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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Malgr&#233; les risques, le Japon s'obstine &#224; vouloir rebrancher ses r&#233;acteurs nucl&#233;aires</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Malgre-les-risques-le-Japon-s-obstine-a-vouloir-rebrancher-ses-reacteurs</link>
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		<dc:date>2015-03-17T08:01:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Frederic Ojardias</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2015-03-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;10 mars 2015 | Par www.mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
La totalit&#233; des r&#233;acteurs nucl&#233;aires du Japon est &#224; l'arr&#234;t depuis septembre 2013. Mais le gouvernement de Shinzo Abe veut &#224; tout prix relancer ses centrales, au m&#233;pris des nombreux risques et des populations locales qui estiment que les le&#231;ons de Fukushima n'ont pas &#233;t&#233; retenues. &lt;br class='autobr' /&gt; De notre correspondant en Cor&#233;e du Sud.- Le 22 f&#233;vrier 2015, une nouvelle fuite hautement radioactive est d&#233;tect&#233;e sur la centrale d&#233;vast&#233;e de Fukushima. Une eau 70 fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-03-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-03-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton21334-d0566.png?1782005101' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;10 mars 2015 | Par &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La totalit&#233; des r&#233;acteurs nucl&#233;aires du Japon est &#224; l'arr&#234;t depuis septembre 2013. Mais le gouvernement de Shinzo Abe veut &#224; tout prix relancer ses centrales, au m&#233;pris des nombreux risques et des populations locales qui estiment que les le&#231;ons de Fukushima n'ont pas &#233;t&#233; retenues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De notre correspondant en Cor&#233;e du Sud.- Le 22 f&#233;vrier 2015, une nouvelle fuite hautement radioactive est d&#233;tect&#233;e sur la centrale d&#233;vast&#233;e de Fukushima. Une eau 70 fois plus radioactive que le reste du site se d&#233;verse dans l'oc&#233;an. Une d&#233;faillance de plus sur ce champ de ruines nucl&#233;aires, th&#233;&#226;tre d'un cauchemar qui n'en finit pas : 6 000 ouvriers soumis &#224; de fortes radiations quotidiennes, un d&#233;mant&#232;lement dangereux qui devrait prendre 40 ans, et, selon Greenpeace Japon, 120 000 &#171; r&#233;fugi&#233;s nucl&#233;aires &#187; qui ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;rateur Tepco (Tokyo Electric Power Company) utilise chaque jour 300 tonnes d'eau pour refroidir ce qui reste du c&#339;ur et des barres de combustibles fondues des trois r&#233;acteurs. 370 000 tonnes de ces eaux hautement contamin&#233;es sont entrepos&#233;es dans plus d'un millier de citernes gigantesques, dont la fiabilit&#233; inqui&#232;te l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique (AIEA). Chaque mois, des dizaines de nouveaux r&#233;servoirs sont construits. Les estimations du co&#251;t total de la catastrophe du 11 mars 2011 varient. En 2011, le gouvernement a avanc&#233; le chiffre de 257 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau apocalyptique ne semble pourtant pas dissuader le gouvernement du conservateur Shinzo Abe de vouloir reprendre d&#232;s cette ann&#233;e le chemin de l'atome. Depuis septembre 2013, le Japon est de facto non nucl&#233;aire : la totalit&#233; de ses 48 r&#233;acteurs en &#233;tat de fonctionnement est &#224; l'arr&#234;t. Mais depuis fin 2014, les autorit&#233;s de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire ont donn&#233; leurs premiers feux verts pour la relance de quatre r&#233;acteurs : deux r&#233;acteurs de la centrale de Sendai, situ&#233;e sur l'&#238;le de Kyushu &#8211; dans le voisinage d'un volcan toujours actif &#8211; et deux r&#233;acteurs de la centrale de Takahama, dans la pr&#233;fecture de Fukui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages montrent pourtant de fa&#231;on consistante qu'une majorit&#233; de Japonais s'opposent &#224; une reprise du nucl&#233;aire. Plusieurs anciens premiers ministres ont tir&#233; &#224; boulets rouges sur l'ent&#234;tement atomique de Shinzo Abe. &#171; Les centrales nucl&#233;aires sont des bombes &#224; retardement &#187;, accuse par exemple Junichiro Koizumi (en fonction de 2001 &#224; 2006). Dans un Japon soumis &#224; de fr&#233;quents s&#233;ismes et aux nombreux volcans actifs, &#171; elles ne peuvent jamais &#234;tre s&#251;res &#187;. Naoto Kan, premier ministre lors de l'accident de Fukushima, a d&#233;clar&#233; lors d'une audition parlementaire en 2012 que le d&#233;sastre avait failli provoquer l'&#233;vacuation de la capitale Tokyo et de ses 30 millions d'habitants, ce qui aurait provoqu&#233; &#171; l'effondrement &#187; de la nation. Naoto Kan en conclut que les cons&#233;quences d'un accident nucl&#233;aire sont &#171; trop importantes &#187; pour en accepter le risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ni le gouvernement, ni les compagnies d'&#233;lectricit&#233;, n'ont tir&#233; la moindre le&#231;on de Fukushima &#187;, mart&#232;le Kazue Suzuki, de Greenpeace Japon. Une accusation reprise par bon nombre de gouverneurs locaux, oppos&#233;s &#224; la relance des centrales situ&#233;es dans leur pr&#233;fecture. Mais Shinzo Abe cherche &#224; d&#233;dramatiser. En octobre dernier, pour dissiper les peurs et rassurer les consommateurs, il convoque les cam&#233;ras pour d&#233;guster une tranche de poulpe p&#234;ch&#233; au large de Fukushima. Sa r&#233;&#233;lection sans r&#233;elle opposition le 14 d&#233;cembre le conforte dans ses ambitions&#8230; soutenu par le tr&#232;s puissant lobby pro-atome, surnomm&#233; le &#171; village nucl&#233;aire &#187; (genshiryoku mura), constitu&#233; d'industriels, de politiciens, de bureaucrates et des dix puissantes compagnies d'&#233;lectricit&#233; d&#233;tentrices, chacune, d'un monopole r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une telle obstination ? Le premier argument avanc&#233; est &#233;conomique. Avant la catastrophe de mars 2011, 28 % de l'&#233;lectricit&#233; japonaise &#233;tait nucl&#233;aire. Depuis l'arr&#234;t des r&#233;acteurs, selon le minist&#232;re de l'&#233;conomie, du commerce et de l'industrie (METI), les factures d'&#233;lectricit&#233; des particuliers ont bondi de 20 %. Celles des entreprises, de 30 %. &#171; Le Japon gaspille 40 milliards de dollars par an pour importer du gaz, du charbon et de l'essence destin&#233;s &#224; pallier l'arr&#234;t du nucl&#233;aire. Cela repr&#233;sente 100 millions de dollars par jour ! &#187; explique &#224; Mediapart Nobua Tanaka, ancien directeur ex&#233;cutif de l'Agence internationale de l'&#233;nergie (AIE) et professeur &#224; l'universit&#233; de Tokyo. &#171; Pour la r&#233;ussite des Abenomics (la politique &#233;conomique de Shinzo Abe - ndlr), il est urgent de mettre fin &#224; ce gaspillage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon poss&#232;de d&#233;j&#224; une dette publique colossale, estim&#233;e &#224; 230 % du PIB. Malgr&#233; la chute des prix du p&#233;trole, l'archipel a affich&#233; un d&#233;ficit commercial record en 2014 : 97 milliards d'euros. Un d&#233;ficit en hausse de 11,4 %, aggrav&#233; par l'augmentation des importations de gaz et de p&#233;trole. Le Japon ne poss&#232;de aucune ressource naturelle et ses importations d'&#233;nergie constituent un probl&#232;me strat&#233;gique vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relancer le nucl&#233;aire repr&#233;sente donc une solution tr&#232;s avantageuse et peu co&#251;teuse &#224; court terme. Les centrales sont d&#233;j&#224; construites et d&#233;j&#224; amorties. Leur personnel est qualifi&#233; et sait les exploiter. Un red&#233;marrage (probable) des r&#233;acteurs les plus s&#251;rs (la moiti&#233; environ) permettrait de retrouver les deux tiers de la production nucl&#233;aire pr&#233;-Fukushima.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis&#233;es commerciales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo fait aussi de l'atome un enjeu de s&#233;curit&#233; nationale. &#171; Le Japon d&#233;pend lourdement des &#233;nergies fossiles venues du Moyen-Orient. C'est une r&#233;gion tr&#232;s instable : il y a la Syrie, le Y&#233;men, l'organisation de l'&#201;tat islamique. Le gaz et le p&#233;trole sont import&#233;s via le d&#233;troit d'Ormuz. En cas de conflit, une grave crise &#233;conomique aura lieu &#187;, s'alarme Nobuo Tanaka. Ce dernier d&#233;fend un retour &#224; 30 % de nucl&#233;aire dans le &#171; mix &#233;nerg&#233;tique &#187; nippon, le raccordement aux r&#233;seaux &#233;lectriques sud-cor&#233;ens et russes pour &#233;changer de l'&#233;lectricit&#233; en cas d'urgence, et le d&#233;veloppement de r&#233;acteurs nucl&#233;aires de 4e g&#233;n&#233;ration, plus s&#251;rs. &#171; Le Japon a &#233;t&#233; un mod&#232;le d'utilisation pacifique de l'&#233;nergie atomique. Pourquoi ne pas continuer ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lobby nucl&#233;aire assure, unanime, que les le&#231;ons de Fukushima ont &#233;t&#233; retenues. La r&#233;glementation a &#233;t&#233; revue. Les normes de s&#233;curit&#233; ont &#233;t&#233; renforc&#233;es, notamment pour mieux r&#233;sister aux catastrophes naturelles : murs antitsunamis plus &#233;lev&#233;s, installation de portes &#233;tanches, groupes &#233;lectrog&#232;nes diss&#233;min&#233;s sur les sites pour assurer l'alimentation des syst&#232;mes de refroidissement en cas de black-out (cause du d&#233;sastre &#224; Fukushima). L'organisation de s&#251;ret&#233; japonaise, autrefois un simple d&#233;partement minist&#233;riel, est devenue en septembre 2012 &#8211; comme c'est le cas en France &#8211; une agence en th&#233;orie ind&#233;pendante du pouvoir politique et &#233;conomique, m&#234;me si ses cinq commissaires sont nomm&#233;s par le gouvernement et le parlement. C'est cette autorit&#233; de r&#233;gulation nucl&#233;aire (ARN) qui &#233;tudie &#224; pr&#233;sent les nombreuses demandes de red&#233;marrage des r&#233;acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les experts pro-nucl&#233;aires estiment que ces nouvelles r&#232;gles sont satisfaisantes. Est pris pour exemple le s&#233;isme de 2007 &#224; Niigata : sup&#233;rieur aux normes maximales pr&#233;vues, il n'avait pas endommag&#233; les r&#233;acteurs de la centrale voisine de Kashiwazaki, la plus grande du monde (m&#234;me si une petite fuite radioactive avait &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;e). &#171; Si les pr&#233;cautions avaient &#233;t&#233; suffisantes, la centrale de Fukushima aurait tenu &#187;, rench&#233;rit Nobuo Tanaka. &#171; Il y a eu des erreurs humaines. Mais je ne pense pas que Tepco ni le gouvernement r&#233;p&#233;teront ces erreurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le village nucl&#233;aire a aussi des vis&#233;es commerciales : les fabricants japonais de r&#233;acteurs, Toshiba, Hitachi et Mitsubishi (associ&#233; avec le fran&#231;ais Areva dans la joint-venture ATMEA) deviendraient beaucoup moins cr&#233;dibles sur les march&#233;s &#233;trangers si le Japon devenait non nucl&#233;aire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce lobby se trouve une opposition disparate, qui peine &#224; se rassembler et &#224; se faire entendre politiquement. Elle ne manque pourtant pas d'arguments. &#171; Le d&#233;sastre de Fukushima montre qu'un accident peut toujours arriver. Mais les plans d'urgence mis au point par les gouvernements locaux ne sont pas suffisants. Les r&#233;acteurs restent vuln&#233;rables en cas de black-outs, qui peuvent &#234;tre provoqu&#233;s par un s&#233;isme, une &#233;ruption volcanique, des inondations&#8230; Une culture de la s&#233;curit&#233; d&#233;faillante a &#233;t&#233; mise en &#233;vidence, mais je ne vois aucune am&#233;lioration. Je crains un nouveau d&#233;sastre de l'ampleur de Fukushima &#187;, s'inqui&#232;te Kazue Suzuki, de Greenpeace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes qui s'accumulent sur le chantier de Fukushima sont brandis comme des &#233;pouvantails. Les solutions technologiques mises en place sont de plus en plus co&#251;teuses et incertaines, comme cette construction d'un &#171; mur de glace &#187; souterrain de 30 m&#232;tres de profondeur, entourant les r&#233;acteurs et destin&#233; &#224; emp&#234;cher les eaux radioactives d'atteindre les nappes phr&#233;atiques. Sa mise en r&#233;frig&#233;ration est pr&#233;vue pour mai. De fa&#231;on surprenante, Tepco semble s'en sortir en toute impunit&#233; : l'op&#233;rateur pr&#233;voit des b&#233;n&#233;fices en 2015, comme en 2014. Les procureurs de Tokyo ont annonc&#233; fin janvier &#8211; en pleine crise des otages japonais de Daech &#8211; l'absence de poursuite contre ses dirigeants, faute de preuves.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o expliquant le principe de fonctionnement du mur de glace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition de la majorit&#233; de la population &#224; l'atome ne se traduit pas politiquement : le nucl&#233;aire n'a pas du tout &#233;t&#233; un enjeu de l'&#233;lection de d&#233;cembre. Les r&#233;sistances plus farouches prennent place (sans surprise) dans les zones autour des centrales, dont les habitants refusent le risque de devenir &#224; leur tour des r&#233;fugi&#233;s nucl&#233;aires. Le refus des autorit&#233;s locales, peu satisfaites des feux verts distribu&#233;s par les autorit&#233;s de s&#251;ret&#233;, constitue un point de blocage majeur, qui devrait encore faire tra&#238;ner pendant des mois la relance des r&#233;acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument du co&#251;t est central : pour les antinucl&#233;aires, le co&#251;t r&#233;el de l'&#233;nergie atomique est beaucoup plus &#233;lev&#233; que les chiffres officiels, si les calculs prennent en compte les futurs d&#233;mant&#232;lements, le traitement des d&#233;chets, ou encore les subsides gouvernementaux donn&#233;s aux municipalit&#233;s qui acceptent l'installation d'une centrale. Pour Kazue Suzuki, le co&#251;t de d&#233;mant&#232;lement d'une centrale, &#233;valu&#233; par le METI entre 420 et 560 millions d'euros, est &#171; &#233;norm&#233;ment sous-estim&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition en septembre du gouvernement de garantir les prix de l'&#233;lectricit&#233; nucl&#233;aire et de faire payer la diff&#233;rence avec son co&#251;t r&#233;el par le contribuable est accus&#233;e de constituer en pratique une forme de subvention pro-atome. Dans un &#233;ditorial accusateur, le quotidien Japan Times souligne qu'avec cette suggestion, &#171; le gouvernement reconna&#238;t en r&#233;alit&#233; que l'&#233;nergie nucl&#233;aire n'est plus une source d'&#233;nergie comp&#233;titive &#233;conomiquement &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pressions des industriels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques font remarquer que cet ent&#234;tement du gouvernement &#224; maintenir le cap nucl&#233;aire repr&#233;sente une immense opportunit&#233; g&#226;ch&#233;e : celle de changer radicalement de paradigme &#233;nerg&#233;tique et de passer &#224; des pratiques de production et de consommation &#233;cologiques et durables. M&#234;me priv&#233; de l'atome pendant plus d'un an, le Japon a r&#233;ussi &#224; &#233;viter toute coupure d'&#233;lectricit&#233; majeure. Un rapport de Greenpeace calcule que les efforts consentis par la population pour consommer moins ont permis une r&#233;duction de la demande d'&#233;lectricit&#233; &#233;quivalente &#224; la production de 13 r&#233;acteurs nucl&#233;aires par an ! &#171; Il y a encore &#233;norm&#233;ment de place pour des &#233;conomies d'&#233;nergie et une meilleure efficacit&#233; &#187;, confie Kazue Suzuki. &#171; En particulier en ce qui concerne l'isolation des maisons, des b&#226;timents publics et des entreprises. 55 % des foyers japonais &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme mal isol&#233;s en 2011, et je soup&#231;onne qu'il n'y a eu aucune am&#233;lioration depuis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans seulement apr&#232;s le d&#233;sastre de Fukushima, le Japon avait r&#233;ussi &#224; doubler sa capacit&#233; de production d'&#233;nergie solaire. L'augmentation rapide de la quantit&#233; d'&#233;lectricit&#233; produite par le renouvelable est d&#233;sormais &#233;quivalente &#224; trois r&#233;acteurs nucl&#233;aires par an. Les efforts gouvernementaux en faveur du renouvelable ont &#233;t&#233; stopp&#233;s net par le retour aux affaires de Shinzo Abe en septembre 2012. Qu'importe : ce sont d&#233;sormais des &#171; myriades &#187; de communaut&#233;s locales qui investissent dans des projets de &#171; r&#233;silience &#187; fond&#233;s sur des technologies renouvelables et de &#171; distribution intelligente &#187; (smartgrid), s'enthousiasme Andrew DeWit, professeur &#224; l'&#201;cole de politique publique de l'universit&#233; Rikkyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sp&#233;cialiste de l'&#233;nergie met aussi en avant l'exemple de Komatsu : le g&#233;ant japonais de la construction a mis en &#339;uvre apr&#232;s Fukushima une politique agressive de r&#233;duction de sa consommation &#233;lectrique, fond&#233;e sur l'&#233;nergie solaire, la biomasse, et des technologies permettant d'am&#233;liorer sa productivit&#233;. Avec des r&#233;sultats spectaculaires : son usine mod&#232;le d'Awasu a r&#233;ussi &#224; r&#233;duire sa demande en &#233;lectricit&#233; de 92 %. &#171; Quelque chose de tr&#232;s profond est &#224; l'&#339;uvre au sein de la soci&#233;t&#233; japonaise &#187;, explique &#224; Mediapart le chercheur. &#171; Pour le Japon, un mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique [fond&#233; sur le nucl&#233;aire] comme en France n'est plus vraiment envisageable. Ce paradigme est termin&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greenpeace de son c&#244;t&#233; rel&#232;ve que, depuis 2012, 680 000 nouvelles petites unit&#233;s de production individuelle d'&#233;nergie, notamment solaires, ont &#233;t&#233; install&#233;es, dont 530 000 rien que chez les particuliers. &#171; Chaque mois, 23 000 foyers se transforment en microcentrales d'&#233;lectricit&#233; solaire &#187;, se f&#233;licite l'ONG, qui conclut : &#171; Cela montre que le Japon peut r&#233;ussir &#224; obtenir 43 % de son &#233;lectricit&#233; via le renouvelable d'ici 2020. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport du prestigieux MIT rappelle que, de fa&#231;on ironique, les entreprises japonaises avaient effectu&#233; des progr&#232;s consid&#233;rables dans la production d'&#233;nergie solaire dans les ann&#233;es 1990&#8230; mais qu'&#224; partir des ann&#233;es 2000, &#171; ces perc&#233;es impressionnantes dans le photovolta&#239;que ont &#233;t&#233; ignor&#233;es parce que les puissantes compagnies d'&#233;lectricit&#233; ont fait pression de tout leur poids politique pour favoriser l'&#233;nergie nucl&#233;aire. En d&#233;pit de la hausse de la demande pour le solaire et des fortes r&#233;ticences de l'opinion face au nucl&#233;aire, le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne pourrait se reproduire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, plusieurs compagnies r&#233;gionales d'&#233;lectricit&#233; ont ainsi annonc&#233; qu'elles cesseraient d'acheter davantage d'&#233;lectricit&#233; solaire &#8211; une catastrophe pour les nombreuses entreprises priv&#233;es qui ont investi dans des installations photovolta&#239;ques parfois gigantesques (par exemple sur l'&#238;le de Kyushu). Mais elles continuent de r&#233;clamer l'autorisation de relancer leurs r&#233;acteurs. Dans la pr&#233;fecture de Aomori, J-power a suspendu la construction d'une centrale &#233;olienne tout en red&#233;marrant le chantier du r&#233;acteur MOX d'Oma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016 est cependant attendu un tremblement de terre (figur&#233;, celui-l&#224;) qui soul&#232;ve &#233;norm&#233;ment d'espoirs chez les militants anti-atome : l'ouverture du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; &#224; la concurrence. Cette lib&#233;ralisation devrait mettre fin aux dix monopoles &#233;lectriques r&#233;gionaux. &#171; Dans ces nouvelles conditions, l'industrie nucl&#233;aire ne pourra pas survivre sans le soutien et les subventions du gouvernement. Car l'&#233;nergie nucl&#233;aire n'est pas bon march&#233;, elle n'est pas comp&#233;titive &#187;, se r&#233;jouit Kazue Suzuki. &#171; Je suis enthousiaste &#224; l'id&#233;e de cette lib&#233;ralisation. Je vis dans la r&#233;gion du Kanto, ce qui m'oblige &#224; acheter mon &#233;lectricit&#233; &#224; Tepco. Je veux vraiment changer de fournisseur. J'esp&#232;re fortement que les gens choisiront eux aussi des sources d'&#233;nergie qui ne d&#233;truisent pas l'environnement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; village nucl&#233;aire &#187; japonais n'a cependant pas dit son dernier mot et cherchera sans doute &#224; minimiser les effets de cette ouverture des march&#233;s. La lutte entre tenants et opposants au nucl&#233;aire au Japon ne fait que commencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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