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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>France-d&#233;bat. &#171; L'indispensable &#171; Tous ensemble &#187; et les obstacles sur son chemin</title>
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		<dc:creator>Jean-Philippe Div&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-04-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 20 - avril - 2018b |Article publi&#233; le 18 avril 2018 sur le site du NPA &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les premi&#232;res journ&#233;es de gr&#232;ve des cheminots ont &#233;t&#233; des succ&#232;s, paralysant largement le transport ferroviaire, la conflictualit&#233; touche d'une mani&#232;re ou d'une autre de nombreux autres secteurs, du public comme du priv&#233; (fonction publique d'Etat, fili&#232;re d&#233;chets, &#233;nergie, Air France, Carrefour, Ford Blanquefort, h&#244;pitaux, Ehpad, postiers&#8230;), sans oublier les universit&#233;s o&#249; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-04-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-04-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton34538-f45d2.png?1781377322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 20 - avril - 2018b |Article publi&#233; le 18 avril 2018 sur le site du NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les premi&#232;res journ&#233;es de gr&#232;ve des cheminots ont &#233;t&#233; des succ&#232;s, paralysant largement le transport ferroviaire, la conflictualit&#233; touche d'une mani&#232;re ou d'une autre de nombreux autres secteurs, du public comme du priv&#233; (fonction publique d'Etat, fili&#232;re d&#233;chets, &#233;nergie, Air France, Carrefour, Ford Blanquefort, h&#244;pitaux, Ehpad, postiers&#8230;), sans oublier les universit&#233;s o&#249; la mobilisation des &#233;tudiants et des personnels se d&#233;veloppe, ni les retrait&#233;s dont beaucoup, apr&#232;s leurs grandes manifestations du 15 mars, viennent renforcer les cort&#232;ges des salari&#233;s en lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant le gouvernement, tout comme les patrons et directions d'entreprises, campent fermement sur leurs positions. Au grand dam des directions syndicales, ils n'offrent que des simulacres de &#171; n&#233;gociation &#187;. Jamais il n'a &#233;t&#233; aussi clair que pour faire aboutir les revendications des mouvements en cours (rejet des contre-r&#233;formes, salaires, retraites, conditions de travail, statut, service public, acc&#232;s &#224; l'universit&#233;&#8230;), la lutte secteur par secteur, entreprise par entreprise ne peut suffire. Les revendications sont diverses mais l'ennemi est commun. Divis&#233;s, &#233;parpill&#233;s chacun dans son coin, aucun de nous ne sera en mesure de gagner. Unis dans un grand &#171; Tous ensemble &#187;, nous pouvons mettre un coup d'arr&#234;t &#224; l'offensive macronienne et commencer &#224; imposer nos exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, ce ne sera ni simple ni facile. Plusieurs obstacles, qu'il est n&#233;cessaire d'identifier, se dressent sur la voie de la g&#233;n&#233;ralisation et de l'unification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, m&#234;me si le n&#233;olib&#233;ralisme que le gouvernement porte en &#233;tendard ne parvient pas &#224; imposer son h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique dans la majorit&#233; de la population, les d&#233;faites et reculs du pass&#233; p&#232;sent. Les divisions sont ainsi &#233;videntes au sein de la classe des salari&#233;s, entre ceux et celles qui conservent encore certains acquis et les autres, d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;s et corv&#233;ables &#224; merci, ceux et celles qui sont attaqu&#233;s et d'autres qui esp&#232;rent passer entre les gouttes. L'affaiblissement des traditions collectives de lutte et d'organisation, au profit de la recherche de solutions individuelles, est une r&#233;alit&#233;. Cette situation est illustr&#233;e par les sondages qui montrent, &#224; la fois, le rejet croissant du macronisme au sein des classes populaires et la difficult&#233; &#224; r&#233;unir un soutien majoritaire &#224; la gr&#232;ve des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement et le patronat, puissamment aid&#233;s de leur appareil m&#233;diatique, en jouent &#224; fond pour tenter d'isoler et discr&#233;diter les secteurs en pointe de la lutte. A cela se combine une politique de r&#233;pression que l'on a rarement vu se d&#233;velopper &#224; un tel niveau &#8211; de l'offensive quasi militaire contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu'aux expulsions violentes d'universit&#233;s occup&#233;es, en passant par les pers&#233;cutions de syndicalistes comme celle dont notre camarade Ga&#235;l Quirante est victime, sans parler du traitement toujours plus inhumain r&#233;serv&#233; aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La politique de la majorit&#233; des directions syndicales, qui ne se r&#233;signent pas &#224; abandonner leurs illusions dans le &#171; dialogue social &#187; et &#224; engager l'indispensable &#233;preuve de force, continue de tirer en arri&#232;re. C'est le cas avec la forme de gr&#232;ve &#171; perl&#233;e &#187; impos&#233;e &#224; la SNCF pour suivre le calendrier des pr&#233;tendues n&#233;gociations avec le pouvoir. Et que penser des organisations de la fonction publique qui, apr&#232;s la gr&#232;ve assez r&#233;ussie du 22 mars, repoussent l'appel &#224; une nouvelle journ&#233;e au&#8230; 22 mai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix des partis politiques qui se situent dans le camp du mouvement ont &#233;galement des r&#233;percussions. Comment &#224; ce sujet ne pas &#234;tre dubitatif devant l'appel de la France insoumise &#224; une manifestation nationale le 5 mai, lanc&#233; sans concertation avec personne et sans lien avec le d&#233;veloppement r&#233;el de la mobilisation sociale ? Alors qu'&#224; l'&#233;vidence le 1er Mai prendra cette ann&#233;e une signification toute particuli&#232;re ? D'autant que cet appel se double de l'intention de cr&#233;er &#171; partout en France &#187; des &#171; comit&#233;s du 5 mai &#187;, au moment m&#234;me o&#249; des collectifs unitaires de d&#233;fense du service public commencent &#224; se former dans une s&#233;rie de villes et quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res initiatives, qui reprennent une exp&#233;rience positive du mouvement de 2003, peuvent en revanche s'av&#233;rer tr&#232;s utiles : avec toutes les organisations qui le souhaitent, que l'on appartienne ou non &#224; un parti, un syndicat, une association, se regrouper pour soutenir concr&#232;tement les gr&#232;ves et mobilisations en cours, les populariser, contrer la propagande gouvernementale &#8211; et pourquoi pas, d&#233;cider de manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel se joue bien s&#251;r dans et &#224; partir des mouvements d&#233;j&#224; engag&#233;s : l'extension et la g&#233;n&#233;ralisation, l'auto-organisation, l'unification &#8211; comme on en voit les premi&#232;res expressions dans les facs occup&#233;es et les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de cheminots &#8211; sont les t&#226;ches de l'heure. Macron et ses ministres r&#233;p&#232;tent sur tous les tons qu'ils &#171; ne croient pas &#224; la convergence des luttes &#187;. Tout l'enjeu est maintenant de leur donner tort. ()&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui se passe et se joue au Venezuela</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ce-qui-se-passe-et-se-joue-au-Venezuela</link>
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		<dc:date>2017-09-26T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Philippe Div&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une crise &#233;conomique et sociale abyssale&#8230; La nette victoire (par 56 % contre 41 %) aux &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2015 d'une droite revancharde et pro-US&#8230; Le refus du gouvernement Maduro de reconna&#238;tre sa d&#233;faite, tout comme de convoquer le r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire dont la tenue &#233;tait de droit aux termes de la Constitution en vigueur&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Samedi 9 septembre 2017 |Revue L'Anticapitaliste n&#176;90 (septembre 2017) &lt;br class='autobr' /&gt;
La riposte de la droite dans la rue, d&#233;bouchant sur des affrontements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton31929-b1a5f.png?1781377322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une crise &#233;conomique et sociale abyssale&#8230; La nette victoire (par 56 % contre 41 %) aux &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2015 d'une droite revancharde et pro-US&#8230; Le refus du gouvernement Maduro de reconna&#238;tre sa d&#233;faite, tout comme de convoquer le r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire dont la tenue &#233;tait de droit aux termes de la Constitution en vigueur&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 9 septembre 2017 |Revue L'Anticapitaliste n&#176;90 (septembre 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte de la droite dans la rue, d&#233;bouchant sur des affrontements sanglants&#8230; Une &#233;volution du r&#233;gime de plus en plus autoritaire, jusqu'&#224; ses &#233;lections truqu&#233;es &#224; une pseudo &#171; assembl&#233;e constituante &#187;&#8230; Et pour couronner le tout, Trump qui prof&#232;re maintenant des menaces d'intervention militaire. Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maduro n'est pas Ch&#225;vez, il n'a ni son habilet&#233; ni sa capacit&#233; de direction, encore moins son charisme. Et alors que le pr&#233;sident en exercice poursuit une fuite en avant de plus en plus autoritaire, on se rappelle que Ch&#225;vez respectait les r&#232;gles d&#233;mocratiques qu'il avait lui-m&#234;me instaur&#233;es. C'est ainsi qu'il avait accept&#233; de passer, en ao&#251;t 2004, par l'&#233;preuve du r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire1 &#8211; qu'avec 59 % des voix il avait remport&#233; haut la main &#8211;, puis s'&#233;tait inclin&#233; devant le r&#233;sultat contraire (par 51 % contre 49 %) du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel qu'il avait organis&#233;, en d&#233;cembre 2007, dans le but de pouvoir se repr&#233;senter &#224; plusieurs nouveaux mandats cons&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extractivisme et d&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant dans la gestion de Ch&#225;vez (mort d'un cancer en 2013) qu'il faut rechercher les causes profondes des tr&#232;s graves probl&#232;mes auxquels le pays se trouve aujourd'hui confront&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des autres pays d'Am&#233;rique du Sud, le Venezuela a b&#233;n&#233;fici&#233; pendant plus de dix ans de la tendance &#224; la hausse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, port&#233;e par une forte demande des pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, en premier lieu la Chine ; dans son cas, la hausse des prix du p&#233;trole qui repr&#233;sente plus de 90 % de ses exportations et pr&#232;s de la moiti&#233; de ses recettes fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#225;vez en a profit&#233; pour redistribuer aux classes populaires une partie des b&#233;n&#233;fices, sous forme d'augmentations des salaires et de d&#233;veloppement des prestations sociales &#224; travers les &#171; missions &#187; organis&#233;es par les autorit&#233;s dans les domaines de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, du logement, de la nutrition, etc. Le niveau de vie a alors nettement progress&#233;. Mais cette prosp&#233;rit&#233; s'est d&#233;finitivement achev&#233;e &#224; la mi-2014, avec le retournement brutal des cours qui s'est alors engag&#233;. Cela a conduit &#224; une forte chute du PIB, qui atteint d&#233;sormais 35 % par rapport &#224; 2013 &#8211; un niveau d&#233;passant ceux de la Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage, qui &#233;tait tomb&#233; officiellement &#224; moins de 10 %, touche d&#233;sormais plus de 25 % de la population, tandis que l'inflation progresse &#224; un rythme annuel de plus de 1000 %. Pour &#233;quilibrer les comptes publics, le gouvernement a de nouveau emprunt&#233; &#224; grande &#233;chelle sur les march&#233;s financiers. La dette et ses int&#233;r&#234;ts ont explos&#233;, ce qui l'a amen&#233; &#224; op&#233;rer des coupes drastiques dans les indispensables importations d'aliments, de m&#233;dicaments et autres produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. La pauvret&#233; et la malnutrition sont reparties spectaculairement &#224; la hausse &#8211; en trois ans, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont perdu en moyenne&#8230; plus de huit kilos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me central est que le r&#233;gime chaviste &#8211; sous Ch&#225;vez comme sous Maduro &#8211; s'est en fait content&#233; de rester assis sur la rente p&#233;troli&#232;re. Comme l'a relev&#233; le marxiste britannique Michael Roberts, &#171; entre 1999 et 2012, le p&#233;trole a apport&#233; &#224; l'&#233;tat un revenu de 383 milliards de dollars (&#8230;) Mais ce revenu n'a pas &#233;t&#233; utilis&#233; pour transformer les secteurs productifs de l'&#233;conomie. Une partie a servi &#224; relever le niveau de vie des secteurs les plus pauvres, mais il n'y a eu aucun plan d'investissement et de croissance (&#8230;) Au contraire, la part de l'industrie dans le PIB a chut&#233; de 18 % en 1998 &#224; 14 % en 2012. &#187; Et la situation de d&#233;pendance alimentaire (le pays devant importer l'essentiel de sa nourriture) s'est &#233;galement aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bolibourgeoisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, tous ces milliards n'ont pas servi uniquement &#224; am&#233;liorer la condition des masses. Des sommes consid&#233;rables ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;es par les responsables de l'Etat, associ&#233;s &#224; des secteurs capitalistes &#224; travers les contrats de commercialisation ou de sous-traitance d&#233;livr&#233;s par PDVSA, l'entreprise d'Etat qui a le monopole de l'exploitation p&#233;troli&#232;re, ainsi que diff&#233;rents autres m&#233;canismes de corruption, d&#233;tournement et dissimulation de fonds (notamment des manipulations bas&#233;es sur les taux de change hyper privil&#233;gi&#233;s qui sont accord&#233;s aux importateurs de biens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e est devenue le soutien fondamental du r&#233;gime. Ses cadres, en premier lieu ses quelque 2000 g&#233;n&#233;raux, ne sont pas en reste dans le processus d'accaparement des richesses. 12 des 32 ministres du gouvernement sont issus de ses rangs, tandis que la moiti&#233; des grandes entreprises ont &#224; leur t&#234;te des repr&#233;sentants de la Force arm&#233;e nationale bolivarienne. De hauts responsables militaires font par ailleurs l'objet d'accusations de trafic de drogue, jug&#233;es plausibles si ce n'est av&#233;r&#233;es par de nombreux commentateurs ind&#233;pendants3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en 1976 apr&#232;s la nationalisation compl&#232;te de l'industrie p&#233;troli&#232;re (par un gouvernement du parti &#171; social-d&#233;mocrate &#187;, qui g&#233;rait alors le pays en alternance avec le parti d&#233;mocrate-chr&#233;tien), PDVSA est au centre du capitalisme v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Comme les compagnies priv&#233;es qui l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;, elle a longtemps servi de pompe &#224; fric pour une bourgeoisie &#233;troitement li&#233;e &#224; l'imp&#233;rialisme US &#8211; la seule diff&#233;rence &#233;tant que l'Etat assurait d&#233;sormais des fonctions de r&#233;gulation de la corruption et du vol. Mais le statu quo ante a &#233;t&#233; remis en cause apr&#232;s l'&#233;lection de Ch&#225;vez en 1999, et plus encore l'&#233;chec de la &#171; gr&#232;ve p&#233;troli&#232;re &#187; (en r&#233;alit&#233;, un lock-out patronal) de 2002-2003, d&#233;bouchant sur le renvoi de tous les dirigeants et cadres de l'entreprise li&#233;s &#224; l'ancien r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement chaviste a alors pris le contr&#244;le total de PDVSA. Et cela a donn&#233; le coup d'envoi du processus de formation, &#224; l'intersection de la bureaucratie d'Etat et de secteurs priv&#233;s, d'une nouvelle couche ou classe privil&#233;gi&#233;e et exploiteuse : la &#171; bolibourgeoisie &#187;. Pour l'essentiel, le conflit actuel est une lutte pour le contr&#244;le de la rente p&#233;troli&#232;re opposant cette nouvelle bureaucratie et bourgeoisie d'&#233;tat aux vieilles classes dominantes qui entendent r&#233;cup&#233;rer l'ensemble de leurs privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dit anti-imp&#233;rialiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les dirigeants imp&#233;rialistes et ceux de la majorit&#233; des pays d'Am&#233;rique latine, les vieilles classes bourgeoises repr&#233;sent&#233;es par la MUD (Table ronde d'unit&#233; d&#233;mocratique, un regroupement h&#233;t&#233;roclite de sociaux-d&#233;mocrates et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, mais aussi de courants de droite dure et d'extr&#234;me droite) veulent en finir avec le gouvernement Maduro et le souvenir m&#234;me du chavisme parce que ce dernier, par-del&#224; ses vicissitudes, avait redistribu&#233; des ressources, d&#233;fi&#233; la grande puissance du nord et pr&#233;tendu ouvrir une voie ind&#233;pendante de son contr&#244;le. En identifiant le chavisme ou post-chavisme au &#171; socialisme &#187;, dont le r&#233;gime en place se r&#233;clame ind&#251;ment, ses opposants en profitent aussi pour discr&#233;diter les id&#233;aux de l'auto-&#233;mancipation ouvri&#232;re et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette offensive, le camp Maduro conserve un seul argument d'un peu de poids : la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance du pays face &#224; l'hostilit&#233; et aux menaces de l'Oncle Sam, ennemi h&#233;r&#233;ditaire des peuples latino-am&#233;ricains. Le r&#233;gime a jou&#233; et surjou&#233; de la corde anti-imp&#233;rialiste, en d&#233;non&#231;ant l'intervention US m&#234;me aux moments o&#249; elle n'existait pas (aujourd'hui encore, les &#201;tats-Unis continuent d'ailleurs d'acheter au Venezuela le tiers de sa production p&#233;troli&#232;re). Mais d&#233;sormais, les sanctions &#233;conomiques de Washington sont r&#233;elles, tout comme le sont les menaces belliqueuses de l'occupant de la Maison-Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; anti-imp&#233;rialisme &#187; du gouvernement Maduro reste cependant largement rh&#233;torique. D'abord, il paie rubis sur l'ongle les int&#233;r&#234;ts d'une dette ext&#233;rieure qui, &#224; nouveau, cro&#238;t &#224; grande vitesse. Ensuite, afin de retrouver des marges de man&#339;uvre financi&#232;res, il n'a rien trouv&#233; de mieux que de livrer &#224; la voracit&#233; des multinationales (russes, chinoises, canadiennes voire europ&#233;ennes&#8230; et m&#234;me &#233;tats-uniennes) l'arc minier de l'Or&#233;noque, une vaste r&#233;gion (12 % du territoire national) qui regorge de gisements d'or, de diamant, de fer, de bauxite et d'autres minerais, sans compter les schistes bitumineux. Autrement dit, d'approfondir encore le &#171; mod&#232;le extractiviste &#187; qui a fait si clairement faillite, sans consid&#233;ration des d&#233;g&#226;ts sur l'environnement et pour les dix peuples indig&#232;nes qui vivent sur ces terres. D'ores et d&#233;j&#224;, des contrats ont &#233;t&#233; sign&#233;s avec Baker Hughes, Barrick Gold Corporation, China National Petroleum Corporation, Halliburton, Horizontal Well Drillers, Repsol, Rosneft, Schlumberger, Shell&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; alli&#233; &#187; inattendu&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mena&#231;ant le Venezuela d'une &#171; option militaire &#187;, Trump &#8211; qui a fait du Trump, c'est-&#224;-dire souvent n'importe quoi, au d&#233;triment m&#234;me des int&#233;r&#234;ts qu'il repr&#233;sente &#8211; a rendu &#224; Maduro le plus grand des services. A la suite de ces d&#233;clarations, la popularit&#233; du pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien (qui &#233;volue &#224; un niveau tr&#232;s bas, entre 20 et 25 %) a connu un rebond pour la premi&#232;re fois depuis des mois. L'opposition de droite (MUD) s'en est &#233;mue et a demand&#233; au pr&#233;sident US plus de circonspection. Lors de sa r&#233;ception officielle du vice-pr&#233;sident US, Mike Pence, le pr&#233;sident colombien (&#224; la t&#234;te d'un des gouvernements les plus &#224; droite d'Am&#233;rique du Sud) a condamn&#233; toute id&#233;e d'une intervention militaire &#233;trang&#232;re. Comme l'a fait dans une d&#233;claration officielle le Mercosur, le march&#233; commun sud-am&#233;ricain d&#233;sormais contr&#244;l&#233; par la droite au pouvoir au Br&#233;sil et en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des journalistes fran&#231;ais ont cru pouvoir ironiser &#224; propos des d&#233;clarations de l'ex-star argentine du football, Diego Maradona, s'affirmant pr&#234;t &#224; aller combattre les armes &#224; la main, comme un soldat parmi d'autres de l'arm&#233;e bolivarienne. Ce faisant, ils n'ont pourtant montr&#233; (outre une &#233;vidente mentalit&#233; imp&#233;rialiste) que leur profonde ignorance des r&#233;alit&#233;s latino-am&#233;ricaines. Car en cas d'agression militaire US, ce ne sont pas quelques-uns mais des milliers, des dizaines de milliers de volontaires qui afflueraient de tous les pays du sous-continent. Le r&#233;sultat ne serait pas seulement une guerre anti-imp&#233;rialiste et civile au Venezuela, mais une d&#233;stabilisation voire un embrasement de toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, bien des responsables politiques et &#233;conomiques &#233;tatsuniens le savent, et c'est pourquoi une invasion militaire est hautement improbable. Comme mieux vaut pr&#233;venir que gu&#233;rir, il reste toutefois indispensable de d&#233;noncer ces menaces avec la plus grande force. Et si par extraordinaire une telle catastrophe advenait, tous les travailleurs, tous les peuples du monde devraient se tenir aux c&#244;t&#233;s du Venezuela et de son combat en d&#233;fense de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'implique pas d'accorder quelque soutien que ce soit &#224; Maduro et &#224; sa politique. Combattre les agressions imp&#233;rialistes n'oblige nullement &#224; choisir, au Venezuela ou ailleurs, entre des camps bourgeois qui s'affrontent sur le dos des populations. Aujourd'hui (comme l'interview qui suit en rend compte), le gros de la classe ouvri&#232;re et des secteurs populaires s'abstient de prendre parti et reste l'arme au pied. Afin d'ouvrir une issue positive &#224; la crise actuelle, il n'y aura cependant pas d'autre cl&#233; que leur organisation et leur intervention ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1.La Constitution de la Ve R&#233;publique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne (1999) pr&#233;voit qu'&#224; partir de la mi-mandat du pr&#233;sident, un r&#233;f&#233;rendum pour d&#233;cider s'il restera ou non en place doit &#234;tre organis&#233; lorsque 20 % des &#233;lecteurs inscrits en font la demande.&lt;br class='autobr' /&gt; 2.A titre de comparaison, il y en a autour de 500 en France, un pays qui compte deux fois plus d'habitants que le Venezuela.&lt;br class='autobr' /&gt; 3.Comme par exemple Alejandro Velasco, dans l'interview dans le m&#234;me num&#233;ro.&lt;/p&gt;
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		<title>Les grandes puissances face &#224; l'&#171; Etat islamique &#187;</title>
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		<dc:date>2016-01-19T07:53:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Philippe Div&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176;72 (janvier 2016) | Samedi 16 janvier 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instrumentalisation &#224; des fins politiques internes des attaques de Daech et de l'escalade guerri&#232;re d&#233;clench&#233;e en riposte est une &#233;vidence, en particulier dans le cas du gouvernement fran&#231;ais. Mais cela ne veut pas dire qu'il y aurait une quelconque convergence d'int&#233;r&#234;ts entre l'Etat islamique et les puissances occidentales. Autre chose sont les difficult&#233;s et contradictions auxquelles ces derni&#232;res sont confront&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-01-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-01-19&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH118/arton24869-9c376.png?1781377322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176;72 (janvier 2016) | Samedi 16 janvier 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrumentalisation &#224; des fins politiques internes des attaques de Daech et de l'escalade guerri&#232;re d&#233;clench&#233;e en riposte est une &#233;vidence, en particulier dans le cas du gouvernement fran&#231;ais. Mais cela ne veut pas dire qu'il y aurait une quelconque convergence d'int&#233;r&#234;ts entre l'Etat islamique et les puissances occidentales. Autre chose sont les difficult&#233;s et contradictions auxquelles ces derni&#232;res sont confront&#233;es dans leur action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Etats-Unis et leurs alli&#233;s occidentaux interviennent, en premier lieu, parce qu'ils ne peuvent pas laisser cette r&#233;gion, avec tous les int&#233;r&#234;ts qu'ils ont &#224; y d&#233;fendre (p&#233;troliers et gaziers notamment, mais aussi, plus g&#233;n&#233;ralement, &#233;conomiques et strat&#233;giques), livr&#233;e &#224; une force aussi incontr&#244;lable. La campagne de bombardements a &#233;t&#233; lanc&#233;e en ao&#251;t 2014, au moment o&#249; face &#224; la d&#233;bandade de l'arm&#233;e irakienne, Daech mena&#231;ait de s'emparer de Bagdad. L'imp&#233;rialisme US avait tout fait pour ne pas retourner dans le bourbier dont il venait &#224; peine de sortir (ses derni&#232;res troupes avaient quitt&#233; l'Irak en 2011), mais a &#233;t&#233; contraint d'agir pour &#233;viter la chute de la capitale historique des Arabes, qui aurait eu des cons&#233;quences incalculables dans tout le Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, c'&#233;tait devenu une question &#233;l&#233;mentaire de cr&#233;dibilit&#233;. Lorsque l'on pr&#233;tend diriger le monde (ou, comme l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, continuer d'y jouer un r&#244;le secondaire), on ne peut pas se laisser, sans r&#233;agir, insulter et ridiculiser en direct aux yeux de tous. Les images mises en sc&#232;ne des assassinats sordides des deux journalistes am&#233;ricains, James Foley et Steven Sotloff, n'ont ainsi fait que conforter la Maison-Blanche et le Pentagone dans leur nouvelle volont&#233; d'affronter Daech. Et c'est la m&#234;me chose pour le gouvernement fran&#231;ais qui, &#224; l'&#233;chelle bien plus modeste qui lui correspond, a accru qualitativement sa participation aux op&#233;rations apr&#232;s les attentats du 13 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre acteur en Syrie est la Russie de Poutine, qui intervient directement depuis le 30 septembre 2015, avec sur place pr&#232;s de 5000 hommes et de nombreux avions et h&#233;licopt&#232;res de combat, renforc&#233;s par l'action de navires de guerre et de bombardiers &#224; longue port&#233;e. Dans son cas, il s'agit cependant moins de s'opposer &#224; Daech que de d&#233;fendre par tous les moyens l'un de ses principaux alli&#233;s, le r&#233;gime sanglant de Bachar al-Assad. C'est pourquoi, m&#234;me si des raids de r&#233;torsion (visant de fa&#231;on indiscrimin&#233;e combattants et populations) ont suivi l'attentat contre l'airbus russe de Charm-el-Cheikh, l'intervention russe ne vise pas principalement l'Etat islamique, implant&#233; surtout &#224; l'est du pays, mais les forces qui combattent les troupes d'Assad et menacent son r&#233;duit c&#244;tier, qu'elles soient djihadistes (tel le Front al-Nosra, branche locale d'Al-Qaeda) ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des limites importantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances occidentales, Etats-Unis en t&#234;te, restent fermes dans leur refus d'engager des troupes r&#233;guli&#232;res sur les sols irakien et syrien. Une premi&#232;re raison est le traumatisme cons&#233;cutif aux guerres d'invasion et d'occupation de l'Afghanistan (2001-2014, 3500 tu&#233;s parmi les forces occidentales dont 2500 Am&#233;ricains) et de l'Irak (2003-2011, avec la mort de plus de 4000 soldats US), qui ont abouti pour elles &#224; de quasi d&#233;faites militaires et dont le bilan s'est av&#233;r&#233; globalement d&#233;sastreux &#8211; engendrant notamment le monstre Daech. La seconde raison, elle aussi en rapport avec ce bilan, tient &#224; la compr&#233;hension qu'une nouvelle invasion de troupes occidentales ne conduirait qu'&#224; renforcer des sentiments d'hostilit&#233; parmi les populations, voire &#224; fournir &#224; l'Etat islamique de nouveaux outils de l&#233;gitimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps, cette absence de troupes sur le terrain constitue une faiblesse. Tous les analystes s'accordent &#224; souligner que des &#171; frappes &#187; a&#233;riennes sans action simultan&#233;e au sol sont en g&#233;n&#233;ral d'une efficacit&#233; tr&#232;s limit&#233;e, quand elles n'ont pas des effets contreproductifs en ali&#233;nant davantage les populations civiles qui en sont le plus souvent les principales victimes. C'est pourquoi les ambitions de la coalition restent aujourd'hui limit&#233;es, fond&#233;es sur une strat&#233;gie &#224; moyen terme consistant, selon les termes d'Obama, &#224; &#171; affaiblir et en fin de compte d&#233;truire &#187; Daech. D'o&#249; aussi la recherche incessante d'alli&#233;s locaux capables d'affronter au sol les bandes djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Irak, les longs et co&#251;teux efforts &#233;tatsuniens visant &#224; armer et former les forces du r&#233;gime (chiite, sectaire et ultra-corrompu) install&#233; &#224; Bagdad avaient abouti, courant 2014, &#224; un v&#233;ritable d&#233;sastre. En juin de cette ann&#233;e, quelques milliers de djihadistes avaient ainsi r&#233;ussi &#224; faire d&#233;taler de Mossoul (deux millions d'habitants, seconde ville du pays) deux divisions de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re irakienne, renforc&#233;es de plus de 10 000 policiers ; Daech s'&#233;tait alors empar&#233; d'&#233;normes stocks de mat&#233;riel militaire US et avait fait main basse sur des centaines de millions de dollars entrepos&#233;s dans les banques. C&#244;t&#233; syrien, un programme am&#233;ricain de 500 millions de dollars, visant &#224; &#233;quiper et former une nouvelle force de 5000 combattants, a &#233;chou&#233; tout aussi lamentablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington en a tir&#233; la le&#231;on qu'il lui faut s'appuyer sur des forces d&#233;j&#224; constitu&#233;es et ayant pu d&#233;montrer un minimum d'efficacit&#233;. Son sc&#233;nario id&#233;al &#233;tait &#8211; et reste &#8211; la constitution d'une arm&#233;e d'intervention sunnite dirig&#233;e par une coalition d'Etats de la r&#233;gion. L'Arabie saoudite, les autres monarchies du Golfe, la Turquie ont &#233;t&#233; sollicit&#233;s dans ce sens. Mais un tel objectif semble aujourd'hui hors d'atteinte. Car ces r&#233;gimes, qui ont &#233;t&#233; longtemps plus que complaisants envers Daech (des secteurs de leurs appareils d'Etat continuant apparemment de collaborer avec lui), d&#233;fendent avant tout leurs propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite, berceau et fief du salafisme, dont l'Etat islamique affirme incarner une version pure, est ainsi bien plus engag&#233;e dans sa guerre contre l'insurrection houthie (chiite) au Y&#233;men que dans les bombardements de la coalition en Irak et en Syrie, auxquels elle ne participe que de fa&#231;on marginale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au r&#233;gime d'Erdogan, son ennemi clairement d&#233;sign&#233; n'est pas Daech mais le peuple kurde. Les complicit&#233;s de l'Etat turc avec les djihadistes, dans le but d'affaiblir les Kurdes, sont notoires. En novembre dernier, Can D&#252;ndar et Erdem G&#252;l, respectivement directeur et chef du bureau d'Ankara du quotidien Cumhuriyet, ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s &#224; la demande expresse d'Erdogan, suite &#224; la publication dans ce journal d'un article r&#233;v&#233;lant des livraisons d'armes effectu&#233;es par les services secrets turcs &#224; des groupes islamistes syriens ; les chefs d'inculpation de ces deux journalistes sont &#171; espionnage &#187; et&#8230; &#171; divulgation de secrets d'Etat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que le grand alli&#233; r&#233;gional, l'Etat d'Isra&#235;l, adopte une attitude assez comparable. Un ancien responsable de ses services secrets a d&#233;clar&#233; r&#233;cemment que le probl&#232;me principal dans la r&#233;gion n'est pas Daech, mais l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alliance improbable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'une autre solution, les Etats-Unis ont tr&#232;s pragmatiquement fini par s'appuyer sur les forces kurdes ou sous h&#233;g&#233;monie kurde. Leur alliance avec le r&#233;gime clanique du PDK (Parti d&#233;mocratique du Kurdistan) de Massoud Barzani, pr&#233;sident de la r&#233;gion autonome du Kurdistan d'Irak, tr&#232;s li&#233; aux int&#233;r&#234;ts des multinationales p&#233;troli&#232;res, est ancienne et ne constitue nullement une surprise. Mais plus &#233;tonnante est la collaboration engag&#233;e en Syrie avec les YPG (Unit&#233;s de protection du peuple), branche militaire du PYD (Parti de l'union d&#233;mocratique) que l'on sait proche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), une formation toujours inscrite sur la liste des organisations &#171; terroristes &#187; tenue &#224; Washington et &#224; Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette collaboration semble avoir commenc&#233; il y a un an &#224; Koban&#233;, o&#249; c'est la conjonction de l'action au sol des YPG et des frappes a&#233;riennes US qui a fini par faire refluer et infliger une lourde d&#233;faite &#224; Daech. Elle s'est poursuivie depuis, au grand dam des dirigeants turcs. En juin dernier, quand la m&#234;me combinaison de forces a permis la reprise de la ville de Tal Abyad (en r&#233;tablissant par l&#224;-m&#234;me la continuit&#233; territoriale du Rojava), Erdogan a d&#233;clar&#233; : &#171; l'Occident, qui bombarde les Arabes et les Turcs, installe malheureusement les partis terroristes PYD et PKK &#224; Tal Abyad. Comment pouvons-nous &#234;tre d'accord avec cela ? Comment pouvons-nous consid&#233;rer que l'Occident est sinc&#232;re ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation en octobre des FDS (Forces d&#233;mocratiques syriennes), associant aux YPG, composante principale, des milices chr&#233;tiennes &#8211; syriaques et assyriennes &#8211; ainsi qu'arabes sunnites, a apparemment &#233;t&#233; bien re&#231;ue &#224; Washington, qui leur livre r&#233;guli&#232;rement armes et munitions (l&#233;g&#232;res, il ne faudrait pas que par inadvertance les Kurdes aillent abattre un avion turc&#8230;). En d&#233;cembre, un responsable du commandement US a confirm&#233; l'envoi aupr&#232;s des FDS de 50 conseillers militaires. De nouveaux gains territoriaux ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s et il y a r&#233;guli&#232;rement des annonces d'une offensive en pr&#233;paration vers Rakka, la &#171; capitale &#187; de l'Etat islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons que pour autant, et toujours selon les m&#234;mes principes de realpolitik, Obama comme les dirigeants europ&#233;ens n'ont pas manqu&#233; de r&#233;it&#233;rer leur soutien &#224; Erdogan lorsque celui-ci a engag&#233;, l'&#233;t&#233; dernier, sa nouvelle agression contre le peuple kurde de Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daesh peut-il &#234;tre &#171; d&#233;truit &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le sol irakien, Tikrit, Sinjar, Ramadi ont &#233;t&#233; repris &#224; Daech au cours des derniers mois ou semaines. Selon un rapport de l'institut d'&#233;tudes IHS, largement cit&#233; dans la presse en d&#233;cembre, le territoire contr&#244;l&#233; par les Kurdes de Syrie (YPG/FDS) s'est accru de 186 % en un an, tandis que Daech a dans la m&#234;me p&#233;riode recul&#233; globalement, Irak et Syrie confondus, de 14 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si cela s'annonce tout sauf facile, la coalition sera sans doute, t&#244;t ou tard, en mesure de battre Daesh et d'&#233;liminer son Etat en Irak et en Syrie. Mais le probl&#232;me ne sera pas r&#233;gl&#233; pour autant. D&#233;j&#224;, l'organisation djihadiste &#233;tend son pouvoir en Libye, o&#249; elle contr&#244;le plus de 250 km de bande c&#244;ti&#232;re autour de Syrte et vient de lancer une grande offensive sur le &#171; croissant &#187; p&#233;trolier situ&#233; &#224; l'est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'Etat islamique venait &#224; dispara&#238;tre, d'autres groupes djihadistes prendraient probablement la rel&#232;ve. D'autant que leur berceau id&#233;ologique &#8211; Arabie saoudite, Qatar et Emirats Arabes Unis, les grands amis des gouvernements fran&#231;ais, de Sarkozy comme de Hollande &#8211; serait, lui, toujours bien pr&#233;sent et sans doute m&#234;me confort&#233; par l'intervention militaire occidentale. En Afghanistan, Al-Qaeda contr&#244;lait des territoires importants ; il en a &#233;t&#233; expuls&#233; par les troupes occidentales et s'est retrouv&#233; globalement tr&#232;s affaibli. Peu apr&#232;s a surgi l'Etat islamique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question principale reste donc bien d'&#233;liminer les causes profondes de tels ph&#233;nom&#232;nes. L&#224;-bas, o&#249; un regain de la vague r&#233;volutionnaire de 2011 changerait certainement la donne, comme ici o&#249; c'est l'action du mouvement ouvrier qui pourrait emp&#234;cher que le racisme et l'exclusion ne produisent autant de d&#233;voy&#233;s. &#201;radiquer le ch&#244;mage et la pauvret&#233;, l'oppression et l'imp&#233;rialisme&#8230; Vaste programme, dira-t-on. Certes, mais il n'en est pas d'autre viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Philippe Div&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir Jean-Philippe Div&#232;s, &#171; Les Kurdes de Turquie &#224; nouveau sous le feu &#187;, revue l'Anticapitaliste n&#176; 70 d'octobre 2015.&lt;br class='autobr' /&gt; 2.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir, entre autres, &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/interna..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/economie/interna..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Bolivie</title>
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		<dc:date>2013-07-02T09:02:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Philippe Div&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-07-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeudi 23 mai, la Bolivie en &#233;tait &#224; son 19e jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le mouvement a commenc&#233; &#224; l'initiative des syndicats de mineurs, soutenus par la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne, conf&#233;d&#233;ration syndicale qui r&#233;unit deux millions de travailleurs). Leur principale exigence est que le montant des retraites soit port&#233; &#224; 100 % du dernier salaire, au lieu de 70 % actuellement. L'esp&#233;rance de vie du mineur bolivien est particuli&#232;rement faible. Les militaires et les responsables de la police (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton14590-53d42.png?1781377322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 23 mai, la Bolivie en &#233;tait &#224; son 19e jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le mouvement a commenc&#233; &#224; l'initiative des syndicats de mineurs, soutenus par la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne, conf&#233;d&#233;ration syndicale qui r&#233;unit deux millions de travailleurs). Leur principale exigence est que le montant des retraites soit port&#233; &#224; 100 % du dernier salaire, au lieu de 70 % actuellement. L'esp&#233;rance de vie du mineur bolivien est particuli&#232;rement faible. Les militaires et les responsables de la police per&#231;oivent d&#233;j&#224; une pension de retraite &#224; 100 %. Le 22 mai, les d&#233;put&#233;s ont quant &#224; eux augment&#233; leur salaire de 20 %.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les mineurs ont entra&#238;n&#233; avec eux d'autres secteurs du salariat, les plus nombreux, organis&#233;s et combatifs : enseignants, personnels de sant&#233; et ouvriers de l'industrie. Les manifestations, blocages de routes, occupations, affrontements avec la police sont quotidiens. Plus de 500 gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et on a relev&#233; chez eux le premier mort. Les mineurs r&#233;pliquent &#224; la violence polici&#232;re avec l'outil de travail qui est aussi leur arme historique : le b&#226;ton de dynamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le gouvernement d'Evo Morales refuse toujours d'acc&#233;der aux revendications &#8211; ce qui impliquerait de sa part d'augmenter les cotisations patronales &#8211;, mais il s'est livr&#233; &#224; une attaque vicieuse contre les gr&#233;vistes. Le 16 mai, Morales d&#233;clarait ainsi que &#171; certains dirigeants de la COB frappent aux portes de l'&#233;tat-major [des arm&#233;es] en vue de fomenter un coup d'Etat ; ils r&#233;clament maintenant &#224; cor et &#224; cris que la police se mutine pour qu'il y ait un coup d'Etat ; ce n'est plus une revendication, c'est une action politique ; c'est pourquoi j'appelle tous les camarades &#224; d&#233;fendre d'abord la d&#233;mocratie et &#224; d&#233;fendre ce processus de changement. &#187; Et d'appeler ses partisans, en particulier les organisations paysannes qui le soutiennent encore, &#224; descendre &#224; leur tour dans la rue, contre la COB et les travailleurs en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura un avant et un apr&#232;s cette gr&#232;ve. D&#232;s &#224; pr&#233;sent, deux grands enseignements peuvent en &#234;tre tir&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est que la classe ouvri&#232;re bolivienne est de retour. Les grandes mobilisations populaires et les mouvements semi-insurrectionnels du d&#233;but des ann&#233;es 2000, dont le d&#233;bouch&#233; institutionnel fut l'&#233;lection de Morales &#224; la pr&#233;sidence, &#233;taient fondamentalement le fait des paysans (dont les cocaleros, producteurs de feuilles de coca) et de secteurs urbains marginalis&#233;s. Le mouvement ouvrier, avec toujours &#224; son avant-garde les mineurs, reprend aujourd'hui le fil d'une geste r&#233;volutionnaire qui est incomparable dans l'histoire des luttes du sous-continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second est que le projet de ce &#171; capitalisme andin &#187;, plus ou moins ind&#233;pendant de l'imp&#233;rialisme et plus ou moins d&#233;marqu&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme, th&#233;oris&#233; par le vice-pr&#233;sident Garcia Linera, rencontre d&#233;sormais ses limites. Plus g&#233;n&#233;ralement, si l'on consid&#232;re aussi la crise du r&#233;gime chaviste cons&#233;cutive &#224; la mort de son fondateur, ou le discr&#233;dit croissant qui frappe le r&#233;gime Kirchner en Argentine, la question est pos&#233;e de savoir si l'on n'est pas en train d'assister au d&#233;but de la fin du &#171; progressisme &#187; latino-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'&#233;tait le cas, les responsabilit&#233;s du mouvement ouvrier n'en seraient que plus &#233;crasantes. Sa capacit&#233; ou non &#224; offrir une alternative, en regroupant autour de lui tous les secteurs exploit&#233;s et opprim&#233;s, sera d&#233;cisive. De ce point de vue, il convient de suivre de pr&#232;s &#8211; et naturellement de soutenir &#8211; le processus que la COB vient d'engager vers la formation d'un Parti des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Publi&#233; dans : Revue Tout est &#224; nous ! 44 (juin 2013).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Venezuela : Les ressorts d'une politique ext&#233;rieure erratique</title>
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		<dc:date>2013-04-02T09:06:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Philippe Div&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-04-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un jour Ch&#225;vez dit &#224; Obama qu'il &#171; veut &#234;tre son ami &#187;, un autre il le traite de &#171; clown &#187; et de &#171; honte pour le peuple noir &#187;, plus tard il affirme que s'il &#233;tait nord-am&#233;ricain il voterait pour lui&#8230; Cela, tout en r&#233;it&#233;rant &#224; intervalles r&#233;guliers ses condamnations de l'imp&#233;rialisme US, &#171; plus grand terroriste de l'Histoire du monde &#187;. O&#249; est la logique de telles prises de position &#8211; et d'autres, parfois encore plus surprenantes ? &lt;br class='autobr' /&gt; Les relations entre les Etats entra&#238;nent des contraintes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH117/arton13628-8ebd7.png?1781377322' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un jour Ch&#225;vez dit &#224; Obama qu'il &#171; veut &#234;tre son ami &#187;, un autre il le traite de &#171; clown &#187; et de &#171; honte pour le peuple noir &#187;, plus tard il affirme que s'il &#233;tait nord-am&#233;ricain il voterait pour lui&#8230; Cela, tout en r&#233;it&#233;rant &#224; intervalles r&#233;guliers ses condamnations de l'imp&#233;rialisme US, &#171; plus grand terroriste de l'Histoire du monde &#187;. O&#249; est la logique de telles prises de position &#8211; et d'autres, parfois encore plus surprenantes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les relations entre les Etats entra&#238;nent des contraintes pour le plus progressiste des gouvernements, et chaque accord &#233;conomique n'a pas n&#233;cessairement une signification politique. Il reste que les grands choix de politique &#233;trang&#232;re entrent toujours en r&#233;sonance avec les objectifs poursuivis &#224; l'int&#233;rieur du pays. Ceux du gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien doivent donc &#234;tre pris en compte pour analyser son cours politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les orientations mises en &#339;uvre en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'ALBA au Mercosur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA (&#171; Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique &#187;) visait, dans l'esprit de Ch&#225;vez, &#224; offrir une alternative continentale au projet &#233;tatsunien (mis en &#233;chec par les mobilisations populaires) d'une &#171; Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques &#187;. C'est en avril 2005 qu'elle a &#233;t&#233; port&#233;e sur les fonts baptismaux, &#224; travers la signature d'un &#171; Trait&#233; commercial des peuples &#187; entre le Venezuela et Cuba. Outre les deux pays fondateurs, l'ALBA r&#233;unit aujourd'hui la Bolivie, le Nicaragua et l'Equateur, ainsi que trois petits Etats de la Cara&#239;be [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle est loin d'avoir atteint ses objectifs initiaux, l'ALBA pr&#233;sente des traits progressistes in&#233;dits, qui la diff&#233;rencient de tous les autres blocs &#233;conomiques r&#233;gionaux. A l'oppos&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme dominant, elle est fond&#233;e sur des principes de coop&#233;ration et de solidarit&#233;, mis en &#339;uvre &#224; travers une s&#233;rie d'accords bilat&#233;raux ou multilat&#233;raux qui, peu ou prou, b&#233;n&#233;ficient aux peuples concern&#233;s. Ainsi, le Venezuela met &#224; la disposition d'autres pays ses moyens de transport et leur fournit du p&#233;trole &#224; des prix pr&#233;f&#233;rentiels, Cuba d&#233;veloppe chez ses partenaires d'importants programmes d'aide m&#233;dicale, etc. Quant au commerce interne &#224; la zone, il s'efforce de tenir compte des in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement en appliquant des m&#233;canismes de compensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, un an apr&#232;s la fondation de l'ALBA, Ch&#225;vez pr&#233;sentait &#233;galement la candidature du Venezuela au Mercosur (Br&#233;sil, Argentine, Uruguay et &#8211; &#224; l'&#233;poque &#8211; Paraguay). Apr&#232;s une longue attente, il a fini par l'int&#233;grer en juillet 2012 [2]. Et l&#224;, c'est tout autre chose, car ce march&#233; commun sud-am&#233;ricain est fond&#233; sur les m&#234;mes principes que l'Union europ&#233;enne ou que l'accord de libre-&#233;change de l'Am&#233;rique du Nord : la libre circulation des marchandises et des capitaux. Un membre du Parti communiste argentin, pourtant pas un critique forcen&#233;, estime que &#171; face au mod&#232;le d'ouverture, de concentration et d'exclusion impos&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme, le Mercosur n'a pas &#233;t&#233; un mur de contention de l'avanc&#233;e lib&#233;rale mais plut&#244;t une forme idiosyncratique ou &#8216;&#8216;autonome'' pour administrer l'aust&#233;rit&#233; &#187; [3]. En termes moins ampoul&#233;s : c'est un espace n&#233;olib&#233;ral autonome et relativement ind&#233;pendant de la superpuissance &#233;tatsunienne, domin&#233; par la puissance montante du capitalisme br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; des interrogations, pour le moins, sur l'impact que cette adh&#233;sion aura sur l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Ch&#225;vez parle d'une &#171; b&#233;n&#233;diction &#187; qui permettrait de cr&#233;er des centaines de milliers d'emplois, gr&#226;ce &#224; l'installation d'entreprises br&#233;siliennes et argentines, attir&#233;es par l'&#233;nergie et les mati&#232;res premi&#232;res bon march&#233; mises &#224; leur disposition aux portes de la Cara&#239;be. Mais d'autres observateurs, y compris certains chavistes de gauche, estiment que la faible structure industrielle du pays pourrait ne pas y r&#233;sister et que le gagnant sera dans tous les cas le grand capital br&#233;silien. Beaucoup s'interrogent aussi sur le sort des accords pass&#233;s dans le cadre de l'ALBA et craignent que celle-ci ne soit d&#233;sormais menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mauvaises fr&#233;quentations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 septembre dernier &#224; Caracas, Ch&#225;vez adressait &#171; (son) salut et (ses) v&#339;ux au pr&#233;sident Bachar al-Assad et au peuple syrien qui r&#233;sistent &#224; une agression imp&#233;rialiste &#187;. Le 9 octobre, il rendait d'abord hommage &#224; Khadafi : &#171; J'&#233;tais tr&#232;s ami avec Mouammar Kadhafi, le chef de l'Etat libyen. Il a &#233;t&#233; tortur&#233;, assassin&#233;. Les derniers mots de Kadhafi ont &#233;t&#233; : &#171; Je mourrai comme le Che. Je vais au martyr &#187; (O&#249; a-t-il trouv&#233; cela ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il revenait sur la Syrie en d&#233;clarant : &#171; Est-ce que quelqu'un peut &#234;tre d'accord avec l'agression que subit la Syrie (&#8230;) J'aimerais bien faire quelque chose mais que peut faire le Venezuela ? (&#8230;) Nous devons d&#233;fendre la souverainet&#233; de tous les pays (&#8230;) Comment ne pas appuyer le gouvernement si c'est un gouvernement l&#233;gitime (&#8230;) Le monde est entr&#233; dans une nouvelle guerre imp&#233;riale. C'est lamentable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la relation la plus &#171; spectaculaire &#187; est sans doute celle engag&#233;e de longue date avec le r&#233;gime des mollahs. Ch&#225;vez s'est rendu treize fois en Iran depuis le d&#233;but de sa pr&#233;sidence, tandis qu'Ahmadinejad a &#233;t&#233; re&#231;u six fois &#224; Caracas depuis 2005. Et ils ne parlent pas que de commerce ou de coop&#233;ration technique. L'un et l'autre s'appr&#233;cient et se qualifient r&#233;ciproquement de &#171; fr&#232;res &#187;. Lors de leur avant-derni&#232;re rencontre, en janvier 2012, Ch&#225;vez a rappel&#233; sa &#171; volont&#233; de continuer &#224; travailler ensemble pour freiner la folie imp&#233;rialiste qui se d&#233;cha&#238;ne aujourd'hui comme jamais depuis longtemps avec un pouvoir terrible, mena&#231;ant (&#8230;) L'une des cibles que vise l'imp&#233;rialisme yankee est l'Iran, et c'est pourquoi nous montrons notre solidarit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un seul objectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des supporteurs fran&#231;ais de Ch&#225;vez les moins critiques, Fran&#231;ois Delapierre, le secr&#233;taire national du Parti de Gauche (qui fait partie du Front de Gauche fran&#231;ais -NDT), relevait r&#233;cemment que &#171; pour le Venezuela, les relations internationales ne sont pas un &#224; c&#244;t&#233; de la politique gouvernementale. Elles sont une condition mat&#233;rielle de l'ind&#233;pendance nationale vis&#233;e par le pouvoir bolivarien. &#187; [4] Mais une chose est de combattre les ing&#233;rences et menaces imp&#233;rialistes, autre chose, totalement diff&#233;rente, est d'accorder son soutien politique et son amiti&#233; &#224; des directions bourgeoises qui figurent parmi les dictatures anti-ouvri&#232;res les plus f&#233;roces de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence dans la diplomatie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de tout crit&#232;re de classe, le fait qu'elle ne se pr&#233;occupe en rien du combat des travailleurs iraniens ou chinois, ni m&#234;me de celui des peuples en dehors du continent latino-am&#233;ricain, confirment en tout cas que le discours socialiste de la direction chaviste est purement rh&#233;torique. Delapierre, &#224; sa mani&#232;re, &#224; raison : de l'ALBA et du Mercosur aux relations avec la Chine, la Russie, l'Iran ou la Syrie, le seul objectif poursuivi est l'ind&#233;pendance nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il signaler que les relations avec les Etats-Unis ne sont pas exactement ce qu'il en est dit. Ch&#225;vez a beau d&#233;noncer p&#233;riodiquement l'imp&#233;rialisme US comme le mal incarn&#233; (que certainement il est), les relations avec lui empruntent des chemins plus tortueux... et pragmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des rapports tendus mais pragmatiques&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est prouv&#233;, de notori&#233;t&#233; publique, que l'administration Bush avait au moins soutenu (si ce n'est encourag&#233; ou provoqu&#233;) le coup d'Etat de 2002. Mais aujourd'hui, et contrairement &#224; ce que la gauche chaviste se plait &#224; r&#233;p&#233;ter, ce n'est plus la politique des Etats-Unis. Parce que la mobilisation des peuples latino-am&#233;ricains les a fait reculer, que la puissance imp&#233;riale a d'autres sujets de pr&#233;occupation, prioritaires (Moyen-Orient, Asie&#8230;), mais aussi parce que ses dirigeants consid&#232;rent d&#233;sormais qu'ils peuvent s'accommoder pour un temps de Ch&#225;vez. Apr&#232;s tout, celui-ci ne s'en est pris que marginalement aux int&#233;r&#234;ts de leurs entreprises. Le Venezuela reste un pays capitaliste o&#249; elles continuent de faire leurs affaires, la situation n'y a rien &#224; voir avec les expropriations sans indemnit&#233;s et la nationalisation totale de l'&#233;conomie cubaine, il y a maintenant plus de 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations commerciales n'ont jamais &#233;t&#233; interrompues. En lui livrant un peu moins de 10 % du total de ses importations, le Venezuela est le quatri&#232;me fournisseur de p&#233;trole des Etats-Unis. Et, quand bien m&#234;me le pays carib&#233;en tente de r&#233;duire cette d&#233;pendance (en particulier par de nouveaux contrats avec la Chine), ses livraisons &#224; l'Oncle Sam repr&#233;sentent toujours la majeure partie de ses exportations. De m&#234;me ce dernier reste-t-il, et de loin, le principal fournisseur du Venezuela. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La page Internet du D&#233;partement d'Etat (minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res) &#233;tatsunien sur le Venezuela rend compte de cette approche plus apais&#233;e : &#171; Ind&#233;pendamment des tensions dans les relations bilat&#233;rales, les Etats-Unis continuent de rechercher avec le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien des engagements constructifs, en se concentrant sur les domaines dans lesquels la coop&#233;ration est de l'int&#233;r&#234;t des deux nations. Des exemples de tels int&#233;r&#234;ts communs sont la coop&#233;ration dans la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme, ainsi que les relations commerciales. &#187; [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Qui, curieusement, ont en commun d'&#234;tre &#224; la fois des pavillons de complaisance et des paradis fiscaux. Il s'agit de la Dominique, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et d'Antigua-et-Barbuda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le S&#233;nat paraguayen domin&#233; par la droite avait mis son veto &#224; l'adh&#233;sion du Venezuela. Cet obstacle a &#233;t&#233; lev&#233; de fait lorsque les trois autres pays membres du Mercosur ont suspendu la participation du Paraguay suite au coup d'Etat institutionnel ayant renvers&#233; le pr&#233;sident Fernando Lugo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.nuestrapropuesta.org.ar/Numerosanteriores/782/PAG4A.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nuestrapropuesta.org.ar/Numerosanteriores/782/PAG4A.htm&lt;/a&gt; Le petit PC argentin soutient le gouvernement de Cristina Fern&#225;ndez.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] &lt;a href=&#034;http://www.francoisdelapierre.fr/ou-il-est-question-du-venezuela-et-de-deux-journalistes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.francoisdelapierre.fr/ou-il-est-question-du-venezuela-et-de-deux-journalistes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] En 2011, les marchandises &#233;tatsuniennes ont repr&#233;sent&#233; 32 % des importations du Venezuela, suivies par celles en provenance de l'Union europ&#233;enne (14 %), de Chine (9 %), du Br&#233;sil (9 %) et de Colombie (5 %). Inversement, les Etats-Unis ont &#233;t&#233; destinataires de 40 % des exportations v&#233;n&#233;zu&#233;liennes, devant la Chine (8 %), l'Inde (8 %), Singapour (5 %) et Cuba (5 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/35766.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/35766.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans : Revue Tout est &#224; nous ! 38 (d&#233;cembre 2012).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?page=article_impr&amp;id_article=28087&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?page=article_impr&amp;id_article=28087&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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