<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=5442&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il faut un imp&#244;t mondial sur le capital &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Il-faut-un-impot-mondial-sur-le-capital</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Il-faut-un-impot-mondial-sur-le-capital</guid>
		<dc:date>2013-10-29T09:44:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Piketty</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-10-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quinze ans, Thomas Piketty, directeur d'&#233;tudes &#224; l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS) et professeur &#224; l'Ecole d'&#233;conomie de Paris, travaille sur les in&#233;galit&#233;s. Il plaide ici pour la cr&#233;ation d'un imp&#244;t mondial progressif sur le capital. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis les ann&#233;es 70-80, l'h&#233;ritage p&#232;se de plus en plus dans les revenus et les in&#233;galit&#233;s sociales sont reparties &#224; la hausse. Pourquoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs ph&#233;nom&#232;nes se conjuguent. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le stock (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-10-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-10-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton15603-0ddeb.jpg?1781332504' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quinze ans, Thomas Piketty, directeur d'&#233;tudes &#224; l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS) et professeur &#224; l'Ecole d'&#233;conomie de Paris, travaille sur les in&#233;galit&#233;s. Il plaide ici pour la cr&#233;ation d'un imp&#244;t mondial progressif sur le capital.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis les ann&#233;es 70-80, l'h&#233;ritage p&#232;se de plus en plus dans les revenus et les in&#233;galit&#233;s sociales sont reparties &#224; la hausse. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ph&#233;nom&#232;nes se conjuguent. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le stock de patrimoine priv&#233; &#233;tait tomb&#233; &#224; un niveau tr&#232;s bas. Il a fallu des d&#233;cennies pour qu'il se reconstitue. Ce processus a &#233;t&#233; renforc&#233; par l'abaissement de la croissance depuis les ann&#233;es 70-80. Dans des soci&#233;t&#233;s de croissance lente, les patrimoines issus du pass&#233; prennent naturellement une importance d&#233;mesur&#233;e. Le capitalisme de reconstruction n'&#233;tait qu'une parenth&#232;se : dans le long terme, il ne peut exister de capitalisme autre que patrimonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait croire pourtant que dans une &#233;conomie num&#233;ris&#233;e, le capital humain, l'intelligence seraient valoris&#233;s&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;conomique repose effectivement sur des qualifications de plus en plus pointues. Mais il n&#233;cessite &#233;galement des &#233;quipements, des bureaux, de l'immobilier d'habitation, en quantit&#233; et en qualit&#233; toujours plus &#233;lev&#233;s. Au finale, la valeur du capital professionnel, financier et immobilier, c'est-&#224;-dire non humain, s'&#233;tablit autour de six ann&#233;es de production et de revenu national en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle dans les pays riches, pratiquement autant qu'aux XVIIe et XIXe si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une faible croissance accentue ce ph&#233;nom&#232;ne, mais ne sera-t-il pas corrig&#233; au prochain cycle de croissance forte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reviendrons jamais &#224; la croissance de 5% par an des Trente Glorieuses, qui correspondait &#224; une phase de rattrapage. Dans les pays qui se situent &#224; la fronti&#232;re technologique mondiale, la croissance ne d&#233;passe jamais les 1-2% par an, tout au plus. D&#232;s lors, le taux de rendement du capital &#8211; au moins 4-5% par an en moyenne, et jusqu'&#224; 7-8% pour les fortunes les plus importantes, comme le montre l'&#233;volution des classements de type Forbes ou Challenges &#8211; se retrouve durablement et fortement au-dessus du taux de croissance. Cette in&#233;galit&#233; fondamentale, que je note r&gt;g (1) dans mon livre, et qui &#233;tait la r&#232;gle jusqu'en 1914, risque fort de redevenir la norme au XXIe si&#232;cle. Elle conduit m&#233;caniquement &#224; une concentration extr&#234;me des patrimoines et &#224; une divergence sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce sont les guerres, selon vous, qui ont r&#233;duit les in&#233;galit&#233;s au XXe si&#232;cle. Comment imaginer un autre syst&#232;me, plus pacifique et plus durable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les guerres ont jou&#233; un r&#244;le central dans la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s au XXe si&#232;cle. Elles ont d&#233;truit les patrimoines issus du pass&#233;, et elles ont impos&#233; une fiscalit&#233; progressive et un Etat social que les &#233;lites refusaient avant les conflits. Pour mettre fin au d&#233;crochage st&#233;rile des plus hautes r&#233;mun&#233;rations &#8211; qui se sont envol&#233;es depuis les ann&#233;es 90 -, il suffirait de ressusciter l'imp&#244;t confiscatoire sur les revenus ind&#233;cents que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont appliqu&#233; des ann&#233;es 30 aux ann&#233;es 80. Mais pour contenir la dynamique explosive des in&#233;galit&#233;s patrimoniales mondiales, il faut inventer de nouveaux outils. Seul un imp&#244;t progressif sur le capital, avec des taux atteignant 5-10% sur les fortunes de plusieurs milliards d'euros, permettrait de r&#233;tablir pacifiquement l'&#233;quilibre. Faute de quoi on assistera &#224; diverses formes de replis nationalistes et protectionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte de forte valorisation du capital, cela vaut-il toujours le coup de travailler, de faire des &#233;tudes ? Comment reformuler notre mod&#232;le m&#233;ritocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait d'abord cesser de chanter les louanges de nos mod&#232;les m&#233;ritocratiques nationaux, sans examiner les faits. Aux Etats-Unis, on feint d'ignorer que le revenu moyen des parents des &#233;tudiants de Harvard correspond aux 2% des revenus am&#233;ricains les plus &#233;lev&#233;s. En France, on s'imagine que l'absence de droits d'inscription suffit &#224; assurer l'&#233;galit&#233; des chances, et on continue d'investir deux ou trois fois plus de financements publics pour la formation des &#233;tudiants les plus favoris&#233;s que pour les autres, ce qui ne fait que renforcer les in&#233;galit&#233;s initiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Keynes voyait l'inflation comme un moyen &#171; d'euthanasier les rentiers &#187; &#8211; en diminuant la valeur relative de leur capital face &#224; la hausse des prix. Pourquoi ne pas cesser comme on le fait aujourd'hui de lutter contre l'inflation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation, c'est l'imp&#244;t sur le capital du pauvre. Les plus riches y &#233;chappent, en investissant leur capital en actions ou en immobilier. Il reste qu'en l'absence d'imp&#244;t sur le capital accepter un peu plus d'inflation est la seule fa&#231;on r&#233;aliste de r&#233;duire la dette publique europ&#233;enne actuelle. Autrement, nous allons consacrer pendant des ann&#233;es plus de ressources en int&#233;r&#234;ts de la dette qu'&#224; investir dans l'enseignement sup&#233;rieur, ce qui est absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour r&#233;guler ce &#171; capitalisme financier devenu fou &#187;, vous militez pour &#171; de nouveaux outils &#187;, mais aussi la r&#233;novation des &#171; syst&#232;mes de pr&#233;l&#232;vements et de d&#233;penses &#187; au c&#339;ur de l'Etat social. Un chantier sans fin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; aujourd'hui est qu'il faut &#224; la fois inventer de nouveaux outils &#8211; &#224; commencer l'imp&#244;t progressif sur le capital -, moderniser et r&#233;nover profond&#233;ment les institutions fiscales et sociales existantes. La France est un cas d'&#233;cole : nos imp&#244;ts ont atteint un degr&#233; de complexit&#233; qui en menace gravement l'intelligibilit&#233; et l'acceptabilit&#233; sociale ; notre syst&#232;me de retraites est &#233;miett&#233; en une multitude de r&#233;gimes peu l&#233;gitimes, etc. La t&#226;che peut para&#238;tre sans fin, mais nous n'avons pas d'autre choix que de mener ces diff&#233;rents chantiers de front. Notre mod&#232;le social europ&#233;en est fragile et ne survivra que si l'on fait preuve d'audace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-il pas illusoire de plaider pour un imp&#244;t progressif sur le capital &#224; l'heure des multinationales et des paradis fiscaux, et alors que les Etats ne parviennent d&#233;j&#224; pas &#224; les taxer avec les outils existants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question de volont&#233; politique. Quand ils le souhaitent, les pays riches savent faire respecter leurs d&#233;cisions, par exemple quand ils envoient un demi-million d'hommes de troupe pour &#171; lib&#233;rer &#187; le Kowe&#239;t puis l'Irak. Concernant les paradis fiscaux, le probl&#232;me est qu'il existe un gouffre souvent abyssal entre les proclamations victorieuses des gouvernements et la r&#233;alit&#233; de ce qu'ils font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre imp&#244;t transversal et r&#233;gional est sur le point d'aboutir : la taxe sur les transactions internationales. Peut-il &#234;tre cumulable avec l'imp&#244;t progressif sur le capital ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taxes sur les transactions financi&#232;res peuvent jouer un r&#244;le utile, comme celles sur la pollution (taxe carbone). Mais elles ne permettent pas de r&#233;partir la charge fiscale suivant le niveau de fortune. C'est le m&#234;me probl&#232;me de ciblage qu'avec l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire le texte original, on va sur le site de Lib&#233;ration : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/economie/2013/09/01/il-faut-un-impot-mondial-sur-le-capital_928678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/economie/2013/09/01/il-faut-un-impot-mondial-sur-le-capital_928678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
