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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>R&#233;volution(s) et contre r&#233;volution(s) - Penser le neuf sans oublier l'ancien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Revolution-s-et-contre-revolution-s-Penser-le-neuf-sans-oublier-l-ancien</link>
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		<dc:date>2025-03-25T11:13:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-25</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La victoire de Trump aux &#201;tats-Unis confirme la fin d'une &#233;poque et l'av&#232;nement d'une nouvelle donne politique. Pas seulement &#233;conomique, mais aussi dans l'architecture du monde. C'est la fin de la p&#233;riode ouverte par la chute du mur de Berlin (novembre 1989) qui avait vu les &#201;tats-Unis acc&#233;der au rang d'hyperpuissance, sans rival. (...) Faute de projet, disons 'socialiste', d'une classe ouvri&#232;re qui prend conscience de ses int&#233;r&#234;ts communs, la contre r&#233;volution s'&#233;tendra li&#233;e &#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-03-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-03-25&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/antifascistes-26055.png?1742901189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La victoire de Trump aux &#201;tats-Unis confirme la fin d'une &#233;poque et l'av&#232;nement d'une nouvelle donne politique. Pas seulement &#233;conomique, mais aussi dans l'architecture du monde. C'est la fin de la p&#233;riode ouverte par la chute du mur de Berlin (novembre 1989) qui avait vu les &#201;tats-Unis acc&#233;der au rang d'hyperpuissance, sans rival. (...) Faute de projet, disons 'socialiste', d'une classe ouvri&#232;re qui prend conscience de ses int&#233;r&#234;ts communs, la contre r&#233;volution s'&#233;tendra li&#233;e &#224; une nouvelle forme du fascisme. La guerre fait partie int&#233;grante de cette panoplie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;5 mars 2025 | tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article74067&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article74067&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s capitalistes d&#233;velopp&#233;es bouillonnent. L'in&#233;dit devient habituel. Ce qui signifie que le monde est en train de changer, de se r&#233;volutionner. Un monde devrait dispara&#238;tre, son mod&#232;le d'accumulation est obsol&#232;te. Les crises capitalistes indiquent la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution interne au syst&#232;me pour faire na&#238;tre un nouveau r&#233;gime d'accumulation, de nouvelles modalit&#233;s de cr&#233;ation des richesses, ce qui suppose de rompre avec celui n&#233; dans les ann&#233;es 1980 appel&#233; r&#233;gime d'accumulation &#224; dominante financi&#232;re. Des forces sociales r&#233;actionnaires, les privil&#233;gi&#233;s &#8211; les ultra riches &#8211; de cette soci&#233;t&#233; qui a vu les in&#233;galit&#233;s s'approfondir, s'opposent &#224; tout changement fondamental, prenant le risque, par cette mentalit&#233; de colons, d'explosions sociales et soci&#233;tales. Dans leur recherche de l&#233;gitimation des pouvoirs en place, ils ne craignent pas de faire appel aux dogmes religieux les plus &#233;cul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Affrontements &#201;tats-Unis/Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique provient d'un curieux m&#233;lange. Les &#201;tats-Unis et la Chine, &#224; coups de subventions, connaissent les cons&#233;quences du surinvestissement, d'une production pl&#233;thorique qui ne trouve pas de d&#233;bouch&#233;s, tandis que les pays europ&#233;ens n'ont pas r&#233;alis&#233; les investissements n&#233;cessaires pour transformer leur outil de production et voient la crise industrielle battre son plein. Sur le march&#233; mondial, la surproduction provoque l'exacerbation de la concurrence, la guerre des prix pour gagner des parts de march&#233;. &#201;tats-Unis comme Chine pour prot&#233;ger leurs capitalistes pratiquent une politique agressive d'augmentation des droits de douane. Trump, pour assurer les approvisionnements des &#201;tats-Unis en terres rares et autres m&#233;taux, n&#233;cessaires &#224; la tech, veut coloniser le Groenland, pays sous domination danoise, qui est prot&#233;g&#233; par les accords internationaux pour ne pas exploiter ses ressources mini&#232;res. La Chine, face aux menaces trumpiennes, se tourne de plus en plus vers l'Asie du Sud-Est, forte, malgr&#233; son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, de 650 millions d'habitants. Dans ce monde, la confrontation &#201;tats-Unis/Chine met hors jeu l'Europe, devenue le champ privil&#233;gi&#233; des exportations am&#233;ricaines et surtout chinoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie allemande synth&#233;tise tous les enjeux. Elle a &#233;t&#233; le seul pays d&#233;velopp&#233; &#224; ne pas conna&#238;tre le processus de d&#233;sindustrialisation qui s'est manifest&#233; &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980, ann&#233;es marqu&#233;es dans tous les autres pays d&#233;velopp&#233;s par la financiarisation de l'&#233;conomie et la mondialisation. [1] Son principal client, jusqu'&#224; la pand&#233;mie, la Chine, s'est industrialis&#233;e en se tournant vers les technologies de pointe. L'industrie allemande s'est retrouv&#233;e profond&#233;ment en crise. La Chine s'est m&#234;me lanc&#233;e dans la conception de produits nouveaux en cr&#233;ant des fili&#232;res qui n'existaient pas auparavant [2]. Plus encore, Xi Jinping &#171; veut mettre la finance au pas &#187; en demandant aux banques de renoncer &#224; leur profit [3] ; pour favoriser le financement des investissements productifs. Une id&#233;e force. Les crit&#232;res des march&#233;s financiers de court terme et de distribution de dividendes ob&#232;rent les capacit&#233;s d'investissement. La transformation de l'&#233;conomie chinoise, la volont&#233; du Parti Communiste Chinois &#8211; le grand oxymore de notre temps : un parti Communiste vecteur du capitalisme &#8211; de faire de ce grand pays une &#233;conomie &#224; la pointe de la tech, des panneaux volta&#239;ques ou de la voiture &#233;lectrique. La surproduction qui en r&#233;sulte jette un doute sur la croissance future &#8211; les Bourses chinoises stagnent &#8211; faute d'augmentation du march&#233; final, et du nombre de consommateurs. La construction du march&#233; int&#233;rieur, objectif pourtant du nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, marque le pas. La crise immobili&#232;re a jou&#233; un r&#244;le important dans la d&#233;pression de la demande. Ce secteur repr&#233;sente 30% environ du march&#233; int&#233;rieur. Dans le m&#234;me temps, la planification a engag&#233; le pays dans la lutte contre les effets de la crise climatique, qui dans un premier temps n'a que peu d'action sur la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie allemande subit les cons&#233;quences de cette mont&#233;e en puissance de son ancien client. Elle n'a pas anticip&#233; cette &#233;volution. Pas plus que les changements initi&#233;s par Poutine d&#233;clarant la guerre &#224; l'Ukraine, qui pose la question de l'approvisionnement en gaz de son industrie. L'industrie automobile, Volkswagen comme symbole, subit de plein fouet la concurrence chinoise qui baisse les prix. Toute l'industrie europ&#233;enne de l'automobile se trouve, faute de poursuite de l'aide des &#201;tats, dans l'obligation de suivre le mouvement pour ne pas dispara&#238;tre, tout en se restructurant pour baisser plus encore le co&#251;t du travail. La voiture &#233;lectrique est un march&#233; &#233;minemment concurrentiel. Ce ne sont pas seulement des d&#233;localisations, mais bien des destructions d'unit&#233;s de production &#8211; appel&#233;es &#171; d&#233;sinvestissement &#187; dans le langage habituel de l'INSEE &#8211; et d'emplois. Situation qui alimente la crise politique et la cr&#233;dibilit&#233; des gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'industrie europ&#233;enne obsol&#232;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie allemande conna&#238;t, fin 2024, sa deuxi&#232;me ann&#233;e de r&#233;cession, signe qui ne trompe pas quant &#224; la profondeur de sa crise industrielle. Elle entra&#238;ne dans son sillage tous les autres pays europ&#233;ens, &#171; L'industrie europ&#233;enne en pleine crise &#187; titre ainsi Les &#201;chos du 3 janvier 2025 en reprenant les indices des directeurs d'achat du mois de d&#233;cembre pour les trois principales &#233;conomies de la zone euro, l'Allemagne, la France et l'Italie. L'&#233;conomie fran&#231;aise avait fait semblant de r&#233;sister avec 1,1% de progression de son PIB (estimation de l'INSEE pour 2024), bien loin du 1,4% pr&#233;vu pour 2024 par Bruno Le Maire alors ministre de l'&#233;conomie et des finances. Une erreur qui s'est r&#233;percut&#233;e sur le montant des d&#233;ficits publics, aggrav&#233;s par la mont&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;e par la BCE, qui a aussi provoqu&#233; un approfondissement de la crise de l'immobilier et grev&#233; le pouvoir d'achat des m&#233;nages. S'ajoutent les exon&#233;rations d'imp&#244;ts pour les entreprises sans financement et sans contreparties [4] ; pour expliquer la baisse des recettes qui g&#233;n&#232;re le le d&#233;ficit des finances publiques, 6,1% pour 2024. L'investissement stagne, les ventes diminuent, notamment dans l'industrie automobile qui en Europe a mal pr&#233;par&#233; le passage &#224; l'&#233;lectricit&#233;, et qui subit de plein fouet la concurrence des entreprises chinoises, ainsi que de la baisse du pouvoir d'achat des m&#233;nages dans tous les pays industriels. Les fermetures d'entreprises se multiplient, l'Allemagne s'attend &#224; une forte hausse des suppressions d'emplois &#8211; ce qui devrait favoriser l'extr&#234;me droite (l'AFD) &#8211; en cons&#233;quence de la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s pand&#233;mie s'est aussi traduit par une r&#233;volution dans les habitudes de consommation, cela dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, et particuli&#232;rement en Europe et son mod&#232;le des hypermarch&#233;s. Une forme de la consommation de masse en train de dispara&#238;tre. Les achats sont plus s&#233;lectifs, plus contraints, et expliquent en partie la crise profonde qui touche la structure de la distribution. Les sociologues parlent d'un nouveau consommateur qui oblige la grande distribution, elle aussi, &#224; se restructurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie allemande est obsol&#232;te, et les autres pays europ&#233;ens &#8211; pour ne parler que de l'Union Europ&#233;enne &#8211; ont rat&#233; leur r&#233;industrialisation. Un th&#232;me qui a fait flor&#232;s apr&#232;s la pand&#233;mie. Elle a r&#233;v&#233;l&#233; l'&#233;tat de faiblesse des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es et la perte de souverainet&#233; des &#201;tats qui en r&#233;sultait. La &#171; mondialisation heureuse &#187; &#8211; pour citer Alain Minc chantre de cette orientation &#8211; avait v&#233;cu. L'hypermondialisation est &#224; pr&#233;sent per&#231;ue comme un danger, sans que pour autant cela remette en cause la mondialisation elle m&#234;me. Plut&#244;t que &#171; r&#233;industrialiser &#187;, formule qui suppose de copier un mod&#232;le du pass&#233;, il est n&#233;cessaire de penser la r&#233;volution n&#233;cessaire dans les modes d'industrialisation, pour y compris r&#233;pondre dans le m&#234;me temps &#224; la crise climatique. Les &#233;conomies europ&#233;ennes sont rest&#233;es bloqu&#233;es sur le mod&#232;le du 20e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La fin du n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat politique en Allemagne pour les prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, si on le radicalise, porte sur l'intervention de l'&#201;tat. La loi constitutionnelle de limitation de la dette publique devrait logiquement &#234;tre revue, amend&#233;e, ou abolie. Les d&#233;ficits publics devraient logiquement augmenter et signer la fin d'une &#233;poque, celle du n&#233;olib&#233;ralisme dont le ma&#238;tre mot est la privatisation de tous les pans de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;, la transformation de tous les biens en marchandises. Or, seul l'&#201;tat peut financer les &#233;normes investissements n&#233;cessaires &#224; la construction d'une nouvelle industrialisation pour r&#233;pondre aux crises &#233;conomiques et climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique mon&#233;taire de la BCE, plut&#244;t orient&#233;e vers la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t en fonction de la baisse du taux d'inflation (son crit&#232;re quasi unique), pourrait favoriser l'endettement des &#201;tats en diminuant le poids du service de la dette. Mais &#8211; le point est d'importance &#8211; la BCE a chang&#233; fondamentalement de politique. Depuis janvier 2025, elle a abandonn&#233; le Quantitative Easing (Q/E). D&#233;sormais, elle n'ach&#232;te plus, sur le march&#233; secondaire, les obligations des &#201;tats de la zone euro et a arr&#234;t&#233; la cr&#233;ation mon&#233;taire. En cons&#233;quence, pour tous les &#201;tats de la zone, le spread (la diff&#233;rence des taux d'un pays en fonction de la confiance des march&#233;s financiers) augmentera par rapport &#224; l'Allemagne. Depuis 2015, d&#233;but de cette politique engag&#233;e par Mario Draghi pour lutter contre la d&#233;flation, la BCE est devenue le premier cr&#233;ancier des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des taux de la BCE se heurte &#224; deux obstacles. Le premier tient &#224; la parit&#233; mon&#233;taire. D&#233;but 2025, le dollar hausse face &#224; l'euro, un effet de la victoire de Trump. La FED, la banque de r&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine avait amorc&#233;, moins rapidement que la BCE, la baisse de ses taux directeurs. Une politique prudente qui explique la mont&#233;e du dollar. La BCE sera oblig&#233;e de suivre la politique mon&#233;taire de la FED. Les march&#233;s financiers craignent &#224; la fois l'incertitude et l'aventure. Le pr&#233;sident am&#233;ricain leur propose les deux. L'incertitude fait partie d'une tendance lourde mais elle est aggrav&#233;e par l'absence de r&#233;ponses du politique, Trump est autant dans le brouillard qu les autres dirigeants des pays d&#233;velopp&#233;s. Il multiplie les aventures : ambition de colonisation du Groenland, d'annexion du Canada, de prise en main du Canal de Panama&#8230; Autant d'ouvertures de conflits qui auront pour effet de d&#233;stabiliser les timides constructions g&#233;opolitiques et g&#233;o&#233;conomiques. R&#233;sultat : les taux d'int&#233;r&#234;t sur les march&#233;s financiers augmentent, mesur&#233;s par le taux des obligations d'&#201;tat &#224; 10 ans qui atteint presque 5%, alors que le taux directeur de la BCE est aux alentours 3,5%. Sur les march&#233;s financiers, le changement est brutal. Tous les grands pays sont concern&#233;s, les Etats-Unis, la zone euro et la Grande Bretagne. Il exprime la crainte des op&#233;rateurs de la crise &#233;conomique mais d'une crise de l'immobilier devenu internationale comme de l'instabilit&#233; politique permanente. Le service de la dette publique augmentera sans &#234;tre &#224; l'origine de la crise financi&#232;re. Le service de la dette priv&#233;e, son remboursement sera lui plus probl&#233;matique et peut devenir une bombe &#224; retardement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde financier de plus en plus d&#233;r&#233;glement&#233;, les facteurs de crise sont multiples. Les crypto monnaies, le bitcoin est la plus connue, prennent de plus en plus de place. Elon Musk vient de cr&#233;er la sienne, DOGE, pour participer &#224; ce march&#233; prometteur. Plus de 500 monnaies y sont pr&#233;sentes. La connaissance des utilisateurs est limit&#233;es aux plate formes qui les commercialisent, le reste est obscur et peut permettre toutes les manipulations. Le Shadow banking (la finance non r&#233;glement&#233;e ) &#171; se d&#233;veloppe deux fois plus vite que la finance traditionnelle &#187; (Les &#201;chos du 8 janvier 2025), indiquant des changements dans le financement de l'&#233;conomie, de la structure de la dette priv&#233;e et de la sp&#233;culation. Ces secteurs sont instables et peuvent conna&#238;tre des retournements brutaux qui affecteront toute la finance et toutes les &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces facteurs de crise, la r&#233;ponse de Trump est &#233;trange. Il veut davantage de d&#233;r&#233;glementation sur les march&#233;s financiers en s'attaquant aux Accords de B&#226;le qui d&#233;finissaient des r&#232;gles prudentielles. Apr&#232;s la crise de 2007/2008, il &#233;tait question d'augmenter la part des fonds propres par rapport aux engagements des banques pour faire face au risque de panique financi&#232;re. Les banques ont toujours voulu les abroger. Une mani&#232;re de rajouter de l'instabilit&#233; &#224; l'instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rationalit&#233; &#233;conomique, m&#234;me dans le capitalisme, devrait obliger &#224; r&#233;glementer davantage pour &#233;viter ces explosions. L'intervention de l'&#201;tat dans tous ces domaines, pour limiter les crises, serait n&#233;cessaire. Une r&#233;volution id&#233;ologique est vitale pour appr&#233;hender le monde tel qu'il est, qui ne r&#233;pond en rien aux dogmes du n&#233;olib&#233;ralisme. R&#233;volution th&#233;orique pour changer le regard sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; de rompre avec l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale ouvre grand la porte aux tentations libertariennes suscit&#233;es par la victoire de Trump. Les libertariens forment la pointe avanc&#233;e d'un iceberg de l'ignorance face aux enjeux de toutes les crises que conna&#238;t le capitalisme. Ils donnent l'impression de ne pas voir. Pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts d'une fraction de la classe dominante qui a int&#233;r&#234;t &#224; la survie de la forme actuelle du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elon Musk se veut le propagateur des modalit&#233; libertariennes, le stade supr&#234;me du n&#233;olib&#233;ralisme. Il se donne ce r&#244;le en Europe. Il finance l'extr&#234;me droite allemande, m&#232;ne une campagne sauvage contre le gouvernement travailliste britannique qui veut relancer les services publics. Musk veut casser toutes les vell&#233;it&#233;s d'intervention de l'&#201;tat. Georgia Meloni, la Premi&#232;re ministre d'extr&#234;me droite italienne, n'a pas attendu Musk pour faire all&#233;geance &#224; Trump avant m&#234;me sa nomination officielle. Une alliance des extr&#234;mes droites est probable sur le terrain de Musk. Pour alimenter une contre r&#233;volution interne au capitalisme, pour conserver le r&#233;gime d'accumulation ant&#233;rieur &#8211; financier et mondialis&#233; &#8211; n&#233;cessaire &#224; la hausse de sa fortune et &#224; la r&#233;alisation de son ambition : devenir le ma&#238;tre des technologies spatiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la classe dominante, souvent les plus riches, a les m&#234;mes objectifs. Leur fortune est financi&#232;re et ils sont d&#233;pendants de la forme de la mondialisation mise en place dans les ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon toute vraisemblance, l'extr&#234;me droite en Europe embo&#238;tera le pas &#224; Musk, adoptant un corpus id&#233;ologique &#233;conomique qui lui manquait. La r&#233;f&#233;rence &#224; la doctrine libertarienne &#233;voluera en fonction des sp&#233;cificit&#233;s des formations sociales et des r&#233;action des groupes sociaux, par exemple de la part des agriculteurs oppos&#233;s au trait&#233; de libre &#233;change UE/Mercosur. La politique r&#233;actionnaire sur le terrain des libert&#233;s et des droits &#8211; les immigr&#233;s, l'homophobie dont fait preuve Trump, le sexisme&#8230; &#8211; pour construire une forme illib&#233;rale de l'&#201;tat en d&#233;signant des ennemis de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands patrons fran&#231;ais sont visiblement tent&#233;s par la d&#233;r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, soi-disant pour lutter contre la bureaucratie, &#171; certains veulent s'inspirer de Musk &#187; [5], sans comprendre son projet. Ils militent ainsi pour l'absence de changements fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les technologies li&#233;es &#224; l'Intelligence Artificielle peut &#234;tre aussi mise au service de ce projet r&#233;actionnaire en d&#233;veloppant le capitalisme de surveillance. La tech aux &#201;tats-Unis s'est retrouv&#233;e derri&#232;re Musk. Ces patrons ne veulent aucun frein &#224; leur app&#233;tit de profit et, &#224; leur tour, favorise l'extr&#234;me droite, les th&#233;ories complotistes faisant fi de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la r&#233;f&#233;rence au march&#233;, ch&#232;re aux libertariens, se cachent mal les d&#233;structurations de la protection sociale, du droit du travail, pour livrer la main d'&#339;uvre pieds et poings li&#233;s aux patrons, pour surexploiter la force de travail et augmenter ainsi le profit. Pour permettre cette politique anti sociale un pouvoir autoritaire reposant sur l'arm&#233;e et la police est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde en train d'exploser et d'imploser, pas une lueur d'avenir. Le futur n'existe pas pour ces libertariens d&#233;clar&#233;s. Ils sont englu&#233;s dans le pass&#233;, fig&#233;s dans un monde en train de dispara&#238;tre. Pas un seul projet de sortie de la multitude de crises que conna&#238;t le capitalisme. Une politique &#224; courte vue, avec son cort&#232;ge de pauvres, d'approfondissement des in&#233;galit&#233;s dans une soci&#233;t&#233; individualis&#233;e, ne connaissant que la lutte de tous contre tous, et qui ne peut trouver un semblant d'unit&#233; qu'en d&#233;signant un ennemi, ext&#233;rieur ou int&#233;rieur, ou les deux comme le fait Poutine ou&#8230;Trump.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La fin d'une &#233;poque g&#233;opolitique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Trump aux &#201;tats-Unis confirme la fin d'une &#233;poque et l'av&#232;nement d'une nouvelle donne politique. Pas seulement &#233;conomique, mais aussi dans l'architecture du monde. C'est la fin de la p&#233;riode ouverte par la chute du mur de Berlin (novembre 1989) qui avait vu les &#201;tats-Unis acc&#233;der au rang d'hyperpuissance, sans rival. Ce r&#244;le de gendarme du monde avait connu une premi&#232;re faille avec les attentats du 11 septembre 2001, une inflexion dans le ressenti des &#201;tatsuniens. L'impossibilit&#233; d'une r&#233;ponse &#224; une attaque venant d'un groupe et non plus d'un &#201;tat, avait conduit l'administration de George W. Bush &#224; d&#233;signer un ennemi, sans rapport direct avec l'attentat. La guerre en Irak a &#233;t&#233; le premier pas vers l'&#233;chec pour ordonner un monde qui &#233;chappait &#224; tout contr&#244;le. Cette guerre perdue a sap&#233; la cr&#233;dibilit&#233; des gouvernants comme les mensonges sur l'arsenal de Saddam Hussein. Le Moyen Orient commen&#231;ait alors &#224; se d&#233;sint&#233;grer et &#224; laisser place aux int&#233;grismes. Une partie du monde implosait..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme ne vient plus d'ailleurs mais de nationaux qui n'ont plus d'espoir de voir une quelconque lumi&#232;re et se r&#233;fugient dans des dogmes religieux surann&#233;s. Les politiques n&#233;o lib&#233;rales ont bris&#233; l'espoir, min&#233; toute solidarit&#233;, d&#233;fait les r&#233;glementations qui touchaient au c&#339;ur de la l&#233;gitimit&#233; des gouvernants et m&#234;me de l'&#201;tat. Thatcher et Reagan, dans les ann&#233;es 1980, ont &#233;t&#233; les artisans de la r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale qui a vu la naissance de ce nouveau r&#233;gime d'accumulation &#224; dominante financi&#232;re rempla&#231;ant celui, &#171; fordiste &#187;, des &#171; 30 glorieuses &#187;. La crise de 1974, la premi&#232;re r&#233;cession au sens habituel du terme en 30 ans, marquait pour le capitalisme la fin d'un r&#233;gime d'accumulation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition g&#233;opolitique du monde, pour laquelle la politique &#233;tatsunienne a jou&#233; un r&#244;le central, lui a fait perdre son r&#244;le de leader. La d&#233;monstration en est faite avec le conflit isra&#233;lo-palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde d'hier tend &#224; mourir, et son r&#226;le pourrit toutes les relations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique am&#233;ricaine s'est recentr&#233;e sur l'int&#233;rieur. Biden, suivant Trump, a aussi appliqu&#233; le &#171; America First &#187; pour d&#233;velopper l'industrialisation sur le sol am&#233;ricain, contre la Chine consid&#233;r&#233;e comme l'adversaire g&#233;o&#233;conomique principal. La g&#233;opolitique semble avoir v&#233;cu. Les consid&#233;rations principales des dirigeants portent sur la puissance &#233;conomique au d&#233;triment de la politique qui suppose des concessions des &#201;tats pour continuer &#224; vivre ensemble. Aujourd'hui les trait&#233;s sont bafou&#233;s, l'ONU n'a plus de l&#233;gitimit&#233; et aucune organisation internationale ne vient la remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est visible que Trump n'accorde que peu d'int&#233;r&#234;t aux conflits qui minent le monde. Il a affirm&#233; pendant sa campagne pouvoir r&#233;gler la guerre en Ukraine avec Poutine en quelques jours, qui sont devenus des semaines, sans dire les moyens qu'il pourrait utiliser pour faire c&#233;der les deux protagonistes qui ne sont pas &#224; &#233;galit&#233;. L'Ukraine a besoin de la victoire, Poutine de la poursuite de la guerre. Une guerre sans solution de n&#233;gociation. Elle sert &#224; Poutine &#224; l&#233;gitimer son pouvoir autoritaire et n'a pas comme but premier des conqu&#234;tes territoriales. La solution trumpienne pourrait &#234;tre, dans la logique libertarienne, ne rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump joue le nationalisme, le ressort anti &#233;migr&#233; de base [6] ; Pour unir les populations autour de sa personne, l&#233;gitimer son pouvoir personnel, autoritaire, ce qui passe par la d&#233;structuration de toutes les mesures sociales. Ces derni&#232;res ont jou&#233; le r&#244;le de l&#233;gitimation des gouvernements pendant toute la p&#233;riode dite des &#171; 30 glorieuses &#187; (1944-1974).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'Argentine de Milei, un exemple &#224; suivre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est r&#233;v&#233;lateur, dans ce contexte, que la presse &#233;conomique se penche avec sollicitude et un peu de mauvaise foi sur l'Argentine de Milei. En un an de pouvoir, le bilan semble rose : si l'on en croit Les &#201;chos, Milei a vaincu l'inflation, sorti le pays de la r&#233;cession &#8211; 5% annonc&#233;s &#8211; par une politique de d&#233;r&#233;glementation et de privatisation de tous les services publics qui existaient encore, notamment la Sant&#233; et l'&#201;ducation nationale. Lui qui, avant d'&#234;tre &#233;lu, faisait l'objet de plaisanteries est soudain promu au rang de proph&#232;te, de gourou. Une politique &#171; &#224; la tron&#231;onneuse &#187; (dixit Milei) pour r&#233;duire l'&#201;tat &#224; sa plus simple expression, un d&#233;tachement d'hommes arm&#233;s, et &#171; laisser faire le march&#233; &#187; pour r&#233;aliser les grands &#233;quilibres. Les r&#233;sultats pour 2024 montrent, contre toutes ces all&#233;gations, que l'Argentine est toujours en r&#233;cession -3,5% tout en pr&#233;voyant 5% (+ 5% ?) pour 2025 &#8211;, les commentateurs prennent pour argent comptant la pr&#233;vision ! -, le taux d'inflation a baiss&#233; de 25% par mois (en novembre 2023) &#224; 2,5% par mois (pour novembre 2024) soit, en taux annuels, le passage de 211%, en 2023, &#224; 45% en 2025 &#8211; l&#224; encore une pr&#233;vision [7]. Tous les budgets, &#224; commencer par l'&#233;ducation et la sant&#233;, et aussi la recherche, ont fortement diminu&#233;. Le nombre de fonctionnaires a baiss&#233; de 10%, soit 35 000 suppressions de postes, et le b&#226;timent, d&#233;r&#233;glement&#233; pour favoriser sans contrainte la construction de logements, a perdu des emplois&#8230; Le nombre de pauvres a &#233;norm&#233;ment augment&#233;, un Argentin sur deux est sous le seuil de pauvret&#233; absolue, soit deux dollars par jour pour vivre. Pour le dire autrement, l'&#233;conomie informelle &#8211; celle qui est sans r&#232;gles &#8211; est devenue dominante en absorbant l'&#233;conomie formelle. Plus encore, Milei a d&#233;cid&#233; la dollarisation de l'&#233;conomie, d&#233;sormais le dollar tend &#224; devenir la monnaie int&#233;rieure du pays [8]. Les salaires ont tous &#233;t&#233; revus &#224; la baisse, de m&#234;me la protection sociale qui a quasiment disparu, diminuant drastiquement le co&#251;t du travail. Cela allant de pair avec un appel aux capitaux &#233;trangers pour qu'ils b&#233;n&#233;ficient de la surexploitation des travailleurs. Des chercheurs ont vu leurs salaires amput&#233;s de 30% et cherchent &#224; fuir le pays. Comme si Milei voulait couper les ailes de l'avenir. La r&#233;f&#233;rence aux seuls m&#233;canismes du march&#233; a montr&#233; son incons&#233;quence sur le terrain de l'accumulation du Capital. Le march&#233; fige les rapports de forces, et les formes de la croissance &#233;conomique. Avant Milei, l'Argentine avait connu un processus de &#171; reprimarisation &#187; de son &#233;conomie, soit une d&#233;sindustrialisation qui affaiblissait le pays et le conduisait &#224; privil&#233;gier le tout &#224; l'exportation de sa production agricole. Le trait&#233; de libre &#233;change de l'UE et du Mercosur risque d'acc&#233;l&#233;rer cette reprimarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple mont&#233; en &#233;pingle pose des questions concernant notre avenir. Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre &#224; partir des ann&#233;es 1980 ont conduit &#224; des soci&#233;t&#233;s profond&#233;ment in&#233;galitaires. Avec des services publics soumis aux normes de la finance, c'est-&#224;-dire la rentabilit&#233; &#224; court terme, la diminution des d&#233;penses, la baisse du co&#251;t du travail, une marchandisation accrue de leurs prestations dont d&#233;coule la crise politique, la d&#233;l&#233;gitimation des &#233;lites incapables de satisfaire les besoins vitaux des populations. Leur accentuation libertarienne ne peut pas &#234;tre une solution, ni &#233;conomique ni sociale. Les affrontements qui d&#233;couleront de cette politique justifieront plus encore un pouvoir autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Elon Musk se veut d&#233;miurge, il n'est qu'apprenti sorcier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elon Musk, dans le sillage de Trump &#8211; ou l'inverse &#8211; , prend la politique de Milei en exemple. Fort de sa fonction qui en fait un v&#233;ritable pr&#233;sident bis &#8211; pour combien de temps ? -, il propose d'approfondir la d&#233;r&#233;glementations par l'abrogation de lois qui passent par la disparitions des agences de l'&#201;tat, par la r&#233;duction drastique du nombre de fonctionnaires. Officiellement, pour lutter contre le d&#233;ficit budg&#233;taire. D&#233;ficit qui en effet n'a cess&#233; d'augmenter ces derni&#232;res ann&#233;es, finan&#231;ant, dans la derni&#232;re p&#233;riode, la politique d'industrialisation de Biden, le fameux Inflation Reaction Act, un ensemble de subventions &#224; l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique qui portait un coup qui pouvait &#234;tre fatal au n&#233;olib&#233;ralisme. De mani&#232;re pragmatique et limit&#233;e, Biden redonnait du lustre &#224; l'intervention de l'&#201;tat. Malheureusement la th&#233;orisation de cette nouvelle politique &#233;conomique ne s'est pas r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les annonces de d&#233;r&#233;glementation de Trump ont &#233;t&#233; salu&#233;es par une forte progression des cours de la Bourse &#224; Wall Street tout de suite apr&#232;s l'annonce de la victoire, temp&#234;te qui s'est tr&#232;s vite calm&#233;e devant toutes les incertitudes li&#233;es &#224; la crise &#233;conomique qui devrait aussi toucher les &#201;tats-Unis en 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence de Milei, la d&#233;r&#233;glementation est mise au service d'un patron m&#233;galomane qui veut imposer son monopole sur la conqu&#234;te spatiale, et ambitionne de coloniser&#8230; la plan&#232;te Mars. Sur ce terrain, Deep Blue (le Space X chinois) veut casser les prix dans le spatial pour faire concurrence &#224; Elon Musk. La guerre est d&#233;clar&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces guerres &#233;conomiques ne peuvent qu'aggraver la d&#233;t&#233;rioration de notre environnement au moment o&#249; il faudrait d&#233;cider des voies et le moyens de combattre la crise climatique. Or, ces libertariens sont forc&#233;ment climato-sceptiques. Ils le sont aussi par int&#233;r&#234;t bien compris : une partie de leur fortune est dans les hydrocarbures, pour Total, dans le luxe, pour Arnault&#8230; Ils jouent la hausse sur les march&#233;s financiers, la sp&#233;culation alimentant l'augmentation de leurs fortunes. Pour pr&#233;server la cotation de leurs actions, ils ont besoin de conserver leurs actionnaires en leur versant des dividendes &#233;lev&#233;s. Ce sont souvent des fonds &#8211; de pension, d'investissement &#8211; des hedges funds qui n'ont aucune vis&#233;e industrielle, mais uniquement financi&#232;re. Ils renforcent ainsi la domination sur l'ensemble de l'&#233;conomie de la sph&#232;re financi&#232;re et de ses crit&#232;res de court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remettant en cause l'intervention de l'&#201;tat, la r&#233;glementation du march&#233;, les libertariens poussent la logique des &#233;conomistes n&#233;o-classiques jusqu'&#224; ses fronti&#232;res ultimes qui passent par le darwinisme social. D'autres sources de l&#233;gitimation des pouvoirs en place sont recherch&#233;es. Le retour des dogmes religieux fait partie de cette nouvelle panoplie. Avec les &#233;vang&#233;listes en Am&#233;rique latine &#8211; o&#249; ils comptent des d&#233;put&#233;s en Argentine &#8211; et aux &#201;tats-Unis, o&#249; ils ont fait de Trump un saint apr&#232;s son attentat manqu&#233;. En France, certains grands patrons, tels Bollor&#233; ou Sternin, veulent imposer, via leurs m&#233;dias, leur vision &#233;troite du catholicisme. Ils s'adressent aux exclus de cette soci&#233;t&#233; inhumaine qui voient la possibilit&#233; d'un paradis pour accepter leur condition. Ces dogmes religieux quel que soit leur contenu visent &#224; justifier la remise en cause des droits d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et pr&#244;ner une vision autoritaire, illib&#233;rale de l'&#201;tat. A l'exemple de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Le monde est in&#233;dit mais les d&#233;bats sont anciens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'intervention sociale de l'&#201;tat a souvent suscit&#233; des d&#233;bats. Sans remonter &#224; la loi sur les pauvres &#8211; &#171; poor laws &#187; en Grande Bretagne contest&#233;e par Malthus -, celui des ann&#233;es 1930 nous est plus proche. Il oppose Keynes &#224; Pigou. Keynes argumentait sur le n&#233;cessit&#233; de l&#226;cher sur des revendications &#233;conomiques et sociales du mouvement ouvrier pour conserver l'essentiel du pouvoir, et sauver le syst&#232;me lui-m&#234;me. Pigou d&#233;fendait les th&#232;ses n&#233;olib&#233;rales classiques : ne rien c&#233;der, poursuivre dans la m&#234;me voie&#8230; Celle qui avait provoqu&#233; la crise de 1929. Karl Polanyi, dans La grande transformation dressa le r&#233;quisitoire &#233;conomique, politique, social, culturel de ces politiques. Ces pages n'ont rien perdu de leur vigueur et de leur pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Pigou, et les siens &#224; travers les &#226;ges, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale est de conserver la structure de la soci&#233;t&#233;, en luttant contre toutes les transformations auxquelles les crises diverses du capitalisme obligent, et donner l'impression, par des technologies nouvelles par exemple, d'une r&#233;volution pour cacher leur contre r&#233;volution. Ils consid&#232;rent que si les pauvres sont pauvres c'est de leur faute. Les aider c'est les conserver dans l'oisivet&#233;, donner une prime &#224; la paresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces grands patrons sont visiblement tent&#233;s par une solution d'extr&#234;me droite, un gouvernement autoritaire pour pr&#233;server leurs privil&#232;ges. Une forme illib&#233;rale de l'&#201;tat, &#224; l'image de celui de Victor Orban en Hongrie, pourrait &#234;tre, pour eux, un gage de stabilit&#233;. Une r&#233;ponse possible &#224; la multiplication des crises gouvernementales, qui secouent la plupart des pays d'Europe, &#224; commencer par la France et l'Allemagne. Elles sont r&#233;v&#233;latrices d'une crise de domination. Les formes de la d&#233;mocratie parlementaire ne sont plus consid&#233;r&#233;es comme des formes l&#233;gitimes. Lorsque la gauche fait la m&#234;me politique &#233;conomique que la droite comment croire en la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier n'&#233;chappe pas &#224; la crise de l&#233;gitimit&#233;. Il se montre incapable de proposer un avenir diff&#233;rent de celui du capitalisme, et m&#234;me de proposer une voie vers des victoires partielles. Les partis politiques de gauche sont emport&#233;s par ce raz de mar&#233;e qui atteint toutes les &#171; &#233;lites &#187;, qu'elles soient politiques ou autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;tablissement de la confiance n&#233;cessite une politique efficace pour lutter contre les crises. Ivan Krastev, un politologue bulgare, explique, en prenant l'exemple de l'incapacit&#233; des dirigeants de l'URSS d'appr&#233;hender la fin de leur monde au moment de la chute du Mur en novembre 1989, l'incapacit&#233; des dirigeants du monde occidental &#224; comprendre la fin d'un monde capitaliste [9]. Ils sont dans le brouillard faute d'une th&#233;orie qui pourrait leur permettre de dessiner les enjeux et enferm&#233;s dans le n&#233;olib&#233;ralisme. La sortie libertarienne propos&#233;e aggrave l'absence de vision g&#233;n&#233;rale. Les gouvernants n'arrivent &#224; penser l'&#201;tat comme le strat&#232;ge de toute la classe capitaliste, ils ne raisonnent que par rapport &#224; une fraction de classe, celle qui poss&#232;de aujourd'hui les leviers du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; O&#249; sont pass&#233;es les classes sociales ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le contexte actuel est marqu&#233;e par l'effacement (?) de la lutte des classes. Les classes fondamentales &#8211; ouvri&#232;re et capitalistes &#8211; ne prennent conscience d'elles-m&#234;mes que dans la lutte. Leur r&#233;alit&#233; sociologique ne permet pas de faire surgir l'int&#233;r&#234;t commun de chacune des classes. Sans lutte, elles n'existent pas. Du coup, les int&#233;r&#234;ts de groupes, de castes m&#234;me, prennent le pas sur la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de classe. Les classes sociales sont morcel&#233;es, agit&#233;es d'int&#233;r&#234;ts divers. Une partie de la classe capitaliste peut choisir une solution contre r&#233;volutionnaire pour bloquer toute r&#233;volution interne au capitalisme. L'absence de la classe ouvri&#232;re sur la sc&#232;ne politique n'oblige pas &#224; la recherche d'une nouvelle th&#233;orisation pour analyser la grande transformation en cours .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des ann&#233;es 1930 a suscit&#233; des r&#233;actions importantes de la classe ouvri&#232;re, des luttes qui avaient pour but affich&#233; le socialisme, y compris aux &#201;tats-Unis. Le mouvement ouvrier, avec la place des partis communistes, du syndicalisme, repr&#233;sentait un contre pouvoir global aux capitalismes. La classe capitaliste avait manifest&#233; un anticommunisme militant tout en r&#233;pondant &#224; certaines exigences port&#233;es par les luttes sociales. Le &#171; New Deal &#187; de Roosevelt aux &#201;tats-Unis, et La th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'emploi, de l'int&#233;r&#234;t et de la monnaie de Keynes comme nouvelle th&#233;orie du nouveau r&#233;gime d'accumulation en formation, qui allait s'imposer apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Le nazisme en Allemagne provenait d'une r&#233;action de peur de la classe dominante devant la possibilit&#233; de perdre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant &#171; les trente glorieuses &#187;, Fran&#231;ois Perroux, &#233;conomiste au Coll&#232;ge de France, allait th&#233;oriser la p&#233;riode. Dans La guerre froide, titre de son ouvrage qui fera un temps autorit&#233;, il argumentait, de mani&#232;re convaincante, que le capitalisme ne fonctionne jamais mieux que lorsqu'il existe des contre pouvoirs internes &#8211; le Parti communiste pour la France et l'Italie, et les syndicats &#8211; et externes &#8211; l'URSS. Le capitalisme &#233;tait contraint de suivre sa pente en la remontant, pour citer Andr&#233; Gide dans Les faux monnayeurs. L'&#201;tat capitaliste a su int&#233;grer des mesures socialistes comme les services publics ou la S&#233;curit&#233; sociale, qui lui ont permis d'appara&#238;tre l&#233;gitime aux yeux des populations et de conna&#238;tre une p&#233;riode de longue croissance sans crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;v&#233;latrices, a contrario, les politiques mises en place dans les ann&#233;es 1980 qui, via la d&#233;r&#233;gulation, avaient pour but avou&#233; de d&#233;truire ces constructions qui sortaient de la logique de l'accumulation du Capital. Ce faisant les gouvernements ont sap&#233; les bases de leur l&#233;gitimit&#233;, sans en trouver de nouvelles, sauf &#224; imposer une vision du monde qui reposait sur le libre &#233;change et &#171; la mondialisation heureuse &#187;, id&#233;ologie, aujourd'hui presque oubli&#233;e, qui fut &#224; la base de la cr&#233;ation en 1995 de l'Organisation Mondiale du Commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#201;tat ne propose de nouvelles voies, sinon celles de la forme illib&#233;rale de l'&#201;tat, passant d&#233;sormais par les libertariens &#224; la mode Millei (et Musk), et par la mont&#233;e des int&#233;grismes religieux, dont les &#233;vang&#233;listes. Ces pouvoirs autoritaires pervertissent l'id&#233;e m&#234;me de la d&#233;mocratie. Ils ne peuvent trouver leur l&#233;gitimit&#233; que dans le nationalisme et la guerre. Poutine est la t&#234;te de pont de cette tendance. Comme l'argumente Marie Mendras, &#171; Poutine n'a ni plan de paix ni but de guerre &#187; [10]. Cette analyse s'applique tout autant &#224; Netanyahou, dont le but avou&#233; est de devenir &#171; l'homme providentiel &#187; menant une politique d'extr&#234;me droite. La grande question devient comment terminer une guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises du capitalisme sont nombreuses. La plus importante, la crise climatique, r&#233;sume toutes les contradictions du d&#233;veloppement du capitalisme depuis la premi&#232;re r&#233;volution industrielle au 18e si&#232;cle en Grande-Bretagne. L'accumulation du Capital n'a pas tenu compte de l'environnement, des capacit&#233;s de la terre, consid&#233;r&#233;e comme un bien gratuit, &#224; r&#233;sister aux chocs successifs, et ne s'est pas souci&#233; de la biodiversit&#233;. Le capitalisme se heurte &#224; sa limite &#171; historique &#187;, r&#233;sultat d'un processus de d&#233;veloppement anarchique, sans plan d'ensemble. La crise climatique est la matrice de toutes les r&#233;solutions pour construire, &#224; minima, une autre forme de capitalisme. La r&#233;volution est synth&#233;tis&#233;e par les r&#233;ponses &#224; cette crise, toutes les autres sont ancr&#233;es &#224; celle-la.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner aussi l'extr&#234;me plasticit&#233; du mode de production capitaliste qui a su, pour citer la devise du duc de Sicile &#224; Tancr&#232;de dans &#171; Le Gu&#233;pard &#187;, tout changer pour ne rien changer. Keynes l'avait bien compris et th&#233;oris&#233;. La th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'emploi, de l'int&#233;r&#234;t et de la monnaie (1936) propose, en r&#233;ponse &#224; la profondeur crise de 1929, une r&#233;volution interne au capitalisme qui passe par l'intervention de l'&#201;tat. L'euthanasie des rentiers qu'il r&#233;clamait avait pour but de relancer l'accumulation du Capital en d&#233;truisant les conditions qui donnaient un pouvoir disproportionn&#233; aux rentiers, lequel ob&#233;rait la circulation du Capital. Pour conserver l'essentiel : l'accumulation du Capital, la loi des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Les r&#233;ponses &#224; la crise climatique, matrice de la r&#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme se heurte &#224; ses propres limites, ce qui provoque cette multitude de crises qui t&#233;moigne de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;volutionner la mani&#232;re de produire, de consommer, de vivre&#8230; La crise climatique oblige &#224; la transformation profonde des villes, de l'architecture, pour retrouver des conditions permettant une nouvelle cr&#233;ation de richesse, et, pour le capitalisme, un r&#233;gime d'accumulation r&#233;volutionn&#233; pour se perp&#233;tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre r&#233;volution qui s'organise, via les libertariens climato-sceptiques, est interne au capitalisme, elle est men&#233;e par des fractions des classes dominantes qui veulent &#224; toute force conserver leur richesse, leur patrimoine, sans refuser l'intelligence artificielle (bizarre oxymore) ou d'autres innovations si elles ne remettent pas en cause la structure du r&#233;gime d'accumulation cr&#233;&#233; dans les ann&#233;es 1980. Ces fractions du Capital, qui ne raisonnent que sur le court terme, exigent de l'&#201;tat des baisses d'imp&#244;ts pour accro&#238;tre leur fortune, sans se risquer &#224; augmenter les investissements productifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime d'accumulation a trouv&#233; sa crise syst&#233;mique &#8211; celle qui marque sa fin &#8211; en 2007/2008. Depuis, aucune r&#233;ponse &#224; cette crise n'a &#233;t&#233; propos&#233;e, les &#171; &#233;lites &#187; politiques pr&#233;f&#233;rant &#171; continuer comme avant &#187;. C'est une voie impossible qui donne naissance &#224; de l'in&#233;dit, du jamais vu en termes de profondeur des crises. Un monde capitaliste est en train de sombrer, et les &#233;lites font tout pour le minimiser voire l'ignorer. Une contre r&#233;volution qui ouvre toutes les portes aux guerres, aux pouvoirs autoritaires, en fonction m&#234;me de l'aveuglement des gouvernants qui, flottant dans le brouillard des id&#233;ologies surann&#233;es, sont incapables d'appr&#233;hender les changements fondamentaux vitaux pour notre survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande transformation actuelle pose des questions d'une envergure sans commune mesure avec le pass&#233;. Les capitalistes n'ont pas de strat&#233;gie unique. Trump lorgne vers les libertariens, Xi Jinping vers la remise en cause des march&#233;s financiers pour planifier les transformations et tenter de faire face aux crises. Tandis que les pays europ&#233;ens pour le moment ne d&#233;veloppent aucune strat&#233;gie. Chaque pays renoue d&#233;sormais avec le nationalisme comme seul ciment id&#233;ologique possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s capitalistes ont atteint leurs limites, climatiques, &#233;conomiques, sociales, politiques. La finance dominante privil&#233;gie la distribution de dividendes pour que les riches deviennent encore plus riches. Une caste qui pratique l'entre soi et n'est ouverte &#224; aucun des grands probl&#232;mes qui agitent les soci&#233;t&#233;s, ces r&#233;volutions qui devraient faire mourir ce monde d'hier agonisant et faire na&#238;tre un autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le champ des possibles est vaste. Plusieurs combinaisons pourraient se construire. Il n'existe aucun d&#233;terminisme. Pour mobiliser les populations, il est vital de se projeter dans l'avenir sans oublier le pass&#233;. L'imagination permet de voir l'avenir. Le &#171; principe de r&#233;alit&#233; &#187;, dont les gouvernants font un usage exag&#233;r&#233;, tue toute capacit&#233; de cr&#233;ation. Au contraire de ce faux principe, tout est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de projet, disons &#171; socialiste &#187;, d'une classe ouvri&#232;re qui prend conscience de ses int&#233;r&#234;ts communs, la contre r&#233;volution s'&#233;tendra li&#233;e &#224; une nouvelle forme du fascisme. La guerre fait partie int&#233;grante de cette panoplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#171; R&#233;volution(s) et contre r&#233;volution(s) &#187;. Souffle bleu. 5 mars 2025 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://soufflebleu.fr/2025/03/05/trump-image-de-la-contre-revolution-mondiale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://soufflebleu.fr/2025/03/05/trump-image-de-la-contre-revolution-mondiale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Publi&#233; aussi dans ContreTemps n&#176;64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; A propos Nicolas Beni&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Nicolas Beni&#232;s est &#233;conomiste de formation. Il est tomb&#233; dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une &#233;norme potion magique qui rend la vie diff&#233;rente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collabor&#233; un peu &#224; Jazz Hot, &#224; Jazz Magazine. Il a &#233;galement &#233;crit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l'&#201;cole &#201;mancip&#233;e, Le Monde Diplomatique et l'US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - propos&#233;e, pr&#233;par&#233;e et anim&#233;e des &#233;missions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bient&#244;t cette activit&#233;. Conf&#233;rencier sur le jazz et l'&#233;conomie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&amp;F &#233;ditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donn&#233; son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'&#233;conomie dont &#171; Petit manuel de la crise financi&#232;re et des autres &#187; (Syllepse &#233;ditions). Il pr&#233;pare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, &#171; Tout autour du jazz &#187;, l'autre sur l'&#233;conomie &#171; Le basculement d'un monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Il faut rappeler, pour la France, les d&#233;clarations de Serge Tchuruck &#8211; que signale &#233;galement Norbert Hocblat dans son article de ce m&#234;me num&#233;ro -, alors PDG d'Alcatel, qui pensait d&#233;placer le processus de production dans les pays &#224; faible co&#251;t du travail pour conserver dans les pays d&#233;velopp&#233;s le centre intellectuel. La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; l'&#233;chec patent de cette strat&#233;gie qui a sap&#233; les bases m&#234;mes de la souverainet&#233; des Etats, ainsi que les possibles cr&#233;ations de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Les Echos du 13 d&#233;cembre 2024 titre : &#171; Taxis volants, dr&#244;nes, avions &#233;lectriques : ces fili&#232;res que la Chine cr&#233;e de toutes pi&#232;ces &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le Monde dat&#233; du 13 d&#233;cembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir l'article de Norbert Hocblat dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le Monde dat&#233; du 13 d&#233;cembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Musk pr&#244;nant lui plut&#244;t l'&#233;migration choisie pour b&#233;n&#233;ficier de tous les &#171; cerveaux &#187;. Deux orientations compatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Chiffres publi&#233;s par The Economist et le Financial Times &#8211; qui font l'apologie l'un et l'autre de la politqiue de Molei &#8211; repris dans l'&#233;ditorial de Ouest France du 23 d&#233;cembre 2024. Courrier international du 19 d&#233;cembre 2025 cite plusieurs journaux latino am&#233;ricains qui, tous, insistent sur la brutalit&#233; de la politique mise en &#339;uvre : baisse des pensions de retraite, suppressions de postes dans les fonctions publiques, dans les petites et moyennes entreprises, suppr&#233;ssions d'emplois dans l'industrie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Milei n'a sans doute pas lu &#8211; bien qu'il ait des diplomes d'&#233;conomie &#8211; le petit ouvrage de Pierre Salama, La dollarisation (La D&#233;couverte, 1989). Les conditios ont chang&#233;, mais l'absence de monnaie nationale a des cons&#233;quences importantes sur la souverainet&#233; du pays, sur sa capacit&#233; &#224; jouer sur la politique mon&#233;taire. La dollarisation met en &#339;uvre une sujetion au pouvoir r&#233;galien d'une puissance &#233;trang&#232;re at &#224; ses int&#233;r&#234;ts propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Entretien dans Le Figaro du 6 d&#233;cembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Marie Mendras, interview dans Ouest France du 14 d&#233;cembre 2024, voir son livre La guerre permanente, l'ultime strat&#233;gie du Kremlin, Calmann-Levy, 2024.&lt;/p&gt;
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		<title>Les soci&#233;t&#233;s capitalistes ont atteint leurs limites, climatiques et &#233;conomiques !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Revolution-et-contre-revolution</link>
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		<dc:date>2024-11-19T13:17:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-11-19</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le capitalisme ne peut s'affranchir de certaines limites qu'en r&#233;volutionnant ses modalit&#233;s d'accumulation, son r&#233;gime d'accumulation. La panne, l'&#233;puisement des capacit&#233;s de cr&#233;ation de richesses &#8211; l'accumulation du capital &#8211; est visible. La crise climatique marque la limite de l'accroissement des forces productives depuis la r&#233;volution industrielle qui se traduit par la n&#233;cessit&#233; de r&#233;volutionner la d&#233;finition m&#234;me de l'industrie. &lt;br class='autobr' /&gt; 14 novembre 2024 | tir&#233; du site Entre les lignes entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
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/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-11-19&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/le_capitalisme_a_atteint_ses_limites-088f6.png?1732022269' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le capitalisme ne peut s'affranchir de certaines limites qu'en r&#233;volutionnant ses modalit&#233;s d'accumulation, son r&#233;gime d'accumulation. La panne, l'&#233;puisement des capacit&#233;s de cr&#233;ation de richesses &#8211; l'accumulation du capital &#8211; est visible. La crise climatique marque la limite de l'accroissement des forces productives depuis la r&#233;volution industrielle qui se traduit par la n&#233;cessit&#233; de r&#233;volutionner la d&#233;finition m&#234;me de l'industrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;14 novembre 2024 | tir&#233; du site Entre les lignes entre les mots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;ponse ne se trouve pas forc&#233;ment dans la d&#233;croissance, m&#234;me marxiste (pour Kohei Saito, voir ses interviews dans Le Monde et Alter Eco) qui serait le communisme d'aujourd'hui mais, pour le capitalisme, la construction de nouveaux paradigmes remettant totalement en cause les formes de l'accumulation existantes jusque l&#224;. Cette r&#233;volution d&#233;passe la naissance d'un nouveau r&#233;gime d'accumulation qui prendrait la place de celui qui se maintient et qui a pris son envol depuis le milieu des ann&#233;es 1980, dit r&#233;gime d'accumulation &#224; dominante financi&#232;re. Il s'est traduit par la d&#233;r&#233;glementation dans tous les domaines &#224; commencer bien sur par la finance avec comme effet la croissance exponentielle des march&#233;s financiers et le droit du travail pour laisser la place &#224; une hypermondialisation r&#233;duisant la part des Etats, avec comme cons&#233;quence une crise politique profonde passant par la contestation de la l&#233;gitimit&#233; des gouvernements tout autant que des &#171; &#233;lites &#187; et les institutions y compris la science &#8211; voir les th&#233;ories du complot et les anti-vaccin). Les politiques &#233;conomiques se r&#233;f&#233;rant &#224; un corpus commun appel&#233; le n&#233;o lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;ologie est en train d'exploser et d'imploser. Les in&#233;galit&#233;s, dans toutes les soci&#233;t&#233;s, se sont approfondies, la pauvret&#233; s'est &#233;largie m&#234;me si l'extr&#234;me pauvret&#233; a recul&#233;. La g&#233;n&#233;ration d'aujourd'hui vit moins bien que la g&#233;n&#233;ration d'avant. Les reculs de la protection sociale, la hausse de la pr&#233;carit&#233; provoquent un sentiment de col&#232;re individuelle qui, dans les divisions profondes entre groupes sociaux, se manifeste par une sorte d'apathie-r&#233;voltes individuelles &#8211; un oxymore qui refl&#232;te mieux la situation que le terme de &#171; d&#233;classement &#187; &#8211; qui peuvent s'agglutiner sans la r&#233;f&#233;rence &#224; un projet de soci&#233;t&#233; commun, collectif comme l'a montr&#233; la r&#233;volte des &#171; gilets jaunes &#187; en France ou celle du monde agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques ont &#233;chou&#233; y compris dans la r&#233;alisation d'une croissance &#233;conomique qui aurait pu dissimuler la profondeur des in&#233;galit&#233;s. La r&#233;cession fait la d&#233;monstration de l'incapacit&#233; de ces politiques. La limite de ce r&#233;gime d'accumulation est, sur le terrain &#233;conomique, &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a montr&#233; d'une part les limites de l'hypermondialisation. La d&#233;structuration des cha&#238;nes de valeur a suscit&#233; une nouvelle mondialisation en m&#234;me temps que la n&#233;cessit&#233; de lutter contre la crise politique. La doxa dite n&#233;o lib&#233;rale &#233;tait condamn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la pand&#233;mie, le discours a chang&#233;. Il est question de &#171; nationalisme &#187;, de se &#171; d&#233;fendre &#187; face &#224; tous les autres, de faire la guerre non pas pour faire la paix mais parce que la guerre sert &#224; construire un sentiment d'appartenance. Les mont&#233;es de l'extr&#234;me droite exprime cette nouvelle donne que l'&#233;lection de Trump couronne. Kamala Harris a conserv&#233; le vieux discours, la vieille id&#233;ologie. Trump, avec ses outrances, a sign&#233; la fin de cette id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais la r&#233;f&#233;rence sera, selon toute vraisemblance, libertarienne &#224; l'image de Millei en Argentine. La d&#233;mocratie actuelle n'est plus l&#233;gitime de la faute m&#234;me de ces politiques. R&#233;pression et absence totale de r&#232;gle dans un cadre national avec la mont&#233;e d'un protectionnisme douanier pour d&#233;fendre les capitalistes nationaux seront les nouveaux credo. Un &#233;clatement social plus important qu'aujourd'hui, une contre r&#233;volution pour conserver la place des plus riches comme fractions dominantes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s capitalistes ont atteint leurs limites, climatiques, &#233;conomiques &#8211; depuis la grande crise de 2007-2008, l'accumulation est tr&#232;s faible -, sociale, politique&#8230; La finance dominante privil&#233;gie la distribution de dividendes pour que les riches deviennent encore plus riches. Depuis les ann&#233;es 2000 en gros, les grandes fortunes sont financi&#232;res et d&#233;pendent du cours de la Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette caste qui pratique l'entre soi et n'est ouverte sur aucun des grands probl&#232;mes qui agitent les soci&#233;t&#233;s, de ces r&#233;volutions qui transforment notre monde et qui devraient le d&#233;truire, de cette d&#233;composition &#224; l'&#339;uvre, s'enferment dans la d&#233;fense de leurs privil&#232;ges. La contre r&#233;volution est pr&#233;alable pour que les r&#233;ponses n&#233;cessaire aux crises fondamentales v&#233;cues par le capitalisme ne soient pas pos&#233;es. Musk avec Trump s'attaquera aux fonctions publiques pour privatiser toujours plus et utilisera les &#233;vang&#233;listes aux &#201;tats-Unis et en France Bollor&#233; allie la d&#233;fense de la finance et le catholicisme int&#233;griste contre toute possibilit&#233; de r&#233;volution m&#234;me interne au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de projet, disons &#171; socialiste &#187;, la contre r&#233;volution s'&#233;tendra li&#233;e &#224; une nouvelle forme du fascisme. La guerre fait partie int&#233;grante de cette panoplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En compl&#233;ment possible :&lt;br class='autobr' /&gt;
Bill Fletcher Jr : Comment se d&#233;fendre dans la nouvelle p&#233;riode Trump&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/10/comment-se-defendre-dans-la-nouvelle-periode-trump/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/10/comment-se-defendre-dans-la-nouvelle-periode-trump/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jessica Washington : Les &#233;lecteurs et les &#233;lectrices ont massivement choisi de prot&#233;ger l'avortement &#8211; m&#234;me lorsqu'elles et ils n'ont pas choisi Harris&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/08/les-electeurs-et-les-electrices-ont-massivement-choisi-de-proteger-lavortement-meme-lorsquelles-et-ils-nont-pas-choisi-harris/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/08/les-electeurs-et-les-electrices-ont-massivement-choisi-de-proteger-lavortement-meme-lorsquelles-et-ils-nont-pas-choisi-harris/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; crise du (d&#233;s)ordre g&#233;opolitique international, &#171; je me concentrerai dans cet article sur une description sommaire de la situation actuelle, pour ensuite caract&#233;riser les diff&#233;rentes positions qui &#233;mergent au sein de la gauche dans cette nouvelle phase et insister sur la n&#233;cessit&#233; de construire une gauche internationaliste, oppos&#233;e &#224; tous les imp&#233;rialismes (principaux ou secondaires) et solidaire des luttes des peuples agress&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
15 novembre 2024&lt;/p&gt;
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		<title>&#171; Briser la cha&#238;ne &#187; : Un essai vigoureux, r&#233;volt&#233; et argument&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-essai-vigoureux-revolte-et-argumente</link>
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		<dc:date>2024-11-12T11:52:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-11-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Briser la cha&#238;ne &#187; &#8211; et non pas les cha&#238;nes, la diff&#233;rence est majeure ici -, au sous-titre volontiers provocateur malgr&#233; le point d'interrogation, &#171; misogynes de m&#232;re en fille ? &#187; pose des questions centrales. Dans cet essai Camille Lextray, avec une rage, une col&#232;re dynamique au rire communicatif pour d&#233;montrer la n&#233;cessit&#233; du f&#233;minisme. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Combattant beaucoup d'id&#233;es re&#231;ues contenues dans ce qui s'appelle &#171; le bon sens &#187; autrement dit la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Briser la cha&#238;ne &#187; &#8211; et non pas les cha&#238;nes, la diff&#233;rence est majeure ici -, au sous-titre volontiers provocateur malgr&#233; le point d'interrogation, &#171; misogynes de m&#232;re en fille ? &lt;/i&gt; &#187; pose des questions centrales. Dans cet essai Camille Lextray, avec une rage, une col&#232;re dynamique au rire communicatif pour d&#233;montrer la n&#233;cessit&#233; du f&#233;minisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/08/un-essai-vigoureux-revolte-et-argumente/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattant beaucoup d'id&#233;es re&#231;ues contenues dans ce qui s'appelle &#171; le bon sens &#187; autrement dit la perp&#233;tuation des r&#232;gles en usage consid&#233;r&#233;es comme &#233;ternelles, elle propose, comme c'est n&#233;cessaire &#224; tous les niveaux, de former les formatrices en transformant les r&#244;les dits traditionnels dans le couple. Les m&#232;res qui veulent prot&#233;ger leur fille leur demande souvent, pour &#233;viter les probl&#232;mes, de correspondre au mod&#232;le ambiant, le mod&#232;le du capitalisme patriarcal. Toutes les propositions qui passent par le &#171; petit geste &#187; qui ne sauve rien sont autant de justification du mod&#232;le global forg&#233; par le pouvoir des hommes. Le f&#233;minisme doit d&#233;terminer une vision globale de la soci&#233;t&#233; qui passe par la destruction de ce mode de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radicale ? Assur&#233;ment. Sinon la place des femmes se mesure &#224; l'aune des comportements des m&#226;les dominateurs et elles doivent en faire plus pour &#234;tre accept&#233;es. Le syst&#232;me broie toute vell&#233;it&#233; de changement. En passant, l'autrice remet en cause toutes les propositions, &#224; la mode sur les r&#233;seaux sociaux, de &#171; d&#233;veloppement personnel &#187; qui n'est rien de moins que d'int&#233;grer la concurrence de tous contre toutes pour &#233;viter tout d&#233;bordement, toute r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-il temps de changer de mod&#232;le en changeant toute la soci&#233;t&#233; ? Une r&#233;volte ? Non une r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille Lextray : Briser la cha&#238;ne, Camille Lextray, &#201;ditions LEDUC, collection Soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les crises se succ&#232;dent, se m&#234;lent, s'entrem&#234;lent</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-crises-se-succedent-se-melent-s-entremelent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-crises-se-succedent-se-melent-s-entremelent</guid>
		<dc:date>2022-08-23T11:15:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-08-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les crises se succ&#232;dent, se m&#234;lent, s'entrem&#234;lent. Crise &#233;conomique et financi&#232;re depuis 2007-2008 ouvrant un contexte de faible croissance et de d&#233;flation, crise &#233;cologique et mutations climatiques n&#233;cessitant des r&#233;ponses urgentes &#8211; le rapport du GIEC donne 3 ans pour s'adapter -, crise sanitaire qui est aussi un bilan d'&#233;chec de l'id&#233;ologie de la privatisation contre les services publics, crise politique couronnant toutes les autres dans un rejet global d'une soci&#233;t&#233; qui approfondit les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-08-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-08-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton53686-4289c.png?1678984659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les crises se succ&#232;dent, se m&#234;lent, s'entrem&#234;lent. Crise &#233;conomique et financi&#232;re depuis 2007-2008 ouvrant un contexte de faible croissance et de d&#233;flation, crise &#233;cologique et mutations climatiques n&#233;cessitant des r&#233;ponses urgentes &#8211; le rapport du GIEC donne 3 ans pour s'adapter -, crise sanitaire qui est aussi un bilan d'&#233;chec de l'id&#233;ologie de la privatisation contre les services publics, crise politique couronnant toutes les autres dans un rejet global d'une soci&#233;t&#233; qui approfondit les in&#233;galit&#233;s et permet aux riches d'&#234;tre plus riches. Le tout dans un monde o&#249; l'&#233;conomie est gouvern&#233;e par les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;12 juillet 2022 | tir&#233; de contretemps.eu&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/07/12/le-monde-bascule-les-politiques-economiques-flottent/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/07/12/le-monde-bascule-les-politiques-economiques-flottent/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le retour de l'inflation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1985, jamais l'indice des prix &#224; la consommation n'avait pas &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;. 8,1% en moyenne dans la zone euro (en mars), dans laquelle la France fait figure de bon &#233;l&#232;ve avec 5,4%, plus de 10% aux &#201;tats-Unis. Du jamais vu depuis presque 40 ans. En 1985, l'&#233;conomie mondiale est au d&#233;but d'un nouveau cycle, les &#201;tats-Unis jusque l&#224; cr&#233;anciers deviennent d&#233;biteurs vis-&#224;-vis du monde, leur dette ne cesse de cro&#238;tre, la d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re bat son plein, une r&#233;volution venue de la Grande-Bretagne de Thatcher et des &#201;tats-Unis de Reagan. En France, le gouvernement de Fran&#231;ois Mitterrand via le ministre des finances Pierre B&#233;r&#233;govoy entrera dans cette voie en 1986. La d&#233;r&#233;glementation signifie l'abolition de toutes les lois et r&#232;glements qui r&#233;gissaient la finance, pour la mondialiser. L'hypermondialisation qui marquera les ann&#233;es 2000 est surtout financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir des ann&#233;es 1990, les march&#233;s financiers conna&#238;tront une croissance exponentielle. Le double mouvement de d&#233;sinterm&#233;diation, les banques ne sont plus l'interm&#233;diaire financier oblig&#233;, et de titrisation, les entreprises pour leurs op&#233;rations financi&#232;re passent directement par les march&#233;s financiers ad hoc. Les Bourses, particuli&#232;rement celle de Wall Street, architectureront les soci&#233;t&#233;s au-del&#224; m&#234;me de l'&#233;conomie. Les crit&#232;res de la finance, maximisation du profit &#224; court terme principalement, tyrannie de l'actionnaire qui, via les fonds &#8211; de pension, d'investissement ou hedge funds [1] &#8211; exigent au moins 15% de dividendes ouvrant la voie &#224; une augmentation importante du capital distribu&#233; au d&#233;triment de l'investissement productif. Le r&#233;sultat, dans la course &#224; la comp&#233;titivit&#233; des ann&#233;es 2000, la d&#233;sindustrialisation des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s &#8211; &#224; l'exception de l'Allemagne engag&#233;e, apr&#232;s la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, dans l'unification &#8211; et la formation de firmes multinationales devenues le credo politique essentiel : constituer des champions internationaux sur le march&#233; mondial au d&#233;triment de la souverainet&#233; des &#233;tats-nations, de leur capacit&#233; &#224; satisfaire les besoins de leurs populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie, la guerre de Poutine ont d&#233;voil&#233; cette structuration de l'&#233;conomie mondiale et ses cons&#233;quences. La privatisation sous toutes ses formes, notamment l'introduction des crit&#232;res du priv&#233; pour d&#233;terminer l'efficacit&#233; des services publics &#8211; il faudrait plut&#244;t parler d'efficience tant l'accent &#233;tait mis sur la baisse des d&#233;penses &#8211; pour les inclure dans la logique du march&#233; et de la marchandisation. Le r&#233;sultat est connu et visible : la sant&#233;, l'&#233;ducation nationale &#8211; sans parler de la r&#233;forme de la haute administration via la gr&#232;ve des fonctionnaires du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res &#8211; sont dans l'incapacit&#233; d'effectuer leurs missions. Il est d&#233;sormais &#233;vident que les services publics doivent sortir de la logique du march&#233;, de la marchandisation. Pour lutter contre les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000 l'hypermondialisation va, de pair avec la financiarisation. L'ensemble des productions, des produits, des biens &#8211; y compris des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; comme l'alimentation, les m&#233;taux, l'eau &#8211; font l'objet de cotations. Toutes les mati&#232;res premi&#232;res en particulier d&#233;pendent des pr&#233;visions des op&#233;rateurs, des &#171; traders &#187;. Les march&#233;s sont dits &#224; terme : les transactions ne sont plus prioritairement au comptant mais &#224; trois mois, six mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation actuelle des prix vient de l&#224;. Les traders pr&#233;voient, et ils n'ont pas forc&#233;ment tort, que les p&#233;nuries sont &#224; venir du fait de la guerre et les cours montent. Ces prix du futur s'imposent pour aujourd'hui alors que, pour le moment, les p&#233;nuries n'existent pas. Ainsi pour le march&#233; du p&#233;trole. Les stocks existants permettent de faire face &#224; la demande y compris si le p&#233;trole brut de Russie n'arrive plus en Europe, dans le cas o&#249; les sanctions seraient efficaces. L&#224; g&#238;t l'explication de l'&#233;volution des cours &#224; court terme. Le baril de p&#233;trole est pass&#233; r&#233;cemment de 140 dollars &#224; moins de 100 pour remonter ensuite. Les traders ont r&#233;agi &#224; l'annonce des sanctions, aux p&#233;rip&#233;ties de la guerre pour construire leur monde du futur. L'exactitude de leurs pr&#233;visions d&#233;pendra du jeu g&#233;opolitique et non plus seulement de l'&#233;conomie. Les superprofits des compagnies p&#233;troli&#232;res s'expliquent par ce d&#233;calage dans le temps entre les cours du futur et les stocks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des surprofits qui s'effectuent pour le plus grand bonheur des actionnaires mais au d&#233;triment du plus grand nombre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des prix actuelle n'a pas comme origine une d&#233;valorisation de la monnaie, comme ce fut le cas apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale dans la p&#233;riode dite des &#171; 30 glorieuses &#187; (1944-1974) qui a vu une inflation permanente favorisant la croissance continue. D'ailleurs tous les prix n'augmentent pas. Des entreprises se servent du contexte pour organiser des p&#233;nuries, encourag&#233;es par les r&#233;actions des consommateurs qui ont peur de manquer et font des stocks, et faire monter artificiellement les prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte actuel n'est pas celui de 1985. Une r&#233;f&#233;rence qui ne sert pas &#224; comprendre la situation actuelle. La hausse des prix n'&#233;tant pas un ph&#233;nom&#232;ne mon&#233;taire mais la cons&#233;quence de la financiarisation de l'&#233;conomie, les outils ne peuvent &#234;tre semblables &#224; ceux de 1985. Dans les ann&#233;es 1980 &#8211; en France &#224; partir du &#171; plan Barre &#187; d'octobre 1976 -, la politique d'aust&#233;rit&#233; s'impose en m&#234;me temps que la hausse massive des taux de l'int&#233;r&#234;t &#8211; les ann&#233;es Volker aux Etats-Unis du nom du pr&#233;sident de la FED &#224; l'&#233;poque &#8211; pour r&#233;duire la masse mon&#233;taire en circulation, de lutter contre l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FED, suivie en cela par la BCE &#8211; Christine Lagarde a annonc&#233; la fin des taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gatifs pour septembre 2022 &#8211; avec un temps de retard et, sans doute, un d&#233;bat &#224; couteaux directs au sein de la direction de la BCE, a commenc&#233; &#224; abandonner la politique de &#171; Quantitative Easing &#187;, de cr&#233;ation mon&#233;taire massive pour racheter la dette publique et m&#234;me la dette priv&#233;e de certaines grandes entreprises tout en imposant des taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gatifs contribuant ainsi &#224; l'augmentation globale de l'endettement. La dette priv&#233;e devient une bombe &#224; retardement qui risque d'exploser provoquant des faillites importantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;pondre &#224; la hausse des prix actuelle par des politiques mon&#233;taires du pass&#233; &#8211; des ann&#233;es 1980 en l'occurrence &#8211; est plus qu'une erreur, c'est une faute. Le pass&#233; ne peut servir de boussole lorsque le monde bascule. L'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t risque de provoquer une &#233;norme d&#233;flagration sans combattre le ph&#233;nom&#232;ne de hausse des prix provenant d'une organisation du monde d&#233;pendante des march&#233;s financiers. Les banques centrales, les Etats devraient plut&#244;t s'interroger sur la mani&#232;re de r&#233;guler ces march&#233;s pour &#224; la fois r&#233;industrialiser, et retrouver une souverainet&#233; disparue. Sortir de la logique de la finance est une n&#233;cessit&#233;. Philippe Chalmin, pourtant lib&#233;ral sur le terrain &#233;conomique, propose, dans son dernier rapport &#171; Cyclope &#187;, de refonder la politique agricole commune (PAC). Elle est devenue au fil des ans uniquement un syst&#232;me de r&#233;partition des subventions. En 1962, au moment de sa mise en &#339;uvre, un prix vert &#233;tait fix&#233; uniquement sur la base de la productivit&#233; de la plus petite exploitation agricole. Une mani&#232;re de rompre, &#224; l'&#233;poque, avec le march&#233; mondial pour arriver &#224; nourrir toutes les populations de la CEE. Face &#224; la logique des march&#233;s financiers, la PAC devrait d&#233;finir un &#171; prix vert &#187; qui, &#224; la fois, pr&#233;serve l'agriculture paysanne, permette le d&#233;veloppement du bio, lutte contre la crise &#233;cologique et permette de baisser les prix pour combattre les in&#233;galit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les gouvernements restent enferm&#233;s dans le monde actuel, h&#233;ritier d'un pass&#233; d&#233;pass&#233;, les in&#233;galit&#233;s ne peuvent que s'approfondir. La contre r&#233;forme des retraites, la baisse des imp&#244;ts de production &#8211; c'est-&#224;-dire des cotisations sociales patronales &#8211; s'inscrivent dans l'id&#233;ologie de la privatisation et dans la soumission aux crit&#232;res des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Crise financi&#232;re et &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s financiers subissent des secousses, des tremblements. Toutes les bourses de valeurs &#8211; d'actions &#8211; ont baiss&#233;. Des hedges funds ont fait faillite, les crypto monnaies &#8211; comme le bitcoin mais ce n'est pas la seule &#8211; connaissent les m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes de krach, de crise que les anciennes. Comme toujours, ce sont d'abord les petits &#233;pargnants, boursicoteurs, qui font les frais de cette chute, mais pas seulement : des pays, comme le Salvador, qui ont aussi fait confiance &#224; ces crypto monnaies pour sortir de leur d&#233;pendance au dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde craque. Un autre monde est en train de na&#238;tre. Les gouvernants n'ont pas les outils th&#233;oriques pour le comprendre. Ils flottent au vent de l'empirisme le plus plat tout en se raccrochant aux vieilles branches d'une id&#233;ologie, dite n&#233;o lib&#233;rale, qui a fait son temps. Nous entrons dans un contexte de r&#233;cession qui risque de perdurer d'autant plus si la politique mon&#233;taire est &#224; la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t &#8211; alors qu'il est n&#233;cessaire d'augmenter l'endettement pour financer tous les investissements qu'appelle la nouvelle donne &#8211; et la politique budg&#233;taire renouant avec l'aust&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Entre les lignes entre les mots, 12 juillet 2022 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/07/12/le-monde-bascule-les-politiques-economiques-flottent/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/07/12/le-monde-bascule-les-politiques-economiques-flottent/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Les hedge funds, fonds de couverture, sont devenus des fonds uniquement sp&#233;culatifs. Ils synth&#233;tisent m&#234;me le fonctionnement des march&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pand&#233;mie, guerre et march&#233;s financiers</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pandemie-guerre-et-marches-financiers</link>
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		<dc:date>2022-04-19T11:33:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis plus de 30 ans, les march&#233;s financiers ont &#233;tendu leur domination au d&#233;triment des &#201;tats et du bien &#234;tre des populations. Les d&#233;cisions prises dans les ann&#233;es 1980 par les gouvernements de d&#233;r&#233;glementation, notamment dans le domaine financier, montrent toute leur nocivit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 16 avril 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que les Bourses des pays d&#233;velopp&#233;s oscillent au gr&#233; des annonces de la guerre de Poutine en Ukraine, descente le 24 f&#233;vrier, puis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton52406-35601.jpg?1678984659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de 30 ans, les march&#233;s financiers ont &#233;tendu leur domination au d&#233;triment des &#201;tats et du bien &#234;tre des populations. Les d&#233;cisions prises dans les ann&#233;es 1980 par les gouvernements de d&#233;r&#233;glementation, notamment dans le domaine financier, montrent toute leur nocivit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/04/16/pandemie-guerre-et-marches-financiers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 16 avril 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les Bourses des pays d&#233;velopp&#233;s oscillent au gr&#233; des annonces de la guerre de Poutine en Ukraine, descente le 24 f&#233;vrier, puis remont&#233;es en r&#233;ponse aux possibles pourparlers de paix fin mars, les prix du p&#233;trole et plus g&#233;n&#233;ralement de l'&#233;nergie comme les mati&#232;res premi&#232;res sont orient&#233;s &#224; la hausse d&#233;terminant une mont&#233;e des prix jamais vue depuis 1985, de l'ordre de 4,5% en France. Pourquoi cette envol&#233;e ? Est-ce de l'inflation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les raisons de la hausse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, aucune p&#233;nurie ni de p&#233;trole, ni de gaz n'est visible. Ni de mati&#232;res premi&#232;res, qu'elles soient alimentaires ou m&#233;taux. L'explication se trouve dans la financiarisation de toutes ces mati&#232;res premi&#232;res, dans leur cotation sur des march&#233;s financiers &#224; terme. Les op&#233;rateurs pr&#233;voient que, dans l'avenir, il manquera de gaz &#8211; &#224; cause des sanctions contre la Russie -, de p&#233;trole &#8211; pour la m&#234;me cause mais aussi parce que les pays de l'OPEP n'augmenteraient pas leur production &#8211; et de mati&#232;res premi&#232;res. Ces pr&#233;visions se traduisent par l'augmentation des cours sur les march&#233;s &#224; terme, pour le futur. Contre toute logique, s'appliquent imm&#233;diatement, d&#233;calage qui explique les surprofits. Pour essayer de limiter la tendance &#224; la hausse, les &#201;tats-Unis se disent pr&#234;ts &#224; rel&#226;cher un volume &#171; historique &#187;, en ce qui concerne leurs stocks de p&#233;trole (Les &#201;chos du 1er avril 2022). Annonce qu'il faut prendre comme une indication pour les op&#233;rateurs de ce march&#233; d'arr&#234;ter de jouer la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination des march&#233;s financiers, leurs crit&#232;res, se d&#233;voilent. Les politiques &#233;conomiques des &#201;tats se trouvent affaiblies. La guerre comme la pand&#233;mie, comme la crise financi&#232;re de 2007-2008 indiquent la n&#233;cessit&#233; de r&#233;glementer ces march&#233;s. La politique agricole commune de l'Union Europ&#233;enne n'est plus qu'un syst&#232;me de subventions. Elle n'a plus la capacit&#233; de sortir de la logique financi&#232;re pour mettre en place un d&#233;but d'ind&#233;pendance alimentaire. Les &#201;tats ne peuvent pas non plus agir sur le march&#233; p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle architecture g&#233;opolitique qui sortira de la guerre sera d&#233;terminante dans la r&#233;alisation ou non de ces pronostics. Pour l'heure, le r&#233;sultat le plus visible et le plus alarmant est la baisse du pouvoir d'achat et la hausse des in&#233;galit&#233;s. L'augmentation des cours des mati&#232;res premi&#232;res peut conduire, dans beaucoup de pays, &#224; la disette et &#224; la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inflation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les prix n'augmentent pas, dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. L'inflation d&#233;termine une hausse g&#233;n&#233;ralis&#233;e et une d&#233;pr&#233;ciation de la monnaie. La diff&#233;renciation hausse des prix/inflation est important pour la d&#233;finition des politiques mon&#233;taires. La FED, la banque de r&#233;serve am&#233;ricaine a d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter le &#171; quantitative easing &#187;, la cr&#233;ation mon&#233;taire pour acheter la dette de l'&#201;tat et d'augmenter ses taux de l'int&#233;r&#234;t, instrument principal pour diminuer la masse mon&#233;taire en circulation. La BCE suit, au prix de d&#233;bats internes, ce m&#234;me chemin. En France, le taux d'int&#233;r&#234;t &#224; 10 ans de la dette publique est pass&#233; de 0% mi-d&#233;cembre 2001 &#224; 1% en mars. Or, les raisons de la hausse ne sont pas &#224; rechercher dans la cr&#233;ation mon&#233;taire. Si cette politique s'amplifie, elle pourrait se traduire par une augmentation du service de la dette pour les &#201;tats et des difficult&#233;s de refinancement pour les entreprises. Les cons&#233;quences se verraient &#224; deux niveaux, une chute du march&#233; des actions et des faillites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre, la pand&#233;mie, qui n'est pas termin&#233;e, acc&#233;l&#232;rent et approfondissent les tendances pass&#233;es. 2021 a fait illusion. La reprise &#233;tait largement due &#224; l'intervention de l'&#201;tat et &#224; l'arr&#234;t quasiment de la production en 2020. Les sanctions mais surtout la baisse du pouvoir d'achat comme les politiques &#233;conomiques et mon&#233;taires laissent envisager une profonde r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats veulent mettre en &#339;uvre une r&#233;industrialisation en luttant contre les mutations climatiques et la crise &#233;cologique, ils devront commencer par s'affranchir de la domination des march&#233;s financiers qui voudraient coter tout le vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Derri&#232;re la reprise, le basculement du monde</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Derriere-la-reprise-le-basculement-du-monde</link>
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		<dc:date>2021-12-14T12:40:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-12-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; l'hypermondialisation qui s'est install&#233;e depuis les ann&#233;es 2000. Elle a structur&#233; le monde. Les &#201;tats se sont vus d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur pouvoir appuy&#233; sur la cr&#233;ation de richesses sur le territoire national. Le processus de financiarisation/d&#233;sindustrialisation s'est synth&#233;tis&#233; dans la place nouvelle des multinationales. La richesse est devenue financi&#232;re et d&#233;pendante des march&#233;s financiers. Le constat a &#233;t&#233; fait avec Musk. En cons&#233;quence, la finance impose ses crit&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-12-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-12-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton50803-27d76.jpg?1678984659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; l'hypermondialisation qui s'est install&#233;e depuis les ann&#233;es 2000. Elle a structur&#233; le monde. Les &#201;tats se sont vus d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur pouvoir appuy&#233; sur la cr&#233;ation de richesses sur le territoire national. Le processus de financiarisation/d&#233;sindustrialisation s'est synth&#233;tis&#233; dans la place nouvelle des multinationales. La richesse est devenue financi&#232;re et d&#233;pendante des march&#233;s financiers. Le constat a &#233;t&#233; fait avec Musk. En cons&#233;quence, la finance impose ses crit&#232;res de maximisation du profit &#224; court terme. Il est temps de changer d'orientation strat&#233;gique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/12/13/derriere-la-reprise-le-basculement-du-monde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 13 d&#233;cembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise &#233;conomique en France, de plus de 6% suivant la derni&#232;re note de conjoncture de l'INSEE (de septembre), pourrait faire illusion. La Banque de France fr&#244;le m&#234;me les 7%. &#171; Les &#201;chos &#187;, d&#233;but novembre, vont jusqu'&#224; proclamer la France, locomotive de l'Europe1, mais, puissance de deuxi&#232;me zone, elle n'en a pas les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise est, en France, comme dans les autres pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, dop&#233;e par l'intervention de l'&#201;tat qui a secouru toutes les entreprises en difficult&#233; et financ&#233; le ch&#244;mage partiel &#224; un niveau &#233;lev&#233;. Au prix d'un d&#233;ficit budg&#233;taire qui fait voler en &#233;clat les crit&#232;res de Maastricht et d'une augmentation de l'endettement public qui fait pleurer les tenants de l'orthodoxie lib&#233;rale voulant &#224; toute force diminuer les d&#233;penses publiques. Pourtant, le service de la dette, le paiement des int&#233;r&#234;ts et de la partie de la dette &#224; rembourser, est faible r&#233;sultat de la politique mon&#233;taire de la BCE qui continue &#224; cr&#233;er massivement de la monnaie pour racheter les obligations d'&#201;tat des pays de la zone euro. Les taux d'int&#233;r&#234;t restent proches de z&#233;ro m&#234;me s'ils ne sont plus n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italie, l'Espagne, profitant du Quantitative Easing2 ont d&#233;cid&#233; de gonfler les d&#233;penses publiques pour alimenter la croissance. Les pays d'Europe du Nord veulent aussi renouer avec &#171; L'&#201;tat-providence &#187;. La forme sociale de l'&#201;tat signe un curieux retour d&#251; &#224; la prise de conscience par les populations, par la pand&#233;mie, de la n&#233;cessit&#233; de la protection sociale et des augmentations de salaire ainsi que la r&#233;duction du temps de travail. Cet axe de politique &#233;tatique se heurte &#224; la survivance de l'id&#233;ologie lib&#233;rale sur le terrain &#233;conomique et &#224; la volont&#233; continue de d&#233;truire le syst&#232;me de protection sociale ; efficace visiblement face &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat a garanti les revenus permettant &#224; la consommation des m&#233;nages de repartir et de nourrir la croissance. L'&#233;volution du pouvoir d'achat devient la variable essentielle pour la poursuite de la reprise. Or, il est orient&#233; &#224; la baisse sous le poids des hausses des denr&#233;es alimentaires de base &#8211; les cours sont au plus haut depuis 10 ans &#8211; et de l'&#233;nergie. Pr&#233;caires et petits boulots sont les grands exclus. Retrait&#233;s et fonctionnaires voient leur capacit&#233; d'achat diminuer. La redistribution des revenus vers les plus riches par le biais de la hausse des prix pourrait entraver la reprise. D'ores et d&#233;j&#224; l'industrie automobile europ&#233;enne est menac&#233;e d'effondrement, faute de clients et aussi de semi conducteurs. Les habitudes des consommateurs se transforment. La pr&#233;servation de l'environnement devient une pr&#233;occupation centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie allemande, premi&#232;re &#233;conomie de l'Europe, vit au rythme des m&#234;mes questions &#224; court terme. Elle conna&#238;tra un ralentissement de sa croissance ce dernier trimestre de 2021 et les pr&#233;visions pour 2022 sont atones. La politique &#233;conomique du nouveau gouvernement jouera un r&#244;le essentiel pour d&#233;finir aussi un mod&#232;le industriel plus adapt&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; du monde. Le court terme, la reprise et son financement, sont imbriqu&#233;s au moyen terme, la capacit&#233; &#224; d&#233;finir un autre mod&#232;le d'accumulation. L'&#233;conomie allemande d&#233;pend, pour l'essentiel, de ses exportations, de machines outils notamment, vers la Chine devenue son partenaire le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie chinoise est dans une phase de ralentissement : 4,9% pr&#233;vu pour 2021, un niveau d'activit&#233; faible qui a des cons&#233;quences sur l'ensemble des &#233;conomies du monde &#224; commencer par ses voisins les plus proches. &#171; La Chine p&#232;se sur la reprise mondiale &#187; comme le titre le Monde du 7 novembre. A court terme la faillite possible du g&#233;ant de l'immobilier Evergrande fortement endett&#233; risque d'entra&#238;ner avec elle les grandes bourses chinoises et, au-del&#224;, provoquer une crise financi&#232;re mondiale et une r&#233;cession. Le gouvernement chinois h&#233;site &#224; le soutenir. Pour l'instant, il fait face &#224; ses &#233;ch&#233;ances, mais rien n'est r&#233;gl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale est structurelle. La Chine a voulu r&#233;orienter son &#233;conomie en changeant de mod&#232;le de d&#233;veloppement passant d'une croissance d&#233;pendante de ses exportations &#8211; elle est la filiale d'atelier par excellence &#8211; &#224; un d&#233;veloppement autocentr&#233;. La pand&#233;mie, avec son lot de souverainisme et de protectionnisme, acc&#233;l&#232;re le processus qui se heurte &#224; la stagnation, sinon la baisse de la consommation des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tendances au souverainisme, au renfermement sur soi &#233;taient d&#233;j&#224; sensibles avant la pand&#233;mie. Mais cette derni&#232;re les a non seulement r&#233;v&#233;l&#233;es mais aussi approfondies et acc&#233;l&#233;r&#233;es. Le plan de Joe Biden, aux &#201;tats-Unis, en est une bonne illustration. &#171; America first &#187; ! Le pays ne sera plus la &#171; locomotive &#187; du monde &#187;. Ce repli g&#233;n&#233;ralis&#233; limite les &#233;changes mondiaux et d&#233;sorganise les cha&#238;nes de valeur. Celles de l'hypermondialisation sont obsol&#232;tes sans que de nouvelles se cr&#233;ent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;industrialiser ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la r&#233;industrialisation fait flor&#232;s. La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; la fois l'hypermondialisation et la n&#233;cessit&#233;, pour le bien &#234;tre des populations, d'industries prioritaires &#8211; comme la pharmacie &#8211; pour &#233;viter de d&#233;pendre des firmes multinationales uniquement guid&#233;es par le profit &#224; court terme, comme Sanofi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; plan &#187; Macron de 30 milliards sur 5 ans est trop faible : les sommes sont ridicules au regard des investissements &#224; engager et l'imagination est absente. Une reconstruction du pass&#233; fait office de futur, sans penser des innovations industrielles. Repenser le travail lui-m&#234;me est un autre imp&#233;ratif. Pas seulement &#224; cause du t&#233;l&#233;travail qui n'en est que le r&#233;v&#233;lateur ou des effets de la pand&#233;mie qui ont permis aux salari&#233;.e.s de prendre conscience de leurs conditions de travail absurdes.3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle bonne sant&#233; statistique du march&#233; du travail justifierait de ne rien faire sinon attendre. Ce serait une erreur. Le ch&#244;mage, au sens du BIT, est tomb&#233; &#224; 8% de la population active mais il ne tient pas compte des passages de cat&#233;gorie. Les employ&#233;s &#224; temps tr&#232;s partiel ne sont plus comptabilis&#233;s d'une part, de l'autre il n'est pas tenu compte des travailleurs d&#233;courag&#233;s qui ne s'inscrivent plus comme demandeurs d'emploi. La contre r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage vise &#224; faire baisser le revenu, le salaire diff&#233;r&#233;, des salari&#233;.e.s priv&#233;.e.s d'emploi sous le pr&#233;texte que le march&#233; du travail conna&#238;t une embellie, pour les forcer &#224; accepter n'importe quel emploi. Une n&#233;gation des libert&#233;s d&#233;mocratiques. Sans parler d'une baisse de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De mauvaises nouvelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de bon ton de consid&#233;rer la hausse historique des indicateurs boursiers comme de bonnes nouvelles. La finance absorbe &#224; la fois la cr&#233;ation mon&#233;taire des banques centrales des pays d&#233;velopp&#233;s &#8211; une forme d'inflation, une hausse des actifs financiers alors que leur valeur &#171; r&#233;elle &#187; n'a pas boug&#233; &#8211; et l'augmentation des profits au d&#233;triment de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;industrialisation n&#233;cessaire pour sortir de la crise &#233;conomique. 2022 vivra au rythme des restructurations profondes et des licenciements. On peut pr&#233;voir une faible croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;calage entre la sph&#232;re financi&#232;re et l'&#233;conomie &#171; r&#233;elle &#187;, la production de richesses, s'approfondit. La croissance, en France, au mieux, permettra de revenir au niveau du PIB de 20194, sans trouver les ressorts d'une nouvelle cr&#233;ation de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation des capitaux vers la sph&#232;re financi&#232;re est li&#233;e &#224; l'incertitude. La pand&#233;mie &#8211; toujours pr&#233;sente, Omicron en t&#233;moigne &#8211; se rajoute &#224; celles d&#233;j&#224; existantes. Investir, dans ces conditions, est un pari risqu&#233;, sans orientations strat&#233;giques de l'&#201;tat. Les innovations financi&#232;res font, elles, peser un danger imm&#233;diat parce qu'elles renforcent la volatilit&#233; des march&#233;s. R&#233;cemment &#8211; fin novembre 2021 &#8211; les Bourses ont chut&#233; fortement prenant pr&#233;texte de l'arriv&#233;e du nouveau variant. Plus profond&#233;ment la reprise &#233;conomique risque d'&#234;tre un feu de paille si elle ne s'inscrit pas dans la d&#233;finition d'une nouvelle architecture reposant sur le bien &#234;tre des populations passant par le d&#233;veloppement des services publics et des priorit&#233;s de r&#233;industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;glementation de la finance par l'&#201;tat transformerait l'orientation de l'accumulation du capital vers l'investissement productif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les risques viennent &#224; la fois de la politique budg&#233;taire et de la politique mon&#233;taire. Si les &#201;tats renouent avec l'aust&#233;rit&#233; et baissent les d&#233;penses publiques, la consommation s'effondrera et les services publics seront comprim&#233;s, sans possibilit&#233; d'accomplir leur mission. Si le gouvernement futur, pour la France, veut, comme, annonc&#233;, remettre en cause la protections sociale sous pr&#233;texte de d&#233;ficit, les in&#233;galit&#233;s ne pourront que progresser, alors qu'elles sont d&#233;j&#224; profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget pour 2022 enregistre certes une augmentation des d&#233;penses mais les d&#233;clarations gouvernementales s'inscrivent toujours dans la perspective de la baisse des d&#233;penses. Si les banques centrales stoppent le quantitative easing et reviennent &#224; l'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t, l'endettement priv&#233; pourrait exploser. La FED, la banque de r&#233;serve am&#233;ricaine, est pr&#234;te &#224; augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t et &#224; baisser &#8211; mais pas arr&#234;ter &#8211; les rachats de la dette publique. Pour, antienne oubli&#233;e, lutter contre l'inflation qui atteint 5% aux &#201;tats-Unis. La BCE h&#233;site. La d&#233;mission du repr&#233;sentant de la Bundesbank pourrait laisser penser &#224; la poursuite d'une politique mon&#233;taire expansive. Tout d&#233;pend de la prise de conscience de la r&#233;alit&#233; du monde loin des postures id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter la catastrophe, il faudrait concevoir un autre monde, luttant contre les mutations climatiques et la crise &#233;cologique qui supposent de nouvelles infrastructures. Lutter contre la finance et son objectif de maximisation du profit &#224; court terme est un pr&#233;alable vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Les &#201;chos du 2 novembre 2021, &#171; Port&#233;e par la consommation, la France s'affirme en locomotive de la zone euro &#187;, mettant en lumi&#232;re que la reprise d&#233;pend de la consommation des m&#233;nages et non pas de l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Nom donn&#233; &#224; cette politique mon&#233;taire accommodante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Le secteur de l'h&#244;tellerie restauration se plaint de ne plus trouver de la main d'&#339;uvre corv&#233;able &#224; merci. Il devrait s'interroger sur des conditions de travail plus humaines et sur l'augmentation des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Cf. Note de Conjoncture de l'INSEE septembre 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un krach financier possible et n&#233;cessaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-krach-financier-possible-et-necessaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-krach-financier-possible-et-necessaire</guid>
		<dc:date>2021-06-08T11:25:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au premier abord, les march&#233;s financiers du monde capitaliste d&#233;velopp&#233; semblent devenus fous, irrationnels. La r&#233;cession n'a jamais &#233;t&#233; aussi profonde et les indices boursiers sont tous orient&#233;s &#224; la hausse. Comment expliquer ce foss&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2021 - Lettre n&#176;23 - 5 juin : Notes de lecture, textes, mises-&#224;-jour, p&#233;tition &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 30 mai 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Wall Street, la place financi&#232;re am&#233;ricaine, a surr&#233;agi aux annonces de plans de relance de Joe Biden, au total (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton48639-81d13.jpg?1678984659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au premier abord, les march&#233;s financiers du monde capitaliste d&#233;velopp&#233; semblent devenus fous, irrationnels. La r&#233;cession n'a jamais &#233;t&#233; aussi profonde et les indices boursiers sont tous orient&#233;s &#224; la hausse. Comment expliquer ce foss&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/30/un-krach-financier-possible-et-necessaire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; 2021 - Lettre n&#176;23 - 5 juin : Notes de lecture, textes, mises-&#224;-jour, p&#233;tition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 30 mai 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wall Street, la place financi&#232;re am&#233;ricaine, a surr&#233;agi aux annonces de plans de relance de Joe Biden, au total plus de 5000 milliards de dollars. Le vote du Congr&#232;s, selon toute vraisemblance, viendra rogner les ailes pr&#233;sidentielles. Le S&amp;P 500 &#8211; un indice calcul&#233; par l'agence de notation Standard &amp; Poor et qui r&#233;unit 500 entreprises les mieux cot&#233;es &#8211; a augment&#233;, dans les 100 premiers jours du pr&#233;sident am&#233;ricain, de 8,6%1. Or, &#224; cette date, la reprise est encore &#224; venir. Les plans de relance annonc&#233;s par l'Union Europ&#233;enne non seulement ne sont pas au m&#234;me niveau mais ne sont pas encore activ&#233;s. Chaque pays a d&#233;fini son propre attirail, m&#234;lant les mesures sociales &#8211; en France la subvention pour le ch&#244;mage partiel notamment &#8211; et les aides aux entreprises pour &#233;viter la vague de faillites, surtout du c&#244;t&#233; des PME. Signe des temps anciens, les gouvernements baissent les cotisations sociales pour augmenter les profits&#8230; qui viennent alimenter la hausse des dividendes sous le poids des contraintes impos&#233;es par les fonds d'investissement. Les mesures d'exon&#233;rations p&#232;seront fortement sur les comptes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des cours des places financi&#232;res pr&#233;c&#232;de l'annonce des plans de relance qui mettront du temps &#224; exercer leurs effets, surtout en mati&#232;re d'investissements publics. Il est donc d'autres causes qui expliquent cette croissance qui a vu l'indice Dow Jones (&#224; Wall Street), le CAC 40 (&#224; Paris) d&#233;passer les sommets pr&#233;c&#233;dents. Pour la France, par exemple, l'INSEE, dans sa derni&#232;re note de conjoncture, annonce une reprise pour 2021, de 4% en mai et de 2,5% en juin, qui laissera encore un taux n&#233;gatif, d'environ 3% pour l'ann&#233;e, par rapport au quatri&#232;me trimestre 2019. La croissance de cette ann&#233;e l&#224; tournant autour de 1,5% par rapport &#224; 2018. La croissance &#233;tait faible. Pour m&#233;moire, l'&#233;conomie allemande atteignait p&#233;niblement 0%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord rappeler le contenu des indices. Le CAC40 est compos&#233; des 40 valeurs les plus valoris&#233;es. Autrement dit son contenu a tendance &#224; reprendre les actions des soci&#233;t&#233;s les plus cot&#233;es. Dans la crise profonde actuelle, beaucoup de secteurs ont disparu au profit de ceux qui surnagent, comme le secteur du luxe qui a pris une grande place dans la composition de l'indice. Pour le dire autrement, l'indice vient au secours des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raison principale de la hausse : les politiques mon&#233;taires des banques centrales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques centrales sont en train &#8211; c'est un processus, des contre tendances sont possibles &#8211; de larguer les voiles loin des dogmes du lib&#233;ralisme &#233;conomique qui obligent &#224; diminuer la masse mon&#233;taire en circulation. Von Hayek pr&#233;conisait d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1930 &#224; lutter contre l'endettement, en supprimant quasiment le cr&#233;dit en r&#233;clamant de l'&#201;tat qu'il r&#233;duise la dette publique. Face &#224; la profondeur de la r&#233;cession &#8211; on pourrait m&#234;me parler de d&#233;pression &#8211; elles ont d&#233;cid&#233;, souvent en lien avec les &#201;tats, de cr&#233;er massivement de la monnaie pour racheter les titres de la dette publique. Cette politique mon&#233;taire date de l'apr&#232;s 2007-2008, date de l'entr&#233;e dans la crise syst&#233;mique. Elle a nom Quantitative Easing (Q/E). Ainsi Christine Lagarde, pour la BCE, d&#233;clare poursuivre son plan d'urgence de soutien &#224; l'&#233;conomie. Les d&#233;bats montrent de profonds clivages entre les tenants de l'orthodoxie hayekienne et les autres. Pour l'instant, la BCE conserve ses taux tr&#232;s faibles. Sur les march&#233;s, les taux se sont un peu redress&#233;s, de n&#233;gatifs, ils atteignent, pour la France, 0,13% &#224; 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de baisse des taux d'int&#233;r&#234;t et de cr&#233;ation mon&#233;taire a comme cons&#233;quence de stabiliser le march&#233; obligataire, celui de la dette, et donc de permettre, pas seulement pour les &#233;tats mais aussi pour les entreprises &#8211; et m&#234;me les m&#233;nages qui voient les taux sur le march&#233; immobilier diminuer &#8211; d'emprunter sans que le service de la dette &#8211; l'annuit&#233; &#8211; n'augmente. Dans une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par Janus Henderson2 portant sur les 35 pays les plus actifs sur le march&#233; obligataire, deux chiffres : la dette publique a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 3,7% en 25 ans mais le service de la dette est pass&#233; de 3,3% du PIB mondial &#224; 1,5%. R&#233;sultat des taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gatifs qui ont marqu&#233; le monde financier depuis 2009. Il faut ajouter que 24% de cette dette publique mondiale est d&#233;tenue par les banques centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pand&#233;mie, la BCE par exemple, a rachet&#233; la dette publique des &#233;tats de la zone euro. Patrick Artus en d&#233;duit que l'annulation de cette partie de la dette n'est qu'un jeu d'&#233;criture. Possibilit&#233; d'annulation, qui ne poserait pas de probl&#232;mes sur les terrains &#233;conomiques et mon&#233;taires, devient du coup une question politique. L'annulation de la dette publique devient un test pour les gouvernements. Le d&#233;bat autour des trait&#233;s europ&#233;ens, aujourd'hui suspendus, ressort de la m&#234;me probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de d&#233;flation, r&#233;sultat de la r&#233;cession, il est vital d'augmenter la dette publique pour financer en priorit&#233; les services publics laiss&#233;s un peu &#224; l'abandon ces 20 derni&#232;res ann&#233;es. L'inflation n'est pas un risque devant la crise &#233;conomique. Keynes, devant la profondeur de la crise de 1929, proposait d'augmenter les d&#233;ficits publics &#8211; donc la dette &#8211; en cr&#233;ant de la monnaie pour alimenter le march&#233; final et faire repartir l'&#233;conomie. Pour la zone euro, les &#233;tats ont perdu le privil&#232;ge r&#233;galien de battre monnaie, le confiant &#224; la BCE, ind&#233;pendant &#8211; dans les textes &#8211; de tout pouvoir politique. Cette contradiction devrait &#234;tre lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques centrales en luttant contre l'instabilit&#233; des march&#233;s obligataires, ont particip&#233; au d&#233;veloppement de la sp&#233;culation sur le march&#233; des actions en ouvrant la porte &#224; l'augmentation de l'endettement priv&#233;. Les banques sont menac&#233;es par la possibilit&#233; de faillite de ces groupes priv&#233;s. Tellement que les mesures d'annulation des dettes priv&#233;es sont en pr&#233;paration dans la plupart des pays dits d&#233;velopp&#233;s. Par contre, les pays &#233;mergents sont enfonc&#233;s, de nouveau, dans une crise de la dette qui se traduit par une hyperinflation..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons internes aux march&#233;s financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises, dans leur grande majorit&#233;, ont maintenu la distribution de dividendes au d&#233;triment de l'investissement productif. C'est visible, en Europe, dans le secteur des &#171; puces &#187;. L'industrie des semi-conducteurs a accumul&#233; les retards depuis 20 ans. Le mouvement de d&#233;sindustrialisation est global dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, &#224; l'exception de l'Allemagne. Sur ce terrain, le discours a chang&#233;. Il est question, partout, de r&#233;industrialiser. Comment, avec quelles priorit&#233;s ? Il faudrait planifier pour fixer les objectifs au moins &#224; moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s de fusions-acquisitions &#8211; M&amp;A dans le langage financier &#8211; ont atteint un record historique dans le monde, plus de 1770 milliards de dollars en quatre mois.3 Elles pr&#233;figurent des transformations-restructuration des entreprises mais aussi de l'&#233;conomie mondiale. Elles touchent surtout les &#201;tats-Unis, les g&#233;ants de la tech, le private equity &#8211; les soci&#233;t&#233;s non cot&#233;es &#8211; et les SPAC. Les SPAC, pour Special Purpose Acquisition Company, sont, en quantit&#233;, la nouveaut&#233; qui a permis, pendant un temps, une sp&#233;culation &#233;trange &#224; Wall Street. Ce sont des soci&#233;t&#233;s sans activit&#233;s op&#233;rationnelles qui ciblent des entreprises &#224; racheter. Ce sont donc des coquilles vides, cot&#233;es. Actuellement, la fi&#232;vre est un peu retomb&#233;e et les &#171; investisseurs &#187; &#8211; les financiers, les sp&#233;culateurs seraient plus juste &#8211; s'inqui&#232;tent d'une importante cr&#233;ation de ces &#171; compagnies &#187;. Un risque de fragilit&#233; que ces &#171; v&#233;hicules &#187; qui transportent une marchandise inconnue mais qui jouent un r&#244;le dans les fusions-acquisitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner le retour de l'&#201;tat : pr&#233;s de 60% des op&#233;rations &#233;trang&#232;res sous le contr&#244;le des &#201;tats qui s'int&#233;ressent plus, suivant l'&#233;tude de l'OCDE, aux technologies de pointe qu'aux infrastructures de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la politique des entreprises de resserrement de leur capital est un facteur de hausse des march&#233;s financiers. Les entreprises europ&#233;ennes4 utilisent leurs r&#233;serves de cash, quelque fois fournies par les &#201;tats sous forme de pr&#234;ts garantis, pour racheter leurs actions, &#224; l'instar des grandes entreprises am&#233;ricaines. Le r&#233;sultat est de faire monter le cours de leurs actions et ainsi de permettre &#224; la fois &#224; leurs managers de faire des b&#233;n&#233;fices et d'alimenter la hausse des cours. Non seulement ces op&#233;rations ne cr&#233;ent rien mais elles d&#233;truisent du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; des mati&#232;res premi&#232;res conna&#238;t aussi cette vague sp&#233;culative. March&#233;s &#224; terme, ils reposent sur les pr&#233;visions de l'ampleur des productions. La s&#233;cheresse laisse accroire une p&#233;nurie dans l'ann&#233;e qui vient. Et les cours montent. Et montent plus encore par la sp&#233;culation. M&#234;me le march&#233; des quotas de CO&#178; &#8211; des droits &#224; polluer &#8211; flambe.5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les &#233;l&#233;ments montrent que la financiarisation de l'&#233;conomie continuent d'exercer leurs effets : blocage de la r&#233;industrialisation n&#233;cessaire, tyrannie de l'actionnaire via les fonds d'investissement, le court terme comme seule horizon alors que le contexte exige, si l'on veut lutter contre le r&#233;chauffement climatique et la crise &#233;cologique, une vision de long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils indiquent la fragilit&#233; de la hausse. Pour un b&#233;n&#233;fice sp&#233;culatif &#224; court terme, les financiers creusent les risques. La possibilit&#233; d'un krach, qui serait la r&#233;plique de celui de 2007-2008, est inscrite dans l'analyse de la situation actuelle. Le Monde du 20 avril qui titre &#171; Bourse, la peur du krach &#187;, note que les envol&#233;es records laissent planer le spectre d'une nouvelle crise&#8230; Un krach n&#233;cessaire mais qui aura des cons&#233;quences dramatiques pour les salari&#233;.e.s, pour prendre conscience de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;glementer ces march&#233;s et de construire une autre soci&#233;t&#233; reposant sur la satisfaction des int&#233;r&#234;ts du plus grand nombre, supposant de sortir de la marchandisation, de la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Les &#201;chos du 4 mai 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Reprise par Les &#201;chos du 19 avril 2021, sous le titre &#233;trange et id&#233;ologique : &#171; Les chiffres fous de la dette publique mondiale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Les &#201;chos du 4 mai 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Les &#201;chos du 3 mai 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Les entreprises qui d&#233;carbonent massivement ont des &#171; bons &#187;, des quotas, qu'elles peuvent revendre sur le march&#233; aux entreprises qui polluent. Voir &#171; La croissance verte contre la nature. Critique de l'&#233;cologie marchande &#187;, H&#233;l&#232;ne Tordjman, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#8203;Comment lire le capitalisme et son avenir ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/%E2%80%8B-Comment-lire-le-capitalisme-et-son-avenir</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-12-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Branco Milanovic a con&#231;u la &#171; courbe de l'&#233;l&#233;phant &#187; &#8211; titre de son livre pr&#233;c&#233;dent &#8211; pour faire voir &#224; la fois la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s entre les pays et &#224; l'int&#233;rieur des pays ,le tout laissant percevoir les r&#233;sultats de la croissance des pays asiatiques notamment sur la sortie de la pauvret&#233;. Une nouvelle classe moyenne &#233;tait en train de na&#238;tre dans les pays de la p&#233;riph&#233;rie, &#224; commencer par la Chine. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; le 3 d&#233;cembre 2020 | tir&#233; du site Entre les lignes entre les mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-12-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-12-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH130/arton46028-61770.jpg?1676802520' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Branco Milanovic a con&#231;u la &#171; courbe de l'&#233;l&#233;phant &#187; &#8211; titre de son livre pr&#233;c&#233;dent &#8211; pour faire voir &#224; la fois la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s entre les pays et &#224; l'int&#233;rieur des pays ,le tout laissant percevoir les r&#233;sultats de la croissance des pays asiatiques notamment sur la sortie de la pauvret&#233;. Une nouvelle classe moyenne &#233;tait en train de na&#238;tre dans les pays de la p&#233;riph&#233;rie, &#224; commencer par la Chine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 3 d&#233;cembre 2020 | tir&#233; du site Entre les lignes entre les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/03/comment-lire-le-capitalisme-et-son-avenir/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/03/comment-lire-le-capitalisme-et-son-avenir/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le capitalisme sans rival &#187; est, d'abord la prise en compte de l'entr&#233;e dans le 21e si&#232;cle qui se signifie par la chute du Mur de Berlin en novembre 1989. A partir de cette date fondatrice, le monde ne conna&#238;t plus qu'un mode de production &#8211; pour parler comme Marx -, le capitalisme. L'auteur se r&#233;f&#232;re &#224; l'analyse de Marx et &#224; celle de Max Weber pour appr&#233;hender la dynamique du capital. Il ne craint pas de faire appel aussi &#224; Adam Smith, le p&#232;re de l'&#233;conomie politique qui fait de l'int&#233;r&#234;t individuel le moteur de la volont&#233; de produire pour faire du profit mais ne fait pas confiance &#224; la somme des int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes pour d&#233;terminer le bien commun, collectif contrairement aux th&#233;oriciens n&#233;o-classiques. Sur cette base, il construit une typologie des capitalismes dans le contexte de la mondialisation &#224; dominante financi&#232;re et sous la contrainte de la comp&#233;titivit&#233;. Il en arrive &#224; deux grands types : &#171; Le capitalisme m&#233;ritocratique lib&#233;ral &#187; &#8211; lib&#233;ral au sens anglo-saxon, de &#171; gauche &#187; &#8211; tr&#232;s fortement en perte de vitesse et &#171; le capitalisme politique &#187; &#224; l'exemple de la Chine, qui pourrait servir de mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Branco Milanovic permet de voir la forme de la mondialisation actuelle. Marx avait d&#233;termin&#233; la mantra fondamentale du capitalisme, &#171; Accumuler, accumuler toujours davantage &#187;, pour peser son poids en argent. Le capitalisme actuel est une sorte d'abstraction de cette messe via la financiarisation de l'&#233;conomie qui transforme tout, y compris les relations sociales, en marchandise. La marchandisation touche tous les secteurs comme cons&#233;quence de l'individualisation. La cha&#238;ne de valeurs internationale repose uniquement sur la baisse du co&#251;t du travail pour augmenter le profit d'une firme. La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; que cette logique micro &#233;conomique a donn&#233; un pouvoir &#233;norme aux filiales d'atelier dont la Chine dans les &#233;changes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump a fait la d&#233;monstration de la popularit&#233;, sous la forme du populisme le plus outr&#233;, du th&#232;me anti mondialisation et de la n&#233;cessit&#233; de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts nationaux. C'est d&#233;j&#224; pr&#233;sent dans la th&#232;se de l'auteur &#233;crit avant la pand&#233;mie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;face de Pascal Combemale est une introduction n&#233;cessaire &#224; la lecture de cet essai sous titr&#233; &#171; L'avenir du syst&#232;me qui domine le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Branco Milanovic : Le capitalisme sans rival, traduit par Baptiste Mylondo, pr&#233;face de Pascal Combemale, La D&#233;couverte, 303 p.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la pand&#233;mie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Branco Milanovic ne pouvait prendre en compte la pand&#233;mie. Le virus a r&#233;v&#233;l&#233; l'&#233;tat du monde, la forme de la mondialisation et la n&#233;cessit&#233; de reconsid&#233;rer &#224; la fois la pratique, la d&#233;pendance vis-&#224;-vis de Chine, et l'id&#233;ologie n&#233;o lib&#233;rale qui a conduit &#224; la place fondamentale des firmes transnationales dans la conduite de l'&#233;conomie et &#224; la croissance des in&#233;galit&#233;s. La COVID19 a aussi acc&#233;l&#233;r&#233;, approfondi toutes les contradictions existantes. La crise sanitaire est d'abord une crise &#233;conomique syst&#233;mique profonde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH348/e9c8ae26be47e9fc-18ce29fb-442f0.jpg?1717499520' width='500' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la th&#232;se que d&#233;veloppe Robert Boyer, dans &lt;strong&gt;&#171; Les capitalismes &#224; l'&#233;preuve de la pand&#233;mie &#187;&lt;/strong&gt;, en voulant forger un nouveau vocabulaire pour attirer l'attention sur la dimension de cette rupture qui devrait ouvrir la voie &#224; une nouvelle r&#233;volution du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Slavoj Zizek, &#171; Dans la temp&#234;te virale &#187;, Boyer ne croit pas &#224; la disparition du &#171; national populisme &#187;. A juste raison. Le &#171; populisme &#187; peut-&#234;tre de &#171; droite &#187; ou de &#171; gauche &#187; &#8211; suivant le degr&#233; d'avanc&#233;es sociales &#8211; et a, Trump l'a montr&#233; aux Etats-Unis, de beaux jours devant lui. Sans parler du &#171; retour de l'Etat &#187;&#8230;Robert Boyer : &lt;i&gt;Les capitalismes &#224; l'&#233;preuve de la pand&#233;mie&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 200 p. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slavoj Zizek :&lt;i&gt; Dans la temp&#234;te virale&lt;/i&gt;, traduit par Fr&#233;d&#233;ric Joly, Actes Sud, 114 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un plan de relance ? Un budget qui ne l'est pas ? O&#249; est la strat&#233;gie ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-plan-de-relance-Un-budget-qui-ne-l-est-pas-Ou-est-la-strategie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-plan-de-relance-Un-budget-qui-ne-l-est-pas-Ou-est-la-strategie</guid>
		<dc:date>2020-10-13T11:06:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean Casteix, le Premier ministre et non pas Macron, a annonc&#233; un plan de relance de 100 milliards financ&#233; en partie par l'Union Europ&#233;enne, 36 milliards environ, sur deux ans. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre N&#176;42 - 10 octobre 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions Publi&#233; le 7 octobre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Relancer, relancer &#8230; Qu'en restera-t-il ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Du jamais vu depuis les ann&#233;es 1980 qui avait vu triompher les dogmes des &#233;conomistes n&#233;o-classiques, notamment l'&#233;quilibre des finances (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton45091-f9c1f.png?1678984659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean Casteix, le Premier ministre et non pas Macron, a annonc&#233; un plan de relance de 100 milliards financ&#233; en partie par l'Union Europ&#233;enne, 36 milliards environ, sur deux ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/07/un-plan-de-relance-un-budget-qui-ne-lest-pas-ou-est-la-strategie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; Lettre N&#176;42 - 10 octobre 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 7 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relancer, relancer &#8230; Qu'en restera-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du jamais vu depuis les ann&#233;es 1980 qui avait vu triompher les dogmes des &#233;conomistes n&#233;o-classiques, notamment l'&#233;quilibre des finances publiques passant par les politiques d'aust&#233;rit&#233; de baisse des d&#233;penses publiques tout en diminuant les imp&#244;ts pour les plus riches et les entreprises. Du jamais vu non plus du c&#244;t&#233; de la construction europ&#233;enne. Mais rien n'est encore fait. L'emprunt europ&#233;en, avec le soutien de la BCE, n'est pas encore v&#233;ritablement lanc&#233;. Depuis la crise de l'euro de 2010 qui avait marqu&#233; la faillite de la construction europ&#233;enne telle qu'elle s'&#233;tait mise en place dans les ann&#233;es 2000, les taux d'int&#233;r&#234;t de la dette publique des diff&#233;rents pays europ&#233;ens se sont rapproch&#233;s tout en conservant un &#171; spread &#187; &#8211; un &#233;cart &#8211; important d&#251; &#224; la crise elle-m&#234;me. Pour le moment &#8211; octobre 2020 &#8211; les march&#233;s financiers donnent l'impression d'accepter cet emprunt europ&#233;en. Les taux d'int&#233;r&#234;t, pour souligner le probl&#232;me, restent n&#233;gatifs pour l'Allemagne et la France mais tr&#232;s largement positifs pour les autres pays, &#224; commencer par la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu un virus et la pand&#233;mie pour commencer &#224; changer la donne. La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233;, acc&#233;l&#233;r&#233; et approfondi toutes les failles de nos soci&#233;t&#233;s capitalistes. La crise &#233;conomique est apparue au grand jour. L'INSEE pr&#233;voit pour l'ann&#233;e 2020, une baisse du PIB &#8211; l'indicateur de la cr&#233;ation de richesses &#8211; de 9%, un r&#233;sultat qui pourrait &#234;tre revu du c&#244;t&#233; des moins 10. C'est une d&#233;pression plus importante, par les chiffres publi&#233;s, que celle de 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re du projet de budget, la relance appara&#238;t &#233;trange. En premier lieu parce que les 100 milliards se r&#233;tr&#233;cissent &#224;&#8230; 27 milliards pour 2021, le gouvernement additionnant toutes les d&#233;penses r&#233;alis&#233;es depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie comme le soulignent les journaux du jeudi 1er octobre 2020. Ensuite, et plus important &#8211; les 27 milliards repr&#233;sentent un changement id&#233;ologique par rapport &#224; la d&#233;pense publique et &#224; la dette publique &#8211; le gouvernement poursuit contre vents et mar&#233;es dans la voie des baisses d'imp&#244;t pour les entreprises &#8211; Alter Eco d'octobre par le de &#171; 20 milliards de cadeau aux entreprises &#187; &#8211; qui devrait permettre l'augmentation du profit et, sur cette lanc&#233;e la hausse de l'investissement et de la production et, &#224; terme, cr&#233;er des emplois et relancer la demande. Vieilles lunes des &#233;conomistes n&#233;o-classiques et des &#233;conomistes de l'offre qui ne jurent que par la baisse du co&#251;t du travail et la lib&#233;ration des entreprises du joug des cotisations sociales et des imp&#244;ts. En ces temps de crises, une imb&#233;cillit&#233;. Non seulement par l'absence de conditions de versement de ces aides multiples &#8211; on a vu avec le CICE que les patrons empochent sans cr&#233;er d'emplois &#8211; mais aussi et surtout la diminution des imp&#244;ts et cotisations sociales sera vite mang&#233;e par les effets m&#234;mes de la crise &#233;conomique, le risque de faillite qui menace toutes les entreprises. Comment, avec ces mesures, s'&#233;tonner du d&#233;ficit &#171; abyssal &#187; &#8211; Le Monde dixit &#8211; de la S&#233;curit&#233; sociale. D'autant que le gouvernement fait supporter &#224; l'assurance maladie les d&#233;penses li&#233;es &#224; la pand&#233;mie, notamment le co&#251;t des tests. Les services publics, la sant&#233;, l'&#233;cole&#8230; &#8211; restent les parents pauvres de ce budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage explose. Les faillites notamment des petites et moyennes entreprises sont quasiment programm&#233;es. Les restructurations des secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie fran&#231;aise comme l'a&#233;ronautique ou l'automobile et bien d'autres qui profitent de l'effet d'aubaine &#8211; comme Bridgestone &#224; B&#233;thune &#8211; avivent encore les suppressions d'emploi. La crise sociale menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais a d&#233;cid&#233; d'une forte allocation de ch&#244;mage partiel pour limiter cette mont&#233;e. Pour combien de temps ? Avec son plan, il table sur la cr&#233;ation de 160 000 emplois. Rapport&#233; aux sommes mises en jeu c'est peu et s&#251;rement pas suffisant pour faire face &#224; l'arriv&#233;e sur le march&#233; du travail des jeunes. L'INSEE fait &#233;tat de la suppression de pr&#232;s de 715 000 emplois pour le premier semestre de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me mouvement, les pr&#233;caires, les travailleurs &#171; au noir &#187; se voient abandonner sans possibilit&#233; de se faire entendre, v&#233;ritables invisibles de cette soci&#233;t&#233; qui a besoin de ces premiers de corv&#233;e. La pauvret&#233;, la mis&#232;re progressera si les gouvernements ne sont pas capables de cr&#233;er les emplois de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plan de relance ? Les mesures du gouvernement prennent trop en compte les demandes du Medef qui fait preuve d'un aveuglement total sur le changement de contexte. La crise &#233;conomique, doubl&#233;e bient&#244;t d'une crise financi&#232;re &#8211; l'endettement des entreprises a atteint des sommets &#8211; suppose d'imaginer un nouveau monde. Le patronat fran&#231;ais reste bloqu&#233; sur l'ancien monde. Il veut une diminution des imp&#244;ts, des subventions de l'&#201;tat sans condition tout en augmentant le temps de travail de ceux et celles qui ont un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sanitaire renforce au-del&#224; de tout l'incertitude. Le terrain est glissant et fait de plaques tectoniques qui interdissent toute pr&#233;vision &#8211; elle repose souvent sur le pass&#233;. Cette absence de visibilit&#233;, Keynes l'avait analys&#233; pendant la crise des ann&#233;es 1930, renforce le mim&#233;tisme. Comme on ne sait plus &#224; quel saint se vouer et que Dieu est silencieux, il ne reste que les autres professionnels. Une explication qui permet de comprendre pourquoi les Bourses ont augment&#233; apr&#232;s le confinement et les risques de krach financier par le seul fil possible, l'&#233;volution de la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde s'&#233;croule et les gouvernements font comme si les capitalismes n'&#233;taient pas en train de changer. La planification, dont on parle un peu mais Bayrou est flou dans le moment pr&#233;sent, est une n&#233;cessit&#233; vitale pour transformer la donne. Il faut de l'imagination pour cr&#233;er un autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relance, supposerait d'abord d'augmenter les salaires. Le &#171; choc de la demande &#187; est vital pour donner un coup de fouet &#224; la production. La cr&#233;ation d'emplois dans les services publics est l'autre n&#233;cessit&#233; que la pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233;e comme celle de rompre avec les crit&#232;res du priv&#233;. Sortir du march&#233;, de la marchandisation fait partie d'une v&#233;ritable de relance reposant sur les int&#233;r&#234;ts du plus grand nombre. La sant&#233;, l'&#233;cole notamment ont besoin d'investissement pour aussi prot&#233;ger de la pand&#233;mie. Les mutations climatiques, la crise &#233;cologique qui exercent leurs effets de mani&#232;re de plus en plus visibles conduisent &#224; l'urgence de d&#233;penses publiques importantes, planifi&#233;es, pour commencer &#224; r&#233;pondre &#224; ces imp&#233;ratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance du gouvernement montre qu'il est rest&#233; dans un entre-deux. L'aust&#233;rit&#233;, la hantise de l'augmentation de la dette publique ont quasi &#8211; momentan&#233;ment ? &#8211; disparues. Reste la volont&#233; non d&#233;mentie de baisser le co&#251;t du travail pour augmenter les profits alors que la crise &#233;conomique s&#233;vit. Une politique suicidaire qui ne permettra pas de sortir des crises &#8211; il faudrait ajouter la crise politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explosions sociales risquent de marquer de leur sceau les mois qui viennent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas B&#233;ni&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://soufflebleu.fr/2020/09/30/un-plan-de-relance-un-budget-qui-ne-lest-pas-ou-est-la-strategie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://soufflebleu.fr/2020/09/30/un-plan-de-relance-un-budget-qui-ne-lest-pas-ou-est-la-strategie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La pand&#233;mie r&#233;v&#232;le l'&#233;tat du monde</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/la-pandemie-revele-l-etat-du-monde</link>
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		<dc:date>2020-06-09T11:34:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas B&#233;ni&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;voir qu'un virus allait d&#233;voiler l'&#233;tat du monde et les crises sous-jacentes ? Il r&#233;v&#232;le d'abord la forme de la mondialisation. Elle reposait sur les strat&#233;gies des firmes multinationales, si&#232;ge du pouvoir, au d&#233;triment des &#201;tats. Le seul crit&#232;re de cette internationalisation, la baisse du co&#251;t du travail en maximisant le profit. La cha&#238;ne de valeur s'en trouvait d&#233;structur&#233;e sans vision de moyen terme. L'imp&#233;ratif de la rentabilit&#233; &#224; court terme a &#233;t&#233; renforc&#233; par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton43938-9dee4.png?1675223679' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;voir qu'un virus allait d&#233;voiler l'&#233;tat du monde et les crises sous-jacentes ? Il r&#233;v&#232;le d'abord la forme de la mondialisation. Elle reposait sur les strat&#233;gies des firmes multinationales, si&#232;ge du pouvoir, au d&#233;triment des &#201;tats. Le seul crit&#232;re de cette internationalisation, la baisse du co&#251;t du travail en maximisant le profit. La cha&#238;ne de valeur s'en trouvait d&#233;structur&#233;e sans vision de moyen terme. L'imp&#233;ratif de la rentabilit&#233; &#224; court terme a &#233;t&#233; renforc&#233; par la financiarisation de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 5 juin 2020 | &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/06/05/la-pandemie-revele-letat-du-monde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes entre les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virus met en &#233;vidence l'&#233;chec de la construction. Les filiales d'atelier install&#233;es notamment en Chine d&#233;terminent une d&#233;pendance et une interd&#233;pendance qui diffusent rapidement la crise &#233;conomique. Les effets &#171; boule de neige &#187; sont visibles. La fermeture des usines en Chine, au d&#233;but de l'&#233;pid&#233;mie, a eu des r&#233;percussions imm&#233;diates sur tous les autres pays d'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;sindustrialisation de la plupart des &#233;conomies nationales a &#233;t&#233; le prix &#224; payer. Le virus r&#233;v&#232;le la place centrale des secteurs strat&#233;giques, comme celui de la pharmacie, pour r&#233;pondre aux besoins des populations et &#224; l'incertitude. Les relocalisations apparaissent comme vitales. La r&#233;volution technologique de l'intelligence artificielle pourrait se traduire par une baisse des co&#251;ts suffisante pour rendre comp&#233;titives ce retour industriel. La Chine pourrait en subir les cons&#233;quences n&#233;fastes pour son &#233;conomie si elle n'est pas capable d'acc&#233;l&#233;rer la transformation de son mod&#232;le de d&#233;veloppement. L'Allemagne, qui sert de r&#233;f&#233;rence dans la gestion de la crise sanitaire, est une exception. L'un des seuls pays &#224; ne pas avoir connu le processus de d&#233;sindustrialisation. L'unification, apr&#232;s la chute du Mur de Berlin, des deux Allemagne a permis le d&#233;veloppement de ses industries et une place pr&#233;pond&#233;rante sur le march&#233; mondial comme la conservation de ses secteurs strat&#233;giques. La g&#238;t l'explication fondamentale de sa r&#233;ponse rapide &#224; l'&#233;pid&#233;mie. Tous les autres pays de l'Union Europ&#233;enne sont d&#233;pendants des pays d'Asie et de la Chine en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation a construit des soci&#233;t&#233;s profond&#233;ment in&#233;galitaires que le virus r&#233;v&#232;le tout en les creusant. Ce n'est plus seulement une question statistique et un peu abstraite &#8211; en gros de 1 &#224; 150 pour l'&#233;chelle des revenus &#8211; mais aussi concr&#232;te. La r&#233;volution technologique elle-m&#234;me est, pour le moment, un facteur d'accroissement de ces in&#233;galit&#233;s. Les pauvres sont les premi&#232;res victimes du virus., qui rend visible des poches de mis&#232;re jusque l&#224; laiss&#233;es dans l'ombre. Les personnes &#226;g&#233;es, un probl&#232;me d&#233;mographique sous estim&#233;, ont &#233;t&#233; les laiss&#233;es pour compte de l'&#233;pid&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie, l&#224; encore, r&#233;v&#232;le et accentue la crise &#233;conomique. Tous les secteurs sont touch&#233;s et une grande partie va mourir. Les GAFAM &#8211; Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft &#8211; tirent leur &#233;pingle du jeu, pour le moment. Elles subiront la concurrence des nouvelles entreprises de cette branche en extension, qui ont pris place sur des &#171; niches &#187; ou des segments sp&#233;cifiques de ces march&#233;s. La croissance rapide du t&#233;l&#233;travail et la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er de nouvelles mani&#232;res de communiquer sont des facteurs essentiels &#224; la cr&#233;ation d'opportunit&#233;s. Les &#171; vieilles &#187; entreprises pourraient avoir du mal &#224; r&#233;sister &#224; cette concurrence. On le voit avec &#171; Zoom &#187; qui s'est bien install&#233; sur le march&#233; de la visioconf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faillites seront nombreuses. Le secteur p&#233;trolier subit le contrecoup de la baisse du cours du baril de p&#233;trole et enregistre des pertes. En d&#233;pit du contexte, Total verse des dividendes tout en planifiant des licenciements. Plus globalement, les cours de l'ensemble des mati&#232;res premi&#232;res sont orient&#233;s &#224; la baisse, aggravant la crise &#8211; qui est aussi celle de la dette &#8211; des pays dits du tiers-monde. La crise sanitaire dans ces pays se double de la menace de la famine et de la disette alors que la surproduction agricole mondiale est une r&#233;alit&#233;. Il est attendu une intervention des gouvernements pour r&#233;soudre ce paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bombe &#224; retardement de la dette des entreprises explosera aggravant les faillites et mena&#231;ant les banques. Les grandes entreprises ont b&#233;n&#233;fici&#233; des faibles taux d'int&#233;r&#234;t ou n&#233;gatifs pour s'endetter massivement pour sp&#233;culer sur les march&#233;s financiers, sans augmenter l'investissement productif. Les banques, parties prenantes, sont menac&#233;es elles aussi. Le remboursement de la dette sera difficile pour des entreprises touch&#233;es de plein fouet par l'effondrement de leur march&#233;. La Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale a annonc&#233; d&#233;but mai des pertes et les autres banques suivront. La bulle immobili&#232;re &#233;clatera sous les coups de la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t. Les faillites se r&#233;percuteront sur les banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Union Europ&#233;enne qui cherche les moyens de lutter contre la d&#233;pression, les contraintes financi&#232;res des trait&#233;s ont vol&#233; en &#233;clat. Le d&#233;ficit ne fait plus peur, l'augmentation de la dette publique non plus. La BCE intervient massivement en cr&#233;ant de la monnaie, &#224; l'instar de ses homologues de tous les pays. Elle outrepasse all&#233;grement ses fronti&#232;res. Mario Draghi avait commenc&#233; en 2015 apr&#232;s la chute des banques chinoises pour &#233;viter la propagation de la crise financi&#232;re et de la d&#233;flation. Sa politique mon&#233;taire a retard&#233; l'&#233;clatement de la crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de la Cour constitutionnelle allemande de demander des comptes &#224; la BCE sur sa politique de Quantitative Easing, de cr&#233;ation mon&#233;taire depuis cette date, pose la question, pour Christine Lagarde, de pouvoir quasiment annuler la dette en la rendant &#233;ternelle. Elle vise, sous pr&#233;texte de faire appliquer des trait&#233;s inapplicable dans le contexte de la crise sanitaire et de la d&#233;pression, &#224; interdire &#224; la BCE de &#171; mon&#233;tiser &#187; la dette publique, autrement dit de cr&#233;er de la monnaie pour faire face aux besoins de financements des &#201;tats. La construction europ&#233;enne conna&#238;t sa deuxi&#232;me grande crise depuis celle de l'euro. Elle joue sa survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission Europ&#233;enne l'a bien compris en multipliant les d&#233;clarations et propositions comme celles de la cr&#233;ation d'&#171; eurobonds &#8211; des obligations europ&#233;ennes -, une grande premi&#232;res ou des interventions concert&#233;es pour lutter contre la crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#201;tat de l'UE a d&#233;cid&#233; une intervention massive de l'ordre de plus de 100 milliards d'euros pour la France, du jamais vu depuis les ann&#233;es 1980, financ&#233;e par l'appel aux march&#233;s financiers. Pour l'instant, mai 2020, les taux d'int&#233;r&#234;t restent n&#233;gatifs. Ce montant sera vraisemblablement d&#233;pass&#233; en fonction de la profondeur de la r&#233;cession. Tous les secteurs sont touch&#233;s, &#224; commencer par l'a&#233;ronautique, m&#234;me si tous ne mourront pas L'intervention de l'&#201;tat vient au secours du priv&#233; pour socialiser les pertes. La restructuration des &#233;conomies sera globale et devrait durer quelques ann&#233;es. L'intervention de l'&#201;tat sera centrale pour organiser la transformation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son tour la commission europ&#233;enne a propos&#233; de d&#233;gager 400 &#224; 1000 milliards d'euros pour financer la reprise. Cette intervention aurait pour objectif d'&#233;viter la r&#233;p&#233;tition de la crise grecque de 2010-2011 qui avait failli emporter l'euro et la construction europ&#233;enne en m&#234;me temps. Depuis, cette construction souffre d'un manque criant de l&#233;gitimit&#233; faute de politique commune. Pourrait-elle la trouver dans cette crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission europ&#233;enne pr&#233;voit une destruction de richesses, mesur&#233;e par le PIB, de l'ordre de 7,4 % pour cette ann&#233;e (2020). Il faudrait deux ans, estime-t-elle, pour revenir au niveau d'avant crise sanitaire. Un objectif &#233;trange. La r&#233;cession &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sente, avant le virus, dans les grands pays de l'Union Europ&#233;enne &#224; commencer par l'Allemagne. Toutes les &#233;conomies connaissent la m&#234;me chute de leur cr&#233;ation de richesses. La d&#233;pression est imm&#233;diatement mondiale. Revenir &#224; la situation ex ante ne permettra pas de restructurer les soci&#233;t&#233;s. Il faut penser, imaginer des objectifs sur le tr&#232;s log terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se d&#233;ploie moins vite que la crise &#233;conomique. Apr&#232;s une chute vertigineuse dans les premiers temps de la crise sanitaire, les Bourses, Wall Street d'abord, ont connu une augmentation au mois d'avril. Ainsi le CAC40, l'indice de la Bourse de Paris, est tomb&#233; de 6400 points &#224; moins de 4000, pour remonter ensuite dans les 4500. Les op&#233;rateurs sur les march&#233;s financiers font preuve d'optimisme en tablant sur les interventions des banques centrales pour &#233;chapper aux cons&#233;quences de la d&#233;pression. Tous les scenarii du pass&#233; montrent l'irr&#233;alisme d'une telle position. Pour l'heur, la r&#233;sistance s'explique par l'intervention des petits porteurs qui pensent faire de bonnes affaire en rachetant les titres &#224; bas prix faisant temporairement remonter les cours. Les banques centrales interviennent massivement sur le march&#233; secondaire pour stabiliser les cours. Cette situation ne durera pas. Le monde conna&#238;tra la synchronisation de toutes les crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la profondeur de ces crises destructrices de ce type de capitalisme n&#233; dans ann&#233;es 1980, la crise sociale menace mais aussi la mont&#233;e de tous les int&#233;grismes. Les gouvernements seront-ils capables de proposer une restructuration globale du capitalisme qui prendrait un visage plus social ? Le gouvernement fran&#231;ais sans doute pr&#233;venu par la mobilisation des gilets jaunes a indemnis&#233; les salari&#233;-e-s confin&#233;-e-s &#224; hauteur de 84 % pour le mois d'avril. Du jamais vu. Dans le m&#234;me temps, il est toujours pr&#233;vu de diminuer ou d'exon&#233;rer les patrons des cotisations sociales. De laisser les patrons licencier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats d&#233;cident de reconstruire le syst&#232;me &#224; l'identique, la r&#233;gression sociale, &#233;conomique, culturelle sera profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait prendre le chemin de la planification, des nationalisations pour conduire une nouvelle industrialisation. Ces crises pourraient aussi se traduire par la mont&#233;e d'un repli sur soi, par la mont&#233;e des populismes. Nous sommes &#224; la crois&#233;e des chemins. Tout est possible !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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