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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Un pognon de dingue mais pour qui ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-pognon-de-dingue-mais-pour-qui</link>
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		<dc:date>2022-08-22T07:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Combes, Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-06-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'argent magique existe : ce sont les entreprises priv&#233;es qui en profitent. En 18 mois de pand&#233;mie de COVID19, elles ont obtenu 240 milliards d'euros d'aides publiques, le plus souvent sans conditions &#233;cologiques, fiscales et sociales. Un pognon de dingue. &#171; Vous avez besoin d'argent, je vous en donne &#187; n'a cess&#233; de leur dire le ministre de l'Economie Bruno Le Maire : &#171; C'est dans ces moments de crise qu'il faut profiter de l'argent de l'Etat &#187;. Bercy, par principe r&#233;tif &#224; la d&#233;pense, a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-06-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-06-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L102xH150/arton53351-ff989.jpg?1781051911' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'argent magique existe : ce sont les entreprises priv&#233;es qui en profitent. En 18 mois de pand&#233;mie de COVID19, elles ont obtenu 240 milliards d'euros d'aides publiques, le plus souvent sans conditions &#233;cologiques, fiscales et sociales. Un pognon de dingue. &#171; Vous avez besoin d'argent, je vous en donne &#187; n'a cess&#233; de leur dire le ministre de l'Economie Bruno Le Maire : &#171; C'est dans ces moments de crise qu'il faut profiter de l'argent de l'Etat &#187;. Bercy, par principe r&#233;tif &#224; la d&#233;pense, a tourn&#233; casaque et &#233;paissit le maquis des aides publiques au secteur priv&#233; : on en compte plus de 2000 aujourd'hui. Mais la doctrine &#233;conomique n'a pas chang&#233; : &#171; l'&#201;tat n'a pas vocation &#224; diriger l'&#233;conomie &#187; a-t-il &#233;t&#233; martel&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation du dernier livre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de droits, peu de devoir. Presque rien pour les services publics, les pauvres et pr&#233;caires, mais plus de trois fois le budget de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports pour le secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales nourrissent le r&#233;chauffement climatique et l'effondrement de la biodiversit&#233; ? Qu'importe, ce sont elles qui seraient suppos&#233;es nous sortir de ce mauvais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la s&#233;curit&#233; sociale pour les citoyens, l'Etat substitue des formes de protection de la rentabilit&#233; des entreprises priv&#233;es. Bienvenu dans le &#171; corporate welfare &#187; qui, sous nos yeux, vient progressivement remplacer notre Etat-providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quoi qu'il en co&#251;te&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime Combes, &#233;conomiste, travaille sur les grands d&#233;fis internationaux de notre temps (mondialisation, r&#233;chauffement climatique, transition &#233;nerg&#233;tique) aupr&#232;s d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile ; il est l'auteur de Sortons de l'&#226;ge des fossiles ! Manifeste pour la transition (Seuil, &#171; Anthropoc&#232;ne &#187;, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Petitjean, journaliste, est le co-fondateur de l'Observatoire des multinationales depuis son lancement en 2013. Sp&#233;cialiste de l'investigation sur les grandes entreprises et le lobbying, il s'int&#233;resse aussi aux moyens de limiter et encadrer leur pouvoir. Il y a consacr&#233; un livre : Devoir de vigilance (&#233;d. C. L. Mayer, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table des mati&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction. All&#244;, Bercy ? O&#249; va le &#171; pognon de dingue &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partie 1 : La crise Covid, un hold-up au profit des actionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les milliards de la pand&#233;mie &lt;br class='autobr' /&gt;
2. La strat&#233;gie du choc &lt;br class='autobr' /&gt;
3. De quoi Blackrock et Bernard Arnault sont-ils le nom ?&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Quand l'argent public subventionne les suppressions d'emplois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partie 2 : La spirale infernale des aides aux entreprises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Deux mille nuances de soutien public &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Comment les aides aux entreprises se sont mises &#224; cro&#238;tre plus vite que les aides sociales &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Le refus de conditionner les aides, ou quand l'&#201;tat organise sa propre impuissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partie 3 : Le &#171; monde d'apr&#232;s &#187; confi&#233; aux multinationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Climat : &#171; Faites-nous confiance, nous sommes la solution &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Quand les aides publiques favorisent la privatisation &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Une politique de d&#233;sindustrialisation L'&#201;tat-providence pour les entreprises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion. Apr&#232;s le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, rouvrir les possibles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment les g&#233;ants du p&#233;trole cherchent &#224; &#171; capturer les discours &#187; sur le climat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-les-geants-du-petrole-cherchent-a-capturer-les-discours-sur-le-climat</link>
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		<dc:date>2019-03-25T20:28:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;ExxonMobil, Chevron, BP, Shell et Total d&#233;pensent pr&#232;s de 200 millions de dollars par an en publicit&#233; pour se doter d'une image positive sur l'enjeu du climat. Dans le m&#234;me temps, les g&#233;ants du p&#233;trole continuent &#224; faire du lobbying, directement et via leurs associations professionnelles, pour &#233;viter toute politique ambitieuse de limitation des &#233;nergies fossiles. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de l'Observatoire des multinationales. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ONG InfluenceMap s'est fait une sp&#233;cialit&#233; de d&#233;cortiquer les strat&#233;gies de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton38418-ce1c4.jpg?1781051912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ExxonMobil, Chevron, BP, Shell et Total d&#233;pensent pr&#232;s de 200 millions de dollars par an en publicit&#233; pour se doter d'une image positive sur l'enjeu du climat. Dans le m&#234;me temps, les g&#233;ants du p&#233;trole continuent &#224; faire du lobbying, directement et via leurs associations professionnelles, pour &#233;viter toute politique ambitieuse de limitation des &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de l'&lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Comment-les-geants-du-petrole-cherchent-a-capturer-les-discours-sur-le-climat?_ga=2.137473528.950283314.1553375085-1438712345.1502367534&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire des multinationales&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ONG InfluenceMap s'est fait une sp&#233;cialit&#233; de d&#233;cortiquer les strat&#233;gies de lobbying et les doubles discours des g&#233;ants de l'&#233;nergie (voir notre &lt;a href=&#034;https://multinationales.org/Le-Medef-et-plusieurs-grandes-entreprises-francaises-epingles-pour-leurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent article&lt;/a&gt;). Elle r&#233;it&#232;re aujourd'hui avec un &lt;a href=&#034;https://influencemap.org/report/How-Big-Oil-Continues-to-Oppose-the-Paris-Agreement-38212275958aa21196dae3b76220bddc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveau rapport&lt;/a&gt; analysant dans le d&#233;tail la strat&#233;gie d'influence d&#233;ploy&#233;e, depuis la signature de l'Accord de Paris sur le climat fin 2015, par les cinq principales majors p&#233;troli&#232;res : ExxonMobil, Chevron, BP, Shell et Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbon, le p&#233;trole et le gaz sont de loin la premi&#232;re source d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre au niveau mondial. Naturellement, les multinationales qui extraient et vendent ces hydrocarbures se sont retrouv&#233;es somm&#233;es de se justifier de leur responsabilit&#233; dans la crise climatique. Apr&#232;s avoir longtemps d&#233;ni&#233; le probl&#232;me, elles ont fini par changer de strat&#233;gie (surtout en ce qui concerne les majors europ&#233;ennes), et pr&#233;f&#232;rent d&#233;sormais donner au public une image plus positive sur le sujet... mais sans vraiment changer de pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Capturer le discours &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux enseignements du rapport d'InfluenceMap est que les 5 g&#233;ants du p&#233;trole d&#233;pensent d&#233;sormais autant d'argent - environ 200 millions dollars par an - en campagnes promotionnelles destin&#233;es &#224; am&#233;liorer leur r&#233;putation sur l'enjeu climatique (ce que les auteurs appellent &#171; climate branding &#187;) qu'en lobbying proprement dit sur les dossiers li&#233;s au climat. Mais en r&#233;alit&#233;, ces campagnes sont elles aussi une forme de lobbying, puisqu'elles visent souvent &#224; &#171; capturer le discours climatique &#187; en d&#233;tournant l'attention du public et en positionnant Total, Shell et compagnie comme les seuls experts s&#233;rieux sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie typique des majors consiste &#224; insister lourdement dans leur communication sur des initiatives &#171; vertes &#187; tr&#232;s modestes, pour mieux passer sous silence leurs investissements massifs dans de nouveaux gisements de p&#233;trole et de gaz. Exemple caricatural : ExxonMobil vante aupr&#232;s du public ses agrocarburants &#224; base d'algues, mais les objectifs qu'elle s'est fix&#233;e dans ce domaine &#224; l'horizon 2025 correspondent &#224; ... 0,2% de sa capacit&#233; de raffinage. InfluenceMap estime ainsi que les cinq majors ne consacrent que 3% de leurs capitaux aux &#233;nergies &#171; bas carbone &#187;. Bien moins que ce qu'on pourrait esp&#233;rer au regard de leur effort publicitaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme m&#234;me d'&#233;nergie &#171; bas carbone &#187;, abondamment utilis&#233; par les industriels, est une mani&#232;re de cr&#233;er de la confusion en mettant dans le m&#234;me sac diff&#233;rentes technologies pas fortement tr&#232;s vertes et pas forc&#233;ment renouvelables, comme le gaz naturel, les agrocarburants et quelques autres. Autant de manipulations que nous avions document&#233;es dans notre analyse de la Strat&#233;gie climat publi&#233;e il y a deux ans par Total (lire &lt;a href=&#034;https://multinationales.org/Total-une-strategie-climat-en-trompe-l-oeil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Total : une &#171; strat&#233;gie climat &#187; en trompe-l'oeil&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lobbying 2.0&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, ces m&#234;mes majors p&#233;troli&#232;res ne se g&#234;nent pas pour poursuivre leur travail de sape contre toute politique ambitieuse de lutte contre le changement climatique, qui impliquerait de mettre un frein &#224; leur d&#233;veloppement. Mais elles le font principalement via leurs associations professionnelles - autrement dit les lobbys du secteur p&#233;trolier - plut&#244;t qu'en leur nom propre. Une mani&#232;re de pr&#233;server l'image verte qu'elles se sont pay&#233;e, sans rien c&#233;der sur le fond. L'une des plus puissantes de ces associations professionnelles est l'American Petroleum Institute, dont sont membres les cinq majors (Total si&#232;ge m&#234;me &#224; son conseil d'administration). C'est cette structure qui a men&#233; la charge aupr&#232;s de Donald Trump pour demander - et obtenir - l'abandon des r&#233;gulations adopt&#233;es par l'administration Obama sur les &#233;missions de CO2 et de m&#233;thane. C'est &#233;galement ainsi que Total, tout en d&#233;clarant officiellement son soutien &#224; un prix du carbone, peut pousser exactement en sens inverse via sa participation &#224; l'American Petroleum Institute, &#224; American Fuel and Petrochemical Manufacturers ou &#224; la Canadian Association of Petroleum Producers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lobbying prend aujourd'hui de nouvelles formes. &#192; l'occasion des &#233;lections de mi-mandat de 2018 aux &#201;tats-Unis, les majors p&#233;troli&#232;res ont non seulement financ&#233; les campagnes &#233;lectorales de candidats d&#233;mocrates et (surtout) r&#233;publicains, comme elles le font depuis toujours. Elles ont aussi d&#233;pens&#233; plusieurs millions de dollars en publicit&#233;s cibl&#233;es via Facebook ou Instagram dans plusieurs &#201;tats &#171; sensibles &#187;. Comme le Texas o&#249; le s&#233;nateur r&#233;publicain sortant &#233;tait menac&#233;, ou encore le Colorado, l'Alaska et Washington, qui avaient mis au vote des r&#233;solutions limitant le d&#233;veloppement de l'industrie p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re. Pour cette fois, elles ont &#224; chaque fois gagn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un document r&#233;v&#232;le comment les multinationales entravent toute action climatique ambitieuse</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-document-revele-comment-les-multinationales-entravent-toute-action</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-document-revele-comment-les-multinationales-entravent-toute-action</guid>
		<dc:date>2018-10-09T07:42:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de Bastamag, 25 septembre 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re leurs beaux discours publics sur le climat, les multinationales continuent &#224; s'opposer &#224; tout objectif ambitieux de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Nouvelle illustration avec un document interne de BusinessEurope, le plus important lobby patronal europ&#233;en regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des &#201;tats-Unis. Ce document interne r&#233;v&#233;l&#233; par Greenpeace montre comment BusinessEurope, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton36313-22062.png?1781051912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de Bastamag, 25 septembre 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re leurs beaux discours publics sur le climat, les multinationales continuent &#224; s'opposer &#224; tout objectif ambitieux de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Nouvelle illustration avec un document interne de BusinessEurope, le plus important lobby patronal europ&#233;en regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des &#201;tats-Unis. Ce document interne r&#233;v&#233;l&#233; par Greenpeace montre comment BusinessEurope, actuellement pr&#233;sid&#233; par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d'introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l'Union europ&#233;enne &#224; l'horizon 2030.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lobby y explique notamment - en des termes candides - comment il va &#171; rester plut&#244;t positif tant qu'on en reste au niveau des d&#233;clarations politiques, sans implications l&#233;gislatives &#187; et &#171; s'opposer &#224; toute ambition accrue, en utilisant l'argument habituel de la distorsion de comp&#233;titivit&#233; face &#224; nos concurrents &#187;. Autres tactiques pr&#233;vues : entraver le processus par des arguments proc&#233;duraux, sugg&#233;rer que mettre en place des objectifs suppl&#233;mentaires &#171; n'est pas le principal probl&#232;me &#187;, en arguant qu'il vaut mieux encourager la Chine et les autres &#224; r&#233;duire leurs propres &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le vernis vert de la communication d'entreprise, les grandes firmes continuent donc &#224; refuser, via les lobbys patronaux et les associations professionnelles, toute forme de r&#233;gulation contraignante dans le domaine climatique. D'un c&#244;t&#233;, quand il s'agit de d&#233;fendre leur r&#233;putation et leur image, les multinationales fran&#231;aises et europ&#233;ennes mettent en avant leurs engagements climatiques ; de l'autre, &#224; travers des lobbys impersonnels, moins compromettants, elles tiennent un discours parfois &#224; l'exact oppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien britannique The Guardian a contact&#233; plusieurs multinationales membres de BusinessEurope, y compris les fran&#231;aises EDF et Engie, ou encore Google, Facebook et Microsoft pour solliciter leur r&#233;action sur une proposition si &#233;loign&#233;e de leurs discours publics. Aucune de ces entreprises n'a souhait&#233; prendre ses distances avec BusinessEurope. Ces r&#233;v&#233;lations interviennent au moment o&#249; l'ONG InfluenceMap publie une nouvelle &#233;tude sur le positionnement des grandes multinationales sur les questions de climat, en tenant compte de leur lobbying indirect.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;BUSINESSEUROPE &#9632; &#9632; DISCUSSION NOTE FOR ENERGY &amp; CLIMATE WG MEETING ON 19/09/2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;13 September 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
EU'S 2030 GREENHOUSE GAS EMISSION REDUCTION TARGET&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Background&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; In June 2018, the European Commission, Parliament and Council during trilogues collectively agreed to increase the EU's energy efficiency binding target from 30% to 32.5% and the increased renewable energy target from 27% to 32%. Both have a clause for a possible upward revision by 2023. &#8226; EU climate and energy commissioner Arias Cahete concluded in August that &#8220;Based upon our calculation models, we should de facto achieve a reduction in greenhouse gas emissions by 45% within the EU&#8221; by 2030 compared to 1990 levels because of these increased targets. &#8226; German Chancellor Merkel stated she is &#8220;not very happy&#034; about the Commission's push and thinks &#8220;we first of all have to stick with the goals we have already set for ourselves. I don't think constantly setting new goals makes any sense&#8221;. &#8226; Commission President Juncker in his 2018 State of the Union on 12 September stated that he supports Cafiete's call both technically and politically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Next steps - timetable&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; The Commission seems willing to have this debate and possibly agree on a position in view of COP24, taking place in December 2018 in Katowice, Poland. &#8226; The issue might be pushed into the set of conclusions of the next European Council on 18 October 2018. In case of an agreement (requiring unanimity), the impact on EU legislations such as ETS or Effort-Sharing is an unclear territory even though the Commission informally said that they have no plans of revisions at this stage. A debate could be expected as well in the Environment Council on 9 October. &#8226; It remains unclear when / how the Parliament will position itself before COP24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. BusinessEurope advocacy and communication strategy&lt;br class='autobr' /&gt;
Members will be asked to discuss and agree on a line to take by BusinessEurope. As a basis for discussion, several approaches are outlined below :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; To be rather positive as long as it remains as a political statement, with no implications on the range of 2030 EU legislations (ETS, effort-sharing, etc.). &#8226; To oppose the new increase of ambition, using the usual arguments of global playing field, we cannot compensate for others, etc. &#8226; To challenge the process, such as the need for more transparency on the calculations, need for an impact assessment, risk of creating instability, etc. &#8226; To &#8220;minimise&#034; the issue arguing that the formalisation of a &#8216;de facto' extra ambition is not what matters most. What is key is to persuade other major economies to catch up with the EU's ambition, and to make our transition in Europe a success. For this we need stability to mobilise investments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AY CeCCHTLMJLRGH 106 &lt;br class='autobr' /&gt;
9E* 1COO BRUSSELS &lt;br class='autobr' /&gt;
HI .G I.M VAT 9E 868 410 279&lt;br class='autobr' /&gt;
BUSINESSEUROPE a.i.s.b.l. T E l .33(0)2 23TeS 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
FAX .32(0)2 23' 14 46 &lt;br class='autobr' /&gt;
E&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dirigeant de Total nomm&#233; &#224; la t&#234;te de Polytechnique Montr&#233;al : la science sous influence ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-dirigeant-de-Total-nomme-a-la-tete-de-Polytechnique-Montreal-la-science-sous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-dirigeant-de-Total-nomme-a-la-tete-de-Polytechnique-Montreal-la-science-sous</guid>
		<dc:date>2017-12-19T08:42:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le conseil des ministres qu&#233;becois a valid&#233; la nomination de Philippe Tanguy comme nouveau directeur g&#233;n&#233;ral de Polytechnique Montr&#233;al, l'institution publique charg&#233;e de former les ing&#233;nieurs de la province francophone canadienne. Philippe Tanguy &#233;tait auparavant vice-pr&#233;sident de Total en charge du d&#233;veloppement scientifique international. Sur son profil LinkedIn, il d&#233;clare s'&#234;tre &#233;galement occup&#233; de la collaboration de la firme p&#233;troli&#232;re avec &#171; la R&amp;D [recherche et d&#233;veloppement] (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-136-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton33157-eae39.jpg?1781051912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le conseil des ministres qu&#233;becois a valid&#233; la nomination de Philippe Tanguy comme nouveau directeur g&#233;n&#233;ral de Polytechnique Montr&#233;al, l'institution publique charg&#233;e de former les ing&#233;nieurs de la province francophone canadienne. Philippe Tanguy &#233;tait auparavant vice-pr&#233;sident de Total en charge du d&#233;veloppement scientifique international. Sur son &lt;a href=&#034;https://www.linkedin.com/in/philippeatanguy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;profil LinkedIn&lt;/a&gt;, il d&#233;clare s'&#234;tre &#233;galement occup&#233; de la collaboration de la firme p&#233;troli&#232;re avec &#171; la R&amp;D [recherche et d&#233;veloppement] publique &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Basta Mag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a aujourd'hui une firme comme Total qui fournit &#224; une grande &#233;cole comme Polytechnique son directeur g&#233;n&#233;ral. Le symbole est fort &#187;, a d&#233;clar&#233; Alain Deneault, auteur de De quoi Total est-elle la somme ?, au &lt;a href=&#034;http://www.journaldemontreal.com/2017/11/30/un-v-p-de-total-prend-la-tete-de-polytechnique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/a&gt;. &#171; Forc&#233;ment les orientations de l'&#233;cole tendront &#224; se conformer aux firmes du domaine du p&#233;trole et de l'&#233;nergie. &#187; Philippe Tanguy - qui a enseign&#233; pendant quinze ans &#224; Polytechnique Montr&#233;al avant de rejoindre Total - aura la main sur un budget de recherche de 73 millions de dollars canadiens, financ&#233;s en grande majorit&#233; par les contribuables qu&#233;b&#233;cois. Un groupe &#233;tudiant, baptis&#233; &#171; Regroupement de Poly contre Total &#187; (RPCT), avait fait campagne contre cette nomination annonc&#233;e il y a quelques mois, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire notre entretien avec Alain Deneault : &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Nous-n-avons-pas-besoin-des-multinationales-La-solution-c-est-leur-dissolution&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nous n'avons pas besoin des multinationales. La solution, c'est leur dissolution &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une imbrication croissante entre entreprises et enseignement sup&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en France ? Bien que &#171; l'ouverture &#187; des universit&#233;s aux entreprises soit une priorit&#233; politique depuis une vingtaine d'ann&#233;es, le secteur priv&#233; ne contribue encore que marginalement au financement de l'&#233;ducation sup&#233;rieure - si ce n'est dans certaines &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es. Total a nou&#233; des partenariats financiers et acad&#233;miques avec l'universit&#233; de Lorraine et avec l'universit&#233; de Pau et des Pays d'Adour (du fait de son implantation historique &#224; Lacq).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre leurs initiatives ciblant les &#233;tudiants, la pr&#233;sence des entreprises dans les universit&#233;s et grandes &#233;coles fran&#231;aises passe principalement par le financement de doctorats ou de chaires. On trouve &#233;galement des repr&#233;sentants de multinationales dans leurs conseils d'administration. Total d&#233;clare quant &#224; elle financer une trentaine de chaires universitaires dans le monde, y compris en France (Dauphine, IFP-EN, Centrale Sup&#233;lec). Les premiers pas de Total avec Polytechnique Montr&#233;al datent d'ailleurs de 2004, lorsque l'entreprise y avait cr&#233;&#233; une chaire consacr&#233; au &#171; g&#233;nie des proc&#233;d&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Science et influence, de Monsanto &#224; Total&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expertise et les activit&#233;s de recherche de Polytechnique Montr&#233;al ne sont pas indiff&#233;rentes aux int&#233;r&#234;ts commerciaux de Total. Il y a 18 mois, l'entreprise fran&#231;aise publiait sa &#171; strat&#233;gie climat &#187; - un document hautement strat&#233;gique puisqu'il s'agissait de convaincre les d&#233;cideurs et le public que l'industrie p&#233;troli&#232;re avait encore un avenir malgr&#233; l'Accord de Paris. Comme l'avait montr&#233; notre Observatoire des multinationales dans une &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Total-une-strategie-climat-en-trompe-l-oeil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;analyse approfondie&lt;/a&gt;, ce document accorde une place tout &#224; fait strat&#233;gique &#224; une &#233;tude commandit&#233;e par Total au Ciraig, un centre de recherche appliqu&#233;e li&#233; &#224; Polytechnique Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude valide les affirmations r&#233;p&#233;t&#233;es des grandes multinationales p&#233;troli&#232;res selon lesquelles le gaz - y compris le gaz de schiste - serait une &#233;nergie fossile comparativement propre, notamment par rapport au charbon. D'autres &#233;tudes sugg&#232;rent au contraire que le gaz pourrait &#234;tre tout aussi n&#233;faste pour le climat que le charbon. L'&#233;tude du Ciraig &#233;tait bas&#233;e sur une m&#233;thodologie d&#233;velopp&#233;e dans le cadre de sa &#171; chaire internationale sur le cycle de vie &#187;, elle-m&#234;me financ&#233;e par Total (mais aussi Michelin, ArcelorMittal et quelques autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le terrain des &#233;tudes scientifiques sur le climat et les gaz &#224; effet de serre pourrait bient&#244;t devenir aussi truff&#233; de manipulations, de conflits d'int&#233;r&#234;ts et de jeux d'influence que ne le sont les recherches sur les pesticides, les OGM ou le tabac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Petitjean&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ces douze projets tr&#232;s polluants financ&#233;s par l'&#201;tat gr&#226;ce &#224; nos cotisations retraites et notre &#233;pargne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ces-douze-projets-tres-polluants-finances-par-l-Etat-grace-a-nos-cotisations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ces-douze-projets-tres-polluants-finances-par-l-Etat-grace-a-nos-cotisations</guid>
		<dc:date>2017-12-11T19:37:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barnab&#233; Binctin, Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand une mine de charbon g&#233;ante engloutit un village en Allemagne, quand des Am&#233;rindiens sont chass&#233;s de leurs terres par un ol&#233;oduc, quand les compagnies p&#233;troli&#232;res s'attaquent &#224; l'Arctique, quand des millions de tonnes de CO2 suppl&#233;mentaires s'appr&#234;tent &#224; &#234;tre r&#233;pandues dans l'atmosph&#232;re, c'est un peu, et bien malgr&#233; nous, gr&#226;ce &#224; notre argent. Voici douze projets m&#233;ga-polluants dans lesquels l'Etat investit une partie de notre &#233;pargne et de nos cotisations retraites. Pour que la finance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton33073-a5df1.png?1781051913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand une mine de charbon g&#233;ante engloutit un village en Allemagne, quand des Am&#233;rindiens sont chass&#233;s de leurs terres par un ol&#233;oduc, quand les compagnies p&#233;troli&#232;res s'attaquent &#224; l'Arctique, quand des millions de tonnes de CO2 suppl&#233;mentaires s'appr&#234;tent &#224; &#234;tre r&#233;pandues dans l'atmosph&#232;re, c'est un peu, et bien malgr&#233; nous, gr&#226;ce &#224; notre argent. Voici douze projets m&#233;ga-polluants dans lesquels l'Etat investit une partie de notre &#233;pargne et de nos cotisations retraites. Pour que la finance soit au service de &#171; l'action climat &#187;, comme le souhaite Emmanuel Macron, il y a encore du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de Bastamag | 11 d&#233;cembre 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la COP21 et l'Accord de Paris, Emmanuel Macron convoque un nouveau sommet international sur le climat le 12 d&#233;cembre &#224; Paris, le &#171; One Planet Summit &#187;. Une cinquantaine de personnalit&#233;s et de chefs d'&#201;tat y assisteront. L'objectif est double : r&#233;affirmer d'abord, malgr&#233; le retrait des &#201;tats-Unis, les objectifs internationaux en mati&#232;re de protection du climat, en particulier celui de maintenir le r&#233;chauffement global des temp&#233;ratures en de&#231;&#224; de 2&#186;C ; Ensuite, s'appuyer sur la finance pour atteindre ces objectifs, &#224; grands coups d'&#171; obligations vertes &#187;, de portefeuilles &#171; d&#233;carbon&#233;s &#187;, de march&#233;s de quotas d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre, et autres instruments &#171; bas&#233;s sur le march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, la France et ses institutions financi&#232;res publiques et priv&#233;es se veulent exemplaires. Elles verraient bien la place de Paris devenir le centre mondial de la nouvelle finance climatique, avec ses cotations d'obligations vertes &#8211; les dettes &#233;mises par les entreprises ou les collectivit&#233;s publiques sur les march&#233;s pour financer des projets suppos&#233;s b&#233;n&#233;fiques pour le climat &#8211; et ses &#171; reporting climat &#187; : la publication par les investisseurs d'une estimation de l'empreinte carbone de leurs placements [1]. Ce projet recoupe une autre priorit&#233; gouvernementale, celle d'attirer en France, l'industrie financi&#232;re de la City, suite au Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est-il vraiment exemplaire en mati&#232;re de pr&#233;servation d'une plan&#232;te vivable ? Comme vient de le rappeler opportun&#233;ment &lt;a href=&#034;https://pasuneurodeplus.info/declaration/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un appel lanc&#233; par 80 &#233;conomistes&lt;/a&gt;, une premi&#232;re d&#233;cision raisonnable serait de ne plus financer de nouveaux projets pour extraire du charbon, du p&#233;trole et du gaz, ces sources fossiles qui sont de loin les premi&#232;res sources de gaz &#224; effet de serre. Une&lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/IMG/pdf/rapportcdcfinal.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;analyse&lt;/a&gt; effectu&#233;e par &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Observatoire des multinationales&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://350.org/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'ONG 350 France&lt;/a&gt; (lire notre &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Pendant-que-Macron-organise-son-sommet-climat-l-Etat-continue-de-financer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; pr&#233;sentant cette &#233;tude) montre qu'en r&#233;alit&#233;, l'argent des Fran&#231;ais continue aujourd'hui de financer des nouveaux projets d'&#233;nergies fossiles partout dans le monde. Ces projets sont incompatibles avec les objectifs de l'Accord de Paris, car ils contribuent &#224; ouvrir de nouveaux territoires &#224; l'industrie p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re, comme l'Arctique ou les gisements p&#233;troliers au large du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentons ici une s&#233;lection de douze projets tr&#232;s polluants directement ou indirectement financ&#233;s avec l'argent issu de nos imp&#244;ts, de notre &#233;pargne ou de nos cotisations retraite. Ce panorama soul&#232;ve une question fondamentale : la finance &#171; verte &#187;, sous sa forme actuelle, peut-elle r&#233;ellement permettre le changement de direction dont nous avons besoin, ou ne constitue-t-elle qu'un simple habillage pour que les gros pollueurs puissent poursuivre le business mortif&#232;re ? [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'exploitation p&#233;troli&#232;re dans l'Arctique norv&#233;gien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH336/e4edf6315610cd52-c57aed94-85f3b.png?1781051914' width='500' height='336' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Norv&#232;ge, principal producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, ne semble pas pr&#234;te d'abandonner le filon. Au contraire, au moment m&#234;me o&#249; le fonds souverain norv&#233;gien envisage de se d&#233;sinvestir du p&#233;trole et du gaz, le pays pr&#233;voit d'octroyer une centaine de nouvelles licences d'exploration offshore, toujours plus au nord du cercle polaire, dans la mer de Barents, et dans des eaux toujours plus profondes. Outre Statoil, l'entreprise p&#233;troli&#232;re nationale norv&#233;gienne, l'un des principaux acteurs de cette pouss&#233;e vers l'Arctique n'est autre que la firme italienne Eni. Celle-ci g&#232;re d&#233;j&#224; la plateforme g&#233;ante Goliat, la plus septentrionale du monde &#224; ce jour, &#224; 85 kilom&#232;tres au nord de la ville norv&#233;gienne de Hammerfest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet Goliat a &#233;t&#233; marqu&#233; par de nombreuses difficult&#233;s techniques et environnementales, li&#233;es aux conditions extr&#234;mes, qui ont fait exploser ses co&#251;ts. Pour Eni, il ne sera sans doute jamais rentable. Mais il s'agit surtout d'ouvrir une premi&#232;re t&#234;te de pont en vue d'une exploitation massive des gisements p&#233;troliers du grand nord. L'entreprise italienne s'appr&#234;te d'ailleurs &#224; aller &#233;galement forer de l'autre c&#244;t&#233; de l'oc&#233;an Arctique, dans les eaux territoriales am&#233;ricaines, suite &#224; la relance des prospections par l'administration Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; aussi bien le Fonds de r&#233;serves pour les retraites que l'Ircantec, la caisse de retraite compl&#233;mentaire des agents non titulaires de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s publiques, d&#233;tiennent des participations dans Eni et Statoil. D'autre part, la Banque publique d'investissement (Bpifrance) est actionnaire de la firme Technip, l'un des principaux prestataires du projet Goliat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La mine de charbon de Hambach en Allemagne, d&#233;voreuse de l'environnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH333/9213978cb917f9b4-d826ecfb-b56e6.png?1781051914' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette mine g&#233;ante &#224; ciel ouvert a d&#233;j&#224; englouti une quarantaine de km2 de terrains et plusieurs villages. La lignite qui en est extraite est l'un des charbons les plus polluantes. La mine est exploit&#233;e depuis 1978 par la firme &#233;nerg&#233;tique allemande RWE. Malgr&#233; l'imp&#233;ratif climatique et la d&#233;solation environnementale entra&#238;n&#233;e par la mine, RWE estime pouvoir extraire jusqu'&#224; 2 milliards et demi de tonnes de lignite, qu'elle br&#251;lerait ensuite dans ses centrales &#233;lectriques. L'entreprise b&#233;n&#233;ficie d'une influence politique consid&#233;rable en Allemagne, o&#249; le charbon repr&#233;sente encore une portion non n&#233;gligeable de la production d'&#233;lectricit&#233; ainsi que de nombreux emplois. Les int&#233;r&#234;ts li&#233;s au charbon sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; entraver les progr&#232;s des renouvelables et de l'&#233;nergie citoyenne dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RWE est cependant confront&#233; au mouvement &lt;i&gt;Ende Gel&#228;nde&lt;/i&gt; (&#171; jusqu'ici et pas plus loin &#187;), qui occupe les terrains encore pr&#233;serv&#233;s autour de la mine, et a organis&#233; de nombreuses manifestations et actions de d&#233;sob&#233;issance civile pour emp&#234;cher son expansion (lire nos articles &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Une-mine-de-lignite-bloquee-par-1500-manifestants-en-Allemagne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/En-Allemagne-des-villages-entiers-sont-rases-pour-laisser-place-a-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Le Fonds de r&#233;serves pour les retraites et la Banque postale (100% public), via ses filiales de gestion d'actifs, d&#233;tiennent des participations dans RWE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le Dakota Access Pipeline, symbole de la lutte des Am&#233;rindiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH337/122bbf09b65cce74-2e8e4cc0-51ccb.png?1781051915' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La lutte des Sioux du Dakota contre cet ol&#233;oduc a retenu l'attention du monde entier pendant plusieurs mois. Bloqu&#233; par l'administration Obama, le projet a ensuite &#233;t&#233; relanc&#233; par l'administration Trump. Le campement des opposants a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; par la force. Au-del&#224; de la lutte entre int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers et populations autochtones d&#233;cid&#233;es &#224; d&#233;fendre leurs terres ancestrales, l'enjeu du Dakota Access Pipeline (DAPL) est aussi climatique. Gazoducs et ol&#233;oducs jouent en effet un r&#244;le crucial pour permettre le transport et la commercialisation des &#233;nergies fossiles &#8211; ils contribuent &#224; les rendre &#233;conomiquement viables. C'est pourquoi ils sont devenus, avec la lutte contre le Keystone XL, l'une des principales cibles des militants du climat. En l'occurrence, le DAPL est directement li&#233; &#224; l'exploitation des gisements de p&#233;trole de schiste du Dakota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes banques priv&#233;es fran&#231;aises ont contribu&#233; au financement de ce projet et des entreprises qui le portent (lire &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Le-soutien-sans-failles-des-banques-francaises-a-l-oleoduc-impose-aux-Sioux-par&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre article&lt;/a&gt;). Certaines d'entre elles s'en sont d'ailleurs d&#233;sengag&#233;es, sous la pression des &#233;cologistes. Mais il s'av&#232;re que des institutions financi&#232;res publiques fran&#231;aises &#8211; en l'occurrence le Fonds de r&#233;serve pour les retraites &#8211; ont elles aussi financ&#233; les firmes en question, Energy Transfer Partners et Sunoco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Le Fonds de r&#233;serves pour les retraites a souscrit pas moins de huit obligations d'Energy Transfer Partners, pour un montant total de 14,03 millions d'euros, &#224; quoi s'ajoutent 1,58 million sur une obligation de Sunoco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Yamal LNG, un m&#233;ga projet gazier dans l'extr&#234;me nord de la Russie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3386 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH317/3ada261447c80890-48e1c09f-a2873.png?1781051915' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;ninsule de Yamal, au c&#339;ur de l'Arctique russe, subit de plein fouet les effets du r&#233;chauffement, la fonte du permafrost y entra&#238;nant explosions gazeuses et lib&#233;ration de bact&#233;ries mortelles. Elle est aussi le th&#233;&#226;tre d'une nouvelle ru&#233;e gazi&#232;re, avec pour projet phare Yamal LNG, inaugur&#233; officiellement par Vladimir Poutine quelques jours &#224; peine avant le &#171; One Climate Summit &#187;. &#192; 600 kilom&#232;tres au nord du cercle polaire, ce projet consiste en plusieurs sites de forage et un terminal de liqu&#233;faction du gaz en vue de son exportation vers l'Asie et l'Europe, au moyen d'&#233;normes navires brise-glace. Ce projet est port&#233; par le russe Novatek, le fran&#231;ais Total et une firme p&#233;troli&#232;re chinoise. Comme les autres majors p&#233;troli&#232;res, Total mise aujourd'hui toute sa strat&#233;gie sur le gaz, pr&#233;sent&#233; de mani&#232;re trompeuse comme une &#233;nergie fossile &#171; plus propre &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de Total, nombreux sont les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais gravitant autour de Yamal LNG. Le groupe Vinci est &#233;galement pr&#233;sent sur le chantier. C'est &#233;galement un projet crucial pour Technip, l'un des principaux prestataires avec un contrat d'un milliard d'euros, et dont l'actionnaire de r&#233;f&#233;rence n'est autre que la Banque publique d'investissement (Bpifrance). Ce qui explique que les deux firmes fran&#231;aises se soient battues pour la survie de ce projet strat&#233;gique malgr&#233; les sanctions am&#233;ricaines et europ&#233;ennes contre la Russie (lire &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Malgre-les-sanctions-Total-et&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre article&lt;/a&gt;). Bpifrance a d'ailleurs soutenu le projet par un autre biais, en apportant &#224; Technip une garantie publique de 350 millions d'euros pour la prot&#233;ger contre les risques li&#233;s &#224; l'ex&#233;cution du contrat. Un second projet gazier g&#233;ant, port&#233; par les m&#234;mes acteurs, est d&#233;j&#224; sur le point d'&#234;tre lanc&#233; dans la p&#233;ninsule malgr&#233; les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre induites et les conflits avec les populations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais : &lt;/strong&gt;La Banque publique d'investissement a soutenu la participation de Technip au projet &#224; la fois en tant qu'actionnaire de r&#233;f&#233;rence (l'un de ses dirigeants si&#232;ge au conseil d'administration de l'entreprise) et en apportant une garantie publique de 350 millions d'euros. Ircantec et le Fonds de r&#233;serve pour les retraites ont investi pr&#232;s de 300 millions d'euros en actions et en obligations au sein de Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La nouvelle fronti&#232;re du p&#233;trole offshore br&#233;silien, du delta de l'Amazone au &#171; pre sal &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/7d715c63f20ab7ab-b57a385a-ba87b.png?1781051916' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les eaux territoriales du Br&#233;sil constituent l'une de ces nouvelles fronti&#232;res o&#249; se d&#233;cide l'avenir de l'industrie p&#233;troli&#232;re. Elles rec&#232;lent en effet un immense gisement potentiel, repr&#233;sentant des milliards de barils et pouvant faire du Br&#233;sil un nouveau poids lourd du secteur. Probl&#232;me : ces gisements sont situ&#233;s en eaux tr&#232;s profondes, et enfouis sous une &#233;paisse couche saline. D'o&#249; leur nom de gisements pr&#233;-salif&#232;res, ou &#171; pre sal &#187; en portugais. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les majors p&#233;troli&#232;res du monde entier de se pr&#233;cipiter pour r&#233;cup&#233;rer leur part du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements massifs n&#233;cessaires pour exploiter cette ressource ne sont pas &#233;trangers au scandale de corruption qui a &#233;branl&#233; l'entreprise nationale br&#233;silienne Petrobras, provoquant la chute de la pr&#233;sidente Dilma Rousseff. La privatisation partielle de Petrobras qui s'en est suivie va probablement b&#233;n&#233;ficier aux multinationales &#233;trang&#232;res, notamment Total qui exploite le gisement offshore Libra dans le pre-sal et qui a nou&#233; depuis un &#171; partenariat strat&#233;gique &#187; avec Petrobras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, au niveau du delta de l'Amazone, c'est un autre projet de forage p&#233;trolier offshore de la major fran&#231;aise et de BP qui cr&#233;e la pol&#233;mique. Les deux firmes p&#233;troli&#232;res ambitionnent d'exploiter un gisement estim&#233; &#224; 14 milliards de barils de p&#233;trole, situ&#233; au c&#339;ur d'un immense r&#233;cif corallien qui vient tout juste d'&#234;tre d&#233;couvert, et qui abrite une biodiversit&#233; aussi rare que fragile [4]. Elles n'ont pour l'instant pas r&#233;ussi &#224; convaincre l'administration br&#233;silienne que leurs projets ne comportaient pas de risques inacceptables pour l'environnement. L'agence br&#233;silienne de protection de l'environnement (IBAMA) a rejet&#233; fin ao&#251;t leur &#233;tude d'impact, jug&#233;e insuffisamment pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Ircantec et le Fonds de r&#233;serve pour les retraites ont investi pr&#232;s de 300 millions d'euros en actions et obligations de Total. &#192; quoi s'ajoutent environ 100 millions d'euros plac&#233;s par les deux fonds de retraite dans BP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Le Trans Adriatic Pipeline, le gaz az&#233;ri au m&#233;pris des droits humains et de la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH315/1318c5defcb18818-8ea858be-08913.png?1781051916' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les dirigeants europ&#233;ens, le gaz est devenu un enjeu g&#233;opolitique majeur &#8211; suffisamment important, apparemment, pour fragiliser leurs objectifs climatiques et mettre entre parenth&#232;ses les droits de l'homme et la d&#233;mocratie. C'est ce dont t&#233;moigne le projet d&#233;mesur&#233; du &#171; Corridor gazier sud &#187;, un ensemble de gazoducs destin&#233; &#224; acheminer, sur 3500 kilom&#232;tres, le gaz des gisements az&#233;ris de la mer Caspienne vers l'Europe. Budget total : 45 milliards de dollars, apport&#233;s en partie par les banques publiques europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que ce projet voit le jour, les leaders politiques de l'Europe n'h&#233;sitent pas &#224; s'associer publiquement au gouvernement de l'Azerba&#239;djan, malgr&#233; sa r&#233;pression notoire des opposants et des journalistes. L'industrie gazi&#232;re europ&#233;enne, quant &#224; elle, y voit un moyen d'enfermer le vieux continent dans plusieurs d&#233;cennies suppl&#233;mentaires de consommation de gaz, malgr&#233; l'Accord de Paris (lire notre enqu&#234;te r&#233;cente : &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Sous-l-influence-des-industriels-et-de-leurs-lobbies-l-Europe-s-enferme-dans-un&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous l'influence des industriels et de leurs lobbies, l'Europe s'enferme dans un carcan de gazoducs et de terminaux m&#233;thaniers)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me et dernier tron&#231;on de ce grand projet, le Trans Adriatic Pipeline ou TAP, doit relier la Turquie au sud de l'Italie &#224; travers la Gr&#232;ce et l'Albanie. Il est port&#233; par un consortium regroupant Socar, l'entreprise az&#233;rie, la britannique BP, l'espagnole Enagas ou l'italienne Snam. Le chantier suscite une vive r&#233;sistance des riverains et des &#233;cologistes, notamment en Gr&#232;ce et en Italie, o&#249; le gouvernement a appel&#233; l'arm&#233;e &#224; la rescousse contre les manifestants qui protestaient contre le d&#233;racinement de dizaines milliers d'oliviers centenaires [5]. En Albanie, c'est une filiale de Vinci qui est en charge du chantier, dans des conditions elles aussi probl&#233;matiques &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Avec-l-accord-de-la-Turquie-l-Europe-construit-un-gazoduc-geant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;[Lire [ cet article]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Ircantec et le Fonds de r&#233;serve pour les retraites ont investi pr&#232;s de 100 millions dans BP, l'un des principaux protagonistes de projets de d&#233;veloppement et d'importation en Europe du gaz az&#233;ri. Le Fonds de r&#233;serve pour les retraites est &#233;galement li&#233; financi&#232;rement &#224; d'autres entreprises impliqu&#233;es dans le projet, comme l'italienne Snam (pr&#232;s de 70 millions d'euros en actions et obligations), l'espagnole Enagas (environ 39 millions en actions et obligations) et le fran&#231;ais Vinci (plus de 47 millions d'euros en actions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Derri&#232;re la vitrine &#171; verte &#187; d'Engie et de la royaut&#233; marocaine, la centrale au charbon de Safi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH297/9a0f7065c12772ce-d6fdecf2-54445.png?1781051917' width='500' height='297' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Engie fait partie des grandes entreprises qui ont le plus repris &#224; leur compte l'imp&#233;ratif de la transition &#233;nerg&#233;tique. Du moins dans les discours. De l'Australie &#224; la Pologne, elle a revendu &#8211; mais non ferm&#233;, ce qui seul aurait un b&#233;n&#233;fice climatique r&#233;el &#8211; une grande partie de ses centrales &#233;lectriques au charbon, la plus polluante des sources fossiles. En revanche &#8211; sans que la direction de l'entreprise ne le mentionne dans sa communication officielle &#8211;, Engie est toujours engag&#233;e dans une nouvelle centrale charbon de 1386 MW de puissance, qui doit entrer en op&#233;ration l'ann&#233;e prochaine dans la ville portuaire de Safi, au Maroc. L'entreprise fran&#231;aise est associ&#233;e dans cette op&#233;ration &#224; Nareva, une firme appartenant &#224; la famille royale marocaine. Tout comme la France, le Maroc et son roi, qui ont organis&#233; la COP22 il y a un an, s'affichent volontiers en h&#233;rauts du climat et de la transition &#233;nerg&#233;tique. Engie et Nareva se sont d'ailleurs associ&#233;s pour d&#233;velopper des projets dans tout le continent africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le Maroc continue parall&#232;lement &#224; miser sur les &#233;nergies fossiles, comme en t&#233;moigne la centrale de Safi, qui pourrait voir sa capacit&#233; encore doubl&#233;e &#224; l'horizon 2020. Les habitants de la ville, qui subissent d&#233;j&#224; au quotidien les impacts de l'industrie des phosphates et du ciment, lesquels ont quasiment annihil&#233; le secteur local de la p&#234;che, verront d&#233;sormais s'y ajouter la pollution issue de la centrale &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; L'&#201;tat fran&#231;ais d&#233;tient 24 % d'Engie, la Caisse des d&#233;p&#244;ts et sa filiale CNP Assurances en d&#233;tiennent pr&#232;s de 4%. &#192; quoi s'ajoutent des investissements significatifs aussi bien du Fonds de r&#233;serve pour les retraites que de l'Ircantec. Egis, filiale de la Caisse des d&#233;p&#244;ts, a particip&#233; &#224; l'agrandissement du port de Safi pour qu'il puisse recevoir les millions de tonnes de charbon sud-africain n&#233;cessaires au fonctionnement de la future centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. TransMountain, un nouvel ol&#233;oduc g&#233;ant pour les sables bitumineux canadiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH290/0f6b5205cb88b3ec-a8160a58-896c7.png?1781051917' width='500' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Keystone XL, &#201;nergie Est, et maintenant TransMountain Expansion Project. Tous ces projets d'ol&#233;oducs g&#233;ants au Canada, tous fortement contest&#233;s, ont un objectif commun : faciliter l'exportation du p&#233;trole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers les march&#233;s am&#233;ricains, asiatiques et europ&#233;ens, et permettre ce faisant le triplement de la production dont r&#234;vent les multinationales p&#233;troli&#232;res. Or les sables bitumineux, en plus de provoquer une vaste d&#233;solation environnementale et sociale autour de leur zone de production (lire notre enqu&#234;te &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Comment-transformer-un-paradis-boreal-en-un-enfer-boueux-et-toxique-l-addiction&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment transformer un paradis bor&#233;al en un enfer boueux et toxique : gr&#226;ce aux sables bitumineux&lt;/a&gt; ), sont l'une des sources fossiles les plus &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre, d&#233;versant des tonnes de carbone dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ol&#233;oducs Keystone XL et &#201;nergie Est ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s provisoirement, les travaux ont commenc&#233; sur le TransMountain, un projet de l'entreprise Kinder Morgan qui doit relier l'Alberta au port de Vancouver. Et ce, en d&#233;pit de l'opposition r&#233;solue des Premi&#232;res nations et de la ville de Vancouver. La construction d'une partie de l'ol&#233;oduc a &#233;t&#233; confi&#233;e, l&#224; encore, au &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Sables-bitumineux-Vinci-s-engage-dans-la-construction-d-un-oleoduc-controverse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;groupe fran&#231;ais Vinci&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Le Fonds de r&#233;serve pour les retraites est li&#233; financi&#232;rement &#224; Kinder Morgan (environ 21 millions d'euros en actions et obligations) et Vinci (plus de 47 millions d'euros en actions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Du Sahara alg&#233;rien aux Pyr&#233;n&#233;es, une nouvelle route du gaz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH287/5626a7b27f0eb34b-f277e0b9-f4db7.png?1781051918' width='500' height='287' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie appara&#238;t comme l'un des partenaires privil&#233;gi&#233;s des dirigeants europ&#233;ens et des multinationales pour r&#233;duire la d&#233;pendance du vieux continent envers le voisin russe. Frapp&#233; de plein fouet par la chute du cours des hydrocarbures, et confront&#233; &#224; la baisse programm&#233;e de ses gisements historiques, le r&#233;gime alg&#233;rien vient de relancer l'exploitation du gaz de schiste. D&#233;but 2015, des premiers forages par fracturation hydraulique dans le sud saharien &#8211; &#224; propos desquels le nom de Total avait &#233;t&#233; cit&#233; - ont donn&#233; naissance &#224; un important mouvement social, qui a forc&#233; les autorit&#233;s &#224; reculer provisoirement (lire &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Gaz-de-schiste-les-Algeriens-se-mobilisent-contre-le-regime-et-l-ingerence-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre enqu&#234;te d'alors&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;couler ce gaz vers l'Europe implique la construction de nouvelles infrastructures. C'est par exemple le gazoduc Galsi reliant l'Alg&#233;rie &#224; l'Italie (et &#224; la Corse), dont l'un des principaux protagonistes n'est autre qu'EDF, via sa filiale Edison. Autre projet probl&#233;matique : le gazoduc MidCat entre l'Espagne et la France, dont l'objectif est de permettre d'&#233;couler vers le reste de l'Europe le gaz arrivant massivement d'Alg&#233;rie &#8211; ou du Nigeria &#8211; dans les gazoducs et les terminaux m&#233;thaniers espagnols. Le chantier du MidCat a &#233;t&#233; provisoirement bloqu&#233; dans les Pyr&#233;n&#233;es catalanes, du fait de l'opposition locale mais aussi des doutes de certains acteurs fran&#231;ais. L'Espagne et la Commission europ&#233;enne continuent &#224; se d&#233;mener pour que ce projet voit finalement le jour, ce qui ne manquera pas d'acc&#233;l&#233;rer les d&#233;veloppements gaziers en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; Les deux op&#233;rateurs des gazoducs fran&#231;ais sont impliqu&#233;s dans les nouveaux projets d'infrastructures li&#233;s &#224; l'approvisionnement en gaz alg&#233;rien. Le premier, GRTgaz, est propri&#233;t&#233; &#224; 75% d'Engie (24% &#201;tat fran&#231;ais, 4% CDC et CNP) et &#224; 25% de la CDC et de ses filiales. Le second, TIGF, est d&#233;tenu &#224; 18% par EDF (84% &#201;tat fran&#231;ais). EDF est par ailleurs directement impliqu&#233;e via sa filiale Edison dans le gazoduc Galsi. Enfin, le Fonds de r&#233;serve pour les retraites a investi dans deux autres acteurs europ&#233;ens de ces projets, l'italienne Snam et l'espagnol Enagas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. Coral, une nouvelle manne gazi&#232;re au large du Mozambique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH277/c305dbcaf18cf889-fbcb142e-e109b.png?1781051918' width='500' height='277' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;couverte en 2012 d'un immense gisement au large de ses c&#244;tes, le Mozambique se r&#234;ve en puissance gazi&#232;re. Avec 5 000 milliards de m3 estim&#233;s dans le nord du pays, ses r&#233;serves seraient les troisi&#232;mes d'Afrique apr&#232;s celle de l'Alg&#233;rie et du Nigeria. De quoi alimenter pour des ann&#233;es les march&#233;s des pays industrialis&#233;s. C'est l'entreprise p&#233;troli&#232;re italienne Eni qui a pris les devants pour exploiter cette ressource, avec Coral South LNG, un projet associant six puits de forage et une plateforme de liqu&#233;faction flottante, qui pourrait produire plus de 3,3 millions de tonnes de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) par an. Le tout est d&#233;j&#224; vendu, &#224; BP en l'occurrence, dans le cadre d'un contrat d'approvisionnement pour 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; nouveau un projet &#171; fronti&#232;re &#187;, ouvrant l'acc&#232;s &#224; des gisements offshore en eaux tr&#232;s profondes comportant de nombreux d&#233;fis techniques. Le gouvernement du Mozambique n'a pas m&#233;nag&#233; ses efforts pour que ce projet se r&#233;alise, offrant de multiples facilit&#233;s et exemptions &#224; Eni et &#224; ses partenaires. Partenaires parmi lesquels on retrouve, une nouvelle fois, l'entreprise fran&#231;aise Technip, qui aura la charge de l'ing&#233;nierie, la fourniture des &#233;quipements, la construction, l'installation et la mise en service et le d&#233;marrage de l'unit&#233; flottante de liqu&#233;faction. Technip a demand&#233; &#224; son actionnaire Bpifrance une garantie publique &#224; l'export, comme celle dont elle b&#233;n&#233;ficie pour le projet Yamal LNG (voir ci-dessus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; La Banque publique d'investissement soutient la participation de Technip au projet en tant qu'actionnaire et potentiellement en apportant une garantie publique. Ircantec et le Fonds de r&#233;serve pour les retraites d&#233;tiennent pr&#232;s de 60 millions d'euros en actions et obligations Eni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11. La centrale de Thabametsi, comment l'Afrique du sud s'obstine dans le charbon&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH305/dcbf7c203b5808bb-492f1859-0e5aa.png?1781051919' width='500' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;90% de l'&#233;lectricit&#233; en Afrique du Sud provient du charbon. Le pays est par ailleurs l'un des principaux producteurs au monde de cette ressource fossile, dont il extrait environ un quart de milliard de tonnes par an. Pas &#233;tonnant que son gouvernement, et les grands groupes miniers qui exploitent les mines de charbon sud-africaines, soient d&#233;cid&#233;s &#224; maintenir le secteur en activit&#233; malgr&#233; les imp&#233;ratifs climatiques. Ce dont t&#233;moigne le projet de nouvelle centrale charbon de Thabametsi, dans le bassin minier du Waterberg, au nord du pays. D'une capacit&#233; de 630 MW, cette centrale br&#251;lerait 3,8 millions de tonnes de charbon par an &#224; plein r&#233;gime, rejetant 10 millions de tonnes de carbone par an dans l'atmosph&#232;re, soit l'&#233;quivalent des &#233;missions de CO2 d'un petit pays industrialis&#233; comme le Luxembourg. Le projet a d'abord &#233;t&#233; port&#233; par Engie (alors GDF Suez), qui l'a abandonn&#233; en 2015. Mais il a depuis &#233;t&#233; repris par l'entreprise japonaise Marubeni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais :&lt;/strong&gt; La Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations poss&#232;de des actions dans au moins un op&#233;rateur de mines de charbon en Afrique du Sud, Anglo American. Le Fonds de r&#233;serve pour les retraites d&#233;tient 2,4 millions d'euros en actions de Marubeni, ainsi que des participations dans Anglo American et Glencore (&#233;galement op&#233;rateur de mines de charbon en Afrique du Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12. L'aide au d&#233;veloppement fran&#231;aise va-t-elle financer une centrale charbon en Chine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/f9c15b6f105ec58f-a58439e3-1a724.png?1781051919' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sort des &#233;quilibres climatiques plan&#233;taires se joue, pour une bonne partie, en Chine. Le pays, qui avait &#233;norm&#233;ment augment&#233; sa consommation de charbon depuis 20 ans pour accompagner son d&#233;veloppement &#233;conomique, s'efforce d&#233;sormais de changer de cap, en investissant massivement dans les renouvelables. Les projets de nouvelles centrales au charbon restent cependant nombreux en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement (AFD) envisage d'accorder un pr&#234;t de 41 millions d'euros &#224; l'entreprise Xinjiang Tianfu Energy, en vue de la construction d'une unit&#233; de cog&#233;n&#233;ration en marge d'une centrale de charbon de 660 MW dans la ville de Shizhen, dans le nord de la province du Xinjiang. Ce pr&#234;t est officiellement pr&#233;sent&#233; par l'AFD comme une contribution &#224; la transition &#233;nerg&#233;tique, au motif qu'il permettra d'optimiser la consommation de charbon dans la centrale. Cependant, selon une note interne de l'institution &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/221117/la-france-veut-aider-une-centrale-charbon-en-chine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;v&#233;l&#233;e par &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;,&lt;/a&gt; ce projet &#171; reviendrait &#224; p&#233;renniser l'utilisation d'une centrale &#224; charbon, ce qui pourrait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le financement de ce secteur &#187;. Le tout dans un contexte de r&#233;pression des minorit&#233;s ethniques du Xinjiang par le gouvernement de P&#233;kin, qui a plac&#233; la province sous tutelle &#233;conomique et militaire directe, &#224; travers des entreprises publiques ou parapubliques comme Xinjiang Tianfu Energy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des fonds publics fran&#231;ais : &lt;/strong&gt;L'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement (AFD) envisage un pr&#234;t de 41 millions d'euros &#224; l'entreprise Xinjiang Tianfu Energy&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Petitjean et Barnab&#233; Binctin&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Photo de une : &#169; Eros Sana / Basta !&lt;br class='autobr' /&gt;
Eni CC (Goliat) ; Junep A CC (Hambach) ; &#169; ryan vizzions (DAPL) ; Kremlin CC (Yamal) ; Greenpeace (Br&#233;sil) ; Albinfo CC (TAP) ; mhobi CC (Safi) ; US Geological Survey (Trans Mountain) ; Adam CC (Alg&#233;rie) ; Zukiman Mohamad CC (Coral) ; Bert Kaufman CC (Thabametsi) ; Lhoon CC (Chine).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vinci s'engage dans la construction d'un ol&#233;oduc controvers&#233; au Canada</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vinci-s-engage-dans-la-construction-d-un-oleoduc-controverse-au-Canada</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vinci-s-engage-dans-la-construction-d-un-oleoduc-controverse-au-Canada</guid>
		<dc:date>2017-10-17T08:34:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le groupe fran&#231;ais Vinci se pr&#233;pare &#224; construire une partie de l'ol&#233;oduc TransMountain, au Canada. Cet ol&#233;oduc triplera les capacit&#233;s de transport de p&#233;trole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers la c&#244;te Pacifique, pr&#232;s de Vancouver, en vue de son exportation sur les march&#233;s mondiaux. Le contrat remport&#233; par Vinci pour &#171; plusieurs centaines de millions &#187; porte sur une section de l'ol&#233;oduc dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Coquihalla, en Colombie-Britannique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Basta Mag. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-67-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-10-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-10-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton32290-d9ec4.jpg?1781051920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le groupe fran&#231;ais Vinci se pr&#233;pare &#224; construire une partie de l'ol&#233;oduc TransMountain, au Canada. Cet ol&#233;oduc triplera les capacit&#233;s de transport de p&#233;trole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers la c&#244;te Pacifique, pr&#232;s de Vancouver, en vue de son exportation sur les march&#233;s mondiaux. Le contrat remport&#233; par Vinci pour &#171; plusieurs centaines de millions &#187; porte sur une section de l'ol&#233;oduc dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Coquihalla, en Colombie-Britannique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Vinci-s-engage-dans-la-construction-d-un-oleoduc-controverse-au-Canada&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce intervient au moment m&#234;me o&#249; s'ouvre un proc&#232;s opposant l'entreprise de logistique Kinder Morgan, porteuse du projet, &#224; plusieurs communaut&#233;s autochtones, &#224; des organisations &#233;cologistes ainsi qu'aux villes de Vancouver et Burnaby, soutenues par les autorit&#233;s de Colombie-Britannique. Les plaignants accusent l'entreprise d'avoir manqu&#233; &#224; ses obligations d'&#233;tudes d'impact environnemental et de consultation des populations autochtones. Ils craignent aussi les cons&#233;quences potentielles d'un afflux de p&#233;troliers g&#233;ants au large de leurs c&#244;tes. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; Kinder Morgan, forte de l'autorisation officielle du Premier ministre canadien Justin Trudeau, de lancer les travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, &#224; l'autre bout du Canada, le projet d'ol&#233;oduc lui aussi tr&#232;s controvers&#233; &#201;nergie Est vient d'&#234;tre officiellement et d&#233;finitivement abandonn&#233; par son promoteur, la firme TransCanada. Cet ol&#233;oduc visait &#224; acheminer le p&#233;trole des sables bitumineux vers la c&#244;te Est et, potentiellement, vers l'Europe. Ce projet a fait l'objet d'une forte r&#233;sistance populaire, notamment au Qu&#233;bec (lire notre enqu&#234;te : Au Qu&#233;bec, &#233;cologistes et Am&#233;rindiens entrent en guerre contre un nouveau projet d'ol&#233;oduc g&#233;ant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vinci, du BTP aux ol&#233;oducs et gazoducs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets d'ol&#233;oducs g&#233;ants comme le KeyStone XL &#8211; abandonn&#233; par l'administration Obama mais que Trump souhaiterait relancer (&lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Relance-d-oleoducs-les-Sioux-veulent-poursuivre-le-gouvernement-de-Donald-Trump&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bastamag.net/Relance-d-oleoducs-les-Sioux-veulent-poursuivre-le-gouvernement-de-Donald-Trump&lt;/a&gt;)&#8211;, &#201;nergie Est ou encore TransMountain font l'objet de batailles majeures en Am&#233;rique du Nord en raison de leur caract&#232;re strat&#233;gique, &#224; la fois pour l'industrie p&#233;troli&#232;re et pour la cause du climat. Leur construction permettrait de poursuivre le d&#233;veloppement des sables bitumineux canadiens, une source d'&#233;nergie potentiellement consid&#233;rable mais extr&#234;mement co&#251;teuse et &#233;mettrice de gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on met souvent en avant le r&#244;le des int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers et gaziers dans la promotion de ce type d'infrastructures, le secteur de la construction et du BTP en est l'autre grand b&#233;n&#233;ficiaire. Vinci, &#224; travers sa filiale Spiecapag, s'affiche comme &#171; l'une des premi&#232;res entreprises mondiales dans le domaine des ol&#233;oducs, des gazoducs et des syst&#232;mes associ&#233;s &#187;. La multinationale fran&#231;aise s'occupe en ce moment m&#234;me du chantier du gazoduc lui aussi tr&#232;s controvers&#233; Trans Adriatic Pipeline en Albanie et en Gr&#232;ce [1]. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; temporairement mise en &#233;chec en France, avec le projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, Vinci s'expose d&#233;sormais &#224; de fortes mobilisations au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Petitjean&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire notre enqu&#234;te : Des Italiens se battent pour prot&#233;ger leurs oliviers contre un gazoduc g&#233;ant soutenu par Vinci et la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Des-Italiens-se-battent-pour-proteger-leurs-oliviers-contre-un-gazoduc-geant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://multinationales.org/Des-Italiens-se-battent-pour-proteger-leurs-oliviers-contre-un-gazoduc-geant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux &#201;tats-Unis, les patrons gagnent en moyenne 347 fois plus que leurs salari&#233;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Aux-Etats-Unis-les-patrons-gagnent-en-moyenne-347-fois-plus-que-leurs-salaries</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Aux-Etats-Unis-les-patrons-gagnent-en-moyenne-347-fois-plus-que-leurs-salaries</guid>
		<dc:date>2017-06-06T08:05:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;13,1 millions de dollars. C'&#233;tait, selon la conf&#233;d&#233;ration syndicale am&#233;ricaine AFL-CIO, le salaire moyen d'un grand patron am&#233;ricain en 2016. &#192; comparer avec les 37 600 dollars que gagne un employ&#233; moyen. Soit 347 fois moins. La r&#233;mun&#233;ration moyenne des dirigeants a augment&#233; de 5,9% en un an, tandis que le salaire moyen, si l'on tient compte de l'inflation, stagne depuis 50 ans, selon l'AFL-CIO. Pour son pr&#233;sident Richard Trumka, &#171; c'est une preuve suppl&#233;mentaire que la cupidit&#233; des patrons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton31146-63040.jpg?1781051920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;13,1 millions de dollars. C'&#233;tait, selon la conf&#233;d&#233;ration syndicale am&#233;ricaine AFL-CIO, le salaire moyen d'un grand patron am&#233;ricain en 2016. &#192; comparer avec les 37 600 dollars que gagne un employ&#233; moyen. Soit 347 fois moins. La r&#233;mun&#233;ration moyenne des dirigeants a augment&#233; de 5,9% en un an, tandis que le salaire moyen, si l'on tient compte de l'inflation, stagne depuis 50 ans, selon l'AFL-CIO. Pour son pr&#233;sident Richard Trumka, &#171; c'est une preuve suppl&#233;mentaire que la cupidit&#233; des patrons aggrave la crise des in&#233;galit&#233;s de revenus. Les grandes entreprises trouvent continuellement de nouveaux moyens de piper l'&#233;conomie en leur faveur, pour remplir les poches des patrons au d&#233;triment des travailleurs qui font marcher leur activit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Aux-Etats-Unis-les-patrons-gagnent-en-moyenne-347-fois-plus-que-leurs-salaries&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4,5 millions de dollars... par semaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les calculs de l'AFL-CIO, compil&#233;s dans le site &lt;a href=&#034;https://aflcio.org/paywatch/highest-paid-ceos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;PayWatch&lt;/a&gt;, le patron am&#233;ricain le mieux pay&#233; en 2016 &#233;tait Sundar Pichai, patron d'Alphabet, la maison-m&#232;re de Google, avec un peu plus de 100 millions de dollars. Une nouvelle r&#232;gle a &#233;t&#233; introduite par l'administration f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine, juste avant l'arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, pour forcer les grandes entreprises cot&#233;es en bourse &#224; r&#233;v&#233;ler, &#224; partir de cette ann&#233;e &#8211; c'est-&#224;-dire dans les rapports financiers 2017 qui seront publi&#233;s au printemps 2018 &#8211; le ratio entre la r&#233;mun&#233;ration des dirigeants et le salaire m&#233;dian dans l'entreprise. Les grands lobbys &#233;conomiques se sont oppos&#233;s avec acharnement &#224; la mise en &#339;uvre de cette obligation, vot&#233;e par le Congr&#232;s en 2010. Selon le &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2017/05/26/business/ceo-compensation-pay-president-donald-trump.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;New York Times&lt;/a&gt;, ils font aujourd'hui le si&#232;ge de Donald Trump pour obtenir son abandon pur et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un autre mode de calcul, effectu&#233; d&#233;but mai par Bloomberg, le patron le mieux pay&#233; des &#201;tats-Unis n'est autre que Marc Lore, le directeur du e-commerce chez Wal-Mart. Celui-ci est en t&#234;te du &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/graphics/2017-highest-paid-ceos/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;classement&lt;/a&gt; avec une r&#233;mun&#233;ration de pr&#232;s de 237 millions de dollars en 2016. Soit environ 4,5 millions de dollars par semaine ! Il est suivi par Tim Cook (Apple, 150 millions), John Weinberg (Evercore, une banque d'investissement, 124 millions), Sundar Pichai (Google/Alphabet, 106,5 millions) et Elon Musk (Tesla, 99,7 millions). Ces r&#233;mun&#233;rations prennent en compte le salaire, les bonus, les primes sp&#233;ciales, les indemnit&#233;s et pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travailler 199 ans pour une semaine de salaire du PDG&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux salari&#233;s au bas de l'&#233;chelle de Wal-Mart, ils sont parmi les plus mal pay&#233;s des &#201;tats-Unis, autour de 11 dollars de l'heure. Il faudrait qu'ils travaillent 199 ans rien que pour gagner ce que Marc Lore a engrang&#233; en une semaine l'ann&#233;e derni&#232;re. Ces travailleurs pauvres sont extr&#234;mement d&#233;pendants des diverses aides sociales distribu&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain. Une situation dans laquelle beaucoup d&#233;noncent une forme de subvention cach&#233;e &#224; Wal-Mart. Selon l'organisation &lt;a href=&#034;https://americansfortaxfairness.org/issues/corporate-tax-dodgers/the-walmart-tax-subsidy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Americans for Tax Fairness&lt;/a&gt;, le montant de cette aide publique cach&#233;e, lui permettant de continuer &#224; verser des salaires de mis&#232;re &#224; ses employ&#233;s, est estim&#233;e &#224; 2,6 milliards de dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines villes et &#201;tats am&#233;ricains ont d'ailleurs commenc&#233; &#224; r&#233;agir. Portland, en d&#233;cembre dernier, a pass&#233; une &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Portland-une-ville-americaine-contre-les-multinationales&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ordonnance&lt;/a&gt; visant &#224; surtaxer les entreprises qui pr&#233;senteraient de trop fortes in&#233;galit&#233;s salariales. Concr&#232;tement, les firmes dont les dirigeants gagnent plus de 100 fois le salaire m&#233;dian de leurs employ&#233;s verront leur imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s augmenter en cons&#233;quence. Des mesures similaires sont propos&#233;es (&lt;a href=&#034;http://inequality.org/placeholder-pay-ratio/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://inequality.org/placeholder-pay-ratio/&lt;/a&gt;) &#224; San Francisco, dans le Connecticut, l'Illinois, le Minnesota, Rhode Island et le Massachusetts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me id&#233;e se retrouve aujourd'hui dans le &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/politics/2017/may/15/labour-reveals-fat-cat-tax-pledge-aimed-at-reining-in-excessive-pay&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;programme publi&#233; par le Labour&lt;/a&gt; en vue des &#233;lections qui doivent se tenir le 8 juin prochain en Grande-Bretagne. Le parti de Jeremy Corbyn propose de taxer &#224; 2,5% les r&#233;mun&#233;rations patronales qui exc&#233;deraient 20 fois le salaire vital national (16 500 livres par an), et &#224; 5% celles qui exc&#233;deraient 20 fois le salaire m&#233;dian (25 000 livres). Les entreprises dont les r&#233;mun&#233;rations patronales seraient tax&#233;es &#224; 5% seraient &#233;galement priv&#233;es de march&#233;s publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Perversion du droit - Alain Deneault : &#171; Une multinationale comme Total n'est pas &#8216;une soci&#233;t&#233;' au sens traditionnel : c'est un pouvoir &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Perversion-du-droit-Alain-Deneault-Une-multinationale-comme-Total-n-est-pas-une</link>
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		<dc:date>2017-03-28T08:11:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault, Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Savons-nous vraiment ce qu'est une multinationale aujourd'hui ? Comprenons-nous la nature de son pouvoir et les moyens de le combattre r&#233;ellement ? Dans un livre important, De quoi Total est-elle la somme ?, le philosophe Alain Deneault dresse, &#224; partir du cas de Total, le portrait d'une multinationale comme acteur politique ou &#8211; pire encore peut-&#234;tre &#8211; comme acteur au-del&#224; de la politique : un &#171; pouvoir &#187; qui parvient &#224; pervertir le droit &#224; son propre profit. Rencontre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton30282-dcff7.jpg?1781051920' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Savons-nous vraiment ce qu'est une multinationale aujourd'hui ? Comprenons-nous la nature de son pouvoir et les moyens de le combattre r&#233;ellement ? Dans un livre important, De quoi Total est-elle la somme ?, le philosophe Alain Deneault dresse, &#224; partir du cas de Total, le portrait d'une multinationale comme acteur politique ou &#8211; pire encore peut-&#234;tre &#8211; comme acteur au-del&#224; de la politique : un &#171; pouvoir &#187; qui parvient &#224; pervertir le droit &#224; son propre profit. Rencontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'&lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Alain-Deneault-Une-multinationale-comme-Total-n-est-pas-une-societe-au-sens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire des multinationales&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre livre De quoi Total est-elle la somme ? est &#224; la fois un portrait de Total et une analyse du pouvoir des multinationales aujourd'hui. D'o&#249; vient ce projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un livre qui me semblait manquer. Je ne comprenais pas qu'il n'existe pas. Il y avait beaucoup d'informations disponibles sur Total, gr&#226;ce au travail d'ONG, de journalistes ou encore de documentaristes. Mon id&#233;e de d&#233;part &#233;tait de produire une synth&#232;se &#224; partir de tout ce mat&#233;riau. Chemin faisant, j'ai pris conscience de l'envergure mondiale de ce groupe, pr&#233;sent dans &#171; plus de 130 pays &#187; comme disent toujours ses dirigeants. On est loin des soci&#233;t&#233;s mini&#232;res que j'avais &#233;tudi&#233;es auparavant (lire notre &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Le-Canada-plaque-tournante-de-l) &#224; propos de son pr&#233;c&#233;dent ouvrage Paradis sous terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien avec Alain Deneault&lt;/a&gt;, dont il est relativement facile de suivre les activit&#233;s dans quelques pays au plus. Dans le cas de Total, on pourrait faire une encyclop&#233;die. J'ai aussi pris conscience de l'importance de l'histoire. Si l'on tombe sur un communiqu&#233; de presse faisant &#233;tat de forages en eaux profondes de Total au large de l'Afrique du Sud, il n'y a apparemment rien d'excessivement scandaleux, dans le contexte qui est le n&#244;tre d'aujourd'hui. Si l'on tient compte de l'histoire de Total en Afrique du Sud &#224; l'&#233;poque de l'apartheid, cela prend un tout autre relief.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, la probl&#233;matique qui m'a servi de fil conducteur pour organiser la masse d'informations &#224; laquelle j'&#233;tais confront&#233; a &#233;t&#233; de prendre au s&#233;rieux l'assertion r&#233;p&#233;t&#233;e des dirigeants de Total selon laquelle tout ce que fait l'entreprise est enti&#232;rement l&#233;gal. Non pas pour r&#233;futer cette assertion, mais au contraire pour essayer de la comprendre. Ce qui supposait de me lancer dans des consid&#233;rations relatives &#224; la sociologie ou &#224; la philosophie du droit, afin d'identifier les raisons qui font qu'une entreprise comme Total peut coloniser, corrompre, comploter, polluer etc. &#8211; tous les verbes qui donnent leur titre aux chapitres de mon livre &#8211; de mani&#232;re l&#233;gale. Si tout ceci est l&#233;gal, qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'il y a des lacunes juridiques, qu'il y a des &#201;tats complices, qu'il y a dissociation entre la responsabilit&#233; juridique de la soci&#233;t&#233; m&#232;re et celle de ses filiales, que l'on peut r&#233;gler ses litiges &#224; l'amiable sans passer devant les tribunaux, et bien d'autres manipulations et de d&#233;tournements du droit que je d&#233;cris dans mon livre. Ce sont ces multiples formes de perversion du droit qui font d'une multinationale comme Total le pouvoir qu'elle est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi Total en particulier ? N'aurait-on pas pu faire le m&#234;me livre sur Exxon, Chevron, ou sur une autre multinationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de Total &#233;tait commode &#224; plusieurs titres. Il y avait beaucoup d'informations disponibles. C'est une soci&#233;t&#233; dont la documentation est en fran&#231;ais. Mais surtout, c'est une soci&#233;t&#233; dont les dirigeants sont extr&#234;mement bavards. Christophe de Margerie, le premier, puis aujourd'hui Patrick Pouyann&#233;, ont rompu avec la tradition de mutisme qui &#233;tait encore celle du PDG pr&#233;c&#233;dent, Thierry Desmarest. Ce mutisme &#233;tait devenu intenable &#224; l'occasion de la mar&#233;e noire de l'Erika et de l'explosion de l'usine AZF &#224; Toulouse. D&#233;sormais les PDG de Total r&#233;pondent &#224; des entretiens dans la presse &#233;crite, se rendent sur les plateaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, se prononcent sur le sort des r&#233;fugi&#233;s syriens et les gr&#232;ves des manifestants contre un projet de loi sur la r&#233;forme du code du travail, financent le Louvre et des institutions universitaires, sans parler de la presse. Total communique aussi &#233;norm&#233;ment sur le plan de la recherche. Le groupe a eu ses historiens officiels et a cr&#233;&#233; un site sp&#233;cifique, &#171; Plan&#232;te &#233;nergies &#187;, pour diffuser la connaissance qu'il approuve sur l'&#233;nergie. Si l'on y ajoute les communiqu&#233;s de presse et la publicit&#233;, au final cette firme nous parle &#233;norm&#233;ment. J'ai choisi d'&#233;couter. Non pas &#233;couter comme on nous demande d'&#233;couter, mais &#233;couter pour comprendre ce que nous disent ces discours au-del&#224; de leur contenu apparent. &#192; cet &#233;gard, le fait que Total parle beaucoup &#233;tait tr&#232;s pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quel sens s'int&#233;resser &#224; Total permet-il de faire le portrait de &#171; la multinationale &#187; aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total vaut comme un cas d'&#233;cole. Imaginons le m&#234;me livre sans cas d'&#233;cole. Cela donnerait un livre plus abstrait, qui donnerait l'impression d'&#234;tre id&#233;ologique, voire p&#233;remptoire. L'exemple de Total permet de comprendre tr&#232;s rapidement de quoi il retourne. Il est d'ailleurs int&#233;ressant de constater l'impossibilit&#233; de parler de Total sans citer beaucoup d'autres multinationales. Ses concurrentes Shell, BP ou Exxon apparaissent partout dans son histoire en tant que partenaires, tout comme les banques et d'autres associ&#233;s. Total, &#224; l'instar de toute multinationale, n'est jamais seule. En plus de faire partie d'un r&#233;seau d'entit&#233;s, elle est elle-m&#234;me constitu&#233;e en droit comme un r&#233;seau de filiales et de structures autonomes. Voil&#224; ce qu'est une multinationale aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc trop simplement qu'on pr&#233;sente Total comme &#171; une soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re fran&#231;aise &#187; ; chacun de ces quatre termes pose probl&#232;me. Total n'est pas &#171; une &#187; ; ce sont 882 soci&#233;t&#233;s autonomes actives dans plus de 130 pays. Total n'est &#171; fran&#231;aise &#187; ni en ce qui regarde son actionnariat, puisque 72% du capital est d&#233;tenu par des investisseurs internationaux, ni en ce qui concerne donc les int&#233;r&#234;ts qu'elle d&#233;fend. C'est un groupe qui n'h&#233;site pas &#224; fermer des raffineries en France pour en ouvrir en Arabie saoudite. Total est bien plus qu'une &#171; p&#233;troli&#232;re &#187;, puisqu'elle fait aussi du gaz, de la chimie, des agrocaburants, du courtage, de la recherche et m&#234;me du solaire. C'est comme si McDonald's se mettait aux produits bio ; elle agit tant sur le terrain de l'&#233;nergie conventionnelle que sur celui des &#233;nergies de demain, une fois qu'on aura fini de gaspiller les ressources non renouvelables. Ce qui montre bien que Total n'est plus non plus une &#171; soci&#233;t&#233; &#187; au sens traditionnel, d&#233;di&#233;e &#224; une seule activit&#233;. C'est un pouvoir qui se d&#233;ploie sur plusieurs terrains et plusieurs secteurs, pour pouvoir profiter de toute conjoncture. Une multinationale, ce n'est jamais &#171; une soci&#233;t&#233; &#187; : c'est un r&#233;seau d'entit&#233;s qui agit avec toute la force de frappe du groupe dans diff&#233;rentes l&#233;gislations, sans qu'aucune de ces l&#233;gislations soit capable de l&#233;gif&#233;rer &#224; l'&#233;chelle &#224; laquelle la multinationale se d&#233;ploie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre livre montre bien comment les firmes p&#233;troli&#232;res ont &#171; invent&#233; &#187; beaucoup des &#233;l&#233;ments qui caract&#233;risent le fonctionnement des multinationales aujourd'hui : les paradis fiscaux, la formation d'oligopoles ou de cartels, etc. Gardent-elles encore aujourd'hui ce statut paradigmatique, face &#224; d'autres types de multinationales comme les grandes banques, ou les g&#233;ants du net ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue historique, le secteur p&#233;trolier est le deuxi&#232;me &#224; voir l'&#233;mergence de firmes multinationales, le premier &#233;tant le secteur bancaire. Pour ce dernier, cela remonte &#224; tr&#232;s loin, au moins &#224; la Renaissance. Pour faire circuler les capitaux entre les grands ports europ&#233;ens, il fallait d&#233;j&#224; &#234;tre &#171; multi-national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point fondamental est qu'il n'y avait pas besoin de multinationales pour exploiter le p&#233;trole. Les multinationales se sont impos&#233;es pour en contr&#244;ler les cours et en contr&#244;ler l'acc&#232;s, se constituant de ce fait en pouvoir. C'est la Standard Oil qui a con&#231;u ce mod&#232;le aux &#201;tats-Unis d'abord, lequel a ensuite &#233;t&#233; imit&#233; par Shell, BP, puis la Compagnie fran&#231;aise des p&#233;troles, anc&#234;tre de Total, au Moyen-Orient. Pour cela, il fallait quadriller les territoires, et donc op&#233;rer sur un mode &#171; multi-national &#187;, en allant jusqu'&#224; cr&#233;er des &#201;tats de toutes pi&#232;ces, comme l'Irak apr&#232;s la Premi&#232;re guerre mondiale, uniquement pour servir d'enveloppe juridique &#224; l'exploitation p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le a ensuite &#233;t&#233; &#233;tendu &#224; d'autres march&#233;s et d'autres secteurs : l'agroalimentaire, les &#233;quipements, et plus tard l'informatique. La Deuxi&#232;me guerre mondiale aura jou&#233; un r&#244;le catalyseur de ce point de vue. On a appris &#224; agir &#224; l'&#233;chelle mondiale, &#224; faire en sorte que les GIs aient tous la m&#234;me ration que ce soit dans le Pacifique, en Europe ou aux &#201;tats-Unis. C'&#233;tait McDonald's avant l'heure. &#192; la fin de la guerre, il y avait les infrastructures, les capitaux et la volont&#233; n&#233;cessaires pour que le mod&#232;le con&#231;u par les multinationales p&#233;troli&#232;res soit &#233;tendu &#224; d'autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si Total est aujourd'hui, comme vous le dites, un &#171; pouvoir &#187;, comment comprendre le discours de ses dirigeants selon laquelle leur entreprise &#171; ne fait pas de politique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Christophe de Margerie qui a le plus d&#233;velopp&#233; ce discours. L&#224; encore, il faut le prendre au s&#233;rieux. Ce que nous disent les dirigeants de Total, c'est qu'ils sont au-dessus de la politique, que la politique est l'affaire des pauvres, lesquels s'entred&#233;chirent pour d&#233;terminer qui d'entre eux portera la couronne. Tout ce qui int&#233;resse Total, c'est de maintenir un contr&#244;le de la situation et un rapport de forces tels que leurs int&#233;r&#234;ts fassent loi, quel que soit le gouvernement en place. Patrick Pouyann&#233; a dit par exemple que Total ne faisait pas de politique, mais de la &#171; g&#233;opolitique &#187;. R&#233;cemment encore, il pr&#233;sentait la mondialisation comme ne relevant m&#234;me plus du d&#233;bat politique gauche-droite : selon lui, il y avait bien auparavant des &#171; lib&#233;raux et des moins lib&#233;raux &#187;, mais tout &#231;a est fini, maintenant il n'y a plus qu'un seul ordre commun, et ceux qui ne le comprennent pas sont n&#233;cessairement les perdants. On voit bien la logique : on a fait la loi &#233;conomique, et maintenant on la laisse agir comme loi au sens d'un th&#233;or&#232;me, et on n'a m&#234;me plus &#224; l'assumer. On n'y peut rien si cette loi fait de nous des multimilliardaires et de la moiti&#233; de l'humanit&#233; des indigents. Comme c'est dans l'ordre des choses, il faut &#234;tre du c&#244;t&#233; des gagnants et pas des perdants&#8230; C'est ce que j'appelle dans mon livre le &#171; totalitarisme pervers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui emp&#234;che les politiques de remettre en cause cette sorte de &#171; loi naturelle &#187; que les multinationales comme Total veulent leur imposer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rel&#232;ve &#224; la fois de rapports de chantage et de rapports de collusion. Le chantage, c'est de se savoir suffisamment puissant pour priver un &#201;tat de financement, d'investissements ou d'&#233;nergie. Ce sont les multinationales qui ont cr&#233;&#233; les r&#232;gles du jeu &#233;conomique, et on sait bien que ceux qui cr&#233;ent les r&#232;gles sont en position de faire en sorte que ces r&#232;gles les avantagent m&#233;caniquement. C'est ainsi que l'on se retrouve avec des situations oligopolistiques ou monopolistiques. D'autre part, on va flatter les politiques, cr&#233;er de la connivence. Je recense dans mon livre quelques exemples de ces innombrables &#171; portes tournantes &#187;, par lesquelles des hauts repr&#233;sentants de l'&#201;tat, par exemple un ancien patron de la gendarmerie ou un conseiller de Fran&#231;ois Hollande &#224; l'&#201;lys&#233;e, vont travailler chez Total. Enfin, on va encore lubrifier ces rapports de chantage et de collusion au moyen du lobbying et de contributions id&#233;ologiques, gr&#226;ce &#224; des experts financ&#233;s par Total, des chercheurs financ&#233;s par Total, des journalistes financ&#233;s par Total, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous l'avez d&#233;j&#224; soulign&#233;, votre livre accorde une grande place &#224; l'histoire. En quoi est-ce n&#233;cessaire pour comprendre la r&#233;alit&#233; de Total aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que cette histoire t&#233;moigne de ce que Marx appelle le &#171; processus d'accumulation &#187;. C'est l'histoire de la violence, des abus et des entorses &#224; la morale commune que l'histoire cache derri&#232;re la &#171; l&#233;galit&#233; &#187; que revendique aujourd'hui une firme comme Total. Autrement dit, c'est la question de l'origine du droit actuel, de la mani&#232;re dont le droit a fini par donner une sanction l&#233;gale &#224; des pratiques qui relevaient initialement plut&#244;t de la loi de la jungle. Si l'on s'en tenait uniquement aux faits contemporains, on ne pourrait pas r&#233;pondre &#224; l'argument sans cesse brandi par les dirigeants de Total selon lequel tout ce que fait la firme est &#171; l&#233;gal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une mani&#232;re de montrer que le pass&#233; n'est pas pass&#233;. En plus de nous dire &#171; tout est l&#233;gal &#187;, la direction de Total nous donne &#224; comprendre que le pass&#233; appartient au pass&#233;, que l'on &#233;voque un cas de corruption en Iran ou les pratiques de la Fran&#231;afrique. En r&#233;alit&#233;, ce &#171; pass&#233; &#187; est toujours pr&#233;sent. Il est dans le capital qui s'est accumul&#233; au cours des ans gr&#226;ce aux activit&#233;s &#233;thiquement probl&#233;matiques de Total : le capital financier, mais aussi le capital culturel, le capital technique et le capital politique, qui sont tout aussi importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous accordez une large place aux activit&#233;s d'Elf et de Total en Afrique. La grille de lecture imp&#233;rialiste ou n&#233;ocolonialiste est-elle encore pertinente pour comprendre une multinationale comme Total et le soutien que lui apporte la France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est pass&#233; &#224; un nouveau stade. Certes, il n'est pas possible de parler de Total sans rappeler le contexte d'avant 1960, o&#249; la France &#233;tait &#224; la tra&#238;ne et cherchait &#224; imiter les Anglo-saxons. Apr&#232;s la Deuxi&#232;me guerre mondiale, dans la perspective gaullienne, il fallait diversifier les sources d'approvisionnement et cesser de d&#233;pendre de cartels domin&#233; par les &#171; Anglo-saxons &#187;. La France a donc cherch&#233; &#224; reproduire le mod&#232;le imp&#233;rialiste anglais en Afrique, principalement au Gabon et au Congo-Brazzaville, et dans une moindre mesure au Cameroun et au Tchad. Viennent les privatisations, en plusieurs &#233;tapes, dans les ann&#233;es 1980 et 1990. En 1998, l'&#201;tat n'a plus de parts ni dans Elf ni dans Total. &#192; ce moment l&#224;, les r&#233;seaux fran&#231;africains, qui s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;s dans une logique imp&#233;rialiste, se sont retrouv&#233;s eux aussi privatis&#233;s. C'&#233;tait la fin d'une certaine Fran&#231;afrique, mais pas sa disparition. La Fran&#231;afrique ne fonctionne plus alors en circuit ferm&#233; comme auparavant, mais elle devient un r&#233;seau de liens de types partenariaux avec des diplomates et des repr&#233;sentants de la R&#233;publique, et surtout elle s'est embranch&#233;e sur d'autres r&#233;seaux internationaux. C'est ainsi que l'on voit d&#233;sormais Total amener les Qataris au Congo-Brazzaville, ou chercher des capitaux chinois pour ses op&#233;rations en Russie. Le legs imp&#233;rialiste de la Fran&#231;afrique demeure, mais connect&#233; &#224; un r&#233;seau plus vaste, dont la cartographie est mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute la nature ambivalente de Total : d'un certain c&#244;t&#233;, ce n'est plus une entreprise fran&#231;aise. Partout ailleurs dans le monde, elle se pr&#233;sente commune multinationale comme les autres. En m&#234;me temps, il se maintient une relation symbiotique entre Total et la R&#233;publique fran&#231;aise, non pas dans un rapport de d&#233;pendance, mais dans un rapport d'assimilation compl&#232;te de leurs int&#233;r&#234;ts respectifs. C'est ainsi que lorsque Patrick Pouyann&#233; va voir Poutine en 2014, on le cite dans le communiqu&#233; de presse du Kremlin disant qu'il repr&#233;sente en quelque sorte la France elle-m&#234;me. Inversement, la France peut envoyer un employ&#233; de Total si&#233;ger en son nom dans un comit&#233; des Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous montrez dans votre livre la mani&#232;re dont une multinationale comme Total parvient &#224; instrumentaliser, pervertir, d&#233;tourner le droit de diverses mani&#232;res. Or la premi&#232;re r&#233;ponse mise en avant aujourd'hui pour faire face au pouvoir des multinationales, que ce soit en France avec la loi sur le &#171; devoir de vigilance &#187; ou au niveau international avec l'id&#233;e d'un trait&#233; dans le cadre de l'ONU, est pr&#233;cis&#233;ment le droit. Celui-ci peut-il &#234;tre une r&#233;ponse ad&#233;quate &#224; lui seul ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que j'ai trouv&#233; int&#233;ressant de travailler avec l'association Sherpa, qui a r&#233;dig&#233; une postface pour le livre. Le droit est un outil, mais pas une panac&#233;e. Il faut rompre avec le r&#233;flexe militant consistant &#224; penser que par le droit on va arriver &#224; toutes ses fins. Les solutions juridiques et l&#233;gislatives sont de port&#233;e structurellement limit&#233;e. Il faut en venir &#224; un diagnostic en phase avec le XXIe si&#232;cle et concevoir les multinationales comme des pouvoirs, &#233;voluant dans des sph&#232;res anomiques, par rapport auxquels il faut d&#233;velopper des contre-pouvoirs. Quand on en vient &#224; voir des multinationales se doter de contraintes volontaires, cela veut bien dire qu'il n'y a actuellement aucune instance pour les contraindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;cis&#233;ment, vous montrez bien comment tout le monde - journalistes, ONG, politiques, juristes&#8230; &#8211; tend &#224; n'aborder les multinationales qu'&#224; travers des &#171; cas &#187;, ce qui emp&#234;che d'appr&#233;hender l'image g&#233;n&#233;rale que votre livre cherche &#224; produire. Comment construire un contre-pouvoir &#224; l'&#233;chelle d'une multinationale en elle-m&#234;me, dans sa globalit&#233; ? Est-ce m&#234;me possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut obtenir des avanc&#233;es par le droit, mais il faut aussi comprendre que le probl&#232;me fondamental, c'est la multinationale elle-m&#234;me. On n'en a pas besoin. On n'a pas besoin d'une multinationale pour produire une boisson sucr&#233;e ou un sandwich, ni pour g&#233;n&#233;rer de l'&#233;nergie, fabriquer des v&#234;tements ou rendre disponible du papier&#8230; La solution ultime, c'est leur dissolution. En attendant, il faut continuer &#224; agir cas par cas, dossier par dossier, enjeu par enjeu, tout en &#233;tant conscient que cela ne suffira pas. L'heure est venue de faire preuve de maturit&#233; politique, de nous dire que nous en sommes r&#233;duits &#224; colmater des br&#232;ches, parce que le rapport de forces est totalement d&#233;s&#233;quilibr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire alors que le d&#233;veloppement d'alternatives, la relocalisation de l'&#233;conomie, bref toutes les pratiques qui permettent de se passer des multinationales, sont une partie importante de la solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut agir autant que faire se peut en marge du syst&#232;me dans lequel les multinationales nous enferment, mais en restant conscient, une fois encore, qu'aucune solution n'est une panac&#233;e. M&#234;me si on n'a pas de voiture, l'existence de l'automobile est un fait social contraignant, qui rel&#232;ve de l'ordre &#233;conomique et politique. Le probl&#232;me se situe &#224; un niveau qui d&#233;passe les initiatives personnelles ou restreintes. M&#234;me des d&#233;fenseurs mod&#233;r&#233;s du capitalisme comme Joseph Stiglitz, Larry Fink ou Raymond Baker ont pr&#233;sent&#233; le r&#233;gime d'exploitation que les multinationales ont g&#233;n&#233;r&#233; comme un cancer, qui se d&#233;veloppe &#224; son propre d&#233;triment. C'est en travaillant &#224; faire comprendre &#224; quel point ce r&#233;gime n'est pas viable qu'on peut favoriser les conditions de possibilit&#233; d'un changement radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les syndicats repr&#233;sentent-ils encore une force au sein m&#234;me de Total qui peut porter une vision alternative ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, mais il faut aussi &#234;tre conscient que lorsque Total pr&#233;f&#232;re investir en Arabie saoudite ou dans d'autres pays qui sont socialement et fiscalement moins exigeants que la France, cela contribue aussi &#224; priver les syndicats de leur force de frappe. Le probl&#232;me reste de savoir se battre contre la multinationale dans son ensemble. Sinon, on va continuer &#224; lutter sur des fronts isol&#233;s les uns des autres, sans se rendre compte que pour l'entreprise perdre sur tel front est sans cons&#233;quence, dans la mesure o&#249; elle peut en ouvrir d'autres qui sont hors de notre port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours de la direction de Total que vous analysez n'est-il pas aussi destin&#233; &#224; ses propres salari&#233;s, pour les motiver et les mobiliser ? Total a des dizaines de milliers de salari&#233;s en France et partout dans le monde, qui savent tr&#232;s bien qu'il y a des probl&#232;mes potentiels de corruption, de pollution, et qui peuvent se sentir de ce fait un peu schizophr&#232;nes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que quand le groupe parle, il parle &#224; des publics pr&#233;cis, y compris son propre personnel. Christophe de Margerie a utilis&#233; des phrases telles que : &#171; Aucun employ&#233; ne peut &#234;tre fier de travailler pour une firme d&#233;ficitaire. &#187; C'est une mani&#232;re d'associer l'employ&#233; au sort de tout le groupe comme s'il y avait un lien de solidarit&#233; tr&#232;s fort, alors que c'est un lien de domination. C'est une autre manifestation de ce que j'appelle le &#171; totalitarisme pervers &#187; : la politique est dissoute dans les rouages dans lesquels le pouvoir s'exerce, de sorte que le pouvoir n'appara&#238;t plus comme tel, parce qu'il s'est compl&#232;tement int&#233;gr&#233; &#224; des modalit&#233;s effectives, sur un mode manag&#233;rial ou commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous publiez ce livre en France en plein p&#233;riode &#233;lectorale. Comment jugez-vous cette campagne, o&#249; la question des marges de man&#339;uvre r&#233;elles des politiques face aux pouvoirs &#233;conomiques semble un peu pass&#233;e aux oubliettes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution d'un livre comme celui-ci dans le contexte actuel de la France est de rappeler que l'essentiel des enjeux &#233;chappe aujourd'hui aux souverainet&#233;s politiques, parce que l'on a &#233;labor&#233; l'Europe telle qu'elle est, parce que l'on a sign&#233; des trait&#233;s de libre-&#233;change, parce que l'on a accept&#233; les m&#233;canismes d'arbitrage investisseurs-&#201;tats, parce qu'on a jamais r&#233;glement&#233; le lobbying, parce qu'on accepte qu'un ancien premier ministre et d&#233;put&#233; soit en m&#234;me temps le titulaire d'une firme de conseil pour des entreprises. Lorsque Total dit qu'elle ne fait pas de politique, elle a raison, et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est inqui&#233;tant. Cela veut dire que le pouvoir est concentr&#233; dans des structures qui exc&#232;dent le champ de la souverainet&#233; nationale et des institutions internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne Trump et la mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite en Europe sont-ils d'une certaine mani&#232;re une cons&#233;quence de cette incapacit&#233; politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis int&#233;ress&#233; &#224; ce point dans un opuscule qui sort ce mois-ci chez Lux, sous le titre Politiques de l'extr&#234;me-centre. Cette notion d'extr&#234;me-centre est centrale pour comprendre le ph&#233;nom&#232;ne Trump ou Le Pen. Depuis les ann&#233;es 1980, on a voulu faire passer pour normales, neutres et pragmatiques des politiques en r&#233;alit&#233; extr&#234;mement in&#233;galitaires et destructrices. On les simplement a maquill&#233;es sous le jour de la pond&#233;ration et de la n&#233;cessit&#233; pour les faire para&#238;tre acceptables. Cet extr&#234;me-centre a d&#233;lib&#233;r&#233;ment cherch&#233; &#224; abolir l'axe gauche-droite et &#224; exclure toutes les autres voix. L'alternance se pose aujourd'hui entre ceux qui sont pour cet &#201;tat violent mais polic&#233;, et ceux qui comme Trump ou Le Pen sont pour un retour aux sources violentes de l'&#201;tat. Autrement dit, la seule alternative institu&#233;e qui reste se joue entre des gens qui nous font boire l'huile de foie de morue &#233;dulcor&#233;e et ceux qui nous la font boire crue, mais dans les deux cas le discours et le fondement politique sont les m&#234;mes. Il n'y a plus de discours visant &#224; transformer en profondeur la soci&#233;t&#233;. Sur un plan &#233;conomique, Emmanuel Macron veut donner un peu plus de droits &#224; un peu plus d'acteurs, mais par rapport &#224; un corpus commun qui est le m&#234;me que pour un Fillon par exemple. Trump, Fillon et Le Pen, eux, sont ouvertement violents, sans complexes. &#192; la limite, c'est sur le degr&#233; de violence des candidats que les m&#233;dias tendancieux pr&#233;sentent officiellement comme pr&#233;sidentiables que porte la d&#233;cision &#233;lectorale, non plus sur des projets de nature diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Olivier Petitjean&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire : Alain Deneault, De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit, &#233;ditions rue de l'&#201;chiquier et &#201;cosoci&#233;t&#233;, 512 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aubaine pour les multinationales, le march&#233; europ&#233;en du carbone est-il r&#233;formable ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Aubaine-pour-les-multinationales-le-marche-europeen-du-carbone-est-il</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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&lt;p&gt;Mis en place en 2005, le march&#233; carbone europ&#233;en est aujourd'hui largement consid&#233;r&#233; comme un &#233;chec au vu de sa faible contribution aux objectifs climatiques de l'Union, ainsi que des milliards de cr&#233;dits carbone distribu&#233;s gratuitement aux industries europ&#233;ennes. Mais le lobbying des milieux &#233;conomiques a r&#233;ussi &#224; faire en sorte que la r&#233;forme tant attendue soit vid&#233;e de toute substance. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de l'Observatoire des multinationales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a douze ans, l'Union europ&#233;enne mettait en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-03-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-03-14&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton30089-31f84.jpg?1781051920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mis en place en 2005, le march&#233; carbone europ&#233;en est aujourd'hui largement consid&#233;r&#233; comme un &#233;chec au vu de sa faible contribution aux objectifs climatiques de l'Union, ainsi que des milliards de cr&#233;dits carbone distribu&#233;s gratuitement aux industries europ&#233;ennes. Mais le lobbying des milieux &#233;conomiques a r&#233;ussi &#224; faire en sorte que la r&#233;forme tant attendue soit vid&#233;e de toute substance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'&lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Aubaine-pour-les-multinationales-le-marche-europeen-du-carbone-est-il&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire des multinationales&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a douze ans, l'Union europ&#233;enne mettait en place un march&#233; carbone &#224; l'&#233;chelle du continent, le Syst&#232;me communautaire d'&#233;change de quotas d'&#233;mission (SCEQE). Son principe ? Fixer des quotas d'&#233;missions de CO2 pour tous les sites industriels et activit&#233;s polluantes d'Europe, dont la quantit&#233; globale se r&#233;duirait au fil des ann&#233;es. Ceux qui n'utilisent pas tous leurs quotas gr&#226;ce &#224; leurs efforts de r&#233;duction de leur empreinte carbone peuvent ensuite les &#171; revendre &#187; aux plus gros pollueurs. Un syst&#232;me cens&#233; initier une spirale vertueuse, permettant &#224; l'Europe d'atteindre ses objectifs climatiques par le simple jeu du &#171; march&#233; libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde est d'accord aujourd'hui pour constater l'&#233;chec retentissant de ce syst&#232;me. Si les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre du vieux continent ont l&#233;g&#232;rement baiss&#233; depuis 2005, c'est principalement en raison de la crise &#233;conomique et financi&#232;re. Le prix du carbone est rest&#233; extr&#234;mement bas (entre 4 et 6 euros la tonne), insuffisant pour inciter un quelconque changement de mod&#232;le industriel. Selon les experts, ce prix devrait &#234;tre au moins de 30 euros, voire de 40 euros la tonne pour avoir des effets. Les &#233;nerg&#233;ticiens europ&#233;ens ont continu&#233; jusque tr&#232;s r&#233;cemment &#224; construire de nouvelles centrales &#233;lectriques au charbon, la plus polluante des sources d'&#233;nergie. Une exemption permet m&#234;me aux pays d'Europe centrale et &#224; la Gr&#232;ce de b&#233;n&#233;ficier aujourd'hui encore de &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2016/nov/03/greece-set-to-win-175m-from-eu-climate-scheme-to-build-two-coal-plants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;financements issus du march&#233; carbone&lt;/a&gt; pour la construction de nouvelles centrales charbon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des milliards d'allocations gratuites pour les gros pollueurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, d'&#233;normes quantit&#233;s d'allocations gratuites ont &#233;t&#233; distribu&#233;es aux industriels europ&#233;ens, sous pr&#233;texte de ne pas nuire &#224; leur &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; et de leur permettre de s'adapter en douceur aux exigences climatiques. De nombreux scandales ont montr&#233; que ces allocations gratuites avaient &#233;t&#233; largement sur&#233;valu&#233;es, cr&#233;ant un effet d'aubaine pour de nombreuses firmes. Sans m&#234;me parler des fraudes directes, comme celle dans laquelle sont impliqu&#233;s des hommes d'affaires fran&#231;ais, isra&#233;liens et polonais pour un montant de 283 millions d'euros [1] Lors de la fermeture de son site de Florange, ArcelorMittal a ainsi engrang&#233; 19 millions d'euros de profits du fait de ses quotas de carbone non utilis&#233;s. De m&#234;me, le magazine t&#233;l&#233;vis&#233; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/video-cash-investigation-quotas-carbone-un-business-en-beton-pour-lafarge_1459609.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cash investigation&lt;/a&gt; a montr&#233; en 2016 comment le groupe cimentier Lafarge avait re&#231;u des cr&#233;dits carbone dans le cadre du march&#233; europ&#233;en pour un site industriel d&#233;j&#224; ferm&#233; dans l'Yonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne va bien au-del&#224; de ces cas anecdotiques. Selon les calculs de l'&lt;a href=&#034;http://carbonmarketwatch.org/wp-content/uploads/2016/11/Cement-windfall-from-the-ETS_4page_final.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ONG sp&#233;cialis&#233;e Sandbag&lt;/a&gt;, le seul secteur du ciment aura engrang&#233; en tout des profits &#233;quivalents &#224; 5 milliards d'euros gr&#226;ce aux lacunes du march&#233; carbone europ&#233;en. Le nouveau g&#233;ant LafargeHolcim admet lui-m&#234;me plus de 1,1 milliard de b&#233;n&#233;fices &#224; ce titre. Dans le m&#234;me temps, l'industrie europ&#233;enne du ciment est devenue l'une des moins efficiente du monde en termes de consommation d'&#233;nergie et donc d'&#233;missions, juste devant les &#201;tats-Unis mais loin derri&#232;re les pays &#233;mergents. La preuve, s'il en &#233;tait besoin, que les allocations gratuites g&#233;n&#233;reusement distribu&#233;es par l'Europe ont dissuad&#233; les entreprises concern&#233;es d'investir pour moderniser leurs sites sur le vieux continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bataille de lobbying &#224; la hauteur des enjeux &#233;conomiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il y a quelque chose de pourri dans le march&#233; europ&#233;en du carbone, &#224; la fois en raison des multiples lacunes du syst&#232;me et de la surabondance de quotas gratuits, mais aussi plus fondamentalement parce que ce m&#233;canisme de march&#233; se substitue, de fait, &#224; la fixation d'objectifs ambitieux et contraignants de r&#233;duction de nos &#233;missions et de celles de nos entreprises. Ce qui explique que de nombreuses organisations de la soci&#233;t&#233; civile en &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Il-est-temps-de-mettre-fin-au&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appellent &#224; son abandon pur et simple&lt;/a&gt;. Malgr&#233; les dysfonctionnements, la Commission europ&#233;enne continue quant &#224; elle &#224; y voir son principal outil de lutte contre le r&#233;chauffement climatique. Elle est fortement influenc&#233;e en ce sens par l'industrie p&#233;troli&#232;re et les g&#233;ants de l'&#233;nergie comme Total ou Engie, qui voient dans le prix du carbone un moyen de substituer le gaz qu'elles produisent au charbon, tout en emp&#234;chant une transition plus ambitieuse (lire nos articles &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/COP21-10-raisons-de-rester-sceptique-face-aux-beaux-discours-d-Engie-sur-le&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Total-plein-gaz-contre-le-climat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;). Le &#171; groupe Magritte &#187;, qui r&#233;unit le gratin des &#233;nerg&#233;ticiens europ&#233;ens sous l'&#233;gide de G&#233;rard Mestrallet, pr&#233;sident d'Engie, a m&#234;me plaid&#233; pour la r&#233;duction des aides aux renouvelables et pour des objectifs all&#233;g&#233;s d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique&#8230; afin de permettre au march&#233; carbone de mieux fonctionner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la r&#233;forme tant attendue du march&#233; europ&#233;en du carbone risque fort de ne pas avoir pas lieu. Officiellement souhait&#233;e par toutes les parties, annonc&#233;e depuis trois ans par la Commission, elle a subi un assaut massif des grands lobbys industriels bruxellois, d&#233;taill&#233; dans un r&#233;cent &lt;a href=&#034;https://corporateeurope.org/sites/default/files/attachments/the_carbon_welfare_report.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport de l'ONG Corporate Europe Observatory&lt;/a&gt;. Celle-ci a par exemple compil&#233; les rendez-vous accord&#233;s par la Commission europ&#233;enne &#224; des groupes d'int&#233;r&#234;ts dans le cadre de la pr&#233;paration de la r&#233;forme du march&#233; carbone entre 2014 et 2016 : en t&#234;te de la liste, on trouve Shell, ArcelorMittal, le lobby de la sid&#233;rurgie Eurofer, le lobby europ&#233;en du papier, celui des engrais, celui des carburants, ou encore la Conf&#233;d&#233;ration des industries allemandes. Sur les 13 organisations les plus fr&#233;quemment en contact avec la Commission, une seule (le R&#233;seau action climat Europe, une ONG environnementaliste) ne repr&#233;sente pas le secteur industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique peut-&#234;tre que les industries lourdes aient r&#233;ussi &#224; convaincre la Commission que la &#171; fuite du carbone &#187;, autrement dit la d&#233;localisation hors d'Europe des industries fortement &#233;mettrices, continuait &#224; repr&#233;senter une menace justifiant la poursuite des allocations gratuites. Plusieurs &#233;tudes, y compris &#233;manant de la Commission europ&#233;enne elle-m&#234;me, ont pourtant montr&#233; que cette menace &#233;tait largement imaginaire, particuli&#232;rement dans le secteur du ciment [2]. Plus g&#233;n&#233;ralement, une grande partie des lacunes et des exemptions qui rendaient le march&#233; carbone si facile &#224; d&#233;tourner de son objectif ont &#233;t&#233; maintenues. Dans un syst&#232;me aussi complexe, la moindre virgule ou le moindre codicille peuvent engager des millions d'euros de pertes ou de profits pour les industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gouvernements nationaux encore plus sensibles aux lobbys&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de r&#233;forme mise sur la table par la Commission, de port&#233;e tr&#232;s modeste, un temps contest&#233;e au Parlement, a &#233;t&#233; valid&#233;e dans ses grandes lignes le 15 f&#233;vrier. Le secteur du charbon repr&#233;sent&#233; par le lobby Euracoal, mais &#233;galement les repr&#233;sentants des industries lourdes (ciment, sid&#233;rurgie, chimie) ont &#224; nouveau pes&#233; de tout leur poids aupr&#232;s des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens. Les entreprises polluantes continueront donc &#224; recevoir des milliards d'euros en allocations gratuites jusqu'en 2031 au moins, alors que ces allocations &#233;taient cens&#233;es dispara&#238;tre apr&#232;s 2020. Ces cr&#233;dits carbone continueront &#224; &#234;tre calcul&#233;s de mani&#232;re th&#233;orique, au lieu d'&#234;tre align&#233;s sur les &#233;missions r&#233;elles des firmes. L'aubaine pour les multinationales concern&#233;es se chiffre en dizaines de milliards d'euros : 160 milliards d'euros au total selon les estimations de la Commission europ&#233;enne elle-m&#234;me. L'id&#233;e d'introduire aux fronti&#232;re un m&#233;canisme de &#171; taxe carbone &#187; pour &#233;viter la concurrence d'industriels qui ne seraient pas soumis aux m&#234;mes obligations que les Europ&#233;ens a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e, au motif qu'elle portait atteinte au dogme du libre &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil europ&#233;en, qui regroupe les repr&#233;sentants des &#201;tats, doit se prononcer sur la r&#233;forme ce 28 f&#233;vrier, avant que la proposition ne soit finalis&#233;e &#224; travers la proc&#233;dure informelle et extr&#234;mement opaque appel&#233;e &#171; trilogue &#187; [3], probablement d'ici l'&#233;t&#233; 2017. Pas de quoi rassurer les &#233;cologistes, car dans le pass&#233;, les gouvernements nationaux se sont montr&#233;s encore plus sensibles que la Commission aux arguments des industriels, et notamment &#224; la menace de d&#233;localisations. La Pologne est vent debout, comme de coutume, pour d&#233;fendre son industrie du charbon. De m&#234;me pour de nombreux gouvernements europ&#233;ens, quoique de mani&#232;re moins ouverte. Les patrons ne se privent pas de faire la tourn&#233;e des capitales pour brandir la menace du rench&#233;rissement du carbone pour l'emploi. Lakshmi Mittal, le patron indien du groupe ArcelorMittal, l'a encore fait ces derniers jours dans les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/27/lakhsi-mittal-les-quotas-de-co2-ne-doivent-pas-mettre-en-danger-l-industrie-siderurgique-europeenne_5086137_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;colonnes du Monde&lt;/a&gt; en France et aussi en &lt;a href=&#034;http://www.lne.es/economia/2017/02/25/mittal-advierte-encarecer-co2-llevar/2063353.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Espagne&lt;/a&gt;. Tout au long de la pr&#233;paration de la r&#233;forme, selon les documents obtenus par Corporate Europe Observatory, le g&#233;ant de l'acier n'a cess&#233; de mettre en avant les risques pour l'emploi dans ce dernier pays... qui est aussi la patrie du commissaire europ&#233;en en charge du dossier, Miguel Arias Ca&#241;ete. Vous avez dit chantage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Petitjean&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire &lt;a href=&#034;http://www.euractiv.fr/section/justice-affaires-interieures/news/deux-francais-et-un-polonais-suspects-de-fraude-sur-le-co2-encourent-de-lourdes-peines/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/la-condamnation-dun-courtier-decredibilise-un-peu-plus-le-marche-du-carbone/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir &lt;a href=&#034;https://ec.europa.eu/clima/sites/clima/files/ets/allowances/leakage/docs/cl_evidence_factsheets_en.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.lse.ac.uk/GranthamInstitute/wp-content/uploads/2015/02/Working-Paper-178-Sato-and-Dechezlepretre.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Un &#171; trilogue &#187; regroupe des repr&#233;sentants de la Commission, du Conseil et du Parlement pour qu'ils se mettent d'accord sur le texte final d'une l&#233;gislation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CAC40 : augmentation record des dividendes en 2016</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/CAC40-augmentation-record-des-dividendes-en-2016</link>
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		<dc:date>2017-01-31T07:40:46Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Petitjean</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2016, les entreprises du CAC40 ont distribu&#233; pr&#232;s de 56 milliards d'euros de dividendes, un niveau record depuis la crise financi&#232;re de 2008. Total, Sanofi et Vivendi repr&#233;sentent &#224; elles seules le tiers de cette somme. Des chiffres qui refl&#232;tent le primat des profits &#224; court termes des actionnaires, au d&#233;triment de la strat&#233;gie industrielle des firmes, des salaires, mais aussi des co&#251;ts sociaux et environnementaux g&#233;n&#233;r&#233;s par leurs activit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de multinationales.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-01-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-01-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton29512-eca8e.jpg?1781051920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2016, les entreprises du CAC40 ont distribu&#233; pr&#232;s de 56 milliards d'euros de dividendes, un niveau record depuis la crise financi&#232;re de 2008. Total, Sanofi et Vivendi repr&#233;sentent &#224; elles seules le tiers de cette somme. Des chiffres qui refl&#232;tent le primat des profits &#224; court termes des actionnaires, au d&#233;triment de la strat&#233;gie industrielle des firmes, des salaires, mais aussi des co&#251;ts sociaux et environnementaux g&#233;n&#233;r&#233;s par leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/CAC40-augmentation-record-des-dividendes-en-2016&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;multinationales.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises du CAC40 ont distribu&#233; en 2016 la somme record de 56 milliards d'euros en dividendes et rachat d'actions. Un chiffre en nette hausse par rapport &#224; 2015, o&#249; il n'&#233;tait &#171; que &#187; de 43 milliards. En moyenne, les grandes entreprises fran&#231;aises ont redistribu&#233; 57% de de leurs b&#233;n&#233;fices aux actionnaires en 2016, contre 51% en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois entreprises seulement repr&#233;sentent les deux tiers des montants redistribu&#233;s aux actionnaires : Sanofi et Total, les deux principales capitalisations boursi&#232;res fran&#231;aises, mais aussi Vivendi, qui a d&#233;bloqu&#233; un dividende exceptionnel de 3,8 milliards d'euros en plus de ses dividendes &#171; normaux &#187; de 5,8 milliards. Dans le cas de Vivendi, ces chiffres sont le r&#233;sultat de l'arriv&#233;e de Vincent Bollor&#233;, qui a pour habitude de ponctionner la tr&#233;sorerie des firmes dont il prend le contr&#244;le pour lui faire servir ses propres int&#233;r&#234;ts [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelle &lt;a href=&#034;http://www.novethic.fr/isr-et-rse/actualite-de-la-rse/isr-rse/cac-40-inquietude-autour-de-dividendes-records-en-2016-144241.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Novethic&lt;/a&gt;, Sanofi (6,7 milliards de dividendes en 2016) est expos&#233;e quant &#224; elle &#224; des affaires de s&#233;curit&#233; sanitaire comme celle de la D&#233;pakine (&lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Sanofi-et-sa-Depakine-vises-par-la-premiere-action-de-groupe-en-France-dans-le&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire notre article&lt;/a&gt;) qui pourraient lui co&#251;ter plusieurs dizaines de milliards d'euros pour indemniser les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Total (5,9 milliards), les dividendes distribu&#233;s chaque ann&#233;e repr&#233;sentent autant de paris sur la perp&#233;tuation de l'extraction de p&#233;trole et de gaz malgr&#233; leur r&#244;le dans la crise climatique. C'est aussi autant d'argent qui ne sera pas consacr&#233; &#224; une v&#233;ritable transformation de son mod&#232;le commercial pour r&#233;pondre aux exigences de la transition &#233;nerg&#233;tique (sur ce point, voir notre r&#233;cent &lt;a href=&#034;http://multinationales.org/Total-une-strategie-climat-en-trompe-l-oeil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport Total : une strat&#233;gie climat en trompe-l'oeil&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;s&#233;quilibre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque ann&#233;e, de nombreux commentateurs ont soulign&#233; les risques intrins&#232;ques &#224; l'explosion des dividendes, au d&#233;triment notamment des investissements qui assurent la p&#233;rennit&#233; &#224; long terme des firmes. Selon les calculs de Christian Chavagneux pour &lt;a href=&#034;http://www.alternatives-economiques.fr/plus-de-dividendes-dinvestissements/00076431&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/a&gt;, les entreprises non financi&#232;res fran&#231;aises ont distribu&#233; en 2016 deux fois plus de dividendes qu'elles n'ont consacr&#233; &#224; l'investissement - une proportion invers&#233;e par rapport aux ann&#233;es 1980. Contrairement &#224; un argument parfois invoqu&#233;, ces dividendes ne contribuent que tr&#232;s mod&#233;r&#233;ment &#224; entretenir la prosp&#233;rit&#233; de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise dans son ensemble, au vu de la faible taxation du capital et du fait que plus de 50% des actionnaires du CAC40 sont &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse ininterrompue des dividendes illustre donc une nouvelle fois la mani&#232;re dont les entreprises sont de plus en plus g&#233;r&#233;es uniquement pour leurs actionnaires, au d&#233;triment de leur strat&#233;gie industrielle (investissements) et de leurs travailleurs (salaires), sans parler de la probl&#233;matique de la prise en compte de leurs co&#251;ts sociaux et environnementaux, qu'illustrent chacune &#224; leur mani&#232;re les exemples de Total et Sanofi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, comme le rappelle Lib&#233;ration, les investissements et la part des salaires sont eux aussi repartis &#224; la hausse, les profits g&#233;n&#233;r&#233;s par les entreprises restent tr&#232;s majoritairement consacr&#233;s &#224; la r&#233;mun&#233;ration du capital et des actionnaires. Malgr&#233; leurs beaux discours sur le besoin d'investir, les fonds financiers comme Blackrock continuent &#224; prioriser la distribution de dividendes. Plusieurs entreprises, dont EDF, doivent m&#234;me s'endetter sur les march&#233;s pour distribuer des dividendes, dont le premier b&#233;n&#233;ficiaire est en l'occurrence l'&#201;tat actionnaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le record historique de distributions de dividendes par les soci&#233;t&#233;s du CAC40 s'&#233;tablit &#224; 57,1 milliards d'euros. C'&#233;tait en 2007, juste avant la crise financi&#232;re globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire les articles de Lib&#233;ration &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/09/bollore-prend-ses-ponctions-chez-vivendi_1438620&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/futurs/2016/06/07/bollore-et-les-25-milliards-d-euros-que-ne-verront-jamais-les-salaries-de-canal_1457863&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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