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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Tunisie. Une insupportable violence contre les jeunes</title>
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		<dc:date>2021-03-16T07:05:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Myriam Catusse, Olfa Lamloun</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s la r&#233;volution, cet ouvrage collectif interroge les violences institutionnelles dans deux quartiers rel&#233;gu&#233;s du Grand-Tunis et la l&#233;gitimit&#233; des modes de r&#233;gulation, d'encadrement et de contr&#244;le subis par les jeunes Tunisiens. Extraits. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il y a plusieurs types de violence, la violence verbale, mat&#233;rielle, &#233;conomique, ces types de violences existent chez nous et&#8230; Dieu merci ! D&#232;s le matin quand vous vous r&#233;veillez, vous allez croiser des visages ! Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton47287-d98f7.png?1781256852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s la r&#233;volution, cet ouvrage collectif interroge les violences institutionnelles dans deux quartiers rel&#233;gu&#233;s du Grand-Tunis et la l&#233;gitimit&#233; des modes de r&#233;gulation, d'encadrement et de contr&#244;le subis par les jeunes Tunisiens. Extraits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/tunisie-une-insupportable-violence-contre-les-jeunes,4544&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a plusieurs types de violence, la violence verbale, mat&#233;rielle, &#233;conomique, ces types de violences existent chez nous et&#8230; Dieu merci ! D&#232;s le matin quand vous vous r&#233;veillez, vous allez croiser des visages ! Et d&#233;j&#224; vous subissez de la violence. Si vous vous vous pr&#233;sentez &#224; une administration, il y a de la violence sur les visages ; ou bien quand on vous dit : &#8220;revenez demain !&#8221;, c'est aussi une sorte de violence&#8230; &#192; part ces types de violences, nous avons chez nous &#224; Douar Hicher et Ettadhamen (1) une violence tr&#232;s courante, pour laquelle nous sommes c&#233;l&#232;bres&#8230; c'est une mentalit&#233;&#8230; des personnes qui croient imposer leur droit par la force. Ils ignorent qu'il y a un &#201;tat de droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous demandons &#224; des hommes et des femmes de moins de 34 ans de Douar Hicher, dans le gouvernorat de La Manouba, de d&#233;finir &#171; la violence &#187;, leurs r&#233;ponses concordent. Telle qu'ils la vivent et se la repr&#233;sentent, la violence est multiforme, mais omnipr&#233;sente. Elle n'est rien d'autre que &#171; ce qui est v&#233;cu comme tel &#187; (2) dans leur quotidien, aussi bien coercition physique et morale que disqualification symbolique. Mais elle rev&#234;t deux formes principales. Il y a d'abord la violence &#171; de l'&#201;tat &#187;, qu'ils subissent lors de leurs interactions consenties ou forc&#233;es avec l'administration et les forces de l'ordre. Lorsqu'elles et ils en parlent, s'y m&#234;lent les lexiques de l'exclusion et du m&#233;pris ressentis, des humiliations ordinaires (mais insupportables), mais encore, de fa&#231;on frappante, celui de l'enfermement. Cet enfermement emp&#234;che, au propre et au figur&#233;, de &#171; s'en sortir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite la violence interindividuelle, qui s'exerce dans les espaces publics et domestiques et touche diff&#233;remment les hommes et les femmes. Pour les premiers, la question de la d&#233;linquance rev&#234;t trois aspects. D'abord, l'&#233;chec scolaire qui provoque des tensions au sein des familles et entra&#238;ne ce que Marwan Mohammed analyse comme la victoire de &#171; la rue &#187; sur l'&#233;cole et la famille dans le processus de socialisation des jeunes. (3). Ensuite, l'usage de psychotropes et enfin la d&#233;liquescence des &#171; protections rapproch&#233;es &#187; (4), c'est-&#224;-dire de l'interconnaissance, des solidarit&#233;s familiales ou de voisinage dans des quartiers &#171; o&#249; l'on ne se conna&#238;t plus &#187; ; notamment dans les nouvelles extensions urbaines post-r&#233;volution. Ou au contraire, on s'y reconna&#238;t de fa&#231;on agonistique, dans le cas de la multiplication des rixes entre groupes de supporters sportifs concurrents, qui comme nous le verrons plus loin, trouvent dans ces sociabilit&#233;s nouvelles des solidarit&#233;s compensatoires. Pour les secondes, ce sont davantage les probl&#232;mes de harc&#232;lement, d'int&#233;grit&#233; physique et de pressions sociales et morales qui sont &#233;voqu&#233;s, tant dans l'espace public que dans l'espace domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen&#233;es &#224; enqu&#234;ter sur les violences du quotidien des jeunes hommes et femmes de Douar Hicher et Ettadhamen, o&#249; nous menons des travaux depuis 2014 (5), nous voulions ainsi comprendre comment s'exercent des formes combin&#233;es de contraintes subies, de brutalit&#233;s directes ou indirectes et d'oppressions. Ces quartiers sont en effet construits institutionnellement, politiquement et m&#233;diatiquement comme des lieux d'observation grossissants des violences quelles qu'elles soient. D&#233;crits comme foyer de d&#233;sordre et de criminalit&#233; &#224; contenir, ils sont aussi des territoires privil&#233;gi&#233;s et paradoxaux d'intervention publique nationale et internationale. Paradoxaux, car points d'attention sur l'ordre social et urbain depuis plusieurs d&#233;cennies, ils se caract&#233;risent pourtant par un &#171; gouvernement par le manque &#187; (6) qui s'est ancr&#233; dans la longue dur&#233;e : manque d'infrastructures, manque de planification urbaine, manque de transports, manque d'emploi, manque de perspectives et d'avenir. Il s'agissait pour nous de d&#233;m&#234;ler quelques-uns des fils pratiques et imaginaires qui ancrent le quotidien d'hommes et de femmes, jeunes ou plus &#226;g&#233;s, dans ce que traduisent ces manques : privations, faibles protections, expositions aggrav&#233;es &#224; des exactions, agressions et multiples harc&#232;lements. Nous voulions en comprendre les m&#233;canismes, en refroidissant le regard sur les ressorts &#171; violentog&#232;nes &#187; des in&#233;galit&#233;s sociales pour mettre en exergue les dimensions politiques qui contribuent &#224; penser &#8212; plus que panser &#8212; ces espaces urbains comme des lieux de production d'incivilit&#233;, de d&#233;linquance, voire de terrorisme. Nous nous sommes interrog&#233;s sur les logiques de production, de reproduction et d'exacerbation de pratiques et de repr&#233;sentations de domination et d'usage exorbitant de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela supposait de choisir un angle d'investigation : les &#171; jeunes &#187;, pr&#233;sent&#233;s comme les auteurs principaux &#8212; les coupables &#8212; autant que comme les victimes des violences. Loin d'&#234;tre un groupe homog&#232;ne, ils sont pourtant, en tant que tels, la cible d'interventions muscl&#233;es ou m&#233;diatis&#233;es de dispositifs d'action publique, allant du maintien de l'ordre au soutien &#224; l'auto-emploi en passant par des outils incitatifs &#224; la participation politique. Nous avons donc concentr&#233; notre attention sur les formes multiples, crois&#233;es et multiformes des violences rencontr&#233;es par de &#171; jeunes &#187; hommes et femmes de Douar Hicher et Ettadhamen. Partir de leur v&#233;cu et ressenti &#233;tait notre ambition, afin de d&#233;construire des repr&#233;sentations stigmatisantes : d&#233;gager d'une part des facteurs de contexte et d'autre part mettre en valeur les acteurs en situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En compl&#233;ment d'enqu&#234;tes qui se sont pench&#233;es sur les mots de l'injustice de la jeunesse tunisienne (7), notre propos est un peu diff&#233;rent. Nous souhaitions comprendre comment se construisent des dispositifs publics circonscrivants de &#171; jeunes &#187; populations dans des mondes de violence physique, sociale, politique, domestique et &#233;conomique. Cela ne va pas sans poser des d&#233;fis m&#233;thodologiques, notamment en termes de dispositif d'enqu&#234;te, de d&#233;finition des contours de la &#171; violence &#187;, de sa typologie et de sa mesure. Si l'on s'int&#233;resse aux effets combin&#233;s et intersectoriels des violences, ce parti pris nous confronte &#224; une question &#233;minemment politique. Il interroge le r&#233;gime de violence de l'&#201;tat et la l&#233;gitimit&#233; de ses modes de r&#233;gulation et d'encadrement des populations, et finalement les fins qu'elles entendent servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment observer, restituer, mesurer, &#233;valuer et classer diff&#233;rentes formes de violence ? Comment les appr&#233;hender dans des espaces urbains rel&#233;gu&#233;s et construits en &#171; p&#233;riph&#233;ries &#187; en mettant en &#233;vidence et &#224; distance les pr&#233;jug&#233;s qui les entourent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelles mesures les &#171; jeunes &#187; hommes et femmes de Douar Hicher et Ettadhamen sont-ils le sujet de projections qui en font des cibles m&#233;taphoriques du d&#233;sordre social et des dangers politiques ? Comment s'exercent sur eux trois stigmates sociaux puissants &#8212; celui de leur lieu d'habitat (des foyers de criminalit&#233;, voire de terrorisme), celui de leur condition sociale (et l'id&#233;e que la mis&#232;re pr&#233;disposerait aux comportements violents) et celui de leur &#226;ge (associ&#233; &#224; l'immaturit&#233;, au spontan&#233;isme, aux comportements passionnels &#224; canaliser) ? Comment penser les l&#233;gitimations ou criminalisations de la violence dont ils sont les acteurs ou au contraire les sujets ? Comment saisir les situations diff&#233;renci&#233;es que recouvre cette notion et les rapports sociaux qu'elle incarne ? Quels sont les dispositifs, pour paraphraser Foucault, qui &#171; fonctionnent en sous-main &#187; pour les produire et reproduire ? Quelle est la sp&#233;cificit&#233; des violences qui se d&#233;ploient dans ces villes et quartiers et comment fa&#231;onnent-elles le rapport de leurs habitants aux institutions publiques, &#224; l'espace et &#224; leur propre corps, qu'elles investissent, marquent, dressent et supplicient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Observant les conditions de vie des jeunes hommes et femmes d'Ettadhamen et de Douar Hicher, nous prenons au s&#233;rieux le point de vue des habitantes et habitants de ces deux quartiers, pour interroger ces deux territoires comme des espaces de coercitions conjugu&#233;es de classe, de genre et d'&#226;ge. Nous combinons pour cela des observations in situ, dans les administrations et institutions sociales locales, dans les transports publics, l'entre-soi d'ateliers de travail &#224; domicile ou les stades de football, mais &#233;galement des entretiens semi-directifs avec des hommes et des femmes d'&#226;ges vari&#233;s, mais rel&#233;gu&#233;s, par l'action publique. La cat&#233;gorie de &#171; jeunes &#187; d&#233;signe en effet d&#233;sormais avant tout des cadets sociaux, immatures, structurellement sans &#171; emploi &#187; et devant faire leurs preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons recueilli d'autres traces de ces processus complexes : des cartes et des plans &#233;labor&#233;s par diverses institutions, des graffitis urbains ou des chants de supporters circulant sur le web. Nous nous sommes enfin appuy&#233;s sur l'enqu&#234;te quantitative men&#233;e en parall&#232;le, Jeunes dans les marges. Perceptions des risques, du politique et de la religion. Les cas de Tataouine Nord, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/tunisie-les-voix-de-kasserine,2507&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kasserine&lt;/a&gt; Nord et Douar Hicher. L'ensemble de ces donn&#233;es propose un corpus vari&#233; et compl&#233;mentaire pour documenter une r&#233;flexion sur les violences institu&#233;es et instituantes au sein de ces populations : qu'elles soient anomiques, &#233;tatiques transgressives ou domestiques. Il nous permet ainsi de dresser un inventaire des donn&#233;es disponibles, de pr&#234;ter attention &#224; la production des cat&#233;gories publiques et de nous int&#233;resser &#224; la cartographie de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, St&#233;phanie Pouessel s'est d'abord pench&#233;e sur la violence des &#171; protections &#187; telles qu'elles sont mises en &#339;uvre dans les politiques de circulation. Elle montre comment les plans et dispositifs de transport public entravent la circulation physique et les possibilit&#233;s de mobilit&#233; sociale des jeunes hommes et femmes de Douar Hicher. Elle soutient qu'au r&#233;seau bloqu&#233; de transport s'ajoute une politique du contr&#244;le et de l'assignation &#224; r&#233;sidence &#8212; dont le fichage s&#233;curitaire (fiche S17) est l'illustration la plus manifeste &#8212; exerc&#233; de fa&#231;on arbitraire en dehors des r&#232;gles de l'&#201;tat de droit. Les jeunes hommes et jeunes femmes sont diversement affect&#233;s, mais se trouvent de facto en situation d'enfermement. Ceci n'emp&#234;che pas des formes de mobilisation et de prise de parole, par exemple, &#224; l'occasion des &#233;lections l&#233;gislatives de 2019, autour de la liste Bledna, qui revendique par son nom lui-m&#234;me l'ancrage local et la revendication de repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts d'habitants et d'habitantes qui r&#233;clament par exemple des transports publics plus nombreux et de meilleure qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiraz Gafsia a port&#233;, quant &#224; elle, son attention sur les atteintes genr&#233;es du droit &#224; travailler, dans le cadre d'une enqu&#234;te sur la sous-traitance &#224; domicile d'activit&#233;s industrielles &#224; Ettadhamen. En d&#233;crivant les ressorts de la mise au travail et de l'activit&#233; de femmes, elle d&#233;crit la combinaison de diff&#233;rentes violences et logiques de domination : celle qui conduit au travail invisibilis&#233; (car &#224; domicile), en dehors du droit et de toute forme de protection, dans le cadre d'une industrie internationale fortement lucrative ; celle qui travaille l'espace et la cellule domestique, tant l'&#233;quilibre et l'&#233;conomie familiale reposent sur cette activit&#233; genr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points m&#233;ritent toute l'attention : d'une part, il existe, &#224; nouveau et dans &#171; le dos du pouvoir &#187; au sens o&#249; l'analyserait J. Scott (2008), c'est-&#224;-dire dans l'entre-soi de discussion, des pratiques d'indignation et revendications de citoyennet&#233; de la part de ces femmes qui arguent de leur ancrage dans la ville et d&#233;noncent l'iniquit&#233; et la duret&#233; de leur activit&#233; professionnelle. Ces femmes qui ne peuvent publiquement exprimer leur ressentiment ni m&#234;me pr&#233;tendre inverser l'ordre social qui les subalternise en tant que femmes, en tant qu'habitantes d'Ettadhamen et en tant qu'ouvri&#232;res journali&#232;res. Mais dans les conditions de l'entretien, le ressentiment a bien lieu, attestant s'il en &#233;tait besoin, qu'elles n'ont pas parfaitement int&#233;rioris&#233; l'ordre des choses qui leur fait violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Chaima Ben Rejeb se tourne vers les activit&#233;s de loisirs, en l'occurrence vers le double encadrement du support&#233;risme footballistique. Celui d'abord exerc&#233; par les groupes ultras eux-m&#234;mes qui fondent des hi&#233;rarchies, divisent de fa&#231;on genr&#233;e l'espace public et se disputent des territoires. Celui ensuite d&#233;ploy&#233; par les forces publiques, qui entretiennent une sorte de spirale de violence, physique ou plus symbolique par l'entretien d'un m&#233;pris de classe. La mort dramatique du supporter &#171; ultra &#187; Omar Laabidi, en 2018 dans le cadre de ce que la police pr&#233;sente comme une op&#233;ration de maintien de l'ordre des forces de s&#233;curit&#233; sert ainsi de point de d&#233;part &#224; une r&#233;flexion sur la fa&#231;on dont le sport est un terrain privil&#233;gi&#233; de contr&#244;le comme de production de la violence. Le chapitre restitue la contre-culture d&#233;velopp&#233;e par plusieurs g&#233;n&#233;rations de supporters qui se nourrit et exhibe des pratiques et r&#233;f&#233;rences violentes, mais exprime &#233;galement, tr&#232;s explicitement, une r&#233;sistance contre un ordre &#233;conomique, politique et moral stigmatisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Douar Hicher et Ettadhamen, situ&#233;s respectivement au nord-ouest et &#224; l'ouest de la capitale, sont deux grands quartiers populaires du Grand-Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Fran&#231;ois Dubet, &#171; &#192; propos de la violence et des jeunes &#187;, Cultures &amp; Conflits, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- La formation des bandes. Entre la famille, l'&#233;cole et la rue, PUF, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Robert Castel, Les m&#233;tamorphoses de la question sociale, Gallimard 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Olfa Lamloum, Mohamed Ali Ben Zina (dir.), Les Jeunes de Douar Hicher et d'Ettadhamen. Une enqu&#234;te sociologique, Arabesques/International Alert, Tunis, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Lamia Zaki, &#171; L'action publique au bidonville : l'&#201;tat entre gestion par le manque, &#8220;&#233;radication&#8221; des kariens et accompagnement social des habitants &#187;, L'Ann&#233;e du Maghreb, &#233;dition 2005-2006, 2007 ; p. 303-320.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Imed Melliti, Hayet Moussa (dir.), Quand les jeunes parlent d'injustice. Exp&#233;riences, registres et mots en Tunisie, L'Harmattan, 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie. Une gestion s&#233;curitaire du Covid-19 au d&#233;triment du droit &#224; la sant&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-Une-gestion-securitaire-du-Covid-19-au-detriment-du-droit-a-la-sante</link>
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		<dc:date>2020-05-05T07:05:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olfa Lamloun</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Tunisie se pr&#233;pare au d&#233;confinement avec un syst&#232;me social &#224; bout de souffle. Certes le gouvernement a r&#233;ussi &#224; contenir l'&#233;pid&#233;mie et ses cons&#233;quences avec des mesures d'urgence. Mais les infrastructures publiques et de sant&#233; sont fragilis&#233;es par la politique men&#233;e sous Ben Ali, particuli&#232;rement dans les r&#233;gions de l'int&#233;rieur et les quartiers populaires. Face aux in&#233;galit&#233;s sociales comme territoriales, un nouveau mouvement de contestation pourrait voir le jour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Article traduit de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton43408-190c3.png?1781256852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie se pr&#233;pare au d&#233;confinement avec un syst&#232;me social &#224; bout de souffle. Certes le gouvernement a r&#233;ussi &#224; contenir l'&#233;pid&#233;mie et ses cons&#233;quences avec des mesures d'urgence. Mais les infrastructures publiques et de sant&#233; sont fragilis&#233;es par la politique men&#233;e sous Ben Ali, particuli&#232;rement dans les r&#233;gions de l'int&#233;rieur et les quartiers populaires. Face aux in&#233;galit&#233;s sociales comme territoriales, un nouveau mouvement de contestation pourrait voir le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article traduit de l'arabe par Sarra Grira.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/en-tunisie-les-fragilites-sociales-et-sanitaires-assombrissent-l-horizon,3839&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de sa faible marge de man&#339;uvre, le gouvernement d'Ely&#232;s Fakhfakh arriv&#233; au pouvoir fin f&#233;vrier a pari&#233; sur deux approches, d&#232;s l'apparition des premiers cas du coronavirus. La premi&#232;re, proactive, a pour objectif de limiter les cons&#233;quences sanitaires et sociales de la crise. Pour ce faire, nombre de mesures de pr&#233;cautions ont &#233;t&#233; prises rapidement et &#224; rythme croissant : fermeture des &#233;coles, s&#233;ance unique pour la fonction publique, couvre-feu entre 18 h et 6 h, interdiction des rassemblements, et enfin confinement. Simultan&#233;ment, une s&#233;rie d'aides en faveur des m&#233;nages &#224; faible revenu, des familles n&#233;cessiteuses et des employ&#233;s du priv&#233; qui se retrouvent au ch&#244;mage technique ont &#233;t&#233; annonc&#233;es. Et un fonds de lutte contre le coronavirus a &#233;galement &#233;t&#233; mise en place pour soutenir l'&#201;tat dans ses efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me approche s'est bas&#233;e sur l'adoption d'une communication transparente quant &#224; la propagation de l'&#233;pid&#233;mie et &#224; la reconnaissance des difficult&#233;s que traverse le pays, tout en empruntant la m&#233;taphore de la guerre pour galvaniser la nation autour du bilan du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pr&#232;s de deux mois apr&#232;s le d&#233;but de la crise, ces deux approches montrent leurs limites. Certes, le gouvernement a r&#233;ussi &#224; contenir la propagation de l'&#233;pid&#233;mie et le nombre des victimes (949 cas confirm&#233;s, 38 d&#233;c&#232;s). Mais il semble incapable d'att&#233;nuer ses effets sociaux, notamment dans les quartiers populaires et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur o&#249; le confinement a accentu&#233; le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, et o&#249; les failles structurelles de la gouvernance sanitaire et sociale des marges par les autorit&#233;s ont &#233;t&#233; mises en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;In&#233;galit&#233;s r&#233;gionales dans l'acc&#232;s &#224; la sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de l'approche gouvernementale renvoient en premier lieu aux in&#233;galit&#233;s territoriales et sociales qu'ent&#233;rine la faiblesse du syst&#232;me de sant&#233; publique et la d&#233;gradation des services hospitaliers. Ainsi, l'acc&#232;s aux soins est devenu, dans de nombreux cas, un privil&#232;ge que la r&#233;volution n'a pas pu remettre en cause. La p&#233;nurie des m&#233;decins sp&#233;cialistes et r&#233;animateurs en est un exemple flagrant : en 2016 (derniers chiffres disponibles), le gouvernorat de Tataouine (150 000 habitants) ne comptait que trois gyn&#233;cologues-obst&#233;triciens. Aujourd'hui encore, les h&#244;pitaux de Tataouine et de Kasserine ne disposent d'aucun m&#233;decin r&#233;animateur. De m&#234;me pour le manque de services de d&#233;pistage, de m&#233;dicaments, la chute en capacit&#233; d'h&#233;bergement clinique, le prolongement des d&#233;lais d'hospitalisation et la difficult&#233; d'acc&#232;s aux h&#244;pitaux &#224; cause de la d&#233;t&#233;rioration ou de l'inexistence de transports publics, ainsi que l'affaiblissement des services de la sant&#233; reproductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, les laboratoires pour analyser les &#233;chantillons des malades potentiels sont inexistants dans tous les gouvernorats du nord-ouest et du sud, y compris ceux o&#249; le nombre de patients atteints du Covid-19 est &#233;lev&#233;, comme les gouvernorats de Kebili et de Mednine, dans le sud-est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la plupart de ces r&#233;gions ne disposaient d'aucun lit de r&#233;animation jusqu'au mois de mars, comme &#224; Kasserine et Sidi Bouzid, berceaux de la r&#233;volution. Le pourcentage de jeunes sans couverture sociale y explose &#233;galement : pr&#232;s de 60 % &#224; Tataouine et &#224; Kasserine, ainsi que dans certains quartiers populaires du Grand Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me min&#233; par les politiques de privatisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est le r&#233;sultat de trois d&#233;cennies de casse m&#233;thodique du syst&#232;me de sant&#233; publique. Depuis le milieu des ann&#233;es 1980 et avec le d&#233;but de l'application en Tunisie des politiques de r&#233;forme structurelle, l'&#201;tat a r&#233;duit progressivement ses subventions dans ce secteur. Cette politique s'est accompagn&#233;e d'une s&#233;rie de lois visant &#224; offrir des facilitations aux investisseurs priv&#233;s. Ainsi, les h&#244;pitaux universitaires ont obtenu l'autonomie financi&#232;re, et les subventions publiques ont &#233;t&#233; supprim&#233;es, &#224; l'exception des salaires du corps m&#233;dical et param&#233;dical. L'&#201;tat a par la suite suspendu sa subvention de gestion aux h&#244;pitaux r&#233;gionaux, ce qui a port&#233; un coup &#224; leur capacit&#233; &#224; se fournir en m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, une nouvelle &lt;a href=&#034;http://www.cnam.nat.tn/doc/upload/cadre_cnam.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;loi relative &#224; l'assurance maladie&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; promulgu&#233;e. La caisse nationale d'assurance maladie s'est alors mise &#224; rembourser indiff&#233;remment les soins des secteurs public et priv&#233;, sans que le premier ne connaisse d'am&#233;liorations comme le stipulait pourtant l'accord sign&#233; &#224; l'&#233;poque entre la centrale syndicale et le pouvoir. Le financement public participait d&#233;sormais indirectement au soutien du secteur priv&#233; de la sant&#233;. Dix ans plus tard, les chiffres officiels annon&#231;aient que le secteur public ne b&#233;n&#233;ficiait que de 48 scanners dans tout le pays, pour 131 dans le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le secteur priv&#233; s'est d&#233;velopp&#233; de mani&#232;re anarchique dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res et les grandes villes et a d&#233;sert&#233; les r&#233;gions de l'int&#233;rieur. Des capitaux bancaires et m&#234;me du Golfe ont investi dans les cliniques priv&#233;es et dans l'industrie pharmaceutique, en profitant du march&#233; libyen et subsaharien, &#224; cause de la fermeture de l'Europe aux Africains. Toujours en 2007, une circulaire du gouvernement qui r&#233;gissait l'activit&#233; priv&#233;e compl&#233;mentaire pour les professionnels hospitalo-universitaires a &#233;t&#233; adopt&#233;e, permettant &#224; certaines cat&#233;gories d'exercer une activit&#233; priv&#233;e dans les h&#244;pitaux publics deux demi-journ&#233;es par semaine. Une mesure qui a ouvert les portes &#224; la corruption et l'exploitation du secteur public &#224; des fins lucratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, les gouvernements successifs n'ont pas rompu avec ces politiques aust&#233;ritaires favorables au secteur priv&#233;. Ils n'ont pas non plus pris la moindre mesure pour r&#233;duire l'in&#233;galit&#233; r&#233;gionale dans l'acc&#232;s au droit &#224; la sant&#233;. Au contraire, le recrutement public est en chute dans le domaine de la sant&#233; au point de ne plus &#234;tre en mesure de couvrir les postes vacants laiss&#233;s par les d&#233;parts &#224; la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de changement apr&#232;s 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les revendications port&#233;es par le mouvement social depuis 2011 dans de nombreuses r&#233;gions de l'int&#233;rieur en faveur du renforcement des services de sant&#233;, et malgr&#233; les promesses de d&#233;veloppement r&#233;gional &#233;mises par les partis politiques qui sont arriv&#233;s au pouvoir depuis, la priorit&#233; des diff&#233;rents gouvernements a &#233;t&#233; le remboursement de la dette ext&#233;rieure aux d&#233;pens du d&#233;veloppement des services sociaux (23 % pour la dette ext&#233;rieure, 13 % pour les services sociaux dans le budget de l'ann&#233;e 2019). &#192; tel point que le pourcentage du budget de l'&#201;tat destin&#233; &#224; la sant&#233; en 2018, sous le gouvernement de Youssef Chahed, a &#233;t&#233; plus faible que celui de 2006, sous Zine El-Abidine Ben Ali (5,2 % en 2018 pour 7,4 % en 2006). Les mobilisations des jeunes m&#233;decins demandant l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail dans le secteur public et leur &#233;migration par centaines en Europe n'ont rien chang&#233; &#224; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;but de la propagation de l'&#233;pid&#233;mie et par crainte d'une catastrophe sanitaire, le gouvernement a pris des mesures d'urgence pour &#233;quiper quelques &#233;tablissements hospitaliers et assurer des besoins vitaux de protection et de diagnostic, en comptant sur le d&#233;vouement et la mobilisation des m&#233;decins et des infirmiers du secteur public. Il a &#233;galement b&#233;n&#233;fici&#233; de la solidarit&#233; de centaines d'initiatives in&#233;dites, individuelles ou collectives, de citoyens qui ont fait des dons en nature (y compris des lits et des appareils respiratoires) ou financiers, et organis&#233; des campagnes de dons. Mais ces diff&#233;rentes initiatives, bien qu'importantes, demeurent en-de&#231;&#224; du n&#233;cessaire, surtout en cas d'aggravation de la situation sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le gouvernement semble d&#233;cid&#233; &#224; ne pas contraindre le secteur priv&#233; de la sant&#233; &#224; participer pleinement &#224; la lutte contre la pand&#233;mie. Nombre d'hommes d'affaires en ont profit&#233; pour sp&#233;culer et monopoliser les m&#233;dicaments, et des soup&#231;ons de corruption planent sur des contrats de fabrication des masques. Tout cela n'a pas emp&#234;ch&#233; le gouvernement de continuer &#224; exclure la possibilit&#233; de r&#233;quisitionner les cliniques priv&#233;es et de mettre les usines de mat&#233;riel de protection &#224; disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#234;mes moyens pour les m&#234;mes r&#233;sultats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faillance de l'approche gouvernementale a &#233;galement trait &#224; son recours aux m&#234;mes dispositifs dans la gestion des quartiers populaires et des r&#233;gions de l'int&#233;rieur que ceux en vigueur avant la r&#233;volution. D'un c&#244;t&#233;, il s'est content&#233; de distribuer de faibles aides ponctuelles aux plus d&#233;munis afin de r&#233;sorber les cons&#233;quences sociales du confinement. Pour ce faire, il s'est bas&#233; sur les m&#234;mes cat&#233;gorisations bureaucratiques qui &#233;taient en place du temps de Ben Ali (les familles n&#233;cessiteuses et celles ayant droit &#224; la gratuit&#233; des soins, etc) (1) , excluant par-l&#224; m&#234;me plusieurs &#171; invisibles &#187; du secteur informel oubli&#233;s par les registres officiels de l'&#201;tat. Ainsi, aucune mesure redistributive pour compenser l'&#233;vasion fiscale n'a &#233;t&#233; adopt&#233;e. Quant au rappel du pr&#233;sident Kais Said de sa proposition &#233;lectorale d'accorder une amnistie aux hommes d'affaires accus&#233;s de corruption, en contrepartie de leur financement de projets de d&#233;veloppement dans les r&#233;gion de l'int&#233;rieur, il est rest&#233; un v&#339;u pieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, le gouvernement a mobilis&#233; les m&#234;mes structures &#233;tatiques qui distribuaient ce genre d'aides avant la r&#233;volution, c'est-&#224;-dire les d&#233;l&#233;gations (2) et les imada (3) d&#233;pendantes du minist&#232;re de l'int&#233;rieur. Celles-ci ont d'ailleurs, &#224; plusieurs reprises, fait appel &#224; la garde nationale et &#224; l'arm&#233;e pour superviser les queues des pauvres qui venaient chercher des aides en temps de confinement, renouant avec la gestion s&#233;curitaire de la question sociale sous Ben Ali. Ainsi, les conseils municipaux &#8212; pourtant &#233;lus &#8212; se sont trouv&#233;s &#233;cart&#233;s de la gestion de la situation sanitaire et de ses cons&#233;quences sociales, bien qu'ils aient rapidement r&#233;agi en mettant en place des cellules de crise ouvertes &#224; la participation de la soci&#233;t&#233; civile. Leur intervention s'est surtout limit&#233;e &#224; organiser des campagnes de d&#233;sinfection des institutions publiques ou &#224; distribuer des dons alimentaires aux habitants. Ceci a conduit &#224; un conflit entre les autorit&#233;s r&#233;gionales et nombre de maires qui se sont plaints de leur exclusion m&#233;thodique de la part des gouvernorats et du non-acc&#232;s aux donn&#233;es relatives &#224; la situation sanitaire dans leurs circonscriptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pouvoirs locaux sans moyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paysage confus rappelle les failles de la d&#233;mocratisation du pouvoir local dans les quartiers populaires et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur apr&#232;s la r&#233;volution, tr&#232;s souvent voil&#233;s par le r&#233;cit de &#171; l'exception d&#233;mocratique tunisienne &#187;. La d&#233;centralisation adopt&#233;e par la Constitution de 2014 en tant que restructuration du partage des pouvoirs entre le centre et le local garantissant la participation citoyenne et un d&#233;veloppement plus juste, et dont les &#233;lections municipales de 2018 en ont &#233;t&#233; l'une des principales &#233;tapes a finalement donn&#233; lieu &#224; une lutte de pouvoir et un d&#233;doublement bancal des pr&#233;rogatives. Ainsi, d'un c&#244;t&#233;, il y a des conseils municipaux &#233;lus avec une majorit&#233; Ennahda dans de nombreux quartiers populaires et r&#233;gions de l'int&#233;rieur sans ressources financi&#232;res suffisantes, et qui ont les mains li&#233;es par une bureaucratie administrative locale, souvent rompue au client&#233;lisme. Ces conseils sont d&#233;pourvus de toute pr&#233;rogative en mati&#232;re de politique sociale et de tout pouvoir coercitif, puisque la police municipale n'est pas &#224; leurs ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, on trouve des d&#233;l&#233;gations relevant du minist&#232;re de l'int&#233;rieur dont le r&#244;le a &#233;t&#233; renforc&#233; depuis 2013 dans le contexte de lutte contre le salafisme djihadiste et la gestion de la contestation sociale dans les marges. Ce r&#244;le se confirme encore avec la crise du coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la gestion gouvernementale de cette crise sanitaire a r&#233;habilit&#233; les anciens dispositifs de la gouvernance autoritaire dans les quartiers populaires et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur, dont le principe reposait sur la paix sociale en contrepartie d'un faible filet de s&#233;curit&#233; sociale, en dehors de tout contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes populaires et les r&#233;gions de l'int&#233;rieur seront s&#251;rement les premi&#232;res victimes de la r&#233;cession &#233;conomique, que le FMI pr&#233;voit comme la plus grave depuis l'ind&#233;pendance de la Tunisie en 1956. Des pr&#233;mices de cette r&#233;cession commencent &#224; appara&#238;tre avec la hausse de l'inflation, la p&#233;nurie de produits alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, la sp&#233;culation au march&#233; noir, la hausse du ch&#244;mage et l'apparition de tensions sociales dans certains quartiers populaires et r&#233;gions de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef du gouvernement Ely&#232;s Fakhfakh, qui avait obtenu une procuration du Parlement pour &#233;mettre des circulaires dans le cadre de la lutte contre la pand&#233;mie, est conscient du danger que repr&#233;sente cette situation pour sa carri&#232;re politique. Il craint la transformation de ces tensions en un mouvement de contestation sociale, ce qui conduirait la majorit&#233; parlementaire &#224; sacrifier son gouvernement sur l'autel de la paix sociale, puisqu'il ne b&#233;n&#233;ficie pas d'une base partisane. C'est pour cela que son gouvernement s'est empress&#233;, moins d'un mois apr&#232;s le d&#233;but du confinement, &#224; signer un nouvel emprunt aupr&#232;s du FMI, dans le but de couvrir les d&#233;penses exceptionnelles dans le secteur de la sant&#233;, les subventions aupr&#232;s des entreprises affaiblies par la crise ainsi que pour b&#233;n&#233;ficier d'un filet de s&#233;curit&#233;. Ce cr&#233;dit engage par ailleurs ce gouvernement, sit&#244;t la crise d&#233;pass&#233;e, &#224; poursuivre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et en premier lieu la r&#233;duction de la masse salariale dans le secteur public, c'est-&#224;-dire dans le domaine des services sociaux, y compris la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; des voix s'&#233;l&#232;vent pour appeler &#224; l'annulation ou au r&#233;&#233;chelonnement des dettes des pays pauvres, le gouvernement de Fakhfakh rate l'occasion de remettre en cause la dette ext&#233;rieure tunisienne. Il met en place &#233;galement une contribution obligatoire au budget de l'&#201;tat en retenant un jour de travail aux salari&#233;s et aux pensionnaires, donnant ainsi un signal clair sur les choix qui commandent ses politiques sociales, et qui redessinent ses projections en mati&#232;re de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de la pand&#233;mie r&#233;ussiront-elles &#224; bousculer ces choix ? Les semaines et les mois &#224; venir nous le diront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Ces cat&#233;gories ne correspondaient pas toujours &#224; la r&#233;alit&#233; &#233;conomique des b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- NDT. Circonscription administrative interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- NDT. Plus petites divisions administratives en Tunisie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Printemps arabe ... construire demain</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Printemps-arabe-construire-demain</link>
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		<dc:date>2012-11-20T08:54:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olfa Lamloun</dc:creator>


		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Olfa Lamloum est politologue et chercheure sur le Monde arabe. Propos recueillis par Patrick Ackermann pour &#171; Les nouvelles du Sud &#187;, le mensuel aux adh&#233;rents de la F&#233;d&#233;ration Sud-PTT. Entretien de janvier 2012. &lt;br class='autobr' /&gt; Le &#171; printemps arabe &#187; a-t-il des motivations communes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Olfa : Oui, sans nul doute. Les soul&#232;vements aussi puissants qu'inattendus qui secouent le monde arabe depuis d&#233;cembre 2010 au point de conduire au d&#233;part de trois dirigeants &#224; la long&#233;vit&#233; record (Ben Ali, Moubarak et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton12331-e799d.png?1781256852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Olfa Lamloum est politologue et chercheure sur le Monde arabe. Propos recueillis par Patrick Ackermann pour &#171; Les nouvelles du Sud &#187;, le mensuel aux adh&#233;rents de la F&#233;d&#233;ration Sud-PTT. Entretien de janvier 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; printemps arabe &#187; a-t-il des motivations communes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olfa&lt;/strong&gt; : Oui, sans nul doute. Les soul&#232;vements aussi puissants qu'inattendus qui secouent le monde arabe depuis d&#233;cembre 2010 au point de conduire au d&#233;part de trois dirigeants &#224; la long&#233;vit&#233; record (Ben Ali, Moubarak et Kadhafi) &#224; ce que les sp&#233;cialistes de la r&#233;gion ont appel&#233; le syndrome autoritaire. En Tunisie, comme en Egypte, en Libye au Bahre&#239;n, en Syrie et au Y&#233;men dominent des groupes ferm&#233;s ancr&#233;s dans des solidarit&#233;s familiales et client&#233;listes et des &#233;lites pr&#233;datrices et corrompues dont l'ultime objectif a toujours &#233;t&#233; de se maintenir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend le cas de la Tunisie, plusieurs facteurs g&#233;ostrat&#233;giques, &#233;conomiques et sociaux ont facilit&#233; le d&#233;clenchement du soul&#232;vement et le d&#233;part de Ben Ali : la taille du pays, son taux &#233;lev&#233; d'&#233;ducation, son homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique et religieuse, son &#233;loignement du conflit isra&#233;lo-arabe, la pauvret&#233; de ses ressources naturelles ... Or, s'il est impossible d'appr&#233;cier avec pr&#233;cision l'impact de ces caract&#233;ristiques, il est en revanche clair que la perception populaire du pouvoir de Ben Ali comme une autorit&#233; sans morale est l'une des cl&#233;s qui permet de saisir la r&#233;volution tunisienne et le consensus social inter-classiste qui l'a accompagn&#233;e. Leila Ben Ali et sa famille ont ainsi incarn&#233;, aux yeux des Tunisiens, l'&#233;volution quasi mafieuse du syst&#232;me. L'arbitraire policier et administratif, la g&#233;n&#233;ralisation du client&#233;lisme et de la corruption ont fragilis&#233; les fondements du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; la premi&#232;re &#233;preuve d'envergure (&#224; savoir les mobilisations &#224; partir de d&#233;cembre 2011) le r&#233;gime s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tunisie, Libye , Egypte, Syrie, quelles sont les sp&#233;cificit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olfa&lt;/strong&gt; : Nous sommes d'abord face &#224; des syst&#232;mes politiques diff&#233;renci&#233;s o&#249; le poids historique de l'arm&#233;e dans la construction de l'Etat-nation, la nature et l'efficacit&#233; des dispositifs de contr&#244;le et d'encadrement de la soci&#233;t&#233;, les ressources de l&#233;gitimit&#233; mat&#233;rielles et symboliques des souverains, l'inscription des &#233;lites au pouvoir dans la &#171; pax americana &#187;, sont diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne rapproche l'arm&#233;e tunisienne qui a &#233;t&#233;, depuis Bourguiba, exclue de la sc&#232;ne politique, de l'arm&#233;e &#233;gyptienne au pouvoir depuis la r&#233;volution des officiers libres, en 1952 et qui tente aujourd'hui de perp&#233;tuer le r&#233;gime de Moubarak sans Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#233;galement face &#224; des soci&#233;t&#233;s diff&#233;renci&#233;es avec des traditions de luttes sociales et politiques et des formes d'organisations collectives tr&#232;s in&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle signification des victoires &#233;lectorales des courants islamistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olfa&lt;/strong&gt; : En Tunisie le parti Ennahdha a obtenu 41 % des scores (1 500 000 voix) lors de l'&#233;lection, le 23 octobre 2011, des 217 membres de la nouvelle Assembl&#233;e constituante, charg&#233;e de r&#233;diger une nouvelle Constitution et de d&#233;signer un gouvernement transitoire. En Egypte, le Parti de la justice et de la libert&#233; (Fr&#232;res musulmans) a recueilli 45 &#224; 50 % du scrutin, tandis que le Parti Nour (salafistes) 20 &#224; 25 %. Ces r&#233;sultats attendus, montrent que l'islamisme constitue une pi&#232;ce centrale de l'&#233;quation de sortie des r&#233;gimes autoritaires de Ben Ali et Moubarak. Ils viennent confirmer le poids pris par cet acteur depuis le milieu des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les rares ouvertures politiques, tr&#232;s contr&#244;l&#233;es, initi&#233;es par certains r&#233;gimes autoritaires dans la r&#233;gion &#224; la fin des ann&#233;es 80 et d&#233;but 90, ont toutes &#233;t&#233; marqu&#233;es par la perc&#233;e &#233;lectorale des islamistes : Jordanie (automne 1989) ; Alg&#233;rie (d&#233;cembre 89 - janvier 90) ; Tunisie (avril 89) ; Kowe&#239;t (automne 92).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ces r&#233;sultats r&#233;v&#232;lent &#233;galement que le rapport de force est loin d'&#234;tre stabilis&#233;. Les islamistes ne sont, en aucun cas, en mesure de gouverner seuls. Ils sont oblig&#233;s de composer avec d'autres forces politiques ainsi qu'avec des mobilisations sociales et politiques in&#233;dites dans les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi la gauche arabe est-elle d&#233;faite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olfa&lt;/strong&gt; : La gauche arabe &#224; l'instar de la gauche internationale est faible, divis&#233;e, travers&#233;e par des luttes intestines et sans ancrage social r&#233;el. Elle a de surcro&#238;t, souffert de la r&#233;pression et du contr&#244;le strict des soci&#233;t&#233;s par les pouvoirs en place. Le Parti de l'action communiste en Syrie, une des composantes les plus radicales et les plus importantes de la gauche radicale arabe durant les ann&#233;es 1980, a &#233;t&#233; r&#233;duit au silence &#224; l'issue d'une r&#233;pression f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le nouveau contexte de radicalisation et de politisation ouvre aujourd'hui des nouvelles perspectives pour cette gauche. Il permet en particulier des perspectives inesp&#233;r&#233;es pour la construction d'un espace plus d&#233;mocratique et &#233;galitaire dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels liens sont-ils possibles entre la gauche europ&#233;enne, politique ou syndicale, et la r&#233;volution arabe (tunisienne en particulier) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olfa&lt;/strong&gt; : Je pense qu'il s'agit bel et bien d'une question centrale aujourd'hui. Comment tisser ces liens de solidarit&#233; r&#233;ciproque ? Comment s'inscrire dans ce printemps arabe, ici en France et ailleurs en Europe, pour construire un nouveau rapport de force &#224; l'&#233;chelle internationale et s'engager tous ensemble en faveur d'un projet social d&#233;mocratique et &#233;galitaire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des premiers pas est certainement, dans le cas tunisien par exemple, de construire un mouvement de solidarit&#233; avec les luttes ouvri&#232;res et syndicales dans le pays. Le mouvement social tunisien est tr&#232;s demandeur d'exp&#233;rience de lutte et d'organisation, d'&#233;change, de d&#233;bat politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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