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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Fran&#231;ois Chesnais : une contribution incontournable &#224; l'analyse du capitalisme</title>
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		<dc:date>2024-02-06T06:58:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Humbert</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-02-06</dc:subject>
		<dc:subject>Economie mondiale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Marc Humbert rend hommage &#224; l'&#233;conomiste marxiste Fran&#231;ois Chesnais, disparu en octobre 2022, en rappelant sa contribution &#224; la compr&#233;hension de la place de la technologie dans l'&#233;conomie capitaliste et en revenant sur son analyse de l'&#233;volution des forces productives. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Contretemps 30 janvier 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Marc Humbert &lt;br class='autobr' /&gt;
*** &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Chesnais, au cours d'une certaine p&#233;riode de son activit&#233; professionnelle, a cherch&#233;, entre autres, &#224; approfondir la compr&#233;hension de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/legszennyezes-ec319.jpg?1781076080' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marc Humbert rend hommage &#224; l'&#233;conomiste marxiste Fran&#231;ois Chesnais, disparu en octobre 2022, en rappelant sa contribution &#224; la compr&#233;hension de la place de la technologie dans l'&#233;conomie capitaliste et en revenant sur son analyse de l'&#233;volution des forces productives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue Contretemps&lt;br class='autobr' /&gt;
30 janvier 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Marc Humbert&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, au cours d'une certaine p&#233;riode de son activit&#233; professionnelle, a cherch&#233;, entre autres, &#224; approfondir la compr&#233;hension de la mani&#232;re dont le capitalisme poursuivait le d&#233;veloppement des forces productives. Je l'ai fr&#233;quent&#233; professionnellement &#224; cette &#233;poque o&#249; il &#233;tait &#233;conomiste &#224; l'OCDE et qui va pour moi de la fin des ann&#233;es soixante-dix au milieu des ann&#233;es quatre-vingt-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai souhait&#233; lui rendre hommage en rappelant sa contribution &#224; certaines r&#233;flexions qui ont fait &#233;voluer l'opinion de nombre d'&#233;conomistes &#224; cette &#233;poque. Dans ce cadre, il a bien d&#233;crypt&#233; le jeu des firmes multinationales, appuy&#233; par les &#201;tats dominants, dans la mondialisation de l'industrie et de l'&#233;conomie mondiale. L'un de ses partenaires dans ces r&#233;flexions en a dress&#233; un bilan historique long, voyant l&#224; &#171; Comment l'Occident s'est enrichi 1] &#187;, un titre ironique paraphrasant celui du c&#233;l&#232;bre ouvrage sur la Richesse des Nations, d'Adam Smith, le p&#232;re de l'&#233;conomie lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon propos comprend deux sections, une premi&#232;re rappelle la contribution de Fran&#231;ois Chesnais &#224; l'appr&#233;ciation du r&#244;le de la technologie dans l'&#233;conomie, ceci dans le cadre de l'apparition d'une nouvelle approche h&#233;t&#233;rodoxe de la th&#233;orie &#233;conomique standard. La seconde tend &#224; montrer que m&#234;me apr&#232;s la fin de cette p&#233;riode qui semblait marquer un d&#233;sint&#233;r&#234;t pour les r&#233;alit&#233;s industrielles, Fran&#231;ois Chesnais lui accordait encore toute son importance. Il s'interrogeait ainsi r&#233;cemment pour savoir si cette fois le d&#233;veloppement des forces productives avaient effectivement rencontr&#233; des limites infranchissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Conceptions du r&#244;le de la technologie dans l'&#233;volution de l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;A)Les apories des th&#233;ories &#233;conomiques disponibles sur la question de la technologie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie &#233;conomique standard de l'&#233;quilibre &#233;conomique g&#233;n&#233;ral suppose que l'ensemble de tout ce qui est mat&#233;riel et immat&#233;riel destin&#233; &#224; satisfaire la consommation, la demande solvable des populations, est mis &#224; leur disposition par le libre fonctionnement des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce fonctionnement qui assure une allocation optimale des ressources et offre &#224; ces populations, &#224; l'&#233;conomie dans son ensemble, de se trouver dans une situation pareto-optimale, impossible &#224; d&#233;passer. La production de biens, de services, de services producteurs se fait dans un &#233;tat donn&#233; de la technologie, on ne voit m&#234;me pas appara&#238;tre la cat&#233;gorie firme ou entreprise ; le texte de Coase de 1937 qui montrait que la firme est la n&#233;gation du r&#244;le des march&#233;s ne sera exhum&#233; par des semi-h&#233;t&#233;rodoxes que bien plus tard sous l'influence de Williamson en 1975. La th&#233;orie standard est une micro&#233;conomie sans acteurs concrets, mais mod&#233;lis&#233;e selon le souci de chaque avatar de maximiser sa satisfaction, son b&#233;n&#233;fice, &#224; la moindre peine, au co&#251;t le plus bas possible, sans aucune autre consid&#233;ration. Avatar qui a &#233;t&#233; appel&#233; homo economicus [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise de 1929, les lib&#233;raux thurif&#233;raires du capitalisme ont &#233;t&#233; secou&#233;s par l'interventionnisme du New Deal qui a &#233;vit&#233; l'effondrement ou/et la r&#233;volte sociale. Les &#233;conomistes vont devoir s'adapter. Un interventionnisme raisonn&#233; des politiques a besoin d'indicateurs et c'est ainsi que va na&#238;tre la comptabilit&#233; nationale. Elle sera aussi bien utile pour que les id&#233;es de macro&#233;conomie port&#233;es par la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de Keynes [3] publi&#233;e en 1936 puissent devenir des pratiques nationales de politique &#233;conomique apr&#232;s 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es Keyn&#233;siennes ont &#233;t&#233; hybrid&#233;es par des &#233;conomistes qui les ont transform&#233;es en une recette de&lt;i&gt; stop and go&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;fine tuning&lt;/i&gt; par les d&#233;penses publiques ou le d&#233;ficit budg&#233;taire : si la demande globale est excessive et provoque l'inflation, un coup de frein est donn&#233;, tant pis pour le ch&#244;mage qu'il peut provoquer. Vice versa, si la demande est insuffisante, les d&#233;penses publiques pourront augmenter et relancer la machine et l'emploi. Toutefois cela n'&#233;tait pas suffisant pour les responsables politiques qui, apr&#232;s 1945, ne voulaient pas seulement &#233;viter les crises, mais surtout faire cro&#238;tre le PIB dont on allait v&#233;rifier d&#233;sormais chaque ann&#233;e le taux de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lui qui va permettre de faire esp&#233;rer aux masses une am&#233;lioration de leur niveau de vie et garantir ainsi leur adh&#233;sion au syst&#232;me lib&#233;ral c'est-&#224;-dire &#233;viter qu'elles ne soient tent&#233;es par l'exp&#233;rience communiste, en particulier celle qui avait cours &#224; l'Est de l'Europe o&#249; r&#233;gnait disait-on la p&#233;nurie. C'est aussi ce type de promesse faite par le pr&#233;sident am&#233;ricain Truman [4] en 1949 qui va assurer que les pays nouvellement ind&#233;pendants et tous les autres encore non industriels, bref le Tiers-Monde, attendent sagement leur tour comme les y incite Rostow [5] en 1960 et demeurent au sein du &#171; monde libre &#187;. Ils ont &#233;t&#233; accompagn&#233;s dans leur attente par la communaut&#233; internationale qui a lanc&#233; la premi&#232;re d&#233;cennie du d&#233;veloppement en 1962 [6]. En l'absence r&#233;p&#233;t&#233;e de toute r&#233;ussite, cette premi&#232;re d&#233;cennie a &#233;t&#233; suivie d'une s&#233;rie d'autres d&#233;cennies et on est encore loin d'aboutir selon cette voie. Beaucoup de pays non occidentaux se sentent plus qu'impatients d'autant plus que pour raison &#233;cologique on leur demande de mod&#233;rer leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment mettre les &#233;conomies sur un sentier de croissance ? Il n'y avait pas encore en 1945 de th&#233;orie de la croissance et les &#233;conomistes patent&#233;s se sont alors mis au travail. Notamment des keyn&#233;siens plus ou moins dissidents des n&#233;oclassiques lib&#233;raux qui vont pondre l'objet attendu. C'est Robert Solow qui prend le leadership en 1956 avec une th&#233;orie macro&#233;conomique de la croissance [7]. Ce qu'on y appelle technologie, est un rapport entre les quantit&#233;s de Capital K et les quantit&#233;s de travail L mises en &#339;uvre selon une certaine fonction de production macro&#233;conomique pour donner comme r&#233;sultat notre PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en 1962 Denison s'aventure &#224; tester ce mod&#232;le sur les donn&#233;es concr&#232;tes de la croissance am&#233;ricaine entre 1929 et 1957, il s'aper&#231;oit que l'&#233;volution des quantit&#233;s de capital et de travail employ&#233;es n'explique que moins de 50% de la croissance am&#233;ricaine. Il essaie toutes les id&#233;es astucieuses possibles pour gonfler &#171; avec du suppos&#233; progr&#232;s &#8211; technique &#8211; &#187; les quantit&#233;s de facteurs mais il lui reste encore un &#171; r&#233;sidu &#187; de 20% de croissance inexpliqu&#233;e [8]. En France des &#233;conom&#232;tres macro&#233;conomistes de renom se coltinent le m&#234;me exercice et montrent en 1972, malgr&#233; des raffinements sophistiqu&#233;s, qu'il reste 50% de la croissance fran&#231;aise entre 1951 et 1959 qui ne peut &#234;tre expliqu&#233; [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons de la non prise en consid&#233;ration directe de ce qu'on soup&#231;onne &#234;tre le progr&#232;s technologique, on ne peut expliquer les diff&#233;rentiels de croissance entre les &#233;conomies nationales (Denison 1967) [10]. Si on regarde du c&#244;t&#233; de Marx, ses disciples n'&#233;taient gu&#232;re mieux &#233;quip&#233;s. Certes Marx a la vision que ce sont les changements technologiques &#8211; l'&#233;volution des forces productives- qui ont fait &#233;voluer le social. Bien que ces changements ne soient pas explicit&#233;s et expliqu&#233;s ils sont tenus pour d&#233;terminants. Les forces productives &#224; l'&#233;vidence, malgr&#233; les contradictions croissantes attendues, n'avaient pas encore atteint leur stade ultime quand L&#233;nine a voulu coupler la technologie capitaliste (l'&#233;lectrification) aux soviets pour construire le socialisme. Pas plus en 1945. Ce stade ultime ne semble pas encore atteint aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus beno&#238;tement et objectivement, on peut remarquer que L'URSS, apr&#232;s un rattrapage (aid&#233; apr&#232;s 1945 par un&lt;i&gt; brain-drain&lt;/i&gt; des ing&#233;nieurs allemands) s'est retrouv&#233;e dans les ann&#233;es soixante &#224; la tra&#238;ne des changements technologiques acc&#233;l&#233;r&#233;s dans les pays capitalistes keyn&#233;siens, hormis dans le militaire. Il n'y avait pas vraiment de p&#233;nuries &#224; l'Est, mais le niveau de bien-&#234;tre mat&#233;riel offert aux masses, compar&#233; &#224; celui dont b&#233;n&#233;ficiaient en moyenne celles de l'Ouest, pr&#233;sentait un diff&#233;rentiel qui a m&#233;content&#233; la masse ouvri&#232;re sovi&#233;tique au moins autant que la quasi absence de libert&#233;s individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports sociaux caract&#233;ristiques de la domination bourgeoise d'apr&#232;s la r&#233;volution industrielle selon Marx, ne permettent pas d'expliquer de fa&#231;on satisfaisante, &#224; mon sens, ni le rythme ni le contenu de la r&#233;volution industrielle encore moins la mani&#232;re dont se poursuivent ces changements technologiques. Le mod&#232;le de reproduction &#233;largie de l'accumulation en deux sections dont une productrice de biens d'&#233;quipement ne nous renseigne gu&#232;re sur la dynamique technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;vation de la composition organique du capital ne dit rien sur ce que sont les machines et le capital constant &#8211; et ce qu'elles sont, ou sur ce que sont certains de leurs &#233;l&#233;ments qui jouent ou non un r&#244;le crucial, de m&#234;me rien sur les qualifications vari&#233;es des travailleurs et leur organisation selon des modalit&#233;s diff&#233;rentes de celles employ&#233;es pour les travailleurs manuels. Certes la plupart des adeptes de cette vision scientificis&#233;e s'efforcent de concocter ce qui manque et cela permet &#224; leurs yeux de rendre compatible la poursuite des changements technologiques et la th&#233;orie de Marx. Mais leurs r&#233;sultats n'ont pas convaincu grand monde en dehors du cercle &#233;troit de leurs fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France l'&#233;cole de la r&#233;gulation, inspir&#233;e de marxisme et de keyn&#233;sianisme, donne sa version de l'explication des crises avec une th&#233;orie des formes institutionnelles qui elle aussi n'a que faire de se pencher sur la mani&#232;re dont sont produites et changent les technologies. En 1986, dans la synth&#232;se qu'il dresse de dix ans de travaux collectifs, Robert Boyer [11], que Fran&#231;ois Chesnais et moi-m&#234;me avons fr&#233;quent&#233; et appr&#233;ci&#233;, &#233;crit que c'est peut-&#234;tre une voie parall&#232;le que de s'en pr&#233;occuper. Sur les cent-trente pages de son ouvrage en forme de bilan, dix lignes &#233;voquent parmi des projets qu'il dit similaires &#224; la th&#233;orie de la r&#233;gulation ceux &#171; des sp&#233;cialistes du changement technique qui sont &#224; la recherche d'un mod&#232;le &#233;volutionniste (R.R. Nelson, S.G. Winter) permettant de cerner simultan&#233;ment changement technique et mutation dans les formes institutionnelles (G. Dosi, L. Orsenigo, G. Silverberg) &#187;. Pour que certains contributeurs de la th&#233;orie de la r&#233;gulation commencent &#224; traiter de ces questions technologiques, il a fallu attendre le colloque de Barcelone en 1988. L&#224; sera organis&#233;e une session intitul&#233;e &#171; Les enjeux sociaux de la technologie &#187; &#8211; &#224; la quelle ma contribution [12] a &#233;t&#233; diversement appr&#233;ci&#233;e (mais publi&#233;e par la revue Tiers-Monde en 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait ce qu'on appelle le &#171; capitalisme &#187; ne s'est pas encore effondr&#233;. C'&#233;tait pourtant ce que pr&#233;disaient de nombreux marxistes au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Mais, cinquante ans plus tard, le capitalisme parait n'avoir jamais &#233;t&#233; aussi puissant. La crise de 2008 a r&#233;veill&#233; l'espoir mais il a &#233;t&#233; d&#233;&#231;u jusqu'&#224; aujourd'hui. Toutefois, certains pensent que le capitalisme va tr&#232;s mal &#8211; et Fran&#231;ois Chesnais &#233;tait de ceux-l&#224; &#8211; et qu'une reprise technologique serait cette fois peu assur&#233;e &#8211; Fran&#231;ois Chesnais &#233;tait plus que dubitatif &#8211; et d'autres sont certains qu'une nouvelle crise plus importante est in&#233;vitable et va amplifier le d&#233;clin du capitalisme le rapprochant de son &#233;croulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien possible. Personnellement je veux bien y croire car je suis fondamentalement oppos&#233; &#224; la logique capitaliste. Mais il me semble que l'issue dramatique qui menace une grande partie de l'humanit&#233; pour les ann&#233;es 2070 c'est plus l'in-habitabilit&#233; de la Terre. Certes pour des raisons d'&#233;volution des conditions &#233;cologiques dont est &#233;videmment responsable l'&#233;volution du capitalisme concret et l'oligarchie qui l'a pilot&#233;e, et qui la pilote encore &#224; son profit. J'y reviendrai avec ce que j'en ai lu de Fran&#231;ois. Mais tout d'abord rappelons que si le capitalisme ne s'est pas effondr&#233; c'est en bonne partie en raison de son moteur technologique ce sur quoi Fran&#231;ois Chesnais m'&#233;tait apparu tout &#224; fait d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B) Les courants de pens&#233;e &#233;conomique se saisissant de la question de la technologie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais a fr&#233;quent&#233; et travaill&#233; avec les trois principaux leaders qui ont fait avancer la r&#233;flexion &#233;conomique sur la question de la technologie. Il s'agit des regrett&#233;s Christopher Freeman, et Nathan Rosenberg &#8211; qui ont &#233;t&#233; au moins proches du marxisme &#224; une certaine &#233;poque- ainsi que de Richard Nelson [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(i) Christopher Freeman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christopher Freeman est un britannique (disparu en 2010 &#224; l'&#226;ge de 88 ans) qui a consacr&#233; &#224; temps plein sa vie d'&#233;conomiste aux questions de la technologie &#224; partir de la cr&#233;ation en 1966 du Science Policy Research Unit de l'universit&#233; du Sussex dont il a &#233;t&#233; le premier directeur fondateur. Il constitue une &#233;quipe avec laquelle il explore la cr&#233;ation de nouvelles technologies dans tous les secteurs et dans de nombreux pays. Il accueille des doctorants de divers pays d'Europe (en particulier d'Italie) et d'Am&#233;rique Latine. Il publie seul et en collaboration, de nombreux articles, rapports, ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Giovanni Dosi, venu d'Italie, sera forg&#233; le concept de paradigme technologique (1982) et l'hypoth&#232;se qu'est survenue dans l'industrie une innovation radicale avec l'invention des semi-conducteurs qui a provoqu&#233; une sorte de r&#233;volution diffusant peu &#224; peu dans tous les secteurs d'activit&#233; [14]. Avec Carlotta Perez [15], venue du Venezuela (et qui fut un temps son &#233;pouse), il s'attache &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e des cycles longs h&#233;rit&#233;e de Kondratiev [16] et interpr&#233;t&#233;s par Schumpeter [17]. Le SPRU est visit&#233; &#233;galement par Luc Soete qui fondera ensuite un centre un peu similaire &#224; Maastricht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour d'un s&#233;jour au Japon, Christopher Freeman se persuade qu'il faut concevoir que chaque pays organise de fait son syst&#232;me d'innovation et publie en 1987 un ouvrage en ce sens [18]. En 1988, avec Richard Nelson, Gerald Silberberg et Luc Soete, Freeman publie une somme collective sur l'introduction du changement technique dans la th&#233;orie &#233;conomique et commande un chapitre &#224; Fran&#231;ois Chesnais qu'il a fr&#233;quent&#233; &#224; l'OCDE [19]. Un autre familier du SPRU, Bengt-&#197;ke Lunvall, un Su&#233;dois implant&#233; &#224; l'universit&#233; de Aalborg au Danemark, s'empare du concept de syst&#232;me national d'innovation et sort en 1992 un ouvrage collectif auquel sera associ&#233; Fran&#231;ois Chesnais qui l&#224; encore publie un chapitre [20].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi de nombreux chercheurs du monde entier qui ont &#233;t&#233; accueillis ou/et form&#233;s au SPRU et qui sont devenus des contributeurs notoires aux travaux sur le fonctionnement et le r&#244;le de la technologie il faut nommer Helena Lastres et Jos&#233; Cassiolato. En raison de l'importance internationale de leurs contributions et aussi parce qu'ils y ont associ&#233; Fran&#231;ois Chesnais jusqu'&#224; sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux Br&#233;siliens ont &#233;tabli en 1997, dans leur universit&#233; f&#233;d&#233;rale de Rio de Janeiro, &#224; l'Institut d'&#233;conomie industrielle, un r&#233;seau interdisciplinaire de recherche, inspir&#233; en particulier du concept de syst&#232;me d'innovation. Il s'intitule Redesist, ce qui signifie &#171; R&#233;seau de Recherche sur les arrangements locaux d'innovation et de production &#187; Ce r&#233;seau a f&#234;t&#233; ses 20 ans d'existence en 2017 [21] et poursuit sa dynamique. Il s'est d&#233;velopp&#233; avec des groupes participant r&#233;partis dans 27 universit&#233;s de tout le Br&#233;sil et des groupes dans la plupart des pays d'Am&#233;rique Latine et des accords avec des groupes et des chercheurs individuels dans le monde, dont Fran&#231;ois Chesnais et moi-m&#234;me. Ce r&#233;seau a organis&#233; un grand nombre de colloques internationaux, et a r&#233;alis&#233; un grand nombre de rapports pour soutenir des politiques de d&#233;veloppement. Il a publi&#233; un tr&#232;s grand nombre d'&#233;tudes, d'analyses th&#233;oriques d'articles dans des revues scientifiques, coordonnant des ouvrages en portugais et en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003 ils ont accueilli le premier colloque international d'un r&#233;seau plus vaste encore dont ils ont &#233;t&#233; les animateurs en assurant son secr&#233;tariat pendant de longues ann&#233;es. Il s'agit de GLOBELICS. Un r&#233;seau mondial (GLOBE) sur les syst&#232;mes d'apprentissage, d'innovation et de formation des capacit&#233;s (Learning, Innovation, Competence Building) co-fond&#233; par Bengt-&#197;ke Lundvall et Luc Soete, pr&#233;alablement cit&#233;s [22]. Ces th&#232;mes ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme au c&#339;ur des questions du d&#233;veloppement &#233;conomique et le r&#233;seau a organis&#233; des colloques mondiaux dans tous les continents et continue &#224; le faire. Leur 20&#232;me colloque aura lieu en octobre 2023 &#224; K&#233;rala en Inde [23] sur la transformation des &#233;conomies du Sud global li&#233;e &#224; des innovations entra&#238;n&#233;es par l'essor des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Cassiolato et Helena Lastres se sont assur&#233;s la collaboration de Fran&#231;ois Chesnais qu'ils ont fait intervenir tr&#232;s souvent dans des colloques et journ&#233;es qu'ils ont organis&#233;s depuis 1997 et l'ont fr&#233;quemment publi&#233; et encore au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es [24]. Ils lui ont permis &#233;galement, en l'invitant r&#233;guli&#232;rement au Br&#233;sil d'y continuer ainsi ses relations de travail et de militance. Enfin, et ceci n'est pas le moins de leurs soutiens aux travaux de recherche de Fran&#231;ois Chesnais, ils ont organis&#233; un hommage &#224; son intention pour ses 80 ans, ce qui s'est concr&#233;tis&#233; sous la forme d'un ouvrage collectif publi&#233; en 2014. Ils y ont accueilli un texte de Catherine Sauviat sa compagne et complice de nombreux travaux. Elle y pr&#233;sente (en anglais) ce qu'elle connait du parcours intellectuel de Fran&#231;ois Chesnais [25]. Les diff&#233;rents chapitres (en portugais) de l'ouvrage d'hommage pr&#233;sentent chacun un aspect de l'apport de la pens&#233;e de Fran&#231;ois au Br&#233;sil et aux chercheurs Br&#233;siliens sur les questions du d&#233;veloppement et de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(ii) Nathan Rosenberg&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathan Rosenberg (disparu en 2015 dans sa quatre-vingt-huiti&#232;me ann&#233;e) &#233;tait am&#233;ricain. Professeur d'histoire &#233;conomique (&#224; Stanford &#224; partir de 1974), il s'est int&#233;ress&#233; &#224; comprendre comment la technologie s'est d&#233;velopp&#233;e et a forg&#233; le monde occidental. Un premier ouvrage [26] publi&#233; en 1976 qui met cette question en perspective a &#233;t&#233; tr&#232;s remarqu&#233;, tandis qu'un second [27] sorti en 1982 porte un titre provocateur. &#171; Inside the black box &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart des &#233;conomistes de toutes ob&#233;diences, il y a des lois du syst&#232;me &#233;conomique, mais celles-ci n'expliquent pas par le menu la production de puissance, la production de ce changement ou de ce progr&#232;s technique qui booste la machine. Personne (ou presque) ne se risque &#224; soulever le capot, la machine est une bo&#238;te noire. Il sera invit&#233; en 1991, lors du grand colloque organis&#233; pour les 25 ans du SPRU, &#224; prononcer le discours inaugural [28]. Un colloque qui a r&#233;uni tous ceux qui avaient rejoint ce champ de travail depuis plus ou moins longtemps, comme Fran&#231;ois Chesnais qui appr&#233;ciait beaucoup l'approche historique de Nathan Rosenberg. Je m'y trouvais aussi bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(iii) Richard Nelson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Nelson (n&#233; en 1930 &#8211; 93 ans), apr&#232;s s'&#234;tre int&#233;ress&#233; &#224; l'&#233;conomie de la recherche scientifique de base avec un article remarqu&#233; [29] en 1959, a voulu comprendre plus compl&#233;tement le processus d'innovation, c'est-&#224;-dire au sens de Rosenberg, soulever le capot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1962 ses recherches se sont orient&#233;es dans cette direction [30]. Il publie en 1977 dans la revue du SPRU, avec son coll&#232;gue Sidney Winter, un article [31] sur la mani&#232;re de chercher une th&#233;orie pertinente de l'innovation. Dans la foul&#233;e ils publient en 1982 un ouvrage qui fera date en fondant les bases de ce qui sera dit une th&#233;orie &#233;conomique &#233;volutionnaire [32].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est empar&#233; lui aussi du concept de syst&#232;me national d'innovation et publie en 1993 un ouvrage avec une mise en regard des syst&#232;mes de diff&#233;rents pays. Il a confi&#233; &#224; Fran&#231;ois Chesnais le chapitre sur le syst&#232;me fran&#231;ais d'innovation [33]. L'introduction de l'ouvrage est co-sign&#233; par Nelson et Rosenberg. Rosenberg signe le chapitre sur le syst&#232;me d'innovation des Etats-Unis avec David Mowery qui a &#233;t&#233; son &#233;tudiant. Bengt-&#197;ke Lunvall co-signe un autre chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;C) La relation a-typique de Fran&#231;ois Chesnais avec Schumpeter&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je viens de rappeler montre l'existence d'une communaut&#233; de chercheurs derri&#232;re lesquels planent l'ombre de Schumpeter. C'est une communaut&#233; scientifique au sein de laquelle Fran&#231;ois Chesnais occupe une place &#224; l'importance reconnue. Au moins depuis les ann&#233;es quatre-vingt jusqu'au milieu des ann&#233;es quatre-vingt-dix. Si cette communaut&#233; continue de fonctionner sur ce champ, Fran&#231;ois Chesnais s'en est &#233;loign&#233; quelque peu apr&#232;s 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais auparavant et apr&#232;s une quinzaine d'ann&#233;es intenses en d&#233;bats, colloques, publications &#8211; j'aurai moi aussi le plaisir de publier Fran&#231;ois dans l'ouvrage collectif que j'ai sorti en 1992 chez l'&#233;diteur cl&#233; qui avait accompagn&#233; cette communaut&#233;, Frances Pinter [34] &#8211; Fran&#231;ois r&#233;alise un ma&#238;tre ouvrage dans le cadre de la Direction de la Science de la Technologie et de l'Industrie o&#249; il &#233;tait &#224; la man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lui qui fut la cheville ouvri&#232;re du Programme Technologie/ Economie lanc&#233; en 1988 avec un programme approuv&#233; par les Ministres des pays membres en 1991. Une revue a &#233;t&#233; lanc&#233;e, mais surtout il en est sorti un ouvrage publi&#233; [35] en 1992. Comme rarement dans les publications de ce type par l'OCDE, juste avant la signature du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'institution est indiqu&#233; &#171; Fran&#231;ois Chesnais a assur&#233; la coordination g&#233;n&#233;rale et l'&#233;tablissement du texte d&#233;finitif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois a pu y insister sur tous les th&#232;mes qui lui paraissaient essentiels, les questions d'investissement et de formation des comp&#233;tences humaines, la compl&#233;tion du march&#233; mondial et les firmes multinationales, l'oligopolisation et les r&#233;seaux d'alliances entre firmes g&#233;antes, la comp&#233;titivit&#233; structurelle, les questions d'industrialisation tardive et les probl&#232;mes de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut noter que dans la longue bibliographie de cet ouvrage ne figurent ni Marx ni le Schumpeter de 1911, de la th&#233;orie de l'&#233;volution &#233;conomique [36] ou celui sur les cycles [37] de 1939. Pourtant se trouve r&#233;f&#233;renc&#233; le livre qui fera la renomm&#233;e publique de Schumpeter et publi&#233; en 1942 sous le titre de &#171; Capitalisme Socialisme et D&#233;mocratie [38] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schumpeter lui-m&#234;me soulignait qu'il &#233;tait un des rares &#233;conomistes avec Marx et les marxistes &#224; s'int&#233;resser aux crises, &#224; l'investissement ou l'accumulation du capital et aux grandes firmes et aux oligopoles. Mais si pour Marx le capitaliste bourgeois &#233;tait l'homme aux &#233;cus qui pr&#233;cipitait la survenue des crises &#233;conomiques, pour Schumpeter c'&#233;tait l'entrepreneur qui se saisissait et provoquait des innovations et sortait l'&#233;conomie des situations de crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des marxistes et m&#234;me des Keyn&#233;siens r&#233;gulationnistes orthodoxes ou dissidents n&#233;gligent Schumpeter. C'est par exemple le cas de notre ami Bernard Billaudot qui a cherch&#233; &#224; repenser l'&#233;conomie et &#224; d&#233;crire l'ordre &#233;conomique moderne [39]. Il dit s'&#234;tre plong&#233; dans une relecture approfondie de tout ce qui comptait &#224; ses yeux parmi des &#233;conomistes, des historiens, des philosophes, des sociologues des politistes dont il mentionne une liste tr&#232;s longue. Schumpeter ne semble pas pr&#233;senter d'int&#233;r&#234;t &#224; ses yeux, car il ne le mentionne &#224; aucun moment au cours de son texte long de 1000 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, quant &#224; lui, ne l'a pas n&#233;glig&#233;. Tout en regrettant encore r&#233;cemment (en 2019) [40], &#171; le d&#233;sint&#233;r&#234;t des &#233;conomistes marxistes pour la technologie, marqu&#233; aujourd'hui par la quasi-absence de travaux &#233;conomiques sur l'informatisation et l'automatisation &#187;. Certes et c'est aussi ma position, il ne trouve aucune raison pour supposer que les cycles &#224; la Kondratieff pourraient s'imposer de mani&#232;re externe et d&#233;terministe au fonctionnement de nos &#233;conomies [41]. Mais Schumpeter et Marx sont &#224; peu pr&#232;s d'accord avec ce que soulignait Fran&#231;ois dans un article [42]de 1967 &#171; la loi de d&#233;veloppement des forces productives propre au syst&#232;me capitaliste est celle d'un d&#233;veloppement potentiellement illimit&#233; de ces forces &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Schumpeter, le capitalisme est le lieu o&#249; souffle un ouragan permanent de destruction cr&#233;atrice [43]. Si la contradiction marxiste est suppos&#233;e mener &#224; une destruction, elle est aussi suppos&#233;e &#234;tre bient&#244;t d&#233;finitive, et non pas cr&#233;atrice. Pourtant Schumpeter rejoint Marx sur l'issue finale, le capitalisme finira par s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais n'emploie gu&#232;re Marx dans ses travaux sur la technologie au sein de cette communaut&#233; de recherche, mais il n'h&#233;site pas pour autant &#224; le faire &#224; l'occasion pour rappeler qu'il y a selon lui au-del&#224; des comportements des firmes et autres acteurs, les d&#233;terminants du processus historique du d&#233;veloppement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il &#233;crit p. 498 in Dosi et al. (1988) [44] : &#8220; tandis que les FMN sont manifestement des agents actifs dans le processus d'internationalisation et m&#234;me des architectes de certains aspects de ce processus, et &lt;i&gt;qu'elles doivent en cons&#233;quence &#234;tre analys&#233;es pour elles-m&#234;mes&lt;/i&gt;, elles sont cependant&lt;i&gt; d&#233;pendantes d'un ensemble global de facteurs sur lesquels elles n'ont en fait peu ou pas de prise&lt;/i&gt; et qui tous ont&lt;i&gt; leur source dans les m&#233;canismes de base&lt;/i&gt; qui emm&#232;nent le processus historique du d&#233;veloppement capitaliste. L'un de ces m&#233;canismes est le d&#233;veloppement (de mani&#232;re contradictoire, antagonique et in&#233;gale) des forces de production, parmi lesquels la science et la technologie jouent un r&#244;le qui devient de plus en plus central &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis oblig&#233; de remarquer que cela revient &#224; dire que le d&#233;terminisme historique laisse attendre la fin du capitalisme et s'accompagne de quelques degr&#233;s de libert&#233; qui permet de reporter cette fin. Et que Fran&#231;ois Chesnais en de&#231;&#224; du d&#233;terminisme historique s'int&#233;ressait &#224; la mani&#232;re dont les firmes, les entrepreneurs s'employaient &#224; s'emparer de ce que lui, consid&#233;rait, de facto, comme de simples degr&#233;s de libert&#233;. Mais il s'int&#233;ressait aussi au degr&#233; de libert&#233; (?) des Etats. Bref la technologie en elle-m&#234;me ne suffit pas pour sortir de crise (sauver le capitalisme ?), retrouver un cycle ascendant, il faut des entrepreneurs et des institutions, des conditions socio&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait Ergas qui avait soulign&#233;, en amont de l'id&#233;e de syst&#232;me national d'innovation, l'importance des politiques technologiques [45]. On pourrait dire qu'&#224; certains &#233;gards Fran&#231;ois Chesnais &#233;tait proche d'une sorte de keyn&#233;sianisme technologiste. Quand il se demande dans un texte publi&#233; en 2016 pour ses amis Br&#233;siliens, si le capitalisme va &#224; nouveau s'en sortir par la technologie, il pense que le hic se trouve dans le fait que les tendances actuelles laissent pr&#233;voir que le ch&#244;mage devrait se d&#233;velopper massivement [46]. Comme il l'y rappelle, des &#233;tudes document&#233;es l'avaient affirm&#233; d&#233;j&#224; en 2013. Mais dix ans plus tard, en 2023, le fait est, qu'en Europe et aux Etats-Unis, il n'est pas plus important qu'en 2008, il est m&#234;me plus bas aux Etats-Unis, en revanche la &#171; qualit&#233; &#187; et le &#171; niveau de r&#233;mun&#233;ration &#187; des emplois semblent s'&#234;tre d&#233;grad&#233;s. L'arm&#233;e de r&#233;serve tarde &#224; se constituer. Pourtant au vu de l'&#233;volution tendancielle de l'accumulation et des taux de profits, Fran&#231;ois Chesnais, en 2022, &#233;crivait que le capitalisme mondial &#233;tait dans l'impasse [47].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Adieu &#224; l'industrie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;A) La financialisation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du milieu des ann&#233;es 1990, Fran&#231;ois Chesnais a &#233;t&#233; happ&#233; par les questions de la financiarisation mondialis&#233;e du Capital. Mes relations avec lui se sont espac&#233;es. Bien s&#251;r il a cependant, en 2002, soutenu le r&#233;seau de chercheurs que j'ai lanc&#233; depuis la CEPAL &#224; Santiago du Chili : PEKEA (Political and Ethical Knowledge in Economic Activities) pour construire une approche politique et &#233;thique des activit&#233;s &#233;conomiques. Un r&#233;seau mondial qui a regroup&#233; jusque 1 000 chercheurs et militants pour moiti&#233; &#233;conomistes et d'autres sciences sociales, dans une cinquantaine de pays. Il l'approuvait lui qui consid&#233;rait qu'il n'y avait pas de raison que l'&#233;conomie ne soit pas une science sociale comme une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a quitt&#233; en quelque sorte le champ o&#249; nous travaillions ensemble, tout en m'informant qu'il y reviendrait. C'est le sens de la d&#233;dicace qu'il m'a &#233;crite&#8211; comme il m'a donn&#233; et d&#233;dicac&#233; &lt;i&gt;La technologie et l'&#233;conomie&lt;/i&gt; et bien d'autres de ses ouvrages- sur l'exemplaire qu'il m'a confi&#233; de son ouvrage collectif de 1996 &lt;i&gt;La mondialisation financi&#232;re- Gen&#232;se, co&#251;t et enjeux.&lt;/i&gt; On peut y lire ce qui suit [48] : &#171; nous sortons de l'&#233;conomie industrielle pour mieux pouvoir y revenir apr&#232;s avoir un peu mieux compris l'environnement financier des firmes et l'identit&#233; des forces et des acteurs qui p&#232;sent m&#234;me sur les groupes les plus puissants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire il en est rest&#233; apparemment assez loin m&#234;me s'il a lui-m&#234;me affirm&#233; dans un entretien r&#233;v&#233;l&#233; r&#233;cemment mais donn&#233; &#224;&lt;i&gt; Contretemps &lt;/i&gt; en 2014 [49] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; dans mes travaux r&#233;cents j'essaie de corriger l'impression que certains ont pu avoir que, comme Aglietta, je donnais la primaut&#233; &#224; la finance. Je suis vraiment revenu &#224; l'internationalisation de la production et &#224; la configuration des groupes industriels actuels, donc aux cha&#238;nes de valeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est effectivement ce qu'il a fait dans son dernier grand ouvrage [50], en anglais, publi&#233; un peu apr&#232;s, en 2016. Il y montre bien que les banques ne dominent pas les grands groupes industriels, lesquels en revanche, interviennent sur les march&#233;s financiers et restent les acteurs dynamiques de la mise en comp&#233;tition plan&#233;taire acharn&#233; des salari&#233;s et des nations du monde. Certes l'imbrication des unes et des autres est bien r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout n'est pas l&#224; pour comprendre la crise, cette crise de 2007-2008. Il ne faut pas en rester selon lui &#224; des analyses maniant les variables usuelles du raisonnement. Cette crise dont on n'est pas encore sorti, pourrait &#234;tre finale parce que le capitalisme aurait touch&#233; des limites infranchissables. C'est ce qu'il soutient dans la conclusion de l'ouvrage de 2016 que je viens de citer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B) Le capitaloc&#232;ne&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ouvrage qu'il avait publi&#233; en 1992 pour l'OCDE, Fran&#231;ois Chesnais avait consacr&#233; un chapitre entier aux questions environnementales qui y sont prises tr&#232;s au s&#233;rieux. Toutefois, Fran&#231;ois Chesnais, et moi-m&#234;me, n'avons pris conscience que plus tardivement de la rupture quasi paradigmatique que signifiaient les alertes donn&#233;es de mani&#232;re toujours plus forte depuis 1972 (Rapport Meadows et Sommet des Nations Unies &#224; Stockholm) et les observations scientifiques de plus en plus alarmantes. Pour moi cette prise de conscience &#233;tait quasi explicite lors du colloque PEKEA de Bangkok en 2004. Je ne sais quand exactement cela fut le cas pour Fran&#231;ois mais il &#233;crivait d&#233;j&#224; en 2008 que la crise climatique allait se combiner avec la crise du capital [51]. Et c'est dans cette suite qu'il en est arriv&#233;, apparemment &#224; partir de 2010 &#8211; &#224; adopter et int&#233;grer dans ses analyses le concept d'Anthropoc&#232;ne &#8211; signifiant que l'esp&#232;ce humaine est responsable de l'entr&#233;e dans une nouvelle &#232;re g&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il &#233;crit en f&#233;vrier 2012 un texte fond&#233; sur son intervention pour le colloque de 2011 organis&#233; au Br&#233;sil par l'&#233;quipe de Jos&#233; Cassiolato, il indique [52] qu'il ajoute une section &#224; ce qu'il avait pr&#233;sent&#233; lors du colloque pour expliquer que la combinaison de la crise climatique &#224; la crise &#233;conomique, financi&#232;re et sociale exige une &#171; rupture copernicienne &#187;. Il situe l'origine de la situation dans la rupture &#233;pist&#233;mique provoqu&#233;e par l'essor du capitalisme aux XVIe et XVIIe si&#232;cle&#8211; essor dans lequel Marx aurait d&#233;j&#224; per&#231;u que pourrait surgir la menace pr&#233;sente aujourd'hui. Il adopte la qualification de l'entr&#233;e dans l'Anthropoc&#232;ne comment faisant suite &#224; l'Holoc&#232;ne pour caract&#233;riser ce qui est la situation pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en sortir il est n&#233;cessaire selon Fran&#231;ois Chesnais d'entreprendre une nouvelle rupture &#233;pist&#233;mique et des mutations institutionnelles et organisationnelles radicales. Il adoptera quelques ann&#233;es plus tard le concept de Capitaloc&#232;ne [53] propos&#233; par Jason Moore et c'est une version renouvel&#233;e [54] du texte de 2012 (que je viens de citer) qu'il donne &#224; nos amis Br&#233;siliens. Dans cet ouvrage qui s'interroge sur le futur du d&#233;veloppement, il donne comme titre &#224; son chapitre une affirmation qui peut me servir pour m'essayer &#224; quelques mots de conclusion sur cet hommage &#224; Fran&#231;ois Chesnais &#224; travers la relation de mon compagnonnage intellectuel avec lui. Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; toutes ces ann&#233;es les changements en cours dans l'industrie voil&#224;, &#233;crit-il, qu'arrive le temps de &#171; l'entr&#233;e dans une p&#233;riode historique totalement nouvelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un v&#233;ritable retour &#224; l'industrie lui &#8211; nous &#8211; a &#233;t&#233; presque impossible, c'est en raison &#171; du changement climatique et de l'&#233;puisement de ressources naturelles vitales [qui, comme l'affirme Ernest Mande [55] font que] &#171; la lutte pour une issue socialiste prend l'importance d'une lutte pour la survie m&#234;me de la civilisation humaine et de la race humaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Humbert est professeur &#233;m&#233;rite d'&#233;conomie politique, Universit&#233; de Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nathan Rosenberg and L.E. Birdzell (1986) &lt;i&gt;How the West grew rich&lt;/i&gt;, Nexw York, Basic Books, traduction fran&#231;aise Nathan Rosenberg and L.E. Birdzell (1988)&lt;i&gt; Comment l'Occident s'est enrichi&lt;/i&gt;, Paris, Fayard. Les auteurs montrent comment, selon eux, au cours de l'histoire, en Occident, le capitalisme &#233;conomique a remplac&#233; les pouvoirs politiques et religieux pour piloter le devenir des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Ronald Coase (1937) &#8220;The Nature of the Firm&#8221;, Economica, New series, vol. 4, N&#176;16, p. 386-405. Oliver Williamson (1975) &lt;i&gt;Market and Hierarchies : Analysis and Antitrust Implications : A Study in the Economics of Internal Organization&lt;/i&gt;, New York, The Free Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] John Maynard Keynes (1936) The General Theory of Employment, Interest and Money London, Macmillan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le texte du discours &#224; la nation de Harry Truman est disponible en ligne (derni&#232;re visite le 21 novembre 2020) ; &lt;a href=&#034;https://www.presidency.ucsb.edu/documents/inaugural-address-4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.presidency.ucsb.edu/documents/inaugural-address-4&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] A la suite d'un article publi&#233; en 1959 : Walt Whitman Rostow (1959) &#8220;The stages of Economic Growth&#8221;&lt;i&gt; The Economic History Review&lt;/i&gt;, Vol 12, n&#176;1, p. 1-16. Il en sortira un ouvrage au sous-titre explicite et qui deviendra un best-seller mondial : Walt Whitman Rostow (1960) &lt;i&gt;The stages of economic growth, a non-communist manifesto&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir p.vi, in U Thant (1962)&lt;i&gt; The United Nations Development Decade &#8211; Proposals for action, Report of the Secretary Genera&lt;/i&gt;l, New York, United Nations. Department of Economic and Social Affairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Robert Solow (1956), &#8220;A contribution to the Theory of Economic Growth&#8221;,&lt;i&gt; The Quarterly Journal of Economics&lt;/i&gt;, Vol 70, n&#176;1, February, p. 65-94.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Edward F. Denison (1962) &lt;i&gt;The Sources of Economic Growth in the United States and the Alternatives before Us&lt;/i&gt;, New York, Committee for Economic Development.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Jean-Jacques Carr&#233;, Paul Dubois, Edmond Malinvaud (1972)&lt;i&gt; La Croissance fran&#231;aise : un essai d'analyse &#233;conomique causale de l'apr&#232;s-guerre&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Edward F. Denison (1967)&lt;i&gt; Why Growth Rates Differ&lt;/i&gt;, Wahsington D.C., Brookings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Robert Boyer (1986) &lt;i&gt;La th&#233;orie de la r&#233;gulation- une analyse critique&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Marc Humbert (1989) &#171; Les r&#233;gulations sociales face au syst&#232;me industriel mondial &#187;, &lt;i&gt;Revue Tiers-Monde&lt;/i&gt;, T. XXX, n&#176; 120, octobre-d&#233;cembre, p. 823-846. Version r&#233;duite et r&#233;vis&#233;e de la Communication au colloque La th&#233;orie de la r&#233;gulation : bilan et perspective, session Enjeux sociaux de la technologie, Barcelone, 16-18 juin 1988, 30 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ce qui suit n'est pas une pr&#233;sentation de la pens&#233;e de, et de tout ce qu'ont fait, ces trois contributeurs &#224; la formation de ce courant &#233;conomique h&#233;t&#233;rodoxe. Je n'en dis que le minimum pour les &#171; situer &#187; pour ceux qui ignorent ce courant et par ailleurs pour rappeler ce qui, &#224; ma connaissance, t&#233;moigne de l'interaction de Fran&#231;ois Chesnais avec eux et faisant de lui un contributeur essentiel de ce courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Christopher Freeman (1982) &lt;i&gt;The Economics of Industrial Innovation&lt;/i&gt;, London, Pinter. Giovanni Dosi (1982) &#8220;Technological paradigms and technological trajectories. A suggested interpretation of the determinants and directions of technical change&#8221;, &lt;i&gt;Research Policy&lt;/i&gt;, Vol 11 ; Issue 3, June, p. 147-162.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Carlota Perez (1983) &#187; Structural change and the assimilation of new technologies in the economic and social system &#171; , &lt;i&gt;Futures&lt;/i&gt;, vol. 15, no. 5, pp. 357-375 et Carlota Perez (1985) &#187; Micro-electronics, Long Waves and World Structural Change &#171; ,&lt;i&gt; World Development&lt;/i&gt;, vol. 13, no. 3, pp. 441-463.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Nikola&#239; Kondratiev a con&#231;u cette id&#233;e par ses observations statistiques au d&#233;but des ann&#233;es 1920, son article en russe de 1925 a &#233;t&#233; partiellement traduit en 1926 en allemand dans &lt;i&gt;Archiv fur Sozialwissenschaft und Sozialpolitik&lt;/i&gt; ce qui l'a fait conna&#238;tre et permettra sa publication compl&#232;te en anglais : Nikola&#239; Kondratiev (1935) &#171; The Long Wave in Economic Life &#187;, &lt;i&gt;Review of Economics and Statistics&lt;/i&gt;, n&#176;17, p. 105-115.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Joseph Schumpeter (1939) Business Cycles :&lt;i&gt; A Theoretical, Historical, and Statistical Analysis of the Capitalist Process&lt;/i&gt;, New York and London, McGraw-Hill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Christopher Freeman (1987) &lt;i&gt;Technology Policy and economic Performance : Lessons from Japan&lt;/i&gt;, London, Pinter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Giovanni Dosi, Christopher Freeman, Richard Nelson, Gerald Silverberg and Luc Soete (1988) &lt;i&gt;Technical Change and Economic Theory&lt;/i&gt;, London, Pinter. Fran&#231;ois Chesnais y a &#233;crit le chapitre 23 : &#8220;Multinational entreprises and the international diffusion of technology &#187; p. 496-527.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Bengt-&#197;ke Lunvall (1992) &lt;i&gt;National Systems of Innovation &#8211; Towards a Theory of Innovation and Interactive Learning&lt;/i&gt;, London, Pinter. Fran&#231;ois Chesnais y a &#233;crit le chapitre 13 &#8220;National Systems of Innovation, Foreign Direct Investment and the Operations of Multinational Enterprises&#8221; p. 265- 295.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Marcelo de Matos, Jos&#233; Cassiolato, Helena Lastres, Cristina Lemos, Marina Szapiro (org.) (2017) &lt;i&gt;Arranjos Produtivos Locais, Referencial, experi&#234;ncias e polit&#237;cas em 20 anos de Redesist (Arrangements productifs locaux, R&#233;f&#233;rentiel, exp&#233;riences et politiques en 20 ann&#233;es de Redesist)&lt;/i&gt;, Rio de Janeiro, E-papers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Freeman a &#233;t&#233; un acteur important de ce r&#233;seau mondial et Nelson (voir ci-apr&#232;s) l'est encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Voir &lt;a href=&#034;https://www.conftool.org/globelics2023/register.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.conftool.org/globelics2023/register.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Voir par exemple : Helena Lastres, Jos&#233; Cassiolato, Gabriela Laplane et Fernando Sarti (Org.) (2016)&lt;i&gt; O Fururo do Desenvolvimento &#8211; Ensaios em homenagem a Luciano Coutinho (Le futur du d&#233;veloppement- Essais en hommage &#224; Luciano Coutinho, professeur d'&#233;conomie politique, directeur de la Banque nationale de d&#233;veloppement du Br&#233;sil)&lt;/i&gt;, Campinas, UJNICAMP. Francois Chesnais y a &#233;crit (p. 38 &#8211; 57) le chapitre intitul&#233; &#8220; The entry in a totally new historical period &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore : Jos&#233; Cassiolato, Maria Gabriela Podcameni, Maria Clara Soares (org.) (2015) &lt;i&gt;Sustentabilidade sociambiental em um contexto de crise (soutenabilit&#233; socio envrionnementale dans un contexte de crise)&lt;/i&gt;, Rio de Janeiro, Epapers. Fran&#231;ois Chesnais y a &#233;crit p. 39 &#8211; 63 &#171; Uma interpreta&#231;&#227;o sobre a situa&#231;&#227;o econ&#244;mica mundial seguida por considerac&#231;&#245;es sobre a crise ambiental (Une interpr&#233;tation de la situation &#233;conomique mondiale suivie de consid&#233;rations sur la crise environnementale &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Jos&#233; Eduardo Cassiolato, Marcelo Pessoa de Matos, Helena M. M. Lastres (2014) &lt;i&gt;Desenvolvimento e mundializa&#231;&#227;o O Brasil e o pensamento de Fran&#231;ois Chesnais (D&#233;veloppement et mondialisation, Le Br&#233;sil et la pens&#233;e de Fran&#231;ois Chesnais&lt;/i&gt;, Rio, E-Papers. Catherine Sauviat y a &#233;crit p. 29-36 &#8220; Some notes on what I know about Fran&#231;ois's intellectual trajectory&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Nathan Rosenberg (1976) &lt;i&gt;Perspectives on Technology&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Nathan Rosenberg (1982) &lt;i&gt;Inside the Black Box :Technology and Economy&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Nathan Rosenberg (1991) &#8220;Critical Issues in Science Policy Research&#8221; [Opening Address to the SPRU 25th Anniversary Conference], &lt;i&gt;Science and Public Policy&lt;/i&gt;, Vol 18, n&#176;6, p. 335-346.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Richard Nelson (1959) &#8220;The simple economics of basic scientific research&#8221;&lt;i&gt;, Journal of Political Economy&lt;/i&gt;, n&#176;67, p. 297&#8211;306.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Richard Nelson (ed.) (1962)&lt;i&gt; The Rate and Direction of Inventive Activity : Economic and Social Factors&lt;/i&gt;, NBER Special Conference Series, Princeton, Princeton University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Richard Nelson et Sidney G. Winter (1977), &#8220;In search of a useful theory of innovation&#8221;, Research Policy vol.6, n&#176;1, p.36&#8211;76.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Richard Nelson and Sidney G. Winter (1982) &lt;i&gt;An Evolutionary Theory of Economic Change&lt;/i&gt;, Cambridge, Harvard University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Richard Nelson (ed) (1993) &lt;i&gt;National Innovation Systems- A Comparative Analysis&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press. Fran&#231;ois Chesnais y a &#233;crit &#8220;The French National System of Innovation&#8221;, p. 192-229.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Marc Humbert (ed.) (1993) &lt;i&gt;The Impact of Globalisation on Europe's Firms and Industries&lt;/i&gt;, London, Pinter, Fran&#231;ois Chesnais y a &#233;crit &#8220;Globalization, world oligopoly and some of their implication&#8221;, p. 12- 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Fran&#231;ois Chesnais (coord.) (1992) &lt;i&gt;La technologie et l'&#233;conomie &#8211; les relations d&#233;terminantes&lt;/i&gt;, Paris, OCDE. Il avait aussi pouss&#233; &#224; la cr&#233;ation en 1986 d'une revue &lt;i&gt;STI Science Technologie et Industrie &lt;/i&gt; publi&#233;e en fran&#231;ais et en anglais (elle a disparu en tant que revue en 1994) voir Fran&#231;ois Chesnais (1986) &#171; Science Technologie et Comp&#233;titivit&#233; &#187; Revue STI n&#176; 1, Automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Schumpeter a &#233;crit en 1911 &lt;i&gt;Theorie der wirtschaftlichen Entwicklung, eine Untersuchung &#252;ber Unternehmergewinn, Kapital, Kredit, Zins und den Konjunkturzyklus.( Th&#233;orie de l'&#233;volution &#233;conomique. Recherche sur le profit, le cr&#233;dit, l'int&#233;r&#234;t et les cycles) &lt;/i&gt; publi&#233; &#224; Berlin en 1912 par Duncker et Humblot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; (Joseph Schumpeter,1939, op.cit.). Il n'y a pas un mot sur les cycles longs et sur les soixante-quatre que compte l'ouvrage il n'y a pas un seul encadr&#233; sur le sujet malgr&#233; le succ&#232;s de cette r&#233;f&#233;rence parmi les &#233;conomistes du courant n&#233;o-technologique et n&#233;o-schump&#233;t&#233;rien, surtout apr&#232;s la publication de Christopher Freeman (1984)&lt;i&gt; Long Waves in the World Economy&lt;/i&gt;, London, Pinter, ouvrage qui lui figure cependant en bibliographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Joseph Schumpeter (1942) &lt;i&gt;Capitalism Socialism and Democracy&lt;/i&gt;, New York, Harpers and Brothers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Bernard Billaudot (2022)&lt;i&gt; &#201;conomie &#8211; Pass&#233;, pr&#233;sent&lt;/i&gt;, avenir, Paris, Classiques Garnier. Schumpeter ne figure pas dans l'index des Auteurs. Voir mon commentaire de son ouvrage : Marc Humbert (2023) &#171; Etudier l'ordre &#233;conomique moderne avec Bernard Billaudot &#187; &lt;i&gt;L'Economie Politique&lt;/i&gt;, n&#176; 98, Mai, p. 104-112.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] Dans Fran&#231;ois Chesnais (2019) &#171; Capitalisme, th&#233;orie des ondes longues et technologie contemporaine &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, D&#233;cembre, Il a not&#233; que les ondes longues &#224; la Kondratiev avaient &#233;t&#233; cependant en premier reprises par des marxistes comme Mandel l'avait revendiqu&#233; dans un ouvrage publi&#233; en 1980 (Ernst Mandel (1980) &lt;i&gt;Long Waves of Capitalist Development&lt;/i&gt;, A Marxist Interpretation, Cambridge, Cambridge University Press) mais que seuls les n&#233;o-schump&#233;t&#233;riens en ont fait usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Fran&#231;ois Chesnais (1982) &#8220;Schumpeterian recovery and the Schumpeterian Perspective &#8211; Some Unsettled Issues and Alternative Interpretation&#8221; in Herbert Giersch (Ed.), &lt;i&gt;Emerging Technologies : Consequences for Economic Growth, Structural Change and Employment&lt;/i&gt;, T&#252;bingen J.C.B. Mohr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Fran&#231;ois Chesnais (1967) &#171; La contradiction entre les forces productives et les rapports sociaux de production et ses traits sp&#233;cifiques dans le cadre du syst&#232;me capitaliste &#187;,&lt;i&gt; La V&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, p 12- 22. La citation tir&#233;e de la page 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Schumpeter introduit ce concept &#171; d'ouragan de destruction cr&#233;atrice &#187; dans l'&#233;dition de 1950 de Capitalisme Socialisme et D&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] Je traduis ici ce passage qui a &#233;t&#233; &#233;crit en anglais et o&#249; les italiques sont de l'auteur : &#171; while MNEs are obviously active agents in the process of internationalization and even architects of some aspects of the process, and &lt;i&gt;must consequently be analysed in their own right&lt;/i&gt;, they are, nonetheless,&lt;i&gt; responding to an overall set of factors&lt;/i&gt; over which they have in fact&lt;i&gt; little or no control &lt;/i&gt; and which&lt;i&gt; all stem from the basic mechanisms &lt;/i&gt; driving the historical process of capitalist development. One of these mechanisms is the development (in a contradictory, antagonixtice and unequal manner) of the forces of production, among which science and technology play an increasingly quite central role&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] Voir par exemple Henri Ergas (1984) &#8220; Why Do Some Countries Innovate More Than Others&#8221; CEPS Paper, n&#176;5, Centre for European Policies Studies, Bruxelles. Et encore : Henri Ergas (1987) &#8220;Does Technology Policy Matter&#8221; in B.R. Guile and H. Brooks eds, &lt;i&gt;Technology and Global Industry&lt;/i&gt;, Washington National Academy Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[46] Entra&#238;nant une insuffisance de la demande ou dit autrement une crise de r&#233;alisation, voir p. 45 in Francois Chesnais (2016) &#8220;The entry in a totally new historical period &#187; in Helena Lastres et &lt;i&gt;al., op. cit..&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[47] Fran&#231;ois Chesnais (2022) &#171; De la stagnation &#224; la r&#233;gression ? Le capitalisme mondial dans l'impasse &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, Janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[48] Note manuscrite &#224; mon intention et de la part du collectif par Fran&#231;ois Chesnais sur l'exemplaire qu'il m'a donn&#233; de Fran&#231;ois Chesnais (Coord.) (1996) &lt;i&gt;La mondialisation financi&#232;re- Gen&#232;se, co&#251;t et enjeux&lt;/i&gt;, Paris, Syros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[49] Entretien publi&#233; en janvier 2023 par la Revue en ligne&lt;i&gt; Contretemps&lt;/i&gt; qui le livre comme un in&#233;dit de Fran&#231;ois Chesnais (2023) &#171; Fran&#231;ois Chesnais, th&#233;oricien de la mondialisation du capital et de la finance &#187;, janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[50] Fran&#231;ois Chesnais (2016)&lt;i&gt; Finance Capital Today. Corporations and Banks in the Lasting Global Slump&lt;/i&gt;, Leiden and Boston, Brill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[51] Fran&#231;ois Chesnais (2008) &#171; La crise climatique va se combiner avec la crise du capital &#187;&lt;i&gt; Inprecor&lt;/i&gt; n&#176;541-542, septembre-octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[52] Il donne cette indication p. 39 dans son texte qui a &#233;t&#233; publi&#233; (p. 39-63) en 2015 in Jos&#233; Cassiolato et al., (2015) Sustentabilidade etc., op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[53] Il cite un article de Jason Moore (2014) o&#249; le concept avait tout d'abord &#233;t&#233; avanc&#233; et l'ouvrage de 2015 : Jason Moore (2015) &lt;i&gt;Capitalism in the Web of Life, Ecology and the Accumulation of Capital&lt;/i&gt;, London, Verso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[54] Ce texte d&#233;j&#224; cit&#233; se trouve dans Francois Chesnais &#8220; The entry in a totally new historical period &#187;. (p. 38 &#8211; 57) in Helena Lastres et al. (2016) O Futuro do Desenvolvimento etc., op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[55] Je cite Fran&#231;ois Chesnais dans Chesnais (2019, op.cit.) au moment o&#249; il reprend une partie d'une citation un peu plus longue de Mandel, tr&#232;s &#233;clairante et qui est la suivante, tir&#233;e de l'introduction de Mandel &#224; l'&#233;dition anglaise du livre III du Capital :&#171; La barbarie, comme r&#233;sultat possible de l'effondrement du syst&#232;me, est aujourd'hui une perspective beaucoup plus concr&#232;te et pr&#233;cise qu'elle ne l'&#233;tait dans les ann&#233;es vingt et trente. M&#234;me les horreurs d'Auschwitz et d'Hiroshima appara&#238;tront l&#233;g&#232;res par rapport aux horreurs avec lesquelles une d&#233;gradation continue du syst&#232;me confrontera l'humanit&#233;. Dans ces circonstances, la lutte pour une issue socialiste prend l'importance d'une lutte pour la survie m&#234;me de la civilisation humaine et de la race humaine. &#187; Mandel, Introduction au livre III du Capital, Penguin, Londres, 1981, pp. 87-89. Traduction de Fran&#231;ois Chesnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Japon, les antinucl&#233;aires se radicalisent</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Japon-les-antinucleaires-se-radicalisent</link>
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		<dc:date>2012-08-14T08:38:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Humbert</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-02-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment se fait-il que tant de Japonais ordinaires, des dizaines de milliers de personnes &#226;g&#233;es, de jeunes, de m&#232;res de famille, d'artistes, d'intellectuels sortent dans la rue toutes les semaines pour dire leur d&#233;saccord avec le gouvernement &#224; propos de sa politique nucl&#233;aire ? Le Japan Times, quotidien anglophone fond&#233; en 1897 et li&#233; au Asahi Shimbun, a barr&#233; sa &#171; une &#187;, le 30 juillet dernier, avec ce titre : &#171; Les manifestants antinucl&#233;aires encerclent le Parlement &#187; (&#171; Antinuke (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-02-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-02-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton11165-b25dd.png?1782376285' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment se fait-il que tant de Japonais ordinaires, des dizaines de milliers de personnes &#226;g&#233;es, de jeunes, de m&#232;res de famille, d'artistes, d'intellectuels sortent dans la rue toutes les semaines pour dire leur d&#233;saccord avec le gouvernement &#224; propos de sa politique nucl&#233;aire ? Le Japan Times, quotidien anglophone fond&#233; en 1897 et li&#233; au Asahi Shimbun, a barr&#233; sa &#171; une &#187;, le 30 juillet dernier, avec ce titre : &#171; Les manifestants antinucl&#233;aires encerclent le Parlement &#187; (&#171; Antinuke demonstrators encircle Diet &#187;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 9 ao&#251;t 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res lignes de l'article pr&#233;cisent : &#171; Des centaines, peut-&#234;tre des milliers de personnes, parmi lesquelles des citoyens ordinaires et des militants antinucl&#233;aires, se sont rassembl&#233;es (&#8230;) autour du Parlement pour augmenter la pression sur le cabinet du premier ministre. [1] &#187; Prudente r&#233;serve sur le nombre de manifestants. Autocensure ? Pressions d'origine polici&#232;re ou gouvernementale ? Quelques jours plus tard, le 6 ao&#251;t, l'&#233;ditorial est titr&#233; &#171; Une nouvelle dynamique pour le mouvement antinucl&#233;aire &#187; (&#171; New impetus for antinuke movement &#187;) ; on y lit que, tous les vendredis soir, &#171; des dizaines de milliers de personnes &#187; se rassemblent pr&#232;s du Parlement et de la r&#233;sidence du premier ministre et que, le 29 juillet, elles &#233;taient plus de 10 000 d'apr&#232;s la police, environ 200 000 selon les organisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors, les rares Japonais qui protestaient n'occupaient que la moiti&#233; de la rue, en maigres files de quatre &#224; cinq personnes par rang&#233;es, s'arr&#234;tant &#224; chaque feu rouge pour ne pas g&#234;ner la circulation ; ils formaient un d&#233;fil&#233; avec des banni&#232;res, certes, mais d&#233;coup&#233; en tron&#231;ons, et sans le moindre exc&#232;s. Au moindre geste impr&#233;vu, la police intervenait de fa&#231;on muscl&#233;e, bastonnait, emprisonnait. Le lendemain, on lisait, au mieux, quelques lignes en troisi&#232;me page dans certains journaux &#8211; hormis bien s&#251;r les gros titres du Drapeau rouge, le journal du Parti communiste japonais. Et rien sur d'&#233;ventuelles interventions polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe aujourd'hui tient donc du changement radical. Un bouleversement. Il est vraisemblable que cette mobilisation nouvelle, facilit&#233;e par Internet et les r&#233;seaux sociaux, soit li&#233;e &#224; l'inscription dans la m&#233;moire collective des exp&#233;riences traumatisantes du nucl&#233;aire et de ses cons&#233;quences avec Hiroshima et Nagasaki, ainsi que de la mani&#232;re dont l'Etat g&#232;re les catastrophes de contamination, avec en particulier le cas de Minamata (pollution au mercure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nucl&#233;aire, malgr&#233; Hiroshima &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comm&#233;moration du bombardement de Hiroshima, tous les 6 ao&#251;t, s'est d&#233;roul&#233;e, cette ann&#233;e, en pr&#233;sence d'un des petits-fils du pr&#233;sident am&#233;ricain Harry S. Truman, qui donna l'ordre de l&#226;cher la bombe. Il a rencontr&#233; des victimes, pri&#233; pour les d&#233;funts et s'est associ&#233; &#224; la volont&#233; de voir dispara&#238;tre tout armement nucl&#233;aire. Il a &#233;t&#233; invit&#233; par M. Masahiro Sadako, le fr&#232;re de la petite Sasaki qui, jusqu'&#224; sa mort &#224; l'&#226;ge de 12 ans, confectionna inlassablement des grues en origami, grues devenues l'embl&#232;me de l'espoir d'un &#171; plus jamais Hiroshima &#187;. En 1945, le peuple a opt&#233; pour la d&#233;mocratie &#171; apport&#233;e &#187; par les Am&#233;ricains, tellement il &#233;tait las de la guerre conduite par les gouvernants et de devoir mourir pour l'empereur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup, m&#234;me parmi les victimes de Hiroshima, ne savaient qui bl&#226;mer apr&#232;s les bombardements : ceux dont ils &#233;taient les otages ou ceux qui les ont lib&#233;r&#233;s dans un bain de sang et de souffrances ? Les Japonais ont pr&#233;f&#233;r&#233; regarder vers l'avenir : essayer d'obtenir des soutiens pour adoucir le quotidien des survivants et militer pour la disparition des arsenaux nucl&#233;aires. Par sa Constitution, le Japon s'interdit de mener des guerres et d'acc&#233;der &#224; l'armement nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le pays est devenu une puissance nucl&#233;aire civile. Il a fallu pour cela tromper le peuple. Le fasciner par les perspectives de la croissance &#233;conomique et engager des d&#233;penses consid&#233;rables de communication pour le convaincre que l'atome pour la paix propos&#233; par les Am&#233;ricains &#233;tait une bonne option, parfaitement s&#233;curis&#233;e. Alors que se mettait en place le nucl&#233;aire civil, malgr&#233; des protestations pass&#233;es sous silence, un certain nombre de Japonais &#233;taient victimes de pollutions industrielles extr&#234;mement graves, en particulier &#224; Minamata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A Minamata, les &#171; ann&#233;es du silence &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette petite ville du sud-ouest du Japon, &#224; partir de l'ann&#233;e 1932, des rejets de mercure ont &#233;t&#233; d&#233;vers&#233;s dans la mer par la firme chimique Chisso et se sont accumul&#233;s dans la faune marine, avant d'&#234;tre transmis &#224; la population par le biais des poissons dont elle se nourrissait. Cette pollution et ses cons&#233;quences sont connues d&#232;s 1956 : une partie de la population est atteinte de troubles moteurs et de d&#233;formations physiques qui s'aggravent avec le temps. Les gouvernements successifs ont laiss&#233; la firme poursuivre librement ses activit&#233;s, accordant ponctuellement quelques mesures de fa&#231;ade. Ainsi, en 1959, un purificateur fut inaugur&#233; en grande c&#233;r&#233;monie alors qu'il n'&#233;tait pas plac&#233; sur le lieu principal des d&#233;versements. De m&#234;me, le gouvernement incita Chisso &#224; verser de l'argent &#8211; au compte-gouttes &#8211; &#171; en sympathie &#187; &#224; l'&#233;gard des personnes atteintes d'intoxication et reconnues comme telles, &#233;vitant ainsi toute mise en cause de l'entreprise ou du gouvernement. Les dix ann&#233;es de revendication des victimes, de 1959 &#224; 1968, n'ont abouti &#224; rien &#8211; ce qui leur vaudra l'appellation d' &#171; ann&#233;es du silence &#187;. Les r&#233;clamations ont &#233;galement but&#233; sur un ostracisme &#224; l'&#233;gard de Minamata et de ses survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1969, le gouvernement change enfin d'attitude et la justice confirme en 1973 la responsabilit&#233; de Chisso. Un premier accord conc&#233;d&#233; en 1977 a permis de reconna&#238;tre 3 000 victimes ; un autre en 1995 a couvert 10 000 personnes suppl&#233;mentaires. Celui-ci ayant &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme insuffisant en 2004 par la Cour supr&#234;me, un autre protocole a &#233;t&#233; vot&#233; en 2009, qui, bien qu'en de&#231;&#224; des recommandations de la Cour, a conduit 57 000 personnes &#224; d&#233;poser un dossier, le double du maximum attendu par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Fukushima &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Japonais en ont assez. Les centrales accident&#233;es de Fukushima sont loin d'&#234;tre &#171; froides &#187;. A 60 km de celles-ci, la radioactivit&#233; dans l'air d&#233;passe ici et l&#224; les normes autoris&#233;es pour les travailleurs du nucl&#233;aire : comment y laisser grandir les enfants sans s'inqui&#233;ter pour leur sant&#233; ? En outre, une partie des produits agricoles qui ont &#233;t&#233; vendus dans la r&#233;gion, jusqu'au th&#233; de Shizuoka, comportaient des doses d'&#233;l&#233;ments radioactifs au-dessus de la normale : la nourriture participe &#224; l'accumulation des effets de la radioactivit&#233; sur la population. Tout le monde ne dispose pas des ressources &#233;conomiques et de l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour quitter la pr&#233;fecture de Fukushima, comme les 160 000 personnes qui en sont parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Japonais, &#224; &#171; plus jamais Hiroshima &#187; il faut d&#233;sormais ajouter &#171; plus jamais Fukushima &#187;. Pour cela, mieux vaut quitter le nucl&#233;aire civil. Les discours sur la s&#233;curit&#233; se voudront rassurants et p&#233;remptoires, comme ils l'ont &#233;t&#233; par le pass&#233;. Le niveau du tremblement de terre qui a d&#233;clench&#233; le tsunami &#233;tait au-del&#224; de l'imaginable : aucun test n'avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; pour une catastrophe de cette ampleur. Actuellement, les autorit&#233;s concentrent leur attention sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour &#233;viter les encha&#238;nements qui se sont produits &#224; Fukushima. Mais la prochaine catastrophe emprunterait certainement un autre chemin. Apr&#232;s l'accident, et ses cons&#233;quences qui perdurent, les compensations se font attendre et les autorit&#233;s commencent par dire qu'il n'y a pas de victimes, comme dans le cas de Minamata. A &#171; plus jamais Minamata &#187;, il faut aussi ajouter &#171; plus jamais Fukushima &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec tout cela en t&#234;te que plus de deux tiers des Japonais veulent en finir avec l'&#233;nergie d'origine nucl&#233;aire, et s'efforcent de faire entendre leur voix avec une pers&#233;v&#233;rance et une t&#233;nacit&#233; qui devraient forcer les autorit&#233;s &#224; prendre en compte cette r&#233;alit&#233;. Il faudra certainement continuer et amplifier encore le mouvement pour que des d&#233;cisions allant dans le sens souhait&#233; par le peuple soient prises. Le premier ministre a promis de recevoir des repr&#233;sentants des manifestants &#8211; chose unique dans l'histoire du Japon &#8211; mais il a pr&#233;venu qu'il &#233;couterait aussi ceux qui r&#233;clament la relance des centrales, campant sur ses positions. Bien que le Japon soit une d&#233;mocratie, le peuple, ici non plus, n'est pas vraiment souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Humbert est professeur &#224; l'universit&#233; de Rennes, chercheur au CNRS, et professeur invit&#233; &#224; l'universit&#233; Ritsumeikan, Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'article est disponible en ligne sous une forme sensiblement modifi&#233;e : &#171; Antinuke demonstrators set their sights on Japan's Diet building &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les trompettes japonaises auront-elles raison de la citadelle du nucl&#233;aire ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-trompettes-japonaises-auront-elles-raison-de-la-citadelle-du-nucleaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-trompettes-japonaises-auront-elles-raison-de-la-citadelle-du-nucleaire</guid>
		<dc:date>2012-08-07T08:24:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Humbert</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-08-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plus d'un an et demi apr&#232;s l'accident de Fukushima les rallyes populaires aux aspects familiaux et bon enfant des Japonais prennent des allures de trompettes de J&#233;richo. Ils viennent &#224; Tokyo, le vendredi soir, un peu plus nombreux chaque fois depuis avril 2012, &#224; l'appel d'une coalition d'associations. Ils font le si&#232;ge pacifique de la citadelle du nucl&#233;aire, en l'occurence les bureaux de l'actuel premier ministre Yoshihiko Noda. &lt;br class='autobr' /&gt; Des femmes et des enfants, des jeunes et des moins jeunes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-08-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-08-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH126/arton11080-2c885.png?1782376285' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus d'un an et demi apr&#232;s l'accident de Fukushima les rallyes populaires aux aspects familiaux et bon enfant des Japonais prennent des allures de trompettes de J&#233;richo. Ils viennent &#224; Tokyo, le vendredi soir, un peu plus nombreux chaque fois depuis avril 2012, &#224; l'appel d'une coalition d'associations. Ils font le si&#232;ge pacifique de la citadelle du nucl&#233;aire, en l'occurence les bureaux de l'actuel premier ministre Yoshihiko Noda.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des femmes et des enfants, des jeunes et des moins jeunes viennent dire et redire qu'ils ne veulent plus du nucl&#233;aire : &#171; au revoir aux centrales &#187; chantent-ils avec entrain. Quelques personnalit&#233;s m&#233;diatiques relaient leur message et pourraient lui donner assez de force alors qu'il a &#233;t&#233; jusqu'ici ignor&#233; par le premier ministre et par une part des m&#233;dias nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haruki Murakami fut l'un des premiers &#224; affirmer ce type de position, de mani&#232;re m&#233;diatique, lors de la remise de son prix &#224; Barcelone en juin 2011. Parmi les intellectuels, le prix Nobel Kenzabur&#244; &#212;&#233; occupe une place particuli&#232;re. Il supervise une grande p&#233;tition lanc&#233;e apr&#232;s un rassemblement de plus de 60 000 personnes en septembre 2011. Tous les sondages ont confirm&#233; que le peuple japonais souhaitait qu'on s'achemine vers la fin du nucl&#233;aire et que ne soient pas remises en route les centrales toutes arr&#234;t&#233;es d&#233;but juin. Mais jusqu'ici , le gouvernement s'en est tenu au seul objectif d'un retour &#224; la &#171; normale &#187;. Il a ainsi d&#233;cid&#233; la remise en route, d&#233;but juillet, de deux centrales, ignorant les 7 millions de signatures s'y opposant et remises par Kenzabur&#244; &#212;&#233; au premier ministre le 15 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fermet&#233; n'a pas refroidi l'ardeur populaire au contraire. Le 16 juillet, un jour f&#233;ri&#233; au Japon, un nouveau rassemblement a &#233;t&#233; organis&#233;, et pour avoir un peu plus de visibilit&#233;, un groupe avait fait un appel &#224; des dons pour louer un h&#233;licopt&#232;re afin de filmer l'importance de la foule, puisque la t&#233;l&#233;vision publique, NHK, ne faisait pas voler son &#233;quipement. Face aux images mises sur Internet, les m&#233;dias sans parole commencent &#224; lever le voile. La police a compt&#233; cette fois 75 000 personnes, les organisateurs et certains journaux plus de 170 000 personnes. Kenzabur&#244; &#212;&#233; avait &#233;t&#233; rejoint entre autres par Ryuchi Sakamoto, la star du Yellow Magic Orchestra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, quelques soutiens de poids se montrent. Vendredi 20 juillet, l'ancien premier ministre Yukio Hatoyama (2009 &#8211; 2010) a rejoint le rassemblement populaire et s'est fait son messager aupr&#232;s du cabinet du gouvernement. Naoto Kan, qui &#233;tait le premier ministre au moment du d&#233;sastre (2010-2011), vient d'annoncer qu'il cherche une large alliance politique en faveur d'une sortie du nucl&#233;aire &#224; l'horizon 2025 et, d'ici l&#224;, le d&#233;veloppement d'&#233;nergies &#171; vertes &#187;. Un poids lourd historique du monde politique japonais, Ichiro Ozawa, vient de quitter le parti au pouvoir avec un groupe d'une cinquantaine de d&#233;put&#233;s ou s&#233;nateurs et pr&#244;ne &#233;galement la sortie du nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nul ne peut pr&#233;dire ce qu'il adviendra, mais les Japonais, &#224; Tokyo au moins, semblent d&#233;cid&#233;s &#224; poursuivre le si&#232;ge de la citadelle nucl&#233;aire ; ils feront autour d'elle une ronde nocturne &#224; la chandelle lors du prochain rassemblement exceptionnel le 29 juillet prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Humbert, professeur, Universit&#233; Rennes, CNRS, Visiting Scholar, Ritsumeikan University, Kyoto&lt;br class='autobr' /&gt;
HUMBERT Marc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le Monde.fr | 30.07.2012 &#224; 09h03.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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