<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=4477&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Zimbabwe : Vers un capitalisme ouvertement n&#233;olib&#233;ral</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Zimbabwe-Vers-un-capitalisme-ouvertement-neoliberal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Zimbabwe-Vers-un-capitalisme-ouvertement-neoliberal</guid>
		<dc:date>2018-03-20T12:26:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri, Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Zimbabwe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien de Jean Nanga par Daniel Suri sur les perspectives &#233;conomique, politique et sociale au Zimbabwe apr&#232;s la d&#233;mission forc&#233;e de Robert Mugabe, pr&#233;sident du pays de 1987 &#224; 2017. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 16 mars 2018 &lt;br class='autobr' /&gt; Daniel Suri : Apr&#232;s la d&#233;mission forc&#233;e de Robert Mugabe et son remplacement par celui qui fut longtemps son dauphin pr&#233;sum&#233;, Emmerson Mnangagwa, peut-on s'attendre &#224; un changement de cap dans la politique du Zimbabwe ou s'agit-il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Zimbabwe-+" rel="tag"&gt;Zimbabwe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton34034-4068e.jpg?1674912245' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien de Jean Nanga par Daniel Suri sur les perspectives &#233;conomique, politique et sociale au Zimbabwe apr&#232;s la d&#233;mission forc&#233;e de Robert Mugabe, pr&#233;sident du pays de 1987 &#224; 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 16 mars 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Suri : Apr&#232;s la d&#233;mission forc&#233;e de Robert Mugabe et son remplacement par celui qui fut longtemps son dauphin pr&#233;sum&#233;, Emmerson Mnangagwa, peut-on s'attendre &#224; un changement de cap dans la politique du Zimbabwe ou s'agit-il simplement du remplacement d'un chef par un autre chef ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga : D&#232;s les ann&#233;es 1960, au moment des luttes de lib&#233;ration nationale, jusqu'&#224; la premi&#232;re semaine de novembre 2017, E. Mnangagwa, le nouveau chef de l'&#201;tat zimbabw&#233;en, a &#233;t&#233; un compagnon de Robert Mugabe et un complice, parfois z&#233;l&#233;, de ses crimes. Depuis son investiture &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat et du parti au pouvoir, la ZANU-PF, il montre des signes incontestables de continuit&#233; avec son pr&#233;d&#233;cesseur en lui assurant l'immunit&#233; compl&#232;te et une retraite dor&#233;e, ainsi que l'institution de son anniversaire comme l'une des f&#234;tes nationales, la conservation de la Constitution de 2003, le maintien du calendrier &#233;lectoral, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, comme l'a montr&#233; la lutte pour la succession ayant conduit au limogeage de Mnangagwa de la vice-pr&#233;sidence et &#224; son expulsion de la ZANU-PF, la loyaut&#233; des dirigeants de celle-ci et de l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard de Mugabe, leur pr&#233;dation partag&#233;e de la richesse nationale, leur d&#233;pr&#233;ciation commune des droits et libert&#233;s, s'accompagnaient ces derniers temps de d&#233;saccords ou divergences, d'existence de fractions adverses au sein du parti au pouvoir, sur des bases diverses, parmi lesquelles l'attitude &#224; l'&#233;gard des puissances occidentales et de la n&#233;olib&#233;ralisation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nationalisme (n&#233;gro-)africain, l'une des caract&#233;ristiques sur-m&#233;diatis&#233;es de Robert Mugabe, au &#171; nationalisme &#233;conomique &#187; (capitaliste) suppos&#233; de la fraction de Grace Mugabe, le G40 (des quadras n'ayant pu participer &#224; la lutte de lib&#233;ration nationale), repr&#233;sent&#233;, entre autres, par celui qui &#233;tait le ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur Jonathan Moyo, s'opposaient les partisans d'un capitalisme ouvertement n&#233;olib&#233;ralis&#233;, dont l'un des repr&#233;sentants &#233;tait E. Mnangagwa ; ce dernier faisait partie de l'infime minorit&#233; dirigeante qui &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme s'&#233;tant pharaoniquement enrichie au pouvoir, des politiciens et officiers sup&#233;rieurs, entrepreneurs capitalistes, mais qui souffraient de figurer sur la liste noire des dirigeants zimbabw&#233;ens dress&#233;e par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la suppression dans le nouveau gouvernement du portefeuille de l'indig&#233;nisation de l'&#233;conomie &#8211; visant le renforcement des capitaux priv&#233;s locaux dans les entreprises &#233;trang&#232;res au capital sup&#233;rieur &#224; 500 000 dollars &#233;tasuniens, voire une majorit&#233; de 51 % du capital autochtone dans les grandes entreprises. Une suppression qui survient apr&#232;s l'&#233;vocation positive, dans le discours d'investiture de Mnangagwa, du principe de l'&#233;conomie de march&#233; comme signal d'une disposition &#224; respecter les r&#232;gles du capital international. L'ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, a promis d'accompagner &#233;conomiquement la &#171; transition &#187; &#8211; en fait la fin du mandat pr&#233;sidentiel h&#233;rit&#233; de Mugabe &#8211;, le FMI a d&#233;clar&#233; envoyer tr&#232;s prochainement une mission sur les r&#233;formes structurelles dont l'application &#233;tait contrari&#233;e par Mugabe depuis la reprise des relations de l'&#201;tat zimbabw&#233;en avec les institutions de Bretton Woods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le FMI a d&#233;clar&#233; envoyer tr&#232;s prochainement une mission sur les r&#233;formes structurelles dont l'application &#233;tait contrari&#233;e par Mugabe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sociales de l'application du programme d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral au d&#233;but des ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; le principal facteur de d&#233;l&#233;gitimation populaire du r&#233;gime de Mugabe par les mouvements sociaux. Ceux-ci ont culmin&#233; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la fin de cette d&#233;cennie et donn&#233; naissance, &#224; partir d'une convention syndicale, au principal parti d'opposition, le Movement for Democratic Change (MDC). Situation que Mugabe et son parti avaient essay&#233; d'att&#233;nuer en proc&#233;dant &#224; une r&#233;forme agraire tr&#232;s maladroite, mobilisant le sentiment racial contre les fermiers blancs et redistribuant les terres expropri&#233;es aux Zimbabw&#233;en&#183;es blancs &#224; des dignitaires du parti au pouvoir ainsi qu'&#224; leurs proches, souvent incapables de s'en occuper. Bien qu'&#233;tant revenu, ces derni&#232;res ann&#233;es, de cette expropriation, envisageant une restitution et une redistribution organis&#233;es, Mugabe demeurait relativement attach&#233; &#224; un capitalisme &#171; nationaliste &#187;, aux effets catastrophiques qui aga&#231;aient aussi bien la &#171; communaut&#233; internationale &#187; que la fraction incarn&#233;e par Mnangagwa, n&#233;anmoins b&#233;n&#233;ficiaire du chaos &#233;conomique zimbabw&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, en vue de la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle, malgr&#233; sa triste r&#233;putation de cruel complice du dictateur Mugabe, Mnangagwa est appel&#233; &#224; jouer au dirigeant respectueux des droits et libert&#233;s, &#224; celui qui est pr&#233;occup&#233; par la situation des pauvres constituant l'&#233;crasante majorit&#233; de la population. Il n'est pas exclu que, au cas o&#249; il serait &#233;lu, en guise d'achat de la &#171; paix sociale &#187; il lui soit accord&#233;, par la Banque mondiale et les partenaires occidentaux, un cosm&#233;tique programme de &#171; lutte contre la pauvret&#233; &#187; en accompagnement des &#171; r&#233;formes structurelles &#187;, comme ce fut le cas en Afrique du Sud apr&#232;s l'apartheid (dans une situation &#233;conomico-sociale beaucoup moins critique que la zimbabw&#233;enne). M&#234;me si le n&#233;olib&#233;ralisme est bien compatible avec une politique tr&#232;s r&#233;pressive, faire d'embl&#233;e le choix de celle-ci risque de compromettre la pr&#233;tendue relance de l'&#233;conomie zimbabw&#233;enne et la stabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Suri : L'arm&#233;e, avec les v&#233;t&#233;rans de la guerre d'ind&#233;pendance, a jou&#233; un r&#244;le central dans cette crise. Va-t-elle demander son d&#251; au nouvel homme fort du pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga : Les anciens combattants de la lutte (arm&#233;e) de lib&#233;ration nationale, organis&#233;s au sein de la Zimbabwe National Liberation War Veterans Association (ZNLWVA), ont, de 2000 &#224; 2016, soutenu &#8211; en compagnie des milices de la ZANU-PF &#8211; le r&#233;gime de Mugabe contre les fermiers blancs, dans sa r&#233;pression de l'opposition et des militant&#183;es des droits humains. Certains d'entre elles et eux &#233;tant install&#233;s au sommet du pouvoir, b&#233;n&#233;ficiant de l'expropriation des fermiers blancs. Mais les luttes fractionnelles au sein de la ZANU ont commenc&#233; &#224; d&#233;t&#233;riorer les relations entre certains de leurs repr&#233;sentant&#183;es et le couple Mugabe, &#224; l'instar de la vice-pr&#233;sidente du Zimbabwe et de la ZANU-PF, Joice Mujuru. Cette ancienne combattante fut vir&#233;e en 2014, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; accus&#233;e de forfaiture par Grace Mugabe qui la consid&#233;rait comme une concurrente dans la course &#224; la succession de Robert ; et le pr&#233;sident d'alors de la ZNLWVA, Jabulani Sibanda, fut exclu du gouvernement pour avoir soutenu Joice Mujuru, contre le projet d'un pouvoir &#171; sexuellement transmissible &#187; de Robert &#224; Grace. Le retrait du soutien de la ZNLWVA a en effet pes&#233; dans l'appel &#224; la d&#233;mission de Mugabe. Son dirigeant, le successeur de Sibanda, Christopher Mutsvangwa figure, avec sa compagne, dans le gouvernement de Mnangagwa. Des liens existent bien s&#251;r entre les anciens combattant&#183;es, dont fait partie Mnangagwa, et la hi&#233;rarchie de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un rapport de Global Witness de 2012 a pr&#233;sent&#233; l'arm&#233;e comme l'une des principales actrices et b&#233;n&#233;ficiaires &#8211; avec le service des renseignements zimbabw&#233;ens &#8211; de l'exploitation diamantif&#232;re &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport de Global Witness de 2012, sur l'exploitation diamantif&#232;re (mines de Marange) a pr&#233;sent&#233; l'arm&#233;e comme l'une des principales actrices et b&#233;n&#233;ficiaires &#8211; avec le service des renseignements zimbabw&#233;ens &#8211; de cette exploitation, dont les caisses de l'&#201;tat ne re&#231;oivent presque rien. La hi&#233;rarchie militaire est r&#233;put&#233;e corrompue et tr&#232;s active dans l'entrepreneuriat &#233;conomique. Ainsi des g&#233;n&#233;raux, comme Solomon Mujuru, le mari de Joice, ancien chef des arm&#233;es ou le chef d'&#233;tat-major Constantino Chiwenga, star des journ&#233;es de novembre 2017, sont consid&#233;r&#233;s, y compris dans un document de l'ambassade &#233;tasunienne, comme des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, ils sont, comme Mnangagwa, partisans d'un capitalisme &#171; plus ouvert &#187;, adversaires en cela de Grace Mugabe &#8211; qui avait demand&#233; publiquement &#224; son Robert, en d&#233;but novembre, sa nomination comme vice-pr&#233;sidente &#8211; et de son G40. Les chefs militaires ne seraient-ils pas concern&#233;s par l'invitation au rapatriement de l'argent d&#233;pos&#233; &#224; l'&#233;tranger lanc&#233;e par le nouveau pr&#233;sident ? L'arm&#233;e a re&#231;u son d&#251; avec la nomination de deux g&#233;n&#233;raux aux minist&#232;res des Affaires &#233;trang&#232;res et de la Terre. Attendons de voir si l'hypoth&#232;se de la nomination du chef d'&#233;tat-major &#224; la vice-pr&#233;sidence se confirmera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Suri : On a vu l'Afrique du Sud intervenir activement dans la transition. Quels sont ses int&#233;r&#234;ts dans cette r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga : L'Afrique du Sud est un partenaire historique du Zimbabwe, un de ses principaux partenaires aujourd'hui avec la Chine et l'Union europ&#233;enne. Elle y exporte ses produits et en importe d'autres. Elle est pr&#233;sente dans plusieurs secteurs, de l'exploitation mini&#232;re aux banques, en situation que l'on peut qualifier de sous-imp&#233;rialisme (h&#233;rit&#233;e du capitalisme d'apartheid). Une situation instable au Zimbabwe affecterait l'&#233;conomie sud-africaine et serait pr&#233;judiciable aux investissements. Des dirigeant&#183;es de l'ANC sont actionnaires dans des entreprises au Zimbabwe. Les moments de recul de la croissance sud-africaine ont aussi des r&#233;percussions sur l'&#233;conomie du Zimbabwe. Cette derni&#232;re, &#224; la suite de la crise mon&#233;taire de la fin des ann&#233;es 2000 &#8211; avec un taux d'inflation &#224; plusieurs z&#233;ros &#8211; n'a plus pu faire usage de sa monnaie, le dollar zimbabw&#233;en ; elle se sert, entre autres, du rand sud-africain et du dollar &#233;tasunien comme monnaie (il y a n&#233;anmoins une monnaie d'obligation ), faisant dire qu'il s'agit d'une dollarisation de l'&#233;conomie zimbabw&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'Afrique du Sud est l'un des principaux pays de refuge des Zimbabw&#233;en&#183;es fuyant l'ins&#233;curit&#233; sociale, s'exposant ainsi aux explosions de x&#233;nophobie parfois meurtri&#232;res &#224; leur &#233;gard en certains lieux du pays d'accueil. De surcro&#238;t, l'Afrique du Sud, pr&#233;sidant en ce moment la Communaut&#233; des &#201;tats de l'Afrique australe (SADC), est appel&#233;e &#224; contribuer au r&#232;glement de telles situations. M&#234;me s'il y a aussi l'existence de vieilles relations tiss&#233;es pendant les luttes de lib&#233;ration entre l'ANC et la ZANU, qui expliquent par exemple la m&#233;diation de Thabo Mbeki, alors pr&#233;sident de la R&#233;publique, dans la crise post &#233;lectorale zimbabw&#233;enne de 2008 ayant abouti &#224; la constitution du gouvernement d'union nationale (2009-2013). &#192; la diff&#233;rence de Mbeki qui, &#224; l'&#233;poque, avait entrepris de sauver Mugabe, Zuma, l'actuel pr&#233;sident, a plut&#244;t pench&#233; pour l'obtention d'une d&#233;mission de Mugabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Suri : La Chine semble &#234;tre un &#171; mod&#232;le &#187; pour &#171; le crocodile &#187;, comme l'on surnomme E. Mnangagwa. A-t-elle aussi jou&#233; un r&#244;le dans la crise du r&#233;gime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mnangagwa aurait plus d'une fois exprim&#233; son admiration pour la success-story capitaliste chinoise et la volont&#233; de faire davantage participer le capital chinois au d&#233;veloppement du Zimbabwe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga : M&#234;me si la Chine actuelle n'est plus tout &#224; fait la m&#234;me que celle de Mao Zedong, c'est une vieille alli&#233;e des dirigeants du Zimbabwe. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1960, elle soutient la ZANU pendant la lutte de lib&#233;ration, en formant militairement et id&#233;ologiquement ses cadres, dont le jeune Mnangagwa. Elle est depuis 2015 la premi&#232;re partenaire &#233;conomique du Zimbabwe. Elle y est active dans la construction des infrastructures, y a multipli&#233; les investissements publics comme priv&#233;s dans diff&#233;rents secteurs (mines, t&#233;l&#233;communications, n&#233;goce agricole, production automobile, etc.) ; elle est la premi&#232;re importatrice du tabac, principal produit agricole zimbabw&#233;en export&#233;. Environ la moiti&#233; des investissements dans le pays sont chinois. Y compris sous forme de coentreprises avec le capital zimbabw&#233;en dont certaines, dans l'exploitation du diamant, par exemple, sont concern&#233;es par des combines caract&#233;ristiques de la ChinAfrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quelques autres &#201;tats africains, le Zimbabwe, actuellement d&#233;pourvu de monnaie nationale comme dit pr&#233;c&#233;demment, a plac&#233; le yuan/renminbi chinois dans son panier de devises. Toutefois, le capital chinois n'a pas manqu&#233; d'&#234;tre affect&#233; par la politique &#233;conomique de la pr&#233;sidence Mugabe ces derni&#232;res ann&#233;es, suscitant ainsi quelques inqui&#233;tudes sur l'avenir, notamment en cas d'application stricte de la loi d'indig&#233;nisation, par exemple. Ainsi, la visite de Constantino Chiwenga quelques jours avant l'op&#233;ration de d&#233;mission de Mugabe, vieil ami des dirigeants chinois, est interpr&#233;t&#233;e comme une mani&#232;re de rassurer l'&#201;tat chinois sur la garantie de ses investissements, voire de la mettre au parfum de ladite op&#233;ration et de la continuit&#233; de la coop&#233;ration. Ce qui a &#233;t&#233;, sans surprise, d&#233;menti par le gouvernement chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mnangagwa aurait plus d'une fois exprim&#233;, comme bien d'autres, son admiration pour la success-story capitaliste chinoise et la volont&#233; de faire davantage participer le capital chinois au d&#233;veloppement du Zimbabwe. Ainsi, la suppression du portefeuille de l'indig&#233;nisation est aussi faite pour rassurer la Chine. L'intention de Mnangagwa d'accueillir de nouveaux investissements europ&#233;ens et &#233;tasuniens est tout &#224; fait compatible avec le d&#233;veloppement de l'investissement chinois, du partenariat avec la Chine, voire avec l'Inde. Par ailleurs, d&#233;pourvue de culture d&#233;mocratique, la classe dirigeante zimbabw&#233;enne peut &#234;tre tent&#233;e par une d&#233;mocratie &#171; minimale &#187;, avec la tol&#233;rance d'une opposition sans r&#233;elle divergence sur l'orientation &#233;conomique de fond, le n&#233;olib&#233;ralisme. Un sc&#233;nario qui a bien fonctionn&#233; dans le Singapour de Lee Kuan Yew, dont s'est d'ailleurs inspir&#233;e la Chine de Deng Xiaoping.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est odieux que les damn&#233;&#183;es de la terre zimbabw&#233;ens doivent se serrer la ceinture pour le remboursement de cette dette, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s &#224; l'aide du mat&#233;riel de r&#233;pression achet&#233; avec ces emprunts &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Suri : Dans un pays &#224; l'&#233;conomie d&#233;vast&#233;e, sans r&#233;els droits d&#233;mocratiques ni v&#233;ritables organisations ind&#233;pendantes du pouvoir, que peut faire l'opposition et que repr&#233;sente-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga : Il a &#233;t&#233; question auparavant de la possibilit&#233; que la &#171; communaut&#233; internationale &#187; aide Mnangagwa &#224; &#171; acheter &#187; une esp&#232;ce de &#171; paix sociale &#187;. Mais, au cas o&#249; le choix ne serait pas celui d'un r&#233;gime d'embl&#233;e r&#233;pressif, ce ne sera pas facile dans une soci&#233;t&#233; dans laquelle 90 % environ de la population est au ch&#244;mage. En outre, la r&#233;duction de la masse salariale de la fonction publique, &#233;voqu&#233;e de mani&#232;re insistante par le biais de la mention de son importance dans le budget, ne se fera que par la r&#233;duction du nombre des fonctionnaires &#8211; donc des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses en plus, m&#234;me m&#234;me s'il peut s'agir de d&#233;parts &#224; la retraite non remplac&#233;s &#8211;, ou par r&#233;duction des salaires &#8211; donc des pauvres en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses faites actuellement de cr&#233;er des emplois risquent de ne pas &#234;tre tenues, sinon d'abord pour des postes aux salaires ind&#233;cents, dans l'agriculture par exemple. Il est &#224; craindre que les cons&#233;quences sociales des &#171; r&#233;formes structurelles &#187; n&#233;olib&#233;rales ne soient pas d&#233;nonc&#233;es par les partis actuels de l'opposition, ayant pignon sur rue, puisqu'ils ne sont pas anti-n&#233;olib&#233;raux. La participation du MDC (issu des mobilisations sociales, de la combativit&#233; syndicale de la fin des ann&#233;es 1990) au gouvernement d'unit&#233; nationale (2009-2013) l'a prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme du reste, la disponibilit&#233;, exprim&#233;e par l'opposition, &#224; discuter d'un gouvernement de transition avec Mnangagwa &#8211; en r&#233;action &#224; son &#233;vocation, plut&#244;t implicite, d'une unit&#233; ou d'une r&#233;conciliation nationale dans son discours d'investiture &#8211; et la d&#233;ception ext&#233;rioris&#233;e apr&#232;s la proclamation d'un gouvernement exprimant, logiquement, la victoire d'une fraction ou d'une alliance de fractions du parti au pouvoir sur une autre de ses fractions. Il leur &#233;tait plus ais&#233; de combattre la dictature de Mugabe que celle du capital, vu qu'ils en sont partisans et qu'ils auront besoin de son soutien pour acc&#233;der au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il ne leur viendra pas &#224; l'esprit d'informer et de mobiliser &#224; propos de l'&#233;vocation par Mnangagwa de la poursuite du remboursement de la dette ext&#233;rieure publique contract&#233;e par un r&#233;gime soumis &#224; des sanctions pendant des ann&#233;es &#224; cause de son caract&#232;re r&#233;pressif, qui plus est corrompu et n'ayant pas assum&#233; ses responsabilit&#233;s en mati&#232;re de sant&#233; publique et d'alimentation de la population. Cette dette de 7 231 milliards de dollars devrait &#234;tre audit&#233;e, pour savoir si elle n'a pas servi, entre autres, &#224; l'achat du mat&#233;riel de r&#233;pression. Il est odieux que les damn&#233;&#183;es de la terre zimbabw&#233;ens doivent se serrer la ceinture pour le remboursement de cette dette, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s &#224; l'aide du mat&#233;riel de r&#233;pression achet&#233; avec ces emprunts. Auditer cette dette, pour voir si elle n'a pas &#233;t&#233; utilis&#233;e pour satisfaire, par exemple, la folie des grandeurs patrimoniales du couple Mugabe, alors que des centaines de milliers de Zimbabw&#233;en&#183;nes s'enfon&#231;aient dans la malnutrition. Si les &#201;tats dits d&#233;mocratiques qui promettent d'accompagner le gouvernement de Mnangagwa avaient le sens de la d&#233;cence, ils l'aideraient plut&#244;t &#224; en obtenir l'annulation purement et simplement. Sans r&#233;soudre les probl&#232;mes structurels, cet argent servirait &#224; soulager momentan&#233;ment la souffrance d'une partie de ces damn&#233;&#183;es de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation risque de ne pas &#234;tre diff&#233;rente de celle des autres soci&#233;t&#233;s africaines : d&#233;magogie des candidats et d&#233;ception populaire post-&#233;lectorale. Certes, les syndicats ont &#233;t&#233; affaiblis num&#233;riquement par la crise, la combativit&#233; des salari&#233;&#183;es aussi, avec le spectre du ch&#244;mage et la corruption des bureaucraties syndicales. Mais, eu &#233;gard au fait que des luttes ont n&#233;anmoins eu lieu sous le r&#233;gime r&#233;pressif de Mugabe, il demeure possible que des syndicats soient revitalis&#233;s, que s'auto-organisent des exploit&#233;&#183;es, &#224; partir des lieux de travail (publics comme priv&#233;s, formels comme informels), des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses, des opprim&#233;&#183;es divers dans les quartiers, &#233;tablissements scolaires, etc. Des jeunes peuvent faire leurs premi&#232;res classes de citoyennet&#233; en se mobilisant, par exemple, contre le remboursement de la dette publique ext&#233;rieure, afin d'en faire un usage social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il existe au Zimbabwe un militantisme anticapitaliste, organis&#233;, pr&#233;sent dans la mesure du possible dans les luttes et les mobilisations de ces derni&#232;res ann&#233;es &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; la diff&#233;rence de l'&#233;crasante majorit&#233; des soci&#233;t&#233;s africaines, il existe au Zimbabwe un militantisme anticapitaliste, organis&#233;, pr&#233;sent dans la mesure du possible dans les luttes et les mobilisations de ces derni&#232;res ann&#233;es ; r&#233;prim&#233; pour avoir exprim&#233; publiquement sa solidarit&#233; avec les soul&#232;vements populaires en Tunisie et en &#201;gypte, il peut contribuer, avec une lente impatience, &#224; l'auto-organisation contre les dispositifs d'exploitation quotidienne des humains et de la nature &#8211; l'extractivisme, qui risque de s'accro&#238;tre &#8211;, les diverses oppressions quotidiennes, dont l'homophobie, qui n'&#233;tait pas une exclusivit&#233; de l'autocrate d&#233;chu, pour le respect des droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques et leur enrichissement, incluant des droits &#233;conomiques et sociaux, pour la satisfaction des besoins fondamentaux (d&#233;mocratiquement d&#233;finis) en articulation avec le principe &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Inprecor&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte contre Daech - Ni &#233;tat d'urgence ici, ni bombardements des villes l&#224;-bas</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lutte-contre-Daech-Ni-etat-d-urgence-ici-ni-bombardements-des-villes-la-bas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lutte-contre-Daech-Ni-etat-d-urgence-ici-ni-bombardements-des-villes-la-bas</guid>
		<dc:date>2015-12-01T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Attentats de Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-12-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1200 perquisitions administratives &#8211; c'est-&#224;-dire &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le &#8211; ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es en France depuis le 14 novembre. L'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par les deux va-t-en-guerre de Matignon et de l'Elys&#233;e aura permis de rassembler triomphalement 230 armes et de mettre &#224; jour 77 cas de d&#233;tention de stup&#233;fiants. Un r&#233;sultat qu'un effort similaire dans le cadre des lois et des droits d&#233;mocratiques existants aurait sans doute &#233;gal&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'efficacit&#233; de l'&#233;tat d'urgence reste donc &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Attentats-de-Paris-+" rel="tag"&gt;Attentats de Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-12-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-12-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton24368-925b7.jpg?1679047625' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1200 perquisitions administratives &#8211; c'est-&#224;-dire &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le &#8211; ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es en France depuis le 14 novembre. L'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par les deux va-t-en-guerre de Matignon et de l'Elys&#233;e aura permis de rassembler triomphalement 230 armes et de mettre &#224; jour 77 cas de d&#233;tention de stup&#233;fiants. Un r&#233;sultat qu'un effort similaire dans le cadre des lois et des droits d&#233;mocratiques existants aurait sans doute &#233;gal&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'efficacit&#233; de l'&#233;tat d'urgence reste donc &#224; d&#233;montrer, m&#234;me sur le simple plan policier. En revanche, les bavures s'accumulent. Perquisitions de nuit, portes d'entr&#233;e d&#233;fonc&#233;e &#224; coup de b&#233;lier, erreur sur la personne, blessure inflig&#233;e &#224; un enfant, arrestations au petit bonheur la chance : le r&#233;pertoire est complet. Trompettiste de jazz renomm&#233;, natif de Beyrouth, Ibrahim Maalouf a &#233;t&#233; retenu plusieurs heures. Son passeport avait fait l'objet d'un signalement aupr&#232;s d'Interpol. Il en ignorait tout et il n'en comprend pas la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ces fiches de signalement, les fameuses fiches &#171; S &#187; ! Pr&#233;sent&#233;es comme le premier pas de la s&#233;curisation des populations, elles ratissent large, tr&#232;s large : plus d'une dizaine de milliers de personnes y figureraient en France. Etablies &#171; pour pr&#233;venir des menaces graves pour la s&#233;curit&#233; publique ou la s&#251;ret&#233; de l'Etat &#187; elles laissent une large part &#224; l'interpr&#233;tation et &#224; l'arbitraire. Le journal Le Monde notait qu'&#171; un hooligan, un manifestant altermondialiste r&#233;gulier ou un opposant actif &#224; la construction de l'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes peut se retrouver fich&#233; S au m&#234;me titre qu'un combattant djihadiste connu par les services de renseignements de dizaines de pays &#187; (31.8.2015). Et ces fiches ne garantissent en rien une protection effective : plusieurs des auteurs des attentats barbares du vendredi 13 novembre avaient fait l'objet d'alertes sur leur dangerosit&#233;, sans cons&#233;quence comme on a pu le constater tragiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le dispositif militaro-policier de l'&#233;tat d'urgence a d&#233;j&#224; port&#233; ses fruits en mati&#232;re de suspension des libert&#233;s et des droits d&#233;mocratiques. Avant m&#234;me que le gouvernement belge passe &#224; la phase 4 de l'alerte antiterroriste &#224; Bruxelles, une conf&#233;rence organis&#233;e sur le th&#232;me &#171; Guerre et r&#233;volution en Syrie &#187; &#224; Saint-Gilles, une des communes de l'agglom&#233;ration bruxelloise, &#233;tait interdite par le maire, le 20 novembre. L'annulation des manifestations pr&#233;vues autour de la r&#233;union de la COP 21 &#224; Paris en d&#233;cembre en est un autre exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier cas connu, le convoi des &#171; zadistes &#187; de Notre-Dame-des-Landes, qui proteste contre la reprise du projet d'a&#233;roport pr&#232;s de Nantes, a &#233;t&#233; bloqu&#233; plusieurs heures avant d'arriver &#224; Angers ; la police lui a notifi&#233; qu'il serait interdit d'acc&#232;s &#224; Saclay, derni&#232;re &#233;tape avant Paris. Sous pr&#233;texte de lutte contre le terrorisme, il s'agit simplement de faire taire toute contestation politique, sociale et environnementale de l'ordre en place. L'&#233;tat d'urgence avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; d'un renforcement sans pr&#233;c&#233;dent des pouvoirs des services secrets. Une d&#233;marche similaire a &#233;t&#233; entreprise en Suisse, &#224; l'occasion de la r&#233;vision de la Loi sur le renseignement contre laquelle un r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; lanc&#233;. Les attentats de Paris servent &#233;videmment de justification &#224; ce tour de vis s&#233;curitaire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout de l'arc de cercle de la lutte contre le terrorisme, en Syrie et en Irak, l'intensification des bombardements a&#233;riens contre les camps et les bases de Daech entra&#238;nera n&#233;cessairement un lot &#233;lev&#233; de victimes civiles. Les bombes &#224; sous-munitions et &#224; implosion utilis&#233;es par l'aviation russe sont meurtri&#232;res pour la population. Des &#233;valuations ind&#233;pendantes estiment que 80 % des frappes a&#233;riennes de Poutine ne visent pas Daesh, mais d'autres opposants au r&#233;gime criminel d'Assad, afin de le remettre en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les &#233;tats-majors parlent de bombarder Rakka ou Mossoul, il faut bien se rendre compte qu'il ne s'agit pas de camps d'entra&#238;nement en pleine campagne, mais bien en pleine ville. Et la blague des &#171; frappes chirurgicales &#187; ne fait plus rire personne. Le Washington Post &#233;crivait &#224; ce propos le 18 novembre qu'&#171; apr&#232;s une ann&#233;e de bombardements, les combattants de Daech ont appris &#224; mettre leurs armes &#224; l'abri, &#224; s&#233;curiser leurs outils de communication et &#224; se cacher dans d'importants bunkers ce qui fait que le nombre de civils qui meurent ou sont bless&#233;s est &#233;lev&#233; au point d'&#234;tre intol&#233;rable &#187;. Les mort&#183;e&#183;s et les bless&#233;&#183;e&#183;s civils de cette barbarie-l&#224; sont les meilleurs arguments de propagande de Daech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut constater l'impasse de la r&#233;plique des plus ou moins grandes puissances &#224; la menace de Daech et son effet contre-productif. On aurait tort de s'en r&#233;jouir. Car elle implique une p&#233;rennisation de la barbarie et de son possible d&#233;cha&#238;nement. La seule possibilit&#233; de faire reculer Daech consiste &#224; soutenir, contre vents et mar&#233;es, les populations et les organisations d&#233;mocratiques et progressistes qui, l&#224;-bas, combattent, au prix de mille difficult&#233;s, ces faux musulmans et ces vrais assassins. On ne fera pas l'&#233;conomie de cet internationalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre aux migrants de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-guerre-aux-migrants-de-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-guerre-aux-migrants-de-l-Europe</guid>
		<dc:date>2015-05-26T10:48:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Guerre aux migrant&#183;e&#183;s, le terme choque ? Tant mieux, car il le faut pour r&#233;tablir un minimum de lucidit&#233; quant au contenu r&#233;el de la politique migratoire de l'Europe et de celle de la Suisse, qui ne s'en distingue pas fondamentalement. Le dernier sommet de l'Union europ&#233;enne consacr&#233; &#224; cette question a persist&#233; dans l'approche s&#233;curitaire et militaire du th&#232;me. Certes, les cr&#233;dits accord&#233;s &#224; l'op&#233;ration Triton ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; la hauteur de ce que l'Italie engagea ant&#233;rieurement dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-05-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-05-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton22278-45eda.jpg?1679047625' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Guerre aux migrant&#183;e&#183;s, le terme choque ? Tant mieux, car il le faut pour r&#233;tablir un minimum de lucidit&#233; quant au contenu r&#233;el de la politique migratoire de l'Europe et de celle de la Suisse, qui ne s'en distingue pas fondamentalement. Le dernier sommet de l'Union europ&#233;enne consacr&#233; &#224; cette question a persist&#233; dans l'approche s&#233;curitaire et militaire du th&#232;me. Certes, les cr&#233;dits accord&#233;s &#224; l'op&#233;ration Triton ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; la hauteur de ce que l'Italie engagea ant&#233;rieurement dans les sauvetages de Mare Nostrum. Mais l'op&#233;ration Triton, men&#233;e par Frontex, cet organisme de police des fronti&#232;res de l'UE, a pour mission premi&#232;re non pas de sauver des vies, mais bien de contr&#244;ler le flux des migrant&#183;e&#183;s ou, pour parler le jargon officiel, &#171; le risque migratoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Solidarit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'option s&#233;curitaire devient carr&#233;ment militaire lorsque l'UE &#233;voque la possibilit&#233; de mitrailler et de couler les cargos &#8211; vides, quand m&#234;me ! &#8211; utilis&#233;s par les passeurs dans les ports libyens. Un objectif difficile &#224; r&#233;aliser pour des questions de droit international, mais que Fran&#231;ois Hollande s'est engag&#233; &#224; discuter avec Vladimir Poutine, qui s'y conna&#238;t en mati&#232;re de mitraille en pays &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La focalisation sur les m&#233;chants passeurs permet d'oublier que le refoulement des migrant&#183;e&#183;s par les polices (&#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque comme &#224; celle des enclaves de Ceuta et Melila) et la militarisation d'une partie de la M&#233;diterran&#233;e (d&#233;troit de Gibraltar, &#238;les Canaries) n'ont fait qu'accro&#238;tre les risques pris par les mi&#173;grant&#183;e&#183;s et nullement r&#233;duit leur nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier succ&#232;s de Frontex, ce sont des milliers de morts suppl&#233;mentaires. Et tant que le refus de d&#233;livrer des visas persistera, tant que l'Europe forteresse m&#232;nera cette guerre-l&#224;, qui s'en prend au &#171; syndrome &#187; migratoire et non &#224; ses causes, les morts seront au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, il existe une singuli&#232;re hypocrisie parmi les di&#173;ri&#173;geant&#183;e&#183;s europ&#233;ens qui se plaignent de l'afflux des migrant&#183;e&#183;s tout en oubliant ce que fait leur main droite. Journaliste &#224; l'hebdomadaire italien L'Espresso, Fabrizio Gatti rappelait r&#233;cemment dans Le Monde que le tyran &#233;rythr&#233;en Afeweki &#8211; qui force &#224; l'exil des milliers de jeunes fuyant l'embrigadement militaire &#8211; est un vieil ami de l'Italie. Que le Nig&#233;ria est gangr&#233;n&#233; par une corruption nourrie par les multinationales p&#233;troli&#232;res am&#233;ricaines et europ&#233;ennes. Que le Niger fournit l'urianum dont a besoin EDF, alors que 90 % de la population n'ont pas acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; dans ce qui reste un des pays les plus pauvres au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il encore rappeler la brillante exp&#233;dition militaire de Sarkozy et Cameron en Libye, cens&#233;e selon le pitre num&#233;rique BHL, apporter libert&#233;s et d&#233;mocratie au pays ? Ou &#233;voquer d'autres politiques imp&#233;rialistes en Afghanistan, en Irak ou en Syrie, directement &#224; l'origine du redoublement des flux migratoires ? A-t-on jamais entendu une autocritique de ces gens-l&#224;, reconnaissant qu'ils &#233;taient la source du probl&#232;me et non pas ses victimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, une personne a ouvertement reconnu un lien entre la situation actuelle et les politiques ant&#233;rieures de l'Occident : le chef du groupe parlementaire europ&#233;en lib&#233;ral et d&#233;mocrate Guy Verhofstadt. Mais c'&#233;tait pour regretter aussit&#244;t que l'Europe n'ait pas &#233;t&#233; plus interventionniste et qu'elle doive aujourd'hui affronter &#171; le probl&#232;me du djihadisme et des r&#233;fugi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appr&#233;cions l'&#233;l&#233;gance de la juxtaposition&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'&#233;tonnera donc pas de voir l'Union europ&#233;enne refuser d'actionner la l&#233;gislation d'urgence qui lui permettrait l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s, quand bien m&#234;me la situation en Syrie est consid&#233;r&#233;e par le Haut commissariat aux r&#233;fugi&#233;s des Nations Unies comme &#171; la pire crise humanitaire de notre &#233;poque &#187;, c'est-&#224;-dire depuis la Seconde Guerre mondiale. Disposant de la m&#234;me possibilit&#233;, la Suisse &#233;videmment, n'en usera pas non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des mesures d'aide d'urgence n&#233;cessaires, il faudra remettre en cause le syst&#232;me Schengen-Dublin, aujourd'hui ouvertement en crise. En se rappelant que ceux et celles qui risquent leur vie sur des rafiots d&#233;labr&#233;s ou des bateaux pneumatiques d&#233;gonfl&#233;s sont ceux et celles &#224; qui l'on a d'abord refus&#233; des visas et le droit de circuler librement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biodiversit&#233; : &#171; Vers une sixi&#232;me extinction de masse &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Biodiversite-Vers-une-sixieme-extinction-de-masse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Biodiversite-Vers-une-sixieme-extinction-de-masse</guid>
		<dc:date>2015-03-03T13:42:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-03-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chroniqueur scientifique de Lib&#233;ration, Sylvestre Huet dirige la collection &#171; 360 &#187; aux Editions La ville br&#251;le ( http://www.lavillebrule.com/fr/). Le dernier ouvrage paru traite de la situation actuelle de la biodiversit&#233;. Les livres publi&#233;s dans cette collection sont organis&#233;s selon le m&#234;me principe : une r&#233;union de trois ou quatre sp&#233;cialistes du th&#232;me trait&#233; qui, sous la conduite de Sylvestre Huet, d&#233;battent des aspects les plus saillants de la question. Il s'agit l&#224; d'une forme assez (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-03-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-03-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH69/arton21106-6787b.jpg?1679047626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chroniqueur scientifique de Lib&#233;ration, Sylvestre Huet dirige la collection &#171; 360 &#187; aux Editions La ville br&#251;le ( &lt;a href=&#034;http://www.lavillebrule.com/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lavillebrule.com/fr/&lt;/a&gt;). Le dernier ouvrage paru traite de la situation actuelle de la biodiversit&#233;. Les livres publi&#233;s dans cette collection sont organis&#233;s selon le m&#234;me principe : une r&#233;union de trois ou quatre sp&#233;cialistes du th&#232;me trait&#233; qui, sous la conduite de Sylvestre Huet, d&#233;battent des aspects les plus saillants de la question. Il s'agit l&#224; d'une forme assez vivante de vulgarisation scientifique, qui &#233;chappe &#224; la lourdeur p&#233;dagogique d'autres pr&#233;sentations. Il faut n&#233;anmoins avoir une vague id&#233;e de ce dont il retourne, car ce ne sont pas des ouvrages d'initiation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moment de l'extinction et dette d'extinction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annonc&#233; avec le titre Biodiversit&#233; : vers une sixi&#232;me extinction de masse ?, ce livre est paru sans son point d'interrogation. Un petit changement qui renvoie directement &#224; la deuxi&#232;me question d&#233;battue, celle de &#171; la difficile mesure de l'extinction &#187;, &#224; laquelle nous avions consacr&#233; une partie de notre dossier sur la biodiversit&#233; (no 247, 29.4.2014). Les quatre scientifiques d&#233;batteurs sont Rapha&#235;l Bill&#233; (coordinateur de projet au Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de la communaut&#233; du Pacifique &#224; Noum&#233;a), Phlippe Cury (directeur du Centre de recherche halieutique m&#233;diterran&#233;enne et tropicale de S&#232;te), Michel Loreau (&#233;cologue et directeur de recherche au CNRS) et Virginie Maris (philosophe de l'environnement). C'est &#224; Michel Loreau que l'on doit la pr&#233;cision suivante concernant le moment pr&#233;sent de l'extinction de la biodiversit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a effectivement un consensus sur le fait que nous entrons dans une extinction de masse&#8230; si tout se poursuit comme actuellement. Sur ce point, il n'y a pas de d&#233;bat. Le d&#233;bat peut porter sur le fait de savoir si on est d&#233;j&#224; entr&#233; dans cette phase ou pas. Toutes les projections montrent que nous y entrons et que cela risque de devenir catastrophique. Le d&#233;bat scientifique est de savoir &#224; quel terme cela se joue. Est-ce que l'on peut d&#233;j&#224; parler de sixi&#232;me extinction de masse ou bien faut-il attendre encore un peu pour le dire ? C'est une question d'&#233;ch&#233;ance, mais pas une question de r&#233;alit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;finira plus loin une notion int&#233;ressante, qui permet de tenir compte de la dur&#233;e dans le processus d'extinction d'une esp&#232;ce, celle de &#171; dette d'extinction &#187; : &#171; L'extinction globale d'une esp&#232;ce, comme on l'a d&#233;j&#224; mentionn&#233;, est un processus tr&#232;s long et tr&#232;s complexe. Il faut d'abord que tous les individus d'une population disparaissent &#8211; il s'agit alors d'une extinction locale. Puis que l'ensemble des populations d'une esp&#232;ce ait disparu de mani&#232;re certaine pour aboutir &#224; une extinction globale. A moins d'une destruction compl&#232;te d'un habitat &#8211; ce qui arrive de plus en plus malheureusement &#8211; c'est donc un processus extraordinairement long et complexe. L'extinction est comme une lente agonie qui peut prendre des d&#233;cennies, voire m&#234;me des si&#232;cles, dans des conditions normales, pour arriver &#224; son terme et de nombreuses esp&#232;ces qui vivent encore &#224; l'heure actuelle sont en r&#233;alit&#233; d'ores et d&#233;j&#224; condamn&#233;es &#224; l'extinction ; nous avons donc une &#171; dette d'extinction &#187; vis-&#224;-vis des g&#233;n&#233;rations futures, et c'est un probl&#232;me qui n'est sans doute pas suffisamment mis en exergue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La place du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile, &#224; travers quelques brefs extraits, de donner une id&#233;e de la richesse des questions abord&#233;es et des r&#233;ponses apport&#233;es. Mentionnons cependant, &#224; titre d'exemple, la diff&#233;rence qu'il peut y avoir entre les destructions environnementales ant&#233;rieures au capitalisme et celle d'aujourd'hui, telle que l'analyse Virginie Maris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'un point de vue historique, si l'on compare les destructions actuelles en milieux tropicaux au peuplement europ&#233;en ou aux grandes colonisations, on dispose, aujourd'hui de moyens techniques d'exploitation et de destruction qui sont infiniment plus puissants. Lorsqu'il s'agit d'abattre une for&#234;t, on peut faire en une journ&#233;e ce qui aurait pris trente ans il y a cinq si&#232;cles !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et surtout, la destruction du milieu ne correspond plus du tout aux m&#234;mes logiques vivri&#232;res que du temps des grandes migrations humaines. Longtemps, on a demand&#233; aux &#233;cosyst&#232;mes de produire ce qui allait &#234;tre consomm&#233; par les habitants. Aujourd'hui, dans les zones tropicales, la d&#233;forestation n'est pas un enjeu de subsistance, ce n'est pas la pression des populations locales qui est significative, mais le fait que l'on exploite des milieux pour exporter d'abord le bois puis, apr&#232;s que la for&#234;t a &#233;t&#233; remplac&#233;e par des cultures ou des p&#226;turages, les produits agricoles sont envoy&#233;s sur les march&#233;s mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur et la distribution de l'impact &#233;cologique sont donc radicalement diff&#233;rentes [&#8230;] &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, lorsqu'il s'agit, dans la deuxi&#232;me partie de l'ouvrage, de partir &#224; la recherche des causes profondes de la biodiversit&#233;, c'est-&#224;-dire de s'avancer dans un domaine qui est habituellement celui des sciences dites humaines, le pied de nos scientifiques se fait moins s&#251;r et la d&#233;marche plus h&#233;sitante. Donner sa juste place &#8212; soit la premi&#232;re &#8212; au capitalisme dans la situation actuelle ne va pas de soi, m&#234;me s'il arrive &#224; Virginie Maris (souvent) et &#224; Michel Loreau (quelquefois) de le faire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les questions abord&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oc&#233;ans : de la surexploitation des ressources aux transformations des &#233;cosyst&#232;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficile mesure de l'extinction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de l'extinction des esp&#232;ces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur de la biodiversit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causes profondes de la sixi&#232;me extinction de masse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense de la biodiversit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions de conservation ou de protection de la biodiversit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;March&#233;s, subventions et mon&#233;tarisation de la biodiversit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels enjeux de soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eviter ou limiter la sixi&#232;me extinction : utopie ou r&#233;alisme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise ukrainienne : l'Europe, innocente et candide ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-crise-ukrainienne-l-Europe-innocente-et-candide</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-crise-ukrainienne-l-Europe-innocente-et-candide</guid>
		<dc:date>2014-05-06T12:32:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On les croyait morts et enterr&#233;s, les anciens va-t-en-guerre de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain, les Brzezinski et Kissinger. Que non : ils ont repris du service, tout ragaillardis par le retour de la guerre froide qu'ils percevaient dans la crise ukrainienne. Th&#232;me repris par le s&#233;nateur r&#233;publicain John McCain, ancien candidat &#224; la pr&#233;sidence des Etats-Unis. Inspir&#233;s sans doute par ces papys de l'anticommunisme, les m&#233;dias ont ressorti les analogies historiques les plus branlantes. Ivre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton17576-95754.png?1679047626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On les croyait morts et enterr&#233;s, les anciens va-t-en-guerre de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain, les Brzezinski et Kissinger. Que non : ils ont repris du service, tout ragaillardis par le retour de la guerre froide qu'ils percevaient dans la crise ukrainienne. Th&#232;me repris par le s&#233;nateur r&#233;publicain John McCain, ancien candidat &#224; la pr&#233;sidence des Etats-Unis. Inspir&#233;s sans doute par ces papys de l'anticommunisme, les m&#233;dias ont ressorti les analogies historiques les plus branlantes. Ivre de puissance, Poutine devint un avatar tant&#244;t d'Ivan le Terrible, tant&#244;t de Staline. Angela Merkel, d&#233;&#231;ue par le peu de r&#233;ceptivit&#233; du ma&#238;tre du Kremlin &#224; ses arguments, expliquait qu'il vivait dans un autre monde et avait perdu le sens des r&#233;alit&#233;s. Un fou commandant le feu nucl&#233;aire, pour ainsi dire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sortie de la chanceli&#232;re allemande, pla&#231;ant toute la responsabilit&#233; de la crise ukrainienne sur le compte de la F&#233;d&#233;ration de Russie, passe all&#232;grement sur celle qui repose sur les &#233;paules de l'Union europ&#233;enne. La politique de cette derni&#232;re rel&#232;ve de l'aventurisme le plus b&#234;te. On a souvent constat&#233; que l'Europe n'avait pas vraiment de politique &#233;trang&#232;re commune et encore moins de politique militaire unifi&#233;e, ce dernier point devenant presque rassurant dans la situation actuelle. En voulant &#224; tout prix contraindre l'Ukraine &#224; choisir entre les liens avec la Russie et ceux avec l'UE, les dirigeants europ&#233;ens ont justement fait preuve du manque de r&#233;alisme dont ils accuseront ensuite la direction russe. Car m&#234;me si Poutine et son &#233;tat-&#173;major carburent au chauvinisme grand russe, ils n'en sont pas pour autant analphab&#232;tes et peuvent lire comme tout le monde, sur le site de l'OTAN que : &#171; L'Ukraine a fait la preuve qu'elle contribue activement &#224; la s&#233;curit&#233; euro-atlantique en d&#233;ployant des troupes aux c&#244;t&#233;s de soldats de la paix (sic !) de pays de l'OTAN et de pays partenaires. L'Ukraine est actuellement le seul pays partenaire &#224; contribuer activement &#224; toutes les op&#233;rations et missions dirig&#233;es par l'OTAN. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux et celles qui l'auraient oubli&#233;, l'OTAN est le bras arm&#233; que l'Europe utilise quand le grand fr&#232;re de Washington lui en donne la permission. L'un des titres de gloire de l'OTAN est d'avoir bombard&#233; la Serbie, Etat souverain, pendant 78 jours en 1999, sans mandat aucun de l'ONU. La Russie &#233;voque &#224; juste titre ce pr&#233;c&#233;dent guerrier, en &#171; oubliant &#187; toutefois le r&#244;le de la Serbie de Milosevic dans l'oppression et la r&#233;pression des Albanais du Kosovo &#224; l'origine de la confrontation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Provocatrice dans un premier temps, la politique de l'Union europ&#233;enne est devenue ensuite pusillanime, la division de ses membres, souvent en fonction de leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du gaz russe et de leur proximit&#233; g&#233;ographique, d&#233;bouchant sur la pantalonnade des sanctions symboliques et individualis&#233;es. Car le poids des relations &#233;conomiques est bien l&#224; : le gaz, bien s&#251;r, mais aussi le p&#233;trole, l'automobile, les machines-outils, l'alimentaire, etc. La Russie est le troisi&#232;me partenaire commercial de l'Union, qui en retour est le premier pour la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arme des sanctions est bien &#224; double tranchant. Trouver les mesures qui aient le plus d'impact sur l'&#233;conomie russe en nuisant le moins possible &#224; une &#233;conomie europ&#233;enne encore convalescente tient de la quadrature du cercle. Les relations militaires existent aussi : la France tient non seulement &#224; livrer ses deux porte-h&#233;licopt&#232;res Mistral &#224; Poutine, elle a besoin de ses gros porteurs Antonov pour poursuivre ses op&#233;rations imp&#233;rialistes en Afrique. L'Allemagne, par l'entremise de Rheinmettal, s'appr&#234;tait &#224; livrer &#224; la Russie un camp d'entra&#238;nement militaire cl&#233; en main. Et parmi les anciens membres du Pacte de Varsovie, plusieurs pays europ&#233;ens continuent d'acqu&#233;rir de l'armement russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant passer par l'OTAN pour ses gesticulations militaires, apparemment incapable de r&#233;soudre la crise qu'elle a ouverte &#8211; et dans laquelle la Russie s'est opportun&#233;ment engouffr&#233;e pour consolider et accro&#238;tre ses propres projets de domination r&#233;gionale &#8211; l'UE s'en est remise &#224; l'Oncle Sam. Celui &#224; qui Poutine t&#233;l&#233;phone d'abord lorsqu'il veut relancer les n&#233;gociations. Le risque est alors qu'un accord international intervienne certes, mais sur le dos du peuple ukrainien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;claration intitul&#233;e &#171; La solidarit&#233; sauvera l'Ukraine d'une intervention &#187;, l'Union socialiste &#171; Opposition de gauche &#187; rappelle que l'ind&#233;pendance de l'Ukraine des travailleurs, l'autod&#233;termination du peuple, ne passe ni par Moscou ni par Bruxelles. L'Opposition de gauche se prononce &#171; pour la pr&#233;servation de l'Ukraine unifi&#233;e &#187;, expliquant que &#171; diviser en deux ce pays, c'est garantir la domination des chauvinismes &#187; et soulignant que &#171; la consolidation de l'Ukraine ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e qu'en surmontant le pouvoir de l'oligarchie &#8211; les travailleurs de l'est comme du sud aspirent aux m&#234;mes changements sociaux et ils devraient comprendre qu'en provoquant les affrontements, on ne peut que repousser &#224; l'infini toute perspective d'am&#233;lioration. ? &#187; Ni guerre ni &#233;clatement de l'Ukraine, pour l'ind&#233;pendance de ce pays et contre les vis&#233;es de son propre imp&#233;rialisme : tel est le fil rouge des internationalistes, en Russie comme en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru en &#233;dito dans Solidarit&#233;S (Suisse) n&#176; 246 (03/04/2014) p. 3. &lt;a href=&#034;http://www.solidarites.ch/common/index.php/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.solidarites.ch/common/index.php/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union europ&#233;enne, Russie &#8211; L'Ukraine sur le fil du rasoir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Union-europeenne-Russie-L-Ukraine-sur-le-fil-du-rasoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Union-europeenne-Russie-L-Ukraine-sur-le-fil-du-rasoir</guid>
		<dc:date>2014-03-18T19:41:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-03-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fuite de l'ancien pr&#233;sident Ianoukovitch et l'int&#233;rim assur&#233; par le nouveau pr&#233;sident du parlement, un proche de l'opposante Ioula Timochenko, semblent avoir ramen&#233; le calme &#224; Kiev. Au bord du gouffre financier, le pays reste toutefois dans un &#233;quilibre tr&#232;s pr&#233;caire. &lt;br class='autobr' /&gt; Les commentateurs n'ont souvent voulu voir d'abord qu'un affrontement entre pro-europ&#233;ens et pro-russes, entre la rue et le pouvoir, dans les &#233;v&#233;nements qui se sont succ&#233;d&#233; en Ukraine. Si cette dimension existe, elle n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Russie-+" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-03-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-03-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17015-fe31b.png?1679047626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fuite de l'ancien pr&#233;sident Ianoukovitch et l'int&#233;rim assur&#233; par le nouveau pr&#233;sident du parlement, un proche de l'opposante Ioula Timochenko, semblent avoir ramen&#233; le calme &#224; Kiev. Au bord du gouffre financier, le pays reste toutefois dans un &#233;quilibre tr&#232;s pr&#233;caire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les commentateurs n'ont souvent voulu voir d'abord qu'un affrontement entre pro-europ&#233;ens et pro-russes, entre la rue et le pouvoir, dans les &#233;v&#233;nements qui se sont succ&#233;d&#233; en Ukraine. Si cette dimension existe, elle n'a pas &#233;t&#233; le motif principal de ceux et celles qui, par centaine de milliers, se sont &#224; un moment ou un autre trouv&#233;s sur la place Ma&#239;dan. Le principal facteur de mobilisation anti-Ianoukovitch, c'est Ianoukovitch lui-m&#234;me, son enrichissement, celui, fulgurant, de son fils ainsi que de son clan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi les pouvoirs de plus en plus arbitraires attribu&#233;s &#224; sa fonction, laissant entrevoir une pr&#233;sidence format&#233;e sur le mod&#232;le russe, qui ont r&#233;ussi &#224; faire descendre dans la rue une opposition populaire, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, nourrie de col&#232;re contre la corruption, de revendications d&#233;mocratiques et d'exasp&#233;ration contre des in&#233;galit&#233;s sociales qui n'ont cess&#233; de cro&#238;tre. La r&#233;pression, brutale, a radicalis&#233; encore plus cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hypoth&#232;que de l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La na&#239;vet&#233; n'est pas de mise : les premiers rangs des barricades de la place Ma&#239;dan ont &#233;t&#233; occup&#233;s par des membres des milices d'organisation d'extr&#234;me droite, dont la plus &#171; mod&#233;r&#233;e &#187; et sociale, &#171; Svoboda &#187; c&#233;l&#232;bre r&#233;guli&#232;rement les exploits de la division SS ukrainienne &#171; Galitichina &#187;. Son chef, Oleg Tiagnibog est pourtant consid&#233;r&#233; comme un &#171; mou &#187; par des groupes plus radicaux comme le m&#233;diatiquement c&#233;l&#232;bre &#171; Secteur droit &#187;. Dans la mobilisation populaire, la Ma&#239;dan de gauche a eu de la peine &#224; se faire entendre, repouss&#233;e avec les anarchistes &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la place, dans la Maison de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sence de l'extr&#234;me droite dans les affrontements p&#232;sera d'une mani&#232;re ou d'une autre sur l'avenir de l'Ukraine et cela au-del&#224; de son berceau historique de la Galicie orientale (anciennement polonaise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme churchillien de l'Union europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du sang, de la peine et des larmes &#187;, selon l'expression de Churchill pass&#233;e &#224; la post&#233;rit&#233; : voil&#224; le programme de l'UE pour l'Ukraine, qui &#224; travers sa proposition d'accord d'association signifie &#224; ce pays qu'il se situera certes dans la sph&#232;re d'influence europ&#233;enne, mais dans une lointaine banlieue. Poursuite des privatisations, cure d'aust&#233;rit&#233; prolong&#233;e, main-d'&#339;uvre et produits agricoles &#224; bas prix, lib&#233;ralisation radicale du march&#233; du travail : voil&#224; les exigences europ&#233;ennes et du FMI. Etrangl&#233;e par sa dette &#224; court terme, l'Ukraine est pri&#233;e d'attendre des jours meilleurs, selon les m&#234;mes recettes qu'en Gr&#232;ce. De toute fa&#231;on, l'UE n'a pas aujourd'hui de quoi venir mat&#233;riellement au secours de l'Ukraine, mal remise des cons&#233;quences de la crise europ&#233;enne de 2008. Les illusions des pro-europ&#233;ens risquent donc d'&#234;tre douch&#233;es rapidement et froidement. Ce qui ne signifie cependant pas que l'Europe sera ainsi hors-jeu, car les oligarques ukrainiens ont besoin d'elle pour ne pas se retrouver dans un face-&#224;-face d&#233;s&#233;quilibr&#233; avec Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve eurasien de Poutine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais la Russie de Poutine ne renoncera volontairement a exercer son influence sur le pays. Non seulement parce qu'&#224; la pointe sud de l'Ukraine, il y a la Crim&#233;e, avec le principal port d'attache de la flotte de la mer Noire de la marine russe, mais aussi parce que l'Ukraine est au c&#339;ur du dispositif strat&#233;gique que Poutine entend opposer &#224; l'Europe. Ce red&#233;ploiement de l'influence russe &#224; ses fronti&#232;res &#224; un nom : l'Union eurasienne. L'union douani&#232;re avec la Russie, la Bi&#233;lorussie, le Kazakhstan et l'Arm&#233;nie &#8211; vers laquelle Ianoukovitch avait fait un pas en contrepartie d'un pr&#234;t de 15 milliards de dollars et d'une baisse du prix du gaz &#8211; est un des sas d'entr&#233;e de l'Union eurasienne. Pour une Ukraine dont une partie de l'appareil productif reproduit encore la vieille division du travail existant dans l'ancienne URSS &#8211; particuli&#232;rement dans la r&#233;gion russophone du Donbass (Donestk, Dniepropetrosvk) &#8211; la rupture avec la Russie n'est simplement pas envisageable. Le voudrait-elle que sa d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique actuelle l'en emp&#234;cherait. La chute de Ianoukovitch prive Moscou d'un alli&#233; dans la place, moins russophile que l'on a bien voulu le faire croire toutefois, et que Poutine m&#233;prisait. Reste &#224; trouver de nouveaux relais parmi le personnel politique des oligarques ukrainiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la recherche d'un d&#233;bat politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car voil&#224; bien une des caract&#233;ristiques politiques fortes de l'Ukraine : les partis politiques sont d'abord des machines au service de l'un ou l'autre oligarque (dont Timochenko). Dans une constatation franche, quoique cynique, le d&#233;put&#233; de Zaporija, Iaroslav Soukhy&#239;, membre du Parti des r&#233;gions, reconnaissait : &#171; En Ukraine, le seul parti avec une id&#233;ologie est le Parti communiste : tous les bourgeois &#224; la mer ! Les autres sont des structures de business avec des objectifs particuliers. &#187; (Le Monde du 23.2.14). Voil&#224; qui explique comment, ainsi que le relevait l'opposant de gauche Zakahr Popovych : &#171; La mainmise de l'oligarchie sur la politique a eu comme cons&#233;quence un r&#233;gime &#224; z&#233;ro imp&#244;t pour les grandes entreprises. Tous les imp&#244;ts sont pay&#233;s par les travailleurs et par les petites entreprises &#187;. Cet &#233;conomiste demandait &#224; la solidarit&#233; internationale d'agir pour &#171; montrer que des Ukrainiens demandent la saisie des comptes en banque des oligarques en Europe [&#8230;] montrer que ce r&#233;gime &#224; z&#233;ro imp&#244;t, ainsi que &#171; l'oligarchisation &#187; totale de la politique, ne sont pas acceptables [&#8230;] &#187; [1]. Et si l'on regardait du c&#244;t&#233; des banques suisses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir sur ESSF (article 31159), Ukraine : r&#233;volte de masse pour la d&#233;mocratie, radicalisation de l'extr&#234;me droite, intervention de la gauche : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31159&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31159&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru sous le titre &#171; Sur le fil du rasoir &#187; en Suisse dans &#171; solidarit&#233;S &#187; n&#176; 244 (27/02/2014) p. 7. &lt;a href=&#034;http://www.solidarites.ch/journal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.solidarites.ch/journal/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine : &#171; le pire, ce n'est pas la r&#233;ponse, c'est la question &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Presidentielle-americaine-le-pire-ce-n-est-pas-la-reponse-c-est-la-question</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Presidentielle-americaine-le-pire-ce-n-est-pas-la-reponse-c-est-la-question</guid>
		<dc:date>2012-11-20T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel S&#252;ri</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le pire, ce n'est pas la r&#233;ponse, c'est la question &#187;. C'est ce qu'&#233;crivait le socialiste am&#233;ricain Hal Draper &#224; propos des &#233;lections am&#233;ricaines de 1964, ajoutant : &#171; Quand il faut choisir entre un capitaliste et un autre capitaliste, on a d&#233;j&#224; perdu lorsque l'on accepte un choix aussi restreint. &#187; Une remarque qui s'applique &#224; l'&#233;lection de ce d&#233;but novembre, qui a vu Barack Obama rempiler pour quatre nouvelles ann&#233;es, ayant conquis plus de votes de grands &#233;lecteurs (303, sans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH139/arton12330-877ce.jpg?1679047626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le pire, ce n'est pas la r&#233;ponse, c'est la question &#187;. C'est ce qu'&#233;crivait le socialiste am&#233;ricain Hal Draper &#224; propos des &#233;lections am&#233;ricaines de 1964, ajoutant : &#171; Quand il faut choisir entre un capitaliste et un autre capitaliste, on a d&#233;j&#224; perdu lorsque l'on accepte un choix aussi restreint. &#187; Une remarque qui s'applique &#224; l'&#233;lection de ce d&#233;but novembre, qui a vu Barack Obama rempiler pour quatre nouvelles ann&#233;es, ayant conquis plus de votes de grands &#233;lecteurs (303, sans la Floride) que son rival Mitt Romney (206, sans la Floride).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les options strat&#233;giques &#233;lectorales diff&#233;rentes des deux rivaux feront sans doute le bonheur de quelque doctorant&#183;e en sciences politiques, qui pourra disserter &#224; l'envi sur l'opposition entre le &#171; ratisser large &#187; du candidat r&#233;publicain et la concentration sur les Etats clefs du d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel reste toutefois ce que constatait le journaliste Glenn Greenwald dans les colonnes du Guardian britannique (4.10.12) : le d&#233;bat politique est extr&#234;mement limit&#233;, les enjeux politiques importants en sont souvent absents et &#171; &#224; force de souligner les quelques points o&#249; il y a un v&#233;ritable d&#233;saccord entre les deux partis, la campagne finit par donner l'impression qu'il y a bien plus de diff&#233;rences entre les deux partis, et bien plus de choix pour les &#233;lecteurs, que ce qu'offre en r&#233;alit&#233; le syst&#232;me politique am&#233;ricain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait m&#234;me renforcer cette r&#233;flexion dans le sens suivant : ce n'est pas l&#224; un effet secondaire, collat&#233;ral, de la campagne, c'est son but m&#234;me. La dramatisation des enjeux, proportionnellement inverse aux divergences r&#233;elles, s'obtient &#224; travers la plus formidable privatisation d'une &#233;lection publique qu'il soit. La campagne aura ainsi mobilis&#233; 2,6 milliards de dollars au niveau pr&#233;sidentiel, et pr&#232;s de 6, milliards si l'on ajoute les d&#233;penses des &#233;lections au S&#233;nat et &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, dont une bonne partie en provenance d'entreprises qui consid&#232;rent leurs dons comme autant d'investissements dont elles attendent un retour b&#233;n&#233;fique. (Pour la petite histoire, notons que Credit Suisse a mis&#233; sur le mauvais cheval). Un financement de ce genre repr&#233;sente &#233;videmment un &#233;norme barrage &#224; une &#233;lection r&#233;ellement d&#233;mocratique et vient renforcer le bipartisme r&#233;gnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a entendu parler, non seulement en Europe, mais aux Etats-Unis m&#234;me de la campagne courageuse du Parti vert am&#233;ricain, par exemple ? Tout le syst&#232;me fonctionne donc de telle mani&#232;re que malgr&#233; une polarisation sociale tr&#232;s forte &#8211; clairement exprim&#233;e par le mouvement Occupy Wall Street &#224; travers son slogan &#171; nous sommes les 99 % &#187; &#8211; aucune solution de rechange ne se profile nationalement. Le peu de voix de diff&#233;rence entre les deux candidats (1,5 million environ &#8211; la Floride non comprise &#8211; , contre 9,5 millions dans l'&#233;lection pr&#233;c&#233;dente) montre &#224; la fois combien le choix n'en &#233;tait pas vraiment un et l'effondrement des espoirs suscit&#233;s par la premi&#232;re &#233;lection d'Obama [1]. L'appui apport&#233;, au nom du moindre mal, &#224; Obama par une partie de la gauche am&#233;ricaine (The Nation, p. ex.), n'aura servi qu'&#224; lui permettre de droitiser encore plus ses propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir le cahier EmancipationS de ce num&#233;ro, disponible aussi sur ESSF (article 26923), Barack Obama : un bref bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru en Suisse dans &#171; solidarit&#233;S &#187; n&#176; 217 (09/11/2012). &lt;a href=&#034;http://www.solidarites.ch/journal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.solidarites.ch/journal/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
