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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Br&#233;sil : derri&#232;re la corruption, un &#171; coup d'Etat &#224; froid &#187; ? </title>
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		<dc:creator>Lamia Oualalou</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;21 mars 2016 | tir&#233; de mediapart.fr |Rio de Janeiro, de notre correspondante Lamia Oualalou &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil s'enfonce dans une crise politique in&#233;dite. Mais derri&#232;re le scandale de corruption qui touche le pouvoir et l'ancien pr&#233;sident Lula appara&#238;t un autre agenda qui est directement politique. Des juges engag&#233;s, des dirigeants de l'opposition d&#233;cha&#238;n&#233;s, une presse en campagne&#8230; Une partie de l'&#233;lectorat de gauche, m&#234;me critique du pouvoir, d&#233;nonce le risque d'un &#171; coup d'&#201;tat &#224; froid &#187;, tandis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH128/arton25696-a21c1.png?1677097001' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='128' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;21 mars 2016 | tir&#233; de mediapart.fr |Rio de Janeiro, de notre correspondante Lamia Oualalou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil s'enfonce dans une crise politique in&#233;dite. Mais derri&#232;re le scandale de corruption qui touche le pouvoir et l'ancien pr&#233;sident Lula appara&#238;t un autre agenda qui est directement politique. Des juges engag&#233;s, des dirigeants de l'opposition d&#233;cha&#238;n&#233;s, une presse en campagne&#8230; Une partie de l'&#233;lectorat de gauche, m&#234;me critique du pouvoir, d&#233;nonce le risque d'un &#171; coup d'&#201;tat &#224; froid &#187;, tandis que la destitution de Dilma Rousseff se pr&#233;cise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment faire face &#224; un d&#233;jeuner de famille ce dimanche sans d&#233;cider, &#224; son issue, de claquer la porte et couper les ponts ? C'est une des pr&#233;occupations qui dominaient les r&#233;seaux sociaux ce week-end, dans un Br&#233;sil plus polaris&#233; que jamais. Faut-il respirer &#224; fond quand un beau-fr&#232;re convaincu d'avoir r&#233;ussi vous traite de &#171; petralha &#187;, un jeu de mots sous forme d'insulte d&#233;signant les militants du Parti des travailleurs (PT) ? Ou ronger son frein quand une tante estime que vous n'&#234;tes qu'une &#171; coxinha &#187;, une friture br&#233;silienne &#224; base de poulet, dont l'assise sugg&#232;re l'accommodation de la bourgeoisie conservatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil se d&#233;chire autour de l'entr&#233;e au gouvernement de l'ex-pr&#233;sident Luiz Inacio Lula da Silva. Sa nomination comme chef de la Maison civile, l'&#233;quivalent br&#233;silien de premier ministre, est-elle l&#233;gitime ou s'agit-il d'une simple man&#339;uvre pour le soustraire &#224; la justice ? &#192; la t&#234;te d'un portefeuille, le sort de Lula rel&#232;verait en effet de la Cour supr&#234;me et non plus d'un tribunal de premi&#232;re instance. Il &#233;chapperait notamment au juge Sergio Moro, celui-l&#224; m&#234;me qui envisage de l'inculper dans le cadre de &#171; Lava-Jato &#187; (litt&#233;ralement, &#171; K&#228;rcher &#187;), l'enqu&#234;te qui depuis deux ans d&#233;voile la corruption au sein de l'entreprise d'hydrocarbures nationale Petrobras.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH270/834b0a0340c2a2be-e87389b0-f5405.jpg?1717609541' width='500' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; La pr&#233;sidente Dilma Rousseff et Lula. &#169; Lula Marques/ Ag&#234;ncia PT &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se d&#233;chire d'autant plus que c'est la divulgation &#224; la presse par le juge Moro d'une conversation t&#233;l&#233;phonique intercept&#233;e entre Dilma Rousseff et Lula qui a mis le feu aux poudres. Lors de cet appel, la pr&#233;sidente informe son mentor qu'elle va lui faire parvenir son &#171; d&#233;cret officiel &#187; de nomination. &#171; Ne t'en sers qu'en cas de n&#233;cessit&#233; &#187;, ajoute-t-elle alors. L'&#233;change, qui a &#233;t&#233; per&#231;u comme la preuve que l'entr&#233;e au gouvernement de Lula est un sauf-conduit charg&#233; de lui &#233;viter la prison, a jet&#233; des centaines de milliers de manifestants de l'opposition dans la rue. Dans la foul&#233;e, des juges ont d'ailleurs suspendu cette nomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet de dispute : le juge Sergio Moro, &#171; sauveur de la patrie &#187;, ou &#171; juge &#339;uvrant pour le coup d'&#201;tat &#187; ? Jusqu'&#224; la semaine derni&#232;re, le magistrat b&#233;n&#233;ficiait, y compris au sein du camp progressiste, du b&#233;n&#233;fice du doute. Certes, il utilisait des m&#233;thodes discutables, et in&#233;dites au Br&#233;sil &#8211; prisons pr&#233;ventives &#224; l'exc&#232;s, incitation &#224; la d&#233;nonciation et instrumentalisation de la presse. Certes, il fait part d'une s&#233;lectivit&#233; troublante, n'inqui&#233;tant que les proches du gouvernement en &#233;pargnant les leaders d'opposition, pourtant cit&#233;s comme corrompus dans l'instruction. Mais c'&#233;tait, esp&#233;rait-on, une strat&#233;gie temporaire, et rapidement, les partis de droite verraient &#233;galement nombre des leurs impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La divulgation des enregistrements a chang&#233; la donne, tant elle d&#233;montre que Sergio Moro est pr&#234;t &#224; tout pour fragiliser Lula et Dilma Rousseff. L'enregistrement a en effet &#233;t&#233; obtenu en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, juste apr&#232;s l'annonce de la nomination de l'ex-pr&#233;sident. Or, le juge lui-m&#234;me avait ordonn&#233; l'arr&#234;t des &#233;coutes deux heures auparavant, ce qui devrait rendre l'&#233;change inexploitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissant agir aux limites de la loi, le magistrat de Curitiba, une ville de province du sud du pays d'o&#249; il conduit l'investigation, s'estime toutefois dans son droit. &#171; La d&#233;mocratie dans une soci&#233;t&#233; libre exige que les gouvern&#233;s sachent ce que font les gouvernants, m&#234;me quand ils cherchent &#224; se prot&#233;ger &#187;, a-t-il dit. Il a aussit&#244;t compar&#233; son action &#224; celle des juges &#224; l'&#233;poque du Watergate, qui avait conduit le pr&#233;sident Richard Nixon &#224; la d&#233;mission pour &#233;viter la destitution. Pourtant, pour des centaines de juristes r&#233;unis &#224; l'universit&#233; de droit de Sao Paulo, le juge Moro &#171; ouvre le chemin vers la fin de l'&#201;tat d&#233;mocratique de droit au Br&#233;sil &#187; au profit d'un &#171; &#201;tat policier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'en est-il des magistrats qui ont, par la suite, suspendu la nomination de l'ex-pr&#233;sident ? Itagiba Catta Preta Neto, le premier, un juge f&#233;d&#233;ral de Brasilia, avait, avant son r&#233;f&#233;r&#233;, publi&#233; sur son compte Facebook des photos de lui dans les manifestations contre la pr&#233;sidente, les sous-titrant &#171; Fora Dilma &#187;, &#171; dehors Dilma &#187;. L'ensemble est agr&#233;ment&#233; d'une photo du drapeau fran&#231;ais barr&#233; de la devise : &#171; Libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, e&#8230; Fora P&#233;t&#233; &#187; (dehors le PT) et d'un commentaire destin&#233; &#224; s&#233;duire la classe moyenne : &#171; Aidez &#224; faire tomber Dilma et vous pourrez retourner &#224; Miami et Orlando. Si elle tombe, le dollar baisse &#187;, assure-t-il en r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;valuation du real face au billet vert, rendant exorbitant tout voyage aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Gilmar Mendes, le juge de la Cour supr&#234;me qui a ratifi&#233; cette suspension, rendant improbable l'entr&#233;e de Lula au gouvernement, il est connu pour ses liens avec l'opposition et ses discours virulents contre la chef d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La folle semaine qui vient de s'&#233;couler a &#233;galement &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'intervention r&#233;p&#233;t&#233;e de la rue. Or contrairement &#224; ses voisins latino-am&#233;ricains, le Br&#233;sil n'est pas un habitu&#233; des grandes mobilisations, sauf dans des &#233;pisodes de grande convulsion, comme en 1964, &#224; la veille du coup d'&#201;tat militaire, ou en 1992 quand le pr&#233;sident Fernando Collor a pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;missionner pour &#233;viter la destitution. Dimanche 13 mars, ils &#233;taient trois millions v&#234;tus de vert et jaune, les couleurs du drapeau national, &#224; battre le pav&#233; pour exiger le d&#233;part de la pr&#233;sidente, l'emprisonnement de Lula et &#224; encenser Sergio Moro, pr&#233;sent sur pancartes et t-shirts. Le tout g&#233;n&#233;reusement relay&#233; par la grande presse, qui a pris fait et cause contre la pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte des classes s'est invit&#233;e dans les d&#233;bats	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH333/6ecb916b84caaa13-7f16592e-c52c6.jpg?1717609541' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Dans la manifestation du 13 mars contre le pouvoir. &#169; Andr&#233; Tambucci/ Fotos P&#250;blicas &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait alors pratiquement impossible d'imaginer que cinq jours plus tard, des centaines de milliers de manifestants, le 18 mars, investiraient les principales m&#233;tropoles du pays pour dire leur refus de ce qui est de plus en plus ressenti comme un &#171; coup d'&#201;tat civil &#187;. Certains ont longuement h&#233;sit&#233; &#224; ressortir leur t-shirt rouge du placard, tant le gouvernement, le PT et Lula les ont d&#233;&#231;us, donnant l'impression de briser le r&#234;ve de toute une g&#233;n&#233;ration. Mais &#224; voir s'aligner face &#224; eux leaders d'opposition au discours revanchard, juges missionnaires et engag&#233;s, m&#233;dias sans scrupule et jusqu'au patronat &#8211; la Fiesp, principale institution patronale du pays, a distribu&#233; des repas aux manifestants anti-Dilma, tout en exigeant publiquement sa d&#233;mission &#8211;, une partie du Br&#233;sil a resserr&#233; les rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette foule, bien moins nombreuse que celle qui se mobilisait le 13 mars, n'&#233;tait pas pro-Dilma, ni m&#234;me pro-Lula, qui a longtemps sembl&#233; un symbole intouchable et qui s'est rendu au principal rassemblement, celui de Sao Paulo. Parmi les manifestants on trouvait certes des militants de gauche et des mouvements sociaux, mais aussi des &#233;lecteurs de la droite refusant la rh&#233;torique de &#8220;la fin justifiant les moyens&#8221; pour revenir au pouvoir. On y trouvait surtout un autre visage du Br&#233;sil, des manifestations dans lesquels les Noirs, les ouvriers et la jeunesse &#233;taient pr&#233;sents en masse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH331/97f58271adf0ff75-dd3e44d6-5119c.jpg?1717609542' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; La manifestation du 18 mars contre l'instrumentalisation politique du scandale de &lt;br class='autobr' /&gt;
corruption. &#169; Jornalistas Livres e M&#237;dia NINJA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes s'est invit&#233;e dans les d&#233;bats. Le 13 mars, les protestataires exigeaient le d&#233;part de Dilma Rousseff. Une partie en profitait pour r&#233;clamer la fin de la discrimination positive envers les Noirs dans les universit&#233;s, des allocations sociales pour les plus pauvres et de la hausse syst&#233;matique du salaire minimum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars, la rue demandait &#171; plus de droits et moins de haine &#187;, la solidarit&#233;, l'inclusion sociale, la culture et les opportunit&#233;s pour tous. Parfois contre Dilma Rousseff, dont le deuxi&#232;me mandat est marqu&#233; par les mesures conservatrices, parfois r&#233;trogrades. &#171; Un gouvernement ind&#233;fendable &#187;, murmurent les manifestants, entre rage et r&#233;signation. Dans les regards qui se reconnaissaient dans la rue, on ne sentait d'ailleurs nulle all&#233;gresse. Mais une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne, le soulagement de ne plus &#234;tre seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les manifestations &#171; contre le coup d'&#201;tat &#187; ont r&#233;ussi &#224; briser une narration, volontiers reprise par une presse internationale, selon laquelle la chute du gouvernement serait le r&#233;sultat d'un soul&#232;vement de la rue et des &#233;lites contre la corruption. L'enqu&#234;te Lava-Jato aura certes eu le m&#233;rite historique de faire trembler hauts cadres politiques et PDG d'entreprises jusqu'alors confort&#233;s dans une impunit&#233; r&#233;elle. Mais elle est aujourd'hui d&#233;natur&#233;e par ses propres promoteurs, et r&#233;cup&#233;r&#233;e par des institutions pour lesquelles la lutte contre la corruption n'est en rien une pr&#233;occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;nonciations ont d&#233;montr&#233; aux plus ing&#233;nus que le PT a &#233;t&#233; incapable d'inventer une autre fa&#231;on de faire de la politique, et notamment de financer ses campagnes &#233;lectorales. M&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; prouv&#233;es pour l'instant, les accusations port&#233;es contre Lula &#8211; avoir b&#233;n&#233;fici&#233; de faveurs d'entreprises mouill&#233;es dans la corruption de Petrobras &#8211; doivent faire l'objet d'une v&#233;ritable investigation. Cette derni&#232;re aura lieu, qu'elle soit ordonn&#233;e par un juge de premi&#232;re instance ou, s'il devenait ministre, par une Cour supr&#234;me qui a d&#233;montr&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es &#234;tre au moins aussi rigoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, si les accusations contre Dilma Rousseff r&#233;cemment faites par un ex-s&#233;nateur du PT, Delcidio Amaral, en &#233;change d'une promesse de r&#233;duction de peines &#233;taient av&#233;r&#233;es &#8211; financement de campagne ill&#233;gal et tentative d'obstruction de la justice &#8211;, sa destitution serait pratiquement in&#233;vitable. Le probl&#232;me est que le processus a d&#233;j&#224; pris des allures de farce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Eduardo Cunha a en effet profit&#233; du chaos juridico-institutionnel dans lequel &#233;tait plong&#233; le pays pour acc&#233;l&#233;rer la mise en place de la commission parlementaire charg&#233;e d'examiner les &#233;ventuels &#171; crimes de responsabilit&#233; &#187; de la pr&#233;sidente. Il a m&#234;me d&#233;cid&#233; que les sessions seraient quotidiennes, y compris lundi et vendredi, ce qui est exceptionnel &#224; Brasilia. L'objectif serait que la commission recommande d'ici la fin avril &#224; l'Assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re la destitution, celle-ci devant par la suite r&#233;unir les deux tiers des votes au parlement et au S&#233;nat pour qu'elle soit effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois rappeler qu'Eduardo Cunha est inculp&#233; de corruption &#8211; et non pas l'objet de soup&#231;ons comme Lula et Dilma &#8211; et au centre de plusieurs investigations apr&#232;s la d&#233;couverte de 5 millions de dollars dans des comptes secrets en Suisse. La commission parlementaire, o&#249; il a r&#233;ussi &#224; faire nommer l'un des siens comme rapporteur, est loin d'&#234;tre un mod&#232;le d'&#233;thique. Des 65 d&#233;put&#233;s y si&#233;geant choisis, 36 font l'objet d'investigations pour crimes et corruption devant la Cour supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y retrouve notamment Paulo Maluf qui, sous le coup d'un mandat d'arr&#234;t d'Interpol, n'a pas quitt&#233; le pays depuis des ann&#233;es &#8211; il a d'ailleurs &#233;t&#233; condamn&#233; en France pour blanchiment d'argent. Le pr&#233;sident du S&#233;nat, Renan Calheiros, dont le r&#244;le sera central dans l'&#233;ventuelle destitution &#8211; c'est la chambre haute qui a le dernier mot sur la d&#233;cision &#8211; est lui-m&#234;me cit&#233; &#224; plusieurs reprises dans l'enqu&#234;te Lava-Jato.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renan Calheiros est &#224; peine mieux loti que le s&#233;nateur A&#233;cio Neves, pr&#233;sident du PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne, de droite) et candidat malheureux face &#224; Dilma Rousseff en octobre 2014. Ce dernier revient au moins &#224; cinq reprises dans le scandale de corruption de Petrobras, notamment dans les confessions du &#171; repenti &#187; Delcidio Amaral. Lequel a aussi clairement impliqu&#233; le vice-pr&#233;sident Michel Temer, celui-l&#224; m&#234;me qui serait charg&#233; de terminer le mandat de Dilma Rousseff si elle &#233;tait forc&#233;e de quitter le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panorama est bien plus ambigu, et pour la population, angoissant, que ce qu'il para&#238;t donc de prime abord. En pr&#233;tendant faire justice, quitte &#224; sortir du cadre de la loi, en instrumentalisant la police et les m&#233;dias, les magistrats conduits par Sergio Moro endossent un r&#244;le politique dont la cons&#233;quence pratiquement in&#233;vitable sera de ramener au pouvoir des personnes et des partis au moins aussi corrompus que ceux qu'on en chasse. On conna&#238;t d&#233;j&#224; les perdants. La d&#233;mocratie br&#233;silienne, et les classes populaires, dont les droits, d&#233;j&#224; malmen&#233;s, seront remis en cause d&#232;s la chute du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Br&#233;sil, le nouveau Congr&#232;s est le plus conservateur depuis un demi-si&#232;cle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Bresil-le-nouveau-Congres-est-le-plus-conservateur-depuis-un-demi-siecle</link>
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		<dc:date>2014-10-14T12:07:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lamia Oualalou</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-10-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne a &#233;clips&#233; les r&#233;sultats des autres scrutins qui se tenaient ce m&#234;me jour. Le 5 octobre, les Br&#233;siliens ont &#233;lu un Congr&#232;s f&#233;d&#233;ral farouchement r&#233;actionnaire. Principaux vainqueurs : les policiers, les &#233;vang&#233;liques et les repr&#233;sentants de l'agro-business qui auront les moyens de ligoter la future pr&#233;sidence. &lt;br class='autobr' /&gt;
11 octobre 2014 | mediapart.fr | Rio de Janeiro, de notre correspondante, Lamia Oualalou &lt;br class='autobr' /&gt; - On le conna&#238;t pour ses sorties (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton19308-bf607.jpg?1677097001' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne a &#233;clips&#233; les r&#233;sultats des autres scrutins qui se tenaient ce m&#234;me jour. Le 5 octobre, les Br&#233;siliens ont &#233;lu un Congr&#232;s f&#233;d&#233;ral farouchement r&#233;actionnaire. Principaux vainqueurs : les policiers, les &#233;vang&#233;liques et les repr&#233;sentants de l'agro-business qui auront les moyens de ligoter la future pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 octobre 2014 | mediapart.fr | Rio de Janeiro, de notre correspondante, Lamia Oualalou&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On le conna&#238;t pour ses sorties provocatrices contre les homosexuels, les usagers de cannabis, et ses impr&#233;cations contre les d&#233;fenseurs des droits de l'homme, &#171; v&#233;ritables droits des vagabonds &#187;. Depuis dimanche 5 octobre, l'ex-militaire Jair Bolsonaro est &#233;galement le d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral le mieux &#233;lu de l'&#201;tat de Rio de Janeiro. 461 000 &#233;lecteurs ont choisi comme repr&#233;sentant au parlement ce fervent catholique qui consid&#232;re la dictature (1964-1985) comme &#171; vingt ans d'ordre et de progr&#232;s &#187;, plaide pour le r&#233;tablissement de la peine de mort et qualifie les Indiens de &#171; puants et mal &#233;lev&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un score quatre fois plus &#233;lev&#233; qu'en 2010, quand le d&#233;put&#233; avait attir&#233; 120 000 votants, le tout sous l'&#233;tiquette du Parti progressiste, une ironie que plus personne ne rel&#232;ve au Br&#233;sil. Deux de ses fils ont par ailleurs surf&#233; sur la popularit&#233; de leur nom de famille : Eduardo, 33 ans, &#233;lu de S&#227;o Paulo, sera &#224; ses c&#244;t&#233;s au parlement f&#233;d&#233;ral alors que Flavio est le troisi&#232;me d&#233;put&#233; le mieux &#233;lu de l'Assembl&#233;e de Rio de Janeiro.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jair Bolsonaro n'est pas une exception. Les avocats de la tol&#233;rance z&#233;ro face &#224; la criminalit&#233; et les partisans de la r&#233;duction de la majorit&#233; p&#233;nale figurent parmi les champions des &#233;lections au Congr&#232;s br&#233;silien, qui ont eu lieu en m&#234;me temps que le premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, le dimanche 5 octobre. Le premier tour du scrutin pr&#233;sidentiel, marqu&#233; par l'&#233;limination de Marina Silva et un second tour qui opposera Dilma Rousseff au candidat de la droite classique A&#233;cio Neves, a &#233;clips&#233; le bouleversement qui s'est produit au Congr&#232;s f&#233;d&#233;ral. Ainsi, le nombre de militaires et de policiers a bondi de 30 %, alimentant d'autant la &#171; bancada da bala &#187;, litt&#233;ralement, &#171; le lobby de la balle &#187; : il rassemble les d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs favorables &#224; l'industrie de l'armement et s'opposant &#224; toute politique de limitation d'usage des armes &#224; feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette augmentation s'explique par la volont&#233; de la corporation polici&#232;re, tr&#232;s critiqu&#233;e pour sa violence depuis les manifestations de juin 2013, de mieux s'organiser pour riposter. &#171; Mais c'est aussi l'expression d'un vote d'extr&#234;me droite &#187;, pr&#233;cise Ignacio Cano, sociologue sp&#233;cialiste de la violence urbaine &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat de Rio de Janeiro. &#171; La violence et l'ins&#233;curit&#233; poussent beaucoup de gens &#224; appuyer des solutions ill&#233;gales et les abus de pouvoirs de la police &#187;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congr&#232;s f&#233;d&#233;ral, compos&#233; du S&#233;nat et de la chambre des d&#233;put&#233;s, 3 le coup de barre &#224; droite va au-del&#224; du renforcement des partisans de la &#171; ligne dure &#187;. Le Parti des travailleurs (PT) de Luiz Inacio Lula da Silva et de Dilma Rousseff a beau rester la premi&#232;re formation &#224; la chambre des d&#233;put&#233;s avec 70 &#233;lus, il a perdu 18 d&#233;put&#233;s et 1,3 million de voix par rapport au pr&#233;c&#233;dent scrutin de 2010. En face, le lobby des &#233;vang&#233;liques (qui pioche dans plusieurs partis) compte d&#233;sormais 80 d&#233;put&#233;s, soit une croissance de 14 % par rapport &#224; la Chambre sortante. Parmi ces &#233;lus, bon nombre sont des novices en politique, &#224; l'image de S&#243;stenes Cavalcante, qui doit son &#233;lection &#224; la propagande faite par Silas Malafaia, l'un des pasteurs les plus m&#233;diatiques du Br&#233;sil. &#171; Ce sont d'illustres inconnus pour la majorit&#233; de la population, mais pas pour les &#233;vang&#233;liques, qui votent en masse pour eux &#187;, se f&#233;licite Malafaia, qui confie, dans un rire : &#171; &#202;tre &#233;lu ne m'int&#233;resse pas, je pr&#233;f&#232;re les coulisses, je choisis des candidats, et je les fais gagner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand gagnant du scrutin reste toutefois le lobby trans-partis de l'agro-alimentaire, la &#171; bancada ruralista &#187;. Il se f&#233;licite d'une croissance de 33 %, passant de 191 &#224; 257 d&#233;put&#233;s, soit la majorit&#233; absolue &#224; la chambre. Ce groupe, qui se r&#233;unit tous les vendredis &#224; l'heure du d&#233;jeuner, est le mieux organis&#233; du Congr&#232;s, en imposant ou en bloquant des textes selon les int&#233;r&#234;ts des grands propri&#233;taires. La r&#233;forme agraire, d&#233;j&#224; absente des discours des principaux candidats, sera probablement enterr&#233;e pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; ruralistes &#187;, comme on les appelle au Br&#233;sil, ont d&#233;j&#224; fait conna&#238;tre leur priorit&#233; pour le prochain mandat : faire voter l'amendement qui transf&#232;re au parlement la d&#233;cision de d&#233;limitation des r&#233;serves d'Indiens. Pour l'heure, cette comp&#233;tence rel&#232;ve exclusivement de la Funai, la fondation gouvernementale des peuples indig&#232;nes, un scandale pour les propri&#233;taires terriens qui estiment qu'on c&#232;de trop d'hectares &#224; une population peu nombreuse et jug&#233;e improductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pi&#232;ges du syst&#232;me &#233;lectoral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce Congr&#232;s est assur&#233;ment le plus conservateur depuis le coup d'&#201;tat de 1964 &#187;, estime Ant&#244;nio Queiroz, le directeur du D&#233;partement intersyndical des conseillers parlementaires (Diap), la meilleure source de statistiques sur le Parlement br&#233;silien. Pour lui, cette nouvelle composition rend pratiquement impossible toute avanc&#233;e sur la l&#233;galisation de l'avortement, le mariage des homosexuels ou la d&#233;criminalisation des drogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le Congr&#232;s sortant, ces questions n'avaient d&#233;j&#224; pas r&#233;ussi &#224; s'imposer, maintenant, les d&#233;put&#233;s progressistes sont moins nombreux, et les opposants &#224; un changement de la l&#233;gislation a doubl&#233; &#187;, poursuit-il. Les &#233;vang&#233;liques, souligne le directeur du Diap, ne sont pas seulement plus nombreux, &#171; ce sont aussi des pasteurs qui ont plus de poids au sein des diff&#233;rentes &#201;glises, ce qui leur permettra de mieux d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts au sein de Congr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le Br&#233;sil des manifestations de juin 2013, qui avaient vu des centaines de milliers de personnes exiger une autre politique, plus sociale, en est-il arriv&#233; l&#224; ? &#171; Tout d'abord, c'est une erreur de voir derri&#232;re ces manifestations un mouvement progressiste &#187;, temp&#232;re Andr&#233; Singer, professeur de sciences politiques &#224; l'Universit&#233; de S&#227;o Paulo. &#171; Les revendications d'une am&#233;lioration des services publics allaient dans ce sens, mais par la suite, le glissement de la protestation vers un angle moral et &#233;thique, en mettant en avant la question de la corruption uniquement, a facilit&#233; sa r&#233;cup&#233;ration par la droite &#187;, ajoute-t-il. Les d&#233;rapages &#224; l'issue de certains rassemblements, provoqu&#233;s par une poign&#233;e de casseurs et mont&#233;s en boucle par la t&#233;l&#233;vision, ont par ailleurs r&#233;veill&#233; l'aversion contre le d&#233;sordre de la majorit&#233; silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le syst&#232;me &#233;lectoral est trompeur. Si les champions de voix, tel Bolsonaro, ont vraiment attir&#233; des &#233;lecteurs sur leur nom, ce n'est pas le cas de la plupart des d&#233;put&#233;s &#233;lus. Au Br&#233;sil, le nombre de si&#232;ges emport&#233; par chaque parti est le r&#233;sultat de la somme des voix obtenues par les candidats et de celles qui se sont port&#233;es sur le parti (l'&#233;lecteur peut choisir une de ces deux formes de vote), le tout divis&#233; par le nombre de si&#232;ge imparti &#224; chacun des &#201;tats de la f&#233;d&#233;ration. Par exemple, dans le cas de l'&#201;tat de S&#227;o Paulo, un d&#233;put&#233; doit avoir au minimum 299 900 voix pour &#234;tre &#233;lu directement (c'est le r&#233;sultat des 20,99 millions de votes valides divis&#233; par les 70 si&#232;ges qui reviennent &#224; l'&#201;tat). Et s'il d&#233;passe ce nombre, son &#171; surplus &#187; de voix est distribu&#233; aux compagnons de sa coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, &#224; peine 35 d&#233;put&#233;s (soit 6,8 % du total des 513 d&#233;put&#233;s) ont r&#233;ussi &#224; se faire &#233;lire avec leurs propres voix. Tous les autres ont b&#233;n&#233;fici&#233; du report des voix. Ainsi, le d&#233;put&#233; &#233;vang&#233;lique Celso Russomanno, le mieux &#233;lu de l'histoire de la chambre des d&#233;put&#233;s, avec 1,5 million de voix, a permis de faire &#233;lire quatre autres membres de sa coalition, qui avaient recueilli &#224; peine plus de 20 000 votes. Ce d&#233;calage entre le choix des &#233;lecteurs et la repr&#233;sentation finale souligne une crise du syst&#232;me politique, rejet&#233; par un nombre croissant de Br&#233;siliens, notamment parmi les manifestants de juin dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le vote est obligatoire au Br&#233;sil, la proportion de blancs et nuls pour l'&#233;lection du Congr&#232;s augmente fortement. &#192; Rio de Janeiro par exemple, elle est pass&#233;e de 16,4 % &#224; 21,43 %, ce qui signifie que dans ce seul &#201;tat, 2 millions de Br&#233;siliens ont refus&#233; de choisir un d&#233;put&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virage conservateur du Congr&#232;s provoque des interpr&#233;tations divergentes. Arriv&#233;e en quatri&#232;me position de la course pr&#233;sidentielle avec 1,55 % des voix au nom du Parti socialisme et libert&#233; (Psol), Luciana Genro est optimiste. Pour elle, &#171; l'augmentation du nombre de d&#233;put&#233;s conservateurs est une r&#233;action face &#224; la croissance des d&#233;bats sur des th&#232;mes progressistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leonardo Sakamoto, le directeur de l'ONG Reporter Brasil, sp&#233;cialis&#233;e dans la d&#233;nonciation du travail esclave, estime au contraire que &#171; le Congr&#232;s n'est pas pire, il refl&#232;te tout simplement mieux le Br&#233;sil d'aujourd'hui &#187;. Le militant explique que dans un pays tr&#232;s conservateur, la force des mouvements sociaux a permis, dans le pass&#233;, d'obtenir l'&#233;lection de groupes progressistes, donnant &#224; ces derniers un poids sup&#233;rieur &#224; leur repr&#233;sentation r&#233;elle dans la soci&#233;t&#233;. Pour lui, l'&#233;loignement du PT de ces mouvements sociaux a cass&#233; cette dynamique, alors que le poids croissant des &#233;vang&#233;liques dans la population (pr&#232;s d'un quart en 2010) alimente naturellement leur pr&#233;sence au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Dilma Rousseff parvienne &#224; se faire r&#233;&#233;lire, lors du second tour de la pr&#233;sidentielle qui se tient le 26 octobre, ou qu'elle soit battue par son adversaire de droite A&#233;cio Neves, le prochain pr&#233;sident devra composer avec un autre probl&#232;me : celui de l'explosion du nombre de partis, pass&#233; de 22 &#224; 28 au Parlement. Cela signifie plus de n&#233;gociations avec chacun, et plus de faveurs et de postes offerts &#224; diff&#233;rents groupuscules. Exactement ce que des millions de Br&#233;siliens rejetaient dans la rue il y a un an et demi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Br&#233;sil, Marina Silva bouleverse la campagne pr&#233;sidentielle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Bresil-Marina-Silva-bouleverse-la-campagne-presidentielle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Bresil-Marina-Silva-bouleverse-la-campagne-presidentielle</guid>
		<dc:date>2014-09-30T12:00:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lamia Oualalou</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-09-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ancienne ministre &#233;cologiste de Lula, qui avait rompu avec fracas avec le PT, menace directement la r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff. Mais son appartenance &#224; une &#233;glise pentec&#244;tiste r&#233;put&#233;e pour son conservatisme social, son programme n&#233;olib&#233;ral et ses liens avec l'agrobusiness et les milieux financiers fragilisent son ascension. Enqu&#234;te sur un itin&#233;raire politique qui peut pourtant s&#233;duire les classes moyennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
27 septembre 2014 | mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Am&#233;rique Latine &#8212; Enqu&#234;te Rio de Janeiro, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH124/arton19090-45762.jpg?1677097001' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ancienne ministre &#233;cologiste de Lula, qui avait rompu avec fracas avec le PT, menace directement la r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff. Mais son appartenance &#224; une &#233;glise pentec&#244;tiste r&#233;put&#233;e pour son conservatisme social, son programme n&#233;olib&#233;ral et ses liens avec l'agrobusiness et les milieux financiers fragilisent son ascension. Enqu&#234;te sur un itin&#233;raire politique qui peut pourtant s&#233;duire les classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 septembre 2014 | mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Am&#233;rique Latine &#8212; Enqu&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Rio de Janeiro, de notre correspondante. Un ouragan. Un m&#233;t&#233;ore. Un coup de tonnerre. Depuis un mois, les analystes politiques br&#233;siliens rivalisent de superlatifs pour tenter d'expliquer le ph&#233;nom&#232;ne qui semble porter Marina Silva aux portes du pouvoir et bouleverser une campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle jusqu'alors marqu&#233;e par l'ennui et un brin de m&#233;lancolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une trag&#233;die, le 13 ao&#251;t, qui a chang&#233; la donne. &#192; l'&#233;poque, la pr&#233;sidente sortante Dilma Rousseff est largement en t&#234;te des sondages pour le premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui se tiendra le 5 octobre. Trois mandats successifs du Parti des travailleurs (PT) &#8211; Luiz Inacio Lula da Silva a gouvern&#233; de 2003 &#224; 2010, avant de laisser place &#224; sa dauphine &#8211; ont engendr&#233; une certaine lassitude, aliment&#233;e par une stagnation &#233;conomique dont la presse ne cesse de souligner l'ampleur. Mais pour les &#233;lecteurs, il n'y avait pas de r&#233;elle alternative &#224; Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#233;cio Neves, le candidat du PSDB, le parti du centre-droit qui dispute au PT le pouvoir depuis vingt ans, ne convainc gu&#232;re. Eduardo Campos, qui repr&#233;sente le Parti socialiste br&#233;silien (PSB), ne d&#233;passait pas 10 % dans les intentions de vote. Des dix pr&#233;tendants au mandat de chef d'&#201;tat, sept sont issus du PT, qu'ils ont quitt&#233; par opportunisme ou d&#233;ception. Il semblait jusqu'&#224; ce 13 ao&#251;t qu'il n'y aurait pas de place dans les urnes pour le souffle de r&#233;volte de juin 2013, qui avait jet&#233; dans la rue des millions de Br&#233;siliens pour protester contre la mauvaise qualit&#233; des services publics et la corruption des &#233;lites politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce 13 ao&#251;t, le jet priv&#233; d'Eduardo Campos s'&#233;crase &#224; Santos, une ville portuaire &#224; proximit&#233; de S&#227;o Paulo. En 48 heures, le PSB est contraint d'adouber Marina Silva, celle qu'il avait accueillie en son sein il y a &#224; peine onze mois. Marina Silva, la pasionaria de l'environnement au Br&#233;sil, est d&#233;test&#233;e par la majorit&#233; des cadres du parti, mais elle avait &#233;t&#233; impos&#233;e par son chef, Eduardo Campos, dans un calcul d'int&#233;r&#234;t bien compris. En 2010, elle avait en effet provoqu&#233; la surprise, en attirant pr&#232;s de 20 % des suffrages, deux ans apr&#232;s avoir claqu&#233; la porte du PT, dont elle a &#233;t&#233; membre puis cadre dirigeante durant vingt-trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapable par la suite d'imposer ses vues au Parti vert (PV), Marina Silva le quitte en 2012, pour monter la Rede Sustentabilidade, litt&#233;ralement le &#171; R&#233;seau durable &#187;, une fa&#231;on de se revendiquer de la soci&#233;t&#233; civile loin des batailles partisanes. Et quand, l'ann&#233;e suivante, elle tente de transformer son association en parti (pour pouvoir pr&#233;senter des candidats aux &#233;lections), elle en est emp&#234;ch&#233;e par le Tribunal sup&#233;rieur &#233;lectoral, qui consid&#232;re que la Rede ne dispose pas des signatures n&#233;cessaires. &#171; Ce fut une aubaine pour Dilma Rousseff, car d&#232;s l'&#233;poque, il &#233;tait clair, au sein du gouvernement, que le danger viendrait d'un outsider &#187;, analyse St&#233;phane Monclaire, sp&#233;cialiste du Br&#233;sil &#224; la Sorbonne-Paris I, o&#249; il enseigne les sciences politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, avant m&#234;me les manifestations de juin 2013, qui font conna&#238;tre au monde entier le ras-le-bol de la classe moyenne &#224; l'&#233;gard de ses &#233;lites, les Br&#233;siliens sont dans une posture paradoxale. La grande majorit&#233; trouve l'action du gouvernement globalement &#171; correcte, bonne ou excellente &#187;, selon les &#233;tudes d'opinion. Mais quand on les interroge sur des th&#232;mes de leur quotidien, l'insatisfaction est patente. En juillet 2011, alors que la popularit&#233; de Dilma Rousseff bat des records, quelque 69 % des Br&#233;siliens estiment insuffisante l'action du gouvernement en mati&#232;re de sant&#233;. Ils sont 52 % &#224; penser de m&#234;me sur l'&#233;ducation. Et la tendance va en se d&#233;gradant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soutien des grands m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, m&#234;me si elle est en t&#234;te au premier tour, Dilma Rousseff sait d&#233;j&#224; qu'elle devra faire face &#224; un groupe d'&#233;lecteurs anti-PT pr&#234;ts &#224; se jeter dans les bras de n'importe quel candidat susceptible d'emp&#234;cher sa r&#233;&#233;lection. &#171; Au-del&#224; de la campagne et du gouvernement, le travail des universitaires de l'UERJ montre aussi que les grands m&#233;dias entretiennent un discours de d&#233;nigrement &#224; l'&#233;gard de la politique et de ses institutions &#187;, poursuit Miguel do Rosario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Marina Silva est une victime de l'arbitraire de ces institutions. Malgr&#233; les vingt millions de voix r&#233;colt&#233;es en 2010, elle a &#233;t&#233; bloqu&#233;e dans sa tentative de cr&#233;er sa propre formation. Au point d'accepter, &#224; un an de l'&#233;lection, l'invitation d'Eduardo Campos d'int&#233;grer le PSB pour devenir, &#224; ses c&#244;t&#233;s, candidate &#224; la vice-pr&#233;sidence. &#192; deux, ils comptaient pr&#233;senter cette &#171; troisi&#232;me voie &#187; qui attire une partie de l'&#233;lectorat, las d'un match entre le PT et le PSDB assimil&#233;, par beaucoup, &#224; un &#171; Fla-Flu &#187;, le &#171; classico &#187; entre le Flamengo et le Fluminense, les deux principaux clubs de football de Rio de Janeiro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mort de l'ex-gouverneur du Pernambuco, Marina Silva s'envole dans les sondages. Elle retrouve son statut de femme populaire, dont l'histoire, comme celle de Lula, permet aux Br&#233;siliens de croire qu'il est possible de dribbler le destin dans un des pays les plus in&#233;galitaires au monde. N&#233;e dans une petite communaut&#233; de r&#233;colteurs de caoutchouc dans l'&#201;tat amazonien d'Acre, analphab&#232;te jusqu'&#224; l'&#226;ge de 16 ans, avant d'apprendre &#224; lire dans un couvent de s&#339;urs, o&#249; elle a &#233;t&#233; accueillie, gravement atteinte par une h&#233;patite, et de finir dipl&#244;m&#233;e d'histoire &#224; l'universit&#233;. Proche de Chico Mendes, le grand d&#233;fenseur de l'Amazonie, assassin&#233; en 1988, elle participe &#224; la cr&#233;ation, dans son &#201;tat, du Parti des travailleurs (PT) et de la centrale syndicale CUT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est successivement &#233;lue conseill&#232;re municipale, d&#233;put&#233;e, puis s&#233;natrice, avant d'&#234;tre la premi&#232;re personne &#224; &#234;tre choisie par Lula pour int&#233;grer son gouvernement en 2003, quand l'ex-ouvrier de la m&#233;tallurgie emporte finalement la pr&#233;sidence. Ses cinq ann&#233;es &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de l'environnement peaufinent son image de David face aux Goliath du puissant secteur de l'agroalimentaire, m&#234;me si dans les coulisses, ses proches au gouvernement pestent sur son peu de capacit&#233; en gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physiquement aussi, elle incarne l'anti-politique. Comme Dilma Rousseff, c'est une femme. Mais alors que cette derni&#232;re a multipli&#233; s&#233;ance de botox, cure d'amaigrissement et teintures de toutes sortes &#8211; son coiffeur est un des plus courus de S&#227;o Paulo &#8211;, Marina Silva affiche une sobri&#233;t&#233; qui s&#233;duit une jeunesse urbaine. Les cheveux ramass&#233;s en un strict chignon, elle n'utilise que des artifices naturels pour se maquiller. Les lourds traitements subis dans sa jeunesse pour la d&#233;livrer des maladies souvent mortelles contract&#233;es du temps o&#249; elle recueillait du caoutchouc l'ont rendue allergique &#224; de nombreux produits. En guise de rouge &#224; l&#232;vres, elle passe un concentr&#233; de betterave et d'huile d'olive, une fa&#231;on de faire salu&#233;e par la presse br&#233;silienne. Quant &#224; ses bijoux, tous r&#233;alis&#233;s &#224; partir de mat&#233;riaux de la nature, entre graines de l'Amazonie et coques de noix de coco, elle les fabrique elle-m&#234;me pour la plupart, ou les acquiert aupr&#232;s de communaut&#233;s indig&#232;nes. Rien &#224; voir avec Dilma Rousseff qui s'est pr&#233;sent&#233;e &#224; un entretien avec le journal O Globo avec des chaussures Louis Vuitton. Alors que, jusqu'aux tailleurs de marque, Dilma Rousseff a l'allure de l'&#233;lite, Marina Silva, comme Lula en 2002, personnifie le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette histoire, viennent s'ajouter le soutien de Renata Campos, la veuve du candidat du PSB, et l'enthousiasme des m&#233;dias. Son habilet&#233; lui permet, d&#232;s la fin du mois d'ao&#251;t, d'&#233;galer Dilma Rousseff dans les sondages du premier tour, et de la battre au second. Aux &#233;lecteurs orphelins du changement, concentr&#233;s dans la jeunesse urbaine, elle agr&#232;ge une partie de la gauche d&#233;&#231;ue par le PT, ainsi que les &#233;lites financi&#232;res convaincues que leur poulain naturel, le candidat A&#233;cio Neves, est incapable de l'emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre pratiquante de l'Assembl&#233;e de Dieu, une &#233;glise pentec&#244;tiste caract&#233;ris&#233;e par son conservatisme social, Marina Silva attire aussi une partie des &#233;vang&#233;liques, y compris dans les couches populaires. Ils repr&#233;sentent 22 % de la population, un bloc loin d'&#234;tre homog&#232;ne politiquement, mais sensible au discours de grands pasteurs relay&#233;s par la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toutefois l'intervention de l'un d'entre eux dans le d&#233;bat &#233;lectoral qui provoque le premier rat&#233; dans l'ascension de celle que ses concurrents ont baptis&#233;e ironiquement &#171; la sainte &#187;. Alors que le 29 ao&#251;t, elle fait sensation aupr&#232;s des milieux progressistes, en se disant en faveur du mariage pour tous, elle fait marche arri&#232;re d&#232;s le lendemain, obtemp&#233;rant sous la menace du pasteur Silas Malafaia. La virevolte fait scandale (voir mon billet de blog) et &#233;loigne ceux qui redoutent une mont&#233;e en puissance des conservatismes religieux. &#171; Vous nous avez mentis, vous vous &#234;tes jou&#233;e de l'esp&#233;rance de millions de personnes, vous ne m&#233;ritez pas la confiance du peuple br&#233;silien &#187;, d&#233;clare alors Jean Wyllys, l'unique d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral &#224; se revendiquer homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de son programme de gouvernement jette une lumi&#232;re crue sur les alliances de la candidate avec les milieux financiers. Marina Silva cultive depuis 2010 une forte amiti&#233; avec la sociologue Maria Alice Setubal, l'h&#233;riti&#232;re de Ita&#250;, la principale banque priv&#233;e br&#233;silienne. Ses &#233;conomistes de r&#233;f&#233;rence sont Andr&#233; Lara Resende et Eduardo Giannetti, deux porte-parole du n&#233;olib&#233;ralisme. Elle propose l'ind&#233;pendance de la Banque centrale &#8211; au Br&#233;sil, le pr&#233;sident garde en th&#233;orie le dernier mot sur la politique mon&#233;taire &#8211;, un geste que m&#234;me le candidat de la droite traditionnelle n'avait pas os&#233; faire.En f&#233;vrier 2014, la pr&#233;sidente sortante est en t&#234;te des sondages, mais 67 % des Br&#233;siliens, interrog&#233;s sur ce qu'ils voudraient id&#233;alement comme pr&#233;sident, r&#233;pondent &#171; un nouveau visage &#187;. L&#224; encore, ce d&#233;sir va s'accentuant, aliment&#233; par l'aveuglement du gouvernement, dont ni l'action, ni la communication ne changent d'axe. &#192; Brasilia, on semble ne pas percevoir l'ampleur de l'insatisfaction diffuse, ni surtout le croissant sentiment &#171; anti-PT &#187;. Le parti de Lula et Dilma est &#224; la fois de plus en plus ancr&#233; dans le pays, &#233;tant devenu la r&#233;f&#233;rence des couches populaires, et aussi beaucoup plus d&#233;test&#233;, et plus seulement par les &#233;lites. La petite classe moyenne devient plus critique &#224; son endroit, d&#233;non&#231;ant les promesses non tenues et la corruption. Elle est aussi la plus sensible au discours des grands m&#233;dias, en campagne contre le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chercheurs de l'Universit&#233; d'&#201;tat de Rio de Janeiro (UERJ) ont mont&#233; depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e un &#171; manchet&#244;metro &#187; (litt&#233;ralement, un mesureur de &#171; unes de journaux &#187; 3) qui recense les sujets positifs, n&#233;gatifs ou neutres consacr&#233;s aux candidats &#224; la pr&#233;sidentielle, et ce sur les trois principaux quotidiens (Folha de S. Paulo, Estado de S. Paulo et O Globo), comme sur le journal t&#233;l&#233;vis&#233; roi, celui de la cha&#238;ne Globo. &#171; Les chiffres sont sans appel, ils montrent que Dilma Rousseff est la cible d'une campagne n&#233;gative syst&#233;matique &#187;, note l'analyste politique Miguel do Rosario, auteur d'un blog, &#171; O cafezinho &#187; 3, tr&#232;s lu dans les milieux politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un programme n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soucieuse de s&#233;duire les entrepreneurs, Marina Silva d&#233;fend &#233;galement une flexibilisation des lois du travail. Et assure que contrairement &#224; ce que sa biographie pourrait laisser penser, elle n'a jamais &#233;t&#233; contre les OGM. Elle a d'ailleurs choisi Beto Alburquerque, un proche des milieux de l'agroalimentaire et de l'industrie de l'armement, pour &#234;tre son candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas de doute que Marina Silva est la candidate du changement, c'est &#231;a, sa &#034;nouvelle politique&#034;, un changement par jour, on est incapable de comprendre ses mouvements &#187;, grince Gustavo Casta&#241;on, professeur de philosophie &#224; l'Universit&#233; f&#233;d&#233;rale de Juiz de Fora, qui a rendu sa carte du PSB. &#171; De quel c&#244;t&#233; &#234;tes-vous ? &#187; l'a interpell&#233;e Luciana Genro, candidate &#224; la pr&#233;sidentielle pour le Parti socialisme et libert&#233; (PSOL), durant un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; entre candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout sur la question de la capacit&#233; &#224; gouverner que la pr&#233;sidente sortante a d&#233;cid&#233; d'affronter sa concurrente. Marina Silva a beau affirmer qu'elle gouvernera au-dessus des partis, en convoquant les &#171; meilleurs &#187; &#8211; elle a notamment assur&#233; qu'elle voudrait l'appui de Lula et de son pr&#233;d&#233;cesseur de centre-droit Fernando Henrique Cardoso &#8211;, la constitution br&#233;silienne la rend prisonni&#232;re du Congr&#232;s. La coalition qui la soutient aujourd'hui ne dispose que de 35 d&#233;put&#233;s et de quatre s&#233;nateurs (sur respectivement 513 et 81). Pour s&#233;duire d'autres partis, notamment le PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien), une formation fourre-tout, sans id&#233;ologie autre que celle du maintien au pouvoir, elle devra c&#233;der des portefeuilles, des postes dans les grandes entreprises publiques, bref souscrire au contrat de la &#171; vieille politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tentative de &#171; d&#233;construction &#187; de la candidate Marina Silva par le PT sera-t-elle suffisante ? Pour Dilma Rousseff, l'enjeu est maintenant de regagner un net avantage au premier tour, en mettant en avant le toujours tr&#232;s populaire Lula, notamment durant sa propagande &#233;lectorale. Dans chaque bloc de 25 minutes diffus&#233; obligatoirement sur les cha&#238;nes hertziennes &#224; midi et en d&#233;but de soir&#233;e, la pr&#233;sidente sortante dispose, gr&#226;ce &#224; l'ample coalition qui l'appuie, de 11 minutes 48 secondes, contre 1 minute et 49 secondes pour Marina Silva &#8211; et 4 minutes et 31 secondes pour A&#233;cio Neves. Au second tour, en revanche, les deux candidats ont un acc&#232;s identique &#224; la propagande &#233;lectorale gratuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'&#233;lite a choisi dans sa majorit&#233; d'appuyer Marina Silva pour en finir avec le PT au pouvoir, et que l'essentiel des classes populaires, sensibles aux politiques sociales introduites depuis l'&#232;re Lula, sont en majorit&#233; fid&#232;les &#224; Dilma Rousseff, c'est donc dans la classe moyenne, plus ou moins pr&#233;caire, que se jouera l'&#233;lection. &#171; Au Br&#233;sil, il est impossible d'emporter une &#233;lection sans attirer l'essentiel de ceux qui gagnent entre 2 et 5 salaires minimums, ce sont des &#233;lecteurs &#224; revenus peu &#233;lev&#233;s, mais qui ont d&#233;pass&#233; la condition de pauvres &#187;, rappelle Andr&#233; Singer, professeur de sciences politiques &#224; l'Universit&#233; de S&#227;o Paulo. Marina Silva est parvenue, par son histoire et en incarnant la nouveaut&#233;, &#224; diviser le camp populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dilma Rousseff a quelques jours pour tenter de r&#233;cup&#233;rer ces &#233;lecteurs, en leur rappelant que leur ascension sociale est le r&#233;sultat direct ou indirect des politiques des douze derni&#232;res ann&#233;es. &#171; Il est possible qu'elle y parvienne, mais il est trop t&#244;t pour l'affirmer &#187;, conclut Andr&#233; Singer. Comme l'affirmait d&#233;but septembre Lula lors d'une r&#233;union du comit&#233; de campagne, &#171; nous sommes d&#233;j&#224; dans le second tour, le plus long de l'histoire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Au Br&#233;sil, la Fifa regrette l'exc&#232;s de d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Bresil-la-Fifa-regrette-l-exces-de-democratie</link>
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		<dc:date>2013-05-07T13:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lamia Oualalou</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-04-30</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rien ne vaut une bonne dictature pour organiser une Coupe du Monde. C'est du moins ce que semble penser le Fran&#231;ais J&#233;r&#244;me Valcke, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration internationale de Football (Fifa), qui vient de se plaindre de l'exc&#232;s de d&#233;mocratie au Br&#233;sil, pays h&#244;te de la prochaine comp&#233;tition, en juin 2014. &#171; Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de d&#233;mocratie est parfois pr&#233;f&#233;rable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort &#224; la t&#234;te d'un Etat qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-04-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-04-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L129xH150/arton13886-0c7e2.png?1677097002' class='spip_logo spip_logo_right' width='129' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rien ne vaut une bonne dictature pour organiser une Coupe du Monde. C'est du moins ce que semble penser le Fran&#231;ais J&#233;r&#244;me Valcke, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration internationale de Football (Fifa), qui vient de se plaindre de l'exc&#232;s de d&#233;mocratie au Br&#233;sil, pays h&#244;te de la prochaine comp&#233;tition, en juin 2014. &#171; Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de d&#233;mocratie est parfois pr&#233;f&#233;rable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort &#224; la t&#234;te d'un Etat qui peut d&#233;cider, comme pourra peut-&#234;tre le faire Poutine en 2018, c'est plus facile pour nous les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne o&#249; il faut n&#233;gocier &#224; plusieurs niveaux &#187;, vient-il de d&#233;clarer lors d'une conf&#233;rence de presse &#224; Zurich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de la section Blogues de Mediapart.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le casse-t&#234;te de Valcke, ce n'est pas les risques &#8211;enfin, la certitude - de surfacturation dans la r&#233;alisation des stades, la corruption &#224; tous les niveaux, les quartiers populaires ras&#233;s pour construire des aires de stationnement &#224; proximit&#233; des stades, l'explosion des loyers, les expulsions de familles, non, le probl&#232;me, c'est la d&#233;mocratie d'un Etat f&#233;d&#233;ral. &#171; L&#224;-bas, le syst&#232;me politique est divis&#233; en trois niveaux, f&#233;d&#233;ral, r&#233;gional et municipal. Il y a diff&#233;rentes personnes, diff&#233;rents mouvements, diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts et c'est assez difficile d'organiser une Coupe du monde dans ces conditions &#187;, r&#233;sume le dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette version moderne du &#171; pain et des jeux &#187;, n'est pas exclusive au Fran&#231;ais, qui s'est dit mal interpr&#233;t&#233;. Elle refl&#232;te ce qui semble &#234;tre une v&#233;ritable philosophie de la Fifa. Valcke a en effet &#233;t&#233; appuy&#233; par le pr&#233;sident de l'institution, Sepp Blatter, qui se f&#233;licitait de la qualit&#233; de l'organisation de la Coupe du Monde en Argentine, en 1978, au pire moment de la junte militaire. Selon lui, la comp&#233;tition &#233;tait &#171; une forme de r&#233;conciliation du public, du peuple argentin, avec le syst&#232;me, le syst&#232;me politique, qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque un syst&#232;me militaire &#187;. Les proches des 30 000 disparus ou morts de la dictature, tout comme ceux qui ont v&#233;cu dans leur chair la torture ou l'exil, et la disparition d'une classe politique et syndicale toute enti&#232;re sauront appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;clarations ont provoqu&#233; un scandale au Br&#233;sil o&#249; le gouvernement avait d&#233;j&#224; fort peu gout&#233;, l'ann&#233;e derni&#232;re, la menace d'un &#171; coup de pied au derri&#232;re &#187; du m&#234;me Valcke m&#233;content des retards dans l'organisation. Le Fran&#231;ais avait &#233;galement critiqu&#233; la d&#233;cision du gouvernement br&#233;silien de r&#233;server un nombre important d'entr&#233;es au stade &#224; moiti&#233; prix pour personnages &#226;g&#233;es, les &#233;tudiants, et les familles recevant Bolsa Familia, l'allocation aux plus mis&#233;rables. On ne sait pas si le Br&#233;sil et sa jeune d&#233;mocratie emporteront la Coupe en 2014, comme l'ont fait les Argentins en 1978, transformant le football en objet de propagande de la dictature. Mais l'Etat dans l'Etat qu'est devenu la Fifa a r&#233;ussi &#224; se faire d&#233;tester, ces derni&#232;res ann&#233;es, par tous les progressistes de ce pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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