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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>G&#233;n&#233;ration Z 212 au Maroc : expression d'une crise sociale et d'une nouvelle dynamique de politisation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Generation-Z-212-au-Maroc-expression-d-une-crise-sociale-et-d-une-nouvelle</link>
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		<dc:date>2026-04-28T06:30:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;n&#233;ration Z</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement GenZ 212 est une mobilisation de jeunes Marocain&#183;e&#183;s, n&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux &#224; la fin du mois de septembre 2025 et s'&#233;tant concr&#233;tis&#233;e par des manifestations de rue dans plusieurs villes du pays. Un &#233;v&#233;nement a particuli&#232;rement marqu&#233; son &#233;mergence : au d&#233;but du mois de septembre 2025, &#224; Agadir, huit femmes sont d&#233;c&#233;d&#233;es dans le seul grand h&#244;pital de la r&#233;gion, mettant en lumi&#232;re, de mani&#232;re tragique, la crise du syst&#232;me de sant&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'&#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Generation-Z-+" rel="tag"&gt;G&#233;n&#233;ration Z&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH148/capture_d_e_cran_le_2026-04-27_a_07.15_36-bdeae.png?1781047651' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement GenZ 212 est une mobilisation de jeunes Marocain&#183;e&#183;s, n&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux &#224; la fin du mois de septembre 2025 et s'&#233;tant concr&#233;tis&#233;e par des manifestations de rue dans plusieurs villes du pays. Un &#233;v&#233;nement a particuli&#232;rement marqu&#233; son &#233;mergence : au d&#233;but du mois de septembre 2025, &#224; Agadir, huit femmes sont d&#233;c&#233;d&#233;es dans le seul grand h&#244;pital de la r&#233;gion, mettant en lumi&#232;re, de mani&#232;re tragique, la crise du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Generation-Z-212-au-Maroc-expression-d-une-crise-sociale-et-d-une-nouvelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement revendique une am&#233;lioration des syst&#232;mes de sant&#233; et d'&#233;ducation, la fin de la corruption ainsi qu'une meilleure r&#233;partition des richesses. Il d&#233;nonce &#233;galement une injustice g&#233;n&#233;rationnelle et le manque d'investissements publics dans les secteurs sociaux, alors m&#234;me que des budgets importants sont consacr&#233;s aux infrastructures li&#233;es &#224; l'accueil de grandes comp&#233;titions de football.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement constitue une expression significative des transformations sociales et politiques en cours dans le pays. Port&#233; principalement par une jeunesse urbaine, il traduit &#224; la fois une profonde col&#232;re sociale et les pr&#233;mices d'une recomposition des formes de mobilisation. Le mouvement GenZ 212 appara&#238;t ainsi comme un indicateur r&#233;v&#233;lateur des tensions qui traversent la soci&#233;t&#233; marocaine, exprimant &#224; la fois l'ampleur de la crise sociale, la marginalisation d'une partie de la jeunesse, mais aussi l'&#233;mergence de nouvelles formes de politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une jeunesse form&#233;e, mais sans perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteur&#183;rice&#183;s de ce mouvement sont majoritairement des jeunes, souvent dipl&#244;m&#233;&#183;e&#183;s, mais confront&#233;&#183;e&#183;s &#224; des conditions de vie pr&#233;caires. Le ch&#244;mage touche plus d'un tiers des jeunes au niveau national, et atteint des niveaux encore plus &#233;lev&#233;s dans les grandes villes. M&#234;me lorsqu'ils acc&#232;dent &#224; l'emploi, beaucoup sont cantonn&#233;s &#224; des secteurs caract&#233;ris&#233;s par la faiblesse des salaires et la pr&#233;carit&#233; des conditions de travail, comme les centres d'appels, la s&#233;curit&#233; priv&#233;e, l'agriculture ou les petits m&#233;tiers informels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation r&#233;v&#232;le une contradiction structurelle : une g&#233;n&#233;ration de plus en plus form&#233;e, mais priv&#233;e de perspectives d'int&#233;gration sociale et &#233;conomique. C'est cette contradiction qui alimente une frustration croissante et une col&#232;re diffuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique est d'autant plus marqu&#233;e que la polarisation sociale s'accentue, avec l'&#233;mergence d'une cat&#233;gorie de milliardaires int&#233;gr&#233;s aux cercles mondiaux des plus riches, parmi lesquels figure l'actuel chef du gouvernement. Parall&#232;lement, les affaires de corruption touchent de plus en plus les &#233;lites politiques, tant au niveau national que local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De revendications sociales &#224; une politisation progressive du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses d&#233;buts, le mouvement formule essentiellement des revendications sociales : am&#233;lioration des services de sant&#233; et d'&#233;ducation, acc&#232;s &#224; des conditions de vie dignes, lutte contre la corruption. Le slogan &#171; Nous ne voulons pas de la Coupe du monde, la sant&#233; d'abord &#187; illustre clairement cette hi&#233;rarchisation des priorit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses modes d'action combinent des formes de mobilisation classiques et un usage intensif des outils num&#233;riques. Des manifestations et des marches ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans plusieurs villes, tandis que les r&#233;seaux sociaux &#8212; notamment des plateformes comme Discord &#8212; jouent un r&#244;le central dans la coordination et la diffusion des mots d'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains quartiers populaires, des formes de r&#233;volte plus marqu&#233;es se sont exprim&#233;es, r&#233;v&#233;lant l'intensit&#233; de la col&#232;re sociale. Malgr&#233; cela, le mouvement a globalement cherch&#233; &#224; maintenir un cadre d'organisation structur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, ces revendications se politisent. Le mouvement en vient &#224; r&#233;clamer davantage de libert&#233;s publiques, le d&#233;part du gouvernement et la lib&#233;ration des prisonniers politiques. Comme dans de nombreux soul&#232;vements populaires, notamment ceux qu'a connus la r&#233;gion Afrique du Nord&#8211;Moyen-Orient/r&#233;gion arabe, ces processus de radicalisation et de prise de conscience politique commencent g&#233;n&#233;ralement par des revendications de r&#233;formes dans le cadre du r&#233;gime existant, avant d'&#233;voluer vers une remise en cause plus profonde de ses fondements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;ponse r&#233;pressive visant la neutralisation de la contestation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce stade que les r&#233;gimes interviennent souvent pour contenir et r&#233;primer ces dynamiques. Dans le cas de la mobilisation GenZ 212 au Maroc, cette r&#233;ponse s'est traduite par des arrestations massives et des poursuites judiciaires visant plus de deux mille personnes, dont des mineur&#183;e&#183;s, ainsi que par trois d&#233;c&#232;s parmi les manifestant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;gime politique marqu&#233; par l'autoritarisme et les logiques n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la nature de ces r&#233;gimes &#8212; caract&#233;ris&#233;s par des formes de pouvoir fortement centralis&#233;es, des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts politico-&#233;conomiques et des logiques de pr&#233;dation &#8212; contribue &#224; fa&#231;onner les trajectoires sp&#233;cifiques du capitalisme dans la r&#233;gion, marqu&#233;es par des in&#233;galit&#233;s structurelles et une forte r&#233;pression des dynamiques d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, le r&#233;gime pr&#233;sente des caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques combinant logiques patrimoniales, autoritaires et n&#233;olib&#233;rales. Il s'appuie sur une forte centralisation du pouvoir autour de la monarchie et sur un appareil s&#233;curitaire jouant un r&#244;le d&#233;terminant dans le contr&#244;le du champ politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ressources &#233;conomiques et les positions de pouvoir politique sont &#233;troitement imbriqu&#233;es avec des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts structur&#233;s autour des rouages de l'&#201;tat, des logiques familiales et client&#233;listes. Ces m&#233;canismes favorisent des pratiques de captation et de redistribution s&#233;lective des richesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cadre, les politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales coordonn&#233;es par les institutions financi&#232;res internationales ont &#233;t&#233; accompagn&#233;es par l'octroi de privil&#232;ges, de licences et de situations de monopole &#224; des acteurs proches du pouvoir, renfor&#231;ant ainsi les in&#233;galit&#233;s et les ph&#233;nom&#232;nes de rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le d&#233;veloppement de partenariats avec le capital &#233;tranger s'inscrit souvent dans des logiques d'int&#233;gration d&#233;pendante, o&#249; certains secteurs strat&#233;giques et fortement rentables sont structur&#233;s au b&#233;n&#233;fice d'int&#233;r&#234;ts conjoints nationaux et internationaux, consolidant un capitalisme d&#233;pendant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, cette configuration s'accompagne d'une diffusion de pratiques de corruption &#224; diff&#233;rents niveaux et d'un encadrement strict des expressions politiques et sociales. Les mobilisations contestataires et les revendications d&#233;mocratiques font r&#233;guli&#232;rement l'objet de restrictions et de formes de r&#233;pression, traduisant les limites structurelles du syst&#232;me en mati&#232;re d'ouverture politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement inscrit dans une s&#233;quence de d&#233;gradation sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de GenZ 212 s'inscrit dans un contexte marqu&#233;, depuis pr&#232;s de deux d&#233;cennies, par une d&#233;gradation progressive des conditions sociales : mont&#233;e du ch&#244;mage, inflation et extension de la pr&#233;carit&#233;. Les services publics, en particulier la sant&#233; et l'&#233;ducation, connaissent une crise profonde, dans le cadre de politiques &#233;conomiques d'inspiration lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est &#233;galement aggrav&#233;e par le poids croissant de l'endettement public, qui oriente les politiques publiques vers des objectifs de stabilisation macro&#233;conomique et de remboursement du service de la dette, au d&#233;triment des d&#233;penses sociales et des investissements dans les services publics. Elle contribue ainsi &#224; renforcer les politiques d'aust&#233;rit&#233;, &#224; accentuer la fragmentation des syst&#232;mes de protection sociale et &#224; d&#233;grader les infrastructures de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les frustrations sociales accumul&#233;es, notamment parmi les jeunes g&#233;n&#233;rations, trouvent dans la mobilisation collective un espace d'expression et de contestation des choix &#233;conomiques et politiques dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le champ politique s'est progressivement referm&#233;, avec un renforcement des dispositifs de contr&#244;le et de r&#233;pression, notamment apr&#232;s le Hirak (mouvement de protestation) populaire du Rif en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant GenZ 212, plusieurs mobilisations ont travers&#233; le pays, notamment le boycott de 2018 contre la vie ch&#232;re, ainsi que des mouvements sociaux localis&#233;s portant sur des enjeux concrets tels que l'acc&#232;s &#224; l'eau potable, les conditions de sant&#233;, les infrastructures de base ou encore les services publics dans certaines r&#233;gions. S'y ajoutent des mobilisations de la classe ouvri&#232;re contre les offensives visant ses acquis sociaux, notamment les restrictions du droit de gr&#232;ve, les r&#233;formes du syst&#232;me de retraite, ainsi que la faiblesse persistante du salaire minimum l&#233;gal dans un contexte de forte augmentation des prix. Toutefois, ces dynamiques sont rest&#233;es fragment&#233;es et n'ont pas r&#233;ussi &#224; se structurer &#224; l'&#233;chelle nationale ni &#224; s'inscrire dans une coordination durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient &#233;galement de souligner l'affaiblissement des organisations de lutte (syndicales, partis de gauche progressistes, mouvements &#233;tudiants et des dipl&#244;m&#233;&#183;e&#183;s ch&#244;meur&#183;euse&#183;s &#8230;) ainsi que leur faible capacit&#233; de mobilisation unifi&#233;e. Ce vide relatif contribue &#224; une prise de distance des jeunes par rapport aux formes traditionnelles d'organisation et &#224; la recherche de nouveaux modes d'expression plus adapt&#233;s aux r&#233;alit&#233;s et aux attentes de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspectives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il connaisse actuellement un reflux net, le mouvement GenZ 212 pourrait annoncer une nouvelle phase de mobilisations sociales et politiques au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement met en &#233;vidence plusieurs dynamiques importantes : l'entr&#233;e en sc&#232;ne d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration en cours de politisation, la transformation de revendications sociales en revendications politiques, ainsi qu'une tentative de d&#233;passement de la fragmentation des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il reste confront&#233; &#224; des limites structurelles : une organisation encore fragile, un d&#233;ficit de structuration et une faible coh&#233;rence politique et organisationnelle, ainsi qu'un isolement relatif vis-&#224;-vis des secteurs organis&#233;s du monde du travail, des mouvements &#233;tudiants et des dipl&#244;m&#233;&#183;e&#183;s ch&#244;meur&#183;euse&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses perspectives d&#233;pendront de sa capacit&#233; &#224; se consolider sur le plan organisationnel, du r&#244;le que pourront jouer les syndicats dans une &#233;ventuelle convergence des luttes, et de l'aptitude des forces de gauche &#224; formuler des alternatives cr&#233;dibles aux politiques actuelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nouveau contexte de l'endettement en Afrique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-nouveau-contexte-de-l-endettement-en-Afrique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-nouveau-contexte-de-l-endettement-en-Afrique</guid>
		<dc:date>2022-06-21T07:13:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-06-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le R&#233;seau CADTM Afrique (Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes) en collaboration avec la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement ont organis&#233; une session de formation le 01 et 02 juin 2022 au Mus&#233;e national de Bamako au Mali sous le slogan &#171; renforcer les synergies sud-sud face au syst&#232;me dette, pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes et la mise en place d'alternatives &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de CADTM infolettre , le 2022-06-15 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette formation est destin&#233;e aux mouvements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-06-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-06-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton53322-715e5.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le R&#233;seau CADTM Afrique (Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes) en collaboration avec la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement ont organis&#233; une session de formation le 01 et 02 juin 2022 au Mus&#233;e national de Bamako au Mali sous le slogan &#171; renforcer les synergies sud-sud face au syst&#232;me dette, pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes et la mise en place d'alternatives &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Deux-journees-de-formation-a-Bamako-sur-la-dette-et-les-alternatives&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2022-06-15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formation est destin&#233;e aux mouvements sociaux au Mali pour une compr&#233;hension du syst&#232;me dette, ses impacts sociaux-&#233;conomiques, les alternatives possibles et comment les concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie du Covid-19 constitue une crise grave qui va entra&#238;ner le pire ralentissement &#233;conomique enregistr&#233; par l'Afrique depuis des d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a fait basculer au moins 30 millions d'Africains dans l'extr&#234;me pauvret&#233; en 2020 et 39 millions d'autres pourraient conna&#238;tre la pauvret&#233; en 2021 selonle rapportdela Banque africaine de d&#233;veloppement BAD. Cette derni&#232;re estime que l'Afrique aura besoin d'un financement additionnel de 485 milliards de dollars entre 2021 et 2023. Avec le d&#233;clenchement de la guerre de la Russie contre l'Ukraine et la hausse g&#233;n&#233;ralis&#233;e des prix, la situation sociale de la majorit&#233; des populations se d&#233;t&#233;riore et la pauvret&#233; secreuse.L'encours total de la dette africaine a atteint 842 milliards de dollars en fin 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, les paiements d'int&#233;r&#234;ts de la dette du continent ont atteint 20% des recettes fiscales des pays africains et d&#233;pass&#233; le tiers des recettes dans certains pays. La part des pays avec un risque &#233;lev&#233; ou ensurendettement est en hausse :23 pays africains sont surendett&#233;s ou menac&#233;s desurendettement en f&#233;vrier 2022 (BAD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la sous-r&#233;gion Afrique Sub-Saharienne (ASS), le ratio d'endettement est pass&#233; d'une moyenne de 33,5 % entre 2010 et 2017 &#224; 50,4 % en 2019 puis &#224; 57,3 % fin 2020. La part des cr&#233;anciers officiels bilat&#233;raux est pass&#233;e de 34 % &#224; 26 % de l'encours total entre 2009 et 2019. La part des cr&#233;anciers multilat&#233;raux a diminu&#233; de 37 % &#224; 31 %. La part des cr&#233;anciers priv&#233;s a augment&#233; de 29 % &#224; 43 % sur la m&#234;me p&#233;riode, du fait de l'augmentation de la part des dettes obligataires. Ce recours aux cr&#233;anciers priv&#233;s avec des &#233;missions principalement endollar et en euroet des taux d'int&#233;r&#234;ts relativement &#233;lev&#233;s ont contribu&#233; &#224; un rench&#233;rissement de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que la Chine, qui d&#233;tient 40 % de la dette africaine, est d&#233;sormais le premier cr&#233;ancier bilat&#233;ral en Afrique subsaharienne (ASS), avec 62 % des cr&#233;ances bilat&#233;rales en 2019 contre 3 % en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Mali,l'encours de ladette publique en fin 2021 repr&#233;sentait52% du PIBet 35,7%des recettes budg&#233;taires.Selon le bulletin statistiquel'encoursen fin 2020 &#233;tait de 4 757 milliards de francs CFA dont 2 993, 66 milliards de franc CFA de dette ext&#233;rieure et 1 763, 34 milliards de dette int&#233;rieure. Selon les statistiques publi&#233;es par la BCEAO, le Mali a &#233;mis des bons et obligations du Tr&#233;sorquiont atteint 755 milliards de francs CFA en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives du CADTM :l'annulation de la dette ill&#233;gitime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette ou syst&#232;me dette est li&#233; &#224; la question de la souverainet&#233; nationale des peuples dans sa globalit&#233; : souverainet&#233;politique, &#233;conomique, financi&#232;re, alimentaire,&#233;nerg&#233;tique, technologique &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution radicale r&#233;side dans l'annulation de la dette ill&#233;gitimeimpliquant tous les cr&#233;anciers :priv&#233;s, bilat&#233;rauxet multilat&#233;raux.La proc&#233;dure pour identifier la partie ill&#233;gitime sera bas&#233;e sur un large processus d'audit citoyen qui doit d&#233;boucher sur un acte politique souverainder&#233;pudiation de la dette. Il faudra alorspr&#233;parer les conditions d'un autre rapport de force contre les cr&#233;ancierspar des mobilisations populaires fortes, nationales, continentales et internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Mali, la revendicationaux autorit&#233;s de la transitiond'int&#233;grerla question de dettepubliquedans la future constitution malienneen s'inspirant de l'exp&#233;rience de l'&#201;quateur,n&#233;cessitera,elleaussi,un large effort de sensibilisationet mobilisation du mouvement social dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Aziki est membre du secr&#233;tariat national d'ATTAC CADTM Maroc et du secr&#233;tariat international partag&#233; du CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Microcr&#233;dits : quand les pauvres financent les riches</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Microcredits-quand-les-pauvres-financent-les-riches</link>
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		<dc:date>2017-08-22T07:58:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Fatima Zahra , Lucile Daumas, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-08-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis maintenant plus de 10 ans, Attac Cadtm Maroc s'int&#233;resse &#224; la question de la dette publique, qui constitue l'un des leviers utilis&#233;s par les Institutions financi&#232;res internationales et les gouvernements occidentaux pour faire entrer les pays du Sud &#224; marche forc&#233;e dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Les plans d'ajustement structurel mis en place au d&#233;but des ann&#233;es 1980 et les mesures d'aust&#233;rit&#233; toujours renouvel&#233;es ont des r&#233;percussions directes sur les conditions de vie des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-08-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-08-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton31613-02bb8.png?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis maintenant plus de 10 ans, Attac Cadtm Maroc s'int&#233;resse &#224; la question de la dette publique, qui constitue l'un des leviers utilis&#233;s par les Institutions financi&#232;res internationales et les gouvernements occidentaux pour faire entrer les pays du Sud &#224; marche forc&#233;e dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Les plans d'ajustement structurel mis en place au d&#233;but des ann&#233;es 1980 et les mesures d'aust&#233;rit&#233; toujours renouvel&#233;es ont des r&#233;percussions directes sur les conditions de vie des populations, en particulier dans les zones rurales et les quartiers marginaux des villes, du fait de la destruction des cultures vivri&#232;res et d'une part importante de la petite paysannerie, de l'accroissement de la pr&#233;carit&#233; du travail et du d&#233;mant&#232;lement des services publics, devenus payants pour la plupart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Mardi 15 ao&#251;t 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10 ao&#251;t par Omar Aziki , Lucile Daumas , Fatima Zahra&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, des millions de personnes sont priv&#233;es des ressources suffisantes pour subvenir &#224; leurs besoins quotidiens &#233;l&#233;mentaires, ce qui constitue un terrain favorable &#224; une expansion exponentielle du microcr&#233;dit. Aussi lorsqu'est apparu dans la r&#233;gion de Ouarzazate, dans le sud-est du Maroc, un mouvement des victimes du microcr&#233;dit, Attac Cadtm Maroc a &#233;videmment fait le lien entre la dette publique et cette forme de dette priv&#233;e et a d&#233;cid&#233; de soutenir le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2014, Attac Cadtm Maroc a organis&#233;, conjointement avec le mouvement des victimes du microcr&#233;dit de Ouarzazate, une caravane africaine de solidarit&#233;, qui est all&#233;e &#224; la rencontre des emprunteurs et emprunteuses de la r&#233;gion afin de les &#233;couter, leur apporter solidarit&#233;, possibilit&#233;s de se regrouper, de s'organiser face aux multiples probl&#232;mes rencontr&#233;s avec les institutions de microfinance (IMF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette campagne sont n&#233;es de nombreuses interrogations auxquelles nous avons essay&#233; de r&#233;pondre en r&#233;alisant une &#233;tude sur le profil des clients de la microfinance, les probl&#232;mes li&#233;s aux contrats et le r&#244;le du microcr&#233;dit dans la relation des institutions financi&#232;res avec les couches les plus d&#233;munies de la population. Nous reprenons ici quelques-unes des conclusions de cette &#233;tude |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conditions de passation des contrats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord comprendre que les institutions de microcr&#233;dit pratiquent une politique volontariste de d&#233;marchage du public cibl&#233; : celui des pauvres. Ainsi, le Fonds Jaida, rattach&#233; &#224; la Caisse de d&#233;p&#244;t et de gestion et sp&#233;cialis&#233; dans le financement des organismes de microfinance au Maroc parle d'enr&#244;lement. L'utilisation de cette terminologie militaire en dit long sur la nature des relations que les IMF tissent avec leurs clients. Comme au temps de la conscription, les IMF envoient leurs rabatteurs sur les places des villes et des villages, dans les souks, ou faire du porte &#224; porte dans les quartiers d&#233;sh&#233;rit&#233;s. Plus ils ont de clients, mieux ils sont r&#233;mun&#233;r&#233;s, et ce &#224; diff&#233;rents niveaux de la structure. La logique n'est donc pas de r&#233;pondre &#224; une demande, mais d'attirer la client&#232;le &#224; tout prix. Cela se fait au d&#233;triment des besoins r&#233;els des clients et d'une &#233;tude approfondie du dossier et des projets de chacun. C'est donc dans un contexte de forte pression que les clients &#233;ventuels sont pouss&#233;s &#224; signer, le plus rapidement possible, le contrat de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La logique est d'attirer la client&#232;le &#224; tout prix, au d&#233;triment des besoins r&#233;els et d'une &#233;tude approfondie du dossier et des projets de chacun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette client&#232;le est particuli&#232;rement vuln&#233;rable. Offrir de l'argent &#224; des personnes dans leur majorit&#233; sans revenus r&#233;guliers, en butte &#224; toutes les difficult&#233;s pour finir le mois et nourrir des familles nombreuses, analphab&#232;tes |2| et pas du tout familiaris&#233;es avec le monde de l'administration, de la banque et de la finance, en font des proies faciles pour des agents r&#233;mun&#233;r&#233;s au rendement. Dans ces conditions, des garde-fous devraient &#234;tre mis en place afin de les prot&#233;ger contre tout abus. Or c'est le contraire qui se passe et l'inexp&#233;rience des clients est mise &#224; profit pour mieux les gruger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lisibilit&#233; des contrats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de contrats est particuli&#232;rement aride et incompr&#233;hensible pour un non-sp&#233;cialiste. Que dire alors, lorsque la majorit&#233; de la client&#232;le est analphab&#232;te ou illettr&#233;e |3| ? De surcro&#238;t, ces contrats-types sont souvent r&#233;dig&#233;s en petits caract&#232;res, photocopi&#233;s &#224; plusieurs reprises, les diff&#233;rentes rubriques ne sont pas toujours renseign&#233;es, et quand elles le sont, souvent r&#233;dig&#233;es &#224; la main, d'une &#233;criture pratiquement illisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rubriques elles-m&#234;mes peuvent &#234;tre mal libell&#233;es (ainsi des frais de dossiers, peuvent &#234;tre factur&#233;s &#224; diff&#233;rents endroits du contrat, sous diff&#233;rentes appellations ; des frais d'&#171; accompagnement &#187; peuvent aussi &#234;tre pr&#233;vus sans que ne soit pr&#233;cis&#233; en quoi l'accompagnement consiste ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les taux d'int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect sans doute le plus scandaleux est l'occultation du taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuel que devra payer le d&#233;biteur. Les IMF se contentent habituellement de signifier le taux d'int&#233;r&#234;t et le montant mensuels des remboursements. Cette dissimulation du taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuel a pour effet de tromper les clients sur les taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els. Les taux d'int&#233;r&#234;ts peuvent donc para&#238;tre particuli&#232;rement bas (1,5 % &#224; 3,5 % mensuel) alors que le taux d'int&#233;r&#234;t annuel fluctue entre 30 et 35 %, parfois au-del&#224;, bien au-dessus du taux moyen d'int&#233;r&#234;t annuel appliqu&#233; dans le secteur bancaire qui fluctue entre 6 et 7 % et du taux plafond fix&#233; par la Banque du Maroc, qui se situe autour de 14 % |4|. C'est donc un v&#233;ritable taux d'usure qui est impos&#233; aux clients des IMF, qui, rappelons-le, sont des personnes d&#233;munies n'ayant de ce fait pas acc&#232;s aux pr&#234;ts bancaires courants. On fait donc payer plus cher les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF justifient ces taux par le fait que les pr&#234;ts &#233;tant petits, les frais administratifs sont importants. Or, les frais de dossier sont comptabilis&#233;s &#224; part, quand ils ne sont pas factur&#233;s en double, voire triple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conditions de remboursement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les conditions de remboursement sont proprement aberrantes. En effet, ces microcr&#233;dits sont suppos&#233;s, dans la plupart des cas, financer des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus, selon l'expression consacr&#233;e. Il faut donc, une fois le pr&#234;t accord&#233;, monter le projet, le mettre en route et d&#233;gager de quoi vivre au quotidien et rembourser l'organisme de cr&#233;dit. Cela demande du temps avant de pouvoir d&#233;gager des premi&#232;res entr&#233;es d'argent et quelques b&#233;n&#233;fices. Or le plus souvent, les remboursements commencent d&#232;s le mois suivant l'octroi du cr&#233;dit |5|. Impossible dans ces conditions de mener &#224; bien le projet. Ainsi, l'enqu&#234;te men&#233;e par Attac Cadtm Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de plus de 75 % des projets parmi l'&#233;chantillon interrog&#233;. C'est alors que commence la spirale du nonpaiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF, qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie de biens, la mise en oeuvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement mentionner la pratique du pr&#234;t dit solidaire qui consiste &#224; faire porter la responsabilit&#233; du remboursement non pas sur le seul d&#233;biteur, mais sur un groupe de personnes solidaires en cas de non-remboursement d'une personne de ce groupe. Cette pratique ajoute aux pressions exerc&#233;es par les IMC la pression exerc&#233;e par tout le groupe, au d&#233;triment du lien social et de solidarit&#233;s qui pouvait s'&#234;tre tiss&#233; entre les personnes d'un m&#234;me hameau ou d'un m&#234;me quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face, tous les moyens sont alors mis en oeuvre, depuis l'emprunt &#224; des proches, la vente de quelques biens, l'endettement multiple aupr&#232;s de diff&#233;rentes IMF. Selon notre enqu&#234;te, moins de 4 % des emprunteurs ont pu rembourser leur pr&#234;t avec les ressources obtenues gr&#226;ce &#224; l'activit&#233; financ&#233;e par cet emprunt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;sistances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribunaux rejettent les plaintes des quelques emprunteurs qui s'aventurent sur ce terrain, forts de dossiers ais&#233;ment d&#233;fendables tant il y a de vices de forme et de pratiques d&#233;lictueuses de la part des IMF. C'est ce qui s'est produit &#224; Ouarzazate lorsque plusieurs victimes de ces institutions, organis&#233;es en un mouvement structur&#233; et solidaire, ont voulu porter plainte. En revanche, ce sont les deux leaders du mouvement qui se sont retrouv&#233;s au banc des accus&#233;s, dans un proc&#232;s construit de toutes pi&#232;ces sur des dossiers mal ficel&#233;s, contradictoires. Le tribunal de Ouarzazate s'est clairement mis du c&#244;t&#233; des IMF et il aura fallu plus de trois ans de proc&#233;dures, de nombreuses mobilisations pour que les deux personnes poursuivies soient finalement acquitt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des victimes du microcr&#233;dit de Ouarzazate, soutenu par Attac Cadtm Maroc, a mobilis&#233; de fa&#231;on exemplaire les hommes et les femmes &#8211; les femmes surtout, qui ont montr&#233; une combativit&#233; et une d&#233;termination impressionnantes &#8211; tromp&#233;es et spoli&#233;es par les IMF. Il est parvenu &#224; remettre en cause, tant au niveau du Maroc qu'au plan international, o&#249; il a &#233;t&#233; fortement m&#233;diatis&#233;, le discours mystificateur des institutions de la microfinance qui, sous couvert de lutte contre la pauvret&#233;, visent en fait d'autres objectifs, et notamment &#233;tendre la bancarisation &#224; l'ensemble de la population, y compris sa fraction la plus pauvre, pour mieux &#233;tendre l'emprise des banques et mettre la main sur le peu d'argent dont ils disposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La microfinance au Maroc, vers une bancarisation des pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis des ann&#233;es, le FMI et la Banque mondiale se sont donn&#233;s pour objectif d'&#233;largir la bancarisation &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Ils se sont m&#234;me donn&#233; une date butoir : 2020. C'est pourquoi, au Maroc comme ailleurs, la r&#233;forme du syst&#232;me financier int&#232;gre l'&#233;largissement de la sph&#232;re des services bancaires pour atteindre la plus grande partie de la population, c'est ce qu'ils appellent l'inclusion financi&#232;re |6|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les tribunaux se placent syst&#233;matiquement du c&#244;t&#233; des IMF, jusqu'&#224; mettre en accusation les victimes plaignantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cet objectif, l'&#201;tat a mis en place une s&#233;rie de mesures favorisant le r&#244;le du secteur financier. Accroitre la place du microcr&#233;dit constitue l'un des moyens de cette politique. C'est la Banque mondiale, principalement via le CGAP |7|, qui accompagne l'instauration et l'&#233;volution des IMF vers leur inclusion dans la sph&#232;re bancaire au Maroc, en assurant une aide technique et financi&#232;re. Celle-ci concerne la gestion rigoureuse des activit&#233;s de ces organismes, ainsi qu'un fonctionnement permettant un rendement financier maximal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs amendements ont &#233;t&#233; apport&#233;s &#224; la loi r&#233;gissant la microfinance au Maroc. Depuis 2007, les IMF peuvent proposer des contrats d'assurance ; depuis 2012, elles peuvent se transformer en banques ou bien devenir actionnaires de banques. Dans la m&#234;me logique, Bank Al Maghrib a rectifi&#233; en janvier 2015 la loi bancaire, en pla&#231;ant ces institutions sous son contr&#244;le comme les autres institutions bancaires. Dans l'une de ses recommandations destin&#233;es au Maroc, le CGAP insiste sur les mesures permettant cette transition. L'un des obstacles r&#233;side dans le fait que les IMF sont aujourd'hui habilit&#233;es &#224; pratiquer des taux d'int&#233;r&#234;t bien sup&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les banques et au taux maximum fix&#233; par la Banque centrale. Le CGAP s'engage &#224; assurer la r&#233;ussite des strat&#233;gies permettant de lever cet obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'inclusion financi&#232;re des pauvres, un moyen pour s'enrichir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication des banques priv&#233;es dans le financement des IMF, n'est pas chose nouvelle. Au-del&#224; des dons et du financement fourni par des organismes publics nationaux et internationaux, les banques repr&#233;sentaient 80 % de financement des IMF en 2012, et cela &#233;tait d&#233;j&#224; le cas &#224; l'origine des IMF |8|. Dans son rapport annuel 1998, la fondation Zakoura |9| &#233;crivait que 75 % de son capital consacr&#233; aux microcr&#233;dits &#233;tait financ&#233; par le secteur bancaire. L'investissement des banques priv&#233;es dans la microfinance au Maroc montre la rentabilit&#233; escompt&#233;e sur ce march&#233; : d'une part, la population potentiellement concern&#233;e est estim&#233;e &#224; un million de clients ; d'autre part, le secteur est hautement lucratif : depuis leur cr&#233;ation, les organismes de microfinance ont distribu&#233; environ 50 milliards de dirhams |10|, dont la majeure partie &#233;tait destin&#233;e aux microcr&#233;dits. Si on applique le taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 33 % qui est celui pratiqu&#233; par les IMF, les clients ont d&#251; payer environ 67 milliards de dirhams (capital+ int&#233;r&#234;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, le secteur financier utilise les IMF pour atteindre la plus grande majorit&#233; de la population, y compris les plus pauvres et pouvoir ainsi avoir une mainmise sur l'ensemble de la population. Les institutions financi&#232;res internationales pr&#233;sentent cela comme une forme de lutte contre la pauvret&#233;, pauvret&#233; qu'elles ont largement contribu&#233; &#224; aggraver par leurs plans d'ajustement structurel et les diff&#233;rentes r&#233;formes du secteur financier qu'elles ont promues dans l'ensemble des pays du Sud. Mais, dans la pratique, la bancarisation des pauvres ne vise pas la satisfaction de leurs besoins, en leur accordant des services financiers. Bien au contraire, la pr&#233;carit&#233; devient un march&#233; attractif pour les investisseurs et parfaitement lucratif. Le microcr&#233;dit constitue donc un nouvel outil de transfert des richesses des pauvres vers les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Plan&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Cette &#233;tude est aujourd'hui disponible en arabe, &#1606;&#1592;&#1575;&#1605; &#1575;&#1604;&#1602;&#1585;&#1608;&#1590; &#1575;&#1604;&#1589;&#1594;&#1585;&#1609;&#1548; &#1601;&#1602;&#1585;&#1575;&#1569; &#1610;&#1605;&#1608;&#1604;&#1608;&#1606; &#1571;&#1594;&#1606;&#1610;&#1575;&#1569; . La version en fran&#231;ais est en cours de pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Il n'y a pas de statistiques officielles &#224; ce sujet, mais diff&#233;rentes &#233;tudes partielles, r&#233;alis&#233;es par les IMC, la FNAM, ou celle r&#233;alis&#233;e par Attac Maroc convergent pour dessiner un m&#234;me profil des clients de la microfinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Dans l'&#233;chantillon de l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par Attac Maroc, le pourcentage d'analphab&#232;tes d&#233;passe les 57 % et s'&#233;l&#232;ve &#224; 67 % chez les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Selon la Banque centrale &#171; Bank Al-Maghrib &#187; le taux d'int&#233;r&#234;t maximum jusqu'au 31 mars 2016 est de 14,38 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir &#224; ce sujet l'exp&#233;rience argentine d&#233;crite dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Selon les r&#233;sultats d'une &#233;tude de la Bank Al Maghrib (BAM) en collaboration avec la Banque mondiale sur l'inclusion financi&#232;re, le taux de bancarisation au Maroc a atteint 62 % au terme du premier semestre 2014. &lt;a href=&#034;http://www.challenge.ma/bank-al-mag..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.challenge.ma/bank-al-mag..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Groupe consultatif pour l'assistance aux plus pauvres, institution cr&#233;&#233;e par la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| FNAM, Le livre blanc du microcr&#233;dit au Maroc, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| La Fondation Zakoura, est une IMF fond&#233;e en 1997, qui a fusionn&#233; avec une autre association de microcr&#233;dit , &#224; cause d'une crise des impay&#233;s, voir : &lt;a href=&#034;http://moroccomicrofinanceblog.blog..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://moroccomicrofinanceblog.blog..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| &lt;a href=&#034;http://www.cm6-microfinance.ma/uplo..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cm6-microfinance.ma/uplo..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mouvement de protestation populaire dans le Rif</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-mouvement-de-protestation-populaire-dans-le-Rif</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-mouvement-de-protestation-populaire-dans-le-Rif</guid>
		<dc:date>2017-06-06T08:22:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de : entre les lignes et les mots 2017 22 27 mai &lt;br class='autobr' /&gt;
La ville d'Al Hoceima, dans la r&#233;gion du Rif au nord du Maroc a connu, le jeudi 18 mai 2017, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie et une grande marche populaire avec des dizaines de milliers de participant-e-s. Les habitant-e-s se sont mobilis&#233;-e-s massivement pour d&#233;noncer la campagne de calomnie men&#233;e par l'&#201;tat pour discr&#233;diter leur mouvement de contestation populaire qui a d&#233;but&#233; il y a plus de sept mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 26 mai 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Maroc-+" rel="tag"&gt;Maroc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton31123-c3de3.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : entre les lignes et les mots 2017 22 27 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Al Hoceima, dans la r&#233;gion du Rif au nord du Maroc a connu, le jeudi 18 mai 2017, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie et une grande marche populaire avec des dizaines de milliers de participant-e-s. Les habitant-e-s se sont mobilis&#233;-e-s massivement pour d&#233;noncer la campagne de calomnie men&#233;e par l'&#201;tat pour discr&#233;diter leur mouvement de contestation populaire qui a d&#233;but&#233; il y a plus de sept mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 26 mai 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en octobre 2016, le broyage odieux du p&#234;cheur Mohsen Fikri dans une benne &#224; ordures devant les responsables de la s&#233;curit&#233; &#224; Al Hoceima a d&#233;clench&#233; une vague de col&#232;re et plusieurs marches ont &#233;clat&#233; dans la ville, puis dans la majorit&#233; des r&#233;gions du Maroc, ainsi qu'&#224; l'&#233;tranger o&#249; sont organis&#233;s des sit-in devant les repr&#233;sentations diplomatiques marocaines dans plusieurs pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat a tent&#233; d'att&#233;nuer ce mouvement de grande ampleur en pr&#233;cipitant les proc&#233;dures judiciaires pour pr&#233;senter des boucs &#233;missaires &#224; la place des vrais responsables de la mort de Mohsen, en d&#233;clenchant les travaux dans quelques chantiers d'infrastructure et en envoyant ses repr&#233;sentants pour &#171; &#233;couter &#187; les dol&#233;ances de la population et lui promettre la mise en &#339;uvre des projets &#171; de d&#233;veloppement &#187; promis. Parall&#232;lement &#224; ces pseudo-concessions, l'&#201;tat a adopt&#233; une politique de menaces et de r&#233;pression avec des interventions polici&#232;res directes contre des formes de protestation dans certaines localit&#233;s du Rif et le recours aux baltagis, c'est-&#224;-dire des individus recrut&#233;s et encadr&#233;s par des services du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur pour s'attaquer violemment aux militant-e-s du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat a &#233;galement mobilis&#233; ses m&#233;dias et les partis politiques de la majorit&#233; gouvernementale pour lancer une campagne de d&#233;sinformation pour discr&#233;diter le mouvement de protestation populaire, en l'accusant de s&#233;paratisme, de liaison &#224; des ennemis &#233;trangers qui le contr&#244;lent et le financent, de l'ill&#233;galit&#233; de ses formes d'expression dans la rue et du caract&#232;re politique de ses revendications. Ces partis ont exig&#233; que la loi soit rigoureusement appliqu&#233;e aux &#171; personnes qui d&#233;truisent les institutions publiques, favorisent des id&#233;es subversives et cr&#233;ent des discordes dans la r&#233;gion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'&#201;tat est bien clair : criminaliser le mouvement et ses activistes et donner une l&#233;gitimit&#233; juridique et constitutionnelle &#224; une r&#233;pression sauvage qu'il pr&#233;parait depuis le d&#233;clenchement de la vague de protestation. Tout r&#233;cemment, il a d&#233;ploy&#233; un &#233;norme arsenal de r&#233;pression et a transform&#233; la ville d'Al Hoceima en une caserne militaire comprenant une multitude de forces d'intervention rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux provocations et &#224; la campagne de mensonges de l'&#201;tat, les habitants ont organis&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et une tr&#232;s grande marche pacifique &#224; Al Hoceima le 18 mai. Aucune installation publique n'a &#233;t&#233; sabot&#233;e et aucun incident de violence ou d'affrontement n'a eu lieu. Les manifestant-e-s, qui ont afflu&#233; par milliers de diff&#233;rentes zones de la r&#233;gion malgr&#233; les barrages les obstacles des services de s&#233;curit&#233;, ont exprim&#233; leur col&#232;re et leur rejet des fausses d&#233;clarations et des injures de responsables de l'&#201;tat et des partis de la majorit&#233;. Ils ont r&#233;affirm&#233; leurs revendications sociales &#233;labor&#233;es par les diff&#233;rentes coordinations populaires locales du mouvement dans les villes et les villages du Rif. Ces coordinations constituent des formes hautement d&#233;mocratiques de mobilisation et de prise de d&#233;cision collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat a tent&#233; d'isoler le Rif pour qu'il ne serve pas d'exemple &#224; d'autres r&#233;gions du Maroc qui vivent dans les m&#234;mes conditions d'appauvrissement et de marginalisation. Mais la mobilisation des Rifains a donn&#233; l'exemple que la lutte et la solidarit&#233; sont les seuls moyens d'arracher les acquis et faire face &#224; la r&#233;pression. Plusieurs formes de solidarit&#233; sont en train d'&#234;tre organis&#233;es de nouveau dans plusieurs villes pays et dans quelques pays d'Europe o&#249; vit une forte communaut&#233; Rifaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les origines du mouvement de contestation populaire au Rif sont li&#233;es &#224; l'explosion sociale de masse au Maroc &#224; partir de f&#233;vrier 2011 dans le contexte des r&#233;volutions et des soul&#232;vements populaires observ&#233;s dans la r&#233;gion arabe. Elles sont &#233;galement li&#233;es aux traditions de r&#233;sistance historique men&#233;es par Mohamed Abdelkrim Al-Khattabi contre la colonisation fran&#231;aise et espagnole qui a pu instituer une r&#233;publique &#224; la fin de l'ann&#233;e 1921 et qui a dur&#233; cinq ans. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance du Maroc, notamment de 1957 &#224; 1959, les Rifains se sont soulev&#233;s pour protester contre les politiques gouvernementales de marginalisation et de n&#233;gligence du nord du Maroc. La r&#233;volte a &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;e dans le sang par le r&#233;gime. Et depuis le Rif a &#233;t&#233; soumis &#224; un r&#233;gime militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population du Rif revendique le jugement des responsables de la mort de Mohsen ainsi que de cinq autres Rifains brul&#233;s dans une agence bancaire lors des mobilisations du 20 f&#233;vrier 2011. Elle demande &#233;galement l'abrogation de la loi qui d&#233;clare la province d'Al Hoceima une zone militaire. Les autres revendications concernent les services publics (universit&#233;s, &#233;coles, h&#244;pitaux), les infrastructures (routes), la cr&#233;ation d'emplois pour les jeunes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications mettent en lumi&#232;re les contrastes du mod&#232;le de d&#233;veloppement dict&#233; par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), la Banque mondiale, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et les gouvernements des puissances imp&#233;rialistes, qui sert les int&#233;r&#234;ts des multinationales et du grand capital local. En effet, sous couvert d'investissement, l'&#201;tat offre les secteurs rentables et les services publics aux entreprises, multiplie des subventions et des all&#232;gements fiscaux en faveur des riches, facilite l'expropriation des terres et l'accaparement des richesses par une minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endettement du pays s'accentue g&#233;n&#233;rant un service de la dette dont le paiement renforce l'aust&#233;rit&#233; pour les budgets sociaux. La nature despotique du r&#233;gime favorise la g&#233;n&#233;ralisation de la corruption et du pillage des deniers publics et la fuite des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces politiques lib&#233;rales sont support&#233;es par les couches populaires et les salari&#233;-e-s qui vivent dans la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et les conditions de vie difficiles et instables. D'o&#249; le caract&#232;re l&#233;gitime des mouvements de contestations populaires dans le Rif et dans plusieurs r&#233;gions du Maroc. Les habitants d&#233;noncent l'accaparement des richesse naturelles et produites et r&#233;clament leur r&#233;partition &#233;quitable dans le cadre d'un v&#233;ritable d&#233;veloppement local fond&#233; sur les besoins fondamentaux de la population, et sur la justice sociale, la libert&#233; et la dignit&#233;. Ce sont d'ailleurs les m&#234;mes revendications qui ont &#233;t&#233; mises en avant lors des soul&#232;vements et r&#233;volutions populaires dans toute la r&#233;gion arabe &#224; partir de 2010 et qui continuent toujours malgr&#233; la mont&#233;e des forces de la contre r&#233;volution. On peut avancer plusieurs exemples en &#201;gypte contre la chert&#233; de la vie malgr&#233; la r&#233;pression f&#233;roce, en Tunisie ou la r&#233;gion du Sud-Est est actuellement occup&#233;e par un millier de jeunes de la province de Tataouine &#224; El Kamour, le principal port des compagnies p&#233;troli&#232;res, exigeant leur part des richesses en p&#233;trole et leur priorit&#233; d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons d&#233;velopper des formes de solidarit&#233; et de lutte entre les diff&#233;rentes exp&#233;riences de la population dans notre r&#233;gion, qui porte les &#233;l&#233;ments d'espoir pour l'&#233;mancipation de nos peuples du joug du sous-d&#233;veloppement, du despotisme et de l'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 mai 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Aziki&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ATTAC CADTM Maroc-Secr&#233;tariat international partag&#233; du r&#233;seau CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site du Cadtm&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-accords-de-libre-echange-et-le-systeme-de-la-dette-constituent-les-deux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-accords-de-libre-echange-et-le-systeme-de-la-dette-constituent-les-deux</guid>
		<dc:date>2017-02-14T07:50:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton29579-03292.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie non pr&#233;caire. C'est l'un des enjeux majeurs de la nouvelle g&#233;n&#233;ration de trait&#233;s de libre-&#233;change qui compl&#232;tent le dispositif constitu&#233; par les grandes institutions internationales comme l'OMC, le FMI, la Banque mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de la dette qui op&#232;re dor&#233;navant au Nord comme au Sud est l'un des instruments cl&#233;s de la dictature exerc&#233;e par le capital sur les soci&#233;t&#233;s. Il joue un r&#244;le directement politique pour imposer le maintien de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. De concert avec les trait&#233;s de libre-&#233;change, il bloque la mise en &#339;uvre par un gouvernement de politiques alternatives permettant de sortir de la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords commerciaux n'incluent pas seulement l'organisation du commerce, mais tous les autres domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels, c'est-&#224;-dire un d&#233;mant&#232;lement de tous les syst&#232;mes locaux qui pourraient entraver l'expansion des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales des grandes puissances imp&#233;rialistes USA et UE r&#233;clament davantage d'ouverture des fronti&#232;res des pays pour r&#233;duire leurs charges de production par la d&#233;localisation, b&#233;n&#233;ficier des avantages des zones franches (flexibilit&#233; du travail, absence de syndicat, salaires bas), &#233;tendre la commercialisation des surplus de produits subventionn&#233;s, accaparer des entreprises et services publiques, accaparer des ressources, etc. Elles maintiennent les pays du Sud dans une situation de d&#233;pendance structurelle. C'est pourquoi on assiste &#224; une fr&#233;n&#233;sie des accords de libre-&#233;change entre les grandes puissances (trait&#233; commercial pour une zone de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne TAFTA ou TTIP, l'accord de libre-&#233;change entre le Canada et l'Union europ&#233;enne CETA, &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale (zone de libre &#233;change en Am&#233;rique Latine ALCA, Association des Nations de l'Asie du Sud-Est ANASE, accords de partenariat &#233;conomique APE en Afrique, ALECA en Afrique du Nord). Ces accords commerciaux coloniaux ont contribu&#233; &#224; l'accentuation des d&#233;ficits commerciaux globaux des pays du Sud et augment&#233; leur endettement. Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste. La lutte contre le syst&#232;me de la dette doit &#234;tre corr&#233;l&#233;e avec la lutte contre les accords de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-8) Nouvelle spirale d'endettement en Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-d&#233;veloppement de la majorit&#233; des pays de la r&#233;gion arabe est li&#233; au colonialisme qui a fa&#231;onn&#233; le mod&#232;le de d&#233;pendance et le manque d'industrialisation. Ces pays sont rest&#233;s des &#233;conomies exportatrices de ressources mini&#232;res, agricoles et de mer avec de faibles valeurs ajout&#233;es et li&#233;es aux fluctuations du march&#233; mondial. De nouveaux m&#233;canismes d'h&#233;g&#233;monie se sont install&#233;s apr&#232;s les ind&#233;pendances au d&#233;but des ann&#233;es 60. Ce sont principalement la dette et l'&#233;change in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes lib&#233;rales n'ont pas permis le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; et l'investissement comparativement &#224; d'autres pays du m&#234;me niveau de d&#233;veloppement au d&#233;part comme l'Inde ou l'Indon&#233;sie. C'est li&#233; &#224; la sp&#233;cificit&#233; des pouvoirs politiques qui sont des castes militaro-s&#233;curitaires d&#233;pendant de la sph&#232;re d'&#201;tat avec des r&#233;seaux familiaux mafieux et des m&#233;canismes de pr&#233;dation. Les recettes n&#233;olib&#233;rales leur permettent des attributions n&#233;potistes de toutes sortes de licences et de monopoles. Ils collaborent avec le capital &#233;tranger pour piller et dominer les secteurs d'affaires juteux. Ils g&#233;n&#233;ralisent la corruption, mais aussi la r&#233;pression de toute aspiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une vague d&#233;ferlante de soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion, &#224; partir de d&#233;cembre 2010 en Tunisie, dans un contexte de crise mondiale en 2008 et de guerres imp&#233;rialistes. Les nouveaux r&#233;gimes install&#233;s n'ont pas marqu&#233; de rupture par rapport aux dogmes n&#233;olib&#233;raux, et la d&#233;mocratie est bafou&#233;e par des r&#233;gimes int&#233;gristes ou militaires. Les grandes puissances imp&#233;rialistes et les institutions &#233;conomiques mondiales coordonnent leurs efforts pour discr&#233;diter le processus r&#233;volutionnaire, camoufler leur responsabilit&#233; directe dans l'arri&#233;ration et le pillage, garantir leurs int&#233;r&#234;ts n&#233;ocolonialistes de domination politique, et garantir la mainmise des multinationales sur les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une nouvelle mont&#233;e d'endettement de la plupart des pays de la r&#233;gion (&#201;gypte 120% du PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, Tunisie 104%, Maroc 88%) g&#233;n&#233;rant un service de la dette qui absorbe les budgets sociaux et transfert les richesses. D'o&#249; l'accentuation de la d&#233;pendance structurelle, financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire. Les masses populaires payeront la crise par un accroissement de de la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus est toujours en cours, les r&#233;sistances sociales et les luttes des peuples continuent. Les peuples sont lib&#233;r&#233;s de leur peur de r&#233;pression et d&#233;veloppent un esprit revendicatif cristallis&#233; dans la mont&#233;e de nouvelles formes de luttes dans les rues et l'inefficacit&#233; de la r&#233;pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 99.3 koOmar Aziki SG d'Attac Cadtm Maroc (au milieu), pr&#232;s du docteur Omar Marueko pr&#233;sident du parti Sadi au Mali (casquette rouge)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-9) Le syst&#232;me microfinance : les pauvres financent les riches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre &#224; la fin des ann&#233;es 70 et d&#233;but des ann&#233;es 80 ont accru le r&#244;le du secteur financier dans l'&#233;conomie. Les pauvres victimes de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; sont d&#233;sormais la cible des march&#233;s financiers par le biais du secteur de la micro-finance. Et depuis les ann&#233;es 80 le secteur de la micro-finance a &#233;t&#233; vis&#233; par les banques. Le microcr&#233;dit est utilis&#233; comme un outil au service de la bancarisation des pauvres. Il a pour objectif d'atteindre les populations qui sont hors circuits financiers. 2,7 milliards d'adultes au monde n'ont pas acc&#232;s aux services financiers de base dont la majorit&#233; sont des pauvres, et surtout des femmes qui en constituent 67%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Maroc les associations de microcr&#233;dit (AMC) se d&#233;clinent sous la forme d'associations sans but lucratif (13 associations). Mais la nouvelle loi bancaire promulgu&#233;e en 2015, permet l'&#233;largissement du champ d'activit&#233;s des institutions de micro-finance (IMF) pour investir dans d'autres produits financi&#232;re (micro-assurance, transfert d'argent&#8230;). L'enqu&#234;te d'ATTAC CADTM Maroc sur le microcr&#233;dit au Maroc (2015) fait sortir les m&#233;canismes concrets d'arnaques des femmes pauvres par les AMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives contre ces dettes ill&#233;gitimes priv&#233;es : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La cr&#233;ation d'un syst&#232;me de cr&#233;dits public sans int&#233;r&#234;t ou avec un int&#233;r&#234;t plus bas destin&#233; aux pauvres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La cr&#233;ation des emplois en augmentant les budgets d'investissement dans les secteurs publics ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t de d&#233;mant&#232;lement des services publics (&#233;ducation, sant&#233;) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La suspension du remboursement de la dette publique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'annulation des microcr&#233;dits ill&#233;gitimes ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Renationalisation des entreprises publiques et des terres agricoles privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-10) Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la pr&#233;sentatrice a mis l'accent sur les d&#233;rives des institutions de micro-finance notamment les garanties exig&#233;es par celles-ci au moment de la constitution du dossier de la demande de pr&#234;t, les taux d'int&#233;r&#234;t usuriers et le manque d'accompagnement technique et conseil aupr&#232;s des adh&#233;rentes apr&#232;s l'octroi du pr&#234;t. Les diff&#233;rentes garanties que sont les biens mobiliers et immobiliers, l'assurance vie, les frais de dossier voire m&#234;me une retenue sur le montant du pr&#234;t demand&#233; jusqu'au complet paiement, emp&#234;chent la r&#233;alisation du projet auquel le pr&#234;t est destin&#233; &#224; financer. Ces pratiques rendent ces pr&#234;ts ill&#233;gitimes et ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette probl&#233;matique, des luttes contre les d&#233;rives des institutions de micro-finance se sont mises en place notamment au Maroc et au B&#233;nin. Des &#233;tudes dans le secteur ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans d'autres pays. Des alternatives sont propos&#233;es et mises en place qui sont principalement des groupes d'&#233;pargnes pour le changement (EPC) sous l'accompagnement de Oxfam Grande Bretagne et des tontines qui sont des auto-organisations des femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en sortir, il faudra intensifier les luttes &#224; travers le monde et de promouvoir davantage les groupes EPC et les tontines qui sont des syst&#232;mes autog&#233;r&#233;s et sans garanties.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#233;tat actuel de la dette en Afrique subsaharienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-etat-actuel-de-la-dette-en-Afrique-subsaharienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-etat-actuel-de-la-dette-en-Afrique-subsaharienne</guid>
		<dc:date>2017-02-07T07:07:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse. &lt;br class='autobr' /&gt; Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton29577-86d1f.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression des subventions sur les tarifs d'&#233;lectricit&#233; et le gaz, le partenariat public-priv&#233; entra&#238;nant la privatisation &#224; outrance des services sociaux de base, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jumelle complice du FMI qu'est la Banque mondiale continue aussi &#224; d&#233;velopper son programme Doing Business pour imposer des r&#233;formes dans les politiques et programmes des gouvernements favorables aux investisseurs &#233;trangers et violant syst&#233;matiquement le droit d'acc&#232;s des communaut&#233;s &#224; la terre, &#224; l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'illustration : au Mali, le projet de loi fonci&#232;re dont la consultation a impliqu&#233; les organisations paysannes et les mouvements sociaux qui travaillent sur les th&#233;matiques fonci&#232;res et agricoles, qui comportait pendant la premi&#232;re phase de validation sociale 159 articles prenant en compte les pr&#233;occupations paysannes en mati&#232;res agricoles, a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; 49 sur imposition des bailleurs de fonds, en occurrence la Banque mondiale, afin de privil&#233;gier les investisseurs &#233;trangers au d&#233;triment de la communaut&#233; paysanne. Le classement des &#233;tats dans le cadre de l'am&#233;lioration du climat des affaires est li&#233; &#224; l'adoption par nos &#233;tats des reformes favorables aux multinationales et pi&#233;tinant le droit au d&#233;veloppement des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces offensives de la Banque mondiale et du FMI, nos &#233;tats sont en train de s'endetter sur le march&#233; international financier et sur leur march&#233; r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en novembre 2015, les emprunts souverains &#233;mis par des gouvernements africains ont atteint 5,17 milliards de dollars avec des taux variant entre 6% &#224; 10,75%. Depuis cette date, aucun eurobond n'a &#233;t&#233; &#233;mis. Ainsi, on passe des eurobonds aux &#233;missions obligataires en monnaie nationale ou r&#233;gionale avec des taux compris entre 5.5% et 6.5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet effet, les &#233;tats membres de l'UEMOA ont adopt&#233; leur calendrier d'&#233;mission de titres publics d'un montant de $1122 milliards &#224; mobiliser sur le march&#233; financier&lt;br class='autobr' /&gt; r&#233;gional au troisi&#232;me trimestre 2016. Le calendrier du troisi&#232;me trimestre pr&#233;voit des &#233;missions pour un montant total de $1122 milliards de FCFA compar&#233; &#224; un montant &#233;mis de $1115 milliards FCFA au deuxi&#232;me trimestre 2016, soit une l&#233;g&#232;re hausse de 0,63%. Au cours du troisi&#232;me trimestre, les &#233;tats membres de l'Union proc&#233;deront &#233;galement &#224; des remboursements au titre du service de la dette de march&#233; pour un montant total de $723 milliards FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat criant et paradoxal est que cependant c'est le Sud qui finance. Entre 1980 &#224; 2012, les volumes de capitaux qui ont quitt&#233; l'Afrique ont &#233;t&#233; plus importants que ceux qu'elle a re&#231;us, apprend-t-on d'un rapport publi&#233; le 5 d&#233;cembre 2016 par le Global Financial Integrity. Au total, ce sont 1712,5 milliards de dollars que le continent a perdus, soit en moyenne 78 milliards par an |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de cette situation, le rapport pointe tout d'abord les soci&#233;t&#233;s multinationales avec leurs m&#233;thodes d'optimisation et d'&#233;vasion fiscales. L'empreinte la plus forte se situe dans le domaine des industries extractives (mines et hydrocarbures) o&#249; de grands groupes qui tirent avantage des &#233;conomies d'&#233;chelle, mais r&#233;alisent surtout des montages comptables et fiscaux qui r&#233;duisent fortement la base imposable ou la quote-part des pays h&#244;tes. A cela s'ajoute la faiblesse des institutions et des administrations de ces pays qui les place en inf&#233;riorit&#233; dans les n&#233;gociations avec des multinationales beaucoup plus puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de fait nous justifie que les objectifs de d&#233;veloppement durable (ODD) sont morts-n&#233;s. Cela est confirm&#233; par la CNUCED elle-m&#234;me qui a attir&#233; l'attention sur les risques que pose la dette souveraine (celle &#233;mise par les &#233;tats sur les march&#233;s internationaux) notamment pour l'Afrique subsaharienne. &#171; Les pays d'Afrique ont accumul&#233; les dettes, alors m&#234;me que leurs capacit&#233;s &#224; les rembourser se sont r&#233;tr&#233;cies. La baisse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, la hausse du dollar et la perspective de paiements d'int&#233;r&#234;ts plus &#233;lev&#233;s rendent ces dettes plus difficiles &#224; refinancer &#187; |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNUCED, la dette souveraine ne peut pas b&#233;n&#233;ficier des mesures de protection contre la faillite ou de restructuration, comme c'est le cas pour la dette priv&#233;e. Mais m&#234;me si les actifs publics ne peuvent faire l'objet de saisies, l'incapacit&#233; de rembourser pour un pays le prive d'acc&#232;s au march&#233; des capitaux, et donc de la possibilit&#233; de faire face &#224; ses besoins de liquidit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du coup, les &#233;tats africains ne pourront pas respecter leur engagement dans le cadre de l'atteinte des ODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les rem&#232;des ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le suivi, l'analyse et la d&#233;nonciation de la situation de l'endettement des pays de l'Afrique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lutte contre les diff&#233;rentes mesures de privatisation des services publics et des infrastructures et notamment via les Partenariats public-priv&#233; (PPP) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lutte pour la d&#233;mocratie populaire et les libert&#233;s publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 96.1 koBroulaye BAGAYOKO de la CAD-Mali et Secr&#233;taire Permanent du CADTM Afrique (&#224; l'extr&#233;mit&#233; &#224; droite)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-2) Contrat dette et d&#233;veloppement (C2D)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le C2D peut appara&#238;tre comme un excellent levier en mati&#232;re de coop&#233;ration au d&#233;veloppement pour r&#233;duire la pauvret&#233; extr&#234;me de nos populations et booster nos &#233;conomies, il n'en demeure pas moins que le caract&#232;re tr&#232;s politique de celui-ci est un facteur limitant pour les pays b&#233;n&#233;ficiaires qui restent sous l'influence et le diktat de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut ajouter le caract&#232;re quasi monopolistique des entreprises fran&#231;aises qui rel&#232;guent finalement les possibilit&#233;s des entreprises nationales &#224; de simples faire valoir bons pour &#234;tre des sous-traitants,une situation qui ne saurait cr&#233;er la richesse escompt&#233;e pour r&#233;duire la pauvret&#233; en elle-m&#234;me par la r&#233;duction du ch&#244;mage et autres besoins, au lieu de chercher &#224; vaincre l'extr&#234;me pauvret&#233; qui maintiendrait nos pays dans une extr&#234;me d&#233;pendance, les &#233;loignant de l'id&#233;e de l'&#233;mergence de plus en plus galvaud&#233;e par nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes emploient tous les moyens id&#233;ologiques dont ils disposent pour identifier les institutions en leur faveur. Ainsi en est-il des institutions &#233;conomiques et politiques (les grands espaces tels que le FMI, BM, UE, France Afrique &#8230;.), les institutions judiciaires telles la cour p&#233;nale internationale ou son appendice des cours africaines qui ne jugent que les dirigeants des pays arri&#233;r&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 102.1 koAchille Ess&#233; Daouda du Forum National sur la Dette et la Pauvret&#233; (FNDP) de la C&#244;te d'Ivoire (devant le PC ouvert)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-3) C2D Camerounais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des montants en jeu et des diff&#233;rentes r&#233;alisations du C2D au Cameroun &#224; ce jour, cette initiative contribue d'une certaine mani&#232;re &#224; la relance de l'&#233;conomie du Cameroun. La trop grande implication de la France dans la gouvernance du C2D finit par annihiler cet apport appr&#233;ciable |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-4) &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie humaine devient ainsi d&#233;risoire et nos peuples subissent les crises &#233;conomiques, le ch&#244;mage, les guerres, et l'&#233;puisement des ressources vient compl&#233;ter les cons&#233;quences n&#233;fastes des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lection est-elle d&#233;mocratie et d&#233;mocratie rime-t-elle avec d&#233;veloppement ? Au regard de tout ce qui se passe et se trame en Afrique nous disons que ce n'est qu'une vue de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 95.3 koJean Marc BIKOKO de la Plateforme d'Information et d'Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun ( &#224; l'extr&#233;mit&#233; &#224; gauche)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-5) Comment s'organiser pour agir contre l'endettement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux africains se doivent d'&#234;tre cons&#233;quents puisque nos espaces de luttes commencent &#224; &#234;tre pollu&#233;s et/ou m&#234;me occup&#233;s par des organisations et des ONG, inf&#233;od&#233;es aux IFI/multinationales, qui se voilent sous l'appellation de soci&#233;t&#233; civile pour mieux violer la conscience des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marcation des mouvements sociaux engag&#233;s doit &#234;tre sans ambigu&#239;t&#233; pour &#233;viter que le peuple ne soit pris en otage par cette soci&#233;t&#233; civile bourgeoise et complice des institutions financi&#232;res internationales/r&#233;gionales et des puissances n&#233;ocoloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, face &#224; l'offensive &#224; outrance des forces imp&#233;rialistes capitalistes, les luttes des mouvements sociaux africains doivent aller dans le sens : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De se remobiliser, &#224; c&#244;t&#233; des peuples mais aussi s'allier aux autres organisations partageant les m&#234;mes convictions et d&#233;velopper une grande solidarit&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De travailler pour l'&#233;l&#233;vation du niveau de conscience et d'organisation des populations pour construire des alternatives ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'exiger l'abolition des dettes publiques sans conditions de la part des &#233;tats capitaliste et des institutions financi&#232;res internationales ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'exiger la publication des contrats accords de concession et de d&#233;noncer les conditions explicites et implicites dans ces accords et ces contrats sign&#233;s par nos &#233;tats africains avec les institutions financi&#232;res internationales ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout en d&#233;fendant les principes que sont l'anticapitalisme, l'anti-imp&#233;rialisme, l'anti-productivisme &#233;cocide, de participer avec d'autres courants et forces d&#233;mocratiques, &#224; la consolidation et l'enrichissement de la dynamique altermondialiste, dans un esprit d&#233;mocratique de respect de l'autonomie des mouvements sociaux et autres composantes de ce processus de construction d'une solidarit&#233; internationale &#233;mancipatrice pour tous/toutes et chacun-e-s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes |4|</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Effets-des-changements-climatiques-sur-l-autonomisation-des-femmes-paysannes-4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Effets-des-changements-climatiques-sur-l-autonomisation-des-femmes-paysannes-4</guid>
		<dc:date>2017-02-07T06:56:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton29580-241b4.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur vie quotidienne. Quand les gens sont oblig&#233;s de partir parce que l'endroit o&#249; ils vivent ne produit plus de nourriture &#224; cause du changement climatique, ce seront les femmes et leurs enfants qui formeront la majorit&#233; des personnes d&#233;plac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport publi&#233; par l'Oxfam en juin 2009 |5|, explique que les femmes sont les premi&#232;res victimes du changement climatique &#224; cause des r&#244;les multiples qui sont les leurs en tant que paysannes, productrices de nourriture, d'eau et de bois de chauffage, et s'occupant des enfants. Le rapport explique &#233;galement que celles du Malawi n'ont aucun pouvoir sur la prise des d&#233;cisions et que le changement climatique accentue les in&#233;galit&#233;s. Il explique en plus que l'aggravation de la pauvret&#233; augmentera la pression sur elles afin qu'elles se prostituent pour obtenir de la nourriture, ce qui &#224; son tour augmentera le risque de contamination par le virus du SIDA. L'augmentation des infections par le virus, &#224; son tour, affaiblira la capacit&#233; des populations de r&#233;sister au chaos climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet sur les populations qui vivent de la terre (paysannes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact croissant de l'agrobusiness, de la production d'agro-carburant et la vente de terres aux multinationales pour continuer &#224; extraire du p&#233;trole et d'autres richesses, sont &#224; l'origine d'une perte de terre et d'autonomie pour les petits producteurs, dont une majorit&#233; sont des femmes, souvent de communaut&#233;s indig&#232;nes. Les pesticides d&#233;truisent la production bio des petits producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes indig&#232;nes et les femmes paysannes sans terre jouent un r&#244;le central dans la d&#233;fense des &#233;cosyst&#232;mes forestiers contre les gouvernements qui veulent les vendre aux plus offrants et aux multinationales souhaitant les utiliser pour produire des agro-carburants et pour en extraire d'autres richesses comme l'eau, les bois tropicaux (&#224; croissance tr&#232;s lente) et aussi du p&#233;trole et des minerais divers. Les actions des femmes de La Via Campesina au Br&#233;sil, qui ont d&#233;truit les plantations d'eucalyptus d'Aracruz Celulosa, sont un exemple victorieux de leur r&#244;le dirigeant dans la d&#233;fense de la biosph&#232;re. Au sein de beaucoup de communaut&#233;s indig&#232;nes elles jouent &#233;galement un r&#244;le central dans la d&#233;fense des terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques alternatives &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Baisse de la consommation d'&#233;nergie par l'arr&#234;t des productions qui gaspillent, dont l'industrie de l'armement, l'industrie nucl&#233;aire, la publicit&#233;, l'expansion du transport a&#233;rien ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;duction des gaz &#224; effet de serre par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Relocalisation de la production, y compris de l'agriculture ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Arr&#234;t de l'utilisation de ressources &#233;nerg&#233;tiques dangereuses et expansion des &#233;nergies renouvelables ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Transports publics de bonne qualit&#233; et gratuits ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reboisement, que chacune de nous se donne le devoir de planter les arbres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un bon syst&#232;me de gestion et de traitement des d&#233;chets de cuisine en s&#233;parant les d&#233;chets p&#233;rissables de d&#233;chets non p&#233;rissables qui doivent &#234;tre reconditionn&#233;s ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper des projets de stockage du CO2 ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement de taxes sur le climat par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement de taxe carbone par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Utilisation de l'&#233;nergie solaire ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement des frais Climat aux pays qui jouent un r&#244;le important dans la r&#233;gulation du climat, aux pays comme la RDC, notre pays, disposant de for&#234;ts qui capturent une quantit&#233; importante de gaz carbonique ou CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous autour de la femme rurale en &#233;veillant sa conscience, en la sensibilisant sur les fangeux qui la guettent en rapport avec les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons &#224; notre mani&#232;re le reboisement en plantant les arbres, g&#233;rer les d&#233;chets en plastique, les sachets. Obligeons nos &#201;tats &#224; fermer des entreprises de production des sachets o&#249; &#224; cr&#233;er les m&#233;canismes de gestions des sachets et plastiques pour arr&#234;ter de d&#233;truire notre terre et r&#233;glementer notre climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigeons la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble et unis nous pouvons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport sur la 12e &#233;dition du Forum des Peuples du Mali &#224; Ou&#233;less&#233;bougou les 7 et 8 janvier 2017 Sommet Alternatif Citoyen au 27e Sommet Afrique-France</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du-Forum-des-Peuples-du-Mali-a-Ouelessebougou-les-7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du-Forum-des-Peuples-du-Mali-a-Ouelessebougou-les-7</guid>
		<dc:date>2017-01-31T07:42:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 7 au 8 janvier 2017 s'est tenue &#224; Ouelessebougou (environ 80 km de Bamako) la 12e &#233;dition du Forum des Peuples sous le Th&#232;me &#171; les peuples du sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat &#233;conomique, social et s&#233;curitaire entre la France et les &#201;tats africains &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Organis&#233;e par la CAD-Mali en collaboration avec d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile malienne en contrepoint au 27e Sommet Afrique-France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi est-il indispensable de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton29525-e17dc.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 7 au 8 janvier 2017 s'est tenue &#224; Ouelessebougou (environ 80 km de Bamako) la 12e &#233;dition du Forum des Peuples sous le Th&#232;me &#171; les peuples du sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat &#233;conomique, social et s&#233;curitaire entre la France et les &#201;tats africains &#187; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;e par la CAD-Mali en collaboration avec d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile malienne en contrepoint au 27e Sommet Afrique-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi est-il indispensable de s'opposer au Sommet France-Afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but principal de ce Sommet France-Afrique est de chercher &#224; &#171; int&#233;grer &#187; davantage l'Afrique dans la mondialisation capitaliste et &#224; faciliter l'acc&#232;s des multinationales du Nord aux ressources du continent africain et en particulier les entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, le Sommet France-Afrique est-il plus destin&#233; &#224; trouver des issus au capitalisme en profonde crise avec les ressources et les populations africaines qu'&#224; promouvoir le d&#233;veloppement de l'Afrique. Cette convoitise de la France explique largement la multiplication des interventions militaires, sous le couvert d'interventions humanitaires et de r&#233;solution de conflits, foment&#233;es par des forces ext&#233;rieures contre des pays strat&#233;giques et pour la d&#233;stabilisation permanente de r&#233;gions enti&#232;res du continent qui regorgent de ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul et unique objectif de ces agressions imp&#233;rialistes, d&#233;guis&#233;es sous des buts &#171; humanitaires &#187;, est de contr&#244;ler les ressources de l'Afrique et s&#233;curiser des bases militaires. La crise du Mali et la prolif&#233;ration des groupes djihadistes en Afrique de l'Ouest sont le r&#233;sultat direct de cette agression des pays occidentaux contre la Libye. Et ce sont ceux qui sont les responsables de cette situation qui se pr&#233;sentent maintenant en &#171; sauveurs &#187; du Mali et en &#171; protecteurs &#187; contre les djihadistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;stabilisation des pays africains et l'approfondissement de la crise &#233;conomique servent les desseins des entreprises multinationales du Nord qui s'activent ainsi pour accaparer les terres aux paysans et contr&#244;ler les ressources naturelles du continent, comme l'eau, les ressources mini&#232;res, halieutiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1994 et sous l'impulsion de nombreuses organisations fran&#231;aises et africaines, des rencontres citoyennes se tiennent en marge des sommets africains organis&#233;s sur le sol fran&#231;ais. Ces rencontres ont pour objectif de rappeler que les relations franco-africaines ne doivent pas &#234;tre une simple clause de style, de formules diplomatiques convenues, ni m&#234;me un forum d'ali&#233;nation et de subordination. Elles donnent l'occasion de formuler des revendications concr&#232;tes et instaurer des coordinations pour lutter contre la dette, la coop&#233;ration militaire des bellig&#233;rants, les accords commerciaux coloniaux, la chasse aux migrants, et pour les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Sommet Alternatif Citoyen a permis de cr&#233;er un espace alternatif populaire pour la mobilisation, la r&#233;flexion et l'organisation de tous les mouvements sociaux qui s'opposent aux politiques qui renforcent le n&#233;olib&#233;ralisme et l'h&#233;g&#233;monie des march&#233;s. Il d&#233;noncera les r&#233;seaux de connivence, les porteurs de valise, les sectes mafieuses et les oligarchies financi&#232;res qui instrumentalisent les relations entre nos peuples, organisent des &#233;lections truqu&#233;es, bloquent les sanctions populaires, cr&#233;ent l'instabilit&#233; politique et les violences et &#233;rigent la corruption en mode de gestion politique et &#233;conomique dans nos &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce Sommet Alternatif Citoyen se veut un espace de r&#233;sistance au n&#233;ocolonialisme, au n&#233;o-lib&#233;ralisme et &#224; la d&#233;mocratie tropicalis&#233;e, de construction d'alternatives pour un autre sommet Afrique France des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I) C&#233;r&#233;monie d'ouverture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 janvier 2017 sur l'espace public &#224; c&#244;t&#233; du march&#233; de Ou&#233;less&#233;bougou a lieu la c&#233;r&#233;monie d'ouverture en pr&#233;sence des ressortissants de Ou&#233;less&#233;bougou, avec &#224; leur t&#234;tes les plus hautes autorit&#233;s traditionnelles, administratives et politiques. On comptait aussi la pr&#233;sence des mouvements sociaux venus d'Afrique et d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mass-medias, notamment certaines t&#233;l&#233;visions nationales et internationales soutenues par quelques quotidiens nationaux pour couvrir l'&#233;v&#233;nement durant les deux jours que cela a dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants ont eu droit &#224; six allocutions &#233;manant respectivement du Chef de village de Ou&#233;less&#233;bougou, du Maire de la Commune Rurale de Ou&#233;less&#233;bougou, du Pr&#233;sident du Forum des Organisations de la Soci&#233;t&#233; Civile du Mali (FOSC), du Pr&#233;sident de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et d&#233;veloppement (CAD-Mali), du Sous-pr&#233;fet de Ou&#233;less&#233;bougou au nom de sa hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestions culturelles anim&#233;es par les chasseurs, le groupe local &#171; th&#233;&#226;trale de Ou&#233;less&#233;bougou d&#233;nomm&#233; GONBADEW &#187; et la troupe &#171; Jiguiya &#187; ont servi d'interm&#232;des entre les diff&#233;rentes allocutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie &#233;tait Nouhoum KEITA journaliste &#224; la Radio Kayira de Bamako, une radio alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des intervenants a salu&#233; la tenue du Forum des Peuples &#224; Ou&#233;less&#233;bougou pour la premi&#232;re fois, ils n'ont pas manqu&#233; de mettre l'accent sur les politiques fran&#231;africaines qui entravent le d&#233;veloppement social et &#233;conomique du continent africain, les difficult&#233;s des paysans, notamment dans les zones rurales caract&#233;ris&#233;es aujourd'hui partout au Mali par l'accaparement des terres, les conditions difficiles et parfois inhumaines de l'agriculture, de la d&#233;t&#233;riorations des conditions de vie des populations qui manquent d'&#233;coles, des centres de sant&#233;, de la paix et la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident de la CAD-Mali est all&#233; dans le m&#234;me sens que la Troupe Jiguiya qui a fustig&#233; l'inertie du continent africain aux politiques fran&#231;africaines. Sujet que Oumar MARIKO, chef du parti de la Solidarit&#233; africaine pour la d&#233;mocratie et l'ind&#233;pendance (Sadi,) d&#233;veloppera en d&#233;tail dans le panel relatif &#224; la fran&#231;afrique avec comme th&#232;me : &#171; Fran&#231;afrique : Quels partenariats strat&#233;giques pour l'Afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie d'ouverture a pris fin avec la visite des stands du March&#233; des Peuples. Faut-il rappeler que le &#171; March&#233; des Peuples &#187; est une initiative originale des organisateurs du Forum des Peuples comme outil d'&#233;ducation populaire. C'est un march&#233; destin&#233; &#224; valoriser les savoirs faire des producteurs locaux. Il se formalise par la pr&#233;sence de commer&#231;ants et de tradith&#233;rapeutes venus exposer et vendre des produits consommables ou artisanaux de leur r&#233;gion. Ces produits sont fabriqu&#233;s seulement avec des mati&#232;res locales et vendus &#224; un prix permettant aux producteurs et artisans de vivre correctement de leur travail. Ce march&#233; est essentiel pour promouvoir les produits locaux ainsi que la m&#233;decine traditionnelle mais &#233;galement pour sensibiliser les commer&#231;ants et les consommateurs sur une autre fa&#231;on de consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II) Actions men&#233;es contre ce sommet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers se sont tenus le dimanche 8 janvier 2017 avant la cl&#244;ture du Forum dans l'apr&#232;s-midi, avec la lecture de la D&#233;claration de la 12e &#233;dition du Forum des Peuples Ou&#233;less&#233;bougou 2017 et de sa remise au sous-pr&#233;fet dans ses locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cases th&#233;matiques sont entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 1 : Fran&#231;afrique : Quels partenariats strat&#233;giques pour l'Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 2 : Paix et s&#233;curit&#233; en Afrique : Quelles alternatives &#224; l'installation des bases &#233;trang&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 3 : La monnaie comme levier de d&#233;veloppement &#233;conomique : Quelles alternatives au Francs CFA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 4 : Mouvements sociaux : &#201;tat des lieux, comment mieux s'organiser pour agir contre l'endettement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 5 : Industrialisation du continent africain : Quelles Strat&#233;gies pour le d&#233;veloppement industriel, &#233;nerg&#233;tique et commercial du continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 6 : &#201;lections D&#233;mocratie et d&#233;veloppement en Afrique : Enjeux et d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 7 : Gouvernance durable des Ressources naturelles (mines, for&#234;ts, eau, terre&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 8 : Agriculture, quelles strat&#233;gies pour la souverainet&#233; alimentaires du continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 9 : D&#233;centralisation, r&#233;gionalisation et gouvernance locale en Afrique : Enjeux et d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 10 : &#201;ducation et Formation professionnelle pour quels emplois en Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 11 : N&#233;ocolonialisme et r&#233;alit&#233;s Migration-Diaspora-D&#233;veloppement et l'avenir de espaces d'Int&#233;gration sous r&#233;gionaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 12 : Financement des Services Sociaux de Base (Education, Eau/Hygi&#232;ne/Assainissement), quels impacts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation du CADTM a contribu&#233; activement &#224; la r&#233;ussite de ce forum par ses pr&#233;sentations, discussions et mod&#233;rations, et &#224; la r&#233;daction de la d&#233;claration finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications du CADTM Afrique dans ces actions ont port&#233; sur les th&#232;mes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dette et Audit de la Dette en Afrique du Nord, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les Accords de libre-&#233;change en Afrique du Nord, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le syst&#232;me de Microcr&#233;dit au Maroc, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les Contrats de D&#233;sendettement et de D&#233;veloppement (C2D) en C&#244;te d'Ivoire et au Cameroun, anim&#233; respectivement par Achille Ess&#233; Daouda du FNDP de la C&#244;te d'Ivoire et Jean Marc BIKOKO de la Plateforme d'Information et d'Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique, anim&#233; par Achille Ess&#233; Daouda du Forum National sur la Dette et la Pauvret&#233; (FNDP) de la C&#244;te d'Ivoire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Contr&#244;le citoyen de l'action publique par les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, anim&#233; par Madame Yvonne Ngoyi YAKABWE de l'Union des Femmes pour la Dignit&#233; Humaine (UFDH) en R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes, anim&#233; par Madame Yvonne Ngoyi YAKABWE de l'Union des Femmes pour la Dignit&#233; Humaine (UFDH) en R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit, anim&#233; par Madame TAMADAHO Dossi Emilie ATCHAKA du Coalition des Associations pour le D&#233;veloppement Durable (CADD) au B&#233;nin ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Dette en Afrique subsaharienne, anim&#233; par Issa KAMISSOKO de la Coalition des Alternatives Dette et D&#233;veloppement au Mali (CAD-Mali) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Mouvements sociaux : comment s'organiser pour agir contre l'endettement, anim&#233; par Adama SOUMARE du CADTM S&#233;n&#233;gal ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le Franc CFA et la Pauvret&#233; en Afrique, anim&#233; par Broulaye BAGAYOKO de la CAD-Mali et Secr&#233;taire Permanent du CADTM Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III) Synth&#232;se de ces interventions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-1) L'&#233;tat actuel de la dette en Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression des subventions sur les tarifs d'&#233;lectricit&#233; et le gaz, le partenariat public-priv&#233; entra&#238;nant la privatisation &#224; outrance des services sociaux de base, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jumelle complice du FMI qu'est la Banque mondiale continue aussi &#224; d&#233;velopper son programme Doing Business pour imposer des r&#233;formes dans les politiques et programmes des gouvernements favorables aux investisseurs &#233;trangers et violant syst&#233;matiquement le droit d'acc&#232;s des communaut&#233;s &#224; la terre, &#224; l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'illustration, au Mali, le projet de loi fonci&#232;re dont la consultation a impliqu&#233; les organisations paysannes et les mouvements sociaux qui travaillent sur les th&#233;matiques fonci&#232;res et agricoles, comportait pendant la premi&#232;re phase de validation sociale 159 articles prenant en compte les pr&#233;occupations paysannes en mati&#232;res agricoles, a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; 49 sur imposition des bailleurs de fonds, en occurrence la Banque mondiale, afin de privil&#233;gier les investisseurs &#233;trangers au d&#233;triment de la communaut&#233; paysanne. Le classement des &#201;tats dans le cadre de l'am&#233;lioration du climat des affaires est li&#233; &#224; l'adoption par nos &#201;tats des reformes favorables aux multinationales et pi&#233;tinant le droit au d&#233;veloppement des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces offensives de la Banque mondiale et du FMI, nos &#201;tats sont en train de s'endetter sur le march&#233; international financier et sur leur march&#233; r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en novembre 2015, les emprunts souverains &#233;mis par des gouvernements africains ont atteint 5,17 milliards de dollars avec des taux varient entre 6% &#224; 10,75%. Depuis cette date, aucun eurobond n'a &#233;t&#233; &#233;mis. Ainsi, on passe des eurobonds aux &#233;missions obligataires en monnaie nationale ou r&#233;gionale avec des taux compris entre 5.5% et 6.5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet effet, les &#201;tats membres de l'UEMOA ont adopt&#233; leur calendrier d'&#233;mission de titre public d'un montant de 1122 milliards &#224; mobiliser sur le march&#233; financier r&#233;gional au troisi&#232;me trimestre 2016. Le calendrier du troisi&#232;me trimestre pr&#233;voit des &#233;missions pour un montant total de 1122 milliards de FCFA compar&#233; &#224; un montant &#233;mis de 1115 milliards FCFA au deuxi&#232;me trimestre 2016, soit une l&#233;g&#232;re hausse de 0,63%. Au cours du troisi&#232;me trimestre, les &#201;tats membres de l'Union proc&#233;deront &#233;galement &#224; des remboursements au titre du service de la dette de march&#233; pour un montant total de 723 milliards FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat criard et paradoxal est que cependant c'est le Sud qui finance. Entre 1980 &#224; 2012, les volumes de capitaux qui ont quitt&#233; l'Afrique ont &#233;t&#233; plus importants que ceux qu'elle a re&#231;us, apprend-t-on d'un rapport publi&#233; le 5 d&#233;cembre 2016 par le Global Financial Integrity. Au total, ce sont 1712,5 milliards de dollars que le continent a perdus, soit en moyenne 78 milliards par an |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de cette situation, le rapport pointe tout d'abord les soci&#233;t&#233;s multinationales avec leurs m&#233;thodes d'optimisation et d'&#233;vasion fiscales. L'empreinte la plus forte se situe dans le domaine des industries extractives (mines et hydrocarbures) o&#249; de grands groupes qui tirent avantage des &#233;conomies d'&#233;chelle, mais r&#233;alisent surtout des montages comptables et fiscaux qui r&#233;duisent fortement la base imposable ou la quote-part des pays h&#244;tes. A cela s'ajoute la faiblesse des institutions et des administrations de ces pays qui les place en inf&#233;riorit&#233; dans les n&#233;gociations avec des multinationales beaucoup plus puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de fait nous justifie que les objectifs de d&#233;veloppement durable (ODD) sont morts-n&#233;s. Cela est confirm&#233; par la CNUCED elle-m&#234;me qui a attir&#233; l'attention sur les risques que pose la dette souveraine (celle &#233;mise par les &#201;tats sur les march&#233;s internationaux) notamment pour l'Afrique subsaharienne. &#171; Les pays d'Afrique ont accumul&#233; les dettes, alors m&#234;me que leurs capacit&#233;s &#224; les rembourser se sont r&#233;tr&#233;cies. La baisse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, la hausse du dollar et la perspective de paiements d'int&#233;r&#234;ts plus &#233;lev&#233;s rendent ces dettes plus difficiles &#224; refinancer &#187; |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNUCED, la dette souveraine ne peut pas b&#233;n&#233;ficier des mesures de protection contre la faillite ou de restructuration, comme c'est le cas pour la dette priv&#233;e. Mais m&#234;me si les actifs publics ne peuvent faire l'objet de saisie, l'incapacit&#233; &#224; rembourser pour un pays le prive d'acc&#232;s au march&#233; des capitaux, et donc de la possibilit&#233; de faire face &#224; ses besoins de liquidit&#233;s. Du coup, les &#201;tats africains ne pourront pas respecter leur engagement dans le cadre de l'atteinte des ODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les rem&#232;des ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le suivi, l'analyse et la d&#233;nonciation de la situation de l'endettement des pays de l'Afrique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte contre les diff&#233;rentes mesures de privatisation des services publiques et des infrastructures et notamment via les Partenariats public-priv&#233; (PPP) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte pour la d&#233;mocratie populaire et les libert&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-2) Contrat dette et d&#233;veloppement (C2D)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le C2D peut appara&#238;tre comme un excellent levier en mati&#232;re de coop&#233;ration au d&#233;veloppement pour r&#233;duire la pauvret&#233; extr&#234;me de nos populations et booster nos &#233;conomies, il en demeure pas moins que le caract&#232;re tr&#232;s politique de celui-ci soit un facteur limitant pour les pays b&#233;n&#233;ficiaires qui restent sous l'influence et le diktat de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut relever le caract&#232;re quasi monopolistique des entreprises fran&#231;aises qui rel&#232;guent finalement les possibilit&#233;s des entreprises nationales &#224; de simples fait valoir bons pour &#234;tre des sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation qui ne saurait cr&#233;er la richesse escompt&#233;e pour r&#233;duire la pauvret&#233; en elle-m&#234;me par la r&#233;duction du ch&#244;mage et autres besoins, au lieu de chercher &#224; vaincre l'extr&#234;me pauvret&#233; qui maintiendrait nos pays dans une extr&#234;me d&#233;pendance les &#233;loignant de l'id&#233;e de l'&#233;mergence de plus en plus galvaud&#233;e par nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes emploient tous les moyens id&#233;ologiques dont ils disposent pour identifier les institutions en leur faveur. Ainsi en est-il des institutions &#233;conomiques et politiques (les grands espaces tels que le FMI, BM, UE, France Afrique &#8230;.), les institutions judiciaires telles la cour p&#233;nale internationale ou son appendice des cours africaines qui ne jugent, que les dirigeants des pays arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-3) C2D Camerounais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des montants en jeu et des diff&#233;rentes r&#233;alisations du C2D au Cameroun &#224; ce jour, cette initiative contribue d'une certaine mani&#232;re &#224; la relance de l'&#233;conomie du Cameroun. La trop grande implication de la France dans la gouvernance du C2D finit par annihiler cet apport appr&#233;ciable |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-4) &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie humaine devient ainsi d&#233;risoire et nos peuples subissent les crises &#233;conomiques, le ch&#244;mage, les guerres et l'&#233;puisement des ressources vient cl&#244;turer les cons&#233;quences n&#233;fastes des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lection est-elle d&#233;mocratie et d&#233;mocratie rime-t-elle avec d&#233;veloppement ? Au regard de tout ce qui se passe et se trame en Afrique nous disons que ce n'est qu'une vue de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-5) Comment s'organiser pour agir contre l'endettement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux africains se doivent d'&#234;tre cons&#233;quents puisque nos espaces de luttes commencent &#224; &#234;tre pollu&#233;s et/ou m&#234;me occup&#233;s par des organisations et des ONG, inf&#233;od&#233;es aux IFI/multinationales, qui se voilent sous l'appellation de Soci&#233;t&#233; Civile pour mieux violer la conscience des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marcation, des mouvements sociaux engag&#233;s, doit &#234;tre sans ambigu&#239;t&#233; pour &#233;viter que le peuple ne soit pris en otage par cette soci&#233;t&#233; civile bourgeoise et complice des institutions financi&#232;res internationales/r&#233;gionale et des puissances n&#233;ocoloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, face &#224; l'offensive &#224; outrance des forces imp&#233;rialistes capitalistes, les luttes des mouvements sociaux africains doivent aller dans le sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De se remobiliser, &#224; c&#244;t&#233; des Peuples mais aussi s'allier aux autres organisations partageant les m&#234;mes convictions et d&#233;velopper une grande solidarit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De travailler pour l'&#233;l&#233;vation du niveau de conscience et d'organisation des populations pour construire des alternatives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'exiger l'abolition des dettes publiques sans conditions de la part des &#201;tats capitaliste et des institutions financi&#232;res internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'exiger la publication des contrats accords de concession et de d&#233;noncer les conditions explicites et implicites dans ces accords et ces contrats sign&#233;s par nos &#201;tats africains avec les institutions financi&#232;res internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout en d&#233;fendant les principes que sont l'anticapitalisme, l'anti-imp&#233;rialisme, l'anti-productivisme &#233;cocide, de participer avec d'autres courants et forces d&#233;mocratiques, &#224; la consolidation et l'enrichissement de la dynamique altermondialiste, dans un esprit d&#233;mocratique, de respect de l'autonomie des mouvements sociaux et autres composantes de ce processus de construction d'une solidarit&#233; internationale &#233;mancipatrice pour tous/toutes et chacun-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-6) Le Franc CFA : analyses du CADTM Afrique et propositions d'alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme du Franc CFA constitue un outil d'aggravation de crise de la dette et d'appauvrissement des peuples africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sur&#233;valuation du franc CFA r&#233;duit les recettes des exportations africaines deux fois au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, les exportations africaines devenus moins comp&#233;titives &#224; cause du FCFA sur&#233;valu&#233; perdent des parts significatives de leurs march&#233;s &#233;trangers au profit de leurs concurrents mondiaux. Deuxi&#232;mement, les Africains perdent beaucoup d'argent lorsque leurs recettes d'exportation sont converties en euros. Par exemple, leur recette d'exportation de 1 500 000 000 de dollars &#233;quivalent &#224; 1 500 000 000 d'euros si un euro est &#233;gal &#224; un dollar. En revanche, cette m&#234;me recette d'exportation se r&#233;duit &#224; 1 000 000 000 d'euros lorsque l'euro s'appr&#233;cie et s'&#233;change &#224; 1,5 dollar. On constate ici une perte de change s&#233;rieuse des africains de 500 000 000 de dollars correspondent &#224; 250 milliards de francs CFA. Cela veut dire que si l'euro vaut demain le double de la devise am&#233;ricaine, les revenus d'exportation des africains seront amput&#233;s automatiquement de leur moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomisation de la dette ext&#233;rieure des PAZF par la fixit&#233; de parit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; l'euro est plus faible que le dollar, la dette africaine en dollar augmente m&#233;caniquement et en toute autonomie, sans un emprunt suppl&#233;mentaire contract&#233; par l'Afrique. On dit que la dette africaine s'autonomise. Les Pays de la zone franc (PAZF) sont donc perdants avec un euro plus faible que le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : Soit une dette africaine de 100 milliards de dollars :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Si 1$ = 1&#8364;, alors 100 milliards de dollars de dette = 100 milliards d'euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Mais si 1$= 1,25 euro ou si 1 euro =0,80 dollar alors la dette africaine devient 125 milliards d'euros car on aura 100 milliards de dollars *1,25 euros =125 milliards d'euros &#224; payer par l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences majeures &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France dit aux Africains d'exporter les mati&#232;res premi&#232;res dont elle a besoin pour 100 millions d'euros par exemple. Lorsque les Africains ont export&#233;, au lieu de les payer, la France prend son stylo et &#233;crit un signe PLUS dans le compte. Elle ne d&#233;bourse aucune devise. Or si ce sont les Nig&#233;rians ou les Ghan&#233;ens qui exportent, la France est oblig&#233;e de sortir 100 millions d'euros des coffres forts pour les payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France se sert pour combler son d&#233;ficit budg&#233;taire ou pour amortir, c'est-&#224;-dire payer sa dette. Si un dirigeant de la zone CFA n'ob&#233;it plus aux ordres de la France, elle bloque ses r&#233;serves de devises en fermant les banques et cela pousse la population &#224; se rebeller contre le dirigeant. C'est ce qui s'est pass&#233; avec Gbagbo, ne pouvant plus prendre des devises &#224; la France, il a d&#233;cid&#233; de cr&#233;er la monnaie ivoirienne et &#224; partir de l&#224;, la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise pour le bombarder. Par ce principe, il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stock&#233;s au Tr&#233;sor public, soit plus de 12 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France utilise les int&#233;r&#234;ts financiers africains pour endetter les Africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : 12000 milliards plac&#233;s &#224; 3% rapportent 360 milliards d'int&#233;r&#234;ts que la France pr&#234;te aux Africains en partie ou en totalit&#233; au taux exorbitant sup&#233;rieur &#224; 5%. Pas plus tard que le 19 juillet 2016, le B&#233;nin a emprunt&#233;, sous forme d'&#233;mission obligataire, la somme de 35 milliards au taux de 5,28%. La derni&#232;re sortie du Togo sur le march&#233; international a &#233;t&#233; faite au taux de 6,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette recolonisation mon&#233;taire de l'Afrique, le CADTM Afrique r&#233;clame :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La cr&#233;ation d'une monnaie unique africaine (MUA) comme recommand&#233; par le Professeur Nicolas Agbohou dans son livre intitul&#233; &#171; le franc CFA et l'Euro contre l'Afrique &#187; Il est donc possible juridiquement d'abandonner unilat&#233;ralement le Franc CFA comme l'ont fait le Maroc (en 1957), la Tunisie (en 1958), l'Alg&#233;rie (en 1963), le Mali (en 1962), la Mauritanie (en 1975) et tant d'autres pays ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La renationalisation de toutes les soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es sous la pression du FMI et la Banque mondiale et contre les int&#233;r&#234;ts des Africains ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'affirmation de la souverainet&#233; nationale sur l'&#233;conomie selon la r&#233;solution de l'ONU. n&#176; 1803 suivante : la souverainet&#233; permanente des peuples et des nations sur leurs richesses et ressources naturelles ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cr&#233;ation d'une banque du Sud g&#233;r&#233;e et contr&#244;l&#233;e par les africains sans aucune implication de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation, l'expropriation ou la r&#233;quisition devront se fonder sur des raisons ou des motifs d'utilit&#233; publique, de s&#233;curit&#233; ou d'int&#233;r&#234;t national, reconnus comme primant les simples int&#233;r&#234;ts particuliers ou priv&#233;s, tant nationaux qu'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-7) Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie non pr&#233;caire. C'est l'un des enjeux majeurs de la nouvelle g&#233;n&#233;ration de trait&#233;s de libre-&#233;change qui compl&#232;tent le dispositif constitu&#233; par les grandes institutions internationales comme l'OMC, le FMI, la Banque mondiale. Le syst&#232;me de la dette qui op&#232;re dor&#233;navant au Nord comme au Sud est l'un des instruments cl&#233;s de la dictature exerc&#233;e par le capital sur les soci&#233;t&#233;s. Il joue un r&#244;le directement politique pour imposer le maintien de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. De concert avec les trait&#233;s de libre-&#233;change, il bloque la mise en &#339;uvre par un gouvernement de politiques alternatives permettant de sortir de la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords commerciaux n'incluent pas seulement l'organisation du commerce, mais tous les autres domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels, c'est-&#224;-dire un d&#233;mant&#232;lement de tous les syst&#232;mes locaux qui pourraient entraver l'expansion des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales des grandes puissances imp&#233;rialistes USA et UE r&#233;clament davantage d'ouverture des fronti&#232;res des pays pour r&#233;duire leurs charges de production par la d&#233;localisation, b&#233;n&#233;ficier des avantages des zones franches (flexibilit&#233; du travail, absence de syndicat, salaires bas), &#233;tendre la commercialisation des surplus de produits subventionn&#233;s, accaparer des entreprises et services publiques, accaparer des ressources, etc. Elles maintiennent les pays du Sud dans une situation de d&#233;pendance structurelle. C'est pourquoi on assiste &#224; une fr&#233;n&#233;sie des accords de libre-&#233;change entre les grandes puissances (trait&#233; commercial pour une zone de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne TAFTA ou TTIP, l'accord de libre-&#233;change entre le Canada et l'Union europ&#233;enne CETA, &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale (zone de libre &#233;change en Am&#233;rique Latine ALCA, Association des Nations de l'Asie du Sud-Est ANASE, accords de partenariat &#233;conomique APE en Afrique, ALECA en Afrique du Nord). Ces accords commerciaux coloniaux ont contribu&#233; &#224; l'accentuation des d&#233;ficits commerciaux globaux des pays du Sud et augment&#233; leur endettement. Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste. La lutte contre le syst&#232;me de la dette doit &#234;tre corr&#233;l&#233;e avec la lutte contre les accords de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-8) Nouvelle spirale d'endettement en Afrique du Nord&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-d&#233;veloppement de la majorit&#233; des pays de la r&#233;gion arabe est li&#233; au colonialisme qui a fa&#231;onn&#233; le mod&#232;le de d&#233;pendance et le manque d'industrialisation. Ces pays sont rest&#233;s des &#233;conomies exportatrices de ressources mini&#232;res, agricoles et de mer avec de faibles valeurs ajout&#233;es et li&#233;es aux fluctuations du march&#233; mondial. De nouveaux m&#233;canismes d'h&#233;g&#233;monie se sont install&#233;s apr&#232;s les ind&#233;pendances au d&#233;but des ann&#233;es 60. Ce sont principalement la dette et l'&#233;change in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes lib&#233;rales n'ont pas permis le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; et l'investissement comparativement &#224; d'autres pays du m&#234;me niveau de d&#233;veloppement au d&#233;part comme l'Inde ou l'Indon&#233;sie. C'est li&#233; &#224; la sp&#233;cificit&#233; des pouvoirs politiques qui sont des castes militaro-s&#233;curitaires d&#233;pendant de la sph&#232;re d'&#201;tat avec des r&#233;seaux familiaux mafieux et des m&#233;canismes de pr&#233;dation. Les recettes n&#233;olib&#233;rales leur permettent des attributions n&#233;potistes de toutes sortes de licences et de monopoles. Ils collaborent avec le capital &#233;tranger pour piller et dominer les secteurs d'affaires juteux. Ils g&#233;n&#233;ralisent la corruption, mais aussi la r&#233;pression de toute aspiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une vague d&#233;ferlante de soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion, &#224; partir de d&#233;cembre 2010 en Tunisie, dans un contexte de crise mondiale en 2008 et de guerres imp&#233;rialistes. Les nouveaux r&#233;gimes install&#233;s n'ont pas marqu&#233; de rupture par rapport aux dogmes n&#233;olib&#233;raux, et la d&#233;mocratie est bafou&#233;e par des r&#233;gimes int&#233;gristes ou militaires. Les grandes puissances imp&#233;rialistes et les institutions &#233;conomiques mondiales coordonnent leurs efforts pour discr&#233;diter le processus r&#233;volutionnaire, camoufler leur responsabilit&#233; directe dans l'arri&#233;ration et le pillage, garantir leurs int&#233;r&#234;ts n&#233;ocolonialistes de domination politique, et garantir la mainmise des multinationales sur les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une nouvelle mont&#233;e d'endettement de la plupart des pays de la r&#233;gion (&#201;gypte 120% du PIB, Tunisie 104%, Maroc 88%) g&#233;n&#233;rant un service de la dette qui absorbe les budgets sociaux et transfert les richesses. D'o&#249; l'accentuation de la d&#233;pendance structurelle, financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire. Les masses populaires payeront la crise par un accroissement de de la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus est toujours en cours, les r&#233;sistances sociales et les luttes des peuples continuent. Les peuples sont lib&#233;r&#233;s de leur peur de r&#233;pression et d&#233;veloppent un esprit revendicatif cristallis&#233; dans la mont&#233;e de nouvelles formes de luttes dans les rues et l'inefficacit&#233; de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-9) Le syst&#232;me microfinance : les pauvres financent les riches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre &#224; la fin des ann&#233;es 70 et d&#233;but des ann&#233;es 80 ont accru le r&#244;le du secteur financier dans l'&#233;conomie. Les pauvres victimes de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; sont d&#233;sormais la cible des march&#233;s financiers par le biais du secteur de la micro-finance. Et depuis les ann&#233;es 80 le secteur de la micro-finance a &#233;t&#233; vis&#233; par les banques. Le microcr&#233;dit est utilis&#233; comme un outil au service de la bancarisation des pauvres. Il a pour objectif d'atteindre les populations qui sont hors circuits financiers. 2,7 milliards d'adultes au monde n'ont pas acc&#232;s aux services financiers de base dont la majorit&#233; sont des pauvres, et surtout des femmes qui en constituent 67%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Maroc les associations de microcr&#233;dit (AMC) se d&#233;clinent sous la forme d'associations sans but lucratif (13 associations). Mais la nouvelle loi bancaire promulgu&#233;e en 2015, permet l'&#233;largissement du champ d'activit&#233;s des institutions de micro-finance (IMF) pour investir dans d'autres produits financi&#232;re (micro-assurance, transfert d'argent&#8230;). L'enqu&#234;te d'ATTAC CADTM Maroc sur le microcr&#233;dit au Maroc (2015) fait sortir les m&#233;canismes concrets d'arnaques des femmes pauvres par les AMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives contre ces dettes ill&#233;gitimes priv&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cr&#233;ation d'un syst&#232;me de cr&#233;dits public sans int&#233;r&#234;t ou avec un int&#233;r&#234;t plus bas destin&#233; aux pauvres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cr&#233;ation des emplois en augmentant les budgets d'investissement dans les secteurs publics ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'arr&#234;t de d&#233;mant&#232;lement des services publics (&#233;ducation, sant&#233;) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La suspension du remboursement de la dette publique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'annulation des microcr&#233;dits ill&#233;gitimes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Renationalisation des entreprises publiques et des terres agricoles privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-10) Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la pr&#233;sentatrice a mis l'accent sur les d&#233;rives des institutions de micro-finance notamment les garanties exig&#233;es par celles-ci au moment de la constitution du dossier de la demande de pr&#234;t, les taux d'int&#233;r&#234;t usuriers et le manque d'accompagnement technique et conseil aupr&#232;s des adh&#233;rentes apr&#232;s l'octroi du pr&#234;t. Les diff&#233;rentes garanties que sont les biens mobiliers et immobiliers, l'assurance vie, les frais de dossier voire m&#234;me une retenue sur le montant du pr&#234;t demand&#233; jusqu'au complet paiement, emp&#234;chent la r&#233;alisation du projet auquel le pr&#234;t est destin&#233; &#224; financer. Ces pratiques rendent ces pr&#234;ts ill&#233;gitimes et ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette probl&#233;matique, des luttes contre les d&#233;rives des institutions de micro-finance se sont mises en place notamment au Maroc et au B&#233;nin. Des &#233;tudes dans le secteur ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans d'autres pays. Des alternatives sont propos&#233;es et mises en place qui sont principalement des groupes d'&#233;pargnes pour le changement (EPC) sous l'accompagnement de Oxfam Grande Bretagne et des tontines qui sont des auto-organisations des femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en sortir, il faudra intensifier les luttes &#224; travers le monde et de promouvoir davantage les groupes EPC et les tontines qui sont des syst&#232;mes autog&#233;r&#233;s et sans garanties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-11) Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes |4|&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur vie quotidienne. Quand les gens sont oblig&#233;s de partir parce que l'endroit o&#249; ils vivent ne produit plus de nourriture &#224; cause du changement climatique, ce seront les femmes et leurs enfants qui formeront la majorit&#233; des personnes d&#233;plac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport publi&#233; par l'Oxfam en juin 2009 |5|, explique que les femmes sont les premi&#232;res victimes du changement climatique &#224; cause des r&#244;les multiples qui sont les leurs en tant que paysannes, productrices de nourriture, d'eau et de bois de chauffage, et s'occupant des enfants. Le rapport explique &#233;galement que celles du Malawi n'ont aucun pouvoir sur la prise des d&#233;cisions et que le changement climatique accentue les in&#233;galit&#233;s. Il explique en plus que l'aggravation de la pauvret&#233; augmentera la pression sur elles afin qu'elles se prostituent pour obtenir de la nourriture, ce qui &#224; son tour augmentera le risque de contamination par le virus du SIDA. L'augmentation des infections par le virus, &#224; son tour, affaiblira la capacit&#233; des populations de r&#233;sister au chaos climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effet sur les populations qui vivent de la terre (paysannes) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact croissant de l'agrobusiness, de la production d'agro-carburant et la vente de terres aux multinationales pour continuer &#224; extraire du p&#233;trole et d'autres richesses, sont &#224; l'origine d'une perte de terre et d'autonomie pour les petits producteurs, dont une majorit&#233; sont des femmes, souvent de communaut&#233;s indig&#232;nes. Les pesticides d&#233;truisent la production bio des petits producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes indig&#232;nes et les femmes paysannes sans terre jouent un r&#244;le central dans la d&#233;fense des &#233;cosyst&#232;mes forestiers contre les gouvernements qui veulent les vendre aux plus offrants et aux multinationales souhaitant les utiliser pour produire des agro-carburants et pour en extraire d'autres richesses comme l'eau, les bois tropicaux (&#224; croissance tr&#232;s lente) et aussi du p&#233;trole et des minerais divers. Les actions des femmes de La Via Campesina au Br&#233;sil, qui ont d&#233;truit les plantations d'eucalyptus d'Aracruz Celulosa, sont un exemple victorieux de leur r&#244;le dirigeant dans la d&#233;fense de la biosph&#232;re. Au sein de beaucoup de communaut&#233;s indig&#232;nes elles jouent &#233;galement un r&#244;le central dans la d&#233;fense des terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Baisse de la consommation d'&#233;nergie par l'arr&#234;t des productions qui gaspillent, dont l'industrie de l'armement, l'industrie nucl&#233;aire, la publicit&#233;, l'expansion du transport a&#233;rien ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duction des gaz &#224; effet de serre par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Relocalisation de la production, y compris de l'agriculture ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Arr&#234;t de l'utilisation de ressources &#233;nerg&#233;tiques dangereuses et expansion des &#233;nergies renouvelables ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Transports publics de bonne qualit&#233; et gratuits ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reboisement, que chacune de nous se donne le devoir de planter les arbres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un bon syst&#232;me de gestion et de traitement des d&#233;chets de cuisine en s&#233;parant les d&#233;chets p&#233;rissables de d&#233;chets non p&#233;rissables qui doivent &#234;tre reconditionn&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;velopper des projets de stockage du CO2 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Payement de taxes sur le climat par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Payement de taxe carbone par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Utilisation de l'&#233;nergie solaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Payement des frais Climat aux pays qui jouent un r&#244;le important dans la r&#233;gulation du climat, aux pays comme la RDC, notre pays, disposant de for&#234;ts qui capturent une quantit&#233; importante de gaz carbonique ou CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous autour de la femme rurale en &#233;veillant sa conscience, en la sensibilisant sur les fangeux qui la guettent en rapport avec les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons &#224; notre mani&#232;re le reboisement en plantant les arbres, g&#233;rer les d&#233;chets en plastique, les sachets. Obligeons nos &#201;tats &#224; fermer des entreprises de production des sachets o&#249; &#224; cr&#233;er les m&#233;canismes de gestions des sachets et plastiques pour arr&#234;ter de d&#233;truire notre terre et r&#233;glementer notre climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigeons la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble et unis nous pouvons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV) Marche populaire de cl&#244;ture et remise de la D&#233;claration finale du Forum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture des travaux, une marche populaire est partie du site du Forum jusqu'&#224; la sous-pr&#233;fecture de Ou&#233;less&#233;bougou pour remettre la d&#233;claration finale du forum au sous-pr&#233;fet de la localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son allocution, le Pr&#233;sident de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement a remerci&#233; les populations, les autorit&#233;s politiques, administratives et coutumi&#232;res sans oubli&#233; l'ensemble des participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a souhait&#233; que les &#233;changes des deux jours puissent contribuer &#224; des changements dans nos pays au b&#233;n&#233;fice de nos populations. Le r&#244;le et la responsabilit&#233; dans la veille citoyenne de la Soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; rappel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas manqu&#233; de saluer les partenaires sans lesquels Ou&#233;less&#233;bougou 2017 n'aurait pas v&#233;cu et les a exhort&#233;s de continuer &#224; soutenir les initiatives locales comme le Forum des Peuples qui est un espace alternatif de convergence des mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration finale du Forum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A consulter sur le lien : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Declaration-des-Mouvements-Sociaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Declaration-des-Mouvements-Sociaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &lt;a href=&#034;http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1412-43209-depuisplus-de-20-ans-l-afrique-distribue-78-milliards-par-annee-au-reste-au-monde?utm_source=newsletter_5722&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=ecofin-finance-15-12-2016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1412-43209-depuisplus-de-20-ans-l-afrique-distribue-78-milliards-par-annee-au-reste-au-monde?utm_source=newsletter_5722&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=ecofin-finance-15-12-2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Agence Ecofin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Dans le cadre de la construction du 2e pont sur le Wouri, la meilleure offre de service venait de Chine, mais la France s'&#233;tait arrang&#233;e pour que les travaux reviennent &#224; une entreprise fran&#231;aise. Le co&#251;t total des travaux pour les op&#233;rateurs chinois s'&#233;levait &#224; 65 milliards de Francs CFA, et l'ouvrage ne devait pas d&#233;boucher sur un cul-de-sac, comme c'est le cas aujourd'hui avec le pool constitu&#233; de Sogea-Satom (groupe Vinci), Lavigne Chevron, Eiffage, Greisch et Soletanche Bachi. Au final, c'est le consortium fran&#231;ais qui avait finalement &#233;t&#233; retenu malgr&#233; son offre de 120 milliards, deux fois plus ch&#232;re que celle propos&#233;e par les chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-effets-du-changement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Les-effets-du-changement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &lt;a href=&#034;http://www.adaptationlearning.net/sites/default/files/resource-files/winds_of_change_malawi_2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.adaptationlearning.net/sites/default/files/resource-files/winds_of_change_malawi_2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques &#233;l&#233;ments sur la situation dans la r&#233;gion arabe en 2013</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelques-elements-sur-la-situation-dans-la-region-arabe-en-2013</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelques-elements-sur-la-situation-dans-la-region-arabe-en-2013</guid>
		<dc:date>2013-05-21T07:52:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-05-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions et soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion arabe ont eu partout des causes similaires, politiques, &#233;conomiques et sociales. Les peuples de la r&#233;gion, victimes de r&#233;gimes despotiques et pr&#233;dateurs qui bafouaient les libert&#233;s publiques, pillaient les richesses et d&#233;nigraient les droits &#233;conomiques et sociaux, se sont soulev&#233;s en une vague partie de Tunisie et d'&#201;gypte et qui a gagn&#233; pratiquement tous les pays de la r&#233;gion arabe, depuis le Maroc jusqu'au Y&#233;men et au Bahrein en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-05-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-05-21&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton14129-8f8e3.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;volutions et soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion arabe ont eu partout des causes similaires, politiques, &#233;conomiques et sociales. Les peuples de la r&#233;gion, victimes de r&#233;gimes despotiques et pr&#233;dateurs qui bafouaient les libert&#233;s publiques, pillaient les richesses et d&#233;nigraient les droits &#233;conomiques et sociaux, se sont soulev&#233;s en une vague partie de Tunisie et d'&#201;gypte et qui a gagn&#233; pratiquement tous les pays de la r&#233;gion arabe, depuis le Maroc jusqu'au Y&#233;men et au Bahrein en passant par la Libye.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chute de Ben Ali et de Mubarak a donn&#233; un &#233;lan consid&#233;rable aux soul&#232;vements dans toute la r&#233;gion, portant les aspirations &#224; la dignit&#233;, la d&#233;mocratie et la justice sociale, mais les nouveaux r&#233;gimes en Tunisie, en &#201;gypte, en Libye et au Y&#233;men n'ont pas marqu&#233; de rupture par rapport au mod&#232;le &#233;conomique ant&#233;rieur et essaient de r&#233;cup&#233;rer ces revendications pour les cantonner dans un mod&#232;le d'int&#233;grisme islamique qui sape la d&#233;mocratie et reprend les m&#234;mes dogmes lib&#233;raux pr&#244;n&#233;s par les institutions financi&#232;res internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ont jou&#233;, et continuent encore, un r&#244;le principal dans les grands choix strat&#233;giques et les programmes d'ajustement structurel qui ont accentu&#233; le sous-d&#233;veloppement &#233;conomique et social et la d&#233;pendance des pays de la r&#233;gion. Il s'agissait de d&#233;r&#233;guler l'&#233;conomie, r&#233;duire l'intervention de l'&#201;tat et sa fonction sociale, encourager l'investissement priv&#233;, lib&#233;rer le commerce, privatiser les entreprises publiques et les services publics, &#233;largir l'endettement. La r&#233;gion Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) s'est distingu&#233;e par le caract&#232;re aigu de sa crise de d&#233;veloppement. Son taux de croissance annuel moyen du PIB en 2000-2008 qui &#233;tait de 4,7%, &#233;tait bien inf&#233;rieur &#224; celui de toutes les r&#233;gions tiers-monde. Elle battait aussi des chiffres record en termes de pauvret&#233;, pr&#233;carit&#233;, ch&#244;mage et in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les r&#233;volutions en Tunisie et &#201;gypte, les IFI, le G8 et le G20 ont rejet&#233; la responsabilit&#233; sur les r&#233;gimes non d&#233;mocratiques qui n'ont pas su r&#233;soudre les probl&#232;mes sociaux et annoncent leur volont&#233; d'accorder des aides pour mener des r&#233;formes au profit des peuples et de la stabilit&#233; des &#233;conomies. Les USA ont sign&#233; un accord de &#171; coop&#233;ration &#233;conomique et sociale &#187; avec la Tunisie (septembre 2011), et poussent vers la signature d'un accord de libre-&#233;change avec l'&#201;gypte. L'UE a entam&#233; des n&#233;gociations en vue d'un accord de libre-&#233;change approfondi et global avec l'&#201;gypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie (d&#233;cembre 2011) et donne le statut de partenaire privil&#233;gi&#233; &#224; la Tunisie (novembre 2012) apr&#232;s le Maroc et Isra&#235;l. Le Fonds Mon&#233;taire International et la Banque mondiale continuent d'insister sur la pertinence des choix n&#233;olib&#233;raux &#171; qui n'ont pas bien &#233;t&#233; appliqu&#233;s par les r&#233;gimes d&#233;chus et corrompus &#187;, et sur la n&#233;cessit&#233; des r&#233;formes au profit du capital priv&#233; : inciter les investissements priv&#233;s (moins de contr&#244;le, moins d'imp&#244;ts&#8230;), &#233;largir la lib&#233;ralisation aux secteurs financiers et aux services, g&#233;n&#233;raliser la concurrence, flexibiliser le travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie de ces r&#233;formes, les deux institutions accorderont de nouveaux pr&#234;ts dans le cadre de &#171; pr&#234;ts de politique de d&#233;veloppement &#187;. D&#233;j&#224;, au lendemain des soul&#232;vements populaires de 2011 qui ont chass&#233; Hosni Moubarak du pouvoir, la dette publique externe de l'&#201;gypte s'&#233;levait &#224; 35 milliards de dollars. Zine el Abidine Ben Ali a laiss&#233; une dette de 15 milliards dollars au peuple tunisien. Et on continue sur la m&#234;me trajectoire. Le FMI a accord&#233; &#224; l'&#201;gypte un pr&#234;t de 4,5 milliards de dollars et &#224; la Tunisie 1,7 milliards de dollars &#224; titre de pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes puissances et les institutions &#233;conomiques mondiales coordonnent leurs efforts pour stopper en fait le processus r&#233;volutionnaire et garantir leurs int&#233;r&#234;ts n&#233;ocolonialistes de domination politique et pillage des richesses ainsi que ceux des secteurs financiers et des multinationales. Elles multiplient leurs aides aux r&#233;gimes islamistes en place qui ont manifest&#233; leur volont&#233; d'assurer ces t&#226;ches et ne manqueront pas de conduire leurs peuples vers un nouveau despotisme et obscurantisme s'ils leur en laisse la possibilit&#233;. Le pouvoir des Fr&#232;res Musulmans, en &#201;gypte, tout comme celui d'Ennahda en Tunisie essaye d'instaurer sa &#171; morale islamique &#187; qui accentuera l'oppression des femmes, attisera le discours de haine contre toute opposition critique et facilitera la restriction des libert&#233;s en justifiant les d&#233;cisions par des r&#233;f&#233;rences &#224; la religion, tout en restant dans le giron du G8 et autres instances financi&#232;res internationales. Les pouvoirs r&#233;actionnaires r&#233;gionaux, Arabie Saoudite et Qatar en t&#234;te, continuent leur r&#244;le de principaux bailleurs de fonds des mouvements islamistes et de relais r&#233;gional de l'imp&#233;rialisme. C'est ainsi que l'ennemi islamiste cr&#233;&#233; de toute pi&#232;ce pour justifier l'intervention en Irak et en Afghanistan, redevient &#224; nouveau fr&#233;quentable pour permettre la perp&#233;tuation de la domination n&#233;ocoloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, les m&#234;mes recettes lib&#233;rales men&#233;es par le r&#233;gime de Bouteflika, en fin de r&#232;gne, m&#232;nent le pays vers l'impasse malgr&#233; des ressources financi&#232;res sans pr&#233;c&#233;dent. Depuis 2004, l'Alg&#233;rie, aid&#233;e et soutenue par l'am&#233;lioration des recettes g&#233;n&#233;r&#233;es par l'exportation des hydrocarbures, a engag&#233; une proc&#233;dure de d&#233;sendettement, et le taux de sa dette ext&#233;rieure brute a &#233;t&#233; estim&#233; &#224; 2,4% du PIB en 2012. En octobre 2012, l'Alg&#233;rie a pr&#234;t&#233; 5 milliards de dollars au FMI. Elle n'a donc pas utilis&#233; cette manne financi&#232;re ni pour am&#233;liorer la vie quotidienne des Alg&#233;riens, ni pour sortir de la d&#233;pendance. Elle a seulement permis un enrichissement d'une couche de bureaucrates et de militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie, le processus r&#233;volutionnaire qui vient d'atteindre sa troisi&#232;me ann&#233;e est un v&#233;ritable mouvement populaire et d&#233;mocratique qui a commenc&#233; de mani&#232;re pacifique appelant &#224; des r&#233;formes. Mais le r&#233;gime a r&#233;pondu par la violence et une r&#233;pression tout azimut (pr&#232;s de 100 000 morts). La r&#233;sistance arm&#233;e du peuple syrien exprime le droit du peuple syrien &#224; se d&#233;fendre contre la r&#233;pression du r&#233;gime et a permis la continuation de la r&#233;sistance populaire. L'imp&#233;rialisme &#233;vite toute intervention militaire pour contribuer &#224; un effondrement total du pays et un &#233;puisement de l'opposition qui faciliteront sa gestion d'une transition garantissant ses int&#233;r&#234;ts. La solidarit&#233; r&#233;gionale et internationale, emp&#234;tr&#233;e dans des consid&#233;rations g&#233;opolitiques et tactiques complexes faisant oublier les souffrances et les aspirations du peuple syrien, est trop faible pour garantir un soutien efficace et r&#233;el aux rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que l'enlisement sanglant de la r&#233;volution syrienne p&#232;se sur l'essoufflement r&#233;volutionnaire dans toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les r&#233;sistances sociales et les luttes des peuples en Tunisie et en &#201;gypte continuent. Ainsi les populations n'h&#233;sitent pas &#224; redescendre dans la rue d&#232;s que leurs nouveaux gouvernements prennent des mesures qui ne la satisfont pas et exercent de fait un vrai contr&#244;le populaire. Mais en revanche, elles manquent de projets politiques r&#233;volutionnaires &#224; m&#234;me de contrebalancer la force des organisations islamistes. La contre r&#233;volution islamiste et le front d'opposition lib&#233;ral qui comprend &#233;galement les d&#233;fenseurs de l'ancien r&#233;gime essaie d'occulter la force transformatrice de ces r&#233;volutions et de les r&#233;duire &#224; un simple respect de la d&#233;mocratie formelle, et &#233;viter la continuit&#233; des mobilisations sur ses causes r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp des forces populaires commence &#224; peine &#224; se cristalliser et reste tr&#232;s faible pour pouvoir changer le rapport de force en sa faveur. La naissance en Tunisie, du Front populaire, malgr&#233; son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; politique, renforcera sans doute ce camp pour la d&#233;fense des acquis de la r&#233;volution et pour des r&#233;formes radicales permettant une r&#233;elle satisfaction des int&#233;r&#234;ts des masses. La rencontre m&#233;diterran&#233;enne contre la dette tenue &#224; Tunis (23-24 mars 2013) qui r&#233;clamait l'annulation de la dette et le FSM de Tunis (26-30 mars 2013) ont constitu&#233; &#233;galement un puissant appui. Des initiatives contre la dette odieuse contract&#233;e sous les dictatures commencent aussi &#224; &#233;merger en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces initiatives sont d&#233;j&#224; prises en compte par le CADTM, mais nous manquons encore au niveau de la r&#233;gion de coordination efficace qui contribuera &#224; leur &#233;largissement et plus g&#233;n&#233;ralement au d&#233;veloppement de la solidarit&#233; avec les peuples en lutte pour la d&#233;mocratie et la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che imm&#233;diate est de bien montrer que sans rupture claire avec le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral et la soumission aux dictats de l'imp&#233;rialisme, les aspirations populaires &#224; la d&#233;mocratie, la libert&#233;, la dignit&#233; et le mieux vivre ne pourront &#234;tre satisfaites. Et de combattre la spirale d'endettement dans laquelle les IFI tentent de corseter les nouveaux r&#233;gimes en place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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