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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les &#233;lections f&#233;d&#233;rales : une offre politique plus que d&#233;cevante</title>
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		<dc:date>2019-10-08T08:39:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin, Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2019-10-08</dc:subject>

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&lt;p&gt;D'abord, une tranche de vie toute contemporaine : un ami Facebook bien connu pour son all&#233;geance souverainiste publie un statut dans lequel il annonce (&#171; coup de th&#233;&#226;tre &#187; &#233;crit-il) qu'il s'appr&#234;te &#224; voter - pour une premi&#232;re fois de sa vie - pour le Parti Lib&#233;ral du Canada. &lt;br class='autobr' /&gt; Benoit Gaulin et Philippe Boudreau, professeurs de sciences sociales au Coll&#232;ge Ahuntsic &lt;br class='autobr' /&gt; Cette d&#233;cision &#233;tonnante qui a suscit&#233; acquiescements mais aussi quelques commentaires acerbes, n'est pas sans nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-federales-2019-1533-+" rel="tag"&gt;&#201;lections f&#233;d&#233;rales 2019&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-10-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-10-08&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton40582-98f0e.jpg?1781148472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'abord, une tranche de vie toute contemporaine : un ami Facebook bien connu pour son all&#233;geance souverainiste publie un statut dans lequel il annonce (&#171; coup de th&#233;&#226;tre &#187; &#233;crit-il) qu'il s'appr&#234;te &#224; voter - pour une premi&#232;re fois de sa vie - pour le Parti Lib&#233;ral du Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Benoit Gaulin et Philippe Boudreau, professeurs de sciences sociales au Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette d&#233;cision &#233;tonnante qui a suscit&#233; acquiescements mais aussi quelques commentaires acerbes, n'est pas sans nous intriguer et soul&#232;ve de nombreuses questions pour tout observatrice/ observateur du champ politique qu&#233;b&#233;cois qui, &#224; n'en pas douter, est en pleine transformation depuis quelques ann&#233;es. Petit bilan, donc, de quelques-unes de ces &#233;volutions &#224; la veille du rendez-vous &#233;lectoral f&#233;d&#233;ral du 21 octobre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Pierre Bourdieu a d&#233;fini le champ politique comme le &#171; lieu o&#249; s'engendrent, dans la concurrence entre les agents qui s'y trouvent engag&#233;s, des produits politiques, probl&#232;mes, programmes, analyses et commentaires, concepts, &#233;v&#233;nements, entre lesquels les citoyens ordinaires [sont] r&#233;duits au statut de consommateurs&#8230; &#187; Or, force est de constater que produits et programmes politiques, tout compte fait, se ressemblent passablement. Par exemple, sur l'axe fondamental gauche-droite, le positionnement des partis porte essentiellement sur une qualification du lib&#233;ralisme. Exception faite du clivage sur la question de la la&#239;cit&#233; au Qu&#233;bec, le &#171; consommateur-&#233;lecteur &#187; se retrouve devant des partis sans v&#233;ritable projet distinctif, ceux-ci promettant la &#171; bonne gouvernance &#187; et la gestion &#224; court terme du monde-tel-qu'il-est. La campagne se d&#233;roule, plus que jamais, &#224; coup de slogans vides et de mini-scandales format&#233;s par des sp&#233;cialistes de la communication. Tout cela nous &#233;loigne &#233;videmment d'une v&#233;ritable conversation d&#233;mocratique portant sur les nombreux enjeux collectifs contemporains qui nous interpellent pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bref tour d'horizon nous confirme cela facilement. &#192; deux semaines du scrutin, on constate &#224; quel point la campagne conservatrice est peu convaincante. Son chef souvent pouss&#233; dans les c&#226;bles, le Parti conservateur n'arrive pas &#224; constituer une alternative cr&#233;dible. De surcro&#238;t, la plupart de ses propositions n'int&#233;ressent pas le Qu&#233;bec. Le monarque Trudeau pourrait bien prolonger de quatre ans la dur&#233;e de sa dynastie tant son principal adversaire est path&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rendue de moins op&#233;ratoire apr&#232;s deux &#233;checs r&#233;f&#233;rendaires, la question nationale devient quelque peu marginale pour beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois et c'est la question de la la&#239;cit&#233; qui semble l'avoir remplac&#233;e &#224; la faveur de la crise des accommodements raisonnables et plus, r&#233;cemment, des d&#233;bats autour de la charte des valeurs du PQ et de la loi 21 vot&#233;e par le gouvernement qu&#233;b&#233;cois. De notre point de vue, puisqu'il n'entend surtout pas nous faire sortir de la fournaise identitaire, le Bloc qu&#233;b&#233;cois peut difficilement constituer une option. En agitant le hochet de la la&#239;cit&#233; caquiste, le Bloc fait davantage que se montrer opportuniste : il nous &#233;loigne du nationalisme d'&#233;mancipation et met hors-jeu la question nationale. En effet, il est difficile de remettre &#224; l'ordre du jour la souverainet&#233; quand les principaux partis l'ayant port&#233;e ont min&#233; sa substance et sap&#233; les conditions de la d&#233;lib&#233;ration sur notre destin collectif. Avec ce nationalisme de survivance, le discours bloquiste donne (malgr&#233; lui) un vernis progressiste au PLC. Comment reprocher &#224; des souverainistes de mettre de c&#244;t&#233; le projet de pays et d'user de realpolitik le 21 octobre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, entendu le contexte marqu&#233; par la popularit&#233; de loi 21 au Qu&#233;bec, on peut facilement faire (&#224; regret) l'hypoth&#232;se que le turban de Jagmeet Singh plombe le NPD, et postuler, en cons&#233;quence, que le Bloc Qu&#233;b&#233;cois devient en quelque sorte la valeur refuge pour les CAQuistes et les p&#233;quistes &#171; identitaires &#187;. Ainsi, Trudeau-fils cueille le vote (outre celui de sa client&#232;le traditionnelle des anglophones et des minorit&#233;s culturelles) de plusieurs orphelins id&#233;ologiques, particuli&#232;rement celui des francophones pragmatiques qui ne se reconnaissent ni dans le discours conservateur et contradictoire du Bloc (ex. : &#171; vert &#187; et &#171; pas contre &#187; le 3&#232;me lien &#224; Qu&#233;bec) ni dans le brouillard id&#233;ologique du Parti Vert qui ne sait s'il est de gauche ou de droite, pour ou contre l'avortement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre explication de la victoire probable du PLC le 21 octobre prochain tient au syst&#232;me lui-m&#234;me. En renon&#231;ant &#224; r&#233;former le mode de scrutin, le gouvernement lib&#233;ral s'est facilit&#233; la t&#226;che afin de conserver le pouvoir et il perp&#233;tue le bipartisme. Avec lui, le Canada conserve les pires d&#233;fauts du parlementarisme britannique et retarde la modernisation de ses institutions politiques. Tout doit &#234;tre maintenu : le S&#233;nat antid&#233;mocratique, la concentration du pouvoir dans les mains du Premier ministre et de sa garde rapproch&#233;e, l'obligation de soumettre &#224; la Couronne toute d&#233;cision importante de l'ex&#233;cutif ou du Parlement. Non seulement le Parti lib&#233;ral a-t-il trahi une partie de sa base &#233;lectorale en maintenant le scrutin majoritaire uninominal, mais il montre dans quelle mesure peut &#234;tre t&#233;nu, sous sa gouverne, le potentiel de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engonc&#233; dans ses vieilles traditions h&#233;rit&#233;es de l'Empire, notre r&#233;gime politique, con&#231;u avant tout pour pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;lite, continuera vraisemblablement de profiter au PLC. Justin Trudeau et son entourage pourront poursuivre leur &#339;uvre de nation building canadien. Au c&#339;ur de cette entreprise d'&#233;dification de l'appartenance, une conception radicalement lib&#233;rale de l'identit&#233; politique, faisant du citoyen atomis&#233; l'unit&#233; de base de la &#171; nation &#187; canadienne. Le PLC trudeauiste, avec sa d&#233;fense d'un individualisme a-cuturel, a-social et a-politique, gommant toute notion de droits collectifs, n'a que faire des aspirations nationales des peuples autochtones ou du peuple qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du p&#232;re toutefois, le fils ne mise pas sur la joute constitutionnelle ou les grands jalons juridiques. On l'a vu depuis 2016, sa vision de l'unit&#233; canadienne est plus terre &#224; terre, ax&#233;e sur la satisfaction de puissants int&#233;r&#234;ts : hausse des exportations de p&#233;trole albertain gr&#226;ce au projet Trans Mountain, affinit&#233;s avec le milieu des affaires de Bay Street, grossi&#232;re tentative d'&#233;pargner un proc&#232;s &#224; la firme SNC-Lavalin, stimulation de l'activit&#233; &#233;conomique dans toutes les r&#233;gions du pays &#224; grands renforts de d&#233;ficits...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, revenons bri&#232;vement au coup de th&#233;&#226;tre de notre ami Facebook et &#224; son appui ouvert &#224; Steven Guilbeault. On peut raisonnablement penser que cet ami fait partie de ces francophones pragmatiques qui votent souvent d'ailleurs moins pour le parti que pour &#171; l'homme &#187; comme on dit famili&#232;rement. A fortiori quand celui-ci b&#233;n&#233;ficie d'un capital symbolique lui-m&#234;me amass&#233; &#224; partir de maintes interventions m&#233;diatiques portant sur une question &#171; chaude &#187; de l'actualit&#233; sociale et politique : ici, la question environnementale. D&#233;monstration parfaite de l'autonomie toute relative du champ politique, travers&#233; est-il par des logiques exog&#232;nes et des agents situ&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res plus que poreuses : journalistes, experts, lobbyistes, chroniqueurs, etc. qui, entretenant des relations d'interd&#233;pendance plus ou moins l&#226;ches avec le champ politique, influent indubitablement sur la vie politique qu&#233;b&#233;coise et canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, dans un contexte comme le n&#244;tre, fortement marqu&#233; par le th&#232;me du r&#233;chauffement climatique qui s'est invit&#233; massivement dans la campagne (et dans les rues du centre-ville de Montr&#233;al le 27 d&#233;cembre dernier), l'aura entourant notre Nicolas Huot national est m&#234;me en mesure de faire oublier &#224; des &#233;lecteurs souverainistes la longue tradition anti-Qu&#233;bec du PLC et, plus pr&#233;cis&#233;ment, les nombreuses exactions de Trudeau-p&#232;re pendant son long r&#232;gne : la loi des mesure de guerre, le rapatriement unilat&#233;ral de la constitution, les efforts pour faire &#233;chouer l'Accord du Lac Meech, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que cette fois-ci, le d&#233;sarroi est grand chez les souverainistes progressistes. On vient de le constater, la pauvret&#233; de l'offre politique n'est pas sans lien avec ce d&#233;sarroi. De plus, &#224; l'&#233;chelle canadienne, la gauche est en panne. Les mouvements sociaux au Canada sont fragment&#233;s et sur la d&#233;fensive. Le d&#233;ploiement de leur action sur le terrain politique appara&#238;t hors de port&#233;e tant leur faiblesse est patente. Et apr&#232;s des ann&#233;es de recentrage blairiste, le NPD est aujourd'hui isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, une partie de la gauche et du mouvement f&#233;ministe s'est laiss&#233; s&#233;duire par les arguments &#224; saveur identitaire. R&#233;sultat, les forces dites progressistes sont divis&#233;es plus que jamais. Sans compter l'indigence de la pens&#233;e souverainiste dominante caract&#233;ris&#233;e par son nouveau f&#233;tiche identitaire venant s'ajouter &#224; celui de l'&#233;conomie d'abord&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; au provincial il y a un an, le syst&#232;me partisan canadien restera inchang&#233; le 21 octobre. Aucun r&#233;alignement &#233;lectoral n'&#233;tant en vue, le duopole exerc&#233; par les partis existant depuis 152 ans se poursuivra de plus belle. En d&#233;finitive, la question de l'urne ne sera ni l'urgence climatique, ni le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples fondateurs. Au Qu&#233;bec et chez les Premi&#232;res nations, l'appartenance &#224; cet immense &#201;tat n&#233;ocolonial, dont l'&#233;conomie carbure aux in&#233;galit&#233;s sociales et aux sables bitumineux, continuera longtemps d'&#234;tre subie, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre choisie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syndicalisme : institution ou mouvement ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syndicalisme-institution-ou-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syndicalisme-institution-ou-mouvement</guid>
		<dc:date>2018-03-27T08:24:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fanny Theurillat-Cloutier, Hubert Forcier, Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De tous les mouvements sociaux des temps modernes, le syndicalisme est celui qui a favoris&#233; l'organisation du plus grand nombre de personnes et, ne serait-ce que pour cette raison, il figure parmi les mouvements sociaux les plus puissants de notre &#233;poque. Pourtant, aucun dossier des Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS) ne lui avait encore &#233;t&#233; consacr&#233;, bien que le syndicalisme et les luttes ouvri&#232;res &#8211; d'ici et d'ailleurs &#8211; aient fait l'objet de plusieurs textes dans nos pages, &#224; chaque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton34189-7646b.png?1782003104' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De tous les mouvements sociaux des temps modernes, le syndicalisme est celui qui a favoris&#233; l'organisation du plus grand nombre de personnes et, ne serait-ce que pour cette raison, il figure parmi les mouvements sociaux les plus puissants de notre &#233;poque. Pourtant, aucun dossier des Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS) ne lui avait encore &#233;t&#233; consacr&#233;, bien que le syndicalisme et les luttes ouvri&#232;res &#8211; d'ici et d'ailleurs &#8211; aient fait l'objet de plusieurs textes dans nos pages, &#224; chaque num&#233;ro ou presque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de deux si&#232;cles d'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le premier quart du XIXe si&#232;cle, au grand dam des riches et des puissants, le mouvement ouvrier &#233;merge en Grande-Bretagne, en France et aux &#201;tats-Unis, &#224; travers des gr&#232;ves en cascades et la cr&#233;ation des premiers syndicats. La r&#233;pression, quoique f&#233;roce, ne peut venir &#224; bout de ce mouvement naissant, dans des pays marqu&#233;s par l'essor industriel, l'urbanisation et des avanc&#233;es politiques significatives. D&#232;s ses balbutiements, le mouvement syndical doit composer avec certaines tensions, notamment entre les ouvriers qualifi&#233;s et les non qualifi&#233;s ou encore entre sa frange plus combative et une autre plus corporatiste. Cela ne l'emp&#234;che toutefois pas de remporter des victoires d&#233;cisives au terme de plusieurs luttes courageuses men&#233;es dans de multiples milieux du monde du travail qui consolident son essor et favorisent son expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tisserands, ouvri&#232;res d'allumetti&#232;res, charpentiers, fileurs et bobineuses de coton, ouvriers du b&#226;timent ou des chantiers navals, tailleurs, mineurs des houill&#232;res et tant d'autres s'impliquent dans des combats vigoureux pour am&#233;liorer leurs salaires, r&#233;duire le nombre d'heures de la journ&#233;e de travail et diminuer la cadence. Parfois, au risque de leur vie, ils arr&#234;tent la production et &#233;crivent dans leurs actions l'histoire du mouvement ouvrier : &#224; Manchester, Liverpool, Lancaster, Lyon, Paris, Rouen, Clermont-Ferrand, Boston, Philadelphie, New York, Pawtucket, Dover&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution industrielle, implacable, &#233;tale sans g&#234;ne son visage hideux : l'exploitation des enfants, les salaires consid&#233;rablement moindres pour les femmes que pour les hommes, les conditions de vie et de travail insalubres sont la triste norme. Peu &#224; peu vont surgir des projets visant le remplacement du capitalisme inhumain par une soci&#233;t&#233; plus juste, fond&#233;e sur l'&#233;panouissement des individus, leur coop&#233;ration, leur bien-&#234;tre et leur libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1820, les exp&#233;riences d'Owen, de St-Simon et de Fourier notamment[1], ainsi que les id&#233;es sur lesquelles elles se fondent, jouissent d'une notori&#233;t&#233; incontest&#233;e. La pens&#233;e f&#233;ministe se d&#233;veloppe elle aussi durant cette p&#233;riode, de m&#234;me que les organisations reposant sur l'engagement sociopolitique des femmes. Un premier syndicat regroupant des ouvri&#232;res est cr&#233;&#233; aux &#201;tats-Unis, la United Tailoresses Society, qui d&#233;clenche la premi&#232;re gr&#232;ve de femmes dans ce pays en 1825.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cialistes des sciences humaines et plusieurs intellectuels-les se sont pench&#233;s sur l'&#233;mergence au XIXe si&#232;cle de cette nouvelle classe de travailleurs et de travailleuses, formant ce qu'on appelle le prol&#233;tariat, et ont voulu reconstituer les circonstances de cette apparition &#8211; sujet qui fait d'ailleurs toujours l'objet de d&#233;bats entre les chercheurs et les chercheuses. Une interpr&#233;tation courante veut que cette classe soit le fruit d'un processus de construction active de la part des salari&#233;s-e-s, qui progressivement cherchent &#224; s'organiser, prenant conscience qu'ensemble ils et elles forment une seule et m&#234;me classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette classe ouvri&#232;re n'est pas un produit m&#233;canique de la structure &#233;conomique propre &#224; la r&#233;volution industrielle ; elle n'existe pas spontan&#233;ment du seul fait des rapports sociaux capitalistes, qui induisent la cr&#233;ation de regroupements, de cat&#233;gories &#8211; li&#233;es aux m&#233;tiers par exemple &#8211; recouvrant des conditions d'existence bien r&#233;elles. La classe ouvri&#232;re appara&#238;t plut&#244;t comme le r&#233;sultat d'une longue (et souvent contradictoire) s&#233;rie de choix des salari&#233;s-e-s, choix qui participent d'un travail identitaire, accompli &#224; l'&#233;chelle de tr&#232;s vastes groupes d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs auteur-e-s en sciences sociales reconnaissent par exemple le r&#244;le jou&#233; dans la formation de la classe ouvri&#232;re par les ouvriers qualifi&#233;s, qui mettent sur pied les syndicats les plus robustes et les plus combatifs, cr&#233;ant ainsi non seulement un mod&#232;le de regroupement et de d&#233;fense collective des droits dans la sph&#232;re &#233;conomique, mais surtout une base mat&#233;rielle &#224; partir de laquelle effectuer des perc&#233;es beaucoup plus larges, autant en termes organisationnels que politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus de formation de la classe ouvri&#232;re, aussi bien en Europe de l'Ouest qu'en Am&#233;rique du Nord, bien que des manifestations de repli sur des int&#233;r&#234;ts particuliers existent d&#232;s les d&#233;buts du syndicalisme, les ouvriers qualifi&#233;s ont largement tendance &#224; promouvoir l'organisation des secteurs salari&#233;s dans une force tr&#232;s large et, ultimement, tr&#232;s puissante : le syndicalisme de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe sociale est pour ainsi dire d'abord un horizon. Cet horizon tr&#232;s ambitieux, qui implique un profond changement social, exige de longues d&#233;cennies de lutte pour pouvoir &#234;tre atteint. Durant cette longue marche, les secteurs ouvriers lient, dans leurs combats, des demandes &#224; caract&#232;re &#233;conomique &#224; des ambitions de nature politique. L'&#233;ventail de leurs aspirations est donc tr&#232;s large et fait constamment l'objet de d&#233;bats. Dans ce cadre, l'initiative des acteurs est d&#233;terminante : la construction active de la classe ouvri&#232;re proc&#232;de d'un travail patient, presque quotidien, supposant r&#233;flexion, sens tactique, d&#233;ploiement d'un registre discursif et aptitude &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;tudes sur le syndicalisme du XIXe si&#232;cle soulignent l'importance, voire l'intelligence, des choix tactiques et identitaires faits par les ouvriers &#224; cette &#233;poque. &#192; travers leurs revendications, leurs slogans et les symboles qu'ils mobilisent, ceux-ci int&#233;riorisent l'id&#233;e que la masse des salari&#233;-e-s, par-del&#224; les clivages locaux ou r&#233;gionaux, par-del&#224; le secteur industriel ou &#233;conomique, partage pour une large part les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts dans sa r&#233;sistance au capitalisme, &#224; tout le moins suffisamment pour constituer peu &#224; peu une classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imaginaire politique et les r&#233;f&#233;rences culturelles contribuent de mani&#232;re significative &#224; ce processus. Dans le cadre de leurs gr&#232;ves, de leurs assembl&#233;es publiques et de leurs efforts pour faire partager leurs revendications, les salari&#233;-e-s puisent tant&#244;t &#224; l'imaginaire r&#233;volutionnaire (fran&#231;ais ou am&#233;ricain), tant&#244;t au radicalisme anglais, tant&#244;t encore au registre moral chr&#233;tien ; ils choisissent puis combinent ces &#233;l&#233;ments dans l'espoir de convaincre d'autres secteurs, de conqu&#233;rir les esprits, puis de gagner leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ploiement politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, &#224; la fois sujet et force politique, est enfin reconnue comme une r&#233;alit&#233; sociale incontestable vers la fin du XIXe si&#232;cle. Au c&#339;ur de ses mobilisations, l'on retrouve une pr&#233;tention &#224; vouloir changer profond&#233;ment la soci&#233;t&#233;, ce qui implique de prendre le pouvoir. Partout en Occident la lutte pour le suffrage universel devient prioritaire aux yeux du mouvement ouvrier, qui en fait le pivot de son intervention politique pendant de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es. Le suffrage universel s'av&#232;re &#234;tre ainsi une des plus grandes conqu&#234;tes ouvri&#232;res, p&#233;niblement arrach&#233;e &#224; la bourgeoisie ; cela est chose faite pour les hommes dans quasiment tous les &#201;tats occidentaux d&#232;s la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Le mouvement f&#233;ministe obtiendra l'&#233;quivalent pour les femmes dans les d&#233;cennies suivantes, avec l'appui des &#233;l&#233;ments les plus progressistes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise du pouvoir politique appara&#238;t comme un puissant levier de transformation des conditions d'existence de la majorit&#233;, dans la sph&#232;re &#233;conomique notamment. Cette perspective s'inscrit dans le cadre d'un projet sociopolitique stimulant et g&#233;n&#233;reux, le socialisme, dont l'attrait est si fort qu'il contribue &#224; la puissance de la classe ouvri&#232;re et de ses organisations. D'importantes r&#233;formes sociales, issues des revendications socialistes, sont souvent adopt&#233;es dans les &#201;tats occidentaux avant m&#234;me l'&#233;lection des partis issus de ce courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis ouvriers deviennent si populaires en Europe que la classe qu'ils repr&#233;sentent semble aux portes du pouvoir. Au XXe si&#232;cle, une partie de l'intelligentsia voit en ce mouvement de classe l'acteur privil&#233;gi&#233;, l'&#233;lu qui pr&#233;sidera &#224; l'entr&#233;e des soci&#233;t&#233;s dans une &#232;re nouvelle. Le si&#232;cle dont nous sortons a &#233;t&#233; t&#233;moin en effet d'exp&#233;riences nombreuses, vari&#233;es, de prise du pouvoir par des partis ouvriers. Certains gouvernements en place, inquiets devant la mont&#233;e en force du mouvement socialiste, r&#233;primeront parfois tr&#232;s violemment ces tentatives (en Allemagne dans les ann&#233;es 1930 ou au Chili dans les ann&#233;es 1970).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 60 ann&#233;es suivant la Seconde Guerre mondiale auront &#233;t&#233; particuli&#232;rement propices &#224; la venue de partis issus de la tradition ouvri&#232;re &#224; la t&#234;te des appareils d'&#201;tat, en particulier en Europe et en Am&#233;rique. Dans l'Occident capitaliste, ces partis ont toutefois souvent opt&#233;, une fois au pouvoir, pour une approche r&#233;formiste et mod&#233;r&#233;e. La victoire &#233;lectorale est devenue peu &#224; peu (notamment sous l'influence des m&#233;dias, des maisons de sondage et des sp&#233;cialistes de l'image) une esp&#232;ce de &#171; science &#187;, dont les experts et les technocrates se sont hiss&#233;s dans les &#233;tats-majors de tous les grands partis, incluant ceux se r&#233;clamant du courant socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; ils gouvernent, ces partis font le choix de composer avec le capitalisme qui se d&#233;ploie, dans les ann&#233;es 1980, 1990 et 2000, &#224; travers les politiques n&#233;olib&#233;rales. Ils pilotent des politiques r&#233;gressives pour satisfaire, dans une large mesure, les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs des march&#233;s. Partout o&#249; ce type de gouvernement est au pouvoir, la r&#233;sistance est vive et les politiques r&#233;gressives sont combattues dans la rue, parfois &#226;prement et avec un relatif succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux et populaires, comme plusieurs auteur-e-s en sciences sociales, ont eu amplement l'occasion au cours des derni&#232;res ann&#233;es de dresser le bilan de la gestion de ces partis r&#233;formistes, issus de la social-d&#233;mocratie. Bien qu'encore capables de rallier, dans quelques pays, des segments significatifs de l'&#233;lectorat, ils se sont discr&#233;dit&#233;s aux yeux de leur base historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res d&#233;cennies d'offensive n&#233;olib&#233;rale ont permis en outre de mettre en lumi&#232;re, de fa&#231;on &#233;loquente, un processus de disjonction entre la gestion sociale-d&#233;mocrate et les dynamiques revendicatives se d&#233;ployant dans la rue. Travaillistes britanniques, sociaux-d&#233;mocrates allemands, socialistes fran&#231;ais ou espagnols, pour nous en tenir &#224; ces exemples, ont eu &#224; affronter &#224; r&#233;p&#233;tition, et parfois brutalement, la col&#232;re des secteurs frapp&#233;s de plein fouet par leurs politiques favorables aux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un long processus de recomposition &#233;lectoraliste de leurs assises, le caract&#232;re ouvrier et populaire de ces partis s'est tari et leur programme a &#233;pous&#233; peu &#224; peu le credo des soci&#233;t&#233;s lib&#233;rales. Tant et si bien que la social-d&#233;mocratie se retrouve aujourd'hui dans une impasse et que le mouvement qui l'a mise au monde est devenu orphelin, d&#233;pouill&#233; de son projet historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Institutions versus mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le socialisme a pu, pendant une centaine d'ann&#233;es, accompagner la mont&#233;e et le rayonnement de la classe ouvri&#232;re, autant la liquidation gouvernementale de ce projet par les partis sociaux-d&#233;mocrates affaiblit les mouvements sociaux aujourd'hui. On peut d&#233;plorer non seulement que le mouvement ouvrier ait &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; dans sa tentative historique de prendre le pouvoir pour transformer la soci&#233;t&#233;, mais on doit &#233;galement reconna&#238;tre que le syndicalisme est aujourd'hui en panne d'un projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence d'un horizon de transformation sociale port&#233; par le mouvement syndical contribue &#224; son affaiblissement. Dans un pareil contexte, les organisations ont tendance &#224; opter pour des perspectives strat&#233;giques plus modestes, perspectives qualifi&#233;es parfois d'attentistes et de d&#233;fensives. L'id&#233;e m&#234;me que les secteurs salari&#233;s et populaires puissent prendre le pouvoir un jour tend &#224; dispara&#238;tre du programme syndical, dans une p&#233;riode o&#249; par ailleurs le capitalisme appara&#238;t ind&#233;logeable et o&#249;, progressivement, le lib&#233;ralisme politique &#8211; conf&#233;rant &#224; l'individu l'enti&#232;re responsabilit&#233; de l'intervention politique &#8211; tient lieu de cadre de r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de d&#233;ploiement sur le terrain partisan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des pays capitalistes riches et d&#233;velopp&#233;s, les organisations syndicales ont cependant mieux surv&#233;cu &#224; l'offensive n&#233;olib&#233;rale que les partis sociaux-d&#233;mocrates. &#192; long terme, il ne faudrait surtout pas que l'institution syndicale connaisse un destin semblable &#224; celui affligeant les partis sociaux-d&#233;mocrates, &#224; savoir une disjonction d&#233;finitive avec les dynamiques revendicatives s'exprimant dans la rue. Les organisations syndicales se retrouvent &#224; la crois&#233;e des chemins et plusieurs appellent &#224; leur renouvellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de reflux, nous avons voulu, &#224; travers ce dossier des NCS, explorer quelques d&#233;fis et pistes qui s'offrent &#224; ces organisations. Parmi ces d&#233;fis, il faut signaler notamment l'&#233;cart grandissant entre le taux de syndicalisation du secteur public et celui du secteur priv&#233;, de m&#234;me que le r&#233;cent red&#233;coupage de la carte syndicale dans le secteur de la sant&#233; et des services sociaux. On peut en dire autant de la distanciation importante qui se creuse entre les membres et les &#233;lu-e-s syndicaux et du cadre l&#233;gal qui restreint progressivement l'action syndicale. Ce qui ressort des nombreux d&#233;fis auxquels doit faire face le mouvement syndical, c'est son incapacit&#233; globale de plus en plus grande &#224; obtenir des gains qui am&#233;liorent consid&#233;rablement le quotidien des travailleuses et des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fait ici le pari que le syndicalisme ne se r&#233;duisait pas aux organisations syndicales nationales, dont la culture institutionnelle est forte et l'ordre du jour minutieusement encadr&#233;, notamment par les lois et plusieurs dispositifs d'ordre r&#233;glementaire ou administratif. La perspective privil&#233;gi&#233;e dans ce num&#233;ro des NCS d&#233;coule d'une compr&#233;hension davantage &#171; mouvementiste &#187; du syndicalisme, en droite filiation avec ce que nous avons d&#233;crit plus haut sur le r&#244;le d&#233;terminant des salari&#233;-e-s dans le processus de constitution de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici ce raisonnement : l'identit&#233; de classe ne rel&#232;ve pas m&#233;caniquement d'une condition salariale pr&#233;cise ou d'un rapport sp&#233;cifique aux moyens de production, mais elle est sculpt&#233;e dans et par l'action politique collective qui forge une conscience collective de partager des conditions socio&#233;conomiques semblables ou une m&#234;me volont&#233; de transformation sociale. La naissance de la classe ouvri&#232;re fut un tr&#232;s long processus, au cours duquel les acteurs et les actrices ont eu &#224; d&#233;battre, &#224; exercer subjectivement leur jugement et &#224; effectuer un grand nombre de choix, qui n'allaient pas de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transformations du march&#233; du travail de la fin du XXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXIe ont pu certes gommer certains des traits historiques de l'identit&#233; de classe, rendant quelque peu exotique aujourd'hui la notion m&#234;me de classe ouvri&#232;re. Et la diversification des statuts dans la sph&#232;re &#233;conomique soul&#232;ve de grands d&#233;fis pour les dynamiques unificatrices ayant traditionnellement conf&#233;r&#233; sa force au mouvement ouvrier, davantage encore dans un contexte o&#249; la ramification des diff&#233;rents titres d'emploi est elle-m&#234;me en vogue dans le syndicalisme contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diversification implique que le r&#244;le du travail d'organisation des secteurs salari&#233;s et populaires devient &#224; la fois plus complexe et plus d&#233;terminant. En outre, le travail d'organisation syndicale est confront&#233; &#224; des options d&#233;licates, dont l'issue aura un r&#244;le d&#233;terminant sur la suite des choses. Reconstituer un mouvement syndical massif et puissant suppose d&#232;s lors une aptitude &#224; reconfigurer une identit&#233; de classe commune et ample, capable de r&#233;unir diff&#233;rents groupes vuln&#233;rables, mais tous soumis aux assauts du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical a ainsi pour t&#226;che de voir bien au-del&#224; de la d&#233;fense des salari&#233;s-e-s qu'il repr&#233;sente traditionnellement, s'il esp&#232;re recr&#233;er une identit&#233; rassembleuse, non pas de mani&#232;re arbitraire ou h&#233;g&#233;monique, mais en s'appuyant sur les collectivit&#233;s agissantes et les luttes tr&#232;s contemporaines, situ&#233;es souvent en p&#233;riph&#233;rie du travail salari&#233; r&#233;gulier (qui se fait lui-m&#234;me de plus en plus rare).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque ces collectivit&#233;s et ces luttes s'inscrivent dans la r&#233;sistance &#224; l'exploitation capitaliste et aux mesures aust&#233;ritaires, elles devraient d'embl&#233;e &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme prioritaires dans l'optique de la recomposition du mouvement de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ouvri&#232;re du XIXe si&#232;cle nous enseigne &#224; quel point l'identit&#233; de classe est une r&#233;alit&#233; construite, patiemment forg&#233;e par les acteurs sociaux, puisant &#224; m&#234;me leur condition mat&#233;rielle bien s&#251;r, mais mobilisant aussi des r&#233;f&#233;rents culturels, des symboles, des sensibilit&#233;s politiques, des repr&#233;sentations de divers ordres, ainsi qu'un sens tactique ind&#233;niable. Puisqu'il est &#224; la crois&#233;e des chemins, n'est-il pas temps pour le mouvement syndical de renouer avec ce riche bagage propre aux r&#233;sistances et initiatives contemporaines, dans toute leur diversit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contenu du dossier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons distribu&#233; le dossier en quatre sections qui permettent, d'une part, de dresser certains constats sur le syndicalisme et de pr&#233;senter, d'autre part, des pistes de renouvellement pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fis du syndicalisme contemporain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles de cette section s'int&#233;ressent &#224; certains des d&#233;fis importants du mouvement syndical contemporain et permettent de placer des jalons de r&#233;flexion sur l'avenir du syndicalisme. Plongeant dans l'histoire du deuxi&#232;me front, Ren&#233; Charest analyse les diff&#233;rentes p&#233;riodes historiques du syndicalisme qu&#233;b&#233;cois depuis la lutte du Front commun de 1972 jusqu'&#224; nos jours, en d&#233;crivant les points de tension et en faisant ressortir la ligne politique dominante de chacune d'entre elles. Il propose de renouer avec une analyse de classe contemporaine si on entend constituer un nouveau deuxi&#232;me front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur article, Ian MacDonald et Mathieu Dupuis s'int&#233;ressent &#224; la probl&#233;matique du r&#244;le des syndicats dans le domaine de la finance, sur les march&#233;s des capitaux et sur la gouvernance des entreprises. La recherche des auteurs permet de mieux comprendre les limites de l'action syndicale dans ces domaines, cette action ne parvenant pas la plupart du temps &#224; augmenter le pouvoir des travailleuses et des travailleurs dans les milieux de travail pourtant soutenus par les syndicats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de Carole Yerochewski, qui porte sur la question des femmes et du syndicalisme, soul&#232;ve pour sa part l'enjeu de la recomposition de l'identit&#233; ouvri&#232;re, en s'interrogeant sur l'objet m&#234;me de l'intervention syndicale et la n&#233;cessit&#233; pour celle-ci de se d&#233;ployer aupr&#232;s des cat&#233;gories parmi les plus pr&#233;caires et exploit&#233;es de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tudiant l'impact de la nouvelle gestion publique sur le travail et la vie des intervenantes sociales, G&#233;raldine Bureau propose un panorama des transformations actuelles du monde du travail. &#192; partir des interventions du Regroupement, &#233;changes, concertations des intervenantes et des formatrices en social (R&#201;CIFS), elle rappelle les m&#233;thodes d&#233;velopp&#233;es par ces travailleuses et travailleurs pour faire face &#224; la perte de sens au travail. L'auteure invite les organisations syndicales &#224; cr&#233;er des espaces pour le d&#233;veloppement de pratiques autonomes visant &#224; d&#233;fendre l'autonomie et la qualit&#233; de vie au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicalisme dans les Am&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre articles &#233;voquent l'&#233;volution du syndicalisme dans les Am&#233;riques, des &#201;tats-Unis &#224; l'Am&#233;rique latine. Pierre Mouterde dresse le portrait des transformations des organisations syndicales dans plusieurs pays de l'Am&#233;rique du Sud. Cet article est particuli&#232;rement int&#233;ressant pour mieux comprendre les d&#233;fis que rencontrent ces syndicats alors qu'ils perdent progressivement leur place centrale dans les luttes progressistes. Si les syndicalistes veulent reprendre la voie de l'offensive, ils doivent d'abord comprendre comment ils se sont retrouv&#233;s sur la d&#233;fensive, ici comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, des syndicats repartent &#224; l'offensive dans un contexte particuli&#232;rement difficile. Alain Savard s'int&#233;resse au renouveau des pratiques syndicales en rappelant des actions men&#233;es aux &#201;tats-Unis, g&#233;n&#233;ralement assez peu connues au Qu&#233;bec. L'auteur nous expose les th&#232;ses de la syndicaliste Jane McAlevey, en nous pr&#233;sentant notamment la m&#233;thode de l'analyse des structures de pouvoir (ASP) qui vise &#224; permettre aux syndiqu&#233;-e-s de prendre conscience de leur propre pouvoir. Cet article sugg&#232;re de s'inspirer de luttes r&#233;centes et &#233;clairantes pour d&#233;gager les voies d'un syndicalisme plus combatif et plus d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traduction d'un article de Kim Moody permet de mieux comprendre l'exp&#233;rience de la revue &#233;tatsunienne Labor Notes (ainsi que les activit&#233;s qu'elle organise) en rappelant l'importance pour la gauche syndicale de travailler &#224; d&#233;velopper une base militante et ind&#233;pendante. Cette revue s'adressant aux militantes et aux militants syndicaux de gauche a donn&#233; depuis plusieurs ann&#233;es une vitrine aux id&#233;es socialistes dans les milieux syndicaux. Cet article &#233;voque des exemples concrets d'activit&#233;s pour r&#233;former le syndicalisme, notamment par des sessions de formation organis&#233;es &#224; partir de la notion d'&#233;quipes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traduction d'un texte de Barry Eidlin publi&#233; dans la revue &#233;tatsunienne Jacobin permet de prendre acte de certaines pistes d'action pour que le mouvement syndical se reconstruise sous l'administration de Donald Trump, dans une p&#233;riode o&#249; la faiblesse d'un projet politique port&#233; par la gauche a ouvert la porte &#224; la droite populiste. Cette contribution met en lumi&#232;re les impasses dans lesquelles les organisations syndicales se retrouvent aux &#201;tats-Unis et insiste sur l'importance pour elles de reconstituer une identit&#233; collective forte, tout en remettant de l'avant le recours &#224; la gr&#232;ve et l'organisation des milieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moire de luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles de cette section r&#233;unissent des t&#233;moignages sur certaines luttes syndicales marquantes des derni&#232;res ann&#233;es. Les textes de Catalina Villegas et de Konrad Lamour nous replongent ainsi dans la gr&#232;ve du syndicat du Vieux-Port, une lutte qui s'inscrit au c&#339;ur de la revendication pour une augmentation du salaire minimum &#224; 15 dollars de l'heure. Alors que le premier article dresse le parcours d'une nouvelle militante syndicale, le second revient sur les grands moments qui ont marqu&#233; cette lutte syndicale importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Rivet-Pr&#233;fontaine rappelle pour sa part une lutte pour la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs dans le secteur priv&#233; qu&#233;b&#233;cois o&#249; le taux de syndicalisation a chut&#233; dans les derni&#232;res d&#233;cennies. Cet article s'int&#233;resse aux strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es dans la campagne de syndicalisation des d&#233;panneurs Couche-Tard pour faire face aux attaques antisyndicales de l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Denis nous propose une entrevue avec le syndicaliste Michel Quijada, ex-pr&#233;sident du Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais (CCSNO-CSN). En retra&#231;ant son parcours syndical, ce texte nous replonge dans l'histoire du syndicalisme qu&#233;b&#233;cois tout en exposant les d&#233;fis des organisations syndicales pour les ann&#233;es &#224; venir. Parmi les pistes d'action, Quijada nous invite &#224; reprendre conscience de la force potentielle du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avenues &#224; explorer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme fait face &#224; plusieurs d&#233;fis majeurs ; il doit notamment parvenir &#224; se renouveler et &#224; r&#233;inventer son fonctionnement pour pouvoir reprendre un jour l'initiative, tant au plan socio&#233;conomique que politique. Ghislaine Raymond, rappelant que la d&#233;mocratie est un outil indispensable de la lutte syndicale, souligne que les structures syndicales poss&#232;dent des potentialit&#233;s d&#233;mocratiques &#224; r&#233;investir, mais qu'elles peuvent aussi constituer des freins &#224; la reprise en main de leurs conditions de travail par les travailleuses et les travailleurs, dans un contexte rendu difficile par le n&#233;olib&#233;ralisme ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Replongeant dans l'histoire r&#233;cente des relations nombreuses et parfois tumultueuses entre les mouvements sociaux et le mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois, Claudelle Cyr met l'accent sur certaines luttes porteuses pour renouveler l'action syndicale et &#339;uvrer &#224; la recomposition des solidarit&#233;s. Elle appelle &#224; multiplier les espaces de rencontre entre les diff&#233;rents mouvements pour constituer une force en mesure de faire avancer les id&#233;es progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les luttes men&#233;es par certains syndicats nous autorisent &#224; imaginer de nouvelles pratiques permettant de b&#226;tir un syndicalisme plus combatif, Philippe Boudreau et Rachel Sarrasin tentent de comprendre l'&#233;mergence de groupes et de r&#233;seaux parasyndicaux au Qu&#233;bec et d'&#233;clairer le potentiel de transformation du syndicalisme qu'ils contiennent. Pour ces auteur-e-s, l'action des groupes parasyndicaux revitalise l'action collective. La relation dialectique que ces groupes entretiennent avec les organisations syndicales officielles permet d'&#233;tudier des exemples concrets de renouveau syndical. Les pratiques d&#233;mocratiques et combatives adopt&#233;es par ces groupes offrent des pistes d'int&#233;r&#234;t pour construire un syndicalisme de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves-Marie Abraham s'int&#233;resse &#224; la crise &#233;cologique et &#224; la r&#233;ponse syndicale face &#224; celle-ci. S'il note que les organisations syndicales se penchent de plus en plus sur cette crise, il s'inqui&#232;te n&#233;anmoins de voir que l'int&#233;r&#234;t syndical ne semble porter que sur la question des changements climatiques et tr&#232;s peu sur la crise &#233;cologique globale que nous traversons. Pour l'auteur, l'attachement du syndicalisme &#224; un keyn&#233;sianisme &#224; saveur &#233;cologique a pour cons&#233;quence de secondariser la remise en question du syst&#232;me capitaliste. Selon Abraham, &#171; continuer &#224; d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; de la croissance, en esp&#233;rant sauver &#224; la fois l'emploi et la plan&#232;te, constitue un pi&#232;ge funeste pour le mouvement syndical &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Philippe de Grosbois invite le mouvement syndical &#224; se pr&#233;occuper des enjeux politiques autour du num&#233;rique, mais surtout &#224; investir les espaces les plus &#171; d&#233;mocratiques &#187; du r&#233;seau Internet. Cet article consid&#232;re l'appropriation d&#233;mocratique des communications num&#233;riques comme un enjeu strat&#233;gique de la lutte plus large pour une reprise de contr&#244;le par les membres de leurs propres structures syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ramener &#224; l'avant-plan du travail syndical cet horizon indispensable qu'est la constitution d'un mouvement de classe ? Sans pr&#233;tendre avoir de r&#233;ponses pr&#233;cises, notre dossier ouvre la voie &#224; l'exploration de cette question. L'analyse des d&#233;fis contemporains, l'&#233;tude comparative du syndicalisme des Am&#233;riques, le rappel de luttes inspirantes sont autant de passages oblig&#233;s pour qui veut r&#233;fl&#233;chir aux avenues pour sortir le syndicalisme de son marasme et reprendre la voie de l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Premiers socialistes europ&#233;ens du d&#233;but du xixe si&#232;cle, qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; Marx et Engels. Ils sont souvent qualifi&#233;s de socialistes utopiques, parce qu'ils ont d&#233;velopp&#233; des mod&#232;les tr&#232;s complets d'organisation sociale id&#233;ale, que plusieurs groupes &#224; leur &#233;poque ont tent&#233; de faire advenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comment organiser la gauche syndicale ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-organiser-la-gauche-syndicale</link>
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		<dc:date>2016-09-14T21:41:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Forum social mondial de Montr&#233;al 2016</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-13</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche syndicale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans le cadre du Forum social mondial 2016, Lutte commune a tenu trois ateliers intimement li&#233;s aux enjeux contemporains du syndicalisme qu&#233;b&#233;cois. L'un de ces ateliers cherchait &#224; s'inspirer d'exp&#233;riences enrichissantes, &#224; l'&#233;chelle occidentale, en mati&#232;re de r&#233;novation par le bas de la vie syndicale et d'un &#233;panouissement du courant &#034;syndicalisme de combat&#034; en son sein. Cet atelier, anim&#233; par Philippe de Grosbois, donnait la parole &#224; deux invit&#233;s : Natasha Carlsen (syndicaliste de Chicago) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Forum-social-mondial-de-Montreal-2016-+" rel="tag"&gt;Forum social mondial de Montr&#233;al 2016&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-09-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-09-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Gauche-syndicale-+" rel="tag"&gt;Gauche syndicale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton27644-f5ef7.png?1781290014' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cadre du Forum social mondial 2016, Lutte commune a tenu trois ateliers intimement li&#233;s aux enjeux contemporains du syndicalisme qu&#233;b&#233;cois. L'un de ces ateliers cherchait &#224; s'inspirer d'exp&#233;riences enrichissantes, &#224; l'&#233;chelle occidentale, en mati&#232;re de r&#233;novation par le bas de la vie syndicale et d'un &#233;panouissement du courant &#034;syndicalisme de combat&#034; en son sein. Cet atelier, anim&#233; par Philippe de Grosbois, donnait la parole &#224; deux invit&#233;s : Natasha Carlsen (syndicaliste de Chicago) et Bruno-Pierre Guillette (syndicaliste du Qu&#233;bec). La premi&#232;re nous a expliqu&#233; l'origine, le fonctionnement et l'effet des Caucus of Rank and File (CORE) dans le monde syndical am&#233;ricain ; le second a offert le m&#234;me type d'explications &#224; propos du National Shop Stewards Network (NSSN) au Royaume-Uni. Lutte commune vous offre ici un compte-rendu de ces deux pr&#233;sentations.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;rence de Natasha Carlsen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Caucus of Rank and File Educators existent depuis 2009 ; qu'est-ce qui a conduit &#224; leur cr&#233;ation et &#224; leur forte influence au fil des ans ? On peut dire que leur cr&#233;ation intervient au confluent de deux types de conjonctures. Une premi&#232;re, intrins&#232;que &#224; la vie syndicale de la Chicago Teachers Union (CTU), a trait aux carences du leadership alors &#224; la t&#234;te de la CTU. Identifi&#233;e au United Progressive Caucus, cette direction syndicale, bien qu'ayant conduit cinq gr&#232;ves cons&#233;cutives, demeurait nettement en-de&#231;&#224; des attentes des membres. Ce leadership s'&#233;tait bureaucratis&#233;, il pr&#244;nait un syndicalisme plut&#244;t centr&#233; sur la d&#233;fense individuelle des membres et il &#233;tait r&#233;ticent &#224; s'opposer aux attaques perp&#233;tr&#233;es contre l'&#233;cole publique par les autorit&#233;s politiques, mues par une logique capitaliste (free market education reform).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde conjoncture, intervenant en m&#234;me temps que la premi&#232;re, rel&#232;ve pour sa part de l'&#233;volution du syst&#232;me public d'&#233;ducation aux &#201;tats-Unis sous les assauts du n&#233;olib&#233;ralisme. &#192; Chicago et dans l'&#201;tat de l'Illinois, quand l'offensive se met en place en vue de d&#233;structurer le syst&#232;me public d'&#233;ducation, les enseignantes et enseignants veulent r&#233;sister. Les attaques contre l'&#233;cole publique sont f&#233;roces : fermetures d'&#233;coles dans les quartiers d&#233;favoris&#233;s (souvent des quartiers blacks ou latinos), importantes mises &#224; pied du personnel enseignant, d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail du personnel restant, ouverture d'&#233;coles priv&#233;es (Charter schools) massivement financ&#233;es par les fonds publics, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus s'inscrit dans le vaste programme national Renaissance 2010 implant&#233; par l'administration Obama. Le Parti D&#233;mocrate, dans lequel se reconnaissent paradoxalement de grands pans de l'&#233;lite syndicale nationale, devient ainsi un instrument privil&#233;gi&#233; de l'offensive n&#233;olib&#233;rale contre l'&#233;cole publique et les syndicats de l'enseignement. &#192; Chicago m&#234;me, le maire Rahm Emmanuel, politicien d&#233;mocrate notoire, est le fer de lance de l'assaut frontal contre l'&#233;cole publique et les syndicats. Dans l'&#201;tat de l'Illinois, le pouvoir l&#233;gislatif n'est pas en reste ; il s'attaque au droit de gr&#232;ve en adoptant une loi (Senate Bill 7) qui rehausse de 50% &#224; 75% le seuil d'approbation (par les membres d&#8216;un syndicat) n&#233;cessaire pour d&#233;clencher une gr&#232;ve. Toutes ces attaques carabin&#233;es soul&#232;vent la col&#232;re, &#224; la fois au sein de la base de la CTU et dans les quartiers les plus touch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CORE sont la r&#233;ponse syndicale &#224; ces attaques. &#192; leur initiative, &#224; partir de 2010 environ, les termes d'une vaste riposte syndicale et populaire se mettent en place. La base militante de la CTU se d&#233;ploie r&#233;solument sur la place publique, occupant tous les fronts et espaces disponibles. On questionne publiquement la gestion n&#233;olib&#233;rale lors des audiences budg&#233;taires des Chicago public schools, lors d'assembl&#233;es d'&#233;tablissements, au sein des conseils scolaires ; on prend la rue pour manifester ; surtout, on d&#233;construit partout le discours mystificateur du maire Rahm et de ses acolytes. Les syndiqu&#233;s-es de tendance CORE montrent les m&#233;faits des politiques de droite en &#233;ducation : grave d&#233;t&#233;rioration des conditions d'&#233;tude offertes aux enfants du secteur public, racisme institutionnel &#224; l'&#233;gard des &#233;coles des quartiers noirs ou latinos, &#233;litisme en faveur des &#233;coles priv&#233;es, sous-financement du syst&#232;me d'&#233;ducation, pr&#233;carisation de la main d'&#339;uvre, anti-syndicalisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette vaste mobilisation sous l'influence des CORE, une attention consid&#233;rable est port&#233;e &#224; l'&#233;tablissement de liens avec les communaut&#233;s touch&#233;es parles r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales. Le caract&#232;re antiraciste et pro-population des revendications des enseignants-es mobilis&#233;s ne fait aucun doute. Dans chaque quartier, autour de chaque &#233;cole, une solidarit&#233; &#233;troite prend forme sur le terrain, entre sections syndicales locales, groupes de parents et groupes communautaires (organismes d'&#233;ducation populaire, organisations antiracistes, associations caritatives, organismes de d&#233;fense des droits...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands m&#233;dias &#233;tant &#224; la merci de la classe politique et des puissants int&#233;r&#234;ts financiers, toute cette mobilisation-l&#224; suppose la production d'une analyse critique et sa diffusion gr&#226;ce &#224; des moyens d'information autonomes. Gr&#226;ce aux CORE, les enseignants-es de la CTU ont r&#233;ussi &#224; &#233;branler &#8211; &#224; faire basculer m&#234;me &#8211; le discours dominant (narrative), initialement favorable &#224; l'aust&#233;rit&#233; et &#224; la privatisation, au profit d'un discours sur le droit &#224; une &#233;ducation accessible et de qualit&#233; pour tous et toutes. Les gens ont bien vu que le syndicalisme pouvait d&#233;passer de loin les demandes imm&#233;diates ou corporatistes, pour devenir vecteur d'une lutte conjointe avec les parents, les &#233;l&#232;ves et les communaut&#233;s, apte &#224; stopper la destruction du syst&#232;me scolaire public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la CTU elle-m&#234;me, la pratique syndicale &#233;volue remarquablement sous l'influence des CORE. La structure de la CTU est repens&#233;e, dans l'optique d'une nette d&#233;mocratisation. L'utilisation des ressources syndicales est revue de fond en comble ; un transfert de celles-ci est op&#233;r&#233; au profit des t&#226;ches d'organisation &#224; la base, ainsi que du plein essor du militantisme syndical local. On accro&#238;t les pouvoirs et responsabilit&#233;s des militants et militantes aux d&#233;pens du pouvoir discr&#233;tionnaire de la direction syndicale nationale. Une kyrielle de comit&#233;s syndicaux sont cr&#233;&#233;s, impliquant les membres de la base. Des noyaux militants doivent &#234;tre form&#233;s dans toutes les &#233;coles et ceux-ci sont mis en r&#233;seau efficacement (du moins, si on se fie aux succ&#232;s de mobilisation observ&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, pendant toutes ces ann&#233;es, un immense travail de formation syndicale et politique des membres se met en place. Parmi les moyens adopt&#233;s, signalons : des cercles de lecture, des groupes d'&#233;tudes sur l'aust&#233;rit&#233; et la th&#233;rapie de choc impos&#233;e par la droite, de la formation ax&#233;e sur le d&#233;veloppement d'un sens du leadership chez les membres, des stages d'&#233;t&#233;, etc. Progressivement, on a pu assister &#224; la longue &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle couche militante. Au fil des formations, du travail de mobilisation, puis des luttes, elle est devenue aguerrie, comp&#233;tente, combative et profond&#233;ment attach&#233;e &#224; une d&#233;mocratie syndicale &#034;construite par le bas&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d'actions d'&#233;clat, de journ&#233;es nationales d'action et ultimement de gr&#232;ves, devient &#224; la fois &#034;science&#034; syndicale cr&#233;ative et oxyg&#232;ne du syndicalisme. La gr&#232;ve de 2012 en particulier t&#233;moigne de ce d&#233;veloppement singulier et inspirant. Le succ&#232;s de cette lutte exemplaire repose en partie sur le d&#233;ploiement d'une grande diversit&#233; de moyens et de ressources : porte &#224; porte dans le voisinage de l'&#233;cole, cha&#238;nes t&#233;l&#233;phoniques, assembl&#233;es syndicales tenues en plein air, vendredis rouges, votes instantan&#233;s in situ, &#233;quipe de n&#233;gociation large et tr&#232;s combative, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les CORE sont eux-m&#234;mes une structure &#233;volutive, faisant le plein de forces militantes. Encore aujourd'hui, ils recrutent des membres en bonne et due forme, qui payent une cotisation, se dotent d'une vie d&#233;mocratique autonome et d&#233;finissent ensemble les finalit&#233;s et t&#226;ches de leur organisation para-syndicale. En vertu de ce mod&#232;le, il y a donc double appartenance syndicale, les membres des CORE portant le courant syndicalisme de combat au sein de la CTU, dont ils et elles sont aussi adh&#233;rents-es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;rence de Bruno-Pierre Guillette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; britannique, il existe depuis 10 ans un inspirant r&#233;seau d'organisation des forces syndicales de gauche, le National Shop Stewards Network (NSSN), dont le motto est &#171; Building the rank and file since 2006 &#187;. Ce r&#233;seau a &#233;t&#233; lanc&#233; principalement &#224; l'initiative d'une organisation syndicale importante au Royaume-Uni, la Rail, Maritime and Transport Union (RMT, 80 000 membres) et il regroupe aujourd'hui des militants et militantes syndiqu&#233;Es issus de divers secteurs ou/et organisations syndicales, notamment : le secteur public (Public and Commercial Services Union), la f&#233;d&#233;ration nationale des gardiens de prison, le secteur de l'alimentation (Bakers, Food and Allied Workers Union), les mineurs et la Fire Brigade Union, tr&#232;s politis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau des National Shop Stewards se donne comme mandat d'offrir un support organisationnel aux syndicalistes combatifs et combatives, peu importe leur all&#233;geance syndicale. Cette initiative s'inscrit dans le contexte de la n&#233;cessaire reconstruction de la base militante du mouvement ouvrier britannique, s&#233;rieusement amoch&#233; par les attaques conservatrices de la premi&#232;re moiti&#233; de la d&#233;cennie 1980 (pensons en outre &#224; la terrible gr&#232;ve des mineurs, en 1984-85).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le support offert se d&#233;ploie tant au niveau local qu'au niveau national. Dans le premier cas, le NSSN aide les syndicalistes &#224; se regrouper &#224; l'&#233;chelle de la r&#233;gion, ou encore localement. Le NSSN leur offre les moyens mat&#233;riels de se rejoindre, de se r&#233;seauter, de se r&#233;unir et d'articuler une action commune, souvent &#224; l'encontre des forces d'inertie &#224; l'&#339;uvre dans leur syndicat d'origine. Le NSSN leur permet &#233;galement de s'informer et de se solidariser entre eux et elles, par-del&#224; leur affiliation syndicale sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NSSN regroupe &#224; l'&#233;chelon national tous les comit&#233;s locaux ou r&#233;gionaux ayant &#233;t&#233; mis sur pied depuis 2006 ; cela permet &#224; terme au NSSN de jouer un r&#244;le de groupe de pression &#8211; comme le ferait un caucus de gauche &#8211; au sein des syndicats nationaux, notamment le Trade Union Congress (genre de FTQ britannique...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette tradition syndicale n'est pas nouvelle au Royaume-Uni. Elle trouve ses racines en outre dans le National Minority Movement, un courant de gauche radicale, qui se sp&#233;cialisait dans la cr&#233;ation de comit&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux (shop stewards) combatifs, puis se proposait de les regrouper au niveau national. Le National Minority Mouvement joua un r&#244;le d&#233;terminant durant l'importante gr&#232;ve de 1926. Le NMM s'effondre dans les ann&#233;es 1930 et 1940, mais la tradition des shop stewards, elle, perdure &#224; travers tout le si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les cordes &#224; son arc, le NSSN a tenu &#224; lier syst&#233;matiquement les luttes locales aux enjeux politiques globaux. En outre, il parvient &#224; mobiliser ses membres imm&#233;diatement avant l'instance nationale du syndicat X, pour s'entendre sur la strat&#233;gie et la tactique &#224; &#234;tre d&#233;ploy&#233;es &#224; ladite instance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fera aussi le n&#233;cessaire pour que soit adopt&#233; le m&#234;me mod&#232;le de r&#233;solution &#224; travers le mouvement syndical, une instance &#224; la fois, dans le cadre d'une campagne nationale. C'est ce qui s'est produit lors de l'organisation d'une journ&#233;e de gr&#232;ve sociopolitique qui avait &#233;t&#233; vot&#233;e localement, mais que les directions bureaucratis&#233;es h&#233;sitaient beaucoup &#224; mettre en &#339;uvre (Name the date campaign). Il en fut de m&#234;me pour la campagne visant le retrait des mesures l&#233;gislatives antisyndicales du gouvernement conservateur britannique (Kill the bill campaign) ou encore celle visant &#224; chasser ce parti du pouvoir (Cameron is out ; Get the Torys out too). Le NSSN favorise donc le d&#233;bordement, sur le terrain de la gauche politique, de l'intervention d'instances nationales qui autrement opteraient pour une ligne politique bien plus feutr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NSSN est un t&#233;moignage du r&#233;veil au 21e si&#232;cle du mouvement ouvrier britannique, sensiblement plus mobilis&#233; ces 10 derni&#232;res ann&#233;es que durant les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Il faut dire que celui-ci avait &#233;t&#233; litt&#233;ralement assomm&#233; par la brutalit&#233; antisyndicale et l'autoritarisme du gouvernement Thatcher. En quoi l'exp&#233;rience du NSSN est-elle pertinente pour nous, dans le contexte qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leitmotiv du NSSN, Building the rank and file since 2006, devrait sonner comme douce musique &#224; nos oreilles. Notre mouvement syndical s'est beaucoup professionnalis&#233;, il a raffin&#233; ses comp&#233;tences et outils d'intervention au fil du dernier si&#232;cle, mais cela op&#232;re souvent &#8211; ces derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; aux d&#233;pens d'une implication soutenue de la base. De plus, on constate la coexistence, dans une m&#234;me organisation ou chez un m&#234;me employeur, de tout un assortiment d'affiliations syndicales, totalement ind&#233;pendantes les unes des autres (voire entretenant une vive comp&#233;tition entre elles). Donc sur un m&#234;me lieu de travail, il est courant d'observer une absence totale de solidarit&#233; entre les unit&#233;s d'accr&#233;ditation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;seau de type NSSN serait judicieusement efficace dans un tel contexte. De plus, il aurait aid&#233; certaines organisations syndicales &#224; op&#233;rer certaines modifications de leurs statuts et r&#232;glements, n&#233;cessaires dans une optique de d&#233;-bureaucratisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, un r&#233;seau de type NSSN aurait &#233;t&#233; tr&#232;s utile durant la derni&#232;re ronde de n&#233;gociation du secteur public. Ainsi, lorsque l'entente de principe du Front commun a &#233;t&#233; sign&#233;e, nous avons vu &#224; quel point il &#233;tait difficile, en janvier/f&#233;vrier dernier, de renverser la vapeur, sans une organisation comme le NSSN.&lt;br class='autobr' /&gt;
En rassemblant les travailleurs et travailleuses par-del&#224; leur affiliation syndicale, on permet une mise en commun des exp&#233;riences et des savoirs militants ; cela permet au plus grand nombre d'apprendre les uns des autres, de conna&#238;tre les d&#233;fis rencontr&#233;s dans les rapports avec les directions syndicales et de d&#233;couvrir - dans le cadre des conflits de travail - quelles ont &#233;t&#233; les tactiques profitables, voire les mobilisations r&#233;ussies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le principal que se donne le NSSN a toujours &#233;t&#233; de soutenir les travailleurs et travailleuses en lutte, et d'aider &#224; construire la solidarit&#233; entre eux-elles. Nous avons besoin au Qu&#233;bec d'un r&#233;seau combatif semblable, un r&#233;seau capable d'articuler &#224; certains moments une critique solide et ouverte de certaines orientations des organisations syndicales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultats d&#233;cevants, changements n&#233;cessaires</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Resultats-decevants-changements-necessaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Resultats-decevants-changements-necessaires</guid>
		<dc:date>2016-04-19T08:36:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;gociations du secteur public</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-04-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La conclusion le 8 mars d'une entente de principe entre la F&#233;d&#233;ration de la sant&#233; et des services sociaux (FSSS) et le Conseil du tr&#233;sor a ramen&#233; au devant de l'actualit&#233; l'une des principales faiblesses de l'accord intervenu &#224; la mi-d&#233;cembre entre le Front commun et le gouvernement : il ne r&#233;pondait pas aux besoins de la principale composante de la CSN. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette conclusion tardive et incongrue du processus de n&#233;gociation dans le secteur public met ainsi en &#233;vidence l'un des grands paradoxes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-04-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-04-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton26008-6228a.png?1782003104' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conclusion le 8 mars d'une entente de principe entre la F&#233;d&#233;ration de la sant&#233; et des services sociaux (FSSS) et le Conseil du tr&#233;sor a ramen&#233; au devant de l'actualit&#233; l'une des principales faiblesses de l'accord intervenu &#224; la mi-d&#233;cembre entre le Front commun et le gouvernement : il ne r&#233;pondait pas aux besoins de la principale composante de la CSN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette conclusion tardive et incongrue du processus de n&#233;gociation dans le secteur public met ainsi en &#233;vidence l'un des grands paradoxes dans lequel s'&#233;tait plac&#233; le Front commun : revendiquer prioritairement d'importants gains en mati&#232;re de r&#233;mun&#233;ration globale, au nom des bas salari&#233;-e&#183;s du secteur public, mais sans &#234;tre capable de leur livrer la marchandise le moment venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va ainsi du bilan syndical que l'on peut faire de la derni&#232;re ronde de n&#233;gos dans son ensemble, toutes cat&#233;gories et tales confondues. Celle-ci a suscit&#233; des attentes &#233;lev&#233;es sur le terrain - la mobilisation soutenue de plusieurs ecteurs en faisant foi &#8211; tout en d&#233;bouchant sur de bien maigres r&#233;sultats. Une telle gymnastique est p&#233;rilleuse pour les organisations, puisqu'elle risque de miner &#224; terme l'engagement des membres, qui peinent &#224; voir l'ad&#233;quation entre les substantielles revendications exprim&#233;es, la combativit&#233; consentie au quotidien dans les milieux de travail et les dividendes obtenus en bout de piste. La d&#233;ception est d'autant plus grande que le contrat de travail dure cinq ans, ce qui d'une part d&#233;gage le paysage &#233;lectoral pour le PLQ en 2018 et d'autre part forcera la partie svndicale &#224; n&#233;gocier le moment venu avec un gouvernement fra&#238;chement &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ratification g&#233;n&#233;ralis&#233;e des ententes de principe ne doit tromper personne, en ce qu'elle en ce qu'elle exprime , tr&#232;s souvent, un sauve-qui-peut empreint de r&#233;signation, plut&#244;t qu'une nette conviction d'avoir fait des gains tangibles. Les syndicats doivent maintenant faire le bilan de cet &#233;ni&#232;me rendez-vous manqu&#233; avec la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse en trois temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi la base militante, les d&#233;bats &#224; ce sujet sont engag&#233;s et les critiques fusent. De nouveau, on se met &#224; la recherche de ce qui n'a pas fonctionn&#233; et on s'interroge sur les am&#233;liorations &#224; apporter. Trois familles de r&#233;flexions peuvent &#234;tre distingu&#233;es : celles relevant du positionnement politique des acteurs, celles relevant de la strat&#233;gie syndicale et celles se penchant sur le fonctionnement des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, de s&#233;rieux doutes sont formul&#233;s &#224; propos de l'horizon sociopolitique et intellectuel qui anime les directions syndicales nationales. En outre, l'articulation entre la n&#233;gociation elle-m&#234;me et la lutte contre l'aust&#233;rit&#233; &#233;tait faible et superficielle parce qu'elle n'a pas d'abord proc&#233;d&#233; d'un effort soutenu d'analyse politique cherchant v&#233;ritablement &#224; int&#233;grer les deux enjeux en une seule pens&#233;e claire, de laquelle jaillirait une parole vibrante, capable d'interpeller autant les membres que diff&#233;rents secteurs de la soci&#233;t&#233;. R&#233;trospectivement, l'exp&#233;rience des carr&#233;s rouges avant et pendant le Printemps &#233;rable demeure exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire est qu'en mati&#232;re de lutte &#224; l'aust&#233;rit&#233;, la pens&#233;e claire n'&#233;tait pas au rendez-mus cette fois-ci. D'entr&#233;e de jeu, soit bien avant l'automne 2015, les leaders des centrales entretenaient et diffusaient &#224; l'&#233;gard du d&#233;ficit z&#233;ro et du cadre budg&#233;taire gouvernemental une analyse mod&#233;r&#233;e, consistant &#224; ne jamais remettre ouvertement en doute la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;quilibre des finances publiques. se contentant plut&#244;t de demander que l'atteinte du d&#233;ficit z&#233;ro ne se r&#233;alise pas drastiquement, aux d&#233;pens des conditions de travail des membres. Dans le cadre de la n&#233;go, les t&#233;nors syndicaux &#233;mettaient donc une critique de la fa&#231;on gouvernementale de faire les compressions, mais n'opposaient jamais &#224; l'horizon macro&#233;conomique patronal, fond&#233; sur le budget &#233;quilibr&#233; et le repositionnement de l'&#201;tat, leur propre vision coh&#233;sive des d&#233;penses publiques et de l'&#201;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second type de r&#233;flexions, celui ayant trait aux choix tactiques et strat&#233;giques des organisations, met en lumi&#232;re diverses contradictions et lacunes. D'abord, l'attitude face &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'une loi sp&#233;ciale, consistant &#224; chercher &#224; l'&#233;viter absolument, a eu pour effet d'enfermer les membres - au moins &#224; l'&#233;chelle nationale - dans un registre d'action en vertu duquel les moyens lourds sont &#224; peine d&#233;ploy&#233;s. Il ne revenait pas aux membres de d&#233;cider &#224; quel point ils et elles pouvaient ( ou non) tester la patience du gouvernement ou de l'opinion publique ; cette d&#233;cision avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; prise pour eux et elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre probl&#232;me identifi&#233; est la recherche par le Front commun de l'unit&#233; &#224; tout prix. Au moment de poser tel ou tel geste, l'unanimit&#233; entre les composantes du FC &#233;tait plus importante que le d&#233;ploiement du plus grand rapport de force. Au lieu de chercher &#224; b&#226;tir l'unit&#233; des forces mobilis&#233;es, le FC s'est rabattu sur une unit&#233; de fa&#231;ade, devant r&#233;unir toutes les organisations, sans &#233;gard &#224; leur capacit&#233; ou volont&#233; r&#233;elle de se battre. Certes, cela permettait de revendiquer publiquement un Front commun de 400 000 membres, mais assez rapidement, c'est-&#224;-dire &#224; partir d'octobre 2015, la r&#232;gle de l'unanimit&#233; a eu pour effet de ralentir un mouvement dont le momentum &#233;tait ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de terminer sans faute avant No&#235;l la ronde de n&#233;gos fut un autre irritant majeur. Plusieurs membres se demandent encore pourquoi ce calendrier leur fut impos&#233;. Pourquoi &#233;tablir rigidement une telle date butoir sans avoir pr&#233;alablement valid&#233; aupr&#232;s des membres la hauteur du r&#232;glement d&#233;sir&#233; ? Qu'Y a-t-il &#224; gagner &#224; se &#171; peinturer dans le coin &#187; avec ce type d'&#233;ch&#233;ance, sans tenir compte de la maigreur du r&#232;glement pouvant &#234;tre obtenu &#224; pareille date et dans un tel contexte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re s&#233;rie de r&#233;flexions critiques touche la culture, la structure et le fonctionnement des organisations nationales. Il est surtout question ici de permettre un renouvellement du syndicalisme de nature &#224; encourager une reprise de contr&#244;le, par les membres, de leur organisation nationale, cela signifie bien s&#251;r d'en am&#233;liorer le caract&#232;re d&#233;mocratique, mais aussi d'en r&#233;duire la verticalit&#233;. Marie-&#200;ve Rancourt souligne dans &lt;i&gt;Renouveler le syndicalisme&lt;/i&gt; le peu de place faite &lt;i&gt;&#171; &#224; la d&#233;centralisation ( ...) et &#224; l'autonomie dans les rangs syndicaux &#187;&lt;/i&gt; [[Marie-&#200;ve Rancourt, &lt;i&gt;&#171; Le syndicalisme, un outil de transformation sociale &#187;&lt;/i&gt;, dans P.Crevier, H. Forcier et S. Tr&#233;panie (dir.), &lt;i&gt;Renouveler le syndicalisme&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2015, p.133&#183; Un r&#233;&#233;quilibrage en faveur d'une bien plus grande initiative des syndicats locaux serait profitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une d&#233;centralisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certain-e-s se demandent si l'heure n'est pas venue de proc&#233;der &#224; un transfert important du pouvoir du sommer des organisations vers leur base. Cela signifierait, en outre, de s'assurer d'une r&#233;partition diff&#233;rente des ressources (hum.une-. techniques, financi&#232;res, etc.) au profit des organisations locales ou r&#233;gionales et aux d&#233;pens de, si&#232;ges sociaux nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pourrait aussi vouloir dire de mettre en &#339;uvre des mesures visant &#224; limiter l'influence de, technocrates sur les d&#233;cisions syndicales, en modifiant certaines des r&#232;gles ou coutumes internes. Peut-on par exemple r&#233;duire l'influence des non &#233;lu-e-s au sein des instances ? Peut-on s'assurer d'un meilleur pouvoir des membres sur la structure nationale et son fonctionnement ? Est-il envisageable, par exemple, d'&#233;viter la concentration de l'expertise et de l'autorit&#233; aux mains de quelques un-e-s en plafonnant le nombre d'ann&#233;es cons&#233;cutives par cumul de mandats) dans la structure nationale ? Peut-on r&#233;tablir une meilleure sym&#233;trie entre les conditions de travail des membres et celles des &#233;lu-e-s et des permanent-e-s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des questions difficiles, mais qui deviennent de plus en plus n&#233;cessaires, au fur et &#224; mesure que la machine syndicale, n&#233;gociations apr&#232;s n&#233;gociations, livre des r&#233;sultats mitig&#233;s. Peut-&#234;tre serait-il temps de convoquer des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur le renouvellement du syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Boudreau est membre du Syndicat du personnel enseignant du Coll&#232;ge Ahuntsic, (SPECA, affili&#233; &#224; la FNEEQ-CSN)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un atterrissage difficile</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-atterrissage-difficile</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-atterrissage-difficile</guid>
		<dc:date>2016-01-12T07:54:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;gociations du secteur public</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les astres semblaient align&#233;s comme jamais ils ne l'avaient &#233;t&#233; depuis 2012. Nous avions en face de nous un gouvernement imbu de lui-m&#234;me, arrogant et emp&#234;tr&#233; dans les contradictions flagrantes de son programme aust&#233;ritaire : tr&#232;s g&#233;n&#233;reux pour Bombardier, les m&#233;decins et les d&#233;put&#233;s, mais d'une mesquinerie sans nom pour les services publics. Ce gouvernement concoctait des attaques d'une rare intensit&#233; contre les salari&#233;Es de l'&#201;tat. Les carr&#233;s rouges avaient suspendu leur mobilisation du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-01-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-01-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton24767-ed74d.png?1782003104' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les astres semblaient align&#233;s comme jamais ils ne l'avaient &#233;t&#233; depuis 2012. Nous avions en face de nous un gouvernement imbu de lui-m&#234;me, arrogant et emp&#234;tr&#233; dans les contradictions flagrantes de son programme aust&#233;ritaire : tr&#232;s g&#233;n&#233;reux pour Bombardier, les m&#233;decins et les d&#233;put&#233;s, mais d'une mesquinerie sans nom pour les services publics. Ce gouvernement concoctait des attaques d'une rare intensit&#233; contre les salari&#233;Es de l'&#201;tat. Les carr&#233;s rouges avaient suspendu leur mobilisation du printemps, histoire de mieux se coordonner avec le secteur public. La population et les m&#233;dias &#233;taient sp&#233;cialement r&#233;ceptifs aux initiatives ayant pour but de sauver ce qu'il reste de l'&#233;cole publique et des services sociaux. Dans les syndicats eux-m&#234;mes, la base, qui ne d&#233;sirait plus revivre une ronde de n&#233;go d&#233;cevante &#034;&#224; la 2010&#034;, &#233;tait mobilis&#233;e et partout les mandats de gr&#232;ve &#233;taient ratifi&#233;s dans des proportions impressionnantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment le Front commun a-t-il pu aboutir &#224; des r&#233;sultats aussi maigres ? En r&#233;trospective, on r&#233;alise que les attentes des directions syndicales nationales &#8211; tant au plan des objectifs que de la strat&#233;gie &#8211; n'&#233;taient pas les m&#234;mes que celles de la base mobilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan des objectifs, d'aucuns esp&#233;raient un v&#233;ritable bras de fer avec le gouvernement, de nature &#224; le faire fl&#233;chir, au moins partiellement, dans sa charge n&#233;olib&#233;rale contre les couches populaires et les services publics1. La base mobilis&#233;e voulait un automne au moins assez chaud pour prouver qu'il &#233;tait possible de d&#233;stabiliser la politique aust&#233;ritaire &#8211; &#224; d&#233;faut de la bloquer. On l'a d&#233;couvert assez rapidement, les ambitions des &#233;lites syndicales n'&#233;taient pas de cet ordre. Tout au plus, on se contenterait d'amener le gouvernement &#224; renoncer &#224; ses pires attaques contre les conditions de travail. Tout au plus, on se satisferait de n&#233;gocier une entente moins pire que l'offre initiale du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est devenu clair d&#232;s la mi-novembre. Jusqu'&#224; cette date cependant, tout &#233;tait encore possible. Les premi&#232;res journ&#233;es de gr&#232;ve avaient montr&#233; &#224; quel point la volont&#233; de se battre &#233;tait pr&#233;sente. &#192; Ahuntsic, lors du premier jour de d&#233;brayage, 80% des membres s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s pour effectuer leur quart de piquetage. Tout le monde &#233;tait pr&#234;t &#224; le reconna&#238;tre : sur les piquets de gr&#232;ve, &#171; la vibe &#233;tait excellente &#187; comme on dit2. Les six jours de gr&#232;ve que nous avions vot&#233;s en septembre n'&#233;taient &#224; nos yeux qu'un d&#233;but, le point de d&#233;part d'un mouvement qui, s'il voulait bien un jour se donner la peine de faire le plein de ses forces, serait plus large et plus approfondi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le 16 novembre, douche froide. Nous apprenons avec stup&#233;faction que les &#034;chefs &#224; plumes&#034; du Front commun &#8211; sans avoir consult&#233; la base le moindrement &#8211; baissent les bras. Le FC suspend unilat&#233;ralement la tenue des trois derniers jours de gr&#232;ve et annonce, du m&#234;me souffle, qu'il se contenterait somme toute d'une demande syndicale consid&#233;rablement moins ambitieuse : 7,5% sur trois ans. Cette contre-proposition, diffus&#233;e dans les m&#233;dias &#224; partir du 17 novembre, indique &#224; quoi sert d&#233;sormais la lutte du secteur public : aboutir co&#251;te que co&#251;te &#224; un r&#232;glement n&#233;goci&#233;, &#224; rabais, situ&#233; l&#233;g&#232;rement au-dessus de l'offre gouvernementale de 0, 1, 1, 1, 0. Les carottes &#233;taient cuites. Le Front commun, d&#232;s qu'il se met &#224; douter des capacit&#233;s de mobilisation de certains de ses membres, saute &#224; pieds joints sur ce qu'il per&#231;oit comme un spin brillantissime : appara&#238;tre extr&#234;mement raisonnable aux yeux de l'opinion publique &#8211; et de bonne foi aux yeux du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi se contenter d'aussi peu, alors que la combativit&#233; des membres est clairement au rendez-vous et que, pour une fois, il y a une sorte de r&#233;ceptivit&#233; aux mobilisations progressistes, dans la population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'apparaissent les divergences de vue strat&#233;giques entre la base mobilis&#233;e et le sommet. Pour les directions syndicales, la ronde de n&#233;go ne servait surtout pas &#224; se mettre en opposition frontale contre l'&#201;tat-patron. Elle ne visait pas &#224; cr&#233;er le rapport de forces le plus costaud possible contre le gouvernement lib&#233;ral. La mobilisation maximale de la base n'est pas con&#231;ue comme une finalit&#233; et n'est pas vue comme un b&#233;n&#233;fice net, car aux yeux des directions, le pouvoir r&#233;el r&#233;side dans l'appareil. Les membres ne sont qu'une force d'appoint, utilisable dans un contexte tr&#232;s pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel contexte ? Celui d'une bataille pour la s&#233;duction de l'opinion publique. Tel &#233;tait l'enjeu de la grande chor&#233;graphie que furent ces quatre journ&#233;es de gr&#232;ve : cr&#233;er un &#171; rapport d'opinion &#187; plut&#244;t qu'un rapport de forces. Une fois que les &#233;lites syndicales eurent r&#233;ussi &#224; montrer un tant soit peu, dans les m&#233;dias, que Martin Coiteux et les abominables y&#233;tis lib&#233;raux martyrisaient des victimes innocentes (les salari&#233;Es de l'&#201;tat), le tour &#233;tait jou&#233; : on pouvait s'asseoir avec le Conseil du Tr&#233;sor et signer une entente diff&#233;rente de l'offre initiale du gouvernement. Tel est d&#233;sormais le but de la n&#233;go du secteur public : montrer qu'il est possible de mener une n&#233;gociation feutr&#233;e avec l'&#201;tat, autour de demandes ultra-modestes, &#224; partir du moment o&#249; l'opinion publique commence &#224; avoir l'impression que les salari&#233;Es sont des brebis &#224; veille d'&#234;tre &#233;gorg&#233;es par le loup-garou patronal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment, avec des attentes aussi basses, on finit par signer de pareilles ententes de principe ; voil&#224; comment on finit par &#233;changer cinq ans de paix sociale dans le secteur public contre un plat de lentilles. Il ne faudrait surtout pas s'&#233;tonner qu'au cours des prochaines semaines, les profs d'Ahuntsic (et d'autres coll&#232;ges) rejettent clairement les ententes de table centrale et de table sectorielle. Il ne faut pas s'&#233;tonner que ces ententes de principe d&#233;&#231;oivent autant la F&#233;d&#233;ration autonome de l'enseignement (FAE) et la F&#233;d&#233;ration de la sant&#233; et des services sociaux (FSSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Boudreau,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre du Syndicat du personnel enseignant du Coll&#232;ge Ahuntsic (SPECA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SVP pas de retour en arri&#232;re au parti unique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/SVP-pas-de-retour-en-arriere-au-parti-unique</link>
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		<dc:date>2014-09-16T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-09-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec sa proposition de refondation du PQ, Jean-Martin Aussant sugg&#232;re ni plus ni moins de revenir &#224; l'&#232;re r&#233;volue du parti souverainiste unique, qui cherche &#224; imposer son autorit&#233; sur l'ensemble des forces progressistes. Les mouvements populaires du Qu&#233;bec ont d&#233;j&#224; jou&#233; dans ce film et ils en ont depuis longtemps tir&#233; les cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt; La n&#233;cessit&#233; d'un vrai bilan &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces mouvements ont exp&#233;riment&#233; pendant des d&#233;cennies cette situation de monopole, o&#249; l'offre politique s'est r&#233;sum&#233;e &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-09-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-09-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton18828-72028.jpg?1781761876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec sa proposition de refondation du PQ, Jean-Martin Aussant sugg&#232;re ni plus ni moins de revenir &#224; l'&#232;re r&#233;volue du parti souverainiste unique, qui cherche &#224; imposer son autorit&#233; sur l'ensemble des forces progressistes. Les mouvements populaires du Qu&#233;bec ont d&#233;j&#224; jou&#233; dans ce film et ils en ont depuis longtemps tir&#233; les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La n&#233;cessit&#233; d'un vrai bilan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mouvements ont exp&#233;riment&#233; pendant des d&#233;cennies cette situation de monopole, o&#249; l'offre politique s'est r&#233;sum&#233;e &#224; un appui plus ou moins tacite au Parti qu&#233;b&#233;cois, condamnant les autres &#224; errer ou &#224; s'abstenir. Or depuis la fin des ann&#233;es 1990, le bilan de ce syst&#232;me partisan pi&#233;g&#233;, qui g&#233;n&#232;re l'immobilisme et de nombreux reculs pour la soci&#233;t&#233;, a &#233;t&#233; fait. Pour penser clairement, il faut &#233;viter une certaine nostalgie. &#192; en croire M. Aussant, il y aurait eu un &#171; &#226;ge d'or &#187; du PQ, ce qui aurait permis une &#171; paix sociale &#187;. Nous avons le regret de le dire, cette vision jovialiste n'est pas partag&#233;e par tout le monde. Au nom de cette pseudo paix populaire, on a impos&#233; des reculs importants dans le sillon de la politique dite du d&#233;ficit z&#233;ro de Lucien Bouchard, d'o&#249; les coupures massives dans les services publics. Le PQ &#233;galement a refus&#233; des revendications l&#233;gitimes comme l'augmentation du salaire minimum &#224; un niveau d&#233;cent. Face &#224; la globalisation promue par les &#233;lites &#233;conomiques et les gouvernements am&#233;ricain et canadien, les mouvements populaires n'ont jamais &#233;t&#233; d'accord avec le PQ concernant les accords de libre-&#233;change. Au lieu de parler d'une &#171; paix sociale &#187; qui n'a jamais exist&#233;, il faut comprendre les s&#233;rieux blocages qui font stagner le Qu&#233;bec. Malgr&#233; des politiques parfois int&#233;ressantes (la mise sur pied des CPE par exemple), les gouvernements du PQ se sont align&#233;s sur les principes n&#233;olib&#233;raux avalis&#233;s par les principaux partis traditionnels qui s'ent&#234;tent, malgr&#233; le lamentable crash financier de 2007-08 (qui a cout&#233; aux Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises des milliards de dollars) les m&#234;mes politiques qui conduisent &#224; tout donner au 1 % et de temps en temps quelques miettes au 99 %. On fait croire aux gens que l'aust&#233;rit&#233; est la seule voie alors que les profits et les revenus des riches font des bonds gigantesques, ce que d&#233;montre une ribambelle d'&#233;tudes savantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui r&#233;siste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec par contre, la population, dans la rue, a &#233;t&#233; en mesure d'entraver cette sinistre marche vers le gouffre. Cela a &#233;t&#233; le cas en 2003 lorsque le gouvernement Charest voulait mettre la scie m&#233;canique dans les programmes sociaux. Cela a &#233;t&#233; encore plus &#233;vident en 2012 avec la gr&#232;ve &#233;tudiante et le mouvement citoyen qui s'en est suivi. La droite, c'est le peuple avec ses mouvements qui l'a bloqu&#233;e. Pas le PQ. Aujourd'hui encore, on dit : &#171; ne touchez pas aux acquis que nous avons arrach&#233; par des luttes acharn&#233;es, comme les CPE, les c&#233;geps, l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; ! Ce n'est pas vrai qu'on va laisser les pensions et les retraites l&#233;galement n&#233;goci&#233;es s'envoler pour favoriser l'app&#233;tit vorace de quelques roitelets municipaux, les banquiers devenus ministres du gouvernement lib&#233;ral et les id&#233;ologues de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al. Sur le plan politique, tout cela m&#232;ne plusieurs mouvements citoyens &#224; s'interroger. C'est de l&#224; entre autres que Fran&#231;oise David a eu l'id&#233;e que le temps &#233;tait venu de mettre en place quelque chose de nouveau avec les militants et les militantes de divers partis de gauche. La cr&#233;ation de ce projet, Qu&#233;bec solidaire, a ouvert la porte &#224; un renouvellement de la lutte politique. Certes, QS &#224; lui seul ne monopolise ni la v&#233;rit&#233; absolue ni l'ensemble des efforts qui veulent remettre notre soci&#233;t&#233; sur les rails. Il y a encore de nombreux d&#233;bats et c'est bien mieux que cela, vu que l'&#233;poque du parti unique et de la pens&#233;e magique est bel et bien r&#233;volue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La convergence n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois dit cela, l'id&#233;e d'une convergence ou d'une alliance entre plusieurs mouvements et forces politiques autour de certains objectifs reste valable. Mais pas une auto-liquidation. Les grands changements au Qu&#233;bec (et ailleurs) r&#233;sultent toujours de ces convergences entre acteurs politiques et mouvements citoyens. Regardons notre Qu&#233;bec de la r&#233;volution tranquille. Ce sont les mineurs et les syndicalistes d'Asbestos, les enseignants et les &#233;tudiants, les journalistes de Radio-Canada, qui ont r&#233;sist&#233; et forc&#233; le changement. Il y a eu une sorte de consensus qu&#233;b&#233;cois qui a permis de grandes r&#233;formes, ce qui voulait dire de grandes luttes pour d&#233;foncer le r&#233;gime de noirceur impos&#233; par une voyoucratie cl&#233;ricale align&#233;e sur les multinationales am&#233;ricaines et les forces conservatrices canadiennes. Ceci n'est pas pour nier le r&#244;le jou&#233; par des personnalit&#233;s comme Ren&#233; L&#233;vesque et Paul G&#233;rin-Lajoie, mais le fait est qu'ils n'&#233;taient pas seuls et que leur intelligence a &#233;t&#233; de r&#233;pondre &#224; une grande vague populaire qui traversait toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle r&#233;volution tranquille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir de ceci ? Les mouvements populaires doivent &#234;tre strat&#232;ges et profiter de ce que leur arc ait plusieurs cordes. Cet arsenal vari&#233;, faisant une large place &#224; la rue, leur permet non seulement de pr&#233;server leur ind&#233;pendance, mais aussi d'accro&#238;tre notablement leur marge de man&#339;uvre, en affichant plus de cr&#233;ativit&#233;. Celle-ci fait place &#224; des coalitions, reconfigurations et alliances, bref, &#224; une m&#233;canique sophistiqu&#233;e par laquelle ils esp&#232;rent, de temps &#224; autres, arriver &#224; d&#233;finir l'agenda national. Entre temps, le renouvellement de l'action politique par QS est un facteur non n&#233;gligeable. Que d'autres partis, y compris le PQ et Option Nationale, reviennent &#224; une perspective qui peut relancer la lutte pour l'&#233;mancipation sociale et nationale (l'une ne va pas sans l'autre) pourrait &#233;galement &#234;tre une bonne chose. Sur de telles bases pourraient se cr&#233;er de nouvelles dynamiques, car, c'est notre conviction, le Qu&#233;bec est enceint d'une nouvelle r&#233;volution tranquille. En attendant, Jean-Martin Aussant, tout aussi honn&#234;te et cr&#233;atif qu'il soit, doit reconna&#238;tre les faits. Si un nouvel horizon pour la transformation du Qu&#233;bec doit r&#233;appara&#238;tre de mani&#232;re cr&#233;dible un jour, cela ne sera pas fait par un seul acteur. Il faudra compter sur la participation active des mouvements populaires. Un d&#233;bat qui viserait &#224; strictement &#171; r&#233;inventer &#187; le PQ, encore une fois comme LE parti unique, est vou&#233; &#224; l'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Beaudet et Boudreau sont tous deux membres du collectif qui publie Les Nouveaux Cahiers du socialisme. Ils signent ce texte &#224; titre individuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers une r&#233;&#233;dition de 2010 ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vers-une-reedition-de-2010</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vers-une-reedition-de-2010</guid>
		<dc:date>2014-08-05T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Droits syndicaux</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-08-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aussit&#244;t &#233;lu, le gouvernement Couillard annonce clairement sa position : contr&#244;le de la masse salariale du secteur public et m&#233;decine de cheval dans les minist&#232;res, en particulier dans le r&#233;seau de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. R&#233;ponse des centrales syndicales ? Il faut laisser la chance au coureur, indique Jacques L&#233;tourneau, pr&#233;sident de la CSN ; pas de branle-bas de combat non plus du c&#244;t&#233; de la FTQ ou de la CSQ. Cela ne laisse pas pr&#233;sager des lendemains qui chantent pour la prochaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droits-syndicaux-+" rel="tag"&gt;Droits syndicaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-08-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-08-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton18428-e2785.png?1781628302' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aussit&#244;t &#233;lu, le gouvernement Couillard annonce clairement sa position : contr&#244;le de la masse salariale du secteur public et m&#233;decine de cheval dans les minist&#232;res, en particulier dans le r&#233;seau de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. R&#233;ponse des centrales syndicales ? Il faut laisser la chance au coureur, indique Jacques L&#233;tourneau, pr&#233;sident de la CSN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martine Letarte, &#171; Une chance &#224; Couillard, mobilisation contre Harper &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; pas de branle-bas de combat non plus du c&#244;t&#233; de la FTQ ou de la CSQ. Cela ne laisse pas pr&#233;sager des lendemains qui chantent pour la prochaine n&#233;gociation. La pente sera dure &#224; remonter pour les salari&#233;Es qui souhaitent am&#233;liorer leurs conditions de travail et desserrer l'&#233;tau de l'endettement qui les &#233;touffe un peu plus chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 juin 2010, les leaders des centrales syndicales bombaient le torse en annon&#231;ant la conclusion de l'entente de principe avec le gouvernement Charest sur les mati&#232;res de table centrale. Ces quatre derni&#232;res ann&#233;es, les bilans critiques de cette entente furent publi&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur des rangs syndicaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en outre : Jean-Marc Piotte &amp; Yvan Perrier, &#171; Front commun : des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans certains journaux syndicaux locaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pensons notamment &#224; : Pierre Fontaine, &#171; Pourquoi il faut rejeter l'entente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les centrales pr&#233;f&#233;rant pour leur part que les publications nationales continuent de diffuser la seule analyse concevable &#224; leurs yeux : celle voulant que cette entente &#233;tait la meilleure possible dans les circonstances. Aucune autocritique s&#233;rieuse n'ayant &#233;t&#233; faite, tout indique aujourd'hui qu'en 2015 les &#233;lites syndicales voudront reproduire ce qu'elles consid&#232;rent encore &#234;tre le soi-disant succ&#232;s de 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un &#171; succ&#232;s &#187; ? Parce que, plusieurs le diront, les organisations syndicales avaient retrouv&#233; le droit de n&#233;gocier avec le gouvernement qu&#233;b&#233;cois. En 2010, on faisait r&#233;f&#233;rence au d&#233;cret obligeant les travailleurs et les travailleuses du secteur public &#224; accepter une &#233;chelle salariale honteuse en 2005. Mais parler de retrouver le droit de n&#233;gocier n'est que poudre aux yeux puisque l'entente de 2010 n'a jamais am&#233;lior&#233; les conditions &#233;conomiques des travailleurs-ses du secteur public ; elle se distinguait &#224; peine des offres patronales initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La raison d'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intentions gouvernementales d&#233;voil&#233;es dans la foul&#233;e du budget Leitao de juin dernier sont on ne peut plus claires quant &#224; l'ampleur des compressions qui seront impos&#233;es aux services publics et &#224; la masse salariale. En d&#233;cr&#233;tant le gel de l'embauche, le gouvernement emp&#234;che que 15 000 postes laiss&#233;s par les d&#233;parts &#224; la retraite soient combl&#233;s. Le pr&#233;sident du Conseil du tr&#233;sor, Martin Coiteux, a de plus annonc&#233; qu'un projet de loi sera d&#233;pos&#233; cet automne l'autorisant &#224; prendre le plein contr&#244;le de l'embauche dans les r&#233;seaux de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. Avec cet outil puissant, Qu&#233;bec se donne les grands moyens pour juguler la croissance de la masse salariale, aux d&#233;pens des services publics (par attrition ou par non-renouvellement de contrats, notamment)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tommy Chouinard, &#034;Gel des effectifs : n&#233;gociations cors&#233;es en vue&#034;, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les annonces de suppression de postes se multiplient depuis le d&#233;p&#244;t du budget Leitaio, tant dans les commissions scolaires, dans les CSSS et dans d'autres services, r&#233;duisant l'aide aux &#233;l&#232;ves, le soutien aux personnes vuln&#233;rables et l'acc&#232;s aux soins pour les malades. Ces annonces ne sont que les signes avant-coureurs d'un r&#233;gime-minceur tous azimuts par r&#233;duction du nombre d'emplois. Avec ces politiques d'aust&#233;rit&#233;, le gouvernement Couillard montre aux march&#233;s qu'il se conforme aux dogmes n&#233;olib&#233;raux en vigueur. Non seulement met-il le cap sur le d&#233;ficit z&#233;ro, mais aussi assortit-il cet objectif de la poursuite de l'implantation d'une fiscalit&#233; r&#233;gressive : r&#233;duction relative de la part fiscale des entreprises, valorisation de la tarification, r&#233;pugnance &#224; pr&#233;lever des dividendes sur les ressources ou &#224; augmenter les imp&#244;ts des plus riches... Tout est fait pour affaiblir les capacit&#233;s budg&#233;taires de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La raison de l'appareil syndical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diffusant aux membres le cahier des demandes de table centrale, en juin, les organisations syndicales ont fait savoir qu'encore une fois l'accent serait mis fortement sur les salaires plut&#244;t que sur le nombre d'emplois du secteur public ou sur les mesures fiscales requises pour sauvegarder ces emplois. Le document publi&#233; par le Front commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est explicite &#224; cet &#233;gard : la n&#233;gociation collective ne portera ni sur un plancher d'emplois &#224; l'&#233;chelle du secteur public, ni sur la cr&#233;ation d'emplois. Telle que formul&#233;e, la demande du Front commun sert &#224; prot&#233;ger les salaires des individus qui auront encore un emploi une fois les mesures d'aust&#233;rit&#233; mises en oeuvre ; la demande syndicale ne vise pas &#224; bloquer ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait chercher ici &#224; comprendre la raison de l'appareil syndical. L'hypoth&#232;se a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; l'effet que les mouvements sociaux (incluant le mouvement ouvrier) aient deux options lorsqu'ils sont soumis &#224; une offensive n&#233;olib&#233;rale : soit les mouvements luttent d'une mani&#232;re ouverte et radicale au risque m&#234;me de voir leurs organisations affect&#233;es par ces luttes, soit les mouvements s'enlisent dans une logique de reproduction, c'est-&#224;-dire que le fait pour l'organisation de demeurer en place suite aux attaques n&#233;olib&#233;rales est con&#231;u comme une victoire en soi. Dans ce dernier cas, la lutte n'aura pas &#233;t&#233; men&#233;e mais les appareils sont demeur&#233;s intacts, pr&#233;servant toutes les ressources dont ils disposaient jusque-l&#224;. Depuis plusieurs ann&#233;es, le mouvement syndical a choisi l'option de la reproduction de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture pr&#233;dominante en est ainsi venue &#224; bannir peu &#224; peu du vocabulaire syndical les mots suivants : gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, combat, &#233;preuve de force, affrontement, bras de fer, antagonisme, confrontation... Les directions syndicales et leur entourage privil&#233;gient une repr&#233;sentation douce du syndicalisme du secteur public, insistant sur le fait que les salari&#233;Es se distinguent par leur gentillesse et que de la n&#233;go proc&#232;de essentiellement d'un besoin de reconnaissance de leur part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle r&#232;gle d'or du syndicalisme semble devenir celle-ci : plus les syndicats sont respectueux envers l'employeur et aux yeux de l'opinion publique, meilleur sera le r&#232;glement &#224; la table de n&#233;gociation. Or, l'exp&#233;rience des derni&#232;res n&#233;gos montre exactement le contraire : la pusillanimit&#233; syndicale conduit &#224; un appauvrissement des salari&#233;Es. Les membres voient bien qu'avec le bon ententisme des directions syndicales, leurs conditions de travail se d&#233;gradent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une analyse tronqu&#233;e de la situation du secteur priv&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document pr&#233;sentant les demandes du Front commun d&#233;ploie de grands efforts &#224; sugg&#233;rer que le danger actuel dans le secteur public est l'exode des ressources humaines vers le secteur priv&#233;. L'argumentation syndicale &#233;tablit que l'enjeu de la pr&#233;sente n&#233;go est de permettre aux salari&#233;Es du secteur public de faire un rattrapage les amenant (peut-on pr&#233;sumer) &#224; rejoindre les conditions de leurs confr&#232;res et consoeurs du priv&#233;. En voici un extrait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous entrons donc dans une p&#233;riode o&#249; les employeurs seront en forte comp&#233;tition pour attirer la main-d'oeuvre dans leur secteur respectif, qu'il soit priv&#233; ou public (...). Si le secteur public qu&#233;b&#233;cois n'est pas en mesure d'offrir des conditions de travail int&#233;ressantes, qui voudra encore travailler dans le secteur public provincial ? Sans travailleuses et travailleurs, c'est la p&#233;rennit&#233; de nos services publics qui est directement menac&#233;e. (...) Comme organisations syndicales, nous partageons avec le gouvernement cette responsabilit&#233; de nous assurer que les conditions de travail dans le secteur public demeurent attrayantes. Et en ce sens, un s&#233;rieux coup de barre doit &#234;tre donn&#233; d&#232;s maintenant. Voil&#224; pourquoi nous croyons qu'au cours des prochaines n&#233;gociations, les (...) objectifs suivants doivent &#234;tre poursuivis afin d'am&#233;liorer les capacit&#233;s d'attraction et de r&#233;tention de la main-d'oeuvre du secteur public... &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de chercher &#224; faire croire &#224; une p&#233;nurie de main d'oeuvre dans le secteur public, pourquoi ne pas donner l'heure juste aux membres &#224; propos de l'affrontement impitoyable qui se joue actuellement dans le secteur priv&#233; entre le capital et le travail ? Pourquoi ne pas dire aux membres la brutalit&#233; des attaques patronales contre le droit &#224; la syndicalisation et contre le droit de n&#233;gocier ? Pourquoi taire l'&#233;norme pression &#224; la baisse des conditions de travail s'exer&#231;ant aujourd'hui dans le secteur priv&#233; ? Pourquoi ne pas clarifier ceci avec les syndiqu&#233;Es : le n&#233;olib&#233;ralisme m&#232;ne une lutte sans merci contre les salari&#233;Es dans la construction, dans les t&#233;l&#233;communications, dans le commerce de d&#233;tail, dans l'industrie... Et cette pression s'exerce ensuite sur l'&#201;tat pour qu'il fasse de m&#234;me avec sa propre masse salariale, afin de soulager le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des conflits de travail du secteur priv&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es devrait inciter les apparatchiks syndicaux &#224; communiquer une lecture lucide de la conjoncture actuelle du march&#233; du travail, o&#249; r&#232;gne ni plus ni moins que la guerre. Ils devraient avoir le courage de dire franchement aux membres que la seule r&#233;ponse possible aux mesures d'aust&#233;rit&#233;, c'est de lutter contre celles-ci. Pour de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Syndicalisme de combat et renouveau syndical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, &#233;mergent de la base des analyses et des modes d'organisation contestant les orientations des directions syndicales et proposant un renouvellement des fa&#231;ons de faire. D&#233;j&#224; en 2012, l'exp&#233;rience des Profs contre la hausse avait indiqu&#233; les stimulantes avenues ouvertes par une reprise en main par la base des vis&#233;es et de l'action syndicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe de Grosbois et Anne-Marie Le Saux, Profs contre la hausse : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nouvelles alliances syndicales-populaires sont aussi envisageables et doivent &#234;tre tent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mars 2014, le r&#233;seau Offensive syndicale s'est mis sur pied dans cet esprit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir L&#233;a Fontaine, Offensive syndicale - Un r&#233;seau militant et combattif, &#192; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus en plus de membres questionnent la strat&#233;gie syndicale et voient bien qu'elle ne cherche pas &#224; affronter directement les politiques d'aust&#233;rit&#233; ; l'obsession salariale du Front commun ne donne pas aux membres les outils pour contester frontalement la fiscalit&#233; r&#233;gressive, l'&#233;limination d'emplois et la r&#233;duction de l'offre de services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, le succ&#232;s de la gr&#232;ve des carr&#233;s rouges reposait justement sur la capacit&#233; du mouvement de proposer &#224; ses membres (et &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise) deux &#233;l&#233;ments judicieux. D'abord, un contre-discours mettant en &#233;vidence la vacuit&#233; des pr&#233;tentions gouvernementales &#224; l'effet que l'&#201;tat n'avait plus les moyens de financer les universit&#233;s et que les &#233;tudiantEs devaient faire leur juste part. La demande du Front commun ne parvient aucunement &#224; articuler un tel contrediscours, se contentant de plaider pour l'importance de la r&#233;tention du personnel par des hausses de salaires. Ensuite, les carr&#233;s rouges visaient la croissance du pouvoir des membres &#224; la base, par des pratiques associatives horizontales, la d&#233;mocratie directe, ainsi qu'une grande perm&#233;abilit&#233; &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; la spontan&#233;it&#233;, gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux et aux initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les centrales restent fortement attach&#233;es &#224; leur conception verticale et dirigiste du syndicalisme. De la part des appareils syndicaux, il n'y a actuellement aucune pr&#233;paration des membres &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'affronter une loi sp&#233;ciale ; au contraire, l'ambition syndicale est d'&#233;viter celle-ci quel qu'en soit le prix. &#192; la limite, les directions syndicales pourraient vouloir signer des ententes qui tout &#224; la fois respectent les cibles budg&#233;taires du gouvernement (d&#233;ficit z&#233;ro), cautionnent la r&#233;duction de la taille de l'&#201;tat et pr&#233;voient des hausses de salaires pour les employ&#233;Es restantEs. Voil&#224; o&#249; peut mener la conception corporatiste des n&#233;gos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'&#233;viter une telle issue en exposant clairement les enjeux aux membres et &#224; la population. En outre, les d&#233;bats doivent se faire en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale afin de soupeser d'autres options concernant les demandes de table centrale, comme le maintien du niveau des services publics, par une taxe sur le capital notamment, et par l'augmentation du nombre d'emplois dans ces services. Une telle strat&#233;gie alternative ouvre la porte &#224; des moyens d'action men&#233;s conjointement avec des organismes ayant &#224; coeur une v&#233;ritable d&#233;fense des services &#224; la population. Par exemple, pourquoi le mouvement syndical n'inviterait-il pas ces organismes et les r&#233;seaux citoyens &#224; tenir avec lui des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'avenir du secteur public, dans le cadre d'une lutte globale contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; ? Cessons de mener en vase clos la n&#233;go du secteur public ; donnons-lui de l'oxyg&#232;ne, pour qu'elle reprenne enfin son souffle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Boudreau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Charest&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant syndical&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs sont salari&#233;s du secteur public et membres de la CSN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers une r&#233;&#233;dition de 2010 ? - Revue &#192; b&#226;bord ! &lt;a href=&#034;http://ababord.org/spip.php?article1849&amp;var_mode=preview&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ababord.org/spip.php?article1849&amp;var_mode=preview&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
5 sur 5 11juil.2014 16:35&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martine Letarte, &#171; Une chance &#224; Couillard, mobilisation contre Harper &#187;, Le Devoir, 26 avril 2014, p. G-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir en outre : Jean-Marc Piotte &amp; Yvan Perrier, &#171; Front commun : des n&#233;gociations historiques ? &#187;, L'&#233;tat du Qu&#233;bec 2011, Montr&#233;al, Bor&#233;al, 2011, p. 242-247 ; Fran&#231;ois Cyr et Andr&#233; Vincent, &#171; Le syndicalisme qu&#233;b&#233;cois : un mouvement social en panne s&#232;che ? &#187;, Nouveaux Cahiers du socialisme, #5, printemps 2011, p. 233-237 ; Benoit Renaud, Bernard Rioux, Mark-David Mandel, Mich&#232;le St-Denis, Marjolaine Goudreau, Benoit Lacoursi&#232;re, Marie-Eve Montfette et al., &#171; Pourquoi il faut rejeter l'entente avec le Front commun &#187;, La Presse, 10 ao&#251;t 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pensons notamment &#224; : Pierre Fontaine, &#171; Pourquoi il faut rejeter l'entente de principe [&lt;a href=&#034;http://www.sechum.org/2010/09/pourquoi-il-faut-rejeter-l%E2%80%99entente-de-principe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sechum.org/2010/09/pourquoi-il-faut-rejeter-l%E2%80%99entente-de-principe/&lt;/a&gt;] &#187;, SECHUM, 1er septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tommy Chouinard, &#034;Gel des effectifs : n&#233;gociations cors&#233;es en vue&#034;, La Presse, 5 juin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics [&lt;a href=&#034;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&lt;/a&gt;], printemps 2014, 17 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics [&lt;a href=&#034;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&lt;/a&gt;], p. 5-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe de Grosbois et Anne-Marie Le Saux, Profs contre la hausse : le renouvellement de l'action politique enseignante [&lt;a href=&#034;http://www.ababord.org/spip.php?article1517&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ababord.org/spip.php?article1517&lt;/a&gt;], &#192; B&#226;bord !, #46, octobre-novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir L&#233;a Fontaine, Offensive syndicale - Un r&#233;seau militant et combattif, &#192; b&#226;bord !, no 55, &#233;t&#233; 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Renouer avec le syndicalisme de combat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Renouer-avec-le-syndicalisme-de-combat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Renouer-avec-le-syndicalisme-de-combat</guid>
		<dc:date>2014-05-13T09:26:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L128xH150/arton17652-eed92.png?1781836177' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple rh&#233;torique ? La n&#233;gociation de 2015 mesurera la capacit&#233; du mouvement syndical de se renouveler, voire de d&#233;velopper des pratiques diff&#233;rentes afin de faire des gains notables et imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du Blog de la Redac de la Revue A babord !)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il nous appara&#238;t primordial d'amorcer d&#232;s cette ann&#233;e la r&#233;flexion autour de cette prochaine ronde de n&#233;gos. Apr&#232;s l'abandon de la n&#233;gociation en 2002 au profit de l'&#233;quit&#233; salariale, le d&#233;cret amer de 2005 et la capitulation syndicale de 2010, il serait appropri&#233; selon nous de commencer &#224; d&#233;battre d'enjeux politiques et strat&#233;giques. Loin de nous l'id&#233;e de nous soustraire aux d&#233;lib&#233;rations syndicales, mais pourquoi ne pas lancer parall&#232;lement certaines pistes et questions aux acteurs et actrices du mouvement ainsi qu'&#224; l'ensemble de la gauche qu&#233;b&#233;coise, &#224; l'approche de la n&#233;gociation de 2015 ? Nous avons identifi&#233; cinq enjeux autour desquels des changements doivent s'op&#233;rer, pensons-nous, afin de voir une mobilisation syndicale et populaire qui pourrait mieux servir les droits des travailleurs et travailleuses du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le vrai pouvoir loge &#224; la base et non au niveau de l'appareil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des grandes le&#231;ons du Printemps qu&#233;b&#233;cois : la puissance d'un mouvement social contr&#244;l&#233; par sa base plut&#244;t que par les leaders et leur entourage. Cette v&#233;rit&#233;, il faut en quelque sorte la r&#233;apprendre dans le syndicalisme du secteur public. Celui-ci en est venu, au fil des d&#233;cennies, &#224; s'en remettre largement &#224; l'appareil, pour une quantit&#233; effarante de t&#226;ches, de d&#233;fis et de choix auxquels doivent faire face les syndiqu&#233;es et leurs organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'on ne veuille pas toujours l'admettre ouvertement, cet appareil syndical hypertrophi&#233; contr&#244;le la n&#233;gociation en lieu et place des membres. S'il est l&#233;gitime pour un syndicat de s'adjoindre des personnes ayant une expertise pr&#233;cieuse, il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui, ce sont ces sp&#233;cialistes qui d&#233;finissent le cadre strat&#233;gique de la n&#233;gociation et disposent par le fait m&#234;me du mode de d&#233;cision sur les tactiques utilis&#233;es. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale n'a besoin de se r&#233;unir qu'au d&#233;but (validation des demandes identifi&#233;es par l'appareil) et &#224; la fin du processus (ratification de l'entente de principe). La mobilisation des membres sera requise seulement &#224; certains moments-cl&#233;s d&#233;cid&#233;s par l'appareil, qui d&#233;valorise progressivement le recours &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel mod&#232;le organisationnel a pu, en de rares occasions, permettre de sauver les meubles, il n'en reste pas moins qu'&#224; long terme, ses effets sont d&#233;l&#233;t&#232;res. D'une part, les n&#233;gos du secteur public donnent des r&#233;sultats de moins en moins probants. D'autre part, le pouvoir des membres s'atrophie et c'est tout le mouvement qui s'affaiblit. Plus que jamais, il est temps de redonner aux assembl&#233;es locales &#8211; et aux comit&#233;s issus de celles-ci &#8211; le pouvoir de d&#233;finir, &#224; l'abri de toute influence de l'appareil syndical, le sens profond des luttes &#224; initier et la mani&#232;re de les mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Des alliances larges sont n&#233;cessaires &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque ronde de n&#233;gociation, l'isolement dans lequel se retrouvent les syndicats du secteur public est saisissant. Bien s&#251;r, plusieurs facteurs peuvent l'expliquer : le r&#244;le des m&#233;dias, le climat soci&#233;tal g&#233;n&#233;ral, la puissance du patronat et de ses alli&#233;s, le triomphe de la droite &#224; l'&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme, etc. Tout cela est vrai. Mais la f&#226;cheuse position dans laquelle se retrouve chaque fois le syndicalisme du secteur public rel&#232;ve peut-&#234;tre aussi de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se pr&#233;senter aux tables de n&#233;gociations, n'y a-t-il pas lieu de construire des alliances approfondies avec d'autres mouvements sociaux ? N'y a-t-il pas lieu de tenter de cr&#233;er un vaste mouvement social autour d'une vision partag&#233;e de ce que doit &#234;tre l'intervention de l'&#201;tat dans une optique de justice sociale ? N'y a-t-il pas lieu de s'inspirer du mouvement &#233;tudiant, qui est parvenu &#224; associer diff&#233;rentes cat&#233;gories sociales &#224; son combat, en montrant que celui-ci relevait non pas du corporatisme, mais d'une proposition de ce que pourrait &#234;tre une soci&#233;t&#233; juste et d&#233;mocratique ? Ainsi, le mouvement des carr&#233;s rouges a su placer au c&#339;ur de sa lutte une vision du bien commun et c'est ce que n'arrivent plus &#224; faire les organisations syndicales lorsque vient le temps de n&#233;gocier avec l'&#201;tat-patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les revendications doivent concerner la soci&#233;t&#233; dans son ensemble&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu &#224; l'image du Printemps qu&#233;b&#233;cois, les n&#233;gos devraient marquer un temps d'arr&#234;t &#224; l'&#233;chelle nationale afin de r&#233;fl&#233;chir au type de soci&#233;t&#233; dans lequel nous voulons vivre et, plus sp&#233;cifiquement, &#224; des principes cruciaux telles l'universalit&#233;, l'accessibilit&#233;, la gratuit&#233; et la gestion collective des services &#224; la population. En somme, les n&#233;gos devraient &#234;tre un moment privil&#233;gi&#233; pour articuler et diffuser une vision du r&#244;le g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat, des valeurs communes et de l'avenir de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il prenait aux centrales l'envie de jeter les bases d'un syndicalisme de mouvement social dans le cadre des n&#233;gociations de 2015, voici quelles pourraient en &#234;tre les revendications principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; abolition de la taxe sant&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gel des tarifs d'hydro&#233;lectricit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gel des tarifs des services de garde (7 $ / jour) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gel des droits de scolarit&#233; dans une perspective de gratuit&#233; scolaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;duction substantielle du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe au primaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en sant&#233;/services sociaux, int&#233;gration des salari&#233;es de l'&#233;conomie sociale au secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; augmentation substantielle du pouvoir d'achat de tous les salari&#233;es du secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; adoption par l'&#201;tat des mesures de justice fiscale n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation des sept premiers points (hausse des imp&#244;ts des entreprises, suppression d'abris fiscaux, redevances sur les ressources, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de mettre de l'avant des perspectives similaires, le risque est grand que ces n&#233;gociations soient r&#233;duites &#224; un exercice routinier et strictement corporatiste. Ainsi ramen&#233;es &#224; une vulgaire corv&#233;e affairiste, elles n'inspireraient plus grand monde &#224; la base et fatalement, sans conviction, les membres s'en remettraient aux apparatchiks syndicaux, peut-&#234;tre m&#234;me en se disant qu'apr&#232;s tout, ils sont pay&#233;s pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Sans rapport de force, il n'y a pas de gains possibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;politisation des n&#233;gociations du secteur public, observable depuis 25 ans, a son pendant dans la mobilisation. La portion plus corporatiste de l'appareil r&#233;ussit &#224; imposer le r&#233;flexe voulant que ce soit aux tables que tout se joue. Celle-ci met de l'avant que les n&#233;gociations sont du &#171; donnant donnant &#187; : on c&#232;de certains acquis actuellement inscrits dans la convention (ou relevant du statu quo) en &#233;change d'am&#233;liorations conc&#233;d&#233;es par la partie patronale. Le moment venu, devant les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, on pr&#233;sente ces concessions comme des gains arrach&#233;s de peine et de mis&#232;re &#224; l'employeur. Fort d'une telle gymnastique, on en arrive presque &#224; faire croire, chemin faisant, que lesdites n&#233;gociations ont &#233;t&#233; victorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'appareil syndical, on affirme souvent que les membres n'ont pas envie de se battre ou qu'ils ne veulent plus faire la gr&#232;ve. Lorsque c'est avec un tel discours que s'inaugure la ronde de n&#233;gociations, comment croire que les membres puissent avoir le go&#251;t de mettre autre chose de l'avant ? Comment la base pourrait-elle renoncer &#224; ce qu'on lui offre sur un plateau d'argent : le confort d'une n&#233;gociation peinarde et discr&#232;te, sans la moindre perc&#233;e certes, mais aussi sans efforts ni turbulences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Travailler en front commun, de la base jusqu'au sommet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect peut-&#234;tre le plus d&#233;plorable de la d&#233;politisation syndicale est l'esprit d'&#233;mulation qui existe entre les centrales. Il ne faut pas h&#233;siter &#224; parler d'un sectarisme syndical qui ne repose pas tant sur des valeurs diff&#233;rentes que sur l'adh&#233;sion tribale &#224; une organisation. Lorsque vient le temps d'entreprendre les n&#233;gociations du secteur public, ce ph&#233;nom&#232;ne de comp&#233;tition appara&#238;t avec plus de vigueur. On peut se demander si le front commun de 2010 en &#233;tait vraiment un ou s'il existait seulement en fa&#231;ade. Pourtant, une des le&#231;ons les plus remarquables de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012 aura &#233;t&#233; justement la capacit&#233; de g&#233;n&#233;rer une v&#233;ritable unit&#233; entre les organisations &#233;tudiantes, ce qui a &#233;t&#233; garant de leur victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre effectif, un front commun ne peut pas r&#233;unir uniquement des chefs syndicaux nationaux. Il doit impliquer chacun des syndicats locaux susceptibles de participer &#224; la lutte. L'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (ASS&#201;) a initi&#233; en ce sens un pattern inspirant, &#171; l'entente minimale &#187;. Ce pacte liait 88 associations locales et comit&#233;s de mobilisation de partout au Qu&#233;bec ; il visait &#224; s'assurer que les organisations &#233;tudiantes nationales &#233;vitent les d&#233;chirements constat&#233;s lors de la gr&#232;ve de 2005. Cette entente a &#233;t&#233; ratifi&#233;e dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales locales et a jou&#233; un r&#244;le essentiel dans la solidit&#233; et l'effectivit&#233; du front commun &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carr&#233;s rouges nous ont montr&#233; que lorsqu'on se crache dans les mains et qu'on monte au front, t&#244;t ou tard, on finit par en r&#233;colter les dividendes. Le combat peut &#234;tre rude, l'adversaire peut &#234;tre impitoyable ou m&#234;me vicieux, mais la lutte finit par payer. C'est ce qu'il faut r&#233;apprendre dans le secteur public : avoir confiance en soi, savoir prendre des risques et oser entamer un bras de fer, comme l'ont fait les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes. En d&#233;finitive, pour qu'une victoire soit envisageable, il faut d'abord y croire soi-m&#234;me. Les leaders syndicaux seront-ils contamin&#233;s par le mouvement des carr&#233;s rouges ? Il appartient &#224; toute la gauche, incluant la base syndicale, de les y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Boudreau &lt;br class='autobr' /&gt;
Ren&#233; Charest&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant syndical&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un printemps qu&#233;b&#233;cois !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pour-un-printemps-quebecois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pour-un-printemps-quebecois</guid>
		<dc:date>2012-04-10T08:37:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-F&#233;lix Ch&#233;nier, Julie Cloutier, Philippe Boudreau, Simon Labelle</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-04-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un printemps qu&#233;b&#233;cois prend forme. Amorc&#233; par la mobilisation historique des &#233;tudiants contre la hausse des droits de scolarit&#233;, il se poursuit en amenant avec lui la col&#232;re, le sentiment d'impuissance et de d&#233;possession d'une majorit&#233; de citoyens face &#224; leur &#233;lite politique et &#233;conomique, jug&#233;e non-repr&#233;sentative de leurs int&#233;r&#234;ts et pr&#233;occupations. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;tudiants, dans leur lutte, sont inspirants. Ils donnent envie &#224; des citoyens de tous les milieux de prendre la parole, de se faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-quebecoise-86-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-04-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-04-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton9885-9f20f.png?1781779120' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un printemps qu&#233;b&#233;cois prend forme. Amorc&#233; par la mobilisation historique des &#233;tudiants contre la hausse des droits de scolarit&#233;, il se poursuit en amenant avec lui la col&#232;re, le sentiment d'impuissance et de d&#233;possession d'une majorit&#233; de citoyens face &#224; leur &#233;lite politique et &#233;conomique, jug&#233;e non-repr&#233;sentative de leurs int&#233;r&#234;ts et pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, dans leur lutte, sont inspirants. Ils donnent envie &#224; des citoyens de tous les milieux de prendre la parole, de se faire entendre. Ils nous ont rappel&#233; que, lorsque nous pensons qu'il n'existe plus d'espace pour faire entendre notre voix, il y a encore la rue pour amener les d&#233;bats dans l'espace public et politique. Les &#233;tudiants nous ont donn&#233; un &#233;lan, une envie, celle de se r&#233;approprier le bien commun. Parce que la question que pose la jeunesse d&#233;passe largement celle des droits de scolarit&#233;. La question fondamentale derri&#232;re ce d&#233;bat, c'est : &#171; Dans quel genre de soci&#233;t&#233; voulons-nous vivre ? &#187;. Nous les remercions de nous avoir sortis de notre hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le printemps qu&#233;b&#233;cois tel que nous l'entendons se traduit par une volont&#233; de reprise en main de notre destin collectif. Il est l'expression, en somme, d'un d&#233;sir de reprendre le contr&#244;le d&#233;mocratique dans un certain nombre de domaines, soit l'&#233;ducation, les ressources naturelles, l'environnement, l'&#233;conomie, et enfin, l'espace politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun, c'est d'abord l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation pour tous. Le savoir doit &#234;tre partag&#233;, et il doit &#234;tre si bien partag&#233; qu'il doit permettre la mobilit&#233; sociale. Par exemple, c'est au Qu&#233;bec que nous retrouvons le plus grand nombre de m&#233;decins issus de milieux modestes, et le fait que l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure est plus abordable que dans le reste du Canada y est tr&#232;s certainement pour quelque chose. La conception de l'&#233;ducation et du savoir, telle que propos&#233;e par le gouvernement actuel, nous pr&#233;sente l'&#233;ducation sup&#233;rieure comme un simple investissement &#233;conomique individuel. L'&#233;ducation remplit pourtant d'autres fonctions, tout aussi importantes pour une soci&#233;t&#233; qui se veut intelligente, cr&#233;atrice et dynamique. Des citoyens &#233;duqu&#233;s partageant une culture commune forte constituent les fondements d'une soci&#233;t&#233; juste et d&#233;mocratique qui aspire &#224; durer dans la paix et la coh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun, c'est aussi nos ressources naturelles et notre territoire. Ces ressources nous appartiennent. Nous devrions &#234;tre ad&#233;quatement inform&#233;s, avoir notre mot &#224; dire relativement &#224; leur exploitation ainsi qu'&#224; leur &#233;ventuelle nationalisation. Les richesses naturelles issues de notre territoire devraient profiter &#224; tous. Ce n'est toutefois pas ce que l'on constate dans la r&#233;alit&#233;. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, nous avons &#233;t&#233; les t&#233;moins impuissants de la complaisance du gouvernement envers des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s qui exploitent nos ressources, avec des redevances qui frisent le ridicule. Pendant ce temps, ce sont tous les contribuables qui paient pour les routes et les infrastructures permettant &#224; ces entreprises d'accumuler les profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun, c'est &#233;galement reprendre le contr&#244;le de notre environnement. Quand le Canada se retire du protocole de Kyoto, il ne parle pas en notre nom. Dans la vall&#233;e du Saint-Laurent, l'industrie des gaz de schiste se pr&#233;pare &#224; forer avec la b&#233;n&#233;diction du gouvernement du Qu&#233;bec, sans que nous soyons s&#233;rieusement consult&#233;s. Nous voulons plut&#244;t d'un d&#233;veloppement qui ne serait pas ax&#233; sur le p&#233;trole et le gaz, mais qui ferait une large part aux &#233;nergies renouvelables et aux &#233;conomies d'&#233;nergie. Nous voulons un d&#233;veloppement qui respecte notre eau, l'air que nous respirons et les esp&#232;ces vivantes qui nous entourent. Nous voulons l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations &#224; venir un environnement et un climat habitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun, c'est une &#233;conomie au service de tous. Nous contribuons tous &#224; l'&#233;conomie, et pourtant elle nous &#233;chappe. Au fil des ans, nous avons vu l'&#233;cart entre les riches et les pauvres se creuser. La classe moyenne s'effrite, s'endette, s'&#233;puise. L'&#233;conomie s'est progressivement d&#233;tourn&#233;e de la cr&#233;ation d'emplois de qualit&#233; faisant vivre des familles, pour mettre l'accent sur la qu&#234;te de profit et une cr&#233;ation de richesse ax&#233;e sur la sp&#233;culation financi&#232;re. Cette situation est brillamment illustr&#233;e par le slogan &#171; Nous sommes le 99% &#187; des indign&#233;s de la mouvance Occupy Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun, c'est enfin reprendre le contr&#244;le de nos institutions d&#233;mocratiques. Une grande partie de la population est d&#233;sillusionn&#233;e de la politique. Les divers scandales mis &#224; jour dans l'industrie de la construction et, plus largement, la gestion de projets d'infrastructures ont min&#233; la confiance de la population face &#224; ses repr&#233;sentants. Nous avons de plus en plus l'impression que la classe politique au pouvoir sert ses propres int&#233;r&#234;ts, plut&#244;t que d'&#234;tre au service du peuple qui l'a &#233;lue. Cette crise de confiance est notamment aliment&#233;e par un mode de scrutin qui p&#233;nalise les petits partis en leur donnant un pourcentage de si&#232;ges nettement en de&#231;&#224; de leur appui populaire r&#233;el. &#192; titre d'exemple de distorsion, on peut penser &#224; notre gouvernement f&#233;d&#233;ral majoritaire qui n'a en r&#233;alit&#233; r&#233;colt&#233; que 39,6% des votes aux derni&#232;res &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces combats et tant d'autres sont reli&#233;s &#224; cette id&#233;e que le Qu&#233;bec est notre milieu de vie et celui de nos enfants. La croissance pour la croissance, c'est de la pure folie. Ce que nous voulons, c'est bien vivre, c'est vivre bien. C'est le bien commun. Un grand &#171; m&#233;nage du printemps &#187; qu&#233;b&#233;cois est maintenant &#224; l'ordre du jour et il commence par le fait de s'indigner en masse, de prendre la rue dans le cadre de vastes alliances rejoignant toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;. Le mouvement lanc&#233; par les &#233;tudiants doit &#234;tre contagieux, s'&#233;tendre &#224; d'autres mouvements sociaux, et nous amener &#224; nous r&#233;approprier notre destin collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc un appel &#224; donner vie &#224; ce printemps qu&#233;b&#233;cois (voir les actions possibles sur la page &lt;a href=&#034;http://facebook.com/printempsquebecois&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://facebook.com/printempsquebecois&lt;/a&gt;). C'est de notre soci&#233;t&#233; qu'il s'agit. Faisons-nous entendre !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Philippe Boudreau, professeur de science politique, Coll&#232;ge Ahuntsic ; Jean-F&#233;lix Ch&#233;nier, professeur de science politique, Coll&#232;ge de Maisonneuve ; Julie Cloutier, professeure de philosophie, Coll&#232;ge Ahuntsic ; Simon Labelle, professeur de physique, Coll&#232;ge de Valleyfield.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signataires font partie du collectif &#171; Profs contre la hausse &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'actuel d&#233;bat sur les pactes tactiques entre progressistes : ses origines et sa port&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-actuel-debat-sur-les-pactes-tactiques-entre-progressistes-ses-origines-et-sa</link>
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		<dc:date>2012-01-31T09:03:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Vincent, Beno&#238;t Gaulin, Fran&#231;ois Cyr, Philippe Boudreau, Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-01-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la recomposition du paysage partisan au Qu&#233;bec intervenue en 2011 (tant au f&#233;d&#233;ral qu'au provincial), la question de l'ouverture de discussions entre forces politiques souverainistes et progressistes s'est pos&#233;e chez maints analystes et acteurs gravitant autour de ces courants, par-del&#224; les lignes partisanes et sans &#233;gard au statut de tout un chacun (journaliste, blogueur, militant, chercheur, professeur, etc.). &lt;br class='autobr' /&gt; Le site des Nouveaux cahiers du socialisme tente, dans la mesure de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-solidaire-22-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-01-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-01-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L131xH150/arton9203-24574.png?1781148473' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la recomposition du paysage partisan au Qu&#233;bec intervenue en 2011 (tant au f&#233;d&#233;ral qu'au provincial), la question de l'ouverture de discussions entre forces politiques souverainistes et progressistes s'est pos&#233;e chez maints analystes et acteurs gravitant autour de ces courants, par-del&#224; les lignes partisanes et sans &#233;gard au statut de tout un chacun (journaliste, blogueur, militant, chercheur, professeur, etc.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le site des Nouveaux cahiers du socialisme tente, dans la mesure de ses moyens, de faire conna&#238;tre et de diffuser ces r&#233;flexions et d&#233;bats. Il n'y a pas de position &#233;ditoriale des NCS sur les pactes tactiques, sinon de dire qu'il faut qu'il y ait discussion large l&#224;-dessus. Les diff&#233;rentes positions relatives aux pactes, au sein de la gauche, sont non seulement l&#233;gitimes, mais il serait surtout tr&#232;s t&#233;m&#233;raire de pr&#233;tendre conna&#238;tre LA meilleure position sur un tel sujet, compte tenu des atouts et contradictions que chaque option comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur les pactes, lorsqu'il a &#233;t&#233; lanc&#233; en 2011 par des membres de QS ou par des observateurs privil&#233;gi&#233;s de ce parti, ne s'est jamais situ&#233; sur des questions de principes. Jamais l'ind&#233;pendance de QS n'&#233;tait mise en doute, encore moins sa pertinence comme formation politique. Le d&#233;bat ne consistait pas non plus &#224; savoir si le PQ est un parti de gauche ; il s'agissait plut&#244;t, notamment, de savoir selon quelles modalit&#233;s les &#233;l&#233;ments progressistes peuvent se parler entre eux, par-del&#224; les fronti&#232;res partisanes. Se parler compte tenu de la mont&#233;e fulgurante de la CAQ et de la probabilit&#233; que les &#233;lections provinciales, &#224; l'avenir, consistent essentiellement &#8211; pour la plus grande part de l'&#233;lectorat &#8211; &#224; choisir entre deux partis f&#233;d&#233;ralistes clairement camp&#233;s &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que les &#233;lections ne sont qu'un terrain parmi plusieurs sur lesquels s'affrontent les forces de gauche et celles de droite ; ce n'est pas n&#233;cessairement le terrain le plus important (sauf quand les &#233;lections approchent !). Les progressistes qui r&#233;sistent aux assauts de la droite le font sur une multitude de terrains, parfois de fa&#231;on spectaculaire et tr&#232;s militante (ex. : les Indign&#233;s), parfois de fa&#231;on plus discr&#232;te mais n&#233;anmoins tr&#232;s significative (les enseignants et les artistes, par exemple). Qu&#233;bec solidaire est le seul parti &#224; se d&#233;finir comme &#171; parti des urnes et de la rue &#187; et cela traduit bien l'absolue n&#233;cessit&#233; de concevoir que les terrains d'affrontement avec les forces capitalistes (ou patriarcales, ou technocratiques, ou f&#233;d&#233;ralistes ou...) sont nombreux. Les &#233;lections ne sont qu'une dimension, modeste, de l'&#233;quation. Sauf durant les campagnes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un tel contexte se pr&#233;sente, la question peut se poser de savoir, compte tenu du cadre institutionnel en vigueur (mode de scrutin, syst&#232;me partisan, nature du r&#233;gime...) quel est le meilleur moyen de mettre le maximum de b&#226;tons dans les roues de la droite. Qu&#233;bec solidaire est un outil cr&#233;&#233; en ce sens, jusqu'&#224; un certain point : projeter sur le terrain &#233;lectoral les aspirations des mouvements sociaux et, si possible, les faire triompher. Y a-t-il moyen d'accro&#238;tre encore davantage l'influence des progressistes, par del&#224; le score de Qu&#233;bec solidaire ? De maximiser la quantit&#233; de grains de sable dans l'engrenage de la droite ? D'&#233;viter que les votes progressistes et souverainistes se nuisent mutuellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser ces questions (sans avoir pour autant les r&#233;ponses) et esp&#233;rer que les forces progressistes en pr&#233;sence se les posent elles aussi, ne consiste pas &#224; nier l'authenticit&#233; du projet de QS, ni &#224; le compromettre. Il s'agit surtout de r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on rationnelle &#224; ce que la gauche ait, au sein des institutions d&#233;mocratiques, au moins autant de poids que la somme des &#233;l&#233;ments progressistes qui la composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'ouvrir un tel d&#233;bat nuit-il &#224; Qu&#233;bec solidaire ? Ce serait &#233;tonnant, pour plusieurs raisons. D'abord, depuis que le d&#233;bat est directement pos&#233; sur la place publique (notamment par des &#233;l&#233;ments p&#233;quistes ou proches du PQ), jamais les m&#233;dias n'ont autant parl&#233; de Qu&#233;bec solidaire. Ensuite, dans le cadre de ce d&#233;bat public, via les m&#233;dias, QS a g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un interlocuteur plausible, s&#233;rieux, cr&#233;dible et raisonnable. &#192; part Lysiane Gagnon et une poign&#233;e de commentateurs pathologiquement incommod&#233;s par la gauche, la plupart des personnes appel&#233;es &#224; commenter (nonobstant leur point de vue sur les ententes &#233;lectorales) consid&#233;raient QS comme une entit&#233; tout &#224; fait l&#233;gitime et respectable. Troisi&#232;mement, les mouvements sociaux, en particulier les organisations syndicales, esp&#232;rent que les forces progressistes et souverainistes travaillent davantage de pair, qu'elles additionnent leurs potentialit&#233;s, incluant sur le terrain &#233;lectoral. Il sied bien &#224; ces organisations que Qu&#233;bec solidaire soit un interlocuteur normal du camp souverainiste. Enfin, les membres de QS peuvent se regarder dans le miroir : aucun ne s'est livr&#233; &#224; des marchandages et toute la r&#233;flexion entam&#233;e &#224; ce jour s'est effectu&#233;e dans l'attente d'un d&#233;bat approfondi et d&#233;mocratique au sein des instances de Qu&#233;bec solidaire. (D&#233;bat dont nul ne pouvait ni ne peut pr&#233;dire l'issue.) Aucune d&#233;cision ne peut &#234;tre prise par ce parti sans que les arguments aient pu s'exprimer et sans que les &#233;valuations approfondies, par les membres, aient pu se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable qu'un pacte avec le PQ soit exclu par le PQ lui-m&#234;me, compte tenu notamment de l'&#233;volution de la conjoncture dans cette formation. Mais m&#234;me dans un tel cas, les progressistes continueront &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; discuter de tactique &#233;lectorale. En effet, la question des rapports avec Option nationale et avec les d&#233;put&#233;s souverainistes ind&#233;pendants demeure enti&#232;re. Par exemple, dans le comt&#233; de Borduas, o&#249; le d&#233;put&#233; sortant est Pierre Curzi, doit-il y avoir trois candidatures souverainistes et progressistes qui s'affrontent ? Qui aurait int&#233;r&#234;t &#224; ce que tel soit le cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant ce qui pr&#233;c&#232;de, il est difficile de croire que les progressistes se soient affaiblis du fait d'avoir men&#233; des r&#233;flexions et d&#233;bats sur les pactes tactiques. Ou que Qu&#233;bec solidaire ait perdu au change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui pourra reprocher aux observateurs ou aux membres de QS de r&#233;fl&#233;chir publiquement, en toute transparence, aux meilleurs moyens d'amener les progressistes &#224; ne pas se nuire mutuellement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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