<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=6691&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Quelles r&#233;parations ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelles-reparations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelles-reparations</guid>
		<dc:date>2019-03-26T00:30:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Qu&#233;mar</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;bats r&#233;cents dans les conf&#233;rences internationales, depuis Durban jusqu'aux COP r&#233;centes, ont mis en avant la question des r&#233;parations pour la dette &#233;cologique (et historique). Les repr&#233;sentants des pays du Sud, qui sont les premi&#232;res victimes du r&#233;chauffement climatique, se retournent contre les pays industrialis&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : [CADTM-INFO] Banque mondiale, dettes coloniales, banques... &lt;br class='autobr' /&gt; Reconnaissance et responsabilit&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Joan Martinez Alier, pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton38427-3d3c6.png?1679047989' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;bats r&#233;cents dans les conf&#233;rences internationales, depuis Durban jusqu'aux COP r&#233;centes, ont mis en avant la question des r&#233;parations pour la dette &#233;cologique (et historique). Les repr&#233;sentants des pays du Sud, qui sont les premi&#232;res victimes du r&#233;chauffement climatique, se retournent contre les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Banque mondiale, dettes coloniales, banques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconnaissance et responsabilit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Joan Martinez Alier, pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; internationale pour une &#233;conomie &#233;cologique &#171; Le sujet est d'obtenir le paiement des compensations pour cette dette climatique historique et, plus important encore, qu'on la reconnaisse et ainsi d'&#233;viter qu'elle continue &#224; s'accroitre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Copenhague, Pablo Solon, alors ambassadeur de Bolivie, r&#233;pondait ainsi au repr&#233;sentant des &#201;tats-Unis : &#171; Nos glaciers sont en d&#233;clin, les sources d'eau sont en train de s'ass&#233;cher. Qui doit faire face &#224; cela ? Il nous parait juste que le pollueur paye, et non pas les pauvres. Nous ne sommes pas ici pour d&#233;signer le coupable, mais seulement la responsabilit&#233;. Comme disent souvent les commer&#231;ants aux &#201;tats-Unis, si tu le casses, tu le payes &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question pos&#233;e est effectivement celle des responsabilit&#233;s, mais avant tout celle de la reconnaissance : reconnaissance que le d&#233;veloppement &#233;conomique d'une petite partie de l'humanit&#233; s'est r&#233;alis&#233; via l'exploitation et le pillage de la majorit&#233;, par l'extraction et le gaspillage de ressources non renouvelables (ou &#224; longue &#233;ch&#233;ance). Mais il s'agit &#233;galement de la reconnaissance que cette situation interdit aux pays du Sud de conna&#238;tre le m&#234;me &#8216;d&#233;veloppement' que les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un certain nombre de cas, les responsabilit&#233;s (la culpabilit&#233;) sont claires. Les multinationales responsables de mar&#233;es noires, de pollutions atmosph&#233;riques, d'accidents industriels sont notoirement connues et peu souvent condamn&#233;es (et faiblement lorsqu'elles le sont, songeons &#224; Bhopal). D'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, les &#201;tats du Nord, mais &#233;galement les Institutions financi&#232;res internationales qu'ils dominent, ont une responsabilit&#233; toute particuli&#232;re. De la colonisation aux politiques d'ajustement impos&#233;es pour continuer le pillage des ressources, ils sont &#224; l'origine de cette dette, au b&#233;n&#233;fice d'une minorit&#233; (les c&#233;l&#232;bres 1 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les populations des pays du Sud sont les premi&#232;res victimes, pour cause de faiblesse des pr&#233;ventions et, souvent, de situation g&#233;ographique, les populations du Nord n'&#233;chappent pas &#224; ces cons&#233;quences. Les ph&#233;nom&#232;nes climatiques de plus en plus marqu&#233;s, ouragans, inondations, s&#233;cheresses... ne connaissent pas les notions de centre et de p&#233;riph&#233;rie. Les pollutions urbaines touchent les grandes m&#233;tropoles partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays dits &#8216;&#233;mergents' ne sauraient &#234;tre exon&#233;r&#233;s de toute responsabilit&#233;, d&#232;s lors que leurs grandes entreprises suivent le mod&#232;le extractiviste et pr&#233;dateur du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tant au Nord qu'au Sud, il ne faut pas oublier les dimensions de classe, de &#8216;race' et de sexe. L'ouragan Katrina a apport&#233; la preuve que face &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes, toutes les populations n'&#233;taient pas trait&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; R&#233;parations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ouragan Katrina a apport&#233; la preuve que face aux ph&#233;nom&#232;nes climatiques, toutes les populations n'&#233;taient pas trait&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;parations concr&#232;tes doivent donc &#234;tre exig&#233;es, pour ces d&#233;sastres &#233;cologiques et sociaux, sous forme financi&#232;re ou non. Nous n'opposons pas les deux formes. S'il ne s'agit pas de tomber dans le pi&#232;ge de la mon&#233;tarisation de la nature, de sa marchandisation, comme le font les programmes initi&#233;s par les Institutions financi&#232;res (les programmes Redd+ pour les for&#234;ts par exemple), ces r&#233;parations ont un co&#251;t qui doit &#234;tre pris en charge par les coupables d&#233;sign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Gadrey proposait lors d'un colloque &#224; Paris la r&#233;alisation d'audits des dettes &#233;cologiques, associant chercheurs et r&#233;seaux militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, &#171; il peut &#234;tre souhaitable de mon&#233;tariser ces dettes diverses, comme le demandent des r&#233;seaux militants. Ce serait envisageable moyennant des conventions sur la base de tarifs politiques n&#233;goci&#233;s et non en fonction de prix de march&#233; d'&#233;missions et de pollutions. C'est ce que j'appellerai la m&#233;thode &#8216;&#8216;Yasuni'' &#187; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il continuait ainsi : &#171; Des compensations seraient dues par les &#201;tats, y compris, si possible, par les institutions internationales d&#233;di&#233;es et dot&#233;es de ressources par les &#201;tats et via des taxes mondiales &#224; cr&#233;er. Rien n'emp&#234;che les &#201;tats et institutions de demander des comptes aux multinationales. Cela ne revient pas &#224; culpabiliser les peuples au Nord, mais peut contribuer &#224; leur faire prendre conscience que leurs &#201;tats et leurs entreprises ont conjointement organis&#233;, sans les consulter, le pillage des ressources et la domination sur les pays du Sud &#187; [3]. Les montants vers&#233;s, fonction des d&#233;g&#226;ts occasionn&#233;s, devront &#234;tre soit inject&#233;s directement dans les zones concern&#233;es et &#224; destination des populations l&#233;s&#233;es, soit conc&#233;d&#233;s aux pouvoirs publics afin qu'ils puissent financer d'autres politiques r&#233;paratrices et pr&#233;ventives et assurer la transition vers une &#233;conomie bas carbone. Les peuples autochtones et les femmes, qui ont accumul&#233; des cr&#233;ances sp&#233;cifiques, doivent avoir voix au chapitre en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout ne peut &#234;tre chiffr&#233;. Comment donner une valeur aux &#8216;services environnementaux' ou &#224; des vies humaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crivent &#201;ric de Ruest et Renaud Duterme, dans leur excellent ouvrage, &#171; il est clair qu'une vision non financi&#232;re des r&#233;parations peut et doit &#234;tre envisag&#233;e : elle peut prendre la forme de transfert de brevets ou d'accord de coop&#233;ration et d'&#233;changes mutuels et &#233;quitables (bourses d'&#233;tude, programmes de recherches communs, r&#233;trocession des biens mal acquis, &#8230;) [4] &#187;. On pourrait ajouter, bien s&#251;r, le transfert gratuit des technologies les plus avanc&#233;es en mati&#232;re d'&#233;conomie d'&#233;nergie vers les pays qui ne peuvent les envisager financi&#232;rement, sans oublier &#171; la r&#233;g&#233;n&#233;ration des terres, la d&#233;pollution des sites et de l'eau, le transfert gratuit de technologies utiles, la reconnaissance des droits des r&#233;fugi&#233;s climatiques, l'annulation de la dette du tiers monde et de toutes les dettes ill&#233;gitimes, etc. &#187; [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'accompagne, bien s&#251;r, d'une rupture radicale avec le mod&#232;le impos&#233; par les multinationales et les IFI. Ces r&#233;parations n'ont de sens que si elles financent un autre mod&#232;le, qui r&#233;ponde aux besoins fondamentaux de toute la population, peuples autochtones, femmes, petits paysans, travailleurs et travailleuses de l'informel, salari&#233;s&#8230;, que si elles rompent avec les conditionnalit&#233;s et leurs effets d&#233;structurants et appauvrissants. Cela devrait m&#234;me se traduire par la traduction en justice des responsables de ces d&#233;sastres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r la question centrale est celle de la r&#233;alisation de ce programme ; la dette &#233;cologique, tout comme la dette historique qui lui est li&#233;e, n'ont pas de valeur juridique actuellement. Mais depuis la conf&#233;rence de Durban, en 2001, les choses bougent peu &#224; peu. La question des r&#233;parations pour les dommages occasionn&#233;s aux populations des pays du Sud a amen&#233; des grandes entreprises &#233;tatsuniennes &#224; reconna&#238;tre qu'elles avaient r&#233;alis&#233; des profits avec l'esclavage et &#224; proposer des bourses d'&#233;tude &#224; des &#233;tudiants afroam&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les peuples autochtones et les femmes, qui ont accumul&#233; des cr&#233;ances sp&#233;cifiques, doivent avoir voix au chapitre en la mati&#232;re &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Ce sont d&#233;sormais des &#201;tats qui prennent en charge cette question, en particulier dans la Cara&#239;be. L'affaire a &#233;t&#233; lanc&#233;e, en juillet 2013, &#224; l'issue du sommet de la Caricom (Caribbean community), compos&#233; essentiellement d'&#201;tats anglophones auxquels se sont joints, par la suite, le Surinam, ancienne colonie n&#233;erlandaise, et Ha&#239;ti pour la partie francophone. Une commission des r&#233;parations r&#233;unissant universitaires, &#233;conomistes et avocats des &#201;tats membres a &#233;t&#233; mise sur pied, le 17 septembre 2013, &#224; l'issue d'une conf&#233;rence r&#233;unie &#224; Kingstown, la capitale de Saint-Vincent-et-les- Grenadines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esclavage et le colonialisme dans les Cara&#239;bes ont tr&#232;s durement alt&#233;r&#233; nos options de d&#233;veloppement &#187; a expliqu&#233; &#224; cette occasion Baldwin Spencer, le Premier ministre d'Antigua-et-Barbuda, d&#233;non&#231;ant la d&#233;pendance &#233;conomique, culturelle, sociale et m&#234;me politique n&#233;e de cette situation. &#171; Les nations europ&#233;ennes qui se sont consacr&#233;es &#224; la conqu&#234;te, la colonisation, au g&#233;nocide et &#224; l'esclavage doivent fournir les moyens requis pour r&#233;parer l'h&#233;ritage actuel de leurs dommages historiques &#187;, estime Ralph Gonsalves, Premier ministre de Saint-Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont principalement vis&#233;s la Grande-Bretagne, la France et les Pays-Bas. Au cas o&#249; ces derniers n'accepteraient pas de s'asseoir autour d'une table pour discuter de compensations &#233;conomiques, la Caricom menace de porter le dossier devant la Cour internationale de justice. D'ores et d&#233;j&#224;, le cabinet d'avocats britannique Leigh Day &amp; Co a &#233;t&#233; choisi comme conseil. C'est ce m&#234;me cabinet qui avait contraint Londres, en juin 2013, &#224; pr&#233;senter ses &#171; regrets &#187; et &#224; indemniser les descendants et les rares survivants des quelque 5 000 rebelles de la gu&#233;rilla Mau Mau tortur&#233;s par les troupes britanniques au Kenya dans les ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives des petits &#201;tats insulaires, lors des COP, va dans le m&#234;me sens. Ces initiatives vont dans le sens de la reconnaissance de ces dettes &#233;cologiques et sociales, de faire bouger le droit international et le rapport de force sur ces questions. M&#234;me si, on l'a bien compris dans cette revue, la question est celle du mod&#232;le de d&#233;veloppement et du syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance d'une dette &#233;cologique et le versement de r&#233;parations s'inscrit contre la logique de marchandisation des ressources, contre l'int&#233;r&#234;t des &#233;lites capitalistes locales et donc dans une lutte globale au syst&#232;me de d&#233;veloppement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article pr&#233;c&#233;demment publi&#233; le 13 septembre 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/111215/todd-stern-pourquoi-vous-ne-reconnaissez-pasla-dette-ecologique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/111215/todd-stern-pourquoi-vous-ne-reconnaissez-pasla-dette-ecologique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] www.scsites/sciencespo.fr.chaire-developpement-durable/files/61_111107_Actes_dette_ecologique.pdfiencespo.fr/chaire-developpement-durable/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] ibid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Mettre-un-terme-a-la-dette&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Mettre-un-terme-a-la-dette&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] J.Gadrey ; cf note 1, page 85.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le FMI met le feu en Ha&#239;ti, en Guin&#233;e, en &#201;gypte&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-FMI-met-le-feu-en-Haiti-en-Guinee-en-Egypte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-FMI-met-le-feu-en-Haiti-en-Guinee-en-Egypte</guid>
		<dc:date>2018-08-28T11:25:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Qu&#233;mar</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-08-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis que les pr&#233;mices d'une nouvelle crise de la dette se pr&#233;cisent pour un certain nombre de pays du Sud, le FMI et la Banque mondiale ont repris peu &#224; peu le r&#244;le qui avait &#233;t&#233; le leur durant la crise de la dette des ann&#233;es 1980. Ils imposent, en effet, de nouveaux plans d'ajustement structurel (le mot est d'ailleurs r&#233;apparu largement) aux pays qui se tournent vers eux, confront&#233;s &#224; une baisse des ressources et/ou &#224; une hausse du service de la dette. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : [CADTM-INFO] Gr&#232;ce, FMI, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-08-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-08-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton35699-0c8b9.jpg?1679047989' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis que les pr&#233;mices d'une nouvelle crise de la dette se pr&#233;cisent pour un certain nombre de pays du Sud, le FMI et la Banque mondiale ont repris peu &#224; peu le r&#244;le qui avait &#233;t&#233; le leur durant la crise de la dette des ann&#233;es 1980. Ils imposent, en effet, de nouveaux plans d'ajustement structurel (le mot est d'ailleurs r&#233;apparu largement) aux pays qui se tournent vers eux, confront&#233;s &#224; une baisse des ressources et/ou &#224; une hausse du service de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Gr&#232;ce, FMI, Nicaragua, banques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ann&#233;es qui ont suivi la mise en place des all&#232;gements de dettes (les ann&#233;es 2000) ont vu ces pays profiter de cette p&#233;riode pour investir massivement dans des infrastructures (&#233;nergie, transports&#8230;), en s'appuyant sur des pr&#234;ts bilat&#233;raux avec de nouveaux partenaires (Chine, Inde, pays du Golfe&#8230;), sur une hausse des ressources tir&#233;es de l'exportation de mati&#232;res premi&#232;res dont le cours a alors repris une courbe ascendante, sur l'acc&#232;s &#224; de nouveaux modes de financements (eurobonds, finance islamique, bons et obligations du tr&#233;sor &#233;mis en monnaie locale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, la tendance s'est retourn&#233;e brutalement. Un grand nombre de mati&#232;res premi&#232;res ont vu leur cours baisser fortement, m&#234;me si elles ont connu sur les deux derni&#232;res ann&#233;es, un rebond. Les taux d'int&#233;r&#234;t sont repartis &#224; la hausse et les eurobonds &#233;mis au d&#233;but des ann&#233;es 2010 arrivent &#224; maturit&#233; entre 2018 et 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario ressemble comme deux gouttes d'eau &#224; celui du d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que les acteurs essentiels de la p&#233;riode sont de retour. Fonds mon&#233;taire international, groupe Banque mondiale, Club de Paris, Institut de la finance internationale (qui a pris de facto la place du Club de Londres pour les cr&#233;anciers priv&#233;s), tout ce petit monde est &#224; la man&#339;uvre pour imposer de nouveau ses r&#232;gles, en tenant compte de la situation nouvelle. C'est ainsi, par exemple, que le Club de Paris essaie de s'&#233;largir aux nouveaux bailleurs internationaux (Chine, pays du Golfe, Afrique du Sud&#8230;). L'affaire de la &#8216;dette cach&#233;e' mozambicaine permet &#224; ces institutions de faire front pour imposer leur m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;mes interpr&#232;tes donc, et m&#234;me partition : ajustement, aust&#233;rit&#233;, rigueur, lib&#233;ralisme, libre-&#233;change&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditionnalit&#233;s sont ainsi de retour. Vous voulez renouer avec les institutions financi&#232;res internationales (IFI) comme pr&#234;teurs en dernier ressort, bien ! Voila le programme, notre programme [1]. &#192; prendre ou &#224; laisser. La R&#233;publique du Congo, pour avoir tergivers&#233;, voit de mois en mois repouss&#233; le d&#233;blocage d'un pr&#234;t du FMI pour faire face &#224; une dette qui explose (entre 117 % et 130 % du PIB selon les calculs). Les &#8216;bons &#233;l&#232;ves' voient d&#233;bloqu&#233;es les tranches successives de pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces conditionnalit&#233;s, on retrouve toujours l'abandon des mesures sociales, telles que subventions, compensations&#8230; qui permettent aux populations d'avoir acc&#232;s &#224; des services publics, m&#234;me d&#233;grad&#233;s. Elles seraient, selon les IFI, trop lourdes pour le budget d'&#201;tats qui doivent faire face &#224; un service de la dette major&#233; et donc doivent diminuer leur d&#233;ficit budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois exemples d'actualit&#233; permettent de comprendre les enjeux sociaux, &#233;conomiques et politiques de telles mesures. Le FMI, depuis le d&#233;but 2018, a impos&#233; &#224; Ha&#239;ti, &#224; la Guin&#233;e et &#224; l'&#201;gypte, l'abandon des subventions aux produits p&#233;troliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2018, l'&#233;quipe du FMI &#233;met ses recommandations &#224; Ha&#239;ti [2]. On y voit combien ces techniciens ne tiennent aucunement compte des r&#233;alit&#233;s sociales v&#233;cues par l'immense majorit&#233; de la population. Afin de privil&#233;gier &#8216;la cr&#233;ation d'un espace budg&#233;taire n&#233;cessaire au financement des programmes sociaux et d'accro&#238;tre les investissements publics', le FMI se f&#233;licite de l'&#233;limination des subventions au prix des carburants, initi&#233;e par le gouvernement fin juin. C'est oublier rapidement l'effet imm&#233;diat sur le co&#251;t de la vie d'une hausse brusque des transports publics, dans un pays &#224; l&#8216;urbanisation anarchique, ou l'essentiel de ce qui est consomm&#233; est import&#233;, o&#249; la production agricole doit &#234;tre transport&#233;e vers la m&#233;gapole de Port-au-Prince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population, elle, ne s'y est pas tromp&#233;e. Aussit&#244;t annonc&#233;e la hausse, d&#233;but juillet, des &#233;meutes &#233;clataient dans les quartiers populaires. La gazoline devait, en effet, passer de 224 gourdes &#224; 309 gourdes (1 dollar = 69 gourdes, 1 euro = 85 gourdes) le gallon, le gas-oil de 179 gourdes &#224; 264 gourdes pour un gallon, le k&#233;ros&#232;ne, tr&#232;s utilis&#233; par la plupart des m&#233;nages en Ha&#239;ti, de 173 &#224; 262 gourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que 58 % de la population ha&#239;tienne vit avec moins de 2 dollars par jour, selon les chiffres du PNUD. Depuis la mi-2017, des fortes mobilisations sociales exigeaient le passage du salaire minimum dans les zones franches &#224; 800 gourdes par jour, pour faire face aux n&#233;cessit&#233;s quotidiennes, montant port&#233; &#224; 1 000 gourdes en 2018, face &#224; une inflation de 14%. La hausse de ce salaire minimum &#224; 350 gourdes &#224; l'&#233;t&#233; 2017 a &#233;t&#233; v&#233;cu, par les travailleurs&#1460;&#1460;.euses comme une provocation et du m&#233;pris. &#171; On nous paie le samedi, le lundi on recommence &#224; s'endetter &#187; exprimait une des manifestants. Ils exigent l'abandon de ces politiques antisociales, de v&#233;ritables mesures &#233;conomiques, en particulier la restitution des 5 milliards de dollars US d&#233;tourn&#233;s des fonds Petro-Caribe par l&#8216;oligarchie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En annon&#231;ant la hausse des prix des carburants en plein coupe du monde de football, et plus pr&#233;cis&#233;ment pendant le match Belgique-Br&#233;sil, &#233;quipe pr&#233;f&#233;r&#233;e des Ha&#239;tiens, le 6 juillet, les autorit&#233;s pensaient att&#233;nuer le choc. Aussit&#244;t le match fini (et le choc accentu&#233; par l'&#233;limination br&#233;silienne ?), les rues &#233;taient bloqu&#233;es, des supermarch&#233;s pill&#233;s, un commissariat incendi&#233;&#8230; Bilan : 20 morts, des immeubles calcin&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la d&#233;mission du gouvernement de Jack Guy Lafontant, r&#233;clam&#233;e y compris par le patronat local, accompagnant le gel des hausses annonc&#233;es, n'a pas calm&#233; les ardeurs. Quant au repr&#233;sentant du FMI, il se contente de dire que, peut-&#234;tre il eut fallu &#233;taler les hausses. Sa nouvelle bataille est la restructuration d'&#201;lectricit&#233; d'Ha&#239;ti (&#201;dH), qu'il r&#233;clame depuis des ann&#233;es. Par restructuration, tout le monde comprend, &#224; juste titre, privatisation. Le bilan des privatisations impos&#233;es depuis les ann&#233;es 1980 (t&#233;l&#233;coms&#8230;) ne semble pas avoir &#233;t&#233; tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guin&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 2018, toujours, le gouvernement guin&#233;en annonce l'abandon des subventions aux carburants, faisant ainsi passer de 8 000 francs guin&#233;ens (GNF) &#224; 10 000 GNF le litre d'essence (de 76 &#224; 95 centimes d'euro). Depuis 2016, le gouvernement, sous pression du FMI essaie de faire passer l'abandon de ces subventions. L'institution de Washington en fait une condition de la signature d'un accord de Facilit&#233; &#233;largie de cr&#233;dit FEC). Une nouvelle fois, elle pr&#233;conise des solutions les moins &#233;quitables, les plus injustes socialement [3]. Le mois de juillet va voir se succ&#233;der manifestations, gr&#232;ves, journ&#233;es &#8216;ville morte'. Les syndicats et mouvements sociaux impliqu&#233;s mettent en avant la hausse des exportations de bauxite (multipli&#233;es par trois en un an), dont le pays poss&#232;de les principales r&#233;serves au monde. Ils montrent &#233;galement du doigt les conditions d'octroi des passations de march&#233;, essentiellement de gr&#233; &#224; gr&#233; , permettant tous les petits &#8216;arrangements entre amis'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au tour de l'&#201;gypte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 juillet 2018, c'est au tour de l'&#201;gypte d'annoncer une hausse des tarifs de gaz naturel de 75 %. Le prix de la consommation d'un maximum de 30 m &#7583; a &#233;t&#233; fix&#233; &#224; 0,175 livre &#233;gyptienne (0,098 dollar US) &#224; partir du 1er ao&#251;t contre 0,100 livre pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette augmentation du gaz s'ajoute &#224; celles, r&#233;alis&#233;es en 2016, du carburant, de l'&#233;lectricit&#233; et des transports publics, en contrepartie d'un accord de pr&#234;t de 12 milliards de dollars US du FMI. Une nouvelle fois, ce sont donc les couches les plus d&#233;favoris&#233;es, d&#233;j&#224; touch&#233;es, par une inflation galopante, une d&#233;valuation de la monnaie, entra&#238;nant une hausse de tous les produits import&#233;s, qui vont faire les frais de ces politiques. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays suivront, si on n'arr&#234;te pas la machine infernale. L'Argentine, le Nicaragua ont &#233;t&#233; touch&#233;s r&#233;cemment, en attendant de nombreux autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures ne restent pas sans r&#233;action. On peut, comme en Ha&#239;ti, repousser l'&#233;ch&#233;ance pays par pays. Bien s&#251;r, la solidarit&#233; la plus large doit s'exercer avec les mobilisations en cours. Mais la question pos&#233;e est d'en finir avec ces politiques d'aust&#233;rit&#233; qui font payer les classes populaires pour les cadeaux faits aux transnationales, aux industries extractives, aux cr&#233;anciers priv&#233;s. Les mobilisations dette doivent reprendre le chemin qu'elles avaient emprunt&#233; ensemble apr&#232;s la crise des ann&#233;es 1980, mobilisations qui avaient entra&#238;n&#233; une remise en cause du poids des institutions financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour un listage complet des conditionnalit&#233;s du FMI sur les derni&#232;res d&#233;cennies, on consultera avec b&#233;n&#233;fice : Alexander E. Kentikelenis, Thomas H. Stubbs &amp; Lawrence P. King (2016), IMF conditionality and development policy space, 1985&#8211;2014, Review of International Political Economy, 23:4, 543-582, DOI : 10.1080/09692290.2016.1174953. On y verra leur aspect syst&#233;matique et donc syst&#233;mique. Voir aussi : Isabel Ortiz, Matthew Cummins, The Age of Austerity [en]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] On trouvera le communiqu&#233; de presse &#224; l&#8216;adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/06/20/pr18246-imf-staff-concludes-visit-to-haiti&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/06/20/pr18246-imf-staff-concludes-visit-to-haiti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] On trouvera le communiqu&#233; de presse 2018 &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/en/News/Articles/2018/06/25/pr18254-imf-board-completes-first-review-under-ecf-and-approves-disbursement-for-guinea&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.imf.org/en/News/Articles/2018/06/25/pr18254-imf-board-completes-first-review-under-ecf-and-approves-disbursement-for-guinea&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour le communiqu&#233; du FMI : &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/en/News/Articles/2018/07/02/pr18271-egypt-board-completes-3rd-review-under-eff&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.imf.org/en/News/Articles/2018/07/02/pr18271-egypt-board-completes-3rd-review-under-eff&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce : allons &#224; l'encontre de la campagne de mensonges</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grece-allons-a-l-encontre-de-la-campagne-de-mensonges</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Grece-allons-a-l-encontre-de-la-campagne-de-mensonges</guid>
		<dc:date>2015-02-24T13:04:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Qu&#233;mar, Maud Bailly</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-02-24</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;mission de d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; Ce soir ou jamais pr&#233;sent&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; proposait le 30 janvier 2015 un d&#233;bat intitul&#233; &#171; Victoire de Syriza : les cons&#233;quences d'un vote anti-aust&#233;rit&#233; &#187;. L'int&#233;r&#234;t de cette &#233;mission est d'avoir confront&#233; des points de vue tout &#224; fait contradictoires. &#201;ric Toussaint, porte parole du r&#233;seau international du CADTM, a r&#233;ussi &#224; rendre un peu de souverainet&#233; au peuple grec, en remettant les horloges &#224; l'heure. &lt;br class='autobr' /&gt; Cela commen&#231;ait fort avec Jean-Marc Daniel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-la-Grece-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-02-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-02-24&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton21014-757fd.jpg?1679047975' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mission de d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; Ce soir ou jamais pr&#233;sent&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; proposait le 30 janvier 2015 un d&#233;bat intitul&#233; &#171; Victoire de Syriza : les cons&#233;quences d'un vote anti-aust&#233;rit&#233; &#187;. L'int&#233;r&#234;t de cette &#233;mission est d'avoir confront&#233; des points de vue tout &#224; fait contradictoires. &#201;ric Toussaint, porte parole du r&#233;seau international du CADTM, a r&#233;ussi &#224; rendre un peu de souverainet&#233; au peuple grec, en remettant les horloges &#224; l'heure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela commen&#231;ait fort avec Jean-Marc Daniel, journaliste &#233;conomique au Monde et &#224; BFM, s'&#233;tonnant de l'accueil fait en France &#224; la victoire de Syriza, &#171; ceux-l&#224; m&#234;mes qui vont vous voler &#187; ! Le ton &#233;tait donn&#233;, et nous avons eu droit &#224; la quintessence des discours tenus depuis le d&#233;but de l'affaire de la dette grecque : ils ont doubl&#233; le nombre de fonctionnaires sur les derni&#232;res ann&#233;es, doubl&#233; leurs salaires, le budget &#233;tait en d&#233;ficit permanent... &#171; Les Grecs ont fait n'importe quoi ! On ne peut d&#233;penser 115 quand on gagne 100 &#187;, proclamait Arnaud Leparmentier, &#233;ditorialiste au m&#234;me journal Le Monde. Heureusement, la romanci&#232;re grecque Ersi Sotiropoulos a rappel&#233; ce que signifiait l'aust&#233;rit&#233; dans la vie quotidienne des Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les th&#232;mes essentiels abord&#233;s dans ce d&#233;bat : la d&#233;mocratie, l'&#171; aide &#187; europ&#233;enne &#224; la Gr&#232;ce, le projet de Syriza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;Pour ce qui est de la d&#233;mocratie, la question pos&#233;e est la suivante : Syriza peut-il revenir sur les d&#233;cisions et les engagements pris par les gouvernements grecs ant&#233;rieurs vis-&#224;-vis de la Tro&#239;ka ? Bien s&#251;r, pour les tenants de l'aust&#233;rit&#233; et de la rigueur demand&#233;e par les cr&#233;anciers, la Gr&#232;ce doit tenir ses engagements, &#171; vis-&#224;-vis des peuples europ&#233;ens &#187; pr&#233;cisent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Toussaint a rappel&#233; qu'en votant majoritairement pour Syriza, le peuple grec s'est clairement prononc&#233; contre l'aust&#233;rit&#233;, et en faveur d'un programme qui entend abolir toute une s&#233;rie de mesures injustes : retour au salaire minimum l&#233;gal tel qu'il &#233;tait en 2010, r&#233;tablissement de l'&#233;lectricit&#233; aux 300 000 m&#233;nages qui en &#233;taient priv&#233;s, arr&#234;t des privatisations, et y compris une d&#233;cision peu mise en avant par les m&#233;dias, l'attribution de la nationalit&#233; grecque aux enfants d'immigr&#233;s n&#233;s en Gr&#232;ce... Ce vote du peuple a une plus grande signification que le vote d'un parlement soumis &#224; l'ex&#233;cutif, faisant ici r&#233;f&#233;rence au processus de ratification du TSCG (pacte budg&#233;taire europ&#233;en), lequel a &#233;t&#233; ratifi&#233; en France en 2012 par voie parlementaire, plut&#244;t que par r&#233;f&#233;rendum &#8211; afin d'&#233;viter les m&#234;mes d&#233;convenues que celles rencontr&#233;es pour le Trait&#233; de Lisbonne en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Toussaint a d&#233;nonc&#233; la trahison par le pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande et sa majorit&#233; parlementaire des engagements pris &#224; l'&#233;gard des citoyens et citoyennes qui l'ont &#233;lu en mai 2012 dans l'espoir notamment de voir rejeter le TSCG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Toussaint a soulign&#233; par ailleurs que la Tro&#239;ka n'a aucune l&#233;gitimit&#233;, puisqu'elle n'a pas &#233;t&#233; form&#233;e par un corps constitutionnel. En outre, le peuple grec n'a pas &#233;t&#233; consult&#233; sur les emprunts qui lui ont &#233;t&#233; impos&#233;s : lorsque Georges Papandr&#233;ou, premier ministre d'alors, a annonc&#233; fin 2011 la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum en f&#233;vrier 2012 sur le programme &#224; venir &#171; de soutien &#187; &#224; la Gr&#232;ce, il s'est heurt&#233; &#224; un refus cat&#233;gorique des puissances europ&#233;ennes et du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8232;Le c&#339;ur du d&#233;bat a tourn&#233; autour de &#171; l'aide &#187; europ&#233;enne &#224; la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnaud Leparmentier et son confr&#232;re JM Daniel ont soutenu que la Gr&#232;ce &#171; &#233;tait en train de sortir de l'enfer &#187;, &#171; la situation est assainie, les comptes sont &#233;quilibr&#233;s &#187;, et tout cela gr&#226;ce &#224; la &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187;. Le pays a, selon eux, b&#233;n&#233;fici&#233; de conditions bien meilleures que le Portugal ou l'Italie, via des taux d'int&#233;r&#234;ts abaiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Toussaint a toutefois pr&#233;cis&#233; que c'est suite &#224; la crise des subprimes en 2007, que les banques du Centre de l'Europe empruntaient &#224; la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis &#224; moins de 0,25 % et recyclaient cela dans des pr&#234;ts &#224; la Gr&#232;ce. Par la suite, a-t-il rectifi&#233;, les pr&#234;ts accord&#233;s par la BCE ont servi &#224; rembourser ces m&#234;mes cr&#233;anciers, afin qu'ils puissent se d&#233;gager et &#234;tre remplac&#233;s par la Tro&#239;ka. Le programme de &#171; sauvetage &#187; de 2010 visait donc, non pas &#224; sauver la Gr&#232;ce et le peuple grec, mais &#224; sauver les banques fran&#231;aises, allemandes et de quelques autres pays centraux. En 2012, quand la dette grecque aupr&#232;s des cr&#233;anciers priv&#233;s a &#233;t&#233; restructur&#233;e et r&#233;duite, ces banques avaient d&#233;j&#224; revendu &#224; d'autres (y compris &#224; la BCE) leurs cr&#233;ances sur les march&#233;s secondaires. Mais surtout, le porte-parole du CADTM a insist&#233; sur le fait que les pr&#234;ts europ&#233;ens &#233;taient li&#233;s &#224; des conditionnalit&#233;s qui ont entra&#238;n&#233; des violations des droits fondamentaux : &#171; Tant que les cr&#233;anciers feront des pr&#234;ts qui violent les droits fondamentaux des peuples, ils doivent s'attendre &#224; ne pas &#234;tre rembours&#233;s &#187;. Les memorandums impos&#233;s par la Tro&#239;ka interdisent de revenir sur les privatisations et sur la baisse du salaire minimum &#224; 580 euros, quand bien m&#234;me l'&#233;quilibre budg&#233;taire serait maintenu (ce qui est sujet &#224; caution). Il s'agit bel et bien d'un d&#233;ni de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;put&#233;e socialiste Karine Berger a affirm&#233; qu'elle avait vot&#233; en faveur du plan de sauvetage de la Gr&#232;ce en 2010 afin de permettre &#224; la Gr&#232;ce de poursuivre le versement des allocations aux retrait&#233;s. Eric Toussaint l'a contredite en affirmant qu'en r&#233;alit&#233; il ne s'est pas agi d'aider les retrait&#233;s grecs mais de r&#233;duire leurs retraites et de s'attaquer &#224; une s&#233;rie de droits fondamentaux de la population grecque, tout cela pour rembourser les banquiers priv&#233;s fran&#231;ais (en r&#233;alit&#233; essentiellement 3 banques : BNPParibas, Cr&#233;dit Agricole et Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale), allemands, belges, luxembourgeois,...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me th&#232;me abord&#233;, le programme de Syriza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les duettistes du Monde, le programme de Syriza est irr&#233;alisable et inacceptable. Syriza a un programme int&#233;rieur visant &#224; se lib&#233;rer de la contrainte externe et &#224; retarder les &#233;ch&#233;ances, en attendant les effets de la relance. Arnaud Leparmentier exprimait peu avant l'&#233;lection grecque dans un &#233;ditorial du Monde sa haine sociale : &#171; dette annul&#233;e ou pas, nous allons continuer de nous ruiner pour les Grecs. Apr&#232;s les plans d'aide pass&#233;s, Syriza demande aux Europ&#233;ens d'annuler ou de diviser par deux leur dette,comme l'obtinrent les Allemands en 1953 &#224; la conf&#233;rence de Londres [...]. Dans une Europe de paix, notre internationale revancharde invoque les r&#233;parations de guerre pour l'occupation nazie qui n'ont jamais &#233;t&#233; vers&#233;es &#224; la Gr&#232;ce &#187;, avant de r&#233;sumer son analyse vis &#224; vis de la Gr&#232;ce : &#171; les Grecs refusent de payer des imp&#244;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandre Delaigue, &#233;conomiste &#233;galement, pense que la situation des banques grecques va se jouer dans les jours qui viennent en fonction des d&#233;cisions de la BCE de les refinancer ou pas. L'&#201;tat grec couvre aujourd'hui par le biais de pr&#234;ts &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Karine Berger, la Gr&#232;ce est aujourd'hui en position de force vis-&#224;-vis des cr&#233;anciers, d'autant que les politiques impos&#233;es par la Tro&#239;ka ont d&#233;montr&#233; leur caract&#232;re n&#233;faste. Eric Toussaint lui a fait remarquer que si les politiques appliqu&#233;es par la Tro&#239;ka en Gr&#232;ce &#233;taient n&#233;fastes depuis 2010, c'est bien la preuve qu'elle, en tant que d&#233;put&#233;e, n'aurait pas d&#251; voter le pr&#234;t de la France &#224; la Gr&#232;ce en 2010 car celui-ci &#233;tait octroy&#233; &#224; condition que la Gr&#232;ce applique la politique exig&#233;e par la Tro&#239;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, selon &#201;ric Toussaint, le gouvernement de Tsipras est en fin de compte &#171; tr&#232;s mod&#233;r&#233; &#187;, contrairement &#224; l'image brandie par les m&#233;dias. Il veut simplement &#171; enlever une partie du fardeau social &#187; en &#171; redonnant aux pauvres ce qu'on leur a pris et en prenant aux riches &#187;, afin de maintenir l'&#233;quilibre budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, plut&#244;t que de suspendre unilat&#233;ralement le paiement de la dette, Syriza entend ren&#233;gocier sa dette |1| et mettre en place une conf&#233;rence europ&#233;enne sur la dette, ce qui se heurte au refus de l'Union europ&#233;enne. La possible victoire &#224; venir de Podemos en Espagne peut toutefois modifier le rapport de force. Rappelons que l'Espagne avait en 2010 une dette publique inf&#233;rieure &#224; 60 % du PIB et ce sont les mesures impos&#233;es par la Tro&#239;ka qui ont aggrav&#233; la situation. Le discours tenu sur la Gr&#232;ce sera donc encore moins tenable pour l'Espagne. C'est maintenant que se joue l'avenir de l'Union Europ&#233;enne. Eric Toussaint a affirm&#233; qui si on demandait aux travailleurs en France s'ils sont d'accord que les salari&#233;s en Gr&#232;ce gagnent beaucoup moins qu'eux (environ la moiti&#233; du salaire), ils se prononceraient contre cette politique car ils comprennent que le fait de r&#233;duire le salaire dans d'autres pays d'Europe va renforcer la comp&#233;titivit&#233; des produits de ces pays par rapport aux produits r&#233;alis&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, cette &#233;mission de Fr&#233;d&#233;ric Tadd&#233;i a permis de remettre en question le discours dominant sur la Gr&#232;ce,en d&#233;montant le discours des journalistes pr&#233;sents, auxquels Eric Toussaint rappelait qu'ils appartiennent &#224; une '&#233;lite' coup&#233;e des r&#233;alit&#233;s sociales, mais fort proches des dominants de la Tro&#239;ka et des banques. Le mod&#232;le Mario Draghi, tant lou&#233; dans les pages du Monde, a pourtant &#233;t&#233; directement li&#233;, en tant que responsable de Goldmann-Sachs, &#224; la manipulation des comptes grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : ce compte rendu ne prend pas en compte pour des raisons d'espace le d&#233;bat sur l'Union europ&#233;enne et l'euro, en particulier les propos tenus par Emmanuel Todd, d&#233;mographe et historien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour voir l'&#233;mission : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=7wnLfsvfWc4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=7wnLfsvfWc4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Depuis cette &#233;mission, la position du gouvernement Tsipras a &#233;volu&#233; vers encore plus de mod&#233;ration. Dans l'accord du 20 f&#233;vrier 2015 entre l'eurogroupe et la Gr&#232;ce, il est pr&#233;cis&#233; que la Gr&#232;ce s'engage &#224; rembourser tous ses cr&#233;anciers selon le calendrier pr&#233;vu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
