<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=5267&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La n&#233;cessaire planification d&#233;mocratique de la transition socio-&#233;cologique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-necessaire-planification-democratique-de-la-transition-socio-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-necessaire-planification-democratique-de-la-transition-socio-ecologique</guid>
		<dc:date>2023-11-14T07:18:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Dufour, Simon Tremblay-Pepin, Sophie Elias-Pinsonnault</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-11-14</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La transition socio-&#233;cologie sera planifi&#233;e ou ne sera pas. Seule la planification d&#233;mocratique, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;sente &#224; une &#233;chelle relativement r&#233;duite dans l'&#233;conomie capitaliste contemporaine, peut permettre une reconfiguration de l'activit&#233; &#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur des limites et des possibilit&#233;s plan&#233;taires. &lt;br class='autobr' /&gt; mercredi 8 novembre 2023 | tir&#233; d'AOC &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde s'entend, de Joe Biden &#224; Xi Jinping en passant par les lib&#233;raux ou les anarchistes : il faut faire une transition vers des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-11-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-11-14&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/4-29-b2a61.png?1781382412' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La transition socio-&#233;cologie sera planifi&#233;e ou ne sera pas. Seule la planification d&#233;mocratique, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;sente &#224; une &#233;chelle relativement r&#233;duite dans l'&#233;conomie capitaliste contemporaine, peut permettre une reconfiguration de l'activit&#233; &#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur des limites et des possibilit&#233;s plan&#233;taires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;mercredi 8 novembre 2023 | tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://aoc.media/opinion/2023/11/07/la-necessaire-planification-democratique-de-la-transition-socio-ecologique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AOC&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde s'entend, de Joe Biden &#224; Xi Jinping en passant par les lib&#233;raux ou les anarchistes : il faut faire une transition vers des modes de vie et de production plus durables, notre survie collective en d&#233;pend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile pourtant de converger de mani&#232;re consensuelle vers la forme concr&#232;te que celle-ci pourrait prendre, malgr&#233; tous les efforts scientifiques qui sont mis &#224; contribution. Les implications &#233;conomiques d'une telle transition demeurent notamment difficiles &#224; &#233;tablir. On sait que le statu quo ne peut pas &#234;tre maintenu, mais jusqu'&#224; quel point une transition &#233;cologique exige-t-elle un changement du syst&#232;me &#233;conomique ? Dans cet article, nous soutenons que, pour &#234;tre un succ&#232;s p&#233;renne, une transition &#233;cologique devra &#234;tre accompagn&#233;e d'un changement syst&#233;mique complet et que pour qu'un tel changement permette une reconfiguration de l'activit&#233; &#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur des limites et des possibilit&#233;s plan&#233;taires, il devra &#234;tre planifi&#233; d&#233;mocratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne compte plus les ouvrages qui recensent les impacts d&#233;l&#233;t&#232;res du syst&#232;me capitaliste sur l'environnement. Sans pr&#233;senter l'ensemble des arguments, nous pouvons n&#233;anmoins affirmer que la dynamique capitaliste pousse &#224; aller au bout des possibilit&#233;s techniques de production. En gros, on tentera toujours d'en faire plus et de d&#233;velopper des produits et services diff&#233;rents pour conqu&#233;rir (voire, cr&#233;er) de nouveaux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il y a des p&#233;riodes de recul de la production, de crise ou des limitations volontaires quand il peut &#234;tre profitable de diminuer l'offre, mais toute marge de man&#339;uvre ainsi d&#233;gag&#233;e tendra &#224; &#234;tre utilis&#233;e &#233;ventuellement pour produire davantage dans le but de g&#233;n&#233;rer plus de profits. Les effets de concurrence et l'imp&#233;ratif de profitabilit&#233; forcent les entreprises &#224; donner le plus de valeur &#233;conomique possible aux ressources dont elles disposent. Dans la mesure o&#249; elles peuvent les transformer en capital et que ce capital est liquide, comme, par exemple, lorsqu'elles transforment des ressources en actifs financiers, elles n'auront pas d'incitatif sp&#233;cifique &#224; pr&#233;server ces ressources. De m&#234;me, il n'y aura pas de prise en compte de la raret&#233; absolue d'une ressource donn&#233;e, simplement d'une raret&#233; relative &#224; un instant pr&#233;cis, li&#233;e &#224; la demande et l'offre &#224; ce moment. Ainsi, on s'ajustera en fonction des variations de prix sur les march&#233;s &#224; des moments pr&#233;cis, mais on n'adaptera jamais la production pour s'assurer de respecter la r&#233;g&#233;n&#233;ration de cette ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plut&#244;t que r&#233;former, d&#233;passer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de chose invalide donc toute r&#233;forme qui reste &#224; l'int&#233;rieur du cadre des dynamiques structurelles du syst&#232;me &#233;conomique actuel. Le probl&#232;me &#224; r&#233;soudre pour op&#233;rer la transition &#233;cologique ne provient pas d'un manque d'information, de la malveillance de certains ou encore d'un d&#233;ficit de r&#233;glementation. La logique m&#234;me du capitalisme le rend impossible &#224; r&#233;soudre durablement, dans la mesure o&#249; le contournement des r&#232;gles environnementales est par essence profitable &#224; court terme, comme l'est l'incorporation de dimensions toujours plus grandes du r&#233;el dans le processus d'accumulation de capital. Il ne s'agit pas non plus de simplement &#171; r&#233;-encastrer &#187; un syst&#232;me qu'on aurait lib&#233;ralis&#233; &#224; outrance ; le capitalisme est bel et bien un construit institutionnel dans sa forme actuelle et le syst&#232;me ne manque pas de planification. L'enjeu c'est que l'activit&#233; &#233;conomique est largement organis&#233;e par et pour des entit&#233;s individuelles qui n'ont pas d'avantage particulier &#224; la concevoir dans son ensemble ou &#224; contraindre leur d&#233;veloppement de quelque mani&#232;re que ce soit. Tant qu'on parvient &#224; s'ins&#233;rer quelque part dans les cha&#238;nes de valeurs et &#224; en d&#233;gager un profit, tout va. C'est un dispositif qui a l'avantage d'inciter &#224; la recherche de nouvelles niches et d'innovation, mais qui mine en m&#234;me temps toute tentative de mod&#233;ration sur des bases environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne s'agit pas de r&#233;ajuster le syst&#232;me &#224; la marge mais d'en alt&#233;rer radicalement la nature, trois imp&#233;ratifs nous permettent de juger si les changements sont &#224; la hauteur de la t&#226;che. Premi&#232;rement, pour abroger l'incitatif &#224; d&#233;passer constamment les limites plan&#233;taires, il faut se d&#233;faire de la contrainte &#224; l'accumulation, qui trouve son origine dans la recherche de la profitabilit&#233;. Deuxi&#232;mement, tout syst&#232;me viable devra s'inscrire dans les limites plan&#233;taires, mais d'une mani&#232;re qui permette n&#233;anmoins de r&#233;pondre ad&#233;quatement aux besoins humains. Troisi&#232;mement, la transition socio-&#233;cologique implique une r&#233;appropriation politique et d&#233;mocratique des processus &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;conomie est d&#233;j&#224; planifi&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi que puisse en dire la th&#233;orie &#233;conomique standard, une &#233;conomie moderne et op&#233;rant &#224; large &#233;chelle est toujours planifi&#233;e. Elle peut l'&#234;tre de mani&#232;re centralis&#233;e par un gouvernement ou encore de mani&#232;re relativement d&#233;centralis&#233;e par des entreprises ; dans la plupart des &#233;conomies d'aujourd'hui, les deux modes de planification se croisent. Les d&#233;bats autour d'une suppos&#233;e dichotomie entre planification et march&#233; sont donc largement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque &#8211; ce qui importe, c'est de discuter de la nature et des modalit&#233;s de chacun de ses modes d'organisation de l'&#233;conomie. C'est sur cette base qu'il nous appara&#238;t fondamental non pas de remettre en cause le besoin de planification, mais bien la mani&#232;re dont elle est faite. Ainsi, une institution comme un march&#233; ne se retrouve pas rejet&#233;e d'embl&#233;e, pas plus qu'elle n'est au centre des pr&#233;occupations. Elle figure plut&#244;t comme une option institutionnelle parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux formes de planification dominantes (par l'&#201;tat ou par de grandes corporations) donnent lieu &#224; un d&#233;ficit d&#233;mocratique important &#8211; les gens concern&#233;s au premier chef par les d&#233;cisions prises par les gouvernements ou les entreprises participent assez peu &#224; ces d&#233;cisions. La reprise en main des processus de planification par les personnes concern&#233;es offre la possibilit&#233; de prendre en compte expertises et int&#233;r&#234;ts de chacun. Comme l'&#233;conomie est d&#233;j&#224; planifi&#233;e, il ne s'agit pas de passer plus de temps ou de ressources &#224; le faire, mais bien d'en r&#233;partir plus largement la responsabilit&#233;, tout en subordonnant les structures &#233;conomiques mises en place &#224; l'atteinte d'objectifs environnementaux et sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la transition vers une planification d&#233;mocratique de l'&#233;conomie est &#224; la fois n&#233;cessaire et possible, &#231;a ne signifie pas qu'elle soit simple &#224; concevoir. Dans un article paru en ces pages, des mod&#232;les de planification &#233;conomiques th&#233;oris&#233;s depuis trente ans ont &#233;t&#233; bri&#232;vement pr&#233;sent&#233;s. Ces mod&#232;les ne r&#232;glent pas pour autant tous les probl&#232;mes. Parmi ceux qui restent &#224; r&#233;soudre, trois nous semblent particuli&#232;rement &#233;pineux. D'abord, comment ce syst&#232;me &#233;conomique peut-il &#233;tablir quels sont les besoins humains, pour ensuite parvenir &#224; les satisfaire ? Ensuite, comment peut-on inclure les dimensions &#233;cologiques de l'&#233;conomie dans les processus de d&#233;cision pour parvenir &#224; respecter les limites plan&#233;taires ? Enfin, comment une &#233;conomie planifi&#233;e d&#233;mocratiquement interagit-elle avec ses partenaires &#233;conomiques internationaux ? Nous proposerons ici nos premi&#232;res pistes de r&#233;flexion pour r&#233;pondre &#224; ces importantes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politiser les besoins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, plusieurs disciplines d&#233;battent de la nature des besoins humains. Chaque compr&#233;hension des besoins a des implications radicalement diff&#233;rentes sur la mani&#232;re dont on pourrait organiser collectivement leur satisfaction. On conna&#238;t bien s&#251;r la pyramide des besoins &#233;tablie par Abraham Maslow en 1943, qui consid&#232;re les besoins comme une r&#233;alit&#233; objective. Si on adopte une telle compr&#233;hension des besoins, on consid&#232;re qu'il est possible de recenser et de nommer l'ensemble des besoins humains, et la recherche scientifique devient un outil indispensable pour y arriver. Pour Maslow, ces besoins objectifs peuvent &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;s, certains &#233;tant plus importants que d'autres. Pour d'autres comme Virginia Henderson, ils ne sauraient &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;s. Pour satisfaire les uns il faut simultan&#233;ment satisfaire les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre approche des besoins juge qu'ils seront toujours relatifs et qu'il n'est pas possible d'en donner une d&#233;finition objective. C'est le cas de la plupart des &#233;conomistes orthodoxes, qui pr&#233;sentent les besoins comme &#233;tant le propre de chaque individu. Pour eux, ces besoins sont notamment exprim&#233;s par les pr&#233;f&#233;rences r&#233;v&#233;l&#233;es sur le march&#233; des biens de consommation. Plusieurs critiques du syst&#232;me capitaliste consid&#232;rent eux aussi que les besoins ne peuvent &#234;tre une cat&#233;gorie objective, parce qu'en fait la notion de besoin elle-m&#234;me serait le produit du d&#233;veloppement historique du capitalisme. C'est le cas du th&#233;oricien de l'&#201;cole de Frankfort, Th&#233;odore Adorno, qui lie le concept de besoin &#224; la soci&#233;t&#233; de classe, mais aussi d'Ivan Illich qui consid&#232;re que l'id&#233;e de besoin telle que nous la connaissons ne peut surgir que dans une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment h&#233;t&#233;ronome o&#249; m&#234;me ce qu'il nous faut pour pouvoir vivre nous semble impos&#233; de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport une soci&#233;t&#233; autonome qui planifie d&#233;mocratiquement son &#233;conomie pourrait-elle avoir avec l'id&#233;e de besoin ? En accord avec la philosophe &#233;tasunienne Nancy Fraser, nous croyons que la d&#233;finition des besoins est d&#233;j&#224;, au sein du capitalisme avanc&#233;, l'objet d'une n&#233;gociation. Les besoins sont &#224; la fois objectifs et subjectifs du point de vue de l'individu, mais du point de vue de leur reconnaissance sociale et de la possibilit&#233; de leur satisfaction, ils sont d'abord profond&#233;ment politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'un besoin existe socialement, il faut qu'il soit exprim&#233;, entendu, reconnu et que des gestes soient pos&#233;s pour qu'il soit possible de le satisfaire. Les moyens m&#234;mes de les satisfaire peuvent &#234;tre bien diff&#233;rents en fonction des rapports de pouvoir qui se jouent au sein d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e. Fraser prend l'exemple du logement. Au sein du capitalisme, il faut d'abord qu'on exprime le besoin de logement et qu'il soit reconnu politiquement ; c'est ce qu'ont tent&#233; de faire les luttes pour le droit au logement. Ensuite, une soci&#233;t&#233; r&#233;pond &#224; ce besoin via une intervention de l'&#201;tat et la construction de logement sociaux ou plut&#244;t en laissant des promoteurs priv&#233;s construire plus de logements et les rendre disponibles sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, au sein du capitalisme, la d&#233;cision collective n'est toujours qu'&#224; moiti&#233; consciente. Elle est le fait d'un rapport de pouvoir, et dans certains cas d'une n&#233;gociation explicite entre diff&#233;rents acteurs, mais &#224; peu pr&#232;s jamais d'une d&#233;cision collective de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Au sein d'une &#233;conomie d&#233;mocratis&#233;e, la d&#233;finition des besoins devra trouver un espace institutionnel qui permet de rendre explicites ces d&#233;bats. De r&#233;v&#233;ler &#224; la soci&#233;t&#233; ses propres tensions sur quels besoins doivent &#234;tre prioris&#233;s. En lieu et place d'un rapport de pouvoir implicite et larv&#233;, cette soci&#233;t&#233; devra d&#233;finir un processus explicite et d&#233;mocratique d'&#233;tablissement des besoins minimaux auxquels chaque membre de la soci&#233;t&#233; a droit. Bien s&#251;r, ce minimum devrait tenir compte des besoins particuliers li&#233;s &#224; des situations sp&#233;cifiques (physiologiques ou li&#233;s &#224; des handicaps ou des maladies, par exemple), l&#224; aussi des questions qui seraient l'objet de d&#233;bats politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition du minimum et le d&#233;bat r&#233;current qui devrait l'entourer serait une pierre d'assise de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. En effet, &#224; partir du moment o&#249; il est d&#233;fini, il &#233;tablit un ensemble d'autres balises. En premier lieu, le travail minimal que la soci&#233;t&#233; doit r&#233;aliser pour combler les besoins de tout le monde. Ensuite, ce minimum trace une ligne de r&#233;mun&#233;ration horaire sous laquelle il n'est pas acceptable de descendre, mais aussi une consommation minimale &#224; laquelle tout le monde devrait avoir droit, peu importe son activit&#233;. Enfin, il peut aussi aider &#224; concevoir une limite de richesse : quel multiple de ce minimum est acceptable comme niveau de richesse ? Une personne riche peut-elle &#234;tre deux, trois, quatre ou cinq fois plus riche que ce qui est &#233;tabli comme le minimum ? Parions qu'une d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique ne m&#232;nerait pas &#224; des niveaux d'in&#233;galit&#233; comparables &#224; ceux de nos soci&#233;t&#233;s contemporaines, o&#249; certains ont plusieurs milliers de fois plus que le minimum vital alors que d'autres ne l'atteignent m&#234;me pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prendre en compte la dimension &#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Planifier l'&#233;conomie a comme grand avantage de permettre la prise en compte des implications &#233;cologiques de nos d&#233;cisions. Comme les d&#233;cisions seraient collectives, il serait possible d'en estimer les impacts et de d&#233;battre de leur bien-fond&#233;. Ainsi, nous serions en mesure d'&#233;changer sur la pression que notre production exerce sur les &#233;cosyst&#232;mes, sur l'utilisation de ressources naturelles et sur notre rapprochement des limites plan&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est possible de glaner quelques informations ici et l&#224; sur des certifications &#171; vertes &#187;, &#171; bio &#187; et &#171; &#233;coresponsable &#187; de certains produits ou encore des estimations de tonnes &#233;quivalent CO2 pour les vols en avion, mais il est presqu'impossible de vraiment savoir quelles sont les implications &#233;cologiques de nos choix de consommation. Quant &#224; la production, &#224; peu pr&#232;s toutes les d&#233;cisions la concernant sont hors de port&#233;e de la plupart de citoyens. Les compagnies qui nous vendent les biens et services ont bien peu d'int&#233;r&#234;t &#224; divulguer cette information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la production et la consommation &#233;taient organis&#233;es de mani&#232;re d&#233;mocratique, non seulement pourrait-on acc&#233;der &#224; l'information sur les impacts environnementaux des processus de production, mais on pourrait &#233;galement faire des choix de consommation &#233;clair&#233;s en se basant sur des indicateurs riches et vari&#233;s, comme la consommation en eau, en mat&#233;riaux critiques et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre associ&#233;es &#224; toutes les &#233;tapes du cycle de vie des produits. Cette information pourrait aussi informer les choix concernant la mani&#232;re de produire ces biens et d'organiser la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;flexions sur les dimensions &#233;cologiques de l'&#233;conomie doivent cependant &#234;tre plus larges que les choix individuels de consommation. Dans le syst&#232;me capitaliste, seuls les march&#233;s agr&#232;gent les d&#233;cisions individuelles. On peut corriger les prix pour y inclure les dommages caus&#233;s &#224; l'environnement &#8211; on dit alors qu'on &#171; internalise &#187; les dimensions environnementales qui avait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme externes au march&#233; &#8211; mais le r&#233;sultat final de production et d'allocation reste toujours une combinaison de d&#233;cisions individuelles et de jeux de pouvoir. Les consommateurs et producteurs peuvent avoir des pr&#233;occupations environnementales plus ou moins &#233;lev&#233;es, mais il n'y a aucune mani&#232;re de regarder le r&#233;sultat d'ensemble et d'estimer les impacts &#233;cologiques associ&#233;s ; encore moins de prendre des d&#233;cisions collectives sur cette base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La planification d&#233;mocratique permettrait de coordonner les choix individuels de mani&#232;re &#224; faciliter des d&#233;cisions collectives. Imaginons que la consommation d'une ann&#233;e est &#233;tablie &#224; travers l'aller-retour d'informations entre des m&#233;nages, des conseils de consommation &#224; l'&#233;chelle de quartiers, de r&#233;gions et de la nation, et que la production est pr&#233;vue par un &#233;change similaire entre unit&#233;s de production f&#233;d&#233;r&#233;es. Un m&#233;nage estime sa consommation pour l'ann&#233;e suivante, et cette pr&#233;vision est agr&#233;g&#233;e &#224; travers les diff&#233;rentes &#233;chelles, alors que les unit&#233;s de production estiment ce qu'elles pourraient produire et en quelle quantit&#233;. L'agr&#233;gation nationale donnerait une premi&#232;re it&#233;ration de plan, pour laquelle on pourrait estimer diverses informations, sur l'&#233;cart entre la quantit&#233; consomm&#233;e et produite, le temps de travail n&#233;cessaire, mais aussi les ressources totales utilis&#233;es, la quantit&#233; de CO2 &#233;mise, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comptabilisation prospective permettrait de g&#233;n&#233;rer un ensemble d'indicateurs sur les pressions environnementales &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles, auxquels pourraient r&#233;pondre les m&#233;nages et les unit&#233;s de production en r&#233;ajustant leurs pr&#233;visions. &#192; travers un aller-retour entre it&#233;rations de plans et ajustements de pr&#233;visions, tous les acteurs &#233;conomiques pourraient prendre des d&#233;cisions qui tiendraient compte de leur impact &#233;cologique. &#201;l&#233;ment essentiel de cette planification : les investissements et la strat&#233;gie de d&#233;veloppement &#233;conomique &#224; long terme. Quel chemin &#233;conomique d&#233;sirons-nous suivre dans les prochaines d&#233;cennies ? Comment devons-nous transformer notre production d'aujourd'hui pour atteindre cet objectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, m&#234;me l'&#233;tablissement des cibles environnementales &#224; atteindre est une question &#233;minemment politique. Le buzz actuel autour du concept de limites plan&#233;taires a le bienfait d'&#233;largir la discussion des contraintes &#233;cologiques au-del&#224; du seul r&#233;chauffement climatique. En revanche, le concept de limite plan&#233;taire lie d'un c&#244;t&#233; une repr&#233;sentation scientifique de seuil critique &#8211; au-del&#224; duquel on estime les risques de bouleversements &#233;cologiques comme &#233;lev&#233;s &#8211; avec une notion normative de limite, &#224; l'int&#233;rieure de laquelle l'action humaine resterait s&#233;curitaire. Il dit : apr&#232;s ce point, les risques de bouleversements plan&#233;taires sont accrus et donc, on ne doit pas le d&#233;passer. La notion de limite plan&#233;taire pave ainsi la voie &#224; des interpr&#233;tations autoritaires qui feraient appara&#238;tre comme absolues et objectives les contraintes n&#233;cessaires au respect des limites plan&#233;taires, camouflant tous les choix politiques et normatifs associ&#233;s &#224; ces choix de limitation. Qui devrait se limiter, quand et sur quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces questions ont d'importantes dimensions sociales, pour lesquelles la seule issue d&#233;mocratique est la d&#233;lib&#233;ration. Les v&#233;ritables limites &#233;cologiques seront celles que nous d&#233;ciderons de nous imposer collectivement, &#224; la lumi&#232;re des connaissances scientifiques sur les processus biog&#233;ochimiques et comme r&#233;sultat d'importants d&#233;bats politiques, de mani&#232;re &#224; mettre au jour les implications sociales des limites discut&#233;es. Cette auto-limitation collective serait associ&#233;e &#224; des compromis et des concessions bien concr&#232;tes, tant pour la prochaine ann&#233;e que pour le prochain si&#232;cle. Non pas objective et impos&#233;e, elle serait plut&#244;t d&#233;battue et collectivement adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rapports avec l'ext&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;fi important au cheminement vers toute organisation d&#233;mocratique souhaitant s'&#233;carter du capitalisme se trouve dans la cohabitation avec des &#233;conomies qui elles, sont toujours capitalistes. En effet, les &#233;conomies de la plupart des pays sont largement imbriqu&#233;es dans des cha&#238;nes de valeurs qui s'&#233;tirent &#224; l'&#233;chelle du globe, r&#233;sultat de d&#233;cennies de lib&#233;ralisation du commerce et des flux de capitaux. Cet &#233;tat de chose constitue une contrainte &#224; la transition. Il y a une pression sur les gouvernements pour qu'ils adoptent des politiques favorables aux entreprises &#233;trang&#232;res afin de les attirer et donc un incitatif &#224; ne pas mettre de r&#232;gles sociales et environnementales trop fortes. De la m&#234;me mani&#232;re, les entreprises nationales auront du mal &#224; concurrencer des importations produites suivant des normes moins exigeantes. Ainsi, une politique commerciale volontariste doubl&#233;e de contr&#244;les de capitaux est une composante importante de toute strat&#233;gie de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, il s'agit de substituer au r&#233;gime de lib&#233;ralisation actuelle une politique commerciale qui soit subordonn&#233;e &#224; un projet de transition &#233;cologique et syst&#233;mique. Celle-ci servira &#224; la fois &#224; cr&#233;er un espace o&#249; pourront &#233;merger tout un ensemble de &#171; bonnes pratiques &#187; sociales et environnementales dans les activit&#233;s de production en les prot&#233;geant de l'ext&#233;rieur et &#233;galement de les rendre p&#233;rennes une fois qu'elles seront l&#224;. Comme tout projet de transition sera vraisemblablement port&#233; par un pays ou une r&#233;gion donn&#233;e, il sera utile pour ce faire de mettre en place une interface qui puisse servir de sas entre l'&#233;conomie domestique et l'ext&#233;rieur. Il s'agira alors d'&#233;tablir des points de r&#233;f&#233;rence, des seuils, et utiliser l'interface pour laisser entrer les flux commerciaux quand il est plus sens&#233; de produire ailleurs, c'est-&#224;-dire quand les pratiques y sont meilleures et que le fait d'importer ne cr&#233;e pas de d&#233;pendance importante pour l'&#233;conomie concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois options sont envisageables pour une telle interface dans le cadre d'une transition socio-&#233;cologique. Premi&#232;rement, on peut mettre des limites ou des normes internes &#224; la production, mettre des barri&#232;res pour les prot&#233;ger, et puis laisser libre cours au commerce avec ce bar&#232;me. Si cette option peut effectivement servir de support aux initiatives domestiques, elle a n&#233;anmoins le d&#233;faut de ne pas prendre en compte les produits qui sont enti&#232;rement produits &#224; l'ext&#233;rieur, comme les fruits tropicaux dans les pays du Nord. Afin de corriger cela, une seconde option serait de se donner un budget de consommation sur certaines dimensions environnementales comme le carbone ou l'utilisation d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, non seulement les cibles et normes internes devraient &#234;tre respect&#233;es, mais toute importation devrait &#234;tre contrebalanc&#233;e par une exportation de m&#234;me ampleur. Cela limiterait les transferts mat&#233;riels des pays moins fortun&#233;s vers les autres et permettrait aussi de se pr&#233;munir contre les havres de pollution, c'est-&#224;-dire les juridictions o&#249; les normes sont excessivement basses. Ces deux options sont ais&#233;es &#224; concevoir dans l'abstrait, mais peuvent n&#233;anmoins &#234;tre compliqu&#233;es &#224; mettre en place, notamment s'il faut faire des arbitrages entre diverses dimensions environnementales. Ainsi, une troisi&#232;me option peut donc &#234;tre simplement de cibler certains secteurs porteurs pour la transition et de les prot&#233;ger dans le cadre d'une strat&#233;gie d'&#233;co-substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la transition effectu&#233;e, l'interface internationale devrait &#234;tre maintenue afin de favoriser la structure &#233;conomique domestique tout en ne l'isolant pas outre mesure. Elle aura pour but de favoriser l'autonomie de l'&#233;conomie en emp&#234;chant les influences externes d'en menacer la logique interne. &#192; cet effet, on peut par exemple penser &#224; des contr&#244;les de capitaux assez stricts. En outre, par souci d'efficience, on peut penser &#224; une protection cibl&#233;e qui permette de promouvoir des objectifs sociaux et environnementaux tout en permettant le passage de biens si les pratiques sont meilleures ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il faudra certainement que cette interface permette une &#233;valuation multifactorielle des produits et services afin d'&#233;valuer les arbitrages entre exportations et importations et de bien les inscrire dans les processus de planification internes. Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;es, il sera important que cette interface ne soit pas opaque et que l'information qui y sera trait&#233;e soit largement disponible pour faciliter la prise de d&#233;cision dans l'&#233;conomie. Finalement, on peut &#233;galement entrevoir un r&#244;le de support pour d'&#233;ventuelles transitions ailleurs, &#224; travers un processus de coop&#233;ration internationale. Voire, &#233;ventuellement, la mise en place de partenariats avec d'autres &#233;conomies ayant elles aussi d&#233;mocratis&#233; leur prise de d&#233;cisions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut sembler incongru de se projeter dans un horizon temporel o&#249; on serait en train de construire un syst&#232;me &#233;conomique d&#233;mocratique. En effet, tellement d'obstacles se posent sur le chemin. Pourquoi donc se casser la t&#234;te sur des probl&#232;mes hypoth&#233;tiques qui prennent pour acquis qu'on ait d&#233;j&#224; fait tellement de progr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la planification d&#233;mocratique de l'&#233;conomie se pr&#233;sente comme un id&#233;al qui peut para&#238;tre utopique. Mais en m&#234;me temps, elle est d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans le syst&#232;me actuel &#224; une &#233;chelle r&#233;duite. Par exemple, certaines entreprises sont d&#233;j&#224; d&#233;tenues par des travailleurs, travailleuses et membres de la communaut&#233;, et ne visent pas &#224; r&#233;aliser du profit &#233;conomique, mais plut&#244;t &#224; r&#233;pondre &#224; certains besoins sociaux. La planification r&#233;alis&#233;e par ces organisations coop&#233;ratives est faite de mani&#232;re d&#233;mocratique, bien qu'elle soit limit&#233;e aux activit&#233;s de l'organisation en tant que telle. &#192; plus grande &#233;chelle, des pays, comme la France au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ont connu des formes de planification partielle de leur &#233;conomie, sans pour autant sombrer dans l'autoritarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut penser une situation o&#249; le d&#233;veloppement d'institutions de planification pourrait appuyer une transition en &#233;tapes vers un syst&#232;me diff&#233;rent. Il est toutefois fondamental de confronter les grandes questions sur la mani&#232;re dont un tel syst&#232;me, dans une forme aboutie ou du moins coh&#233;rente, parviendrait &#224; r&#233;pondre aux d&#233;fis fondamentaux de l'organisation &#233;conomique. C'est en faisant cela qu'on consolidera des alternatives viables et d&#233;sirables pour un futur en dehors du syst&#232;me capitaliste. Ces visions de l'avenir nous permettront non seulement de convaincre que le capitalisme n'est pas la seule option possible, mais &#233;galement de diriger l'action qui nous permettra de le d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mathieu Dufour &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste, Professeur agr&#233;g&#233; au D&#233;partement des sciences sociales Universit&#233; du Qu&#233;bec en Outaouais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Elias-Pinsonnault &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomiste, Membre du Groupe de recherche sur la planification d&#233;mocratique du Centre de recherche sur les innovations et les transformations sociales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Tremblay-Pepin &lt;br class='autobr' /&gt;
Politiste, Professeur &#224; l'&#201;cole d'innovation sociale &#201;lisabeth-Bruy&#232;re de l'Universit&#233; Saint-Paul &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment planifier l'apr&#232;s-covid ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deux-chercheurs-de-l-IRIS-Mathieu-Dufour-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deux-chercheurs-de-l-IRIS-Mathieu-Dufour-et</guid>
		<dc:date>2021-02-16T11:25:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume H&#233;bert, Mathieu Dufour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux chercheurs de l'IRIS, Mathieu Dufour et Guillaume H&#233;bert viennent de publier une importante &#233;tude intitul&#233;e : &#034;Comment planifier l'apr&#232;s-covid ? Un choix entre l'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;silience. Leur conclusion peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e ainsi : &#034;Bref, depuis dix ans, les questionnements de l'approche hypercapitaliste qui guidait les gouvernements depuis les ann&#233;es 1980 sont devenus de plus en plus pressants face &#224; l'incapacit&#233; de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale &#224; satisfaire l'int&#233;r&#234;t collectif. Les soci&#233;t&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-02-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-02-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton46859-a3fd9.png?1781983246' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux chercheurs de l'IRIS, Mathieu Dufour et Guillaume H&#233;bert viennent de publier une importante &#233;tude intitul&#233;e : &#034;Comment planifier l'apr&#232;s-covid ? Un choix entre l'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;silience. Leur conclusion peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e ainsi : &lt;i&gt;&#034;Bref, depuis dix ans, les questionnements de l'approche hypercapitaliste qui guidait les gouvernements depuis les ann&#233;es 1980 sont devenus de plus en plus pressants face &#224; l'incapacit&#233; de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale &#224; satisfaire l'int&#233;r&#234;t collectif. Les soci&#233;t&#233;s post-COVID ne seront plus les m&#234;mes qu'avant la pand&#233;mie, et cette &#233;volution doit d&#233;boucher sur une remise en question de l'&#233;conomie capitaliste.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ici l'introduction et la conclusion de cette &#233;tude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour lire l'&#233;tude, cliquez sur l'ic&#246;ne&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5561 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.pressegauche.org/IMG/pdf/finances_publiques_10.pdf?5561/ccd44ddef205796a5b420808f5c338addc8eedba60e16e9931f355da4bafc1da' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783364866' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;CENTER&gt;INTRODUCTION&lt;/CENTER&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses engag&#233;es par les gouvernements pour faire face &#224; l'impact &#233;conomique de la pand&#233;mie de COVID-19 atteignent des niveaux in&#233;dits. Tout comme la propagation du virus conduira &#224; une r&#233;&#233;valuation du fonctionnement de la sant&#233; publique et des soins de longue dur&#233;e, l'intervention financi&#232;re massive de l'&#201;tat pourrait transformer &#224; court, moyen et long terme le r&#244;le du gouvernement dans l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet interventionnisme accru des pouvoirs publics signifierait en quelque sorte que l'on tire un trait sur l'approche dominante des gouvernements depuis une bonne quarantaine d'ann&#233;es. En effet, m&#234;me si la taille de l'&#201;tat n'a gu&#232;re chang&#233; depuis le virage hypercapitaliste des ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;a. Dans cette brochure, nous utiliserons &#171; hypercapitalisme &#187; et &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les gouvernements ont pr&#233;conis&#233; durant cette p&#233;riode un recours accru &#224; l'initiative priv&#233;e pour organiser l'activit&#233; &#233;conomique. &#201;galement d&#233;sign&#233; comme &#171; &#232;re n&#233;olib&#233;rale &#187;, l'hypercapitalisme d'aujourd'hui est en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sous ce r&#233;gime, l'&#201;tat pouvait financer, subventionner, promouvoir les entreprises priv&#233;es, mais il devait se garder d'administrer lui-m&#234;me des secteurs &#233;conomiques. M&#234;me pour les missions sociales, l'&#201;tat a fait de plus en plus appel &#224; du financement priv&#233; ou des prestataires priv&#233;s. Les trait&#233;s de libre-&#233;change que les &#201;tats ont sign&#233;s depuis l'intensification de la mondialisation des march&#233;s ont d'ailleurs souvent servi &#224; installer des garde-fous r&#233;glementaires favorables aux firmes transnationales qui tant&#244;t uniformisent et tant&#244;t limitent l'action &#233;tatique dans l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au fil des ans, cet hypercapitalisme a &#233;galement transform&#233; notre rapport aux finances publiques. La concurrence fiscale entre les &#201;tats a tir&#233; vers le bas les taux d'imposition un peu partout dans le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GODBOUT, Luc et Michael-Robert ROBERT, La fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tour &#224; tour, les gouvernements ont r&#233;duit les imp&#244;ts de fa&#231;on &#224; ne pas risquer de faire fuir les particuliers ou les entreprises. Les tenants des th&#232;ses n&#233;olib&#233;rales ont pour leur part r&#233;pandu de nombreux mythes au sujet de la fiscalit&#233;, dont l'id&#233;e selon laquelle l'&#201;tat est intrins&#232;quement moins efficace que le secteur priv&#233; et que les baisses d'imp&#244;t permettent la redistribution de la richesse puisque les d&#233;tenteurs de capitaux cr&#233;eraient alors des emplois en r&#233;investissant dans l'&#233;conomie. On a aussi pr&#233;tendu qu'un imp&#244;t maintenu &#224; un niveau trop &#233;lev&#233; se traduit paradoxalement par des pertes fiscales, que la collectivit&#233; gagne &#224; remplacer les imp&#244;ts par la tarification des services, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, l'approche hypercapitaliste a &#233;chou&#233; du point de vue de l'int&#233;r&#234;t collectif, puisque les r&#233;els b&#233;n&#233;ficiaires de cet ensemble de politiques sont ceux qui d&#233;tiennent ou ont amass&#233; de vastes fortunes. Au fur et &#224; mesure que l'&#201;tat c&#233;dait des pans croissants de l'&#233;conomie aux classes. dirigeantes et qu'il r&#233;duisait la port&#233;e de ses outils fiscaux, une part croissante de la population s'est retrouv&#233;e de plus en plus appauvrie, voire d&#233;poss&#233;d&#233;e. La faible hausse des revenus, la pr&#233;carit&#233; croissante des conditions de travail, la hausse des in&#233;galit&#233;s et de la polarisation sociale, la d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; et de l'accessibilit&#233; des services publics et l'affaiblissement du filet social ont &#233;puis&#233; la l&#233;gitimit&#233; du mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral qui a triomph&#233; au cours des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; ce propos, la pand&#233;mie vient jeter un &#233;clairage saisissant sur les failles de notre mod&#232;le &#233;conomique. Nous avons d'abord vu comment la sant&#233; publique, devenue le parent pauvre d'un syst&#232;me de sant&#233; ax&#233; sur la m&#233;decine curative et le syst&#232;me hospitalier, avait &#233;t&#233; &#224; ce point lamin&#233;e que nous sommes aujourd'hui incapables, contrairement &#224; d'autres &#201;tats, d'organiser une r&#233;ponse ad&#233;quate &#224; la propagation d'un virus. De m&#234;me, de nombreux rat&#233;s gr&#232;vent les cha&#238;nes d'approvisionnement en produits essentiels. Il a &#233;t&#233; frappant, par exemple, de constater que le Qu&#233;bec ou le Canada ne poss&#233;daient souvent plus les capacit&#233;s de produire eux-m&#234;mes des &#233;quipements de protection personnelle et qu'il fallait participer &#224; une surench&#232;re pour acheter &#224; l'&#233;tranger certains biens qui faisaient cruellement d&#233;faut au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me si le Qu&#233;bec a pu &#233;viter les sc&#233;narios absurdes observ&#233;s aux &#201;tats-Unis o&#249; des h&#244;pitaux priv&#233;s ont mis &#224; pied du personnel apr&#232;s la suspension des proc&#233;dures m&#233;dicales garantes de leur rentabilit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NPR, &#171; As Hospitals Lose Revenue, More Than A Million Health Care Workers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le syst&#232;me de sant&#233;, d&#233;j&#224; en p&#233;nurie de personnel, s'est r&#233;v&#233;l&#233; incapable, malgr&#233; l'urgence, de combler ses besoins en main-d'oeuvre. De plus, des cliniques priv&#233;es ont continu&#233; de pratiquer des chirurgies esth&#233;tiques plut&#244;t que de mettre leurs ressources &#224; la disposition du r&#233;seau public menac&#233; de d&#233;bordement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GERBET, Thomas, &#171; Les chirurgies esth&#233;tiques se poursuivent au priv&#233; pendant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qui plus est, la fragilit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique a rendu n&#233;cessaire l'intervention massive du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Si les entreprises et les m&#233;nages priv&#233;s de revenus en raison du confinement s'&#233;taient mis &#224; faire faillite en s&#233;rie, l'&#233;conomie canadienne se serait compl&#232;tement effondr&#233;e. Ainsi, alors qu'on leur r&#233;p&#233;tait depuis belle lurette que les finances publiques n'avaient gu&#232;re de marge de manoeuvre, les Canadien&#183;ne&#183;s ont &#233;t&#233; stup&#233;faits d'assister &#224; la mise en place d'une &#171; Prestation canadienne d'urgence &#187; (PCU) et d'une s&#233;rie de mesures de soutien aux entreprises dont les co&#251;ts ont port&#233; le d&#233;ficit du gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; pr&#232;s de 400 milliards de dollars (G$) pour l'exercice 2020-2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GOUVERNEMENT DU CANADA, &#201;nonc&#233; &#233;conomique de l'automne de2020, Minist&#232;re des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce qui a trait aux travailleurs et travailleuses, il &#233;tait illusoire de compter sur le soutien de l'assurance-emploi dont la d&#233;su&#233;tude est apparue au grand jour, for&#231;ant le premier ministre canadien &#224; s'engager &#224; la remplacer par un r&#233;gime &#171; digne du XXIe si&#232;cle &#187;. La pand&#233;mie est ainsi apparue comme une crise se superposant &#224; un ensemble de crises socio&#233;conomiques parmi lesquelles figurent la croissance intenable des in&#233;galit&#233;s sociales et l'urgence climatique. En ce sens, la conjoncture actuelle, malgr&#233; les drames sans nom qu'elle entra&#238;ne, constitue &#233;galement une occasion de r&#233;pondre simultan&#233;ment &#224; un ensemble de probl&#232;mes mena&#231;ant la stabilit&#233; et la s&#233;curit&#233; des populations. Autrement dit, un &#171; retour &#224; la normale &#187; n'est ni possible ni souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette brochure s'int&#233;resse &#224; l'&#233;tat actuel des finances publiques et formule des propositions pour &#233;viter de retomber dans le cul-de-sac de l'aust&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;a Pour leur contribution &#224; ce document, les auteurs remercient Alexandre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;a. Au &#171; cycle de l'aust&#233;rit&#233; &#187;, nous opposons une &lt;i&gt;double boucle de l'&#233;conomie r&#233;siliente&lt;/i&gt;, qui permettrait d'amorcer une transformation de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise. Nous rappellerons d'abord en quoi consiste l'aust&#233;rit&#233; afin de bien mettre en &#233;vidence quelles seraient les cons&#233;quences de ce type d'approche &#224; moyen ou long terme. Nous jetterons aussi un coup d'oeil &#224; l'&#233;tat actuel des budgets qu&#233;b&#233;cois et canadien, avant d'aborder le r&#244;le nouveau de la banque centrale dans la conjoncture. Ensuite, nous montrerons que ce qui requiert une intervention urgente des gouvernements sont plut&#244;t les crises li&#233;es &#224; la situation sanitaire, &#224; la d&#233;gradation de l'environnement et aux in&#233;galit&#233;s de richesse. Enfin, au moment o&#249; ces crises culminent dans une crise g&#233;n&#233;rale de l&#233;gitimit&#233;, nous verrons comment pourrait s'articuler une approche novatrice de l'&#233;conomie et des finances publiques qu&#233;b&#233;coises, qui permettrait d'enclencher une profonde transformation sociale et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*************&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;CONCLUSION
&lt;p&gt;CHOISIR LA R&#201;SILIENCE PLUT&#212;T QUE L'AUST&#201;RIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; L'ann&#233;e 2020 aura apport&#233; son lot de bouleversements. La pand&#233;mie de COVID-19 a pris la plupart des pays du monde au d&#233;pourvu et a caus&#233; de nombreuses trag&#233;dies humaines. Au moment d'&#233;crire ces lignes, pr&#232;s de cent millions de personnes ont &#233;t&#233; infect&#233;es par le virus et deux millions en sont d&#233;c&#233;d&#233;es. Au Canada, environ vingt mille personnes sont mortes de la COVID, dont pr&#232;s de la moiti&#233; au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au plan &#233;conomique, les mesures adopt&#233;es par les gouvernements pour freiner la propagation du virus ont amen&#233; les &#201;tats en terrain inconnu. Alors que l'endettement public caus&#233; par la derni&#232;re crise &#233;conomique avait souvent &#233;t&#233; d&#233;crit comme un plafond ind&#233;passable, les sommes engag&#233;es par les gouvernements occidentaux en 2020 font d&#233;j&#224; para&#238;tre presque modestes les sommes d&#233;pens&#233;es en 2008-2009 pour sauver le syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bref, depuis dix ans, les questionnements de l'approche hypercapitaliste qui guidait les gouvernements depuis les ann&#233;es 1980 sont devenus de plus en plus pressants face &#224; l'incapacit&#233; de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale &#224; satisfaire l'int&#233;r&#234;t collectif. Les soci&#233;t&#233;s post-COVID ne seront plus les m&#234;mes qu'avant la pand&#233;mie, et cette &#233;volution doit d&#233;boucher sur une remise en question de l'&#233;conomie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est n&#233;cessaire de pr&#233;parer l'apr&#232;s-COVID en faisant valoir les valeurs et les politiques qui devraient guider les gouvernements. Si les &#201;tats ne changent pas de cap, le mod&#232;le &#233;conomique conventionnel exigera t&#244;t ou tard des sacrifices des populations pour &#171; payer &#187; les co&#251;ts li&#233;s &#224; la pand&#233;mie. Or, nous avons vu &#224; la section 1 de quelle mani&#232;re l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire a nui &#224; l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise et de quelle fa&#231;on l'obsession du d&#233;ficit z&#233;ro constitue un v&#233;ritable &#233;teignoir politique des aspirations collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me d'un point de vue strictement et froidement &#233;conomique, les politiques d'aust&#233;rit&#233; sont contre-productives puisqu'elles tendent &#224; &#233;touffer l'activit&#233; &#233;conomique. Or, dans une &#232;re de stagnation o&#249; l'investissement priv&#233; se fait attendre et o&#249; la plupart des m&#233;nages sont lourdement endett&#233;s, cette voie est impraticable. La pand&#233;mie et ses cons&#233;quences sur la soci&#233;t&#233; devraient &#234;tre per&#231;ues comme la goutte qui fait d&#233;border le vase et qui nous force &#224; une remise en cause du mod&#232;le &#233;conomique en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une approche qui renoue avec un id&#233;al collectif bas&#233; sur la solidarit&#233; et la d&#233;mocratie doit remplacer celle qui abandonne les individus &#224; eux-m&#234;mes en vertu de l'illusion selon laquelle un syst&#232;me o&#249; des acteurs poursuivent leur strict int&#233;r&#234;t personnel en comp&#233;tition avec les autres est le plus efficace. &#192; cet &#233;gard, dans cette brochure, nous avons propos&#233; une double boucle de l'&#233;conomie r&#233;siliente pour transformer profond&#233;ment l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette double boucle comprend deux grandes strat&#233;gies pour fa&#231;onner une soci&#233;t&#233; plus juste et une &#233;conomie plus soutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'une part, il faut une nouvelle politique budg&#233;taire et fiscale afin de mieux redistribuer la richesse et s'assurer que tous et toutes ont un niveau de vie leur permettant de s'&#233;panouir. Pour ce faire, il faut renouer avec une fiscalit&#233; beaucoup plus progressive et revaloriser des services publics accessibles et de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autre part, l'&#233;conomie capitaliste conventionnelle doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e afin que le d&#233;veloppement &#233;conomique serve r&#233;ellement l'int&#233;r&#234;t de la majorit&#233; plut&#244;t qu'une minorit&#233; de privil&#233;gi&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le nouveau mode &#233;conomique doit davantage faire appel au secteur public et &#224; la sph&#232;re non marchande, donc l'&#233;conomie sociale et solidaire, afin de r&#233;aliser la transition &#233;cologique dont l'absolue n&#233;cessit&#233; devient peu &#224; peu l'objet d'un consensus. La d&#233;mocratisation de l'&#233;conomie est l'une des cl&#233;s du succ&#232;s face &#224; la crise climatique. La transformation &#233;cologique, compte tenu de son ampleur, exige une planification d&#233;mocratique sur une base locale et r&#233;gionale pour &#234;tre l&#233;gitime en plus du d&#233;veloppement et du renforcement de la capacit&#233; de planification et d'intervention collective dans l'&#233;conomie. L'&#233;conomie ne peut plus simplement &#234;tre l'affaire des chambres de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#201;tat, avec sa capacit&#233; de r&#233;gulation et d'investissement, doit servir de bougie d'allumage &#224; cette transformation. Il doit utiliser la marge de manoeuvre qu'on lui red&#233;couvre en contexte de pand&#233;mie alors que se r&#233;v&#232;le des capacit&#233;s financi&#232;res largement sup&#233;rieures &#224; celles que les populations se figuraient durant les derni&#232;res d&#233;cennies. Nous avons vu que tant que les limites humaines et physiques ne sont pas atteintes, un &#201;tat souverain qui contr&#244;le sa propre monnaie peut injecter davantage de liquidit&#233;s dans une &#233;conomie. Il est n&#233;anmoins vital de faire un bon usage de cette marge de manoeuvre afin de rendre l'&#233;conomie v&#233;ritablement r&#233;siliente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous faisons le pari qu'une fois la double boucle lanc&#233;e, ses retomb&#233;es alimenteront un cercle vertueux permettant d'accro&#238;tre continuellement la qualit&#233; de vie de la population et l'&#233;quilibre vivifiant des &#233;cosyst&#232;mes. Les citoyennes et citoyens y trouveront leur compte en mati&#232;re de r&#233;silience sociale et &#233;conomique, tout en reprenant le contr&#244;le de leurs vies. En somme, le choix entre l'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;silience en est un entre la d&#233;liquescence d&#233;finitive de nos institutions d&#233;mocratiques et une r&#233;plique collective, solidaire et ambitieuse face aux immenses d&#233;fis de l'&#232;re post-COVID.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;a. Dans cette brochure, nous utiliserons &#171; hypercapitalisme &#187; et &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187; de fa&#231;on interchangeable. La p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale repr&#233;sente une rupture avec l'ordre &#233;conomique d'apr&#232;s-guerre (1945-1975) durant lequel les salari&#233;&#183;e&#183;s avaient r&#233;alis&#233; un certain nombre de gains, o&#249; le capitalisme &#233;tait assez fortement encadr&#233; par les pouvoirs publics et o&#249; la richesse &#233;tait davantage redistribu&#233;e. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale &#8211; pr&#233;sent&#233;e par certains comme une nouvelle rationalit&#233; &#8211; a largement transform&#233; les institutions de la soci&#233;t&#233; salariale, mais aussi le rapport des individus &#224; la soci&#233;t&#233;. Quarante ans apr&#232;s son av&#232;nement, le n&#233;olib&#233;ralisme ne saurait cependant &#234;tre d&#233;pass&#233; par un retour au mod&#232;le &#233;conomique d'apr&#232;s-guerre. Pour une r&#233;flexion en profondeur sur ce concept : Pierre DARDOT et Christian LAVAL, La nouvelle raison du monde : essai sur la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale, Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte, 2009, 498 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GODBOUT, Luc et Michael-Robert ROBERT, La fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise converge-t-elle &#224; la tendance de l'OCDE ?, Chaire de recherche en fiscalit&#233; et en finances publiques (CFFP), Universit&#233; de Sherbrooke, octobre 2020, 38 p., cffp.recherche.usherbrooke.ca/wp-content/uploads/2020/10/cr_2020-16_la-fiscalite-quebecoise-converge-telle-a-la-tendance-de-ocde.pdf.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NPR, &#171; As Hospitals Lose Revenue, More Than A Million Health Care Workers Lose Jobs &#187;, NPR, 8 mai 2020, &lt;a href=&#034;http://www.npr.org/2020/05/08/852435761/as-hospitals-lose-revenue-thousandsof-health-care-workers-face-furloughs-layoff&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npr.org/2020/05/08/852435761/as-hospitals-lose-revenue-thousandsof-health-care-workers-face-furloughs-layoff&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GERBET, Thomas, &#171; Les chirurgies esth&#233;tiques se poursuivent au priv&#233; pendant que les h&#244;pitaux craquent &#187;, Radio-Canada, 15 janvier 2021, ici.radio-canada.ca/nouvelle/1763440/covid-chirurgiesesthetiques-hopitaux-personnel-quebec-solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GOUVERNEMENT DU CANADA, &#201;nonc&#233; &#233;conomique de l'automne de2020, Minist&#232;re des Finances, 30 novembre 2020, &lt;a href=&#034;http://www.budget.gc.ca/fes-eea/2020/home-accueil-fr.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.budget.gc.ca/fes-eea/2020/home-accueil-fr.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;a Pour leur contribution &#224; ce document, les auteurs remercient Alexandre B&#233;gin, Eve-Lyne Couturier, Fran&#231;ois Desrochers, Pierre-Antoine Harvey, Philippe Hurteau, Audrey Laurin-Lamothe, Minh Nguyen, Julia Posca, Nicolas Viens et Olivier Viger-Beaudin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sommes-nous tous dans le &#171; m&#234;me bateau &#187; ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sommes-nous-tous-dans-le-meme-bateau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Sommes-nous-tous-dans-le-meme-bateau</guid>
		<dc:date>2020-05-05T17:26:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ellen Russell, Mathieu Dufour</dc:creator>


		<dc:subject>Bulletin du collectif Tenir bon !</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mathieu Dufour et Ellen Russell, respectivement professeurs &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Outaouais et &#224; l'Universit&#233; Wilfrid-Laurier. &lt;br class='autobr' /&gt; 4 mai 2020 | Tenir bon &#8212; Bulletin num&#233;ro 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous sommes tous dans le m&#234;me bateau &#187; est la chanson th&#232;me de cette pand&#233;mie. Nous recevons beaucoup de discours sur la fa&#231;on dont nous comptons tous les uns sur les autres. Cependant, ce qu'on ne dit pas, c'est que de profondes in&#233;galit&#233;s traversent la soci&#233;t&#233;. Si vous avez de bons emplois stables, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Articles-du-bulletins-" rel="directory"&gt;Articles des bulletins&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bulletin-du-collectif-Tenir-bon-+" rel="tag"&gt;Bulletin du collectif Tenir bon !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton43451-6775e.png?1781058334' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mathieu Dufour et Ellen Russell, respectivement professeurs &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Outaouais et &#224; l'Universit&#233; Wilfrid-Laurier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;4 mai 2020 | Tenir bon &#8212; Bulletin num&#233;ro 4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes tous dans le m&#234;me bateau &#187; est la chanson th&#232;me de cette pand&#233;mie. Nous recevons beaucoup de discours sur la fa&#231;on dont nous comptons tous les uns sur les autres. Cependant, ce qu'on ne dit pas, c'est que de profondes in&#233;galit&#233;s traversent la soci&#233;t&#233;. Si vous avez de bons emplois stables, des avantages sociaux, des cong&#233;s de maladie, des protections syndicales et d'autres avantages, alors rester &#224; la maison est une option r&#233;aliste. Or, beaucoup de gens aujourd'hui n'ont pas ce genre de bons emplois. Les travailleurs et travailleuses vivant au jour le jour dans l'&#233;conomie pr&#233;caire (restauration, tourisme, industries culturelles, etc.) ne sont pas dans la m&#234;me situation. Le tableau est encore plus sombre ceux et celles qui sont confront&#233;s &#224; des barri&#232;res racialis&#233;es, sexosp&#233;cifiques et d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de stagnation des salaires et d'in&#233;galit&#233;s croissantes, de nombreux travailleurs s'en sortent &#224; peine. Le travail pr&#233;caire, la m&#233;diocre r&#233;mun&#233;ration dans de nombreux secteurs et l'endettement sont autant de ph&#233;nom&#232;nes r&#233;pandus. Avant le d&#233;but de cette pand&#233;mie, beaucoup de gens vivaient d&#233;j&#224; &#224; la limite ; plusieurs sont maintenant en chute libre et sont oblig&#233;s de prendre des d&#233;cisions qui sont loin d'&#234;tre avantageuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les secteurs des services essentiels d&#233;finis par le gouvernement, des milliers de personnes occupent des emplois pr&#233;caires &#224; bas salaires. Si votre survie &#233;conomique est suspendue &#224; un fil et que votre patron vous dit de rentrer au travail, vous n'&#234;tes pas en mesure de d&#233;battre de la sant&#233; publique ou de nouveaux d&#233;crets gouvernementaux. Vous r&#233;alisez que vous exposez votre famille et le public &#224; des risques en allant travailler. Si vous vous pr&#233;sentez au travail, c'est ce que vous le faites pour garder votre logement. Bref, les beaux discours qui ne traitent pas de l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique chronique &#224; long terme n'affrontent pas le probl&#232;me. Ceux et celles qui sont coinc&#233;s pour joindre les deux bouts s'attendent &#224; autre chose. Si nous sommes &#171; tous dans le m&#234;me bateau &#187; pour ralentir ce virus, nous devons &#234;tre &#171; tous dans le m&#234;me bateau &#187; pour cr&#233;er une s&#233;curit&#233; &#233;conomique pour tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Penser l'apr&#232;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Penser-l-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Penser-l-apres</guid>
		<dc:date>2020-04-21T09:10:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Pineault, Mathieu Dufour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la crise pendant les derni&#232;res semaines et l'escalade de mesures qui s'en est suivie a mis les pr&#233;occupations sanitaires imm&#233;diates au premier plan. Maintenant qu'une bonne partie de l'&#233;conomie est en pause et que nombre de personnes sont confin&#233;es &#224; la maison, il se d&#233;gage un espace pour r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences plus larges de la crise et &#224; la suite des choses. Penser un apr&#232;s, en quelque sorte, mais un apr&#232;s qui sera tributaire de ce qu'on fera &#224; courte &#233;ch&#233;ance. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Sante-" rel="directory"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-04-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-04-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton43198-9d243.png?1781983246' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution de la crise pendant les derni&#232;res semaines et l'escalade de mesures qui s'en est suivie a mis les pr&#233;occupations sanitaires imm&#233;diates au premier plan. Maintenant qu'une bonne partie de l'&#233;conomie est en pause et que nombre de personnes sont confin&#233;es &#224; la maison, il se d&#233;gage un espace pour r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences plus larges de la crise et &#224; la suite des choses. Penser un apr&#232;s, en quelque sorte, mais un apr&#232;s qui sera tributaire de ce qu'on fera &#224; courte &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://iris-recherche.qc.ca/blogue/penser-l-apres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'IRIS&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous dit ces temps-ci que l'&#233;conomie allait bien avant cette crise et donc qu'il suffit de faire le dos rond le temps qu'elle dure, afin de pouvoir retrouver la prosp&#233;rit&#233;. Un mauvais moment &#224; passer, mais caus&#233; par un choc externe qui n'atteint les structures &#233;conomiques qui, elles, seraient solides. Pourtant, la crise actuelle a surtout mis en lumi&#232;re toute la fragilit&#233; sous-jacente de notre &#233;conomie, et ce, sur au moins trois plans distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, une bonne partie de l'activit&#233; &#233;conomique &#233;tait support&#233;e par un fort endettement des m&#233;nages et des entreprises. Malgr&#233; de tr&#232;s l&#233;g&#232;res baisses dans les derniers trimestres, l'endettement des m&#233;nages canadiens demeurait &#233;lev&#233; &#224; 176% de leur revenu annuel. Comme le montre la crise actuelle, nombre de travailleuses et travailleurs vivent d'une paie &#224; l'autre. Du c&#244;t&#233; des entreprises (hors secteur financier) : leur dette totale repr&#233;sentait 118% du PIB, soit une augmentation de 30% depuis la pr&#233;c&#233;dente crise. Cette absence de coussin fait en sorte que le confinement forc&#233; n'est pas facile &#224; supporter malgr&#233; les programmes gouvernementaux qui se multiplient. En fait, la multiplication de ces programmes montre justement que le syst&#232;me de protection sociale n'est pas adapt&#233; &#224; la diversit&#233; actuelle des formes d'emploi et de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le degr&#233; d'int&#233;gration de notre &#233;conomie dans la mondialisation la rend d&#233;pendante d'un flux constant d'approvisionnement ext&#233;rieur. Cet approvisionnement n'est pas remis en question pour l'instant, mais qu'arrivera-t-il si la crise dure ici ou ailleurs ? Jusqu'&#224; quel point souhaite-t-on que la vitalit&#233; de l'&#233;conomie du Qu&#233;bec soit tributaire de l'efficacit&#233; des politiques de gestion de crise dans un endroit comme les &#201;tats-Unis, par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, l'action massive de l'&#201;tat montre bien que le syst&#232;me &#233;conomique en lui-m&#234;me ne peut pas accuser le genre de choc que repr&#233;sente la pand&#233;mie&#8230; ou m&#234;me une crise financi&#232;re. M&#234;me si la pr&#233;sente crise est plus grave que la derni&#232;re crise financi&#232;re, il ne faut pas oublier que celle-ci avait exig&#233; une intervention importante des gouvernements, notamment aux &#201;tats-Unis et en Europe. En fait, une telle intervention n'a rien d'exceptionnel ; l'&#201;tat est appel&#233; &#224; la rescousse &#224; chaque fois que le syst&#232;me se grippe, devant alors bricoler une s&#233;rie de mesure afin de faire repartir la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Favoriser la r&#233;silience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation actuelle, le gouvernement se doit certes d'agir promptement et d'y mettre les moyens n&#233;cessaires. Cependant, pourquoi utiliser ces ressources pour revenir &#224; une situation qui &#233;tait d&#233;j&#224; probl&#233;matique avant le d&#233;but de la pand&#233;mie ? Pourquoi ne pas plut&#244;t les orienter de mani&#232;re &#224; b&#226;tir une &#233;conomie r&#233;siliente, mieux &#224; m&#234;me d'absorber les chocs dans le futur et d'effectuer la n&#233;cessaire transition &#233;cologique dont l'&#233;ch&#233;ance est sans cesse repouss&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs pistes qui pourraient permettre d'aller dans ce sens, notamment le fait de favoriser une structure de production et de consommation circulaire avec un fort ancrage local. Il ne s'agit pas de viser l'autarcie, bien entendu, mais plut&#244;t de valoriser les ressources d'une r&#233;gion donn&#233;e et, dans la mesure du possible, de faire avec celles-ci. Les entreprises coop&#233;ratives et d'&#233;conomie solidaire sont particuli&#232;rement bien plac&#233;es pour mettre ce genre de processus en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, une partie du probl&#232;me en syst&#232;me capitaliste vient de la nature d&#233;centralis&#233;e de l'activit&#233; &#233;conomique. Chaque entreprise prend ses d&#233;cisions de mani&#232;re ind&#233;pendante, que ce soit pour la production ou le cr&#233;dit, par exemple. &#199;a permet au syst&#232;me une certaine flexibilit&#233;, mais en m&#234;me temps cela g&#233;n&#232;re des risques syst&#233;miques. Comme la fortune de chaque entreprise d&#233;pend de ce que feront les autres, l'absence de coordination entre elles cause d'importants risques. La comp&#233;tition qu'elles se m&#232;nent et le secret dont elles couvrent leurs intentions peuvent provoquer des effets domino qui nuisent au syst&#232;me dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de l'&#201;tat, puisqu'elle peut toucher toutes ces entreprises, permet de pallier en partie ce probl&#232;me. Cependant, une telle coordination de l'activit&#233; &#233;conomique est difficile si on ne la met en place qu'en temps de crise. L'&#201;tat est alors pris pour supporter une structure qui s'est b&#226;tie de mani&#232;re ind&#233;pendante et qui est possiblement difficile &#224; soutenir &#224; terme. Une intervention faite de mani&#232;re pos&#233;e et r&#233;fl&#233;chie faite en temps plus &#171; normal &#187; permettrait d'installer de tels processus de coordination, qui pourraient ensuite servir &#224; maintenir l'&#233;conomie &#224; flot en temps de crise et en assurer la p&#233;rennit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux pistes peuvent &#234;tre mises en &#339;uvre de concert. On peut imaginer des structures locales dot&#233;es d'un fort ancrage d&#233;mocratique dans la communaut&#233;, avec des processus de coordination de la part de l'&#201;tat et un cadre macro&#233;conomique qui en supporte l'existence. On pourrait ainsi commencer &#224; envisager un d&#233;passement des institutions actuelles et une r&#233;elle transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain apr&#232;s un quart de si&#232;cle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Accord-de-libre-echange-nord-americain-apres-un-quart-de-siecle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-Accord-de-libre-echange-nord-americain-apres-un-quart-de-siecle</guid>
		<dc:date>2018-06-19T08:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre B&#233;gin, Mathieu Dufour, Olivier Viger Beaudin</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) a pr&#232;s de 25 ans. Jusqu'&#224; r&#233;cemment, ce trait&#233; semblait destin&#233; &#224; perdurer dans sa forme originelle, mais l'&#233;lection de Donald Trump aux &#201;tats-Unis et le processus de ren&#233;gociation mis en branle par son administration ont ouvert les champs du possible. Le moment semble donc tout indiqu&#233; pour faire un bilan de l'accord afin d'&#233;valuer ce qu'il convient de conserver et ce dont on devrait au contraire saisir l'occasion de se d&#233;barrasser. C'est ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-140-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-06-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-06-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton35278-4b0f5.jpg?1781438873' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) a pr&#232;s de 25 ans. Jusqu'&#224; r&#233;cemment, ce trait&#233; semblait destin&#233; &#224; perdurer dans sa forme originelle, mais l'&#233;lection de Donald Trump aux &#201;tats-Unis et le processus de ren&#233;gociation mis en branle par son administration ont ouvert les champs du possible. Le moment semble donc tout indiqu&#233; pour faire un bilan de l'accord afin d'&#233;valuer ce qu'il convient de conserver et ce dont on devrait au contraire saisir l'occasion de se d&#233;barrasser. C'est ce que nous tentons de faire dans cette note &#224; travers une analyse en trois temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://iris-recherche.qc.ca/publications/alena&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'IRIS&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passerons d'abord en revue certains des arguments favorables et d&#233;favorables &#224; l'accord qui avaient &#233;t&#233; &#233;mis au moment de sa n&#233;gociation, au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Nous aborderons ensuite certains de ses aspects qui vont au-del&#224; d'une lib&#233;ralisation du commerce international, comme les clauses sur l'investis- sement, le p&#233;trole ou le secteur bancaire. Finalement, nous &#233;valuerons certains r&#233;sultats &#233;conomiques observ&#233;s au Canada depuis l'entr&#233;e en vigueur de cet accord. Comme nous le verrons plus bas au terme de l'exercice, il n'est pas &#233;vident que l'image positive de l'AL&#201;NA souvent v&#233;hicul&#233;e dans les m&#233;dias soit pleinement justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat public pr&#233;c&#233;dant l'AL&#201;NA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) est un trait&#233; &#224; vaste port&#233;e, aux plans autant &#233;conomique que l&#233;gislatif, qui a affect&#233; l'ensemble des acteurs &#233;conomiques de la r&#233;gion nord-am&#233;ricaine. La r&#233;alisation de ce trait&#233; a suscit&#233; un fort d&#233;bat public impliquant la soci&#233;t&#233; civile et les gouvernements. Un retour sur les arguments utilis&#233;s &#224; cette &#233;poque nous permettra de recenser certains des espoirs et appr&#233;hensions que le trait&#233; soulevait et d'&#233;valuer lesquels se sont av&#233;r&#233;s. Cet exercice nous permettra &#233;galement de jauger les retomb&#233;es promises d'&#233;ventuels nouveaux accords de ce type. La section qui suit survole donc bri&#232;vement les arguments expos&#233;s &#224; l'&#233;poque, en commen&#231;ant par ceux amen&#233;s en faveur de l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les arguments favorables &#224; l'AL&#201;NA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AL&#201;NA s'inscrit dans la lib&#233;ralisation massive promulgu&#233;e par l'axe Thatcher-Reagana &#224; partir des ann&#233;es 1980. De plus, l'AL&#201;NA se d&#233;veloppe dans la continuit&#233; de l'Accord de libre-&#233;change canado-am&#233;ricain (AL&#201;). Pour les partisans du libre-&#233;change, ce trait&#233; &#233;tait une &#233;tape naturelle du commerce nord-am&#233;ricain. L'AL&#201;, ratifi&#233; en 1988, devait s'instaurer graduellement jusqu'en 1998, date o&#249; l'ensemble des clauses de l'accord prendraient effet. Ainsi, pour le Canada, les n&#233;gociations qui ont abouti &#224; la mise en place de l'AL&#201;NA &#224; partir de janvier 1994 n'&#233;taient pas men&#233;es dans l'optique d'&#233;tablir une zone de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis. L'implication du Canada dans l'AL&#201;NA s'expliquait notamment par le d&#233;sir d'emp&#234;cher les &#201;tats-Unis, qui avaient commenc&#233; des discussions avec le Mexique apr&#232;s la conclusion de l'AL&#201;, de devenir le p&#244;le principal de deux accords bilat&#233;raux avec le Mexique et le Canada1. Le Canada d&#233;sirait am&#233;liorer et clarifier certaines clauses existantes de l'AL&#201; et conserver son attrait pour le commerce et l'investissement &#233;tasunien face au Mexique2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la cr&#233;ation d'une nouvelle zone commerciale a &#233;t&#233; le principal d&#233;bat entourant la n&#233;gociation de l'AL&#201;NA. Selon les th&#233;ories &#233;conomiques standards, la cr&#233;ation de nouveaux march&#233;s ou leur acc&#232;s permet un gain &#233;conomique pour tous les pays impliqu&#233;s et offre, naturellement, un plus grand march&#233; o&#249; &#233;voluer. Ce gain d&#233;coule d'une sp&#233;cialisation des &#233;conomies des pays participants dans les industries qui y sont relativement plus efficientes, ce qui am&#232;ne une hausse de productivit&#233; globale et une optimisation des ressources. Bien que certains puissent &#234;tre perdants apr&#232;s une lib&#233;ralisation, la th&#233;orie standard pr&#233;dit g&#233;n&#233;ralement que les gains d&#233;passeront les pertes dans chacun des pays signataires. Ainsi, moyennant une possibilit&#233; de transferts internes, cette th&#233;orie pr&#233;tend que le commerce international devrait contribuer &#224; la prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale. Une telle zone permet en outre un acc&#232;s &#224; davantage de produits et de services &#233;trangers et &#224; de meilleurs prix, entre autres par l'augmentation de la comp&#233;titivit&#233;. En m&#234;me temps, un plus grand bassin de population signifie un plus grand potentiel de consommation de biens et services pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de l'AL&#201;, l'AL&#201;NA devait amener une augmentation des exportations et des importations de chacun des pays3 . Pour le Canada, l'AL&#201;NA allait permettre de conserver le commerce avec le march&#233; &#233;tasunien tout en accentuant le commerce avec le Mexique4 . &#192; titre d'exemple, les exportations du Canada vers le Mexique en 1990 ne repr&#233;sentaient que 0,44 % des exportations totales, contrairement &#224; 74,8 % vers les &#201;tats-Unis5 . L'AL&#201;NA allait &#233;galement favoriser la libre circulation des capitaux. Ce dernier effet, qui peut &#234;tre fort int&#233;ressant pour les pays &#224; plus petits march&#233;s, peut permettre une hausse de l'investissement &#233;tranger et ainsi la cr&#233;ation d'entreprises, de nouveaux emplois, etc. Pour le Canada et le Mexique, le flux de capital provenant des &#201;tats-Unis repr&#233;sente la majeure partie de l'investissement &#233;tranger6 . Bien que les investissements directs &#233;trangers (ID&#201;) en provenance des &#201;tats-Unis soient rest&#233;s importants dans les ann&#233;es 1990, la part de ceux-ci &#233;tait en d&#233;croissance7 . Il &#233;tait important pour le Canada et le Mexique de maintenir leur part d'ID&#201; avec les &#201;tats-Unis tout en favorisant la mobilit&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les partisans de l'AL&#201;NA faisaient miroiter l'augmentation du commerce, des investissements &#233;trangers et l'ouverture des march&#233;s. Il &#233;tait pr&#233;vu que ces effets am&#233;liorent plusieurs indicateurs &#233;conomiques importants, ce qui aurait b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; l'ensemble de la population. On pr&#233;voyait surtout une croissance &#233;conomique notable, particuli&#232;rement pour le Mexique8 . Comme l'AL&#201; &#233;tait d&#233;j&#224; en place, les augmentations anticip&#233;es pour le Canada et les &#201;tats-Unis &#233;taient moindres9 . De plus, l'ouverture des march&#233;s et l'accentuation des flux de capitaux devaient permettre des gains en productivit&#233;, entre autres gr&#226;ce aux &#233;conomies d'&#233;chelle. Au-del&#224; de l'avantage d'une hausse du commerce, les &#233;conomies d'&#233;chelle permises par l'acc&#232;s &#224; un plus grand march&#233; sont une des raisons principales qui auraient pouss&#233; les trois pays, en particulier le Canada, &#224; promouvoir la signature de l'AL&#201;NA10 . Les analystes de l'&#233;poque soulignaient &#233;galement l'importance de la comp&#233;titivit&#233; sur la sc&#232;ne internationale. L'AL&#201;NA allait permettre aux trois pays de maintenir ou d'am&#233;liorer ce facteur avec l'acc&#232;s &#224; un plus grand march&#233;, aux &#233;conomies d'&#233;chelle et aux diminutions anticip&#233;es des co&#251;ts de production11 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour les travailleurs et les travailleuses, on anticipait une cr&#233;ation importante d'emplois et une augmentation de leur salaire r&#233;el. Les analystes &#233;tasuniens favorables au libre-&#233;change &#233;taient particuli&#232;rement optimistes. Il &#233;tait pr&#233;vu, selon 284 &#233;conomistes, que l'AL&#201;NA allait cr&#233;er 200 000 nouveaux emplois aux &#201;tats- Unis pour 1995, en majeure partie gr&#226;ce aux &#233;changes accrus avec le Mexique12 . Les salaires, quant &#224; eux, &#233;taient cens&#233;s rester stables pour les &#201;tats-Unis et le Canada malgr&#233; les diff&#233;rences de salaires avec le Mexique, la qualification de la main-d'oeuvre, les autres co&#251;ts de production et la nouvelle demande de travail compensant le d&#233;placement des emplois vers le Mexique13 . Ainsi, pour la main-d'oeuvre, les analystes pr&#233;voyaient un gain g&#233;n&#233;ralis&#233; d'emplois et le maintien ou l'augmentation du salaire r&#233;el, surtout au Mexique14 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'environnement &#233;tait &#233;galement au centre des d&#233;bats pr&#233;c&#233;dant la signature de l'AL&#201;NA. Le Canada, les &#201;tats- Unis et le Mexique ayant des normes environnementales et des capacit&#233;s d'application des lois diff&#233;rentes, on cr&#233;a une entente environnementale associ&#233;e &#224; l'AL&#201;NA pour r&#233;pondre &#224; ces pr&#233;occupations. L'Accord nord-am&#233;ricain de coop&#233;ration dans le domaine de l'environnement (ANACDE) garantit le respect des normes environnementales tout en favorisant le d&#233;veloppement &#233;conomique : &#171; [l'] accord vise &#224; favoriser un d&#233;veloppement durable, &#224; promouvoir la mise en place de politiques et de pratiques en mati&#232;re de pr&#233;vention de la pollution et &#224; favoriser l'application des lois et r&#233;glementations environnementales15 . &#187; Pour les partisans de l'AL&#201;NA, cet accord suppl&#233;mentaire garantissait l'application de r&#232;gles environnementales r&#233;gionales afin de minimiser l'impact du d&#233;placement des industries, en particulier dans le nord du Mexique16 . Pour les groupes favorables &#224; l'accord, l'ANACDE &#233;tait une r&#233;ponse efficace aux probl&#233;matiques environnementales soulev&#233;es lors des n&#233;gociations de l'AL&#201;NA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les arguments en d&#233;faveur de l'AL&#201;NA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir examin&#233; les arguments principaux en faveur de l'AL&#201;NA, voyons maintenant ce que disaient les opposants &#224; l'accord. Alors que les analystes favorables &#224; cette entente exprimaient l'importance du libre-&#233;change, du march&#233; et d'une politique de &#171; laisser-faire &#187; pour le bien&#234;tre &#233;conomique de tous, les d&#233;tracteurs de l'AL&#201;NA adoptaient une approche diff&#233;rente. D'apr&#232;s ces derniers, l'&#233;conomie peut certes &#234;tre un vecteur important du mieux-&#234;tre social, mais elle n'est pas une finalit&#233;. Elle doit plut&#244;t &#234;tre au service de la soci&#233;t&#233;17. Si le commerce, le libre-&#233;change et la croissance &#233;conomique progressent au d&#233;triment de l'&#233;galit&#233;, de la coh&#233;sion et du progr&#232;s social, on peut remettre leur utilit&#233; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 11 - Investissement de l'AL&#201;NA a notamment soulev&#233; beaucoup de critiques. Celui-ci garantissait une protection importante pour les investisseurs &#233;trangers et leurs capitaux, au d&#233;triment des pouvoirs &#233;tatiques. Cette protection limitait, entre autres, le pouvoir d'expropriation des &#201;tats et leur contr&#244;le des flux de capitaux18 . De plus, ce chapitre proposait de limiter, voire d'abolir la protection des industries nationales au profit de la libre concurrence. Enfin, le chapitre 11 allait permettre aux entreprises &#233;trang&#232;res de poursuivre les gouvernements lorsque celles-ci se jugeaient l&#233;s&#233;es par des politiques nationales, des attributions de contrats publics ou pour toute autre raison jug&#233;e valable aux termes du chapitre 11. Cette derni&#232;re clause &#233;tait particuli&#232;rement probl&#233;matique pour les d&#233;tracteurs de l'AL&#201;NA. L'accord allait donner aux entreprises &#233;trang&#232;res un pouvoir important que les entreprises nationales n'avaient pas et venait brimer la souverainet&#233; nationale en accordant aux entreprises un pouvoir sur les lois et r&#233;glementations19 . Le chapitre 11 de l'AL&#201;NA est un sujet complexe et nous y reviendrons plus loin dans l'analyse des impacts de ce trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si certains croyaient que l'ANACDE limiterait la d&#233;gradation de l'environnement nord-am&#233;ricain, plusieurs groupes &#233;cologistes ont exprim&#233; des r&#233;serves sur l'efficacit&#233; r&#233;elle de l'accord environnemental. L'intensification des &#233;changes commerciaux entra&#238;nerait n&#233;cessairement une accentuation de la pollution, qu'il y ait croissance &#233;conomique ou non, simplement par l'augmentation du transport transfrontalier de marchandises20 . L'intensification des maquiladoras au Mexique pouvait &#233;galement avoir un impact sur la pollution, d&#233;j&#224; importante dans le nord du pays, les industriels b&#233;n&#233;ficiant du laxisme l&#233;gal du Mexique pour polluer sans restriction21 . De plus, les groupes environnementaux avaient soulign&#233; l'absence de normes minimales dans l'ANACDE. Ainsi, le niveau nord-am&#233;ricain des normes risquait d'&#234;tre r&#233;duit en raison de la concurrence entre les pays. Ce dumping &#233;cologique encouragerait une r&#233;duction des normes environnementales afin d'attirer le capital physique et financier22 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'environnement et les contraintes du chapitre 11, l'emploi, les normes du travail, les salaires, les in&#233;galit&#233;s et le filet social &#233;taient d'importantes pr&#233;occupations. Les salaires &#233;tant drastiquement plus bas au Mexique, les travailleuses et travailleurs moins qualifi&#233;s &#233;taient les plus &#224; risque de perdre leur emploi en cas de d&#233;localisation vers le Mexique23 . Pour citer un exemple : en 1989, le salaire horaire moyen des Mexicain&#183;e&#183;s &#233;tait de 2,32 $ US, alors qu'aux &#201;tats-Unis il se situait &#224; 14,31 $ US24 . Les d&#233;tracteurs de l'AL&#201;NA soulignaient &#233;galement la productivit&#233; comparable de la main-d'oeuvre du Mexique. Ainsi, les travailleurs et travailleuses des industries mexicaines avaient &#224; la fois des salaires plus bas et une productivit&#233; comp&#233;titive, ce qui allait favoriser une d&#233;localisation et donc une augmentation du ch&#244;mage au Canada et aux &#201;tats-Unis. Les secteurs industriels du Canada et des &#201;tats-Unis qui n&#233;cessitaient une main-d'oeuvre importante, comme le textile ou le v&#234;tement, allaient &#234;tre particuli&#232;rement touch&#233;s par la d&#233;localisation25 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que certains pr&#233;voyaient un transfert des emplois perdus vers le secteur des hautes technologies, rien n'indiquait que ces personnes avaient les ressources n&#233;cessaires pour se d&#233;placer vers les secteurs appelant plus de qualifications. Les opposants mentionnaient plut&#244;t la possibilit&#233; que les travailleuses et travailleurs industriels moins qualifi&#233;s gravitent vers les emplois accessibles dans des secteurs moins r&#233;mun&#233;r&#233;s26 . La perte de comp&#233;titivit&#233; dans le secteur manufacturier aurait pour effet de favoriser la cr&#233;ation d'emplois dans le secteur primaire. On avait donc peur que le Canada s'enlise davantage dans son r&#244;le de fournisseur de ressources naturelles27 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les gens favorables &#224; l'accord, la croissance permise par l'AL&#201;NA allait b&#233;n&#233;ficier &#224; la population mexicaine, et les nouveaux emplois devaient diminuer l'&#233;cart de ce pays avec les salaires canadiens et am&#233;ricains. Toutefois, certains soulignaient la relativit&#233; de l'impact d'une telle croissance. Une augmentation des activit&#233;s industrielles au Mexique ne se traduirait pas n&#233;cessairement par une majoration des salaires ou du bien-&#234;tre. Les bas salaires &#233;tant un avantage comparatif important pour le Mexique, les syndicats y &#233;tant contr&#244;l&#233;s par l'&#201;tat et le bassin de main-d'oeuvre y &#233;tant massif, il &#233;tait peu probable qu'une croissance &#233;conomique entra&#238;ne une augmentation des salaires &#224; court ou &#224; moyen terme28 . De plus, apr&#232;s 25 ans d'existence, les maquiladoras mexicaines avaient d&#233;montr&#233; leur faible contribution au mieux-&#234;tre social du Mexique, m&#234;me si elles y repr&#233;sentaient la deuxi&#232;me source d'exportations et contribuaient &#224; 10 % de l'emploi industriel29 . Ces entreprises &#233;taient &#233;galement responsables d'une d&#233;gradation de l'environnement dans leurs r&#233;gions d'activit&#233;. Si la tendance se maintenait, une accentuation de l'activit&#233; &#233;conomique sous le r&#233;gime des maquiladoras aurait peu d'impact sur la situation &#233;conomique de la population mexicaine, mais aurait forc&#233;ment un impact n&#233;gatif sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des pertes d'emplois et de la diminution des salaires globaux au Nord, certains craignaient &#233;galement une r&#233;duction des protections sociales. Malgr&#233; l'absence de consensus sur le niveau des normes du travail au Mexique, on reconnaissait leur application d&#233;faillante30 . Plusieurs syndicats canadiens et &#233;tasuniens se questionnaient sur la possibilit&#233; que le d&#233;placement d'entreprises vers le Mexique encourage le nivellement vers le bas des normes du travail et des programmes sociaux31 . L'espace national &#233;tant fixe et les travailleurs et les travailleuses moins mobiles que les marchandises ou le capital, la mobilit&#233; accrue des entreprises pourrait pousser les gouvernements &#224; adopter des r&#233;ductions de ces normes et programmes : &#171; [...] la lib&#233;ralisation du commerce pourrait faire pression sur les politiques sociales nationales, afin de favoriser un environnement &#233;conomique concurrentiel et attirer un plus grand nombre d'entreprises32 . &#187; Ce &#171; dumping &#187; social encouragerait ainsi les gouvernements &#224; favoriser un abaissement des co&#251;ts de main-d'oeuvre des entreprises pour am&#233;liorer leurs co&#251;ts de production. La question du filet social &#233;tait particuli&#232;rement importante au Canada. Dans la perspective du &#171; dumping &#187; social, deux m&#233;thodes s'offraient au gouvernement canadien : la r&#233;duction de la taxation des entreprises ou celle des co&#251;ts du travail. Dans les deux cas, le travailleur et le r&#233;gime social canadien &#233;taient perdants, soit par la r&#233;duction des revenus de l'&#201;tat soit par une baisse des normes et des avantages des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a &#233;galement critiqu&#233; la promesse d'une am&#233;lioration des normes du travail et des programmes sociaux au Mexique en raison des nouveaux emplois. Au Mexique, les syndicats &#233;taient contr&#244;l&#233;s par le gouvernement. Tous les dirigeants syndicaux &#233;taient li&#233;s de pr&#232;s ou de loin au pouvoir33 . Les chances que les syndicats fassent efficacement pression sur le gouvernement &#233;taient donc minces. De plus, le milieu des affaires nord-am&#233;ricain s'&#233;tait oppos&#233; &#224; la mise en place d'une r&#233;mun&#233;ration et de normes du travail minimales. Leur seule concession &#233;tait de ne pas faire obstacle &#224; la mise en place d'un processus pour v&#233;rifier les normes du travail34 . La pression d'harmonisation d'un espace commun nord-am&#233;ricain mena&#231;ait ainsi les standards sociaux35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, les opposants doutaient que la croissance &#233;conomique promise par l'AL&#201;NA soit redistribu&#233;e &#233;quitablement et croyaient plut&#244;t que les travailleurs et les travailleuses allaient &#234;tre les grands perdants du processus, notamment en raison d'une pression accrue sur les programmes sociaux36 . L'ouverture des fronti&#232;res commerciales et financi&#232;res allait principalement b&#233;n&#233;ficier aux entreprises. La nouvelle mobilit&#233; du capital cr&#233;erait un d&#233;balancement des rapports de force en faveur des industriels. Le nouvel espace &#233;conomique favoriserait une harmonisation vers le bas des normes du travail et environnementales et encouragerait une concurrence entre les pays au plan de leurs programmes sociaux et de leurs r&#233;gimes de taxation. Le libre-&#233;change commercial et la lib&#233;ralisation des flux de capitaux allaient sans doute b&#233;n&#233;ficier &#224; des acteurs nord-am&#233;ricains, mais auxquels et &#224; quel prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois composantes controvers&#233;es de l'AL&#201;NA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord qui fut finalement sign&#233; par le Mexique, le Canada et les &#201;tats-Unis comprend de nombreuses composantes qui vont au-del&#224; d'une simple diminution des barri&#232;res commerciales. Nous en analyserons trois qui ont cr&#233;&#233; la controverse. La premi&#232;re a trait &#224; la lib&#233;ralisation du secteur financier, la deuxi&#232;me au commerce du p&#233;trole et la troisi&#232;me aux investissements &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lib&#233;ralisation du secteur financier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signature de l'AL&#201;NA a amen&#233; une lib&#233;ralisation du secteur financier des pays concern&#233;s. En gros, l'accord garantissait aux entreprises de la zone un libre acc&#232;s aux march&#233;s des autres pays. Cette lib&#233;ralisation a finalement eu assez peu d'impact sur le secteur financier canadien. Les banques canadiennes sont relativement stables et tr&#232;s bien implant&#233;es dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, ce qui laisse peu de place aux institutions am&#233;ricaines ou mexicaines. Par contraste, le Mexique a vu une bonne partie de son secteur financier passer &#224; des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers apr&#232;s la lib&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, pendant la premi&#232;re ann&#233;e de mise en oeuvre de l'AL&#201;NA, le Mexique a v&#233;cu une crise financi&#232;re importante, qu'on a par la suite appel&#233;e la crise du peso mexicain. Cette crise n'&#233;tait pas li&#233;e &#224; l'AL&#201;NA, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le secteur financier &#233;tait d&#233;sormais lib&#233;ralis&#233; dans la zone, les institutions financi&#232;res &#233;trang&#232;res ont pu p&#233;n&#233;trer le march&#233; mexicain. Cette entr&#233;e fut facilit&#233;e davantage au d&#233;but de 1995 et encore en 1998, o&#249; les barri&#232;res restantes furent abolies37 . Le r&#233;sultat fut un transfert massif d'actifs bancaires en assez peu de temps. En 1994, 1 % des actifs mexicains &#233;taient en des mains &#233;trang&#232;res. Ce total s'est &#233;lev&#233; &#224; 16 % en 1997, puis &#224; 82 % en 2004. La proportion des actifs bancaires mexicains d&#233;tenus par des &#233;trangers se situait encore autour de 70 % &#224; la fin 201238 . Un processus similaire a eu lieu apr&#232;s la crise de 2007-2008, alors que les banques canadiennes ont pu prendre de l'expansion aux &#201;tats-Unis pendant que leurs concurrentes am&#233;ricaines &#233;taient en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend donc facilement que, dans sa lettre envoy&#233;e &#224; Affaires mondiales Canada en juillet 2017 dans le cadre des ren&#233;gociations de l'AL&#201;NA, l'Association des banquiers canadiens ait enjoint les n&#233;gociateurs &#224; s'assurer que le march&#233; bancaire demeurerait lib&#233;ralis&#233;39 . Il n'en reste pas moins que la situation reste risqu&#233;e quoi qu'il arrive pour les institutions bancaires (canadiennes) puisque les choses peuvent changer rapidement en cas de crise financi&#232;re. Une prise de contr&#244;le par des capitaux &#233;trangers, si elle peut permettre une certaine recapitalisation &#224; court terme, est probl&#233;matique pour au moins trois raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il peut se r&#233;v&#233;ler plus difficile de r&#233;glementer et de r&#233;guler efficacement des institutions &#233;trang&#232;res. Par ailleurs, une bonne partie des pratiques de cr&#233;dit est bas&#233;e sur les relations des institutions financi&#232;res avec leurs clients. Si une multinationale n'a g&#233;n&#233;ralement pas de probl&#232;me &#224; faire affaire avec des institutions financi&#232;res &#233;trang&#232;res, cela peut &#234;tre plus difficile pour les petites et moyennes entreprises. Certaines industries risqueraient donc de se trouver n&#233;glig&#233;es en cas de mainmise accrue des banques &#233;trang&#232;res. Finalement, une plus grande int&#233;gration des syst&#232;mes financiers &#224; l'&#233;chelle internationale peut augmenter le risque syst&#233;mique, c'est-&#224;-dire celui qu'une crise financi&#232;re survenant dans un pays s'&#233;tende &#224; ses voisins. Il est parfois avantageux d'avoir des syst&#232;mes financiers relativement &#233;tanches les uns par rapport aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La clause de proportionnalit&#233; pour l'exportation de p&#233;trole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 6 de l'AL&#201;NA contient une r&#232;gle dite de &#171; proportionnalit&#233; &#187; pour les exportations de p&#233;trole40. Selon cette clause, le gouvernement canadien ne peut imposer quelque restriction que ce soit qui ferait diminuer la proportion de sa production de p&#233;trole qui est export&#233;e aux &#201;tats-Unisa. &#201;videmment, les acheteurs &#233;tasuniens sont libres de passer des commandes ou non aupr&#232;s des fournisseurs canadiens ; donc cette proportion peut baisser d'elle-m&#234;me, mais on doit leur garantir le m&#234;me acc&#232;s qu'aux consommateurs canadiens. Cette r&#232;gle ne s'applique qu'au Canada et aux &#201;tats-Unis, le Mexique ayant pr&#233;f&#233;r&#233; garder la souverainet&#233; sur son industrie p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle stipule qu'on doit rendre accessible &#224; l'exportation une proportion donn&#233;e de l'offre de p&#233;trole canadien, mais pas que cette proportion doive &#234;tre forc&#233;ment export&#233;e. On laisse fonctionner le march&#233; et le p&#233;trole va aux plus offrants ; donc des acheteurs canadiens pourraient, par exemple, se procurer l'ensemble de cette production aux prix courants. Ce que cette r&#232;gle contraint, c'est l'action gouvernementale. Il n'est plus possible d'&#233;laborer une politique industrielle qui serait centr&#233;e sur une utilisation domestique des ressources p&#233;troli&#232;res, comme le gouvernement canadien l'avait fait avec le programme &#233;nerg&#233;tique national entre 1980 et 1985, par exemple. De la m&#234;me mani&#232;re, le gouvernement ne peut pas couper ses exportations de p&#233;trole dans un effort de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre. Le secteur est en quelque sorte lib&#233;ralis&#233; de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains soutiennent que la r&#232;gle de proportionnalit&#233; pourrait cr&#233;er des p&#233;nuries au Canada, puisque le gouvernement ne peut pas r&#233;orienter la production vers des r&#233;gions dans le besoin. A priori , comme le souligne Michael Holden dans une recherche effectu&#233;e pour le parlement canadien41 , c'est inexact, puisque le fonctionnement des march&#233;s fera en sorte que le p&#233;trole sera vendu aux plus offrants. Par cons&#233;quent, les consommateurs &#233;tasuniens ne seraient pas favoris&#233;s en regard de leurs homologues canadiens, si tant est que l'infrastructure de transport suffise &#224; la t&#226;che. Cependant, en cas de p&#233;nurie mondiale, la r&#232;gle de proportionnalit&#233; pourrait &#234;tre un obstacle marqu&#233; &#224; l'allocation des ressources au Canada. Si les acheteurs &#233;tasuniens ont plus de ressources que les acheteurs canadiens, ils pourraient accaparer une part importante de la production et le gouvernement canadien ne pourrait pas intervenir. Une telle situation s'est produite maintes fois par le pass&#233; l&#224; o&#249; une lib&#233;ralisation des march&#233;s et une am&#233;lioration des infrastructures de transport ont favoris&#233; l'exportation de divers produits de base, notamment des produits agricoles, vers des pays plus riches, alors m&#234;me qu'il y avait p&#233;nurie nationale42 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chapitre 11&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 11 de l'AL&#201;NA garantit quant &#224; lui la protection des droits &#233;conomiques des investisseurs &#233;trangers. Ses dispositions permettent &#224; ces investisseurs d'adresser des r&#233;clamations &#224; un &#201;tat sans nul besoin de l'accord de leurs gouvernements respectifs. En ce sens, ce trait&#233; a pr&#233;figur&#233; l'application de politiques d'indemnisation d'&#233;trangers pour des litiges suscit&#233;s par des politiques nationales43. Bien qu'il y ait eu plusieurs initiatives semblables auparavant, l'AL&#201;NA a &#233;t&#233; le premier accord &#224; mettre en oeuvre de telles mesures entre deux d&#233;mocraties occidentales, soit le Canada et les &#201;tats-Unis44. En fait, ce chapitre fut propos&#233; par les &#201;tats-Unis pour prot&#233;ger leurs investissements au Mexique, un pays consid&#233;r&#233; plus instable et pr&#233;sentant davantage de risques pour les investisseurs45. Cette partie de l'accord &#233;tait donc propos&#233;e comme une assurance pouvant donner confiance aux investisseurs &#233;trangers et donc susceptible d'augmenter les investissements de capitaux provenant des autres pays membres de l'AL&#201;NA46 . Tentons de r&#233;sumer les aspects contentieux des dispositions du chapitre 11, tout en expliquant son fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe du chapitre 11 est de faire en sorte que les investisseurs &#233;trangers n'aient pas &#224; se heurter &#224; des tribunaux nationaux en cas de litige avec l'&#201;tat o&#249; se trouvent leurs investissements. Les investisseurs peuvent alors recourir &#224; des tribunaux sp&#233;ciaux de l'AL&#201;NA qui ont pr&#233;s&#233;ance sur les tribunaux nationaux47 . Ces tribunaux d'arbitrage se composent de trois juges : un choisi par l'&#201;tat incrimin&#233;, un choisi par l'investisseur &#233;tranger instigateur de la r&#233;clamation, et un dernier choisi par consensus entre les deux parties48 . Le pouvoir de ces tribunaux ne leur permet toutefois pas d'abroger les l&#233;gislations jug&#233;es pr&#233;judiciables aux profits des investisseurs &#233;trangers. N&#233;anmoins, ils obligent les &#201;tats &#224; d&#233;dommager les investisseurs en tenant compte des pertes de profits engendr&#233;es par de telles lois49 . En outre, lorsque les lois en cause sont maintenues, rien n'emp&#234;che les investisseurs d'intenter de nouvelles poursuites &#224; l'occasion pour demander de nouveau le recouvrement des profits dont ils se disent spoli&#233;s. Ce fut notamment le cas pour Mobil Investments Canada et Murphy Oil Corporation, qui intent&#232;rent en 2015 la m&#234;me requ&#234;te qu'ils avaient intent&#233;e en 2007, apr&#232;s avoir obtenu gain de cause la premi&#232;re fois50 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les clauses controvers&#233;es du chapitre 11, une disposition permet aux investisseurs de se prot&#233;ger contre les impacts de toute expropriation ou nationalisation faites par les autres &#201;tats signataires du trait&#233; en lien avec leur investissement. Toutefois, l'interpr&#233;tation que les tribunaux sp&#233;ciaux font de l'expropriation ne se limite pas n&#233;cessairement &#224; la vision habituelle d'une simple reprise de droit de propri&#233;t&#233;51 . &#192; cet &#233;gard, d&#232;s 2004, l'OCDE soulignait que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[s]ous l'effet principalement des premi&#232;res affaires consid&#233;r&#233;es dans le cadre de l'AL&#201;NA, on craint de plus en plus que des concepts comme celui de l'expropriation indirecte soient applicables &#224; des mesures r&#233;glementaires visant &#224; prot&#233;ger l'environnement, la sant&#233; et d'autres aspects de l'int&#233;r&#234;t public52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, ce concept d'expropriation indirecte peut se traduire par toute limitation de l'utilisation d'un investissement ou des r&#233;sultats qu'il engendre, tels des profits53 . Ainsi, l'interpr&#233;tation de l'expropriation est souvent consid&#233;r&#233;e comme trop vague dans son application. D'autre part, bien qu'il soit possible de se soustraire &#224; cette clause en respectant plusieurs conditions, la seule invocation de l'int&#233;r&#234;t national pour motiver la l&#233;gislation d'un &#201;tat ne suffit pas &#224; d&#233;bouter une poursuite54 . Par cons&#233;quent, la flexibilit&#233; d'interpr&#233;tation du concept d'expropriation force les &#233;lus &#224; &#234;tre tr&#232;s prudents dans l'&#233;laboration de leurs lois, afin d'&#233;viter d'&#233;ventuelles r&#233;clamations en vertu de l'AL&#201;NA55 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi une clause qui interdit aux &#201;tats signataires de prescrire des r&#233;sultats aux investisseurs &#233;trangers, c'est-&#224;-dire que les gouvernements se sont entendus pour &#233;viter de &#171; faire ex&#233;cuter un quelconque engagement, en ce qui concerne l'&#233;tablissement, l'acquisition, l'expansion, la gestion, la direction ou l'exploitation d'un investissement effectu&#233; sur son territoire par un investisseur d'une autre Partie ou d'un pays tiers56 &#187;. Ainsi, il devient tr&#232;s complexe pour un &#201;tat d'obtenir certains engagements de la part d'investisseurs &#233;trangers57 . En effet, selon cet article de l'AL&#201;NA, un gouvernement ne peut pas demander aux investisseurs d'utiliser un minimum d'intrants nationaux, ni de limiter les exportations d'une quelconque fa&#231;on, ni de faire en sorte que les entreprises &#233;trang&#232;res privil&#233;gient l'utilisation de produits sp&#233;cifiques ou locaux ; ils ne peuvent pas non plus restreindre la vente d'un produit issu d'un investissement &#233;tranger58 . N&#233;anmoins, l'article stipule que si les mesures gouvernementales impos&#233;es le sont pour des raisons de pr&#233;servation environnementale, un investisseur &#233;tranger verrait sa r&#233;clamation &#224; leur &#233;gard rejet&#233;e59 . Malgr&#233; cette exception, il est complexe et co&#251;teux pour un &#201;tat de l&#233;gitimer une loi &#233;labor&#233;e en vue de prot&#233;ger l'environnement60 . Il est donc raisonnable de croire que cette clause pourrait nuire &#224; l'essor de lois environnementales pour &#233;viter d'avoir &#224; les justifier devant les tribunaux d'arbitrage de l'AL&#201;NA61 . Par ailleurs, cet article est aussi critiqu&#233; pour le traitement in&#233;gal qu'il r&#233;serve aux investisseurs locaux. En effet, lorsqu'une nouvelle mesure est impos&#233;e par un &#201;tat, elle s'applique &#224; tous. Cependant, les investisseurs &#233;trangers ont le droit de faire des r&#233;clamations en vertu du chapitre 11, droit que n'ont pas les investisseurs nationaux. Par cons&#233;quent, les investisseurs &#233;trangers b&#233;n&#233;ficient d'un traitement plus avantageux que leurs homologues nationaux, et ce, en vertu de l'AL&#201;NA62 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diverses clauses ont amen&#233; plusieurs entreprises &#224; poursuivre des &#201;tats membres, en particulier le Canada. En effet, en date de janvier 2018, 48 % de l'ensemble des r&#233;clamations faites au nom de clauses de l'AL&#201;NA visaient le Canada63 . C'est la principale cible d'all&#233;gations depuis la mise en oeuvre du trait&#233; en 1994 avec 41 cas, suivi du Mexique avec seulement 23 cas et les &#201;tats-Unis avec 2164 . &#192; cause de ces all&#233;gations, le Canada a d&#233;bours&#233; en date de janvier 2018 un total de 314 M$, ce qui comprend 219 M$ en frais de d&#233;dommagement et 95 M$ en frais juridiques65 . Les trois cas suivants repr&#233;sentent bien les diverses probl&#233;matiques en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Mobil Investments Canada et Murphy Oil Corporation r&#233;clamaient au tribunal d'arbitrage de l'AL&#201;NA une compensation de 66 M$ de la part du Canada pour avoir enfreint la clause de l'accord sur la prescription de r&#233;sultats66 . La province de Terre-Neuveet- Labrador avait statu&#233; que les entreprises extractives de p&#233;trole devaient verser un pourcentage de leurs revenus pour la recherche et le d&#233;veloppement ainsi qu'au syst&#232;me d'&#233;ducation de la province. Tout cela &#233;tait dans l'optique de mieux redistribuer au b&#233;n&#233;fice de la population locale les profits tir&#233;s des ressources naturelles67 . Mobil et Murphy Oil gagn&#232;rent ce proc&#232;s et re&#231;urent respectivement 13,9 M$ et 3,4 M$ en compensation68 . Le tribunal a pris soin de souligner qu'aussi longtemps que ces mesures seraient maintenues par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, les dommages caus&#233;s aux investisseurs &#233;trangers allaient s'accro&#238;tre. Ainsi, de nouveaux recours contre le gouvernement canadien seraient possibles69 . D'ailleurs, Mobil et Murphy Oil sont actuellement devant un nouveau tribunal de l'AL&#201;NA pour les m&#234;mes raisons70 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, Dow AgroSciences r&#233;clamait 2 M$ au Canada, notamment en vertu de la clause d'expropriation71. On accusait ici le gouvernement du Qu&#233;bec d'avoir interdit l'utilisation d'un pesticide chimique sur son territoire. L'investisseur arguait que le gouvernement n'avait pas de preuve scientifique d&#233;montrant un quelconque risque pour la sant&#233; publique72 . Finalement, cette cause fut r&#233;gl&#233;e hors cour sans compensation financi&#232;re pour l'investisseur ni abrogation de la mesure litigieuse. N&#233;anmoins, le gouvernement du Qu&#233;bec a d&#251; annoncer publiquement que le pesticide en question ne repr&#233;sentait aucun risque r&#233;el73 . Auparavant, la Cour supr&#234;me du Canada avait d&#233;j&#224; &#233;tabli que m&#234;me une municipalit&#233; pouvait interdire l'utilisation de pesticides sur son territoire pour le bien de la population74 . La poursuite aupr&#232;s du tribunal de l'AL&#201;NA a donc men&#233; &#224; un r&#232;glement hors cour alors m&#234;me que la plus haute instance de justice au Canada avait d&#233;j&#224; statu&#233; en faveur de la position d&#233;fendue par le gouvernement du Qu&#233;bec. De ce fait, le chapitre 11 menace la primaut&#233; du droit canadien75 . En effet, les d&#233;cisions prises d&#233;mocratiquement par des &#233;lus locaux pour le bien public pourraient &#234;tre infirm&#233;es parce que jug&#233;es nuisibles aux investisseurs &#233;trangers76 . Un tel proc&#232;s suscite donc un r&#233;el questionnement concernant les impacts de l'AL&#201;NA sur notre d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, AbitibiBowaterInc a demand&#233; une indemnisation de 467,5 M$ au Canada, notamment en vertu de l'article de l'AL&#201;NA sur l'expropriation77 . Cette entreprise &#233;trang&#232;re avait acquis en 1907 plusieurs baux de 999 ans lui donnant acc&#232;s &#224; l'eau et au bois sur des terres de la Couronne78 . Plus de cent ans plus tard, l'investisseur fermait sa derni&#232;re usine de p&#226;te et papier dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Une fois cet &#233;tablissement ferm&#233;, le gouvernement provincial a d&#233;cid&#233; de supprimer les droits d'acc&#232;s de la compagnie au bois et &#224; l'eau79 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc pour des raisons d'expropriation directe que l'investisseur a fait sa r&#233;clamation. Le cas fut finalement r&#233;gl&#233; hors cour et ce fut la cause la plus on&#233;reuse pour le Canada, qui dut d&#233;bourser 130 M$80 . Bien qu'il soit ind&#233;niable que l'entreprise ait &#233;t&#233; expropri&#233;e, cette affaire a suscit&#233; la pol&#233;mique. La controverse d&#233;coulait d'abord de l'indemnisation vers&#233;e &#224; l'entreprise alors que les terres de la Couronne ne peuvent faire l'objet de compensation d'apr&#232;s les lois canadiennes81 . De plus, l'AL&#201;NA pr&#233;voit que les indemnisations doivent &#234;tre &#233;quivalentes &#224; la valeur marchande de l'investissement lorsqu'il y a expropriation82 . Par cons&#233;quent, le co&#251;t d'acquisition, parfois beaucoup plus bas, ainsi que les ann&#233;es d'exploitation ayant rapport&#233; du profit &#233;chappent au calcul du d&#233;dommagement &#224; verser83. &#192; cet &#233;gard, les tribunaux nationaux n'auraient pas n&#233;cessairement octroy&#233; une telle compensation alors que l'AL&#201;NA le permettait84 . Encore une fois, les d&#233;cisions des tribunaux appliquant le chapitre 11 de l'AL&#201;NA auraient nettement pu surpasser le droit national au nom des droits des investisseurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, qu'en est-il du climat favorable &#224; l'investissement &#233;tranger auquel le chapitre 11 devait contribuer ? &#192; premi&#232;re vue, le chapitre 11 ne semble pas avoir eu d'impact significatif sur l'augmentation de ces investissements. Entre 2000 et 2010, la hausse des fonds investis en provenance de l'Union europ&#233;enne (54,95 %) a &#233;t&#233; proportionnellement semblable &#224; l'augmentation des investissements provenant des &#201;tats-Unis (58,01 %)85 . Pourtant, aucun accord semblable au chapitre 11 n'&#233;tait en vigueur entre le Canada et les pays de l'Union europ&#233;enne pendant cette p&#233;riode. Par cons&#233;quent, il est difficile d'&#233;tablir un lien entre la protection des investisseurs &#233;trangers et l'augmentation de leurs investissements au Canada86 . Ainsi, les cons&#233;quences du chapitre 11 de l'AL&#201;NA ne sont pas que statistiques. Au contraire, son application a des impacts plus complexes sur les institutions politiques et la souverainet&#233; canadienne que le simple fait de d&#233;dommager des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Performance &#233;conomique depuis 1994&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les sections qui pr&#233;c&#232;dent, nous avons analys&#233; les arguments amen&#233;s pour et contre l'AL&#201;NA au moment de sa n&#233;gociation, ainsi que certains des &#233;l&#233;ments probl&#233;matiques de cet accord. Il convient maintenant de s'interroger sur les b&#233;n&#233;fices qu'il a pu apporter au Canada, afin de voir d'une part s'il a r&#233;pondu aux promesses de ses partisans et, d'autre part, si les aspects probl&#233;matiques rep&#233;r&#233;s sont contrebalanc&#233;s par de bons r&#233;sultats &#233;conomiques. Pour ce faire, nous proc&#233;derons &#224; une analyse de performance &#233;conomique depuis la mise en oeuvre de l'accord. Elle se d&#233;cline en trois temps : le commerce international ; la croissance &#233;conomique et l'&#233;volution de la productivit&#233; ; et finalement la r&#233;mun&#233;ration des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Indicateurs commerciaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L487xH449/684b90f3321d8fec-162ed514-7b6a5.png?1781165889' width='487' height='449' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3730 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L498xH529/9f1b3423447eb4a4-23e4040b-e9e56.png?1781165889' width='498' height='529' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quels que soient les impacts &#233;conomiques de l'AL&#201;NA, on peut au moins s'attendre &#224; ce qu'un tel accord contribue au commerce effectu&#233; dans les pays concern&#233;s et entre ceux-ci. Le graphique 1 montre la progression du commerce international entre 1961 et 2017, mesur&#233;e par la proportion des exportations dans le PIB canadien. On peut voir que la proportion des exportations dans le PIB canadien a g&#233;n&#233;ralement augment&#233; pendant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant l'AL&#201;NA, passant de 17,4 % en 1961 &#224; 29,13 % en 1993. La hausse est ensuite tr&#232;s marqu&#233;e dans les premi&#232;res ann&#233;es de la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA, atteignant 44,24 % en 2000. Cette tendance n'est cependant que de courte dur&#233;e et, &#224; partir de 2001, la proportion d'exportations dans le PIB baisse rapidement pour finalement se stabiliser &#224; quelque 30 %, soit le taux de 1993. Il y a donc eu peu d'augmentation &#224; long terme de ce c&#244;t&#233;. Comme on peut le voir dans le graphique 2, la proportion des exportations canadiennes vers les &#201;tats-Unis a augment&#233; pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1990, ce qui sugg&#232;re que le boom observ&#233; au graphique 1 &#233;tait effectivement li&#233; au commerce entre le Canada et les &#201;tats-Unis. N&#233;anmoins, l&#224; &#233;galement on observe une baisse marqu&#233;e &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 2000, et la proportion des exportations vers les &#201;tats-Unis est maintenant plus faible qu'elle ne l'&#233;tait au d&#233;but de la mise en oeuvre de l'accord. La proportion des exportations vers le Mexique a quant &#224; elle augment&#233;, mais elle demeure marginale &#224; moins de 2 %. Comme la proportion globale des exportations dans le PIB est plus ou moins la m&#234;me qu'elle &#233;tait en 1993, on peut dire que m&#234;me si le Canada demeure tr&#232;s li&#233; aux &#201;tats-Unis, il y a eu une diversification des partenaires commerciaux hors de l'Am&#233;rique du Nord depuis la signature de l'AL&#201;NAa . Le boom d'exportations des premi&#232;res ann&#233;es &#233;tait li&#233; &#224; une forte performance du secteur automobile, qui comptait pour plus de 20 % de toutes nos exportations &#224; l'&#233;poque, ainsi que du mat&#233;riel &#233;lectrique et &#233;lectronique, dont la part s'&#233;levait &#224; pr&#232;s de 10 % en 200087 . Ces secteurs d&#233;clin&#232;rent &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 2000 pour faire place notamment au secteur p&#233;trolier. Au final, comme on peut le voir dans le tableau 1 sur le poids de diff&#233;rents secteurs dans les exportations canadiennes avant et pendant l'AL&#201;NA, il y a eu un fort d&#233;clin des secteurs automobile et forestier et une mont&#233;e du secteur p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH740/07fc5bb9b9841d4f-d9d37506-f72e0.png?1781438873' width='500' height='740' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de ces diff&#233;rents indicateurs, nous pouvons faire trois constats en ce qui a trait au commerce international :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il n'est pas certain que l'accord ait men&#233; &#224; une augmentation durable du commerce. Mis &#224; part l'envol&#233;e des premi&#232;res ann&#233;es, on assiste plut&#244;t &#224; une stagnation de ce c&#244;t&#233; depuis pr&#232;s d'un quart de si&#232;cle. Le commerce international n'est certes pas un objectif en soi, mais on peut se questionner sur l'impact global de l'accord quant &#224; une sp&#233;cialisation des diff&#233;rentes &#233;conomies nord-am&#233;ricaines dans leurs secteurs les plus productifs, une question que nous explorons plus en d&#233;tail dans la prochaine section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la diversification des partenaires commerciaux depuis la signature de l'AL&#201;NA porte &#233;galement &#224; croire qu'il n'y a pas vraiment eu de plus grande int&#233;gration r&#233;gionale. La proportion de nos exportations vers le Mexique a presque tripl&#233;, mais le pays demeure un partenaire commercial marginal du Canada, et la proportion de nos exportations allant aux &#201;tats-Unis a diminu&#233;. Certains jugeront qu'il est positif que l'&#233;conomie canadienne n'ait pas augment&#233; sa d&#233;pendance face &#224; l'&#233;conomie &#233;tasunienne. Quoi qu'il en soit, contrairement &#224; ce que bien des intervenants favorables &#224; l'accord avaient pr&#233;dit, il ne semble pas que celui-ci ait entra&#238;n&#233; une hausse importante du commerce entre le Canada, le Mexique et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, s'il y a eu une &#233;volution du commerce international, c'est dans le type de produits &#233;chang&#233;s. Le secteur de l'automobile a notamment connu un d&#233;clin important alors que le poids de l'industrie p&#233;troli&#232;re a grandement augment&#233;. En d'autres termes, l'un des principaux secteurs manufacturiers canadiens &#224; taux &#233;lev&#233; de valeur ajout&#233;e a connu une baisse importante dans les derni&#232;res ann&#233;es, alors que le Canada exportait davantage de p&#233;trole. Le p&#233;trole est un produit assez peu transform&#233; et il est sujet &#224; des fluctuations mondiales sur lesquelles le Canada a peu de contr&#244;le, comme on le constate depuis quelques ann&#233;es. On assiste donc &#224; une fragilisation de l'&#233;conomie canadienne et &#224; un retour vers une production primaire &#224; faible valeur ajout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croissance &#233;conomique et productivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait estim&#233; que l'AL&#201;NA allait faciliter une bonne croissance &#233;conomique au Canada et une hausse de productivit&#233; importante en raison d'une sp&#233;cialisation des entreprises et de certaines &#233;conomies d'&#233;chelle. Dans les faits, mises &#224; part quelques ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233; vers la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1990, la performance canadienne &#224; cet &#233;gard fut assez m&#233;diocre. Le tableau 2 pr&#233;sente le taux de croissance annuel compos&#233;a du PIB canadien par personne en dollars de 2017 pour diverses d&#233;cennies depuis 1961. On peut voir qu'il y a eu un ralentissement graduel pendant la p&#233;riode. S'il y eut bien un petit sursaut dans les ann&#233;es 1990, celui-ci ne fut pas suffisant pour g&#233;n&#233;rer un taux de croissance &#233;quivalent &#224; celui des ann&#233;es 1970, qui avaient pourtant connu leur lot de turbulences avec deux chocs p&#233;troliers. Et depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, on approche d'un niveau plancher. En comparant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant l'AL&#201;NA et celle qui la suit, on constate que le taux de croissance avant la mise en oeuvre de l'accord fut bien sup&#233;rieur &#224; celui des ann&#233;es qui suivirent. Si l'on ne peut certainement pas imputer l'ensemble du ralentissement &#233;conomique &#224; l'AL&#201;NA, on demeure tout de m&#234;me loin du boom annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH404/fcd2a6a10e5ff368-2abeabed-e9fbf.png?1781438873' width='500' height='404' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH430/3de96929406f7b0e-3cb2f335-b7378.png?1781438874' width='500' height='430' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats ne sont pas beaucoup plus reluisants en ce qui a trait &#224; la productivit&#233;, malgr&#233; la sp&#233;cialisation et les &#233;conomies d'&#233;chelle que l'AL&#201;NA devait amener. Le graphique 3 montre les taux annuels de croissance de la productivit&#233; du secteur des entreprises entre 1947 et 2017. On peut voir que la croissance de la productivit&#233; a &#233;t&#233; soutenue jusque dans les ann&#233;es 1970. Les taux sont ensuite nettement plus bas et les p&#233;riodes de croissance moins soutenues, hormis pour la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1990 qui, sans atteindre les niveaux d'apr&#232;sguerre, offre une performance int&#233;ressante. Par contraste, les taux annuels de croissance sont sensiblement plus bas et moins constants dans les ann&#233;es 2000 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L499xH353/6f96fa1d63e15af7-77a974ad-d5aa9.png?1781165890' width='499' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le tableau 3 pr&#233;sente le taux de croissance annuel compos&#233; de la productivit&#233; du travail dans le secteur des entreprises au Canada pour diverses p&#233;riodes entre 1946 et 2017. On peut y voir la forte pouss&#233;e de productivit&#233; des ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre, et ce, jusqu'au premier choc p&#233;trolier en 1973, avec un taux annuel compos&#233; de plus de 4 %. La p&#233;riode qui suivra sera nettement moins faste, avec un taux annuel compos&#233; de 1,30 % entre 1973 et 2017, une moyenne qui correspond aux progr&#232;s r&#233;alis&#233;s depuis la signature de l'AL&#201;NA. Le taux de croissance moyen est cependant pass&#233; sous 1 % depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. On peut, entre autres, expliquer cette pi&#232;tre performance par le processus de d&#233;sindustrialisation que conna&#238;t le Canada depuis quelques d&#233;cennies. Ce processus est analogue &#224; celui v&#233;cu dans plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, mais il semble avoir &#233;t&#233; exacerb&#233; par l'AL&#201;NA, comme l'ont montr&#233; plusieurs observateurs. Jim Stanford, &#233;conomiste au syndicat UNIFOR88 , souligne notamment que l'&#233;conomie canadienne semble &#234;tre revenue &#224; une plus grande d&#233;pendance &#224; la production et &#224; la vente de produits assez peu transform&#233;s. Christian Deblock89 , professeur d'&#233;conomie politique &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, note que les envois de produits manufactur&#233;s, qui constituaient les deux tiers des exportations canadiennes au milieu des ann&#233;es 1990, n'en repr&#233;sentaient plus que 50 % en 2010. Cette d&#233;croissance a entra&#238;n&#233; une hausse graduelle du d&#233;ficit commercial en termes de produits manufactur&#233;s, qui atteignait pr&#232;s de 200 G$ US en 2010. Finalement, en s'attardant particuli&#232;rement au secteur de l'automobile, Jeff Rubin90 , un &#233;conomiste canadien ayant travaill&#233; pour la CIBC comme &#233;conomiste et strat&#233;giste en chef de la division des March&#233;s mondiaux, montre comment la production a stagn&#233; au Canada et aux &#201;tats-Unis, alors qu'elle a fortement augment&#233; au Mexique depuis la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA, &#224; la suite d'une d&#233;localisation vers le Mexique d'une partie des activit&#233;s des fabricants de v&#233;hicules. Le d&#233;ficit commercial entre le Canada et le Mexique dans ce secteur est cons&#233;quemment pass&#233; de 2,55 G$ en 1994 &#224; 11,6 G$ en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur manufacturier a traditionnellement &#233;t&#233; la locomotive industrielle qui a permis une forte hausse de la productivit&#233; au cours des ann&#233;es. Malgr&#233; tous les espoirs mis dans le secteur des nouvelles technologies, il ne semble pas encore avoir &#233;t&#233; en mesure de remplacer l'industrie manufacturi&#232;re traditionnelle. La d&#233;sindustrialisation que le pays conna&#238;t pr&#233;sentement peut donc constituer un des facteurs expliquant la faible progression de la productivit&#233; canadienne depuis la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;mun&#233;ration de la main-d'oeuvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des analystes ne s'attendaient pas &#224; de fortes hausses salariales pour les travailleuses et les travailleurs canadiens ou &#233;tasuniens. N&#233;anmoins, on avait suppos&#233; que l'AL&#201;NA ne provoquerait pas de pression &#224; la baisse, puisque la cr&#233;ation d'emplois compenserait le d&#233;placement possible d'emplois actuels vers le Mexique. On s'attendait par ailleurs &#224; une bonne progression de la r&#233;mun&#233;ration des travailleuses et des travailleurs mexicains, &#224; mesure que les investissements projet&#233;s am&#232;neraient une hausse de la demande pour ces derniers, bien qu'encore l&#224;, certains aient &#233;mis des doutes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3735 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L487xH543/75b8a72f0c389b7b-216d2ba7-a1d50.png?1781165891' width='487' height='543' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les salaires moyens depuis la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA, en $ US de 2016 calcul&#233;s sur une base de parit&#233; de pouvoir d'achat, sont illustr&#233;s au graphique 4. Ce qui frappe lorsqu'on regarde l'&#233;volution des salaires dans les trois pays, c'est la totale stagnation du Mexique. Les hausses ne sont pas impressionnantes au Canada ou aux &#201;tats-Unis, avec des taux annuels compos&#233;s de 1,43 % et 1,26 % respectivement, mais elles sont tout simplement absentes au Mexique. L'accord n'aura donc pas entra&#238;n&#233; de convergence entre le Mexique et ses deux partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pi&#232;tre r&#233;sultat pour le Mexique s'explique, entre autres, par le fait qu'il n'y a pas eu de hausse significative des emplois manufacturiers au lendemain de la signature de l'accord. Dans un rapport publi&#233; en 2004, dix ans apr&#232;s le d&#233;but de la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA, Sandra Polaski91 , directrice du Trade, Equity, and Development Project au Carnegie Endowment for International Peace, montrait qu'il y avait bien eu une hausse des emplois dans les maquiladoras &#224; la fronti&#232;re du Mexique et des &#201;tats-Unis. Cependant, le taux de croissance des emplois dans le secteur manufacturier a &#233;t&#233; beaucoup plus bas entre 1993 et 2002 qu'il ne l'avait &#233;t&#233; dans la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente, contrairement aux pr&#233;dictions li&#233;es &#224; l'industrialisation du pays. En m&#234;me temps, le secteur agricole mexicain a souffert de la lib&#233;ralisation des &#233;changes : on y est pass&#233; d'un taux de cr&#233;ation d'emplois d'environ 2 % par ann&#233;e dans la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dant l'accord &#224; une baisse &#233;quivalente dans la d&#233;cennie suivante. La croissance dans le secteur manufacturier n'ayant pu absorber l'afflux des travailleurs et travailleuses du secteur agricole, les salaires sont rest&#233;s bas. Pas de convergence, donc, mais plut&#244;t un r&#233;servoir de main-d'oeuvre moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;e pour les entreprises multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L495xH559/3f7acccd3b0a9ff2-554f7b5c-74b97.png?1781165891' width='495' height='559' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plus grande mobilit&#233; du capital et l'existence de ce bassin de main-d'oeuvre permettent aux entreprises de menacer de d&#233;m&#233;nager, ce qui am&#233;liore leur pouvoir de n&#233;gociation face aux travailleurs et aux travailleuses, m&#234;me s'il n'y a pas beaucoup de d&#233;localisations au final. Cela a peut-&#234;tre contribu&#233; &#224; faire en sorte que la progression de la r&#233;mun&#233;ration totale des travailleuses et travailleurs canadiens depuis la mise en oeuvre de l'AL&#201;NA soit l&#233;g&#232;rement plus faible que celle de la productivit&#233;, elle-m&#234;me an&#233;mique comme nous l'avons vu plus t&#244;t. La r&#233;mun&#233;ration totale, qui comprend les b&#233;n&#233;fices non salariaux, et le niveau qu'elle aurait atteint si elle avait suivi le rythme de croissance de la productivit&#233; sont repr&#233;sent&#233;s au graphique 5, pour la p&#233;riode 1993-2016. Les deux s&#233;ries ont &#233;t&#233; ajust&#233;es au moyen du d&#233;flateur du PIB pour obtenir des dollars de 2016. On peut voir que d&#232;s le d&#233;part, la r&#233;mun&#233;ration tire de l'arri&#232;re sur la productivit&#233;, un retard qu'elle n'aura pas rattrap&#233; en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation aux &#201;tats-Unis est comparable &#224; celle du Canada92 . Au Mexique, Polaski93 rapporte que, pour le secteur manufacturier, la productivit&#233; a augment&#233; de pr&#232;s de 60 % entre 1993 et 2003, alors que les salaires r&#233;els moyens dans ce secteur ont baiss&#233; l&#233;g&#232;rement pendant la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, comme le craignaient certains d&#233;tracteurs de l'accord au Canada, il semble qu'il y ait eu d&#233;t&#233;rioration de la r&#233;mun&#233;ration totale dans les entreprises canadiennes par rapport aux entreprises &#233;tasuniennes, apr&#232;s rajustement au taux de change, et ce, &#224; partir de la mise en oeuvre de l'AL&#201;94 . Pour Mario Seccareccia95 , professeur au d&#233;partement de science &#233;conomique &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa, il s'agit du r&#233;sultat d'un ensemble de politiques macro&#233;conomiques visant &#224; mod&#233;rer les salaires avec, entre autres, l'objectif de g&#233;n&#233;rer un avantage concurrentiel par rapport aux partenaires commerciaux du Canada. Ces politiques auraient effectivement contribu&#233; un moment &#224; donner un certain avantage concurrentiel au Canada, avant que les hausses de taux de change dans les ann&#233;es 2000 ne renversent cette tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avis &#233;taient partag&#233;s au Canada lors de la n&#233;gociation de l'AL&#201;NA. Certains y voyaient un accord qui permettrait de g&#233;n&#233;rer une croissance &#233;conomique appr&#233;ciable, notamment par la sp&#233;cialisation que devait amener la lib&#233;ralisation du commerce et par un afflux d'investissements directs &#233;trangers. D'autres &#233;mettaient toutefois des doutes, notamment en ce qui a trait &#224; la r&#233;mun&#233;ration de la main-d'oeuvre ou aux possibles impacts de la protection accord&#233;e aux entreprises &#233;trang&#232;res. Pr&#232;s de 25 ans plus tard, bien que l'on ne puisse pas imputer &#224; l'AL&#201;NA l'ensemble de l'&#233;volution macro&#233;conomique au pays, on peine &#224; trouver les traces d'un d&#233;veloppement &#233;conomique soutenu que l'accord aurait pu susciter. En fait, m&#234;me l'impact brut sur le commerce semble incertain. En m&#234;me temps, l'AL&#201;NA semble &#234;tre &#224; la source d'une d&#233;sindustrialisation, et les salaires des travailleurs et des travailleuses n'ont gu&#232;re augment&#233; pendant cette p&#233;riode. De plus, l'AL&#201;NA comprend diverses clauses qui r&#233;duisent la souverainet&#233; nationale, que ce soient les protections du chapitre 11 pour les entreprises ou la r&#232;gle de proportionnalit&#233;, et qui limitent les options de l'&#201;tat en termes de politique industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle a &#233;t&#233; la r&#233;ponse des gouvernements devant ce bilan mitig&#233; ? Ce fut une sorte de fuite en avant, par la signature d'autres accords semblables &#224; l'AL&#201;NA, le dernier en date &#233;tant l'Accord &#233;conomique et commercial global (A&#201;CG) avec l'Europe. &#192; chaque fois, on fait miroiter un d&#233;veloppement &#233;conomique cons&#233;quent, et pourtant, le taux de croissance de la productivit&#233; est constamment &#224; la baisse. S'il est de plus en plus difficile d'accorder foi aux diverses promesses faites &#224; la population avant la signature de chaque accord, il y a lieu de se demander pourquoi il faudrait continuer dans cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'AL&#201;NA, on pourrait m&#234;me se demander s'il est avantageux de pr&#233;server un accord dont les b&#233;n&#233;fices ne sont pas &#233;vidents, sans au moins essayer de se d&#233;barrasser au passage de ses composantes les plus controvers&#233;es, telles que le chapitre 11. Plut&#244;t que de lib&#233;raliser toujours plus avant, il serait judicieux de profiter de l'occasion que constitue la ren&#233;gociation de l'AL&#201;NA pour recadrer &#224; la fois les relations commerciales et la politique industrielle, afin de se donner les outils pour effectuer une transition &#233;cologique qui soit &#224; la faveur du plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a Margaret Thatcher et Ronald Reagan furent respectivement premi&#232;re ministre du Royaume-Uni et pr&#233;sident des &#201;tats-Unis pendant les ann&#233;es 1980. Les deux ont &#233;t&#233; parmi les promoteurs les plus influents d'une lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et d'un abandon des politiques &#233;conomiques interventionnistes d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b Cette proportion est calcul&#233;e en fonction des exportations des trois derni&#232;res ann&#233;es, selon les donn&#233;es accessibles (r&#233;f : NAFTA 2.0 : For People or Polluters ? A Climate Denier's Trade Deal Versus a Clean Energy Economy, Frank ACKERMAN, Alejandro &#193;LVAREZ B&#201;JAR, Gordon LAXER et Ben BEACHY, rapport &#233;crit pour le Council of Canadians, le Sierra Club et Greenpeace Mexico).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c En particulier la Chine et l'Europe, selon la banque de donn&#233;es en ligne de la Conf&#233;rence des Nations unies sur le commerce et le d&#233;veloppement (CNUCED).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes de fin de document&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 UNITED STATES INTERNATIONAL TRADE COMMISSION, &#171; Potential Impact on the U.S. Economy and Selected Industries of the North American Free-Trade Agreement &#187;, Report to the Committee on Ways and Means of the United States House of Representatives and the Committee on Finance of the United States Senate on Investigation No 332-337 Under Section 332 of the Tariff Act of 1930, 1993, [en ligne].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Ibid. ; BENESSAIEH, Afef, &#171; Les effets attendus de l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) : Une recension des &#233;tudes &#187;, Groupe de recherche sur l'int&#233;gration continentale, D&#233;partement de science politique, UQAM, 1995, 49 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 JACOBS, Stephen P., &#171; The NAFTA : exports, jobs, wages and investment &#187;, Business America, vol. 114, no 21, 1993, p. 3-5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 BENESSAIEH, 1995, op. cit. ; DEBLOCK, Christian et Mich&#232;le RIOUX, &#171; Le libre-&#233;change nord-am&#233;ricain : le joker des &#201;tats-Unis ? &#187;, Les classiques des sciences sociales, 1992, 49 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 CANSIM, &#171; Tableau 227-0001 - Total exports and domestic exports to individual countries, customs basis not seasonally adjusted, *Archived* &#187;, Statistique Canada, [en ligne].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 DEBLOCK et RIOUX, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 UNITED STATES INTERNATIONAL TRADE COMMISSION, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 BENESSAIEH, 1995, op. cit. ; CURTIS, John M. et Aaron SYDOR, &#171; L'AL&#201;NA : d&#233;j&#224; dix ans &#187;, Minist&#232;re des Travaux publics et Services gouvernementaux du Canada, 2006, 8 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 JACOBS, op. cit. ; BENESSAIEH, 1995, op. cit. ; Sandra MASUR, &#171; Nafta : why it's in the interest of U.S. business &#187;, Columbia Journal of World Business, 1991, p. 98-104.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 JACOBS, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 JACOBS, op. cit. ; MASUR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 UNITED STATES INTERNATIONAL TRADE COMMISSION, op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ENVIRONNEMENT ET CHANGEMENT CLIMATIQUE CANADA, &#171; Accord nord-am&#233;ricain de coop&#233;ration dans le domaine de l'environnement (ANACDE) &#187;, Recueil des engagements du Canada aux accords internationaux sur l'environnement, 2017, [en ligne].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 BENESSAIEH, 1995, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 BENESSAIEH, Afef, &#171; Le d&#233;bat sur les effets sociaux du libre&#233;change&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;, Continentalisation, Cahier de recherche 96-7, septembre&lt;br class='autobr' /&gt;
1996, 61 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 JASMIN, &#201;ric et Sylvain ZINI, &#171; Fiche sur les accords r&#233;gionaux &#8211; l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) (1990-2006) &#187;, Centre &#201;tudes internationales et Mondialisation, Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, Facult&#233; de science politique et de droit, octobre 2006, 83 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 BENESSAIEH, 1996, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 BENESSAIEH, 1996, op. cit. ; CHAPMAN, Anthony, &#171; L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain : justification et enjeux &#187;, janvier 1993, 34 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 BENESSAIEH, 1996, op. cit. ; CHAPMAN, op. cit. ; DONAHUE, Thomas R. , &#171; The case against a North American free trade agreement &#187;, The Columbia Journal of World Business, 1991, p. 92-97.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 DONAHUE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 BENESSAIEH, 1996, op. cit. ; CHAPMAN, op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 BENESSAIEH, 1996, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 BENESSAIEH, 1995, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 BENESSAIEH, 1996, op. cit. ; CHAPMAN, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 DONAHUE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 CHAPMAN, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32 BENESSAIEH, 1996, op. cit., p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33 CHAPMAN, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34 CHAPMAN, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35 BENESSAIEH, 1995, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37 SHULZ, Heiner, &#171; Foreign Banks in Mexico : New Conquistadors or Agents of Change ? &#187;, Wharton Financial Institutions Center Working Paper, no 06-11, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38 MINDA, Alexandre, &#171; The Entry of Foreign Banks in Latin America : A Source of Stability or Financial Fragility ? &#187;, Problemas del desarrollo, vol. 38, no 150, 2007 ; SHULZ, op. cit. ; Federal Reserve Bank of St-Louis, FRED Database.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39 Association des banquiers canadiens, &#171; Lettre sur l'AL&#201;NA soumise au comit&#233; de n&#233;gociation d'Affaires mondiales Canada &#187;, 18 juillet 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 HOLDEN, Michael, &#171; Canadian Oil Exports to the United States Under NAFTA &#187;, Parliamentary Research Brief 06-33E, novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42 Pour des exemples historiques, voir DAVIS, Mike, &#171; Late Victorian Holocausts &#187;, New York, Verso Books, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43 NORMAND-COUTURE, &#201;rika, &#171; L'impact du chapitre 11 de l'AL&#201;NA sur la d&#233;mocratie canadienne &#187;, 2016 [en ligne], 210 p. ; SINCLAIR, Scott, &#171; Canada's Track Record Under NAFTA Chapter 11 &#187;, Canadian Centre for Policy Alternatives, 2018, 46 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44 NORMAND-COUTURE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47 SINCLAIR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;48 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;49 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;51 NORMAND-COUTURE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;52 OCDE, &#171; L'&#8220;expropriation indirecte&#8221; et le &#8220;droit de r&#233;glementer&#8221; dans le droit international de l'investissement &#187;, &#201;ditions OCDE, 2004 [en ligne], p.2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;53 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;54 NORMAND-COUTURE, op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;55 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;56 &#171; L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain intervenu entre le&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement du Canada, le gouvernement des &#201;tats Mexicains&lt;br class='autobr' /&gt;
Unis et le gouvernement des &#201;tats-Unis &#187;, L'AL&#201;NA, 17 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
1992 [en ligne], Article 1106.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;57 LOUNGNARATH, Vilaysoun, &#171; L'incidence de l'AL&#201;NA sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
potentialit&#233; &#233;tatique du Canada &#187;, Les Cahiers de droit, 36(4), 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;58 L'AL&#201;NA, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;59 NORMAND-COUTURE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;60 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;61 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;62 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;63 SINCLAIR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;64 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;66 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;67 Affaires mondiales Canada, &#171; Mobil Investments Canada Inc. et Murphy Oil Corporation c. le Gouvernement du Canada &#187;, 2017 [en ligne].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;68 SINCLAIR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;69 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;70 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;71 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;72 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;73 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;74 NORMAND-COUTURE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;75 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;76 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;77 SINCLAIR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;78 NORMAND-COUTURE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;79 SINCLAIR, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;80 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;81 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;82 DUFOUR, Genevi&#232;ve, &#171; Le cas du chapitre 11 de l'AL&#201;NA : son impact sur la capacit&#233; de l'&#201;tat d'agir pour le bien public et de g&#233;rer le risque &#187;, Lex Electronica, vol. 17, no 1, &#233;t&#233; 2012 [en ligne].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;83 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;84 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;85 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;86 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;87 Statistique Canada, CANSIM, tableau 380-0070.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;88 STANFORD, Jim, &#171; Canada's Transformation Under Neo- Liberalism &#187;, Canadian Dimension, 29 mars 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;89 DEBLOCK, Christian, &#171; Les relations commerciales entre le Canada et les &#201;tats-Unis &#224; l'heure des trois &#8220;D&#8221; &#187;, &#201;tudes canadiennes / Canadian Studies, 78 | 2015, p. 155-187.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;90 RUBIN, Jeff, &#171; How Has Canadian Manufacturing Fared under NAFTA ? A Look at the Auto Assembly and Parts Industry &#187;, Centre for International Governance Innovation papers, no 138, ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;91 POLASKI, Sandra, &#171; Mexican Employment, Productivity, and Income a Decade After NAFTA &#187;, Brief Submitted to the Canadian Standing Senate Committee on Foreign Affairs, 25 f&#233;vrier 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;92 MISHEL, Lawrence et Kar-Fai GEE, &#171; Why aren't Workers Benefitting from Labour Productivity Growth in the United States ? &#187;, International Productivity Monitor, no 23, printemps 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;93 POLASKI, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;94 SECCARECCIA, Mario, &#171; Were the Original Canada-US Free Trade Agreement (CUSFTA) and the North American Free Trade Agreement (NAFTA) Significant Policy Turning Points ? Understanding the Evolution of Macroeconomic Policy from the Pre- to the Post-NAFTA Era in North America &#187;, Review of Keynesian Economics, vol. 2, no 4, hiver 2014, p. 414-428.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;95 Ibid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Est-ce que les Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises profitent de l'augmentation de la productivit&#233; ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Est-ce-que-les-Quebecois-et-Quebecoises-profitent-de-l-augmentation-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Est-ce-que-les-Quebecois-et-Quebecoises-profitent-de-l-augmentation-de-la</guid>
		<dc:date>2013-08-27T21:07:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Dufour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tudes et m&#233;moires</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'IRIS vient de chiffrer ce que plusieurs doutaient : l'accroissement de la richesse a profit&#233; tout le long du r&#232;gne du n&#233;olib&#233;ralisme des trente derni&#232;res ann&#233;es essentiellement &#224; l'oligarchie alors que les condition d'existence de la majorit&#233; se d&#233;t&#233;rioraient. Nous publions la pr&#233;sentation et la conclusion de l'&#233;tude et nous vous fournissons le lien vers l'&#233;tude int&#233;grale. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces derni&#232;res ann&#233;es, le d&#233;bat opposant les adeptes de la redistribution de la richesse aux d&#233;fenseur&#183;e&#183;s d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Quebec-" rel="directory"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etudes-et-memoires-+" rel="tag"&gt;&#201;tudes et m&#233;moires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/arton14923-2a454.jpg?1781983247' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'IRIS vient de chiffrer ce que plusieurs doutaient : l'accroissement de la richesse a profit&#233; tout le long du r&#232;gne du n&#233;olib&#233;ralisme des trente derni&#232;res ann&#233;es essentiellement &#224; l'oligarchie alors que les condition d'existence de la majorit&#233; se d&#233;t&#233;rioraient. Nous publions la pr&#233;sentation et la conclusion de l'&#233;tude et nous vous fournissons le lien vers l'&#233;tude int&#233;grale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, le d&#233;bat opposant les adeptes de la redistribution de la richesse aux d&#233;fenseur&#183;e&#183;s d'une plus grande stimulation de la croissance &#233;conomique anime l'espace public au Qu&#233;bec. Pour ces derniers, l'am&#233;lioration de la productivit&#233; est un moyen mis de l'avant a&#64257;n d'atteindre leur objectif, d'autant que ces gains de productivit&#233; sont r&#233;put&#233;s se traduire d'eux-m&#234;mes en une meilleure r&#233;mun&#233;ration des travailleurs et travailleuses. Par cons&#233;quent, toute la soci&#233;t&#233; devrait y gagner lorsque sont mises en place des mesures favorisant la productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'IRIS d&#233;montre dans cette recherche qu'au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es le PIB par heure travaill&#233;e a augment&#233; de 32% tandis que le revenu de travail n'a progress&#233; que de 15%. Le retard accumul&#233; a men&#233; &#224; un manque &#224; gagner de plus de 3 $ l'heure en moyenne en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le discours pro-productivit&#233;, qui pr&#233;tend que les gains de productivit&#233; se traduisent &#224; terme par un accroissement du revenu des travailleurs et travailleuses, on aurait pu s'attendre &#224; ce que l'augmentation de 32 % de la productivit&#233; entre 1981 et 2010 soit accompagn&#233;e d'une hausse similaire du revenu des travailleurs et travailleuses11. Pourtant, ce dernier n'a progress&#233; que de 15 % pendant la m&#234;me p&#233;riode. Le retard accumul&#233; a men&#233; &#224; un manque &#224; gagner de plus de 3 $ l'heure en moyenne en 2010. Pendant la m&#234;me p&#233;riode, la part du PIB que recevaient les travailleurs et travailleuses a diminu&#233; de 12 % alors que celle du capital a cr&#251; de 16 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence s'explique en grande partie par la d&#233;t&#233;rioration du pouvoir de n&#233;gociation des travailleurs et travailleuses au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es. Le Qu&#233;bec a notamment connu des p&#233;riodes de tr&#232;s hauts taux de ch&#244;mage, accompagn&#233;es g&#233;n&#233;ralement d'une baisse ou d'une stagnation relative de la r&#233;mun&#233;ration. Dans les ann&#233;es 1990, le programme d'assurance-emploi est devenu beaucoup moins g&#233;n&#233;reux et beaucoup moins de ch&#244;meurs et ch&#244;meuses y ont acc&#232;s d&#233;sormais. De plus, la lib&#233;ralisation des &#233;changes commerciaux et des flux de capitaux rendent certaines compagnies plus mobiles et contribuent &#224; diminuer la s&#233;curit&#233; d'emploi de certains travailleurs et travailleuses. Cette d&#233;t&#233;rioration contribue &#224; expliquer la divergence entre l'&#233;volution de la productivit&#233; des travailleurs et travailleuses et leur r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif annonc&#233; des politiques en faveur de l'accroissement de la productivit&#233; est g&#233;n&#233;ralement l'augmentation du niveau de vie du plus grand nombre. Cependant, puisqu'il n'y a pas de lien automatique entre productivit&#233; et r&#233;mun&#233;ration, l'&#233;laboration de toute politique visant &#224; augmenter le revenu des travailleurs et travailleuses via une progression de la productivit&#233; doit tenir compte de l'effet que cette politique aura sur la capacit&#233; des travailleurs-euses &#224; aller chercher une part des gains de productivit&#233; attendus et notamment sur leur pouvoir de n&#233;gociation. Pour lors, &#233;tant donn&#233; les retards accumul&#233;s, on pourrait m&#234;me dire qu'il serait important d'aller plus loin et de cr&#233;er des conditions propres &#224; permettre aux travailleurs et travailleuses de combler ce retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en collaboration avec Philippe Hurteau, chercheur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude int&#233;grale : &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2013/08/Note-productivite-IRIS.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2013/08/Note-productivite-IRIS.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
