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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La classe ouvri&#232;re est-elle r&#233;actionnaire ?</title>
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		<dc:date>2017-03-21T07:48:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Asbj&#248;rn Wahl</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2017-03-21</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il peut sembler qu'une grande partie de la classe ouvri&#232;re occidentale rejoigne la droite populiste, les d&#233;magogues et les racistes. Les travailleurs-euses votent pour des partis r&#233;actionnaires, quasi fascistes. Leurs voix ont aid&#233; au vote pour le Brexit et port&#233; D. Trump &#224; la Pr&#233;sidence du premier super pouvoir mondial. Leurs votes sont aussi all&#233;s massivement vers des partis de la droite radicale qui participent &#224; des gouvernements dans plusieurs pays europ&#233;ens. &lt;br class='autobr' /&gt; Asbjorn Wahl,ii The (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-mouvement-syndical-international-" rel="directory"&gt;Le mouvement syndical international&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-67-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-03-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-03-21&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH69/arton30161-3680a.png?1781351656' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il peut sembler qu'une grande partie de la classe ouvri&#232;re occidentale rejoigne la droite populiste, les d&#233;magogues et les racistes. Les travailleurs-euses votent pour des partis r&#233;actionnaires, quasi fascistes. Leurs voix ont aid&#233; au vote pour le Brexit et port&#233; D. Trump &#224; la Pr&#233;sidence du premier super pouvoir mondial. Leurs votes sont aussi all&#233;s massivement vers des partis de la droite radicale qui participent &#224; des gouvernements dans plusieurs pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Asbjorn Wahl,ii The Bullet, 16 mars 2017-03-17&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'attend &#224; ce que, comme traditionnellement, la classe ouvri&#232;re vote &#224; gauche. Mais le virage qu'on observe rend les experts, les commentateurs-trices et les politiciens-nes des partis traditionnels pr&#233;occup&#233;s-es, incertains-es et perplexes. Cela se voit encore plus dans le mouvement ouvrier. Ceux et celles qui ont fait le pas vers l'extr&#234;me droite subissent les condamnations et les le&#231;ons de morales. Mais un nombre de plus en plus grand de ces commentateurs-trices commencent &#224; penser que cette marche de grands groupes d'ouvriers-&#232;res vers la droite puisse &#234;tre l'expression d'une protestation contre l'&#233;volution du d&#233;veloppement social actuel. Ils soulignent que les succ&#232;s de la mondialisation n'ont pas profit&#233; &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, plusieurs politiciens-nes et militants-es &#224; gauche ont beaucoup de difficult&#233;s &#224; se r&#233;orienter dans ce nouveau contexte. Des gens qui auraient &#233;t&#233; d'accord avec le retrait de la Grande Bretagne de l'Union europ&#233;enne n&#233;olib&#233;rale par exemple, m'ont d&#233;clar&#233; qu'ils avaient vot&#233; pour le maintient pour &#171; ne pas alimenter la machine &#224; racisme et &#224; anti immigration du camp du Brexit &#187;. Donc, ils ont laiss&#233; l'extr&#234;me droite formuler la n&#233;cessaire opposition aux politiques antisociales et antisyndicale de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait probablement &#233;t&#233; plus important et plus efficace que la gauche proc&#232;de &#224; une sorte d'auto critique et examine son r&#244;le et ses propres politiques. Est-ce qu'il se peut que ces partis de gauche aient failli devant leur &#233;lectorat, qu'ils n'aient plus &#233;t&#233; per&#231;us comme des outils utiles pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de ceux et celles qui ont le moins de pouvoir et de richesse dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui ? Peut-&#234;tre y a-t-il eut trop de politique identitaire et pas assez de politiques de classes. Se peut-il aussi que les analyses de la gauche sociale n'aient pas r&#233;ussi &#224; saisir l'essence des courants politiques et &#233;conomiques en d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'offensive du patronat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens de gauche s'accordent pour dire que la situation est s&#233;rieuse m&#234;me dramatique. Examinons maintenant de plus pr&#232;s les affaires courantes de l'&#201;tat. Dans les pays d'Europe qui nous entourent, le taux de syndicalisation n'est presque que la moiti&#233; de ce qu'il &#233;tait il y a 30 ans. Les droits des travailleurs-euses, les droits du travail et les conventions collectives se sont syst&#233;matiquement d&#233;t&#233;rior&#233;s quand ils n'ont pas &#233;t&#233; tout simplement abolis. Presque tout y est pire qu'ici en Norv&#232;ge ce qui ne veut pas dire que ce d&#233;veloppement ne nous affecte pas. Presque tout va dans la mauvaise direction ici aussi m&#234;me si &#231;a se d&#233;roule plus lentement que dans le reste de l'Europe. Il n'y a aucun doute que le pays est encore sur le pont sup&#233;rieur du bien-&#234;tre mondial mais tout indique que c'est le pont sup&#233;rieur du Titanic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire, en gros, que les in&#233;galit&#233;s augmentent dans le pays et que des relations de travail plus autoritaires s'installent, entre autre avec l'am&#233;ricanisation de l'organisation et des mod&#232;les de gestion comme le Work Research Institute l'&#224; tr&#232;s bien d&#233;montr&#233;. Les salaires au bas des &#233;chelles, stagnent. Dans une lettre d'information, la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats norv&#233;giens r&#233;sume adroitement la situation en se basant sur un nouveau rapport (11-09-2016) de l'Institut de recherche ind&#233;pendant Fafo : &#171; Si la tendance se maintient, la Norv&#232;ge connaitra les grandes in&#233;galit&#233;s qui existent en Allemagne et en Grande Bretagne. (&#8230;) Elle ne se sera bient&#244;t plus un pays de faibles in&#233;galit&#233;s. Le pays change rapidement et les plus bas-ses salari&#233;s-es sont perdants-es. Les salaires les plus bas du secteur priv&#233; n'ont pour ainsi dire pas boug&#233; depuis 2008 (&#8230;) De moins en moins de ces salari&#233;s-es sont r&#233;gis-es par des conventions collectives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps nous sommes confront&#233;s-es &#224; de plus en plus d'offensives et d'agressivit&#233; de la part des employeurs-euses qui, entre autre choses, s'&#233;loignent de leurs responsabilit&#233;s en d&#233;localisant et en embauchant de plus en plus de travailleurs-euse temporaires via des agences de placement donc non syndiqu&#233;es-es. En plus, le patronat profite des politiques antisyndicales de l'Union europ&#233;enne, de sestribunaux. Cela contribue largement &#224; la d&#233;t&#233;rioration des droits syndicaux. Dans la perp&#233;tuelle lutte pour le contr&#244;le du processus de travail, les t&#226;ches sont de plus en plus vid&#233;es de contenu dans beaucoup de secteurs du march&#233; de l'emploi. Elles sont aussi fragment&#233;es et normalis&#233;es. Les contr&#244;les augmentent constamment sur les employ&#233;s-es tout comme l'intensit&#233; du travail. En Su&#232;de, le professeur Sten Gellerstedt a bien document&#233; la situation. Et l'Eurofound a aussi trouv&#233; une augmentation s&#233;rieuse du travail routinier au Danemark. Il y a de bonnes raisons de croire que ce n'est gu&#232;re diff&#233;rent ici en Norv&#232;ge : &#171; Les Danois-es ex&#233;cutent 30% de plus de travail routinier que ce n'&#233;tait le cas il y a 20 ans. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de souligner que ce genre de travaux s'introduit dans des t&#226;ches qui n'&#233;taient pas associ&#233;es &#224; la routine traditionnellement. On les trouve principalement dans les directions, chez les professionnels-les et les travailleurs-euses de bureau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, l'id&#233;ologie du bien-&#234;tre li&#233; au travail contribue fortement &#224; &#233;loigner l'attention des structures organisationnelles et des rapports de pouvoir pour la fixer sur l'individualisation avec son lot de moralisation, de suspicion et son attirail de sanctions brutales contre les individus. Les d&#233;veloppements dans le monde du travail se font &#224; l'encontre une grande partie de la main d'&#339;uvre dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faut relier les bases de ce d&#233;veloppement &#224; la crise &#233;conomique. Le capitalisme connait sa plus grande crise depuis la Grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930. Les d&#233;tenteurs-trices de capitaux ont d&#251; changer leurs strat&#233;gies pour retrouver les profits. Le n&#233;olib&#233;ralisme est devenu leur r&#233;ponse politique et id&#233;ologique &#224; la crise. Mais jusqu'&#224; ce jour, rien ne nous sugg&#232;re que cela leur permettra de surmonter les contradictions internes du capitalisme. La sp&#233;culation financi&#232;re d&#233;brid&#233;e n'est qu'un des s&#233;rieux effets du d&#233;veloppement de la crise. Donc, le n&#233;olib&#233;ralisme et la sp&#233;culation financi&#232;re sont deux retomb&#233;es de la crise capitaliste, ils n'en sont pas les causes, comme beaucoup veulent nous le faire croire. (Le discours qui veut) que la mondialisation soit in&#233;vitable et que les syndicats n'aient qu'&#224; s'y adapter, n'est rien d'autre que le r&#233;sultat de la strat&#233;gie et de l'offensive du capital pour faire face &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons du virage des ouviers-&#232;res vers la droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il est de plus en plus clair qu'un des buts importants de cette strat&#233;gie comporte la fin de l'&#201;tat providence et la d&#233;faite des syndicats. C'est ce qui se passe avec la direction politique insuffl&#233;e par les institutions de l'Union europ&#233;enne. Il ne faut pas se surprendre que des millions et des millions de travailleurs-euses soient perdants-es dans le processus de mondialisation. Pas plus que la r&#233;action qui surviendra avec la m&#233;fiance, la rage et la r&#233;volte ouverte. On peut comprendre cette partie de la classe ouvri&#232;re qui est attir&#233;e par le discours de l'extr&#234;me droite contre les &#233;lites et l'establishment. Il lui manque les analyses, les politiques et les strat&#233;gies des partis politiques de gauche pour faire face &#224; la crise et aux offensives des forces capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comprendre n'&#233;quivaut pas &#224; accepter (&#8230;). Que certains-es &#224; gauche se laissent &#233;blouir par des politiques en apparence en faveur des travailleurs-euses de beaucoup des nouveaux partis d'extr&#234;me droite et m&#234;me les invitent &#224; faire alliance, est un dangereux d&#233;veloppement. Il n'y a rien de nouveau dans notre histoire &#224; ce que l'extr&#234;me droite flatte &#171; les petits-es &#187; de nos soci&#233;t&#233;s. C'est aussi arriv&#233; dans les ann&#233;es 1930 quand le fascisme a &#233;merg&#233;. &#192; ce moment l&#224;, comme aujourd'hui, il y a eut des gens &#224; gauche m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas nombreux, &#224; changer de camp parce qu'ils ont cru que le &#171; national socialisme &#187; &#233;tait une forme de socialisme, pas son absolu contraire comme l'histoire nous l'a d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important, c'est de comprendre pourquoi les plus exploit&#233;s-es et les plus d&#233;pourvus-es de pouvoir dans nos soci&#233;t&#233;s sont attir&#233;s-es par les discours de l'extr&#234;me droite contre les &#233;lites. Il nous faut approfondir les raisons d'une telle attitude. Et pour le faire, il faut garder en t&#234;te que les rapports de pouvoirs dans les lieux de travail ont &#233;volu&#233; en faveur du patronat, &#224; quel point la brutalit&#233; y a augment&#233; et comment l'ins&#233;curit&#233; au aussi progress&#233; pour une grande partie des ouvriers-&#232;res. C'est fondamental si nous voulons &#233;laborer des politiques qui r&#233;pondent &#224; ces d&#233;fis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;alit&#233;, l'exploitation des travailleurs-euses, la diminution constante de leur pouvoir et l'augmentation de leur subordination n'a presque plus de place dans les d&#233;bats publics. Les partis ouvriers ont coup&#233; les liens avec leur base traditionnelle. Plut&#244;t que de s'emparer du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral envers le march&#233; du travail, de le politiser et de le canaliser vers la lutte bas&#233;e sur les int&#233;r&#234;ts, les partis de gauche de la classe moyenne n'ont offert que la moralisation et le m&#233;pris. R&#233;sultat : une pouss&#233;e de grands groupes de travailleurs-euses dans les bras des partis de l'extr&#234;me droite qui soutiennent tous les m&#233;contents-es et font tout ce qu'ils peuvent pour diriger le m&#233;contentement vers d'autres groupes sociaux : les immigrants-es, les musulmans-es, les homosexuels-les, les gens de couleur, etc. plut&#244;t que de se tourner vers les vraies causes de leurs probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous devons combattre ce d&#233;veloppement mais la victoire ne passe pas par la moralisation et le m&#233;pris. Si la gauche n'est pas capable d'ancrer la lutte contre le capitalisme et sa crise dans la vie quotidienne des travailleurs-euses, dans leurs lieux de travail, elle ne gagnera pas celle pour &#234;tre au c&#339;ur de la classe ouvri&#232;re. En Norv&#232;ge, si nous voulons &#233;viter un tel aboutissement, nous devons cesser de parler du &#171; mod&#232;le nordique &#187; comme si rien ne s'&#233;tait pass&#233;, comme si nous &#233;tions intacts-es, comme si la coop&#233;ration mutuelle, le respect et la cod&#233;termination entre les classes &#233;tait encore une &#233;vidence, aujourd'hui, dans notre soci&#233;t&#233;. Une grande partie des directions des syndicats et du mouvement ouvrier a &#233;lev&#233; le &#171; mod&#232;le nordique &#187; de coop&#233;ration entre le capital et le travail au statut de ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;ral qui doit &#171; b&#233;n&#233;ficier aux deux parties &#187;. Il a &#233;t&#233; compl&#232;tement dissoci&#233; des rapports de pouvoir qui se d&#233;veloppent dans les milieux de travail et dans la soci&#233;t&#233;. Il est vu comme une forme sup&#233;rieure de rationalit&#233; et il est port&#233; par un discours sur les int&#233;r&#234;ts communs que les travailleurs-euses ont de plus en plus de mal &#224; reconnaitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la voix des masses exploit&#233;es est de moins en moins audible dans le d&#233;bat public, il nous arrive des bribes d'informations dans les m&#233;dias, sur les r&#233;alit&#233;s dans les lieux de travail. Ainsi, le journal Dagbladet du 20 mars 2016 rapporte, sous le titre Nous pleurons tous les jours au travail, les propos des employ&#233;s-es de l'entretient des chambres de l'h&#244;tel Oslo Plaza qui subissent de dures conditions. Il se publie &#233;galement un nombre croissant d'articles anonymes de la part d'employ&#233;s-es des institutions publiques qui d&#233;crivent le r&#233;gime de contr&#244;les autoritaires introduit par le &#171; New Public Management &#187;. Cela d&#233;truit l'environnement de travail et tout ce qui pourrait rester de la satisfaction au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous ceux et toutes celles qui vivent de telles conditions, difficile de se reconnaitre dans le message que le dirigeant de la Conf&#233;d&#233;ration norv&#233;gienne des syndicats a pr&#233;sent&#233; &#224; la Conf&#233;rence annuelle de l'Association des employeurs-euses l'an dernier : &#171; Nous sommes d'accord sur les d&#233;fis auxquels nous faisons face. Et, malgr&#233; des approches diff&#233;rentes, nous sommes aussi d'accord sur un certain nombre de solution. Et nous sommes certainement d'accord que la solution &#224; ces d&#233;fis passe par une meilleure coop&#233;ration bien plus que par l'ouverture de conflits. (&#8230;) Nous avons les m&#234;mes butsiii. C'est-&#224;-dire une vie de travail supportable en Norv&#232;ge. Comme en 1990, nous ne pouvons nous s&#233;parer de ce que vous aimez appeler la mod&#233;ration. Nous l'appelons &#171; rationalit&#233; collective &#187; et elle doit concerner tous et toutes. (Tir&#233; de LO, no. 07-01-2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le dialogue social et la coop&#233;ration tripartite favorisaient les &#171; deux parties &#187; en ce moment, ne devrions-nous pas nous attendre &#224; ce que les employeurs-euses veuillent &#233;tablir des rapports positifs de coop&#233;ration et de participation dans les secteurs o&#249; les syndicats sont faibles comme dans les h&#244;tels, les restaurants, les ateliers de travail, dans l'entretient, etc.? Il semble bien que le contraire soit la r&#232;gle. L'id&#233;ologie du partenariat social, qui s'est install&#233;e dans la vague du compromis de classe, semble bien plus avoir contribu&#233; &#224; la d&#233;politisation et &#224; la perte de la radicalit&#233; dans le mouvement syndical. Mais le patronat attaque de plus en plus violemment les lois du travail et les ententes collectives qu'il avait pourtant accept&#233;es dans l'esprit du compromis de classe. (Voir, Left Streamed no. 154).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la n&#233;cessit&#233; de la mobilisation de masse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le pouvoir dans les lieux de travail s'est dramatiquement d&#233;plac&#233;, du travail vers le capital, des syndicats et autres organisations d&#233;mocratiques vers les compagnies multinationales et les institutions financi&#232;res. En quelques d&#233;cennies, les int&#233;r&#234;ts capitalistes ont r&#233;ussi &#224; abolir les principales r&#232;gles qui avaient rendu l'&#201;tat providence et le &#171; mod&#232;le nordique &#187; possibles, gr&#226;ce &#224; la coop&#233;ration du FMI, au contr&#244;le du capital et des investissements et d'autres r&#232;gles du march&#233;. Dans un tel contexte, l'id&#233;ologie du partenariat social devient une barri&#232;re &#224; la syndicalisation et &#224; la lutte politique, parce ce que l'importance est donn&#233;e aux int&#233;r&#234;ts communs en terme d'id&#233;ologie plut&#244;t qu'aux conflits d'int&#233;r&#234;ts en croissance dans le monde r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;fi principal qui nous confronte, est l'organisation de la r&#233;sistance &#224; ce d&#233;veloppement. C'est la seule mani&#232;re de se d&#233;barrasser du populisme et du radicalisme de droite. Encore une fois, nous devons construire un paradis au-del&#224; de nos luttes. (Il faut) donner des perspectives et des visions d'une meilleure soci&#233;t&#233; ; une soci&#233;t&#233; o&#249; existe une redistribution radicale de la richesse, o&#249; l'exploitation est termin&#233;e, o&#249; (la satisfaction) des besoins humains est la base du d&#233;veloppement social. Il ne suffit pas de faire des d&#233;clarations, de protester et de faire des appels &#224; la coop&#233;ration tripartite ; tout &#231;a est vide de sens. Il s'agit du pouvoir, le pouvoir &#233;conomique et politique. Il nous faudra une mobilisation sociale massive comme les syndicats l'ont fait pour b&#226;tir leur force et gagner leur pouvoir et leur influence au d&#233;but du 20i&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes- nous pr&#234;ts-es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; dans le journal norv&#233;gien Klassekampen le 28 janvier 2017 et dans le danois, Dagbladet Arbejderen le 21 f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.A. Wahl est conseiller principal &#224; la Campagne norv&#233;gienne pour l'&#201;tat providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.Accent mis dans le texte original par l'auteur. N.d.t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dans la foul&#233;e de la PAC21 ; unifions nos luttes contre l'aust&#233;rit&#233; et les changements climatiques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dans-la-foulee-de-la-PAC21-unifions-nos-luttes-contre-l-austerite-et-les</link>
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		<dc:creator>Asbj&#248;rn Wahl</dc:creator>


		<dc:subject>COP21</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Sommet de Paris sur le climat nous a rappel&#233;, encore une fois, &#224; quel point notre plan&#232;te et nous-m&#234;mes somment vuln&#233;rables. L'humanit&#233; fait face &#224; de nombreux d&#233;fis et crises tous aussi importants les uns que les autres : les crises &#233;conomiques, sociales, politiques, de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire et bien s&#251;r, celles des changements climatiques qui menacent la vie de millions de personnes. Beaucoup de ces crises ont des racines communes issues de c&#339;ur m&#234;me de notre syst&#232;me &#233;conomique. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH71/arton24917-975a5.jpg?1781250283' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Sommet de Paris sur le climat nous a rappel&#233;, encore une fois, &#224; quel point notre plan&#232;te et nous-m&#234;mes somment vuln&#233;rables. L'humanit&#233; fait face &#224; de nombreux d&#233;fis et crises tous aussi importants les uns que les autres : les crises &#233;conomiques, sociales, politiques, de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire et bien s&#251;r, celles des changements climatiques qui menacent la vie de millions de personnes. Beaucoup de ces crises ont des racines communes issues de c&#339;ur m&#234;me de notre syst&#232;me &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Asbjorn Wahl, The Bullet, Socialist Project, premier janvier 2016. Cet article a d'abord &#233;t&#233; publi&#233; sur le site Social Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des int&#233;r&#234;ts puissants s'y trouvent. Notre lutte doit donc les affronter. Partout dans le monde, les populations s'organisent et se battent contre les effets des crises. Les organisations syndicales y sont s&#233;rieusement impliqu&#233;es tout comme d'autres mouvements qui visent des enjeux sociaux larges ou plus restreints. De plus en plus, notre mod&#232;le de production et de consommation est questionn&#233;. Pour sortir de ces crises, nous devons lutter pour un changement de syst&#232;me qui passe par un renversement de l'&#233;quilibre actuel du pouvoir. Le d&#233;fi de l'unification des luttes et leurs mouvements se dresse donc devant nous pour arriver &#224; jumeler celles contre l'aust&#233;rit&#233; et celles contre les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord mais pas de solutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre de Paris s'est termin&#233;e par le premier accord vraiment mondial de lutte contre les changements climatiques. Les gouvernements n&#233;gociaient depuis plus de 20 ans, depuis le sommet de Rio en 1992, pour y arriver. Durant cette p&#233;riode, les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) n'ont pas diminu&#233;es. Au contraire, elles ont augment&#233; de plus de 60%. Les &#233;missions produites par les transports ont augment&#233; de 120% au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es et cela se poursuit partout dans le monde &#224; un niveau qui d&#233;passe toutes les baisses dans tous les autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord de Paris est ambitieux : maintenir le r&#233;chauffement &#224; moins de 2 degr&#233;s centigrades. Concr&#232;tement, les gouvernements devront donc continuer leurs efforts pour limiter la hausse &#224; 1,5 degr&#233; centigrade au dessus des niveaux pr&#233;industriels. Mais il y a un foss&#233; entre les buts de l'accord et les moyens par lesquels les progr&#232;s seront mesur&#233;s. Ils sont peu convaincants. C'est la faiblesse de cet accord. Le tout est bas&#233; sur les engagements volontaires des pays &#224; r&#233;duire leurs &#233;missions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Anglais : Intended Nationaly Determined Contributions.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce que l'ont peut en pr&#233;voir pour le moment, la temp&#233;rature devrait augmenter de 3 &#224; 4 degr&#233;s centigrades malgr&#233; tout. Cela m&#232;ne &#224; une catastrophe climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des probl&#232;mes de rapports de force&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la catastrophe n'est pas in&#233;vitable. Il est &#224; la fois possible et m&#234;me r&#233;aliste de suffisamment diminuer les &#233;missions pour &#233;viter ce niveau de r&#233;chauffement. Mais il est tr&#232;s imprudent de se fier aux engagements volontaires des gouvernements pour y arriver. M&#234;me en les validant tous les cinq ans (comme l'accord le pr&#233;voit). Pour valider ces possibilit&#233;s, nous devons examiner s&#233;rieusement le processus complet de la COP qui comporte un manque d'action v&#233;ritable pour pr&#233;venir le r&#233;chauffement de la plan&#232;te. Il faut demander &#224; nos gouvernements pourquoi, depuis 20 ans ils n'ont pas pu s'entendre quant aux mesures &#224; prendre et pas non plus faire ce que les scientifiques nous disaient de faire pour &#233;viter la catastrophe. Il ne manque pourtant pas de solution. On peut &#233;viter la crise climatique. Nous avons les connaissances et les technologies pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocage vient de l'&#233;tat des relations de pouvoir, du rapport de force social, politique et &#233;conomique dans nos soci&#233;t&#233;s. Donc, seule des pressions massives venant de la base dans des coalitions de syndicats, d'autres mouvements sociaux et d'environnementalistes peuvent nous sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une lutte d'int&#233;r&#234;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question ici, d'int&#233;r&#234;ts bien install&#233;s qui ont une arm&#233;e de politiciens n&#233;olib&#233;raux &#224; leur service. Ce sont ceux des puissantes industries dont les sept plus grandes p&#233;troli&#232;res. Elles font tout ce qui est possible pour contourner les r&#232;glements qui affecteraient leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. Si les gouvernements s'attaquent &#224; leur pouvoir, elles s'arrangent pour le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout dans le monde, les travailleurs-euses se battent contre l'ensemble des crises qui les touchent. Ils se battent pour des emplois, pour des emplois d&#233;cents, pour des salaires suffisants, pour la protection sociale, contre les d&#233;gradations sociales, pour am&#233;liorer leurs milieux de vie et leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; ces crises, les gouvernements r&#233;pondent par des politiques d'aust&#233;rit&#233;. Pourtant ce n'est pas, comme ils veulent bien le dire, &lt;i&gt;&#171; une n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire des services publics trop importants &#187; ou encore &#171; absolument n&#233;cessaire d'ajuster les salaires &#224; la baisse pour rendre les travailleurs-euses plus comp&#233;titifs-ives &#187;&lt;/i&gt;. L'aust&#233;rit&#233; est une politique de classe dont l'objectif ultime est d'augmenter le retour sur l'investissement. C'est la premi&#232;re et plus importante ligne de front dans la lutte de classe en cours sur toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des crises syst&#233;miques &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille contre les changements climatiques, la catastrophe climatique, n'en est pas une qui s'ajoute &#224; celles que le mouvement syndical m&#232;ne d&#233;j&#224; contre l'aust&#233;rit&#233;. C'est de plus en plus un important aspect de la m&#234;me lutte. Si nous n'arrivons pas &#224; arr&#234;ter le r&#233;chauffement climatique ou &#224; le maintenir dans la cible des 1,5 &#224; 2 degr&#233;s centigrades, il emportera avec lui des milliards de milliers d'emplois. Si nous agissons sans tarder et vigoureusement, nous pouvons emp&#234;cher cela. Autrement, des groupes de population p&#233;riront et il se cr&#233;era une immense d&#233;gradation sociale. L'augmentation des revenus pour les plus riches s'amplifiera et la pauvret&#233; encore plus. Nous assisterons &#224; des crises de migrations aux dimensions insoup&#231;onn&#233;es. Donc, notre combat pour &#233;viter ces catastrophes est une partie importante de la bataille d'int&#233;r&#234;ts qui se m&#232;ne autour du genre de soci&#233;t&#233; que nous voulons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises &#233;conomiques et climatiques sont des crises syst&#233;miques. Elles sont enracin&#233;es dans le m&#234;me syst&#232;me &#233;conomique qui ne vise qu'&#224; la g&#233;n&#233;ration des profits et non &#224; produire de v&#233;ritables valeurs d'usage, qui d&#233;pend compl&#232;tement de la croissance &#233;conomique, (le capitalisme sans croissance est un capitalisme en crise) de l'exploitation des travailleurs-euses, de la surexploitation des ressources naturelles jusqu'&#224; rendre la plan&#232;te inhabitable pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propri&#233;t&#233; publique et contr&#244;le d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre fin &#224; ce processus, nous devons agir vite et vigoureusement. Nous en sommes presque au point de non retour. Depuis les 20 ans que dure le processus des conf&#233;rences sur le climat, nous avons pu nous rendre compte que les grandes p&#233;troli&#232;res, les grandes entreprises de la finance, les gouvernements n&#233;olib&#233;raux et les forces du march&#233; n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;gler ces probl&#232;mes en notre nom. De m&#234;me pour ce qui concerne les crises &#233;conomiques et sociales. Les grandes entreprises font tout ce qui leur est possible, mobilisent tout leur pouvoir, pour &#233;viter toute limite &#224; leur qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'augmentation de leurs profits. R&#233;sultats : plus d'aust&#233;rit&#233; et plus d'&#233;missions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bonnes intentions et les buts que nous donne l'accord de Paris nous donnent quand m&#234;me une l&#233;gitimit&#233; et un puissant cadre pour d&#233;clencher vigoureusement la lutte pour obliger le syst&#232;me &#224; faire les changements qui s'imposent pour &#233;viter la catastrophe : &#171; Ni le mouvement syndical, ni celui de l'environnement pas plus que les mouvements centr&#233;s sur des objectifs restreints ne peuvent y arriver seuls &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un de nos plus grands d&#233;fis est d'amener les puissantes industries et institutions qui profitent du complexe financier et industriel des &#233;nergies fossiles sous contr&#244;le d&#233;mocratique. Cela va n&#233;cessiter la mobilisation d'un immense pouvoir sociopolitique. Aucun mouvement ne peut le faire seul. Nous devons, encore plus qu'au paravent b&#226;tir de larges alliances si nous voulons renverser la tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Unifier les luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de sa position strat&#233;gique dans la soci&#233;t&#233;, le mouvement syndical doit assumer un r&#244;le d&#233;terminant dans ce combat. Toutefois, pour &#234;tre honn&#234;te, nous devons dire que jusqu'&#224; maintenant, il n'y a pas pris ses responsabilit&#233;s. Partout dans le monde, les syndicats sont sur la d&#233;fensive. Le mouvement a d&#233;velopp&#233; des politiques consistantes face &#224; l'aust&#233;rit&#233; et le r&#233;chauffement climatique au fil des ans. Ce qu'il nous faut maintenant c'est une discussion approfondie sur les meilleures strat&#233;gies, sur les mobilisations et les formes des luttes pour arriver &#224; nos objectifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour transformer des secteurs de l'&#233;conomie en propri&#233;t&#233;s publiques et les soumettre au pouvoir d&#233;mocratique, nous devrons prendre une part d&#233;cisive dans la lutte. Le secteur de l'&#233;nergie est au premier rang : toutes les &#233;missions de CO2 y sont rattach&#233;es et sans contr&#244;le d&#233;mocratique il ne sera pas possible de r&#233;ussir les lourdes transformations n&#233;cessaires &#224; temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soulever la pression &#224; la base&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre l'aust&#233;rit&#233; &#224; r&#233;v&#233;l&#233; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper la propri&#233;t&#233; publique dans beaucoup d'autres secteurs et de les mettre sous contr&#244;le d&#233;mocratique. Par exemple les services publics qu'il faut soustraire &#224; la privatisation. La lutte contre l'aust&#233;rit&#233; et contre les r&#233;chauffements climatiques ne doivent pas &#234;tre des abstractions. Elle doit s'attaquer &#224; des probl&#232;mes concrets au plus pr&#232;s de la vie des gens et les r&#233;gler. Nous devons unifier les deux luttes et en d&#233;velopper une plus large. La plupart des organisations syndicales sont engag&#233;es contre l'aust&#233;rit&#233;, mais de plus en plus s'attaquent aux changements climatiques. En ce sens, les initiatives de Trade Unions Energy Democracy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coalition de syndicats issue d'une table ronde en octobre 2012 tenue &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de Global Climate Jobs Network&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alliance de groupes de r&#233;flexion et d'instituts de recherche de divers pays (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont tr&#232;s importantes et encourageantes. Il nous faut maintenant de grandes coalitions pr&#234;tes &#224; mener le combat avec un programme plus radical, avec plus de combattivit&#233; pour augmenter la pression de la base et nous assurer que les buts et les ambitions &#233;mises lors de la conf&#233;rence de Paris pourront se r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A.Wahl est directeur de la campagne pour l'&#201;tat providence en Norv&#232;ge et conseiller au Syndicat norv&#233;gien des employ&#233;s-es g&#233;n&#233;raux municipaux. Il pr&#233;side l'ITF Working Group on Climate Change.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En Anglais : &lt;i&gt;Intended Nationaly Determined Contributions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coalition de syndicats issue d'une table ronde en octobre 2012 tenue &#224; New-York sous le th&#232;me : Urgence &#233;nerg&#233;tique et transition &#233;nerg&#233;tique. Le 2 janvier dernier, 7 nouvelles organisations syndicales, repr&#233;sentant 4,6 millions d'adh&#233;rants-es ont joint cette coalition. Il s'agit d'une coalition internationale dont les membres viennent des &#201;tats-Unis, de Grande Bretagne, d'Australie, et de Roumanie. CF. Wikip&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alliance de groupes de r&#233;flexion et d'instituts de recherche de divers pays (&#201;tats-Unis, Chine, Inde, Grande Bretagne, Australie, Br&#233;sil, Norv&#232;ge, Afrique du Sud et Nig&#233;ria) qui collaborent pour faire de la recherche sur les changements climatiques. Leur but est d'aider &#224; venir &#224; bout des blocages politiques face aux actions contre les changements climatiques. CF. Wikip&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Norv&#232;ge : Les causes de la d&#233;faite du gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Norvege-Les-causes-de-la-defaite-du-gouvernement-Rouge-Vert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Norvege-Les-causes-de-la-defaite-du-gouvernement-Rouge-Vert</guid>
		<dc:date>2013-10-22T09:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Asbj&#248;rn Wahl, Roy Pedersen</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Norv&#232;ge</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-10-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement de coalition &#171; Rouge-Vert &#187; de Norv&#232;ge - dont le programme politique a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, lorsqu'il est arriv&#233; au pouvoir en 2005, comme le plus progressiste d'Europe, a subi une am&#232;re d&#233;faite lors des &#233;lections parlementaires du 9 septembre dernier. Une coalition de quatre partis de centre-droit et de droite, dont un parti populiste de droite radicale, a obtenu une solide majorit&#233; et est actuellement en train d'&#233;laborer son programme gouvernemental. &lt;br class='autobr' /&gt; Cet &#233;v&#233;nement s'est produit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-10-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-10-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton15529-69077.png?1781083760' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement de coalition &#171; Rouge-Vert &#187; de Norv&#232;ge - dont le programme politique a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, lorsqu'il est arriv&#233; au pouvoir en 2005, comme le plus progressiste d'Europe, a subi une am&#232;re d&#233;faite lors des &#233;lections parlementaires du 9 septembre dernier. Une coalition de quatre partis de centre-droit et de droite, dont un parti populiste de droite radicale, a obtenu une solide majorit&#233; et est actuellement en train d'&#233;laborer son programme gouvernemental.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;v&#233;nement s'est produit dans un contexte particulier : les revenus du p&#233;trole inondent les finances publiques ; la crise &#233;conomique mondiale passe virtuellement inaper&#231;ue ; le taux de ch&#244;mage est &#224; son niveau le plus bas ; les salaires r&#233;els ont constamment augment&#233; depuis une certaine p&#233;riode et la majeure partie de l'Etat Providence est toujours indemne. En bref, le pays, avec son abondance de ressources en p&#233;trole et en gaz naturel et sa longue histoire de d&#233;mocratie et d'&#233;galit&#233; sociale, repr&#233;sente une heureuse exception par rapport au reste du monde. Comment est-il possible qu'un gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; perde les &#233;lections dans de telles circonstances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par rappeler les faits. Le gouvernement vaincu &#233;tait compos&#233; de trois partis politiques (nous donnons entre parenth&#232;ses le pourcentage des votes qu'ils ont obtenus lors des derni&#232;res &#233;lections et leur variation depuis 2009) : le Parti Travailliste - social-d&#233;mocrate, NdT - (30,8%, - 4,5), le Parti de la Gauche Socialiste - &#171; Sosialistisk Venstreparti &#187;, n&#233; en 1975 de l'union du Parti Communiste et de plusieurs petits partis de gauche, NdT &#8211; (4,1%, - 2,1) et le Parti du Centre (principalement un parti rural ou paysan ; 5,5%, -0,7). Ce gouvernement &#233;tait arriv&#233; au pouvoir en 2005 et a &#233;t&#233; reconduit aux &#233;lections de 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition se composait principalement (de la droite au centre-droit) du Parti du Progr&#232;s (16,3%, - 6,6), du Parti Conservateur (26,8%, + 9,6), du Parti Lib&#233;ral (5,2%, + 1,4) et des D&#233;mocrates Chr&#233;tiens (5,6%, stable). Le principal gagnant des &#233;lections a donc &#233;t&#233; le Parti Conservateur, qui avait tactiquement adouci son discours, en particulier en direction du mouvement syndical, de la m&#234;me mani&#232;re que les conservateurs su&#233;dois l'ont fait avec succ&#232;s, sans adoucir le moins du monde leur pratique politique apr&#232;s leur victoire &#233;lectorale. La r&#233;partition des si&#232;ges dans le Parlement norv&#233;gien se pr&#233;sente d&#233;sormais de la mani&#232;re suivante : les quatre partis de centre-droit poss&#232;dent 96 si&#232;ges et l'alliance &#171; Rouge-Verte &#187; en a 72, tandis qu'un nouveau venu, le Parti des Verts, en a obtenu 1. Le Parti Rouge n'a pas r&#233;ussi &#224; obtenir un &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de fortes contradictions au sein de la coalition de centre-droit &#8211; particuli&#232;rement entre le Parti du Progr&#232;s, d'une part, et les D&#233;mocrates Chr&#233;tiens et le Parti Lib&#233;ral, de l'autre. Malgr&#233; tout, les quatre partis se sont assur&#233;s que la victoire &#233;lectorale donne lieu &#224; un nouveau gouvernement de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ant&#233;c&#233;dents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de conna&#238;tre le contexte du gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; afin de comprendre ce qui s'est pass&#233; lors des &#233;lections de cette ann&#233;e. Il faut remonter aux ann&#233;es 2000-2001, quand le Parti Travailliste, avec d&#233;j&#224; Jens Stoltenberg comme Premier ministre, dirigeait un gouvernement minoritaire. Ce gouvernement a men&#233; &#224; bien un vaste programme de privatisation et de d&#233;r&#233;gularisation &#8211; et d'autres politiques inspir&#233;es de la &#171; Troisi&#232;me Voie &#187; de Tony Blair &#8211; qui a provoqu&#233; une chute de sa popularit&#233; parmi son &#233;lectorat traditionnel. R&#233;sultat : des &#233;lections catastrophiques en 2001, o&#249; le Parti Travailliste n'a obtenu que 24% des suffrages, son score le plus bas aux &#233;lections l&#233;gislatives depuis 1924. Un gouvernement de centre-droit a alors &#233;t&#233; form&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation a donn&#233; l'opportunit&#233; &#224; un large secteur du mouvement syndical et &#224; d'autres forces progressistes d'intervenir de mani&#232;re soutenue. Une vaste coalition de forces sociales s'est alors form&#233;e ; en particulier, le mouvement syndical, sous la pression d'un grand nombre de ses sections locales, a adopt&#233; une orientation politique plus active et progressiste. En bref, ces forces ont pouss&#233; le Parti Travailliste vers la gauche et, pour la premi&#232;re fois de l'histoire, l'ont forc&#233; &#224; cr&#233;er une coalition avec le Parti de la Gauche Socialiste et le Parti du Centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sous la pression de ces m&#234;mes forces, ces trois partis ont alors entam&#233; une campagne &#233;lectorale ax&#233;e contre les privatisations sur base de laquelle ils ont remport&#233; les &#233;lections de 2005 et form&#233; un gouvernement dont le programme politique &#233;tait le plus progressiste d'Europe (mais la concurrence sur ce terrain n'est pas tr&#232;s rude).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut identifier quatre &#233;l&#233;ments principaux qui ont contribu&#233; &#224; ce succ&#232;s : 1) La concentration sur des analyses alternatives, avec une vision critique sur les d&#233;veloppements actuels. 2) La construction d'alliances nouvelles, plus larges et moins traditionnelles. 3) Le d&#233;veloppement d'alternatives concr&#232;tes &#224; la privatisation et &#224; la marchandisation. 4) la prise par les syndicats d'un r&#244;le politique plus ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres choses, la Conf&#233;d&#233;ration Norv&#233;gienne des Syndicats (LO) avait, pour la premi&#232;re fois de son histoire, appel&#233; les citoyens &#224; voter pour &#171; l'un des partis de la coalition &#8216;Rouge-Verte' &#187; et non plus seulement pour le Parti Travailliste, comme cela avait &#233;t&#233; la norme jusqu'alors. Ces positionnements ont contribu&#233; &#224; polariser la campagne &#233;lectorale entre la gauche et la droite, ce qui a offert aux &#233;lecteurs des alternatives politiques plus claires et les a encourag&#233; &#224; se mobiliser pour un changement progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; de 2005 a commenc&#233; son mandat en appliquant un grand nombre de politiques progressistes. Mais, avec le temps et le d&#233;clin de la pression exerc&#233;e par les mouvements sociaux, ce gouvernement a repris des positionnements politiques plus &#171; classiques &#187; et contraires au &#171; Cours Nouveau &#187; qu'il avait promis. En d&#233;pit du fait qu'un large secteur du mouvement syndical s'&#233;tait dot&#233; d'une plus grande ind&#233;pendance par rapport au Parti Travailliste, un autre secteur restait encore trop fid&#232;le &#224; lui pour s'y opposer et maintenir la pression n&#233;cessaire quand l'Etat Providence &#233;tait affaibli ou soumis &#224; la logique du march&#233; par &#034;leur&#034; gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, le mouvement syndical a &#233;chou&#233; &#224; ma&#238;triser le changement quand le Parti Travailliste est pass&#233; de l'opposition au gouvernement. Cet &#233;chec dans sa capacit&#233; &#224; maintenir la pression sur le Parti Travailliste a probablement contribu&#233; &#224; la d&#233;faite &#233;lectorale actuelle du gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; et le mouvement syndical porte donc une part de responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les causes profondes du m&#233;contentement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi de plus en plus d'&#233;lecteurs de la coalition &#171; Rouge-Verte &#187; ont-ils &#233;t&#233; m&#233;contents par rapport &#224; &#171; leur &#187; gouvernement ? Les questions principales n'ont pas port&#233; principalement sur les salaires, les revenus ou les conditions de vie mat&#233;rielles des citoyens (&#224; l'exception des prix exorbitants du logement, qui font que les jeunes ont de plus en plus de difficult&#233;s &#224; acc&#233;der au march&#233; immobilier). La cause profonde est plut&#244;t li&#233;e &#224; l'&#233;volution du march&#233; du travail (qui ne l'affecte pas encore dans son ensemble, mais qui est marqu&#233; par une polarisation grandissante en son sein). Ceux qui travaillent dans des conditions plus dures ne se sentaient repr&#233;sent&#233;s par personne dans l'alliance &#171; Rouge-Vert &#187;. Au contraire, bien que, sous la pression du mouvement syndical, le gouvernement ait introduit certaines mesures importantes contre le dumping social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration du secteur public au travers de politiques inspir&#233;es par la &#171; Nouvelle Gestion Publique &#187; a &#233;t&#233; re&#231;ue avec beaucoup de frustrations et de m&#233;contentements &#8211; particuli&#232;rement une r&#233;forme extr&#234;mement impopulaire du secteur hospitalier. Une culture de la m&#233;fiance dans le secteur public s'est ainsi d&#233;velopp&#233;e &#8211; en particulier comme r&#233;sultat du mod&#232;le de gestion par objectifs, qui a entra&#238;n&#233; un contr&#244;le croissant &#224; partir d'en haut, des rapports d'&#233;valuation plus exhaustifs, une plus grande centralisation du pouvoir combin&#233;e &#224; une d&#233;centralisation de la responsabilit&#233;, ainsi que moins d'influence et de contr&#244;le des travailleurs sur leur propre travail et de plus grandes exigences de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de larges secteurs des secteur tant public que priv&#233;, la comp&#233;tition s'est aggrav&#233;e, ainsi que la fragmentation des entreprises, l'externalisation et l'augmentation d'investissements financiers plus agressifs ont contribu&#233; &#224; &#233;lever l'intensit&#233; du travail jusqu'&#224; des niveaux quasi insupportables pour de nombreux travailleurs. Cette tendance est particuli&#232;rement forte l&#224; o&#249; les syndicats sont faibles, ou dans les secteurs o&#249; l'externalisation, le travail comp&#233;titif et l'augmentation des emplois pr&#233;caires sont parvenus &#224; non seulement &#224; les affaiblir mais aussi &#224; les faire dispara&#238;tre. Cette brutalisation croissante du travail cr&#233;e un sentiment d'impuissance, de r&#233;signation et de frustration. Le malaise et le m&#233;contentement provoqu&#233;s par ces ph&#233;nom&#232;nes se tournent, bien entendu, contre les politiciens qui sont au pouvoir &#8211; et avec raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la politique du ch&#244;mage, destin&#233;e &#224; ceux qui sont dans les situations les plus vuln&#233;rables dans le march&#233; du travail, n'est pas per&#231;ue comme une aide de la part d'un Etat Providence g&#233;n&#233;reux mais comme un ch&#226;timent r&#233;pressif et disciplinaire. Certaines composantes de cette politique du ch&#244;mage r&#233;habilitent une partie de la morale bourgeoise de la fin du XIXe si&#232;cle selon laquelle les probl&#232;mes sociaux, comme le ch&#244;mage et l'exclusion du march&#233; du travail, ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme un probl&#232;me social mais comme un probl&#232;me individuel - dans lequel le sens moral de l'individu face au travail est le principal probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; est devenue de plus en plus floue quant &#224; sa politique de privatisation et il a encourag&#233; une marchandisation extensive des &#233;coles d'infirmiers. La r&#233;forme des pensions a affaibli et individualis&#233; le syst&#232;me des pensions en excluant certains groupes aux bas salaires d'un sch&#233;ma de pension anticip&#233;e. Le gouvernement a &#233;galement r&#233;duit les futures pensions des jeunes. Tant dans le secteur de la p&#234;che que dans l'agriculture, il a men&#233; des politiques qui ont contribu&#233; &#224; introduire la propri&#233;t&#233; priv&#233;e capitaliste dans ces industries qui &#233;taient dans le pass&#233; fortement r&#233;gul&#233;es et organis&#233;es de mani&#232;re collective au travers d'associations de producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des pr&#233;c&#233;dentes campagnes &#233;lectorales, cette fois-ci le gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; n'a propos&#233; aucune r&#233;forme progressiste pour laquelle ses partisans auraient pu se mobiliser et avec laquelle il aurait pu obtenir le soutien et l'enthousiasme n&#233;cessaires pour obtenir une nouvelle victoire. Le slogan &#171; avec la droite ce sera pire &#187; est ainsi devenu strictement d&#233;fensif pour de nombreux secteurs du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; a particip&#233; aux guerres imp&#233;rialistes (Afghanistan, Libye) et a accentu&#233; sa coop&#233;ration avec le Fonds Mon&#233;taire International et la Banque Mondiale, coop&#233;ration qu'il avait affirm&#233; vouloir r&#233;duire en 2005. On peut alors clairement observer le parcours d'involution d'un gouvernement qui s'est pas &#224; pas &#233;cart&#233; de son programme progressiste initial en glissant progressivement vers des positionnements sans cesse plus conventionnels et n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le principal motif pour lequel il a perdu les &#233;lections, et il serait difficile de l'expliquer autrement que par le fait que le gouvernement &#171; Rouge-Vert &#187; est tomb&#233; dans son propre pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nature du Parti du Progr&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux commentateurs &#233;trangers ont exprim&#233; leur surprise en voyant que l'ancien parti politique du terroriste d'extr&#234;me-droite Anders Behring Breivik, le Parti du Progr&#232;s, va faire partie du nouveau gouvernement deux ans seulement apr&#232;s que ce dernier ait assassin&#233; 69 jeunes social-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Brevik a &#233;t&#233; membre il y a plusieurs ann&#233;es de cela de l'organisation de jeunes du Parti du Progr&#232;s, mais en Norv&#232;ge ce parti n'a jamais &#233;t&#233; condamn&#233; pour ses id&#233;es ou pour des actions terroristes. L'id&#233;ologie extr&#234;me que Brevik a exprim&#233;e &#224; travers son manifeste et, &#233;videmment, son acte terrible, ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s au contact avec d'autres r&#233;seaux et apr&#232;s qu'il ait quitt&#233; le Parti du Progr&#232;s, &#224; qui il reprochait d'&#234;tre trop lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti du Progr&#232;s de Norv&#232;ge est un parti populiste de droite typique mais, compar&#233; avec de nombreux autres du m&#234;me genre, il pourrait sembler plus &#171; mod&#233;r&#233; &#187;, ce qui est n&#233;anmoins contest&#233; par certains. Il est profond&#233;ment n&#233;olib&#233;ral sur le plan &#233;conomique et farouchement antisyndical. D'une part, ce parti a exclu dans le pass&#233; certains membres qui avaient ouvertement exprim&#233; leurs opinions racistes mais, d'autre part, il a toujours flatt&#233; de mani&#232;re plus ou moins indirecte la x&#233;nophobie d'une partie de l'&#233;lectorat pendant les campagnes &#233;lectorales et il abrite certains membres extr&#233;mistes anti-immigration. Il pr&#233;sente certains traits communs avec le Parti du Peuple Danois et promeut plusieurs mesures politiques similaires &#224; celles des D&#233;mocrates Su&#233;dois, bien qu'il ne consid&#232;re pas ces deux formations comme des partis fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Parti du Progr&#232;s parvient &#224; faire partie du nouveau gouvernement de droite (depuis la r&#233;daction de cet article, c'est effectivement le cas : ce parti dispose de pas moins de 7 ministres, NdT) en Norv&#232;ge, cela repr&#233;sentera une victoire pour ce type de partis populistes de droite et son exemple pourrait en inspirer d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vote protestataire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne sugg&#232;re qu'il existe une demande croissante pour une politique plus droiti&#232;re en Norv&#232;ge. Les r&#233;sultats des &#233;lections sont bien plus l'expression de la frustration, du m&#233;contentement et de la protestation contre le gouvernement sortant. Mais les changements politiques sont rarement d'une parfaite logique rationnelle. Le parti populiste de droite (le Parti du Progr&#232;s) s'est toujours montr&#233; habile pour exploiter de tels m&#233;contentements. Lors de ces derni&#232;res &#233;lections, le Parti Conservateur a &#233;galement d&#233;ploy&#233; tout son talent afin de tirer profit du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; vis-&#224;-vis de l'alliance &#171; Rouge-Verte &#187;. Il a &#233;dulcor&#233; son discours politique et tent&#233; de se pr&#233;senter comme une alternative s&#251;re et pleine de compassion, pr&#233;occup&#233;e par les probl&#232;mes quotidiens du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; sera , bien entendu, tr&#232;s diff&#233;rente. Dans la majeure partie des domaines o&#249; les citoyens sont m&#233;contents du bilan de l'alliance Rouge-Verte, la gestion du nouveau gouvernement de droite sera encore pire. Il y aura encore plus de privatisations et plus de marchandisation des services de l'Etat Providence, davantage d'attaques contre les conventions collectives et la l&#233;gislation du travail et de coupes dans les budgets publics afin de financer les diminutions d'imp&#244;ts. La propri&#233;t&#233; &#233;tatique sera r&#233;duite et le capital &#233;tranger augmentera probablement sa part du g&#226;teau dans des secteurs importants de l'&#233;conomie. On peut en outre s'attendre &#224; des patrons et des organisations patronales plus agressifs et s&#251;rs d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la toile de fond sociopolitique exceptionnellement favorable en Norv&#232;ge, avec les revenus abondants du p&#233;trole et une majorit&#233; parlementaire assur&#233;e, on peut facilement penser que la coalition &#171; Rouge-Verte &#187; aurait parfaitement pu &#233;viter la d&#233;faite &#233;lectorale - non pas avant tout en d&#233;versant plus d'argent du p&#233;trole sur chaque probl&#232;me qui se pr&#233;sentait, mais bien en d&#233;mocratisant le secteur public au lieu de le marchandiser, en r&#233;gulant les march&#233;s financiers apr&#232;s la crise au lieu de sauver uniquement les banques, en augmentant les imp&#244;ts des riches plut&#244;t qu'en mettant les budgets publics &#224; la di&#232;te, en introduisant une politique sociale du logement, etc. Mais telle n'a pas &#233;t&#233; la politique favorite du Parti Travailliste dominant dans la coalition et le Parti de la Gauche Socialiste n'a pas &#233;t&#233; capable de modifier cette direction politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'&#233;volution politique de la Norv&#232;ge suit l'&#233;volution que nous avons d&#233;j&#224; observ&#233;e pays apr&#232;s pays en Europe o&#249; des partis &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie se sont unis &#224; elle au gouvernement. Toutes ces exp&#233;riences, sans exception, ont fini en d&#233;sastre &#8211; en France, en Italie, en Norv&#232;ge et cela arrive maintenant encore plus vite au Danemark &#8211; et, dans de telles coalitions, ce sont les partis politiques les plus &#224; gauche qui y perdent le plus..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ins&#233;rer en tant qu'associ&#233; subalterne &#224; un gouvernement domin&#233; par un parti social-d&#233;mocrate dans un contexte international o&#249; ces partis ont fortement &#233;volu&#233; &#224; droite, o&#249; pr&#233;domine la d&#233;r&#233;gulation des march&#233;s financiers et o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme se constitutionnalise en tant que mod&#232;le &#233;conomique europ&#233;en (ou du moins de l'Union europ&#233;enne, car bien que la Norv&#232;ge soit formellement en dehors, elle fait partie du March&#233; Unique), d&#233;bouche in&#233;vitablement sur une voie sans issue. Ce qui nous surprend, c'est qu'aucun de ces partis de gauche en Europe ne semble analyser et apprendre de ces exp&#233;riences d&#233;sastreuses. Au contraire, c'est comme si Die Linke en Allemagne, le SP (Socialistische Partij, Parti Socialiste, d'origine mao&#239;ste, NdT) hollandais et le Parti de Gauche (V&#228;nsterpartiet) de Su&#232;de ne r&#234;vaient que d'une chose : participer &#224; un gouvernement domin&#233; par la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Norv&#232;ge, nous devons reprendre le travail que nous avons men&#233; &#224; bien avant les &#233;lections de 2005, afin de construire de larges alliances sociales, d&#233;velopper un programme critique vis-&#224;-vis du syst&#232;me, lutter pour un mouvement syndical plus progressiste et politiquement ind&#233;pendant, qui puisse prendre plus de responsabilit&#233;s sociales et politiques et placer les partis politiques du mouvement ouvrier sous une pression de plus en plus forte. Nous avons besoin d'une mobilisation r&#233;elle si nous voulons obtenir des changements r&#233;els. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Asbj&#248;rn Wahl est conseiller du Syndicat norv&#233;gien des Travailleurs municipaux et des Employ&#233;s du secteur public. Roy Pedersen est pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration des Syndicats (LO) d'Oslo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://links.org.au/node/3527&#8232;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://links.org.au/node/3527&#8232;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour avanti4.be : G. Cluseret&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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