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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pour renouveler la r&#233;sistance de la classe ouvri&#232;re, le mouvement ouvrier doit &#234;tre d&#233;mocratis&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pour-renouveler-la-resistance-de-la-classe-ouvriere-le-mouvement-ouvrier-doit</link>
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		<dc:date>2023-04-11T08:09:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bryan Evans, Carlo Fanelli, Donald Swartz, Leo Panitch</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-04-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis sa publication initiale en 1988, From Consent to Coercision : The Continuing Assault on Labour de Bryan Evans, Carlo Fanelli, Don Swartz et le regrett&#233;, Leo Panitch a offert aux militant-e-s de la gauche une histoire exhaustive des attaques contre les droits et libert&#233;s syndicaux au Canada. Le livre retrace les revers et les d&#233;pr&#233;dations de plus en plus brutaux v&#233;cus par les syndicats, des d&#233;cennies d'apr&#232;s-guerre &#224; aujourd'hui. Ces d&#233;veloppements sont expliqu&#233;s &#224; travers une lentille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-syndical-canadien-" rel="directory"&gt;Mouvement syndical canadien&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-04-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-04-11&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/cupe-fefed.png?1781317863' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Depuis sa publication initiale en 1988, &lt;a href=&#034;https://utorontopress.com/9781487534202/from-consent-to-coercion/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;From Consent to Coercision : &lt;i&gt;The Continuing Assault on Labour&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Bryan Evans, Carlo Fanelli, Don Swartz et le regrett&#233;, Leo Panitch a offert aux militant-e-s de la gauche une histoire exhaustive des attaques contre les droits et libert&#233;s syndicaux au Canada. Le livre retrace les revers et les d&#233;pr&#233;dations de plus en plus brutaux v&#233;cus par les syndicats, des d&#233;cennies d'apr&#232;s-guerre &#224; aujourd'hui. Ces d&#233;veloppements sont expliqu&#233;s &#224; travers une lentille marxiste, &#224; travers laquelle les auteurs effectuent une analyse rigoureuse, souvent fl&#233;trie, des questions de travail et de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant dans sa quatri&#232;me &#233;dition, publi&#233;e ce mois-ci par University of Toronto Press, From Consent to Coercion demeure un outil inestimable pour comprendre comment l'&#201;tat et le capital g&#232;rent la subordination du travail. La nouvelle &#233;dition contient des documents opportuns qui s'attaquent aux questions urgentes de la pr&#233;carit&#233; et de la polarisation et au besoin urgent de reconstruire et de renouveler la politique socialiste. Ce qui suit est extrait du livre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 mars 2023 | tir&#233; de Canadian dimension&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://canadiandimension.com/articles/view/to-renew-working-class-resistance-the-labour-movement-must-be-democratized&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://canadiandimension.com/articles/view/to-renew-working-class-resistance-the-labour-movement-must-be-democratized&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; gr&#226;ce aux luttes de classe des ann&#233;es 1930 &#224; 1970 s'est dissoute. Le capitalisme dit keyn&#233;sien reposait sur un ensemble de compromis entre le capital et le travail qui acceptaient le travail organis&#233; comme partenaire subalterne dans la gestion de l'&#233;conomie politique. La social-d&#233;mocratie, en tant qu'orientation politique majeure au sein de la politique de la classe ouvri&#232;re, a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant ici. Aujourd'hui, cependant, la social-d&#233;mocratie n'offre aucune vision d'une soci&#233;t&#233; au-del&#224; du capitalisme, offrant &#224; la place un manag&#233;rialisme technocratique pour coordonner l'&#201;tat et l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La variante antid&#233;mocratique et de plus en plus autoritaire du capitalisme n&#233;olib&#233;ral a progressivement isol&#233; les institutions de l'&#201;tat des pressions populaires par la concentration du pouvoir dans l'ex&#233;cutif politique et &#171; l'ind&#233;pendance &#187; de la banque centrale, entre autres transformations au sein de l'&#201;tat. Comme il n'y a &#171; pas de retour en arri&#232;re &#187;, ces d&#233;veloppements soul&#232;vent la question de savoir si le capitalisme d&#233;mocratique est arriv&#233; &#224; une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre pass&#233; et pr&#233;sent : les contours des luttes syndicales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le mouvement ouvrier a-t-il r&#233;agi &#224; l'aust&#233;rit&#233; permanente et &#224; l'autoritarisme ? Il ne faut jamais tomber dans la perspective d&#233;faitiste de surestimer la domination du capital et de l'&#201;tat. Les rapports de pouvoir de classe dans une soci&#233;t&#233; capitaliste sont asym&#233;triques ; N&#233;anmoins, le pouvoir inh&#233;rent au travail, par son potentiel de mobilisation collective, reste toujours une force r&#233;elle. La libre n&#233;gociation collective &#233;tait enracin&#233;e dans une base mat&#233;rielle de consentement donn&#233; par l'expansion du capitalisme d'apr&#232;s-guerre. &#192; la fin de cette &#233;tape dans les ann&#233;es 1970, la base mat&#233;rielle du consentement est devenue plus fragile. Cela a pr&#233;par&#233; le terrain pour le tournant vers la coercition et, plus tard, l'autoritarisme. Il a &#233;galement ouvert un espace pour la r&#233;sistance &#224; une telle coercition qui a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e par des facteurs organisationnels, politiques et id&#233;ologiques ainsi que par des facteurs &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le mouvement syndical ne s'est pas simplement couch&#233; et a fait le mort. Les crises &#233;conomiques, les employeurs et l'&#201;tat ont tous travaill&#233; ensemble pour paralyser efficacement la capacit&#233; des syndicats &#224; r&#233;sister. La consolidation de l'exceptionnalisme permanent au cours des ann&#233;es 1990 et dans les ann&#233;es 2000 a &#233;galement co&#239;ncid&#233; avec un d&#233;clin de l'activit&#233; de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ann&#233;es 1970 ont marqu&#233; le z&#233;nith du militantisme ouvrier mesur&#233; par le nombre de gr&#232;ves, les deux premi&#232;res d&#233;cennies du XXIe si&#232;cle en ont &#233;t&#233; le plus bas. &#192; cet &#233;gard, l'arme principale de l'arsenal ouvrier a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e de moins en moins fr&#233;quemment et avec confiance. Il est remarquable de constater &#224; quel point le mouvement syndical canadien a &#233;t&#233; immuable face &#224; chaque coup successif port&#233; par l'&#201;tat et les employeurs depuis le tournant vers l'exceptionnalisme permanent et, en particulier, l'autoritarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux de syndicalisation au Canada, qui semblait se stabiliser &#224; environ 37 pour cent des travailleurs au d&#233;but des ann&#233;es 1990, a diminu&#233; de fa&#231;on constante au cours des ann&#233;es 2000, atteignant un creux historique d'un peu plus de 30 pour cent en 2016. Et, alors que la densit&#233; syndicale dans le secteur public est demeur&#233;e plut&#244;t stable &#224; environ 75 pour cent au cours de la m&#234;me p&#233;riode, la densit&#233; syndicale dans le secteur priv&#233; est pass&#233;e d'un peu plus de 21 pour cent en 1997 &#224; environ 16 pour cent en 2017 &#8211; un niveau jamais vu depuis le milieu des ann&#233;es 1960. Ces baisses ne sont toutefois qu'une partie du tableau. Derri&#232;re les divisions et la confusion parmi les travailleurs, il y a la prise de conscience croissante que la pi&#232;ce ma&#238;tresse de la strat&#233;gie du mouvement syndical pour d&#233;fendre et faire progresser les droits de ses membres &#8211; assurer l'&#233;lection des gouvernements du Nouveau Parti d&#233;mocratique (NPD) &#8211; a &#233;t&#233; un &#233;chec colossal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41441 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L350xH525/af07c798e355624d-d3ec3d51-a1339.png?1781049193' width='350' height='525' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certaines parties du mouvement syndical continuent de s'accrocher au NPD ; Apr&#232;s tout, les alternatives ne sont pas meilleures et, dans certains cas, bien pires. Pour plusieurs, cependant, il est devenu &#233;vident que le NPD n'&#233;tait qu'un autre parti, de sorte que le simple fait d'amener les syndiqu&#233;s &#224; voter pour lui n'&#233;tait pas du tout une strat&#233;gie. Les syndicats se sont &#233;galement tourn&#233;s de plus en plus vers les tribunaux pour d&#233;fendre leurs droits &#224; la libre n&#233;gociation collective. Alors que les tribunaux ont, dans certains cas, r&#233;primand&#233; les gouvernements pour avoir exag&#233;r&#233;, dans d'autres, ils ont donn&#233; leur approbation. Dans presque tous ces cas, ils n'ont pas fait grand-chose pour &#233;tendre les droits des travailleurs non syndiqu&#233;s, et encore moins pour contribuer &#224; un mouvement syndical revigor&#233; et confiant. Mais si la connaissance du droit peut &#234;tre un outil puissant, elle se traduit rarement par un pouvoir de n&#233;gociation efficace ; Seule la politique le fait, et &#224; cet &#233;gard, le virage vers le l&#233;galisme a &#233;t&#233; un outil inefficace pour organiser les travailleurs et les communaut&#233;s ouvri&#232;res plus larges. Surmonter ce d&#233;fi n&#233;cessite une approche de l'organisation qui donne la priorit&#233; &#224; la t&#226;che urgente de reconstruire et de renouveler la politique socialiste &#8211; d'amener les gens &#224; penser &#224; nouveau de mani&#232;re ambitieuse et de relever de nouveaux d&#233;fis gr&#226;ce &#224; des solutions uniques &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie. Donc, si la voie l&#233;gale vers les droits du travail est une impasse et que l'&#233;lection de gouvernements sociaux-d&#233;mocrates n'est pas la solution, qu'est-ce qui l'est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, la r&#233;ponse r&#233;side dans le recours &#224; de nouveaux mouvements sociaux. Pourtant, la n&#233;cessit&#233; de travailler &#224; une nouvelle strat&#233;gie pour le travail ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e. Les nouveaux mouvements sociaux, dont certains se concentrent sur la d&#233;fense et la mobilisation des luttes des travailleurs non syndiqu&#233;s, ne sont certainement pas moins importants que le mouvement ouvrier. Cependant, la promesse de transformation sociale des mouvements sociaux ne se r&#233;alisera que si un puissant mouvement ouvrier &#8211; mesur&#233; en termes de capacit&#233; &#224; arr&#234;ter la production ainsi que de taille et de force organisationnelle &#8211; prend en compte les th&#232;mes &#233;mancipateurs cl&#233;s soulev&#233;s par les autres mouvements. Dans le m&#234;me temps, les mouvements sociaux peuvent difficilement ignorer leur propre besoin du soutien des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences de politique f&#233;ministe et antiraciste dans le mouvement syndical sont &#233;galement r&#233;v&#233;latrices. Ces consid&#233;rations sugg&#232;rent qu'un &#233;l&#233;ment crucial de la strat&#233;gie pour tous les mouvements transformateurs doit &#234;tre une strat&#233;gie pour transformer les mouvements syndicaux eux-m&#234;mes de mani&#232;re fondamentale. Les militants des mouvements sociaux se sont montr&#233;s &#224; juste titre pr&#233;occup&#233;s par le fait que de nombreuses attitudes ouvri&#232;res traditionnelles et de vieilles strat&#233;gies sont des recettes pour l'&#233;chec, et que le fait que le mouvement syndical s'y accroche, m&#234;me s'ils sont parfois dissimul&#233;s dans un nouveau langage, est un facteur majeur de blocage du changement social. Les anciens obstacles strat&#233;giques pour le travail sont associ&#233;s politiquement au gradualisme social-d&#233;mocrate et industriellement aux mod&#232;les de service ou corporatistes du syndicalisme, le premier &#233;tant plus courant au Canada que le second. Dans ces cadres, les syndicats ont massivement &#233;vit&#233; tout effort visant &#224; aider leurs membres &#224; comprendre la structure et la dynamique du capitalisme en tant que syst&#232;me ou &#224; d&#233;velopper le large &#233;ventail de capacit&#233;s n&#233;cessaires pour contester ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les syndicats &#233;taient plus pr&#233;occup&#233;s, en particulier dans le contexte de la guerre froide, de marginaliser quiconque cherchait &#224; &#233;duquer leurs membres. Les syndicats se sont massivement concentr&#233;s sur les int&#233;r&#234;ts de leurs membres en tant que vendeurs de force de travail, se limitant &#224; &#234;tre des agents de n&#233;gociation collective des conditions de travail avec les employeurs. Cette focalisation privil&#233;giait les comp&#233;tences de n&#233;gociation par rapport &#224; celles d'&#233;ducation et de mobilisation, d&#233;valorisait l'importance des forums d&#233;mocratiques et exacerbait la tendance &#224; une conscience et &#224; une pratique bureaucratiques au sein du mouvement syndical. La mobilisation qui a eu lieu &#233;tait li&#233;e &#224; la conclusion d'accords avec les employeurs, et elle a &#233;t&#233; interrompue, voire d&#233;courag&#233;e, une fois cet objectif atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage du consentement &#224; la coercition pour assurer la subordination du travail est devenu une partie du tournant plus large vers la mondialisation n&#233;olib&#233;rale au cours des ann&#233;es 1990 et dans les ann&#233;es 2000. Non seulement les mouvements syndicaux n'&#233;taient pas pr&#233;par&#233;s &#224; ces changements, mais ils n'avaient pas non plus pr&#233;par&#233; leurs membres et leurs partisans avec les ressources organisationnelles et intellectuelles n&#233;cessaires pour comprendre facilement ce qui se passait, et ils n'avaient pas non plus encourag&#233; &#224; imaginer des alternatives. C'est en grande partie gr&#226;ce &#224; cette inertie que la restauration n&#233;olib&#233;rale s'est av&#233;r&#233;e possible face &#224; l'impasse de l'&#201;tat-providence keyn&#233;sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de rem&#232;de social-d&#233;mocrate &#224; tout ce qui pr&#233;c&#232;de. Ce projet n'est m&#234;me plus capable d'int&#233;grer les travailleurs, syndiqu&#233;s ou non, dans les couloirs de repr&#233;sentation au sein de l'&#201;tat. En l'absence de confrontation de classe, il n'y a pas grand-chose pour forcer le changement. Ainsi, l'&#233;conomie politique social-d&#233;mocrate du XXe si&#232;cle, qui comprenait l'&#201;tat comme un instrument technocratique se tenant au-dessus des relations de classe, s'est av&#233;r&#233;e de moins en moins pertinente dans un monde d'in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques stup&#233;fiantes provoqu&#233;es par une d&#233;gradation syst&#233;matique, publique et corporative du travail et des travailleurs. En bref, alors que l'&#201;tat et le capital amplifiaient la guerre des classes d'en haut, la social-d&#233;mocratie, sans moyens id&#233;ationnels et id&#233;ologiques pour comprendre cette nouvelle &#233;conomie politique, a &#233;t&#233; laiss&#233;e dans le d&#233;sert sans boussole et, plus important encore, sans base &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin du capitalisme d&#233;mocratique : aller au-del&#224; de la social-d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orisation sociale-d&#233;mocrate est maintenant aussi aust&#232;re que les partis sociaux-d&#233;mocrates le sont dans la pratique. La social-d&#233;mocratie est une entit&#233; politique prot&#233;iforme, qui n'a pas cherch&#233; &#224; transformer le capitalisme, mais plut&#244;t &#224; s'int&#233;grer dans les modes de gouvernement capitalistes. En cela, la social-d&#233;mocratie ignore et obscurcit le fait que le probl&#232;me est le capitalisme lui-m&#234;me. Les trois d&#233;cennies qui ont imm&#233;diatement suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale ont fourni les conditions mat&#233;rielles et politiques qui ont facilit&#233; l'&#226;ge d'or de la social-d&#233;mocratie. C'&#233;tait une anomalie historique, pas une normalit&#233; historique. Ces conditions g&#233;opolitiques et macro&#233;conomiques ont disparu et il n'y a pas de retour en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti par parti, les sociaux-d&#233;mocrates de l'apr&#232;s-Seconde Guerre mondiale ont officiellement abandonn&#233; le marxisme comme pierre angulaire th&#233;orique. Ses principaux &#233;l&#233;ments programmatiques ont ensuite mis l'accent sur les politiques de redistribution ; la nationalisation des moyens de production a &#233;t&#233; att&#233;nu&#233;e ; cherchait &#224; g&#233;rer la demande ; et pour le mettre en &#339;uvre, s'est tourn&#233; vers la construction d'une large coalition &#233;lectorale multiclasse. La d&#233;valuation id&#233;ologique de la propri&#233;t&#233; est un changement critique dans la r&#233;orientation de la social-d&#233;mocratie loin de la classe et vers un manag&#233;rialisme technocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'ascension du n&#233;olib&#233;ralisme, la social-d&#233;mocratie s'est &#224; nouveau transform&#233;e pour s'adapter aux nouvelles conditions. &lt;a href=&#034;https://books.google.ca/books/about/Labour_Parties_in_Postindustrial_Societie.html?id=ZH2fQgAACAAJ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au cours des ann&#233;es 1980 et 1990&lt;/a&gt;, les partis sociaux-d&#233;mocrates ont accept&#233; &#171; la n&#233;cessit&#233; de s'adapter aux march&#233;s internationaux et aux politiques d'aust&#233;rit&#233; exig&#233;es par le capital &#187;. Dans les premiers jours de la Grande R&#233;cession, il y avait beaucoup de sp&#233;culations sur la fin de l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale et sur la r&#233;&#233;mergence d'une social-d&#233;mocratie classique keyn&#233;sienne. Cela ne s'est pas produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, les gouvernements sociaux-d&#233;mocrates ont partout poursuivi l'aust&#233;rit&#233; en s'adaptant aux exigences du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. Sur le plan international, les Tony Blair et Gerhard Schr&#246;ders ont assum&#233; leur r&#244;le de &#171; &lt;a href=&#034;https://www.dissentmagazine.org/article/does-european-social-democracy-have-a-future&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;modernisateurs progressistes&lt;/a&gt; &#187; de la social-d&#233;mocratie, pour qui cela &#171; signifiait souvent d&#233;r&#233;glementation et privatisation... que la seule fa&#231;on d'avancer est d'abandonner les notions d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233;... et d'affaiblir l'&#201;tat au profit des forces du capital &#187;. Comme ailleurs, les &#201;tats-providence sociaux-d&#233;mocrates construits par ces partis au fil des d&#233;cennies ont &#233;t&#233; &#233;rod&#233;s au cours des ann&#233;es 1990 et au-del&#224; par les m&#234;mes partis qui les avaient construits. Une grande partie de leur base ouvri&#232;re a r&#233;agi en se retirant du processus &#233;lectoral ou en trouvant de nouveaux foyers partisans, souvent avec des partis de droite et d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de multiples crises se d&#233;roulent &#8211; la catastrophe climatique, la lutte pour la justice autochtone et raciale, les droits des femmes, les salaires d&#233;cents, la pand&#233;mie de COVID-19, les tensions g&#233;opolitiques, une extr&#234;me droite enhardie, l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique croissante &#8211; il est &#233;vident que la politique sociale-d&#233;mocrate et les pratiques et strat&#233;gies syndicales dominantes sont inadapt&#233;es aux d&#233;fis actuels et &#224; venir. La premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire, et en aucun cas facile, est la lutte pour &lt;a href=&#034;https://canadiandimension.com/articles/view/beyond-the-impasse-of-canadian-labour-union-renewal-political-renewal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fa&#231;onner un parti&lt;/a&gt; d'un nouveau genre qui est socialiste et profond&#233;ment enracin&#233; dans la classe ouvri&#232;re, avec un renouveau syndical inform&#233; par la politique socialiste. Comme Marx &lt;a href=&#034;https://www.plutobooks.com/9780745399713/reading-capital-today/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'a not&#233; il y a longtemps&lt;/a&gt;, alors que les syndicats pouvaient n&#233;gocier dans le cadre du syst&#232;me salarial, ils ne pouvaient pas transcender les forces politiques et &#233;conomiques qui entravaient leur expansion continue en raison de l'exploitation structurelle &#224; la racine de l'accumulation du capital. Le d&#233;fi auquel se pr&#233;sentaient les syndicats &#233;tait donc d'am&#233;liorer simultan&#233;ment les conditions de travail de leurs membres tout en &#233;tendant ces gains aux personnes non syndiqu&#233;es, non employ&#233;es et non r&#233;mun&#233;r&#233;es dans le cadre de la g&#233;n&#233;ration d'une conscience de classe socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la relation capital-travail s'&#233;tend au-del&#224; du domaine de l'emploi r&#233;mun&#233;r&#233;, si le mouvement syndical veut avoir un avenir progressiste, il devra &#234;tre ancr&#233; dans une politique qui oriente ses luttes vers l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, liant l'activisme syndical au socialisme dans le cadre d'une politique radicale d'universalisme. En d'autres termes, il s'agira d'identifier les moyens par lesquels la diversit&#233; de la classe ouvri&#232;re pourrait &#234;tre transform&#233;e via un projet de classe qui reconna&#238;t comment les multiples registres &lt;a href=&#034;https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674245136&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'oppression de classe&lt;/a&gt; ne sont pas seulement des particularit&#233;s abstraites, mais politiquement et &#233;conomiquement enracin&#233;s dans les relations sociales capitalistes. La construction d'une politique socialiste incluant un parti et un mouvement d'un nouveau type d&#233;di&#233; au remplacement du capitalisme n&#233;cessitera un nouveau type de pratique syndicale &#233;clair&#233;e par le m&#234;me objectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH333/5b103dc0f2402dd4-ec744826-e53d2.png?1781317863' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des membres de la section locale 786 du Syndicat canadien des postes &#224; Nanaimo participent &#224; une s&#233;rie de gr&#232;ves tournantes &#224; l'&#233;chelle du Canada, en octobre 2018. Photo de Chris Bush/The News Bulletin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire face au capital mondial : dimensions nationales et internationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins qu'il n'existe pas de nouvelle strat&#233;gie ad&#233;quate pour le travail sans s'attaquer &#224; la mondialisation. Il est tout d'abord n&#233;cessaire de dissiper certaines id&#233;es fausses. La mondialisation n'est pas un processus &#233;conomique objectif que les travailleurs doivent rattraper. C'est un processus politique avanc&#233; par des int&#233;r&#234;ts identifiables. Le fait de ne pas voir la nature politique strat&#233;gique de la mondialisation refl&#232;te un &#233;conomisme qui doit &#234;tre surmont&#233;. Les &#201;tats-nations ne sont pas les victimes de la mondialisation, ils en sont les auteurs. Les &#201;tats ne sont pas d&#233;plac&#233;s par le capital mondialis&#233;, ils repr&#233;sentent le capital mondialis&#233;, avant tout le capital financier. Toute strat&#233;gie ad&#233;quate pour d&#233;fier la mondialisation doit &lt;a href=&#034;https://jacobin.com/2022/10/vivek-chibber-imperialism-lenin-marx-class-struggle-labour-aristocracy&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commencer chez soi&lt;/a&gt;, pr&#233;cis&#233;ment en raison du r&#244;le clef des &#201;tats dans la r&#233;alisation de la mondialisation. Il n'y a aucun sens &#224; pr&#233;tendre que, dans le Sud comme dans le Nord, autre chose que des luttes de classe des plus tranchantes au niveau de chaque &#201;tat sont n&#233;cessaires pour d&#233;placer le terrain politique mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absurde d'imaginer que les campagnes de r&#233;forme du Fonds mon&#233;taire international, de la Banque mondiale ou m&#234;me de l'Organisation internationale du travail puissent aboutir &#224; quelque chose d'important sans un changement majeur dans l'&#233;quilibre des forces de classe dans les principaux &#201;tats capitalistes. &lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/13563460050001952&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hugo Radice&lt;/a&gt; a raison de noter que &#171; l'asym&#233;trie entre le travail et le capital dans leur degr&#233; de transnationalisation fait des travailleurs un objet passif de la mondialisation plut&#244;t qu'un concurrent actif &#187;. Si c'est le cas, c'est principalement &#224; cause des asym&#233;tries de pouvoir entre le capital et le travail au niveau national et infranational, qui rendent toute forme de r&#233;forme significative impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les travailleurs se contentent d'&#234;tre &#8211; et de pouvoir n'&#234;tre rien de plus qu'un partenaire subsidiaire de la classe nationale des affaires, le nationalisme ne peut pas &#234;tre plus progressiste que cela. Un tel partenariat n'est plus propos&#233;, en tout &#233;tat de cause, &#233;tant donn&#233; l'incapacit&#233; et la r&#233;ticence croissantes des classes d'affaires nationales &#224; tracer une voie de d&#233;veloppement au-del&#224; de celle d&#233;termin&#233;e par l'imp&#233;rialisme dominant &#224; l'&#233;chelle mondiale dans cette conjoncture. C'est pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle une nouvelle strat&#233;gie pour le travail a aujourd'hui une telle importance et tant de promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette &#232;re de mondialisation, un tel changement ne peut &#234;tre maintenu que dans la mesure o&#249; les luttes locales et nationales dans chaque &#201;tat apprennent des luttes ailleurs, gagnent en force les unes des autres et se soutiennent mutuellement au niveau international. Pour cela, un nouvel internationalisme ouvrier est certainement n&#233;cessaire. Mais que signifie exactement l'internationalisme pour le travail &#224; l'&#232;re de la mondialisation ? Il est inutile de pr&#233;tendre que les probl&#232;mes qui sont profond&#233;ment ancr&#233;s dans chaque mouvement national et qui refl&#232;tent ses faiblesses seront r&#233;solus d'une mani&#232;re ou d'une autre par la n&#233;gociation collective transnationale avec les soci&#233;t&#233;s multinationales et les campagnes internationales contre les institutions politiques de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le souligne Sam Gindin, les organisations syndicales internationales peuvent encore apporter des contributions constructives &#224; nos luttes. Ce sont des vecteurs utiles pour &#233;changer des informations et des analyses et pour mobiliser des actes de solidarit&#233; et de soutien. Ici aussi, nous devons &#234;tre clairs sur leurs limites. La coordination internationale strat&#233;gique d&#233;pend de la force des mouvements nationaux. &#192; quel genre d'internationalisme pouvons-nous nous attendre aux &#201;tats-Unis, au Mexique et au Canada si le mouvement ouvrier am&#233;ricain ne peut pas encore organiser son propre Sud ? Si le mouvement syndical mexicain n'a pas encore de syndicat commun dans tous les lieux de travail ? Si le mouvement syndical canadien n'a pas encore &#233;t&#233; en mesure de r&#233;aliser des perc&#233;es majeures en mati&#232;re de syndicalisation dans ses propres secteurs cl&#233;s de services priv&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut, c'est le genre d'internationalisme qui renforce l'espace et contribue &#224; la construction des ressources strat&#233;giques et mat&#233;rielles pour le d&#233;veloppement des luttes de la classe ouvri&#232;re dans chaque pays. Les syndicats du Nord doivent peser de tout leur poids dans des campagnes qui engageraient chaque &#201;tat capitaliste de premier plan dans une politique &lt;a href=&#034;https://jacobin.com/2023/02/germany-debt-cancellation-wwii-global-south-neocolonialism-climate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'annulation de la dette des pays du Sud&lt;/a&gt;, la r&#233;forme imm&#233;diate la plus r&#233;alisable qui puisse &#234;tre obtenue des institutions de la mondialisation aujourd'hui. Mais la dette politique et &#233;conomique due au Sud &#8211; longtemps un bastion des exp&#233;ditions coloniales pass&#233;es et en cours &#8211; ne peut &#234;tre enti&#232;rement rembours&#233;e qu'en r&#233;alisant une transformation de la culture de la classe ouvri&#232;re dans chacun des pays capitalistes riches, de sorte que les syndicats puissent vraiment faire plus que placer les travailleurs en tant que classe &#224; la queue de la soci&#233;t&#233; de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la sant&#233; &#233;cologique, ce qui est en jeu ici, c'est la possibilit&#233; de d&#233;velopper le type d'internationalisme qui seul permettra la redistribution mat&#233;rielle massive &#8211; des pays riches vers les pays pauvres &#8211; que tout capitalisme mondial alternatif progressiste doit entra&#238;ner. Il ne fait aucun doute que ce sera un &#233;norme d&#233;fi d'apprendre &#224; r&#233;inventer la solidarit&#233; internationale des travailleurs &#224; l'&#232;re de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'internationalisme est con&#231;u d'une mani&#232;re qui est une alternative ou un substitut aux changements qui sont n&#233;cessaires au niveau national, les r&#233;sultats ne peuvent &#234;tre que n&#233;gatifs, voire d&#233;sastreux. Il ne peut y avoir que peu de tol&#233;rance pour le genre d'invocations de l'unit&#233; mondiale de la classe ouvri&#232;re qui, comme cela a &#233;t&#233; si tragiquement clair pour la premi&#232;re fois en 1914, a toujours produit plus de chaleur rh&#233;torique que de solidarit&#233; et de compr&#233;hension transnationales efficaces. L'internationalisme le plus efficace &#224; ce stade est que chaque mouvement ouvrier essaie d'apprendre autant que possible des autres sur les limites et les possibilit&#233;s des luttes de classe qui sont encore in&#233;vitablement locales. Les classes ouvri&#232;res du monde ont chang&#233; et les mouvements ouvriers mondiaux doivent changer avec elles. Il ne fait aucun doute que ce sera un &#233;norme d&#233;fi d'apprendre &#224; r&#233;inventer la solidarit&#233; &#224; l'&#232;re de la mondialisation. Gagner le soutien international pour les luttes locales est plus important que jamais. Mais la discussion ouverte sur les faiblesses et les probl&#232;mes actuels de chaque mouvement n'est pas moins importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, dans chaque pays, le paysage de la culture politique et de l'organisation est diff&#233;rent. Pourtant, des probl&#232;mes communs sont pr&#233;sents dans tous les mouvements syndicaux, du Nord et du Sud, y compris : les questions de sexisme et de racisme, d'intol&#233;rance et de fragmentation, de processus de mobilisation non d&#233;mocratiques, de hi&#233;rarchies int&#233;gr&#233;es dans les aristocraties ouvri&#232;res et de dialectique organisationnelle qui renforce la d&#233;f&#233;rence des membres et l'&#233;go&#239;sme des dirigeants. Ce qu'il faut maintenant, par-dessus tout, c'est une discussion commune sur les exp&#233;riences de chaque mouvement dans sa tentative de surmonter les probl&#232;mes, car les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s &#8211; et les d&#233;faites subies &#8211; par les travailleurs et leurs alli&#233;s dans une province ou un &#201;tat auront un effet exemplaire plus grand que jamais. &#192; l'&#232;re de la mondialisation acc&#233;l&#233;r&#233;e, les nouvelles strat&#233;gies efficaces en faveur du travail auront des effets importants au niveau international gr&#226;ce &#224; des pressions nationales convergentes et coordonn&#233;es. Un nouvel internationalisme ouvrier qui appr&#233;cie cet objectif commun est n&#233;cessaire si les travailleurs veulent d&#233;velopper la confiance et la capacit&#233; de construire un avenir meilleur &#224; partir des nombreuses luttes populaires en &#233;vidence dans le monde aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de trouver son chemin dans l'agenda politique de l'&#201;tat, la lutte pour le contr&#244;le d&#233;mocratique doit d'abord impliquer une orientation fondamentalement diff&#233;rente du travail par rapport &#224; l'&#201;tat. Plut&#244;t que de chercher un si&#232;ge &#224; la table, les mouvements syndicaux et autres mouvements sociaux doivent envisager &lt;a href=&#034;https://brill.com/display/book/9789004462267/back-1.xml?language=en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comment restructurer l'&#201;tat&lt;/a&gt; afin de permettre une participation et un contr&#244;le d&#233;mocratiques significatifs. Une telle strat&#233;gie pour le travail est indubitablement socialiste. Ce terme est appropri&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; l'&#233;tiquette &#171; anticapitaliste &#187; est commun&#233;ment attach&#233;e par l'establishment m&#233;diatique et est ouvertement adopt&#233;e par les participants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un sentiment croissant de la n&#233;cessit&#233; de penser en termes de classe, mais aussi de penser &#224; nouveau &#224; la question de l'organisation politique socialiste. Les mobilisations et les luttes de la classe ouvri&#232;re qui ont lanc&#233; l'&#232;re keyn&#233;sienne de l'&#201;tat-providence sont n&#233;es de crises capitalistes ant&#233;rieures et de la confrontation avec les forces r&#233;actionnaires, et ces luttes ont &#233;t&#233; dans une large mesure inspir&#233;es et soutenues par une large &lt;a href=&#034;https://socialistproject.ca/2009/07/b242/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sensibilit&#233; socialiste&lt;/a&gt; au sein de la classe ouvri&#232;re. Les id&#233;es socialistes, au moins sous une forme vague, peuvent parfois &#233;merger spontan&#233;ment des exp&#233;riences de la classe ouvri&#232;re. Mais son d&#233;veloppement suppose que les organisations politiques socialistes relient et inspirent des luttes concr&#232;tes. Gr&#226;ce au r&#244;le central que ces partis ont jou&#233; dans les luttes de l'&#233;poque, les travailleurs ont appris l'importance d'avoir leurs propres organisations politiques : pour donner une voix &#224; leurs int&#233;r&#234;ts et &#224; leurs aspirations ; donner une certaine coh&#233;rence politique globale &#224; leurs diverses revendications ; et surtout de construire et de soutenir les luttes n&#233;cessaires pour obtenir des gains r&#233;els. Il n'y a pas moyen d'aller de l'avant sans reprendre cette t&#226;che redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle strat&#233;gie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours de prosp&#233;rit&#233; de l'apr&#232;s-guerre, lorsque la lutte &#233;tait ax&#233;e sur la n&#233;gociation d'augmentations de salaire, les dispositions id&#233;ologiques des travailleurs importaient moins. Maintenant, c'est tr&#232;s important : changer l'agenda politique doit commencer et &#234;tre soutenu par un fort engagement populaire &#224; d&#233;fier les limites du capitalisme r&#233;ellement existant et de l'&#201;tat r&#233;ellement existant. Une fois que la question &#224; laquelle fait face le mouvement syndical est pos&#233;e de cette fa&#231;on, d&#233;battre de l'opportunit&#233; de quitter le NPD n'est clairement pas la vraie question. Le d&#233;sir de ceux qui se sentent trahis politiquement et veulent punir le NPD en rompant avec lui est compr&#233;hensible, mais en l'absence de toute politique alternative, ce geste ne constitue pas en soi une avanc&#233;e. Cela n'a pas non plus beaucoup de sens pour les militants syndicaux de se lancer dans la tentative de changer le parti de l'int&#233;rieur. Une telle bataille au sein du parti, dans laquelle la plupart des travailleurs ne seraient pas impliqu&#233;s en tant que spectateurs, pourrait &#233;galement avoir pour effet de laisser un vide politique dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'organisation politique est entendue parmi les militants politiques des mouvements syndicaux et d'autres mouvements sociaux, dont la plupart ont travaill&#233; ensemble pendant des ann&#233;es dans des campagnes de coalition. Mais il y a des voix fortes parmi la nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes activistes qui ont &#233;merg&#233; dans les campagnes anti-entreprises et les ateliers de mis&#232;re et dans les manifestations naissantes contre les institutions de la mondialisation, la brutalit&#233; polici&#232;re, le racisme syst&#233;mique et le besoin urgent d'action environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ali&#233;nation de la politique des partis demeure, mais on entend souvent se plaindre qu'il faut quelque chose de plus que des coalitions et des campagnes, une sorte d'organisation au sein de laquelle discuter et d&#233;velopper ce que repr&#233;senterait une strat&#233;gie socialiste s&#233;rieuse. Son accent imm&#233;diat, sensible au moment historique d'incertitude &#224; gauche, serait transitoire : cr&#233;er les espaces et les processus pour travailler collectivement sur la fa&#231;on de combiner l'activisme quotidien avec la n&#233;cessit&#233; d'une politique alternative plus large, ainsi que d'augmenter la probabilit&#233;, en organisant les engagements impressionnants pour un changement radical qui existent d&#233;j&#224;, que ces &#233;nergies seront cumulatives sur le plan organisationnel plut&#244;t que dissip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel mouvement structur&#233; n'&#233;loignerait pas les gens des coalitions et des organisations &#224; large assise qui se concentrent sur les campagnes contre les institutions de la mondialisation, ni ne chercherait &#224; saper le projet &#233;lectoral de la social-d&#233;mocratie. Il aurait un projet diff&#233;rent, &#224; beaucoup plus long terme orient&#233; vers l'&#233;laboration d'une vision et d'un programme v&#233;ritablement alternatifs &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale &#8211; et une pratique v&#233;ritablement alternative, en particulier en termes de qualit&#233;s de leadership et de processus d&#233;mocratiques et de renforcement des capacit&#233;s discut&#233;s ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; la question la plus urgente, qu'une nouvelle strat&#233;gie pour le travail doit aborder comme condition de son &#233;mergence et de son succ&#232;s, &#224; savoir la n&#233;cessit&#233; de transformer le travail lui-m&#234;me. Non seulement de nouvelles exigences radicales telles que le contr&#244;le d&#233;mocratique des investissements mettront cette dimension au premier plan. M&#234;me les r&#233;formes qui sont actuellement &#224; l'ordre du jour, telles que la r&#233;duction du temps de travail, le &#171; droit &#224; la d&#233;connexion &#187; ou les &#171; salaires vitaux &#187;, se heurtent &#224; des limites internes au mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur d'une nouvelle strat&#233;gie pour le travail doit &#234;tre une strat&#233;gie de r&#233;organisation et de d&#233;mocratisation du mouvement ouvrier vers le d&#233;veloppement des nouvelles capacit&#233;s dont les travailleurs et leurs syndicats ont besoin pour commencer &#224; changer la structure du pouvoir. L'objectif serait de faire sortir les syndicats de leur pr&#233;occupation actuelle pour les int&#233;r&#234;ts des travailleurs en tant que vendeurs de force de travail (travailleurs justes) pour devenir plus inclusifs des exp&#233;riences de vie compl&#232;tes des travailleurs &#8211; en tant que producteurs, membres de la famille et citoyens &#8211; en assumant le besoin humain d'&#234;tre productifs et cr&#233;atifs au travail et en dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants et les dirigeants syndicaux devraient s'engager directement &#8211; et pas seulement en tant que substituts qui publient des d&#233;clarations pour soutenir les questions vitales abord&#233;es aujourd'hui par les mouvements sociaux &#8211; dans les nombreuses sph&#232;res de la vie des travailleurs, de l'&#233;ducation et du logement au racisme et au sexisme, parall&#232;lement &#224; la nature du travail qu'ils font. Il ne suffit pas d'obtenir plus de loisirs pour les travailleurs en r&#233;duisant le temps de travail ; Les syndicats doivent se pr&#233;occuper des travailleurs lorsqu'ils ne sont pas au travail, ce qui inclut les travailleurs &#224; temps partiel et ceux qui ne sont pas syndiqu&#233;s et sans emploi. Les syndicats devraient &#233;galement s'ouvrir &#224; la communaut&#233; plus large pour devenir des centres de la vie de la classe ouvri&#232;re et, en fin de compte, des v&#233;hicules par lesquels les travailleurs d&#233;veloppent la capacit&#233; et la confiance n&#233;cessaires pour diriger la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore, un syndicalisme &#171; centr&#233; sur le mouvement &#187; repose sur une d&#233;mocratisation fondamentale du fonctionnement des syndicats. Trop souvent, la solidarit&#233; au sein des structures syndicales &#8211; con&#231;ue principalement comme une loyaut&#233; envers la direction &#8211; a &#233;t&#233; achet&#233;e au d&#233;triment de la d&#233;mocratie interne. L'objectif doit &#234;tre la cr&#233;ation des proc&#233;dures les plus ouvertement d&#233;mocratiques, offrant aux membres la possibilit&#233; et les ressources n&#233;cessaires pour prendre des d&#233;cisions efficaces &#224; tous les niveaux du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas de savoir quels m&#233;canismes constitutionnels pr&#233;cis, forums d&#233;mocratiques et structures internes sont techniquement les meilleurs pour maximiser la responsabilit&#233; et la prise de d&#233;cision d&#233;mocratique n'est pas la question ici. Il s'agit plut&#244;t de mesurer ces m&#233;canismes en fonction de leur contribution au d&#233;veloppement des capacit&#233;s d&#233;mocratiques gr&#226;ce auxquelles les membres surmontent la d&#233;f&#233;rence, les dirigeants transmettent l'expertise plut&#244;t que de l'accumuler comme leur capital personnel, et des changements plus fr&#233;quents de leadership sont rendus possibles. Par-dessus tout, le d&#233;bat doit &#234;tre encourag&#233; plut&#244;t qu'&#233;vit&#233;, m&#234;me sur les questions les plus susceptibles de diviser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me d'&#233;viter le d&#233;bat &#8211; que ce soit par impatience, intol&#233;rance ou par &#233;vitement des questions difficiles &#8211; &#233;merge une fois de plus d'une dialectique dans laquelle les attitudes des membres, autant que les inclinations des dirigeants, sont entrelac&#233;es. Ce n'est que par une discussion et un d&#233;bat ouverts que les membres peuvent &#234;tre amen&#233;s &#224; voir que des questions telles que la race et le sexe, qui sont souvent trait&#233;es par les travailleurs comme source de division du point de vue de l'&#233;conomie &#233;troite de la n&#233;gociation, sont constitutives de la solidarit&#233; en raison de la diversit&#233; de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Les dirigeants doivent une fois de plus prendre le risque de parler de politique radicale avec leurs membres qui, assez souvent, ne voient pas le lien entre leurs raisons imm&#233;diates d'adh&#233;rer ou de soutenir des syndicats et la lutte contre le capitalisme en tant que syst&#232;me. Ce risque ne peut plus &#234;tre &#233;vit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lutter pour l'avenir, aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours du n&#233;olib&#233;ralisme a compl&#232;tement &#233;rod&#233; ce qui reste du militantisme syndical, tandis que les mouvements sociaux restent g&#233;n&#233;ralement isol&#233;s dans des coalitions &#224; petite &#233;chelle et pauvres en ressources. Compte tenu de l'assaut continu contre tous les travailleurs et le niveau de vie de la classe ouvri&#232;re, les fa&#231;ons existantes de faire les choses ne fonctionnent pas. Reconna&#238;tre cela, &#224; notre avis, est le seul point de d&#233;part r&#233;aliste &#224; partir duquel aller de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; des militants syndicaux et communautaires &#224; faire face &#224; cette impasse souligne la n&#233;cessit&#233; d'un nouveau type de projet politique radical et socialiste adapt&#233; &#224; la conjoncture historique et sociale actuelle, qui interroge &#224; la fois ses propres &#233;checs historiques ainsi que les transformations dans les ar&#232;nes politiques, &#233;conomiques et culturelles dans lesquelles nous luttons aujourd'hui. En l'absence de cela, le travail organis&#233; risquera de plus en plus de devenir un obstacle plut&#244;t qu'un instrument d'une politique renouvel&#233;e de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, si l'aust&#233;rit&#233; et l'autoritarisme doivent &#234;tre contest&#233;s, les travailleurs devront prendre le risque d'organiser les communaut&#233;s ouvri&#232;res et de riposter pendant que ces communaut&#233;s ont encore une certaine capacit&#233; &#224; le faire. Sinon, elle risquera de se poursuivre dans l'impasse ouvri&#232;re qui dure depuis des d&#233;cennies. Ne pas relever ce d&#233;fi peut malheureusement &#233;quivaloir &#224; une d&#233;faite de classe historique. Revitaliser la promesse politique d'une politique radicale de la classe ouvri&#232;re reste une &#233;tape cruciale pour r&#233;sister &#224; la coercition de l'&#201;tat et des employeurs et potentiellement r&#233;aliser un monde meilleur qui s'attaque &#224; la racine du probl&#232;me &#8211; le capitalisme. Seul le temps nous dira si une r&#233;sistance majeure est dans les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bryan Evans est professeur de politique et de politique publique &#224; la Toronto Metropolitan University. Avant sa nomination universitaire, il a travaill&#233; comme analyste et conseiller en politiques au minist&#232;re du Travail de l'Ontario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlo Fanelli est coordonnateur du programme d'&#233;tudes du travail et du travail au D&#233;partement des sciences sociales de l'Universit&#233; York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leo Panitch &#233;tait un &#233;minent professeur de recherche en science politique et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en &#233;conomie politique compar&#233;e &#224; l'Universit&#233; York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donald Swartz est professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'&#201;cole de politique publique et d'administration de l'Universit&#233; Carleton.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une campagne contre la formule Rand</title>
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		<dc:date>2012-12-11T08:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Swartz, Evert Hoogers, Rosemary Warskett</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; fait grand cas du d&#233;p&#244;t du projet de loi du d&#233;put&#233; conservateur de Nepean-Carleton, M. Pierre Poillievre. Il a ainsi d&#233;clench&#233; une campagne pour changer les r&#232;gles de perceptions des cotisations syndicales. (Il a &#233;crit &#224; ses commettantEs &#224; ce sujet, ce mois ci). M. Poillievre s'&#233;l&#232;ve contre la formule Rand qui est au c&#339;ur de la plus part des conventions collectives au Canada. Cette m&#233;thode fait qu'aucunE travailleur et travailleuse d'un milieu de travail syndiqu&#233; n'est oblig&#233;E (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-canadienne-46-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L146xH150/arton12480-83af4.png?1781049737' class='spip_logo spip_logo_right' width='146' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; fait grand cas du d&#233;p&#244;t du projet de loi du d&#233;put&#233; conservateur de Nepean-Carleton, M. Pierre Poillievre. Il a ainsi d&#233;clench&#233; une campagne pour changer les r&#232;gles de perceptions des cotisations syndicales. (Il a &#233;crit &#224; ses commettantEs &#224; ce sujet, ce mois ci). M. Poillievre s'&#233;l&#232;ve contre la formule Rand qui est au c&#339;ur de la plus part des conventions collectives au Canada. Cette m&#233;thode fait qu'aucunE travailleur et travailleuse d'un milieu de travail syndiqu&#233; n'est oblig&#233;E d'adh&#233;rer au syndicat mais doit payer ses cotisations. L'employeur les pr&#233;l&#232;ve sur la paye de tous et toutes et les transf&#232;re au syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(The Bullet, 28-11-2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette formule a &#233;t&#233; mise au point par le juge Ivan Rand en 1946 dans le r&#232;glement d'une gr&#232;ve chez Ford Motors. Le principe de base veut que tous ceux et toutes celles qui vont b&#233;n&#233;ficier des conventions collectives doivent contribuer au financement des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'action politique, &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Poillievre est principalement motiv&#233; par son opposition aux actions politiques du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le plus grand syndicat du secteur public f&#233;d&#233;ral. Depuis bon nombre d'ann&#233;es, ce syndicat a vot&#233;, lors de ses congr&#232;s, f&#233;d&#233;raux, provinciaux et territoriaux, des sommes r&#233;serv&#233;es &#224; l'action politique et &#224; la lutte pour la justice sociale. Il se sert de ces sommes pour &#233;valuer et ensuite diffuser, lequel des partis politiques est le plus susceptible de ne pas menacer les int&#233;r&#234;ts de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Poillievre est particuli&#232;rement d&#233;rang&#233; par l'&#233;valuation que le SCFP a faite au Qu&#233;bec et qui donnait le Parti qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;bec solidaire comme plus proche des int&#233;r&#234;ts de ses membres. Mais en fait, il lui importe peu de savoir quel parti est ainsi identifi&#233; ; il s'oppose absolument &#224; ce que quelques sommes que ce soient, per&#231;ues par les syndicats en vertu de la formule Rand, soit consacr&#233;e &#224; de l'action politique. Selon loi, elles ne devraient servir qu'aux probl&#232;mes dans les milieux de travail comme les salaires et les conditions de travail. Il s'est expliqu&#233; ainsi &#224; Mme Kathryn May de l'Ottawa Citizen le 5 septembre dernier : &#171; Les travailleurs et travailleuses ont le droit de se syndiquer, mais ils et elles ne sont pas oblig&#233;Es de le faire. La loi ne devrait donc pas les obliger &#224; contribuer &#224; l'appui de causes contre leur volont&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de ce d&#233;put&#233; pr&#233;sente de nombreux probl&#232;mes. &#201;videmment ce n'est pas la loi qui fixe l'utilisation de l'argent des syndicats ; ce sont les membres dans des assembl&#233;es d&#233;mocratiques lors des congr&#232;s du SCFP par exemple. C'est aussi hautement probl&#233;matique de pr&#233;tendre que des probl&#232;mes de n&#233;gociation des conditions salariales et de travail puissent se mener sans lien avec les conditions politiques et &#233;conomiques existantes dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre les revendications ouvri&#232;res et les conditions politiques et &#233;conomiques existantes a &#233;t&#233; reconnu dans un jugement de la Cour supr&#234;me du Canada (Lavigne vs Ontario Public Services Employees Union) en 1990. Le juge Laforest avait alors d&#233;cid&#233; qu'un des objectifs de la formule Rand est de s'assurer que : &#171; les syndicats aient les ressources et le mandat pour qu'ils puissent jouer un r&#244;le dans la structuration du contexte politique, &#233;conomique et social &#224; l'int&#233;rieur duquel chacune des conventions collectives et des diff&#233;rents dans les relations de travail devront &#234;tre n&#233;goci&#233;Es et r&#233;soluEs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; pour un gouvernement d'imposer des lois pour mettre fin &#224; des gr&#232;ves illustre cette situation. M&#234;me des menaces de le faire sont une pression importante sur les capacit&#233;s des syndicats &#224; poursuivre des n&#233;gociations. Mais ces capacit&#233;s sont aussi affect&#233;es par une foule d'autres facteurs politiques dont l'appui des autres syndicats et du mouvement social, les conditions &#233;conomiques existantes et le niveau de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en vue de d&#233;fendre ad&#233;quatement leurs membres que les syndicats, dont le SCFP, consacrent une partie de leur budget &#224; &#171; contribuer &#224; la structuration du contexte politique, &#233;conomique et social &#187;. C'est un reflet de leur compr&#233;hension de leur mandat. D'autant plus que les gouvernements ont une tendance &#224; passer des lois pour restreindre les droits de n&#233;gociations et de gr&#232;ve. Cela augmente leur besoin d'agir sur ces conditions g&#233;n&#233;rales. La plus part des organisations syndicales le comprennent. Ce qui est moins clair, c'est comment le faire. Esp&#233;rons que l'action de M. Poillievre pousse &#224; de s&#233;rieuses discussions &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Everts Hoogers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien repr&#233;sentant du SCFP&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Donald Swartz, Rosemary Warskett&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Swartz et Mme Warskett ont enseign&#233; &#224; l'universit&#233; Carleton pendant de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien repr&#233;sentant du SCFP&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Swartz et Mme Warskett ont enseign&#233; &#224; l'universit&#233; Carleton pendant de nombreuses ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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