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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La &#171; crise &#187; migratoire : l'effet boomerang</title>
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		<dc:date>2015-09-08T08:08:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Daumas</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aggraver les in&#233;galit&#233;s, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesures pour stopper le r&#233;chauffement climatique, d&#233;stabiliser toute la r&#233;gion du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un co&#251;t que paient depuis des d&#233;cennies les populations, et tout particuli&#232;rement celles du Sud. En nombre de morts, de d&#233;plac&#233;s, d'affam&#233;s, de d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Et cela met des populations sur les routes, &#224; la recherche simplement d'un endroit o&#249; survivre. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton23212-feb88.jpg?1782011755' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aggraver les in&#233;galit&#233;s, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesures pour stopper le r&#233;chauffement climatique, d&#233;stabiliser toute la r&#233;gion du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un co&#251;t que paient depuis des d&#233;cennies les populations, et tout particuli&#232;rement celles du Sud. En nombre de morts, de d&#233;plac&#233;s, d'affam&#233;s, de d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Et cela met des populations sur les routes, &#224; la recherche simplement d'un endroit o&#249; survivre. Massivement, puisque l'UNHCR (l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s) estime &#224; 50 millions le nombre de r&#233;fugi&#233;s dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart du temps, cette route de l'exode s'arr&#234;te &#224; la r&#233;gion voisine, au sein du m&#234;me pays, ou au territoire du pays voisin. C'est ce qui s'est pass&#233; lors de la crise du Rwanda ou de la RDC, c'est ce qui se passe en ce moment avec la guerre qui ravage la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne prendre que ce dernier exemple, le nombre de r&#233;fugi&#233;s est aujourd'hui estim&#233; &#224; environ 4 millions (sur une population totale de 20 millions, 1/5 de la population !) Et plus de la moiti&#233; est accueillie dans les pays de la r&#233;gion : Turquie, 2 millions (pour une population totale de 75 millions) ; Liban, 1,1 million (sur une population de 5,8 millions), Jordanie, 500 000. Aux r&#233;fugi&#233;s syriens proprement dit, il faut ajouter les r&#233;fugi&#233;s que la Syrie avait accueilli au cours des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes : Palestiniens - install&#233;s de longue date dans ce pays, ainsi qu'au Liban et en Jordanie et Irakiens - rappelons que la Syrie avait accueilli, apr&#232;s la chute de Saddam Hussein 1,5 million de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, les &#201;tats-Unis devaient bien savoir qu'un tel exode &#233;tait in&#233;vitable. En envahissant l'Irak, en d&#233;stabilisant toute la r&#233;gion, en jouant les apprentis-sorciers avec les mouvements islamistes, pensaient-ils vraiment &#234;tre &#224; l'abri de toute r&#233;percussion ? Certes, ils subissent de loin en loin quelques attentats terroristes, amplement m&#233;diatis&#233;s. Mais qu'est-ce que cela repr&#233;sente par rapport &#224; ce que vivent les populations des pays arabes, devant affronter au quotidien l'obscurantisme ? Pendant des ann&#233;es, ils ont laiss&#233; les pays limitrophes se d&#233;patouiller avec ce probl&#232;me, continuant &#224; lever toutes sortes de barri&#232;res tout autour de l'Europe, renfor&#231;ant de jour en jour le caract&#232;re militaire du m&#233;canisme de d&#233;fense des fronti&#232;res europ&#233;ennes, appel&#233; Frontex, et sommant les pays limitrophes de l'Union, qualifi&#233;s de bons voisins, de relayer la surveillance des fronti&#232;res europ&#233;ennes, au m&#233;pris du respect des droits humains et au m&#233;pris de la Convention de Gen&#232;ve et du droit d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait des ann&#233;es que la M&#233;diterran&#233;e s'est transform&#233;e en v&#233;ritable cimeti&#232;re humain sans que cela n'&#233;meuve les responsables europ&#233;ens qui continuaient leur politique de blindage du bunker europ&#233;en. Il aura fallu donc l'arriv&#233;e massive de r&#233;fugi&#233;s sur le territoire europ&#233;en, venant notamment de Syrie, pour que les gouvernements r&#233;agissent et nous livrent, le c&#339;ur sur la main, des discours l&#233;nifiants sur les principes du droit d'asile et la n&#233;cessit&#233; d'un accueil humain des r&#233;fugi&#233;s. Qu'en sera-t-il exactement ? Les prochains jours, les prochaines semaines nous le diront. Mais ce n'est pas l'&#233;tablissement de quotas par pays, ce n'est pas le tri entre migrants r&#233;fugi&#233;s et migrants &#233;conomiques qui apporteront des solutions durables &#224; cet exode massif de populations ne pouvant plus vivre dans leurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve en est que de nouveaux fronts de migration sont en train de s'ouvrir. Ainsi, face &#224; la crise, les Grecs sont aussi de plus en plus nombreux &#224; chercher un emploi hors de leur pays. Pas moins de 300 000 se sont exil&#233;s depuis les sept derni&#232;res ann&#233;es, portant &#224; pr&#232;s de 6 millions la population grecque &#233;migr&#233;e. Les Espagnols eux aussi ont repris la route de la migration, au Maroc, dans les pays d'Am&#233;rique latine ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute : ni les murs, ni les armes ne permettront de r&#233;soudre ce que les m&#233;dias appellent la crise migratoire. Car elle n'est que l'effet boomerang des politiques n&#233;olib&#233;rales impos&#233;es depuis des d&#233;cennies aux peuples du monde. Cet effet, les populations du Sud le connaissent bien, mais voil&#224;, il s'invite aujourd'hui au c&#339;ur de l'Europe, qui tout d'un coup se rend compte qu'il n'est pas si facile d'accueillir des r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions de fond, elles r&#233;sident donc dans l'arr&#234;t des ventes d'armes &#224; des bandes arm&#233;es de tout acabit, l'arr&#234;t du soutien &#224; des r&#233;gimes comme celui de l'Arabie saoudite qui apr&#232;s avoir foment&#233; la cr&#233;ation de l'&#201;tat islamique se voit confier la t&#226;che de son &#233;radication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles r&#233;sident dans la fin du pillage des ressources des pays du Sud et des confrontations arm&#233;es qui n'ont d'autre but que de permettre l'intervention militaire des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles r&#233;sident dans l'annulation du syst&#232;me de la dette qui ne fonctionne aujourd'hui que comme m&#233;canisme de pompage des richesses des peuples au b&#233;n&#233;fice des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles r&#233;sident dans la d&#233;nonciation des accords de libre-&#233;change qui, eux aussi, bafouent la souverainet&#233; des peuples et renforce le pillage des richesses du Sud au b&#233;n&#233;fice des banques et des multinationales du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en attendant, l'urgence est dans le respect des droits et des conventions relatifs &#224; la migration et &#224; l'asile, la mise en place de m&#233;canismes d'accueil et d'insertion permettant d'instaurer des rapports d'humanit&#233; et de respect de la dignit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi les Institutions de la microfinance s'int&#233;ressent-elles autant aux femmes ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pourquoi-les-Institutions-de-la-microfinance-s-interessent-elles-autant-aux</link>
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		<dc:date>2014-09-02T08:51:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Daumas</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-09-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Institutions de la microfinance (IMF) s'int&#233;ressent aux femmes. C'est un fait ind&#233;niable. Au niveau mondial, les femmes repr&#233;sentent environ 70 % de la client&#232;le des IMF |1|. Certaines IMF ne ciblent que les femmes (17 % selon la &#171; Campagne du microcr&#233;dit &#187; |2|), et d'autres ciblent majoritairement les femmes (29 % auraient plus de 80 % de femmes parmi leurs clients). Cette pr&#233;f&#233;rence pour une client&#232;le f&#233;minine est tr&#232;s marqu&#233;e en Asie mais s'observe partout ailleurs dans le monde. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton18738-8eab5.png?1782011755' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Institutions de la microfinance (IMF) s'int&#233;ressent aux femmes. C'est un fait ind&#233;niable. Au niveau mondial, les femmes repr&#233;sentent environ 70 % de la client&#232;le des IMF |1|. Certaines IMF ne ciblent que les femmes (17 % selon la &#171; Campagne du microcr&#233;dit &#187; |2|), et d'autres ciblent majoritairement les femmes (29 % auraient plus de 80 % de femmes parmi leurs clients). Cette pr&#233;f&#233;rence pour une client&#232;le f&#233;minine est tr&#232;s marqu&#233;e en Asie mais s'observe partout ailleurs dans le monde. Ainsi au Maroc, d'apr&#232;s la FNAM |3|, le pourcentage des femmes clientes des IMF a oscill&#233; entre 75,5 % et 64 % entre 2003 et 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- Les IMF s'int&#233;ressent aux femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pratiquement la moiti&#233; de la population mondiale adulte (soit environ 2,5 milliards de personnes |4|) &#233;chappe au circuit bancaire (75 % des adultes gagnant moins d'un dollar par jour n'ont pas de compte en banque tandis que le taux d'inclusion bancaire oscille entre 87 et 98 % dans les pays occidentaux), le pourcentage est encore plus fort concernant les femmes : seules 37 % des femmes des pays en d&#233;veloppement ont un compte bancaire (contre 46 % pour les hommes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les politiques &#233;tatiques ou les programmes des organisations internationales, la mention du microcr&#233;dit appara&#238;t souvent dans le chapitre &#171; politiques de genre &#187; et les sites internet des institutions illustrent leurs activit&#233;s principalement avec des photos de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours officiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le microcr&#233;dit a pour objectif de donner un acc&#232;s &#224; des produits financiers aux populations qui en sont exclues, les femmes viennent effectivement en priorit&#233;, parce qu'elles forment la population la plus pauvre et aussi la plus discrimin&#233;e. D'autres arguments sont &#233;galement avanc&#233;s par les IMF : outre le fait qu'elles sont r&#233;put&#233;es mieux rembourser que les hommes, les femmes seraient plus soucieuses du bien-&#234;tre familial, et donc mieux &#224; m&#234;me de faire profiter de leurs gains l'ensemble de leur famille. Enfin l'acc&#232;s aux services financiers leur permettrait progressivement de mieux se faire entendre et reconna&#238;tre au sein de leur entourage et de leur communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, franchissant all&#232;grement le pas, le microcr&#233;dit affirme vouloir &#233;manciper les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, il s'agit d'&#233;manciper les pauvres &#8211;et les femmes en premier chef- par &#171; l'inclusion financi&#232;re &#187;, pour reprendre la terminologie en vigueur dans le monde de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux chercheurs et chercheuses ont multipli&#233; les enqu&#234;tes et les &#233;tudes |5| pour savoir quel &#233;tait l'impact r&#233;el des microcr&#233;dits en terme de lutte contre la pauvret&#233; et d'&#233;mancipation des femmes. Les conclusions de certain(e)s sont sans appel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centr&#233;es sur une politique de l'offre et non de la demande, les IMF restent cantonn&#233;es dans une approche purement financi&#232;re, sans prendre en compte le contexte n&#233;olib&#233;ral de l'extension de la crise, des in&#233;galit&#233;s et de la pauvret&#233;, ni le contexte patriarcal de l'oppression des femmes (ce contexte est pourtant utilis&#233; au moment d'extorquer les remboursements). Elles fonctionnent sur la base de multiples illusions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; illusion de la cr&#233;ation de l'auto-emploi et de la viabilit&#233; de la microentreprise dans des r&#233;gions totalement sinistr&#233;es o&#249; le pouvoir d'achat des populations est minime et dans un monde en crise o&#249; les entreprises &#8211;et surtout les petites, voire toutes petites et moyennes entreprises- ont souvent du mal &#224; survivre ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; illusion sur l'impact de l'acc&#232;s &#224; la consommation comme crit&#232;re de sortie de la pauvret&#233;, et ce alors que la lib&#233;ralisation et le d&#233;mant&#232;lement des services publics constituent des r&#233;gressions dans le niveau de vie des populations et des femmes en particulier ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; illusion sur un d&#233;veloppement au rabais/ notamment dans les r&#233;gions marginalis&#233;es o&#249; le microcr&#233;dit s'implante massivement ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; illusion sur l'impact que pourraient avoir quelques centaines d'euros sur l'avenir des familles et des populations ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; illusion sur l'impact de l'acc&#232;s &#224; la finance sur l'empowerment des femmes, qui restent ins&#233;r&#233;es dans un monde patriarcal.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sultats dramatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les pr&#234;ts du microcr&#233;dit ne permettent que tr&#232;s rarement &#224; leurs &#171; b&#233;n&#233;ficiaires &#187; de cr&#233;er des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus (terminologie en usage d&#232;s lors que l'on parle des pauvres et des femmes) p&#233;rennes, mais ils cr&#233;ent au contraire plus de probl&#232;mes qu'ils n'en r&#233;solvent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du pr&#234;t collectif (&#224; un groupe de femmes collectivement solidaires du remboursement des pr&#234;ts obtenus par chacune) constitue une pression sociale terrible qui d&#233;bouche souvent sur des conflits entre femmes. Et le renforcement de la sp&#233;cialisation des femmes dans des secteurs peu productifs et peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, l'alourdissement de leurs responsabilit&#233;s, l'&#233;tirement de leur journ&#233;e de travail, s'ajoutent &#224; la spirale de surendettement dans laquelle le microcr&#233;dit plonge les femmes. Tout cela se traduit alors par une exacerbation de la violence conjugale, une surcharge de travail, de stress, de fatigue et dans bien des cas la d&#233;scolarisation des enfants, qui sont mis au travail pour rembourser les dettes, la prostitution des m&#232;res ou de leurs filles, et fr&#233;quemment h&#233;las des suicides ou tentatives de suicide.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'outil microcr&#233;dit appara&#238;t &#224; l'&#233;vidence comme non adapt&#233; pour atteindre ni l'un ni l'autre des buts qu'il s'assigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au plus, &#171; (L)e microcr&#233;dit peut contribuer &#224; stabiliser de petites entreprises, mais tr&#232;s rarement cr&#233;er des emplois ex nihilo et il ne r&#233;sout en rien l'insuffisance ou absence de demande locale, caract&#233;ristique des &#233;conomies d&#233;prim&#233;es. Il peut permettre de boucler des fins de mois, mais ne pallie pas aux insuffisances de revenus, n'&#233;radique pas les pratiques informelles souvent qualifi&#233;es d'usuraires et peut au contraire d&#233;boucher sur de nouvelles forme d'usure. Pour les femmes, il peut repr&#233;senter une source de financement socialement accept&#233;e et dont elles assurent au moins partiellement le contr&#244;le, mais il ne r&#233;sout en rien la division sexu&#233;e des r&#244;les, leur acc&#232;s tr&#232;s in&#233;gal &#224; la propri&#233;t&#233;, leur absence de mobilit&#233; et peut tr&#232;s facilement exacerber le poids de leurs obligations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; des effets de manche et du lyrisme du langage, est-ce l'objectif r&#233;el ? &#187; |6|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#234;tre bien na&#239;f pour continuer &#224; prendre pour argent comptant les discours sur le sujet des Institutions financi&#232;res internationales, relay&#233;s par les politiques (rappelons ici le r&#244;le majeur jou&#233; par le couple Clinton dans le lancement du microcr&#233;dit plan&#233;taire et l'attribution du prix Nobel &#224; Muhammed Yunus) et par les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- Pourquoi les femmes sont-elles cibl&#233;es en priorit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le microcr&#233;dit au service du lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il avance masqu&#233; derri&#232;re des exp&#233;riences populaires de type tontines, dont il pr&#233;tend s'inspirer, le microcr&#233;dit est bien un avatar du lib&#233;ralisme.&#171; Fini le temps o&#249; le p&#232;re ramenait la paie au logis et la remettait &#224; la m&#232;re pour qu'elle &#233;l&#232;ve ses enfants. La cons&#233;quence de l'ajustement structurel a &#233;t&#233; le ch&#244;mage massif, la flexibilisation du travail, la pr&#233;carisation de l'emploi. Face &#224; ces politiques, le p&#232;re est entr&#233; en crise et la femme est sortie dans la rue pour trouver de quoi survivre, donnant par l&#224; un nouveau visage &#224; l'&#233;conomie, &#224; la ville et &#224; la structure m&#234;me et au sens de la famille... C'est toute cette &#233;nergie sociale que d&#233;veloppent les femmes dans leur lutte pour la survie qui est instrumentalis&#233;e et utilis&#233;e par la banque et le syst&#232;me de la microfinance par le biais du microcr&#233;dit. &#187; |7|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos de Maria Galindo, animatrice de l'association bolivienne Mujeres creando, donne des pistes de r&#233;flexion tout &#224; fait int&#233;ressantes. En effet, le n&#233;olib&#233;ralisme a massivement pouss&#233; les femmes &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; de l'emploi, notamment dans les secteurs les plus pr&#233;caires, tourn&#233;s vers l'exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) profitant de leur manque d'exp&#233;rience du march&#233; et du monde du travail, du manque d'acquis concernant leurs droits, de leur analphab&#233;tisme. La crise de la famille &#233;largie et la crise de la famille tout court, exacerb&#233;e par un ch&#244;mage structurel de masse, a transform&#233; les femmes en chefs de foyer et en actrices de premier plan dans la lutte pour la survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un filet social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le microcr&#233;dit constitue davantage une strat&#233;gie de survie qu'une option de d&#233;veloppement, il pourrait, selon ses d&#233;fenseurs, permettre de retarder ou att&#233;nuer les impacts des politiques lib&#233;rales et constituer ainsi des &#171; filets sociaux &#187; permettant de fixer les populations, leur offrir un espoir sur place, freiner la pression migratoire, qu'elle soit interne ou vers l'&#233;tranger. Il ne fait aucun doute que ce raisonnement est &#224; la base de l'implication de l'Union europ&#233;enne et de ses diff&#233;rents pays dans le financement du microcr&#233;dit dans les pays du Sud de la M&#233;diterran&#233;e. Mais encore faudrait-il que cela fonctionne effectivement et ne plonge pas les clients dans une pauvret&#233; encore plus grande que celle qu'il pr&#233;tend combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forme de l&#233;gitimation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, lutter contre la pauvret&#233;, &#233;manciper les femmes constitue un discours qui donne de la l&#233;gitimit&#233; au projet. Tout particuli&#232;rement quand il s'agit des femmes du Tiers-monde pour lesquelles l'Occident se dit pr&#234;t &#224; partir en croisade pour les lib&#233;rer. On a vu comment la th&#233;matique de la lib&#233;ration des femmes a &#233;t&#233; instrumentalis&#233;e lors de l'invasion de l'Afghanistan, puis de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste ici &#224; un d&#233;tournement du discours. La notion d'&#233;quit&#233; est mise en avant (r&#233;duite ici &#224; une non-discrimination par rapport au cr&#233;dit), comme le droit des femmes (l'acc&#232;s au cr&#233;dit devient un droit humain) et l'inclusion financi&#232;re serait la cl&#233; de l'inclusion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le microcr&#233;dit s'est invit&#233; au c&#339;ur des activit&#233;s de la Conf&#233;rence mondiale des femmes de P&#233;kin, en 1995 et a travaill&#233; en &#233;troite relation avec toute une s&#233;rie d'ONG de femmes, app&#226;t&#233;es par des financements qui leur tombaient du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, cela a permis de d&#233;politiser la question f&#233;ministe en pr&#233;tendant offrir des solutions techniques et individuelles &#224; l'oppression que vivent les femmes, &#233;vacuant &#233;videmment son caract&#232;re capitaliste et patriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le microcr&#233;dit et le travail informel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit permet d'&#233;tendre le mod&#232;le du travail informel. Avec la mondialisation lib&#233;rale, les femmes arrivent, au moins dans les pays du Sud, massivement sur le march&#233; de l'emploi, main d'&#339;uvre moins sensibilis&#233;e aux droits des travailleurs et &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un salaire digne, leur r&#233;mun&#233;ration continuant &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un apport secondaire, m&#234;me lorsque c'est elle qui fait vivre la famille. Elles sont massivement recrut&#233;es dans les zones offshore et les maquiladoras, o&#249; les multinationales s'affranchissent de la l&#233;gislation du travail et des droits syndicaux, paradis du travail pr&#233;caire et de la surexploitation de la main d'&#339;uvre f&#233;minine ; ensuite dans les grandes exploitations agricoles de l'agrobusiness o&#249; les femmes constituent la masse d'appoint saisonni&#232;re, la plupart du temps sans contrats, sans couverture sociale, et pour un salaire de mis&#232;re. &#192; tout cela s'ajoutent les activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus (AGR), qui sont &#224; la base des microprojets propos&#233;s par les associations de microcr&#233;dit et qui ont &#233;t&#233; largement soutenues par bien des ONG de femmes ou dites de d&#233;veloppement. La philosophie de ces AGR rejoint celle du microcr&#233;dit : &#224; chaque individu de sortir de la mis&#232;re dans laquelle l'ont plong&#233; la destruction de l'agriculture paysanne, l'exode rural massif, la compression des budgets publics et la privatisation des services publics, etc., bref les politiques n&#233;olib&#233;rales. &#192; chaque personne de cr&#233;er son emploi, m&#234;me s'il n'en a pas le statut : une activit&#233; qui g&#233;n&#232;re des revenus, cela permet de faire l'impasse sur les notions de salaire, de protection sociale, de temps de travail, d'hygi&#232;ne, etc. C'est le travail pr&#233;caire par excellence. Et c'est un travail atomis&#233;, de sous-traitance &#224; domicile, de commerce informel sur le trottoir (interdit par ailleurs, donc en butte &#224; la r&#233;pression polici&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le degr&#233; z&#233;ro de l'emploi, au nom d'un d&#233;veloppement-bidon (ce n'est pas ainsi qu'un pays peut se d&#233;velopper) et qui provoque des souffrances accrues pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit permet aussi de faire main-basse sur la valeur cr&#233;&#233;e par ce travail informel. En effet, n'&#233;tant pas reconnu, c'est un travail qui n'est pas imposable, et dont les b&#233;n&#233;fices, aussi maigres soient-ils, tombent dans l'escarcelle de l'auto-employ&#233;. Voil&#224; qui ne cadre pas avec les principes du capitalisme. Financer cet auto-emploi et imposer des taux d'int&#233;r&#234;t usuriers est de toute &#233;vidence une fa&#231;on de r&#233;cup&#233;rer une part &#8211;voire toute- de la plus-value cr&#233;&#233;e par ce travail. Il y a l&#224; une relation directe du capital financier avec le travail, qui, sans passer par le truchement du patron et de l'entreprise, va pouvoir r&#233;cup&#233;rer, par le m&#233;canisme de l'endettement, la valeur cr&#233;&#233;e par le travailleur. &#192; l'heure o&#249; l'on assiste &#224; une extension exponentielle du travail informel, on comprend tout l'int&#233;r&#234;t de l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un outil au service de la privatisation des services publics&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des piliers du Consensus de Washington a &#233;t&#233; de privatiser les services publics, mesure qui a &#233;t&#233; appliqu&#233;e dans le monde entier et a eu un impact tr&#232;s fort sur les femmes, notamment en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation. Ainsi, au Maroc, on a pu voir le lien direct qu'il y a eu entre la lib&#233;ralisation de la sant&#233; publique et l'augmentation de la mortalit&#233; maternelle et infantile. &#192; tel point que le gouvernement a d&#251; reculer et revenir &#224; la gratuit&#233; des accouchements &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique on constate que bien souvent, les microcr&#233;dits servent &#224; payer l'&#233;cole priv&#233;e du gamin, les soins de sant&#233; d'un des membres de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect des choses est m&#234;me th&#233;oris&#233; par Yunus qui revendique haut et fort le fait de financer l'acc&#232;s aux soins de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intention louable, pourraient dire certains. Puisque les h&#244;pitaux sont devenus payants, il vaut quand m&#234;me mieux que les pauvres puissent faire face &#224; un coup dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la logique mise en &#339;uvre est certainement encore plus perverse. Puisque les services publics sont devenus payants, mais que les pauvres n'ont pas les moyens de payer, il faut quand m&#234;me assurer les profits des nouvelles entreprises priv&#233;es assurant ce service en endettant les populations. L'argent a disparu des budgets publics et se transforme en dette priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un outil au service de la bancarisation des pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aujourd'hui l'un des objectifs majeurs affich&#233; par la Banque mondiale, repris par nombre d' IMF, telles quePlaNet Finance de Jacques Attali :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 2,5 milliards d'adultes n'ont actuellement pas acc&#232;s aux services financiers de base, soit la moiti&#233; de la population adulte mondiale. C'est-&#224;-dire qu'ils n'ont pas acc&#232;s &#224; un compte courant de base, au cr&#233;dit, &#224; une assurance et &#224; un produit d'&#233;pargne... Le lien entre inclusion financi&#232;re et inclusion sociale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inclusion financi&#232;re est une composante de l'inclusion sociale (acc&#232;s des populations &#224; des services de base comme l'emploi, la sant&#233;, le logement ou l'&#233;ducation, [compris donc comme payants]). Elle repr&#233;sente de ce fait un enjeu &#233;conomique et social majeur, non seulement dans les pays en d&#233;veloppement mais aussi dans les pays d&#233;velopp&#233;s, qui n'&#233;chappent pas &#224; l'exclusion financi&#232;re d'une partie de leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inclusion financi&#232;re, un enjeu mondial pour le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre l'acc&#232;s universel aux services financiers des adultes d'ici 2020, la Banque mondiale incite les organismes financiers &#224; mettre en avant des produits qui profitent aux populations pauvres, aux femmes et autres groupes vuln&#233;rables. |8| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois paragraphes relev&#233;s sur microworld.org, du groupe PlaNet Finance, tr&#232;s actif dans le domaine de la microfinance, montre bien le raisonnement simpliste d&#233;velopp&#233; par le secteur, qui assimile sans aucun d&#233;but d'argumentation inclusion financi&#232;re et inclusion sociale et confirme que la microfinance s'est bien mise au service de la privatisation des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2,5 milliards de nouveaux clients : la nouvelle niche de la finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s financiers n'ont de cesse de trouver en permanence de nouvelles niches. La pr&#233;c&#233;dente &#233;tait les migrants et le co-d&#233;veloppement qui n'a eu de cesse, tout au long des ann&#233;es 2000, de mettre la main sur les transferts des migrants et de les endetter pour lancer des microprojets d'&#233;quipement au niveau des villages. Aujourd'hui, les transferts des migrants passent presque &#224; 100 % par les banques. Il fallait donc trouver une nouvelle niche. Ce sera l'argent des pauvres. Aussi ridicule que cela paraisse, c'est bien pourtant l'objectif affich&#233;. Bancariser d'ici 2020 (c'est-&#224;-dire dans un temps tr&#232;s court) l'ensemble des habitants de la plan&#232;te : tel est l'objectif que s'est fix&#233; la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, m&#234;me s'ils ont peu d'argent, ils sont nombreux : 2,5 milliards de nouveaux clients, cela constitue une masse mon&#233;taire non n&#233;gligeable. En outre, ils parviennent quand m&#234;me &#224; r&#233;aliser une &#233;pargne qui n'est pas n&#233;gligeable et &#233;chappe majoritairement aux banques. La valeur cr&#233;&#233;e par leur travail se perd. Ils ont souvent aussi quelques biens, des terres notamment que l'on peut leur soutirer : cela permet d'acc&#233;l&#233;rer le mouvement de rachat et de concentration des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, pour les rapaces de la finance, il n'y a pas de petits profits et dans le ciblage de cette nouvelle niche, les femmes, les moins bancaris&#233;es &#224; ce jour, seront la premi&#232;re cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un arsenal de dispositifs sont mis en place, dans lequel la microfinance joue un r&#244;le de choix : ce sera souvent le premier contact des populations pauvres avec le monde de la banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- Quelles alternatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que les pauvres et les femmes pauvres peuvent avoir besoin d'emprunter de l'argent (tout en gardant &#224; l'esprit que les IMF fonctionnent essentiellement sur une pratique de l'offre et non pas de r&#233;ponse &#224; une demande), que ce soit pour faire face aux al&#233;as de la vie, pour payer des services nagu&#232;re gratuits ou pour lancer ou relancer une activit&#233; &#233;conomique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux classiques (la famille, les tontines, l'&#233;pargne familiale) sont en g&#233;n&#233;ral les premiers r&#233;seaux sollicit&#233;s et r&#233;pondent souvent favorablement, dans la limite &#233;videmment de leurs possibilit&#233;s. L'&#233;picier du coin ou du village est aussi celui aupr&#232;s duquel on s'endette, il fournit la nourriture, &#224; prix bien plus cher que le prix du march&#233; il est vrai, et on paiera quand on pourra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut inlassablement rappeler que seules de vigoureuses politiques publiques de cr&#233;ation d'emplois et d'extension de services publics gratuits et de qualit&#233; sont &#224; m&#234;me de nous faire esp&#233;rer un jour sortir de la spirale de la pauvret&#233; et de l'accroissement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exp&#233;riences de d&#233;veloppement sectoriel ou territorial men&#233;es dans des pays comme l'&#201;quateur, le Vietnam, le Venezuela |9| peuvent &#234;tre accompagn&#233;es d'une offre de cr&#233;dit subventionn&#233;e, &#224; taux solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres exp&#233;riences, telle celle du Cercle d'Autopromotion pour le D&#233;veloppement Durable (CADD) au B&#233;nin, montrent comment des exp&#233;riences d'&#233;pargne-cr&#233;dit coop&#233;ratif, autog&#233;r&#233;es par les femmes elles-m&#234;mes peuvent aboutir &#224; une r&#233;elle am&#233;lioration des conditions de vie et &#224; un processus de lib&#233;ration des femmes |10| . Elles montrent qu'il est possible de repenser la microfinance dans un contexte de solidarit&#233; et de non exploitation. Mais il importe d&#232;s lors de laisser les banques et les institutions &#224; la porte et de sortir de la logique de l'usure et du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;d&#233;carrats, Florent, Microfinance entre utilit&#233; sociale et rentabilit&#233; financi&#232;re, Paris, L'harmattan, 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Falquet Jules, (2008) De gr&#233; ou de force. Les femmes dans la mondialisation, Paris, Editions La Dispute, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gu&#233;rin, Isabelle, Femmes et microfinance. Espoirs et d&#233;sillusions de l'exp&#233;rience indienne, Paris, Ed. des archives contemporaines, Agence universitaire de la francophonie, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gu&#233;rin, Isabelle, La microfinance et ses d&#233;rives. &#201;manciper, contr&#244;ler ou exploiter les pauvres ? &#192; para&#238;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hofmann, &#201;lisabeth, Marius-Gnanou, Kamala, Le microcr&#233;dit est-il le faux-nez du n&#233;olib&#233;ralisme ? La microfinance et les femmes pauvres : &#233;tat du d&#233;bat, Les Cahiers d'Outre-Mer [En ligne], 238 | Avril-Juin 2007, mis en ligne le 01 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peemans-Poullet, Hedwige, La miniaturisation de l'endettement des pays pauvres passe par les femmes, In F&#233;minisme et d&#233;veloppement, Chronique f&#233;ministe 71-72, Bruxelles, f&#233;vrier-mai 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabai, Danielle, La microfinance, mythes et r&#233;alit&#233;s, 2012. &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/IMG/pdf/La_microfinance_-_Danielle_Sabai.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/IMG/pdf/La_microfinance_-_Danielle_Sabai.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| D'apr&#232;s B. d'Espallier, I. Gu&#233;rin, R. Mersland, Women and repayment in microfinance. A global analysis. World Development, 2011. Cit&#233; par Isabelle Gu&#233;rin, La microfinance et ses d&#233;rives. &#201;manciper, contr&#244;ler ou exploiter les pauvres ? &#192; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Initi&#233;e par l'organisme anti-pauvret&#233; am&#233;ricain Results, la &#171; Campagne du microcr&#233;dit &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233;e en 1997 et publie un rapport annuel sur le secteur depuis cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| F&#233;d&#233;ration Nationale des Associations de Microcr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| D'apr&#232;s une enqu&#234;te patronn&#233;e par la BM en 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| On peut citer, entre autres, Isabelle Gu&#233;rin, op. cit. Danielle Sabai, La microfinance, mythes et r&#233;alit&#233;s, 2012.. Isabelle Gu&#233;rin, Jane Palier, Beno&#238;t Pr&#233;vost, Femmes et microfinance. Espoir et d&#233;sillusions de l'exp&#233;rience indienne, , 2010. Hedwige Peemans-Poullet, La miniaturisation de l'endettement des pays pauvres passe par les femmes, In F&#233;minisme et d&#233;veloppement, Chronique f&#233;ministe 71-72, f&#233;vrier-mai 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Voir Isabelle Gu&#233;rin, op. cit., &#224; paraitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| La pobreza, un gran negocio. An&#225;lisis cr&#237;tico sobre oeneg&#233;s, microfinancieras y banca, La paz, Mujeres creando, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| L'inclusion financi&#232;re : un enjeu pour les pays en d&#233;veloppement et pays d&#233;velopp&#233;s. &lt;a href=&#034;http://www.microworld.org/fr/news-from-the-field/article/l-inclusion-financiere-enjeu-pour-pays-en-developpement-et-pays-developp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.microworld.org/fr/news-from-the-field/article/l-inclusion-financiere-enjeu-pour-pays-en-developpement-et-pays-developp&lt;/a&gt;, avril 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Cf. Isabelle Gu&#233;rin, op. cit., &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| Cf. Julie Duchatel, Le Cercle d'auto-promotion pour un d&#233;veloppement durable au B&#233;nin. Promotion du micro-cr&#233;dit pour le changement social, 2008. &lt;a href=&#034;http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7678.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7678.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucile Daumas : Membre d'Attac CADTM Maroc Universit&#233; d'&#233;t&#233; des mouvements sociaux. Paris 22 ao&#251;t 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A Rio, les femmes donnent de la voix contre le capitalisme vert</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Rio-les-femmes-donnent-de-la-voix-contre-le-capitalisme-vert</link>
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		<dc:date>2012-06-26T08:20:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Daumas</dc:creator>


		<dc:subject>Rio+20</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-06-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Belle manifestation des femmes, ce lundi 18 juin, dans le cadre du Sommet des peuples &#224; Rio de Janeiro. Elle a fait la une de certains titres de la presse br&#233;silienne. L'objectif qui &#233;tait de faire entendre la voix des femmes contre cette &#233;conomie verte que les gouvernements r&#233;unis &#224; Rio+20 sont en train de nous imposer est donc atteint. &lt;br class='autobr' /&gt; Parties vers 7 heures du matin du campement que les femmes de la Marche mondiale des femmes (MMF) partagent avec les militants de la V&#237;a campesina, pr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Rio-20-+" rel="tag"&gt;Rio+20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-06-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-06-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton10823-74dba.png?1782011756' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Belle manifestation des femmes, ce lundi 18 juin, dans le cadre du Sommet des peuples &#224; Rio de Janeiro. Elle a fait la une de certains titres de la presse br&#233;silienne. L'objectif qui &#233;tait de faire entendre la voix des femmes contre cette &#233;conomie verte que les gouvernements r&#233;unis &#224; Rio+20 sont en train de nous imposer est donc atteint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parties vers 7 heures du matin du campement que les femmes de la Marche mondiale des femmes (MMF) partagent avec les militants de la V&#237;a campesina, pr&#232;s de 2000 femmes sont arriv&#233;(e)s sur le site du Sommet des peuples, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224; o&#249; s'inaugurait la tente &#8220;Territoire global des femmes&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont alors &#233;t&#233; rejointes par un nombre important de femmes et d'hommes et c'est un cort&#232;ge de plus de 10 000 personnes qui s'est &#233;branl&#233; pour porter leurs voix dans les rues du Centre de Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette marche, organis&#233;e &#224; l'initiative de la MMF, de V&#237;a Campesina, de l'Articula&#231;ao da mulheres brasileiras et de plus de 30 autres organisations, proclamait sur la banderole de t&#234;te &#8220;Femmes em lutte contre la marchandisation de nos corps, de nos vies et de la nature&#8221;. Le cort&#232;ge, anim&#233; par plusieurs groupes de percussions, dont la batucada de la MMF, agitant au vent des banderoles de toutes couleurs, a circul&#233; pendant plus de 4 heures dans les rues de la ville pour affirmer leur engagement contre l'&#233;conomie verte, cette fausse solution &#224; la crise &#233;cologique qui veut transformer la nature en prestataire de service et en un nouveau march&#233; pour les capitaux sp&#233;culatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Le monde n'est pas une marchandise, les femmes non plus !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Pour les f&#233;ministes, le capitalisme vert ne fait pas recette !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Femmes contre le terrorisme n&#233;olib&#233;ral !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;L'argent du BNDES* est l'argent du peuple !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quelques uns des slogans que l'on pouvait entendre ou lire sur les banderoles, &#224; c&#244;t&#233; des revendications plus classiques, contre la violence, pour le droit &#224; l'avortement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cort&#232;ge, des femmes de tous les continents, de tous les pays, avec une forte majorit&#233; de femmes br&#233;siliennes &#233;videmment, mais aussi de la &#8220;matrie&#8221; latinoam&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des paysannes, des femmes mineurs, des ramasseuses d'ordure, des indig&#232;nes, des syndicalistes et des militantes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cet appel : &#8220;Mar&#237;a, ven con nosotros&#8221;.... &#8220;Femmes, rejoignez-nous !&#8221;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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