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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Femmes africaines : &#171; Les graines du changement sont jet&#233;es &#187;</title>
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		<dc:date>2013-03-19T10:06:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Coquery-Vidrovitch</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'occasion du 8 mars, la situation des femmes africaines et leur volont&#233; d'&#233;mancipation ont &#233;t&#233; largement pass&#233;es sous silence. A &#233;t&#233; mis en relief le r&#244;le de certaines femmes d'Etat ou &#233;pouses de chefs d'Etat, telles Ellen Johnson-Sirleaf, pr&#233;sidente du Liberia, ou Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-&#233;pouse du pr&#233;sident d'Afrique du Sud Jacob Zuma, actuelle pr&#233;sidente de la Commission de l'Union africaine. Nous publions ci-dessous un entretien avec Catherine Coquery-Vidrovitch, paru dans Afrique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton13422-fd1b1.jpg?1781644501' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion du 8 mars, la situation des femmes africaines et leur volont&#233; d'&#233;mancipation ont &#233;t&#233; largement pass&#233;es sous silence. A &#233;t&#233; mis en relief le r&#244;le de certaines femmes d'Etat ou &#233;pouses de chefs d'Etat, telles Ellen Johnson-Sirleaf, pr&#233;sidente du Liberia, ou Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-&#233;pouse du pr&#233;sident d'Afrique du Sud Jacob Zuma, actuelle pr&#233;sidente de la Commission de l'Union africaine. Nous publions ci-dessous un entretien avec Catherine Coquery-Vidrovitch, paru dans Afrique Magazine (mars 2013). Catherine Coquery-Vidrovitch est une historienne r&#233;put&#233;e de l'Afrique, sp&#233;cialiste, entre autres, de la politique coloniale dans ce continent. Elle est l'auteure notamment de Les Africaines, Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du XIXe au XXe si&#232;cle (Ed. Dejonqu&#232;res, 1994, r&#233;&#233;dit&#233; chez La D&#233;couverte, 2013). (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quand datez-vous les premi&#232;res mutations de la condition des Africaines ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Coquery-Vidrovitch&lt;/strong&gt; : Des revendications existaient d&#233;j&#224; avant la colonisation, mais il y a une diff&#233;rence entre leur r&#233;alit&#233; et leur visibilit&#233;. Tr&#232;s vite, les femmes ont port&#233; des r&#233;clamations d'ordre &#233;conomique, surtout dans les zones c&#244;ti&#232;res d'Afrique de l'Ouest : des femmes actives, avec un p&#233;cule, acquis par exemple par la vente de la noix de palme, ou la revente de tissu, qui faisaient bourse s&#233;par&#233;e de leur mari. On peut citer la r&#233;volte des marchandes de pagnes de Lom&#233;, dont les plus fortun&#233;es &#233;taient surnomm&#233;es &#171; Nanas Benz &#187; par les colonisateurs [la mode &#233;tait alors de poss&#233;der une berline Mercedes, NDLR]. Mais, malgr&#233; quelques actions d'&#233;clat, les femmes restaient secondaires : elles &#233;taient des outils de production. Elles subissaient une &#171; double peine &#187;, par leurs traditions et par l'attitude des colonisateurs, qui ne s'int&#233;ressaient qu'aux m&#226;les, tandis que le travail des femmes &#233;tait rel&#233;gu&#233; dans l'informel. N&#233;anmoins, au niveau des m&#339;urs, elles ont &#233;t&#233; rapides &#224; comprendre leur int&#233;r&#234;t dans la &#171; justice des Blancs &#187;. Une partie de l'histoire de l'&#233;volution de la condition f&#233;minine peut ainsi s'&#233;crire d'apr&#232;s les archives judiciaires des proc&#232;s pour polygamie, avec des histoires de maris de trente ans de plus que leurs femmes et nantis de 100 &#233;pouses, et une cohorte de plaintes pour viols !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, faut-il toujours passer par le mariage pour acqu&#233;rir un statut social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout vrai en milieu rural. Dans les villes, ce qui est important pour une fille, m&#234;me de nouveau c&#233;libataire, c'est qu'elle ait &#233;t&#233; mari&#233;e au moins une fois, et, encore mieux, qu'elle ait des enfants. Alors, on va lui reconna&#238;tre son ind&#233;pendance, son statut d'adulte. Autrement, il va lui falloir une &#233;nergie farouche pour l'obtenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La polygamie se maintient-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est interdite dans beaucoup d'Etats, anglophones surtout, mais toujours pr&#233;sente, &#224; l'inverse, dans les pays francophones influenc&#233;s par l'islam. Trois types de mariages coexistent toujours : le coutumier, le civil, le religieux. Mais, avec la prise d'ind&#233;pendance des femmes, leur libert&#233; de pens&#233;e, on voit aussi appara&#238;tre de plus en plus de couples non mari&#233;s. Je l'ai observ&#233; en Zambie, par exemple, l&#233;galement monogame : un certain nombre de femmes n'acceptent plus la polygamie, donc divorcent. Corollaire : la tendance est au concubinage, moins au mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans de nombreux pays, les modifications du code de la famille sont encore une r&#233;ponse des hommes pour maintenir leurs avantages. Au S&#233;n&#233;gal, le contrat de mariage doit pr&#233;ciser si l'union sera monogame, polygame, et, dans ce cas, &#224; combien d'&#233;pouses. Une juge m'a racont&#233; l'&#233;pisode classique : un couple arrive dans son bureau, elle lit le contrat &#8211; r&#233;dig&#233; par le gar&#231;on &#8211;, la fille fait une crise en d&#233;couvrant l'option &#171; polygamie &#187;. En g&#233;n&#233;ral, m'a confi&#233; cette magistrate, soit ils ne reviennent pas, soit ils reviennent tr&#232;s vite car la fille a dit &#171; c'est monogamie ou je m'en vais ! &#187;. Les mutations dans le couple sont une &#233;volution active de la part des femmes, pas des hommes. Elles savent ce qu'elles veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre pronostic pour l'avenir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; de s'&#233;lever contre les anciens est toujours un obstacle. Mais, m&#234;me si elles sont une minorit&#233;, les femmes dipl&#244;m&#233;es, les femmes d'affaires, costaudes, entreprenantes, &#233;nergiques sont bien pr&#233;sentes ! Les graines du changement sont jet&#233;es, &#231;a va fermenter&#8230; L'&#233;cole reste fondamentale pour leur donner des armes. D'autre part, le machisme &#233;tant une valeur tr&#232;s forte, les filles doivent en faire &#8211; et en font &#8211; deux fois plus. D'ici une ou deux g&#233;n&#233;rations, &#231;a va poser un probl&#232;me aux gar&#231;ons, qui pour le moment en font beaucoup moins : elles seront plus dipl&#244;m&#233;es, plus d&#233;gourdies&#8230; et &#231;a risque de faire peur aux hommes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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