<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=4747&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Goodyear : l'usine qui r&#233;siste encore et toujours aux licenciements boursiers</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Goodyear-l-usine-qui-resiste-encore-et-toujours-aux-licenciements-boursiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Goodyear-l-usine-qui-resiste-encore-et-toujours-aux-licenciements-boursiers</guid>
		<dc:date>2013-03-05T10:41:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;goire Souchay</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Encore une. La multinationale Goodyear, &#224; Amiens, s'appr&#234;te &#224; fermer son usine de pneus et &#224; licencier les 1 250 ouvriers du site, mena&#231;ant 4 000 emplois indirects. Une fermeture de plus, avec son lot de r&#233;signation ? Pas tout &#224; fait. Car chez Goodyear, cela fait cinq ans que la fermeture est annonc&#233;e. Malgr&#233; les pressions de la direction et son manque de consid&#233;ration pour la sant&#233; des salari&#233;s, pas un licenciement, ni une baisse de salaire. Et ce, gr&#226;ce &#224; la r&#233;sistance collective des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH137/arton13299-9d42c.png?1781955450' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Encore une. La multinationale Goodyear, &#224; Amiens, s'appr&#234;te &#224; fermer son usine de pneus et &#224; licencier les 1 250 ouvriers du site, mena&#231;ant 4 000 emplois indirects. Une fermeture de plus, avec son lot de r&#233;signation ? Pas tout &#224; fait. Car chez Goodyear, cela fait cinq ans que la fermeture est annonc&#233;e. Malgr&#233; les pressions de la direction et son manque de consid&#233;ration pour la sant&#233; des salari&#233;s, pas un licenciement, ni une baisse de salaire. Et ce, gr&#226;ce &#224; la r&#233;sistance collective des ouvriers. Pour combien de temps encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, Goodyear a supprim&#233; 800 des 1 000 emplois &#224; son usine de Valleyfield en 2007 pour transformer cette usine en centre de mixage pour les composants utilis&#233;s dans la fabrication de pneumatiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On entame notre sixi&#232;me ann&#233;e de lutte, toujours victorieuse &#187;, lance Evelyne Becker, membre du Comit&#233; d'entreprise. D&#232;s 2007, cela s'annon&#231;ait pourtant plut&#244;t mal pour les Goodyear. Le fabricant &#233;tats-unien de pneumatiques promet &#224; l'&#233;poque l'investissement de 52 millions d'euros dans ses deux usines d'Amiens. Un investissement conditionn&#233; &#224; une r&#233;organisation du travail et 400 licenciements. Les salari&#233;s se divisent : &#224; l'usine Dunlop, les syndicats et salari&#233;s acceptent le passage de cinq &#224; quatre &#233;quipes (les &#171; 4X8 &#187;), tandis qu'&#224; Goodyear, la CGT, majoritaire, refuse de signer. Le bras de fer s'engage avec la direction. &#192; cinq reprises, elle va tenter des plans de licenciement. Trois seront suspendus par la justice, les deux autres seront abandonn&#233;s suite &#224; la mobilisation ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clef de cette pers&#233;v&#233;rance ? D'abord la CGT, tr&#232;s puissante dans l'usine &#8211; 86% aux derni&#232;res &#233;lections du personnel &#8211; et dont la ligne n'a pas boug&#233; d'un iota depuis six ans. &#171; On ne se bat pas pour obtenir plus de fric dans le cadre d'un plan social, on se bat pour obtenir l'annulation du plan social et maintenir nos emplois &#187;, explique Micka&#235;l Wamen, l'un des leaders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le droit comme arme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Goodyear n'h&#233;sitent pas &#224; recourir &#224; des actions spectaculaires : occupation et blocage de l'usine, ou de la zone industrielle, manifestation au Salon de l'Auto. Ils sont d&#233;sign&#233;s comme &#171; violents &#187; ? Ils mettent en parall&#232;le la violence sociale qui leur est inflig&#233;e. Et n'h&#233;sitent pas &#224; jouer sur les symboles. En 2009, les &#171; Contis &#187; &#8211; de l'usine Continental de Compi&#232;gne, aujourd'hui ferm&#233;e &#8211; se joignent &#224; eux pour un d&#233;fil&#233; fraternel dans les rues d'Amiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s picards disposent d'un autre atout : le droit. Et en usent avec succ&#232;s, sur tous les fronts. D'abord contre les plans sociaux, qui sont successivement suspendus pour vices de forme, de proc&#233;dure ou pour absence de motif &#233;conomique av&#233;r&#233;. Mais aussi pour d&#233;fendre leurs droits de salari&#233;s. &#171; Les nouveaux qui entraient dans l'entreprise n'avaient rien. Ni treizi&#232;me mois, ni vacances &#187;, d&#233;crit Igor Maslonka, salari&#233; depuis 1997, aujourd'hui d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel. La CGT s'attaque au probl&#232;me et se porte en justice. En 2004, la direction est condamn&#233;e &#224; verser douze millions d'euros de d&#233;dommagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;localisation emp&#234;ch&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le droit est un levier utile, mais qui ne produit des r&#233;sultats que s'il y a une mobilisation forte &#187;, r&#233;sume Fiodor Rilov, l'avocat qui les suit depuis le d&#233;but. C'est aussi &#231;a, la force des Goodyear. Et qui a permis leurs victoires. Parfois m&#234;me par anticipation, comme en 2009, quand le groupe annonce la reprise partielle du site par la multinationale Titan, g&#233;ant am&#233;ricain du pneu. Les salari&#233;s se m&#233;fient et demandent des garanties suppl&#233;mentaires. Bingo : le repreneur ne tarde pas &#224; d&#233;clarer qu'il &#171; aurait &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable de racheter les &#233;quipements pour produire hors de France &#187;. Ils &#233;chappent ainsi de peu &#224; la d&#233;localisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction change alors de strat&#233;gie. En juin 2012, elle annonce l'abandon du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) et le maintien de l'activit&#233;. Dans le m&#234;me temps, elle fait pression sur ses employ&#233;s en les emp&#234;chant de travailler. Depuis deux ans, la majorit&#233; des salari&#233;s ne travaillent qu'une ou deux heures par jour, faute d'ouvrage, tout en restant dans l'usine. &#171; Les salari&#233;s de Goodyear sont pay&#233;s pour jouer aux cartes &#187;, annoncent les m&#233;dias locaux... La strat&#233;gie est perverse : en r&#233;duisant artificiellement le temps de travail, le site produit moins, devient moins rentable, ce qui justifie sa fermeture. &#171; A partir du moment o&#249; on a sign&#233; un contrat, l'employeur doit l&#233;galement nous donner du boulot pour tout notre temps de travail &#187;, rappelle Igor. Une situation humainement tr&#232;s difficile. &#171; Les ouvriers sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Certains sont en d&#233;pression, beaucoup divorcent &#187;, raconte Fabrice, un salari&#233;. Une centaine de plaintes pour harc&#232;lement moral sont d&#233;pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interdire les licenciements boursiers&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tant de luttes, l'annonce de la fermeture de l'usine et du licenciement de 1 250 ouvriers, ce 31 janvier, laisse les Goodyear dubitatifs. Pas de date, pas de proc&#233;dure : tout sera d&#233;voil&#233; lors d'un nouveau comit&#233; central d'&#233;tablissement (CCE) le 12 f&#233;vrier prochain. La seule nouveaut&#233;, c'est la possibilit&#233; de fermeture totale du site. &#171; Depuis le d&#233;but, c'est ce qu'ils cherchent &#187;, souffle Fabrice. Le motif ? La direction justifie la fermeture par une perte de 60 millions d'euros en 2011 sur le site. &#171; Mais au niveau du groupe, le volume de production est le m&#234;me qu'en 2005 &#187;, rappelle Igor. &#171; R&#233;sultats trimestriels records &#187;, annon&#231;ait m&#234;me la multinationale fin 2011, avec un chiffre d'affaires de 16&#8239;milliards d'euros, et un b&#233;n&#233;fice de 251&#8239;millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions sont partag&#233;es. &#171; Le processus semble d&#233;sormais irr&#233;versible. &#187;, s'inqui&#232;te Virgilio Da Silva, de Sud-Chimie. Marc Jonet, d&#233;l&#233;gu&#233; CFE-CGC, veut, lui, croire au projet de reprise : &#171; Maurice Taylor (PDG de Titan) nous a dit que notre outil de travail &#233;tait utilisable du jour au lendemain. &#187; L'objectif imm&#233;diat reste le m&#234;me pour tous : emp&#234;cher la fermeture et pr&#233;server tous les emplois. &#171; On va lutter pied-&#224;-pied dans le cadre le plus unitaire possible &#187;, r&#233;p&#232;te Virgilio. Rien n'est gagn&#233; d'avance, mais ils sont toujours l&#224;, d&#233;termin&#233;s et pr&#234;ts &#224; agir. Et surtout &#224; se battre pour une loi sur les licenciements boursiers, qui permettrait d'interdire les plans sociaux dans les groupes qui r&#233;alisent des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un repreneur plut&#244;t qu'une loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs devant l'usine Goodyear d'Amiens, le 14 octobre 2011, que Fran&#231;ois Hollande s'&#233;tait engag&#233; &#224; faire voter une loi pour emp&#234;cher les licenciements boursiers (voir la vid&#233;o). Pour lui rappeler sa promesse, la CGT Goodyear &#233;tait le 29 janvier dernier devant le minist&#232;re du Travail, avec ceux qui m&#232;nent le m&#234;me combat &#8211; les Licenci'elles (anciennes salari&#233;s de 3 Suisses), les salari&#233;s de Sanofi, ArcelorMittal, Fralib et autres PSA. R&#233;ponse laconique d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif : &#171; Nous pr&#233;f&#233;rons le plan de d&#233;part volontaires et la reprise. Nous avons repris contact avec Titan. Il est possible d'&#233;viter le pire demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet ne suscite pas vraiment l'enthousiasme des salari&#233;s. Leur objectif ? &#171; Rassembler les entreprises. D&#232;s qu'il y a un plan annonc&#233;, o&#249; que ce soit, intervenir d'office, faire masse contre les licenciements &#187;, pr&#233;vient Micka&#235;l Mallet, salari&#233; de Goodyear. &#171; Si dans ton entreprise, tu fermes ta gueule, le PSE s'appliquera et tu perdras ton boulot &#187;. Les Goodyear seront mobilis&#233;s le 12 f&#233;vrier prochain, lors du prochain CCE qui d&#233;taillera les conditions de la fermeture. Pour l'emp&#234;cher, une nouvelle fois. En face, dans l'usine Dunlop, les salari&#233;s ont accept&#233; en 2007 de passer au &#171; 4x8 &#187; et subissent la flexibilit&#233;. Ils enchainent deux jours de travail le matin, deux jours l'apr&#232;s-midi, deux jours la nuit, avec une journ&#233;e de pause au milieu, et deux jours de repos. Une cadence invivable. Et qui ne prot&#232;ge en rien leur emploi. Si Goodyear ferme, l'usine Dunlop pourrait &#234;tre la prochaine sur la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;gradations des conditions de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, dans l'usine Goodyear, se m&#232;ne un autre bataille, concernant les conditions de travail. Insalubrit&#233;, locaux v&#233;tustes, machines datant d'apr&#232;s-guerre&#8230; &#171; C'est digne de Zola &#187;, estime Evelyne Becker, membre du Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail (CHSCT). 210 accidents du travail recens&#233;s en 2010. Le m&#234;me nombre en 2011. Rien que pour remettre l'usine aux normes, il faudrait 100 millions d'euros. &#171; On ne veut pas faire fermer l'usine mais que le droit du travail soit respect&#233; et travailler dans des conditions dignes et s&#233;curis&#233;es &#187;, souligne Micka&#235;l Wamen. Et puis il y a tous ces morts. Tous ces anciens qui, un ou deux ans apr&#232;s avoir fini le turbin, meurent d'un cancer, du poumon souvent. Alert&#233;s par une enqu&#234;te de Que Choisir de 2007, les syndicalistes r&#233;clament un rapport sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci pointe la toxicit&#233; des HAP, r&#233;sidus de combustion d'hydrocarbures et d'huiles aromatiques. L'un de ces HAP, le benzopyr&#232;ne, est reconnu internationalement comme un produit hautement canc&#233;rog&#232;ne. Les salari&#233;s n'en savaient rien, alors qu'un d&#233;cret de 2001 oblige les entreprises &#224; informer les employ&#233;s via des fiches d'exposition. Ce qui n'a jamais &#233;t&#233; fait &#224; Amiens. En 2009, les salari&#233;s font condamner Goodyear &#224; 50 000 euros d'amende pour d&#233;faut d'information. &#171; Une condamnation symbolique &#187;, r&#233;pondra cyniquement l'avocat de la direction. Car depuis &#231;a continue. Les fiches d'exposition n'existent toujours pas. Les salari&#233;s ont cr&#233;&#233; une association pour recenser les cas : elle compte aujourd'hui plus de 1 200 inscrits, salari&#233;s, retrait&#233;s concern&#233;s ou leurs proches. L'objectif : faire condamner au niveau international la multinationale Goodyear, interdire les HAP toxiques et obtenir la reconnaissance des cancers des salari&#233;s comme maladie professionnelle. Une raison suppl&#233;mentaire pour la direction d'en finir avec les Goodyear d'Amiens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
