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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Allemagne : Die Linke doit rester un parti de contestation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-Die-Linke-doit-rester-un-parti-de-contestation</link>
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		<dc:date>2026-04-07T06:22:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner, Michael Heldt</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-07</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Die Linke subit une pression constante visant &#224; l'amener &#224; s'aligner sur la fa&#231;on de faire de la politique dominante. Il faut au contraire que ce parti se donne pour mission prioritaire de canaliser le m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard du gouvernement et des &#233;lites et de s'imposer comme la seule v&#233;ritable force d'opposition. &lt;br class='autobr' /&gt; 22 mars 2026 | tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res | Photo : Heidi Reichinnek et S&#246;ren Pellmann au Bundestag allemand. IMAGO / Chris Emil Jan&#223;en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-07&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/die_linke-6-7cea2.png?1781314000' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Die Linke subit une pression constante visant &#224; l'amener &#224; s'aligner sur la fa&#231;on de faire de la politique dominante. Il faut au contraire que ce parti se donne pour mission prioritaire de canaliser le m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard du gouvernement et des &#233;lites et de s'imposer comme la seule v&#233;ritable force d'opposition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 mars 2026 | tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res | Photo : Heidi Reichinnek et S&#246;ren Pellmann au Bundestag allemand. IMAGO / Chris Emil Jan&#223;en&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://europe-solidaire.org/spip.php?article78437&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://europe-solidaire.org/spip.php?article78437&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, il a sembl&#233; que Die Linke, port&#233;e par le mouvement spontan&#233;, &#233;tait sur la bonne voie. La solidarit&#233; avec la Palestine est devenue &#8211; apr&#232;s des d&#233;cennies de querelles internes &#8211; une &#233;vidence pour le parti. Et au vu de ce que faisait le gouvernement &#171; feu tricolore &#187;, il &#233;tait impossible de continuer &#224; r&#234;ver d'une coalition entre les sociaux-d&#233;mocrates, Die Linke et les Verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas suffi &#224; freiner la mont&#233;e en puissance du courant autoritaire &#8211; comment pourrait-il en &#234;tre autrement, alors que celui-ci se nourrit en permanence de la d&#233;gradation des anciennes structures du pouvoir et de ses paratonnerres moraux : Lorsque l'OTAN s'effondre, que l'ONU est d&#233;clar&#233;e inutile &#8211; et pas seulement par Trump &#8211;, que l'id&#233;e des droits humains universels devient n&#233;gociable, que les plus riches peuvent assouvir leurs perversions sans cons&#233;quence aux yeux du monde entier, alors l'&#232;re des monstres a bien commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ces temps difficiles, les possibilit&#233;s de diffuser l'espoir resteront limit&#233;es. Mais malgr&#233; tout, une nouvelle g&#233;n&#233;ration, dont on attendait depuis longtemps l'arriv&#233;e, est en train de faire son apparition, et avec elle l'espoir de pouvoir organiser une perc&#233;e dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, nous observons &#8211; sans grande surprise &#8211; des tendances contraires. Elles refl&#232;tent en partie simplement les in&#233;vitables ambigu&#239;t&#233;s au sein des diff&#233;rents mouvements. Dans la lutte contre l'extr&#234;me droite, dans le mouvement pour la justice climatique et, surtout, dans le mouvement socialiste naissant, les tensions sont manifestes, avec des cons&#233;quences politiques tr&#232;s concr&#232;tes ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le juste milieu, c'est la mort&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, alors que la situation ne cesse de s'exacerber, il n'y a aucune raison de se replier sur le pragmatisme politique. L'heure est &#224; la polarisation plut&#244;t qu'&#224; l'adaptation, &#224; la r&#233;bellion plut&#244;t qu'&#224; la n&#233;gociation : nous, le peuple, les gens ordinaires, notre classe, nos quartiers contre ceux d'en haut, contre le gouvernement et l'&#233;lite, contre le patron, contre la politique &#233;tablie et ses sbires. La gauche radicale doit montrer qu'elle est s&#233;rieuse dans sa volont&#233; de rupture, alors que l'extr&#234;me droite ne fait que feindre la r&#233;bellion ; elle doit se r&#233;jouir de la polarisation et de la remise en cause g&#233;n&#233;ralis&#233;e de cette pr&#233;tendue &#171; d&#233;mocratie &#187; ; elle doit d&#233;fendre tous les droits et acquis, mais jamais cet &#201;tat en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement une question de contradiction fondamentale entre les int&#233;r&#234;ts du capital et ceux des salari&#233;&#183;e&#183;s. Le parti s'appuie &#224; juste titre sur le slogan des &#171; 99 % &#187; contre le &#171; 1 % &#187; qui se trouve tout en haut. Les 99 % du bas sont tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes et ont des int&#233;r&#234;ts divergents. Mais la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts, convoqu&#233;e avec force par l'id&#233;ologie, entre les classes moyennes plus ou moins petites-bourgeoises et le grand capital repose en grande partie sur la tromperie et les illusions &#8211; et sur la promesse d'un avenir meilleur que les classes dirigeantes ne peuvent en r&#233;alit&#233; pas tenir. Les mots d'ordre dirig&#233;s contre les milliardaires pendant la campagne &#233;lectorale ont &#233;t&#233; bien accueillis. Cela tient sans doute avant tout &#224; l'in&#233;galit&#233; galopante, que de plus en plus de gens jugent &#224; juste titre grotesque. &#192; pr&#233;sent, le parti se doit de r&#233;fl&#233;chir de mani&#232;re approfondie &#224; l'abolition r&#233;elle des fortunes de plusieurs milliards et d'agir concr&#232;tement en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp des salari&#233;&#183;e&#183;s &#8211; ce qu'on appelle les &#171; petites gens &#187; et tous ceux et celles qui sont exclus de la grande propri&#233;t&#233; &#8211; a toutes les raisons de manifester son indignation. La gauche doit se placer &#224; la t&#234;te de cette indignation et devenir ainsi le moteur des contradictions sociales. Facile &#224; dire, mais manifestement pas si facile &#224; mettre en pratique. La campagne sur la crise du logement, par laquelle Die Linke entend s'imposer comme le parti des locataires face &#224; la mafia des logeurs, constitue sans conteste un d&#233;but prometteur. C'est cela qu'il faut faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est dans nos rapports avec l'extr&#234;me droite, et surtout avec l'AfD, qu'il existe des ambigu&#239;t&#233;s qui ont un effet paralysant. Deux motivations s'affrontent dans le c&#339;ur des militant.e.s de gauche : d&#232;s lors qu'il y a ne serait-ce qu'un risque que l'AfD arrive au pouvoir, nous avons le r&#233;flexe de l'exclure et de la repousser, en collaboration avec toutes les autres forces politiques. Ce qui signifie donc, bien s&#251;r, y compris avec les gardiens bourgeois de la domination du capital &#8211; c'est-&#224;-dire ceux qui, par ailleurs, s'opposent toujours &#224; nous. Mais cette strat&#233;gie ne permet pas de contrer la mont&#233;e des forces autoritaires ; il s'agit simplement d'une r&#233;action morale qui menace de couper l'herbe sous le pied de tout espoir de r&#233;bellion et de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Die Linke continue de coop&#233;rer au Bundestag avec le gouvernement bourgeois form&#233; par les partis conservateurs et le SPD pour contrer les man&#339;uvres de sabotage du groupe AfD, il est facile de deviner qui, aux yeux des masses, appara&#238;tra comme la force d'opposition au pouvoir &#233;tabli : pas Die Linke, mais bien l'AfD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;j&#224; entrevoir des sc&#233;narios dans lesquels l'AfD sortirait des &#233;lections avec la plus forte repr&#233;sentation et revendiquerait le r&#244;le de premier parti au gouvernement. Tr&#232;s sinc&#232;rement, dans ce cas o&#249; ses voix seraient d&#233;terminantes, Die Linke devrait-elle prendre part &#224; une coalition avec les partis bourgeois &#233;tablis ou soutenir un tel gouvernement ? La comp&#233;tition avec l'AfD serait alors perdue d'avance : c'est elle qui appara&#238;trait comme l'opposition combative au pouvoir &#233;tabli dans ce pays &#8211; &#224; tort, mais &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un positionnement clivant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me que l'autoritarisme d'extr&#234;me droite ne commence &#224; marquer le paysage politique, une partie de la gauche europ&#233;enne revendiquait d&#233;j&#224; l'ambition d'&#234;tre une gauche antagoniste : une gauche qui ne fluctue pas au gr&#233; des rapports de force, mais qui constitue une v&#233;ritable force d'opposition. Cette ambition n'a jamais &#233;t&#233; une garantie de succ&#232;s &#8211; et pourtant, l'exp&#233;rience historique a montr&#233; que l&#224; o&#249; les forces de gauche ont trahi cette ambition, la pression &#224; l'adaptation s'est imm&#233;diatement accrue et leur ancrage social s'est &#233;rod&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, dans un contexte de mont&#233;e acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'autoritarisme, les rapports de force se redessinent : l'aggravation des tensions sociales rend certes l'adoption d'une posture antagoniste plus difficile, mais elle la rend aussi plus n&#233;cessaire et strat&#233;giquement plus efficace. Elle nous fait prendre conscience qu'il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; s'adapter &#224; l'ordre &#233;tabli. Notre force ne na&#238;t pas de la promesse d'un succ&#232;s assur&#233;, mais de la d&#233;cision consciente de ne pas contourner les lignes de fracture de la soci&#233;t&#233;, mais de les affronter en tant que force incorruptible, loyale et partisane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, Die Linke a tout &#224; gagner &#224; se profiler comme la gauche antagoniste. Ne pas pr&#244;ner le socialisme en paroles et pratiquer l'imp&#233;rialisme en actes ; ne pas s'opposer aux milliardaires en paroles et co-g&#233;rer la domination du capital en actes. Il n'existe pas de mod&#232;le unique pour toutes les d&#233;cisions dans chaque situation parlementaire d&#233;licate imaginable. Mais s'opposer en permanence aux repr&#233;sentants politiques du grand capital devrait l'emporter sur toutes les autres motivations. Ce n'est pas un dogme, mais une boussole. Ici, tout compromis cause du tort &#8211; et dans les conditions actuelles, o&#249; les tensions s'intensifient, cela peut rapidement devenir d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe directeur, qui consiste &#224; susciter des clivages, s'applique &#233;galement, dans une certaine mesure, &#224; la d&#233;termination des positions au sein m&#234;me du parti. Le soup&#231;on selon lequel toute controverse profiterait &#224; l'adversaire politique et affaiblirait Die Linke n'est pas toujours fond&#233;. C'est un acquis du parti que l'existence de courants internes s'y soit depuis longtemps impos&#233;e comme une &#233;vidence. C'est bien mieux que d'emp&#234;cher la formation de courants par des mesures administratives d'uniformisation ou de se diviser en raison de divergences tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, dans la tradition de d&#233;mocratie interne de notre parti, tout ce qui brille n'est pas forc&#233;ment d'or. Nous appr&#233;cions le fait que Die Linke soit un parti pluraliste. En m&#234;me temps, la formation de &#171; groupes de travail f&#233;d&#233;raux &#187; dans cette p&#233;riode mouvement&#233;e revient en quelque sorte &#224; ce que chacun se replie sur soi-m&#234;me, dans sa position minoritaire, et &#224; n&#233;gliger le d&#233;bat d'id&#233;es dans l'ensemble du parti. Nous ne parlons pas ici de groupes de travail f&#233;d&#233;raux (BAG) sur des th&#232;mes sp&#233;cifiques, mais de la constitution de courants sous forme de BAG, dot&#233;s par exemple du droit d'envoyer un certain nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s aux congr&#232;s du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pire des cas, cela conduira, &#224; l'occasion du d&#233;bat programmatique engag&#233;, au jeu habituel de n&#233;gociations entre les BAG les plus divers &#8211; un marchandage bureaucratique plus ou moins d&#233;politis&#233; dans les coulisses, avec des concessions insatisfaisantes pour tout le monde, au lieu de la recherche ouverte et large d'un consensus. Cela a cr&#233;&#233; une conjoncture qui pr&#233;serve ces courants au-del&#224; de la coh&#233;sion sur le fond et les transforme en r&#233;seaux de client&#233;lisme destin&#233;s &#224; l'obtention de postes et de mandats. Ce qui affaiblit les droits du reste des membres non &#171; organis&#233;.e.s &#187; en courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'un des partis qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'actuel, le PDS, il avait &#233;t&#233; dit dans les d&#233;buts que le parti &#233;tait ouvert &#224; des membres aux orientations strat&#233;giques diff&#233;rentes : aux r&#233;formistes comme aux r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui conf&#232;re &#224; la gauche sa valeur politique potentielle. Au-del&#224; de toutes les convergences sur le fond, il est en effet judicieux et n&#233;cessaire de d&#233;battre de ces orientations strat&#233;giques : voulons-nous une gauche conflictuelle, qui aspire &#224; renverser le pouvoir du capital et qui, par cons&#233;quent, cr&#233;e des clivages, ou non ? C'est sans aucun doute une question sur laquelle il vaut la peine de confronter les points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Populisme de gauche et v&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#171; eux l&#224;-haut, nous ici-bas &#187; est une forme de populisme de gauche qui se distingue imm&#233;diatement et clairement du populisme de droite, lequel polarise pr&#233;cis&#233;ment contre les couches de la population qui sont particuli&#232;rement d&#233;favoris&#233;es. Or, le terme de &#171; populisme &#187; a une connotation n&#233;gative dans le contexte allemand. On y associe la manipulation, les personnages charismatiques utilis&#233;s comme supports de projection, les r&#233;cits conspirationnistes, les simplifications trompeuses, etc. Dans l'espace anglo-saxon, en revanche &#8211; et &#233;galement dans le langage des sciences sociales &#8211;, le terme populisme est plut&#244;t utilis&#233; de mani&#232;re neutre. C'est pourquoi une clarification s'impose ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populisme ne consiste pas &#224; manipuler et &#224; induire en erreur, mais &#224; &#233;noncer clairement les v&#233;rit&#233;s fondamentales. Un &#171; socialisme des gens simples &#187;, par opposition &#224; un &#171; socialisme &#187; confin&#233; dans des bulles intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la notion de populisme, il y a &#171; peuple &#187; &#8211; au sens fran&#231;ais du mot. Il s'agit du peuple du mot d'ordre &#171; Wir sind das Volk &#187; (&#171; Nous sommes le peuple &#187;) [des manifestations de l'automne 1989 en RDA ndt], avant qu'il ne d&#233;g&#233;n&#232;re en ce cri de ralliement &#171; Wir sind ein (n&#228;mlich deutsches) Volk &#187; (Nous sommes un peuple, &#224; savoir le peuple allemand) &#8211; c'est-&#224;-dire d'une conception non nationaliste du peuple, qui d&#233;signe tous ceux et toutes celles qui sont exploit&#233;.e.s, opprim&#233;.e.s et priv&#233;.es de perspectives attrayantes. Si ce peuple s'indigne, se soul&#232;ve, se mobilise et destitue ceux qui ont jusqu'ici d&#233;tenu le pouvoir, une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement humaine peut voir le jour, dans laquelle tous et toutes peuvent vivre libres, et pas seulement ceux et celles qui peuvent se payer ce luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant m&#234;me qu'une telle perspective de changement social ne se profile, une gauche efficace doit tout mettre en &#339;uvre pour en pr&#233;parer les conditions. Pour cela, il est n&#233;cessaire d'organiser un contre-pouvoir en partant de la base : construire de v&#233;ritables espaces de solidarit&#233;, cr&#233;er une contre-opinion publique et mettre en place des lieux o&#249; les gens peuvent cultiver l'espoir, la capacit&#233; d'agir et la confiance en soi, loin de la tutelle de l'&#201;tat et de la logique bourgeoise de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreux quartiers, on voit d&#233;j&#224; comment cela peut fonctionner : la campagne &#171; Urgence loyers &#187; men&#233;e par Die Linke, par exemple, est un bon moyen de f&#233;d&#233;rer les luttes sociales, de mobiliser la population et de cr&#233;er une base solide pour une r&#233;sistance politique sur le long terme. C'est l&#224; que naissent les pr&#233;mices d'un autre monde solidaire, qui oppose &#224; l'atomisation quotidienne des individus par la logique du march&#233; quelque chose de convaincant et d'efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les entreprises et les syndicats, en revanche, la t&#226;che est fondamentalement diff&#233;rente. En cette phase actuelle de d&#233;sindustrialisation &#8211; qui est encore aujourd'hui sous-estim&#233;e, voire ni&#233;e, par de larges pans de la gauche sociale &#8211;, les strat&#233;gies syndicales classiques sont elles-m&#234;mes confront&#233;es &#224; une crise structurelle. Le parti ne peut pas se substituer &#224; ces luttes &#171; de l'ext&#233;rieur &#187;. Il peut n&#233;anmoins apporter des contributions qu'il ne faut pas sous-estimer : s'int&#233;resser au travail en entreprise, renforcer les luttes d&#233;fensives &#8211; mais sans succomber &#224; l'illusion qu'il peut lui-m&#234;me d&#233;finir l'avenir du syndicalisme combatif. Ce sont les approches qui s'inscrivent dans le long terme qui sont les plus intelligentes et les meilleures pour l'avenir : les secteurs de la sant&#233;, de la logistique, des services publics et de la distribution alimentaire continueront d'exister m&#234;me dans cette nouvelle situation. Regrouper et concentrer les forces dans ces secteurs, c'est cela qui sera payant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;l&#233;ments combin&#233;s &#8211; les luttes organis&#233;es dans les quartiers et le renouveau de la r&#233;sistance syndicale &#8211; forment le socle indispensable &#224; une gauche antagoniste. Ce n'est qu'&#224; partir de ces espaces alternatifs d'opposition qu'une alternative &#224; l'&#201;tat actuel peut se construire depuis la base ; un &#201;tat qui pr&#233;tend agir au nom de la collectivit&#233;, mais qui, en r&#233;alit&#233;, prot&#232;ge les int&#233;r&#234;ts de la classe dominante et, si n&#233;cessaire, les impose par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du contenu, c'est aussi la forme que prend la communication qui importe. Dans ce contexte, vulgariser signifie avant tout &#234;tre compr&#233;hensible pour les gens ordinaires. Comprendre l'analyse marxiste n'est pas chose ais&#233;e. Cela exige d'avoir appris &#224; suivre des raisonnements assez complexes. Marx lui-m&#234;me en &#233;tait conscient, ce que montre sa conf&#233;rence Salaire, prix et profit, publi&#233;e sous forme de brochure. Les id&#233;es de Marx sur la critique de l'&#233;conomie politique du mode de production capitaliste n'ont pas la moindre valeur si elles ne touchent pas les masses. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; politique de les rendre compr&#233;hensibles. Non seulement par le biais d'un travail d'&#233;ducation, mais aussi par la propagande (diffusion politique de nombreuses id&#233;es de gauche aupr&#232;s d'un public restreint) et par l'agitation (diffusion d'un nombre limit&#233; d'id&#233;es aupr&#232;s de larges masses, dans le but de les inciter &#224; une action collective contre l'ennemi de classe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, ces formes de communication permettent &#233;galement aux interm&#233;diaires de clarifier leurs propres id&#233;es. En exprimant clairement ses id&#233;es, la gauche comprend mieux ce qu'elle veut dire et apprend, gr&#226;ce &#224; l'&#233;cho rencontr&#233; aupr&#232;s du peuple, &#224; les d&#233;velopper davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Prol&#233;tarisation du parti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti Die Linke ne veut pas &#234;tre un parti pour la classe ouvri&#232;re, mais un parti de la classe ouvri&#232;re. C'est une bonne chose et un progr&#232;s historique. La classe est &#224; nouveau le point de r&#233;f&#233;rence ; l'affirmation, longtemps r&#233;pandue, selon laquelle, avec la &#171; fin de l'histoire &#187;, la politique de classe serait certes int&#233;ressante dans les livres d'histoire, mais n'aurait plus d'avenir, est d&#233;sormais d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que le parti entend par &#171; prol&#233;tarisation &#187; n'est pas encore clairement d&#233;fini : premi&#232;rement, il n'existe pas encore d'analyse partag&#233;e de la structuration des classes sociales, ni de distinction claire entre ouvriers, petites-bourgeois et fonctionnaires. Deuxi&#232;mement, il n'y a donc pas non plus de distinction entre luttes de classe et luttes populaires. Et troisi&#232;mement, l'intensification des conflits internationaux et les r&#233;organisations de la domination imp&#233;rialiste exigent une nouvelle compr&#233;hension de l'imp&#233;rialisme et du colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est un probl&#232;me qui peut &#234;tre r&#233;solu, car en ce moment, le d&#233;veloppement du parti et les axes pratiques qui se d&#233;gagent favorisent une clarification &#8211; au sein du mouvement des locataires, nous voyons comment les ouvri&#232;res, les petites-bourgeoises et les fonctionnaires se mobilisent autour de leurs int&#233;r&#234;ts communs, malgr&#233; des divergences d'int&#233;r&#234;ts en mati&#232;re de politique de classe. Le mouvement de solidarit&#233; avec la Palestine instaure une attitude internationaliste qui replace nos luttes nationales dans leur juste perspective. Le travail en entreprise et dans les syndicats, en revanche, se trouve &#8211; bien au-del&#224; de la gauche sociale &#8211; dans une phase de recherche d'identit&#233; qu'il ne faut pas vouloir acc&#233;l&#233;rer arbitrairement, mais qui attire de plus en plus de camarades. Et tout cela d&#233;terminera les contours futurs de l'organisation de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti de gauche ne peut rien sans une base prol&#233;tarienne. Il peut tout si sa direction est issue de cette base prol&#233;tarienne. C'est ce qui a fait la force du Parti bolchevique en 1917. Il s'agit de prendre conscience de la r&#233;alit&#233; de la structure de classe et de construire, dans les domaines vitaux de la valorisation du capital &#8211; logistique, sant&#233;, technologie, &#233;nergie, soins, etc. &#8211;, des noyaux capables de passer &#224; l'action partout o&#249; une dynamique existe et o&#249; des conflits de classe, d'abord partiels et rudimentaires, peuvent &#233;clater et se d&#233;rouler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite une ligne de masse : aller l&#224; o&#249; le mouvement de classe na&#238;t et s'y impliquer. Ce n'est pas la minorit&#233; active que nous voulons organiser, dont nous formulons et d&#233;fendons les int&#233;r&#234;ts, car nous n'avons d'autres int&#233;r&#234;ts que ceux de la majorit&#233;, qui, dans notre pratique quotidienne, d&#233;termine sans cesse notre orientation et met notre travail &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne luttons pas &#171; pour les travailleurs &#187; &#8211; nous sommes des travailleurs. Ou, si nous appartenons nous-m&#234;mes &#224; la petite bourgeoisie, nous mettons alors notre situation privil&#233;gi&#233;e &#224; leur service, m&#234;me si cela signifie que nous abandonnons nos propres int&#233;r&#234;ts de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, Die Linke devrait-il envoyer des militant.e.s dans les entreprises en question ? Compte tenu de la d&#233;sindustrialisation et d'autres circonstances d&#233;favorables qui pr&#233;valent aujourd'hui, les chances de succ&#232;s seraient minces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'on peut avoir une autre raison de se lancer dans de telles d&#233;marches, dans l'esprit de &#171; l'&#233;tablissement &#187;, c'est-&#224;-dire pour acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience et mieux comprendre comment la conscience de classe se d&#233;veloppe &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les auteurs de cet article, avons la chance d'avoir v&#233;cu de telles exp&#233;riences &#224; partir de perspectives diam&#233;tralement oppos&#233;es. L'un n'a pas le baccalaur&#233;at, n'a pas fait d'&#233;tudes sup&#233;rieures, a travaill&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es dans l'industrie en tant qu'ouvrier professionnel (outilleur), il a &#233;t&#233; d&#233;l&#233;gu&#233; et responsable syndical. Il a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des intellectuels qui sont venus dans les entreprises pour donner des le&#231;ons aux travailleurs &#8211; c'est l'une des exp&#233;riences les plus d&#233;moralisantes qu'il ait v&#233;cues. L'autre, &#224; l'instar de nombreux militants de la gauche radicale des ann&#233;es 1970 et 1980, a suivi une formation de m&#233;canicien-ajusteur apr&#232;s avoir obtenu son dipl&#244;me universitaire, a travaill&#233; dans des usines de la m&#233;tallurgie, a pris une part active dans la campagne pour la semaine de 35 heures men&#233;e par l'IG Metall dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1980 et a particip&#233; &#224; l'organisation de la gr&#232;ve. C'est l&#224; qu'il a appris &#224; se faire comprendre des gens ordinaires et comment na&#238;t la solidarit&#233; de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos exp&#233;riences et de nos r&#233;flexions, nous tirons la conclusion suivante : les cadres du parti doivent moins parler qu'&#233;couter, et ce faisant, apprendre, apprendre et encore apprendre (comme l'a dit un jour L&#233;nine). Pas d'id&#233;alisation du milieu prol&#233;tarien ni d'arrogance qui nous distingue des classes populaires. Non : d'&#233;gal &#224; &#233;gal. Il faut mettre en place des collectifs l&#224; o&#249; il y en a pas encore. &#202;tre l&#224;, soutenir et participer aux luttes qui se d&#233;roulent dans tous les domaines, pour apprendre au fur et &#224; mesure. La participation active aux luttes quotidiennes dans les quartiers et les entreprises, l'exacerbation des conflits, le d&#233;veloppement de r&#233;seaux et la cr&#233;ation de milieux o&#249; s'exprime librement l'opinion, ainsi que le travail de communication qui en d&#233;coule, sont autant d'&#233;l&#233;ments qui favorisent l'autonomie et la r&#233;silience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les techniques de &#171; transformative organizing &#187; ont une grande importance pour tout cela. Elles peuvent et doivent &#234;tre transmises, car elles facilitent le travail des noyaux actifs. Cependant, ces techniques ne sont pas ind&#233;pendantes des perspectives dans lesquelles elles sont utilis&#233;es. Elles peuvent tout aussi bien &#234;tre mises au service de dirigeant.e.s qui se conforment &#224; l'ordre &#233;tabli, dont le but ultime est de contr&#244;ler les mouvements, de les neutraliser et de saper toute confrontation de classe s&#233;rieuse. &#192; l'inverse, il importe de les associer &#224; une perspective de transformation sociale, de confrontation r&#233;volutionnaire, impr&#233;gn&#233;e des r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par les travailleurs et non par les bureaucrates, et port&#233;e par des structures de contre-pouvoir et non par des experts en strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Michael Heldt et Manuel Kellner&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde, publication avec l'aimable autorisation du comit&#233; de r&#233;daction de l'&#233;dition allemande de Jacobin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source - Jacobin (allemand), :&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;&#8226; Michael Heldt est ouvrier outilleur de formation ; syndicaliste, militant de de quartier, socialiste, il est passionn&#233; par la lutte collective pour un autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Manuel Kellner est retrait&#233;. Il collabore r&#233;guli&#232;rement au mensuel Sozialistische Zeitung. Ses &#233;crits portent sur le capitalisme, la bureaucratie, la critique de la religion et de l'&#233;sot&#233;risme, ainsi que sur les strat&#233;gies socialistes.&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne : Une nouvelle polarisation est n&#233;cessaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-Une-nouvelle-polarisation-est-necessaire</link>
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		<dc:date>2024-09-17T06:36:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-09-17</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des &#233;lections r&#233;gionales dans les &#201;tats allemands de Saxe et de Thuringe le 1er septembre 2024 indiquent une augmentation du soutien &#224; l'extr&#234;me droite aussi &#233;crasante que dans de nombreux autres pays. Quel sentiment terrible que d'avoir &#224; esp&#233;rer que dans les deux L&#228;nder, l'Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate (CDU) puisse rassembler un gouvernement pour faire face &#224; l'Alternative f&#252;r Deutschland (AfD), parti d'extr&#234;me-droite ! &lt;br class='autobr' /&gt; 12 septembre 2024 | tir&#233; du site inprecor.org (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des &#233;lections r&#233;gionales dans les &#201;tats allemands de Saxe et de Thuringe le 1er septembre 2024 indiquent une augmentation du soutien &#224; l'extr&#234;me droite aussi &#233;crasante que dans de nombreux autres pays. Quel sentiment terrible que d'avoir &#224; esp&#233;rer que dans les deux L&#228;nder, l'Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate (CDU) puisse rassembler un gouvernement pour faire face &#224; l'Alternative f&#252;r Deutschland (AfD), parti d'extr&#234;me-droite !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;12 septembre 2024 | tir&#233; du site inprecor.org &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/node/4274&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/node/4274&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir des &#233;lections, les dirigeants de l'AfD ont pu affirmer avec un sourire moqueur que le gouvernement de coalition et les partis CDU/CSU avaient adopt&#233; leurs positions, en particulier sur la politique des r&#233;fugi&#233;s (mais qu'ils n'&#233;taient pas en mesure de les mettre en &#339;uvre). Ils continueront donc &#224; &#171; faire pression &#187; sur les partis &#233;tablis. En effet, le d&#233;bat public est enti&#232;rement domin&#233; par l'extr&#234;me droite. Plus les partis &#233;tablis reprennent leurs id&#233;es, plus il est certain que davantage de personnes voteront pour l'extr&#234;me droite originelle &#224; la prochaine occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats &#233;lectoraux &#224; un chiffre des partis de la coalition gouvernementale sont une gifle retentissante pour eux et pour le chancelier Scholz (pour le parti social-d&#233;mocrate, les Verts et, de mani&#232;re particuli&#232;rement spectaculaire, pour les d&#233;mocrates libres de Lindner). Peut-on s'en r&#233;jouir et demander de nouvelles &#233;lections au niveau f&#233;d&#233;ral ? La CDU sort de ces &#233;lections r&#233;gionales avec les pertes les plus faibles, en premi&#232;re ou deuxi&#232;me position. Selon les sondages, il est presque certain que les partis de l'Union seront la premi&#232;re force du gouvernement qui remplacera la Coalition. Mais cela signifie que nous tombons de Charybde en Scylla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise de gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti B&#252;ndnis Sahra Wagenknech (BSW) a r&#233;ussi &#224; prendre des voix &#224; tous les autres partis, mais avant tout &#224; Die Linke - et enfin &#224; l'AfD. Son existence est l'expression de la crise de la gauche. Sa position est plut&#244;t ambigu&#235;, et ce n'est pas seulement sur la question des r&#233;fugi&#233;s et son conservatisme en mati&#232;re de politique culturelle qu'elle recoupe celle de l'AfD. Il est difficile de savoir dans quelle mesure ses positions plut&#244;t &#224; gauche sur la politique sociale et la distribution peuvent jouer un r&#244;le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; il s'agit d'un mod&#232;le de fonctionnement vertical d&#233;pendant d'une personnalit&#233; charismatique, son avenir est incertain. De plus, la configuration des forces dans les deux nouveaux parlements r&#233;gionaux l'obligera &#224; faire des choix de &#171; realpolitik &#187;. En ces temps de grande instabilit&#233; politique, il pourrait facilement arriver que la BSW perde rapidement sa cr&#233;dibilit&#233; et soit compt&#233;e dans la conscience collective des partis &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la coalition gouvernementale ne pourrait &#234;tre accueillie favorablement que si la gauche - et donc Die Linke en termes &#233;lectoraux - s'en trouvait renforc&#233;e. Comme chacun le sait, c'est le contraire qui se produit. Le parti de Bodo Ramelow, autrefois si fier de diriger la Thuringe, se retrouve aujourd'hui comme un poulet plum&#233;. Il n'a pas &#233;t&#233; utile &#224; Ramelow de capitaliser sur son aura personnelle et d'omettre le nom de son parti sur les affiches &#233;lectorales. En Saxe, Die Linke est m&#234;me pass&#233; sous la barre des 5 % et n'est revenu au Landtag que gr&#226;ce &#224; deux mandats directs. Dans les sondages, de nombreuses personnes ont justifi&#233; leur choix de voter pour la BSW (ou m&#234;me l'AfD) par leur d&#233;ception &#224; l'&#233;gard de Die Linke. Bien s&#251;r, il y a &#224; nouveau des gens qui disent que Die Linke doit maintenant &#234;tre d&#233;finitivement ray&#233; de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais attendez un peu...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;checs &#233;lectoraux ne rendent pas Die Linke plus &#224; droite, plus int&#233;gr&#233; au syst&#232;me ou plus bourgeois. Ce que j'ai d&#233;j&#224; eu l'occasion de dire est plus vrai que jamais : toute personne qui est encore membre aujourd'hui, ou qui le deviendra &#224; l'avenir, et toute personne qui continue &#224; voter pour Die Linke, agit par conviction. Celle-ci a une grande valeur et ne doit pas &#234;tre compromise &#224; la l&#233;g&#232;re. Bien entendu, la gauche dans son ensemble, dont Die Linke reste la force la plus puissante relativement, doit r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re dont elle peut sortir de sa crise et redevenir plus forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Linke a tout &#224; gagner &#224; combattre les fausses polarisations dans le d&#233;bat public en leur opposant l'antagonisme de classe entre le travail et le capital. Aucune autre force politique audible en Allemagne n'exige syst&#233;matiquement et &#224; chaque occasion une rupture avec toutes les politiques men&#233;es par les partis &#233;tablis et l'AfD dans l'int&#233;r&#234;t du capital et contre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, des exploit&#233;s et des d&#233;favoris&#233;s. L'absence d'une telle force p&#232;se comme un cauchemar sur de nombreuses personnes qui, dans leur d&#233;sespoir, se tournent vers les rabatteurs bruns peints en bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de raccourci. Sans un enracinement profond dans les lieux de travail et les quartiers, la gauche ne retrouvera jamais sa force. La solidarit&#233; avec la Palestine plut&#244;t que la raison d'&#201;tat, l'internationalisme et l'antimilitarisme plut&#244;t que le bellicisme et le pacifisme - il y a l&#224; &#171; beaucoup de planches &#233;paisses &#224; percer &#187;. Mais nous avons aussi besoin d'initiatives politiques audacieuses. Entre autres, prendre la mesure de la combativit&#233; qui subsiste dans les syndicats pour les impliquer dans une grande consultation sur la mani&#232;re dont nous pouvons faire face au danger que repr&#233;sente l'extr&#234;me droite par des actions de masse qui d&#233;bouchent sur une solidarit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 septembre 2024, publi&#233; par International Viewpoint.&lt;/p&gt;
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		<title>Les &#233;lections f&#233;d&#233;rales en Allemagne : perte de l&#233;gitimit&#233; de la politique &#233;tablie et lourde d&#233;faite de La Gauche (Die Linke)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-elections-federales-en-Allemagne-perte-de-legitimite-de-la-politique</link>
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		<dc:date>2021-10-05T07:02:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-10-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les partis de la &#171; grande coalition &#187; du gouvernement d'Angela Merkel, la CDU/CSU (chr&#233;tiens conservateurs) et le SPD n'ont attir&#233; qu'un quart de l'&#233;lectorat chacun. La CDU/CSU a obtenu le plus mauvais r&#233;sultat depuis toujours avec 24,1% des voix. Le SPD, lui, avec son candidat &#224; la chancellerie Olaf Scholz, a pu regagner du terrain (il y a quelques semaines, il &#233;tait pass&#233; en dessous des 15% dans les sondages) en arrivant &#224; la premi&#232;re place avec 25,7%. &lt;br class='autobr' /&gt; Europe solidaire sans fronti&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH69/arton49767-b5960.jpg?1781401556' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partis de la &#171; grande coalition &#187; du gouvernement d'Angela Merkel, la CDU/CSU (chr&#233;tiens conservateurs) et le SPD n'ont attir&#233; qu'un quart de l'&#233;lectorat chacun. La CDU/CSU a obtenu le plus mauvais r&#233;sultat depuis toujours avec 24,1% des voix. Le SPD, lui, avec son candidat &#224; la chancellerie Olaf Scholz, a pu regagner du terrain (il y a quelques semaines, il &#233;tait pass&#233; en dessous des 15% dans les sondages) en arrivant &#224; la premi&#232;re place avec 25,7%.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
29 septembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Manuel Kellner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, 75% de l'&#233;lectorat n'aura de toute fa&#231;on pas vot&#233; pour le parti No 1 du prochain gouvernement, quel qu'il soit. Les quelques 1,6 million de voix que les chr&#233;tiens conservateurs ont perdus au profit du SPD sont par ailleurs assez fortement li&#233;s au profil politique conservateur d'Olaf Scholz &#8211; un mod&#233;r&#233; de la g&#233;n&#233;ration des dirigeants sociaux-d&#233;mocrates qui avaient con&#231;u les grossi&#232;res contre-r&#233;formes sociales de l'agenda 2010&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une participation aux &#233;lections s'&#233;levant &#224; 76%, et 8,7% de votes pour les petites formations qui ne seront pas repr&#233;sent&#233;s au Bundestag, le parlement allemand ne repr&#233;sentera pas environ un tiers de l'&#233;lectorat. La perte de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique qui en d&#233;coule correspond &#224; un processus amorc&#233; depuis des ann&#233;es qui s'accentue de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'extr&#234;me droite des partis au Bundestag, l'AfD ne peut pas &#234;tre satisfait de ses pertes, qui l'am&#232;nent &#224; 10,3 % et leur fait perdre le rang du plus grand parti d'opposition. En plus, il est d&#233;chir&#233; par des querelles internes, une partie de ses membres et dirigeants voulant appuyer les corona-n&#233;gationnistes et marcher ensemble avec des formations n&#233;onazies et une autre faire preuve de plus de s&#233;rieux vis-&#224;-vis des milieux de la politique bourgeoise officielle. N&#233;anmoins, ce parti reste un ennemi redoutable qui dans de larges r&#233;gions de l'est de l'Allemagne a encore surpass&#233; la CDU en &#233;tant m&#234;me devenu le parti le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux gagnants sont le parti des Verts obtenant avec 14,8% (il y a quelques semaines il avait m&#234;me surpass&#233; la CU/CSU en devenant le parti le plus fort dans les sondages), ce qui est son meilleur r&#233;sultat, et le FDP lib&#233;ral arrivant &#224; 11,5%, ce qui est assez spectaculaire. Jusqu'&#224; nouvel ordre, personne ne pense &#224; un renouveau de la &#171; grande coalition &#187; avec la CDU/CSU comme partenaire junior de SPD. Ce qui va &#234;tre discut&#233; et n&#233;gocier les prochaines semaines (ou mois) sont deux options : soit une coalition du SPD avec les Verts et le FDP, soit la CDU/CSU avec ces m&#234;mes deux partis, qui donc, de toute fa&#231;on jouent un r&#244;le important est tr&#232;s probablement participeront au prochain gouvernement. M&#234;me s'il n'est pas facile de s'imaginer les compromis &#224; faire. Le FDP est en effet contre plus d'imp&#244;ts sur les gros revenus et les grosses fortune tout en voulant emp&#234;cher toute nouvelle dette publique, on voit mal comment financer les investissements promis par le SPD et les Verts dans l'infrastructure, dans les &#233;nergies renouvelables, dans la communication &#233;lectronique). Etant donn&#233; que la CDU/CSU et son candidat &#224; la chancellerie Armin Laschet sont vu comme les perdants de l'&#233;lection, une coalition &#171; rouge-verte-jaune &#187; peut sembler probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En n'arrivant qu'&#224; 4,9% des voix, le parti Die Linke (La Gauche) n'a m&#234;me pas pu passer la barri&#232;re des 5% n&#233;cessaire pour acc&#233;der au Bundestag. S'il y entre quand m&#234;me, c'est du fait d'une sp&#233;cificit&#233; de la loi &#233;lectorale allemande qui le permet aux partis qui gagnent trois mandats directs locaux au moins &#8211; et Die Linke en a gagn&#233; tout juste trois (dans des circonscriptions de Berlin et &#224; Leipzig). Avec ce tr&#232;s mauvais r&#233;sultat, le parti Die Linke semble avoir consomm&#233; tout le cr&#233;dit qu'il avait acquis lors de sa fondation. En l'an 2009, il avait obtenu 11,9% des voix, et cela semblait &#234;tre un &#171; bon d&#233;but &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A qui ou &#224; quoi la faute ? Les r&#233;volutionnaires et la gauche radicale anticapitaliste ont tendance &#224; mettre &#231;a dans le sac de l'opportunisme et de l'adaptation au parlementarisme (qui sont de vrais probl&#232;mes). Avec sa participation aux gouvernements r&#233;gionaux appliquant une politique pro capitaliste assez &#171; normale &#187;, ce parti ne pouvait plus passer comme force de r&#233;volte contre le r&#232;gne du capital. Mais ce n'est pas si simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la majorit&#233; des gens plus ou moins pr&#234;ts &#224; voter pour Die Linke sont plut&#244;t enclins a d&#233;sirer une participation de ce parti au gouvernement, m&#234;me au niveau f&#233;d&#233;ral, pour r&#233;aliser ne serait-ce qu'une petite partie de ses revendications sociales et &#233;cologiques. Ils trouvent m&#234;me les positions du parti contre l'OTAN (assez platoniques, en v&#233;rit&#233;) et contre toute intervention internationale de la Bundeswehr (l&#224;, assez pratiques, car ses d&#233;put&#233;s.es ont toujours vot&#233; en conformit&#233; avec ce principe) quelque peu trop radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas facile de trouver une recette gagnante. Il ne serait pas honn&#234;te de dire que nous saurions &#224; tout moment dire, comment on peut gagner plus de voix. Parfois, il faut dire des choses impopulaires &#224; haute voix, contre le courant. Prenons l'exemple des 600.000 voix que Die Linke a perdues au profit du SPD. C'&#233;tait un effet du &#171; vote utile &#187; ou du &#171; vote tactique &#187; pour emp&#234;cher Armin Laschet de battre le SPD, ce qui (re)semblait possible aux toutes derni&#232;res journ&#233;es avant les &#233;lections. M&#234;me dans des milieux tr&#232;s proches de nous, il y avait des gens qui trouvaient extr&#234;mement difficile ce choix : le risque que la CDU/CSU gagne et le risque que Die Linke &#233;choue face &#224; la barri&#232;re des 5% semblaient r&#233;els tous les deux. Et contre un effet de &#171; vote utile &#187; pour le &#171; moindre mal &#187; dans des milieux plus larges, il n'est pas facile d'inventer un contrepoison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est temps de d&#233;battre dans Die Linke et dans la gauche en g&#233;n&#233;ral comment, moyen terme, on peut construire une gauche politique plus forte, plus enracin&#233;e dans les entreprises, dans les quartiers, dans les &#233;coles, active et inspirante dans les mouvements sociaux, porteuse de projets de mobilisation et d'action concr&#232;te s'int&#233;grant dans une perspective de changement social radical, pour briser le pouvoir du grand capital et de ses serviteurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous ne pouvons pas attendre 2025 ! La formation du prochain gouvernement signifiera encore quatre ann&#233;es de perdues, si nous ne prenons que l'exemple de la lutte contre la catastrophe climatique. Et la fen&#234;tre de temps qui nous reste en ce domaine commence &#224; se fermer. Or, c'est soit la victoire des principes de la solidarit&#233; et de la responsabilit&#233; &#233;cologique, soit la fin de tout ce qui est rest&#233; civilis&#233; sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire &#224; Berlin, au jour m&#234;me des &#233;lections, de l'initiative populaire pour l'expropriation des grandes soci&#233;t&#233;s immobili&#232;res (&#224; partir de 3000 appartements) apr&#232;s une formidable campagne sur le terrain montre la voie &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mabuel Kellner&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mabuel Kellner est membre de l'ISO (Organisation Socialiste Internationale), section de la IVe Internationale en Allemagne, et r&#233;dacteur de la Sozialistische Zeitung (SoZ)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Elections en Allemagne : perc&#233;e de l'extr&#234;me droite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elections-en-Allemagne-percee-de-l-extreme-droite</link>
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		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 24 septembre 2017 est marqu&#233; par les pertes spectaculaires des partis chr&#233;tiens-conservateurs CDU/CSU et du SPD social-d&#233;mocrate formant jusqu'&#224; maintenant la &#171; grande coalition &#187; gouvernante sous la chanceli&#232;re Angela Merkel (CDU), et par le succ&#232;s dramatique de l'AfD au profil nationaliste, raciste, ultra-conservateur et d'extr&#234;me droite. En effet, la CDU/CSU avec 33% des voix perd 8,5 points de pourcentage mesur&#233; &#224; 2013 et le SPD en perd 5,2 en arrivant &#224; 20,5% &#8211; c'est l'expression (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 septembre 2017 est marqu&#233; par les pertes spectaculaires des partis chr&#233;tiens-conservateurs CDU/CSU et du SPD social-d&#233;mocrate formant jusqu'&#224; maintenant la &#171; grande coalition &#187; gouvernante sous la chanceli&#232;re Angela Merkel (CDU), et par le succ&#232;s dramatique de l'AfD au profil nationaliste, raciste, ultra-conservateur et d'extr&#234;me droite. En effet, la CDU/CSU avec 33% des voix perd 8,5 points de pourcentage mesur&#233; &#224; 2013 et le SPD en perd 5,2 en arrivant &#224; 20,5% &#8211; c'est l'expression d'une &#233;rosion apparemment irr&#233;sistible de l'&#233;lectorat social-d&#233;mocrate depuis la mise en place des contre-r&#233;formes antisociales de l'agenda 2010 du gouvernement SPD/Vert sous le chancelier du SPD Gerhard Schr&#246;der.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/elections-en-allemagne-percee-de-lextreme-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ensemble&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AfD arrive &#224; 12,6% des voix contre 4,7% en 2013 et devient avec cela la 3&#232;me force au Bundestag avec 94 d&#233;put&#233;s. Qui plus est, l'AfD devient le 1er parti en Saxe avec 27% des voix contre la CDU avec 26,9%, et, en g&#233;n&#233;ral 1&#232;re force dans l'&#233;lectorat masculin des nouveaux L&#228;nder de l'Allemagne de l'est. En Bavi&#232;re, l'AfD arrive en 2&#232;me place derri&#232;re la CSU dans de nombreuses circonscriptions.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'AfD a pu prendre plus d'un million de voix au CDU/CSU, pr&#232;s d'un demi million au SPD et presque 400.000 au parti Die Linke, et mobiliser plus d'un million de celles et ceux qui n'&#233;taient pas aller aux urnes en 2013, dans le cadre d'une participation de 76,2% de l'&#233;lectorat contre 71,5% en 2013. En d&#233;pit du grand succ&#232;s &#233;lectoral, la zizanie r&#232;gne au sommet de l'AfD apr&#232;s ces &#233;lections : Frauke Petry, ayant obtenu un mandat direct en Saxe, co-pr&#233;sidente du parti au profil plus &#171; mod&#233;r&#233; &#187; que le 1er candidat et la 1&#232;re candidate du parti, Alexander Gauland et Alice Weidel, vient d'annoncer qu'elle ne fera pas partie de la fraction parlementaire de l'AfD au nouveau Bundestag. Les propos d'Alexander Gauland parlant &#171; d'ouvrir la chasse contre Merkel &#187; et ses provocations verbales fascisantes lui ont d&#233;plu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre r&#233;sultat spectaculaire de ces &#233;lections, c'est le succ&#232;s du FDP lib&#233;ral qui n'avait pas pu franchir le seuil des 5% en 2013 et qui revient maintenant au Bundestag avec 10,7% et 80 d&#233;put&#233;s en gagnant 5,9 points de pourcentage. Le FDP &#224; pu prendre 1,3 millions de voix au CVDU/CSU, 430.000 au SPD et 70.000 au parti Die Linke. Les Verts arrivent &#224; 8,9% des voix contre 8,4% en 2013 en ne perdant pas de voix au profit de l'AfD. Ils sont &#171; battu &#187; de pr&#232;s par le parti Die Linke qui obtiennent 9,2% des voix en gagnant 0,6 points mesur&#233; &#224; 2013 (ce quim lui donne 69 d&#233;put&#233;s), et en gagnant &#233;galement des voix en chiffres absolus (Die Linke avait son meilleur r&#233;sultat en 2009 avec 11,9% des voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir apr&#232;s les &#233;lections, le candidat principal du SPD Martin Schulz a d&#233;clar&#233; que son parti refuse de continuer la &#171; grande coalition &#187; comme partenaire junior de la CDU/CSU sous l'ancienne et tr&#232;s probablement aussi la nouvelle chanceli&#232;re Angela Merkel. Il veut r&#233;g&#233;n&#233;rer le SPD dans le r&#244;le d'un parti d'opposition en mettant l'accent sur les th&#232;mes de la d&#233;fense des valeurs d&#233;mocratiques et de la &#171; justice sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le SPD ne revient pas sur cette d&#233;cision, la formation d'une coalition gouvernante avec la CDU/CSU comme parti majoritaire s'annonce difficile. Th&#233;oriquement, la seule possibilit&#233; qui reste, c'est une coalition dite &#171; Jama&#239;que &#187; avec le FDP lib&#233;ral de Christian Lindner et le parti des Verts. On voit mal le compromis possible p. ex. en mati&#232;re de politique climatique qui, pour le FDP de Lindner, doit &#234;tre faite uniquement par des m&#233;thodes du &#171; libre march&#233; &#187;. Bien que rien n'est exclu &#8211; nous verrons cela les prochains mois &#8211;, les r&#233;sultats des &#233;lections au Bundestag semble d&#233;boucher sur une crise politico-partidaire qui pourrait m&#234;me mener &#224; de nouvelles &#233;lections pr&#233;matur&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Die Linke, l'enjeu est de taille : mener un combat sans merci d'actions unitaires contre l'extr&#234;me droite, tout en se pr&#233;sentant comme l'opposition v&#233;ritable aux politiques pro-capitalistes et n&#233;olib&#233;rales &#233;tablies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne, un dimanche &#233;lectoral catastrophique : &#171; Il y a une course de vitesse entre la droite extr&#234;me et la gauche politique &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-un-dimanche-electoral-catastrophique-Il-y-a-une-course-de-vitesse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Allemagne-un-dimanche-electoral-catastrophique-Il-y-a-une-course-de-vitesse</guid>
		<dc:date>2016-03-29T13:01:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner, Yvan Lema&#238;tre</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien. Manuel Kellner est membre de la direction de l'ISL (Internationale sozialistische Linke &#8211; gauche socialiste internationale), une des deux organisations de la IVe Internationale en Allemagne, et r&#233;dacteur de la Sozialistische Zeitung (SoZ). Il revient sur les &#233;lections r&#233;gionales du 13 mars dans les L&#228;nder de Bade-Wurtemberg, Rh&#233;nanie-Palatinat et Saxe-Anhalt, et leurs cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt; Jeudi 24 mars 2016, par KELLNER Manuel, LEMAITRE Yvan Yvan Lemaitre &#8211; Quelle photographie de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton25756-0ced4.png?1781401557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien. Manuel Kellner est membre de la direction de l'ISL (Internationale sozialistische Linke &#8211; gauche socialiste internationale), une des deux organisations de la IVe Internationale en Allemagne, et r&#233;dacteur de la Sozialistische Zeitung (SoZ). Il revient sur les &#233;lections r&#233;gionales du 13 mars dans les L&#228;nder de Bade-Wurtemberg, Rh&#233;nanie-Palatinat et Saxe-Anhalt, et leurs cons&#233;quences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 24 mars 2016, par KELLNER Manuel, LEMAITRE Yvan&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Yvan Lemaitre &#8211; Quelle photographie de la situation politique aujourd'hui en Allemagne donnent les r&#233;sultats de ces &#233;lections r&#233;gionales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Kellner &#8211; Ces r&#233;sultats expriment tr&#232;s clairement un d&#233;placement des rapports de forces vers la droite et l'extr&#234;me droite et un affaiblissement des forces de gauche. Mais dans le cadre de cette tendance lourde, ils expriment aussi une crise des forces politiques institutionnelles en g&#233;n&#233;ral, une crise de l'Union europ&#233;enne, une crise du SPD social-d&#233;mocrate et une crise d'orientation du parti de gauche, Die Linke. Ils sont aussi l'expression d'une polarisation continuelle dans la soci&#233;t&#233; allemande, vu que le mouvement de masse de soutien pratique aux r&#233;fugi&#233;Es ainsi que les mobilisations anti-Pegida, anti-AfD et contre les multiples agressions violentes et incendiaires contre les r&#233;fugi&#233;Es et leurs logements, restent forts et m&#234;me pr&#233;pond&#233;rants sur le terrain des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance &#224; l'affaiblissement des partis qui &#233;taient majoritaires lors des derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; les chr&#233;tiens-conservateurs et les sociaux-d&#233;mocrates &#8211; s'est confirm&#233;e de mani&#232;re spectaculaire. C'est l'AfD qui a pu mobiliser bon nombre de celles et de ceux qui n'&#233;taient pas all&#233;s aux urnes il y a cinq an convaincus que &#171; &#231;a ne change rien &#187;, que tout gouvernement fera grosso-modo la m&#234;me politique. C'est dramatique, surtout pour le SPD. Dans le Bade-Wurtemberg, il perd plus de 10 points pour arriver &#224; 12,2 %, derri&#232;re les Verts, la CDU et l'AfD. En Saxe-Anhalt, il perd 11 points en pourcentage pour arriver &#224; 10,6 % des voix, derri&#232;re la CDU, l'AfD et Die Linke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Linke conna&#238;t aussi une s&#233;v&#232;re d&#233;faite &#233;lectorale, surtout en Saxe-Anhalt. Une des raisons en est que Die Linke, surtout dans les r&#233;gions de l'ex-RDA &#224; l'est du pays, l&#224; ou il gouverne ou co-gouverne, se comporte comme faisant partie des forces politiques &#233;tablies. Ce faisant, elle d&#233;truit sa capacit&#233; &#224; orienter les m&#233;contentements vers la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique le succ&#232;s rapide de l'Afd ? Quel lien avec Pegida ? Et quel rapport au FN ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AfD &#233;tait tomb&#233;e dans les 3 % dans les sondages quand il y avait eu la scission de l'aile ultra-n&#233;olib&#233;rale repr&#233;sent&#233;e par Bernd Lucke et Olaf Henkel. Apr&#232;s, sur la base d'un million de nouveaux r&#233;fugi&#233;Es en Allemagne en 2015, ce parti est devenu de plus en plus fort dans les sondages et s'est radicalis&#233; vers la droite. M&#234;me si sa porte-parole la plus m&#233;diatis&#233;e, Frauke Petry, s'efforce de lui donner une image &#171; s&#233;rieuse &#187;, respectable, ce parti se transforme de plus en plus en parti d'extr&#234;me droite, populiste de droite, voire fascisant... En son sein, une &#171; plateforme patriotique &#187; demande de s'allier encore plus ouvertement avec Pegida. Le succ&#232;s spectaculaire r&#233;cent de l'AfD s'explique par la faiblesse d'un mouvement ouvrier sur la d&#233;fensive depuis des d&#233;cennies, par la faiblesse de la gauche politique, et par un processus d'&#233;volution r&#233;actionnaire d'une bonne partie des &#171; classes moyennes &#187;, des petits patrons, des cadres et des intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frauke Petry a dit qu'en fait, le FN &#233;tait un parti &#171; socialiste &#187;, car dans les textes programmatiques de l'AfD, il y a peu de d&#233;magogie sociale. L'AfD est contre toute mesure par exemple fiscale contre les entreprises et les riches, mais l'aile fascisante de l'AfD pousse &#224; changer le profil du parti dans le sens de la d&#233;magogie sociale, &#224; l'image du nazisme avant son av&#232;nement au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Merkel pr&#233;tend continuer sa politique et minimise le camouflet port&#233; &#224; la grande coalition, CDU-SPD. Est-ce un coup de bluff ? &#224; quel point sort-elle affaiblie de ces &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merkel est per&#231;ue encore et toujours comme la chanceli&#232;re du &#171; bienvenue &#187;, cible principale de l'agression de ceux qui la rendent responsable de l'afflux de centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;Es, vu que son slogan, &#171; Nous allons ma&#238;triser cela &#187; (&#171; Wir schaffen das &#187;), semble &#234;tre d&#233;menti par les faits. Mais les candidatEs qui avaient ouvertement critiqu&#233; Merkel en demandant une attitude plus dure envers les r&#233;fugi&#233;Es (comme Juliane Kl&#246;ckner en Rh&#233;nanie-Palatinat) sont perdants, tandis que d'autres comme Winfried Kretschmar des Verts du Bade-Wurtemberg ou Malou Dreyer du SPD en Rh&#233;nanie-Palatinat, qui avaient d&#233;fendu la ligne de Merkel, sont gagnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la forteresse UE est &#233;rig&#233;e d'une mani&#232;re plus rigide que jamais. Six milliards d'euros pour Erdogan, ou plus, pour en faire l'ange gardien de l'UE et retenir par la force toutes celles et ceux qui veulent se sauver au &#171; paradis &#187;, c'est amoral. Mais Merkel r&#233;ussi jusqu'&#224; nouvel ordre &#224; sauvegarder son image de M&#232;re Theresa. Ainsi, elle se fait l'idole de celles et ceux qui ont accueilli et &#233;taient solidaires des r&#233;fugi&#233;Es. M&#234;me les forces de la gauche radicale sont forc&#233;es de la d&#233;fendre contre les attaques de l'AfD, de Horst Seehofer (chef de la CSU, parti fr&#232;re de la CDU en Bavi&#232;re), et d'un certain nombre de chefs r&#233;gionaux ou locaux de la CDU. En plus, aux moins pour le moment, il n'y a pas de dirigeant conservateur-chr&#233;tien qui pourrait prendre la place d'Angela Merkel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ce &#171; tremblement de terre &#187; est-il per&#231;u en particulier dans le monde du travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est per&#231;u comme un signal d'alarme. Dans les &#233;lections r&#233;centes, l'AfD a pris des bastions traditionnels du SPD. Elle a pu prendre des voix particuli&#232;rement dans les milieux ouvrier et masculin dans les grandes villes. La gauche syndicale aura &#224; se saisir de l'occasion pour demander une politique de mobilisation syst&#233;matique contre l'AfD et contre les mouvements et les actes de violence d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Die Linke r&#233;siste-t-elle &#224; ce contexte ? Quels sont les d&#233;bats politiques suscit&#233;s par cette nouvelle situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Linke a maintenu le cap en mati&#232;re de politique envers les r&#233;fugi&#233;s. Mais le choc d&#251; au succ&#232;s de l'AfD et &#224; cause de l'affaiblissement &#233;lectoral spectaculaire de la gauche en Saxe-Anhalt est fort. Le d&#233;bat est lanc&#233;. Les forces anticapitalistes au sein du pays ont d&#233;clar&#233; que l'adaptation &#224; la politique pro-capitaliste &#233;tablie ne peut mener qu'&#224; un fiasco catastrophique. En plus, la porte-parole bien m&#233;diatis&#233;e Sahra Wagenknecht (en principe repr&#233;sentante de l'aile gauche du parti) est fortement critiqu&#233;e, &#224; juste-titre, pour ses avances aux slogans populistes de droite, puisqu'elle avait d&#233;clar&#233; par exemple. que &#171; tout le monde ne peut pas venir en Allemagne &#187;... De plus, son orientation dans les conflits internationaux &#8211; h&#233;las partag&#233;e par la majorit&#233; de l'aile gauche &#8211; est campiste. D&#233;fendre le gouvernent de Poutine et son soutien pour le r&#233;gime sanguinaire d'Assad n'est pas le moyen ad&#233;quat pour rendre plus cr&#233;dibles et plus populaires les positions internationalistes dans la population allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons besoin d'un d&#233;bat s&#233;rieux sur les le&#231;ons &#224; tirer de ce dimanche &#233;lectoral catastrophique. Il y a une course de vitesse entre la droite extr&#234;me et la gauche politique pour orienter politiquement la radicalisation et le m&#233;contentement vis-&#224;-vis de la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Yvan Lemaitre&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; Allemagne : &#171; Il y a une course de vitesse entre la droite extr&#234;me et la gauche politique &#187; &#187;. Paru dans l'Hebdo L'Anticapitaliste - 329 (24/03/2016) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/idees/international/allemagne-il-y-une-course-de-vitesse-entre-la-droite-extreme-et-la-gauche&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/idees/international/allemagne-il-y-une-course-de-vitesse-entre-la-droite-extreme-et-la-gauche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Succ&#232;s spectaculaires pour l'AfD aux &#233;lections r&#233;gionales en Allemagne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Succes-spectaculaires-pour-l-AfD-aux-elections-regionales-en-Allemagne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Succes-spectaculaires-pour-l-AfD-aux-elections-regionales-en-Allemagne</guid>
		<dc:date>2016-03-22T08:27:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les r&#233;sultats des &#233;lections communales dans le Land de Hesse le 6 mars &#233;taient un signe d'alarme, puisque l'AfD (Alternatve f&#252;r Deutschland) avait obtenu 11,9% des voix, ce qui lui a permis d'obtenir des mandats dans de nombreux conseils communaux, tandis que le parti de gauche Die Linke est rest&#233; sensiblement en-dessous du seuil des 5% en n'obtenant que 3,5% des voix. La CDU avec 28,9% s'est retrouv&#233;e &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que le SPD social-d&#233;mocrate, les Verts (Die Gr&#252;nen) ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les r&#233;sultats des &#233;lections communales dans le Land de Hesse le 6 mars &#233;taient un signe d'alarme, puisque l'AfD (Alternatve f&#252;r Deutschland) avait obtenu 11,9% des voix, ce qui lui a permis d'obtenir des mandats dans de nombreux conseils communaux, tandis que le parti de gauche Die Linke est rest&#233; sensiblement en-dessous du seuil des 5% en n'obtenant que 3,5% des voix. La CDU avec 28,9% s'est retrouv&#233;e &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que le SPD social-d&#233;mocrate, les Verts (Die Gr&#252;nen) ont obtenu 11,3% et le FDP lib&#233;ral a r&#233;ussi a surmonter sa faiblesse &#233;lectorale &#8211; comme d&#233;j&#224; dans les &#233;lections r&#233;gionales en Rh&#233;nanie du Nord-Westphalie en 2012 &#8211; en obtenant 6,4% des voix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais les &#233;lections r&#233;gionales dans les L&#228;nder de Bade-Wurtemberg, Rh&#233;nanie-Palatinat et Saxe-Anhalt le 13 mars ont confirm&#233; la tendance &#233;lectorale vers la droite de mani&#232;re spectaculaire. En Bade-Wurtemberg, les Verts, le parti du ministre-pr&#233;sidant sortant Winfried Kretschmann, sont devenus le parti le plus fort avec plus 30% des voix, en gagnant 6,1 points en pourcentage en comparaison avec les derni&#232;res &#233;lections r&#233;gionales dans ce Land en 2011. Mais ils ne peuvent pas continuer &#224; gouverner en coalition avec le SPD, qui a perdu 10,4 points en pourcentage pour se retrouver &#224; 12,2% des voix. La CDU a perdu 12 points en pourcentage pour arriver &#224; 27% des voix. L'AfD a obtenu 15,1% des voix et va donc rentrer au parlement r&#233;gional avec plus de d&#233;put&#233;s que le SPD. En plus, le FDP a gagn&#233; 3 points en pourcentage en arrivant &#224; 8,3% des voix. Die Linke pi&#233;tine &#224; 2,9% (2011 : 2,8%) et n'a donc pas r&#233;ussi &#224; prendre la barri&#232;re des 5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AfD a pris des voix dans tous les camps &#8211; 207.000 dans le camp de ceux qui avaient boud&#233; les urnes en 2011, 188.000 de ceux qui avaient vot&#233; pour la CDU, 88.000 du SPD, mais aussi 22.000 de Die Linke (et 18.000 du FDP ). Bien entendu, l'AfD a aussi &#8211; dans tous les trois L&#228;nder &#8211; pris des voix aux petites candidatures d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Rh&#233;nanie-Palatinat, le SPD avec la ministre-pr&#233;sidente sortante Malu Dreyer gagne avec 36,3% des voix (0,6 points en pourcentage de plus qu'en 2011), la CDU avec sa candidate Julia Kl&#246;ckner au profil &#224; la droite de la chanceli&#232;re Angela Merkel surtout en mati&#232;re de la politique envers les r&#233;fugi&#233;s est arriv&#233;e &#224; 31,7% des voix. L'AfD a obtenu 12,3% des voix. Le FDP gagne presque deux points en pourcentage avec 6,1% des voix. Les Verst ont perdu 10,2 points en pourcentage et arrivent &#224; 5,2% des voix. Die Linke n'a obtenu que 2,8% des voix (contre 3% en 2011) et n'entre donc pas au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'AfD prend aussi des voix &#224; Die Linke&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AfD a pu mobiliser 77.000 de ceux qui n'&#233;taient pas all&#233; aux urnes en 2011, elle a pu prendre 46.000 voix &#224; la CDU, 34.000 au SPD, mais aussi 11.000 au parti Die Linke, mais seulement 5000 aux Verts. Ceux-ci ont surtout perdu des voix au profit du SPD &#8211; tandis qu'en Bade-Wurtemberg, c'&#233;tait le contraire, l&#224;, c'est le SPD qui a perdu des voix surtout au profit des Verts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saxe-Anhalt est un Land &#224; l'est de l'Allemagne sur le territoire de l'ex-RDA, bien plus petit que Bade-Wurtemberg ou Rh&#233;nanie-Palatinat. L&#224;, de 1.878.095 d'habitants avec droit de vote, 1.147.485 sont all&#233;s aux urnes, soit 61,1% &#8211; en 2011 ce n'&#233;tait que 51%. Et c'est surtout l'AfD qui a pu mobiliser ce potentiel &#233;lectoral. La CDU est sorti des &#233;lections comme le parti le plus fort en obtenant 29,8% des voix, mais en perdant 2,5 points en pourcentage. L'AfD est venu en deuxi&#232;me place en gagnant 24,2% des voix. En chiffres absolus, 271,832 personnes ont vot&#233; pour elle. Die Linke a perdu 7,6 points en pourcentage pour se retrouver &#224; 16,7% des voix. Le SPD a perdu 11 points en pourcentage et n'a obtenu que 10,6% des voix. Les Verts n'ont pris la barri&#232;re des 5% que de justesse en perdant deux points en pourcentage. Le NPD, &#224; la droite de l'AfD, a obtenu 1,9% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AfD a pu mobiliser 104.000 &#233;lecteurs qui n'avaient pas particip&#233; aux &#233;lections en 2011. Elle a pris 38.000 voix &#224; la CDU, mais aussi 29.000 &#224; Die Linke, 21.000 au SPD (et 6000 au FDP et 3000 aux Verts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grands m&#233;dias allemands, tout le monde est d'accord pour dire que la base du succ&#232;s de l'AfD, c'est le million de r&#233;fugi&#233;s venu en Allemagne en 2015 et le sentiment que la politique du gouvernement f&#233;d&#233;ral (la grande coalition des chr&#233;tiens-conservateurs CDU/CSU et du SPD) et la politique &#233;tablie tout court ne vient pas &#224; bout du probl&#232;me. Il faut &#234;tre conscient du fait que l'AfD d'aujourd'hui n'est plus la AfD de Bernd Lucke et de Olaf Henkel au profil de l'opposition aux aides financi&#232;res &#034;&#224; la Gr&#232;ce&#8220;, &#224; l'euro et l'int&#233;gration europ&#233;enne, m&#234;me si cette AfD &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s droiti&#232;re. L'AfD d'aujourd'hui est le produit d'une radicalisation vers la droite, et son personnel dirigeant actuel est bien plus proche de l'extr&#234;me droite et des n&#233;o-nazis. Son porte-parole Frauke Petry avait, par exemple, d&#233;clar&#233; qu'il faudrait tirer sur les r&#233;fugi&#233;s aux fronti&#232;res. Les succ&#232;s &#233;lectoraux de cette force politique vont de pair avec les mobilisations racistes de la Pegida et la multiplication d'attaques physiques et incendiaires contre les r&#233;fugi&#233;s et leurs logements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de l'AfD vers la droite est par ailleurs loin d'&#234;tre achev&#233;e. Frauke Petry, &#224; la t&#233;l&#233;vision, par ses propos, s'efforce souvent de faire croire que l'AfD n'est pas un parti extr&#233;miste de droite. Dans l'AfD, il y a une opposition de droite, une &#171; plate-forme patriotique &#187; qui se bat pour une coop&#233;ration bien plus ouverte avec Pegida et un profil bien plus ouvertement extr&#233;miste de droite. Dans le personnel dirigeant de l'AfD il y en a qui appellent &#224; lutter contre le &#171; g&#233;nocide rampant &#187; dont le peuple allemand serait la victime et qui menacent de &#171; mettre de l'ordre &#187; dans ce pays en traitant de mani&#232;re appropri&#233;e celles et ceux qui le &#171; trahissent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;faite pour Angela Merkel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;bat politique public en Allemagne, la position d'Angela Merkel est largement per&#231;ue comme une pers&#233;v&#233;rance de l'attitude des bras ouverts, de la main tendue envers les r&#233;fugi&#233;s, de l'attachement &#224; un traitement humain des r&#233;fugi&#233;s, &#224; la recherche d'une action commune solidaires des pays de l'UE etc., m&#234;me si, de facto, la politique r&#233;elle du gouvernement allemand envers les r&#233;fugi&#233;s s'est durcie de plus en plus &#224; beaucoup d'&#233;gards. Et la recherche d'une collaboration &#233;troite avec l'&#233;tat turc pour lui donner le r&#244;le d'un gardien retenant la masse des r&#233;fugi&#233;s pour qu'ils ne puissent pas venir en Europe ainsi que toutes les mesures renfor&#231;ant la forteresse de l'UE n'ont rien &#224; voir avec l'image humaniste qu'Angela Merkel r&#233;ussit toujours et encore &#224; se donner. N&#233;anmoins, elle reste la cible pour la haine raciste qui d&#233;nonce sa politique du &#171; bienvenu &#187; comme la raison pour laquelle tant de r&#233;fugi&#233;s affluent en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non seulement Horst Seehofer, chef de la CSU bavaroise, de fait &#233;cho de Pegida&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et de l'AfD en demandant une politique encore bien plus dure et restrictive contre les r&#233;fugi&#233;s, mais aussi d'autres chefs r&#233;gionaux de la CDU. par exemple Julia Kl&#246;ckner, la candidate principale dans le Land de la Rh&#233;nanie-Palatinat, qui avait pris ses distances envers Angela Merkel dans ce sens. Mais elle a perdu. Et Winfried Kretschmar des Verts en Bade-Wurtemberg avait pri&#233; publiquement pour la bonne sant&#233; d'Angela Merkel en d&#233;clarant qu'il est d&#233;cid&#233; &#224; la soutenir de toute ses forces &#8211; et lui, il a triomph&#233; dans les &#233;lections r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas surprenant qu'Angela Merkel aie d&#233;clar&#233; rapidement apr&#232;s les &#233;lections du 13 mars qu'elle ne changera pas sa politique envers les r&#233;fugi&#233;s. Et Sigmar Gabriel, chef du SPD, compte parmi les perdants &#8211; lui qui avait dit avant les &#233;lections, qu'il faudrait d&#233;penser plus d'argent pour les besoins sociaux des allemands socialement faibles &#8211; ce qui avait largement &#233;t&#233; per&#231;u comme une concession rh&#233;torique &#224; l'agitation de l'AfD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quoi faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble important qu'il y ait un d&#233;bat s&#233;rieux dans la gauche politique allemande sur les le&#231;ons &#224; tirer de ce dimanche &#233;lectoral aussi catastrophique. Certes, il y a des choses assez simples : Il faut redoubler les efforts pour mobiliser contre les Pegida et l'AfD dans l'unit&#233; d'action la plus large, il faut s'int&#233;grer encore plus dans le mouvement massif d'aide aux r&#233;fugi&#233;s et tenter de le politiser, il faut multiplier les initiatives de rencontre et de coop&#233;ration entre Allemands, immigr&#233;s et r&#233;fugi&#233;s en Allemagne, il faut chercher &#224; d&#233;velopper une culture d'auto-d&#233;fense et d'aide mutuelle vis-&#224;-vis des actes de violence contre les r&#233;fugi&#233;s et les militants antifascistes et de gauche. Mais il faut aussi comprendre qu'il y a une course de vitesse entre la droite extr&#234;me et la gauche politique pour orienter politiquement les radicalisations et le m&#233;contentement vis-&#224;-vis de la politique &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; dire qu'il faut non seulement d&#233;noncer le caract&#232;re absolument pro-capitaliste, n&#233;olib&#233;ral, anti-social et anti-ouvrier du programme &#233;conomique et social de l'AfD, mais aussi la politique r&#233;elle du gouvernement et de tous les partis pro-capitaliste &#233;tablis, que ce soit dans le domaine de la politique vis-&#224;-vis des r&#233;fugi&#233;s ou de la politique &#233;conomique et sociale, qui est au service du grand capital. Il faut s'attaquer aux in&#233;galit&#233;s criantes au niveau mondial ainsi qu'en Europe et en Allemagne.Dans la mesure o&#249; le parti Die Linke est de plus en plus ressenti comme faisant partie de la politique &#233;tablie &#8211; par exemple, partout o&#249; il participe aux ex&#233;cutifs, comme &#224; Th&#252;ringen &#8211; il ne sera aucunement capable de capter le m&#233;contentement croissant et de l'orienter vers des solutions solidaires. C'est un danger mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il faut discuter d'un changement de cap dans la politique internationale du parti Die Linke. C'est vrai que le parti s'engage pour la d&#233;fense des kurdes contre leur oppression par le gouvernement turc d'Erdogan. Mais cela ne suffit pas. Pour la Syrie, une porte-parole du parti comme Sahra Wagenknecht, qui de plus repr&#233;sente l'aile gauche du parti, ne d&#233;nonce que les imp&#233;rialismes de l'ouest et se tait sur le fait que l'action militaire du gouvernement russe de Poutine n'a servi qu'&#224; sauver la r&#233;pugnante dictature d'Assad. Ce n'est pas de cette mani&#232;re &#8211; r&#233;trograde et d&#233;pass&#233;e &#8211; &#171; campiste &#187; qu'on peut d&#233;fendre l'internationalisme solidaire de toutes celles et de tous ceux qui luttent contre leur oppression et exploitation contre le nationalisme et le racisme d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Manuel Kellner est membre de la direction de l'isl (internationale sozialistische linke &#8211; gauche socialiste internationale), une des deux organisations de la IV&#232;me Internationale en Allemagne, et r&#233;dacteur de la Sozialistische Zeitung (SoZ)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'accueil des r&#233;fugi&#233;s en Allemagne : politique du gouvernement et polarisation au sein de la population</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-accueil-des-refugies-en-Allemagne-politique-du-gouvernement-et-polarisation</link>
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		<dc:date>2015-10-13T08:42:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-10-13</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mouvement de l'aide pratique aux r&#233;fugi&#233;s n'est pas bris&#233;. Il continue &#224; se d&#233;velopper. Dans les sondages, plus que 61% des Allemandes et des Allemands restent ouverts &#224; l'accueil et &#224; l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s. Et dans le mouvement de solidarit&#233; et d'aide pratique, la politique de plus en plus restrictive du gouvernement allemand est critiqu&#233;e de plus en plus fortement. D'autre part, les actions violentes contre les r&#233;fugi&#233;s se multiplient, et Pegida &#8211; &#224; commencer par Dresde &#8211; rel&#232;ve la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton23710-fd0d3.jpg?1781401557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement de l'aide pratique aux r&#233;fugi&#233;s n'est pas bris&#233;. Il continue &#224; se d&#233;velopper. Dans les sondages, plus que 61% des Allemandes et des Allemands restent ouverts &#224; l'accueil et &#224; l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s. Et dans le mouvement de solidarit&#233; et d'aide pratique, la politique de plus en plus restrictive du gouvernement allemand est critiqu&#233;e de plus en plus fortement. D'autre part, les actions violentes contre les r&#233;fugi&#233;s se multiplient, et Pegida &#8211; &#224; commencer par Dresde &#8211; rel&#232;ve la t&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias, l'accent est mis sur &#171; l'&#233;norme quantit&#233; &#187; de r&#233;fugi&#233;s, le quotidien &#224; sensation le plus r&#233;pandu, la Bild-Zeitung, a titr&#233; avec &#171; 1,5 millions &#187; en 2015 en se r&#233;f&#233;rant &#224; des sources gouvernementales anonymes. La peur d'un certain nombre de gens de se voir minoriser par les nouveaux venus d'autres cultures (surtout musulmanes) est th&#233;matis&#233;e largement dans les grands m&#233;dias. Des nouvelles anecdotiques largement diffus&#233;es par la presse sur des affrontements violents entre r&#233;fugi&#233;s &#8211; dans des situations causant des claustrophobies qui leurs sont inflig&#233;s (per exemples tass&#233;s &#224; 3000 dans une salle pour 800 personnes avec une douzaine de toilettes et de douches) ou sur des r&#233;fugi&#233;s musulmans n'acceptant pas de donner la main &#224; une femme ou de r&#233;pondre &#224; une officielle, etc. &#8211; nourrissent de plus en plus les sentiments n&#233;gatifs envers les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste donc vrai qu'il y a, en la mati&#232;re, une polarisation extr&#234;me dans la population allemande. La solidarisation reste forte, mais la d&#233;solidarisation gagne du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de la chanceli&#232;re Angela Merkel disant &#171; Venez tous ! Vous &#234;tes les bienvenus ! Nous allons vous traiter de mani&#232;re humaine ! &#187; &#233;taient de bon instinct ou alors une r&#233;ponse bien m&#233;dit&#233;e au mouvement d'aide aux r&#233;fugi&#233;s spectaculairement fort. Il est vrai aussi que dans sa rh&#233;torique publique, Angela Merkel maintient le cap &#8211; contre tous ceux qui traitent ses propos accueillants et optimistes &#171; d'irresponsables &#187;, &#224; commencer avec la direction du CSU, le parti fr&#232;re du CDU de Merkel en Bavi&#232;re et son pr&#233;sident Horst Seehofer, qui cherche &#224; couvrir le terrain &#233;lectoral de l'extr&#234;me droite en soulignant que &#171; nous &#187; ne sommes pas capables d'int&#233;grer &#171; tous &#187; les r&#233;fugi&#233;s du monde. [1] Mais la politique concr&#232;te du gouvernement allemand est en contradiction flagrante avec la rh&#233;torique merkelienne du &#171; bienvenu &#187; et du &#171; nous sommes en mesure de faire face &#224; l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs de la forteresse de l'UE sont renforc&#233;s par mille et une mesures, entre autres les soi-disant &#171; pays d'origine s&#251;re &#187;, le tri entre les &#171; bons r&#233;fugi&#233;s &#187; et les &#171; mauvais &#187; (les r&#233;fugi&#233;s &#171; &#233;conomiques &#187; ou &#171; sociaux &#187;, comme on dit) s'organise &#224; large &#233;chelle, surtout aux d&#233;pens des r&#233;fugi&#233;s venant des Balkans ; et d&#233;j&#224; on commence aussi &#224; dire que les r&#233;fugi&#233;s syriens ne viennent pas tous de la Syrie, mais d'autres pays au r&#233;gime quand-m&#234;me acceptable comme la Turquie (avec le gouvernent turc, on n&#233;gocie en proposant de l'argent pour un contr&#244;le plus s&#233;v&#232;re des fronti&#232;res)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des r&#233;fugi&#233;s arrivant en Allemagne est en m&#234;me-temps rendu de plus en plus difficile &#224; bien des &#233;gards. Un nouveau projet de loi tente &#224; cr&#233;er la possibilit&#233; l&#233;gale de renvoyer un nombre croissant de r&#233;fugi&#233;s, dont la majorit&#233; n'aura aucune chance d'acqu&#233;rir le statut d'asile politique &#8211; o&#249; alors, avec un statut de &#171; tol&#233;r&#233; &#187; (&#171; Duldung &#187;) &#8211;, d'obtenir le droit &#224; un emploi ou &#224; une formation, ou m&#234;me le droit &#224; un peu d'argent pour s'acheter soi-m&#234;me le n&#233;cessaire au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dogme de la discipline de fer budg&#233;taire, de l'endettement z&#233;ro, signifie que la politique d'aust&#233;rit&#233; reprendra de plus belle avec le nouveau budget pr&#233;sent&#233; par Wolfgang Sch&#228;uble, qui demande &#224; tous les minist&#232;res d'&#233;pargner un maximum d'argent &#8211; et la nouvelle raison donn&#233;e, ce sont les co&#251;ts pour l'accueil et l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s. C'est tr&#232;s dangereux. D&#232;s que l'aide aux r&#233;fugi&#233;s sera associ&#233; &#224; l'aggravement de la situation sociale des pauvres et des gens aux petits revenus allemands, la d&#233;solidarisation risque de devenir h&#233;g&#233;monique. Donnons un exemple du genre de mesures qui se discutent publiquement en Allemagne aujourd'hui : Hans-Werner Sinn, pr&#233;sident de l'institut Ifo de l&#8216;universit&#233; de Munich, un des plus importants instituts de recherche &#233;conomique, vient de d&#233;clarer qu'il faudra repousser l'&#226;ge des retraites pour pouvoir financer l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il va de soi qu'il y a des tentatives pour saper le &#171; salaire minimum &#187; formellement en vigueur depuis peu. D&#233;j&#224; le contr&#244;le de son application, par exemple dans le secteur du b&#226;timent, avait &#233;t&#233; peu efficace. Maintenant, nombre de fonctionnaires de la douane allemande, charg&#233;s du contr&#244;le de l'application de la loi sur le salaire minimum, ont &#233;t&#233; d&#233;mis de cette t&#226;che pour contr&#244;ler, trier et surveiller les r&#233;fugi&#233;s. Qui plus est, les organisations patronales lancent la proposition de faire encore une &#171; exception &#187; de taille : faire travailler les r&#233;fugi&#233;s avec des salaires en-dessous du salaire minimum, tout en disant que cela serait bien mieux que de ne pas leurs procurer d'emplois du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats du DGB et les associations socialement progressistes mettent en garde contre le danger de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; et contre les atteintes au salaire minimum sous pr&#233;texte des co&#251;ts pour l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s. [3]. Il ne faut pas faire de concessions &#224; ceux qui d&#233;noncent les r&#233;fugi&#233;s comme &#171; cause &#187; de la menace de nouvelles offensives patronales et n&#233;olib&#233;rales contre ce qui reste en mati&#232;re d'acquis sociaux et contre les salaires r&#233;els. Mais il ne faut pas non-plus sous-estimer le probl&#232;me de fonds, les millions d'Allemands vivant d&#233;j&#224; en-dessous du seuil de pauvret&#233; officiel, mal log&#233;, n'ayant plus la possibilit&#233; de participer &#224; la vie sociale, allant aux &#171; tables &#187; pour se nourrir, ni oublier les millions de pr&#233;caires &#224; bas salaire en danger d'&#234;tre mis en concurrence &#224; la baisse directement avec des r&#233;fugi&#233;s encore plus mal pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de solution partielle au danger de la d&#233;solidarisation croissante. Il faudra donc combiner les revendications sp&#233;cifiques pour d&#233;fendre les droits, les int&#233;r&#234;ts et la dignit&#233; humaine des r&#233;fugi&#233;s avec les revendications sociales g&#233;n&#233;rales pour une vie d&#233;cente pour toutes et tous, pour la lutte contre la fuite des capitaux dans les paradis fiscaux, pour une redistribution &#233;quitable des richesses. Il faut tout faire pour &#233;viter que les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s et des laiss&#233;s-pour-compte allemands et ceux des r&#233;fugi&#233;s soient oppos&#233;s les uns aux les autres. Ce ne sera possible que par la lutte commune pour des solutions solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article &#233;crit pour Viento Sur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip.php?article10574&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/spip.php?article10574&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir : &lt;a href=&#034;http://www.sueddeutsche.de/bayern/fluechtlinge-in-deutschland-seehofer-im-verbalen-ausnahmezustand-1.2683421&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sueddeutsche.de/bayern/fluechtlinge-in-deutschland-seehofer-im-verbalen-ausnahmezustand-1.2683421&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir &lt;a href=&#034;http://www.welt.de/wirtschaft/article147318985/Rentenalter-muss-steigen-um-Fluechtlinge-zu-ernaehren.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.welt.de/wirtschaft/article147318985/Rentenalter-muss-steigen-um-Fluechtlinge-zu-ernaehren.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir surtout la d&#233;claration du grand syndicat des services Ver.di : &lt;a href=&#034;http://web.de/magazine/wirtschaft/verdi-arbeitsgesetze-gelten-fluechtlinge-30907646&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://web.de/magazine/wirtschaft/verdi-arbeitsgesetze-gelten-fluechtlinge-30907646&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;fugi&#233;s, bienvenue ! Du nouveau en Allemagne&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Refugies-bienvenue-Du-nouveau-en-Allemagne</link>
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		<dc:date>2015-09-15T08:40:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-15</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines l'affluence de r&#233;fugi&#233;s en Allemagne a suscit&#233; un mouvement de masse d'accueil, de soutien et de solidarit&#233;. A la une des journaux allemands et dans les m&#233;dias &#233;lectroniques allemands et internationaux on peut voir la nouvelle culture du &#171; bienvenue &#187;. Des centaines de personnes se rassemblent dans les gares de Munich, de Francfort, de Cologne et dans de nombreuses autres villes. Ils applaudissent les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s arrivant en train. Ils apportent des fleurs, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton23294-b3ebc.jpg?1781401557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines l'affluence de r&#233;fugi&#233;s en Allemagne a suscit&#233; un mouvement de masse d'accueil, de soutien et de solidarit&#233;. A la une des journaux allemands et dans les m&#233;dias &#233;lectroniques allemands et internationaux on peut voir la nouvelle culture du &#171; bienvenue &#187;. Des centaines de personnes se rassemblent dans les gares de Munich, de Francfort, de Cologne et dans de nombreuses autres villes. Ils applaudissent les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s arrivant en train. Ils apportent des fleurs, des boissons, des victuailles. Ils font des dons en esp&#232;ces. Un grand nombre de personnes se portent volontaires pour trier et distribuer les v&#234;tements, pour s'occuper des enfants, pour donner des cours d'allemand et pour rendre mille et un services.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un processus qui s'exprime en profondeur. Des clubs de football organisent des &#233;quipes internationales compos&#233;es de r&#233;fugi&#233;s et les int&#232;grent dans les ligues &#224; diff&#233;rents niveaux. Des milliers de gens, en dehors des structures &#233;tablies des associations et des organisations politiques, s'organisent spontan&#233;ment pour organiser l'aide aux r&#233;fugi&#233;s. Coude &#224; coude avec des membres d'associations antiracistes, avec des militants antifascistes [1] et de la gauche radicale. Beaucoup de jeunes &#8211; parmi lesquels de nombreux jeunes immigr&#233;s ou issus de la &#171; seconde g&#233;n&#233;ration &#187; &#8211; s'engagent dans ce mouvement de solidarit&#233; de mani&#232;re tr&#232;s concr&#232;te, ax&#233;e sur l'aide pratique aux r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les programmes des cha&#238;nes publiques comme dans ceux des grandes cha&#238;nes priv&#233;es, les reportages, les d&#233;bats, les &#233;missions de tous genres en faveur des r&#233;fugi&#233;s et de leur int&#233;gration se multiplient. Et toujours c'est l'enthousiasme pour l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s qui prime. Les &#233;changes tournent autour des questions : comment peut-on faite encore mieux pour all&#233;ger le sort des r&#233;fugi&#233;s ; comment faut-il se comporter pour vivre ensemble avec eux ; comment le gouvernement allemand pourrait-il imposer au sein de l'Union europ&#233;enne (UE) la g&#233;n&#233;ralisation d'un accueil g&#233;n&#233;reux, d'une aide imm&#233;diate et efficace et d'une int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s. &#171; Refugees welcome &#187;, ce slogan, jusqu'&#224; nouvel ordre, est devenu dominant dans le d&#233;bat public en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une v&#233;ritable opposition, un vrai contraste au regard des mobilisations x&#233;nophobes et anti-musulmanes des Pegida [2] et &#224; la vague d'actions violentes organis&#233;es par les n&#233;onazis contre les centres d'h&#233;bergement ainsi que contre des immigr&#233;s. Ces mobilisations sont trop souvent soutenues par des &#171; citoyens en col&#232;re &#187; (&#171; Wutb&#252;rger &#187;) venant en famille pour crier leur haine. Alors, des menaces de meurtre se font entendre contre des responsables politiques qui organisent des centres d'accueil et de logement pour les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle r&#233;action s'inscrit aussi en opposition &#224; celle qui s'est exprim&#233;e lors de la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990. Alors, les attentats et les manifestations violentes contre les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s de la guerre en Yougoslavie se faisaient sous le couvert d'une id&#233;ologie officielle qui trouvait sa concr&#233;tisation dans le slogan &#171; la barque est pleine &#187; [3] et qui a abouti au changement de la Constitution allemande en 1993. Le droit d'asile &#233;tait alors r&#233;duit &#224; l'extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc actuellement une polarisation extr&#234;me des sentiments dans la population allemande. Pour l'heure, ce sont les sentiments de solidarit&#233; qui sont dominants. Imaginez les nazillons, les partisans de la droite extr&#234;me, ceux attis&#233;s par l'agitation nationaliste, qui voient sur les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision cette multitude &#171; bienvenue &#187; (&#171; Willkommen &#187;) et le culte officiel de la &#171; culture du bienvenu &#187; (&#171; Willkommenskultur &#187;) ! Cela est soutenu par les organisations patronales qui insistent sur les chances pour &#171; l'&#233;conomie allemande &#187; que repr&#233;sentent des centaines de milliers de personnes qui deviendront une force de travail souvent bien qualifi&#233;e (ce qui vaut surtout pour les r&#233;fugi&#233;s de la Syrie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, les r&#233;fugi&#233;s passant par la Hongrie d'Orban crient : &#171; Allemagne ! Nous voulons aller en Allemagne ! Nous voulons la maman Merkel ! &#187; Et, ces r&#233;fugi&#233;s voient les fleurs qu'on leur tend dans les gares allemandes ; ils entendent les applaudissements, ils apprennent que l'Allemagne rassemble des milliards d'euros pour mieux accueillir les r&#233;fugi&#233;s&#8230; Venez ! Venez tous ! Il y en aura encore beaucoup plus, puisqu'on leur jette des fleurs et qu'on leur donne des milliards d'euros ! C'est un vrai cauchemar pour les nazillons, les nationalistes, les pr&#234;cheurs &#171; occidentaux &#187; de la haine raciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement de Merkel et son prestige, c'est un triomphe de taille. Hier encore, Angela Merkel et Wolfgang Sch&#228;uble, dans les caricatures, &#233;taient repr&#233;sent&#233;s avec la moustache d'Hitler et le casque &#224; pointe de la Wehrmacht pour leur attitude ultra-dure contre la population grecque. Maintenant, ils sont c&#233;l&#233;br&#233;s comme des incarnations des principes humanitaires et humanistes, comme le bon exemple dress&#233; &#171; contre les Hongrois, les Slovaques, les Danois et autres brutes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas partie de ceux qui aiment cracher dans le potage pour couper l'app&#233;tit aux convives. Il faut se r&#233;jouir du tournant de &#171; l'opinion publique &#187; actuelle en Allemagne. C'est une chance pour la gauche radicale qui peut coop&#233;rer avec tous ces gens qui se mettent en mouvement de mani&#232;re solidaire, et entrer en dialogue avec eux. Toutefois, il convient d'analyser sobrement ce qui se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa pr&#233;sentation du budget, Sch&#228;uble vient de combiner les milliards pour l'accueil et l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s avec la consigne &#224; l'adresse de tous les minist&#232;res de r&#233;duire leurs d&#233;penses. C'est le dogme de la discipline de fer budg&#233;taire, c'est le culte du &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187;. Cela signifie que la politique d'aust&#233;rit&#233; reprendra de plus belle, ce qui pr&#233;pare le contrecoup, la r&#233;action. D&#232;s que l'aide aux r&#233;fugi&#233;s sera associ&#233;e &#224; l'aggravation de la situation sociale des pauvres et des petits revenus, les sentiments risquent de se retourner, y compris &#224; une grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y rem&#233;dier, il faudra que les sentiments solidaires se g&#233;n&#233;ralisent aux relations sociales dans leur ensemble afin de r&#233;clamer une r&#233;partition &#233;quitable des richesses, afin de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, afin de revendiquer le droit &#224; une vie d&#233;cente pour toutes et tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche allemande n'est pas tout &#224; fait &#224; la hauteur de l'enjeu. Certes, dans le d&#233;bat au Bundestag (le parlement f&#233;d&#233;ral de l'Allemagne), Gregor Gysi (de Die Linke) a &#233;voqu&#233;, &#224; juste titre, la question des causes de cet exode contraint. Et il a &#233;tabli la relation avec l'option des pouvoirs dominants qui organisent la participation aux guerres d'intervention et qui font de l'industrie de l'armement un des fleurons de l'exportation. Angela Merkel s'est bien gard&#233;e de lui r&#233;pondre directement. Mais Gysi n'a pas li&#233; les questions de solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s avec celle de la solidarit&#233; avec les populations &#233;cras&#233;es par les dictatures ou encore avec la solidarit&#233; de classe dans la lutte contre le grand capital en Allemagne, dont les int&#233;r&#234;ts concrets condamnent une partie croissante de la population &#224; une vie de plus en plus &#233;loign&#233;e de l'id&#233;al du &#171; paradis allemand &#187;, qui attire autant de gens qui voudraient bien s'y r&#233;fugier. Or, seule une toute petite minorit&#233; peut y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire aussi que la gauche du parti Die Linke ainsi que la gauche radicale allemande dans son ensemble n'est pas en bonne position pour r&#233;pondre &#224; la question des raisons de l'exode forc&#233;, surtout pour la Syrie. En effet, Sahra Wagenknecht, copr&#233;sidente de la fraction du parti au Bundestag, a r&#233;ussi &#224; faire une d&#233;claration sur le th&#232;me des r&#233;fugi&#233;s venant de la Syrie &#8211; et c'est la majorit&#233; des r&#233;fugi&#233;s en Allemagne depuis 2014 &#8211; sans m&#234;me mentionner la dictature de Bachar el-Assad et la guerre d&#233;vastatrice qu'elle m&#232;ne contre sa propre population. Car ce sont &#8211; &#171; campisme &#187; oblige &#8211; les Etats-Unis, l'Union europ&#233;enne et &#171; l'ouest &#187; dans son ensemble qui sont les responsables de la catastrophe syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas de cette fa&#231;on que la gauche radicale allemande pourra entrer en dialogue avec les r&#233;fugi&#233;s syriens appartenant &#224;, ou sympathisant avec l'opposition d&#233;mocratique contre le r&#233;gime d'Assad. D'autant plus que cette gauche radicale (&#224; quelques exceptions pr&#232;s) ne s'est jamais solidaris&#233;e avec la r&#233;volution syrienne qui, &#224; ses d&#233;buts, n'avait rien de commun avec la contre-r&#233;volution islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question importante, c'est le tri, la diff&#233;renciation entre &#171; bons r&#233;fugi&#233;s &#187; et &#171; mauvais r&#233;fugi&#233;s &#187;. Par exemple, les r&#233;fugi&#233;s de la Syrie, m&#234;me s'ils ne correspondent pas aux crit&#232;res restrictifs du droit d'asile allemand depuis 1993, peuvent esp&#233;rer acqu&#233;rir un statut de r&#233;fugi&#233; reconnu, parce que l'opinion publique et la politique officielle reconnaissent la situation de guerre et de terreur sanglante et insoutenable en Syrie comme raison de la &#171; fuite &#187;. Mais les r&#233;fugi&#233;s des Balkans sont plut&#244;t qualifi&#233;s comme r&#233;fugi&#233;s ou plut&#244;t &#233;migr&#233;s &#171; &#233;conomiques &#187; (&#171; Wirtschaftsfl&#252;chtlinge &#187;) qui viennent en Europe occidentale et en Allemagne parce qu'ils sont &#171; simplement &#187; pauvres. Il est vrai qu'actuellement, dans les m&#233;dias allemands, la situation des Roms discrimin&#233;s ou des Albanais menac&#233;s par la vengeance de sang est souvent mise en relief. Mais la politique officielle du gouvernement de la grande coalition des chr&#233;tiens conservateurs (CDU-CSU) et du SPD (social-d&#233;mocratie) vise &#224; &#233;tablir des pays d'origine &#171; s&#251;rs &#187; (&#171; sichere Herkunftsl&#228;nder &#187;) pour mieux pouvoir rapatrier de force les r&#233;fugi&#233;s venant de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela, il faut r&#233;pondre que les raisons &#171; &#233;conomiques &#187; ou plut&#244;t sociales de l'exode sont l&#233;gitimes au m&#234;me titre que l'exil &#224; cause de la r&#233;pression politique ou de la guerre et de la guerre civile. Nous vivons dans un monde qui cr&#233;e les in&#233;galit&#233;s criantes et la mis&#232;re pour au moins deux milliards d'&#234;tres humains. Seulement en s'y confrontant directement et en int&#233;grant les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s, et pas en s'isolant au moyen de fronti&#232;res meurtri&#232;res et en se camouflant dans une forteresse, la majorit&#233; salari&#233;e des pays industrialis&#233;s dominants a une chance de s'&#233;manciper, de se lib&#233;rer de toute exploitation et de toute oppression. (11 septembre 2015)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'association Pro Asyl et la Fondation Amadeu Antonio, fin juin 2015, recensaient 36 incendies de centres d'h&#233;bergement en 2014 et 11 durant le premier semestre 2015. Ils font partie d'attaques plus nombreuses (250 en 2014 et 98 en 2015) contre ces centres. En tr&#232;s grande partie, elles ont &#233;t&#233; commises par des groupes n&#233;onazis. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pegida (Patriotes europ&#233;ens contre l'islamisation de l'Occident), mouvement lanc&#233; en octobre 2014. Voir &#224; ce propos l'article publi&#233; sur le site alencontre.org en date du 15 janvier 2015. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#171; Das Boot ist voll &#187; est une expression propagandiste diffus&#233;e aussi en Suisse. Elle fait r&#233;f&#233;rence aux ann&#233;es de la Seconde Guerre mondiale et &#224; la politique du gouvernement helv&#233;tique face aux r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s de l'Allemagne nazie, entre autres. Le film de Markus Imhoof, datant de 1981, a donn&#233; un visage &#224; cette politique. Le film s'appuyait sur l'ouvrage de l'&#233;crivain Alfred A. H&#228;sler (1921-2009) qui, engag&#233; dans le Parti du Travail (PDA) apr&#232;s la guerre, en sortit en 1956 suite &#224; l'&#233;crasement du soul&#232;vement populaire et ouvrier en Hongrie. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Kellner est membre de la r&#233;daction du Sozialistische Zeitung (SoZ).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Allemagne : mobilisations ascendantes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-mobilisations-ascendantes</link>
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		<dc:date>2015-06-30T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chez les cheminotEs, le syndicat majoritaire EVB (membre de la conf&#233;d&#233;ration DGB) avait sign&#233; un accord qui ne va gu&#232;re plus loin que ce que proposait le patronat, sans rien sur le temps de travail. Le GDL, syndicat minoritaire qui a r&#233;cemment men&#233; 7 jours de gr&#232;ve, attend la fin d'une m&#233;diation. Si le r&#233;sultat n'est pas satisfaisant, il y aura consultation des adh&#233;rentEs, et le mouvement pourrait red&#233;marrer. Si le GDL obtient mieux que l'EVB, ce sera valable pour l'ensemble du personnel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton22732-47c4c.jpg?1781401557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chez les cheminotEs, le syndicat majoritaire EVB (membre de la conf&#233;d&#233;ration DGB) avait sign&#233; un accord qui ne va gu&#232;re plus loin que ce que proposait le patronat, sans rien sur le temps de travail. Le GDL, syndicat minoritaire qui a r&#233;cemment men&#233; 7 jours de gr&#232;ve, attend la fin d'une m&#233;diation. Si le r&#233;sultat n'est pas satisfaisant, il y aura consultation des adh&#233;rentEs, et le mouvement pourrait red&#233;marrer. Si le GDL obtient mieux que l'EVB, ce sera valable pour l'ensemble du personnel. Pour cette raison et parce qu'en toile de fond, il y a la volont&#233; du gouvernement de restreindre le droit de gr&#232;ve en privant les syndicats minoritaires du droit de n&#233;gociation, il est difficilement imaginable que le GDL c&#232;de.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les postierEs, apr&#232;s des gr&#232;ves &#171; d'avertissement &#187;, la gr&#232;ve &#171; pour de bon &#187; a d&#233;marr&#233;. Au c&#339;ur du conflit, l'exigence de m&#234;mes contrats pour les distributeurs de colis travaillant formellement pour des &#171; firmes &#233;trang&#232;res &#187;. L&#224; encore, un compromis facile est peu imaginable, car la poste privatis&#233;e veut encore plus de profits. Dans sa logique, demain d'autres secteurs postaux seront sur la sellette !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, chez les &#233;ducatrices de la petite enfance et les travailleurs sociaux, apr&#232;s quatre semaines de gr&#232;ve, le travail a repris pour la p&#233;riode de m&#233;diation. Ce pourrait bien &#234;tre provisoire. Le patronat &#8211; l'association des communes &#8211; argue du vide des caisses publiques. Avec le syndicat des services publics Verdi (le m&#234;me que les postierEs), les &#233;ducatrices veulent une revalorisation de 10 % pour s'aligner sur les employ&#233;Es de qualification semblable. Il y a aussi bien des gr&#232;ves dans d'autres secteurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Riposter &#224; l'offensive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient cette rupture avec la passivit&#233; r&#233;cente ? Tout d'abord, la grande coalition de la CDU de Merkel avec le SPD n'a presque rien rapport&#233; aux salari&#233;Es. Le salaire minimum conna&#238;t tellement &#171; d'exceptions &#187; qu'il n'am&#233;liore le sort que d'un tr&#232;s petit nombre de gens. La d&#233;ception est donc grande, au point que des fissures apparaissent entre le SPD et les directions syndicales, m&#234;me les moins combatives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, et c'est probablement plus profond, il y a une col&#232;re retenue depuis longtemps et un sentiment de rancune diffus. C'est surtout sensible dans les services, dans cette large couche victime des privatisations, l&#224; o&#249; l'on fait l'exp&#233;rience de situations d&#233;grad&#233;es. Il s'agit d'une tendance lourde, les conflits sociaux s'exacerbant en r&#233;action &#224; une offensive patronale et gouvernementale qui attaque avec d&#233;termination et f&#233;rocit&#233; ce qui reste des acquis du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes encore loin de l'heure des bilans. Les luttes connaissent une tendance ascendante : 25 000 manifestantEs contre l'inauguration du si&#232;ge de la Banque centrale europ&#233;enne &#224; Francfort, cela en pleine semaine. 40 000 personnes contre le sommet du G7 en Bavi&#232;re. Et pour ce 20 juin, Attac table sur 100 000 personnes &#224; Berlin pour protester contre la fa&#231;on dont la tro&#239;ka traite le peuple grec et les r&#233;fugi&#233;Es, et m&#234;me si ce chiffre est optimiste, on peut s'attendre &#224; une manifestation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la situation est en train de changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne : Salaire minimum ? &#8211; Mon &#339;il !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-Salaire-minimum-Mon-oeil</link>
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		<dc:date>2015-03-17T07:58:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-03-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La nouvelle loi du salaire minimum a &#233;t&#233; adopt&#233;e le 3 juillet 2014 au Bundestag, au parlement f&#233;d&#233;ral de l'Allemagne, et confirm&#233;e par le Bundesrat (deuxi&#232;me chambre repr&#233;sentant les L&#228;nder) le 11 juillet 2014. Cette loi est en vigueur depuis le 1er janvier 2015. Au sein de l'UE, 21 Etats sur 28 connaissent un salaire minimum l&#233;gal, le plus bas en Bulgarie avec 1,01 Euro, le plus haut au Luxemburg avec 11,10 Euro. Le salaire minimum en Allemagne, c'est 8,50 Euro, et semble donc se situer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-03-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-03-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton21296-9c6f6.jpg?1781401557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle loi du salaire minimum a &#233;t&#233; adopt&#233;e le 3 juillet 2014 au Bundestag, au parlement f&#233;d&#233;ral de l'Allemagne, et confirm&#233;e par le Bundesrat (deuxi&#232;me chambre repr&#233;sentant les L&#228;nder) le 11 juillet 2014. Cette loi est en vigueur depuis le 1er janvier 2015. Au sein de l'UE, 21 Etats sur 28 connaissent un salaire minimum l&#233;gal, le plus bas en Bulgarie avec 1,01 Euro, le plus haut au Luxemburg avec 11,10 Euro. Le salaire minimum en Allemagne, c'est 8,50 Euro, et semble donc se situer plut&#244;t en haut de la gamme. Mais il est insuffisant, il conna&#238;t des exceptions et n'est donc pas appliqu&#233; syst&#233;matiquement, il y a des r&#232;glements de transition pour certaines branches, et l'exp&#233;rience des premi&#232;res semaines montrent en quelle mesure les patrons contournent le nouveau r&#232;glement, comme ils ont, par ailleurs, d&#233;j&#224; tr&#232;s souvent et de routine contourner les salaires minimum par branches en vigueur depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Insuffisant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En travaillant &#224; temps plein, un salari&#233; pay&#233; 8,50 par heure touche un peu moins que 1500 Euro brut par mois, donc avant la d&#233;duction des imp&#244;ts. C'est trop pour mourir et trop peu pour vivre. C'est un salaire net tr&#232;s peu au-dessus des minimas sociaux (Hartz IV). C'est surtout insuffisant pour g&#233;n&#233;rer une pension prot&#233;geant le salari&#233; de la pauvret&#233; en p&#233;riode du troisi&#232;me &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication du pr&#233;sident du syndicat des services Ver.di Frank Bsirske, qui demande un salaire minimum de 10 Euro, pr&#233;supposerait un travail &#224; temps plein de 45 ans (!) pour arriver &#224; une pension l&#233;g&#232;rement au-dessus des minimas sociaux. Mais il y a de moins en moins de biographies de travail r&#233;mun&#233;r&#233; de ce genre. Le directeur principal du Parit&#228;tischer Wohlfahrtsverband (centrale des associations d'assistance sociale) Ulrich Schneider a d&#233;clar&#233; qu'il faudrait un salaire minimum au-dessus de 13 Euro pour prot&#233;ger contre la pauvret&#233; de vieillesse. Et encore, m&#234;me 13 Euro seraient insuffisants sans emploi `&#224; temps plein pendant des d&#233;cennies. De moins en moins de salari&#233;s et surtout de salari&#233;es y arrivent. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25% des salari&#233;s sont &#171; pauvres &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me apr&#232;s l'introduction du salaire minimum de 8,50 euro par heure, en Allemagne, 25% des salari&#233;s vivent en-dessous du seuil de pauvret&#233; d'apr&#232;s les indications officielles. La d&#233;finition en est qu'ils gagnent moins que deux tiers du salaire moyen. L'Allemagne, pays riche souvent cit&#233; en mod&#232;le pour sa performance &#233;conomique, se situe, pour la part des bas salaires dans le salariat, en deuxi&#232;me place apr&#232;s la Lituanie au sein de l'UE (la part des bas salaires &#233;tant la moins &#233;lev&#233;e en Belgique, en France, en Italie et dans les pays scandinaves).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ajoute &#224; cela, qu'aucune adaptation aux prix des biens de consommation, qu'aucune indexation compensatoire &#224; l'inflation ou au d&#233;veloppement de la productivit&#233; est pr&#233;vue dans la loi sur le salaire minimum en Allemagne. Au contraire, sur demande de l'aile patronale du CDU le gouvernement de coalition CDU/CSU/SPD au niveau f&#233;d&#233;ral a d&#233;cid&#233; (et donc le partenaire junior de la coalition gouvernementale, le SPD, l'a accept&#233;) d'une &#171; &#233;valuation &#187; de la mise en pratique de la loi, pr&#233;vue pour le 30 juin 2015, avec l'id&#233;e principale d'examiner si cette loi ne nuit pas trop &#224; la comp&#233;titivit&#233; internationale des firmes allemande et &#224; l'Economie allemande en g&#233;n&#233;ral. Car si le salaire minimum de 8,50 par heure est bien insuffisant du point de vue des salari&#233;s, pour les associations patronales et leurs relais politiques imm&#233;diats, ce m&#234;me salaire minimum, c'est un instrument de torture socialiste &#224; &#233;liminer au plus vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exceptions et r&#232;glements transitoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum de 8,50 par heure ne s'applique pas aux personnes en-dessous de 18 ans sans formation professionnelles, ni aux apprentis, ni aux sans-emplois de longue dur&#233;e dans les six premiers mois d'un emploi interrompant le ch&#244;mage (ce qui m&#232;nera &#224; ce qu'on les embauche pour six mois et qu'on les licencie apr&#232;s pour embaucher un nouveau ch&#244;meur de longue dur&#233;e), ni aux stagiaires dans des stages dans le cadre de la carri&#232;re scolaire, de l'apprentissage ou des &#233;tudes universitaires jusqu'&#224; une dur&#233;e de trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum ne vaut pas non plus pour les apprentis, pour les handicap&#233;s travaillant dans des ateliers sp&#233;ciaux pour handicap&#233;s, pour les d&#233;tenus de droit commun et de facto pour beaucoup de celles et ceux employ&#233;s en sous-traitance. Pour les salari&#233;s embauch&#233;s &#171; pour la saison &#187;, comme surtout dans l'agriculture et dans la gastronomie, m&#234;me si le salaire minimum s'applique, il y a &#171; lib&#233;ration &#187; du payement des prestations sociales pour 70 jours (avant, c'&#233;taient &#171; seulement &#187; 50 jours), donc par exemple quasiment pour la totalit&#233; de la p&#233;riode de r&#233;colte ou de la saison touristique de l'&#233;t&#233;. En plus, les employeurs peuvent, plus facilement qu'avant, d&#233;duire du salaire les frais de logement (organis&#233; par eux-m&#234;mes) et les co&#251;ts des repas (servi par leurs soins pendant la journ&#233;e de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toute une s&#233;rie de branches, il y a des r&#232;glements transitoires permettant aux patrons de payer des salaires en-dessous de 8,50 euro par heure jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2016. Ceci vaut notamment pour l'industrie de la viande, o&#249; le salaire minimum reste &#224; 8 euro jusqu'au 1er octobre 2015 pour monter &#224; 8,60 euro jusqu'au d&#233;cembre 2016 et &#224; 8.75 euro &#224; partir de l'ann&#233;e 2017. Pour les distributeurs de journaux, en 2015 ils ne touchent que 75% du salaire minimum, soit 6,38 euro par heure, et 7,22 euro en 2016, et ils n'obtiennent les 8,50 euro qu'&#224; partir de l'an 2017. Pour les cha&#238;nes du fast food, on peut s'attendre &#224; ce qu'elles paieront formellement les 8,50 uro tout en supprimant une s&#233;rie de primes faisant partie du revenu des salari&#233;s de cette branche jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres branches soumises &#224; des r&#232;glements de transition semblable : C'est le cas pour l'exploitation foresti&#232;re, pour l'agriculture, pour l'horticulture, pour l'industrie du textile et du v&#234;tement, pour les salons de coiffure et les blanchisseries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mille et un tours de passe-passe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me les r&#232;gles officielles ne sont souvent pas appliqu&#233;es. Le DGB, la centrale des syndicats, a install&#233; une ligne t&#233;l&#233;phonique sp&#233;ciale (&#171; hotline salaire minimum &#187; , 0049/391 4088003) jusqu'en fin mars 2015, et chaque jour il y a des centaines d'appels t&#233;l&#233;phoniques de salari&#233;s qui se plaignent du fait qu'on leur paye moins que le salaire minimum. Beaucoup de patrons pr&#233;tendent par exemple que le salaire minimum de 8,50 euro ne compte pas pour les &#171; mini-jobs &#187; jusqu'&#224; 450 euro par mois. Mais ce n'est pas vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines entreprises ne payent plus par heure, mais par &#171; rendement &#187;. Notamment dans la gastronomie, ou les salari&#233;es du nettoyage dans les h&#244;tels ne sont souvent plus pay&#233;es par heure, mais par chambre nettoy&#233;e. Ceci n'est l&#233;gal que si, de cette mani&#232;re, les salari&#233;es touchent aux moins le salaire minimum par heure. Mais qui va le contr&#244;ler ? D'autres patrons contournent le salaire minimum en r&#233;duisant officiellement le temps de travail &#224; 20 ou 30 heures. A Berlin on n'a jamais par exemple vu autant d'ouvrier du b&#226;timent &#224; temps partiel comme aujourd'hui. Mai qui emp&#234;chera les patrons de les faire travailler pendant 40 ou 50 heures par semaine de facto ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la douane qui est officiellement charg&#233;e de contr&#244;ler l'application du salaire minimum. Dans certaines branches, comme dans la gastronomie et dans le b&#226;timent, c'est particuli&#232;rement difficile. L'administration de la douane ne dispose pas d'assez d'agents pour un contr&#244;le effectif. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; d'embaucher 1600 d'agents en plus. Le syndicat IG BAU (pour les secteurs de la construction, de l'agriculture et de l'environnement) dit qu'il en faudrait aux moins 3000. Mais des voix lourdes se font entendre dans le camp des associations patronales et des politiciens chr&#233;tien-conservateurs qui demandent bien au contraire la marche en arri&#232;re dans ce domaine. Horst Seehofer, le chef du CSU (filiale bavaroise des chr&#233;tiens-d&#233;mocrate), s'en fait &#233;cho en s'&#233;criant : &#171; Je ne suis pas contre le salaire minimum, mais contre cette monstrueuse bureaucratie d'Etat &#187;. Il ne le dit pas pour remplacer le &#171; contr&#244;le bureaucratique &#187; par du &#171; contr&#244;le ouvrier &#187;, mais plut&#244;t par aucun contr&#244;le&#8230; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;sh&#233;rit&#233;s du capitalisme contemporain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un nouveau livre [3] &#233;dit&#233; par G&#252;nter Wallraf, le professionnel et passionn&#233; depuis toujours des r&#233;v&#233;lations indiscr&#232;tes sur les r&#233;alit&#233;s cach&#233;es du monde du travail. Plus il prend de l'&#226;ge, plus son travail au service des d&#233;sh&#233;rit&#233;s semble devenir efficace : Il a maintenant toute une &#233;quipe de journalistes qui s'infiltrent incognito dans des entreprises, et ce qu'ils d&#233;voilent &#8211; comme par exemple sur la chaine Burger King &#8211; est largement m&#233;diatis&#233; et passe &#224; la t&#233;l&#233;vision (la RTL en a fait toute une s&#233;rie), et les directions d'entreprise, apr&#232;s coup, sont forc&#233;es &#224; r&#233;agir et faire au moins semblant de faire changer les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau livre, 14 auteurs montrent la r&#233;alit&#233; quotidienne de celles et ceux &#171; d'en bas &#187;, de celles et ceux qui travaillent durement sous des conditions d&#233;plorables tout en gagnant tr&#232;s peu d'argent. En anglais, on les appelle les &#171; working poor &#187;, celles et ceux qui sont des &#171; pauvres &#187; tout en travaillant, m&#234;me en travaillant &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre du livre &#171; Die Lastentr&#228;ger &#187;, difficile &#224; traduire, implique un jeu de mot, difficile &#224; reproduire dans d'autres langues. &#171; Lastentr&#228;ger &#187; sont celles et ceux qui triment dur, qui portent les fardeaux comme les coulis de la Chine ancienne, tout en gagnant bien peu d'argent. Le mot fait penser &#224; un autre mot qui joue un r&#244;le de choix dans l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale et dans la justification des in&#233;galit&#233;s sociales criantes en Allemagne : &#171; Leistungstr&#228;ger &#187;. La &#171; Leistung &#187;, c'est le rendement, mais aussi la performance professionnelle. Les &#171; Leistungstr&#228;ger &#187; de la soci&#233;t&#233;, cens&#233;s (dans l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale) d'&#234;tre les v&#233;ritables producteurs des richesses, ce sont ceux qui portent la responsabilit&#233;, qui remplissent des fonctions de direction, qui sont des sp&#233;cialistes, des experts, des ind&#233;pendants performants dans les professions lib&#233;rales etc., qui, pour tout dire, gagnent beaucoup d'argent tout en ayant la vie bien facile. Les porteurs de fardeaux sont oppos&#233;s ici aux pr&#233;tendus porteurs de performances, les hommes et femmes de peine aux pr&#233;tendus hommes du rendement qui, en v&#233;rit&#233;, ne sont pas les producteurs des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reportages du livre parlent des travailleuses et travailleurs dans les secteurs du nettoyage, de la vente par correspondance (comme Amazon), de la g&#233;riatrie mobile, de la distribution de colis postaux, des abattoirs, de la vente dans les supermarch&#233;s ou encore du transport de fonds. Sont d&#233;crites des r&#233;alit&#233;s qui font penser aux d&#233;buts du mode de production capitaliste &#8211; des journ&#233;es de travail jusqu'&#224; 15 heures pour pas plus que 1000 Euros par mois ou 5 euro par heure, des licenciements pour sanctionner une journ&#233;e d'absence pour maladie, des tentatives de r&#233;sistance ou de protestation imm&#233;diatement &#233;cras&#233;s &#224; coup de licenciements etc. Le livre parle aussi des ouvriers embauch&#233;s par des sous-traitants travaillant pour Mercedes &#224; Stuttgart tout en gagner la moiti&#233; que leurs coll&#232;gues avec contrat de travail normal, et des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel (Betriebsr&#228;te) qui s'en moquent et qui acceptent de toujours nouvelles mesures du &#171; outsourcing &#187; cr&#233;atrices de conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration du travail scandaleuses dans leur entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle loi sur le salaire minimum ne va pas changer vraiment les choses. Dans le livre de Wallraff toute une s&#233;rie de lacunes sont d&#233;crites qui permettent le maintien d'un secteur large de bas salaires, m&#234;me bien plus bas que le salaire minimum officiel de 8,50 Euro par heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.sozonline.de/2015/03/tricks-der-unternehmer-gegen-den-gesetzlichen-mindestlohn/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sozonline.de/2015/03/tricks-der-unternehmer-gegen-den-gesetzlichen-mindestlohn/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.taz.de/153909&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.taz.de/153909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Die Lastentr&#228;ger. Hrsg, G&#252;nter Wallraff und work-watch (&lt;a href=&#034;http://www.worwatch.de&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.worwatch.de&lt;/a&gt;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.sozonline.de/2015/03/der-mindestlohn-ist-ein-papiertiger/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sozonline.de/2015/03/der-mindestlohn-ist-ein-papiertiger/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Tribune &#233;crite pour Viento Sur : &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip.php?article9882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/spip.php?article9882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Manuel Kellner est membre de la direction de l'isl, qui est une des deux fractions publiques de la section de la IVe Internationale en Allemagne, et membre de la r&#233;daction du Sozialistische Zeitung (SoZ), publication proche de l'isl. Il &#233;tait de mai 2010 &#224; mai 2012 collaborateur scientifique de Michael Aggelidis, camarade de la isl, dans cette p&#233;riode membre de la fraction de Die Linke au parlement de la Rh&#233;nanie du Nord-Westphalie d'Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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