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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La campagne contre les cha&#238;nes de restauration rapide</title>
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		<dc:date>2014-04-29T08:08:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Sauviat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin novembre 2012 a eu lieu, dans la ville de New York, une manifestation des travailleurs d'un McDonald's . Ils r&#233;clamaient un salaire d&#233;cent. Cette journ&#233;e a marqu&#233; le d&#233;but d'une vague de protestations et de gr&#232;ves impliquant quelque 200 travailleurs dans une douzaine de cha&#238;nes de restauration rapide de la ville. Le mouvement, appel&#233; &#171; Fast Food Forward &#187; &#224; New York, revendique pour tous les travailleurs du secteur un salaire horaire de 15 dollars et le droit de se syndiquer sans &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton17462-000a3.jpg?1781402574' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin novembre 2012 a eu lieu, dans la ville de New York, une manifestation des travailleurs d'un McDonald's&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McDo est la plus importante cha&#238;ne de restauration rapide aux &#201;tats-Unis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils r&#233;clamaient un salaire d&#233;cent. Cette journ&#233;e a marqu&#233; le d&#233;but d'une vague de protestations et de gr&#232;ves impliquant quelque 200 travailleurs dans une douzaine de cha&#238;nes de restauration rapide de la ville. Le mouvement, appel&#233; &#171; Fast Food Forward &#187; &#224; New York, revendique pour tous les travailleurs du secteur un salaire horaire de 15 dollars et le droit de se syndiquer sans &#234;tre menac&#233;s de repr&#233;sailles par leur employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait : R&#233;surgence des luttes sociales et renouvellement des strat&#233;gies syndicales, (tir&#233; de Chronique internationale de l'IRES, no. 145, - mars 2014)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; lanc&#233; par diff&#233;rents groupes de d&#233;fense des droits civiques et des communaut&#233;s (New York Communities for Change, United NY.org, Black Institute) et par le syndicat des services (SEIU). Une campagne de m&#234;me nature nomm&#233;e &#171; Fight For 15 &#187; a &#233;t&#233; organis&#233;e au m&#234;me moment par le SEIU &#224; Chicago, l&#224; aussi soutenue par des associations de d&#233;fense des communaut&#233;s locales (Action Now in Chicago). A partir du printemps 2013, le mouvement a repris de plus belle. Il est mont&#233; en puissance avec la multiplication de journ&#233;es d'action et de gr&#232;ves. Le point culminant a &#233;t&#233; atteint fin juillet, quand le SEIU a r&#233;ussi a organiser des gr&#232;ves de 24 heures dans sept grandes villes am&#233;ricaines (2 200 travailleurs en gr&#232;ve), y compris &#224; D&#233;troit o&#249; 400 travailleurs sont sortis de leurs restaurants, obligeant &#224; la fermeture trois d'entre eux. Il s'est &#233;tendu &#224; 60 villes du pays en ao&#251;t. Il s'agit de loin de la mobilisation la plus importante de l 'histoire des &#201;tats-Unis pour les travailleurs de la restauration rapide : en effet, m&#234;me si son ampleur peut para&#238;tre limit&#233;e au regard du nombre de travailleurs mobilis&#233;s relativement &#224; l'emploi dans le secteur, c 'est le plus long conflit de ce type puisqu'il perdurait en fin d'ann&#233;e 2013 dans un certain nombre de grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les revendications des gr&#233;vistes vont de l'augmentation du salaire minimum (15 dollars de l'heure, soit plus de deux fois le salaire minimum actuel, qui n'est que de 7,25 dollars, ou encore un proche &#233;quivalent du salaire horaire m&#233;dian) a des emplois du temps r&#233;guliers pour les salari&#233;s &#224; temps partiel et au droit de se syndiquer sans &#234;tre menac&#233; de perdre son emploi. Les 4 millions de travailleurs de la restauration rapide et de la pr&#233;paration alimentaire ne touchent en moyenne que 8,69 dollars de l'heure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenfelter (2012) a pu calculer qu'un travailleur chez McDo gagnait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 5 % seulement sont pay&#233;s au taux horaire du salaire minimum f&#233;d&#233;ral et environ trois quarts d'entre eux vivent en-dessous du seuil f&#233;d&#233;ral de pauvret&#233; (11 170 dollars par an pour une personne seule, 23 050 dollars pour une famille de 4 en 2012), faute le plus souvent d'avoir un emploi &#224; temps plein. De surcroit, l '&#226;ge m&#233;dian des travailleurs du secteur a augment&#233; : il est aujourd'hui de 29 ans, un &#226;ge o&#249; l'on est susceptible d'avoir la charge d'une famille (26 % d'entre eux). En cons&#233;quence, beaucoup sont oblig&#233;s de prendre plusieurs emplois pour survivre et &#233;lever leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi n'est-il pas &#233;tonnant que plus de la moitie de ces travailleurs (52 %) &#233;margent &#224; diff&#233;rents programmes d'aide sociale (l'assurance maladie publique pour les pauvres. Medicaid., et pour les enfants. Children fs Health Insurance Program ou CHIP., le cr&#233;dit d'imp&#244;t pour les pauvres. Earning Income Tax Credit ou EITC., le programme d'aide alimentaire. Supplemental Nutrition Assistance Program ou SNAP ., etc.). Une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par des chercheurs de l'universit&#233; de Berkeley et d'Illinois (Allegretto et al., 2013) s'est m&#234;me appliqu&#233;e &#224; mesurer le co&#251;t pour la collectivit&#233; et le contribuable am&#233;ricain de cette politique de bas salaire poursuivie par les employeurs du secteur : il est estim&#233; &#224; pr&#232;s de 7 milliards de dollars par an. Les cha&#238;nes de restauration rapide ne sont pas traditionnellement la terre d '&#233;lection de l'action syndicale, &#224; cause du taux &#233;lev&#233; de turn-over des salaries (75 % par an), de la petite taille des &#233;tablissements diss&#233;min&#233;s sur tout le territoire et du mode de gestion en franchise des magasins. Ces gr&#232;ves et formes d'action directe, expression d'une rage sociale longtemps contenue, n'auraient sans doute pas vu le jour sans la mobilisation massive des employ&#233;s du secteur public au Wisconsin (Sauviat, 2011a) pour d&#233;fendre leurs droits, puis sans l'&#233;mergence du mouvement Occupy Wall Street (Sauviat, 2011b) et le renouvellement des strat&#233;gies d 'alliances et de luttes qu'il a suscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces campagnes ont d'ores et d&#233;j&#224; abouti &#224; des r&#233;sultats tangibles : &#224; New York, une commission d'enqu&#234;te a reconnu que 84 % des 500 travailleurs des &#171; fast food &#187; n'avaient pas touch&#233; les salaires d&#251;s et le procureur de l'&#201;tat a d&#233;cid&#233; de diligenter une nouvelle enqu&#234;te. Ce secteur y est l'un des plus cr&#233;ateurs d'emplois actuellement. 40 % des travailleurs gagnent moins que le salaire minimum de 1968, alors &#224; sa valeur culminante, soit 10,64 dollars (en dollars de 2013). L'&#201;tat de New York a r&#233;cemment d&#233;cid&#233; d'augmenter l&#233;g&#232;rement le niveau de salaire minimum de 7,25 dollars &#224; 9 dollars d'ici 2016. La Californie a suivi cette initiative, en acceptant de porter d'ici janvier 2016 son salaire minimum &#224; 10 dollars, soit le taux le plus &#233;lev&#233; du pays. Alors que jusqu'&#224; pr&#233;sent, aucun des 200 000 &#233;tablissements de restauration rapide pr&#233;sents sur le sol &#233;tasunien ne connaissait de pr&#233;sence syndicale, le SEIU a contribu&#233; &#224; l'implantation d'un nouveau syndicat (non affili&#233; &#224; une centrale existante pour le moment) dans au moins six grandes villes du pays o&#249; ont &#233;t&#233; organis&#233;es ces gr&#232;ves et journ&#233;es d'action (dont New York, Chicago, et Saint-Louis). Celles-ci ont ainsi mis au jour le sort de millions de salari&#233;s pr&#233;caires et mal pay&#233;s des services, emplois qui ont port&#233; la r&#233;cente reprise et dont les travailleurs repr&#233;sentent aujourd'hui la figure dominante de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine. En effet, ces poor jobs tendent &#224; devenir majoritaires dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Ils ne sont plus l'apanage des jeunes, &#233;tudiants ou pas. Ce qui se joue dans cette lutte d&#233;passe donc largement le sort des seuls travailleurs de la restauration rapide, comme on l'a vu avec la campagne men&#233;e contre Wal-Mart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question plus g&#233;n&#233;rale des in&#233;galit&#233;s qu'Occupy Wall Street a r&#233;ussi &#224; faire &#233;merger, aliment&#233;e par la croissance des emplois pr&#233;caires au bas de l'&#233;chelle des salaires. Ces luttes ont r&#233;ussi &#224; porter cette question sur les lieux m&#234;mes de travail. Elles &#233;clairent aussi les relations particuli&#232;res &#233;tablies entre le SEIU et les diff&#233;rents groupes de la soci&#233;t&#233; civile, le syndicat offrant une aide financi&#232;re et technique et pr&#234;tant des professionnels pour &#233;tablir des liens indispensables avec les travailleurs du secteur &#224; des fins avant tout de syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes luttes, celles des enseignants comme celles des travailleurs &#224; bas salaire, t&#233;moignent toutes &#224; leur mani&#232;re d'un renouvellement des strat&#233;gies syndicales et des formes d'action engag&#233;es. Bien qu'in&#233;dites, elles sont certes d'une ampleur relativement limit&#233;e : Wal-Mart a ainsi d&#233;clar&#233; que moins de 50 de ses 1,3 million de salari&#233;s avaient fait gr&#232;ve d&#233;but septembre 2013, de m&#234;me que les travailleurs des fast food en gr&#232;ve ont &#233;t&#233; peu nombreux en juillet et ao&#251;t 2013. N&#233;anmoins, le recours syst&#233;matique &#224; Internet et aux r&#233;seaux sociaux pour mobiliser les travailleurs concern&#233;s et plus largement les communaut&#233;s locales tend &#224; d&#233;cupler l'ampleur de telles actions. Elles n'ont en tous cas pas manqu&#233; de rejaillir sur les d&#233;bats qui ont marqu&#233; le dernier congr&#232;s de l'AFL-CIO et son repositionnement strat&#233;gique, en d&#233;pit des divisions persistantes au sommet des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McDo est la plus importante cha&#238;ne de restauration rapide aux &#201;tats-Unis, employant plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
700 000 salari&#233;s et poss&#233;dant plus de 14 000 &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenfelter (2012) a pu calculer qu'un travailleur chez McDo gagnait l'&#233;quivalent de 2,41 Big Mac par heure de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;surgence des luttes sociales et renouvellement des strat&#233;gies syndicales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Resurgence-des-luttes-sociales-et-renouvellement-des-strategies-syndicales</link>
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		<dc:date>2014-04-22T08:17:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Sauviat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une vague d'activisme social s'est d&#233;velopp&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es aux &#201;tats-Unis, faisant paradoxalement de ce pays, pourtant &#224; l'avant-garde du n&#233;olib&#233;&#173;ralisme, un nouveau laboratoire de la lutte des classes, notamment celle des pr&#233;&#173;caires. Tout se passe comme si la mobilisa&#173;tion des travailleurs du Wisconsin puis les occupations publiques orchestr&#233;es par le mouvement Occupy Wall Street en 2011 avaient lib&#233;r&#233; les &#233;nergies contestataires et revendicatrices longtemps contenues, et ouvert le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH118/arton17387-cdbff.jpg?1781402574' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une vague d'activisme social s'est d&#233;velopp&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es aux &#201;tats-Unis, faisant paradoxalement de ce pays, pourtant &#224; l'avant-garde du n&#233;olib&#233;&#173;ralisme, un nouveau laboratoire de la lutte des classes, notamment celle des pr&#233;&#173;caires. Tout se passe comme si la mobilisa&#173;tion des travailleurs du Wisconsin puis les occupations publiques orchestr&#233;es par le mouvement Occupy Wall Street en 2011 avaient lib&#233;r&#233; les &#233;nergies contestataires et revendicatrices longtemps contenues, et ouvert le champ des possibles, en incitant &#224; des revendications salariales inimaginables il y a quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Sauviat est chercheure &#224; l'IRES.&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; de Chronique internationale de l'IRES - n&#176; 145 - mars 2014)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'automne 2012 a eu lieu, &#224; Chicago, une gr&#232;ve relativement courte mais vic&#173;torieuse de la section locale du second syndicat enseignant du pays, l'American Federation of Teachers (AFT), &#224; l'occa&#173;sion du renouvellement de la conven&#173;tion collective de ses membres. Au m&#234;me moment, des gr&#232;ves discontinues d'une journ&#233;e appel&#233;es par des organi&#173;sations proches du syndicat des travail&#173;leurs du commerce, l'United Food and Commercial Workers (UFCW), ont &#233;clat&#233; chez Wal-Mart, le plus grand distributeur discount au monde. En 2013, les travail&#173;leurs des principales enseignes de restau&#173;ration rapide se sont mis en gr&#232;ve dans plusieurs dizaines de villes du pays, sui&#173;vant en cela l'exemple des travailleurs de Wal-Mart. Soutenus par le syndicat des services, le Service Employees Interna&#173;tional Union (SEIU), ils revendiquent un salaire minimum de 15 dollars de l'heure, soit plus de deux fois le salaire minimum f&#233;d&#233;ral en vigueur. Ces journ&#233;es de mo&#173;bilisation s'inscrivent dans le mouvement de lutte contre les bas salaires, apparu aux &#201;tats-Unis depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;surgence des luttes sociales n'est pas sans cons&#233;quence sur la r&#233;-orientation strat&#233;gique de l'American Federation of Labour - Congress of Industrials Organisations (AFL-CIO) et de certains de ses principaux affili&#233;s, alors que l'espoir de voir passer une nouvelle loi du travail durant le second mandat d'Obama est quasi nul et que les diff&#233;rentes tactiques utilis&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent pour endiguer le d&#233;clin syndical ont &#233;chou&#233; en partie (campagnes de syndicalisation, accords de neutralit&#233; syndicale, etc.). La rh&#233;torique de la centrale a en effet chang&#233;, mettant l'accent sur la n&#233;cessit&#233; de construire un mouvement non pour les 99 %, selon le slogan devenu populaire d'Occupy Wall Street, mais des 99 %. Les syndicats, sur le d&#233;clin et sur la d&#233;fensive, n'ont-ils pas en effet largement besoin de renouveler leurs strat&#233;gies et d'explorer des voies nouvelles d'action, en se focalisant sur des revendications pr&#233;cises tout en sachant s'allier avec (et s'appuyer sur) les parties prenantes existantes et les organisations locales issues de la soci&#233;t&#233; civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Nous publierons dans une prochaine &#233;dition l'analyse des trois conflits pr&#233;sent&#233;s par cet article : La gr&#232;ve victorieuse du syndicat des enseignants de Chicago ; La campagne contre Wal-Mart ; et La campagne contre les cha&#238;nes de restauration rapide.NDLR_ Presse-toi &#224; gauche )&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le repositionnement strat&#233;gique de l'AFL-CIO lors de son dernier congr&#232;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Trumka a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu sans surprise &#224; la t&#234;te de l'AFL-CIO, au 27e Congr&#232;s de la centrale qui s'est tenu &#224; Los Angeles du 8 au 12 septembre 2013. Parmi les nouveaux &#233;lus figurent Tefere Gebre, 45 ans, n&#233; en &#201;thiopie et ayant immigr&#233; aux &#201;tats-Unis &#224; son adolescence. Il remplace Arlene Holt Baker, la premi&#232;re Afro-Am&#233;ricaine &#224; avoir &#233;t&#233; &#233;lue vice-pr&#233;sidente ex&#233;cutive (n&#176; 3 de la centrale), qui prend sa retraite apr&#232;s 40 ans pass&#233;s au service de la f&#233;&#173;d&#233;ration. L'&#233;lection de Bhairavi Desai, directeur ex&#233;cutif de l'alliance des taxis new-yorkais, au conseil ex&#233;cutif de la f&#233;&#173;d&#233;ration est un autre exemple des efforts faits par la centrale pour &#233;largir sa base. C'est la premi&#232;re personnalit&#233; issue des Worker Centers (WC, encadr&#233; 3) &#224; si&#233;ger au Conseil de la centrale syndicale, ces organisations progressistes locales qui luttent &#8210; hors du cadre syndical &#8210; pour la d&#233;fense des droits des travailleurs immi&#173;gr&#233;s et plus largement des travailleurs &#224; bas salaire (parfois sur leurs lieux m&#234;mes de travail) ; pour ce faire, ils dispensent un ensemble de services allant de cours d'anglais &#224; des conseils juridiques en pas&#173;sant par des ateliers sur la sant&#233; au travail (Fine, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle composition des organes dirigeants de l'AFL-CIO refl&#232;te le reposi&#173;tionnement de la centrale, exprim&#233; en ces termes par son pr&#233;sident : &#171; Notre boulot est de cr&#233;er un mouvement ouvrier suf&#173;fisamment fort pour am&#233;liorer le sort de tous les travailleurs de ce pays. &#187; Il s'agit donc d'&#233;largir ses rangs en s'adjoignant de jeunes travailleurs issus de l'immi&#173;gration, davantage de femmes, bien que leur pr&#233;sence au sein du mouvement syndical se soit consid&#233;rablement accrue ces derni&#232;res d&#233;cennies, mais aussi ses champs d'action en recrutant dans des r&#233;gions, des secteurs ou des m&#233;tiers non syndiqu&#233;s, bref de mettre en pratique la solidarit&#233; de classe au sens large (en tant que communaut&#233; de travailleurs). Il s'agit &#233;galement de trouver de nouvelles formes d'alliances avec des coalitions sociales &#233;largies, de luttes et d'initiatives en mati&#232;re de n&#233;gociation collective et de syndicalisation, comme l'a initi&#233; le SEIU au cours des ann&#233;es 1980 dans sa cam&#173;pagne &#171; Justice for Janitors &#187; (Debouzy, 2009 ; Lowell, 2009) ou encore le syndi&#173;cat des camionneurs (Teamsters) dans la &#171; Coalition for Clean &amp; Safe Ports &#187; pour d&#233;fendre les droits des camionneurs du port de Los Angeles (Kesselman, 2011), ceci afin d'inverser la tendance au d&#233;clin des adh&#233;rents. L'AFL-CIO compte au&#173;jourd'hui 57 syndicats affili&#233;s mais les travailleurs membres d'un syndicat ne repr&#233;sentent plus que 11,3 % des salari&#233;s, dont 6,6 % seulement dans le secteur priv&#233;, apr&#232;s l'adoption par le Michigan du statut d'&#201;tat de droit au travail et la perte des droits &#224; la n&#233;gociation collec&#173;tive des employ&#233;s du secteur public dans le Wisconsin (Sauviat, 2011a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des douzaines de groupes non syndi&#173;qu&#233;s ont assist&#233; au Congr&#232;s, dont des lea&#173;ders de plusieurs WC. Le Congr&#232;s a ap&#173;prouv&#233; l'entr&#233;e de ces WC dans ses rangs, apr&#232;s qu'ils eurent &#233;t&#233; admis en 2006 comme affili&#233;s des f&#233;d&#233;rations au niveau des &#201;tats (State Federation) et des sec&#173;tions locales (Local Labor Council)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#232;s 2006, l'AFL-CIO s'&#233;tait rapproch&#233; des WC en faisant alliance avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Il y aurait au total 16 WC affili&#233;s &#224; l'AFL-CIO, &#224; l'instar de Working America, cr&#233;&#233; en 2003 pour permettre aux travailleurs qui ne peuvent se syndiquer sur leurs lieux de travail d'&#234;tre associ&#233;s au mouve&#173;ment ouvrier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'organisation compte aujourd'hui 3,2 millions de membres et soutient de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quelques jours avant le Congr&#232;s, certains syndicats, comme le Laborers' International Union of North America (LIUNA), avaient pouss&#233; la direction de la centrale &#224; revenir sur sa proposition d'accueillir plusieurs groupes progressistes comme membres &#224; part enti&#232;re (National Association for the Advancement of Colored People &#8210; NAACP &#8210;, Sierra Club, le Conseil natio&#173;nal de la Razza, un groupe qui d&#233;fend les droits civiques des Hispaniques, etc.)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les syndicats des travailleurs de la construction ont refus&#233; l'entr&#233;e dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, y compris au sein de ses instances diri&#173;geantes, comme l'avait laiss&#233; entendre Richard Trumka fin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des divisions persistent au sein du monde syndical am&#233;ricain. En ao&#251;t 2013, le syndicat des dockers de la c&#244;te ouest (International Longshore and Warehouse Union) a quitt&#233; l'AFL-CIO, se plaignant qu'elle n'ait pas tent&#233; d'emp&#234;cher un autre syndicat de se pr&#233;senter contre lui lors d'une &#233;lection de repr&#233;sentation syndi&#173;cale. Le SEIU et les Teamsters, deux des plus importants syndicats am&#233;ricains, avaient quitt&#233; la centrale en 2005 pour fonder Change To Win (CTW), rejoints par cinq autres syndicats (Unite Here, le syndicat des travailleurs du textile et de l'h&#244;tellerie-restauration, LIUNA, celui des manoeuvres, UFCW, celui des travailleurs du commerce, UBCJ, celui des charpentiers, et UFW, celui des tra&#173;vailleurs agricoles) (Sauviat, 2005)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, LIUNA, Unite Here, UBCJ et UFCW ont r&#233;int&#233;gr&#233; les rangs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nouvelle centrale, qui avait ax&#233; ses efforts prioritaires sur la syndicalisation des secteurs des services, n'a pas vraiment r&#233;ussi &#224; tenir son pari, tout en contribuant &#224; fragmenter encore un peu plus le syn&#173;dicalisme am&#233;ricain (Kesselman, 2011). Malgr&#233; des actions men&#233;es en commun par les deux centrales, le SEIU et les Teamsters, toujours membres de Change To Win avec UFW, n'ont pas assist&#233; au Congr&#232;s de l'AFL-CIO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AFL-CIO et certaines grosses f&#233;d&#233;&#173;rations syndicales paraissent &#224; nouveau pr&#234;ts &#224; op&#233;rer un changement de strat&#233;gie afin de revitaliser le syndicalisme am&#233;&#173;ricain, tentatives r&#233;currentes depuis les ann&#233;es 1990. Ces derni&#232;res s'int&#233;ressent ainsi de pr&#232;s aux travailleurs issus de l'immigration, souvent des travailleurs &#224; bas salaire, et pointent les questions d'in&#233;galit&#233;s et de justice sociale comme l'enjeu de lutte num&#233;ro 1. Les syndica&#173;listes se tournent de plus en plus vers des tactiques comme des gr&#232;ves courtes de 24 heures, &#224; l'image des conflits ayant eu lieu chez Wal-Mart ou dans les fast food, qui renouent avec des pratiques activistes et militantes, voire de d&#233;so&#173;b&#233;issance civile, qu'Occupy Wall Street a certainement contribu&#233; &#224; revivifier. Ils renouent aussi avec des pratiques d&#233;mo&#173;cratiques de base et un travail d'alliances avec le tissu associatif local, &#224; l'instar de la lutte du syndicat enseignant &#224; Chicago. Ces actions sont en tous les cas tr&#232;s diff&#233;&#173;rentes des campagnes traditionnelles de syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'organisation de la r&#233;sistance des salari&#233;s via des gr&#232;ves sauvages, des actions spontan&#233;es et des actes de d&#233;so&#173;b&#233;issance civile a toujours plus ou moins exist&#233; aux &#201;tats-Unis, en d&#233;pit du car&#173;can l&#233;gislatif dans lequel ces actions, de m&#234;me que l'action syndicale tradition&#173;nelle, sont contenues. Mais ce qui change aujourd'hui, c'est le caract&#232;re coordonn&#233; de ces luttes et leur amplification impul&#173;s&#233;e par les m&#233;dias. C'est aussi d'une certaine mani&#232;re l'audace des revendi&#173;cations salariales (15 dollars, qui corres&#173;pond &#224; plus que le doublement du salaire minimum f&#233;d&#233;ral), une audace &#233;videm&#173;ment toute relative quand on consid&#232;re le niveau tr&#232;s bas du salaire minimum f&#233;d&#233;ral aux &#201;tats-Unis. En revanche, ces luttes soul&#232;vent la question de leurs ini&#173;tiateurs et des objectifs poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre des manifestations spon&#173;tan&#233;es, d'importantes f&#233;d&#233;rations syndi&#173;cales comme le SEIU ou l'UFCW, qui a rejoint l'AFL-CIO &#224; l'&#233;t&#233; 2013, sont le plus souvent, comme on l'a vu, &#224; l'initia&#173;tive de ces luttes et de leur organisation, y consacrant d'importants moyens finan&#173;ciers et humains. Mais, &#224; la diff&#233;rence de gr&#232;ves r&#233;centes, rares et de type plut&#244;t d&#233;fensives, celles des travailleurs &#224; bas salaire ont emprunt&#233; &#224; des tactiques plus militantes, en lien parfois avec des mou&#173;vements plus radicaux. Ces mobilisations ont suivi aussi des voies innovantes, leurs acteurs parvenant &#224; tisser des liens avec des associations enracin&#233;es dans des communaut&#233;s locales, critiquant tant le comportement des employeurs que les politiques publiques insuffisantes de re&#173;distribution des revenus. Ce faisant, leur base sociale s'en est trouv&#233;e significative&#173;ment &#233;largie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces objectifs, on peut se poser la question des orientations stra&#173;t&#233;giques de tels mouvements. Plusieurs options sont envisageables : les travail&#173;leurs &#224; bas salaire peuvent d&#233;cider de cr&#233;er de nouveaux syndicats, visant &#224; n&#233;gocier des standards salariaux pour les secteurs concern&#233;s avec les plus impor&#173;tants employeurs. Les organisations syn&#173;dicales peuvent aussi exercer des actions de lobbying pour am&#233;liorer et renforcer les lois du travail et de l'emploi (comme l'augmentation du salaire minimum au niveau f&#233;d&#233;ral, des &#201;tats ou des muni&#173;cipalit&#233;s), strat&#233;gie pris&#233;e traditionnel&#173;lement par l'AFL-CIO. Elles peuvent au contraire d&#233;cider de maintenir des formes d'organisation assez l&#226;ches, ayant recours &#224; diverses formes d'action directe qu'Occupy Wall Street est ind&#233;niable&#173;ment parvenu &#224; rel&#233;gitimer, dans l'espoir de construire un syndicalisme plus large et plus politique, comme mouvement social. Les deux premi&#232;res options sont assez compatibles avec les orientations traditionnelles, de type top-down, de l'AFL-CIO et des f&#233;d&#233;rations syndicales impliqu&#233;es. Ces derni&#232;res peuvent quant &#224; elles chercher &#224; obtenir des accords de neutralit&#233; ou bien l'&#233;tablissement de normes pour l'ensemble d'une branche, visant &#224; faciliter leur implantation dans les entreprises (une strat&#233;gie de coop&#233;&#173;ration avec les employeurs poursuivie depuis les ann&#233;es 2000 par le SEIU), ou bien encore oeuvrer &#224; diff&#233;rents niveaux pour obtenir une augmentation du salaire minimum, venant en appui de la r&#233;cente proposition d'Obama de porter le salaire minimum f&#233;d&#233;ral &#224; 9 dollars de l'heure ou celle de d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs d&#233;mo&#173;crates de le porter &#224; 10,10 dollars. Celui-ci a en effet vu sa valeur r&#233;elle baisser de fa&#231;on significative, car il n'est ajust&#233; ni &#224; l'&#233;volution de l'inflation, ni &#224; celle de la productivit&#233; du travail. La troisi&#232;me option, de type bottom-up, plonge davan&#173;tage ses racines dans les mouvements de gr&#232;ve des ann&#233;es 1930, qui ont donn&#233; naissance au syndicalisme d'industrie et permis de revivifier le mouvement syn&#173;dical am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faudrait pas que de telles initiatives aient lieu sans articulation avec les luttes sur les lieux m&#234;mes de travail, car ce sont pr&#233;cis&#233;&#173;ment sur les lieux de travail et au sein de communaut&#233;s locales (parfois ethniques) que peut, autour de revendications sp&#233;ci&#173;fiques, se construire le sens de la solida&#173;rit&#233;, et se mouvoir la force collective en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Addonizio M., Kearney C.P. (2012), &#171; Introduction &#187;, in Addonizio M., Kearney C.P. (eds.), Education Reform and the Limits of Policy. Lessons from Michigan, WE Upjohn Institute Press Book Chapters, p. 1-7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allegretto S., Doussard M., Graham-Squire D., Jacobs K., Thompson D., Thompson J. (2013), Fast Food, Poverty Wages &#8211; The Public Costof Low-Wage Jobs in the Fast-Food Industry,UC Berkeley Labor Center, University of Illinois at Urbana-Champaign, October 15. Ashenfelter O.C. (2012), &#171; Comparing Real Wages &#187;, NBER WorkingPaper, n&#176; 18006,April.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debouzy M. (2009), Le monde du travail aux &#201;tats-Unis : les temps difficiles (1980-2005), Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dee T., Wyckoff J. (2013), &#171; Incentives, Selection, and Teacher Performance : Evidence from IMPACT &#187;, NBER Working Paper, n&#176; 19529, October.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fine J. (2006), Worker Centers &#8211; Organizing Communities at the Edge of the Dream, Ithaca, Cornell University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gupta A. (2013), &#171; The Wal-Mart Working Class &#187;, Socialist Register 2014, London, The Merlin Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kesselman D. (2011), &#171; &#201;tats-Unis. Scission du mouvement syndical et espoirs de renouveau : o&#249; en est-on ? &#187; Chronique internationale de l'IRES, n&#176; 128, janvier, p. 3-14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lichtenstein N., Strasser S. (2009), Wal-Mart &#8211; L'Entreprise Monde, Paris, Les prairies ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lowell T. (2009), &#171; Beyond Social Partnership&#8211; Unions, Civil Society, and the Renewal of Social Dialogue &#187;, Paper prepared for the RT2 High-Level Roundtable : &#171; Beyond the Social-Civil Dialogue Dichotomy &#187;, organized by CapRight WP5 and WP6, Brussels, October 15-16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauviat C. (2005), &#171; &#201;tats-Unis. Syndicalisme am&#233;ricain &#8211; Un cinquanti&#232;me anniversaire de crise &#187;, Chronique internationale de l'IRES, n&#176; 96, septembre, p. 49-64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauviat C. (2011a), &#171; &#201;tats-Unis. Le Wisconsin, &#224; l'avant-garde d'une offensive antisyndicale d'envergure &#187;, Chronique internationale de l'IRES, n&#176; 129, mars, p. 3-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauviat C. (2011b), &#171; Occupy Wall Street &#8211; Un mouvement social in&#233;dit aux &#201;tats-Unis &#187;, Document&lt;br class='autobr' /&gt;
de travail, n&#176; 1, IRES, Noisy-le-Grand, d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presse : The Wall Street Journal, The New York Times, The Washington Post, Labor Notes, In These Times, The Nation, Business Week.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#232;s 2006, l'AFL-CIO s'&#233;tait rapproch&#233; des WC en faisant alliance avec le r&#233;seau national des travailleurs journaliers. Aujourd'hui, la f&#233;d&#233;ration et certains de ses syndicats affili&#233;s travaillent de tr&#232;s pr&#232;s avec plusieurs de ces organisations, cherchant &#224; &#233;largir ses alliances et sa base, y compris aupr&#232;s de non-syndiqu&#233;s qui partagent les m&#234;mes valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'organisation compte aujourd'hui 3,2 millions de membres et soutient de multiples actions en faveur des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les syndicats des travailleurs de la construction ont refus&#233; l'entr&#233;e dans les instances de l'AFLCIO du Sierra Club, une ONG qui s'oppose &#224; certains projets soutenus par eux, pour des raisons environnementales. &#192; l'inverse, le syndicat des travailleurs de l'acier (USW) a su passer une alliance avec cette m&#234;me ONG, fond&#233;e sur la reconnaissance d'int&#233;r&#234;ts communs entre travailleurs du secteur et activistes environnementaux (Lowell, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Depuis, LIUNA, Unite Here, UBCJ et UFCW ont r&#233;int&#233;gr&#233; les rangs de l'AFL-CIO, r&#233;duisant d&#233;sormais CTW &#224; trois syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au coeur des gr&#232;ves dans le secteur des cha&#238;nes de restauration rapide - Les Worker Centers</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-coeur-des-greves-dans-le-secteur-des-chaines-de-restauration-rapide-Les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-coeur-des-greves-dans-le-secteur-des-chaines-de-restauration-rapide-Les</guid>
		<dc:date>2014-04-22T08:16:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Sauviat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Worker Centers (WC) se sont fait remarquer &#224; l'&#233;t&#233; 2013 en organisant les gr&#232;ves et les manifestations des travailleurs des cha&#238;nes de restauration rapide. Le statut juridique de ces centres est crucial, en ce qu'il leur permet de contourner le National Labor Relations Act (NLRA, plus connu sous le nom de loi Wagner) dans leurs campagnes pour syndiquer les travailleurs sur leurs lieux de travail. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout cela parce qu'en 2006, le National Labor Relations Board (NLRB) a d&#233;cid&#233; que ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton17390-a8d23.png?1781402574' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Worker Centers (WC) se sont fait remarquer &#224; l'&#233;t&#233; 2013 en organisant les gr&#232;ves et les manifestations des travailleurs des cha&#238;nes de restauration rapide. Le statut juridique de ces centres est crucial, en ce qu'il leur permet de contourner le National Labor Relations Act (NLRA, plus connu sous le nom de loi Wagner) dans leurs campagnes pour syndiquer les travailleurs sur leurs lieux de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout cela parce qu'en 2006, le National Labor Relations Board (NLRB) a d&#233;cid&#233; que ces centres ne seraient pas assujettis &#224; la r&#233;glementation f&#233;d&#233;rale qui gouverne les syndicats (NLRA), aussi longtemps qu'ils limitent leur activit&#233; &#224; faire des demandes aux employeurs, sans montrer une volont&#233; quelconque de s'engager dans une n&#233;gociation collective. Ces centres ont donc commenc&#233; leurs campagnes en organisant des protestations et en d&#233;non&#231;ant dans les m&#233;dias le traitement qui &#233;tait fait aux salari&#233;s des fast food. &#192; la diff&#233;rence des syndicats qui doivent se limiter &#224; 30 jours de piquets de gr&#232;ve, les WC peuvent &#233;tablir des piquets de gr&#232;ve sans limite de temps et n'ont pas &#224; p&#233;titionner aupr&#232;s du NLRB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les actions initi&#233;es par les WC mobilisent moins de travailleurs que les syndicats ; ils ne parviennent jamais &#224; recueillir les 30 % de signatures exig&#233;es de la part des salari&#233;s d'une unit&#233; de n&#233;gociation d&#233;sireux d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s par un syndicat, passage oblig&#233; du processus d'accr&#233;ditation syndicale. Mais ces actions ont &#233;t&#233; soutenues et anim&#233;es par des organisateurs professionnels et des organisations proches du monde du travail. Le premier objectif de ces WC est en g&#233;n&#233;ral de retourner l'opinion publique contre un employeur, et d'inciter les salari&#233;s de cet employeur &#224; se rebeller et finalement &#224; se syndiquer. Les plus importants WC ont d'ailleurs &#233;t&#233; fond&#233;s par des syndicats. Ainsi, les gr&#232;ves des fast food organis&#233;es sous la banni&#232;re &#171; Fight for 15 &#187; sont financ&#233;es par le SEIU qui leur a donn&#233; 7,5 millions de dollars. De la m&#234;me mani&#232;re, &#171; OUR Wal-Mart &#187; a &#233;t&#233; fond&#233; par l'UFCW et le &#171; Restaurant Opportunities Center &#187; (ROC), qui cible les restaurants autres que les fast food, est une cr&#233;ation de Here, le syndicat de l'h&#244;tellerie et de la restauration qui avait fusionn&#233; avec Unite et &#233;tait sorti de l'AFL-CIO en 2005 pour rejoindre Change To Win, la centrale concurrente (voir infra). ROC est d&#233;crit par son cofondateur comme un outil dont l'objectif est de syndiquer 99 % d'un secteur qui ne conna&#238;t pas de pr&#233;sence syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces WC n'ont pas de r&#232;gles bien &#233;tablies concernant leurs membres. Certains, comme ROC, font payer l'adh&#233;sion et leurs membres sont des travailleurs de la restauration ou des membres de la communaut&#233; ; d'autres, comme &#171; OUR Walmart &#187; ou &#171; Fast Food Forward &#187;, sont compos&#233;s d'ex-dirigeants syndicaux et de professionnels de la syndicalisation ainsi que de quelques salari&#233;s du secteur. Ils ne sont pas non plus soumis aux r&#232;gles de transparence financi&#232;re et de gouvernance qui r&#233;gissent les syndicats (Taft Hartley Act de 1949) : ainsi, ils ne sont pas tenus &#224; des proc&#233;dures formalis&#233;es pour &#233;lire leurs dirigeants, n'ont pas de rapports financiers &#224; remettre au minist&#232;re du Travail, et n'ont pas &#224; oeuvrer en d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces sp&#233;cificit&#233;s ont permis &#224; ces organisations de fleurir un peu partout. L'AFLCIO rapporte qu'elles seraient au nombre de 230 &#224; &#234;tre actives aujourd'hui dans le pays, alors qu'en 1992, on les comptait sur les doigts d'une main. Ces organisations sont donc entr&#233;es formellement dans l'AFL-CIO au Congr&#232;s de 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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