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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Notre horizon : l'&#233;galit&#233; r&#233;elle pour toutes et tous</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Notre-horizon-l-egalite-reelle-pour-toutes-et-tous</link>
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		<dc:date>2012-10-09T09:02:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Delphy, Didier Epsztajn, Jean Baub&#233;rot-Vincent, J&#233;r&#244;me Anciberro, Patrick Silberstein, Sabine Lambert, Sa&#239;d Bouamama, St&#233;phane Lavignotte, Tarek Ben Iba</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La rh&#233;torique &#233;galitaire r&#233;publicaine, plus ou moins sinc&#232;re, ne suffit pas &#224; lutter contre les in&#233;galit&#233;s r&#233;ellement existantes &#187;, constatent ensemble J&#233;r&#244;me Anciberro, Jean Baub&#233;rot, Tarek Ben Hiba, Sa&#239;d Bouamama, Didier Epsztajn, Christine Delphy, Sabine Lambert, St&#233;phane Lavignotte et Patrick Silberstein. &#171; De nouveaux droits sont &#224; inventer, &#224; mettre en mouvement, &#224; construire. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Une nouvelle fois &#8211; mais peut-on encore s'en &#233;tonner ?&#8211;, le Parti socialiste de gouvernement pi&#233;tine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Debats-138-" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-10-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-10-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH130/arton11852-01787.png?1781289107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La rh&#233;torique &#233;galitaire r&#233;publicaine, plus ou moins sinc&#232;re, ne suffit pas &#224; lutter contre les in&#233;galit&#233;s r&#233;ellement existantes &#187;, constatent ensemble J&#233;r&#244;me Anciberro, Jean Baub&#233;rot, Tarek Ben Hiba, Sa&#239;d Bouamama, Didier Epsztajn, Christine Delphy, Sabine Lambert, St&#233;phane Lavignotte et Patrick Silberstein. &#171; De nouveaux droits sont &#224; inventer, &#224; mettre en mouvement, &#224; construire. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle fois &#8211; mais peut-on encore s'en &#233;tonner ?&#8211;, le Parti socialiste de gouvernement pi&#233;tine devant l'obstacle de l'extension du droit de vote &#224; toutes et tous les habitant-e-s, qu'elles et ils soient nomm&#233;-e-s fran&#231;ais-es ou &#233;trange-&#232;-r-es. Un tel droit permettrait une nouvelle avanc&#233;e vers l'universalisation r&#233;elle de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons d'ailleurs remarquer qu'il pi&#233;tine devant bien des obstacles et qu'il met la p&#233;dale douce ou enclenche la marche arri&#232;re sur bien des questions. Son action &#233;tant, par ailleurs, r&#233;duite &#224; des mesures de &#171; gouvernance &#187;, &#233;cartant la construction de d&#233;bats d&#233;mocratiques, d'interventions participatives, directes ou non, des citoyen-ne-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions sont l&#224;, nombreuses, qui m&#233;ritent d'&#234;tre trait&#233;es avec courage et d&#233;termination, en rompant avec les soi-disant &#171; int&#233;r&#234;ts communs &#187;, pour dire aux Bernard Arnault, aux Unilever, aux PSA et autres Medef, aux Le Pen et &#224; l'UMP que Sarkozy chass&#233;, c'est leurs politiques qu'il est temps de changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons une question, une seule. Celle de l'&#201;galit&#233; qui tr&#244;ne sur les frontons entre la Libert&#233; et la Fraternit&#233;. Pour m&#233;moire, cette &#233;galit&#233; signifie l'&#233;galit&#233; des &#234;tres humains. Ni seule &#233;galit&#233; abstraite, ni juste &#233;galit&#233; de traitement, ni simple &#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux droits, ni &#233;quit&#233; de traitement (comme la pr&#244;nent les n&#233;olib&#233;raux). La question de l'&#233;galit&#233; est une question concr&#232;te. La rh&#233;torique &#233;galitaire r&#233;publicaine, plus ou moins sinc&#232;re, ne suffit pas &#224; lutter contre les in&#233;galit&#233;s r&#233;ellement existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche de transformation, celle qui pr&#233;tend participer &#224; changer le monde, devrait mettre en avant des mesures qui modifient imm&#233;diatement les conditions de vie des exploit&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant des situations r&#233;elles, des s&#233;gr&#233;gations territoriales, sociales et &#171; ethno-raciales &#187;, les politiques d'&#233;galit&#233; supposent de prendre &#224; bras-le-corps les discriminations li&#233;es au genre, &#224; la couleur de peau, &#224; l'&#233;tranget&#233; du patronyme, &#224; la ghetto&#239;sation de r&#233;sidence, &#224; la religion, etc. Plus g&#233;n&#233;ralement, ces politiques &#224; mettre en &#339;uvre impliquent de d&#233;naturaliser les pratiques &#171; majoritaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits sont l&#224; : la soci&#233;t&#233; s&#233;cr&#232;te et reproduit des in&#233;galit&#233;s et des s&#233;gr&#233;gations qui sont &#224; la fois de classe, de genre et de &#171; race &#187; (au sens de processus de racialisation). L'acquisition de la nationalit&#233; fran&#231;aise ne fait pas dispara&#238;tre ipso facto les obstacles sp&#233;cifiques que rencontrent sur le march&#233; du travail ou de l'habitat non seulement les &#233;trange-&#232;-r-es mais aussi les Fran&#231;ais-es consid&#233;r&#233;-e-s comme pas tout &#224; fait fran&#231;ais-es, car d'origine &#233;trang&#232;re. Le traitement de ces discriminations ne rel&#232;ve donc pas uniquement de mesures politiques g&#233;n&#233;rales (universelles) fortes &#8211; par ailleurs indispensables (droit de vote, naturalisation massive, politique de la ville, lutte contre le ch&#244;mage, etc.). &#171; Ne compter que sur des politiques g&#233;n&#233;rales de croissance &#233;conomique &#233;quitable pour &#233;liminer ces in&#233;galit&#233;s collectives prendrait un temps insupportablement long &#187;, constate d'ailleurs le Pnud dans un rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de l'abstraction (in)&#233;galitaire, de nouveaux droits sont &#224; inventer, &#224; mettre en mouvement, &#224; construire. En effet, l'exp&#233;rience montre que pour gripper la machine &#224; reproduire les discriminations, les indispensables politiques &#233;conomiques et sociales redistributives ne suffisent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient donc proposer et d'animer des politiques dites de &#171; correction des in&#233;galit&#233;s &#187;, d'&#171; action positive &#187;, d'&#171; accommodement raisonnable &#187;, de &#171; discrimination positive &#187; &#8211; peu importe le nom qu'on leur donne &#8211; qui visent &#224; combler le gouffre s&#233;parant l'in&#233;galit&#233; r&#233;elle de l'&#233;galit&#233; proclam&#233;e et &#224; construire l'&#201;galit&#233;. Les moyens institutionnels et la volont&#233; de favoriser l'auto-organisation des groupes sociaux concern&#233;s peuvent &#234;tre des leviers pour des mesures sp&#233;cifiques imm&#233;diates pour &#171; r&#233;parer &#187;, &#171; corriger &#187;, &#171; compenser &#187;, &#171; contrebalancer &#187;, &#171; inverser &#187; les effets des discriminations dans toutes leurs dimensions (de classe, de genre et de &#171; race &#187;). Dans cette optique, l'&#233;galit&#233; est donc &#224; la fois un principe et un objectif, un mot d'ordre d'action et un projet, ins&#233;parables par ailleurs de la Libert&#233; des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne prendrait-on pas des mesures correctrices et &#171; &#233;galisatrices &#187; permettant le recrutement et la formation de salari&#233;-e-s et de fonctionnaires issu-e-s des minorit&#233;s visibilis&#233;es et invisibilis&#233;es par le fait majoritaire ? Ne pourrait-on pas pratiquer sur les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ce qui se fait en Grande-Bretagne, o&#249; les soci&#233;t&#233;s qui sont candidates &#224; la gestion des cha&#238;nes doivent pr&#233;senter les &#171; engagements pris pour promouvoir au sein du personnel l'&#233;galit&#233; des chances entre hommes et femmes et entre personnes de diff&#233;rents groupes &#8220; ethniques &#8221; &#187; ? Ne pourrait-on pas envisager des politiques similaires &#224; France T&#233;l&#233;com, dans la fonction publique et ailleurs ? Ne pourrait-on pas renforcer et &#233;tendre les dispositions qui permettent aux comit&#233;s d'entreprise de peser sur l'&#233;galit&#233; hommes/femmes ? Dans toutes les entreprises de plus de cinquante salari&#233;s, l'employeur est dans l'obligation de soumettre une fois par an au comit&#233; d'entreprise un rapport comparatif sur les conditions g&#233;n&#233;rales d'emploi et de formation des hommes et des femmes au sein de l'entreprise. Ce document permet d'appr&#233;cier pour chacune des cat&#233;gories professionnelles la situation respective des femmes et des hommes en ce qui concerne l'embauche, la promotion, la classification, la qualification, la r&#233;mun&#233;ration. Il recense les mesures prises en vue d'assurer l'&#233;galit&#233; et &#233;num&#232;re les objectifs pr&#233;vus. La loi du 9 mai 2001 stipule d'ailleurs que les partenaires sociaux doivent n&#233;gocier p&#233;riodiquement des objectifs chiffr&#233;s et des mesures de rattrapage. Reste &#233;videmment &#224; assortir ces dispositions d'une obligation de r&#233;sultat avec sanction financi&#232;re et p&#233;nale. Il s'agirait d'un v&#233;ritable engagement contre le &#171; communautarisme &#187; majoritaire, contre les &#171; quotas &#187; des dominations invisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pourrait-on pas envisager enfin la mise en place, sous contr&#244;le des citoyen-ne-s, des usager-&#232;re-s et des salari&#233;-e-s, de comit&#233;s d'&#171; &#233;galit&#233; des droits &#187; dans les villes, les d&#233;partements, dans les administrations, les P&#244;les emploi ? Ils auraient pour fonction d'examiner les embauches et les promotions, de rappeler que la discrimination est interdite, de recueillir les dol&#233;ances, de les examiner, de faire si possible &#339;uvre de conciliation, de recommander des sanctions et surtout d'&#233;tablir des objectifs chiffr&#233;s, seuls crit&#232;res objectifs qui permettent d'&#233;valuer les efforts d&#233;ploy&#233;s. Ainsi, par exemple, la CGT illustre sa prise en compte de la probl&#233;matique quand elle &#233;voque les moyens de lutter contre les discriminations : &#171; Le pr&#233;judice est &#233;valu&#233; et un syst&#232;me de rattrapage est mis en route &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre gauche doit donner un signal fort &#8211; plus fort que les sempiternels effets de manche rappelant le principe d'&#233;galit&#233; &#8211; montrant la volont&#233; de notre rassemblement d'enrayer concr&#232;tement la spirale infernale de la s&#233;gr&#233;gation et de la discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux in&#233;galit&#233;s et asym&#233;tries existantes, nous pouvons opposer un universalisme concret, mobilisateur et non r&#233;duit &#224; la &#171; communaut&#233; majoritaire &#187;, un universalisme pr&#233;occup&#233; de l'histoire et des dynamiques sociales. Cet universalisme n'est pas encore advenu, c'est un projet en construction, en devenir et, d'une certaine fa&#231;on, une utopie, un horizon pour le rassemblement que nous construisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps que soit organis&#233; un v&#233;ritable d&#233;bat contradictoire, public et citoyen sur les hypoth&#232;ses d'une politique de construction de l'&#233;galit&#233; ici et maintenant. Quels en seraient les principes ? Qui en seraient les b&#233;n&#233;ficiaires ? Quels en seraient les crit&#232;res d'application ? Quelles en seraient les obligations ? Quels en seraient les fondements juridiques et constitutionnels ? Quels en seraient les &#171; effets pervers &#187; &#233;ventuels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre horizon : l'&#233;galit&#233; r&#233;elle pour toutes et tous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche qui se r&#233;clame de l'auto-organisation des domin&#233;-e-s, de la r&#233;orientation du fonctionnement de la soci&#233;t&#233;, de la transformation des rapports sociaux, ne peut plus contourner ces d&#233;bats et cet objectif. Il en va de la possibilit&#233; m&#234;me de construire un bloc social et politique moteur de la transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Anciberro, r&#233;dacteur en chef de T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Baub&#233;rot, professeur &#233;m&#233;rite de l'&#201;cole pratique des hautes &#233;tudes (son blog sur Mediapart)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tarek Ben Hiba, militant associatif de l'immigration, conseiller r&#233;gional Ile-de-France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d Bouamama, revue Les Figures de la domination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier Epsztajn, animateur du blog Entre les lignes entre les mots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Delphy, f&#233;ministe, directrice de publication de Nouvelles questions f&#233;ministes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabine Lambert, f&#233;ministe, r&#233;dactrice du site Les Entrailles de Mademoiselle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Lavignotte, pasteur, Christianisme social (son blog sur Mediapart)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dani&#232;le Obono, militante altermondialiste et antiraciste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Silberstein, &#233;diteur aux &#233;ditions Syllepse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* 04 octobre 2012. Les invit&#233;s de Mediapart &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/edition/l&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;face &#224; la r&#233;&#233;dition de Questions F&#233;ministes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Preface-a-la-reedition-de-Questions-Feministes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Preface-a-la-reedition-de-Questions-Feministes</guid>
		<dc:date>2012-05-08T08:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sabine Lambert</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les femmes fran&#231;aises ont eu le droit de vote gr&#226;ce au g&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1945, la pilule gr&#226;ce &#224; Lucien Neuwirth en 1967 et le droit &#224; l'avortement gr&#226;ce &#224; Simone Veil en 1975. &#187; Voil&#224; ce qu'on m'a racont&#233; au cours de ma scolarit&#233; : une femme, deux hommes et trois dates, tomb&#233;s du ciel comme par miracle. Pas une seule fois je n'ai entendu parler du Mouvement de lib&#233;ration des femmes. Le mouvement f&#233;ministe s'est donc longtemps r&#233;sum&#233;, pour moi, &#224; quelques images en noir et blanc : des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-des-femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton10113-51802.png?1781239429' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les femmes fran&#231;aises ont eu le droit de vote gr&#226;ce au g&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1945, la pilule gr&#226;ce &#224; Lucien Neuwirth en 1967 et le droit &#224; l'avortement gr&#226;ce &#224; Simone Veil en 1975. &#187; Voil&#224; ce qu'on m'a racont&#233; au cours de ma scolarit&#233; : une femme, deux hommes et trois dates, tomb&#233;s du ciel comme par miracle. Pas une seule fois je n'ai entendu parler du Mouvement de lib&#233;ration des femmes. Le mouvement f&#233;ministe s'est donc longtemps r&#233;sum&#233;, pour moi, &#224; quelques images en noir et blanc : des manifestations, des banderoles et des femmes qui s'agitent, on ne saurait trop dire pourquoi, puisqu'il y avait eu le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, Lucien Neuwirth et Simone Veil. Il m'a fallu trouver des historiennes et des documentaristes f&#233;ministes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je pense notamment &#224; la documentariste f&#233;ministe Carole Roussopoulos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour enfin conna&#238;tre celles qui ont lutt&#233; avant nous ; pour les entendre nous dire : si vous oubliez nos luttes, &#171; ce n'est pas pour nous que c'est grave, mais pour celles qui suivront&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Delphy, &#171; Lib&#233;ration des femmes An X &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celles qui suivront &#187;, c'est donc moi, c'est nous. Nous qui n'avons pas v&#233;cu le Mouvement de lib&#233;ration des femmes, nous qui sommes n&#233;es, &#224; peu de chose pr&#232;s, en m&#234;me temps que la revue Questions f&#233;ministes (1977-1980). Nous, les femmes auxquelles les sir&#232;nes m&#233;diatiques susurrent, que dis-je, hurlent, que nous sommes lib&#233;r&#233;es. Nous qui, lorsque nous affirmons que nous sommes toujours oblig&#233;es de nager &#224; contre-courant, en maintenant comme nous pouvons la t&#234;te hors de l'eau, entendons inlassablement la m&#234;me r&#233;ponse : &#171; Certes vous surnagez &#224; peine, mais avant, l'eau &#233;tait plus froide et le courant plus fort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devrions-nous nous r&#233;jouir, lorsque l'on se noie, de savoir que l'on se serait noy&#233; plus rapidement &#171; avant &#187; ? Devrions-nous nous r&#233;jouir, en r&#233;alisant qu'&#171; avant &#187;, le courant nous aurait emport&#233;es plus vite, si finalement, il nous emporte quand m&#234;me ? Eh bien oui, r&#233;jouissez-vous, nous dit-on, car le progr&#232;s est en marche. Les mentalit&#233;s ont &#233;volu&#233;. Les choses ont chang&#233;. La situation n'est plus la m&#234;me. Le pass&#233; c'est le pass&#233;. L'histoire a suivi son cours. Mais dites-nous donc o&#249; est ce fameux cours de l'histoire, qu'on aille le regarder passer, comme des vaches regarderaient passer le train. Oh, le joli wagon de l'histoire ancienne, avec ses affiches &#171; Moulinex lib&#232;re la femme &#187;, ses vieilles (ren)gaines et ses aiguilles &#224; tricoter sanguinolentes ! Tiens, mais ne serait-ce pas le patriarcat dans ce wagon ? C'est bien vrai qu'il a l'air m&#233;chant ! Et l&#224; ! Regardez, c'est le wagon du progr&#232;s, rempli de pilules contraceptives et de femmes souriantes ! Tout ceci n'est qu'une mascarade, un d&#233;cor de cin&#233;ma&#8230; le cin&#233;ma que nous jouent nos oppresseurs depuis trop longtemps, pour nous priver de notre histoire, pour effacer les militantes f&#233;ministes qui, centim&#232;tre apr&#232;s centim&#232;tre, ont arrach&#233; du terrain &#224; nos oppresseurs ; pour nous faire croire qu'il n'y a eu ni luttes, ni m&#234;me oppresseurs ; pour nous rel&#233;guer dans la solitude et la honte de ne pas y arriver, alors que l'on nous proclame libres de tout faire, de tout r&#233;ussir ; pour, enfin, nous faire oublier ce que nous devons &#224; celles qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;es, pour que l'on consid&#232;re ces femmes comme appartenant &#224; un autre monde, sans aucun point commun avec le n&#244;tre. En un mot, pour casser la solidarit&#233; entre les femmes et r&#233;duire &#224; n&#233;ant, une nouvelle fois, notre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublier d'o&#249; nous venons, c'est nous condamner &#224; survivre sans figures, sans armes, isol&#233;es, &#233;clat&#233;es, &#233;parpill&#233;es, sans liens et sans lieux pour nous retrouver. C'est prendre le pari fou et absurde de recommencer sans cesse &#224; lutter en partant de z&#233;ro, car c'est exactement ce qui est arriv&#233; &#224; la g&#233;n&#233;ration qui nous a pr&#233;c&#233;d&#233;es : elles se sont retrouv&#233;es orphelines, sans figures tut&#233;laires, ou presque, et sans histoire. Il leur a donc fallu recommencer, par petits groupes et isol&#233;es, si bien que la renaissance du mouvement f&#233;ministe a &#233;t&#233; d&#233;licate et n'a tenu qu'&#224; un fil, celui qu'elles ont r&#233;ussi &#224; tisser entre elles, peu &#224; peu, sans se d&#233;courager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Re)naissance du mouvement f&#233;ministe en France (1967-1977) : les racines de la revue Questions f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d&#232;s 1967, des groupes f&#233;ministes commencent &#224; se constituer, &#224; l'image de celui que Jacqueline Feldman et Anne Zelensky cr&#233;ent, FMA (F&#233;minin Masculin Avenir), rebaptis&#233; en 1969 F&#233;minisme Marxisme Action ; Christine Delphy et Emmanu&#232;le de Lesseps les rejoignent en 1968. Durant deux ann&#233;es, entre&#8239;1968 et&#8239;1970, elles se r&#233;unissent chaque semaine, organisent des d&#233;bats, notamment dans la Sorbonne occup&#233;e de 1968 et tentent d'interpeller la presse, sans r&#233;sultat. Cette absence totale de m&#233;diatisation les isole et rend impossible toute rencontre avec d'autres groupes comme le leur. Ils sont pourtant plusieurs &#224; exister, tel que celui auquel appartiennent notamment Gille et Monique Wittig. Cette derni&#232;re, qui rejoindra Questions f&#233;ministes un an apr&#232;s sa cr&#233;ation, r&#233;dige en mai&#8239;1970 le fameux &#171; Pour un mouvement de lib&#233;ration des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quatre f&#233;ministes signent ce texte, Monique et Gille Wittig, ainsi que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, rebaptis&#233; &#171; Combat pour la lib&#233;ration de la femme &#187; par la r&#233;daction du journal, ainsi que des manifestations organis&#233;es par des femmes &#224; l'universit&#233; de Vincennes, jouent alors le r&#244;le de v&#233;ritables ponts entre les diff&#233;rents groupes. Beaucoup de femmes r&#233;alisent alors pour la premi&#232;re fois qu'elles ne sont pas seules, et les groupes f&#233;ministes jusqu'alors &#233;clat&#233;s commencent &#224; se rassembler. Mais c'est le 26&#8239;ao&#251;t 1970, lors de la fameuse manifestation de l'Arc de Triomphe, &#224; Paris, que le mouvement encore balbutiant va prendre une dimension jusque-l&#224; in&#233;dite. Ce jour-l&#224;, elles sont neuf f&#233;ministes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les neuf manifestantes &#233;taient : Cathy Bernheim, Monique Bourroux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; mener une action symbolique qui va permettre au mouvement d'exister m&#233;diatiquement : munies de quatre banderoles (dont &#171; Un homme sur deux est une femme &#187; et &#171; Il y a plus inconnu encore que le soldat : sa femme &#187;), elles d&#233;posent une imposante gerbe de fleurs sous l'Arc de Triomphe, &#224; la m&#233;moire de la femme du soldat inconnu. Le lendemain, la presse annonce la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'annonce de la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le coq imb&#233;cile perch&#233; sur la Femme, au milieu de sa tr&#232;s nationale basse-cour, semble certes ind&#233;crottable, mais au moins, le mouvement existe m&#233;diatiquement. Il peut, d&#232;s lors, toucher et rassembler de plus en plus de femmes&#8230; ce qu'il fait, d&#232;s le mois de septembre&#8239;1970, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale aux Beaux-Arts &#224; Paris, o&#249; plus d'une centaine de femmes sont pr&#233;sentes. Un an plus tard, le 20&#8239;novembre 1971, elles sont cette fois-ci des milliers &#224; battre le pav&#233;, en scandant des slogans tels que &#171; Les femmes dans la rue, pas dans la cuisine &#187;, &#171; Roul&#233;es par le patron, bais&#233;es &#224; la maison &#187;, &#171; Oui papa, oui ch&#233;ri, oui patron&#8230; Y'en a marre ! &#187;, ou encore r&#233;clamant &#171; La contraception et l'avortement libres et gratuits &#187;. Le mouvement a pris un bel essor et les militantes f&#233;ministes parviennent &#224; pr&#233;sent &#224; faire &#233;merger des probl&#233;matiques jusque-l&#224; maintenues dans le silence. Avec le &#171; Manifeste des 343 &#187;, par exemple, paru le 5&#8239;avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, c'est la question de l'avortement qui est devenue, sous l'impulsion du mouvement f&#233;ministe, un sujet politique &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mettre un pied dans la porte : la cr&#233;ation de la revue (1977)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;labor&#233; dans et par les mouvements de lib&#233;ration des femmes des ann&#233;es 1970, le projet politique des fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes -propose aux femmes un autre horizon que celui du sexe biologique comme unique destin&#233;e ou celui de la r&#233;signation &#224; l'oppression. Ce projet politique ne consiste pas en une r&#233;forme, mais bien en l'abolition du syst&#232;me oppressif. Issues pour la moiti&#233; d'entre elles du f&#233;minisme r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.Pour simplifier, les diff&#233;rents groupes qui existaient peuvent &#234;tre class&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les fondatrices de la revue s'inscrivent clairement dans une perspective radicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Les fondatrices de la revue choisissent alors volontairement de substituer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; laquelle s'ajoute &#233;galement une lecture anti-essentialiste et mat&#233;rialiste. Ainsi, les femmes et les hommes ne sont pas pens&#233;s comme des essences, des cat&#233;gories statiques qui seraient issues de la nature, mais bien comme des cat&#233;gories sociales, fruits de rapports de pouvoir dynamiques, organis&#233;s en syst&#232;me : le syst&#232;me patriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, avec cette revue, de contribuer &#224; d&#233;signer clairement l'oppression, de la mettre cr&#251;ment en lumi&#232;re, de la d&#233;crire dans tous ses aspects, d'en chercher les causes, les m&#233;canismes et les outils pour en sortir. Il s'agit, en somme, de proposer une th&#233;orie de l'oppression des femmes. Mais jusqu'en 1977, cette th&#233;orie est une th&#233;orie sans lieux de d&#233;bat th&#233;orique, ou presque. Les fondatrices de la revue, qui sont pourtant des &#233;crivaines et des chercheures, essuient de nombreux refus de publication, et cela malgr&#233; l'appui ind&#233;fectible de Simone de Beauvoir, devenue en 1977 directrice de publication de la revue. Plus d'une d&#233;cennie apr&#232;s la renaissance du mouvement f&#233;ministe en France, la confiscation de la parole des femmes agit toujours comme une chape de plomb. Comme l'&#233;crit Christine Delphy : &#171; Il ne suffisait pas de refuser la parole aux femmes ; il fallait, pour mieux r&#233;tablir l'ordre, faire parler des hommes sur les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Delphy, &#171; Nos amis et nous. Fondements cach&#233;s de quelques discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Au sein de l'Universit&#233;, comme l'&#233;crit Colette Guillaumin, le constat est en effet navrant : &#171; Une femme cit&#233;e : c'est l'exception ; une femme cit&#233;e avec pr&#233;cision comme les autres auteurs (qui eux sont des hommes et ont droit de nature &#224; toutes les pr&#233;cisions voulues en g&#233;n&#233;ral) : c'est le miracle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Dans ce contexte, l'urgence pour le mouvement f&#233;ministe d'avoir un lieu de d&#233;bat th&#233;orique devient &#233;clatante. Car ne pas investir le d&#233;bat th&#233;orique, c'est laisser le soin &#224; d'autres d'&#233;crire ce qu'est le mouvement f&#233;ministe, ce qu'il cherche, ce qu'il veut ; c'est laisser &#224; d'autres le droit de tracer des limites au f&#233;minisme. C'est laisser &#224; d'autres, enfin, la possibilit&#233; de maintenir dans l'ombre des pans entiers de l'oppression que nous subissons et de faire passer une r&#233;alit&#233; pour la r&#233;alit&#233;. Pour investir le d&#233;bat th&#233;orique, il a donc fallu mettre un pied dans la porte. Il a fallu fonder un lieu &#224; soi. Et quel lieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Questions f&#233;ministes (1977-1980)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tournant les pages de ces num&#233;ros, je suis all&#233;e de surprise en -surprise, r&#233;alisant que les textes qui m'avaient tant marqu&#233;e se trouvaient, pour une grande partie, dans la m&#234;me revue. Je pense par exemple aux &#233;crits de Christine Delphy (&#171; Nos Amis et nous &#187;) et Nicole-Claude Mathieu (&#171; Masculinit&#233;/F&#233;minit&#233; &#187;), parus dans le premier num&#233;ro de la revue, en 1977 ; aux textes de Colette Guillaumin, (&#171; Pratique du Pouvoir et id&#233;e de nature &#187;), publi&#233;s dans les num&#233;ros deux et trois ; aux &#233;crits d'Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le Fait f&#233;minin : et moi ? &#187; (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;5), ou encore, de la m&#234;me auteure, &#171; Sexisme et racisme &#187; et &#171; H&#233;t&#233;rosexualit&#233; et f&#233;minisme &#187;, parus dans le num&#233;ro sept, en 1980. Je pense &#233;galement aux articles de Monique Plaza, &#171; Pouvoir phallomorphique &#187; et &#171; La M&#234;me M&#232;re &#187;, (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1 et&#8239;7), ou enfin &#224; ceux de Monique Wittig, &#171; Un jour mon prince viendra &#187;, &#171; La pens&#233;e straight &#187; et &#171; On ne na&#238;t pas femme &#187; (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;2, 7 et&#8239;8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa fa&#231;on, chacun de ces textes permet &#224; la fois de prendre du recul par rapport &#224; l'id&#233;ologie naturalisante et ses principaux producteurs, mais fournit &#233;galement des cl&#233;s pour penser le sens que nous donnons &#224; notre recherche et &#224; notre engagement f&#233;ministe. Certains d'entre eux sont devenus de v&#233;ritables classiques de la pens&#233;e f&#233;ministe, par leur puissance, leur pouvoir heuristique mais &#233;galement par l'humour dont font preuve leurs auteures. Ainsi, la d&#233;couverte de la revue donne bien souvent lieu &#224; des r&#233;actions &#233;tonn&#233;es : des auteures f&#233;ministes peuvent donc &#234;tre dr&#244;les ! Qu'on s'&#233;tonne encore du fait que des f&#233;ministes puissent avoir de l'humour, alors que c'est un facteur essentiel de notre survie, passons&#8230; car ce qui est r&#233;ellement fascinant, c'est que des chercheures puissent s'en servir dans une revue th&#233;orique s&#233;rieuse, qui plus est sur des sujets graves. Il faut admettre, effectivement, que ce n'est pas habituel. Non que les autres revues soient ennuyeuses, entendons-nous&#8230; mais le moins que l'on puisse dire, c'est que leur lecture ne d&#233;clenche que tr&#232;s rarement de francs &#233;clats de rire. Eh bien, avec Questions f&#233;ministes, on rit. Mais ne nous y trompons pas, l'humour n'a jamais de l&#233;ger que l'apparence. Tr&#232;s souvent utilis&#233; au d&#233;triment des femmes, il permet ici, au contraire, de s'extraire des &#233;vidences naturalistes dans lesquelles nous baignons tout&#183;es, notamment par le recours &#224; l'absurde. L'humour met alors en suspens l'ordre des choses, celui sur lequel, d'habitude, on s'appuie pour rire des femmes et sur les femmes. Avec ces auteures, on rit de ce qui semblait aller de soi, de l'explicitation des impens&#233;s qui sous-tendent les productions scientifiques dominantes&#8230; et dont la seule mise au jour cr&#233;e un effet comique certain. Pour une fois que nos amis les dominants nous font rire, reconnaissons qu'il serait idiot de s'en priver. Comment, en effet, ne pas rire lorsqu'Emmanu&#232;le de Lesseps commente les propos de Freud t&#233;moignant de ses tentatives pour soigner un petit gar&#231;on, Hans, qui se pose des questions sur le sexe de sa m&#232;re et de sa petite s&#339;ur. Freud se propose alors d'expliquer &#224; Hans &#171; que sa m&#232;re et toutes les autres cr&#233;atures f&#233;minines [&#8230;] ne poss&#232;d[ent] pas du tout de fait-pipi &#187;. Freud remarque alors, d&#233;pit&#233;, que le jeune gar&#231;on &#171; se rebell[e] contre ces &#233;claircissements &#187; qui &#171; demeur[ent] sans r&#233;sultats th&#233;rapeutiques &#187;. &#171; On comprend pourquoi ! commente alors Emmanu&#232;le de Lesseps. Comment assimiler tout &#224; la fois ce tissus de propositions contradictoires : 1) les filles font pipi mais n'ont pas de fait-pipi ; 2) la diff&#233;rence entre le sexe f&#233;minin et le sexe masculin consiste dans le fait que le premier n'existe pas. &#187; On ouvre ensuite de grands yeux en lisant la suite des &#233;crits de Freud, cit&#233;s par l'auteure : &#171; Cet int&#233;r&#234;t fait de Hans un investigateur ; il vient ainsi &#224; d&#233;couvrir qu'on peut, d'apr&#232;s la pr&#233;sence ou l'absence de fait-pipi, distinguer le vivant de l'inanim&#233;. &#187; &#171; On en conclut, poursuit Emmanu&#232;le de Lesseps, que les femmes ne sont pas des &#234;tres anim&#233;s ; ou plus exactement : d'un c&#244;t&#233; elles le sont mais de l'autre elles ne le sont pas, puisque d'un c&#244;t&#233; elles ont un sexe mais de l'autre n'en ont pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le fait f&#233;minin : et moi ? &#187;, Questions f&#233;ministes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et cela va sans doute de pair avec la volont&#233; des fondatrices de la revue de ne pas s'adresser qu'&#224; une &#233;lite sociale, &#233;crire le plus simplement possible et avoir recours &#224; l'humour permet de garder un lien avec le mouvement f&#233;ministe, de ne pas s&#233;parer la th&#233;orie du mouvement, de tenter de r&#233;aliser une synth&#232;se entre &#171; r&#233;volte, activisme, analyse et conscience&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, &#171; Femmes et th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; : remarques sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cela participe ind&#233;niablement d'une volont&#233; de &#171; briser &#187; l'&#233;quation &#171; th&#233;orie &#233;quivaut [&#8230;] &#224; herm&#233;tisme&#8194;&#8211;&#8194;comme si le caract&#232;re incompr&#233;hensible d'un texte &#233;tait la preuve de sa &#8220;scientificit&#233;&#8221;, de son &#8220;s&#233;rieux&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Certains articles cependant, ne pr&#234;tent absolument pas &#224; rire. Au fil de la lecture, le parti pris se r&#233;v&#232;le on ne peut plus clairement : d&#233;crire la r&#233;alit&#233; quotidienne de l'oppression des femmes, r&#233;alit&#233; qui n'avait g&#233;n&#233;ralement pas droit de s&#233;jour dans les autres revues, car certainement per&#231;ue comme vulgaire, prosa&#239;que, en un mot ignoble, c'est-&#224;-dire oppos&#233;e &#224; une r&#233;alit&#233; cens&#233;e &#234;tre noble, digne d'int&#233;r&#234;t, sup&#233;rieure. Les huit num&#233;ros abordent ainsi des th&#233;matiques tr&#232;s diverses : mutilations sexuelles, viols, violences, maternit&#233;, virilit&#233;, travail, justice, sexualit&#233;s, m&#233;dias, racisme, prostitution, pornographie,&#8239;etc. L'article intitul&#233; &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, &#233;crit par Jalna Hanmer, est par exemple le premier article en fran&#231;ais &#224; traiter, dans une revue, de la question des violencescontre les femmes. Refusant toute approche individualisante, l'article met au jour &#171; la signification, au niveau social structurel, de la violence des hommes contre les femmes &#187; et se propose de &#171; r&#233;&#233;valuer le r&#244;le de la violence dans les relations entre hommes et femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jalna Hanmer, &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, trad. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il tente &#233;galement de d&#233;finir la violence, en englobant &#171; tous les comportements qui visent &#224; obtenir la soumission&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jalna Hanmer, ibid., p.&#8239;97.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette violence visant &#224; obtenir la soumission, nous la rencontrons justement dans sa forme la plus brute &#224; travers, par exemple, le r&#233;cit que fait Marie-Andr&#233;e Marion de son viol, dans l'article &#171; Viol en proc&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Andr&#233;e Marion, &#171; Viol en proc&#232;s &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;8, mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; du num&#233;ro&#8239;8. Le ph&#233;nom&#232;ne des violences masculines parvient ainsi&#224; &#233;merger, puisque l'indicible donne enfin lieu &#224; un r&#233;cit publi&#233; ; mais &#233;galement parce qu'il commence &#224; &#234;tre analys&#233;, quantifi&#233; et d&#233;fini. Ce sont ainsi des pans entiers d'une r&#233;alit&#233; sociale qui, peu &#224; peu, deviennent visibles et permettent aux chercheures f&#233;ministes de poursuivre des recherches sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces premi&#232;res recherches et r&#233;cits, nous avons pu comprendre l'&#233;tendue des violences contre les femmes, ainsi que leur r&#244;le, longtemps sous-estim&#233;. L'&#233;mergence de ces premi&#232;res recherches a impuls&#233; de v&#233;ritables s&#233;ries de d&#233;voilements en cha&#238;ne quant &#224; ces violences, leurs formes, les lieux o&#249; elles s'exercent et les personnes qui en sont victimes, femmes comme enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder ces th&#233;matiques dans une revue th&#233;orique constitue donc d&#233;j&#224;, en soi, une critique du discours scientifique dominant : ce dernier contribuait &#224; masquer des pans entiers d'une r&#233;alit&#233; sociale, jusque-l&#224; condamn&#233;e &#224; rester dans l'obscurit&#233; de l'espace domestique, de ses chambres &#224; coucher ou, plus g&#233;n&#233;ralement, des lieux o&#249; se trament toutes sortes d'&#171; histoires de bonnes femmes &#187;. Mais la critique produite par les auteures de la revue ne s'arr&#234;te pas l&#224;, elle est &#233;galement tr&#232;s clairement formalis&#233;e dans des articles qui l'abordent frontalement : critiques des discours scientifiques sur les femmes (psychologie, psychanalyse, m&#233;decine, sciences sociales,&#8239;etc.) mais &#233;galement critiques de ces discours qui oublient les femmes, lorsque ces derni&#232;res sont effac&#233;es par &#171; le neutre &#187; ou &#171; le g&#233;n&#233;ral &#187;. Le G&#233;n&#233;ral, vous savez, c'est ce grand bonhomme couvert de m&#233;dailles, moustachu et ventripotent derri&#232;re lequel les femmes disparaissent en permanence ! C'est un gros bonhomme que l'on rencontre, h&#233;las, encore tr&#232;s souvent de nos jours. Lors d'un cours &#224; l'universit&#233;, d'un quelconque colloque ou de la lecture d'un ouvrage scientifique, par exemple, le G&#233;n&#233;ral prend bien souvent toute la place. Et, autant vous le dire tout de suite, le G&#233;n&#233;ral est bien un homme, m&#234;me s'il r&#233;pugne &#224; le dire clairement. Parfois, il se pousse un peu (sans le faire expr&#232;s), permettant alors au chercheur d'apercevoir de toutes petites femmes derri&#232;re lui. &#212; surprise ! Vous avez alors droit &#224; quelques minutes d'anthologie consacr&#233;es &#171; aux femmes &#187; (vous savez, dans le &#171; petit c &#187; du &#171; petit trois &#187; de la &#171; sous-partie quatre &#187;). La parenth&#232;se est alors referm&#233;e rapidement. On dit au revoiraux petites femmes, qui disparaissent &#224; nouveau (et pour combien de temps encore ?) derri&#232;re le G&#233;n&#233;ral. Comme l'&#233;crit Colette Guillaumin dans &#171; De la transparence des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vous vous rappelez &#224; l'&#233;cole ? &#8220;Pousse-toi, ton p&#232;re est pas vitrier ! Tu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, apparemment, &#171; nous sommes toutes des filles de vitri&#232;res &#187;. Oh, &#233;videmment, j'en entends d&#233;j&#224; dire que je suis injuste, et que beaucoup font des efforts, &#224; pr&#233;sent, pour penser aux femmes. Il est vrai qu'&#224; l'Universit&#233;, de nos jours, il existe beaucoup de chercheurs qui, dans leur grande mansu&#233;tude, laissent aux femmes le soin de balayer les quelques r&#233;sidus de genre qui tra&#238;nent dans les recoins de leurs laboratoires, apr&#232;s les grands travaux. Bien entendu, ces chercheurs sont ind&#233;niablement plus sympathiques que ceux qui consid&#232;rent que r&#233;aliser une enqu&#234;te sur une population en en oubliant la moiti&#233; (les femmes), ne constitue qu'un regrettable, certes, mais infime biais m&#233;thodologique&#8230; Ainsi, il est toujours possible de lire encore de nos jours des ouvrages de sociologie suppos&#233;s concerner une population (par exemple &#171; les jeunes &#187; ou &#171; les individus des classes populaires &#187;,&#8239;etc.), qui en r&#233;alit&#233;, ne traitent que d'une partie de cette population : les jeunes hommes ou les hommes de milieux populaires. Le probl&#232;me r&#233;el de cette d&#233;marche n'est pas que l'on travaille sur des hommes, mais bien que l'on pr&#233;sente les analyses qui en d&#233;coulent comme &#233;tant issues d'enqu&#234;tes traitant des jeunes-tout-court ou des milieux-populaires-tout-court. Ce qui est encore plus probl&#233;matique, c'est que ces enqu&#234;tes, effa&#231;ant sans le dire une moiti&#233; de la population, cach&#233;e par l'usage du G&#233;n&#233;ral (les jeunes-tout-court ou les milieux-populaires-tout-court), deviennent de v&#233;ritables classiques pour tout &#233;tudiant. Que dirait-on &#224; un botaniste s'il s'aventurait &#224; &#233;crire un ouvrage sur les l&#233;gumes, et que l'on d&#233;couvrait en le lisant que s'il ne traite en r&#233;alit&#233; que des carottes, &#231;a ne l'emp&#234;che pas d'en conclure que &#171; tous les l&#233;gumes sont de couleur orange, bourr&#233;s de b&#234;ta-carot&#232;neet surmont&#233;s de fanes &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Re-conna&#238;tre Questions f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu esp&#233;rer que les choses aient r&#233;ellement chang&#233; en trente-cinq ans, au point qu'il soit devenu actuellement impossible de balayer, &#224; l'Universit&#233; comme ailleurs, la moiti&#233; de la population d'un revers de main. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Certes, il existe une recherche f&#233;ministe (ou sur le genre) en France&#8230; mais, au regard des autres pays, quelle place y occupe-t-elle ? Pour ne prendre que l'exemple des recherches sur les violences contre les femmes, comme le remarque Christelle Hamel, la France fait visiblement preuve d'une v&#233;ritable &#171; volont&#233; de ne pas savoir &#187;. Ainsi, &#233;crit-elle : &#171; Le Qu&#233;bec compte &#224; peine huit millions de personnes et ce sont [donc] plus de quarante-neuf enseignant&#183;es/chercheur&#183;es qui &#233;tudient &#224; plein-temps le ph&#233;nom&#232;ne des violences faites aux femmes, ainsi que trente-six &#233;tudiant&#183;es en doctorat et deux post-doctorant&#183;es financ&#233;s. En France, o&#249; l'on compte pr&#232;s de 64&#8239;millions d'habitants, soit huit fois plus qu'au Qu&#233;bec, il n'existe aucun centre de recherche sur les violences faites aux femmes et les chercheur&#183;es qui travaillent sur ce sujet se comptent sur les doigts de la main&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Christelle Hamel, &#171; Violences faites aux femmes : la volont&#233; de ne pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En France, les femmes victimes de violences restent quasi invisibles. Et lorsqu'on &#233;voque cette question, il y a toujours un&#183;e chercheur&#183;e, un&#183;e politique ou un&#183;e journaliste pour r&#233;pliquer qu'il faut &#171; cesser de victimiser les femmes &#187; ou nous expliquer que la violence, en r&#233;alit&#233;, ce n'est pas vraiment de la violence, mais une forme de s&#233;duction bien de chez nous. Cette v&#233;ritable volont&#233; politique de ne pas voir et de ne pas savoir, en France, a donc litt&#233;ralement brim&#233; la recherche f&#233;ministe, ne serait-ce que sur ces questions. Bien &#233;videmment, et fort heureusement, nous en savons plus aujourd'hui, tant qualitativement que quantitativement &#224; ce sujet, et cela gr&#226;ce notamment aux chercheur&#183;es &#233;trang&#232;r&#183;es et &#224; celles et ceux qui, en France, ont t&#233;moign&#233; d'une volont&#233; de savoir. Mais il n'en reste pas moins qu'en France, travailler sur ces probl&#233;matiques de violences aux c&#244;t&#233;s des associations et en tant qu'universitaire, c'est, comme l'&#233;crit Christelle Hamel, &#171; s'exposer &#224; l'accusation de &#8220;militantisme&#8221;, utilis&#233;e pour discr&#233;diter les recherches f&#233;ministes (ou sur le genre) en les excluant du domaine de la &#8220;scientificit&#233;&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Nous en sommes toujours l&#224;. Alors, &#224; la lecture de Questions f&#233;ministes, nous sommes oblig&#233;&#183;es de faire ce terrible constat : leurs critiques sont, plus de trente-cinq ans apr&#232;s, encore et toujours d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pourtant, h&#233;las, encore trop souvent devoir faire preuve d'une grande curiosit&#233; lors d'un parcours universitaire, en 2012, pour d&#233;couvrir les auteures que vous allez lire dans cet ouvrage. Il faut encore trop souvent les d&#233;couvrir seul&#183;es, parfois par hasard, car il est toujours possible de passer des ann&#233;es &#224; l'Universit&#233; fran&#231;aise sans les lire, ou pire, sans m&#234;me entendre leurs noms. Pourtant, il s'agit d'une revue internationale et pionni&#232;re en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;&#233;dition des huit num&#233;ros de la revue intervient donc comme une piq&#251;re de rappel et une occasion de renouer avec notre histoire. Cette lecture, c'est la possibilit&#233; pour nous, qui sommes n&#233;es en m&#234;me temps que cette revue et avons aujourd'hui une trentaine d'ann&#233;es, de nous saisir des armes qu'ont forg&#233;es nos a&#238;n&#233;es. Mais il y a un pr&#233;alable &#224; cela, car on ne se saisit pas d'armes sans savoir qu'en faire. Sommes-nous toujours d'accord avec les buts que visaient les fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes ? Car elles ne visaient rien de moins que la destruction du syst&#232;me de genre. Cela nous semble-t-il toujours envisageable ou souhaitable actuellement ? Car l'entreprise est v&#233;ritablement radicale : il ne s'agit pas de chercher une potion magique pour rendre la r&#233;alit&#233; acceptable ou l'am&#233;nager au mieux, car on n'am&#233;nage pas l'oppression et on ne n&#233;gocie pas avec l'oppresseur. Pour supprimer la hi&#233;rarchie entre les sexes, il faut d&#233;truire la diff&#233;rence des sexes, et non la brandir telle une arme, comme le font de nombreuses femmes, sans s'apercevoir que le canon est en r&#233;alit&#233; tourn&#233; vers elles. Il faut d&#233;truire la diff&#233;rence des sexes, car tenter de &#171; jouer avec &#187;, ainsi que certaines femmes le pr&#244;nent aujourd'hui (&#171; jouer avec les st&#233;r&#233;otypes &#187;), revient &#224; croire que les individus peuvent prendre leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des structures sociales, ce qui est impossible. Il ne s'agit donc pas de coller un coup de barbouille sur un vieux mur, de faire comme s'il n'existait pas ou de s'amuser &#224; tourner autour. Il s'agit de casser ce mur, de &#171; forcer le si&#232;ge &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais sommes-nous pr&#234;tes &#224; cette radicalit&#233; et &#224; l'ampleur de cette critique, nous qui avons grandi en suivant un train-train &#224; peine perturb&#233; par de petites r&#233;voltes rapidement &#233;touff&#233;es par quelques politiques-rustines ? Nous qui avons grandi &#224; une &#233;poque o&#249; les rapports de forces et les classes sociales sont cens&#233;s avoir disparu, une &#233;poque o&#249; on ne parle plus d'int&#233;r&#234;ts antagonistes mais de points de vue en &#233;volution, de n&#233;gociations, d'ajustements &#224; trouver ; une &#233;poque o&#249; se penser collectivement est devenu de plus en plus difficile. Sommes-nous pr&#234;tes &#224; prendre la mesure du projet politique propos&#233; par les fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes, nous qui avons grandi avec le sentiment d'&#234;tre des &#171; presque-&#233;gales &#187; ? Car pour avoir envie de contester une oppression, encore faut-il avoir le sentiment d'&#234;tre opprim&#233;e. Avons-nous ce sentiment ? Cela n'a rien &#224; voir avec l'oppression r&#233;elle que nous subissons, car nous la subissons, mais avec la mani&#232;re dont nous l'identifions. Identifier son oppression est une chose terriblement difficile. Cela n&#233;cessite de renoncer &#224; une croyance rassurante, selon laquelle nous serions sorties d'affaire, ou presque. Cela n&#233;cessite d'&#234;tre attentives &#224; ce que nous vivons, et exigeantes pour nous-m&#234;mes : cela requiert d'apprendre &#224; ne plus nous contenter de ce que l'on veut bien nous laisser, une presque-&#233;galit&#233;, des presque-choix, une presque-libert&#233;. Car certes, la libert&#233; surveill&#233;e, c'est bien mieux que la prison, mais si rien ne justifiait la prison avant, qu'est-ce qui &#224; pr&#233;sent justifierait notre libert&#233; surveill&#233;e ? Et au nom de quoi devrions-nous l'accepter ? Au nom de quoi devrions-nous accepter de vivre avec ce fil &#224; la patte ? Ce fil qui vous entrave, c'est votre f&#233;minit&#233;, nous r&#233;pond-on, portez-le donc avec gr&#226;ce, comme votre sac &#224; main&#8230; et s'il vous pose un probl&#232;me, c'est que vous avez un probl&#232;me. C'est ainsi qu'on enferme &#224; nouveau les femmes, en les persuadant que si elles sont malheureuses ce n'est pas &#224; cause de la domination qu'elles subissent, mais bien parce qu'elles ont, individuellement, un probl&#232;me. Voil&#224; comment on fait croire &#224; des millions de femmes qui se posent les m&#234;mes questions, qu'elles sont seules &#224; se les poser. Voil&#224; comment on leur fait croire qu'elles ont des probl&#232;mes personnels &#224; r&#233;soudre &#233;ventuellement avec un&#183;e psy, ou dans les pages d'un livre de d&#233;veloppement personnel, alors qu'elles ont les probl&#232;mes que le patriarcat pose &#224; la moiti&#233; de la population du globe. C'est bien contre cet isolement et cette individualisation que le mouvement f&#233;ministe a lutt&#233;. C'est pourtant &#224; cette situation d'isolement, d'individualisation des probl&#232;mes et de pathologisation des souffrances psychologiques des femmes que l'on est revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, j'ai moi-m&#234;me rem&#226;ch&#233; ce qui n'&#233;tait qu'une impression floue, une petite voix en moi murmurant : &#171; Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond. &#187; Dans le milieu scolaire, dans ma famille, dans mon couple, en allumant la t&#233;l&#233;vision, la radio, en lisant les journaux, je ressentais une g&#234;ne qui ne parvenait pas &#224; s'exprimer. J'avan&#231;ais avec la d&#233;sagr&#233;able impression d'avoir un caillou dans ma chaussure sans parvenir &#224; le trouver pour l'en extirper. Ce que je dois aux chercheures et militantes f&#233;ministes dont vous allez lire les textes est difficile &#224; exprimer, car non seulement leurs textes ont dessill&#233; mes yeux, mais plus encore, j'ai eu le sentiment en les lisant, de ne plus &#234;tre seule. Ces &#233;crits ont eu un tel &#233;cho en moi, je me les suis si rapidement appropri&#233;s, que je ne parviens plus &#224; me souvenir de la fa&#231;on dont je pensais le monde social avant de les lire. C'est ce qui arrive lorsque l'on d&#233;couvre des analyses permettant r&#233;ellement de subvertir un ordre des choses qui, auparavant, nous paraissait naturel et in&#233;branlable. Or, me semble-t-il, c'est pr&#233;cis&#233;ment de cela dont nous avons besoin aujourd'hui : comprendre que l'histoire n'est pas finie et que ce qui nous semble immuable ne l'est aucunement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sabine Lambert est militante f&#233;ministe, &#233;tudiante en sociologie &#224; l'universit&#233; de Poitiers et membre du comit&#233; de r&#233;daction de la revue Nouvelles Questions F&#233;ministes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je pense notamment &#224; la documentariste f&#233;ministe Carole Roussopoulos (1945-2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Delphy, &#171; Lib&#233;ration des femmes An X &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;7, f&#233;vrier&#8239;1980, voir dans ce volume, p.&#8239;787. Article &#233;galement publi&#233; dans Christine Delphy, Un universalisme si particulier. F&#233;minisme et exception fran&#231;aise, Paris, Syllepse, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quatre f&#233;ministes signent ce texte, Monique et Gille Wittig, ainsi que Marcia Rothenburg et Margaret Stephenson, le reste de leur groupe refusant de s'y associer. Voir Christine Delphy, &#171; Les origines du Mouvement de lib&#233;ration des femmes en France &#187;, Nouvelles Questions F&#233;ministes, n&#176;&#8239;16-17-18, 1991, p.&#8239;140.}} &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parution de cet article dans L'Idiot international[[.L'Idiot International, journal pamphl&#233;taire cr&#233;e en 1969, cr&#233;&#233; par Jean-Edern Hallier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les neuf manifestantes &#233;taient : Cathy Bernheim, Monique Bourroux, Fr&#233;d&#233;rique Daber, Christine Delphy, Emmanu&#232;le de Lesseps, Christiane Rochefort, Janine Sert, Monique Wittig, Anne Zelensky. Voir Christine Delphy, ibid., p.&#8239;143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'annonce de la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise &#187; para&#238;t dans L'Aurore et Le Figaro. Voir Christine Delphy, ibid., p.&#8239;143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;.Pour simplifier, les diff&#233;rents groupes qui existaient peuvent &#234;tre class&#233;s en trois grandes tendances : la tendance dite &#171; lutte des classes &#187; (pr&#244;nant la priorit&#233; de lalutte des classes sur la lutte des femmes), la tendance &#171; diff&#233;rentialiste &#187; ou &#171; essentialiste &#187; (postulant une diff&#233;rence de nature entre les sexes), et enfin, les &#171; f&#233;ministes r&#233;volutionnaires &#187;, dont sont issues plusieurs des fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes (Christine Delphy, Emmanu&#232;le de Lesseps et Monique Wittig).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Les fondatrices de la revue choisissent alors volontairement de substituer au terme &#171; f&#233;minisme r&#233;volutionnaire &#187; celui de &#171; f&#233;minisme radical &#187;, afin de ne pas s'approprier les actions et r&#233;flexions des groupes &#171; f&#233;ministes r&#233;volutionnaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Delphy, &#171; Nos amis et nous. Fondements cach&#233;s de quelques discours pseudo-f&#233;ministes &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, p.&#8239;43 (les paginations indiqu&#233;es pour Questions f&#233;ministes sont celles du pr&#233;sent volume).}}. &#187; Les hommes parlent alors &#171; doublement &#224; notre place &#187;, &#233;crit-elle, ils parlent de nous, les femmes, et le font depuis des &#171; lieux d'o&#249; nous sommes proscrites[[Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des filles de vitri&#232;res &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;4, novembre&#8239;1978, p.&#8239;456.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le fait f&#233;minin : et moi ? &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;5, f&#233;vrier&#8239;1979, p.&#8239;528.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &#171; Femmes et th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; : remarques sur les effets th&#233;oriques de la col&#232;re des opprim&#233;es &#187;, Sociologie et Soci&#233;t&#233;s, vol. 13, n&#176;&#8239;2, 1981, p.&#8239;19-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jalna Hanmer, &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, trad. de l'anglais, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jalna Hanmer, ibid., p.&#8239;97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Andr&#233;e Marion, &#171; Viol en proc&#232;s &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;8, mai&#8239;1980, p.&#8239;966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vous vous rappelez &#224; l'&#233;cole ? &#8220;Pousse-toi, ton p&#232;re est pas vitrier ! Tu me caches la vue.&#8221; Eh bien si, apparemment nous avons &#233;t&#233; engendr&#233;es par des vitri&#232;res, transparentes nous sommes : on nous voit &#224; travers, on pourrait m&#234;me dire qu'on ne nous voit pas du tout &#187;, Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des filles de vitri&#232;re &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;4, novembre&#8239;1978, p.&#8239;456.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Christelle Hamel, &#171; Violences faites aux femmes : la volont&#233; de ne pas savoir &#187;, in Christine Delphy (coord.), Un troussage de domestique, Paris, Syllepse, 2011, p.&#8239;92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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