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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La Gr&#232;ce, la crise, et le th&#233;&#226;tre</title>
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		<dc:date>2013-02-05T09:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Panos Skourouliakos</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une tr&#232;s vieille femme &#224; l'app&#233;tit insatiable oblige ses descendants &#224; travailler comme des esclaves pour la nourrir. Le pays souffre : manifestations, ch&#244;mage, ruines. Mais le monstre demande toujours plus. La famille se d&#233;fait, vend tout ce qu'elle a, la petite-fille se prostitue&#8230; la Nonna a encore faim. Un par un, tous meurent autour d'elle, qui reste seule, et n'a plus qu'une solution : se d&#233;vorer. &lt;br class='autobr' /&gt; Rideau et applaudissements. Il n'y a personne dans le public qui ne voie la m&#233;taphore. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton13005-d6d3b.jpg?1781088481' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une tr&#232;s vieille femme &#224; l'app&#233;tit insatiable oblige ses descendants &#224; travailler comme des esclaves pour la nourrir. Le pays souffre : manifestations, ch&#244;mage, ruines. Mais le monstre demande toujours plus. La famille se d&#233;fait, vend tout ce qu'elle a, la petite-fille se prostitue&#8230; la Nonna a encore faim. Un par un, tous meurent autour d'elle, qui reste seule, et n'a plus qu'une solution : se d&#233;vorer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rideau et applaudissements. Il n'y a personne dans le public qui ne voie la m&#233;taphore. Il suffit de sortir du th&#233;&#226;tre, la r&#233;alit&#233; est aussi brutale que la fiction : les rues sont d&#233;sertes &#224; Ath&#232;nes, les magasins ferm&#233;s, les h&#244;pitaux n'ont plus de mat&#233;riel, les &#233;coles ne sont plus chauff&#233;es&#8230; &#171; La Nonna &#187; incarne la crise, le pouvoir politique qui a condamn&#233; un peuple &#224; servir de cobayes dans le laboratoire du n&#233;olib&#233;ralisme en Europe. &#171; Il ne s'agit pas simplement d'une repr&#233;sentation mais &#233;galement d'un documentaire &#187;, explique Dimitri Piatas, le metteur en sc&#232;ne de cette pi&#232;ce de Roberto Cossa qui se d&#233;roule dans l'Argentine de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens viennent au th&#233;&#226;tre pour s'adoucir un instant la vie et trouver du courage. Sous l'occupation allemande (1940-44), malgr&#233; la mis&#232;re et la censure, les th&#233;&#226;tres &#233;taient pleins. Sous la junte des Colonels (1967-74) aussi. Aujourd'hui, m&#234;me si les magasins, les entreprises, les usines ferment, de nouveaux lieux, de nouveaux creusets de th&#233;&#226;tre naissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat des acteurs a chang&#233; de direction. Les permanents &#8212; d'une seule et unique orientation politique &#8212; &#233;lus par des adh&#233;rents qui avaient obtenu leur carte gr&#226;ce &#224; leurs &#233;tudes ou leur pass&#233; plut&#244;t que gr&#226;ce &#224; leurs activit&#233; de com&#233;dien, ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des professionnels de sensibilit&#233;s politiques diverses, soucieux de g&#233;rer leur avenir par eux-m&#234;mes. Il &#233;tait temps : le syndicat patronal a demand&#233; de baisser le salaire minimal (qui n'&#233;tait par ailleurs plus respect&#233;) de 1200 &#224; 700 euros. Le conflit a conduit &#224; une premi&#232;re gr&#232;ve le 28 d&#233;cembre, suivie avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, les acteurs et techniciens de th&#233;&#226;tre sont souvent oblig&#233;s de financer eux-m&#234;mes les repr&#233;sentations, en &#171; offrant &#187; leur travail. Au lieu de salaire, les entrepreneurs proposent de payer avec un pourcentage de la recette. Mieux vaut dans ces conditions choisir des pi&#232;ces qui comptent peu de personnages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat quant &#224; lui s'est absent&#233;. Le Th&#233;&#226;tre National, qui a vu son budget r&#233;tr&#233;cir, essaie de transformer l'aust&#233;rit&#233; en conviction artistique. Ce qui n'est pas bien convaincant. Bob Wilson n'a pas ces probl&#232;mes-l&#224;. La rumeur parle d'un co&#251;t d'un million d'euros pour son Odyss&#233;e, qui n'a pas enthousiasm&#233; tout le monde. Une &#233;toile unique, qui disparait dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appauvrissement est g&#233;n&#233;ral : les th&#233;&#226;tres subventionn&#233;s s'associent au priv&#233; pour survivre, la province n'a plus de th&#233;&#226;tre, mais les acteurs r&#233;agissent, comme Ulysse, ils font preuve de &#171; m&#233;tis &#187;, d'intelligence astucieuse. Ils deviennent producteurs, ils forment des coop&#233;ratives, ils d&#233;finissent un th&#233;&#226;tre de crise. Ils cherchent des lieux alternatifs, jouent dans des bars o&#249; la consommation fait office de billet, mais aussi dans des ateliers, des boutiques, de la boulangerie &#224; la galerie d'art en passant par des garages, des entrep&#244;ts et des entr&#233;es d'immeubles. Les troupes collaborent, et partagent les maigres recettes&#8230; Pour ceux qui pr&#233;f&#232;rent rester &#224; la maison, la crise a suscit&#233; &#171; le th&#233;&#226;tre &#224; domicile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le circuit traditionnel, le prix des billets est en chute libre : les producteurs ont adopt&#233; la politique des promotions. Certains soirs, on peut avoir pour dix euros une place qui en vaut vingt-deux. Pour les ch&#244;meurs, prix r&#233;duits ou parfois m&#234;me entr&#233;e libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre in&#233;dit ne peut pas assurer du travail pour tous, mais au moins il donne &#224; certains la possibilit&#233; de maintenir la dignit&#233; d'un projet artistique. Et le public peut d&#233;couvrir des travaux qui cherchent avec int&#233;grit&#233; le renouveau, au plus loin des productions t&#233;l&#233;visuelles, aujourd'hui disparues, et du type de jeu propre &#224; la t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces transformations en cours ne permettent pas de d&#233;finir quels seront les lendemains pour le th&#233;&#226;tre en Gr&#232;ce. C'est tout un pays qui est en train de changer. La v&#233;rit&#233; et l'originalit&#233; remplacent le &#171; glamour &#187; de pacotille mis en avant jusqu'&#224; pr&#233;sent par les medias de masse. La profession d&#233;couvre qu'elle a le droit de revendiquer l'exigence et l'honn&#234;tet&#233; d'une d&#233;marche artistique &#8212; ainsi d'ailleurs que sa r&#233;mun&#233;ration. L'honn&#234;tet&#233;, c'est ce qui a fait d&#233;faut &#224; toutes les &#233;lites au pouvoir depuis la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Th&#233;&#226;tre en Gr&#232;ce est l'un des rares avant-postes de r&#233;sistance dans l'enfer des moratoires : parce que, dans notre pays, il est rest&#233; avant tout une forme d'art populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est acteur et metteur en sc&#232;ne, directeur de l'Ecole du Th&#233;&#226;tre du Pir&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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