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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pakistan : construire la gauche du XXIe si&#232;cle</title>
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		<dc:date>2012-11-27T09:09:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aasim Sajjad Akhtar</dc:creator>


		<dc:subject>Pakistan</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est rare que le Pakistan soit autre chose qu'une source de nouvelles sur des attentats kamikazes, sur des mollahs qui ha&#239;ssent les Hindous et les Juifs et sur un type tr&#232;s particulier (et vuln&#233;rable) de d&#233;mocratie postcoloniale. Une pl&#233;thore d'institutions, de classes, de groupes ethniques et de personnalit&#233;s occupent l'avant sc&#232;ne du Pakistan moderne, en particulier les militaires, omnipr&#233;sents, et ceux qui sont pr&#234;t &#224; les d&#233;fier, comme les ethno-nationalistes qui dirigent actuellement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton12432-dd0f8.jpg?1781470456' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est rare que le Pakistan soit autre chose qu'une source de nouvelles sur des attentats kamikazes, sur des mollahs qui ha&#239;ssent les Hindous et les Juifs et sur un type tr&#232;s particulier (et vuln&#233;rable) de d&#233;mocratie postcoloniale. Une pl&#233;thore d'institutions, de classes, de groupes ethniques et de personnalit&#233;s occupent l'avant sc&#232;ne du Pakistan moderne, en particulier les militaires, omnipr&#233;sents, et ceux qui sont pr&#234;t &#224; les d&#233;fier, comme les ethno-nationalistes qui dirigent actuellement une insurrection dans le Balochistan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gauche pakistanaise, par contre, brille par son absence dans presque toutes ces actualit&#233;s. M&#234;me les observateurs inform&#233;s du Pakistan ont peu, ou presque aucune connaissance des forces de gauche du pays, du moins &#224; l'&#233;poque contemporaine. Ceux qui connaissent l'histoire savent que la classe dominante pakistanaise a r&#233;prim&#233; avec une extr&#234;me brutalit&#233; les forces de gauche pendant la Guerre froide, quand le pays &#233;tait en premi&#232;re ligne face au bloc sovi&#233;tique. Malgr&#233; toutes les difficult&#233;s et les circonstances, la gauche pakistanaise a exerc&#233; une influence significative dans la politique et dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral jusqu'aux ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, depuis la fin de la Guerre froide, le maigre espace que la gauche avait gagn&#233; pendant la p&#233;riode ant&#233;rieure a peu &#224; peu disparu. Bien entendu, ce fut &#233;galement le destin de la gauche dans de nombreux autres pays. A l'exception des exp&#233;riences de &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; qui se r&#233;alisent en Am&#233;rique latine, la gauche continue &#224; souffrir d'une crise d'identit&#233; face aux changements &#233;conomiques et politiques globaux qui accompagnent le n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire que le recul de la gauche pakistanaise a &#233;t&#233; plus important et soutenu que dans la majorit&#233; des cas, m&#234;me en limitant la comparaison &#224; l'Asie m&#233;ridionale. Il est malheureusement vrai, par exemple, que la majorit&#233; des plus de 100 millions de Pakistanais qui ont moins de 25 ans ne savent pratiquement pas qu'il existe une gauche politique dans leur pays, ou m&#234;me qu'il existe une id&#233;ologie &#224; la gauche du courant intellectuel dominant et qui lutte pour s'ouvrir un chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une lumi&#232;re dans le tunnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant un rayon d'espoir au milieu de cette obscurit&#233; relative. Le 11 novembre, trois partis de gauche &#8211; le Parti du Travail du Pakistan (LPP), le Parti Awami et le Parti des Travailleurs du Pakistan - se sont unis pour former un nouveau parti dans le but de construire une alternative viable face aux partis majoritaires. Cette fusion refl&#232;te, parmi les forces de gauche, la prise de conscience des contradictions croissantes au sein des structures du pouvoir, tout comme de la n&#233;cessit&#233; d'unit&#233; et de maturit&#233; afin de mettre &#224; profit ces contradictions. L'unit&#233; est, &#233;videment, l'un des mots d'ordre pr&#233;f&#233;r&#233;s de la gauche. La tradition l&#233;niniste a &#233;galement mis l'accent sur la puret&#233; id&#233;ologique qui, dans bien des cas, s'est traduite par un sectarisme de la pire esp&#232;ce et par des divisions organisationnelles constantes. La fusion actuelle est, au moins par rapport &#224; cela, une nouveaut&#233; au Pakistan vu que les trois partis repr&#233;sentent diff&#233;rentes traditions marxistes qui ont &#233;t&#233; historiquement en conflit entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le processus de fusion a &#233;t&#233; impuls&#233; par les jeunes membres de ces trois partis &#8211; et par certains en dehors de ces trois formations &#8211; qui ne portent pas sur leur dos les conflits sectaires de la Guerre Froide (entre staliniens, trotskystes, mao&#239;stes, etc.). Ce n'est pas par hasard que ce soit parmi les nouveaux militants de la gauche qu'existe la plus grande r&#233;flexion critique sur les &#233;checs des exp&#233;riences socialistes du XXe si&#232;cle et la volont&#233; de penser en termes dynamiques par rapport au projet socialiste pour le si&#232;cle pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a eu une certaine r&#233;sistance de la part d'un secteur des cadres plus v&#233;t&#233;rans, la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse d'unit&#233;, tout particuli&#232;rement au vu des insuffisances propres aux partis existants, l'a finalement emport&#233; de mani&#232;re transversale. L'expression la plus &#233;vidente du recul de la gauche au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies se trouve dans la composition m&#234;me de ses formations actuelles : la majorit&#233; des dirigeants et de la base de la gauche est la m&#234;me que celle de la fin de la Guerre Froide. Bref, depuis les ann&#233;es 1980, la gauche a du lutter &#226;prement pour gagner des jeunes, ou au minimum pour converser ceux qu'elle avait r&#233;ussit &#224; rassembler dans ses rangs. Mais leur absence est un indice de dynamisme des analyses et du travail politique de la gauche avec les jeunes, qui sont attir&#233;s par ses id&#233;es mais sont rapidement rebut&#233;s par ses pratiques r&#233;elles sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de dire que sans une base solide de jeunes militants, il y a peu de chance que la gauche puisse &#233;branler l'ordre politique cynique et reposant sur le client&#233;lisme qui pr&#233;vaut au Pakistan. La gauche n'a pas &#233;t&#233; capable de pr&#233;server une influence significative au sein de ses bastions historiques ; les ouvriers industriels, les petits paysans et les paysans sans terre et, bien entendu, parmi les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des initiatives les plus prometteuses de la gauche ces derniers temps a &#233;t&#233; la r&#233;activation de la F&#233;d&#233;ration nationale des Etudiants (NSF) qui, entre 1960 et le d&#233;but des ann&#233;es 1980, fut le drapeau des politiques de gauche et la matrice de g&#233;n&#233;rations successives de jeunes militants. Quand Perwez Muusharraf a impos&#233; l'Etat de si&#232;ge dans le pays en novembre 2007, un mouvement de protestation, petit mais bruyant, a grandi dans les campus universitaires (principalement dans le Punjab) et l'impulsion donn&#233; par ce mouvement &#224; men&#233;, quelques mois plus tard, &#224; la reconstitution de la NSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas par hasard que cette tentative de r&#233;cup&#233;rer les campus, jusqu'alors sous l'influence des organisations d'extr&#234;me droite, et de stimuler l'activisme de gauche parmi les &#233;tudiants en g&#233;n&#233;ral &#233;t&#233; suivi par l'initiative de fusionner les partis existant de la gauche. Si ce processus de fusion est un succ&#232;s, la NSF b&#233;n&#233;ficiera &#233;norm&#233;ment d'un soutien politique dont elle manque encore, tandis que le nouveau parti sera ainsi capable de conna&#238;tre une r&#233;g&#233;n&#233;ration de sa composition interne et, par cons&#233;quence, d'initier un long processus pour &#233;tablir et approfondir des liens organiques entre le parti et la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'euphorie dispara&#238;tra&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que le processus de r&#233;habilitation de la gauche sera long, et souvent douloureux. En d'autres termes, la fusion actuelle n'est seulement qu'un petit pas dans la direction correcte. Il ne fait pas de doute non plus que l'image de la gauche va s'am&#233;liorer et que ceux qui se contentaient de la regarder du bord de la route n'auront plus d'excuse pour rester &#224; l'&#233;cart en arguant de sa division et conflits internes. Le temps seul dira, cependant, si la nouvelle formation pourra regrouper la population laborieuse du Pakistan et ses nationalit&#233;s opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'obsession des grands m&#233;dias vis-&#224;-vis de la pr&#233;tendue menace existentielle pos&#233;e au Pakistan par la droite religieuse, on peut dire que le plus grand d&#233;fi imm&#233;diat pour la gauche sera de d&#233;passer la br&#232;che ethnique croissante existant dans le pays. La m&#233;fiance visc&#233;rale des classes dirigeantes pakistanaises vis-&#224;-vis des processus d&#233;mocratiques et son id&#233;ologie unitariste et centraliste s'appuyant sur l'Islam et l'Ourdou, ont finit par provoquer la s&#233;cession de la partie orientale de la R&#233;publique en 1971 et l'approfondissement des conflits &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur, comme au travers, des provinces frontali&#232;res actuelles. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche a souvent d&#251; faire face &#224; des processus de r&#233;gionalisation de la politique dans toute l'Asie du Sud et une grande partie monde, de sorte que le d&#233;fi auquel s'affrontent les militants de gauche pakistanais n'est pas un cas unique. Cependant, vu la claire augmentation des tendances localistes ces derniers temps, d&#233;fendre une position de classe sensible et nuanc&#233;e qui mette au premier plan le caract&#232;re multinational du Pakistan est, dans le climat actuel, une t&#226;che v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe actuellement des formes tr&#232;s diff&#233;rentes et oppos&#233;es de faire de la politique dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du pays. Il est probable que le nouveau parti, comme la gauche l'a fait tout au long de l'histoire du Pakistan, tentera de construire des alliances avec les ethno-nationalismes qui s'opposent au centralisme pakistanais. Mais il le fera dans un contexte difficile, car bon nombre de ces ethno-nationalismes, surtout dans le Sindh et dans le Balochistan, voient aujourd'hui les puissances occidentales, et les Etats-Unis en particulier, comme des garants de leur droit &#224; la libre autod&#233;termination. Une perspective qui va clairement &#224; l'encontre des bases d'un programme de gauche anti-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme constitue toujours un grand obstacle pour la d&#233;mocratisation &#224; long terme de l'Etat et de la soci&#233;t&#233; et il est important ici de tenir compte non seulement du r&#244;le des Etats-Unis, mais aussi des Etats du Golfe Persique et de la Chine, du capital multinational et des institutions financi&#232;res internationales (IFI). Le nouveau parti doit aller plus loin que les slogans et d&#233;velopper une connaissance profonde des formes complexes et contradictoires avec lesquelles s'exerce l'influence imp&#233;rialiste. En outre, il sera particuli&#232;rement important de savoir si les classes moyennes &#233;mergentes et ali&#233;n&#233;es &#224; l'&#233;conomie et &#224; la culture n&#233;olib&#233;rales globalis&#233;es sont les amies ou les ennemies des classes subalternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une question particuli&#232;rement pertinente &#224; la lumi&#232;re de la polarisation croissante entre les secteurs de la gauche et les lib&#233;raux, qui tendent &#224; voir l'intervention des gouvernements occidentaux au Pakistan et dans la r&#233;gion en g&#233;n&#233;ral comme quelque chose de n&#233;cessaire, et m&#234;me souhaitable, afin de couper les ailes &#224; la droite religieuse. Bref, la lutte pour la la&#239;cit&#233; est souvent vue comme une fin en soi, au lieu de la lier aux t&#226;ches historiques de la gauche afin d'assurer la lib&#233;ration nationale et l'&#233;galit&#233; de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans de nombreux pays post-coloniaux d'Asie et d'Afrique, au Pakistan la fragmentation du discours et de la politique progressistes s'explique aussi en partie par l'augmentation des organisations non gouvernementales (ONG). S'il est vrai que les ONG &#8211; et le financement par des dons en g&#233;n&#233;ral &#8211; ont min&#233; la pratique politique radicale, il n'en n'est pas moins vrai qu'elles ont montr&#233; certaines des principales d&#233;ficiences de la gauche. Au Pakistan, par exemple, les ONG ont d&#233;montr&#233; &#234;tre un v&#233;hicule pour le mouvement des femmes, tandis que le gauche, particuli&#232;rement dans sa version actuelle, ne peut pr&#233;tendre avoir r&#233;alis&#233; une contribution importante &#224; la lutte contre le patriarcat. Le nouveau parti devra consacrer beaucoup de temps et d'effort pour augmenter le nombre de femmes militant dans ses rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas seulement les d&#233;fauts traditionnels qui doivent &#234;tre corrig&#233;s. Certaines positions politiques et strat&#233;giques doivent &#233;galement &#234;tre r&#233;&#233;valu&#233;es. Le processus qui se d&#233;roule partout dans le monde aujourd'hui et qu'on appelle &#171; informalisation &#187; exige une r&#233;flexion critique sur les questions traditionnelles de la praxis marxiste comme la classe ouvri&#232;re industrielle et la paysannerie. Des notions comme celle &#171; d'avant-garde &#187; ou de comment refaire la gauche dans un contexte d&#233;mocratique pluripartiste &#8211; au lieu de voir la d&#233;mocratie comme une simple sc&#232;ne qui passera &#224; la &#171; poubelle de l'histoire &#187; - ont &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233;es par la gauche dans de nombreux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions devront &#233;galement &#234;tre abord&#233;es par la gauche pakistanaise et par le nouveau parti qui na&#238;tre la 11 novembre. En accord avec le calendrier initial discut&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, et qui sera tr&#232;s probablement confirm&#233; au congr&#232;s de fondation, les six premiers mois seront consacr&#233;s &#224; cr&#233;er une organisation unique de parti &#224; partir des trois formations actuelles, &#224; discutant des questions id&#233;ologiques et politiques encore &#224; mener et &#224; l'int&#233;gration des nouveaux membres. On convoquera alors, probablement &#224; l'&#233;t&#233; 2013, un premier congr&#232;s du nouveau parti afin de faire le bilan des progr&#232;s r&#233;alis&#233;s et pour d&#233;terminer les priorit&#233;s et les strat&#233;gies du parti pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et alors trois seront un&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette initiative ne repr&#233;sentera pas en elle-m&#234;me un tournant significatif pour l'avenir de la gauche pakistanaise tout comme pour la population laborieuse. Les ressources collectives des trois partis impliqu&#233;s dans la fusion ne repr&#233;sentent pas, ensemble, la masse critique n&#233;cessaire pour inverser d&#233;finitivement des d&#233;cennies de reculs et les multiples cons&#233;quences de la globalisation n&#233;o-lib&#233;rale. Comme on l'a mentionn&#233; au d&#233;but, cependant, le nouveau parti va op&#233;rer dans un contexte plus favorable dans la mesure o&#249; les forces dominantes sont aujourd'hui plus divis&#233;es qu'elles ne l'ont jamais &#233;t&#233; &#224; aucun autre moment de l'histoire du Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet h&#233;g&#233;monique de l'Etat pakistanais est actuellement gravement affaibli. M&#234;me si les tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es de le maintenir &#224; flot sur le terrain &#233;ducatif, religieux, des m&#233;dias et de la soci&#233;t&#233; civile sont quasi quotidien de la part d'une masse bien engraiss&#233;e de fonctionnaires d'Etat et de leurs laquais dans les m&#233;dias, institutions d'enseignement et autres, les impulsions contre h&#233;g&#233;moniques se g&#233;n&#233;ralisent sans cesse. La Balochistan en est un exemple &#233;vident, mais tout aussi important est le conflit s&#233;v&#232;re qui se d&#233;roule dans les coulisses du pouvoir lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre dans l'&#233;quation civile et militaire en faveur de cette derni&#232;re n'est plus aussi &#233;vident. En partie parce qu'il n'est plus possible dans la situation actuelle de justifier l'intervention de l'arm&#233;e dans la politique comme par le pass&#233;. Le Tribunal Supr&#234;me constitue aujourd'hui un nouveau centre de pouvoir, m&#234;me s'il n'est pas n&#233;cessairement et sans ambigu&#239;t&#233;s au b&#233;n&#233;fice du processus d&#233;mocratique. Mais le fait qu'il n'est plus le partenaire mineur des militaires repr&#233;sente un changement. L'alliance entre le Tribunal Supr&#234;me et l'haut commandement de l'arm&#233;e avait toujours signifi&#233; la ruine de la d&#233;mocratie pendant plus de 65 ans au Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet h&#233;g&#233;monique de l'Etat s'est structur&#233; autour de la domination &#233;conomique et politique du Punjab (ensemble avec les piliers culturels de l'Islam et de la langue ourdou). La gauche a lutt&#233; pendant tr&#232;s longtemps pour l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable syst&#232;me f&#233;d&#233;ral de gouvernement &#8211; socialiste &#8211; mais aujourd'hui, les principaux partis sont &#233;galement mont&#233;s sur le char du f&#233;d&#233;ralisme. Il est superflu de dire qu'on ne avoir aucune confiance dans ces partis afin de miner de mani&#232;re d&#233;cisive la structure unitariste du pouvoir, mais le fait m&#234;me que la cr&#233;ation de la province de Siraiki soit devenue une question de premier ordre dit beaucoup sur les crissements au sein de la structure du pouvoir au Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait que les divisions au sein du pouvoir soient sans cesse plus &#233;videntes ne garantit d'aucune mani&#232;re une rupture. Il est &#233;galement probable, et peut &#234;tre certain, que des identit&#233;s comme la religion (ou la secte) et l'ethnie se durcissent et que les forces sociales opprim&#233;es soient plus unies que jamais &#224; ces identit&#233;s. La gauche doit affronter la politique client&#233;liste quotidienne du caciquisme. En r&#233;sum&#233;, la gauche a la t&#226;che &#224; la fois de comprendre ce qui existe ici et maintenant et de proposer des alternatives valides et viables dans le domaine des id&#233;es et dans la politique pratique r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de mod&#232;le qui puisse garantir &#224; coup s&#251;r un r&#233;sultat souhait&#233;. Mais il y a des esp&#233;rances et des expectatives qui font que cette nouvelle exp&#233;rience socialiste au Pakistan nous rapproche de l&#224; o&#249; nous voulons aller : une soci&#233;t&#233; dans laquelle l'humanit&#233; puisse pleinement d&#233;velopper ses potentialit&#233;s. Le choix est toujours aujourd'hui entre le socialisme et la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Original en anglais disponible sur ESSF (article 26831) : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera &lt;a href=&#034;http://www.avanti4.be/analyses/article/pakistan-construire#.ULNXVLstbvg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.avanti4.be/analyses/article/pakistan-construire#.ULNXVLstbvg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette traduction fran&#231;aise a &#233;t&#233; faite &#224; partir d'une traduction espagnole : &lt;a href=&#034;http://www.sinpermiso.info/textos/index.php?id=5420&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sinpermiso.info/textos/index.php?id=5420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Aasim Sajjad Akhtar est professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; Quaid-e-Azam d'Islamabad, et est membre du Parti des Travailleurs du Pakistan (Workers Party Pakistan, WPP) et maintenant du AWP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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