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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les dangers d'une judiciarisation de la gr&#232;ve : une d&#233;mocratie en p&#233;ril</title>
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		<dc:date>2012-04-28T10:32:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vanessa Pelland</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes &#233;tudiantes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-04-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le vendredi 20 avril, la Cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec a statu&#233;, par l'entremise du juge Jean-Guy Dubois, sur une requ&#234;te introductive en mandamus ordonnant &#224; la d&#233;fenderesse, le c&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu, d'offrir tous les cours de l'enseignement r&#233;gulier. Il invoque le respect la Loi sur les coll&#232;ges d'enseignement. Le jugement interdit &#224; toute personne de manifester sur le campus du c&#233;gep et pr&#233;cise que toute personne inform&#233;e du mandamus en question qui commettrait un geste allant &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-04-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-04-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le vendredi 20 avril, la Cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec a statu&#233;, par l'entremise du juge Jean-Guy Dubois, sur une requ&#234;te introductive en mandamus ordonnant &#224; la d&#233;fenderesse, le c&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu, d'offrir tous les cours de l'enseignement r&#233;gulier. Il invoque le respect la Loi sur les coll&#232;ges d'enseignement. Le jugement interdit &#224; toute personne de manifester sur le campus du c&#233;gep et pr&#233;cise que toute personne inform&#233;e du mandamus en question qui commettrait un geste allant &#224; l'encontre de l'ordonnance pourrait &#234;tre reconnue coupable d'outrage au tribunal. Ce mandamus est d'une importance capitale dans le conflit opposant les &#233;tudiants gr&#233;vistes et le gouvernement. Ses dangers sont &#233;normes pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La judiciarisation de la gr&#232;ve : le mandamus du c&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu va plus loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement va sensiblement plus loin dans la judiciarisation du conflit parce qu'il contourne les &#233;cueils auxquels se sont but&#233;es les injonctions ant&#233;rieures. Nous pouvons donc supposer que ce mandamus fera jurisprudence. Les libert&#233;s d'expression, d'association et de manifestation de la majorit&#233;, qui pourraient servir d'argument contre la reprise des cours, sont compl&#232;tement ali&#233;n&#233;es au profit de la libert&#233; du demandeur. Elles deviennent m&#234;me condamnables ! Ainsi, les libert&#233;s d'un seul individu sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant plus importantes que celles des 4000 autres personnes rattach&#233;es au c&#233;gep (&#233;tudiants, enseignants et autres employ&#233;s). Il est alarmant de noter que notre gouvernement fait la sourde oreille aux demandes de pr&#232;s de 180 000 &#233;tudiants, qui sont toujours solidaires apr&#232;s plusieurs semaines de gr&#232;ve. Ils sont de surcro&#238;t appuy&#233;s par leurs syndicats enseignants et par les grandes centrales syndicales. Le port du carr&#233; rouge est d'ailleurs un ph&#233;nom&#232;ne de soci&#233;t&#233; qu'il serait difficile d'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inacceptable que les &#233;tudiants, les enseignants, le personnel de la Direction ainsi que les employeurs et parents subissent les cons&#233;quences de cette attitude de fermeture. Le gouvernement ignore ainsi un mouvement de revendications sociales des plus l&#233;gitimes. Par suite de l'inaction gouvernementale, les tribunaux sont sollicit&#233;s pour r&#233;gler le conflit. Pourtant, il semble que les injonctions aient jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;t&#233; un &#233;chec complet. Non seulement les &#233;tudiants ne sont-ils pas en classe, mais aussi les positions se radicalisent, ce qui entra&#238;ne une escalade de violence. Lorsque nous sommes confront&#233;s &#224; des jugements dans lesquels les droits individuels l'emportent sur les droits collectifs, la r&#233;pression polici&#232;re semble constituer l'ultime recours pour assurer la pr&#233;s&#233;ance des droits individuels, ce que nous d&#233;plorons, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut facilement s'imaginer que devant les portes du c&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu, les policiers seraient nombreux le matin d'un retour forc&#233;. Comment assurer le respect des ordonnances du mandamus interdisant &#224; toute personne de manifester et de s'opposer au jugement sans une pr&#233;sence polici&#232;re muscl&#233;e ? Comment assurer la s&#233;curit&#233; de tous les individus sans utilisation de la force ? Encore plus grave est le fait que le gouvernement fasse porter la responsabilit&#233; de la violence aux &#233;tudiants, alors qu'il est lui-m&#234;me l'instigateur de la r&#233;pression. Encore plus choquant est le fait que le gouvernement se r&#233;fugie derri&#232;re ce discours pour rendre ill&#233;gitime la d&#233;marche des &#233;tudiants et justifie ainsi l'impasse actelle des n&#233;gociations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pr&#233;occupations enseignantes ignor&#233;es dans le mandamus &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;tonnant de constater, &#224; la lecture du jugement, que la d&#233;fenderesse, en l'occurrence la Direction du c&#233;gep, n'a pas contest&#233; la requ&#234;te du demandeur et qu'elle n'a pas d'objection &#224; consentir aux conclusions du demandeur. Probablement qu'elle ne peut s'opposer &#224; la Loi r&#233;gissant les coll&#232;ges. C'est pour nous un manque de respect &#224; l'&#233;gard d'un des principes fondamentaux qui r&#233;gissent notre soci&#233;t&#233; : la d&#233;mocratie. Ne pas reconna&#238;tre un vote d&#233;mocratique de gr&#232;ve et encourager des restrictions qui trahissent l'essence de l'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; est pour nous inacceptable, d'autant plus que ce manque de discernement est incompatible avec la formation fondamentale du c&#233;gep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le plaidoyer de sa d&#233;fense, la Direction souhaite que soient ajout&#233;es des ordonnances permettant d'assurer que les cours reprennent, ce qui a eu pour effet d'interdire toute forme de manifestation bruyante ou causant de l'obstruction sur le campus. Le jugement semble m&#234;me indiquer qu'il est interdit d'appuyer, d'encourager ou de soutenir, de quelque fa&#231;on que ce soit, tout acte de soutien &#224; ce type de manifestation. Cette situation place les enseignants dans l'embarras puisque leur libert&#233; d'opinion et d'expression est alors bafou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;branle davantage certains enseignants, c'est que la d&#233;fenderesse a demand&#233; des ordonnances pour emp&#234;cher toute perturbation de l'enseignement. Le mandamus stipule que les enseignants sont oblig&#233;s de donner leurs cours, peu importe le contexte. Plusieurs enseignants sont boulevers&#233;s &#224; l'id&#233;e d'enseigner sous escorte polici&#232;re. Ils sont angoiss&#233;s de franchir les lignes de piquetage, d'autant plus qu'en adoptant un tel comportement, ils trahiraient, selon eux, leurs &#233;tudiants. Il est important de rappeler que le Syndicat des enseignantes et enseignants appuie les &#233;tudiants dans leurs revendications et a affirm&#233; respecter le vote d&#233;mocratique de leur assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment enseigner dans un tel contexte ? Un retour en classe sous pression judiciaire et probablement polici&#232;re est incompatible avec un climat p&#233;dagogique favorable. Pour plusieurs enseignants, il semble qu'un retour en classe propice &#224; l'apprentissage ne peut &#234;tre possible que si l'on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; du vote d&#233;mocratique des &#233;tudiants. Il revient &#224; l'enseignant de veiller au climat harmonieux de la classe en ne compromettant pas la s&#233;curit&#233; et qu'il se doit d'enseigner, peu importe le nombre d'&#233;tudiants pr&#233;sents. L'enseignant doit assumer l'irresponsabilit&#233; du gouvernement ? Nous affirmons que de telles consignes placent les enseignants dans une situation insupportable et d&#233;non&#231;ons encore une fois la judiciarisation du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement a provoqu&#233; un profond m&#233;contentement autant pour les &#233;tudiants que les enseignants qui se sentent trahis par le gouvernement et par leurs administrateurs. La Direction du c&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu avait tent&#233; un retour forc&#233; en classe le 16 avril, cette d&#233;cision s'est sold&#233;e par un &#233;chec pour des raisons de s&#233;curit&#233;. Une seconde tentative de reprendre les cours le 24 avril, m&#234;me appuy&#233; d'une ordonnance de la Cour, n'a pas r&#233;ussi. Ces mauvaises d&#233;cisions et ce qu'elles impliquent pour le corps professoral ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es en assembl&#233;e syndicale des enseignants. Ses membres ont finalement adopt&#233; une r&#233;solution exigeant la d&#233;mission de la Directrice g&#233;n&#233;rale. Il est d&#233;plorable de constater que le lien de confiance unissant la communaut&#233; coll&#233;giale s'effrite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprendrez que nous ne nous opposons aucunement &#224; la reprise des cours en soi ; nous nous opposons plut&#244;t au non-respect du vote d&#233;mocratique, &#224; l'irresponsabilit&#233; du gouvernement et surtout &#224; la judiciarisation du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vanessa Pelland,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseignante de sciences politiques,&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;gep Saint-Jean-sur-Richelieu,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre des Profs contre la hausse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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