#232;vres. Beaucoup de militants : certains d&#233;j&#224; rompus aux Bastille-Nation des manifestations syndicales, des salari&#233;s de la fonction publique, des syndicalistes, leur chasuble CGT sur le dos, une d&#233;l&#233;gation des Fralib avec leur &#233;l&#233;phant en papier m&#226;ch&#233; appelant au boycott des Th&#233;s El&#233;phant. Mais aussi des curieux, venus &#171; voir &#187;. Ce sont eux que nous avons interrog&#233;s, ceux qui ne portaient pas d'autocollants, au fil du cort&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Bertrand, 30 ans, CPE en Seine-Saint-Denis. A 13 h 30, place de la Nation, il &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;, un ami l'a rejoint. Il se dit &#171; &#233;lecteur de gauche &#187; et fait partie des rares rencontr&#233;s vraiment venus pour le mot d'ordre de la journ&#233;e : la VIe R&#233;publique. &#171; C'est un concept qui m'int&#233;resse depuis Arnaud Montebourg au PS il y a d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es. Il y a une d&#233;rive monarchique de la Ve R&#233;publique. Ce n'est pas possible d'&#233;lire un pr&#233;sident qui rassemble toute la complexit&#233; de la soci&#233;t&#233; sur son nom. &#187; Il ne sait pas encore pour qui il votera le 22 avril. M&#233;lenchon ou Hollande. Justement &#224; cause du fonctionnement de la Ve R&#233;publique : &#171; Je me sens prisonnier de &#231;a. Je serai oblig&#233; d'analyser la dynamique de la campagne pour d&#233;cider... On a d&#233;j&#224; eu le 21 avril. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase, ils sont nombreux &#224; la r&#233;p&#233;ter dans la cort&#232;ge. Parlant d'un &#171; traumatisme &#187;, celui du second tour Chirac-Le Pen. Comme Janine, 51 ans, &#171; &#233;lectrice de gauche mais pas militante &#187;, qui elle aussi &#171; h&#233;site encore &#187; pour le premier tour. &#171; Ce sera sans doute Hollande, il me correspond mieux. Je suis moins radicale que M&#233;lenchon... Et puis il y a l'histoire du vote utile. &#187; Elle est quand m&#234;me venue, d&#232;s 14 heures, place de la Nation. &#171; J'avais envie d'avoir un bain de foule de gens qui avaient envie que &#231;a change. J'avais envie de voir des t&#234;tes sympathiques autour de moi. &#187; Sa pr&#233;sence est &#171; symbolique &#187;, dit-elle. &#171; Beaucoup de gens comme moi ont envie de sentir une solidarit&#233; face &#224; cette droite forte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Depuis Coluche, personne ne m'a convaincu &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, Maryse et Catherine, 56 ans toutes deux, ont le m&#234;me sourire. Comme un soulagement. &#171; Moi je suis l&#224; parce que &#231;a m'apporte de la chaleur, du r&#233;confort. Je me sens moins seule, je me sens port&#233;e &#187;, dit Catherine, qui s'occupe de l'exploitation de salles de cin&#233;ma. Electrice de gauche, elle va pourtant sans doute voter Hollande : &#171; J'attends de voir le rapport de force, j'ai qu'une trouille : le 21 avril. Je voterai utile. &#187; Maryse n'est pas d'accord, elle votera M&#233;lenchon, elle se dit plut&#244;t de gauche radicale. &#171; Moi aussi, &#231;a me fait du bien d'&#234;tre ici. On parle politique, des choses qui nous pr&#233;occupent, on n'entend pas de vilains mots, pas d'insultes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cort&#232;ge, un jeune homme timide qui &#171; vient rarement aux manifs, sauf pour les retraites &#187;, et qui n'a jamais &#233;t&#233; &#224; un meeting politique, dit doucement : &#171; Aujourd'hui, c'est une occasion qui nous est donn&#233;e et je n'avais pas envie de la rater. Une occasion de montrer qu'on existe. L&#224;, on nous donne de l'espoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent, 40 ans, osth&#233;opathe &#224; Dunkerque, venu par ses propres moyens, dit presque les m&#234;mes mots : &#171; Aujourd'hui, on a l'impression d'&#234;tre &#224; un tournant. Je me suis dit : &#8220;Je vais pas rater l'histoire.&#8221; Avant j'&#233;tais en sommeil, le Front de gauche a r&#233;veill&#233; l'envie d'&#234;tre l&#224;. &#187; Laurent n'est pas encart&#233;, il votait &#233;colo dans les ann&#233;es 1990, puis souvent blanc car &#171; de gauche mais sans horizon &#187;. Sa derni&#232;re manif remonte &#224; 1986, contre les lois Devaquet, quand il &#233;tait &#171; gosse &#187;. &#171; Je trouvais rien d'int&#233;ressant. J'attendais que quelque chose se passe. L&#224;, le Front de gauche parle des choses &#224; la base, il reprend un courant historique, la Commune, la prise de la Bastille. &#199;a me parle. Je m'y reconnais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry, 50 ans, chaudronnier dans l'a&#233;ronautique, fait, lui, son bapt&#234;me du feu. Venu de Ch&#226;teau-Thierry, il n'avait jamais manifest&#233; de sa vie. Jamais vot&#233; non plus. &#171; En 1981, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que je devais voter. Coluche ne s'est pas pr&#233;sent&#233;, &#231;a m'a d&#233;go&#251;t&#233;. Et depuis, personne ne m'a convaincu. &#187; C'est le 21 avril qui l'a r&#233;veill&#233;, puis les discussions en famille. &#171; J'ai mon beau-fr&#232;re qui soutient M&#233;lenchon. Et finalement, dans la famille, on est une dizaine &#224; vouloir voter pour lui... &#187; Thierry a pr&#233;vu de voter pour la premi&#232;re fois le 22 avril, parce qu'il veut &#171; plus de social, plus d'importance aux hommes qu'&#224; la finance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A deux pas, Erick et Ingrid sont fr&#232;re et s&#339;ur, respectivement 25 et 32 ans, et eux votent. Ils parlent vite, sont agac&#233;s de la campagne, du d&#233;bat sur le halal &#8211; ils &#233;taient nombreux dimanche, dans le m&#234;me cas, &#224; d&#233;noncer &#171; la campagne minable &#187; &#8211;, et veulent que &#171; &#231;a change &#187;. &#171; Il faut se bouger &#187;, dit Ingrid. Pourtant, les manifs, &#171; c'est pas son truc &#187;, elle n'en a pas fait depuis le lyc&#233;e et elle se dit &#171; plut&#244;t centriste &#224; la base &#187;. En 2007, elle avait vot&#233; Bayrou. &#171; Mais je suis devenue contre le capitalisme en voyant comment les patrons fonctionnent. &#187; Ingrid est architecte, elle a un &#171; Bac +6 &#187;, mais l&#224;, elle est au ch&#244;mage. &#171; J'ai vu la gal&#232;re. Je gagnais 2 000 euros mais j'ai un 20 m2. &#187; Elle votera M&#233;lenchon, sans h&#233;siter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme son fr&#232;re, tr&#232;s critique de Hollande : &#171; Il met le costard, un fond bleu (dans ses meetings), il veut se droitiser pour gagner les &#233;lections. C'est du d&#233;lire ! Ce qui compte, c'est les id&#233;es, il faut aller au-del&#224; des images. &#187; Et puis tacle sa s&#339;ur : &#171; Hollande dit qu'il est contre la finance, et puis dit le contraire en Angleterre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un coin de la Bastille, on tombe sur l'entourage proche d'Arnaud Montebourg. R&#233;cemment promu par Hollande comme conseiller sp&#233;cial, le troisi&#232;me homme de la primaire socialiste a demand&#233; aux responsables de son tout jeune mouvement Rose R&#233;s&#233;da &#171; de venir adresser un signe &#224; Jean-Luc &#187;, selon les termes de l'un d'eux. Qui explique : &#171; M&#234;me si notre candidat est diff&#233;rent, ce qu'il fait est important pour la gauche. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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