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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le coup d'Etat financier contre Ath&#232;nes de l'Union europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-coup-d-Etat-financier-contre-Athenes-de-l-Union-europeenne</link>
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		<dc:date>2015-06-30T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vicky Skoumbi</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-30</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un plan de d&#233;stabilisation financi&#232;re et politique de la Gr&#232;ce est en cours depuis quelques semaines. A vrai dire, c'est bien avant l'&#233;lection de Syriza, que le processus a &#233;t&#233; mis en route, mais son acc&#233;l&#233;ration intensive les derniers jours jette une lumi&#232;re vive sur celui-ci. Il s'agirait de rien de moins que d'une tentative de renverser le gouvernement Syriza pour que celui-ci soit enfin remplac&#233; une coalition de la convenance de cr&#233;anciers. Le chantage odieux exerc&#233; sur le gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton22748-6f5b6.jpg?1781391114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un plan de d&#233;stabilisation financi&#232;re et politique de la Gr&#232;ce est en cours depuis quelques semaines. A vrai dire, c'est bien avant l'&#233;lection de Syriza, que le processus a &#233;t&#233; mis en route, mais son acc&#233;l&#233;ration intensive les derniers jours jette une lumi&#232;re vive sur celui-ci. Il s'agirait de rien de moins que d'une tentative de renverser le gouvernement Syriza pour que celui-ci soit enfin remplac&#233; une coalition de la convenance de cr&#233;anciers. Le chantage odieux exerc&#233; sur le gouvernement grec, par le biais d'une incitation ouverte &#224; un bank run ne laisse aucun doute sur la volont&#233; des cr&#233;anciers d'en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu'&#224; la lie la potion l&#233;tale que Bruxelles, BCE et FMI ont savamment concoct&#233; pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de &#171; sauvetage &#187; qui n'ont sauv&#233; personne &#224; l'exception notoire de banques europ&#233;ennes, grecques comprises, n'ont pas manqu&#233; de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que m&#234;me une guerre men&#233;e par des moyens militaires n'aurait su produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure est r&#233;dactrice en chef de la revue grecque &#945;&#955;&#951;th&#949;&#953;&#945; (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nouveaut&#233; aujourd'hui consiste au fait que le trio infernal de la Tro&#239;ka a d&#233;cid&#233; de mettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment en danger le syst&#232;me bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgr&#233; les pressions terrifiantes, a os&#233; lui tenir t&#234;te pendant cinq mois. Apr&#232;s tout, il n'est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques p&#233;riph&#233;riques si c'est pour rafler la mise sur le plan politique et &#233;conomique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, para&#238;tre exag&#233;r&#233;es voire gratuites, s'appuient sur des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;stabilisation &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain du Eurogroupe du 18 juin, M. Tusk a su trouver la bonne formule pour r&#233;sumer la situation, la Gr&#232;ce aura &#224; choisir entre ou bien le projet que proposent les cr&#233;ancier, ou bien la faillite, a-t-il d&#233;clar&#233;. Mais ces messieurs qui sont cens&#233;s de veiller sur la sauvegarde des int&#233;r&#234;ts des peuples europ&#233;ens, ne se sont pas contenter de mettre un gouvernement &#233;lu devant ce choix forc&#233;. La faillite ils ne limitent pas &#224; l'&#233;voquer ; ils l'organisent sournoisement et m&#233;thodiquement par des rumeurs, de vraies fausses annonces aux m&#233;dias, de fuites savamment orchestr&#233;es, qui toutes laissent planer depuis plusieurs jours la menace d'un sc&#233;nario &#224; la chypriote. Par un jeu calcul&#233; de d&#233;clarations alarmantes ils pr&#233;viennent de l'imminence d'un capital control en Gr&#232;ce et poussent d&#233;lib&#233;r&#233;ment les &#233;pargnants grecs de faire de retraits massifs, qui n'ont pas manqu&#233; &#224; conduire les banques au bord du gouffre. Dresser ici un inventaire exhaustif de faits et gestes incitant &#224; la panique bancaire n'est pas possible ; je vous renvoie &#224; l'excellent compte rendu qu'en fait Romaric Godin dans la Tribune [1] ainsi qu'&#224; l'analyse de Martine Orange dans Mediapart [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je mentionne juste deux exemples : le refus de la Commission de d&#233;mentir l'article de SDZ qui &#233;voquait la possibilit&#233; d'un contr&#244;le de capitaux et la vraie fausse rumeur lanc&#233; par les soins de M. Quer&#233;, selon laquelle, il se pourrait que les banques grecques ne s'ouvrent pas lundi dernier. Une fois cette pr&#233;vision catastrophique d&#233;mentie par les faits, le spectre de la fermeture bancaire s'est savamment d&#233;plac&#233;e vers &#8230;mardi ! Que faudrait-il de plus pour que les &#233;pargnants se ruent vers les agences les plus proches ? La tr&#232;s honorable institution qui se doit d'assurer la stabilit&#233; du syst&#232;me financier europ&#233;en, n'accorde chaque jour qu'une somme &#171; insuffisamment suffisante &#187;, pour maintenir les banques grecques tout juste &#224; flot, mais toujours au bord du gouffre. Bref les responsables europ&#233;ens avec l'aide de leur amis du FMI recourent ici au bon vieux sch&#233;ma de la proph&#233;tie apocalyptique, qui, en semant la panique, finit par s'accomplir, du fait de sa seule &#233;nonciation publique. Le but de l'op&#233;ration &#233;tant d'obliger le gouvernement Tsipras de d&#233;cider ses prochains mouvements sous la menace imminente d'un &#171; accident &#187; bancaire. Ce qui pourrait expliquer les concessions suppl&#233;mentaires que le gouvernement grec a fait en acceptant une hausse de la TVA et une augmentation de cotisations de retrait&#233;s. Pour compl&#233;ter le tableau, juste avant la r&#233;union du 24 juin, un dignitaire europ&#233;en a jug&#233; bon de rappeler &#224; notre m&#233;moire le sc&#233;nario &#224; la chypriote, dont la r&#233;p&#233;tition pourrait intervenir &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a pas suffi, la preuve, la nouvelle proposition de trois institutions, qui en fait ne diff&#232;re que tr&#232;s peu de la pr&#233;c&#233;dente, exige de nouveaux baisses de retraites et de salaires dans le but &#233;vidente mais non avou&#233; d'enfoncer encore plus la Gr&#232;ce &#224; une mis&#232;re &#233;conomique et sociale la plus totale. Prenons juste un exemple parmi les mesures pr&#233;conis&#233;es, &#224; savoir que le taux d'imposition des agriculteurs passe du 13% au 26 voire au 33%, et la diminution de moiti&#233; de la r&#233;duction de taxes sur le p&#233;trole destin&#233; aux travaux agricoles. Pareilles mesures, si elles venaient de s'appliquer sur une agriculture &#224; l'agonie, pousseraient la grande majorit&#233; des cultivateurs de renoncer &#224; leur m&#233;tier et de brader leur champs pour moins que rien. Sous pretexte de multiplacation de recettes de l'Etat, ce qui est tout simplement point envisageable car on ne peut rien tirer des gens ruin&#233;s, la terre arable grecque changerait de mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute que selon Wolfgang M&#252;nchau la proposition pr&#233;c&#233;dente de ceux qui pr&#233;tendent parler au nom de l'Europe, et qui diff&#232;re tr&#232;s peu de celle actuellement sur la table, ne manquerait pas de produire un effet r&#233;cessif de 12,6% sur quatre ans, et que la dette risquait d'atteindre le 200% du PIB en 2019. Avoir mis sous tutelle un pays dont la dette s'&#233;levait &#224; 120% en 2009 pour la sauver de la faillite, et la conduire gr&#226;ce aux conditionnalit&#233;s de l'&#171; aide &#187; accord&#233;e, &#224; 200%, c'est un brillant exercice de destruction massive, qui pourrait servir d'exemple &#224; tous ceux et celles en Europe qui trouvent que l'aust&#233;rit&#233; est un rem&#232;de qui tue. A ce propos, on aimerait bien savoir sur quelle logique, M. Moscovici s'appuie pour affirmer qu'un paquet de 11 milliards d'&#233;conomie &#233;tal&#233;es en 18 mois, impos&#233; &#224; un pays en d&#233;pression, ne constitue point un plan d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des acolytes bien commodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que les d&#233;clarations catastrophistes les plus redoutables venaient de l'int&#233;rieur m&#234;me du pays. Le bal fut ouvert par Mme Bakogianni qui depuis le 24 mai d&#233;j&#224; avait affirm&#233; l'imminence d'un capital control qui pourrait intervenir dans le long week-end de la Pentec&#244;te. M. M. G&#233;orgiadis, transfuge de l'extr&#234;me droite au sein du gouvernement pr&#233;c&#233;dent et vendeur de pamphlets antis&#233;mites, n'a pas manqu&#233; &#224; apporter sa propre touche &#224; l'&#233;difice. Cependant, celui qui a vraiment donn&#233; le coup de gr&#226;ce fut le directeur de la Banque de Gr&#232;ce, M. Stournaras. Celui-ci, en outrepassant abusivement les limites de sa fonction en tant que garant de la stabilit&#233; financi&#232;re grecque, a jug&#233; bon de publier, la veille de l'Eurogroupe du 18 juin, un rapport qui pr&#233;voyait des catastrophes cataclysmiques, si jamais un accord avec les cr&#233;anciers n'&#233;tait pas sign&#233; tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme financier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la BCE n'en est pas &#224; son premier coup. En mati&#232;re de chantages aux liquidit&#233;s et d'ultimatums, M. Jean-Claude Trichet avait s'est av&#233;r&#233; ma&#238;tre &#224; la t&#234;te de la BCE. Les Irlandais en ont go&#251;t&#233; la saveur, lorsqu'en novembre 2010 et sous la menace du tarissement de liquidit&#233;s, ils furent forc&#233;s de signer un m&#233;morandum qu'ils s'obstinaient jusqu'alors &#224; rejeter. On peut &#233;galement &#233;voquer l'&#233;viction de Papandr&#233;ou de son poste de Premier Ministre, une fois que celui-ci avait eu la tr&#232;s mauvaise id&#233;e de proposer en novembre 2011 un r&#233;f&#233;rendum. Quant au &#8216;bail in' chypriote, on aurait tort &#224; oublier le chantage ouvert qu'a exerc&#233; encore une fois la BCE, en mena&#231;ant de couper les liquidit&#233;s aux banques chypriotes. Cet exercice de haut vol de terrorisme financier a prouv&#233; encore une fois en Chypre son efficacit&#233; : il a oblig&#233; le Parlement chypriote de revenir sur sa d&#233;cision initiale et d'accepter le 22 mars 2013 le m&#234;me bail in que trois jours avant il avait rejet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'exemple le plus instructif reste celui qui concerne la fuite de capitaux &#8216;t&#233;l&#233;guid&#233;e', pendant la p&#233;riode &#233;lectorale entre les &#233;lections de mai et celles du mois du juin 12 en Gr&#232;ce. Une &#233;tude de Peterson Institute dat&#233;e de mai 2012 sous le titre parlant &#8220;Comment un bank run peut faire partie de la solution&#8221; [3] d&#233;crit en d&#233;tail de quelle mani&#232;re une panique bancaire en p&#233;riode &#233;lectoral pourrait s'av&#233;rer forte opportune pour pousser les &#233;lecteurs &#224; se d&#233;tourner de Syriza. Son auteur, M. Jacob Funk Kirkegaard, ne m&#226;che pas ses mots : &#171; un bank run acc&#233;l&#233;r&#233; en Gr&#232;ce pourrait offrir quelques opportunit&#233;s. Nous devons donc s'attendre &#224; aucun r&#233;pit sur le front de menaces de la part des dirigeants d'Eurozone. En effet, ces dirigeants peuvent encourager secr&#232;tement la panique bancaire, une strat&#233;gie qui r&#233;v&#232;lerait aux yeux de tous, le caract&#232;re fallacieux et trompeur du programme &#233;lectoral de Syriza. Si les d&#233;posants des banques grecques ne peuvent pas faire confiance aux promesses d'Alexis Tsipras concernant leur argent propre, pourquoi ils voteraient pour lui ? &#187; Et l'excellent homme pousse son raisonnement jusqu'&#224; dire &#171; tout un chacun qui veut maintenir la Gr&#232;ce dans l'Eurozone se doit de retirer de l'argent aux banques &#187;. On ne peut pas &#234;tre plus clair, je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut surtout pas imaginer que ce sc&#233;nario-l&#224; &#233;tait rest&#233; lettre morte &#224; l'&#233;poque. Entre mai et juin 2012, r&#233;sonnaient sans cesse &#224; nos oreilles les dignitaires europ&#233;ens du plus haut rang n'ont eu cesse de nous pr&#233;venir des catastrophes apocalyptiques se produiraient si jamais Syriza gagnait les &#233;lections [4]]]. Tout au long de cette p&#233;riode &#233;lectorale, on a pu constater une fuite consid&#233;rable de capitaux vers l'&#233;tranger, dont une grande partie fut rapatri&#233; juste apr&#232;s la formation du gouvernement Samaras. Une v&#233;ritable campagne d'intimidation avait &#233;t&#233; lanc&#233;e en interne et en externe afin de terroriser les &#233;lecteurs avec la perspective de la perte de leur &#233;pargne et d'une fermeture imminente des grandes entreprises, si, par malheur, Syriza l'emportait. Une grande banque syst&#233;mique grecque, Eurobank pour ne pas la nommer, avait m&#234;me donn&#233; la consigne &#224; ses employ&#233;s de bien pr&#233;venir la client&#232;le de la fermeture certaine de la banque, si Syriza l'emportait, apr&#232;s quoi leurs &#233;conomies seraient partie en fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nul besoin de remonter si loin pour trouver des pr&#233;c&#233;dents. D&#233;but f&#233;vrier la BCE avait annonc&#233; la suppression de lignes de financement des banques grecques, qu'elle acceptait depuis 2010. &#171; Les responsables de la banque centrale ont annonc&#233; que l'institut mon&#233;taire mettait un terme &#224; partir du 28 f&#233;vrier &#8211; dans les faits, la mesure devrait prendre effet d&#232;s le 11 f&#233;vrier pour des raisons techniques &#8211; &#224; la clause qui lui permettait d'accepter les titres grecs, class&#233;s aujourd'hui en junk bonds, que les banques grecques placent en d&#233;p&#244;t de garantie pour obtenir des cr&#233;dits bancaires. Pour les banques grecques, priv&#233;es de tout acc&#232;s aux financements interbancaires, ce dispositif est essentiel pour assurer leur financement &#187;, &#233;crivait Martine Orange [5]. Apr&#232;s donc avoir accept&#233; pendant plusieurs ann&#233;es d'acheter de titres qui &#233;taient class&#233;s tr&#232;s bas dans l'&#233;chelle d'&#233;valuation, subitement la BCE a commenc&#233; &#224; se poser des questions sur la qualit&#233; de ces titres en se souvenant tout d'un coup que son r&#232;glement lui interdit d'acheter de titres qui ne sont dot&#233;s du fameux triple AAA. Il va de soi que le moment ne fut pas choisi au hasard : Syriza venait d'emporter les &#233;lections du 25 janvier et les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers venaient juste de commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la sortie syst&#233;matique de la BCE de ses pr&#233;rogatives ne s'arr&#234;te pas ici. L'honorable institution refuse de rendre &#224; la Gr&#232;ce, les gains qu'elle a faits sur les obligations grecques achet&#233;es dans le cadre du programme SMP (Securities Market Program, un programme d'achat des obligations les plus attaqu&#233;es sur le march&#233; afin de faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t). Ces gains pour la seule ann&#233;e 2014 s'&#233;l&#232;ve &#224; 1,9 milliards. Bref, la BCE, au m&#234;me titre que n'importe quel sp&#233;culateur, profite all&#232;grement de taux d'int&#233;r&#234;ts tr&#232;s &#233;lev&#233;s de cette cat&#233;gorie de titres, et elle en ce moment critique o&#249; l'&#233;conomie grecque est &#224; l'asphyxie, refuse de payer &#224; la Gr&#232;ce son d&#251;, si celle-ci ne c&#232;de pas aux exigences exub&#233;rantes de cr&#233;anciers. Car &#224; partir du 1/1/2013 les int&#233;r&#234;ts per&#231;us sur ces titres grecs doivent obligatoirement &#234;tre r&#233;troc&#233;d&#233;s aux banques centrales nationales qui elles-m&#234;mes les mettront &#224; la disposition du pays &#233;metteur du titre. Mais l' &#171; exception &#187; grec autorise quelques &#233;carts par rapport aux accords que les institutions ont sign&#233;s avec la Gr&#232;ce. Non pas que cela ne se fait pas &#233;galement au d&#233;triment d'autres pays comme le Portugal. Quoi qu'il en soi, dans le cas de la Gr&#232;ce ces types de pratiques constituent plut&#244;t la r&#232;gle que l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sc&#233;nario assez semblable au bank run de mai 2012, est en cours aujourd'hui, sauf que maintenant l'implication des institutions europ&#233;ennes se fait ouvertement et non plus &#224; mot couvert. Comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Martine Orange dans son article &#8220;Gr&#232;ce [ : les cr&#233;anciers instaurent la strat&#233;gie de la terreur&#8221; [Op. cit&#233;.]] , une &#233;tude de la tr&#232;s honorable Goldman Sachs avait d&#233;j&#224; tout pr&#233;vu depuis le mois de d&#233;cembre : &#171; Cette volont&#233; de semer l'inqui&#233;tude ressemble tant au sc&#233;nario de Goldman Sachs, &#233;tabli d&#232;s d&#233;cembre, o&#249; s'encha&#238;naient panique bancaire, fermeture des banques, contr&#244;le des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle &#233;conomique et nouvelles &#233;lections, que cela en devient troublant &#187;. &#171; Tout au long de la semaine, les cr&#233;anciers et la BCE ont tout fait pour d&#233;stabiliser les d&#233;posants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible &#187; remarquait de sa part Romaric Godin [6]. Faudrait-il rappeler ici que M. Mario Draghi fut pendant des longues ann&#233;es le repr&#233;sentant attitr&#233; de Goldman Sachs en Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;stabilisation politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Goldman Sachs n'en &#233;tait pas &#224; son dernier coup. Le site &#233;conomique grec capital.gr relate que la tr&#232;s honorable maison pr&#233;voit un d&#233;faut imminent de la Gr&#232;ce dans l'euro, accompagn&#233; d'un capital control. GS pr&#233;cise que la p&#233;riode chaotique qui pourrait suivre comporte tout de m&#234;me &#171; le risque d'une sortie de l'euro au lieu de conduire au changement politique qui permettrait d'arriver &#224; un accord &#187; (c'est moi qui souligne). Au cas o&#249; nous n'aurions pas compris quel est le changement politique que l'honorable maison appelle de ses v&#339;ux, elle en dresse les contours d'une fa&#231;on on n'en peut plus claire. Le capital control ruinerait la confiance des &#233;lecteurs au gouvernement, de sorte que la voie vers &#171; un nouvel &#233;quilibre politique interne &#187; soit enfin ouverte - par &#171; nouvel &#233;quilibre politique &#187;, entendre une nouvelle configuration de la carte politique grecque entre les partis, qui permettra d'arriver finalement &#224; la conclusion d'un accord. Cette recomposition de la sc&#232;ne politique grecque qui serait atteinte gr&#226;ce aux turbulences d'une p&#233;riode trouble de transition, implique n&#233;cessairement des nouvelles &#233;lections ainsi que la formation de coalitions in&#233;dites, nous verrons par la suite lesquelles. Le tout rendra possible le maintien de la Gr&#232;ce dans la zone euro sous un gouvernement suffisamment docile aux diktats des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce qui vient d'&#234;tre d&#233;crit n'est pas un sc&#233;nario de d&#233;stabilisation m&#233;thodiquement planifi&#233;e d'un gouvernement &#233;lu, qu'est-ce que c'est ? En provoquant un bank run, en ouvrant la voie vers le capital control qui dressera la population contre le gouvernement actuel, certains esp&#232;rent avoir raison de Syriza. Qui plus un accord au contrepied du programme &#233;lectoral de Syriza, que les cr&#233;anciers veulent imposer manu militari, constituerait l'occasion r&#234;v&#233;e pour que la coalition de gauche radicale qu'est Syriza vole en &#233;clats. Une scission au sein de Syriza permettrait d'isoler le bon grain de l'ivraie et ouvrirait la voie &#224; un autre gouvernement de coalition. Remarquons que la derni&#232;re mouture de la proposition des cr&#233;anciers comporte une coupe de 400 millions dans le budget de la d&#233;fense. Pareille baisse dans le budget de la d&#233;fense aurait pu &#234;tre la bienvenue, si elle ne comportait pas une certaine arri&#232;re-pens&#233;e. ANEL, la droite souverainiste qui est l'alli&#233; actuel de Syriza, est particuli&#232;rement attach&#233; au maintien d'un budget militaire consid&#233;rable. Certes dans les programmes pr&#233;c&#233;dents il y a eu des quelques coupes du budget de la d&#233;fense, mais, que je sache du moins, jamais de cette ampleur. Alors on ne peut que s'&#233;tonner comment ceux qui au d&#233;but du programme de &#171; sauvetage &#187;, ont exig&#233; que la Gr&#232;ce honorent les contrats sign&#233;s pour l'achat d'armements au grand profit de la France et de l'Allemagne, tout d'un coup, par une illumination divine, exigent non seulement de coupes mais de baisses d'effectifs, comprendre licenciement des militaires professionnels. Scission donc de Syriza, &#233;clatement de la coalition avec ANEL, voici quelques &#233;l&#233;ments ouvrant une voie royale vers un autre gouvernement plus commode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le clef &#224; ce processus, est appel&#233; &#224; jouer M. Stavros Th&#233;odorakis, un pr&#233;sentateur t&#233;l&#233;visuel, qui se trouve actuellement en t&#234;te de Potami, r&#233;put&#233; pour ses accointances avec le cercle des cr&#233;anciers. Pr&#233;cisons que S.Th&#233;odorakis pr&#244;ne ouvertement la n&#233;cessit&#233; des coupes budg&#233;taires avec baisse de retraites, et s'oppose &#224; toute id&#233;e de restructuration de la dette ainsi qu'&#224; toute augmentation d'imp&#244;ts de couches sup&#233;rieurs de la soci&#233;t&#233;. Ce dirigeant d'une formation qui n'a fait plus que 6% aux derni&#232;res &#233;lections, est, dans le contexte actuel, l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; de Bruxelles. Il multiplie les rencontres avec M. Junker, M. Sapin, M. Moscovici et M. Schulz, ce dernier ne manquant pas d'occasion pour affirmer que c'est bien avec Potami que Syriza aurait d&#251; former un gouvernement de coalition, et participe m&#234;me &#224; des d&#238;ners avec des chefs d'&#233;tat ! Comble de l'affaire, ce chantre des int&#233;r&#234;ts de cr&#233;anciers se pr&#233;sente en Gr&#232;ce comme un porte-parole officieux de Bruxelles, faisant part aux grecs du m&#233;contentement de M. Junker devant la &#171; intransigeance &#187; suppos&#233;e du premier ministre grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par malheur ces man&#339;uvres ne r&#233;ussissent pas &#224; le faire plier, on peut compter sur l'usure qui pourrait saper la popularit&#233; de Tsipras aupr&#232;s d'une population qui, jusqu'&#224; maintenant, continue contre vent et mar&#233;e &#224; lui accorder son soutien. Cette usure sera assur&#233;e si Tsipras est amen&#233; &#224; appliquer de mesures d'aust&#233;rit&#233;, impos&#233;es par les cr&#233;anciers. La chose pourrait &#234;tre facilit&#233;e par un coup de main opportun et un bank run organis&#233; ferait bien l'affaire. Les cr&#233;anciers seraient m&#234;mes dispos&#233;s de conduire la Gr&#232;ce au d&#233;faut, tout en faisant porter la responsabilit&#233; de celui-ci &#224; Syriza. Il s'en suivra n&#233;cessairement une premi&#232;re p&#233;riode confuse sinon chaotique, particuli&#232;rement propice &#224; des manifestations dites &#171; de casserole &#187; dans la veine de celles organis&#233;e au Chili d'Allende, qui contribuerait &#224; faire tomber le gouvernement. Je dois ajouter ici que chaque fois o&#249; les n&#233;gociations se trouvent &#224; un point crucial, des groupes qui se disent anarchistes, cr&#233;ent des incidents violents aux alentours de l'Ecole Polytechnique, en br&#251;lant des voitures, cassant des vitrines etc. Il se peut que ils s'agissent effectivement des anars mais la co&#239;ncidence avec les r&#233;unions du Europe aussi bien que l'attitude tol&#233;rante de la police &#224; leur &#233;gard laisse songeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient voir &#224; l'analyse qui pr&#233;c&#232;de, une &#233;ni&#232;me th&#233;orie du complot, je propose de pr&#234;ter l'oreille &#224; un &#233;conomiste peu suspect de verser dans le complotisme &#224; savoir Romaric Godin [7] : &#171; L'Europe doit donc de toute urgence abandonner ses buts politiques et accepter enfin le r&#233;sultat de l'&#233;lection du 25 janvier. Elle doit aussi respecter sa propre parole, celle qui, le 20 f&#233;vrier, affirmait que la Gr&#232;ce devait d&#233;cider de ses propres r&#233;formes dans le cadre du programme. (Soulign&#233; par moi). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des amis qui vous veulent du bien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en viens aux faits et gestes politiques qui permettent d'affirmer qu'un plan de renversement du gouvernement Tsipras est lanc&#233; par Bruxelles. Stavros Th&#233;odorakis, encore lui, fut invit&#233; par la Commission et re&#231;u par M. Junker le jour m&#234;me o&#249; le premier ministre a &#233;t&#233; convoqu&#233; &#224; Bruxelles. Notons qu'il ne fut pas le seul &#224; se rendre &#224; Bruxelles le mercredi 24 juin mais s'y sont pr&#233;cipit&#233;s tous ceux qui vont &#234;tre appel&#233;s &#224; former un gouvernement ob&#233;issant, une fois Tsipras &#233;vinc&#233;. On y a vu M. Samaras dont les d&#233;clarations &#233;taient plus qu'explicites : il propose un gouvernement d'unit&#233; nationale sans M. Tsipras en faisant quand m&#234;me la conssession de s'abstenir de toute participation personnelle au sch&#233;ma propos&#233;. En m&#234;me temps le nom de M. Karamanlis commence &#224; circuler ; celui-ci pourrait en effet se pr&#233;senter comme un recours possible, dans la mesure n'ayant occup&#233; aucun poste gouvernemental depuis septembre 2009, il est moins us&#233; que ceux, compromis dans la gestion des memoranda. Quant &#224; M. S. Th&#233;odorakis, toujours lui, du haut de ses 6% de voix et de sa science &#233;conomique, vient de donner une interview au FT o&#249; il pr&#233;cise qu'il est &#224; la disposition de qui veut l'entendre pour un remaniement gouvernemental. Mais le 24 juin a &#233;galement &#233;t&#233; re&#231;ue &#224; Bruxelles Mme Gennimata qui vient de succ&#233;der &#224; M. V&#233;nizelos &#224; la t&#234;te du Pasok, forte de 289.482 voix que celui-ci avait r&#233;colt&#233;es aux derni&#232;res &#233;lections. J'invite le lecteur de r&#233;fl&#233;chir un instant pour se poser la question suivante : que pouvait faire tout ce beau monde &#224; Bruxelles, au moment o&#249; les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers se trouvent &#224; leur point critique, sinon se pr&#233;senter comme une alternative &#171; s&#233;rieuse &#187; au gouvernement actuel, qui, quant &#224; lui, ne serait pas compos&#233; des personnes responsables et des adultes (Lagarde dixit ) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coup d'Etat financier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux sc&#233;narios se dessinent : Ou bien il faut obliger le gouvernement Tsipras &#224; la capitulation totale en acceptant de mesures exceptionnellement dures auxquelles il faudrait &#233;ventuellement ajouter l'arme majeur du capital control, ce qui ne manquerait de le discr&#233;diter aux yeux de l'opinion, ou bien il faudrait provoquer une scission opportune au sein d'un Syriza pour introniser ensuite un gouvernement de coalition avec la soi-disant bonne partie de Syriza o&#249; M. Th&#233;odorakis jouera un r&#244;le de premier ordre. Une combinaison de deux reste bien entendu possible. Le tout dans une persective de d&#233;faut qui. Pour &#233;viter les malentendus, je pr&#233;cise que j'appelle de mes v&#339;ux une cessation de paiement m&#234;me si cela se traduit par un d&#233;faut, sous la condition qu'il soit soigneusement pr&#233;par&#233; et encadr&#233;. Sans cela, il pourrait d&#233;clencher un encha&#238;nement d'&#233;v&#232;nements incontr&#244;lables qui m&#232;nerait &#224; la chute du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que vient d'&#234;tre d&#233;crit ici porte un nom, ce n'est rien d'autre qu'un coup d'&#233;tat financier o&#249; &#224; la place des tanks on fait appel aux banks ! Un coup d'&#233;tat foment&#233; par les institutions europ&#233;ennes, voil&#224; le visage de l'Europe que les dirigeants europ&#233;ens souhaitent donner &#224; voir &#224; leurs peuples. Je ne saurais dire si ceux-ci tol&#233;reront ces agissements. Les trois de la ex-Tro&#239;ka, malgr&#233; leur dissensions internes, font tout pour dresser les citoyens europ&#233;ens contre les Grecs en leur faisant croire que ils ont pay&#233; et continueront &#224; payer pour le sauvetage de la Gr&#232;ce. Ce que l'on oublie &#224; dire, est que, le programme qui fut pr&#233;sent&#233; en 2010 comme un plan d' &#171; aide &#187; &#224; la Gr&#232;ce, n'&#233;tait en r&#233;alit&#233; qu'un g&#233;n&#233;reux plan de sauvetage de banques europ&#233;ennes expos&#233;es &#224; la dette grecque. Tous les &#233;conomistes qui se respectent s'accordent aujourd'hui sur ce point : &#224; l'&#233;poque il aurait fallu faire une restructuration importante de la dette grecque qui la rendrait viable, avant d'entreprendre n'importe quelle mesure pour la suite Or, une telle restructuration aurait pu faire perdre 30 milliards &#224; peu pr&#232;s aux banques europ&#233;ennes, au premier rang desquelles se trouvaient BNP Paribas, Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale et la Deutsche Bank. Et pour que celles-ci n'accusent pas une perte qui aurait n&#233;cessit&#233; leur recapitalisation au frais du contribuable, un sauvetage qui n'a pas manqu&#233; de la ruiner a &#233;t&#233; impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce. Bref, ce qui fut pr&#233;sent&#233; comme un plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce n'a &#233;t&#233; qu'une recapitalisation indirecte des banques, qui ont eu tout leur aise pour se d&#233;barrasser &#224; temps les obligations grecques avant la restructuration de 2012 qui a permis que la patate chaude passe du secteur priv&#233; vers les &#233;tats. Le fait est confirm&#233; par la toute r&#233;cente d&#233;position de Panayotis Roum&#233;liotis &#224; la commission parlementaire V&#233;rit&#233; sur la dette. Roum&#233;liotis qui repr&#233;sentait &#224; l'&#233;poque la Gr&#232;ce au sein du FMI, a r&#233;v&#233;l&#233; que des repr&#233;sentants de grandes banques europ&#233;ennes furent re&#231;us &#224; plusieurs reprises par l'&#233;quipe du FMI &#224; Ath&#232;nes afin d'&#233;viter une restructuration qui les prendrait de court. Force est de constater, l'appel Sauvons le peuple grec de ses sauveurs que nous avons lanc&#233; en f&#233;vrier 2012 n'a malheureusement rien perdu de sa pertinence [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;gociations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que cette strat&#233;gie des cr&#233;anciers qui met en danger, non pas seulement la Gr&#232;ce mais l'Europe dans son ensemble, soul&#232;vera un vent de protestations sans pr&#233;c&#233;dent partout dans le monde. Car, si les cr&#233;anciers arrivent &#224; leur fins, si ce coup d'&#233;tat financier mont&#233; par les institutions europ&#233;ennes et le FMI r&#233;ussit, il ne restera plus rien de l'id&#233;e europ&#233;enne. Des cendres calcin&#233;es de celle-ci &#233;mergera non pas le visage &#171; complaisant &#187; du chef de Potami, mais celui, odieux de l'Aube Dor&#233;e. A qui d'autre pourrait profiter le sentiment d'une impuissance totale et enrag&#233;e qui r&#233;sultera in&#233;vitablement devant le spectacle des man&#339;uvres qui vous laissent aucune prise sur votre propre destin ? Faire preuve de tant d'aveuglement au moment o&#249; partout en Europe des parties d'extr&#234;me droite et des formations ultranationalistes ouvertement racistes prennent le pas, c'est dire jusqu'o&#249; les dirigeants europ&#233;ens sont dispos&#233;s d'aller pour imposer le dogme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien il ne s'agit point d'aveuglement mais d'un choix d&#233;lib&#233;r&#233; ? Certes il y en a quelques-uns parmi le c&#233;nacle de dirigeants qui, face &#224; ce danger, optent pour un sc&#233;nario plus soft, celui non pas de l'&#233;viction imm&#233;diate mais de la prolongation de six mois du programme sans restructuration de la dette, six mois pendant lesquels Syriza sera somm&#233; d'appliquer les contre-r&#233;formes pr&#233;conis&#233;es partout en Europe comme un rem&#232;de miracle &#224; la crise. Un tel sc&#233;nario pr&#233;sente l'avantage de compromettre les chances de Podemos et d'autres formations affines. Mais il n'emp&#234;chera point la mont&#233;e en force de l'Aube Dor&#233;e qui serait en droit dans ce cas d'affirmer que les politiciens sont tous &#171; les m&#234;mes &#187;. A qui d'autres pourrait profiter la conviction que les politiques sont &#8216;tous vendus' qui ne manquera pas de s'imposer &#224; l'opinion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier rebondissement avec le durcissement maximal des cr&#233;anciers qui se sont r&#233;gl&#233;s sur les positions lib&#233;rales &#224; outrance de Mme Lagarde ne fait que confirmer l'hypoth&#232;se d'une strat&#233;gie de d&#233;stabilisation. Il est &#224; noter que cette nouvelle provocation intervient juste deux jours apr&#232;s que les repr&#233;sentants de trois institutions avaient accept&#233; comme une bonne base de discussion les positions grecques, tandis que deux jours apr&#232;s le texte pr&#233;sent&#233; par les cr&#233;anciers tordait le coup &#224; l'esprit initial du texte grec, qui de son c&#244;t&#233; consistait &#224; faire porter le maximum de charges aux entreprises bien portantes et non pas uniquement sur les &#233;paules de plus faibles tr&#232;s fragilis&#233;s par de coupes successives de revenus. En somme les propositions du FMI adopt&#233;e par les cr&#233;anciers dans leur ensemble, sont si extr&#234;mes qu'elles ne sauraient qu'&#234;tre rejet&#233;es. Si par bonheur Tsipras, sous la menace de la faillite, signait un accord plus dur que celui propos&#233; &#224; Samaras, quelle aubaine ! Les peuples europ&#233;ens doivent enfin comprendre que celui qui sort du droit chemin paie la ran&#231;on forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions europ&#233;ennes se sont av&#233;r&#233;es de v&#233;ritables ma&#238;tres &#232;s manipulation et vraies fausses n&#233;gociations. Un vrai m&#233;canisme m&#233;diatique s'est mis au service de cette strat&#233;gie. De faux bonds en retournement de veste, de d&#233;clarations qui &#233;taient faite pour s'annuler un jour apr&#232;s, des engagements pris et cyniquement et ouvertement non tenus, depuis cinq mois ils n'avaient que fait semblant de n&#233;gocier, afin de repousser la chose jusqu'au mois de juin, &#224; la fin duquel la Gr&#232;ce, sans prolongation du programme, ne touchera pas la derni&#232;re tranche d'aide. Pour que ses ajournements incessants passent &#224; l'opinion, les cr&#233;anciers n'ont pas manqu&#233; de d&#233;noncer l'&#171; intransigeance &#187; irresponsable du gouvernement grec. Et ils l'ont fait au moment o&#249; ils l'obligent par le tarissement de liquidit&#233;s, de reculer consid&#233;rablement &#224; l'&#233;gard &#224; ses positions initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout avait bien commenc&#233; par un coup tordu : comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Paul Mason, journaliste au Channel 4, Varoufakis &#233;tait arriv&#233; au Eurogroupe du 16 f&#233;vrier une des propositions de Moscovici en mains, pour d&#233;couvrir que ce n'&#233;tait point sur celle-ci que portait la discussion mais sur un texte beaucoup plus dur que Daiselboum allait sortir pendant la r&#233;union. En faisant circuler des contre-v&#233;rit&#233;s, en traitant comme nulle et non advenu la proposition de 47 pages d&#233;pos&#233;e par Syriza d&#233;but juin. Ce texte ne reprenait point les positions propres du gouvernement grec, mais bel et bien celles issues de quatre mois de pourparlers inutiles. Ainsi les institutions europ&#233;ennes ont r&#233;ussi &#224; repousser les vraies n&#233;gociations vers une p&#233;riode critique o&#249; le gouvernement grec est oblig&#233; de verser plusieurs remboursements. Mais les dignitaires de Bruxelles ont voulu y voir un document irrecevable puisque non conforme &#224; leurs diktats. Fin juin, ils croyaient avoir r&#233;ussi de coller Tsipras dos au mur et escomptaient rafler ainsi la mise. C'est &#224; ce moment que, pour gagner encore du terrain de l'adversaire, ils ont sorti le bazooka du bank run orchestr&#233;, comme arme de destruction massive. Mais Tsipras tant bien que mal continue &#224; r&#233;sister. Certes il a fait de concessions dont plusieurs sont inacceptables, comme les privatisations, mais il continue &#224; ne pas accepter une capitulation totale et sans conditions. Et sur ce point, m&#234;me si l'on n'est pas d'accord sur sa strat&#233;gie, il faudrait lui rendre un hommage appuy&#233; ; tenir bon lorsqu'on est seul dans la fosse &#224; lions, demande un certain courage voire un courage certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tant de mauvaise foi, tant d'arrogance, tant de perfidie qui s'ordonnent &#224; une strat&#233;gie de d&#233;stabilisation d'un gouvernement qui d&#233;range, j'aimerais inviter le Premier Ministre grec &#224; suspendre les paiements des cr&#233;anciers jusqu'&#224; ce que la croissance revienne en Gr&#232;ce. Il serait utile de rappeler ici que selon le rapport provisoire de l'audit de la dette grecque, celle-ci a explos&#233; entre 1980 et 2010, non pas &#224; cause de d&#233;penses licencieuses mais d&#232;s par l'effet conjugu&#233; de taux d'int&#233;r&#234;ts tr&#232;s &#233;lev&#233;s et de la course aux armements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous &#233;gaux devant la loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Merkel ne cesse de demander plus d'effort aux Grecs. On ne saurait que lui donner raison. C'est vrai que une hausse de 45% de mortalit&#233; infantile, de 42% du taux de suicides, accompagn&#233; d'une baisse de trois ans de l'esp&#233;rance de vie ne lui donnent pas enti&#232;re satisfaction. De m&#234;me, le taux de de retrait&#233;s qui vivent en dessous du seuil de pauvret&#233; (44,6%), est sans doute scandaleusement bas. Encore un effort doit donc &#234;tre fait par ce ramassis de privil&#233;gi&#233;s qui passent leur temps &#224; bronzer au soleil pour atteindre un chiffre qui t&#233;moignerait de leur volont&#233; de se mettre enfin au travail. Ce qui voudraient dire pour les plus vuln&#233;rables parmi eux, qu'ils se d&#233;cident enfin d'apporter leur contribution &#224; la r&#233;ussite des programmes d' &#171; aide &#187;, en ayant la politesse de se laisser mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ajoute &#224; cela que le plus grand h&#244;pital du pays, Evang&#233;lismos, n'a plus de quoi continuer &#224; fonctionner que jusqu'&#224; la fin juillet, il devient on ne peut plus clair que l'effort qu'est demand&#233; aux grecs n'est autre qu'une acc&#233;l&#233;ration intensive du travail de la mort. Force est de constater que l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui s'av&#232;re un m&#233;canisme redoutable de thanatopolitique [9], tant &#224; l'endroit des migrants &#224; qui elle offre une place dans les fonds marins, qu'&#224; l'endroit des populations vuln&#233;rables consid&#233;r&#233;es comme superflues [10] qui sont invit&#233;s de presser le pas vers la paix &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient trouver que ces affirmations gratuites, je voudrais rappeler la r&#233;ponse de commissaire aux Affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires de l'&#233;poque, &#224; une question d'eurod&#233;put&#233;s de Syriza qui, en en septembre dernier d&#233;non&#231;ait la violation syst&#233;matique des droits sociaux, &#233;conomiques et humains de la population grecque les quatre derni&#232;res ann&#233;es, en s'appuyant sur un rapport relatif de N.U de Cephas Lumina pendant. L'excellent M. Jyrki Kata&#207;nen n'a pas h&#233;sit&#233; un instant de dire que la validit&#233; de la Chartre de Droits Fondamentaux de l'UE est suspendue en Gr&#232;ce mais aussi dans tous les pays sous programme, dans la mesure o&#249; les Memoranda n'ont pas &#224; &#234;tre soumis au droit communautaire. Une b&#233;vue d'un ultra ? Voyons ce qu'en d&#233;cembre dernier, son successeur, le tr&#232;s socialiste M. Moscovici, avait r&#233;pondu &#224; une question d'eurod&#233;put&#233;s de Syriza sur le non- respect du Droit de travail en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon lui, les Memoranda ne sont que des accords intergouvernementaux et en tant que tels se soustraient du Droit Communautaire. Bref ce qui est affirm&#233; sans ambages ici, est le fait que le principe fondateur de la d&#233;mocratie depuis Solon, &#224; savoir l'isonomie, n'est plus valable ni pour les Grecs ni pour les autre pays sous la tutelle de la Tro&#239;ka. En somme, ce dont il s'agissait c'&#233;tait l'instauration des v&#233;ritables de zones de non-droit au sein de l'Europe, qui fonctionneront comme haut-lieux d'une exploitation extensive, d'autant plus que du Droit du Travail, il ne reste presque rien. Un presque rien que les cr&#233;anciers trouvent excessif et s'efforcent &#224; rendre &#233;quivalent &#224; z&#233;ro. Cette cr&#233;ation des zones &#233;conomiques sp&#233;cialis&#233;es [11], r&#233;gies par la seule loi du plus fort, ne sert pas uniquement la maximalisation de profits sur place mais l'intimidation de ceux qui ailleurs en Europe se mettront &#224; r&#233;sister &#224; l'offensive n&#233;olib&#233;rale. Si jamais vous vous mettez en t&#234;te que c'est &#224; votre pouvoir de changer quoi qu'il en soit, voil&#224; quel sort vous attend. Il est largement temps de se poser la question quel est le r&#233;gime o&#249; les droits fondamentaux d'un texte fondateur de l'UE sont valables &#8211;m&#234;me si ce n'est qu'en th&#233;orie - pour les uns, et non pas pour les autres, en fonction de leur pays de r&#233;sidence et de leur appartenance ethnique. Je laisse au lecteur le soin d'en tirer les conclusions qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nos responsabilit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ce qui pr&#233;c&#232;de on peut conclure que l'Europe de M. Junker, Schulz, Moscovici et Dijsselbloem n'est qu'une structure de pouvoir t&#233;chno-financier dont la seule raison d'&#234;tre est le sauvetage &#224; tout prix de banques, quitte &#224; en sacrifier quelques-unes de la p&#233;riph&#233;rie pourvue que le r&#233;sultat politique est l&#224;. Car cette technostructure europ&#233;enne, dot&#233;e d'un m&#233;canisme qui peut s&#232;me la terreur aux march&#233;s, et pourvu d'un dispositif thanatopolitique, a comme but de &#171; neutraliser la d&#233;mocratie &#187;, lorsque celle-ci comporte un risque de rupture. Et tout moyen est bon, m&#234;me la faillite du syst&#232;me bancaire grecque si c'est pour arriver &#224; ses fins qu'est de faire tomber un gouvernement &#233;lu qui n'est point r&#233;volutionnaire mais se bat tant bien que mal de d&#233;fendre les droits du peuple dont il est repr&#233;sentant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette attaque sans pr&#233;c&#233;dent &#224; la notion de l'isonomie, devant cette mise &#224; mort de la d&#233;mocratie dans le pays-m&#234;me qui l'a vue na&#238;tre, pourrions-nous rester muets ? Plusieurs d'entre vous ont d&#233;j&#224; entrepris des initiatives, des textes, des actions de solidarit&#233; avec les grecs, ce dont je les remercie de tout c&#339;ur. Mais aujourd'hui un seuil a &#233;t&#233; franchi. Il ne s'agit plus ni du sort des grecs ni de celui de l'Europe. Ce qui est en danger est cette infime marge de d&#233;mocratie que nos dirigeants daignent bien nous laisser encore. Un coup d'&#233;tat est en train d'avoir lieu devant nos yeux, et il n'est pas possible de se taire. Faisons entendre nos voix partout dans le monde. Il y va de notre responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vicky Skoumbi, Ath&#232;nes, le 25 juin 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du paquet Junker pour la Gr&#232;ce, du respect de r&#232;gles europ&#233;ennes, et d'autres histoires &#224; dormir d&#233;bout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens rivalisent &#224; qui mieux mieux en double langage et contre-v&#233;rit&#233;s ; le soi-disant &#171; ami &#187; de Grecs au sein des institutions europ&#233;ennes qui faisait jusqu'&#224; r&#233;cemment &#233;talage des amabilit&#233;s &#224; l'endroit de Tsipras, M. Junker pour ne pas le nommer, veut nous faire croire qu'il offre &#224; la Gr&#232;ce un g&#233;n&#233;reux paquet de 35 milliards, &#233;tal&#233; sur cinq ans et destin&#233; aux investissements. Certains se sont pr&#233;cipit&#233;s de le nommer &#171; paquet Junker &#187;. Mais des journalistes [12] qui honorent leur profession, sont all&#233;s voir de plus pr&#232;s de quel est ce paquet que le pr&#233;sident de commission offrirait en cadeau &#224; la Gr&#232;ce. Or, il ne s'agit de rien d'autre que des fonds structurels faisant partie d'un &#171; repackaging &#187; de fonds non utilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, en tant que membre &#224; part enti&#232;re de l'UE, y a droit au m&#234;me titre que les autres pays membres, ind&#233;pendamment de toute conditionnalit&#233; et certainement pas en fonction de l'issue des n&#233;gociations. Cependant M. Junker ne se contente pas de pr&#233;senter comme un &#171; plan pour la Gr&#232;ce &#187; ces fonds que l'UE doit &#224; la Gr&#232;ce par la redistribution proportionnelle parmi les pays membres de fonds qui sont rest&#233;s dans les tiroirs mais, en pleine contradiction avec ses pr&#233;rogatives, il met une conditionnalit&#233; politique &#224; son versement. Bref un chantage on ne peut plus cynique o&#249; la Commission se croit dans son droit de retenir une somme due &#224; un pays en &#233;tat de n&#233;cessit&#233; et fait d&#233;pendre son versement de l'issue de discussions. &#171; Il est assez &#233;tonnant de penser que la Gr&#232;ce, membre jusqu'&#224; nouvel ordre &#224; part enti&#232;re de l'Union europ&#233;enne, serait &#171; moins bien servie &#187; dans le cadre de la r&#233;partition des fonds europ&#233;ens si elle ne parvenait pas &#224; s'entendre avec les cr&#233;anciers. La Commission a donc commenc&#233; &#224; mettre en place cette &#171; zone euro &#224; deux vitesses &#187; qu'Alexis Tsipras &#233;voquait ? &#187; &#233;crit Romaric Godin [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus. Selon des informations provenant des &#233;tudiants italiens, la Commission aurait suspendu pour des raisons de proc&#233;dure le programme Erasmus pour la Gr&#232;ce ! Si cette exclusion contraire non seulement aux r&#232;glements mais &#224; la notion m&#234;me de l'isonomie, s'av&#232;re fond&#233;e, elle serait la preuve suppl&#233;mentaire que ceux qui s'&#233;chinent &#224; exiger de la Gr&#232;ce le respect des r&#232;glements, sont dispos&#233;s &#224; les violer sans h&#233;sitation, lorsqu'il s'agit d'exercer un chantage politico-&#233;conomique &#224; un gouvernement r&#233;fractaire. En d'autres termes, la Commission traite dores et d&#233;j&#224; la Gr&#232;ce comme un non-membre de l'UE, en suspendant les aides auxquelles elle a droit, jusqu'&#224; ce qu'&#224; ce que la Gr&#232;ce c&#232;de sur tous les fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi il n'y pas &#224; s'&#233;tonner que M. Junker fut le PM du Luxembourg pendant la glorieuse p&#233;riode qui a transform&#233; celui-ci &#224; un paradis fiscal. Il serait int&#233;ressant de savoir en combien de manque &#224; gagner des autres pays europ&#233;ens se traduit cette politique. Combien de manque &#224; gagner de la Gr&#232;ce qui aujourd'hui manque des fonds suffisants pour couvrir les besoins les &#233;l&#233;mentaires d'un syst&#232;me de sant&#233; en ruines ? Selon Eva Joly il se peut que le montant s'&#233;l&#232;ve &#224; quelques milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Junker ne manque pas de d&#233;noncer &#224; qui veut l'entendre, le m&#233;pris de r&#232;gles europ&#233;ennes dont ferait preuve Tsipras. Le pr&#233;sident de la Commission, si attach&#233; au respect de r&#232;gles, saurait-il nous dire quelle r&#232;gle europ&#233;enne permet &#224; l'Allemagne de d&#233;passer pendant cinq ann&#233;es cons&#233;cutives le 6% r&#233;glementaire d'exc&#233;dents commerciaux, sans &#234;tre le moindre du monde inqui&#233;ter par aucune instance europ&#233;enne ? Si j'y fais mention, c'est parce que, comme le dit Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph [14], un exc&#233;dent de l'ordre de 7,9% comme celui qu'affiche actuellement l'Allemagne, a comme effet moins de croissance et plus de ch&#244;mage pour les autres pays europ&#233;ens. Bref, l'Allemagne n'exporte pas que ses produits, mais a trouv&#233; moyen d'exporter du ch&#244;mage &#224; ses partenaires europ&#233;ens, sans qu'aucun d'entre eux ne trouve rien &#224; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, jusqu'&#224; quand les &#233;conomistes de la BCE continueront-ils &#224; cacher sous le tapis l'&#233;tat pas franchement rassurant de la Deutsche Bank ? La situation d&#233;licate de ce g&#233;ant aux pieds d'argile, embourb&#233; dans une s&#233;rie de scandales et soup&#231;onn&#233; de blanchissement d'argent, repr&#233;sente un danger consid&#233;rable non seulement pour l'Europe mais pour l'&#233;conomie mondiale. La Deutsche Bank vient d'&#233;coper une amende de 2 milliards pour falsification du Libor, et est actuellement &#171; aux prises avec quelques 6.000 litiges &#187; juridiques [15] ! A la mi-mars ses filiales am&#233;ricaines ont &#233;taient les seules avec celles de Stantander, &#224; ne pas passer les Stress Test de la Fed. Mais le plus inqui&#233;tant est que le g&#233;ant allemand, poursuivi Outre-Atlantique pour &#233;vasion fiscale, d&#233;tiendrait dans son portefeuille une bombe de plusieurs giga-tones. Rien de moins que quelques trillions de produits &#224; tr&#232;s haut risque, voire toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur leur montant exact, les chiffres les plus fous circulent. Il y en a qui parlent de 3 &#224; 4 de trillions, d'autres de quelques dizaines. Peut-&#234;tre que le tr&#232;s pointilleux M. Draghi daignerait nous informer de ce qui en est au juste. Car lorsque cette bulle-l&#224; &#233;clatera, le krach qui suivra, fera para&#238;tre celui du 29 comme une partie de plaisir. C'est bien commode de pr&#233;senter la Gr&#232;ce dont la dette ne repr&#233;sente m&#234;me pas 2% du PIB de la zone euro, comme le danger qui menacerait l'&#233;conomie europ&#233;enne, mais en tant que citoyens europ&#233;ens, nous avons tout de m&#234;me le droit d'en savoir un peu plus long sur les pratiques plus que douteuses et surtout sur l'&#233;tat de sant&#233; de la DB. Certes le niveau de la TVA sur les spaghettis en Gr&#232;ce est un sujet d'importance cruciale qui suscite &#224; juste titre un int&#233;r&#234;t mondial. N&#233;anmoins, on ne peut pas s'emp&#234;cher de penser, qu'il pourrait s'agir l&#224; d'une man&#339;uvre de digression bien commode, destin&#233;e &#224; d&#233;tourner l'attention de ce qui pose vraiment probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Disponible sur ESSF (article 35232), Faire &#224; tout prix capituler la Gr&#232;ce : les cr&#233;anciers instaurent la strat&#233;gie de la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://blogs.piie.com/realtime/?p=2884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.piie.com/realtime/?p=2884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir ici (&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2012/05/22/en-grece-la-theorie-des-deux-extremes_820573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/monde/2012/05/22/en-grece-la-theorie-des-deux-extremes_820573&lt;/a&gt;) un article relatif et l'appel que nous avons lanc&#233;, &#224; l'&#233;poque, Etienne Balibar, Michel Vakaloulis et moi-m&#234;me, disponible sur ESSF (article 35297), Gauche grecque et Europe d&#233;mocratique &#8211; &#8220;Depuis deux ans, les dirigeants de l'Union europ&#233;enne travaillent &#224; d&#233;poss&#233;der le peuple grec de sa souverainet&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/050215/grece-la-bce-lance-un-coup-detat-financier?onglet=full&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mediapart.fr/journal/international/050215/grece-la-bce-lance-un-coup-detat-financier?onglet=full&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-les-discussions-n-avancent-pas-487008.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-les-discussions-n-avancent-pas-487008.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/sauvons-le-peuple-grec-de-ses.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editions-lignes.com/sauvons-le-peuple-grec-de-ses.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2014/03/06/la-thanato-politique-migratoire-europeenne_985030&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/monde/2014/03/06/la-thanato-politique-migratoire-europeenne_985030&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210213/les-populations-superflues&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210213/les-populations-superflues&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/LE-DEVENIR-GREC-DE-L-EUROPE.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editions-lignes.com/LE-DEVENIR-GREC-DE-L-EUROPE.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &lt;a href=&#034;http://www.keeptalkinggreece.com/2015/06/23/what-is-the-mysterious-e35bn-aid-package-juncker-offers-to-greece/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.keeptalkinggreece.com/2015/06/23/what-is-the-mysterious-e35bn-aid-package-juncker-offers-to-greece/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-que-sont-les-35-milliards-d-euros-promis-par-jean-claude-juncker-486644.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-que-sont-les-35-milliards-d-euros-promis-par-jean-claude-juncker-486644.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] &lt;a href=&#034;http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/11584031/Germanys-record-trade-surplus-is-a-bigger-threat-to-euro-than-Greece.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/11584031/Germanys-record-trade-surplus-is-a-bigger-threat-to-euro-than-Greece.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/demission-surprise-des-deux-patrons-de-deutsche-bank-482061.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/demission-surprise-des-deux-patrons-de-deutsche-bank-482061.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques r&#233;flexions sur les perspectives des mouvements sociaux en Gr&#232;ce et en Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelques-reflexions-sur-les-perspectives-des-mouvements-sociaux-en-Grece-et-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelques-reflexions-sur-les-perspectives-des-mouvements-sociaux-en-Grece-et-en</guid>
		<dc:date>2012-10-30T09:23:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vicky Skoumbi</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections du 17 juin en Gr&#232;ce ont &#233;t&#233; suivies par une phase d'attente, un temps d'arr&#234;t pendant lequel les divers acteurs des mouvements ont en quelque sorte suspendu leur mobilisation, le temps d'int&#233;grer les nouveaux donn&#233;s. Cette p&#233;riode qui vient de finir a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une relative d&#233;ception &#224; la hauteur de l'espoir qu'a repr&#233;sent&#233; la mont&#233;e de Syriza, une d&#233;ception qui rel&#232;verait plut&#244;t du sentiment d'une occasion manqu&#233;e. Les grandes mobilisations de deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-10-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-10-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton12084-ca995.jpg?1781391115' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections du 17 juin en Gr&#232;ce ont &#233;t&#233; suivies par une phase d'attente, un temps d'arr&#234;t pendant lequel les divers acteurs des mouvements ont en quelque sorte suspendu leur mobilisation, le temps d'int&#233;grer les nouveaux donn&#233;s. Cette p&#233;riode qui vient de finir a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une relative d&#233;ception &#224; la hauteur de l'espoir qu'a repr&#233;sent&#233; la mont&#233;e de Syriza, une d&#233;ception qui rel&#232;verait plut&#244;t du sentiment d'une occasion manqu&#233;e. Les grandes mobilisations de deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes avec 17 jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et plusieurs grandes manifestations, malgr&#233; une r&#233;pression de plus en plus f&#233;roce, se sont mis en sourdine depuis le 12 f&#233;vrier, ce qui pourrait en partie s'expliquer par une longue p&#233;riode &#233;lectorale, les &#233;lections anticip&#233;es ayant &#233;t&#233; arrach&#233;es de haute lutte &#224; un pouvoir compl&#232;tement d&#233;l&#233;gitim&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Actuellement on constate une relative reprise du mouvement syndicale avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 26 septembre, assez suivie dans la fonction publique et les transports, et une nouvelle journ&#233;e de mobilisation pr&#233;vue pour le 18 octobre. Notons que la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale de Travailleurs Grecs (priv&#233;) et l'ADEDY (la Conf&#233;d&#233;ration Nationale du secteur public) ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de lancer un appel &#224; la gr&#232;ve sous la pression des centaines de syndicalistes de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile &#171; Je ne paie pas &#187;, tr&#232;s actif il y a encore un an, est pratiquement sur le point de dispara&#238;tre, lamin&#233; par ses divisions internes et les ambitions &#233;lectoralistes d'une partie de ses leaders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement antifasciste commence &#224; &#233;merger dans des quartiers et les &#233;coles o&#249; des comit&#233;s et des assembl&#233;es se mettent en place mais, dans l'ensemble, il s'agit plut&#244;t d'organiser des actions d&#233;fensives en r&#233;action &#224; telle ou telle attaque criminelle de n&#233;onazis. Pour l'instant, il n'existe que tr&#232;s peu de r&#233;seaux qui prennent le devant en occupant l'espace public afin que l'Aube Dor&#233;e ne puisse pas se l'approprier. D'ailleurs la strat&#233;gie de ce mouvement reste dans le flou d'une certaine ind&#233;termination, oscillant entre le choix de comit&#233;s d'autod&#233;fense et de ripostes coup sur coup d'une part, et les mobilisations massives qui &#233;viteraient &#8211; &#224; tout prix ?- la violence d'autre part |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul parti qui gagne vraiment du terrain est l'Aube Dor&#233;e avec plus que 12% dans les intentions de vote. Plusieurs facteurs y contribuent. Tout d'abord le sentiment d'impuissance face &#224; l'offensive n&#233;olib&#233;rale men&#233;e par de centres de pouvoir qui -&#224; l'exception des institutions europ&#233;ens- restent sans nom et sans visages (les march&#233;s, la finance, les banquiers etc.). Le fait que les mobilisations massives n'ont pas aboutit &#224; un recul sensible de l'offensive n&#233;olib&#233;rale joue un r&#244;le important ; car, m&#234;me si celles-ci ont r&#233;ussi &#224; d&#233;tr&#244;ner Papandr&#233;ou et impos&#233; un recours aux urnes, ceci n'a pas &#233;t&#233; re&#231;u comme une victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, si les &#233;lections sont confisqu&#233;es par la campagne d'intimidation du peuple grec et de diabolisation de Syriza, alors, aux yeux de certains pr&#233;caires et exclus, il ne reste que le recours &#224; la force brute de l'Aube Dor&#233;e qui se pr&#233;sente comme une force punitive anti-syst&#233;mique. La rupture du contrat tacite entre les repr&#233;sentants et les citoyens, m&#234;me si celui-ci se trouvait r&#233;duit &#224; une relation client&#233;liste d'une part et la s&#233;questration syst&#233;matique de la souverainet&#233; populaire par des &#233;lus qui s'appliquent &#224; mettre en place des mesures au contrepied du mandat qu'ils ont re&#231;u d'autre part jette un discr&#233;dit sur l'ensemble du syst&#232;me politique traditionnel et d&#233;l&#233;gitime m&#234;me la proc&#233;dure &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les cat&#233;gories de la population les plus d&#233;rout&#233;es et les plus atteintes par les mesures d'aust&#233;rit&#233; draconienne, il ne reste qu'&#224; trouver un visage aux forces obscures qui d&#233;truisent leur vie en la figure de l' &#171; ennemi int&#233;rieur &#187; que sont cens&#233;s incarn&#233;s les &#233;trangers. Bref, l'Aube Dor&#233;e est sur le point de devenir un vrai mouvement nazi &#224; fort ancrage populaire et,pour arriver &#224; ses fins, elle organise des distributions de produits alimentaires, par des Grecs et pour des Grecs, et met en place de r&#233;seaux de &#171; protection &#187; et de services dans de quartiers d&#233;grad&#233;s d'Ath&#232;nes. D'ailleurs elle dispose d'importantes ressources financi&#232;res &#8211; 20% des entrepreneurs ont vot&#233; Aube Dor&#233;e tandis que le score dans l'ensemble de la population &#233;tait de 7%- et paie en biens ou en esp&#232;ces les services de gros bras qui se chargent de ses exp&#233;ditions criminelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#244;le crucial &#224; sa mont&#233;e a &#233;t&#233; jou&#233; par l'imbrication tr&#232;s profonde avec les m&#233;canismes &#233;tatiques de la justice et de la police qui ne se limitent pas &#224; offrir une impunit&#233; sans faille aux activit&#233;s criminelles de l'Aube Dor&#233;e mais agissent de concert avec elle. Les rafles effectu&#233;es par la police grecque dans le cadre de l'op&#233;ration &#171; Xenios Zeus &#187; (Zeus l'hospitalier !) pendant lesquelles toute personne coupable du &#171; d&#233;lit de faci&#232;s &#187; est interpell&#233; et renvoy&#233; &#224; des camps de r&#233;tention si il n'a pas des papier, l&#233;gitiment les faits et gestes de l'Aube Dor&#233;e, dont le discours raciste est d'ailleurs syst&#233;matiquement repris dans une version &#224; peine plus mod&#233;r&#233;e par les partis au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, il y a un foisonnement d'initiatives de solidarit&#233; sociale : diverses formes d'&#233;conomies alternatives, des r&#233;seaux d'&#233;changes non-marchandes, de banques du temps, des r&#233;seaux de distribution directe de produis agricoles sans interm&#233;diaires, des centres de consultations autog&#233;r&#233;s o&#249; sont accueillis des malades n'ayant pas de couverture sociale, qu'ils soient grecs ou immigr&#233;s, des banques alimentaires etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syriza met au c&#339;ur de ses priorit&#233;s le renforcement de ces diverses initiatives de solidarit&#233; sociale et la mise en place d'une plateforme qui permettrait l'&#233;change d'exp&#233;riences et la coordination entre elles. Le but serait de cr&#233;er, sous le mot d'ordre Personne seul dans la crise, un &#8216;bouclier social' qui mettrait &#224; l'abri les plus vuln&#233;rables. Ces initiatives ne font pas que prot&#233;ger seulement les plus expos&#233;s mais elles reconstituent aussi le tissu social en train de se dissoudre sous l'effet de la politique n&#233;olib&#233;rale. R&#233;inventer le collectif et l'&#234;tre-ensemble, voil&#224; le v&#233;ritable enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le triplet de Syriza auto-organisation, r&#233;sistance, solidarit&#233;, le mot clef est celui de l'auto-organisation. Car les b&#233;n&#233;ficiaires de ces r&#233;seaux ne seront pas juste des &#8216;usagers' d'un service qui viendrait tant bien que mal remplacer l'Etat d&#233;faillant, mais des vrais acteurs qui se mobilisent et s'organisent pour prendre en main leur propre destin. Le mode op&#233;ratoire pourrait &#234;tre le suivant : une fois le contact &#233;tabli et la personne sortie de la situation d'urgence, elle est invit&#233;e de s'activer avec ses comp&#233;tences et ses savoirs au sein du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait donc parler d'une prise en charge collective de soi o&#249; ceux qui sont dans l'&#339;il du cyclone de la crise inversent la tendance et, des victimes qui subissent, deviennent les promoteurs en acte d'une autre soci&#233;t&#233;. Il s'agit d'un enjeu qui d&#233;passe la simple d&#233;fense des plus fragiles car ces pratiques solidaires et autog&#233;r&#233;es sont les &#233;bauches d'une autre soci&#233;t&#233; plus juste ; elles instaurent au c&#339;ur du pr&#233;sent des foyers, certes circonscrites et fragiles, de l'&#233;mancipation que nous appelons de nos v&#339;ux. Ainsi la pratique active du partage et la red&#233;finition du commun permet d'installer des &#238;lots d'utopie au c&#339;ur de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syriza se doit de devenir le vecteur d'un pragmatisme utopique au contrepied du pragmatisme &#8216;r&#233;aliste' et terre &#224; terre qui &#233;rige l'&#233;tat de choses existant en loi universelle et incontournable. Cependant il faudrait reconna&#238;tre que cette conception ne fait pas l'unanimit&#233; au sein de la gauche grecque : on y rencontre assez souvent un certain m&#233;pris de ces initiatives, consid&#233;r&#233;es comme une version &#8216;gauche' de la philanthropie. Pour les tenants de la logique du pire, elles ne seraient qu'une forme de charit&#233; qui pourrait rendre la situation actuelle un peu plus supportable et donc retarder la r&#233;volution ! Ce qui est compl&#232;tement occult&#233; par ce point de vue est le constat que la mis&#232;re et la paup&#233;risation extr&#234;me d'une grande partie de la population fait le lit de l'Aube Dor&#233;e laquelle est le seul parti &#224; tirer profit du sentiment de ne plus avoir d'avenir et du d&#233;sespoir qui en r&#233;sulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais finir ce papier sans mentionner que les derni&#232;res semaines on constate une telle escalade de la r&#233;pression qu'on ne saurait plus parler en Gr&#232;ce d'un r&#233;gime parlementaire. La torture commence &#224; &#234;tre ouvertement pratiqu&#233;e au QG de la police grecque &#224; Ath&#232;nes o&#249; des militants antifascistes ont &#233;t&#233; mal trait&#233;s dans de conditions dignes d' Abu Ghraib |2|, l'Aube Dor&#233;e fait la loi dans des quartiers d&#233;grad&#233;es d'Ath&#232;nes et elle emp&#234;che, en &#233;troite collaboration avec la police et les int&#233;gristes chr&#233;tiens, la repr&#233;sentation d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre consid&#233;r&#233;e &#8216;blasph&#233;matoire' |3|, la criminalisation des mobilisations va bon train avec des syndicalistes violement interpell&#233;s par la police et poursuivis par la justice pour leur actions syndicales, alors que la police conseille aux riverains qui se plaignent pour de troubles du voisinage, si il s'agit d'&#233;trangers,. de s'adresser &#224; l'Aube dor&#233;e qui saurait les faire taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps les pers&#233;cutions, les agressions et m&#234;me les meurtres d'&#233;trangers par l'Aube dor&#233;e de concert avec la police grecque n'arr&#234;tent pas de d&#233;frayer la chronique sans que la moindre poursuite contre les auteurs ne soit engag&#233;e. L'inventaire des horreurs qui ne saurait &#234;tre complet sans s'&#233;taler sur des pages et de pages, je me contenterais donc juste d'ajouter qu'il est grand temps de reconna&#238;tre qu'en Gr&#232;ce, sous l'incitation de la Tro&#239;ka et de choix politique de l'UE, est d&#233;j&#224; install&#233; un &#233;tat d'exception permanent. A la confiscation de la souverainet&#233; budg&#233;taire et &#224; la s&#233;questration de la souverainet&#233; populaire s'ajoute aujourd'hui la suspension syst&#233;matique des droits et les libert&#233;s d&#233;mocratiques. Car on ne saurait infliger &#224; un peuple des mesures qui le m&#232;ne tout droit &#224; un suicide collectif sans un corset s&#233;curitaire et r&#233;pressif qui abolit tout simplement la d&#233;mocratie. Une question s'impose alors : la marge de libert&#233;s et de droits que comporte cette forme si appauvrie de la d&#233;mocratie qu'est la d&#233;mocratie parlementaire, reste-t-elle compatible avec le capitalisme n&#233;olib&#233;ral ? La r&#233;ponse saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais se fait ressentir la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de construire un mouvement social europ&#233;en qui ne se limiterait pas &#224; des manifestations de solidarit&#233; mais lancerait des actions et de mobilisations coordonn&#233;s et synchronis&#233;es partout en Europe regroupant les luttes des peuples contre l'offensive n&#233;olib&#233;rale. Un premier pas dans cette direction est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la fois au Portugal et en Espagne le 14 novembre &#224; laquelle pourrait se joindre la Gr&#232;ce et qui sait, la France aussi malgr&#233; les r&#233;ticences de grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales. Vivement donc la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale europ&#233;enne, ne serait-ce que celle de pays du Sud plus la France ! Il y a va de la d&#233;fense d'une vie digne de ce nom, il y va de l'avenir m&#234;me de la d&#233;mocratie. A mon avis, la meilleure r&#233;ponse &#224; la mont&#233;e du fascisme et du n&#233;onazisme ainsi qu'aux dangers pour la d&#233;mocratie que repr&#233;sente le projet n&#233;olib&#233;ral serait la construction d'une perspective europ&#233;enne de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| En ce qui me concerne , il me semble qu'il faudrait opter pour la deuxi&#232;me strat&#233;gie tout en faisant recours &#224; la violence auto-d&#233;fensive l&#224; o&#249; cela s'av&#232;re n&#233;cessaire et sans pour autant appeler &#224; la confrontation ce qui reviendrait &#224; alimenter le climat de guerre civile cultiv&#233; d&#233;j&#224; les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Cf. la traduction fran&#231;aise d'un article du Guardian &lt;a href=&#034;http://initiativegrecqueaparis.word..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://initiativegrecqueaparis.word..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Cf. &lt;a href=&#034;http://initiativegrecqueaparis.word..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://initiativegrecqueaparis.word..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vicky Skoumbi, r&#233;dactrice en chef de la revue grecque &#945;&#955;&#951;th&#949;&#953;&#945;, co-initiatrice de l'appel Sauvons le peuple grec de ses sauveurs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel : sauvons le peuple grec de ses sauveurs !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Appel-sauvons-le-peuple-grec-de-ses-sauveurs</link>
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		<dc:date>2012-03-20T08:35:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dimitris Vergetis, Michel Surya, Vicky Skoumbi</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-03-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au moment o&#249; un jeune Grec sur deux est au ch&#244;mage, o&#249; 25 000 SDF errent dans les rues d'Ath&#232;nes, o&#249; 30% de la population est tomb&#233;e sous le seuil de pauvret&#233;, o&#249; des milliers de familles sont oblig&#233;es de placer leurs enfants pour qu'ils ne cr&#232;vent pas de faim et de froid, o&#249; nouveaux pauvres et r&#233;fugi&#233;s se disputent les poubelles dans les d&#233;charges publiques, les &#171; sauveurs &#187; de la Gr&#232;ce, sous pr&#233;texte que les Grecs &#171; ne font pas assez d'efforts &#187;, imposent un nouveau plan d'aide qui double (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH71/arton9703-7b69c.png?1781391116' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; un jeune Grec sur deux est au ch&#244;mage, o&#249; 25 000 SDF errent dans les rues d'Ath&#232;nes, o&#249; 30% de la population est tomb&#233;e sous le seuil de pauvret&#233;, o&#249; des milliers de familles sont oblig&#233;es de placer leurs enfants pour qu'ils ne cr&#232;vent pas de faim et de froid, o&#249; nouveaux pauvres et r&#233;fugi&#233;s se disputent les poubelles dans les d&#233;charges publiques, les &#171; sauveurs &#187; de la Gr&#232;ce, sous pr&#233;texte que les Grecs &#171; ne font pas assez d'efforts &#187;, imposent un nouveau plan d'aide qui double la dose l&#233;tale administr&#233;e. Un plan qui abolit le droit du travail, et qui r&#233;duit les pauvres &#224; l'extr&#234;me mis&#232;re, tout en faisant dispara&#238;tre du tableau les classes moyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le but ne saurait &#234;tre le &#171; sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce : sur ce point, tous les &#233;conomistes dignes de ce nom sont d'accord. Il s'agit de gagner du temps pour sauver les cr&#233;anciers tout en menant le pays &#224; une faillite diff&#233;r&#233;e. Il s'agit surtout de faire de la Gr&#232;ce, avec la collaboration active de sa propre classe dirigeante, le laboratoire d'un changement social qui, dans un deuxi&#232;me temps, se g&#233;n&#233;ralisera &#224; toute l'Europe. Le mod&#232;le exp&#233;riment&#233; sur les Grecs est celui d'une soci&#233;t&#233; sans services publics, o&#249; les &#233;coles, les h&#244;pitaux et les dispensaires tombent en ruine, o&#249; la sant&#233; devient le privil&#232;ge des riches, o&#249; les populations vuln&#233;rables sont vou&#233;es &#224; une &#233;limination programm&#233;e, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamn&#233;s aux formes extr&#234;mes de la paup&#233;risation et de la pr&#233;carisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour que cette offensive du n&#233;olib&#233;ralisme puisse arriver &#224; ses fins, il faut instaurer un r&#233;gime qui fait l'&#233;conomie de droits d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires. Sous l'injonction des sauveurs, on voit donc s'installer en Europe des gouvernements de technocrates qui font fi de la souverainet&#233; populaire. Il s'agit d'un tournant dans les r&#233;gimes parlementaires o&#249; l'on voit les &#171; repr&#233;sentants du peuple &#187; donner carte blanche aux experts et aux banquiers, abdiquant leur pouvoir d&#233;cisionnel suppos&#233;. Un coup d'Etat parlementaire en quelque sorte, qui fait aussi appel &#224; un arsenal r&#233;pressif amplifi&#233; face aux protestations populaires. Ainsi, d&#232;s lors que les d&#233;put&#233;s ont ratifi&#233; la convention dict&#233;e par la tro&#239;ka (l'Union europ&#233;enne, la Banque centrale europ&#233;enne et le Fonds mon&#233;taire international), diam&#233;tralement oppos&#233;e au mandat qu'ils avaient re&#231;u, un pouvoir d&#233;pourvu de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique aura engag&#233; l'avenir du pays pour trente ou quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement l'Union europ&#233;enne s'appr&#234;te &#224; constituer un compte bloqu&#233; o&#249; serait directement vers&#233;e l'aide &#224; la Gr&#232;ce afin qu'elle soit employ&#233;e uniquement au service de la dette. Les recettes du pays devraient &#234;tre en &#171; priorit&#233; absolue &#187; consacr&#233;es au remboursement de cr&#233;anciers, et, si besoin est, directement vers&#233;es &#224; ce compte g&#233;r&#233; par l'Union europ&#233;enne. La convention stipule que toute nouvelle obligation &#233;mise dans son cadre sera r&#233;gie par le droit anglais, qui engage des garanties mat&#233;rielles, alors que les diff&#233;rends seront jug&#233;s par les tribunaux du Luxembourg, la Gr&#232;ce ayant renonc&#233; d'avance &#224; tout droit de recours contre une saisie d&#233;cid&#233;e par ses cr&#233;anciers. Pour compl&#233;ter le tableau, les privatisations sont confi&#233;es &#224; une caisse g&#233;r&#233;e par la tro&#239;ka, o&#249; seront d&#233;pos&#233;s les titres de propri&#233;t&#233; de biens publics. Bref, c'est le pillage g&#233;n&#233;ralis&#233;, trait propre du capitalisme financier qui s'offre ici une belle cons&#233;cration institutionnelle. Dans la mesure o&#249; vendeurs et acheteurs si&#233;geront du m&#234;me c&#244;t&#233; de la table, on ne doute gu&#232;re que cette entreprise de privatisation soit un vrai festin pour les repreneurs (qu'ils soient grecs ou &#233;trangers)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or toutes les mesures prises jusqu'&#224; maintenant n'ont fait que creuser la dette souveraine grecque et, avec le secours de sauveurs qui pr&#234;tent &#224; des taux usuraires, celle-ci a carr&#233;ment explos&#233; en approchant des 170% d'un PIB en chute libre, alors qu'en 2009 elle n'en repr&#233;sentait encore que 120%. Il est &#224; parier que cette cohorte de plans de sauvetage - &#224; chaque fois pr&#233;sent&#233;s comme &#171; ultimes &#187; - n'a eu d'autre but que d'affaiblir toujours davantage la position de la Gr&#232;ce de sorte que, priv&#233;e de toute possibilit&#233; de proposer elle-m&#234;me les termes d'une restructuration, elle soit r&#233;duite &#224; tout c&#233;der &#224; ses cr&#233;anciers sous le chantage de &#171; la catastrophe ou l'aust&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aggravation artificielle et coercitive du probl&#232;me de la dette a &#233;t&#233; utilis&#233;e comme une arme pour prendre d'assaut une soci&#233;t&#233; enti&#232;re. C'est &#224; bon escient que nous employons ici des termes relevant du domaine militaire : il s'agit bel et bien d'une guerre conduite par les moyens de la finance, de la politique et du droit, une guerre de classe contre la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. Et le butin que la classe financi&#232;re compte arracher &#224; &#171; l'ennemi &#187;, ce sont les acquis sociaux et les droits d&#233;mocratiques, mais au bout du compte, c'est la possibilit&#233; m&#234;me d'une vie humaine. La vie de ceux qui ne produisent ou ne consomment pas assez au regard des strat&#233;gies de maximisation du profit, ne doit plus &#234;tre pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la faiblesse d'un pays pris en &#233;tau entre la sp&#233;culation sans limites et les plans de sauvetage d&#233;vastateurs, devient la porte d&#233;rob&#233;e par o&#249; fait irruption un nouveau mod&#232;le de soci&#233;t&#233; conforme aux exigences du fondamentalisme n&#233;olib&#233;ral. Mod&#232;le destin&#233; &#224; toute l'Europe et plus si affinit&#233;s. C'est le v&#233;ritable enjeu et c'est pour cela que d&#233;fendre le peuple grec ne se r&#233;duit pas &#224; un geste de solidarit&#233; ou d'humanit&#233; abstraite : l'avenir de la d&#233;mocratie et le sort des peuples europ&#233;ens sont en question. Partout la &#171; n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse &#187; d'une aust&#233;rit&#233; &#171; douloureuse, mais salutaire &#187; va nous &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme le moyen d'&#233;chapper au destin grec, alors qu'elle y m&#232;ne tout droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette attaque en r&#232;gle contre la soci&#233;t&#233;, devant la destruction des derniers &#238;lots de la d&#233;mocratie, nous appelons nos concitoyens, nos amis fran&#231;ais et europ&#233;ens &#224; s'exprimer haut et fort. Il ne faut pas laisser le monopole de la parole aux experts et aux politiciens. Le fait qu'&#224; la demande des dirigeants allemands et fran&#231;ais en particulier la Gr&#232;ce soit d&#233;sormais interdite d'&#233;lections peut-il nous laisser indiff&#233;rents ? La stigmatisation et le d&#233;nigrement syst&#233;matique d'un peuple europ&#233;en ne m&#233;riteraient-ils pas une riposte ? Est-il possible de ne pas &#233;lever sa voix contre l'assassinat institutionnel du peuple grec ? Et pouvons-nous garder le silence devant l'instauration &#224; marche forc&#233;e d'un syst&#232;me qui met hors la loi l'id&#233;e m&#234;me de solidarit&#233; sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes au point de non-retour. Il est urgent de mener la bataille des chiffres et la guerre des mots pour contrer la rh&#233;torique ultralib&#233;rale de la peur et de la d&#233;sinformation. Il est urgent de d&#233;construire les le&#231;ons de morale qui occultent le processus r&#233;el &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233;. Il devient plus qu'urgent de d&#233;mystifier l'insistance raciste sur la &#171; sp&#233;cificit&#233; grecque &#187;, qui pr&#233;tend faire du caract&#232;re national suppos&#233; d'un peuple (paresse et roublardise &#224; volont&#233;) la cause premi&#232;re d'une crise en r&#233;alit&#233; mondiale. Ce qui compte aujourd'hui ne sont pas les particularit&#233;s, r&#233;elles ou imaginaires, mais les communs : le sort d'un peuple qui affectera tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des solutions techniques ont &#233;t&#233; propos&#233;es pour sortir de l'alternative &#171; ou la destruction de la soci&#233;t&#233; ou la faillite &#187; (qui veut dire, on le voit aujourd'hui : &#171; et la destruction et la faillite &#187;). Toutes doivent &#234;tre mises &#224; plat comme &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion pour la construction d'une autre Europe. Mais d'abord il faut d&#233;noncer le crime, porter au grand jour la situation dans laquelle se trouve le peuple grec &#224; cause des &#171; plans d'aide &#187; con&#231;us par et pour les sp&#233;culateurs et les cr&#233;anciers. Au moment o&#249; un mouvement de soutien se tisse autour du monde, o&#249; les r&#233;seaux d'Internet bruissent d'initiatives de solidarit&#233;, les intellectuels fran&#231;ais seraient-ils donc les derniers &#224; &#233;lever leur voix pour la Gr&#232;ce ? Sans attendre davantage, multiplions les articles, les interventions dans les m&#233;dias, les d&#233;bats, les p&#233;titions, les manifestations. Car toute initiative est bienvenue, toute initiative est urgente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, voici ce que nous proposons : aller tr&#232;s vite vers la formation d'un comit&#233; europ&#233;en des intellectuels et des artistes pour la solidarit&#233; avec le peuple grec qui r&#233;siste. Si ce n'est pas nous, ce sera qui ? Si ce n'est pas maintenant, ce sera quand ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Vicky Skoumbi, r&#233;dactrice en chef de la revue &#171; &#945;&#955;&#951;th&#949;&#953;&#945; &#187;, Ath&#232;nes, Michel Surya, directeur de la revue &#171; Lignes &#187;, Paris, Dimitris Vergetis, directeur de la revue &#171; &#945;&#955;&#951;th&#949;&#953;&#945; &#187;, Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Giorgio Agamben, Diamanti Anagnostopoulou, Enzo Apicella, Albena Azmanova, Daniel Alvara,Alain Badiou, Jean-Christophe Bailly, Etienne Balibar, Fernanda Bernardo, David Berry, Sylvie Blocher, Laura Boella, Carlo Bordini, Herv&#233; le Bras, Roberto Bugliani, Daniela Calabro, Claude Cambon, Maria Elena Carosella, Barbara Cassin, Bruno Cl&#233;ment, Danielle Cohen-Levinas, Christiane Cohendy, Yannick Courtel, Martin Crowely, Rolf Czeskleba-Dupont, Michel Deguy, Michel Didelot, Didier Deleule, Claire Denis, Georges Didi-Huberman, Costas Douzinas, Riccardo Drachi-Lorenz, Marie Ducat&#233;, Leili Echghi, Les Economiste Atterr&#233;s, Roberto Esposito, Camille Fallen, Celine Flecheux, Chiara Frugoni, Ivetta Fuhrmann, Enzo Gallori, Jean-Marie Gleize, Francesca Isidori, Clio Karabelias, Jason Kara&#239;ndros, Stathis Kouvelakis, Pierre-Philippe Jandin, Fr&#233;deric Lordon, Jeremy Leaman, J&#233;r&#244;me L&#232;bre, Marie-Magdeleine Lessana, Jacques Lezra, Gianna Licchetta, Marco Mamone Capria Jean-Clet Martin, Pr. Jobst Meyer, Pierre Murat, Jean-Luc Nancy, Maurizio Neri, Gloria Origgi, Marco Palladini, Timothy Perkins, Matthaios Petrosino, Nicola Predieri, Stefano Pippa, Philippe Rahme, Jacques Ranci&#232;re, Haris Raptis, Judith Revel, Elisabeth Rigal, Franco Roman&#242;, Avital Ronell, Jacob Rogozinski, Alessandro Russo, Hugo Santiago, Ingo Schmidt, Beppe Sebaste, Giacomo Sferlazzo, Amalia Signorelli, Mich&#232;le Sinapi, Maria Giulia Soru, Benjamin Swaim, Bruno Tackels, Enzo Traverso, Gilberte Tsa&#239;, Catherine Velissaris, Frieder Otto Wolf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez associer votre nom &#224; cet appel, merci de compl&#233;ter le formulaire au bas de la page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/sauv..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editions-lignes.com/sauv..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Collectif-, SKOUMBI Vicky, SURYA Michel, VERGETIS Dimitris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/sauv..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editions-lignes.com/sauv..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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