<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=5357&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Ma r&#233;ponse &#224; Emmanuel Macron : on parlera beaucoup mais on ne changera rien </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ma-reponse-a-Emmanuel-Macron-on-parlera-beaucoup-mais-on-ne-changera-rien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ma-reponse-a-Emmanuel-Macron-on-parlera-beaucoup-mais-on-ne-changera-rien</guid>
		<dc:date>2019-01-22T07:04:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marwan Mohammed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Les gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>Les gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le blog de Marwan Muhammad - mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette r&#233;ponse &#224; la lettre d'Emmanuel Macron aux Fran&#231;ais, Marwan Muhammad met en cause les modalit&#233;s du &#171; grand d&#233;bat &#187; propos&#233; et les orientations politiques du gouvernement. Il propose &#233;galement une remise en question profonde des hypoth&#232;ses du pr&#233;sident, en mati&#232;re de gouvernance, de n&#233;olib&#233;ralisme et de lutte contre les in&#233;galit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Monsieur le Pr&#233;sident, &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai bien re&#231;u votre lettre aux Fran&#231;ais &#224; propos du &#171; Grand D&#233;bat &#187; que vous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-gilets-jaunes-+" rel="tag"&gt;Les gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-gilets-jaunes-1479-+" rel="tag"&gt;Les gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton37522-e0663.png?1782433957' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le blog de Marwan Muhammad - mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette r&#233;ponse &#224; la lettre d'Emmanuel Macron aux Fran&#231;ais, Marwan Muhammad met en cause les modalit&#233;s du &#171; grand d&#233;bat &#187; propos&#233; et les orientations politiques du gouvernement. Il propose &#233;galement une remise en question profonde des hypoth&#232;ses du pr&#233;sident, en mati&#232;re de gouvernance, de n&#233;olib&#233;ralisme et de lutte contre les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monsieur le Pr&#233;sident,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien re&#231;u votre lettre aux Fran&#231;ais &#224; propos du &#171; Grand D&#233;bat &#187; que vous lancez cette semaine et l'ai lue avec la plus grande attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais sinc&#232;rement pouvoir vous dire qu'elle m'a surpris ou d&#233;&#231;u, mais elle s'inscrit h&#233;las dans un monde et un champ d'analyse qui vous semblent devenus ind&#233;passables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France y est pr&#233;sent&#233;e comme un syst&#232;me d'optimisation fiscale, sous contrainte de pr&#233;servation des rendements du capital. Le n&#233;olib&#233;ralisme une croyance indiscutable, &#224; laquelle nous sommes tous somm&#233;s de croire avec ferveur. Les citoyens deviennent, selon leur niveau d'int&#233;gration &#233;conomique, des producteurs de valeurs, des centres de co&#251;ts ou des individus &#224; pacifier. Et l'&#233;cologie est un projet humanitaire, une transformation douloureuse et punitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette prison de l'esprit, l'imp&#244;t, la d&#233;pense publique et la croissance sont con&#231;us comme des variables d'un probl&#232;me fran&#231;ais qui vire au cercle vicieux : pour financer le syst&#232;me social, il faudrait augmenter l'imp&#244;t. Augmenter l'imp&#244;t, c'est d&#233;courager l'investissement. D&#233;courager l'investissement fait baisser la croissance. Moins de croissance, c'est &#224; terme moins d'argent pour le syst&#232;me social&#8230;Favori&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sorte que les seules questions qui d&#233;coulent tr&#232;s logiquement de cette vision sont celles que vous autorisez dans le cadre de ce d&#233;bat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les services publics : lesquels maintenir et lesquels sacrifier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si notre niveau de capitulation politique &#233;tait tel que la France en &#233;tait rendue &#224; un seul choix, basique : la chronologie du d&#233;mant&#232;lement programm&#233; de ce qui en a fait (de mani&#232;re durable bien qu'ab&#238;m&#233;) un mod&#232;le social, &#233;ducatif, sanitaire, industriel et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;bat encadr&#233; que vous proposez, on ne discutera pas des dispositifs fiscaux (ISF, CICE, etc.) qui ont contribu&#233; aux injustices sociales et &#233;conomiques dans lesquelles se trouve le pays. On n'envisagera pas la possibilit&#233; d'une modification profonde des m&#233;canismes de pr&#233;l&#232;vement et de redistribution des imp&#244;ts, comme un instrument de justice sociale plut&#244;t que d'optimisation fiscale de l'&#233;pargne des plus fortun&#233;s. On n'&#233;tudiera pas la fa&#231;on dont la d&#233;pense publique est aussi un investissement dans la richesse du pays, par d'autres moyens que le capital des entreprises. On n'explorera pas les limites du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral, pr&#233;sent&#233; comme le seul univers des possibles. On n'&#233;valuera pas l'opposition structurelle que vous concevez entre &#233;cologie populaire et viabilit&#233; &#233;conomique, au point o&#249; tant de nos concitoyens ont v&#233;cu, &#224; tr&#232;s juste titre, vos premi&#232;res mesures de transition comme une &#233;cologie de la sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En concevant les modalit&#233;s de ce d&#233;bat comme un dispositif de r&#233;gulation des col&#232;res populaires et en imposant un paradigme qui ne vient jamais remettre en question les hypoth&#232;ses et les fondements de la politique qui les causent, vous vous assurez d'une chose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On parlera beaucoup mais on ne changera rien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;cevant mais attendu : l'ensemble du dispositif de la consultation que vous proposez (qui reprend l'armature de la politique que vous avez jusqu'ici men&#233;e) produit un effet de cadrage des contenus et de dissipation des revendications, &#224; mesure qu'elles sont d&#233;tourn&#233;es, d&#233;coup&#233;es, d&#233;vers&#233;es dans des dispositifs de prise en charge d'&#233;coute locale, dont la fonction devient presque th&#233;rapeutique. Le message est on ne peut plus clair : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dites-nous ce que vous voulez et nous en ferons ce que nous voulons &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enferm&#233; dans des certitudes, entour&#233; de conseillers dont la seule constance est de confirmer vos opinions puis de rendre disponible, sur le march&#233; du commentaire politique, autant d'&#233;l&#233;ments de langage qu'il faudra pour cr&#233;er (fait historique notable) une overdose de P&#233;dagogieTM, vous voici d&#233;sormais si seul. Plus inquiet que jamais de votre pouvoir, donc plus &#233;loign&#233; que jamais de votre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rel&#232;vera aussi avec lassitude la r&#233;ouverture trimestrielle du sujet &#171; immigration et la&#239;cit&#233; &#187; parmi les priorit&#233;s de votre d&#233;bat, malgr&#233; qu'il ne figure pas dans les demandes et revendications principales des Gilets Jaunes, ni dans les cahiers de dol&#233;ances ouverts dans nombre de municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque les musulmans et les immigr&#233;s sont une fois de plus invoqu&#233;s (voire convoqu&#233;s) en mati&#232;re de citoyennet&#233;, qu'il nous soit permis de courtoisement c&#233;der notre place de diversion de masse &#224; d'autres (par exemple aux &#233;vad&#233;s fiscaux, dont la citoyennet&#233; utilitaire se r&#233;sume &#224; un calcul financier, ou aux anciens pr&#233;sidents et ministres mis en causes dans des affaires de corruption ou de malversations financi&#232;res&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'entre nous (en cong&#233;s &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e de nos postes d'objets d'&#233;tude) ne sont tout simplement plus disponibles pour cet usage politique de notre islamit&#233; et cette construction d'un probl&#232;me musulman qui, apr&#232;s avoir occup&#233; l'extr&#234;me droite, devient un sujet central du d&#233;bat public, sous l'autorit&#233; d'un gouvernement pourtant &#233;lu (aussi) pour combattre celle-ci. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'il me soit donc permis de rappeler ici la parole d'un sage :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La la&#239;cit&#233; c'est une libert&#233;. Si les la&#239;cistes gagnent (&#8230;) j'aurai perdu cette bataille, mais je pense qu'elle n'est pas perdue. Parce que, au fond, ce n'est pas la la&#239;cit&#233; dont les gens parlent. Ce faisant, ils parlent de leur rapport &#224; l'islam. &#187;&lt;/i&gt; (M&#233;diapart, Novembre 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'appelle Emmanuel Macron et, dans ces mois o&#249; il s'appr&#234;tait &#224; devenir Pr&#233;sident de la R&#233;publique, il &#233;tait encore lucide sur les dangers d'une modification de la loi de 1905 et sur la constante instrumentalisation de la la&#239;cit&#233;, &#224; des fins de contr&#244;le politique des citoyens (alors &#233;lecteurs) de confession musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, puisque c'est le temps des questions, s'il s'agit vraiment d'avoir un d&#233;bat ouvert et de changer les choses, en voici quelques-unes que je soumets &#224; votre r&#233;flexion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la politique men&#233;e durant les derni&#232;res d&#233;cennies a conduit &#224; une telle rupture entre les &#233;lites politiques fran&#231;aises et les classes populaires, sans pour autant qu'on en tire les cons&#233;quences dans l'exercice du pouvoir pr&#233;sidentiel ? Par quel d&#233;faite de la raison l'&#201;tat a d&#233;sinvesti et abandonn&#233; l'outil productif fran&#231;ais, au point d'en &#234;tre r&#233;duit &#224; s'offusquer des fermetures d'usines sur Twitter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'&#201;tat peut-il r&#233;guler et combattre de mani&#232;re &#233;galitaire toutes les discriminations structurelles qui traversent notre soci&#233;t&#233;, sans y prendre sa part de responsabilit&#233; et modifier les m&#233;canismes par lesquels il y contribue, d&#233;lib&#233;r&#233;ment ou non ? O&#249; est pass&#233;e la lutte contre les violences faites aux femmes, alors qu'elle &#233;tait cens&#233;e &#234;tre une priorit&#233; de votre gouvernement et b&#233;n&#233;ficie, &#224; juste titre, d'un traitement transversal dans nombre de pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi est-il intenable, d'un point de vue politique, de lutter contre les violences en marge de certaines manifestations, tout en traitant avec la m&#234;me fermet&#233; les cas de violences polici&#232;res, dont plus de 300 ont &#233;t&#233; relev&#233;s juste depuis le d&#233;but du mouvement des Gilets Jaunes (sans parler des centaines de cas pr&#233;c&#233;dents, dont des dizaines de morts, qui demeurent impunis) ? Comment un pouvoir &#233;lu pour &lt;i&gt;&#171; faire barrage au FN &#187;&lt;/i&gt; se retrouve &#224; mener une partie de son programme, dans une dimension s&#233;curitaire, sur les questions d'immigration ou dans la mise en danger des libert&#233;s individuelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle notion d'humanisme est encore permise, dans une France de 2019 qui criminalise l'aide aux migrants et refuse d'accorder un simple pavillon &#224; l'Aquarius, l'un des derniers bateaux leur portant secours en M&#233;diterran&#233;e ? Quelle est l'utilit&#233; de missionner une &#233;quipe pour pr&#233;parer un &#171; plan banlieue &#187; pour l'enterrer par la suite, en humiliant &#224; la fois ceux qui y ont travaill&#233; et ceux qui devaient en &#234;tre les destinataires ? Puisque la th&#233;orie du ruiss&#232;lement s'av&#232;re &#234;tre un &#233;chec et que l'ISF comme le CICE ne fonctionnent pas pour cr&#233;er de l'emploi et relancer l'&#233;conomie, pourquoi ne pas tout simplement changer d'approche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment esp&#233;rer un fonctionnement des institutions plus dynamique et plus proche des citoyens, si le principal crit&#232;re de recrutement, de promotion, de dialogue au sein des minist&#232;res et des groupes parlementaires est le niveau d'alignement et de docilit&#233; politique ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces questions comme sur d'autres, l'intelligence de l'homme n'est pas de croire qu'on a raison seul, afin que l'intelligence du peuple ne soit pas de voir qu'on a raisons contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dire est une chose. Le croire en est une autre. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que commence la politique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peut-on &#234;tre islamophobe tout en se croyant antiraciste ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Peut-on-etre-islamophobe-tout-en-se-croyant-antiraciste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Peut-on-etre-islamophobe-tout-en-se-croyant-antiraciste</guid>
		<dc:date>2013-12-18T10:06:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdellali Hajjat&#8232;et, Ivan du Roy, Marwan Mohammed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fr&#233;quents entre islam, int&#233;grismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses&#8230; L'islamophobie est bien une r&#233;alit&#233; en France. Pire : &#171; Pour beaucoup de gens, l'islamophobie est justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire &#187;, y compris &#224; gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la mont&#233;e et les ressorts de cette islamophobie &#224; la fran&#231;aise, alors qu'ailleurs en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Islamophobie-+" rel="tag"&gt;Islamophobie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton16259-0db58.jpg?1781473788' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fr&#233;quents entre islam, int&#233;grismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses&#8230; L'islamophobie est bien une r&#233;alit&#233; en France. Pire : &#171; Pour beaucoup de gens, l'islamophobie est justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire &#187;, y compris &#224; gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la mont&#233;e et les ressorts de cette islamophobie &#224; la fran&#231;aise, alors qu'ailleurs en Europe les mouvements antiracistes se mobilisent pour la combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Basta mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Basta ! : Quelles sont les manifestations de l'islamophobie en France, aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; [1] : Il existe une multitude de formes d'expression du rejet d'une population. Dans l'espace public, ce sont des discours, des sites Internet, des articles de presse ou des productions cin&#233;matographiques qui contribuent &#224; la construction d'un &#171; Islam imaginaire &#187; [2] et &#224; l'&#233;vidence d'un probl&#232;me musulman : l'image n&#233;gative et inqui&#233;tante d'une pr&#233;sence musulmane d&#233;crite comme arri&#233;r&#233;e, sournoise, donc dangereuse. Ensuite, ce sont les pratiques discriminatoires auxquelles sont confront&#233;s des individus &#8211; musulmans r&#233;els ou pr&#233;sum&#233;s &#8211;- dans leur vie sociale. Ces discriminations touchent essentiellement les femmes qui portent un signe religieux visible, le voile. Parmi ces discriminations, certaines sont ill&#233;gales : les discriminations &#224; l'emploi, &#224; l'acc&#232;s aux loisirs ou aux services. Une enqu&#234;te par testing, r&#233;alis&#233;e par l'Universit&#233; Paris 1 sur le march&#233; de l'emploi, montre ainsi qu'une jeune femme musulmane a 2,5 fois moins de chances d'&#234;tre convoqu&#233;e &#224; un entretien d'embauche, qu'une jeune fille qui a le m&#234;me CV et la m&#234;me couleur de peau mais qui diff&#232;re par des marqueurs religieux, comme le pr&#233;nom. D'autres discriminations sont l&#233;gales : des formes d'exclusion qui reposent sur la loi, comme la loi sur le voile &#224; l'&#233;cole, sur le port du niqab dans l'espace public ou la d&#233;cision de la Cour d'appel de Paris qui justifie le licenciement d'une salari&#233;e voil&#233;e de la cr&#232;che Baby Loup, une structure priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'exprime-t-elle aussi par la violence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences physiques et verbales sont en nette augmentation depuis au moins 2009, comme le montrent les donn&#233;es du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur [3]. Celles du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) suivent la m&#234;me courbe. Les enqu&#234;tes d'opinion sur le rapport &#224; l'Islam et &#224; la pr&#233;sence musulmane montre une hostilit&#233; tr&#232;s forte concernant le port du foulard, ainsi qu'une hostilit&#233; croissante envers des actes cultuels qui ne posaient pas de probl&#232;mes avant : prier ou je&#251;ner pendant le Ramadan. Nous avons encore du mal &#224; mesurer l'ensemble des manifestations de ce rejet global. Ne pas saisir la justice ou les institutions reste tr&#232;s courant pour les populations musulmanes. D'autres s'autocensurent : des personnes qui ont int&#233;gr&#233; le fait qu'elles n'avaient pas leur place, et ne font m&#234;me plus la d&#233;marche de trouver une formation ou un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce que vous nommez &#171; l'islamophobie d'en haut &#187;, quel exemple vous a le plus marqu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a malheureusement profusion d'exemples. Mais un seul nous para&#238;t essentiel pour comprendre en profondeur le processus de construction d'un probl&#232;me musulman : les gr&#232;ves ouvri&#232;res &#224; l'usine Citro&#235;n d'Aulnay et de Talbot &#224; Poissy, en 1984. Des ouvriers, essentiellement maghr&#233;bins, se mobilisent alors contre des plans de licenciements. Avec notamment la CGT, ils d&#233;fendent leurs droits, leurs emplois et l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail. Des revendications classiques, si ce n'est qu'appara&#238;t en bas de la liste la demande de disposer d'un lieu de pri&#232;re pendant les pauses. D'o&#249; vient cette demande ? D'une premi&#232;re exp&#233;rience men&#233;e en 1976 &#224; l'usine Renault Billancourt, o&#249; une salle de pri&#232;re a &#233;t&#233; ouverte avec le soutien des syndicats et du patronat de l'&#233;poque, qui acceptait que les travailleurs immigr&#233;s de passage puissent exercer leur culte dans de bonnes conditions. C'est de cela que s'inspirent les gr&#233;vistes de 1984. Ceux-ci sont des ouvriers marocains d'origine rurale dont beaucoup ne parlent qu'arabe. Pour mobiliser, les leaders syndicaux marocains parlent donc arabe et utilisent des concepts &#224; teneur religieuse, comme &#171; Inch Allah &#187;. Rappelons &#233;galement le moment g&#233;opolitique particulier : 1979, la r&#233;volution iranienne, 1983-1984, les attentats contre les militaires fran&#231;ais au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le patronat et le gouvernement construisent un probl&#232;me musulman. La gr&#232;ve n'est plus syndicale, mais devient, dans la bouche du ministre de l'Int&#233;rieur Gaston Defferre, une gr&#232;ve sainte, une gr&#232;ve int&#233;griste, une gr&#232;ve chiite &#8211; les Marocains sont sunnites, mais peu importe. L'objectif est de disqualifier une mobilisation sociale en la transformant en probl&#232;me musulman. Des caricatures de la presse montrent alors des voitures produites &#224; la cha&#238;ne et couvertes d'une burqa. Cette construction d'un probl&#232;me musulman n'est pas venue des salari&#233;s ou des syndicats, mais d'en haut : des &#233;lites patronales, des cabinets minist&#233;riels, de la hi&#233;rarchie polici&#232;re et d'une partie des &#233;lites m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi construire un &#171; probl&#232;me musulman &#187; &#224; partir d'une gr&#232;ve ouvri&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela intervient au moment du tournant de la rigueur du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. Les licenciements pr&#233;vus par Citro&#235;n et Talbot doivent &#234;tre ent&#233;rin&#233;s par l'&#201;tat. C'est le gouvernement socialiste qui l&#226;che les travailleurs immigr&#233;s. Parler d'un conflit religieux plut&#244;t que d'un conflit de classes contribue aussi &#224; renforcer les divisions au sein de la classe ouvri&#232;re. Quand l'usine occup&#233;e est &#233;vacu&#233;e par les CRS, des ouvriers viennent crier &#171; les Arabes au four &#187;. Toutes les repr&#233;sentations sur lesquelles s'appuie l'islamophobie contemporaine sont pr&#233;sentes, avant m&#234;me que n'apparaisse l'affaire du voile &#224; Creil, en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie serait d'abord institutionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez la r&#233;cente affaire de la cr&#232;che Baby Loup. Au d&#233;part, il s'agit d'un conflit salarial entre deux agents, la directrice et son adjointe. Le foulard ne pose pas de probl&#232;me. Cela devient un enjeu politique &#224; partir du moment o&#249; certains acteurs &#8211; avocat, intellectuels et politiques &#8211; en font un probl&#232;me national. Des parents se sont-ils mobilis&#233;s contre le port du voile ? Aucun. En 2003, les principales f&#233;d&#233;rations de parents d'&#233;l&#232;ves et d'enseignants r&#233;clament-ils une loi interdisant le port du foulard &#224; l'&#233;cole publique ? Non. Aujourd'hui, les &#233;tudiants demandent-ils l'interdiction du foulard islamique &#224; l'universit&#233; ? Non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#233;ritage colonial joue-t-il un r&#244;le dans l'islamophobie actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une id&#233;e commune aux deux p&#233;riodes : l'islam constitue une culture ou une religion inf&#233;rieures. Les individus concern&#233;s disposent donc d'une citoyennet&#233; sous condition. Pour eux, l'&#233;galit&#233; est toute relative. Les r&#233;cents textes de loi qui interdisent le port du voile visent un seul groupe social. C'est une vision plut&#244;t discriminatoire de la la&#239;cit&#233;. L'historien des religions Jean Baub&#233;rot rappelle que l'administration coloniale refusait, &#224; l'&#233;poque, que les minorit&#233;s indig&#232;nes b&#233;n&#233;ficient du principe de la&#239;cit&#233;. Surtout, la p&#233;riode coloniale est marqu&#233;e par une radicalisation de la perception de l'Autre musulman : la diff&#233;rence serait religieuse et th&#233;ologique mais aussi raciale et psychologique. Cette id&#233;e se retrouve dans la construction contemporaine de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a cependant rien de lin&#233;aire entre les repr&#233;sentations de l'islam depuis son &#233;mergence, pendant le Moyen &#194;ge puis lors de la p&#233;riode coloniale. A chaque fois, nous devons analyser la construction d'un ennemi, d'un islam ou d'un musulman imaginaire en r&#233;f&#233;rence au contexte. Dans l'histoire, la sexualit&#233; du musulman a, par exemple, d'abord &#233;t&#233; construite comme une sexualit&#233; d&#233;brid&#233;e, avec l'image du harem. Depuis la fin de la p&#233;riode coloniale, elle est construite comme une sexualit&#233; brid&#233;e, frustr&#233;e et r&#233;actionnaire. L'image du harem laisse place &#224; celle de l'int&#233;griste p&#232;re puritain. Au Moyen &#194;ge, pour critiquer le clerg&#233;, la modernit&#233; des musulmans est parfois oppos&#233;e &#224; l'intol&#233;rance des chr&#233;tiens. Mais une id&#233;e domine : celle de construire un islam barbare et conqu&#233;rant. Et la r&#233;duction de l'Autre, musulman ou pr&#233;sum&#233; tel, &#224; son appartenance religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un racisme biologique se doublerait d'un racisme culturel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme biologique n'a pas disparu. Il est juste en sourdine. La comparaison de la ministre de la Justice noire &#224; un singe nous rappelle que cette forme de racisme est toujours bien pr&#233;sente, m&#234;me si elle est compl&#232;tement disqualifi&#233;e. La difficult&#233; avec l'islamophobie, c'est l'articulation entre la question raciale et religieuse. L'un ne recouvre pas l'autre, les deux s'articulent, et alimentent beaucoup de confusion. Distinguer ce qui rel&#232;ve de l'origine et de la religion est donc difficile. Les personnes racistes n'aiment pas les Arabes et, g&#233;n&#233;ralement, n'aiment pas leur religion. Ils rejettent donc les deux. Mais les enqu&#234;tes d'opinion montrent bien qu'une partie des sond&#233;s peuvent se dire antiracistes tout en &#233;tant islamophobes, notamment &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut donc se penser antiraciste et &#234;tre islamophobe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine, la couleur de peau, le sexe&#8230; Toutes les formes de rejet li&#233;s au physique et aux signes d'une identit&#233; h&#233;rit&#233;e sont disqualifi&#233;es en France. L'islam, ou la religiosit&#233;, est consid&#233;r&#233; diff&#233;remment. C'est un crit&#232;re qui n'est pas consid&#233;r&#233; comme h&#233;rit&#233;, qui est r&#233;versible. Vous ne pouvez pas changer votre origine, vous pouvez changer de religion. Et la religion musulmane est interpr&#233;t&#233;e comme une forme d'hostilit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; majoritaire, une forme de subversion de l'ordre d&#233;mocratique. Pour beaucoup de personnes, l'islamophobie est donc justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire. Analyser cette confusion est d&#233;cisive pour comprendre pourquoi certains rechignent &#224; reconna&#238;tre l'islamophobie et &#224; lutter contre. Nous vivons aussi dans une soci&#233;t&#233; &#224; la tradition la&#239;que tr&#232;s puissante. La la&#239;cit&#233; s'est construite pour limiter le pouvoir de catholicisme, le pouvoir de la religion et des religieux. Cette m&#233;moire de la lutte anti-religieuse demeure tr&#232;s pr&#233;gnante. Et rend &#233;galement difficile la reconnaissance de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le joue le contexte g&#233;opolitique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sert &#224; justifier les discours islamophobes par l'amalgame entre l'islam pratiqu&#233; en France, au coin de la rue, et l'islam utilis&#233; par des mouvements politiques, parfois violents, aux quatre coins du monde. Il s'inscrit dans une rh&#233;torique de la menace. Ces amalgames savamment entretenus nous emp&#234;chent de penser la pr&#233;sence musulmane comme une pr&#233;sence fran&#231;aise. Dans les m&#233;dias, islam et terrorisme sont r&#233;guli&#232;rement li&#233;s. Pourtant, qui sait que dans l'ensemble des attentats pr&#233;par&#233;s, foment&#233;s, r&#233;ussis ou rat&#233;s, la part des attentats dits islamistes ne d&#233;passe jamais 2%, selon Europol. Alors que 85% des attentats sont li&#233;s aux mouvements s&#233;paratistes. Encore un d&#233;calage entre la construction d'un probl&#232;me public et la r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;glise catholique ou des communaut&#233;s &#233;vang&#233;liques sont r&#233;guli&#232;rement critiqu&#233;es pour leurs positions conservatrices, voire r&#233;actionnaires. Comment critiquer certains conservatismes de l'Islam sans tomber dans l'islamophobie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique argument&#233;e des dogmes ou des conservatismes est libre et largement r&#233;pandue en France. Pour autant, la critique peut &#233;galement servir de paravent au rejet et au m&#233;pris. M&#234;me si des critiques sont &#233;mises &#224; l'&#233;gard des religions, elles ne donnent pas lieu au m&#234;me traitement public. Le traditionalisme catholique ou le pros&#233;lytisme &#233;vang&#233;lique, tr&#232;s pr&#233;sent dans les quartiers populaires, ne sont pas construits en probl&#232;me public, alors qu'ils constituent des enjeux &#233;quivalents &#224; certaines formes de pr&#233;sence musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entraves &#224; la la&#239;cit&#233;, si on la prend &#224; la lettre, il y en a beaucoup : le concordat, des processions dans l'espace public, les sources catholiques de notre calendrier&#8230; C'est une longue tradition d'accommodement qui dessine la France la&#239;que depuis des si&#232;cles. Pourtant, les nombreuses processions traditionalistes ou les c&#233;r&#233;monies religieuses qui bloquent des bouts de ville, font bien moins de bruit que les pri&#232;res de rue isol&#233;es, li&#233;es au manque de place ou aux deux f&#234;tes de l'A&#239;d [4] transform&#233;es en probl&#232;me public mobilisant une grande partie de la classe politique ou des m&#233;dias. Par ailleurs, apr&#232;s les manifestations contre le mariage pour tous, il n'est venu &#224; personne l'id&#233;e d'opposer la pr&#233;sence catholique dans l'espace public aux valeurs nationales. Or, &#224; chaque probl&#232;me impliquant des musulmans, c'est une opposition r&#233;currente, les valeurs nationales seraient menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il dans les autres pays europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamophobie au niveau europ&#233;en inqui&#232;te les organisations antiracistes, sauf en France. La question de l'islamophobie, de sa l&#233;gitimit&#233; comme ph&#233;nom&#232;ne, ne pose plus probl&#232;me ailleurs en Europe. Des d&#233;bats ont port&#233; sur sa d&#233;finition et sa r&#233;alit&#233;, ce qui est sain dans un pays d&#233;mocratique. Mais en France, le d&#233;ni est la r&#232;gle depuis que l'essayiste Caroline Fourest a &#233;crit en 2003 que le terme islamophobie avait &#233;t&#233; invent&#233; par les mollahs iraniens. Ce qui est un mensonge. En Europe, les principales organisations antiracistes s'int&#233;ressent &#224; l'islamophobie, lancent des campagnes. En Scandinavie ou au Royaume-Uni, des femmes non voil&#233;es portent le voile par solidarit&#233; avec des femmes agress&#233;es. En France, l'antiracisme mainstream &#8211; Sos Racisme, la Licra &#8211; ne s'en occupe presque pas, alors que le ph&#233;nom&#232;ne est croissant et massif. Nous constatons cependant une regain d'int&#233;r&#234;t r&#233;cent quoique timide de la part de la Ligue des droits de l'Homme et du Mrap. Mais faire admettre que l'islamophobie est une r&#233;alit&#233; n'est pas encore gagn&#233; ! Pourtant, l'enjeu fondamental de l'islamophobie, c'est la remise en question de la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sence des musulmans, des immigr&#233;s post-coloniaux, sur le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recueillis par Ivan du Roy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteurs de : Islamophobie Comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman &#187;, &#201;d. La D&#233;couverte&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'islamophobie fait fi de la pluralit&#233; de la communaut&#233; musulmane &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-islamophobie-fait-fi-de-la-pluralite-de-la-communaute-musulmane</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-islamophobie-fait-fi-de-la-pluralite-de-la-communaute-musulmane</guid>
		<dc:date>2013-11-26T08:44:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdellali Hajjat&#8232;et, Marwan Mohammed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-11-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, sociologues, sont les auteurs d'un ouvrage tr&#232;s remarqu&#233;, Islamophobie. Comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman &#187; (&#233;ditions La D&#233;couverte, septembre 2013). Abdellali Hajjat est ma&#238;tre de conf&#233;rences en sciences politiques &#224; l'universit&#233; Paris-Ouest Nanterre. Il est notamment l'auteur de La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme (Amsterdam, 2013) et de Fronti&#232;res de l'identit&#233; nationale (La D&#233;couverte 2012). Marwan Mohammed est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-11-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-11-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L92xH150/arton15936-eda66.jpg?1782213721' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, sociologues, sont les auteurs d'un ouvrage tr&#232;s remarqu&#233;, Islamophobie. Comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman &#187; (&#233;ditions La D&#233;couverte, septembre 2013). Abdellali Hajjat est ma&#238;tre de conf&#233;rences en sciences politiques &#224; l'universit&#233; Paris-Ouest Nanterre. Il est notamment l'auteur de La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme (Amsterdam, 2013) et de Fronti&#232;res de l'identit&#233; nationale (La D&#233;couverte 2012). Marwan Mohammed est charg&#233; de recherche au CNRS, CMH-ERIS. Il est notamment l'auteur de La Formation des bandes de jeunes (PUF, 2011) et co-directeur (avec Laurent Mucchielli) de Bandes de jeunes. Des &#171; blousons noirs &#224; nos jours &#187; (La D&#233;couverte, 2007). Depuis 2011, ils animent le s&#233;minaire &#171; Islamophobie &#187; &#224; l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (Paris).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'islamophobie qui pose probl&#232;me parmi les intellectuels, la classe politique, le mouvement anti-raciste traditionnel et jusque dans l'Etat fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat &lt;/strong&gt; : Nous consid&#233;rons que l'islamophobie est d'abord un ph&#233;nom&#232;ne social qui consiste &#224; racialiser les suppos&#233;s musulmans, soit d'interpr&#233;ter leur comportement &#224; l'aune de leur appartenance religieuse. Cette mani&#232;re de voir les choses s'est impos&#233;e en France parce que s'est construit ce que nous appelons un &#171; probl&#232;me musulman &#187;. Un lien est &#233;tabli entre le fait de porter le hidjab, l'islamisme et le terrorisme. Ce sont trois ph&#233;nom&#232;nes diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Plusieurs enqu&#234;tes montrent que les descendants d'immigr&#233;s musulmans ont un attachement fort &#224; la religion. D'un point de vue sociologique, c'est un ph&#233;nom&#232;ne normal : les enfants des minoritaires ont un attachement plus fort que le groupe majoritaire &#224; un certain nombre de pratiques religieuses des parents. C'est valable pour les musulmans comme pour les juifs en France, par exemple.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux chercheurs qui s'int&#233;ressent &#224; la religion musulmane ont montr&#233; que l'Islam c'est d'abord une intention spirituelle, avec une dimension identitaire, un rapport avec la mort et le sens, mais ces analyses-l&#224; sont compl&#232;tement &#233;cras&#233;es par des lectures m&#233;diatiques, d'experts ou demi-experts qui interpr&#232;tent la pratique religieuse musulmane des descendants d'immigr&#233;s comme la preuve et la manifestation d'une volont&#233; de conqu&#234;te. Cette lecture-l&#224; fait fi de la pluralit&#233; de la communaut&#233; musulmane, de la complexit&#233; du rapport au culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette interpr&#233;tation ne serait-elle pas nourrie par la visibilit&#233; des signes et pratiques des musulmans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Ce qui est visible, c'est ce qu'on rend visible. La mani&#232;re de voir le monde n'est pas insensible &#224; la mani&#232;re dont on nous le pr&#233;sente. On peut voir le hidjab de plusieurs mani&#232;res diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : Il y a des formes de visibilit&#233; religieuse qui ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme probl&#233;matiques. Par exemple, lorsque l'Abb&#233; Pierre &#233;tait d&#233;put&#233;, il allait &#224; l'Assembl&#233;e nationale en soutane ; les processions religieuses catholiques sont nombreuses &#224; investir les rues. Si la visibilit&#233; musulmane est con&#231;ue comme un probl&#232;me, c'est surtout parce qu'on consid&#232;re que les musulmans ne sont pas chez eux : leur pr&#233;sence n'est pas jug&#233;e l&#233;gitime sur le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie prolonge-t-elle ou se substitue-t-elle au racisme anti-maghr&#233;bin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Le racisme anti-maghr&#233;bin tel qu'il est enregistr&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur est toujours l'un des plus importants en termes de volume d'actes recens&#233;s. Le racisme anti-maghr&#233;bin n'a pas disparu en France, loin de l&#224;. Il n'y a pas de substitution. Par contre, on observe une r&#233;articulation des termes du d&#233;bat en partie autour de la question de l'Islam et des musulmans et surtout dans la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terme &#171; musulman &#187; devient un terme g&#233;n&#233;rique global et globalisant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : C'est cela l'effet de l'islamophobie. Que la personne soit ath&#233;e, agnostique, pratiquante, elle est renvoy&#233;e &#224; sa suppos&#233;e appartenance religieuse. L'islamophobie homog&#233;n&#233;ise, pas seulement au niveau de la croyance, mais aussi en termes de nationalit&#233;, de classe sociale, d'orientation politique&#8230; C'est une construction du discours x&#233;nophobe qui balaie la r&#233;alit&#233; et a pour effet de provoquer des logiques de stigmatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous le d&#233;ni de l'islamophobie de la part d'intellectuels et de politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Il y a plusieurs niveaux d'explication. D'abord, la France a une histoire de la&#239;cisation de la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle les musulmans n'ont pas &#233;t&#233; partie prenante, mais qu'ils exp&#233;rimentent aujourd'hui. La pratique religieuse reste peu intelligible. Par ailleurs, des intellectuels, bons connaisseurs de la question coloniale, consid&#232;rent que derri&#232;re l'islamophobie, il y a encore la question du d&#233;ni du fait colonial.La construction du &#171; probl&#232;me musulman &#187; en France a en outre cr&#233;&#233; une esp&#232;ce d'&#233;quivalence entre l'Islam pratiqu&#233; et le terrorisme international. De cette &#233;quivalence entretenue par des intellectuels ou de pseudo intellectuels d&#233;coule la construction d'une repr&#233;sentation simplifi&#233;e de la pr&#233;sence musulmane en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie divise &#233;galement le mouvement anti-raciste...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : La discrimination en raison de pratiques religieuses musulmanes ne fait pas consensus au sein du mouvement antiraciste, d'une part parce qu'il y a des discours qui amalgament islamit&#233; et int&#233;grisme, et d'autre part parce qu'il y a une dimension anticl&#233;ricale tr&#232;s forte qui l&#233;gitime la m&#233;fiance vis-&#224;-vis de ce qui rel&#232;ve du religieux. Quant au rapport du mouvement antiraciste aux minorit&#233;s musulmanes, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, pour le comprendre, il faut revenir sur son histoire. Le mouvement antiraciste s'est cr&#233;&#233; dans le sillage de la mont&#233;e de l'antis&#233;mitisme. Il y a eu deux moments de scission importants dans ce mouvement antiraciste, la guerre des Six jours en 1967, et la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostensibles &#224; l'&#233;cole publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : La question qui se pose au mouvement antiraciste, et c'est un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment, c'est celle de la priorit&#233; ou de la hi&#233;rarchie des luttes. Ceux des militants antiracistes qui sont attach&#233;s &#224; la primaut&#233; de l'antis&#233;mitisme pour des raisons historiques voient d'un mauvais &#339;il la reconnaissance de l'islamophobie parce qu'ils craignent que la lutte contre l'antis&#233;mitisme soit, de ce fait, &#233;clips&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi une convergence des luttes contre l'islamophobie et l'antis&#233;mitisme ne serait-elle pas pertinente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : Il faut &#234;tre prudent dans la comparaison entre les deux ph&#233;nom&#232;nes. Toutefois, plusieurs travaux ont montr&#233; qu'il y a des analogies importantes entre les deux ph&#233;nom&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme moderne tel qu'il est apparu &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, d&#233;but du XXe, est fond&#233; sur l'id&#233;e qu'il existe une &#171; race s&#233;mite juive &#187; mais aussi musulmane. Il y a une autre analogie, relevant de la construction de mythes, comme celui de la conspiration. Dans les ann&#233;es 2000 s'est d&#233;velopp&#233; le mythe de l'Eurabie, notamment par une intellectuelle suisso-&#233;gyptienne, Gis&#232;le Littman, alias Bat Ye'or qui a &#233;crit Eurabia, un livre dans lequel elle d&#233;veloppe l'id&#233;e qu'il y aurait une conspiration entre les Etats musulmans, notamment du Golfe, les &#233;lites europ&#233;ennes avec une minorit&#233; musulmane contre le peuple europ&#233;en pour asseoir la domination de l'Islam. Ce livre a connu un succ&#232;s ph&#233;nom&#233;nal comme le livre d'Oriana Falacci La rage et l'orgueil. Il y a aussi le mythe de l'islamisation par le bas d&#233;velopp&#233; notamment par Mich&#232;le Tribalat. Autre mythe, le pain au chocolat, etc. Mais du point de vue des classifications, du point de vue de la violence, l'islamophobie et l'antis&#233;mitisme ne sont pas comparables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les porteurs de la lutte pour la reconnaissance de l'islamophobie ? Quelles sont leurs strat&#233;gies ? Leurs champs d'intervention ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : Depuis 2003 s'est d&#233;velopp&#233; un champ de lutte contre l'islamophobie qui est le fait de minoritaires, minoritaires par le profil de ceux qui l'ont port&#233;, c'est-&#224;-dire de jeunes cadres, intellectuels, dipl&#244;m&#233;s qui ont structur&#233; la question de l'islamophobie avec des strat&#233;gies selon des organisations tr&#232;s diff&#233;rentes. La plus importante de ces organisations est le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) dont le porte-parole s'appelle aussi Marwan Muhammad (homonyme de mon coll&#232;gue) et qui a une strat&#233;gie qui consiste &#224; la fois &#224; compter les actes islamophobes, &#224; se mobiliser aux c&#244;t&#233;s des victimes, &#224; produire de la jurisprudence et &#224; porter les affaires devant les tribunaux, et &#224; monter de plus en plus des op&#233;rations de communication. Le CCIF se d&#233;marque du reste par la dimension mixte et surtout parce qu'en voyant que la possibilit&#233; de travailler avec les autres organisations antiracistes, les pouvoirs publics, le gouvernement, &#233;tait compl&#232;tement ferm&#233;e, il a d&#233;velopp&#233; des liens avec des ONG internationales, puis des organisations internationales. Tr&#232;s d&#233;cri&#233; en France, le CCIF est aujourd'hui reconnu par l'ONU, par le Conseil de l'Europe, etc.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite le parti des indig&#232;nes (ex-Indig&#232;nes de la R&#233;publique) qui a propos&#233; une grille d'interpr&#233;tation du traitement des musulmans &#224; l'aune de la question raciale et de la question coloniale. La Coordination contre le racisme et l'islamophobie en France (CRIF) se positionne comme un mouvement qui va porter la question de l'islamophobie &#224; un niveau plus politique. Il y a aussi les &#171; Indivisibles &#187;, un mouvement qui lutte contre toutes les formes de racisme par l'humour et la d&#233;rision. Fond&#233;e par Rokhaya Diallo (chroniqueuse et productrice &#224; Canal +, RTL, Public S&#233;nat&#8230;) a mis en place un prix annuel, &#171; Ya Bon Awards &#187;. Vous ne la trouverez pas dans le livre pour des raisons de calendrier, il y a &#233;galement la Ligue de d&#233;fense des musulmans qui vient de se cr&#233;er autour de l'ex-avocat Karim Achoui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le CFCM ? Et l'observatoire contre l'islamophobie qui en d&#233;coule ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Contrairement aux acteurs du culte musulman en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, le CFCM d&#233;laisse la question de lutte contre l'islamophobie, &#224; notre avis parce que ses responsables se sont concentr&#233;s sur l' institutionnalisation du culte musulman et sont entr&#233;s dans un processus de reconnaissance et de notabilisation, c'est le gouvernement qui fixe un cadre d'action au CFCM. L'observatoire de l'islamophobie n'est pas une initiative du CFCM, c'est d'abord une initiative de ministres de l'Int&#233;rieur, Hortefeux et Gu&#233;ant notamment. Le probl&#232;me avec l'observatoire c'est qu'il n'enregistre rien, il ne fait que r&#233;agir &#224; l'actualit&#233; et rendre publics les chiffres qui sont essentiellement ceux du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces militants contre l'islamophobie sont qualifi&#233;s de radicaux et suspect&#233;s de mener une action communautariste. Est-ce votre avis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed&lt;/strong&gt; : Ce sont des groupes minoritaires qui portent des revendications que la soci&#233;t&#233; n'a pas voulu entendre jusqu'&#224; une date r&#233;cente, en tout cas les choses sont en train de changer un petit peu. Ce qui est reproch&#233; &#224; ces mouvements-l&#224;, c'est leur autonomie qui rompt avec le mode de gouvernance traditionnel de l'antiracisme tr&#232;s largement subventionn&#233; par l'Etat avec un niveau de p&#233;n&#233;tration et de circulation des personnes entre les organisations politiques et les organisations antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que revendiquent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; : Leur premi&#232;re revendication est de faire reconna&#238;tre l'islamophobie comme une forme de racisme et ils demandent &#224; l'Etat de mieux mesurer ce ph&#233;nom&#232;ne et de mieux le p&#233;naliser et, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale de condamner les discours qui l&#233;gitiment l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que les lignes bougent...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohamed&lt;/strong&gt; : Notre livre et tous ceux qui paraissent dans le m&#234;me temps ne peuvent pas &#234;tre balay&#233;s d'un revers de main. Ce qui a fait dogme dans le milieu politique, m&#233;diatique par rapport &#224; la notion et &#224; la lutte contre l'islamophobie, soit que ce terme-l&#224; &#233;tait une strat&#233;gie invent&#233;e par les mollahs iraniens &#224; la fin des ann&#233;es 70, est en train de se fissurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Islamophobie. &#171; R&#233;duire l'autre &#224; son appartenance religieuse &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Islamophobie-Reduire-l-autre-a-son-appartenance-religieuse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Islamophobie-Reduire-l-autre-a-son-appartenance-religieuse</guid>
		<dc:date>2013-10-01T10:10:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdellali Hajjat&#8232;et, Marwan Mohammed, Stephanie Le Bars</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-10-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed ne s'en cachent pas : leur ouvrage Islamophobie, comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman&#171; , (La D&#233;couverte, 2013), est un livre &#224; th&#232;se. La notion d'islamophobie et les actes qui l'accompagnent, sont, selon eux, la cons&#233;quence d'un &#171; consensus national &#187; autour de l'id&#233;e que l'islam et la pr&#233;sence des musulmans en France &#171; posent probl&#232;me &#187;. Mais, au-del&#224; de cette d&#233;monstration, les auteurs livrent un travail fouill&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-10-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-10-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L92xH150/arton15284-48ef0.jpg?1782213722' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed ne s'en cachent pas : leur ouvrage Islamophobie, comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman&#171; , (La D&#233;couverte, 2013), est un livre &#224; th&#232;se. La notion d'islamophobie et les actes qui l'accompagnent, sont, selon eux, la cons&#233;quence d'un &#171; consensus national &#187; autour de l'id&#233;e que l'islam et la pr&#233;sence des musulmans en France &#171; posent probl&#232;me &#187;. Mais, au-del&#224; de cette d&#233;monstration, les auteurs livrent un travail fouill&#233; sur l'&#233;tat des recherches en France et dans le monde anglo-saxon sur ce ph&#233;nom&#232;ne. Ils reviennent sur &#171; l'imperfection &#187; du terme, sa possible &#171; instrumentalisation &#187; et la progressive reconnaissance du ph&#233;nom&#232;ne par les &#233;lites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre d&#233;finition de l'islamophobie et quels en sont les ressorts ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, l'islamophobie, ce ne sont pas seulement des actes de discrimination, mais un ph&#233;nom&#232;ne social global, qui consiste &#224; r&#233;duire &#171; l'autre &#187; &#224; son appartenance religieuse pr&#233;sum&#233;e ou r&#233;elle. Elle repose donc &#224; la fois sur une id&#233;ologie, des pr&#233;jug&#233;s et des actes. En cela, elle va au-del&#224; d'un simple racisme, mais d&#233;coule d'un &#171; probl&#232;me musulman &#187;, construit, de mani&#232;re non concert&#233;e, par diff&#233;rents acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, il faut distinguer plusieurs logiques, op&#233;rant de mani&#232;re s&#233;par&#233;e ou cumulative : anti-religion, lutte contre l'islamisme (religion dangereuse), anti-sexisme (religion opprimant les femmes), racisme de classe (religion du pauvre) ou un racisme tout court (religion de l'&#233;tranger). Mais au final, ces logiques se rejoignent sur un point : l'essentialisation du musulman. Il n'y a plus de pluralit&#233; identitaire chez un individu : l'islam &#233;crase tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, la r&#233;volution iranienne a inaugur&#233; le regard g&#233;opolitique sur la situation des musulmans en France. Cette approche a d&#233;bouch&#233;, apr&#232;s les attentats de 2001, sur un continuum islam-islamisme-terrorisme, en d&#233;calage avec la r&#233;alit&#233;. Aujourd'hui il est &#233;vident que dans le regard de certains, un lien est fait entre les r&#233;cents &#233;v&#233;nements de Nairobi et ma voisine qui porte le foulard : c'est cela le noyau de l'islamophobie. La partie la plus marginale parle pour le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des revendications religieuses jug&#233;es excessives par la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ne nourrissent-elles pas aussi l'islamophobie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#244;le de sociologue n'est pas de juger tel comportement religieux, mais de comprendre pourquoi ils entrent en tension avec telle institution ou tel milieu. Nous constatons que la pratique musulmane des enfants d'immigr&#233;s, la diversit&#233; culturelle de la soci&#233;t&#233; qui induit des demandes particuli&#232;res, posent probl&#232;me &#224; certains. A leurs yeux, la reproduction de la pratique religieuse par les jeunes g&#233;n&#233;rations est interpr&#233;t&#233;e comme un &#233;chec d'int&#233;gration. Et alors que ce fait social est sociologiquement &#171; normal &#187; et v&#233;rifi&#233; chez les minorit&#233;s, quel que soit le pays, il appara&#238;t &#224; certains comme une volont&#233; politico-religieuse d'imposer des normes aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie s'est-elle substitu&#233;e au racisme anti-arabe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Le racisme anti-arabe n'a pas disparu ; l'une n'a pas effac&#233; l'autre car origine et religion ont toujours &#233;t&#233; li&#233;es dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi le terme d'islamophobie demeure-t-il pi&#233;g&#233;, amenant certains &#224; pr&#233;f&#233;rer la d&#233;nonciation d'actes &#171; anti-musulmans &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat a &#233;merg&#233; en Grande-Bretagne au milieu des ann&#233;es 1990, avec l'id&#233;e selon laquelle lutter contre l'islamophobie serait un moyen d'emp&#234;cher toute critique de la religion et d'aller &#224; l'encontre de la libert&#233; d'expression. La sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise est que cette position-l&#224; est devenue majoritaire, sans v&#233;ritable d&#233;bat. La d&#233;finition qu'en a faite Caroline Fourest [auteure, entre autres, de Fr&#232;re Tariq. Discours strat&#233;gie et m&#233;thode de Tariq Ramadan, Grasset &amp; Fasquelle, 2004] en 2003, affirmant que le mot avait &#233;t&#233; forg&#233; par les mollahs iraniens et qu'il &#233;tait l'outil d'une strat&#233;gie int&#233;griste, a &#233;t&#233; prescriptrice. Le concept appara&#238;t pourtant au d&#233;but du XXe si&#232;cle dans les &#233;crits d'administrateurs-ethnologues en Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le terme est imparfait, mais la question est surtout celle de sa d&#233;finition et de son usage. Tout comme pour la notion d'antis&#233;mitisme, il s'agit d'&#233;viter d'en faire un usage liberticide emp&#234;chant toute critique des religions ou plaidant pour le d&#233;lit de blasph&#232;me. Quand le Conseil fran&#231;ais du culte musulman (CFCM) porte plainte contre la publication des caricatures du Proph&#232;te, il cherche plus &#224; faire le lien entre la critique de l'islam et la stigmatisation des musulmans qu'&#224; pr&#244;ner l'instauration d'un d&#233;lit de blasph&#232;me. Mais il est tr&#232;s difficile d'&#233;tablir ce lien juridiquement. De m&#234;me qu'il est tr&#232;s difficile de d&#233;finir des propos explicitement islamophobes, car ils s'articulent souvent avec du sexisme, du racisme ; le risque existe donc d'une surinterpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On l'a vu cet &#233;t&#233; &#224; Argenteuil et Trappes [agression de femmes voil&#233;es en juin 2013 &#224; Argenteuil, agression islamophobe av&#233;r&#233;e &#224; Trappes contre une adolescente de 16 ans, le 13 ao&#251;t 2013 ; les effets de ce trauma l'ont pouss&#233;e, par la suite, &#224; se d&#233;fenestrer ; tr&#232;s gri&#232;vement bless&#233;e, elle s'est &#171; tir&#233;e d'affaire &#187; selon la formule du pr&#233;fet - r&#233;d.] la lutte contre l'islamophobie peut d&#233;raper [des &#171; &#233;meutes &#187; ont &#233;clat&#233; suite &#224; cette derni&#232;re agression &#8211; r&#233;d.].&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute forme de mobilisation, il existe une pluralit&#233; de militants, aux m&#233;thodes et discours divers. Pour autant, faut-il disqualifier la cause de la lutte contre l'islamophobie ? Quant &#224; une &#233;ventuelle pr&#233;sence de groupes salafistes dans ces luttes, il en existe certainement, mais nous constatons qu'ils sont peu actifs dans l'accompagnement des victimes, la gestion juridique ou la production de discours sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur [fran&#231;ais] valide depuis 2010 des statistiques sur les actes anti-musulmans, des ministres emploient le mot d'islamophobie. La p&#233;riode de d&#233;ni, que vous d&#233;noncez est-elle en train de se refermer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que certains journalistes ou responsables politiques qui ont particip&#233; &#224; la construction du &#171; probl&#232;me musulman &#187; reconnaissent d&#233;sormais l'islamophobie. D'autres, qui ont particip&#233; &#224; la disqualification du terme, reconnaissent aujourd'hui le &#171; danger du racisme anti-musulman &#187;. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a r&#233;cemment employ&#233; le mot d'islamophobie. Fran&#231;ois Hollande a reconnu un racisme anti-musulman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions datent de quelques mois. Elles tiennent &#224; une reconnaissance du ph&#233;nom&#232;ne dans les instances internationales. Mais ce renversement est surtout le fruit de rapports de force et d'une situation politique. Certains &#233;voluent car ils ne veulent pas se retrouver aux c&#244;t&#233;s de l'extr&#234;me droite sur les questions de la&#239;cit&#233; et d'islam. Attendons de voir. Le fait est qu'il y a longtemps eu un d&#233;calage entre le ressenti de terrain et une certaine myopie intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parall&#232;le entre islamophobie et antis&#233;mitisme est-il justifi&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#234;tre prudent, mais plusieurs travaux scientifiques font des analogies. Les deux concepts reposent sur une racialisation des individus, la construction d'un &#171; probl&#232;me &#187;, la cr&#233;ation de mythes conspirationnistes (Eurabia ou l'islamisation organis&#233;e de l'Europe pour les musulmans), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le degr&#233; d'impr&#233;gnation de l'antis&#233;mitisme dans la soci&#233;t&#233; des ann&#233;es 1930 n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec la pr&#233;gnance sociale de l'islamophobie en France, aujourd'hui. Le parall&#232;le &#233;tabli par les acteurs associatifs musulmans avec l'antis&#233;mitisme est aussi un moyen de l&#233;gitimer la lutte contre l'islamophobie ; au risque d'aller parfois un peu vite dans les comparaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(28 septembre 2013, page 9, Le Monde)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
