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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Ecosocialisme : le d&#233;bat ne fait que commencer, poursuivons-le ! R&#233;ponse &#224; Daniel Tanuro</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ecosocialisme-le-debat-ne-fait-que-commencer-poursuivons-le-Reponse-a-Daniel</link>
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		<dc:date>2013-07-30T07:42:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Agostini </dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-07-30</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce texte, Mathieu Agostini r&#233;pond &#224; Daniel Tanuro &#224; propos du manifeste pour l'Ecosocialisme du Parti de gauche (PG). Il est membre du Comit&#233; des Assises pour l'&#233;cosocialisme et du Bureau National du PG, pour lequel il est co-responsable de la commission Ecologie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par la revue Contretemps. &lt;br class='autobr' /&gt; Daniel Tanuro est un auteur et militant &#233;cosocialiste. Il a r&#233;cemment publi&#233; dans la revue Contretemps, une analyse critique des 18 th&#232;ses du Manifeste pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-07-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-07-30&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton14682-92868.png?1781493521' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce texte, Mathieu Agostini r&#233;pond &#224; Daniel Tanuro &#224; propos du manifeste pour l'Ecosocialisme du Parti de gauche (PG). Il est membre du Comit&#233; des Assises pour l'&#233;cosocialisme et du Bureau National du PG, pour lequel il est co-responsable de la commission Ecologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; par la revue Contretemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Daniel Tanuro est un auteur et militant &#233;cosocialiste. Il a r&#233;cemment publi&#233; dans la revue Contretemps, une analyse critique des 18 th&#232;ses du Manifeste pour l'Ecosocialisme pr&#233;sent&#233; aux Assises du 1er d&#233;cembre 2012 organis&#233;es par le Parti de Gauche (PG). Nous avons regard&#233; cette analyse avec tout l'int&#233;r&#234;t que nous devions lui porter. Une des ambitions que nous nous &#233;tions fix&#233;e &#233;tait de lancer le d&#233;bat avec le courant &#233;cosocialiste et, au-del&#224;, la gauche sur la question br&#251;lante de l'&#233;cologie et de la strat&#233;gie &#233;cosocialiste. Daniel Tanuro, avec d'autres, y contribue par cet article. Nous nous r&#233;jouissons de cette contribution de qualit&#233; qui marque l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par notre d&#233;marche et poursuit le d&#233;bat que nous avons souhait&#233; ouvrir avec ce Manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la d&#233;marche qui a conduit le PG &#224; coordonner la r&#233;daction de ce Manifeste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d&#232;s &#224; pr&#233;sent la d&#233;marche qui a motiv&#233; le Parti de Gauche. Depuis quatre ans, plusieurs familles politiques ont travaill&#233; et converg&#233; au sein de notre parti : des r&#233;publicains, des marxistes, des socialistes, des &#233;cologistes, des objecteurs de croissance etc. Cette convergence des travaux doctrinaux, programmatiques et dans les luttes s'est forg&#233;e petit &#224; petit dans le sens du projet &#233;cosocialiste. C'est en soi un &#233;l&#233;ment remarquable. Nous n'avons rien invent&#233; ou encore moins mis bout &#224; bout des &#233;l&#233;ments de chaque famille pour nous b&#226;tir une coh&#233;rence de fa&#231;ade. C'est le d&#233;bat argument&#233;, la formation et la participation aux r&#233;sistances de terrain &#8211; pensons &#224; nos anciens camarades socialistes se retrouvant pour la premi&#232;re fois &#224; Notre Dame des Landes ! &#8211; qui ont abouti naturellement &#224; ce socialisme du 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet des Assises pour l'&#233;cosocialisme que nous avons organis&#233;es le 1er D&#233;cembre 2012 n'&#233;tait donc pas de r&#233;intellectualiser un projet d&#233;j&#224; existant. Il avait deux objectifs principaux : &#233;laborer la synth&#232;se de notre vision &#224; un moment politique donn&#233; et ouvrir une audience large aux d&#233;bats &#224; venir sur le sujet. Nous y avions d'ores et d&#233;j&#224; pos&#233; un certain nombre de th&#232;mes qui m&#233;ritaient d'&#234;tre d&#233;battus au sein du PG ou qui &#233;taient des &#233;l&#233;ments de discussions avec nos partenaires du Front de Gauche : les formes de d&#233;mocratie, la R&#233;publique, la place des travailleurs dans un combat &#233;cosocialiste etc. Pour poursuivre, il nous semblait indispensable d'initier une dynamique forte autour de l'&#233;cosocialisme avec les personnalit&#233;s et organisations politiques, associatives, r&#233;sistantes qui pouvaient se reconna&#238;tre dans cette dynamique. L'&#233;cosocialisme est pour nous le nouveau paradigme &#233;mancipateur, celui du 21e si&#232;cle. Il n'appartient pas &#224; une organisation, il est un combat en construction. Lui donner un souffle nouveau est notre ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#232;te r&#233;ussite de ces Assises a largement confirm&#233; l'int&#233;r&#234;t de notre d&#233;marche. En cons&#233;quence, ce processus a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#171; permanent &#187; et il est aujourd'hui pilot&#233; par un comit&#233; de personnalit&#233;s qui ont fait part de leur souhait de travailler au d&#233;veloppement de l'&#233;cosocialisme en France1. A ce jour nous avons r&#233;ussi &#224; tenir une quinzaine d'assises d&#233;centralis&#233;es et nous avons bon espoir que toutes les r&#233;gions de France se soient mobilis&#233;es d'ici &#224; la fin de l'ann&#233;e2. Les participants s'approprient l'id&#233;e de l'&#233;cosocialisme, la diffusent, mobilisent les associations, se lient avec les camarades en lutte et approfondissent les d&#233;bats. De nouvelles Assises nationales auront lieu en d&#233;cembre 2013. Comme Daniel Tanuro, nous faisons n&#244;tre aussi l'id&#233;e que le &#171; d&#233;bat &#224; gauche ne fait que commencer &#187;. C'est ce qui a &#233;t&#233; entam&#233; par le Comit&#233; des Assises et par les Assises d&#233;centralis&#233;es. En r&#233;alit&#233;, le travail ne peut se limiter &#224; l'analyse critique du Manifeste. C'est toute la d&#233;marche qu'il faut embrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Manifeste : un projet, qui laisse la place &#224; des d&#233;clinaisons programmatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques, constructives, de l'auteur sont de plusieurs ordres. Il y rel&#232;ve notamment un certain nombre de manques. &#171; Le PG [&#8230;] ne dit rien des agrocarburants, du gaz de schiste ou de la capture-s&#233;questration du carbone &#187;. C'est l'occasion pour nous de pr&#233;ciser l'id&#233;e qui a port&#233; la r&#233;daction de ce manifeste avant de r&#233;pondre &#224; ce que pointe l'auteur. Donner un nouveau souffle, nous l'avons dit. Pour cela, nous avons pris le parti de poser principalement les &#233;l&#233;ments cadres du d&#233;bat, afin de disposer d'une base solide de discussion. Le choix a &#233;t&#233; fait de ne pas rentrer dans le d&#233;tail du travail programmatique. Cela ne correspondait pas au format d'un Manifeste, et le choix a &#233;t&#233; fait de rester dans le cadre d'un texte de port&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte politique actuel, nous jugeons en effet incontournable de rassembler les forces politiques, associatives, syndicales &#233;cosocialistes. Partant de l&#224;, la situation exige de rassembler sur une base politique exigeante &#224; partir de laquelle discuter les &#233;l&#233;ments programmatiques. Nous convenons avec Daniel Tanuro que certains &#233;l&#233;ments sont incontournables, y compris dans un texte de port&#233;e g&#233;n&#233;rale tel que nous venons de le d&#233;finir. Certaines corrections ont ainsi &#233;t&#233; apport&#233;es entre deux moments du texte. D'autres d&#233;bats m&#233;ritent cependant d'&#234;tre prolong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, nous abordons la n&#233;cessit&#233; de la transition &#233;nerg&#233;tique partant du constat du d&#233;r&#232;glement climatique, en laissant ouvert un certain nombre de d&#233;bats. Nous appelons dans le Manifeste &#224; une 6e R&#233;publique sans d&#233;velopper ce &#224; quoi nous appellerions apr&#232;s la convocation de l'Assembl&#233;e Constituante (d&#233;mocratie sociale dans les entreprises, mandat r&#233;vocatoire, r&#232;gle verte etc.). Nous avan&#231;ons sur le &#171; m&#233;nagement du territoire &#187; sans pour autant d&#233;tailler le plan fret qu'a &#233;labor&#233; le Parti de Gauche ou son programme de relance des transports publics de proximit&#233;. Le Manifeste &#233;nonce les grands principes qui nous paraissent incontournables pour une rupture anticapitaliste, &#233;cosocialiste, et appelle ceux qui s'y reconnaissent &#224; &#233;laborer les sc&#233;narios, les plans politiques et les strat&#233;gies militantes. C'est la port&#233;e que nous voulions donner &#224; ce texte. D'autant plus que nos positions sur le sujet ne peuvent &#234;tre suspect&#233;es d'ambigu&#239;t&#233;. Le Front de Gauche s'est battu dans l'h&#233;micycle contre les gaz de schiste et les OGM, le Parti de Gauche n'a eu de cesse de condamner les agrocarburants, et au del&#224; l'accaparement imp&#233;rialiste des terres agricoles. Et ce, de fa&#231;on tout aussi claire que l'arr&#234;t du nucl&#233;aire qui fait partie des &#233;l&#233;ments fondateurs du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des sciences et de l'usage de la technique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Tanuro juge que le &#171; PG consid&#232;re les technologies comme socialement neutres &#187;. Nous posons effectivement dans la th&#232;se 13 que &#171; Le probl&#232;me n'est pas la technique en soi mais bien l'absence de choix et de contr&#244;le citoyen &#187;. C'est une lecture erron&#233;e de l'intention qui a pr&#233;value lors de la r&#233;daction de cette phrase, r&#233;dig&#233;e notamment suite &#224; nos travaux avec Jacques Testart de la Fondation Sciences Citoyennes. Les courants sont nombreux au sein de l'&#233;cologie politique qui confondent la responsabilit&#233; du mode de production capitaliste et productiviste, le d&#233;veloppement incontr&#244;l&#233; des forces productives avec celui de la technologie et finissent par reposer sur une critique de la technique, voire de la science. Nous avons voulu marquer notre d&#233;saccord avec cette position. Mais n'esquivons pas pour autant le d&#233;bat, il existe, y compris chez nous. Nous ne consid&#233;rons pas que toute technique soit neutre. Nous faisons cependant bien le distinguo entre une technique et la technologie. Si nous condamnons par exemple la technologie nucl&#233;aire, nous ne mettons pas dans le m&#234;me panier ses applications dans l'armement, les centrales &#233;lectro-nucl&#233;aires et la recherche m&#233;dicale. Oui, certaines sont par d&#233;finition dangereuses et probl&#233;matiques, et Daniel Tanuro a &#233;videmment raison de souligner le probl&#232;me li&#233; au nucl&#233;aire. Un d&#233;chet nucl&#233;aire, quand bien m&#234;me est-il public, reste un d&#233;chet radioactif que nous ne savons traiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ce domaine, nous consid&#233;rons &#233;galement que certaines techniques sont &#233;mancipatrices &#224; un certain degr&#233; de leur utilisation et ali&#233;nantes &#224; partir d'un niveau ou d'un rapport social donn&#233;. Les exemples sont multiples. De la m&#233;decine tel que l'expose Ivan Illich3 aux nouvelles technologies num&#233;riques qui peuvent avoir un usage &#233;mancipateur, cr&#233;ateur de lien social et outil de la d&#233;mocratie, tout autant que devenir un v&#233;hicule du totalitarisme. C'est sous la conduite de l'industrie pharmaceutique que la m&#233;decine productiviste se transforme en une infrastructure d'ali&#233;nation. D'autres rapports sociaux rendraient, de notre point de vue, ses lettres de noblesse &#224; la discipline. Le d&#233;bat ne se r&#233;sume donc pas pour nous &#224; la question de la neutralit&#233;. Il se r&#233;sout par contre par la lutte sociale et le retour de m&#233;canismes permettant des choix &#233;clair&#233;s et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question &#233;nerg&#233;tique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Tanuro &#233;crit : &#171; Notre principale critique est que le PG ne se prononce pas pour l'abandon des combustibles fossiles et n'aborde pas franchement certaines contraintes majeures de la transition vers un syst&#232;me int&#233;gralement fond&#233; sur les &#233;nergies renouvelables &#187;. Et &#224; la suite : &#171; On ne r&#233;p&#233;tera jamais assez les donn&#233;es de base du probl&#232;me : au-del&#224; de 1,5&#176;C de hausse par rapport &#224; l'&#232;re pr&#233;industrielle, le r&#233;chauffement de la basse atmosph&#232;re entra&#238;nera plus que probablement des catastrophes &#233;cologiques et sociales irr&#233;versibles &#187;. Nous sommes en tout point d'accord avec ce qui est &#233;nonc&#233; ici. Cette analyse et ces donn&#233;es sont constitutives de l'analyse du PG. La lutte contre le d&#233;r&#232;glement climatique est un combat central de notre projet politique. La revendication initiale de la campagne du Front de Gauche aux pr&#233;sidentielles sur la question &#233;nerg&#233;tique &#233;tait d'ailleurs la sortie des &#233;nergies carbon&#233;es. Cette position, sans ambigu&#239;t&#233; sur la sortie des &#233;nergies fossiles, ne laissait plus que l'espace de notre divergence interne au FDG sur la question du nucl&#233;aire. Une des premi&#232;res batailles dans laquelle nous nous sommes retrouv&#233;s au PG, avec d'autres &#233;cosocialistes, fut d'ailleurs le collectif Urgence Climatique Justice Sociale et la lutte organis&#233;e dans le cadre du Contre-Sommet de Copenhague. C'est &#224; cette p&#233;riode que nous avons d&#233;nonc&#233; le syst&#232;me du march&#233; carbone, int&#233;gr&#233; la lutte contre les M&#233;canismes conjoints de d&#233;veloppement et plus tard, contre les REDD+4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, le PG est un partisan clair de la transition &#233;nerg&#233;tique sur la base du sc&#233;nario N&#233;gawatt, de la sortie programm&#233;e des &#233;nergies fossiles et du nucl&#233;aire. Le suivi des textes, du programme ou simplement des actions men&#233;es par le PG depuis sa cr&#233;ation devraient suffire &#224; lever le moindre doute sur la question. Cette transition ne peut &#234;tre impos&#233;e &#171; par le haut &#187;. C'est une &#233;vidence sociale, &#233;conomique, &#233;cologique, technique. L'appropriation de la question &#233;nerg&#233;tique est donc le corollaire de nos positions : production d&#233;centralis&#233;e, n&#233;cessairement publique et socialis&#233;e, r&#233;duction des consommations etc. C'est la raison pour laquelle nous demandons un r&#233;f&#233;rendum sanctionnant les grandes orientations de la transition5 qui devra avoir lieu &#224; l'issue d'un d&#233;bat argument&#233;, d&#233;bat au cours duquel le PG d&#233;fendra le sc&#233;nario de l'arr&#234;t du nucl&#233;aire. Pour que cette bifurcation &#233;nerg&#233;tique soit possible, il nous faut reprendre la ma&#238;trise publique des moyens de production. Nous militons donc pour un p&#244;le public de l'&#233;nergie avec la nationalisation d'EDF, GDF, Total et Areva. Cette r&#233;appropriation des moyens de la transition est indispensable. Ce p&#244;le public aura pour missions de mettre en &#339;uvre les &#233;conomies d'&#233;nergie, la r&#233;duction de la consommation et de d&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables et l'alternative aux productions &#233;nerg&#233;tiques actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;bats restent cependant &#224; mener, y compris dans ce sc&#233;nario. La limitation du r&#233;chauffement climatique passe par des objectifs pr&#233;cis mais &#233;galement des trajectoires de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. L'hypoth&#232;se d'un arr&#234;t rapide du nucl&#233;aire, par exemple, compte tenu des infrastructures actuelles et des temps n&#233;cessaires &#224; relocaliser l'activit&#233;, &#233;conomiser l'&#233;nergie, remplacer des activit&#233;s par des productions plus sobres, n&#233;cessiterait de passer par la relance temporaire de centrales thermiques. Et il ne suffit pas de dire qu'il faille &#233;quilibrer cette augmentation des &#233;missions avec les &#233;conomies d'&#233;nergie. Les rythmes sont souvent loin d'&#234;tre les m&#234;mes. Si nous partageons les objectifs, nous consid&#233;rons que la mise en &#339;uvre doit &#234;tre d&#233;battue, r&#233;appropri&#233;e, car ces choix, quels qu'ils soient, ont des r&#233;percussions qui ne sont pas neutres. Nous avons en cons&#233;quence estim&#233; que ce n'&#233;tait pas le r&#244;le du Manifeste que de trancher ces d&#233;bats mais au contraire de les favoriser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centralit&#233; de la question &#233;nerg&#233;tique et climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, l'interpellation de Daniel Tanuro pose, &#224; ce stade de nos &#233;changes, ce que nous lisons comme une centralit&#233; de la question &#233;nerg&#233;tique et climatique. Les &#233;nergies fossiles ont fonctionn&#233; comme moteur du syst&#232;me capitaliste, et fossoyeur du climat. De ce fait, la question &#233;nerg&#233;tique rev&#234;t une importance particuli&#232;re. Elle est d&#233;terminante dans le mode de production capitaliste. La course au charbon puis au p&#233;trole a d&#233;termin&#233; historiquement le d&#233;veloppement du syst&#232;me capitaliste et son stade imp&#233;rialiste. S'attaquer &#224; la probl&#233;matique c'est donc combattre frontalement le syst&#232;me. C'est participer &#224; l'organisation de la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#233;nerg&#233;tique est donc n&#233;cessaire, mais elle semble aussi insuffisante. Une politique &#233;cosocialiste doit pouvoir ouvrir tous les champs d'action constitutifs du capitalisme productiviste. Le capitalisme assimilera, et il a d&#233;j&#224; d&#233;marr&#233;, l'utilisation des &#233;nergies renouvelables. Elles sont encore extr&#234;mement loin du potentiel de d&#233;veloppement qu'elles contiennent : certaines technologies sont immatures et &#224; des niveaux encore faibles d'utilisation. Elles constituent un vivier de profits gigantesque. Le d&#233;veloppement de ces technologies de production &#233;nerg&#233;tique ne fera que d&#233;placer la probl&#233;matique de l'&#233;puisement des ressources fossiles vers celui des diff&#233;rents mat&#233;riaux et terres rares n&#233;cessaires aux &#233;nergies renouvelables. Car si ces &#233;nergies nouvelles peuvent sembler infinies &#224; l'&#233;chelle de la civilisation humaine (le vent, le soleil, les mar&#233;es, la chaleur des sols etc.), l'exploitation de ces sources d'&#233;nergie ne le sont pas. Les nouvelles g&#233;n&#233;rations de cellules photovolta&#239;ques utilisent non plus le silicium comme mat&#233;riau de base mais les terres rares (indium, tellure, gallium etc.). Ces derni&#232;res sont d&#233;j&#224; d&#233;cisives dans la bataille que se m&#232;nent les capitalistes &#224; l'&#233;chelle mondiale. Elles sont devenues, comme les hydrocarbures l'&#233;taient d&#233;j&#224;, un enjeu strat&#233;gique g&#233;opolitique majeur. Les contraintes environnementales qui p&#232;sent sur les conditions d'extraction de ces ressources sont extr&#234;mement pr&#233;occupantes. D'autant plus si elles devaient se d&#233;velopper aussi massivement que le n&#233;cessite le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables au regard de la courbe des besoins &#233;nerg&#233;tiques mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre ruptures majeures&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi l'urgence et l'importance de la question &#233;nerg&#233;tique sont pour nous une question &#224; la fois centrale et cardinale. Le capitalisme industriel et la logique productiviste sont source d'au moins quatre ruptures majeures avec les m&#233;tabolismes &#233;cologiques. La question climatique en est une. Mais &#224; cela s'ajoute la rupture avec les cycles de biodiversit&#233;. Le rythme et l'ampleur des extinctions d'esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales sont particuli&#232;rement pr&#233;occupants. Nous serions en train d'assister &#224; une sixi&#232;me extinction des esp&#232;ces, la plus forte jamais connue. La troisi&#232;me rupture6 est celle li&#233;e au d&#233;r&#232;glement du cycle de l'azote. Sa cons&#233;quence directe est l'appauvrissement de la capacit&#233; productive agricole. Agir sur cette capacit&#233; productive est ce qui motive l'utilisation des intrants propos&#233;s par les multinationales de l'agroalimentaire, et un des moteurs du d&#233;veloppement de l'imp&#233;rialisme moderne. Enfin, quatri&#232;me crise m&#233;tabolique majeure, nous surpassons la capacit&#233; des syst&#232;mes &#233;cologiques &#224; renouveler les r&#233;serves de ressources naturelles sur lesquelles est organiquement constitu&#233; le mode de production actuel7 en termes de minerais, ressources fossiles, eau etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces crises, ces ruptures, se nourrissent et se d&#233;terminent les unes les autres. La seule crise climatique aura des cons&#233;quences irr&#233;parables sur la diversit&#233; biologique, biodiversit&#233; elle-m&#234;me composante et agent r&#233;gulateur des &#233;quilibres des &#233;cosyst&#232;mes. Il nous appara&#238;t qu'embrasser compl&#232;tement la question &#233;cologique passe par ces consid&#233;rations essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un triptyque de combat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, nous affirmons que r&#233;soudre la crise &#233;cologique, c'est affronter le syst&#232;me productiviste. C'est un des fondements du Manifeste pour l'&#233;cosocialisme. Pour le dire sch&#233;matiquement, la course aux profits renforc&#233;e par la pression actionnariale implique tout &#224; la fois de compresser les salaires et de maximiser les ventes de marchandises, qui elles m&#234;mes doivent &#234;tre produites en quantit&#233; toujours plus importantes, n&#233;cessitant des intrants fournis par la surexploitation des ressources naturelles. Ce sch&#233;ma donne les trois composantes majeures du productivisme contre lesquelles nous proposons l'alternative &#233;cosocialiste : un, la domination imp&#233;rialiste sur les terres, agricoles notamment, sur le vivant et les ressources naturelles. Deux, l'exploitation des travailleurs et trois, la domination culturelle et notamment le syst&#232;me publicitaire. C'est le sens des Th&#232;ses 9 &#171; Produire autrement &#187;, 15 &#171; Mener la bataille culturelle &#187; et 17 &#171; Porter un combat internationaliste &#187;. La bataille pour les biens communs, pour la r&#233;appropriation des moyens de production combin&#233;e &#224; d'autres contenus de production et la lutte contre la fable consum&#233;riste sont pour nous le cadre du combat pour l'abolition du mode de production capitaliste. C'est le triptyque de combat que nous proposons. Les forces &#233;cosocialistes doivent s'organiser aux niveaux national et international pour renverser le syst&#232;me capitaliste sur ces trois &#233;l&#233;ments, en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poursuivre le d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du cadre que propose le Manifeste ont &#233;merg&#233; de nombreux d&#233;bats, parfois nouveaux, parfois anciens. Notre proposition est que les Assises pour l'&#233;cosocialisme et son comit&#233; de coordination soient des outils collectifs au service de la poursuite de ces d&#233;bats. Certes, nous ne trancherons pas tout tout de suite mais qu'importe. Nous avons d'ores et d&#233;j&#224; toutes et tous la volont&#233; de les aborder sans surench&#232;re id&#233;ologique, pour se comprendre, se mettre d'accord, pour relever l'immense d&#233;fi de s'unir autour d'une strat&#233;gie &#233;cosocialiste. La question du r&#244;le de l'&#201;tat dans ce projet sera par exemple un point important de nos d&#233;bats &#224; venir. Nous avons la conviction profonde que, sur cette question comme sur d'autres, malgr&#233; les divergences d'une gauche &#224; l'histoire multiple, nous trouverons les terrains d'entente pour unir nos forces sans en rabattre sur nos convictions respectives. Le d&#233;bat ne fait que commencer, poursuivons le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 1. Ce comit&#233; est compos&#233; de Mathieu Agostini, Paul Ari&#232;s, Guillaume Etievant, Laurent Garrouste, Susan George, Janette Habel, Damien Joliton, Matthieu le Quang, Jacques Lerichomme, Michael L&#246;wy, Laurent Maffeis, Corinne Morel Darleux, Arno Munster, Dani&#232;le Obono, Anita Rozenholc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 2. Gard, Essonne, Bouches du Rh&#244;ne, Alpes Maritimes, Doubs, Auvergne, Haute Garonne, Dordogne, Pays Basque mais aussi &#224; Rome ou dans le Maghreb suite &#224; la tourn&#233;e pour l'&#233;cosocialisme de Jean Luc M&#233;lenchon et Corinne Morel Darleux. A venir &#224; Londres, Bruxelles, en Hongrie, dans l'Aveyron, en Ari&#232;ge, &#224; la Rochelle, Rennes, en Rh&#244;ne Alpes, en Seine Saint Denis, dans l'Indre, le Cher, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 3. Ivan Illich, La convivialit&#233;, &#201;ditions Points, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 4. Notons d'ailleurs ici que le droit &#224; la souverainet&#233; alimentaire est revendiqu&#233; dans la Th&#232;se n&#176;9 contrairement &#224; ce qui est avanc&#233; par l'auteur. Proposons &#233;galement de lire &#224; ce sujet le programme du Front de Gauche en mati&#232;re agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 5. Il est &#233;vident, et nous l'avons dit &#224; maintes reprises pendant la campagne pr&#233;sidentielle, que ce d&#233;bat ne peut &#234;tre celui des v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es, apanage des pro-nucl&#233;aires. L'une des conditions est que le d&#233;bat soit ma&#238;tris&#233; par les citoyens. Cela impose l'absence des financements priv&#233;s de ces d&#233;bats, une interdiction de la publicit&#233; par les entreprises du secteur etc. Le DNTE organis&#233; par le gouvernement nous donne h&#233;las raison. Les d&#233;bats r&#233;gionaux sont trop souvent financ&#233;s par les lobbys. Les conditions m&#234;me du d&#233;bat sont compl&#232;tement opaques au point que les associations ont d&#251; en publier les compte rendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 6. D&#233;j&#224; analys&#233;e par Marx et Engels sur la base des productions scientifiques de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 7. Il nous semble d'ailleurs important d'avoir &#224; l'esprit qu'une des t&#226;ches de l'&#233;cosocialisme sera la r&#233;paration &#233;cosyst&#233;mique. Il devra &#234;tre particuli&#232;rement trait&#233; de la question des pollutions et des d&#233;chets qui sont d&#233;terminants dans l'explication des ruptures avec les m&#233;tabolismes &#233;cologiques. De la m&#234;me fa&#231;on que nous avons surpass&#233; la capacit&#233; de la biosph&#232;re &#224; reproduire les ressources naturelles que nous ponctionnons, nous surpassons, par notre activit&#233;, la capacit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes &#224; assimiler la cons&#233;quence de nos activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;date : 23/06/2013 - 17:47&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#233;cosocialisme, r&#233;ponse &#224; l'impasse capitaliste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-ecosocialisme-reponse-a-l-impasse-capitaliste</link>
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		<dc:date>2012-12-04T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Morel-Darleux, Mathieu Agostini </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>
		<dc:subject>Assises sur l'&#233;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous savons dor&#233;navant que l'&#233;mancipation humaine ne peut &#234;tre atteinte par la croissance sans fin : l'&#233;cosyst&#232;me ne le permet pas. Ce constat nous oblige &#224; repenser le syst&#232;me de production et d'&#233;changes, et plus globalement l'ensemble de l'organisation sociale et politique. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel &#233;nonc&#233; de notre strat&#233;gie pour le futur de l'humanit&#233; : l'&#233;cosocialisme. Ses m&#233;thodes sont la radicalit&#233; concr&#232;te, la planification &#233;cologique et la r&#233;volution citoyenne. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L133xH150/arton12518-658e3.png?1781323878' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous savons dor&#233;navant que l'&#233;mancipation humaine ne peut &#234;tre atteinte par la croissance sans fin : l'&#233;cosyst&#232;me ne le permet pas. Ce constat nous oblige &#224; repenser le syst&#232;me de production et d'&#233;changes, et plus globalement l'ensemble de l'organisation sociale et politique. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel &#233;nonc&#233; de notre strat&#233;gie pour le futur de l'humanit&#233; : l'&#233;cosocialisme. Ses m&#233;thodes sont la radicalit&#233; concr&#232;te, la planification &#233;cologique et la r&#233;volution citoyenne. Il est fond&#233; sur la r&#233;partition des richesses, la prise en compte des contraintes &#233;cologiques, le refus des dominations et des oppressions de toutes sortes, la souverainet&#233; populaire et le caract&#232;re d&#233;mocratique, r&#233;publicain et la&#239;que de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans Politis n&#176; 1229&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme est la jonction d'une &#233;cologie anticapitaliste et d'un socialisme d&#233;barrass&#233; du productivisme, dans un projet de soci&#233;t&#233; alternatif porteur d'esp&#233;rance. Il n'est pas une utopie &#224; laquelle le r&#233;el devrait se conformer, mais la r&#233;ponse humaine raisonn&#233;e &#224; la double impasse capitaliste et productiviste. Nos pens&#233;es et actions politiques sont radicales : elles vont &#224; la racine des causes. Nous combattons donc les moteurs du syst&#232;me : le consum&#233;risme sacrant l'accumulation mat&#233;rielle, le creusement des in&#233;galit&#233;s sociales ; le productivisme qui &#233;puise les &#233;cosyst&#232;mes, la mondialisation qui permet le dumping social et environnemental. Nous d&#233;signons les vrais coupables : l'oligarchie financi&#232;re, les id&#233;ologues de la concurrence &#171; libre et non fauss&#233;e &#187; et du libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons sortir des mystifications socialistes et &#233;cologistes. Notre &#233;cologie &#224; nous est sociale, li&#233;e aux combats historiques de la gauche. Elle est incompatible avec le lib&#233;ralisme, qui, sous couvert de d&#233;veloppement durable, fait perdurer la recherche du profit maximal, la dynamique imp&#233;rialiste et le &#171; court-termisme &#187;. Elle r&#233;fute l'impasse sociale-d&#233;mocrate qui voudrait que toute redistribution passe d'abord par la relance de la croissance. Les richesses existent, il n'y a pas lieu d'attendre pour les redistribuer. Et ce mod&#232;le d'expansion infinie est un suicide de notre civilisation. Nous n'attendons donc ni la croissance &#224; tous crins ni les &#171; b&#233;n&#233;fices &#187; de l'aust&#233;rit&#233;, et ne croyons ni &#224; l'une ni aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre projet implique, au contraire, une &#233;conomie au service des besoins sociaux qui rompe avec la doxa lib&#233;rale. Elle passe par la d&#233;sob&#233;issance aux directives de l'Europe lib&#233;rale et engage la r&#233;vision en profondeur du syst&#232;me productif par les &#171; 4 R &#187; : relocalisation, r&#233;industrialisation, reconversion industrielle et redistribution du travail. Pour pallier les limites du PIB &#224; mesurer le &#171; bien-vivre &#187;, elle instaure la r&#232;gle verte comme crit&#232;re syst&#233;matique d'empreinte &#233;cologique. L'&#233;cosocialisme est un combat internationaliste et universaliste, il reconna&#238;t la dette &#233;cologique et sociale de l'industrialisation effr&#233;n&#233;e, et ses effets sur le climat, le pillage des ressources naturelles, l'accaparement des terres et la responsabilit&#233; des r&#232;gles impos&#233;es par la Tro&#239;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons r&#233;aliser un &#171; compromis in&#233;dit entre bleus de travail et souci de la plan&#232;te [1] &#187; . Des salari&#233;s en lutte sont porteurs de projets alternatifs impliquant d&#233;j&#224; les principes de la planification &#233;cologique : prise en compte du temps long, contr&#244;le des travailleurs et des usagers, ma&#238;trise publique. Si la collectivit&#233; et l'&#201;tat sont &#224; refonder dans une VIe r&#233;publique assurant la souverainet&#233; populaire, ils restent indispensables pour planifier la rupture, construire un cadre &#233;mancipateur et garantir l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s. Les biens communs comme l'eau, l'&#233;nergie, les services publics, qui jouent un r&#244;le social et &#233;cologique essentiel, doivent &#234;tre nationalis&#233;s en repensant l'articulation entre &#201;tat, syndicats, associations et usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut lutter et r&#233;sister pour inventer &#224; travers des alternatives concr&#232;tes et des actions de d&#233;sob&#233;issance civique non-violente. En parall&#232;le, il nous faut mener le combat id&#233;ologique par l'&#233;ducation populaire pour &#171; d&#233;coloniser l'imaginaire &#187; et d&#233;noncer la vision d'un individu-consommateur docile. Nous en combattons les bras arm&#233;s que sont la publicit&#233;, avec son cort&#232;ge de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les m&#233;dias, avec leur injonction d'achat permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause du syst&#232;me ne peut r&#233;sulter d'une simple alternance &#233;lectorale et de d&#233;cisions venues d'en haut. Elle exige que les majorit&#233;s parlementaires &#233;cosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d'implication populaire dans tous les domaines. Cette r&#233;appropriation de l'initiative politique dans le but de d&#233;terminer quel est l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, c'est ce que nous nommons la r&#233;volution citoyenne. Elle est indispensable pour &#233;viter que le d&#233;sespoir et la col&#232;re ne basculent du c&#244;t&#233; de la haine, et pour faire fleurir la r&#233;volution &#233;cosocialiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Par Corinne Morel-Darleux, Mathieu Agostini - 28 novembre 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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