<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=6249&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;cologistes peuvent-ils s'entendre avec les lib&#233;raux ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-ecologistes-peuvent-ils-s-entendre-avec-les-liberaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-ecologistes-peuvent-ils-s-entendre-avec-les-liberaux</guid>
		<dc:date>2019-06-10T21:13:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Baruch , Maxime Vaudano</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-06-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yannick Jadot entend d&#233;passer le clivage gauche-droite au nom de l'urgence &#233;cologique. Mais nombre de ses id&#233;es sont incompatibles avec la droite et le centre. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : http://npa29.unblog.fr/2019/06/08/eelv-liberaux-le-monde/ &lt;br class='autobr' /&gt; En campagne pour les &#233;lections europ&#233;ennes, Yannick Jadot avait clairement annonc&#233; la couleur : &#171; Mon seul adversaire, c'est le d&#233;r&#232;glement climatique. &#187; Ses bons r&#233;sultats du 26 mai n'ont fait que renforcer la conviction du chef de file d'Europe Ecologie-Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-06-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-06-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton39474-2660d.png?1781463200' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yannick Jadot entend d&#233;passer le clivage gauche-droite au nom de l'urgence &#233;cologique. Mais nombre de ses id&#233;es sont incompatibles avec la droite et le centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://npa29.unblog.fr/2019/06/08/eelv-liberaux-le-monde/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://npa29.unblog.fr/2019/06/08/eelv-liberaux-le-monde/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En campagne pour les &#233;lections europ&#233;ennes, Yannick Jadot avait clairement annonc&#233; la couleur : &#171; Mon seul adversaire, c'est le d&#233;r&#232;glement climatique. &#187; Ses bons r&#233;sultats du 26 mai n'ont fait que renforcer la conviction du chef de file d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) que le clivage gauche-droite devait s'effacer devant la priorit&#233; &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver un jour au pouvoir, il entend cr&#233;er une nouvelle coalition &#171; autour des valeurs de l'&#233;cologie &#187;, rassemblant &#233;lus et &#233;lecteurs de tout bord, mettant sur le m&#234;me plan &#171; la personne &#233;colo depuis une heure &#187; et &#171; celle qui est &#233;colo depuis quarante ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Jadot semble pour cela d&#233;termin&#233; &#224; att&#233;nuer l'ancrage historique &#224; gauche de l'&#233;cologie politique. Se refusant &#224; condamner l'&#233;conomie de march&#233;, il pr&#233;f&#232;re d&#233;signer comme adversaire le &#171; productivisme &#187; pr&#244;n&#233; par les partis du &#171; vieux monde &#187; (de la droite mod&#233;r&#233;e &#224; la gauche socialiste, en passant par le centre macroniste), coinc&#233;s, selon lui, dans une course &#224; la croissance &#233;conomique. Une position d'&#233;quilibriste, tant certaines options politiques d&#233;fendues aujourd'hui par EELV se heurtent frontalement aux valeurs de ces partis &#171; productivistes &#187;&#8230; et de leur &#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se fondant sur la conversion &#171; verte &#187; plus ou moins r&#233;cente de la quasi-totalit&#233; des partis fran&#231;ais, dont celui du pr&#233;sident Macron, l'&#233;cologie pourrait sembler d&#233;sormais suffisamment consensuelle pour transcender les anciens clivages partisans. Il n'en est rien. Car le diable se niche, comme souvent, derri&#232;re la rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons list&#233; les pierres d'achoppement les plus probables entre ces deux mondes, celui des &#233;cologistes de longue date et celui des r&#233;cents convertis, &#224; l'aune de l'&#233;vidente urgence climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nucl&#233;aire : des divergences majeures&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EELV veut depuis toujours couper la d&#233;pendance de la France &#224; l'atome, invoquant &#224; la fois le risque d'accident et la pollution des d&#233;chets nucl&#233;aires. Le parti &#233;cologiste juge possible une fermeture de l'ensemble des centrales en une bonne quinzaine d'ann&#233;es &#8211; une id&#233;e qui semble faire son chemin dans l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron, comme une grande partie de la droite et des socialistes, reste au contraire attach&#233; &#224; cette &#233;nergie &#171; d&#233;carbon&#233;e &#187;. Ils la consid&#232;rent comme le meilleur outil de lutte contre le r&#233;chauffement climatique &#224; moyen terme. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a repouss&#233; de dix ans la trajectoire (d&#233;j&#224; tr&#232;s incertaine) de r&#233;duction de la d&#233;pendance &#224; l'atome trac&#233;e par Fran&#231;ois Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Infrastructures : tensions sur les grands projets&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hissant l'int&#233;r&#234;t de l'environnement au-dessus des consid&#233;rations &#233;conomiques, les &#233;cologistes d&#233;fendent une vision du progr&#232;s difficilement compatible avec le lib&#233;ralisme. Ils s'opposent ainsi &#224; tous les grands projets d'infrastructures, comme la ligne Lyon-Turin ou le grand contournement ouest de Strasbourg, jug&#233;s trop co&#251;teux, &#224; la fois pour l'environnement et pour les deniers publics, au regard de ce qu'ils apportent &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Emmanuel Macron est au contraire plut&#244;t favorable &#224; ces grands chantiers &#8211; si l'on met de c&#244;t&#233; l'abandon du projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, qui tenait davantage du symbole politique que du v&#233;ritable choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agriculture : EELV veut aller plus loin&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nombre de partis politiques promeuvent l'agriculture biologique, les &#233;cologistes affichent des ambitions radicales : ils veulent ainsi affecter la moiti&#233; des fonds de la politique d'agriculture commune (PAC) europ&#233;enne &#224; la conversion vers le bio et le local. La droite et le centre ne sont gu&#232;re volontaristes sur ces sujets, mettant plus volontiers en avant les int&#233;r&#234;ts des agriculteurs, de l'industrie agroalimentaire et des chasseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique d&#233;fend en outre une vision tr&#232;s protectrice du vivant sous toutes ses formes : EELV souhaite par exemple octroyer &#224; la nature des droits opposables devant les tribunaux et encadrer strictement les nanotechnologies susceptibles d'alt&#233;rer la nature humaine ; le parti de Yannick Jadot pr&#233;conise une r&#233;duction de la consommation de viande, une am&#233;lioration des conditions de vie des animaux dans les &#233;levages et la fin des &#233;levages industriels.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fiscalit&#233; verte : recourir &#224; l'incitation pour financer la transition&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique et le productivisme macronien convergent en revanche sur le financement de la transition &#233;cologique : tous deux sont favorables &#224; l'utilisation du levier des investissements publics pour financer les projets &#171; verts &#187;. Mais il existe un hiatus sur la question sensible de la discipline budg&#233;taire. Alors que la droite se veut intransigeante sur la r&#233;duction des d&#233;ficits, EELV plaide pour une &#171; exception &#233;cologique &#187;, afin que les contraintes budg&#233;taires ne fassent pas obstacle aux investissements dans la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; &#171; verte &#187; fait en revanche partie des terrains o&#249; &#233;cologistes et &#171; productivistes &#187; peuvent se rejoindre. Il s'agit en effet d'utiliser un outil incitatif &#8211; l'imp&#244;t &#8211; pour corriger les d&#233;rives naturelles du march&#233;. Les &#233;cologistes sont favorables au principe du pollueur-payeur dans la plupart des secteurs de l'&#233;conomie, du carburant au plastique non recyclable. Les &#171; productivistes &#187; comme Emmanuel Macron ou son pr&#233;d&#233;cesseur Fran&#231;ois Hollande souscrivent sur le principe &#224; ces id&#233;es, m&#234;me si les contestations sociales r&#233;centes, des &#171; bonnets rouges &#187; (oppos&#233;s aux portiques &#233;cotaxe) aux &#171; gilets jaunes &#187;, les ont rendus plus frileux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes recourraient ainsi volontiers &#224; la contrainte pour emp&#234;cher les banques fran&#231;aises de pr&#234;ter de l'argent pour financer des projets d'&#233;nergies &#171; sales &#187; &#8211; une mesure difficilement imaginable &#224; droite. Quand Emmanuel Macron s'engage sur une &#233;limination progressive du glyphosate, les &#233;cologistes pr&#244;nent une interdiction compl&#232;te et rapide de l'ensemble des pesticides et des perturbateurs endocriniens. Quand il programme la fin du diesel et des exploitations d'hydrocarbures pour la d&#233;cennie 2040, EELV r&#233;clame un calendrier beaucoup plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Libre-&#233;change : des lignes rouges pour les lib&#233;raux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords de libre-&#233;change font figure de lignes rouges infranchissables pour les dogmes du centre et de la droite. Selon les &#233;cologistes, ils favorisent la surexploitation des ressources et nourrissent des &#233;changes commerciaux inutiles et g&#233;n&#233;rateurs de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers vantent un mod&#232;le qui donnerait la priorit&#233; aux &#233;changes locaux et aux circuits courts, difficilement compatible avec le lib&#233;ralisme de la droite et du centre. Ainsi, on voit mal comment leur proposition de favoriser les locaux dans les march&#233;s publics europ&#233;ens et de mettre fin aux subventions de la PAC, qui financent les agriculteurs &#224; l'export, pourrait rencontrer l'assentiment des lib&#233;raux. Cet &#171; altermondialisme &#187; trouve &#224; coup s&#251;r un &#233;cho plus favorable &#224; gauche, o&#249; le libre-&#233;change a moins bonne presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions de soci&#233;t&#233; : un hiatus sur le travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;cologistes se heurtent aussi frontalement aux lib&#233;raux sur la question du travail. A rebours de l'id&#233;e d'&#233;mancipation par le travail, ch&#232;re &#224; la droite, EELV d&#233;fend dans la plus pure tradition de gauche une r&#233;duction du temps de travail, un encadrement des &#233;carts de salaires au sein des entreprises, une augmentation du smic et l'instauration d'un revenu universel. Ainsi qu'une taxation bien plus &#233;lev&#233;e des hauts patrimoines, en opposition directe avec Emmanuel Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes pr&#244;nent en mati&#232;re d'immigration une ouverture bien sup&#233;rieure &#224; celle de la droite et du centre. Favorables &#224; une politique d'accueil g&#233;n&#233;reuse et au tr&#232;s symbolique droit de vote des &#233;trangers aux &#233;lections locales, ils appellent de leurs v&#339;ux l'extension du droit d'asile aux victimes des al&#233;as climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes r&#234;vent, enfin, d'une politique &#233;trang&#232;re &#171; guid&#233;e par les droits humains &#187; plut&#244;t que &#171; par l'acc&#232;s aux ressources &#187;. Renoncer &#224; la dissuasion nucl&#233;aire, interdire les ventes d'armes aux dictatures et partager le si&#232;ge fran&#231;ais au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'Organisation des Nations unies (ONU) avec l'Union europ&#233;enne constituerait des ruptures radicales par rapport &#224; la tradition diplomatique partag&#233;e par la droite et la gauche au cours des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des convergences sur des questions europ&#233;ennes, de soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe tout de m&#234;me plusieurs points de convergence entre les &#233;cologistes et les macronistes. Sur la question europ&#233;enne, favorables &#224; un saut f&#233;d&#233;raliste, les &#233;cologistes soutiennent comme Emmanuel Macron la politique de d&#233;fense commune, l'harmonisation fiscale et la convergence sociale (avec un smic et un minimum social harmonis&#233; &#224; l'&#233;chelle du continent). Ils combattent &#233;galement sous la m&#234;me banni&#232;re dans l'affrontement id&#233;ologique entre d&#233;mocraties lib&#233;rale et illib&#233;rale &#8211; tout en pr&#244;nant une protection bien plus &#233;tendue des libert&#233;s individuelles et de la transparence, et en d&#233;non&#231;ant les d&#233;rives du discours s&#233;curitaire et de la surveillance num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les questions de soci&#233;t&#233;, &#233;cologistes et macronistes se retrouvent dans la d&#233;fense de la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e (PMA), de l'avortement et de la contraception, mais les Verts vont un cran plus loin : ils n'&#233;cartent pas la gestation pour autrui (GPA), plaident pour une meilleure reconnaissance du changement de sexe et r&#233;clament la l&#233;galisation de l'euthanasie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions sociales au logement, nombreux sont les sujets o&#249; les &#233;cologistes et les partis de gouvernement pourraient s'accorder sur les principes, mais se diviser sur les modalit&#233;s pr&#233;cises, sans pour autant que cela constitue un obstacle insurpassable. Des convergences sont ainsi perceptibles sur la r&#233;novation &#233;nerg&#233;tique des b&#226;timents, le soutien aux &#233;nergies renouvelables, le d&#233;veloppement des transports d&#233;carbon&#233;s ou la lutte contre l'obsolescence programm&#233;e. Mais des d&#233;saccords substantiels &#233;mergent au moment de prendre des d&#233;cisions concr&#232;tes : EELV d&#233;fend ainsi quasi syst&#233;matiquement des options beaucoup plus radicales que celles des gouvernements au pouvoir, jug&#233;s trop timides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces orientations dessinent, au-del&#224; de la question &#233;cologique, les contours du &#171; nouveau p&#244;le &#187; politique que Yannick Jadot entend imposer dans le paysage politique fran&#231;ais. Reste &#224; savoir si, en refusant les &#171; compromis avec le productivisme de droite &#187; et en &#171; s'affranchi[ssant] du productivisme et du nationalisme de gauche &#187;, les &#233;cologistes pourront un jour convaincre une majorit&#233; de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime Vaudano et J&#233;r&#233;mie Baruch 05 juin 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Panama Papers &#187; : la &#171; bo&#238;te noire &#187; des paradis fiscaux et l'histoire de Mossack Fonseca</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Panama-Papers-la-boite-noire-des-paradis-fiscaux-et-l-histoire-de-Mossack</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Panama-Papers-la-boite-noire-des-paradis-fiscaux-et-l-histoire-de-Mossack</guid>
		<dc:date>2016-04-05T08:38:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Vaudano</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-04-05</dc:subject>
		<dc:subject>Panama papers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est sur une v&#233;ritable mine d'or qu'ont mis la main Le Monde et ses partenaires. Une base de donn&#233;es in&#233;dite tant par son ampleur que par son contenu remise par un lanceur d'alerte anonyme au S&#252;ddeutsche Zeitung. Le quotidien allemand l'a partag&#233;e avec le Consortium international des journalistes d'investigation (International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ), organisation et r&#233;seau ind&#233;pendant de Washington, d&#233;j&#224; &#224; l'origine des Offshore Leaks, des Lux Leaks et, plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-04-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-04-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Panama-papers-+" rel="tag"&gt;Panama papers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton25865-bfeb7.png?1781185745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est sur une v&#233;ritable mine d'or qu'ont mis la main Le Monde et ses partenaires. Une base de donn&#233;es in&#233;dite tant par son ampleur que par son contenu remise par un lanceur d'alerte anonyme au S&#252;ddeutsche Zeitung. Le quotidien allemand l'a partag&#233;e avec le Consortium international des journalistes d'investigation (International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ), organisation et r&#233;seau ind&#233;pendant de Washington, d&#233;j&#224; &#224; l'origine des Offshore Leaks, des Lux Leaks et, plus r&#233;cemment, des Swiss Leaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par A l'encontre le 4 - avril - 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; Panama papers &#187; en trois points&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Monde et 108 autres r&#233;dactions dans 76 pays, coordonn&#233;es par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), ont eu acc&#232;s &#224; une masse d'informations in&#233;dites qui jettent une lumi&#232;re crue sur le monde opaque de la finance offshore et des paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les 11,5 millions de fichiers proviennent des archives du cabinet panam&#233;en Mossack Fonseca, sp&#233;cialiste de la domiciliation de soci&#233;t&#233;s offshore, entre 1977 et 2015. Il s'agit de la plus grosse fuite d'informations jamais exploit&#233;e par des m&#233;dias.&lt;br class='autobr' /&gt; Les &#171; Panama papers &#187; r&#233;v&#232;lent qu'outre des milliers d'anonymes de nombreux chefs d'Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des c&#233;l&#233;brit&#233;s ou des personnalit&#233;s sous le coup de sanctions internationales ont recouru &#224; des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un an, 376 journalistes issus de 109 m&#233;dias dans 76 pays ont travaill&#233; sur les &#171; Panama papers &#187;, qui retracent quasi jour par jour le fonctionnement de la firme panam&#233;enne de domiciliation de soci&#233;t&#233;s offshore Mossack Fonseca. Cr&#233;&#233; en 1977 au Panama, l'un des plus grands trous noirs de l'&#233;conomie mondiale, ce cabinet est aujourd'hui l'une des cl&#233;s de vo&#251;te du business mondial et opaque des paradis fiscaux, avec des bureaux dans plus de 35 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour presque chacune des 214 488 structures offshore cr&#233;&#233;es ou administr&#233;es par Mossack Fonseca au cours de ses quarante ann&#233;es d'existence, la base de donn&#233;es fournit p&#234;le-m&#234;le registres, documents officiels, passeports, contrats et correspondances internes. Des fichiers qui permettent parfois de d&#233;voiler les v&#233;ritables propri&#233;taires et activit&#233;s de ces soci&#233;t&#233;s, inaccessibles au public, et m&#234;me souvent aux autorit&#233;s, en raison de l'opacit&#233; qui r&#232;gne dans ces juridictions offshore.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH302/309febab27cfcfc5-98697441-a6858.png?1781185746' width='500' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affaires, banques, grandes fortunes et football&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immense caverne d'Ali Baba de l'&#233;vasion fiscale, qu'un journaliste mettrait plusieurs d&#233;cennies &#224; explorer seul en travaillant jour et nuit, r&#233;c&#232;le des milliers de noms de ressortissants de plus de 200 pays ou territoires. Si la plupart sont inconnus du grand public, on y retrouve aussi des centaines de figures de premier plan, issues des univers politique, &#233;conomique, sportif, culturel et m&#234;me criminel, sur lesquels les membres de l'ICIJ ont enqu&#234;t&#233; en commun pour d&#233;terminer quelle utilisation ils ont faite de leurs montages offshore transnationaux. Le Monde a aussi enqu&#234;t&#233; sur des soci&#233;t&#233;s-&#233;crans li&#233;es aux grandes fortunes fran&#231;aises, sur des affaires politico-financi&#232;res, des banques hexagonales et des personnages importants du football fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des innombrables noms et histoires, les &#171; Panama papers &#187; brossent un portrait quasi en temps r&#233;el d'un syst&#232;me cr&#233;&#233; par et pour l'opacit&#233; de ses b&#233;n&#233;ficiaires. Les donn&#233;es, qui s'&#233;tendent jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2015, montrent que les avanc&#233;es r&#233;centes de la r&#233;glementation des paradis fiscaux sont loin d'avoir facilit&#233; la vie des autorit&#233;s charg&#233;es de lutter contre le blanchiment, la corruption et la fraude fiscale. A chaque nouveau tour de vis inspir&#233; par la pression internationale, les artisans m&#233;ticuleux de l'offshore, comme Mossack Fonseca, trouvent une nouvelle parade pour pr&#233;server la discr&#233;tion de leurs clients &#8211; avec la complicit&#233; de plus de 14 000 banques et cabinets d'avocats fiscalistes qui jouent les interm&#233;diaires financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont toutes ces histoires que Le Monde vous racontera tout au long de la semaine dans son &#233;dition papier et sur son site Internet, dans le cadre de l'op&#233;ration &#171; Panama papers &#187;. (Article publi&#233; sur le site du Monde, le 4 avril 2016)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incroyable histoire de Mossack Fonseca&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Anne Michel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prononcer son nom pour voir, dans la seconde, se fermer les visages et s'&#233;teindre les voix. Au Panama, Mossack Fonseca est une de ces firmes toutes-puissantes, dont l'activit&#233; est intimement li&#233;e &#224; l'histoire du pays. Une histoire gangren&#233;e par la corruption et l'argent sale depuis les ann&#233;es de dictature de Manuel Noriega (1984-1990), dont Mossack Fonseca a pris toute sa part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les sombres affaires de Mossack Fonseca sont mises sous le boisseau par le gouvernement. Personne ne vous parlera. Ici, la collusion d'int&#233;r&#234;ts entre le pouvoir et les grandes compagnies est totale &#187;, assure Miguel Antonio Bernal, professeur de droit &#224; l'universit&#233; du Panama, opposant historique &#224; Noriega et &#224; l'ex-pr&#233;sident corrompu Ricardo Martinelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance du cabinet conseil, en 1977, sentait d&#233;j&#224; le soufre. A cette &#233;poque, pour doper son &#233;conomie et tirer parti de son plus pr&#233;cieux atout &#8211; sa position g&#233;ographique, entre les deux Am&#233;riques et les deux plus grands oc&#233;ans &#8211; le Panama entreprend de b&#226;tir un centre financier puissant, capable de rivaliser avec les places financi&#232;res d'Europe et d'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il l'assoit sur un secret bancaire inviolable, cadenass&#233; par la loi, et une fiscalit&#233; z&#233;ro pour les revenus issus de l'&#233;tranger. C'est assez pour que tout ce que la finance mondiale compte d'acteurs s'installe dans le pays : grandes institutions financi&#232;res emmen&#233;es par les banques am&#233;ricaines, cabinets d'avocats, administrateurs de biens&#8230; &#171; Au Panama, en mati&#232;re de blanchiment, on fait tout : on lave, on rince et on s&#232;che &#187;, sourit Miguel Antonio Bernal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude d'avocats fiscalistes Mossack Fonseca ne met pas longtemps &#224; comprendre l'int&#233;r&#234;t de vendre une garantie de confidentialit&#233; absolue aux grandes fortunes et aux investisseurs internationaux. Le business des shell companies, ces soci&#233;t&#233;s-&#233;crans immatricul&#233;es dans des juridictions opaques d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te, est lanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des fondateurs au profil peu reluisant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ne dit pas pr&#233;cis&#233;ment comment les deux avocats fondateurs de la firme, J&#252;rgen Mossack et Ramon Fonseca Mora, se sont rencontr&#233;s ni le pacte qui les lie. Mais elle met en perspective leurs pass&#233;s charg&#233;s. L'un, J&#252;rgen Mossack, est un Panam&#233;en d'origine allemande, fils d'un ancien officier de la Waffen-SS, selon des documents des services de renseignement de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, obtenus par Le Monde et ICIJ. L'autre, Ramon Fonseca Mora, est panam&#233;en, depuis toujours proche des milieux politiques, y compris sous la dictature. Il est vice-pr&#233;sident du Parti panamiste, le parti nationaliste arriv&#233; au pouvoir mi-2014, et li&#233; &#224; l'actuel chef de l'Etat, Juan Carlos Varela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mossack Fonseca compte ainsi rapidement parmi ses clients des dirigeants de pays corrompus et de r&#233;gimes autoritaires, voire des r&#233;seaux criminels de haut vol. Le magazine am&#233;ricain Vice, l'un des premiers &#224; avoir identifi&#233; le r&#244;le jou&#233; par la firme dans le blanchiment d'argent international, &#233;crit le 3 d&#233;cembre 2014 avoir la preuve que &#171; Mossack Fonseca a servi d'agent d'enregistrement de soci&#233;t&#233;s-&#233;crans, pour des criminels et des voleurs notoires (&#8230;) dont des associ&#233;s de Mouammar Kadhafi, Robert Mugabe [pr&#233;sident du Zimbabwe] (&#8230;) et l'oligarque [argentin] Lazaro Baez, soup&#231;onn&#233; par la justice am&#233;ricaine d'avoir blanchi des dizaines de millions de dollars &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; Panama papers &#187; viennent compl&#233;ter le tableau. La firme a travaill&#233; avec 33 personnes ou entit&#233;s frapp&#233;es d'un embargo des Etats-Unis. Elle a b&#226;ti des soci&#233;t&#233;s-&#233;crans pour l'entourage du pr&#233;sident russe, Vladimir Poutine, ou le cousin du pr&#233;sident syrien, Bachar Al-Assad, mais aussi pour des politiques poursuivis pour blanchiment de fraude fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es, Mossack Fonseca a &#233;tendu son empire, au point d'&#234;tre d&#233;sormais pr&#233;sent dans plus de quarante pays. Le cabinet-conseil a acquis une telle influence que Ramon Fonseca Mora a &#233;t&#233; nomm&#233; conseiller du pr&#233;sident de la R&#233;publique et assiste au conseil des ministres. Les Panam&#233;ens assurent voir passer chaque semaine au-dessus des gratte-ciel du centre financier l'h&#233;licopt&#232;re qui conduit l'homme d'affaires au palais pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 11 mars, pourtant, l'h&#233;licopt&#232;re reste au sol. Ce jour-l&#224;, l'influent avocat a &#233;t&#233; rattrap&#233; par le grand scandale de corruption Petrobras &#8211; du nom de l'entreprise publique p&#233;troli&#232;re du Br&#233;sil, qui d&#233;stabilise jusqu'&#224; la pr&#233;sidente du pays, Dilma Rousseff. Mossack Fonseca est soup&#231;onn&#233; par la justice br&#233;silienne d'avoir aid&#233; &#224; dissimuler des avoirs, des membres de sa filiale br&#233;silienne ont &#233;t&#233; interpell&#233;s. Ramon Fonseca a d&#233;missionn&#233; de son poste &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but des ennuis pour Mossack Fonseca ? Les avocats assurent n'avoir pour seul but que de pr&#233;server la confidentialit&#233; de ses clients, notamment ceux qui fuient les dictatures. Jusqu'ici, le secret des affaires a prot&#233;g&#233; la firme panam&#233;enne. Qu'en sera-t-il demain ? En 2006, les douanes panam&#233;ennes avaient intercept&#233; un paquet contenant 45 diamants de contrebande en provenance d'Afrique du Sud, destin&#233; &#224; une fondation panam&#233;enne. Un document officiel, sur la marchandise, mentionnait le nom de Mossack Fonseca. Le scandale a fait long feu. (Article publi&#233; sur le site du Monde, le 4 avril 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ&lt;/p&gt;
&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;//www.dailymotion.com/embed/video/x2gbks4&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x2gbks4_icij-qui-se-cache-derriere-cette-machine-a-scoops_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;ICIJ : qui se cache derri&#232;re cette machine &#224;...&lt;/a&gt; &lt;i&gt;by &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/lemondefr&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;lemondefr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe et le Canada disent &#171; oui &#187; &#224; la justice priv&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Europe-et-le-Canada-disent-oui-a-la-justice-privee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-Europe-et-le-Canada-disent-oui-a-la-justice-privee</guid>
		<dc:date>2014-08-19T07:55:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Vaudano</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-08-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un document aride de 519 pages qui, en temps normal, n'aurait jamais attir&#233; l'attention de quiconque en dehors du c&#233;nacle des multinationales et des sp&#233;cialistes du commerce international. &#171; Fuit&#233; &#187; le 13 ao&#251;t par le journal t&#233;l&#233;vis&#233; allemand &#171; Tagesschau &#187; sur son site, le texte confidentiel de CETA, l'accord de libre-&#233;change conclu entre l'Union europ&#233;enne et le Canada, a pourtant &#233;t&#233; accueilli avec grand int&#233;r&#234;t. Et pour cause : il montre que l'Europe a accept&#233; de d&#233;l&#233;guer une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Canada-" rel="directory"&gt;Canada&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-08-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-08-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton18551-76287.jpg?1781967167' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un document aride de 519 pages qui, en temps normal, n'aurait jamais attir&#233; l'attention de quiconque en dehors du c&#233;nacle des multinationales et des sp&#233;cialistes du commerce international. &#171; Fuit&#233; &#187; le 13 ao&#251;t par le journal t&#233;l&#233;vis&#233; allemand &#171; Tagesschau &#187; sur son site, le texte confidentiel de CETA, l'accord de libre-&#233;change conclu entre l'Union europ&#233;enne et le Canada, a pourtant &#233;t&#233; accueilli avec grand int&#233;r&#234;t. Et pour cause : il montre que l'Europe a accept&#233; de d&#233;l&#233;guer une partie de sa justice &#224; des tribunaux arbitraux priv&#233;s. Une r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale avant d'appliquer cette logique &#224; grande &#233;chelle avec le trait&#233; transatlantique Europe&#8211;Etats-Unis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde | 16.08.2014 &#8226; Mis &#224; jour le 17.08.2014 |&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. De quoi s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme de nombreux trait&#233;s commerciaux sign&#233;s ces vingt derni&#232;res ann&#233;es (mais c'est une premi&#232;re pour l'Europe), le CETA (&#171; Comprehensive Economic and Trade Agreement &#187;) installe un tribunal priv&#233; au nom barbare : le m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends investisseurs-Etats, appel&#233; ISDS en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles s'estiment l&#233;s&#233;es par les d&#233;cisions des Etats dans lesquels elles exercent leurs activit&#233;s, les entreprises canadiennes et europ&#233;ennes pourront porter plainte devant cette instance compos&#233;e non pas de juges professionnels, mais d'arbitres tri&#233;s sur le volet, le plus souvent issus de grands cabinets d'avocats d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme fait &#233;galement partie des dispositions les plus critiqu&#233;es du trait&#233; transatlantique en cours de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Quel int&#233;r&#234;t ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, l'ISDS &#233;tait int&#233;gr&#233; aux accords commerciaux pour pallier les carences des syst&#232;mes judiciaires des pays en d&#233;veloppement et rassurer les multinationales occidentales : garanties contre le risque d'expropriation arbitraire, elles &#233;taient cens&#233;es investir davantage. Pourquoi donc l'int&#233;grer &#224; un trait&#233; entre deux &#233;conomies modernes comme l'Europe et le Canada ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les multinationales n'ont pas confiance dans la justice des pays de l'Est, comme la Roumanie ou la Bulgarie &#187;, souffle un vieux routard de l'arbitrage international. Elles pourront donc r&#233;clamer des dommages et int&#233;r&#234;ts devant l'ISDS, au nom du respect des principes de libre-&#233;change inscrits dans le CETA. D&#233;localiser le r&#232;glement des conflits vers un tribunal arbitral permettra &#233;galement, selon les entreprises, une plus grande neutralit&#233; dans les d&#233;cisions, les juridictions nationales &#233;tant susceptibles d'&#234;tre influenc&#233;es par les Etats attaqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Quels sont les risques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ses (nombreux) opposants, l'ISDS pourrait co&#251;ter tr&#232;s chers aux Etats qui ne se soumettent pas aux desideratas des multinationales. Attaqu&#233; 35 fois en vingt ans dans le cadre de l'ISDS de son accord commercial avec les Etats-Unis, le Canada a ainsi &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; six reprises et forc&#233; de verser au total 170 millions de dollars (130 millions d'euros) de compensations &#224; des entreprises am&#233;ricaines (sans compter les frais de proc&#233;dure), selon un rapport r&#233;cent du Canadian Centre for Policy Alternatives. Les arbitres ont jug&#233; que les r&#232;gles de non-discrimination et de non-expropriation fix&#233;es par l'accord avaient &#233;t&#233; enfreintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cas r&#233;cent, encore en cours d'instruction, fait grand bruit au Canada : estimant que la justice canadienne a invalid&#233; injustement deux de ses brevets, le laboratoire pharmaceutique am&#233;ricain Eli Lilly r&#233;clame 100 millions de dollars (75 millions d'euros) de compensation pour ses profits g&#226;ch&#233;s. Pour l'ONG am&#233;ricaine Public Citizen, Eli Lilly tente d'utiliser l'ISDS pour d&#233;truire le syst&#232;me canadien de validation des brevets, au m&#233;pris des choix d&#233;mocratiques op&#233;r&#233;s par les Canadiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la n&#233;gociation du CETA, les Europ&#233;ens ont refus&#233; de prendre en compte cette crainte, en d&#233;clinant la proposition canadienne d'exclure clairement les questions de propri&#233;t&#233; intellectuelle du champ de l'ISDS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, les craintes se focalisent sur l'absence de garde-fous dans l'ISDS : les arbitres sont libres de livrer leur propre interpr&#233;tation de notions juridiquement floues comme &#171; l'utilit&#233; &#187; d'un investissement, ou &#171; l'expropriation indirecte d'un investissement &#187;. Il n'existe aucun m&#233;canisme d'appel ou de responsabilisation des arbitres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout juste les n&#233;gociateurs ont-ils introduit la possibilit&#233; pour l'Union europ&#233;enne et le Canada d'adopter des d&#233;clarations contraignantes fixant l'interpr&#233;tation de points probl&#233;matiques, auxquels les arbitres devront se conformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suffira-t-il &#224; emp&#234;cher les multinationales de contester les choix politiques des gouvernements, comme le p&#233;trolier am&#233;ricain Lone Pine, qui r&#233;clame 250 millions de dollars (190 millions d'euros) au Qu&#233;bec pour avoir impos&#233; un moratoire sur la fracturation hydraulique et l'exploration du gaz de schiste, annulant &#171; arbitrairement &#187; des permis d&#233;j&#224; accord&#233;s ? Le texte du CETA reste flou &#224; ce sujet : il pr&#233;cise que les mesures servant des &#171; objectifs l&#233;gitimes d'int&#233;r&#234;t public, tels que la sant&#233;, la s&#233;curit&#233; ou l'environnement &#187; ne sauraient &#234;tre contest&#233;s, &#171; sauf dans les rares circonstances o&#249; l'impact de la mesure [...] appara&#238;t manifestement excessif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le texte va-t-il entrer en vigueur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes encore loin. Le CETA doit &#234;tre officiellement d&#233;voil&#233; et sign&#233; le 25 septembre prochain, mais devra passer par de nombreuses &#233;tapes de validation avant d'entrer en vigueur &#8211; pas avant 2016. C&#244;t&#233; europ&#233;en, il devra &#234;tre approuv&#233; par les 28 chefs d'Etat et de gouvernement, puis par le Parlement europ&#233;en, avant de faire le tour des 28 parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les choses pourraient se compliquer. Dans le cadre des discussions sur le trait&#233; transatlantique, la France et l'Allemagne ont exprim&#233; publiquement leurs r&#233;ticences sur l'ISDS, jug&#233; inutile, comme le nouveau pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, Jean-Claude Juncker, et un nombre croissant de parlementaires europ&#233;ens. On imagine mal comment ils pourraient le soutenir dans le CETA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile fait &#233;galement monter la pression, en pr&#233;parant une &#171; initiative citoyenne europ&#233;enne &#187; rassemblant un million de citoyens pour interpeller la Commission europ&#233;enne sur les dangers du CETA et du trait&#233; transatlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociateurs se retrouvent donc face &#224; un dilemme : soit ils retirent in extremis le chapitre de l'accord consacr&#233; &#224; l'ISDS, comme le demandent certains opposants, pour faciliter son adoption ; soit ils tentent de passer en force, prenant le risque d'un &#233;chec cuisant comme lors du rejet de l'accord ACTA, en 2012. Le texte de l'accord &#171; fuit&#233; &#187; &#233;tant pr&#233;sent&#233; comme d&#233;finitif (avant &#171; toilettage juridique &#187; et traduction), il semble y avoir peu de chance qu'il soit profond&#233;ment modifi&#233; d'ici sa signature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
