<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=3669&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Gouverner apr&#232;s une d&#233;cennie lib&#233;rale&#8230; Le grand chantier oncologique du Parti qu&#233;b&#233;cois de Pauline Marois</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Gouverner-apres-une-decennie-liberale-Le-grand-chantier-oncologique-du-Parti</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Gouverner-apres-une-decennie-liberale-Le-grand-chantier-oncologique-du-Parti</guid>
		<dc:date>2012-11-25T14:08:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections provinciales qu&#233;b&#233;coises, celles de septembre 2012, se sont sold&#233;es par une courte victoire du Parti qu&#233;b&#233;cois, un parti souverainiste, dirig&#233; par Pauline Marois. Le PQ a en effet obtenu 54 si&#232;ges, alors que le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, apr&#232;s neuf ann&#233;es au pouvoir, en a obtenu 50, la Coalition Avenir Qu&#233;bec 19 et Qu&#233;bec solidaire 2. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces r&#233;sultats sont &#233;tonnants : le gouvernement lib&#233;ral, qui n'avait plus l'autorit&#233; morale pour gouverner lors de la crise &#233;tudiante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections provinciales qu&#233;b&#233;coises, celles de septembre 2012, se sont sold&#233;es par une courte victoire du Parti qu&#233;b&#233;cois, un parti souverainiste, dirig&#233; par Pauline Marois. Le PQ a en effet obtenu 54 si&#232;ges, alors que le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, apr&#232;s neuf ann&#233;es au pouvoir, en a obtenu 50, la Coalition Avenir Qu&#233;bec 19 et Qu&#233;bec solidaire 2.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats sont &#233;tonnants : le gouvernement lib&#233;ral, qui n'avait plus l'autorit&#233; morale pour gouverner lors de la crise &#233;tudiante, s'est lanc&#233; dans une campagne &#233;lectorale en &#233;t&#233; et, malgr&#233; l'insatisfaction g&#233;n&#233;ralis&#233;e, a tout de m&#234;me r&#233;ussi &#224; conserver 50 si&#232;ges sur 125, ce qui constitue un v&#233;ritable tour de force. Mais aussi parce que le parti de l'alternance, le PQ, face &#224; une fen&#234;tre historique, n'a pas r&#233;ussi &#224; profiter du &#171; printemps &#233;rable &#187; pour s'offrir une majorit&#233; confortable. Ce texte veut pr&#233;senter le chantier politique qui s'ouvre d&#233;sormais devant lui &#8211; on dira les cinq &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; la &#171; reconstruction &#187; du Qu&#233;bec &#8211; apr&#232;s les mandats d&#233;sastreux des lib&#233;raux de Jean Charest &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Favoriser la paix sociale et la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, presque tous s'entendent pour dire que la gouvernance lib&#233;rale de Jean Charest, un ancien d&#233;put&#233; conservateur au parlement canadien, a bless&#233; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Son r&#232;gne, qui pr&#233;sente bien peu de points positifs, sera retenu par l'histoire comme celui de la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e mais aussi celui de la crise sociale historique de 2012, le &#171; printemps &#233;rable &#187;. Or, propuls&#233; au pouvoir en bonne partie par la gr&#232;ve &#233;tudiante, le PQ s'attachera en premier lieu &#224; restaurer la paix sociale. Ce gouvernement proposera de tenir un sommet sur l'&#233;ducation et reverra le droit de gr&#232;ve afin d'&#233;viter de nouvelles crises. Car si une partie importante de la population s'est indign&#233;e et a march&#233; contre l'improvisation des lib&#233;raux, les cadeaux aux amis et la corruption, contre ces lib&#233;raux qui jouaient sur les mots en associant la gr&#232;ve d&#233;mocratique &#224; un simple &#171; boycott &#187; des cours, le PQ doit maintenant tenir compte des demandes &#233;tudiantes et faire de la politique autrement. Autrement dit, il doit faire la preuve qu'il respectera l'expression citoyenne et que le Qu&#233;bec n'est pas le paradis des magouilleurs. Voil&#224; pourquoi il proposera, malgr&#233; le fait qu'il est minoritaire, des r&#233;formes d&#233;mocratiques afin d'&#233;viter les probl&#232;mes de la repr&#233;sentation politique et les abus de pouvoir. Il limitera par exemple les cotisations aux partis politiques, une source importante de corruption sous les lib&#233;raux, et reverra probablement la carte &#233;lectorale ou proposera, c'est encore hypoth&#233;tique &#224; ce stade-ci, un scrutin proportionnel afin que tous les votes comptent. Gouverner le Qu&#233;bec aujourd'hui ne peut se faire qu'&#224; ce prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combattre la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la restauration du climat social, le chantier du PQ comprend aussi le difficile combat contre la corruption. Car les lib&#233;raux de Jean Charest, nous le savons aujourd'hui avec la commission d'enqu&#234;te sur la corruption dans le milieu de la construction &#8211; une commission que les d&#233;put&#233;s lib&#233;raux ont refus&#233; pendant trente mois et qu'ils ont, &#224; cause de la grogne populaire, finalement mis sur pieds &#8211;, &#233;taient habitu&#233;s aux abus du syst&#232;me politique et au d&#233;tournement de fonds. Cette Commission d'enqu&#234;te sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction &#8211; la Commission Charbonneau &#8211; permet de mieux comprendre les pratiques douteuses qui ont court depuis plus d'une d&#233;cennie dans le petit monde de la construction. On y entend au quotidien le t&#233;moignage de personnes qui, se disant encore honn&#234;tes, se sont servi &#224; m&#234;me les fonds publics, ont corrompu et menac&#233; des fonctionnaires et planifi&#233; un syst&#232;me de collusion et de malversation dans l'attribution de contrats publics. Ces repr&#233;sentants politiques, ces entrepreneurs priv&#233;s, mais aussi ces ing&#233;nieurs et autres acteurs de la mafia ont non seulement contrevenu aux lois, mais ils ont aussi contribu&#233; &#224; discr&#233;diter toutes les sph&#232;res politiques. La corruption est devenue, au Qu&#233;bec, un v&#233;ritable cancer, une maladie rependue partout dont la cure est incertaine : des pratiques douteuses se sont implant&#233;es et se sont multipli&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du corps social de telle mani&#232;re que tous soient, de pr&#232;s ou de loin, touch&#233;s par le paiement comptant, exempt de taxes. La politique qu&#233;b&#233;coise exige d&#233;sormais une v&#233;ritable oncologie et la commission Charbonneau, qui vient &#224; peine de commencer ses auditions, a d&#233;j&#224; port&#233; ses fruits puisque le maire de Montr&#233;al, un ancien lib&#233;ral, G&#233;rard Tremblay, a d&#251; d&#233;missionner en raison des confessions entendues lors des audiences, de m&#234;me pour le maire de Laval, troisi&#232;me ville du Qu&#233;bec, Gilles Vaillancourt, 23 ans au pouvoir&#8230; sans opposition. On le r&#233;alise bien : une d&#233;cennie sans &#233;gard aux principes de la d&#233;mocratie a des effets importants sur une soci&#233;t&#233; et le fait d'entendre des t&#233;moins expliquer le syst&#232;me de pots-de-vin a d&#233;j&#224; pouss&#233; des politiciens &#224; vendre leurs maisons et &#224; d&#233;missionner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire : lorsque les lib&#233;raux f&#233;d&#233;raux &#233;taient au pouvoir au Parlement canadien, &#224; Ottawa, les scandales &#233;taient &#233;galement choses courantes dans la politique. La Commission Gomery, en 2004, avait eu pour t&#226;che de faire la lumi&#232;re sur le mode d'op&#233;ration de certains lib&#233;raux qui utilisaient les fonds publics &#224; des fins partisanes, notamment pour d&#233;fendre le Canada au Qu&#233;bec. Le Parti qu&#233;b&#233;cois, qui n'est pas connu pour tricher mais pour assainir la vie politique, devra retenir des le&#231;ons de cette nouvelle commission, troublante pour tous les citoyens qu&#233;b&#233;cois, qui explique, au petit &#233;cran, pourquoi il en co&#251;te environ 30 % plus cher pour construire des ponts et des routes au Qu&#233;bec. Une des premi&#232;res le&#231;ons d&#233;cisives que nous apprend cette Commission, c'est qu'&#224; trop mettre l'accent sur les corrompus, &#224; c&#233;l&#233;brer leurs r&#233;v&#233;lations &#224; la t&#233;l&#233;vision, on perd de vue le fonctionnement du syst&#232;me. Ce ne sont pas tant les acteurs individuels &#8211; ils ne savent pas ce que signifie les mots honn&#234;tet&#233; et corruption &#8211; qu'il faut punir, mais un syst&#232;me de contributions aux partis politiques qu'il faut revoir, car lorsqu'un tel syst&#232;me se d&#233;ploie, ses effets ind&#233;sirables se d&#233;veloppent avec une telle p&#233;n&#233;tration qu'ils ressemblent aux m&#233;tastases d'un cancer dans le corps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprendre en main l'&#233;conomie nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier du PQ comporte un volet &#233;conomique car le r&#232;gne des lib&#233;raux a &#233;t&#233; marqu&#233; par la privatisation des services publics. Sous la gouverne lib&#233;rale a commenc&#233; la privatisation des soins de sant&#233; et du syst&#232;me d'&#233;ducation, d'o&#249; la gr&#232;ve &#233;tudiante du printemps 2012. Le gouvernement lib&#233;ral, en modifiant &#233;galement les r&#232;gles encadrant les investissements de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placements du Qu&#233;bec (CDPQ) afin de la rendre plus performante, est aussi responsable de la perte de plus de 40 milliards de dollars en 2008. C'est encore ce gouvernement qui a choisi, malgr&#233; les marches populaires, de d&#233;velopper l'industrie du gaz de schiste, qui est critiqu&#233;e partout dans le monde. Sous pr&#233;texte de d&#233;velopper le nord, il a pr&#233;par&#233; le Plan Nord qui sert plus &#224; brader les ressources naturelles qu&#233;b&#233;coises qu'&#224; les exploiter intelligemment. Il comptait y parvenir en laissant piller le sous-sol sans demander de redevances &#233;quitables. Il a permis la n&#233;gociation des contrats, notamment entre Hydro-Qu&#233;bec et des compagnies priv&#233;es, qui n'auraient presque rien rapport&#233; &#224; la population. Dans ce contexte, le chantier &#233;conomique est &#233;norme : le PQ devra non seulement revoir tous ces contrats, mais r&#233;orienter aussi le d&#233;veloppement du nord qu&#233;b&#233;cois afin de rendre des comptes, non pas aux amis et aux compagnies priv&#233;es &#233;trang&#232;res, mais &#224; la population du Qu&#233;bec. Pourra-t-il forcer les compagnies &#224; verser de plus fortes redevances si le prix du minerai, par exemple, est &#224; la baisse ? Tout cela, sans compter qu'il doit aussi pallier &#8211; c'&#233;tait le cadeau des lib&#233;raux au nouveau gouvernement &#8211; au manque &#224; gagner de 1 milliard 600 millions de dollars laiss&#233;s dans le budget par les lib&#233;raux &#224; leur d&#233;part !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre la langue commune : le fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, sans surprise, le dernier recensement f&#233;d&#233;ral montre un d&#233;clin du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al, comme dans l'ensemble du Qu&#233;bec, alors que l'anglais progresse partout. Un habitant sur deux r&#233;sidant sur l'&#238;le de Montr&#233;al ne parle pas le fran&#231;ais couramment. La langue fran&#231;aise dispara&#238;t lentement au Qu&#233;bec, ce qui est du &#171; d&#233;j&#224; vu &#187;, car apr&#232;s chaque passage lib&#233;ral, il convient de prot&#233;ger et de promouvoir le fran&#231;ais qui a &#233;t&#233; abandonn&#233; au nom des int&#233;r&#234;ts individuels. Il faut, pour parler comme Pierre Vadeboncoeur, combattre l' &#171; &#233;crasement &#187; et la disparition de la solidarit&#233;. La gouvernance lib&#233;rale, et c'est connu, a pour habitude de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et d'abandonner la langue commune au nom de son affiliation &#224; la f&#233;d&#233;ration canadienne. Cette situation, qui se comprend bien quand on sait que certaines compagnies am&#233;ricaines refusent de se plier aux lois linguistiques, est alarmante. L'anglais appara&#238;t comme l'un des fant&#244;mes qui revient hanter p&#233;riodiquement le peuple qu&#233;b&#233;cois dans l'&#233;criture de son histoire, voil&#224; pourquoi le PQ songe d&#233;sormais &#224; imposer le fran&#231;ais d&#232;s les garderies afin que tous soient int&#233;gr&#233;s dans la langue de la majorit&#233;. Il limitera les &#171; &#233;coles passerelles &#187;, &#233;coles qui, sous le r&#232;gne lib&#233;ral, permettaient &#224; certains anglophones d'&#233;chapper aux dispositions de la loi 101 (la loi qui fait du fran&#231;ais la langue commune), et cherchera &#224; contr&#244;ler les &#233;coles religieuses qui ne respectent pas les devis d'enseignement du Minist&#232;re de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mettre sur pied un projet politique &#171; propre &#187; : un pays neuf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'une des caract&#233;ristiques de la politique est de promouvoir la coh&#233;sion sociale de tous, le Parti qu&#233;b&#233;cois sera le porteur d'un projet politique commun &#224; long terme. Contre le court terme et la politique improvis&#233;e qui avantage les amis, nous pensons ici &#224; la corruption qui est apparue comme le mod&#232;le privil&#233;gi&#233; des lib&#233;raux, le Parti qu&#233;b&#233;cois d&#233;fendra l'avenir. Il s'agira de faire en temps opportun du Qu&#233;bec un pays parce que les probl&#232;mes ne se r&#232;glent pas dans la f&#233;d&#233;ration canadienne. Pauline Marois a d&#233;but&#233; le ballet diplomatique, en octobre en France, afin que les francophones, en Europe et ailleurs, en apprennent plus sur le Qu&#233;bec et ses immenses possibilit&#233;s. Apr&#232;s le passage canc&#233;rig&#232;ne des lib&#233;raux au f&#233;d&#233;ral et au provincial, la souverainet&#233; appara&#238;t comme la seule avenue pour d&#233;velopper, gr&#226;ce &#224; des institutions plus d&#233;mocratiques, le Qu&#233;bec actuel. Dans un monde complexe, c'est-&#224;-dire un monde en interd&#233;pendance dans lequel il est devenu tr&#232;s difficile de d&#233;cider de son destin &#233;conomico-politique, cette souverainet&#233; assurera le lien organique entre les r&#233;gions et les villes, mais aussi le rapport du Qu&#233;bec aux autres ensembles politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari de Pauline Marois, minoritaire &#224; Qu&#233;bec, reste &#233;norme : n&#233;gocier un budget avec les autres partis afin de conserver son mince pouvoir et assurer quelques r&#233;formes. Il nous reste &#224; esp&#233;rer, nous de notre c&#244;t&#233;, que la population comprendra l'urgence de faire de la politique autrement pour redonner au peuple une d&#233;mocratie qui s'int&#233;ressera enfin &#224; la majorit&#233; et &#224; son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;partement de philosophie / Ahuntsic&lt;br class='autobr' /&gt;
Chroniqueur &#224; la revue web Sens Public&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de recherche en &#233;thique publique et gouvernance / Universit&#233; Saint Paul&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Application de la m&#233;t&#233;o politique </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Application-de-la-meteo-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Application-de-la-meteo-politique</guid>
		<dc:date>2012-08-21T08:43:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-02-21</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections qu&#233;b&#233;coises 2012</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections du Qu&#233;bec 2012</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Montr&#233;al, Lundi 20 ao&#251;t 2012 &lt;br class='autobr' /&gt;
Heure locale : 20 heures, HAE A&#233;roport P.-E. Trudeau Conditions actuelles : 20 &#176;C / Quelques nuages &lt;br class='autobr' /&gt;
Lev&#233;e du soleil : 6 h. 03 Coucher du soleil : 19 h. 54 D&#233;mocratie relative pour le pouvoir : 35 % Visibilit&#233; : excellente dans les m&#233;dias Plafond (contributions) : 3000$ Pression : 101.18 kPa sur les lib&#233;raux Vent : NE 15 km pour la CAQ Temp&#233;rature ressentie &#8212; &lt;br class='autobr' /&gt; La m&#233;t&#233;o politique est assez pr&#233;cise pour annoncer d&#233;j&#224; une tendance qui se dessine (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-02-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-02-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-quebecoises-2012-+" rel="tag"&gt;&#201;lections qu&#233;b&#233;coises 2012&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-du-Quebec-2012-+" rel="tag"&gt;&#201;lections du Qu&#233;bec 2012&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton11314-90669.png?1782210212' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montr&#233;al, Lundi 20 ao&#251;t 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heure locale : 20 heures, HAE A&#233;roport P.-E. Trudeau&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions actuelles : 20 &#176;C / Quelques nuages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lev&#233;e du soleil : 6 h. 03 Coucher du soleil : 19 h. 54&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;mocratie relative &lt;br class='autobr' /&gt;
pour le pouvoir : 35 % Visibilit&#233; : excellente dans les m&#233;dias&lt;br class='autobr' /&gt;
Plafond (contributions) : 3000$ Pression : 101.18 kPa sur les lib&#233;raux&lt;br class='autobr' /&gt;
Vent : NE 15 km pour la CAQ Temp&#233;rature ressentie &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La m&#233;t&#233;o politique est assez pr&#233;cise pour annoncer d&#233;j&#224; une tendance qui se dessine dans le ciel politique qu&#233;b&#233;cois. Fort d'une br&#232;ve analyse de la &#171; couverture &#187; des deux premi&#232;res semaines, allons-y d'un bulletin m&#233;t&#233;orologique de mi-campagne. Pr&#233;sentons sans tarder la m&#233;t&#233;o actuelle ainsi que les pr&#233;visions en vigueur sur le Qu&#233;bec pour les prochains jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;thodologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;t&#233;o politique part de l'id&#233;e selon laquelle les m&#233;dias &#8211; surtout lorsqu'ils travaillent en convergence &#8211; sont des acteurs importants dans l'atmosph&#232;re politique et que, lorsqu'ils sont invit&#233;s &#224; rapporter ce qui est dit par les candidats durant la journ&#233;e de campagne, ils peuvent le faire sous un jour favorable ou non, ce qui peut modifier l'allure de la campagne. La couverture des partis politiques &#8211; autrement dit l'espace m&#233;diatique occup&#233; &#8211; annonce d&#233;j&#224; en probabilit&#233;s les r&#233;sultats de fin de campagne parce qu'elle implique la possibilit&#233; de faire na&#238;tre des tendances et de les confirmer. En effet, par leur couverture, la publication de sondages et l'organisation de d&#233;bats, les m&#233;dias acteurs peuvent travailler &#224; faire lever le vent pour un parti ou pour un autre. Jamais neutres, ils peuvent contribuer parfois &#224; cr&#233;er le ph&#233;nom&#232;ne de la vague politique, ralentir une campagne, voire la masquer compl&#232;tement. En m&#233;t&#233;o politique, le vent souffle de face ou de dos puisque la neutralit&#233; m&#233;diatique ne peut pas exister. L'application de la m&#233;t&#233;o &#224; la politique dit qu'une campagne &#233;lectorale se gagne lorsque le vent qui souffle pour vous a progress&#233; et qu'il se trouve assez fort pour vous porter, dans les m&#233;dias, jusqu'&#224; la sortie du vote. Quant &#224; nos pr&#233;visions g&#233;n&#233;rales, et non locales, elles reposeront sur le travail des m&#233;dias acteurs montr&#233;alais depuis deux semaines environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;t&#233;o actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;t&#233;o actuelle s'appuie sur une premi&#232;re r&#233;ception du traitement m&#233;diatique des deux derni&#232;res semaines. Elle porte surtout sur les trois partis (PLQ, CAQ, PQ) qui jouissent d'une couverture m&#233;diatique plus importante, car les radars et les satellites ne per&#231;oivent pas encore clairement l'existence politique des tiers partis (PV, ON, QS, PCQ, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ciel couvert pour les lib&#233;raux et risque d'orage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, les m&#233;dias acteurs ont &#233;tudi&#233; la campagne lib&#233;rale. Ils l'ont trait&#233; en priorit&#233;, tant au niveau du temps d'antenne, des reportages que des manchettes et des titres. Ils ont annonc&#233; que le parti connaissait un d&#233;but de campagne difficile et que, apr&#232;s neuf ann&#233;es au pouvoir, les &#233;lecteurs avaient d&#233;velopp&#233; un sens critique. Dit autrement, la population envisagerait un changement. Canadiens, f&#233;d&#233;ralistes et attach&#233;s aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, ils ont envisag&#233; rapidement une alternative dans la Coalition pour l'Avenir du Qu&#233;bec (CAQ) dirig&#233;e par Fran&#231;ois Legault. Ils ont aussi constat&#233; que le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) dirig&#233; par Pauline Marois recevait encore une fois sa part de sympathie, autour de 35% des voix, qu'il pouvait prendre le pouvoir majoritaire et qu'il fallait donc tourner au plus t&#244;t le regard vers la CAQ, comme ils l'avaient d&#233;j&#224; fait dans le pass&#233; pour l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ), ce qui a eu pour effet de valoir au parti de Legault une remont&#233;e soudaine &#8211; autour de six points de pourcentage &#8211; dans les sondages. Le ciel semble donc couvert pour les lib&#233;raux, il y a m&#234;me un risque de panique, peut-&#234;tre d'orage, voil&#224; ce que les sondages des m&#233;dias annoncent et confirment depuis les derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un l&#233;ger vent souffle pour la Coalition Avenir Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont voulu, en d&#233;but de campagne, faire de la CAQ une v&#233;ritable alternative aux lib&#233;raux. Ce n'est donc pas un hasard s'ils ont fait des manchettes en boucle, pendant la premi&#232;re semaine, avec les candidatures &#171; vedettes &#187; de Duchesneau et de Barrette, qu'ils ont m&#234;me pr&#233;sent&#233;s comme futurs ministres ! Ils ont couvert surtout ce nouveau parti afin de lui conf&#233;rer la cr&#233;dibilit&#233; qui lui manquait. Lors de la seconde semaine, les commentateurs ont alors pris pour acquis les sondages afin de renforcer l'impression que la CAQ existait. Ils ont m&#234;me parfois ressenti le besoin ou pris la libert&#233; de critiquer un peu plus ce parti tellement ils l'avaient couvert et aid&#233; en d&#233;but de campagne ; il s'agissait aussi de faire croire &#224; une certaine objectivit&#233;. Le vote pour la CAQ est volatile, il le demeurera encore, c'est pourquoi il exige encore des efforts de la part des m&#233;dias. Or, tout cela est fort important car, un peu comme aux &#233;lections f&#233;d&#233;rales de mai 2011, les conditions m&#233;t&#233;o sont presque d&#233;j&#224; r&#233;unies pour que les Qu&#233;b&#233;cois, si on leur annonce et leur confirme qu'une &#171; vague &#187; pour la CAQ reste possible, se laissent &#224; nouveau emporter. Rien ne vaut, au Qu&#233;bec, un vote massif du m&#234;me c&#244;t&#233;, un vote d'ambiance, un vote collectif hypnotique, c'est-&#224;-dire un vote dans le sens du vent m&#233;diatique, souvent du c&#244;t&#233; du soleil qui fait tourner les tournesols. Voil&#224; pourquoi il y a panique dans le camp lib&#233;ral et que les m&#233;dias en t&#233;moignent &#224; r&#233;p&#233;tition. Pendant que les m&#233;dias acteurs rapportent en boucle que Legault veut voir le &#171; vent &#187; lever avec son &#233;lection, on voile indirectement le ciel bleu du PQ, en avance dans les intentions de vote, mais aussi et surtout les petits cieux des tiers partis, des cieux que la population gagnerait, d&#233;mocratiquement s'entend, &#224; mieux conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensoleill&#233; avec passages nuageux pour le Parti qu&#233;b&#233;cois&lt;br class='autobr' /&gt;
La campagne du PQ n'attire pas les m&#233;dias. Pauline, on la voit peu, sinon 15 secondes &#224; 20 secondes avant de passer aux autres nouvelles. L'essentiel de ses appuis, si les sondages publi&#233;s ont un sens, viennent de sa client&#232;le habituelle. Les grands r&#233;seaux, bien que le parti semble mener dans les sondages, traitent le Parti qu&#233;b&#233;cois en troisi&#232;me lieu, comme un parti oblig&#233;, mais r&#233;siduel. Ce parti ne peut pas imposer son agenda, car les m&#233;dias acteurs forcent le regard ailleurs. Si les m&#233;dias ne couvrent pas autant le PQ que les deux autres partis f&#233;d&#233;ralistes, sa force actuelle ne vient donc pas du changement de temps politique, mais bien plut&#244;t de la tendance politique de l'alternance et de la solidit&#233; de sa base &#233;lectorale. Le PQ, comme d'habitude, ne peut compter que sur lui-m&#234;me en souhaitant pas trop de d&#233;formation de son message. &#201;videmment, tout observateur du temps politique sait bien que lorsqu'un parti r&#233;ussi &#224; dominer lui-m&#234;me les sondages des firmes priv&#233;es et s'octroyer malgr&#233; tout des embellies et du soleil, c'est que les m&#233;dias chercheront sous peu &#224; lui faire conna&#238;tre des pr&#233;cipitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cartes, satellites et radars&lt;br class='autobr' /&gt; Aucune m&#233;t&#233;o actuelle pour les tiers partis / une d&#233;mocratie m&#233;diatique &#224; r&#233;former&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les radars n'indiquent pas la pr&#233;sence de mouvement sensible pour les tiers partis (Option nationale, Parti Vert, Qu&#233;bec Solidaire, etc.) sur le territoire &#233;lectoral. Les satellites ne peuvent d&#233;passer les approximations classiques : QS se situe surtout &#224; Montr&#233;al, ON n'a pas fait de perc&#233;es identifiables &#8211; les m&#233;dias ne veulent m&#234;me pas que ce parti, qui a moins d'une ann&#233;e d'existence, participe au d&#233;bat des chefs &#8211; et les autres partis n'existent pas encore m&#233;diatiquement. Ici, la carte de m&#233;t&#233;o politique est utile : on ne retrouve pas de tiers partis dans la campagne m&#233;diatique actuelle, ce qui contrevient &#224; la loi &#233;lectorale mais est assum&#233; par les grands m&#233;dias, c'est pourquoi on ne peut rien pr&#233;dire pour ces partis. Ce n'est donc pas un hasard si les m&#233;dias acteurs r&#233;p&#232;tent que voter pour QS ne peut pas amener ce parti au pouvoir ! Autrement dit, les m&#233;dias rendent peu plausible voire impossible la prise du pouvoir par l'un des tiers partis alors que, logiquement, c'est le contraire qui est vrai : si la majorit&#233; des &#233;lecteurs d&#233;cidaient de voter pour QS, par exemple, celui-ci, un peu comme le PQ en 1976, prendrait le pouvoir. Mais on interdit cette pens&#233;e, on s'assure d'avance que ce vote est inutile, g&#234;nant voire stupide. Au mieux, il serait peut-&#234;tre strat&#233;gique. Puisque les radars et les satellites ne les rejoignent pas et que les m&#233;dias refusent la possibilit&#233; d'&#233;lire l'un des tiers partis, on ne donc peut pas conna&#238;tre le temps qu'il fait dans ces partis, ni le temps qu'il fera. S'ils ne sont pas dans le temps politique actuel, cela ne veut pas dire par contre qu'ils ne le seront pas un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;visions &#224; court terme&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; pr&#233;voir pour les prochains jours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des d&#233;bats des chefs a eu lieu ce dimanche. Contre les trois partis les plus m&#233;diatis&#233;s, c'est, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, la cheffe de QS qui s'est le plus illustr&#233;e. Il est cependant trop t&#244;t pour savoir si les m&#233;dias transformeront cette distinction et cette reconnaissance en possibilit&#233;s politiques r&#233;elles. Or, on dit dans les m&#233;dias qu'une mont&#233;e de QS ne pourra se faire qu'au d&#233;triment du PQ, d'o&#249; l'importance de surveiller les prochains reportages. En raison de la structure m&#233;diatico-politique qui s&#233;vit au Qu&#233;bec, QS, qui sera absent de la &#171; couverture &#187; du r&#233;seau de convergence de Quebecor, devrait conna&#238;tre une petite embellie, mais pas de vent politique fort. Les m&#233;dias sociaux, qui participent eux aussi &#224; leur mani&#232;re au temps politique, ne pourront &#171; confirmer &#187; de tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les autres &#171; d&#233;bats des chefs &#187; qui seront aussi fort m&#233;diatis&#233;s, on peut d&#233;j&#224; sentir que le temps pourrait changer et que les m&#233;dias acteurs seront tent&#233;s de modifier, &#224; l'approche du vote, la m&#233;t&#233;o politique. Leur couverture sera en cons&#233;quence de plus en plus tendancieuse, c'est-&#224;-dire que la couverture voudra d&#233;gager une tendance, c'est-&#224;-dire faire briller le soleil sur un parti et faire de l'ombre aux autres. On voudra refroidir de la m&#234;me mani&#232;re des r&#233;gions p&#233;quistes, dans la couronne nord de Montr&#233;al, et en r&#233;chauffer d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est facile de pr&#233;voir que les m&#233;dias acteurs &#8211; notamment La Presse (Gesca) et Radio-Canada, mais aussi &#224; sa mani&#232;re Quebecor, patron de TVA, Vid&#233;otron et de nombreuses publications &#8211; tenteront de donner une belle image du chef du parti lib&#233;ral, surtout si on sent que cette campagne est sa derni&#232;re. Ils travailleront pour garder la CAQ dans la course. Ils y verrons un int&#233;r&#234;t national. On assistera sans doute &#224; un micro-ph&#233;nom&#232;ne fascinant de climatologie politique : on tentera de provoquer artificiellement des nuages noirs au-dessus du PQ car il est premier parti dans les sondages et que son &#233;lection, surtout si elle est majoritaire, pourrait changer la politique canadienne. Ce parti souverainiste conna&#238;tra un front froid qui risque de donner de fortes pr&#233;cipitations un peu partout dans les r&#233;gions. Les m&#233;dias voudront, pour prendre une image, d&#233;shabiller Pauline pour habiller Fran&#231;ois afin de faire lever une vague politique et s'assurer que le PQ ne soit pas un gouvernement majoritaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; o&#249; s'arr&#234;tent les pr&#233;visions de m&#233;t&#233;o politique &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le vent politique &#224; l'&#232;re des m&#233;dias acteurs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-vent-politique-a-l-ere-des-medias-acteurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-vent-politique-a-l-ere-des-medias-acteurs</guid>
		<dc:date>2012-08-14T08:56:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-02-14</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections du Qu&#233;bec 2012</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a que deux plans de campagne : les bons et les mauvais. Les bons &#233;chouent presque toujours par des circonstances impr&#233;vues qui font souvent r&#233;ussir les mauvais &#187; Napol&#233;on &lt;br class='autobr' /&gt; Faire campagne ? Mais pourquoi donc ? Le vent politique &#224; l'&#232;re des m&#233;dias acteurs Le Qu&#233;bec se voit plong&#233; dans une campagne &#233;lectorale en plein &#233;t&#233;. Le chef des lib&#233;raux a d&#233;cid&#233; en effet qu'il fallait parler politique durant la canicule. Il a d&#233;cid&#233; que le mois d'ao&#251;t serait un mois de campagne et que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-02-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-02-14&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-du-Quebec-2012-+" rel="tag"&gt;&#201;lections du Qu&#233;bec 2012&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH143/arton11212-805be.png?1782210213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il n'y a que deux plans de campagne : les bons et les mauvais. Les bons &#233;chouent presque toujours par des circonstances impr&#233;vues qui font souvent r&#233;ussir les mauvais &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Napol&#233;on&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faire campagne ? Mais pourquoi donc ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vent politique &#224; l'&#232;re des m&#233;dias acteurs&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Qu&#233;bec se voit plong&#233; dans une campagne &#233;lectorale en plein &#233;t&#233;. Le chef des lib&#233;raux a d&#233;cid&#233; en effet qu'il fallait parler politique durant la canicule. Il a d&#233;cid&#233; que le mois d'ao&#251;t serait un mois de campagne et que la population se pr&#233;senterait aux urnes en septembre. On peut se demander pourquoi il a agi ainsi. La r&#233;ponse simple est qu'il estimait ses chances de gagner meilleures pendant l'&#233;t&#233;, alors que la majorit&#233; de la population est d&#233;tourn&#233;e de l'actualit&#233;. Mais on peut se demander &#233;galement ce que signifie, pour les candidats, de partir en campagne en ao&#251;t et ce que la d&#233;mocratie actuelle peut gagner dans ce tour du Qu&#233;bec. Pour le savoir, nous r&#233;fl&#233;chirons &#224; l'expression &#171; campagne &#233;lectorale &#187; pour savoir si elle est encore appropri&#233;e &#224; notre temps politique. Nous proposerons ensuite de lui ajouter une composante climatique afin de montrer qu'une &#233;lection ne se gagne pas dans le porte-&#224;-porte seulement, mais dans une atmosph&#232;re favorable construite par des m&#233;dias acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La signification traditionnelle de l'expression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La &#171; campagne &#187; correspond &#224; la p&#233;riode politique relativement courte qui pr&#233;c&#232;de, lors des &#233;lections &#224; date non fixe, la journ&#233;e du scrutin. On nous enseigne que &#171; faire campagne &#187; consiste &#224; pr&#233;senter ses id&#233;es aux &#233;lecteurs. &#201;videmment, cet enseignement manque de pr&#233;cision. Faire campagne, c'est d'abord et avant tout d&#233;fendre un camp. Une campagne est &#233;lectorale lorsque les politiciens cherchent &#224; convaincre les &#233;lecteurs des bienfaits de leurs programmes afin d'&#234;tre port&#233;s au pouvoir. Il faut cependant rappeler que l'expression est d'origine militaire : &#171; faire campagne &#187;, c'est chercher &#224; prendre une partie du territoire de l'ennemi. Il s'agit de mener des op&#233;rations visant &#224; agrandir l'influence de son camp. La campagne suppose une op&#233;ration de communication, des attaques et des replis. Quand on est en campagne politique, on bataille pour des comt&#233;s et une victoire finale qui n'est jamais assur&#233;e. Par extension, la &#171; campagne &#187; renvoie &#224; de grands travaux, souvent collectifs, dont la politique est l'expression la plus achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sens rural de l'&#233;lection politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on analyse plus &#224; fond l'expression &#171; campagne &#233;lectorale &#187;, nous comprenons aussi que, par le pass&#233;, les politiciens &#233;taient oblig&#233;s de se d&#233;placer pour rencontrer leurs &#233;lecteurs et qu'ils devaient non seulement sillonner la grande ville, mais aussi se rendre en campagne pour mener leur campagne jusqu'au bout. La campagne &#233;tait le territoire &#224; conqu&#233;rir et la p&#233;riode pendant laquelle ils promettaient des routes aux &#233;lecteurs. On promettait d'aider ceux qui souhaitent gagner la ville. Un bon politicien savait se faire voir sur le parvis de l'&#233;glise ou au march&#233;. Voil&#224; pourquoi il se transportait sur les lieux : il voulait serrer des mains afin de forcer des votes en sa faveur. Les familles votaient ainsi dans la proximit&#233;, par tradition. Ce n'&#233;tait pas toujours tr&#232;s d&#233;mocratique, mais faire campagne avait un sens fort et ce temps &#233;tait tr&#232;s attendu. Cette compr&#233;hension, qui n'est pas fausse, n'est pas encore assez pr&#233;cise et m&#233;rite d'&#234;tre actualis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que dit le petit manuel au sujet de la campagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit manuel du parfait candidat oublie l'essentiel. Il dit qu'une campagne se pr&#233;pare par des &#233;tudes sur l'&#233;lectorat et qu'elle s'organise &#224; partir d'un plan, d'une &#233;quipe, d'un budget et de la mise au point d'un message. Les candidat les plus s&#233;rieux iront jusqu'&#224; &#233;tablir une strat&#233;gie, &#233;tudier le bon comportement et, dans le meilleur des cas, faire un suivi de ce qui a fonctionn&#233;. C'est ainsi que des candidats de bonne foi partiront en campagne en oubliant que la politique est atmosph&#233;rique et que les &#233;lecteurs votent selon le sens du vent, c'est-&#224;-dire dans une ambiance pr&#233;alable. Tout vote d&#233;pend d'un contexte qui se fabrique &#224; partir des grands journaux et des reportages radiophoniques et t&#233;l&#233;visuels. Il convient de penser le temps politique &#224; partir de la production de tendances, et donc pas seulement dans le plan de campagne qui, la plupart du temps, doit &#234;tre revu et corrig&#233;. C'est l'impr&#233;vu et l'accident dans le temps politique qui enrichit la campagne &#233;lectorale, Napol&#233;on s'en doutait d&#233;j&#224;, c'est pourquoi le petit manuel donne des bases politiques, mais pas des victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le local, la pancarte et l'autobus de campagne sont des productions m&#233;diatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut se demander si &#171; faire campagne &#187; a encore un sens politique r&#233;el. Est-il possible de faire changer d'avis des &#233;lecteurs en les visitant &#224; domicile, en discutant sur le perron, en serrant la main ou en leur promettant un pont ? Celui qui applique les r&#232;gles du manuel est-il un candidat risible face au pouvoir de l'argent et des m&#233;dias ? La question est pos&#233;e. Pourtant, la premi&#232;re t&#226;che du politicien demeure celle d'entrer en contact avec ses &#233;lecteurs. Le politicien s'efforcera d'&#234;tre poli et aimable avec les &#233;lecteurs de son comt&#233; afin de cr&#233;er un effet &#171; papillon &#187;, c'est-&#224;-dire que le battement d'aile modifiera lentement, &#224; son avantage, le mouvement imperceptible du monde. Tout candidat, d'ailleurs, devrait savoir que le premier crit&#232;re favorisant un candidat est sa notori&#233;t&#233; publique et que la population, en g&#233;n&#233;ral, ne conna&#238;t pas les programmes, mais reconna&#238;t les noms et les visages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Absence de couverture, &#233;lection sans campagne, vote ethnique, vague m&#233;diatique et autres histoires possibles aux limites de la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire campagne en serrant des mains a-t-il encore un sens quand, dans certains comt&#233;s, tout est jou&#233; d'avance ? Quand les r&#233;putations se produisent dans les m&#233;dias et se r&#233;cup&#232;re dans les m&#233;dias ? Ou quand, dans les d&#233;mocraties &#233;conomiques comme la n&#244;tre, les m&#233;dias d&#233;cident eux-m&#234;mes que les tiers partis (Parti vert, Option nationale et Qu&#233;bec Solidaire, etc.) n'ont pas de chance d'acc&#233;der au pouvoir et ne m&#233;ritent pas, par cons&#233;quent, d'&#234;tre &#171; couverts &#187; de toute une campagne ? Le monde a beaucoup chang&#233;, mais la terre est ronde pour tous et les informations circulent plus vite par Internet que par bus. Est-il besoin de d&#233;penser de l'argent pour louer un local, acheter des pancartes, les installer, organiser un calendrier et assurer le transport le plus visible par autobus quand tout est d&#233;j&#224; jou&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions sont pertinentes lorsque l'on compte s'int&#233;resser &#224; QS ou ON et que ces partis, parmi d'autres, n'existent pas dans la repr&#233;sentation d&#233;mocratique. Elles sont importantes aussi lorsque l'on se souvient de l'ex-mairesse de Sainte-Foy, Andr&#233;e Boucher, &#233;lue mairesse de Qu&#233;bec en restant &#224; la maison, sans bouger et sans publicit&#233;. On se demandera aussi pourquoi, peu importe le bilan du gouvernement, le taux d'insatisfaction et le niveau de corruption, les &#233;lecteurs &#171; italiens &#187; de Rivi&#232;re-des-Prairies &#233;lisent de fa&#231;on stalinienne le repr&#233;sentant des rouges, un lib&#233;ral ? Ne vaudrait-il pas mieux, dans l'autre cas de figure, obtenir la collaboration subtile et la compassion soudaine des m&#233;dias modernes ? Que dire, en effet, des candidats inconnus qui se sont pr&#233;sent&#233;s sous les couleurs du NPD en mai 2011, qui ne connaissaient pas la politique, n'avaient pas fait de &#171; campagne &#187; &#224; proprement parler et qui, propuls&#233;s par la &#171; vague orange &#187;, obtenaient un poste de d&#233;put&#233; et un salaire au parlement canadien ? Que dire, sinon que la campagne &#233;lectorale gagnante peut &#234;tre celle que l'on ne m&#232;ne pas, c'est-&#224;-dire celle qui est construite par les m&#233;dias acteurs ? On peut bien vouloir faire campagne en famille, mais n'est-ce pas ultimement dans les grands m&#233;dias que tout se joue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'entr&#233;e dans la postmodernit&#233; : serrer des mains, &#171; clavarder &#187; en direct ou &#171; gazouiller &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains jeunes penseront que les m&#233;dias sociaux ont un impact. &#201;videmment, cela reste &#224; d&#233;montrer. On peut croire que Barack Obama a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident des &#201;tats-Unis dans l'&#232;re Facebook, qu'il a su s'adresser aux jeunes, trouver un slogan, d&#233;fendre le changement, mais la chose demeure &#224; prouver. Il est plut&#244;t &#233;vident qu'Obama doit son &#233;lection au changement soudain de climat politique aux &#201;tats-Unis et&#8230; &#224; l'argent de son compte en banque ! Et si l'on prolonge la r&#233;flexion sur les m&#233;dias sociaux, on se demandera ce qui a &#171; pouss&#233; &#187; apr&#232;s le &#171; printemps arabe &#187; et les mouvements d'occupation. Qui peut pr&#233;tendre que Facebook et Twitter ont permis des r&#233;volutions politiques, alors que la plupart des pays arabes du printemps mod&#232;le n'ont pas r&#233;ussi &#224; se donner des r&#233;gimes politiques stables et d&#233;mocratiques ? &#192; bien y penser : Internet augmente la vitesse des communications et permet de rejoindre des &#233;lecteurs, il favorise aussi des attroupements rapides, des marches et des manifestations, mais il ne renverse pas de gouvernement, pas plus qu'il n'en a fait, jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#233;lire. On peut monter un clip original, un mimoclip (lipdup) accrocheur, fut-il viral sur le net, il ne donne pas de comt&#233;. Il br&#251;lera dans Internet, r&#233;chauffera un peu le temps politique, impressionnera et donnera de l'espoir, mais l'effet restera limit&#233; et circonstanciel. Dit autrement, le clip ne se rend pas dans l'urne. Le clavardage et les microblogues rejoignent sans doute les jeunes, ils produisent des coups de gueule, mais la vie politique se joue dans la r&#233;alit&#233; des rapports m&#233;diatiques, c'est-&#224;-dire &#224; partir de la construction des nouvelles produites par les m&#233;dias modernes que sont les journaux, la radio et la t&#233;l&#233;vision. Les m&#233;dias sociaux occupent surtout les jeunes qui sont, rappelons-le encore, une client&#232;le minoritaire de la politique. Soyons r&#233;alistes : le &#171; printemps qu&#233;b&#233;cois &#187;, jusqu'&#224; nouvel ordre, n'a pas renvers&#233; le gouvernement et n'a pas fait la preuve qu'il le ferait tomber. On en conclura provisoirement que, au Qu&#233;bec et ailleurs, l'influence des m&#233;dias sociaux et des journaux alternatifs existe, mais demeure assez faible, m&#234;me si elle est croissante, tandis que les grands m&#233;dias nationaux &#8211; en convergence &#8211; restent assez forts pour produire des sondages, faire lever des vents, accr&#233;diter des courants (des tendances) et modifier ainsi plus durablement la m&#233;t&#233;o politique qui d&#233;cide des gagnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias acteurs : la construction de la nouvelle, l'espace m&#233;diatique et la cr&#233;ation de la vague&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cela, approfondissons un instant la journ&#233;e de campagne. Comme on sait, la journ&#233;e de campagne se divise en trois moments : l'annonce du matin, sa reprise le midi et son d&#233;veloppement le soir. Le souhait des candidats est toujours le m&#234;me : que les grands m&#233;dias se pr&#233;sentent et reprennent en boucle un message clair et efficace, sans trop le d&#233;former. Une seule ligne suffira pour la journ&#233;e. Cette ligne sera impos&#233;e aux lentilles, non sans le souhait que l'image projet&#233;e ne soit pas contredite par le discours. Les partis feront tout ce qu'ils peuvent afin que les reportages montrent, selon l'angle de cam&#233;ra, des salles remplies et qu'ils mettent en sc&#232;ne une population complice. Il faudra sourire, annoncer, promettre, tout en &#233;vitant en m&#234;me temps les gaffes, les mauvaises surprises, les d&#233;clarations embarrassantes et les contradictions internes. Il faudra monter mais aussi masquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des points de presse, l'objectif du parti sera de suivre sa route et d'imposer ses th&#232;mes aux autres, c'est-&#224;-dire de donner le ton et de d&#233;finir l'agenda politique. Il faudra profiter du temps ou parvenir &#224; le modifier &#224; son avantage. Dans ce contexte de m&#233;t&#233;o politique, les m&#233;dias seront invit&#233;s &#224; &#171; rapporter &#187; l'essentiel de ce qui est dit durant la journ&#233;e sous un jour favorable. Les journalistes deviendront sans l'avouer des m&#233;dias acteurs &#8211; ils poseront des questions selon leur vision de la campagne, ils choisiront les nouvelles, les titres et ils chercheront &#224; donner une certaine &#171; image &#187; des candidats et des partis &#8211; et serviront au design de la nouvelle et &#224; sa mise en sc&#232;ne. Ils deviendront les caisses de r&#233;sonance du rythme, du tempo et du temps de la campagne d'un candidat et ils pourront, ou non, masquer tout son travail. Au Qu&#233;bec, la population accepte une d&#233;mocratie qui permet aux ex-politiciens de se comporter, &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision convergente, comme des &#171; m&#233;m&#232;res &#187; dont les propos visent plus &#224; influencer l'opinion qu'&#224; informer les &#233;lecteurs. Cela amusera les morning men pr&#234;ts &#224; tout pour obtenir des cotes d'&#233;coute. Aucun m&#233;dia n'est objectif, pas plus les sondages command&#233;s &#224; des firmes priv&#233;s que les reportages, car les choix effectu&#233;s et les pr&#233;sentations sont ceux des personnes qui travaillent &#224; l'interpr&#233;tation de la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; m&#233;dias &#187; sont des acteurs tr&#232;s importants, car ils choisissent les th&#232;mes du jour, les pr&#233;sentent et assurent par l&#224; une premi&#232;re r&#233;ception des id&#233;es politiques. Quand il faudra par exemple aider un politicien en panne dans son comt&#233;, si on veut lui fabriquer une assurance, on n'h&#233;sitera pas &#224; sortir ses photos les plus belles et sur lesquelles ils est le plus souriant, alors que l'on trouvera des photos qui sugg&#232;rent une agressivit&#233; et une d&#233;prime chez ses adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filtres int&#233;ress&#233;s, pay&#233;s par des compagnies priv&#233;es ayant des int&#233;r&#234;ts pr&#233;cis, les m&#233;dias modifient l'image des candidats. D'une certaine mani&#232;re, ce sont ces m&#233;dias acteurs que devraient courtiser les candidats, car les &#233;lections d&#233;pendent plus de l'espace m&#233;diatique occup&#233; que des discours prononc&#233;s lors des &#233;pluchettes de bl&#233; d'inde. Si vous avez les m&#233;dias avec vous, vous n'avez plus d'ennemis pour caricaturer vos propos et, par cons&#233;quent, les chances sont grandes que vous ayez en prime les &#233;lecteurs de votre c&#244;t&#233;, telle est la premi&#232;re v&#233;rit&#233; des &#233;lections modernes. La &#171; vague orange &#187;, qui a hypnotis&#233; la moiti&#233; des Qu&#233;b&#233;cois, n'aurait jamais pu d&#233;ferler sans la compassion soudaine des m&#233;dias et la fabrication d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une image adoucie du chef malade, peu importe son message. On travaillera &#224; faire lever le vent et l'on pourra aussi, en sens contraire, tenter de le d&#233;tourner. Il ne sert &#224; rien de pleurer : le vent peut souffler de face ou souffler dans le dos puisque la neutralit&#233; n'existe pas. Par le pass&#233;, les m&#233;dias acteurs ont pu d&#233;truire en quelques jours seulement tout le travail politique d'Andr&#233; Boisclair &#224; la direction du PQ et faire monter la CAQ de Fran&#231;ois Legault de six point de pourcentage en une seule semaine&#8230; lui qui a trouv&#233; sa vitesse de croisi&#232;re jusqu'au d&#233;bat des chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat des chefs et l'utilit&#233; des sondages : la politique de l'image&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des points forts des campagnes &#233;lectorales reste le &#171; d&#233;bat des chefs &#187;, une sorte de &#171; face &#224; face &#187; ou certains chefs, tri&#233;s sur le volet par le consortium m&#233;dia priv&#233;, ont la chance d'imprimer ultimement une image dans la t&#234;te des t&#233;l&#233;spectateurs. Le d&#233;bat sera le lieu par excellence de l'image en fin de course, voil&#224; pourquoi les chefs poliront leur style et se prot&#233;geront au lieu de pr&#233;senter des id&#233;es, ce qui appara&#238;t beaucoup trop risqu&#233; &#224; quelques jours du vote. Ce d&#233;bat devra finalement &#234;tre interpr&#233;t&#233; en fonction des tendances d&#233;gag&#233;es par les sondages. Le grand gagnant de la rencontre sera choisi par des &#171; experts &#187; fort int&#233;ress&#233;s, eux-m&#234;mes &#233;lecteurs, pay&#233;s par des compagnies priv&#233;es et trouvant leurs salaires chez ces m&#234;mes m&#233;dias acteurs. Quant aux sondages concoct&#233;s durant la campagne, leurs publications successives viseront, entre autres par la date strat&#233;gique de parution, &#224; modifier le climat politique au besoin et &#224; influencer la partie volatile de l'&#233;lectorat. Ils ne viseront donc pas, contrairement &#224; un mythe r&#233;pandu par les maisons de sondage elles-m&#234;mes, &#224; donner une photographie de la course. Car si on ne voulait pas influencer l'&#233;lectorat, on interdirait la publication des sondages au moins deux semaines avant le jour du scrutin. Cela dit, toute &#171; campagne &#187; conduit au jour du vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e des &#233;lections : on doit toujours remercier les &#233;lecteurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une campagne &#233;lectorale se gagne lorsque le vent qui souffle pour vous a progress&#233; et se trouve assez fort pour vous porter et assurer la sortie du vote. Ce vent d&#233;pend moins des efforts r&#233;els des candidats que du contexte et des circonstances entourant la publicit&#233; de la campagne du candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention : une campagne forte ne se concr&#233;tisera pas n&#233;cessairement la journ&#233;e des &#233;lections. Souvent, les r&#233;sultats n'ont aucun rapport avec la campagne men&#233;e par le politicien, comme l'ont illustr&#233; magnifiquement tous les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;cents de vagues politiques. Les candidats auraient beau avoir serr&#233; des mains dans les centres commerciaux et avoir plus de 20 000 amis sur Facebook, si les m&#233;dias acteurs s'attaquent &#224; leur r&#233;putation pendant deux semaines, il sera fort difficile pour eux de se faire &#233;lire. Inversement, si les candidats sont inconnus et que les m&#233;dias d&#233;cident de les mousser, ils pourront gagner contre des d&#233;put&#233;s sortants, et m&#234;me battre un chef de parti. La meilleure campagne ne conduira pas n&#233;cessairement &#224; l'&#233;lection d'un candidat ou d'un parti parce que l'&#233;lection n'est pas li&#233;e &#224; la campagne. Autrement dit, si le politicien n'est pas &#233;lu, on mettra en cause sa campagne et s'il est &#233;lu, il pr&#233;f&#232;rera remercier ses &#233;lecteurs plut&#244;t que les m&#233;dias. S'il gagne, il pensera que la victoire lui revient de droit. Il est d'ailleurs plus politiquement correct de remercier sa famille plut&#244;t que de rappeler &#224; quel point, sans La Presse, par exemple, le temps favorable de son &#233;lection n'aurait pas &#233;t&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#171; rentr&#233;e &#187; anxiog&#232;ne pour les otages des lib&#233;raux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-rentree-anxiogene-pour-les-otages-des-liberaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-rentree-anxiogene-pour-les-otages-des-liberaux</guid>
		<dc:date>2012-08-07T08:33:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-08-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Quand une soci&#233;t&#233; ne peut pas enseigner, c'est que cette soci&#233;t&#233; ne peut pas s'enseigner &#187; P&#233;guy, Pour la rentr&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt; Dans plusieurs coll&#232;ges et universit&#233;s, les cours reprendront exceptionnellement &#224; la mi-ao&#251;t. Ce ne sera pas une &#171; rentr&#233;e &#187; au sens habituel du terme. Ce que l'on ne sait pas et qui passe sous le radar des grands m&#233;dias traditionnels, en effet, c'est que les &#233;tudiants devront &#171; avaler &#187; neuf semaines de cours en six et qu'ils devront se soumettre &#224; quatre &#233;valuations en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-08-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-08-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton11097-da35f.png?1782210213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Quand une soci&#233;t&#233; ne peut pas enseigner, c'est que cette soci&#233;t&#233; ne peut pas s'enseigner &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;guy, Pour la rentr&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans plusieurs coll&#232;ges et universit&#233;s, les cours reprendront exceptionnellement &#224; la mi-ao&#251;t. Ce ne sera pas une &#171; rentr&#233;e &#187; au sens habituel du terme. Ce que l'on ne sait pas et qui passe sous le radar des grands m&#233;dias traditionnels, en effet, c'est que les &#233;tudiants devront &#171; avaler &#187; neuf semaines de cours en six et qu'ils devront se soumettre &#224; quatre &#233;valuations en moins d'un mois et demi. Les coll&#232;ges et les universit&#233;s, pour affronter la gr&#232;ve historique et le printemps qu&#233;b&#233;cois, ont eu l'obligation de proposer des calendriers modifi&#233;s au Minist&#232;re de l'&#233;ducation, du loisir et du sport. Le semestre d'hiver s'ach&#232;vera &#224; la fin de septembre et celui d'automne, qui d&#233;butera au milieu d'octobre, se terminera extraordinairement en janvier 2013. Pour ceux qui veulent voir, on le voit bien : nous n'avons pas affaire &#224; une session d'automne ordinaire parce que l'&#233;cole a &#233;t&#233; oubli&#233;e par les lib&#233;raux. Le gouvernement lib&#233;ral, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, a improvis&#233; une sortie de crise en prenant en otage une partie de la population. Toutes les personnes qui ont &#233;t&#233; paralys&#233;es par la gr&#232;ve historique, une gr&#232;ve qui en v&#233;rit&#233; continue encore, sont aujourd'hui prises en otage et doivent ob&#233;ir &#224; de nouvelles consignes provenant d'en haut. Ce texte voudrait mieux faire comprendre la &#171; non-rentr&#233;e &#187; 2012 et montrer qu'une gouvernance politique est petite quand elle fait des otages au nom d'une strat&#233;gie &#233;lectoraliste qui boude le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'une politique lib&#233;rale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le parti lib&#233;ral, c'est mieux connu d&#233;sormais, dirige d'abord pour ses amis. Il se sert de l'&#201;tat, qui est pour lui une entreprise, a des fins particuli&#232;res. Il a pour politique la privatisation des ressources naturelles et des biens publics. Il parvient en g&#233;n&#233;ral &#224; son objectif, depuis neuf ann&#233;es en trois mandats, par des modifications aux lois en vigueur, souvent des all&#233;gements, comme des exemptions de taxe sur le capital, l'augmentation des taxes des citoyens et surtout le copinage, lequel conduit piano piano &#224; la collusion et la corruption. Voil&#224; pourquoi son calendrier politique r&#233;pond imp&#233;rativement &#224; une question tr&#232;s pr&#233;cise : &#224; qui, parmi les proches du parti, l'ascenseur doit-il revenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise d'otages par la loi sp&#233;ciale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#201;videmment, l'un des risques les plus subtils avec les agendas priv&#233;s est de favoriser indirectement des &#171; prises d'otages &#187;, c'est-&#224;-dire de mettre sur pieds des politiques qui utilisent une partie cibl&#233;e de la population. On ignore encore trop souvent que, dans le contexte de la gr&#232;ve &#233;tudiante, la loi &#171; sp&#233;ciale &#187; (projet de loi 78), en plus de modifier l'&#233;quilibre des saisons d'&#233;tudes, obligera par exemple les professeurs &#224; enseigner plus t&#244;t le matin et &#224; terminer leurs cours plus tard le soir. Les cours seront allong&#233;s et tous les calendriers modifi&#233;s. Qu'ils auront moins de temps pour &#233;couter leurs &#233;tudiants, les &#233;valuer et remettre les notes &#224; la fin du semestre. Les personnels des institutions, les professeurs et les &#233;tudiants seront bient&#244;t d&#233;bord&#233;s parce que la crise n'a pas &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;e et que le gouvernement, au lieu de se montrer &#224; la hauteur de ses responsabilit&#233;s, a tout mis&#233; sur la politique de l'autruche. Cette politique veut qu'il ne soit pas grave de remettre &#224; plus tard, de laisser pourrir un conflit et que, finalement, il sera possible d'utiliser les &#233;lections pour rester au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question simple destin&#233;e &#224; tout travailleur &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Notre situation pour le moins exceptionnelle nous conduit &#224; poser une question simple : quel travailleur, qui n'a pas fait de gr&#232;ve ou de &#171; boycott &#187;, accepterait de voir ses conditions de travail modifi&#233;es unilat&#233;ralement et sans son consentement ? Qui voudrait voir son emploi transform&#233; sans &#233;gard aucun &#224; ses conditions de travail d&#251;ment n&#233;goci&#233;es ? La r&#233;ponse va de soi. Pourtant, c'est ce que de nombreux employ&#233;s de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois vivront sous peu. Le gouvernement lib&#233;ral ne semble pas penser que le petit monde de l'&#233;ducation, le c&#339;ur de la soci&#233;t&#233;, exige un cadre d&#233;cent et ad&#233;quat. Il semble plut&#244;t croire que les &#233;tudiants, les professeurs et les employ&#233;s des institutions scolaires ne sont pas respectables (apr&#232;s tout, ils ont aussi &#171; boycott&#233; &#187; malgr&#233; eux les cours) puisque sa loi les instrumentalise &#224; des fins partisanes. Dans les coll&#232;ges et les universit&#233;s, au milieu d'ao&#251;t, ce ne sera donc pas l'&#233;duction qui sera la priorit&#233;, ni la r&#233;ussite des &#233;tudiants, mais l'urgence et la survie. On voudra certes s'en sortir sans trop souffrir. On se demandera comment travailler correctement lorsque la plupart des &#233;tudiants et des employ&#233;s seront m&#234;l&#233;s et perturb&#233;s, ailleurs, cherchant des points de rep&#232;re dans une session perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un souhait pour septembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est pour toutes ces raisons que nous anticipons une &#171; rentr&#233;e &#187; anxiog&#232;ne. Nous craignons que les calendriers modifi&#233;s feront des &#171; otages &#187; et g&#233;n&#232;reront de nombreuses frustrations dans plusieurs institutions. La loi &#171; sp&#233;ciale &#187;, plus ou moins d&#233;mocratique, critiqu&#233;e par nos juges en toge et la Commission des droits de la personne, mais aussi par Amnistie Internationale, fera porter aux &#233;tudiants, aux professeurs, aux personnels et aux administrations des coll&#232;ges et des universit&#233;s une gouvernance politique douteuse, irresponsable, sans aucun doute &#233;lectoraliste. &#192; tous ceux qui se demandent si cela est acceptable, nous r&#233;pondons non. Il est &#224; souhaiter &#8211; notre pouvoir &#224; plus de limites que de possibilit&#233;s de changer les choses &#8211; que nous serons, nous les &#171; otages politiques &#187; des lib&#233;raux, nombreux &#224; aller voter en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article &#224; para&#238;tre sur Politicoglobe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;partement de philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique de l'autruche</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-politique-de-l-autruche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-politique-de-l-autruche</guid>
		<dc:date>2012-07-10T08:56:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;dition du 2012-07-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on sort du Qu&#233;bec &#8211; lorsque l'on prend cong&#233; de la crise sociale &#8211; et que l'on revient chez soi, l'on constate que notre soci&#233;t&#233; est toujours fig&#233;e. Elle est fig&#233;e parce qu'elle n'est pas port&#233;e par un projet politique rassembleur. On a beau dire le contraire ou l'esp&#233;rer, mais le Qu&#233;bec n'a pas encore chang&#233;. Il a, comme les politiciens qui font semblant de le diriger, l'attitude de l'autruche : il a la t&#234;te dans le sable, il regarde dans la mauvaise direction. Il cherche et trouve en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-07-10-+" rel="tag"&gt;&#201;dition du 2012-07-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L140xH150/arton10941-8f40a.jpg?1782210213' class='spip_logo spip_logo_right' width='140' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand on sort du Qu&#233;bec &#8211; lorsque l'on prend cong&#233; de la crise sociale &#8211; et que l'on revient chez soi, l'on constate que notre soci&#233;t&#233; est toujours fig&#233;e. Elle est fig&#233;e parce qu'elle n'est pas port&#233;e par un projet politique rassembleur. On a beau dire le contraire ou l'esp&#233;rer, mais le Qu&#233;bec n'a pas encore chang&#233;. Il a, comme les politiciens qui font semblant de le diriger, l'attitude de l'autruche : il a la t&#234;te dans le sable, il regarde dans la mauvaise direction. Il cherche et trouve en dessous au lieu de sortir de soi et de s'envoler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a pos&#233; des limites au malheur des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ces limites, c'est ou la mort, ou la fuite ou la r&#233;volte &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Diderot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le printemps qu&#233;b&#233;cois, aussi impressionnant soit-il sur les plans historique, social et m&#233;diatique, n'a encore rien chang&#233;. Il a bien donn&#233; le go&#251;t de quelque chose, il a galvanis&#233; les &#171; indign&#233;s &#187;, il a cr&#233;&#233; des &#339;uvres d'art et il a occup&#233; l'espace m&#233;diatique, mais les lib&#233;raux qui l'ont provoqu&#233; peuvent rester au pouvoir. Il n'a pas inspir&#233; la moiti&#233; de la population et le gouvernement lib&#233;ral, dirigeant par le copinage, la police et les juges, ne pr&#233;sente aucun projet aux Qu&#233;b&#233;cois. Au contraire, il a braqu&#233; des Qu&#233;b&#233;cois contre un Qu&#233;bec qui veut changer. Et le gouvernement l'a senti : au lieu de plaire, vaut mieux &#234;tre r&#233;&#233;lu afin de ramener l'ascenseur, voil&#224; pourquoi il ne favorise aucun changement. Le Qu&#233;bec lib&#233;ral est un navire sans gouvernail qui nourrit ses lieutenants par le rationnement de son &#233;quipage aveugl&#233; par ses m&#233;dias acteurs. Une politique sans coh&#233;sion ni destination ne peut avoir de signification. Allons plus loin dans le constat : aux prises avec la spirale lib&#233;rale, le Qu&#233;bec est dans une fuite en avant. Ce texte tente de penser l'&#233;loge de la fuite de notre r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement au pouvoir qui n'a rien r&#233;gl&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui ont pris le temps d'interroger la gr&#232;ve &#233;tudiante et sa r&#233;sultante dans la crise sociale, force est de constater que rien n'est r&#233;gl&#233;. Des &#233;tudiants ont men&#233; un combat historique contre la privatisation de l'&#233;ducation dont la conclusion a &#233;t&#233; repouss&#233;e. Le gouvernement lib&#233;ral, qui pr&#233;f&#232;re les lois du march&#233; au dialogue, n'aime pas prendre de d&#233;cisions, c'est pourquoi il a tent&#233; d'&#233;touffer la contestation par les tribunaux. S'il a r&#233;sist&#233; aux d&#233;missions, aux manifestations et aux &#233;meutes, il n'a cependant rien conclu avec les &#233;tudiants. S'il n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;gler quoique ce soit, il a n&#233;anmoins r&#233;ussi &#224; faire peur, &#224; diviser et &#224; miner tout espoir de solution et de libert&#233;. Il a utilis&#233; le Grand Prix pour faire oublier la gr&#232;ve et il compte sur les vacances de la construction pour masquer le printemps et le confondre avec l'&#233;t&#233; des festivals. Depuis mars, le gouvernement n'a rien r&#233;gl&#233;. Il a pratiqu&#233; la politique de la fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; rentr&#233;e &#187; sous la loi sp&#233;ciale 78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai test du gouvernement surviendra en ao&#251;t lorsque la session d'hiver devra &#234;tre poursuivie dans le malheur. Car c'est en ao&#251;t que nous r&#233;aliserons concr&#232;tement les impacts de la loi sp&#233;ciale 78 sur les &#233;tudiants en gr&#232;ve, les professeurs et les institutions concern&#233;es. Quand viendra le temps d'avaler neuf semaines en six, nous comprendrons mieux les effets de la strat&#233;gie de l'autruche. Le caucus lib&#233;ral a tout repouss&#233; en avant, en dessous et autour afin que l'&#233;lection promise soit marqu&#233;e par les bonnes &#233;tiquettes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une politique de l'autruche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;mocratie, une population est victime de la politique de l'autruche lorsque son gouvernement ne r&#232;gle rien, abandonne la population &#224; ses juges et &#224; ses policiers, fait diversion afin de profiter de ce qui ne se voit pas dans les m&#233;dias. Au Qu&#233;bec, cette politique rapporte beaucoup d'argent &#224; ses dirigeants qui ont pris l'habitude d'&#233;tudier la structure publique quand ils sont ministres et qui, la quittant ensuite, s'avantagent personnellement. Une telle politique culmine dans la collusion, la corruption, le d&#233;tournement de fonds, la privatisation des biens publics, les &#233;lections truqu&#233;es et les scandales politico-financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu : apprendre &#224; voir dans la bonne direction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui tentent de comprendre pourquoi rien ne bouge au Qu&#233;bec devraient regarder dans une autre direction. En effet, la gr&#232;ve est impressionnante dans ce qu'elle parvient &#224; cacher &#224; la population captive. Ici, il n'a pas de complot, mais seulement une diversion fantastique. Le printemps qu&#233;b&#233;cois, s'il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;sir&#233; par le gouvernement, a &#233;t&#233; l'objet d'une incroyable r&#233;cup&#233;ration politico-m&#233;diatique. On est parvenu &#224; cacher &#224; la population l'ensemble des scandales qui nourrissent la gouvernance lib&#233;rale depuis pr&#232;s d'une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les &#233;tudiants marchent et que les indign&#233;s cognent les casseroles, la commission Charbonneau joue &#224; faire la lumi&#232;re sur la corruption et le Plan Nord donne les ressources du Qu&#233;bec &#224; des &#233;trangers. Pendant la crise sociale, on peut oublier le scandale du Mont Orford, les rat&#233;s derri&#232;re le gaz de schiste, l'&#233;pisode des garderies et des &#233;coles passerelles, etc. Quand les probl&#232;mes sont nombreux et paraissent insolubles, la population en vient &#224; penser, comme une autruche, que tout se trouve dans le sable. Elle estime &#224; tort que tous les partis politiques sont pareils, corrompus, comme le sont les lib&#233;raux. Cette population ne saisit pas les casseroles et trouve que la politique, loin d'assurer la libert&#233;, est une d&#233;pense inutile. Elle s'octroie du confort et de l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fausse opposition gauche/droite masque l'enjeu de la libert&#233; politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus puissante diversion lib&#233;rale est peut-&#234;tre celle de la question nationale. Aujourd'hui, on discute de la gauche et de la droite comme si elles s'opposaient encore, tout en niant en probl&#232;me de la libert&#233; politique. On voit bien qu'une certaine gauche veut conserver ses privil&#232;ges et que la droite veut innover. La discussion sur l'opposition factice droite/gauche, sur les b&#234;tises &#233;crites par les chroniqueurs du Journal de Montr&#233;al et le faible score de Qu&#233;bec Solidaire vient masquer le fait que le Qu&#233;bec tourne en rond et que sa langue, &#224; tous les jours, devient le vestige d'une &#233;poque r&#233;solue. Les Qu&#233;b&#233;cois ne jouissent pas d'un grand savoir politique car ils n'ont pas vu que derri&#232;re la gr&#232;ve &#233;tudiante et le red Label se profile la question plus fondamentale de la libert&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mort, fuite ou libert&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines personnes r&#233;p&#232;tent que, dans la vie, il faut choisir ses batailles. Elles esp&#232;rent le consensus et veulent &#233;viter &#224; tout prix le combat ou la guerre. Elles attendent le temps de la r&#233;conciliation. Elles ne veulent pas voir que le Qu&#233;bec lib&#233;ral correspond au refus de tout projet politique et que, chez les &#233;tudiants, il est difficile d'&#234;tre un nouveau Che Guevara dans un monde o&#249; la r&#233;ussite est individuelle. Nombreux sont les Qu&#233;b&#233;cois perdus dans la crise. Ils ont peur et, paralys&#233;s ou r&#233;sign&#233;s, attendent la mort. Ils pr&#233;f&#232;rent la fuite et le sable au combat. Ils ont appris &#224; faire l'autruche, c'est-&#224;-dire &#224; accepter la corruption et &#224; refuser la possibilit&#233; collective de la libert&#233;. Ils n'ont pas vu la chance inou&#239;e qui se tient encore derri&#232;re le printemps qu&#233;b&#233;cois ; contre le sursaut, ils sont limit&#233;s. Au lieu de nier le mouvement social, ils devraient imiter les &#233;tudiants : lever la t&#234;te, regarder &#224; l'horizon et, contre les autruches, apprendre &#224; voler de leurs propres ailes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur politicoglobe : &lt;a href=&#034;http://www.politicoglobe.com/2012/06/la-politique-de-lautruche/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.politicoglobe.com/2012/06/la-politique-de-lautruche/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique de l'autruche : La gouvernance lib&#233;rale comme fuite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-politique-de-l-autruche-La-gouvernance-liberale-comme-fuite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-politique-de-l-autruche-La-gouvernance-liberale-comme-fuite</guid>
		<dc:date>2012-06-26T08:36:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-06-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a pos&#233; des limites au malheur des peuples. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ces limites, c'est ou la mort, ou la fuite ou la r&#233;volte &#187; Diderot &lt;br class='autobr' /&gt; Quand on sort du Qu&#233;bec &#8211; lorsque l'on prend cong&#233; de la crise sociale - et que l'on revient chez soi, l'on constate que notre soci&#233;t&#233; est toujours fig&#233;e. Elle est fig&#233;e parce qu'elle n'est pas port&#233;e par un projet politique rassembleur. On a beau dire le contraire ou l'esp&#233;rer, mais le Qu&#233;bec n'a pas encore (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-06-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-06-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L149xH150/arton10836-f0826.png?1782166009' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a pos&#233; des limites au malheur des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces limites, c'est ou la mort, ou la fuite ou la r&#233;volte &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Diderot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on sort du Qu&#233;bec &#8211; lorsque l'on prend cong&#233; de la crise sociale - et que l'on revient chez soi, l'on constate que notre soci&#233;t&#233; est toujours fig&#233;e. Elle est fig&#233;e parce qu'elle n'est pas port&#233;e par un projet politique rassembleur. On a beau dire le contraire ou l'esp&#233;rer, mais le Qu&#233;bec n'a pas encore chang&#233;. Il a, comme les politiciens qui font semblant de le diriger, l'attitude de l'autruche : il a la t&#234;te dans le sable, il regarde dans la mauvaise direction. Il cherche et trouve en dessous au lieu de sortir de soi et de s'envoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le printemps qu&#233;b&#233;cois, aussi impressionnant soit-il sur les plans historique, social et m&#233;diatique, n'a encore rien chang&#233;. Il a bien donn&#233; le go&#251;t de quelque chose, il a galvanis&#233; les &#171; indign&#233;s &#187;, il a cr&#233;&#233; des &#339;uvres d'art et il a occup&#233; l'espace m&#233;diatique, mais les lib&#233;raux qui l'ont provoqu&#233; peuvent rester au pouvoir. Il n'a pas inspir&#233; la moiti&#233; de la population et le gouvernement lib&#233;ral, dirigeant par le copinage, la police et les juges, ne pr&#233;sente aucun projet aux Qu&#233;b&#233;cois. Au contraire, il a braqu&#233; des Qu&#233;b&#233;cois contre un Qu&#233;bec qui veut changer. Et le gouvernement l'a senti : au lieu de plaire, vaut mieux &#234;tre r&#233;&#233;lu afin de ramener l'ascenseur, voil&#224; pourquoi il ne favorise aucun changement. Le Qu&#233;bec lib&#233;ral est un navire sans gouvernail qui nourrit ses lieutenants par le rationnement de son &#233;quipage aveugl&#233; par ses m&#233;dias acteurs. Une politique sans coh&#233;sion ni destination ne peut avoir de signification. Allons plus loin dans le constat : aux prises avec la spirale lib&#233;rale, le Qu&#233;bec est dans une fuite en avant. Ce texte tente de penser l'&#233;loge de la fuite de notre r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gouvernement au pouvoir qui n'a rien r&#233;gl&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui ont pris le temps d'interroger la gr&#232;ve &#233;tudiante et sa r&#233;sultante dans la crise sociale, force est de constater que rien n'est r&#233;gl&#233;. Des &#233;tudiants ont men&#233; un combat historique contre la privatisation de l'&#233;ducation dont la conclusion a &#233;t&#233; repouss&#233;e. Le gouvernement lib&#233;ral, qui pr&#233;f&#232;re les lois du march&#233; au dialogue, n'aime pas prendre de d&#233;cisions, c'est pourquoi il a tent&#233; d'&#233;touffer la contestation par les tribunaux. S'il a r&#233;sist&#233; aux d&#233;missions, aux manifestations et aux &#233;meutes, il n'a cependant rien conclu avec les &#233;tudiants. S'il n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;gler quoi que ce soit, il a n&#233;anmoins r&#233;ussi &#224; faire peur, &#224; diviser et &#224; miner tout espoir de solution et de libert&#233;. Il a utilis&#233; le Grand Prix pour faire oublier la gr&#232;ve et il compte sur les vacances de la construction pour masquer le printemps et le confondre avec l'&#233;t&#233; des festivals. Depuis mars, le gouvernement n'a rien r&#233;gl&#233;. Il a pratiqu&#233; la politique de la fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; rentr&#233;e &#187; sous la loi sp&#233;ciale 78&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai test du gouvernement surviendra en ao&#251;t lorsque la session d'hiver devra &#234;tre poursuivie dans le malheur. Car c'est en ao&#251;t que nous r&#233;aliserons concr&#232;tement les impacts de la loi sp&#233;ciale 78 sur les &#233;tudiants en gr&#232;ve, les professeurs et les institutions concern&#233;es. Quand viendra le temps d'avaler neuf semaines en six, nous comprendrons mieux les effets de la strat&#233;gie de l'autruche. Le caucus lib&#233;ral a tout repouss&#233; en avant, en dessous et autour afin que l'&#233;lection promise soit marqu&#233;e par les bonnes &#233;tiquettes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'une politique de l'autruche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;mocratie, une population est victime de la politique de l'autruche lorsque son gouvernement ne r&#232;gle rien, abandonne la population &#224; ses juges et &#224; ses policiers, fait diversion afin de profiter de ce qui ne se voit pas dans les m&#233;dias. Au Qu&#233;bec, cette politique rapporte beaucoup d'argent &#224; ses dirigeants qui ont pris l'habitude d'&#233;tudier la structure publique quand ils sont ministres et qui, la quittant ensuite, s'avantagent personnellement. Une telle politique culmine dans la collusion, la corruption, le d&#233;tournement de fonds, la privatisation des biens publics, les &#233;lections truqu&#233;es et les scandales politico-financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu : apprendre &#224; voir dans la bonne direction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui tentent de comprendre pourquoi rien ne bouge au Qu&#233;bec devraient regarder dans une autre direction. En effet, la gr&#232;ve est impressionnante dans ce qu'elle parvient &#224; cacher &#224; la population captive. Ici, il n'y a pas de complot, mais seulement une diversion fantastique. Le printemps qu&#233;b&#233;cois, s'il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;sir&#233; par le gouvernement, a &#233;t&#233; l'objet d'une incroyable r&#233;cup&#233;ration politico-m&#233;diatique. On est parvenu &#224; cacher &#224; la population l'ensemble des scandales qui nourrissent la gouvernance lib&#233;rale depuis pr&#232;s d'une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les &#233;tudiants marchent et que les indign&#233;s cognent les casseroles, la commission Charbonneau joue &#224; faire la lumi&#232;re sur la corruption, et le Plan Nord donne les ressources du Qu&#233;bec &#224; des &#233;trangers. Pendant la crise sociale, on peut oublier le scandale du Mont Orford, les rat&#233;s derri&#232;re le gaz de schiste, l'&#233;pisode des garderies et des &#233;coles passerelles, etc. Quand les probl&#232;mes sont nombreux et paraissent insolubles, la population en vient &#224; penser, comme une autruche, que tout se trouve dans le sable. Elle estime &#224; tort que tous les partis politiques sont pareils, corrompus, comme le sont les lib&#233;raux. Cette population ne saisit pas les casseroles et trouve que la politique, loin d'assurer la libert&#233;, est une d&#233;pense inutile. Elle s'octroie du confort et de l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fausse opposition gauche/droite masque l'enjeu de la libert&#233; politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus puissante diversion lib&#233;rale est peut-&#234;tre celle de la question nationale. Aujourd'hui, on discute de la gauche et de la droite comme si elles s'opposaient encore, tout en niant en probl&#232;me de la libert&#233; politique. On voit bien qu'une certaine gauche veut conserver ses privil&#232;ges et que la droite veut innover. La discussion sur l'opposition factice droite/gauche, sur les b&#234;tises &#233;crites par les chroniqueurs du Journal de Montr&#233;al et le faible score de Qu&#233;bec Solidaire vient masquer le fait que le Qu&#233;bec tourne en rond et que sa langue, &#224; tous les jours, devient le vestige d'une &#233;poque r&#233;solue. Les Qu&#233;b&#233;cois ne jouissent pas d'un grand savoir politique car ils n'ont pas vu que derri&#232;re la gr&#232;ve &#233;tudiante et le red Label se profile la question plus fondamentale de la libert&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mort, fuite ou libert&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines personnes r&#233;p&#232;tent que, dans la vie, il faut choisir ses batailles. Elles esp&#232;rent le consensus et veulent &#233;viter &#224; tout prix le combat ou la guerre. Elles attendent le temps de la r&#233;conciliation. Elles ne veulent pas voir que le Qu&#233;bec lib&#233;ral correspond au refus de tout projet politique et que, chez les &#233;tudiants, il est difficile d'&#234;tre un nouveau Che Guevara dans un monde o&#249; la r&#233;ussite est individuelle. Nombreux sont les Qu&#233;b&#233;cois perdus dans la crise. Ils ont peur et, paralys&#233;s ou r&#233;sign&#233;s, attendent la mort. Ils pr&#233;f&#232;rent la fuite et le sable au combat. Ils ont appris &#224; faire l'autruche, c'est-&#224;-dire &#224; accepter la corruption et &#224; refuser la possibilit&#233; collective de la libert&#233;. Ils n'ont pas vu la chance inou&#239;e qui se tient encore derri&#232;re le printemps qu&#233;b&#233;cois ; contre le sursaut, ils sont limit&#233;s. Au lieu de nier le mouvement social, ils devraient imiter les &#233;tudiants : lever la t&#234;te, regarder &#224; l'horizon et, contre les autruches, apprendre &#224; voler de leurs propres ailes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite th&#233;orie des otages m&#233;diatico-politiques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Petite-theorie-des-otages-mediatico-politiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Petite-theorie-des-otages-mediatico-politiques</guid>
		<dc:date>2012-06-12T08:40:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-06-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#171; Avec de nouvelles technologies, ne sommes-nous pas train d'assister &#224; la disparition in&#233;luctable de l'auteur ou du cr&#233;ateur au profit d'une marque &#187; Paul Virilio &lt;br class='autobr' /&gt; Nous proposons l'id&#233;e que le gouvernement ne craint plus les marches pacifiques, et m&#234;me les casseurs qui s'infiltrent dans les manifestations, car les marches, quand elles ne sont pas d&#233;stabilisantes, justifient le pouvoir en place. Elles favorisent la constitution d'otages par images. Il convient pour les autorit&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-06-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-06-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton10658-28c15.png?1782210214' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#171; Avec de nouvelles technologies, ne sommes-nous pas train d'assister &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la disparition in&#233;luctable de l'auteur ou du cr&#233;ateur au profit d'une marque &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Virilio&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous proposons l'id&#233;e que le gouvernement ne craint plus les marches pacifiques, et m&#234;me les casseurs qui s'infiltrent dans les manifestations, car les marches, quand elles ne sont pas d&#233;stabilisantes, justifient le pouvoir en place. Elles favorisent la constitution d'otages par images. Il convient pour les autorit&#233;s de diviser la population afin de profiter de diversions m&#233;diatiques qui lui permettront de faire oublier son bilan et d'esp&#233;rer une r&#233;&#233;lection. S'il utilise habilement les m&#233;dias circulaires, il parviendra &#224; renforcer son pouvoir. Il n'h&#233;sitera pas &#224; stigmatiser des individus et &#224; construire des ennemis faciles &#224; identifier. Et m&#234;me si des articles traitent du printemps &#233;rable &#224; l'&#233;tranger, les &#233;lections concernent des citoyens qui pourront oublier le bilan du gouvernement quand ils se pr&#233;senteront aux urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui servent les manifestations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, ce ne sont pas les associations &#233;tudiantes qui font marcher les &#233;tudiants et les manifestants mais bien le gouvernement. En effet, les marches, en d&#233;pit du fait qu'elles galvanisent les plus radicaux, ont peu d'effet dans les d&#233;mocraties plus pr&#233;occup&#233;es d'&#233;conomie que d'avenir collectif. Les marches et les tintamarres, s'ils ne sont sans doute pas recherch&#233;s par le gouvernement, ne le d&#233;favorisent pas &#233;lectoralement parce qu'elles lui permettent de construire une opposition facile &#224; identifier. Au fond, il y a le gouvernement, garant de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;, et les &#233;ternels insatisfaits de gauche, ceux qui manifestent au sujet de tout et que les m&#233;dias se plaisent &#224; d&#233;peindre comme des irr&#233;alistes. Il y a une &#233;tiquette syndicale comme il y a une &#233;tiquette de la CLASSE. Au chaud dans les marches, h&#233;berg&#233;s parmi ceux qui veulent changer le monde, vivant intens&#233;ment dans une fraternit&#233; en mouvement, certains &#233;tudiants ont respir&#233; dans la manifestation et ont &#233;t&#233; &#233;tiquet&#233;s. Et il se peut que le mouvement &#233;tudiant soit devenu otage de sa propre mobilisation historique mais aussi otage de son image, de son label.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;mocratie &#233;conomique et technologique, une population peut s'accommoder des manifs, esp&#233;rer une &#171; normalisation &#187; mensong&#232;re et perdre de vue la raison m&#234;me de la contestation. Il est difficile dans nos soci&#233;t&#233;s de distinguer ce qui se passe, analyser, faire des liens, il est plus facile de juger comme Jacques Villeneuve. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut plus marcher, mais que les marches ont leurs limites. On a beau les r&#233;p&#233;ter, en faire des mar&#233;es humaines, dans la r&#233;alit&#233; elles font trembler mais pas tomber le pouvoir, lequel peut se permettre de m&#233;priser les gens qui s'opposent &#224; lui tant il est puissant par rapport &#224; la rue. Le gouvernement reconna&#238;t le droit aux marches pacifiques tant et aussi longtemps que celles-ci ne sont pas trop importantes : il accepte qu'elles revivent afin qu'elles s'essoufflent et deviennent des caricatures d'elles-m&#234;mes. Si elles parviennent &#224; paralyser l'&#233;conomie, alors il modifiera les lois dans le but de reprendre ce pouvoir conc&#233;d&#233; &#224; la rue. C'est ce que l'on a vu avec la loi sp&#233;ciale 78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;&#233;lection doit passer par la division de la population &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a vot&#233; cette loi sp&#233;ciale quand il a r&#233;alis&#233; qu'il a avait perdu son agenda politique et que le semestre d'hiver &#233;tait fini, ce qui faisait craindre pour l'&#233;conomie des promotions. Sans cela, il n'aurait pas boug&#233;. La loi sp&#233;ciale pr&#233;sentait l'avantage de diviser. Diviser encore pour mieux r&#233;gner sur une population victimes de divisions politiques. La division est le crit&#232;re de la r&#233;&#233;lection du parti lib&#233;ral au Qu&#233;bec. Le gouvernement a r&#233;ussi &#224; diviser en partie les &#233;tudiants. Il a divis&#233; en partie les professeurs. Il a tout fait pour diviser les partis politiques &#8211; il a r&#233;ussi &#224; ce chapitre - et mettre le feu dans la population civile qui, il le savait, n'aime pas le d&#233;sordre et a peur du changement. La logique derri&#232;re la division est claire : les g&#233;n&#233;rations s'opposeront entre elles car les jeunes sont moins nombreux &#224; exercer leur droit de vote et ont, par cons&#233;quent, moins de pouvoir aux &#233;lections. Et comme l'exp&#233;rience montre qu'il est plus facile de &#171; faire sortir &#187; le vote des citoyens plus &#226;g&#233;s, le gouvernement poussera &#224; bout la logique de la division et de l'opposition de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art de regarder devant et d'oublier l'arri&#232;re : la diversion&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie de la division populaire est encore plus rentable politiquement si elle permet la diversion, c'est-&#224;-dire si elle parvient &#224; favoriser certains &#233;v&#233;nements qui renforcent le pouvoir et rendent ill&#233;gitime toute opposition, surtout celle des jeunes. La diversion est un outil pour reprendre le contr&#244;le de l'agenda politique : elle sert &#224; mettre en &#233;vidence les priorit&#233;s du gouvernement afin de masquer, taire ou faire oublier celles des contestataires. Elle veut que la population regarde d'un c&#244;t&#233;, en surface, alors que tout se passe de l'autre. L'&#201;tat lib&#233;ral est sp&#233;cialiste de la diversion : quand il s'agit de masquer la collusion, la corruption et les scandales, le gouvernement r&#233;ussit &#224; trouver une cible capable de faire oublier sa gouvernance douteuse. La loi sp&#233;ciale 78 devait masquer les acquis de la gr&#232;ve. La crise sociale, &#233;tait-elle fabriqu&#233;e, au moins mise en sc&#232;ne, devrait faire oublier le bilan catastrophique de neuf ann&#233;es de corruption lib&#233;rale. On peut penser que l'accent mis sur le Grand Prix, au d&#233;but des vacances, devait faire oublier un printemps tumultueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des m&#233;dias circulaires complaisants : faire tourner le cirque et la machine &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or qui dit Grand Prix, dit cirque automobile et cirque m&#233;diatique. Si le gouvernement a tout mis&#233; sur cet &#233;v&#233;nement vitrine pour Montr&#233;al, c'est sans doute pour en finir avec la session et la saison des manifestations. Il compterait sur des m&#233;dias fatigu&#233;s des manifs, travaillant en boucle, et une ville malade de festivals et des rues barr&#233;es pour faire diversion. Sans surprise : l'&#201;tat policier se manifesterait pendant la f&#234;te afin de sauver le pouvoir des amis, des riches et des pollueurs. On pourrait intercepter des jeunes qui veulent simplement marcher sur le site. On fouillerait toute personne suspecte et on accompagnerait loin du site toute personne qui ne poss&#232;de pas de billets. &#201;videmment, les m&#233;dias justifieraient ces arrestations arbitraires au nom de l'&#233;conomie et des appels des &#171; &#233;teignoirs &#187; qui refusent toute discussion et tout progr&#232;s social. Puisque les publicitaires, les commandites et les gouvernements se repr&#233;sentent eux-m&#234;mes dans les grands journaux, ceux-ci ne pourraient critiquer ouvertement ou rapporter les motivations de ceux qui remettent en question le Grand Prix au nom d'une autre cause : ils feraient tout ce qu'ils peuvent, pensons aux &#233;ditorialistes, parasites des patrons, et chroniqueurs &#233;teignoirs, pour valoriser le statu quo, c'est-&#224;-dire l'emprise du lobby de la bagnole sur la d&#233;mocratie en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La construction politique et m&#233;diatique d'un p&#232;re &#171; d&#233;sob&#233;issant &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la structure du pouvoir, le gouvernement a compris que l'un des moyens de rester au pouvoir est de se fabriquer une opposition visible, bruyante et facile &#224; critiquer pour ses positions extr&#234;mes. De la modeler, si possible. C'est donc sur un plateau d'argent qu'il a re&#231;u la semaine derni&#232;re l'arrestation d'Amir Khadir, le d&#233;put&#233; le plus actif et le plus rigoureux dans sa d&#233;fense de la d&#233;mocratie participative. Khadir pouvait ensuite &#234;tre caricatur&#233; pour ses propos dans les m&#233;dias : le d&#233;put&#233; se prendrait pour Gandhi ou Martin Luther King&#8230; ce qui est malhonn&#234;te, &#233;videmment, mais combien payant sur le plan du marketing politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans pareille imposture m&#233;diatique, le gouvernement se devait de montrer &#224; la population ce qu'est, selon lui, un p&#232;re &#171; d&#233;sob&#233;issant &#187;, qui plus est un d&#233;put&#233; de l'opposition ! Avec l'arrestation planifi&#233;e de la fille de Khadir, la mise en sc&#232;ne des lib&#233;raux serait compl&#232;te : les lib&#233;raux, par le travail des policiers qui s'offrent des arrestations &#171; pr&#233;ventives &#187;, allaient montrer au peuple ce qu'est un p&#232;re politique, quelqu'un qui valorise la loi et l'ordre. La population, capable d'avaler toutes les couleuvres, aurait droit &#224; un contraste de choix : elle devrait normalement voir en Amir Khadir un p&#232;re irresponsable et en Jean Charest un homme responsable aux commandes de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien maintenant. Tout cela est symbolique : en salissant le Diog&#232;ne contemporain Amir Khadir, le seul d&#233;put&#233; qui fait ce qu'il dit, le seul &#224; h&#233;riter d'une publicit&#233; n&#233;gative gratuite, c'est toute la gauche du Qu&#233;bec que d&#233;peint un gouvernement lib&#233;ral qui n'h&#233;site jamais, lui, &#224; s'offrir des campagnes de publicit&#233; payantes dans les journaux. L'&#201;tat lib&#233;ral n'a pas le moindre mal &#224; arr&#234;ter le seul d&#233;put&#233; qui ma&#238;trise la d&#233;finition de la d&#233;sob&#233;issance civile, d&#233;sob&#233;issance rendant possible l'exercice de la d&#233;mocratie moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vouloir r&#233;colter sans avoir sem&#233; : les otages du Parti qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amir Khadir n'est pas un h&#233;ros, c'est un homme coh&#233;rent avec ses principes. En ce sens, son action politique se distingue toutefois de celle des d&#233;put&#233;s du Parti qu&#233;b&#233;cois. Ces d&#233;put&#233;s de l'opposition, cherchant &#224; tirer profit du carr&#233; rouge des &#233;tudiants en mouvement, sont des otages de leur parti et de leur vision de la politique partisane. Au lieu d'incarner dans leurs actions leur id&#233;al politique, la souverainet&#233;, ils ne veulent pas faire d'erreur co&#251;teuse pour profiter d'un climat social en crise. Ce sont des otages parce qu'ils esp&#232;rent r&#233;colter tous les fruits du printemps qu&#233;b&#233;cois sans avoir sem&#233; eux-m&#234;mes la moindre graine de changement. De nombreux d&#233;put&#233;s du parti qu&#233;b&#233;cois manquent de caract&#232;re, ce qui n'est pas le cas d'Amir Khadir. Et ceux qui ont des yeux le savaient d&#233;j&#224; car durant les manifs, il n'y avait pas de pancartes du PQ, seulement celles de Qu&#233;bec solidaire et des autres partis progressistes. S'ils divisent le vote, apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; des otages politiques autour d'eux, les lib&#233;raux risquent de reprendre le pouvoir apr&#232;s avoir provoqu&#233;, l'ironie est parfois totale, l'une des pires crises sociales de l'histoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impuissance de la soci&#233;t&#233; civile : des casseroles pouvant conduire &#224; la r&#233;&#233;lection des lib&#233;raux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indignation ne sauvera donc pas le monde. Les casseroles suscitent l'admiration des uns, mais aussi le rire des autres, ceux qui ne croient plus au changement depuis longtemps. Le tintamarre pacifique divise autant qu'il rallie. Certains pr&#233;tendent d&#233;sormais que le son des casseroles, qui voulait d&#233;noncer une situation de crise, pourrait entra&#238;ner son effet oppos&#233; : la r&#233;&#233;lection des lib&#233;raux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des articles critiques sont publi&#233;s &#224; l'&#233;tranger, dans le prestigieux journal Le Monde, et qu'ils n'&#233;meuvent pas les lib&#233;raux, pas plus que les critiques environnementales ne touchent les conservateurs &#224; Ottawa, on est en droit de penser que la population doit ch&#233;rir son impuissance politique. Quand on a organis&#233; des manifestations originales, nombreuses et pacifiques pendant un printemps et que le mouvement doit se remettre en question, c'est parce qu'il fait face &#224; un gouvernement plus arm&#233;, plus lourd et surtout plus puissant que lui. Cette impuissance de la population peut devenir un argument en faveur du parti au pouvoir lors de la prochaine campagne &#233;lectorale car l'impuissance peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme de la stabilit&#233; par une population affol&#233;e devant tous les spectres de l'histoire, toute possibilit&#233; de contestation et de changement. C'est bien connu : une population domin&#233;e et m&#233;pris&#233;e, critiqu&#233;e par ses &#233;lites, a une tendance inn&#233;e &#224; l'immobilit&#233;, voire au recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants ont fait tout ce qu'il fallait pour secouer l'&#201;tat et r&#233;veiller une population endormie, mais le gouvernement semble trop puissant, souvent trop violent, par rapport &#224; ceux qui lui opposent leur vie. Les lib&#233;raux survivent aux mar&#233;es humaines, aux &#233;meutes, aux d&#233;missions et aux critiques internationales. La rue ne gagnera pas rapidement son combat contre un gouvernement corrompu qui peut inventer &#224; sa guise des lois, sacrifier les membres de son parti au nom de son pouvoir et continuer d'arr&#234;ter des innocents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement veut profiter du d&#233;but de l'&#233;t&#233;. Dans son impuissance politique m&#234;me, il demeure assez puissant pour se donner des vacances. S'il y parvient, c'est parce qu'il aura r&#233;ussi &#224; fabriquer, &#224; m&#234;me la crise, de la peur et des otages, des otages de la contestation et des otages politiques. Les juges et les policiers, otages du gouvernement, continuent d'ob&#233;ir et de renforcer le pouvoir de l'&#201;tat contre des manifestants devenus otages de leur image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des otages d'une structure politico-m&#233;diatique trop puissante ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement poss&#232;de ainsi une carte ma&#238;tresse : les marcheurs et les manifestants sont devenus les otages de leur strat&#233;gie. Se cantonnant dans une logique de l'opposition infinie, ils sont les otages d'une rue politique qu'ils ont r&#233;ussi, avec un courage extraordinaire, &#224; animer et &#224; occuper ? Or les leaders &#233;tudiants devront &#233;tudier les &#233;checs des mouvements d'indignation, que ce soit le Printemps arabe, la Puerta del Sol et les occupations urbaines, car la rue peut conduire &#224; l'immobilisme, aux statuts de sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; arrive et la mobilisation sera plus difficile. Il y aura des manifestations tout l'&#233;t&#233;, mais elles ne b&#233;n&#233;ficieront pas de la couverture m&#233;diatique souhait&#233;e. Quant &#224; la rentr&#233;e d'ao&#251;t 2012, elle sera d&#233;terminante pour tous. La population du Qu&#233;bec oubliera-t-elle les raisons de la gr&#232;ve ou r&#233;animera-t-elle le brasier du printemps ? Une chose est d&#233;j&#224; s&#251;re en juin : les &#233;tudiants devront se refaire du capital politique dans la population, revoir leur image car les otages ne sont pas toujours compris, comme les prisonniers d'ailleurs, parce que l'on voit plus volontiers le costume que les humains derri&#232;re une cause, fut-elle juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise de la d&#233;mocratie en p&#233;riode de haute mondialisation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-crise-de-la-democratie-en-periode-de-haute-mondialisation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-crise-de-la-democratie-en-periode-de-haute-mondialisation</guid>
		<dc:date>2012-06-05T09:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-06-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Quand on peut user de violence, il n'est nul besoin de proc&#232;s &#187; Thucydide &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte veut comprendre le contexte dans lequel la gr&#232;ve &#233;tudiante est devenue une crise sociale. Il montre d'abord que la position des &#233;tudiants repose sur une critique des d&#233;rives de la mondialisation qui s&#233;vit sur le globe. &lt;br class='autobr' /&gt; Or l'attitude autoritaire du gouvernement lib&#233;ral, qui monopolise les ressources et instrumentalise l'&#201;tat contre les associations &#233;tudiantes, renforce l'interpr&#233;tation que ces derni&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-06-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-06-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton10600-9539f.png?1782210214' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand on peut user de violence, il n'est nul besoin de proc&#232;s &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Thucydide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte veut comprendre le contexte dans lequel la gr&#232;ve &#233;tudiante est devenue une crise sociale. Il montre d'abord que la position des &#233;tudiants repose sur une critique des d&#233;rives de la mondialisation qui s&#233;vit sur le globe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or l'attitude autoritaire du gouvernement lib&#233;ral, qui monopolise les ressources et instrumentalise l'&#201;tat contre les associations &#233;tudiantes, renforce l'interpr&#233;tation que ces derni&#232;res se font de la politique lib&#233;rale, une politique qui refuse l'hospitalit&#233; et qui confond la sph&#232;re priv&#233;e avec la r&#233;partition des biens communs. Le p&#232;re politique est ici d&#233;faillant : impuissant, autiste et revanchard, il prend la porte face aux n&#233;gociateurs &#233;tudiants et souhaite une &#171; accalmie &#187;, c'est-&#224;-dire que la rue politique tombe dans le pi&#232;ge d'une &#171; normalisation &#187; de l'&#233;tat d'exception. Mais cette strat&#233;gie est un couteau &#224; double tranchant : l'accalmie r&#234;v&#233;e par les politiciens, le patronat et les fans du tourisme peut se retourner contre eux, car on ne souffle pas d'arrogance et de m&#233;pris sur un brasier dont les tisons sont encore chauds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La critique de la mondialisation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, les politiciens et les commentateurs ignorent qu'une bonne partie des &#233;tudiants en gr&#232;ve a &#233;t&#233; form&#233;e dans la rue, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;cole de l'altermondialisation. Les &#233;tudiants vivent &#224; leur &#233;poque, qui est celle du Sommet des Am&#233;riques, des &#233;meutes du G20 &#224; Toronto, du Printemps arabe, de la Puerta del Sol, des mouvements &#171; Occupy &#187; dont la principale motivation est de d&#233;noncer une mondialisation qui n'a rien d'&#233;quitable ni de d&#233;mocratique. Ces &#233;tudiants connaissent les gaz et les bombes lacrymog&#232;nes, ils ont appris &#224; utiliser les outils de la r&#233;sistance politique de leur temps de crise, lequel est de moins en moins d&#233;mocratique, de moins en moins un temps de dialogue. Ils ont vu que les plus riches refusent d'entendre le discours des plus pauvres et que la mondialisation, plus anglophile que culturelle, avantage toujours les m&#234;mes. En ce sens, le &#171; printemps &#233;rable &#187; est bien un printemps politique, car il propose une remise en question radicale d'une gouvernance, de plus en plus monarchique, nous le verrons, &#233;prise de concurrences internationales et de privatisations. Cette id&#233;ologie &#233;conomique, qui ne jure que par le profit, d&#233;vaste tout sur son passage et ne peut plus &#234;tre le discours rendant possible un avenir commun et partag&#233;. La haute mondialisation vis&#233;e par les &#233;tudiants est d&#233;politis&#233;e, polluante et pathologique. Elle refuse l'existence des syndicats, menace les travailleurs et d&#233;localise toute production. C'est une id&#233;ologie qui s'incarne dans des pratiques antid&#233;mocratiques injustifiables. Le gouvernement lib&#233;ral renvoie une image que les &#233;tudiants ont, &#224; tous les jours, appris &#224; d&#233;tester, &#224; savoir celle d'un petit groupe de d&#233;put&#233;s qui veille &#224; ses int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, n'aime pas discuter et qui, au lieu d'&#233;couter, fait preuve d'un paternalisme d&#233;pass&#233;. Dans une mondialisation qui ravage tout, le gouvernement lib&#233;ral ne s'int&#233;resse qu'au capital et n'a qu'un but : d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des capitaux priv&#233;s au moyen des juges et des forces polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout le poids de l'&#201;tat instrumentalis&#233; et retourn&#233; contre les &#233;tudiants et les manifestants &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que le gouvernement se sert de l'appareil politique pour arriver &#224; ses propres fins. Quand en effet le chef du gouvernement n'a pas de langage clair, tient de doubles discours et joue sur les mots, il utilise sa position personnelle et oublie qu'il doit travailler au nom de l'&#201;tat. Il fait par l&#224; preuve d'une violence inou&#239;e. Le premier Ministre Charest s'est m&#234;l&#233; des derni&#232;res n&#233;gociations. Qu'a t-il fait ? Il a rappel&#233; les objectifs de son budget et s'est montr&#233; ouvert sur tout, sauf ce qui int&#233;ressait les &#233;tudiants, c'est-&#224;-dire la hausse des frais de scolarit&#233; et la loi 78. Pour lui, toute baisse devait se faire &#224; co&#251;t nul car le gouvernement ne voulait pas perdre la face. On le voit bien : il ne se comportait pas en chef d'&#201;tat, il ne voulait pas sortir de la crise, il ne voulait tout simplement pas s'entendre, et ce n'est malheureusement pas la premi&#232;re fois qu'il agit ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, lors de la Commission Bastarache consacr&#233;e &#224; la nomination des juges, le premier Ministre Charest d&#233;tournait les ressources de l'&#201;tat pour salir un individu qui lui opposait sa parole, l'avocat Marc Bellemare. Aujourd'hui, sans aucune hauteur, Charest d&#233;tourne le pouvoir de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, qu'il pense sien, contre les associations &#233;tudiantes. Il utilise, on peut le croire, les juges et les policiers afin d'assouvir son d&#233;sir de contr&#244;le, lui qui a perdu son agenda politique en raison de la gr&#232;ve &#233;tudiante qui s'&#233;ternise. C'est dans ce contexte unique, celui de l'impuissance et de la frustration d'un gouvernement, que l'on peut aussi passer des &#171; commandes politiques &#187; et intimider un porte-parole &#233;tudiant. La logique est toujours la m&#234;me : dans un &#201;tat lib&#233;ral abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me, le premier Ministre et les membres de son caucus peuvent instrumentaliser les forces polici&#232;res, c'est-&#224;-dire les utiliser pour faire peur et limiter l'expression des opinions personnelles. L'&#201;tat lib&#233;ral, qui n'est pas &#171; fasciste &#187; &#8211; il n'a pas suspendu les libert&#233;s, le droit de se d&#233;fendre au tribunal et n'arr&#234;te pas encore de mani&#232;re arbitraire les citoyens - se comporte plut&#244;t comme une entreprise priv&#233;e qui poursuit des individus afin de les faire taire. Ils semblent appr&#233;cier le mod&#232;le des poursuites-b&#226;illons (SLAPP) car celles-ci sont d'une violence inou&#239;e &#224; l'&#233;gard de simples citoyens sans d&#233;fense. L'&#201;tat lib&#233;ral est violent parce qu'il ne se comporte pas comme un gouvernement pour tous, mais comme le ca&#239;d ami de quelques-uns, des plus riches, ceux qui appr&#233;cient les f&#234;tes donn&#233;es dans les manoirs, comme celui de Sagard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gouvernement qui, &#233;pris des codes, &#171; d&#233;localise &#187; ses responsabilit&#233;s politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mod&#232;le du n&#233;olib&#233;ralisme qui veut d&#233;localiser le travail syndiqu&#233;, le gouvernement de Jean Charest a utilis&#233; et instrumentalis&#233; les juges et les policiers depuis le d&#233;but de la crise. Le recours aux injonctions et l'augmentation indue du pouvoir aux policiers visaient &#224; masquer une plus grande d&#233;responsabilisation de la part des acteurs du gouvernement. Un gouvernement est soumis &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale quand il se comporte exactement comme les entreprises priv&#233;es qui n'ont aucune responsabilit&#233; et qui d&#233;localise le travail. Ayant pour cadre politique les limites fix&#233;es par le code du travail, le code civil, le code criminel et le code p&#233;nal, le gouvernement n'assume pas la crise sociale qu'il a cr&#233;&#233;e : il a recours aux lois, y compris &#224; une loi sp&#233;ciale, afin de criminaliser ceux qui s'opposent &#224; lui. Il refuse d'entendre les souhaits de la soci&#233;t&#233; civile et a l'habitude de n&#233;gliger les exigences environnementales. Comme l'entreprise priv&#233;e, il rejette toute responsabilit&#233; et ach&#232;te des publicit&#233;s quand son agir peut para&#238;tre discutable ou r&#233;pr&#233;hensible &#224; la population. Ce gouvernement lib&#233;ral, dont le mod&#232;le de gouvernance se trouve surtout chez Power corporation, Shell et Arcelor Mittal, court toujours le risque de passer d'une gouvernance priv&#233;e &#224; la monarchie, ce qu'il convient de voir maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du gouvernement de l'entreprise priv&#233;e au &#171; gouvernement-roi &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autoritaire, le gouvernement lib&#233;ral est incapable de se remettre en question. Il suit ainsi la tendance lourde que lui sugg&#232;re le gouvernement conservateur de Stephen Harper : il tend &#224; se comporter comme un monarque. En effet, il estime que son pouvoir est justifi&#233; car il a &#233;t&#233; &#233;lu en &#171; d&#233;mocratie &#187;. &#201;lu, il est persuad&#233; que son autorit&#233; est l&#233;gitime et qu'il est le seul &#224; avoir raison. Ces gouvernements, &#224; Ottawa et &#224; Qu&#233;bec, n'ont plus de temps pour discuter avec une population qui retarde les affaires, voil&#224; pourquoi ils sont pr&#234;ts &#224; tout pour obtenir des majorit&#233;s, b&#226;illonner les chambres, diriger par d&#233;crets et imposer des lois sp&#233;ciales. Il faut gouverner pour ceux qui ont contribu&#233; aux coffres du parti. Certes, ils ne veulent pas d'&#233;lections proportionnelles et refusent les &#233;lections &#224; date fixe. Les gouvernements lib&#233;ral et conservateur font de la petite politique : loin de la transparence, ils aiment se &#171; g&#226;ter &#187; &#224; m&#234;me la g&#233;n&#233;rosit&#233; du syst&#232;me, recevoir des enveloppes, truquer des &#233;lections et faire la morale &#224; tous ceux qui ne partagent pas leurs pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;mocratie malade et s&#233;lective, on peut suspendre des employ&#233;s parce qu'ils arborent le carr&#233; rouge de la r&#233;sistance au travail. Quand le gouvernement-roi dirige, il peut justifier l'arrestation arbitraire de familles qui marchent pacifiquement &#224; Limoilou et se payer de pleines pages de publicit&#233; dans les journaux qu'ils cherchent, par tous les moyens, &#224; contr&#244;ler. Fan d'un Plan Nord plus publicitaire que collectif, c'est le m&#234;me gouvernement qui tend &#224; accepter le discours des mini&#232;res, des p&#233;troli&#232;res et des gazi&#232;res. &#192; Qu&#233;bec, le gouvernement est noyaut&#233; par des patrons qui, loin des exigences d&#233;mocratiques, veulent toujours plus de pouvoir. Ce sont eux qui appellent &#224; la raison des &#233;tudiants qui marchent pour des principes ! Ce sont ces patrons qui plient pour 20$ et qui perdent, dans des fonds douteux et des produits toxiques, les milliards &#233;conomis&#233;s par une population travaillante. Afin de retrouver leur pouvoir menac&#233; durant la crise sociale, apr&#232;s avoir utilis&#233; &#224; des fins personnelles et partisanes l'argent des contribuables, ces m&#234;mes patrons demandent l'arr&#234;t des manifestations, comme les recteurs d'universit&#233; d'ailleurs, qui ne comptent plus les parachutes dor&#233;s, loin de l'&#238;lot voyageur... Ils veulent tous, de concert, un retour rapide &#224; la vie normale, &#224; la vie &#233;conomique s&#233;curitaire, contre le temps politique du changement. Il faut pourtant questionner cette volont&#233; d'un retour &#224; la normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention &#224; la &#171; normalisation &#187; politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si nous faisons le bilan rapide du printemps qu&#233;b&#233;cois : 110 jours de gr&#232;ve, plus de 40 marches nocturnes, et quelques 3000 arrestations, dont plus de 700 dans la seule soir&#233;e du 23 mai, nous r&#233;alisons que l'&#233;tat actuel est celui de l'exception. Jamais n'a t-on vu au Qu&#233;bec autant de manifestations contre les politiques d'un gouvernement. Il ne faut pas l'oublier : notre temps est celui de la temp&#234;te politique. La Crise d'Octobre en 1970, historique parce que le gouvernement lib&#233;ral de Trudeau suspendait les libert&#233;s civiles, n'a pas engendr&#233; autant d'arrestations, pas m&#234;me le G20 &#224; Toronto ou le Sommet des Am&#233;riques r&#233;unis. Fort de ce bilan attestant d'une crise politique majeure, nous pouvons affirmer que l'&#201;tat lib&#233;ral est devenu clairement un &#201;tat policier et que la situation demeure explosive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il faut se m&#233;fier d'un gouvernement qui m&#233;prise les manifestants, qui quitte la table de n&#233;gociation et qui s'attend &#224; une &#171; accalmie &#187; dans les rues le lendemain. Il faut &#234;tre attentif &#224; notre situation exceptionnelle car &#224; tous les soirs, &#224; Montr&#233;al, des policiers arpentent les rues et, sur un pied de guerre, se pr&#233;parent &#224; la traditionnelle marche nocturne. Que dire d'un gouvernement qui pr&#233;f&#232;re s'ent&#234;ter, ignorer ceux qui demandent la reconnaissance et qui habille des policiers &#224; tous les soirs, leur verse des salaires, au lieu de calmer le jeu ? Si le gouvernement, certains patrons et des &#171; &#233;teignoirs m&#233;diatiques &#187; veulent que l'on revienne rapidement &#224; la vie avant le printemps &#233;rable, ils risquent de faire une erreur. Cette erreur consisterait &#224; croire que le nombre de manifestants, en admettant qu'il soit moins important, signifierait un retour &#224; la normale alors que la crise n'est pas r&#233;gl&#233;e et que le brasier est encore chaud. Cet appel &#224; la normalisation anticip&#233;e est un couteau &#224; double tranchant : si les &#233;tudiants et ceux qui les appuient ne se sentent pas entendus, la prochaine &#171; vague &#187; risque d'&#234;tre encore plus forte, ce qui pourrait g&#233;n&#233;rer un ouragan encore plus dangereux que les mar&#233;es humaines qui d&#233;ferlent le 22 de chaque mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat lib&#233;ral souffle sur des tisons encore chauds&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement lib&#233;ral est violent. La violence attire la violence. Et ce qui ne se dit pas, ce qui ne peut s'exprimer pacifiquement ne dispara&#238;t pas. La fatigue et le r&#233;pit ne veulent pas dire que tout est termin&#233; mais que, peut-&#234;tre, la mobilisation n'attend qu'une nouvelle occasion de se relancer. Il est triste que le gouvernement lib&#233;ral souffle encore sur les tisons de ceux qui, bient&#244;t, n'auront absolument plus rien &#224; perdre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite th&#233;orie critique des &#233;teignoirs politiques et m&#233;diatiques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Petite-theorie-critique-des-eteignoirs-politiques-et-mediatiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Petite-theorie-critique-des-eteignoirs-politiques-et-mediatiques</guid>
		<dc:date>2012-05-15T08:59:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le feu le plus couvert est le plus ardent &#187; Ovide &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le vent, qui &#233;teint une lumi&#232;re, allume un brasier &#187; Beaumarchais &lt;br class='autobr' /&gt; Le printemps qu&#233;b&#233;cois r&#233;chauffe le social depuis trois mois seulement que d&#233;j&#224; certaines voix, la plupart soufflant de la droite, se prennent &#224; souhaiter publiquement sa fin, au moins sa banalisation. &#192; tous les jours, dans nos m&#233;dias, nous entendons les &#233;teignoirs s'exprimer, lesquels insistent, &#224; force d'euph&#233;mismes, sur les avantages de la loi, de la police et du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton10292-106f0.png?1782210214' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le feu le plus couvert est le plus ardent &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ovide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le vent, qui &#233;teint une lumi&#232;re, allume un brasier &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaumarchais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le printemps qu&#233;b&#233;cois r&#233;chauffe le social depuis trois mois seulement que d&#233;j&#224; certaines voix, la plupart soufflant de la droite, se prennent &#224; souhaiter publiquement sa fin, au moins sa banalisation. &#192; tous les jours, dans nos m&#233;dias, nous entendons les &#233;teignoirs s'exprimer, lesquels insistent, &#224; force d'euph&#233;mismes, sur les avantages de la loi, de la police et du statu quo. Ils jouent avec les mots afin de faire entrer le social dans la case &#171; stabilit&#233; &#187;. Au fond d'eux-m&#234;mes ils ont peur, jouissent de la vie &#171; normale &#187; et sont fatigu&#233;s de la crise. Leur parole vise &#224; att&#233;nuer le mouvement de gr&#232;ve et &#224; relativiser la remise en question qui le sous-tend. Sinon comment comprendre que des politiciens et des chroniqueurs, au sortir du Victorin, annon&#231;aient d&#233;j&#224; la fin de la crise ? Dans ce texte, nous montrerons que c'est bien mal conna&#238;tre la mobilisation sociale que d'annoncer le retour &#224; la normale quand les forces sont vives. Nous pr&#233;senterons les raisons pour lesquelles la gr&#232;ve est loin d'&#234;tre termin&#233;e et pourquoi ceux qui refusent le printemps qu&#233;b&#233;cois prennent leur d&#233;sir pour la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gouvernement lib&#233;ral aux prises avec le &#171; mal de mer &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le gouvernement montre depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, mais surtout depuis trois mois, qu'il est en panne. Son navire est &#224; la d&#233;rive. Non seulement l'&#233;quipage ne r&#233;ussit pas ce qu'il entreprend &#8211; il revient souvent sur ses orientations et ses d&#233;cisions &#8211; et, bien que sa gouvernance soit improvisation, il est incapable d'inventer une solution cr&#233;ative. Quand il faut garder le cap, il tourne et inversement. Depuis le d&#233;but de la gr&#232;ve, les &#233;tudiants font des vagues et ce gouvernement, qui conna&#238;t le mal de mer, vomit sur eux. Et cela s'explique : il manque d'authenticit&#233; et de cr&#233;dibilit&#233;, voil&#224; pourquoi il prend des postures paternalistes envers les &#233;tudiants, mais aussi envers les juges et les policiers. De leur c&#244;t&#233;, les indign&#233;s voient bien que les lib&#233;raux n&#233;gocient mieux avec les entrepreneurs en construction et les firmes de g&#233;nie/conseil qu'avec ceux qui veulent changer le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
La confusion, l'incoh&#233;rence et la contradiction des demandes d'injonction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valorisation des injonctions par le gouvernement illustre sa confusion. Dans le cas de la gr&#232;ve &#233;tudiante, ce recours est insens&#233; parce qu'il confond les ordres politique et juridique. Il r&#233;pond &#224; l'insatisfaction des quelques &#233;tudiants qui ont perdu en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale par des mesures &#224; la pi&#232;ce qui attaquent une d&#233;mocratie qui, paradoxalement, sert &#224; fonder et &#224; justifier le Droit. Autrement dit, il tente en vain de solutionner du g&#233;n&#233;ral au cas par cas. Recommander que des &#233;tudiants individualistes passent par-dessus la d&#233;mocratie de leurs associations afin d'obtenir, de la part de juges, des cours priv&#233;s, c'est-&#224;-dire des cours et des notes en-dehors de la pr&#233;sence en classe des autres &#233;tudiants, voil&#224; qui est paradoxal, voire risible et conflictuel, car ces proc&#233;d&#233;s sont inefficaces et d&#233;truisent la paix et le climat social. Il se peut que ces recours ponctuels &#224; la mode donnent quelques points de sondages, mais ils resteront inefficaces parce qu'ils d&#233;placent l'incapacit&#233; et l'embarras du gouvernement vers les tribunaux et les classes. Si des chroniqueurs sont assez na&#239;fs pour penser que tout va bien, que des professeurs donnent des cours dans pareilles conditions, qu'ils enseignent &#224; un ou deux &#233;tudiants &#233;go&#239;stes au lieu de trente, alors ils peuvent &#233;crire que le conflit est termin&#233;, tout en faisant fi de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L' &#171; entente &#187; sign&#233;e n'a encore rien r&#233;gl&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me &#233;tat d'esprit, on ajoutera que l'entente, qui est d&#233;j&#224; rejet&#233;e par la majorit&#233; des associations &#233;tudiantes, n'a encore rien r&#233;gl&#233;. Comment parler de &#171; sortie de crise &#187; quand les &#233;tudiants manifestent et marchent contre l'obscure entente qui n'engage personne, pas m&#234;me ses signataires ? Les &#233;tudiants organiseront une grande manifestation le 22 mai et les chroniqueurs nous parlent de la gr&#232;ve, rebaptis&#233;e conflit &#233;tudiant, au pass&#233; ! Des &#233;tudiants ont r&#233;ussi &#224; paralys&#233; le m&#233;tro pendant trois heures ce jeudi et on nous entretient sur la fin du &#171; boycott &#187; des cours ! Les m&#233;dias sont visiblement las, fatigu&#233;s, comme les policiers, de devoir &#171; couvrir &#187; ce qui ne se couvre pas facilement. Alors que le foyer est encore chaud, les journalistes banalisent la gr&#232;ve, rapportent moins les marches nocturnes, ciblent des individus afin de discr&#233;diter un mouvement social. On veut nous habituer &#224; l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Implorer le devoir de r&#233;serve des professeurs&#8230; Nouveau b&#226;illon, nouvelle censure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme ce n'&#233;tait pas suffisant pour noyer le poisson, un professeur et une chroniqueuse de droite c&#233;l&#232;bre pour ses positions extr&#234;mes ont eu la brillante id&#233;e, en fin de semaine, de souhaiter un devoir de r&#233;serve de la part des professeurs. Pris en otage entre des &#233;tudiants qui exercent leur droit de gr&#232;ve et des parents anxieux et d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements, entre des juges semi-cultiv&#233;s et un gouvernement us&#233;, les professeurs devraient se taire, osent dire certains. Ce sont eux qui devront payer de leurs &#233;nergies et de leurs vacances les pots cass&#233;s d'une gr&#232;ve historique dont ils ne sont pas responsables et l'on esp&#232;re, sous le pr&#233;texte pour le moins fallacieux qu'ils appuient les &#233;tudiants, les b&#226;illonner ! D&#233;cid&#233;ment, les &#233;teignoirs m&#233;diatiques qui refusent le progr&#232;s social n'ont rien compris. Alors que ces chroniqueurs, commentateurs et journalistes jouissent de leur tribune sans limite, peuvent cracher leur fiel au quotidien et en remettre sur leur blogue le soir, sans avoir mis les pieds dans une classe depuis l'&#226;ge de 21 ans, les professeurs, dont le travail est d'expliquer la r&#233;alit&#233;, devraient se taire. Quiconque implore le devoir de r&#233;serve des professeurs devrait revisiter sa d&#233;finition de l'enseignement mais aussi et surtout de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; carr&#233; blanc &#187; de la peur, de l'infantilisation et du statu quo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera de nouveaux &#233;teignoirs chez les parents irrit&#233;s par la gr&#232;ve, les manifs, et par la violence inh&#233;rente &#224; un rapport de force exigeant avec un gouvernement autiste. En effet, quelques parents, en manque de lumi&#232;re dans une gr&#232;ve qui ne les concerne pas d'embl&#233;e, lancent le drapeau blanc. Ils signent la reddition et demandent une tr&#234;ve ! Sans doute bien intentionn&#233;s au d&#233;part, ces parents apeur&#233;s ne parviennent pas &#224; g&#233;rer leur anxi&#233;t&#233; devant un accroissement de la violence depuis l'&#233;meute de Victoriaville. Ils s'inqui&#232;tent pour leurs &#171; enfants &#187; qui ont connu les gaz et les balles de caoutchouc lanc&#233;es par des soldats au service d'un &#233;tat policier. Or ces parents sensibles ignorent-ils que leurs &#171; enfants &#187;, qui sont majeurs, vaccin&#233;s et adultes, ont moins peur qu'eux ? Savent-ils que leurs prog&#233;nitures en apprennent plus sur le Qu&#233;bec moderne dans une activit&#233; de d&#233;sob&#233;issance civile que dans les cours donn&#233;s dans leurs institutions d'enseignement ? Savent-ils que leurs &#171; bouts de chou &#187; participent actuellement &#224; l'histoire du Qu&#233;bec, lequel se bat une nouvelle fois contre sa marginalisation et le m&#233;pris politique ? S'il est pacifique d'invoquer un moratoire, il est bien triste en revanche d'infantiliser encore les &#233;tudiants courageux et, sous pr&#233;texte d'ecchymoses, de renforcer le gouvernement et le statu quo. Au lieu de d&#233;noncer l'inaction du gouvernement, les abus des policiers et d'exiger plus respect et de d&#233;mocratie de la part du premier ministre, ces parents demandent la paix ! Ces parents &#171; responsables &#187;, sans dire qu'ils capitulent, r&#233;alisent-ils que leur combat pour la paix et l'amour est anachronique et donne des munitions &#233;lectorales &#224; un gouvernement qui cherche, par tous les moyens, &#224; imposer le retour en classe accompagn&#233; d'une hausse des frais de scolarit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lent d&#233;clin d'une universit&#233; qui se croyait lumi&#232;re du monde&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;teignoirs les moins subtils &#224; l'heure actuelle, on retrouve certains professeurs d'universit&#233; &#8211; ceux qui se croient en chaire et qui n'aiment pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s pendant leurs importants travaux &#8211; et surtout les recteurs, ces administrateurs qui confondent l'universit&#233; avec une entreprise priv&#233;e. Il est triste de devoir le dire encore, mais l'universit&#233; n'est plus ce qu'elle &#233;tait. Ce n'est plus une institution v&#233;n&#233;rable et intouchable, c'est maintenant une succursale bancaire comme n'importe quelle entreprise. Un vent souffle d&#233;sormais sur elle et son aura d'antan s'&#233;teint. Ce vent assure au moins l'existence d'un brasier. L'universit&#233;, faut-il l'expliquer &#224; ceux qui n'y ont jamais mis les pieds, est un lieu qui n'a jamais vraiment &#233;chapp&#233; &#224; la controverse, &#224; la corruption et &#224; la nomination des amis, voil&#224; pourquoi il faut rire quand les recteurs, qui s'organisent pour que leurs &#171; enfants &#187; &#233;tudient sup&#233;rieurement &#224; moindre co&#251;t, continuent n&#233;anmoins de s'octroyer des primes, des allocations de voyage et se moquent d'une population &#233;prise de hockey qui ignore tout de ce qui se passe dans ces &#233;coles pr&#233;tentieuses, t&#233;n&#233;breuses et obscures. Les recteurs redoutent la soci&#233;t&#233; du savoir qui remettrait en question leur privil&#232;ges ; ils souhaitent le retour en classe parce qu'ils perdent leur pouvoir quand les &#233;tudiants marchent dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le brasier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudra encore mettre le couvercle sur la marmite. Les &#233;teignoirs diront que la gr&#232;ve fait mal et qu'elle doit se terminer, alors que le semestre d'hiver est d&#233;j&#224; perdu. Les &#233;tudiants entendront de la bouche des politiciens et des chroniqueurs que manifester est dangereux. Ils ne sont pas oblig&#233;s de les croire. On mentira toujours plus afin que les livres d'histoire oublient le printemps qu&#233;b&#233;cois. Au Qu&#233;bec, on a peur de la peur. On a peur du changement social radical et l'on redoute la force collective, la puissance des groupes et le caract&#232;re des leaders. On pr&#233;f&#232;re imiter les moutons. Les associations &#233;tudiantes sont devenues de v&#233;ritables ruches, ce qui fait tr&#232;s peur aux chroniqueurs lyriques. Ils veulent plus de libert&#233;. N'ont-ils pas raison de combattre les chroniqueurs paternalistes assis sur leurs tribunes, leurs privil&#232;ges et &#233;pris de leurs cours classiques ? Sans doute. Voil&#224; pourquoi le vent de droite des &#233;teignoirs, qui assure le travail des abeilles et le vol des oies blanches, n'&#233;teindra pas la braise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominic Desroches&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophie / Ahuntsic&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mise en sc&#232;ne politique des lib&#233;raux : un film d'horreur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-mise-en-scene-politique-des-liberaux-un-film-d-horreur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-mise-en-scene-politique-des-liberaux-un-film-d-horreur</guid>
		<dc:date>2012-05-15T08:56:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominic Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Impossible de s&#233;parer vitalit&#233; et mortalit&#233;&#8230; &#224; moins de vouloir cr&#233;er de toutes pi&#232;ces une g&#233;n&#233;ration de morts-vivants, de zombies, qui seraient aux soci&#233;t&#233;s futures ce que l'esclave &#233;tait aux soci&#233;t&#233;s du pass&#233; - Paul Virilio &lt;br class='autobr' /&gt;
(Tir&#233; su site http://www.politicoglobe.com) &lt;br class='autobr' /&gt; Les lib&#233;raux, comme on sait, avaient planifi&#233; un congr&#232;s g&#233;n&#233;ral au d&#233;but du mois de mai. Or, craignant les marches, les manifestations, la d&#233;sob&#233;issance et la casse, ils ont d&#233;plac&#233;, quelques jours d'avance, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH133/arton10278-4f1a0.jpg?1782210215' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; Impossible de s&#233;parer vitalit&#233; et mortalit&#233;&#8230; &#224; moins de vouloir cr&#233;er de toutes pi&#232;ces une g&#233;n&#233;ration de morts-vivants, de zombies, qui seraient aux soci&#233;t&#233;s futures ce que l'esclave &#233;tait aux soci&#233;t&#233;s du pass&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; - Paul Virilio&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tir&#233; su site &lt;a href=&#034;http://www.politicoglobe.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.politicoglobe.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les lib&#233;raux, comme on sait, avaient planifi&#233; un congr&#232;s g&#233;n&#233;ral au d&#233;but du mois de mai. Or, craignant les marches, les manifestations, la d&#233;sob&#233;issance et la casse, ils ont d&#233;plac&#233;, quelques jours d'avance, le congr&#232;s vers Victoriaville afin d'immuniser les membres de la vie ext&#233;rieure. Ils doivent &#234;tre dans une bulle militante lib&#233;rale, sur leur sc&#232;ne ferm&#233;e, autistes. Au lieu de se mesurer &#224; la r&#233;ception citoyenne de leur politique, d'assumer la perception et la r&#233;ponse de la population &#224; leur gouvernance, les lib&#233;raux ont pr&#233;f&#233;r&#233; s'enfermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, &#244; co&#239;ncidence !, le sommet de la derni&#232;re chance avait lieu &#224; Qu&#233;bec. Pour l'occasion, le gouvernement avait d&#233;cid&#233; d'inviter &#224; la table de n&#233;gociation des tiers, des m&#233;diateurs, comme la CREPUQ et les syndicats, afin de convaincre les &#233;tudiants de son objectif, c'est-&#224;-dire de son d&#233;sir d'imposer &#224; tout prix une hausse des frais de scolarit&#233;. Encore une fois, on discutait &#224; l'int&#233;rieur sans tenir compte de ce qui se passait &#224; l'ext&#233;rieur, dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 24 heures de discussion, le gouvernement sortait du manoir en disant avoir obtenu une &#171; entente &#187; avec les &#233;tudiants. Les associations &#233;tudiantes, elles, parlaient plut&#244;t d'une &#171; offre &#187; &#224; soumettre &#224; leurs membres. La CREPUQ, devenue entre-temps responsable des co&#251;ts de syst&#232;me, demeurait muette, alors que les trois grandes centrales syndicales pr&#233;tendaient avoir fait leur travail. Chaque partie voulait sauver sa peau taill&#233;e en morceaux lors des n&#233;gociations, semble-t-il, assez dures. Permettons-nous d'analyser le dernier &#233;pisode de la fin de semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paternalisme en n&#233;gociation ultime &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces n&#233;gociations, on retiendra d'abord que le gouvernement n'a jamais pris au s&#233;rieux la position des associations &#233;tudiantes. S'il a fait intervenir des tiers &#171; adultes &#187; comme les syndicats et la CREPUQ, ce n'&#233;tait pas seulement pour impliquer davantage d'acteurs et d&#233;nouer la crise, mais aussi pour montrer &#224; la population en g&#233;n&#233;ral, et aux jeunes en particulier, ce que signifie avoir une position sup&#233;rieure. Pour le premier Ministre, &#171; il fallait revenir &#224; la raison &#187;. Pour lui, qui ne s'interroge pas sur le mouvement de fond, les jeunes doivent rentrer en classe. Comme les lib&#233;raux le r&#233;sumaient eux-m&#234;mes en entrevue, le gouvernement a toujours voulu n&#233;gocier et la responsabilit&#233; du &#171; boycott &#187;, de la casse, des &#233;checs, de l'annulation de la session, doit revenir aux &#233;tudiants. L'infantilisation des &#233;tudiants, on le voit, ne semble pas avoir de fin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux plans simultan&#233;s : la f&#234;te et l'&#233;meute &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on y regarde de plus pr&#232;s, on constate que les lib&#233;raux font tout porter aux diff&#233;rents acteurs de la crise. Ils organisent leur congr&#232;s, ils se congratulent les uns et les autres alors que les coll&#232;ges et les universit&#233;s sont confront&#233;s aux injonctions qui sapent le retour en classe. Tandis que les policiers, et surtout la d&#233;vou&#233;e police anti-&#233;meute, doivent rev&#234;tir l'uniforme, passer les masques &#224; gaz, porter les boucliers, faire le plein de balles de caoutchouc et jouer de la matraque, les lib&#233;raux font la f&#234;te bien &#224; l'abri, au Victorin. Pendant la f&#234;te, &#224; Qu&#233;bec, c'est Courchesne qui applique de la pression sur Beauchamp, isol&#233;e du caucus, afin de d&#233;nouer la crise. Au moment m&#234;me o&#249; &#233;clate une &#233;meute qui fera des bless&#233;s parmi les jeunes, les lib&#233;raux pr&#233;parent leur plateforme, parlent d'&#233;lection et c&#233;l&#232;brent la politique obstin&#233;e qui a men&#233;, ils ne veulent pas le reconna&#238;tre , &#171; au printemps qu&#233;b&#233;cois &#187;., non sans vanter au passage le projet du Plan Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une trag&#233;die classique rejou&#233;e &#224; Victoriaville ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains participants attentifs, lors de la &#171; manif &#187; de Victoriaville, ont bien senti qu'il n'existait pas de co&#239;ncidence dans ces &#233;v&#233;nements malheureux. Victoriaville, cela ressemblait &#224; une mise en sc&#232;ne pour renforcer le pouvoir de l'&#201;tat. Victoriaville, c'&#233;tait une attrape, un guet-apens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on peut croire que le gouvernement savait tr&#232;s bien ce qu'il faisait en laissant les manifestants se r&#233;unir &#224; l'ext&#233;rieur du Victorin, sur un terrain vague, &#224; proximit&#233; du manoir, entour&#233;s de cl&#244;tures mal fix&#233;es, en bloc devant une police qui attendait de les charger. N'est-ce pas d'ailleurs une trag&#233;die contemporaine lorsque, face &#224; des policiers arm&#233;s, une population indign&#233;e est victime de son sort : elle se retrouve &#224; la bonne place au mauvais moment ? Elle a fait l'erreur insigne, elle commis la faute d'&#234;tre l&#224;, face au pouvoir de l'&#201;tat policier. Innocente, elle n'est pas responsable, mais elle doit vivre son destin et affronter son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devrait s'identifier &#224; ces h&#233;ros malgr&#233; eux, &#224; ces personnes qui devront respirer contre elles-m&#234;mes, &#224; ces &#171; pirates &#187; qui sont charg&#233;s par les forces arm&#233;es. Ces personnes souffrent. Elles d&#233;chirent le voile de la politique lib&#233;rale et veulent trouver la r&#233;ponse &#224; l'&#233;nigme : comment &#233;tudier sans s'endetter ? Elles courent, elles veulent de l'air, elles combattent pour une d&#233;mocratie contre l'&#201;tat policier dans lequel des forces attaquent, alors que la &#171; manif &#187; n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des morts-vivants se retrouvent en p&#233;riph&#233;rie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, semblables &#224; des morts-vivants, sont &#233;puis&#233;s car ils ont march&#233;, cri&#233; depuis treize semaines d&#233;j&#224;. Devenus zombies, sur le terrain vague, ils ont r&#233;alis&#233; qu'ils devaient marcher, se d&#233;placer encore plus, contre les injonctions d'un &#201;tat qui r&#233;pond &#224; une question politique par le recours juridique. Ils voulaient vivre, mais on les voulaient &#224; mi-chemin entre la vie et la mort. Ils se sont regard&#233;s les uns les autres comme s'ils s'&#233;veillaient face &#224; la vitalit&#233; de l'autre, de leur g&#233;n&#233;ration. Et plus encore : apr&#232;s s'&#234;tre concert&#233;s, ils se sont aper&#231;us qu'ils avaient une cible commune. Quelle est-elle ? L'&#233;difice central, le manoir, qui les marginalise toujours plus. Ainsi prennent-ils conscience de leur &#233;tat, avancent-ils ensemble et envisagent-ils de confronter une fois pour toutes ceux qui se plaisent dans le confort parasitaire d'une d&#233;mocratie en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#224; bon droit penser que, sur le terrain vague, les morts-vivants ont d&#233;tect&#233; l'instrumentalisation et la mise en sc&#232;ne dans la politique pratiqu&#233;e par les lib&#233;raux. En fait, soyons pr&#233;cis : les morts-vivants se con&#231;oivent, c'est le jeu impos&#233;, comme des ennemis de l'Etat, des trouble-f&#234;tes. La trag&#233;die ici, qui sera reprise le lendemain dans les m&#233;dias acteurs, culpabilisera ceux qui se trouvaient-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les manifestants de cette trag&#233;die, &#338;dipe appara&#238;tra n&#233;cessairement. Ce n'est donc pas un hasard si un &#233;tudiant du c&#233;gep de Saint-Laurent, en effet, ne sachant plus o&#249; se trouve son p&#232;re politique, y perdra l'usage d'un &#339;il dans cette mise en sc&#232;ne odieuse et infiltr&#233;e. Tous s'entendront alors pour dire que cette trag&#233;die contemporaine appartient d&#233;j&#224; &#224; l'Histoire du Qu&#233;bec et que le pouvoir de l'&#201;tat, cern&#233; par les jeunes zombies, se resserre d'&#233;pouvante. Il ne reste &#224; souhaiter que ce film d'horreur se termine par la d&#233;composition de l'entente et que les manifestants marchent, sans perdre trop de membres, jusqu'&#224; la victoire finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mai&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
