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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le Front national : quatre d&#233;cennies d'une histoire chaotique</title>
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		<dc:date>2014-06-17T12:25:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon, Raoul Guerra</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Relook&#233; sous la direction de Marine Le Pen, le Front national est donc parvenu &#224; surfer spectaculairement sur la crise. Retour sur une trajectoire de quatre d&#233;cennies, avec ses hauts et ses bas, ses &#233;volutions id&#233;ologiques et ses adaptations politiques. &lt;br class='autobr' /&gt; N&#233; sur les cendres du mouvement &#171; muscl&#233; &#187; Occident, le groupe Ordre nouveau (ON) est fond&#233; en novembre 1969. Contrairement &#224; l'organisation dont il est issu, ON ambitionne d'&#233;largir son champ d'intervention au-del&#224; de la simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton18055-392d7.png?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Relook&#233; sous la direction de Marine Le Pen, le Front national est donc parvenu &#224; surfer spectaculairement sur la crise. Retour sur une trajectoire de quatre d&#233;cennies, avec ses hauts et ses bas, ses &#233;volutions id&#233;ologiques et ses adaptations politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; sur les cendres du mouvement &#171; muscl&#233; &#187; Occident, le groupe Ordre nouveau (ON) est fond&#233; en novembre 1969. Contrairement &#224; l'organisation dont il est issu, ON ambitionne d'&#233;largir son champ d'intervention au-del&#224; de la simple utilisation de la barre de fer et va rapidement envisager de participer aux &#233;lections. Conscient de l'image d&#233;sastreuse que v&#233;hicule son mouvement, ON est &#224; l'origine d'un &#171; Front national pour l'unit&#233; fran&#231;aise &#187; (FNUF ou FN), structure &#224; vocation &#233;lectorale mise en place pour les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1973. L'ensemble de l'extr&#234;me droite est sollicit&#233;e pour prendre part &#224; l'aventure, en remisant ses divergences au vestiaire. Elle r&#233;pond pr&#233;sent &#224; la quasi unanimit&#233; &#8211; les royalistes de l'Action fran&#231;aise d&#233;clinent l'offre poliment &#8211; et s'accorde sur le nom de Jean-Marie Le Pen comme porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du groupuscule au parti &#233;lectoral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ag&#233; alors de 45 ans, Le Pen a d&#233;j&#224; un long parcours &#224; l'extr&#234;me droite. En 1955, il s'&#233;tait engag&#233; comme volontaire pour l'Indochine mais n'y &#233;tait arriv&#233; qu'apr&#232;s la d&#233;faite de Dien Bi&#234;n Phu. De retour en France, il milite aux c&#244;t&#233;s de Pierre Poujade et est &#233;lu, &#224; 27 ans, plus jeune d&#233;put&#233; de l'Assembl&#233;e nationale en 1956. Il rompt rapidement avec Poujade et s'engage pour l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. Il sera plus tard accus&#233; d'avoir lui m&#234;me pratiqu&#233; la torture. En 1963, il fonde la SERP (Soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes et de relations publiques), &#233;ditrice entre autre de disques de chants nazis, et organise en 1965 la campagne pr&#233;sidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen participe donc &#224; la cr&#233;ation du FN qui voit le jour le 5 octobre 1972, salle des Horticulteurs &#224; Paris. Ce front cherche &#224; incarner la &#171; droite nationale, sociale et populaire &#187;, seule &#224; m&#234;me de barrer &#171; la route au Front populaire &#187; et capable de &#171; chasser les voleurs du pouvoir &#187;. Jean-Marie Le Pen, vedette m&#233;diatique, met en avant le th&#232;me de l'immigration, principal angle d'attaque de la politique du FN, une &#171; immigration incontr&#244;l&#233;e (&#8230;) menace pour l'emploi, pour la s&#233;curit&#233; et pour la sant&#233; des Fran&#231;ais &#187; et d&#233;nonce d'un m&#234;me mouvement une majorit&#233; politique qui a &#171; trahi la volont&#233; de ses &#233;lecteurs &#187; au profit des &#171; syndicats marxistes &#187;. Ce qui lui permet de conclure que &#171; puisque les tenants de la droite lib&#233;rale ont abandonn&#233; la place, la seule droite est maintenant la n&#244;tre : la droite nationale &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours est relativement liss&#233; et la quincaillerie habituelle (croix celtiques, matraques et casques) se fait dor&#233;navant plus discr&#232;te. Il n'en demeure pas moins que le FN, au moment de sa fondation, se place lui-m&#234;me clairement dans une filiation avec le fascisme historique, italien plut&#244;t que fran&#231;ais d'ailleurs. Lorsqu'il est cr&#233;&#233;, l'extr&#234;me droite fran&#231;aise est plut&#244;t groupusculaire. Or, dans l'Italie voisine, il existe un parti relativement puissant &#8211; qui p&#232;se environ 10 % des voix &#8211;, le MSI (Mouvement social italien), qui donnera toute son aide, militante et financi&#232;re, &#224; la cr&#233;ation du FN en France. Le MSI est clairement de filiation fasciste, et ne s'en cache pas vraiment d'ailleurs : il utilise comme logo le symbole de la flamme tricolore &#8211; en l'occurrence vert-blanc-rouge &#8211;, adopt&#233;e d&#232;s sa naissance en 1946. Dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, elle symbolise aux yeux des fondateurs du parti n&#233;ofasciste &#8211; le MSI est commun&#233;ment qualifi&#233; par cet adjectif &#8211; &#171; l'&#226;me de Benito Mussolini qui monte au ciel, depuis son cercueil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FN adoptera ce m&#234;me symbole lors de sa fondation, en bleu-blanc-rouge cette fois-ci&#8230; et il l'a d'ailleurs conserv&#233;e jusqu'&#224; aujourd'hui. Si l'origine exacte de cette flamme n'est sans doute pas connue de tous les adh&#233;rents, la g&#233;n&#233;ration des fondateurs, elle, ne l'ignore en rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les efforts de pr&#233;sentation et la volont&#233; de se poser en v&#233;ritable alternative au &#171; syst&#232;me &#187;, le premier scrutin auquel participe le FN &#8211; les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1973 &#8211; est un &#233;chec (1,3 %), qui fera rapidement resurgir les particularismes des diff&#233;rentes chapelles, notamment entre Ordre nouveau et les partisans de Jean-Marie Le Pen. ON, dont la base se sent flou&#233;e, renoue avec l'activisme et la violence. &#171; Meeting fasciste, meeting interdit ! &#187; : le 21 juin 1973, l'extr&#234;me gauche d&#233;cide d'emp&#234;cher la tenue d'un meeting d'ON &#171; contre l'immigration sauvage &#187; et s'oppose aux forces de l'ordre qui le prot&#232;gent. La soir&#233;e se soldera par des bless&#233;s dans les rangs de la police, mais surtout par la dissolution de la Ligue communiste (qui sera refond&#233;e un peu plus tard sous le nom de Ligue communiste r&#233;volutionnaire) et d'ON. Ordre nouveau va n&#233;anmoins poursuivre dans la logique du rassemblement et cr&#233;e les comit&#233;s &#171; Faire front &#187; puis, en novembre 1974, le Parti des forces nouvelles (PFN), principal concurrent du Front national pour la d&#233;cennie qui s'ouvre. Jean-Marie Le Pen, de son c&#244;t&#233;, r&#233;organise la direction du FN autour de sa garde rapproch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PFN mise sur un rapprochement imm&#233;diat avec la droite classique [2] &#8211; qu'il s'agisse des milieux du RPR autour de Charles Pasqua, ou de l'UDF sous Val&#233;ry d'Estaing qu'auront ralli&#233; Alain Madelin et d'autres ex-Occident en 1974 &#8211;, le FN va quant &#224; lui jouer la carte de l'ind&#233;pendance. Son programme met en avant les th&#232;mes classiques de l'extr&#234;me droite : anti-marxisme, fin du monopole syndical, peine de mort, opposition &#224; l'avortement, d&#233;nonciation d'une droite qui m&#232;nerait une politique de gauche, en gardant toujours le th&#232;me de l'immigration comme unique explication de la crise sociale qui se profile d&#233;j&#224; &#224; l'horizon : &#171; un million de ch&#244;meurs, c'est un million d'immigr&#233;s en trop ! &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La travers&#233;e du d&#233;sert va se poursuivre pour l'extr&#234;me droite fran&#231;aise encore quelques ann&#233;es. Faute d'un nombre suffisant de signatures d'&#233;lus pour se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, Jean-Marie Le Pen (FN) et Pascal Gauchon (PFN) sont l'un comme l'autre dans l'incapacit&#233; d'&#234;tre candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de mai 1981, qui verra la victoire de Fran&#231;ois Mitterrand. L'espoir que cr&#233;e cette victoire pour le &#171; peuple de gauche &#187; est &#224; la hauteur des d&#233;convenues qui vont suivre. Incapable de r&#233;soudre la crise, la gauche de gouvernement impose bient&#244;t une politique d'aust&#233;rit&#233; dont l'extr&#234;me droite va tirer profit. En 1983, Jean-Pierre Stirbois, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du FN, est &#233;lu au conseil municipal de la ville de Dreux (Eure et Loir) avec 16 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie d'ind&#233;pendance a fini par payer et le FN est d&#233;sormais h&#233;g&#233;monique &#224; l'extr&#234;me droite. Exit le Parti des forces nouvelles et sa volont&#233; de tisser de liens avec la droite classique : le principal concurrent du FN est &#224; l'&#233;tat groupusculaire en 1986 et ne s'en remettra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1983-1989 : le FN s'installe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quinze ann&#233;es suivantes, le FN va s'installer durablement dans le paysage politique. En juin 1984, il obtient 11 % des voix aux &#233;lections europ&#233;ennes, ce qui lui permet d'envoyer dix &#233;lus au parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1986, &#224; la faveur d'un scrutin proportionnel mis en place par Fran&#231;ois Mitterrand, 35 d&#233;put&#233;s frontistes font leur entr&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Deux ans plus tard, aux pr&#233;sidentielles de 1988, Jean-Marie Le Pen recueille 14 % des suffrages. Suite aux &#233;lections de 1994, le FN envoie 11 d&#233;put&#233;s si&#233;ger au parlement europ&#233;en. Cette ascension atteint son apog&#233;e en 1995 quand Le Pen obtient 15 % &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers succ&#232;s du parti se construisent au d&#233;triment de la droite conservatrice. Les perc&#233;es &#233;lectorales initiales du FN se font gr&#226;ce &#224; des &#233;lecteurs qui tournent le dos &#224; la droite classique (&#224; l'&#233;poque, le RPR et l'UDF). Il s'agit essentiellement de couches moyennes ou petites-bourgeoises &#8211; petits patrons, artisans, commer&#231;ants, exploitants agricoles ou encore professions lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principal motif de leur d&#233;sarroi vis-&#224;-vis de la droite RPR/UDF : celle-ci ne d&#233;fend plus suffisamment, &#224; leurs yeux, le petit capital contre le gros (mais aussi contre le mouvement ouvrier). Sur fond de mouvements de concentration du capital, induits par la modernisation de l'appareil &#233;conomique, mais aussi par l'ouverture des fronti&#232;res &#224; l'int&#233;rieur de la CEE (Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne), ces milieux sociaux se sentent menac&#233;s dans leur existence et mis en danger face au rouleau-compresseur du grand capital le plus productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la gauche PS/PCF arrive au gouvernement en mai 1981, cette peur de l'avenir prend une tournure plus id&#233;ologique : voil&#224; les Rouges qui veulent nous ruiner ! Dans un &#233;tat de &#171; panique morale &#187; doubl&#233; d'une peur &#233;conomique, ces milieux sociaux voient leur monde menac&#233; d'&#233;branlement. Ils prennent ainsi la rue, d'autant que les forces de gauche ou syndicales commencent &#224; la d&#233;serter (faut-il d&#233;ranger nos camarades au gouvernement ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestations cat&#233;gorielles impuls&#233;es par la droite marquent donc la p&#233;riode, en 1982 et 1983. Jean-Marie Le Pen participe d'ailleurs lui-m&#234;me &#224; certaines de ces manifestations, telle celle appel&#233;e le 13 septembre 1982 par le &#171; Syndicat national du patronat moderne et ind&#233;pendant &#187;, dont le chef de l'&#233;poque, G&#233;rard Deuil, est un admirateur de P&#233;tain. En 1984, c'est une mobilisation plus &#171; culturelle &#187; et id&#233;ologique qui donne un sens, ou un suppl&#233;ment d'&#226;me, &#224; l'ensemble : la droite et l'extr&#234;me droite descendent dans la rue pour une mobilisation de masse en d&#233;fense de l'&#171; &#233;cole libre &#187;, autrement dit les privil&#232;ges de l'enseignement priv&#233; et confessionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, le discours &#233;conomique et social du FN qui accompagne ce premier ancrage &#233;lectoral est clair : avec Reagan pour mod&#232;le, il d&#233;fend farouchement le lib&#233;ralisme &#233;conomique, un droit du plus fort appliqu&#233; &#224; l'&#233;conomie. L'essentiel du discours, c'est : &#224; bas les syndicats, &#224; bas l'imp&#244;t &#8211; ce qui doit rappeler des souvenirs de jeunesse &#224; Jean-Marie Le Pen, ex d&#233;put&#233; poujadiste en 1956 &#8211;, &#224; bas l'intervention de l'Etat dans la sph&#232;re &#233;conomique. Le Code du travail ? Il faut tailler dedans. Les organisations de salari&#233;s ? De m&#233;chants preneurs en otage. Quand, le 15 f&#233;vrier 1982, une milice patronale attaque brutalement une usine (de fromage) occup&#233;e par des gr&#233;vistes, &#224; Isigny dans le Calvados, Jean-Marie Le Pen lui accorde d'ailleurs son &#171; total soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'orientation du discours &#233;volue dans les ann&#233;es qui suivent. Le fond de l'affaire r&#233;side dans un double mouvement. Premi&#232;rement, les couches moyennes et petites-bourgeoises ainsi gagn&#233;es &#233;lectoralement au d&#233;but des ann&#233;es 1980 restent malgr&#233; tout disput&#233;es entre le FN et la droite classique. Attir&#233;es par certaines promesses &#233;lectorales ou certaines mesures qui lui sont adress&#233;es, une partie d'entre elles se tourne &#8211; au moins ponctuellement &#8211; &#224; nouveau vers le RPR et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les cadres de l'extr&#234;me droite font &#224; la fin de cette d&#233;cennie un pari strat&#233;gique : le bloc sovi&#233;tique commence &#224; montrer des fissures puis s'&#233;croule, l'ancien ordre &#171; bipolaire &#187; du monde s'effondre. Ces cadres exultent : &#171; c'est la fin du communisme, la disparition du marxisme et des syndicats influenc&#233;s par lui, il n'y a plus aucune alternative progressiste au pouvoir en place. &#187; Il devient donc possible et n&#233;cessaire, &#224; la fois, de s'adresser plus fortement aussi aux classes populaires et aux salari&#233;s qui, jusqu'ici, se reconnaissent plut&#244;t dans la gauche&#8230; Tout cela sur fond d'une division du monde politique en termes de clivages de classe, qui, selon l'extr&#234;me droite, &#171; n'a plus aucun sens &#187;. Ils en viennent donc &#224; la conclusion suivante : &#171; L'alternative au syst&#232;me, l'expression &#224; la col&#232;re sociale, c'est nous dor&#233;navant. Et nous seuls ! &#187; Certaines couches de l'&#233;lectorat, d&#233;&#231;ues par les partis de gauche &#8211; PS ou PCF &#8211;, viendront d'ailleurs effectivement voter pour le FN &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle orientation id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1989/1990, le parti d'extr&#234;me droite effectue un important tournant sur des questions cruciales, que ce soit son positionnement &#233;conomique et social ou ses orientations en mati&#232;re de politique internationale. Sur ce dernier point, on assiste &#224; d'importantes ruptures avec la doctrine pr&#233;c&#233;dente : rejet du pro-am&#233;ricanisme &#8211; tr&#232;s prononc&#233; pendant l'&#232;re Ronald Reagan &#8211; et de l'atlantisme ; nouveau positionnement (pro-Irak) de Jean-Marie Le Pen pendant la crise du Golfe en 1990 et la guerre du Golfe de janvier/f&#233;vrier 1991. Le FN en profitera pour semer la confusion politique, sur fond d'opposition &#224; la participation de l'arm&#233;e fran&#231;aise, en collant des affiches &#171; Mitterrand &#8211; la guerre. Le Pen &#8211; la paix &#187; (f&#233;vrier 1991). Cela lui vaudra d'ailleurs les sympathies passag&#232;res d'une frange des populations d'origine arabe, et permettra &#224; l'extr&#234;me droite d'attirer &#224; elle quelques ex &#171; r&#233;volutionnaires &#187; tomb&#233;s dans une confusion id&#233;ologique grave (dont ceux de la mouvance &#171; rouge-brune &#187; du d&#233;but des ann&#233;es 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique et sociale, le FN abandonne &#233;galement &#224; cette &#233;poque son opposition &#224; certains acquis sociaux datant de l'&#232;re Mitterrand (cinqui&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s, introduction du RMI) qu'il avait rejet&#233;s jusqu'ici. Dans son programme &#233;lectoral pour les l&#233;gislatives de mars 1993, il fait pour la premi&#232;re fois des promesses sur les (bas) salaires. Toutes les promesses sociales &#8211; maintien d'acquis sociaux et/ou am&#233;lioration &#8211; sont coupl&#233;es &#224; la &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187;, combin&#233;e &#224; l'id&#233;e de cr&#233;er des caisses sociales s&#233;par&#233;es pour &#171; Fran&#231;ais &#187; et &#171; &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement &#224; cette &#233;poque que le parti d'extr&#234;me droite tente de faire passer &#171; le mondialisme &#187; (terme qu'il forge dans les ann&#233;es 1990) ou la mondialisation (terme qu'il utilise plut&#244;t aujourd'hui), et surtout les d&#233;localisations d'usines, comme principale pr&#233;occupation des travailleurs et surtout principale source des maux sociaux. En parlant de mondialisme hier ou de mondialisation aujourd'hui, il tente d'assimiler toute forme d'internationalisme (des syndicats, de la gauche) aux maux qui accableraient les travailleurs fran&#231;ais : puisque &#171; les syndicats du syst&#232;me &#187; seraient eux aussi &#171; mondialistes &#187;, l'extr&#234;me droite serait &#171; la seule alternative &#187;. Par des actions telles que des distributions de tracts devant des usines (par exemple &#224; Moulinex, en octobre 1996, avec Bruno M&#233;gret) ou de br&#232;ves apparitions dans des manifestations syndicales (Le Havre, 1996), le FN cible surtout les d&#233;localisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FN op&#232;re donc au d&#233;but des ann&#233;es 1990 un virage qu'on peut qualifier de &#171; national-social &#187;. Il cherche d&#233;sormais &#224; s'&#233;riger en alternative &#224; la fois &#224; la gauche et &#224; la droite classique, se positionnant (par le verbe) &#171; contre le syst&#232;me &#187;. Suite &#224; la pr&#233;tendue &#171; mort du marxisme &#187; et de toute alternative &#224; gauche &#8211; une croyance qui se r&#233;pand suite &#224; la chute du mur de Berlin &#8211;, il se convainc qu'apr&#232;s avoir gagn&#233; 10 &#224; 15 % de l'&#233;lectorat venu de la droite classique, il en gagnera encore au moins autant venu de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#232;ges du FN croient ainsi arriver, seuls contre tous les partis politiques de &#171; l'establishment &#187;, &#224; des scores &#233;lectoraux avoisinant les 30 %. Mais entre 1995 &#224; 1998, ils doivent se rendre &#224; l'&#233;vidence : cela ne marche pas comme pr&#233;vu. En r&#233;action &#224; l'&#233;chec partiel de cette strat&#233;gie, ils acc&#233;l&#232;rent la cadence en cherchant d&#232;s lors &#224; cr&#233;er des relais en dehors des institutions de l'Etat : associations de locataires dans les HLM, une foultitude d'associations-satellites&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1990, le FN tente &#233;galement de mettre en &#339;uvre une politique &#171; syndicale &#187;. Il fonde de pseudo-syndicats qu'il contr&#244;le &#233;troitement (&#171; FN police &#187;, &#171; FN p&#233;nitentiaire &#187;, &#171; FN RATP &#187;) mais ceux-ci se voient interdire par la Justice de se pr&#233;valoir de la qualit&#233; de syndicats. Plus tard, il se cantonnera &#224; la t&#226;che d'attirer vers lui des militants des v&#233;ritables organisations syndicales, sans mener pour autant un v&#233;ritable travail &#224; l'int&#233;rieur de leurs organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique que le parti d'extr&#234;me droite cherche &#224; mettre en place dans cette p&#233;riode (1995/98) ressemble en partie &#224; celle des mouvements fascistes historiques. Cela reste cependant cantonn&#233; &#224; une &#233;chelle bien plus modeste, loin des centaines de milliers de prol&#233;taires enr&#244;l&#233;s dans les SA du parti nazi allemand autour de 1930. Des cadres et des dirigeants useront parfois d'une rh&#233;torique se voulant &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, pr&#233;tendant qu'ils sont en mesure de d&#233;fier &#171; le syst&#232;me &#187;. En octobre 1996, &#224; la sortie d'une r&#233;union publique &#224; Paris, Bruno Gollnisch participe ainsi &#224; une tentative de militants FN de proc&#233;der &#224; un d&#233;p&#244;t de gerbe (non autoris&#233;) sous l'Arc de Triomphe. Le policier en faction est soulev&#233; par des militants d'extr&#234;me droite et chass&#233; manu militari. &#171; C'est ainsi que commencent les r&#233;volutions ! &#187; s'&#233;crie alors Gollnisch. Quatre jour plus tard, &#224; Montceau-les-Mines, le service d'ordre du FN &#8211; le d&#233;sormais fameux DPS &#8211; attaque une contre-manifestation avec une violence consid&#233;rable. On peut ainsi observer les germes d'un comportement qui singe une vraie dynamique fasciste. M&#234;me si les conditions historiques ne se pr&#234;tent alors pas &#224; une tentative de renverser la R&#233;publique bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, cette strat&#233;gie n'aboutit pas aux r&#233;sultats escompt&#233;s : les forces de gauche, mais surtout les forces syndicales, r&#233;sistent encore relativement bien &#8211; les ann&#233;es 1995 &#224; 1998 sont riches en gr&#232;ves et luttes sociales. Et une partie des anciens &#233;lecteurs de droite, plut&#244;t conservateurs ou r&#233;actionnaires, qui avaient &#233;t&#233; gagn&#233;s dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, quittent le navire vers 1995 : ils ne comprennent pas trop que le FN, &#224; leurs yeux, &#171; gauchise &#187; son discours social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, le FN des ann&#233;es 1995-1998 aura connu une progression importante en termes d'enracinement militant. Mais la vie de ce parti n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Ses changements d'orientation, mais aussi l'&#233;chec partiel de ses strat&#233;gies, vont conduire &#224; une crise et &#224; une rupture : suite &#224; la lutte pour le pouvoir entre Jean-Marie Le Pen et Bruno M&#233;gret, la grande scission du FN pendant l'hiver 1998/99, provoquant une v&#233;ritable implosion de son appareil militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno M&#233;gret avait fait sienne l'id&#233;e que, tant que la &#171; strat&#233;gie de la grande alternative &#187; &#8211; visant &#224; chasser la gauche et la droite classique &#8211; ne portait pas ses fruits, il fallait envisager des alliances au moins locales avec cette droite classique. En Italie, une premi&#232;re coalition droite-extr&#234;me droite (regroupant le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, le MSI postfasciste qui deviendra Alliance nationale en 1995, et la Ligue du Nord) gouverne le pays en 1994. Cela inspire certains cadres plus jeunes du FN, tandis que Jean-Marie Le Pen reste convaincu qu'il incarne &#171; l'homme providentiel &#187;, que le peuple reconna&#238;tra quand viendra l'heure fatidique d'une crise grave, et pr&#233;f&#232;re ne pas s'engager dans cette voie. Et surtout, voyant Bruno M&#233;gret mettre en &#339;uvre une politique d'alliance, suite aux &#233;lections r&#233;gionales du 15 mars 1998, dans plusieurs conseils r&#233;gionaux (en faisant &#233;lire des pr&#233;sidents d'ex&#233;cutifs r&#233;gionaux tels que Charles Million en Rh&#244;ne-Alpes), le vieux chef commence &#224; craindre de perdre le contr&#244;le de son parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen pousse alors son &#171; d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral &#187; (c'est le titre officiel de M&#233;gret), num&#233;ro deux et id&#233;ologue en chef du parti d'extr&#234;me droite, vers la sortie. Suite aux licenciements de plusieurs de ses proches auparavant employ&#233;s dans l'appareil FN, M&#233;gret entre en r&#233;bellion en d&#233;cembre 1998, et se fait imm&#233;diatement exclure du parti. Jean-Marie Le Pen n'attend que ce moment pour lancer une grande purge, ridiculisant publiquement les troupes &#8211; &#171; petite minorit&#233; d'extr&#233;mistes, d'activistes et peut-&#234;tre m&#234;me de racistes &#187; &#8211; de &#171; Nabot-l&#233;on &#187;, comme il qualifiera M&#233;gret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir perdu la bataille pour le nom &#171; FN &#187; devant les tribunaux, la minorit&#233; exclue tente de se regrouper dans un nouveau parti, le Mouvement national r&#233;publicain (MNR). Mais la scission &#233;choue politiquement : M&#233;gret attire &#224; lui, &#224; la fois, les n&#233;onazis et les jeunes activistes &#171; radicaux &#187; les plus remuants (un militant et candidat MNR, Maxime Brunerie, tirera le 14 juillet 2002 sur le pr&#233;sident Jacques Chirac) et de jeunes cadres bien form&#233;s et avides de participation au pouvoir. Ces deux milieux sont, en effet, impatients vis-&#224;-vis du vieux chef Le Pen que M&#233;gret et les siens consid&#232;rent &#171; d&#233;sormais comme un boulet pour son parti, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; sa chance &#187;. Or, le mariage entre les deux tendances ne fonctionne pas. Par ailleurs, M&#233;gret, qui jouait auparavant le r&#244;le d'&#233;minence grise du chef et d'intellectuel-id&#233;ologue, ne passe pas comme &#171; figure capable d'incarner un chef &#187; aux yeux du public d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec patent de la scission, le FN maintenu (&#171; canal historique &#187;) r&#233;siste, mais devient une coquille vide. Apr&#232;s une saign&#233;e de militants &#8211; il en reste 15 000 sur les 42 000 &#224; jour de cotisation de la fin 1998 &#8211;, mais surtout le d&#233;part de la majorit&#233; des cadres et de la moiti&#233; des &#233;lus, le parti se r&#233;duit aux &#233;l&#233;ments les plus &#226;g&#233;s et les plus passifs, ceux qui ne remettent pas en cause le chef. Le FN se transforme en boutique &#233;lectorale et n'a gu&#232;re d'activit&#233;s en dehors de ces p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, l'&#233;v&#233;nement du 21 avril 2002 &#8211; avec un Jean-Marie Le Pen qui acc&#232;de au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, o&#249; il &#171; se ramasse &#187; cependant face &#224; Jacques Chirac &#8211; ne constitue gu&#232;re plus qu'un feu de paille. Lorsque le candidat Nicolas Sarkozy effectue, en 2006-2007, une OPA sur l'&#233;lectorat du FN (en multipliant les gestes symboliques tels que l'annonce de la cr&#233;ation d'un &#171; minist&#232;re de l'identit&#233; nationale &#187;, ou en recourant aux services de l'id&#233;ologue Patrick Buisson), celle-ci semble d'abord r&#233;ussir. Le FN, apr&#232;s avoir connu des scores de 15 % depuis une d&#233;cennie, tombe &#224; 10,5 % lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007, puis &#224; 4,3 % aux l&#233;gislatives de juin 2007 : cela fait 25 ans qu'il n'a pas connu pareil &#233;chec. Son avenir semble alors en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Succession et rebond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que lorsque Jean-Marie Le Pen accepte enfin d'ouvrir les portes de sa succession &#224; la t&#234;te du FN &#8211; apr&#232;s avoir compris compris qu'une succession &#171; biologique &#187;, d'ordre familial et dynastique, est possible &#8211;, que le parti se remet &#224; flot. C'est &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, en 2010, que commence le reflux vers l'extr&#234;me droite d'anciens &#233;lecteurs du FN qui &#233;taient pass&#233;s &#224; l'UMP de Sarkozy. Cela devient visible aux r&#233;gionales de mars 2010, o&#249; le FN remonte parfois tr&#232;s fortement, obtenant une moyenne de 17 % pour ses listes pr&#233;sentes au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier 2011, Marine Le Pen reprend la pr&#233;sidence du FN lors du congr&#232;s qui se tient &#224; Tours. Elle remobilise le parti, m&#234;me si ce dernier connait plusieurs scissions &#8211; plut&#244;t vers la droite, port&#233;es par des &#233;l&#233;ments tels que Carl Lang ou Pierre Vial qui n'acceptent pas la &#171; modernisation id&#233;ologique &#187; promise par Marine Le Pen. Les m&#233;dias, souvent fascin&#233;s par la nouvelle pr&#233;sidente du FN &#8211; une &#171; bonne cliente &#187;, photog&#233;nique, sachant parler, relativement jeune &#8211; pr&#233;sentent alors son discours sous l'angle de la nouveaut&#233;, le FN &#171; s'int&#233;ressant d&#233;sormais aussi au social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la nouvelle chef du parti d'extr&#234;me droite ne fait que mettre au go&#251;t du jour les recettes en mati&#232;re &#233;conomique et sociale d&#233;j&#224; test&#233;es dans les ann&#233;es 1990, avec un discours plus liss&#233; dans la forme. C'est ainsi qu'elle utilise davantage le terme de &#171; mondialisation &#187; (utilis&#233; aussi par d'autres forces pour d&#233;crire les changements dans la division internationale du travail, une r&#233;alit&#233; &#233;conomique objective), l&#224; o&#249; le p&#232;re parlait plut&#244;t de &#171; mondialisme &#187;, un terme plus id&#233;ologique qui pouvait tout aussi bien englober d'autres ph&#233;nom&#232;nes tels que l'universalit&#233; des droits de l'homme, l'internationalisme, ou le &#171; complot &#187; mondial fantasm&#233; (juif, ma&#231;onnique...). Marine Le Pen recentre le discours affich&#233;, en tentant de le faire appara&#238;tre plus &#171; objectif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la vraie nouveaut&#233; de la p&#233;riode qui s'ouvre aujourd'hui ne r&#233;side pas tant dans le comportement du FN lui-m&#234;me. Elle r&#233;side dans la crise avec toutes ses cons&#233;quences, une crise qui risque d'ouvrir de nouvelles opportunit&#233;s inou&#239;es &#224; cette extr&#234;me droite, en France comme sur le plan international. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour un Ordre nouveau, avril 1973, &#171; Qu'est-ce que la droite nationale &#187;, J.-M. Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le PFN participera notamment &#224; la campagne pr&#233;sidentielle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Affiche &#233;lectorale, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans la revue l'Anticapitaliste n&#176;55, juin 2014. &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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