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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Deux temps forts des Journ&#233;es de l'&#233;ducation</title>
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		<dc:date>2013-02-05T10:08:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Wright</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les vendredi et samedi 26 et 27 octobre se tenaient les premi&#232;res Journ&#233;es de l'&#233;ducation organis&#233;es par le r&#233;seau Profs contre la hausse. Saluons d'abord la r&#233;ussite que fut l'&#233;v&#233;nement : en tr&#232;s peu de temps, avec des moyens financiers limit&#233;s, ces journ&#233;es nous ont offert un bel espace de dialogue et de r&#233;flexion. De quoi faire para&#238;tre le futur Sommet sur l'Enseignement sup&#233;rieur quelque peu fade. Je mettrai l'accent, ici, sur deux interventions, lors de la premi&#232;re des deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L142xH150/arton12996-47f11.jpg?1781632417' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les vendredi et samedi 26 et 27 octobre se tenaient les premi&#232;res Journ&#233;es de l'&#233;ducation organis&#233;es par le r&#233;seau Profs contre la hausse. Saluons d'abord la r&#233;ussite que fut l'&#233;v&#233;nement : en tr&#232;s peu de temps, avec des moyens financiers limit&#233;s, ces journ&#233;es nous ont offert un bel espace de dialogue et de r&#233;flexion. De quoi faire para&#238;tre le futur Sommet sur l'Enseignement sup&#233;rieur quelque peu fade. Je mettrai l'accent, ici, sur deux interventions, lors de la premi&#232;re des deux tables-rondes du samedi, qui m'ont particuli&#232;rement marqu&#233;e : celles de Gilles Gagn&#233; et celle de Herv&#233; Philippe. La table-ronde &#224; laquelle ils participaient portait sur les possibles d&#233;rives technicistes de l'&#233;ducation. Et les propos des deux intervenants avaient pour acteur principal le cerveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du professionnalisme &#224; l'ex&#233;cution surveill&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Gagn&#233;, professeur au D&#233;partement de sociologie de l'Universit&#233; Laval, s'est attard&#233; &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e du professionnalisme en &#233;ducation. Le professionnel, selon Gagn&#233;, acquiert non seulement les connaissances propres &#224; son domaine, mais aussi les capacit&#233;s de jugement &#233;clair&#233; qui lui permettent de bien utiliser ces connaissances. La corporation &#224; laquelle appartient le professionnel se r&#233;f&#232;re &#224; des normes d&#233;battues publiquement et qui balisent sa pratique. Ainsi, la technique n'est bonne que si le cerveau qui l'applique sait ce qu'il fait, en accord avec son milieu. Relier la main et la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais force est de constater que dans le syst&#232;me actuel, la tendance est plut&#244;t &#224; encha&#238;ner ces t&#234;tes les unes aux autres. Le taylorisme des ann&#233;es 1910 a divis&#233; le travail manuel en diff&#233;rentes petites t&#226;ches ex&#233;cut&#233;es &#224; r&#233;p&#233;tition pour plus d'efficacit&#233;. La main artisane s'est retrouv&#233;e d&#233;poss&#233;d&#233;e de la production totale, d&#233;poss&#233;d&#233;e de l'obligation de penser la structure globale de ce qui &#233;tait produit. Des mains, de simples mains, produisant des gestes, de simples gestes. De la main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail intellectuel des ann&#233;es 2010 op&#232;re de la m&#234;me fa&#231;on. Le cerveau est d&#233;tach&#233; de l'obligation de se structurer en fonction d'un ensemble. Il ne peut en isoler qu'une partie. Et inlassablement r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes t&#226;ches, qui s'encha&#238;neront &#224; d'autres t&#226;ches produites par d'autres cerveaux. Dans cette optique, le chercheur n'est plus reli&#233; &#224; une norme professionnelle, mais devient davantage un ex&#233;cutant au profit d'un savoir utilitariste. Le cerveau est d&#233;professionnalis&#233;, coup&#233; de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;fl&#233;chir au cadre dans lequel il travaille. Du cerveau-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image du cerveau-d'&#339;uvre illustre bien la d&#233;rive marchande d'une &#233;ducation o&#249; l'on voudrait davantage d'ex&#233;cutants que de professionnels, davantage de gens qui abandonnent la d&#233;termination du sens g&#233;n&#233;ral de leur travail &#224; ceux qui les financent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche scientifique : pour quoi, pour qui et comment ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Philippe, professeur titulaire &#224; la Chaire de Recherche du Canada en bioinformatique et g&#233;nomique &#233;volutive de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, travaille depuis longtemps sur la d&#233;croissance &#233;conomique, ce qui l'a men&#233;, en parall&#232;le, &#224; penser au concept de d&#233;croissance scientifique. En effet, les intellectuels sont pouss&#233;s plus que jamais &#224; faire de la recherche, et ce, au d&#233;triment de leur travail d'enseignement. Il y a plus de savoirs que jamais sur cette terre, mais cette connaissance est produite par des gens de plus en plus sp&#233;cialis&#233;s. Ces hypersp&#233;cialistes, Philippe les compare &#224; des autistes : enferm&#233;s dans un savoir si pointu qu'&#224; peine une poign&#233;e d'autres hypersp&#233;cialistes sont en mesure de comprendre la connaissance ainsi cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se perd, ici, c'est une connaissance qui soit r&#233;ellement au service de la communaut&#233; humaine. Certains savoirs sauvent des vies. Mais d'autres contribuent &#224; d&#233;truire l'humain et son environnement. Dans ce monde o&#249; le progr&#232;s et la connaissance &#224; tout prix poussent des milliers de cerveaux &#224; se sursp&#233;cialiser, dans ce monde o&#249; le savoir vaut pour lui-m&#234;me et non pas seulement pour ce qu'il rapporte de positif &#224; la soci&#233;t&#233; humaine, comment juger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment juger de l'importance, de la pertinence de telles connaissances si elles sont si herm&#233;tiques que le profane ne peut s'y fier sans faire une sorte d'acte de foi ? Comment alors jauger la validit&#233; des savoirs ? Simplement en rappelant quelques questions &#233;l&#233;mentaires : la recherche scientifique pour quoi ? Pour am&#233;liorer notre sort, sans d&#233;t&#233;riorer notre environnement. Pour qui ? Pour le bien de tous, maintenant, et dans 1000 ans. Et comment ? Collectivement. En d&#233;cidant ensemble de la direction o&#249; l'on veut aller. Si l'on ne peut pas donner ces r&#233;ponses, c'est tr&#232;s certainement que l'on fait fausse route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour finir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux images du cerveau-d'&#339;uvre et du cerveau autiste nous ram&#232;nent en fait &#224; la m&#234;me id&#233;e : si la mati&#232;re grise qui pense, r&#233;fl&#233;chit, construit et imagine est orient&#233;e par des diktats utilitaristes, individualistes, technicistes, c'est l'humanit&#233; enti&#232;re qui perd un peu de sa raison d'&#234;tre. Est-ce bien cela que l'on veut ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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